jeudi 19 février 2009

L’anchois, une valeur sûre du Pérou

A l’heure des bilans de l’année 2008, intéressons-nous à la pêcherie la plus importante dans le monde : l’anchois du Pérou.


Les exportations de produits de la mer du Pérou ont totalisé 2,25 millions de tonnes en 2008, une augmentation de 15,6 % par rapport à 2007.

En valeur, les exportations des produits halieutiques se sont élevées à USD 2,4 milliards (EUR 1,9 millions), soit une hausse annuelle de 24,1 %.

L'augmentation des exportations (en valeur) est principalement attribuable à la vente de farine de poisson (hausse de 23,7 %) et aux poissons surgelés (16,7%) et ce malgré la baisse des prix de la farine de poisson sur le marché mondial. La baisse du prix de la farine de 5,6 % a largement été compensée par une hausse importante de l’huile de poisson de 88,2 % par rapport à 2007.



Farine et huile d’anchois, deux valeurs sûres pour le Pérou…

Les exportations de produits de la mer représentent toujours une valeur sûre du Pérou ; avec près de 8% des exportations totales du pays dont le montant s'élève à USD 31 milliards (EUR 24,3 millions) en 2008.

La demande pour l'huile de poisson est en hausse dans le monde entier et « le Pérou se distingue par la qualité de son huile de poisson parce que l'anchois a une concentration élevée d'acides gras comme les acides gras oméga-3, c’est ce qui augmente sa valeur », a déclaré le vice-ministre des pêches, Alfonso Miranda.

Cependant, Il ya un certain sentiment que l'année à venir ne sera pas aussi prospère pour l'industrie des pêches en raison de l'affaiblissement de l'économie mondiale. « Les exportations, dans son ensemble, devrait chuter de 10 % en 2009 » selon Jose Silva, président de l'ADEX, association des exportateurs du Pérou.

…. Mais aussi pour les multinationales de la pêche

Avec la privatisation de « Pesca Peru », le secteur privé péruvien s’était partagé les entrailles de cette entreprise d’Etat qui avait été pendant plusieurs décennies le fleuron de l’industrie minotière du Pérou et même de la planète.



Depuis, le début des années 2000, l’anchois du Pérou est l’enjeu de toutes les convoitises. Une production annuelle de plus de 6 millions de tonnes de ce petit pélagique, ce n’est pas rien, même transformées en farine et en huile. Depuis 3 années, on assiste au contrôle du secteur minotier péruvien par des multinationales. Deux sociétés sont côtées à la bourse d’Oslo en Norvège : Austevoll et Copeinca. Une autre dépend d’un conglomérat chinois : Pacific Andes.
 
Philippe FAVRELIERE d'après un article de SeafoodSource

Pour plus d'informations sur la production et le commerce de l'huile et la farine de poisson : Fishmeal Market Report - November 2008 (The Fishsite)

Autres articles :
Pour suivre l’actualité économique des pêches au Pérou :
Photo prise non pas au Pérou mais au large des côte de Talcahuano (Chili) sur un bateau minotier qui chaque année pêchait à lui seul près de 50 000 tonnes de poisson pour la farine et l'huile.
Remarque : 100 tonnes de poissons sauvages produisent de 20 à 25 tonnes de farine


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Le 11 décembre 2011

Accord de partenariat entre le Groupe Adrien et la société Aquaculture Natural Solutions

Le Groupe ADRIEN vient de signer un accord de partenariat technique avec la société Aquaculture Natural Solutions, en vue de développer ses activités dans la valorisation des co-produits de l’industrie de la pêche, notamment destinés à l’alimentation des poissons d’aquaculture.

Le groupe ADRIEN, à travers sa filiale ARCOPA au Pérou, s’est engagé depuis plusieurs années dans une démarche de développement durable et de pêche responsable. Il a investi dès 2007, dans une usine de production de farines et d’huiles de poissons, stabilisés avec un antioxydant naturel et provenant de co-produits de son atelier de filetage de merlu et de son unité de surimi d’anchois. Il souhaite augmenter sa production et développer la valorisation des co-produits de la pêche du Pérou (1er pays producteur mondial de farines et d’huile de poisson), mais aussi provenant d’autres pays. ADRIEN a commercialisé en 2010 près de 4000 tonnes de farines et d’huiles de poisson. L’objectif sous 3 ans est de doubler ce volume.

Aquaculture Natural Solutions est une société d’étude et de conseil, créée par Dominique CORLAY, spécialiste connu dans ce secteur, auparavant responsable du secteur aliments pour l’aquaculture du groupe Le Gouessant. Il travaille depuis plus de 15 ans, pour le développement d’une aquaculture durable et de signes de qualité comme le bio ou le label rouge.

A.N.S appuiera le groupe ADRIEN dans : le sourcing, le développement de nouveaux produits, la valorisation nutritionnelle.

L’aquaculture poursuit sa progression au niveau mondial et a besoin de matières premières d’origine marine (farines et huiles) qui ont vu leur cours exploser depuis 2 ans. La forte pression sur les ressources sauvages représente un enjeu majeur médiatique et de durabilité de l’aquaculture, dont le développement passe notamment par une meilleure valorisation de tous les co-produits de l’industrie de la pêche.

Le groupe ADRIEN confirme ainsi sa stratégie d’investissement dans ce secteur par un positionnement spécifique sur les matières premières marines durables.

Le Groupe ADRIEN, entreprise familiale basée à Bouguenais (44), est spécialisé dans la pêche et la transformation de produits de la mer au Pérou (avec sa filiale Arcopa), dans l’aquaculture de turbot et naissains d’huîtres sur la côte Atlantique (France Turbot) et est également actif dans le négoce et la distribution régionale de produits surgelés (Atlagel). Son chiffre d’affaires devrait atteindre 60 millions d'euros en 2011, pour un volume de 14000 tonnes. Plus d’informations : www.adrien.fr


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Le 1 février 2013

Pour le saumon d'élevage, manger du poisson est devenu un luxe !!! 

Le saumon d'élevage contraint au régime végétarien

Source : RFI 

Par Claire Fages

Peu à peu, les saumons d'élevage sont privés de leur nourriture habituelle, à savoir d'autres petits poissons, comme les anchois, qui coûtent désormais trop cher. De carnivores, les saumons deviennent végétariens.

L'être humain veut continuer à manger de plus en plus de poisson. Alors, c'est le saumon qui va devoir renoncer à ses petits anchois favoris. Dans les élevages de poisson, plus question de nourrir les saumons uniquement avec des anchois, c'est désormais le privilège des saumons sauvages.

Car l'anchois, tant capturé pour les fermes aquacoles du monde entier, est devenu rare, et particulièrement ces derniers mois, du fait du réchauffement de l'océan. Le Pérou, premier exportateur au monde d'anchois, a dû diminuer des deux tiers ses quotas. Résultat : l'anchois a battu son record de prix de tous les temps le mois dernier, plus de 2 100 dollars la tonne.

C'est pourquoi les fermes aquacoles cherchent de plus en plus à modifier le régime carnivore des saumons. La part du poisson dans la ration des saumons serait déjà passée de 60% à 7% en moins de quinze ans, au profit des protéines... végétales. Le soja et le tournesol ont déjà fait leur apparition dans les repas du saumon d'élevage.

Mais voilà, ces graines oléagineuses coûtent elles aussi de plus en cher en raison de leur incorporation croissante dans les rations des autres animaux d'élevage, bœufs, porcs ou volaille, de plus en plus consommés par l'espèce humaine !

Alors, le saumon pourrait connaître une nouvelle révolution de son régime alimentaire : en Norvège, on lui propose déjà de façon expérimentale des protéines sous forme de levures, ou d'extrait d'un résineux, l'épicéa. Le saumon semble s'être fait à ce régime végétarien de plus en plus radical, et le consommateur humain, qui n'est pas prêt de consentir à ce virage, mange du saumon végétarien sans y voir, pour l'instant, la moindre différence...

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Le 5 avril 2013

Saumon. Le norvégien Cermaq prend le contrôle du minotier Copeinca au Pérou

Cermaq prend le contrôle de Copeinca en mettant sur la table 824 millions de dollars...

Le groupe norvégien Cermaq poursuit son intégration. Avec Mainstream parmi les 3 plus gros éleveurs de saumon dans le monde (environ 100.000 tonnes/an). Avec Ewos parmi les plus grands de l’alimentation aquacole (plus d'un million de tonnes de granulés/an). Et maintenant avec Copeinca parmi les plus importantes pêcheries minotières de la planète..

La boucle est bouclée : Cermaq contrôle l’ensemble des maillons de la production de saumon d’élevage à partir de l’anchois de Pérou...

Le bras de fer pour le contrôle de l’une des plus grosses pêcheries minotières dans le monde a tourné à l’avantage du norvégien Cermaq, multinationale du « Saumon » créée à l’initiative de l’Etat de Norvège à la fin des années 1990 et dont le gouvernement est toujours un actionnaire actif et déterminant quand l’expansion de l’industrie halieutique Viking dans le monde est en jeu....

Pourtant, le norvégien avait un poids lourd en face de lui : le groupe chinois China Fishery (de la nébuleuse Pacific Andes) installé depuis quelques années au pays des Incas...

En achetant 50,7% du capital de Copeinca pour une valeur de 824 millions de dollars, le groupe Cermaq conforte les intérêts norvégiens au Pérou. Déjà présent dans les pêcheries minotières d’Amérique du Sud, le groupe norvégien Austevoll est aussi un grand de la salmoniculture avec sa filiale Leroy, bien implantée en France....

Copeinca est une entreprise de pêche cotée à la Bourse d'Oslo, détenue majoritairement jusqu’alors par la famille péruvienne Dyer Coriat. Cette société se place au second rang des plus grands détenteurs de quota d'anchois péruvien avec 10,7% de la quote-part de la zone nord et centrale du Pérou. En 2012, Copeinca a déclaré des revenus totaux de 314 millions USD et un bénéfice d'exploitation de 75 millions de dollars. La société qui emploie 1466 personnes, arme actuellement 28 bateaux de pêche et possède 5 usines au Pérou. Elle a commercialisé 178753 tonnes de farine de poisson (*) et 41932 tonnes d’huile de poisson l'année dernière.

« Cette transaction, une fois achevée, permettra de renforcer la position de Cermaq sur le marché mondial des protéines marines qui sont essentielles pour l'industrie du saumon », explique Jon Hindar, Pdg de Cermaq.

« Copeinca et Ewos partagent une importante base de connaissances qui vont bénéficier à nos clients. A prévoir des synergies importantes et la création de valeur supplémentaire pour nos actionnaires », déclare M. Hindar.

« Je suis ravi d'accueillir Cermaq comme actionnaire important de Copeinca.... Le poisson du Pérou et l'industrie de l'huile de poisson bénéficieront de l'arrivée de Cermaq dont les valeurs correspondent à celles de Copeinca, à savoir responsabilité sociale, durabilité et R & D. Nous sommes impatients de collaborer plus étroitement avec l'équipe Cermaq », explique Samuel Dyer Coriat, président du conseil d'administration de Copeinca.


(*) l'équivalent de 700 000 tonnes de captures

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Pérou, la face cachée du saumon d'élevage

Andrew Wasley et Jim Wickens in L’écologiste (juillet-septembre 2009)

Extrait

Les communautés humaines et animales sont menacées par l'industrie de fabrication de farine de poisson. La farine de poisson est fabriquée dans des usines où les conditions de travail sont laborieuses. Les familles qui y travaillent (vivent dans les villes minotières ndlr) accusent ces usines d'être à l'origine de l'asthme et de problèmes respiratoires et dermathologiques de leurs enfants. Ces usines ne respectent pas les zones tampons pour les séparer des habitations. En outre, les effluents non traités des usines contaminent certaines baies avec des impacts graves sur la biodiversité. Ces rejets forment des couches de matière organique dans la mer jusqu'à 1m d'épaisseur créant des "zones mortes". La pêche excessive d'anchois (permettant la production de farine), a un impact fort sur certaines populations d'oiseaux comme Le Cormoran de Bougainville, le Pélican Péruvien et le Fou Varié. Le Guano pourrait disparitre d'ici 20 ans si la surpêche se produit. La pèche étant la nourriture de base des péruvien, la diminution des bancs de poissons a un impact sur les populations locales.

Mais alors pourquoi produire de la farine de poisson ???

La farine de poisson produite mondialement va à 46% à l'aquaculture, 24% à l'alimentation des porcs, 22% aux ruminants, animaux domestiques et produits pharmaceutiques.

Source : Sapi inti sango



Source : L'âge de faire n°45 Septembre 2010, cliquer Ici

Remarque : Remettons le saumon à sa juste place !

Si le saumon atlantique d'élevage est bien l'espèce de poisson la plus consommée en France, il n'est pas le deuxième produit aquacole dans le monde après la crevette d'aquaculture.... Au niveau international, les carpes, les tilapias, les algues et les huîtres devancent largement les saumons et les crevettes dans le classement mondial des productions aquacoles....

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Commentaire ajouté le 27 février 2009 :

Copeinca annonce des chiffres records pour l'année 2008 : 

Record results from Copeinca (fishfarmingXpert). Cette société a produit 170 000 tonnes de farine et 35 500 tonnes d'huile. L'année 2009 s'annonce bien avec un quota de 10,7% des captures totales péruviennes (dans le cadre des QIT). Sur la base de 5,5 millions de tonnes d'anchois, Copeinca a un droit de pêche de 600 000 tonnes pour l'année (l'équivalent des captures annuelles françaises).

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Le 7 novembre 2009

Les autorités environnementales du Pérou ont ouvert vendredi une enquête sur les causes de la mort de près de 300 lions de mer, découverts depuis une semaine sur le littoral nord du pays, une hécatombe pour laquelle les pêcheurs figurent parmi les suspects.
 
"Des techniciens et vétérinaires de l'Institut de la Mer du Pérou (IMARPE) effectuent des prélèvements pour déterminer la présence éventuelle de biotoxines ou de produits toxiques chez les animaux", découverts sur 15 km de plages près de Piura (1.100 km au nord de Lima), a indiqué le ministère de la Production.
 
Certains des animaux, à 90% des mâles, présentaient des symptômes d'intoxication, mais aussi des traces de blessures par gaffes.
 
Selon les communautés du littoral, les lions de mer se livrent à des saccages réguliers de filets de pêcheurs pour se gaver des poissons prisonniers, et mettent parfois en danger les petites embarcations. Les artisans pêcheurs figureraient donc parmi les suspects.
 
Une association de Conservation de la faune marine du Pérou, ORCA, a dénoncé "un acte inhumain" contre les lions de mer, prouvant que "la conservation de la vie marine n'est pas garantie au Pérou". Elle a demandé que l'hécatombe "ne reste pas impunie".
 
Prudemment, le ministère de la Production a indiqué qu'"un état des lieux des activités de pêche de la région est en cours, ainsi qu'une vérification dans les colonies de lions de mer de la zone, et une analyse du milieu marin ambiant".
 
Le Pérou a une population de lions de mer (Otaria flavescens) évaluée à 70.000 individus.

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Le 12 décembre 2009

Au large des côtes du Pérou, l'anchois, le poisson le plus pêché au monde, connaît un pic d'abondance historique, mais cette manne pourrait se tarir avec les changements climatiques et la surpêche.

En Europe, l'anchois du Golfe de Gascogne, entre la Bretagne du sud et la Galice, est protégé depuis quatre ans et jusqu'en 2010 au moins. Sa pêche est interdite et le stock d'anchois adultes y est évalué à 20.000 à 30.000 tonnes.
Or 20.000 tonnes, c'est précisément la quantité d'anchois qu'est capable de pêcher la flotte du Pérou en un jour, dans un rayon de 4 kilomètres!

Dans cette frange du Pacifique, nourrie des remontées d'eaux froides et riches du courant de Humboldt, prolifère l'Engraulis ringens, l'anchois dit du Pérou.
Avec 6 à 8 millions de tonnes pêchées par an, le pays andin bordé de 2.800 km de côtes se taille la part du lion, devant le Chili avec 1 million.
Et le petit poisson, d'une taille de 12 à 19 cm à l'âge adulte, représente aujourd'hui 8% des captures mondiales, toutes espèces et mers confondues.

L'anchois est roi au Pérou. Mais il n'en a pas toujours été ainsi.
 
Selon une étude publiée fin 2008 par l'Institut de la Mer du Pérou (IMARPE), à partir de "carottes" prélevées dans le sédiment marin pour sonder la présence d'écailles anciennes, il fut infiniment plus rare pendant 400 ans environ.
 
Au cours du "Petit âge glaciaire", léger refroidissement du climat qui dura de 1400 à 1820 environ, la température de l'eau était paradoxalement plus chaude dans l'écosystème du Humboldt, expliquent les chercheurs réunis autour du biologiste marin Dimitri Gutierrez. Moins de remontée d'eau froide nutritionnelle, donc moins d'anchois.

"On peut forcément penser qu'un jour, on retombera dans des conditions non productives, que tout peut s'effondrer", estime Arnaud Bertrand, océanologue à l'Institut de recherche pour le développement de Lima.
Les aléas climatiques ont déjà frappé à plusieurs reprises cette portion d'océan, qui concentre 10% de la pêche mondiale sur moins de 1% de la surface maritime.
 
En 1972-73, puis en 1981-82, des cycles agressifs du phénomène climatique El Nino, couplés à une surpêche -jusqu'à 12 millions de tonnes annuelles- ont entraîné un effondrement des stocks et de l'industrie.

Des études ont montré que les civilisations qui ont prospéré sur cette côte désertique grâce aux ressources marines, ont été ébranlées par les grandes variations du climat. Ainsi celle du Caral, qui rayonna pendant près de 1.500 ans, jusqu'à il y a 3.500 ans.

Le Pérou, qui produit 50% de la farine de poisson dans le monde, s'est donc récemment attaché à protéger sa manne.
 
En réduisant sa flotte à 1.400 bateaux. En instaurant un suivi perfectionné, quasiment en temps réel, entre prises des bateaux et relevés scientifiques. Et en ajustant son mode de pêche. En 2009, le pays a imposé des quotas individuels par bateau et des prises étalées sur davantage de jours.

S'il est très difficile de prédire les errements climatiques sur plusieurs siècles, il n'est pas trop tard pour agir face au réchauffement climatique qui tend à accroître les zones d'océan sans oxygène.
Selon Bertrand, il est également possible d'agir sur l'aberration piscicole qui veut que "le poisson le plus pêché au monde ne serve quasiment pas à l'alimentation humaine directe (moins de 1%, en Europe surtout). Mais essentiellement à être conditionné en farine pour nourrir volaille, porcins ou... poissons de l'aquaculture". (©AFP / 12 décembre 2009 06h30)

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Le 31 mars 2010

D’après l’Organisation Météorologique Mondiale, le phénomène El Nino, qui est présent dans le monde depuis juin 2009, devrait décliner d’ici le milieu de l’année 2010 et les conditions climatiques devraient alors retrouver un état normal.
 
Le phénomène El Nino continue à avoir un impact significatif et étendu. Depuis Juin 2009, El Nino a favorisé des conditions climatiques exceptionnelles dans l’Océan Pacifique, et a entraîné des modifications des régimes climatiques habituels dans le monde entier, d’après un communiqué de l’Organisation Météorologique Mondiale.
 
El Nino devrait cependant s’affaiblir et des conditions proches de la normale devraient être enregistrées à partir du milieu de l’année 2010 dans le Pacifique tropical.....

Au large du Pérou, le système de courant de Humboldt se caractérise principalement par la présence 1) de remontées en surface d'eau froide profonde ("upwelling") le long des côtes qui conduisent à une incroyable productivité biologique et qui sont déterminantes pour le climat local et global ; 2) de différents courants océaniques en surface et en profondeur qui transportent des eaux aussi bien d'origine équatoriale que subantarctique ; 3) des tourbillons de méso-échelles (~100 km) qui, à l'instar des cyclones et anticyclones atmosphériques, jouent un rôle important sur l'environnement marin; 4) d'une zone profonde où les concentrations en oxygène dissous sont extrêmement faibles et qui a des implications biologiques et climatiques importantes. L'ensemble de ces 4 grandes caractéristiques est également soumis à de fortes variations temporelles sur des échelles allant de quelques jours à plusieurs années.
 
Malgré son importance climatique, biologique et socio-économique la partie Nord du Système de Courant de Humboldt reste relativement peu observée. Afin de mieux comprendre la dynamique océanique dans les cellules d'upwelling le long des côtes péruviennes et notamment à toute petite échelle spatiale (quelques km), des scientifiques de l'IRD et de l'IMARPE, vont déployer, pour la 2ème fois au large du Pérou, mais....

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Le 11 août 2010

Au Pérou, les pêcheurs pour la farine sont les victimes de la globalisation

Dans ce pays où le cours du poisson se négocie à la tonne, les pêcheurs se battent contre des industriels de la farine pour une augmentation des prix.


Payés 0,50 € la tonne de poisson, les pêcheurs exigent des sociétés Hayduk SA et Copeinca 1,50€ le tonne. « Nous demandons à être payé le même prix que dans les autres entreprises conformément aux accords qui ont été signés. Nous sommes plus de 800 travailleurs de Hayduk et Corporación Pesquera Inca SAC (Copeinca), qui reçoivent moins que le pourcentage minimal », se plaint Méndez Mendoza, le secrétaire général de l’Union des pêcheurs. Source : Many injured as workers protest against Hayduk (Fis)


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Le 4 janvier 2011 : Licences judiciaires d'anchois au-dessus des tout quota


Des pêcheurs péruviens sont parvenus à obtenir des licences auprès des tribunaux ordinaires qu’ils n'auraient jamais pu obtenir ailleurs. Grâce à cette licence, ils peuvent capturer des anchois au Pérou, ce qui est une activité très lucrative sur le marché des exportations. Cette pratique met en danger l’existence de l’espèce.
Le Pérou est le premier exportateur mondial de nourriture pour poisson. Ce commerce doit particulièrement son essor à la capture intensive de l’anchois péruvien (Engraulis ringens) qui est très riche en protéines et en acides aminés. Cet anchois est très populaire dans l’usage de la nourriture pour poisson utilisée en Chine, en Allemagne et au Japon. Chaque année près de six millions de tonnes d'anchois péruviens sont capturés pour subir la transformation industrielle. Le dépassement de ce quota n’est pas permis sous peine de mettre en danger la survie de l’espèce, affirme le ministre péruvien de la Production Jorge Villasante.

Mais de plus en plus, les pêcheurs péruviens préfèrent introduire des recours devant les tribunaux pour obtenir une licence spéciale. Depuis 2006, le ministère de la Production a reçu 64 décisions judiciaires accordant une licence spéciale pour la capture des anchois. Les compagnies maritimes et les pêcheurs refusent de se conformer à la procédure administrative et préfèrent demander au juge d'ordonner la prise d’une décision urgente pour la délivrance d’une licence de pêche. « Etant donné qu'ils savent qu'ils ne pourront pas surmonter les obstacles par la voie administrative, ils font appel à la justice pour contourner les démarches du ministère », estime Villasante. Au total 11 licences ont déjà été accordées par la justice péruvienne à un pêcheur d’anchois. Le ministère lui avait demandé de fournir l’acte de son navire qui n’était plus actif depuis plus de 25 ans. Etant donné qu’il n’avait plus l’acte officiel, la licence lui a été refusée et il se rendit alors devant les tribunaux. Au cours de la procédure judiciaire, il a demandé au juge, de manière provisoire, de pouvoir déjà pêcher tout type de poisson. De cette façon, il a pu contourner la procédure administrative.

Depuis le début de l’année dernière, plus de 43.000 tonnes d'anchois péruviens ont été capturés seulement par ordonnance des tribunaux. Chaque année, le ministère doit prendre en compte ces types de situation d'urgence qui deviennent finalement routinières. Depuis la fin d’octobre 2010, le gouvernement a décidé de lutter contre ces dérives en interjetant systématiquement appel des décisions. Le ministère public a même porté plainte contre certains juges. Derrière ce conflit d’anchois se cachent d’importants intérêts économiques. Le commerce de l’anchois procure environ 1.500 euros par tonne, comparativement à 230 euros pour les poissons destinés à la consommation humaine. L'anchois capturé à travers la procédure judiciaire représenterait un commerce total d’environ 15 millions d'euros.

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Le 11 décembre 2011

Accord de partenariat entre le Groupe Adrien et la société Aquaculture Natural Solutions


Le Groupe ADRIEN vient de signer un accord de partenariat technique avec la société Aquaculture Natural Solutions, en vue de développer ses activités dans la valorisation des co-produits de l’industrie de la pêche, notamment destinés à l’alimentation des poissons d’aquaculture.


Le groupe ADRIEN, à travers sa filiale ARCOPA au Pérou, s’est engagé depuis plusieurs années dans une démarche de développement durable et de pêche responsable. Il a investi dès 2007, dans une usine de production de farines et d’huiles de poissons, stabilisés avec un antioxydant naturel et provenant de co-produits de son atelier de filetage de merlu et de son unité de surimi d’anchois. Il souhaite augmenter sa production et développer la valorisation des co-produits de la pêche du Pérou (1er pays producteur mondial de farines et d’huile de poisson), mais aussi provenant d’autres pays. ADRIEN a commercialisé en 2010 près de 4000 tonnes de farines et d’huiles de poisson. L’objectif sous 3 ans est de doubler ce volume.

Aquaculture Natural Solutions est une société d’étude et de conseil, créée par Dominique CORLAY, spécialiste connu dans ce secteur, auparavant responsable du secteur aliments pour l’aquaculture du groupe Le Gouessant. Il travaille depuis plus de 15 ans, pour le développement d’une aquaculture durable et de signes de qualité comme le bio ou le label rouge.

A.N.S appuiera le groupe ADRIEN dans : le sourcing, le développement de nouveaux produits, la valorisation nutritionnelle.

L’aquaculture poursuit sa progression au niveau mondial et a besoin de matières premières d’origine marine (farines et huiles) qui ont vu leur cours exploser depuis 2 ans. La forte pression sur les ressources sauvages représente un enjeu majeur médiatique et de durabilité de l’aquaculture, dont le développement passe notamment par une meilleure valorisation de tous les co-produits de l’industrie de la pêche.

Le groupe ADRIEN confirme ainsi sa stratégie d’investissement dans ce secteur par un positionnement spécifique sur les matières premières marines durables.

Le Groupe ADRIEN, entreprise familiale basée à Bouguenais (44), est spécialisé dans la pêche et la transformation de produits de la mer au Pérou (avec sa filiale Arcopa), dans l’aquaculture de turbot et naissains d’huîtres sur la côte Atlantique (France Turbot) et est également actif dans le négoce et la distribution régionale de produits surgelés (Atlagel). Son chiffre d’affaires devrait atteindre 60 millions d'euros en 2011, pour un volume de 14000 tonnes. Plus d’informations : www.adrien.fr


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Le 1 février 2013

Pour le saumon d'élevage, manger du poisson est devenu un luxe !!! 

Le saumon d'élevage contraint au régime végétarien

Source : RFI 

Par Claire Fages

Peu à peu, les saumons d'élevage sont privés de leur nourriture habituelle, à savoir d'autres petits poissons, comme les anchois, qui coûtent désormais trop cher. De carnivores, les saumons deviennent végétariens.

L'être humain veut continuer à manger de plus en plus de poisson. Alors, c'est le saumon qui va devoir renoncer à ses petits anchois favoris. Dans les élevages de poisson, plus question de nourrir les saumons uniquement avec des anchois, c'est désormais le privilège des saumons sauvages.

Car l'anchois, tant capturé pour les fermes aquacoles du monde entier, est devenu rare, et particulièrement ces derniers mois, du fait du réchauffement de l'océan. Le Pérou, premier exportateur au monde d'anchois, a dû diminuer des deux tiers ses quotas. Résultat : l'anchois a battu son record de prix de tous les temps le mois dernier, plus de 2 100 dollars la tonne.

C'est pourquoi les fermes aquacoles cherchent de plus en plus à modifier le régime carnivore des saumons. La part du poisson dans la ration des saumons serait déjà passée de 60% à 7% en moins de quinze ans, au profit des protéines... végétales. Le soja et le tournesol ont déjà fait leur apparition dans les repas du saumon d'élevage.

Mais voilà, ces graines oléagineuses coûtent elles aussi de plus en cher en raison de leur incorporation croissante dans les rations des autres animaux d'élevage, bœufs, porcs ou volaille, de plus en plus consommés par l'espèce humaine !

Alors, le saumon pourrait connaître une nouvelle révolution de son régime alimentaire : en Norvège, on lui propose déjà de façon expérimentale des protéines sous forme de levures, ou d'extrait d'un résineux, l'épicéa. Le saumon semble s'être fait à ce régime végétarien de plus en plus radical, et le consommateur humain, qui n'est pas prêt de consentir à ce virage, mange du saumon végétarien sans y voir, pour l'instant, la moindre différence...

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Le 5 avril 2013

Saumon. Le norvégien Cermaq prend le contrôle du minotier Copeinca au Pérou

Cermaq prend le contrôle de Copeinca en mettant sur la table 824 millions de dollars...

Le groupe norvégien Cermaq poursuit son intégration. Avec Mainstream parmi les 3 plus gros éleveurs de saumon dans le monde (environ 100.000 tonnes/an). Avec Ewos parmi les plus grands de l’alimentation aquacole (plus d'un million de tonnes de granulés/an). Et maintenant avec Copeinca parmi les plus importantes pêcheries minotières de la planète..

La boucle est bouclée : Cermaq contrôle l’ensemble des maillons de la production de saumon d’élevage à partir de l’anchois de Pérou...

Le bras de fer pour le contrôle de l’une des plus grosses pêcheries minotières dans le monde a tourné à l’avantage du norvégien Cermaq, multinationale du « Saumon » créée à l’initiative de l’Etat de Norvège à la fin des années 1990 et dont le gouvernement est toujours un actionnaire actif et déterminant quand l’expansion de l’industrie halieutique Viking dans le monde est en jeu....

Pourtant, le norvégien avait un poids lourd en face de lui : le groupe chinois China Fishery (de la nébuleuse Pacific Andes) installé depuis quelques années au pays des Incas...

En achetant 50,7% du capital de Copeinca pour une valeur de 824 millions de dollars, le groupe Cermaq conforte les intérêts norvégiens au Pérou. Déjà présent dans les pêcheries minotières d’Amérique du Sud, le groupe norvégien Austevoll est aussi un grand de la salmoniculture avec sa filiale Leroy, bien implantée en France....

Copeinca est une entreprise de pêche cotée à la Bourse d'Oslo, détenue majoritairement jusqu’alors par la famille péruvienne Dyer Coriat. Cette société se place au second rang des plus grands détenteurs de quota d'anchois péruvien avec 10,7% de la quote-part de la zone nord et centrale du Pérou. En 2012, Copeinca a déclaré des revenus totaux de 314 millions USD et un bénéfice d'exploitation de 75 millions de dollars. La société qui emploie 1466 personnes, arme actuellement 28 bateaux de pêche et possède 5 usines au Pérou. Elle a commercialisé 178753 tonnes de farine de poisson (*) et 41932 tonnes d’huile de poisson l'année dernière.

« Cette transaction, une fois achevée, permettra de renforcer la position de Cermaq sur le marché mondial des protéines marines qui sont essentielles pour l'industrie du saumon », explique Jon Hindar, Pdg de Cermaq.

« Copeinca et Ewos partagent une importante base de connaissances qui vont bénéficier à nos clients. A prévoir des synergies importantes et la création de valeur supplémentaire pour nos actionnaires », déclare M. Hindar.

« Je suis ravi d'accueillir Cermaq comme actionnaire important de Copeinca.... Le poisson du Pérou et l'industrie de l'huile de poisson bénéficieront de l'arrivée de Cermaq dont les valeurs correspondent à celles de Copeinca, à savoir responsabilité sociale, durabilité et R & D. Nous sommes impatients de collaborer plus étroitement avec l'équipe Cermaq », explique Samuel Dyer Coriat, président du conseil d'administration de Copeinca.


(*) l'équivalent de 700 000 tonnes de captures

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