mercredi 6 mai 2009

Arrêtons la « Casse » de la Pêche Artisanale !

Dans quel monde vivons-nous ? Alors que la surcapacité des flottilles est reconnue par tout le monde et qu’elle est considérée comme la plaie à combattre pour régénérer les ressources halieutiques, les chantiers navals continuent de construire des bateaux toujours plus gros. Thonier-senneur de 90 mètres de longueur mis à l’eau en Bretagne pour l’Océan Indien. Chalutier de plus de 100 mètres de longueur au Danemark….

La principale victime dans tout cela, la pêche artisanale. La casse des bateaux de pêche de moins de 24 mètres se poursuit de plus belle et surtout parmi les plus petits contre toutes logiques environnementale, énergétique, économique et sociale. En définitive, seul compte le profit de quelques sociétés car dans le domaine halieutique la concentration des activités s’accélère depuis le début des années 2000.

Personne ne veut aborder le problème de front. Le Marin en parle d’une façon détournée dans un dossier thématique sur les assurances : « France : La réduction des flottilles préoccupe les assureurs »

« La masse assurable des navires de pêche est en baisse constante et régulière en France depuis de nombreuses années. Les constructions neuves se font au compte-goutte". Les encouragements gouvernementaux à la sortie de flotte vont accentuer ce mouvement. Avec le plan mis en place en 2009, c'est une part vraisemblablement proche de 10 % de la flottille qui se sera évaporée en 2 ans. Ailleurs en Europe, la tendance est parfois pire. La flotte de pêche a diminué de 20 % en Espagne, de 18 % en Italie, de 11 % au Royaume uni entre 2000 et 2006. "2008 a été marquée par une recrudescence des pertes totales (plus de 30) essentiellement dans la pêche artisanale. Il apparaît souvent des phénomènes de fatigue, tant dans l'engin nautique que des navigants, dans la survenue de certains de ces évènements. De même, les difficultés accrues des pêcheurs laissent à craindre un moindre effort dans la maintenance des unités". Source : Robert Querret, Dossier assurances Le Marin, 17 avril 2009 »

Mais, un sénateur alsacien comprend et défend la pêche artisanale !

Lors d’un débat au Sénat sur la pêche, Jacques Muller, Sénateur du Haut-Rhin, souligne que la pratique de la pêche reste une activité indispensable pour assurer l’alimentation humaine. Et, selon le Sénateur du Haut-Rhin, « si notre société s’en donne les moyens, elle peut inscrire cette noble activité dans une vraie dynamique de développement durable, avec ses aspects écologiques, mais également économiques et sociaux. »

Pour lui, il est nécessaire d’avoir une « approche différentiée concernant l’appui aux unités de pêche. En effet, la politique active de soutien aux pécheurs sur le plan technique, économique et social, doit se concentrer tout particulièrement sur les petites unités artisanales et en privilégiant l’aide aux groupements de pécheurs, dont la pérennité de l’activité est intrinsèquement liée à la protection du milieu marin proche. »

« Mais réciproquement, la France doit procéder à l’abandon de l’aide, notamment les aides directes, aux grosses unités de pêche hauturière, ajoute Jacques Muller. »

« C’est pourquoi, au regard des graves enjeux sociaux comme environnementaux », pour Jacques Muller « pour pêcher toujours, il faut pêcher mieux ! »
D'après deux sources : Actualités du Collectif Pêche et Développement et Actualités News Environnement)


Autres articles :

Pour plus d'informations :

Image de la page de couverture du livre anglais, critique de la PCP : Royaume-Uni : le prix du poisson... dans l'Europe

Informations complémentaires ajoutées le 7 mai 2009 :

Des ONG mettent en cause les bénéfices des subventions de l’UE pour la pêche

Lors des discussions du Groupe de négociation de l’OMC sur les subventions pour la pêche, il semble que les représentants de l’UE ont déclaré que les programmes de subventions européens sont destinés surtout à maintenir le secteur de la pêche artisanale, et que le retrait des subventions mène souvent à la domination par les grandes sociétés et flottes de pêche.

Dans une lettre au Commissaire européen en charge de la pêche, des ONG développement estiment que cela ne reflète pas la réalité, particulièrement en ce qui concerne les pays européens qui ont des flottes de pêche artisanales importantes. Ceux-ci incluent l’Espagne, la Grèce, l’Italie, la France et le Portugal qui, ensemble, comptent pour entre 60 et 80% des pêcheurs européens (UE25). Dans le cas de l’Espagne, le registre des flottes indique qu’il y a plus de 8 077 bateaux de moins de 12 mètres, 2 226 bateaux entre 12 and 24 mètres et 1 051 bateaux de plus grande taille.

En Espagne, les subventions européennes, loin d’aider à « maintenir le secteur de la pêche à artisanale », ont aidé avant tout le secteur de la pêche industrielle. L’Espagne a reçu 40% des subventions européennes pour la période 2000-2006. De ces montants, 52% ont bénéficié aux bateaux industriels, 36% aux bateaux entre 12 et 24 m (dont 19% pour le déchirage de bateaux), et seulement 10% aux bateaux de moins de douze mètres.

Plus inquiétant encore, disent ces ONG, 30% de l’aide totale déboursée a été affectée à la modernisation et à la construction de bateaux industriels. Etant donné les améliorations technologiques, il est probable que l’effet global de ces subventions a été d’augmenter la capacité de la pêche industrielle espagnole.

Il faut noter également qu’un segment important de la flotte espagnole pêche en dehors des eaux communautaires, à travers des APP, des sociétés mixtes et d’autres formes d’accès. Dans certaines régions, comme en Afrique de l’Ouest, les chalutiers espagnols ont été en compétition directe avec la pêche artisanale locale pour les mêmes stocks surexploités, mettant ainsi en péril l’avenir du secteur artisanal local. Dans de tels cas, non seulement les subventions européennes n’ont pas aidé à maintenir la pêche artisanale européenne, mais elles ont miné les perspectives de développement des pêcheurs artisanaux dans ces pays tiers.
Source :
Agritrade April 2009

Lettre ICSF-CAPE au commissaire européen en charge de la pêche, avril 2009http://www.cape-cffa.org/pub_CFP/letter%20Subsidies%20Small%20scale.PDF

1 commentaire:

Dimitri a dit…

Bonjour,

il a inventé le fil à couper le beurre le camarade Muller. Pecher "intelligent", ce n'est pas forcement l'apanage de la peche cotière. Lui donner les moyens de pecher avec sa tete , oui !

La peche nourricière, la peche d'avant, la peche de Pétain et ses jardins ouvriers...