lundi 2 avril 2012

Rio+20 : Que vaut un petit pêcheur face à la valeur inestimable de la nature ?

Ancien titre : Rio+20 : Les services écologiques

Que vaut un petit pêcheur face à la valeur inestimable de la nature ? Réponse après l'article sur les « services écologiques » et les enjeux de la marchandisation de la nature, avec le cas concret du Royaume-Uni...

Les « services écologiques » et le projet de soumettre la nature au commerce et à la spéculation. Exemple des forêts et de « l’économie verte ».

Dossier du Mouvement mondial pour les forêts tropicales (WRM)

Bulletin Mensuel - Numéro 175 - Février 2012

Services écologiques : Il s’agit d’un mécanisme de marché où la nature est transformée en « unités quantifiées », en biens commercialisables, en « certificats », « titres » ou « actifs ». En outre, il présuppose l’idée de gagner de l’argent et de pouvoir détruire les services écologiques à un endroit pourvu que cette destruction soit associée à une « protection », une « récupération » ou une « amélioration » à un autre endroit. Par conséquent, le commerce des services écologiques diffère radicalement de la manière dont les peuples ont toujours apprécié leur environnement : forêts, océans, fleuves, marais, estrans,….

En cette année où aura lieu la conférence Rio+20 sur l’environnement [1], le WRM souhaite diffuser de l’information sur les thèmes qui auront probablement une place de choix dans le programme de cet événement mondial. Parmi ces thèmes figure celui des « services écologiques » et les phénomènes qui y sont associés, comme le paiement de ces services et leur commercialisation.

La raison d’aborder un thème de ce genre réside dans le fait que beaucoup de personnes estiment qu’il est complexe, autant que d’autres thèmes semblables comme REDD, REDD+ [2] et le « marché du carbone ». Lire : Marché du carbone. Danone et mangrove : Mariage de raison !

Or, s’agit-il vraiment de thèmes complexes, ou sont-il présentés délibérément comme tels pour que le grand public n’en discute pas et que le débat reste réservé aux soi-disant « spécialistes » ?

Nous plaidons pour que les « services écologiques » et les phénomènes associés soient discutés par tous, surtout parce que les institutions officielles qui préparent la conférence Rio+20 et, en particulier, l’Organisation des Nations unies (ONU), leur accordent une place centrale. Ces organismes affirment que la continuité des services écologiques, assurés surtout par les forêts tropicales, et le futur commerce des services écologiques, sont essentiels pour l’humanité, et que la seule manière de les protéger est de leur fixer un prix. Qu’y a-t-il derrière ce point de vue et quelles en sont les conséquences, surtout pour les communautés qui habitent les forêts et qui en dépendent ? (ou pour les communautés de pêcheurs qui vivent des ressources naturelles de la mer ndlr)

Le présent article examine ces questions, parce que le « commerce des services écologiques » a de fortes conséquences, du moment qu’il implique de soumettre encore plus la nature au commerce et à la spéculation. Il représente une avancée sans précédent du néolibéralisme sur le « capital naturel », par la privatisation de la nature et par l’application du droit de propriété à ce qu’on appelle services écologiques, dans les forêts tropicales et dans d’autres écosystèmes (comme les mangroves, les zones humides, les vasières ou les prairies marines.... ndlr).

Les défenseurs de l’idée des services écologiques affirment en outre que les plantations d’arbres – appelées « forêts plantées » par leurs promoteurs – sont des fournisseuses stratégiques de services tels que le stockage de carbone, l’énergie, le maintien du cycle hydrologique et la préservation de la biodiversité.
Bonne lecture !

[1] La Conférence des Nations unies sur le développement durable, qui aura lieu exactement 20 ans après le Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro en 1992.

[2] Le REDD est une initiative internationale et transnationale lancée en 2008. Elle vise à lutter contre le réchauffement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre. Elle est coordonnée par l'ONU qui a mis en place le programme UN-REDD (en). Elle s'appuie sur des incitations financières et est indirectement liée au marché du carbone.

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Les « services écologiques » et le projet de soumettre la nature au commerce et à la spéculation. Les forêts, la monoculture d’arbres et « l’économie verte »

Table des matières :

Autres articles :

Pour aller plus loin

La nature est un bien commun, non à leur « économie verte » !

Mobilisons-nous vers le Sommet des peuples pour la justice sociale et écologique

Après-midi débat autour de Rio+20
Samedi 9 juin 2012
Paris / Les Diaconesses, 18 rue Sergent Bauchat, Paris 12ème (M° Montgallet)

La nature est un bien commun, non à leur « économie verte » !

Accueil et tables d’information à partir de 13h30

Pour plus de détails sur le programme du débat du 9 juin, cliquer Non à l’économie verte !

Du 20 au 22 juin 2012 se tiendra à Rio de Janeiro une nouvelle Conférence des Nations unies sur le développement durable. Loin de tirer le bilan de deux décennies de dégradation écologique et sociale, cette Conférence dite Rio+20 propose de transformer, au risque de l’accentuer, la crise écologique en opportunité de croissance - verte - pour les entreprises. "Leur économie verte est une nouvelle étape dans la marchandisation et la financiarisation de la nature et du vivant" estime un collectif regroupant une vingtaine d’organisations françaises impliquées dans la préparation du Sommet alternatif des peuples de Rio : le Sommet des peuples pour la justice sociale et écologique et la défense des biens communs !


"Loin de résoudre les multiples crises du monde actuel, elle ne répondra pas aux causes structurelles des inégalités et de la pauvreté, du changement climatique, de la destruction de la biodiversité, de la crise de l’eau, des conséquences sur la santé de la dégradation de l’environnement, etc. Au contraire, elle les aggravera".

A quelques jours de l’ouverture de la conférence officielle, ces organisations impliquées dans la préparation du Sommet alternatif des peuples de Rio organisent le samedi 9 juin 2012 un après-midi débat pour décrypter les méprises de cette économie verte….



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Un cas concret : Royaume-Uni....


Que vaut un petit pêcheur face à la valeur inestimable de la nature ?


Actuellement, le Royaume-Uni met en oeuvre son programme d'élimination de la petite pêche... Supprimer tous ces petits pêcheurs embarqués sur des bateaux de moins de 10 mètres pour redonner une vraie valeur à toute cette nature d'une valeur inestimable... Une valeur bien comprise des vendeurs de paysage, et autres promoteurs immobiliers des bords de mer....

Le Royaume-Uni donne une valeur à l'environnement

Le Royaume-Uni est devenu le premier pays à donner un prix à la nature, en attribuant une valeur à tous les bénéfices qu'elle procure à sa population. Résultat des travaux de 500 scientifiques et économistes dirigés par Robert Watson, Chief Scientific Adviser du Department of Environment, Food and Rural Affairs (conseiller scientifique du ministère de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales), le UK National Ecosystem Assessment (évaluation de l'écosystème national) a fait l'objet de la publication d'un rapport de plus de 2.000 pages au début de juin 2011. Cette étude a été financée par le Natural Environment Research Council (conseil de recherche pour l'environnement naturel) et par l'Economic and Social Research Council (conseil de recherche pour l'économie et les sciences sociales) et a coûté 1,3 M£.

Partant du constat que le comportement actuel des marchés ne semble pas prendre garde aux conséquences sur le patrimoine environnemental, cette évaluation se veut un moyen de mettre à disposition des données exploitables dans des prises de décisions stratégiques prenant en compte cette dimension. Cependant, loin de se limiter uniquement à l'aspect financier, elle avait pour but de comprendre comment l'environnement et les services qu'il offre profitent à l'économie, à la société et à chacun des citoyens britanniques, et comment les préserver pour les générations futures.

L'évaluation considère à la fois les valeurs d'usage des biens environnementaux et les bénéfices intangibles qu'ils représentent pour les citoyens. Les différents éléments du capital naturel se déclinent en quatre catégories : l'air, l'eau, les terres et les écosystèmes qui accueillent la faune et la flore. Les services apportés sont très divers et vont par exemple de la pollinisation par les insectes, à la protection contre les inondations, en passant par la purification de l'air et de l'eau par les sols et les plantes.

Ainsi que l'on aurait pu s'y attendre, les résultats de l'étude font apparaître que la valeur du patrimoine naturel a jusqu'à présent été largement sous-évaluée, et que les services qu'il fournit sont d'une importance critique pour le bien-être et la prospérité de la société britannique (....)

Il subsiste bien sûr des interrogations quant à la pertinence de tels travaux, et des limites aux conclusions proposées. En effet, de très fortes incertitudes entourent l'évaluation de la valeur des services apportés par l'environnement (à l'exception des matières premières), et ces difficultés sont accentuées par la prise en compte de bénéfices contradictoires (.....) De plus, le rapport publié ne préconise aucun mécanisme réglementaire pour transférer les coûts engendrés par l'altération du patrimoine naturel vers les acteurs économiques concernés, et les scientifiques qui l'ont rédigé soulignent bien que leur rôle n'est pas de mettre en oeuvre les conclusions de leurs travaux en lieu et place du législateur. Mais malgré ces limites et ces difficultés, le UK National Ecosystem Assessment pourrait se révéler d'un grand apport, notamment lorsqu'il s'agit d'évaluer le coût futur du changement climatique (avec ses conséquences sur les services offerts par l'environnement) et de le comparer aux coûts des technologies et des réglementations destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Source et pour plus de renseignements, cliquer Bulletin électronique

Pour accéder aux documents :
  • Synthèse : Synthesis of Key Findings, cliquer Ici
  • La pêche du point de vue biodiversité : Chapter 12 Marine, cliquer Ici
  • Chapter 11 Coastal Margins, cliquer Ici
  • Chapter 9 Freshwaters: Openwaters, Wetlands and Floodplains, cliquer Ici

Pour accéder à tous les documents, cliquer Reports from the UK National Ecosystem Assessment

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Kick the Habit. Guide de l’ONU pour la neutralité climatique

Guide de l’ONU pour la neutralité climatique
PNUE 2009

Pour télécharger ce guide très pratique pour comprendre les enjeux autour des émissions de gaz à effet de serre (GES), cliquer Pnue

Le changement climatique est le problème de notre ère. Il est rare qu'un jour ne passe sans qu'il ne soit fait référence par un journal, une émission ou un homme politique aux menaces qu'il représente et à l'urgence d'agir, dès à présent pour en limiter les effets, et sur le long terme, pour nous adapter aux changements qui vont inéluctablement se produire.

Car le changement climatique est bien réel, et le problème n'est pas près de disparaître. Mais il est en notre pouvoir, en tant qu'individus, entreprises, villes et gouvernements, d'agir sur le degré de gravité de ce problème. Les moyens d'action possibles sont nombreux, mais ce changement, nous devons le faire. Nous pouvons changer les choses en favorisant la transition vers un monde neutre pour le climat. Ce concept de neutralité climatique est le sujet de ce livre.

Il est vrai que le fossé entre notre situation actuelle et la neutralité climatique nécessaire à l'avenir pour parvenir à un développement durable est immense. Mais ce livre a pour but de nous montrer que ce fossé n’est pas infranchissable et qu’il y a beaucoup à y gagner. Il faudra faire preuve de patience, de persistance et de détermination, mais nous en sommes capables.

Il existe un grand nombre d'informations et de conseils sur la conduite à suivre pour vivre de façon plus écologique, plus propre. Il est parfois difficile de s'y retrouver, de savoir ce qui permet d'obtenir des résultats rapidement, ce qui est réellement efficace et non pas uniquement du blanchiment écologique, et ce qui nous convient le mieux. Si vous vous sentez perdu, ce livre est fait pour vous. Il devrait vous apporter les réponses que vous souhaitez. Il explique concrètement comment les individus, les entreprises, les grandes sociétés, les villes et les pays peuvent entamer un changement. Et même si vous ne vous sentez absolument pas perdu, ce livre vous fournira de bonnes informations complémentaires….

Neutralité climatique : Neutre en carbone, oui, cette expression nous est familière. Mais neutre pour le climat ? La réponse est simple : le dioxyde de carbone, CO2, n'est pas le seul responsable du changement climatique, même s'il constitue presque 80% des gaz émis par les activités humaines (y compris la part engendrée par les changements d'utilisation des sols). Le dioxyde de carbone est le gaz à effet de serre que nous rejetons en plus grande quantité dans l'atmosphère, mais il n'est pas le seul. Le protocole de Kyoto, traité international de lutte contre le changement climatique, régule les émissions des six principaux GES produits par l'activité humaine (voir tableau). Ces gaz sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (N2O), les hydrofluorocarbones (HFC), les hydrocarbures perfluorés (HPF), et l'hexafluorure de soufre (SF6).

Kick the Habit - Dire non à notre dépendance au carbone est une épreuve comparable à celle d'un régime : l'engagement nécessaire lorsque l'on essaye de perdre du poids est assez proche de celui dont nous avons besoin pour devenir neutres pour le climat. Nous devons nous défaire de notre habitude de rejeter de grandes quantités de gaz à effet de serre. Bien sûr, un régime n'est jamais suivi par plaisir, mais uniquement dans l'espoir d'accéder à quelque chose qui en vaille vraiment la peine : cela peut être pour avoir une silhouette plus fine et plus sexy ou tout simplement pour une question de survie. Mais les régimes ont un autre point commun avec la réduction de GES. Il ne s'agit pas d’une action ponctuelle mais d’un processus. Personne ne s'embarque dans un régime et ne perd de poids pour reprendre, par la suite, son ancien mode de vie - ou du moins pas sans savoir que tous ses efforts auront été vains.

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Le 30 avril 2012


Une nouvelle organisation de l’ONU a été officiellement inaugurée cette semaine. L’IPBES, plateforme pour la biodiversité et les services écologiques, aura son secrétariat à Bonn.

Après plusieurs années de négociations internationales, le concept opérationnel final de la Plateforme Internationale sur la Biodiversité et les Services Ecologiques (IPBES) a été adopté le 22 avril.

La ville de Bonn, qui accueille des traités tels que la Convention du Programme des Nations Unies sur l’Environnement (PNUE) sur les Espèces Migratrices, a été choisie pour accueillir le secrétariat de cette nouvelle organisation indépendante, lors d’un sommet qui a eu lieu à Panama City cette semaine.

L’IPBES a pour objectif de gérer le problème de l’accélération mondiale de la disparition de la biodiversité et de la dégradation des services écologiques, en comblant le fossé existant entre la science précise, actualisée et impartiale et les législateurs.

Plus de 90 gouvernements ont mis en place avec succès l’interface science-politique pour tous les pays.
Bien que de nombreuses organisations et initiatives contribuent déjà à améliorer le dialogue entre les législateurs et la communauté scientifique dans ce domaine, l’IPBES vise à être une nouvelle plateforme, reconnue par les communautés scientifiques et politiques pour combler le fossé existant et renforcer l’interface science-politique sur la biodiversité et les services écologiques.

« Aujourd’hui, la biodiversité a gagné » a déclaré le président du meeting, Sir Robert Watson, directeur scientifique du Département pour l’Environnement, l’Alimentation et les Affaires Rurales du Royaume-Uni.

« Plus de 90 gouvernements ont mis en place avec succès l’interface science-politique pour tous les pays. La biodiversité et les services écologiques sont essentiels pour le bien-être humain. Cette plateforme génèrera des connaissances et construira la capacité pour les protéger pour cette génération actuelle et future » a-t-il déclaré.

Le PNUE aura pour mission de continuer à faciliter le fonctionnement de la plateforme de manière temporaire, en collaboration avec l’UNESCO, l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture, et le Programme des Nations Unies pour le Développement.

Une des organisations des Nations Unies administrera le Secrétariat de l’IPBES, une fois que cette dernière sera établi.

Achim Steiner, sous-secrétaire général et directeur du PNUE, a déclaré : « Des années de débats et de négociations politiques souvent complexes ont atteint aujourd’hui une conclusion positive et une avancée en matière de réponse future de l’humanité pour inverser la perte de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes depuis les forêts jusqu’aux eaux douces ».
 
« J’aimerais féliciter l’Allemagne pour avoir remporté la ville hôte du Secrétariat de cette nouvelle plateforme science-politique. Le PNUE cherche à travailler avec les partenaires dans le cadre du système des Nations Unies pour faire de cette nouvelle organisation le succès qu’il sera sans aucun doute » a-t-il ajouté.

Elsa Nickel, sous-directrice générale du Directorat allemand pour la Conservation de la Nature et l’utilisation durable des Ressources Naturelles, a remercié les participants pour la confiance qu’ils ont accordés à l’Allemagne, en assurant que le gouvernement était engagé à soutenir cette nouvelle organisation.
 
« Nous appelons tous les gouvernements à travailler ensemble très étroitement, surtout pour les cinq pays qui étaient en compétition pour accueillir le Secrétariat (Corée du Sud, Inde, Kenya et France) à faire de l’IPBES une histoire à succès » a-t-elle déclaré.

Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCP, a déclaré : « La création de l’IPBES, seulement quelques semaines avant la Conférence de Rio +20, est un signal fort, et je félicite ce progrès significatif vers la conservation de la biodiversité ».

« J’espère que cette organisation permettra à la biodiversité d’être mieux prise en compte dans les stratégies de développement durable, comme l’a fait le GIEC pour le changement climatique au cours des 20 dernières années. La disparition de la biodiversité est un indicateur clé des changements qui affectent notre planète ».

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Releasing the Pressure Water Resource Efficiencies and Gains for Ecosystem Services

A l’approche de la Sommet de la Terre 2012 (Rio+20), de nombreuses études sont publiées…

Ce document montre les services écologiques des zones humides dans plusieurs pays en développement… dont l’apport en poisson et autres produits aquatiques pour les populations locales…

Releasing the Pressure Water Resource Efficiencies and Gains for Ecosystem Services

Year of Publication: 2012

Author: UNEP / Stockholm Environment Institute
Number of Pages : 80

Water is under increasing pressure for supporting both various functions in society whilst sustaining healthy ecosystem services (ESS) in landscapes. These pressures impacts human well-being, and there is a growing need to consider the productivity of how water can be used for multiple benefits. Water productivity is a concept used to assess water use and resource efficiency. However, due to the multiple uses of water by humans and ecosystems, it is not evident that one measure of efficiency can capture the multifaceted and multi-sectoral benefits that water provides. By using water productively at one scale of space and time, important functions of water flows at other levels of use and demand, or disparities in the beneficiaries of water flows between men versus women, or wealthy versus poor. Finally, it is particularly important to consider water productivity in terms of the trade-offs between managed agricultural ESS and the surrounding landscape ESS. Resource efficiency must refer to a broad web of ESS, including agro-ecosystem services. Human well-being has the potential to be greatly improved via the mainstreaming of activities that address water flows and efficiencies in landscape ESS, particularly for facilitating a transition to a Green Economy.

The KEY MESSAGES are listed here, and then explored in detail throughout the following document.

1. The quantity, timing, and quality of water flows in landscapes need to be sustained to improve human well-being reliant on landscape ecosystem services.
2. Pressure on limited water resources can be managed, and thus made available for other ecosystem services, by using known management interventions to improve water productivity in low-yielding rainfed crop production.
3. Trade-offs between agro-ecosystem services and landscape ecosystem services must be managed so that improved agricultural water management and water productivity may lead to synergies with the surrounding landscape.
4. Wetlands maintain key regulating and supporting ecosystem services at landscape scales, thus contributing to high landscape water productivity in terms of multiple benefits for human well-being.
5. Livestock management practices can have co-benefits that require less water, allowing the unused soil water to support the surrounding landscape.
6. Forest ecosystems provide multiple services for human well-being locally, regionally, and globally, and should be considered as productive uses of water flows.
7. Managing both natural and man-made water storage in landscapes can support and enhance productive uses of water for ecosystem services and human well-being.
8. Agricultural water productivity gains are optimal when they are connected to and balanced with the surrounding supporting and regulating ecosystem services thereby ensuring adequate water flows for a wide range of uses in the landscape.
9. Integrated water resources management (IWRM) can be an approach to govern the complexity of upstream-downstream water-dependent ecosystem services, because water links multiple ecosystem services and multiple users of ecosystems services.
10. Capacity building and awareness raising, via the sharing of successful ecosystem services valuation practices can facilitate the integration of ecosystem services into IWRM programs.
Pour télécharger le document cliquer Ici
Photographie : Sénégal - Mangrove du Sine Saloum (forêt de palétuviers)

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Le 7 juin 2012

Les Aires Marines Protégées en question....

Les organismes internationaux se sont fixés 10% (jusqu'à 20% pour certaines associations environnementales) d'aires marines protégées dans le monde...

Grande oubliée de Rio 1992, la mer est en piètre état. Seulement 1,6% de sa surface fait l’objet d’une protection, alors que les objectifs d’Aichi, adoptés en 2010, prévoient qu’en 2020, 10% de la surface des mers et des océans soient protégés. Et le plus tôt sera le mieux. Depuis les années 1950, les captures de poissons ont plus que quadruplé, réduisant les capacités de reconstitution de nombreux stocks. «En 2000, les captures auraient pu être entre 7% et 36% plus importantes si les stocks n’avaient pas été menacés», souligne le rapport. Directement soumise aux pressions anthropiques, la bande littorale accuse le coup. «Sur 196 zones littorales mortes répertoriées dans le monde, seules 13 sont en voie d’amélioration tandis que 415 zones côtières sont touchées par l’eutrophisation.»


Bientôt le point de non retour.

Deux semaines avant l’ouverture du sommet Rio +20, le Pnue dresse l’état de l’environnement mondial. Conclusion des experts onusiens: la planète est au bout du rouleau. «Les phénomènes biophysiques de notre planète sont poussés à leur extrême limite et dans certains cas, la ligne rouge est franchie», écrivent-ils.

Le premier sommet de Rio, dont nous fêterons dans quelques jours le 20e anniversaire, avait un ambitieux agenda. Reprenant à son compte les thèses développées, 5 ans plus tôt, par le rapport Brundtland, diplomates, experts et autres négociateurs devaient trouver les moyens de conjuguer efficacement développement économique et protection de l’environnement. Un concept des plus flous qu’on allait rapidement résumer en «développement durable».

A Rio, en 1992, la centaine de chefs d’Etats et de gouvernements présents à la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement ne chômèrent pas. Trois conventions-cadres furent adoptées: sur les changements climatiques, la biodiversité et la lutte contre la désertification. Les forêts ne passionnèrent pas les foules de politiques: on se contenta d’une déclaration de principe. Bien qu’elle couvre les deux tiers de la planète, la mer ne fut pas évoquée lors de ce troisième sommet de la terre, après ceux de Stockholm et de Nairobi.

Alors que les Cariocas achèvent les derniers préparatifs de Rio +20, quel bilan peut-on tirer de 20 ans de «développement durable»? Le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) s’est collé à l’exercice. Et les conclusions qu’il rend aujourd’hui dans son énorme rapport Géo 5 sont plus que déprimantes.

Pour évaluer l’état de la planète, les experts onusiens ont établi 500 indicateurs, sur des sujets aussi divers que la qualité de l’air, la pollution des eaux, les changements climatiques, la pêche, la déforestation ou la dispersion des produits chimiques. Hélas, faute de données crédibles suffisantes (notamment sur les déchets, la pollution de l’eau douce, les produits chimiques), 90 de ces objectifs ou cibles environnementaux ont pu être évalués. Et là, le constat onusien est sans appel: «Seuls 4 d’entre eux [ont] enregistré des progrès significatifs.»

Hormis donc la suppression de la production et de l’utilisation des molécules grignotant la couche d’ozone stratosphérique (les CFC et leurs cousins), l’élimination du plomb dans les carburants, l’amélioration de l’accès à une eau de meilleure qualité et la promotion de la recherche en matière de lutte contre la pollution marine, rien n’a progressé significativement ces deux dernières décennies. «Le monde ne s’oriente toujours pas vers une voie durable malgré les quelque 500 objectifs fixés au niveau international pour soutenir une gestion durable de l’environnement et renforcer le bien-être humain», résument les auteurs du Géo 5.

Si l’on tente de dresser l’état des lieux des grands milieux composant notre biosphère, le bilan n’est guère meilleur....
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En 2005, les aires marines protégées ou AMP étaient au plus de 5000 ! Un bilan plutôt positif sur l'objectif poursuivi en créant ces zones délimitées en mer pour protéger les ressources vivantes aquatiques ! Deux études viennent de paraître : l'une, australienne, publiée le 1er juin 2012, estime que ces AMP permettent une reconstitution progressive des stocks au-delà de leur périmètre. L'autre, réalisée en Afrique, par des chercheurs de l’IRD, dresse un bilan en demi-teinte du point de vue biologique.

Les aires marines protégées (AMP) sont des zones délimitées en mer pour préserver et sauvegarder les habitats de la faune marine, nécessaires à la reproduction des poissons et à la croissance des juvéniles. Bien que n’en démordent les pêcheurs professionnels qui soutiennent le contraire, l’étude australienne, publiée dans le journal spécialisé Current Biology, est la première à prouver que ces réserves marines permettent bien une reconstitution progressive des stocks de poissons au-delà de leur périmètre, dans les zones de pêche riveraines : « L'étude apporte des preuves formelles que les populations de poissons dans les aires ouvertes à la pêche peuvent être reconstituées grâce aux populations des réserves marines », a assuré Hugo Harrison, chef de l'équipe du Centre d'excellence pour les études sur le récif corallien de l'ARC australien (*).

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé et suivi l'ADN des espèces étudiées : ils ont cartographié la propagation des petites "truites de corail" (Plectropomus leopardus, de la famille des bars et mérous) et des "perches à raies bleues" (Lutjanus kasmira) depuis la zone de reproduction, sur la barrière de l'île Keppel, dans le Queensland. Là, la pêche y est interdite : « Nous avons découvert que les réserves marines, qui couvrent environ 28% des 700 hectares de la zone récifale des Keppel, avaient généré la moitié des jeunes poissons, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur » de leurs limites géographiques, a indiqué Hugo Harrison. Cette théorie est parfois contestée par l'industrie de la pêche, selon le chercheur Garry Russ, co-auteur des travaux....

A l'IRD, les chercheurs nuancent...

En Afrique, une autre étude réalisée sur la même problématique par les chercheurs de L’Institut de recherche pour le développement (*) nuance : « A l’intérieur de la zone protégée, l’interdiction d’exploitation se traduit par une faible augmentation de la biomasse totale en poissons, avec toutefois une amélioration de la diversité du peuplement ».

Plus d'espèces et plus d'espèces de grandes tailles ...

Quatre réserves de taille et d’ancienneté variables ont plus particulièrement été étudiées, dont deux en Afrique de l’Ouest : l’une au Sénégal, l’autre en Mauritanie. « Plus la réserve est étendue, plus les effets sont positifs, soutiennent les scientifiques. Toutefois, la mise en place de vastes surfaces protégées peut être problématique, surtout dans des zones fortement anthropisées, et demande une gestion participative » de la population locale.

Toutefois s’il n’y a pas nécessairement plus de poissons à pêcher, la diversité des espèces recensées serait incontestablement plus grande : « La mise en place de mesures d’interdiction ou de limitation de la pêche n’induit pas de hausse significative des biomasses, c’est-à-dire de la quantité de poissons dans la réserve. Par contre, la diminution de la pression halieutique se traduit par une augmentation du nombre d'espèces présentes -autrement dit de la biodiversité-, avec plus d'espèces de grande taille. »

1. L'ARC australien (*) : l'équivalent du CNRS français
2. Le programme Amphore, coordonné par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et regroupant des laboratoires français et ouest-africains, dresse un bilan biologique et économique nuancé.

La Grande barrière de corail australienne est le plus grand récif coralien au monde. Elle s'étend sur quelque 2.300 kilomètres et est constituée de 3.000 systèmes récifaux et de centaines d'îles tropicales. Elle abrite au moins 1.500 espèces de poissons et une trentaine de baleines, dauphins et marsouins.

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Le 7 juin 2012

GEO5 - L’avenir de l’environnement mondial

Résumé à l'intention des décideurs

PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement

Le cinquième rapport sur L’Avenir de l’environnement mondial offrira une analyse scientifique des raisons pour lesquelles la planète doit réorienter d’urgence son développement 20 ans après le Sommet de la Terre tenu à Rio en 1992.

GEO-5 met en évidence non seulement la gravité des changements et des défis environnementaux qui se font jour dans le monde entier, mais montrera également que dans beaucoup trop de régions les changements environnementaux s’accélèrent et poussent la planète vers les points de bascule.

En tant qu’évaluation de l’état, des tendances et des perspectives de l’environnement mondial établie par l’ONU qui fait le plus autorité, le rapport GEO-5 et le processus consultatif à l’échelle mondiale sur lequel reposent ses conclusions offrent aux gouvernements et aux sociétés, à la veille de Rio+20, des prévisions scientifiques susceptibles d’engendrer une évolution environnementale positive à titre de contributions à la réalisation du développement durable.

Le présent résumé de GEO-5 pour les décideurs fournit un instantané de l’état actuel de l’environnement et de la performance de la planète dans la réalisation des principaux objectifs internationalement convenus. Il expose en outre les approches, les réponses et les options de politique prometteuses qui sont propres à favoriser une transition vers une économie verte sans exclusive et un siècle durable.

Pour télécharger le document, cliquer Pnue

Océans

Un certain nombre de conventions, de protocoles et d’accords ont été institués aux niveaux mondial, régional et sous-régional pour protéger le milieu marin contre la pollution. Ils favorisent en outre une utilisation intégrée et durable des ressources marines et côtières ainsi qu’une gestion écosystémique de l’eau.

Malgré ces accords mondiaux, les signes de dégradation persistent. Ainsi, le nombre des zones côtières eutrophiques a augmenté considérablement depuis 1990 – au moins 415 zones côtières ont connu une grave eutrophisation et 13 d’entre elles seulement sont en train de se rétablir. Le nombre des poussées signalées d’intoxication paralytique par fruits de mer (IPFM), dues par exemple à la toxine produite par des eorescences algales dans des eaux eutrophiques, est passé de moins 20 en 1970 à plus de 100 en 2009. Dans les 12 mers étudiées entre 2005 et 2007, c’étaient les côtes de la mer d’Asie de l’Est, du Pacifique Nord, du Pacifique Sud-Est et de la mer des Caraïbes qui étaient les plus touchées par les détritus marins, et celles de la Caspienne, la Méditerranée et la mer Rouge qui l’étaient le moins. Une absorption excessive de CO2 atmosphérique provoque une acidification des océans dont on postule qu’elle constitue une menace majeure pour les communautés des récifs coralliens et pour les coquillages et crustacées. De nouvelles études sont nécessaires pour mieux apprécier l’étendue, la dynamique et les conséquences de ce processus.

Une gestion durable des zones côtières et des ressources marines, notamment par le biais des zones marines protégées, passe par des mesures nationales, une coordination ecace et une coopération à tous les niveaux.

Biodiversité

Les zones protégées couvrent désormais 13 % de la superficie terrestre totale et comportent de plus en plus de zones gérées par des communautés autochtones et locales. Des préoccupations demeurent, cependant, car les zones protégées sont souvent isolées les unes des autres. On peut remédier à cela en créant des couloirs biologiques entre les zones protégées. Moins de 1,5 % de la superficie marine totale est actuellement protégée, alors que l’objectif d’Aichi pour la biodiversité convenu au niveau international dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB) vise à protéger 10 % des zones côtières et marines d’ici à 2020.

Des politiques, des réglementations et des mesures ont été adoptées en vue de minimiser les pressions sur la biodiversité, et notamment de réduire la perte d’habitats, la conversion des terres, les charges de pollution et le commerce illégal d’espèces menacées d’extinction.

Ces actions ont également encouragé la récupération d’espèces, une récolte durable, la restauration des habitats et la gestion des espèces exotiques envahissantes.

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Le monde ne s’oriente pas vers une voie durable malgré les centaines d’objectifs fixés au niveau international
Un ensemble d’objectifs ambitieux en matière de développement durable peuvent être atteints à condition que les partenaires renouvellent leur engagement et que des politiques efficaces et flexibles soient rapidement mises en place

Rio, 6 juin 2012 – Le monde ne s’oriente toujours pas vers une voie durable malgré les quelque 500 objectifs et cibles fixés au niveau international pour soutenir une gestion durable de l’environnement et renforcer le bien-être humain, selon une nouvelle évaluation de grande envergure coordonnée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

La cinquième édition de l’Avenir de l’environnement mondial (GEO-5), rendue publique à la veille de la Conférence de Rio+20, a permis d’évaluer 90 des principaux objectifs et cibles environnementaux et de montrer que quatre d’entre eux seulement avaient enregistré des progrès significatifs.

Ces objectifs portent sur la suppression de la production et de l’utilisation de substances appauvrissant la couche d’ozone, l’élimination du plomb dans les carburants, le renforcement de l’accès à un approvisionnement en eau de meilleure qualité et la promotion de la recherche en matière de lutte contre la pollution marine – la liste complète des objectifs et de leur degré d’accomplissement peut être consultée à l’adresse


Réserves halieutiques

Au cours des deux dernières décennies, une dégradation sans précédent des réserves halieutiques a été enregistrée.

Tandis que les captures de poissons ont plus que quadruplé entre le début des années 1950 et la moitié des années 1990, ce nombre s’est stabilisé ou a diminué depuis, malgré le développement croissant de la pêche.
En 2000, les captures auraient pu être entre 7 et 36 % plus importantes si les stocks n’avaient pas été menacés. Cette situation représente une perte économique d’une valeur estimée entre 4 et 36 milliards de dollars.

La pêche commerciale et la surpêche sont les deux principaux facteurs menaçant les réserves. Les produits de la pêche certifiés par le Marine Stewardship Council ne représentent que 7 % de la totalité de la pêche en 2007.

Les zones marines protégées ont prouvé de nombreuses fois leur efficacité en matière de conservation : des études récentes ont montré que les stocks de poissons sont plus importants dans ces réserves qu’aux alentours de même que par rapport aux stocks inventoriés avant la création de ces zones.

La pollution marine

Presqu’aucun progrès n’a été accompli dans le domaine de la prévention, de la réduction ou du contrôle de la pollution du milieu marin.

Le nombre de zones littorales mortes a fortement augmenté ces dernières années. Sur 196 zones littorales mortes répertoriées dans le monde, seules 13 sont en cours d’amélioration tandis que 415 zones côtières sont touchées par l’eutrophisation.

Environ 80 % de la pollution marine provient des activités terrestres.

Une enquête menée en 2005 et 2007 a montré que les régions du Pacifique Sud-Est, Pacifique Nord, de la Mer d’Asie de l’Est et des Caraïbes présentent les plus fort taux de contamination de déchets marins, sur 12 mers analysées.

La ratification de la convention MARPOL, signée par 150 pays, a permis de réduire la pollution provenant des navires, malgré une mise en œuvre inégale.

La gouvernance des zones marines au-delà des eaux territoriales reste fragile et fragmentaire.

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Bientôt le point de non retour.

Deux semaines avant l’ouverture du sommet Rio +20, le Pnue dresse l’état de l’environnement mondial. Conclusion des experts onusiens: la planète est au bout du rouleau. «Les phénomènes biophysiques de notre planète sont poussés à leur extrême limite et dans certains cas, la ligne rouge est franchie», écrivent-ils.

Le premier sommet de Rio, dont nous fêterons dans quelques jours le 20e anniversaire, avait un ambitieux agenda. Reprenant à son compte les thèses développées, 5 ans plus tôt, par le rapport Brundtland, diplomates, experts et autres négociateurs devaient trouver les moyens de conjuguer efficacement développement économique et protection de l’environnement. Un concept des plus flous qu’on allait rapidement résumer en «développement durable».

A Rio, en 1992, la centaine de chefs d’Etats et de gouvernements présents à la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement ne chômèrent pas. Trois conventions-cadres furent adoptées: sur les changements climatiques, la biodiversité et la lutte contre la désertification. Les forêts ne passionnèrent pas les foules de politiques: on se contenta d’une déclaration de principe. Bien qu’elle couvre les deux tiers de la planète, la mer ne fut pas évoquée lors de ce troisième sommet de la terre, après ceux de Stockholm et de Nairobi.

Alors que les Cariocas achèvent les derniers préparatifs de Rio +20, quel bilan peut-on tirer de 20 ans de «développement durable»? Le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) s’est collé à l’exercice. Et les conclusions qu’il rend aujourd’hui dans son énorme rapport Géo 5 sont plus que déprimantes.

Pour évaluer l’état de la planète, les experts onusiens ont établi 500 indicateurs, sur des sujets aussi divers que la qualité de l’air, la pollution des eaux, les changements climatiques, la pêche, la déforestation ou la dispersion des produits chimiques. Hélas, faute de données crédibles suffisantes (notamment sur les déchets, la pollution de l’eau douce, les produits chimiques), 90 de ces objectifs ou cibles environnementaux ont pu être évalués. Et là, le constat onusien est sans appel: «Seuls 4 d’entre eux [ont] enregistré des progrès significatifs.»

Hormis donc la suppression de la production et de l’utilisation des molécules grignotant la couche d’ozone stratosphérique (les CFC et leurs cousins), l’élimination du plomb dans les carburants, l’amélioration de l’accès à une eau de meilleure qualité et la promotion de la recherche en matière de lutte contre la pollution marine, rien n’a progressé significativement ces deux dernières décennies. «Le monde ne s’oriente toujours pas vers une voie durable malgré les quelque 500 objectifs fixés au niveau international pour soutenir une gestion durable de l’environnement et renforcer le bien-être humain», résument les auteurs du Géo 5.
Si l’on tente de dresser l’état des lieux des grands milieux composant notre biosphère, le bilan n’est guère meilleur.....

Grande oubliée de Rio 1992, la mer est en piètre état. Seulement 1,6% de sa surface fait l’objet d’une protection, alors que les objectifs d’Aichi, adoptés en 2010, prévoient qu’en 2020, 10% de la surface des mers et des océans soient protégés. Et le plus tôt sera le mieux. Depuis les années 1950, les captures de poissons ont plus que quadruplé, réduisant les capacités de reconstitution de nombreux stocks. «En 2000, les captures auraient pu être entre 7% et 36% plus importantes si les stocks n’avaient pas été menacés», souligne le rapport. Directement soumise aux pressions anthropiques, la bande littorale accuse le coup. «Sur 196 zones littorales mortes répertoriées dans le monde, seules 13 sont en voie d’amélioration tandis que 415 zones côtières sont touchées par l’eutrophisation.»

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Le 17 juillet 2012

Rio+20. Biodiversité, Changement climatique, Economie verte,... Et....

La Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio2012) a réaffirmé le droit universel à l’alimentation, et le besoin de soutenir la petite agriculture et de promouvoir des méthodes de production qui ne nuisent pas à l'environnement, a informé Martin Khor, directeur exécutif de South Centre, dans son dernier article pour Agenda Global.

Il faut « que les pays riches suppriment leurs subventions agricoles, aider les pays en développement avec des programmes qui appuient leurs petits agriculteurs à travers l'accès à la terre, le crédit et la commercialisation, des subventions et des tarifs appropriés, freiner la spéculation avec les matières premières, changer les conditions des accords de libre-échange et promouvoir l'agriculture écologique », écrivait Khor, l'un des 10 panélistes dans le débat sur la sécurité alimentaire et de la nutrition qui s'est tenue dans le cadre de la Conférence de Rio de Janeiro.

Voici l’article de Khor :

L’alimentation dans le feu des projecteurs

Martin Khor*

La sécurité alimentaire et l'agriculture durable ont été l'un des sujets les plus importants lors du récent Sommet de Rio2012. Alors que les négociateurs ont travaillé dur dans une petite pièce pour parvenir à rédiger un texte assez satisfaisant sur ce sujet, dans la salle du plénière une autre discussion plus intéressante sur la sécurité alimentaire et de la nutrition avait lieu, qui a fait partie des Dialogues sur le développement durable organisés par le gouvernement brésilien pour le programme officiel du sommet (les autres ont été la crise financière mondiale, le chômage, l'énergie, les océans, les villes, les forêts et les modes de production et de consommation).

J'ai été l'un des dix panélistes dans ce débat, avec la Première ministre du Mozambique, Luisa Dias Diogo, l'ex-Commissaire des Nations Unies pour les droits humains, Mary Robinson, l'écologiste indienne Vandana Shiva, le fondateur de Slow Food, Carlo Petrini, la vice-présidente de Forum économique mondial, Josette Sheeran, l’académicien brésilien Renato Maluf et divers représentants d'organisations d’agriculteurs.

Avant le dialogue il y a eu des mois de discussion interactive sur Internet, ouverte à tout le monde, et les milliers de personnes qui y ont participé ont proposé des solutions au problème de l’alimentation. Le groupe devait définir quelles étaient les propositions les plus importantes et les envoyer à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement qui aurait lieu quelques jours plus tard.

Les panélistes ont convenu que les petits agriculteurs des pays en développement, et en particulier les femmes, sont essentiels à la fois pour le présent et l'avenir de l'agriculture, donc il est essentiel de leur donner les moyens d'accès à la terre, aux crédits, aux subventions, aux installations de stockage et au transport.

L'expansion des budgets nationaux et l'attribution de l'aide à la petite agriculture ont été définis, par conséquent, comme des priorités, ainsi que le renforcement des organisations d’agriculteurs.

Plusieurs panélistes ont souligné la nécessité d’appliquer des méthodes d'agriculture écologique.

La forte pression de l'agriculture à base de chimie et qui fait un usage intensif de l'eau a été une erreur à cause de l’impact qu'elle a eu sur l'environnement. Elle est même l'une des causes du changement climatique et de la dépendance des petits agriculteurs à acheter des engrais, des pesticides et des semences.

L’endettement des ménages qui en résulte a conduit à plus de 200 000 suicides d’agriculteurs en Inde, a rappelé Vandana Shiva.

Le génie génétique n'est pas non-plus une solution à cause des bouleversements environnementaux qu'il entraîne, des risques qu’il suppose pour la sécurité alimentaire et parce qu’il enlève aux agriculteurs le contrôle des semences. Donc l'approche agro-écologique devrait avoir les possibilités qu’elle n’a pas eu jusqu’à présent et recevoir du financement pour la recherche et la vulgarisation, et un soutien important des organisations internationales afin de démontrer que l'agriculture durable n'est pas seulement bonne pour l'environnement mais qu’elle sert à alimenter le monde.

Robinson et plusieurs autres participants ont souligné que la sécurité alimentaire et de la nutrition sont des droits humains. Par conséquent, les gouvernements devraient assurer à leurs citoyens l'accès à la nourriture. Suite...

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Le 30 décembre 2013

Biodiversité. La nature n’est pas à vendre !

Déclaration internationale pour défendre les biens communs et s’opposer aux mécanismes de compensation biodiversité

En réaction au Forum Mondial sur le Capital Naturel qui s’est tenu à Edimbourg (Ecosse), du 21 au 22 novembre 2013, 136 organisations ont publié une déclaration pour s’opposer au principe de compensation biodiversité et ont organisé un contre-forum sur les biens communs.

Alors que les marchés du carbone ont montré leur inefficacité à faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises et les gouvernements proposent désormais d’étendre ce type de mécanisme à la biodiversité et aux écosystèmes.

Source : Cdurable

Le contexte

Le principe est qu’une entreprise ayant un projet entrainant une destruction ou une dégradation d’un espace naturel puisse payer un intermédiaire pour compenser ses impacts en restaurant ou en protégeant un autre espace. Or, comme l’explique Hannah Mowat de FERN : «  La biodiversité n’est pas un produit de supermarché que l’on peut acheter ou échanger. Elle est liée aux paysages humains et culturels et sa destruction à un endroit ne peut être compensée par une action plus loin ».

De plus, le risque associé à ce type de mécanisme est d’ouvrir un nouveau marché pour les acteurs financiers qui peuvent se placer dans la chaine des intermédiaires, et spéculer, comme l’explique Lucie Pinson, chargée de campagne pour les Amis de la Terre : « Avec les incertitudes autour de la crise économique, les banques cherchent de nouveaux investissements : la crise écologique s’accélérant, avec une demande en ressources naturelles et en énergie croissante, les banques voient dans les mécanismes de compensation biodiversité un nouveau marché florissant ».

Si les entreprises soutiennent les mécanismes de compensation, c’est également parce qu’ils permettent d’éviter des législations plus contraignantes ou de saper la contestation locale contre un projet comme l’explique Maxime Combes d’ATTAC : «  L’extension des mécanismes de compensation biodiversité est clairement au cœur des projets de gestion de la nature que veulent mettre en œuvre des acteurs financiers pour maintenir coûte que coûte un modèle insoutenable. Le Parlement français, qui sera saisi d’une loi biodiversité au printemps 2014, devra choisir entre ouvrir les vannes de la compensation biodiversité ou alors renforcer les cadres qui permettent de bloquer les petits et grands projets inutiles destructeurs de biodiversité et d’écosystème ». Une dizaine d’organisations françaises, notamment des associations locales impliquées dans la lutte contre des projets controversés, sont ainsi signataires de la déclaration.

L’extension des mécanismes de compensation est un phénomène mondial : « Au Brésil, le gouvernement procède à une réforme des politiques publiques pour permettre aux entreprises de « compenser » l’impact plutôt que de prévenir les dégâts. La banque de développement brésilienne, BNDES, subventionne les Etats pour qu’ils adoptent des lois locales sur les compensations carbone et biodiversité. Bien que cela soit contesté par le procureur public, ces politiques sont à l’origine de violations dramatiques des droits des peuples autochtones », explique Lucia Ortiz, des Amis de la Terre Brésil.

Pour faire face, et dénoncer, les mécanismes de compensation biodiversité, les organisations signataires de la déclaration proposent de renforcer l’idée de bien commun comme l’explique Nick Dearden, directeur du Mouvement mondial pour le développement et co-organisateur du Forum sur les Biens Communs : « La nature est un bien commun qui appartient à tous et dont chacun est responsable. Elle doit être gérée démocratiquement, en renforçant en priorité les droits des communautés locales qui en dépendent selon le principe de bien commun et non de marché. »

Déclaration complète : La nature n'est pas à vendre !

Partout dans le monde, les écosystèmes (et donc les communautés qui en dépendent) sont mis à mal par de grands projets d’infrastructure, les sites d’extraction et les marchés financiers.[1] Afin de faciliter ces activités, des entités tant publiques que privées mettent sur pied des mécanismes pour ‘compenser’ leur impact sur l’environnement. Ces mécanismes pourraient aggraver la situation, et plus inquiétant encore, ils font de la nature une marchandise. C’est pourquoi les organisations signataires mettent en garde contre les effets de cette fausse solution et refusent les mécanismes de compensation pour perte de biodiversité.

Cliquer Ici pour accéder au site de la déclaration avec la liste des signataires

La compensation pour perte de biodiversité, c’est la promesse de remplacer ce qui est détruit dans la nature à un endroit par de la nature ailleurs. De même que dans le cas des mécanismes de développement propre (Clean Development Mechanisms, CDM) et de réduction des émissions suite à la déforestation et la dégradation des forêts (Reduce Emissions from Deforestation and Forest Degradation, REDD), la compensation pour perte de biodiversité se base sur l’avis d’‘experts’ pour faire croire qu’un morceau de la planète est équivalent à un autre.

À qui profite le crime?

Introduire ces compensations permet, voire encourage, la destruction de l’environnement en faisant croire qu’un habitat peut être recréé ailleurs. Tout bénéfice pour les entreprises responsables de dégradation, puisqu’elles peuvent se présenter comme si elles investissaient dans la protection de l’environnement, donnant ainsi un vernis écologique à leurs produits et services.

Cela crée également des ouvertures pour de nouveaux intermédiaires : des consultants en conservation du biotope pour évaluer ce qui est perdu, des banquiers pour le transformer en crédits, des traders pour spéculer dessus sur de nouveaux marchés spécialisés et des investisseurs qui veulent tirer profit de ce ‘capital vert’. “Le capital naturel” est un concept artificiel reposant sur des hypothèses économiques boiteuses et non sur des valeurs écologiques, un concept qui permet la marchandisation de la nature.

Et ceci se produit avec l’appui de gouvernements qui font en sorte que des droits de propriété sur des éléments naturels comme le carbone ou la biodiversité puissent être transférés à des sociétés et des banques.
Les compensations ne vont pas empêcher la perte de biodiversité

La nature est unique et complexe. Il est impossible de mesurer la biodiversité, il est donc trompeur de suggérer qu’il est possible de trouver des zones équivalentes. Il faut à certains écosystèmes des centaines sinon des milliers d’années pour devenir ce qu’ils sont – or ces compensations font semblant qu’il est possible de trouver des remplacements. [2]

Ces compensations vont faire du tort aux communautés

La compensation en matière de biodiversité a comme conséquence que la protection de l’environnement n’est plus qu’un sous-produit d’un projet commercial, marginalisant les communautés et menaçant leur droit à la vie. La nature joue un rôle important pour les communautés locales, que ce soit du point de vue social, spirituel ou de leur subsistance. Ces valeurs ne peuvent pas plus être mesurées, estimées ou compensées que ces communautés ne peuvent aller vivre ailleurs.[3]

La compensation en matière de biodiversité sépare les gens du milieu où ils ont grandi, où s’enracine leur culture, où leur activité économique se déroule depuis des générations.

La compensation en matière de biodiversité pourrait accélérer la perte de biodiversité

Une série de cas démontrent que ces compensations accélèrent l’exploitation des ressources naturelles et sont préjudiciables aux droits des communautés à protéger et gérer leurs biens communs. Parmi ces exemples, citons :
  • Le nouveau code forestier au Brésil qui permet aux propriétaires de détruire des forêts s’ils achètent des ‘certificats de réserves environnementales’ émis par l’état et échangé à la bourse des produits verts récemment créée par le gouvernement brésilien.
  • La législation de l’UE sur les compensations en matière de biodiversité (dite ‘initiative de perte nette nulle’) qui pourrait vider les directives existantes de leur substance.
  • Des institutions financières publiques comme la Banque mondiale, la Société financière international (SFI, la branche de la BM pour le privé) et la Banque d’investissement européenne (BIE) ont integer les compensations en matière de biodiversité dans leurs norms, ce qui leur permet de financer des projets qui détruisent l’environnement.

Il est impossible compenser de grands projets d’infrastructure et d’extraction. Une fois qu’un écosystème est détruit, il est impossible de le récréer ailleurs. Là où la compensation de biodiversité est permise, elle entraîne souvent l’affaiblissement des lois qui doivent empêcher la destruction de l’environnement. Si les compensations se couplent de quota échangeables (comme pour le carbone), la voie est libre pour la spéculation financière qui menace la nature et les droits des communautés qui en dépendent.

Sept ans de compensation carbone n’ont pas réduit les émissions de carbone,[4] alors ne laissons pas les compensations de biodiversité ouvrir la voie à des destructions qui auraient sinon été déclarées illégales ou contraires aux critères de protection de l’environnement.

Pour ces raisons, nous rejetons toute tentative de faire figurer des mécanismes de compensation en matière de biodiversité dans des lois, critères ou politiques publiques, qui auraient pour effet de créer de nouveaux marchés y of où la nature est devenue marchandise.

Annexe : quelques exemples de politiques et de projets de compensation

1. Le gouvernement britannique envisage d’introduire ces mécanismes de compensation (consultation jusqu’au 7 novembre 2013 (http://www.fern.org/UKbiodiversityconsultation). Des cas de compensation montrent que la promesse de compenser la perte est préjudiciable à l’application de lois qui empêcheraient la destruction de l’environnement, affaiblissant ainsi le processus démocratique et l’attention portée aux communautés affectées.[5]

2. Notre Dame des Landes, en France : depuis une quarantaine d’années, il est question de construire un aéroport sur plus de 1000 hectares de terres où les agriculteurs ont préservé biodiversité et paysage traditionnel. Les lois françaises sur l’eau et la biodiversité exigeaient des compensations. ‘Biotope’ a mis au point une nouvelle méthodologie basée sur des ‘fonctions’ et non des ‘hectares’, ce qui aboutit à compenser seulement pour 600 ha. La résistance locale a réussi jusqu’à present à bloquer le projet. La Commission européenne va s’en mêler.

3. Stratégie de l’UE sur la biodiversité à l’horizon 2020 – l’UE envisage de légiférer sur les compensations en matière de biodiversité, y compris une “banque d’habitats” qui permettrait de compenser les pertes d’espèces et d’habitats partout dans l’Union. L’objectif est d’éviter une perte nette de biodiversité, ce qui n’est pas la même chose que pas de perte.

4. La Banque mondiale finance un projet d’extraction de nickel et de cobalt en Indonésie. Il est dirigé par la société française Eramet (http://wedabaynickel.com/), qui fait partie de BBOP (Business and Biodiversity Offsets Program: http://www.business-biodiversity.eu/default.asp?Menue=133&News=43). Le projet a déjà reçu l’aval de MIGA (la branche de la Banque mondiale qui s’occupe de couvrir les risques économiques et politiques des investisseurs) et doit être financé par la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique, la banque japonaise pour la coopération internationale (JPIC), Coface et l’Agence française du développement (AFD) en ce qui concerne le volet compensations. Les conséquences pour les habitants et les sols sont très graves et la société civile se mobile pour combattre le projet, tant au niveau international qu’en Indonésie.
Notes

[1] Les méga-projets dans l’industrie minière, l’énergie, l’exploitation forestière, les transports et les monocultures entraînent l’expropriation de terres et des changements dans l’utilisation des sols, y compris la conversion de forêts à de l’agriculture à échelle industrielle. Dans le même temps, au nom de la sécurité énergétique, c’est sur grande échelle que se développent l’extraction de carburants fossiles conventionnels et non-conventionnels comme les sables bitumeux et le gaz de schiste.
[3] Ceci illustre le fardeau disproportionné que doivent supporter des communautés qui ne sont en rien responsables de la destruction de l’environnement et dont la survie dépend d’un environnement en bonne santé.
[6] Voir la note des Amis de la Terre : http://www.amisdelaterre.org/Mine-de-nickel-Weda-Bay-d-Eramet.html

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