jeudi 12 mars 2009

Une indication géographique sur les poissons hexagonaux

Depuis 2003, le CIRAD de Montpellier développe les Indications Géographiques (IG) au travers d’une convention avec l’INAO pour des produits tropicaux et méditerranéens. Pourquoi ne pas demander au Cirad de développer cette stratégie pour nos produits de la pêche hexagonaux afin de les reconnaître parmi tous les produits d'importation présents sur les étals ?

Lire le communiqué de presse du CIRAD concernant la prolongation de la convention avec l'INAO (le 3 mars 2009)

Les Indications géographiques (IG) sont devenues un enjeu mondial. Stratégique dans le cadre des négociations commerciales, elle prend un nouveau relief dans le contexte de crise alimentaire : la question est posée de la contribution des IG au développement de l’agriculture vivrière commerciale, de la fixation des savoir-faire agricoles et alimentaires, à la sécurisation alimentaire des ruraux, à la lutte contre la pauvreté.

C’est pourquoi dès 2003, une collaboration a été engagée entre l’Inao, (Institut national de l'origine et de la qualité) et le Cirad pour contribuer à la protection des Indications géographiques dans le monde et fournir un appui au développement durable des pays en développement.

Afin de développer cette collaboration, les deux partenaires ont décidé de signer une nouvelle convention qui a pour objectif de :
  • accompagner le développement des Indications géographiques dans le monde,

  • mieux comprendre les conditions techniques, économiques, sociales et institutionnelles nécessaires à une meilleure reconnaissance du lien au milieu géographique des produits tropicaux de qualité,

  • mieux évaluer l’intérêt de la notion d’indication géographique, au regard des objectifs de développement durable et de la situation de crise alimentaire dans les pays méditerranéens, tropicaux et sub-tropicaux.

A cette fin, la convention prévoit notamment :

  • une aide à l’expertise pour les produits tropicaux, notamment dans les départements d’outre-mer (D.O.M.),

  • l’élaboration de projets de coopération technique et juridique avec les pays en voie de développement en matière d’indications géographiques,

  • une valorisation des acquis communs en termes de connaissances et de méthodes.

Eviter le détournement des noms liés à l'histoire et au patrimoine des pays, qu'ils soient développés ou en développement, est désormais l'un des enjeux des négociations internationales. Identifier ces noms et valoriser les atouts de ce patrimoine est devenu un objectif majeur de la coopération avec les pays en voie de développement ou émergents.

Un " code-barre biologique " pour vérifier l'origine géographique des poissons

Agissant comme un marqueur biologique, le procédé de code-barre mis au point par l'unité propre de recherche " Qualité des aliments " du Cirad, permet d'identifier l'origine géographique du produit importé, même après son conditionnement.

Depuis cinq ans, l'équipe de Didier Montet, chercheur en sciences et sûreté des aliments au Cirad, mène un projet de recherche visant à analyser de façon globale les micro-organismes présents sur les aliments tropicaux afin d'en assurer la traçabilité (méthode de Pcr-Dgge).

Les poissons du Sud-Est asiatique (pangasius et tilapias) dont la provenance précise est souvent inconnue ont servi de cobayes à l'expérimentation. Ils portent en effet des bactéries qui se sont adaptées à leur environnement et témoignent ainsi de leur origine géographique. " L'ADN des bactéries est multiplié, puis mis sur un gel qui en sépare les fragments de même taille par affinité. On fait ensuite l'analyse d'image par recoupements d'après un modèle statistique ", précise Didier Montet*, " et on obtient le code-barre biologique du poisson, du fruit, du légume…". Toutes les traces chimiques, biochimiques et biologiques présentes sur le produit animal ou végétal, peuvent entrer dans l'analyse statistique globale.

Les enjeux économiques sont importants sur ce nouveau marché de la détermination d'origine. Le Cirad et ses partenaires, centres de recherche, universités et start-up du sud de la France, ont pour objectif, à terme, de concevoir des puces électroniques, véritables cartes d'identité du produit alimentaire importé. Les importateurs et industriels qui doivent répondre à l'obligation de traçabilité (règlement européen 178/2002), auront ainsi l'assurance de l'origine du produit avant commercialisation.
Source : CIRAD

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