mardi 10 novembre 2009

Homards de Jersey et de la Manche autour d’un label MSC

Que les jersiais et les normands se réunissent pour gérer en commun des pêcheries voisines ne peut être qu’une bonne initiative pour la ressource halieutique et pour l’entente entre communautés de pêcheurs. Mais que l’objectif de la coopération soit la labellisation MSC des homards, c'est tout autre chose.

Au moment où La Manche Libre publiait : Jersey et la Manche unies autour du homard, le projet des pêcheurs du Cotentin et de Jersey d'un écolabel MSC pour leur homard en vue « d’une reconnaissance commune d’un savoir-faire et une image redorée », je recevais la lettre d’information de l’analyste britannique Callander McDowell dont l’objet portait précisément sur la perception des consommateurs vis-à-vis des produits de la mer labellisés « Pêche durable ».

Espoirs des pêcheurs à travers la labellisation « Pêche durable »


« L’objectif de la démarche est évident : répondre à une demande croissante des consommateurs et du marché en faveur d’une production respectueuse de l’environnement. Le label MSC, qui d’ailleurs n’a pas encore été attribué en France bien que quatre autres pêcheries en aient fait la demande depuis février 2009, est un gage de qualité pour le client et une image redorée pour des pêcheurs malmenés depuis quelques années.

Mais la valorisation des produits de la pêche à travers un tel label a un autre intérêt, le “homard MSC” pourrait se vendre plus cher. “Mais ce n’est pas automatique, précise d’emblée Edouard Le Bart, chargé de mission pour MSC France. Il s’agit avant tout de faire-valoir un métier, un savoir-faire”. »

« C’est surtout Jersey qui a eu l’idée d’un coup de pouce aux prix, explique quant à lui Daniel Lefèvre, le président du CRPM. Nous, Normands, voulions faire reconnaître une pêche durable et respectueuse des ressources. Grâce à une bonne gestion des flottilles et des pratiques, la ressource se porte bien, les stocks ont même tendance à se développer ».

Point de vue de l’analyste britannique Callander McDowell

Concernant le prix, Edouard Le Bart, chargé de mission pour MSC France, a raison d’avertir les pêcheurs : « l’augmentation du prix n’est pas automatique ». Par exemple : le pétoncle argentin labellisé MSC qu'achètent en grande quantité les industriels halio-alimentaires français, se négocie à un prix parmi les plus bas sur le marché international des noix de saint-jacques.

Dans son dernier bulletin ReLAKSation n°425, Callander McDowell fait référence à un sondage de DEFRA (Département des affaires rurales, environnementales et alimentaires au Royaume-Uni) qui révèle que les consommateurs pensent moins à la pêche durable qu'au gaspillage de la nourriture, au compostage, à l’achat de produits de saison et même à cultiver eux-mêmes leurs propres fruits et légumes. Et pourtant les britanniques sont parmi les consommateurs les plus éthiques en Europe.

Pour l’analyste britannique, « les consommateurs qui poussent leur charriot dans une grande surface, ne se posent généralement pas la question de la durabilité. Ils ont bien d'autres problèmes en tête dans notre société moderne, avant de se soucier de la pêche durable lorsqu'ils font leurs achats. Si vous leur demandez, ils vous diront qu'ils souhaitent que leurs aliments soient respectueux de l’environnement et équitables. Mais, une fois dans les allées du supermarché, c’est tout autre chose, ils font confiance à leur supermarché par rapport à l’origine des produits ». Face à la multiplicité des logos et des étiquettes, les consommateurs toujours plus pressés n'ont généralement pas le temps de comparer.

Dans son bulletin, Callander McDowell cite aussi des actions très médiatiques auprès du public qui n'ont eu aucune incidence sur le choix des consommateurs, et en particulier le film controversé "The End of the Line".

Autres articles :


Pour aller plus loin...

de Juin à Septembre....

C’est le moment d’acheter du homard !

Pourquoi ?

Source : e-sante par Paule Neyrat, Diététicienne Nutritionniste

Parce qu’on est en pleine saison de pêche du homard et que les prix dégringolent.

Entre juin et septembre, c’est le moment où les homards sont les plus nombreux à tomber dans les casiers des pêcheurs. Car c’est ainsi que l’on pêche ce redoutable et savoureux crustacé.

Les casiers, chargés d’appâts constitués de déchets de poisson, d’étoiles de mer, de chinchards, de petits coquillages, bref de tout ce qu’aime le homard, sont déposés sur des fonds sableux en fin de journée.

Le homard est un animal nocturne qui, le jour, s’abrite dans une sorte de niche qu’il a construit dans le sable. Il en sort après le coucher du soleil pour se nourrir et est inévitablement attiré par la nourriture qui se trouve dans les casiers.

Le lendemain matin, les pêcheurs vont relever ces casiers. Ils font le tri, rejettent à la mer les homards qui n’ont pas encore atteint la taille minimale (85 à 87 mm mesurés sur le thorax) ou le poids minimum (500 g) de pêche réglementaire.

Ces contraintes ont permis de préserver les stocks de homards qui sont tout au long des côtes de l’Atlantique et de la Manche en bon état.

Tant que les eaux sont très froides, le homard est en léthargie et ne se nourrit pas. Il en sort lorsque l’eau est au-dessus de 12°C : c’est pourquoi la saison de pêche se situe de juin à septembre.

Du coup, les prix sont bas : de 35 à 45 € le kilo.

Achetez-en maintenant et congelez ! Vous aurez ainsi du homard sous la main et pas ruineux pour les fêtes de fin d’année où il est de tradition alors que ce n’est pas sa saison et qu’il est hors de prix.

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Pêche au homard « exceptionnelle » dans la baie des Chaleurs grâce aux mesures de conservation


Source et reportage : Radio Canada

Le compte-rendu de Michèle Brideau

Les pêcheurs de la baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick, affirment que les efforts de conservation du homard portent ses fruits dans leur secteur. Ils connaissent une saison exceptionnelle et prennent du homard en abondance.

Au début de la saison, la pêche n'était pas très bonne, mais depuis un mois, les casiers sont pleins à craquer. Armand Mainville pêche depuis 37 ans et croit qu'il s'agit d'une saison record.

« En 37 ans, c'est la meilleure saison. C'est quelque chose de jamais vu.  » — Armand Mainville, pêcheur

Depuis quelques années, les pêcheurs font de l'ensemencement du crustacé et ont augmenté la taille minimale des prises. Ils remettent également à l'eau les jeunes femelles. Selon Armand Mainville, toutes ces mesures expliquent l'abondance du crustacé cette année.

« Tous les jours, on en jette à ne plus savoir quoi en faire. Je pense que c'est ça qui a donné la vie qu'on a aujourd'hui. »

Une pêche moins fructueuse dans d'autres secteurs

Pendant ce temps, la saison n'est pas aussi bonne dans la zone 23.

Selon les premières évaluations de l'Union des pêcheurs des Maritimes, il y aurait une diminution de 15 à 20% des captures dans les régions de Tracadie-Sheila et de Neguac.

Selon Emmanuel Moyen, de l'Union des pêcheurs des Maritimes, l'ensemble des pêcheurs devrait suivre l'exemple de ceux de la baie des Chaleurs pour remporter autant de succès.

Victor LeBouthillier affirme, quant à lui, qu'il continue de pratiquer son métier avec passion, bon an, mal an, malgré ses 86 ans.

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Le 23 juin 2014

Le homard bleu du Cotentin, durable depuis 2011

Il est anglo-normand, se capture surtout au printemps et au début de l'été, dans des conditions très précises, et sa chair est particulièrement savoureuse. Alors que les experts de son label "pêche durable" se réunissent ce mardi, découvrez les secrets du homard bleu du Cotentin.

Source : France Bleu par Bénédicte Courret, Frédérick Thiébot, France Bleu Cotentin et l'entretien avec  Édouard Le Bart, responsable du label "MSC pêche durable" en France  (04'32'')

Le homard bleu du Cotentin.   © Normandie Fraîcheur Mer

Si vous croisez un homard doté d'un bracelet bleu et blanc "MSC Cotentin Jersey" sur les étals, sachez-le, c'est un homard pêché "durablement". Quand on s'inquiète de l'état de la ressource halieutique, ce bracelet, c'est une façon de savoir ce que l'on mange.  

130 navires

On ne pêche pas le homard du Cotentin (ou homard anglo-normand), on le capture. En effet, les 130 navires spécialisés dans ce crustacé travaillent avec des casiers posés sur la zone de prédilection de la bestiole (de la pointe de la presqu'île du Cotentin jusqu'à la baie de Granville en passant par les îles anglo-normandes). Environ 280 à 290 tonnes de homards anglo-normands sont ainsi capturées chaque année.

Pêche durable

Le label "MSC-pêche durable" est attribué au homard bleu du Cotentin depuis 2011. Ce mardi, comme chaque année, les responsables du label se réunissent pour vérifier que les pêcheurs bas-normands et leurs collègues des îles anglo-normandes respectent toujours les critères de "pêche durable" pour le homard du Cotentin. Trois grands principes pour mériter ce label : l'état du stock, l'impact de la pêche sur l'écosystème et le système de gestion de la pêcherie.

Qui est le homard du Cotentin ?

Pour en savoir + : France Bleu

Le homard bleu du Cotentin dans Epicerie Fine

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Epicerie-fine/Episodes/p-25210-Le-homard-bleu-du-Cotentin.htm

Copie d'écran de l'émission "Epicerie fine" sur TV5

Depuis le marché de la Convention à Paris puis la poissonnerie du Dôme à Paris, Guy Martin nous invite à la découverte des secrets du homard bleu du Cotentin dans Epicerie Fine (Reportage de 25 minutes)

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20 janvier 2012

En côte d'Armor, les 3 criées affichent de bons résultats en 2011...

La quantité est là.... Le prix toujours à conquérir...

Par exemple : Mieux "vendre" les homards en les maintenant dans des viviers réfrigérés


Afin de tester la qualité des premiers spécimens pêchés au début de l’été, Yannick Hémeury, président de l’ex-comité local des pêches, a convié représentants du monde de la pêche et élus locaux à une dégustation en grande pompe, hier midi au restaurant « La Vieille Tour ».

Gwenn Kervela, chargée de mission au comité local des pêches, a suivi l’évolution des 46 homards donnés gracieusement par des pêcheurs pour tester ces viviers expérimentaux....
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Cette conservation a été rendue possible grâce à un dispositif de viviers réfrigérés qui permettent de maintenir les crustacés dans un état de léthargie, sans alimentation, dans une eau à 5°. « Le but est de les pêcher pendant l’été et de les garder pour les fêtes de fin d’année, lorsque le marché est plus porteur », explique Yannick Hémeury. « En plein essor aux États-Unis et au Canada, cette méthode qu’on a mis en place à Loguivy-de-la-Mer est une première en France », précise Gwenn Kervella, chargée de mission au comité local des pêches.

C’est SeaTech France, une entreprise basée à Saint-Malo, qui a fourni cette machinerie d’une capacité de 100 kg de stockage, installée à la criée du petit port de Loguivy-de-la-Mer.

Cette expérience doit valider le processus avant de le développer à plus grande échelle. Un projet de viviers, dans un bâtiment de 600 m², d’une capacité de 40 tonnes de stockage est en effet à l’étude pour la fin de l’année dans la zone de Kerpalud, à Paimpol.


Homard. 2,7 MEUR pour un vivier à Kerpalud (Le Télégramme)

Le homard, pêché en mai et juin dans la baie, est stocké à 5ºC depuis juillet dans un vivier. Une première qui devrait se vivreà plus grande échelle à l'horizon 2013 pour le quartier maritime.

Dans la baie, le homard se pêche en mai et juin dans les secteurs des Roches-Douvres, de la Horaine, des Héaux de Bréhat. Mais les professionnels souffrent de la concurrence anglaise et écossaise qui débarque à Roscoff. Afin de donner de la valeur ajoutée à ce produit noble, il est proposé de le stocker dans des viviers, à 5ºC et sans alimentation, afin de le vendre au moment des fêtes, en décembre. Mais le crustacé supportera-t-il cette période hors de son milieu naturel?

Toujours aussi bon....

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5 octobre 2011

Des pêcheurs normands fiers de leur label…

Des pêcheurs normands fiers de leur label… Mais où est donc caché ce fameux homard binational du Cotentin et de Jersey ?

Samedi 1 octobre 2011 avait lieu à l’occasion du Festival « Toute la Mer sur un Plateau » de Granville la remise officielle du certificat « Pêche Durable MSC » à la pêcherie de Homard du Cotentin et de Jersey.

Celui-ci a été remis par Edouard Lebart (Directeur de MSC France) à Daniel Lefèvre (Président du CRPM Basse-Normandie), Don Johnson (Président de Jersey Fishermen’s Association), Eric Leguelinel (Président de la Commission Crustacés du CRPM de Basse-Normandie), André Piraud (Président du Comité Local des Pêches de l’Ouest Cotentin) et Dimitri Rogoff (Président de NFM), en présence de Loïc Houssard (Président de la CCI Centre et Sud Manche), organisateur de la manifestation, et d’élus locaux, départementaux et régionaux.

Le Festival a rencontré une nouvelle fois un immense succès : 50 000 visiteurs annoncés et parmi les autres coquillages et crustacés commercialisés, pas moins de 2,3 tonnes de homards issus de la pêcherie certifiée y ont été commercialisés vivants (à emporter) ou cuit (à consommer sur place). Source : NFM

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Pour plus d'informations :

Le 19 novembre 2009 : Un article de Actu Environnement indique que les consommateurs sont perdus devant la multitude de labels.


La multiplication des labels sème le doute dans l'esprit du consommateur. La sortie d'un guide sur le sujet a été l'occasion de faire un point sur ce dispositif et d'aborder les autres voies pour une consommation responsable. Si les Français se déclarent de plus en plus sensibles à l'impact de leur consommation, leurs actes d'achat ''responsables'' sont encore limités. Parmi les freins identifiés, le manque d'information et de disponibilité des produits. La parution le 17 novembre d'un Guide des labels de la consommation responsable a été l'occasion de faire un point sur les dispositifs disponibles aujourd'hui pour éclairer le consommateur dans ses choix d'achat. ''Parmi les nombreuses allégations environnementales et auto déclarations, le consommateur s'y perd'', analyse Elisabeth Laville, fondatrice d'Utopies et de Mescoursespourlaplanete.com, lors d'une conférence débat organisée au ministère de l'Ecologie. ''Pour un consommateur qui a envie de convertir sa consommation, ce n'est pas évident'', confirme Marie-France Corre, consultante indépendante....

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Le 24 avril 2011


Un projet-pilote permettra cette année aux consommateurs de retracer rapidement l’origine d’un homard vivant, pêché au Québec, grâce à un numéro imprimé sur l'élastique qui retient les pinces du crustacé. L’identifiant assurera au consommateur la garantie de provenance du produit, liant le homard à un pêcheur, à son entreprise ainsi qu’à sa zone de pêche au Québec.

Pour la saison de pêche 2011, le projet-pilote visera 125 pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine et de la Gaspésie. Le numéro permettra aux consommateurs d’identifier la provenance de leurs homards sur l'Internet, par l’intermédiaire du site Aliments du Québec. Ce projet pilote a été instauré par l'Association des pêcheurs propriétaires des Îles-de-la-Madeleine (APPIM) et le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (RPPSG), en collaboration avec le coordonnateur de la Table des Pêches Maritimes. Le projet-pilote constitue la première étape devant conduire à l’écocertification du produit. Cette reconnaissance scientifique garantit la conformité du mode de pêche à des normes environnementales strictes et durables.

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« Pêche responsable et durable »: Trois métiers de la pêche artisanale

WWF nous fait découvrir trois métiers de la pêche artisanale. La langouste de casier en Corse. Le merlu de ligne à St Jean-de-Luz. Le bulot de la baie de Granville

Trois métiers de la pêche côtière et des initiatives en matière de valorisation des produits : Poissonnerie, AMAP, Vente directe de colis "Poisson", vente à la table,....

De la surpêche…

Longtemps considérés comme une source infinie de poissons, les océans ont subi une surexploitation qui a provoqué l’effondrement de certains stocks et la destruction de certains habitats. Les ressources marines sont une des premières ressources renouvelables dont on voit aujourd’hui les limites.

A l’heure où s’affirment deux tendances opposées : diminution de la ressource et augmentation de la population mondiale, quelles sont les solutions du secteur de la pêche pour concilier alimentation, emploi et respect de l’environnement ?

Un constat évident : augmenter encore la pression de pêche n’est pas la solution !

… à une évolution vers une pêche durable

Heureusement, certains pêcheurs ont su s’adapter et développer une pêche à visage humain où l’écosystème est un allié et où les objectifs économiques se conjuguent avec progrès social et respect de l’environnement.

Des exemples de bonnes pratiques de pêche

A l’heure où se déroulent les discussions qui détermineront la réforme de la Politique Commune des Pêches, le WWF France a pris le parti de montrer qu’une pêche responsable et durable est possible à travers 3 exemples français.

Ces 3 court-métrages d’une quinzaine de minutes permettent de partir à la rencontre de quelques pêcheurs aux méthodes de travail respectueuses de la ressource, de l’environnement et des hommes. Ces vidéos abordent :


La pêche à la langouste sur le littoral Corse



La pêche aux bulots et aux grands crustacés en Normandie du côté de Granville



La pêche au merlu à la ligne dans le pays Basque à St Jean-de-Luz
 
 

Larve de homard européen (Wikipedia)

Le homard se fait rare en Europe. Il n’y a pas d’autre solution que de repeupler les océans à partir de larves d’élevages. Depuis 20 ans, un centre de recherche norvégien travaille sur ce projet. On vient d'y obtenir des résultats qui pourraient bouleverser l’industrie du homard : ils ont doublé le taux de survie des larves.

Si le homard est de plus en plus rare, il pourrait bien sortir ses pinces à nouveau ! Dans les années 1950, les pêcheurs en Norvège en attrapaient un millier de tonnes par an. Actuellement, ils en pêchent 95 % de moins ! Victimes de la surpêche depuis l’après-guerre et de la pollution marine, les homards se raréfient à toute allure. L’unique solution serait de repeupler les océans en relâchant des juvéniles issus de fermes aquacoles.

À Tjeldbergodden, une installation industrielle de Norvège, voilà 20 ans que Norsk Hummer, une firme d’élevage de larves de homards, et la Sintef, un organisme de recherche, travaillent ensemble pour trouver le meilleur moyen de cultiver l’espèce. Le moment le plus délicat de l'élevage est celui des larves, fragiles et difficiles à nourrir. Après toutes ces années, les chercheurs norvégiens ont enfin réussi à doubler le taux de survie des larves. Leur méthode serait donc un moyen efficace de repeupler les océans de homards et ainsi de sauver l’espèce.

Les larves des homards sont très sensibles au milieu environnant, qui est très difficile à reproduire en laboratoire. Selon les chercheurs de la Sintef, le paramètre clé pour la survie des larves est la chaleur. « Dans la nature, les taux de développement des larves de homard sont déterminés par la température de l'eau. La femelle pond jusqu'à 10.000 œufs, mais la production totale le long de la côte norvégienne est relativement faible : la température de l’eau est trop basse », explique le chercheur Jan Ove Evjemo.

Une larve de homard, qui a éclos et s'est développée en laboratoire. Une alimentation à base de copépodes vivants augmente nettement les chances de survie des larves.
Des homards qui peuvent devenir cannibales

L’équipedu Sintef a utilisé le surplus de chaleur généré par une usine de méthanol pour créer des conditions optimales de température pour les larves. Mais peu d’entres elles survivent, car elles sont soumises à un régime alimentaire bien particulier : s’il ne leur convient pas, elles développent des tendances cannibales ! Les chercheurs montrent qu’il est néanmoins possible de doubler le taux de survie des larves et d’augmenter leur taux de croissance.

Ils ont réalisé une expérience impliquant la séparation de 600 larves de homard, tout juste écloses, en trois groupes. Chacun a reçu une alimentation particulière. Deux groupes ont reçu la nourriture traditionnelle : soit des larves d'artémies (petits crustacés), soit un aliment humide. Le troisième groupe a reçu des copépodes vivants, des Acartia tonsa. Ce petit crustacé a déjà été utilisé comme première alimentation pour des larves d’autres espèces qui posent des problèmes d’élevage.

Onze jours plus tard, les larves de homard nourries avec des copépodes vivants présentaient des taux de survie de 20 à 40 % supérieurs aux autres groupes. Leur développement était également plus avancé. « De plus, nous gardons les larves de homard dans un bain avec des bulles d'air, ce qui les empêche de s’approcher trop près les unes des autres ». L’utilisation des copépodes comme première alimentation a fait ses preuves pour certains poissons et fonctionne maintenant suffisamment bien sur les homards pour envisager une production industrielle des larves. Cette étape cruciale de l'élevage larvaire de ces grands crustacés a donc été franchie avec succès.

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