Manifestations de pêcheurs sénégalais et de pêcheurs italiens….


Manifestations de pêcheurs sénégalais et de pêcheurs italiens….

Au Sénégal, les pêcheurs dénoncent l’arrivée de bateaux de pêche depuis l'Europe dans leurs eaux territoriales. En Italie, les pêcheurs dénoncent l’arrivée massive de migrants depuis l'Afrique sur leur archipel de Lampedusa !

Au Sénégal, des acteurs de la pêche artisanale et industrielle organisent « une marche pacifique » le mercredi 30 mars 2011 à Dakar, annonce le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (GAIPES). Les pêcheurs dénoncent l’octroi d’une vingtaine de licences de pêche à des chalutiers russes par le ministère de l’Economie maritime…..

En Italie, des pêcheurs manifestent contre l'afflux de migrants à Lampedusa. Ces pêcheurs italiens ont bloqué le lundi 28 mars 2011 le port de Lampedusa avec des bateaux dans lesquels étaient arrivés des migrants clandestins pour protester contre la vague de réfugiés que connaît la petite île sicilienne depuis la révolution en Tunisie à la mi-janvier. Principalement des réfugiés Tunisiens, Somaliens, Erythréens et Ethiopiens….

Une analyse de Bastamag... Pêche intensive : comment l’Europe affame l’Afrique

Surexploitation maritime, pêche illicite ou sous pavillon de complaisance, accords internationaux iniques… Les ressources de l’Afrique attirent, une fois de plus, l’Europe prédatrice. Résultat : le poisson se fait rare et les pêcheurs sénégalais doivent s’aventurer de plus en plus loin des côtes. Et à défaut de nourrir les populations locales, les poissons d’Afrique viendront garnir les assiettes des Européens. Suite…

Autres articles :

Informations complémentaires...

Sénégal : Halte au pillage de la mer

Le point en janvier 2012


Projections-débats : « Autour des migrants »


Sanary sur mer (Var)

27 janvier 2012 à 18h30

Trois films documentaires seront présentés ce 27 janvier en soirée, au théâtre du Petit Galli à Sanary, en partenariat avec le Festival « Pêcheurs du monde » de Lorient :

* Deadly Catch d’EJF (Environment Justice Foundation) (15mn, 2009), des témoignages émouvants sur l’impact de la pêche illégale au Sierra Leone : filets détruits, pêcheurs noyés ou blessés, ressources pillées au plus près des plages. Cette pêche illégale condamne des milliers de pêcheurs et leurs familles à la misère et à l’émigration…

* Le temps de l’espadon de Vittorio De Seta (10mn, 1954) nous embarque dans une pêche à l’espadon dans le détroit de Messine. Pour la plupart, les pêcheurs varois sont d’origine italienne et certains d’entre eux retrouveront dans ces images un lien avec leur famille d’origine. Un très joli film en noir et blanc, au rythme soutenu, et qui montre l’engagement d’une communauté autour d’une pêche mythique. Même si les techniques ont un peu changé depuis cette époque, la pêche à l’espadon se pratique toujours de façon artisanale sur nos côtes.

* Seulement la mer, film de Dagmawi Yimer, Giulio Cederna et Fabrizio Barraco, musique de Nicola Alesini (50mn, 2011). Un reportage sur Lampeduse, réalisé par un réfugié éthiopien auprès des habitants de cette île du sud-ouest de la Sicile. Le film est produit par les Archives des mémoires migrantes de Asinitas, Il a reçu le prix du public à Salina DocFest et a été reconnu pour être le meilleur film dans la section migrants et voyageurs au Festival du cinéma africain de Vérone. « Dagmawi rencontre les gens, écoute les vies, observe les histoires et les personnages d’une ile qui jour après jour se déploient et se laissent raconter… et on découvre que sur l’ile plus personne ne nait, et que même les jeunes de Lampedusa au fond, sont tous des “immigrés”« . Au travers des témoignages des pêcheurs, des gardes-côtes et des habitants, surgit une autre vision de nos frontières et de nos relations humaines…

Participeront aux débats qui suivront ces films : Damiano Gervasi, un des pêcheurs de Lampeduse, protagoniste du film Seulement la mer, qui a vu et voit encore des « clandestins » naufragés dans le canal de Sicile, Liuba Scudieri, anthropologue et conteuse napolitaine qui travaille depuis des années sur les mémoires des migrants de la Méditerranée, et Alain Le Sann, Président du Festival « Pêcheurs du monde » de Lorient et Secrétaire du Collectif Pêche et Développement.

Entrée libre, buffet de la mer de Manon Ranc à l’issue des projections-débats.


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Au micro de Pascale Marcaggi, Damiano Gervasi, pêcheur sur l’île de Lampédusa, une île frontière entre l’Afrique et l’Europe, nous livre un témoignage sur la façon dont les habitants de cette petite île de pêcheurs voient les migrants. Ci-après, quelques extraits d’un débat qui mérite votre écoute attentive :

« Nous tous, Italiens, avons essayé d’émigrer après la guerre et ces mouvements migratoires étaient même encouragés. Pourquoi cela a changé ? Personne n’a envie de quitter son pays natal dans des conditions extrêmes, à moins d’être affamé parce que la pêche, les mines ou les richesses ont été détruites. Et quand ils viennent ici, on ne les veut pas… La planète appartient aux hommes et aux animaux et pas plus à certains qu’à d’autres, il nous faut seulement apprendre à gérer cet espace…

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi, alors que nous avons accueilli plus de 400.000 personnes en 20 ans sur 24 km², avec une ville de 5 000 habitants, le monde, aussi grand, n’arrive pas à accueillir ces personnes…

Cet été 2011, suite à la chute du gouvernement tunisien, des prisonniers ont été libérés et on s’est senti trompé par le gouvernement italien et la Communauté Européenne qui ne voulait pas soutenir financièrement cet afflux de personnes. L’île a été saturée totalement pendant 2 mois avec l’arrivée de 15 000 Tunisiens, pour la plupart sortis des prisons. On s’est retrouvé dans un contexte dangereux. Ils ont essayé à 5 000 de faire sauter les pompes à essence pour protester parce qu’ils étaient bloqués sur l’île. Je vous laisse deviner les problèmes d’hygiène… On a donné du savon, des serviettes, à manger, à boire et on a reçu en retour des menaces et des insultes. 6 000 CRS faisaient parade mais ne s’occupaient pas des immigrés. Des gens comme moi ont pris les plus jeunes pour les enlever des lieux de violence. Voilà comment on arrive à faire souffrir un petit peuple pour des enjeux financiers. Quand la Communauté Européenne a donné de l’argent, en 2 semaines, tout le monde était évacué… »

Parlant de l’immense désespérance des jeunes sénégalais, Alain Le Sann, Président du Festival Pêcheurs du monde, et Secrétaire du Collectif Pêche et Développement, conclue : « Les pêcheurs sont souvent au cœur des migrations car ils maitrisent la mer… »

Pour écouter le débat : Les migrants et les pêcheurs

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Lampeduse, 5000 habitants, a accueilli 400 000 réfugiés en quatre ans : dans la cadre des projections-débats organisés par L’Encre de Mer et le festival de films Pêcheurs du monde, unique festival de films en France consacré aux pêcheurs artisanaux, le public a pu assister, vendredi 27 janvier, à la projection de « Seulement la mer« , film de Dagmawi Yimer, Giulio Cederna et Fabrizio Barraco, musique de Nicola Alesini (50mn, 2011). Un reportage sur Lampeduse, réalisé par un réfugié éthiopien auprès des habitants de cette île du sud-ouest de la Sicile. Le film est produit par les Archives des mémoires migrantes de Asinitas, Il a reçu le prix du public à Salina DocFest et a été reconnu pour être le meilleur film dans la section migrants et voyageurs au Festival du cinéma africain de Vérone. « Dagmawi rencontre les gens, écoute les vies, observe les histoires et les personnages d’une ile qui jour après jour se déploient et se laissent raconter… et on découvre que sur l’ile plus personne ne nait, et que même les jeunes de Lampedusa au fond, sont tous des immigrés” . Au travers des témoignages des pêcheurs, des gardes-côtes et des habitants, surgit une autre vision de nos frontières et de nos relations humaines…

Participaient au débat qui a suivi ce film : Damiano Gervasi, un des pêcheurs de Lampeduse, protagoniste du film Seulement la mer, qui a vu et voit encore des «clandestins » naufragés dans le canal de Sicile, Liuba Scudieri, anthropologue et conteuse napolitaine qui travaille depuis des années sur les mémoires des migrants de la Méditerranée, et Alain Le Sann, Président du Festival « Pêcheurs du monde » de Lorient et Secrétaire du Collectif Pêche et Développement.

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Le ministre de l'économie maritime se justifie !!!


Le ministre de l’économie maritime, de la pêche et des transports maritimes, M. Khouraïchi Thiam, en marge de la journée de son ministère à la 19 ème Fidak, estime que nos côtes disposent de 1. 400 000 tonnes de poissons non pêchées à cause du repos biologique. Et notre pays doit posséder de ces poissons-là car selon M. Khouraïchi Thiam, ce sont des milliards qui nous passent sous le nez. « La pêche a été le premier secteur de développement. Elle a été le premier secteur qui apporte beaucoup de devises. C’est une bataille que nous menons et le président Wade est de notre côté. Je pense que nous gagnerions plus à pêcher ces gros poissons émanant du repos biologique, ce sont des milliards qui nous passent sous le nez ».

L’alerte est de Khouraïchi Thiam, ministre de l’Économie maritime. Et ce dernier d’ajouter :« A l’époque, on disait qu’il n’y avait plus de ressources en poissons dans le pays. Le poisson est revenu en quantité. Le repos biologique a permis de repeupler la mer sénégalaise.

Il s’y ajoute dans nos côtes git un stock de 140 0000 tonnes de poissons non pêchés ni par la pêche artisanale, ni par la pêche industrielle. Il faudrait à l’avenir que nous puissions posséder de ces poissons pour que non seulement au Sénégal qu’on puisse manger du gros poissons mais que les pays comme le Mali, le Niger puissent être ravitaillés par le Sénégal. Dans les autres pays comme le Maroc, la Guinée-Bissau et la Mauritanie, les gens sont en train de pêcher donc dans notre pays, on doit commencer à pêcher au même titre que ces pays-là », précise Le ministre Khouraïchi Thiam.

Effets de Terre humorise !!!!


C’est un drôle de gus, le ministre sénégalais de l’économie maritime. Alors que les pêcheurs de son pays protestent contre les autorisations de pêche accordées aux flottes industrielles étrangères, il a trouvé drôle de justification de sa politique: «chaque année 1 Million 450 Mille tonnes de poissons pélagiques quittent les eaux cap verdiennes et transitent dans nos eaux», avant d’ajouter que «s’il n’est pas pêché, le poisson meurt. 1 Millions 450 Milles tonnes, les sénégalais ne peuvent pas accéder à ce stock. Nous n’avons pas au niveau de la pêche artisanale et industrielle les moyens d’y accéder». Chaque tonne de poisson pêché sous licence rapporte 35 dollars au Trésor public sénégalais. On vide la ressource pour 2,4 centime d’euros le kilo…

Lire aussi l’interview du patron du Syndicat de la pêche au Sénégal, cliquer Ici

Les marins et les observateurs sénégalais mettent en cause la pêche industrielle sénégalaise

Les membres de l’intersyndicale des marins et du syndicat des observateurs de pêche du Sénégal estiment que la flotte industrielle sous pavillon sénégalais, représentée par le GAIPES, est à l’origine de la majorité des délits de pêche commis en mer. Un ancien inspecteur des pêches dénonce leurs pratiques de pêche au chalut et les méfaits de tels agissements sur l’écosystème marin. Il estime que "ces armateurs, qui sont exonérés de taxes à 100%, n’apportent rien au trésor public sénégalais, et violent en plus la directive signée par le chef de l’Etat qui les oblige à embarquer un observateur. Au contraire, ils récusent les observateurs et avec leurs techniques de pêche, écument les fonds des eaux sénégalaises avant de trier les espèces nobles qui sont destinées à l’exportation, puis de jeter tout le reste sur la mer". Il ajoute que le groupe Gaipes qui se dit « armateurs sénégalais » n’est en réalité qu’ « un prête-nom au service d’armateurs chinois et espagnols ».
Le syndicat des marins ajoute que, depuis la suspension des licences octroyées à l’Union européenne, les marins sont maintenant embarqués sur les bateaux du Gaipes, et 150 marins sénégalais ont été débarqués sans droits. Pour plusieurs d’entre eux, les dossiers dorment au tribunal. C’est pourquoi les marins, par la voix de leur secrétaire général, ont refusé de se joindre à la lutte du Gaipes. Pour eux, le combat à mener est celui de la révision de la convention collective sur les conditions de travail.

Sources : cffa.cape

Article de presse, Sud online, 30 mars


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Le 7 avril 2011


Un bateau chargé de migrants en provenance de Libye a chaviré, ce mercredi, au sud de la Sicile, à proximité de l’île de Lampedusa, faisant au moins 15 morts et de 130 à 250 disparus. Un bateau de pêche italien a porté secours à trois personnes mais le travail des équipes de sauvetage s’est trouvé compliqué par de forts vents et une mer agitée.

Des migrants de plusieurs pays - Une quinzaine de corps ont été aperçus flottant à la surface de l’eau. Les sauveteurs ont repêché 47 personnes dont une femme enceinte. L’embarcation bondée avait appareillé de Libye il y a deux jours. Selon les garde-côtes, le bateau transportait environ 200 personnes. Pour l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce nombre est sans doute proche des 300. « Le bateau, dont la capacité en passagers avait été dépassée, avait quitté les côtes libyennes avec des migrants et des demandeurs d’asile originaires de Somalie, du Nigeria, du Bangladesh, de Côte d’Ivoire, du Tchad et du Soudan », dit l’OIM. Une quarantaine de femmes et cinq enfants se trouvaient à bord. Seules deux femmes ont survécu au naufrage.

1 000 € la traversée - Lundi, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait indiqué que deux bateaux transportant plus de 400 personnes parties de Libye étaient portés manquants. Depuis le début de l’année, près de 20 000 immigrés illégaux venant en majorité d’Afrique du Nord, où ils paient en moyenne 1 000 € pour la traversée, ont rejoint la petite île italienne, située à 150 km au nord des côtes tunisiennes.

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Le 8 avril 2011


Ali Haïdar et ses camarades écologistes ne sont pas d'accord avec la décision du ministre de l'économie maritime, Khouréichi Thiam, sur les accords de pêche avec les bateaux étrangers. C'est dans ce cadre qu'ils vont entamer une tournée dans les villages côtiers pour retrouver les pêcheurs afin de les conscientiser sur les dangers qui les guettent. "Je lance un appel aux pêcheurs sénégalais, aux organisations de pêche artisanale, professionnelles, aux femmes transformatrices que nous allons vers de gros problèmes", a alerté l'écologiste en chef.
 
Selon lui, c'est une résistance qu'il faut organiser. "Nous allons faire des tournées dans les villages de pêcheurs de toutes les villes où nous étudierons avec les eux la façon dont nous pourrons nous organiser", a indiqué Ali Haïdar. "Nous allons, dans un premier temps organiser des échanges dans les villages de pêcheurs", a-t-il précisé.

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Le 31 mai 2011

Afrique de l’Ouest : Le Sénégal et la Mauritanie cités en mauvais exemple

Parmi les pays membres de la CSRP (Commission sous-régionale des pêches qui regroupe la Mauritanie, le Cap Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, le Sénégal et la Sierra Leone) dont les actions seraient en déphase avec la logique de concertation, dans la gestion des petits pélagiques, le Sénégal et la Mauritanie sont cités en mauvais exemple.

Le Sénégal pour avoir autorisé «illégalement » des navires russes à accéder à cette ressource en contradiction avec sa propre législation.
La Mauritanie à cause de l’implantation des usines de farine qui pour produire une tonne de farine écrabouillent 5 tonnes de petits pélagiques. Dans ce dernier, comme dans le premier d’ailleurs, les recettes lorgnées procèdent de la même logique pernicieuse de pouvoir pêcher cette ressource qui indéniablement ne fait que passer. Mais dans le cas mauritanien, la floraison d’usines de farine qui empestent, chaque jour le climat dans notre capitale économique, est mue par la hausse du prix de la farine de poisson qui a frôlé les 2000 USD la tonne. La farine de poisson est notamment demandée dans l’aquaculture chinoise et l’élevage du Saumon.

Le rassemblement des acteurs à Mbour (Sénégal) visant à impliquer le plus grand nombre d’acteurs ne peut être que bénéfique pour exhorter à cette solidarité inter-états. Cependant, il laisse circonspects les observateurs sur la mise en place d’un cadre juridique de gestion concertée des petits pélagiques, largement tributaire des réformes envisagées au sein de la CSRP, elle-même. Une réorganisation dont la consécration prendra certainement encore beaucoup de temps avant que les Etats concernés ne soient convaincus de lâcher du lest car « la mise en place d’une gestion concertée des stocks partagée à une échelle sous-régionale (…) requiert un long murissement et encore plus d’apprentissage ».... Source : CSRP : Gestion des petits pélagiques, gros ennuis entre Etats ? Jedna DEIDA (Le Quotidien de Nouakchott et REJOPRAO)

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Le 13 avril 2012


Les femmes transformatrices de produits halieutiques rencontrent « de sérieuses difficultés » dans leurs activités en raison notamment de la rareté de la ressource causée par « le pillage des eaux sénégalaises » par des bateaux étrangers, a confié à l’APS Adja Fatou Kiné Diop, présidente de l’Union locale des femmes transformatrices de Bargny.
« Nous pouvons rester un mois sans travailler parce qu’il nous est parfois difficile de trouver des produits. Ce qui ralentit considérablement notre activité », a dit Adja Fatou Kiné Diop.

Regroupées au sein de la Fédération des groupements d’intérêts économiques de pêche du Sénégal (FENAGI-Pêche), elles sont présentes à la 13ème édition de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA) ouverte jeudi à Dakar.

Spécialisées dans la transformation et la commercialisation des produits de la mer, les femmes dont l’organisation fédère 55 GIE dans toutes les régions du Sénégal peinent à mener correctement leurs activités.
« Nous demandons à l’Etat de revoir les accords avec les bateaux étrangers qui raclent le fond marin et à qui on brade presque la ressource. Le kilogramme de pélagique leur est cédé à 15 francs alors que nous achetons 3 pélagiques à 500 francs », se plaint Mme Diop. Elle a rappelé l’importance de cette activité pour les femmes qui constituent, dans leur grande majorité, des responsables de familles sur qui reposent principalement les charges familiales et l’éducation des enfants. Adja Fatou Kiné Diop a en outre demandé le contrôle et la protection des ressources halieutiques.

Elle a indiqué que cette situation impacte négativement sur leur travail, car elles n’arrivent pas à honorer des commandes et leurs revenus ne font que baisser. « Si vous trouvez difficilement les produits frais, il va s’en dire que les prix seront chers et souvent les consommateurs ne peuvent pas suivre avec la cherté de la vie actuellement », a encore insisté la présidente des femmes transformatrices.

Aussi, elles réclament « des sites répondant aux normes européennes avec des équipements performants pour répondre aux exigences de qualité imposées à l’exportation », a dit leur présidente. « Sur les plans sécuritaire et sanitaire, nous devons respecter un certain nombre de choses pour répondre à la qualité mais nous n’avons pas encore ces sites », a-t-elle expliqué.

Photo : Femme transformatrice de poisson à Kafountine (Casamance)


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Le 17 juillet 2012

Une flottille pour une Méditerranée solidaire (socialwatch.org)

Ce 2 juillet, l’Oloferne, un bateau affrété par 17 organisations issues de 7 pays, prend la mer au port de Rosignano (Toscane), direction la Sicile, lieu de jugement de nombreux marins ayant prête assistance à des migrant-e-s en mer.

La Campagne Boat4People y dénoncera le contrôle violent des frontières maritimes et la contradiction entre la criminalité des Etats et la criminalisation des personnes solidaires avec les migrant-e-s.

Cela fait plusieurs années que nombre d’organisations africaines et européennes interpellent en vain les gouvernements à propos des milliers de migrant-e-s qui chaque année meurent aux frontières de l’UE. En Méditerranée, pour l’année 2011, le Haut-Commissariat de l’ONU aux Réfugiés estime à plus de 2000 le nombre de noyades, alors même que sont présents dans la région non seulement les navires des garde-côtes et ceux des patrouilles de surveillance de Frontex, mais aussi (en 2011) les bâtiments militaires de la coalition engagée dans les opérations en Libye.



Face à ces trop nombreux naufrages, au silence des pays d’Europe qui se ferment dans leur refus d’accueillir les réfugié-e-s, face aux politiques répressives qui criminalisent de plus en plus les migrations vers l’Europe, une série d’associations - 17 issues de è pays - désirent revendiquer une Méditerranée solidaire et sont arrivées à la conclusion qu’il était impératif de passer à l’action. Elles ont donc décidé d’affréter une flottille de la solidarité en Méditerranée afin de :
■ Dénoncer l’hécatombe qui a lieu actuellement dans les eaux entre Tunisie et Italie
■ Exercer un droit de regard citoyen sur les zones maritimes dans lesquelles se produisent des naufrages et dans les centres où sont enfermés celles et ceux qui arrivent en Italie
■ Diffuser de l’information sur la situation des migrant-e-s en Méditerranée (à la presse, aux parlementaires, aux marins...)
■ Rappeler à tous les exigences du droit de la mer (Convention des nations unies sur le droit de la mer), ainsi que du droit d’asile (Convention de Genève sur les réfugiés)
■ Récolter des témoignages afin d’alimenter des plaintes devant les instances internationales contre les acteurs en mer (gardes-frontières, Frontex, OTAN...) qui se rendraient coupables de non assistance à personne en danger ou de refoulement de demandeurs d’asile
■ Renforcer la solidarité euro-africaine en terme de migrations et de défense des droits des migrant-e-s
Source
CNCD 11.11.11 : http://bit.ly/N8lYae

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Le 12 octobre 2012

Sénégal. Main basse sur la Sardinelle

En 5 mois, 29 chalutiers industriels de l'Europe de l'Est ont pêché "illégalement" au moins 125.000 tonnes de petits pélagiques dans les eaux sénégalaises, l’équivalent de la moitié des captures annuelles de l’ensemble de la pêche du Sénégal sur cette pêcherie essentielle, déjà sévèrement surexploitée....
 
Le scandale des autorisations de pêche au Sénégal : un drame en cinq actes

Enquête sur le pillage organisé des ressources pélagiques du Sénégal entre mars 2010 et avril 2012

Greenpeace / Octobre 2012

Pour télécharger le document, cliquer Greenpeace

Greenpeace dénonce les accords de pêche "illégaux" de petits pélagiques (sardinelles, ethmaloses, maquereaux, chinchards et anchois) avec la Russie et plusieurs pays de l’Europe de l’Est (Lituanie, Estonie, Ukraine,...)...

En définitive, 29 chalutiers sur les 44 ayant bénéficié d’un Protocole d’autorisation (signé entre octobre et novembre 2011) ont effectivement exercé une activité de pêche dans la ZEE sénégalaise entre décembre 2011 et avril 2012, et voient leur licence révoquée.

Ces 29 navires ont déclaré un volume de capture total de plus de 125 000 tonnes (plus les captures nécessaires pour la production de 3500 tonnes de farine de poisson), soit l’équivalent de la moitié des captures annuelles de l’ensemble de la pêche sénégalaise sur cette pêcherie essentielle, déjà sévèrement surexploitée.

Le problème n’est cependant pas encore entièrement résolu. Plusieurs chalutiers ont été repérés péchant illégalement dans la ZEE sénégalaise, dont le Oleg Naydenov, récidiviste notoire, une nouvelle fois surpris en flagrant délit par des agents de la Direction des Pêches du ministère le 4 Mai 2012.

Les petits pélagiques, une ressource alimentaire et économique essentielle pour le Sénégal

Les espèces de petits pélagiques les plus couramment pêchées au Sénégal sont, par ordre d’importance :

  • les sardinelles,  Sardinella aurita et S. maderensis, qui représentent 80-90% des captures totales de petits pélagiques ;
  • l’ethmalose, Ethmalosa fimbriata ;
  • le maquereau espagnol, Scomber japonicus ;
  • les chinchards, Decapterus rhonchus, Trachurus trecae ;
  • l’anchois, Anchoa guineensis.
Les Sénégalais sont de grands consommateurs de poissons, environ 28 kg par personne et par an, soit davantage que la moyenne de l’Union européenne et deux fois la moyenne des pays de la sous-région.

La pêche des petits pélagiques constitue, de loin, la principale activité de la pêche artisanale sénégalaise, puisqu’elle contribue à hauteur d’environ 70% au tonnage total des captures débarquées par les pirogues au Sénégal (environ 350 000 tonnes en 2010).

De ce fait, les sardinelles (Yaboye en wolof) sont les poissons les plus couramment commercialisés, mais aussi les plus accessibles pour les revenus modestes. Elles constituent également la principale ressource pour les activités de transformation traditionnelle (séchage ou fumage) et jouent un rôle essentiel dans le régime alimentaire de la population sénégalaise.

Par ailleurs, le secteur de la pêche artisanale fournit environ 60 000 emplois directs et contribue, directement et indirectement, à assurer un revenu à environ 600 000 personnes, soit un Sénégalais actif sur six.

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Commentaires

Anonyme a dit…
Cher Philippe, ce n'est pas vrai... les manifestations au Sénégal sont contre l'arrivée des bateaux russes, et pas des bateaux Européens... et les bateaux russes sont la pour les petites pelagiques, la nouriture de base des peuples africaines.

Sénégal: société civile et secteur pêche se mobilisent contre l'octroi de 22 licences de pêche à des chalutiers russes

Au cours d'une conférence de presse tenue ce 17 mars à Dakar, des représentants des organisations professionnelles de la pêche maritime sénégalaise, industrielle et artisanale, ainsi que des syndicats et organisations de consommateurs, ont dénoncé la présence dans les eaux sénégalaises de navires de pêche russes ciblant les petits pélagiques: 'Ces navires dont les licences auraient été officiellement refusées, exercent tranquillement leurs activités de pêche, de jour comme de nuit, sans être arraisonnés, ni même inquiétés...', explique un communiqué du Gaipes (Groupement des armateurs et des industriels de la pêche du Sénégal). Ces chalutiers pélagiques côtiers avaient déjà pêché dans les eaux sénégalaises de Mars à Mai 2010, ce qui avait mobilisé tout le secteur, industriel et artisan, car les autorisations de pêche avaient été délivrées dans des conditions totalement illégales, opaques et inopportunes. Cela avait empêché la régularisation de cette pêche illégale. Mais aujourd'hui, dénonce ce communiqué, une décision a été prise d’autoriser 22 de ces chalutiers pélagiques à pêcher dans les eaux sénégalaises, ce qui va mener au pillage des ressources: 'En effet, ces mastodontes de 100 m de long vont cibler les pélagiques côtiers (sardinelles, chinchards, maquereau), qui constituent l’alimentation de base des populations sénégalaises en protéines animales et jouent un rôle central dans la chaîne alimentaire et l'éco-système marin... ces navires sont équipés d’engins de pêche pouvant aspirer toute la flore animale et végétale. Avec un système de pêche aussi destructeur et ravageur, ce sont toutes les ressources qui seront capturées, pour devenir soit des produits transformés ou congelés, soit de la farine ou de l’huile de poisson'.

Le communiqué souligne que des évaluations de l’Institut National de Recherches halieutiques, le CRODT, montrent que ces stocks de petits pélagiques sont surexploités, et le CRODT recommande une réduction d’au moins 50% de l’effort de pêche sur ce stock: 'Malheureusement, au lieu de cela, on assiste à l'introduction de 22 navires représentant au total près de 200.000 tonneaux de jauge brute (TJB), soit 15 fois la capacité de toute la flotte industrielle sénégalaise. Selon les informations disponibles, ces bateaux pourraient pêcher près de 300 000 tonnes de petits pélagiques. La contrepartie financière serait de 17 FCFA par kilo, soit près de 5 milliards FCFA au total. Or, le prix du poisson pêché est estimé au minimum à 400 FCFA le kilo, on aura un manque à gagner total de 115 milliards de FCFA, qui échapperont au Sénégal. De plus, dans ce type d’opération, il est généralement admis que 30 % de la valeur des captures sont réservées à la partie qui donne les licences de pêche, ce qui représenterait 36 milliards de FCFA - or le schéma retenu n'apporte 5 milliards pour le trésor public.... ' Le communiqué rappelle que le Gouvernement sénégalais, dans le cadre de la définition des différentes politiques de promotion d’activités économiques, a retenu les produits de la mer comme un secteur créateur de richesse. Cette démarche unilatérale d'octroi de licences à ces bateaux russes risque, si elle est maintenue, d’enlever tout sens et crédibilité aux plans d’actions gouvernementaux.

informations transmise par Gaoussou Gueye
Aquablog a dit…
Merci Gaoussou pour tes précisions et tes explications... Mon texte n'était pas assez précis...

Sans parler de la pêche illégale et non contrôlable de ces 22 bateaux russes, nous pouvons aussi analyser votre manifestation comme :
- un rejet des accords de pêche avec des puissances halieutiques étrangères
- et une volonté des organisations de pêcheurs du Sénégal (artisans et industriels) à exploiter durablement les ressources halieutiques avec les forces-vives du pays...

Lutter contre l’accaparement des ressources, mener des politiques visant la souveraineté et la sécurité alimentaire et faire en sorte que le flux des migrants depuis l’Afrique vers l’Europe soit stoppé….
Philippe Favrelière