vendredi 8 mars 2013

Biodiversité. Pour la reconnaissance du rôle des femmes impliquées dans la pêche...


Biodiversité. Les femmes ont leur mot à dire...Pas seulement le 8 mars, journée internationale de la femme.

La nécessité de reconnaître et d’intégrer les connaissances traditionnelles des femmes dans les communautés villageoises de pêcheurs...

La nécessité de renforcer la capacité des femmes, d’inclure la dimension de genre dans tous les aspects de la planification et de la mise en œuvre concernant la protection et l’utilisation durable de la biodiversité sont quelques-uns des principaux points soulevés par le Caucus des femmes lors de la onzième réunion de la Conférence des Parties (COP11) à la Convention sur la diversité biologique, qui s'est tenue en Octobre 2012, à Hyderabad, en Inde.

La Convention sur la diversité biologique (CDB), qui trouve son origine dans le Sommet historique de Rio en 1992, a été mis en place pour faire face au déclin inquiétant de la biodiversité à travers la planète. Ce traité juridiquement contraignant cherche à promouvoir la conservation, l'utilisation durable et le partage équitable des avantages tirés de la biodiversité, en accord avec les objectifs généraux du développement durable.

Toutefois, au cours de ces 20 dernières années, on n’a fait que constater un déclin alarmant de la biodiversité. Les dirigeants du monde ont été accusés de n’avoir pas tenu compte des engagements pris en 2002 pour réduire la perte de biodiversité d'ici 2010. Au cours de la COP10 à Nagoya, au Japon, en 2010, ces leaders mondiaux se sont mis d’accord sur les Objectifs d'Aichi, le nouveau plan stratégique pour la période 2010-2020. Y figure en bonne place la nécessité d'inverser la perte de la biodiversité côtière et marine.


Il est reconnu que les communautés de petits pêcheurs sont particulièrement touchées par cette perte de biodiversité en raison de la commercialisation non réglementée du littoral, par une pollution chimique persistante, par le changement climatique, par l'acidification des océans, par la surpêche des flottes industrielles et bien d’autres menaces encore. Les modèles néo-libéraux de croissance économique suivis maintenant par de plus en plus de pays sont parvenus à accélérer sérieusement la destruction des ressources naturelles.

Pour les femmes, la perte de ressources, des terres, des occupations dont elles dépendaient traditionnellement, augmente considérablement les heures passées aux tâches domestiques ou dans les emplois salariés, tandis qu’en même temps se réduisent les droits sociaux et économiques. A cela s’ajoutent les effets de politiques de gestion des pêches qui, dans un contexte de pratiques patriarcales, aggravent encore les handicaps qui pénalisent les femmes en matière de droits et d'accès aux ressources ou font apparaitre de nouveaux problèmes dans leur vie.

Confrontées à une vulnérabilité croissante, les femmes des communautés de petits pêcheurs continuent pourtant à être le principal garant de la sécurité alimentaire de leur famille. La sécurité alimentaire et les moyens de subsistance sont étroitement liés à la biodiversité. Il se trouve que ces femmes des communautés de pêche et côtières, en raison du travail qu’elles accomplissent depuis des générations, possèdent des connaissances traditionnelles précieuses et un savoir-faire technique essentiel sur la façon dont les ressources naturelles peuvent être gérées de façon durable à la fois au profit des gens d’aujourd’hui et des générations futures.


Il est tout à fait regrettable que les politiques en matière de biodiversité continuent à être élaborées sans tenir compte des connaissances et des informations de première importance détenues par les femmes de ces communautés côtières, ni évidemment de leurs conditions de vie et de travail quotidiennes.

La reconnaissance du rôle des femmes et des critères d’égalité inscrite dans le préambule de la Convention sur la Diversité Biologique ne doit pas rester purement théorique ; elle doit se concrétiser dans tous les aspects de la planification et des prises de décision concernant l’application de cette convention. Si nous ne prenons pas à bord la problématique de genre, les objectifs de la CDB continueront de nous échapper.

L'engagement envers l'égalité des sexes inscrit dans le préambule de la CDB ne doit pas rester un simple jeton, mais être pleinement réalisés dans tous les aspects de la planification, de décision et de mise en œuvre de la Convention. À moins que le sexe est fermement monté à bord, la réalisation des objectifs de la Convention peuvent continuer à nous échapper.

Source : Editorial de Yemaya n°41 (Bulletin d'Icsf sur les questions de genre dans la pêche)

Photographies :
Haut - Deux femmes Guarija récoltent du sel dans les marais salants de Manaure au Nord-Est de la Colombie (Philippe Favrelière - mai 1990)
Centre - Une femme coréenne dans son chantier de séchage de poisson (Philippe Favrelière - novembre 1987)
Bas - Une femme de Bali (Indonésie) et la production de sel (Philippe Favrelière - décembre 1985) 


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Le 27 Février 2015

Femmes de mer - 42 Portraits de Femmes travaillant dans les secteurs de la pêche et l’aquaculture



A l’occasion du Salon International de l’Agriculture, Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, et Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, ont présenté l’ouvrage « Femmes de mer ».

Cet ouvrage met à l’honneur le travail des femmes et leur place dans l’ensemble de la filière de la pêche et de l’aquaculture. Il présente de manière détaillée 42 portraits de femmes mais aussi les différents métiers qu’elles exercent tant à bord des navires de pêche et dans la production aquacole qu’à des postes administratifs et de secrétariat.

Conçu dans le cadre du plan d’action du gouvernement en faveur de l’égalité femmes-hommes et de la mixité des métiers, ce livre nous invite à partager la vision de ces femmes sur leurs conditions de travail, les difficultés auxquelles elles sont exposées, leur savoir-faire et leur parcours personnel.

La richesse et la diversité de la pêche et de l’aquaculture françaises se tissent au quotidien par l’activité de femmes et d’hommes passionnés par leur métier. Ils sont à la source de près de 100 000 emplois indirects. Avec une consommation de produits aquatiques de 35kg par habitant et par an, et un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros pour la pêche et l’aquaculture, ces secteurs représentent un des piliers de l’économie maritime française.

Cliquer Ici pour télécharger : Femmes de mer - 42 Portraits de Femmes travaillant dans les secteurs de la pêche et l’aquaculture

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En Inde, les femmes s'opposent à POSCO

L'aciériste coréen  POSCO souhaite s'installer en Inde, 3e économie de l'Asie.

Des communautés villageoises s'opposent depuis plus de 7 ans à l'installation du complexe industriel sur 6000 hectares de rizières, de forêts et de zones humides. Avec l'ouverture d'un port comme plaie béante dans la zone côtière. Et le déplacement de près de 40.000 personnes...

Inde : Posco frappe à nouveau

Source : WRM

Le 3 février 2013 vers 4 heures du matin, douze pelotons de la police sont entrés dans les villages de Govindpur et de Nuagaon, du district Jagatsinghpur d’Orissa (l’actuelle Odisha) et se sont mis à battre les femmes et les enfants qui dormaient. Ils en ont gravement blessé plusieurs d’entre eux et ils ont arrêté des personnes choisies au hasard. Ils sont en train de détruire les plantes de bétel, qui sont le moyen d’existence traditionnel, et un des plus rentables, de la population de la zone.


Les habitants de Govindpur et de Nuagaon protestent contre un projet qui s’est heurté à une opposition tenace pendant les huit dernières années. Un groupe de villages résolus, dont Dhinkia, Govindpur et Nuagaon, ont constitué un mouvement de résistance contre l’acquisition forcée et illégale de leurs terres, la transnationale sidérurgique coréenne POSCO prévoit d’installer une sidérurgie, un port et l’infrastructure nécessaire dans le district de Jagatsinghpur de la province indienne d’Orissa. La zone visée contient 6 000 hectares de forêts intactes, des sols agricoles exceptionnels et d’importantes activités économiques côtières (voir le Bulletin nº155 du WRM : Posco : des malheurs s'annoncent pour l'Inde, l'Uruguay et le climat).

Tout le long de cette étape, la situation a eu des hauts et des bas. Le pouvoir a constamment changé de mains, et les plus hautes autorités du gouvernement indien sont intervenues pour que le personnel et les machines de POSCO puissent arriver au site choisi pour le projet.



 Après des années de protestations et de délais, les premiers permis environnementaux accordés à POSCO en 2007 ont expiré en 2012. Ces permis étaient valables pendant cinq ans seulement. Pendant ce temps, la résistance et la solidarité locales et l’absence des autorisations finales prévues par d’autres lois ont empêché POSCO de commencer à travailler. Il y a eu des tentatives d’entrer dans la zone par la force, des affrontements, des occasions où les fonctionnaires de POSCO ont été empêchés d’entrer, des arrestations de manifestants, et ainsi de suite.

À présent, l’État a décidé de prendre possession de la terre par la force, au mépris des droits constitutionnels des habitants et en flagrante violation de la Lois sur les droits forestiers de 2006.

Le Forum de tous les mouvements pour les forêts de l’Inde (AIFFM) condamne catégoriquement cette attaque féroce contre des gens qui résistent de façon pacifique à l’acquisition forcée de leurs terres ; il exige le retrait immédiat de la police et que les personnes illégalement arrêtées soient libérées sans délai.

Article fondé sur des informations envoyées par le secrétariat de l’AIFFM (All India Forum of Forest Movements), adresse électronique aiffmsecretariat@gmail.com : “POSCO isn’t a closed chapter”, de Kanchi Kohli ; “Demolishing democracy: An Oppressive State violates its own rules”, déclaration d’AIFFM condamnant la violence étatique contre les villageois d’Orissa, Inde, qui s’opposent au projet de la transnationale sud-coréenne POSCO.

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Le 30 décembre 2013

Biodiversité. La nature n’est pas à vendre !

Déclaration internationale pour défendre les biens communs et s’opposer aux mécanismes de compensation biodiversité

En réaction au Forum Mondial sur le Capital Naturel qui s’est tenu à Edimbourg (Ecosse), du 21 au 22 novembre 2013, 136 organisations ont publié une déclaration pour s’opposer au principe de compensation biodiversité et ont organisé un contre-forum sur les biens communs.

Alors que les marchés du carbone ont montré leur inefficacité à faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises et les gouvernements proposent désormais d’étendre ce type de mécanisme à la biodiversité et aux écosystèmes.

Source : Cdurable

Le contexte

Le principe est qu’une entreprise ayant un projet entrainant une destruction ou une dégradation d’un espace naturel puisse payer un intermédiaire pour compenser ses impacts en restaurant ou en protégeant un autre espace. Or, comme l’explique Hannah Mowat de FERN : «  La biodiversité n’est pas un produit de supermarché que l’on peut acheter ou échanger. Elle est liée aux paysages humains et culturels et sa destruction à un endroit ne peut être compensée par une action plus loin ».

De plus, le risque associé à ce type de mécanisme est d’ouvrir un nouveau marché pour les acteurs financiers qui peuvent se placer dans la chaine des intermédiaires, et spéculer, comme l’explique Lucie Pinson, chargée de campagne pour les Amis de la Terre : « Avec les incertitudes autour de la crise économique, les banques cherchent de nouveaux investissements : la crise écologique s’accélérant, avec une demande en ressources naturelles et en énergie croissante, les banques voient dans les mécanismes de compensation biodiversité un nouveau marché florissant ».

Si les entreprises soutiennent les mécanismes de compensation, c’est également parce qu’ils permettent d’éviter des législations plus contraignantes ou de saper la contestation locale contre un projet comme l’explique Maxime Combes d’ATTAC : «  L’extension des mécanismes de compensation biodiversité est clairement au cœur des projets de gestion de la nature que veulent mettre en œuvre des acteurs financiers pour maintenir coûte que coûte un modèle insoutenable. Le Parlement français, qui sera saisi d’une loi biodiversité au printemps 2014, devra choisir entre ouvrir les vannes de la compensation biodiversité ou alors renforcer les cadres qui permettent de bloquer les petits et grands projets inutiles destructeurs de biodiversité et d’écosystème ». Une dizaine d’organisations françaises, notamment des associations locales impliquées dans la lutte contre des projets controversés, sont ainsi signataires de la déclaration.

L’extension des mécanismes de compensation est un phénomène mondial : « Au Brésil, le gouvernement procède à une réforme des politiques publiques pour permettre aux entreprises de « compenser » l’impact plutôt que de prévenir les dégâts. La banque de développement brésilienne, BNDES, subventionne les Etats pour qu’ils adoptent des lois locales sur les compensations carbone et biodiversité. Bien que cela soit contesté par le procureur public, ces politiques sont à l’origine de violations dramatiques des droits des peuples autochtones », explique Lucia Ortiz, des Amis de la Terre Brésil.

Pour faire face, et dénoncer, les mécanismes de compensation biodiversité, les organisations signataires de la déclaration proposent de renforcer l’idée de bien commun comme l’explique Nick Dearden, directeur du Mouvement mondial pour le développement et co-organisateur du Forum sur les Biens Communs : « La nature est un bien commun qui appartient à tous et dont chacun est responsable. Elle doit être gérée démocratiquement, en renforçant en priorité les droits des communautés locales qui en dépendent selon le principe de bien commun et non de marché. »

Déclaration complète : La nature n'est pas à vendre !

Partout dans le monde, les écosystèmes (et donc les communautés qui en dépendent) sont mis à mal par de grands projets d’infrastructure, les sites d’extraction et les marchés financiers.[1] Afin de faciliter ces activités, des entités tant publiques que privées mettent sur pied des mécanismes pour ‘compenser’ leur impact sur l’environnement. Ces mécanismes pourraient aggraver la situation, et plus inquiétant encore, ils font de la nature une marchandise. C’est pourquoi les organisations signataires mettent en garde contre les effets de cette fausse solution et refusent les mécanismes de compensation pour perte de biodiversité.

Cliquer Ici pour accéder au site de la déclaration avec la liste des signataires

La compensation pour perte de biodiversité, c’est la promesse de remplacer ce qui est détruit dans la nature à un endroit par de la nature ailleurs. De même que dans le cas des mécanismes de développement propre (Clean Development Mechanisms, CDM) et de réduction des émissions suite à la déforestation et la dégradation des forêts (Reduce Emissions from Deforestation and Forest Degradation, REDD), la compensation pour perte de biodiversité se base sur l’avis d’‘experts’ pour faire croire qu’un morceau de la planète est équivalent à un autre.

À qui profite le crime?

Introduire ces compensations permet, voire encourage, la destruction de l’environnement en faisant croire qu’un habitat peut être recréé ailleurs. Tout bénéfice pour les entreprises responsables de dégradation, puisqu’elles peuvent se présenter comme si elles investissaient dans la protection de l’environnement, donnant ainsi un vernis écologique à leurs produits et services.

Cela crée également des ouvertures pour de nouveaux intermédiaires : des consultants en conservation du biotope pour évaluer ce qui est perdu, des banquiers pour le transformer en crédits, des traders pour spéculer dessus sur de nouveaux marchés spécialisés et des investisseurs qui veulent tirer profit de ce ‘capital vert’. “Le capital naturel” est un concept artificiel reposant sur des hypothèses économiques boiteuses et non sur des valeurs écologiques, un concept qui permet la marchandisation de la nature.

Et ceci se produit avec l’appui de gouvernements qui font en sorte que des droits de propriété sur des éléments naturels comme le carbone ou la biodiversité puissent être transférés à des sociétés et des banques.
Les compensations ne vont pas empêcher la perte de biodiversité

La nature est unique et complexe. Il est impossible de mesurer la biodiversité, il est donc trompeur de suggérer qu’il est possible de trouver des zones équivalentes. Il faut à certains écosystèmes des centaines sinon des milliers d’années pour devenir ce qu’ils sont – or ces compensations font semblant qu’il est possible de trouver des remplacements. [2]

Ces compensations vont faire du tort aux communautés

La compensation en matière de biodiversité a comme conséquence que la protection de l’environnement n’est plus qu’un sous-produit d’un projet commercial, marginalisant les communautés et menaçant leur droit à la vie. La nature joue un rôle important pour les communautés locales, que ce soit du point de vue social, spirituel ou de leur subsistance. Ces valeurs ne peuvent pas plus être mesurées, estimées ou compensées que ces communautés ne peuvent aller vivre ailleurs.[3]

La compensation en matière de biodiversité sépare les gens du milieu où ils ont grandi, où s’enracine leur culture, où leur activité économique se déroule depuis des générations.

La compensation en matière de biodiversité pourrait accélérer la perte de biodiversité

Une série de cas démontrent que ces compensations accélèrent l’exploitation des ressources naturelles et sont préjudiciables aux droits des communautés à protéger et gérer leurs biens communs. Parmi ces exemples, citons :
  • Le nouveau code forestier au Brésil qui permet aux propriétaires de détruire des forêts s’ils achètent des ‘certificats de réserves environnementales’ émis par l’état et échangé à la bourse des produits verts récemment créée par le gouvernement brésilien.
  • La législation de l’UE sur les compensations en matière de biodiversité (dite ‘initiative de perte nette nulle’) qui pourrait vider les directives existantes de leur substance.
  • Des institutions financières publiques comme la Banque mondiale, la Société financière international (SFI, la branche de la BM pour le privé) et la Banque d’investissement européenne (BIE) ont integer les compensations en matière de biodiversité dans leurs norms, ce qui leur permet de financer des projets qui détruisent l’environnement.

Il est impossible compenser de grands projets d’infrastructure et d’extraction. Une fois qu’un écosystème est détruit, il est impossible de le récréer ailleurs. Là où la compensation de biodiversité est permise, elle entraîne souvent l’affaiblissement des lois qui doivent empêcher la destruction de l’environnement. Si les compensations se couplent de quota échangeables (comme pour le carbone), la voie est libre pour la spéculation financière qui menace la nature et les droits des communautés qui en dépendent.

Sept ans de compensation carbone n’ont pas réduit les émissions de carbone,[4] alors ne laissons pas les compensations de biodiversité ouvrir la voie à des destructions qui auraient sinon été déclarées illégales ou contraires aux critères de protection de l’environnement.

Pour ces raisons, nous rejetons toute tentative de faire figurer des mécanismes de compensation en matière de biodiversité dans des lois, critères ou politiques publiques, qui auraient pour effet de créer de nouveaux marchés y of où la nature est devenue marchandise.

Annexe : quelques exemples de politiques et de projets de compensation

1. Le gouvernement britannique envisage d’introduire ces mécanismes de compensation (consultation jusqu’au 7 novembre 2013 (http://www.fern.org/UKbiodiversityconsultation). Des cas de compensation montrent que la promesse de compenser la perte est préjudiciable à l’application de lois qui empêcheraient la destruction de l’environnement, affaiblissant ainsi le processus démocratique et l’attention portée aux communautés affectées.[5]

2. Notre Dame des Landes, en France : depuis une quarantaine d’années, il est question de construire un aéroport sur plus de 1000 hectares de terres où les agriculteurs ont préservé biodiversité et paysage traditionnel. Les lois françaises sur l’eau et la biodiversité exigeaient des compensations. ‘Biotope’ a mis au point une nouvelle méthodologie basée sur des ‘fonctions’ et non des ‘hectares’, ce qui aboutit à compenser seulement pour 600 ha. La résistance locale a réussi jusqu’à present à bloquer le projet. La Commission européenne va s’en mêler.

3. Stratégie de l’UE sur la biodiversité à l’horizon 2020 – l’UE envisage de légiférer sur les compensations en matière de biodiversité, y compris une “banque d’habitats” qui permettrait de compenser les pertes d’espèces et d’habitats partout dans l’Union. L’objectif est d’éviter une perte nette de biodiversité, ce qui n’est pas la même chose que pas de perte.

4. La Banque mondiale finance un projet d’extraction de nickel et de cobalt en Indonésie. Il est dirigé par la société française Eramet (http://wedabaynickel.com/), qui fait partie de BBOP (Business and Biodiversity Offsets Program: http://www.business-biodiversity.eu/default.asp?Menue=133&News=43). Le projet a déjà reçu l’aval de MIGA (la branche de la Banque mondiale qui s’occupe de couvrir les risques économiques et politiques des investisseurs) et doit être financé par la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique, la banque japonaise pour la coopération internationale (JPIC), Coface et l’Agence française du développement (AFD) en ce qui concerne le volet compensations. Les conséquences pour les habitants et les sols sont très graves et la société civile se mobile pour combattre le projet, tant au niveau international qu’en Indonésie.
Notes

[1] Les méga-projets dans l’industrie minière, l’énergie, l’exploitation forestière, les transports et les monocultures entraînent l’expropriation de terres et des changements dans l’utilisation des sols, y compris la conversion de forêts à de l’agriculture à échelle industrielle. Dans le même temps, au nom de la sécurité énergétique, c’est sur grande échelle que se développent l’extraction de carburants fossiles conventionnels et non-conventionnels comme les sables bitumeux et le gaz de schiste.
[3] Ceci illustre le fardeau disproportionné que doivent supporter des communautés qui ne sont en rien responsables de la destruction de l’environnement et dont la survie dépend d’un environnement en bonne santé.

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Le 8 février 2014

Boulogne : l’une des dernières fileteuses de Capécure a des doigts en or

Christine Wasselin, serait l’une des deux dernières fileteuses en France. Du moins, l’une des rares à exercer encore son travail à la main de façon artisanale. À 50 ans, cette Boulonnaise qui manie le couteau avec une dextérité étonnante défend son savoir-faire avec fierté.

Christine a été embauchée à l’âge de dix-sept ans alors qu’elle venait de décrocher son diplôme.

Source : Voix du Nord par Marie-Caroline Debaene 

Son diplôme de « fileteuse-peleuse » décroché en 1981 trône dans le hall de l’entreprise de son employeur, JC David. Un gage de qualité que son patron, Hervé Diers, aime présenter à ses clients. « J’ai commencé à l’âge de 17 ans dans une école de filets à Capécure. J’ai été formée durant six mois au métier de fileteuse et peleuse. Les instructeurs nous ont ensuite placés dans les entreprises. J’ai commencé dans ce magasin chez Gaston Sellier. Il a depuis été repris par Hervé Diers. » Ce métier dont elle ne se plaint jamais malgré la pénibilité évidente, Christine, la margote du Chemin-Vert, l’a choisi. « J’avais envie de travailler dans le poisson. Je pense que je voulais faire comme mon père et mon frère. C’est dommage parce que mon métier n’est plus enseigné. Si on ne le transmet pas, il va disparaître. »

La margote du Chemin-Vert

Christine débute tous les matins à 5 h : « Comme je n’ai pas mon permis de conduire, c’est mon mari qui m’emmène. Je le réveille à 4 h 30. » Elle oublie le froid des ateliers et les douleurs liées à la répétition du geste. Chaque jour, elle prépare une soixantaine de kilos de harengs avec la minutie d’un chirurgien et une rapidité impressionnante tout en prenant soin de récupérer la laitance et les rogues dont certains clients sont friands. « Ça paraît facile comme ça mais lorsque les gens essayent, ils se rendent compte que c’est très dur. » Mais la fileteuse n’est pas du genre à se plaindre ou à s’écouter. Elle préfère accrocher un sourire à son visage plutôt qu’une moue boudeuse. « J’ai un métier et je le fais dans une bonne ambiance. C’est ce qu’il faut dans un contexte comme le nôtre. » Elle, qui ne suit pas la politique plus que ça, se désole de la situation économique en France. « Ce qui m’a énervé dernièrement dans l’actualité, c’est tout ce que l’on a entendu sur la vie privée du président. Les usines qui ferment, le taux de chômage qui augmente, c’est quand même plus important que cela. » Elle en sait quelque chose, son mari est lui-même sans emploi. Leur fille de quinze ans et demi a choisi de s’orienter vers un métier de service à la personne. « Je ne veux pas qu’elle travaille dans le poisson. Elle va finir en ayant mal partout. Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle fasse ce qu’elle aime. »

À 13 h, lorsque Christine défait sa blouse d’ouvrière et monte dans le bus pour rejoindre son logement à Pont-de-Briques, l’un de ses plaisirs, entre autres, est de se plonger dans la lecture. « J’adore lire des romans. C’est mon truc, je suis ailleurs dans ces moments-là. Je suis abonnée à la médiathèque. En ce moment, je lis Rodolphe et les secrets de Mayerling. C’est une histoire sur l’héritier d’Autriche-Hongrie. »

Sa manière de s’évader à travers le monde dans de grandes fresques historiques, elle, qui a quitté son cher Chemin-Vert pour s’installer il y a quelques années à Pont-de-Briques, dans la ville de son époux. « J’ai fait une demande pour aller dans les nouveaux logements à Transition. Ma mère et mes deux sœurs sont là-haut. On voit toujours le Chemin-Vert comme une cité alors qu’il y a des gens très bien. Il y a de l’entraide. On fait les courses pour les personnes âgées. En plus, il y a maintenant des locaux pour les jeunes et puis c’est bien desservi pour se déplacer. Je garde de ce quartier des très bons souvenirs. » À dix ans de la retraite, Christine n’a pas fini de fileter. Le savoir-faire est encore entre de bonnes mains…

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Le 9 avril 2014

Quatrième sommet UE-Afrique : feuille de route 2014-2017

La feuille de route 2014-2017 du quatrième sommet UE-Afrique établit les domaines prioritaires pour la coopération: les sciences, les technologies et l'innovation ; l'enseignement supérieur ; la migration, la mobilité et l’emploi ; le développement et la croissance durables et inclusifs et l’intégration continentale et, enfin, les questions globales et émergentes.

Source : CTA

En ce qui concerne les sciences, les technologies et l'innovation, les délégations africaines et européennes se sont engagées à renforcer leur coopération par la mise en place de communautés de chercheurs et à la création de programmes de recherche académique communs. De plus, un partenariat à long terme sera développé en matière de recherche et d'innovation, financé et géré en commun, en particulier dans les secteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de l’agriculture durable.

Pour améliorer l’éducation supérieur, les programmes Erasmus+, Marie Skłodowska-Curie Actions and Nyerere favoriseront la mobilité des étudiants, académiques et chercheurs d’Europe et d’Afrique. L'Initiative pilote "Tuning Africa" pour l'harmonisation de l'enseignement supérieur en Afrique sera étendue.

Le Sommet de Bruxelles a également adopté une déclaration sur la migration et la mobilité et a accepté de mettre en œuvre un plan d’action pour la période 2014-2017. Conformément à cette déclaration, les synergies entre la migration et le développement seront favorisés.

La promotion d’un développement durable et inclusif , de la croissance et de l’intégration régionale aura pour objectifs centraux de stimuler la croissance économique qui réduit la pauvreté, crée des emplois décents et mobilise le potentiel entrepreneurial des populations, notamment des jeunes et des femmes, de manière durable; de soutenir le développement du secteur privé et des PMEs; d’appuyer l'intégration continentale, notamment à travers l'accélération du développement des infrastructures, l'énergie, l'industrialisation et l'investissement. Une attention particulière sera accordée à l’investissement privé, aux infrastructures et à l’intégration continentale ainsi que à l’agriculture, la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments.

Pour faire face aux questions globales et émergentes, l’UE et l’Afrique développeront une position commune dans le cadre des enceintes et des négociations internationales et répondront conjointement aux défis mondiaux. Les défis identifiés dans cette feuille de route sont le changement climatique et l’environnement mais aussi l’agenda de développement post-2015.

Source: Conseil de l’UE

En savoir plus :
  • Cliquer Ici pour télécharger la feuille de route 2014-2017
  • Cliquer Ici pour accéder à la page de la page "Sommet UE-Afrique 2014"

Feuille de route 2014-2017 (Extrait)

Pour la période 2014-2017, le Sommet est convenu que la mise en oeuvre de la Stratégie conjointe devra être axée sur les domaines prioritaires ci-après :
1. Paix et sécurité
2. Démocratie, bonne gouvernance et droits de l'homme
3. Développement humain
4. Développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale
5. Questions globales et émergentes

Domaine prioritaire 4 : Développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale

38. Objectif stratégique : Stimuler la croissance économique qui réduit la pauvreté, crée des emplois décents et mobilise le potentiel entrepreneurial des populations, notamment des jeunes et des femmes, de manière durable; soutenir le développement du secteur privé et des PMEs; appuyer l'intégration continentale, notamment à travers l'accélération du développement des infrastructures, l'énergie, l'industrialisation et l'investissement.

Principaux domaines de coopération :
  • Investissement privé, infrastructures et intégration continentale
  • Agriculture, sécurité alimentaire et sécurité sanitaire des aliments

Une toute petite place à la pêche et au poisson dans la feuille de route

57. Nous soutiendrons la mise en œuvre du cadre pour une politique de pêche panafricaine et une stratégie de réforme afin de libérer tout le potentiel que comportent les ressources marines vivantes et l'aquaculture en matière de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance et de création de richesse.


Agriculture, sécurité alimentaire et sécurité sanitaire des aliments

51. Notre travail sur l'agriculture, la sécurité et la sûreté alimentaires sera mis en œuvre dans le cadre du Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA). L'année 2014 est l'Année Africaine de l'Agriculture et de la Sécurité Alimentaire ainsi que l'Année Internationale de l'Agriculture Familiale. Cette question occupe une place prioritaire dans le cadre de l'assistance de l'UE pour la période 2014-2020. L'agriculture nourrît les populations, mais elle génère aussi une croissance durable et inclusive et des emplois. Nous nous efforcerons de faire converger nos politiques vers un nombre limité d'indicateurs essentiels afin de promouvoir un développement durable de l'agriculture. Nous transformerons et développerons les zones rurales et l'agriculture pour créer des perspectives, des emplois et des revenus en particulier pour les femmes et la jeunesse rurale. Nous nous attaquerons aux défis considérables qui se posent à l'agriculture africaine d'une manière qui permette de conserver la productivité future des ressources naturelles. Notre coopération dans ce domaine interviendra en particulier i) au sein du groupe de contact mis en place entre les deux commissions et ii) le partenariat du CAADP.


52. Nous élaborerons des approches conjointes effectives concernant les objectifs de nutrition comme composantes majeures de la résilience en renforçant les systèmes d'information et les outils analytiques qui soutiennent le processus décisionnel des politiques nationales (Classification intégrée des phases de la nutrition, indice de résilience, etc.). Les entités et initiatives régionales, telles que l'Alliance globale pour l'initiative résilience (AGIR), constitueront un cadre privilégié pour promouvoir des solutions innovantes telles que les réserves alimentaires régionales d'urgence, ou la gestion des risques en agriculture.

53. Nous préconiserons une agriculture axée sur la nutrition afin de contribuer aux objectifs adoptés au niveau international en matière de réduction du rachitisme. Nous améliorerons l'accès et la disponibilité continue à une nourriture riche en nutritifs, nous renforcerons la capacité des femmes à assurer la sécurité alimentaire, la santé et la nutrition de leur famille ainsi qu'à améliorer la connaissance nutritive pour améliorer la diversité de leur alimentation. Pour assurer le suivi des progrès, des objectifs et des indicateurs explicites sont inclus dans la conception des projets et de la politique agricole.


54. Nous poursuivrons notre collaboration sur la mise en œuvre de la déclaration sur les Problèmes et enjeux fonciers en Afrique, 2009, utilisant le Cadre et lignes directrices sur les politiques foncières en Afrique conformément aux Directives Volontaires pour une Gouvernance Responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts (DVGR). Nous soutiendrons l'Initiative sur les Politiques Foncières de l'UA en vue de promouvoir une gouvernance foncière efficace, équitable et soutenable.

55. Nous développerons les activités à valeur ajoutée et l'agro-industrie en augmentant les possibilités de revenus des petits exploitants, en particulier les femmes, grâce à la création d'emplois tout au long des chaînes de valeur agricoles, d'une manière inclusive et durable. Nous aurons à cœur de promouvoir l'investissement agricole responsable qui est essentiel pour la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire. Nous encourageons dans cette optique le processus en cours qui prépare les principes pour un investissement agricole responsable dans le cadre du Comité sur la Sécurité alimentaire mondiale. Nous soutiendrons la création de nouvelles chaînes à valeur ajoutée, ainsi que le développement des chaînes existantes, pour la commercialisation des produits agricoles. Nous mènerons une coopération renforcée entre l'UE et le secteur privé et les organisations d'agriculteurs recherchant des partenariats innovants et ouverts à tous.

56. Nous favoriserons l'augmentation du commerce équitable des produits agricoles au niveau intra régional, inter-régional et mondial. Nous travaillerons pour que les marchés des produits agricoles fonctionnent de manière transparente et ouverte, et nous renforcerons les capacités à servir les marchés respectifs en respectant les normes de sécurité et de qualité, la certification de la durabilité, en améliorant les systèmes d'information de marché et en mettant en œuvre des mesures de facilitation des échanges afin de renforcer le commerce transfrontalier. Nous renforcerons les systèmes africains de gestion de la santé végétale et animale ainsi que le respect des normes internationales, y compris en ouvrant la voie à la conception d'un mécanisme de coordination de la gestion de la sécurité alimentaire de l'UA ainsi qu'un système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux.


57. Nous soutiendrons la mise en œuvre du cadre pour une politique de pêche panafricaine et une stratégie de réforme afin de libérer tout le potentiel que comportent les ressources marines vivantes et l'aquaculture en matière de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance et de création de richesse.

58. Nous renforcerons notre recherche sur la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments ainsi que sur l'agriculture durable. Nous soutiendrons notamment la mise en œuvre des plans opérationnels à moyen terme des organisations africaines régionales de recherche et de vulgarisation et mettrons à profit l'expertise des initiatives mondiales de recherche agricole pour contribuer aux priorités africaines en matière de recherche conformément au PDDAA, à l'Agenda scientifique pour l'agriculture en Afrique et à la plateforme technologique pour l'agriculture africaine.

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