lundi 2 février 2015

Avec la compensation biodiversité, la nature devient marchande !

Avec la compensation biodiversité, la destruction de l'environnement devient monnayable !

Mardi 3 févier 2015 sur Arte : Nature, le nouvel eldorado de la finance

La Commission Européenne propose la compensation biodiversité pour protéger la nature. L’enquête publique est close depuis le 17 octobre 2014 (1)... Après la sanctuarisation des espaces maritimes, la compensation biodiversité constituerait l’étape marchande (libérale) de la protection des mers et des océans.

Alors que Bruxelles avance à grands pas vers la marchandisation des espaces naturels (forêt, lac et océan), on ne peut pas dire que cette décision soulève les foules... Quelques jours avant l’échéance de la consultation publique, les chasseurs se sont réveillés flairant un danger dans l’exercice de leur activité (2). En juillet, un collectif d’associations britanniques avait lancé une pétition mais sans grand résultat ; la lettre ouverte pour la Commission n’a pas eu la résonnance des grands mouvements de foule comme la marche mondiale pour le climat... (3)

Au moment où le PNUE, agence onusienne de l’environnement, signe plusieurs documents "catastrophe" sur l’état de la biodiversité dans le monde, les citoyens semblent désarmés face au chaos annoncé. Seraient-ils blasés au point de remettre leur destin, l’avenir des ressources forestières et océaniques, entre les mains des forces du marché ?

Après leur sanctuarisation, les ressources marines seront « marchandables »

Le concept de diversité biologique est récent. Cependant, il encadre de plus en plus l’activité des professionnels de la mer. Il est à l’origine de multiples règles dans la gestion des pêcheries. La plus emblématique est probablement l’arrêt de tout rejet de poisson par-dessus bord, le fameux « rejet zéro » dont l’application débutera le 1 janvier 2015 dans les eaux européennes.

Issue du Sommet de la Terre de Rio en 1992, la Convention sur la biodiversité impacte beaucoup les activités halieutiques. Aires marines protégées, Natura 2000 en mer et autres Réserves marines et côtières sont autant de décisions prises suite à ce traité international signé par 193 États. A Durban en 2003, l’objectif fixé pendant cette réunion-étape se situait déjà entre 10 et 20% des océans. Toutefois, la sanctuarisation de vastes étendues océaniques (jusqu’à 40% proposition de certaines organisations environnementales) relève plus des enjeux géostratégiques que de la protection des ressources marines (4).


La Commission européenne va t-elle transformer la nature en registre comptable ? s’interrogeait Sophie Chapelle en juillet 2014 dans Basta !

Une consultation publique vient d’être lancée par la Commission européenne jusqu’au 17 octobre prochain. Malgré un intitulé quelque peu énigmatique – « initiative européenne visant à enrayer toute perte nette de biodiversité » (1) –, l’enjeu est majeur. Car ce projet de réglementation concerne l’ensemble des impacts liés aux activités humaines, de la création d’un entrepôt à la réalisation des grandes infrastructures de transport. « Pour stopper cette détérioration (de la biodiversité, ndlr), les pertes dues aux activités humaines doivent être contrebalancées par des gains, précise la Commission européenne. Lorsque ces gains sont au moins équivalents aux pertes, le principe visant à éviter toute perte nette est respecté. » Traduction ? Concrètement, quand une activité économique détruit une portion de nature, et de biodiversité, celle-ci doit être recréée ailleurs. L’intention paraît louable. Sauf que pour la Commission européenne, tous les écosystèmes seraient substituables les uns aux autres. Un projet bétonne plusieurs hectares de vallons, de bois et d’étang dans une région ? Il pourra être compensé par une action équivalente en faveur de l’environnement dans une autre région. Comme si tout se valait.

La nature n’est pas à vendre

En réaction à la proposition de la Commission européenne, plusieurs organisations ont mis en ligne une lettre ouverte qui demande l’abandon des projets de compensation (5).

Lettre pour la Commission Européenne

Nous, organisations et individus signataires de cette lettre ouverte, nous considérons que la législation sur la compensation biodiversité en train d’être étudiée par la Commission Européenne nuirait à la nature et aux êtres humains tout en donnant plus de pouvoir à ceux qui détruisent la nature pour faire du profit.

Nous demandons que tous les projets de compensation soient abandonnés.

La compensation, un permis de détruire

L’expérience mondiale des projets et dispositifs de compensation biodiversité montre qu’en réalité ils augmentent la pression sur la biodiversité en blanchissant des infrastructures et aménagements controversés. Par exemple, en Grande Bretagne, le gouvernement a été assez franc pour admettre que la compensation de biodiversité « accélèrerait les demandes pour de nouveaux aménagements et infrastructures ». La compensation biodiversité a déjà facilité l’autorisation de tels projets dans des forêts, des prairies de grande valeur et des zones appréciées des populations. (6)

Making Dreams Come True – New Film



Vidéo parodique de trois minutes autour de la « compensation biodiversité » : La directrice d’une société fictive, GreenLite Energy, se réjouit d’avoir découvert du gaz de schiste sous le Regent’s Park – un parc situé en plein cœur de Londres. Soutenue par le gouvernement anglais, la société assure pouvoir compenser la destruction du parc, voué à l’extraction d’hydrocarbures. Comme si le bénéfice pour la flore et la faune était forcément quantifiable à un instant donné. Ce dont se moque la vidéo : un expert tente de compter chaque abeille en train de butiner et inventorie grossièrement les oiseaux dans les arbres. Impossible de croire en la mise en place d’unités de mesure fiables permettant de calculer la valeur naturelle de Regent’s Park...

Marchandisation de la nature

La compensation biodiversité transforme la nature en une marchandise et suggère dangereusement que la nature peut être remplacée. La biodiversité et les écosystèmes sont complexes et uniques. Il est impossible de réduire la biodiversité à un système de crédits tel que le propose de nombreux systèmes de compensation.

Les populations perdent l’accès à la nature

La compensation biodiversité masque la perte irrémédiable de nature lorsque celle-ci est détruite, ce qui implique une perte de biodiversité et la perte de l’accès des populations à la nature, nuisant à leur santé, leur bien être et leur joie. Les hommes aiment la nature, non seulement pour ce qu’elle est mais aussi pour l'endroit où elle se trouve. Le rôle social que la nature joue dans les vies des gens et des populations ne peut être compensé.

Protéger la nature et reconnaître les responsabilités, plutôt que la compensation

Si l’UE et les Etats-membres s’intéressent réellement à la perte continue de biodiversité, ils doivent reconnaître que la compensation ne fera qu'empirer la situation. S’attaquer à la perte de biodiversité nécessite que les Etats-membres appliquent les lois protégeant la biodiversité, regardent attentivement comment les terres sont utilisées et élaborent des plans locaux de développement en partenariat, et non pas en opposition, avec les populations locales. Les économies doivent être structurées dans l’intérêt des citoyens et non de celui des grosses entreprises.

La nature est un bien commun pour lequel nous partageons tous des droits et des responsabilités. Pour être efficace, tout politique visant à protéger la biodiversité doit prendre en compte ces considérations.

Nous exhortons la Commission Européenne à abandonner ses projets de législation européenne sur la compensation biodiversité. De telles politiques ne permettront qu'à ceux qui le peuvent de continuer à détruire la nature pour faire du profit. L’UE devrait agir pour l’intérêt public en protégeant la biodiversité, la nature et les espaces publics à travers des régulations claires et une mise en œuvre sérieuse.

Veuillez agréer, Messieurs, Mesdames, nos salutations distinguées.

Si vous souhaitez signer notre lettre pour la Commission Européenne
– à titre individuel ou pour le compte d'une organisation – remplissez le formulaire en bas de la version en anglais de la lettre.

NB : Illustrations proposées par Nature Not For Sale
(2) Chasseurs de France : L'initiative « No Net Loss »: consultation publique de l'UE  (pour visualiser les documents à remplir (non accessibles depuis la fin de la consultation) aller sur le site des Chasseurs en Somme)
(3) Nature not for sale  
(4) Atlas Blue lobby : Le pivot maritime Asie Pacifique  
(5) Nature not for sale : Lettre ouverte pour la Commission européenne (en français)
(6) Etude de cas : http://www.fern.org/naturenot4sale

Philippe Favrelière (article publié le 20 octobre 2014) (1688)

Autres articles :

Pour aller plus loin

Le 3 Avril 2015

Développement et biodiversité : comment négocier le tournant environnemental ?

Yann Laurans et Raphaël Billé ont collaboré à cet ouvrage publié par l'Agence française de développement, sous la direction de Laurent Mermet (AgroParisTech) et Tiphaine Leménager (AFD).

Comme pour l’ensemble des grands défis environnementaux contemporains, l’avenir de la biodiversité dépend étroitement des trajectoires et des politiques de développement. Sans inflexions profondes, sans transformations réelles des dynamiques de développement en cours (notamment en ce qui concerne l’agriculture, la gestion de la forêt ou bien encore l’exploitation des ressources marines), il ne sera pas possible d’enrayer l’érosion de la biodiversité, un objectif pourtant fondamental et plébiscité à toutes les échelles d’action tant par les acteurs du développement que par ceux défendant plus spécifiquement l’environnement (UN, 2000 ; MEA, 2005 ; CDB, 2010).

Parmi les acteurs concernés, les opérateurs de l’aide au développement – et en particulier les agences publiques de financement de cette aide – sont donc appelés à examiner et à réorienter leurs actions au regard de leurs impacts sur la biodiversité. Changements dans leurs orientations, dans le type de programmes qu’ils soutiennent, dans les sauvegardes environnementales qu’ils se donnent…, le défi est incontestablement ambitieux. Il l’est particulièrement compte tenu de l’ampleur et de la diversité des territoires concernés, des masses financières en jeu, de la puissance des secteurs économiques impliqués, des forces politiques en présence dans un contexte où les choix relèvent largement des États, sans oublier les difficultés que soulève tout projet de changement et d’évolution de grandes organisations telles que les agences d’aide au développement qui emploient plusieurs centaines de personnes chacune.

Au cours des quinze dernières années, ces organismes ont pu appréhender la nature et la mesure de ce défi et ce, non sans heurts. Comme le souligne l’un des anciens directeurs de l’Agence Française de Développement (AFD), « la problématique de la durabilité, de l’environnement et du développement, nous l’avons progressivement apprise à la dure, dans la peine, dans la souffrance et dans les contradictions » (Severino, 2010). Aujourd’hui, l’ensemble des grandes agences publiques du financement de l’aide au développement, qu’elles soient multilatérales ou bilatérales, ont adopté le développement durable comme orientation majeure de leur mission et affichent une attention aux problématiques d’environnement (cf. encadré 1 en fin d’introduction). Les agences publiques de financement du développement se sont donc engagées officiellement à porter plus d’attention aux enjeux environnementaux et, donc, à relever le défi énoncé supra. Par leurs engagements institutionnels, mais aussi par les préoccupations environnementales portées par une part croissante de leur personnel, ainsi que par l’expression des attentes de certains de leurs partenaires, de l’opinion publique et des pouvoirs publics, ces institutions ont amorcé un certain tournant environnemental. Toutes possèdent à présent un portefeuille de financements de projets à vocation environnementale, toutes ont adopté des procédures visant à réduire de manière transversale l’impact environnemental et social de l’ensemble de leurs activités, et toutes consacrent une part de leurs ressources humaines à gérer ces enjeux (Leménager et al., 2012)....

Tiphaine Leménager et Yann Laurans : "Les paiements pour services environnementaux : simplicité trompeuse de l’outil, hétérogénéité fondamentale des situations" (in Deuxième partie : quels outils d’intervention mobiliser en faveur du tournant environnemental ?)

Yann Laurans et Alexander Haddad : "Évaluation économique des services écosystémiques pour les bailleurs de l’aide au développement : les usages théoriques attendus masquent le potentiel réel d’utilisation" (in Troisième partie : de quels outils de pilotage se doter pour favoriser le tournant environnemental ?)
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Raphaël Billé : "Un outil « stratégique » sans acteurs et sans contextualisation : l’impasse du triage" (in Troisième partie : de quels outils de pilotage se doter pour favoriser le tournant environnemental ?)


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Le 31  janvier 2015

Nature, le nouvel eldorado de la finance




Combien vaut la nature ? Combien peut-elle rapporter ? À l'heure où l'on craint le pire pour la biodiversité, ce documentaire révèle la financiarisation croissante des ressources naturelles par les banques et les investisseurs privés. Édifiant.

Sur Arte - Mardi 03 février à 22h25 (88 min)

Ce documentaire raconte l’histoire de la main mise bancaire et financière planétaire sur les ressources vivantes. Animaux et végétaux sont désormais transformés en produits bancaires et cotés en bourse. Un nouveau marché se développe : les espèces vivantes disparaissent, elles prennent donc de la valeur. L’environnement devient un capital spéculatif. Quel en sera le prix pour la nature et les hommes ?" - Un film de Sandrine Feydel & Denis Delestrac - Images : Images : Michel Anglade - Chef monteur : Guillaume Quignard - ARTE France & Via découvertes production - www.viadecouvertes.fr

Rediffusion mardi 10.02 à 1h35
Rediffusion mardi 10.02 à 8h55
Rediffusion lundi 16.02 à 8h55

La course au profit généralisé et le marché global ont largement contribué à la crise écologique actuelle. Pourtant, les mondes de l'économie et de la finance prétendent renverser la tendance et sauver la planète en la protégeant à leur façon, c'est-à-dire avec de l'argent. C'est bien l'émergence d'un nouveau marché, celui de la protection environnementale, que décrypte le documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac  - l'auteur du Sable, enquête sur une disparition, récemment diffusé par ARTE. Encore embryonnaire il y a quelques années, ce marché est aujourd'hui l'un des plus prometteurs en terme de profit. Son mode de fonctionnement est simple. De plus en plus de sociétés financières ou d'assurances, parfois précédées par les économistes, attribuent un coût à la nature. Combien vaut la forêt d'Amazonie ? Quelle est la valeur marchande de l'incessant labeur de pollinisation accompli par les abeilles ? Jusqu'ici, l'"invisibilité économique" de la nature ne jouait pas en sa faveur : les marchés n'aiment ni l'abondance ni la gratuité. Mais avec la raréfaction des ressources et la disparition programmée de certaines espèces, l'équation a changé. La loi de l'offre et de la demande peut maintenant s'appliquer aux richesses naturelles. Ainsi, des banques et des fonds d'investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions "mouche", "orang-outan" ou "saumon". En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des "certificats de bonne conduite" qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes...

La nature de l'argent

Fruit d'un patient et minutieux travail d'investigation, Nature, le nouvel eldorado de la finance met en relief les mécanismes d'un système naissant qui pourrait se révéler une entreprise de tartufferie mondiale. Interrogeant financiers, experts et penseurs, le film confronte les points de vue antagonistes et multiplie les exemples concrets de populations et milieux naturels menacés par ces nouvelles pratiques. L'enquête dresse un vaste panorama des intérêts en jeu et des lobbies en action autour de ce "nouveau" capital naturel, se demandant au final quelles valeurs défendent réellement ceux qui attribuent un coût à la nature. Une nouvelle crise financière pourrait en effet résulter de la spéculation et de l'effondrement de ces nouveaux marchés...Fruit d'un patient et minutieux travail d'investigation, Nature, le nouvel eldorado de la finance met en relief les mécanismes d'un système naissant qui pourrait se révéler une entreprise de tartufferie mondiale. Interrogeant financiers, experts et penseurs, le film confronte les points de vue antagonistes et multiplie les exemples concrets de populations et milieux naturels menacés par ces nouvelles pratiques. L'enquête dresse un vaste panorama des intérêts en jeu et des lobbies en action autour de ce "nouveau" capital naturel, se demandant au final quelles valeurs défendent réellement ceux qui attribuent un coût à la nature. Une nouvelle crise financière pourrait en effet résulter de la spéculation et de l'effondrement de ces nouveaux marchés...


Regardez “Nature, le nouvel eldorado de la finance”, 

en avant-première sur Télérama.fr

    Virginie Félix
    Publié le 31/01/2015.



Nature, le nouvel eldorado de la finance de Denis Delestrac et Sandrine Feydel.

Sur fond de crise écologique, la protection des ressources naturelles est devenue un secteur lucratif, qui attire de plus en plus spéculateurs et multinationales. Jusqu’au mardi 3 février nous vous proposons en avant-première cette enquête stupéfiante au cœur de l’économie verte.

La nature serait-elle en train de devenir le nouveau terrain de chasse des grands fauves de la finance ? C'est le stupéfiant constat auquel aboutissent Denis Delestrac et Sandrine Feydel, au terme d'une enquête fleuve dans la jungle de la nouvelle économie verte. Un secteur émergent où les espèces en voie de disparition sont un placement lucratif, et la protection des écosystèmes un investissement ad hoc pour des multinationales qui doivent compenser les dégâts qu'elles commettent ailleurs.

La crise écologique serait donc devenue une opportunité économique, voire un objet de spéculation, dont cette vaste enquête dévoile les appétits et les logiques avec mordant. « Il y a trois ans, lors d'une conférence sur l'économie verte, j'ai appris qu'aux Etats-Unis, c'étaient des institutions privées, des biobanques, qui s'occupaient de la protection des espèces en voie de disparition, explique Sandrine Feydel. En creusant un peu, j'ai découvert que des économistes commençaient à parler de financiarisation de la nature, voire à évoquer des risques d'un nouveau krach si le monde de la finance se couplait trop avec les milieux de la préservation de l'environnement. »

    “En se raréfiant, les ressources naturelles prennent de la valeur.”

Comment en est-on arrivé à mettre un prix sur une forêt primaire ou une barrière de corail, à chiffrer le service de pollinisation rendu par les abeilles (200 milliards de dollars) ? « Depuis des années, certains économistes défendent l'idée que s'il y a une dégradation aussi importante de la biodiversité, c'est parce que l'on n'a jamais attribué de valeur économique à la nature. Et ce discours finit par s'imposer en même temps que se développent ces nouveaux marchés de la protection des espèces ou des écosystèmes, analyse la réalisatrice. Selon la loi de l'offre et de la demande, en se raréfiant, les ressources naturelles prennent de la valeur. Comme nous l'a résumé un économiste : “La dernière forêt sur Terre, le dernier cours d'eau non pollué, le dernier endroit où respirer de l'air pur, ça vaudra plus que des diamants...” »

Plus largement, le film montre aussi comment a fait son chemin l'idée que l'économie et les marchés pouvaient résoudre la crise environnementale. « Au sommet de Rio, en 1992, il ne venait à l'idée de personne de penser que les entreprises devaient être des acteurs de la protection de l'environnement, rappelle Sandrine Feydel. Depuis, il y a eu un changement de paradigme, des multinationales destructrices de la nature ont réussi à faire croire qu'elles pouvaient faire partie des solutions au problème écologique. Et la crise économique a conduit à un désengagement des Etats. Désormais, même les ONG doivent aller chercher l'argent là où il est, en nouant des partenariats avec des multinationales. Mais, à ce jeu-là, on peut se demander qui influence qui... »

http://television.telerama.fr/television/regardez-nature-le-nouvel-eldorado-de-la-finance-en-avant-premiere-sur-telerama-fr,122201.php

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Le 23 Janvier 2015

Les obligations vertes transforment les attentes des investisseurs et facilitent les investissements durables
   
Les points marquants
• Les obligations vertes permettent de mobiliser des milliards de dollars par an pour la mise en œuvre de projets de développement nationaux ou municipaux à la fois indispensables et respectueux du climat et de l’environnement.
Avec plus de 35 milliards de dollars d’émissions obligataires, soit plus de trois fois plus qu’en 2013, 2014 a été une année record pour ce marché naissant.
• Plusieurs tendances se dessinent pour 2015, notamment de nouvelles catégories d’émetteurs, de nouveaux indices et une évolution des attentes des investisseurs.

Source : Banque mondiale

Il y a un an, lors du Forum économique mondial de Davos, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a encouragé les investisseurs à s'engager de manière durable et responsable dans le marché des obligations vertes. Les obligations vertes, qui constituent un segment relativement récent mais en pleine expansion, fonctionnent comme les autres types de produits obligataires mais présentent l’avantage de contribuer à combler le manque de financements disponibles pour des projets de développement respectueux du climat.

Environ 11 milliards de dollars d’obligations vertes avaient été émis l’année précédente. Jim Yong Kim avait appelé au doublement de ce chiffre d’ici septembre 2014, date du Sommet sur le climat. De nouveaux émetteurs ont lancé leurs premières obligations vertes, de nouveaux indices ont été créés pour ces titres et le nombre de souscripteurs a augmenté, ce qui a permis aux émissions d’obligations vertes de dépasser les 35 milliards de dollars en 2014.

Alors que s’ouvre cette semaine la nouvelle édition du Forum de Davos, la plupart des observateurs prévoient que les investissements dans les obligations vertes continueront d’afficher une forte croissance en 2015.

D’après le Groupe de la Banque mondiale, plusieurs tendances se font jour.

Évolution des attentes des investisseurs

L’essor du marché des obligations vertes fait évoluer les formes d’investissement et les attentes des investisseurs.

Depuis leur introduction en 2007, les obligations vertes ont principalement été émises par des banques de développement, comme la Banque mondiale (a) et l’IFC (a) ; elles ont permis de financer des projets respectueux du climat et de l’environnement, par exemple l’expansion de l’énergie solaire dans les zones rurales au Pérou (a), le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables au Mexique (a), l’amélioration de l’efficacité de l’irrigation en Tunisie (a) ou le recours accru à des transports urbains non polluants en Colombie (a).

Les investisseurs apprécient non seulement la liquidité et le rendement fixe des obligations vertes, mais également l’effet bénéfique qu’elles peuvent produire.

Aujourd’hui, à l’instar des fonds de pension (a) par exemple, nombre d’investisseurs institutionnels ont des impératifs d’investissements durables et responsables, et ils élaborent des stratégies expressément conçues pour faire face aux risques climatiques en mettant à profit les opportunités offertes par les différentes classes d’actifs. Les obligations vertes sont à même de répondre aux besoins des investisseurs sur le plan de la vérification et de la mesure de l’impact. De plus, celles de la Banque mondiale et de l’IFC sont notées AAA/Aaa.

« La dégradation de l’environnement, la pauvreté et les conséquences du changement climatique sont autant de facteurs qui mettent en péril le bien-être et la stabilité des pays, des populations, des ressources et des entreprises. Les investisseurs sont de plus en plus conscients des menaces que ces facteurs représentent pour le rendement financier à long terme, et en tiennent compte dans leurs décisions », explique Laura Tlaiye, conseillère en investissements durables à la Banque mondiale, qui figure parmi les premiers et plus importants émetteurs d’obligations vertes (plus de 27 milliards de dollars, dans 18 monnaies).

En outre, les obligations vertes offrent aux petits investisseurs un moyen de « voter avec leur argent ». Aux États-Unis, l’État du Massachusetts, par exemple, a reçu plus de 1 000 ordres de souscription pour une obligation verte qu’il a émise l’année dernière. La plupart de ces ordres émanent de particuliers désireux de soutenir les investissements des autorités locales dans l’environnement.

« Les incitations évoluent du fait que certains investisseurs sont en quête de ce type d’investissement et demandent des informations détaillées sur les performances environnementales. Nous attirons des investisseurs qui, sinon, n’auraient pas été intéressés, et nous diversifions et élargissons notre base d’investisseurs ainsi que nos sources de financement », précise Heike Reichelt, responsable des relations avec les investisseurs et des nouveaux produits à la Banque mondiale.

Diversification des émetteurs et des investisseurs

À mesure que le marché des obligations vertes se développe, la taille des opérations d’émission s’accroît et de nouveaux types d’émetteurs apparaissent.

Les municipalités et les organismes publics qui recouraient hier à des titres obligataires pour lever des fonds destinés à des projets d’infrastructure se sont mis à émettre des obligations vertes afin de soutenir et de promouvoir des projets respectueux de l’environnement et du climat. Ces projets portent notamment sur l’amélioration de la maîtrise de l’énergie et les transports en commun, comme à Johannesburg (Afrique du Sud), où a été lancée l’année dernière la première obligation verte municipale d’Afrique pour financer des projets de réduction des émissions polluantes dans le domaine du biogaz, de l’électricité solaire et du transport durable.

Les entreprises et les opérateurs de services publics ont, eux aussi, commencé d’émettre des obligations vertes. En France, GDF Suez a réalisé la plus vaste émission obligataire à ce jour (2,5 milliards d’euros) pour financer des projets exploitant des énergies renouvelables, comme l’implantation d’éoliennes, ou axés sur la maîtrise énergétique, tels que des compteurs intelligents et des réseaux de chauffage urbain intégrés.
Le « label vert » peut aider les émetteurs à attirer de nouveaux investisseurs. Plus le marché des obligations vertes se développera, plus les projets écologiques deviendront prioritaires sur les autres projets ; les émetteurs affichant de solides performances en termes de durabilité verront s’étoffer leur portefeuille de clientèle.

On assiste aussi à l’émergence de nouveaux types d’obligations vertes et de nouvelles monnaies de libellé. La période de souscription de la première obligation verte liée à un indice que la Banque mondiale a émise à l’intention des investisseurs individuels (a) européens s’est achevée début janvier. Cette opération a permis de lever 91 millions de dollars. L’année dernière, l’IFC, qui a émis à ce jour plus de 3,7 milliards de dollars d’obligations vertes, a proposé ses premières obligations vertes en renminbi (a) et en sol péruvien (a).

Transparence et indices

Les investisseurs considèrent que la transparence est la clé du succès des obligations vertes.

La Banque mondiale a placé la barre très haut lorsqu’elle a lancé en 2007 sa première obligation verte en partenariat avec la banque suédoise SEB. D’autres organisations lui ont emboîté le pas et adapté ce modèle. Il faut tout d’abord définir les critères d’éligibilité pour les projets financés via des obligations vertes et vérifier ces critères avec une organisation spécialisée, telle que CICERO (a). La Banque mondiale a mis en place un processus de sélection des projets satisfaisant aux critères, puis constitué un compte distinct réservé au produit de l’émission, afin d’allouer ces fonds aux projets éligibles. Enfin, elle rend compte de l’impact environnemental des projets et veille à la conformité.

Cette structure et cette priorité donnée à la transparence et à l’information ont servi à formuler les « Principes pour les obligations vertes », approuvés par plus de 70 investisseurs, banques, autres émetteurs et participants à ce marché. Ces principes sont appliqués sur une base volontaire, avec une coordination assurée par l’International Capital Markets Association (ICMA).

Afin d’aider les investisseurs à évaluer les obligations vertes, MSCI/Barclays (a) et d’autres acteurs ont aussi constitué des indices spécifiques pour noter les émetteurs et vérifier leurs critères de sélection des projets, ainsi que le mode de gestion du produit des émissions, afin que les fonds soient utilisés comme prévu et en toute transparence.

Quel effet sur le financement du développement ?

Le financement public ne suffira jamais à lui seul à freiner le changement climatique : des investissements privés dans des projets climato-intelligents sont également nécessaires pour orienter les économies sur une trajectoire de croissance plus sobre en carbone. La création d’un marché des obligations vertes à même de mobiliser le financement du secteur privé permet de sensibiliser ce dernier à l’importance des investissements propices au développement et favorise la mobilisation de ses fonds.

« Nous pensons que l’investissement durable va s’imposer à terme comme la forme de gestion la plus banale pour les portefeuilles de titres à revenu fixe, ce qui transformera le mode de gestion des entreprises et des projets qu’elles appuient », explique Heike Reichelt. « La prochaine génération de gestionnaires de portefeuilles se demandera pourquoi le profit à court terme l’a aussi longtemps emporté sur la croissance durable... » 

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Le 27 Janvier 2015

Les profondeurs des océans protégées... en 2018



New York - Une importante réunion sur la gouvernance des océans en haute mer s'est tenue au siège de l'ONU du 20 au 23 janvier 2015 dans le cadre des rencontres du groupe "Ad Hoc Open-ended Informal Working Group to Study Issues Relating to the Conservation and Sustainable Use of Marine Biological Diversity Beyond Areas of National Jurisdiction" - Connu aussi sous le nom de BBNJ (biodiversity beyond national jurisdiction) Working Group.

Cliquer Ici pour télécharger les recommandations du BBNJ datées du 23 janvier 2015 : "Recommendations of the Ad Hoc Open-ended Informal Working Group to study issues relating to the conservation and sustainable use of marine biological diversity beyond areas of national jurisdiction to the sixty-ninth session of the General Assembly"

Cliquer Ici pour accéder aux travaux de ce groupe de travail
Cliquer Ici pour un résumé en images de la réunion du 20 au 23 janvier

Les pays membres de l'ONU se sont mis d'accord samedi 24 janvier pour commencer à négocier un traité qui protégerait pour la première fois la biodiversité dans la profondeur des océans, après quatre jours de discussions à New York.

Source : AFP/La Dépêche

Des organisations écologistes qui suivaient de près ces discussions, regroupées dans la Coalition pour la haute mer (High Seas Alliance), ont salué "une étape importante pour la protection des océans".

Le futur traité, qui serait le premier du genre, permettrait de préserver les vastes zones qui s'étendent au-delà des eaux territoriales (200 milles nautiques) que chaque État riverain gère à sa guise. Ces zones et les fonds marins qu'elle recouvrent sont menacées par la pollution, la surpêche ou le réchauffement climatique.

Elles représentent 64% des océans et 43% de la surface de la Terre, ce qui en fait la plus grande biosphère de la planète.

Il faudra encore que l'Assemblée générale de l'ONU, à sa prochaine session fin septembre, entérine formellement l'accord obtenu tôt samedi matin à New York. Et un traité ne verra le jour au mieux qu'en 2018.

Selon le texte adopté samedi et dont l'AFP a eu copie, un "comité préparatoire" sera mis sur pied en 2016 pour dessiner les contours d'un futur traité et faire des recommandations à l'Assemblée à sa session de septembre 2017.

Celle-ci décidera alors si et quand il convient de réunir une "conférence intergouvernementale sous l'égide des Nations unies" afin de négocier un "instrument international juridiquement contraignant". Ce traité devra porter sur "la préservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale".

Il s'agira en particulier de créer des "zones marines protégées" et de "partager les bénéfices" tirés des grands fonds, par exemple en matière de génétique marine.

Pour Karen Sack, de Pew Charitable Trusts, "c'est un grand moment pour la haute mer (...) et une vraie bonne nouvelle pour la vie dans les océans".

"L'accord obtenu aujourd'hui peut faire beaucoup pour garantir la protection de la haute mer, qui en a terriblement besoin", a souligné Sofia Tsenikli de Greenpeace dans un communiqué. "Le temps presse."

"C'est la plus grande biosphère de la planète et il n'existe pas encore d'instrument juridique pour y créer des parcs nationaux de la mer", explique Karen Sack.

Des conventions internationales réglementent déjà certaines activités comme la pêche ou certaines zones précises, mais il n'existe pas pour l'instant de texte couvrant l'ensemble des dangers qui menacent les fonds marins.


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Edito de la lettre de l'Iddri - Janvier 2015

2015 : le grand test

Institut de recherche sur les politiques - Institut du développement durable et des relations internationales

Teresa Ribera, Directrice de l'Iddri

Chers amis,

Presque vingt-cinq ans après le Sommet de la Terre, qui a mis le développement durable à l'agenda de l'action internationale, 2015 sera l’année de grandes échéances, avec notamment la décision de l’Assemblée générale des Nations unies sur les Objectifs de développement durable (ODD) en septembre et la conférence Paris Climat 2015 en décembre. Au terme de deux processus distincts, mais sur des enjeux qui ne peuvent qu’être reliés, ces deux événements ont chacun pour objectif de définir un cadre d’action renforcé pour l’avenir ; l’analyse des expériences passées (Objectifs du Millénaire pour le développement [OMD] dans le premier cas, conférences climat sous la houlette de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques [CCNUCC] et Protocole de Kyoto dans le second) contribuera à cette construction. Ces deux processus ont maturé, chacun arrive à une étape décisive, et cela converge temporellement.

Au même moment, Johan Rockström, Will Steffen et une équipe d’éminents scientifiques viennent de publier une mise à jour de leurs travaux sur les limites planétaires (www.sciencemag.org/content/early/2015/01/14/science.1259855). Le constat est sans appel. Quatre des neuf limites sont déjà franchies ou en cours de dépassement : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, le changement rapide d’usage des sols, et la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore. Ces limites sont pourtant définies comme les seuils à ne pas dépasser pour que « le système Terre ne bascule [pas] dans un état très différent [de l’actuel], probablement bien moins favorable au développement des sociétés humaines ».

Toujours dans Science (16 janvier 2015)

Les océans pourraient bientôt connaître une extinction massive de leur biodiversité


Illustration : Chronologie de l'empreinte des activités humaines sur les milieux terrestres et marins. La ligne du temps devient rouge avec le réchauffement climatique en cours. © D J McCauley et al. Science 2015;347:1255641

Extrait de Notre Planète 

Pour la première fois, une étude met en évidence l'impact global et alarmant des activités humaines sur la vie marine. Après la disparition, souvent irréversible d'une partie de la biodiversité terrestre, c'est au tour de la vie marine de connaître un dangereux basculement vers une véritable extinction massive.

La 6e extinction massive du vivant est en cours

Actuellement, la perte de biodiversité et les changements dans l'environnement qui y sont liés sont plus rapides qu'à aucune période de l'histoire de l'humanité. De nombreuses populations animales et végétales sont en déclin, que ce soit en termes de nombre d'individus, d'étendue géographique, ou les deux. Si la disparition d'espèces fait partie du cours naturel de l'histoire de la Terre, l'activité humaine a considérablement accéléré le rythme d'extinction.

L'extinction actuelle, provoquée par les activités humaines et notre mode de vie irresponsable, est comparable à une crise biologique majeure, comme celles, naturelles, qui ont entraîné la disparition de très nombreuses espèces vivantes. On parle actuellement de la 6e extinction massive de la biodiversité : elle a déjà des effets irréversibles sur terre et cause des dommages majeurs dans les mers et océans.

Les océans subissent une pression de plus en plus forte...

L’attente en cette année 2015 est donc claire : ce doit être l’année qui marque le passage de la maturation à une mise en œuvre à la hauteur des enjeux, l’année de l’épreuve de la réalité. Alors que l’ampleur des problèmes ne fait plus débat, nous devons être capables de créer suffisamment de confiance pour une ambition significativement renforcée et surtout suivie d’effet.

Un signal important sera donné dès le mois de juillet avec la conférence d’Addis-Abbeba (Éthiopie) sur le financement du développement. Ce sujet délicat, dans un contexte de contraintes économiques et d’un paysage de l’aide au développement profondément reconfiguré, sera crucial pour renforcer cette confiance et un élément important pour passer des objectifs à la mise en œuvre.

Un critère de succès des grands rendez-vous de 2015 sera d’une part l’appropriation de ces enjeux de climat et de développement par les pays et d’autre part leur capacité à inscrire l’action dans la durée. Ainsi, Paris Climat 2015 devra marquer une étape et engager irrémédiablement tous les pays dans des transformations profondes pour rester en-dessous d’une augmentation de 2°C.

En lien avec ce premier marqueur, un autre sera la capacité à enclencher une action cohérente dans les différents volets des politiques : cohérence entre les engagements internationaux et les politiques nationales, et entre les politiques économiques, sociales et environnementales. L’environnement ne peut plus être une option, un sujet technique, délimité, indépendant des objectifs économiques et sociaux.

Au fil de l’année, un grand nombre d’enjeux seront d’ailleurs traités. La réduction des risques de catastrophes sera à l’agenda du mois de mars, avec une résolution à la clé lors de l’Assemblée générale des Nations unies. La gouvernance de la haute mer, jusque-là zone de non droit, pourrait elle aussi évoluer en profondeur à cette occasion. Les questions de biodiversité traverseront les différentes négociations sur le financement, les ODD et le climat.

C’est d’ores et déjà un signe d’espoir important de voir de nombreuses initiatives de citoyens, de collectivités et d’entreprises déjà à l’œuvre, partout, dans tous les secteurs (énergie, mobilité, agriculture, économie collaborative, santé, etc.). L’enjeu des processus de négociations internationales est de donner l'impulsion et le cap pour amplifier ce phénomène et créer les conditions d’une transformation massive. Il s’agit de donner aux citoyens la capacité d’agir : à celui-ci l’accès à l’énergie pour la santé et l’éducation, à celui-là le choix d’un mode de vie plus durable.

En 2015, les processus de gouvernance internationale du développement durable ont donc l’occasion de passer avec succès l’épreuve de la réalité. Je nous souhaite à tous, mes chers amis, une année 2015 synonyme de validation de notre capacité d’action collective.

À l’Iddri, soyez-en sûrs, nous ferons tout pour cela, avec vous !

Teresa Ribera

Pour retrouver les chroniques et l'ensemble des activités de l'Iddri en vue de la COP21, venez visiter le blog cimat : www.blog-iddri.org

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Le 22 Janvier 2015

Forum économique mondial : Le rapport 2015 sur les risques mondiaux


Forum économique mondial : les retransmissions à ne pas manquer

Le Forum économique mondial annuel a lieu cette semaine en Suisse

Source : Irin

Le Forum économique mondial s’est ouvert ce mercredi à Davos, en Suisse.

L’évènement réunit comme à l’habitude des stars et des présidents, des universitaires et des banquiers, qui échangent leurs points de vue sur les problèmes du monde, mais aussi sur les opportunités, sous forme de discussions, de présentations, de rapports et de débats d’idées.

Cette année, les participants devraient aborder les thèmes d’Ebola, de la résilience des réfugiées, du changement climatique, de l’inégalité, des frontières et des migrations, ainsi que la question de plus en plus urgente de savoir si le système humanitaire est en crise.
Le Forum a évolué au fil des ans. Autrefois réunion élitiste des riches et puissants de ce monde pour discuter de l’état de la finance mondiale, l’évènement est devenu un rassemblement ouvert, véritable caisse de résonance pour les Nations Unies, les organisations non gouvernementales (ONG) et les militants sociaux. Ces derniers ont de plus en plus tendance à prendre la parole sur les différentes scènes de l’évènement au lieu de manifester à l’extérieur.

De nombreux exposés sont déjà en ligne et, grâce à la diffusion en direct, vous n’avez plus besoin d’un billet d’entrée au forum pour suivre les discussions.

Voici la sélection IRIN des interventions à ne pas manquer :
 
*Tous les horaires indiqués sont en heure GMT+1

Mercredi 21 janvier, 17 h 45

Le rapport sur les risques mondiaux est l’une des publications phares présentées cette semaine à l’occasion du Forum économique. Basé sur une enquête réalisée auprès de 900 membres du Forum, le rapport cartographie les risques sociaux, géopolitiques et environnementaux, étudie leur probabilité et leurs impacts et examine les mesures pouvant être prises pour y faire face. Les principaux risques mentionnés sont le manque d’eau, les conflits entre États et les maladies infectieuses. [http://reports.weforum.org/global-risks-2015/top-10-infographics/ ]. A télécharger Ici

Jeudi 22 janvier, 13 h 30

L’UNICEF présentera un nouveau rapport, intitulé The Investment Case for Education and Equity, qui analyse pourquoi des millions d’élèves ont peu ou n’ont pas accès à un bon enseignement malgré les efforts menés dans le monde entier pour résoudre ce problème. Interviendront notamment Angelique Kidjo, chanteuse et ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Yoka Brandt, directrice générale adjointe de l’UNICEF, ainsi que l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown.

Jeudi 22 janvier, 15 h 30

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a révélé une incapacité à faire face aux pandémies. Quelles leçons peut-on en tirer et à qui incombe-t-il de prendre les mesures appropriées ? L’ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan discutera de cette question d’actualité avec la secrétaire générale adjointe et coordinatrice des secours d’urgence sortante Valerie Amos, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial Ertharin Cousin et d’autres intervenants.

Jeudi 22 janvier, 19 h 45

Cette table ronde, qui traitera elle aussi d’Ebola, réunira Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, qui a été fortement critiquée pour sa réaction initiale à l’épidémie, Alpha Condé, président de la Guinée, l’un des pays touchés, Peter Piot, le médecin qui a codécouvert Ebola dans les années 1970 et d’autres personnalités importantes du secteur médical et pharmaceutique.

Jeudi 22 janvier, 21 h 30

À quoi servent les frontières dans notre monde globalisé ? Alors que de plus en plus de personnes se déplacent pour fuir l’instabilité, le terrorisme et les difficultés économiques, les frontières sont devenues une poudrière géopolitique. Antonio Guterres, haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés participera, avec d’autres personnalités, à cette table ronde sur les conséquences de l’ouverture des frontières.

Vendredi 23 janvier, 13 h 30

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde et le président tanzanien Jakaya M. Kikwete discuteront des ressources et des engagements nécessaires pour résoudre la question du changement climatique et de ses effets sur le développement et la croissance.

Vendredi 23 janvier, 21 h 15

Les philanthropes milliardaires Bill et Melinda Gates aborderont les moyens d’encourager l’action en faveur des nouveaux objectifs de développement durable des Nations Unies mis en place cette année pour succéder aux Objectifs du millénaire pour le développement.

Au-delà de Davos
Pour aller plus loin, nous vous recommandons également les synthèses quotidiennes et les réunions en marge du Forum de #BeyondDavos.

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Aires marines protégées│Congrès Mondial des Parcs 2014



AFD - Agence Française de Développement

Ajoutée le 22 oct. 2014

« Ce n'est pas un bar à sushi, c'est l'océan ! ». L'AFD est partenaire du Congrès Mondial des Parcs qui se déroulera à Sydney du 12 au 19 novembre 2014.
 
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En route vers le sixième congrès mondial des parcs !


L’UICN organise tous les dix ans depuis 1962 les Congrès mondiaux des parcs afin de faire un bilan du développement des aires protégées et de contribuer à définir leur agenda international pour la décennie à venir. La sixième édition du congrès se tiendra en novembre 2014. Le Comité français de l’UICN a lancé, au niveau national, un processus de préparation, avec ses membres et ses experts, pour valoriser l’expertise française.

Source : IUCN

Le sixième Congrès mondial des parcs de l’UICN se déroulera du 12 au 19 novembre 2014 à Sydney (Australie) et aura pour thème général « Des parcs, la planète et nous : des solutions sources d’inspiration ». Il se déclinera en trois priorités stratégiques : (a) valoriser et conserver la nature (les parcs) ; (b) trouver des solutions « naturelles » face aux changements globaux (la planète), et (c) une gouvernance efficace et équitable des services rendus par la nature (nous).

Le principal enjeu consiste à valoriser la contribution des aires protégées pour la conservation de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques, la santé et le bien être des populations, la gouvernance des territoires et plus globalement pour répondre aux défis du développement. C’est également à cette occasion que sera lancée officiellement la liste verte des aires protégées.

Illustration extraite du dossier sur l'appel aux entreprises et aux sponsors : Sponsorship Opportunies

Ce congrès constitue une occasion majeure pour valoriser l’expertise française en matière de conservation de la biodiversité, présenter les savoir-faire et les bonnes pratiques de nos réseaux d’aires protégées, et influer sur les orientations de la politique mondiale des aires protégées. Le Comité français de l’UICN a donc souhaité mettre en place dans le cadre de sa Commission des aires protégées, en coordination avec le GIP Aten, une plateforme pour faciliter la coordination des initiatives françaises et valoriser l’ingénierie des réseaux de gestionnaires d’aires protégées. La participation est ouverte à l’ensemble des membres de l’UICN et de l’Aten (ONG, établissements publics, ministères), aux experts des commissions et des groupes de travail, et plus globalement aux acteurs impliqués dans la création et la gestion des aires protégées.

Appel aux entreprises et aux sponsors

Une vaste gamme de possibilités de parrainage a été mise au point pour garantir des résultats intéressants pour les entreprises et les sponsors. Des documents de référence et des informations supplémentaires peuvent être fournis pour mieux comprendre les possibilités d'harmonisation et de bénéfice mutuel avec les sponsors. Nous espérons que vous participerez activement au programme du Congrès mondial des parcs 2014.

Quel intérêt pour les entreprises?

Les investissements dans les aires protégées et les institutions peuvent être rentables et offrir des avantages économiques et sociaux multiples, aussi bien pour le secteur privé que public. En mettant en avant l’engagement avec des intérêts sectoriels, nous encouragerons la collaboration entre les gouvernements, les entreprises, les populations autochtones, les communautés locales, les ONG, et les jeunes pour mettre en place une nouvelle approche avec des engagements concrets.

Le Congrès mondial des parcs 2014 représente pour le secteur privé une occasion unique de montrer à la communauté mondiale son engagement et sa responsabilité sociale et environnementale en matière de conservation et d'aires protégées.

Plus vous confirmerez tôt votre intérêt et votre soutien envers le Congrès, plus vous vous garantirez un niveau élevé de couverture médiatique. Une importante campagne de promotion, comprenant des publicités, des campagnes d’envois de mails directs, une diffusion ciblée et une couverture sur Internet, sera mise en place. Votre entreprise aura la possibilité d'être représentée en tant que sponsor principal du Congrès bien avant le début du Congrès. Extrait de la fiche : Le congrès mondial des parcs 2014

Pour plus d’informations sur le Congrès mondial des parcs et sa préparation en France :
• Site Internet officiel du Congrès mondial des Parcs
• Site Internet de la plateforme française

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Des avancées sur l'étude de l'impact de l'acidification des océans sur la biodiversité marine

La Convention sur la diversité biologique (CBD - Convention for biodiversity) a publié le 08/10/2014 son deuxième rapport sur l'impact de l'acidification des océans sur la biodiversité marine. Plusieurs membres de l'Institut Alfred Wegener pour la recherche marine et polaire (AWI situé à Bremerhaven, Brême) ont participé à sa rédaction en précisant l'impact sur la biologie marine au niveau des zones polaires. Ils ont ainsi pu relever que la morue polaire, élément clé des écosystèmes arctiques, ne grandit plus aussi bien sous l'effet combiné du réchauffement des eaux et de son acidification.

Source :  BE Allemagne

Néanmoins toutes les espèces ne réagissent pas de la même façon : certains varechs profitent des concentrations plus élevés de dioxyde de carbone dans l'eau de mer pour croître davantage via la photosynthèse. D'autres, tels que les copépodes (petits crustacés de l'ordre de grandeur d'un centimètre), n'ont pas de réaction apparente à la baisse actuelle du pH marin. Le rapport met ainsi l'accent sur l'importance de considérer l'acidification des océans comme un phénomène complexe dont les ramifications et les impacts nécessitent des études séparées, selon les lieux et les espèces étudiés.

De nombreuses questions restent en suspens, en particulier sur les capacités d'adaptation des coraux ayant une importance cruciale au sein des écosystèmes marins, mais qui nourrissent de nombreuses populations humaines à travers le globe et les protègent des inondations. Les chercheurs de l'AWI travaillent actuellement à la compilation des données qui sont à leur disposition pour construire des modèles d'écosystèmes marins qui permettront d'établir des scénarios plus précis concernant les évolutions en cours. L'objectif à court terme est de sensibiliser davantage les instances politiques nationales et internationales pour que celles-ci inscrivent cette thématique à leur agenda. Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a ainsi récemment intégré la problématique de l'acidification des océans à son cinquième rapport d'évaluation "Changement climatique 2014".

Sources :

- "An Updated Synthesis of the Impacts of Ocean Acidification on Marine Biodiversity", CBD Technical Series No. 75, 2014 - http://www.cbd.int/doc/publications/cbd-ts-75-en.pdf
- "Enorme Fortschritte in der Ozeanversauerungsforschung: Neuer Bericht fasst aktuellen Stand des Wissens zusammen", Brême, 08/10/2014 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/WaBnV

Rédacteurs : Sean Vavasseur, sean.vavasseur@diplomatie.gouv.fr - http://www.science-allemagne.fr

Accéder Ici aux rapports techniques de la convention sur la diversité biologique (CDB)

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Perspectives mondiales de la diversité biologique

Un rapport de l’ONU lance un appel pour une action globale audacieuse et accélérée pour répondre aux objectifs de la biodiversité d’ici à 2020

Le rapport présente les progrès et attire l’attention sur les implications d’un développement durable au cours du siècle


Cliquer Ici pour télécharger le rapport "Perspectives mondiales de la diversité biologique / Évaluation à mi-parcours des progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020"

Source : CDB - PyeongChang / Montréal, le 6 Octobre 2014

Des mesures audacieuses et novatrices sont urgemment requises si les gouvernements veulent respecter le plan stratégique globalement adopté sur la biodiversité et ses objectifs d'Aichi en 2020, selon un rapport sur l’état de la biodiversité mondiale.

Lancé aujourd'hui un an avant l’état à mi-parcours du Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 et la Décennie des Nations Unies sur la biodiversité, le quatrième rapport sur les perspectives mondiales de la biodiversité montre qu’il y a eu des progrès significatifs pour répondre à certaines composantes de la majorité des objectifs d'Aichi. Cependant, dans la plupart des cas, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour que le Plan stratégique 2011-2020 reste sur la bonne voie.

Le Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 et ses 20 objectifs d’Aichi sur la biodiversité, ont été adopté par la communauté internationale en 2010 à Nagoya, au Japon et ont depuis été réaffirmés par l'Assemblée générale des Nations Unies et au sommet le Rio + 20 en 2012.

Répondre aux objectifs d'Aichi contribuerait de manière significative à élargir les priorités mondiales plus larges abordés par l’agenda de développement post-2015; à savoir, réduire la faim et la pauvreté, améliorer la santé humaine, et assurer un approvisionnement durable en énergie, nourriture et eau potable.

Toutefois, l’atteinte de ces objectifs communs nécessite des changements dans la société, y compris une utilisation beaucoup plus efficace de la terre, de l’eau, de l’énergie et des matériaux, en repensant nos habitudes de consommation et, en particulier, en procédant à de grandes transformations des systèmes de production alimentaire.

Ban Ki-moon, Secrétaire général des NU , a souligné le lien entre la biodiversité et le développement durable: « Je prie instamment les États membres et les parties prenantes dans le monde à prendre en compte les conclusions du rapport sur les perspectives mondiales de la biodiversité dans leur planification, en reconnaissant que la biodiversité contribue à résoudre les défis du développement auxquels nous sommes confrontés et redoubler d'efforts pour atteindre nos objectifs communs, » a-t-il déclaré.

Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a déclaré : «La gestion responsable de la biodiversité de notre planète n’est pas seulement motivée par un sentiment commun de responsabilité envers les générations futures. Les facteurs incitant les décideurs politiques à sauvegarder la biodiversité sont de plus en plus de nature économiques. Sans une biodiversité en bonne santé, les moyens de subsistance, les services écosystémiques, les habitats et la sécurité alimentaire seront compromis ».

« Les mesures visant à réduire la perte de biodiversité appuieront inévitablement un large éventail d'avantages pour la société et jetteront les bases d’une transition socio-économique pour un modèle de développement plus durable et solidaire» a-t-il ajouté.

« La bonne nouvelle est que les Parties font des progrès et des engagements concrets pour mettre en oeuvre les objectifs d'Aichi sur la biodiversité.», a déclaré Braulio Ferreira de Souza Dias, Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique. « Toutefois, le rapport nous montre aussi que des efforts doivent être augmentés de manière significative pour la mise en oeuvre du Plan stratégique 2011-2020 pour la biodiversité et l’atteinte des objectifs d'Aichi ».

«Nos efforts peuvent et doivent être renforcées en combinant des actions qui répondent à des multiples facteurs de perte de biodiversité et d’objectifs divers. Le monde comprend de plus en plus les liens critiques entre la biodiversité et le développement durable. Les mesures nécessaires pour atteindre également les objectifs d'Aichi sur la biodiversité soutiennent les objectifs d'une plus grande sécurité alimentaire, des populations plus en santé et l'amélioration de l'accès à l'eau potable pour tous », at-il déclaré.

Avec les progrès réalisés à ce jour, des voies plausibles existent pour réaliser et mettre un terme à la perte de biodiversité, ainsi que réaliser les objectifs mondiaux liés aux changements climatiques, la dégradation des terres et le développement durable

Sur la bonne voie :

Dans la mise en oeuvre du Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020, il a été reporté des progrès dans les domaines suivants :

Zone protégées- Cible 11
La zone terrestre de la planète protégée pour sa biodiversité est en augmentation constante, et la désignation d'aires marines protégées s'accélère. Presque un quart des pays ont dépassé l’objectif de protéger 17 pour cent de leur zone terrestre.

Toutefois, la réalisation de la composante marine de la cible 11 requiert des efforts supplémentaires. Les Progrès sont plus importants dans les zones côtières, alors que les zones océaniques de haute mer, y compris la haute mer, sont beaucoup moins couvertes.

Accès et partage des avantages des ressources génétiques - Cible 16

Le Protocole de Nagoya entrera en vigueur le 12 Octobre 2014 après sa ratification par 51 parties avant l’échéance de 2015.

Cependant, des ratifications supplémentaires du Protocole de Nagoya, de même que veiller à ce que toutes les parties mettent en place, d'ici à 2015, des mesures administratives ou législatives et politiques sont nécessaires pour augmenter son opérationnalisation.

Stratégies de biodiversité et Plans d’actions- Cible 17

179 des 194 parties de la Convention ont développé des stratégies de biodiversité et des plans d’actions sur le plan national ; dont 57 sont toujours d’actualité.

Les domaines d'interventions requis :

Pour la majorité des cibles, des efforts supplémentaires sont requis pour assurer qu’ils soient atteints d’ici à 2020.

Par exemple :
  • Réduire de moitié la perte de tous les habitats naturels, y compris les forêts- Cible 5
  • Réduire la pollution, y compris celle issue de l’excès des éléments nutritifs - Objectifs 8
  • Réduction des nombreuses pressions sur les écosystèmes vulnérables marins et côtiers affectés par les changements climatiques ou l’acidification des océans, tels que les récifs coralliens – Cible 10
  • Eviter l’extinction d'espèces menacées connues amélioration de leur statut de conservation- Cible 12
  • Restauration des écosystèmes et développement de la résilience- Cible 15

Voie à suivre :

Le défi lié à la réalisation de plusieurs de ces objectifs découle de la réalité basée sur les tendances actuelles, les pressions sur la biodiversité vont continuer à augmenter au moins jusqu'en 2020 et l'état de la biodiversité continuera à décliner. Ceci en dépit du fait que les réponses de la société face à la perte de biodiversité augmente considérablement, et qu’il est attendu que les plans et les engagements nationaux devraient continuer à augmenter au cours de cette décennie.

Cela peut être dû en partie aux décalages entre les prises de mesures positives et les résultats positifs perceptibles. Mais cela est plus probable parce que les réponses sont insuffisantes par rapport aux pressions, de sorte qu'elles ne peuvent pas surmonter les impacts croissants des facteurs de perte de biodiversité, ce qui suggère que le travail pour s'attaquer à ces facteurs sera une priorité.

Chacun des objectifs d'Aichi ne peut être traité isolément. Les actions en faveur de certains objectifs auront une influence particulièrement forte sur la réalisation du reste.

Les voies plausibles existent pour la réalisation de la vision de 2050 pour mettre fin à la perte de biodiversité, en collaboration avec des objectifs clés du développement humain, tels que limiter le réchauffement climatique à 2°C , lutter contre la désertification et la dégradation des sols. Toutefois, l’atteinte de ces objectifs communs nécessite des changements dans la société, y compris une utilisation beaucoup plus efficace de la terre, de l’eau, de l’énergie et des matériaux, repenser nos habitudes de consommation et en particulier procéder à de grandes transformations des systèmes de production alimentaire.

Pour télécharger le rapport, veuillez visiter : www.cbd.int/gbo4

Pour plus d'informations, veuillez contacter : Shereen Zorba, Cheffe , de la salle des médias Programme des Nations Unies pour l'environnement, Tél.: + 254 788 526 000, e-mail : Shereen.zorba@unep.org et David Ainsworth, Chargé d'Information, Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique à + 82 (0) 10 2149 0526 (jusqu'au 17 octobre 2014) ou au david.ainsworth@cbd.int

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Le 1 Avril 2015

Climat : « on mobilisera sur les solutions, pas sur le constat » défend Nicolas Hulot


Sénat : Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, commission du développement durable (Sénateur(s) : Maurey Hervé, Raffarin Jean-Pierre)

Audition de Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président de la République française pour la protection de la planète, sur la Conférence Paris climat 2015 (COP21)

Durée : 45:38 / Date : 01/04/2015

Pour plus d'informations : Sénat

Climat : « on mobilisera sur les solutions, pas sur le constat » défend Nicolas Hulot

« Nous avons des motifs d’être inquiets, du moins de ne pas tomber dans un optimisme béat », a confié Hervé Maurey, président de la commission du développement durable du Sénat à Nicolas Hulot, auditionné ce matin par le Sénat.

Source : Public Sénat par Natacha Gorwitz

Avant minuit, hier soir tous les « pays prêts à le faire » devaient présenter leur « contributions nationales » pour la lutte contre le réchauffement climatique. A huit mois de la Conférence de Paris qui doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, seuls 3 pays sur les 195 pays participants ont communiqué leurs objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, en tant que pays hôte, « la France joue gros dans cette affaire » souligne l’ex-premier ministre, Jean-Pierre Raffarin.

Conscients de l’enjeu, les sénateurs étaient nombreux ce matin. « Le monde qu’il y a autour de la table témoigne de [notre] intérêt » souligne Jérôme Bignon qui a confirmé auprès de l’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète : « on est à disposition et on est mobilisé ».
« Le scepticisme n’est plus un argument opposable »

 « Tous les modèles scientifiques montrent que « les conséquences » du réchauffement climatique, au-delà de deux degrés, seront « irréversibles ». Aujourd’hui, le « constat » est avéré et « le scepticisme n’est plus un argument opposable » a martelé Nicolas Hulot. D’ailleurs, parmi les « 195 Etats » participants, aucun ne s’y risque : « pas un ne conteste la responsabilité de l’humanité » dans le réchauffement climatique.

Actuellement, nous sommes « à un carrefour », ajoute-t-il : « On a fait le constat », mais « on n’a pas encore réalisé ce qu’il faut développer et ce à quoi il faut renoncer ». « Je comprends l’état de sidération » confie-t-il puisqu’« on découvre que la norme, c’est pas l’abondance mais la rareté ». Or, « la rareté ça se pilote » commente Nicolas Hulot, sinon « c’est la pénurie ».

« A Lima, certains ont sous-estimé la défiance des pays du Sud »

« A Lima, certains ont sous-estimé la défiance des pays du Sud ou des pays les plus vulnérables à l’égard des promesses annoncées à Copenhague ». Il avait été question de doter le « Fond Vert » de « 100 milliards » de dollars par an d’ici « 2020 ». Aujourd’hui, « ces pays ne nous croient plus » explique Nicolas Hulot. Promis par les pays industrialisés lors de la conférence de Copenhague en 2009, le Fond vert pour le climat n’a dépassé que la barre 10 milliards à Lima en décembre dernier. Il faut « aborder ces sujets dans la transparence et la confiance », ajoute Nicolas Hulot, notamment à l’occasion du « G7 » et surtout, du « G20 » qui aura lieu deux semaines avant la COP21.

La Conférence sur le climat tombe en même temps que les régionales, « une coïncidence malheureuse »

« Le calendrier n’est pas opportun », regrette Hervé Maurey puisque la Conférence sur le climat « tombe en même temps que les élections régionales ». Même si cela « a été signalé », aujourd’hui c’est « acté », ajoute le président de la Commission du développement durable du Sénat. « Je le déplore également », surenchérit Nicolas Hulot. C’est une « coïncidence malheureuse », ne serait-ce qu’ « en termes de politesse » à l’égard des 195 pays que la France accueille sur son sol pour la COP21. Apparemment, il n’aurait pas été possible de faire autrement, en raison de « problèmes constitutionnels », précise l’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète.
« Pour convaincre, il faut dessiner un horizon désirable »

Si, la Chine était arrivée « à reculons à Copenhague », le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète s’« inquiète » aujourd’hui des conséquences de « la pollution » et s’est « mobilisée » sur le sujet, précise-t-il. De même, le risque d’ « instabilité » que présente le réchauffement climatique, est « un argument de poids auprès des Etats-Unis » et auquel « les Républicains » sont sensibles précise Nicolas Hulot. « En moyenne », « 27 millions de déplacés » en raison du réchauffement climatique, un chiffre qui pourrait atteindre « plusieurs centaines de millions » au « milieu du siècle ».

Certes, les négociations en cours prennent parfois l’allure de « tragiques parties de poker » « où chacun abat ses mauvaises cartes en premier ». Nicolas Hulot en est convaincu, « on mobilisera sur les solutions, plus que sur le constat ». «  J’entends trop souvent : ‘comment peut-on faire autrement ?’ » déplore-t-il. Si « nos institutions ne sont pas adaptées aux enjeux globaux », « nous ne sommes pas pris en défaut sur le modèle de transition énergétique » explique-t-il d’un ton rassurant. La « seule » question à se poser, c’est « quand et à quel rythme » nous entreront dans « l’économie bas-carbone ». « Pour convaincre, il faut dessiner un horizon désirable » insiste-t-il pour conclure.

La question des « financements », une « priorité »

D’un point de vue pratique, pour atteindre « les objectifs », il faut « des instruments pour les réaliser ». L’accès aux « financements », c’est « une priorité », précise Nicolas Hulot. « Si on ne donne pas un prix au carbone » nous ne pourront « pas rentrer dans une économie bas-carbone » insiste-t-il. Aujourd’hui, il y a « 650 milliards de dollars de défiscalisation aux énergies fossiles » dans le monde, précise-t-il autant de fonds qu’ « il faut flécher » vers « des modèles » de transition énergétique. L’autre « sujet difficile », c’est la question de « la transparence » et de « l’évaluation de ces engagements » puisque cela touche à la « susceptibilité » des Etats.

Une chose est sure, « le monde ne s’arrêtera pas » en cas d’ « échec à Paris », souligne Nicolas Hulot. Mais, ça provoquerait un « sérieux coup d’arrêt » aux négociations. A terme, cela serait « lourdement préjudiciable pour nos économies et nos démocraties ». Cette conférence sur le climat, « c’est l’occasion ultime de nous retrouver sur ce qui nous rassemble » a-t-il insisté.

L’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète a appelé les sénateurs à se mobiliser, que ce soit à travers les groupes d’amitié, ou plus largement, sur le terrain, aux côtés de la société civile. A leur demande, il s’est engagé à fournir aux parlementaires une « feuille de route » à suivre sur les actions possible à conduire. En outre, une proposition de résolution sera examinée par le Sénat sur les objectifs à l’occasion d’un un débat public dans l’hémicycle.

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