mercredi 10 février 2010

Les Chagossiens crient à l’aide contre une aire marine protégée !!!!

Les Chagossiens sont les habitants de l’archipel des Chagos au milieu de l’Océan Indien. Ils crient à l’aide au reste du monde…..

Après une zone militaire, maintenant une zone marine protégée….

Dans les années 60, les USA ont fait de l’archipel des Chagos, une base militaire au coeur de l’Océan Indien, un véritable porte-avion sur l’île corallienne de Diego Garcia. Aujourd’hui, les britanniques « propriétaires » de ces îles veulent en faire une immense zone marine protégée avec le soutien actif des associations environnementales internationales !

Les chagossiens qui ont été poussés à l’exil au moment de l’installation des militaires étatsuniens, sont les habitants légitimes des Chagos. Avec le soutien des mauriciens qui revendiquent ces îles, les chagossiens proposent un autre avenir pour leur archipel !

Soutenez le peuple Chagossien en signant la pétition avant minuit du 12 février 2010, fin de la consultation du gouvernement britannique pour la mise en place de cette vaste zone marine protégée. Les Chagossiens même en exil demandent à ce que leur voix soit entendue dans la définition de cette Aire Marine Protégée : Marine Education Trust

De leur côté, les organisations environnementales comme Pew Charitable Trusts et Marine Conservation Society, ont pris le parti du gouvernement britannique. Elles ont mis en ligne une pétition pour la création d’une Aire Marine Protégée sur l’ensemble de l’archipel des Chagos : Protect Chagos.

Pour plus d'informations :

  • Les habitants de l’île de La Réunion se mobilisent avec un Comité Solidarité Chagos (lire l’article de Témoignage : Chagos : un comité pour la solidarité)
  • « Le “Parc Marin” britannique bafoue nos droits fondamentaux » (Témoignage re)
    Le peuple chagossien est ce peuple arraché par la force à son archipel natal, au tournant des années 60 et 70. Le crime a été perpétré par les gouvernements de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Depuis 40 ans, les Chagossiens n’ont cessé de se battre pour leur droit fondamental, celui du retour aux îles Chagos. A la tête de cette lutte exemplaire, Olivier Bancoult est le leader du Groupe Réfugiés Chagos. Il a participé, jeudi soir au Port, à la constitution du Comité Solidarité Chagos. Nous l’avons rencontré avant son retour à l’île Maurice, pour qu’il nous parle du dernier mauvais coup du gouvernement britannique : le projet de Parc Marin (“Zone de protection environnementale maritime”) sur l’ensemble de l’archipel des Chagos.

Autres articles :

Image Google Earth : Île Diego Garcia avec la piste aérienne et une portion du lagon

Ne pas signer cette pétition de l’organisation AVAAZ : SAUVONS NOS OCÉANS

Sous l'influence des organisations environnementales internationales, l'organisation Avaaz lance une pétition "4 jours pour sauver les océans" qui prend position pour l'AMP intégrale (défendue pour le gouvernement du Royaume-Uni) et qui va à l'encontre de la position du peuple Chagossiens !!!!

Odile Schmitt de l'association Crisla, membre de RITIMO qui travaille en lien avec le Collectif Pêche et Développement basé à Lorient, réagit à cette pétition :

"Notre association, membre de RITIMO, travaille en lien avec le Collectif Pêche et Développement basé à Lorient. Nous relayons souvent vos campagne auprès de nos adhérents, mais nous sommes en profond désaccord avec celle-ci. Ces îles, poussière d'Empire des Britaniques, ont servi de base militaire en explusant tous les habitants au mépris de leurs droits historiques. Créer une gigantesque Aire Marine Protégée revient à exclure définitivement les habitants d'origine. Ceux-ci pourraient poutant gérer la biodiversité mieux que de gigantesques ONG étrangères. En bref, nous n'acceptons pas une idéologie qui prétend défendre la nature et condamner les humains."

Réponse d'Avaaz face à nos interrogations concernant la prise de position de l'Ong dans sa campagne "4 jours pour sauver les océans":

La consultation lancée par le Royaume-Uni comprend actuellement trois options. La première consiste à créer la plus grande Aire Marine Protégée au monde dans l'Archipel des Chagos, avec interdiction de toute forme de pêche industrielle dans cet écosystème très fragile. La seconde consiste à établir une zone protégée de 200 nautiques autour des îles, mais la pêche y serait autorisée, de manière régulée. La troisième consiste à protéger certains récifs, mais pas l'ensemble des 544 000 km2 de l'archipel.

Nous comprenons tout à fait que l'établissement d'une telle Aire Marine Protégée avec interdiction de pêche puisse être perçue par certains comme une entrave au retour des Chagossiens sur leurs îles. Cependant, Avaaz considère qu'il faut ici bien prendre en compte la distinction entre pêche industrielle et pêche artisanale et familiale : si c'est la première option qui est retenue par le Royaume-Uni, c'est bien la pêche industrielle qui sera interdite mais la pêche artisanale sera certainement autorisée. A l'heure actuelle, les pêcheurs traditionnels mauritiens peuvent obtenir des licences sur les côtes protégées des Chagos et il est fort peu probable que le régime d'Aire Marine Protégée interdise ces prises. Quand les Chagossiens pourront retourner dans l'archipel, nous nous attendons à ce qu'ils puissent pêcher selon les mêmes dispositions, c'est-à-dire à partir du moment où il s'agit de pêche artisanale en accord avec l'écosystème, plutôt que de pêche industrielle à grande échelle. Mais bien entendu, tout cela devra être débattu au moment du retour. C'est pour cela qu'Avaaz conclut explicitement sa pétition par les mots suivants: Nous vous appelons à interdire la pêche industrielle dans cette zone; et à agir avec les Chagossiens pour la protection de ces grands récifs et l'avenir des océans.

L'ensemble des océans de la planète sont en danger. La décision britannique de créer dans les Chagos la plus grande Aire Marine Protégée au monde pourrait permettre de protéger ce patrimoine presque inégalé en taille et en richesse. Ce serait un signal fort envoyer à l'ensemble des gouvernements. Mais plus encore, cela permettrait de protéger les océans desquels des peuples comme les Chagossiens tirent leur activité de pêche artisanale et de subsistance. Il s'agit d'enrayer la destruction de la biodiversité océanique et de protéger ces ressources vitales pour les générations futures. Nous espérons que cette réponse répondra à vos interrogations et que vous serez prêt à soutenir cette action.

Benjamin des Gachons Campaigner / Chargé de campagnes (Avaaz.org)

L’Ile Maurice dénonce le projet de création d’une Aire marine protégée autour des Chagos (APA)
Le gouvernement mauricien a exprimé son indignation suite à la décision d’organisations environnementales de renom d’approuver le projet de création par le gouvernement britannique d’une Aire Marine Protégée (AMP) dans l’archipel des Chagos, a appris APA samedi à Port Louis.
Selon des sources du ministère mauricien des Affaires étrangères, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN), la Société de conservation marine, Kew Garden, London Zoo et la Société royale pour la protection des oiseaux (RSPB) soutiennent le projet du gouvernement britannique…..

Lire aussi les deux articles de Newscientist :
Chagos marine protection plan condemned as unethical (17 February 2010 by Fred Pearce)Conservation plan would keep islanders in exile (23 February 2009 by Fred Pearce)

Le 31 mars 2010

Royaume-Uni / Etats-Unis : L’île de la discorde (Courrier international)
Les Chagossiens veulent revenir sur leur île paradisiaque de l’océan Indien. Problème : elle est occupée par une base militaire américaine. Et Londres veut en faire une réserve naturelle, explique The Times.
S’il est un trésor océanique digne d’être préservé, c’est bien l’archipel des Chagos, avec ses eaux cristallines et ses magnifiques récifs coralliens. Ce qui n’empêche pas le gouvernement britannique de concocter un projet qui divise le monde de la protection marine et qui crée des tensions diplomatiques avec les Etats de l’océan Indien.

Le Territoire britannique de l’océan Indien (British Indian Ocean Territory, BIOT) a été établi sur la terre ancestrale des Chagossiens, 2 000 individus et leurs descendants que le Royaume-Uni a forcés à partir dans les années 1970 pour laisser la place, sur la principale île, Diego Garcia, à une base navale et aérienne américaine. Même si Londres a fait annuler à maintes reprises les jugements prononcés par les tribunaux en leur faveur, les Chagossiens en exil refusent de s’avouer vaincus. L’été prochain, la Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg, examinera l’affaire. Mais d’ici là, si David Miliband, le ministre des Affaires étrangères, obtient gain de cause, l’archipel des Chagos aura été déclaré zone marine protégée (ZMP) et les activités telles que la pêche et la construction seront donc interdites, ce qui priverait les îliens de tout moyen d’existence légal.

Selon différents points de vue, c’est soit une sinistre manœuvre en vue de priver les exilés du droit au retour, soit une mesure écologique facile à prendre pour un gouvernement travailliste sur le départ à l’aube d’élections difficiles à gagner, soit encore un relent d’impérialisme arrogant visant à empêcher les véritables propriétaires de décider de l’avenir du territoire.

Du côté du gouvernement, M. Miliband devrait prendre une décision dans les semaines à venir, mais il semble déjà convaincu. “C’est une formidable occasion pour le Royaume-Uni de créer l’une des plus grandes réserves marines au monde”, dit-il.

Les écologistes sont de plus en plus nombreux à être hostiles au projet. Pour eux, la création d’une réserve, loin de protéger ce coin de paradis, en accélérerait la destruction. “Même si l’on fait abstraction des droits de l’homme, c’est une terrible erreur”, plaide Mark Spalding, l’un des plus grands spécialistes de la préservation des récifs. “En matière de protection de la nature, on ne compte plus les échecs dus au fait que les populations intéressées n’ont pas été consultées.”

Pourtant, nombre d’organisations écologiques internationales ont pesé de tout leur poids en faveur du projet, qui, étonnamment, souligne le fait que l’archipel est “inhabité”. Ce qui est faux : 1 500 militaires américains, 1 700 contractuels et 50 marins britanniques habitent sur la base de Diego Garcia. L’île, qui constitue 90 % des terres émergées des Chagos, est dans les faits exclue du projet de réserve. Peter Sand, avocat spécialisé dans l’environnement qui a enquêté sur l’empreinte écologique de la base américaine, a révélé la formation de quatre nappes de près de 6 millions de litres de kérosène depuis la construction de celle-ci. Il a également réclamé des informations sur les fuites radioactives des bâtiments à propulsion nucléaire mouillant dans le port. Sans succès. “Dire qu’une petite communauté de Chagossiens aurait un impact plus important est complètement absurde”, s’insurge M. Spalding.

Les projets d’avenir pour l’archipel ont aussi provoqué un conflit diplomatique avec l’île Maurice et les Seychelles, auxquelles étaient rattachées les Chagos et qui devaient – Londres l’avait accepté – les récupérer lorsque les Américains n’en auraient plus besoin. Autre sujet d’embarras pour les Britanniques : les accusations selon lesquelles Diego Garcia servait de base à des bateaux-prisons américains où des prisonniers “fantômes” subissaient des tortures. Le Premier ministre de la République mauricienne s’est dit “consterné” par la décision de poursuivre le projet de réserve. “Il est inadmissible que les Britanniques prétendent protéger la faune et la flore marines tout en niant obstinément aux Mauriciens d’origine chagossienne le droit de retourner dans leurs îles”, s’est insurgé Navin Chandra Ramgoolam à l’occasion de l’inauguration d’un édifice destiné aux réfugiés chagossiens dans la capitale mauricienne. “Comment peut-on affirmer qu’on protège les coraux et les poissons tout en continuant à violer les droits des anciens habitants des Chagos ?”

Repères
Dans les années 1960, l’archipel des Chagos, partie intégrante du territoire mauricien, est secrètement loué au Royaume-Uni. En 1970, Londres et Washington conviennent d’y établir une base militaire. Les Britanniques expulsent les 2 000 Chagossiens vivant sur l’île vers les Seychelles et Maurice. En 2000, la Haute Cour du Royaume-Uni se prononce en faveur des Chagossiens qui réclament le droit au retour. Le gouvernement émet alors une prérogative royale qui désavoue la Haute Cour. En 2006, la Cour d’appel déboute le gouvernement, qualifiant les méthodes de celui-ci d’illégales et d’“abus de pouvoir”. Mais en 2008 la décision de la Haute Cour est annulée. Ce qui permet au ministère des Affaires étrangères d’entamer des consultations publiques sur la création d’une zone marine protégée.

Le 1 avril 2010

La Grande-Bretagne crée la plus grande réserve marine du monde autour des Iles Chagos (AP)
La Grande-Bretagne a annoncé la création de la plus grande réserve marine du monde autour de l'archipel des Chagos, un territoire britannique dans l'Océan Indien.
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a annoncé jeudi que la pêche commerciale serait interdite sur une surface d'environ 250.000 miles carrés.
Cette réserve vise à créer un territoire important pour la recherche scientifique et la préservation des récifs de corail. D'après le gouvernement britannique, les eaux de l'archipel abrite une soixantaine d'espèces protégées.
Sur les 55 îles de l'archipel des Chagos, une seule est habitée, Diego Garcia, utilisée par l'armée américaine. Le statut de réserve marine n'interférera pas avec les opérations de la base militaire, selon Londres. AP

Le 10 avril 2010

Une victoire pour les ONG conservationnistes, mais pas pour la biodiversité de l’archipel des Chagos. Qui va protéger un espace grand comme l’Allemagne et l’Italie réunies si les chagossiens restent exil ? Ce ne sont pas les militaires de la base étatsunienne installée sur l’un des îlots.

Sauvons les océans - une grande victoire! Le Royaume-Uni vient d'annoncer sa décision de doubler la surface mondiale de zones océaniques protégées en créant une nouvelle aire marine protégée plus grande que la superficie de l'Allemagne et de l'Italie réunies. Dans la phase de consultation publique qui a précédé cette décision, la contribution des membres d'Avaaz a constitué plus de 85% des réponses reçues, et appelait à l'interdiction de la pêche commerciale tout en soutenant les droits des populations insulaires1. C'est une grande victoire, et le Ministre anglais des Affaires Etrangères a évoqué dans sa déclaration les "plus de 221 000 réponses coordonnées par Avaaz... issues de 223 pays".

1. Certains membres nous ont écrit pour veiller à ce que les droits des Chagossiens et de Maurice ne soient pas remis en cause par cette décision. Avaaz a soulevé ces questions lors de la remise de la pétition, et le Ministre anglais des Affaires Etrangères Miliband s'est engagé à ne pas remettre en cause ces droits lors de sa déclaration annonçant la création de l'aire marine. C'est un progrès majeur, mais nous devons maintenir la pression pour faire en sorte que les demandes justifiées des Chagossiens et Maurice aboutissent -- et pour améliorer la protection des océans face à la surpêche.

3 commentaires:

David a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
David a dit…

Dépêchez-vous de signer la pétition du Marine Education Trust, avant vendredi 12 février!!!

http://www.marineeducationtrust.org/petition/protect-chagos

Pour plus d'information sur la lutte des chagossiens, et de leur leader Olivier Bancoult, lisez les articles suivants:

Témoignages.Re Le parc marin britannique bafoue les droits des Chagossiens

Témoignages.Re Chagos un comité pour la solidarité

Et n'hésitez pas à contacter le responsable du Comité Solidarité Chagos!

La Réunion est solidaire du sort des chagossiens, soyez le aussi tous en signant la pétition !

Anonyme a dit…

Wikileaks confirme la manipulation des gouvernements US et UK!!!!


http://www.lexpress.mu/story/18637-wikileaks-confirme-le-parc-marin-cre-expres-pour-empecher-le-retour-des-chagossiens.html

Des AMP comme armes de manipulation massives!