vendredi 13 mars 2009

Huîtres, moules, saint jacques, des coquillages en voie de disparition !

L’absorption par l’océan des gaz à effet de serre entraîne une acidification de l’eau de mer. Chaque jour, plus de 25 millions de tonnes de gaz carbonique se combinent avec l’eau de mer. Un phénomène qui provoque une acidification des océans et entraîne des modifications de l‘écosystème marin. Ainsi la structure même des coquilles de certains mollusques est en train de se fragiliser.

Lire aussi : Huître, Victime de la crise écologique

Quelques dizaines d’années de pollution anthropique vont-elles venir à bout de plusieurs millions d’années d’évolution qui ont permis aux coquillages de coloniser les milieux les plus diversifiés dans le monde ? Les coquillages qui sont actuellement la deuxième source de protéines d'origine aquatique après les poissons, ont nourri des populations littorales de génération en génération comme l'attestent les monticules de coquilles dans de nombreuses régions côtières de la planète.

L’histoire évolutive des mollusques (selon Wikipedia)

Les mollusques descendraient d'une organisation de type "ver". On pense qu'ils descendent des Annélides. On estime leur apparition à au moins 500 millions d’années à partir d'un ancêtre commun.

La fonctionnalité qui semble avoir conditionné les mollusques primitifs paraît être la radula : un organe fonctionnant comme une râpe, sorte de langue porteuse de dents chitineuses, qui permet à l'animal de se nourrir plus efficacement. La radula donne un avantage adaptatif, dans la mesure où elle permet d'arracher de la nourriture sur des proies cohérentes (éponges, algues, ...). Les mollusques ont ainsi inventé l'art de brouter.

L'autre fonctionnalité caractéristique des mollusques est le blindage, permettant de se protéger de prédateurs actifs : l'acquisition de plaques calcaires protégeant le dos. Ces mollusques primitifs devaient donc ressembler à des polyplacophores (une sorte d'escargot qui peut se rouler en boule comme un hérisson ou un cloporte), mais ce type est à présent très marginal.

En s'adaptant à différentes formes de vie, ils ont progressivement conquis tous les types de milieu : surtout présents en milieu marin, les Gastéropodes et les Bivalves ont ensuite réussi à s'adapter à l'eau douce. Dans leur radiation adaptative, les mollusques ont donné naissance aux classes importantes suivantes :
  • Les gastéropodes (ormeaux, bulots, bigorneaux …) continuent à ramper, et se caractérisent par une céphalisation plus avancée. La seule innovation que leur a apportée l'évolution est que cette reptation se fait sur un organe spécialisé, le pied. Les plaques calcaires de la carapace primitive se sont simplifiées au fil du temps, ce qui a conduit à ces coquillages généralement spiralés.

  • Les bivalves (moules, huîtres, palourdes, coquilles saint jacques …) sont devenus sédentaires, et misent sur la protection que leur apporte la coquille calcaire, au point de ne pratiquement plus se déplacer. Leur mode de vie se rapproche de celui des anémones, voire des éponges, consistant à filtrer l'eau ambiante. Dans cette évolution, ils ont perdu leur tête, devenue inutile, et les yeux ne sont plus présents que sous forme dégénérée, dans quelques espèces. Les bivalves constituent un cas intéressant où une régression fonctionnelle (perte du déplacement propre aux structures vermiformes) se traduit par un succès évolutif.

  • Les céphalopodes (poulpes, calmars, seiches …) ont appris à nager, et sont des prédateurs redoutables avec de bons yeux, et un cerveau performant capable de coordonner les mouvements de chasse. N'ayant pas de coquille externe, les céphalopodes ne sont pas à priori concernés par l’acidification des océans.

Mais, d’après des recherches menées à l’Institut Max Planck en Allemagne, les larves de mollusques expulseraient des gaz gastriques, des oxydes de nitrate, qui, selon les chercheurs « pourraient avoir un effet nocif important sur l'environnement ». Ces rejets « toxiques » se produiraient dans des milieux pollués par les activités humaines, et il semblerait que plus les apports en nitrates sont importants, en provenance des eaux résiduelles ou encore de l’agriculture, plus la production de gaz par ces petits animaux aquatiques risque d’être sérieuse. (Univers-Nature)

Ne tombons pas dans le catastrophisme. D'autres études montrent que les mollusques participeraient à la lutte contre les émissions de CO2 en captant le carbone dans leurs coquilles.

Toutes ces préoccupations concernant l'avenir des coquillages nous donnent l'occasion de montrer leur importance dans les activités halieutiques et leur contribution aux besoins alimentaires.

Deuxième source d'aliments d'origine aquatique après le poisson



Les mollusques représentent une source importante de protéines d'origine animale avec une production annuelle de plus de 20 millions de tonnes dans le monde. Ils se placent au deuxième rang des productions halieutiques après les poissons.

Une grande partie des mollusques proviennent de l'aquaculture notamment les coquillages bivalves : huîtres, moules, palourdes, pétoncles,...


La conchyliculture ou l'élevage de coquillages est la première activité aquacole en zone côtière, plus importante en volume que la pisciculture marine (saumon, bar, daurade, sériole,..).

L'ostréiculture, la vénériculture, la pectiniculture, la mytiliculture,... sont pratiquées généralement dans le cadre d'exploitations familiales et emploient plusieurs centaines de milliers de personnes dans le monde.

En France, la conchyliculture est l'activité aquacole la plus importante avec une production annuelle de 200 000 tonnes (réparties entre 135 000 tonnes d'huîtres et 65 000 tonnes de moules) pour plus de 10000 emplois (équivalent temps plein). Elle représente près du quart de la production halieutique nationale ; les huîtres font partie des 5 espèces aquatiques les plus consommées dans l'hexagone avec le thon, le saumon, le colin d'Alaska et la crevette qui sont toutes des espèces importées (le thon est pêché par des armements français dans les eaux tropicales).

Les coquillages, le tiers de la production halieutique française !

En plus de la conchyliculture, la pêche côtière collecte près de 70 000 tonnes de coquillages (y compris les gastéropodes). De nombreux petits métiers se pratiquent sur tous nos littoraux. Bulotiers, coquillards, drageurs, courreauleurs, caseyeurs, galop'chenaux et autres pêcheurs à pied prélèvent coquilles saint jacques, pétoncles, praires, amandes, moules, tellines, palourdes, coques, bulots, bigorneaux, ormeaux, couteaux… A total, les coquillages représentent près du tiers de la production halieutique française et font vivre des milliers de pêcheurs et conchyliculteurs.

Si, en France, les coquillages représentent des mets de choix souvent de fête, comme les huîtres et les coquilles saint jacques, dans beaucoup de pays du Sud, les coquillages objet de cueillette pratiquée généralement par des femmes, jouent un rôle souvent méconnu dans la sécurité alimentaire des populations côtières. En général, les coquillages n’entrent pas dans les statistiques des pêches nationales.
Philippe FAVRELIERE

Autres articles :

Pour plus d'informations :

Revue de Presse :

Le 2 juin 2009 :

L’acidification des océans de plus en plus préoccupante pour les écosystèmes marins (ANE)
La tendance à l’acidification des océans, liée au changement climatique et à l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone dans le monde, est un phénomène de plus en plus préoccupant d’après les académies nationales de science de dix-sept pays. Le changement climatique rend les océans de plus en plus acides, ce processus d’acidification étant susceptible de menacer toutes les créatures aquatiques allant des coraux aux palourdes, et étant également probablement irréversible pendant au moins des milliers d’années, d’après ce que des académies nationales de science ont déclaré lundi. …
D’après certaines prévisions, d’ici 2060, les taux d’acidification de 80% des mers de l’Arctique seraient trop corrosifs pour les palourdes, qui sont un élément essentiel de la chaîne alimentaire.
Et « les récifs de corail pourraient se dissoudre dans le monde entier » ajoute le communiqué, si les taux atmosphériques de dioxyde de carbone passent de 387 parts par million (ppm) à 550 ppm. Les coraux sont également essentiels pour de nombreuses espèces de poissons, qui vivent dans ces structures naturelles. Voir article complet sur Actualités News Environnement

Moules et huîtres menacées par l'acidification des océans (CNRS)
Depuis le début de l'ère industrielle, l'océan a absorbé environ la moitié des émissions anthropiques(1) de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère, entraînant une acidification de l'eau de mer. Frédéric Gazeau, chercheur à l'Institut Néerlandais d'Écologie et ses collègues dont Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-mer (CNRS/Université Pierre et Marie Curie) ont examiné la réponse des huîtres et des moules cultivées en Europe à cette acidification des océans. Les résultats, publiés dans la revue Geophysical Research Letters, sont sans appel : ils montrent pour la première fois que ces mollusques d'intérêt économique seront directement affectés par le bouleversement en cours de la composition chimique de l'eau de mer.

Le 3 décembre 2009 : Une étude remet en cause tout ce qui a été écrit ci-dessus

CO2 ?... La langouste en raffole ! (Agoravox)
Les conséquences de l’augmentation du CO2 sur la vie marine auraient-elles été exagérées ?
Une étude scientifique du "Woods Hole Oceanographic Institution" - Cette institution n’est pas spécialement rangée parmi les "sceptiques") - apporte, dans le débat sur les conséquences du CO2, des éléments nouveaux assez inattendus.
L’étude du WHOI
Les chercheurs ont soumis des organismes marins (algues, crustacés, coraux ...) à des eaux contenant des concentrations croissantes de CO2, parfois jusqu’à 7 fois les concentrations normales, afin d’en observer directement les effets sur la vie marine.
Les résultats obtenus sont décoiffant, et de plus parfaitement incongrus à une semaine de Copenhague !...
Quelques échantillons des résultats (le copyright interdit la simple traduction, et même celles des illustrations). Allez les voir sur l’adresse donnée au début, vous aurez des surprises.
A) Jusqu’à trois fois les concentrations actuelles, le corail, le clam, la moule, la langouste et bien d’autres s’en fichent royalement.
B) Au-delà de trois fois, la langouste est toujours très contente (je préfère le homard, surtout Breton, mais les gens du WHOI ne doivent pas le savoir).....

Les crustacés et les coquillages répondent différemment face à l’acidification des océans (Science)
Les chercheurs s’inquiètent pour l’avenir de nombreuses espèces d'invertébrés face à l’acidification des océans due à des niveaux plus élevés de dioxyde de carbone atmosphérique (CO2). Mais une nouvelle étude conclut que certaines de ces espèces pourraient tirer profit de l'acidification des océans avec de plus grandes coquilles (ou des exo-squelettes) pour une meilleure protection.
Certains crabes bleus, les homards et les crevettes ont grossi avec une augmentation des taux de CO2 alors que huîtres américaines, pétoncles, coraux tempérés et vers tubulaires ont rapetissé avec des coquilles plus minces. Les grands perdants sont les palourdes et les oursins crayons dont la coquille et l’exosquelette ont disparu avec l’augmentation de la concentration en CO2.

Le 9 mars 2010 : Coquille, mémoire du climat

L’huître, le Viking et le climat (Cyberpresse)
La coquille de mollusques comme l’huître et la moule garde des traces du climat qui pourrait être plus précises que les anneaux de croissance des arbres, selon une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Science et reprise hier sur le site de la revue Nature.

La méthode est basée sur les isotopes de l’oxygène, dont l’immense majorité (99,76 %) des atomes ont 8 protons et 8 neutrons — ce qui donne de l’«oxygène 16». Cependant, plus la température d’une eau est froide, plus celle-ci contient une grande proportion d’un isotope lourd de l’oxygène, l’oxygène 18 (8 protons et 10 neutrons, 0,2 % de l’oxygène sur Terre). Comme les mollusques croissent continuellement et que la composition de l’eau a une incidence sur celle de leur coquille, on peut donc déduire la température de l’eau à partir de la proportion d’oxygène 18 de leur coquille. Et comme cette température et fortement correllée à celle de l’air, surtout le long du littoral, les bivalves constitueraient donc une sorte de mémoire du climat — d’autant plus pratique que leur coquille se conserve beaucoup mieux que le bois.....

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Le 7 décembre 2010

Certains de nos plats nationaux sont en danger : le moules-frites risque bien de disparaître tout comme la tomate-crevettes. Le coupable? Le réchauffement climatique! En effet, un quart des émissions de C02 sont absorbées par les océans et cela influence l'acidité des eaux. D'après une étude de l'ONU, les océans seront les premières victimes du réchauffement de la planète.

C'est que les grandes quantités de CO2 absorbées par les mers augmentent leur acidification, c'est-à-dire la diminution progressive du pH des océans, ce qui rend les eaux 30% plus acides qu'il y a 150 ans.

Un changement chimique qui influence directement la production des crustacés (moules, crevettes, homards...) tout simplement car ceux-ci ne parviennent pas à fabriquer leurs coquilles. Ils sont donc en première ligne face aux impacts de la pollution. L'acidification des mers est également nocive pour les récifs coralliens, berceau de nombreuses espèces de poissons... "Il s'agit d'un signal d'alarme non négligeable, qui indique que ces changements ont un impact clair sur la santé de la planète. Reste à voir si l'acidification des océans deviendra une menace majeure ou un danger mineur pour l'environnement marin et sa chaîne alimentaire" explique Achim Steiner, directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue). (ca)

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L'acidification pourrait faire basculer des océans déjà trop stressés dans le rouge (Pnue)

La hausse des concentrations de C02 pourrait avoir des répercussions croissantes sur le secteur de la pêche et sur les milliards d'individus qui en dépendent. L'impact futur de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre sur la santé des mers et des océans pourrait être beaucoup plus élevé et complexe qu'on ne l'avait supposé auparavant. Ce sont là les conclusions d'un nouveau rapport publié lors de la réunion de l'ONU sur le climat, au Mexique.

L'étude, intitulée « Les conséquences environnementales de l'acidification des océans », réuni quelques-unes des dernières recherches scientifiques sur le phénomène d'acidification des océans, un processus déclenché par l'augmentation des concentrations de C02 dissous dans l'océan qui modifie la chimie de la mer par un abaissement du pH du milieu marin.

Lancé par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), le rapport confirme les inquiétudes concernant certains organismes vivants primordiaux, tels que les coraux et les mollusques. Dans les décennies à venir, il sera par exemple de plus en plus difficile pour ces organismes de former leurs squelettes, ce qui rend leur survie complexe. Le rapport montre également que l'acidification des océans peut interagir avec le réchauffement des océans. Les animaux tels que les crabes ne peuvent s'épanouir que sous une certaine gamme réduite de températures.

Dès lors, cela entraine des répercussions sur les futures captures de crabes, moules et autres coquillages. Les espèces qui dépendent des récifs coralliens ou encore celles comme le saumon qui se nourrissent de petits organismes risquent d'être en péril….

Rapport : « Les conséquences de l'acidification des océans sur l'environnement: une menace pour la sécurité alimentaire.» est disponible à l'adresse suivante :http://www.unep.org/dewa/pdf/Environmental_Consequences_of_Ocean_Acidification.pdf

Ce rapport a été publié dans le cadre de la 16e Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à Cancun, au Mexique, du 29 novembre au 10 décembre 2010.

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15 avril 2012

L’acidification des océans menace l’ostréiculture aux Etats-Unis (goodplanet.info)

L’acidification des océans, due à l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, menace les cultures d’huitres le long des côtes américaines. Une équipe de chercheurs américains vient de relier l’acidification de l’eau avec les forts taux de mortalité observés dans les élevages ostréicoles depuis 2006.

Le plus fort impact est observé durant les 24 premières heures de vie des larves durant lesquels les jeunes huitres fabriquent leurs premières coquilles. L’acidification des océans diminue la disponibilité des carbonates de calcium nécessaires à la fabrication des structures calcaires comme les coquilles ou les récifs de coraux. « Je pense que le message de cette étude est clair. Les larves d’huitres du pacifique sont pour l’acidification des « canaris dans les mines de charbon ». Quand les niveaux de CO2 sont trop élevés, elles meurent. Quand la concentration baisse, elles vivent. » alerte Richard A. Feely, co-auteur de l’étude, dans le New York Times.

Ces dernières années, les nurseries ostréicoles de l’Oregon ont vu leur production baisser de 80%. « La mortalité des huitres est une alerte non contestable que les océans sont en danger et que nous devons réduire nos émissions de CO2 si nous voulons avoir des huitres, des coraux et des baleines » précise Miyoko Sakashita, à l’origine d’une pétition adressée à la Maison Blanche.

Pour accéder à l'étude : Aslo (Association for the Sciences of Limnology and Oceanography)

The Pacific oyster, Crassostrea gigas, shows negative correlation to naturally elevated carbon dioxide levels: Implications for near-term ocean acidification effects / Alan Barton, Burke Hales, George G. Waldbusser, Chris Langdon and Richard A. Feely

National Science Foundation : Ocean Acidification Linked With Larval Oyster Failure in Hatcheries

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L'acidification des océans: un phénomène qui vous inquiète ? (Actu.orange)

La baisse du pH des océans peut affecter la formation des coquilles des moules, des huitres, etc.

Jamais au cours des dernières 300 millions d'années l'acidification des océans n'aurait été aussi rapide. Le phénomène aurait augmenté à un rythme 10 fois plus important en un siècle que sur 56 millions d'années, a expliqué à l'AFP Bärbel Hönisch, paléocéanographe de l'Université Columbia et principal auteur d'une étude publiée le 2 mars dans la revue américaine Science.

Attention, "acidification des océans" ne signifie pas qu'ils deviennent acides - un milieu ne l'est que quand son pH est inférieur à 7 - l'expression signifie juste que leur pH diminue. Il est aujourd'hui de 8,1, soit 0,1 unité de moins qu'il y a 100 ans. Ce pH devrait continuer de baisser d'ici la fin du 21ème siècle, pour atteindre 7,8, selon les calculs du Groupe d'experts sur l'évolution du climat, le Giec.

A l'origine de cette acidification des océans: l'augmentation surtout de la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Les océans absorbent en effet environ 30% du Co2 émis.

"Menace pour la sécurité alimentaire"

Cette acidification serait sur le point de bouleverser l'écosystème et de menacer la biodiversité. Les organismes marins qui fabriquent leur coquille ou leur squelette extérieur compteraient parmi les plus vulnérables, comme les moules, les huitres, les coraux, etc. L'acidification perturbe en effet la production de ces coquilles calcaires.

"Au-delà de leur intérêt commercial, moules et huîtres rendent des services écologiques très importants, rappelaient dès 2007 des chercheurs du CNRS dans un article publié dans la revue Geophysical Research Letters. Elles créent par exemple des habitats permettant l'installation d'autres espèces, contrôlent en grande partie les flux de matière et d'énergie et sont d'importantes proies pour les oiseaux au sein des écosystèmes qui les abritent."

L'acidification pourrait aussi mettre en danger des petits organismes dont se nourrissent d'autres espèces commerciales, comme le saumon. Dans un rapport présenté fin 2010, le Programme des Nations Unies pour l'environnement expliquait que le phénomène représentait une "menace pour la sécurité alimentaire".

"Une fois que des espèces se sont éteintes c'est pour toujours", alerte le biologiste océanographe Christopher Langdon, autre co-auteur de l'étude publiée la semaine dernière dans Science, estimant que "nous jouons un jeu très dangereux". Vous, qu'en pensez-vous ? Aurélie Blondel (Bazikpress)

Pour accéder à l'étude publiée dans Science

The Geological Record of Ocean Acidification.

Bärbel Hönisch, Andy Ridgwell, Daniela N. Schmidt, Ellen Thomas, Samantha J. Gibbs, Appy Sluijs, Richard Zeebe, Lee Kump, Rowan C. Martindale, Sarah E. Greene, Wolfgang Kiessling, Justin Ries, James C. Zachos, Dana L. Royer, Stephen Barker, Thomas M. Marchitto Jr., Ryan Moyer, Carles Pelejero, Patrizia Ziveri, Gavin L. Foster, Branwen Williams

Science 2 March 2012:

Vol. 335 no. 6072 pp. 1058-1063

DOI: 10.1126/science.1208277

Ocean acidification may have severe consequences for marine ecosystems; however, assessing its future impact is difficult because laboratory experiments and field observations are limited by their reduced ecologic complexity and sample period, respectively. In contrast, the geological record contains long-term evidence for a variety of global environmental perturbations, including ocean acidification plus their associated biotic responses. We review events exhibiting evidence for elevated atmospheric CO2, global warming, and ocean acidification over the past ~300 million years of Earth’s history, some with contemporaneous extinction or evolutionary turnover among marine calcifiers. Although similarities exist, no past event perfectly parallels future projections in terms of disrupting the balance of ocean carbonate chemistry—a consequence of the unprecedented rapidity of CO2 release currently taking place.

Graphiques : IFREMER - Aquaculture

Photo : décorticage de moule à Ilha Rasa - Guaraqueçaba (Parana - Brésil)

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