mardi 28 janvier 2014

Mortalités ostréicoles : 2014 l'année des solutions ? Chiche ?

Enquête sur les mortalités ostréicoles...

En 1904, Sidney Paget dessinait le portrait de Sherlock Holmes... L'élevage des huîtres n'en était qu'à ses débuts... Depuis un siècle, l'histoire de l'ostréiculture est parsemée de crises mortifères non résolues... (Illustration tirée de Wikipedia)

Revue de presse "Mortalité des huîtres 2014" : Ici

Rapport d'expertise judiciaire (Puyt) : cliquer Ici

Ces derniers mois, nous avons mis en ligne plusieurs articles de Jean-François Le Bitoux, publiés sur le site de Paul Jorion...

En tant que vétérinaire, Jean-François Le Bitoux propose de mener une enquête sur les mortalités ostréicoles sous l’angle épidémiologique, c’est-à-dire d’étudier les facteurs influant sur la santé et les maladies des populations d’huîtres, en partant d’observations de terrain... Son approche est donc locale (au cœur des populations, des élevages et des gisements naturels)... Il faut donc avoir des informations précises qui ne peuvent venir que des gens du terrain, essentiellement des ostréiculteurs : «... au vétérinaire de retrouver ses petits... avec l'aide des éleveurs ! Sans l'expérience de l'éleveur et sa connaissance et sa sensibilité aux détails locaux, rien n'est possible. Et de toute façon c'est l'éleveur qui mettra en place les solutions s'il le veut vraiment... »


Changer d'échelles pour...
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    Forum : Vous pouvez réagir et ajouter un commentaire ici pour faire avancer l'enquête sur les mortalités ostréicoles (constatations en mer, analyses personnelles, suggestions dans la recherche de solutions...)

    Huître et Abeille, même combat ? Un constat des apiculteurs : Janvier 2014. Mortalités massives d'abeilles dans les Pyrénées : Des milliers d'abeilles mortes...

    Mortalités ostréicoles : 2014 l'année des solutions ? Chiche ?

    Jean François Le Bitoux, Vétérinaire

    Reprendre les enquêtes sur les mortalités ostréicoles sous un angle épidémiologique afin de proposer des solutions pratiques.

    Dans le Blog de Paul Jorion (http://www.pauljorion.com/blog/?s=Le+Bitoux), j’ai souligné qu’il est possible de faire un parallèle entre les crises qui se déroulent dans le monde financier et celles qui perturbent le monde aquatique en aquaculture de crevettes et de coquillages, sans oublier les proliférations d’algues toxiques.

    Paul Jorion a débuté sa carrière d’anthropologue et d’économiste en étudiant la vie des métiers de la mer en Bretagne (cf. « Les Pêcheurs de d’Houat 2012 », et avec Geneviève Delbos « La transmission des savoirs 1984 » qui traite de la saliculture et de la conchyliculture). En lisant ces documents, il m’est apparu que les méthodes de travail, les exigences et les conclusions de l’anthropologue étaient proches de mon propre ressenti.

    Par ailleurs, j’ai vécu personnellement en aquaculture de crevettes des situations difficiles similaires à celles rapportées en ostréiculture en France depuis plus d’une dizaine d’années. En fait des problèmes comparables ont été décrits en élevage terrestre industriel (1950/80), en aquaculture commerciale de crevettes (1975/2000) avec ses succès (Equateur, Amérique centrale) et ses difficultés actuelles (Nouvelle Calédonie, Mexique, Thaïlande). Il parait donc intéressant et utile de réviser la vie des écosystèmes aquatiques sous un angle différent de celui qui est imposé par l’approche officielle qui freine et stérilise les débats. Mais il ne faut pas se tromper de combat : comme en crevetticulture, les solutions pratiques seront définies sur le terrain et pas en bavardant autour d’une table, ni dans un blog.

    Il ne doit donc pas y avoir de confusion et le but de cette discussion n’est pas de développer une réflexion intellectuelle sur la subtilité ou la complexité des mécanismes en jeu mais sur leurs solutions. Le vétérinaire n’est pas théoricien par plaisir mais un scientifique généraliste qui recadre des observations multiples, relevées à des échelles de temps et d’espace différentes, de la cellule à l’organisme, du troupeau et à l’écosystème dans leur historique, leur vécu et leur devenir, pour les coordonner dans une grille de cohérence qui lui permet de faire des hypothèses thérapeutiques puis de définir des traitements et une prévention. Nous aurons l’occasion de préciser les étapes de la démarche.

    Une enquête épidémiologique est la recherche d’éléments impliqués dans la santé d’une population afin de mieux comprendre l’apparition de déséquilibres et de troubles pathologiques ; c’est une véritable enquête policière qui cherche à mettre en exergue des détails ou des paramètres de l’écosystème que l’on oublie « quand tout va bien » et qui dans des circonstances nouvelles, prennent une importance imprévue puisque son rôle était inconnu. L’enquête épidémiologique est affaire de terrain pas de réunionite. C’est donc la recherche de paramètres qualitatifs ou quantitatifs souvent subtiles qui contribuent en positif et en négatif à la santé et au risque pathologique d’un écosystème toujours complexe et en déséquilibre continu. C’est là que l’enquête épidémiologique rejoint l’anthropologie ; elle ne se contente pas de travailler sur des documents scientifiques mais elle doit savoir entendre des arguments qualitatifs parfois contradictoires et tenter d’incorporer ces paradoxes dans une cohérence nouvelle.

    Des lots identiques d’animaux survivent très bien ici mais dépérissent dans un parc ou un bassin voisin. Tous les éleveurs ont vécu ces situations et ce n’est pas en les niant qu’on résoudra leurs problèmes. Dix aquariums apparemment identiques dans une même pièce évoluent en dix écosystèmes visiblement différents en quelques semaines. Et certains seront plus sensibles aux risques pathologiques, d’autres moins.

    Rester à l’écoute : Je me suis toujours demandé pourquoi ce qui est relativement simple à partager avec un confrère ou une consœur vétérinaire semble si difficile à expliciter à un tiers, même de formation scientifique. Nous n’avons évidemment pas les mêmes repères et nous n’accordons pas la même importance à tel ou tel détail. N’en va-t-il pas de même quand je vais chez le garagiste ? Il n’est pas envisageable de résumer en quelques lignes les années de formation qui construisent l’expérience d’un médecin ou d’un vétérinaire de terrain. La médecine est « Art et Science », ce qui est une façon de reconnaître que les aspects qualitatifs des phénomènes peuvent avoir autant d’importance que d’autres difficiles à quantifier et que l’expérience de l’homme de l’art est plus importante que l’enregistrement automatique de plus en plus de paramètres. Rester à l’écoute du patient et savoir partager ses conclusions est une nécessité pour ausculter, diagnostiquer puis faire appliquer un traitement, guérir et prévenir. Il faut écouter les acteurs personnellement et dans le cadre de leur travail pour comprendre l’un et l’autre (Empathie de l’anthropologue).

    Internet est essentiel mais parfois trompeur. Le scientifique a souvent tendance à se référer uniquement à des publications validées par ses pairs. C’est une façon de rester dans une tour d’ivoire alors qu’Internet donne la parole à quantités d’informations disparates mais utiles (vidéo, télévision, rapport de stages, magazines et quotidiens locaux et nationaux) : il faut savoir les consulter d’un œil critique en prenant son temps. Certains aimeraient croire que l’usage d’Internet leur donne la science infuse. Un patient passe plus de temps sur des sites d’Internet que chez son médecin et cela ne facilite pas forcément les échanges entre eux.

    Alors à quoi peut servir ce blog ? C’est une tentative de sortir de réunions et de discussions vides d’arguments techniques solides, dignes du Café du commerce. L’ambition finale affichée de ce blog est donc de contribuer à résoudre les différentes pathologies aquatiques précitées par des méthodes écologiques et économiques. Je me propose de rapprocher des situations similaires d’origine multifactorielle afin d’en tirer des conclusions générales et pratiques. Dans tout écosystème, il y a toujours des énergies physicochimiques différentes d’un site à un autre qui orientent les équilibres biologiques et la vie de la biodiversité : nous devons apprendre à en apprécier l’impact et l’importance.

    Mais que nul ne se leurre, cette démarche ne portera de fruits qu’avec une participation active des acteurs qui se sentiront concernés. Nous tenterons de répondre aux préoccupations exprimées pour transformer de ce qui peut paraître pour l’heure comme un argument scientifique d’autorité en une évidence zootechnique : « on peut résoudre les mortalités ostréicoles et crevetticoles ainsi que les proliférations planctoniques toxiques en améliorant la qualité de l’écosystème ». Personne ne doute que dans un environnement aquatique sain des populations élevées restent saines ! Et chacun sait que le premier travail d’un éleveur consiste précisément à entretenir un environnement aussi sain que possible, quelle que soit l’espèce. Il faut donc apprendre à gérer nos jardins aquatiques côtiers pour y favoriser la biodiversité, signe d’une qualité de nourriture planctonique de qualité, qui favorise à son tour la santé des élevages. Rien ne se fait jamais «tout seul » ! Si la réponse paresseuse est de « continuer comme avant », quand la nature faisait tout, toute seule, c’est perdu d’avance !

    L’interrogation sur le délai d’adaptation des technologies innovantes  réside dans leur acceptation locale par les acteurs concernés puis leur mise en place dans un contexte national soumis à des intérêts contradictoires qu’il faudra reconnaître. C’est parce que les services rendus par la nature ne sont plus les mêmes en 2014 qu’il faut commencer par savoir mieux en apprécier la qualité, l’efficacité et les limites de façon à les renforcer. Et c’est bien dans cette dimension écologique que se trouvent les solutions à ces problèmes.

    Dans un monde où tout s’accélère, nous pourrions en voir des résultats rapidement. Comme dans une enquête policière de séries télévisées, les techniques les plus modernes peuvent mettre en exergue des paramètres jusque-là ignorés (qualité des matériaux, des sédiments,..). Il n’existe pas deux écosystèmes identiques et tout dépend du terrain et une enquête professionnelle n’est pas la recherche de consensus : l’approche scientifique n’est pas démocratique ou alors elle ne l’est que dans la mesure où une pathologie est supportable (ou pas ?) à la majorité.

    Pour une approche multifactorielle de processus complexes, des références d’exigence !

    Paul Jorion, L’implosion (Ed. Fayard 2008) p. 260 : « Ce que l’on constatait – ce que j’avais pu observer pour la première fois dans les recherches que j’avais menées dans le milieu de la pêche, en France comme en Afrique de l’Ouest - , c’était que les situations de crise ne sont pas, comme on le croit souvent, des situations anormales où tout fonctionnerait autrement qu’à l’habitude, mais bien plutôt des situations où les règles implicites qui président aux comportements dans les situations ordinaires apparaissent soudain au grand jour, parce que les parties, acculées, sont obligées de les énoncer, cette fois en termes explicites pour être sûres de se faire entendre ».

    Henri Poincaré « Le savant doit ordonner ; on fait la science avec des faits comme une maison avec des pierres ; mais une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierres n’est une maison » La Valeur de la Science, 1905
    Avec Poincaré, c’est une nouvelle exigence scientifique qui annonce les sciences du XXème siècle qui construisent (encore) la biologie et la médecine de notre siècle. C’est un clin d’œil à Marc Henry (http://www.marchenry.com/) et à l’équipe toulousaine qui depuis 10 ans autour de Jean Yves Gauchet (http://h2omonamour.blog.fr/), apportent un regard nouveau et dérangeant sur les propriétés de l’eau. Il faudra les prendre en compte pour résoudre nos problèmes en meilleure connaissance de cause ! Mais rien n’est gagné d’avance.

    Une ultime référence inutile ? On espère avoir suffisamment d’écoute pour échapper au syndrome « Ernest Duchesne » celui d’une ignorance officielle totale de résultats innovants (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Duchesne)

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    Le 30 Janvier 2014

    Dénoncer des erreurs largement partagées qui faussent les débats avant de lancer toute enquête – 1 ( Y’en aura d’autres !)

    Jean-François Le Bitoux, Vétérinaire

    Billet 1

    L’interrogation sur le délai de mise en place de thérapeutiques efficaces, curatives et préventives débute par l’effacement de blocages conscients et inconscients qui contribuent au statu quo.

    Parmi les erreurs de « bon sens » qui bloquent toute conversation et toute possibilité de progrès, il y a l’idée qu’on ne peut rien faire puisqu’un parc ostréicole se situe en milieu ouvert ; certains se situent en eaux profondes. Il faut savoir que, même en pleine mer, des cages d’élevage de poissons peuvent induire des proliférations d’algues toxiques car elles modifient la courantologie localement. Chaque dégazage en pleine mer détruit la biodiversité locale pendant des jours, le temps d’épurer des éléments polluants, puis de reconstituer une flore bactérienne et planctonique.

    Une pathologie est la signature que l’écosystème s’est refermé sur lui-même au moins provisoirement et qu’on n’est plus en milieu vraiment ouvert : certains paramètres locaux ont pris une importance qu’ils n’avaient pas auparavant, par excès ou par carence. Ce sont les conditions locales qui régulent la biologie de l’écosystème, sa santé et le risque pathogène. Les apports anthropologiques (pollution) y jouent souvent un rôle de plus en plus important mais il existe des étangs éloignés de toute contamination humaine où des proliférations d’algues bleues toxiques provoquent des mortalités chez le gibier local : les conditions naturelles locales ne sont pas suffisantes pour éviter cette dérive. On peut aussi comprendre que des animaux sauvages morts localement contribuent à entretenir des proliférations d’algues toxiques – mais c’est une hypothèse gratuite !

    Les maladies ne sont pas seulement l’expression de germes. Louis Pasteur semble avoir imprimé dans bien des esprits le rôle « déterministe » des germes dans les maladies infectieuses. Les germes sont souvent en cause en médecine humaine mais le rôle de l’environnement dans le déclenchement d’une infection est plus important en descendant dans l’évolution. Chez les mollusques il faut être plus attentif à la gestion des paramètres environnementaux qui influent sur les défenses des organismes. Les germes (virus, bactéries) mis en cause en pathologie aquatique sont le plus souvent des pathogènes secondaires dépendant de l’écosystème. Nous tenterons de le montrer simplement.

    Il faut donc commencer par mieux gérer l’environnement avant toute sélection génétique : on fait de la génétique en fonction de choix zootechniques et pas l’inverse ! Ce que Pasteur et ses élèves ont aussi montré c’est que la génétique - terme inconnu à l’époque- des germes était souple et changeante. Quand la population augmente, des mutations rapides fabriquent des pathogènes, plus rapidement que les organismes en élevage ne renforcent leur défense. C’est la reconnaissance de cette loi épidémiologique qui a permis de développer l’aquaculture industrielle de crevettes en écloserie puis en bassin et de dépasser des moments difficiles.

    Une erreur qui découle de la vision pastorienne dénoncée précédemment : « Docteur, ôtez-moi le pathogène et je m’occupe du reste ! », sous-entendu « Tout le reste est parfait et redeviendra comme avant » ! C’est une erreur profonde : Rien ne revient jamais « tout seul» comme avant. Car tout change  et tout s’use continuellement et la biologie est multifactorielle : cela signifie qu’aucun paramètre isolé n’est déterministe – pas même les nitrates dans les marées vertes - et qu’il ne faut surtout pas espérer qu’en corrigeant un paramètre isolé « Tout serait comme avant !». Par contre il faut corriger l’environnement pour lutter contre cette usure, ce vieillissement naturel.

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    Le 3 Février 2014

    La nécessité d’un autre regard pour apprécier les commentaires des anciens et les services rendus par la nature

    Jean-François Le Bitoux, Vétérinaire

    Billet 2

    Le vétérinaire de campagne est un généraliste qui intervenait le plus souvent comme un partenaire de l’éleveur, un conseil ou un « coach » appelé quand les animaux ne réagissent pas comme prévu, avant même d’être « malade ». C’est une personne auquel il peut confier ses problèmes en espérant un coup de main pour se sortir d’un mauvais pas et éviter d’y retomber.

    L’épidémiologie, c’est la recherche de détails essentiels parfois connus mais ponctuellement oubliés, des pépites au milieu de montagnes de produits de moindre intérêt. Pour les sélectionner parmi les résultats qui se sont accumulées au cours des ans, il faut les observer avec un autre regard ou changer de lunettes. Les problèmes rencontrés en ostréiculture obéissent aux mêmes lois que les pathologies d’élevage industriel. Tous rassemblements d’organismes de mêmes espèces favorisent des maladies connues. Qu’il s’agisse des grandes pestes moyenâgeuses qui ont duré quelques siècles ou de l’apparition de nouvelles pathologies industrielles dites « émergentes », inconnues jusqu’alors.

    Et que peut-on faire pour en limiter l’apparition et à défaut l’impact ? Réduire les rassemblements c'est-à-dire les densités d’élevage et mieux entretenir de meilleures conditions sanitaires. N’est-ce pas ce que les uns et les autres redécouvrent si on en croit la presse professionnelle ? C’est ce que nous avons fait en élevage de crevettes : ceux qui y réussissent dorment bien la nuit, les autres mal. Tout éleveur connait ces situations !

    Alain Rouyé (-http://forum17.pagesperso-orange.fr/) relate avec force détails une vie d’ostréiculteur qui a vu la profession évoluée. Son regard souligne un paramètre mal quantifié donc mal apprécié de tous, des professionnels, des chercheurs et des administrations, celui de la capacité trophique d’un écosystème. Il rapporte : "La production d'un bassin semi-fermé comme celui de Marennes-Oléron est limitée par la capacité nutritionnelle du milieu » d'après un article de M. Héral de 1986. Et il rajoute sa propre analyse que je reprends in extenso comme une invitation à tout relire : « Ainsi, ce qui tracassait les ostréiculteurs il y a 50 ans mais n'intéressait pas les scientifiques de l'époque, est maintenant bien cerné: c'est bien la surcharge du bassin qui est la cause de tous les maux qui ont accablé l'ostréiculture dans le dernier demi-siècle. La quantité de nourriture disponible restait stable, ce qui n'est guère étonnant. En augmentant inconsidérément la quantité d'huîtres dans le bassin, on les prive ipso facto d'une alimentation suffisante et leur vitesse de développement s'en trouve ralentie. Pourquoi les ostréiculteurs se sont-ils donc acharnés à toujours augmenter les tonnages d'huîtres en production, alors que la majorité d'entre eux était consciente du problème? J'imagine que, du point de vue des scientifiques le manque de connaissances des intervenants associé à l'appât du gain, étaient principalement en cause. »

    En élevage de crevettes aussi nous avons vécu la même histoire et il a fallu plus de 10 ans pour s’en rendre compte ! On imaginait que la crevette se nourrit des aliments distribués, comme un poulet mais elle a absolument besoin du plancton naturel pour le digérer: c’est en apprenant à entretenir la productivité naturelle que la profession a progressé !

    Tant que tout va bien, chacun récolte sans trop se poser de question sans apprécier à leurs justes valeurs les « services rendus par la nature » ! C’est quand la réalité se durcit, cogne et fait mal qu’il faut tout réviser. Le diable est dans le détail. Et sur chaque site les détails et les diables peuvent être différents ! En voici un qui est douloureux : la capacité trophique n’est pas stable d’une année sur l’autre ! Ces observations et ces concepts n’ont rien de révolutionnaires : tous les éleveurs l’ont appris à leurs dépens - et ça m’a coûté cher ! - Mais l’éleveur doit améliorer sa zootechnie d’élevage en conséquence.

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    Le 7 Février 2014

    Enquête épidémiologique : Trop d’info tue l’info.

    Jean-François Le Bitoux, Vétérinaire

    Billet 3

    Revenons aux lois biologiques qui régulent pathologies et épidémies en attendant d’évoquer « les lois humaines » qui y participent. D’un côté il existe des lois physicochimiques qui existent depuis des milliards d’années et de l’autre  les lois des hommes, un code civil fluctuant âgé de deux siècles. Prétendre ignorer les premières ou s’en affranchir n’est pas seulement ridicule mais suicidaire et c’est pourtant ce qui se déroule sous nos yeux. En matière de pathologies ostréicoles, depuis plus de 20 ans, des montagnes d’information s’accumulent. Mais on vit une curieuse époque où  un excès de recherche deviendrait «contre-productif » : Trop d’info scientifique tue l’info.

    Fin 2012, le colloque mondial sur l’ostréiculture organisé en France a permis de faire le point sur une situation mondiale préoccupante mais sans faire apparaître de solutions (www.oysterworldcongress2012.com). Le site est riche d’informations tout comme le site de l’Ifremer (http://wwz.ifremer.fr/institut/L-institut/Actualites/Les-Nouvelles-de-l-Ifremer-N-140). Pourtant en matière de pathologies conchylicoles, l’été 2013 fut encore catastrophique : les choses vont de mal en pis.Il semble que l’excès de données sur le web finisse par inquiéter les acteurs plus que rassurer : Tout ce qui est dit et publié est-ce de l’Info ou de l’Intox ? Qui croire ? Comment faire le tri ? Les choses sont-elles si compliquées qu’elles en deviennent désespérantes ? Avançons-nous dans la bonne direction ? Nul n’y arrivera jamais ?

    Il semble que cette crise de confiance dans « le progrès » soit largement partagée. Les plus hautes autorités « morales et scientifiques » s’inquiètent aussi de perte globale de crédibilité : tout acquis peut être remis en question sans même être discuté par le premier venu ou pire par le premier sous-préfet venu ! Le colloque de rentrée de la saison 2013-14 du Collège de France avait pour thème « la  réhabilitation du rôle de l’expert scientifique ». L’Institut Diderot traitait récemment de « L’avenir de l’antiscience » (A. Moatti). Sans compter les publications de l’IHEST (La science en jeu, Partager la science,…) et quantités de livres comme « L’apocalypse joyeuse » (JB Fressoz) ou « Une autre science est possible » ( I.Stengers) ni oublier des dizaines de conférences passionnantes d’Etienne Klein, de J.M. Levy Leblond disponibles sur le web. Tous sont inquiets : versons-nous dans « une ère d’illettrisme scientifique » ?

    Il existe donc une ambiance nationale qui peut servir de mauvaise excuse aux déboires ostréicoles. L’aquaculture marine est loin d’être aussi complexe que d’autres domaines scientifiques  (physique quantique, cancers,…) mais le fait que « la Science » ne répond pas clairement inquiète les professionnels. Nous vivons des situations écologiques pathologiques variées (proliférations d’algues, mortalités animales en élevage et dans la nature, etc.) qui sont répandues dans le monde entier et qui n’auraient pas de réponse ? Ces problèmes existent sans doute depuis la nuit des temps et les connaissances récentes ne serviraient à rien ? Erreur : nous avons vécu ces situations en aquaculture de crevettes et nous les avons résolues ; ce fut le travail de tout un pays.

    J’ai eu l’occasion de raconter une visite sur un parc ostréicole paimpolais (http://www.pauljorion.com/blog/?p=60590) où tout allait très bien : il devient essentiel à tout professionnel de savoir reconnaître quand tout va bien. Mais la suite de l’histoire est tout aussi inquiétante : un haut responsable de la profession m’a affirmé qu’il n’existait pas de région en France qui n’était pas atteinte par ces mortalités ! Que signifie sous l’angle épidémiologique une telle affirmation quand chacun sait que de tout temps, il y a eu des mortalités dans les parcs ostréicoles mais personne ne disait rien tant que l’entreprise gagne de l’argent. Nous avons connu les mêmes situations en élevage de crevettes en Equateur. Dès les premières années, les élevages se réjouissaient de survie à peine supérieure à 50 % ! La perte de la moitié des animaux n’est jamais une bonne nouvelle pour un éleveur et elle est franchement intolérable pour une vétérinaire ! Il faut s’interroger sur la solidité de la zootechnie d’élevage dès les premières mortalités.

    Ce qui se passe à un endroit obéit aux mêmes lois physicochimiques générales mais leur application est spécifique à l’écosystème local et à la gestion de l’éleveur. En public chacun ne raconte que ce qu’il veut bien partager et ce que l’auditoire peut accepter. C’est ainsi qu’il est devenu banal d’affirmer que les excès de nitrate provoquent des marées vertes alors que certains ostréiculteurs savent que pour gérer leurs claires et éviter d’être envahies par ces ulves, ils ont pu rajouter des engrais nitratés de manière contrôlés et ainsi entretenir une prolifération de diatomées nutritives pour leurs élevages (http://www.pauljorion.com/blog/?p=56556). Bref l’explication simpliste plaira au plus grand nombre mais les lois physicochimiques ne sont pas des lois démocratiques ! Et le choix d’utiliser des lois simplistes a un coût car elles sont très induffisantes.

    Au cours d’une visite chez son médecin ou son vétérinaire, pour faire un diagnostic, le professionnel questionne  le patient afin de rechercher les grandes lignes de la pathologie exprimée puis des détails spécifiques ; il imagine plusieurs maladies possibles, il en élimine des dizaines, il chercher à mieux comprendre la vitesse d’évolution des phénomènes mesurés et rapportés puis il teste la cohérence entre ces informations : il est normal que cela paraissent disparates au non professionnel : chacun son métier ! Et le patient ou l’éleveur ne peuvent pas avoir conscience de l’importance de certains détails dans le diagnostic. S’il en avait conscience, ils les auraient corrigés d’eux-mêmes et la pathologie ne se serait pas aggraver.

    Aujourd’hui des milliers de données se sont accumulées et comme ils sont accessibles sur le web, il devient de plus en plus difficile de faire une hypothèse de travail sur l’origine des maux et de la tester quand on ne sait ni d’où ça vient ni où on va ! Plus il y a de données, plus il est difficile de résoudre le problème pathologique qui se pose depuis plus d’un siècle et qui a évolué avec le temps et les sites.

    Il faudra que « LA» ou les solutions scientifiques à ces déséquilibres écologiques soient capables d’intégrer les centaines de données accumulés : ce sera alors une belle confirmation théorique pour ces hypothèses de travail ! 

    Pour autant, sur le terrain, personne ne se satisfera de solutions intellectuelles ou théoriques : c’est la mise en pratique qui sera la seule arme de conviction massive ! Et pour ce faire, il faudra bien que les professionnels sachent et acceptent de les mettre en place. Les solutions sont celles qui ont été développés en aquaculture moderne ailleurs dans le monde celle que j’ai déjà indiquées pour lutter contre les marées vertes : il faut apprendre à cultiver nos jardins aquatiques.  Et ce sera plus facile à faire en ostréiculture où un professionnel est responsable de ses parcs que pour lutter contre les marées vertes. Mon pari est qu’une fois la démonstration réalisée  dans un domaine, il sera possible de les appliquer ailleurs mais c’est un parcours du combattant ou une course de haies : il restera bien des haies administratives à sauter pour que la Nature retrouve ses fonctions naturelles. En attendant, il faudra que la zootechnie ostréicole évolue et qu’elle redéfinisse elle-même ses nouvelles normes d’élevage pour vivre dans un écosystème qu’elle entretient, comme tous les autres élevages !

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    Le 13 février 2014

    Toute biologie est multifactorielle

    Jean-François Le Bitoux, Vétérinaire

    Billet 4

    Toute analyse scientifique se veut simplificatrice : elle vise à partager des propriétés communes à des systèmes et des écosystèmes visiblement différents. Elle gomme les difficultés qui la dérangent, considérées comme mineures et inutiles pour en comprendre le fonctionnement quand tout va bien. Et ce n’est que provisoire ! Par exemple, le changement de saison en zone tempérée ou tropicale est un paramètre difficile à quantifier mais qui ne peut être neutre ; chaque agriculteur ou jardinier sait qu’un hiver froid ou doux aura un impact sur les productions suivantes sans savoir s’il sera bénéfique ou pas. Quand tout va bien, on ne se pose pas de questions inutilement (= Principe du moindre effort universel !). La Nature complète notre ignorance des régulations subtiles mais de prochaines pathologies pourront les révéler (cf. La phrase de Paul Jorion citée dans les références d’introduction).

    C’est bien ce que la profession aquacole a vécu en crevetticulture pendant une trentaine d’années : des paramètres inconnus au niveau du laboratoire et durant les premières années où tout est neuf, ont pris de l’importance au fil des ans et des pathologies inconnues ont émergé. Tous les élevages industriels ont connu ces époques difficiles et désespérantes qui imposent de profondes remises en question. Quand les élevages vont moins bien, il faut revenir sur ses pas et se poser les bonnes questions : qu’avons-nous modifié d’une année sur l’autre ? Mais quand les choses vont de mal en pis, les conditions environnementales se sont tellement modifiées qu’on a souvent « oublié » ce qu’étaient les conditions de départ. On peut encore se retourner vers les informations « non scientifiques » des témoins locaux : ce sont souvent des informations précieuses.

    Le multifactoriel, ce n’est pas de la théorie : c’est la Nature au travail au quotidien

    Que signifie « multifactoriel » dans ce contexte? Imaginons que dix paramètres contribuent à affaiblir les animaux et à stimuler la virulence de germes opportunistes : dans un premier écosystème ce seront les 4 premiers qui induiront une maladie, ailleurs les 4 derniers, ailleurs encore 2 paramètres reconnus (température, pH) et d’autres mal connus (redox) ou carrément inconnus. La complexité impose de tenter de reconsidérer des concepts apparemment contradictoires et de les restructurer de manière cohérente. Et le scientifique doit donc être capable de simplifier les phénomènes complexes.

    Il est un processus d’origine multifactorielle connu tous dont la quantification précise nous échappe en grande partie et que l’on a tendance à minimiser : le vieillissement. Tout vieillit les organismes et les écosystèmes ! Et les processus peuvent être normaux et pathologiques. La croissance des animaux est-elle aussi bonne d’une année sur l’autre ? Si non, pourquoi ? Un ralentissement de croissance alors que les conditions environnementales semblent correctes, doit être vécu comme un avertissement de la nature : le nier est une erreur.

    En biologie, quelle que soit l’espèce, animale ou végétale, l’étiologie pathogénique la plus élémentaire à rechercher est une hygiène sanitaire insuffisante qui tienne compte du vieillissement normal. Tous les élevages installent des séparations entre les catégories d’âge. Il faut rappeler qu’Ignace Semmelweis fut longtemps ridiculisé pour prétendre que « se laver les mains » réduirait les mortalités dans les hôpitaux des années 1850. Avant même de connaître l’existence puis l’importance des « germes », il lui fut possible de progresser. Ce qui se déroule sous nos yeux sur nos côtes, en matière d’ostréiculture et de proliférations d’algues, ressemble à cet épisode. Mettre en exergue un virus, une bactérie ou une algue toxique est une explication insuffisante en écosystème aquatique ; et vouloir l’éviter par la génétique est une fuite en avant. Ces organismes ne font que révéler des modifications environnementales qu’il faut préciser et corriger. Aujourd’hui, nous vivons une époque identique et sans connaître les germes impliqués il est possible de développer des solutions sur les bases d’un siècle d’expériences. Mais pas sans les éleveurs évidemment !

    Sur le terrain malgré les temps durs, personne ne baisse les bras. M. Goulven Brest, ancien président de la CNC, se réjouissait des efforts et des progrès réalisés par les professionnels localement mais il a démissionné pour protester contre l’organisation inefficace des « secours » auxquels sa profession a droit. Pendant ce temps sur les forums les professionnels échangent des avis intéressants. Ailleurs les médias (télévisions nationales et régionales,  rapport d’étudiants,… ) proposent des témoignages et des reportages « vécus » qu’il faut savoir écouter et prendre au sérieux. Les conditions d’élevage changent quand on gère de plus en plus d’animaux et les éleveurs devront intégrer cette dimension dans leur gestion du quotidien.

    Pourtant sans la moindre connaissance de biochimie il y a des décisions administratives qui restent inexplicables sous un angle technique. Le reclassement d’une exploitation d’un site vers un autre quand les croissances ne sont plus aussi bonnes est une erreur qui s’est reproduite pendant plus d’un siècle et qui explique qu’il a fallu sans cesse changer de sites pour se développer : n’est-ce pas une démonstration que c’est l’écosystème local qui a changé ? Assez curieusement les fermes de crevettes en Asie ont vécu quelques années sur les mêmes erreurs ; elles ont migré à travers la Thaïlande jusqu’à ce que les fermiers apprennent à mieux gérer leurs sites. Pas besoin de biochimie ni de génétique pour en faire le constat que la capacité nutritive d’un site se modifie en vieillissant. Et des animaux moins bien nourris sont plus sensibles à n’importe quel opportuniste pathogène peu virulent au départ. Les solutions découlent de ce constat et elles sont locales. Il n’y aura pas de solutions sans une révision du quotidien : quand les conditions d’élevage changent surtout quand l’éleveur gère de plus en plus d’animaux, toute solution passe par une hygiène sanitaire plus exigeante adaptée à ses conditions locales. A une pathologie multifactorielle il y a des solutions locales personnalisées avec ou sans des concepts scientifiques contre intuitifs ! http://www.l-encre-de-mer.fr/2014-02-07-miser-sur-la-nature-avec-des-huitres-naturelles-nees-en-mer/

    Nous laisserons la conclusion à Mr TOURRET, président de IMP - Institut Maritime de Prévention, lors de la Journée Mondiale des Pêcheurs, le 22/11/ 2013 : « Le problème est de faire comprendre la complexité à des gens ayant des idées simples sachant qu’il faut réduire la complexité. »

    C’est bien la situation des élevageset l’éleveur a conscience de difficultés mais pas forcément de toutes : il faut donc l’aider à les dépasser mais cela ne se fera pas par des discours mais sur le terrain car chaque situation est unique. Affirmer que les mortalités ostréicoles, crevetticoles et les proliférations d’algues toxiques appartiennent aux mêmes familles de pathologies émergentes d’origine culturelle, humaine peut paraître une complication inutile mais une fois des solutions définies cette simplification apparaîtra « évidente »: en corrigeant l’une, on corrigera les autres. Cela vaut donc la peine de se remettre en question !

    PS Avec un bonus intellectuel qui devrait satisfaire professionnels et scientifiques ! La démonstration que le problème est «correctement théorisé », réside dans le fait qu’il devient possible de « recaser » - mettre dans une case - les résultats et les observations enregistrés depuis plus de dix ans, en toute cohérence.

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    Le 19 février 2014

    Souvenirs de laboratorio et de camaronera : La mémoire de l’eau de mer

    Jean-François Le Bitoux, Vétérinaire

    Billet 5

    Antonio avait la mine défaite des très mauvais jours : c’était un désastre. Dans ses bacs d’élevage, les larves de crevettes nageaient lourdement, blanchâtres, moribondes. Il maugréait : « C’est de ma faute ! J’ai tout faux ! Je n’aurais pas dû remplir mes bacs un soir de pleine lune pendant la grande marée ! Ça porte malheur ! »

    Dans ces années 1970/85, l’Equateur vit au rythme du développement d’une nouvelle industrie marine, l’aquaculture de crevettes qui envahit des territoires côtiers, souvent oubliés du développement économique dans une atmosphère de ruée vers l’or – bleu ! A l’origine de  miracle économique inespéré, les observations d’agriculteurs de Machala, capitale de la province au nom prédestiné d’El Oro, qui ont remarqué que des jeunes crevettes piégées dans des lagunes naturelles y grossissent et atteignent une taille commerciale en quelques mois. Ils ont alors construit des lagunes artificielles et les ont ensemencées de juvéniles sauvages. En quelques années, ils ont acquis un solide savoir-faire dans la construction de bassins d’élevage, la gestion de l’eau et la production de nourriture ; des crevettes dans un bassin, ce sont des dollars qui nagent : l’aquaculture de crevettes et les camaroneras sont nées.

    En 1980, un groupe de gringos avait réussi un défi original : faire pondre les espèces de crevettes sauvages locales et élever leurs larves dans l’environnement contrôlé d’une écloserie, localement dénommée Laboratorio car le suivi quotidien des animaux relève de la précision d’un travail de laboratoire. Une crevette adulte pond en pleine mer des milliers d’œufs d’où naissent des larves planctoniques dénommées nauplius, puis zoé et mysis, avant de devenir en trois semaines un juvénile qui migre vers les estuaires jusqu’à la taille adulte puis retourne au large. L’Indien équatorien de la côte est d’un naturel accueillant et ouvert à la nouveauté. En quelques années il a observé, absorbé et digéré ces innovations et les a faites siennes : ce qui hier était un exploit technique est aujourd’hui partagé, banalisé. Il existe dorénavant des dizaines d’écloseries le long de la côte, des camaroneras qui couvrent des milliers d’hectares à travers le pays et la crevette est devenue le troisième produit à l’exportation après le pétrole et la banane.

    Antonio dirige une écloserie artisanale située sur la longue plage de sable qui borde la Péninsule de Salinas, pointe la plus avancée de l’Amérique du Sud dans le Pacifique. Son travail consiste à élever les larves et les juvéniles pour les camaroneras. Or ce matin-là en se penchant sur ses bacs, c’est la catastrophe : des millions de larves et de postlarves sont mortes ou mourantes. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive mais c’est toujours un choc et un amère sentiment d’échec : sa réputation est en jeu !

    Isabella, sa femme, tenta de consoler son Tonio. Tous deux sont récemment sortis de l’université. Ils ont les pieds dans les deux mondes, indien et gringo, et ils rêvent d’en construire un autre, meilleur. Au sein de l’entreprise Isabella produit le plancton adapté à la taille des larves. Elle sait apprécier l’évolution quotidienne des cultures d’algues, en percevoir l’état de santé mais elle aussi vit parfois des échecs inexpliqués. Et elle tente de rester vigilante aux signaux que Pacha Mama, mère nature, envoie ; elle cherche à les déchiffrer plutôt que de les nier sous le mauvais prétexte qu’on ne les mesure pas. Elle avait signalé à Tonio qu’il y a sur la plage des traces d’un sable noir, métallifère, potentiellement toxique. Il avait repoussé cette idée car ce sable a toujours été là et il n’avait rien vu d’anormal les premières années.

    Etudiante, Isabella avait fait un stage dans une station maritime de recherche français, l’occasion de vivre l’espace d’un semestre, la vie excitante d’une jeunesse sans préoccupation et de refaire le monde. Il existait aussi en France des laboratoires de recherche aquacole qui subissaient des problèmes similaires mais faute de savoir les résoudre, ils avaient choisi d’utiliser de l’eau de mer artificielle pour assurer les cultures planctoniques : idée coûteuse et saugrenue, paresseuse et totalement irréaliste au niveau d’une exploitation commerciale.

    Antonio connait la Péninsule comme sa poche et l’eau de mer du Pacifique y est de qualité océanique, la plus pure qu’il soit du moins à l’époque car le site est devenu touristique et la qualité de l’eau peut s’en ressentir localement. Quand il avait entre 15 et 20 ans, il avait suivi les vagues océanes d’un spot de surf à l’autre en dormant sur la plage pour ne rien rater ; Internet n’existait pas mais un réseau téléphonique efficace permettait à quelques dizaines de copains de se retrouver là où les vagues étaient les plus généreuses. Il avait vu naître ces entreprises et grâce à l’habileté acquise dans la construction des planches de surf, il avait participé à la mise en place des équipements de PVC et de fibre de verre. Bref, il connaissait les sites, les hommes et certains éléments clefs de la technique d’élevage.

    L’expérience a montré à diverses reprises que les jours de grande marée, des problèmes diffus et confus s’amoncellent dans les écloseries et même dans certaines fermes d’élevage; aucun paramètre physicochimique ou bactériologique ne semble vraiment anormal et pourtant, ces jours-là tout va de travers. Quand un problème biologique inconnu se répète, quelle que soit l’équipe en place, il faut accepter que quelque chose d’inexpliqué nous dépasse tous.

    Curieusement, certaines écloseries industrielles prétendent ne pas être affectées. Ce genre de paradoxes n’a aucun sens pour un esprit qui se veut scientifique ! Pourquoi le sort s’acharnerait-il sur les petites ? Ou alors, les grandes auraient-elles des techniques secrètes pour conjurer ce sort ? Là, on touche une fibre sensible commune aux éleveurs du monde entier qui rend l’analyse scientifique difficile, quasi impossible : c’est un monde qui bluffe sans cesse car les malheurs des uns font parfois le bonheur des autres. Il faut en effet compter avec les secrets de fabrication : une dose de ceci, un tour de main de cela, quelques poudres appliquées au bon moment peuvent avoir un effet inexpliqué, apparemment magique ! Tous les éleveurs ont des savoir-faire personnels multiples, des secrets et des non-dits qui participent au succès de l’élevage qu’il s’agisse de lapins, de cailles ou de crevettes. Il est incontestable que l’éleveur est celui qui connaît le mieux son territoire, son histoire et ses particularités, les spécificités de la météo, celles des sols, les séquences saisonnières, la circulation de l’eau, etc. Il sait et sent ce qui contribue à faire de son site, de son terroir, un microclimat, un écosystème unique. Et la santé de ses animaux reflète autant de micro-ajustements quotidiens. Bref l’histoire, le succès et les déboires d’un élevage résultent aussi d’un suivi conscient et inconscient difficile à analyser. Alors, les conférences et les recommandations théoriques des scientifiques comptent peu et l’éleveur n’y prête qu’une oreille distraite. Pour résoudre ses problèmes, il n’attendra pas son salut de quelques réunions de bureau de scientifiques et d’administratifs, même si ce bureau est ovale.

    L’Indien n’est pas un théoricien mais il observe et collecte l’information. Il est discret avec tout le monde y compris avec les siens même si entre soi on se comprend à mi-mot. Il passe facilement d’une entreprise à la suivante soit qu’il se lasse du lieu, soit qu’on se lasse de lui et cette circulation des techniciens et des biologistes entre les entreprises contribuent à homogénéiser les connaissances. Pendant la grande marée, il ne faut pas pomper d’eau : tout le monde le sait dans les écloseries et dans les fermes! Cette somme d’expériences personnelles est plus puissante qu’une approche scientifique « statistique ». Quelle expression vide de sens ! Comment vérifier scientifiquement qu’il y a des mortalités anormales pendant la grande marée alors que pas un éleveur ne veut perdre la face, ni reconnaître de telle difficulté ? Voilà bien le paradoxe : comment affronter scientifiquement un problème que nul ne souhaite avouer et qui n’existera peut être jamais dans les statistiques officielles ?

    Isabella avait rapporté de son séjour en France du matériel d’analyse pour améliorer le suivi de ses cultures. Elle avait profité d’une offre promotionnelle pour acquérir un pH mètre équipé non seulement d’une sonde pH mais aussi d’une électrode de platine dite « redox ». Mesurer le pH permet de suivre l’acidité d’une solution. Enregistrer le potentiel d’oxydoréduction ou redox d’une solution, c’est en apprécier la tension électrique de la solution analysée et qui donne ainsi une idée de ses propriétés oxydantes. L’eau de mer est une solution paradoxale. Certes elle est riche de sels variés mais comme que algues et bactéries les utilisent, pH et redox des bassins évoluent continuellement. Peu de biologistes utilisent de sonde redox car il n’en existe pas de mode d’emploi simplifié et chacun devra le réinventer pour son usage. Les aquariologistes ont observé que dans un aquarium vieillissant le redox baisse et ceci en affecte la vie, la reproduction et la santé des poissons.

    Isabella a pu mesurer dans ses cultures d’algues que le redox évolue au cours de la journée et les paramètres qui l’influencent sont difficiles à cerner. Si le biologiste n’a pas su en maîtriser l’usage, c’est que ce paramètre appartient simultanément aux domaines de la physique, de la chimie, de la biochimie et de la physiologie et qu’il est difficile de faire la part de l’un et de l’autre. C’est pourquoi en médecine humaine il reste encore un paramètre confidentiel à l’écart des approches scientifiques classiques – mais pour autant promu à un bel avenir

    José, son ami et client, avait appelé Antonio : il venait d’observer des mortalités dans un bassin qu’il allait récolter en période de grande marée car les bassins se vident mieux en grande marée qu’en morte eau. Isabella sauta dans la voiture pour accompagner Antonio : c’est toujours une fête de rouler sur les chemins de terre qui mènent à une camaronera à travers la savane et la faune sauvage. Ici un grand morpho bleu qui vole en zigzagant, là un iguane qui se prélasse au soleil, sans oublier de prélever une orchidée avec ses racines pour son jardin. Elle n’a pas oublié sa trousse d’analyses ayant une idée précise en tête. A l’arrivée, le bassin affecté était à moitié vide et des crevettes mortes gisaient sur le fond. Sans s’arrêter, elle se dirige vers la prise d’eau de la ferme installée sur un bras du Guayas où de gigantesques pompes aspirent l’eau de l’estuaire. La sonde plongée directement dans l’eau du fleuve lui indique une très forte baisse du signal redox comme elle l’avait pressentie. Quelques heures après de retour à l’écloserie, à 150 km de la ferme, elle constate le même signal appauvri sur sa plage favorite.

    Elle appela Antonio pour lui faire constater la mesure. « Si je plonge la sonde aujourd’hui dans l’océan, je mesure une tension redox basse sur notre plage alors qu’elle était normale il y a 48 heures. Il se passe un phénomène électrique similaire dans notre eau de qualité « océanique » et dans l’estuaire du Guayas qui est provoqué par le brassage des sédiments pendant la grande marée, ici le sable noire métallifère et là-bas, les vases. Dans les grandes écloseries, les traitements additionnels compensent cet effet néfaste. En fait une cellule vivante fonctionne comme une électrode hypersensible : elle respire plus ou moins bien en fonction de la tension redox environnementale omniprésente. C’est ce que nous disent crevettes et plancton, mais aussi tous les animaux et les algues qui les accompagnent. Tonio, il n’y a pas de mauvais sort les soirs de nouvelle ou de pleine lune mais un effet de la grande marée».

    Antonio l’enlaça émerveillé et admiratif: « Chapeau bas Guapa ! La science me fait peur parfois mais ce soir tu me rassures et je dormirai mieux ! Mais alors dis-moi, ne serait-ce pas la mémoire de l’eau qui tue plancton et crevettes les nuits de pleine lune ?
    - Si tu veux Tonio mais c’est d’abord une énergie subtile et omniprésente qui les entretient et les fait vivre. C’est une énergie que produit Pacha Mama et que le gringo ne sait pas analyser, ni interpréter et qu’il préfère donc ignorer. Il faudra que nous en prenions conscience bon gré mal gré car c’est l’énergie masquée et oubliée de toute vie ! ».

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    24 février 2014

    Pluie, productivité primaire, naissain et autres soucis ostréicoles

    Jean-François Le Bitoux

    Billet 6

    En remontant du Roussillon vers ma Bretagne natale, j’ai fait une halte chez Jean Pierre, un ami de Monique (http://www.pauljorion.com/blog/?p=60590) ostréiculteur en Marennes Oléron.

    Le long de la route des Côtes de Bourg et des Côtes de Blaye, les terres agricoles sont drainées des pluies de l’hiver. Une fois arrivé en territoire ostréicole Jean Pierre me fait remarquer que les modifications du paysage urbain et agricole des dernières décennies ont affecté son travail. Drainer les terres gorgées d’eau pour les remettre rapidement en exploitation a aussi un effet sur son travail dont on mesure mal l’impact d’une année sur l’autre. Les rivières locales et les estuaires marins sont enrichis d’eaux douces transportant aussi des résidus agricoles qu’il est tentant de désigner comme autant de pesticides. Y-a-t-il quelque part un suivi de ces pesticides ? Et quand bien même, quel est l’impact de ces cocktails inconnus sur le plancton et nos animaux en élevage ? Je n’ai pas la moindre idée de la réalité de cette accusation mais il y a dans cet afflux d’eau douce d’autres pièges tout aussi pernicieux. Quelques jours de dessalure peuvent être vécus comme un avantage mais de longues semaines peuvent avoir des effets contraires. En biologie et en thérapeutique, c’est la dose qui fait le poison. Et on peut passer de l’un à l’autre sans même s’en rendre compte. Une dessalure progressive sur un écosystème sain relance la production planctonique.

    Une eau douce « de qualité» est un élément indispensable à stimuler la production primaire et il existe quantités de documents qui en soulignent les bienfaits sur la biodiversité. En Italie aux alentours de Venise, c’est l’eau douce des Alpes voisines qui au printemps contribue à entretenir plancton et populations de coques. Un phénomène similaire a été constaté au Venezuela dans des fermes de crevettes sous influence d’une eau de montagne apparemment excellente. Bref la qualité des eaux douces est aussi un paramètre essentiel de la productivité primaire qu’il faut prendre en compte. En 2008, la tempête Xynthia a induit en pleine mer une prolifération d’algues diatomées toxiques : elle est liée aux grandes quantités d’eau douces enrichies de limon terrestre dans les eaux côtières et qui se sont dispersées lentement malgré des battements des marées de plusieurs mètres. On a l’impression que les allers-retours des marées assurent un renouvellement complet de l’eau dans une baie mais il n’en est rien : c’est la même masse d’eau qui reste en place et les apports terrigènes sont épurés sur place. Et les productions planctoniques reflètent ce métabolisme qu’ils s’agissent  d’algues vertes, rouges ou bleues. Chacun sait - ou croyait savoir, moi le premier - que les proliférations d’algues bleues cyanophytes (= bactéries photosynthétiques) se développent essentiellement en eau douce ou fortement dessalées. Une fois que vous avez vécu une prolifération sournoise car peu visible, d’algues bleues dans un bassin à une salinité de 32 pour mille, vous devez revoir des conclusions acceptées trop vite ! Ces algues donnent un goût de vase et il faut donc les éliminer pour redonner une valeur commerciale aux productions. Les préoccupations de Jean Pierre sur l’impact des modifications du paysage terrestre sur les capacités trophiques de l’écosystème nourricier sont donc très légitimes.

    L’autre préoccupation est l’impact des dessalures sur le captage et le naissain capté. Quel sera l’effet de plusieurs journées de dessalure sur un captage récent ? Même quand tout semble aller pour le mieux et que les collecteurs sont garnis, le naissain se révèle plus ou moins fragile à la manipulation lors du détroquage : un phénomène de sensibilité au stress des manipulations que connaissent les éleveurs de toutes les espèces. Dans un premier temps chacun attribue secrètement ses succès et ses échecs au matériel utilisé, aux différents types de collecteurs, à la période exacte à laquelle il a travaillé, bref à un savoir-faire qu’il ne partagera pas et qui reste flou !

    Comme rappelé dans le billet précédent, le monde de l’aquaculture de crevettes en Equateur a vécu avec des concepts similaires car il est aussi secret et refermé que tous les autres éleveurs ! Ne pas discuter avec ses voisins et encore moins avec les « scientifiques » n’est pas de la mauvaise volonté : quand tout va bien, il n’y a rien à dire ! C’est quand ça va mal que le vocabulaire manque. Je ne fais pas mieux quand je vais chez le garagiste ou que l’écran de mon ordinateur devient noir. Je n’ai pas plus de vocabulaire pour gloser sur les vins que j’ai apprécié le long de mon parcours touristique !

    Il est donc difficile, en fait impossible, de collecter une information précise quand on ne dispose pas auparavant des structures scientifiques et techniques dans lesquelles ces informations prendront du sens. Certes il existe un non-dit qui voudrait préserver quelques secrets de fabrication et tous les éleveurs en ont sinon ils ne seraient pas aussi efficaces. Toutes les approches qui font un métier ne sont pas toujours « scientifiques » et l’éleveur sait parfois mieux que le scientifique porter des réponses simples à des situations complexes sur « son » écosystème ! L’agriculteur se bat chaque année dans des conditions différentes et se posent quantités de questions propres à son exploitation qui n’ont pas de réponses simplistes.

    La méthode scientifique a fait la démonstration de son efficacité mais nous avons déjà évoqué qu’elle vit aussi une réelle remise en question : les techniques deviennent de plus en plus pointues et difficiles à échanger de manière simpliste, sur des réseaux sociaux : ces mondes n’utilisent pas les mêmes langues, ni les mêmes grilles d’appréciation ou de lecture. En secret scientifique et non scientifique espèrent encore à juste titre ! Pourtant l’oncle Albert (Einstein) nous rappelle que ce n’est pas en utilisant des technologies qui nous ont conduit à l’échec, que nous nous en sortirons : il faut oser se remettre en question et se renouveler, innover et inventer. C. Kiener (The oyster question) nous a dit qu’aux USA les productions ostréicoles périclitent depuis plus d’un siècle et de la façon dont chacun s’y prend, il n’y a aucune raison que ça s’arrange : il va donc falloir faire preuve d’imagination !

    Jean Pierre m’a confié quelques tests qu’il avait menés avec succès pour améliorer ses productions. Je n’en ai pas le détail et nous savons que des modifications apparemment mineures peuvent prendre une importance inattendue. Comme en Equateur en aquaculture de crevettes (Billet n° 5), le moment dans le cycle de marée où les animaux sont mis à l’eau peut avoir un impact bénéfique ou négatif sur la suite de l’élevage. Pour autant Jean Pierre comme Monique se remémorent régulièrement des pratiques culturelles que leurs parents utilisaient en routine et qu’ils ont parfois oubliées ou pire, que leurs voisins ont abandonnées. Car quand un voisin ne gère pas correctement ses animaux, tout l’écosystème peut en pâtir.

    Là on touche un autre aspect délicat de n’importe quel élevage ; autant chacun a des coups de main secrets qu’ils ne souhaitent pas partager, autant il peut aussi oublier quelques soins auxquels il n’attache pas suffisamment d’attention. Et ce sont ces détails accumulés qui construisent une production saine, plus efficacement qu’une génétique mal maîtrisée ! Et ces détails accumulés bons et moins bons qui font succès ou pathologies, nul n’en parlera autour d’une table chez le préfet ! C’est sur le terrain qu’on peut vivre et analyser l’évolution (ou non) de la qualité de l’écosystème : en parler comme d’une généralité reste du bavardage inutile, m’a déjà fait remarquer Hippolyte, à très juste titre. Sur France Culture, Dr Houssin présente son livre « Face au risque épidémique » et souligne qu’en matière d’épidémiologie : « Le danger, c’est d’abord l’oubli : la catastrophe survient surtout quand on l’oublie ; c’est un proverbe japonais et ils s’y connaissent ! » J’ai cru entendre des déclarations similaires dans la bouche de Jean Pierre : « Revenons à ce que nous faisions bien et nous aurons résolu une grande partie de nos problèmes ». Parfaitement d’accord avec toi, Jean Pierre ; j’avais déjà entendu ce genre de réflexion en Equateur. On en reparlera.

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    Le 12 mars 2014

    La Nature reprend la main !

    Jean-François Le Bitoux

    Billet 7

    A l’heure où je clos ce billet, un coup de vent et de fortes houles menacent encore la Bretagne. La semaine passée, la presse locale rappelle que la dureté de la nature a repris le dessus. Le Télégramme (Lannion 25/02/14) titre « Coup dur chez les ostréiculteurs » et constate les dégâts des tempêtes de janvier. Sur la côte de Granit Rose, une longue et forte houle de noroit a saccagé des parcs ostréicoles et détruit des stocks qui se trouvent être ceux où je m’approvisionne régulièrement quand je rentre au pays.

    Certes ces parcs n’avaient jamais vécu de tels phénomènes mais on a le devoir de s’interroger : quelle est la fréquence historique de telles tempêtes ? Avant cet accident de parcours, ces producteurs avaient connu de belles années de production y compris de triploïdes sans mortalité majeure - à l’étonnement de leurs collègues m’avait confié l’un d’eux. Il s’agissait effectivement de sites ostréicoles neufs. Pourtant ces écosystèmes limités en surface étaient en cours d’envasement ou plus précisément de « réduction chimique des sédiments » - des photos en témoignent - et les productions de ces deux dernières années commençaient à en être affectées. L’homme semble avoir une mémoire sélective et limitée des phénomènes naturels, tantôt en se souvenant des bons souvenirs – l’année où les pêches furent miraculeuses – tantôt les mauvais ! Les tempêtes ont probablement des effets locaux qui peuvent rester ignorés du reste de la population ? Toujours est-il que de nombreuses entreprises ostréicoles ont dû affronter «la tempête du siècle » peu de temps après leur installation et en subir le retour peu d’années après ! Bref nous sommes mal informés des risques climatiques locaux. A Leucate au grau des ostréiculteurs, on a construit un ouvrage conséquent destiné à faciliter la circulation des bateaux entre la lagune et la mer mais qui s’est trouvé ensablé et bloqué peu de temps après sa réalisation ; ce risque n’avait pas été considéré par les études préalables !

    Ce qui nous intéresse dans la situation de ces ostréiculteurs lourdement affectés, c’est que dans un écosystème vierge de toute production ostréicole - où il existe une faune conchylicole sauvage variée- on peut tout de même faire l’hypothèse qu’il s’agit de sites où ces tempêtes sont suffisamment fréquentes pour nettoyer régulièrement les sédiments ; il y avait peu de dépôts de sable sur ces sites. Aujourd’hui ils sont quasiment remis à neuf ! Faut-il s’y installer pour quelques années ou retourner dans un site traditionnel et abrité mais forcément envasé en conséquence ? Un meilleur abri aux coups de tabac est aussi candidat à l’envasement chronique. Et l’avantage d’une protection naturelle devient un inconvénient car l’épuration de l’écosystème y rencontre plus vite des limites : le risque d’anoxie y est supérieur à celui d’un site plus ouvert, pour une même production. La faible biodiversité locale en témoigne.

    Sur la lagune de Leucate ce sont des coups de vents de Tramontane qui nettoient l’eau et en partie les sédiments. Le nettoyage naturel y est plus ou moins efficace selon leur fréquence. Aux alentours du 15 août, un calme plat peut être préjudiciable à la production tandis qu’une tempête de quelques jours limitera le risque d’apparition de marées rouges, repoussera les eaux vers la mer ce qui assurera un retour d’eau de mer neuve et le remplissage de l’étang en fin du coup de vent. Avec un peu de chance et beaucoup d’énergie éolienne, la qualité de l’eau se maintient jusqu’à Noël. Sinon, on risque la fermeture pour causes de marées rouges plus ou moins fortes.  Car les marées rouges et les autres mortalités ostréicoles ont la même origine : un vieillissement accéléré des stocks d’eau de mer et du sédiment. Nous avons aussi vu récemment que certains sites se nettoient sans intervention humaine : au Pays de Galles, une forêt âgée de près de 4.500 ans s'est extirpée du sable à la faveur des tempêtes ! (http://www.franceinter.fr/depeche-une-atlantide-verte-revelee-par-les-tempetes).

    Cette même semaine, le nouveau président du syndicat des ostréiculteurs de La Teste de Buch Lionel Foucart indique dans la presse que ses priorités seront de suivre la qualité des eaux agricoles et le dragage du port. La FNSEA s’inquiète aussi de la gestion des eaux de ruissellement ; « L’entretien des cours d’eau fait des remous » titre le Sud-Ouest du 21/02/14. « La goutte d'eau qui fait déborder le vase chez les agriculteurs » annonce la Dépêche du Midi. (http://www.ladepeche.fr/article/2014/03/01/1829380-tarbes-agriculteurs-la-goutte-d-eau-qui-fait-deborder.html)

    Est-il possible que l’entretien des ruisseaux et des fossés posent tant de problèmes à la République et à l’agriculture en 2014, et à l’ostréiculture de manière plus subtile mais tout aussi pathogénique ? On vit une situation politique et professionnelle étonnante et dérangeante à plus d’un titre. Des décisions agricoles et ostréicoles sont prises loin du terrain et nul ne semble savoir en apprécier les portées, ni tenir compte des énergies locales qui régulent santé ou pathologie des écosystèmes (Marc Laimé in http://www.eauxglacees.com/Inondations-le-naufrage-de-la.)

    Bref comme le rapporte C. Kiener (The oyster question) il existe une guerre culturelle entre les trois principaux partis concernés qui ne vivent pas la société ni la nature avec les mêmes paramètres et qui ne parlent pas la même langue ! Le français n’est qu’un métalangage incomplet qui ne rend compte ni du vécu, ni des priorités, ni des solutions possibles et qui entretient un grand cafouillage d’où nait un éternel bricolage.

    On repense à l’appel au secours d’août 2011 à propos des marées vertes (Rue 89) : « On attendait un médecin et on a vu arriver un gendarme : ce n’est pas ça qui va soigner le malade ». Ce n’est pas en bavardant autour d’une table qu’apparaîtront des solutions adaptés à chaque site mais en vérifiant sur le terrain ce qui fonctionne ici, ce qui ne fonctionne pas là, en déterminant les racines communes et en leur appliquant des solutions écologiques à l’efficacité déjà testées chez les uns et les autres.

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    Avril 2014


    Changer d'échelles pour mieux....

    En affichant « Mortalités ostréicoles 2014 l’année des solutions, chiche ? », je pensais qu’il serait relativement simple de faire passer l’idée que de mieux cultiver les jardins aquatiques pourrait être prise au sérieux. Des témoignages disponibles sur le web confirment que bien des ostréiculteurs se considèrent effectivement comme autant de « jardiniers qui entretiennent leur écosystème»! 

    Jean-François Le Bitoux

    « Changer d’échelles pour mieux regarder et surtout voir autre chose, sous un autre angle »

    Billet 8

    Le livre de référence de Christine Kiener – The oyster question 2009 – attribue dès la première phrase les échecs de la politique ostréicole depuis 130 ans dans la baie du Chesapeake (Maryland-USA) à une « guerre culturelle » entre les trois partis concernés: les professionnels (watermen), la Recherche et l’Administration politique. On doit se demander comment se manifeste cette guerre culturelle sans attendre que de nouvelles cultures touristique (disposer d’un environnement d’une santé irréprochable) et écologique (entretenir des productions durables !) réclament d’autres droits tout aussi légitimes. Il semble que chaque parti regarde et vit les mêmes scènes de points de vue trop différents, juché sur des échelles de valeurs propres à sa communauté. On pourrait s’attendre à ce que les « responsables» prennent un peu de hauteur afin de mieux apprécier les paramètres qui participent aux phénomènes vécus, dans la mesure où ils sont pressentis comme de meilleurs garants de l’intérêt général. Mais il semble très difficile à tous de changer d’échelles, de lunettes ou de jumelles, pour partager, discuter, croiser et confirmer les indications rapportées par les uns et les autres : la langue française ne serait-elle pas suffisante pour faire cette enquête ?

    En affichant « Mortalités ostréicoles 2014 l’année des solutions, chiche ? », je pensais qu’il serait relativement simple de faire passer l’idée que de mieux cultiver les jardins aquatiques pourrait être prise au sérieux. Des témoignages disponibles sur le web confirment que bien des ostréiculteurs se considèrent effectivement comme autant de « jardiniers qui entretiennent leur écosystème»! 


    Mais si l’ostréiculteur artisanal sait le bien et l’efficacité du « jardinage », d’autres n’y voit ou n’en comprennent pas l’impact réel soit parce que le jardin de l’industriel est trop grand et qu’il n’a pas développé des outils adaptés, soit parce que ni le chercheur ni l’administratif n’ont de jardin et qu’ils n’ont pas idée de ce que cela peut signifier !

    En fait, le jardinier est efficace car il voit les choses évoluer sous ses yeux et il corrige cette évolution au jour le jour comme un agriculteur sans interpréter les phénomènes de manière scientifique. Ce devrait être le travail d’un chercheur s’il connait suffisamment de variétés différentes de jardins pour construire une approche généralisable. On ne trouvera pas de « lois scientifiques » et encore moins de recommandations administratives et politiques sans visiter les jardins, les pieds dans la vase et sans savoir en apprécier la qualité, la biodiversité et les beautés cachées ! Tout éleveur sait qu’il travaille au maintien d’un environnement sanitaire qui réduira un risque pathologique « inconnu ». L’observation d’une biodiversité autour et dans le parc en est un indice de la qualité de son travail; sa réduction signe le contraire.

    Donc, retour à la case départ car la pédagogie c’est répété la même chose sous des angles et des approches différents pour confirmer une démonstration. « La Nature ne peut pas être dupée : elle ne peut pas violer ses propres lois. » (Richard Feynman, Prix Nobel de physique pour ses travaux en physique quantique)

    J’ai indiqué dès l’introduction que je prétendais placer les réflexions produites ici sous un angle « aussi scientifique que possible». Si les lois de la Nature sont uniques, elles ont des effets différents selon l’échelle à laquelle elles s’appliquent. Et c’est ce qui nous fait parfois perdre le fil épidémiologique de troubles pathologiques qui s’additionnent ou se superposent. L’analyse étiologique suppose une idée précise de l’échelle et de l’instant à laquelle ces lois s’appliquent, c’est à dire une appréhension du contexte, de l’environnement qui doit déboucher sur une hiérarchisation des priorités d’intervention sur l’écosystème malade.

    La technique évolue continuellement mais la méthode scientifique doit sortir des laboratoires et se déplacer sur le terrain comme le faisait Louis Pasteur. Il est alors nécessaire de faire des hypothèses de travail « qualitatives » pour ouvrir des voies de réflexion innovante et les tester. C’est ça l’approche scientifique : risquer des prévisions basées sur des connaissances et en vérifier le bien-fondé.

    « La première leçon est qu'il existe de nombreuses manières de formuler une même théorie ». Encore Richard Feynman !Chez toutes les espèces l’amélioration des élevages résultent de tests zootechniques empiriques. Des explications biochimiques suivront peut être ou non: encore faudra-t-il savoir construire des liens entre les résultats obtenus à différentes échelles du vivant ! Les analyses à différentes échelles (physicochimique, bactériologique, génétique, etc…) ont pour but de confirmer qualitativement puis éventuellement quantitativement, des observations de terrain aussi fines que possible.

    J’ai eu de la chance, il y a 35 ans de pouvoir travailler librement comme vétérinaire de terrain et de soigner des larves de crevettes sans avoir à demander aucune autorisation particulière à des « autorités de tutelles » forcément ignorantes. Il fallait inventer des procédures originales qui ne pouvaient exister dans leur manuel de références où l’intrusion de la nouveauté n’est pas prévue et mal vue. Pouvoir travailler, inventer, tester ses conclusions, les corriger, voir les résultats au niveau national et international est une satisfaction qui ne serait pas permise aujourd’hui : il y a trop d’obstacles sur le chemin. La solution ne consiste pas à « combattre une maladie » mais à ne pas la laisser apparaître! L’ensemble de la démarche reste valable aujourd’hui en aquaculture de crevettes en conchyliculture où apparaissent encore des pathologies nouvelles, à ceci près que des solutions ont fait leurs preuves et leur adaptation ne passe plus par une réinvention mais par leur pédagogie ce qui semble une tâche plus délicate encore que celle de leur invention. Faire passer des connaissances innovantes semble en France chaque jour plus difficile car un déluge de nouveaux paramètres donnent le tournis au lecteur qui ne sait pas en apprécier l’importance. Cette difficulté nait du fait que chacun utilise ses propres grilles de lecture à l’aide de jumelles et d’échelles d’appréciation différentes sans réellement tester ses idées de manière scientifique. Car toute hypothèse de travail sérieuse doit être testée et confirmée sur le terrain, dans des situations changeantes.

    Pour réévaluer le vécu et les problèmes des entreprises ostréicoles, il faut donc prendre un peu de hauteur et se promener sur les différentes échelles qui participent à la vie du plancton, des huitres, des écosystèmes puis à celles qui structurent celle des ostréiculteurs, des chercheurs, des administratifs tout au long de l’année: tous ces réseaux ne sont pas indépendants mais ils sont liés entre eux selon d’autres lois parfois difficiles à imaginer. Si les lois de la Nature sont identiques pour tous, elles ne fonctionnent pas selon les mêmes cinétiques au fur et à mesure qu’elles modifient l’écosystème. C’est un peu compliqué car c’est là que se situent les secrets de l’apparition de la vie et de son évolution.

    Il faut donc utiliser différentes focales de jumelles pour voir les choses de plus près, de plus loin et vérifier la cohérence qui existe entre ces extrémités. Et quand on ne retrouve pas de cohérence suffisante entre les échelles, il faut accepter de se remettre en question. Toute échelle vaut par ses dimensions et par la qualité de ses barreaux : nous allons devoir en tester la solidité ! Sans oublier que le but n’est pas de « combattre » une pathologie mais de ne pas la laisser apparaître.

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    Le 4 avril 2014

    Passer de l’échelle artisanale à l’industrielle suppose une zootechnie plus précise, plus efficace

    Eric Orsenna – « Mes amis maliens ont coutume de se demander si ce que nous allons apprendre vaudra ce que nous allons oublier… »

    Jean-François Le Bitoux

    Billet 9

    De retour en Roussillon j’ai retrouvé Matthieu qui me fournit en huitres de Leucate. Il était particulièrement content de la pousse hivernale malgré un épisode de dinoflagellés en décembre : enfin quelqu’un qui se satisfait d’un hiver moins rigoureux bien qu’il craigne de payer la facture au printemps quand la température montera. Matthieu et sa femme se sont installés il y a environ 25 ans et ils ont vécu des années difficiles comme le reste du pays. Mais en Méditerranée il n’est pas question de changer de sites comme cela a pu se faire ailleurs. Certaines années le captage local a pu aider les producteurs mais il est irrégulier. Matthieu appartient à cette génération de producteurs écologistes à l’écoute du milieu et des animaux ; il n’a pas souvenir que cela lui fut enseigné en formation mais il espère que les choses ont changé depuis. Il a testé des techniques d’amélioration de la qualité de l’eau comme de la diatomite utilisée en étangs. Je ne devrais sans doute pas le mentionner car j’ai entendu d’une «fonctionnaire territoriale » qu’il était interdit a priori d’utiliser « tout traitement » ou de « jeter quoique ce soit à l’eau » ! J’ai du mal à vérifier cette information mais comme l’Administration veut contrôler même ce qu’elle ne connait pas, cela ne m’étonnerait guère.- Merci de me signaler les textes auxquelles elle faisait référence -

    La même semaine, RPA Aquablog évoque des huitres qui reviennent du Maroc ou d’Irlande. Dans une discussion avec J. P. Baud, Alain Dréano (CRC Bretagne) (Vidéo « Mortalités des huîtres : solutions et avenir » à la CCSTI Maison de la Merde Lorient, 2012) rappelle qu’il n’est pas envisageable d’empêcher la circulation des coquillages car certaines régions productrices n’ont pas de zones de captage de naissain. Bloquer la circulation des marchandises fut une méthode pour enrayer les grandes épidémies moyenâgeuses mais aujourd’hui tout va trop vite !

    J’ai le sentiment que comme en agriculture, il existe autant de savoir-faire empirique professionnel que d’ostréiculteurs et d’écosystèmes exploités. En ostréiculture chacun tente de tirer parti de l’écosystème et bricole isolément ses solutions plus ou moins efficaces : les situations fluctuent en bien et en mal dans des écosystèmes variés et changeants. Car les concessions sont inégales et chacun ne passe pas le même temps à gérer ses jardins (le terme est utilisé à différentes reprises dans des témoignages disponibles sur le web). C’est pourquoi il faut vivre au moins l’espace de quelques instants avec un éleveur sur ses sites de production pour prendre en compte des dizaines de paramètres dont personne ne parle et qu’on a tort de passer sous silence comme l’âge des concessions et leur évolution passée et récente par exemple.

    Il y a trois ans, peu après avoir visité les parcs de Monique du côté de Paimpol et ceux d’autres producteurs sur la Côte de Granit Rose, j’ai croisé un élu professionnel régional et, fort de ces observations, je lui ai fait la remarque qu’il existait encore des sites ostréicoles sains. Il m’a répondu que « Ce n’était pas possible et que toutes les côtes Françaises étaient malades ». C’était une remarque déstabilisante car ce responsable disposait des documents auxquels je n’avais pas accès et je devais en déduire que mon enquête était faussée dès le départ : chacun me racontait n’importe quoi et seuls des « inspecteurs assermentés » pourraient recueillir la réalité, une vérité ! C’était difficile à accepter car ce que je voyais sur le terrain m’indiquait que les écosystèmes étaient sains. Certes il ne s’agissait que de visites parfois espacées dans l’année qui me permettaient un suivi de l’évolution écologique des sites. Par la suite, j’ai parfois vu ces sites se dégrader : des ralentissements de croissance et des pathologies sont alors chose normale. Mais au moment où se déroulait cette conversation, tout semblait aller « sainement ». Alors qui croire ? Après réflexion, je continue à faire confiance aux informations directes des professionnels. L’élu vivait alors au niveau de la Région des heures difficiles et il s’intéressait aux grandes entreprises plus qu’aux artisans. Pour ma part, je m’intéresse aux petits producteurs qui rapportent une connaissance plus fine de l’écosystème. C’est sur leur terrain que l’on peut mieux apprécier la vie des sites et suivre l’évolution des écosystèmes à différentes échelles.

    Quand Jean-Pierre dans ses activités agricoles - car pêcheurs et ostréiculteurs ont souvent été multitâches - me dit que « la forêt mange la vigne », il signifie que la croissance de la forêt en bordure de ses plantations absorbent des nutriments qui manqueront à sa vigne ce qui en  ralentit le développement. Il m’a répété la même chose en marchant le long de ses claires : il constate que ses voisins n’entretiennent pas leurs claires et que cela lui « pourrit les siennes ». Lors de la grande marée, l’aller-retour de l’eau distribue les pollutions accumulées dans de claires non curées dans ses propres claires nettoyées et ceci suffit à bloquer le démarrage des diatomées indispensables à ses produits. C’est une propriété physicochimique spécifique du milieu aquatique que les réseaux trophiques et énergétiques sont intimement liés entre eux et les étudier séparément donne des idées fausses sur les mécanismes régulateurs.

    A leur échelle, les diatomées sont le meilleur aliment des huitres et des crevettes car elles sont riches en tous les éléments indispensables à leur santé et à la nôtre ; elles expriment donc aussi la qualité environnementale de l’écosystème. Il y a encore une demi-douzaine de raisons qui rendent justice au rôle des diatomées mais on en restera là si cela suffit à prendre confiance en l’importance de ce plancton comme un solide « barreau » de notre échelle d’appréciation de la santé de l’écosystème. Une fois reconnu que les diatomées en eau de mer comme en eau douce sont un aliment clef et un témoin de qualité, on peut inverser la problématique : leur absence signe une situation écologique insuffisante et annonce une période d’élevage plus délicate. Tous les éleveurs de crevettes le savent et c’est même sur la base de cette observation qu’ils ont commencé à « traiter » leurs bassins à l’aide de différentes formes de calcaire. Il leur a fallu du temps pour en définir un mode d’emploi. Ils ont parfois eu la main lourde et au bout de 15 ans, il a fallu draguer les bassins pour en retirer le calcaire déposé au fond ! Mais entretemps cette technique leur a garanti survie, croissance et qualité. Aujourd’hui cette pratique a encore évolué et l’usage en est plus modéré, ils ont mis au point des thérapies basées sur l’usage de probiotiques, souvent développées localement. Car ces fermes aquacole des crevettes ont souvent leurs propres programmes de recherche et développement ce qui explique une discrétion totale sur les détails de ces programmes.

    En élevage agricole il y a des entreprises artisanales et industrielles : on ne peut pas et on ne doit pas gérer les unes de la même manière que les autres. Il existe entre ces niveaux de productions une différence d’échelles qui explique l’apparition de pathologies nouvelles chez toutes les espèces. Comme vétérinaire de campagne j’ai vécu la période charnière entre les élevages artisanaux qui grandissaient et l’apparition des élevages industriels. Cette transition a été accompagnée par les travaux de la recherche de l’INRA et aussi d’industries innovantes dans le domaine de l’alimentation notamment. Au cours des années 80, l’Ecole Vétérinaire a éprouvé le besoin de définir une formation nouvelle en pathologie d’élevages industriels car il y apparaissait des maladies et des situations inconnues jusqu’alors dans les élevages artisanaux. Peu avait travaillé sur l’évolution du monde microbien au cœur des écosystèmes d’élevage et de ses modifications en espace industriel. Les premières réflexions s’inspiraient directement des résultats de Pasteur qui montra que des « germes » - il est plus facile de traiter globalement des bactéries, des virus, et autres souches fongiques, de levures etc…- mutent par passage d’un hôte à un autre et que leur virulence s’en trouve exacerbée ou atténuée. En élevage aquatique on peut faire les mêmes constats. Une flore bactérienne « diversifiée et non pathogène», encore appelée opportuniste, voit le nombre de souches diminuer rapidement pour laisser place à une ou deux souches devenues pathogènes. Ce processus de sélection est plus ou moins rapide en fonction de la densité des populations et entraine souvent des pathologies digestives ou respiratoires.

    J’ai eu « la chance » de vivre l’impact de la densité sur les cinétiques d’apparition des souches de plus en plus virulentes. A 50 larves par litre, les élevages de crevettes se déroulent sans problèmes, à 100/l les pathologies apparaissent en deux semaines ; à 150/l elles apparaissent dans la semaine mais on peut les ralentir en augmentant les changements quotidiens d’eau; à 200/l, il faut dormir à côté des bassins ! Bref tout le monde sait conduire à 150 km/h ou plus pendant quelques minutes mais pour le faire pendant des heures il vaut mieux être bien entrainé et le faire sur un circuit ! Le travail de bactériologie ne fait que confirmer à une autre échelle ce que la zootechnie a constaté. Notons au passage qu’il est plus facile de tirer des conclusions quand c’est la même personne qui observe les deux phénomènes à savoir les cinétiques de mortalité et l’apparition de souches virulentes sur des boites de Pétri. Quand les prélèvements sont traités dans un laboratoire de bactériologie extérieur à l’entreprise les résultats sont moins parlants, de simples comptes rendus au milieu d’autres paramètres. Disposer d’un laboratoire de microbiologie au sein des écloseries a donc pleinement contribué au succès de la technologie à travers le monde au-delà du diagnostic : c’est une manière pédagogique de voir vivre l’écosystème et d’en observer l’évolution.

    Quand on ne dispose que d’une seule piste d’enquête, tout est plus délicat, quasiment impossible : on se perd vite en hypothèses difficiles à vérifier, en vaines discussions et bavardages ! Pour en revenir au thème conducteur de ce billet, le passage de la gestion zootechnique de bacs d’élevage à différentes densités et le suivi qualitatif de la microflore correspondent à l’étude d’échelles différentes dans l’analyse du fonctionnement de l’écosystème et ces études « scientifiques » se renforcent entre elles : c’est ce qui a permis de développer une zootechnie efficace mondialement. Depuis il a été possible d’analyser d’autres « marches intermédiaires » de cette échelle pour confirmer la solidité de ces premières hypothèses qui avait tout de même suffit à lancer une industrie aquacole nouvelle. Nous y reviendrons en étudiant les méthodes d’analyse de la recherche.

    Voilà donc pour le côté noir du scénario : nous fabriquons en quelques jours ou quelques semaines des souches pathogènes dans tous les élevages et il faut donc les gérer pour ralentir ce processus. On ne passe pas de l’échelle artisanale à une échelle industrielle - car il peut en avoir plusieurs - en augmentant le nombre d’animaux en élevage mais en améliorant les conditions environnementales pour leur garantir des conditions sanitaires et d’alimentation optimales. Ce qui différencie l’élevage industriel d’une technique artisanale, ce n’est pas seulement une question de dimension d’entreprise ni de matériel mais c’est une gestion environnementale innovante de la microflore ambiante.

    On peut aussi déduire des observations précédentes que pour ces mêmes raisons  bactériologiques, la sélection génétique des pathogènes ira toujours plus vite que celles des organismes-hôte qu’il s’agisse de veaux, de lapins, de crevettes ou d’huitres qui pourront leur résister.

    Une zootechnie « moderne » prend en compte certaines dimensions écologiques de la vie des écosystèmes que l’on sous-estime souvent à l’échelle artisanale et le « jardinage » contribue à l’entretenir de manière empirique : déplacements des sacs, aération des sédiments, etc… Sans définir un entretien régulier des concessions, il n’y aura pas d’élevage industriel ostréicole digne de ce nom ! La fuite en avant vers d’autres rivages « neufs » n’est pas une solution durable. Il faut entretenir parcs et concessions, bon gré mal gré : la Nature vous le rendra et vous dormirez mieux.

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    Le 3 juin 2014

    Les méthodes de travail de la Recherche

    Impossible de faire court, il y a trop de fondamentaux en question. Une des difficultés majeures de la méthode cartésienne est de découper la réalité en pièces de puzzle puis d’oublier les liens qui construisent et font fonctionner le puzzle. Cette méthode se révèle insuffisante quand le puzzle évolue vers un fonctionnement pathologique et qu’il faut le remettre en état physiologique : il faut en respecter toutes les pièces et les reformater pour qu’elles fonctionnent normalement à nouveau.

    Jean-François Le Bitoux

    Billet n°10

    D’abord un point de la situation

    Nous nous étions lancés un défi : Résoudre en 2014 les mortalités ostréicoles, Chiche ? Mais nous comptions sur une aide, sur l’aide de lecteurs pour y parvenir. Pourquoi si peu de retour, de besoin ou de volonté de discussion, si peu de témoignages et si peu de questions ? Cette rubrique serait-elle un coup d’épée dans l’eau, alors que la profession vient de prendre une nouvelle claque ? Au moment où je rédige ce billet, les mortalités mytilicoles du printemps restent officiellement inexpliquées mais un « Vibrio splendidus » pourrait être mis en cause. Autant de nouvelles questions dérangeantes pour tous les « scientifiques » de la terre, celui qui dit l’être, le Chercheur, celui qui utilise une cohérence quotidienne plus expérimentale, le Professionnel, et ceux qui cherchent d’autres cohérences dans leurs cultures de référence, le Politique et l’Administrateur. Ces derniers ne cherchent pas à résoudre les pathologies en cours ; ils aimeraient que les différents codes juridiques qui structurent et régulent la société française depuis deux ou trois siècles, s’imposent aux lois de la physicochimie jeunes de quelques milliards d’années et toujours identiques. Ils font donc des expérimentations à l’échelle nationale sans même chercher à résoudre ces difficultés à l’échelle locale – ce qui semble scientifiquement raisonnables. Une expression utilisée lors du débat sur les marées vertes reste d’actualité : « On attendait un médecin, on a vu arriver la gendarmerie » !

    Comment est-il possible de rester si ignorant après plus d’un siècle de « travaux scientifiques » en France et dans le monde ? Et si c’était réellement un aveuglement partagé ? Existe-t-il une « guerre culturelle » entre les trois partis concernés ? - comme le conclut Christine Keiner (The oyster question, 2009) après enquête sur les échecs de politique ostréicole en baie du Chesapeake, haut lieu historique de l’ostréiculture aux USA. Compte-tenu de mes quarante ans de succès et d’échec en aquaculture marine de crevettes, en France et ailleurs, je souscris à cette hypothèse de travail. C’est une manière de dire que les solutions bien qu’écologiques et économiques, ne seront pas mises en œuvre si le débat n’est pas technique mais culturel. Mais j’espère me tromper ! A moins que la situation ne se dégrade plus encore et que ce bel équilibre soit menacé ? Par exemple que des proliférations d’algues rouges, bleues vertes, etc. asphyxient un peu plus notre quotidien comme le font les pics de pollutions de l’air ? Car ces symptômes expriment aussi des pathologies émergentes d’origine environnementale similaires à celles qui ont traversé toutes les productions agricoles. Les solutions y seront donc similaires et elles sont basées sur une amélioration quantifiable les conditions sanitaires localement.

    La Science au secours du « Progrès » : une question devenue provocatrice ?

    Quand le Scientifique se sent dépassé par les évènements, il fait appel à la sagesse de grands ancêtres. J’appelle donc « Au secours », l’oncle Albert (Einstein) toujours riche de mille bons conseils qui nous dit : « Le Temple de la Science se présente comme une construction à mille formes.…. Aucun chemin logique ne mène à ces lois (physiques) élémentaires » (A. Einstein dans « Comment je vois le monde/ Discours : Principes de la recherche »). C’est aussi une manière d’avancer prudemment pour avertir que des explications simplistes et cartésiennes ne suffiront pas, il va falloir sérieusement se secouer et faire preuve d’imagination pour s’en sortir. Que c’est difficile dans un pays transis dans un jacobinisme historique !

    Le but de l’entrepreneur est de faire fructifier son entreprise et nous avons constaté que les savoir-faire ostréicole artisanal et industriel doivent être différents pour dépasser les pathologies liées à l’augmentation de densités d’organismes vivants. Mais quels peuvent être les buts d’un Chercheur ?

    La première ambition de la Science et de la Recherche est de nous « simplifier la vie ». Il paraîtra paradoxal à beaucoup que les travaux théoriques de Galilée, Pasteur et Einstein nous simplifient la vie, mais nous devons « le progrès » aux applications qui en ont découlé. Ils ont travaillé en plusieurs étapes. Par une approche rigoureuse d’observations de phénomènes complexes, ces esprits exigeants ont fait émerger des lois générales plus simples d’emploi.

    Dans un deuxième temps ces grands esprits ont testé et démontré l’efficacité de ces nouvelles lois pour rendre compte de phénomènes connus et surtout de réaliser des prévisions plus fiables que celles données par les anciennes. Bref ils nous invitent dorénavant à les apprendre et à les respecter, si possible en toute conscience ! Cette précision n’est pas de trop car des lois mal appliquées mènent dans une impasse. Cette démarche répond aux exigences de la rigueur « scientifique ». Sans cette rigueur et cette cohérence, une discussion non argumentée redevient du bavardage de café du commerce, exercice de débat social par ailleurs respectable et utile à l’anthropologue, mais souvent techniquement vains !

    Face aux pathologies émergentes ostréicoles la Science serait-elle impuissante ? Cette ode à la gloire de la Science officielle a pourtant ses limites, notamment en épidémiologie : il faudra parfois « oser » remettre en question des lois mal digérées. Il existe d’autres manières d’être cohérent avec soi-même, sa corporation, sa religion ou sa tribu ; la cohérence scientifique est celle qui cherche et qui trouve une continuité dans les productions de la nature et les phénomènes qui en découlent, c'est-à-dire qui utilisent les mêmes lois générales pour « tout expliquer » - sans rentrer dans la polémique de la théorie du grand tout qui ne nous concerne pas. Je me contente de constater qu’il existe une cohérence écologique profonde dans l’évolution biologique, physiologique ou pathologique, de tout écosystème aquatique. Qu’elles soient animales ou végétales, les pathologies y sont essentiellement une expression locale du vieillissement environnemental naturelle et inexorable. Il est possible et il sera nécessaire d’y remédier pour éviter leur progression, ce que certains aquaculteurs savent faire.

    C. Kiener a évoqué une guerre de cultures entre des acteurs qui s’ignorent et s’accrochent à leurs valeurs corporatistes aussi légitimes les unes que les autres. C’est une situation tribale aussi vieille que le monde. Et il n’est pas inutile en notre époque de bavardage généralisé de dire deux mots de l’exigence scientifique qui est aussi un pilier du Siècle des Lumières, de la Démocratie et de notre mode de vie depuis deux siècles.

    Cette question sur la fracture entre Science et société est loin d’être anodine. L’IHEST y a consacré deux ouvrages de réflexion (La Science en jeu, 2010, Partager la Science, 2013), Le Collège de France y a consacré ses deux jours du Colloque de rentrée 2013(Science et Démocratie). Bernadette Bensaude-Vincent, (L’opinion publique et la science, 1999) et bien d’autres philosophes et scientifiques sont légitimement inquiets des difficultés à s’exprimer de manière rigoureuse dans une société de communication manipulatrice. Le risque est une disqualification de la méthode scientifique et de la perte des valeurs des Lumières (synonymes de connaissances) et de la Démocratie à laquelle elles ont donné naissance, par ricochet. Le lecteur pourra trouver que je m’égare mais tôt ou tard, il faudra revenir à la rigueur de la pensée scientifique qui reste la base de toute cette discussion, de ses succès et de ses échecs. Sans elle l’échec est parfaitement naturel et normal car la paresse prime ! Je ne suis pas sûr que ce soit le rôle premier de ce blog de philosopher sur ce thème mais pourquoi pas ? L’exigence est de toutes les démarches de partage de connaissances, sauf à se tirer une balle dans le pied. A une époque où plastronnent les communicateurs et autres sorciers communicants (spin-doctor) qui tentent réécrire une histoire à leur seul profit sur des principes douteux, ce sera aussi une invitation à relire la démarche scientifique anthropologique et écologique exigeante de Paul Jorion.

    En résumé, seule une analyse scientifique rigoureuse - pléonasme nécessaire – des phénomènes pathologiques conchylicoles permet de simplifier la vie de tous, du Professionnel, du Chercheur et de l’Administration et de prévenir les réclamations de l’Ecologiste et du Touriste qui dort au creux de chacun, puisque des solutions « scientifiques » ont déjà fait le bonheur d’aquaculteurs à travers le monde entier et qu’elles permettent de développer des solutions à d’autres pathologies aquatiques majeures.

    L’épidémiologiste, chercheur mal-aimé dérangeant !

    Une enquête épidémiologique s’intéresse à l’étiologie des phénomènes pathologiques qui dérangent une routine de santé silencieusement entretenue par des « services rendus par la Nature » en toute ignorance de cause. La pathologie apparait alors comme une prise de conscience, un dur retour à une réalité qui fait mal (selon Lacan) quand la physiologie a perdu des repères et des paramètres essentiels : il reste à déterminer lesquels et comment récupérer la santé.

    J’ignorais avant de me plonger dans la littérature disponible combien l’épidémiologiste était un spécialiste dérangeant pour tous et peu apprécié de ses pairs, de la Recherche et surtout de l’Administration qui ne sent à peine concernée ! L’épidémiologiste utilise les connaissances de l’époque et attire l’attention sur quelques « détails » qui ont pu être négligés et se révèlent essentiels en creusant plus profond. Il a fallu des années à Henri Pézerat pour dénoncer la toxicité de l’amiante. L’épidémiologiste piétine donc les plates-bandes de pairs qui s’en accommodent ou n’ont rien vu. Il accumule les maladresses en creusant dans des domaines de recherche sans en être « spécialiste » ; les tenants n’apprécient aucune intrusion. Parfois même contre leur avis, l’épidémiologiste ose mettre en exergue des phénomènes ignorés ailleurs : une arrogance insupportable et au départ, démocratiquement ridicule ! Et quelle curieuse idée que de s’intéresser à la dimension quantique du vivant pour mieux expliquer la vie d’une huître ?

    Ignace Semmelweis en est un bon exemple. Autour de 1850, soit quelques années avant les découvertes majeures de Pasteur, ce médecin écoute la rumeur publique : les femmes savent que certaines maternités sont fiables, d’autres des mouroirs. Une enquête statistique lui permet de constater la réalité des faits puis qu’un minimum d’hygiène (Ex : se désinfecter les mains) améliore la survie des parturientes : compte tenu des connaissances scientifiques de l’époque, c’est un vrai miracle ! Quelques expériences le rassurent et démontrent vite le bienfondé de cette pratique mais ces conclusions scientifiques seront vigoureusement combattues par ses pairs. Je ne crois pas que Semmelweis serait mieux compris ni accepté aujourd’hui.

    Toute enquête débute par des observations approfondies, répétées, minutieuses des écosystèmes où se déroulent les phénomènes à la recherche du chainon manquant : il faudra déterminer pourquoi là et pas ailleurs, et comment l’écosystème a pu « construire » ce phénomène. C’est en étudiant les sites sans problème que l’on comprend mieux pourquoi d’autres évoluent vers la pathologie ; ils sont parfois voisins. Et il n’est pas acquis qu’un éleveur qui entretient correctement ses animaux vous livrent clef en main ses secrets ! Au contraire ! D’une manière simplifiée, l’éleveur sait bien plus de choses sur ses animaux et son environnement qu’un chercheur mais il ne fait la différence entre local et global, entre des lois générales et leurs applications locales. Il faut « contextualiser avant de hiérarchiser » enseigne l’historienne Mona Ozouf. Le besoin d’exigence est le même dans tous les domaines.

    Le travail du chercheur est de mettre en évidence au cœur des données récoltées avec plus ou moins de précautions, des lois générales scientifiques connues ou parfois d’y découvrir de nouvelles lois. Mais attention, Dame Nature tend des pièges au détour de chaque réaction enzymatique : des lois établies dans le monde aérien produisent parfois des effets différents en écosystème aquatique. La démarche scientifique relève d’une cohérence exigeante qui peut paraître contre-intuitive, se trouver parfois en rupture avec une interprétation ayant pignon sur rue et heurter frontalement les conservatismes ambiants.

    L’enquête épidémiologique est un long travail de détails qui cadre mal avec les obligations administratives formatées de notre époque. Elle va chercher ses informations dans une longue analyse des écosystèmes affectés et en s’intéressant à ce qui a pu être dédaigné par la Recherche officielle. Il sera donc difficile de financer une telle recherche !

    Les sources d’informations de la Recherche

    En ce qui concerne nos préoccupations actuelles, la Recherche officielle met par Internet, à disposition du public intéressé une première montagne de rapports et de publications couvrant plusieurs dizaines d’années. Cette montagne croît continuellement (programme Previmer, résultats d’observation des satellites et des bouées d’information,…) et on peut comprendre qu’elle intimide quiconque envisage de s’y attaquer. Il est donc préférable de trouver des chemins de traverse !

    Il existe une seconde montagne d’informations officielles, moins facile d’accès, celle des suivis sanitaires de la qualité des eaux côtières. C’est un travail précieux qui veille sur nos santés avec succès. La routine de travail de ce programme ne lui permet pas d’assurer simultanément un suivi épidémiologique des populations en élevage car ce sont deux grilles de lecture différentes. En constatant que des proliférations d’algues toxiques sont de plus en plus fréquentes, ce programme donne aussi une information sur l’évolution de la biodiversité locale. Il existe aussi des rapports officiels « non publics » dont on peut subodorer un réel intérêt technique ou politique destinés à quelques « initiés ». Je serais très preneur de cette information mais il y a des secrets financés par l’argent du contribuable qui restent inaccessibles.

    Il existe une troisième montagne d’informations « grand public » que le chercheur dédaigne car elle ne dépend pas de la Recherche officielle telle qu’elles sont produites par « les Média ». Elles sont riches d’informations essentielles si elles sont prolongées par une connaissance du terrain : elles reflètent les sensations de la profession, bon gré mal gré. Pourtant la multiplication d’études même selon le rituel scientifique, finit par dérouter et par décourager tout le monde faute de savoir en tirer quelques enseignements pratiques. Les professionnels sont fatigués du défilé de jeunes thésards, pleins de bonne volonté mais forcément novices. Les politiques sont fatigués de financer un tonneau des Danaïdes.

    Il restera toujours un risque de complications locales plus douloureuses les unes que les autres. Apprendre que la Charente est une des rivières les plus polluées de France – sans avoir accès au document qui présente les mesures – crée une angoisse additionnelle. Mais un impact même local devrait laisser d’autres empreintes sur la biodiversité ! Il existe de nombreuses « théories du complot » qui proposent des explications directes ici et là, mais nous sommes à la recherche d’étiologies multifactorielles complexes qui s’expriment tout au long des côtes françaises et ailleurs dans le monde.

    La recherche dispose d’informations scientifiques sur les activités ostréicoles depuis plus d’un siècle et elle pratique un suivi scientifique rigoureux des pathologies depuis une trentaine d’années. En juin 2014, ces documents sont suffisants pour définir l’étiologie environnementale des mortalités chroniques et aigües subies le long des côtes françaises et pour permettre la mise au point de techniques de luttes et de prévention efficaces de ces pathologies. Elles disposent aussi d’autres suivis scientifiques sur les proliférations d’algues bleues, rouges et vertes et ces informations devraient se rajouter aux montagnes de données citées pour en faire une synthèse constructive. On sait en aquaculture de crevettes que ces phénomènes obéissent à des mécanismes similaires.

    Les modes d’analyse et de traitement vétérinaires consistent d’abord à parer au plus pressé afin de soulager l’écosystème malade afin de lui permettre de se défendre. Et pour tester le bien-fondé de toute hypothèse thérapeutique sérieuse, il faut imaginer puis tester des techniques correctrices.

    Quand Jean Noël Yvon écrit sur son blog : « Nous avons remis l’entreprise à niveau, en matériel après 5 ans d’entretien minimum. 70% des parcs en surélevés ont été nettoyés et préparés pour 10 ans. » C’est un message professionnel et l’expression du savoir-faire d’un éleveur qui a tiré les enseignements d’années d’expérience de terrain. Il ressort de la lecture de ce blog qu’il a trouvé un équilibre que la Recherche ignore ou ne sait pas mesurer.

    Conclusion provisoire

    Les montagnes de données accumulées sont impressionnantes ; il faut en tirer quelques applications à la hauteur des investissements consentis.

    La Recherche se propose de nous simplifier la vie et de permettre « le progrès » mais ce concept aussi est discuté car chacun met en avant ses références qu’il confond allègrement avec « l’intérêt général ». Avons-nous tout dit des états d’âme de la recherche ? Evidemmen pas ! Si elle veut financer ses travaux et faire carrière, il lui faut passer par les fourches caudines des références et des desiderata administratifs et officiels. Les professionnels ont peu leur mot à dire !

    Si les difficultés de la Recherche sont bien réelles, son travail premier est bien de faire preuve d’imagination car c’est là que la Profession et le reste du pays l’attendent !

    En ce qui concerne le domaine conchylicole, le passage à un niveau industriel n’est pas le but d’acteurs qui aiment la dimension artisanale de leur activité. Faire fonctionner les écosystèmes de manière artisanale fiable et écologique est satisfaisant pour beaucoup et c’est ce qui expliquerait alors le peu d’entrain à « innover » pour « produire plus » ! Ils ont raison puisque les productions sont limitées par les conditions locales. Les confidences des nombreux professionnels et le Blog de Jean Noël Yvon vont dans ce sens.

    Il y a pourtant une autre pathologie qu’il faut qu’ils prennent en compte : la prolifération d’algues toxiques. Ces pathologies procèdent de mécanismes biochimiques identiques et précèdent maladies et mortalités aigües ! Pour lutter écologiquement et de manière préventive contre ces déséquilibres qui provoquent la fermeture de leurs parcs, des techniques de récupération de la qualité aquatique et de la biodiversité deviennent indispensables pour tout le monde. Et pour les mettre en place, la collaboration du conchyliculteur est nécessaire.


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    Etudes

    Observatoire ostréicole du Littoral charentais

    Bilan 2013

    CREAA (Centre Régional d’Expérimentation et d’Application Aquacole)
    Avril 2014

    L’Observatoire suit des lots d’huîtres naturelles sur 14 parcs du littoral charentais dans des conditions d’élevage représentatives des pratiques professionnelles. Depuis 2008, deux parcs de l’île de Ré et depuis 2009, le site des filières des Saumonards ont été intégrés dans le suivi.

    Collaboration : D. Mille, G. Oudot, A. Granet, A. Geay (CREAA), M. Barré (LREMA)


    Résumé ...

    En matière de mortalités, l’année 2013 a été caractérisée par :

    Une baisse importante pour les huîtres de 1ère année par rapport à la situation que l’on connaît depuis 2008 (baisse de 34%). Cependant, la mortalité demeure élevée (53%) par rapport à la situation qui prévalait avant 2008.

    Une stabilité pour les huîtres en 2ème année : Elles sont très proches de la valeur de référence acquise depuis 2000 mais des disparités existent néanmoins entre les parcs.

    Une hausse exceptionnelle pour les huîtres en finition. On a relevé entre 47% et 30% de mortalités sur les trois parcs les plus importants en tonnage du bassin de Marennes-Oléron. En moyenne, les pertes ont atteint 35 % contre 13 % habituellement soit, près de trois fois la normale. Un précédent épisode de surmortalités d’huîtres adultes avait eu lieu en 2007 avec 23% de pertes.

    La croissance est parmi les meilleures jamais observées depuis la création de l’observatoire. Pour les huîtres destinées à la consommation, le poids moyen atteint en fin de saison est en très forte augmentation.

    Malgré cette croissance favorable, le rendement d’élevage à la poche est en baisse voire, négatif comme sur le parc de Lamouroux en raison des mortalités exceptionnelles sur les huîtres adultes.

    L’indice de qualité de la chair relevé en décembre sur les quatre parcs de finition de l’observatoire a légèrement augmenté par rapport à la valeur habituelle. Il a atteint en moyenne, le niveau d’une huître spéciale.

    Cliquer Ici pour télécharger le document



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    Revue de presse Mortalité Huîtres et Moules 2014

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    Mi-Mai 2014 : Début des mortalités des huîtres


    Ifremer. La campagne RESCO 2014 est lancée

    Les différents lots sentinelles ont été déployés sur l'ensemble des sites-ateliers pour la nouvelle campagne RESCO 2014.
    Source : Ifremer - Observatoire conchylicole

    Bulletin n°1 du 19 mai 2014 : Ifremer - Resco
    Bulletin n°2 du 28 mai 2014 : Ifremer - Resco

    Ostrea.org et ses forums

    Mortalités des huîtres : Constatations et Achat/vente de naissain

    13 mai. C'est parti sur les coupelles à Fouras...
    14 mai. Premières mortalités sur triplo dans le Golfe
    15 mai. Mortalité en Rade de Brest sur naissain naturel
     

    Revue de presse

    Le 13 Décembre 2014

    Huître triploïde, une nouvelle variété

    Dans un document sur les huîtres pour les fêtes de fin d'année, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) présente les huitres triploïdes, comme une nouvelle variété!!!

    L’huître triploïde, une nouvelle variété

    L’huître triploïde possède trois lots de chromosomes alors que l’huître est naturellement biploïde (deux lots de chromosomes). Cette particularité est issue du croisement entre une huître tétraploïde (ayant subi un choc thermique agissant sur la fécondation) et une huître biploïde. Ces huîtres à l’état de larves sont exclusivement produites en écloserie. Stérile et donc sans laitance, l’huître triploïde présente l’avantage de grossir plus vite et sa texture est constante toute l’année. Saisie par la DGCCRF, l’Anses a confirmé l'innocuité de cette huître pour le consommateur et l’absence de risques pour l’environnement. Source : DGCCRF


    Avez-vous eu connaissance de la saisine de la DGCCRF auprès de l'Anses ? et de la réponse de l'Anses sur l'innocuité de l'huître triploïde pour le consommateur et l'absence de risques pour l'environnement ?

    La réponse est dans cet avis de l'Afssa signé par Martin Hirsch en novembre 2001

    Saisine n° 2001-SA-0080 – Maison Alfort, 23 novembre 2001

    Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à la présentation d'éléments scientifiques d'appréciation de l'équivalence des huîtres Crassostrea gigas triploïdes, par rapport à des organismes diploïdes ou "sauvages", en vue de répondre à certaines inquiétudes des consommateurs

    L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments a été saisie le 20 mars 2001 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes afin de disposer des éléments scientifiques d'appréciation de l'équivalence des huîtres Crassostrea gigas triploïdes, par rapport à des organismes diploïdes ou "sauvages", en vue de répondre à certaines inquiétudes des consommateurs. L'Association Force Ouvrière Consommateurs avait également saisi l'Afssa sur ce sujet le 18 septembre 2000.

    Contexte

    Des recherches effectuées sur les organismes marins et plus récemment sur les huîtres ont conduit à produire des organismes stériles dotés de trois génomes de base par croisement d'huîtres tétraploïdes avec des huîtres diploïdes. Sur le plan organoleptique, les huîtres triploïdes ne sont plus laiteuses (gamétogenèse incomplète) et présentent, toute l'année, les caractéristiques des huîtres hivernales. Par ailleurs les gains de croissance observés seraient de 22% à 38 %.

    Le comité d'experts spécialisé "Biotechnologie", réuni le 22 octobre et le 21 novembre 2001, a orienté sa réflexion sur les questions suivantes :
    • le caractère polyploïde constitue-t-il en lui-même un facteur de risque sanitaire ?
    • des incidents particuliers liés à la consommation d'huîtres triploïdes par rapport à des huîtres diploïdes ont-ils été rapportés ?
    • le caractère triploïde a-t-il une influence sur les performances biologiques par rapport aux huîtres diploïdes, notamment au regard du pouvoir de filtration et du risque d'accumulation vis-à-vis des contaminants de l'environnement ?

    La polyploïdie dans le règne végétal et animal

    Le génome de base d'un organisme est caractérisé par le nombre de chromosomes non homologues contenu dans le noyau d'une cellule (par exemple 23 chez l'homme, 10 chez l'huître, 14 chez le blé dur). Les êtres vivants, surtout dans le règne animal, sont généralement diploïdes, leur génome étant constitué de deux génomes de base, l'un d'origine maternelle, l'autre d'origine paternelle....

    Suite en téléchargeant l'avis de l'Anses (ex Afssa) : Saisine n° 2001-SA-0080

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    Le 10 Décembre 2014

    Ostréiculture. La mortalité des huîtres inquiète en Normandie

    Depuis quelques mois, les ostréiculteurs découvrent un fort taux de mortalité. Mais cette fois, dans les huîtres adultes. De quoi inquiéter avant les fêtes de fin d'année !

    Source : Ouest France par

    Alors que la mortalité des naissains d'huîtres sévit depuis environ huit ans, la filière ostréicole est, cette fois, ébranlée par la mortalité des huîtres adultes. « C'est une nouveauté 2014 qui confirme les alertes constatées en 2013. Dès l'automne, avant le triage pour les fêtes de fin d'année, une mortalité élevée est apparue pour l'huître adulte », explique Joseph Costard, vice-président de la section régionale Normandie et Mer du Nord de la conchyliculture.

    Il avance quelques hypothèses sur les causes éventuelles : « Les conditions météorologiques ont été défavorables, avec une douceur inhabituelle mal acceptée par des huîtres adultes, déjà affaiblies à l'état de naissain. Le taux de mortalité devrait varier de 20 à 25 %, selon les zones d'élevage. » Un phénomène actuellement étudié par le centre de référence sur l'huître de l'Université de Caen. « Une grande vigilance s'impose. Même si l'on s'est adapté, la mortalité des naissains a quand même conduit 10 % des entreprises à mettre la clé sous la porte. » En huit ans, la production annuelle d'huîtres en Normandie est passée de 25000 à 15000 t.

    Impact financier

    Ce nouveau phénomène de mortalité risque d'affecter certaines entreprises. « Surtout que cette mortalité intervient après 3 ans de travail pour amener l'huître à maturité. Ce sont des heures de labeur et une masse financière perdue », poursuit Joseph Costard.

    En quatre ans, le prix de revient pour élever les huîtres a augmenté d'environ 30 %, avec des prix à la vente qui ont suivi. « Malheureusement, la mortalité des huîtres adultes n'a pas été prise en compte et il n'y a pas d'augmentation prévue pour cette fin d'année. Nous ferons les comptes après les fêtes », insiste-t-il. Le vice-président constate, malgré tout, un effet bénéfique avec des parcs moins chargés.

    Afin de limiter la mortalité, Joseph Costard préconise « un contrôle des transferts d'huîtres entre bassins d'élevage. Il faut aussi travailler sur la certification des naissains avec analyses complètes, avant la mise en élevage. Limiter les risques, c'est diminuer l'hécatombe ! »

    Et d'ajouter, « il faut que la qualité de l'eau s'améliore et être vigilant sur les pollutions d'origines urbaines et agricoles. C'est une bataille de tous les jours. Pour ma part, je défends le grand cycle de l'eau, de la pluie à l'écoulement des rivières dans la mer », conclut Joseph Costard, également vice-président de la commission permanente à l'agence de l'eau Seine-Normandie.

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    Le 30 Novembre 2014

    Baisse de la mortalité des huîtres sur le Bassin d'Arcachon

    Le taux de survie des naissains aurait atteint les 50%. A un peu plus d'un mois des fêtes de Noël les ostréïculteurs sont plutôt sereins. Les volumes sont là et une immunité naturelle serait en train de se mettre en place sur leur production.




    Tous sont déjà accaparés par la préparation des fêtes de Noël mais cette année les perspectives sont meilleures. Le taux de mortalité des huîtres est en baisse dans les élevages ostréicoles.

    "Il y a une espèce d'immunité naturelle qui est en train de se mettre en place (...), et c'est plutôt de bonne augure" explique Olivier Laban, Président du Comité Régional Conchylicole d'Aquitaine.

    Les huîtres produites en Irlande, Bretagne ou Normandie sont nées ici. Et signe que la situation s’améliore le bassin d’Arcachon est à nouveau le premier centre naisseur européen.

    Pour les fêtes de fin d’année les ostréiculteurs ont donc le volume à disposition et vont pouvoir vendre des huîtres de qualité.

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    La Charente-Maritime est le premier département producteur de coquillages



    Agreste Poitou-Charentes - Recensement de la conchyliculture 2012

    L'élevage des coquillages - ou conchyliculture - est un élément essentiel du littoral de Charente-Maritime. Que ce soit pour les moules dans la baie de l'Aiguillon avec les alignements de bouchots ou pour les huîtres dans la zone de Marennes-Oléron avec les parcs d'élevage en mer et les claires, le travail des hommes a façonné le paysage et engendré une activité économique majeure qui fait la renommée de la région.

    Ce 2e recensement conchylicole après celui de 2001 porte sur l'année 2012. Malgré d'importants problèmes sanitaires ces dernières années, la Charente-Maritime reste le premier département français producteur de coquillages, avec le tiers de la production française d'huîtres. En 2012, 789 entreprises ayant leur siège dans le département ont commercialisé pour la consommation 37 000 tonnes d'huîtres creuses et 13 000 tonnes de moules.

    Cliquer Ici pour en savoir plus

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    Le 29 Novembre 2014

    Mortalités conchylicoles

    Question écrite n° 12937 de M. Daniel Laurent (Charente-Maritime - UMP)
    publiée dans le JO Sénat du 21/08/2014 - page 1919

    Source : Sénat

    M. Daniel Laurent attire l'attention de M. le secrétaire d'État, auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche sur les préoccupations fort légitimes des ostréiculteurs et mytiliculteurs fortement mobilisés de la Charente-Maritime. De juillet à octobre 2013 ce sont plus de 50 millions d'euros de pertes qui ont été enregistrées par les ostréiculteurs du fait des mortalités des huîtres adultes. En mars et juin 2014, les mytiliculteurs de la baie de l'Aiguillon et d'Yves ont subi 20 millions d'euros de pertes alors que d'importantes mortalités d'huîtres marchandes sont d'ores et déjà à déplorer. Le comité régional de la conchyliculture a élaboré un plan en dix actions pour restaurer les fonctions écologiques des milieux. Dans l'attente, la profession souhaite que la solidarité nationale joue pleinement son rôle, et que des mesures de soutien à la hauteur de l'ampleur des défis à relever pour sauver les entreprises et les emplois soient mises en œuvre. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui apporter les réponses idoines sur les mesures d'accompagnement proposées par le Gouvernement.

    Transmise au Secrétariat d'État, auprès du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche

    Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche

    publiée dans le JO Sénat du 27/11/2014 - page 2655

    Afin de venir en aide aux professionnels de Charente-Maritime et de Vendée touchés par un phénomène de fortes surmortalités mytilicoles survenu au printemps, le Gouvernement a mis en œuvre un important dispositif de soutien. Suite à l'avis de la Commission nationale de gestion des risques agricoles (CNGRA), l'État a activé la procédure de reconnaissance de calamités agricoles. Une indemnisation partielle des pertes au bénéfice des entreprises répondant aux critères d'éligibilité sera mise en place. Dans le but de permettre aux entreprises de conforter leur trésorerie et de préparer le prochain cycle de production, une aide exceptionnelle de 1,5 million d'euros a été notifiée à la Commission européenne sous la forme d'une prise en charge d'intérêts bancaires grâce à la constitution d'un fonds d'allégement des charges (FAC) et sous la forme d'une aide directe aux entreprises impactées. Une aide complémentaire de 1 million d'euros sera également débloquée et notifiée. Par ailleurs, cette notification inclut la possibilité pour les professionnels concernés de solliciter l'étalement ou le report du paiement de leurs cotisations sociales, et pour les situations les plus difficiles, de requérir auprès de l'Établissement national des invalides de la marine (ENIM) une remise gracieuse du paiement de ces cotisations. De plus, une exonération des redevances domaniales a été décidée par le Gouvernement le 21 août 2014.


    Illustration extraite de la présentation de Jean-Pierre Baud (Ifremer) à l'audition publique au Parlement européen (6 novembre 2014) : Santé de l'huître creuse Crassostrea gigas : Etat des lieux et perspectives

    En ce qui concerne les surmortalités affectant le secteur ostréicole, différents types d'aides ont été mis en place chaque année depuis 2008, pour accompagner et soutenir le secteur : exonération des redevances domaniales, fonds d'allègement des charges et indemnisations directes des pertes. Pour 2014, l'État a renforcé et élargi le périmètre d'intervention du fonds d'allègement des charges mis à disposition du secteur en le portant à 4,5 millions d'euros tandis que l'exonération de la redevance domaniale a été reconduite. Ces mesures ont été approuvées par la Commission européenne et sont actuellement mises en œuvre. Le relais de ces six années d'aides spécifiques doit maintenant être pris par les mesures relevant du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) selon ses modalités propres. Par ailleurs, ces aides ont été accompagnées par un important soutien à la recherche. Pour faire face aux mortalités, la sélection génétique a été identifiée par la profession comme une solution opérationnelle à approfondir. Ainsi, le projet collectif de sélection visant à identifier des souches résistantes, appelé SCORE (Sélection collective de l'huître creuse à des fins de captage orienté), est actuellement porté par la profession avec le soutien financier de l'État, des régions et du Fonds européen pour la pêche.

    De plus, afin de favoriser des conditions plus propices à la production conchylicole, le Comité régional de la conchyliculture de Poitou-Charentes a formulé une série de dix propositions visant à rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais doux et salés de la Charente-Maritime. La préfète de la Charente-Maritime a installé un groupe de travail réunissant services de l'État, élus et professionnels afin d'étudier les suites qui peuvent y être données. Une réunion de travail sur la qualité de l'eau s'est en outre récemment tenue à la direction de l'eau et de la biodiversité du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie avec les représentants professionnels.

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    Projet GIMEPEC : des Pesticides chez les Huîtres


    Illustration extraite de la présentation de Jean-Pierre Baud (Ifremer) à l'audition publique au Parlement européen (6 novembre 2014) : Santé de l'huître creuse Crassostrea gigas : Etat des lieux et perspectives

    Génotoxicité, IMmunotoxicité et rEprotoxicité des Pesticides chez Crassostrea gigas

    Début et durée : janvier 2012 - 42 mois
    Contaminants et Environnements : Métrologie, Santé, Adaptabilité, Comportements et Usages (CESA)

    Le projet « Génotoxicité, IMmunotoxicité et rEprotoxicité des PEsticides chez Crassostrea gigas » (GIMEPEC) se propose d’étudier le rôle que pourrait avoir la contamination chimique du milieu dans les épisodes de mortalité estivale d’huître creuse. Les résultats obtenus dans le cadre du Défi MOREST et la mesure in-situ de concentrations en pesticides particulièrement élevées pendant la période très sensible de gamétogenèse justifie en effet l’étude chez l’huître des effets toxiques des pesticides.

    Source : ANR

    Fort de l’analyse de deux séries de données historiques concernant le captage, la reproduction et la survie des larves (Réseau Rémora) et le taux d’anomalies génomiques des naissains issus de captage naturel, le projet GIMEPEC propose une base génétique pour expliquer une perte de résistance des huîtres aux stress physiologiques et environnementaux. Les dommages sur le matériel génétique de l’huître pourraient être la conséquence d’un impact génotoxique exercé par les phytosanitaires et dont les altérations au génome (lésions primaires, dommages irréversibles aux chromosomes) seraient responsables d’une perte de robustesse des huîtres. Celle-ci se traduirait par des performances physiologiques diminuées en terme de croissance, survie, immunité et reproduction. Parce qu’il ne peut être exclu que les effets délétères induits par les pesticides puissent être transmis d’une génération à l’autre, les effets trans-générationnels de l’exposition aux pesticides seront tout particulièrement étudiés.

    Pour cela, le projet GIMEPEC fait appel à des compétences pluridisciplinaires en écotoxicologie, cytogénétique, physiologie, immuno-pathologie, conchyliculture et chimie de l’environnement. Il est organisé selon deux approches complémentaires : une approche expérimentale réalisée en conditions contrôlées et une approche in-situ. Au cours de l’approche expérimentale, les huîtres seront exposées au glyphosate et au roundup pendant la période de gamétogenèse de manière à étudier les effets génotoxiques des herbicides et leur éventuelle transmission verticale à la descendance. Au cours d’une seconde expérimentation, l’exposition aux herbicides ne sera réalisée que pendant la phase sensible de développement embryo-larvaire. Au cours de ces expériences, les atteintes structurales et fonctionnelles au génome seront étudiées grâce à l’application de techniques de cytogénétique moléculaire et de tests de génotoxicité, et par une étude du transcriptome (Approche DGE). La biotransformation des herbicides chez l’huître sera également étudiée grâce à la mesure au niveau moléculaire et biochimique de marqueurs de phase II et III de la biotransformation ainsi que de défenses antioxydantes. En parallèle, différents marqueurs biologiques seront mesurés de manière à étudier le potentiel embryotoxique, immunotoxique (niveaux d’expression de gènes marqueurs de l’immunocompétence, recherche de lésions immunopathologiques, altérations cellulaires de l'immunocompétence) et reprotoxique (analyses histologiques, estérification des stéroïdes sexuels) des herbicides. Ces études seront complétées par une approche in-situ dans le but d’étudier les effets des conditions environnementales sur le développement, la croissance et les performances physiologiques (immunité, reproduction, survie) de naissains issus de pontes précoces et tardives. Cette étude sera réalisée sur le site de Fouras (Marennes Oléron) dont le niveau de contamination par les métaux traces, les polluants organiques (HAP, PBDE, PCB) et les pesticides (analyses multi-résidus, dosage du glyphosate et de l’AMPA) sera déterminé dans différentes matrices dont l’huître. Au cours de cette étude, la prévalence des microorganismes pathogènes sera également recherchée. Les résultats de ce projet de recherche permettront une meilleure connaissance des effets toxiques des pesticides chez l’huître. Ils contribueront à une meilleure compréhension des épisodes de mortalité estivale....

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    Le 22 Novembre 2014

    Prix des huîtres : le cri d'alarme des ostréiculteurs


    Les ostréiculteurs dénoncent la politique de prix des grandes surfaces.

    Source : La Manche Libre

    Les ostréiculteurs normands lancent un véritable cri d'alarme. En raison de mortalités d'huîtres adultes très élevées cette année, des entreprises se trouvent en grande difficulté.

    Autre conséquence directe : les quantités disponibles pour la commercialisation sont plus faibles que les autres années. Mais ce phénomène n'empêche pas les prix des huîtres de baisser, alors que les professionnels ne peuvent vendre à perte à cause de leur prix de revient très important.

    Les ostréiculteurs désignent les responsables de cette situation : les grandes surfaces et les grossistes. "Ils poussent au découragement et à la peur pour profiter de la fragilité de certains d'entre nous, et négocient des prix toujours plus bas." Des pratiques intolérables pour ces professionnels, car "une fois la limite économique dépassée, il sera très difficile voire impossible à ces entreprises de faire face à leurs échéances".

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    Un bon projet de diversification et de la ténacité...

    L'Etat a donné son feu vert. Un parc d'élevage d'ormeaux à Guissény 


    Il aura fallu sept ans et trois demandes... L'Etat vient d'autoriser la société France Haliotis à exploiter un parc d'ormeaux, à 1,5 km de la plage du Vougot, en pleine mer.

    Source : Ouest France

    Il y aura bien un parc d'élevage à ormeaux à Guissény, dans le Finistère. La société France Haliotis vient d'obtenir l'autorisation d'exploitation de cinq hectares pour dix ans de la part de l'État. « Nous sommes très heureux, il nous aura fallu sept ans et trois demandes pour l'obtenir », reconnaît Sylvain Huchette, fondateur.

    Ce projet est très contesté par une partie de la population et par le maire. Ils craignent la pollution et des nuisances pour les usagers de la plage du Vougot. « Notre concession se situe à 1,5 km de la plage, en pleine mer. Elle n'engendre donc aucune gêne potentielle pour les usagers de la plage », rétorque Sylvain Huchette.

    Retoqué une première fois, le projet a été revu à la baisse. Depuis neuf ans, France Haliotis exploite déjà un site d'élevage à Plouguerneau.

    Dans Le Télégramme : Elevage d'ormeaux. Du rififi à Guissény

    http://www.letelegramme.fr/bretagne/parc-d-elevage-d-ormeaux-feu-vert-a-guisseny-22-11-2014-10433616.php

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    Le 20 Novembre 2014

    Aquaculture européenne à contre courant !

    Dans le monde, l’aquaculture va principalement se développer en pisciculture d’eau douce et en conchyliculture... (ainsi que dans l'algoculture)

    Quant à l'Europe, elle voit son avenir dans la pisciculture marine. C’est la principale conclusion de l’étude présentée au Parlement européen le 6 novembre 2014 :

    "L'impact économique et écologique à long terme d'une aquaculture durable de grande ampleur" par Alistair LANE de la Société Européenne de l´Aquaculture

    'The long-term economic and ecological impact of large-scale sustainable aquaculture', by Alistair Lane of the European Aquaculture Society

    Cette étude analyse tout particulièrement les besoins en farine et en huile de poisson pour l'alimentation des poissons... En Europe, la pêche minotière et les co-produits (déchets de poisson) pourraient fournir des quantités suffisantes de farine et d'huile de poisson pour ûne croissance soutenue de la pisciculture marine....

    Résumé

    The EU recognises aquaculture as an important contributor to the EU food basket and this study provides insights into the economic and ecological implications of increased EU aquaculture. Current production, classified by technology and by sector, is transposed into forecasts up to 2030 that identify the main future technologies, trends and sectoral challenges. An ecological impact assessment matrix is used to compare production systems. Feed requirements are presented, with observations on how these might impact EU fisheries. Public support and policy considerations are discussed.

    Etude à télécharger ici (uniquement en anglais)

    Dans l'UE, la part de la conchyliculture fléchirait selon les projections


    En 2010, la conchyliculture représentait 50% de la production aquacole dans l'UE... En 2030, l'élevage de coquillages (huitre, moule,...) ne représenterait plus que 39% !

    Tous les détails dans ce tableau....


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    Comment développer l'aquaculture européenne ? A la pêche aux solutions pour l’aquaculture européenne




    01'33" 17/06/2010

    L’UE importe plus de 60% de ses poisons d’élevage. Moins de bureaucratie pourrait doper la production de poissons d’élevage en Europe mais comment faire pour y parvenir ? Source : EuroparITV


    L'Union Européenne importe plus de 60 % des poissons d'élevage qu'elle consomme... alors qu'elle possède un grand nombre de kilomètres de côtes. Le développement de ce secteur permettrait de créer de nombreux emplois. Source : Europe en images

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    19 novembre 2014

    Bassin de Thau : un nouveau mas d'expérimentation conchylicole


    Source : TVsud Par Mouaad El Yaakabi de TVsud

    C'est à Mèze (34), au bord du bassin de Thau, qu'est inauguré, ce mardi 18 novembre 2014, le mas d'expérimentation du (CRCM), comité régional conchylicole de Méditerranée. Depuis plusieurs années la production d’ huîtres de l’étang est régulièrement impactés par différentes maladies ou virus, Le nouveau laboratoire permettra de mener des recherches et d’être plus efficaces dans l’analyse et la résolution des problèmes sanitaires.

    Mèze : un laboratoire pour créer l’huître du futur

    Inauguré mardi 18 novembre au Mourre Blanc, le mas d'expérimentation conchylicole a pour ambition de favoriser l'éclosion d'huîtres plus résistantes aux maladies.

    Source : Midi Libre

    À en juger par les têtes venues se pencher sur son berceau, voilà un “bébé” particulièrement choyé. Préfet de région (Pierre de Bousquet), président du conseil général (André Vezinhet), conseiller régional chargé des ports (André Lubrano), directeur des affaires maritimes, directeur de l'Ifremer, élus, scientifiques… On avait rarement vu autant d'officiels au Mourre Blanc avant l'inauguration, ce mardi matin, du mas d'expérimentation du CRCM (Comité régional conchylicole de Méditerranée )....

    ... Les professionnels ont tant bien que mal réussi à maintenir “la tête hors de l'eau”. "Mais les naissains venus d'Atlantique résistent toujours moins bien en Méditerranée et leur mortalité est plus élevée, expose Denis Regler, directeur du CRCM. Il faut donc qu'on trouve des solutions pour renforcer la résistance des huîtres mais aussi se diversifier : coquille Saint-Jacques, noix de pétoncle, huître plate, biju…".

      La recherche dispose… Depuis l'apparition de ces maladies, les professionnels travaillent de concert avec des universitaires et des scientifiques (Montpellier II, Ifremer, Cépralmar...) pour tenter de favoriser les conditions d'un meilleur développement des huîtres de Thau. Plusieurs programmes de recherche ont été lancés, comme Pronamed (mise au point de techniques de captage naturel des naissains, "qui sont en train d'aboutir"), Signagène (établissement d'une signalétique génétique d'huîtres rustiques…)... Projet-phare : l'ouverture d'une écloserie dans le bâtiment de Simyra, au port de Frontignan, d'ici un an.

      … d'un nouvel outil. Le mas d'expérimentation du Mourre Blanc - un bâtiment de 130 m2 - est l'étape intermédiaire de ce processus. "Nous avions un bateau et une table, mais il nous fallait une base à terre pour faire des tests sur une petite échelle, avant de passer à l'échelle commercial...

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    Audition publique : L'industrie ostréicole en Europe : Les défis pour les producteurs



    Cliquer Ici pour (re) écouter l'audition publique (à la date du 6 novembre de 15 h à 17 h 18)

    The oyster industry in Europe: Challenges for producers

    Audition publique

    Commission de la pêche au Parlement européen (Président : Alain Cadec)

    6 novembre 2014 à Bruxelles

    Intervenants :
    • Jean-Pierre Baud, chercheur à l'Ifremer,
    • Sophie Sury, ostréicultrice à l'île de Ré et membre de l'association Ostréiculteur Traditionnel,
    • Gérald Viaud, président du Comité national de la conchyliculture,
    • Martin Ferris, député irlandais et ancien ostréiculteur.

    En ligne : 2 présentations très intéressantes

    Jean-Pierre Baud, Coordinator for shellfish farming at IFREMER Nantes

    La santé de l’huître creuse Crassostrea gigas : Etat des lieux et perspectives, à télécharger Ici



    Gérald Viaud, President of the National Committee and of the Regional Committee on Shellfish Farming

    Cliquer Ici pour télécharger la présentation de Gérald Viaud



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    Comment sauver les huîtres élevées en Europe ?




    Source : Euronews - 07/04/14 

    Virus, bactéries et parasites déciment les huîtres en Europe. Comment la science peut-elle contribuer à y remédier ? Dans le sud-ouest de la France, par exemple, les ostréiculteurs font face à un véritable fléau depuis plusieurs années comme nous l’explique l’un d’eux : “le cycle d‘élevage des huîtres dure de 3 à 4 ans”, indique Gérald Viaud. “La première année, on peut avoir jusqu‘à 80, voire 90 % de mortalité ; la deuxième, c’est parfois de l’ordre de 10 à 15 % et la troisième, on a encore une importante mortalité de 30 à 40%”, énumère-t-il avant de conclure : “au final, on arrive péniblement à vendre une huître sur dix”.

    Un projet de recherche scientifique soutenu par l’Union européenne a justement pour but d’identifier et de neutraliser ce redoutable ennemi. Dans le laboratoire de l’IFREMER (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) à La Tremblade (ouest de la France), on dissèque un virus, trois bactéries et un parasite et plus précisément, l’action de ces pathogènes sur les huîtres. Des animaux vulnérables qui s’avèrent très difficiles à protéger d’après le coordinateur de ce projet baptisé Bivalife, Tristan Renault, chef du laboratoire génétique et pathologie. “La vaccination n’est pas possible chez les coquillages”, souligne-t-il, “ce sont des invertébrés qui ne possèdent ni anti-corps, ni lymphocyte T et B qui sont les composantes que l’on stimule au travers de la vaccination chez l’homme ou chez les animaux”.

    Ce qui n’empêche pas les chercheurs d’envisager des solutions : les plus prometteuses – bien qu’elles prennent du temps -, ce sont la sélection naturelle et les croisements. “Au sein des huîtres”, poursuit Tristan Renault, “il peut exister des individus qui ont une capacité supérieure par rapport à d’autres à se défendre de cette infection virale et donc on peut les utiliser, les croiser entre eux et obtenir des groupes résistants”.

    À la différence des animaux de ferme, les huîtres sont élevées dans un milieu ouvert où les facteurs environnementaux ne sont pas évidents à contrôler comme la température de l’océan, la salinité et l’acidité de l’eau ou encore la pollution. Ainsi, Jean-Paul Lopez, ostréiculteur, pointe du doigt “le virus, mais aussi la pollution comme le nitrate, les pesticides, les engrais qui vont dans la mer et les stations d‘épuration qui ne sont pas aux normes”. “On est dans un environnement ouvert, donc d’interaction”, insiste Tristan Renault, le coordinateur du projet. “Donc notre travail”, dit-il, “consiste à regarder si un mélange de douze pesticides peut rendre les animaux plus sensibles à l’infection virale”. Une démarche dont les professionnels attendent beaucoup : “la recherche sur la qualité du milieu, de l’eau, des sédiments, c’est tout cela qui nous intéresse, mais il y a aussi le fonctionnement et la gestion du territoire dans son ensemble”, déclare Gérald Viaud.

    Malgré la complexité de la tâche, scientifiques et ostréiculteurs refusent de baisser les bras : “j’avais 20 ans en 1970 quand on a vécu la grande épizootie, alors si je n‘étais pas optimiste aujourd’hui à 63 ans, je ne serais pas là et je n’essaierais pas de défendre la profession”, lance Gérald Viaud, “parce que mes enfants font eux aussi ce métier et j’ai bon espoir de voir mes petits-enfants travailler un jour avec nous dans l‘établissement familial”.

    Pour plus d’informations sur ce projet de recherche : www.bivalife.eu

    Copyright © European Commission 2014 / euronews 2014

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    Le 18 Novembre 2014

    Championnat européen des écaillers 2014


    Mardi 18 novembre de 9h30 à 12h30 aura lieu sur l’esplanade du Parlement européen à Bruxelles le Championnat européen des écaillers. Cet événement est organisé par le Comité national de la conchyliculture.

    Source : Blog d'Alain Cadec (Président de la commission PECH au Parlement européen)

    Des écaillers de toute l’Europe s’affronteront autour de deux épreuves : une épreuve d’ouverture d’huitres et une épreuve de présentation.

    Le Championnat européen des écaillers est l’occasion de mettre l’huitre à l’honneur dans un cadre convivial. Avec le Comité national de la conchyliculture, nous voulons faire connaitre ce produit noble ainsi que le beau métier d’ostréiculteur.

    Le député en action....

    Championnat européen des écaillers : ma démonstration aux technocrates européens “Comment ouvrir des huitres”

    Ce matin a eu lieu devant le Parlement européen à Bruxelles le Championnat européen des écaillers.

    Des écaillers de toute l’Europe se sont affrontés sur deux épreuves : une épreuve de vitesse et une épreuve de présentation. Le championnat a été remporté par Clément Marandon, du restaurant “L’Écailler du Jutard” à Lyon.

    Le Championnat européen des écaillers est l’occasion de mettre l’huitre à l’honneur dans un cadre convivial. J’ai voulu faire connaitre ce produit noble ainsi que le beau métier d’ostréiculteur à mes collègues députés européens et aux fonctionnaires européens.

    Entre les deux épreuves, je me suis pris au jeu en ouvrant quelques huitres. J’ai d’ailleurs obtenu le prix spécial du meilleur député écailler, et ajouté à l’attention des fonctionnaires de la Commission présents : “Les plates sont plus difficiles à ouvrir que les creuses mais je ne suis pas mécontent de ma technique“. Ce serait bien que les technocrates qui font des réglementations sur les huitres apprennent à les ouvrir. En règle générale, ça ne ferait pas de mal à certains d’entre eux de découvrir la vraie vie !

    Cliquer Ici pour en savoir plus

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    Rencontres de l’IMP sur la sécurité maritime

    La dimension humaine de la sécurité maritime

    19 novembre 2014

    L’Institut maritime de prévention (IMP) organise une rencontre sur « la dimension humaine de la sécurité maritime », le mercredi 19 novembre à Carhaix.

    Source : Le Marin

    Le programme prévoit notamment d’aborder les chiffres de l’accidentologie maritime bretonne et l’accueil des nouveaux embauchés avec le livret d’accueil, avec deux exemples, l’un au thon tropical et l’autre en conchyliculture.

    Le projet de prévention des conduites addictives dans les entreprises maritimes (Precadem) sera aussi présenté. L’IMP remettra son « produit phare » de l’année.

    Il sera aussi question des outils disponibles pour l’évaluation des risques, notamment le risque chimique ; de l’impact du zéro rejet sur la sécurité et les conditions de travail ; et de la dotation médicale. L’élu breton Pierre Karleskind ouvrira la journée, que clôtureront Georges Tourret et Philippe Castel, président et vice-président de l’IMP.

    En pratique : salle des Halles à Carhaix le 19 novembre, 9 h 30-17 h, s’inscrire sur le site IMP ou par téléphone au 02 97 35 04 30.

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    15 novembre 2014

    Breizh Filière Mer : Une association à l'amer

    Depuis vingt ans, sous le nom de Normapêche d'abord puis de Breizh Filière Mer, une association interprofessionnelle valorise la qualité des produits de la pêche et de la conchyliculture en Bretagne. Ayant eu jusqu'à six salariés, Breizh Filière Mer se dirige aujourd'hui vers un probable dépôt de bilan. Jean-François Plessis, le président de l'association, a dû se résigner à signer les deux derniers licenciement début novembre.« Pourtant, nous avons effectué un travail important depuis 1995 » soupire-t-il, amer.

    Source : pdm-seafoodmag par Bruno Saussier

    Au fil du temps, Normapêche a mis en place des cahiers des charges pour des produits de la pêche de qualité. Via la marque Bretagne Qualité Mer en ce qui concerne la pêche côtière. Via Poissons de Bretagne pour la hauturière. « Une valorisation que l'on aurait pu généraliser, avec un minimum de volonté, sur toutes les pêcheries et même sur les crustacés » assure le président.

    Alors pourquoi Breizh Filière Mer a échoué là où Normandie Fraicheur Mer a réussi à s'imposer ? « NFM a une seule organisation de producteur et un seul comité régional. Ces deux structures les soutiennent. Chez nous, l'OP Pêcheurs de Bretagne fait la pluie et le beau temps. Et certains de leurs adhérents ne veulent pas que l'on jette un œil dans leurs bateaux. Leur souci de qualité n’est pas une priorité et cela tire tout le monde vers le bas. »

    Reste que le président Plessis n'est pas du tout disposé à mettre les avancées patiemment obtenues à la poubelle. À commencer par les deux dossiers label Rouge portés par BFM depuis quatre ans : les noix de coquilles Saint-Jacques surgelées et les moules de bouchots. Or ces deux dossiers, bretons, pourraient bien être récupérés désormais par les régions voisines.« Si Bretagne Filière Mer est dissoute, les opérateurs concernés par ces dossiers ne voudront pas tout perdre. Le dossier Saint-Jacques pourrait migrer chez nos camarades de Normandie Fraîcheur Mer et celui de la moule de bouchot vers la Charente. »

    De même pour les chartes de qualité mises en place progressivement dans l'ensemble des criées bretonnes. « Avec Bretagne Qualité Mer, le lieu jaune était vendu 5 % plus cher que l'extra, la sole 16 %, le tourteau 26 % et l'araignée 44 %. Au bébéfice du pêcheur. » Désormais, le président estime qu'il ne va plus y avoir de BQM dans les halles à marées mais que la marque perdurera chez les mareyeurs...

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    Huîtres et moules de l'étang de Leucate provisoirement interdites à la vente

    Les dernières analyses effectuées sur des coquillages de l'étang de Leucate dans le cadre du réseau de surveillance du phytoplancton REPHY par l‘Institut français de recherche pour l'exploration de la mer (IFREMER) ont mis en évidence la présence de biotoxines produites par des algues microscopiques à une concentration dépassant les critères sanitaires européens.

    Source : La Dépêche

    Afin de prévenir tout risque pour la santé des consommateurs, le Préfet de l'Aude a immédiatement pris, en lien avec les conchyliculteurs de Leucate, des mesures d'interdiction de pêche et de commercialisation des huîtres et des moules en provenance de la zone 11-14 «Étang de Leucate – Parc ostréicoles» et 11-18 «Étang de Leucate». Cette mesure s'applique à compter du 10 novembre, date de la constatation de la présence de ces biotoxines, et jusqu'à l'obtention de deux résultats successifs favorables aux contrôles qui seront effectués dans les prochains jours.La présence d'algues microscopiques dans le milieu est un phénomène naturel. Leur prolifération, associée à l'accumulation de biotoxines dans les coquillages, reste rare, liée à la conjonction de plusieurs phénomènes : apports nutritionnels dans l'étang suite à d'importantes précipitations, températures douces, faible renouvellement de l'eau de l'étang avec la mer…

    Les autres produits de la mer de l'Etang de Leucate (poissons) ainsi que les huîtres, moules et palourdes en provenance d'autres zones de production ne sont pas touchés par ces mesures temporaires de restriction et peuvent toujours être commercialisés par les professionnels de Leucate qui veillent à assurer la traçabilité des coquillages.

    Le centre ostréicole de Leucate reste donc en fonctionnement durant cette période d'interdiction.

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    Saisonnier ostréicole : L’adjoint écrit au président


    Pas contente la mairie de La Tremblade à propos de l'installation de caravanes de saisonniers qui viennent renforcer les équipes de certains ostréiculteurs. Selon François Patsouris, maire adjoint, pour la deuxième année consécutive, un des plus gros expéditeurs d'huîtres demande à la Ville de mettre à disposition pendant deux semaines des terrains communaux pour une dizaine de caravanes abritant une trentaine de personnes. « Or ces terrains, nous ne les avons pas », martèle François Patsouris.

    Source : Sud Ouest

    Un second ostréiculteur de La Tremblade « emploierait » des saisonniers espagnols qui campent sur le marais, au bois de la Touche, dans des conditions déplorables. Un constat a été dressé par la police municipale et une évacuation a été menée par la gendarmerie.

    Le maire adjoint a écrit au président du Comité régional conchylicole, Gérald Viaud, un courrier pour lui faire part de « (sa) colère et pour (l') informer des demandes de (ses) collègues expéditeurs qui mettent la commune et ses élus devant le fait accompli ».

    « Tout cela n'est plus possible ! écrit François Patsouris, surtout que ces mêmes personnes sont très exigeantes sur la qualité des rejets dans le chenal de la Grève où ils puisent l'eau pour leurs expéditions (plus de 200 tonnes à eux deux). »

    Et l'élu de s'inquiéter pour les jours qui viennent : « De nombreux jeunes routards vont également arriver, s'installer près du chenal de l'écluse et, une fois de plus, nous n'avons pas les moyens immédiats de les expulser […] La semaine dernière, nous avons mis cinq jours avec les services de la police municipale pour faire évacuer un ‘‘camion écurie'' dans lequel un couple partageait son ‘‘logement'' avec un cheval auquel il avait délimité un pré avec clôture électrique ! […] La Commission environnement, développement durable et administration générale m'a chargé de vous écrire et, au vu de la gravité des faits, de vous informer, en tant que patron des ostréiculteurs, de faire le nécessaire pour contrôler cette situation. »

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    Diversification dans les marais

    La gambas du Japon frétille à Mornac-sur-Seudre


    Frédéric Madroux élève gambas et huîtres dans sa ferme Huître Impériale. Il vend ses larves aux producteurs de la région

    Source : Sud Ouest par Didier Piganeau

    Les carcinologistes - spécialistes des crustacés - l'appellent penaeus japonicus. Les gourmets qui en perdent leur latin, lui préfèrent le nom de gambas. Notre gambas ou crevette impériale, reine des paellas, des barbecues, planchas et autres plateaux de fruits de mer, puise ses racines au Japon. Mais il y a belle lurette qu'elle n'a pas trempé ses pattes dans les eaux de l'océan Pacifique ou de la mer du Japon puisqu'elle est aussi élevée, chez nous, en Charente-Maritime depuis les années 1970. D'une manière très confidentielle au début, puis petit à petit elle a fait son nid chez beaucoup d'ostréiculteurs qui ont trouvé là une source de revenus complémentaires, notamment l'été.

    Normand, Frédéric Madroux n'a pas rêvé de devenir pompier ou pilote de course, comme beaucoup de petits garçons. Non, tout gamin déjà, il se voyait… éleveur de crevettes. Pour cela, il a donc entrepris des études d'ingénieur en aquaculture, à Montpellier et examiné, il y a une quinzaine d'années, les côtes françaises pour trouver le meilleur endroit possible pour installer son élevage. Mornac-sur-Seudre a retenu toute son attention. Et ce, pour plusieurs raisons.

    « Il y avait 35 claires à vendre et une possibilité d'extension pour 35 autres dans un endroit idéal, soit ce coin de Seudre où les marées assurent un bon renouvellement de l'eau des claires et permettent une prolifération des vers de vase dont se nourrissent les gambas. Ensuite, Mornac est un coin très touristique, donc très intéressant pour la vente directe », précise Frédéric Madroux. Ainsi est née la ferme Huître Impériale, où l'élevage de crevettes représente l'activité principale quand l'ostréiculture reste une activité d'appoint pour les mois d'hiver.

    Écloserie

    Si depuis quelques années beaucoup d'ostréiculteurs de Charente-Maritime produisent des gambas pour arrondir leurs fins de mois, ils ne sont qu'une quinzaine à vivre essentiellement de cet élevage. Frédéric en fait partie.

    Aujourd'hui, l'éleveur produit cinq à six tonnes de crustacés - sous le label Agriculture biologique, renouvelé chaque année - entre la mi-juillet et la fin octobre. Car, en tant que crustacé des eaux chaudes, la crevette impériale ne résiste pas aux hivers charentais . Ses clients sont essentiellement les restaurateurs de la région, mais aussi des grossistes en poissons qui travaillent avec l'Espagne, et les touristes de passage à Mornac.

    Mais depuis quatre ans, Frédéric a ajouté une corde à son arc : la production de larves au tout début du printemps dans une vaste écloserie installée à proximité des claires. Ce qui lui permet de vendre à d'autres producteurs des gambas encore toutes jeunes qu'ils feront grandir dans leurs claires. « Je fournis une bonne partie des éleveurs de la région, car je suis le seul à leur proposer des larves sur tout l'ouest de la France. » Son plus proche concurrent français se trouve en effet… à Perpignan.

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    Facteurs influençant la présence de Vibrio vulnificus dans les huîtres

    Vibrio vulnificus, une bactérie ubiquitaire dans les huîtres et les eaux côtières, est capable de causer des problèmes allant de la gastro-entérite à des infections graves des plaies ou la septicémie. L’absorption de ces bactéries dans les huîtres est souvent examiné in vitro en plaçant les huîtres dans de l’eau de mer modifiée par V. vulnificus.

    Source : amgar.processalimentaire

    Plusieurs équipes ont obtenu des résultats similaires dans des études où les bactéries cultivées en laboratoire ont été observées être rapidement prises par les huîtres, puis rapidement éliminées. Cette technique, avec des modifications proposées, est examinée ici. En revanche, la microflore naturelle à l’intérieur de l’huître est notoirement difficile à éliminer par dépuration. La raison de cette présence transitoire des bactéries exogènes est que ces bactéries sont exclues de la concurrence par la microflore préexistante de l’huître. La preuve de ce phénomène est illustrée dans des études in vitro chez les huîtres et une étude pluriannuelle de cas in situ. La dépuration des bactéries endogènes d’huîtres se produit naturellement et peut aussi être induite artificiellement, mais ces deux événements exigent des conditions extrêmes, naturels ou non, comme expliqué ici. Enfin, l’état « viable mais non cultivable » (VNC) de Vibrio est discuté. Cette torpeur bactérienne peut facilement être confondue avec une réduction de l’abondance des bactéries, car les bactéries dans cet état ne parviennent pas à croître sur des milieux de culture. Ainsi, les huîtres recueillies auprès les mois les plus froids peuvent sembler être relativement exemptes de Vibrio mais en réalité elles abritent des cellules VNC qui répondent aux bactéries exogènes et empêchent la colonisation des matrices d’huîtres. Des expériences d’absorption bactérienne combinées avec des études impliquant des filtrats bactériens sans cellules (ou cell-free spent media) sont détaillées qui démontrent cet événement, ce qui pourrait expliquer pourquoi la communauté microbienne des huîtres ne reflète pas toujours celle de l’eau environnante.

    Brett A. Froelich and Rachel T. Noble. Factors Affecting the Uptake and Retention of Vibrio vulnificus in Oysters. Appl. Environ. Microbiol. December 2014 vol. 80 no. 24 7454-7459.

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    Le 10 Novembre 2014

    Charente-Maritime : un ostréiculteur sur trois a disparu

    Illustration extraite du Recensement conchylicole 2012 : Agreste 2014

    Le département, qui fournit la moitié de la production ostréicole française, assiste à une concentration des entreprises. Avec des emplois à la baisse

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux Publié le 10/11/2014


    Depuis sept ans, les conchyliculteurs de la Charente-Maritime sont confrontés à d'importantes mortalités des cheptels. Le naissain d'huître, depuis 2007, survit péniblement et, pour la deuxième année consécutive, les huîtres de taille marchande, âgées de 3 ans, n'échappent plus à d'importants pourcentages de pertes.

    Le second versant conchylicole charentais, la production de moules, n'échappe pas, lui aussi, à des difficultés ponctuelles.

    Les conséquences de cette altération de la filière se lisent dans les résultats du recensement conchylicole. Les éléments de référence, qui dataient d'une étude de 2001, viennent d'être réactualisés par les services statistiques du ministère de l'Agriculture et la Direction des pêches maritimes. La collecte d'informations a eu lieu au printemps dernier ; elle portait sur l'année 2012.

    Dans cet intervalle de onze ans, le nombre d'entreprises conchylicoles a diminué de près de 40 %. Sur les 1 156 exploitations qui commercialisaient 47 000 tonnes d'huîtres, il en reste 742 qui mettent 37 000 tonnes d'huîtres sur le marché. Mais, comme en 2001, la Charente-Maritime fournit la moitié de la production nationale.

    L'érosion des entreprises est marquée dans les structures individuelles (-51 %), tandis que les formes sociétaires telles que les GAEC et les EARL ont progressé de 17 %. Une forme de concentration est-elle amorcée ? La question tombe sous le sens, 76 entreprises vendant 100 tonnes d'huîtres et plus par an ont distribué 70 % des volumes (26 000 tonnes). Tandis que le plus gros contingent des établissements, les 297 dont la production ne dépasse pas 20 tonnes, pèse 8 % (3 000 tonnes) seulement des ventes d'huîtres pour la consommation.

    En parallèle se lit un tassement des surfaces exploitées, mais dans une courbe moins accentuée. Il est de 150 hectares, pour un total de 4 950 hectares localisés en grande majorité en Charente-Maritime. La production s'organise principalement dans le département (4 025 hectares), mais aussi à l'extérieur, Bretagne, Normandie, Pays-de-la-Loire (près de 920 hectares) où les producteurs recherchent de meilleures performances à l'élevage.

    1 000 temps pleins perdus

    Quelle incidence sur les effectifs ? La conchyliculture demeure un gros employeur de main-d'œuvre, mais les besoins ont logiquement évolué à la baisse. 8 000 personnes (pour 3 500 équivalents temps plein) recevaient une feuille de paie au seuil des années 2000. Ils sont 6 000 aujourd'hui (pour 2 500 équivalents temps plein), dont un millier de salariés permanents. Le seul élément stable de la dimension sociale de la crise que traverse la filière, c'est l'âge moyen du chef d'exploitation, qui reste calé sur 46 ans.

    En revanche, alors que la main-d'œuvre familiale (épouse, enfants, etc.) a reculé de 41 % en onze ans, le nombre de salariés permanents, lui, n'a régressé que de 14 %. Les femmes, dont le volume d'activité flanche de 36 %, paient un lourd tribut au contexte économique et, peut-être aussi, à la mécanisation des tâches, toujours plus poussée.

    En 2012, ces entreprises ostréicoles ont réalisé un chiffre d'affaires de 287 millions, lequel est bâti à 80 % sur les ventes pour la consommation. Les 20 % restants résultent de transactions internes à la filière, telles que des ventes de naissains. À propos de naissain, les statistiques disent aussi combien les mortalités ont infléchi certaines pratiques de culture : les producteurs sont revenus au captage d'huîtres naturelles pour tenter de réensemencer leurs parcs ravagés. 577 des 742 entreprises ostréicoles ont ainsi collecté 2,3 milliards de naissains, plus du double de la production d'il y a onze ans.

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    Le 9 Novembre 2014

    « Les mortalités d’huîtres sont moins importantes »

    Olivier Laban, président du comité régional conchylicole d’Arcachon-Aquitaine, fait le point sur les mortalités subies par les huîtres du Bassin cette année.

    Source : Sud Ouest par David Patsouris 

    Depuis une petite dizaine d'années, les huîtres subissent d'importantes mortalités dans le monde dues à un herpès virus devenu soudainement extrêmement virulent. Depuis, les ostréiculteurs ont appris à vivre avec cette calamité qui frappe les jeunes huîtres (moins de dix-huit mois) dès que la température de l'eau atteint 16 degrés. Olivier Laban, le président du comité régional conchylicole d'Arcachon-Aquitaine, fait le point.

    « Sud Ouest ». Olivier Laban, les mortalités causées par l'herpès virus ont-elles frappé les jeunes huîtres comme les années précédentes ?
    Olivier Laban. Le comité régional conchylicole a mis en place un observatoire des mortalités qui complète les travaux d'Ifremer (Institut français pour la recherche et l'exploration de la mer). Et il y a cette année une bonne nouvelle : nous constatons un gain de survie de 25 à 30 % de survie, selon les sites. Au total, sur les huîtres juvéniles, la mortalité est de 50 % en moyenne. L'an dernier, le taux était de 80 %.

    Les stocks se reconstituent…
    Oui. Nous aurons un retour de la production d'ici un an et demi ou deux ans. Nous avons un gros stock d'huîtres de 30 grammes ou 40 grammes. Or, celles que l'on vend pèsent 70 à 80 grammes. Ce sera encore tendu à Noël mais à partir du printemps, il y aura pas mal d'huîtres.

    Est-ce que ce retour du stock aura une incidence sur les prix ?
    Je ne l'espère pas ! Les prix ont monté pendant trois ans. Mais c'était en quelque sorte une remise à niveau. Les professionnels doivent demeurer vigilants. Ils ne doivent pas baisser leurs prix pendant l'année 2015 pour ne pas dévaloriser le produit.
    Les consommateurs n'ont pas déserté les points de vente. Cependant, il faut changer le mode de distribution, sortir de la traditionnelle douzaine et aller vers l'huître au kilo.

    Une baisse des prix serait-elle si problématique ?
    Oui. L'ostréiculture est un métier à risque, avec des coûts de production importants, des fermetures administratives de temps en temps. Et puis la réglementation sociale ne nous épargne pas. À cause des marées, les 35 heures sont compliquées et on explose les plafonds d'heures supplémentaires, les gens sont souvent payés à 120 ou 150 %. Cela dit, ces salaires valorisent le métier.

    Y a-t-il eu comme l'été dernier des mortalités importantes dues à une bactérie sur les huîtres marchandes ?
    Elles ont été très importantes durant l'été 2013. De ce que l'on a pu observer, ces mortalités auraient frappé 12 % des huîtres naturelles et 50 % des huîtres triploïdes (les huîtres stériles nées en écloserie). Ces chiffres vérifient ce que l'on pressentait. Et puis ça pose une vraie question : l'huître triploïde est intéressante l'été parce qu'elle n'est pas laiteuse et c'est justement à cette période qu'elle claque.

    Et quelle est donc votre réponse à cette « vraie question » ?
    Certains sont pour les triplos, d'autres sont contre. Moi, je ne suis ni pour ni contre. Mais je pense qu'il faut tout encadrer fermement. Et nous avons été parfois un peu légers. Une écloserie fonctionne sans contrôle, sans contrainte. Une exploitation ostréicole est bien plus contrôlée. Ce n'est pas normal. Nous avons un métier 100 % naturel : nous ne soignons pas nos huîtres, nous ne les nourrissons pas. L'écloserie, elle, peut être tentée de le faire, un peu comme dans la pisciculture. Surtout avec des mortalités d'une telle ampleur. Les services de l'État semblent l'avoir compris et parlent de statut ICPE (installation classée pour la protection de l'environnement).

    Dans ces conditions, où en est l'idée d'installer une écloserie coopérative sur le Bassin ?
    C'est l'outil qu'il faudrait avoir sur l'étagère en cas de besoin. Sauf qu'une écloserie fonctionne si on s'en sert régulièrement. D'un point de vue économique, ça veut dire 200 à 300 000 euros de fonctionnement par an, sans compter l'investissement. Il faudrait donc un seuil minimum de rentabilité et que les ostréiculteurs s'engagent à acheter un minimum à l'écloserie qu'il y ait ou non du naissain.

    C'est compliqué, non ?
    On peut imaginer un système de rendement au collecteur, comme pour la vigne. À quatre milliards d'huîtres, on est bon, à 5,5 milliards, plus du tout. Sauf que la profession tient à sa liberté, quitte à ce qu'elle lui coûte très cher. Ce n'est pas mûr dans la tête des producteurs. Donc nous ne sommes pas capables de monter cette écloserie coopérative. Nous restons sur l'aléatoire du naissain naturel.

    Comment expliquez-vous cette baisse des mortalités ?
    Peut-être qu'une immunité naturelle est en train de se mettre en place. Ce n'est qu'une hypothèse. Pour l'huître plate par exemple, cette immunité n'a jamais vu le jour.

    (1) Cet entretien a été réalisé mi-octobre, soit avant qu'Olivier Laban ne se déclare candidat à la présidence du Parc naturel marin.

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    7 Novembre 2014

    Europe : Le canadien Cooke Aquaculture voit toujours plus grand

    Cooke Aquaculture produit déjà beaucoup de saumons : 30 000 tonnes au Canada et 20 000 tonnes au Chili... 

    Depuis 2013, cette société canadienne poursuit son expansion sur le vieux continent en se diversifiant : Bar et Dorade en Espagne, Saumon en Ecosse et maintenant un projet Turbot au Portugal...

    Contrairement aux sociétés norvégiennes cotées en bourse, Cooke Aquaculture est un groupe familial qui a débuté son activité aquacole dans l'est canadien en Nouvelle-Ecosse (façade atlantique)

    Portugal : Turbots / Cooke Aquaculture intéressé par le site de Mira

    Le site d’élevage de turbots de Mira (Portugal), appartenant à Pescanova, et pour lequel PricewaterhouseCoopers recherche des acquéreurs potentiels suscite l’intérêt du groupe canadien Cooke Aquaculture, ainsi que d’une société japonaise dont l’identité n’a pas été communiquée. Source : Ubifrance

    D'après Faro de Vigo : La canadiense Cooke, interesada en la planta de rodaballo en Mira

    Pour mieux connaitre Cooke Aquaculture dans RPA :

    Et pourquoi pas des huîtres

    “J’espère trouver quelqu’un de costaud pour prendre la suite !” Michel Adrien

    France Turbot veut "se battre pour conserver les emplois"

    Le 29 octobre dernier, le tribunal de commerce a placé sous redressement judiciaire l'entreprise France Turbot, filiale du groupe Adrien, qui emploie 95 salariés, dont 70 à L'Epine (Noirmoutier)

    Illustration : copie d'écran du Groupe Adrien

    Michel Adrien entend se battre pour sauver l'activité sur l'île de Noirmoutier...

    Source : Courrier vendéen

    Le site de L’Epine avait été victime en 2011 d’une importante pollution, dont l’entreprise n’a pas réussi à se remettre.C’est le début d’un processus qui a mené à  ce redressement judiciaire.

    Michel Adrien, président du groupe Adrien, confirme : “La pollution de 2011 a été radicale. Tout a crevé.”

    Ce ne sont pas moins de 580 millons d’huîtres qui ont succombé cette année là. Une perte collossale, dans un contexte déjà difficile pour l’ostréiculture, victime d’une surmortalité des jeunes huîtres.

    Les conséquences se sont enchaînées : des commandes n’ont pas pu être honorées, engendrant une perte de confiance de la clientèle de l’entreprise. A l’arrivée, c’est une perte de six millions d’euros qui s’est accumulée sur trois ans.

    Une somme trop importante pour que le groupe puisse venir en aide à France Turbot.

    “On se bat à mort”

    Michel Adrien ne cache pas son sentiment de colère.

    En quelques années, France Turbot a cumulé les galères :  la tempête Xynthia puis un incendie....

    (...)

    Deux scénarios sont envisageables :
    • la continuité au sein du groupe Adrien
    • la cession.

    Michel Adrien ne cache pas que la cession demeure l’hypothèse la plus probable.

    Des contacts ont déjà été pris avec des repreneurs potentiels pour des cessions effectuées dans les meilleures conditions possibles.

    “J’espère trouver quelqu’un de costaud pour prendre la suite !”

    Texte intégral dans : Courrier vendéen

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    Le 6 novembre 2014

    En direct du Parlement européen, jeudi 6 novembre 2014 de 15 h à 17 h

    Audition publique : L'industrie ostréicole en Europe : Les défis pour les producteurs



    Cliquer Ici pour accéder et (re) écouter l'audition publique (à la date du 6 novembre de 15 h à 17 h 18)

    The oyster industry in Europe: Challenges for producers

    Audition publique

    Commission de la pêche au Parlement européen (Président : Alain Cadec)

    6 novembre 2014 à Bruxelles

    Intervenants :
    • Jean-Pierre Baud, chercheur à l'Ifremer,
    • Sophie Sury, ostréicultrice à l'île de Ré et membre de l'association Ostréiculteur Traditionnel,
    • Gérald Viaud, président du Comité national de la conchyliculture,
    • Martin Ferris, député irlandais et ancien ostréiculteur.

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    Cette eau qui coule ensuite vers la mer, chargée en nitrates et pesticides...

    Barrage de Sivens : la France gère-t-elle mal l’eau ?


    TF1 - Société - 2min 23s - Le 4 nov. à 20h30

    Les écologistes ne sont pas les seuls à critiques le barrage de Sivens. Certains agriculteurs se montrent eux aussi très réservés sur le modèle de gestion de l'eau en France. Benoît Biteau, ingénieur agronome en Charente-Maritime, a trouvé une alternative.

    « Lettre ouverte de Benoît Biteau - Vice Président de la Région Poitou-Charentes, - à Thierry Carcenac - Président du Conseil Général du Tarn. »

    Source : Eaux glacées

    Berthegille, mardi 28 octobre 2014.

    « Monsieur Thierry Carcenac, vous êtes à la fois pathétique et consternant !

    Consternant, en tant que maître d’oeuvre pour la réalisation du barrage de Sivens, sur le fond de ce dossier.

    Comment peut-on porter un projet public, mobilisant 100% de crédits publics sans se poser les bonnes questions, dès le départ ?

    Le projet de barrage vient du fait que le Tescou subit, depuis 30 ans, des étiages sévères.

    Monsieur Carcenac, vous êtes-vous interrogé sur les causes de ces étiages sévères et quelles évolutions de pratiques pourraient en être à l’origine ? Visiblement non, car vous auriez rapidement pu faire le lien entre ces étiages sévères et le développement important des surfaces en maïs hybride sur le bassin versant du Tescou.

    Le Conseil Général du Tarn devait-il donc, face à cette situation, avec 100 % d’argent public, accepter de réaliser, dans une fuite en avant, un équipement qui ne vient qu’en soutien de ces pratiques agricoles peu respectueuses de la ressource en eau, tant sur le plan quantitatif que qualitatif d’ailleurs, ou explorer, avec cette même enveloppe, de 8,5 millions d’euros, des alternatives à ce modèle agricole qui touche le fond ? La réponse ne peut que trouver ses fondements dans le bon sens paysan !

    Monsieur Carcenac, vous invoquez le nécessaire soutien à ce projet au motif que cette agriculture est plus « rentable » grâce à l’irrigation.

    Mais comment expliquer alors, que ces maïsiculteurs, grands bénéficiaires des aides publiques de la PAC (Politique Agricole Commune), expliquant d’ailleurs la majeure partie de la rentabilité de cette culture, ne puissent pas, au nom de cette rentabilité, financer eux-mêmes, un tel projet ?

    Faisons, maintenant un peu de mathématiques.

    Monsieur Carcenac. Vous expliquez que les exploitations moyennes concernées, pourraient irriguer environ 40 hectares chacune grâce au 1,5 millions de mètres cubes stockés dans le barrage de Sivens.

    Contrairement à ce que vous dites, la grande majorité des surfaces qui seraient irriguées grâce ce projet (cf : enquête publique) sont des surfaces en maïs ! Pour irriguer 1 hectare de maïs hydride, il est nécessaire de mobiliser, en moyenne 2 000 m3 d’eau. Ce barrage permettrait donc l’irrigation d’environ 800 hectares de ce maïs. Pour une moyenne de 40 hectares par exploitation, le projet ne peut donc que concerner environ 20 exploitations !

    Ce qui signifie qu’un projet de 8,5 millions d’euros, d’argent public, pour stocker de l’eau, ne va bénéficier qu’à 20 exploitations agricoles, parmi celles d’ailleurs les mieux dotées en aides publiques de la PAC ! Belle logique vertueuse ! En gros, sans trop caricaturer, 20 exploitations agricoles, parmi les mieux dotées d’aides publiques de la PAC, vont se voir attribuer une nouvelle aide publique indirecte d’un peu plus de 400 000 euros chacune ! 400 000 euros qu’elles ne peuvent pas financer seules et qui pourtant vont servir à irriguer une plante, parait-il très rentable, à laquelle elles ne peuvent donc renoncer, et qui justifie donc la réalisation de ce barrage.

    Qui parlait de bon sens paysan ?

    Suite sur Eaux glacées


    Autre article Eaux glacées :  Sivens-Tester : La face cachée de l'iceberg

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    Le 4 Novembre 2014

    Aquaculture : France Turbot en redressement judiciaire

    L’entreprise a deux activités : l’élevage du turbot et l’écloserie d’huîtres...

    Source : Le Marin

    Le tribunal de commerce de Nantes a placé le 29 octobre la société aquacole France Turbot en redressement judiciaire. Basée sur l’île de Noirmoutier en Vendée, et dans les Côtes-d’Armor, cette filiale du groupe nantais Adrien emploie 95 salariés. Elle est en difficulté depuis une pollution survenue à Noirmoutier, en 2011, et l’éradication de pratiquement tous ses naissains (580 millions d’huîtres), suivie de difficultés commerciales. Le préjudice sur trois ans est estimé à environ 6 millions d’euros.

    « Nous sommes en discussion avec des repreneurs pour nos deux activités : le turbot et les huîtres, a révélé à Ouest-France Michel Adrien, président du groupe et fondateur de France Turbot. Il faut du temps pour monter les dossiers, mais je suis très confiant pour qu’une reprise se fasse dans des conditions pas trop mauvaises. » L’activité sur les deux sites ne devrait pas être interrompue.

    Le groupe Adrien, créé en 1957, était parti de la pêche et s’était révélé précurseur dans l’aquaculture, se développant à l’international. Aujourd’hui, après cession de filiales notamment au Pérou et au Sénégal, le groupe emploie encore 116 salariés.

    Économie. France Turbot placé en redressement judiciaire

    L'Épine - 29 Octobre

    France turbot, disposant d'un site à L'Epine et d'un autre à Trédarzec, a été placée en redressement judiciaire mercredi 29 octobre par le tribunal de commerce de Nantes.

    Source : Ouest France

    Le tribunal de commerce de Nantes a placé, aujourd'hui, la société France Turbot en redressement judiciaire. Basée à L'Épine, sur l'île de Noirmoutier, et à Trédarzec, Côtes-d’Armor, cette filiale du groupe nantais Adrien emploie 95 salariés.

    En difficulté depuis une pollution en 2011 et la perte de la presque totalité des naissains d'huîtres, l'entreprise n'est pas parvenue à surmonter une perte de six millions d'euros entre 2011 et 2013.
    Négociations en cours

    "Nous avons travaillé en amont. Nous sommes actuellement en discussions avec des repreneurs pour nos deux activités : le turbot et les huîtres. Je suis très confiant pour qu'une reprise se fasse dans des conditions pas trop mauvaises", assure Michel Adrien, président du groupe Adrien. L’activité continue sur les sites.

    Plus d'informations dans nos éditions papier et numérique de mercredi 30 octobre

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    Aquaculture : l’antibiorésistance se moque des frontières

    En matière d’élevage, les animaux terrestres ne sont pas les seules sources d’antibiorésistance: l’aquaculture recourt aussi largement aux antibiotiques. Et ce aussi bien dans les pays asiatiques, où le sujet est peu régulé, que dans les pays du Nord, révèle une étude publiée dans le Journal of Hazardous Materials.

    Source : Journal de l'Environnement

    Estimée à 83 millions de tonnes par an, l’aquaculture mondiale constitue désormais 40% de notre alimentation en produits de la mer, contre seulement 4% en 1970. Une solution à la surpêche, certes, mais aussi une pollution additionnelle pour la mer, notamment en termes de déchets.

    En surdensité, les poissons sont plus à risque de maladies, ce qui pousse les producteurs à avoir la main lourde sur les antibiotiques. Le problème est d’autant plus important que les grands pays producteurs, ceux d’Asie du Sud-est, disposent d’une faible réglementation quant à l’usage des antibiotiques.


    Mais les producteurs du Nord ne sont pas hors de tout reproche, révèlent les travaux publiés par deux chercheurs de l’université d’Etat de l’Arizona. Cette étude, la plus large à ce jour à avoir évalué la présence d’antibiotiques dans des produits d’aquaculture, a porté sur 27 échantillons issus de 11 pays, représentant 6 espèces: crevette, saumon, poisson-chat, truite, tilapia et panga.

    47 antibiotiques étaient analysés et 5 souvent retrouvés, dont l’oxytétracycline, médicament le plus fréquent en aquaculture, notamment dans les pays du Nord. Parmi les échantillons positifs, on retrouve du saumon canadien et chilien, du tilapia chinois et panaméen, ainsi que des truites US –espèce chez qui l’oxytétracycline entraîne des malformations.

    Plus surprenant, cet antibiotique était même retrouvé en forte concentration chez des crevettes mexicaines pourtant d’origine sauvage. Ce que les chercheurs expliquent par un problème d’étiquetage, une forte pollution côtière par des résidus de médicaments, voire par une contamination croisée dans la chaîne de production.

    Certes, les concentrations mesurées, de l’ordre du nanogramme par gramme de produit, sont toutes en deçà des limites fixées par la Food and Drug Administration (FDA). Ces seuils réglementaires sont pourtant mis en cause par de nombreux experts, qui estiment que l’antibiorésistance se développe à des doses du même ordre de grandeur que celles observées dans l’étude.

    Cliquer Ici pour accéder à l'étude : "Reconnaissance of 47 antibiotics and associated microbials risks in seafood sold in United States"

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    Le 3 Novembre 2014

    La Bretagne planche sur sa politique en matière de pêche et de cultures marines

    Pierre Karleskind, vice-président du conseil régional de Bretagne, organise la réflexion des professionnels bretons en "faisant confiance aux entreprises de pêche" quant aux solutions à adopter pour leur avenir à long terme.

    Source : Le Marin

    La région Bretagne, qui pèse presque la moitié de la pêche française et 29,5 % de sa production conchylicole, percevra (comme lors du Fep), presque un quart de l’enveloppe allouée aux régions dans le cadre du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche , soit 43,8 millions d’euros, en hausse de 15,2 millions.

    Quelle vision de la pêche présidera à la répartition régionale ? Pierre Karleskind, vice-président chargé de l’Europe, de la mer et du littoral annonce "une nouvelle époque" mais s’appuie sur "beaucoup de concertation".

    Ce jeune océanographe (35 ans), élu de Brest, lors de deux réunions avec les professionnels, en avril et en octobre, les a invités à plancher autour de trois thèmes : "Le renouvellement de l’outil, la hausse de la valeur ajoutée et le développement local."

    De ces consultations, qui se poursuivent, «notamment avec les organisations de producteurs », Pierre Karleskind réalise une synthèse, qui sera présentée mi-décembre. Elle constituera "une première priorisation" à laquelle les professionnels pourront réagir.

    S’il se refuse à promouvoir telle ligne d’action en particulier, Pierre Karleskind estime que "la hausse de la valorisation des captures est le point de départ qui permettra, ensuite, le renouvellement de la flottille", dont la Bretagne, comme les autres régions, a tant besoin. "C’est cela l’essentiel : comment conquérir l’euro du kilo qui fait défaut à la rentabilité des armements ?" Pierre Karleskind n’a pas d’idée arrêtée et veut "avant tout faire confiance aux OP et aux entreprises de pêche elles-même pour qu’elles pensent leur stratégie sur le long terme".

    Les règles de renouvellement ou de remotorisation des navires, qui amputent les puissances dès que l’on dépasse les navires de 12 mètres, peuvent inciter à un glissement vers les arts dormants. Mais l’élu régional se refuse à promouvoir toute option précise, dans une réflexion "qui doit aussi inclure la transformation à terre, la valorisation des rejets, etc. Il faut faire confiance aux entreprises", souligne-t-il, tout en annonçant le redémarrage d’un projet de fonds d’investissement régional dans la pêche, "où la région serait actionnaire minoritaire" afin, cette fois, de ne pas être retoqué par Bruxelles.

    Il est de plus probable que toute aide régionale sera subordonnée au respect d’un référentiel sur la notion de pêche durable. Quant aux 13 criées, qui pourraient toutes échoir à la région avec la réforme territoriale annoncée, elles pourraient être fédérées sous une unique entité.

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    Le Crédit agricole du Finistère veut investir dans l'économie maritime

    Dans le Finistère, le Crédit agricole a dévoilé pour le marin sa stratégie de financement de l’économie maritime où la banque verte était peu présente jusqu’à présent. C’est la première caisse de la banque verte en France à structurer une offre d’accompagnement d’activités maritimes à fort potentiel de croissance.

    Source : Le Marin

    Ces activités du futur, le Crédit agricole les a identifiées au travers d’une étude réalisée cette année par le cabinet Kurt Salmon dont les conclusions ont été présentées à son conseil d’administration, en juin. Il s’agit « des énergies marines renouvelables, des biotechnologies, des algues et des coproduits de la mer », explique Jean-Yves Fontaine, pilote en chef de la filière mer au Crédit agricole du Finistère.

    Le Crédit agricole accompagnait déjà les biotechnologies bleues. Il veut aller plus loin. La banque finistérienne mobilise un réseau d’une vingtaine de commerciaux motivés et formés en conséquence et un certain nombre d’outils : un fonds de gestion d’actifs pour les dossiers les plus importants, un fond de capital-risque pour intervenir dans la transmission des entreprises par prise de capital. Ce fond appelé Force 29 et doté de 5 millions d'euros interviendra aussi en agriculture où, là aussi ce type d’outil est nouveau.

    Enfin, le Crédit agricole du Finistère prévoit une offre de crowdfunding (financement participatif), un secteur que les banques investissent peu. Cette stratégie ne laisse aucunement de côté les secteurs matures du maritime (énergies fossiles, pêche, nautisme et construction navale). Seulement, « ils feront l’objet d’une approche plus classique », précise Jean-Yves Fontaine. Le Crédit agricole sait qu’il aura à fort à faire avec les deux banques de l’économie maritime, l’historique Crédit maritime (qui vient de lancer un fonds de capital risque maritime en Pays de la Loire) et le Crédit mutuel de Bretagne.

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    Charente-Maritime : 37 % d'entreprises conchylicoles en moins

    37% des entreprises conchylicoles ont disparu en 11 ans en Charente-Maritime. C'est ce qu'indique le dernier recensement conchylicole Agreste, du ministère de l'Agriculture. Ces entreprises ne seraient plus que 789, dont 742 produisent des huîtres.

    Source : Sud Ouest

    Durant tout l'été, ostréiculteurs et mytiliculteurs ont pris la parole lors de plusieurs manifestations pour dénoncer la dégradation environnementale du milieu marin en Charente-Maritime.

    Récemment, le Comité régional conchylicole Poitou-Charentes, où le président en exercice Gérald Viaud, et son prédécesseur François Patsouris, ont réagi vigoureusement pour plaider la défense de la profession.

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    Appel à projets : étude des impacts de l'homme sur les habitats naturels côtiers

    L'Agence des aires marines protégées lance un appel à projet "étude des pressions et impacts des activités humaines sur les habitats benthiques côtiers pour la mise au point d'indicateurs et de protocoles de surveillance de l'état écologique de ces habitats". Les dossiers sont à transmettre avant le 31 décembre 2014.

    Source : Actu-Environnement

    L'objectif : soutenir au minimum un projet visant la mise au point d'indicateurs et de protocoles scientifiques pour suivre et évaluer l'état écologique d'un ou plusieurs habitats benthiques infralittoraux soumis à des pressions spécifiques, dans les eaux françaises métropolitaines.

    L'Agence a en effet constaté un manque concernant l'évaluation concrète de l'état de santé des habitats benthiques : "l'impact des activités humaine (…) est souvent difficile à discerner de la variabilité naturelle ou de l'influence du changement climatique globale", pointe-t-elle. Cette donnée s'avère pourtant capitale pour la mise en place d'aires marines protégées.

    Les projets proposés devront se focaliser sur un couple habitat-pression, dans un ou plusieurs sites comprenant à la fois un habitat naturel marin et une pression physique, biologique et chimique s'exerçant sur cet habitat.

    Les méthodes et les indicateurs mis au point dans le cadre du projet devront être suffisamment génériques pour être transposables et être accessibles aux gestionnaires d'aires marines protégées.

    Enfin, le ou les sites d'étude proposés devront se trouver, au moins partiellement, à l'intérieur d'un ou plusieurs sites Natura 2000 en mer (ZSC) et/ou d'un Parc naturel marin, et porter sur un habitat bénéficiant d'un statut de protection (DHFF, convention de mer régionale, etc.).

    Dorothée Laperche

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    La reconquête de la qualité des eaux

    Lundi dernier, à la maison du Grimeau, lieu de lancement des activités associatives, l'équipe des responsables de l'Huître pédagogique a dressé le bilan après les Rencontres d'automne. L'appel lancé le 4 octobre auprès de la ministre de l'Écologie, pour une action de reconquête de la qualité des eaux du milieu côtier sur le littoral charentais, a tout d'abord été confirmé. C'est là un aspect brûlant d'actualité face aux mortalités dans les productions conchylicoles.

    Source : Sud Ouest par Paul Ghézi

    Au-delà des sinistres qui frappent les professionnels de la mer, c'est toute la vie côtière qui, aujourd'hui, se trouve menacée.

    L'association, qui œuvre depuis trente ans maintenant pour le respect de la qualité du milieu, entend poursuivre cet objectif. Ceci à travers ses activités sur le terrain, dans le marais de Seudre, comme auprès des instances du milieu avec qui elle collabore.

    Un nouveau conseil

    À la suite à l'assemblée générale du 4 octobre, il a été procédé à l'élection du nouveau bureau. Le conseil d'administration de cette association riche de ses 131 adhérents est ainsi constitué : président, Jean-Claude Lebrun. Premier vice-président, Louis Chivaille. Deuxième vice-président, Roger Cougot. Secrétaire, Françoise Lagarde. Trésorière, Gisèle Rocher. Membres : Raymond Thenaud, Yann Tessier, Yann Barrau, Géry Poulard, Jany Lebrun, Guillaume Martin.

    En 2015, forte d'une expérience forgée par des démonstrations concrètes, l'Huître pédagogique, association bien implantée en Pays royannais et au delà, s'inscrit bien dans une démarche de développement durable sur le milieu côtier charentais .

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    Milieu aquatique : La toxicité d'un adjuvant du Roundup, le POEA, démasqué par une nouvelle étude

    Une équipe de chercheurs de l’Université de Caen, affiliée au laboratoire BioMEA, s'est penchée sur les effets du POEA, le principal adjuvant des herbicides à base de glyphosate comme le Roundup, et confirme sa toxicité pour la vie aquatique à des doses correspondant à la pollution moyenne des rivières en zone agricole. Des travaux qui viennent confirmer les résultats d'études initiées par le Pr Séralini.

    Source : Criigen

    Depuis 2005, s’appuyant sur de nombreuses expériences inédites et publiées dans des revues scientifiques à comité de relecture, l’équipe du Pr Séralini, basée à l’Université de Caen, a démontré le rôle fondamental des adjuvants dans les formulations de pesticides. Les chercheurs alertent sur le fait que l’évaluation des pesticides néglige systématiquement la toxicité des adjuvants pour se concentrer uniquement sur l’analyse d’une seule molécule, dite « principe actif ».

    L’autorisation du Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde, repose ainsi depuis 1975 sur la seule évaluation du glyphosate, sa molécule dite « active », dans l’étude des effets à long terme. Or, les adjuvants comme le POEA sont jusqu’à 10 000 fois plus toxiques sur des cellules humaines que le glyphosate. Par ailleurs, de nombreuses études « in vitro » réalisées par l’équipe du Pr. Séralini sur le glyphosate et le Roundup ont montré des effets de toxicité (nécrose, modification de l’apoptose, perturbation endocrinienne) de l’herbicide en formulation bien plus important qu’avec le glyphosate seul.

    Dans l’étude « Major pesticides are more toxic to human cells than their declared active principles » publiée en février 2014 dans Biomedical Research International par Mesnage & al, les chercheurs montrent que sur neuf formulations de pesticides analysés, huit se sont montrés beaucoup plus toxiques que leurs principes actifs. Le Roundup est le plus toxique parmi les herbicides et les insecticides testés lors de cette étude.

    Une toxicité importante sur le milieu aquatique

    Sous l’impulsion de ces travaux, le laboratoire BioMEA (Biologie des Mollusques marins et des Ecosystèmes Associés) de l’université de Caen vient de publier une étude sur les effets toxiques du principal adjuvant du Roundup, le POEA, sur des larves d’huîtres. Leurs résultats indiquent que le POEA est beaucoup plus toxique que le glyphosate seul [voir références] et peut expliquer par lui seul, sans exclure les effets du glyphosate, les effets toxiques du Roundup observés sur les larves d’huîtres. Les chercheurs ont ainsi étudié deux formulations de Roundup, mais aussi le glyphosate et le POEA séparément, sur le développement de deux stades larvaires de l’huître creuse Crassostrea gigas, un modèle ayant un intérêt économique majeur pour connaître les effets de certaines substances chimiques sur les zones ostréicoles. Après 24 h d’exposition, le POEA inhibe la métamorphose, c’est à dire stoppe le développement, de 50 % des larves d’huîtres à des doses faibles de 262 µg/L.

    Ces niveaux d’exposition sont typiques de ceux rencontrés dans les rivières polluées près des champs traités au Roundup. Rappelons que certaines formulations de Roundup sont vendues pour usage aquatique, des situations pour lesquelles le Roundup ne sera donc pas seulement herbicide, mais aussi molluscicide ! Le Roundup, et plus particulièrement son adjuvant le POEA, pourrait ainsi potentiellement être un nouveau suspect pour expliquer les recrudescences de mortalité observées dans les populations d’huîtres.

    Les adjuvants, la « matière noire de la toxicologie des pesticides »

    Ces adjuvants ne sont jamais recherchés dans l’environnement et se révèlent être la matière noire de la toxicologie des pesticides. Ils sont hors de portée des études scientifiques, car leur présence et leur nature sont généralement cachées par les fabricants au nom du « secret industriel », ils sont pourtant capables d’expliquer les effets des pesticides parfois mieux que les principes actifs. Comme le martèle le CRIIGEN, au côté d’autres associations de santé environnementale, il est urgent que les pesticides dans leur formulation complète, tels que commercialisés, soient pris en compte dans l’évaluation pour les autorisations de mise sur le marché afin de réduire les risques associés aux mélanges de polluants environnementaux.

    Références
    • Effects of a POEA surfactant system (Genamin T-200(®)) on two life stages of the Pacific oyster, Crassostrea gigas, Mottier A, Pini J, Costil K - J Toxicol Sci. 2014 - 39(2):211-5. 
    • Effects of glyphosate-based herbicides on embryo-larval development and metamorphosis in the Pacific oyster, Crassostrea gigas.Mottier A, Kientz-Bouchart V, Serpentini A, Lebel JM, Jha AN, Costil K. Aquat Toxicol. 2013 Mar 15;128-129:67-78. 
    • Clone- and age-dependent toxicity of a glyphosate commercial formulation and its active ingredient in Daphnia magna. Cuhra, M., Traavik, T. and Bøhn, T. 2013 – Ecotoxicology 22: 251-262. 
    • Ethoxylated adjuvants of glyphosate-based herbicides are active principles of human cell toxicity. Mesnage R, Bernay B, Séralini GE- Toxicology. 2013 Nov 16;313(2-3):122-8.
    •  Major Pesticides Are More Toxic to Human Cells Than Their Declared Active Principles Robin Mesnage, Nicolas Defarge, Joël Spiroux de Vendômois, and Gilles-Eric Séralini - Biomed Res Int. 2014; 2014: 179691.

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    L’ostréiculture vent debout



    L’hyperincinérateur et le projet de champ d’élevage de moules à la Maleconche font monter au créneau l’actuel président du comité régional conchylicole et son prédécesseur. 

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux 

    D'un côté, le projet de centre multifilières de traitement des déchets d'Échillais, que ses opposants affublent du doux sobriquet d'« hyperincinérateur ». De l'autre, le projet de création d'un champ de filière d'élevage d'huîtres et de moules en eau profonde à la Maleconche, dans l'île d'Oléron, qui est l'objet de vives attaques associatives et municipales.

    Le lien qui réunit ces dossiers ? C'est le Comité régional conchylicole Poitou-Charentes, où le président en exercice Gérald Viaud, et son prédécesseur François Patsouris réagissent vigoureusement. Leur expression est le plaidoyer de défenseurs de la profession de conchyliculteur.

    « L'incinérateur est absurde »

    Cap sur Échillais. Depuis un an, une vive polémique agite le projet sur lequel, en octobre dernier, le Conseil départemental de l'environnement émettait à la majorité un avis favorable. La santé publique est au cœur des échanges sur cette unité dont le four aura une capacité de 74 000 tonnes. « Stupéfait » d'apprendre « que le projet allait finalement être autorisé par les pouvoirs publics », Gérald Viaud replace l'incinérateur au cœur de son environnement : le marais de Charente, et, en aval, une embouchure qui constitue avec Arcachon le tout premier centre de captage d'huîtres naturelles en France. La Charente, ce fleuve nourricier des élevages du pertuis d'Antioche.

    Charente, ce fleuve nourricier des élevages du pertuis d'Antioche.

    Durant tout l'été, ostréiculteurs et mytiliculteurs ont pris la parole lors de plusieurs manifestations pour dénoncer la dégradation environnementale du milieu marin en Charente-Maritime et, « curieusement, nous n'avons jamais été consultés sur ce projet », déplore-t-il. « Si nous n'avons pas réagi plus tôt, c'est parce que tellement de monde s'exprimait contre l'incinérateur que nous pensions qu'il ne se ferait pas. D'autant que nous en étions aussi restés aux déclarations de notre ministre de l'Environnement qui évoquait « une technologie dépassée. Les pouvoirs publics ont bel et bien fait fi des ostréiculteurs dans ce dossier absurde. »

    La plus forte inquiétude des producteurs tient aux rejets induits. « Que l'on ne nous parle pas de filtres sur les cheminées. Cela me fait penser à l'époque où l'on nous garantissait de pouvoir boire l'eau traitée à la sortie des stations d'épuration. Je suis heureux aujourd'hui de ne pas l'avoir fait. » Gérald Viaud redoute les particules de métaux lourds, cadmium et mercure, la dioxine, aussi. Il reste sourd aux paroles des zélateurs de l'incinérateur, à propos de l'efficacité des nouvelles technologies d'incinération, et de l'absence d'impact sur l'environnement.

    Plaidoyer pour la Maleconche

    Autre paysage, mais autre enjeu fort de l'économie conchylicole : la Maleconche. Aujourd'hui s'achève l'enquête publique sur le projet d'implantation d'un champ de 313 filières d'élevage d'huîtres et de moules. Ce projet cristallise la colère oléronnaise depuis près de quatre ans. Il en est à sa deuxième mouture et les associations de protection de l'environnement d'une part, et plusieurs élus insulaires d'autre part, ne font pas mystère de leur opposition.

    En sa qualité d'ancien président du Comité régionale conchylicole Poitou-Charentes, François Patsouris vient d'écrire au commissaire enquêteur dans l'espoir de rééquilibrer les versions. Las « de la tournure prise par les événements et devant la multiplication des allégations mensongères ». L'ancien producteur explique que ce projet de filière d'élevage est justifié par un « constat alarmant : les meilleurs parcs sont touchés par la pollution sortant de la Charente, et par une mortalité importante des huîtres » Selon lui, les filières se conçoivent comme « des outils de développement nécessaires » d'une profession « inventive ». « Les associations se focalisent sur les filières, mais elles devraient penser circulation de l'eau dans le bassin. Or, je n'ai pas entendu parler des promesses de l'État d'enlever l'ancien embarcadère du bac, entre Bourcefranc et Ors, qui bouche le bassin avec les piles du pont d'Oléron. »

    Aux associations hostiles au projet, « il dit que l'île d'Oléron ne vivra pas que du tourisme, et que l'on ne peut pas laisser les nouveaux arrivants mettre sous cloche les projets structurants du territoire, sous prétexte de garder leurs acquis immobiliers comme un tableau de maître ». Une observation est aussi formulée à destination des plaisanciers qui redoutent l'emprise du projet sur le pertuis et les contraintes posées à la navigation. François Patsouris soutient « que ces filières sont une chance pour les pêcheurs en mer, qui se feront plaisir comme ils le font près des parcs à huîtres ». L'ancien président se montre moins tendre pour ceux des élus qui « ont surfé sur la non-réalisation du projet pour se faire élire. Ils doivent avoir quelques difficultés à se raser. »

    A Echillais, 34 ans du dossier incinérateur

    La préfecture a autorisé l'exploitation du nouvel incinérateur d'Echillais. Retour en chronologie sur plus de trente ans de politique et de gestion des déchets

    Source : Sud Ouest

    La préfète du département Béatrice Abollivier a signé le 15 octobre l'arrêté autorisant le Syndicat intercommunal du littoral (SIL) ) à exploiter le futur incinérateur. C'était la dernière étape réglementaire avant le début de construction par Vinci de l'ouvrage au centre d'une vaste polémique, et qui fait l'objet de plusieurs recours juridiques déposés par l'association Pays Rochefortais Alert' (PRA).

    Pour davantage de visibilité dans un dossier qui n'a probablement pas fini de faire parler de lui, sudouest.fr vous propose une chronologie autour d'Echillais et des différentes étapes d'installation de l'incinérateur.

    Chronologie

    1990 - Une première usine d'incinération est construite en 1990 à Echillais. Sa capacité est fixée à 30000 tonnes par an.

    Avril 2004 : La Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement (DRIRE)  rappelle à l'ordre la Communauté d'agglomération du Pays Rochefortais (CAPR) sur les taux de dioxine rejetée par l'incinérateur. A la même période, la Communauté d'agglomération de Marennes décide de ne plus confier ses déchets au site. Sans les 4 500 tonnes annuelles de Marennes (et les 3 000 de Saint-Porchaire qui choisit de se tourner vers Saintes), les collectivités locales s'inquiètent d'une augmentation des coûts.

    Octobre 2004 - La CAPR est obligée par un arrêté de la DRIRE de
    « mettre en oeuvre, à ses frais, un dispositif de suivi de ses rejets de dioxine dans l'environnement ". Huit millions d'euros sont nécessaires pour la mise aux normes et éviter la fermeture avant le 31 décembre 2005.

    2005 - Création du SIL (Syndicat intercommunal du littoral) avec la Communauté d'agglomération du Pays Rochefortais (CAPR), la Communauté de commune du Sud-Charente et la Communauté d'agglomération du Pays royannais.

    (....)

    Juillet 2014 - Le tribunal administratif de Poitiers a tranché : il ne suspend pas le permis de construire accordé par le maire d'Échillais, en octobre 2013, au Syndicat intercommunal du littoral (SIL) pour son incinérateur. Les deux associations Pays rochefortais Alert'(PRA) et le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cnid) ont été déboutées et condamnées à payer 1 000 € au SIL.

    Août 2014 - La ministre de l'Écologie et du Développement durable, Ségolène Royal réunit les élus du SIL à la préfecture. Le Syndicat intercommunal du Littoral regroupe désormais cinq collectivités concernées par le traitement de leurs ordures ménagères et représente 200 000 habitants, soit un tiers de la population du département.

    Deux aspects du projet sont retoqués, l'abandon du tri mécano biologique (TMB) très contestée. Ensuite le dimensionnement sera revu à la baisse, le SIL prenant acte de la baisse attendue de 30 % de la réduction de la production de déchets par foyer. La capacité maximum du four de combustion reste de 74 400 tonnes mais seul 69 000 tonnes seront incinérés par an.

    Octobre 2014 - Le Conseil départemental de l'environnement (Coderst) s'est prononcé par 13 voix pour et 6 voix contre, hier, en faveur du projet porté par le SIL. L'avis n'était que consultatif mais il est en faveur du projet de construction du nouvel incinérateur.

    Le Comité régional conchylicole (CRC) de Poitou-Charentes fait part de sa " stupeur " d'apprendre que le futur incinérateur d'Échillais allait être autorisé par les pouvoirs publics, alors que " ce projet se situe en bordure immédiate du fleuve Charente, lequel alimente en eau douce et en apports nutritiques le premier centre conchylicole européen et le principal centre de captage naturel des huîtres élevées en France ".

    La préfète du département Béatrice Abollivier a signé le 15 octobre l'arrêté autorisant le SIL à exploiter le futur incinérateur.

    Guerre brûlante de chiffres sur l’incinérateur

    Pour comprendre le débat qui fait rage sur le dimensionnement du futur incinérateur, il faut se plonger dans les chiffres sur lesquels se basent les promoteurs du SIL (Syndicat intercommunautaire du Littoral) comme les opposants de PRA (Pays rochefortais Alert’).

    Les perspectives sur les quinze prochaines années combinent deux éléments : les projections de population et les prévisions de " production " d’ordures ménagères par an et par habitant.

    Combien d’habitants ?

    En ce qui concerne le recensement des habitants dont les déchets seront traités par le futur centre multifilières d’Échillais, un constat d’abord : la population concernée en 2010 (c’est-à-dire les habitants des communautés d’agglomération de Rochefort, Royan, et des communautés de communes de Marennes, Oléron et Gémozac) était de 191 800 âmes. Le tonnage des déchets produits cette même année était de 74 273 tonnes, selon le PPGDND (1), soit un ratio moyen de 387 kg/habitant et par an. Dans ce même document, une évolution de la population entre 2010 et 2025 est simulée, à partir des données transmises par les intercommunalités, préférées aux tendances de l’Insee " pour tenir compte des réalités locales ". PRA est surprise que l’ancienne communauté de communes Sud Charente ait communiqué le chiffre de 4,60 % par an, ce qui se traduit par un doublement de sa population en quinze ans. Quoi qu’il en soit, la simulation atteint 243 000 habitants pour le territoire en 2025. Fidèles aux indications de l’Insee, les opposants comptabilisent 226 000 habitants. Autrement dit, c’est 27 % d’augmentation de la population dans un cas et 18 % dans l’autre.

    Car pour arriver à un dimensionnement de 85 000 tonnes de déchets à traiter, le SIL indique avoir choisi un ratio de 358 kg d’ordures ménagères par habitant et par an qu’il a multiplié par la population attendue de 237 000 habitants en 2023.

    Ce ratio est au centre des interrogations : en 2010, il était de 316 kg/hab/an au niveau départemental mais de 387 sur le territoire du SIL. Une différence qui s’explique par le caractère touristique de toute la frange du littoral : le ratio par habitant d’Oléron explosait à 774 kg/hab, par exemple. En face, l’ex communauté de communes de Sud Charente faisait office de bon élève avec 224 kg/hab/an.

    Simulations

    Le président du SIL, Vincent Barraud, le rappelle d’ailleurs à ses interlocuteurs : " notre territoire comptabilise 52 % des nuitées touristiques du département ". Les territoires à dominante urbaine comme Rochefort ou Royan accusent aussi des moyennes supérieures aux espaces ruraux. Le SIL a indiqué au commissaire enquêteur qu’en se fondant sur les chiffres de 2008 pour la collecte, à savoir 396 kg/an/hab, le futur centre de traitement aurait dû avoir une capacité de 94 000 tonnes.

    Reste que les projections départementales fixées par le plan de gestion des déchets fixent une baisse importante de déchets sur l’ensemble du département pour rester conforme aux lois de Grenelle de l’Environnement : 232 kg/hab en 2019 et 202 kg/hab en 2025.

    Sur la base de cette ambition rapportée au territoire du SIL, un analyste œuvrant pour PRA s’est livré à des calculs en simulant plusieurs hypothèses du tonnage de déchets à incinérer. Selon cet expert, le four brûlera 58 800 tonnes en se basant sur les chiffres préfectoraux du plan de gestion des déchets, 54 600 tonnes en se fixant sur les indications de l’Insee (avec le ratio de 241 kg/hab/an dans les deux cas). Ou encore 42 200 tonnes en combinant aussi prescriptions de l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) et données de l’Arec (Agence régionale d’évaluation environnement et climat), soit 186 kg/an/hab.

    (1) Source : Plan de prévention et de gestion des déchets non dangereux de la Charente-Maritime. Approuvé par arrêté préfectoral en septembre 2013, il fixe les grandes orientations de la prévention et de la gestion des déchets pour les douze ans à l’échelle du département.

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    Audition publique

    L'industrie ostréicole en Europe : Les défis pour les producteurs


    The oyster industry in Europe: Challenges for producers

    Audition publique

    Commission de la pêche au Parlement européen (Président : Alain Cadec)

    6 novembre 2014 à Bruxelles

    Cliquer Ici pour télécharger le programme

    Intervenants :

    Jean-Pierre Baud, chercheur à l'Ifremer,

    Sophie Sury, ostréicultrice à l'île de Ré et membre de l'association Ostréiculteur Traditionnel,

    Gérald Viaud, président du Comité national de la conchyliculture,

    Martin Ferris, député irlandais et ancien ostréiculteur.

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    http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2014/01/mortalite-huitre-enquete-le-bitoux.html#but16
    L’association Ostréiculteur traditionnel, regroupant plus de soixante-dix producteurs issus des sept bassins ostréicoles français, saisit le tribunal administratif de Rennes en référé contre l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer).

    Rapport d'expertise judiciaire (Jean-Dominique Puyt) : A télécharger Ici ou

    Les naissains d’huîtres connaissent une mortalité massive, due à un virus depuis 2008. L’association Ostréiculteur traditionnel, qui regroupe des producteurs d’huîtres nées en mer, assigne Ifremer en justice pour négligence et défaut de surveillance. Enjeu : une forme d’industrialisation de la culture du mollusque. Suite...




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    Le 28 Octobre 2014

    Mortalité des huîtres : Enquête sur les transferts d'huîtres inter-bassins



    Un étudiant de l’Institut Universitaire de la Mer à Brest est sur la piste des transferts d’huîtres inter-bassins...

    Tous les ostréiculteurs et toutes les ostréicultrices qui auraient des indices, peuvent le contacter par mail : thomas.andro.ta@gmail.com

    Cet étudiant travaille actuellement sur un projet lié aux enjeux et problématiques des transferts d’huîtres inter-bassins. Ce projet interdisciplinaire (sciences marines : biologie, chimie... et aussi sciences sociales : économie, gestion du littoral, juridisme...), regroupent une dizaine d’étudiants.

    Source : Ostrea.org

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    Le 21 Octobre 2014

    Charente-Maritime : quelque chose de pourri dans le pertuis breton




    Mortalité des moules, des saint-jacques et des pétoncles, échouages massifs d’algues vertes... Il y a anguille sous roche autour de la baie de l’Aiguillon.

    Source : Sud Ouest par Luc Bourrianne et Frédéric Zabalza

    On est encore loin des dix plaies d'Égypte mais, depuis le printemps, les phénomènes inquiétants se succèdent dans le pertuis breton. Après les mytiliculteurs de la baie de l'Aiguillon, les pêcheurs de saint-jacques (lire ci-dessous) déplorent à leur tour l'hécatombe du coquillage qui les fait vivre, sans qu'aucune explication scientifique ne permette d'en connaître l'origine.

    À ces mortalités, il convient d'ajouter l'apport d'algues vertes, particulièrement massif cette année sur la côte nord de l'île de Ré. Hier, Léon Gendre, maire de La Flotte-en-Ré, est encore monté au créneau lors de la séance d'ouverture de la session d'automne du Conseil général (lire par ailleurs). Abordant ces diverses calamités qui frappent la baie de l'Aiguillon, le conseiller général a ciblé une nouvelle fois « la pratique céréalière intensive aux abords de la Sèvre niortaise et du Lay ».

    La profession avait mal pris des accusations identiques du même élu, le 25 avril dernier. « Le président de la Chambre d'agriculture m'a rappelé dans un courrier du 16 mai qu'aucune analyse n'apportait la certitude quant aux origines des problèmes », a souligné hier le maire de La Flotte-en-Ré, avant de revenir à la charge : « Ce qui est certain, c'est que des analyses des eaux du pertuis Breton font état de la présence de sels nitriques issus des engrais azotés, ces sels provoquant la croissance rapide d'algues vertes. Ces dernières se sont échouées en masse sur les plages nord de l'île de Ré tout l'été et encore ce week-end. Sur la seule commune de La Flotte, nous avons dû faire retirer 850 tonnes d'algues vertes. Les eaux du pertuis breton sont-elles de bonne qualité ? J'en doute, Madame le préfet… »

    Pesticides, bactérie…

    Répondant aux déclarations de Léon Gendre, la préfète Béatrice Abollivier a évoqué une étude d'Ifremer imputant la mortalité des moules pour 80 % aux conditions météorologiques et pour 20 % à des facteurs bactériologiques.

    « Certes, les conditions climatiques ont une part de responsabilité mais le premier problème réside dans la présence de ces bactéries », tranche le maire de La Flotte. Lionel Quillet, président de la Communauté de communes de l'île de Ré, se montrait plus réservé quant à la recherche des responsabilités. « On a tous besoin de comprendre le phénomène, qui a très certainement des origines diverses. Ce n'est pas forcément la faute de l'agriculteur d'en face. C'est plus compliqué que ça. » « Je ne comprends pas bien pourquoi les mytiliculteurs cassent des bateaux de plaisance, occupent le port des Minimes et ne se rendent jamais à la Chambre d'agriculture… », ironisait Léon Gendre.

    Pour Pierre Le Gall, ancien océanographe et secrétaire général de Ré Nature Environnement, l'abondance inhabituelle des algues vertes ne fait aucun doute. « C'est lié aux effluents d'origine agricole, notamment les nitrates et les phosphates. C'est avéré partout, en Bretagne comme ailleurs. Le Centre d'étude et de valorisation des algues (CEVA, basé à Pleubian dans les Côtes-d'Armor) l'a démontré », remarque Pierre Le Gall, qui développe une autre hypothèse pour expliquer la mortalité des moules et des coquilles Saint-Jacques.

    … ou particules fines

    Pour lui, des charges de particules fines ont modifié le milieu de la baie de l'Aiguillon, et par conséquent diminué la nourriture des coquillages. « Au printemps 2013, après l'opération de déroctage au port de plaisance des Minimes, à La Rochelle, 500 000 mètres cubes de calcaire et de marne ont été rejetés dans la mer à la Repentie (non loin du pont de Ré), avant de remonter le long des côtes pour se déposer dans la baie. Un blanchiment du fond du pertuis a été constaté. Il faut aussi savoir que, dans le pertuis breton, l'eau se renouvelle lentement, du fait des courants qui tournent en boucle. En mai 2013, j'avais alerté les élus sur un risque de pollution particulaire et j'envisageais une mortalité des huîtres, des moules et des saint-jacques, qui sont les premiers indicateurs de la qualité des eaux. Ce qui arrive était parfaitement prévisible. »

    En revanche, l'océanographe ne croit pas à la thèse des substances chimiques pour expliquer la mortalité des moules, encore moins à la bactérie évoquée par l'Ifremer au début de l'été. « Le vibrio splendidus, qui a été désigné, n'est pas un agent pathogène. C'est un opportuniste qui se développe sur les matières organiques, mortes ou vivantes. »

    Aucun lien, donc, entre les phénomènes ? « Si, ils sont liés à la dégradation de la qualité des eaux. L'arrivée des pollutions ne fait qu'augmenter. Je crains que ces problèmes ne durent plus longtemps qu'on le croit… »

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    Le 12 Octobre 2014

    Les huîtres sont malades, l’Ifremer est attaqué

     
    Ostréiculteurs traditionnels contre l’Ifremer / Le rapport de l’expert se fait attendre

    Cultures Marines 2012


    Octobre 2014

    Les naissains d’huîtres connaissent une mortalité massive, due à un virus depuis 2008. L’association Ostréiculteur traditionnel, qui regroupe des producteurs d’huîtres nées en mer, assigne Ifremer en justice pour négligence et défaut de surveillance. Enjeu : une forme d’industrialisation de la culture du mollusque.

    Rapport d'expertise judiciaire (Jean-Dominique Puyt) : A télécharger Ici ou

    « Par cette action en justice, on veut mettre Ifremer devant ses responsabilités ». Pour Benoît Le Joubioux, président d’Ostréiculteur Traditionnel, l’heure n’est plus à la complainte, mais aux actes.

    Source : Reporterre par Isabelle Rimbert

    L’association, regroupant plus de soixante-dix producteurs issus des sept bassins ostréicoles français, saisit cette semaine le tribunal administratif de Rennes en référé contre l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer).

    Pas de réaction face à l’hécatombe

    L’association reproche en effet à l’établissement public d’avoir laissé se dégrader, par négligence, la situation de la filière conchylicole. Depuis 2008, la mortalité des huîtres de moins d’un an, les naissains, affecte entre 60 et 90 % de la production dans la plupart des sites ostréicoles français. Une hécatombe due à un variant de l’Herpès virus de l’huître, qui n’a cessé de se développer malgré les appels à l’aide des ostréiculteurs.

    Une requête contre Ifremer avait été déposée en 2010 par l’association au tribunal administratif de Rennes, donnant lieu à l’élaboration d’un rapport d’expertise judiciaire, sorti en avril, qui met notamment en cause Ifremer pour sa gestion de la crise.

    L’association estime que l’institut n’a pas mis en garde le ministère de l’agriculture sur les risques importants de diffusion du virus, et n’a pas suggéré la prise de mesures de prévention et d’éradication du virus pourtant identifié dès 1991.

    De plus, « Ifremer n’a pas produit d’études épidémiologiques avant 2008, pas plus qu’il n’a proposé de protection des zones ostréicoles saines, ni cherché à recueillir et diffuser des informations auprès des professionnels. Par ailleurs, il n’y a eu ni surveillance active ni contrôles sanitaires des écloseries avant 2010 », déplore Benoît Le Joubioux.


    Les ostréiculteurs traditionnels soupçonnent également Ifremer d’être, via la création et commercialisation d’huîtres stériles à croissance rapide* (les triploïdes), la cause d’un appauvrissement du patrimoine génétique du bivalve, ce qui aurait diminué leur résistance face au virus tueur.

    Un soupçon qu’Ifremer balaie d’un revers de main dans le rapport d’expertise judiciaire, qualifiant d’amalgame le lien entre la production de triploïdes et la surmortalité des mollusques. Pour autant, aucune étude scientifique ne vient étayer ces dires.

    Yannick Stéphant, ostréiculteur retraité et membre de l’association plaignante, va plus loin : « Nous pensons que l’huître tétraploïde (géniteur de la triploïde) est fragilisée à la base par une consanguinité. On a besoin d’un généticien pour effectuer ces recherches, mais on se heurte à deux problèmes : le coût, et le fait que tout est verrouillé par Ifremer. »

    Déni de responsabilité

    Pierre-Yves Matel, avocat des plaignants, demande donc une indemnisation pour les préjudices subis, une clarification des missions confiées à Ifremer, ainsi qu’un étiquetage des huîtres permettant au consommateur de distinguer les huîtres d’écloseries de celles nées en mer.

    Dans le rapport d’expertise judiciaire, Ifremer, « laboratoire national et européen de référence pour les maladies des mollusques depuis 1995 », se définit comme « un institut de recherche pour 70 % de son activité, qui n’a pas vocation à assister techniquement la profession ostréicole, ni à surveiller les maladies de l’huître ».

    « Faux », rétorque l’avocat. L’institut, qui exerce des missions techniques sur le terrain, est tenu de donner son avis à l’Etat pour une bonne gestion sanitaire de la mer et de ses concessions ostréicoles.
    Pour Pierre-Yves Matel, « Ifremer est dans le déni de responsabilité, et conteste son obligation de surveillance du milieu. Or son décret de création, datant de 1984, stipule clairement cette obligation de surveillance et d’optimisation des ressources aquacoles ».

    Pour autant, l’établissement se dédouane de toute faute, renvoyant la responsabilité notamment à la Direction départementale des affaires maritimes. Contacté par téléphone, Ifremer n’a pas souhaité réagir sur la question.

    La recherche laisse place à l’activité commerciale

    Benoît Le Joubioux rappelle également que « l’institut, en tant qu’Epic (Etablissement public, industriel et commercial) se consacre pour près de 30 % à des activités commerciales, telles que la vente des super géniteurs (les huîtres tétraploïdes) auprès d’écloseries. Les tétraploïdes sont vendues par Ifremer 1000 euros pièce aux écloseries. Ce mâle peut féconder une quinzaine d’huîtres diploïdes femelles et donner ainsi naissance à trente millions d’huîtres triploïdes ».

    Un marché intéressant qui représente une manne financière importante pour l’établissement.

    « Ifremer, qui doit faire face à la diminution des fonds publics, abandonne petit à petit la recherche fondamentale au profit d’activités commerciales et lucratives comme le développement de brevets », constate Pierre-Yves Matel.

    La redéfinition des rôles d’Ifremer, via une mission d’information parlementaire, permettrait peut-être de savoir si l’établissement est à même de remplir ses missions de service public au niveau des épizooties (maladies touchant les animaux) qui frappent le littoral français, car le problème s’étend désormais aux moules et aux coquilles St Jacques.

    À quand l’étiquetage ?

    « Pouvoir différencier l’huître née en écloserie de l’huître née en mer, c’est une information que nous devons au consommateur car elle lui permet de faire un choix conscient », explique Yannick Stephant. De plus, cela permettrait la traçabilité des huîtres. « Si un problème est identifié dans une écloserie, l’étiquetage permet d’isoler le lot suspect ».

    « L’étiquetage a été discuté au Comité National de Conchyliculture sans jamais être fait. Qu’est ce qui bloque ? » s’interroge Benoît le Joubioux. Pour le CNC, l’absence de réglementation s’explique par le fait que la triploïde n’est considérée ni comme un « nouveau produit », ni comme un OGM, bien qu’étant génétiquement manipulée.

    Joël Labbé, sénateur du Morbihan apparenté EELV, s’est emparé de cette question en proposant un amendement (refusé) dans le cadre de la loi sur la consommation en janvier, qu’il entend transformer en proposition de loi, « très probablement en avril 2015, lors d’un colloque sur l’ostréiculture qui se tiendra au sénat ».

    Car pour lui, « la prolifération des triploïdes pose des questions cruciales : elles présentent un danger pour le patrimoine génétique de l’huître, car elle s’avère non stérile à 100 % contrairement à ce qui a été annoncé. Et leur production rend les ostréiculteurs dépendants des écloseries. » Dans une logique qui n’est pas sans rappeler celle du brevetage du vivant façon Monsanto.

    Qualifié d’apprenti sorcier par l’association Ostréiculteur Traditionnel, Ifremer n’entend pourtant pas en rester là. Depuis plusieurs années, l’établissement travaille sur la production d’huîtres résistantes à l’herpès virus. « L’un des seuls moyens connus pour sauver l’ostréiculture française », selon l’institut. « Ou laisser la nature reprendre ses droits », selon les ostréiculteurs traditionnels.

    Note :
    * Depuis le début des années 2000, l’Ifremer a mis au point et développé la production de l’huître triploïde (dont l’institut détient le brevet depuis 2004). Ce mollusque est créé en faisant se reproduire une huître naturelle diploïde (dont les chromosomes vont par paires), avec un super géniteur dont Ifremer possède le brevet, l’huître tétraploïde (dont les chromosomes vont par 4). Le résultat est une huître triploïde (dont les chromosomes vont par 3), qui grandit en deux ans au lieu de trois, et qui est censée être stérile.

    Ainsi, elle ne produit pas de laitance en été et peut donc être consommée toute l’année, et plus seulement « les mois en r ». Ces triploïdes sont produites en écloseries privées, contrairement à la méthode traditionnelle de captage des naissains en mer.

    Source : Isabelle Rimbert pour Reporterre

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    Bavard comme une huître

    Canard Enchainé du 20 Août 2014



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    L’ostréiculteur qui n’a pas aimé passer à la télé

    Les huîtres de l’ostréiculteur testerin Denis des Touches sont apparues dans « Les amoureux du Bassin » diffusé sur France 3. Et elles n’avaient pas le beau rôle….

    Thalassa du 5 septembre 2014 : Les amoureux du bassin


    Le photographe Stéphane Scotto nous emmène à bord d'un ULM pour un survol du bassin d'Arcachon tout en douceur...

    Ce vendredi soir, l'ostréiculteur testerin Denis des Touches est devant sa télé avec son épouse. « Thalassa » diffuse « Les amoureux du Bassin », un documentaire réalisé par Philippe Lespinasse sur le bassin d'Arcachon. Il regarde et il aime le film. Sauf qu'à un moment, il voit ses salariés invités par l'ostréicultrice testerine Angelika Hermann à vider une poche de coquilles d'huîtres triploïdes (c'est-à-dire nées en écloserie) sur le ponton de leur chaland. Ensuite Angelika Hermann raconte l'histoire de ces huîtres triploïdes, précise que ses huîtres à elle, naturelles, ne meurent pas, et détaille les mortalités massives sur ces triploïdes.

    Source : Sud Ouest par David Patsouris

    « Et là, j'ai sursauté »

    « Et là, j'ai sursauté, parce que j'ai reconnu mes gars et que je n'étais pas au courant, explique-t-il. Ces mortalités, tout le monde les subit plus ou moins, quoi qu'en dise Angelika. Les gens du Bassin vont reconnaître mon équipage et on me fait jouer quel rôle ici ? Je fais mon métier proprement, je n'ai à me sentir coupable de rien et je me suis senti sali par ces images. »

    Comment naissent les huîtres ?



    Extrait de Thalassa : Les amoureux du bassin

    En fait, cet épisode cristallise un débat toujours brûlant dans l'ostréiculture française en général et arcachonnaise en particulier sur ces huîtres triploïdes.

    Denis des Touches livre alors sa version. Il rappelle ces six années avec très peu de naissain dans le Bassin, avec des stocks au plus bas et avec l'obligation de faire tourner l'entreprise, de rentrer de la trésorerie, de fournir les clients alors que les huîtres ne pondent plus.

    Ce manque de naissain coïncide avec l'irruption de mortalités massives sur les jeunes huîtres de moins de 18 mois causées par un herpès virus. Pire, l'été dernier, une bactérie a décimé les huîtres marchandes, âgées de trois ans, surtout les triploïdes mais aussi, dans une bien moindre mesure, les huîtres naturelles.

    « Ça a été pour moi une solution par défaut, se souvient Denis des Touches. J'ai fait appel aux huîtres d'écloserie parce que je n'avais plus assez de naissain pour répondre aux commandes. Mon entreprise, c'est quatre salaires et une centaine de tonnes d'huîtres par an. Ramasser les huîtres sauvages ne pouvait en aucun cas combler le trou qu'il y avait dans mon stock. »

    La fragilité des triploïdes

    Il a donc fait des chèques, sachant pertinemment que ces huîtres d'écloserie sont extrêmement vulnérables. « Tu fais un chèque de 10 000 euros et tu sais déjà que 7 500 euros vont partir en fumée. Elles sont très fragiles. Malgré cela, ces huîtres m'ont permis de maintenir mon entreprise à flot. Mais la rentabilité de ces huîtres, avec de telles mortalités, se discute, les pertes sont tellement importantes. »

    Denis des Touches n'est pas fou : « Les triplos furent pour moi un choix par défaut. Depuis l'été 2012, nous avons à nouveau beaucoup de naissain. Et je peux ainsi refaire mes stocks. L'an prochain, la totalité de ma production sera à nouveau à 100 % naturelle. Dans le film de « Thalassa », c'est mon dernier lot de triplos. Je ne nie pas ces mortalités. Tout le monde, moi compris, préfère la naturelle. »

    Ici, cependant, il faut nuancer. Les huîtres triploïdes, auxquelles on a ajouté un chromosome afin de les rendre stériles, plaisent. Surtout l'été parce qu'elles ne sont ainsi pas laiteuses. Et une partie des consommateurs, souvent sans savoir que ce sont des triplos (parce que ce n'est pas indiqué sur l'étiquette sanitaire contrairement à ce que réclame Angelika Hermann), en réclame. « Oui, avoue Denis, c'est un produit magnifique, gras mais non laiteux, très demandé. Mais très fragile. Je crois d'ailleurs que le public commence à faire la différence entre l'huître naturelle et l'huître d'écloserie. »

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    Les éleveurs d'huîtres et de moules crient leur désarroi

    Source : LE MONDE | 08.08.2014 | Par Martine Valo

    Les conchyliculteurs ont à nouveau manifesté leur colère, le 5 août à La Rochelle, en déversant des camions de coquilles vides devant la préfecture de Charente-Maritime. Après avoir bloqué en juillet le port de plaisance et le pont de l'île de Ré, 200 à 300 exploitants ont exprimé une fois de plus leur désarroi face à la mortalité massive qui frappe leurs parcs de coquillages, dénonçant « le laxisme de l'Etat » et promettant de revenir troubler l'université d'été du PS à La Rochelle.

    Pour les ostréiculteurs, c'est la réédition des calamiteux étés précédents. Depuis 2008, certains ont perdu jusqu'à 100 % de leurs juvéniles, puis de leurs huîtres adultes, soit un manque à gagner de 50 millions d'euros en 2013. Cette saison, avec une hécatombe de 12 000 tonnes de moules et une perte de 20 millions d'euros, les mytiliculteurs rejoignent le mouvement.

    Les professionnels dénoncent l'arrivée croissante de pesticides dans les estuaires, la hausse de la température de l'eau et la multiplication des pathogènes, les rejets massifs de boues de dragage. L'environnement est un mot d'ordre consensuel au sein d'une filière divisée. Entre les membres de l'association Ostréiculteur traditionnel et les partisans de l'élevage intensif, la situation est tendue.

    Patrimoine génétique appauvri

    Les premiers soupçonnent les seconds d'avoir joué contre leur camp en introduisant dans le milieu marin des triploïdes (dotées de trois lots de chromosomes et non de deux comme les huîtres naturelles), nées en écloserie et non en mer. La généralisation de ces mollusques stériles – qui ne présentent jamais de laitance pour plaire aux consommateurs – aurait, selon eux, appauvri le patrimoine génétique des huîtres et leur résistance aux bactéries et aux virus.

    Or qui a permis à ces techniques venues des Etats-Unis de s'implanter ? L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Une partie de la profession, qu'il a pour mission d'aider, l'a pris en grippe. L'Ifremer a-t-il « favorisé indirectement le développement » d'un virus qui décime les parcs à 60 %, voire 90 % ? A-t-il « mis en place tous les moyens de recherche pour comprendre l'origine de cette mortalité » et en suivre l'évolution ? Forte de ces questions, l'association Ostréiculteur traditionnel a obtenu auprès du tribunal administratif de Rennes en 2010 que soit menée une expertise judiciaire. Dans son rapport rendu à l'issue de quatre ans de travail et dont Le Monde a eu connaissance, l'expert Jean-Dominique Puyt, professeur à l'Ecole nationale vétérinaire de Nantes, met sévèrement en cause le rôle de l'Ifremer face à l'infection herpétique.

    Il reproche à l'organisme de s'être intéressé trop tard à l'herpèsvirus OsHV-1, repéré en 1991, puis à sa souche variante apparue en 2008. Il dénonce une « surveillance essentiellement passive » ; des résultats d'analyses confidentiels qui n'ont pas permis à la profession de prendre la mesure de l'épizootie ; une communication brouillonne, « emprisonnée dans les doutes respectables du chercheur ».

    « C'est le rôle des services de l'Etat »

    L'Ifremer n'est pas qu'un organisme de recherche, il a aussi pour mission le « contrôle et la qualité des produits de la mer », insiste M. Puyt. Le coup de grâce arrive en fin de rapport avec une première évaluation du préjudice. « Il devrait y en avoir pour au moins 3 millions d'euros rien que pour une douzaine d'exploitations bretonnes », confie l'avocat, Pierre-Yves Matel, au nom d'Ostréiculteur traditionnel, qui envisage une procédure judiciaire sous peu.

    « Nous sommes parmi les premiers chercheurs dans le monde à avoir publié sur ce virus », se défend Jean-Pierre Baud, coordinateur transversal conchylicole à l'Ifremer. « Nous avons mis en place des observatoires de la mortalité depuis 1993 mais nous ne sommes pas chargés de la gestion des maladies dans les parcs, renchérit Tristan Renault, responsable de l'unité santé, génétique et microbiologie des mollusques. C'est le rôle des services de l'Etat que nous avons régulièrement informés de nos travaux. » Pour l'Ifremer, l'affaire est embarrassante. L'herpèsvirus est en train de décimer l'huître creuse Crassostrea gigas qui représente 90 % de la production mondiale. Si l'animal finit par s'adapter, les ostréiculteurs risquent d'avoir du mal à survivre.

    En dépit de l'indemnisation possible, Benoît Le Joubioux, président d'Ostréiculteur traditionnel, laisse poindre sa déception, car l'expertise ne fait qu'effleurer la question de l'huître triploïde. « L'Ifremer consacre beaucoup de temps aux questions de rentabilité. Résultat : les ostréiculteurs sont devenus dépendants des écloseries qui les fournissent en triploïdes, comme les agriculteurs vis-à-vis de Monsanto. » Son association serait prête à ne pas réclamer d'argent, à condition d'obtenir un étiquetage distinguant leurs coquillages et que les deux zones où ils naissent soient protégées de la promiscuité des huîtres transgéniques.

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    Le 25 Septembre 2014

    Enquête publique du 15 septembre au 17 octobre 2014

    Île d'Oléron : les filières de la Malconche continuent à mobiliser


    L’installation des filières mytilicoles et ostréicoles de l’anse de la Malconche fait débat.

    Source : Sud Ouest par Yvon Vergnol

    Île d'Oléron : les filières de la Malconche continuent à mobiliser Plusieurs kilos de bivalves ont été déversés devant les issues du parking de la Communauté de communes. Les manifestants sont en attente de réponses concrètes.

    Lors des questions diverses du dernier Conseil communautaire mercredi 17 septembre, Éric Proust, maire de Saint-Georges d'Oléron avait souhaité que ses collègues prennent une motion sur l'installation des filières mytilicoles et ostréicoles de l'anse de la Malconche qui fait débat depuis plusieurs mois. Le président Pascal Massicot a donc fixé cette réunion hier à 19 heures à la Communauté de communes, réunion à huis clos alors que se déroule jusqu'au 17 octobre la deuxième enquête publique concernant le projet de la Malconche.

    Huîtres déversées

    « Il n'était pas dans mes intentions de travailler en secret mais de préserver le climat serein des débats. Il ne faut pas que tout soit confondu, cette motion ne concerne que le choix du site et non les filières, pour lesquelles nous n'avons pas à intervenir. »

    Des arguments pas forcément entendus par la profession ostréicole et notamment par Cyril Pain, ostréiculteur au Château d'Oléron, membre du Conseil régional conchylicole. « Que les élus soient pour ou contre le projet de la Malconche on peut en discuter sereinement, mais que l'on ne soit soutenu dans aucune de nos difficultés, à part Michel Parent, c'est un peu rageant », confie le président de l'association du chenal d'Ors.

    Quoi qu'il en soit, les ostréiculteurs étaient présents hier soir pour exposer leur position. Si, peu avant le début de la réunion, sous le regard des gendarmes de la brigade d'Oléron, les élus ont pu accéder aux locaux de la CdC avec un parking volontairement condamné, leur sortie a été plus délicate avec plusieurs kilos de bivalves déversées devant les issues.

    À 21 heures, après une audience de représentants des ostréiculteurs qui ont été reçus à leur demande, il semble que l'on s'oriente vers un retrait de la motion avec quelques changements sur le projet. Des élus ont quitté la salle peu satisfaits de cette décision.

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    Ile d'Oléron : les élus se réunissent ce mercredi pour une motion autour des filières d'élevage

    L'anse de la Malconche sera au coeur des débats à 19 heures à la Communauté de communes

    Connexion Filières... Un documentaire sur les Huîtres élevées en filières...




    Film réalisé pour le projet CONCHYLIFUTURE sous la direction du comité régional de la conchyliculture de la région Poitou Charentes. Rendez vous sur : www.conchylifuture.com


    Filières de l'Anse de la Malconche....projet d'un champ de filières en mer sur 400 hectares, dans l'anse de la Malconche, face à l'île d'Oléron.

    Le nouveau projet de développement de filières conchylicoles mobilisent les pro et anti dans l'île d'Oléron. Selon ses défenseurs, le projet représente 0,6 % de la surface du pertuis d'Antioche.

    Source : Sud Ouest 

    Les élus de la communauté de communes de l'île d'Oléron se réunissent ce mercredi soir pour étudier une motion à propos des filières d'élevage dans l'anse de la Malconche. La profession conchylicole, elle, s'inquiète d'un éventuel vote hostile au projet.

    En effet, un premier projet de champ de filières d'huîtres et de moules dans l'anse de la Malconche avait été annulé par le tribunal administratif de Poitiers. Le création de ces filières en eaux profondes sur le banc de Malconche au large d'Oléron suscite de nombreuses contestations et batailles juridiques depuis le début du projet fin 2011. Au mois d'août déjà, les opposants au projet s'étaient réunis, parmi eux l'association Aplimap qui réunit les anti-filières dans l'anse de la Malconche.

    Le Comité régionale conchylicole a revu sa copie. Une nouvelle enquête publique a débuté depuis le 15 septembre et durera jusqu'au 17 octobre. Pendant toute la durée de l'enquête, le dossier sera déposé à la mairie de Saint-Georges-d'Oléron, où il pourra être consulté du lundi au vendredi. Un commissaire-enquêteur se tiendra à la disposition du public en mairie, mercredi 1er octobre de 13 h 30 à 17 h 30, jeudi 9 octobre de 9 h à 12 h 15, et vendredi 17 octobre de 9 h à 12 h 15 et de 13 h 30 à 17 h 30.

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    Mort programmée des Estuaires charentais ?

    C’est dans une indifférence quasi générale que nous assistons à la mort lente des écosystèmes estuariens sur lesquels reposent depuis des centaines d’années la conchyliculture et la pêche. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir, ces dernières années, dénoncer les conséquences de l’urbanisation galopante du littoral, la mise en culture des marais doux et l’indulgence faite à une certaine agriculture intensive.

    Source : CRC Poitou-Charentes

    Notre littoral a pourtant toujours été un lieu béni pour la production de coquillages. A l’abri des îles, les pertuis ont été nourris par les fleuves et les rivières, véritables racines de l’océan.

    Les marais doux ont joué pendant longtemps leur rôle de filtre et de protection vis-à-vis des apports des bassins versants et les marais salés ont permis à notre région d’occuper le rang de leader en Europe. Cette époque est malheureusement révolue. La biodiversité s’écroule, les coquillages meurent en masse. L’agriculture continue sa route et le développement touristique est désormais l’alpha et l’oméga des politiques publiques locales.

    Les conchyliculteurs sont devenus des gêneurs dont il faut coûte que coûte contrecarrer les projets de développement et bloquer les initiatives.

    Alors que l’Europe affiche des ambitions pour nos activités, à l’échelle de nos territoires les défis à relever sont immenses pour simplement continuer d’exister.

    En l’espace de 15 ans, nous avons fait face à deux tempêtes, à deux naufrages pétroliers et à des mortalités massives qui ne cessent de s’aggraver depuis 2008.

    C’est dire notre opiniâtreté, notre force que d’être parvenus à survivre dans un tel contexte.
    Il est vrai que notre profession est rude au mal et assise sur des fondamentaux solides.

    Aujourd’hui, la conchyliculture en Poitou Charentes compte plus de 1 000 entreprises, procure du travail à plus de 8 000 personnes (sans compter les emplois induits) ? Elle entretient 3 000 hectares de parcs en mer et autant dans le marais, génère un chiffre d’affaires de plus de 400 Millions d’Euros, exporte ses produits dans le monde entier et joue un rôle environnemental majeur sur le littoral.

    Mais pour combien de temps encore ? La question se pose car la Charente Maritime se singularise par des mortalités cumulées que l’on n’observe nulle part ailleurs en France.

    Les naissains et les juvéniles connaissent des taux de mortalités de 80 à 90 %.

    10 000 tonnes d’huîtres adultes ont péri en 2013 sur les meilleurs parcs d’élevage du bassin et dans les claires d’affinage.

    En 2014, ce sont 100 % des moules de filières et 90 % des moules de bouchots de la baie de l’Aiguillon qui ont été décimées et la baie d’Yves est à peine mieux lotie.

    Cette année, les premières mortalités d’huîtres adultes ont été enregistrées depuis le 15 juin.
    Tous les signaux sont au rouge.

    Les différents pathogènes (herpès virus, Vibrio) s’en donnent à coeur joie et détruisent nos cheptels.

    Tous les essais, toutes les expérimentations que nous avons tentées ont échoué et nous ne pouvons que constater les dégâts, impuissants.

    Le mal est profond et les soins qu’il convient d’apporter de toute urgence au littoral sont immenses mais ils supposent une prise de conscience collective dont nous sommes encore loin aujourd’hui.

    Les mesures à mettre en oeuvre sont pourtant identifiées (voir plan d’actions joint en annexe) et parfois même énoncées par d’éminents experts dépêchés sur place par le gouvernement.

    Pour n’en citer qu’un, Jean Louis BESEME qui, en 2006, a rappelé l’importance de redonner aux marais doux ses fonctions originelles de stockage et d’épuration et de favoriser des cultures alternatives au maïs moins consommatrices d’eau.

    En matière sanitaire, il est plus facile de fermer une zone de production ou de lancer une alerte européenne que de contrôler la qualité des lâchers d’eau douce de nos soi-disant amis agriculteurs qui n’agissent, nous ne sommes pas naïfs, qu’en fonction de leurs intérêts immédiats.

    Quant aux stations d’épuration, il est désormais prouvé qu’elles ne traitent que les bactéries et laissent passer quantité de virus, produits pharmaceutiques et autres perturbateurs endocriniens tous plus dangereux les uns que les autres pour l’équilibre du milieu marin.

    Un dernier mot sur les rejets systématiques en mer, à proximité immédiate du littoral, des boues de dragage des ports de plaisance. Les rares tests éco-toxicologiques réalisés montrent bien la nocivité de ces boues sur la faune marine et en particulier sur les larves d’huîtres.

    Toutes ces agressions sont une réalité et leur accumulation sur un territoire donné durant une longue période finit par produire des catastrophes comme celle que nous vivons depuis 2008.
    Le plus accablant est que l’environnement n’a jamais été autant à l’honneur dans notre société.

    Mais pour notre plus grand malheur, c’est une conception étroite, aveugle et je dirais même idéologique de celui-ci qui a actuellement le vent en poupe, en particulier en Poitou-Charentes.

    Dire qu’il faut obtenir une autorisation ministérielle pour la suppression de quelques abotteaux dans le marais !!!

    Qu’il est nécessaire de réaliser une étude environnementale chaque fois que nous souhaitons aménager nos établissements ou restructurer nos claires !!!

    Que l’on nous interdit de réaménager un ancien chemin d’accès à nos concessions au prétexte qu’il se situe dans une réserve naturelle et que nos tracteurs vont provoquer un désordre environnemental !!!

    Combien de temps allons-nous encore courber ainsi l’échine devant tant de provocations et d’absurdités ?

    ETIENNE DE LA BOETIE, ami de MONTAIGNE, a pu dire en son temps :

    « Soyez résolus à ne plus servir et vous serez libres ».

    Le temps est peut être venu de nous remémorer cette vérité et de la faire nôtre.

    Pour les mytiliculteurs et les ostréiculteurs de Charente Maritime, le Comité Régional de la Conchyliculture Poitou-Charentes.

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    DIX actions urgentes pour rétablir les fonctions écologiques

    10 actions urgentes pour rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais doux et salés de Charente Maritime.

    Source : CRC Poitou-Charentes

    1. Identification de tous les exutoires d’eau douce à la mer et le contrôle systématique (qualitatif et quantitatif) de la qualité des eaux douces rejetées.

    2. Mise en œuvre d’un programme d’aménagement des marais doux pour augmenter ses capacités de stockage et d’épuration et lui redonner sa fonction originelle de zone tampon entre les bassins versants et le milieu marin.

    3. Arrêt immédiat de tous les rejets en mer des boues de dragage des ports de plaisance.

    4. Contrôle de la qualité des rejets des stations d’épuration en milieu marin (norovirus, produits pharmaceutiques et phytosanitaires, etc.).

    5. Mise en œuvre immédiate des mesures visant à atteindre les objectifs de la directive cadre sur l’eau en Charente-Maritime.

    6. Lancement d’une étude pour déterminer l’influence des différents facteurs environnementaux (eau douce, pollution) sur les mortalités de coquillages.

    7. Mise en place d’un programme de réhabilitation et de gestion des gisements naturels coquilliers classés de Charente Maritime.

    8. Réalisation de dispositifs locaux de traitement des eaux pluviales avant leur rejet dans le milieu.

    9. Reconnaissance par l’Etat de la nécessité de rétablir la dynamique hydraulique du bassin conchylicole par le réaménagement du marais salé.

    10. Application stricte par les services de l’Etat du périmètre de protection autour des établissements conchylicoles et des gisements coquilliers (décret du 23 janvier 1945).

    Les mortalités d’huîtres, de moules et autres coquillages n’étant que la conséquence de la dégradation des écosystèmes estuariens, la profession exige la juste réparation économique par l’ETAT du préjudice subi par les conchyliculteurs du fait de toutes les atteintes au milieu marin et de leurs conséquences sur la santé des coquillages.

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    Le 18 Septembre 2014

    Economie de la mer. Pêcheurs et conchyliculteurs sont écolo-compatibles

    Favorables à la préservation de l’environnement, pêcheurs et conchyliculteurs ne veulent pas en être les victimes.

    Source : Ouest France par Jean-Pierre Buisson

    Réunis à Rochefort par l’Aglia, (Association du grand littoral atlantique qui regroupe Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine) les « exploitants » de la mer ont débattu de leur place dans la gestion de l’environnement. Multiplication des usages (extractions diverses, énergies marines…) et lobby écologiste puissant, bousculent ceux qui étaient les seuls locataires de l’océan. Toutefois, ces « scientifiques Bac moins 5 », comme ils se qualifient eux-mêmes, ont vite compris leur intérêt : « préserver notre environnement et ses ressources ».

    La pêche a démontré qu’elle était capable de se prendre en charge. À l’intérieur de la zone des douze milles, territoire national, de nombreuses espèces non soumises à quotas européens, sont gérées par la profession. Exemple : licences et dates d’ouvertures des zones de captures réglementent, avec succès, la pêcherie de coquille saint-jacques. À Rochefort, conchyliculteurs et pêcheurs ont donc souhaité une « gestion raisonnée » de l’espace maritime. Armand Quentel, vice-président du Comité des pêches de Bretagne, plaide pour que « la société réfléchisse à un impact acceptable. Toute activité humaine a des conséquences sur l’environnement, travaillons à en définir les limites et refusons le dogme écologiste. »

    Déni des agriculteurs ?

    D’autres secteurs, économiquement plus puissants, sont parvenus à imposer leurs points de vue, comme l’agriculture, la chimie ou le nucléaire. Ce dernier ayant lui même fixé ses limites de rejets en mer alors que l’on peut s’interroger sur l’innocuité des millions de mètres cubes de radionucléides déversés chaque jour. C’est cet aspect de la gestion de l’environnement qui a été pointé en Poitou Charentes. Fâché, Goulven Brest, le président du Comité régional de la conchyliculture de Bretagne nord, « dénonce le déni des agriculteurs de nord Bretagne sur les méfaits de leurs pratiques. On tente de négocier avec eux depuis trente ans, sans résultat. » Ailleurs on se plaint de la négligence des élus en matière d’assainissement…

    Les « continents » de plastiques qui tournent autour du Pacifique et empoissonnent faunes et flores marines, « viennent bien des pratiques des terriens », pointent ces maritimes accablés d’habiter un pays où la population a si peu le pied, et le cerveau, marins. Dans leurs rêves les plus fous, ils imaginent des écologistes plaidant leur cause pour faire comprendre à un habitant de Vichy dans l’Allier, que lorsqu’il tire la chasse d’eau, ce geste banal aura des conséquences dans l’estuaire de la Loire au large de Saint-Nazaire. Utopie ou défi ?

    Pour plus d'informations sur le colloque (thématique et intervenants) : Aglia

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    Le 17 Septembre 2014

    Aquaculture. La Cour des comptes européenne pointe la conception et le ciblage des mesures d'aide

    Chaque année, le secteur de l'aquaculture de l'UE produit quelque 1,3 million de tonnes de poissons et réalise un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros. Au cours de la période allant jusqu'en 2013, la PCP a notamment visé à encourager le développement durable de l'aquaculture. En mai 2013, le FEP avait ainsi dégagé plus de 400 millions d'euros pour financer des mesures en faveur des investissements productifs dans l'aquaculture, des mesures environnementales et des mesures de santé.

    Pour assurer le développement durable de l´aquaculture au niveau de l´UE et à celui des États membres, il faut améliorer la conception et le ciblage des mesures d´aide, selon la Cour des comptes européenne

    Dans un rapport publié le 16 septembre 2014, la Cour des comptes européenne («la Cour») révèle que les mesures d'aide à l'aquaculture prises au cours de la période allant jusqu'en 2013 n'ont pas été bien conçues ni mises en oeuvre au niveau de l'UE et à celui des États membres. Elle indique également que l'aide octroyée au titre du Fonds européen pour la pêche (FEP), à savoir l'instrument financier de la politique commune de la pêche (PCP), n'a pas été utilisée de façon optimale et n'a pas permis de soutenir efficacement le développement durable de l'aquaculture.

    M. Kevin Cardiff, Membre de la Cour responsable de ce rapport, a formulé la déclaration ci-après.

    «Nous avons constaté que les principaux objectifs en matière de croissance du secteur aquacole n'ont pas été atteints, et que ce dernier a connu de nombreuses années de stagnation. Certes, la crise financière y a sans nul doute contribué, mais le cadre global du soutien apporté à ce secteur n'était pas bien conçu, et les mesures effectivement prises ont été insuffisantes. Les projets que nous avons contrôlés dans les États membres étaient souvent mal sélectionnés, et seuls quelques-uns d'entre eux ont permis de générer les résultats escomptés ou d'utiliser l'aide de façon optimale. En outre, ces projets n'ont guère contribué à la croissance et à l'emploi. Nous espérons que nos observations et recommandations seront mises à profit en vue de la mise en oeuvre des nouvelles mesures en faveur de l'aquaculture prises au titre du FEAMP, qui entrent en vigueur cette année. Dans ce contexte, il y a lieu de mentionner que la Commission a déjà indiqué qu'elle donnera suite à plusieurs des recommandations.»

    LIVE ECA press conference



    ECA Member Kevin CARDIFF will present the conclusions and recommendations of the Special Report - Effectiveness of European Fisheries Fund support for aquaculture

    L'auditeur externe de l'UE a constaté que, pour la période allant jusqu'en 2013, le cadre existant au niveau de l'UE et à celui des États membres n'a pas permis de concrétiser les objectifs de l'Union en matière de développement durable de l'aquaculture. De plus, les mesures effectivement mises en oeuvre n'ont pas permis d'obtenir suffisamment de résultats. La PCP et le FEP n'ont pas fourni de cadre suffisamment clair pour le développement de l'aquaculture. Au niveau des États membres, les mesures d'aide au développement durable de l'aquaculture n’ont pas été bien conçues et mises en oeuvre. Les plans stratégiques nationaux et les programmes opérationnels des États membres n'ont pas fourni une base suffisamment claire pour soutenir l'aquaculture. De plus, aucune stratégie cohérente pour ce secteur n'y a été mise en place. Souvent, le financement octroyé au titre du FEP n'était pas suffisamment ciblé sur les projets aquacoles et les auditeurs ont constaté que, généralement, ces projets n'ont pas permis d'obtenir les résultats prévus ni d'utiliser l'aide de façon optimale.

    Cliquer Ici pour télécharger "Rapport spécial n° 10/2014: L’efficacité du soutien à l’aquaculture apporté par le Fonds européen pour la pêche"


    Le 16 Septembre 2014

    Vannes : salon de la conchyliculture, toujours en proie aux mortalités

    Le salon de la conchyliculture et des cultures marines ouvre ses portes ce mardi 16 septembre, au parc des expositions de Vannes. Il sera naturellement beaucoup question des mortalités qui continuent de sévir sur tous les bassins, et qui touchent désormais des moules et des huîtres adultes, en plus des huîtres juvéniles.

    Source : Le Marin

    C’est donc une profession en pleine remise en cause qui se retrouve. Une profession restée divisée sur le naissain d’écloserie triploïde et les transferts de produits entre régions. Avec un combat commun : la reconquête de la qualité de l’eau, pour laquelle le Morbihan est précurseur.

    La naissance de l’ostréiculture dans ce département sera racontée dans une exposition de photographies inédites, à l’occasion du trentième anniversaire du salon. Traditionnellement tourné vers l’international, il met cette année l’Australie et l’Irlande à l’honneur.

    Vannes. Salon de la conchyliculture : la qualité de l'eau au coeur du débat


    Le salon national de la conchyliculture et des cultures marines fête ses trente ans. Présent à Vannes depuis une dizaine d'année, et inauguré ce matin en présence des nombreuses personnalités de l'état, de la région et du département, il permet aux professionnels de se rencontrer. Dans un contexte économique toujours tendu, Philippe Le Gal, le nouveau président du comité régional de la conchyliculture dresse un état des lieux de la profession. Les images de Véronique Le Bagousse. Plus d'infos sur www.letelegramme.fr

    4 ateliers :

    Atelier n°1 : mardi 16 septembre à 15h00 – Espace Conférences Région Bretagne

    Conférence Internationale : présentation générale des pays invités : organisations professionnelles et mises en marché, typologie des entreprises conchylicoles, enjeux et actualités.

    Avec la participation exceptionnelle de professionnels australiens et irlandais :

    Mrs Jill COATES, Présidente -SAOGA (South Australian Oyster Growers Association), Australie
    Mr Michael COATES, Partner, Natural Oysters, Australie
    Mr Richard DONNELLY, Aquaculture Business Planning Manager, BIM – Irish Sea Fisheries Board, Irlande
    Mrs Patricia DALY, BIM – Irish Sea Fisheries Board, Irlande
    Mr Finnian O’Luasa, BIM – Irish Sea Fisheries Board, Irlande

    Atelier n°2 : mercredi 17 septembre à 10h00 – Espace Conférences Région Bretagne

    Titre : La sécurité au travail

    Atelier n°3 : mercredi 17 septembre à 11h30 – Espace Conférences Région Bretagne

    Titre : La conchyliculture : une activité économique dépendante d’une eau de qualité – des efforts à poursuivre en matière d’assainissement

    Atelier n°4 : mercredi 17 septembre à 15h30 – Espace Conférences Région Bretagne

    Titre : Quelles pistes pour sortir de la surmortalité ostréicole : les avancées de la recherche.

        Rappel du contexte et hypothèses retenues : présentation des travaux engagés.
        Questions et enjeux pour la filière et l’interprofession.
        Propositions et orientations de l’interprofession pour les 4 prochaines années.

    Intervenants : S. Chantereau, CNC ; R. Gonzalez, CNC/SCORE ; C. Pernelle, CNC/SCORE

    Cliquer Ici pour plus d'informations sur le programme des ateliers

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    Des panneaux indicateurs de rivières propres dans le Sud en 2015

    Près de 50% des rivières du grand sud-est de la France sont en "bon" ou "très bon état", selon l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, qui a annoncé mercredi 10 septembre le lancement pour 2015 du label "Rivière en bon état", signalé par des panneaux au bord des routes.
    Découvrez le club      

    Source : La Gazette des Communes

    L’état moyen des rivières sur la zone Rhône Méditerranée Corse s’est amélioré par rapport à 2012, grâce notamment aux pluies abondantes qui ont dilué les polluants, a expliqué Martin Guespereau, directeur général de cette agence de l’eau au cours d’une conférence de presse. Notamment dans les Alpes et en Corse.

    Seules 30% des rivières seront toutefois éligibles au label mis en place par l’agence, qui exige trois années successives de « bon état », pour attribuer ses panneaux indicateurs illustrés de trois poissons. « Des poissons migratoires, comme les civelles ou les aloses, reviennent dans nos rivières », a d’ailleurs noté M. Guespereau. Et ce, grâce à des passes à poissons ou des rivières artificielles.

    Il déplore toutefois qu’en raison des écluses notamment, 50% des cours d’eau soient des « boîtes cloisonnées pour les poissons, mais aussi pour les cailloux », empêchant le mouvement des sédiments. Avec pour résultat des baisses de niveau du lit de 5 à 10 mètres.

    Autre source d’inquiétude: les pesticides, dont la concentration ne baisse pas. « Il y a eu une baisse depuis les années 2000, suite à un mouvement d’interdiction de certains pesticides, mais cela ne varie plus, y compris pour les pesticides interdits », souligne-t-il.

    Sur les 150 pesticides détectés par l’agence dans les rivières, l’herbicide Roundup de Monsanto tient la tête, alors que 36 autres sont des pesticides interdits. La plupart sont présents à l’état de résidu, mais la concentration de molécules comme la terbuthylazine indique qu’elle est toujours utilisée.

    En 2013, l’eau de 58 nappes phréatiques étaient impropres à la consommation à cause des pesticides.

    L’agence de l’eau dénonce aussi les prélèvements agricoles. « On a 40% de territoires en déficit d’eau, alors que la France a beaucoup de ressources, déplore M. Guespereau, qui invite à développer le goutte à goutte, à surveiller l’état des systèmes d’arrosage, et à changer les périodes d’arrosage. « Dans certaines zones pilotes, le débit des cours d’eau a pu être multiplié par dix ».

    Il espère que cette labellisation incitera les conseils généraux à améliorer la protection des rivières, pour constituer un argument touristique. L’agence avait déjà créé une application pour smartphone permettant de vérifier la qualité des cours d’eau à proximité.

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    Le 11 Septembre 2014

    Touche pas à ma plage ! La plus belle du monde...

    Mytiliculture en Bretagne. St-Coulomb attaque en justice



    Le sous-préfet d'Ille-et-Vilaine a pris un arrêté autorisant l'expérimentation d'un projet de moules sur filières au large de la commune. Les élus de Saint-Coulomb expliquent la raison de leur silence, à ce sujet pendant tout l'été.

    Source : Ouest France par Alexandra Bourcier.

    La commune de Saint-Coulomb s'inquiète pour son littoral : « Notre patrimoine, c'est la beauté de nos plages », indique Yannick de Charette, premier adjoint de Saint-Coulomb. Visée, la décision du préfet, prise début juillet, d'autoriser l'expérimentation de moules sur filières à 3 km de la côte. Le projet, demandé par le comité régional de la conchyliculture, prévoit une concession de trois ans, sur 19 ha, avec quatre filières de 100 mètres de long.

    Ce qui inquiète les élus de la commune, ce n'est pas tant l'expérimentation, mais l'exploitation possible de 1 000 ha à l'issue des trois ans. Le préfet s'en défendait début juillet : « Si un projet de plus grande ampleur devait voir le jour, il devra suivre une nouvelle procédure complète d'instruction et démontrer son innocuité sur l'environnement. »

    Parallèlement aux associations

    Loïc Levillain, maire de Saint-Coulomb, chef d'entreprise, ne voit pas comment les porteurs d'un tel projet, « peuvent investir 650 000 € pour s'entendre dire ensuite que ça ne sera pas exploité ! » Pour lui, « l'expérimentation va permettre de voir si le matériel fonctionne, pas de dire s'il y a un impact sur l'environnement ». « 19 ha par rapport à 1 000, c'est une goutte d'eau dans un océan », observe Yannick de Charette.


    Charente-Maritime : Champ de filières de moules localisé entre Châtelaillon-plage (derrière le photographe) et les plages de l'Île d'Aix (à gauche) et Fort Boyard (à droite)... Après plusieurs saisons de moules de corde, les plages au fond des petites criques de l'île d'Aix sont toujours parmi les plus belles du monde...Quant à la plage de Châtelaillon, elle vient d'être classée dans le Top 10 des plages les plus belles de France !

    La commune a donc décidé d'attaquer cette décision en justice et de faire appel à un cabinet d'avocats de Poitiers. Un cabinet qui a obtenu l'annulation d'un arrêté du même type pour Saint-Georges-d'Oleron, en janvier dernier. Cette décision vient appuyer celle prise par les associations de défense mi-août. « On ne pouvait pas, en tant qu'élus, s'associer aux associations. Nous agissons donc en parallèle. »

    Pendant tout l'été, les associations de défense du littoral de Saint-Coulomb ont sollicité les élus. « On ne voulait pas prendre une décision à la légère. Nous sommes des élus, pas des gens de la mer », souligne Yannick de Charette. Ils ont donc fait appel à deux scientifiques pour être objectifs. « Les deux nous ont dit qu'il fallait des études plus détaillées », ajoute-t-il.

    Ne pas détruire l'environnement

    Suite dans Ouest France

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    Le 10 Septembre 2014

    Île-aux-Moines. Un sit-in pour défendre l'ostréiculteur

    http://www.huitres-ileauxmoines.fr/index.html


    Une fois n'est pas coutume : quelque 150 personnes ont participé à un sit-in, le vendredi 22 août dans l'Île morbihannaise, pour soutenir l'ostréiculteur local, Pierre Martin. Il faut désenclaver son chantier pour qu'il puisse maintenir son activité, car le nouveau sentier côtier bloque le passage à ses parcs et donc le chargement de sa production. Il a été évoqué un droit de passage payant sur 10 mètres environ sur un terrain privé, mais aucun accord n'a été conclu. La mairie et le président du conseil général, François Goulard, présents, lui ont témoigné leur soutien. A l'heure où ailleurs, des projets conchylicoles soulèvent un tollé général, cette manifestation fait chaud au coeur. (

    Source : Le Marin du 5 septembre 2014

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    Le 9 Septembre 2014

    Les richesses du Golfe se dévoilent chez un ostréiculteur



    Deux classes bac pro de la MFR, école forestière d'Arradon, ainsi que plusieurs particuliers ont participé à la visite, suivie d'une dégustation. Deux classes bac pro de la MFR, école forestière d'Arradon, ainsi que plusieurs particuliers ont participé à la visite, suivie d'une dégustation. |

    Source : Ouest France

    Pour ses 50 ans, le Syndicat intercommunal d'aménagement du golfe du Morbihan (SIAGM), a choisi d'offrir, mercredi, au public une visite du chantier de l'ostréiculteur Yvonnick Jégat (1). « Il faut préserver ce joyau qu'est le golfe du Morbihan, annonce le professionnel. C'est avec plaisir que j'ai accepté cette intervention chez moi. Je suis ravi que notre Golfe rejoigne les parcs naturels régionaux. »


    D'ici la fin de l'année, le golfe du Morbihan devrait ainsi devenir le cinquantième parc naturel régional. « Le congrès des parcs a lieu le 11 octobre au château de Truscat à Sarzeau. Aujourd'hui, nous sommes ici par une initiative commune du SIAGM, dont Éric Guillot est un des vice-présidents et élu d'Arradon », explique Juliette Helly, chargée de mission au SIAGM.

    Après avoir raconté l'histoire des huîtres plates, puis des huîtres creuses, Yvonnick Jégat a expliqué à son public comment il élève ses coquillages dans la plus grande tradition. « Avant 1870, il fallait aller sur les bancs naturels pour aller ramasser les huîtres. Remarquant la diminution de reproduction, c'est le professeur Coste, à la demande de Napoléon III, qui va se pencher sur le captage des larves dans l'eau. C'est le début de l'élevage des huîtres plates et de l'ostréiculture... » commence Yvonnick Jégat.

    (1) D'autres animations sont prévues dans ce cadre jusqu'au 31 octobre, sur le territoire du futur Parc. www.golfe-morbihan.fr

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    Le 23 Août 2014

    Huitres et moules : l’hécatombe

    https://www.facebook.com/photo.php?v=784551371568437&set=vb.462981387058772&type=2&theater

    En France, le désarroi des ostréïculteurs en Charente-Maritime. Ils font face à une hécatombe inexpliquée : huîtres, moules. Certains ont perdu la quasi-totalité de leur production. Ils se disent en colère face à l'inaction du gouvernement. Des manifestations ont déjà eu lieu. Les pertes se comptent en dizaines de millions d'euros. Les produits arrivent encore sur vos étals mais dans les parcs à huîtres et à moules, c'est l'hécatombe.

    Cliquer Ici pour visionner le reportage du JT de France 2 (21 août 2014)

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    Pêcheur à pied de tellines, peu de professionnels et de moins en moins de coquillage

    A l'instar des huîtres ou des moules en Charente-Maritime, la telline connaît, elle aussi, une forte mortalité...

    Le point sur cette pêche bien particulière et peu connue avec le reportage d'Olivier Riou et Bintou Sidibé. Ils ont rencontré Christian Fontaine, l'un des dix derniers pêcheurs de tellines de Charente-Maritime :

    Christian Fontaine, pêcheur à pied de tellines à Oléron



    Reportage d'Olivier Riou et Bintou Sidibe

    Christian Fontaine est l'un des derniers pêcheurs à pied professionnels de tellines à exercer sur le littoral charentais. Un métier rare pour un coquillage peu connu en France mais très apprécié dans les pays du sud comme l'Espagne.


    Cette pêche qui se pratique près de la côte est menacée de disparition tout comme le coquillage. A l'instar des huîtres ou des moules en Charente-Maritime, la telline connaît, elle aussi, une forte mortalité. Les pêcheurs constatent qu'il n'y a plus de juvéniles ce qui met l'espèce en danger et mettent en accusation la mauvaise qualité des eaux de mer, de plus en plus polluées.

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    Lancement du groupe de travail sur les 10 propositions du CRC


    Béatrice Abollivier, préfète de la Charente-Maritime, a installé, ce lundi 18 août 2014, un groupe de travail, réunissant services de l’État, élus et professionnels, afin d'étudier les dix propositions d'actions du comité régional de la conchyliculture pour rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais doux de la Charente-Maritime.

    Source : Préfecture de la Charente-Maritime

    Dix propositions d'actions pour rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais doux de la Charente-Maritime ont été faites par les professionnels le 8 juillet dernier :
    • l'identification de tous les exutoires d'eau douce à la mer ;
    • l'aménagement des marais doux ;
    • l'arrêt immédiat de tous les rejets en mer des boues de dragage des ports de plaisance ;
    • le contrôle des rejets de stations d'épuration ;
    • la mise en œuvre des mesures visant à atteindre les objectifs de la directive cadre sur l'eau (DCE) ;
    • lancement d'une étude pour déterminer l'influence des différents facteurs environnementaux sur les mortalités de coquillages ;
    • la mise en place d'un programme de réhabilitation et de gestion des gisements naturels coquilliers classés en Charente-Maritime ;
    • la réalisation de dispositifs locaux de traitement des eaux pluviales avant leur rejet dans le milieu ;
    • le réaménagement du marais salé ;
    • l'application stricte par l’État du périmètre de protection autour des établissements conchylicoles et des gisements coquilliers (décret du 23 janvier 1945).

    Plusieurs réponses ont d’ores et déjà pu être apportées, comme par exemple, et pour chaque proposition :
    • la réalisation d’une cartographie des stations d'épuration (STEP), à partir de données et relevés établis par les services de police de l’eau, sera disponible fin septembre ;
    • des actions d'acquisitions foncières ou d'échanges de parcelles agricoles les plus contraignantes vis à vis de la gestion de l'eau sont engagées en vue de modifier l'occupation du sol des zones les plus basses, pour redonner au marais sa vocation de zone tampon ;
    • le renforcement des seuils de pollution sur les sédiments en 2013 (HAP) et en 2014 (PCB), ou encore la mise en place prochaine d’un site de traitement à terre des sédiments pollués prévu au grand port maritime de La Rochelle ;
    • lors du renouvellement d'autorisation ou de la création de nouvelles STEP, les services de l’État demandent aux maîtres d'ouvrage de trouver des solutions alternatives au rejet en mer ou en estuaire comme à Charron ou Fouras ;
    • afin que les masses d'eau estuariennes et littorales atteignent un bon état en 2015, des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux ont été développés pour déterminer des actions qui peuvent être menées pour préserver la qualité de l'eau, comme par exemple la création d'aires techniques dans les ports ;
    • le principe de mise à disposition, aux côtés du CRC, d’un expert épidémiologiste a été acté ;
    • en 2013, l'ensemble des gisements huîtriers du littoral charentais ont été visités et répertoriés. En accord avec les organisations professionnelles, l'exercice de la pêcherie a été redéfini. Chaque année une prospection permettra d'évaluer l'état de la ressource et d’adapter les éventuelles mesures pour la conserver ;
    • tout nouveau projet se traduisant par des rejets fait l'objet d'un examen préalable par la police de l'eau qui vérifie que le traitement des eaux est adapté aux capacités du milieu. Les rejets existants antérieurs à la loi sur l'eau (1992), s'ils ne sont pas compatibles avec le milieu aquatique, font l'objet d'une planification de travaux encadrés au titre de la loi sur l'eau ;
    • les travaux d'entretien et de réfections du marais salé ne sont soumis à aucune procédure administrative compte tenu de la nécessité et de l'intérêt d'un entretien régulier. En cas de restructuration ou de nouveaux aménagements, ces travaux sont encadrés par les dispositions de la loi sur l'eau, avec un accompagnement des professionnels ;
    • le décret de 1945 est pris en compte au travers des études d'incidence qui accompagnent réglementairement toutes les demandes d'autorisation d'épandage et qui proposent des périmètres limitant les impacts sur les milieux.

    A l'issue des échanges fructueux intervenus ce jour, de nouvelles pistes de travail ont pu être identifiées.

    Sur les sujets de préoccupation relevant du niveau national, les ministres concernés vont être saisis par la préfète, notamment pour demander la prise en compte de l'impact des produits phytosanitaires sur le milieu marin et généraliser les analyses eco-toxicologiques.

    Au plan départemental, une action spécifique sera menée en lien avec les collectivités locales et les acteurs concernés (syndicat des eaux, ARS, etc.) pour améliorer les réseaux d'eaux pluviales et d'assainissement. Un travail sur la gestion hydraulique des marais sera également mené en lien avec les agences de l'eau pour mettre en œuvre les contrats territoriaux des milieux aquatiques (CTMA), outils financiers partenariaux qui permettent de réduire les différentes sources de pollution ou de dégradation des milieux aquatiques.

    Enfin, l’État sensibilisera les maires à l'intérêt d'élaborer des schémas directeurs d'eaux pluviales (outils de gestion qui permettent de diagnostiquer les rejets d'eaux pluviales et de planifier les travaux d'amélioration nécessaires) ainsi qu'à l'intérêt de maintenir les fossés régulateurs des milieux et d'en limiter le busage.

    Cliquer Ici pour télécharger le communiqué de presse de la Pref 17

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    Des sédiments pollués

    Parce qu’ils sont impropres à l’immersion, le Grand Port envisage de traiter les sédiments du bassin à flot à terre.



    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux

    L'arrêt immédiat de tous les rejets en mer des boues de dragage des ports de plaisance. C'est l'une des dix propositions qu'a formulées cet été le Comité régional de la conchyliculture Poitou-Charentes, pour « rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais doux ».
    Le sujet a été évoqué en début de semaine à La Rochelle, lorsque des responsables professionnels ont rencontré la préfète de la Charente-Maritime. Béatrice Abollivier leur a proposé la constitution d'un groupe de travail réunissant les services de l'État, les élus et les professionnels.

    Mais aussi, le représentant de l'État a pu opportunément s'appuyer sur des études lancées par le Grand Port maritime de La Rochelle. Indépendamment de la discussion entre la préfecture et les conchyliculteurs, et avant la formulation par ces derniers des « dix actions urgentes », l'autorité portuaire s'était penché sur le sujet. En raison de la nature des sédiments du bassin à flot, dont les niveaux de cuivre, hydrocarbures et tributylétain provenant des coques des navires, sont trop élevés pour autoriser leur clapage en mer. Un bassin qui n'est donc pas dragué.

    Tenu par la sensibilité de l'opinion aux questions environnementales, mais aussi par les exigences de l'exploitation commerciale de ce terminal qui commandent de ne pas laisser indéfiniment la sédimentation s'opérer, le Grand Port avait donc engagé une démarche volontaire. L'objectif, clairement affiché, est de valoriser à terre ces sédiments non immergeables. Une première étude de faisabilité de la valorisation a déjà été menée, avec les partenaires locaux, Conseil général, Communauté d'agglomération et Ville de La Rochelle. La Ville, de son côté, est confrontée à la pollution sédimentaire aux abords du slipway, dans le bassin des Chalutiers.

    Dossier réglementaire

    « Les résultats de l'étude sont concluants », indique l'autorité portuaire. Dès lors, tout pourrait aller très vite dans la mise en œuvre du projet, et l'échéance de la fin 2015 est évoquée comme possible concrétisation. Au préalable, il faut en passer par l'élaboration du dossier réglementaire. Lequel intègre une étude d'impact, et une demande d'autorisation d'exploiter une installation de valorisation des boues.

    Dans le principe, il s'agit de collecter les sédiments non immergeables, de les accueillir sur une plateforme dédiée sur le site portuaire de La Repentie, de les déshydrater, traiter (afin d'en améliorer les qualités chimique et mécanique). Le produit tiré de ce process serait valorisé in situ, comme matériau de terrassement.

    Sur le papier, pour l'heure, ce projet compléterait l'activité de dragage existante et, exprime-t-on en substance à la direction du Grand Port, il améliorera la qualité du milieu en retirant du fond des stocks de sédiments. Selon des éléments qui nous avaient été communiqués il y a trois ans, alors que s'amorçait au Grand Port l'ébauche d'une réflexion sur le sujet, le volume estimé de ces sédiments est de 45 000 mètres cubes, l'équivalent d'un chargement de 2 700 poids lourds.

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    Charente-Maritime : les conchyliculteurs à bout de nerfs


    Cet été, le désespoir lié à la surmortalité a fait descendre les producteurs d’huîtres et de moules dans la rue pour la première fois. Ils réclament aide financière et qualité de l’eau

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux

    Une musique qui sonne creux, sombre cacophonie de crise. C'est le son que produisent des tonnes de coquilles d'huîtres et de moules mortes jetées sur le pavé par des producteurs en colère. Les trottoirs de la préfecture de La Rochelle ont servi de caisse de résonance le 5 août, lorsque 300 à 400 conchyliculteurs ont manifesté. Hier, la préfète ouvrait sa porte aux chefs de file de l'ostréiculture et de la mytiliculture charentaises, associant une délégation du Conseil général aux échanges.

    L'exaspération est forte, étayée d'un appel à l'aide lancé à l'État. Elle s'alimentait d'une série d'autres temps forts de la mobilisation estivale, parce que c'est l'été que les parcs d'élevage déversent leur misère. Qu'il s'agisse, en juillet, de la réunion publique à Marennes, où les producteurs ont demandé des mesures urgentes pour redresser la qualité de l'eau, ou de la distribution de tracts au péage de Ré pour sensibiliser les consommateurs, ou encore du blocage du port de plaisance de La Rochelle, toutes ces manifestations, coordonnées par le Comité régional conchylicole Poitou-Charentes, disent qu'une filière professionnelle est acculée à l'échec par la mortalité importante qui fait s'effondrer ses productions. Bactérie et virus tuent.

    Sept années de crise

    Jusqu'alors, les conchyliculteurs comptaient les victimes puis recevaient le concours de l'État, tentant d'adapter leurs pratiques d'élevage pour limiter la casse. Mais les caisses sont vides, et les arbitrages sont de plus en plus délicats. Aussi les cortèges de camions chargés de coquilles défilent-ils cet été. L'odeur est insoutenable, et le ton monte. À ces mouvements encadrés par les dirigeants professionnels s'ajoutent des actions isolées et, par définition, non maîtrisables : déversement de coquilles sur le rond-point de Marennes il y a un mois, violences sur un plaisancier fin juillet et, le week-end dernier, des déchargements d'huîtres, moules, palettes et poches d'élevage aux portes de la station de recherche Ifremer de La Tremblade.

    La base, sous pression, monte au rapport de force, laissant dire aux dirigeants du comité « que le bout du bout est atteint, ces manifestations risquent de se multiplier ».

    Pour l'huître creuse, cela a débuté il y a sept ans, et les premières victimes étaient alors les produits d'un an, en début de cycle de croissance. Cela a empiré l'année dernière, avec des ravages considérables sur les huîtres de 3 ans, prêtes à vendre. Au cours de l'été 2013, 10 000 des 45 000 tonnes produites dans le premier centre ostréicole européen sonnaient creux. La semaine dernière, les grandes marées ont renvoyé le même bruit de fond.

    Accédant à tous leurs parcs, les ostréiculteurs ont vu le pire. Là où des poches d'élevage devraient contenir entre 15 et 20 kilos de belles numéros deux ou trois, il n'en reste parfois pas plus de 3 kilos, déplorait hier le président du Comité régional conchylicole Poitou-Charentes (et du Comité national), Gérald Viaud.

    Du côté des mytiliculteurs, les crus de 2010 à 2013 avaient signé des croissances médiocres, aussi les espoirs se reportaient-ils sur cette saison. Au final, 2014 débordera tous les… désespoirs. Tout le nord du département, là où se concentre 20 % de la production nationale, a vu déferler une vague de mortalité sans précédent au printemps. La perte globale de chiffre d'affaires avoisine les 20 millions.

    De nouvelles surmortalités

    « C'est la première fois que je me retrouve en vacances à la mi-août », ironise, amer, le président d'un syndicat de mytiliculteurs charentais, Benoît Durivaud. Pas ou peu de moules charentaises pour les éclades. La moule du Mont-Saint-Michel, la Bretonne, la moule d'importation s'y substituent. Les cours ont augmenté de 25 à 30 centimes le kilo à la production, hausse qui, dans l'assiette, en bout de processus de commercialisation, titille l'euro.

    Benoît Durivaud dit s'en sortir bien mieux que certains de ses collègues du nord de La Rochelle ou de Vendée (ses productions au sud du département sont moins touchées). Mais le producteur ne récoltera pas plus de 150 tonnes avant l'automne, contre les 600 d'une campagne ordinaire.

    Hier, ces professionnels ont énoncé leurs dix actions urgentes pour rétablir les fonctions écologiques des estuaires.

    Parce qu'il ne fait pour eux aucun doute que la dégradation des eaux dans les bassins-versants dont ils sont les exutoires forge leur malheur. Ils ont reçu des services de l'État le bilan des études en cours ou à venir, et la promesse de constitution de groupes de travail. Point positif, disait en substance Benoît Durivaud.

    Par exemple, les maires seront vite sensibilisés à la mise en conformité des réseaux d'eau pluviale. Sur le volet de leur indemnisation financière, les producteurs continuent de pointer l'insuffisance du soutien de l'État. Lequel ne trouvait hier d'autre solution que d'évoquer le fonds européen aux Affaires maritimes et à la Pêche, comme possible planche de salut

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    La conchyliculture en danger !

    Les conchyliculteurs de la côte charentaise expriment depuis un certain temps et manifestent, comme le 5 août à La Rochelle, leur détresse et leur colère face à la mortalité récurrente des huîtres et maintenant celle des moules.

    Source : Nature Environnement 17 - 7 août 2014

    Les conchyliculteurs constatent la « mort lente des écosystèmes marins ». Pour eux,cette mortalité révèle une « crise environnementale profonde » et ils exigent le « règlement du problème environnemental ».

    L’association Nature Environnement 17 comprend cette colère

    Depuis de nombreuses années, les Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement (APNE) constatent également la dégradation de tous les milieux aquatiques, intérieurs et littoraux.

    Le milieu marin côtier, en particulier, est l’objet d’une dégradation persistante à cause essentiellement de la mauvaise qualité des eaux douces qui lui parviennent par les fleuves et les estuaires (Seudre, Charente et Sèvre-niortaise).

    Aujourd’hui, toute la biodiversité côtière est victime de cette dégradation et les algues vertes envahissent peu à peu la côte charentaise.

    Il s’agit bien d’un problème environnemental.

    Alors pourquoi les eaux côtières sont-elles devenues polluées au point de menacer l’existence même de la conchyliculture ? quelles sont les causes et quelles sont les responsabilités de cette situation critique ?

    On peut et on doit se demander si l’accumulation de produits polluants comme les pesticides, abondamment répandus par l’agriculture intensive, est en cause.

    Les APNE demandent que Madame la Préfète donne suite à leur demande récurrente de réunion du « Comité qualitatif de l’eau », que des recherches scientifiques approfondies sur la qualité des eaux côtières soient très rapidement lancées et que des mesures environnementales sérieuses soient prises.

    Même si elles sont nécessaires dans l’urgence, ce ne sont pas des subventions qui régleront définitivement le problème.

    Dans l’immédiat, l’État et les collectivités territoriales (Conseil général, etc.) doivent cesser de soutenir l’agriculture intensive pour aider seulement les types d’agriculture respectant l’environnement.

    Nature Environnement 17 et SOS Rivières

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    Mortalité 2014 des huîtres et des moules (17 et 85)

    Ifremer. Campagne RESCO 2014

    Les différents lots sentinelles ont été déployés dans l'ensemble des bassins ostréicoles...
    Suivre la mortalité des huîtres sur l'ensemble des sites et par classe d'âge : Ifremer
    Bulletin n°6 du 14 Août 2014 : Ifremer - Resco

    CRC Poitou-Charentes / CREAA

    Mortalités huîtres et moules en Charente-Maritime

    Flash Info Maline n°25 : 6 juin 2014
    Flash Info Maline  n°26 : 30 juin 2014


    Ostrea.org et ses forums

    Mortalités des huîtres : Constatations et Achat/vente de naissain

    13 mai. C'est parti sur les coupelles à Fouras...
    14 mai. Premières mortalités sur triplo dans le Golfe
    15 mai. Mortalité en Rade de Brest sur naissain naturel


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    Le 22 Août 2014

    « Gestion de l’environnement : quelle place pour les conchyliculteurs et les pêcheurs ? »

    26èmes Rencontres Interrégionales de l'Aglia


    Les prochaines Rencontres Interrégionales de l’Aglia se tiendront cette année le 17 septembre au Palais des
    Congrès de Rochefort sur le thème :

    « Gestion de l’environnement : quelle place pour les conchyliculteurs et les pêcheurs ? »

    Inscrivez-vous et retrouver le programme de cette journée ICI.










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    Conchyliculture : la Charente-Maritime prend en main la qualité de l’eau

    Rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais de Charente-Maritime : c’est l’objectif des dix actions proposées pour répondre à la crise conchylicole.

    Source : Le Marin

    Un groupe de travail réunissant les services de l’État et des conchyliculteurs y travaille, avec des réponses concrètes : cartographie des stations d’épuration pour fin septembre ; protection des zones les plus basses du marais pour lui redonner sa vocation de zone tampon ; site de traitement des sédiments pollués en projet sur le port de La Rochelle ; alternatives aux rejets en mer ou en estuaire demandées dorénavant aux stations d’épuration ; renforcement des Sdage (schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux) ; mise à disposition d’un expert épidémiologiste au comité régional conchylicole ; prospection annuelle des gisements huîtriers (pour d’éventuelles mesures conservatoires) ; mise en conformité avec la loi sur l’eau de certains rejets ; suivi par les professionnels des restructurations et aménagements des marais salés ; vigilance sur les épandages.

    La préfète Béatrice Abollivier veut aussi saisir les ministres sur les sujets relevant du national, en particulier la présence des produits phyto-sanitaires dans le milieu marin.

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    Observatoire ostréicole du Littoral charentais

    Bilan 2013

    CREAA (Centre Régional d’Expérimentation et d’Application Aquacole)
    Avril 2014

    L’Observatoire suit des lots d’huîtres naturelles sur 14 parcs du littoral charentais dans des conditions d’élevage représentatives des pratiques professionnelles. Depuis 2008, deux parcs de l’île de Ré et depuis 2009, le site des filières des Saumonards ont été intégrés dans le suivi.

    Collaboration : D. Mille, G. Oudot, A. Granet, A. Geay (CREAA), M. Barré (LREMA)


    En résumé ...

    En matière de mortalités, l’année 2013 a été caractérisée par :

    Une baisse importante pour les huîtres de 1ère année par rapport à la situation que l’on connaît depuis 2008 (baisse de 34%). Cependant, la mortalité demeure élevée (53%) par rapport à la situation qui prévalait avant 2008.

    Une stabilité pour les huîtres en 2ème année : Elles sont très proches de la valeur de référence acquise depuis 2000 mais des disparités existent néanmoins entre les parcs.

    Une hausse exceptionnelle pour les huîtres en finition. On a relevé entre 47% et 30% de mortalités sur les trois parcs les plus importants en tonnage du bassin de Marennes-Oléron. En moyenne, les pertes ont atteint 35 % contre 13 % habituellement soit, près de trois fois la normale. Un précédent épisode de surmortalités d’huîtres adultes avait eu lieu en 2007 avec 23% de pertes.

    La croissance est parmi les meilleures jamais observées depuis la création de l’observatoire. Pour les huîtres destinées à la consommation, le poids moyen atteint en fin de saison est en très forte augmentation.

    Malgré cette croissance favorable, le rendement d’élevage à la poche est en baisse voire, négatif comme sur le parc de Lamouroux en raison des mortalités exceptionnelles sur les huîtres adultes.

    L’indice de qualité de la chair relevé en décembre sur les quatre parcs de finition de l’observatoire a légèrement augmenté par rapport à la valeur habituelle. Il a atteint en moyenne, le niveau d’une huître spéciale.

    Cliquer Ici pour télécharger le document

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    Le 21 Août 2014

    Les vieux gréements, voiles de travail à Granville

    Embarquez sur les trois-mâts en bois qui allaient pêcher l'huître dans la Baie du Mont-Saint-Michel. A Granville vous avez encore 3 jours pour en profiter.



    Le reportage de Stéphanie Vinot et Joel Hamard, avec Alain Chéron bénévole association des Vieux gréements granvillais et Eric Pérotin capitaine de la Granvillaise 

    Source : France 3 Basse-Normandie par Alexandra Huctin

    IL vous reste quelques jours, week-end compris pour vous laisser tenter. Les bisquines " La Granvillaise" et "la Cancalaise" se prêtent au jeu jusqu'à Dimanche : une petite traversée sur ces trois-mâts, direction Chausey, en groupe, pour tenter de vivre ou revivre ce que nos aïeux au XIXème siècle endurait pour aller pêcher l'huître dans la Baie du Mont-Saint-Michel.

    Le" Festival des voiles de travail " met à l'honneur Granville et son riche passé maritime pour la troisième année consécutive. C'est une fête pour découvrir les vieux gréments qui permet également au grand public de prendre conscience de l’importance historique et culturelle de ce passé nautique autour duquel s’est structurée la vie sur nos côtes.

    Le festival des voiles de travail est  aussi un festival destiné à la dégustation et à la promotion des produits de la mer. Près d’1.5 tonnes de produits granvillais sont servis : lançons, bulots, filets de dorade, blancs de seiche, noix de Saint-Jacques, maquereaux, moules, huîtres… directement du pêcheur à l’assiette.

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    La région rencontre les conchyliculteurs de Bretagne Sud

    Hier jeudi, Pierre Karleskind, vice président de la Région en charge de l'Europe, de la mer et du littoral s'est rendu dans les parcs ostréicoles avec Philippe Le Gal, président du comité régional de conchyliculture de Bretagne Sud.

    Source : Ouest France par

    « Je voulais rencontrer les professionnels sur leurs lieux de production pour échanger avec eux sur les différents problèmes et surtout envisager l'avenir. »
    Diversifier les sources de revenus

    Sur ce sujet, les visiteurs ont échangé avec Gwenael Lelabourier qui produit des moules à Penvins, en plus de ses huîtres, dans un endroit qui était réservé à l'ostréiculture.

    En rencontrant Frédéric Nicolazo ils ont découvert que l'ostréiculteur se lançait dans une expérience, avec l'aide de l'écloserie de Banastère, de production d'huîtres plates dans des Perle-net sorte de paniers souples suspendus. « L'huître plate n'est pas touchée par la mortalité que nous connaissons avec la creuse, explique Frédéric. Enfin pour le moment. »

    D'autres ostréiculteurs se sont ouverts vers le tourisme en se lançant dans la dégustation au chantier, avec succès comme pour Ollivier Legangneux à Pencadénic.

    Mutualiser les moyens

    Au programme de la visite également un entretien avec deux ostréiculteurs de Pentes, Ollivier Julien et Marc Hery qui pratiquent la vente en gros et mutualisent leurs matériels ostréicoles de façon à réduire considérablement les coûts de production.
    Épauler les jeunes chefs d'exploitation

    Aujourd'hui, l'âge moyen des chefs d'exploitation est de 48 ans et le nombre d'entreprises a chuté de 10 % depuis 2006.

    « La Région va gérer le Fond européen des affaires maritimes et de la pêche (FEAMP), 588 millions d'euros, pour la période 2014-2020, explique Pierre Karleskind. Maintenant il n'y aura plus qu'un seul dossier à remplir et nous pourrons réduire les délais pour aider les jeunes à reprendre des exploitations. »
    Mortalité des huîtres

    Pas de changement. Les taux sont toujours pareils, entre 50 % et 80 % pour les naissains et depuis 2 ans, 20 à 30 % pour les 18 mois. « L difficulté est que nous sommes dans un milieu qu'on ne maîtrise pas », explique Philippe Le Gal.

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    Le 20 Août 2014 

    Rapport sur la maîtrise des pollutions virales pouvant affecter la qualité des coquillages

    notamment ceux produits dans l’étang de Thau (Hérault)

    Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt/CGAAER : Christophe Gibon, Alain Monnier/Rapport n° 11112

    A la fin des années 2000, plusieurs épisodes de toxi-infections alimentaires ont été déclarés en lien avec la consommation de coquillages produits dans le bassin de Thau. Des virus véhiculés par les eaux résiduaires et d’écoulement ont été reconnus comme la principale source de contamination du bassin. Seules des mesures environnementales, limitant fortement le transfert de la contamination virale du littoral urbanisé vers l’étang de Thau, pourraient remédier à la situation.

    Le présent rapport « final » élargit la réflexion à l’ensemble des risques viraux (norovirus, hépatites A et E) et base son analyse sur la situation de trois bassins conchylicoles (Paimpol, Thau et Arcachon) et intègre les recommandations du rapport d’étape. La maîtrise du risque sanitaire dans les coquillages repose sur une classification des zones conchylicoles réalisée avec des réseaux de surveillance de l’IFREMER (REMI, REPHY, ROCC) qui prennent en compte respectivement les risques bactériologiques, phytoplanctoniques et chimiques. Ces réseaux sont complétés par des procédures d’alerte et de gestion de crise au niveau départemental.

    Or, les virus ne sont pas pris en compte dans ces mesures, alors que les données issues du réseau d’alerte européen RASSF et issues des DO (déclarations obligatoires) des TIAC placent clairement les norovirus comme un des 3 risques pour la consommation d’huîtres avec Escherichia coli et la toxine DSP.
    Cette menace n’est pas encore prise en compte par la directive cadre sur l’eau. Il est très probable qu’elle le soit un jour, d’où l’impérieuse nécessité d’anticiper ses futures recommandations qui auront de fait un impact sur l’activité conchylicole française..

    Les protocoles de gestion de crise sont indispensables. Malgré tout, la mission a travaillé avec la certitude, déjà affirmée dans le rapport d’étape, que seules des mesures environnementales limitant fortement la contamination virale du littoral pourront avoir une efficacité réelle.

    La mission a été confortée dans son analyse par un projet de publication scientifique qui compare des stratégies sanitaires avec une stratégie environnementale dans le cadre du HAV (virus de l’hépatite A) et conclut par des données chiffrées très significatives en faveur de mesures environnementales.

    Une étude des réseaux des eaux pluviales et résiduaires de trois bassins conchylicoles (Paimpol, Thau et Arcachon) permet ensuite :
    • de déterminer les installations les plus critiques vis-à-vis du risque de transfert de virus entériques au littoral ;
    • de connaître les actions des collectivités locales et l’organisation des intercommunalités ;
    • d’appréhender les outils de gestion environnementaux comme « OMEGA-Thau ».

    Cette analyse débouche sur des propositions en matière environnementale en commençant par les dispositifs qui devront faire l’objet d’améliorations : STEP (stations d’épuration), postes de relèvement, déversoirs d’orage, assainissement non collectif, réseau d’eaux pluviales.
    Des outils de diagnostic environnemental, comme « OMEGA-Thau » et « SUMO » permettent de déterminer les priorités, et d’alimenter des outils de programmation comme les SAGE (schémas d’aménagement et de gestion des eaux) et les SCOT (schémas de cohérence territoriale).
    Une réflexion sur la structuration intercommunale et le transfert de compétences, en particulier en matière d’eaux pluviales, devra compléter ces schémas organisationnels....

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    Cliquer Ici pour télécharger "Rapport sur la maîtrise des pollutions virales pouvant affecter la qualité des coquillages, notamment ceux produits dans l’étang de Thau (Hérault)"

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    Au fond, la baie se meurt

    “Plonger dans la baie de La Baule, c’est à pleurer, s’emporte Eric Lauvray, président de l’association. Mais personne ne s’en préoccupe.”

    Copie d'écran du Facebook de l'association Estuaires Loire et Vilaine

    Plusieurs signes inquiétants de dégradation de la baie sont venus troubler la quiétude de juillet. L'association Estuaires Loire Vilaine dénonce des fonds marins qui se meurent. Jean-Claude Ménard et Eric Lauvray qui plongent depuis trente ans en presqu’île, n’ont jamais vu des fonds aussi dégradés...

    Source : L'écho de la presqu'île par Christophe Lusseau

    Des eaux vertes en juillet un peu partout ; certaines plages interdites momentanément à la baignade ; des secteurs de pêche à pied victimes d’une pollution indéterminée (le Traict du Croisic par exemple) ; une mortalité inquiétante de crevettes et autres plies… Les signes d’une dégradation du milieu maritime en presqu’île guérandaise ne manquent pas. Et les alertes récurrentes des membres de l’association Estuaires Loire Vilaine n’y font rien. “Plonger dans la baie de La Baule, c’est à pleurer, s’emporte Eric Lauvray, président de l’association. Mais personne ne s’en préoccupe.”

    Les bars désertent

    Créée il y a quelques années par deux plongeurs apnéistes, qui voyait les fonds marins du littoral se dégrader, Estuaires Loire Vilaine a, depuis, multiplié les études concrètes et scientifiques sur la disparition progressive des laminaires dans la baie. “Cette algue est l’indicateur numéro 1 de la santé des fonds, assure Jean-Claude Ménard, l’autre fondateur. Elles abritent et nourrissent les espèces. Lorsqu’elles disparaissent, elles sont remplacées par des moules qui colonisent les lieux.”

    Et si crevettes et plies meurent, “c’est que l’oxygène produit dans la colonne d’eau autour des laminaires disparaît”. Sans crevettes et micro organismes, plus de chaîne alimentaire pour les poissons. “Les bars ont, par exemple, déserté les lieux”, note Eric Lauvray, qui les pêche en apnée depuis 30 ans.

    Phyto ou algue

    La couleur verte de l’océan, c’est le phytoplancton, qui se nourrit des nitrates (engrais) émanant des terres agricoles des bassins versants de la Loire et de la Vilaine. “Et quand ce n’est pas le phytoplancton, ce sont les algues vertes qui débarquent sur les plages.” Ces ulves, qui ont fait passer quelques nuits blanches aux élus ces dernières années, ne sont pas très loin. “Un peu au large et qui ne demandent qu’à être ramenées par la houle”, prévient Jean-Claude Ménard.

    Mais si les algues vertes, c’est du concret, la dégradation des fonds l’est beaucoup moins. “Il faut venir plonger avec nous pour constater, alerte le président Lauvray. Il va falloir que chacun prenne ses responsabilités.” A commencer peut-être par les pêcheurs professionnels, “qui sont les premiers à voir que le poisson disparaît”.

    Pollution silencieuse

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    Le 19 Août 2014

    Y-a-t-il un pilote au commande de la politique de développement aquacole en France ?

    Aquaculture

    Sénat - 14e législature

    Question orale sans débat n° 0795S de M. Charles Revet (Seine-Maritime - UMP)
    publiée dans le JO Sénat du 22/05/2014 - page 1168

    M. Charles Revet attire l'attention de M. le secrétaire d'État, auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur la place de l'aquaculture sur le littoral français et, plus largement, sur le territoire national (et au sein du secteur agricole).

    Le secteur de l'aquaculture français est en stagnation depuis 1995. La France a été en pointe dans les années 1970 mais ses productions n'évoluent pas. La conchyliculture représente une production de 163 000 tonnes de coquillages ; la pisciculture seulement 6 000 tonnes de poisson mais 200 millions d'œufs embryonnaires ou de larves, dont 66 % sont exportés. Au total 3 000 entreprises emploient 18 000 salariés pour un chiffre d'affaires de 550 millions d'euros.

    La France, qui possède dans le monde la deuxième plus grande zone économique maritime, juste derrière les États-Unis d'Amérique, ne couvre, selon la statistique, qu'à hauteur de 15 % ses besoins en poissons et crustacés. Cette situation est inacceptable mais, a contrario, pourrait offrir des possibilités de développement pour peu que les contraintes, souvent spécifiques à la France, n'aboutissent pas à bloquer les projets et à dissuader les pêcheurs de s'engager.

    Un dispositif de la loi de modernisation de la pêche et de l'agriculture a visé à l'établissement de schémas tout au long du littoral français, faisant ressortir les espaces à protéger, les espaces où pourraient s'établir des productions aquacoles ou autres activités économiques et, éventuellement, des espaces à classement ultérieur afin de ne pas hypothéquer l'avenir de ces terrains. Cela s'est traduit par une modification du code de l'environnement et il lui demande, d'abord, de lui préciser quelle application a été faite des dispositifs que créent les articles L. 219-6-1 et L. 923-1-1 du code rural et de la pêche maritime.

    L'algoculture, dont les débouchés sont nombreux, tels les cosmétiques ou la biomasse, est un gisement à développer.

    L'aquaculture contribue fortement à la sécurité alimentaire. En 2030, selon un rapport de la Banque mondiale (Prospect for fisheries and aquaculture), plus de 60 % du poisson consommé proviendra de l'aquaculture. La Chine en produira 38 % et en consommera 37 %.

    Il importe, pour éviter les concentrations au Vietnam, en Chine et au Chili, dommageables pour l'environnement, de diversifier les lieux de production mais également d'augmenter la sécurité alimentaire en termes de production de qualité et de couverture des besoins.

    La France représente 10 % des captures de poissons (dans l'UE ndlr). Elle dispose du second domaine maritime au monde en termes de zone économique. La pêche française génère un milliard d'euros de chiffre d'affaires et 93 000 emplois. La richesse halieutique s'épuisant, il est nécessaire de stimuler une économie de substitution.

    L'aquaculture est le produit de demain. Or, de pionnier, le pays a régressé, alors qu'une nouvelle transition écologique se profile sur la période 2010-2014 tendant vers une croissance économique raisonnable, compatible avec la nécessaire protection du cordon littoral.

    Il souhaiterait donc connaître les actions conduites en faveur d'un développement significatif de l'aquaculture, et ce, afin de faire de notre façade maritime un vivier halieutique de substitution générateur d'économie et contribuant à l'équilibre alimentaire des populations. La consultation citoyenne relative au « mieux consommer » vient de s'achever

    Il lui demande, dès lors, s'il peut lui indiquer quels en sont les enseignements et quelles sont les perspectives pour l'aquaculture, l'algoculture, la conchyliculture, la pisciculture.

    Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger publiée dans le JO Sénat du 09/07/2014 - page 5781

    M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

    Mme Fleur Pellerin, secrétaire d'État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger. Monsieur le sénateur, vous avez appelé l'attention de Frédéric Cuvillier, qui vous prie de bien vouloir excuser son absence, sur la place de l'aquaculture sur le littoral français.

    En matière de production conchylicole, la France se classe au deuxième rang des pays de l'Union européenne, avec 160 000 tonnes en 2012, et au premier pour la production ostréicole, avec 80 000 tonnes la même année. En revanche, notre production piscicole marine est très en retrait par rapport à celle d'autres pays, comme l'Espagne ou la Grèce.

    La France partage la volonté de soutenir fortement le développement de l'aquaculture affichée par la Commission européenne, qui vise un doublement de la production d'ici à 2020, afin de réduire la pression sur la ressource halieutique et les importations en provenance de pays tiers.

    L'augmentation de la production aquacole, en particulier de la production piscicole marine, sera donc l'un des objectifs majeurs du plan national stratégique de développement de l'aquaculture en cours d'élaboration.

    Ce plan prévoit des actions de soutien articulées selon quatre axes :
    • Premièrement, il s'agit d'améliorer l'efficacité de l'action administrative, de la simplifier de manière notamment à réduire les délais d'instruction des autorisations d'installation.
    • Deuxièmement, il est prévu de planifier l'utilisation des espaces marins, en particulier en prenant appui sur les schémas régionaux de développement de l'aquaculture marine, initiative qui mérite d'être menée à son terme sur l'ensemble des façades - cinq sont finalisés, deux autres sont en phase de finalisation - avant de pouvoir être approfondie.
    • Troisièmement, il importe d'assurer le soutien à la compétitivité des entreprises, notamment en orientant les aides du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, le FEAMP, sur la période 2014-2020.
    • Enfin, il faut exploiter les avantages de l'aquaculture française, en ce qu'elle apporte des garanties sur la qualité et sur la protection de l'environnement : garanties sur l'origine, sur la connaissance de l'impact réel sur l'environnement, etc.

    L'algoculture est actuellement peu développée, mais elle présente, vous l'avez rappelé, un fort potentiel et fait donc partie intégrante de la stratégie française pour le développement des aquacultures.

    Soyez assuré, monsieur le sénateur, de l'entière mobilisation de Frédéric Cuvillier en faveur du développement de cette filière économique.

    M. le président. La parole est à M. Charles Revet.

    M. Charles Revet. Madame la secrétaire d'État, je vous remercie des réponses que vous m'apportez au nom de M. Cuvillier, que j'avais d'ailleurs déjà interpellé sur ce sujet.

    Ce dossier vous concerne directement dans la mesure où la France importe 85 % des poissons et crustacés qu'elle consomme, ce qui induit un déficit pour notre balance commerciale, entre autres conséquences.

    J'avais suggéré, lors de l'examen du projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, que soient établis des schémas territoriaux pour déterminer les endroits où il serait possible d'implanter des fermes aquacoles. Au lieu de cela, on continue de classer tous les terrains. On me dit que le fait qu'un terrain soit classé n'empêche pas la création d'une activité aquacole, mais, vous le savez, cela prend alors beaucoup plus de temps, ce qui décourage les entrepreneurs.

    Les schémas départementaux prévus en 2009 devaient avoir été établis un an après ; nous les attendons toujours. Il conviendrait que vous nous aidiez à faire respecter les décisions du Parlement : le rôle de l'administration est aussi de les appliquer. J'y reviendrai si nécessaire, mais je tenais à attirer votre attention sur cet aspect des choses.

    Source : Sénat

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    Le 18 Août 2014

    La Tremblade : déversements de coquilles d'huîtres aux portes de l'Ifremer samedi


    Une manifestation de colère visiblement signée par des conchyliculteurs, mais qui n'a reçu aucune revendication

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux

    Des coquilles d'huîtres, des poches d'élevage, des palettes ont été déversées en quantité et en nombre, ce week-end, autour des installations de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), à La Tremblade (Mus-de-Loup). Une manifestation de colère visiblement signée par des conchyliculteurs, mais qui n'a reçu aucune revendication. Un mouvement de la base qui déborde le Comité régional conchylicole, organisateur des manifestations de cet été.

    Il survient alors que l'association des riverains d'Oléron, Aplimap, manifestait une nouvelle fois, samedi dernier, contre l'implantation de filières d'élévage en eau profonde dans la baie de la Maleconche, une technique sur laquelle veut miser une partie de la profession pour relancer l'élevage. Opposition à laquelle se joint l'union des navigateurs de Charente-Maritime (UNAN-17).

    Une délégation de l'interprofession rencontre la préfète ce lundi après-midi

    (....)

    "Je pense que des mouvements isolés comme celui devant l'Ifremer ce week end, ou comme au rond-point de Marennes, il y a quelques semaines, vont se poursuivre, estime Gérald Viaud, le président du Comité régional conchylicole Poitou-Charentes. Les collègues sont au bout du bout."

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    Le Groupement de Défense Sanitaire Aquacole d’Aquitaine



    Le Groupement de Défense Sanitaire Aquacole d’Aquitaine est une association loi 1901 créé le 24 novembre 1984. Dans le cadre de ses missions, le GDSAA déploie tous les moyens dont il dispose pour la protection et l'amélioration de l’état sanitaire des espèces aquacoles vivantes, libres ou en élevage, dans les eaux des bassins versants aquitains. Et ce, afin d’éviter l'introduction de nouvelles épizooties et de limiter la propagation des maladies déjà existantes. Il développe également toutes actions de nature à préserver et à améliorer la qualité biologique des hydrosystèmes qui supportent ces espèces.

    Source : GDSAA

    Notre histoire

    Créée le 24 novembre 1984 à Mont-de-Marsan en tant que section Aquacole affiliée à la FRGDS du Bétail d’Aquitaine, l’association a développé au fil des années son activité et son expertise en matière de sanitaire aquacole collectif. Pour faire face à cet accroissement d’activité il devenait nécessaire de formaliser son mode de fonctionnement et de donner une indépendance juridique à cette structure. Le 9 octobre 1996, le « Groupement de Défense Sanitaire Aquacole d’Aquitaine » a donc déposé ses propres Statuts à la Préfecture des Landes (parution au Journal Officiel du 23 octobre 1996). Au-delà de ce nécessaire changement juridique, le GDSAA a tenu à rester affilié à la FRGDS d’Aquitaine, en tant que partenaire régional oeuvrant pour la protection sanitaire d’une filière d’élevage.

    A l’origine, sa création fut motivée par la prolifération de maladies épizootiques « nouvelles » dans la région qui, s’ajoutant aux maladies déjà présentes, mettaient gravement en péril l’économie piscicole et la santé des ressources halieutiques sauvages. En effet, si aucune mesure sérieuse de prophylaxie n’avait été mise en place, les estimations régionales et leur comparaison avec les conclusions de quelques travaux internationaux s’élevaient à plus de 2 millions d’euros sur une production de 11 000 T/an par la seule présence des quatre principales maladies.

    « Aujourd'hui, le GDSAA est la seule structure qui réunit autour d’une même préoccupation les pisciculteurs et les pêcheurs à la ligne d’Aquitaine : la synergie sanitaire-envionnement. »

    Nos engagements

    Contribuer par tous les moyens dont nous disposons à la Protection et à l’Amélioration de l’état sanitaire des espèces halieutiques et aquacoles d’Aquitaine, vivant dans les eaux libres ou en élevage, et prendre toutes les initiatives nécessaires à cet effet.

    Promouvoir la création de sections locales propres à chaque bassin hydrographique dont la mission est la mise en place des actions de prophylaxie le long d’un cours d’eau considéré de l’amont vers l’aval.

    Veiller à ce que tous les responsables de l’état sanitaire des espèces aquacoles puissent adhérer à ces sections sans discrimination.

    Vulgariser les connaissances relatives à la pathologie des espèces aquacoles, en vue de concourir au maintien ou à l’amélioration de leur état sanitaire.

    Participer à la conception, à l’élaboration, à la mise en oeuvre et au suivi des actions sanitaires réglementées, en collaboration avec la Direction Générale de l’Alimentation.

    Étudier dans le cadre des lois et règlements en vigueur, tout programme de prophylaxie dont la mise en oeuvre est estimée nécessaire. Assurer la représentation des Éleveurs ou Associations adhérents auprès des organisations professionnelles et de l’Administration, en ce qui concerne les problèmes sanitaires des espèces aquacoles.

    Entreprendre des études d’évaluation de la pollution aquatique ou des actions de prévention ou d’amélioration du milieu aquatique, ainsi que toute autre action en faveur de l’environnement.

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    Le 17 Août 2014

    Saint-George-d'Oléron : 300 manifestants contre l’implantation d'un champ de filière conchylicole



    Ils se sont rassemblés pour un "sitting" entre 17 heures et 18 heures sur la plage de Foulerot à Saint-Georges d'Oleron.

    Source : Sud Ouest par David Briand

    Après qu'un premier projet de champ de filières d'huitres et de moules dans l'anse de la Malconche a été annulé par le tribunal administratif de Poitiers, ils s'opposent à un second ‎projet dont l'enquête publique va débuter dans les prochaines semaines.

    « Un conflit d’usage »

    Source : Sud Ouest par David Briand

    Deux blocs qui se font face depuis plusieurs années : le Comité régional de la conchyliculture (CRC) de Poitou-Charentes et l'Aplimap (Association pour la préservation du littoral de la Malconche et des pertuis). Professionnels de la mer contre usagers du littoral. Le projet de création d'un champ de filières d'huîtres et de moules en eau profonde au nord-est de l'île d'Oléron, tout près de Fort Boyard, cristallise les passions sur Oléron la Lumineuse. Hier, en fin de journée, à l'appel de l'Aplimap, environ 300 personnes se sont rassemblées lors d'un sit-in organisé sur la plage de Foulerot, en bordure d'un rivage de sable de 7 kilomètres.

    Le soutien des élus

    Le motif ? L'imminence de l'ouverture de l'enquête publique relative à un second projet d'implantation en même temps que la demande à la préfète du département de « démanteler 42 filières installées et illégales depuis une décision du tribunal administratif de Poitiers de janvier », explique Noëlle Demyk, présidente de l'association. L'absence de réalisation d'une étude d'impact avait scellé le destin d'une première mouture : le CRC avait prévu d'implanter 313 filières sur un triangle de 4 kilomètres sur 2 au cœur de l'anse, à 500 mètres du rivage, faisant craindre aux usagers opposants « l'impossibilité de naviguer » en même temps qu'un envasement des plages consécutif « aux déjections de millions de coquillages ». Au-delà de l'impact touristique négatif attendu, l'association considère que la survie de la filière n'est pas en cause et parle de « seule légitimité pour un petit groupe d'exploitants, les plus gros, soit une quinzaine ».

    Venu exprimer son désaccord au dessein actuel, le président de la Communauté de communes de l'île, Pascal Massicot, a pris soin de rappeler que « son objectif n'était pas d'opposer ostréiculture et tourisme. Il y a de la place pour les deux ». Reste que, selon l'élu, « le site exceptionnel » de l'anse doit être « conservé ».

    « C'est un problème de conflit d'usage. La mer est à tout le monde », a renchéri Jean-Michel Massé, maire de Saint-Denis, qui a appelé à adopter la culture du compromis. C'est-à-dire « se mettre autour de la table pour discuter et trouver un autre site favorable ».

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    300 personnes contre un projet de parc à moules au large de Saint-Coulomb (35)

    Environ 300 personnes se sont rassemblées ce samedi sur la plage de l'anse Duguesclin à Saint-Coulomb, en Ille-et-Vilaine, pour demander l'annulation d'un projet de parc à moules sur filières. Le Préfet avait au mois de juin, donné son feu vert pour ce projet expérimental.

    Source : France 3 Bretagne    Par Krystell Veillard
       


    Environ 300 opposants à un projet de parc à moules sur filière se sont donnés rendez-vous sur la plage de l'anse Duguesclin ce samedi afin d'en demander l'annulation. Ils dénoncent les impacts sur le paysage et l'environnement.

    Le Préfet de Bretagne avait en effet donné son aval au mois de juin dernier à une demande de concession de moules sur filières, présentée en février 2013 par le comité régional de la conchyliculture (CRC Bretagne Nord) pour une expérimentation au large de la baie de Saint-Malo. "A l'issue d'une procédure d'instruction et de concertation" de 14 mois, cette concession expérimentale de moules sur filières au large de Saint-Coulomb, était autorisée pour une durée de 3 ans.

    Les opposants avancent qu'après le 24 septembre, il n'y aura plus de recours judiciaire possible contre l'arrêté préfectoral et le parc. Un projet de trois mytiliculteurs du Vivier sur mer, qui pourrait voir le jour dès 2015, derrière l'île Duguesclin, avec dans un premier temps un parc expérimental de 20 hectares mais 300, à terme.

    Le reportage à Saint-Coulomb (35) d'Isabelle Rettig, Thierry Bréhier et Pascal Nau



    Saint-Coulomb (35) : opposition parc à moules

    ​Interviews​ :
    - Marcelin Daniel, président Association Côte d'Emeraude pour l'Environnement et la qualité de vie (ACEQV)
    - Servane Cadiou et Monique Catherine, conseillères municipales à St Coulomb

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    Mireille André : « S'appuyer sur les atouts de la lagune »

     Lagune de Thau

    La directrice du village de vacances, lequel bénéficie d'une situation exceptionnelle.

    Source : Midi Libre

    L a directrice du village de vacances Club Thalassa dresse l'inventaire de la saison touristique en cours.

    Midi Libre : Quel est le bilan de la fréquentation estivale à mi-saison ?

    Où votre activité se situe-t-elle en dehors de la saison ?

    Avez-vous développer une stratégie pour faire face aux effets de la crise ?

    Quelles activités proposez-vous aux vacanciers ?

    Depuis plusieurs années, nous nous attachons à développer l'offre sportive et culturelle avec plusieurs randonnées et visites proposées aux familles. Nous nous appuyons aussi sur les activités traditionnelles locales que constituent la petite pêche, les joutes sur chariots, les sorties sur l'étang en barques catalanes à la rame, le tambourin, sans oublier la gastronomie locale. Aujourd'hui, la piscine et la plage ne suffisent plus. La demande est forte pour ses activités.

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    Une « menace pour l’avenir touristique »

    Anse de la Malconche - Plage des saumonards (Ile d'Oléron) avec vue sur fort Boyard : Des bouchots de captage de naissains de moule sont présents depuis plusieurs décennies sur cette plage (photo prise le 18 mai 2014)

    C'est devant une assemblée fournie que s'est déroulée l'assemblée de l'Aplimap (Association pour la préservation du littoral de la Malconche et des Pertuis charentais), vendredi (fin juillet 2014 ndlr), vers 18 h 30, salle du trait d'union.

    Source : Sud Ouest par Corinne Pelletier

    C'est par un tableau de la situation de la Malconche que la présidente Noëlle Demyck a entamé la séance devant de nombreuses personnalités, dont les représentants d'autres associations oléronnaises, plaisanciers et particuliers soucieux de l'Environnement, ainsi que de nombreux élus et non des moindres tel le président de la CdC (Communautés des communes), Pascal Massicot, et des maires Chantal Blanchard, maire de La Brée, et Éric Proust, maire de Saint-Georges.

    La préfète alertée

    « Avec l'intensification des opérations liées aux filières et la venue de nombreux tracteurs, ce ne sont plus seulement des problèmes de dépôts sur les plages qui sont dénoncées. On parle aujourd'hui de planches cloutées, susceptibles de causer des blessures, d'amas d'algues et de coquilles de moules, mais également d'importants dégâts causés sur le cordon dunaire par les roues des tracteurs.» Deux nouvelles plaintes auraient ainsi été déposées, l'une concernant les planches cloutées, l'autre les atteintes à l'environnement sur la zone pourtant protégée du cordon dunaire. « Par ces nouvelles actions, l'Aplimap demande simplement que les services de l'État prennent des mesures pour assurer la sécurité publique, c'est-à-dire fassent les constats nécessaires et remédient aux nuisances », résument Noëlle Demyck.

    Remarque personnelle : Les petits amas de cordes de captage et la planche cloutée présents au mois de mai 2014 suite aux tempêtes concernent non pas les filières mais les bouchots (de captage de moules) présents depuis plusieurs décennies sur cette plage des Saumonards (photo prise le 18 mai 2014)

    Invité à s'exprimer sur le sujet Pascal Massicot, qui a été salué par le bureau pour sa présence et son engagement, a fait part de sa rencontre avec la préfète (en même temps que le conseiller général, Jean-Paul Peyry, et le maire de Saint-Pierre- d'Oléron, Christophe Sueur), le 23 juillet. À cette occasion, il a non seulement abordé le problème des déconstructions de Boyardville et Perrotine, mais aussi la question de la Malconche.

    « Ce n'est pas le principe même des filières que je dénonce ici mais le choix de leur implantation et, maintenant de leur prochaine extension. » Avant que les maires de La Brée et de Saint-Georges n'interviennent à leur tour, tous pour dénoncer le manque d'étude d'impact et de véritable examen des données du problème, c'est une représentante de la profession ostréicole qui a souhaité exposer « la position de nombreux confrères qui ont le sentiment d'avoir été dupés dans un projet qui ne profiterait qu'aux seuls très gros exploitants, et nuirait à la beauté et à la qualité d'un territoire auxquels ils sont eux aussi très attachés. »

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    On ne pourra pas dire que ce sont les filières de moule...

    Saint-Coulomb : Des algues vertes tapissent la plage du Port


    Les rochers et le sable de la plage du Port sont tapissés d'algues vertes depuis la fin de la semaine.

    Source : Ouest France

    Un comble ! Saint-Michel-en-Grève se réjouissait dernièrement de ne pas avoir de marée d'algues vertes cet été : voilà que c'est le tour de Saint-Coulomb (des plages de Jersey connaîtraient le même phénomène). En fin de semaine, les rochers et le sable de la plage du Port ont été littéralement tapissés d'algues vertes.

    Les associations Pays d'Émeraude mer environnement, la Société pour la protection des paysages et l'esthétique de la France, et Pêcheurs plaisanciers de Rothéneuf réagissent : « Pourquoi cette prolifération subite ? Cette plage est entièrement incluse en Zone d'action renforcée (Zar), comme le précise l'arrêté préfectoral établissant le programme régional d'actions en vue de la protection des eaux contre la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole, signé le 14 mars dernier. »

    Les associations demandent à la préfecture une recherche sur l'origine et les causes de cette marée verte, une information de la population, ainsi que les mesures à mettre en oeuvre. Silence radio, lundi, des services publics sur le sujet...

    Une délégation en mairie

    À noter qu'une autre association, l'ACEQV (Association de la Côte d'Émeraude et de la qualité de la vie) veut se rendre en délégation, sous la conduite de Marcelin Daniel, ce mardi, à 11 h, à la mairie de Saint-Coulomb pour parler de l'autre sujet brûlant : celui du test des moules sur filières.

    Algues vertes. Des algues "vertes" mais inoffensives à Saint-Coulomb

    Source : Ouest France

    Les algues vertes dont la présence avait été signalée à gauche de la plage du Port de Saint-Coulomb (à l’est de la Pointe du Meinga) sont sans danger.

    La mairie et la sous-Préfecture ont fait le point en concertation, en passant en revue les plages de la commune. L’analyse par les services compétents de l’État se veut tout à fait rassurante:

    « il ne s’agit pas des algues vertes foliacées qui s’échouent sur les baies sableuses et qui posent problème lors de leur décomposition. »

    Ici, il est seulement question d’algues enteromorphes limamenteuses qui se fixent naturellement sur le substrat rocheux.

    Si elles s’avèrent inoffensives, il se dit toutefois qu’elles peuvent prolifèrer quand il y a trop d’azote dans l’eau marine.

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    Le 14 Août 2014

    Huître, saumon, hareng, maquereau, l'embargo russe touche aussi les produits de la mer...

    D'une durée d'un an, l'embargo russe concerne le boeuf, le porc, la volaille, le fromage, le lait, les fruits et légumes ainsi que le poisson, en provenance de l'UE, des Etats-Unis de l'Australie, du Canada et de la Norvège. En 2013, les exportations de produits agricoles européens vers la Russie représentaient 11,8 milliards d'euros, soit 9,9% du total de ces exportations, dont 1,2 milliard pour la viande.

    Lire dans Ouest France : Embargo russe: réunion de crise des ministres de l'UE

    L’embargo russe pénalise des ostréiculteurs français

    En 2013, les ostréiculteurs français ont expédié 405 tonnes d’huîtres en Russie pour une valeur de 3,9 millions d'euros

    Source : Le Marin 

    Huître de France, maquereau d’Écosse, saumon de Norvège : la sanction russe a un impact sur le marché européen des produits de la mer.

    En France, l’impact se concentre sur une dizaine d’ostréiculteurs qui travaillent beaucoup à l’export. « C’est une catastrophe, témoigne Stéphan Alleaume, ostréiculteur aux Parcs Saint-Kerber à Cancale. Je réalise 7 % de mon chiffre d’affaires en Russie. Chez d’autres, cette part grimpe considérablement. » Il espère surtout « que nos clients russes ne nous oublieront pas pendant l’intermède ».

    Pour les Écossais, qui exportent pour un peu plus de 20 millions d’euros de maquereaux vers la Russie, la décision de Vladimir Poutine est douloureuse. Idem pour la Norvège : la Russie est son premier débouché commercial, notamment pour le saumon et le hareng.

    Du saumon chilien pour contourner l’embargo russe...


    La Russie boycotte le saumon made in Europa (Norway/Scotland). Peu importe ! Les multinationales norvégiennes, Marine Harvest et Cermaq (Mainstream), vont expédier leur saumon made in Chile !

    Embargo russe: des produits chiliens?

    Des producteurs de l'agroalimentaire chilien négocient la vente de fruits et de saumon à la Russie, espérant ainsi profiter du vide créé par l'embargo de Moscou sur les produits agroalimentaires européens, ont indiqué mardi des responsables du secteur.

    Source : Le Figaro

    "Les Russes ont demandé notre aide pour leur trouver des fournisseurs. Nous sommes dans un processus de négociation et de recherche de producteurs", a expliqué à l'AFP Diego Vicente, responsable de la Business Development Platform (BDP), une plateforme créee par la Société nationale d'agriculture pour promouvoir les exportations du Chili à la Russie.

    "Nous sommes en train de concrétiser notamment des ventes de certains produits comme du saumon" et des fruits secs, a-t-il précisé.

    En outre, "il nous restait des stocks de pommes, que nous sommes en train de redistribuer à la Russie", qui se fournissait jusque-là en Pologne.

    L'industrie du saumon chilien a également confirmé avoir été sollicitée par la Russie. "Nous avons transmis la demande aux membres de notre association", a précisé à l'AFP Felipe Sandoval, président du groupe des exportateurs de saumon chilien.

    Les exportations du Chili vers la Russie, notamment des fruits frais et secs, du poisson et des crustacés, de la viande et des conserves, ont totalisé 643 millions de dollars en 2013, soit 52% de plus qu'en 2012, selon les données du gouvernement chilien.


    Pour en savoir plus dans The Moscow Times :

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    Le 12 Août 2014

    Surmortalité des huîtres : aide aux ostréiculteurs reconduite



    Le gouvernement a décidé la reconduction d'un dispositif d'accompagnement des exploitations ostréicoles impactées par la surmortalité des huîtres.

    Source : Midi Libre par Gilles Lefrancq

    Les ostréiculteurs, notamment de l'Hérault, vont bénéficier d'une aide financière suite à la surmortalité des huîtres adultes constatée depuis 2013.

    Les ostréiculteurs confrontés à la surmortalité de leurs huîtres creuses en 2013 vont bénéficier d'une prise en charge des intérêts de leurs prêts dans la limite d'une enveloppe de 4,5 millions d'euros dégagée par le gouvernement, selon un avis paru au Journal Officiel mercredi. "Constatant, pour la 6e année consécutive, la survenue du phénomène des surmortalités ostréicoles, le gouvernement a décidé la reconduction d'un dispositif d'accompagnement des exploitations ostréicoles impactées", explique le ministère de l'Écologie dans cet avis.

    Pourront bénéficier de ce soutien, les producteurs situés dans l'Aude, le Calvados, la Charente-Maritime, les Côtes-d'Armor, le Finistère, la Gironde, l'Hérault, l'Ile-et-Vilaine, les Landes, la Loire-Atlantique, la Manche, le Morbihan, la Seine-Maritime et la Vendée. L'ostréiculture souffre d'une surmortalité importante des huîtres juvéniles depuis 2008 et des huîtres adultes, commercialisables, depuis 2013.

    Pour plus de précisions : cliquer Ici pour accéder à l'Avis relatif à l'allégement des charges financières à destination des ostréiculteurs, producteurs ou utilisateurs d'huîtres creuses touchés par les conséquences des mortalités ostréicoles affectant ce secteur de production (JORF n°0174 du 30 juillet 2014 page 12542)

    Surmortalité des huîtres : aide de 1 140 000 euros aux ostréiculteurs bretons

    Le gouvernement va dégager une enveloppe de 4,5 millions d'euros pour prendre en charge les intérêts des prêts des ostréiculteurs confrontés à la surmortalité de leurs huîtres creuses en 2013. Pour la Bretagne, c'est 1 140 000 euros qui seront débloqués.

    Source : France 3 Bretagne par Thierry Peigné

    A la demande de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, une mission d’enquête spécifique a été réalisée dans chaque département littoral touché par les surmortalités ostréicoles afin de connaître l’ampleur du phénomène et du préjudice subi par les professionnels.

    Suite à cette mission, le Ministère de l’Ecologie explique dans un avis paru ce mercredi dans le Journal Officiel, que "Constatant, pour la 6e année consécutive, la survenue du phénomène des surmortalités ostréicoles, le Gouvernement a décidé la reconduction d’un dispositif d’accompagnement des exploitations ostréicoles impactées".

    Une aide est donc mise en place pour les exploitations ostréicoles touchées par une surmortalité exceptionnelle d’huîtres creuses en 2013. Elle se traduit par une prise en charge d’intérêts sur les échéances des prêts professionnels à court, moyen et long terme, hors prêts fonciers, d’une durée supérieure ou égale à 3 mois, bonifiés et non bonifiés.

    1 140 000 euros pour la Bretagne

    L'enveloppe est de 4,5 millions d'euros au niveau national et de 1 140 000 euros pour les quatre départements bretons. La DRAAF (Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) est chargée de répartir l’enveloppe allouée entre les départements de sa région, l’instruction des dossiers étant réalisée au niveau du département.

    Des aides de ce type existe depuis 2008, année depuis laquelle la profession est touchée par une surmortalité importante des huîtres juvéniles.

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    Le 11 Août 2014

    Mèze : les conchyliculteurs à l’honneur dans les rues de la ville




    C’est place des Micocouliers qu'a été inaugurée l'exposition photos, de rue et éphémère, Mourre de Thau.

    Source : Midi Libre

    Regroupés en association, dix photographes du club Phothau sont allés à la rencontre de celles et eux qui vivent et travaillent sur l'étang.

    « Vous avez réalisé de beaux portraits de ces Mézois dans leur activité. Vous avez réussi grâce à vos photos à sublimer leur univers, leur production et les avez rendus artistique. Vous donnez à voir la beauté de leur environnement, la noblesse de leurs produits et avez permis de connaître leurs visages » a apprécié Henry Fricou, lors de son allocution inaugurale.

    Une belle balade photographique à travers la ville pour découvrir les multiples facettes de l'étang de Thau. Une soixantaine de clichés exposés le long des rues, sur les places et les quais. En noir et blanc ou en couleur, tous racontent une histoire, celle des conchyliculteurs.

    L'exposition vivra jusqu'au 8 août, précisément le jour de la Fête de l'huître !

    Les photographes qui ont participé à cette opération sont Lionel Bonnet, Valérie Varo, Aurélia Rozzanelli, Marion Arthur, Aurélie Uréna, Frédéric Jean, Cédric Cheminais, Frédéric Guirado, Patrick Dumont et Anne Vérillaud.

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    "L’été, l’autre saison de l’huître de Bouzigues"

    La Fête de l’huître qui vient d’avoir lieu à Bouzigues attire plus de 20 000 visiteurs.

    Source : Midi Libre par

    Philippe Ortin est le président de la section régionale conchylicole de Méditerranée (SRCM) depuis 2004 qui regroupe environ 700 producteurs.

    Marseillan a accueilli la semaine dernière sa fête de l'huître, vendredi 8 août, c'était à Mèze puis à Bouzigues ce week-end. Avec à chaque fois un réel succès populaire. L'huître est fêtée l'été mais est-elle réellement consommée ?

    C'est sûr qu'avec la fréquentation touristique, l'huître est de plus en plus consommée en juillet et en août sur notre territoire. Après les fêtes de fin d'année, l'été, c'est l'autre saison de l'huître de Bouzigues. D'ailleurs les chiffres de la production estivale se rapprochent de plus en plus de ceux de la fin de l'année.

    Qu’est ce que la triploïde ou “l’huître des quatre saisons” ?

    L’huître "quatre saisons" - la triploïde - permet de proposer un coquillage de qualité constante, toute l’année. Et particulièrement en période estivale où l’huître "classique" - ou diploïde - est généralement maigre et franchement salée. Et pour cause : à la différence des diploïdes, qui se reproduisent aux mois de juin et de juillet et se retrouvent plus qu’éprouvées une fois le touriste arrivé, la “quatre saisons” est stérile et ne s’épuise donc pas en pontes. Sachant que l’huître classique consacre environ les deux tiers de son énergie à la reproduction, les résultats, en terme de croissance, sont généralement probants : un poids de 15 à 41 % supérieur pour la triploïde. "La 'quatre saisons' n’est pas issue d’une modification génétique, précise Denis Régler, directeur de la Section régionale conchylicole. Cette huître a subi un choc thermique et possède un chromosome de plus que la diploïde."

    La triploïde, cette fameuse huître des quatre saisons est-elle la cause de ce succès ?

    En partie. La triploïde est moins laiteuse et correspond au goût d'une certaine clientèle. Mais l'huître classique continue à être largement consommée l'été. On estime aujourd'hui que la consommation de l'huître triploïde est équivalente l'été à la consommation de la classique. C'est du 50-50.

    Les fêtes de l'huître organisée sur le territoire sont-elles pour les producteurs des outils de promotion efficaces ?

    (...) 

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    Des crevettes impériales dans les marais



    Certains ostréiculteurs ont choisi de dédier des parcelles de leur marais à la production de crevettes impériales.

    Source : Sud Ouest par E.D.

    Sur la route des huîtres, derrière des barrières vertes, une installation ostréicole classique. Marais, cabane… Seule différence ici, les marais ne regorgent pas tous d'huîtres mais de crevettes impériales.

    « Nous avons décidé de nous diversifier en utilisant notre patrimoine », confie Sophie Montauzier, gérante des lieux avec son mari. Le couple élève en petit volume des crevettes impériales qu'il commercialise ensuite directement à la propriété, sur le marché de Domino ou dans leur cabane installée au Château.

    150 à 200 kilos de crevettes

    « Nous travaillons sur des densités très faibles car nous ne voulons pas nourrir les crevettes, indique l'exploitante. Ici nous laissons un mètre carré de surface pour une crevette et demie. » Un choix qui permet aux crustacés de chasser leur propre nourriture ce qui va les rendre plus musclées. « Cela leur donne une chaire bien ferme », annonce Sophie Montauzier.

    Chaque année, le couple produit entre 150 et 200 kilos de crevettes impériales car leur choix est de « privilégier la qualité à la quantité ».

    E.D.

    Informations pratiques. EARL Montauzier, Route d'Ors, Prise des Barattes ou à la cabane noire au Château-d'Oléron. Renseignements au 05 46 75 22 49 ou au 06 09 28 84 96.

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    Mèze : et si on cultivait des algues sur les tables ostréicoles ?

    L’algue marine sera-t-elle l’or vert de l’étang ?



    Reportage de France 3 Languedoc-Roussillon

    L'entreprise Greensea, basée à l'Écosite de Mèze (Hérault), étudie ce projet qui permettrait de diversifier l'activité sur l'étang.

    Source : Midi Libre par Christine Palasz

    Chez Greensea, entreprise mézoise spécialisée dans la culture et la valorisation des algues et plantes marines au niveau international, on travaille actuellement sur un projet très local : cultiver et produire des algues sur les tables ostréicoles. "Avec la diminution des ressources marines animales et la mortalité des huîtres, il s'agit de donner l'opportunité aux conchyliculteurs de diversifier leur activité" expliquent Khadidja Romari, directrice recherche et développement, et Éric Causse, responsable commercial de Greensea.

    "Et, pour nous, ce serait l'occasion de travailler encore plus localement. Ce que l'on récolterait ici, nous n'aurions pas besoin de le faire venir d'ailleurs. En terme d'écologie, cela participerait à une nouvelle dynamique, poursuivent-ils. On sait que rien que dans le port du Mourre-Blanc, on pourrait sortir des dizaines de tonnes d'algues ! Il y a énormément de ressources".
    Marchés porteurs

    Greensea, anciennement Aquamer, est présente sur les marchés de l’aquaculture, la cosmétique et le diagnostic médical.

    Leader sur le segment des micro-algues, elle a conçu sa propre collection qu’elle transforme et industrialise sur le site de la Conque.

    Le potentiel des végétaux marins est aussi utilisé dans le secteur de la nutraceutique et de l’alimentation humaine et animale.
    "Le comité régional de conchyliculture sera très vigilant à ce que cette nouvelle activité ne soit pas invasive"

    Ce que confirme Didier Aspa, élu municipal en charges des affaires maritimes et lui-même conchyliculteur : "Cela fait plus plusieurs années que je travaille à ce projet : le dossier a été déposé au Comité régional de conchyliculture pour une étude de faisabilité. Le comité sera très attentif et vigilant au fait que cette nouvelle activité ne soit pas invasive, et la production devra être rigoureusement maîtrisée. On a déjà l'outil pour le ramassage. On récupère, on valorise, et on nettoie, cela pourrait également permettre d'éviter dans certains cas le départ de malaïgue".

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    Thau : des thons dans l’étang, ce n’est pas si étonnant

    Le thon découvert à Bouzigues pesait 25 kg.

    Source : Midi Libre

    Plusieurs pièces, dont l'une a été découverte dans une table à huîtres, s'y trouvent actuellement.

    Il ne s'attendait pas à une telle prise. Samedi dernier, au large de Bouzigues, un ostréiculteur a découvert, dans une de ses tables, non pas une huître géante, mais un thon. Un spécimen de 25 kg pris au piège des filets protégeant les coquillages des dorades. Des thons dans l'étang ? "Ce n'est pas un phénomène exceptionnel, expose Jean-Marie Ricard, le prud'homme de l'étang. Surtout en juillet et août, quand les eaux de l'étang sont plus chaudes. Il arrive que des thons rouges qui se trouvent au large, dans la fosse de Frontignan, traversent le port et arrivent dans l'étang. D'autres entrent par la passe de Marseillan."

    De trois à cinq pièces, dont l'une de 200 kg ?

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    Fonds structurels : Adoption de l’accord de partenariat par la Commission européenne

    Cet accord de partenariat détermine de quelle manière seront investis dans l’économie réelle de la France pour la période 2014-2020 des montants de 15,9 milliards d'euros au total pour la politique de cohésion (FEDER + FSE) et de 11,4 milliards d’euros pour le développement rural "Agriculture" (FEADER). La France bénéficiera d’une enveloppe de 0,588 milliard d’euros au titre du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP).

    L'adoption de l'accord de partenariat français par la Commission européenne lui permet désormais de travailler sur les programmes opérationnels régionaux et nationaux qui définissent les stratégies des régions et de l'Etat.

    Source : Le Courrier des Maires par Martine Kis

    L’accord de partenariat avec la France, qui régit la mobilisation des fonds structurels pour la nouvelle période 2014-2020, a été adopté par la Commission européenne le 8 août 2014.

    Cet accord est le résultat d’un an de concertation du partenariat national, composé de 350 organismes de la société civile, des acteurs économiques, des partenaires sociaux, des collectivités et de l’Etat. Le document soumis pour approbation à la Commission a été rédigé par l’Etat et les régions.

    Il valide le champ d’intervention de la programmation 2014-2020 des Fonds européens structurels et d’investissement (FESI)(1)

    Priorités d’intervention

    L’accord de partenariat acte les axes prioritaires d’intervention que sont notamment :
    • les transferts de connaissance en R&D,
    • l’amélioration de l’entrepreneuriat et de l’innovation dans les entreprises,
    • l’amélioration de la compétitivité,
    • la réduction de la pauvreté par un meilleur accès aux services et un soutien à l’économie sociale,
    • ou encore l’amélioration de la qualité de vie des zones urbaines et rurales grâce à des projets intégrés avec forte implication des villes et un soutien de la transition vers une économie pauvre en carbone et en ressources.

    Les accords de partenariat sont une nouveauté de la nouvelle période de programmation. L’objet de cette obligation réglementaire est de s’assurer que, comme leur nom l’indique, tous les partenaires ont été consultés et que les programmes font l’objet d’un consensus, qui devrait garantir une meilleure mise en œuvre.

    Pour la première fois, ce sont les autorités locales, en particulier les conseils régionaux, qui seront chargées de la majeure partie de la mise en œuvre des FESI. Ce qui explique que l’accord concerne 75 programmes au total, d’une portée nationale ou régionale.

     Carte extraite du document : Politique de Cohésion en France

    Budget

    Pour 2014-2020, le montant total alloué à la France (FEDER et FSE) pour financer la politique de cohésion avoisine les 15,9 milliards d’euros (prix actuels), y compris 310 millions d’euros au titre de l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ). L’allocation spéciale aux régions ultrapériphériques représente 443,3 millions d’euros.

    La part du budget des Fonds structurels et d’investissement allouée au FSE s’élève à 41,7%. Environ 31,7% de ce budget FSE sont affectés à l’inclusion sociale et à la lutte contre la pauvreté, soit au-dessus des 20% minimum requis.

    L’allocation du FEADER a augmenté en France jusqu’à 11,4 milliards d’euros et sera essentiellement dédiée à l’augmentation de la compétitivité du secteur agricole et aux aspects environnementaux et climatiques propres aux zones rurales.

    Enfin, la France disposera d’un budget de 588 millions d’euros au titre du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP).


    Concentration thématique

    La France répond particulièrement bien aux objectifs de concentration thématique sur la recherche et l’innovation, les TIC, la compétitivité et l’innovation dans les entreprises ainsi que l’économie sobre en carbone puisque le minimum requis est dépassé.

    Il en va de même pour la prévention et l’atténuation des changements climatiques, avec 37,1% d’allocation des fonds contre 20% requis. En ce qui concerne les actions intégrées pour le développement durable en milieu urbain elles dépasseront les 5% de part requise par le règlement Feder.

    Avec cette adoption, les programmes opérationnels pourront à leur tour être adoptés par la Commission européenne dans les mois à venir.

    Selon Johannes Hahn, commissaire chargé de la politique régionale : Le plan d’investissement adopté par la France aujourd’hui lui permettra de continuer à avancer sur la voie de la reprise économique et de la relance de la croissance dans les dix prochaines années.”

    Selon Dacian Cioloș, commissaire chargé de l'agriculture et du développement rural : «Cet accord de partenariat avec la France constitue une avancée importante pour concevoir et mettre en œuvre une politique de développement rural réussie en France, pour favoriser la coordination et les synergies avec les autres Fonds de l’UE et ainsi améliorer l’efficacité des investissements. Disposant d’un grand potentiel et de nombreux atouts, l’agriculture française et ses zones rurales sont toutefois confrontées à des défis considérables. L’accord de partenariat reconnaît le rôle important que l’agriculture et l’industrie agroalimentaire peuvent jouer dans la relance économique, tout en créant les conditions pour protéger les ressources naturelles du pays et remédier aux problèmes sociaux dans les zones rurales. Il appartient maintenant à la France de proposer des plans de développement rural ambitieux, équilibrés et bien ciblés qui puissent offrir la possibilité aux agriculteurs et aux zones rurales de relever ces défis.»

    Selon Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche : «Grâce au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), nous voulons créer les conditions qui permettront aux entreprises, communautés locales et pêcheurs français de rendre leurs activités plus durable sur le plan social, économique et environnemental. Nous voulons aider les secteurs français de la pêche et de l'aquaculture à renforcer leur compétitivité, stimuler l'emploi et la mobilité des travailleurs, et promouvoir l'efficacité des ressources. La France pourra ainsi contribuer à la croissance économique et créer les nouveaux emplois dont l'Europe a besoin.»

    (1) Les FESI se composent du Fonds européen de développement régional (FEDER), du Fonds social européen (FSE), du Fonds européen agricole de développement rural (FEADER) et du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP).

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    Le 9 Août 2014

    La fête se précise au chenal d’Ors


    Haut lieu de l'ostréiculture, le chenal d'Ors aura demain, comme chaque année, revêtu ses habits de fête pour accueillir les milliers de visiteurs qui ne sauraient manquer ce rendez-vous festif. Ce sera sans doute aussi l'occasion pour les organisateurs d'évoquer les problèmes de la conchyliculture, qui mettent en péril de nombreuses entreprises face à l'inertie des pouvoirs publics.

    Source : Sud Ouest par Yvon Vergnol

    Comme chaque année, depuis dix-huit ans, dès 14 heures, la ronde des pontons, pavillons au vent, permettra de découvrir l'envers du décor avec une vue imprenable sur le viaduc. Dans les cabanes, aménagées en salles d'exposition pour l'occasion, maquettes, tableaux et produits locaux seront aussi de la fête qui mobilise des dizaines de bénévoles. Les vieux gréements seront également fidèles au rendez-vous.

    Hommage à un artificier...
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    Dans le Pertuis breton, où les moules se meurent

    Collecte des nouvelains sur les filières au large afin de remplir les boudins qui seront installés sur les bouchots. Une marée à bord de l'"Argo", le bateau de pêche de Benoît et François Durivaud, mytiliculteurs à Charron (Charente-Maritime).

    Source : Le Monde.fr par Sandrine Berthaud (Charron, Charente-Maritime, envoyée spéciale)

    A la fin de la matinée de travail, le résultat fait peine. Seulement 300 kg perdus au fond d'un vaste bac au lieu des 6 tonnes journalières habituelles. Dans les eaux du Pertuis breton, en cette fin juillet, c'est la période de mise en place des jeunes moules, les nouvelains, sur les bouchots, à quelques brasses des plages de La Faute-sur-Mer (Vendée).

    Sur le bateau qui file, l'ambiance est chaleureuse, malgré un moral affecté par la situation calamiteuse. Les marins plaisantent en buvant le café et enfilent leurs cuissardes de pêche, mordant dans un croissant ou cigarette au coin de la bouche. « En mars, l'odeur était insoutenable, c'était l'hécatombe. Jusqu'à 95 % de nos moules pendaient des coquilles. Mortes. On en aurait pleuré », se souvient Benoît Durivaud, mytiliculteur de 43 ans à Charron (Charente-Maritime).

    Parti du port de La Pallice, à La Rochelle, peu après l'aube, l'Argo remonte le détroit en passant sous le pont de l'île de Ré pour rejoindre les filières immergées au beau milieu du Pertuis. Benoît et son frère François, 38 ans, secondés par six marins, partent prélever les nouvelains nés et élevés en pleine mer.

    Après une vie d’ingénieur chimiste loin du pays pour Benoît et de technicien dans l’industrie pour François, les deux frères reprennent l'entreprise familiale en 1997. En dix-sept ans, ils étendent leur domaine d’élevage. « Pas n’importe comment », précise fièrement Benoît. Après des années serrées, ils ...

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    Les éleveurs d'huîtres et de moules crient leur désarroi

    Source : Le Monde par Martine Valo

    Les conchyliculteurs ont à nouveau manifesté leur colère, le 5 août à La Rochelle, en déversant des camions de coquilles vides devant la préfecture de Charente-Maritime. Après avoir bloqué en juillet le port de plaisance et le pont de l'île de Ré, 200 à 300 exploitants ont exprimé une fois de plus leur désarroi face à la mortalité massive qui frappe leurs parcs de coquillages, dénonçant « le laxisme de l'Etat » et promettant de revenir troubler l'université d'été du PS à La Rochelle.

    Pour les ostréiculteurs, c'est la réédition des calamiteux étés précédents. Depuis 2008, certains ont perdu jusqu'à 100 % de leurs juvéniles, puis de leurs huîtres adultes, soit un manque à gagner de 50 millions d'euros en 2013. Cette saison, avec une hécatombe de 12 000 tonnes de moules et une perte de 20 millions d'euros, les mytiliculteurs rejoignent le mouvement.

    Les professionnels dénoncent l'arrivée croissante de pesticides dans les estuaires, la hausse de la température de l'eau et la multiplication des pathogènes, les rejets massifs de boues de dragage. L'environnement est un mot d'ordre consensuel au sein d'une filière divisée. Entre les membres de l'association Ostréiculteur traditionnel et les partisans de l'élevage intensif, la situation est tendue.

    Patrimoine génétique appauvri

    Les premiers soupçonnent les seconds d'avoir joué contre leur camp en introduisant dans le milieu marin des triploïdes (dotées de trois lots de chromosomes et non de deux comme les huîtres naturelles), nées en écloserie et non en mer. La généralisation de ces mollusques stériles – qui ne présentent jamais de laitance pour plaire aux consommateurs – aurait, selon eux, appauvri le patrimoine génétique des huîtres et leur résistance aux bactéries et aux virus.

    Or qui a permis à ces techniques venues des Etats-Unis de s'implanter ? L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Une partie de la profession, qu'il a pour mission d'aider, l'a pris en grippe. L'Ifremer a-t-il « favorisé indirectement le développement » d'un virus qui décime les parcs à 60%, voire 90% ? A-t-il « mis en place tous les moyens de recherche pour comprendre l'origine de cette mortalité » et en suivre l'évolution ? Forte de ces questions, l'association Ostréiculteur traditionnel a obtenu auprès du tribunal administratif de Rennes en 2010 que soit menée une expertise judiciaire. Dans son rapport rendu à l'issue de quatre ans de travail et dont Le Monde a eu connaissance, l'expert Jean-Dominique Puyt, professeur à l'Ecole nationale vétérinaire de Nantes, met sévèrement en cause le rôle de l'Ifremer face à l'infection herpétique.

    Il reproche à l'organisme de s'être intéressé trop tard à l'herpèsvirus OsHV-1, repéré en 1991, puis à sa souche variante apparue en 2008. Il dénonce une « surveillance essentiellement passive » ; des résultats d'analyses confidentiels qui n'ont pas permis à la profession de prendre la mesure de l'épizootie ; une communication brouillonne, « emprisonnée dans les doutes respectables du chercheur ».

    « C'est le rôle des services de l'état »

    L'Ifremer n'est pas qu'un organisme de recherche, il a aussi pour mission le « contrôle et la qualité des produits de la mer », insiste M. Puyt. Le coup de grâce arrive en fin de rapport avec une première évaluation du préjudice. « Il devrait y en avoir pour au moins 3 millions d'euros rien que pour une douzaine d'exploitations bretonnes », confie l'avocat, Pierre-Yves Matel, au nom d'Ostréiculteur traditionnel, qui envisage une procédure judiciaire sous peu.

    « Nous sommes parmi les premiers chercheurs dans le monde à avoir publié sur ce virus », se défend Jean-Pierre Baud, coordinateur transversal conchylicole à l'Ifremer. « Nous avons mis en place des observatoires de la mortalité depuis 1993 mais nous ne sommes pas chargés de la gestion des maladies dans les parcs, renchérit Tristan Renault, responsable de l'unité santé, génétique et microbiologie des mollusques. C'est le rôle des services de l'Etat que nous avons régulièrement informés de nos travaux. » Pour l'Ifremer, l'affaire est embarrassante. L'herpèsvirus est en train de décimer l'huître creuse Crassostrea gigas qui représente 90 % de la production mondiale. Si l'animal finit par s'adapter, les ostréiculteurs risquent d'avoir du mal à survivre.

    En dépit de l'indemnisation possible, Benoît Le Joubioux, président d'Ostréiculteur traditionnel, laisse poindre sa déception, car l'expertise ne fait qu'effleurer la question de l'huître triploïde. « L'Ifremer consacre beaucoup de temps aux questions de rentabilité. Résultat : les ostréiculteurs sont devenus dépendants des écloseries qui les fournissent en triploïdes, comme les agriculteurs vis-à-vis de Monsanto. » Son association serait prête à ne pas réclamer d'argent, à condition d'obtenir un étiquetage distinguant leurs coquillages et que les deux zones où ils naissent soient protégées de la promiscuité des huîtres transgéniques.

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    Comment produira-t-on des huîtres à la viande ?

    « Comme les bancs d'huîtres sauvages d'origine océanique ont presque disparu, les huîtres in vitro présentent une alternative exquise. », explique d’emblée, l’auteur du livre de cuisine. Sans juger aucunement l’aspect gustatif du produit, la technique proposée pour la production de ces huîtres à la viande laisse quant à elle songeur.

    Source : Le Soir

    Dans des hangars immenses, ils sont alignés par milliers sur des rangées équidistantes. Qui ? Des petits amas de cellules souches enfermés dans des micro-bioréacteurs de la forme de la coquille du mollusque. Ils baignent dans du sérum chaud et, selon un mouvement mimant celui des marées, sont submergés de nutriments deux fois par jour. C’est ce cycle quotidien, engendrant des contractions musculaires, qui serait responsable de la structure particulière de la chair des huîtres. Une fois arrivés au stade de croissance adéquat, les bioréacteurs d’huîtres à la viande sont débarrassés de leurs électrodes, pour être acheminés par bateau dans les supermarchés dédiés et les restaurants haut de gamme.

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    Perturbateurs endocriniens: un documentaire sur la face cachée du droit européen ce samedi sur France 5


    Endoc(t)rinement - Bande annonce



    Le lobbying de la chimie et des pesticides, ennemi de la santé publique en Europe ? C'est notamment à cette question que tâchera de répondre le documentaire "Endoc(t)rinement" de Stéphane Horel, consacré aux perturbateurs endocriniens. Il sera diffusé demain à 19h, sur France 5.

    Avec "Endoc(t)rinement", Stéphane Horel questionne la démocratie européenne. Alors que les dangers des perturbateurs endocriniens sont avérés, l'Union européenne peine à mettre en place une législation protectrice. Le film présente ainsi les travers d'une Europe qui ne semble pas vouloir dire "non" à l'industrie. Attaque de chercheurs indépendants, instrumentalisation de la science et conflit d'intérêt : Stéphane Horel nous présente la face cachée du droit européen.

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    Polynésie Française

    Le déficit commercial se renforce, mais la perle sauve les exportations



    "Des échanges atones et un déficit commercial qui se renforce". L'intitulé du bilan commercial annuel de l'ISPF (Institut de la statistique de Polynésie française) donne le ton !

    Source : TNTV

    La balance commercial a en effet continué de se détériorer en 2013. En dehors de quelques commandes exceptionnelles, les importations civiles sont stables. La valeur des exportations locales équivaut celle de 2012, essentiellement grâce à des prix en hausse, notamment celui de la perle brute. Mais le volume global des exportations diminue fortement.
    Le solde de la balance commerciale atteint -150 milliards Fcfp, soit une augmentation de 2% du déficit par rapport à 2012.

    La consommation des ménages continue de baisser.

    Parmi les principaux fournisseurs de la Polynésie française se détachent de loin la France devant la Corée du sud et la Chine. La France remporte un quart des achats en exportant 39 milliards Fcfp de marchandises vers Tahiti, dont la moitié d'agro-alimentaire (notamment des boissons, alcools, vinaigres, fromages) et de de biens intermédiaires (appareils électriques).

    La Corée du sud a gagné des parts de marché (+15%) et remporte 11% des importations civiles, devant la Chine et les États-Unis, chacun avec 10 %. La Nouvelle-Zélande arrive ensuite avec 8% . L'Allemagne passe devant l'Australie dans le top ten des fournisseurs de la Polynésie française.

    Le volume des exportations locales diminue de 22% par rapport à 2012 mais la valeur reste stable avec 12 milliards Fcfp. Seules la vanille et la perle brute se portent bien sur le marché. La perle reste le produit phare et représente les deux tiers des recettes à l'export. Le poisson est en retrait mais reste le deuxième produit le plus exporté, devant le noni, le coprah et la vanille, qui dépassent la nacre et le monoï.

    En 2013 les ventes de perles brutes s'établissent à 7,7 milliards Fcfp, soit +11%. Elles représentent 64% de la valeur totale des exportations locales. Depuis 2011 les volumes diminuent mais l'année dernière 13,5 tonnes de perles ont été exportées dans 29 pays (4+ de moins qu'en 2012). Le Japon remporte à lui seul 50 % du volume et Hong Kong 46%.

    Le Japon reste le premier importateur des produits polynésiens avec 68% de la valeur, soit 8 milliards Fcfp et 42% du volume. Les États-Unis importent pour 2 milliards Fcfp, soit 16% de la valeur des exportations et l'Europe 1,6 milliard Fcfp, dont 90 % en France métropolitaine.

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    Le 8 Août 2014

    Dans le bassin d'Arcachon, on s'active pour la collecte des naissains d'huîtres

    Durant l'été, on s'active dans le bassin d'Arcachon. La pose des tuiles chaulées demande beaucoup d'efforts. Une étape indispensable pour la collecte des naissains d'huîtres.

    La pose des tuiles chaulées continue



    Source : France 3 Aquitaine  par Thomas Deszpot

    Durant l'été, un phénomène invisible à l'oeil nu se produit dans les eaux du bassin d'Arcachon. Ce moment est essentiel pour les ostréiculteurs, qui jouent une bonne partie de leur saison. C'est en effet à cette période que les huîtres pondent leurs oeufs. Une fois fécondés, ces oeufs deviennent des larves d'huîtres : les naissains. Les professionnels procèdent alors au captage, ils déposent des collecteurs dans l'eau, sur lesquels viennent se fixer les naissains, pour une durée qui varie de 8 à 30 mois.

    Encore faut-il au préalable installer ces collecteurs, faits de tuiles chaulées. Les opération ont débuté aux alentours du 15 juillet et se poursuivent actuellement. Avec deux millions de tuiles à poser, il ne faut pas chômer. France 3 Aquitaine s'est rendu sur le bassin afin d'assister aux opérations.

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    La Rochelle : nouvel accès de colère des conchyliculteurs

    Coquilles d’huîtres et de moules et vieilles poches déversées devant la préfecture, la direction de la mer et l’association des plaisanciers de La Rochelle (1) : le mardi 5 août, la colère des conchyliculteurs s’est exprimée une fois de plus, à La Rochelle, après la manifestation du 19 juillet.

    Source : Le Marin

    Le comité conchylicole Poitou-Charentes a mobilisé 200 à 300 professionnels. Gérald Viaud, leur président, dénonce la dégradation continue du milieu marin, perçue comme la cause principale des mortalités. « Nous allons mobiliser les sept régions conchylicoles dans ce combat pour la qualité des eaux. Nous avons l’impression de mourir dans l’indifférence générale. » La profession a ciblé dix actions urgentes pour rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais. Une réunion sur le sujet est programmée à la préfecture le 18 août. 

    (1)   Qui s’oppose aux filières en mer


    NE17 soutient les conchyliculteurs touchés par la mortalité des huîtres et des moules

    Source : Helene FM

    Nature Environnement 17 apporte son soutien aux conchyliculteurs de Charente-Maritime. L’association dit comprendre la colère de la profession qui multiplie les actions coup de poing ces dernières semaines. Ostréiculteurs et mytiliculteurs réclament des mesures de préservation des milieux marins afin d’enrayer la surmortalité des huîtres et des moules. Un combat pour la qualité des eaux qui ne peut, évidemment, que susciter l’appui de Nature Environnement 17. Ecoutez son coordonnateur, Patrick Picaud

    Nature Environnement 17 souhaite par ailleurs que la préfecture relance les réunions du Comité qualitatif de l’eau comme demandé par l’association depuis plusieurs années.

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    La Rochelle. Opération coup de poing des mytiliculteurs vendéens

    Mardi, 300 mytiliculteurs et ostréiculteurs étaient mobilisés devant la Direction départementale des territoires et de la mer et la préfecture de La Rochelle. Parmi eux, une quinzaine de professionnels vendéens.

    Source : Ouest France par Alain Dufresne

    Le 19 juillet dernier, ils organisaient un barrage filtrant sur le pont de l'île de Ré (Charente-Maritime).Mardi, près de 300 mytiliculteurs et ostréiculteurs ont manifesté devant la Direction départementale des territoires et de la mer et la préfecture de La Rochelle. Les conchyliculteurs restent mobilisés. Et notamment les douze entreprises de L'Aiguillon-sur-Mer.

    « Nous sommes solidaires de nos copains charentais », gronde Yann Aujard, mytiliculteur à L'Aiguillon-sur-Mer. Au coeur de leurs revendications : la surmortalité des huîtres et des moules et, par conséquence, la baisse de leurs productions. « Les coquillages meurent massivement, dans l'indifférence quasi générale des pouvoirs publics », indiquent les manifestants.

    Depuis mars, les mytiliculteurs de Charente-Maritime ont perdu au moins 12 000 tonnes de moules pour un préjudice de vingt millions d'euros. En baie de L'Aiguillon, zone la plus touchée, la surmortalité atteint entre 90 % et 100 % de la production. Une situation inédite.

    Un dialogue entre terre et mer

    Dernièrement, le conseil général de Vendée a alloué 18 000 € aux douze entreprises de la baie de L'Aiguillon, tandis que le conseil régional des Pays de la Loire a voté, en juin, 1,35 million d'euros d'aide sous forme de prêts à taux zéro.

    « C'est vrai que la Région et le Département nous soutiennent, reconnaît Yann Aujard. Nous demandons à l'État qu'il en fasse de même, et qu'il aille plus vite dans les démarches administratives. » Les professionnels vendéens ne tiennent pas à manifester, aujourd'hui, en Vendée. « Parce que pour l'instant, les choses avancent bien chez nous. »

    Alors, lmardi, devant le peu d'écho donné aux revendications de leurs homologues charentais, ils ont déversé, à leur côté, des coquilles d'huîtres et de moules mortes, des poches d'élevage et des filets devant la préfecture de La Rochelle. Ils ont aussi recouvert les trottoirs des Affaires maritimes et de la Direction départementale des territoires et de la mer. Un cortège d'une centaine de camions.

    Dix commandements

    Les professionnels réclament « la restauration de leurs milieux de production » avec, notamment, « la protection sanitaire autour des gisements de coquillages ». Pour ce faire, ils publient un manifeste « Leurs 10 commandements ». Où, pêle-mêle, ils avancent dix actions urgentes pour rétablir les fonctions écologiques des estuaires et des marais doux et salés.

    A ce jour, les analyses n'ont pas permis d'établir l'origine de cette mortalité. On sait juste que la baie de L'Aiguillon a enregistré une présence anormale d'eau douce. Jacques Sourbier, président du Comité régional de conchyliculture, appelle lui aussi à un dialogue entre gens de terre et gens de mer. « Il y a urgence à ce que tous les acteurs du marais et du littoral travaillent ensemble, afin d'avoir un regard objectif. Sans clivage ».

    Pour l'heure, ils tiennent à maintenir et stabiliser la filière et ses emplois. De fait, les mytiliculteurs de L'Aiguillon-sur-Mer précisent que « le peu de moules de la baie est consommable. Il n'y a pas de d'interdiction sanitaire. ».

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    Pression foncière sur le littoral breton : Projet de Zones de Stockage ostréicole



    Eaux Vivantes Armor

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    Le 6 Août 2014

    Les conchyliculteurs avaient annoncé un été très très chaud en Charente-Maritime !

    (Copie d'écran de la page Facebook du Littoral)


    La Rochelle : les conchyliculteurs crient leur colère aux pouvoirs publics

    http://www.sudouest.fr/2014/08/05/la-rochelle-ostreiculteurs-et-conchyliculteurs-crient-leur-colere-aux-pouvoirs-publics-1634039-4628.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20140806-[zone_info]Mardi, entre 200 et 300 ostréiculteurs et producteurs de moules ont déversé des coquilles devant la préfecture, la Direction des territoires et de la mer, les Affaires maritimes, etc.

    Vidéo : Déversement des premiers mètres cubes de coquilles devant la préfecture, à La Rochelle

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux

    Lire les commentaires (51 commentaires à 13h41)

    "Les coquillages meurent massivement, dans une indifférence quasi générale des pouvoir publics et de nos élus politiques. Nous assistons impuissants à la mort lente des écosystèmes estuariens et littoraux sur lesquels repose, depuis des siècles, la vitalité de la conchyliculture et de la pêche en Charente-Maritime." Ainsi débute le tract qu'ont distribué mardi, à la mi-journée, les producteurs d'huîtres et de moules charentais-maritimes, qui manifestent à La Rochelle.

    - Entre 200 et 300 conchyliculteurs à bord d'une centaine de fourgons et camions se sont regroupés au port de Chef-de-Baie, bennes chargées de coquilles d'huîtres et de moules mortes, de palettes, de poches d'élevage et de filets. Ils ont ensuite fait route vers la préfecture pour un premier arrêt dans le calme. Déversement des premiers mètres cubes de coquilles et allumage de feux fumigènes.

    Les conchyliculteurs ont déversé des coquilles d'huîtres et de moules mortes, des palettes, des poches d'élevage et des filets devant la préfecture

    Voir le reportage photographique de Pascal Couillaud : En images, la manifestation des conchyliculteurs à La Rochelle

    - 13 h 30. Le long convoi qui s'étire loin sur l'avenue Jean Guiton prend la direction de la Direction des territoires et de la mer, l'administration de tutelle des professions maritimes. Un nouveau déversement de produits morts y a été effectué.

    - Troisième déversement en suivant, devant les Affaires maritimes, rue du Bastion-Saint-Nicolas.

    - 14 h 50. Alors qu'ils quittent les Affaires maritimes, les professionnels envisagent aussi de se rendre au port de plaisance des Minimes et de manifester devant les locaux de l'association des plaisanciers rochelais, lesquels sont hostiles au projet d'installation de filières d'élévages dans la baie de la Maleconche, une technique de production dans laquelle veulent croire certains ostréiculteurs pour assurer la survie de leur métier.

    - 15 h 30. Nouveaux déversements devant la porte de l'Association des plaisanciers de la Rochelle au port des Minimes :...

    L'objet de ce mouvement  qui intervient après une manifestation bloquant le port de plaisance rochelais le mois dernier, une réunion publique à Marennes lors de laquelle ils ont mis en avant leurs doléances, un barrage filtrant au pont de Ré pour sensibiliser les vacanciers, dénoncer la dégradation du milieu marin, et pointer l'inertie des pouvoirs publics qui, derrière les effets d'annonces, n'agissent pas, selon les professionnels, pour endiguer ce problème de fond qui met leurs élevages en péril.

    Gérald Viaud, président du comité régional conchylicole Poitou-Charentes :

    http://www.sudouest.fr/2014/08/05/la-rochelle-ostreiculteurs-et-conchyliculteurs-crient-leur-colere-aux-pouvoirs-publics-1634039-4628.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20140806-[zone_info]


    Enfin, après une introduction en chanson, Gérald Viaud et Benoit Durivaud, mytiliculteur à Marsilly et président des producteurs de moules de Charente-Maritime, assurent qu'ils feront à nouveau entendre la voix de leur profession, notamment lors du Grand-Pavois et de l'université d'été du Parti socialiste :

    - 16 h 15. Fin de la manifestation

    La Rochelle : la colère conchylicole déferle

    Près d’une centaine de camions chargés de coquilles et déchets conchylicoles ont formé le long cortège des producteurs d’huîtres et de moules en colère.

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux 

    La route de l'huître et de la moule passait par La Rochelle hier. Mais dans une version sans poésie bucolique. Entre 200 et 300 producteurs de Charente-Maritime, formant un convoi de 80 à 100 fourgons et camions, l'ensemble chargé de coquilles nauséabondes, livraient leur exaspération en même temps qu'ils déversaient - sans débordement aucun - leur détresse en divers points de la ville. Près de quatre heures de manifestation qui évoquaient le temps lointain du dernier mouvement de pareille ampleur, il y a plus de quinze ans.

    Cette manifestation tirée par le Comité régional conchylicole Poitou-Charentes, à laquelle s'adjoignait la dizaine de syndicats de producteurs du département, pointait la « mort lente » des écosystèmes marins. Il traçait aussi le fossé séparant les engagements des pouvoirs publics de soutenir les éleveurs, et le sentiment de ces derniers de ne ressentir que le vent des promesses.

    « T'es où Ségo ? »

    Réponse dans Sud Ouest

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    La Rochelle : "Les conchyliculteurs se trompent de cible", selon Alain Garcia

    Le président des plaisanciers rochelais réagit au lendemain du déversement d'algues et de coquilles vides devant les locaux de l'association, au port des Minimes... Les conchyliculteurs ont déversé des algues, entre autres, devant la porte de l'Association des plaisanciers de la Rochelle au port des Minimes...

    Source : Sud Ouest

    Pourquoi les conchyliculteurs en colère ont-ils pris pour cible ce mardi, lors de leur manifestation, les locaux de l'association des plaisanciers de La Rochelle, déversant devant sa porte aux Minimes plusieurs centaines de kilos de coquilles d'huîtres et de moules mortes et des déchets conchylicoles divers ?

    La réponse tient dans la posture qu'adopte depuis des années l'association face aux projets d'implantations de filières d'élevage en eau profonde. Les champs de la baie d'Yves au début des années 2000, et aujourd'hui celui de la Maleconche, au large d'Oléron, ont été et sont encore chahutés par cette opposition qui, dans chaque cas, débouche sur un contentieux devant la juridiction administrative.

    Or, certains conchyliculteurs voient dans cette technique d'élevage un planche de salut face aux problèmes des surmortalités de leurs produits qu'ils rencontrent. S'opposer à ces élevages, est pour ces professionnels un acte hostile auquel ils ont réagi par le déversement que l'on sait.

    (Copie d'écran de la page Facebook du Littoral)

    Une manifestation à laquelle réagit ce mercredi matin le président de l'association des plaisanciers de La Rochelle. Alain Garcia se dit "surpris" par cette action, "d'autant plus que nous sommes solidaires des difficultés des conchyliculteurs et que nous partageons avec eux le même espace."

    S'en prendre aux plaisanciers comme exutoires des difficultés de la conchyliculture, c'est "se tromper de cible".  "Je ne comprends pas bien cette agressivité". Alors oui, l'APLR était opposée à la première mouture du champ de filière de la Maleconche, "à 500 mètres de la plage", mais "nous avons aussi dit aux conchyliculteurs que nous étions toujours prêts à le rediscuter avec eux. Et puis, il faut se souvenir aussi qu' il y avait eu un engagement moral de leur part, après la réalisation du champ de la baie d'Yves, que ce serait le dernier, puis la Maleconche est arrivée...Encore une fois, nous comprenons leur détresse et le risque de voir tout leur métier partir, et nous sommes prêts à les soutenir en achetant leurs produits. Mais encore faut-il laisser place au dialogue."

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    Le 22 Juillet 2014

    Blocage du port des Minimes de La Rochelle par les conchyliculteurs



    Reportage d'Eric vallet et Pierre Lahaye. Intervenants: Benoit Durivaud, mytiliculteur vice-pdt comité régional de la conchyliculture, Daniel Coirier, ostréiculteur vice pdt colité régional de la conchyliculture.

    Source : France 3 Poitou-Charentes  Par Nicole Bremaud

    Une trentaine de professionnels manifestent contre la mortalité accrue de leurs coquillages. Dès midi et demi ils ont surpris en bloquant avec leurs bâteaux et en disposant des filins à l’entrée du port de plaisance des Minimes.

    L'opération a duré une bonne partie de la journée. Vers 15 heures les marins ont laissé passer les 130 jeunes qui participent au championnat du monde de voile classe Europe. Après l'opération escargot menée samedi au péage du pont de l'île de Ré, les ostréiculteurs et mytiliculteurs de Charente-Maritime se mobilisent une nouvelle fois. Frappés par une forte mortalité des coquillages, ils espèrent se faire entendre des pouvoirs publics et veulent sensibiliser le public à la dégradation de l'environnement du milieu marin. Les causes sont multiples mais ils pointent notamment les rejets dûs aux travaux dans les ports.

    La conchyliculture représente 1200 entreprises en Charente-Maritime qui font travailler directement 6000 permanents. La Charente-Maritime est le plus grand site de production et de reproduction naturel d'Europe avec 3.000 hectares de parcs en mer et 2.000 hectares de claire, bassin creusé dans les terres argileuses du littoral, produisant notamment les huîtres Marennes Oléron.

    Les ports rochelais investis par les conchyliculteurs

    Source : Sud Ouest Publié le 23/07/2014 par Oscar Barthe

    Hier, le port de plaisance et le Vieux Port ont été bloqués.

    Après avoir paralysé le pont de l'île de Ré samedi (nos précédentes éditions), les conchyliculteurs se sont attaqués hier à deux ports rochelais. Arrivés à pied vers 12 heures, une trentaine de professionnels ont d'abord manifesté sur le port des Minimes et distribué des tracts. Ils ont ensuite bloqué l'entrée du port avec le concours d'une vingtaine de bateaux venus en renfort de Chef-de-Baie. Levant le blocus aux alentours de 16 heures, les conchyliculteurs ont ensuite investi le Vieux Port à grand renfort de fumigènes et de cornes de brume. Ils ont finalement évacué les lieux une heure plus tard.

    70 millions d'euros de pertes

    Les conchyliculteurs manifestent notamment pour attirer l'attention sur la mortalité accrue de leurs coquillages. Mettant en cause une dégradation du milieu marin d'origine encore inconnue, il estime que leurs pertes se sont élevées entre 2012 et 2014 à 70 millions d'euros. Selon les évaluations, près de 10 000 tonnes d'huître et 12 000 tonnes de moules seraient mortes prématurément sur cette période. En tout, c'est quasiment 6 000 emplois qui sont menacés en Charente-Maritime. Conscient de la situation, le député Olivier Falorni a fait savoir hier qu'il avait sollicité le gouvernement pour leur venir en aide.

    La grogne bloque deux des ports de la ville

    Le député en appelle au gouvernement

    Source : Sud Ouest Publié le 23/07/2014 à 06h00 par Oscar Barthe

    Confrontés à la forte mortalité de leurs coquillages, ces professionnels ont bloqué le port de plaisance, hier, puis investi le Vieux Port.

    Après le pont de l'île de Ré samedi (lire nos éditions précédentes), c'était au tour des ports rochelais de faire les frais de la grogne des conchyliculteurs, hier. À midi, une trentaine d'éleveurs sont venus manifester - à terre - et distribuer des tracts sur le port des Minimes pour dénoncer la mortalité accrue de leur production. Ils ont été rejoints une heure plus tard par une quinzaine de bateaux récolteurs venus de Chef-de-Baie. Soutenus par plusieurs membres du collectif Sauvons nos entreprises fraîchement sortis du tribunal de grande instance de La Rochelle (lire page 17), du vice-président de l'association Poitou-Charentes nature et d'un représentant de la mairie de Bourcefranc, ils ont alors décidé de bloquer l'entrée du port des Minimes. Une décision surprise puisque le matin même encore, le président du Comité régional de la conchyliculture Gérald Viaud parlait de « filtrer seulement » voire d'un défilé. Mais en son absence, les professionnels disposaient finalement leurs bateaux entre la digue du Lazaret et la digue Nord. Bloquant tout passage.

    Échanges d'amabilités

    « C'est dommage pour les plaisanciers et les régatiers du championnat de Moth Europe, mais nous avons vraiment besoin d'attirer l'attention sur notre situation », expliquait Jean-François Raymond, un mytiliculteur d'Oléron.

    Chez les compétiteurs venus participer cette semaine à ce championnat du monde organisé par la SRR (Société des régates rochelaises), l'ambiance est restée plutôt détendue et bon enfant. « C'est dommage pour les courses qui doivent être courues aujourd'hui, mais ça leur donne un petit peu de répit », confiait un parent venu de Suède pour encourager son fils.

    Du côté des plaisanciers, en revanche, l'ambiance s'est quelque peu électrisée, certains tentant même de forcer le barrage en passant sous les amarres tendues par les conchyliculteurs. Rares sont ceux qui ont réussi à passer. Les autres continuaient de râler. De quoi donner lieu à quelques échanges d'amabilités plutôt imagés.

    Suite à des négociations avec la SRR, les manifestants ont finalement décidé de lever le blocus vers 15 heures, du moins pour laisser passer les compétiteurs et le comité de course. Ils se sont définitivement retirés vers 16 heures, mais n'en sont pas restés là.

    Cornes de brume

    Laissant libre l'accès au port des Minimes, les bateaux se sont rués sous un tonnerre de cornes de brume entre les deux tours, accompagnés d'un chalutier et de marins-pécheurs venus se joindre aux festivités...

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    La Rochelle: des conchyliculteurs bloquent le port de plaisance pour se faire entendre

    Des conchyliculteurs protestent contre la dégradation du milieu marin

    Source : Charente Libre / AFP

    Les conchyliculteurs veulent attirer l'attention sur la dégradation croissante du milieu marin et ses conséquences sur la production. Les conchyliculteurs veulent attirer l'attention sur la dégradation croissante du milieu marin et ses conséquences sur la production.

    Une vingtaine de bateaux et quelque 200 conchyliculteurs ont bloqué ce mardi pendant plusieurs heures l'accès au port de plaisance de La Rochelle, pour attirer l'attention sur la dégradation croissante du milieu marin et ses conséquences sur la production.

    "Nous sommes 25 bateaux et quelque 200 ostréïculteurs et mytiliculteurs. On va bloquer jusqu'à 16h et ensuite nous distribuerons des tracts sur la dégradation du milieu marin", a déclaré par téléphone l'un de leurs porte-paroles, Benoît Duriveaud.

    Le port de plaisance des Minimes à La Rochelle est le premier de la façade atlantique, avec 4.500 emplacements. La capitainerie a indiqué avoir prévenu par radio les plaisanciers, plus nombreux en cette période de vacances, du blocage du port jusqu'à 16h.

    La conchyliculture occupe quelque 3.000 entreprises en France, soit près de 9.200 emplois, selon des chiffres du ministère de l'Ecologie et du développement durable datant de 2011.

    "Personne ne fait rien"

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    Pollution : l’état déplorable des eaux de certains bassins français


    Une équipe française (EDF, CNRS-Université de Lorraine), suisse (Institut fédéral de science et technologique aquatique, Dübendorf) et allemande (Universités de Leipzig et de Coblence-Landau) vient de publier dans les PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) une analyse des pollutions organiques sur 4000 sites européens disposant de mesures.

    Source : Oce2015

    Parmi les principales conclusions de ce travail :
    • 223 composés chimiques sont identifiés en rivière ;
    • aux doses mesurées, ils présentent un risque toxique aigu (14% des cas) et chronique (42%) pour les invertébrés, les algues et les poissons ;
    • les substances les plus dommageables sont les pesticides, les tributylétain (TBT), les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les ignifuges bromés ;
    • l’effet cocktail (interaction et potentialisation des substances) n’a pas été modélisé, de sorte que l’évaluation de toxicité est éventuellement sous-estimée ;
    • toutes les substances artificielles chimiques ne sont pas analysées (notamment pas les molécules médicamenteuses à effet perturbateur endocrinien) et tous les sites n’ont pas la même qualité de mesure.

    Le constat est donc celui d’un échec de la politique de qualité de l’eau, notamment en France comme le démontrent les cartes en illustration. On constate notamment que les bassins Seine-Normandie et Loire-Bretagne figurent parmi les plus pollués d’Europe occidentale.

    Combien de temps va-t-on prétendre que la continuité écologique longitudinale est une mesure prioritaire pour l’atteinte du bon état écologique au sens de la Directive-cadre 2000 sur l’eau ?

    Quand les Agences de l’eau et la Direction de l’eau et de la biodiversité au Ministère de l’Ecologie vont-elles reconnaître la responsabilité de leur échec ?

    Il devient urgent de sortir de l’idéologie (ou du jeu des lobbies en Comités de bassin), de regarder ce que nous disent les mesures et d’agir en conséquence pour dresser les besoins prioritaires de nos rivières, et non l’absurde cosmétique  effacement d’ouvrages hydrauliques.
    .
    Référence : E. Malaj et al., Organic chemicals jeopardize the health of freshwater ecosystems on the continental scale, PNAS, en ligne, 16 juin 2014.

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    Le 19 Juillet 2014

    Pont de l’île de Ré : la mobilisation des conchyliculteurs perturbe la circulation


    Les conchyliculteurs ont décidé de bloquer l'accès au pont de l'île ce samedi. Une action qui perturbe fortement la circulation aux abords du pont et au nord de La Rochelle.

    Source : Sud Ouest

    Depuis 7h30 ce samedi matin et jusqu'en début d'après midi, environ 200 ostréiculteurs et mytiliculteurs bloquent l'accès au pont de l'île de Ré. Le barrage filtrant mis en place provoque des bouchons dans le secteur, il est donc préférable d'éviter la zone.

    Cette opération organisée par le comité régional des conchyliculteurs vise à alerter les automobilistes et les pouvoirs publics sur les problèmes de surmortalité des huîtres et des moules et la baisse croissante de leurs productions depuis plusieurs années.

    "Les pouvoirs publics et les élus assistent à la mort lente des écosystèmes dans l'indifférence générale" explique Gérald Viaud, prédident du Comité Régional de la Conchyliculture. "Nous souhaitons sensibiliser les citoyens à l'écologie, à l'écosystème et à la biodiversité. Aujourd'hui nos coquillages sont les sentinelles du milieu marin, demain les plages seront menacées et les baignades deviendront impossibles si nous ne faisons rien".

    En 2013, selon les chiffres de la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer), les producteurs ont perdu 10 000 tonnes d'huîtres, soit un manque à gagner de plus de 50 millions d'euros.

    Les conchyliculteurs distribuent des tracts aux abords du pont pour sensibiliser les automobilistes sur les difficultés qu'ils rencontrent.

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    La Rochelle : Manifestation de conchyliculteurs
        
    Source : Ouest France

    Ils subissent des problèmes de surmortalité des huitres et des moules. Ils ont provoqué samedi un ralentissement de deux kilomètres sur le pont menant à l'île de Ré.

    Le rassemblement, organisé par le comité régional de conchyliculture (CRC) a débuté à 7h30 avec quelque 200 camions et autant de manifestants ralentissant l'accès au péage du pont de l'île de Ré.

    A 13H00, le bulletin du centre régional d'information et de coordination routières faisait état de 2,5 kilomètres de ralentissement au péage rendu gratuit par les manifestants qui ont mis un terme à leur action avant 14H00.

    Le sentiment de ne pas être écoutés

    « Ca fait 30 à 40 ans qu'on répète la même chose, on a le sentiment de ne pas être écoutés », s'est lamenté  le président du comité national conchylicole, Gérald Viaud.

    « Pour les huîtres, on est dans la continuité des mortalités observées depuis 2008. Aujourd'hui, ça s'agrandit aux moules, aux pétoncles, aux coquilles-saint-jacques. Si ça continue, on s'apercevra que l'eau est contaminée, il n'y aura plus de baignade ».

    Protection sanitaire réclamée

    Les manifestants réclament « la restauration de leurs milieux de production » avec notamment « la protection sanitaire autour des gisements de coquillages ».

    En 2014, les mytiliculteurs de la Baie de l'Aiguillon ont vu mourir la quasi-totalité des moules. Deux agents pathogènes ont été identifiés, présents depuis longtemps dans le milieu, mais il n'est pas encore expliqué pourquoi ils sont soudain devenus mortels.

    1200 entreprises en Charente-Maritime

    La conchyliculture représente 1.200 entreprises en Charente-Maritime qui font travailler directement 6.000 permanents. La Charente-Maritime est le plus grand site de production et de reproduction naturel d'Europe avec 3.000 hectares de parcs en mer et 2.000 hectares de claire, bassin creusé dans les terres argileuses du littoral, produisant notamment les huitres marennes Oléron.

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    Conchyliculteurs et pêcheurs de Thau très inquiets des mortalités 


    Jean-Marie Ricard, prud’homme major de Thau (au centre), Marc Chastel et Jean-Claude Archimbeau, ostréiculteurs, sont très inquiets des mortalités violentes sur les coquillages. (Photo : Hélène Scheffer)

    Depuis la fin juin, les mortalités touchent les moules, les huîtres matures et même les palourdes de l’étang de Thau. Les professionnels voudraient comprendre pourquoi.

    Source : Le Marin

    Jean-Claude Archimbeau, ancien président du comité régional conchylicole (CRC) de Méditerranée, est le témoin de mortalités violentes qui touchent les huîtres de Thau, à commencer par l’exploitation familiale exploitée par son gendre, Marc Chastel. Au point qu'un matin, il a fallu trier plus de 900 huîtres de calibre n° 2 pour faire un casier de 50 coquillages, les autres étant mortes ou très faibles.

    Pourtant, les mortalités sont arrivées tardivement dans le sud cette année, après le 20 juin. Mais en trois jours, tout s’est déclenché. Les moules meurent elles aussi, quand elles ne sont pas croquées par les dorades. Et les pêcheurs sont très alarmés des mortalités de palourdes.

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    Banc d'Arguin : le décret régularisant la présence des ostréiculteurs à l'enquête publique

    Le si attendu décret modificatif de la Réserve naturelle nationale du banc d'Arguin sera soumis à enquête publique du 4 août au 5 septembre.

    Source : Sud Ouest

    Il était attendu et le voilà : le décret de modification de la réserve naturelle nationale du banc d'Arguin sera soumis à enquête publique du lundi 4 août au vendredi 5 septembre dans les mairies de Lège-Cap-Ferret et de La Teste-de-Buch. Ce décret fixe les règles sur cet espace protégé et régularise la présence des ostréiculteurs dans cette zone. Ainsi, 45 hectares seront dévolus à l'ostréiculture, contre 5 dans le précédent décret datant de 1986.

    Autre nouveauté, le mouillage sur le banc est autorisé du lever au coucher du soleil et non plus la nuit comme auparavant. La nuit toujours, il est interdit de débarquer et de circuler sur les parties émergées ou sur l'estran. Les animaux domestiques (chiens, chats, etc) n'ont plus le droit de débarquer sur la plage, de nuit comme de jour.

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    Le 17 Juillet 2014

    Le « Guide des espèces » de « PdM », outil pour les pros des produits de la mer

    Le Guide des espèces 2014 de notre confrère Produits de la mer, édité par Infomer, la société d’édition du marin, vient de sortir. Mise à jour et augmentée, cette édition 2014, la 5e du nom, propose de découvrir un peu plus de 70 espèces de poissons, mollusques et crustacés produits par la pêche française ou importés.

    Source : PDM

    À chacune de ces entrées, le Guide des espèces fournit les chiffres clés de la consommation et du commerce, ainsi que l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur chaque espèce. Et, pour les principales d’entre elles, des producteurs ou importateurs témoignent de leur vision du marché. Une quarantaine de professionnels donnent ainsi leurs conseils, avis et astuces.

    Nouveauté de cette année, la rubrique « Regards d’avenir » condense sur chaque fiche état et gestion des stocks, avis des ONG, ou encore les démarches de labellisation ou de certification de durabilité.

    30 euros l’exemplaire, offert avec l’abonnement (120 euros). À découvrir aussi sur www.pdm-seafoodmag.com

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    Le Syndicat mer et littoral (SMEL) recrute un Technicien pêche et aquaculture (H/F)

    Vacance de poste
    Catégorie B
    Filière technique
    Identification du poste
    Service:SMEL – Centre expérimental
    Résidence administrative : Blainville sur Mer
    Lien hiérarchique:Directeur
    Cadre d'emploi ou grade:cadre d'emploi des techniciens
    Date de prise de fonction : dès que possible
    Fonctionnaire ou contractuel (contractuel 1 an renouvelable)
    Missions/Activités
    • soutien technique aux actions et expérimentations menées au centre expérimental du SMEL à Blainville sur mer (mise en place et suivi d’expérimentations).
    • Soutien à la gestion et à l’entretien des moyens d’intervention et du bâtiment, aux actions de communication.

    Profil et compétences requises
    Compétences :
    - Connaissance dans les domaines de l’aquaculture, de la biologie marine et de l’expérimentation scientifique
    - Permis B et permis bateau
    - Compétences en plongée sous-marine souhaitées (formation professionnelle ultérieure programmée)
    Profil :
    - Technicien pêche et aquaculture (niveau minimum BAC + 2 souhaité)
    - Esprit d’équipe
    - Autonomie

    Spécificités liées au poste
    Cycle de travail particulier:
    Horaires non fixes
    Astreintes : week end et fériés

    Renseignements pratiques
    Personne à contacter pour les renseignements sur le poste :
    Olivier Richard, directeur du centre expérimental, 02 33 76 57 70
    Personne à contacter pour les renseignements administratifs:
    Christophe Géland, responsable recrutement-mobilité, 02 33 05 95 67
    Candidature (curriculum vitae + lettre de motivation) à adresser à :
    Monsieur le Président du Conseil Général
    Direction des Ressources Humaines
    50050 SAINT-LO cedex
    Pour les candidatures internes:voie hiérarchique

    Date limite de candidature :15/08/2014

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    Le 15 Juillet 2014

    Vous avez dit "invasif" !!! Du tranchant au piquant...

    Zélande: l'huître japonaise rend la baignade dangereuse

    Nos voisins bataves cherchent à se débarrasser des huîtres japonaises sauvages qui sont de plus en plus nombreuses en Zélande. Loin d’être inoffensifs, ces coquillages "ont déjà couté un orteil à des baigneurs et même, dans le cas le plus grave, tranché une artère".

    Source : Le Vif par Muriel Lefevre

    Les huîtres prolifèrent surtout dans les eaux de l’Oosterschelde, du Veerse Meer et du Grevelingenmeer. Elles représentent un danger pour les baigneurs et les amateurs de sports nautiques. Avec leur coquille particulièrement tranchante, elles peuvent causer de graves blessures allant jusqu’à l’amputation. Selon le bourgmestre de Noord-Beveland interviewé par le magazine néerlandais gratuit Sp!ts "Certains baigneurs ont perdu un orteil et d’autre se sont même sectionnés une artère entraînant une importante perte de sang". C'est pourquoi la province, les communes, le secteur touristique et les pêcheurs se sont associés pour se débarrasser d’un maximum de ces huîtres avant le pic de la saison touristique.

    L’huître japonaise

    Cette huître creuse originaire du nord-ouest du Pacifique a été importée en Bretagne au début des années 1970 pour remplacer les huîtres locales pratiquement éradiquées par une épidémie. Aidée par un réchauffement généralisé des eaux, la Crassostrea gigas va rapidement proliférer naturellement. Pour qu’elle puisse reproduire, il faut que l’eau atteigne les 18 à 20C. Une température régulièrement atteinte en été.

    Autre spécificité de ce coquillage, il s’adapte aussi bien à l’eau douce qu’à l’eau de mer. Ces huîtres peuvent recouvrir des rochers, voire former des récifs particulièrement invasifs. Au-delà de sa prolifération sauvage dans diverses eaux européennes, l'huître japonaise reste aussi et surtout l'espèce d'huître la plus cultivée au monde.

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    Aquaculture en France

    Question orale sans débat n° 0795S de M. Charles Revet (Seine-Maritime - UMP)

    publiée dans le JO Sénat du 22/05/2014 - page 1168

    M. Charles Revet attire l'attention de M. le secrétaire d'État, auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur la place de l'aquaculture sur le littoral français et au sein du secteur agricole.

    Source : Sénat

    Le secteur de l'aquaculture français est en stagnation depuis 1995. La France a été en pointe dans les années 1970 mais ses productions n'évoluent pas. La conchyliculture représente une production de 163 000 tonnes de coquillages ; la pisciculture (marine NDLR)  seulement 6 000 tonnes de poisson mais 200 millions d'œufs embryonnaires ou de larves, dont 66 % sont exportés. Au total 3 000 entreprises emploient 18 000 salariés pour un chiffre d'affaires de 550 millions d'euros. (NDLR il faudrait ajouter la pisciculture continentale : plus de 40 000 tonnes de poissons en eau douce : truite, carpe,...)

    La France, qui possède dans le monde la deuxième plus grande zone économique maritime, juste derrière les États-Unis d'Amérique, ne couvre, selon la statistique, qu'à hauteur de 15 % ses besoins en poissons et crustacés. Cette situation est inacceptable mais, a contrario, pourrait offrir des possibilités de développement pour peu que les contraintes, souvent spécifiques à la France, n'aboutissent pas à bloquer les projets et à dissuader les pêcheurs de s'engager.

    Un dispositif de la loi de modernisation de la pêche et de l'agriculture a visé à l'établissement de schémas tout au long du littoral français, faisant ressortir les espaces à protéger, les espaces où pourraient s'établir des productions aquacoles ou autres activités économiques et, éventuellement, des espaces à classement ultérieur afin de ne pas hypothéquer l'avenir de ces terrains. Cela s'est traduit par une modification du code de l'environnement et il lui demande, d'abord, de lui préciser quelle application a été faite des dispositifs que créent les articles L. 219-6-1 et L. 923-1-1 du code rural et de la pêche maritime.

    L'algoculture, dont les débouchés sont nombreux, tels les cosmétiques ou la biomasse, est un gisement à développer.

    L'aquaculture contribue fortement à la sécurité alimentaire. En 2030, selon un rapport de la Banque mondiale (Prospect for fisheries and aquaculture), plus de 60 % du poisson consommé proviendra de l'aquaculture. La Chine en produira 38 % et en consommera 37 %.

    Il importe, pour éviter les concentrations au Vietnam, en Chine et au Chili, dommageables pour l'environnement, de diversifier les lieux de production mais également d'augmenter la sécurité alimentaire en termes de production de qualité et de couverture des besoins.

    La France représente 10 % des captures de poissons (dans l'Union Européenne NDLR). Elle dispose du second domaine maritime au monde en termes de zone économique. La pêche française génère un milliard d'euros de chiffre d'affaires et 93 000 emplois. La richesse halieutique s'épuisant, il est nécessaire de stimuler une économie de substitution.

    L'aquaculture est le produit de demain. Or, de pionnier, le pays a régressé, alors qu'une nouvelle transition écologique se profile sur la période 2010-2014 tendant vers une croissance économique raisonnable, compatible avec la nécessaire protection du cordon littoral.

    Il souhaiterait donc connaître les actions conduites en faveur d'un développement significatif de l'aquaculture, et ce, afin de faire de notre façade maritime un vivier halieutique de substitution générateur d'économie et contribuant à l'équilibre alimentaire des populations. La consultation citoyenne relative au « mieux consommer » vient de s'achever

    Il lui demande, dès lors, s'il peut lui indiquer quels en sont les enseignements et quelles sont les perspectives pour l'aquaculture, l'algoculture, la conchyliculture, la pisciculture.

    Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger

    publiée dans le JO Sénat du 09/07/2014

    Le texte de cette réponse n'est pas disponible à ce jour.

    Dans l'attente de la réponse... Les conchyliculteurs se mobilisent !...


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    Le 10 Juillet 2014

    « Demain, on va tous crever »


    Phrases chocs et prévision de manifestations ont rythmé, hier, la réunion sur la mortalité des moules dans la baie de l’Aiguillon, notamment.

    Source : Sud Ouest par Thomas Ghiloni

    « La profession est aujourd'hui comme le “Titanic” qui, après avoir heurté un iceberg, sombre peu à peu. » De l'aveu même de Gérald Viaud, président du Comité national conchylicole, sa formule est « un cliché choc mais qui reflète la triste réalité ».

    Les prévisions font état d'une perte de 12 000 tonnes de moules pour un préjudice financier de 20 millions d'euros. « Demain, on va tous crever », a lâché Gérald Viaud. Une réalité qui aura réuni plus de 300 personnes à Marennes. Cette réunion de crise s'est déroulée en présence des mytiliculteurs, de la sous-préfète de Rochefort Magali Sellès, du député Didier Quentin, de représentants de parlementaires, de conseillers régionaux et généraux, mais aussi de maires et de professionnels maritimes.

    « Conjonction de facteurs »

    L'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) a été vivement fustigé du fait de son absence. Si les résultats d'analyses évoquent « une conjonction de facteurs », dont une météo hivernale particulière qui aurait favorisé l'action d'une bactérie.

    Le monde scientifique a aussi sa part de responsabilité dans cette mortalité selon les professionnels. L'agriculture a également été pointée du doigt, tout comme les stations d'épuration qui ont cristallisé nombre de tensions.

    Pesticides et médicaments

    Suite : Sud Ouest

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    Après la Bretagne, les algues vertes gagnent la Normandie et le sud Loire

    En 2012, les algues vertes ont recouvert 815 hectares de plages en Bretagne, 280 en Normandie, et 240 en Loire Atlantique jusqu'à Oléron. Ici, Grandcamp-Maisy en Normandie.En 2012, les algues vertes ont recouvert 815 hectares de plages en Bretagne, 280 en Normandie, et 240 en Loire Atlantique jusqu'à Oléron.

    Source : TV5 Monde - Caen (AFP) - Par Chloe COUPEAU

    Connues pour avoir empesté les plages de Bretagne, les algues vertes nées des surplus d'azote dans l'agriculture, gagnent désormais certains secteurs jusque-là peu touchés, comme la Normandie et le sud de la Loire.

    "On est début juillet et déjà, on a ramassé presque 1.000 tonnes", soit l'équivalent des quantités relevées en une année il y a dix ans, se désole Serge Bigot maire de Grandcamp-Maisy, une des deux communes les plus touchées dans le Calvados.

    Selon l'élu, qui fait remonter l'apparition du phénomène à 2004, et son accélération à 2008, Grandcamp se retrouve certaines années avec un mètre d'épaisseur d'algues par endroits et les odeurs d'œufs pourris qui vont avec.

    Alors il faut ramasser.

    Avec 3.700 m3 environ l'an dernier, la commune normande est encore loin des 9.000 m3 de 2013 à Saint-Michel-en-grève (après 18.000 en 2012).

    Ce village breton est habituellement l'un des plus touchés de sa région.


    Un cheval y a succombé en 2009 après s'être enfoncé jusqu'à l'encolure dans un amas d'algues vertes en décomposition. La cour administrative d'appel de Nantes doit dire le 25 juillet si l'hydrogène sulfuré toxique dégagé par les algues en putréfaction est bien responsable de la mort de l'animal.

    - Dépots dès le mois de mai -

    Si la Normandie n'en est pas là, le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva) confirme y avoir observé, en avion, des "dépôts importants" et précoces dès mai, alors qu'il n'y avait encore rien ailleurs en France.

    Sont surtout touchés l'ouest du Calvados (Grandcamp et autour) et des communes côtières de l'agglomération de Caen.

    Au-delà, "depuis quelques années, les algues vertes sont de plus en plus nombreuses en Basse-Normandie, ainsi que sur les îles de Noirmoutier, Ré et Oléron", alors qu'elles auraient plutôt tendance à régresser en Bretagne, où elles commencèrent à proliférer il y a 40 ans, estime Sylvain Ballu du Ceva.

    Le Centre d'études, basé en Bretagne, mais qui suit le phénomène au niveau national, vient même de placer la Normandie sous surveillance renforcée (avec cinq survols au lieu de trois par an).

    Un constat de prolifération à "de nouvelles plages" souligné également, en janvier, par le commissariat au développement durable rattaché au ministère de l'Ecologie.

    En 2012, les algues vertes ont recouvert 815 hectares de plages en Bretagne, 280 en Normandie, et 240 en Loire-atlantique jusqu'à Oléron. Néanmoins, hors Bretagne et Grandcamp, les communes sont peu nombreuses à effectuer un ramassage, faute d'équipement et de budget.

    - Danger de putréfaction -

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    Le 8 Juillet 2014

    Les Estivases, c’est parti !

    Le Théâtre d’Ardoise débute ce soir sa sixième saison. Au menu : rencontres musicales, théâtrales et humoristiques, dans un décor naturel et typique

    Source : Sud Ouest par Élia Dahan

    C'est au milieu des marais, les pieds presque dans l'eau, que le théâtre d'Ardoise lance sa saison ce soir. Aménagé au cœur de la région ostréicole d'Arceau, ce singulier théâtre propose une programmation hétéroclite, pour plaire au plus grand nombre. « Nous voulons faire des spectacles dans tous les styles », assure l'initiateur du projet, Jean-Marc Chailloleau, mais pas que. Ostréiculteur retraité, le sexagénaire souhaite aussi, à travers le théâtre, « associer la culture locale, en proposant des produits issus de l'agriculture et de l'ostréiculture oléronaises ». Pour cela, les visiteurs sont invités, entre deux représentations, à profiter du paysage charentais en dégustant des huîtres ou du melon de producteurs locaux et en sirotant un verre de pineau.

    Hommage au pays

    Ici, même les infrastructures sont un hommage au pays. Les gradins du théâtre sont montés sur des ardoises qui servaient aux parcs à huîtres, on ouvre les ganivelles (de petites palissades en lattes de bois que l'on trouve sur les plages) avant d'entrer en scène, et on se prélasse sur des vieux sièges de cabanes ostréicoles au milieu des tamarins.

    Mais le Théâtre d'Ardoise, c'est avant tout un rendez-vous culturel. Durant la saison des Estivases, - « un clin d'œil au lieu », s'amuse Jean-Marc Chailloleau -, des artistes de tous horizons sont attendus sur 15 dates. Ce soir, Jacques Bonnaffé et Olivier Saladin ouvrent le bal. « Deux habitués du théâtre qui ont plaisir à revenir », explique l'Oléronais. S'ensuivront des soirées à thème comme celle de vendredi, consacrée à La Réunion.

    Découvrir un autre monde

    Les curieux pourront également venir se déhancher sur du rock, de la dub (pour les plus jeunes), ou apprécier le violoncelliste Vincent Courtois lors d'une soirée jazz. « Nous avons également créé ce théâtre pour faire découvrir des choses aux gens, c'est un de nos buts », confie Jean-Marc Chailloleau.

    Pour cette sixième saison, le créateur des Estivases compte sur la présence des touristes, pour qu'ils viennent « découvrir un autre monde et rencontrer des gens d'ici ». Mais que les estivants se rassurent, l'ancien ostréiculteur a laissé, à la fin du programme de la saison, un petit lexique du patois local afin que tout le monde puisse accorder ses violons.

    Élia Dahan

    Le Théâtre d'Ardoise : Le Chenal d'Arceau, route de Bellevue ; www.letheatredardoise.com. Renseignements et réservations sur réservation@letheatre dardoise.com ou au 06 29 53 68 32.

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    Ils vont draguer les huîtres à l’ancienne

    Samedi, l'incontournable et dynamique association L'Huître pédagogique fera des démonstrations autour du travail des huîtres, lors de la Journée de l'huître de Seudre. Cette animation devrait se révéler spectaculaire grâce à une activité séculaire : le dragage des huîtres à la voile et aux avirons.

    Source : Sud Ouest par Paul Ghézi

    Les bénévoles de l'association proposeront également des ateliers ouverts à tous, grands et petits (confection de collecteurs avec les coquilles d'huîtres, « détrocage » des paquets de naissains, manipulations en élevage et affinage, qui caractérisent les huîtres d'ici).

    Entre hier et aujourd'hui

    C'est toujours avec la volonté de lier les traditions et la vie économique d'aujourd'hui que les démonstrations de L'Huître pédagogique sont conçues, en même temps qu'une large information ciblée sur le travail et le respect de la qualité du milieu. Côté traditionnel, le dragage à la voile et aux avirons sera donc le clou de la manifestation. On montrera comment travaillaient nos ancêtres sur les gisements naturels pour garnir les claires des « huîtriers », construites sur les bords de Seudre . Cette démonstration devant le public se fera à bord d'une lasse « La Salicorne », un bateau de Seudre inscrit à l'inventaire des Monuments historiques....

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    Le 7 Juillet 2014

    Bassin d'Arcachon : les huîtres seront purifiées à la Matelle

    Le préfet a signé, vendredi, l’arrêté de classement du banc de la Matelle comme zone de purification des huîtres. C’est la première zone naturelle de France.

    Source : Sud Ouest par Bernadette Dubourg 

    Le mercredi 11 juin dernier, le préfet de Région, Michel Delpuech, accompagnée de la sous-préfète du bassin d'Arcachon, Dominique Christian, avait enfilé les bottes pour débarquer, à marée basse, sur le banc de la Matelle, au cœur du bassin d'Arcachon, où les ostréiculteurs souhaitaient installer une zone de purification naturelle des huîtres (lire « Sud Ouest » du 12 juin).

    Le président des ostréiculteurs, Olivier Laban, qui l'escortait, aux côtés notamment du directeur des territoires et de la mer, Éric Mevelec, et du responsable arcachonnais de la DDTM, Laurent Courgeon, lui avait expliqué que le groupe de travail réuni depuis deux ans, avec Ifremer, avait démontré que « cette zone maritime est propice à une purification naturelle et rapide (24 à 48 heures) des huîtres de la zone B (20 % du Bassin) avant leur mise en vente ».

    Cette purification naturelle s'annonçait aussi « moins onéreuse que l'installation de bassins de purification dans les entreprises ostréicoles », et surtout « ouverte à tous », puisqu'il faut l'obtention d'un agrément ou encore de la place pour aménager une installation près de son entreprise.

    « D'ici à la fin du mois, je prendrai un arrêté de classement en zone de reparcage » avait promis le préfet, avant de réembarquer vers le port d'Arcachon. Michel Delpuech a signé cet arrêté, vendredi dernier.

    « C'est très agréable que les engagements pris soient tenus », se félicite le président des ostréiculteurs, Olivier Laban, satisfait aussi que « cette décision couronne deux ans de discussions, de travaux, de recherches. Il a fallu convaincre l'administration centrale. Mais on a su montrer comment les huîtres pouvaient se décontaminer sans aucun investissement des entreprises, ou encore sans le risque que les installations tombent en panne. »

    À la satisfaction, s'ajoute aussi un brin de fierté, puisque cette zone de purification naturelle est une « première en France, et peut-être même en Europe ».

    Le banc de la Matelle représente 70 hectares, soit près du dixième des 750 hectares de parcs ostréicoles du bassin d'Arcachon, divisés en 3 600 parcelles, dont profitent les 315 entreprises ostréicoles du Bassin.

    Ce lundi matin, cet arrêté sera présenté au bureau du comité régional conchylicole et un appel à candidatures sera lancé auprès des ostréiculteurs intéressés pour y obtenir une concession. Un quadrillage a été réalisé pour limiter les concessions à 12 ares, ce qui permet d'y stocker une dizaine de tonnes d'huîtres, pour un minimum de sept jours, selon le protocole accepté par les ostréiculteurs « pour une plus grande sécurité »....

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    Guide pratique pour entreprendre. Auto-entrepreneur et étudiant : les règles

    Le statut d'étudiant est compatible avec celui d'auto-entrepreneur (Ouest France de lundi). Rappel des règles.

    Source : Ouest France

    Plusieurs critères sont nécessaires pour qu'un étudiant devienne auto-entrepreneur. Tout d'abord, il doit être majeur. Pour les mineurs, seule une activité libérale ou artisanale est possible. Il est aussi essentiel de détenir les diplômes ou certificats de la profession exercée. De nombreux métiers sont réglementés et demandent des accréditations, financements ou diplômes particuliers.

    L'étudiant a une obligation d'assiduité en cours et doit se présenter aux examens. Il conserve également sa protection sociale étudiante. Côté entreprise, il doit régler les montants des cotisations et s'inscrire au régime social des indépendants. Pour démarrer son activité, une simple déclaration en ligne auprès de l'Urssaf est nécessaire (www.lautoentrepreneur.fr.).

    Déclarer les revenus

    Les revenus doivent être inscrits sur la déclaration de revenu de l'étudiant ou de celle de ses parents si le jeune est rattaché fiscalement à leur foyer. Pour les boursiers, ces revenus auront une incidence sur le montant de la bourse qui leur est attribuée.

    De nombreux dispositifs d'aides ont été créés pour aider les jeunes auto-entrepreneurs. BpiFrance a mis en place un prêt étudiant qui permet d'obtenir une caution bancaire. Plusieurs concours sont réservés aux étudiants créateurs d'entreprises : Graine de créateurs, concours Campus création. Ils bénéficient aussi d'aides à la création via des dispositifs comme Envie d'agir et Petit Poucet.

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    Le 3 juillet 2014

    Médoc : l’estuaire de la Gironde retrouve l’huître



    La baisse du taux de cadmium autorise à nouveau l’affinage des huîtres dans les marais salants. À côté de l’aquaculture, l’ostréiculture est en voie de relance.

    Source : Sud Ouest par Michel Monteil

    C'est une certitude. Il y aura des huîtres affinées dans les marais du bas Médoc à la table du réveillon 2014. L'espoir caressé en début d'année par Franck Laporte, maire de Talais, devient réalité. Cette semaine, le préfet signera un arrêté autorisant l'affinage des huîtres dans cette zone de l'estuaire. C'était interdit depuis 1996 à cause de la présence dans l'eau de cadmium, un métal lourd provenant de l'exploitation minière en Aveyron.

    La décision a été annoncée vendredi par le service maritime et littoral de Gironde, lors d'une énième réunion d'un groupe technique du comité de pilotage du dossier aquaculture-ostréiculture. Celui-ci avait été mis en place fin 2009 au sein de la Communauté de communes (CdC) de la Pointe du Médoc.

    Une activité ostréicole ancienne

    Époque gallo-romaine : le préfet des Gaules Ausone fait état des « meilleures huîtres » que sont celles des étangs du Médoc « que les marées engraissent ».

    Fin du XIXe siècle : ramassées durant des siècles, les huîtres plates sont victimes d’une cueillette intensive et de l’assèchement des marais entrepris deux siècles plus tôt. Après le record de production de 62 millions d’huîtres en 1883, commence le déclin. Les huîtres ne subsistent qu’à Neyran et au Verdon.

    XXe siècle : la baisse de la production est ininterrompue. À l’aube des années 1970, les communes du bas Médoc comptent encore près de 1 200 parcs de captage, près de 400 parcs d’élevage et une dizaine de parcs d’affinage sur près de 700 hectares de marais.

    Années 1970 : une maladie décime les parcs girondins. L’introduction d’une variété japonaise n’apporte pas le repeuplement espéré.

    Au même moment, le Port autonome de Bordeaux entame d’importants travaux de création du terminal conteneurs au Verdon avec l’espace prévu pour une zone industrielle.

    À la même époque, un navire transportant des huîtres creuses portugaises, affrontant une tempête, rejette sa cargaison au large de Talais. Les « portugaises » prennent leurs aises.

    1996 : après la découverte de cadmium dans l’eau de l’estuaire, la vente d’huîtres est interdite.

    Suite : Sud Ouest

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    Un bassin ostréicole pollué. Des amendes requises contre Sita-Suez


    Saint-Vaast-la-Hougue - 01 Juillet

    Source : Ouest France

    Des amendes ont été requises mardi en correctionnelle par le parquet à Cherbourg contre trois agents d'une filiale de Sita-Suez environnement.

    Cette filiale de Sita-Suez est accusée d'être à l'origine de la pollution d'un important bassin ostréicole bas-normand en 2012.

    Un agent de cette société, âgé de 30 ans, est accusé d'avoir déversé dans le réseau des eaux usées de Saint-Vaast-la-Hougue des « déchets » (des eaux usées collectées ailleurs), qui auraient dû être traités dans une station spécialisée.

    Une vidange dans le réseau communal


    Interrogé par une inspectrice de l'Agence régionale de santé l'ayant surpris le 4 septembre 2012 en train de vidanger sa cuve dans le réseau municipal, l'agent a répondu que d'aller à la station requise à 2 km coûtait « 26,54 euros le m3 ». Il a même déclaré que cette pratique était courante dans ce sesaint-vascteur d'activité.

    Le procureur a requis 1500€ d'amende contre cet agent qui n'était pas présent à l'audience, 2000€ contre son responsable direct, âgé de 42 ans, qui a reconnu la faute mais a dit ne pas savoir à l'époque que cela était interdit et 4000€ contre le directeur de 61 ans de l'agence locale de la société Sane-Serc, baptisée à l'époque Hannot.

    L'avocat du comité régional de conchyliculture (CRC) Manche et mer du Nord Me Jean-Pierre Levacher a demandé 100000 euros de dédommagement.

    Reponsable d'une pollution à la bactérie E Coli

    Pour le CRC, la société Sane-Serc est responsable des pics « brutaux » de pollution à la bactérie E Coli observés l'été 2012 qui ont donné lieu à un arrêté de fermeture pendant un mois de ce bassin ostréicole qui emploie environ 200 personnes, selon Me Levacher.

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    Une escale culinaire chez Joël Dupuch

    Vingt-neuf étudiants de l'école de gastronomie française Ferrandi de Paris ont fait escale aux Jacquets chez Joël Dupuch afin de découvrir les produits régionaux et le savoir-faire authentique d'artisans des métiers de bouche.

    Source : Sud Ouest

    Au menu de cette journée, la découverte de l'ostréiculture du Bassin, des parcs, une dégustation d'huîtres et un méchoui d'agneau de lait de Pauillac devant la célèbre cabane de Joël.

    Produits authentiques

    « L'ostréiculture, l'élevage ovin et tous les autres acteurs de production de Gironde représentent une activité non négligeable en Gironde, explique Stéphane Gabrielly, le professeur de cuisine. Il est très important que nos futurs grands chefs connaissent les produits régionaux, facteurs d'activités économiques dans notre pays. Nous devons mettre en avant les produits de nos régions et transmettre à ces jeunes le plaisir de travailler des produits authentiques et de qualité. »

    Joël Dupuch a donc accueilli cette classe très cosmopolite d'étudiants venus du monde entier - Asie, Amérique, Australie - pour « faire partager le lieu, la qualité de l'espace, nos valeurs et nos produits. »

    Autre invité de marque : Christophe Girardot, le chef du restaurant gujanais La Guérinière. « J'ai cuisiné avec eux à Paris il y a quinze jours, j'ai donc laissé mes fourneaux ce midi pour les retrouver et partager ce moment convivial. »

    H. R.

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    Le 2 juillet 2014

    Frédéric Cuvillier dans le Morbihan à la rencontre des professionnels de la pêche et de l’aquaculture

    Frédéric Cuvillier s’est rendu dans le Morbihan ce mardi 1er juillet 2014, à la rencontre des femmes et les hommes qui ont fait de la mer leur métier.

    Embarquement de Frédéric Cuvillier sur un chaland ostréicole à Etel - Crédits photo : Arnaud Bouissou / MEDDE

    Première étape dédiée tout d’abord à l’aquaculture, avec la visite de l’entreprise Aquastream. Cette PME située à Ploëmeur et spécialisée dans l’écloserie de bars bénéficie d’un savoir faire unique en Europe, tant pour l’élevage larvaire que pour la reproduction des poissons. Chaque année, ce sont entre 15 et 20 millions d’alevins qui y sont produits.

    Source : medde 

    Alliant innovation et recherche, l’entreprise Aquastream dispose par ailleurs d’une plateforme expérimentale dédiée à l’aquaculture marine. Celle-ci met à disposition, sur une surface de près de 300 m², deux circuits d’élevage indépendants, conçus pour réaliser des tests.

    Frédéric Cuvillier a salué le travail remarquable réalisé par les équipes d’Aquastream qui permet à la filière aquacole française d’être mondialement reconnue. Il a affirmé la nécessité pour la France d’avoir une stratégie aquacole durable et responsable.

    Frédéric Cuvillier s’est ensuite rendu au Centre Européen de Formation Continue Maritime de Lorient. Il a tout d’abord inauguré le simulateur de navigation et de pêche. Cet équipement high-tech permet de se former sur la terre ferme à la fois à la navigation et aux différentes techniques de chalutage.

    Il y a également animé une table ronde consacrée à l’installation des jeunes pêcheurs au cours de laquelle il a rappelé que le renouvellement de la flotte était une priorité.

    Frédéric Cuvillier était également invité à ouvrir les Assises de la Pêche et des Produits de la Mer au Palais des Congrès de Lorient. Dans son discours, il a mis en avant une pêche française durable et diverse. « La pêche hauturière, la pêche lointaine, la petite pêche ou la pêche côtière, toutes jouent un rôle dans l’économie et l’attractivité de nos façades maritimes et toutes participent à l’alimentation de nos concitoyens par la fourniture de produits de qualité, de proximité et diversifiés. » a-t-il rappelé.

    La filière ostréicole a également été mise à l’honneur lors de cette journée. Frédéric Cuvillier est allé à la rencontre de conchyliculteurs de la ria d’Etel, embarquant avec eux sur un chaland ostréicole.

    La dernière étape a été consacrée à la sécurité maritime avec une visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de l’Atlantique centre (CROSS) et du Centre national de surveillance des pêches basés à Etel. Le ministre a salué le travail remarquable des femmes et des hommes, qui surveillent 24h sur 24 les activités en mer.

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    Des communes s’opposent à l’ensemencement de coques en Petite mer de Gâvres



    Porté par le comité départemental des pêches du Morbihan, le plan de relance de la pêche à pied en Petite mer de Gâvres se heurte à l’hostilité de communes limitrophes, qui défendent les pêcheurs de loisir.

    Source : Le Marin

    Défendant 220 pêcheurs à pied professionnels, le comité des pêches insiste sur la nécessité de revitaliser les gisements de coques. Approuvé fin avril, lors d’une Commission régionale de la pêche maritime et de l’aquaculture marine (Corepam) tenue sous la présidence du préfet de région, ce projet suivi par des scientifiques était financé à hauteur de 100 000 euros.

    Il envisageait de semer à partir d’octobre environ 20 tonnes de naissains de coques en Petite mer de Gâvres. Sur 6 000 m², moins de 3 % de sa surface totale. Une opération plus légère (500 kilos) vise le banc de Truscat dans le golfe du Morbihan.

    Mais le maire de Gâvres, Dominique Le Vouédec, a rappelé le jeudi 19 juin son désaccord. Pour lui, l’opération n’est adossée à aucune étude d’impact et risque de marginaliser la pêche à pied de loisir. Dénonçant une « privatisation », il avait organisé l’été 2013 un référendum, qui avait mobilisé un bon millier de personnes.

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    Le CGDD décrypte les métiers de l'économie verte

    L'économie verte au prisme de ses métiers : plus de métiers "verdissants" que "verts", des emplois occupés par les hommes, des recrutements souvent difficiles mais une majorité d'emplois à durée indéterminée.

    Source : Actu-environnement

    Le 27 juin, le Commissariat général au développement durable a publié le numéro 188 de sa collection "Le point sur", intitulé "Comprendre l'emploi dans l'économie verte par l'analyse des métiers".

    L'étude utilise l'approche dite "métiers", développée par l'Observatoire national des emplois et métiers de l'économie verte (Onemev). Il s'agit de "quantifier le nombre de personnes qui occupent un métier" de l'économie verte.


    Les emplois verdissants devancent les emplois verts

    Les métiers de l'économie verte sont essentiellement des métiers dits "verdissants". Alors que la finalité d'un métier vert est de "mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et les dommages sur l'environnement", un métier dit "verdissant" n'a pas de finalité environnementale. Un emploi verdissant "intègre de nouvelles « briques de compétences » pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale dans le geste métier".

    D'un côté, des métiers verts tels que garde forestier, garde du littoral, ouvrier d'entretien des espaces naturels, technicien chargé de la police de l'eau, égoutier, agent de déchetterie ou encore chef d'exploitation de station d'épuration, et tous les emplois qui, par essence, trouvent leur raison d'être dans la protection de l'environnement.

    De l'autre, des métiers verdissants tels qu'architecte (éco-conception), agriculteur (agriculture biologique, raisonnée), toxicologue, géologue, ou animateur socioculturel dans l'environnement. "Les professionnels de l'animation socioculturelle sont les plus recherchés (plus d'un quart des besoins en main d'œuvre) des métiers de l'économie verte en 2013", rapporte l'étude, mais "près des trois-quarts des intentions d'embauche sur ce métier sont des emplois saisonniers".

    Le verdissement des emplois correspond à la diffusion de la protection de l'environnement dans toutes les branches de l'économie, de manière volontaire ou en application de nouvelles contraintes réglementaires. Le nombre d'emplois verdissants est donc un indicateur utile. Malheureusement, ce nombre est difficile à établir. Il est "surestimé", explique l'étude, à cause de l'impossibilité de mesurer "le verdissement effectif", qui "ne touche qu'une partie des professionnels" d'un secteur répertorié comme verdissant. Alors que l'économie verte (emplois verts + emplois verdissants) emploie environ 4 millions de personnes, les métiers verts ne pèsent que 140.000 travailleurs.

    Comprendre l’emploi dans l’économie verte par l’analyse des métiers

    L’économie verte concerne directement près de quatre millions de personnes en emploi. Seulement 140 000 d’entre elles occupent un métier dit « vert », à finalité environnementale, alors que les autres exercent un métier « verdissant », dont les compétences sont amenées à évoluer afin de prendre en compte les enjeux environnementaux. Ces professions sont avant tout exercées par des hommes, disposant souvent d’un niveau de formation de type BEP/CAP ; les ouvriers y sont largement représentés. Les taux de rotation des emplois concernés sont faibles. Les métiers de l’économie verte ne sont pas épargnés par la dégradation du marché du travail même si les métiers verts sont un peu moins touchés. Par ailleurs, les difficultés de recrutement anticipées par les entreprises sont un peu plus importantes dans les métiers de l’économie verte que dans l’ensemble de l’économie.


    Métiers de l’économie verte = métiers verts + métiers verdissants

    Un métier vert est un métier « dont la finalité et les compétences mises en œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement  » (agent d’entretien des espaces naturels, garde forestier, technicien chargé de la police de l’eau...).

    Un métier verdissant est un métier « dont la finalité n’est pas environnementale mais qui intègre de nouvelles « briques de compétences » pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale dans le geste métier » (architecte, poseur en isolation thermique, responsable logistique, responsable de centre de loisirs, jardinier...). L’exemple du bâtiment est emblématique du verdissement des professions : les professionnels de ce secteur doivent tenir compte de l’évolution des normes et des réglementations (réglementation thermique 2012 par exemple), apprendre de nouveaux gestes pour utiliser des matériaux nouveaux ou pour assimiler des nouvelles techniques de travail (isolation, construction...), etc.

    L’Onemev a dressé une liste des métiers verts et verdissants, à dire d’experts, pouvant être repérés à partir des nomenclatures du répertoire opérationnel des métiers et des emplois (Rome) de Pôle emploi et des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) de l’Insee. Les statistiques présentées sont donc soumises à ces nomenclatures qui, malgré leurs évolutions, peuvent ne pas tenir compte de l’ensemble des évolutions récentes des métiers liés à l’environnement.

    Par ailleurs, concernant les professions verdissantes, le verdissement effectif ne touche qu’une partie des professionnels. Faute de pouvoir estimer cette part, l’ensemble des effectifs d’une même profession est pris en compte pour les chiffrages. Le nombre d’emplois correspondant aux métiers verdissants est donc surestimé.

    Les métiers verts : des professions principalement ouvrières et masculines

    En 2010, 140 000 personnes exercent un métier vert, soit 0,5 % de l’emploi, toutes professions confondues.

    Les quatre cinquièmes de ces professionnels travaillent dans les domaines de l’assainissement et du traitement des déchets (36%) ou de la production et de la distribution d’énergie et d’eau (45%). Les autres occupent des postes en lien avec la protection de la nature ou des métiers plus transversaux comme les techniciens de l’environnement et du traitement des pollutions, ou les ingénieurs et cadres techniques de l’environnement.

    Les métiers verdissants : un large panorama de professions

    Selon le périmètre considéré, entre 3,7 et 4,1 millions de personnes occupent un métier verdissant, représentant environ 15 % de l’emploi, toutes professions confondues.

    Ces professionnels occupent des métiers beaucoup plus variés que les métiers verts, liés à l’agriculture et la sylviculture, l’entretien des espaces verts, l’industrie, le tourisme, l’animation, la recherche, les achats, etc. Pour autant, plus d’un professionnel sur deux exerce un métier du bâtiment ou des transports.

    Comme dans les professions vertes, les professions verdissantes sont « masculines » (84 % d’hommes). Les femmes sont, ici encore, proportionnellement plus nombreuses parmi les professions les plus qualifiées.

    Les niveaux de qualification sont également variés, compte tenu de l’éventail des professions. Ceci étant, plus d’un tiers des professionnels disposent d’un BEP/CAP (34%) et un sur cinq a un niveau de formation inférieur au brevet des collèges (21 %). Comme les professionnels « verts », ils sont 28 % à détenir un diplôme supérieur (contre 35 % en général). 73 % des professionnels des métiers verdissants occupent un emploi sans limite de durée (contre 76 % pour l’ensemble des professions). Contrairement aux professionnels des métiers verts, ils ne sont pas tous salariés (12 % d’entre eux sont indépendants).

    Cliquer Ici pour télécharger le document "Comprendre l'emploi dans l'économie verte par l'analyse des métiers"

    Cliquer Ici pour télécharger le document "Les professions de l’économie verte : typologie et caractéristiques"

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    Le 18 Juin 2014

    Naufrage conchylicole : de la psychose au malaise...

    Charron (Charente-Maritime) - 21 avril 2014

    Mortalité des moules. Début de psychose en Charente-Maritime

    Source : Le Télégramme

    Dans la baie de l'Aiguillon, les mytiliculteurs sont extrêmement inquiets : leur production de moules a été décimée, mais ils n'en connaissent pas la cause. Ce week-end, ils ont manifesté leur désarroi, avec une image forte : des cimetières de moules. C'est ce que nous rapporte "Sud Ouest".

    "Je pense qu'on a été saboté"

    En Charente-Maritime, cela est en train de tourner à la psychose. "Je pense qu'on a été saboté", a ainsi indiqué Stéphane Pairpaix à nos confrères. Ce qui inquiètent, intriguent, les professionnels du secteur, c'est ce que cette hécatombe est cantonnée à la baie de l'Aiguillon. Toutes les hypothèses restent donc valables. Cela pourrait-il être "la conséquence d'un dégazage sauvage en mer, d'un lâcher d'eau douce trop important du côté des bassins-versants expliquant une dessalure importante… ?", s'interroge "Sud Ouest".


    Les mytiliculteurs sont en tous cas déterminés, ils veulent avoir le fin mot de l'histoire. Afin d'essayer de faire bouger les lignes, ils ont décidé de solliciter les élus, de les alerter, à l'image de la députée PS Suzanne Tallard, selon laquelle "on doit connaître la cause de cette mortalité".

    Crise mytilicole : la réunion parisienne est annulée

    Elle devait se pencher ce mercredi sur les mortalités des moules dans le pertuis Breton et statuer sur le régime des calamités agricoles 

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux

    Les mytiliculteurs du nord de la Charente-Maritime attendaient beaucoup de la réunion programmée ce mercredi à Paris, par le Comité national de gestion des risques en agriculture. En raison de la grève à la SNCF, la réunion est annulée et reportée sine die.

    Les producteurs du département, confrontés depuis mars dernier à de très forts taux de mortalités sur leur cheptel dans le pertuis Breton, ont un besoin pressant de trésorerie, leur saison 2014 étant compromise. Les aides au titre du régime des calamités agricoles sont un soutien qu'ils espèrent. Ils attendaient de cette réunion qu'elle tranche sur l'octroi ou non de cette aide.

    le 18/06/2014

    Les conchyliculteurs au bord du malaise

    Le président des conchyliculteurs, Gérald Viaud, relaie la colère qui monte.

    Source : Sud Ouest par Philippe Baroux

    Gérald Viaud est râleur par nature. Mais cette fois, il est plus que jamais irrité par l'absence de réponse scientifique et par le piétinement de l'État, face aux mortalités de cheptel que rencontrent les producteurs de moules et d'huîtres, avec les difficultés qu'elles induisent dans les entreprises.

    Le président du Comité régional conchylicole Poitou-Charentes et du Comité national conchylicole, réunit donc aujourd'hui à Paris les présidents de chaque bassin de production. Il les sondera sur l'envie d'un mouvement de contestation de grande ampleur. Au minimum, il envisage l'organisation d'une réunion publique professionnelle avant mi-juillet dans le bassin de Marennes-Oléron.

    Loin du compte

    Avis de grand frais sur le métier. L'annulation la semaine dernière - suivie du report le 10 juillet - de la réunion qui devait statuer sur le volet calamités agricoles des mortalités de moules, a fait monter la pression d'un cran. Les professionnels parlent d'urgence de la situation ; l'État ne semble mesurer que l'urgence du report, déplore en substance Gérald Viaud. « Le ministre Cuvillier a annoncé des aides. J'attends de voir… Le besoin en trésorerie des mytiliculteurs est de 14 à 16 millions d'euros. Or, les calamités agricoles, si nous les obtenons, ne s'élèveront pas à plus d'1,5 million, les exonérations des redevances domaniales et portuaires à 24 000 et 70 000 euros, l'exonération des taxes des concessions à 50 000 euros… On est loin du compte. Que nous propose-t-on alors ? D'emprunter avec prise en charge des intérêts d'emprunt. »

    Autre grief : les réponses partielles de l'Ifremer. L'institut a identifié le vibrio splendidus comme cause de mortalité des moules, mais « il ne répond pas à la vraie question : pourquoi cette bactérie présente dans nos eaux depuis des lunes devient-elle soudainement agressive pour nos produits ? » Le raisonnement vaut aussi pour la virulence des bactérie et virus qui s'attaquent aux huîtres. Des huîtres dont la mortalité repart de plus belle avec la douceur printanière. Toutes les classes d'âge, huîtres de taille marchande comprises, sont touchées.

    Et les sondes de mesure ?

    Gérald Viaud attend une solide ambition de sauvetage d'une profession proche du naufrage. « Un plan d'action d'ensemble interministériel, qui compense le préjudice subi à la hauteur de sa réalité. Des analyses plus fines, avec par exemple la nomination d'un expert qui reprendrait, entreprise par entreprise, et parc après parc, l'historique des lots d'huîtres marchandes qui meurent. » Mais il y aurait plus simple à réaliser dès à présent. Commencer par réparer les sondes de mesure d'Ifremer tombées en panne à Marennes-Oléron.

    Philippe Baroux

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    Le 30 Juin 2014

    Mortalité des moules. Un observatoire des eaux marines en projet en Vendée

    Le conseil général a voté 18 000 € pour aider la filière mytilicole vendéenne, touchée par une mortalité anormalement élevée des moules. La création d'un observatoire des eaux marines a également été évoquée.

    Source : Sud Ouest  par Joël Bigorgne

    Le mystère reste entier. Quelle est la cause de la mortalité anormalement élevée des moules sur l'ensemble de la baie de L'Aiguillon ? « L'une des pistes évoquées serait un problème de turbidité de l'eau de mer, avec un apport d'eau douce conséquent, note Dominique Souchet, conseiller général de Luçon. Ce problème serait dû aux fortes tempêtes et pluies des mois de janvier et février dernier... Mais il ne s'agit que d'une hypothèse. La seule certitude que nous ayons concerne l'absence de contamination virale. La mortalité, elle, reste à ce jour inexpliquée... »

    La situation agace quelque peu le conseil général. Et certains imaginent le pire : « Voilà dix ans que cela dure, tonne Jacques Oudin, conseiller général de Noirmoutier. Soit on ne sait pas chercher... Soit on nous cache la vérité... »

    Pour tenter de trouver des explications à cette mortalité catastrophique, le Département a donc demandé au laboratoire de l'environnement et de l'alimentation de Vendée des analyses complémentaires. Il prendra également en charge leur montant, dont le coût s'élève à 8 000 €.

    Exonérations et aides à l'investissement

    D'autres dispositions ont été prises par le département pour soutenir financièrement les mytiliculteurs. « 100 % de mortalité, c'est du jamais vu, poursuit Dominique Souchet. La trésorerie des douze entreprises vendéennes de la baie de L'Aiguillon est donc particulièrement tendue cette année. » Un dispositif d'aide à l'investissement, destiné notamment à la remise en état des parcs, va donc être lancé. Les modalités de cette aide seront connues dans les semaines prochaines.

    Par ailleurs, les douze entreprises touchées seront exonérées de la taxe d'usage portuaire et de la redevance de ramassage des filets de catinage, qu'elles versaient à la commune de L'Aiguillon-sur-Mer. Le conseil général versera le montant de ces retenues qui s'élève à près de 10 000 €.

    Enfin, le conseil général prendra en charge (6 000 €) l'évacuation des 60 tonnes de déchets (coquilles, filières et bouchots) occasionnés par cette mortalité mytilicole exceptionnelle.

    Avant de conclure son intervention, Dominique Souchet a évoqué l'avenir. « Comment faire pour qu'une telle catastrophe ne se renouvelle pas ? s'est interrogé le conseiller général de Luçon. On a besoin d'avoir des analyses sur la durée. Les agences de l'eau et Ifremer ont des difficultés financières et ne pourront pas mener à bien ces missions. Je propose donc de créer un observatoire des eaux marines. »

    L'idée « intéressante » séduit Bruno Retailleau. Le président du conseil général est donc revenu sur son idée d'une création d'un observatoire de la mer. Qui aurait comme champ d'action l'érosion des côtes, les risques de submersion et la qualité des eaux marines.

    Et Bruno Retailleau de conclure : « J'en ai marre que depuis des années on nous balade. Et qu'on ne connaisse toujours pas les causes de la mortalité... »

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    Les apiculteurs travaillent sur la mortalité des abeilles

    Réunis samedi dernier aux Ruchers de Cybèle à Charron, une cinquantaine d'apiculteurs du Syndicat apicole départemental de la Charente-Maritime (SAD 17), ont tenu leur assemblée annuelle.

    Source : Sud Ouest par Yannick Picard

    Thème retenu et d'actualité pour cette occasion, les travaux d'été au rucher. Mais hormis la conférence et le débat animé par leur président Christian Giraudet, les membres présents du SAD17 ont également pu échanger sur l'hétérogénéité géographique rencontrée actuellement sur la mortalité des abeilles. Pour peu en effet que l'on se situe au nord ou au sud du département, ce phénomène qui met à mal les 600 apiculteurs de la Charente-Maritime, depuis maintenant plusieurs années, n'a pas la même ampleur.

    Dans la partie la plus au nord, pour Christian Giraudet, président du SAD17 « cela tient la route à peu prêt pour le moment, car le maïs et le tournesol ne sont pas encore en fleur ». Inquiétude cependant pour les jours à venir même si le cheptel remonte très légèrement, « mon rucher compte actuellement 4 à 500 ruches, mais il devrait en avoir 2 000 ». La faute à qui ? Au néonicotinoïdes dégagé par les plantes issues de graines enrobées selon ce dernier. Une fois en fleur, la plante devient alors toxique pour les abeilles. Situation inverse rencontrée dans le sud de la Charente-Maritime par Michel Duret secrétaire du SAD17. À Corme Royal, entre sa récolte de miel de printemps fin avril et celle de châtaignes fin juin, il est obligé de nourrir ses abeilles en cette période qu'il qualifie de disette et a constaté une très forte mortalité. « Mes abeilles ont dû aller boire ailleurs et notamment dans les maïs et les vignobles aux alentours. »

    Cette thèse de proximité des grandes cultures, néfaste pour les abeilles selon le syndicat, pourrait bien être corroborée par la situation géographique d'un autre rucher appartenant à Michel Duret, « dans la forêt domaniale de Saint-Palais-sur-Mer, il n'y a aucune culture intensive à proximité, et je n'ai jusqu'à aujourd'hui constaté aucune mortalité… »

    Sans pour autant vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure et stigmatiser qui que ce soit, Christian Giraudet a poussé le raisonnement plus en amont. Il a évoqué, à demi-mot malgré tout, l'éventualité d'une relation de cause à effet entre la mortalité rencontrée par les moules de la Baie de l'Aiguillon, et des rejets de pesticides à usage du traitement de la vigne, présents dans les fleuves et cours d'eau se jetant dans la Baie.

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    Le phytoplancton, le stress et le planning familial

    Une efflorescence de phytoplancton au large de l'Argentine

    Crédits : NASA

    Les forêts tropicales sont souvent décrites comme les "poumons" de la planète. Un titre qu'elles devraient partager avec... le phytoplancton. En effet, ces organismes microscopiques, en suspension dans les océans, produisent à eux seuls la moitié de l'oxygène que nous respirons. Leur développement est saisonnier et donne lieu à de larges et magnifiques efflorescences, pouvant s'étendre sur plusieurs milliers de kilomètres. Pour qu'une population d'une telle taille puisse subsister, il est nécessaire que le nombre d'individus soit finement régulé. Sinon, les carences en nutriments, le manque de luminosité et les attaques virales pourraient rapidement mettre fin à la belle efflorescence. Le phytoplancton s'astreint donc à une sorte de "planning familial".

    Source : BE Israël 

    Une équipe de scientifiques dirigée par le docteur Assaf Vardi de l'Institut des sciences Weizmann s'est intéressée à la manière dont les diatomées, une espèce commune de phytoplancton, détectent et réagissent à la surpopulation. La qualité de leurs résultats leur a permis de publier leurs travaux dans la très prestigieuse revue scientifique PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

    La photosynthèse et les dérivés réactifs de l'oxygène (DRO)

    Les dérivés réactifs de l'oxygène, ou DRO (ROS en anglais), sont des espèces chimiques détenant un groupe oxygène capable de réagir facilement en présence d'autres espèces. Ces dérivés sont notamment produits par les cellules des êtres vivants lors du métabolisme de l'oxygène, qu'il s'agisse de la photosynthèse (production d'oxygène grâce à l'énergie lumineuse) ou de la respiration (dégradation d'oxygène pour produire de l'énergie).

    Si, en faible quantité, ils favorisent la prolifération et la survie cellulaire, ces sous-produits sont toxiques lorsqu'ils se retrouvent en trop forte concentration dans un milieu. Cette situation critique est en général liée à un trop grand "stress" cellulaire, provoqué par exemple par un manque de nutriments, de luminosité, une surpopulation trop aigue, etc. On parle alors de stress oxydant. Dans ces conditions, la trop grande concentration en DRO peut provoquer des dommages cellulaires létaux et irréversibles, pouvant conduire à la destruction rapide d'une large efflorescence de phytoplancton.

    Les DRO, à la fois problème et solution

    En menant des recherches sur les diatomées, des micro-algues unicellulaires et l'un des constituants majeurs du phytoplancton, les scientifiques israéliens se sont rendu compte que, de façon assez ironique, les diatomées se servaient des DRO pour lutter contre l'apparition de trop fortes concentrations de DRO. En effet, grâce à une innovante approche protéomique développée en collaboration avec le docteur Yishai Levin du Centre national Nancy et Stephen Grand pour la Médecine personnalisée, les chercheurs ont mis en évidence un large réseau composé de plusieurs centaines de protéines sensibles aux DRO.

    Ce réseau protéique répond rapidement aux modifications de la concentration en DRO en activant des voies métaboliques spécifiques. Si le niveau de DRO est élevé mais demeure raisonnable, le réseau enclenche un programme de "survie" : l'activité métabolique de la cellule est réduite afin que moins de DRO soient générés. En complément, des antioxydants sont produits afin d'éliminer l'excès de DRO et de diminuer leurs effets toxiques. Si le niveau de DRO est trop élevé, l'apoptose (ou mort cellulaire) programmée est enclenchée. Une méthode efficace pour réguler le nombre d'individus en cas de surpopulation ou de carence en nutriments.

    Quelles perspectives pour cette étude ?

    Cette étude permet donc de mieux comprendre l'écologie et les capacités adaptatives des diatomées. Et cette connaissance pourrait bien se révéler cruciale dans le futur. En effet, dans un monde de plus en plus pollué et avec un effet de serre de plus en plus menaçant, il nous serait difficile de nous passer de ce "poumon" qu'est le phytoplancton. Et pourtant... L'équilibre de cet écosystème est dangereusement menacé par les activités humaines (réchauffement climatique, pollution, surpêche, chasse aux baleines qui se nourrissent du plancton, etc.).

    Outre leur intérêt écologique, ces travaux pourraient permettre de mieux comprendre l'impact des DRO sur le métabolisme humain, notamment dans le vieillissement et le développement des cancers.

    Pour en savoir plus, contacts :

    - Laboratoire du docteur Assaf Vardi - http://www.weizmann.ac.il/weizsites/vardi/
    - Le phytoplancton - http://fr.wikipedia.org/wiki/Phytoplancton
    - Les diatomées - http://fr.wikipedia.org/wiki/Bacillariophyta
    - Les DRO - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/zhYKD
               
    Sources :

    - Shilo Rosenwasser, Shiri Graff van Creveld, Daniella Schatz, Sergey Malitsky, Oren Tzfadia, Asaph Aharoni,Yishai Levin, Alexandra Gabashvili, Ester Feldmesser, and Assaf Vardi, "Mapping the diatom redox-sensitive proteome provides insight into response to nitrogen stress in the marine environment", Proc Natl Acad Sci U S A. Feb 18, 2014; 111(7): 2740-2745.Published online Feb 3, 2014. doi: 10.1073/pnas.1319773111 - http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3932894/
    - "Drift against the Tide", Weizmann Wonder Wander, 9 avril 2014 - http://wis-wander.weizmann.ac.il/drift-against-the-tide#.U2Jng48wue5

    Rédacteurs : Coralie Ebert, Volontaire internationale chercheuse à l'Institut Weizmann

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    Le 21 Mai 2014

    Mortalité des huîtres : L'enquête se poursuit sur la piste du pH....

    http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2014/01/mortalite-huitre-enquete-le-bitoux.html
    Une piste qui devrait croiser celle des mortalités massives de moules dans le Pertuis Breton/ Baie de l'Aiguillon

    Echange entre Pascal Bazile et Jean-François Le Bitoux 

    Pascal Bazile a dit… 

    Bonjour,

    Je ne l'ai pas vu dans l'enquête, mais ça a pu m'échapper : le pH de l'eau de l'eau de mer a-t-il été suspecté pour la mort des huitres. J'ai lu qq part, sans doute sur ce site, que sur la côte nord américaine un élevage de coquille était menacé par la baisse du pH de l'eau. Sans expliquer tout, une baisse même faible ne pourrait elle pas fragiliser les huitres. Le pH des eaux françaises est il suivi?

    J'en profite pour témoigner que je ne vois pas revenir d'huitres dans l'étang de Berre alors beaucoup de biologistes pensaient qu'elles reviendraient plus vite 10 ans après la réduction de la pollution à l'eau douce et la remontée de la salinité vers 20g/L. Les moules sont désormais quasi omniprésentes mais toujours pas d'huitres (ni même dans le canal de Caronte qui nous relie à la mer)
    mardi, 20 mai, 2014 

    Réponse de Jean-François Le Bitoux 

    Bonjour,

    Je réponds rapidement à cette préoccupation légitime sur le pH.

    J’avais prévu d’évoquer le problème en évoquant les techniques de la Recherche mais j’ai pris du retard pour tenir compte des mortalités de moules. Ce sont des événements similaires et il va bien falloir leur trouver une explication en cohérence. Ce ne sera pas le pH mais presque : la dessalure peut certes modifier le pH mais surtout l’ionisation globale et donc le redox. Et ce sera plus délicat à expliquer car les physiciens connaissent bien le paramètre mais peu son impact en biologie et réciproquement ! Bref, c’est pas gagné.

    Il se trouve que le pH est effectivement un paramètre essentiel de toute régulation biologique car il intervient sur les régulations de de chaque enzyme, donc sur la vie globale de la cellule vivante. Une modification en plus ici, en moins là et il n'y a plus d'homéostasie possible.

    En reproduction de crevettes une modification de 0,2 point de pH – le plus souvent à la baisse - suffit pour bloquer le développement embryologique. C’est un stress biochimique suffisant pour induire une situation pathologique sans intervention de germes.

    Ce fut une des premières découvertes qui nous a mis sur la voie du succès en maturation de la crevette : nous bénéficiions à Tahiti d’une eau de mer de qualité océanologique – pH 8,2 !

    D’autres laboratoires de recherche utilisaient une eau de mer de qualité « variable » et n’y arrivaient pas malgré une température correcte.



    Pour autant, des juvéniles en bassin de grossissement supportent des fluctuations de pH importantes. Une prolifération d’algues provoque rapidement une montée du pH à 9 et même à plus de 9,5. Il arrive qu’il baisse à moins de 7,5 mais c’est plus rare - en dehors de situations locales liées à des sédiments parfois acides, parfois très basiques.



    Ni l’hypothèse de l’impact d’une acidification des eaux côtières, pas plus que celle du réchauffement de la planète ne me paraissent sérieuses. J’accepte volontiers que les tempêtes de cet hiver peuvent être liées à un réchauffement global, sur terre comme sur mer. Il faudrait alors sélectionner les sites ostréicoles de manière plus exigeante. Mais ce paramètre n’intervient pas directement sur les élevages. Ces hypothèses me paraissent abusives "dans le cadre de notre enquête". Elles permettent sans doute d’obtenir des financements car les politiques se sentent concernés mais techniquement elles ne nous font pas avancer et nous avons besoin de solutions techniques !



    Nous reviendrons sur ce thème la semaine prochaine. La recherche dispose de dizaines, probablement de centaines d’échelles ou de grilles différentes pour aborder ces problèmes qui ont été résolus en aquaculture de crevettes - sinon vous n’en mangeriez pas autant, ni à ce prix !

    Pour en savoir + :  Retour sur tous les billets de Jean-François Le Bitoux 

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    Le 19 Mai 2014

    Commercialiser la pêche locale

    Cette publication présente quelques-unes des pistes et outils que les pêcheurs et autres acteurs locaux peuvent utiliser pour améliorer la commercialisation de la pêche locale avec l’aide de leur Groupe d’action locale pêche (FLAG). Nous allons commencer par examiner pourquoi la commercialisation des produits issus de la pêche locale doit être améliorée ainsi que quelques-uns des avantages qui en découleront. Nous nous pencherons ensuite sur le rôle spécifique des FLAG et sur l’aide qu’ils peuvent apporter au développement de projets de commercialisation.

    Pour terminer, nous présenterons deux approches innovantes pour améliorer de la commercialisation à l’échelon local (la vente directe et les CSF – Pêcheries soutenue par la communauté/Community Supported Fisheries) ainsi que trois outils pratiques qui peuvent être utilisés pour améliorer l’efficacité de la stratégie de commercialisation : les outils numériques,  les activités axées sur l’expérience ainsi que les labels et les marques.

    Les différents thèmes développés dans la présente publication ont été identifiés dans le cadre de la préparation du séminaire FARNET « Commercialiser la pêche locale » organisé en juin 2013 à Stockholm. Avant l’évènement, les FLAG participants ont en effet été interrogés via une enquête visant à identifier les différents thèmes des groupes de travail du séminaire. Les discussions et les conclusions de ces groupes de travail ont alimenté une grande partie de la présente publication.

    Sommaire

    En bref ..... 3
    Comment utiliser ce guide ? ..... 3
    1. Pourquoi améliorer la commercialisation de la pêche locale ? ..... 4
    2. Quel soutien les FLAG peuvent-ils apporter ? ....... 6
    3. Pistes, astuces et conseils : cinq boîtes à outils ........ 11
    3.1 ● Vente directe, les bases ........ 12
    3.2 ● Circuits courts : pêcheries soutenues par la communauté et « paniers de poissons» » .... 24
    3.3 ● Le marché numérique ...... 32
    3.4 ● Les zones de pêche et l’économie de l’expérience ...... 40
    3.5 ● Marques et labels au niveau local ...... 46

    Cliquer Ici pour télécharger le document "Commercialiser la pêche locale"

    Bienvenue dans FARNET, le réseau européen des zones de pêche


    FARNET est le réseau européen des zones de pêche soutenues par l'Axe 4 du Fonds européen de la pêche (FEP). Grâce à des échanges approfondis d’informations et à une cellule d’appui spécialisée, le réseau vise à soutenir les différents acteurs impliqués dans le développement durable des zones de pêche au niveau local, régional, national et européen.
    Le cœur du réseau est composé de quelque 300 Groupes d’action locale pêche (Fisheries Local Action Groups / FLAG). Ces partenariats public-privé constitués au niveau local travaillent ensemble au développement durable de leur territoire. Basés dans 21 Etats membres, les FLAG gèrent chacun leur budget pour animer une série de projets proposés et réalisés par un ensemble varié d’intervenants locaux.

    Pour en savoir + : Farnet

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    Consommations et pratiques alimentaires durables


    Analyse de données nationales issues d’enquêtes d’opinion

    CEP - Centre d'études et de prospective

    Analyse n° 69 - mai 2014

    Les pratiques alimentaires durables dépendent des préoccupations des consommateurs, liées à la protection de l’environnement, aux enjeux éthiques, à la recherche de proximité ou de bien-être personnel.

    Les tendances nationales de ces pratiques indiquent cependant un recul de la prise en considération de la dimension environnementale de la durabilité au profit des aspects économiques et sociaux, en lien avec le contexte économique et financier actuel. Les choix alimentaires apparaissent davantage influencés par les préoccupations autour du pouvoir d’achat, de la santé, avec une montée en puissance de l’intérêt pour les produits de proximité et les circuits courts.

    Sur un plan méthodologique, au-delà des informations déclaratives recueillies par les enquêtes d’opinion, les données sur les consommations réelles font souvent défaut. Source : Ministère de l'Agriculture

    Cliquer ici pour télécharger "Analyse n° 69 - mai 2014 Consommations et pratiques alimentaires durables : analyse de données nationales issues d’enquêtes d’opinion"

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    L’agriculture (aquaculture) Familiale : Nourrir le monde, préserver la planète

    L’agriculture familiale est liée de façon indissociable à la sécurité alimentaire nationale et mondiale.

    Dans les pays en développement comme dans les pays développés, c’est la principale forme d’agriculture dans le secteur de la production alimentaire.

    Source : FAO

    L’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille, en relation avec de nombreux aspects du développement rural.

    Cliquer ici pour accéder au dossier de la FAO : 2014, année internationale de la l'agriculture (pêche et aquaculture) familiale


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    Le 17 mai 2014

    Mi-Mai 2014 : Début des mortalités des huîtres


    Ifremer : Les résultats des suivis RESCO de mi-mai sont disponibles

    Des premières hausses de mortalité de naissain sont constatées sur certains sites.

    Pour plus, de détails, cliquez ici.

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    Ostréiculture : des raisons d'espérer pour résister à la crise ?

    C'est l'un des secteurs porteurs de l'économie vendéenne. Malgré la crise qui continue de toucher l'ostréiculture, les producteurs ont trouvé des stratagèmes pour s'en sortir.

    Source : Le Courrier vendéen  par Timothée Gigan Sanchez

    Les ostréiculteurs se remettent difficilement de la crise de ce secteur, mais trouvent des raisons d'espérer.

    Ces hommes et ces femmes qui aiment la mer, aiment par-dessus tout ce qu’elle est, ce qu’elle permet de produire. Car c’est de ces professionnels qu’il est avant tout question au moment de traiter de l’ostréiculture. Ce sont eux les concernés. Il faut, donc et pour mieux comprendre leur réalité, revenir sur le contexte actuel. Un contexte difficile.

    Une mortalité qui date

    C’est au début des années 1970 que l’huître creuse qui est produite aujourd’hui, celle qui se retrouve dans la grande majorité de nos assiettes, arrive en France. Elle est l’huître du Pacifique. Elle est la Crassotea Gigas. Cette huître made in Japan vient remplacer la décimée Crassotea Angulata – la Portugaise.

    En 1997, l’Ifremer (l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) met au point l’huître des quatre saisons : la triploïde. Stérile, elle est mise sur le marché, via les écloseries, pour gagner en résistance et répondre à la demande des consommateurs de manger un produit non laiteux, même en été. En résulte un débat amer qui n’est toujours pas clos.
    Des opinions qui divergent

    “Ça fait 20 ans qu’on nous cache des choses, à nous, professionnels, et aux consommateurs”, lâche Benoît Le Joubioux, président de l’Association ostréicole pour la valorisation de l’huître née en mer. L’ostréiculteur critique l’introduction d’une huître triploïde sans connaissance des conséquences et/ou des dangers.

    En 2008, les premières vagues de mortalité apparaissent : les huîtres d’à peine un an – les juvéniles – meurent anormalement. Les naissains sont décimés à hauteur de 50%.

        “Aucun remède n’a été trouvé, explique Jacques Sourbier, président du Comité régional de conchyliculture, mais l’huître n’est pas une espèce en péril. Les professionnels ont adapté leur production.”

    Une surmortalité continue

    Depuis l’été 2008, la surmortalité des naissains atteint 60 à 80%. “Après, il ne faut pas être surpris, note Isabelle Gravouille, ostréicultrice à Talmont-Saint-Hilaire. Ce n’est pas la première crise que la profession subit”. La crise, déclarée officiellement en 2008, a été causée par un herpès virus. L’OsHV-1. Un virus, inoffensif pour l’homme, qui est connu depuis 1991. Mais celui-ci est un variant, et dès lors est plus résistant, infectieux. Il attaque toutes les huîtres, qu’elles viennent d’écloseries ou qu’elles soient issues du milieu naturel.

    En 2009, la mortalité a progressé. Et depuis 2012, c’est l’huître adulte – commercialisable – qui est touchée par cette surmortalité. La cause ? La vibrio aestuarianus : une bactérie mortelle, peut-être “réveillée” par la montée en température saisonnière de l’eau.
    Une faute incertaine

    Le débat, ouvert, persiste. Les professionnels de l’ostréiculture restent divisés. Les consommateurs, quant à eux, se posent de plus en plus de questions sur l’huître triploïde, la plus produite. L’huître traditionnelle revient de loin, et reprend du poil de la bête. Certains ostréiculteurs vont même de nouveau chercher des huîtres sauvages pour les ramener dans leurs parcs.

    Si la faute est rejetée vers Ifremer et les écloseries, rien ne prouve cependant qu’elle soit vérifiée. Elle pourrait également être mise sur les professionnels du milieu, qui, en voulant trop produire et plus vite, ont fatigué la fragile huître. “C’est aussi, il faut se le dire, peut-être la fin de l’huître japonaise, tout simplement”, se demande l’ostréicultrice Isabelle Gravouille.

    La suite de notre dossier dans Le Courrier Vendéen du 8 mai.

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    L'huître, l'or marin des abers Wrac'h et Benoît

    L'entreprise ostréicole de Jacques Le Bot est idéalement située dans l'aber Benoît, dont la qualité et le brassage permanent des eaux joue un rôle essentiel dans le développement des huîtres. L'entreprise ostréicole de Jacques Le Bot est idéalement située dans l'aber Benoît, dont la qualité et le brassage permanent des eaux joue un rôle essentiel dans le développement des huîtres.

    Source : Ouest France

    La filière ostréicole pèse économiquement dans le pays des abers. Lannilis, Landéda et Plouguerneau, communes littorales de l'aber Benoît ou de l'aber Wrac'h, regroupent onze exploitations conchylicoles, qui emploient 185 personnes, en partie des saisonniers, mais qui représentent 90 équivalents temps plein, soit 29 % des unités de travail agricole des trois communes.

    C'est Édouard Delamarre-Deoutteville, industriel français, qui a introduit l'huître plate dans l'aber, à la fin du XIXe siècle. « Au départ, l'élevage se faisait sur tuile ou sur fagot, à partir de naissains provenant de la rade de Brest. La température de l'eau, ici, ne permet en effet pas la reproduction », rappelle Jacques Le Bot, ostréiculteur aux Viviers de l'aber Benoît. Après une formation aquacole, il a débuté son activité en 1987. « Mon grand-père était ostréiculteur et j'ai pu acquérir, à cette époque, de nouvelles concessions, ce qui ne serait plus possible aujourd'hui. C'est dommage, car l'activité a encore un beau potentiel sur l'aber. »

    Une chair appréciée

    Son entreprise exploite aujourd'hui une douzaine d'hectares et compte une dizaine d'équivalents temps plein en personnel, dont quatre personnes présentes depuis la création. « Grâce aux efforts des communes et des agriculteurs, la qualité de l'eau s'est améliorée ces dernières années. Très riche en oligoéléments et en phytoplanctons, elle enrichit de façon exceptionnelle la chair des moules et des huîtres. » Un bel atout qui lui a valu, en 2013, la médaille d'or au concours agricole de Paris.

    Moins nombreuses que dans les autres bassins bretons (Étel, Saint-Brieuc...), les huîtres des abers représentent cependant des surfaces moyennes et un volume d'exploitation global plus importants : 2 000 tonnes d'huîtres creuses, 70 d'huîtres plates, 450 de moules, 20 de coques, 5 d'ormeaux et 1 de palourdes (chiffres de 2012), sur un total de 157 ha de cultures marines.

    Le chiffre d'affaire global estimé de la filière est l'équivalent de celui de l'activité touristique des trois communes, avec une part de vente au détail de plus de 15 %, en augmentation ces dernières années. Si la mortalité des huîtres liée à l'arrivée d'un virus, moins marquée ici que dans d'autres régions françaises, devait poursuivre ses dégâts sur les élevages, ce serait donc la pérennité d'une part importante de l'économie locale qui serait remise en cause.

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    Observatoire Ostréicole du littoral charentais

    Bilan 2013

    Creaa Avril 2014

    Résumé....

    En matière de mortalités, l’année 2013 a été caractérisée par :
    • Une baisse importante pour les huîtres de 1e année par rapport à la situation que l’on connait depuis 2008 (baisse de 34%). Cependant, la mortalité demeure élevée (58%) par rapport à la situation qui prévalait avant 2008.
    • Une stabilité pour les huîtres en 2e année : elles sont très proches de la valeur de référence acquise depuis 2000 mais des disparités existent entre les parcs.
    • Une hausse exceptionnelle pour les huîtres en finition. On a relevé entre 47 % et 30 % de mortalités sur les trois parcs les plus importants en tonnage du bassin de Marennes-Oléron. En moyenne, les pertes ont atteint 35 % contre 13 % habituellement soit, près de trois fois la normale. Un précédent épisode de surmortalités d’huîtres adultes avait eu lieu en 2007 avec 23% de pertes.

    La croissance est parmi les meilleures jamais observées depuis la création de l’observatoire. Pour les huîtres destinées à la consommation, le poids moyen atteint en fin de saison est en très forte augmentation. Malgré cette croissance favorable, le rendement d’élevage à la poche est en baisse voire négatif comme sur le parc de Lamouroux en raison des mortalités exceptionnelles sur les huîtres adultes.

    Cliquer Ici pour télécharger le document

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    Les huîtres d’Arguin toujours interdites

    L’interdiction prolongée n’est pas étendue au reste de la zone. Si celles d’Arguin restent encore interdites, les huîtres du Bassin sont propres à la consommation.
    Les résultats des analyses effectuées par le réseau de surveillance de l'Ifremer ont été communiqués hier matin. Elles font état d'une baisse de la toxicité. Si les huîtres en provenance du banc d'Arguin ainsi que les moules du... Suite sur SO

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    Onema : la grande misère de la politique de l’eau française

    Source : Les Eaux Glacées par Marc Laimé, 16 mai 2014

    A l’occasion d’une question posée récemment par un parlementaire à la ministre de l’Ecologie, on aura pu mesurer, et l’omerta persistante sur un scandale majeur de la politique de l’eau en France, scandale dénoncé avec force par la Cour des comptes en février 2013, scandale totalement étouffé depuis lors par le lobby de l’eau, et l’absolue inanité de la parole politique sur un sujet d’importance capitale, ce qui fait frémir quand on sait comment le lobby de l’eau a fait obstacle en 2013 à toute hypothèse de réforme d’une politique publique majeure, politique en totale perdition, comme l’ont établi d’innombrables études et rapports.

    La séquence pourrait sembler anecdotique. Elle est cruellement révélatrice. Le 30 avril 2014, au Palais du Luxembourg, M. Gérard César, sénateur (UMP) de la Gironde, pose une question orale à la ministre de l’Ecologie, Mme Ségolène Royal, qui a pris ses fonctions moins d’un mois plus tôt.

    Dans un hémicycle désert, en l’absence de la ministre, le député interroge longuement M. Frédéric Cuvillier, secrétaire d’Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche sur les « dérives de gestion de l’Onema », en donnant lecture d’un pan des conclusions, accablantes, du rapport de la Cour des comptes, rendu public le 12 février 2013.

    A la question du sénateur César, parfaitement étayée, la réponse de M. Cuvillier, indiquant qu’il transmet à l’honorable sénateur la réponse de Mme Royal, nous transporte sur des rives jusqu’alors inconnues.

    Qualifiant l’Onema « d’OGema », M. Cuvillier, qui ne connaît absolument rien au dossier, nous délivre un invraisemblable tissu de contre vérités, dont on comprend parfaitement les mobiles qui ont conduit d’obscurs, et moins obscurs, responsables et conseillers à en attribuer la paternité à Mme Royal, mais dont on s’étonne que cette dernière ait pu se résoudre à en assumer la responsabilité, alors qu’elle n’est évidemment pour rien dans la gestion calamiteuse de ce dossier par tout un appareil d’Etat, tétanisé depuis l’été 2012 par la révélation d’un scandale sans précédent.

    En résumé, tout irait désormais pour le mieux dans le meilleur des mondes, et les « dérives » identifiées par la Cour des comptes auraient été corrigées (genre en trois semaines grâce à la dynamique nouvelle patronne), ce qui va permettre à l’Onema de devenir bientôt la poutre maîtresse de la future Agence française pour la biodiversité, dont la création, imprudemment promise par François Hollande en septembre 2012, tourne au cauchemar absolu puisque chacun sait ce qui se dissimule derrière la ténébreuse affaire de l’Onema, et qu’il serait dès lors particulièrement imprudent de laisser les mêmes déployer leurs incomparables talents dans une autre cour de récréation....

    Suite sur  Les Eaux Glacées 

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    13 commentaires:

    Anonyme a dit…

    J'ai lu avec intention votre article et en tant qu' ostréiculteur, j'ai trouvé certaines remarques pertinante. Serait il possible de se contacter par telephone? Je suis joignable au 06 77 36 18 86. A bientôt, Sébastien Le moine.

    Aquablog a dit…

    Bonsoir,

    Nous allons vous contacter demain... Toutefois, il serait intéressant pour lancer et faire avancer le débat commun que vous donniez votre avis ou/et posiez une question...

    De toute manière merci pour votre rapide réaction suite à l’article de Jean François Le Bitoux qui en a bien d’autres sous le coude...

    L'enquête ne fait que commencer...

    A bientôt

    Philippe Favrelière

    Hippolyte a dit…

    J'ai lu avec attention la série de billets de Jean-François Le Bitoux, sur la mortalité des huîtres.

    Jusqu'ici, on n'a eu droit qu'à un exposé de considérations générales qui ne sont rien d'autres que des banalités que personne ne conteste par ailleurs dans le milieu scientifique. Le caractère multifactoriel de cette épizootie ne fait de doute pour personne ! Il est d'ailleurs pris en compte par les scientifiques qui se sont penchés sur la question.

    L'auteur ne propose aucun plan original de recueil de données qui pourrait permettre de faire émerger, par l'approche statistique, des facteurs jouant un rôle prépondérant dans la vulnérabilité des animaux aux agents microbiens pathogènes. Il ne suffit pas de dire que la densité des élevages est l'un de ces facteurs pour que ce soit vrai. C'est tout au plus vraisemblable.

    Aquablog a dit…

    Réponse de Jean François Le Bitoux

    Merci Hippolyte pour cette interrogation légitime.

    Mais j’ai le regret de vous informer que je ne crois pas au « plan original de recueil de données » pour produire les résultats que nous voulons provoquer. Aucune musique n’émerge d’une partition : il faut savoir la lire puis l’interpréter pour en faire une réalité ! Puis en écrire une autre, si elle ne vous plait pas. La statistique est une technique d’intérêt limité même sous l’approche bayésienne quand on ne sait pas où l'on va.

    Vous ne devez pas avoir d’expérience des élevages industriels de mammifères ou d’oiseaux pour estimer que : « Il ne suffit pas de dire que la densité des élevages est l'un de ces facteurs pour que ce soit vrai. C'est tout au plus vraisemblable.» C’est une dure réalité qui a coûté des fortunes à tous les éleveurs et qui est une des étiologies des pathologies en aquaculture aussi. Il faut intervenir avant le drame : tout se joue dans la prévention.

    Heureusement pour nos arrière grand parents ( sinon nous ne serions peut-être pas ici ? ), Semmelweis a perçu la transmission infectieuse de pathologies graves au sein des populations humaines et il en a déduit des pratiques utiles de désinfection,avant même d’attendre les résultats de Pasteur.

    Puis Pasteur a observé l’importance des bactéries en pathologie. Il a aussi noté que les « germes » se modifiaient avec leur environnement. Avec quelques talents de microbiologiste, on peut observer dans des boites de Pétri ce que vous dénommez « le vraisemblable » devient une réalité : une bactérie banale mute d'un jour sur l'autre et ce sont des souches pathogènes qui se sélectionnent d’elles-mêmes en fonction des paramètres locaux.

    J’ai eu une chance peu ordinaire de « voir les bactéries devenir plus virulentes » dans nos élevages, dans des boites de Pétri. La densité d’élevage est un paramètre clef, le vieillissement des structures en est un autre. Mais la qualité de l’alimentation et la température en sont d’autres : il faut apprendre à vivre avec et tous les élevages le font !

    Mais vous me permettez de souligner un détail essentiel : il me fut plus facile de définir des techniques d’élevage fiables au départ de cette aventure que dans une industrie développée et plus disparate. C’est pour cela qu’il n’y a pas de « solution globale » mais des solutions locales. Autre détail déjà souligné : en pathologie infectieuse en aquaculture de crevettes, nous n’avons pas cherché à savoir de quel pathogène il s’agissait : nous avons seulement fait le nécessaire pour qu’il n’apparaisse pas, sans même le connaître mais en sachant qu’il pouvait être différent d’un écosystème à un autre.

    Hippolyte a dit…

    Monsieur Le Bitoux,

    Je vous remercie à mon tour pour votre réponse argumentée et courtoise aux remarques critiques que j'ai formulées après vous avoir lu.

    Je vais vous répondre à mon tour, dans le même état d'esprit, pour vous dire que je ne vois toujours pas ce que vous proposez de concret, dans le cas des élevages d'huîtres. Car c'est bien d'élevages d'huîtres que nous parlons et pas d'autre chose.

    Vous semblez être convaincu que des solutions locales peuvent être trouvées, notamment en réduisant les densités des individus dans les élevages. Qu'attendent alors les ostréiculteurs pour réduire leurs nombres de poches et leurs nombres d'huîtres par poche ? N'y en a-t-il pas qui soient prêts à suivre vos conseils ? En fait, je pense que la plupart d'entre eux ne sont pas convaincus que la solution soit aussi simple.

    Vous allez peut-être me dire qu'il sera difficile de faire revenir rapidement en arrière des écosystèmes côtiers perturbés par des décennies d'activité humaines inconsidérément intensives. Là encore, je dirai que c'est peut-être probable, en ce qui concerne les effets sur les huîtres, mais que ça reste aussi à démontrer. J'ai en effet la faiblesse de ne rien accepter comme vrai qui n'ait été démontré sur des bases scientifiques solides, soit par l'analyse des données (chiffrées) et/ou l'expérimentation planifiée destinée à évaluer l'influence de divers facteurs potentiels.

    Le fait que des agents microbiens pathogènes trouvent en général un terrain particulièrement propice dans les élevages intensifs ne m'avait pas échappé. Ce n'est pas pour autant qu'il soit démontré que c'est un facteur déterminant dans le cas de l'épizootie qui nous préoccupe. Et puis, n'oubliez pas le rôle éventuel des importantes colonies d'huîtres retournées à l'état sauvage, en de nombreux endroits de nos côtes françaises.

    Je ne vois pas bien quelle "autre partition" que celle que jouent actuellement les chercheurs institutionnels ont pourrait écrire pour jouer "la musique" scientifique qui permettrait de trouver une solution aux problèmes des ostréiculteurs. Je crois de plus comprendre que vous reprochez à la démarche scientifique classique de n'être pas efficace "quand on ne sait pas où l'on va". C'est en fait là le point essentiel à partir duquel divergent fondamentalement et irréversiblement nos deux points de vues. Pour moi, le scientifique ne doit pas avoir d'idée préconçue. Il doit se soumettre à ce que l'analyse des faits observés (mesurés) lui indique. Il a le droit de faire des hypothèses a priori mais, dans ce cas, il doit impérativement les soumettre à l'épreuve de l'expérimentation.

    Voilà donc explicitée ma façon très orthodoxe de voir les choses.

    Cordialement

    Aquablog a dit…

    Commentaire de Jean-François Le Bitoux

    Orthodoxe ou pas ?

    Merci Hippolyte de vous réclamer d’une pensée scientifique « orthodoxe » et de constater que « nos points de vue divergent ». Je crois pouvoir vous rassurer en affirmant sans étude statistique, que votre approche « classique » est probablement largement majoritaire en France et c’est aussi ce qui explique qu’on n’ait peu progressé en pathologies aquatiques. La technologie a évolué mais les blocages de certains concepts scientifiques empêchent de voir la dynamique des phénomènes. Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain billet car ce sont « des erreurs largement partagées qui faussent les débats avant de lancer toute enquête ». Et ça fait plus d’un siècle que ça dure.

    En attendant, il se trouve que j’ai déjà dû répondre plusieurs fois à ce qui semble un blocage « bien français ». Cette affirmation n’est pas gratuite de ma part et je la vis assez mal. Dans un document sur l’origine des marées vertes, des « scientifiques classiques » recommandent aux éleveurs de « s’acculturer » à leur culture scientifique considérée comme officielle. Comme beaucoup j’ai cherché le mot « acculturer » dans un dictionnaire et constater que cela signifiait : « adapter à une nouvelle culture ». Curieusement le scientifique classique n’a pas fait l’hypothèse qu’il peut lui aussi « s’acculturer » à une culture scientifique plus exigeante ! Le scientifique classique, très classique, espérait–il que l’éleveur qui affronte des situations complexes tous les matins, se mette au garde à vous devant ses concepts classique donc simplifiés?

    Il faut avoir que si un scientifique ou un sous-préfet se font un devoir d’apporter des réponses sans avoir ausculté de près une situation, cet avis serait considéré comme une faute professionnelle grave pour un médecin ou un vétérinaire. Vous connaissez cette interrogation qui se veut « exclusive » : La médecine est-elle Art ou Science ? Elle est les deux la fois. Notre approche est à la fois qualitative et quantitative. Il y a aussi l’expression qui dit que « le qualitatif est du mauvais quantitatif ». Réfléchissez et inversez là : « Le quantitatif est parfois (souvent !) du qualitatif très insuffisant » ! Toute tentative de diagnostic à distance – au téléphone par exemple – a toutes les chances d’être fausse car ce qui est important au professionnel ne l’est pas à un œil non averti.

    Suite...

    Aquablog a dit…

    ... Suite

    Une autre attitude clef dans une discussion scientifique : il faut toujours conserver une place pour le doute ! Mêmes les analyses les plus pointues ont leurs limites de validité d’où la nécessité d’avoir accès à de nouvelles grilles de lecture quand les plus connues ne répondent pas à nos interrogations.

    Un dernier point sur la science dite « classique » : elle est basée sur la physicochimie du XIXème siècle et elle a permis des progrès extraordinaires. Et elle est déterministe, c'est-à-dire qu’une cause entraine un effet. Alors que M. Thompson (Nobel, futur Lord Kelvin) croyait que « l’on savait tout ou presque » autour de 1990, la physique quantique est née, terriblement dérangeante car contre intuitive. Nous n’en parlerons pas bien que la biologie soit quantique à 100 % - cette expression est ridicule puisque la matière inerte elle aussi est quantique ! Mais cette approche « non-classique» n’est pas déterministe. En biologie et plus encore en pathologie (expression aussi ridicule pour les mêmes raisons que précédemment !) plusieurs causes peuvent avoir un seul effet et réciproquement une seule cause peut avoir plusieurs effets. Car entre l’énergie qui est Cause et son impact, il se déroule un grand nombre de réactions biochimiques plus ou moins bien connues. L’approche scientifique médicale est donc plus prudente et réaliste que l’approche des sciences du XIXème siècle. Si la science classique est très efficace pour la matière inerte et toute l’ingénierie le démontre au quotidien, elle l’est moins en biologie sauf à considérer la biologie comme une succession d’instantanés inertes. Cette approche a contribué à la faire progresser mais elle ne suffit plus pour analyser et corriger certaines pathologies. Et c’est ce qui explique que la médecine reste « Art ET Science ».

    Donc « être concret » au téléphone ou par internet serait une faute à la fois scientifique et professionnelle que je tente d’éviter. Je vous remercie de m’avoir entraîné loin des parcs ostréicoles car il faut vraiment se remettre en question pour progresser.

    Vous acceptez « le principe d’expérimentations ». En lisant les témoignages d’ostréiculteurs, nous constatons qu’ils accumulent des connaissances. (http://www.l-encre-de-mer.fr/2014-02-07-miser-sur-la-nature-avec-des-huitres-naturelles-nees-en-mer/). L’interprétation scientifique leur sera éventuellement utile pour les conforter et en faire des lois qui permettent une évolution commerciale et de meilleures prévisions. Le sourire des producteurs et les statistiques nous diront si nous avons qualitativement et quantitativement raison.

    En toute confiance JFLB

    Pascal Bazile a dit…

    Bonjour,

    Je ne l'ai pas vu dans l'enquête, mais ça a pu m'échapper : le pH de l'eau de l'eau de mer a t'il été suspecté pour la mort des huitres. J'ai lu qq part, sans doute sur ce site, que sur la côte nord américaine un élevage de coquille était menacé par la baisse du pH de l'eau. Sans expliquer tout, une baisse même faible ne pourrait elle pas fragiliser les huitres. Le pH des eaux françaises est il suivi?

    J'en profite pour témoigner que je ne vois pas revenir d'huitres dans l'étang de Berre alors beaucoup de biologistes pensaient qu'elles reviendraient plus vite 10 ans après la réduction de la pollution à l'eau douce et la remontée de la salinité vers 20g/L. Les moules sont désormais quasi omniprésentes mais toujours pas d'huitres (ni même dans le canal de Caronte qui nous relie à la mer)

    Aquablog a dit…

    Réponse de Jean-François Le Bitoux


    Bonjour,

    Je réponds rapidement à cette préoccupation légitime sur le pH.

    J’avais prévu d’évoquer le problème en évoquant les techniques de la Recherche mais j’ai pris du retard pour tenir compte des mortalités de moules. Ce sont des événements similaires et il va bien falloir leur trouver une explication en cohérence. Ce ne sera pas le pH mais presque : la dessalure peut certes modifier le pH mais surtout l’ionisation globale et donc le redox. Et ce sera plus délicat à expliquer car les physiciens connaissent bien le paramètre mais peu son impact en biologie et réciproquement ! Bref, c’est pas gagné.

    Il se trouve que le pH est effectivement un paramètre essentiel de toute régulation biologique car il intervient sur les régulations de de chaque enzyme, donc sur la vie globale de la cellule vivante. Une modification en plus ici, en moins là et il n'y a plus d'homéostasie possible.

    En reproduction de crevettes une modification de 0,2 point de pH – le plus souvent à la baisse - suffit pour bloquer le développement embryologique. C’est un stress biochimique suffisant pour induire une situation pathologique sans intervention de germes.

    Ce fut une des premières découvertes qui nous a mis sur la voie du succès en maturation de la crevette : nous bénéficiions à Tahiti d’une eau de mer de qualité océanologique – pH 8,2 !

    D’autres laboratoires de recherche utilisaient une eau de mer de qualité « variable » et n’y arrivaient pas malgré une température correcte.

    Pour autant, des juvéniles en bassin de grossissement supportent des fluctuations de pH importantes. Une prolifération d’algues provoque rapidement une montée du pH à 9 et même à plus de 9,5. Il arrive qu’il baisse à moins de 7,5 mais c’est plus rare - en dehors de situations locales liées à des sédiments parfois acides, parfois très basiques.

    Ni l’hypothèse de l’impact d’une acidification des eaux côtières, pas plus que celle du réchauffement de la planète ne me paraissent sérieuses. J’accepte volontiers que les tempêtes de cet hiver peuvent être liées à un réchauffement global, sur terre comme sur mer. Il faudrait alors sélectionner les sites ostréicoles de manière plus exigeante. Mais ce paramètre n’intervient pas directement sur les élevages. Ces hypothèses me paraissent abusives "dans le cadre de notre enquête". Elles permettent sans doute d’obtenir des financements car les politiques se sentent concernés mais techniquement elles ne nous font pas avancer et nous avons besoin de solutions techniques !

    Nous reviendrons sur ce thème la semaine prochaine. La recherche dispose de dizaines, probablement de centaines d’échelles ou de grilles différentes pour aborder ces problèmes qui ont été résolus en aquaculture de crevettes - sinon vous n’en mangeriez pas autant, ni à ce prix !

    Pierre LE GALL a dit…

    Enfin quelqu'un qui a bien cerné la véritable cause de ces mortalités. Et en plus, qui connait tous les dessous de la non progression des dossiers. Je mets en cause l'affaiblissement des filtreurs par une surcharge particulaire en Baie de l'Aiguillon qui oblige les mollusques à rester fermés et donc à ne plus manger. Cette surcharge diminue la production primaire ce qui augmente encore l'affaiblissement. Les Vibrios ont ainsi le champ libre pour s'installer et se repaître des chairs mourantes et mortes, ils ne sont donc qu'un effet des déséquilibres du milieu. J'aimerais bien en discuter avec J.F. LE BITOUX. Mon contact email : naturenvir@neuf.fr Merci. P. LE GALL

    Aquablog a dit…

    Merci !

    Cependant votre courriel est aux abonnés absents !

    Pierre LE GALL a dit…

    Toutes mes excuses pour cette mauvaise adresse. Voilà la bonne : renatenvir@neuf.fr

    P. LE GALL

    Pierre LE GALL a dit…

    Toutes mes excuses pour cette mauvaise adresse. Voila la bonne : renatenvir@neuf.fr