lundi 29 décembre 2008

Marennes-Oléron : Ostréiculture en eau profonde

L'Oléronnais Jacques Chemin, 28 ans, est l'un des premiers à expérimenter l'élevage d'huîtres en eau profonde. Dans la profession souffle un vent de révolution : Il élève les huîtres en profondeur

Il avait 19 ans quand il négocia son premier emprunt professionnel. Neuf ans plus tard, il prenait directement la main, derrière Jacques, son père, et dans la filiation de trois générations d'ostréiculteurs oléronnais.
À 28 ans, Pierre Chemin incarne aujourd'hui cette nouvelle génération de l'ostréiculture charentaise. Avec ce petit rien de tête brûlée qu'agite le génome familial pour autoriser des prises de risques maximales.
Son père, avant lui, n'était pas le dernier à faire entendre sa voix, haut et fort, entre la Baudissière et les Allards. En son temps, il comptait parmi les premiers professionnels qui ont testé un changement radical de technique d'exploitation.
Dans les années 70, entre Oléron et le continent, Jacques garnissait d'huîtres des poches à mailles serrées qu'il déposait sur des tables surélevées. Ses voisins en étaient encore à relever à la « pelle-fourche » une production élevée à même le fond de sable et de vase.

Le terrien devient marin

Avec Pierre, l'élevage surélevé, c'est presque déjà de l'histoire ancienne. Place aux filières, aux cages, aux dragues et aux lanternes. Place à une production en eau profonde. Au gré de cet éloignement de l'estran, l'ostréiculteur s'est résolu à devenir plus marin, prenant du coup ses distances avec les survivances terriennes du métier. S'il arrive encore à cet Oléronnais de rejoindre certains de ses dépôts en tracteur, une part non négligeable de son intervention s'effectue désormais à partir d'un très gros chaland, le « Petit Poucet » - en l'occurrence le plus gros bateau du bassin de Marennes-Oléron.
Quand il a basculé dans l'aventure, il y a deux ans, Pierre Chemin ne s'est pas plus interrogé que lorsqu'il a pris la relève de Jacques. Avec les techniques en eau profonde, l'éleveur a trouvé le nouveau sel d'un métier dont l'approche est révolutionnée par la technique ; une solution à ses problèmes de main-d'oeuvre. « Nous faisons à deux ce que l'on fait à quatre sur l'estran. »

Un outil pour relancer l'activité

Surtout, comme ces huîtres ne sont jamais mises à sec à marée basse, leur croissance à une profondeur d'une douzaine de mètres est accélérée. Au point de faire gagner une année sur un cycle de trois. Démonstration à l'appui : Jacques, le père (qui n'est jamais bien loin), présente de jeunes bêtes de la taille d'un pouce, soulignant qu'elles étaient des têtes d'épingle à leur mise à l'eau. Entre ces deux étapes, deux mois et demi seulement se sont écoulés !
L'eau profonde, ce n'est pas qu'un formidable accélérateur de croissance. C'est aussi un outil de gestion souple du planning. L'huître d'eau profonde reste immergée quelle que soit la marée. Par conséquent, le professionnel s'affranchit des contraintes horaires. Il va et vient à sa guise sur sa concession. « Sur certains parcs surélevés, je n'ai que trois quarts d'heure pour intervenir avant que l'eau ne remonte. Et encore, deux marées par mois. Tandis que je peux travailler 20 jours par mois sur celles qui sont en eau profonde. »
Le revers de l'histoire, c'est le poids de l'investissement. 200 000 euros rien que pour le bateau, un ancien dragueur. À quoi il convient d'ajouter, au titre des investissements principaux, l'achat des cages en acier dans lesquelles sont rangées les poches (400 euros par cage) et celui des filières auxquelles elles sont accrochées. Mais Pierre Chemin dispose ainsi de neuf longues lignes. Elles lui offrent une capacité de production de 100 tonnes. Et aussi, après la vague de mortalité de l'été dernier, la possibilité de se relancer au mieux, grâce à un cycle d'élevage raccourci.
Auteur et photo : Philippe Baroux
Source : Sud-Ouest

Autres articles :

Pour plus d'informations :

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Le 18 janvier 2012

Pour développer les huîtres de pleine mer (France 3 Poitou-Charentes)

C'est l'épilogue d'une longue bataille entre ostréiculteurs et plaisanciers et de 10 ans de travail sur le dossier, le préfet de la Charente- Maritime a signé l'autorisation pour la mise en place d’un parc de près de 400 hectares au large de l’ile d’Oléron.

Les huitres en filière au large d'Oléron…. Voir cette vidéo

Un champ de filières ostréicoles sera progressivement installé en mer au large d'Oléron pendant les sept années à venir. Environ 400 filières pour l'élevage des huîtres ou des moules seront installées progressivement sur sept ans. Toutes les étapes de la production seront ainsi réalisées en Charente-Maritime.

Cette nouvelle orientation prise par certains ostréiculteurs de Marennes-Oléron vise à lutter contre la surmortalité des naissains et à rapatrier toute la chaîne de production en Charente-Maritime. Ces huîtres Marennes-Oléron, élevées en plein mer, n'iront plus grandir dans les eaux plus froides de Normandie, de Bretagne ou d'Irlande.

Cette technique des filières est déjà utilisée dans d'autres bassins ostréicoles français.

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La SRC Poitou-Charentes a mis en place depuis quatre ans des essais d’ostréiculture en eaux profondes dans le pertuis d’Antioche. Ces essais de nouvelle technique s’inscrivent dans une démarche de restructuration du bassin visant à répondre aux contraintes subies par les ostréiculteurs (surcharge, manque d’espace, accroissement de la mortalité des huîtres, diminution de leur croissance, etc.).
Cette étude a pour objet l’analyse socio-économique du projet d’ostréiculture en eaux profondes en Charente-Maritime. Elle vise à fournir des éléments de décision aux porteurs du projet s’appuyant sur un état des lieux de la conchyliculture en Charente-Maritime, les résultats des simulations de transfert d’huîtres de l’estran vers l’eau profonde, les résultats d’une enquête, une discussion relative à l’émergence de projets innovants en conchyliculture s’enrichissant de quatre expériences de développement d’activités conchylicoles innovantes.
Situation de l’ostréiculture au niveau régional : données économiques et sociales…Suite....

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Mutations dans le secteur conchylicole

Mutations dans le secteur conchylicole ;

Elaboration d’un outil opérationnel d’études et d’analyses technico-économiques

Synthèse des travaux 2010

Dominique Mille (CREAA)

Véronique Le Bihan (CAPACITES, Univ. Nantes)

Février 2011

AGLIA

La conchyliculture connaît en France une situation très contrastée. Alors que la mytiliculture a su faire évoluer ses techniques de production pour rester un secteur rentable, l'ostréiculture connait actuellement une crise importante due à des mortalités des naissains.

L'objectif de cette étude est donc de proposer aux professionnels, désireux de s'installer ou de faire évoluer leur entreprise, des référentiels technico-économiques leur permettant d'intégrer toutes les tâches techniques en termes économiques et d'évaluer ainsi la rentabilité de leur activité.

Pour télécharger le document, cliquer Aglia

Réflexion personnelle

Cet un outil devait valider l’extension de la conchyliculture au large et en particulier valider le développement de l’ostréiculture sur filières et en eaux profondes à partir d’huîtres triploïdes. Une fuite au large devant les problèmes grandissant sur l’estran.

Avec les problèmes de mortalité des juvéniles (jusqu’à 100% dans la zone de référence), l’outil est dans l’attente d’une huître résistante !

Quant à la mytiliculture, l'étude réalisée en 2009/2010 valide l'extension de l'élevage de moule au large notamment sur les filières du pertuis breton.... Eté 2011, la mytiliculture charentaise est en crise ! Sud Ouest : Bouchots : rien ne va plus !

Ne pas minimiser les facteurs environnementaux dans la mutation du secteur conchylicole et l'adaptation de la conchyliculture aux changements climatiques....

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