jeudi 27 août 2009

Algues vertes / Marées vertes : Le dessous des cartes agricoles

Le Grenelle de la mer a arrêté mi-juillet 2009 une série de décisions visant à enrayer la prolifération des déchets et les pollutions marines venues de terre. Plus de 80 % de la pollution des mers est issue de la terre. C’est donc en amont du littoral que se détermine la qualité des eaux littorales. Tout doit donc être mis en oeuvre avec détermination pour identifier et prévenir ces pollutions et le rejet des déchets en mer. Parmi ces polluants terrestres, il y a les nitrates et les phosphates à l’origine des marées vertes sur les côtes bretonnes. Pour les communes littorales, la préoccupation première est le ramassage des algues sur les plages dans une logique touristique. Cependant, il ne faudrait pas oublier que la prolifération de ces algues vertes constitue aussi une entrave aux activités conchylicoles et de pêche côtière.

Revue de presse actualisée le 28 mai 2012, ci-après 2009/2010 et maintenant 2011

Après les nombreux articles « Marées vertes » des deux quotidiens bretons « Ouest France » et « Le Télégramme de Brest », le quotidien de la région voisine « La Manche Libre » a voulu rassurer ses lecteurs bas-normands cette semaine. « Vous n’avez rien à craindre des algues vertes ». Pointe d’humour et explications. « A la sortie de son bain, plage du Plat-Gousset, Maurice qui a l’habitude de se baigner avec des lunettes de soleil n’a pas remarqué une petite algue verte accrochée sur l’une de ses branches. En un coup de main, sa femme lui enlève la plante disgracieuse. »

Algues vertes : « La Normandie ne sera jamais la Bretagne »

En matière d’algue verte, la Normandie ne sera jamais la Bretagne assurent les spécialistes qui la surveillent tout de même. Le littoral bas-normand est-il menacé par les algues vertes ? Au lendemain de la visite du premier ministre, François Fillon sur la plage de Saint-Michel-en-Grève dans les Côtes d'Armor, la question méritait d'être posée. Après tout, les côtes bretonnes polluées par ces petites algues vertes sont nos plus proches voisines et ressemble à bien des côtés aux nôtres. Quand on sait par ailleurs que ces ulves (c'est leur nom) prolifèrent à cause des nitrates d'origines agricoles rejetés par les cours d'eau on se dit que le littoral de Normandie, une des premières régions agricoles de France, doit forcément être concerné par le problème. (La Manche Libre)

En effet, les élus de la communauté de communes du Pays granvillais à l’Ouest du Cotentin ne prennent pas à la légère les 60 tonnes d’algues vertes ramassées sur les plages depuis juillet. Alors que les élus manchois s’inquiètent pour si peu et vont vérifier le protocole passé avec les agriculteurs, plusieurs élus costarmoricains et finistériens sont « submergés » par une déferlante de plusieurs milliers de tonnes sur leurs plages : 20 000 tonnes à Hillion dans la baie de Saint-Brieuc, 1700 tonnes dans la baie de Douarnenez, plusieurs milliers de tonnes dans la baie de Lannion.

De la luzerne plutôt que du maïs

Comment expliquer la prolifération de ces algues vertes sur les côtes bretonnes ? Agriculteurs et défenseurs de la nature se renvoient la balle. Les premiers disent multiplier les efforts en faveur de l’environnement, les seconds accusent les premiers de sacrifier la nature et nos plages sur l’autel du profit immédiat et de la rentabilité.

Contre les algues vertes, François Fillon n'a pas convaincu les associations. Ces dernières sortent un «manifeste» pour un changement des pratiques agricoles. Leur solution : remplacer le maïs par la luzerne.

«L'origine des algues vertes est connue : ce sont les nitrates. Sont-elles dangereuses ? Cela vient d'être démontré. Alors suffit-il de dire qu'on va payer le ramassage? Et laisser continuer la pollution ?», s'insurge Denis Baulier. Ce paysan, éleveur de chevaux, réclame une «révolution» dans la politique agricole : « Les plus fortes subventions ont été données au système qui pollue le plus. Les lobbies de l'agro-fourniture ont capturé l'économie agricole. Il faut casser ça ».

Le symbole de cette «révolution» serait le choix de la luzerne au détriment du maïs. «Le maïs pousse à une vitesse phénoménale mais il laisse fuir l'azote dans le sol. C'est une alimentation pauvre en protéines, qui doit être complétée par du soja», argumente Denis Baulier. À l'inverse, il vante les mérites de la luzerne: «Elle reste en place six à huit ans, a des racines profondes qui pompent les nitrates, est très riche en protéines.» Il cite l'expérience faite à Vittel (Vosges), où la luzerne a permis de réduire à moins de 10mg/l le taux de nitrates et ainsi de protéger l'eau de la source. (Le Télégramme)

Algues vertes, entrave croissante aux activités conchylicoles et de pêche côtière

La préoccupation essentielle des municipalités est le ramassage des algues qui s’amoncellent sur les plages dans une logique touristique. Les proliférations macroalgales engendrent des gênes comme les odeurs de putréfaction des algues échouées et les désagréments causés aux baigneurs. Cependant, il ne faudrait pas oublier que ces algues vertes constituent aussi une entrave aux activités conchylicoles (recouvrement de bouchots) ou de pêche (colmatage des filets et des chaluts de petits navires côtiers).

En Bretagne Sud, zone épargnée par les invasions massives, des professionnels de la mer s’inquiètent de la prolifération des algues vertes. « On en a jamais vu autant cette année », soulignent Philippe Titon et Nicolas Salaün. Le premier est marin-pêcheur à Pont-Aven, le second, installé à Kergruc, sur la commune de Névez («La cabane aux Coquillages»), cultive moules et coques dans l'Aven. Les deux professionnels tirent la sonnette d'alarme. «Avant qu'il ne soit trop tard».

La situation de l'Aven n'est pas comparable à celle que connaît le nord du département (ndlr Bretagne Nord). Pourtant les deux professionnels constatent une lente dégradation du milieu liée à la prolifération des algues vertes. Spécialisé dans le crabe vert depuis plus de 20 ans, Philippe Titon voit son champ d'action se réduire. Alors qu'il pêchait dans la baie de Concarneau, des Sables-Blancs à Port-La-Forêt, «je n'y vais plus, il n'y a plus de crabes», explique-t-il. «Dans le Saint-Laurent (Concarneau, NDLR) c'est pareil, à Merrien cela devient catastrophique». La faute aux algues vertes qui envahissent ses casiers. «Ils sont pourris d'algues». Le constat dressé par le personnel de «La cabane aux Coquillages», est le même. «Il y en a énormément au fond». À un point tel que lorsqu'ils ramassent les moules, «il y a autant d'algues que de moules».

L'ensablement de l'Aven est également constaté à l'endroit où les algues s'amoncellent. La solution? «En existe-t-il vraiment une», s'interroge dubitatif Philippe Titon. Qui, comme son collègue mytiliculteur, se dit inquiet par cette prolifération saisonnière. «De la fin du printemps à début octobre». Une présence d'autant plus forte que cette année, selon eux, les conditions climatiques ont été favorables à l'algue. Reste que si la question fait débat dans le nord du département, elle ne semble pas inquiéter outre mesure de ce côté-ci. «Personne n'en parle. On commence à s'habituer à les voir. Elles ne dérangent que ceux qui en vivent», constate Philippe Titon. Qui aimerait une prise de conscience de l'ensemble des acteurs économiques. «Si on ne fait rien, cela ne fera qu'empirer». (Le Télégramme)

L'impact des algues vertes sur la pêche côtière en baie de Douarnenez (Etude)

Le 26 mai 2011, Bruno Claquin, président du Comité des pêches de Douarnenez a participé à une réunion des communautés de communes de Douarnenez et du Porzay, à Plonevez Porzay, pour faire le point sur les algues vertes et les solutions à mettre en œuvre à court et moyen terme.

Bruno a mis en avant que ce problème touchait d’abord les pêcheurs, car ils travaillent en Baie toute l’année et pas seulement pendant la saison touristique. Des dizaines de pêcheurs à pied, des dizaines de bateaux côtiers, fileyeurs, palangriers, bolincheurs, sont directement concernés par le problème des algues vertes et plus généralement par la qualité des eaux de mer. Il ne faut pas oublier que les chaînes alimentaires qui aboutissent aux poissons ciblés par les pêcheurs peuvent être impactés y compris pendant les périodes de vie planctonique de leurs différents maillons.

La spatialisation des activités de pêche dans la Baie de Douarnenez a été particulièrement appréciée par les autres acteurs socio-économiques (paysans, mairies, tourisme, environnement) qui découvraient souvent pour la première fois l’emprise des activités de pêche dans ce secteur. Une note contributive à l’élaboration du diagnostic du territoire de la baie de Douarnenez dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes a permis d’éclairer les débats et de montrer l’impact potentiel des algues vertes sur les activités de pêche. Source : Algues vertes : Renouveau en Baie de Douarnenez (CLPM Le Guilvinec)

Note contributive à l’élaboration du diagnostic du territoire de la baie de Douarnenez / Plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes (Solenne Le Guennec – FCPM29 / CLPM Douarnenez – Mai 2011) : http://www.comitedespeches-guilvinec.fr/IMG/pdf/Diag_socio-eco_algues_vertes_-_CLPMDZ_24052011.pdf

Poissons contre algues vertes en Bretagne (Le Monde)

Dans la baie de Douarnenez, les agents du Parc naturel marin d'Iroise suivent de près les poissons plats, notamment les juvéniles de sole et de turbo. Ils recherchent un éventuel lien entre la présence des algues vertes, consommatrices d'oxygène, et le développement des poissons. Dernier volet d'une série de cinq reportages en Bretagne. Reportage vidéo réalisé par Mathurin Peschet


Autres articles sur le sujet :
Pour plus d'informations :

Photographie Wikipedia : Des algues Ulva Armoricana lors d'une marée verte dans le nord Finistère. (Auteur : Thesupermat)

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La pollution azotée coûtera cher

Le coût de la pollution liée à l'azote est compris entre 150 et 740 euros par personne et par an en Europe. Leur coût économique représente le double des bénéfices agricoles résultant des fertilisations azotées… Source : La pollution azotée coûtera cher (ANE)

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Le 18 juillet 2012

Quand l’industrie de la viande dévore la planète (Mondediplo)

Les projections démographiques moyennes de l’Organisation des Nations unies (ONU) montrent que la planète accueillera neuf milliards de personnes en 2050, date à laquelle la population mondiale commencera à se stabiliser. Un vent de panique souffle sur la planète, certains Etats agitant le spectre de la surpopulation… Y aura-t-il alors suffisamment de ressources et de nourriture pour tous alors que déjà, en 2011, plus d’un milliard de personnes ne mangent pas à leur faim ?

Depuis quelques années, les pays qui craignent une pénurie se sont lancés dans une course effrénée pour acquérir de nouvelles terres arables que se disputent les industries de l’agroalimentaire et des agrocarburants. Et une violente controverse oppose ceux qui veulent utiliser les produits agricoles pour faire tourner les moteurs à ceux qui préféreraient qu’on nourrisse les êtres humains.

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Autre source d’inquiétude : l’eau Retour à la table des matières

Les quantités d’eau englouties par les cultures fourragères représentent 8 % de la consommation mondiale de l’eau, quantités auxquelles il faut ajouter l’abreuvage des bêtes et le nettoyage des bâtiments. C’est colossal. La FAO rapporte qu’au Botswana, la consommation directe d’eau pour l’élevage représente 23 % du total.

Dans les pays tempérés, c’est plutôt la qualité de l’eau qui inquiète. La Bretagne regroupe 60 % de la production nationale porcine (sur quatre départements, mais principalement concentrée dans les Côtes-d’Armor et le Finistère). Sans compter les vaches et les volailles. Beaucoup trop par rapport à ce que la région est en mesure de gérer. La pollution des sols, des eaux de source et du littoral sont aujourd’hui endémiques.

Ils dévastent leurs terroirs, mais les éleveurs de porcs bretons portent leur regard ailleurs. Ils ont lancé à l’été 2011 un slogan pour redorer leur blason entaché de lisier : « il grogne, il pète, et pourtant… » Ils n’ont pas osé aller plus loin. Et pourtant. Quatorze millions de porcs (privés de paille) produits en 2010, ce sont des milliers de tonnes de lisier, un sulfureux cocktail d’azote et de phosphore, que les exploitants disséminent par épandage sur des sols plus que saturés. D’autres se contentent de déplacer le problème : en 2009, la petite entreprise Lemée en Côtes-d’Armor se félicite d’avoir ainsi exporté plus de 100 000 tonnes d’effluents de lisier, sans toutefois en préciser la destination…

Anabaena flosaquae, Aphanizomenon flosaquae, Microcystis aeruginosa et Plankthotrix agardhii… Joliment appelées « algues bleues », les cyanobactéries contaminent, année après année, les eaux des rivières bretonnes dont l’ingestion ou le contact provoque maux de tête, gastro-entérite, et des irritations cutanées et oculaires. Dans quelles conditions se développent-elles ? Lumière, température clémente, présence importante d’azote et de phosphore.

Ulva armoricana, ulve, salade de mer, laitue de mer, classe des chlorophycées, bref, l’ « algue verte ». Comment prolifère-t-elle ? Lumière, température clémente, excès d’azote et de phosphore. Echouée sur le rivage, elle se décompose très vite en dégageant un gaz toxique. En juillet 2009, une marée verte entraîne la mort d’un cheval sur une plage de Côtes-d’Armor. Son cavalier tombé dans le coma sera sauvé.

Deux ans plus tard, deux marcassins sont retrouvés morts sur une plage des Côtes-d’Armor envahie par les mêmes algues vertes. S’exprimant à ce sujet dans le journal Le Monde, Alain Menesguen, directeur de recherche à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) ne s’étonne qu’à moitié : « Bien avant 2009, il y avait de nombreux cas de chiens trouvés morts sur des plages. Officiellement, ce n’était jamais dû aux algues vertes. » Commentant les propos de Nicolas Sarkozy qui « refusait de désigner des coupables, de montrer du doigt les agriculteurs », et dénonçait « les intégristes de l’écologie » quelques jours avant l’incident : « C’est un discours un peu étonnant, parce qu’on pensait avoir enfin franchi un tournant en août 2009, lors de la visite du premier ministre, François Fillon, à Saint-Michel-en-Grève, après la mort d’un cheval. Pour la première fois, les services de l’Etat avaient alors reconnu officiellement que les nitrates agricoles étaient à l’origine des marées vertes. »

L’Etat français, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a empêché la tenue d’un débat public sur cette question. Il a plutôt soutenu ce mode d’élevage dévastateur au prétexte que la méthanisation débarrassait les campagnes du lisier et des algues vertes. L’association Eaux-et-Rivières de Bretagne fulmine : « Nicolas Sarkozy méconnaît un problème vieux de quarante ans, abuse l’opinion et rend un bien mauvais service à la protection du littoral. Ce n’est pas en industrialisant davantage l’élevage breton que l’on répondra aux enjeux environnementaux et sociaux-économiques majeurs qui se posent en Bretagne. »

La méthanisation des algues vertes ou du lisier, loin d’améliorer la situation, l’aggrave. Le procédé consiste à produire de l’énergie à partir de matières en décomposition. Problème : lisier et algues vertes contiennent énormément d’eau. Solution : ajouter des matières sèches telle la paille — dont on prive les animaux — et le maïs pour enclencher le processus, ce qui en soi est un non-sens. Résultat : les boues résiduelles sont en fait un concentré de nitrates. Pour rentabiliser le système, il faudrait… augmenter la quantité d’algues vertes et de lisier. Absurde.

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28 mai 2012

Marées vertes : les confirmations du rapport interministériel

La mission interministérielle chargée de dresser le "bilan des connaissances scientifiques sur les causes de proliférations des macroalgues vertes" a rendu son rapport. Rien de bien nouveau : les experts scientifiques confirment le bien fondé de la réduction d'azote d'origine agricole pour enrayer les marées vertes.

Ainsi, la mission considère que "la construction d'un nouveau modèle économique breton est nécessaire pour pouvoir mettre en mouvement les acteurs ; le maintien d'une économie bretonne dynamique passera par une évolution qui reliera ce modèle à l'ensemble des activités de la région (tourisme et industries agro-alimentaires), et à une image positive car connectée au milieu naturel (et non plus qui s'en affranchit comme avec l'élevage hors-sol) et donc aux externalités qui en découlent. Changer de modèle, produire autrement sont aussi des choix de société, donc des choix politiques par rapport aux usages des sols, des espaces et des ressources. Les agriculteurs ne peuvent pas changer seuls, ni rapidement, cela prendra du temps et demandera d'exprimer une solidarité et de redonner du sens à leur métier."

Cette analyse renforce l'action menée ces derniers jours par les militants d'Eau & Rivières et ceux de 3 autres associations impliqués dans la construction du projet de territoire de la baie de Douarnenez. Ils contestent en effet, les orientations prises par celui-ci et viennent de le faire savoir en s'adressant par courrier au comité de pilotage régional (Préfet et Président de Région, Agence de l'eau, Conseil général) pour lui demander de ne pas le valider et exiger une réorientation du projet local. Source : Eau et rivières

Pour télécharger le rapport, cliquer Marée verte

Résumé

La mise en oeuvre du plan d’action gouvernemental « algues vertes » en Bretagne est perturbée par une campagne de remise en cause des fondements scientifiques expliquant la prolifération de ces ulves, sur lesquels est fondée l’action de l’Etat. Cette contestation traduit l’inquiétude de la profession agricole directement mobilisée par les mesures correctrices du plan (réduction drastique des nitrates dans les eaux).

La mission confiée au CGEDD et au CGAAER, associée à trois experts reconnus internationalement, a consisté à établir un état des connaissances disponibles sur ces proliférations d’algues et à apporter une analyse critique des arguments de la contestation du rôle des nitrates agricoles. La revue bibliographique a porté sur les observations, les expérimentations et les modélisations conduites en Bretagne, sur les lagunes italiennes, en mer du Nord, sur la côte Est des USA, en Chine et au Japon.

Les échouages massifs sur les plages ne sont observés que lorsque plusieurs conditions particulières sont réunies : une courantologie propre à des baies « fermées », une faible hauteur d’eau et l’absence de turbidité sont nécessaires pour assurer pendant le printemps et l’été les conditions de température, d’éclairement et de concentration en nutriments suffisantes.

Les facteurs de l’environnement contribuant à la croissance des algues vertes et dont la modification permet d’expliquer le phénomène de leur développement massif, ont été passés en revue. Aucun des facteurs physiques (lumière, température, pluviométrie, hydrodynamique côtière) comme biologiques et écologiques (espèce d’ulve, faune herbivore, effet des perturbations comme les marées noires) n’a connu d’évolution marquée pouvant expliquer de telles proliférations. Par contre, parmi les facteurs chimiques, les apports au milieu marin d’azote et de phosphore (ceux de silicium étant restés stables) sont impliqués fortement : ils ont augmenté de façon considérable à partir des années 1960 et leur concentration s’est accrue dans les zones de prolifération d’ulves. Le rôle prédominant des apports d’azote distingue nettement les milieux côtiers bretons des milieux lacustres pour lesquels le phosphore était clairement déterminant, dans les années 1970, de l’eutrophisation des lacs alpins en particulier. L’écologie fonctionnelle de ces deux types de milieux diffère en effet fortement.

L’analyse des différentes sources possibles de nutriments met en évidence que l’essentiel des apports d’azote et de phosphore sont terrigènes et anthropiques. Le phosphore est stocké dans les sédiments et relargué indépendamment des flux parvenant dans les baies. Même si cela ne remet pas en cause le bien-fondé des actions de réduction des apports de phosphore vis-à-vis de la qualité des eaux douces, c’est l’action sur les apports d’azote qui est la plus efficace et le plus efficiente pour éradiquer le phénomène du « bloom » algal en zone côtière.

Enfin la part agricole représente au moins 90% des apports azotés et ne semble pas régresser. Elle est de 50 à 60% pour le phosphore, en croissance relative du fait des efforts en cours sur les réseaux d’assainissement. Il apparaît donc que la réduction des apports azotés liés aux activités agricoles et d’élevage reste l’objectif le plus pertinent pour limiter la prolifération des algues vertes.

Une modélisation complexe mais précise et efficace du phénomène de prolifération des ulves a été développée. Elle permet de rendre compte de la localisation et de l’ampleur des échouages observés, d’expliquer les variations constatées entre les sites et de prévoir le résultat d’une action sur chacun des facteurs étudiés.

L’examen des axes de recherche complémentaires qui pourraient être définis montre que le corpus actuel des connaissances permettant de fonder l’action de l’État est suffisant et que ces aspects ne serviront qu’à conforter, en les détaillant, les acquis scientifiques actuels.

Le rapport recommande par ailleurs de restructurer le débat de société en mobilisant des compétences en sciences économiques et en sociologie afin de construire une acculturation suffisante des acteurs locaux, de développer une adaptation des techniques agricoles et de mettre en place les outils d’une bonne gouvernance.

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Algues vertes. Un rapport met en cause les nitrates (Ouest France)

Les stocks d'azote et de phosphore contribuent à produire les algues vertes.

Les nitrates d'origine agricole sont bien la première cause des marées vertes sur les côtes bretonnes. C'est ce qu'établi, de manière formelle, un bilan scientifique dressé à la demande de l'État.

Pourquoi ce rapport ?

En avril 2011, un plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes, appuyé par la Région, a été mis en place. Il vise à réduire les apports azotés dans les principales baies touchées, dont Lannion, Saint-Brieuc et Douarnenez. Problème : la mise en oeuvre de ce plan se heurte à une double contestation émanant de la profession agricole qui met en cause la validité des expertises scientifiques incriminant les nitrates et l'efficacité du plan proposé.

Les ministères de l'Agriculture et de l'Écologie du gouvernement Fillon ont donc commandé au conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux ainsi qu'au conseil général de l'environnement et du développement durable, de faire un bilan complet et une évaluation critique des connaissances scientifiques sur ce dossier. Objectif : offrir aux parties prenantes à ce débat et plus généralement à l'ensemble des citoyens, une base de réflexion sérieuse permettant de sortir des contre-vérités et de l'affrontement.

Les causes du phénomène

Très clairement, les experts de cette mission interministérielle, qui se sont entourés de l'avis de scientifiques étrangers, pointent une responsabilité première dans la prolifération des macro-algues vertes : l'azote, dont 90 % des quantités rejetées à la mer proviennent des activités agricoles. Les apports ont été multipliés par six depuis les années 1960. Ils ont encore doublé depuis la fin des années 1990, note le rapport, précisant que « des stocks importants » d'azote et nitrates se sont accumulés sur le littoral breton. Ironie de l'histoire, une partie non négligeable de ce stock provient de... la décomposition des ulves mortes sur les fonds marins !

De la même façon, les sédiments du littoral breton ont concentré, au fil des décennies, une charge énorme de phosphore. Ici, les responsabilités sont partagées à part presque égales entre agriculture et autres activités humaines. Le pic de rejets a été atteint vers 1995, mais les quantités régressent du fait du moindre usage des polyphosphates (dans les lessives notamment), de la multiplication des stations d'épuration de plus en plus efficaces et d'une baisse de l'emploi d'engrais phosphatés par les agriculteurs. Le rapport relève, cependant, que si le phosphore a eu une part prépondérante dans l'eutrophisation des lacs d'eau douce, son rôle n'est pas majeur en milieu marin côtier.

Les remèdes

Pourquoi cibler prioritairement les effluents azotés agricoles ? Parce que, expliquent en substance les experts, on n'a pas d'autres solutions ! Certes, priver drastiquement les ulves de phosphore les ferait disparaître. Mais c'est impossible. Les sédiments marins et les terres agricoles bretonnes ont accumulé de telles quantités de phosphore (plusieurs tonnes excédentaires à l'hectare) que le milieu en relâchera, « durant des décennies », assez pour nourrir des montagnes d'algues vertes.

Ce rapport ministériel, récemment rendu public (1), estime qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause les modèles scientifiques jusqu'à présent utilisés par l'Inra, Ifremer et le Ceva (Centre de valorisation des algues) pour analyser le problème et proposer des solutions. Il recommande cependant, comme le réclame la profession agricole, une poursuite des recherches. Sans, prévient-il, que cela puisse conduire à différer le plan d'action : « La distance entre la situation actuelle et les objectifs est telle qu'il sera toujours temps d'affiner les mesures en marchant. »

Pas question, non plus, de stigmatiser une profession agricole « inquiète », mais bien de rechercher « des modèles microéconomiques viables pour les exploitations ». Le rapport ne craint pas de reprendre l'expression « Nouveau modèle breton ». Jean-Laurent BRAS

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Hazardous substances in Europe's fresh and marine waters

Hazardous substances in Europe's fresh and marine waters — An overview

Chemicals Water Coasts and seas

Technical report No 8/2011

Chemicals are an essential part of our daily lives and are used to produce consumer goods, to protect or restore our health and to boost food production, to name but a few examples. Some chemicals, however, are hazardous, raising concerns for the environment and human health. Hazardous substances are emitted to fresh and marine waters via a number of pathways and can have detrimental effects on aquatic biota. Humans can be exposed to hazardous substances in water through the ingestion of contaminated drinking water and the consumption of contaminated freshwater fish and seafood. A wide range of legislation now exists in Europe to address the release of hazardous substances to the environment, including water. New challenges exist, however, including the issues of chemical mixtures and emerging pollutants.

Published by EEA (European Environment Agency) / Jul 15, 2011

Pour accéder au document cliquer EEA

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Le 21 février 2012

L'enfer vert des Bretons

Un film réalisé par Mathurin Peschet

France 3 Bretagne

Mercredi 22 février 2012, à minuit.

2012 • documentaire • 52 minutes

Auteur-réalisateur : Mathurin Peschet • Image : Nedjma Berder, Yann Queffelec, Gwendal Quistrebert • Son : Henry Puizillout, Patrick Rocher, Goulven L'Her, Pierre-Labert Vivet • Montage : Katia Manceau • Animations : Johanna Bessière • Musique originale : Robert le Magnifique

Coproduction :.Mille et Une. Films / France Télévisions

Depuis plus de trente ans, chaque été, les algues vertes reviennent envahir de nombreuses plages bretonnes. Les programmes anti-pollution se succèdent sans jamais réussir à endiguer leur prolifération. Le phénomène s’est même aggravé ces dernières années avec la mort d’animaux intoxiqués par des algues en décomposition. L’agriculture et les élevages intensifs sont souvent désignés comme responsables de ces marées vertes... Mais est-ce si simple ? Un trentenaire breton décide de mener l’enquête et tente de remonter jusqu’aux sources de cette pollution.

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«L'enfer vert des Bretons». Un documentaire constructif sur France 3 mercredi (Le Télégramme)

Le film que vient d'achever le Quimpérois Mathurin Peschet sur l'épineux sujet des algues vertes est à son image : bienveillant. Un documentaire utile, constructif. Il sera diffusé ce mercredi à minuit sur France 3...et rediffusé le 19 mars à 8H50. Qu'on se le dise...

«Dans mes souvenirs, elles sont là depuis toujours. Pour comprendre d'où elles viennent, j'ai rencontré Pierre Rousseau...». Les premières images du film débutent sur cet échange, les pieds dans les algues vertes, entre ce scientifique de l'INRA et le réalisateur, qui se met en scène tout au long de ce documentaire, qui lui aura demandé deux ans de travail.

L'engrenage démonté

La pelote du film se déroule ainsi, au fil des questions de plus en plus pointues que se pose le cinéaste, un citadin qui «ne connaissait rien au monde agricole». De la plage engluée dans sa marée verte, bottes aux pieds, on remonte avec lui vers le ruisseau, le champ, la fosse à lisier, l'élevage de porcs, la maison de l'éleveur.....

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Les marées vertes en Bretagne

Les marées vertes en Bretagne : pour un diagnostic partagé, garant d’une action efficace

Conseil économique, social et environnemental régional de Bretagne (CESER)

Mai 2011

Au moment où, dans le cadre du plan de lutte contre les algues vertes, les premiers projets de territoires à basses fuites d’azote sont proposés, il a paru important à la section Mer Littoral du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de Bretagne, de se saisir de la problématique des marées vertes et d’apporter un regard collectif, objectif et utile à la prise en charge de ce problème.

Le phénomène des marées vertes est un enjeu de gestion intégrée de la zone côtière (GIZC) à part entière : il trouve son origine dans les bassins versants, se développe dans les masses d’eau côtières, impacte les activités du littoral et le fonctionnement des écosystèmes côtiers, et sa résolution est à rechercher dans la mobilisation et la solidarité entre les acteurs du territoire. Il entre donc pleinement dans le travail en cours de la section Mer Littoral intitulé « Milieux côtiers, ressources marines et société », dont il constitue un volet « détachable ».

Après un rappel des faits, historiques et géographiques, cette contribution veut aider à comprendre les origines du problème, en s’appuyant sur des travaux scientifiques de référence et en identifiant clairement, dans ces travaux, les conclusions qui font consensus et les points qui restent encore en débat. Après ce diagnostic scientifique, les conséquences économiques, sociales et environnementales des marées vertes sont rappelées. Elles montrent l’urgence et l’ampleur des actions à mener ; actions qui ont déjà été engagées, à différents niveaux et par différents acteurs, mais dont l’efficacité reste incertaine tant que l’ensemble des acteurs concernés ne parvient pas à un diagnostic partagé sur les causes du phénomène et les leviers pour agir.....

Des conséquences économiques, sociales et environnementales importantes mais encore peu quantifiées

Les impacts de la prolifération des algues vertes sur la santé humaine et le tourisme ont été fortement médiatisés ces dernières années. L’été 2009, notamment, a marqué une nouvelle étape dans l’appréhension d’un phénomène pourtant ancien, lorsque l’enjeu de santé publique est venu s’ajouter aux enjeux économiques et environnementaux soulevés depuis de nombreuses années.

Il nous semble important, dans une action de lutte contre les algues vertes, de bien prendre conscience de l’ensemble des impacts actuels et à venir de la prolifération de ces algues, non seulement sur la santé humaine, l’environnement, mais aussi sur l’économie littorale et l’économie agricole. On ne dispose pas encore d’études scientifiques permettant d’attester et de quantifier les dommages économiques des marées vertes (pertes de bien-être des usagers, baisse des valeurs immobilières et de chiffre d’affaires touristique des zones concernées, coût pour les collectivités, difficultés pour la conchyliculture, la pêche à pied et la petite pêche), même si l’on peut évaluer assez facilement le coût public des mesures prises pour réduire ces impacts (coût du ramassage et coût des différents programmes engagés pour la réduction des pollutions agricoles et l’amélioration de la qualité de l’eau).

Au final, le coût de l’impact des marées vertes est bien supérieur au seul coût du ramassage et du traitement régulièrement communiqué. Ce coût global des marées vertes n’est pas évalué actuellement et devra l’être.

Des enjeux économiques et sociaux

Avant le printemps 2009, les marées vertes portaient atteinte à l’image de certains sites bretons, particulièrement touchés, entraînant des impacts sur l’activité touristique. Au printemps 2009, comme un signe avant-coureur de l’été qui allait suivre, la diffusion d’une émission Thalassa sur ce sujet a, pour certains, provoqué une crise affectant gravement l’image de la Bretagne. Surfant sur les évènements de l’été 2009, les médias ont achevé de construire le mythe de « l’algue tueuse », inquiétant les touristes, provoquant le retrait de tours opérateurs dans le monde entier.

Au-delà de certaines craintes excessives, la prolifération des algues vertes ternit incontestablement l’image de la Bretagne et entraîne des problèmes d’accès aux plages touchées, une gêne visuelle et olfactive, et une baisse générale de l’attractivité touristique. Sur la commune de Saint-Michel en Grève, le rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes de Bretagne fait état de conséquences sur l’économie locale telles qu’une station d’épuration surdimensionnée, la perte de la dotation touristique à la commune, la fermeture de 5 des 6 hôtels de la commune, et une diminution marquée de la fréquentation touristique.

Les activités primaires sont également concernées. Les bassins conchylicoles sont régulièrement touchés par les marées vertes à ulves et à entéromorphes, notamment les baies de Saint-Brieuc, Arguenon, la Fresnaye, la rade de Brest, la ria d’Etel et le golfe du Morbihan. Le placage des ulves sur les mollusques diminue le renouvellement de l’eau et l’apport de nourriture au cheptel, voire même étouffe les coquillages. Il augmente le poids des poches, la quantité de travail et donc le coût de l’élevage. Dans les sites les plus touchés, les conditions de travail peuvent être altérées par la présence de dépôts d’algues. Par ailleurs, comme les chercheurs l’ont démontré en baie de Lannion, les ulves peuvent entrer en compétition pour les nutriments avec le phytoplancton. L’impact sur la conchyliculture pourrait s’avérer fortement négatif dans l’avenir, notamment dans les zones de vasières. Enfin, et cela rejoint le premier point, l’image des produits de la mer peut être ternie.

Les efforts des communes pour le ramassage des algues vertes et leur traitement se sont accrus et devraient encore se développer dans les années qui viennent, impliquant une augmentation sensible de leurs dépenses, directes et indirectes. Entre 2007 et 2009, les volumes ramassés ont crû de 27 000 à 60 000 m3. Les coûts de ramassage et de traitement sont passés de 345 000 à 800 000 €23. Ces chiffres se sont confirmés pour la saison 2010, avec un coût de ramassage de 850 000 € pour 61 000 m3 échoués24.

Après ramassage et transport (10 €/m3), les coûts de traitement au m3 sont de 2 à 3 € pour l’épandage et de 30 à 40 € pour du compostage confiné. A ces dépenses directes s’ajoutent des dépenses indirectes liées au suivi administratif, à la surveillance, à l’animation des plans d’épandage, etc. Ainsi, pour la commune de Saint-Michel en Grève, qui est de loin la commune la plus touchée, le montant des dépenses liées aux algues vertes en 2009 a représenté, hors subventions, 33% du montant total de ses dépenses de fonctionnement....

Pour télécharger le document, cliquer CESER Bretagne

Lire aussi le Plan de lutte contre les algues vertes (Février 2010), cliquer agriculture.gouv.fr

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Algues vertes

Algues vertes

Revue des données disponibles relatives aux dangers et aux expositions éventuelles liés à la baignade et la consommation de coquillages dans des zones touchées par des proliférations d’algues vertes (Étude menée entre décembre 2010 et mai 2011)

Saisine : 2010-SA-0241 (liée à la saisine 2010-SA-0175)

Rapport d’étude

Mars 2012

Pour télécharger l'étude, cliquer Anses

Résumé

Dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les « marées vertes », l’Anses a été saisie le 27 septembre 2010, par les Ministères chargés de l’environnement, du travail et de la santé, d’une demande d’évaluation des risques sanitaires que les échouages massifs de macro-algues observés sur les côtes françaises sont susceptibles de provoquer, en cas de baignade ou de consommation de coquillages.

Une expertise interne a été menée sur la base de la littérature scientifique et de données de surveillance disponibles (en mai 2011) afin d’apprécier la pertinence et la faisabilité de mener une telle évaluation des risques.

L’objectif principal de ce travail prospectif était de collecter des informations sur les microorganismes et les substances chimiques associés à la présence massive de macro-algues afin d’identifier les éventuels dangers auxquels seraient exposés les baigneurs et les consommateurs de coquillages ramassés à proximité.

Les espèces impliquées dans les marées vertes bretonnes sont très majoritairement Ulva armoricana et Ulva rotundata. Les Ulva spp. font partie des genres de macro-algues utilisés en alimentation humaine et référencés au niveau européen comme ingrédients cosmétiques.

Concernant les dangers microbiologiques, la bibliographie relate la présence de bactéries sur les macro-algues ou dans les amas d’algues en décomposition, mais sans permettre d’établir un profil type des populations bactériennes qui s’y développent. Les données disponibles sont rares et ne permettent pas d’estimer le niveau de concentration de bactéries pathogènes dans ces différents cas. De surcroît, rares sont les données spécifiques des côtes françaises.

Concernant les dangers chimiques, des données ont été collectées sur la composition des algues en divers éléments traces métalliques, sur des contaminations par des polluants organiques persistants et des pesticides, ainsi que sur des substances potentiellement toxiques produites par certaines algues (par exemple le diméthylsulfure, l’acide acrylique, la dopamine). A nouveau, rares sont les données spécifiques des côtes françaises et aucune ne se rapporte à un épisode d’échouage massif d’algues vertes. Ainsi, il s’avère difficile d’identifier et de caractériser les dangers chimiques liés à la survenue de marées vertes en France.

Du point de vue épidémiologique, aucune des publications analysées dans le cadre de ce travail et portant sur des dangers microbiologiques ou chimiques en lien avec un épisode de prolifération de macro-algues, n’a mentionné de symptôme chez l’Homme, après une activité de baignade ou la consommation de coquillages ramassés dans ces zones (ex : toxiinfections, irritations, etc.).

Au final, la liste des dangers établie dans ce travail ne peut pas être considérée comme exhaustive.

L’estimation de l’exposition des populations aux dangers identifiés s’est avérée impossible faute de données adaptées, notamment concernant leur concentration lors d’échouages massifs d’algues vertes sur les côtes françaises. Les rares données disponibles concernant les côtes françaises sont celles de la surveillance des eaux de baignade, de la surveillance de la contamination des coquillages et les signalements de marées vertes.

Avant une éventuelle évaluation quantitative des risques sanitaires, le recueil de données épidémiologiques pourrait permettre d’objectiver un éventuel signal sanitaire. Le cas échéant, l’acquisition de connaissances nécessaires à une quantification des risques pourrait s’inscrire dans la cadre de travaux de recherche....

(...)

Surveillance de la contamination des coquillages

Sur les sites faisant l’objet d’une fréquentation par les amateurs de pêche à pied, les ARS ont mis en place un réseau de surveillance sanitaire depuis 1997. Ce réseau a été mis en place en complément de celui concernant les zones de production conchylicoles exploitées par des professionnels.

Concernant les productions professionnelles, on distingue les zones de production (ou zones d’élevage) et la pêche à pied professionnelle qui se pratique sur des gisements naturels. Ces productions professionnelles empruntent les circuits normaux de commercialisation qui font l’objet d’un suivi de qualité. « Lors de leur mise sur le marché, les coquillages doivent répondre aux critères microbiologiques fixés par le règlement (CE) n°2073/2005. Pour les mollusques bivalves vivants, les critères de sécurité concernent Escherichia coli (E. coli) dont le dénombrement doit être inférieur à 230 UFC/100g de chair et de liquide inter valvaire (CLI) et Salmonella avec une absence dans 25g de CLI. La conformité des produits à ces critères est une obligation réglementaire pour les exploitants conchylicoles » (2010).

« Depuis 2009, la Direction générale de l’alimentation (DGAl) a mis en place un plan de surveillance de la contamination par Escherichia coli des mollusques vivants. Ce plan de surveillance concerne onze régions littorales et l’Ile-de-France pour un total de 500 analyses annuelles. Depuis la mise en place de ce plan de surveillance par la DGAl, les plans de contrôle précédemment assurés par les directions départementales des services vétérinaires ne sont plus effectués qu’en cas de mise à jour des agréments sanitaires ou lors d’investigations spécifiques (suspicion, alerte, TIAC, etc.) » (2010).

L’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) est chargé par l’Etat de la surveillance permanente de la qualité microbienne, phytoplanctonique et chimique de ces zones de production. Elle utilise pour cela son Réseau de contrôle microbiologique des zones de production conchylicole (REMI). Les résultats conduisent au classement des zones en A, B, C ou D, par ordre décroissant de salubrité. Ce classement, fixé par arrêté préfectoral, est basé sur la recherche et le dénombrement de bactéries indicatrices de contamination fécale Escherichia coli (E. coli) dans la chair et le liquide inter-valvaire (CLI) des coquillages en élevage. Les coquillages issus d’une zone classée A peuvent être récoltés et directement commercialisés, ceux provenant d’une zone classée B doivent être purifiés avant commercialisation, ceux provenant d’une zone C doivent être reparqués pendant deux mois minimum avant commercialisation ou commercialisés après destruction des micro-organismes pathogènes par stérilisation ou par traitement thermique. Toute exploitation de coquillages est interdite en zone D. Les limites réglementaires des zones sont :

  • zone A : 100 % des prélèvent doivent être < à 230 E. coli/100 mL ;
  • zone B : 90 % des prélèvent doivent être < à 4600 E. coli/100 mL et 100 % des prélèvent doivent être < à 46000 E. coli/100 mL ;
  • zone C : 100 % des prélèvent doivent être < à 46000 E. coli/100 mL ;
  • zone D : existence de résultats > à 46000 E. coli/100 mL.

L’annexe 4 est une synthèse des résultats de surveillance des gisements de coquillages entre 2001 et 2010.

Spécifiquement pour la surveillance microbiologique des zones de production conchylicole et du risque lié à la consommation des coquillages, l’Afssa a mené une expertise sur la pertinence des indicateurs actuels (avantages et inconvénients), qui n’a pas permis d’en proposer de nouveaux (2008).

Consommation directe des macro-algues présentes dans les marées vertes

A l'exception d'une étude menée spécifiquement sur une population végétarienne en 1997 et indiquant que la consommation moyenne d'algues (tous types d'algues confondus) peut varier de 2,5 à 70 g/jour, aucune donnée n’a pu être répertoriée concernant la consommation d'algues en France et plus spécifiquement la consommation d'algues laminaires en population générale. En l'absence de telles données, aucune estimation de la contribution des algues à l'apport total en substances chimiques ou micro-organismes qu’elles pourraient contenir n'est réalisable. Cependant, selon un avis de l’Afssa, l'apport d'arsenic par les algues laminaires, consommées sous la forme de condiments, apparaît négligeable par rapport à la contribution estimée des autres vecteurs plus courants de l'alimentation. Dans le cas d'une consommation de ces algues sous la forme de légumes, la contribution à l'apport estimé en arsenic total et en arsenic inorganique nécessiterait d'être reconsidéré sur la base de données précises de consommations alimentaires (Afssa 2009a).

Conclusions et recommandations

5.1 Faisabilité de l’évaluation des risques sanitaires

L’objectif de ce travail était d’apprécier la faisabilité et la pertinence de mener une évaluation des risques sanitaires pour le public, liée aux échouages massifs d’algues vertes observés sur les côtes françaises métropolitaines, particulièrement dans les cadres de :

  • la pratique de la baignade ;
  • la consommation de coquillages ramassés dans ces zones.

Des dangers chimiques et microbiologiques potentiellement associés à l’échouage massif d’algues vertes sur des côtes ont été identifiés. Les dangers ont été caractérisés en fonction de l’état de conservation des algues auxquelles ils étaient associés : état frais et/ou état de décomposition. Cependant, l’ensemble des dangers identifiés dans ce rapport ne peut pas être considérée comme exhaustive à ce stade. Par ailleurs les études et données d’observations disponibles concernent rarement les côtes françaises métropolitaines et leurs spécificités (climats, courants, marées, présence importante d’élevages agricoles en Bretagne, etc.).

Les données d’exposition répertoriées sont également limitées. La surveillance des eaux de baignade, de la contamination des coquillages ou des marées vertes apporte des informations intéressantes. Cependant, elles ne permettent pas à elles seules la réalisation d’une évaluation quantitative des risques. Il serait nécessaire pour cela de disposer de résultats d’analyses sur des macro-algues, des coquillages, de l’eau et des sédiments, avant/pendant/après des épisodes de prolifération de macro-algues, sur les côtes françaises.

Dès lors, il n’a pas été possible dans le cadre de cette revue, d’estimer l’exposition des populations de baigneurs ou de consommateurs de coquillages aux dangers identifiés, ni de déterminer la part attribuable aux épisodes de développements massifs de macro-algues en France.

Du point de vue épidémiologique, aucune des publications analysées dans le cadre de ce travail et portant sur des dangers microbiologiques ou chimiques en lien avec un épisode de prolifération de macro-algues, n’a mentionné de symptômes chez l’Homme, après une activité de baignade ou la consommation de coquillages ramassés dans ces zones (ex : toxiinfections, irritations, etc.).

5.2 Recommandations d’études et de recherches

Afin d’objectiver un éventuel signal sanitaire, l’Anses recommande de documenter des cas cliniques au sein des populations pratiquant des activités de baignade et/ou de ramassage de coquillages dans les zones touchées par les marées vertes.

L’Anses estime que la faisabilité d’une évaluation quantitative des risques sanitaires est conditionnée par l’obtention préalable de données, tant sur le volet « caractérisation des dangers » que sur le volet « estimation de l’exposition ».

Concernant les dangers à prendre en compte, il serait nécessaire de compléter la liste des agents microbiologiques et chimiques identifiés dans ce travail prospectif, en recueillant des données spécifiques des côtes françaises. Un travail de caractérisation plus poussé serait également à envisager pour disposer notamment des relations doses-réponses.

Concernant l’évaluation de l’exposition, il conviendrait de prélever des macro-algues, des coquillages, de l’eau et des sédiments, avant/pendant/après des épisodes de prolifération de macro-algues. Cela permettrait d’appréhender la variabilité spatio-temporelle de la nature et de la quantité des différentes espèces d’algues et des différents dangers présents. Aussi, d’éventuels liens entre développements massifs de macro-algues et dangers pourraient être testés.


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Le 5 mars 2013

Directive Nitrates : les zones vulnérables en 2013


Source : Ministère de l'Ecologie

La directive européenne 91/676/CEE dite Nitrates a pour objectif de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole. En France, elle se traduit par la définition de territoires (les "zones vulnérables") où sont imposées des pratiques agricoles particulières pour limiter les risques de pollution (le "programme d’action"). Ces territoires et ce programme d’action font régulièrement l’objet d’actualisations.

Ces zones ont été révisées en 2012 sur la base des résultats de concentrations des eaux souterraines et superficielles observés en 2010-2011.

Aujourd’hui, environ 55 % de la surface agricole de la France est classée en zone vulnérable, cela correspond aux régions où l’activité agricole est la plus importante. Cette révision s’est traduite par le classement de 1 440 communes supplémentaires aux quelque 18 400 communes déjà concernées, essentiellement localisées dans les bassins Adour Garonne, Loire Bretagne, Rhône Méditerranée et Seine Normandie. 617 communes ont été déclassées au vu de l’amélioration ponctuelle de la qualité des eaux superficielles et souterraines traduisant les efforts réalisés par les agriculteurs dans la maîtrise des pollutions azotées ; ces communes déclassées sont essentiellement localisées dans les bassins Adour Garonne et Artois Picardie.

Les cinquièmes programmes d’actions en cours de concertation s’appliqueront sur ce nouveau zonage.

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A l'occasion d'une visite conjointe au salon de l'agriculture, vendredi 1er mars, les ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie ont annoncé un assouplissement des mesures du programme national d'actions nitrates en faveur de l'élevage.

Ils précisent ainsi défendre le stockage au champ du fumier compact pailleux pendant 10 mois afin de limiter les investissements en stockage pour les éleveurs. Pour les mêmes raisons, les ministères précisent que les besoins en stockage demandés par la réglementation seront évalués en fonction de la charge azotée des effluents afin de tenir compte des différences géographiques et des différents types d'élevage.

Par ailleurs, une période transitoire pour l'application des nouvelles normes est prévue, jusqu'en 2016, pour certaines catégories d'effluents ; le seuil de pente au-delà duquel l'épandage de fertilisants est interdit a été relevé et les mesures relatives aux cultures intermédiaires piège à nitrates (CIPAN) seront fixées au niveau régional afin de pouvoir s'adapter aux spécificités locales.

Le ministère précise que le dispositif global sera prochainement soumis à l'avis de l'autorité environnementale puis à la consultation du public et sera "défendu" au niveau communautaire.

Florence Roussel

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Revue de presse algues vertes et nitrates 2011

Le 27 octobre 2011

Environnement: la Commission enjoint à la France et à la Grèce de renforcer leurs mesures de lutte contre la pollution de l'eau par les nitrates

(Commission européenne – Communiqué de presse)

Bruxelles, le 27 octobre – La Commission européenne appelle instamment la France et la Grèce à adopter des mesures plus fermes pour lutter contre la pollution de l'eau causée par les nitrates. Le cadre législatif en vigueur en France et les programmes d'action mis en œuvre dans ce pays pour les zones vulnérables face à la pollution par les nitrates ne suffisent pas pour lutter efficacement contre cette pollution, comme l'exige le droit de l'Union européenne. La Grèce est elle aussi coupable de certains manquements dans ce domaine. Bien que la directive soit en vigueur depuis 1991, elle n'est toujours pas mise en œuvre intégralement dans ces deux États membres. En effet, ils doivent encore désigner l'ensemble des zones qui sont vulnérables face à la pollution par les nitrates et adopter des mesures permettant de lutter efficacement contre la pollution par les nitrates dans ces zones. Sur recommandation de M. Janez Potočnik, membre de la Commission européenne chargé de l'environnement, un avis motivé sera adressé à la France pour n'avoir pas désigné les zones concernées et n'avoir pas pris des mesures suffisantes. La Grèce recevra quant à elle un avis motivé ayant trait au programme d'action. La France et la Grèce disposent d’un délai de deux mois pour se conformer aux avis motivés. Si elles n'adoptent pas les mesures nécessaires, la Commission peut décider de saisir la Cour de justice de l'Union européenne.

La directive sur les nitrates vise à protéger la qualité de l'eau dans toute l'Europe en empêchant que les nitrates utilisés dans l'agriculture ne polluent les eaux souterraines et de surface et en favorisant le recours aux bonnes pratiques agricoles. Les États membres sont tenus d'adopter des mesures de réduction et de prévention de la pollution par les nitrates dans les zones vulnérables face à ce type de pollution. À ce titre, ils doivent notamment prévoir des périodes durant lesquelles l'épandage d'effluents d'élevage et de fertilisants chimiques est interdit, des capacités suffisantes de stockage des effluents d'élevage lorsqu'ils ne peuvent pas être épandus, ainsi que des restrictions frappant l'application de fertilisants.

En France, la législation existante et les programmes d'action adoptés manquent de précision et présentent de nombreuses lacunes: les périodes d'interdiction sont trop courtes et les restrictions concernant l'épandage des effluents d'élevage et des fertilisants sont insuffisantes. La France a certes accepté de modifier sa législation, mais les progrès sont lents et les modifications proposées insuffisantes. Aussi la Commission a-t-elle décidé d'adresser à la France un avis motivé. La Commission estime également que la France n'a pas encore désigné toutes les zones qui sont vulnérables face à la pollution par les nitrates, de sorte qu'un grand nombre d'entre elles ne font toujours pas l'objet de programmes d'action.

Un examen de la législation grecque a révélé que sept des programmes d'action de ce pays, adoptés en 2001 et en 2006, présentent certaines lacunes et ne sont pas correctement mis en œuvre sur le terrain. Des poursuites judiciaires ont été engagées l'an dernier mais, malgré certaines améliorations, la Commission n'est pas satisfaite du rythme de l'évolution, raison pour laquelle elle a décidé d'adresser à la Grèce un avis motivé.

Contexte

La directive 91/676/CEE concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles impose aux États membres de surveiller leurs eaux et de définir celles qui sont atteintes, ou susceptibles d'être atteintes, par la pollution. Elle exige des États membres qu'ils désignent comme zones vulnérables aux nitrates toutes les zones connues sur leur territoire qui alimentent ces eaux et qui contribuent à la pollution. Ils doivent également mettre en place pour ces zones des programmes d'action appropriés visant à prévenir et à réduire cette pollution.

Des concentrations excessives de nitrates peuvent nuire aux eaux douces et à l'environnement marin en y favorisant la prolifération d'algues qui étouffent les autres formes de vie, phénomène connu sous le nom d'eutrophisation. En outre, elles imposent le recours à des traitements très coûteux pour que l'eau puisse être utilisée comme eau de boisson.

Pour en savoir plus:

Pour consulter les statistiques actuelles sur les infractions en général:

http://ec.europa.eu/community_law/infringements/infringements_fr.htm

Pour plus de renseignements sur la directive «Nitrates»:

http://ec.europa.eu/environment/water/water-nitrates/index_en.html

Voir également:

Complément d'information concernant la directive-cadre sur l'eau:

http://ec.europa.eu/environment/water/water-framework/index_en.html

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Le 11 octobre 2011

Algues vertes. Un décret absurde : Les ministères sourds aux protestations des Bretons (Eau et Rivières de Bretagne)

Le décret

Signé le 10 octobre 2011

Par le Premier ministre : François Fillon

La ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, Nathalie Kosciusko Morizet

Le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire, Bruno Le Maire

On pourra bientôt épandre davantage de lisier....

Le décret relevant les plafonds d’épandage d’azote est paru ce jour au Journal Officiel. Fortement contesté par les collectivités bretonnes, il est signé alors que la commission européenne exige de la France des explications sur sa politique de prévention des algues vertes et qu’un rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable s’inquiète de la facture des pollutions agricoles.

Le Journal Officiel publie ce mardi 11 octobre, le décret ministériel relatif au programme de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates. Au printemps dernier, le projet avait soulevé une vague de protestations en Bretagne en particulier auprès des communes littorales envahies par les algues vertes. Le relèvement des plafonds d’épandage de lisier était jugé incohérent avec les programmes engagés pour réduire la pollution par les nitrates.

Le décret signé mardi entérine le relèvement des plafonds d’épandage. En limitant à 170 kg d’azote par ha de surface agricole totale (SAU) et non plus par ha de surface potentiellement épandable SPE (déduction faite des surfaces à proximité des cours d’eau, du littoral, des tiers), il va permettre d’augmenter de 20 % les quantités d’azote épandues sur les sols !

Pour Jo HERVE, Président d’Eau & Rivières de Bretagne, « les ministres sont restés sourds aux protestations des bretons, et ont signé un décret qui va rendre encore plus difficile la reconquête de la qualité des eaux exigée par la Directive Cadre sur l’Eau».

La parution de ce décret intervient alors que la commission européenne exige de la France, dans une lettre du 17 juillet dernier, des explications sur sa politique de prévention des marées vertes. La commission doute que les directives européennes sur les nitrates de 1991 et sur l’eau de 2000 soient correctement appliquées. Les demandes d’explications de la commission portent sur l’ampleur des marées vertes, l’effectivité des actions annoncées dans le plan gouvernemental, la mobilisation de la réglementation, la stratégie pour prévenir les marées vertes sur l’ensemble du littoral breton.

« La signature de ce décret est un mauvais coup porté à la reconquête de l’eau et un déni des efforts financiers des bretons pour se débarrasser des marées vertes. On voudrait plomber la politique de l’eau et ne pas atteindre le bon état des eaux exigé par les directives européennes qu’on ne s’y prendrait pas autrement » dénonce JF. Piquot, porte parole d’Eau & Rivières de Bretagne.

La facture annuelle des pollutions agricoles, déjà évaluée à 215 euros par personne et dans le récent rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, va encore grimper avec une telle décision !

Eau & Rivières de Bretagne estime que ce décret viole le principe constitutionnel de précaution et d’action préventive, ignore les recommandations de la Cour des Comptes et engagera un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler ce décret absurde.

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Le 15 septembre 2011

Plan d’éradication Algues Vertes : Création d’une Banque du Lisier

Nous saluons l’initiative des députés qui souhaitent mettre les élevages français dans la même situation que leurs concurrents européens, en aménageant les seuils d’application des contrôles publics, seuils qui sont actuellement plus contraignants en France qu’en Allemagne ou aux Pays-Bas – l’association écologiste « France Nature Environnement », qui proteste contre cette initiative, a l’honnêteté de le rappeler.

Ces députés ont fait passer cette proposition à l’Assemblée Nationale. Le Gouvernement s’y est opposé, vraisemblablement par souci politique de ne pas agiter le chiffon rouge qui mettrait sa réforme en difficulté.

Nous dirons ici que tout le monde a raison : les députés de vouloir desserrer le carcan réglementaire qui pèse sur les exploitations, France Nature Environnement de craindre un accroissement des pollutions, le Gouvernement de vouloir sécuriser sa réforme telle qu’elle est libellée.

Tout le monde a raison, si l’on utilise l’outil qui fera que ça marche : qu’on accompagne cet assouplissement par la mise en œuvre du concept de « Banque du lisier ». Les systèmes de marchés de droits d’épandage entre éleveurs et cultivateurs permettront d’utiliser les excédents d’effluents, réduisant les achats d’engrais chimiques et responsabilisant toute la filière.

Quand vous avez monétisé un droit, vous souhaitez le conserver et les exploitants respecteront spontanément les limites de rejets d’effluents : mieux, ils seront eux-mêmes demandeurs de contrôles et de prélèvement d’azote dans le sol pour démontrer qu’ils appliquent scrupuleusement les règles.

Ces techniques fonctionnent parfaitement en Belgique flamingante, aux Pays-Bas, dans deux Länder allemands, avec des exploitations d’élevage autrement plus grandes que les nôtres. Il y a agriculture intensive, mais sans rejets d’excédents d’effluents.

La question n’est pas de mettre fin à l’exploitation « intensive », mais de la responsabiliser.

Avec la Banque du lisier, cette évolution se fera spontanément dans le bon sens. Pourquoi se priver de cet outil ? Commençons par une expérience dans les secteurs à algues vertes.

Dominique Garrigues

Président de l’IEGR (Institut Européen pour la Gestion Raisonnée de l’Environnement)

www.iegre.net

garrigues@iegre.net

06 78 05 09 88

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Le 7 septembre 2011

Les algues vertes, ou l'urgence d'une transition économique des territoires (La Tribune)

Par Nicolas Imbert, directeur de Green Cross France et Territoires.

Les marées d'algues vertes en Bretagne Nord ont défrayé la chronique estivale. Le mal est profond : chaque année, il faut évacuer des dizaines de milliers de tonnes d'algues vertes pour assurer la sérénité des estivants. Cette semaine encore, la baie des Trépassés et le Cap Sizun voient arriver de nouvelles algues, encouragées par la conjonction de deux phénomènes : grandes marées et beau temps.

Ce problème perturbe la vie courante et ne peut nous laisser indifférents : impact sur le tourisme et sur l'image de la Bretagne, difficultés pour la pêche et la valorisation des produits de la mer et remise en question de la confiance portée par les citoyens à leur modèle sanitaire, agricole et économique. Voilà plus de vingt ans que les lanceurs d'alertes ont révélé les enjeux liés à ce problème. Jusqu'à maintenant, seules des actions ponctuelles ont tenté d'en atténuer les symptômes, sans remédier à la cause. Mais, au-delà des mesures techniques, c'est d'un véritable projet de territoire dont la Bretagne a besoin et qui nécessite mobilisation, moyens et consensus.

La filière agricole, porcine notamment, tente de se positionner dans une course en avant effrénée, pour laquelle la seule variable d'ajustement consiste à augmenter la pression sur l'environnement et le besoin de subvention tout en demandant des dérogations sociales. Le gouvernement a appuyé cette course en avant, en autorisant coup sur coup l'augmentation de taille des exploitations, des surfaces d'épandage et des charges à l'essieu. Les agriculteurs n'ont pas souhaité ce modèle. Ils ont appliqué une politique centralisée donnant un rôle productif exacerbé à la Bretagne pour nourrir la France.

Pourtant, un autre projet de territoire existe, et il porte à la fois un mieux-être économique, écologique et social. En infléchissant la production porcine pour une production plus focalisée sur la qualité que sur la quantité, il est possible d'améliorer à la fois le revenu des agriculteurs, la qualité sanitaire des produits et la préservation de l'environnement. Cela génère également plus de production d'aliments à proximité des exploitations.

Une polyculture de proximité, associée à de petites installations porcines, que ce soit en élevage bio ou de manière élargie par un approvisionnement en aliment local, diminuera fortement la pression sur les sols. L'agriculteur, qui vendra mieux une production de qualité, pourra également diversifier ses revenus par la production d'énergie à partir de la biomasse et les coproduits issus du traitement des lisiers par des procédés organiques. En transformant les produits près du lieu de fabrication, on propose alors à la filière alimentaire une transformation douce et sereine….

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Le 10 août 2011

Hervé Queillé : « Algues vertes. Ça suffit ? » (Le Télégramme)

«Un jour, il faut que ça s'arrête. Ça fait 20 ou 30 ans que ça dure». Après des années de totale indifférence, l'État aurait-il pris la vraie mesure des algues vertes? Oui, la ministre de l'Écologie a parlé haut et fort hier, à Arromanches (Calvados). Oui, le Premier ministre s'est déplacé il y a deux ans à Saint-Michel-en-Grève (22). Oui, en juillet2010, à Binic, les ministres de l'Agriculture et de l'Écologie ont rappelé l'implication de l'État dans un plan Algues vertes (84M€ sur 134) sur huit baies: l'urgence, désormais, selon Nathalie Kosciusko-Morizet. Un contrat de territoire vient d'être signé pour la Lieue de Grèves (Plestin-les-Grèves et Saint-Michel-en-Grève), entre les collectivités, 200 agriculteurs, l'État et les associations environnementales. Un second, bientôt, pour la baie de Saint-Brieuc. Les autres suivront. Mais que vaut ce plan? «Insuffisant», disent scientifiques et défenseurs de l'environnement. «Pour stopper les algues vertes, il faudrait descendre à des taux de 10mg/l dans les eaux». Or, des talus, le retour à l'herbe, à une meilleure fertilisation, ça ne suffit pas. C'est tout le modèle agricole breton qui est à repenser. «Impossible, sinon on disparaît», répliquent les agriculteurs de la FDSEA, arguant des efforts consentis depuis des années. L'État aura-t-il le courage et la volonté d'imposer un plan Marshall pour l'agriculture? De s'opposer au tout puissant agro-business et à la grande distribution qui mènent le bal. Pas sûr, au vu de la réponse équivoque de la ministre sur la question du projet d'assouplissement des règles d'épandage du lisier (+20%). Mais l'heure n'est plus à l'ambiguïté. D'environnemental, le problème des algues vertes est devenu question de santé publique. Et, en ce domaine, l'opinion publique attend des réponses rapides. D'autant plus que le contribuable breton en a «ras la patate» de payer, en amont, des subventions pour soutenir un système qui pollue et, en aval, la dépollution de l'eau et des mises aux normes incessantes. Un citoyen-consommateur qui a aussi le pouvoir et le devoir de peser sur le système par ses actes d'achats. Sans oublier l'arme du bulletin de vote dans l'urne. À ne pas confondre avec l'Urne, l'une des rivières qui se jettent dans la baie de Saint-Brieuc...

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Le 6 août 2011

Sangliers morts : la piste des algues se précise (Ouest France)

Les résultats de nouvelles analyses menées sur les cadavres de sangliers retrouvés dans les Côtes-d'Armor ont été communiquées hier soir. Elles sont toutes négatives : les animaux n'ont pas été empoisonnés.

La préfecture des Côtes-d'Armor avait annoncé qu'elle communiquerait hier les résultats des analyses complémentaires menées sur le contenu de l'estomac de sept sangliers sur les 36 retrouvés morts, à Morieux. Ils ont été attendus en vain toute la journée. Ce n'est que tard en soirée que son service de communication les a rendus public.

L'hypothèse d'une intoxication alimentaire semble écartée : aucune trace d'insecticide ni d'anticoagulant n'a été mise en évidence. Pas de présence non plus de cyanobactéries provenant de l'eau du Gouessant, bue par les animaux. « Les seuls résultats significatifs portent sur le H2S », indique le communiqué.

Autre élément qui incrimine l'hydrogène sulfuré : il en a été retrouvé 2,45 mg/kg dans les poumons d'un ragondin découvert mort sur place. C'est plus que dans les poumons des cinq des six cadavres de sangliers examinés (de 0,17 à 1,72). C'est aussi plus que chez le cheval (1,18) retrouvé mort à Saint-Michel-en-Grève, il y a deux ans. À forte dose, l'hydrogène sulfuré, produit par les algues en décomposition, peut causer la mort.

Plaintes contre X et contre l'État

Les associations écologistes, de leur côté, n'avaient plus de doute avant même la publication de ces nouvelles analyses : les algues vertes sont responsables de la mort des animaux. Les représentants du monde agricole penchent plutôt pour la thèse de « l'empoisonnement ». Ils estiment que les défenseurs de l'environnement tentent de « manipuler » l'opinion publique. Eva Joly, députée européenne et candidate à la présidentielle d'Europe-Écologie-les Verts, était sur place, hier. « Il ne faut pas nier le lien entre agriculture et algues vertes. Le summum de ce déni a été atteint lorsque Nicolas Sarkozy a déclaré que seuls les écologistes faisaient ce lien. Mais dire que les algues vertes tuent, ce n'est pas attaquer les paysans. » Pour éradiquer le phénomène, elle affirme qu'il faut « sortir de l'agriculture productiviste »....

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Le 2 août 2011

Eau et rivières. Trois mesures réclamées (Le Télégramme)

«La préfecture des Côtes-d'Armor a rendu publics les résultats des analyses toxicologiques effectuées sur les cadavres de sangliers retrouvés le 24juillet. Ces résultats démontrent que pour 5 animaux sur 6, la présence d'hydrogène sulfuré dans les poumons est avérée. Le faisceau de présomptions de la responsabilité des marées vertes se renforce. Il pourrait être confirmé par un simple test biologique à organiser par l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail)». Véritable catastrophe écologique et économique pour la Bretagne, les marées vertes sont devenues un véritable problème de santé publique. Sans attendre les prochains résultats d'analyses, Eau et Rivières de Bretagne demande qu'en application du principe de précaution, trois mesures soient prises immédiatement». Premièrement, «l'interdiction d'accès aux plages sur lesquelles le ramassage des algues vertes n'est pas opéré rapidement. Cette mesure est indispensable pour éviter un accident humain dramatique». Deuxièmement, «il faut accélérer la mise en oeuvre du plan décidé par le gouvernement le 5février 2010. Seize mois après l'adoption de ce plan, le programme d'action n'est toujours pas validé pour la baie de Saint-Brieuc, premier site français d'échouage des ulves!». Troisièmement, «les ministères de l'Écologie et de l'Agriculture doivent abandonner les projets de décrets et d'arrêtés relevant les quantités de lisier autorisées à l'épandage. Le gouvernement doit comprendre que ce nouveau traumatisme vécu par la Bretagne à cause des marées vertes commande d'éviter toute provocation et toute mesure qui affaiblirait le plan de lutte contre les marées vertes». «Au-delà des marées vertes, la présence avérée de cyanobactéries dans les eaux du Gouessant justifie que toutes les investigations nécessaires soient poursuivies pour apprécier l'impact éventuel de cette contamination sur la faune sauvage».

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Algues vertes. «Il faut dire toute la réalité» (Le Télégramme)

Quelle que soit la cause de la mort des 36 sangliers, à Morieux (22), Jean-Yves Le Drian estime qu'il ne faut pas nier la réalité des algues vertes en Bretagne. «Mais dire toute la réalité», tient à souligner le président du conseil régional.

N'avez-vous pas l'impression que l'État tente de noyer le poisson quant aux raisons de la mort des sangliers?

En fait, quels que soient les résultats sur les causes de la mort des sangliers, que nous souhaitons évidemment connaître le plus vite possible, il y a une réalité incontournable: celle de la présence d'algues vertes. Face à cela, il existe deux risques dans lesquels il ne faut pas tomber. Je pense, premièrement, aux négationnistes, qui refusent de voir cette réalité. On sait bien que l'origine des algues vertes provient d'un excès d'azote dont une grande partie est due à l'activité agricole. En second lieu, gare au déni de l'action. Dire que personne ne fait rien pour éradiquer le phénomène n'est pas convenable....

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Le 17 juillet 2011

« La mer vomit ces algues qu'elle ne digère plus » (Ouest France)

Favorisées par la chaleur, les algues vertes prolifèrent. Cent neuf sites d'échouages ont été identifiés en Bretagne. Normandie et côte atlantique ne sont pas épargnées. Le chercheur Claude Lesné fait le point.

Claude Lesné, 65 ans. Médecin, spécialiste des polluants aériens. A longtemps travaillé dans l'Unité de prévention des risques chimiques au CNRS. Rattaché au Département de Santé publique de l'Université de Rennes.

Depuis quand connaît-on les dangers de l'hydrogène sulfuré ? Pour nous scientifiques, c'était tellement une vieille lune qu'à la limite on ne s'en occupait plus. Dès 1700, le chirurgien italien Bernardino Ramazzini en a décrit les effets dans un ouvrage considéré comme le premier manuel de médecine du travail. Il évoquait le cas de vidangeurs de fosses septiques devenant aveugles. Or, l'un des signes d'alerte chez les ramasseurs d'algues, ce sont des atteintes de la muqueuse oculaire.

Comment se forme ce gaz dont vous dites qu'il est un « toxique redoutable » ? Il est produit naturellement lors de tous les processus de décomposition de matières organiques soufrées. C'est un gaz très courant dont l'odeur caractéristique est celle d'oeuf pourri.

Pourquoi est-il si menaçant ?

C'est ce qu'il s'est produit en 2009 lorsqu'un transporteur d'algues est décédé ?

Plusieurs dizaines de plaintes sont en cours d'instruction. Est-ce un défi juridique ?

Quel est le bilan du groupe de travail que vous avez créé en 2009 ? On l'a mis en place pour qu'il se passe quelque chose. La position des pouvoirs publics, à l'époque, se traduisait dans un communiqué à la teneur redoutable : « Les intoxications à l'hydrogène sulfuré ne sont mortelles qu'à doses létales ». Aujourd'hui, ils ont pris conscience du danger. Le public est informé. Les mesures réalisées à l'endroit où un cheval est mort excédaient des niveaux de 1 000 ppm (particules par million). 100 ppm, aux États-Unis, c'est le niveau où l'on dit que votre vie est en danger ! Pas besoin de doses énormes pour faire un infarctus. C'est mortel à partir de 700/800.

Le plan de réduction des nitrates est-il insuffisant ? Il faut des réductions drastiques. Moi, ce qui me préoccupe c'est qu'il n'y a pas que les nitrates. Dans les effluents d'élevage, il y a plein de polluants. Les Bretons champions en production, champions en pollution. Les compléments alimentaires avec du zinc, par exemple. Ce zinc est importé de Chine et contient des taux énormes de cadmium. Que l'on retrouve à l'embouchure des cours d'eau où sont implantés des élevages de coquillages filtreurs qui concentrent les polluants. Et que nous mangeons !

Les éleveurs ont pourtant accepté de participer à une campagne d'analyse des nitrates ? Je n'ai jamais voulu les stigmatiser. Ce ne sont pas eux qui sont en cause, c'est un système. L'agrobusiness quoi. Les éleveurs ne sont plus que des sous-traitants. À mes conférences, j'ai toujours un petit commando pour l'animation. Je leur rappelle que l'on n'a pas le droit de polluer depuis 1810, date de la loi sur les installations classées.

Quel peut être le pire scénario pour cet été ?

Les touristes doivent-ils s'alarmer ?

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Le 2 juillet 2011

Les Côtes-d'Armor saturent sous les algues vertes (Ouest-France)

L'usine de traitement de Lantic n'en peut plus. Et, à la suite de plaintes de riverains, une autre plateformede stockage n'en reçoit plus. Le littoral pourrait être vert au passage du Tour, mercredi...

Coucou les revoilà. « Ce vendredi matin, il y a un mètre d'algues vertes sur la plage de Morieux. Il y en avait jusqu'à l'essieu de l'engin qui les ramasse. » Directeur du syndicat mixe intercommunal de Lantic, Mark Briand ne sait plus où donner de la tête avec ce retour en force des algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc. « En raison des échouages d'algues importants à Hillion et à Saint-Brieuc, ces jours derniers, l'usine de Launay-Lantic sera saturée ce vendredi soir. »

Ces deux dernières semaines, les norias de camions ont déversé quelque 2 000 tonnes d'algues vertes à l'usine de compostage, située à l'arrière de Binic. Les huit box de 200 tonnes, où sont entreposées les algues avant d'être compostées, sont remplis à ras bord. « Et quand ils sont pleins, j'arrête d'en prendre », ajoute Mark Briand. Logique.

Odeurs, problèmes respiratoires...

En cas de saturation de cette usine, l'État et les collectivités ont tout prévu. Le syndicat mixte (Smitom), à Ploufragan, a créé une belle plateforme, opérationnelle depuis la fin août 2010. Sur le sol bétonné de 14 000 m2, 10 000 tonnes d'algues vertes peuvent être compostées pendant la saison. Cette année elle a en reçu un peu moins de 1 000 tonnes. « Pas plus de 200 tonnes d'algues par jour, insistaient les élus. C'est l'une des conditions pour qu'il n'y ait pas de problèmes d'odeurs. » Pour réduire les nuisances olfactives, les mélanges d'algues à des déchets verts broyés sont effectués la nuit…..

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Le 23 juin 2011

Algues vertes. Un ramassage en mer controversé en rade de Brest (Le Télégramme)

Le déplacement des algues vertes en mer, devant la plage du Moulin-Blanc en rade de Brest, ne convient pas aux petits bateaux de pêche côtière qui disent retrouver ces algues dans leurs filets.

«La lutte contre les algues vertes, c'est bien. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a des gens qui travaillent aussi en rade de Brest»....

Le comité local des pêches dans le coup

«Pourquoi ne remet-on pas ces algues à terre, au lieu de les réinjecter dans le milieu, dans des zones où nous pêchons habituellement ?», s'interroge Stéphane Bellec, patron de l'Enez-Stagadon. À ces endroits qui étaient propres, les filets se remplissent aujourd'hui, exclusivement, d'algues vertes. «Il n'y a plus de poisson (rouget), insistent les pêcheurs, persuadés que ce relargage leur porte un véritable préjudice. On rejette ces algues vertes, dans des endroits où l'on pêche des coquilles, l'hiver». Ce mécontentement est d'autant plus étonnant que cette expérimentation est menée en concertation avec le comité local des pêches et un collectif scientifique, composé notamment d'Ifremer.

Une centaine de tonnes

«Il faudra prendre en compte le mécontentement de ces pêcheurs professionnels», résumait, hier après-midi, Thierry Fayret, vice-président en charge de la rade et du littoral à BMO. «Ces opérations de dragage ne durent que quelques jours (trois ou quatre) dans l'année et ne concernent qu'une centaine de tonnes d'algues, contre les 3.000t que l'on évalue à la belle saison, dans la baie du Moulin-Blanc». Le but de la manoeuvre est de draguer ces algues et de les relarguer (sans les sortir de l'eau) dans des zones plus profondes, plus froides et moins lumineuses, afin de stopper leur développement. Raison pour laquelle ces algues sont redéposées dans le chenal, entre 10et 15m de profondeur. Les défenseurs de cette expérimentation pourront toujours rétorquer qu'on ne pêche généralement pas dans les chenaux. «Mais où travailler alors, en rade de Brest, s'il faut éviter tous les axes de circulation?», se défendent les pêcheurs pros.

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Le 9 juin 2011

La mauvaise note biologique des eaux de rivières (Ouest France)

La démolition du barrage de Coupeau à Saint-Berthevin, en Mayenne, a permis au Vicoin de retrouver son cheminement naturel. La qualité biologique de l'eau s'en est trouvée améliorée.

Les cours d'eau de la région sont particulièrement dégradés. La construction de barrages et autres ouvrages a contribué à freiner une vitesse d'écoulement déjà lente par nature. De gros travaux sont dans les tuyaux.

Entretien avec Yvon Siou, Chargé de la planification à l'agence de l'eau Loire-Bretagne et auteur d'une étude publiée par l'Insee.

Seules 13 % des rivières de la région sont classées en bon état écologique selon les mesures les plus récentes. C'est un mauvais résultat...

Au regard du Grenelle de l'environnement, très certainement. Nous nous sommes assignés un objectif de 46 % de cours d'eau classés en bon état en 2015. On est assez loin du compte. Peut-être a-t-on été trop ambitieux.

Qu'est-ce qui cloche ? L'appréhension de la qualité a changé. On s'est longtemps contenté de mesures physico-chimiques. Les résultats n'ont cessé de s'améliorer grâce aux efforts des industriels et des villes. Les rejets de phosphore, d'ammonium et même de matières organiques ont baissé. Depuis 2006, on mesure la qualité par la présence des espèces vivantes dans les rivières.

Et là, c'est une mauvaise surprise ? Oui. C'est surprenant de prime abord. Il n'y a pas de comportements plus mauvais ici qu'ailleurs. Mais tous les cours d'eau n'ont pas les mêmes taux d'acceptabilité aux pollutions. Les effets diffèrent selon leur présence dans une région pluvieuse ou moins arrosée. Nous sommes sur du massif cristallin. Il y a peu de nappes pour alimenter les rivières en période estivale. L'autre facteur négatif, c'est la faible vitesse d'écoulement des cours d'eau à cause de pentes modestes. Le phosphore et l'azote sont plus facilement « mobilisés » par les micro-algues. L'hypothèse la plus probable est un phénomène d'eutrophisation, la transformation d'éléments nutritifs en matière organique qui mange l'oxygène et rend le milieu plus acide. Cela entraîne un déséquilibre de la chaîne biologique.

Que faire pour améliorer ce mauvais score ?

Pour plus d’informations, cliquer Insee

La qualité des eaux de rivières en Pays de la Loire demeure insuffisante

Yvon SIOU, Agence de l'eau Loire-Bretagne - Délégation de Nantes

Résumé

Les mesures les plus récentes sur la qualité des rivières en Pays de la Loire confirment leur mauvais état écologique global : seulement 13 % des rivières sont ainsi classées en « bon état ». La Directive Cadre sur l'Eau fixe pour 2015 un objectif régional de 46 % de cours d'eau classés en bon état. La configuration géographique de la région qui limite les débits des cours d'eau explique en partie les perturbations écologiques constatées. L'empreinte des activités humaines présentes et passées sur la transformation et la pollution des rivières accentue par ailleurs ces déséquilibres écologiques.

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Pollution des eaux par les nitrates agricoles : trois textes en consultation (Actu-Environnement)

Le ministère de l'Ecologie soumet à la consultation du public jusqu'au 24 juin 2011 un décret et deux arrêtés relatifs à la pollution par les nitrates d'origine agricole.

Mise en demeure de la Commission

Ces projets font suite à une mise en demeure de la Commission européenne adressée à la France fin 2009. La Commission reprochait une trop grande disparité entre les départements, de même que le caractère incomplet et insuffisant de certaines mesures pour répondre aux objectifs de la directive « nitrates ».

« Afin de répondre à ces griefs, les ministères en charge de l'écologie et de l'agriculture ont prévu une refonte d'une part de l'architecture générale des programmes d'actions et d'autre part du contenu des mesures incriminées », précise le MEDDTL.

Un programme d'action national

Les programmes d'action départementaux actuels sont remplacés par un programme national, qui définit les principales mesures à mettre en œuvre dans les zones vulnérables, et des programmes régionaux qui précisent et renforcent certaines de ces mesures, en particulier sur les périodes d'épandage et l'équilibre de la fertilisation.

Les mesures critiquées par la Commission sont précisées dans le programme d'action national fixé par l'un des projets d'arrêté. « La mise en œuvre opérationnelle de la mesure définissant les règles applicables à l'équilibre prévisionnel de la fertilisation azotée nécessite de recourir à des références techniques régionalisées qui feront l'objet d'un arrêté du préfet de région », ajoute le ministère. Ces références techniques seront proposées par un comité technique régional dont la composition et les modalités de fonctionnement sont précisés par le deuxième projet d'arrêté. Laurent Radisson

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Trame verte et bleue sans la grande bleue !

Poitou-Charentes : lancement d'un site dédié aux trames vertes et bleues (Actu-Environnement)

Prévue dans la loi Grenelle 2 de juillet 2010, la trame verte et bleue s'élabore dans les régions sous l'égide des Schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE). Co-piloté par l'Etat et la Région, ce document de cadrage est à réaliser d'ici à fin 2012, afin de développer ces corridors écologiques. Dans le cadre de l'élaboration du SRCE, l'Observatoire Régional de l'Environnement (ORE) en Poitou-Charentes vient de lancer un site internet participatif permettant de découvrir ''toutes les informations sur la trame verte et bleue et sa mise en œuvre'' dans la région. Les citoyens, élus, associations, agriculteurs, artisans et enseignants sont aussi invités à contribuer au schéma via un questionnaire.

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Le 2 juin 2011

Algues vertes : Renouveau en Baie de Douarnenez (CLPM Le Guilvinec)

Le 26 mai 2011, Bruno Claquin, président du Comité des pêches de Douarnenez a participé à une réunion des communautés de communes de Douarnenez et du Porzay, à Plonevez Porzay, pour faire le point sur les algues vertes et les solutions à mettre en œuvre à court et moyen terme.

Bruno a mis en avant que ce problème touchait d’abord les pêcheurs, car ils travaillent en Baie toute l’année et pas seulement pendant la saison touristique. Des dizaines de pêcheurs à pied, des dizaines de bateaux côtiers, fileyeurs, palangriers, bolincheurs, sont directement concernés par le problème des algues vertes et plus généralement par la qualité des eaux de mer. Il ne faut pas oublier que les chaînes alimentaires qui aboutissent aux poissons ciblés par les pêcheurs peuvent être impactés y compris pendant les périodes de vie planctonique de leurs différents maillons.

La spatialisation des activités de pêche dans la Baie de Douarnenez a été particulièrement appréciée par les autres acteurs socio-économiques (paysans, mairies, tourisme, environnement) qui découvraient souvent pour la première fois l’emprise des activités de pêche dans ce secteur. Une note contributive à l’élaboration du diagnostic du territoire de la baie de Douarnenez dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes a permis d’éclairer les débats et de montrer l’impact potentiel des algues vertes sur les activités de pêche.

Note contributive à l’élaboration du diagnostic du territoire de la baie de Douarnenez / Plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes (Solenne Le Guennec – FCPM29 / CLPM Douarnenez – Mai 2011) : http://www.comitedespeches-guilvinec.fr/IMG/pdf/Diag_socio-eco_algues_vertes_-_CLPMDZ_24052011.pdf

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Algues vertes et élevage. Eau et Rivières monte en ligne (Le Télégramme)

Le 7 juin, le Parc marin doit rendre un avis de poids sur une extension d'élevage dans le Porzay. Chiffres à l'appui, Eau et Rivières refuse ce projet agricole et espère que le Parc marin ira dans le même sens.

Après l'association «Baie de Douarnenez Environnement», c'est maintenant «Eau et Rivières de Bretagne» qui monte en ligne contre le dossier d'extension-régularisation de l'élevage porcin présenté par Jean Guéguéniat à Saint-Nic. «Nous avons envoyé, cette semaine, un dossier complet aux membres du Comité de gestion du Parc marin d'Iroise et nous espérons qu'ils tiendront compte de nos remarques», expliquaient hier les membres de l'association. L'avis - on ne peut plus défavorable - d'Eau et Rivière «s'appuie sur l'étude complète et précise des données complexes présentées par l'éleveur pour défendre son projetd'élevage industriel». En clair et en résumé, ce dossier Eau et Rivières d'une vingtaine de pages (*), estime que «dans le cadre de la lutte contre les marées vertes qui envahissent de manière récurrente la baie de Douarnenez, ce projet est inadapté, risqué et non-conforme».

Étude minutieuse

L'association Eau et Rivières fait partie du Comité de gestion du Parc marin. «C'est donc à ce titre que nous apportons notre contributionavant la décision qui sera prise le 7juin prochain». Le sujet est brûlant et «d'autres associations et structures doivent également remettre un rapport». En raison de l'enjeu, «nous avons étudié avec soin tout le dossier fourni par l'éleveur». Et pourtant, «ce genre de dossier est complexe et il est toujours difficile de s'y retrouverdans les chiffres présentés et de démêler le vrai du faux», poursuivait le permanent. Au final, l'association pointe du doigt certaines pièces de ce dossier. Eau et Rivières, note, par exemple, que les données présentées pour l'éleveur par le cabinet Porfimad sont contestables: «Les bilans azotés fournis sont établis sur des bases techniques erronées». Bref, «sur le papier, ce projet a une bonne couleur théorique mais en pratique, l'épandage est pratiquement irréalisable. C'est peut-être un beau document mais il n'est pas dans les clous».

«Projet non-compatible»

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Environnement. La vitalité de «Baie de Douarnenez» (Le Télégramme)

L'assemblée générale de l'association Baie de Douarnenez Environnement a permis «des échanges intéressants; notamment avec les agriculteurs.»

Vendredi soir, plus de soixante personnes ont retrouvé les responsables de l'association Baie de Douarnenez Environnement. Une association, qui, forte de plus de 200 membres après une petite année d'existence, critique toujours l'inefficacité des «trente ans d'études, de programmes et de luttes», mis en place contre la prolifération des algues vertes. Une association qui prône surtout les mesures préventives à prendre pour éviter ce phénomène. Si le bilan moral des actions menées en 2010 n'a pas suscité de commentaires particuliers, les membres de l'association ont entamé un dialogue avec trois agriculteurs venus à l'assemblée générale. «Des échanges intéressants, qui permettent de faire le point et de partager les points de vue», estimait Jean Hascoët, le président de l'association. Temps fort de l'année 2010, le rassemblement symbolique à Sainte-Anne-la-Palud.

Un élevage à Saint-Nic

Il reste que le dossier sur lequel travaille actuellement l'association est celui de l'extension d'un élevage à Saint-Nic. Comme d'autres associations environnementales (Eau et Rivières, par exemple), Baie de Douarnenez Environnement estime «qu'il n'est pas acceptable que les décideurs soient mis devant le fait accompli et pérennisent de manière irresponsable des activités néfastes à l'environnement, menaçant la survie d'une agriculture paysanne». Lors de l'assemblée générale, on retiendra également la préparation de la conférence, demain, à la salle communale de Ploeven avec l'agronome Marc Dufumier. Et on notera également la surveillance rapprochée de cette extension d'élevage, puisque le Parc marin doit rendre son avis le 7 juin....

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Le 26 avril 2011

La pollution azotée coûtera cher (ANE)

Le coût de la pollution liée à l'azote est compris entre 150 et 740 euros par personne et par an en Europe. Leur coût économique représente le double des bénéfices agricoles résultant des fertilisations azotées…

Plus de 10 millions de personnes seraient exposées à des niveaux d'azote supérieurs aux seuils réglementaires lorsqu'elles consomment de l'eau en Europe. C’est les résultats d’une évaluation récente menée par 200 experts issus de 21 pays européens différents, qui démontre que les excès de l’azote causent de sérieux problèmes en matière d'environnement et de santé.

L’étude démontre aussi que le coût de la pollution liée à l'azote est compris entre 150 et 740 euros par personne et par an en Europe. Leur coût économique représente le double des bénéfices agricoles résultant des fertilisations azotées.

Pour Lionel Vilain, conseiller technique agriculture de la fédération France Nature et Environnement, FNE : « L’excédent d’azote n’est plus seulement un problème environnemental ou sanitaire, il devient un problème économique. »…

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Le 26 mai 2011

Michel Cadot, préfet de la région Bretagne : « Répondre collectivement aux algues vertes » (Ouest France)

Au mois de mai, la baie de Douarnenez a vu les premières algues vertes s'échouer sur ses rivages. La préfecture de région édite un abécédaire sur les algues vertes. Depuis le début de l'année, plus de 7 000 tonnes se sont déjà échouées en Bretagne.

Entretien

Michel Cadot, préfet de la région Bretagne.

Pourquoi cet abécédaire ? Pour expliquer ce dossier complexe à la population bretonne. Le problème des algues vertes touche à la fois l'image de la Bretagne et l'avenir du secteur agroalimentaire. Autre objectif : faire un état des lieux sur l'avancement du plan de lutte, qui sera disponible sur notre site (www.bretagne.pref.gouv.fr).

Qu'en est-il des échouages ? Il y une grande inégalité entre les territoires : dans le Finistère, nous en sommes à 3 300 tonnes (contre 21 000 t en 2010). Dans les Côtes-d'Armor, à 4 300 tonnes (40 000 t en 2010) : 4 000 à Lannion, à peu près 300 en baie de Saint-Brieuc. Partout, c'est beaucoup plus que l'an passé à la même époque.

Pour quelles raisons ? Le climat. Peu de vent, une eau transparente, du soleil et de la chaleur : c'est propice au développement des algues. D'un autre côté, la sécheresse actuelle a limité considérablement le ruissellement, donc l'arrivée de nitrates dans les baies.

Il y aura peu donc d'algues vertes cet été ?

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C'est parti pour l'année 2011

Lorient. Les algues vertes à l'aise dans l'anse du Ter (Ouest France)

L'ensoleillement du mois d'avril a profité aux algues vertes du Ter.

Les ulves ont sacrément adoré le soleil généreux du mois d'avril et les kilos d'azote charriés par le Scorff et le Blavet. Résultat : le tapis vert du Ter s'est encore épaissi.

Les sédiments de la base de sous-marins ne sont pas uniquement la proie du tributylétain ¯ le TBT des peintures antifouling ¯ du mercure ou d'autres métaux lourds, zinc ou cadmium. Les algues vertes adorent se dorer la salade sur cette immense vasière. Une cinquantaine d'hectares, au bas mot. Qui ont profité sans retenue de l'ensoleillement continu du mois d'avril. Résultat : les ulves prolifèrent.

Survol en avion

Le phénomène croit d'année en année, depuis 2003. « Certains sites de Bretagne sont chargés en algues vertes dès mars-avril. C'est le cas du Ter », indique Sylvain Ballu, chercheur au Centre d'étude et de valorisation des algues, à Pleubian, près de Paimpol. Le Ceva a en charge le suivi technique des algues vertes en Bretagne et en Normandie. « Nous survolons la zone une fois par mois, de la mi-avril à la mi-octobre. » Le dernier survol date du 19 avril.

Le constat est net : la prolifération ne s'essouffle pas. « L'anse du Ter est un site abrité, peu exposé aux tempêtes. Les algues vertes s'y stockent année après année, sans être réellement dispersées. Leur croissance reprend de plus belle aux premières lumières du printemps », explique Sylvain Ballu. Et le débit des cours d'eau, malgré une baisse, reste suffisant pour charrier les nutriments favorables au développement des ulves, en particulier l'azote....

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Marées vertes dans le Finistère. La préfecture et Eau & rivières réagissent (Ouest France)

D’importants échouages d’algues vertes ont eu lieu ces derniers jours sur certaines plages du Finistère. « Des échouages précoces par rapport aux années précédentes du fait des conditions climatiques. Néanmoins, explique un communiqué de la préfecture de Région, tout est organisé avec les élus locaux pour que le ramassage des dépôts d’algues soit réalisé sans retard… »

Fermetures de plages

L’association Eau & rivières réagit, elle, à la nouvelle « de la probable fermeture des plages de la baie de Douarnenez, suite à un échouage précoce auxquelles des solutions techniques ne peuvent faire face ».

Eau & rivières parle du « négationnisme des collectivités locales comme celles de la baie de Douarnenez », amenées à choisir « entre le ramassage de centaines de tonnes d’algues… avec le risque de saturer les outils de stockage… ou la fermeture des plages et donc la privation d’une des libertés auxquelles les Bretons sont le plus attachés : celle de l’accès à la mer. L’argument selon lequel les agriculteurs ont déjà fait beaucoup d’efforts, ne tient plus… »...

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Revue de presse de 2009 à avril 2011

Le 9 septembre 2009

Changer les pratiques agricoles, pas si simple (Ouest France)
Repères
Est-ce la faute à la production porcine ? Pas dans l'anse de Saint-Michel-en-Grève. « Il n'y a que deux élevages hors sol de porcs de petite taille, indique Françoise Vertes, scientifique à l'Inra (Quimper). La production laitière domine dans les 170 exploitations du bassin-versant. » Les nitrates ne dépassent pas 30 à 32 milligrammes par litre d'eau. « Malheureusement, le milieu réceptacle est très fragile. Dans d'autres secteurs, les mêmes teneurs ne provoquent pas d'algues vertes. » En revanche, plus à l'Est, en baie de Lannion et de Saint-Brieuc, le lisier de porcs alimente les marées vertes.
Peut-on réduire les teneurs en nitrates à 10 milligrammes par litre ? L'Inra n'a pas la réponse. L'Institut vient de lancer trois programmes de recherches visant à baisser la pression azotée dans les zones (bassins-versants) touchées par les algues vertes. Pourquoi si tard ? Les scientifiques se sont longtemps heurtés au scepticisme, voire au déni, de nombreux élus et agriculteurs sans parler de l'inertie de l'administration. La France est menacée d'une forte amende européenne, car les eaux brutes de plusieurs cours d'eau en zones agricoles dépassent la norme des 50 mg.

Le scénario Vittel. Pour protéger ses captages dans les Vosges, la société d'eau minérale aide les agriculteurs à adopter des méthodes d'élevage sans engrais, avec un seul animal par hectare. Dans le bassin de la Lieue de Grève, l'Inra étudie une option moins extrême « avec une forte base herbagère », une réduction du maïs, coupable de relarguer de l'azote, et une baisse du nombre de bovins à l'hectare. Mais « on ne verrait pas le plein effet de ces mesures avant 15 ou 20 ans, compte tenu de l'inertie des sols et des nappes phréatiques », rappelle Patrick Durand, de l'Inra (Rennes). Qui paiera ? La question est ouverte.

Controverse sur les excédents d'azote. Les agriculteurs en ont assez d'être montrés du doigt. Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'Agriculture rappelle « le milliard d'euros investi dans les stations de traitement du lisier et les mises aux normes des exploitations ». 30 400 tonnes d'excédents d'azote ont été résorbées, c'est 70 % de l'objectif fixé en 2001. La norme actuelle de 170 kg d'azote par hectare est loin de faire l'unanimité. Des voix s'élèvent pour la baisser de manière drastique. Jean-Paul LOUÉDOC.

Le 12 septembre 2009

Yann Yobé : être agriculteur bio et breton, c'est possible (Le Monde)
Yann Yobé, 44 ans, appartient aux 2 % d'agriculteurs bretons à s'être mis au bio. Fils d'agriculteurs traditionnels, ce père de quatre enfants gère, depuis quinze ans, aux côtés de sa femme, reconvertie agricultrice, une exploitation de 75 hectares et une quarantaine de vaches laitières à Saint-Alban (Côtes-d'Armor), non loin d'Hillion, une des communes les plus touchées par les marées vertes.
Sa rencontre avec le bio remonte aux années lycée, à l'occasion d'un projet d'étude sur la culture du soja. Frappé par la mauvaise image que les agriculteurs bretons renvoient, Yann Yobé a voulu prouver que l'on pouvait "être breton et travailler autrement".

Car en Bretagne l'agriculture bio dérange. "Ça gêne les gens qu'on puisse faire autrement", insiste Yann Yobé. Le regard des voisins et amis, mais aussi celui des générations précédentes, a son importance pour les agriculteurs. Les parents et grands-parents ont "sué sang et eau pour faire marcher l'exploitation familiale". Pour les parents des agriculteurs d'aujourd'hui, le recours aux traitements chimiques a permis une production plus abondante et a réduit la pénibilité du travail. "Beaucoup d'agriculteurs ayant repris l'exploitation familiale doivent se plier aux exigences de leurs parents, pour qui faire du bio, c'est revenir en arrière", explique Yann Yobé.
Lui compte bien prouver le contraire. Il reçoit régulièrement sur son exploitation des élèves des lycées agricoles voisins. "Certains sont surpris de voir que j'ai une machine à traire !", s'amuse-t-il, s'attachant à leur montrer que "faire du bio, ce n'est pas ne plus rien faire. Ne pas utiliser de traitement ne veut pas dire laisser son exploitation dépérir".

Soutien direct
Militant, directeur du Gab 22 (Groupement des agriculteurs biologiques des Côtes-d'Armor), Yann Yobé estime qu'"il n'y aura jamais de solution pour endiguer la prolifération des algues vertes si l'on continue à encourager une agriculture intensive en Bretagne".
Mais encore faut-il que les agriculteurs acceptent de changer de raisonnement : "Beaucoup gardent en tête l'objectif de toujours produire plus. Alors qu'ils pourraient gagner autant avec du bio", résume-t-il.
Un moyen concret pour aider à faire évoluer les mentalités passe par des aides. Car Yann Yobé en est conscient, on ne peut pas tout demander aux agriculteurs qui sont, pour la plupart, "coincés financièrement". Si les agriculteurs s'engagent à changer, "ils ont besoin en contrepartie d'un engagement de l'Etat. Ils ne veulent pas être perdants".
Yann Yobé croit aux vertus d'un système de soutien direct. "Quand un agriculteur pollue moins, il ne reçoit aucune aide. Ce n'est pas normal", regrette-t-il. Lucie Lecocq

Le 15 septembre 2009

Concarneau - Les algues vertes retournent à la terre (Ouest France)
Les algues vertes sont collectées par une entreprise de travaux agricoles qui les stocke sur ses terres avant de les épandre. Concarneau a connu moins d'algues vertes que l'an passé : c'est le constat de François Besombes, adjoint à l'économie, à la communication et au développement durable, Cyril Deleglise, technicien, et Nathalie Péron, déléguée à l'écologie et à la protection de l'environnement (en médaillon).
Les algues vertes recouvrent les plages du Nord-Finistère. En 2008, 1 300 m3 ont été récoltés en quatre mois à Concarneau
Moindre volume qu'en 2008 : c'est le constat que font les services de la mairie. 1 300 m3 ont été ramassés en mai, juin, juillet et août. C'est une année moyenne, comparativement à l'an dernier qui avait atteint des sommets.

La ville ramasse : la ville de Concarneau a en charge le ramassage des algues s'échouant sur ses plages. C'est la communauté de communes qui a pour compétence d'influer sur la qualité des eaux de rivières. Les communes, elles, ramassent.

Ramassage sous-traité : le collectage des algues vertes a été confié (en régie) à un agriculteur pour les deux plus grandes plages : les Sables-Blancs et le Cabellou. Ces deux sites sont donc traités régulièrement. Pour les autres plages de la région (le Porzou, notamment), le passage est moins fréquent, et rythmé par les arrivées d'algues.

Comment se développe l'algue verte ? : Cyril Deleglise (technicien à la ville) s'intéresse de près au développement de ces algues : « Leur développement est incroyablement rapide. Cette espèce végétative, envahissante, se casse sous l'effet de la houle, et se multiplie dans des milieux de vie qui lui sont favorables. On remarque aussi que le courant et le vent projettent très loin des sorties de cours d'eau ces spécimens qui trouvent très de peu de concurrents en mer. Leur développement n'en est que facilité. »

Un ramassage l'hiver ? : C'est peut-être la méthode la plus efficace pour limiter le développement des algues vertes. « L'hiver, on retire les stocks de printemps. C'est une expérimentation en cours ; elle a pour but de limiter l'effet exponentiel des algues... »

Ramasser pour mettre où ? : « C'est en quelque sorte un retour à l'envoyeur ». Les algues collectées par l'entreprise de travaux agricoles (à qui a été confié le ramassage) sont stockées sur ses terres ou sur celles de ses clients, ou mélangées au fumier pour être épandues.

Valorisation : les algues collectées en mer pourraient être retraitées car elles sont propres. Les algues ramassées sur les plages de Concarneau sont mélangées à du sable et à d'autres matières. Elles ne peuvent être valorisées.

Combien ça coûte ? : 50 000 € à la ville pour le collectage de ces 1 300 m3 d'algues vertes chaque saison. Une dépense incontournable pour la ville... aux 15 plages !
Dominique MESGOUEZ.

Le 18 septembre 2009


Bretagne - La Fresnaye. Ils ont vaincu l'algue verte (Le Télégramme)
Cela fait maintenant troisans que les algues vertes ne viennent plus souiller les plages de la baie de LaFresnaye. Le fruit de la politique mise en place, il y a huit ans, par la communauté de communes de Matignon. Et d'un travail de longue haleine auprès des éleveurs. Mais pas seulement.

À l'heure où le débat sur la dangerosité des algues vertes fait rage, à Saint-Michel-en-Grève (22) comme à Hillion (22), les habitants du canton de Matignon, eux, profitent des joies de la balade le long de la baie de La Fresnaye. Et quand certaines communes investissent dans des machines hors de prix destinées à ramasser les ulves échouées, la leur est désormais au chômage technique. «Pourtant, il y a encore cinq ans, il fallait fermer les fenêtres quand on se promenait en voiture le long de la côte, se souvient Pierre Bertrand, vice-président de la communauté de communes de Matignon, en charge de l'environnement. C'est tout juste s'il ne fallait pas mettre un masque!».

Premières études en 1999
Comme un peu partout en Bretagne, les premiers phénomènes de marées vertes sont apparus au début des années 80, dans la baie de La Fresnaye. «Ce sont les conchyliculteurs qui, les premiers, ont donné l'alerte», explique l'élu de Saint-Pôtan. Dès 1996, les premières initiatives sont engagées par les acteurs locaux (élus, agriculteurs, usagers de la baie, associations environnementalistes...), dont le projet expérimental est de créer un marais épurateur en aval du Frémur, principal cours d'eau. Mais ce n'est qu'en 1999, quand la compétence environnement devient intercommunale, que les choses commencent vraiment à bouger. Car le phénomène a désormais des répercussions catastrophiques sur le tourisme, secteur primordial pour l'activité économique de la région. «Dès lors, nous avons lancé de nombreuses études pour essayer de comprendre l'origine des marées vertes», confie Alexandra Leconte, technicienne en charge de l'aménagement du territoire à la communauté de communes. Suite Le Télégramme

Marées vertes : fermer le robinet à nitrates ! (Politis)
Il aura fallu qu’un cheval trouve la mort fin juillet, empoisonné par les émanations d’algues vertes en décomposition, pour que le gouvernement semble s’émouvoir de l’ampleur du phénomène des marées vertes sur les côtes bretonnes. Et, début septembre, on apprenait qu’un ouvrier chargé du déblayage des algues était décédé brutalement, à la même période, peut-être en raison de son exposition à leurs émanations. Ces marées vertes ne sont qu’un aspect du phénomène d’eutrophisation des eaux, qui se manifeste par le développement de très grandes quantités de végétaux. En mer, ce sont principalement les ulves qui forment les marées vertes, mais aussi les algues phytoplanctoniques, dont certaines sont toxiques et ruinent la conchyliculture. Dans les eaux douces, prolifèrent certaines variétés de phytoplancton ou de végétaux enracinés, la compétition tournant souvent à l’avantage des algues, dont certaines sont toxiques, comme les algues bleues. À l’origine de ces explosions végétales : les nitrates et les phosphates, éléments nutritifs en excès. Le ministère de l’Agriculture avait calculé que l’excédent de nitrates, rejeté en mer, représentait plus de 700 000 tonnes d’azote par an ! L’agriculture y contribue aux trois quarts… En Bretagne, les déjections animales sont la source principale de cette pollution : 55 % de la production de porcs y est concentrée sur 6 % de territoire national ! Suite dans Politis

Le 25 septembre 2009 : Les scientifiques se mouillent

Algues vertes : le réquisitoire des scientifiques (Ouest France)
Alain Baert, toxicologue ; Pierre Aurousseau, président du CSEB ; Nathalie Hervé-Fournereau, juriste ; Philippe Le Goff, économiste ; Alain Menesguen, directeur de recherche à Ifremer.

Accablant. Le constat dressé par le Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne est sans appel.Tant pour les causes de la pollution que, surtout, pour les carences de l'État.
Pierre Aurousseau, professeur à Agrocampus : « Les algues vertes ne doivent pas être l'arbre qui cache la forêt, il ne faudrait pas oublier tous les autres phénomènes d'eutrophisation des eaux. Leurs causes sont connues depuis vingt ans, toutes les mesures prises sont restées inefficaces : ces désordres doivent être traités à la source, de manière préventive. »

Alain Menesguen, directeur de recherche à Ifremer : « La lutte contre les phosphates n'a été qu'un placebo coûteux et inutile, seuls les nitrates d'origine agricole sont en cause. Les fuites d'azote des bassins versants bretons sont, de 3 à 5 fois supérieures à la normale : 33 mg/l d'eau en moyenne. Je suis formel : pour être efficaces et suivies d'effets sensibles sur les marées vertes, les teneurs en nitrates doivent être ramenées en dessous de 10 mg/l. Le Guillec, dans le Léon, rejette à la mer 97 kg d'azote par hectare et par an. À rapprocher de la Seine, 11 kg, et du Mississipi, 6 kg... »

Alain Baert, toxicologue et médecin légiste au CHU de Rennes : « Ces algues en putréfaction dégagent un gaz hautement toxique, l'hydrogène sulfuré, bien connu des égoutiers. Le risque est certain pour le public comme pour les ouvriers ramasseurs. Les détecteurs sont inutiles : aux valeurs constatées, l'écroulement de tout être vivant est instantané. Les masques à gaz sont indispensables. Stocker ces algues pour en faire du compost, c'est tout aussi dangereux. Quant à autopsier la dépouille de l'ouvrier décédé, une initiative totalement inutile deux mois après les faits... »

Nathalie Hervé-Fournereau, juriste chercheur au CNRS : « L'appareil juridique existe pour assurer la protection du public et des travailleurs, il n'a pas été respecté. C'était un choix politique, nous payons désormais cette inertie. Au fil des règlements et lois bafoués depuis dix ans, la situation est devenue pathologique : la France est sous le coup de multiples condamnations. Une commission interministérielle a été nommée par le gouvernement ? Très bien, mais il y en a déjà eu une en 1999... »

Philippe Le Goffe, économiste, professeur à Agrocampus : « Les dommages économiques provoqués par les algues vertes menacent toute la vocation touristique et résidentielle de la région. Les aides publiques versées en Bretagne aux professions agricoles s'élèvent à un milliard d'euros. Effet pervers, ces subventions confortent la filière dans une apparence de rentabilité économique. Pire, la multiplication des réglementations paralyse le secteur de l'élevage. En vain : normes insuffisantes, contrôles inefficaces, principe pollueur-payeur non appliqué. »
24 scientifiques indépendants. Créé par le Conseil régional voilà quinze ans, le Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne est composé des 24 meilleurs scientifiques de ce domaine. Régulièrement saisi sur la question de la qualité des eaux, il donne ses avis en toute indépendance. L'intégralité de son rapport est consultable sur www.cesb-bretagne.fr
Christophe VIOLETTE.

Le 21 et 22 octobre 2009 : rebondissement

Algues Vertes. Le préfet charge les agriculteurs - Rapport confidentiel – (Le Télégramme)
C'est un rapport sans commune mesure avec les discours habituels de la préfecture. Un rapport (hormis sa conclusion) qu'on croirait signé des associations écologiques. Un rapport qui n'aurait jamais dû être rendu public. Un rapport qui résonne, aussi, comme un aveu d'impuissance.

Rapport sur les algues vertes. "Éviter toute stigmatisation", réagit la préfecture (Le Télégramme)
À la suite de la publication sur notre site internet, hier, d’un rapport confidentiel sur les algues vertes (lire ci-contre), la préfecture des Côtes-d’Armor n’a pas tardé à réagir, via ce communiqué adressé à la rédaction.

Algues vertes. Le rapport confidentiel du préfet qui accable les agriculteurs (Ouest France)
Alors qu’en préfecture, la mission interministérielle chargée du rapport sur les algues vertes recevait cette après-midi les comités de suivi des bassins versant de Lannion et de Saint-Brieuc, une note confidentielle adressée par Jean-Louis Fargeas le préfet des Côtes-d’Armor au Premier ministre, des ministres de l’Intérieur, et à la secrétaire d’État chargée de l’écologie, résonne comme un aveu d’impuissance.

Algues vertes. Un débat explosif (Le Télégramme)
Divulguée mardi soir, la note confidentielle du préfet des Côtes-d'Armor sur les marées vertes suscite beaucoup de réactions chez les agriculteurs et les associations écologistes….
Colère et révolte
Le préfet se fonde sur une simulation de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique). Selon cette étude, il faudrait attendre au moins dix ans pour se débarrasser des algues vertes, même si on arrêtait toute activité agricole. Ce qui conduit le préfet à conclure ainsison rapport: «La diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession n'est pas prête à accepter pour le moment». «Cette évolution n'est pas envisageable pour le moment, répète le préfet, le phénomène ne peut donc que perdurer». Dans les Côtes-d'Armor, 2.190exploitations sont situées dans les bassins sensibles, soit le quart des exploitations du département. La préfecture a cherché à corriger le tir en précisant «que les appréciations formulées reflètent une évaluation de l'état des esprits en juin2009 et nullement la position de l'État sur ce point». Mais cela n'a pas suffi pour apaiser la colère des agriculteurs, d'autant que la note du préfet intervient le jour de la visite en Bretagne d'une mission interministérielle, voulue par FrançoisFillon justement pour renforcer la lutte contre les nitrates. Insistant sur les efforts réalisés, les paysans refusent d'endosser toutes les responsabilités. «Je suis très en colère, choqué, révolté» s'exclame Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture en ajoutant: «Si l'État écrit de telles choses, qu'il vienne sur le terrain dire aux agriculteurs de partir (...). On a enrichi la Bretagne et se faire salir de cette manière, c'est inadmissible».

Saint-Brieuc - Algues vertes : « Le préfet insulte la profession agricole »
La note confidentielle rendue publique aujourd’hui dans nos colonnes et dès hier soir sur notre site internet n’a pas tardé à faire réagir le monde agricole montré du doigt. « Le préfet insulte la profession », déplore Yves-Marie Baudet, responsable Environnement à la FDSEA. « On n’a pas attendu l’avis du préfet pour changer nos modes de production, insiste-t-il. Des expérimentations sont en cours en baie de Saint-Brieuc, d’autres suivront dans les années à venir. »

Les algues vertes malmènent les agriculteurs (Ouest France)
Leur responsabilité ne fait plus de doute. Ils ont déjà investi. Mais ils devront aller plus loin.L'État devra lui aussi s'engager pour concilier environnement et économie.
Analyse

Le 20 octobre 2009

Rapport sur les algues vertes. "Éviter toute stigmatisation", réagit la préfecture (Le Télégramme)
À la suite de la publication sur notre site internet, hier, d’un rapport confidentiel sur les algues vertes (lire ci-contre), la préfecture des Côtes-d’Armor n’a pas tardé à réagir, via ce communiqué adressé à la rédaction.
Le préfet charge les agriculteurs [Rapport confidentiel]
"Entre février et juin2009, un groupe de travail pluridisciplinaire, composé de représentants des services de l’État dans les Côtes-d’Armor, s’est réuni à de nombreuses reprises et a produit un rapport sur la problématique des algues vertes dans le département."

Le 29 octobre 2009

À Vittel, les agriculteurs ont appris à ne plus polluer (Ouest France)
Claude Vuillemin et son associé, Julien Chevrier, agriculteurs à Haréville (Vosges). « Aujourd'hui, on est des pionniers. On sait produire proprement. »
La Bretagne lutte en vain contre nitrates et pesticides. Dans les Vosges, une poignée de paysans et un industriel ont réussi à s'entendre pour préserver les eaux.
Vittel. De notre envoyé spécial

Le 30 octobre 2009 : USA, mise en place taxe azote et phosphore

Azote et phosphore dans l'eau : la baie de Chesapeake fait son marché
On connaissait bien sûr le "Cap and Trade" (marché de permis d'émission), par ses versions très efficaces (SO2, NOX) ou encore en voie de perfectionnement (CO2). Mais ce mécanisme de marché se cantonnait jusqu'à présent aux émissions atmosphériques. Voilà que, dans la baie de Chesapeake, il pourrait être appliqué aux rejets aqueux diffus afin de réduire les teneurs en nitrates et en phosphates.

Un écosystème très fragile et dégradé
La Chesapeake Bay est le plus grand estuaire des Etats-Unis. Son bassin versant couvre plus de 165.000 km2, et inclut tout ou partie de 6 états plus le District de Columbia. Paradoxalement, quoique ausculté en profondeur depuis près de 3 décennies, ce plan d'eau reste très dégradé en termes écologiques, avec des pertes atteignant jusqu'à 99% pour certaines espèces comme les huitres. En 2008, la qualité des eaux avait été classée "très mauvaise" par l'Environmental Protection Agency (EPA). Les symptômes de la dégradation sont connus, mais nombreux: hypoxie, eutrophisation, surprime, espèces invasives, contaminations bactériologiques ou chimiques, etc.....Suite

Le 28 novembre 2009 : Algues vertes sur l'île de Ré

Algues vertes - Léon Gendre part en croisade (Sud-Ouest)
Le maire et conseiller général de La Flotte-en-Ré s'inquiète de l'invasion de son littoral par les algues vertes. Et veut saisir l'État
Léon Gendre, conseiller général et maire de La Flotte, est persuadé que les engrais drainés par la Sèvre Niortaise nourrissent la « laitue de mer ».
Il a déjà constitué un dossier épais comme une encyclopédie, avec photos, courriers, factures, coupures de presse. Léon Gendre n'est pas homme à laisser les algues vertes lui pourrir la vie. Conseiller général et maire de La Flotte depuis 32 ans, il n'est pas né de la dernière marée verte.

Marais poitevin - « Un gigantesque réceptacle des polluants » (Sud-Ouest)
Le 1er janvier 2008, la France a été condamnée par la cour de justice de l'Union européenne pour manquement à ses obligations sur la qualité des eaux destinées à la consommation dans trois départements : la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime. En cause, les teneurs en pesticides et en nitrates. Et quel est le cours d'eau commun aux trois départements ? La Sèvre Niortaise, colonne vertébrale du Marais poitevin.
Le rapport entre les algues vertes de la côte nord de l'île de Ré et les nitrates du fleuve semble couler de source.
« La Sèvre Niortaise dispose d'un gigantesque bassin versant : 630 000 hectares sur quatre départements. C'est le réceptacle de tous les polluants qui se déversent ensuite dans la baie de l'Aiguillon.

30 novembre 2009 : Curatif plutôt que Préventif

Pays de Loire - Pistes pour la laitue de mer (Presse Océan)
Les algues vertes, préoccupations des maires du littoral
Les algues vertes, début août, plage de Pornichet.
La laitue de mer s'invite à la table des maires, réunis au Pouliguen. Une algue toxique et coûteuse !
Les échouages s'intensifient
L'ulva armoricana, plus souvent appelée laitue de mer ou algue verte, est maintenant bien connue du grand public. « Elle a fait son apparition au milieu des années 90 », a expliqué Marc Jaquet, directeur départemental de l'Équipement et de l'Agriculture. Elle touche essentiellement les côtes nord du département, « sur des zones très localisées, entre les mois de juin et d'octobre ». De 2007 à 2009, on remarque une intensification des échouages : fréquence, extension des sites concernés et superficies. « La pollution des plages est le résultat de la pollution dans nos champs », a fait remarquer André Trillard, président des maires de l'Ouest du département.

Le 2 décembre 2009

La baie du Mont au péril des nitrates... (Ouest France)
Les piliers de l'étude : Jean-Philippe Lacoste, directeur régional du Conservatoire ; le professeur Jean-Claude Lefeuvre ; Patrick Larivière, maire de Pontorson ; Romain Vial et Mickaël Marie, chargés de mission.
Le Conservatoire du littoral a ausculté longuement l'immense baie du Mont-Saint-Michel. Son état est satisfaisant. Mais un danger la guette : les nitrates dégradent la qualité des eaux douces.
Une et indivisible
L'enjeu de cette grosse étude que vient juste d'achever le Conservatoire du littoral est la préservation de la baie du Mont-Saint-Michel, un espace de 500 km2, le long de 110 km de littoral de Granville à Cancale. « C'est prendre conscience que la baie du Mont est une et indivisible », dit Jean-Philippe Lacoste, directeur régional du Conservatoire. « Au départ, il a fallu vaincre bien des a priori par rapport à Natura 2000, cadre du document d'objectifs. Ensuite, les 270 réunions se sont déroulées dans un bon climat », raconte Patrick Larivière, maire de Pontorson et coordonnateur du projet.
Chiendent maritime

Le 3 février 2010

Lannion - « Privilégier une agriculture herbagère » (Ouest France)
Pour mettre fin aux phénomènes des algues vertes, le président du comité des bassins versants de la Lieue-de-grève estime, qu'en préventif, on doit changer de pratiques agricoles. Il faut passer à une agriculture herbagère.
Entretien
Jean-Claude Lamandé, président du comité des bassins versants de la Lieue-de-Grève.
Le Conseil des ministres doit dévoiler, ce mercredi, son plan d'actions pour lutter contreles algues vertes. Qu'en attendez-vous ?
Des finances, bien sûr. Pour l'instant, on a surtout entendu parler de l'aspect curatif mais nous attendons des mesures préventives.

Quelles sont, selon vous, les solutions pour éradiquer ce phénomène des marées vertes ?
Le curatif passe par une accélération du ramassage mais aussi une collecte dans le rideau, en mer, à une profondeur entre 20 cm et 1 mètre, pour casser le cycle de reproduction de l'algue. En préventif, on doit changer de pratiques agricoles. Il faut qu'on passe à une agriculture herbagère uniquement.
Remplacer le maïs par des cultures herbagères et fourragères, qu'en pensent les agriculteurs ?....

Lannion - Eau minérale et label « zéro marée verte » (Ouest France)
Pour Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor, et Denis Baulier, « ce sera la guerre juridique à tout bout de champ » si l'État ne les suit pas.
« Mettre fin aux politiques d'échecs. » Lundi soir, Sauvegarde du Trégor a présenté son plan pour mettre fin aux algues vertes. Pour l'association, les différentes politiques « ont mené à des échecs ». Ils attendent de l'État qu'il impose une norme à 10 mg de nitrate dans les rivières, une extension de la législation sur les zones de captage d'eau et une aide à la création de leur coopérative.....

Le 26 février 2010

Plan de lutte contre les marées vertes : la Bio n’est pas citée (Bio-Market)
Les Verts dénoncent le "manque d'ambition des mesures proposées" dans le "Plan de lutte contre les algues vertes" présenté par le ministre Bruno Le Maire le 9 février dernier. Dans leur communiqué de presse, les Verts estiment que ces mesures ne font que "corriger les effets les plus dramatiques d'une politique agricole ultra-intensive qui étouffe les territoires bretons, sans s'attaquer aucunement aux causes globales du phénomène".

Le 26 août 2010

Les algues vertes moins présentes en Bretagne en 2010 (Le Monde)

Un an après la visite express du premier ministre François Fillon sur les plages du département, les Côtes-d'Armor gardent l'œil sur leurs rivages et constatent qu'après trois années de fortes marées, le phénomène des algues vertes connaît une sensible réduction en 2010. Ce n'est évidemment pas ce déplacement ministériel, ni sans doute les moyens financiers (700.000 euros) débloqués dans le cadre d'un plan jugé insuffisant par les élus locaux, qui sont à l'origine de cette miraculeuse régression, mais plutôt la météo.

Un hiver long et rigoureux a fait chuter la température de l'eau de mer à moins de 10 °C. "Ce climat agité a entraîné une importante dispersion des algues résiduelles au large", explique Sylvain Ballu, du Centre d'études et de valorisation des algues (CEVA) de Pleubian, organisme qui, depuis 2002, compte parmi ses missions le suivi des marées vertes sur les rivages bretons. "D'importants ramassages sur les plages durant l'année 2009 et des débits de cours d'eau, qui charrient les nutriments [pour partie d'origine agricole], plus faibles que les années passées, sont deux autres facteurs importants de cette réduction des marées vertes", constate-t-il…..

Le 14 septembre 2010

Algues vertes. Un face-à-face dimanche à Sainte-Anne-la-Palud (29) ?

Dans la région du Porzay (29), les agriculteurs tentent de mobiliser pour contrer la manifestation régionale organisée contre les algues vertes dimanche prochain à Sainte-Anne-la-Palud. Trois semaines après le grand pardon aux abords de la chapelle de Sainte-Anne-la-Palud, le pèlerinage des écologistes sur les dunes du Porzay, le week-end prochain, s'annonce tout aussi spectaculaire. Une cinquantaine d'associations régionales ont, en effet, annoncé leur venue, et continuent de relayer l'appel à mobilisation. Le mot d'ordre: «Algues vertes, ça suffit!». Et Jean Hascoët, le porte-parole de Baie de Douarnenez Environnement, à l'origine de l'initiative, d'espérer «une marée humaine disant non aux marées vertes». Dans leur communication, les écologistes ont pris soin de ménager les agriculteurs, qu'ils se gardent bien de désigner comme les boucs émissaires. «Notre état d'esprit est de maintenir les exploitations agricoles», a répété Jean Hascoët. La cible? C'est l'État. «Les études multipliées, les programmes successifs (prolittoral, Bretagne eau pure 1, 2 et 3, bassins-versants) ont prouvé leur inefficacité. Des actions préventives sont possibles mais l'État fait la sourde oreille».

La FDSEA bat le rappel...

Le 17 septembre 2010

Algues vertes: Europe écologie va déposer un recours auprès de l'Europe (Ouest France)

Une centaine d'associations attendues dimanche à Saint-Anne-la-Palud… Europe écologie Bretagne (EEB) va déposer «sous dix jours» un recours auprès de la Commission européenne contre l'Etat français pour ses «manquements» dans la gestion des algues vertes, notamment l'absence de mesures préventives, ont annoncé ses responsables. Dans le plan lancé cette année par le gouvernement français pour lutter contre les algues vertes «il y a des aspects curatifs de ramassage et de traitement des algues mais sur le plan préventif on continue à différer» et «les 70.000 tonnes annuels de nitrates continuent à aller à la mer», a estimé Janick Moriceau, conseillère régionale (Verts) EEB. «Nous allons lancer une procédure de recours en manquement auprès de l'Union européenne", a expliqué Guy Hascoët, conseiller régional d'EEB. «Respect des traités européens»….

Manif. « Sainte-Anne ne méritait pas ça! » (Le Télégramme)

Au grand dam des habitants du Porzay, la plage de Sainte-Anne La Palud sera dimanche sous les feux des projecteurs pour le problème des algues vertes. Dans la commune, on ne comprend pas pourquoi ce site a été choisi. Des Plonévéziens font aussi corps avec leurs agriculteurs. Bar le Porzay, 10h30, hier. Alain Caradec s'active entre le tabac-jeux et le zinc. Algues vertes, manifestation? Évidemment, il a son sentiment, mais aussi du bon sens. «J'ai une clientèle d'agriculteurs. Tout le monde tire à boulets rouges sur eux. Je suis partagé car je les entends. Il faudrait les aider à se reconvertir dans une agriculture différente. Les algues vertes, les touristes n'en parlent pas. Il n'y en a pas sur la grande plage de Sainte-Anne, ni à Kervel. Ici ce n'est pas un sujet abordé car les gens se connaissent et ne veulent pas se fâcher». Un client passe et tempère. «Certains ont peur que la manifestation donne une mauvaise image de la région, mais les algues aussidonnent une mauvaise image». Didier, accoudé à côté, est un habitué de Sainte-Anne. «Je pêche le bar depuis la plage, dit-il. C'est pas possible avec les algues. Mais manifester ne servira à rien. On n'aura jamais une agriculture bio. Pour les algues, on ne pourra rien faire et c'est pas nouveau. Tout le monde est coupable, la surexploitation, les rendements à la campagne, les particuliers avec leurs pesticides…..

Algues Vertes. Verts et UDB appellent l'Europe à l'aide (Le Télégramme)

Les Verts et l'UDB vont saisir la commission européenne pour qu'elle impose à la France d'agir efficacement dans la lutte contre les algues vertes. Cette «plainte citoyenne», à laquelle collectivités, associations et particuliers sont invités à se joindre, fera l'objet d'une large diffusion, demain, sur le site du rassemblement de Sainte-Anne-la-Palud (29).

Une «dénonciation» - «Plus qu'une plainte au sens du droit français, il s'agit d'une dénonciation à la commission du comportement de la France qui bafoue la réglementation et les traités européens», précise Guy Hascoët, porte-parole des Verts au conseil régional. «Ce recours vise le non-respect des directives européennes sur les rejets et la qualité de l'eau, mais aussi la mauvaise administration des moyens publics, en l'occurrence les aides européennes affectées à une agriculture productiviste dont on connaît les dégâts» résume-t-il. «Le plan de lutte contre la prolifération des algues vertes ne prévoit aucune mesure préventive sérieuse», poursuit Janick Moriceau (élue région Verts). «Et l'expérimentation, sur deux bassins seulement, n'avance pas», ajoute-t-elle en stigmatisant l'inaction de l'État….

Le 24 septembre 2010

Le nord-Vendée est exposé aux marées vertes (Ouest France)

Les apports d'algues en Vendée ont été peu importants en 2010 par rapport à l'an dernier.

Patrick Dion, du centre d'études et de valorisation des algues (CEVA) a expliqué la prolifération des algues lors d'une conférence. Ce phénomène connu en Bretagne a pointé en Vendée. Pourquoi ? Comment ?

Où se déposent les algues vertes sur les côtes vendéennes ? - Des observations du centre d'études et de valorisation des algues ont identifié plusieurs sites vendéens où les apports d'algues vertes sont jugés « significatifs » ces dernières années. Ils sont localisés sur l'ensemble des côtes de l'Ile de Noirmoutier à la fois en bais de Bourgneuf et sur la côte ouest. Le secteur des pays de Monts est également touché. Ailleurs des arrivées dans de faibles proportions ont été repérées, à Brétignolles-sur-Mer, aux Sables d'Olonne et sur la côte du Sud Vendée... Les apports des ulves en Vendée restent toutefois limités au regard des tonnages collectés en Bretagne : 80 000 m3 l'an dernier.

Quelles conditions favorisent le développement des algues vertes ? - Le phénomène de « marée verte » est lié à une conjonction de conditions propices. Pour se développer les ulves ont besoin de lumière, d'un réchauffement de l'eau mais aussi de sels nutritifs. Le phosphore et surtout l'azote jouent un rôle moteur. Ces éléments, les algues vont les trouver dans les apports des rivières via leurs bassins versants. L'utilisation des fertilisants agricoles est directement visée. « Sur le phosphore, on ne peut guère agir, car il s'incorpore au sédiment. En revanche, la clé du problème est à mon sens du côté de l'azote qui se dilue dans l'eau. »

Pourquoi les algues stagnent sur certains sites de la côte ?....

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Le 19 novembre 2010

Algues vertes : ramasser un m3 coûte 24,38 € (Ouest France)

Algues vertes - Comme elle le fait pour toutes les communes concernées par le ramassage des algues vertes, la chambre régionale des comptes a rendu son rapport d'observations définitives sur les exercices 2007, 2008 et 2009.

À Concarneau, le prix du m3 est estimé à 24,38 €. C'est plus cher qu'à La Forêt-Fouesnant (15,54 €). Les quantités ramassées sont cependant inférieures à celles récupérées à La Forêt : 2 200 m3 en 2009, 1 328 m3 en 2010 contre 5 963 m3 à la Forêt en 2009. Le ramassage des algues a coûté 54 000 € en 2009, 32 000 € ont été pris en charge par l'État.

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Biodiversité. Eau et Rivières compte sur les jeunes (Le Télégramme)

À l'occasion de l'année mondiale de la biodiversité, Eau et Rivières lance une nouvelle campagne de «contributeurs» au recensement des espèces bretonnes, à l'intention des jeunes et, en particulier, des scolaires. Eau et Rivières n'a pas attendu2010, année mondiale de la biodiversité, pour évoquer les menaces qui pèsent sur certaines espèces et promouvoir la défense desmilieux aquatiques. La nouvelle campagne lancée à l'intention des jeunes (à partir duCE2) s'étendra jusqu'à la fin2011. Intitulée «La nature à notre porte», l'opération lancée par l'association environnementale invite les scolaires, mais également les jeunes des centres de loisirs ou les familles, à participer à l'inventaire régional de la faune et de la flore des milieux naturels aquatiques… Pratique : www.educatif.eau-et-rivières.asso.fr

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Le 29 novembre 2010

L’élevage français menacé (Ane)

La fédération France Nature et Environnement a interpellé le Président de la république, Mr Nicolas Sarkozy, qui s’est rendu hier dans l’Allier pour présider une table ronde sur la situation des éleveurs, sur la nécessité de promouvoir des élevages plus autonomes et plus durables. En effet, la crise que traverse l’élevage français est essentiellement due à son inadaptation au terroir. Les élevages sont surdimensionnés et concentrés sur des surfaces agricoles insuffisantes pour nourrir les animaux et pour absorber leurs effluents (lisiers, etc.), estime FNE. « Fragiles sur les plans économique, social et environnemental, ces élevages sont de toute manière condamnés à moyen terme. Les subventions publiques ne peuvent plus continuer dans cette impasse », s’inquiète Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE. « Ces élevages doivent être encouragés par les politiques publiques. Chacun est conscient que dans le Massif Central où se rend le Président de la République aujourd’hui, une logique ultra-libérale conduirait inévitablement à l’abandon des terres », ajoute Jean-Claude Bévillard.

Pour rappel, l’Europe importe 80% des protéines nécessaires à son élevage, notamment sous forme de soja OGM. Quant aux problèmes de pollution liés à ces élevages intensifs, on ne les compte plus. La prolifération des algues vertes en Bretagne en est l’exemple le plus criant. Cette situation devient intenable, peut on lire dans un communiqué de presse. Aussi, les subventions publiques, de la PAC notamment, doivent encourager la reconversion des élevages vers une meilleure valorisation des ressources locales. Le but est de distribuer les aides aux élevages les plus autonomes en intrants (aliments, énergie, engrais, pesticides...) et les plus respectueux du bien-être animal.

C’est pourquoi, FNE demande au Président de la République de saisir l’opportunité de son déplacement en Auvergne pour enclencher en France un changement de modèle d’élevage, plus autonome et plus durable. Outre des charges et des surcoûts croissants, liés notamment aux nouvelles exigences environnementales et de bien-être animal, les éleveurs supportent aujourd'hui les conséquences des crises récentes qui ont provoqué une érosion de leurs revenus et, à leurs yeux, une perte de confiance de la société. Privés de perspectives d'avenir, de nombreux exploitants sont enclins à abandonner l'élevage, alors que les jeunes se détournent de ce métier. Dans les zones rurales fragiles, cette évolution menace la pérennité d'acteurs économiques fortement dépendants de la présence d'éleveurs, tels les abattoirs, les vétérinaires ou les PME travaillant dans la transformation des produits, mais également celle des services de proximité, tels que les écoles, les postes ou les petits commerces….

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5 décembre 2010

Algues vertes: condamné, l'Etat n'a toujours pas indemnisé les associations (Sciences et Avenir)

Des associations vont déposer un recours contre l'Etat qui, un an après sa condamnation par la justice pour la prolifération des algues vertes en Bretagne, ne leur a toujours pas versé les dommages et intérêts accordés, a-t-on appris vendredi de source associatives. (c) Afp

Des associations vont déposer un recours contre l'Etat qui, un an après sa condamnation par la justice pour la prolifération des algues vertes en Bretagne, ne leur a toujours pas versé les dommages et intérêts accordés, ont-elles annoncé vendredi. Les quatre associations de défense de l'environnement concernées "vont déposer un recours contre l'Etat pour demander à être indemnisées dans les plus brefs délais", a déclaré à l'AFP Michel Guillemot, président de "Halte aux marées vertes". "Nous avons demandé à notre avocat de déposer ce recours et les autres associations font de même", a-t-il précisé. "L'Etat est mauvais joueur. Il a été condamné et ne s'est toujours pas plié à cette décision de justice (...) Il devrait faire preuve d'un minimum de respect à l'égard d'associations qui sont ses partenaires", a estimé M. Guillemot, évoquant les réunions régulières avec l'Etat sur la question des algues vertes.

"L'Etat n'a pas de problème pour financer des projets de méthanisation mais il ne trouve pas quelques milliers d'euros pour indemniser des associations", a-t-il encore souligné. Il y a un an, la cour d'appel administrative de Nantes avait condamné l'Etat à verser 15.000 euros à l'association Eau et Rivières de Bretagne, contre 2.000 euros en première instance. La cour avait également attribué 3.000 euros aux associations "Halte aux marées vertes", "Sauvegarde du Tregor" et "De la source à la mer"….

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Le 10 mars 2011

Plan algues vertes : les scientifiques prônent des changements structurels majeurs des pratiques agricoles (Actu-Environnement)

Dans un rapport publié récemment, le Comité d'experts chargé d'évaluer le Plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes doute de l'efficacité du Plan et appelle à des changements structurels majeurs des pratiques agricoles.

C'est un rapport sévère, rédigé à la demande du préfet de la Région Bretagne et daté du 7 février 2010, qu'a remis le Comité scientifique chargé d'évaluer le Plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes. Le projet de la Lieue de Grève obtient un "avis globalement positif" assorti de "réserves significatives sur plusieurs points." Quant à celui de la Baie de Saint-Brieuc il n'est tout simplement "pas acceptable en l'état", notamment car il est "trop conventionnel [et il] ne se place pas d'emblée dans la nécessité de la mise en place d'un nouveau modèle agricole."

Certes, le Comité souligne que les projets de la Lieu de Grève et de la Baie de Saint-Brieuc "marquent clairement une volonté de la profession agricole de diminuer les fuites d'azote nitrique à la rivière et à la mer côtière […], un premier point très positif", mais il pondère ces propos et juge que "néanmoins, ces deux projets proposent des actions dont l'ambition globale risque d'être insuffisante." En effet, "les méthodes retenues dans ces deux projets ont déjà été utilisées pour plusieurs d'entre elles dans les programmes d'action précédents et se sont avérées insuffisamment efficaces", estiment les chercheurs.

Ils regrettent en particulier que l'accent ne soit pas mis sur des pratiques permettant de réduire massivement les apports d'azote, telles qu'une diminution massive des excédents d'azote et un usage parcimonieux des engrais minéraux, une meilleure utilisation des déjections, "voire réduction du cheptel si besoin."…

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Le 13 avril 2011

Un Grenelle de la Mer pour rien ?

La France ne respecte toujours pas le cadre européen d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre «stratégie pour le milieu marin»)

Voir tous les documents sur le site Europa : Stratégie pour le milieu marin

La Commission européenne demande à la France et à l'Irlande de protéger leurs mers

La Commission demande à la France et à l'Irlande de se conformer à la législation de l'UE, qui impose aux États membres d'élaborer des stratégies marines pour protéger leurs mers. Aucun de ces deux États membres n'a communiqué à la Commission les dispositions nationales transposant la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», qui auraient dû être en place pour le 15 juillet 2010. Sur recommandation du commissaire en charge de l’environnement, M. Janez Potočnik, la Commission a décidé d'adresser un avis motivé à ces États membres. Si la France et l'Irlande ne s'acquittent pas de leurs obligations légales, la Commission peut saisir la Cour de justice de l'UE et, déjà à ce stade, demander à la Cour d'imposer des sanctions pécuniaires.

L'Europe est attachée à la protection des écosystèmes et de la diversité biologique du milieu marin. Les activités marines telles que la pêche, le tourisme et les loisirs sont tributaires de la bonne qualité des eaux. La protection des eaux marines d'Europe est assurée par une pièce maîtresse de la législation européenne, à savoir la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» (2008/56/CE), dont l'objectif est de parvenir à un bon état écologique du milieu marin européen au plus tard en 2020.

La directive exige que les États membres élaborent des stratégies coordonnées en vue de protéger et de restaurer les écosystèmes marins d'Europe, et qu'ils veillent à garantir la viabilité écologique des activités liées au milieu marin.

Les États membres évaluent l'état écologique de leurs eaux marines et l'impact des activités humaines sur ces eaux avant de déterminer leur «bon état écologique» sur la base de critères ayant trait à la biodiversité, à la santé des stocks de poissons, aux concentrations de contaminants et à l'eutrophisation (prolifération d'algues qui étouffent les autres organismes), à la présence d'espèces non indigènes et de déchets dans les mers et à la pollution sonore sous-marine. Des objectifs et des indicateurs sont ensuite fixés pour parvenir à ce bon état écologique et un programme de mesures est élaboré en vue de la réalisation des objectifs..... Télécharger le communiqué en cliquant Ici

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L'azote, transporté par les cours d'eau, est rejeté à la mer, causant le ''développement d'algues toxiques et de zones biologiquement mortes, particulièrement dans la mer du nord, l'Adriatique, la Baltique et les côtes bretonnes''….

Cent cinquante à 740 euros… C'est en Europe le coût par personne et par an de la pollution de l'eau, de l'air et des sols due à l'azote, selon l'évaluation européenne pour l'azote (ENA), conduite par 200 experts de 21 pays et 89 organisations, et publiée le 11 avril.

Au total, le coût annuel des dommages causés par l'azote est compris entre 70 et 320 milliards d'euros à l'échelle européenne, ''soit plus du double des bénéfices résultant de l'utilisation de l'azote dans l'agriculture européenne''. Car l'agriculture est la principale source de rejets en Europe (engrais minéraux et effluents d'élevage). L'alimentation animale est particulièrement pointée du doigt dans cette étude (80 % de l'azote utilisé dans l'agriculture). Selon le coordinateur de l'ENA, Mark Sutton, ''près de la moitié de la population mondiale dépend des engrais azotés synthétiques utilisés pour la production alimentaire, mais des mesures sont nécessaires pour réduire les impacts de la pollution azotée. Les solutions incluent une utilisation plus efficace des engrais minéraux et organiques (fumiers, lisiers, composts, …) et des choix alimentaires visant à une consommation modérée de viande''. L'étude précise que la consommation européenne de protéines animales (produits carnés ou laitiers) dépasse de 70 % les recommandations nutritionnelles…. Source : Actu-Environnement : Pollution à l'azote : une étude européenne pointe du doigt la forte consommation de protéines animales

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Le 28 février 2012

Europe Nitrates France Algues vertes....

Environnement : la Commission assigne la France devant la Cour de justice pour son incapacité à lutter contre la pollution des eaux par les nitrates

Commission européenne - Communiqué de presse

La Commission européenne traduit la France devant la Cour de justice de l'UE pour n'avoir pas pris les mesures efficaces contre la pollution des eaux par les nitrates. Bien que la directive «Nitrates» soit en vigueur depuis 1991, la France n'a toujours pas désigné un certain nombre de zones vulnérables à la pollution par les nitrates, et il lui reste à adopter des mesures pour lutter efficacement contre cette pollution dans ces zones. La Commission poursuit donc la France devant la Cour de justice de l'UE, sur la recommandation de M. Janez Potočnik, membre de la Commission chargé de l'environnement.

Les nitrates sont essentiels à la croissance des plantes et sont largement utilisés comme engrais, mais leur utilisation excessive entraîne une pollution importante des eaux. La directive «Nitrates» vise à protéger la qualité de l'eau dans toute l'Europe en empêchant que les nitrates utilisés dans l'agriculture ne polluent les eaux souterraines et de surface et en favorisant le recours aux bonnes pratiques agricoles. Les États membres sont tenus de désigner les zones vulnérables à la pollution par les nitrates et d'adopter des mesures visant à réduire et à prévenir la pollution dans ces zones. À ce titre, ils doivent notamment prévoir des périodes durant lesquelles l'épandage d'effluents d'élevage et d'engrais chimiques est interdit, des capacités suffisantes de stockage des effluents d'élevage lorsqu'ils ne peuvent pas être épandus, ainsi que des limitations frappant l'épandage des fertilisants.

Les données relatives à la qualité de l'eau montrent que certaines zones de France sont dans les faits vulnérables à la pollution par les nitrates, mais ne sont pas, à l'heure actuelle, désignées comme telles. La Commission demande donc instamment à la France de prendre des mesures en désignant davantage de zones et en élaborant des plans appropriés pour faire face au problème.

En outre, la législation et les programmes d'action adoptés manquent de précision et présentent de nombreuses lacunes: les périodes d'interdiction sont inappropriées et les restrictions concernant l'épandage des effluents d'élevage et des fertilisants sont insuffisantes. La Commission a envoyé un avis motivé à la France le 26 octobre 2011 (voir IP/11/1266), pressant la France d'agir rapidement pour remédier à la situation; la France a accepté de modifier sa législation, mais la lenteur et l'insuffisance des changements proposés ont conduit la Commission à saisir la Cour de justice de l'UE.

Contexte

La directive «Nitrates» (91/676/CEE) impose aux États membres de surveiller leurs eaux et de définir les eaux atteintes, ou susceptibles de l'être, par la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles. Elle exige des États membres qu'ils désignent comme zones vulnérables aux nitrates toutes les zones connues sur leur territoire qui alimentent ces eaux et qui contribuent à la pollution. Ils doivent également mettre en place pour ces zones des programmes d'action appropriés visant à prévenir et à réduire cette pollution.

Des concentrations excessives de nitrates peuvent nuire aux eaux douces et à l'environnement marin en y favorisant la prolifération d'algues qui étouffent les autres formes de vie, phénomène connu sous le nom d'eutrophisation. L’épuration des excédents de nitrates présents dans l'eau potable est, en outre, un processus très coûteux.

Pour en savoir plus :

Pour consulter les statistiques actuelles sur les infractions en général, cliquer ici

Pour plus de renseignements sur la directive «Nitrates», cliquer Ici

Voir également:

Complément d'information concernant la directive-cadre sur l'eau, cliquer Ici

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Le 29 août 2012

Après les algues vertes, "les algues bleues : un problème d'environnement majeur" (Le Monde)

La prolifération d'algues vertes relèverait d'un "mécanisme bien connu" de l'eutrophisation liée à l'enrichissement des eaux littorales en azote inorganique.

Les algues vertes continuent d'envahir cet été certaines plages des Côtes d'Armor et du Finistère, tandis que les huit chartes de territoire censées limiter les fuites d'azote qui favorisent la prolifération de ces algues en mer progressent difficilement.

Lire aussi notre reportage : La Bretagne échoue à endiguer les marées vertes

Alors que la ministre de l'écologie, Delphine Batho, veut promouvoir "un nouveau modèle agricole" pour lutter contre les ulves, les scientifiques s'inquiètent désormais d'une autre pollution, celle des algues bleues. Des associations de défense de l'environnement se sont d'ailleurs regroupées en une Coordination Verte et bleue. Pierre Aurousseau, chercheur et professeur à l'Agrocampus Ouest de Rennes, président du Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne, explique cette nouvelle menace.

Les proliférations d'algues bleues sont désormais associées aux marées d'algues vertes. Pourquoi ?

Ce sont les différentes facettes de la dégradation de la qualité des eaux. Trois familles de "maladies" sont liées à leur eutrophisation. En zone littorale, où on constate la prolifération de macro-algues, les ulves, qui donne les marées vertes, il y a en outre des efflorescences de phytoplancton, des micro-algues dont certaines secrètent des toxines. En eaux douces, on observe des "blooms" - des explosions brutales - de cyanobactéries, dites algues bleues. Qu'ils soient marins ou d'eau douce, ces micro-organismes(phytoplancton et cyanobactéries) sont proches et parfois toxiques. Ils peuvent causer des atteintes neurologiques, digestives, dermatologiques... voire être mortels.

Quelles sont les algues les plus dangereuses ?

On connaît bien l'hydrogène sulfuré toxique que dégagent les tas d'ulves en décomposition. Et les risques dermatologiques et gastriques auxquels expose une baignade dans un étang où se sont concentrées des cyanobactéries. Mais les intoxications marines sont difficiles à diagnostiquer, car certains symptômes sont proches de ceux d'un accident vasculaire cérébral.

Le Réseau de surveillance du phytoplancton et des phytotoxines (Rephy), qui a en charge la surveillance du littoral français, a par exemple repéré dans le Finistère, en juillet, la pseudo-nitzschia, une micro-algue qui produit une neurotoxine susceptible d'entraîner des amnésies dans les cas les plus graves. Il a également observé une autre microalgue de type Alexandrium qui peut causer des paralysies. Le ramassage et la commercialisation de coquillages ont été interdits.

Toutes ces algues sont-elles comparables d'un point de vue chimique et biologique ?

Pas exactement. En eau douce, on est confronté à des cyanobactéries qui se développent surtout grâce au phosphore et qui, à la différence des microalgues en mer, fixent l'azote atmosphérique et non pas l'azote présent dans l'eau. Certains en tirent argument pour nier la responsabilité des rejets agricoles. On est là dans le déni, car toutes les proliférations [algues vertes, phytoplancton marin et cyanobactéries] sont liées à des apports excessifs de nutriments venus de la terre, en particulier d'origine agricole.

Il y a une polémique sur les causes de la mort de 36 sangliers sur les plages bretonnes à l'été 2011. Est-elle due au gaz dégagé par les algues vertes, à des cyanobactéries dans l'estuaire du Gouessant, ou aux deux ?

On dispose de preuves incontestables concernant l'hydrogène sulfuré. Quoi qu'il en soit, notre responsabilité de scientifiques est de restituer le phénomène des marées d'algues dans le contexte général de l'eutrophisation des eaux. La Bretagne n'est pas la seule région touchée, mais huit de ses retenues majeures d'eau douce souffrent d'eutrophisation.

"Ni vertes, ni bleues, halte à la prolifération des algues !", disent les associations de défense de l'environnement, dont les rencontres auront lieu à Trémargat (Côtes-d'Armor) les 22 et 23 septembre. Est-ce justifié ?

Oui. Il faut parler davantage de toutes les microalgues toxiques. Elles constituent un de nos problèmes d'environnement majeurs, encore trop peu connu. La mort d'un cheval sur une plage bretonne [en 2009] et son suivi médiatique ont fait plus pour la prise de conscience sur ces questions que des palettes de rapports scientifiques.

Propos recueillis par Martine Valo

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Prolifération d'algues dans la mer Baltique (BE)

En période estivale, les algues prolifèrent massivement dans la mer Baltique vers les côtes scandinaves mais également dans le Golfe de Riga et la côte ouest lettone ; c'est ce que montrent les images satellites fournies par l'Institut d'Environnement de Finlande [1]. Les algues réduisent de manière significative la quantité d'oxygène dans l'eau ce qui implique une augmentation des zones marines mortes, comme le montre la vidéo de la WWF Finlande.


Pourquoi ces algues se forment-elles dans la mer Baltique ?

Une des causes principales de la formation des algues est l'eutrophisation : la mer reçoit plus d'éléments nutritifs, phosphate et nitrate qu'elle n'est capable de traiter. Ces éléments organiques proviennent de la terre, des épandages agricoles avec la fuite des engrais (effets de la politique d'agriculture intensive et de la diminution des zones humides) mais aussi des transports maritimes, des rejets industriels (fabrication, production énergétique, etc.) et urbains (inefficacité des stations d'épuration, non traitement des déchets ménagers).

Les données fournies par la Commission Balte pour la Protection des Milieux Marins (HELCOM) [2] montrent qu'au moins 24% du phosphore dans la mer Baltique provient directement des détergents ménagers. Il est cependant important de noter que les lessives à haute teneur en phosphore ne sont plus commercialisées en Lettonie et dans plusieurs pays de la région de la mer Baltique.

Chaque année, un million de tonnes d'azote et 35.000 tonnes de phosphore sont rejetés dans la mer Baltique. Elle contient quatre fois plus d'azote et huit fois plus de phosphore qu'au début des années 90. La plupart des nutriments rejetés dans la Baltique proviennent des cinq grands fleuves : le Neva, le Niémen, la Daugava, la Vistule et l'Oder. Malgré une prise de conscience de ce phénomène ces dernières années, la situation a peu changé.

Quels sont les effets de l'eutrophisation ?

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Le 5 mars 2013

Directive Nitrates : les zones vulnérables en 2013


Source : Ministère de l'Ecologie

La directive européenne 91/676/CEE dite Nitrates a pour objectif de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole. En France, elle se traduit par la définition de territoires (les "zones vulnérables") où sont imposées des pratiques agricoles particulières pour limiter les risques de pollution (le "programme d’action"). Ces territoires et ce programme d’action font régulièrement l’objet d’actualisations.

Ces zones ont été révisées en 2012 sur la base des résultats de concentrations des eaux souterraines et superficielles observés en 2010-2011.

Aujourd’hui, environ 55 % de la surface agricole de la France est classée en zone vulnérable, cela correspond aux régions où l’activité agricole est la plus importante. Cette révision s’est traduite par le classement de 1 440 communes supplémentaires aux quelque 18 400 communes déjà concernées, essentiellement localisées dans les bassins Adour Garonne, Loire Bretagne, Rhône Méditerranée et Seine Normandie. 617 communes ont été déclassées au vu de l’amélioration ponctuelle de la qualité des eaux superficielles et souterraines traduisant les efforts réalisés par les agriculteurs dans la maîtrise des pollutions azotées ; ces communes déclassées sont essentiellement localisées dans les bassins Adour Garonne et Artois Picardie.

Les cinquièmes programmes d’actions en cours de concertation s’appliqueront sur ce nouveau zonage.

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A l'occasion d'une visite conjointe au salon de l'agriculture, vendredi 1er mars, les ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie ont annoncé un assouplissement des mesures du programme national d'actions nitrates en faveur de l'élevage.

Ils précisent ainsi défendre le stockage au champ du fumier compact pailleux pendant 10 mois afin de limiter les investissements en stockage pour les éleveurs. Pour les mêmes raisons, les ministères précisent que les besoins en stockage demandés par la réglementation seront évalués en fonction de la charge azotée des effluents afin de tenir compte des différences géographiques et des différents types d'élevage.

Par ailleurs, une période transitoire pour l'application des nouvelles normes est prévue, jusqu'en 2016, pour certaines catégories d'effluents ; le seuil de pente au-delà duquel l'épandage de fertilisants est interdit a été relevé et les mesures relatives aux cultures intermédiaires piège à nitrates (CIPAN) seront fixées au niveau régional afin de pouvoir s'adapter aux spécificités locales.

Le ministère précise que le dispositif global sera prochainement soumis à l'avis de l'autorité environnementale puis à la consultation du public et sera "défendu" au niveau communautaire.

Florence Roussel

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