samedi 19 décembre 2009

Gironde : les pêcheurs professionnels du plus grand estuaire d’Europe s’expriment…

« Le Courrier de l'Estuaire et des fleuves girondins » c’est le journal d'information écrit par les organisations professionnelles pour les professionnels. L'idée est née suite à une réunion entre le Comité Régional des Pêches d’Aquitaine, le Comité Local des Pêches de Bordeaux et l'Association Agréée Des Pêcheurs Professionnels en Eau Douce de Gironde (AADPPEDG). Ces trois structures représentent la pêche professionnelle Aquitaine dans l'estuaire de la Gironde, et en amont sur l'Isle et la Dordogne.

Le Premier Edito donne le Ton !

En période de restructuration des administrations de tutelle, tant sur le plan réglementaire qu’environnemental, nos organisations professionnelles doivent être rassemblées et fortes, armées de connaissances pour défendre nos métiers divers et complémentaires de la source aux 12 milles en mer.

Gardons nos savoirs-faire indispensables à notre veille environnementale. Faisons connaître la valeur économique globale de nos pêcheries et la valeur patrimoniale de nos espèces.

Défendons notre profession ancestrale qui est en difficulté sur bien des points environnementaux : qualité d’eau, quantité d’eau douce indispensable à l’équilibre des frayères et écosystèmes, continuité écologique et pollutions diverses.

Nous devons être sur tous les fronts devant la multitude de dossiers en cours tant régionaux qu’européens

Tous ensemble, faisons face à l’adversité pour maintenir les pêcheries professionnelles de notre bassin, participer à la restauration de nos espèces en difficulté et préparer l’avenir de nos jeunes car il nous faut reconquérir ce qui a été perdu par manque de vigilance.
Jacqueline Rabic, Philippe Delmas, Jacky Darnis, Francis Favroul


Sommaire du Numéro 1

Les espèces
la Grande Alose
le Maigre
l'Anguille
L'environnement
Le Plan de Gestion des Etiages
Le Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau de l'Estuaire
Création d'un Parc Naturel Marin ?
Quoi de neuf ?
Les nouveautés sur l'estuaire
C'est dans l'air... Les actualités de l'estuaire et d'ailleurs.

Cliquer pour télécharger : N°1 – novembre 2009

Autres articles :

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Un mois avec vues sur l'estuaire de la Gironde

Rencontres estuariennes 2012

Le mois de l'estuaire

En avril, l'estuaire est à vous…

Pour la cinquième fois, en effet, le Conservatoire de l'estuaire organise ses Rencontres estuariennes, ouvertes samedi dernier 31 mars. Des Rencontres 2012 qui se déclineront jusqu'au dimanche 6 mai 2012, en deux volets : L'Estuaire en fête, avec cinq week-ends festifs représentant des temps forts centrés sur des sites précis, et organisés par des associations ou collectivités locales associées au conservatoire....

Le Conservatoire de l'estuaire de la Gironde s'est fixé pour objectif de faire connaître le patrimoine estuarien et ses acteurs.

Pour découvrir l'estuaire et ses richesses, associations et organismes se sont regroupés autour d'un projet fédérateur : les Rencontres estuariennes.

Cette manifestation, c'est une douzaine d'expositions, d'animations, et de spectacles.

Les Rencontres estuariennes, c'est aussi cinq week-ends festifs organisés sur cinq sites riverains de l'estuaire : baptêmes nautiques, balades-découvertes, animations pour les enfants, expositions d'artistes, jeux, contes, spectacles…

Il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges : l'estuaire s'offre à vous, saisissez le !

Michel Vignau, président du Conservatoire de l'estuaire de la Gironde

Pour plus d’informations, cliquer Conservatoire de l’Estuaire

Lire aussi l’article de Sud Ouest : Un mois avec vues sur l'estuaire de la Gironde

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Pour aller plus loin....

Colloque de l’AGLIA : « Menaces sur les écosystèmes marins et estuariens »

Les XXIIes Rencontres Interrégionales de l’AGLIA qui auront lieu les 12 et 13 octobre 2010 à Rochefort/mer (Charente-Maritime) traiteront des « Menaces sur les écosystèmes marins et estuariens - Impacts sur les ressources halieutiques et conchylicoles ». Pour plus d’informations sur le programme et les inscriptions cliquer Ici

L’estuaire de la Gironde (CRPMEM Aquitaine)
Un peu plus d’une centaine de navires de marins pêcheurs exercent leur activité dans l’estuaire de la Gironde.
Cette pêche estuarienne est pratiquée à bord de petites embarcations de moins de 12 mètres, yoles, plates ou petits chalutiers reconvertis.
Les marées de ces navires ne dépassent pas quelques heures. Leurs métiers sont surtout axés sur la pêche des poissons migrateurs.

Les principales espèces ciblées sont l’alose, l’anguille adulte principalement ou à son stade civelle, la lamproie, le maigre et la crevette. D’autres espèces sont également capturées comme la sole, le bar ou le mulet. Selon la saison et les espèces ciblées, les engins de pêche utilisés sont le tamis à civelle et le pibalour, les filets (pour l’alose, la lamproie et le maigre), les nasses (pour l’anguille, la crevette et la lamproie) et les lignes ou palangres (notamment pour le maigre).
La production moyenne annuelle des marins-pêcheurs estuariens de la Gironde est estimée ces dernières années à 300 tonnes d’une valeur d’environ 5 millions d’euros. Si une partie des prises d’alose et de maigre est transportée et mise en vente dans les criées d’Arcachon et de Charente, l’essentiel de la production de l’estuaire est commercialisé hors criée en direct par les pêcheurs.
Principaux ports de l’estuaire où ces navires de pêche estuarienne peuvent être observés en Aquitaine : port des Callonges à Saint-Ciers sur Gironde, ports de Pauillac et du Verdon.

Revue de presse :

Le 28 avril 2010 : Attention PCB

La pêche aux anguilles interdite dans l'estuaire de la Gironde (Sud-Ouest)
La pêche aux anguilles est interdite jusqu'à nouvel ordre dans l'estuaire de la Gironde (Photo
Les préfectures de Gironde et de Charente-Maritime ont interdit mardi la pêche, la consommation et la commercialisation des anguilles de l'estuaire de la Gironde en raison d'une contamination aux pyralènes.
"Il a été mis en évidence une contamination par les PCB dans la chair de ces poissons", ont annoncé les préfectures, sans indiquer jusqu'à quelle date courait cette interdiction ni d'où provenait cette contamination.
"La consommation fréquente de poissons contaminés constitue un risque potentiel pour la santé humaine, en particulier chez les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de trois ans", a-t-on encore précisé

Le 27 janvier 2010

Patrimoine : Alain Cotten, mémoire de l'estuaire (Sud-Ouest)
En quelques années, le Conservatoire de l'estuaire s'est fait une place bien à lui, entre glose savante et approche sensible.
Alain Cotten passera la main dans quelques jours, mais restera fidèle au Conservatoire. Samedi prochain, le Conservatoire de l'estuaire tiendra son assemblée générale à Lamarque. La 27e depuis sa naissance blayaise en 1983. Et la cinquième préparée par Alain Cotten, qui remettra ce jour-là son mandat de président à la disposition de l'assemblée. Avant le déploiement printanier sur l'estuaire (de Bourg-sur-Gironde aux marches charentaises), des Estuariennes, fête et célébration du géant liquide.
Quelques bonnes raisons, donc de revenir sur le parcours de cette association pas vraiment savante, pas vraiment ludique, pas vraiment institutionnelle, pas vraiment spécialisée... Mais sans doute tout cela à la fois, et même un petit peu plus !

Un naturaliste
« Au départ, ce qui m'a intéressé, motivé, c'est l'approche multidisciplinaire que portait le Conservatoire », raconte Alain Cotten. Un prof de SVT (sciences naturelles, autrefois) au lycée de Blaye, natif de Saint-Georges-de-Didonne (17), avec quelques racines bretonnes du côté de Concarneau, qui avait rejoint l'association, « au milieu des profs d'histoire », rigole-t-il ! « Au début, j'étais le naturaliste entouré d'historiens.....

Le 25 février 2010

Ça frétille encore dans l'estuaire de la Gironde, malgré la pollution (Sud-Ouest)
Le carrelet se pêche « au carrelet » depuis les cabanes. Malgré la pollution, l'estuaire de la Gironde abrite encore quelques espèces de poissons et crustacés. Si les mulets, carrelets et crevettes sont restés relativement abondants, d'autres ont quasiment disparu.
Ainsi, les anguilles sont désormais très rares. Leurs alevins, appelés civelles ou pibales, ne sont pêchés que par les professionnels soumis à des quotas très stricts.
« Les pêcheurs amateurs ne pêchent pas la civelle, ceux qui le font sont des braconniers », précise Bernard Lapeyre, président de l'Association des cabaniers du Médoc.
L'esturgeon européen, une espèce très gravement menacée, a été réintroduit dans l'estuaire et fait l'objet d'un suivi continu.
« Si on en trouve un dans nos filets on le remet à l'eau et s'il est bagué, on contacte le Cemagref. » Il s'agit de l'organisme de recherche chargé du repeuplement en esturgeons du bassin de la Gironde.
La saison de pêche dernière a été l'occasion d'une heureuse surprise : les maigres et les soles ont fait leur grand retour.

Le 27 mars 2010

Montauban. Les anguilles sources d'un solide barrage (La Dépêche)
L'odeur, d'un seul coup d'un seul, est remontée du plus profond de mes souvenirs. Et de la vieille poêle en fonte de ma grand-mère. Une odeur qui mélangeait une pointe d'aïl, un soupçon d'huile bien aromatisée, un peu de vinaigre balsamique et le fumet si particulier de ce drôle de « serpent-poisson » que l'on appelle communément anguille. Un poisson que mon géniteur avait extirpé des eaux de la Garonne quelques heures plus tôt, non sans pester à intervalles réguliers au moment de sortir des flots la prise non désirée. Les fonds de ligne souffraient énormément dans ce qui apparaissait à mes yeux d'enfant comme un duel plutôt homérique entre l'homme et une sorte de monstre foncé et visqueux venu du plus profond des siècles… et de mystérieuses grottes enfouies dans le lit des fleuves les plus imprévisibles. Restait alors à fourrer au plus profond de la bourriche ou dans un petit sac de toile de jute ce « serpent -poisson » qui allait, de fort belle manière, enrichir notre repas dominical durant de nombreuses années. Mais de manière fort raisonnable. Aujourd'hui, autres temps, autres mœurs. La pêche à l'anguille est menacée et à l'instar, notamment, du thon rouge les spécialistes avancent de nombreux motifs d'inquiétude quant au devenir de cette anguille divisée en trois grandes familles : les civelles, les jaunes et les argentées.

Claude Dejean
« Pour moi, c'est clair et net : à la date du lundi 15 février l'Europe, en validant le plan français de gestion de l'anguille, a quasiment tiré un trait sur cette variété de poissons. Nous, les pêcheurs, avions proposé un moratoire s'étalant sur cinq années interdisant toutes les formes de prélèvement d'une espèce classée en danger critique d'extension au niveau mondial pour lui permettre d'atteindre un niveau de colonisation des rivières et des grands bassins français compatibles avec sa survie. Nous proposions également des mesures fortes en matière de franchissement des ouvrages pour permettre à l'anguille d'accomplir son long cycle biologique vital en eau douce dans les meilleures conditions possibles afin de pouvoir repartir dans de bonnes conditions en mer afin de s'y reproduire. Nous avons manifesté le 17 mars au niveau national pour nous faire entendre. Aujourd'hui, on espère de tout cœur que la raison l'emportera au final. Une charte encourageante a d'ailleurs été signée dans ce sens entre le ministère de l'écologie, d e l'énergie, du développement durable et de la mer (MEDEM) et la fédération nationale de la pêche en France. Il faut savoir raison garder. »

Le 9 avril 2010

Migrateurs : les pêcheurs alarmés (Sud-Ouest)
Samedi, la Fédération de pêche, réunie à Thiviers, a dressé un bilan de l'année écoulée et s'est dit préoccupée par la disparition des poissons migrateurs.
Philippe Robert, le président de la Fédération départementale de pêche, pense que la saison 2010 devrait être bonne……
La fin d'une espèce
En revanche, si une situation n'est pas bonne dans le département, c'est celle des poissons migrateurs, qui n'ont pas le vent en poupe.
« Année 2010, année internationale de la biodiversité ! Pas pour l'anguille et les autres poissons migrateurs », a lancé le président dans son rapport moral, soulignant que le plan français de gestion de l'anguille condamne cette espèce à la disparition de nos cours d'eau.
« L'alose, le saumon, la truite et l'anguille connaissent de gros problèmes, alors que l'on pourrait améliorer leur situation par la seule volonté des hommes », poursuit-il. Le stock d'anguilles est actuellement en dessous du seuil de renouvellement des générations.
Concernant les saumons, peu de spécimens ont été recensés cette année dans la Dordogne. Ils étaient seulement 85 à la passe à poissons du barrage de Tuilières en 2009, alors qu'il y a sept ans, on en dénombrait 1 200. « L'homme est en train d'exterminer une espèce pour des histoires de sous », déplore Philippe Robert.
Même constat pour la population de la grande alose, qui est passée de 90 000 à la fin des années 1990 à seulement 5 600 en 2009.

Le 13 avril 2010

Les pêcheurs professionnels sont très mécontents (Sud-Ouest)
Les aloses sont de retour dans nos rivières, mais leur pêche reste interdite. Il y a deux ans, l'administration a interdit aux pêcheurs professionnels de pêcher des aloses. L'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), notamment, considérait que, dans les eaux girondines de l'estuaire, cette espèce était menacée. Les professionnels notaient en effet qu'ils ramenaient moins d'aloses que par le passé depuis quelques années.
Un moratoire fut donc signé pour cinq ans, jusqu'en 2012, réglementant la prise de ce poisson de mer dans les eaux de nos rivières. Le temps nécessaire pour que cette population se reconstitue. Les pêcheurs regrettent cette mesure qui ne tient pas compte des cycles naturels.
C'est l'avis, entre autres, de Philippe Vignac. Vendredi dernier, ce pêcheur professionnel de Saint-Denis-de-Pile relevait dans ses filets à lamproies une cinquantaine d'aloses. Elles remontent actuellement le courant pour aller pondre leurs alosons qui redescendront ensuite, cet été, vers la mer. « On a déjà connu des périodes sans », commente Philippe Vignac qui entame sa 18e saison de pêche.
« Depuis quelques semaines, tout le monde, depuis l'embouchure de la Gironde, remonte des aloses. » Sans s'expliquer les raisons rationnellement, sa longue expérience lui fait dire que les conditions climatiques sont sans doute plus favorables. Il a beaucoup plu, le beau temps est revenu et les coefficients de marée sont faibles.....

Alose : les pêcheurs pour plus de souplesse (FR3 Aquitaine)
La grande alose, commercialisée en Gironde, ne peut y être pêchée.
L'effondrement des stocks avait nécessité un plan de sauvetage fin 2007. Les pêcheurs demandent un assouplissement
L'alose est un poisson apprécié pour sa chaire très délicate. Mais dans l'estuaire de la Gironde, un arrêté préfectoral stipule l'interdiction de la pêche de la grande alose sur l'ensemble des cours d'eau du département et ce jusqu'en 2012 pour protéger l'espèce.
L'une des principales dispositions est que : "Les poissons de l’espèce « grande alose » capturés accidentellement, au moyen de filet dérivant, devront obligatoirement, être remis à l’eau, même morts, après démaillage immédiat du filet à bord du bateau, sous peine de verbalisation" (plus de détail dans ce communiqué de presse ainsi que dans la http://www.gironde.pref.gouv.fr/informez/lettre/0408/alose_lettre15_0408.pdf, toutes deux éditées par de la préfecture de Gironde).
Les pêcheurs professionnels demandent aujourd'hui plus de souplesse dans la loi.

Le 17 avril 2010

Un pêcheur de lamproie en colère (Sud-Ouest)
Éric Montillaud s'inquiète de l'avenir de sa profession face à l'augmentation des charges et à la diminution de la ressource.
Eric Montillaud est pêcheur professionnel en Garonne et en Dordogne, et il se montre inquiet sur l'avenir de la profession. « Il y a trois ans, nous étions 107 pêcheurs en Garonne, confie-t-il. Aujourd'hui, on n'en recense plus que 55. C'est un métier en péril et il ne s'agit pas de la disparition du poisson. Nous avons signé en 2008, le moratoire de l'alose. Mais nous avons l'impression d'avoir été roulés dans la farine. Nous avons respecté les règles mais l'État et EDF n'ont pas joué le jeu. Il s'étaient engagés à aménager les barrages hydrauliques pour faciliter le passage des poissons migrateurs (aloses, anguilles) et à maintenir une qualité et une quantité d'eau suffisante dans les frayères. Les petites aloses meurent dans des eaux pas assez profondes qui atteignent l'été parfois 28°. Quand aux petites anguilles, elles sont hachées par les pales des turbines. »
De quoi mettre en sérieux péril la reproduction ces espèces dans les eaux fluviales. Ils ne restent aux pêcheurs professionnels que la lamproie, la campagne des pibales ayant été médiocre cette année. La Lamproie devait être la seule pêche rentable, mais les acheteurs restent timides, pourtant le cours moyen à 10 euros devrait stimuler les ventes.

Fermeture pour cinq ans
Ce poisson mythique, très apprécié dans la région, avait la réputation d'un poisson cher, ce n'est plus le cas. Le cuisiner n'est pas sorcier, mais cela rebute les jeunes ménagères, aussi de nombreux pêcheurs se lancent dans la conserverie.
Eric montillaud déplore que les instances officielles restent, selon lui, sourdes aux demandes des pêcheurs, confrontés à l'augmentation de leurs charges, de carburant notamment, alors que l'exercice de leur activité est de plus en plus limitée. « On nous empêche de travailler au nom de la protection de l'espèce, s'insurge Éric, mais on ferme les yeux sur la pêche au filet en mer qui tue des milliers d'aloses. Cette année encore, on ne pêchera pas l'alose sur la Garonne et en Dordogne. On parle de fermer cette pêche pour cinq ans. À quoi cela sert-il ? Puisque les engagements de l'État ne sont pas tenus. »

Le 29 avril 2010

Ni anguilles ni gattes pour les pêcheurs (Sud-Ouest)
Un arrêté préfectoral interdit de nouveau la commercialisation et la consommation de ces deux espèces.
Le moratoire est en cours jusqu'en 2012. Pour protéger la grande alose dont la ressource semblait s'épuiser dans nos rivières, sa pêche a été interdite pour une durée de cinq ans. Ce coup dur pour les pêcheurs professionnels de la région n'est pas arrivé seul. En juillet dernier, c'est la consommation et la pêche de l'anguille adulte dans la Garonne (en amont de Bordeaux et jusqu'au Lot-et-Garonne) qui est interdite. Cette fois c'est le sacro-saint principe de précaution qui est invoqué.
À l'occasion d'investigations menées en 2008, dans le cadre du plan national d'action sur les polychlorobiphényles (PCB, également appelés pyralènes), des dépassements des seuils réglementaires européens en dioxine et PCB (1) ont été détectés dans les anguilles et une alose feinte, autrement appelée gatte. Ces poissons avaient été pêchés dans la Charente, la Gironde et la Garonne.
Hier, un arrêté préfectoral pris conjointement pour les départements de la Gironde, de la Charente-Maritime et la Dordogne, interdit de nouveau la consommation et la commercialisation des deux espèces incriminées. Un arrêté d'autant plus difficile à accepter que la saison de la gatte s'annonçait presque miraculeuse depuis l'embouchure de la Gironde.
Si le Lot-et-Garonne disparaît de la zone d'interdiction, la Garonne (de Bordeaux jusqu'à la limite du Lot-et-Garonne), l'estuaire de la Gironde et la Dordogne (jusqu'à Pessac-sur-Dordogne) sont concernés. « Une nouvelle fois les échantillons prélevés ont confirmé des présences de PCB et de dioxines. Les seuils réglementaires sont très légèrement dépassés. La contamination demeure limitée par rapport à d'autres fleuves », explique Frédéric Mac Kain, secrétaire général aux affaires régionales de la préfecture de la Gironde......

Le 30 avril 2010 : l'autre grand estuaire, la Loire avec de moins en moins de civelles

À Indre, la civelle n'est plus vraiment de la fête (Ouest France)
Plus rare, plus chère, la civelle n'est plus le symbole de la fête d'Indre dimanche, qui inscrit pourtant son histoire dans celle de l'alevin d'anguille.
La fête de la Loire, ce dimanche à Indre, remplace la fête de la civelle devenue de plus en plus rare et chère. L'ancien port de pêche de l'estuaire y perd un peu de son histoire.
« Avec à peine 40 kilos de civelles, on ne pouvait plus en faire le symbole de la fête, c'est beaucoup trop juste. » Jean-Yves Lefloch, le président du comité des fêtes d'Indre le reconnaît, « à 10 € les 50 grammes, c'est devenu très, très cher, surtout en période de crise ». Il a donc été décidé de regrouper cette fête, vieille de près de quarante ans, avec celle de l'anguille qui se déroulait à un mois d'intervalle, en une seule Fête de la Loire, ce dimanche 25 avril. C'est aussi une page qui se tourne.

Ceux qui ne pourront sacrifier à la barquette de pibale pourront toujours se rabattre sur l'anguille de Loire grillée, tout de même plus abordable. « La fête se déroulera alternativement en Haute et Basse-Indre », afin de respecter l'antagonisme un peu folklorique opposant les deux îles qui constituent aujourd'hui la commune. On y retrouve les ingrédients habituels de la fête, avec course cycliste, groupes musicaux et défilé de vieilles voitures. Des animations remplaçant l'ancienne fête foraine, impossible à installer depuis le réaménagement des quais. « Il n'y a plus de place. »

500 kilos en une nuit« La vente de civelle commencera à 12 h 30. » Autant dire qu'il ne faudra pas arriver le dernier. Mais dans cette commune qui fut autrefois le premier port civelier de l'estuaire, la fête représente un peu le chant du cygne d'une histoire encore dans toutes les mémoires. « On comptait ici plus de quarante bateaux dans les années 50-60 et bien plus de pêcheurs encore, rappelle Pierre Moreau,.....

Le 4 mai 2010

Gironde : La menace des pêcheurs professionnels (Sud-Ouest)
Les pêcheurs professionnels veulent des compensations après l'interdiction de l'anguille et la gatte.
Les pêcheurs professionnels, qui espéraient être reçus hier en préfecture, ont relevé un lapin dans leurs filets. La rencontre devrait finalement avoir lieu aujourd'hui. Et ils comptent bien demander des explications sur cette interdiction de pêche à l'anguille et à l'alose feinte (gatte) qui leur a été signifiée la semaine dernière. Des prélèvements sur ces deux espèces ont fait apparaître un taux de PCP (pyralène) supérieur au seuil autorisé et ont entraîné ladite interdiction sur une partie de la Garonne, l'estuaire de la Gironde et un tronçon de Dordogne.
« On se moque de nous. Il y a eu deux prélèvements positifs, un à Castillon, l'autre à Toulouse. Cela suffit-il pour mettre toute une profession en danger ? Nous demandons de nouveaux prélèvements tous les 30 kilomètres. Si pollution il y a, nous nous plierons aux mesures ; mais à ce jour on sait que le taux de PCP prélevé sur l'anguille était seulement supérieur de 2 % au seuil dit acceptable », affirme Christian Duniaud.

Le pêcheur médocain exige des réponses rapides. Il ne peut pas se résoudre à voir lui échapper la période de l'anguille alors que le refroidissement actuel est propice à de bonnes prises. Un manque à gagner sur une saison qu'il estime à près de 30 000 euros. Et ce n'est pas la lamproie, dont la pêche plutôt mauvaise cette année sera fermée le 15 mai, qui pourra lui faire passer la pilule. Quant à la gatte, il estime que cette affaire de pollution n'est qu'un prétexte pour une fermeture définitive, comme pour la grande alose.
« Ce que je veux, c'est pouvoir vivre de mon métier comme l'ont fait mes grands-pères et mon père. Ce n'est pas à deux ans de la retraite que je vais pouvoir me reconvertir. Le pire devant être envisagé, nous demandons des indemnisations », poursuit-il. Dans le cas contraire, les pêcheurs menacent de mener des actions qui paralyseront le trafic fluvial. Et, quoi qu'il en soit, ils contesteront devant le tribunal administratif l'arrêté interdisant la consommation et la commercialisation des deux espèces. En désespoir de cause.

Le 7 mai 2010

La pêche professionnelle de la Grande Alose est rouverte depuis hier, 6 mai 2010, en Aquitaine (Bordeaux infos)
Compte tenu de la situation économique des pêcheurs professionnels fluviaux et maritimes et des remontées des grandes aloses constatées, le Préfet de la Région Aquitaine, Préfet de la Gironde, a décidé d’autoriser à nouveau la pêche à la Grande Alose a-t-on appris hier, 6 mai 2010.
Sur proposition du Comité de Gestion des Poissons Migrateurs, un moratoire interdisant toute pêche de cette espèce emblématique avait été décidé fin 2007, du fait de la chute inquiétante du stock des géniteurs. Par ailleurs, du fait des risques de contamination par les polychlorobiphényles, la consommation et la commercialisation des anguilles et des aloses feintes ont été interdites le 27 avril 2010, privant les pêcheurs de la plus grande part de leur chiffre d’affaires. Les conditions économiques se sont donc très fortement dégradées pour les pêcheurs professionnels à la fois fluviaux et maritimes estuariens, mettant en péril l’ensemble de la filière.Dans ces conditions, le Préfet de la Région Aquitaine souhaite que soit mis en place un dispositif d’accompagnement, qui passerait notamment par un plan de sortie de flotte d’ores et déjà à l’étude.
Dans l’immédiat, compte tenu de la situation économique des professionnels et des premiers résultats du moratoire mis en place depuis deux saisons, le Préfet a décidé la réouverture limitée et raisonnée de la pêche aux professionnels pour la fin de la saison 2010. Des arrêtés préfectoraux ont été pris en ce sens.
Source : Préfecture de la Zone Sud Ouest, Région Aquitaine, Département de la Gironde

Le 15 mai 2010

« L'anguille est gérée sans queue ni tête » (Sud-Ouest)
Pour Michel Hilaire, conseiller général du canton de Saint-Macaire et membre du Comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI), la politique globale en matière de gestion de l'anguille est « sans queue ni tête ». Il s'en explique : « La pêche de l'anguille est interdite en Garonne pour cause de taux de PCB trop élevés, mais permise dans ses affluents. Ce qui est aberrant. Mais ce qui l'est encore plus c'est qu'on continue à la pêcher sous sa forme juvénile alors que ses populations sont au plus bas et que le renouvellement des stocks n'est même plus assuré ».

Tradition menacée
Et d'enfoncer le clou : « On marche sur la tête quand on persiste à prélever des civelles qui ne se sont pas reproduites et quand on augmente les quotas sur certains bassins comme l'Adour et qu'on continue à exporter vers l'Espagne et l'Extrême-Orient », dénonce l'élu, intarissable sur ce sujet épineux. Michel Hilaire tire la sonnette d'alarme car il s'inquiète de l'avenir de la pêche, en particulier de la disparition d'une tradition et d'un savoir-faire transmis au fil des générations. Et surtout la perte financière qu'un arrêt de la pêche entraînerait pour les professionnels.

Interdiction du préfet
Ces derniers ont le terrible sentiment qu'on se moque d'eux. Le 27 avril dernier, en pleine saison de l'anguille et de l'alose feinte, un arrêté préfectoral interdisait la commercialisation et la consommation de ces deux espèces. Le préfet suivait un avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments. « Lors d'une récente réunion du COGEPOMI, je me suis prononcé contre le moratoire total sur la grande alose, précise le conseiller général du canton de Saint-Macaire. Et j'ai regretté que l'on trouve des milliards d'euros pour combattre la grippe fantôme H1N1 ou sauver des banques mais pas quelques milliers d'euros pour sauver l'alose et indemniser les professionnels. Et ainsi sauver des entreprises dont je crains la disparition de bien nombre d'entre elles ».

Pour lui si les professionnels étaient correctement indemnisés et associé à la préservation de l'espèce « 90 % du problème serait réglé ». Quant aux mesures en faveur de la conservation de l'espèce, Michel Hilaire estime que l'augmentation de jour de relèves hebdomadairement, c'est-à-dire sans pêche, assurerait la survie économique des entreprises sans remettre en cause la pérennité de l'espèce.

Le 22 mai 2010

Charente : Une journée à la gloire de l'alose (Sud-Ouest)
La Fédération départementale de la pêche invite, aujourd'hui, à la découverte de ce poisson. L'alose est un poisson charismatique, mais menacé.
Espèce emblématique de la Charente, les grandes aloses remontent chaque année le fleuve, en quête de zones de frai favorables. Elles sont suivies, un peu plus tard dans la saison, par leur cousine, l'alose feinte, bien connue chez nous comme la fameuse « gâte ».
La migration est un voyage sans retour. Les adultes, exténués, meurent après le frai, et les cadavres redescendent avec le courant pour retrouver l'océan atlantique comme dernière destination…
La grande alose, dont les effectifs sont en baisse, est protégée depuis février 2008. Son prélèvement étant interdit depuis cette date, tout poisson pêché doit être remis à l'eau, même mort. Pour la gâte, la pêche est ouverte du 1er février au 30 juin, et la taille limite de capture est fixée à 30 centimètres. Manquant de données sur les populations d'aloses, les fédérations de pêche de Charente et Charente-Maritime ont mis en place un carnet de capture afin d'analyser les prélèvements effectués sur le fleuve….

Le 2 juin 2010

Gironde - Des aloses, mais peu (Sud-Ouest)
Un peu de baume au cœur pour Jean-Paul Sailhan même si tout n'est pas parfait. Après deux ans de fermeture totale pour cause de reconstruction des stocks, la pêche de la grande alose est à nouveau permise. Mais sous certaines conditions. D'autant que cette levée partielle et prématurée du moratoire n'est en rien liée à une remontée spectaculaire des effectifs, mais à une mesure de dédommagement des pêcheurs professionnels.
Ceux-ci s'étant vu interdire la commercialisation donc la capture des anguilles et des aloses feintes en raison d'un taux de PCB trop important décelé sur quelques sujets. Le moratoire sur la grande alose courant jusqu'en 2012, l'autorisation de pêcher a été assortie d'une augmentation des jours de relève. Ainsi les pêcheurs ne peuvent tendre leurs filets que le jeudi et le vendredi. Si cette mesure va dans le sens de ce que certains avaient prôné depuis le début, en l'occurrence le conseiller général Michel Hilaire et l'ancien chargé de mission de Migado, Mathieu Chanseau, elle ne satisfait pas pleinement les professionnels de la pêche. « C'est une mesure positive mais elle arrive trop tard car beaucoup de poissons étaient déjà montés vers les frayères quand elle a été prise » constate Jean-Paul Sailhan, le pêcheur du bas des remparts.....

Le 21 juin 2010

La pêche d’estuaire sur l’Adour (Pays Basque actualités)
La pêche d’estuaire se pratique depuis plusieurs générations à Sainte-Marie-de-Gosse, petit village landais sur l’Adour, à une vingtaine de kilomètres de Bayonne. Elle contribue à perpétuer la tradition de la pêche et de la gastronomie, deux composantes de la culture locale. Christian BETBEDER, inscrit maritime depuis 35 ans, est un des 6 pêcheurs professionnels restant, de Saint-Marie-de-Gosse. Il a repris le flambeau de son père, qui le tenait lui-même de son père. Par n’importe quel temps, sous la pluie ou sous le soleil, Christian sort son embarcation et son filet, pour traquer les poissons migrateurs.

De novembre à fin juillet, la pêche d’estuaire est très réglementée et ne permet pas de sortir à n’importe quel moment. Selon la saison, pibale, saumon, lamproie ou alose remontent le courant de l’Adour jusqu’à une centaine de kilomètres de la mer. La dureté du métier, la raréfaction des espèces, font de ces pêcheurs d’estuaire de véritables gardiens de la biodiversité du fleuve.

Le 24 juillet 2010

Au fil de la Garonne (6/6) : comme un poisson dans l'eau de l'estuaire (Sud-Ouest)

Le fleuve devenu Gironde permet encore à une poignée de pêcheurs de subsister. Christian Duniaud rentre au port de la Maréchale après avoir récupéré ses bourgnes à crevettes.

Cadourne, port de la Maréchale, kilomètre 627. En ce Médoc de vignes tapissé, les embruns de l'Océan se font sentir. Le fleuve joue avec les fonds qui lui donnent sa couleur chocolat. L'embouchure est à quelques battements d'ailes, l'eau devient saumâtre. La Garonne a été rejointe par la Dordogne au bec d'Ambès. Elles vont faire un bout de chemin ensemble, remonter les marées, dépeignées par les mascarets, pour terminer le voyage sous le nom de Gironde. Estuaire, nous voilà !

« Pars maintenant et salue la belle Garonne, et les jardins de Bordeaux, là, où, sur la berge abrupte va le sentier, et, dans le fleuve profond tombe le ruisseau, tandis que noblement s'inclinent chênes et peupliers d'argent ; […] de la pointe battue des vents, des monts chargés de vignes, où la Dordogne vient porter ses eaux à la splendide Garonne et où le fleuve s'ouvre large comme une mer », écrit le poète Friedrich Hölderlin en 1802.

Christian Duniaud, comme son père René, et son grand-père Jean en son temps, vit cette poésie au jour le jour. Il est un des 33 survivants parmi ceux qu'on appelle encore pêcheurs estuariens. À l'instar du poisson qu'il traque, l'homme a migré, remonté le cours d'eau jusqu'aux portes de l'Atlantique. Il suit sa proie qui se raréfie au point de mettre son métier en péril. Mais il n'a pas le choix : « Je ne sais faire que ça. »

La crevette gagne-pain

Bientôt, il lui faudrait aller au-delà de ses possibilités (un moteur plus puissant sur son bateau de 5,40 m de long pour 1,95 m de large, bridé à 40 ch) pour rapporter dans ses filets de quoi subsister.

À 50 ans, il ne le fera pas parce qu'il est las de voir toutes ses demandes administratives rejetées comme du poisson pas frais. La pibale requiert une puissance minimale de 60 ch, et pour aller en mer il lui faudrait quatre moteurs de 150 ch. Un luxe qu'il n'a jamais pu se permettre. Pendant les heures de marée basse, qui lui accordent un temps de blues, il regrette de ne pas avoir largué les amarres plus tôt.

La passion gagne-pain le conduit vers des fins de mois interminables et des années sans vacances. « J'ai connu le temps, pas si lointain, où l'on pouvait vivre de la seule crevette. C'est fini. L'alose nous a été interdite par moratoire pour cinq ans, la gatte et l'anguille ont été fermées cette année pour cause de PCB détecté dans les poissons. On voudrait notre mort qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Aujourd'hui, il n'y en a que pour la plaisance », affirme Christian Duniaud.

L'ancien pêcheur du Libournais, maintenant installé à Soussans, avec les ports médocains pour attaches, a refusé toutes les aides du manque à gagner. Contrairement à d'autres, il a également dit non à la prime qui est donnée à qui accepte de conduire son embarcation à la casse. Question d'orgueil. « Ils m'ont proposé 60 000 euros pour me pousser vers une retraite anticipée. Refuser est le prix de ma liberté. Ma maison n'a jamais été finie mais je ne veux pas de crédits. Tant que je pourrai tenir je resterai sur ma petite cacahuète flottante », assure le professionnel aux vingt-cinq ans de journées sur l'eau.

Enfant de Garonne

Il survit avec la lamproie qu'il pêche sur commande et commercialise 15 euros pièce. Les petits crabes verts et les crevettes qu'il appâte avec des tranches de mule dans ces 400 bourgnes (nasses qu'on accroche à des câbles) assurent l'essentiel de son salaire. Valérie, son épouse, vend le menu fretin sur les marchés de Bassens, Eysines, Moulis et Parempuyre et fait les livraisons à Sainte-Hélène. « Avec 100 bourgnes je devrais attraper 5 kilos de crevettes, là j'arrive péniblement à 1 kilo. Quand tous les dimanches nous en vendions dans les 45 kilos, maintenant on doit se contenter de 25. Avec un bateau plus grand je pourrais aller à la sole, au maigre ou au carrelet, mais je n'ai ni les moyens ni les autorisations. Si je pouvais faire la pibale cela mettrait un peu de beurre dans les épinards. Un seul kilo vaut le prix d'une vache, ça fait rêver », dit le pêcheur.

Christian Duniaud ne s'explique pas cette raréfaction de certaines espèces. Il invoque un fleuve qui arrive pollué à la fonte des neiges. La centrale de Blaye est aussi dans son collimateur. Il la soupçonne d'aspirer une grande quantité d'alevins. Des fonds qui ont changé et la surpêche ne sont pas non plus étrangers à la pénurie, selon lui.

Le tableau n'est pas rose mais il ne compte pas lâcher prise. S'il doit être le dernier des Mohicans, il le sera. Sur son « Nelly III », il espère parcourir encore et encore un bout de fleuve qu'il connaît comme sa poche. Lui n'a pas besoin de GPS pour se jouer des bancs de sable. Il sait les dangers de la « petite rivière » au large de Macau. Instinctivement, il a toujours su où placer ses bourgnes pour piéger les crevettes qu'elles soient roses ou blanches, à carapace dure ou plus fine.

La semaine dernière il a emmené son père du côté du Verdon pêcher le crabe. Séquence émotion. C'était la première fois que René remontait sur un bateau après sa cessation d'activité à l'âge de 75 ans. Son fils aimerait une telle longévité. Le fleuve a pris beaucoup de sa vie. Et contre vents et marées, Christian, enfant de Garonne, se laisse bercer du peu d'illusions qu'il lui reste.

"On voudrait notre mort qu'on ne s'y prendrait pas autrement" par Jacky Sanudo

Le 28 juillet 2010

La Jalle du Nord intoxiquée (Sud-Ouest) - Une fuite à la station d'épuration a provoqué une pollution de la rivière. Le maire a porté plainte contre la Lyonnaise des eaux. Hier, toute la journée, les employés de la Lyonnaise des eaux ont ramassé les poissons morts dans la Jalle du Nord. Des analyses doivent encore confirmer le niveau de pollution du site. Des gardons, des anguilles, des brêmes, de la lamproie de planer, du flet, des vairons, des brochets… Dans la nuit de mercredi à jeudi, la pollution survenue dans la rivière la Jalle du Nord sur environ 1 km en aval de la station d'épuration de Saint-Laurent a fait un véritable carnage. Hier, sur les lieux, le dysfonctionnement de la station d'épuration gérée par la Lyonnaise des eaux ne faisait plus aucun mystère….

La pêche toujours pas autorisée dans la rivière (Sud-Ouest) - Les poissons morts continuent d'être récupérés après la pollution de la Jalle. Le bilan des analyses est attendu. Entre l'écluse et la station d'épuration, la fuite du polymère, un produit permettant de traiter les boues, a fait un véritable carnage dans le cours d'eau. Les résultats des analyses de la pollution de la Jalle du Nord, un incident survenu en fin de semaine dernière après une fuite au niveau de la station d'épuration de Saint-Laurent-Médoc, ne sont toujours pas connus. La Lyonnaise a indiqué que ces analyses pourraient prendre un peu de temps. L'arrêté municipal d'interdiction de la pratique de la pêche dans la Jalle reste donc d'actualité. Ce que Jean-Marie Féron, le maire, a confirmé hier à « Sud Ouest ». Cependant, l'élu, qui a porté plainte contre la Lyonnaise des eaux (fermière des installations), n'a pas souhaité faire davantage de commentaires sur le dysfonctionnement survenu dans la station d'épuration….

Le 29 juillet 2010

Les anguilles recolonisent la rivière (Sud-Ouest) - Dans le cadre du suivi des milieux de la Fédération départementale de la pêche, la Seudre a fait l'objet de deux pêches électriques d'inventaires, afin de mieux connaître ses populations et son fonctionnement. Le principe semble simple : produire de l'électricité par un générateur, plonger une anode dans l'eau, récupérer les poissons « endormis » avec des épuisettes, les compter, mesurer, peser…

Dans la réalité, les mesures de sécurité à respecter, la gestion des outils parfois compliquée, la dextérité nécessaire des acteurs font que ces opérations sont obligatoirement effectuées par une équipe formée pour cela. Dans le commune du Chay, en amont de Saujon et de Thaims, une quinzaine de personnes, bénévoles et professionnels, ont travaillé pendant deux grosses matinées afin de procéder à ces pêches.

Supérieur aux prévisions - Résultat ? « Le nombre de poissons pêchés est de loin supérieur à toutes les prévisions. Les gardons, brochets, goujons, loches, chevesnes mais surtout les anguilles, avec bien sûr les traditionnelles écrevisses, constituent une biomasse plus que satisfaisante », explique Dominique Tantin, président de l'AAPPMA Seudre Atlantique (Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique). Ce sont plus de 800 anguilles de toutes tailles, avec plus de la moitié d'anguillettes, qui colonisent 110 mètres de rivière, soit 7 ou 8 individus au mètre de rivière.

La passe à civelles - Ces excellents résultats sont plus que certainement liés à l'installation de la passe à civelles de Ribérou. « On ne peut que se réjouir de constater que cette espèce menacée est encore capable de recoloniser la Seudre. Si dans cet été, et dans les suivants, la Seudre n'est pas mise en péril par des prélèvements supérieurs à la ressource en eau, on peut être optimiste quant aux résultats des investissements (financiers et humains) qui sont consentis sur la Seudre pour sauver l'anguille. »

Une photographie de l'estuaire dans quarante ans (Sud-Ouest) - Niveau océanique, température de l'air : les changements globaux auront des impacts très locaux. L'estuaire de la Gironde en 2050 existe déjà, Françoise Goulard l'a rencontré. L'experte en recherche et prospective à l'Agence de l'eau-Adour-Garonne l'a présenté (1) aux acteurs de l'estuaire, lors d'une récente journée d'échanges. Le croquis de ce milieu, dans quarante ans est quelque peu vaseux. Car, avec une progression du niveau de l'océan de 3 mm par an, l'évolution de la sédimentation devrait être au programme, selon l'experte. Elle évoque même le phénomène de « bouchon vaseux ». Moindres entrées océanes, moindre débit de l'eau douce sortant de l'estuaire, l'effet « chasse d'eau » qui pousse le sable vers le large en sera affaibli. Navigabilité réduite. Ensablement. Déjà, les chercheurs observent la formation de bancs de sable, ainsi au large de Plassac, où un « lobe » est apparu.

Autre tendance lourde, la hausse de la température de l'air. « Plus 0,3° par décennie, cela ne semble pas énorme », mentionne Françoise Goulard. Oui, mais le cumul est impressionnant. Ainsi, depuis 30 ans, la température de l'estuaire de la Gironde a cru de près de 2,5° en été. Et d'ici 2050, le niveau de la Gironde devrait être inférieur de 25 %. « Moins d'eau en quantité, plus chaude et plus salée », annonce l'experte…..

(1) Par le bureau d'études Eaucéa.

Consulter : www.sage-estuaire-gironde.org/site/documents.php

Le 7 août 2010

Sauver la pibale et le milieu naturel (Sud-Ouest)

Georges Bruot apporte son expérience pour la préservation de la pibale. Georges Bruot est un ancien pêcheur professionnel à la pibale et à l'anguille. Depuis l'âge de 17 ans jusqu'à sa retraite, il a capturé les blancs et translucides alevins d'anguilles venus de la mer des Sargasses, portés par le Gulf Stream, attirés par l'eau douce des fleuves, des estuaires et des rivières de la côte Atlantique européenne.

Plat du pauvre jadis, la pibale est devenue l'or blanc vendue à près de 1 000 euros le kilo. Georges Bruot admet que cette manne a entraîné une surpêche qui, assure-t-il, n'est pas le fait des pêcheurs professionnels à pied soumis à une réglementation stricte avec obligation de déclarer les prises. Les amateurs, mais aussi des marins pêcheurs qui se sont détournés de la pêche en mer pour la capture plus lucrative des pibales, ont contribué à cette prédation excessive. Cependant, l'ancien pêcheur veut attirer l'attention sur d'autres facteurs qui expliquent la raréfaction de ce poisson migrateur capable de vivre en eau douce et en eau salée.

Recul des zones humides - « Quand j'étais enfant, se souvient Georges Bruot, j'allais garder les vaches à la côte à Messanges et dans cette zone humide, l'anguille se plaisait. Aujourd'hui, cet espace est occupé par les campings et subit une urbanisation peu propice à la vie de l'anguille et de la pibale qui ne trouvent plus ni eau, ni les micro-organismes dont elles se nourrissent. Les zones humides dans les Landes ne font que reculer, depuis les plantations systématiques des pins au XIXe siècle », rappelle l'ancien pêcheur qui ajoute : « les lacs ont été pollués par les pesticides et les étiages d'été sont trop bas. L'eau de l'Adour est trop sollicitée pour l'irrigation. »....

10 août 2010

Projet de décret modifiant la réglementation de la pêche en eau douce

Ministère de l'Ecologie 8 juillet 2010 (mis à jour le 6 août 2010)

Un projet de décret, ayant pour objet de modifier la réglementation de la pêche en eau douce préalablement au renouvellement général des locations du droit de pêche de l'État, est porté à la consultation du public. Il prévoit que le droit de pêche aux lignes soit d'emblée loué à la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique (FDAAPPMA). Actuellement, ce droit de pêche aux lignes est loué aux associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA), par adjudication, et c'est uniquement en cas d'adjudication infructueuse qu'il peut être loué à la FDAAPPMA. La modification est proposée par la Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu aquatique (FNPF) Elle permettra une meilleure gestion de ce droit de pêche par la cohérence et la technicité qu'y apportera la FDAAPPMA. Le texte précise que cette location à la FDAPPMA se fera « au profit de ses associations adhérentes » Les AAPPMA ne seront donc pas exclues. Cette mesure simplifiera le travail des services départementaux (directions départementales des territoires, directions régionales ou départementales des finances publics).

Le projet de décret prévoit également que d'autres techniques de pêche professionnelle en eau douce, permettant une meilleure sélectivité de la pêche ou une meilleure qualité sanitaire des produits de la pêche ou une amélioration des conditions de travail, pourront être autorisées par le ministre chargé de la pêche en eau douce, à titre expérimental, pour une durée maximale de cinq ans. L'utilisation de ces techniques restera soumises à l'autorisation du préfet de département. Ces nouvelles autorisations d'engins se feront bien entendu dans le respect de la ressource piscicole et des milieux aquatiques.

Le projet de décret apporte aussi quelques compléments, simplifications ou rectifications au code de l'environnement, concernant le fonctionnement des associations de pêcheurs professionnels en eau douce et le classement des cours d'eau dans les deux catégories piscicoles et les pêches exceptionnelles.

Enfin le projet de décret proroge jusqu'au 31 décembre 2011 les locations en cours.

La consultation aura lieu du 19 juillet au 2 août 2010.

Le 11 août 2010

Gironde : Un estuaire sur la terre (Sud-Ouest)

Entre continent et océan, l'estuaire de la Gironde n'échappera pas aux effets des changements environnementaux planétaires. Carte postale depuis 2050. En 2050, le débit estival de la Gironde devrait être inférieur, de l'ordre de 25 %… L'estuaire de la Gironde est le plus vaste d'Europe occidentale. Une échelle pertinente pour étudier l'impact des changements environnementaux qualifiés de « globaux » : réchauffement climatique, hausse du niveau moyen des eaux. L'horizon ? Pas demain, mais presque. « Mon quotidien est de réfléchir tous les jours à 2050. Ce n'est pas de la science-fiction, cela commence à être concret et palpable », assure Françoise Goulard, experte en recherche et prospective à l'Agence de l'Eau Adour-Garonne (1). Son métier, c'est aussi de faire réfléchir les acteurs économiques et institutionnels dès aujourd'hui. Comme lors d'une récente journée d'échanges autour d'une étude, éclairante, commandée par l'Agence. Explication de texte.

1 L'océan monte, la vase aussi - 10 cm de hausse du niveau de l'océan d'ici à 2040, telle est la base (scénario modéré) sur laquelle travaille l'Agence de l'eau. « Ces ordres de grandeur restent à confirmer par d'autres études, même si, depuis les années 1950, le niveau a progressé de 15 centimètres, soit une hausse de 3 millimètres par an », précise l'experte. Les ouvrages d'art qui permettent de réguler marais et palus pourraient en être affectés : d'où leur vulnérabilité et leur nécessaire adaptation…..

Le 25 août 2010

Une belle pêche sur l'Adour (Sud-Ouest)

Aloses, anguilles, saumons, lamproies ont quitté leur milieu naturel pour raconter leur existence, leurs mystères par les voix de MM. Cuendé de l'Institution Adour ; Gaillardon, du Syndicat des berges ; Marconnié, pêcheur professionnel ; Haristoy, photographe. La rencontre-débat, organisée le mardi 17 août, par l'Office cantonal du Pays de Bidache, venait donner davantage de poids, de vie et d'intérêt à la belle exposition photos, « La pêche professionnelle sur l'Adour ». L'homme ne sait pas encore tout sur les habitants du fleuve, des zones d'ombre subsistent. Cependant, le public put apprécier le passionnant sujet et toucher du doigt « la chasse au trésor » que représente la quête de la pibale, sa « dégringolade depuis 20 ans suite aux tensions du marché asiatique », les cycles du poisson, leur valeur marchande. Le saumon, « symbole de l'Adour » est lui aussi mal en point, mis en péril, ainsi que les autres espèces, par la qualité des eaux, la pollution et les pêches industrielles en mer…..

Le 30 août 2010

Un estuaire sur la terre (Sud-Ouest)

Entre continent et océan, l'estuaire de la Gironde n'échappera pas aux effets des changements environnementaux planétaires. L'estuaire de la Gironde est le plus vaste d'Europe occidentale. Une échelle pertinente pour étudier l'impact des changements environnementaux qualifiés de « globaux » : réchauffement climatique, hausse du niveau moyen des eaux. L'horizon ? Pas demain, mais presque. « Mon quotidien est de réfléchir tous les jours à 2050. Ce n'est pas de la science-fiction, cela commence à être concret et palpable », assure Françoise Goulard, experte en recherche et prospective à l'Agence de l'eau Adour-Garonne (1). Son métier, c'est aussi de faire réfléchir les acteurs économiques et institutionnels dès aujourd'hui. Comme lors d'une récente journée d'échanges autour d'une étude (2), éclairante, commandée par l'agence….

1 L'océan monte, la vase aussi

10 centimètres de hausse du niveau de l'océan d'ici à 2040, telle est la base (scénario modéré) sur laquelle travaille l'Agence de l'eau.…. Les ouvrages d'art qui permettent de réguler marais et palus (terres d'alluvions) pourraient en être affectés : d'où leur vulnérabilité et leur nécessaire adaptation…

2 Des degrés en plus et un stress hydrique

Les projections prévoient une hausse de 0,30° par décennie. Infime ? Pas si sûr. Cela équivaut à +2° à +2,5° d'ici la fin du siècle… et à une modification du régime climatique : « Davantage de canicule en été, et moins de gelées en hiver. Des précipitations sous la forme de pluie, plutôt que de neige, dont la fonte au printemps permettait jusqu'à présent de prévoir et garantir un certain niveau d'eau. » La conséquence sera « un changement non sur le volume des précipitations, mais sur leur dynamique »… et une demande hydrique accrue des végétaux. « Avec des températures plus élevées en été, le stress hydrique sera renforcé, on peut imaginer de l'irrigation pour certaines cultures. Dans le Sud-Est, on commence déjà à irriguer les vignes. »

3 Effets cascades jusqu'à la centrale….

4 Travailler sur de véritables scénarios

Pour l'heure, « les acteurs de l'estuaire n'ont pas envisagé de scénario de rupture », commente Françoise Goulard. Qu'il s'agisse des six ports de la zone, des pêcheurs, des exploitants forestiers ou encore de la centrale du Blayais, « les uns et les autres ont plutôt réfléchi à des adaptations à la marge ».....

L'Agence de l'eau Adour-Garonne travaille, elle, à de véritables scénarios sur les débits et les objectifs d'étiage en divers points de la Gironde (niveaux au-dessous desquels un apport en eau, ou une réduction de la consommation, s'impose). Une nouvelle étude envisagera les conséquences éventuelles sur l'activité, y compris domestique. Enfin, l'établissement public élabore des mesures « sans regret, qui ont un intérêt aujourd'hui, mais qui ne seront pas obsolètes demain ».

(1) Établissement public administrant notamment le bassin-versant de la Garonne, via le comité de bassin. (2) Consulter l'étude : www.sage-estuaire-gironde.org/site/documents.php

Le 3 septembre 2010

Réforme de la réglementation de la pêche en eau douce et ses conséquences pour la pêche associative de loisirs (Sénat)

Question écrite n° 12801 de M. Edmond Hervé (Ille-et-Vilaine - SOC) publiée dans le JO Sénat du 01/04/2010 - page 790

M. Edmond Hervé attire l'attention de M. le ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche sur la réforme de la réglementation de la pêche en eau douce et ses conséquences pour la pêche associative de loisir. En effet, une lettre de mission de la direction de l'eau et de la biodiversité, datée de janvier 2010, avance que « la réforme de la réglementation de la pêche doit, du point de vue des pêcheurs professionnels, permettre d'assouplir les pratiques de la pêche et, ce faisant, d'optimiser leur activité ». Conscients des difficultés économiques que rencontrent les pêcheurs professionnels, les adhérents de la pêche associative de loisirs, qui œuvrent au quotidien en faveur de la restauration et de la mise en valeur des milieux aquatiques et des espèces piscicoles, vivent néanmoins mal cet argumentaire et craignent d'être lésés par cette nouvelle réglementation. C'est pourquoi il lui demande ce qu'il entend faire pour que la réforme de la réglementation de la pêche en eau douce soit équitable pour toutes les catégories de pêcheurs.

Réponse du Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat publiée dans le JO Sénat du 02/09/2010 - page 2272

La pêche professionnelle en eau douce se trouve actuellement dans une situation difficile. Dans un environnement socio-économique peu favorable à ce type d'activité artisanale, cette pêche doit, depuis peu, réduire ses prélèvements en application du plan de gestion de l'anguille et suspendre ses activités sur plusieurs cours d'eau contaminés par les polychlorobiphényles (PCB), par suite de l'interdiction de commercialisation du poisson. Ces nouvelles conditions d'exercice de la pêche sont perçues par les pêcheurs professionnels comme la cause majeure de la dégradation de leur pratique séculaire. De son côté, la pêche de loisir souhaite à juste titre poursuivre l'élan donné par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006, particulièrement en matière de gestion piscicole et de protection des milieux aquatiques. C'est dans ce contexte qu'il incombe aux services de l'État de procéder au renouvellement des baux de pêche de l'État pour le 1er janvier 2012. Toutes catégories confondues, pêcheurs de loisir, y compris les pêcheurs amateurs aux engins et aux filets sur le domaine public, et pêcheurs professionnels revendiquent, dans un élan volontariste, une réforme de la réglementation de la pêche qu'ils érigent en préalable au renouvellement des baux de pêche. Pour encourager cette volonté partagée des différentes catégories de pêcheurs de travailler ensemble, le ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, a décidé de donner une suite favorable à cette demande de réforme…..

Le 4 septembre 2010 : très bon article de Sylvain Viaut

La fin de la pêche d'estuaire ? (Sud-Ouest)

Privés du poisson d'argent, les pêcheurs craignent pour leur avenir. «Il va se passer avec l'alose ce qui s'est passé avec l'esturgeon il y a quarante ans », pronostiquait, il y a deux ans, William « Coco » Martin, pêcheur « de père en fils » aux Callonges, sur la rive droite de l'estuaire, à la limite de la Charente-Maritime. On venait alors de lancer un moratoire sur la pêche à l'alose. « On ne la pêchera plus. Et comme nous constatons une disparition progressive des espèces, que nous pêchions autrefois, l'éperlan, disparu depuis six ou sept ans, la crevette qui se raréfie, tout comme l'anguille ou le flet, l'équilibre de nos entreprises est menacé. »…..

C'est tout un pan de la pêche traditionnelle estuarienne qui est en danger de mort. Et ce sont les dernières entreprises de pêche artisanale, girondines et charentaises, qui risquent de disparaître. Elles étaient 600, selon le registre des « Inscrits maritimes » au début du siècle dernier, pour le seul quartier de Bordeaux. En 1982, il n'en restait plus que 282. Et aujourd'hui, on en compte péniblement 48 sur les deux rives de l'estuaire, de Royan à Bordeaux, et de Bordeaux au Verdon. Et cinq seulement, de Saint-André-de-Cubzac (sur la Dordogne), à Vitrezay (Charente-Maritime)… « Un long déclin », que les pêcheurs jugent inéluctable.

« C'est aujourd'hui un terrible manque à gagner, pour nous, depuis deux ans », confirmait hier Cyril Martin, qui arme deux bateaux de pêche au port des Callonges, tout comme son frère Philippe, à la pêche depuis ses seize ans. « Même si 75 % de notre chiffre d'affaire est réalisé avec les civelles, les pibales. Combien de temps cela va-t-il durer ? Comment rembourser nos emprunts et payer nos charges ? Comment vivre ? » Toutes ces questions, débattues en commission par les pêcheurs, et exposées aux pouvoirs publics, n'ont toujours pas reçu de réponse.

Mais les pêcheurs, s'ils ne réfutent pas l'argument sanitaire - le taux de PCB, les dioxines, serait trop élevé dans les eaux de la Garonne et de l'estuaire -, ils contestent l'argument de la raréfaction des espèces : « Même si l'on admet le creux de reproduction des aloses, lié à la sécheresse de 2003. Il y a toujours autant d'aloses maintenant, même plus qu'avant », constatait hier Cyril Martin. Aujourd'hui, il rejette à l'eau, morts ou presque, ces poissons pris dans ses filets, et désormais interdits à la pêche et à la consommation. « De toute façon, nous observons depuis des années une baisse notable des espèces que nous pêchions en abondance, il y a encore dix ans », lance Coco Martin.

Une eau plus chaude - « Carrelets (platuces), crevettes, anguilles, pibales… Seule la lamproie semble résister. Mais les éperlans, c'est fini. Restent les maigres et maigrats, les mules, et quelques sandres. Comment expliquer cela, alors que pression de pêche a considérablement diminué ? Sommes-nous les seuls coupables ? La surpêche ? Ce n'est pas vrai. En revanche, la pollution agricole, les barrages EDF, les installations industrielles, la centrale nucléaire dont les pompes détruisent chaque année 500 tonnes de poissons, ne sont sans doute pas pour rien dans le phénomène. » Et les pêcheurs d'évoquer aussi la température de l'eau, qui monte, qui monte… « Les éperlans remontent plus au nord, désormais… »

Demain ne sera plus jamais comme avant, savent aujourd'hui les Martin et leurs collègues. « Mais si on reste à la maison, on met en péril nos entreprises. » Ce qu'ils attendent aujourd'hui ? « Des informations. Et, soit une décision de réouverture, soit l'attribution de subventions de soutien à la pêche artisanale dans l'estuaire. Sylvain Viaut

Le 14 septembre 2010

L'estuaire de la Gironde écrit son avenir (Sud-Ouest)

Le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux a franchi une étape décisive. Vers une protection accrue. C'est fait. Hier après-midi, les élus, les professionnels et les associatifs concernés par l'estuaire de la Gironde sont passés au vote. Par 47 voix pour, trois contre et quatre abstentions, les membres de la Commission locale de l'eau (CLE) ont approuvé le projet de Schéma d'aménagement et de gestion (Sage) des eaux « Estuaire de la Gironde et milieux associés ». « L'épilogue de cinq années de travaux », selon Philippe Plisson, le député (PS) de Haute Gironde et président de la CLE, qui dirigeait les débats avec Olivier Delcayrou, le sous-préfet de Lesparre-Médoc. Cette étape était fondamentale pour que le texte, instruit par le Smiddest (Syndicat mixte de développement durable de l'estuaire) fasse à l'avenir partie de l'arsenal réglementaire…..

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Le 30 octobre 2010

Estuaires dégradés, ressources marines menacées (Ouest France)

L'activité humaine met en danger les écosystèmes. 87 % de la valeur des pêches dépendent d'espèces dont le cycle est lié aux zones côtières. « Les écosystèmes côtiers et estuariens sont extrêmement riches du point de vue biologique. Ils hébergent la plus grande part des ressources marines. L'altération de ces habitats halieutiques est, avec la pêche, l'une des principales causes de diminution des espèces marines du plateau continental, voire plus au large », a alerté le Rennais, Olivier Le Pape, chercheur à Agrocampus Ouest, lors du colloque organisé à Rochefort par l'Aglia, association de quatre régions, Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine. Ainsi, l'Estuaire de la Loire a-t-il vu sa superficie réduite de 64 % depuis 1820. Celui de la Seine de 75 % entre 1830 et 1992. Cette tendance au grignotage de l'estuaire normand a continué avec la construction de Port 2000, le Grand port maritime du Havre. On y a bien engagé des mesures compensatoires, « mais la seule certitude scientifique, c'est qu'il est beaucoup plus difficile de restaurer des habitats ou d'en créer artificiellement que d'éviter leur dégradation ». La diminution de la superficie n'est pas seule en cause. Les pollutions ont détérioré de manière importante la qualité des zones de reproduction. Dans l'estuaire de la Gironde, la présence de cadmium dans les huîtres interdit aujourd'hui tout ramassage. Quant à l'estuaire de la Seine, « les altérations ont eu un effet négatif sur les nourriceries, notamment de bar et de sole ».

De nombreuses directives et actions, internationales, européennes ou nationales (Natura 2000, aires marines protégées...) visent à sauver les meubles. Elles laissent perplexe le chercheur. « Malgré ce cadre juridique a priori contraignant, la prise en compte des problèmes de préservation des habitats halieutiques essentiels est aujourd'hui insuffisante. » C'est aussi l'avis de professionnels de la mer. Le Comité national des pêches vient de décider de porter plainte contre X pour que la préservation du milieu marin « soit considérée comme une urgence absolue, plaide Pierre Georges Dachicourt, son président. Je me demande même si nous n'allons pas devoir geler le premier mille. Plus de 80 % de la ressource du large vient de là. »

Une directive européenne de juillet 2008 « vise à retrouver le bon état écologique du milieu marin dans la zone des 200 milles », indique Hélène Syndique, chef du bureau des milieux marins au ministère de l'Écologie. « Quatre zones concernent la France : Manche-Mer du Nord, mer Celtique, Golfe de Gascogne et Méditerranée. » Le bon état écologique version européenne est toutefois très sélectif. Il écarte, par exemple, tout contrôle des rejets radioactifs (industriels et médicaux). Pourtant, chaque jour ce sont des millions de m3 d'eaux contaminées qui sont déversés. Jean-Pierre BUISSON.

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Le 17 décembre 2010

Attribution des droits de pêche du domaine public

Question écrite n° 14633 de M. Alain Fouché (Vienne - UMP) publiée dans le JO Sénat du 29/07/2010 - page 1948

M. Alain Fouché attire l'attention de Mme la secrétaire d'État chargée de l'écologie sur l'attribution des droits de pêche du domaine public. En effet, la tendance est aujourd'hui à la multiplication des pêcheurs professionnels, ce qui présente un risque pour la sauvegarde des espèces au détriment de la pêche loisir. Les pêcheurs professionnels ont la possibilité de pêcher toute l'année. L'État se désengage de ses baux de pêche, les particuliers s'accaparent donc le domaine public. Par conséquent, il lui demande de bien vouloir lui indiquer si ces difficultés sont à l'étude et quelles sont les mesures envisagées par le Gouvernement dans les prochains mois pour y faire face.

>Transmise au Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement

Réponse du Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement publiée dans le JO Sénat du 16/12/2010 - page 3256

Aujourd'hui, la tendance n'est pas à la multiplication des pêcheurs professionnels en eau douce sur le domaine public de l'État. Au contraire, cette profession est plutôt en régression car elle est confrontée à une accumulation de difficultés. En particulier, la contamination du poisson par les polychlorobiphényles (PCB) a entraîné des interdictions de pêche en vue de la consommation et de la commercialisation. La raréfaction des anguilles a conduit à la mise en place d'un plan national de gestion qui comporte des restrictions sans précédent de la pêche de cette espèce. Ainsi, le nombre de pêcheurs professionnels en eau douce est aujourd'hui de 532 (année de référence 2009) alors qu'il était encore de 600 en 2006. Les pêcheurs professionnels en eau douce opèrent uniquement dans les eaux de deuxième catégorie piscicole. En application de l'article R. 436-7 du code de l'environnement, ils peuvent effectivement y pêcher toute l'année à l'exception de certaines espèces (brochet, ombre commun, anguille) mais cette possibilité de pêcher toute l'année est également applicable aux pêcheurs de loisir. La politique de l'État vis-à-vis de ses baux de pêche s'inscrit dans celle, plus large, de gestion des voies navigables. L'État recentre ses moyens sur un « réseau magistral » et les collectivités locales sont invitées à prendre en charge les voies navigables n'entrant pas dans ce réseau. À cette fin, l'article 56 de la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages, autorise les collectivités territoriales à constituer leur propre domaine public fluvial soit directement par expropriation, acquisition amiable, ou création, soit par transfert de propriété d'un élément du domaine public fluvial de l'État. Le droit de pêche, qui fait partie du droit de propriété, est également transféré. Il n'y a aucune raison pour que les collectivités locales, à l'occasion de ces transferts, remettent en cause les équilibres existants en matière de pêche. Devant les inquiétudes des pêcheurs et de leurs associations, ce sujet sera examiné dans le cadre de la mission confiée au conseil général de l'environnement et du développement durable et au conseil général de l'agriculture, de l'alimentation et des espaces ruraux sur la réglementation de la pêche en eau douce.

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Le 28 janvier 2011

Gironde : Les pêcheurs en détresse (Sud-Ouest)

L'alose, la gatte et l'anguille sont toujours interdites à la pêche. Les pêcheurs professionnels viennent d'envoyer une motion à la préfecture.

Ambiance agitée et souffle de révolte lors de l'assemblée générale des pêcheurs professionnels de la Gironde, qui s'est déroulée le jeudi 20 janvier à Moulon. « Nous sommes toujours sous l'interdiction de pêche de l'alose. Depuis l'an dernier, la gatte et l'anguille sont également interdites au motif d'un taux de PCB (pyralène) trop élevé. Il ne nous reste plus que la crevette et la lamproie pour subsister », résume le président Ludovic Zecchi.

Des promesses avaient été faites afin de soutenir la profession : allégement des charges sociales, et exonérations proportionnelles des baux de pêche. Au niveau ministériel, une enveloppe avait été prévue afin de faciliter le départ à la retraite des pêcheurs les plus âgés. « Aucun retour, rien n'avance ! », regrette le président.

Motion votée - Pire, selon les pêcheurs, les anguilles prélevées en juillet 2010 et remises à l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema ) aux fins d'analyse, seraient encore dans un congélateur, faute de réponse positive à l'appel d'offres lancé vers les laboratoires. Ces tests auraient peut-être permis d'assouplir la réglementation.

Une motion a été votée et adressée à la préfecture, assortie d'une demande de rendez-vous. « Nous voulons croire au dialogue, mais s'il ne se traduit pas par des mesures concrètes, nous envisagerons des actions plus retentissantes », souligne Ludovic Zecchi qui poursuit : « Au-delà de la détresse de notre profession, c'est à terme l'enterrement d'un pan de la gastronomie et de la culture de l'Aquitaine qui se profile. »

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17 mars 2011

Gironde : La nasse et le bateau (Sud Ouest)

Thierry Dussenty renoue avec un métier désormais rare, celui de pêcheur.

Deux cents il y a une quinzaine d'années, une cinquantaine aujourd'hui entre Dordogne et Garon… Le métier de pêcheur professionnel en rivière a perdu en quelques années bon nombre de ses artisans, mais pas encore la beauté du geste et leur savoir-faire ancestral. Au pays de Montferrand, Thierry Dussenty vient relever le défi, et pour parer à un licenciement professionnel, il a demandé sa licence de pêcheur professionnel. Avec Jacques Vecchi, avec qui il a vécu son compagnonnage, ce sont deux pêcheurs professionnels qui se sont installés sur les bords de Garonne à Saint-Louis-de-Montferrand.

Un enfant du pays

Bercé par la Garonne depuis son enfance et amoureux de ces rivages et de son village, pour Thierry Dussenty, cette nouvelle voie professionnelle est la concrétisation d'un rêve d'enfant.

Sur son bateau de 6 mètres et son 30 CV, il pêche lamproies et crevettes, les deux seules prises autorisées à être commercialisées. En effet, l'alose est sous moratoire et gâtes et anguilles sont en attente d'analyse PCB (1). « Cette situation réduit considérablement la rentabilité des petites entreprises de pêche pour qui la pêche de la lamproie est ouverte du 1er décembre au 15 mai et celle de la crevette du deuxième samedi de juin au 30 novembre. » Mais son secret, c'est bien la lamproie cuisinée, qu'il propose en bocaux et attire de nombreux gastronomes (2).

(1) Les PCB ou polychlorobiphényls sont des dérivés chimiques chlorés. Leur vente et l'acquisition de PCB ou d'appareils contenant des PCB ainsi que la mise sur le marché de tels appareils neufs sont interdites en France depuis le décret du 2 février 1987.

(2) Tél. 06 24 40 56 31.

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Le 15 avril 2011

Un espoir pour l'esturgeon européen (Sud Ouest)

Début mars, un esturgeon était capturé accidentellement en rade de Brest. L'année dernière, ce sont 30 spécimens qui avaient été pris dans des filets, tout aussi fortuitement, dans l'estuaire de la Gironde et les pertuis charentais.

Ces poissons, d'une taille comprise entre 25 et 75 centimètres, avaient été relâchés vivants par les pêcheurs professionnels. Avec ces captures, c'est l'espoir de restaurer une population d'esturgeons qui renaît. Il reste faible, contenu par la prudence de ceux qui, depuis 2007, ont suivi les lâchers dans la Garonne et la Dordogne, où 135 000 alevins et juvéniles ont été mis à l'eau par étapes. Mais il est fondé, comme l'explique Nicolas Michelet, missionné par le Comité national des pêches maritimes pour sensibiliser les pêcheurs professionnels à ce programme sur l'esturgeon européen, une espèce protégée dont la pêche, la vente, le transport sont strictement interdits.

« Les lâchers sont un succès » Selon Nicolas Michelet, ces « prises accidentelles montrent que les lâchers qui ont été réalisés sont un succès. Une grosse interrogation était de savoir si les alevins survivraient dans l'estuaire de la Gironde. Ils ont survécu, même si l'on ne peut pas dire dans quelle proportion. »…

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Le 16 avril 2011

Libourne : La lamproie se déguste (Sud Ouest)

L'Amicale du quartier sud met la lamproie à l'honneur lors du repas organisé demain.

La lamproie n'a pas l'éclat brillant des sardines ou l'allure des carpes. Le poisson vampire à la bouche ventouse n'a rien de bien séduisant, sauf quand il se retrouve dans une assiette, cuisiné selon la traditionnelle recette à la bordelaise. Les gourmets se retrouveront donc ce dimanche 17 avril autour de ce plat de terroir, à l'occasion du repas organisé par l'Amicale du quartier sud.

Petromyzon marinus, peu connue sous son petit nom latin, vit habituellement en mer, près du littoral atlantique. Le printemps venu, elle quitte son univers marin pour remonter les estuaires afin de se reproduire en eau douce. D'un naturel paresseux voire opportuniste, la lamproie limite ses efforts en s'accrochant grâce à son disque buccal parsemé de dizaines de petites dents, sur le flanc des saumons qui effectuent ce même voyage, à contre-courant des fleuves.

« Une espèce prolifique » C'est donc les eaux de la Dordogne qu'Alain Lavigne, habitant du quartier sud et pêcheur professionnel depuis une vingtaine d'années, explore avec ses filets et ses nasses, au rythme des marées. Sans pour autant que la lamproie ne craigne une éventuelle extinction. « C'est une espèce très prolifique », assure le fournisseur officiel du repas. « Elle se porte très bien, a contrario de l'alose… » Cet autre poisson de l'estuaire, également spécialité bordelaise, est d'ailleurs encore protégé par un moratoire de cinq ans, courant jusqu'à l'année prochaine.

Le gabarit moyen de la lamproie atteint le mètre de long et pèse un peu plus d'un kilo. Michel Barjou, président de l'Amicale, a donc calculé qu'il ne fallait pas moins d'une cinquantaine de poissons pour régaler près de 150 convives…

Un plat de patience...

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Le 25 avril 2011

Meschers : Un port dans la ville (Sud Ouest)

Situé sur la rive droite de la Gironde, près de son embouchure, le port de Meschers est abrité par tous les temps. L'adjoint au maire Yves Roudier, chargé des affaires maritimes, en parle avec passion. « Le port de Meschers est de profondeur moyenne, il permet l'accès et la sortie des bateaux pendant cinq à six heures par jour. Au bassin à flots, d'environ 120 places, s'ajoute un bassin d'échouage de 120 places également et 20 places dans le chenal, qui sont attribuées essentiellement aux bateaux de pêche et aux résidents michelais. Une zone de mouillage de 30 corps-morts permet, d'avril à septembre, d'accueillir les bateaux de 5,50 m de longueur maximum et porte à près de 300 places nos capacités d'accueil. »…

Pôle d'activité - Sept bateaux de marins pêcheurs professionnels font de Meschers, selon les saisons, « la capitale » de la pêche au maigre, maigrette, bar, etc. Le site est équipé d'un port à sec indépendant, d'une cale de mise à l'eau, d'une aire de carénage pour des bateaux allant jusqu'à 8 mètres de long….

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Le 27 avril 2011

Souvenirs d'aloses (Sud Ouest)

L'association de gestion de la frayère recherche des archives concernant le migrateur en vue d'une exposition

«Les Agenais ne connaissent que l'alose. La réserve, elle, n'est ni connue ni reconnue. » Elle fête pourtant ses 30 ans cette année. Un anniversaire dont Christelle Pezet, chargée de mission de l'association de gestion de la Réserve naturelle de la frayère d'aloses, veut profiter pour que les passionnés du migrateur ou les simples riverains de ces quelque 2 300 mètres de Garonne agenaise, compris entre le seuil de Beauregard et le Pont-Canal, prennent quelques minutes pour se pencher sur la question. Pour les y inciter, la jeune femme désire monter une exposition retraçant les belles heures de la pêche au coul (du nom de la grande épuisette qui servait à pièger les aloses). Pour cela, elle recherche tous types de documents, photographies, récits, archives, carnets de pêche et fait appel aux particuliers susceptibles de lui en prêter…

Les bulls en avance....

L'an dernier, 50 000 géniteurs avaient été recensés sur le bassin Garonne-Dordogne. Un chiffre en progression mais qui reste très faible. Et qui risque de ne pas durer : « Dans les années à venir, nous nous attendons à un déclin. L'alose a un cycle de vie court, cinq ans environ. On devrait donc ressentir le contrecoup du moratoire. »

Moratoire - Entrée en vigueur en 2008, l'interdiction de la pêche court jusqu'en 2012, date à laquelle elle sera peut-être prolongée. Une nécessité, sans doute, mais que la biologiste regrette : « L'interdiction totale nuit aux pêcheurs professionnels et à l'espèce elle-même, qui n'est plus valorisée. Une décision aurait dû être prise bien en amont pour éviter que l'alose en soit là. » La création de la réserve naturelle, en effet, n'avait pas coïncidé avec des mesures de protection de l'espèce. La frayère est restée un lieu de pêche prisé où des concours étaient même organisés… « À l'époque, ce n'était pas possible. L'alose, ici, c'était sacré, c'est culturel ! » Une sorte de palombe de Garonne, qui quand elle remontait le fleuve, aimantait les pêcheurs sur leurs barques amarrées.

Et s'il est dur de dire aujourd'hui si de telles scènes se reproduiront, une exposition pourrait permettre de se rappeler de la belle époque. (1) Association pour la restauration et la gestion des migrateurs du bassin de la Garonne et de la Dordogne.

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Le 11 mai 2011

Gironde : Regard acoustique sur les poissons (Sud Ouest)

Le Cemagref s'intéresse à la population des poissons et de l'écosystème dans l'estuaire de la Gironde. Pour réaliser une partie de ses recherches, « Où es-tu », un petit bateau chargé d'appareils scientifiques et son équipe formée de Valérie Samedy, Romaric Le Borh et Julian Vallet, travaillent au large de Vitrezay.

Valérie Samedy, après avoir passé une licence, un master, est doctorante en deuxième année. Elle prépare sa thèse sur la mise en place d'un suivi acoustique sur le peuplement des poissons de l'estuaire.

Ces travaux sont encadrés par l'unité de recherche EPBX avec deux équipes distinctes : 1. Écosystème estuarien ; 2. Poissons migrateurs amphihalin (esturgeon).

Le Cemagref de Cestas (33) encadre les recherches de cette jeune doctorante. Romaric est technicien et pilote du bateau, il est secondé de Julian, un stagiaire amoureux du savoir.

Repérer les échos de la faune

Pour détecter et étudier les poissons, l'équipe repère l'écho qu'ils envoient, ce qui s'appelle l'acoustique halieutique. Cette technique innovante, a l'avantage de couvrir des étendues géographiques très larges et de s'appliquer à des zones non propices aux échantillonnages classiques par la pêche et surtout d'être sans dommage pour l'environnement et les poissons étudiés.

Dans les estuaires

Valérie Samedy développe cette technique dans les milieux estuariens. Les campagnes Girondes accoustic fiches (GAF) qu'elle mène, vont permettre d'établir une stratégie d'investigations adaptée au milieu et de bâtir un protocole standard d'échantillonnage et de suivi. L'objectif de ces recherches est de répondre aux exigences des réglementations à venir qui imposeront de plus en plus de moyens d'observation et de mesure comme les bio indicateurs, sans dommage pour la faune de poissons.....

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Le 27 juillet 2012

L'île sans nom rétrécit déjà

Une île mystérieuse a surgi des flots en 2009, au large du phare de Cordouan. On y a organisé des rave party et des messes. Mais le banc de sable a sérieusement rétréci depuis.

L'île offre un point de vue inédit sur le phare. La soprano Annick Massis a pu tester dimanche pour un concert.

Cette île-là n'a pas encore de nom mais déjà une silhouette : un trait jaune sur le gris-vert de l'océan, à tribord par rapport à Cordouan. Bien visible depuis le sémaphore de la pointe de Grave. Roger Armagnac, vice-président de l'Association de la sauvegarde du phare de Cordouan, qui tient précisément son musée dans le phare de Grave est même un des premiers à avoir assisté à sa naissance. « Je n'avais jamais vu de banc de sable par le nordet (le nord-est des marins, NDLR). Et là, un beau jour, en accompagnant des touristes à Cordouan, il y avait quelque chose ».

Buzz médiatique

Sauf que Cordouan, il y va tout le temps depuis qu'il a 10 ans et que son père réparait la porte de bois de la sentinelle des mers. Il ne sait donc plus exactement quand c'était. Disons il y a cinq ans. En tout cas bien avant le buzz médiatique de l'automne 2009 où la possibilité d'une île toute neuve avait fait la une de tous les journaux. On lui prêtait la tempête Klaus pour marraine et des oyats en guise de chevelure. Il paraît même qu'à Royan, on l'appelait Tahiti.

Tu parles. Roger Armagnac connaît les fonds comme sa poche. 39 ans dans la marine et pas mal d'allées et venues pour conduire les gardiens à la relève de Cordouan. Il est bien placé pour savoir que les bancs de sable dans l'estuaire, c'est comme les nuages, ça va, ça vient. Sans prévenir. L'ancien marin aux archives bien garnies exhibe une photo des années 60, où un avion aux couleurs du journal « Sud Ouest » atterrit sans se mouiller les ailes sur une langue de sable. Une autre. Celle-là était au sudet. Coulée depuis.

Les cartes marines montrent d'autres bancs, qui montent et redescendent au gré des courants. La Mauvaise, côté Royan près de la Coure. La Marguerite, côté Verdon, de plus en plus visible aux yeux des navigateurs. Et encore Les Olives ou Le Gros Terrier, qui font des taches blanches sur le bleu des cartes. Et ce n'est sans doute pas terminé....

Sud Ouest : Le Verdon-sur-Mer (33) : L'île sans nom rétrécit déjà

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Le 13 septembre 2012

Concarneau. L'esturgeon retrouve les côtes bretonnes (Le Télégramme)

«Très encourageante»: c'est ainsi que les scientifiques jugent la prise réalisée lundi, par les marins pêcheurs du Lhassa, un côtier de Concarneau (29), face à Trévignon. Ils ont trouvé dans leur chalut un esturgeon européen long d'1,10m, pour 5,6kg, une espèce en état de quasi-extinction. Sa pêche est interdite depuis 1982 et l'animal fait l'objet d'un programme de reproduction artificielle et de réintroduction dans le milieu naturel, à partir de la Gironde. C'est pourquoi le poisson était marqué. Comme ils doivent le faire en cas de capture accidentelle, les pêcheurs ont contacté les scientifiques de la station de biologie marine de Concarneau (29) qui, après diverses mesures, ont relâché l'esturgeon en mer. Au vu de sa taille, ils estiment son âge à 4 ou 5 ans: il ferait donc partie du tout premier lâcher d'alevins, réalisé en 2007. (Photo station de biologie marine de Concarneau)

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Pêche. Un esturgeon dans le chalut du Lhassa (Le Télégramme)

Le côtier Lhassa a remonté lundi un esturgeon européen, espèce au bord de l'extinction faisant l'objet d'un plan de restauration. Le poisson a été observé puis relâché par la station de biologie marine, qui juge cette présence encourageante.

Un esturgeon européen dans le chalut! Lundi en fin d'après-midi, devant la pointe de Trévignon, les marins du Lhassa ont vécu une scène devenue rarissime. Jusqu'au début des années 2000, les captures accidentelles de ce poisson interdit à la pêche depuis 1982 survenaient encore de temps en temps sur les côtes bretonnes. Mais la surpêche, les pollutions ou les aménagements industriels ont entraîné la disparition progressive de l'«acipencer sturio», de son nom latin, espèce se reproduisant en eau douce. Aucune reproduction naturelle n'a été observée depuis 1994...

1,10 mètres et 5,6kg

«On peut parler d'un état de quasi-disparition en 2007 au moment du lancement d'un plan de restauration, associant reproduction artificielle et lâchers d'alevins en mer», explique Samuel Iglesias, chercheur à la station de biologie marine de la Croix. Ébaubi par sa découverte, le patron du Lhassa, Pierre Nicolas, l'a prévenu dès qu'il a vu dans son chalut cet esturgeon, marqué et long d'1,10 mètres pour 5,6kg. Une équipe de scientifiques est venue le récupérer au moment du débarquement. «Nous l'avons placé dans une caisse remplie d'eau et ramené à la station, où nous l'avons mesuré, pesé et échantillonné avant de le remettre à l'eau, en le suivant en plongée pendant dix minutes», explique Samuel Iglésias, qui salue le bon réflexe de l'équipage du Lhassa. Voici quelques années, un tel esturgeon avait failli passer sous criée...

Âgé de 4 à 5 ans

«Nous menons une grosse campagne de sensibilisation à destination des pêcheurs, qui doivent absolument les remettre à l'eau après avoir pris une photo et quelques indications», souligne Éric Rochard, directeur de recherche à l'Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture). Dans le bassin de la Gironde, coeur du plan de réintroduction de l'espèce, la mortalité accidentelle est encore élevée. Il pilote la partie scientifique du plan de restauration. Selon lui, au vu de sa taille, l'esturgeon pêché à Trévignon devait être âgé de 4 à 5 ans, ce qui correspond au premier lâcher effectué en mer. Éric Rochard juge une telle présence sur les côtes bretonnes «très encourageante»: «Les esturgeons doivent logiquement se trouver en février mars et en septembre octobre à la pointe bretonne, c'est donc un signe qu'ils se déplacent normalement». La bataille pour la restauration de l'espèce est loin d'être gagnée, «mais aujourd'hui on peut être optimiste».

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