Farines animales et de poisson : Merci ! José Bové, Isabella Lövin, Jean-Paul Besset....

Farines animales et de poisson : Merci à tous les eurodéputés écologistes....

Le 6 février 2013, José Bové et ses collègues eurodéputés écologistes ont brandi ce "Merci" en l'honneur du "0 rejet", mesure applicable dès 2014 au grand dam des pêcheurs français qui travaillent plutôt sur la sélectivité des engins de pêche... Lire : Interdiction des rejets... Poissons sacrifiés !

Bruxelles a donné son feu vert ! Des flots de farines animales et de poisson vont se déverser sur le marché européen de l'alimentation du bétail et du poisson...  Une aubaine pour l’aquaculture, l’un des 5 piliers de la « Croissance bleue » lancée par Maria Damanaki, Commissaire aux affaires maritimes et à la pêche...

Une aubaine essentiellement pour la pisciculture intensive, exigeante en protéines animales de qualité.

Au calendes grecques, l'opportunité de réfléchir à un autre modèle de développement aquacole sur la base d'espèces omnivores ou herbivores à l'image des plus grands pays aquacoles dans le monde : Chine, Inde, Vietnam, Indonésie,... (voir graphique plus bas sur le niveau trophique des productions aquacoles selon les pays)

L’industrie de la farine de poisson applaudit et peut dire Merci ! José Bové, Isabella Lövin, Jean-Paul Besset et tous les eurodéputés écologistes qui avez voté massivement « Oui » au 0 rejet dans cette réforme libérale de la pêche proposée par la Commission européenne. (1)

Et maintenant, José Bové et tous les écologistes français, pouvez toujours crier au loup ! Les farines animales sont déjà aux portes des poulaillers et des porcheries, et même à l’intérieur des piscicultures dès le 1e juin 2013. Delphine Batho, Ministre de l’écologie, l’a confirmé en proposant une étiquette « sans farine animale » pour les piscicultures épargnées ! (2)

« Faut-il craindre le retour des farines animales ? » s’interroge le journal en ligne Novethic... Pour Lionel Vilain, membre de France Nature Environnement, réutiliser des farines animales n’est pas fondamentalement une mauvaise idée. « Ce n’est pas absolument aberrant de donner des produits animaux à certains poissons, aux porcins, aux volailles. On le fait depuis la nuit des temps. Ce sont des carnivores, des recycleurs. Ils servent à valoriser les produits de la ferme. Avant, quand on tuait une bête dans la cour de la ferme, on balançait les restes aux volailles », rappelle-t-il. Mieux pour lui, c’est une matière première noble qu’il est intelligent d’utiliser : « On pompe beaucoup d’énergie pour sécher et incinérer les déchets animaux, sans rien en faire. C’est un gaspillage énergétique et alimentaire. »

Lire : 
Farines animales et de poisson pour les plus beaux jours des Groupes agro-alimentaires

La puissante industrie de l'alimentation animale et piscicole se réjouit de ce tour de force... Il y a quelques mois, rien ne laissait présager que l’ensemble de l’Europe bleue se consacrerait à une activité de pêche minotière qui jusque là se cantonnait au seul Danemark...

Qui aurait pu imaginer que l'industrie agro-alimentaire allait se renforcer avec le concours des pourfendeurs de la malbouffe ? 

Quoi qu'il en soit, les grands industriels sont prêts. Comme Saria France, par exemple, filiale du groupe allemand Rethmann, présent dans la récupération des sous-produits de la filière poisson (Concarneau), l'équarrissage et l'exploitation des sous-produits des abattoirs. Il vend aujourd'hui des protéines de poisson pour l'aquaculture et des Protéines Animales Transformées (PAT) de porc et de volaille pour les fabricants de nourriture pour chiens et chats. Idem pour Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol.

Les industriels et les agriculteurs, qui ont fait du lobbying à Bruxelles pour que les farines animales soient à nouveau autorisées, espèrent ainsi accéder à des sources de protéines bon marché. "Les pays d'Europe du Sud, en particulier l'Espagne, sont très demandeurs, car le cours du soja est au plus haut", estime Jean-Michel Serres, éleveur et président de la Fédération nationale porcine.

"Les industriels de l'alimentation animale souhaitent avoir accès aux PAT pour réduire les coûts. Mais c'est un leurre économique. A terme, le prix des protéines animales pourrait s'aligner sur le cours du soja", affirme au contraire Pierre Brosseau, éleveur de porcs et membre de la Confédération paysanne. "Les fabricants d'aliments pour animaux pensent que c'est intéressant de pouvoir choisir entre différentes sources de protéines pour arbitrer en fonction de l'évolution des prix et d'avoir ainsi une souplesse de formulation des produits", explique Olivier Andrault, de l'association de consommateurs UFC-Que choisir.

La filière minotière jubile...

Après le vote des parlementaires européens le 6 février 2013, les producteurs de farine et d'huile de poisson se frottent les mains. Une véritable manne que tous ces rejets de poisson ramenés dans les ports !  l'IFFO, l'organisation internationale des producteurs de farine de poisson qui représente 1/4 des captures mondiales, s'est montré ravi de la décision parlementaire. Les eurodéputés apportent de l'eau au moulin des industriels de la farine de poisson, des fabricants d'aliments piscicoles et en bout de chaine de l'aquaculture industrielle : IFFO welcomes vote on fish discards as good for supply of fishmeal and fish oil. Ainsi que les ministres malgré un léger assouplissement dans la mise en oeuvre de cette réforme : Banning discards good news for fishmeal, fish oil.

Merci pour les pêcheurs qui dénoncent cette réforme libérale mettant en péril leur propre existence... Merci pour les aquaculteurs qui réfléchissent à des modèles d'élevage piscicole plus durables...

(2) La France Agricole : Un label « sans farine animale » pour les poissons

Autres articles :

Pour aller plus loin...

La FAO ouvre un nouveau site d'information sur l'aquaculture


FAO Mai 2013. Le Système d’information sur les ressources alimentaires et nutritionnelles en aquaculture a pour ambition de mettre à disposition de ses utilisateurs des informations en la matière et des orientations permettant d’utiliser les données relatives aux stratégies alimentaires.

Les différents secteurs aquacoles nationaux doivent être informés au sujet :
  • des ressources en aliments et en engrais agricoles disponibles au niveau national;
  • de l’utilisation de ces ressources (quand, où et comment);
  • de la composition et du coût de ces ressources (à la source et en prenant en compte leur transport)
  • de la situation de l’industrie de l’alimentation animale et de la réglementation en vigueur; et
  • de la meilleure manière d’obtenir et d’utiliser les ressources alimentaires disponibles (bouses de vache, fientes de volaille, son de riz ou farines de poisson importées) selon leurs stratégies d’alimentation.
Cette approche est essentielle si les pays entendent optimiser l’utilisation de leurs ressources en aliments et en engrais disponibles localement, en vue de réduire leur dépendance aux importations (d’ingrédients alimentaires, d’engrais et de composés d’aliments aquacoles déjà prêts), de faire baisser les coûts des intrants nutritionnels et de baser leurs stratégies et leurs politiques alimentaires sur l’utilisation de sources et de circuits durables en matière d’ingrédients alimentaires et d’alimentation.

Le Système d’information sur les ressources alimentaires et nutritionnelles en aquaculture fournira des renseignements sur:
1. Les ressources en aliments et en engrais aquacoles: leur origine, leur localisation, leur disponibilité (saisonnière et régionale) et leur utilisation (par les êtres humains, pour les animaux domestiques ou pour les espèces aquatiques);
2. Le profil nutritionnel des ingrédients entrant dans la composition des aliments (acides aminés, acides gras, sels minéraux), et sur la toxicité et les facteurs antinutritionnels inhibant leur utilisation;
3. Les espèces aquacoles, notamment sur leurs besoins nutritionnels et les pratiques d’élevage.

Cliquer Ici pour accéder au site de la FAO

Remarque : L'ouverture de ce site consacré essentiellement à l'alimentation aquacole (principalement piscicole) montre l'importance des stratégies nutritionnelles en aquaculture avec le poids grandissant des fournisseurs d'aliments aquacoles

Les principaux groupes de l'alimentation animale s'intéressent au développement de l'aquaculture


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Europe. Interdiction des rejets pour compenser la baisse des captures minotières...

En Europe, les quotas de pêche réservés à l'alimentation animale (ou pêche minotière) ont tendance à diminuer depuis plusieurs années (voir tableau plus bas). L'interdiction des rejets dans la PCP réformée permettra de compenser la chute des captures minotières dans le seul intérêt de l'industrie de l'alimentation du bétail et du poisson...

L'interdiction des rejets va booster l'industrie minotière pour l'alimentation animale...

Carl-Christian Schmidt de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE parle des rejets comme d'un gaspillage de la ressource halieutique. Il évite de parler du gaspillage de ressource qu'est la pêcherie minotière...

Les rejets gaspillent les ressources. Une interdiction européenne, adoptée en février 2013 par les ministres de la Pêche des États membres, entrera graduellement en vigueur, en commençant par la mer du Nord en 2014. En 2019, toutes les pêches de l’UE seront concernées, à quelques exceptions près. L’interdiction des rejets est positive à plusieurs égards. En premier lieu, il est absurde et éthiquement discutable de jeter de précieuses protéines de poisson comestibles, outre que cela pose un problème économique. Les rejets peuvent aussi compliquer sérieusement la gestion du stock de poissons, puisque le volume total de la production halieutique n’est pas connu. D’où des lacunes dans les données et informations requises pour une gestion durable et responsable des pêches.


Certains prétendent qu’il n’existe pas de marché pour écouler les poissons jugés indésirables. Cela peut être vrai dans certains cas. Mais le plus souvent, les poissons ne sont pas rejetés parce qu’ils n’ont pas de valeur, mais parce que le pêcheur peut faire des bénéfices plus élevés en ne gardant que les plus prisés.

L’intérêt est donc là : n’importe quel poisson ou presque peut être transformé en farine ou en huile de poisson, ingrédients clés dans l’alimentation animale et piscicole, ainsi que dans l’industrie pharmaceutique. De plus, vu la forte demande de ces produits dans l’aquaculture, il existe peut-être déjà un marché pour les poissons « indésirables » ramenés à terre.

De nombreuses zones de pêche sont surexploitées dans le monde, et peu rentables pour les pêcheurs. Il est indispensable de gérer efficacement les pêches pour améliorer la situation économique de ces communautés. Réduire les incitations à rejeter des prises, en supprimant les obstacles réglementaires et en trouvant des approches de marché qui augmentent la valeur de tous les poissons capturés, peut faire partie de la solution.

L’interdiction des rejets par l’UE va dans le bon sens : elle favorise la croissance verte car elle améliore l’utilisation des ressources et la gestion des stocks. Il importe cependant de poursuivre l’action visant le redressement des pêches internationales et de mettre en oeuvre des réformes en vue de les pérenniser.

D’après l’article de l’OCDE Observateur-2 sept. 2013 : Interdiction européenne des rejets de poissons - Quel est l’appât ?


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« Journées Nutrition des poissons »

INRA de St-Pée-sur-Nivelle / Pyrénées Atlantique

15 et 16 avril 2013

L’INRA de St-Pée-sur-Nivelle (UR NuMeA (Nutrition, Métabolisme, Aquaculture)) en collaboration avec les membres du GIS « Piscicultures Demain », a le plaisir de vous informer de la tenue des « Journées Nutrition des poissons » qui se dérouleront les 15 avril après-midi et 16 avril 2013 à Saint Pée-sur-Nivelle.

L’objectif de ces journées est de faire le point sur les questions actuelles concernant les aliments piscicoles, les bases fondamentales de la nutrition des poissons et les dernières avancées de la recherche, en favorisant les échanges entre les participants. Elles vous permettront également de découvrir les installations expérimentales et les bâtiments rénovés de l’INRA de St Pée.

Ces journées sont destinées aux professionnels et partenaires de la filière piscicole. Différents intervenants : INRA, fabricants d’aliments, producteurs (FFA/CIPA)… animeront ces journées.

Inscriptions avant le 1e avril 2013 : Nombre de places est limité !!!

Pour plus de renseignements et inscription : gispiscicultures@itavi.asso.fr - www.itavi.asso.fr

Aurélien TOCQUEVILLE / Matthieu GAUME (ITAVI Service Technique Aquaculture / Secrétariat Général du GIS « Piscicultures Demain) – Tel : 09.51.36.10.60 - Fax : 09 56 36 10 60
Gestion des inscriptions : Valérie FLEURY- Tel : 01.42.94.12 08 - Fax : 01.45.22.01.77 – fleury@itavi.asso.fr / Source : INRA

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Qui dit Farines animales et de poisson, dit aquaculture d'espèces carnivores...

Norvège, modèle aquacole de l'Union Européenne ?

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Productions aquacoles selon le niveau trophique des espèces


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Aquaculture : Impact environnemental par groupe d'espèces
(cliquer sur l'image pour agrandir)
Conchyliculture et algoculture sont les deux activités aquacoles qui ont le moins d'impact sur l'environnement. L'élevage des coquillages et la culture des algues améliorent même la qualité des eaux, côté eutrophisation....


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Fish as feed inputs for aquaculture

Fish as feed inputs for aquaculture - Practices, sustainability and implications

FAO 2009 

Cliquer Ici pour télécharger le document

This technical paper provides a comprehensive review of the use of wild fish as feed inputs for aquaculture covering existing practices and their sustainability as well as implications of various feed-fish fisheries scenarios. 

It comprises four regional reviews (Africa and the Near East, Asia and the Pacific, Europe, and Latin America and North America) and three case studies from Latin America (Chile, Peru and the study on the use of the Argentine anchoita in Argentina, Uruguay and Brazil). 

The four regional reviews specifically address the sustainable use of finite wild fish resources and the role that feed-fish fisheries may play for food security and poverty alleviation in these four regions and elsewhere. With additional information from case studies in China and Vietnam, a global synthesis provides a perspective on the status and trends in the use of fish as feed and the issues and challenges confronting feed-fish fisheries. Based on the information presented in the global synthesis, regional reviews and three case studies, and through the fresh analysis of information presented elsewhere, an exploratory paper examines the use of wild fish as aquaculture feed from the perspective of poverty alleviation and food security.

Voir aussi la documentation dans l'article :  Aliment aquacole, le "carburant" du pisciculteur

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Des farines animales au menu des lecteurs du Marin !
Accéder au site web du Marin

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À lire dans "Produits de la mer": les farines de porc et de volaille à nouveau au menu des poissons 


Source : Le Marin

Sur la base d’expertises scientifiques, Bruxelles autorise depuis le 1er juin la réintroduction des protéines animales transformées (PAT) dans le menu des poissons d’élevage. Les fabricants d’aliment pour les poissons peuvent désormais y incorporer des farines de porc et de volaille.

Mais la méfiance des consommateurs en France et le refus de certains distributeurs posent la question complexe de la communication. Car l’empreinte laissée par la maladie de la vache folle est encore forte dans les mémoires.

Chasser les angoisses et les idées reçues nécessite toute une pédagogie pour expliquer les enjeux environnementaux et socio-économiques de la réintroduction des PAT. Tel est le sujet central de la table ronde publiée dans le numéro de juin-juillet du magazine Produits de la Mer. Le tour de table réunit des représentants de l’interprofession aquacole française, du saumon de Norvège, de la nutrition animale, de la transformation et de la distribution.

À court terme, les producteurs présents écartent les farines de porc et de volaille parce que les consommateurs français ne sont pas prêts, aujourd’hui, à accepter l’utilisation de ces protéines animales transformées. Un gros travail d’explication s’impose pour rassurer sur la qualité sanitaire des PAT. La Commission européenne souligne aussi que la réintroduction des PAT dans l’aliment des poissons offre une alternative durable à l’utilisation croissante des ressources marines, en particulier les farines de poisson.


 Cliquer Ici pour accéder à ce numéro de PDM

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Sorèze (Tarn) : les pisciculteurs hésitent à utiliser des farines animales.

Malgré l'autorisation de réintroduction des farines animales dans l'élevage des poissons à compter du 1er juin dans l'Union européenne, les pisciculteurs se montrent circonspects. Exemple à Sorèze dans le Tarn.

Source : France 3 Midi Pyrénées  par Michel Pech

A Sorèze, le reportage d'Aude Chéron et Nathalie Fournis


Ce mode d'alimentation était prohibé depuis la crise de la "vache folle" mais la Commission européenne a autorisé son retour, une décision qui a fait polémique.

Certains pisciculteurs ont même décidé de ne pas utiliser ces farines animales. Ils continuent de nourrir leurs poissons d'élevage avec des farines de poissons de mer ou avec des céréales ou avec du gluten.

Leur inquiétude : les farines animales sont moins chères , ceux qui ne les utilisent pas risquent de rencontrer de sérieux problèmes de concurrence.

Pas de farines animales dans le Lot

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Pour tordre le coup aux détracteurs des farines animales...

Au Zimbabwe, un éleveur nourrit ses poissons avec du fumier de poulet

Le journal Le Monde semble découvrir cette technique ancestrale en Chine appelée agro-pisculture (association d'un élevage terrestre (porc, volaille,...) avec un élevage piscicole)

Pour plus d'informations, ce manuel de l'Université de Rhodes : A manual for rural freshwater aquaculture (à télécharger)

Les aliments pour animaux sont coûteux, au Zimbabwe. Par conséquent, l’élevage d’animaux, y compris des poissons, peut coûter très cher. Mais certains éleveurs de poissons utilisent du fumier de poulet pour réduire leurs frais.

Abel Moyo dirige la ferme Darlington dans le district de Mangwe, à environ 230 kilomètres au sud de Bulawayo, deuxième ville du pays.

Moyo élève des poissons dans un barrage, dans sa ferme. Il est en train de découvrir que la pisciculture est une entreprise rentable. Il explique que l’élevage de poissons n’exige pas beaucoup de travail et nécessite peu de dépenses en matière d’intrants. Le fait d’utiliser des barrages situés près de son domicile permet aussi de réduire les frais. Beaucoup de clients viennent à la ferme et achètent du poisson directement au barrage. « J’ai juste à attraper les poissons dans le barrage et à les vendre, et cela ne me coûte quasiment rien en frais de transport », explique t’il.

Pamela Mbele est mère de deux enfants et s’est convertie au poisson parce que le bœuf coûte cher. Elle explique: « Maintenant, nous n’avons du bœuf que les jours de paye ou pour les occasions spéciales. Je ne peux pas me permettre d’avoir du bœuf tous les jours. »

Pour de nombreuses familles du Zimbabwe, le repas principal de la journée était à base de bœuf. Mais vue l’augmentation du prix du bœuf, les familles recherchent des sources de protéines plus abordables. Comme le poisson coûte moitié moins cher, au kilo, que le bœuf, la demande a augmenté. Mme Mbele « Le poisson est maintenant notre relish quotidien pour le restant du mois parce qu’il est abordable » afffirme Mbele. (Note de la rédaction: le « relish » est l’expression locale pour désigner la « sauce » qui accompagne un aliment de base tel que le maïs ou le riz.)

Moyo élève trois types de poissons: bar blanc, kapenta, et tilapia. « Je n’ai jamais utilisé d’aliments commerciaux pour poisson. J’utilise du fumier de poulet depuis que j’ai commencé à faire de la pisciculture ». selon Moyo,  le fumier est une source fiable de nutriments pour ses poissons. Il utilise donc ses propres poulets comme source.

L’expérience du fumier de poulet

Moyo  a réalisé que les poissons pouvaient bénéficier du fumier de poulet après avoir observé des oiseaux perchés près de son barrage. « Je voulais couper les arbres parce que je détestais avoir ces oiseaux assis sur ces branches et déversant leurs matières fécales dans le barrage » se souvient-il. Mais ses amis pêcheurs lui ont dit que le fumier d’oiseaux était bon pour les poissons, qui ne souffraient visiblement d’aucun effet négatif, et continuaient à se reproduire.

Moyo n’a pas tout à fait cru ses collègues agriculteurs. Alors il a décidé de faire une expérience en utilisant du fumier de poulet dans son barrage.  « J’ai versé du fumier de poulet pour voir ce qui se passerait et ça a marché à merveille. Depuis, j’utilise du fumier de poulet ».

Moyo et ses paires ont même reçu le soutien de certains partenaires pour encourager les promoteurs agricoles à aller vers l’aquaculture.

Lindiwe Nyoni est fonctionnaire de terrain auprès de l’Agricultural Rural Extension Services Department de Bulawayo. Son département offre des conseils aux communautés sur le développement de l’aquaculture. « Nous encourageons les communautés à se lancer dans la pisciculture parce qu’il y a un bon marché là-bas ».

C’est certainement vrai pour Moyo. Chaque dimanche, les gens le payent 10$ chacun pour s’essayer à pêcher dans son barrage.

Pour l’instant, il transporte le fumier de son poulailler au barrage. Mais, avec l’argent qu’il est en train d’épargner, du fait qu’il n’achète pas d’aliments pour poisson, et grâce aux revenus qu’il fait grâce aux pêcheurs du dimanche, il compte construire une basse-cour au-dessus du barrage. Le fumier tombera ainsi directement dans l’eau en-dessous, ce qui lui épargnera temps et efforts. Pour Moyo, cela permettra d’éviter que le barrage manque de fumier de poulet quand il n’est pas là.

Nqobani Ndlovu, Agro Radio Hebdo

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Farines animales : Un poisson qui ne respecte pas la Chaine alimentaire !

Silure attaque et mange les pigeons



France 2 - Journal - 10-12-2012 13h30 confirme ce que nous savions depuis longtemps, la technique de l'échouage pratiquée par l'orque, parfaitement adaptée en eau douce par les silures.

Les personnes qui dénigrent les silures n'ont même pas leur intelligence.

Farine animale : José Bové appelle les consommateurs à boycotter les poissons d’élevage

Si dans la mer la chaine alimentaire voit les gros poissons manger les petits, on n’a encore jamais vu des poissons s’attaquer à des porcs ou des volailles. Rien n’empêche si on réintroduit les farines animales dans l’alimentation, qu’elles se retrouvent demain utilisées pour des animaux auxquels elles ne sont pas destinées. Les poissons, comme demain les porcs et les volailles doivent être étiquetés « NOURRIS AVEC OU SANS FARINES ANIMALES », pour que nous puissions choisir en connaissance de cause. Je doute que les consommateurs se bousculent pour acheter des poissons étiquetés « Nourris avec des farines d’origine animale ». Source : aquitaine.eelv.fr

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Pour le saumon d'élevage, manger du poisson est devenu un luxe !!! 

Le saumon d'élevage contraint au régime végétarien

Source : RFI 

Par Claire Fages

Peu à peu, les saumons d'élevage sont privés de leur nourriture habituelle, à savoir d'autres petits poissons, comme les anchois, qui coûtent désormais trop cher. De carnivores, les saumons deviennent végétariens.

L'être humain veut continuer à manger de plus en plus de poisson. Alors, c'est le saumon qui va devoir renoncer à ses petits anchois favoris. Dans les élevages de poisson, plus question de nourrir les saumons uniquement avec des anchois, c'est désormais le privilège des saumons sauvages.

Car l'anchois, tant capturé pour les fermes aquacoles du monde entier, est devenu rare, et particulièrement ces derniers mois, du fait du réchauffement de l'océan. Le Pérou, premier exportateur au monde d'anchois, a dû diminuer des deux tiers ses quotas. Résultat : l'anchois a battu son record de prix de tous les temps le mois dernier, plus de 2 100 dollars la tonne.

C'est pourquoi les fermes aquacoles cherchent de plus en plus à modifier le régime carnivore des saumons. La part du poisson dans la ration des saumons serait déjà passée de 60% à 7% en moins de quinze ans, au profit des protéines... végétales. Le soja et le tournesol ont déjà fait leur apparition dans les repas du saumon d'élevage.

Mais voilà, ces graines oléagineuses coûtent elles aussi de plus en cher en raison de leur incorporation croissante dans les rations des autres animaux d'élevage, bœufs, porcs ou volaille, de plus en plus consommés par l'espèce humaine !

Alors, le saumon pourrait connaître une nouvelle révolution de son régime alimentaire : en Norvège, on lui propose déjà de façon expérimentale des protéines sous forme de levures, ou d'extrait d'un résineux, l'épicéa. Le saumon semble s'être fait à ce régime végétarien de plus en plus radical, et le consommateur humain, qui n'est pas prêt de consentir à ce virage, mange du saumon végétarien sans y voir, pour l'instant, la moindre différence...

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L'Europe bleue prend le chemin du Chili ?

Au Chili, deux associations environnementales, Greenpeace et Oceana, ont salué l’adoption de la nouvelle loi sur la pêche en décembre 2012. Selon ces Onge, la loi Longueira est conforme à une pêche plus durable. En effet, les 7 familles qui se partagent 93% des quotas de pêche devront maintenant respecter le fameux Rendement Maximal Durable (RMD). D'autre part, les 2 associations sont rassurées par le peu de rejet de poisson : plus de 90% des captures chiliennes partent à la farine ! Enfin, elles applaudissent l’interdiction du chalutage de fond dans ce pays bordé d’une fosse abyssale de plus de 6000 mètres....


Le Chili est devenu un grand pays minotier pendant la période Pinochet. Au moment de la dictature, période des grandes inégalités, la pêche s'est concentrée autour de quelques familles (avec l'empire Angellini qui à la fin des années 1980  "monopolisait" près de 2 millions de tonnes d'anchois et sardine pour la farine....). Ensuite, les sociétés minotières ont organisé une véritable ruée sur le chinchard dans le centre du pays à partir des ports de Talcahuano et Coronel.

Le développement de l'activité minotière a favorisé le décollage de la salmoniculture chilienne puis sa croissance exponentielle pour atteindre aujourd'hui près de 800.000 tonnes/an de salmonidés (Saumon + Truite).

En Europe, l'industrie minotière jubile...

Après le vote du Parlement européen qui a accepté la réforme ultra-libérale de la pêche communautaire proposée par Bruxelles, les industriels de la farine de poisson se frottent les mains. Une véritable aubaine que tous ces rejets de poisson ramenés dans les ports !  l'IFFO, organisation internationale des producteurs de farine de poisson, s'est montré ravi de la décision des eurodéputés qui apporte de l'eau au moulin des industriels de la farine de poisson, des fabricants d'aliments piscicoles et en bout de chaine de l'aquaculture, un volet de la croissance bleue de l'UE : IFFO welcomes vote on fish discards as good for supply of fishmeal and fish oil

Au Chili, la privatisation de la mer signe la fin des petits pêcheurs




Beaucoup de petits pêcheurs disent que les droits de pêche accordés aux 7 familles pourraient signifier la fin de leur existence. Lire The Realnews : The Privatization of Chile's Sea
 
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Revue de presse


Les poissons d’élevage pourront à nouveau être nourris avec des farines de porcs et de volailles à compter de juin, a annoncé la Commission européenne. Les avancées scientifiques ont montré l’absence de risque, permettant de lever l’interdiction décidée en 2001 suite à la crise de la vache folle en 1997.

Le règlement du 16 janvier 2013 (UE56/2013), publié au Journal officiel de l’Union européenne du 24 janvier, lève ainsi l’interdiction des farines animales issues de non-ruminants dans l’aquaculture. Cette utilisation avait été prohibée pour prévenir les encéphalopathies spongiformes transmissibles (règlement 999/2001).

En 2009, un règlement (1069/2009) interdisait spécifiquement l’alimentation des poissons d’élevage par des protéines animales transformées (PAT) dérivés de poissons d’élevage de la même espèce : pas de « recyclage interspécifique ». En gros, pas de cannibalisme.

En respectant cette règle, des scientifiques ont montré l’absence de risque à utiliser des PAT de non-ruminants pour nourrir d’autres non-ruminants, notamment des poissons. Cette mesure « améliorera la durabilité à long terme de l’aquaculture », estime la Commission. C’est sans doute la farine de sang qui sera la plus utile au secteur.

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La FNSEA est hostile à la réintroduction des farines animales dans l’alimentation des poissons d’élevage, prévue par la Commission européenne, si elle n’est pas très encadrée, a déclaré mardi le président de la première organisation agricole, Xavier Beulin.

« Nous ne sommes pas favorables à un retour, comme ça, sans condition ; il faudra vraiment expertiser de manière très, très précise », a déclaré M. Beulin sur France Info, rappelant que l’alimentation des animaux d’élevage par farine animale, à l’origine du scandale de la vache folle avait provoqué en 1996 un « traumatisme qui a beaucoup marqué nos concitoyens, à juste titre ».

« Il faudra mettre là toute la prudence nécessaire […], tous les contrôles », a souligné M. Beulin.

Approuvé en juillet 2012 par les experts des Etats membres de l’UE, le retour des farines de porc et de volailles pour nourrir les poissons d’élevage sera autorisé à compter du 1er juin, a annoncé jeudi la Commission européenne.

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« C'est plutôt du bon sens », a commenté, hier, Gilles Charpentier, le P-DG de Meralliance à Quimper (29) après la décision de la Commission européenne de réintroduire les farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage (notre édition d'hier). « Des scientifiques vont peut-être dire qu'il ne faut pas en donner, ma première réaction est de dire que cette décision ne me paraît pas comme une ineptie », précise le leader en France du saumon fumé sous marque de distributeur et nº3 en Europe (*). Ne parlant que pour les poissons carnivores comme le saumon et la truite, « j'ai demandé aujourd'hui (NDLR : hier), une étude pour connaître l'impact des farines terrestres sur le saumon » a-t-il précisé, avant d'ajouter que les « protéines terrestres devront être tracées ». Actuellement, la filière standard de Meralliance (et sa marque propre Armoric) est nourrie à 70 % avec des protéines végétales (soja) et à 30 % avec des farines marines. Cette proportion s'inverse pour la gamme label rouge. Sur le plan économique, « réintroduire des farines terrestres permettra peut-être de ne pas connaître l'envolée des prix comme avec les protéines végétales ».

(*) Meralliance produit 5.000 tonnes en France, 5.000 tonnes en Ecosse et 2.000 tonnes en Pologne. Le groupe emploie 840 personnes pour un chiffre d'affaires de 140 millions d'euros.

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Décision "malvenue et inopportune"

S'agissant des poissons d'élevage, M. Garot a réitéré la position de la France qui "considère que cette décision (de la Commission européenne) est mal venue et inopportune", rappelant que la France avait voté contre cette disposition en juillet 2012. Il a salué "les efforts faits par les aquaculteurs de France pour faire en sorte que la nourriture des poissons proscrive les produits issus d'animaux terrestres. C'est un engagement qui a été pris dans une charte de qualité et qui fait aujourd'hui autorité sur tout le secteur français".

M. Garot a ajouté que le ministre de la Pêche Frédéric Cuvilier "fait mouvement auprès de la Commission européenne pour qu'une filière alimentaire pour les poissons soit issue des rejets de pêche".


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La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a déploré dimanche le prochain retour des protéines animales transformées en aquaculture, et appelé à la création d'un label « sans farine animale » pour informer les consommateurs.

« Je n'avais pas vu cette décision (d'autorisation des farines animales) qui datait du mois de janvier et qui a été rendue publique la semaine dernière par la Commission européenne, et j'en pense le plus grand mal », a déclaré Mme Batho lors de l'émission « Le Grand Entretien » de RCJ (Radio de la communauté juive).

« J'en pense le plus grand mal, et d'ailleurs la France, au travers de Guillaume Garot et Stéphane Le Foll, s'est prononcée contre lors du processus de discussion interne à l'Union européenne », a-t-elle ajouté, estimant que « ce n'est pas dans la logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons. C'est la même logique d'absurdité financière » que pour la viande de cheval.

Pour la ministre, « il est donc très important que la filière piscicole française s'organise pour qu'il y ait un label « sans farine animale » qui puisse faire son apparition sur les étalages, pour dire aux consommateurs français : le poisson que vous achetez n'a pas été nourri avec de la viande ».

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a abondé dans son sens. « On va s'organiser », a-t-il assuré lors de l'émission “Le Grand Jury” sur RTL et LCI. « Sans remettre en cause la décision européenne, la France peut très bien faire en sorte avec un label qu'on n'utilise pas » les farines animales, a expliqué le ministre.

La Commission européenne a annoncé, jeudi, que les poissons d'élevage pourraient à nouveau être nourris avec des farines de porc et de volailles à compter du 1er juin 2013, un mode d'alimentation qui était prohibé dans l'UE depuis la crise de la « vache folle ».

Approuvée par les experts des Etats membres en juillet 2012, la mesure autorise le recours aux protéines animales transformées (PAT) dans l'alimentation des poissons d'élevage et des autres animaux de l'aquaculture.

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Farines animales : On raconte n'importe quoi ! Cela n'empêchera pas les silures de manger des pigeons

Farines animales : les bouchers "indignés"


La Confédération de la boucherie "s'indigne" lundi du feu vert donné par l'Europe aux farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage, estimant "qu'une fois de plus Bruxelles cède aux pressions de l'agroalimentaire".

Son président "Christian Le Lann s'insurge contre la Commission européenne qui autorise dès le 1er juin prochain l'utilisation des farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage (en attendant le porc et la volaille en 2014)", écrit la confédération dans un communiqué. "Une fois de plus, Bruxelles cède aux pressions de l'industrie agroalimentaire. Cette même industrie qui n'hésite pas à frauder pour augmenter ses profits et ainsi bafouer la confiance du consommateur (cf. viande de cheval à la place du boeuf)", dénonce Christian Le Lann, selon le communiqué.

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Silure attaque et mange les pigeons




France 2 - Journal - 10-12-2012 13h30 confirme ce que nous savions depuis longtemps, la technique de l'échouage pratiquée par l'orque, parfaitement adaptée en eau douce par les silures.

Les personnes qui dénigrent les silures n'ont même pas leur intelligence.

Cependant, veuillez laisser vos bébés dans leurs poussettes, et vos petits chiens ou chats en laisse.

Vivement des spécimens de 12 mètres !!! On fera promener les sujets indésirables au bord de l'eau !!!
 
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Farines animales pour poissons : l’amorce d’un nouveau scandale sanitaire

Source : Politis

Les poissons d’élevage vont donc bénéficier à partir premier juin prochain de nouveaux menus à base de déchets de porcs et de volailles impropres à la consommation humaine mais broyés pour être transformés en farines. Sont concernés les bars, les daurades, les cabillauds, les maigres ou les turbots. S’y ajoutent de nombreux poissons d’eau douce comme les carpes, les brochets, les sandres ou encore le panga vietnamien produit dans des conditions sanitaires et écologiques particulièrement déplorables bien qu’en vente sans problème en France. Ces élevages intensifs concernent aussi la truite et la plupart des espèces de crevettes produites à Madagascar, au Venezuela, au Vietnam, au Brésil, en Equateur ou en France. Evidemment il ne faut pas oublier le saumon dont l’élevage a été inventé en Norvège puis en Ecosse à partir du début des années 70 et donc la production vient de dépasser 1,5 millions de tonnes en 2012, essentiellement du saumon dit « d’Atlantique » bien qu’une partie en soit élevée sur le littoral pacifique du Chili. La commercialisation du saumon sauvage ne représente plus que 8% pour cette espèce. Pour une raison bien simple : il n’en reste presque plus !

Les conditions d’élevage des poissons et des crustacés sont le plus souvent déplorables : surpeuplement des bassins d’élevage, gavage des crevettes et des poissons dont l’appétit est stimulé par un éclairage permanent qui les amène à grossir plus vite. Sans omettre l’utilisation de médicaments, notamment des antibiotiques épandus tous les jours, notamment dans les derniers mois de leur élevage. Ils sont destinés à éviter la propagation de maladies liée à la densité des poissons et aux affections entrainées par la consommation de mauvaises farines de poissons. Lesquelles farines comprennent notamment le broyat des poissons et des crevettes morts dans les fermes aquacoles. Ces élevages au départ destinés à pallier la disparition de certaines espèces, organisent en fait un pillage des océans pour nourrir les poissons à l’engrais. Pratique qui appauvrit encore plus les eaux marines, puisque les farines de poissons se confectionnent souvent en ramassant n’importe quelles espèces de n’importe quelles tailles. Donc les élevages ne protègent pas de l’épuisement des ressources de la mer. L’illusion, en Norvège et ailleurs, est entretenue par les éleveurs qui omettent de citer le chiffre calculé par les scientifiques : il faut au minimum 3 à 4 kilogrammes de poisson pour « produire » un kilo de saumon ; et l’étude des statistiques norvégiennes montre que 80 % du poisson péché par les navires de ce pays en Atlantique Nord servent à alimenter les élevages où le saumon atteint sa taille adulte en 18 mois contre plusieurs années dans le milieu naturel et 36 mois dans un élevage labellisé bio.

Les farines animales ne vont que changer le niveau des bénéfices : ceux des producteurs de saumons et autres poissons d’élevage et évidemment ceux de la déjà très célèbre maffia de la viande car ce produit est largement moins cher que la farine de poisson et ils ne savent plus quoi en faire. Quand aux effets sur les poissons et donc sur les consommateurs, mystère ! La question ne se pose pas. La décision européenne ne résulte d’aucune étude scientifique et ignore le principe de précaution et doit tout aux lobbies des récupérateurs de viande et des éleveurs qui les approvisionnent.

Donc, les poissons qui mangeaient du poisson, vont devoir adopter un nouveau régime alors que ni les ailes de poulet ni les côtelettes ne font partie de leur ordinaire marin. Tous les risques peuvent être d’autant plus envisagés que les résidus de médicaments des farines animales s’ajouteront à ceux des traitements appliqués dans les bassins d’aquaculture. Mais le ministre de l’Agriculture a expliqué en langue de bois de la Sarthe, qu’il ne s’agissait par de « farines animales » mais de « protéines » (nuance !) et donc que tout va bien. La ministre de l’écologie, pour une fois sortie de son silence sidéral a affirmé que « elle en pense le plus grand mal ». Mais, dans la plupart des médias, nul n’a ricané à la « cacophonie » . gouvernementale ! Au gouvernement et à droite on « regrette » cette « décision de l’Europe ». En oubliant, comme à chaque fois, que les décisions de l’Europe n’existent pas en tant que telles et que ce nouveau recours aux farines animales a été approuvé à l’unanimité par les 27 gouvernements européens.

Seul moyen d’échapper à cette dégradation pour les consommateurs : se tourner vers le poisson et le saumon bio. Depuis le mois d’août 2000, existe une certification bio avec un cahier des charges rigoureux. Il concerne la nourriture et les conditions d’élevage. Les farines distribuées doivent être issues de poissons péchés selon les quotas légaux ou provenir de restes d’autres poissons destinés à la nourriture humaine. Elles ne peuvent pas faire l’objet d’un quelconque traitement chimique. En outre un tiers de l’alimentation des poissons concernés doit être d’origine végétale, nourriture dont sont exclues les plantes génétiquement modifiées. Les enclos doivent être installés dans des eaux, douces ou salées, ne contenant aucun résidu chimique et dont la température et la lumière doivent être proches des conditions naturelles. Autre différence entre les élevages classiques et les élevages bio : dans les bassins la densité en poissons doit être au moins deux fois inférieure. Caractéristique qui évite la propagation de maladies ; et donc tout traitement avec des antibiotiques, lesquels sont interdits par le cahier des charges permettant la labellisation AB ou européenne.

Dans ces conditions la croissance des saumons, pour prendre l’exemple du poisson d’aquaculture le plus vendu dans le monde, est bien plus lente et ils ne sont prêts à être commercialisés qu’au bout de 36 mois contre 18 dans les élevages intensifs. Délai qui contribue, d’une part à diminuer la proportion de graisses dans leur chair et à leur assurer une très nette qualité organoleptique. Tout en préservant un environnement maritime ou lacustre qui n’est plus pollué par les bassins d’élevage. Lorsque toutes ces conditions sont respectées et que la filière de fumage et de préparation écarte tous les traitements chimiques, ces poissons peuvent être labellisés.

Prochaine étape en expérimentation aux Etats Unis et en Norvège : la mise au point de saumons, de bars et de daurade génétiquement modifiés pour manger n’importe quoi et grossir encore plus rapidement.

Quant aux farines animales, il est prévu que dans « un délai raisonnable » elles pourront être à nouveau servies à tous les animaux d’élevage…

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Pisciculture. Aqualande refuse les farines animales

Source : Ouest France

Aqualande, un groupe français leader dans le secteur de l’aquaculture, refuse de nourrir ses poissons avec des farines de porc ou de volaille et entend que cela se sache.

En pleine crise alimentaire, le groupe réclame la mise en place d’un étiquetage mettant en évidence l’absence, dans ses produits, de ces farines animales qui viennent d’être ré-autorisées par la Commission européenne.

27 sites de pisciculture

« On est contre cette position européenne, on s’est engagés depuis longtemps, et on le reste, sur une alimentation à 100 % à base de végétaux, de céréales, et de poissons, en excluant toute compromission sur les produits d’animaux terrestres », a affirmé Stéphane Dargelas, directeur marketing et commercial d’Aqualande.

Aqualande compte 500 salariés sur 27 sites de pisciculture, dans le Sud-Ouest principalement, et sur deux sites de transformation.

Le groupe a choisi depuis 1996 de « ne pas utiliser ces farines-là » et va mettre en place d’ici à deux ou trois semaines son propre étiquetage « pour essayer de rassurer le plus possible, un étiquetage disant 'exclusivement nourri à base de végétaux et de poissons, sans produits d’animaux terrestres’».

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Avant tout le raffut sur les farines animales....

Quelques chiffres pour la truite (Source : CIPA)

  Prix moyen de vente d’une truite (départ production) : 2,40 €/kg
  Indice de consommation : 1,15
  Coût moyen estimé de l’aliment : 1 000 € la tonne, soit 0,7 €/kg
  Coût total pour l'alimentation d'un kilo de truite : 1,000 * 1,15 = 1,15 €/kg 
 Coût de production total d'un kilo de truite : 2,30 €/kg sur la base de l’hypothèse d’un coût moyen de l’aliment égal à 50% du coût de production total

Hypothèse d’une baisse du coût des aliments 

Aujourd’hui, si les farines de sang et de plumes étaient utilisées sans restriction, soit à hauteur de 7 à 10% pour les premières et de 10 à 15% pour les secondes, l’économie sur le prix de l’aliment (variable selon les gammes de produits : niveau de protéines  brutes, niveau d’énergie, espèces, prix des protéines et des lipides…) est estimée entre 15 et 50 € la tonne.

Tableau 9 : Comparaison des coûts de production des truites d’élevage en fonction de la composition des aliments composés (132)

In fine, l’économie réalisée serait donc comprise entre 3 et 12 centimes d’€ maximum par kilo de truite, soit entre 1,5 et 5 % du coût de production total.
(132) Source : Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture (CIPA).

Ces chiffres sont tirés de ce document : Quelle place pour les protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation des porcs, des volailles et des poissons ?

Avis n°70
Avis adopté le 
1er décembre 2011
Conseil National de l’Alimentation
Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie
Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire
Ministère du travail, de l’emploi et de la santé

Cliquer Ici pour télécharger le document du CNA pour comprendre ce que sont les Protéines animales transformées (PAT), des protéines animales tout à fait inoffensives !!!!
 
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Pourquoi l'aquaculture française est une aquaculture de qualité ?

Source : Blog de Frédéric  Cuvillier, Ministre de la Pêche

 "Au moment où l'Europe décide d'autoriser de nouveau l'utilisation de protéines animales transformées pour l'alimentation des poissons d'élevage, je tiens à rappeler ce qui fait la qualité de l'aquaculture française.

En France, la filière piscicole produit environ 50.000 tonnes de poissons d'élevage par an, très majoritairement des truites. Les truites sont des poissons carnivores - comme la plupart des poissons d'élevage (85%). Les poissons carnivores mangent, dans la nature, d'autres poissons. 

Les aquaculteurs français sont d'ores et déjà engagés par une charte volontaire, qui couvre aujourd'hui 80 % de la production, la « charte qualité - Aquaculture de nos régions », qui interdit notamment de nourrir les poissons avec des produits d'animaux terrestres. Les poissons d'élevage en France sont alimentés essentiellement avec des matières premières végétales (entre 60 et 80 %) et des farines et huiles de poisson (entre 20 et 40 %). 

Ces farines et huiles de poisson peuvent provenir de petits poissons sauvages, pêchés uniquement dans ce but. C’est ce qu’on appelle la pêche minotière, pêche que les Français ne pratiquent pas.

Il faut encadrer la pêche minotière qui doit garantir une gestion durable des stocks de poissons sauvages utilisés. En France, les aquaculteurs privilégient de plus en plus les coproduits de la mer, c'est-à-dire les restes de poissons qui ne sont pas utilisés pour l’alimentation humaine. Démarche par définition plus durable. 

Aujourd'hui, cette charte volontaire des aquaculteurs français fait référence. C'est un processus volontaire, un processus de qualité et de durabilité, un processus qu'il faut soutenir et encourager. "

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Frédéric Cuvillier aux côtés des aquaculteurs au Salon de l'agriculture


Frédéric Cuvillier, ministre délégué à la pêche, était aux cotés des aquaculteurs français jeudi au Salon de l'agriculture pour soutenir leur démarche qualitative, se montrant prudent face à l'utilisation des farines animales pour l'alimentation des poissons d'élevage.

En défenseur de la filière, le ministre a expliqué que la charte qualité "Aquaculture de nos régions" apportait la garantie "d'une aquaculture qualitative et non industrielle", la certitude aussi que "le poisson est nourri à 100% avec du poisson et des végétaux."

Pour sa part, Marc Lamothe, président du Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (CIPA) a ajouté que cette charte qualité était soutenue aussi par des ONG environnementales comme WWF, par des associations de consommateurs (UNAF) et par FranceAgrimer.

"Ce qui témoigne de l'engagement de toute une profession en faveur de la durabilité de la production aquacole française et de la garantie de la qualité pour le consommateur", a insisté M. Lamothe.

La Commission européenne a donné son feu vert le 14 février dernier autorisant les farines animales à compter du 1er juin prochain dans l'alimentation des poissons d'élevage.

Suite à cette annonce, le président de la République François Hollande s'est déclaré contre la réintroduction de ces farines à l'occasion de son déplacement au Salon de l'agriculture.

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Farines animales : le non des pisciculteurs français

Source : Le Monde Par Martine Valo et Claudia Courtois (à Bordeaux)

La France ne veut pas de protéines animales transformées – les déjà fameuses PAT – pour nourrir ses poissons d'élevage. C'est à qui le dira le plus fort, à commencer par le président de la République, François Hollande, qui a insisté, le 23 février, au Salon de l'agriculture, sur l'importance de pouvoir "continuer à nourrir les poissons de manière traditionnelle".

Tant pis pour la décision européenne d'autoriser, à partir du 1er juin, d'intégrer dans l'alimentation des truites, des daurades et des bars d'élevage, des farines issues de morceaux de porc et de volaille qui ne sont pas commercialisables à cause de leur malformation ou de leur aspect. Plusieurs ministres l'ont suivi, assurant qu'il fallait, grâce à un label adéquat, informer le consommateur de la résistance française et de l'intégrité de sa production piscicole.

Les professionnels de l'aquaculture ne veulent pourtant pas de cet étiquetage-là, comme ils l'ont indiqué au ministre de la pêche, Frédéric Cuvillier, venu à son tour les soutenir au Salon de l'agriculture jeudi 28 février. Le Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (CIPA) préfère miser sur sa propre charte de qualité, intitulée "Aquaculture de nos régions", qui, dit-il, exclura toute forme de PAT tant que celles-ci déplairont aux consommateurs.

La France importe 85 % de sa consommation

L'organisme travaille depuis 2007 sur ce cahier des charges au sein d'une commission qui réunit des éleveurs, des représentants de la grande distribution, des scientifiques, des consommateurs et l'organisation non gouvernementale WWF, entre autres.

Pour le client, être rassuré sur la qualité hexagonale ne réglera qu'une partie de ses interrogations, puisque la France importe 85 % de sa consommation. Elle peut offrir au mieux 50.000 tonnes par an de produits issus de ses élevages terrestres et de bord de mer, dont 35 000 tonnes de truites. C'est peu comparé aux quelque 150 000 tonnes de saumons et 100 000 tonnes de crevettes qu'elle importe. Arc-en-ciel ou fario, destinée à la consommation ou au repeuplement de sites de pêche de loisirs, la truite, rappelons-le, est carnivore.

Or, pour certaines, les rations comportent déjà des protéines issues de sang de porc et de volaille et de plumes. Cette pratique est en effet autorisée par l'Union européenne depuis 2005, par la France depuis 2006. "Environ 15 % de la production française – celle qui est destinée à l'exportation – sont susceptibles d'en contenir, tandis que 85 % répondent à une formule d'alimentation standard aux trois quarts végétale, sans aucun dérivé d'animal terrestre", explique Marc Lamothe, président du CIPA. En théorie, les éleveurs auraient même le droit d'agrémenter ses rations de dérivés d'œuf et de lait, mais n'en voient pas l'intérêt, selon le CIPA.

A Balizac, en Gironde, les protéines animales terrestres sont proscrites depuis 1996, comme dans les six autres fermes piscicoles du groupe Sturgeon, né en Charente-Maritime, et comme dans l'ensemble des entreprises aquacoles ayant signé la charte "Aquaculture de nos régions". Seulement à Balizac, le poste alimentation n'a qu'une importance relative dans les comptes de l'exploitation, car on y prend soin d'esturgeons, des femelles en particulier qui donnent de l'authentique caviar.

Règles sur l'environnement complexes

Quand un kilo de truites est vendu 2 à 3 euros par le producteur, celui du caviar "sort" à 500-600 euros. "Si, pour un éleveur de truites, la part de l'alimentation représente 50 % à 60 % du coût de production, elle n'est que de 5 % pour nous. Il nous est donc plus facile d'être exigeant", précise Philippe Benoit, le directeur d'exploitation du groupe. Avec 13 millions de tonnes par an, exportées à 60 %, Sturgeon est le troisième producteur mondial. Le secteur du caviar, fleuron de l'aquaculture française, se classe depuis quelques années au deuxième rang mondial.

Le sang de volaille gâterait l'image de cette denrée de luxe. "Même si ce type de produit n'a pas d'impact nutritionnel négatif et que d'autres producteurs étrangers de caviar l'utilisent, le groupe se l'est interdit depuis des années. Nous devons être irréprochables, insiste M. Benoit. Ça n'est pas parce que l'Europe a décidé d'autoriser d'autres farines animales que nous allons modifier notre façon de faire. Ce serait de la folie !"

Chez Sturgeon, la nourriture est préparée sur mesure par un fabricant d'aliments, Biomar, installé à Nersac (Charente). C'est un mélange, savamment dosé suivant les conseils d'un laboratoire de recherche, de farines et huiles de poisson pour les protéines et les lipides, de végétaux (principalement blé et tourteaux de soja), de minéraux et de vitamines. Dans son cycle de vie – en moyenne huit ans avant de devenir mature sexuellement et de porter des œufs –, une femelle de 10 kg mange 25 kg de ces granulés noirs. A Balizac, huit générations d'esturgeons cohabitent, soit 70 000 individus, de l'alevin à la femelle gravide de 9 ans, répartis dans 16 bassins en béton de 7 000 m2 au total, enserrés entre l'étang en surplomb et la forêt.

Pour Marc Lamothe, l'aquaculture française est bien placée pour satisfaire ses clients. Le problème de la filière est ailleurs : il tient aux règles sur l'environnement complexes et surtout changeantes : "L'interprétation des directives européennes est particulièrement exigeante chez nous, insiste-t-il. Nous avons besoin de savoir comment elles vont évoluer. Aucun nouvel élevage ne s'est installé ces dernières années."

Une production "bio" naissante

Antibiotiques
La filière piscicole s'est engagée à en limiter l'usage et a rejoint le Plan antibio 2017 du ministère de l'agriculture. Selon le Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture, le nombre d'exploitations qui les utilisent a diminué de 20% depuis 1997 et aujourd'hui, moins de la moitié y a recours.

Filière "bio"
L'élevage biologique de poissons se doit de respecter un cahier des charges européen, avec une alimentation qui repose majoritairement sur des céréales bio s'agissant de la truite. C'est une petite production qui se développe : 300 tonnes de truites en 2007, 1 000 t en 2012, plus 300 t de poissons de mer.
 
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Le 4 mars 2013

Farines animales : à quand un peu de bon sens ?

Source : Agriculture Environnement

La nouvelle ne pouvait tomber à pire moment. En plein scandale sur la viande de cheval, la Commission européenne a confirmé le retour des farines animales, ou plutôt des PAT (pour protéines animales transformées) issues de volailles et de porcs, dans l’alimentation des poissons d’élevage.

La ministre de l’Écologie, Delphine Batho, a vivement réagi, déclarant penser « le plus grand mal » de cette décision. « Ce n’est pas dans la logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons », s’est-elle indignée. Afin de rassurer le consommateur, elle propose d’ajouter à la panoplie des labels existants un nouvel étiquetage : le « sans farine animale ». La réaction de la ministre n’est malheureusement pas isolée. Bien qu’approuvée en juillet 2012 par les experts des États-membres de l’Union européenne, la décision de Bruxelles a soulevé en France un concert d’indignations. Le président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet (PS), l’a qualifiée de « triple erreur, à la fois sanitaire, environnementale et éthique ». Le président de la Confédération de la boucherie, Christian Le Lann, s’est de son côté dit « indigné », estimant qu’« une fois de plus, Bruxelles cédait aux pressions de l’industrie agroalimentaire ». Quant à l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), elle a dénoncé une mesure « contreproductive et inopportune ». « Nous maintenons que ces matières premières, interdites suite à la crise de la vache folle, auraient dû le rester », écrit l’Association de défense des consommateurs.

À force de cultiver l’ignorance, on laisse grandir les peurs inutiles. Faut-il rappeler que cet assouplisssement proposé par l’Union européenne concerne des PAT constituées de matières premières issues de volailles et de porcs, c’est- à-dire d’animaux qui n’ont jamais été infectés par le prion ? Évoquer la vache folle dans ce contexte relève donc du pur amalgame.

En outre, l’aquaculture européenne est en pleine expansion. Elle a progressé de 35 % en l’espace de dix ans, et produit aujourd’hui près de 2 millions de tonnes de poissons et de crustacés par an. Même si l’usage des farines de poisson représente aujourd’hui 13% de la ration alimentaire des poissons d’élevage, contre 45% en 1995, le besoin de ces farines a explosé : il est estimé à plus de 5 millions de tonnes. Ce qui explique que 80 % du poisson pêché par les navires norvégiens en Atlantique Nord finissent dans les estomacs... des poissons d’élevage ! Ces PAT constitueraient donc un « substitut précieux aux farines de poisson », estime avec raison la Commission européenne. « Techniquement et écologiquement, réutiliser ces sous-produits est un bon choix », confirme Jean- Louis Peyraud, directeur de recherches à l’Inra.

Mais en France, le bon sens ne prévaut pas. C’est la vox populi qui dicte sa loi. Or, tout écologiste qui se respecte – Delphine Batho en tête – devrait se réjouir de l’évolution positive d’un dossier paralysé pendant trop d’années en raison de craintes injustifiées.

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Aquaculture : pour des labels de qualité

Source : France 3 Aquitaine

Face aux diverses crises alimentaires, certains acteurs de l'agro-alimentaire veulent  rassurer le consommateur. Comme Aqualande qui demande la création de label et de charte sur le mode d'élevage.




Après le scandale de la viande de cheval et le retour des farines animales pour nourrir les poissons d'élevage, nous n'avons plus confiance en ce que nous avons dans nos assiettes. Du côté du poissons d'élevage, Aqualande, le  groupe français leader dans le secteur de l’aquaculture, veut jouer la transparence et le faire savoir.
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Les truites ont «besoin de protéines animales car elles sont carnivores.»

Alors que la commission européenne a donné son feu vert pour le retour des farines animales dans les élevages de poissons, le Président de la République s'y est vigoureusement opposé.

Si le véto de François Hollande, annoncé samedi lors du salon de l'agriculture à Paris, contre la réintroduction des farines animales en France soulage une partie des consommateurs nordistes, certains pisciculteurs de la région sont sceptiques. Ils n'y voyaient « aucun danger » sanitaire.
Au Petit poissonnier, rue de Wazemmes à Lille, la clientèle semble ravie de la décision prise par le Président Hollande. Le 14 février, l'annonce de la commission européenne de réintroduire, en juin, les protéines animales dans la nourriture des poissons avait ravivé l'inquiétude de Marie, une des clientes rencontrée sur place : « Pourquoi souhaite-t-on réintroduire des farines animales après la crise sanitaire de la vache folle ? », questionne-t-elle. Olivier, le responsable de la boutique lilloise précise que « ce ne sont pas les mêmes farines animales dont on parlait pendant la crise bovine, mais bien des protéines animales sans danger pour la santé ». Une réponse qui laisse la cliente dubitative.

Une décision qui ne ravit pas les éleveurs de truites

Keith, gérant de la société piscicole du Nord et spécialiste de la truite à Marcoing, ne comprend pas l'interdiction de ces farines animales sur le territoire français. « Il n'y a pas de raison qu'elles soient interdites. La science n'a pas démontré qu'elles étaient dangereuses », estime-t-il. Avant de poursuivre : « il faut rappeler que les truites sont carnivores et non herbivores comme les ruminants. On ne peut donc pas faire de comparaison entre les farines de la vache folle et celles que l'on donne aux poissons ».
Un avis partagé par Régis, éleveur à Cavron Saint-Martin, dans le Pas-de-Calais. « Aujourd'hui, nous les nourrissons exclusivement à base de céréales ». Mais pour ce gérant de l'entreprise familiale Loeuillet frères, spécialisée dans la vente directe aux particuliers, en gros et demi gros, les protéines apportent un plus dans la nourriture des poissons : « Goûtez une truite nourrie aux céréales et une autre à la viande, vous constaterez la différence en terme de goût. » q
S. A. © AFP

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S'il n'est pas contre l'introduction des farines animales pour les poissons d'élevage, Paul Vieille s'y opposera fermement pour les vaches. En 2000, l'éleveur de Mouchamps (Vendée) avait été victime d'un cas de vache folle.

Quelle a été votre première réaction quand vous avez appris le retour des farines animales pour les poissons d'élevage ?

En fait, le bruit courait depuis quelque temps déjà. Je m'y attendais un peu. Et puis cette annonce intervient en pleine crise de la viande de cheval. Une crise qui démontre que le consommateur a encore une fois été trompé.

Vous avez été victime d'un cas de vache folle en 2000. Ces farines qui reviennent, ça vous paraît une bonne chose ?

On sait que pour nourrir les poissons d'élevage, on va racler le fond des mers et on détruit les milieux naturels pour leur donner des farines de poissons. Dans le même temps, on détruit des tonnes et des tonnes de protéines animales. Sur un bovin abattu, il faut savoir qu'on consomme 40 % seulement du poids vif de l'animal. Ça veut dire que 60 % ne sont pas valorisés. C'est un gâchis extraordinaire. C'est un choix de pays nanti. Il peut donc y avoir une certaine cohérence à donner des farines animales aux poissons, d'autant qu'ils en consomment déjà. Mais il faut des conditions de précaution pour les matériaux à risques qui, eux, doivent absolument partir à l'incinération.

L'Europe envisage déjà d'autoriser ces farines animales pour les volailles et les porcs à l'horizon 2014. Est-ce que vous craignez que ce soit ensuite le tour des bovins ?

(...)
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Les pisciculteurs du Grand Sud disent «non» à l'utilisation de farines d'animaux terrestres, pourtant à nouveau autorisée par la commission européenne.

Qu'on se le dise, les pisciculteurs français ne veulent pas nourrir leurs poissons avec des farines d'animaux terrestres ! Même si la Commission Européenne vient de donner son feu vert pour une autorisation à compter du 1er juin prochain.

«Rien que cette autorisation nous inquiète, car elle inquiète le consommateur. Le nombre de mails et de coups de fils de demandes d'informations que nous recevons depuis cette annonce nous le montre» assure Stéphane Dargelas, directeur commercial d'Aqualande, numéro 1 français de la truite fumée. Avec ses marques Ovive et Landvika, la coopérative landaise représente plus de 70 % de la production française, avec une trentaine de piscicultures, dans les Hautes-Pyrénées (Soulom et Lau Balagnas), en Lot-et-Garonne (Casteljaloux), en Languedoc-Roussillon et dans son berceau des Landes.

«Nous avons décidé dès 1996 et la crise de la vache folle de ne plus donner de FAT (farines d'animaux terrestres) à nos truites. Nous resterons sur cette position : elles n'apportent rien de plus sur le plan nutritionnel, l'avantage en coûts est faible, et surtout c'est une question de respect de nos consommateurs» précise Stéphane Dargelas. L'alimentation des truites est donc composée, chez Aqualande, de 75 % de farines végétales (céréales et protéagineuses sans OGM) et de 25 % de farines de poissons pêchés sous quotas provenant du Pérou et du Chili.

«La qualité est contrôlée par des organismes tiers, avec des tests ADN et d'autres pour s'assurer de l'absence d'OGM», ajoute-t-il. Pour rassurer le consommateur, la coopérative landaise prépare pour avril un nouvel étiquetage précisant la nature de l'alimentation de ses poissons.

Les pisciculteurs indépendants comme Jean-Christophe Couribaut à Lombres (Hautes-Pyrénées) sont sur la même longueur d'ondes. «Je nourris mes poissons avec des farines bio certifiées par Qualité France et je continuerai» affirme-t-il. «C'est une histoire de business. Les industriels préfèrent avoir des FAT comme ingrédient de base, moins cher que les farines de poissons. Moi je paye peut-être plus cher, mais j'ai un produit de qualité», analyse-t-il.

Si les producteurs français paraissent se retrouver sur cette ligne, le consommateur devra tout même se montrer vigilant dès le mois de juin prochain, sur la provenance et l'alimentation des truites, saumons, bars ou autres daurades d'élevage, et bien plus encore des poissons tropicaux. «Plus la provenance est éloignée de la France, plus le risque sera grand», estime Stéphane Dargelas.
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Un Label ?
L e président François Hollande est monté en première ligne au Salon de l'agriculture, samedi dernier, en assurant que la France ne réintroduira pas de farines d'animaux terrestres pour les poissons d'élevage, et en insistant sur la volonté de «pouvoir continuer à nourrir les poissons de manière traditionnelle». La ministre de l'Ecologie Delphine Batho et son homologue de l'Agriculture Stéphane Le Foll ont envisagé pour leur part la création d'un label «nourri sans farines d'animaux terrestres».
Pierre Sauvey

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Le député européen Alain Cadec s'oppose au retour des farines animales pour l'alimentation des poissons d'aquaculture.
A la suite de l'adoption du règlement du 16 janvier sur la prévention, le contrôle et l'éradication de certaines encéphalopathies spongiformes transmissibles, la Commission européenne propose de lever l'interdiction des farines animales pour nourrir les poissons d'élevage. A partir du 1er juin, les poissons d'élevage et autres animaux d'aquaculture pourront à nouveau être nourris avec des farines de porc et de volaille. La Commission projette également d'autoriser l'utilisation des protéines animales transformées dans l'alimentation des porcs et des volailles à partir de 2014.
«Depuis l'interdiction des farines animales transformées pour la nourriture des non-ruminants, le nombre de maladies de la vache folle (ESB) a très fortement baissé en Europe. La proposition de la Commission est un très mauvais signal dans le contexte du scandale de la viande chevaline», explique le Député européen Alain Cadec.
«Je pense qu'en autorisant les farines animales pour les poissons, la Commission fait une grave erreur. Ce n'est pas parce que nous avons réussi à réduire le nombre de cas de maladies liés à la nourriture des non ruminants que nous devons réduire notre vigilance face aux risques sanitaires. Je m'oppose strictement à la levée de cette interdiction», a déclaré le vice-président de la Commission de la pêche.
Ouest-France  

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Marseille : dans le sillage du poisson bio

Source : La Provence

Tracés depuis leur éclosion jusqu'à l'étal du poissonnier, les loups et dorades issus de l'aquaculture biologique présentent des garanties susceptibles de rassurer les consommateurs en ces temps de doutes et d'incertitudes

Les granulés sont constitués à 44,50 % de farine de poissons, additionnés de céréales et de protéines végétales.

Armés d'une pince spéciale, Aurélien et ses assistants ont entamé le marquage de la pêche du jour. À peine sortis des cages où ils ont grandi pendant deux à trois ans et avant d'être figés dans la glace, des milliers de loups et de dorades vont ainsi être "pin'sés" un à un, pendant plusieurs heures, marqués d'une étiquette sur laquelle figure un code ésotérique, constitué de lettres et de chiffres.

Un travail long et fastidieux qui constitue pourtant une double garantie, à la fois pour l'entreprise et le consommateur. "Faire du poisson bio, c'est peut-être plus lucratif que le poisson traditionnel, mais c'est énormément de travail et de contraintes ; c'est surtout une éthique et on y croit, explique Aurélien Bergeron, chef d'exploitation de la société Provence Aquaculture dont il a repris l'activité il y a un an ; une petite entreprise de trois salariés basée depuis l'origine sur l'archipel du Frioul, au coeur de la rade de Marseille et de la partie terrestre du Parc national des Calanques.

Et d'ajouter : "Grâce à cet étiquetage, pour chaque poisson, il est possible de remonter jusqu'à l'éclosion de l'oeuf qui lui a donné naissance et reconstituer ainsi toute son histoire. Nous pouvons par exemple identifier les différentes cages dans lesquelles il a vécu, mais aussi retrouver ce qu'il a mangé avant et après son arrivée chez nous, le rythme auquel il s'est développé, etc."

Composition invariable

Premier établissement aquacole français à avoir obtenu la très convoitée certification "bio" pour ces deux espèces - c'était en 2002 -, la ferme du Frioul produit chaque année environ 45 tonnes de loups et 15 tonnes de dorades. Poissons qu'elle reçoit sous forme d'alevins d'à peine 5 à 15 g fournis par l'entreprise Poissons du Soleil basée à Sète (Hérault) et sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime).

Les animaux seront ensuite nourris pendant 16 à 28 mois pour les dorades et 18 à 30 mois pour les loups jusqu'à atteindre leur poids commercialisable, soit 400 g. Placés tout au long du processus dans des cages flottantes d'une capacité de 100 à 400 m³ ancrées dans la calanque de Pomègues, les poissons sont alimentés à la main, une fois par jour, au moyen de granulés certifiés bio et contrôlés deux fois par an par le bureau Véritas.

Des "croquettes" flottantes dont le diamètre compris entre 2 à 7 mm est adapté à la dimension de la bouche des poissons en fonction de leur espèce et de leur âge. Leur composition en revanche est invariable : une majorité de résidus de poissons (44,50  %) associés à des céréales et des protéines végétales. Quant à la quantité distribuée, elle varie en fonction de la température de l'eau.

Un poisson "plus ferme et mieux équilibré"

"L'idéal est une eau à 24ºC, précise Aurélien, mais dans cette partie de la Méditerranée, la moyenne annuelle est plutôt de 16ºC. C'est ce qui explique qu'il faille 2 à 3 ans de nourrissage pour atteindre le poids désiré. Ce qui n'est pas le cas de nos concurrents situés dans des eaux plus chaudes. Nous conservons cependant un avantage : notre poisson prend son poids sur une période plus longue et nage également plus longtemps, ce qui le rend plus ferme et mieux équilibré".

"À la différence des fermes conventionnelles où la biomasse est libre et peut atteindre dans certains cas extrêmes 60 à 80 kg/m³", souligne Aurélie. Une promiscuité qui n'est d'ailleurs pas sans conséquence sur la qualité des poissons, lesquels développent des maladies de peaux ou perdent leurs nageoires. "Et pourtant, la tentation est grande , fait remarquer le jeune exploitant, car plus il y a de monde dans une cage et plus l'appétence des poissons est importante..."

C'est le total de la production de la petite dizaine de fermes aquacoles présente sur le littoral provençal et azuréen, notamment Cannes Aquaculture, les Fermes aquacoles des Tamaris (Toulon) et Provence Aquaculture (Marseille). Une filière artisanale et encore confidentielle dont l'essentiel de la production de loups, de dorades et de merlus est destiné aux marchés locaux et régionaux.

Mise au point

Alors que la crise "des lasagnes au cheval" secoue le monde agroalimentaire européen, suscitant des inquiétudes légitimes quant à la fiabilité des systèmes de traçage des produits finis, le président de la République François Hollande a réaffirmé que la France continuerait de s'opposer à l'utilisation de farines animales dans l'alimentation d'élevage, notamment pour le nourrissage des poissons produits par les fermes aquacoles.

Une mise au point qui intervient à moins de quatre mois d'une échéance majeure. Sur la foi des expertises menées dans les pays membres, la Commission européenne a, en effet, décidé d'autoriser à nouveau l'utilisation des protéines animales transformées (farines de porc et de volailles) pour nourrir les poissons d'élevage.

Au grand dam de l'aquaculture artisanale provençale et notamment de la ferme aquacole du Frioul, en rade de Marseille, spécialisée dans les loups et les dorades bio. "Faire du bio, c'est plus lucratif que du conventionnel mais c'est aussi beaucoup plus de travail et de contraintes. C'est surtout une éthique à laquelle on croit."

Philippe Gallini

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Var : les aquaculteurs contre le retour des farines animales

Alors que la Commission Européenne autorise à nouveau les farines animales dans l'alimentation des poissons à partir du 1er juin, les aquaculteurs eux, y sont opposés. Reportage dans la baie de Tamaris.

Source : France 3 Côte d’Azur par Julie Jacquard



Reportage: P.Deus - G.Guerin - D.Terrade

Après la crise de la "vache folle" ( ces animaux touchés par une épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine), les farines animales avaient été interdites dans l'alimentation des ruminants en 1997, et dans celle des autres animaux en 2001. Elles étaient accusées d'être à l'origine de l'épidemie.

12 ans plus tard, Bruxelles revient sur cette décision et donne son feu vert pour réintroduire ces protéines animales transformées dans l'alimentation des poissons. Pour la Commission Européenne il s'agit d’améliorer la « durabilité à long terme du secteur de l’aquaculture, car ces PAT (protéines animales transformées) pourraient être un substitut précieux aux farines de poisson, qui sont une ressource rare ».

Le président de la République, lui, ne veut pas de ces farines animales. François Hollande s'est dit contre, samedi, alors qu'il était en visite au salon de l'Agriculture.

Gaston Franco, député européen des Alpes-Maritimes est lui aussi contre. Il alerte sur les risques sanitaires liés au retour des farines animales.

Pour l'instant, la réintroduction des farines animales ne concernerait que l'aquaculture. Mais les professionnels du secteur ne veulent pas, non plus, des farines animales pour leurs poissons. Exemple dans le Var, chez un aquaculteur de Tamaris.

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Le 5 mars 2013

Réintroduction des farines animales : petit poisson deviendra grand

Réintroduction des farines animales : petit poisson deviendra grand (article revue de presse)
Sud-Ouest, Libération, Marianne, Le Point, Alimentation.gouv, Anses, Actu-environnement, Le Figaro.

C’est sûr. La Commission européenne a joué de maladresse, tout le monde en convient. En pleine crise des lasagnes à la viande de cheval, le 14 février dernier, elle a annoncé qu’à compter du 1er juin 2013, les poissons d’élevage pourront être nourris avec protéines animales transformées (PAT), issues de sous-produits de porcs et de poulets. Si celles-ci n’ont pas grand chose à voir avec les farines animales des années 90, l’idée même de la réintroduction de ces produits suffit à raviver la crainte d’une nouvelle crise tant le terme est associé à l’épisode de la vache folle.
Risque sanitaire, étanchéité des filières, considérations économiques, enjeux environnementaux, acceptabilité sociale… La Mission Agrobiosciences passe au crible les différentes questions soulevées par cette réintroduction.

Ces farines animales qui n’en sont pas…
D’abord, il y a les farines animales telles qu’elles existaient auparavant. Destinées aux ruminants, celles-ci étaient élaborées à partir de sous-produits d’animaux voués à l’incinération ou à des usages non alimentaires. En d’autres termes, des produits impropres à la consommation telles que les carcasses. Identifiées comme le vecteur de l’agent ESB [1], elles ont été interdites en 1994 dans l’Union européenne.
Dans le cas présent, le ministère de l’agriculture est très clair : « Les Protéines animales transformées (PAT) sont des sous-produits issus d’animaux sains, c’est-à-dire des animaux issus de la chaîne alimentaire conventionnelle, abattus à des fins d’alimentation humaine, mais dont les morceaux ne sont pas consommés pour des raisons commerciales (morceaux non nobles, pieds de porc, aspects visuels… ). » Les secondes n’ont donc pas grand chose à voir avec les premières.

Du non « recyclage » des protéines
Autre différence, et non des moindres, « les seuls animaux qui pourront être nourris de protéines animales transformées de non ruminants seront des animaux aquatiques (sole, turbot, rouget-barbet) » (Ministère de l’Agriculture). Il s’agit de respecter le principe de « non cannibalisme », également dénommé principe de « non recyclage des protéines » qui interdit de nourrir un animal avec des farines issues d’animaux de la même espèce. En outre, seuls les sous-produits de porcs et de poulets pourront entrer dans la composition des PAT, les ruminants (et donc les bovins) restant exclus. L’enjeu : éviter tout risque de contamination par l’ESB. Les derniers avis scientifiques de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) [2] indiquent ainsi que « le risque de transmission d’ESB entre animaux non ruminants est négligeable pour autant qu’il n’y a pas de recyclage entre les espèces ». C’est sur la base de ces avis que se fonde la décision de Bruxelles [3].

Le "oui mais" de l’Anses
Pour l’ Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les choses ne sont pas aussi tranchées. Certes, d’un point de vue strictement biologique, les conclusions de l’Agence rejoignent celles de Bruxelles. Dans l’avis qu’elle rend en octobre 2011, elle estime « négligeable » « le risque d’amplification (apparition d’un phénomène épizootique) des agents des EST [4] si l’on peut empêcher […] toute ingestion par des non ruminants de PAT issues de la même espèce ».
Mais à ses yeux, deux garanties sont nécessaires. Elle recommande tout d’abord la mise en place « d’une parfaite étanchéité des filières produisant et utilisant les PAT ». L’objectif : éviter toute contamination croisée. Ensuite, l’Agence pointe un manque. Il n’existe pas de méthode « permettant d’identifier les espèces animales entrant dans la composition des PAT ». Difficile dès lors d’opérer des contrôles. Au vu de ces éléments, l’Agence estimait, en 2011, que les conditions n’étaient totalement pas réunies. D’ailleurs le 18 juillet 2012, la France, tout comme l’Allemagne, s’était opposée à la position de la Commission européenne en votant contre l’introduction des PAT dans l’alimentation des poissons (Actu-environnement).

Accroître la durabilité de la filière aquacole
« Les PAT pourraient être un substitut précieux aux farines de poisson qui sont une ressource rare ». La durabilité de l’aquaculture. C’est l’argument phare mis en avant par la Commission européenne pour justifier l’autorisation de ces farines. Pour en comprendre tous les enjeux, Sud-Ouest et Libération dressent le portrait de ce secteur en plein boom. En l’espace de dix ans, ce dernier a progressé de 35%, et avec lui, la demande en aliments transformés – farines et huiles de poisson - issus de la pêche minotière. Problème : « cette ressource s’est raréfiée depuis vingt ans alors que la consommation de poisson et l’aquaculture se sont beaucoup développées » explique à Sud-Ouest Sadasivam Kaushik, chercheur à l’Inra. Or cette tension entre la ressource et les besoins risque d’aller croissante les prochaines années, l’aquaculture prenant une part de plus en plus importante dans l’approvisionnement en produits aquatiques. A l’échelle mondiale, elle supplante désormais les captures sauvages.
D’où la position de la Commission européenne que l’on pourrait résumer ainsi : pourquoi donc puiser dans des ressources marines déjà fragiles et surexploitées alors que l’on a sous la main des produits qui ne sont ni consommés, ni valorisés.

Réduire les coûts
A ces enjeux environnementaux se greffent des considérations économiques. En autorisant les PAT, Bruxelles relance, involontairement, le débat sur le coût de l’interdiction des farines animales. Dans le journal Marianne, Jean-Claude Jaillette ne mâche pas ses mots pour en dénoncer le montant « exorbitant ». « En Europe, 17 millions de tonnes de sous-produits animaux sortent chaque année des abattoirs pour être incinérés après avoir été stockés. En France, ces déchets permettaient de produire 700 000 tonnes de protéines animales remplacées, depuis l’interdiction, par autant de protéines végétales importées, du soja OGM en particulier ».
De là à conclure que l’utilisation des PAT permettrait de réduire la facture, il n’y a qu’un pas que certains franchiront allègrement. Reste cette question : compte-tenu des différences entre les PAT et les farines animales des années 90, la facture serait-elle réellement moins salée ?

Une décision qui bute sur un os
Risque sanitaire négligeable, préservation des ressources maritimes, avantages économiques… A la lumière de ces considérations, les professionnels de l’aquaculture devraient massivement opter pour ce mode d’alimentation en juin prochain. Rien n’est moins sûr. Les personnalités interrogées par Libération et Sud-Ouest sont sceptiques.
Pour Jean-Louis Peyraud, directeur de recherche à l’Inra, « techniquement et écologiquement, réutiliser ces sous-produits est un bon choix. Mais il existe un réel problème d’acceptabilité sociale ». Même conclusion pour Françoise Médale, spécialiste de l’aquaculture à l’Inra. Si les farines de volaille et de porc sont sûres, leur « acceptabilité par l’opinion » est loin d’être acquise.
Selon elle, les professionnels ne s’y trompent pas. Dans l’entretien qu’elle accorde au journal Sud-Ouest, on apprend par exemple que les « farines de plumes de volailles et de farines de sang sont permises depuis quelques années » mais « très peu utilisées par les professionnels en France en raison de l’image négative de ces produits ».

Et à part des PAT, on mange quoi ?
Quelles alternatives dans ce cadre ? La piste la plus prometteuse est celle des protéines végétales (soja, colza, blé, maïs, lupin, pois). Explorée par les chercheurs, cette alimentation se développe fortement en aquaculture, puisqu’elle représente désormais 85% de la portion alimentaire contre 25% il y a quinze ans. Mais on le sait, le développement de la filière végétale en agriculture est un débat tout aussi houleux.
Pour l’heure, celui sur les PAT semble clos. Lors de sa visite au Salon de l’Agriculture ce samedi 23 février, « le président François Hollande a assuré que la France ne réintroduirait pas les farines animales dans l’alimentation d’élevage. »

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 25 février 2013

Sources :
- Evaluation du risque sanitaire lié à l’introduction des protéines animales transformées dans l’alimentation de certains animaux de rente Anses, octobre 2011.
- Farines animales : c’est du lard ou du poisson ? Laure Noualhat, Libération, 15 février 2013.
- Sécurité sanitaire : les Protéines animales transformées Alimentation.gouv, 15 février 2013.
- Farines animales : un retour "contre-productif et inopportun" pour la CLCV Le Point, 18 février 2013.
- En marche vers une réintroduction des farines animales en Europe ? Elsa Abs, Actu environnement, 29 août 2012.
- Farines animales : le seul choix ? Jacques Ripoche, Sud-Ouest, 22 février 2013.
- Les farines animales ne seront pas réintroduites en France (Hollande) Le Figaro avec AFP, le 23 février 2013.
- Farines animales : oui mais… Jean-Claude Jaillette, Marianne, 20 février 2013.

Lire sur le magazine Web de la Mission Agrobiosciences (publications originales accessibles gratuitement)  :
- Quand la vache folle fait le grand écart : autopsie d’une crise Entretien avec Philippe Baralon, responsable du cabinet Phylum et spécialiste en stratégie des filières agroalimentaires.
- Nutrition du bétail : faut-il tout envoyer paître ? Interview de Nathalie Priymenko, docteur vétérinaire en nutrition alimentation, Ecole vétérinaire Toulouse.
- Revisiter les futurs… dix ans après. Quatre scénarios pour le futur des politiques publiques de l’alimentation dans un contexte de crise Analyse de Jean-Claude Flamant.
 

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Le 19 mars 2013

« Journées Nutrition des poissons »

INRA de St-Pée-sur-Nivelle / Pyrénées Atlantique

15 et 16 avril 2013

L’INRA de St-Pée-sur-Nivelle (UR NuMeA (Nutrition, Métabolisme, Aquaculture)) en collaboration avec les membres du GIS « Piscicultures Demain », a le plaisir de vous informer de la tenue des « Journées Nutrition des poissons » qui se dérouleront les 15 avril après-midi et 16 avril 2013 à Saint Pée-sur-Nivelle.

L’objectif de ces journées est de faire le point sur les questions actuelles concernant les aliments piscicoles, les bases fondamentales de la nutrition des poissons et les dernières avancées de la recherche, en favorisant les échanges entre les participants. Elles vous permettront également de découvrir les installations expérimentales et les bâtiments rénovés de l’INRA de St Pée.

Ces journées sont destinées aux professionnels et partenaires de la filière piscicole. Différents intervenants : INRA, fabricants d’aliments, producteurs (FFA/CIPA)… animeront ces journées.

Inscriptions avant le 1e avril 2013 : Nombre de places est limité !!!

Pour plus de renseignements et inscription : gispiscicultures@itavi.asso.fr - www.itavi.asso.fr

Aurélien TOCQUEVILLE / Matthieu GAUME (ITAVI Service Technique Aquaculture / Secrétariat Général du GIS « Piscicultures Demain) – Tel : 09.51.36.10.60 - Fax : 09 56 36 10 60
Gestion des inscriptions : Valérie FLEURY- Tel : 01.42.94.12 08 - Fax : 01.45.22.01.77 – fleury@itavi.asso.fr

Source : INRA

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Bruxelles réintroduit les farines animales dans l'alimentation des poissons



 Source : TF1 - 2min 10s - Le 15 févr. à 20h30
La commission européenne a donné son feu vert à la réintroduction des farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage. Elles avaient été interdites lors de la crise de la vache folle. Une décision surprenante au moment du scandale de la viande de cheval.

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CIPA : Communiqué de presse

Paris, le 15 février 2013

Autorisation des protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation des poissons : la filière piscicole française rappelle son engagement dans une démarche responsable et durable

Sur la base d’expertises scientifiques, l’Union Européenne a autorisé la réintroduction des protéines animales transformées dans l’alimentation des poissons d’élevage à partir du 1er juin 2013.

L’activité piscicole en France est parfaitement encadrée et respectueuse des réglementations en vigueur.

Depuis toujours, les professionnels apportent une grande attention à leurs méthodes d’élevage et au soin apporté au poisson. L’objectif commun de la profession est de proposer au consommateur toutes les garanties de qualité nutritionnelles et gustatives. Il peut ainsi consommer «local» en toute confiance et profiter de tous les bienfaits nutritionnels de ces espèces.

Pour aller plus loin, le CIPA, Comité Interprofessionnel des Produits d’Aquaculture, a élaboré en 2009 la «Charte Qualité–Aquaculture de nos Régions®». Le cahier des charges unique de production piscicole, adossé à cette charte, et mis en place en partenariat avec les enseignes de la distribution en janvier 2012, n’utilise pas de produits d’animaux terrestres.

La filière piscicole française est consciente des enjeux relatifs à la protection de l’environnement. C’est pourquoi, en 2012, elle a sollicité les distributeurs, les associations de consommateurs et le WWF pour travailler ensemble sur la durabilité de l’aquaculture. Une réflexion avec tous ces partenaires est en cours dans le cadre d’une commission de travail créée au sein du CIPA : la «commission de durabilité», qui s’est fixée pour objectif d’étudier de manière globale les enjeux liés à la durabilité de la filière. L’alimentation des poissons en fait partie.

Les décisions qui seront prises par la filière ne se feront que sur la base d’un consensus sociétal et uniquement avec des garanties de traçabilité totale
.
A propos du CIPA :

Créé le 16 décembre 1997, reconnu officiellement le 11 juillet 1998 par les Pouvoirs Publics, le CIPA (Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture) regroupe les organisations professionnelles représentatives de la filière piscicole. Tous les acteurs de la pisciculture marine et continentale : producteurs, transformateurs et fabricants d’aliments, sont ainsi représentés au sein d’une même interprofession. Le CIPA est composé de 3 collèges :
- Le collège des producteurs via la FFA (Fédération Française d’Aquaculture) qui représente les pisciculteurs en eau douce et en eau de mer.
- Le collège des fabricants d’aliments via le SPPA (Syndicat Professionnel des Producteurs d’Aliments Aquacoles).
- Le collège des transformateurs via l’ATT (Association des Transformateurs de Truite).
Pour plus d’informations sur les qualités des poissons d’aquaculture, rendez-vous sur le site : Aquaculture de nos régions

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La pêche minotière

Les récits d'Isabelle Autissier

Source : France Inter

L'émission du samedi 16 mars 2013


 Bonsoir Fabienne et bonsoir à tous!

Permettez moi Fabienne de m’adresser ce soir directement à notre réalisatrice commune et bien aimée, Michèle Billoud qui m’a interpellée l’autre jour à propos des farines animales pour nourrir le poisson d'élevage.

Remarque préliminaire la Commission Européenne a plutôt mal géré son annonce qu’elle autorisait à nouveau ces farines, en plein scandale du cheval devenu vache avec des relents de maladie de la vache folle. Deuxièmement l’incident est clos puisque le Président Hollande a déclaré qu’en France ça serait niet et que le plus gros aquaculteur a emboîté le pas en annonçant qu’il allait établir un label «  sans produit animaux terrestre ».

Que proposait l’Europe ? que l’on autorise les farines de porcs ou de volaille ( pas de vache), de qualité consommable par l’homme, mais non commercialisée car bas morceaux peu goûtés ou           d ‘aspect non conforme., nommés PAT pour protéines animales transformée.

Dans le camp des contre, ceux qui disent avec raison qu’on n’a jamais vu un poisson manger de poulet ou de cochon ; que le mélange de protéines est indistinct et qu’il sera difficile de distinguer de quel animal il s ‘agit rendant la fraude possible ; et que les produits de traitements animaux (comme les doses massives d’ antibiotiques des porcs) risquent de se retrouver dans le poisson que nous consommons.

Du coté des pour : on n’a jamais vu non plus de poisson manger du maïs ou du soja, ni des plumes de volailles, ou du sang d’animaux, ce qui est monnaie courante et parfaitement admis. Qu’après avoir vidé nos océans  par une pêche excessive, plus de la moitié de la consommation de poisson mondiale vient de l’élevage et que pour assurer la pharamineuse augmentation de cette production, (35 % de plus en 10 ans ), il faut bien mettre en face des nutriments. Or la pêche minotière, qui consiste à ramasser tout et surtout des petits poissons pour les transformer en farine est une aberration quand ces produits pourraient être consommé par les humains ou attendre sagement de grandir au fond de l’eau pour atteindre une taille pêchable.  Il faut entre 5 et 7 kg de poisson pour faire un kg de bar ou de saumon, c’est donc un gâchis écologique patent. Par ailleurs la plupart des poissons d ‘élevages sont des carnivores, le problème est donc plus la question de la traçabilité que celle des farines animales ou non. Enfin qu’en Europe 17 millions de tonnes par an de viandes de porc et de volaille sont directement jetés en sortant des abattoirs, car elles ne correspondent pas aux standards du marketing, même si elles sont aussi saines que celles que nous mangeons et qu’il y a là  un gaspillage honteux. Et qu’enfin le prion de la vache folle n’a aucune chance de se retrouver dans les poissons disent les scientifiques .

Problème, les deux ont un peu raison. Si on avait une tracabilité parfaite et sûre, je préférerais personnellement manger du poisson élevé avec une part de ces farines, qu ‘avec du maïs ou du soja OGM comme c’est le cas actuellement.

Seule solution, manger moins de poissons ( les français en mangent deux fois plus que la moyenne mondiale) , préférer les animaux sauvages et herbivores, les poissons de saison et de proximité. Plusieurs associations vous proposent des guides de conso et pour l’élevage, le bio existe aussi.

 Allez bon appétit à vous Fabienne et Michèle, le poisson c ‘ est si bon pour la santé.

 Bonne semaine à tous.

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Les aquaculteurs français ne nourriront pas leurs poissons avec des farines animales comme les y autorise désormais la Commission européenne, soucieux de rassurer des consommateurs échaudés par les récents scandales alimentaires comme celui de la viande de cheval.

« La France est le seul pays européen où l’annonce a suscité une telle campagne médiatique »

« Nos consommateurs français n’en veulent pas, nous sommes donc contre leur réintroduction », indique Stéphane Dargelas, directeur marketing et commercial du groupe Aqualande, leader européen dans l’élevage et la transformation de la truite.

« Cette décision de Bruxelles fait du tort à notre profession » déplore-t-il, car elle risque de créer la confusion dans l’esprit de certains consommateurs et de les détourner des rayons.

« La France est le seul pays européen où l’annonce de la réintroduction de farines animales dans l’élevage aquacole a suscité une telle campagne médiatique » hostile, reconnaît Arnault Chaperon, aquaculteur depuis 1977.

Pour le Comité interprofessionnel des produits d’acquaculture (Cipa), opposé aux farines, la solution passe par la mise en place d’un étiquetage rapide et systématique des produits aquacoles certifiés par une charte de qualité qu’il vient de mettre en place.

Le gouvernement français, qui a déploré le feu vert bruxellois, souhaite aussi la mise en place d’un label précisant l’absence de farine animale.

« On n’a rien à cacher et on est fier de notre métier », assure Marc Lamothe, son président, se félicitant par exemple du fait que « nos truites, bars, dorades, turbots et esturgeons se retrouvent sur les étals du poissonnier moins de 72 heures après avoir été pêchés, car nous ne travaillons que sur commande ».

La « Charte qualité-Aquaculture de nos régions » est supposée garantir les bonnes pratiques de la filière. Assortie d’un cahier des charges rigoureux, elle garantit donc qu’aucune protéine animale transformée (PAT) n’est introduite dans l’alimentation des poissons d’élevage.

Les PAT sont constitués par les déchets d’abattoirs, essentiellement de porc et de volaille, mais hors ruminants, obtenus à partir du concassage de ces matières, de leur cuisson, de leur broyage et tamisage.

Bruxelles a autorisé la réintroduction des farines de porc et de volaille en Europe à partir du mois de juin pour l’alimentation des poissons d’élevage. L’utilisation des farines animales pour les ruminants avait été interdite en 1997 et elle avait été étendue aux poissons en 2001.

« Je n’ai jamais utilisé de farine animale pour nourrir mes truites et mes esturgeons », indique Arnault Chaperon, mais exclusivement « de la farine, de l’huile de poisson et des produits végétaux issus du lin ou du soja. »

Engagé sur la préservation de l’environnement, le CIPA espère produire à l’horizon 2020, 1 kg de truite pour 1 kg de poisson sauvage consommé, contre 2,4 kilos actuellement.

Cette démarche qualitative a emporté l’adhésion de plusieurs enseignes, comme Auchan ou Casino. Elle a recueilli par ailleurs le soutien de l’ONG environnementale World Wildlife Fund et celui d’associations de consommateurs, précise le Cipa.

L’aquaculture française produit environ 50 000 tonnes de poissons par an (salmonidés, poissons d’étangs, poissons marins).

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Pourquoi je suis pour la réintroduction des nouvelles farines animales

Source : NouvelObs  par Jean-Louis Thillier
Consultant scientifique

LE PLUS. La Commission européenne a autorisé le retour des farines de porc et de volailles (protéines animales transformées, PAT) dans l'alimentation des poissons d'élevage à partir du 1er juin. Alors que François Hollande a assuré que la France ne suivrait pas le mouvement, Jean-Louis Thillier, spécialiste des maladies neurodégénératives et consultant scientifique auprès de l'UE, explique pourquoi il y est au contraire favorable.

Édité par Hélène Decommer  Auteur parrainé par Celine Rastello

Les "anciennes" farines animales n’auraient jamais dû être autorisées. Bien avant l’épidémie de l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) dite la "vache folle", qui a démarré en 1985 en Grande-Bretagne et a ensuite été transmise à l’homme sous le nom de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, deux équipes américaines avaient déjà prouvé trois choses.

La première : qu’une forme d'ESB sévissait déjà. La seconde : que l’agent de l’ESB et de la tremblante du mouton (équivalent de la "vache folle" pour le mouton) n’était pas un microbe mais une protéine naturelle devenue un poison mortel par modification de sa forme (et résistante à l'action des procédés de décontamination des germes.) La troisième : que le franchissement de la barrière d’espèce de l’ESB du bovin au vison et du vison au singe macaque, très proche de l’homme, était inquiétante en matière de sécurité sanitaire.

Mais, pour répondre à la règle compétitivité-prix, de nouvelles pratiques d’élevage sont apparues en scotchant le principe de précaution vis-à-vis de l’ESB. Ainsi, en s’appuyant sur la récupération de protéines et de graisses d’animaux, l’industrie a fabriqué un lait artificiel pour diminuer la durée de l’allaitement maternel et remettre très rapidement la femelle dans le circuit commercial, et des "croquettes" pour jeunes ruminants pour accélérer leur sevrage. Ces deux aliments industriels ont été les deux sources de contamination par la souche ESB d’origine anglaise.

De nombreuses avancées depuis la crise de la vache folle

Par ailleurs, au point de vue sécurité sanitaire, de nombreuses étapes ont été réalisées pour arriver à un risque de transmission nulle de l’ESB d’origine anglaise aux animaux et à l’homme :

- En 1990, devant la certitude que l’agent de l’ESB n’est pas un microbe mais une protéine, il devenait logique d’interdire les farines carnées (non sécurisées à l’époque) dans l’alimentation des bovins.
- En 1994, l’ESB pouvant être transmise aux petits ruminants, l’interdiction des "farines animales" est étendue à l’ensemble des ruminants.
- En 1996, le cerveau, et éventuellement la moelle épinière, seuls matériels à risque (MRS) chez les bovins, sont interdits dans la fabrication des farines animales pour les non ruminants. De plus, les animaux morts de maladies ou accidentés sont exclus et incinérés.
- En 1998, l’agent de l’ESB résistant aux procédés habituels de stérilisation, on oblige, pour la fabrication des farines animales pour les non ruminants, d’appliquer le système de "l’autoclave" : chauffage à 133 °C, à 3 bars, pendant 20 minutes, sur des déchets de moins de 50 mm. Ce système, qui ne fonctionne pas pour un organe hautement contaminé, reste efficace pour de petites zones résiduelles éventuellement contaminées.
- En 2001, devant l’évidence que l’échec de l’éradication de l’ESB ne résulte pas de fraudes, on redécouvre que l’agent de l’ESB n’aime pas l’eau mais se réfugie dans les corps gras et on interdit (enfin) la deuxième source de contamination : les corps gras issus de la cuisson des os du crâne et de la colonne vertébrale de bovins.
- En 2001 toujours, tous les bovins de plus de 30 mois doivent subir un test de dépistage de l’ESB à l’abattoir avant de pouvoir rentrer dans la chaîne alimentaire.

Oui à la réintroduction des farines... sous certaines conditions

Mes nombreuses conditions à la réintroduction des "nouvelles farines animales" (PAT) dans l'alimentation des animaux de la ferme sont les suivantes :

- J’exclue les PAT issues des moutons. Dans la tremblante de ce petit ruminant, l’agent pathogène diffuse par voie sanguine et atteint les muscles. Or les moutons ne sont pas systématiquement testés à l'abattoir. De plus, quand ils sont testés, les prélèvements se font au mauvais endroit, à la base du cerveau au lieu de la rate. Pour le bovin, ce lieu de prélèvement ne pose pas de problème car le prion poison, en cas d’ESB, ne se trouve que dans le cerveau et, surtout, les muscles sont sains.

- J’exclue les PAT issues de poissons pêchés en mer pour éviter toute bioaccumulation (accumulation progressive d'une substance toxique dans un organisme) de cadmium (métal), méthylmercure, plomb, et de substances très toxiques pour la santé humaine.

- J’exclue les PAT qui seraient issues d’une filière qui ne serait pas indépendante d’une filière incinérant les animaux morts, accidentés, malades ou intoxiqués et les MRS, afin d’éviter tout croisement et fraude.

- Je suis favorable aux PAT issues de déchets d’abattoir (dont on a enlevé les MRS) et de boucherie de bovins sains (entrant dans l’alimentation humaine après avoir été testés vis-à-vis de toutes les souches de l’ESB), de porcs et volailles jugés sains et ayant subi le process de l’autoclave.

Pourquoi la réintroduction des PAT est pour moi essentielle

Les "nouvelles farines animales", désormais hautement sécurisées, restent paradoxalement interdites pour l’élevage des animaux de ferme. Mais leur coût économique est considérable ! Elles représentent 650.000 tonnes de déchets par an pour les ruminants, 500.000 tonnes pour les porcins, 700.000 tonnes pour les volailles et 70.000 tonnes pour les poissons. On fabrique à partir de cette masse 450.000 tonnes de "farines animales" ou PAT, à haute valeur biologique et de même qualité que la viande entrant dans notre consommation alimentaire. Une partie sert à la fabrication des "petfoods" (aliments pour animaux de compagnie). Le reste est stocké et détruit, et représente un coût "réel" estimé à 1 milliard d’euros par an pour la France.

Cette interdiction des nouvelles farines animales provoque pour nos éleveurs un préjudice de compétitivité qui découle du déséquilibre de concurrence vis-à-vis de pays tiers qui ne les interdisent pas, et de notre grande dépendance vis-à-vis de pays producteurs de protéines végétales de substitution, dont le prix augmente plus vite que l’inflation et qui contiennent souvent des pesticides et/ou des OGM (soja).

De plus, les farines animales, dites carnées ou de viande et d'os – riches en phosphore et en calcium – sont remplacées par des phosphates minéraux importés qui, mal assimilés, sont rejetés dans les excréments et participent à la pollution de nos rivières. Pire, ils sont pollués par des poisons toxiques (cadmium, arsenic, fluor) qui ont un impact indirect sur la santé humaine.

N’oublions pas non plus le volet éthique : l’interdiction des nouvelles farines animales détourne, dans les pays en développement, de grandes quantités de terres agricoles traditionnellement destinées à des cultures vivrières.

L’aquaculture européenne, en pleine expansion, a besoin de 5 millions de tonnes par an de farines de poisson. 50% du volume des poissons pêchés en mer sont destinés à alimenter les poissons d'élevage ! Les farines animales constituent donc un substitut précieux aux farines de poisson et vont permettre d’éviter la disparition de certaines espèces de poissons de la mer.

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Le 22 mars 2013

Presque tous les groupes politiques sont impliqués dans cette résolution. Quelques-uns crient au feu en oubliant qu’ils ont eux-mêmes actionné le brûlot. Que conclure de cet embrouillamini qui consiste à voter un jour pour le regretter le lendemain, à voter blanc ici et noir là, à feindre de s’offusquer quand ses amis politiques ont laissé passer le texte?

En janvier 2013, la Commission européenne a autorisé l’utilisation des farines animales dans l’alimentation des poissons d’élevage, anticipant, sans aucun doute, celle des porcs et des volailles. Cette utilisation était prohibée en Europe depuis 2001 et ce revirement suscite un tollé en France.

La Commission européenne, fonde sa décision sur deux séries d’arguments. Les premiers sont d’ordre technique et économique. La Commission considère que les risques sanitaires sont dépassés ou maîtrisés. En outre, alors que l’alimentation animale est très dépendante des importations, les farines constituées à partir de carcasses d’animaux, riches en protéines, pourraient être utiles, dès lors qu’elles sont sélectionnées –les protéines animales transformées (PAT)–, qu’elles sont contrôlées, et qu’elles ne servent, bien entendu, qu’aux animaux omnivores (et non aux ruminants végétariens transformés en bovins cannibales comme ce fut le cas lors de la crise de 1996!).

Les seconds arguments sont d’ordre politique. La Commission ne fait que se conformer au vote majoritaire d’un comité d’experts des Etats membres ainsi qu’à deux résolutions du Parlement européen (PE) qui s’est clairement prononcé sur ce sujet.

L’affaire remonte au printemps 2011 lorsque le PE s’intéresse au «déficit de l’Europe en protéines végétales».

Au sujet des farines, le rapporteur vert allemand Martin Häusling maintient le principe d’interdiction d’utilisation dans les fourrages, mais la position du PE évolue. Pour la Commission de l’environnement, «la transformation des protéines animales représente une source précieuse de protéines et contribue au rééquilibrage du déficit européen en protéines». De son côté, la Commission de l’agriculture ajoute ce paragraphe crucial:

«L’utilisation des PAT issues de résidus d’abattages pour produire des aliments pour animaux monogastriques (porcs et volailles) devrait être envisagée.»

La précision est noyée dans un ensemble de dispositions plus neutres sur un «plan protéines» et la résolution finale du PE est adoptée en séance plénière le 8 mars 2011.

Après avoir «envisagé» l’ouverture, le PE adopte le 6 juillet une seconde résolution plus explicite, portant sur le contrôle des aliments pour animaux.

Concernant «la révision de l’interdiction des farines animales (le PE est) favorable (...) à la proposition de la Commission visant à lever l’interdiction de nourrir les non ruminants avec des PAT».

Beaucoup d’eurodéputés français, conscients de la bévue de mars, s’opposent alors au texte, qui est finalement adopté par 485 voix contre 162.

Une opposition trop faible, trop tardive, et plutôt embarrassée car le premier texte a été approuvé explicitement (par un vote) ou tacitement (par abstention) par tous les eurodéputés français des deux commissions du PE.

L’avis de la Commission de l’environnement a été adopté par 39 voix pour, 11 abstentions, zéro contre. Parmi les présents au moment du vote, figurent les trois eurodéputées françaises: Sandrine Bélier (Verts)[1], Françoise Grossetête (PPE/UMP) et Corinne Lepage (ADLE). Le rapport de la Commission de l’agriculture a été adopté par 34 voix pour, 2 contre et 4 abstentions. Parmi les présents au moment du vote, figurent les quatre eurodéputés français: José Bové (Verts), Michel Dantin (PPE/UMP), Agnès Le Brun (PPE/UMP), et Stéphane Le Foll (PSE/PS).

Il n’est pas possible de savoir quel fut le vote individuel de chacun, mais il y a tout lieu de penser que les deux votes contre de la Commission vinrent d’autres élus et pour d’autres motifs (l’évocation des OGM?).

Lors du vote solennel en séance plénière, seul Jean-Luc Mélenchon (Gauche unitaire européenne), vota contre le texte, en évoquant son opposition au recours aux farines animales.
Bug politique

Ainsi presque tous les groupes politiques sont impliqués dans cette résolution. Quelques-uns crient au feu en oubliant qu’ils ont eux-mêmes actionné le brûlot. Que conclure de cet embrouillamini qui consiste à voter un jour pour le regretter le lendemain, à voter blanc ici et noir là, à feindre de s’offusquer quand ses amis politiques ont laissé passer le texte? Trois hypothèses peuvent être envisagées.

La première est que, au PE, la diversité des groupes, des pays, des approches, est telle que les élus de tous bords sont spontanément portés au consensus. Puisque la majorité accepte voire demande le rétablissement des farines aux omnivores, je suis ou je m’abstiens...

La deuxième est que les eurodéputés, qui sont moins «surveillés» par leur électorat que les élus nationaux, peuvent se permettre une approche technique tandis que les seconds seront plus sensibles à l'«acceptabilité sociale» d’un sujet et à une approche purement politique fondée sur un postulat –non aux farines, à toutes les farines. Le vote à Strasbourg et à Paris peut être différent.

La troisième est que le législateur –national ou européen– vote trop de textes et trop vite. Ici, là, on ne prend plus le temps de lire. Ni ce qui est entre les lignes, ni même, aujourd’hui, ce qui est écrit noir sur blanc. Ce qui permet de tenter d’insérer une disposition qui n’a qu’un lien très vague avec le reste du texte. Au temps de la démocratie parlementaire, on appelait cela un cavalier législatif. Au temps de la dictature de la vitesse, on appelle cela un bug politique.

Nicolas-Jean Brehon

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Le 30 mars 2013

Retour des farines animales : Les sénateurs soutiennent les pisciculteurs français

Le 28 mars 2013, le Sénat a enregistré suite à la proposition de résolution européenne de M. François Zocchetto et les membres du groupe UDI-UC, une « Proposition de résolution tendant à la création d'un droit européen pour le consommateur à la maîtrise et à la parfaite connaissance de son alimentation »

Cette proposition fait suite à deux affaires distinctes. La première est la découverte d'une tromperie - d'une fraude - d'un industriel de l'agroalimentaire sur des mélanges de viande dans la confection de plats cuisinés. La seconde est une décision de la Commission européenne autorisant l'utilisation de protéines animales transformées pour l'alimentation du poisson d'élevage. Ces deux affaires ont été popularisées dans les médias sous les expressions du « scandale de la viande de cheval » et du « retour des farines animales », évoquant ainsi l'épisode tragique de « la crise de la vache folle » de la fin du siècle dernier. Les deux affaires, jointes pour l'occasion, présentent des caractéristiques très différentes, posent des problèmes distincts et doivent être présentées séparément, même si elles posent toutes les deux le problème fondamental de la maîtrise du consommateur sur son alimentation.

« Retour des farines animales »

La position des sénateurs sur Proposition de M. François Zocchetto :
  • Regrette la décision de la Commission européenne du 18 juillet 2012 d'autoriser l'utilisation dès juin 2013 de protéines animales transformées pour l'alimentation des poissons d'élevage et salue l'opposition de la France lors du vote de cette décision ;
  • Demande qu'un moratoire soit décrété sur l'application de cette décision, afin que la France porte, au niveau européen, un nouveau débat sur l'opportunité d'une telle autorisation ;
  • Demande aux autorités européennes de ne prendre aucune nouvelle décision d'autorisation de protéines animales transformées.


L'utilisation des protéines animales transformées dans l’alimentation des poissons d’élevage
Vers l’interdiction
Etat de la réglementation
Les fondements du revirement de la commission
La décision de la Commission
La spécificité française
Quelles solutions restrictives ?


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Les farines animales

Farines animales et aliments concentrés : généralités

Si la France dispose de quantités très importantes de céréales, il n'en est pas de même pour les matières riches en protéines (MRP) pour lesquelles elle est traditionnellement déficitaire, comme l'Union européenne, et ce malgré le développement très rapide au cours des 15 dernières années des productions de protéagineux et d'oléagineux (colza, tournesol) et l'utilisation de farines animales.

Pour satisfaire les besoins croissants en matières riches en protéines de l'élevage (volailles, bovins, porc, pisciculture), les industriels de l'aliment ont toujours recherché des matières premières pouvant apporter à la fois des niveaux élevés d'énergie (qui conditionnent fortement le coût de la ration) et de fortes concentrations en protéines. En dehors du tourteau de soja (48% de protéines) et des farines de poisson (65 à 72% de protéines) dont le prix est devenu prohibitif depuis qu'une forte demande pour l'aquaculture s'est développée en Asie, on trouve essentiellement les farines de viande (50 à 60% de protéines) qui correspondent à ces deux critères, les tourteaux de colza et de tournesol (non dépelliculés et non décortiqués ou semi-décortiqués) que l'on trouve sur le marché, de même que les protéagineux ayant des niveaux de protéines nettement plus faibles. On trouve également les céréales, les graines de légumineuses, les issues de meunerie (sons, farines...), les produits d'amidonnerie et de sucrerie (amidon, mélasse, pulpes) et les sous-produits des industries de fermentation (drêches de brasserie, marc de pomme...) (17).

Le gros avantage des farines animales est de contenir en forte proportion plus de protéines non dégradées par les micro-organismes du rumen des ruminants que des aliments concentrés plus classiques. Ces protéines sont alors mieux digérées au niveau intestinal et constituent une source complémentaire d'acides aminés indispensables notamment pour les vaches laitières (lysine et méthionine essentiellement). Actuellement la recherche a développé, avec l'industrie, des solutions alternatives à l'utilisation des farines animales, en particulier avec les tourteaux tannés (de soja, de colza) (le tannage protégeant leurs protéines de la dégradation microbienne). Le tableau XIII, présente, à titre d'exemple, les caractéristiques de divers aliments qui sont utilisés en alimentation animale.

L'emploi de ces farines de viande et d'os dans l'alimentation des ruminants, qui peut se justifier sur le plan nutritionnel, a été très limité en France. On estime que les farines animales n'ont représenté, au maximum, que 4% des aliments concentrés distribués aux ruminants, soit moins de 1% de la ration totale. Chez ces espèces, ce sont essentiellement les vaches laitières qui les ont reçues. En effet pour les vaches laitières à haut niveau de production, l'utilisation des aliments concentrés classiques est insuffisante pour satisfaire les besoins nutritionnels notamment pendant la courte phase de lactation (2 premiers mois, soit 1,5 kg/jour/animal qui représentent 7% de la ration journalière et 1% de l'alimentation annuelle). Pour toutes les autres catégories de bovins, qui représentent la majorité, l'emploi des farines animales n'est pas justifié sur le plan nutritionnel. Il n'a pu être envisagé par les fabriquants d'aliments du bétail qu'à titre de substitution par rapport aux tourteaux classiques, de soja essentiellement, en fonction des rapports de prix. Son importance n'est pas directement quantifiable au niveau des élevages, même lorsqu'on dispose des quantités consommées, car la proportion des différentes matières premières des aliments concentrés achetés n'est pas indiquée sur les étiquettes.

En 1995, dans ce secteur des aliments concentrés, l'industrie française des aliments composés joue un rôle considérable puisqu'elle absorbe et transforme environ 21 millions de tonnes sur un total français de produits concentrés utilisés en alimentation animale estimé à 36 millions de tonnes. Sur ces 21 millions de tonnes d'aliments composés produits en 1995, 8,8 millions de tonnes sont destinés aux volailles, 6,4 aux porcs et 4,0 aux bovins (dont prés de 3 pour les seules vaches laitières). La Bretagne représente à elle seule près de 45% de ce tonnage total (dont 63% des aliments pour porcs et 46% des aliments pour volailles). Cette production est réalisée par 430 usines (dont 62 ayant une capacité annuelle supérieure à 100 000 tonnes qui assurent près de 60% du tonnage), qui appartiennent à 385 entreprises. Les 22 premières réalisent 43% du tonnage total.

Cette industrie des aliments composés occupe une position charnière entre, d'une part, à l'aval, les éleveurs (isolés, intégrés ou regroupés en groupements de producteurs) et d'autre part, à l'amont, des fournisseurs de matières premières qui sont soit des coopératives et des négociants de produits agricoles de base (céréales, protéagineux, graines d'oléagineux), soit des industries agricoles et alimentaires (IAA) qui commercialisent leurs co-produits (tourteaux, issues de meunerie, corn-gluten-feed, pulpes de betteraves et d'agrumes, mélasse, farines de viande et de poisson, corps gras animaux, etc.), soit directement soit par le canal de négociants français ou internationaux.

Les aliments composés et les farines animales en France

L'industrie française de transformation des déchets d'abattoirs a produit en, 1994, 575 000 tonnes de farines de viande et d'os auxquelles il faut rajouter 546 000 tonnes de corps gras animaux (suif, mélange de graisses animales) et 160 000 tonnes de cretons, poudre d'os, farines de sang, d'abats de volailles, de plume, etc. Le secteur est largement dominé par deux entreprises, à savoir la SARIA Industries qui contrôle 50% du marché avec ses sociétés Soprorga et Française Maritime, et la société Caillaud qui contrôle 27% de l'activité. Trois autres sociétés, d'envergure régionale, peuvent être également citées : Ferso Bio dans le Sud-Ouest, Monnard dans le Jura et Blanchand dans le Massif Central. On compte une quarantaine d'usines en France, dont 17 appartenant à SARIA, employant près de 3 000 salariés. Les équarrisseurs français traitent annuellement 3 300 000 tonnes de déchets animaux dont 300 000 tonnes de cadavres d'animaux et de saisies d'abattoirs.

Actuellement les farines de viande sont presque totalement utilisées par les fabricants d'aliments composés. On peut estimer que près de 80% de celles-ci sont incorporés dans les aliments pour volailles avec des taux qui peuvent être voisins de 5 à 6% pour les poulets de chair et les pondeuses et 6 à 7% pour les dindes. Les porcs sont les autres utilisateurs avec toutefois des taux d'incorporation nettement plus faibles. La production de farines de viande et d'os est voisine de 2,5 millions de tonnes dans l'ensemble de l'UE (figure 5) et de 2,4 millions de tonnes aux Etats-Unis.

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Le 15 avril 2013

Nourrir les poissons d’élevage avec des aliments qui préservent les ressources naturelles

Source : Akiolis

Les PAT (Protéines animales transformées) produites par SOLEVAL sont issus de ressources renouvelables. Elles répondent aux enjeux économiques, alimentaires et écologiques des fabricants d’aliments et des aquaculteurs.

Réduire l’impact environnemental de l’aquaculture

L'aquaculture fournit plus de la moitié des volumes de poissons consommés dans le monde. En développement très rapide, ce système de production connaît des besoins croissants en aliments. Or, pour nourrir les poissons d'élevage, l'utilisation de la chair et de l'huile de poissons sauvages, pêchés en pleine mer, est malheureusement encore très répandue.

Une alternative durable : les aliments issus de coproduits

Une solution existe pour préserver les ressources marines et nourrir correctement les bars, truites, crevettes ou saumons produits en aquaculture : ce sont les aliments issus de coproduits d'animaux terrestres. Dotés de qualités nutritionnelles équivalentes à celles des farines de poissons sauvages, ils peuvent efficacement s'y substituer, et à moindre coût.

Leur avantage économique (compétitivité prix) se double d'un avantage écologique, dans un système de production plus respectueux de l'environnement qui permet de répondre aux besoins alimentaires d'une population en croissance.

Soleval : des ingrédients de qualité pour l’aquaculture

Akiolis, avec sa marque Soleval, propose plusieurs gammes d'ingrédients issus d'animaux terrestres répondant aux exigences spécifiques des fabricants d'aliments pour poissons d'élevage :

* Qualité de l'offre : les ingrédients de Soleval sont exclusivement fabriqués selon les standards européens, à partir de matières de catégorie 3, collectées auprès de partenaires agréés des industries des viandes. Les graisses animales apportent une source d'énergie précieuse : les protéines, des acides aminés indispensables, du calcium et du phosphore.

* Sécurité sanitaire et traçabilité : tous les produits répondent, selon les standards européens, aux plus hautes exigences de sécurité sanitaire et de traçabilité.

Innovation et service : une philosophie

Nos équipes commerciales sont garantes de la qualité des services. En partenariat avec le centre R&D de Tessenderlo Group, elles sont à l'écoute des clients pour développer avec eux des produits répondant à leurs besoins et contraintes propres d'utilisation. L'objectif est de faire naître des axes d'innovation, sources d'avantages compétitifs réels dans les domaines de la qualité produits, mais également de la production et de la logistique.

Au quotidien, elles offrent en cas de besoin un support sur les questions complexes de règlementation.
Enfin, pour toutes les questions relatives aux approvisionnements et à la logistique, le Customer Service est là pour répondre aux attentes des clients en termes de délais, de qualité et de volumes. Sur demande, il s'occupe également du transport des marchandises, quel que soit le mode, routier, maritime ou multimodal.

Protéines hydrolysées et graisses animales mono-espèce

Des paramètres de process soigneusement pilotés, alliés aux technologies de traitement les plus récentes et aux meilleures méthodes de suivi de production, permettent à Soleval d'assurer de manière constante l'exceptionnelle valeur nutritionnelle, les qualités gustatives et la haute digestibilité de ses produits.
  • Protéines hydrolysées de plume et protéines de sang de non ruminants. Elles apportent les acides aminés nécessaires à la bonne alimentation des poissons, ainsi que du calcium et du phosphore.
  • Graisses animales mono-espèces / volaille et porc. Les acides gras essentiels qu'elles contiennent sont une excellente source d'énergie et augmentent l'appétence des aliments. Leurs qualités organoleptiques sont préservées grâce à l'ajout d'antioxydants à différents stades du process.
  • Protéines animales mono-espèce / volaille et porc. Autorisées par la réglementation au 1er juin 2013, elles sont une source de protéines et d'énergie substiuables aux farines de poisson.
Akiolis c'est quoi ?

Concentrations et dimension nationale

C'est au cœur des années 1960 qu'Akiolis trouve ses origines. Depuis plus d'un demi siècle, notre entreprise accroît son expertise en s'adaptant continuellement aux évolutions de ses marchés. Croissance externe, innovations et nouvelles filières de valorisation ont fait passer une PME familiale d'équarrissage du statut d'acteur local à celui d'acteur majeur en Europe dans la valorisation des coproduits et résidus organiques issus des filières agroalimentaires.

50 ans de croissance et de développement

Son expansion, Akiolis l'a d'abord construite avec et pour ses clients et partenaires historiques, les éleveurs et les industries des viandes. Au fil des décénies, l'entreprise familiale des origines, les Etablissements Caillaud, a connu un développement qui rappelle les belles "success stories" économiques. Cette transformation s'est opérée au rythme des mutations du secteur de l'alimentation et des filières viande confrontés à une demande sociétale toujours plus forte de qualité, de sécurité sanitaire et de traçabilité.

L'équarrisseur normand de la région de Mortagne-au-Perche s'est ainsi transformé en un groupe à vocation nationale. Tout s'est accélérée en 1986, date à laquelle les Etablissements Caillaud ont rejoint Tessenderlo Group.

Comme pour de nombreux secteurs, les années 1980 à 2010 ont été marquées pour les sociétés d'équarrissage et de valorisation des coproduits par des mouvements de concentration. Les Etablissements Caillaud ont grandi en absorbant plusieurs PME régionales  : Progilor-Bouvart, Point, France Gras, Etablissements Charvet, Fersobio et Solagra.

Plusieurs raisons à ces concentrations :
  • Le renforcement des contraintes réglementaires suite aux crises sanitaires nécessite des investissements logistiques et industriels toujours plus importants, que des acteurs isolés ne peuvent plus engager.
  • La recherche d'un effet de masse devient indispensable dans une industrie essentiellement constituée de frais fixes.
  • Une couverture nationale s'impose pour répondre aux exigences de service et de qualité des clients et les accompagner dans leur développement en France et à l'international.
De Caillaud à Akiolis

Par rachats successifs, le Groupe Caillaud prend ainsi de l'ampleur ampleur. La dernière décennie voit se transformer une "fédération" d'une dizaine de sociétés régionales en une structure nationale capable de relever des défis internationaux.

Le tournant s'opère en 2008, avec la naissance d'Akiolis, de Soleval et d'Atemax. De nouveaux noms… mais plus encore : une nouvelle organisation juridique accompagne les évolutions structurelles du métier. Les activités du groupe sont alors réparties en trois pôles, correspondant chacun à des catégories de matières et de débouchés, afin de garantir les meilleures conditions de sécurité sanitaire et de traçabilité.

Création d’Akiolis : une ambition stratégique

création d'AKIOLIS en 2008

Akiolis et ses pôles d'activités constituent la base d'un plan stratégique développé pour :
  • Répondre aux attentes des clients nationaux (éleveurs, industriels…) en matière de service.
  • Fournir des produits finis de qualité aux clients mondiaux (petfood, aquaculture, bioénergie…).
  • Consolider les positions nationales et favoriser le développement international.
Cette réorganisation de fond a été mise en place pour adapter le groupe aux évolutions de ses marchés, mieux répondre aux besoins de ses clients et gagner en efficacité et en dynamisme.

Pour plus d'informations : Akiolis

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Le 17 avril 2013

Le poisson au tout-végétal

Source : Sud Ouest

La nutrition durable des poissons d’élevage et l’avenir de la filière étaient au cœur des Journées de Saint-Pée-sur-Nivelle (64).

Le lycée agricole Saint-Christophe, à Saint-Pée-sur-Nivelle (64), accueillait lundi et mardi les Journées nutrition des poissons, placées sous l’égide du groupement d’intérêt scientifique Piscicultures demain. Elles rassemblaient les grandes familles de la filière nationale : pisciculteurs, fabricants d’aliments, chercheurs. Le choix du lieu était motivé par la présence, localement, d’un centre de recherche aquacole de l’Inra.

La nutrition des poissons d’élevage n’avait guère passionné les foules jusqu’à ce qu’éclate le scandale des lasagnes de bœuf à la viande de cheval. Il a eu pour effet de faire remonter à la surface, en janvier dernier, l’autorisation donnée par la Commission européenne d’utiliser les farines animales en aquaculture. Prise six mois plus tôt, cette décision, valable à compter du 1er juin, était jusqu’alors passée presque inaperçue.
Verrou sociétal

Pour autant, ce n’est pas la possibilité de recourir aux « protéines animales transformées (PAT) », ainsi qu’on les désigne (1), qui a motivé la tenue de ces Journées. « Elles étaient prévues bien avant », indique Françoise Médale, de l’Inra, qui les a organisées. De toute manière, précise le Landais Marc Lamothe, pisciculteur à Laluque (40) et président du Comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture, « le cahier des charges de la filière française exclut les PAT ». De son côté, le gouvernement a déploré la décision de Bruxelles et a encouragé la création d’un label précisant l’absence de farines animales.

Pour leur part, les fabricants d’aliments ont pris acte d’un « verrou sociétal » infranchissable actuellement, tout en le regrettant. « Les PAT étaient utilisées partout dans le monde avant d’être autorisées en Europe. Elles sont excellentes sur le plan nutritionnel et ne posent pas de problèmes sanitaires. Les Espagnols, les Italiens, les Danois, n’auront pas les mêmes préventions que nous », affirme Alex Obach, du groupe Skretting.

Toutefois, « la question ne se pose pas en termes de PAT ou non », explique Marc Vandeputte, coordinateur de la recherche aquacole à l’Inra, « mais en termes d’alimentation durable des poissons d’élevage ». Explications : « Le système ancien, qui était fondé sur une nourriture à base de farine et d’huile de poisson, a atteint ses limites. La ressource minotière (2) ne permet plus de faire face aux besoins, dans un contexte où la consommation des produits de la pisciculture croît de 8 % par an à l’échelle mondiale. »
Développer des solutions

Il s’agit donc de développer des solutions de remplacement, et, en ce sens, le végétal est un bon candidat. « On a beaucoup progressé au cours de ces quinze dernières années », souligne Marc Vandeputte, qui rappelle que le végétal compte aujourd’hui pour plus de 90 % de l’alimentation du poisson. Mais, il concède que « les derniers pourcentages restent difficiles à gagner », pour lui assurer notamment les qualités nutrionnelles et sensorielles optimales. Ces Journées nutrition étaient donc l’occasion de faire le point sur l’avancée des recherches et sur les autres pistes explorées : des recherches sur les insectes, qui peuvent aussi se révéler de bons clients.

Si la question de l’alimentation est centrale, celle de l’avenir de l’aquaculture française l’est tout autant. Selon Marc Lamothe, garantir au consommateur que la filière n’a pas recours aux PAT permet de valoriser ses produits à court terme. Mais, il pense que « pour appuyer cette garantie, la filière a besoin d’un soutien fort à long terme ».

Soutenir l’aquaculture

Il met en cause une réglementation environnementale compliquée. « On n’a pas construit de pisciculture en France depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, on n’a pas de visibilité environnementale, ce qui constitue un frein à l’investissement. » Il déplore « des normes telles que certaines entreprises ne peuvent pas y survivre », quand, par exemple, « la qualité de l’eau doit être meilleure en sortant des bassins que lorsqu’elle y est entrée ». Il déplore également des arbitrages qui lui semblent plus favorables aux projets touristiques qu’aux projets aquacoles en milieu marin. « On est une petite filière, mais on ne fait pas n’importe quoi », plaide-t-il. Petite filière en effet, puisque sa production ne dépasse pas les 50 000 tonnes, soit 1,5 % des poissons et crustacés consommés annuellement par les Français. Ce qui fait dire aux fabricants d’aliments que les PAT qui ne pourront être utilisées localement reviendront dans les produits importés !

(1) Il s’agit de déchets de viande, porcine notamment, propre à la consommation humaine. (2) Poisssons pêchés spécifiquement pour être utilisés en pisciculture sous forme d’huile ou de farine.

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Le 26 avril 2013

Autorisation des farines animales en aquaculture

Source : Sénat

Question écrite n° 05109 de Mme Danielle Michel (Landes - SOC)
publiée dans le JO Sénat du 07/03/2013 - page 736

Mme Danielle Michel appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur les annonces de la Commission européenne relatives à l'utilisation, à partir de juin 2013, des farines animales, dénommées protéines animales transformées, dans l'alimentation des poissons d'élevage et des autres animaux de l'aquaculture. Elle fait également référence à la possible utilisation de protéines animales transformées de porc et de volaille, à l'horizon 2014, dans l'alimentation des volailles et des porcs. Utilisation assujettie d'une interdiction de cannibalisme au sein d'une même espèce. Rappelant le traumatisme et les conséquences de l'épidémie de l'encéphalopathie spongiforme bovine, elle souhaite connaître la position du Gouvernement quant à ces nouvelles autorisations.

Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt publiée dans le JO Sénat du 25/04/2013 - page 1330

Le règlement (UE) n° 56/2013 de la Commission du 16 janvier 2013 concerne l'autorisation d'utiliser des protéines animales transformées (PAT) de porcs ou de volailles à destination uniquement de l'alimentation des animaux aquatiques. Les PAT dont il est question, sont des protéines provenant de carcasses de non-ruminants (porcs ou volailles) issues d'animaux ayant fait l'objet, a minima, d'une inspection ante mortem favorable à l'abattoir. Par ailleurs, ces mêmes protéines animales transformées ont subi une méthode de transformation normalisée d'hygiénisation, combinant des paramètres de température, pression, durée, et granulométrie, garantissant l'absence d'agents pathogènes. La France est aujourd'hui un gros producteur de poissons d'eau douce et marins qui sont destinés à la fois à la consommation mais également au repeuplement des rivières et à la pêche de loisir. Toutefois, la production nationale ne représente que 6 % de la consommation apparente de produits aquatiques d'élevage en France. La France a voté contre ce projet de texte uniquement pour des raisons de difficulté d'acceptabilité sociétale et non pour des raisons techniques ou sanitaires. Ce texte étant applicable dans tous ses éléments dans tous les États membres de l'Union européenne, la France ne prendra pas de mesures qui seraient contraires aux dispositions européennes. Les professionnels ne sont pas contraints à l'utilisation de ces protéines animales et les filières françaises se sont d'ores et déjà organisées pour ne pas utiliser ces protéines d'origine terrestre notamment dans le cadre du label « aquaculture de nos régions » qui représente 75 % de la production aquacole française sur des produits destinés à la consommation. Les travaux futurs concernent la possibilité de nourrir des volailles avec des PAT de porcs et de nourrir des porcs avec des PAT de volailles. Les travaux européens débuteront lorsque les méthodes analytiques permettant de s'assurer de l'absence de PAT interdites dans l'alimentation des animaux seront validées. Les autorités françaises continueront à s'opposer à la réintroduction de ces protéines animales transformées dans les autres filières.

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Le 30 avril 2013

Pour une analyse lucide de la réintroduction des farines animales

Le travail d'expertise de la proposition de résolution initiale ayant été remarquablement conduit par la commission européenne, votre rapporteur a décidé de soumettre à la commission des affaires économiques une approche complémentaire à celle de l'excellent rapport de Mme Catherine Morin-Desailly.

Le problème posé se caractérise par sa dimension transversale : à la fois juridique, technique, scientifique, agricole, mais aussi médiatique et sociétal. Il a paru utile et souhaitable d'y apporter un éclairage conforme aux traditions de notre commission, c'est-à-dire en insistant sur l'angle pragmatique et réaliste.

Au moment où les appels à une meilleure information des citoyens et les dénonciations médiatiques du « retour des farines animales » se multiplient, il convient de réintroduire dans le débat des éléments objectifs, en particulier sur l'essentiel, c'est-à-dire la nature des protéines animales, la technique d'alimentation animale et la mondialisation des échanges de produits ou de matières premières agricoles.

Votre rapporteur souligne que combattre les mystifications alimentaires correspond aussi à une exigence sociale : en effet, la liberté de choix des ménages ayant peu de ressources est avant tout contrainte par leur pouvoir d'achat. Dans ce contexte, la mise en doute infondée de la qualité et de la sécurité des produits qui leur sont proposés à un prix abordable suscite l'anxiété des plus modestes.

A. Mise en perspective de l’interdiction des farines animales

Les constatations de l'Académie d'Agriculture de France3(*) permettent de mieux situer dans son contexte historique, géographique et scientifique l'interdiction des farines animales qui est intervenue en décembre 2000 pour toutes les espèces d'élevage de l'Union Européenne.

1. Une parenthèse dans l'histoire agricole

Dès 1830, Anselme PAYEN, chimiste agricole français dans un ouvrage couronné par la Société Royale d'Agriculture4(*) a présenté un plaidoyer pour « l'animalisation de la nourriture des animaux » en soulignant son intérêt économique : « En provoquant l'emploi des matières premières délaissées on peut accroître la richesse nationale ». Cette idée a été prolongée, de 1880 à 1910, par l'essor en Allemagne des sciences de la Nutrition qui préconisent l'utilisation des FFV pour l'alimentation raisonnée des animaux en fonction de leurs besoins. A partir de 1945, l'expansion de l'industrie des aliments pour animaux repose sur les mêmes concepts; et intègre systématique des farines animales.

L'Académie d'Agriculture de France résume l'évolution jusqu'à nos jours par un raccourci saisissant : « 180 ans d'utilisation des « farines animales » dans toutes les espèces et dix ans de végétarisme imposé y compris aux omnivores, avec, comme conséquences une dépendance aux importations de soja parfois transgénique et un renforcement de la spéculation sur les cours des matières premières alimentaires. »

Elle ajoute, rejoignant ainsi les observations formulées au cours de l'examen en commission des affaires économiques de la présente proposition de résolution, que parmi les bénéficiaires des co-produits de l'élevage on peut citer :

- l'industrie cimentière qui tire avantage à la fois de subventions pour la destruction des poudres C1 et C2 et d'un combustible gratuit à fort pouvoir calorique ;

- ainsi que la filière des co-produits animaux, les graisses de catégorie C3 étant utilisées dans les lactoremplaceurs et en oléochimie.

2. Une singularité européenne.

De manière générale, l'interdiction de l'utilisation de certaines substances dans l'Union européenne (produits phyto-pharmaceutiques ou médicaments vétérinaires, par exemple), même scientifiquement fondée, ne fait pas toujours partie des exigences de production pour les produits importés. Il en va de même aujourd'hui pour l'utilisation des PAT dans l'alimentation des animaux d'élevage, en particulier des porcs, volailles et poissons, interdite pour les producteurs européens, mais autorisée dans l'ensemble des pays tiers.

Le Conseil national de l'alimentation5(*) rappelle qu'en conséquence, les consommateurs peuvent trouver, sur un même étal, de la viande ou du poisson d'origine Union européenne nourris sans addition de PAT et a fortiori de farines, et des produits comparables, originaires de pays tiers, pour lesquels ces interdictions ne s'appliquent pas. Dans la mesure où il n'existe pas de réglementation obligeant à délivrer une information spécifique sur l'utilisation de ces matières premières, les consommateurs ignorent ces différences.

B. Dissiper la confusion entre les protéines animales et les protéines animales transformées (PAT) visées par la nouvelle réglementation européenne et les farines animales du passé

1. La mémoire des farines animales et de la maladie de la vache folle

(...)

2. L'évocation du « retour des farines animales » à propos des PAT: une désinformation anxiogène

Partant du constat que l'interdiction des farines animales a permis l'éradication de l'ESB, la perspective de leur « réintroduction », évoquée de manière simplificatrice par la presse, soulève des craintes parfaitement compréhensibles.

Or le devoir d'objectivité  à l'égard du consommateur exige avant tout de ne pas escamoter la différence de nature entre les protéines animales transformées et les farines animales du passé.

S'agissant de ces dernières, qui ne sont pas concernées par le règlement européen, le Conseil de l'alimentation animale fait observer que la considérable diminution du taux d'infection des bovins réduit nécessairement celui des « matériels à risque spécifiés » (MRS) associées aux anciennes farines de viandes et d'os (FVO).

Il convient avant tout de souligner que la différence entre les Protéines Animales Transformées (PAT) et les farines animales d'autrefois est à peu près comparable à celle qui distingue l'eau de source des eaux usées, selon une formule imagée utilisée dans les délibérations de scientifiques de renom.

Votre rapporteur estime fondamental, pour éviter de s'égarer dans de fausses croyances, de préciser en détail les caractéristiques des PAT, en s'appuyant sur les constatations du CNA qui a synthétisé l'ensemble des analyses disponibles :

- les PAT sont issues de sous-produits d'animaux sains qui ne sont pas destinés à la consommation humaine pour des raisons commerciales, culturelles ou technologiques (parties osseuses, viscères, gras, sang...) et collectés notamment dans les abattoirs et les ateliers de découpe ;

- elles proviennent de porcs, volailles et poissons, espèces monogastriques (c'est-à-dire non ruminants) chez lesquelles aucune EST n'a été mise en évidence dans des conditions naturelles ;

- elles sont destinées à l'alimentation des poissons, puis, selon le schéma qui est envisagé au niveau européen, aux porcs et volailles qui sont des espèces naturellement omnivores ou carnivores - tout en excluant le recyclage intra-espèce.

Il ne s'agit donc en aucun cas :

- ni de « farines animales » utilisées avant 1994, lesquelles étaient issues en particulier de l'activité d'équarrissage et étaient élaborées notamment à partir d'animaux morts avant l'abattoir, de matériels à risque spécifiés (MRS3), de saisies sanitaires...

- ni de ruminants, que ce soit comme espèces d'origine des protéines ou comme espèces destinataires des aliments incorporant des PAT.

Certes, dans les années 1990, les choses étaient moins claires. D'une part, farines et PAT étaient généralement mélangées dans les filières de valorisation des sous-produits ; d'autre part, l'ESB était une maladie émergente, totalement inconnue. Des mesures de gestion drastiques et larges ont donc été prises, notamment dans le domaine des aliments pour animaux, qui s'avéraient la principale voie de diffusion du prion.

Mais, depuis lors les filières de traitement des sous-produits et de l'alimentation animale se sont réorganisées et peuvent assurer la séparation des produits (PAT/déchets) et des espèces (ruminants/porcs/volailles...). C'est précisément cette étanchéité que la Feuille de route européenne pose comme socle d'une nouvelle évolution réglementaire, la filière de transformation des sous-produits animaux s'étant d'ores et déjà organisée en productions dédiées. En second lieu, les EST ont fait l'objet de nombreuses recherches au niveau mondial et sont beaucoup mieux connues. Enfin des mesures de gestion coûteuses, appliquées avec rigueur depuis plus de 15 ans dans l'Union européenne, permettent de considérer l'ESB classique comme quasi éradiquée chez les bovins en Europe, et donc de garantir la sécurité sanitaire des PAT issues de cette espèce en cas de croisement fortuit entre les PAT de ruminants, qui sont valorisées dans la fabrication d'aliments pour animaux de compagnie, et celles issues d'autres espèces.

Récapitulatif : Sous-produits, farines, protéines animales transformées : De quoi parle-t-on ?

Les sous-produits animaux sont des matières animales ou d'origine animale qui ne sont pas destinées à la consommation humaine. Les sous-produits animaux recouvrent des matières qui sont écartées de l'alimentation humaine :

- de par leur nature intrinsèque (cadavres d'animaux, viandes saisies en abattoir, cuirs, plumes...),

- ou du fait du choix d'un opérateur (orientation d'abats propres à la consommation humaine vers la production d'aliments pour animaux de compagnie par exemple).

Les sous-produits animaux sont classés en trois catégories, définies aux articles 8, 9 et 10 du règlement européen n°1069/2009, selon le niveau de risque sanitaire qui leur est attribué.

La catégorie 1 (dite C1) est la catégorie à plus haut risque (risque « prion », risque lié à des contaminants de l'environnement...).

La catégorie 2 (C2) représente un risque moindre, souvent d'ordre microbiologique.

La catégorie 3 (C3) ne présente aucun risque spécifique ; elle regroupe des matières issues d'animaux sains.

Les sous-produits animaux sont, sauf cas particulier, collectés à l'état « cru » sur les sites où ils sont générés : exploitations d'élevage, abattoirs, industries agro-alimentaires au sens large (atelier de découpe, laiterie...), points de vente au détail (grande et moyenne distribution, petits commerces...).

Ils sont acheminés vers des établissements de transformation spécialisés et agréés où ils sont soumis à des traitements spécifiques très encadrés. La transformation des sous-produits génère deux grandes familles de produits : les protéines (farines de viandes et d'os - C1 et C2- et PAT -C3) et les graisses (issues de la cuisson - C1 et C2/C3 - ou de la fonte des sous-produits animaux - C3 ou alimentaires).

Les farines de viandes et d'os (FVO), communément appelées « farines animales », proviennent de la transformation de sous-produits animaux des catégories C1 et C2. Elles sont réglementairement interdites d'usage en alimentation animale, comme le sont les graisses issues de ces mêmes catégories de sous-produits.

Les protéines animales transformées (PAT) sont produites exclusivement à partir de sous-produits de catégorie C3. Elles peuvent aussi incorporer, de façon marginale, des « produits alimentaires » issus de l'alimentation humaine mais non utilisés par celle-ci. Elles sont actuellement interdites pour les animaux d'élevage, sauf quelques exceptions présentées dans le tableau 2 ; elles peuvent entrer dans la composition des aliments pour animaux de compagnie (chiens, chats). Ce sont bien les PAT qui font l'objet de la présente réflexion.

Rappel : l'herbivore se nourrit de végétaux, herbes, feuilles ; le carnivore se nourrit de chair ; le carnassier se nourrit de proies animales vivantes ou, dans un sens plus large, de chair crue. L'omnivore, lui, mange de tout et se nourrit d'aliments d'origine animale et végétale : l'homme est omnivore. Le porc, les volailles et de nombreux poissons le sont également.

Source : Conseil national de l'alimentation.

Proposition de résolution

Le Sénat,

Déplore le règlement (UE) n° 56/2013 de la Commission du 16 janvier 2013 visant à autoriser l'utilisation dès juin 2013 de protéines animales transformées pour l'alimentation des poissons d'élevage et salue l'opposition de la France lors du vote en comité de réglementation de cette décision ;

Demande que des études soient menées au plan national et européen en vue :

- d'évaluer les pratiques effectives de la filière de production des protéines et graisses animales dans l'ensemble des pays européens ;

- d'évaluer les impacts économiques et environnementaux de l'utilisation des protéines animales pour les poissons d'élevage au regard de l'utilisation d'autres sources de protéines notamment végétales ;

Au vu des résultats de ces études et en tant que de besoin, invite le Gouvernement à demander le réexamen, par la Commission européenne, de l'autorisation des protéines animales transformées ;

Invite le Gouvernement à créer un label « 100 % végétal et poisson » et à promouvoir ce label au niveau européen ;

Demande aux autorités européennes de ne prendre aucune nouvelle décision d'autorisation d'utilisation de protéines animales transformées dans l'alimentation des animaux d'élevage.

Source : Cliquer Ici pour accéder Proposition de résolution tendant à la création d'un droit européen pour le consommateur à la maîtrise et à la parfaite connaissance de son alimentation / Rapport n° 534 (2012-2013) de M. Jean-Jacques LASSERRE, fait au nom de la commission des affaires économiques, déposé le 23 avril 2013

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Le 3 mai 2013

Les eurodéputés pro-minotiers mettent la pression !


L'industrie de la pêche minotière se frotte les mains au Danemark... Avec le soutien du parlement européen, l'activité minotière va être boostée par l'interdiction des rejets de poisson... Mais, il ne faudrait pas que les ministres de la pêche en tant que représentants des Etats membres,  mettent des bâtons dans le processus enclenché par le groupe d'eurodéputés pro-minotiers...

«Nous espérons que les gouvernements ne fermeront pas la porte à un compromis»

Source : cfp-reformwatch.eu le 30 avril 2013

38 membres du Parlement européen demandent à chaque gouvernement de l’UE de jouer un rôle constructif dans la réforme de la pêche, avant la réunion du 2 mai au cours de laquelle la présidence irlandaise sollicitera l’approbation d’un nouveau mandat de négociation. Si une minorité de blocage dans le Conseil refuse de trouver un compromis avec le Parlement, « la réforme de la pêche risque d’être complètement bloquée », écrivent les députés européens

Le jeudi 2 mai 2013 constitue une date importante pour le futur des poissons et des pêcheurs européens. Les représentants des 27 gouvernements européens vont se rencontrer afin de décider s’ils souhaitent conclure de manière constructive les négociations entre le Parlement européen et le Conseil sur la réforme de la pêche ou si, au contraire, ils souhaitent bloquer la totalité de la réforme.

Le Parlement européen a exposé sa vision d’un futur où la pêche dans l’UE sera durable. En première lecture, une large majorité des députés européens – issus de tous les partis politiques et de tous les États membres – ont accepté de mettre un terme à la surpêche d’ici 2015 afin de permettre de ramener les stocks de poissons à des niveaux durables d’ici 2020. En d’autres termes, d’ici 2020, nous souhaiterions avoir une industrie de la pêche prospère, un environnement marin plus sain et des poissons européens durables pour les consommateurs européens.

Nous voulons mettre fin à la pratique des rejets de poissons en mer afin d’inciter les pêcheurs à utiliser des méthodes de pêche sélectives et à éviter les prises accessoires.

Nous réclamons la mise en place d’un réseau de zones de rétablissement des stocks halieutiques. Les quotas de pêche doivent suivre les recommandations scientifiques. Nous voulons améliorer la mise en œuvre et le contrôle et nous assurer que des sanctions seront prises à l’encontre des États membres et des opérateurs qui ne respectent pas les règles. Le restockage de nos mers vides dépend de ces mesures.

Il est vrai que ces objectifs ambitieux exigent des sacrifices à court terme, mais le statu quo n’est pas une option. Rien qu’au cours des dix dernières années, les captures ont enregistré une baisse de 25 % en Europe, le nombre de stocks de poissons surexploités a augmenté, et aujourd’hui l’UE importe un pourcentage stupéfiant du poisson que nous consommons, soit 65 %.

Pourtant, nombre de gouvernements européens souhaitent freiner la réforme.

Lorsque le Conseil a finalisé son approche générale le 27 février, il est apparu clairement qu’il souhaitait poursuivre la surpêche jusqu’en 2020 (il désire établir des quotas de captures durables uniquement « lorsque c’est possible », mais il n’a pas défini le terme « possible »). Il n’a pas défini non plus d’année butoir pour la reconstitution des stocks de poissons. Le Conseil prétend vouloir mettre un terme aux rejets, mais en réalité, il a introduit d’énormes vides juridiques qui permettront aux poissons d’être rejetés en mer dans une proportion pouvant atteindre jusqu’à 9 % du total des captures.

Les négociations du trilogue visant à trouver un terrain d’entente entre le Conseil et le Parlement semblent avoir commencé de manière constructive.

Nous, en tant que députés européens, admettons que les deux institutions doivent trouver un compromis concernant certaines de leurs priorités afin de déboucher sur un accord final avant la fin de la présidence irlandaise. Nous sommes donc ravis qu’au cours de la réunion du Conseil du 22 avril, plusieurs ministres de la pêche ont déclaré être disposés à faire preuve de souplesse.

Cependant, nous nous inquiétons du nombre encore plus important de ministres qui ont affirmé ne pas être prêts à s’éloigner de l’approche générale du Conseil, et qui semblent penser que le Parlement européen devrait se cantonner au simple rôle d’approbateur de son accord. Ces gouvernements ne semblent pas disposés à accepter, qu’en vertu du traité de Lisbonne, le Parlement européen ait des pouvoirs de décision égaux concernant la réforme de la pêche. Si ce groupe d’États membres forme une minorité de blocage au Conseil et refuse de donner mandat à la présidence irlandaise pour trouver un compromis avec le Parlement, la réforme de la pêche risque de se retrouver complètement bloquée.

La présidence irlandaise recherchera le soutien d’un nouveau mandat lors de la réunion du Coreper du 2 mai. Nous nous attendons à ce que, au nom de la démocratie et pour le bien du futur de nos mers, les gouvernements ne ferment pas la porte à la possibilité d’un compromis avec l’autre colégislateur.

Nous savons que l’équipe de négociation du Parlement, dirigée par le rapporteur Ulrike Rodust, est prête à jouer un rôle constructif. Une large majorité des 502 députés européens, qui ont voté en faveur de son report le 6 février, la soutiennent dans cette tâche. Nous sommes décidés à trouver des compromis ambitieux et pouvant également être mis en place dans les États membres.

Jusqu’ici, les gouvernements européens n’ont pas parvenu à présenter une politique de la pêche durable. Mais chaque gouvernement peut désormais jouer un rôle clé afin de renverser cette tendance et d’adopter la réforme. Nous demandons donc à tous d’agir en conséquence.

Membres du Parlement européen :
Kriton ARSENIS (Grèce, S&D)
Elena BĂSESCU (Roumanie, PPE)
Jean-Paul BESSET (France, Verts/ALE)
Michael CASHMAN (RU, S&D)
Vasilica Viorica DĂNCILĂ (Roumanie, S&D)
Chris DAVIES (RU, ALDE)
Bas EICKHOUT (Pays-Bas, Verts/ALE)
Lorenzo FONTANA (Italie, EFD)
Christofer FJELLNER (Suède, PPE)
Gerben-Jan GERBRANDY (Pays-Bas, ALDE)
Mikael GUSTAFSSON (Suède, GUE/NLG)
Catherine GRÈZE (France, Verts/ALE)
Rebecca HARMS (Allemagne, Verts/ALE)
Satu HASSI (Finlande, Verts/ALE)
Yannick JADOT (France, Verts/ALE)
Eva JOLY (France, Verts/ALE)
Jean LAMBERT (RU, Verts/ALE)
Isabella LÖVIN (Suède, Verts/ALE)
Linda McAVAN (RU, S&D)
Gesine MEISSNER (Allemagne, ALDE)
Guido MILANA (Italie, S&D)
Radvilė MORKŪNAITĖ-MIKULĖNIENĖ (Lituanie, PPE)
Norbert NEUSER (Allemagne, S&D)
Jens NILSSON (Suède, S&D)
Younous OMARJEE (France, GUE/NLG)
Sirpa PIETIKÄINEN (Finlande, PPE)
Phil PRENDERGAST (Irlande, S&D)
Raül ROMEVA i RUEDA (Espagne, Verts/ALE)
Anna ROSBACH (Danemark, ECR)
Birgit SCHNIEBER-JASTRAM (Allemagne, PPE)
Bart STAES (Belgique, Verts/ALE)
Rui TAVARES (Portugal, Verts/ALE)
Eleni THEOCHAROUS (Chypre, PPE)
Nils TORVALDS (Finlande, ALDE)
Claude TURMES (Luxembourg, Verts/ALE)
Ivo VAJGL (Slovénie, ALDE)
Renate WEBER (Roumanie, ALDE)
Sabine WILS (Allemagne, GUE/NLG)

(38 députés européens de 18 États membres et de 7 groupes politiques)

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Le 3 juin 2013

Les farines animales sont de retour, pour les poissons d'élevage

Du porc ou de la volaille, voilà ce que pourront offrir à leurs poissons les éleveurs dans les fermes aquacoles. La commission européenne autorise le retour de ces farines animales à partir du 1er juin Ces farines étaient interdites depuis 2001 et les professionnels n'en veulent pas.

Source : France 3 Poitou-Charentes par Nicole Brémaud

Reportage d'Olivier Riou et Patrick Mesner, intervenants : Thomas Lescuyer, Technicien, Jean-Sébastien Bruant, Directeur de la Ferme du Douhet



La décision fait polémique :

Dans cette ferme aquacole du Douhet dans l'ile d'Oléron, la première écloserie de poisson marin de France, on se refuse de nourrir les poissons avec les farines. Ce professionnel, comme nombre de ces confrères, s’est engagé dans une charte de qualité et la décision de l'Europe surprend et scandalise.

Selon le Monde les professionnels de l'aquaculture ne veulent pourtant pas de cet étiquetage-là, comme ils l'ont indiqué au ministre de la pêche, Frédéric Cuvillier. Le Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (CIPA) préfère miser sur sa propre charte de qualité, intitulée "Aquaculture de nos régions", qui, dit-il, exclura toute forme de PAT tant que celles-ci déplairont aux consommateurs.

L’utilisation des farines animales pour les ruminants est interdite depuis 1997, en raison des risques de contamination par l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou « maladie de la vache folle ». L’interdiction avait été étendue en 2001 aux aliments pour tous les animaux de consommation.

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Le 1er juin, la Commission européenne a de nouveau autorisé l'utilisation des farines animale dans l'alimentation des poissons d'élevage. Les éleveurs français sont mécontents

Un élevage de truites, en Béarn. Selon les adhérents à la charte d'Aquaculture de nos régions, seuls les élevages d'espèces omnivores à dominante carnivore peuvent utiliser des huiles et des farines de poissons

L'utilisation des farines animale dans l'alimentation des poissons d'élevage était prohibé depuis 2001, à la suite de la crise de la "vache folle", mais la Commission européenne a autorisé son retour en février, avec prise d'effet samedi dernier, 1er juin. Une décision qui a fait polémique chez les producteurs français.

Dix jours après la décision de la Commission européenne cet hiver, François Hollande avait affirmé, depuis le Salon de l'Agriculture, que la France ne réintroduirait pas les farines animales dans l'élevage des poissons. Mais pour le député Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République), "c'est autorisé, de fait, pour les produits importés. Cela crée une nouvelle concurrence déloyale pour nos éleveurs".

Selon le blog Planète du Monde.fr, le Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (CIPA) préfère miser sur sa propre charte de qualité, intitulée "Aquaculture de nos régions", qui, dit-il, exclura toute forme de protéines animales transformées (PAT) tant que celles-ci déplairont aux consommateurs.

L’utilisation des farines animales pour les ruminants est interdite depuis 1997, en raison des risques de contamination par l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou "maladie de la vache folle". L’interdiction avait été étendue en 2001 aux aliments pour tous les animaux de consommation.

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Les farines animales font leur grand retour dans l'alimentation des poissons

Source : TF1 par Anne-Claire HUET



Les farines animales avaient été interdites après le scandale de la vache folle dans l'Union Européenne. Bruxelles considère qu'il n'y a plus de risque sanitaire et les autorise à nouveau dans l'alimentation des poissons d'élevage.

Attention ! Dès samedi, les poissons d'élevage ont pu changer d'alimentation et être nourris... avec des farines animales. Interdites depuis 2001 dans l'Union Européenne, celles-ci font leur grand retour. Mais au passage, elles changent de nom pour ne pas réveiller les mauvais souvenirs liés au scandale de la vache folle. Désormais, il faut parler de protéines animales transformées, protéines composées de sous-produits de volailles et de porcs propres à la consommation humaine (alors que les anciennes farines animales étaient composées de sous-produits d'animaux impropres à la consommation).

Pour comprendre le changement, un petit retour en arrière s'impose. A la fin des années 1990, l'Union Européenne interdit les farines animales pour les ruminants (vaches, moutons...) en raison des risques de contamination par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), plus communément appelée "maladie de la vache folle". En 2001, cette interdiction s'étend à tous les animaux de consommation : poissons, porcs et volailles inclus. Résultat, le nombre de cas d'ESB dans l'UE passe de 2.167 en 2001 à seulement 45 en 2009, selon l'Organisation mondiale de la santé.

Une décision "conforme aux avis scientifiques récents"

En février, la Commission européenne décide d'autoriser de nouveau les farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage et autres animaux de l'aquaculture. Une décision "conforme aux avis scientifiques les plus récents selon lesquels le risque de transmission d'ESB entre animaux non-ruminants est négligeable", du moment qu'il n'y a pas de cannibalisme, a souligné la Commission dans un communiqué.

En revanche, cette mesure "améliore la durabilité à long terme du secteur de l'aquaculture, car ces protéines animales transformées pourraient être un substitut précieux aux farines de poisson, qui sont une ressource rare", met en avant Bruxelles. L'union Européenne réfléchit donc déjà à étendre la mesure aux volailles et aux porcs.

Pour protester, il livre du poisson frais au ministère de l'Agriculture

Pour protester, le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, a symboliquement livré du poisson au ministère de l'Agriculture vendredi. "Le gouvernement s'est couché complètement. C'est une démission totale des autorités publiques. On sait que c'est dangereux et on cède. Cela montre bien qu'on ne maîtrise plus rien", a-t-il protesté. "Nous avons remis du poisson frais à l'accueil du ministère, comme ça M. Le Foll pourra en manger une dernière fois", a ajouté le parlementaire.

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Nicolas Dupont-Aignan a livré du poisson au ministère de l'Agriculture, pour protester contre la réintroduction des farines animales dans la nourriture des poissons d'élevage.

Depuis samedi, l'Europe autorise l'alimentation par les farines animales dans les élevages de poissons, nourriture prohibée depuis la crise de la vache folle.Nicolas Dupont-Aignan est allé livré du poisson au ministère de l'Agriculture en signe de protestation.

Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, a symboliquement livré du poisson au ministère de l'Agriculture vendredi pour protester contre la réintroduction des farines animales dans l'élevage des poissons à compter de samedi dans l'Union européenne. Ce mode d'alimentation était prohibé depuis la crise de la "vache folle" mais la Commission européenne a autorisé son retour en février, une décision qui a fait polémique. "Le gouvernement s'est couché complètement. C'est une démission totale des autorités publiques. On sait que c'est dangereux et on cède. Cela montre bien qu'on ne maîtrise plus rien", a protesté M. Dupont-Aignan, président de DLR et député non-inscrit.

La France non, les autres oui

"Nous avons remis du poisson frais à l'accueil du ministère, comme ça M. (Stéphane) Le Foll pourra en manger une dernière fois", a ajouté le parlementaire. Dix jours après la décision de la Commission européenne cet hiver, François Hollande avait affirmé, depuis le Salon de l'Agriculture, que la France ne réintroduirait pas les farines animales dans l'élevage des poissons. Mais pour Nicolas Dupont-Aignan, "c'est autorisé, de fait, pour les produits importés. Cela créé une nouvelle concurrence déloyale pour nos éleveurs".

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Farines animales : le retour du porc et des volailles dans l'assiette du poisson

Des poissons d'élevage peuvent à nouveau être nourris avec des protéines animales transformées : ainsi en a décidé Bruxelles. Nombre de députés français s'opposent à cette directive qui s'applique depuis samedi 1er juin.

Source : France 3 Languedoc Roussillon par Isabelle Bris

Non au retour des protéines animales dans le poisson ! Nombre de députés français s'opposent à cette directive européenne. Exemple dans le Gard

Dans cette pisciculture gardoise, ces poissons carnivores ne mangent que du poisson



Exemple dans le Gard, chez des pisciculteurs qui risquent de subir à tord cette mauvaise publicité. Chez eux, les salmonidés ne sont nourris qu'avec des produits dérivés du poisson.

Selon nos confrères du Monde, cette décision résonne étrangement, en plein scandale de la viande de cheval : la Commission européenne a indiqué, jeudi 14 février, que les poissons d'élevage pourront à nouveau être nourris avec des farines de porc et de volailles à compter du 1er juin. Ce mode d'alimentation avait été totalement interdit dans l'Union européenne (UE) en 2001, après cinq années de crise de la "vache folle" due à une épizootie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

C'est une mesure qui "tombe mal", a estimé vendredi le ministre français de l'agroalimentaire Guillaume Garot. La décision a pourtant été approuvée par les experts des Etats membres dès juillet 2012. Elle prévoit d'autoriser le recours à des "protéines animales transformées" (PAT) qui ne présenteraient pas les mêmes risques que les farines animales produites jusque dans les années 1990 pour nourrir poissons, poules ou mammifères d'élevage. Ainsi les PAT ne seraient fabriquées qu'à partir de produits d'abattage propres à la consommation humaine et prélevés sur des animaux sains, quand les farines ont longtemps utilisé toutes sortes de sous-produits de carcasses.

Proscrire le cannibalisme

Pour Bruxelles, cette décision "améliorera la durabilité à long terme du secteur de l'aquaculture, car ces PAT pourraient être un substitut précieux aux farines de poisson, qui sont une ressource rare". "Elle est conforme aux avis scientifiques les plus récents selon lesquels le risque de transmission d'ESB entre animaux non ruminants est négligeable, pour autant qu'il n'y a pas de recyclage entre les espèces." En clair : il faut proscrire le cannibalisme. Interdit donc de nourrir les porcs ou les volailles avec des farines issues de leur propre espèce, ce qui se pratiquait auparavant.

En effet, si l'autorisation ne concerne pour l'instant que les produits de l'aquaculture, la Commission européenne "entend proposer une autre mesure pour réintroduire l'utilisation des PAT de porc et de volailles pour les volailles et les porcs", même si cette décision ne devrait pas intervenir avant 2014. L'interdiction pour les ruminants (bovins, ovins et caprins), décidée dès 1997, serait en revanche maintenue, de même que les PAT de ruminants à destination des animaux d'élevage non ruminants, bien que "la situation épidémiologique actuelle montre que l'UE est désormais dans la phase finale de l'éradication de l'ESB au sein de son cheptel bovin".

"Un véritable esprit de responsabilité"

L'industrie agroalimentaire peut-elle garantir le respect de cette alimentation croisée en ne mélangeant pas les circuits de production et de distribution des farines de porc et de volaille ? Beaucoup en doutent, même si des tests permettent théoriquement de vérifier la conformité des farines. L'épisode des lasagnes au cheval étiquetées pur bœuf risque à ce titre de renforcer les suspicions.

"La France s'était prononcée contre cette disposition européenne", a indiqué le ministre français de l'agroalimentaire, qui a rappelé que la disposition de Bruxelles ne rendait "heureusement" pas obligatoire l'utilisation des farines animales. "Il faudra la mettre en œuvre au plan français avec un véritable esprit de responsabilité de nos industriels", a-il ajouté. En octobre 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait émis un avis négatif au retour des farines animales, estimant que "les conditions permettant une utilisation sécurisée des PAT ne sont pas à ce jour totalement réunies".

Le précédent ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire (UMP), avait affirmé en 2011 que "les farines animales ne seraient pas réintroduites en France tant qu'il serait ministre de l'agriculture". Nul doute que l'actuel titulaire du portefeuille, Stéphane Le Foll (PS), sera très attendu sur le sujet.

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Le 5 mai 2013

Notre planète est bleue, cultivons là… la région Languedoc-Roussillon au cœur du développement aquacole.

Béatrice Chatain - Ifremer

Source : 3S-en-LR

1 Avez-vous une idée d'activité(s) nouvelle(s) pour votre domaine/secteur, basée sur la recherche & l'innovation grâce à laquelle le Languedoc-Roussillon pourrait devenir un des leaders européens à 5 – 7 ans ?

Contexte global : la « Croissance Bleue » définie par le parlement européen (COM 2012-494) pour développer le potentiel inexploité des océans, mers et côtes de l'Europe, identifie 5 domaines dont l’aquaculture, où un effort de l’UE stimulera croissance à long terme et emplois dans l'économie bleue, conformément aux objectifs de sa stratégie 2020.

Contexte LR : 2nd pôle mondial de recherche en agronomie qui abrite sur son territoire, les acteurs pionniers du développement aquacole français et européen : (i) la recherche (Ifremer, INRA, Cirad, IRD), la formation supérieure (CNAM-INTECHMER, CREUFOP, Université de Montpellier 2), (iii) le privé (SCEA Les Poissons du Soleil, bureaux d’études IDEE, SIAM, AquaRhéak, producteur de micro-algues GREENSEA, Mycrophyte et l'aquarium Mare Nostrum,…).

L’idée : valoriser ces atouts et favoriser la propagation des connaissances et la diversification technologique, en positionnant la région LR comme un des territoires majeurs d’innovation en aquaculture en regroupant ses forces scientifiques, d’enseignement et d’application industrielle : mise en synergie/réseau des hommes (centre d’excellence recherche et formation) et des outils (plateformes expérimentales de recherche). Cette action s'inscrit dans le cadre du réseau MerLR qui fédère l'ensemble des laboratoires et équipes travaillant dans le domaine du littoral, de la mer et de leurs ressources à l'échelle du Languedoc-Roussillon.

2 Expliquez quelles seraient les innovations (ou type d'innovations) attendues et à quelle échéance ?

1) Acquérir des connaissances scientifiques avec la profession pour développer les systèmes de production aquacole du futur permettant une production (i) durable d’aliments répondant à la limitation en d’huiles et farines marines issues de la pêche (micro-algues à grande échelle), (ii) d’animaux performants (sélection efficacité alimentaire, résistance aux maladies), (iii) hors zone littorale pour s’affranchir des multiples contraintes de son accès (systèmes « inshore » recirculés optimisant l’utilisation des intrants et minimisant les impacts environnementaux ou systèmes « offshore »)
2) Développer et mettre en réseau les plateformes expérimentales d'aquaculture régionales pour donner une visibilité internationale au potentiel de recherche et d’innovation
3) Valoriser les nombreuses formations en aquaculture présentes en région LR par une ouverture à l’international et en créant un pôle de formation commun allant du BEP au Post Doctorat

3 En quoi votre proposition présente t'elle une dimension collective ?

Cette proposition s’appuie sur les grandes structures et infrastructures présentes en région LR et impliquées d’une manière ou d’une autre dans la recherche aquacole, i.e., principalement : (i) la station Ifremer de Palavas-les-Flots (http://wwz.ifremer.fr/mediterranee) spécialisée dans la recherche et le développement de l’aquaculture marine et faisant partie des 139 grandes infrastructures d'excellences identifiées par l'Europe en 2002 (c'est la seule plateforme à avoir ce statut en Région LR avec le centre Cnrs d'Odellio), (ii) la future Unité Mixte de Recherche UM2-Cnrs-IRD-Ifremer localisée à Montpellier, Palavas et Sète qui possèdera de grandes compétences sur les écosystèmes marins et leur exploitation (pêche et aquaculture), (iii) le Laboratoire de Biotechnologie de l’Environnement de l’INRA à Narbonne (http://www4.montpellier.inra.fr/narbonne) qui mène des recherches sur la bioraffinerie environnementale avec notamment les micro-algues, (iv) l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier (http://www.isem.univ-montp2.fr) dont le département « Conservation et Domestication » est centré sur le développement de l’aquaculture continentale dans les PED, (v) l’Observatoire océanologique UPMC-Cnrs-INSU de Banyuls sur Mer, premier observatoire océanologique créé en Région LR spécialisé dans l’étude de la biologie marine et l’océanographie et (http://www.obs-banyuls.fr/fr/), (vi) l’Université de Montpellier 2, l’antenne du Conservatoire National des Arts et Métiers - Sciences et Techniques de la Mer des sciences et techniques et les Lycées (Canourgue, P. Bousquet, …) qui contribuent par leurs enseignements à la formation des cadres et techniciens qui constituent les différents chainons des filières aquacoles.

Une mise en réseau de tels organismes de recherche, d’enseignement et d’infrastructures constituera une vitrine pour la région LR lui permettant d’affirmer un rayonnement international, d’attirer les meilleurs chercheurs dans le domaine de l’aquaculture et de gagner en visibilité et en cohérence pour relever un des grands défis mondiaux de demain.

4 Quelles sont les compétences (scientifiques, technologiques, marketing, commerciales, logistiques...) nécessaires pour développer votre proposition ?

La Région LR possède les principaux atouts concurrentiels qui sont les compétences scientifiques et techniques des unités citées précédemment, i.e. la biologie, biotechnologie, génétique, écologie, génie des procédés, modélisation, instrumentation, ingénierie aquacole, chimie de l’eau, agronomie, matériaux, économie, analyse du cycle de vie, sciences humaines et sociales,…, mais également la présence d'un tissu professionnel conséquent, d'un réseau d'enseignement spécifique bien développé et de nombreuses organisations comme les pôles de compétitivité (e.g. Qualiméditerranée).

5 Quels seraient les outils opérationnels nécessaires ?

Le dispositif sera un Centre de Recherche et de Formation Aquacole qui connectera de manière cohérente les actions des différentes unités précitées (de la recherche au développement technologique en passant par à la formation académique et professionnelle) pour traiter les questions fondamentales et stratégiques du développement d’une aquaculture durable. Son cœur opérationnel sera une plate-forme expérimentale qui existe déjà (la station Ifremer de Palavas-les-Flots), mais qui devra être étoffée de certaines infrastructures qui permettront de (1) développer à l’échelle expérimentale les principaux maillons des systèmes de production du futur : micro-algues, systèmes d’élevage recirculés, multi-trophiques, offshore et souchothèques (poissons, algues) et (2) d’accueillir des étudiants et des professionnels (à l’échelle internationale) pour les former à leur futur métier (salles de travaux pratiques et logements). Une telle fédération d’hommes et d’outils devrait permettre de favoriser et de mieux coordonner les efforts de recherche de la communauté scientifique et de la formation avec les besoins de la profession. Dans l’idéal, elle s’appuiera sur un Centre Technique Aquacole (piscicole, conchylicole et micro-algues) disposant d'unités pilote de production et de démonstrateurs qui soutiendront les actions de développement menées en région LR par l’acteur actuel du développement durable des cultures marines, le Cepralmar.

6 Pouvez vous chiffrer le coût global estimé pour ces outils ?

5 à 10 M€

7 Justifiez en quoi votre proposition nécessiterait des financements publics et précisez éventuellement en quelle proportion ?

Le projet qui réunira à terme, la communauté scientifique aquacole et ses moyens expérimentaux, un centre de transfert à la profession et un lieu de d’enseignement et de formation pratique, ne pourra se faire sans une volonté politique forte et un input de financement public conséquent. En effet, ni les budgets accordés aux organismes de recherche et d’enseignement publiques, ni les projets de recherche classiques ne peuvent assumer de tels investissements. Cependant, des partenariats public-privé, des projets multi-partenariaux et des prestations de services permettront de contribuer à la construction de pilotes expérimentaux et de diminuer les charges fixes d’une telle plateforme. De même, les recettes issues de l’obtention des projets de recherche devraient permettre d’assurer une partie conséquente de ses coûts de fonctionnement et d’amortissement.

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Le 15 juin 2013

Sorèze (Tarn) : les pisciculteurs hésitent à utiliser des farines animales.

Malgré l'autorisation de réintroduction des farines animales dans l'élevage des poissons à compter du 1er juin dans l'Union européenne, les pisciculteurs se montrent circonspects. Exemple à Sorèze dans le Tarn.

Source : France 3 Midi Pyrénées  par Michel Pech

A Sorèze, le reportage d'Aude Chéron et Nathalie Fournis


Ce mode d'alimentation était prohibé depuis la crise de la "vache folle" mais la Commission européenne a autorisé son retour, une décision qui a fait polémique.

Certains pisciculteurs ont même décidé de ne pas utiliser ces farines animales. Ils continuent de nourrir leurs poissons d'élevage avec des farines de poissons de mer ou avec des céréales ou avec du gluten.

Leur inquiétude : les farines animales sont moins chères , ceux qui ne les utilisent pas risquent de rencontrer de sérieux problèmes de concurrence.

Pas de farines animales dans le Lot

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Le 2 juillet 2013

Charte de développement durable AquaREA

La filière piscicole d’Aquitaine (1er rang national), sous l’impulsion du Groupement de Défense Sanitaire Aquacole d’Aquitaine (GDSAA), marque une étape importante dans son développement par la signature d’une convention d’objectifs avec l’Agence de l’Eau Adour Garonne, l’Etat au travers de la DRAAF et de la DREAL Aquitaine et la Région Aquitaine. Cette nouvelle convention, par son caractère novateur et pertinent, formalise le mode de gouvernance intégré et collaboratif des enjeux sanitaires, environnementaux et économiques que le GDSAA met en oeuvre en Aquitaine avec l'ensemble des parties intéressées.

Ce document, construit sur la base du programme de qualification AquaREA, vise à définir les grands objectifs communs de durabilité de la filière pour 2013-2018 et sera déclinée annuellement sous forme de programmes d’actions mis en place par le GDSAA pour l’ensemble de ses adhérents et accompagnés par les partenaires institutionnels signataires.

Le Groupement de Défense Sanitaire Aquacole d'Aquitaine a décidé de mettre à l'honneur sa charte de développement durable AquaREA à l'occasion de son Assemblée Générale en officialisant la

Signature de la convention d’objectifs 2013-2018

Agence de l’Eau Adour Garonne / Etat / Région Aquitaine / GDSAA

5 juillet 2013 à 10h00

Salle communale Plaza Xoko - 64430 Saint-Etienne-de-Baïgorry

En présence de :
M. Hervé SERVAT, Directeur Adjoint de la DRAAF Aquitaine,
Représentant de M. Michel DELPUECH, Préfet de Région
M. Alain ROUSSET, Président du Conseil Régional d’Aquitaine
Mme Aline COMEAU, Directrice Adjointe de l’Agence de l’Eau Adour Garonne,
Représentante de M. Laurent BERGEOT, Directeur Général de l’Agence de l’Eau Adour Garonne

Aquaculture Respectueuse de l’Environnement en Aquitaine
Le programme AquaREA est une adaptation de la qualification AREA du Conseil Régional d'Aquitaine, déjà existante pour d’autres filières de production agricole. Il vise à obtenir une reconnaissance de la qualité sanitaire et environnementale des élevages piscicoles sur la région, et à accompagner les acteurs de la filière dans leur démarche d’amélioration continue des pratiques.

Groupement de Défense Sanitaire Aquacole d’Aquitaine (GDSAA)
Le GDSAA est une association loi 1901, qui rassemble, depuis 1984, les pisciculteurs et les Fédérations et Associations de Pêche de la région Aquitaine. Son principal objectif est de contribuer par tous les moyens dont il dispose à la protection et à l'amélioration de l'état sanitaire des espèces aquacoles vivant dans les piscicultures et cours d'eau aquitains, et d’entreprendre des études d’évaluation de la pollution aquatique ou de mener des actions de prévention ou d’amélioration du milieu dont dépend l’activité aquacole.
Président du GDSAA, Xavier HARISPE

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L'Argentine et le Brésil créent une pénurie de soja

Source : Le Monde

Il n'y a pas grand-chose qui augmente, ces temps-ci, dans le domaine des produits de base agricoles. Le blé et le maïs sont en berne. Le riz est remarquablement stable. Reste le soja, dont le prix s'est établi, vendredi 28 juin, à 15,64 dollars (soit environ 12 euros) la tonne à Chicago (Illinois) pour livraison en juillet, soit une hausse de quelque 14 % en trois mois.

La petite graine oléagineuse ne sert pas seulement aux fans de la macrobiotique et du wok. Elle est surtout utilisée sous forme de tourteaux pour gaver les porcs, les canards et les poulets avec de bonnes protéines. Notamment en Chine, où l'enrichissement accéléré a dopé la consommation de viandes.

Les investisseurs (autrement dit les spéculateurs) n'y sont pour rien : ils n'ont pas vu venir la pénurie. Il n'y a plus de soja disponible sur le marché et il faut remonter dans le temps pour comprendre la cause de ce déséquilibre.

"La récolte latino-américaine [de 2012] avait été très mauvaise et les Etats-Unis en avaient profité pour exporter massivement leur soja, asséchant ainsi leurs propres disponibilités", explique Renaud de Kerpoisson, président d'Offre & demande agricole, société de conseil en gestion du risque des prix. "Ils sont maintenant à court face à une Amérique latine qui fait de la rétention."

Offre contrainte

Car l'Argentine et le Brésil sont empêtrés dans leurs réglementations brouillonnes et leurs infrastructures défaillantes. A Buenos Aires, le gouvernement de Cristina Kirchner a augmenté les taxes à l'exportation, provoquant la colère des agriculteurs. Ceux-ci n'en sont pas, comme en 2008, à décréter un boycott des exports, mais ils font de la rétention en gardant leur soja dans leurs silos, d'autant plus qu'ils s'attendent à une dévaluation de la monnaie, le peso. Peut-être que demain, la petite graine vendue en dollars vaudra plus de pesos qu'aujourd'hui... Sans parler de l'inflation qui accélère et contre laquelle ils cherchent à se prémunir. Décidément, mieux vaut détenir du soja que des pesos.

Au Brésil, le goulot d'étranglement tient aux transports défaillants. Certes, les transports urbains ont mis les Brésiliens dans la rue depuis le 13 juin, mais les installations portuaires ne valent guère mieux et leurs capacités insuffisantes - aggravées par la mise en place d'une réforme du fret routier - gênent la "ferme du monde" pour expédier sa récolte vers les Etats-Unis en manque de graines et de tourteaux de soja. "Conséquence de l'offre contrainte, les usines chinoises de triturations tournent en sous-capacité et le prix des tourteaux flambe aussi", poursuit M. de Kerpoisson. Il a progressé de 6 % sur la semaine du 24 au 28 juin. De plus, la pluie retarde les semis, ce qui annonce un nouveau retard dans les récoltes, et donc des soudures un peu plus problématiques. Le cercle tend à devenir vicieux.

L'autre oléagineux, le colza, subit la même météo et les mêmes retards. Il ne peut servir d'alternative. "Les prix continueront à monter", prédit M. de Kerpoisson. Le magret de canard et le travers de porc aussi.

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Elevage : les compléments alimentaires bons pour l'environnement auscultés par l'Efsa

Source : Actu-Environnement

L'élevage est grand contributeur de gaz à effet de serre mais aussi de polluants pour l'eau. L'Efsa publie un rapport externe sur les additifs alimentaires qui permettent de réduire les émissions de GES ou les rejets d'éléments chimiques.

"Certaines substances et agents, utilisés comme additifs pour l'alimentation du bétail, pourraient avoir un rôle important à jouer dans l'augmentation de la productivité et les réductions simultanées d'émissions de polluants", souligne une étude, commandée par l'Agence européenne de la sécurité alimentaire (Efsa) et publiée en juin.
Ainsi, 246 substances et agents ont été passés au crible, analysés selon plusieurs effets environnementaux. Cent trente substances et agents ont été retenus comme ayant des effets positifs pour l'environnement.

Les huiles essentielles contre les émissions de méthane

L'étude met en évidence plusieurs types de substances intéressantes sur ces points mais qui, aussi, ne posent pas de problématiques pour la santé humaine ou les écosystèmes. Parmi celles-ci, les acides organiques et leurs sels, et particulièrement l'acide benzoïque, l'acide fumarique et le maléate de diallyle, permettraient de réduire simultanément le méthane et l'ammoniac produits lors de la rumination. Les graisses et huiles présenteraient un avantage particulier pour les réductions d'émissions de méthane, de 13 à 58%.

Trois huiles essentielles, sur 42 étudiées, affichent de beaux potentiels de réduction de l'ammoniac et du méthane sans effets néfastes pour les espèces cibles et la santé humaine : Mentha microphylla (respectivement - 26% et -96%), Origanum vulgare (-25% et -50%) et Thymus vulgaris (-27% et -48%).

Les bactéries, enzymes et levures, en stabilisant la flore intestinale, permettent la réduction d'excrétion de phosphore et d'émissions d'ammoniac. Les probiotiques peuvent également offrir un potentiel pour réduire le méthane et le sulfure d'hydrogène. Les auteurs estiment que ces substances "peuvent constituer une bonne occasion de réduire les impacts environnementaux de l'industrie du bétail".

En revanche, si les acides gras, particulièrement l'acide laurique, ont un potentiel pour réduire les émissions de méthane et d'ammoniac, ils peuvent avoir un impact sur les écosystèmes. C'est le cas notamment de l'acide laurique, qui est "un puissant irritant et toxique pour les organismes aquatiques".

Parmi les sels minéraux, "la zéolite semble offrir le plus de potentiel de réduction : 45% pour l'ammoniac et 17% pour le méthane, même si elle peut augmenter de manière significative les émissions de sulfure d'hydrogène dans certains cas". Le sulfate de cuivre est déconseillé car il est très toxique pour l'homme, l'environnement aquatique et certaines espèces cibles.
Les antibiotiques, c'est pas automatique !

Les acides aminés ne présenteraient en revanche pas d'avantage environnemental significatif, mis à part le L-cystéine et "son apparente capacité à réduire l'excrétion d'azote (~ 20%)". L'étude souligne également des avantages modestes pour les extraits de plantes (tanins, saponines), conjugués à des risques toxiques pour certaines espèces cibles.

Quant aux antibiotiques, ceux-ci peuvent être nocifs pour l'homme, les écosystèmes aquatiques et les espèces cibles.
 
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Le 30 août 2013

Aqualande vise les 10.000 tonnes de truites !

Le 1e Août 2013, le Groupe Aqualande, numéro 1 français de la truite d'élevage, a racheté les cinq piscicultures françaises du groupe norvégien Norway Seafood (ex Aker Seafoods) – Viviers de France : Castets, Lévignacq, Mézos et Saint-Julien-en-Born dans les Landes et Les Ores en Charente.

Cette reprise porte sur une production annuelle de 3500 tonnes de truites dont 2800 tonnes de grandes truites de 3kg, ce qui amène la production totale d’Aqualande à 9000 tonnes de truites dont 7000 tonnes de grandes truites.

Les 30 salariés des piscicultures intègrent le Groupe Aqualande, via sa filiale la SARL Les Truites de la Cote d’Argent, portant son effectif à 540 personnes.

Groupe Aqualande devient ainsi le premier producteur de truites d’eau douce spécialisé dans l’élevage de grandes truites destinées à la fumaison et à la découpe. Par cette acquisition, Aqualande affirme sa stratégie de développement dans son activité de truite fumée et sa volonté de maîtriser ses approvisionnements.

Avec une production annuelle de 2000 tonnes de truite fumée, Aqualande approvisionne plus de 70% du marché français et sa marque OVIVE poursuit ses performances exceptionnelles.

Pour assurer la continuité de l’activité truite sur l’usine de Castets, Aqualande s’est engagé à lui fournir un certain volume de truites pour les prochaines années.

Consciente du potentiel de ces cinq élevages et du savoir-faire de leur personnel, Aqualande veut leur donner un nouvel élan et les inscrire rapidement dans la dynamique qualité portée dans ses propres élevages. Groupe Aqualande réalisera des investissements prioritaires pour y déployer sa politique en matière de Responsabilité Sociétale et Environnementale pour une aquaculture durable.

Pour plus d’informations : Aqualande

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Nouveau. Des truites végétariennes


Nouveau menu pour des centaines de truites de la station de recherche de Sizun. Elles se nourrissent, en effet, de farine végétale et non plus de farine de poisson. Des truites végétariennes bientôt sur les étals ? Pourquoi pas.

Source : Le Télégramme

« C'est une première mondiale : de la naissance à la reproduction, les truites s'alimentent en farine végétale », indique Laurent Labbé, directeur de la pisciculture de l'Inra (*) des monts d'Arrée, une structure nichée à proximité du barrage du Drennec, à Sizun. Spécialisée dans la recherche sur les truites, cette station collabore avec des généticiens, des nutritionnistes et des physiologistes. Si, en rivière, la truite se régale d'insectes et de larves, dans les parcs, comme dans ceux de la station de Sizun, elles s'alimentent en farine de poisson concoctée à base de chinchards, de sardines, d'anchois...

À base de maïs de colza et de soja

Depuis cinq ans, à la pisciculture de l'Inra, le menu de centaines de poissons se compose de croquettes végétales, des petites boulettes à base de maïs, de colza et de soja. Pourquoi changer les habitudes alimentaires des salmonidés ? « On ne peut plus se satisfaire de la pêche minotière », explique Laurent Labbé. Une pêche qui consiste à capturer les poissons pour les transformer en farine animale. Comme la ressource halieutique diminue et que la production aquacole - laquelle fournit plus de la moitié du poisson consommé dans le monde - est en hausse (+ 8 % par an), il faut donc trouver autre chose que des poissons pour nourrir les truites.

37,3 kg de poissons par habitant

D'autant que la consommation annuelle de poissons est en hausse. Elle s'élève ainsi à 17 kg par habitant dans le monde, alors qu'elle est de 37,3 kg pour les Français, 42 kg pour les Espagnols.... Autre facteur à prendre en compte : les neuf milliards d'individus annoncés pour 2050, une population qu'il va falloir nourrir.

Riche en oméga 3

Dans le cadre d'un programme de recherche européen, la station de Sizun travaille donc sur l'alimentation de la truite, un produit riche en oméga 3. Les chercheurs ont alors sélectionné les poissons « les plus adaptés à s'alimenter avec de la farine végétale ». Visiblement, les salmonidés s'adaptent à leur nouveau repas, car nous en sommes déjà à une troisième génération de truites arc-en-ciel végétariennes. Les chercheurs s'efforcent, à présent, « de comprendre les mécanismes qui permettent aux truites de devenir végétariennes et pourquoi certaines peuvent s'alimenter avec de la farine végétale et pas d'autres ».

Goût similaire

« On essaie aussi d'affiner la formule pour améliorer la qualité nutritionnelle, souligne Laurent Labbé. Aujourd'hui, la truite, nourrie à la farine végétale, est un peu moins riche en oméga 3 qu'une autre nourrie classiquement ». Et le goût ? « Aucune différence », assure le directeur de la station. Selon Laurent Labbé, les truites végétariennes pourront être commercialisées d'ici une quinzaine d'années.

* Institut national de la recherche agronomique.

Une station pour comprendre les poissons

Conçue à l'origine, en 2005, pour aider au développement d'une filière salmonicole marine, la pisciculture expérimentale des monts d'Arrée (Peima) est devenue un pôle national d'expérimentation en salmoniculture d'eau douce. Employant 11 personnes et dépendant de l'Inra, cette unité intervient sur des programmes de recherche pluridisciplinaires qui abordent l'ensemble des composants de la filière salmonicole d'eau douce, depuis l'oeuf jusqu'au produit de consommation.

Bien-être animal, respect de l'environnement...

La Peima met en place des expérimentations sur la biologie des poissons afin de mieux comprendre leur physiologie, leur nutrition, leur structuration génétique et leurs mécanismes de défense contre les maladies. Ces recherches ont pour objectif d'apporter des connaissances à la filière piscicole pour répondre aux nouvelles exigences sociétales en matière de bien-être animal, de respect de l'environnement et de qualité des produits.

L'une des plus grandes d'Europe

La Peima est la principale installation expérimentale sur la truite en France, et l'une des plus grandes d'Europe. Elle dispose de plus de 400 unités d'élevage qui permettent d'expérimenter de l'oeuf (écloserie d'une capacité instantanée de 3,5 millions d'oeufs) jusqu'à la truite de grande taille. L'unité dispose également d'un atelier de découpe, de prélèvements et de mesures, en condition sanitaire compatible avec les tests organoleptiques (goût, odeur, saveur).

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Le 30 novembre 2013

InVivo-Nutrition : "Nous sommes à la veille d'une révolution dans le domaine aquacole...."

Nous sommes à la veille d'une révolution dans le domaine aquacole. On s'attend à ce que la production aquacole soit cinq fois plus importante dans les prochaines années. Car produire du poisson revient moins cher que de produire de la viande. Et la planète n'a pas les moyens de faire du boeuf pour tout le monde.

InVivo NSA (Nutrition Santé Animales) dépend du Groupe coopératif InVivo, le plus grand groupe agricole français avec un chiffre d'affaires de plus de 5 milliards d'euros... InVivo NSA investit actuellement dans l'alimentation aquacole notamment dans les pays du Sud-Est asiatique (Vietnam, Indonésie...) et au Brésil...

Morbihan. Après cinq usines et un laboratoire, InVivo NSA veut une Maison de l'innovation

Au cours de l'année, InVivo-Nutrition et Santé Animales a inauguré cinq usines dans le monde et un laboratoire d'analyses alimentaires à Saint-Nolff. InVivo NSA veut aller encore plus loin.
                         
Source : Ouest France  par Nathalie JAY

Entretien avec Hubert de Roquefeuil, directeur général d'InVivo NSA.

Votre groupe est surtout connu pour la production d'aliments pour animaux. Vos autres activités?

Outre l'alimentation animale, nous avons développé le médicament vétérinaire, les additifs alimentaires et les laboratoires d'analyse dans le domaine de l'alimentation.

Nous allons développer la recherche et production d'extraits de plantes destinés à améliorer la santé animale. Le but : réduire la consommation de médicaments. Enfin, notre grand projet est la création d'une Maison de l'innovation sur notre site de Saint-Nolff.

En quoi consiste ce projet ?

Cette Maison sera consacrée à la recherche et au développement. Le but est d'y rassembler une centaine de chercheurs dans des domaines différents, comme l'innovation industrielle, l'action scientifique, mais aussi le marketing.

Nous voulons en faire une vitrine mondiale. La construction démarrera au printemps. Nous investirons plusieurs millions d'euros. Pour le Morbihan, c'est une très grande chance. J'espère que nous aurons le soutien du Département.

Vos orientations économiques ?

Nous avons cédé plusieurs de nos usines françaises à des groupes coopératifs. Nous avons démarré ces transferts en 2010. Aucun emploi n'a été perdu. Cela nous a pris beaucoup de temps, mais c'était nécessaire. Car nous ne pouvons être concurrents de nos propres actionnaires.

Parallèlement, nous avons fortement développé notre activité internationale. Nous avons gardé 25 usines en France et nous en comptons une cinquantaine à l'étranger. Cela représente au total près de 5 700 salariés. Cette année, nous avons créé cinq usines à l'étranger. En France, nous avons racheté une usine du nord spécialisée dans les seaux à lécher. Il s'agit de seaux remplis de minéraux pour les ruminants et les chevaux. Nous sommes leader français dans ce domaine.

Où sont ces cinq nouvelles usines ?

Nous avons inauguré plusieurs usines dans le domaine de l'aquaculture depuis novembre, dont deux unités au Brésil, une à Saïgon, au Vietnam et, en juin dernier, une sur l'île de Java, en Indonésie.

Nous avons construit une usine de petfood (Ndlr. : aliments pour animaux de compagnie) au Mexique qui a démarré en février dernier. C'est une des plus modernes d'Amérique centrale. Entre 50 et 70 personnes travaillent dans chacune de ces usines.

Connaissez-vous des difficultés économiques ?

Nous progressons. Nous aurons même un meilleur résultat que l'an passé, malgré un contexte dégradé en Europe. Nous avons aussi subi la hausse des matières premières, notamment du soja. Nous nous battons pour ne pas faire un modèle à la Doux. Nous diversifions nos activités et nous voulons être présents sur plusieurs pays à la fois.

Enfin, notre chance : ne pas déprendre de banques ou de fonds de pensions. Notre actionnariat est coopératif. Cela permet donc d'avoir une vision à moyen et long terme.
Comment voyez-vous l'avenir de l'alimentation animale ?

Nous sommes à la veille d'une révolution dans le domaine aquacole. On s'attend à ce que la production aquacole soit cinq fois plus importante dans les prochaines années. Car produire du poisson revient moins cher que de produire de la viande. Et la planète n'a pas les moyens de faire du boeuf pour tout le monde.

Le problème sera de trouver des solutions pour ne pas polluer l'eau. Nous avons créé des centres de recherches dans ce domaine au Mexique, Brésil et Vietnam. 

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Le 12 octobre 2013

Poissons-pilotes

La truite est un loup pour la truite. Ça nous avait échappé, à nous, simples consommateurs de poisson du vendredi. La friture d’élevage servie dans nos assiettes est un carnivore qui se nourrit de ses congénères, sous forme de farines ou d’huiles. Une pitance qui représente jusqu’à 15 % de son alimentation. Mais cette denrée, puisée au fond de nos océans, est loin d’être inépuisable.
« Il faut absolument s’en affranchir ! » Le doigt sur la corne de brume : Sandrine Skiba, directrice de l’Unité de recherche nutrition métabolisme et aquaculture (Numéa) de Saint-Pée-sur-Nivelle. « C’est un enjeu de taille, poursuit-elle. L’aquaculture est devenue une piste pour nourrir la planète. Mais, si ce mode d’élevage se développe partout dans le monde - notamment en Asie - la production d’huiles et de farines de poisson, elle, stagne depuis vingt ans. »

Source : Sud Ouest

Un Aquapôle flambant neuf

Du coup, avant que les ouvriers de la pêche minotière reviennent les cales vides, les chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), basés en bord de Nivelle, planchent sur des solutions « alternatives et durables ». « Comme diversifier les sources en protéines, en se tournant vers des farines végétales - d’algues par exemple - ou des farines d’insectes », renseigne Sandrine Skiba, diététicienne pour truite arc-en-ciel.

Cette recherche dans le domaine de la nutrition des poissons est un des hippocampes de bataille du nouvel Aquapôle qu’État et Région inaugureront aujourd’hui à Saint-Pée-sur-Nivelle. À défaut de nouveaux locaux, il s’agissait de rafraîchir le bâtiment existant de l’Inra - le site de recherche construit en 1977 a essuyé plus d’une crue - et de le doter d’une aile dédiée à la biologie moléculaire.

L’Asie en prend de la graine

« D’une part, cela améliore considérablement nos conditions de travail. » Il faut imaginer que jusque-là, les chercheurs étaient serrés comme des sardines dans une seule salle, ce qui entraînait parfois des problèmes de contamination. « D’autre part, nous allons ainsi pouvoir accueillir d’avantage d’étudiants. Notamment des étudiants étrangers qui pourront être formés avec des outils qu’ils n’ont pas dans leurs pays. »

Car la réputation du « petit » centre de recherche basque (70 permanents y travaillent) dépasse largement les frontières de l’Hexagone. Sandrine Skiba précise : « Certains étudiants viennent du Portugal, quand d’autres viennent de Chine ou d’Inde. » Des pays devenus en quelques années les plus gros producteurs de poissons d’élevage de la planète.

Autre mission de l’Aquapôle : produire des connaissances pour une gestion plus durable des populations de poissons. Pour cela, l’Unité mixte de recherche écologie comportementale et biologie des populations de poissons (Écobiop) étudie trois espèces sauvages : le saumon, la truite et l’anguille, en danger d’extinction. « Nous travaillons de l’échelle de l’individu à celle de la population », explique Agnès Bardonnet qui dirige l’unité. Un labeur de fourmi. Mais les chercheurs de l’Inra mènent rondement leur barque.

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Brest. Une vingtaine d’anti-OGM investissent Cargill

Source : Ouest France

Samedi après-midi, une vingtaine de militants anti-OGM ont investi le site de Cargill, au port de commerce. Ils appartenaient à un cortège d’environ 150 personnes, dont des Indignés et des Anonymous, participant à la journée de lutte contre Monsanto. Cette multinationale est spécialisée dans la production de céréales, notamment du maïs, génétiquement modifiées ou dans la fabrication de pesticides comme le Round up.

Un peu avant, ils avaient tenté d’investir le Mc Donald’s de la rue Jean-Jaurès. Les grilles fermées les ont poussés à se rabattre vers Cargill. À Brest, Cargill transforme du colza, produit localement, et du soja. Les tourteaux ainsi fabriqués sont ensuite utilisés dans la nutrition animale.

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Le 15 octobre 2013

Le paradoxe de l'aquaculture selon l'agro-business !

Après avoir lu l'article de Jérôme Fenoglio "Le paradoxe de l'aquaculture", on reste sur sa faim. L'aquaculture serait limitée aux élevages de saumon, de bar, d'anguille, de Tilapia (en industriel).

Il s'agit non pas du paradoxe de l'aquaculture, mais du paradoxe de la pisciculture industrielle... Du paradoxe de l'élevage intensif de poissons carnivores (saumon, bar, anguille, truite, sériole,...) nourris aux farines et aux huiles de poisson issues des pêcheries minotières limitées...

Illustration du dessinateur Red, tirée d’un article de l’Age de Faire : Sauvons les saumons !

Cet article est la vision d'une aquaculture que colporte l'agro-business, celle des fabricants d'aliments piscicoles associé à l'industrie minotière...

Il y a bien d'autres aquacultures....

L'aquaculture dans toute sa diversité, coquillages, algues, crustacés, agro-pisciculture, dans toutes ses productions aquacoles représentent plus de 90% des quantités produites. Dans son ensemble, l'aquaculture est confrontée à des problèmes tout autres que de savoir comment convertir des espèces carnivores au végétarisme pour limiter la part des farines et huiles de poisson dans leur ration alimentaire.

Dans son ensemble, le développement aquacole doit faire face à l'accaparement de l'espace côtier, et aquatique en général, aux pollutions, à la destruction des écosystèmes aquatiques, au changement climatique (hausse niveau mer, tempête,...)

Le paradoxe de l'aquaculture

Source : LE MONDE | 15.10.2013 à 17h57 | Par Jérôme Fenoglio

Vous aimez le saumon ? Lui aussi apprécie le poisson. A l'état sauvage, il le consomme en quantité, frétillant dans les eaux vives. Dans les fermes d'aquaculture, il en mange aussi, sous forme de farines et d'huiles intégrées à son alimentation. Rien d'anormal à cela: le saumon est carnivore, comme le bar, la daurade ou les truites. Quand on élève ces animaux, autant leur donner la nourriture qu'ils préfèrent, qu'ils digèrent le mieux et qu'ils transforment le plus efficacement en chairs vouées à finir dans nos estomacs.


Ce qui est plus étonnant, c'est que, depuis une vingtaine d'années, d'autres créatures aquatiques, qui n'y tenaient pas plus que ça, se sont mises aussi à manger du poisson. Ces bêtes, nous ne les reconnaîtrions sans doute pas sur une photographie. Soit parce que nous ne les fréquentons qu'en filets sous film plastique, sur les étals des supermarchés. C'est le cas du tilapia, originaire des eaux douces ou saumâtres d'Afrique, devenu le symbole de l'aquaculture mondialisée depuis qu'il est élevé dans toutes les zones chaudes de la planète. Soit parce qu'elles demeurent très éloignées de nos assiettes et, sans vouloir les vexer, de nos centres d'intérêt. Comme les carpes chinoises, élevées, depuis quatre mille ans, dans les étangs de l'empire du Milieu à la manière des cochons de nos campagnes. Rebuts de la production agricole, déjections des volailles et restes des repas: tout part à l'eau, là-bas, pour faire prospérer planctons et algues qui nourriront les poissons.

Carpes chinoises et tilapias sont en effet principalement herbivores, sans pour autant se comporter en intégristes de cette pratique. Opportunistes, ils peuvent compléter leur régime avec insectes et autres invertébrés. Aussi, lorsque les éleveurs leur ont proposé de la farine de poisson afin d'accélérer leur croissance, ils n'ont pas rechigné. C'est là que tout s'est compliqué.

Car des tilapias, et surtout des carpes, il s'en élève énormément. Beaucoup plus que des saumons et autres carnivores de nos contrées. La Chine n'est pas pour rien, de très loin, le premier pays d'élevage aquacole au monde. En centaines de milliers de tonnes cumulées, les petits 5% de farine de poisson incorporés dans les rations de ces espèces, qui pourraient s'en passer, pèsent autant que les proportions bien plus larges (de 30% à 50% selon les âges) servies au saumon.

Ils accentuent encore ce défaut congénital de l'aquaculture, qui lui donne l'aspect d'une "révolution du néolithique" inachevée. Souvenirs du collège: le néolithique est la période de la préhistoire où les hommes, plus ou moins rapidement, cessèrent de dépendre de la chasse et de la cueillette pour leur alimentation, grâce à la naissance de l'agriculture et de l'élevage. Huit mille ans plus tard, l'essor des fermes à poissons aurait pu parachever cette évolution. Mais l'aquaculture est un élevage qui dépend encore trop d'une chasse, la pêche en l'occurrence. Une partie de sa nourriture est toujours prélevée dans la faune sauvage de nos océans. Et son succès a encore rendu plus urgent de desserrer ce lien.

CONVERTIR LE SAUMON

Pour la première fois de l'histoire, l'aquaculture déposera, en 2010, plus de poissons dans nos assiettes que ne l'a fait la pêche traditionnelle, menacée par la raréfaction de ses espèces de prédilection. Cette inversion des courbes devrait s'amplifier dans les années qui viennent. Et avec elle, les responsabilités des éleveurs et chercheurs qui doivent trouver comment alimenter les poissons qui nous nourrissent, sans vider davantage les océans.

Répondre à cette demande revient à tenter de résoudre une équation dont les termes ne cessent de bouger : la psychologie des hommes et les comportements des poissons, les goûts des uns et des autres, les règles de santé publique, les modes nutritionnelles, la concurrence entre bouches à nourrir, la préservation de l'environnement et, bien évidemment, les rendements et les coûts des nouvelles pratiques à inventer. Dans ce jeu des échanges de régimes alimentaires, comme toujours, ce n'est pas l'homme qui devrait avoir à se résoudre aux plus grands sacrifices. Ni la carpe chinoise ni le tilapia d'ailleurs, qui peuvent toujours revenir à leurs goûts naturels. Le grand enjeu, c'est d'arriver à convaincre nos carnivores préférés, le saumon et ses congénères, de bien vouloir devenir végétariens.

Pour l'heure, ils ont déjà fait de gros efforts. Dans leur ration, la part des farines et des huiles de poisson n'a cessé de décroître au fil des dernières années. Ils n'avaient pas vraiment le choix. Les hommes ne peuvent pas prélever plus de poisson-fourrage que ce qu'ils pêchent actuellement sans menacer la pérennité d'espèces cruciales pour leur milieu. Anchois, merlans bleus, sardines, maquereaux, harengs, chinchards, autant d'"espèces pélagiques qui prolifèrent en se nourrissant de plancton, puis sont à leur tour mangées par des prédateurs", explique Philippe Cury, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). "Cela leur donne une place intermédiaire très importante dans la chaîne alimentaire. Et la surpêche a déjà fait disparaître certaines de ces populations, comme les sardines de Californie, dans les années1950. Aujourd'hui, il n'y a plus un poisson pélagique le long des côtes de Namibie." En Europe du Nord, l'effondrement des populations a conduit, depuis plusieurs années, à restreindre strictement, voire à interdire pour certaines espèces, la pratique de cette pêche dite minotière.

Les principaux pays producteurs ont fini par comprendre qu'ils ne pouvaient pas laisser disparaître une telle source de revenus. Particulièrement le premier d'entre eux, et de loin, le Pérou, où la farine et l'huile représentent 15% du revenu national. Le Pérou, grand pays de l'anchois qui peut, les bonnes années, former dans les eaux froides du courant de Humboldt des bancs de dizaines de milliers de tonnes, et de 10kilomètres de long. Pour les saisir, les Péruviens se sont dotés d'une flotte de pêche dernier cri. "Ils sont tellement suréquipés qu'il leur suffirait d'à peine plus d'une quinzaine de jours pour vider tous les bancs", dit Philippe Cury. Cela ne devrait pas arriver.

Après des années de surexploitation, les Péruviens ont mis en place une politique très sévère de quotas individuels, qui limite à 5 millions de tonnes les prises d'anchois annuelles, réparties en deux saisons. "Les contrôles sont facilités par le fait que cette pêche se pratique près des côtes, dans les eaux territoriales péruviennes, dit Jean-François Mittaine, expert de ce secteur, qui a longtemps travaillé au sein de l'Organisation internationale des producteurs d'huile et de farine de poisson (IFFO). Les autorités ont une connaissance très précise de l'état des populations et des prises ramenées à terre." Sur la côte, les anchois sont transformés en farine dans des usines à ciel ouvert, tandis que l'huile, précieux résidu de cette cuisson, est récupérée à part.

En tout, le Pérou contribue à lui seul à fournir un quart des 5,5 millions de tonnes de farine et du million de tonnes d'huile commercialisées en moyenne chaque année dans le monde, dont l'aquaculture absorbe désormais respectivement 70% et 90%. Cela n'a pas toujours été le cas.
Longtemps, les plus gros mangeurs de farine de poisson ont habité sur la terre ferme. "A l'origine de la production industrielle, il y a la seconde guerre mondiale, et les besoins importants des Américains en rations militaires, raconte Jean-François Mittaine. La farine de poisson a nourri les premières volailles élevées hors sol, qui servaient à ravitailler les GI en Europe." L'élevage industrialisé a longtemps conservé cette habitude, très rentable. C'est ce qui explique le goût de poisson si prononcé dont se souviennent les acheteurs de poulet de grande consommation dans les années 1960-1970. D'excellente qualité nutritive, la farine a aussi été proposée à toutes sortes de bêtes, moutons et porcs principalement. Jusqu'à ce que la crise de la "vache folle" mette fin à ces pratiques, en 2000, au moins dans les pays occidentaux. Les éleveurs chinois, entre autres, continuent néanmoins de la distribuer à leurs porcs, ce qui ne fait qu'accroître la demande du premier pays importateur sur le marché mondial, à l'origine d'une forte hausse des prix.

Pour élargir l'offre, sans augmenter les prises, la pêche industrielle a imaginé, il y a quelques années, de broyer et cuire tout ce qui repartait jusque-là à la mer: têtes, arêtes et autres déchets du découpage en filets des poissons sauvages. "Cela donne une farine beaucoup plus blanche que celle issue du poisson-fourrage, de couleur ocre, dit Jean-François Mittaine. Il y en a d'excellente qualité, comme celles produites à partir des restes de la transformation du colin d'Alaska en surimi. Les Chinois les achètent pour nourrir leurs anguilles." Attention toutefois, pas question de distribuer des déchets provenant de saumons sauvages à du saumon d'élevage. Depuis la crise de la vache folle, ce cannibalisme organisé à l'intérieur d'une même espèce est prohibé.

Au final, ce processus de recyclage de rebuts de la pêche n'arrondit que de 15% supplémentaires le total des farines de poisson. Pas de quoi faire face à l'augmentation continue du nombre d'humains, et à la part croissante de l'aquaculture dans leur alimentation. L'idée serait donc de trouver un produit de substitution qui permettrait de couper, ou presque, le cordon nourricier qui relie l'élevage à la mer. Mais cette denrée miraculeuse, susceptible de convenir à tout le monde, prédateurs marins et consommateurs humains, a-t-elle seulement des chances d'apparaître aux chercheurs? "Je ne crois plus à l'aliment unique qui réglerait d'un coup tous les problèmes, répond Françoise Médale, responsable de l'unité Nutrition, aquaculture et génomique de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques). Il faut au contraire miser sur la diversité, sélectionner plusieurs sources de protéines qui conviennent aux poissons et permettent aux fabricants de nourriture de choisir selon l'offre et les prix." Au pied des montagnes basques, les laboratoires de l'INRA sont longés par une rivière où des poissons continuent de s'ébattre librement. A l'intérieur des locaux, la vie des truites arc-en-ciel utilisées pour les essais est nettement plus contrainte. Pour toutes, c'est menu imposé: soja, maïs, pois, lupins, fèveroles. Depuis des années, toutes sortes d'extraits de végétaux, en proportions variables, sont devenus l'ordinaire de ces prédateurs. Pour connaître leur avis, en plus de mesures de croissance et de prise de poids, les chercheurs guettent les résultats de deux séries d'expériences, conçues pour évaluer les deux paramètres cruciaux: digestibilité des aliments et appétit des poissons.

L'APPÉTIT DE LA TRUITE

Pour se prononcer sur le premier critère, rien n'a jamais égalé l'analyse des excréments. Leur aspect et leur composition sont d'autant plus importants que l'aquaculture est de plus en plus critiquée pour des pollutions des littoraux dues aux rejets de ses élevages. Afin de prévenir ces désastres gastriques et environnementaux, le laboratoire dispose de l'arme absolue: le collecteur de fèces de poissons, conçu par Georges Choubert. L'efficacité de l'appareil, appelé sur place, sans chichis, le "ramasse-merde de Choubert", lui a valu d'être installé dans nombre de laboratoires mondiaux. Il est capable de récupérer 99,6% des fèces, quinze secondes au maximum après leur émission, soit bien avant l'instant fatal de leur dissolution dans l'eau.

La deuxième batterie de tests est menée de telle manière que la truite déclenche un compteur chaque fois qu'elle se sert au distributeur de nourriture. Le bilan donne une idée de son appétit face à des aliments qu'elle n'aurait même pas regardés dans la nature. C'est là que les choses coincent. Jusqu'à 90% de substitution des farines de poisson, tout se passe bien. Au-delà, elle perd l'appétit, et arrête même de manger à 100% d'extraits végétaux. "Nous ne comprenons pas encore bien pourquoi, dit Françoise Médale. Soit c'est un problème de goût, mais j'ai quand même du mal à me dire qu'un animal renonce à son instinct de survie et préfère se laisser mourir de faim plutôt que de manger un aliment qui ne lui plaît pas. Soit c'est une raison métabolique, l'organisme du poisson ne tolère pas l'aliment intégralement substitué. Il semble alors préférer mourir de ne pas manger que mourir de manger quelque chose qui va le rendre malade. Dans ce cas, ce qui est très surprenant, c'est la quasi-immédiateté avec laquelle la truite change de comportement et renonce à la nourriture." Cette réticence à se convertir totalement au végétarisme n'est pas le seul obstacle à la substitution intégrale. Il y a aussi la récente passion des humains pour les oméga 3 à longue chaîne, parés de toutes les vertus, et largement présents dans la chair de certains poissons carnivores... à condition qu'ils continuent de consommer des huiles de poisson. Divers substituts ont été testés, comme les huiles de lin ou de colza, mais rien ne fait oublier le produit d'origine, qui doit être intégré notamment dans les régimes des dernières semaines de croissance pour garantir la teneur en oméga 3.

Même si les farines deviennent plus faciles à remplacer, il faudra donc continuer à pratiquer la pêche minotière pour maintenir la production de ces huiles de poisson, naguère négligées au point qu'on les faisait brûler dans les chaudières ou les transformait en margarines bas de gamme. Désormais, l'homme est même entré en concurrence avec les poissons d'élevage pour cette huile convoitée, puisqu'elle peut être commercialisée sous forme de gélules à consommer directement. Les humains pourraient aussi s'approprier les futurs produits issus de la culture, très prometteuse, de micro-algues, riches en oméga 3 et excellentes candidates au remplacement des farines.

L'aquaculture se retrouve là confrontée aux contradictions du consommateur-citoyen. Comment, d'un côté, améliorer son image en réduisant la dépendance par rapport à la pêche, tout en contentant, de l'autre, la demande de qualité toujours liée à des produits sauvages? "Nous avons cette difficulté dans la promotion de nos truites label rouge, qui garantissent une excellente teneur en oméga3 grâce à une alimentation où farines ethuiles de poisson demeurent majoritaires, explique Arnaud Chaperon, patron des Viviers de France, installés dans les Landes. Comment mettre en avant cette filière sans déprécier nos efforts pour fournir une alimentation beaucoup moins dépendante de la pêche à nos autres poissons?" Dans leur usine comme égarée loin de la mer, au milieu des prairies à vaches de l'Aisne, d'autres acteurs de la filière connaissent ces contraintes par cœur. Les responsables de l'usine Skretting, à Fontaine-lès-Vervins, filiale dédiée à l'aquaculture du géant de l'alimentation animale Nutreco, doivent résoudre en termes commerciaux les équations de l'aquaculture. De leur unité de production destinée à l'exportation pour nourrir la truite de Pologne, le poisson-chat du Nigeria ou le bar d'Australie sortent cinq cents types de granulés de toutes tailles et de tous comportements au contact de l'eau.

POP-CORN ORGANISÉ

"Il y a ceux qui doivent couler immédiatement au fond, ceux qui flottent, certains restent entre deux eaux alors que d'autres doivent s'enfoncer à une vitesse calculée, récite Charles Caïtucoli, directeur produits. Tout dépend des habitudes des poissons auxquels ils sont destinés." Ces adaptations sont possibles grâce aux miracles de l'extrusion, cette manière de faire gonfler et maîtriser l'expansion du granulé comme un "pop-corn organisé".

Mais le plus ardu reste de jongler, au meilleur coût, entre les divers ingrédients qui peuvent composer les rations alimentaires. Le prix des farines de poisson, qui représentent 30% des matières premières à l'entrée de l'usine, a compliqué les choses en variant fortement. "Après avoir grimpé jusqu'en 1997, il a beaucoup baissé avant de remonter cette année à des hauteurs record à cause d'un phénomène El Niño modéré, qui raréfie les anchois du Pérou, explique Jean-François Mittaine. Mais aussi en raison du tremblement de terre au Chili, le deuxième producteur mondial, qui a détruit une bonne partie des usines de farine." Vues de chez Skretting, ces variations compliquent la mise en place d'une politique suivie de substitution. Celle-ci peut recourir parfois à des filières inattendues. Des agriculteurs de la région s'étaient spécialisés dans la culture d'une féverole spécialement destinée à l'armée égyptienne, grande consommatrice de ces sortes de fèves.

"Une année, les militaires égyptiens ont trouvé plus intéressant de s'approvisionner ailleurs, explique Olivier Poline, le directeur général. Les agriculteurs se sont retrouvés avec leur production sur les bras, et certains sont venus nous la proposer à un prix intéressant. Depuis, les féveroles entrent dans la composition de nos aliments." Sur les sacs destinés aux truites de Pologne, on peut aussi lire une mention déroutante: "farine d'hémoglobine, 7,5%". Interdites après la crise de la vache folle, les farines de sang d'animaux non ruminants sont en effet de nouveau autorisées en Europe comme ingrédients de l'alimentation piscicole. Que ceux qui ont fait la grimace songent que ces produits entrent depuis longtemps dans la composition des boudins de grande consommation. Chercheurs, aquaculteurs et industriels ne tarissent pas d'éloges à propos de leur digestibilité et de leur prix.

Mais ce candidat au remplacement des farines de poisson n'est pas près de s'imposer dans les estomacs français. Il faudrait d'abord franchir les barrières psychologiques, et les groupes de grande distribution ne sont pas disposés à livrer cette bataille. Les farines d'hémoglobine demeurent proscrites pour l'alimentation des poissons d'élevage vendus dans leurs rayons. "L'interdiction de ce type de matière première dont l'utilisation n'est pas comprise et crainte par les consommateurs, à juste titre, est une position historique de notre groupe, malgré des pressions pour les réintroduire", nous a répondu le service communication de Carrefour.

Nombre d'aquaculteurs s'agacent en effet de ce dogme. Ils se demandent si l'alimentation du panga, élevé dans le delta du Mékong (Vietnam) et importé en masse, sous forme de filets surgelés vendus à prix très bas, est aussi strictement contrôlée par la grande distribution que celle des truites nationales.

D'autres substituts des farines soulèvent des questions tout aussi complexes. "Le soja est devenu un composant majeur de nos aliments, constate Olivier Poline. Mais avec l'extension des cultures OGM en Amérique du Sud, il va être de plus en plus difficile d'éviter ce type de production", pour l'heure aussi prohibée par la grande distribution. Il sera également compliqué de justifier le recours massif au soja ou au colza pour sauver les poissons sauvages si l'extension de ces cultures provoque d'autres désastres écologiques.

Une des autres solutions envisagées pour préserver le poisson-fourrage soulève autant de perplexité. Il s'agit du recours massif au krill, cette microcrevette des mers froides, riche en oméga 3. "Ces animaux, certes abondants, jouent aussi un rôle majeur dans la chaîne alimentaire, dit Philippe Cury. Puiser dans ces stocks, comme on a commencé à le faire, peut menacer tout l'équilibre de la faune marine." Parvenus au bout de cette liste d'arguments contradictoires, les acteurs de la filière aquacole, presque tous des pionniers de cette jeune discipline, entament invariablement la même complainte: "Quand on pense qu'il y a trente ans on se disait qu'on allait nourrir et sauver la planète... Les choses avaient l'air plus faciles à l'époque." Sur la toute petite planète Terre, désormais, plus rien de ce qui touche à l'alimentation ne sera simple.

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Le 10 Janvier 2014

Equarrissage. Les sociétés s'étripent pour l'alimentation animale et de poisson

Équarrissage : 120 emplois menacés chez Saria

Exclu de neuf départements, après appel d'offres, Saria Industries menace de fermer l'usine de traitement de Guer (Morbihan) et trois centres de collecte, dont un en Mayenne.

Source : Ouest France  par Guillaume Le Du

« La perte de ces marchés nous conduirait à fermer l'usine de traitement de Guer (Morbihan) et trois centres de collecte à Bazougers (Mayenne), Chalagnac (Dordogne) et Curgy (Saône-et-Loire). On parle de 120 emplois. » Les responsables du groupe Saria Industries (Sifdda) n'acceptent pas d'avoir été exclus du marché de l'équarrissage dans neuf départements français dont la Mayenne, la Sarthe et la Manche.

Le groupement des associations ATM (animaux trouvés morts en ferme), groupement qui réunit toutes les filières de l'élevage (ruminant, volaille, porc etc.), a décidé de confier le « service public de l'équarrissage », pour 2014 et 2015, à Atemax (groupe Akiolis).

Saria Industries conteste l'attribution de ces marchés devant le tribunal de Paris. « Jusqu'à la décision du tribunal, nous continuerons de collecter les animaux morts dans les fermes », annonce l'entreprise d'équarrissage qui s'interroge sur les conditions sanitaires du ramassage des animaux morts réalisé par son concurrent. Autrement dit Atemax, qui possède un site de transformation à Saint-Langis-lès-Mortagne (Orne), des centres de collecte à Javené (Ille-et-Vilaine), Sillé-le-Guillaume (Sarthe) et Clécy (Calvados), aurait-il la logistique suffisante... Saria met aussi dans la balance les conséquences sociales de la perte des neuf départements.

Un marché de 140 millions d'euros

« Nous avons tenu compte du prix et de la qualité des prestations. Cette attribution nous permet de réduire de 10 % les tarifs », justifie Guillaume Roué, le président de la coordination du groupement de commandes des ATM.

Ce « service public de l'équarrissage » qui permet de transformer les cadavres d'animaux morts en carburant pour chauffer les cimenteries, en engrais, en biocarburant ou en aliments pour animaux (déchets d'abattoir), se finance par la contribution volontaire obligatoire des éleveurs (25 %) et une taxe sur les grandes surfaces qui vendent la viande (75 %). C'est un marché national de 422 000 tonnes à traiter (cadavres d'animaux, déchets d'abattoir) et 140 millions d'euros.

Un marché juteux que quatre équarrisseurs (Sifdda, Atemax, Sopa et Monnard) se disputent. Saria Industries, qui possède deux usines de transformation à Guer (Morbihan) et Plouvara (Côtes-d'Armor) et 22 centres de collecte sur le territoire, reste le leader avec 48,6 % du marché national (203 000 tonnes mais 235 000 tonnes avant 2014) dans 38 départements contre 44 % du marché à Atemax, qui voit sa part passer de 160 000 à 190 000 tonnes.

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Le 26 février 2014

Nutrition animale : InVivo parie sur l'aquaculture

Un poisson sur deux consommés dans le monde est issu d'un élevage. Une manne pour l'industrie de l'alimentation animale.

Source : Les Echos par Marie-Josée Cougard 

« La plus grosse croissance de l'alimentation animale viendra du développement de l'aquaculture au cours des prochaines années », dit Hubert de Roquefeuil, directeur général adjoint d'InVivo NSA, la division nutrition et santé animale de la plus grosse union de coopératives en France. Désormais, l'élevage fournit en effet 50 % des poissons consommés dans le monde, selon la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et alimentation. Des chiffres de nature à stimuler quelques ambitions.

Déjà actif dans ce domaine, InVivo NSA y voit néanmoins un axe privilégié pour contribuer au doublement du chiffre d'affaires qu'il s'est fixé à l'horizon 2025. A cette échéance, il prévoit que son activité totalisera 3 milliards d'euros, contre 1,4 milliard sur l'exercice 2012-2013 clos le 30 juin. Une année difficile pour l'industrie mondiale en raison des crises sanitaires en Asie, de la flambée des matières premières auxquelles se sont ajoutées les difficultés de l'Europe et une croissance négative de l'agriculture au Brésil.

InVivo NSA pense s'appuyer particulièrement sur le développement des élevages de crevettes, de pangas (une espèce importante au Vietnam) et de tilapias, un poisson blanc, bon marché, élevé en Asie, dont les filets sont vendus dans le monde entier.

Parier sur l'innovation

Le groupe pense être en mesure de proposer des formules alimentaires plus concentrées, garantissant la même croissance au poisson tout en diminuant les rejets. « L'alimentation animale est pour nous un produit d'appel pour vendre nos services et nos conseils, source de forte valeur ajoutée », explique encore Hubert de Roquefeuil. Une évolution indispensable pour s'adapter aux marchés matures, où les ventes d'alimentation animale régressent. Tous ces projets passent par une forte capacité à l'innovation, l'autre pilier sur lequel InVivo NSA veut faire reposer son développement. « Nous voulons casser les freins à l'innovation en la plaçant dans les mains des acteurs de la création de valeur », dit encore Hubert de Roquefeuil. C'est dans ce but que le groupe prépare pour la fin 2015 la construction d'un « incubateur de l'innovation » à Saint-Nolff, dans le Morbihan. Confié à Jean-Pierre Maignan, l'édifice, à nul autre pareil, a l'ambition de « décloisonner » les échanges entre tous les occupants.

L'idée est d'y accueillir des starts-up, des chercheurs, des universitaires, des porteurs de nouvelles technologies et des spécialistes du marketing, afin de faire naître des solutions très innovantes. Et de déboucher sur de nouveaux partenariats. Si affinités.

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Pour Capital (M6), le Tilapia est un produit low cost !

Comprendre que le Tilapia est un poisson à prix faible du fait qu'il est omnivore contrairement au saumon, bar et autre dorade qui exigent une ration à base de farine et d'huile de poisson très coûteuse...

C'est plutôt M6 qui produit des émissions Low Cost, vu comment l'émission Capital aborde le sujet... Une vraie arnaque que ce reportage !

Nouveaux produits low cost : arnaques ou bonnes affaires ? 

Source : M6

Jusqu'où ira le low cost ? Aujourd'hui, il semble qu'aucun secteur de la consommation ne soit épargné par cette tendance qui vise à toujours écraser davantage les prix. Évidemment, cette offre de produits bon marché est la bienvenue alors que notre pouvoir d'achat ne cesse de baisser. Mais comment s'y prennent les industriels pour produire moins cher ? Quels sont les nouveaux pays transformés en usines à bas prix ? Et surtout faites-vous toujours une bonne affaire en achetant ces nouveaux produits à petit prix ? Du high tech à l'habillement en passant par l'alimentation, Capital vous révèle les secrets de quelques-uns de ces nouveaux produits low cost.

Les chaussures « premier prix » sont-elles dangereuses ?

Que valent les smartphones à moins de 200 euros ?

Le nouveau poisson miracle

http://www.reportagestv.com/2014/02/24/capital-le-nouveau-poisson-miracle/

Durée du reportage 24 minutes... Cliquer Ici pour le visualiser

Il a un drôle de nom mais son prix est presque imbattable : entre 6 et 8 euros le kilo au rayon surgelé des grandes surfaces. Ce poisson au goût neutre et quasiment sans arrêtes est adoré par les enfants. Mais d'où vient le tilapia ? Au départ, on le pêchait dans les fleuves d'Afrique mais aujourd'hui, il est élevé de manière industrielle en Chine. Herbivore, il a le gros avantage d'être nourri au maïs et au soja et non pas avec des farines de poissons comme le saumon. Cependant, pour en produire toujours plus, des éleveurs abusent des antibiotiques et des hormones. Parfois même, ils fertilisent les bassins avec des excréments de cochon ou de poulet. Alors avec le tilapia, le poisson reste-t-il toujours un bienfait pour la santé ?

Géraldine Doussier

Pièces auto: l'homme qui fait baisser la facture

Fan li doit se retourner dans sa tombe !

Il y a 2500 ans, le chinois Fan li décrivait dans un traité consacré à la pisciculture de son époque, la technique de l’agro-pisciculture. Cette méthode ancestrale associe un élevage terrestre (porc, volaille) avec son caca et un élevage de poisson dans des étangs d’eau douce...


2500 ans plus tard, cette technique traditionnelle serait suspecte !

Parfois même, ils fertilisent les bassins avec des excréments de cochon ou de poulet. Alors avec le tilapia, le poisson reste-t-il toujours un bienfait pour la santé ?

Intégration agriculture-aquaculture : Principes de base et exemples

FAO Document technique sur les pêches. No. 407. Rome FAO. 2003. 161p.

Institut International pour la reconstruction rurale
Worldfish Center
FAO
Rome, 2003

Résumé

Ce document est une version corrigée et légèrement révisée d'un dossier d'information technologique précédemment publié sur l'intégration agriculture-aquaculture (IAA ou agro-pisciculture). Il contient 38 chapitres en sept sections, exposant les points fondamentaux et les caractéristiques des systèmes IAA avec une utilisation généreuse de dessins et d'images.

Les quatre premiers articles présentent des considérations socioculturelles, économiques et environnementales relatives à l'introduction des techniques IAA. Cette section est suivie par une vue d'ensemble des systèmes agricoles intégrés, accompagnée par six exemples, allant des systèmes intégrés herbacées-poissons et digues-poissons pratiqués en République populaire de Chine aux méthodes de cycles courts en étangs saisonniers et fossés au Bangladesh, en passant par le système VAC du nord du Viet Nam. La section suivante contient quatre documents qui concernent les systèmes d'élevage animal-poisson avec intégration de poules, canards et porcs. Deux sections avec un total de 16 présentations abordent ensuite différents aspects des systèmes riz-poissons, commençant par huit exemples techniques de cinq pays, y compris les systèmes d'irrigation concernant les crevettes marines en régions côtières et les crevettes d'eau douce en régions continentales. Huit autres présentations donnent des recommandations sur le choix du site, la préparation de la rizière, l'empoissonnement, l'alimentation, la gestion du riz et les questions relatives à la gestion intégrée des déprédateurs dans les systèmes riz-poisson. Une autre section de quatre documents concerne les aspects relatifs à l'alimentation et la gestion des poissons en IAA, tels que l'utilisation dans les étangs du fumier animal, des eaux usées domestiques et du lisier de bio-gaz, ainsi que les sources végétales d'aliments pour poissons. La dernière section contient quatre articles sur la propagation et l'alevinage des poissons se concentrant sur la production de petits et grands alevins et sur les carpes. Y est incluse une description de la propagation de la carpe en champs de blé et de l'alevinage en rizière comme activités de saison morte, et de la production en rizière irriguée de grands alevins.


Le but de cette publication est de donner aux décisionnaires des organisations gouvernementales et non gouvernementales ainsi que d'autres organisations impliquées dans l'agriculture et le développement rural, une vue d'ensemble et une base pour comprendre les principes du système IAA et les aider ainsi à décider s'ils souhaitent s'engager dans de telles activités et les inclure dans leurs programmes. Pour ceux qui travaillent directement avec les agriculteurs, cette publication vise à fournir de bons exemples du système IAA, mais elle n'est pas conçue comme une compilation de procédures à suivre à la lettre. Elle devrait plutôt contribuer à convaincre les lecteurs/usagers que les agriculteurs peuvent effectivement améliorer leurs conditions de vie soit en introduisant des systèmes IAA, soit en les développant davantage et en améliorant les nombreuses possibilités d’IAA sur leurs fermes actuelles au sein de leurs communautés.

Cliquer Ici pour télécharger le document "Intégration agriculture-aquaculture : Principes de base et exemples"

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Enjeux et stratégies des fabricants d’aliments pour animaux

La compétitivité du maillon nutrition animale vue par ses acteurs et ses interlocuteurs

FranceAgriMer

Mars 2014

Dans un contexte économique difficile pour les filières animales, FranceAgriMer a réalisé une étude sur les stratégies mises en place par les fabricants d’aliments pour animaux, sur la compétitivité de ce maillon et son positionnement au sein des filières animales.

La démarche d’étude s’est organisée autour des trois questions classiques de la réflexion stratégique :

Quels sont les atouts et handicaps de ce secteur dans le contexte actuel ?

Quelles sont les opportunités et menaces pour demain ?

Quelles sont les perspectives stratégiques de ce maillon ?

Réalisée sur la base d’entretiens des fabricants d’aliments pour bétail et d’interlocuteurs gravitant autour de ce maillon, cette synthèse décrit les principaux enjeux pour demain de ce maillon.

Cliquer Ici pour télécharger cette étude de FranceAgriMer

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Le 9 mai 2014

Les algues. Atout d'avenir pour la nutrition et la société Olmix



Elles peuvent aussi être une source innovante pour la santé. Le point sur les recherches, avec le CCSTI, lundi à Lorient. La société Olmix présentera le groupement baptisé Ulvans.

Source : Ouest France

Une fois par mois, le CCSTI/Maison de la Mer propose un rendez-vous au public pour débattre avec des chercheurs ou des experts de questions relatives à la pêche, à l'industrie navale et au littoral.

Lundi, il sera question du traitement et de la valorisation des algues pour la nutrition et la santé animale et végétale. Et ce, avec François Gallissot, coordinateur du projet Ulvans pour la valorisation des algues, du Dr Pi Nyvall-Collen, responsable recherche et développement du groupe Olmix et du Dr Gilles Bedoux, maître de conférences, enseignant-chercheur à l'UBS.

Olmix réunit quatre PME bretonnes et deux laboratoires universitaires dont celui de biotechnologie et chimie marines de l'Université de Bretagne-Sud. Ils sont regroupés pour créer une nouvelle filière de valorisation des algues et ouvrir de nouveaux marchés à l'export.
Des enjeux

Avec ce groupement baptisé Ulvans, Olmix et ses partenaires entendent valoriser les algues vertes en Bretagne, depuis la récolte jusqu'à leur transformation en produits innovants pour les secteurs de la nutrition et de la santé animale et végétale et leur commercialisation dans le monde entier.

Cet ambitieux projet régional répond aux enjeux de demain, dans une période où l'innovation, l'écologie, l'emploi et l'exportation sont au coeur de toutes les préoccupations en France. La conférence a pour objet le montage de cette nouvelle filière et les premiers résultats obtenus.

Lundi 12 mai, à 18 h 30, dans l'amphithéâtre de la station Ifremer 8, rue François-Toullec. Entrée libre. Renseignements : CCSTI/Maison de la Mer, tél. 02 97 84 87 37 ou www.ccstilorient.org

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Des poulets bourrés d'algues plutôt que d'antibiotiques

La laitue de mer contient des antioxydants, des protéines, des minéraux. Une PME bretonne, Olmix, extrait des composants de cette algue pour renforcer le système immunitaire des animaux, et réduire ainsi l'usage des antibiotiques dans les élevages.

Source : Marine et Océans

En mars, l'association de défense des consommateurs UFC Que Choisir poussait un cri d'alarme, estimant, après analyse, qu'un quart des volailles présentent des bactéries résistantes à un ou plusieurs antibiotiques.

Une antibiorésistance qui peut être transmise à l'homme par la consommation de cette viande. Le gouvernement a beau avoir lancé un plan EcoAntibio 2012-2017 qui prévoit de réduire de 25% en cinq ans l'usage vétérinaire d'antibiotiques, le recours à ces substances est encore trop "automatique", surtout en traitement préventif.

A la naissance, l'éleveur peut injecter un antibiotique à un veau, au cas où il développerait une maladie. En élevage de volailles, c'est pire car l'éleveur doit agir vite compte tenu de la courte vie des animaux (30 jours pour un poulet standard). Dans certains pays, les éleveurs peuvent même rajouter encore des antibiotiques dans les gamelles.

Pour réduire cette consommation, il faut avant tout améliorer la conduite des élevages: bien-être animal, bâtiments sains et de tailles suffisantes, la proximité favorisant la propagation d'une maladie. Mais les éleveurs peuvent aussi doper les gamelles avec des biostimulants.

"On récolte la laitue de mer pour en extraire des antioxydants, des protéines, des minéraux. Ensuite, selon les besoins de l'animal, on ajoute sous forme de poudre ces molécules à son alimentation afin de renforcer son système immunitaire, ce qui lui permet de résister à l'attaque des bactéries", explique Alain Reocreux, responsable du développement international chez Olmix.

Résultats: des éleveurs qui réduisent de 40 à 80% leur utilisation d'antibiotiques, selon lui.

- Des plantes pour neutraliser les symptômes -

La PME bretonne, qui emploie 250 personnes, est présente dans 64 pays et réalise 80% de ses 60 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'export. Car dans les pays en développement, comme le Nigeria, ces compléments alimentaires permettent en outre de baisse les coûts de production.

Une autre entreprise française, Biodevas, propose ce type de solutions naturelles mais à partir de 120 plantes dont elle extrait les actifs. Le laboratoire sarthois utilise la technologie de gestion du stress oxydatif, qui permet de réduire la sensibilité des êtres vivants aux agressions extérieures.

"On ne vas pas tuer la maladie mais on va neutraliser les symptômes, et empêcher sa déclaration à l'état clinique", explique François Blua, son directeur général.

Les producteurs des poulets de la célèbre coopérative locale, Loué, utilisent massivement leurs produits. "Sur les poulets, on a à gérer tout un tas de parasites, les vers plats, les vers longs: l'utilisation de ces produits nous permet de les réguler et c'est très efficace", explique Yves de la Fouchardière, son directeur général.

Dans la coopérative, ils testent des plantes, des huiles essentielles, de l'argile, tout ce qui pourrait réduire l'usage de produits de synthèse. "On est même devenu le premier consommateur de sirop de grenadine en France, qu'on rajoute dans l'eau pour faire boire à nos poulets une plante qui sent mauvais", plaisante à moitié Yves de la Fouchardière.

Biodevas, créée en 2005 par François Blua et son père Jean-Louis, docteur en pharmacie, affiche des taux de croissance de 20 à 30% par an. Elle emploie 25 personnes et espère bien monter à 40 d'ici deux ans.

Pour eux, leurs produits sont plus pointus qu'une simple tisane car ils prélèvent les actifs naturels scientifiquement, avec un taux d'efficacité certifié à chaque fois.

Olmix comme Biodevas participeront au "Forum biocontrôle" organisé par le ministère de l'Agriculture mardi à Paris. Ce grand rendez-vous vise à consolider cette industrie des bio-alternatives aux pesticides et aux antibiotiques, en plein développement. Les deux entreprises proposent d'ailleurs le même type de solution pour les végétaux.

Mais si beaucoup d'alternatives sont déjà proposées en production végétale, peu le sont encore dans les élevages. Tant que la demande des éleveurs ne sera pas là, l'offre tardera à grossir, fait valoir le directeur général de Loué.

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Le traitement des algues pour la nutrition et la santé animale et végétale

Le lundi 12 mai 2014, conférence organisée dans le cadre des "lundis de la mer" à la Maison de la Mer : CCSTI de Lorient

Olmix, 4 PME bretonnes et 2 laboratoires universitaires, dont le Laboratoire de Biotechnologie et Chimie Marines de l'Université de Bretagne-Sud, se sont regroupés pour créer une nouvelle filière de valorisation des algues et ouvrir de nouveaux marchés à l'export.

Avec ce groupement baptisé ULVANS, Olmix et ses partenaires souhaitent valoriser les algues vertes en Bretagne, depuis la récolte jusqu’à leur transformation en produits innovants pour les secteurs de la nutrition et de la santé animale et végétale et leur commercialisation dans le monde entier.

Cet ambitieux projet régional répond parfaitement aux enjeux de demain, dans une période où l’innovation, l’écologie, l’emploi et l’exportation sont au cœur de toutes les préoccupations en France.
La mise au point de nouveaux produits pour les secteurs de la santé, de la nutrition animale et végétale vise plusieurs objectifs principaux :
  • Le développement de nouveaux produits pour le secteur de la santé animale en substituant les molécules chimiques par des molécules bio-sourcées bénéfiques notamment pour le développement des défenses immunitaires,
  • Le remplacement de protéines animales utilisées dans l’alimentation animale et l’élevage aquacole,
  • La substitution de certains herbicides, insecticides et fongicides par des produits naturels issus de matières algales, solutions phytopharmaceutiques durables,
  • La commercialisation de ces produits naturels et innovants en France mais surtout à l'exportation sur des marchés à fort potentiel comme en Asie du Sud Est et en Chine.

La conférence a pour objet le montage de cette nouvelle filière et les premiers résultats obtenus.

Par François GALLISSOT, coordonnateur du Projet ULVANS, valorisation des algues, Dr Pi NYVALL-COLLEN, PhD, responsable Recherche et Développement Groupe OLMIX, Dr Gilles BEDOUX, maitre de conférences, enseignant-chercheur à l’Université de Bretagne Sud.

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Le 20 Mai 2014

La consommation mondiale de poissons grimpe en flèche

La production aquacole mondiale a affiché un record de plus de 90 millions de tonnes en 2012.

Au cours des 50 dernières années, la consommation mondiale de poisson a pratiquement doublé, en grande partie grâce à l'aquaculture. La consommation mondiale par tête a atteint 19 kilos par an en 2012.

Source : L'express

La consommation mondiale de poisson a grimpé en flèche au cours des 50 dernières années et a pratiquement doublé entre 1960 et 2012, en grande partie grâce à l'aquaculture, selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) publié lundi.

Selon la FAO, la consommation mondiale par tête a atteint 19 kilos par an - contre 10 kilos en 1960, soit 158 millions de tonnes en 2012, "10 millions de tonnes de plus qu'en 2010".

Si les captures marines sont demeurées stables par rapport à 2010 avec environ 80 millions de tonnes, en revanche "la production aquacole mondiale a affiché un record de plus de 90 millions de tonnes en 2012", dont la Chine a représenté plus de 60% du total", précise-t-elle.

La FAO signale tout de même que pour continuer de croître "de façon durable", l'aquaculture devra devenir moins dépendante du poisson sauvage pour nourrir ses élevages.

Le poisson représente désormais 17% des apports en protéines dans le monde et jusqu'à 70% dans certains pays côtiers. Il fait vivre 10 à 12% de la population mondiale, soit quelque 60 millions de personnes, en grande majorité (84%) en Asie. "Depuis 1990, l'emploi dans le secteur a progressé plus vite que la croissance démographique", insiste la FAO.

Quand le poisson devient végétarien

À Saint-Pée-sur-Nivelle (64), l’Inra travaille à une solution 100 % végétale pour nourrir les salmonidés.

Au pied de la montagne basque, avec vue sur le pic de la Rhune, l'Aquapôle de Saint-Pée-sur-Nivelle se niche discrètement dans un écrin de verdure. Il abrite un centre de recherche de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) consacré aux poissons, aux salmonidés en particulier. Dimanche dernier, il ouvrait ses portes - ce qui n'était pas arrivé depuis dix ans - pour présenter au public ses travaux, dont certains peuvent avoir des implications directes sur l'alimentation humaine. Ainsi, ceux du laboratoire Nutrition, métabolisme, aquaculture (Numea). Dirigé par Sandrine Skiba, il s'intéresse à la nutrition des poissons d'élevage, un sujet très « sensible ».

Source : Sud Ouest par Jacques Ripoche

Selon les chiffres de la FAO, organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la consommation annuelle de poissons dans le monde s'élève à 150 millions de tonnes, soit 90 millions de poissons de pêche et 60 millions de poissons d'aquaculture. En 2001, l'aquaculture ne représentait que 35 millions de tonnes : « Nous sommes sur des taux d'accroissement de l'ordre de 6,3 % par an », précise la chercheuse. Et ce n'est pas terminé.

La solution « végétale »

Dans l'alimentation des poissons d'élevage entrent les huiles et farines de petits poissons issus d'une pêche dite « minotière ». « Les farines apportent les protéines et les acides aminés qui vont bien, les huiles sont riches en acides gras oméga 3, bons pour la santé humaine », explique Sandrine Skiba. Mais la ressource minotière diminue en même temps que la pression augmente. Par conséquent, alors qu'au début du siècle farines et huiles de poissons comptaient pour encore 40 % dans la ration, on est tombé à 15 % aujourd'hui, précise-t-elle. Évidemment, le prix monte, sachant que la nutrition représente plus de 50 % des coûts de production en aquaculture.

Il convient donc de trouver une alimentation de substitution. C'est, précisément, ce que cherche le laboratoire Numea, le seul en France à être spécialisé dans ce domaine, en recherche publique du moins. « Le végétal est la solution », affirme la chercheuse. Mais, petit problème, on s'aperçoit qu'avec le végétal « les performances de croissance sont plus faibles qu'avec des éléments nutritifs à base de poisson ». Dès lors, souligne-t-elle, « notre travail est de comprendre pourquoi, mais aussi d'agir pour trouver de nouvelles stratégies, trouver la meilleure adéquation entre le poisson et l'aliment ».

À Saint-Pée-sur-Nivelle, on étudie actuellement deux options : « Adapter l'aliment au poisson et adapter le poisson à l'aliment. » La première option cible les matières premières qui peuvent présenter le profil de bons candidats.

Algues, insectes aussi

Parmi les végétaux, ceux qui sont riches en protéines, comme le colza, le soja, le lupin, le pois, la féverole. « Mais on s'intéresse également aux algues, pour les acides gras, et aux insectes, pour les protéines », indique Sandrine Skiba.

En ce qui concerne les insectes, l'Inra est partenaire d'un projet financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR) et développé par l'entreprise Ynsect. Nommé « Désirable », il vise à évaluer la performance de la larve de mouche soldat et du ver de farine pour le nourrissage des poissons. La recherche ne s'interdit pas de travailler également sur les protéines animales transformées (farines de porc et de poulet) - les fameuses PAT -, mais à des fins scientifiques seulement. En effet, bien qu'elles soient autorisées dans l'Union européenne, la filière aquacole française se les interdit pour des raisons d'acceptation sociétale. Le syndrome de la vache folle n'est pas loin…

Sélection génétique

S'agissant d'adapter le poisson à l'aliment, le premier moyen utilisé est celui de la sélection génétique : « On sélectionne ceux qui s'adaptent le mieux au 100 % végétal, et on les fait se reproduire. On en est aujourd'hui à la quatrième génération. » Mais il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Un autre moyen est de procéder par stimuli pour « faire accepter au poisson des glucides dont il n'a pas la nécessité ». Dans la nature, rappelons-le, les salmonidés sont des carnivores.

Sandrine Skiba et son équipe préparent actuellement un dossier pour répondre à l'appel à projets lancé pour le Fonds unique interministériel (FUI) pour la fin de l'année. « C'est un projet qui me tient à cœur », dit-elle. Il s'agira, avec des moyens financiers spécifiques, d'approfondir le travail sur les matières premières. Autrement dit : « En jouant sur les matières premières, voir comment on améliore ou pas la croissance de l'animal. » Ce projet de recherche appliquée intéresse en premier lieu les professionnels de l'alimentation du poisson, et, au-delà, toute la filière… jusqu'au champ. « On peut imaginer que le végétal destiné à l'alimentation des poissons d'élevage puisse être cultivé localement », affirme la chercheuse. Il y a du développement économique potentiel derrière… »

Jacques Ripoche

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Le poisson à la loupe

Journée Portes ouvertes

Saint-Pée-sur-Nivelle / Pyrénées-Atlantique 

Dimanche 18 mai 2014

Découvrez les recherches de l'Aquapôle Inra de Saint-Pée-sur-Nivelle !

Comment grandissent les poissons ? Pourquoi étudier les poissons sauvages ? Que mange le poisson que je mange ? Autant de questions auxquelles les chercheurs vous apporteront des réponses lors de cette journée Portes Ouvertes grand public au travers d'ateliers thématiques et par la découverte du dispositif d'expérimentation.

Qu'est ce que l'Aquapôle ?

L’Aquapôle Inra de Saint-Pée-sur-Nivelle représente l’ensemble des activités de recherche conduites par l’Inra sur les poissons en Aquitaine. Il comprend deux unités de recherche et une unité d’appui à la recherche, ainsi que leurs installations expérimentales, dont deux piscicultures (Donzacq dans les Landes et Lées-Athas dans les Pyrénées-Atlantiques).

Nutrition, Métabolisme, Aquaculture (NuMéA)

Le laboratoire NuMéA (Inra) développe des recherches dans le domaine de la nutrition des poissons d’élevage. Il s’agit de mieux comprendre le rôle des nutriments dans le contrôle du métabolisme et la croissance des poissons et proposer de nouvelles recommandations pour des stratégies alimentaires innovantes. Les recherches visent à optimiser la croissance et l’efficacité alimentaire des poissons d’élevage dans le respect de la durabilité.

Écologie et biologie comportementale des populations de poissons (ECOBIOP)

Les recherches du laboratoire Ecobiop (Inra-UPPA) ont pour objectif de comprendre le fonctionnement des populations naturelles de poissons. Il s’agit d’améliorer les pratiques de gestion des populations exploitées, notamment en essayant de prédire leur évolution sous la pression des activités anthropiques et des changements globaux.

Des ateliers thématiques et ludiques pour découvrir et comprendre les recherches de l'Inra sur les poissons

Laboratoire de recherche Écologie comportementale et Biologie des Populations de Poissons (ECOBIOP, Unité mixte de recherche INRA-UPPA)
        Capture et marquage, pour quoi faire ?
        Étudier les poissons sauvages, pourquoi ?
        Mais quel âge a ce poisson ?
        L’ADN : à la découverte de la biodiversité
        Suivi comportemental des civelles
        A la découverte des poissons migrateurs

Laboratoire de recherche Nutrition, Métabolisme, Aquaculture (NuMéA, unité Inra)
        Que mange le poisson que je mange ?
        Quelle est la qualité nutritionnelle du poisson que je mange ?
        Comment grandissent les poissons ?
        Nutrition et phénotype de la truite : voyage au cœur du génome
        Découvrir le dispositif piscicole expérimental

Et l’Aquapôle d’hier à aujourd’hui
    Histoire et évolution du site de recherche

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Le 15 Septembre 2014

Contribution de l’Analyse du Cycle de Vie à l’évaluation environnementale des systèmes de pisciculture

Thèse soutenue le 24 mars 2014 à Rennes

Joël Aubin a soutenu sa thèse intitulée "Contribution de l’Analyse du Cycle de Vie à l’évaluation environnementale des systèmes de pisciculture" le 24 mars 2014 à l'Agrocampus Ouest, à Rennes.

Cliquez ici pour télécharger le document

Résumé :

L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) est une méthode normalisée d’analyse environnementale qui prend en compte l’ensemble des étapes de la vie d’un produit depuis l’extraction des matières premières, leur transformation pour sa production, jusqu’à la gestion des déchets. Offrant une vision holistique et multicritère du lien entre le système de production et l’environnement, cette méthode a été adaptée à l’agriculture. Le sujet de la thèse présentée ici porte sur son adaptation au domaine de la pisciculture. La pisciculture est un secteur particulièrement dynamique avec une croissance à l’échelle planétaire rapide des enjeux alimentaires forts. Son utilisation de ressources naturelles (halieutiques notamment) et d’écosystèmes sensibles en font un sujet particulièrement approprié pour étudier les interactions entre élevage et environnement. L’objectif de ce travail est d’étudier en quoi l’ACV apporte un changement dans l'analyse de l'impact environnemental de la pisciculture. Ce travail est décliné autour de quatre questions illustrées chacune par un article scientifique. Une revue bibliographique apporte un éclairage sur la capacité de l’ACV à prendre en compte les spécificités de l’aquaculture pour en dresser un bilan environnemental. Un article comparant le profil environnemental par ACV de différents systèmes de production de poissons carnivores illustre comment l'ACV permet de mieux comprendre le fonctionnement des systèmes de production aquacoles et de mettre en évidence les points critiques pour l’environnement. Une étude sur le remplacement des farines et huiles de poisson dans l’aliment piscicole montre en quoi le caractère multicritère de l'ACV permet d'accompagner l’orientation des systèmes de production. Enfin, une étude sur un système de polyculture aux Philippines montre les besoins d'évolution des modalités d'application des ACV en pisciculture.

Cette étude ACV concerne l'aquaculture de transformation (élevage aquacole tributaire d'un aliment exogène)... A l'opposé, l'aquaculture de production (conchyliculture, pisciculture extensive en étangs) dépend de la production primaire du milieu...

Source : Joël Aubin - Contribution de l’Analyse du Cycle de Vie à l’évaluation environnementale des systèmes de pisciculture

A partir du cadre normalisé de l’ACV, il a été possible de proposer des innovations pour mieux prendre en compte les spécificités des élevages aquacoles et de la pêche. En particulier, des catégories d’impact spécifiques, comme l’utilisation de production primaire nette ou la dépendance à l’eau permettent de mieux illustrer le besoin en ressources fragiles de l’environnement. Il reste néanmoins à proposer des indicateurs opérationnels dans certains champs comme ceux de la biodiversité.

Plusieurs paramètres influencent les performances environnementales des élevages aquacoles :

- l’aliment, sa composition et sa gestion

- l’énergie, sa consommation et son origine

- l’eau, sa disponibilité et son besoin pour l’élevage

De fait, la capacité de l’élevage à transformer ces intrants va directement et indirectement jouer sur ses performances environnementales, en réglant la demande en ressources et l’émission de polluants : produits de dégradation ou non retenus par le système d’élevage. Ainsi, des systèmes extensifs, moins bien maîtrisés, peuvent présenter des impacts environnementaux ramenés à la tonne de poisson, équivalents ou plus élevés que des systèmes dits intensifs jugés classiquement plus polluants.

Les stratégies d’évolution des systèmes aquacoles portent aussi des risques de transfert de pollution que l’ACV peut mettre en évidence. C’est le cas du passage au circuit fermé, qui, s’il diminue la dépendance à l’eau et l’eutrophisation (dans une moindre mesure), peut induire une augmentation de la demande énergétique et de l’émission de gaz à effet de serre. C’est aussi le cas, lors du remplacement des ingrédients d’origine halieutique par des ressources végétales dans l’alimentation des poissons d’élevage : s’il n’y a pas de changement dans l’utilisation d’énergie ou l’émission de gaz à effet de serre, et une amélioration très nette de l’utilisation de production primaire nette, l’écotoxicité terrestre et surtout l’utilisation de surface terrestre sont largement plus élevées pour produire une tonne de poisson. Ainsi, le poisson d’aquaculture pourrait entrer dans la compétition pour l’usage des terres au même titre que les autres productions animales.

Source : Joël Aubin - Contribution de l’Analyse du Cycle de Vie à l’évaluation environnementale des systèmes de pisciculture

Le contexte biophysique influe aussi sur les bilans environnementaux des élevages aquacoles et nos résultats montrent l’importance d’une différenciation spatiale pour mieux comprendre les déterminants des impacts. Par ailleurs, le choix de la règle d’allocation des impacts entre les différents produits d’un système de production (comme une polyculture) peut influer sur les résultats environnementaux de chacun des produits. Une réflexion sur une règle biophysique adaptée au contexte aquacole est encore à mener.

Ce travail montre la richesse des enseignements que l’on peut tirer de l’analyse environnementale des piscicultures par l’Analyse du Cycle de Vie. Il illustre aussi les voies d’amélioration méthodologiques nécessaires qui sont plus liées au manque de connaissance sur les systèmes de production et à la façon de mener les inventaires qu’à la méthodologie normalisée de l’ACV. Cette étude montre la nécessité de compléter la gamme des catégories d’impact et de les rendre plus sensibles aux contextes locaux.

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Utilisation  de la méthode ACV (Analyse de Cycle de Vie) pour évaluer la durabilité des élevages de poissons

La pisciculture est en plein essor à travers le monde. Pour pérenniser son développement, elle doit pouvoir évaluer et maitriser ses impacts environnementaux. Les chercheurs de l’INRA ont montré que la méthode ACV peut être utilisée pour mesurer les impacts locaux et mondiaux des systèmes aquacoles et proposer des pistes d’évolution des pratiques.

Source : INRA par Jacques Le Rouzic

La pisciculture est devenue depuis la fin du XXème siècle aussi importante que l’industrie de la pêche dans le commerce mondial du poisson. Cette activité ancienne, dont on retrouve les premiers traités dès le VIème siècle avant J-C en Chine, est en plein essor depuis plus de 30 ans sur tous les continents avec un accroissement du volume de production mondiale de 8 % par an en moyenne.

Des besoins d’évaluation environnementale et de normes de qualité de la production

Comme toutes les activités humaines, la pisciculture, en raison des ressources qu’elle mobilise (eau, énergie,  aliments, surface d’écosystèmes, …) et de ses rejets (déchets organiques, médicaments, …), exerce des pressions sur l’environnement au niveau local comme au niveau mondial. La pisciculture est fortement décriée par les associations de défense de l’environnement, et suscite la méfiance de la part de certains consommateurs, notamment en Europe. Il est devenu nécessaire de développer des outils d'évaluation permettant  de mieux gérer le développement de la pisciculture et d’assurer sa durabilité et son acceptabilité par le consommateur.

Une méthode d’évaluation issue du monde industriel

C’est dans ce contexte de respect de l’environnement et de besoin de certification que les chercheurs de l’unité Sol Agro et Hydrosystèmes Spatialisation (UMR 1069 INRA/Agrocampus Ouest SAS) se sont intéressés à l’Analyse de Cycle de Vie (ACV). L’ACV est une méthode standardisée (ISO 14044), issue du monde industriel,  conçue pour évaluer les impacts environnementaux potentiels associés à un produit, en quantifiant les ressources consommées et les émissions dans l’environnement à toutes les étapes de la vie de ce produit, depuis les matières premières consommées jusqu’à la gestion des déchets.

Les chercheurs de l’unité SAS ont appliqué la méthode ACV sur différents types d’élevage de poissons, en Europe, en Asie et en Afrique. Etudiant divers systèmes de production - intensifs ou extensifs, en eau douce ou en eau salée - les chercheurs ont constitué des répertoires d’indicateurs (collectes de données sur la consommation en électricité de l’élevage, la consommation d’eau, le volume et le type d’aliments utilisé…), et intégré des modèles prédictifs (sur la consommation des nutriments par les animaux, sur les rejets et du devenir de certains composés comme le phosphore et l’azote dans l’environnement, …).

Trois facteurs ont été identifiés comme ayant une influence majeure sur l’environnement, au niveau local ou global :
  • la nourriture des poissons et sa gestion
  • la consommation d’énergie et son origine
  • l’utilisation d’eau (ou plus précisément la dépendance à l’eau)

L’ACV permet aujourd’hui de comparer entre eux, sur ces critères, divers élevages, intensifs ou extensifs, et de voir quels sont les points sur lesquels des améliorations sont possibles pour en optimiser la durabilité. L’analyse s’étend bien au-delà de la simple capacité de l’élevage à transformer les intrants en produits finis, en intégrant l’amont et de nombreuses catégories d’impacts qui reflètent la performance économique et environnementale de l’ensemble du système.

Des applications pour la pisciculture de demain

Les chercheurs mobilisent aujourd’hui l’ACV pour définir de nouvelles méthodes de production en pisciculture avec le double objectif de compétitivité et de protection de l'environnement dans le cadre notamment du projet PISCEnLIT. Les chercheurs sont aussi impliqués dans le projet ANR DESIRABLE qui a, parmi ses objectifs, le développement d’une filière de production d’insectes utilisables comme ressources alimentaires pour les poissons.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :
  • Joël AUBIN (02 23 48 70 42) SAS Sol Agro et hydrosystème Spatialisation
Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie, Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Rennes

En savoir plus
  • Contribution de l’Analyse du Cycle de Vie à l’évaluation environnementale des systèmes de pisciculture. Thèse soutenue le  24 mars 2014
  • Aubin, J., 2013. Life Cycle Analysis as applied to environmental choices regarding farmed or wildcaught fish. CAB Reviews: Perspectives in Agriculture, Veterinary Science, Nutrition and Natural Resources. 8, N°11.
  • Aubin, J., Donnars, C., Supkova, M., Dorin, B., 2013. A critical panorama of methods used to assess food sustainability. In: Esnouf, C., Russel, M., Bricas, N. (Eds.), Food system sustainability: Insights from duALIne. Cambridge University Press, New York, 198-232.
  • Aubin, J., Tocqueville, A., Kaushik, S.J., 2011. Characterisation of waste output from flow-through trout farms in France: comparison of nutrient mass-balance modelling and hydrological methods Aquatic Living Resources 24, 63-70.
  • Projet DESIRABLE : http://www.agence-nationale-recherche.fr/suivi-bilan/environnement-et-ressources-biologiques/systemes-alimentaires-durables/fiche-projet-alid/?tx_lwmsuivibilan_pi2%5BCODE%5D=ANR-12-ALID-0001
  • Projet PISCEnLIT : http://www.piscenlit.org/
A propos de
Ces travaux ont été synthétisés dans le cadre de la thèse de Joël AUBIN, UMR SAS, Rennes.


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Une méthode simple et économique pour évaluer les effluents de pisciculture

En comparant deux méthodes d’évaluation des rejets d’un élevage de truites, les chercheurs de l’IFREMER et de l’INRA ont montré que l’utilisation d’informations nutritionnelles sur les aliments distribués et leur digestibilité permet d’obtenir une estimation correcte des rejets directs des poissons. La méthode de quantification des rejets dite "nutritionnelle" est d'utilisation simple, rapide et économique au niveau d’un élevage. Reconnue par le comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture (CIPA), cette méthode permet de mieux appréhender l’impact environnemental potentiel des piscicultures.

Source : INRA

La part de la pisciculture dans la consommation de poisson ne cesse de croître dans le monde. En France, il y a actuellement plus de 600 élevages en eau douce, produisant ainsi 35000 tonnes de truites. Si la truite a besoin d’une eau d’excellente qualité pour croître, un élevage de plusieurs milliers de poissons devient une source de pollution potentielle pour la rivière en aval du site de production. Les rejets des poissons sont issus de la partie non ingérée de l’aliment (parfois inexistante), de la fraction indigestible de l’aliment – c.-à-d. la partie ingérée mais non absorbée (fèces) – et de l’utilisation partielle des nutriments absorbés entraînant la production de déchets métaboliques dissous (azotés et phosphorés notamment). Si la digestibilité des aliments, les techniques de distribution de l’aliment et de traitement des rejets s’améliorent dans le temps (réduisant ainsi la partie solide des rejets), il est plus difficile d’agir sur la partie dissoute. Chez la truite, cette partie représente 50 à 70 % de l’azote rejeté et 20 % du phosphore (Fivelstad et al., 1990 ; Kaushik et Cowey, 1991 ; Dosdat et al., 1996).

En France, les piscicultures produisant plus de 20 t/an sont soumises à autorisation au titre de la réglementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), impliquant notamment la réalisation d’une étude d’impact environnementale. L’autorisation ICPE est accordée pour une production donnée à condition de respecter les normes de rejets fixées par arrêté préfectoral (propre à chaque pisciculture). Cette réglementation sera renforcée d’ici à 2015 par l’application de La Directive Cadre Eau (DCE) Européenne, visant à obtenir pour 2015 un bon état écologique des masses d’eaux. Pour satisfaire aux réglementations et si besoin dimensionner les unités de traitement des rejets, il est indispensable pour le pisciculteur de pouvoir évaluer de façon fiable les rejets effectifs de son unité de production.

Une équipe de chercheurs de l’IFREMER, de l’INRA, de l’Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Toulouse (ENSAT) en partenariat avec la société BIOMAR (production d’aliments), a travaillé sur l’évaluation des rejets d’une pisciculture de truites. Les flux de rejets mesurés sur le terrain sur la base de prélèvements d’eau, de mesure de débits et d’analyses d’échantillons (méthode "hydrobiologique") ont été comparés aux estimations indirectes basées sur la digestibilité des aliments (méthode "nutritionnelle"). Il s’agissait de discuter la validité et l’utilisation pratique de ces méthodes pour les pisciculteurs et les autorités de contrôle comme outils de quantification des rejets dans le cadre de la réglementation.

Les résultats de l’étude ont montré que la principale difficulté de la méthode hydrobiologique est la mesure des débits d’eau, point clé de l’évaluation des flux de rejets, qui reste très fluctuante malgré l’utilisation de matériel de grande précision. A l’opposé, la méthode nutritionnelle, rapide et facile d’utilisation, est un moyen simple de prédire les flux de rejets des poissons. Elle requiert cependant des informations précises sur les coefficients de digestibilité, la composition et la quantité d’aliment ingérée. Un compromis reste à trouver entre la méthode nutritionnelle qui donne des valeurs de rejets directs des poissons à partir de l’aliment et la méthode hydrobiologique, qui permet de quantifier les rejets du système d’élevage. Une relation entre l’aliment distribué et les rejets du système d’élevage permettrait d’utiliser en routine la méthode nutritionnelle pour quantifier les rejets du système. L’utilisation de coefficients correcteurs permettant de s’approcher au plus près des valeurs mesurées en sortie du système d’élevage est nécessaire. Une typologie des systèmes d’élevage qui prend en compte leur configuration, le type d’eau utilisé et le nombre d’utilisations de l’eau dans l’élevage devra être effectuée au préalable.

Les formules mathématiques qui sous-tendent la méthode nutritionnelle n’ont pas encore été mises en valeur sous forme de logiciel. Les chercheurs sont intéressés par un partenariat qui permettrait de développer ce logiciel et de créer un outil qui pourra participer au maintien d’une aquaculture durable en Europe.

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Le 9 Avril 2015

Industrie minotière : de la pêche durable à l'aquaculture durable !

Le Marine Stewardship Council souhaite labelliser Pêche durable l'industrie minotière (Pour rappel, près du quart des captures en Atlantique Nord-Est sont transformées en farine et en huile à destination principalement des élevages de salmonidés).

Une pêcherie danoise de près 300 000 de tonnes de sprat, de lançon (sandeel) et de tacaud norvégien (Pout) vient d’entrer en évaluation MSC. Une ressource transformée exclusivement en farine et en huile de poisson. Cette certification est un préalable à la certification aquaculture durable ASC des élevages de poisson (saumon, truite, bar, dorade,...)...

Certifications en cascade ! Elles s’inscrivent dans le Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine, proposé par l'organisation britannique Marine Stewardship Council. C’est « un ensemble d’exigences adaptées aux entreprises en lien direct avec le consommateur, comme les restaurants, les poissonniers et les traiteurs. Le Référentiel continue de proposer une 'certification de groupe' plus adaptée et rentable pour les grandes organisations ou les petites entreprises se regroupant pour tenter d’obtenir la certification. Tous les audits Chaîne de Garantie d’Origine du MSC devront être réalisés selon le nouveau Référentiel à partir du 1er septembre 2015. Les entreprises certifiées ayant planifié un audit avant cette date devront contacter leur organisme de certification et voir comment effectuer cette transition. L’ensemble de la chaîne d’approvisionnement pour les produits de la pêche MSC et d’élevage ASC est concerné...

De grandes pêcheries scandinaves entrent en évaluation MSC

Depuis fin mars 2015, deux grandes pêcheries danoises et suédoises sont entrées en évaluation MSC du Marine Stewardship Council. En cas de succès, elles produiront près de 500 000 tonnes de poisson certifié durable.

Il s’agit des organisations de producteurs danoises : Danish Pelagic Producers Organization (DPPO) et Danish Fishermen Producers Organisation’s (DFPO). Ces organisations ciblent lançon, sprat et tacaud norvégien. Par ailleurs, la pêcherie de hareng dans le cadre d’un accord entre les organisations danoises (DPPO et DFPO) et la Fédération suédoise des organisations de producteurs de pélagiques (SPFPO) est également en cours d'évaluation.

« Nous sommes très heureux d'entrer en évaluation du MSC. Si nous réussissons, nous serons en mesure de fournir le marché en farine et en huile de poisson issues de pêcherie durable », explique Claus Sparrevohn du DPPO.

D’après le communiqué MSC : Large Scandinavian fisheries enter MSC assessment


Pew part en campagne contre la pêche minotière ?

Poissons fourrage : la pêche amplifie l'effondrement des populations

Tiny Fish Endure Big Collapses—How We Can Help?



Pew
 
En mer, la pêche peut accentuer la diminution drastique des stocks de poissons fourrage sous l'effet de phénomènes naturels, selon une étude scientifique "Fishing amplifies forage fish population collapses". Des stratégies simples et à faibles coûts permettraient pourtant aux populations animales de se régénérer.

Source : Futura Sciences Par Andréa Haug

Dans la nature, les stocks de poissons sont soumis à des cycles d'augmentation et de réduction des effectifs suivant leur sensibilité aux conditions environnementales. Une équipe de chercheurs a voulu connaître l'impact de la pêche sur les populations de poissons fourrage, des espèces de petite taille, comme le hareng, les anchois et les sardines, source de nourriture pour les poissons carnassiers et d'autres vertébrés marins.

Dans une étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, les scientifiques montrent que la pêche a un impact sur l'effondrement des populations de poissons fourrage. Plus précisément, l'activité humaine joue sur l'ampleur et la fréquence des chutes de populations : ces deux critères se révèlent plus importants au regard des processus naturels. En revanche, la durée des épisodes d'effondrement semble être la même que celle qui peut avoir lieu dans l'environnement marin.

« Nous avons identifié l'empreinte de la pêche sur les fluctuations de population, déclare Timothy Essington, chercheur à l'université de Washington, aux États-Unis, et auteur principal de l'étude. La pêche accentue les creux dans les populations. »



La pêche minotière menace les populations de poissons petits pélagiques Ici : plus de 1000 tonnes de chinchard du Chili (Trachurus murphyi) pêchées par deux senneurs chiliens au large de Talcahuano, le grand port minotier au centre du pays. © Philippe Favrelière (en 1990 avant l'effondrement du stock)

Des solutions pour une pêche durable

Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont examiné un vaste ensemble de données auprès de 55 stocks de poissons fourrage du Pacifique. 27 d'entre eux ont chuté à un quart ou moins de leur biomasse moyenne. Sur ces cas, la pêche a été particulièrement intense, de 50 à 200 % plus élevée que le taux moyen.

De plus, en comparant les données réelles à des données issues de simulations de fluctuations aléatoires et naturelles, les effondrements se sont révélés plus fréquents dans les stocks réels que dans 97 % des simulations, confortant l'idée que la surpêche peut contribuer à l'effondrement des populations.

Outre la perte économique qui en découle, le phénomène peut perturber les réseaux trophiques marins, les poissons fourrage transférant l'énergie du plancton aux prédateurs, comme les poissons carnassiers, les oiseaux de mer et les mammifères marins.

« Des stratégies simples peuvent éviter le pire des impacts écologiques à moindre coût », signale Timothy Essington. Les chercheurs proposent en effet une stratégie de gestion spécifique en vue d'une pêche durable. En suspendant l'activité lorsque les populations tombent à moins de la moitié de leur biomasse moyenne sur le long terme, 64 % des effondrements des espèces pourraient être évités tout en ne réduisant que de 2 % la capture moyenne sur le long terme, estiment-ils. L'application généralisée de ces types de stratégies pourrait permettre de maintenir les populations de poissons et la pêche sur le long terme.

Oceana en campagne contre la pêche minotière ?


L’ONG Oceana en campagne contre la pêche minotière

Au Pérou, jusqu’à 98 % des captures d’anchois finissent en huile et farine pour nourrir des porcs et des saumons : une aberration écologique, alors qu’on peut s’en nourrir directement...

Source : Le Marin

« Nous pourrions alimenter des dizaines de millions de personnes rien qu’en mangeant directement les anchois et autres poissons de fourrage, au lieu de les utiliser à gaver les saumons d’élevage. » C’est ce qu’a défendu Andy Sharpless, directeur exécutif d’Oceana, au Pays basque espagnol où il présentait la campagne Save the Oceans and feed the world, le 17 mars.

Pas question de la pêche minotière sur le portail d'Oceana dans la campagne "Save the Oceans, Feed the World"

Restoring The Oceans Could Feed 1 Billion People A Healthy Seafood Meal Each Day

Oceana campaigns worldwide for policy change that can restore and increase ocean biodiversity and abundance. 

Pour en savoir plus sur "Save the Oceans, Feed the World"  : Oceana

En réalité, Oceana n'attaque pas l'industrie minotière... 

Au contraire au Chili, dans le deuxième pays de pêche minotière dans le monde où Oceana est très présent, cette ONGE a défendu la nouvelle loi sur la pêche ("ley longueira"). Cette loi constestée par les organisations de pêche artisanale a "attribué" plus de 90% des quotas de pêche du pays à "7 familles", dont l'activité principale est la pêche minotière et qui sont très impliquées dans l'élevage de saumon !!! 

Pour en savoir plus sur la privatisation de la mer au Chili au profit des sociétés minotières : Accaparement Terre Air Mer : Ayrault et Longueira, même combat !


Oceana mobilise des grands chefs dans le Pays basque où les petits pélagiques sont très appréciés

De grands chefs se mobilisent pour défendre la mer

Une vingtaine de chefs parmi les plus en vue participeront à partir du 8 juin à une campagne "pour sauver les océans" en servant dans leurs restaurants anchois, sardines et maquereaux de plus en plus exploités par l'industrie alimentaire.

Illustration : L'anchois "Engraulis..." est un poisson très apprécié au Pays basque....

Des cuisiniers connus comme l'Espagnol Ferrán Adrià, le Canadien Normand Laprise, l'Italien Massimo Bottura ou l'Allemand Joachim Wissler se sont retrouvés mardi à San Sebastian, haut lieu de la gastronomie au Pays basque espagnol, pour présenter la campagne "Save the Oceans and feed the world" de l'organisation Oceana.

Source : Afp / Marine-Océans 

Cette ONG écologiste cherche à sauver les océans tout en encourageant la consommation durable du poisson, sans épuiser les espèces en voie d'extinction.

Ils proposent de consommer plutôt des espèces comme les anchois, les sardines, les maquereaux, les harengs souvent pêchés non pour être directement consommés mais pour la fabrication de farine ou d'huile de poisson.


Pêcherie d'anchois du golfe de Gascogne : Des pêcheurs basques espagnols se préparent dans le port de Lorient autour de la senne (Photo Alain le Sann)

"Nous pourrions alimenter des dizaines de millions de personnes rien qu'en mangeant directement les anchois et autres poissons de fourrage, au lieu de les utiliser à gaver les saumons d'élevage", a déclaré le directeur exécutif d'Oceana, Andy Sharpless.

Selon la FAO (Organisation mondiale de l'alimentation), les pêcheries destinées à fabriquer des sous-produits de poisson représentent 37% des captures mondiales.

Le 8 juin, journée mondiale des Océans, ces chefs, dont beaucoup ont décroché des étoiles au Guide Michelin, proposeront des plats à base de ces petits poissons afin d'en encourager la consommation.

Selon l'espagnol Pedro Subijana, trois étoiles Michelin, il y a des espèces que les gens ne cuisinent pas parce qu'ils ne savent pas comment: "Notre tâche c'est de leur apprendre"

Pour en savoir plus sur la pêcherie d'anchois du Golfe de Gascogne : Anchois. Suivre en direct la pêche des bolincheurs basques sur Marine Traffic

Le gaspillage alimentaire prend bien des formes.

Le petit poisson et le gros gaspillage

Cette dilapidation éhontée de nos aliments, que l'on produit en bien assez grandes quantités pour nourrir toute la planète si on n'en gâchait pas autant, se cache un peu partout.

Source : La Presse par Marie-Claude Lortie

Il y a par exemple la vieille laitue fripée au fond du frigo à côté des carottes desséchées et des trois jaunes d'oeufs séparés pour une recette puis oubliés, qu'on ne mangera jamais.

Il y a les tonnes de yaourt, de fromage, de biscuits et autres pain et produits périssables supposément périmés jetées par les supermarchés. Il y a les fruits et légumes imparfaits, reniés par les distributeurs.

Mais il y a aussi les aliments mal utilisés, notamment les protéines animales mal allouées.

Trouvez-vous normal, par exemple, que des plies et des maquereaux entiers à peine grignotés par des homards dont ils étaient les appâts soient jetés aux goélands ? Parce que c'est ce que les pêcheurs de homards font au Québec.

Trouvez-vous normal que 37 % de tout le poisson pêché dans les océans soit transformé en moulées et autres farines servant à nourrir d'autres poissons, ceux des fermes de pisciculture ou même de poulets ou de cochons sur des fermes bien terrestres?

C'est absurde.

L'organisme Oceana, une société sans but lucratif internationale qui milite pour la protection des océans, et donc pour les pratiques de pêche durables, trouve lui aussi que cette allocation des ressources, dans un monde qui s'interroge sur son avenir alimentaire, n'a pas de sens.

C'est pourquoi il a demandé à de grands chefs du monde entier de venir à sa rescousse et de donner l'exemple en cuisinant tous ces petits poissons que l'on gaspille en en faisant de la nourriture bon marché.

Cette semaine, à San Sebastian, une vingtaine de grandes toques se sont ainsi retrouvées pour discuter du dossier et prendre des engagements. Il y avait Normand Laprise de Toqué!, du Canada, mais aussi d'autres personnages immenses comme les Espagnols Ferran Adria, Andoni Aduriz, Juan Mari Arzac et Joan Roca, ou alors l'Italien Massimo Bottura et le Suisse-New-Yorkais Daniel Humm.

Premier engagement? Mettre en valeur les espèces que l'on dénigre et refile aux bateaux minotiers - sardines, anchois, maquereaux, harengs, notamment - en commençant à les mettre systématiquement au menu dès le 8 juin, journée mondiale des océans.

«Ici c'est certain qu'on va mettre l'accent sur le travail du hareng et du maquereau parce qu'on en a beaucoup, a expliqué le chef Normand Laprise. On ne fera certainement pas venir des sardines d'Europe! Chaque pays devra trouver des solutions à ses problèmes particuliers. Il y a beaucoup de travail sur le terrain à faire.»

Selon Andy Sharpless, le président d'Oceana, on pourrait nourrir des dizaines de millions de personnes avec des anchois et autres petits poissons, si on les mangeait directement, plutôt que de gaspiller temps, énergie et ressources à les transformer en nourriture pour d'autres poissons ou même pour des animaux de ferme.

Imaginez si on prenait des cailles pour nourrir des poulets, du poulet pour nourrir des porcs... La chaîne n'a pas d'allure.

Les anchois péruviens, par exemple, représentent entre 8 % et 10 % de toute la masse de poisson pêchée dans le monde. Mais quelque 90 % de ces anchois sont transformés pour en faire autre chose que de la nourriture pour des humains.

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Dans sa campagne de presse, lancée cette semaine en Espagne, Oceana s'est essentiellement consacrée à expliquer le non-sens écologique du gaspillage de petits poissons. Mais il y a un autre enjeu gravissime relié à la question du poisson fourrager, celui qui est transformé en farines sur les bateaux minotiers, la question des conditions de travail et de vie des pêcheurs de ce secteur.

J'ai fait un reportage sur la question en Thaïlande il y a deux ans. Le quotidien britannique The Guardian a fait une vaste enquête sur le même sujet l'an dernier. On y parlait carrément d'esclavage.

Pour nourrir les fermes de crevettes et de gros poissons d'élevage - pensez tilapia, pangasius, etc. -, on utilise des farines de poissons fourragers pêchés par des gens payés quelques dollars par semaine, cohabitant dans des rafiots, sans équipement sûr, voire violentés.

Quand les yeux des Occidentaux du nord ont commencé à se tourner vers les dommages environnementaux de la pisciculture, il y a une douzaine d'années, ce sont ces travailleurs vulnérables - souvent des migrants - qui ont commencé à payer le prix des améliorations écologiques.

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Au Québec non plus on n'est pas à l'abri du gaspillage de nos ressources marines. On n'est plus à l'époque où les crabes des neiges étaient considérés des nuisances vendus à 25 cents la poche sur le quai, puisqu'on a appris à les commercialiser et à les vendre à gros prix aux Japonais (jusqu'à 95% du volume pêché aux Îles de la Madeleine).

Mais le cas de la pêche au homard mérite d'être étudié. Pour attraper les homards, on utilise des poissons entiers («la bouette») embrochés dans les cages déposées au fond de l'océan. Les homards sont attirés par ces plies et maquereaux, par exemple, mais ils ont à peine le temps d'y toucher avant d'être pris au piège. Résultat: quand les pêcheurs sortent les cages de l'eau, ils prennent les crustacés mais larguent le restant des appâts, souvent des poissons à peine attaqués. Ainsi, des tonnes et des tonnes de poissons, au départ comestibles quand ils sont pêchés, sont jetées. Est-ce vraiment le meilleur usage, d'un point de vue écologique, mais aussi économique et social, pour toutes ces protéines extraites des océans?

Je n'ai pas de réponse à toutes ces questions, mais ne devrions-nous pas nous les poser?


Le Référentiel de traçabilité du MSC plus adapté aux restaurants, poissonniers et étals de poisson frais

Le MSC a révisé ses exigences pour les distributeurs, transformateurs et vendeurs de produits de la mer. Selon les commentaires reçus de 200 partenaires partout dans le monde, le Référentiel Chaine de Garantie d’Origine du MSC est dorénavant plus simple, clair et accessible.

Source : Communiqué MSC

La nouvelle version du Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine inclut un ensemble de nouvelles exigences plus adaptées aux entreprises en lien direct avec le consommateur, comme les restaurants, les poissonniers et les traiteurs. Le Référentiel continue de proposer une 'certification de groupe' plus adaptée et rentable pour les grandes organisations ou les petites entreprises se regroupant pour tenter d’obtenir la certification.

Tous les audits Chaîne de Garantie d’Origine du MSC devront être réalisés selon le nouveau Référentiel à partir du 1er septembre 2015. Les entreprises certifiées ayant planifié un audit avant cette date devront contacter leur organisme de certification et voir comment effectuer cette transition.

L’ensemble de la chaîne d’approvisionnement pour les produits de la pêche MSC et d’élevage ASC concerné

Le Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine du MSC assure que seuls les produits de la mer issus de pêcheries certifiées MSC peuvent porter le label et la mention MSC. Il permet également d’assurer l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement pour les produits d’aquaculture responsable certifiés selon le Référentiel Aquaculture Stewardship Council (ASC). Toute organisation de la chaîne d’approvisionnement de produits de la mer certifiés MSC et/ou ASC doit répondre au Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine afin que le produit final puisse être vendu avec la mention ou le label MSC et/ou ASC.

Plus de 2800 entreprises dans 75 pays détiennent aujourd’hui un certificat Chaîne de Garantie d’Origine. L’ensemble de ces entreprises vend plus de 28 000 produits labellisés MSC et 1700 produits ASC dans plus de 100 pays.
L’intégrité de la chaîne d’approvisionnement est essentielle pour engager les consommateurs

David Agnew, Directeur de l’équipe Référentiels au MSC commente : " Le Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine du MSC permet aux consommateurs d’avoir l’assurance de la durabilité des produits de la mer qu’ils achètent. C’est absolument essentiel de les encourager à la préservation des océans pour le futur.

Même si les tests ADN réalisés sur les produits de la mer labellisés MSC démontrent l’efficacité du Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine, nous avons conscience de l’évolution du marché et de la nécessité d’une amélioration régulière de notre programme. Les actualisations annoncées aujourd’hui sont le résultat d’une consultation d’un an des représentants de l’industrie. Elles permettent d’avoir un programme MSC plus simple et applicable à différentes entreprises tout au long de la chaîne d'approvisionnement.

De plus, une version séparée du Référentiel donne dorénavant un meilleur accès aux entreprises en fin de chaîne d’approvisionnement, leur permettant de répondre aux demandes croissantes du consommateur en recherche de produits de la mer durables et traçables."
Répondre aux besoins de la filière

Les entreprises peuvent maintenant choisir d’être certifiées selon l’une des trois versions du Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine, en fonction de leur activité :
  • La version par défaut, la plus appropriée à toute entreprise individuelle ou multi-sites qui manipule ou vend des produits certifiés.
  • La version pour les groupes, applicable aux entreprises possédant un siège central et plusieurs sites vendant des produits certifiés.
  • La version pour les entreprises en lien direct avec le consommateur, pour les distributeurs ou restaurants de toute taille vendant ou servant des produits de la mer certifiés au consommateur final.

La nouvelle version du Référentiel pour les entreprises en lien direct avec le consommateur a été développée grâce à une large participation des parties prenantes et a été testée dans six entreprises pilotes qui n’étaient pas encore certifiées. Leurs retours suggèrent que la nouvelle version est significativement plus accessible et adéquate que la précédente.

Scott Taylor, Category Manager à Baxter Storey, traiteur anglais ayant participé au projet pilote ajoute : "Pour Baxter Storey, c'est une opportunité de continuer à renforcer notre compréhension des approvisionnements durables. En faisant partie du projet pilote du MSC pour l'actualisation du Référentiel pour les entreprises en lien direct avec le consommateur, nos équipes ont pu développer un système solide de traçabilité pour les produits de la mer qui leur convient parfaitement.

"Nous trouvons cette nouvelle version du Référentiel simple, logique et en adéquation avec nos systèmes actuels. Nous accordons beaucoup d'importance à la formation, donc c'est très intéressant que le Référentiel actualisé mette l'accent sur ce point. Le personnel sur site trouve qu'il est simple à mettre en place et constate les bénéfices de promouvoir la durabilité des produits MSC auprès de nos clients et consommateurs."
Les principaux changements

Voici d’autres modifications importantes apportées au Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine :
  • Des exigences plus claires pour l'identification et la traçabilité des produits certifiés
  • Des exigences plus spécifiques pour que les entreprises s’assurent de la certification des produits dès réception, et qu’ils ont été achetés auprès de fournisseurs certifiés uniquement
  • Mettre davantage l'accent sur la compétence du personnel pour répondre au Référentiel Chaîne de Garantie d’Origine, multiplier les entretiens lors de l'audit et vérifier les dossiers de formation
  • Exigences révisées pour les 'produits en évaluation' (anciennement 'UMAF ') – dorénavant, seules les pêcheries, les fermes, ou les entreprises membres de la pêcherie / de la ferme pourront acheter et entreposer des 'produits en évaluation'
  • Les exigences pour la certification de Groupe ont été restructurées et rationalisées afin de mieux s’aligner au Référentiel Chaîne de Garantie par défaut
  • Une approche plus équitable et cohérente du calendrier des audits de surveillance a été mise en place. La plupart des entreprises seront désormais auditées annuellement, excepté certaines catégories très spécifiques d’entreprises bénéficiant d'une réduction de la fréquence à 18 mois
  • Un petit pourcentage des audits de surveillance (au minimum 1% des clients de chaque organisme de certification) sera soumis à des audits inopinés. Ceux-ci pourront être déterminés en fonction des risques ou de façon aléatoire, et remplaceront un audit de surveillance normal afin d’éviter des coûts supplémentaires.


Vous souhaitez en savoir plus ? Une présentation en ligne est organisée pour les parties prenantes le vendredi 27 Mars 2015. Envoyez un mail à standards@msc.org pour vous inscrire.

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Commentaires

Hippolyte a dit…
Si on veut y voir clair dans cette affaire, il faut commencer par utiliser des appellations qui ne sont pas trompeuses dès le départ. Et dans ce domaine, nos ministres feraient bien de donner l'exemple.

Actuellement, les poissons d'élevage carnassiers sont nourris avec des farines animales ! Dire le contraire, c'est prétendre que les poissons qui sont utilisés pour faire des farines ne sont pas des animaux ! En tant que biologiste, je ne peux pas cautionner une telle affirmation !!!

Pour désigner ce que l'on s'apprête à donner à manger maintenant aux poissons, il faudrait trouver un terme exact.

Farine de mammifères ? Non, ça ne va pas, parce que certains mammifères comme les ruminants restent proscrits pour la fabrication de ces farines… et parce que les volailles utilisées pour fabriquer de telles farines ne sont pas des mammifères.

Farine de viandes ? Ca va déjà mieux, en ce sens que ça distingue clairement ces farines de celles qui sont faites avec des poissons. Hélas, les fabricants sont autorisés à ajouter des farines d'os dans ces farines de viandes… et les os, ce n'est pas de la viande !

Farines d'animaux terrestres ? C'est ce qui me semble le mieux convenir. A condition de toujours préciser que certains groupes d'animaux terrestres restent prohibés pour fabriquer ces farines et pour être nourris avec certaines d'entre elles.

Je trouve que beaucoup de gens surfent sur une vague d'indignation légitime, provoquée par cette affaire de lasagnes à la viande de cheval, pour raconter n'importe quoi à propos de cette mesure concernant les farines animales (et là, j'utilise le terme approprié, parce que j'inclus les farines de poissons).

Ce qui est sûr, c'est qu'il est certainement encore beaucoup plus facile de frauder sur la nature exacte et la composition de farines animales que sur la nature de viandes incorporées à des plats surgelés. C'est ce qui effraye actuellement beaucoup d'entre nous.

Quant à rendre José Bové ou Isabella Lövin responsables de tous les problèmes auxquels se heurte actuellement le monde de la pêche… il vaut mieux en sourire.
Bonjour

Nous venons par là présente notification vous donner une présentation non exhaustif de notre entreprise. Nous aimerions entrer en partenariat avec votre structure.

Afrika Business Group a pour but d' être une entreprise mondialement respecté en étant un fournisseur des produits de mer de meilleur qualité. La longue expérience acquis sur le terrain d' exploitation par notre entreprise peut atteste a cela.

L' entreprise, en traversant plusieurs étapes d' expansion dans ses pratiques commerciales globales,a grandit comme le premier producteur et distributeur des produits de mer et de devenir un membre incontestable de l' organisation international de producteur de farine
et d'huile de poissons.

Nous à Afrika Business Group avons décider de cibler notre croissance non seulement en termes de ventes mais aussi plus en termes de qualité de nos produits et services que nous offrons a nos clients finaux. Pour bénéficier de la satisfaction optimale de nos clients,
nous améliorons constamment nos installations et aussi explorer des nouvelles voies pour parvenir a des résultats de production de meilleur qualité.

Nous sommes situé au Sénégal et spécialisée dans la production et distribution des produits de mer suivantes:
- Poissons sèches
- Farine de poissons avec des taux de protéines différentes de 35-40%, 40-45%, 45-50%, 50-55%, 55-60%, 60-65% et de 66-72%.
- Poissons frais et congelé de différents espèces tél que les ombrines, tiekem, dorades rose, carpe blanche, macquereau, sardines, sardinelle, thon, chinchard, capitaine, machoirons, sompate, etc
- Conserve de poissons.

Les cotations en ce qui concerne la farine de poisson se fera en fonction de taux de protéines et pour d' autre types de produits, les cotations se feront en fonction de la taille et la quantité du poisson.

Nos produits exhibent des avantages suivants:
- Une qualité supérieur
- Des prix très abordables à tous
- Une emballage unique en fonction des exigences du client
- Possibilité d' emballage avec étiquette du client
- Nous respectons les termes et échéances des contrat fixée avant et après expédition du produit final
- Nous gardons une relation sérieuse et professionnel avec nos clients et sommes près a apprendre d' eux

Nous pouvons affirmer avec beaucoup de certitude aujourd'hui que nos produits sont parmi les meilleurs sur le marcher en tenant compte de nos prix et la qualité. Cette affirmation est fondée sur la rétroaction que nous avons reçu de nos clients.

Nous envisageons de vous voir essayer nos produits et témoigner de vous même la qualité. Apres cela nous sommes sur que vous serez satisfait des résultats .

Nous sommes également disposer 24h/24 a vous servir en cas de demande de votre part. Informer nous de la quantité et la qualité du produit dont vous avez besoin et notre service commerciale vous contactera dans un délai de 48hr maximum.

Je vous remercie pour votre bonne compréhension.

M. Henry F.N

Afrika Business Group
61 Cite Fadia Dakar-Sénégal
Tel-fix: +221774681449
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