jeudi 17 décembre 2009

France : Menace sur les poissons d’eau douce

Plus d’une espèce sur cinq menacée, c’est le bilan de la situation des poissons d’eau douce en France. Une nouvelle étude révèle que sur les 69 espèces de poissons d’eau douce du territoire métropolitain, 15 d’entre elles sont menacées de disparition. Ces espèces en voie d'extinction constituent la Liste rouge des espèces menacées en France

Esturgeon européen, Anguille européenne, Chabot du Lez, Apron du Rhône, Loche d'étang, Truite à grosses tâches, Grande alose, Alose feinte, Loche épineuse, Brochet, Lamproie de rivière, Lote, Saumon atlantique, Omble chevalier, Ombre commun.

Cet état des lieux a été élaboré par le Comité français de l’UICN (Union Mondiale pour la Nature) et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française d’ichtyologie et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques. Face à toutes les menaces qui pèsent sur les poissons d'eau douce, ces organismes mettent en cause principalement

La dégradation et la destruction des milieux naturels

La dégradation et la destruction des milieux naturels constituent la principale menace pour les poissons d’eau douce de France métropolitaine. L’extraction de granulats entraîne la destruction des habitats pour des espèces comme la Lamproie de rivière, classée dans la catégorie “Vulnérable”, ou la Sofie, “Quasi menacée”, qui privilégient les cours d’eau à galets ou à graviers pour leur reproduction. L’assèchement et le curage hivernal des zones humides altèrent l’habitat naturel de la Loche d’étang, classée “En danger”, et le drainage agricole des prairies humides réduit les périodes de crues, modifiant ainsi les conditions favorables à la reproduction du Brochet, classé “Vulnérable”.

Ensuite, l’altération de la qualité du milieu par les pollutions

La qualité de nombreux milieux naturels d’eau douce est également altérée par la pollution, à laquelle les poissons sont souvent très sensibles. L’Anguille européenne est ainsi exposée à de nombreux polluants et pesticides qui fragilisent ses défenses immunitaires, et le Chabot du Lez est sensible aux polluants chimiques d’origine agricole qui affectent sa fécondité. Ces deux espèces sont classées “En danger critique d’extinction”. La pollution des fleuves constitue également l’une des causes de la régression du Saumon atlantique, classé dans la catégorie “Vulnérable”.

Et les « barrières » aux migrations

Parmi les espèces évaluées, la situation des poissons migrateurs amphihalins apparaît particulièrement préoccupante : à l’exception de la Lamproie marine, placée en catégorie “Quasi menacée”, toutes ces espèces se trouvent aujourd’hui menacées en France. Effectuant une partie de leur cycle de vie en rivière et une autre partie en mer, la plupart sont concernées par les menaces citées précédemment et sont particulièrement affectées par les barrages qui compromettent leur périple migratoire vers les zones de reproduction. C’est le cas par exemple du Saumon atlantique, de la Lamproie de rivière, de l’Esturgeon européen et de l’Anguille européenne.

Pour cette dernière, la pêche est réglementée mais reste un facteur de menace, aggravé par un braconnage important lié au coût élevé de ses alevins, nommés “civelles”. L’Esturgeon européen a lui aussi longtemps fait l’objet du braconnage, pour le prélèvement de ses oeufs destinés à la production de caviar. Sa pêche est strictement interdite, mais l’espèce demeure victime de captures accidentelles, liées en particulier au chalutage en mer. Ces deux grands migrateurs sont classés “En danger critique d’extinction”.

A l’avenir, le changement climatique pourrait aggraver les conditions de vie de nombreuses espèces de poissons d’eau douce.

Autres articles :

Autres informations :

Le barrage de Poutès a été construit sur l'Allier en pleine seconde guerre mondiale et sans autorisation pour la production d'électricité. La concession (droit d'exploitation) arrive à terme au 31 décembre 2007 et EDF, qui exploite le barrage, demande la reconduction de ce droit pour 40 nouvelles années. Or ce barrage, qui a à lui seul causé la quasi disparition du grand saumon de Loire, demeure l'obstacle majeur au programme de sauvegarde de l'espèce mis en place dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature. C'est pourquoi nous demandons le non-renouvellement de la concession….

Revue de presse :

le 21 décembre 2009 : Beaucoup d'infos sur la région Rhône-Alpes

La production régionale de poissons en Rhône-Alpes a chuté de 20% en dix ans (Enviscope)
La production de poissons en Rhône-Alpes, en étangs, en aquaculture, ou pêché a reculé comme le nombre d'entreprises. Pourtant les poissons produits ou pêchés dans la région sont intéressants sur le plan environnemental et alimentaire.
Alors que certaines ressources naturelles de poissons sont menacées, le développement de l’aquaculture semble être une solution. En mer, mais aussi en eau douce. Or, depuis dix ans, la production piscicole en Rhône-Alpes a chuté sérieusement. La découverte de PCB dans plusieurs cours d’eau et plans d’eau a porté un rude coup à la pêche professionnelle, mais aussi à la pêche de loisir alors que l’aquaculture et la pisciculture sont soumises à des contraintes environnementales.En une dizaine d’années, la production rhônalpine de poissons a reculé de 20%, et le nombre d’entreprises a reculé de 30%. en dehors des étangs est passée de 3600 tonnes par an à 3200 tonnes en 2009. La production a reculé dans les étangs où elle est passée de 2400 tonnes en Dombes et dans le Forez, à 1200 tonnes. La production de poisson pour l’alimentation recule aussi....

Le 29 décembre 2009

Les poissons migrateurs (Nouvelobs) : Sauver l'esturgeon Européen
L'esturgeon européen est menacé de disparition. Peuplant autrefois tous les bassins de l'Europe de l'Ouest, il reste aujourd'hui moins de 10 000 individus, originaires uniquement du bassin de la Gironde. Depuis le début des années 80, les scientifiques du Cemagref concentrent tous leurs efforts pour sauvegarder cette espèce en danger
Enfin Lueur d'espoir pour l'esturgeon européen, à mettre au compte des efforts de sensibilisation conduits par les partenaires de ce programme : un beau spécimen d’esturgeon européen a été pêché au large du Croisic le 17 février dernier. Jugez plutôt : 1,78 m de long pour un poids de 27 kg. L’animal marqué par le Cemagref en 2001 en estuaire a été sauvé grâce à l’action de sensibilisation relayée par le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins. D’autres captures accidentelles, avec remise à l’eau de ces précieux poissons, ont été enregistrées cette année à Concarneau (grâce à l’intervention d’un responsable de criée) et en Belgique, tandis qu’un jeune mâle capturé accidentellement en Dordogne aval est venu conforter le stock expérimental et renforcer les chances de productions d’alevins de repeuplement

Estimant que l’esturgeon blessé n’aurait pas survécu, le pêcheur a pris l’initiative de le confier à l’Aquarium du Croisic qui a averti le Cemagref. Après contact avec le ministère de l’Écologie et les partenaires du programme de restauration (WWF, Epidor et Smeag), la décision a été prise de conforter grâce à ce poisson convalescent les quelques 80 esturgeons conservés à la station du Cemagref à Saint-Seurin-sur-l’Isle.

L’animal marqué par le Cemagref en 2001 en estuaire a été sauvé grâce à l’action de sensibilisation relayée par le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins. C’est le troisième esturgeon européen sauvé grâce au comportement responsable des pêcheurs au cours de ces trois derniers mois, preuve que les opérations de sensibilisation menées par le CNPMEM (Comité national des pêches maritimes et des élevages marins) portent leurs fruits.
À Bordeaux, les chercheurs du Cemagref ne peuvent que s’en réjouir car ce sont eux qui ont initié le processus de sauvegarde de l’espèce dans les années 1980 et formé le chargé de mission du CNPMEM à la cause de l’esturgeon.

Rappelons que l’esturgeon européen est strictement protégé en France depuis 1982 et inscrit depuis dans toutes les conventions internationales de protection des espèces. Sa très grande rareté donne à chaque spécimen une valeur patrimoniale très élevée. Compte-tenu de son statut, les scientifiques recommandent la remise à l’eau immédiate des poissons en cas de capture accidentelle, suivie d’un appel au numéro d’urgence "sturio" pour signaler cet événement.

Zoom sur Saint-Seurin-sur-l'Isle Dans un contexte où la dernière population d’esturgeons ne cesse de s’amoindrir, en l’absence de reproduction naturelle depuis 1994, la restauration de l’espèce ne peut résulter que d’alevinages issus de reproductions artificielles. Une seule occasion de capture simultanée de géniteurs sauvages a permis un alevinage grâce à une reproduction artificielle en 1995. Une partie des jeunes poissons issus de ces deux reproductions, conservés dans la station de Saint-Seurin, approchent de l’âge de première maturité (12 à 15 ans). Ce poisson qui a cru en milieu naturel vient donc conforter ce fragile stock. D'une espèce résistante, cet esturgeon a survécu aux blessures causées par la pêche (enroulé dans le tambour enrouleur du chalutier). Les séquelles : il a fallu retirer deux écussons arrachés avec application de cicatrisant (couleur bleue) avant sa mise en bassin.

16 janvier 2010

Pays de la Loire - Les pêcheurs témoins de l'altération de l'eau (Ouest France)
Un inventaire de pêche permet de recenser les différentes espèces vivant dans les cours d'eau.
Une vaste étude est lancée par les cinq fédérations de pêche en eau douce des Pays de la Loire. Objectif : évaluer le risque d'extinction d'espèces.
120 000 personnes taquinent le goujon, en Pays de la Loire. Une activité qui reprend de la vigueur, sur les berges de la Loire, des rivières et autres plans d'eau : « Il y a un retour aux loisirs nature, simples », reconnaît Roland Benoit, président de la fédération de Loire-Atlantique....

11 mars 2010

Finistère - Les poissons surveillés par vidéo à Châteaulin (Ouest France)
Éric Croguennec, responsable de l'observatoire aquatique, accompagné de Loïc Moreau, de l'association de pêche de Châteaulin, au-dessus de la passe à poissons.
Une passe à poissons, une salle pour l'observation dans le lit de l'Aulne et un hall d'exposition : l'observatoire aquatique allie les études scientifiques et la pédagogie.
À Châteaulin, ce ne sont pas les citoyens qui sont surveillés par des caméras... mais les poissons dans le canal : « La salle d'observation est équipée d'une caméra afin d'enregistrer le passage des poissons migrateurs dans le dernier bassin de la passe, détaille Éric Croguennec, responsable de l'observatoire aquatique de Châteaulin. À travers une vitre de 140 cm de haut, un système d'éclairage par le fond permet d'avoir une image nette des poissons. »
Diplômé en biologie, Éric Croguennec, surveille, compte, décrit et analyse les poissons qui montent dans le canal de Nantes à Brest près du viaduc de Châteaulin : « Depuis le début de l'année, nous avons noté le passage de 50 saumons. Seulement. »….

Le 31 mars 2010

Projets hydroélectriques: des réponses pour les saumoniers (Journal du Québec)
Les délégués présents au congrès de la ­Fédération québécoise pour le saumon atlantique, qui s’est tenu en fin de semaine à Québec, ont pu savoir où s’en va le gouvernement avec ses projets hydroélectriques.
« Il y a deux niveaux dans les réponses que nous avons eues, explique le président Yvon Côté. Tout d’abord, dans le cas des rivières qui pourraient être affectées dans le cadre du Plan Nord pour la production de 3 500 mégawatts additionnels par rapport à la production actuelle, rien n’est établi pour l’instant. Les objectifs sont ambitieux et les coûts élevés.

Pour l’instant, le gouvernement, via les ingénieurs et les financiers impliqués, est dans un grand exercice de réflexion. Rien n’est défini encore et, selon ce qu’il a été possible d’apprendre, c’est que le Plan Nord, qui est en élaboration en concertation avec les milieux régionaux, pourrait permettre d’augmenter la production électrique au-delà de ce qui est prévu pour les rivières Romaine et Petit Mécatina.
Pour le reste, rien n’est fixé, on nous a plutôt expliqué quel était le niveau actuel de production hydroélectrique au Québec, ses principales sources d’approvisionnement et surtout que le gros des besoins énergétiques est satisfait par les grandes centrales avec de grands réservoirs.
Avant d’aller encore plus loin dans le développement des installations hydroélectriques d’envergure, le gouvernement prévoit des actions de plus en plus importantes et des objectifs précis en ce qui concerne les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement de sources alternatives d’énergie électrique.
Nous avons eu cette réponse qui se veut rassurante, mais encore là, nous devons demeurer vigilants pour toujours garder comme objectif la protection de la ressource saumon. Nous avons prouvé dans le passé que nous pouvions aider à trouver des solutions, comme ce fut le cas pour les rivières Mitis, Rimouski et Jacques-Cartier. »

Les petites centrales
L’autre réponse que les saumoniers ont obtenue touche le dossier des petites centrales hydroélectriques qui pourraient être installées sur plusieurs rivières de la Côte-Nord en particulier, qui contiennent du saumon.
Sur ce point, les gens de la fédération avaient demandé à Matthieu Chanseau, biologiste de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques de France, de venir informer les congressistes sur l’expérience qui a été vécue là-bas. Il faut savoir qu’en France, il y a sur différentes rivières 60 000 barrages dont la hauteur varie de 1 à 15 mètres.

« Il ressort de la présentation de cet invité que la multiplicité des barrages sur un cours d’eau entraîne des impacts cumulatifs qu’il devient pratiquement impossible de mitiger, explique le président. Le plus gros problème avec plusieurs barrages, c’est surtout de contrôler la variation du niveau d’eau qui, s’il est bon pour le fonctionnement des centrales, ne l’est pas nécessairement pour la survie du saumon, qui, dans de telles circonstances, voit sa reproduction menacée. En France, on tente d’imposer une régularisation des débits qui ressemblerait le plus au niveau naturel, mais rien n’est gagné encore. Finalement, pour eux, c’est simple, il ne devrait plus y avoir de barrages sur les rivières. »

Au Québec, pour l’instant, même si de nombreux projets sont sur la table, le gouvernement ne semble pas tabler énormément sur les apports en électricité des petites centrales. « Le développement des petites centrales, tout en étant une composante du tableau global des développements hydroélectriques gouvernementaux, demeure plutôt un outil de développement régional. »
À la suite des rencontres de la fin de semaine, le conseil d’administration de la fédération va déposer d’ici quelques jours une politique qui tiendra compte des opinions de l’ensemble des conférenciers que l’on a pu entendre.
julien.cabana@journaldequebec.com

Le 9 avril 2010

Migrateurs : les pêcheurs alarmés (Sud-Ouest)
Samedi, la Fédération de pêche, réunie à Thiviers, a dressé un bilan de l'année écoulée et s'est dit préoccupée par la disparition des poissons migrateurs.
Philippe Robert, le président de la Fédération départementale de pêche, pense que la saison 2010 devrait être bonne……
La fin d'une espèce
En revanche, si une situation n'est pas bonne dans le département, c'est celle des poissons migrateurs, qui n'ont pas le vent en poupe.
« Année 2010, année internationale de la biodiversité ! Pas pour l'anguille et les autres poissons migrateurs », a lancé le président dans son rapport moral, soulignant que le plan français de gestion de l'anguille condamne cette espèce à la disparition de nos cours d'eau.
« L'alose, le saumon, la truite et l'anguille connaissent de gros problèmes, alors que l'on pourrait améliorer leur situation par la seule volonté des hommes », poursuit-il. Le stock d'anguilles est actuellement en dessous du seuil de renouvellement des générations.
Concernant les saumons, peu de spécimens ont été recensés cette année dans la Dordogne. Ils étaient seulement 85 à la passe à poissons du barrage de Tuilières en 2009, alors qu'il y a sept ans, on en dénombrait 1 200. « L'homme est en train d'exterminer une espèce pour des histoires de sous », déplore Philippe Robert.
Même constat pour la population de la grande alose, qui est passée de 90 000 à la fin des années 1990 à seulement 5 600 en 2009.

Le 18 mai 2010

France et Québec unis pour le saumon (La Montagne)
Le Conservatoire national du saumon sauvage de Chanteuges a officialisé sa collaboration avec le ministère des ressources naturelles et de la faune du Québec. Une entente a été signée.
Les occasions de rencontres et d'échanges franco-québécois sont nombreuses depuis une quinzaine d'années entre le Conservatoire national du saumon sauvage, à Chanteuges, et le ministère québécois des ressources naturelles et de la faune.
Échanges d'expertises, transferts de méthodologie, soutien technique... des collaborations enrichissantes pour les deux parties. Et formalisées par la signature d'une convention, vendredi, à Chanteuges (*).
« Le thème général de cette entente concerne la conservation et la gestion des populations de saumon atlantique, précise Jessy Dynes, chef du service de la faune aquatique au ministère québécois.
La convention compte deux grands domaines d'activité : le volet salmoniculture et le volet acquisition de connaissances scientifiques sur le saumon, l'objectif étant de développer un plan d'action quinquennal ».....

Le 24 juin 2010

L'arasement du barrage de Vezins, source de discorde locale (Le Monde)
Sombres et profondes dans le lac de retenue, les eaux de la Sélune traversent les turbines du barrage de Vezins et s'écoulent de l'autre côté, limpides, vers la baie du Mont-Saint-Michel. Ce haut monument de béton n'ornera sans doute plus longtemps le paysage de la Basse-Normandie. Le 13 novembre 2009, la secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno, a annoncé son arasement et celui de la Roche-qui-Boit, situé en aval, lançant les premières opérations du plan de restauration de la continuité écologique des cours d'eau en France.
Car pour les poissons migrateurs, comme le saumon, le barrage fait office de rempart infranchissable entre la mer et les sites de ponte en eau douce. Selon Fabien Goulmy, de la Fédération de la Manche pour la pêche, aucune solution alternative ne s'est révélée efficace pour rétablir la libre circulation des saumons : "Le barrage a inondé les gorges, qui constituaient leur meilleur habitat. Et il continue à faire des dégâts car en aval, la rivière creuse ses berges et s'approfondit, devenant inhospitalière pour ces poissons."
Outre les pêcheurs de saumon, la Sélune attire des usagers dont certains - habitants ou élus locaux - redoutent les impacts écologiques et économiques de l'arasement. L'association locale Les Amis du barrage dénonce une décision politique d'affichage. "Le problème, ce ne sont pas les barrages mais la pollution de l'eau en amont : à cause de l'agriculture intensive qui remplace peu à peu le bocage, l'érosion des terres déverse des sédiments pollués dans la Sélune, qui s'accumulent dans les lacs de retenue", estime son vice-président, Raymond Normand.

Le 2 août 2010

Lannion : Bassins versants : pérenniser la ressource en saumons (Ouest France)

Si le Yar, rivière se jetant en baie de Saint-Michel-en-Grève, ainsi que son affluent le Dour Elégo sont bien connus des pêcheurs pour leurs, truite fario, truite de mer, anguille européenne, la présence d'un proche cousin de la truite : le saumon atlantique (Salmo salar) l'est beaucoup moins, ainsi que la présence emblématique de la loutre d'Europe. Le saumon vit alternativement en mer et en rivière.

Il naît dans les cours d'eau rapides aux eaux fraîches et oxygénées avant de migrer, à l'âge de 1 ou 2 ans, au large du Groenland. Il revient ensuite se reproduire dans la rivière qui l'a vu naître. Sa précision quasi infaillible à reconnaître sa rivière d'origine fait, qu'à chaque cours d'eau, une unité de population autonome peut être associée.

Recensement

Afin de gérer de manière durable la ressource en saumons dans les petits fleuves costarmoricains dans lesquels il se reproduit, l'Onema (Office national de l'eau et des milieux aquatiques) a élaboré une méthode permettant de calculer le nombre maximum de saumons pouvant être capturé sur une rivière sans compromettre la survie de l'espèce. Elle s'appuie sur la connaissance des zones de reproduction (zones de courant tapissées de cailloux sur lesquels la femelle dépose ses oeufs) et sur le dénombrement des juvéniles par une pêche à but scientifique. La fédération départementale de pêche réalise depuis 2001 le dénombrement des juvéniles sur le Yar et son principal affluent le Dour Elégo.

Une diminution a été constatée comme sur l'ensemble du territoire national. Aujourd'hui, pour améliorer la connaissance de la population de saumon, les zones de reproduction doivent être cartographiées.

Le comité des bassins versants de la Lieue-de-Grève sous la houlette de Johann Debril, dans le cadre du contrat de restauration et d'entretien des cours d'eau, a confié ce travail au bureau d'étude Hydrobio qui couvre le grand Ouest. Durant 3 semaines, Nicolas Gouneau, hydrobiologiste, va réaliser les inventaires sur le terrain. 25 à 30 km de rivière seront ainsi cartographiés, à l'aide de GPS, topofil et télémètre laser. Cette étude est financée à 80 % par le fond européen Feader et l'Agence de l'Eau Loire Bretagne.

Finistère - Ils braconnaient le saumon : flagrant délit à Quimper (Ouest France)

Des braconniers très organisés. Douze personnes, guetteurs et pêcheurs, ont été surprises en flagrant délit de « grappinage » du saumon atlantique dans des rivières classées en réserve de Quimper, lors d'une opération menée par l'unité spécialisée migrateurs de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) et le service départemental de l'office national de la chasse et de la faune sauvage, mercredi 28, jeudi 29 juillet et dimanche 1er août. « Le « grappinage » est un acte illégal de pêche qui consiste à planter un grappin lesté, à l'aide d'une canne et d'un moulinet, dans les flancs du poisson et de le ramener en force vers la berge, après l'avoir repéré à l'aide de lunettes polarisantes », indique l'Onema. Les braconniers ont fait l'objet de contraventions. Et leur matériel, six cannes à pêche et des lunettes polarisantes, saisi. Selon l'Onema, le « grappinage » est récurrent en période estivale du fait des remontées de saumon atlantique et des faibles débits des rivières….

Le 28 septembre 2010

La chasse aux braconniers de la mer (Manche Libre)

Dans la Baie du Mont-Saint-Michel, une police un peu spéciale traque les braconniers de saumons sauvages “On y va, suivez-moi. Je connais la Baie du Mont-Saint-Michel depuis que je suis gamin”, lance Mathieu Anfray, un gros sac sur le dos, une jumelle puissante autour du cou et un revolver à la ceinture. Avec Denis Hégron, présent à ses côtés ce jour-là, ils sont tous les deux agents de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA), cette police de l'environnement qui veille sur l'écosystème. Les voilà en mission un peu spéciale. “On appelle ça une opération de contre-braconnage. On vient surveiller la Baie où le braconnage de saumons est encore une pratique courante”……

La dure vie d’un migrateur à écailles

Il naît dans l’eau douce, grandit au large et vient se reproduire dans les rivières de son enfance. Le saumon Atlantique, poisson abondant dans toute la France jusqu’au début du XXesiècle- on le retrouvait même dans la Loire, le Rhin ou la Seine- a souffert de surpêche, de pollutions et de la construction de nombreux barrages sur les cours d’eau. La vie du saumon est semée d’embûche. Dès l’hiver, et plus généralement en avril, les plus gros spécimens font leur retour dans leur rivière natale.On les appelle les saumons de printemps. Ces derniers mesurent plus de 70 cm et se renforcent en haute mer, dans la zone d’engraissement, située non loin du Groenland. “Mais ce sont ceux qui sont le plus en déclin”, éclaire Mathieu Anfray. “Pourtant, ce sont eux qui pondent le plus d’½ufs”. En danger, ils sont interdits à la pêche. Un peu plus tard, à l’approche de l’été, arrivent les castillons, saumons de 50 à 70cm de long. A l’automne, en rivière, sur les frayères, les femelles pondent et les mâles fécondent les ½ufs. Les alevins naissent au printemps et deviennent des tacons au bout d’un an. Ces derniers demeurent plusieurs années en rivière avant de devenir des smolts et d’entamer, à leur tour, le périple vers le grand Nord. Sur environ 8000 ½ufs pondus, seuls quatre donneront des saumons adultes qui reviendront dans leur rivière d’origine. Lors de leurs allées et venues, les saumons se métamorphosent. Ainsi, en arrivant dans les rivières après leur périple de 5000km, les mâles retrouvent des couleurs vives et leur mâchoire change de forme. A l’inverse, les smolts deviennent clairs et argentés à l’heure de regagner la mer et ses dangers.

28 septembre 2010 : Une pompe dont les palles ne massacrent pas les poissons

Pompage : solution contre la mortalité des poissons (enerzine)

Des millions d'anguilles, de saumons et d'autres poissons peuvent être sauvés grâce à l'installation de nouvelles pompes à eau innovantes dans les stations de pompage de toute l'Europe. La société néerlandaise Norit Nijhuis a inventé une pompe qui permet aux poissons de passer à travers ces barrières sans danger, ce qui évite l'énorme massacre des poissons durant leur migration chaque année. La première nouvelle pompe sera installée la semaine prochaine dans une station de pompage située près d'Amsterdam. Les résultats de tests indépendants montrent que 100 % des anguilles et des autres poissons sans écailles peuvent passer sans danger à travers les pales, et c'est aussi le cas pour 97 % des poissons écailleux. L'installation de ces pompes dans les stations de pompage peut faire baisser de façon spectaculaire les taux de mortalité des poissons qui migrent…..

En ce moment, de nombreuses espèces menacées de poissons migrateurs sont massacrées dans les stations de pompage, et les experts pensent qu'il faudra des années pour trouver une solution…… "Nous pouvons installer cette pompe - qui est développée en association avec FishFlow Innovation - dans de nombreux goulets d'étranglement, sans qu'il soit nécessaire de reconstruire les stations de pompage. La pompe peut utiliser les installations électriques existantes", a déclaré Robert Schuuring le directeur de Norit Nijhuis. En 2007, la société créée il y a 106 ans a été reprise par Norit, la plus importante société de purification de l'eau au monde. Menno Holterman, membre du Conseil d'administration de Norit NV, espère que les gouvernements mettront fin à la mortalité des poissons. "Cet exemple montre que nous avons la technique pour une solution durable, mais les gens ne sont pas pressés à la mettre en application rapidement", a-t-il déclaré.

Le 1 octobre 2010

Plan francais de gestion de l'anguille (Sénat)

Question écrite n° 14617 de M. Alain Fouché (Vienne - UMP) publiée dans le JO Sénat du 29/07/2010 - page 1948

M. Alain Fouché attire l'attention de Mme la secrétaire d'État chargée de l'écologie sur le plan français de gestion de l'anguille. En effet, si aucune mesure n'est prise, l'anguille aura disparu d'ici 2030. La Commission européenne a donc décidé de prendre des mesures. La Fédération nationale pour la pêche a proposé un moratoire de 5 ans pour interdire la pêche de l'anguille, très prisée dans les estuaires lorsqu'elle est à l'état de civelle. L'État a proposé une réduction de la pêche de civelles, les pêcheurs de civelles ont fait blocage et les droits de pêche ont été augmentés de 35 %. Les fédérations de pêche affirment que cela est une aberration et souhaitent une grande concertation pour 2011. Par conséquent, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles seront les mesures prises dans les prochains mois pour faire face à ces difficultés.

Réponse du Secrétariat d'État chargé de l'écologie publiée dans le JO Sénat du 30/09/2010 - page 2548 - Le plan de gestion de l'anguille a été transmis à la Commission européenne le 18 décembre 2008 conformément aux dispositions contenues dans le règlement (CE) n° 1100/2007 du 18 septembre 2007, qui établit un cadre pour la protection et l'exploitation durable du stock d'anguilles européennes. L'objectif de ce règlement européen est d'assurer un taux d'échappement de 40 % de géniteurs par rapport à la biomasse. Le règlement prévoit que des mesures soient prises dans le but de réaliser cet objectif à long terme sans plus de détail sur les délais. Le plan national de gestion de l'anguille a fait l'objet d'une évaluation par le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), puis d'une révision prenant en compte cet avis. Cette procédure a permis à la Commission européenne, après avis des États membres, d'approuver ce plan par décision du 15 février 2010. Le CIEM puis la Commission européenne ont donc jugé que les engagements pris par l'État français permettent d'atteindre les objectifs fixés par le règlement européen R (CE) n° 1100/2007 du 18 septembre 2007. Ils ont notamment estimé que la répartition des efforts demandés entre les pêcheurs de loisir, les pêcheurs professionnels et les gestionnaires d'ouvrage, notamment hydroélectriques, est équilibrée. En ce qui concerne spécifiquement les mesures relatives au prélèvement par la pêche sont de nature à permettre l'atteinte des objectifs du règlement européen, la définition d'un calendrier d'ouverture de la pêche à l'anguille jaune, la mise en place de quotas individuels pour la pêche aux anguilles de moins de 12 cm (civelles) et de l'interdiction de la pêche à l'anguille argentée, sauf en Loire et en Rhône aval pour les pêcheurs professionnels, ainsi que la mise en place d'une traçabilité des anguilles péchées…..

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Le 29 octobre 2010

Indemnisation des travaux de mise en conformité des ouvrages situés sur des cours d'eau classés (Sénat)

M. Louis Pinton attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat sur les difficultés que vont rencontrer les propriétaires contraints de satisfaire, en 2014, aux obligations issues pour eux des articles L.214-3-1, L.214-4 et L.214-17 du code de l'environnement et relatives aux ouvrages situés sur les cours d'eau traversant leur propriété. Les propriétaires ou exploitants devront effectuer des travaux très onéreux afin de se mettre en conformité avec les règles définies par l'autorité administrative, et ce au nom de l'intérêt général. Or, il est mentionné au III de l'article L. 214-17 du même code que « les obligations résultant du I du présent article n'ouvrent droit à indemnité que si elles font peser une charge spéciale et exorbitante sur le propriétaire ou l'exploitant »....

Sauvegarde des moulins et barrages (Sénat)

M. Gérard Bailly appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, sur le problème de la sauvegarde des barrages et moulins sur les rivières de France. En effet, une différence d'appréciation existe entre ceux qui sont partisans d'un effacement maximum des petits barrages pour "redonner la liberté aux poissons et sédiments" (c'est aussi l'esprit de la directive-cadre européenne du 23 octobre 2000 sur l'eau qui prône la continuité écologique des cours d'eau) et ceux qui non seulement souhaitent conserver les barrages existants afin de maintenir notre potentiel hydroélectrique et lutter contre l'effet de serre mais affirment que les barrages ont un rôle très important : retenir et réguler les eaux, atténuation des fortes crues, réserve d'eau pour irrigation, maintien des prairies humides, remplissage des nappes d'accompagnement et phréatiques, dilution des eaux usées, maintien en vie de la faune et de la flore etc ...

Il apparaît qu'il y aurait plus d'avantages à sauvegarder les barrages qu'à les supprimer. Il aimerait avoir son sentiment à ce sujet, étant entendu que les propriétaires de barrages et moulins sont très inquiets pour l'avenir et aimeraient connaître avec précision les intentions du Gouvernement.

Réponse du Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat publiée dans le JO Sénat du 28/10/2010 - page 2825

La question du maintien ou non des barrages présents dans les rivières de France ne peut trouver de réponse générale de principe. C'est pourquoi le Gouvernement a lancé en novembre 2009 un plan national de restauration de la continuité écologique des cours d'eau dont la mise en oeuvre progressive et hiérarchisée est encadrée par une circulaire du 25 janvier 2010. Celle-ci fixe les priorités d'interventions liées aux cours d'eau empruntés par les migrateurs amphihalins, plus particulièrement l'anguille dont la restauration répond à un règlement européen de 2007, aux objectifs et aux programmes de mesure du Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et aux gains attendus pour l'atteinte du bon état écologique de la directive-cadre sur l'eau. Ce plan ne vise en aucun cas la suppression de tous les petits barrages présents sur les cours d'eau. Dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, il fixe un objectif de 1 200 ouvrages dont l'influence sur la continuité écologique doit être prioritairement supprimée, soit par un aménagement soit par un démantèlement, d'ici à 2012. Cet objectif est à rapprocher des 60 000 ouvrages recensés sur les cours d'eau métropolitains, dont environ 10 % seulement ont un usage identifié…..

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Le 30 novembre 2010 : Au Canada aussi

Espèces en péril au Canada : Les efforts de rétablissement tombent à plat (Canoe)

Les efforts de rétablissement des espèces en péril au Canada n’ont pas porté fruit au cours des dernières années. Des 32 espèces qui ont été étudiées après 10 ans par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), seulement quatre d'entre elles ont été réévaluées comme étant moins en péril…..

Le saumon atlantique, l'un des poissons les plus élevés en pisciculture, a connu des déclins à l'état sauvage, particulièrement dans les eaux du sud du pays. Malgré toutes les activités en cours pour reconstituer les stocks, une population dans le sud de Terre-Neuve a été désignée «menacée», et cinq populations dans la baie de Fundy, au large de la Nouvelle-Écosse et de l'île d'Anticosti, ont été évaluées «en voie de disparition». L'unique population de saumon du lac Ontario a été considérée comme étant «disparue».

Deux poissons canadiens iconiques en péril

Le saumon atlantique, l'un des poissons marins, à l'échelle mondiale, les plus communément élevés en pisciculture, a connu des déclins à l'état sauvage, particulièrement dans les parties sud de son aire de répartition canadienne. Malgré toutes les activités en cours pour reconstituer les stocks, une population dans le sud de Terre-Neuve a été désignée « menacée », et cinq populations dans la baie de Fundy, au large de la Nouvelle-Écosse et de l'île d'Anticosti ont été évaluées « en voie de disparition ». L'unique population du lac Ontario a été considérée comme étant « disparue ». Vers le nord, la situation n'est pas aussi grave. Les populations dans le golfe du Saint-Laurent ont été évaluées comme étant « préoccupantes » et trois des populations se trouvant le plus au nord au Canada ont été considérées « non en péril ». Des rivières relativement intactes ainsi qu'une gestion améliorée des pêches expliquent sans doute l'abondance variant de stable à croissante de ces populations septentrionales.

Les connaissances traditionnelles autochtones ont contribué de façon significative à la compréhension de la biologie et des menaces liées au Dolly Varden, un poisson ressemblant à une truite et revêtant une grande importance pour les peuples de l'ouest de l'Arctique. Malgré la santé relative de ces populations, les changements climatiques constituent un important risque pour l'espèce. Ce facteur, en plus de la vulnérabilité de ce poisson aux impacts sur l'habitat et à la pression exercée par la pêche, a mené à une désignation d'espèce « préoccupante ».

La moule zébrée menace maintenant les espèces à l'ouest du 100e méridien - La gonidée des Rocheuses est une grosse moule d'eau douce notable se trouvant dans le bassin hydrographique du lac Okanagan. Son aire de répartition limitée jumelée à la menace de la moule zébrée, une espèce envahissante, ainsi qu'un aménagement croissant des rives, ont augmenté le niveau de risque pour cette espèce, ce qui a mené à une désignation « en voie de disparition » plutôt qu'à sa désignation précédente, soit « préoccupante ».

Une certaine dose d'optimisme - Le cas de la grande raie suscite un certain optimisme. Ce grand poisson marin distinctif a subi de graves déclins de population et a été, pour ainsi dire, introuvable dans les eaux canadiennes pendant deux décennies. Une pression de pêche réduite a contribué à d'importantes augmentations chez la grande raie depuis les années 1990. Même si cette raie n'est pas entièrement rétablie à ses niveaux historiques, l'espèce a été évaluée « non en péril ». Source : Cosepac

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Le 9 décembre 2010

Landivisiau. Saumons de l'Elorn : l'inquiétude subsiste (Ouest France)

Après plusieurs années de forte baisse, l'Association agrée de pêche et de protection des milieux aquatiques (AAPMA) de l'Elorn, constate une belle remontée de saumons en 2010.

Ceci, malgré les pollutions enregistrées ces derniers mois (Goasmoal, Dour ar Men Glaz, Forestic, Lapic), à l » origine de la mort de milliers de petits tacons. Les « castillons », petits saumons de 1,5 à 2,5 kg et de 50 à 60 cm n'ayant passé qu'un hiver en mer, ont été très nombreux.

Les saumons de printemps, qui ont passé deux hivers en mer et pèsent de 3,7 à 4,5 kg pour un peu plus de 70 cm de moyenne, sont eux, de moins en moins nombreux. Sans doute la conséquence de la surpêche de proies pour faire de la farine de poisson et de l'éloignement des gros bancs de krills, en raison du réchauffement climatique.

Les poissons marqués par ablation de l'adipeuse proviennent de la pisciculture du Quinquis, mise en place pour compenser les pertes des frayères, suite à la construction du barrage du Drennec. Le taux de retour de ces poissons est exceptionnel, ce qui montre la qualité du travail effectué par les salariés de l'AAPPMA... Les chantiers de nettoyage se poursuivent les mardis après-midi et dimanches matin sur la basse Elorn et ses affluents. Ceux du samedi vont reprendre bientôt sur la Dourcam. Renseignements au 02 98 68 85 08.

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Le 3 janvier 2011

Les anguilles suivies à la trace (Sud-Ouest)

Depuis plusieurs années, EDF étudie le comportement des anguilles aux abords des barrages. Pour aider à sauver cette espèce. Depuis une trentaine d'années, le nombre d'anguilles qui fréquentent les cours d'eau ne cesse de diminuer en Europe. À tel point que cette espèce est aujourd'hui en péril. Pour comprendre les raisons de ce phénomène, un plan de restauration, dans lequel la France et EDF sont particulièrement impliquées, a été lancé en 2008. Même si l'entreprise nationale, qui gère de nombreux barrages hydroélectriques, n'a pas attendu cette date pour s'intéresser à la question.

La question est simple : sur les 60 000 obstacles recensés dans notre pays sur les cours d'eau, plus de 1 500 gênent la migration des anguilles. Après s'être reproduites dans la mer des Sargasses, celles-ci se laissent en effet porter par le Gulf Stream, remontent nos ruisseaux et rivières, grandissent, se transforment, puis repartent vers l'Atlantique qui les a vues naître.

Des émetteurs radios - EDF ne cesse d'améliorer la franchissabilité de ses ouvrages par les migrateurs, explique André Vilmur, délégué eau et environnement pour le secteur Adour et Gaves. Depuis dix ans, 10 millions d'euros ont été investis à cet effet dans les Pyrénées-Atlantiques. « Le comportement de l'anguille aux abords des barrages est cependant mal connu. » Afin d'y voir plus clair, un programme de recherche a été engagé depuis six ans pour comprendre les raisons qui amènent ce poisson à effectuer sa dévalaison (la remontée des cours d'eau, facilitée par des ascenseurs et « escaliers » spéciaux semblant poser moins de problèmes). « C'est-à-dire où passe l'anguille à l'approche d'un barrage, et comment elle se comporte quand elle a envie de dévaler. »

Commencées sur la Nive en 1999, les études se sont poursuivies sur le gave de Pau où un « laboratoire grandeur nature » a été installé au niveau de l'usine hydroélectrique de Baigts-de-Béarn. Des anguilles longues de 50 à 80 centimètres capturées dans la Loire et le Courant de Boucau ont été équipées d'émetteurs radios et de puces informatiques permettant de savoir où elles se trouvaient. Puis elles ont été lâchées en amont du gave, à Jurançon et à Orthez……

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