jeudi 2 juin 2011

Escherichia coli attaque le monde plus propre, plus sûr et plus sain !!!


Escherichia coli attaque le monde plus propre, plus sûr et plus sain !!!

Dans le monde entier, la société allemande Ecolab travaille en permanence à la création d’un monde plus propre, plus sûr et plus sain.

Pour résumer : C’est le management de l’hygiène depuis la "lingerie" des fileteuses dans un atelier de mareyage jusqu’aux plats de poisson servis dans un restaurant…

Mais Escherichia coli, la bactérie tueuse de mangeurs de concombre, a traversé toutes ces barrières sanitaires !!!

Ecolab dans l’hygiène des Poissons et Produits de la mer

Le poisson est un aliment riche en protéines dont la transformation, encore bien souvent manuelle, demande des étapes multiples aux exigences spécifiques. L’environnement de production est variable – usine en mer, petits centres de pisciculture spécifiques ou procédés complexes et usine de conservation. Ces différents procédés de fabrication exigent cependant une même vigilance, puisque le risque existe. Sauvegarder l’intégrité du produit est une priorité des fabricants et toutes les zones à risques demandent un haut niveau d’hygiène.

Les solutions Ecolab pour le management de l’hygiène dans le secteur du poisson et des produits de la mer vous aident à identifier les procédures d’hygiène appropriées tout au long de la chaîne de production. Que ce soit en mer ou en usine, nos solutions innovantes vous apportent :
  • La sécurité des hommes et des aliments
  • Des solutions écologiquement responsables
  • Une augmentation de la durée de vie des produits et une diminution du volume de déchets
  • Une moindre dépendance aux additifs à l’eau

Pour plus d’informations sur la société Ecolab, cliquer Ecolab

Que sont les Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) ?

Depuis quelque temps, une augmentation anormale de cas de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémique (SHU) est observée en Allemagne. Une bactérie provenant de l'alimentation pourrait être à l'origine de ces cas. L'Anses fait le point ci-dessous sur l'état des connaissances sur cette bactérie, et sur les précautions à prendre sur un plan général.

Les STEC ou Shiga-toxin-Producing Escherichia coli (E. coli), sont des bactéries présentes dans le tube digestif de l'homme et de la plupart des animaux à sang chaud. Elles sont également appelées VTEC (Verotoxin producing Escherichia coli) car elles synthétisent une toxine appelée Vérotoxine.

Depuis les années 80, cette famille de bactéries a été impliquée dans de nombreuses épidémies alimentaires et est ainsi considérée comme une famille de pathogènes émergents. Cependant, tous les STEC ne sont pas pathogènes pour l'homme. Leur pathogénicité implique une mosaïque de gènes de virulence qui n'ont pas encore tous été découverts. À cela, il convient également d'ajouter que toutes les populations ne présentent pas la même sensibilité vis à vis de ces bactéries (sensibilité d'hôtes). Certaines populations -personnes âgées, enfants et personnes immunodéprimées- sont ainsi plus sensibles à ces bactéries:

Parmi les STEC, un sous-groupe appelé EHEC (Escherichia coli entéro-hémorragiques) correspond à des bactéries isolées chez l'homme. Les symptômes qu'elles provoquent peuvent être variables selon les individus allant d'une simple diarrhée au décès en passant par des diarrhées hémorragiques et/ou des atteintes rénales sévères appelées syndrome hémolytique et urémique (SHU). Pour plus d’informations, cliquer Anses

À qui profite la sécurité sanitaire des aliments ?

À qui profite la sécurité sanitaire des aliments ? Les profits des entreprises contre la santé des populations

Grain

Mai 2011

Aux États-Unis, 200 000 kilos de viande contaminée par une bactérie mortelle résistante aux antibiotiques ont été servis aux enfants des écoles avant que le deuxième conditionneur de viande du pays n'émette un rappel en 2009.

En Chine, un an plus tôt, six bébés sont décédés et 300.000 autres ont été gravement malades des reins lorsque l'un des plus grands producteurs laitiers du pays a sciemment permis la présence d’un produit chimique industriel dans le lait qu’il fournissait.

Partout dans le monde, des gens sont contaminés par leur alimentation et en meurent, à un niveau jamais atteint auparavant. Les gouvernements et les grandes entreprises réagissent en élaborant toutes sortes de règles et de réglementations, mais beaucoup n’ont rien à voir avec la santé publique. Les accords commerciaux, les lois et les normes privées utilisées pour imposer leur version de la « sécurité alimentaire des aliments » ne fait que renforcer les systèm es alimentaires des entreprises qui nous rendent malades et détruire ceux qui permettent vraiment de nourrir les populations en prenant garde à leur sûreté, ceux qui sont fondés sur la biodiversité, les savoirs traditionnels et les marchés locaux. Les populations résistent, que ce soit au travers de mouvements contre les OGM au Bénin ou contre la viande de « vache folle » en Corée, ou de campagnes pour défendre les vendeurs à la sauvette en Inde ou le lait cru en Colombie. La question de savoir qui définit la « sécurité sanitaire des aliments » est de plus en plus au cœur de la lutte pour l'avenir de l'alimentation et de l'agriculture.

Vous pouvez accéder à ce nouveau rapport de GRAIN en français en cliquant Grain

Autres articles :

Pour aller plus loin....

L’EFSA fournit des informations actualisées sur les virus d’origine alimentaire


Les virus d’origine alimentaire constituent la deuxième cause d’épidémies d’origine alimentaire dans l’Union européenne (UE), après Salmonella. L’EFSA a publié le 14 juillet 2011 une revue des connaissances scientifiques les plus récentes relatives à ces virus et a émis des conseils concernant des mesures possibles destinées à contrôler et à prévenir leur propagation au sein de l’UE. L’évaluation recommande, entre autres, que les mesures d’atténuation se concentrent sur la prévention de la contamination en amont plutôt que sur l’élimination des virus dans les denrées alimentaires déjà contaminées.

Le rôle des virus dans les épidémies de toxi-infections alimentaires est de plus en plus reconnu. En 2009, les virus ont été responsables de 19 % de l’ensemble des épidémies dans l’UE, provoquant plus de 1 000 foyers épidémiques touchant plus de 8 700 individus. Le nombre total de foyers épidémiques dus à des virus est en augmentation depuis 2007. Les denrées alimentaires peuvent être un vecteur de transmission à l’homme de certains virus qui, dans certains cas, sont extrêmement contagieux et peuvent entraîner des épidémies étendues.

L’avis scientifique de l’EFSA porte sur les norovirus et le virus de l’hépatite A dans les produits frais, les aliments prêts à consommer et les mollusques bivalves, comme les huîtres, les moules et les coquilles Saint-Jacques, ces virus étant considérés comme des dangers prioritaires par l’Organisation mondiale de la santé. Le virus de l’hépatite E est également évalué dans l’avis, en raison de sa forte prévalence chez les porcs dans toute l’Europe et de l’existence de certains éléments de preuve indiquant une transmission par les denrées alimentaires, bien que les cas cliniques chez l’homme soient rares dans l’UE.

Selon le groupe scientifique de l’EFSA sur les dangers biologiques (groupe BIOHAZ), les mesures efficaces pour contrôler la propagation de ces virus devraient se concentrer sur la prévention de la contamination à tous les stades de la production, plutôt que sur des tentatives d’éliminer ou d’inactiver ces virus dans les denrées alimentaires déjà contaminées. Une cuisson rigoureuse est actuellement la seule mesure efficace permettant d’éliminer ou d’inactiver les norovirus et le virus de l’hépatite A dans les mollusques bivalves ou les produits frais contaminés. La viande et le foie doivent également être parfaitement cuits pour s’assurer de l’élimination ou de l’inactivation d’éventuels virus de l’hépatite E.

L’avis recommande plusieurs mesures visant à contrôler la propagation de ces virus dans l’UE et préconise aussi de collecter des données supplémentaires. Les recommandations concernant les mesures d’atténuation proposent l’introduction de critères microbiologiques pour les norovirus chez les mollusques bivalves – à moins que les produits soient étiquetés «à cuire avant de consommer» – ainsi qu’une formation complémentaire destinée aux vendeurs de produits alimentaires et portant sur la contamination virale des denrées alimentaires et de l’environnement. Pour prévenir les infections par le virus de l’hépatite E, le groupe scientifique BIOHAZ recommande également de déconseiller aux personnes présentant une maladie du foie ou une déficience immunitaire, ainsi qu’aux femmes enceintes, de consommer de la viande ou du foie peu cuits de sanglier ou de porc.

Les conseils scientifiques de l’EFSA constituent une source d’information pour les gestionnaires de risques et peuvent contribuer à instruire les décisions en matière de gestion des risques destinées à lutter contre les infections virales d’origine alimentaire dans l’UE. Source : EFSA

Pour télécharger le rapport complet “Scientific Opinion on an update on the present knowledge on the occurrence and control of foodborne viruses / EFSA Panel on Biological Hazards (BIOHAZ) / European Food Safety Authority (EFSA), Parma, Italy”, cliquer EFSA

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Janvier 2012

EFSA. Avis scientifique sur le norovirus dans les huîtres


L'autorité sanitaire européenne vient d'émettre un "Avis scientifique sur le norovirus (NoV) dans les huîtres : les méthodes, les limites et les options de contrôle"


Conclusion générale :

La mesure de santé publique la plus efficace pour contrôler les infections au norovirus est de produire les huîtres dans des zones non contaminées aux matières fécales en raison de l'inefficacité des techniques de traitement actuelles.

Le Groupe a recommandé que les mesures de contrôle pour les norovirus dans les huîtres devraient tendre à éviter la contamination par des matières fécales, soit prévenir la contamination humaine dans les zones de production de mollusques, ou en restreignant la récolte commerciale dans les zones contaminées aux matières fécales. En outre, des études complémentaires sont nécessaires pour établir et optimiser l'efficacité de la dépuration et de relayer pour la réduction de NoV en utilisant la méthode standardisée du CEN. (Traduction google)

Pour plus d'informations cliquer : EFSA

Pour télécharger l'avis, cliquer EFSA

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Surveillance des risques biologiques liés à la consommation de coquillages en France

Dans le Numéro spécial – Risques microbiologiques alimentaires dans les produits d'origine animale : Surveillance et évaluation

Mai 2012

Anses / DGAL

Véronique Vaillant (1), Nathalie Jourdan-Da Silva (1), Marie-Laure Quilici (2), Elisabeth Couturier (1), Soyzic Le Guyader (3), Gilles Delmas (1), Jean-Claude Le Saux (3)
(1) Institut de veille sanitaire (InVS), Saint-Maurice, (2) Centre national de référence des vibrions et du choléra, Institut Pasteur, Paris, (3) Institut français pour l’exploitation de la mer (Ifremer), Laboratoire de microbiologie, Nantes, France.

Les coquillages filtrent des volumes d’eau importants afin de satisfaire leurs exigences nutritionnelles et ingèrent ainsi le phytoplancton, mais concentrent également les microorganismes présents dans l’eau naturellement (vibrions, phycotoxines) ou d’origine fécale rejetés en mer par voie hydrique (virus entériques, entérobactéries, protozoaires).

L’analyse des données issues des systèmes contribuant à la surveillance des toxi-infections liées à la consommation de coquillages et des investigations d’épidémies publiées montre que, en France, les toxi-infections liées à la consommation de coquillages sont principalement d’origine virale, dues majoritairement aux norovirus et secondairement au virus de l’hépatite A (VHA). Le risque lié aux phycotoxines apparaît faible et celui lié aux entérobactéries et aux vibrions très faible. La déclaration obligatoire (DO) des Tiac reste le système le plus performant pour la surveillance et la détection d’effets sanitaires liés à la consommation de coquillages. Cette DO pourrait être renforcée dans les zones conchylicoles, d’une part en augmentant son exhaustivité par une sensibilisation des déclarants potentiels dans la zone surveillée et, d’autre part, en augmentant le nombre et la qualité des investigations. En termes de prévention, les systèmes de surveillance du milieu et des coquillages adaptés aux risques phycotoxiniques et bactériologiques pourraient être complétés par une approche préventive des contaminations fécales, basée principalement sur la sécurisation des systèmes d’assainissement et le partage entre les partenaires des signaux d’alerte permettant de suspecter ou anticiper une contamination du milieu, afin que des mesures de sauvegarde des coquillages puissent être mises en oeuvre par les conchyliculteurs.



Pour télécharger la partie consacrée aux coquillages, cliquer : Coquillages

Pour télécharger l'ensemble du document, cliquer Anses

http://www.anses.fr/bulletin-epidemiologique/Documents/BEP-mg-BE50.pdf
Numéro spécial – Risques microbiologiques alimentaires dans les produits d'origine animale : 
Surveillance et évaluation

Numéro conjoint du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'InVS et du Bulletin Epidémiologique - Santé animale, alimentation de l'Anses et de la DGAL

J'ai le plaisir de vous adresser un numéro spécial conjoint du Bulletin Epidémiologique de l'Anses (en collaboration avec la DGAL) et du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'InVS sur les risques microbiologiques dans les produits alimentaires d'origine animale. Ce travail en commun s'inscrit dans le cadre du renforcement des collaborations InVS-Anses qui s'est traduit récemment par un accord de coopération. Les deux agences réaffirment ainsi l'importance d'une forte vigilance tout au long de la chaine alimentaire, y compris au niveau du consommateur, pour prévenir les risques d'intoxication.

Si entre 2004 et 2009, le nombre de toxi-infections alimentaires (TIAC) liées à Salmonella a diminué de près de 50% en Europe et que les dangers microbiens sont globalement bien maitrisés dans notre alimentation, l'actualité sanitaire des derniers mois a rappelé avec force que la vigilance est nécessaire sur le sujet. Courant 2011, plus de 3500 personnes ont été brutalement touchées lors de l'épidémie liée à la contamination de produits végétaux par la bactérie E.coli O104 :H4, en Allemagne et en France. D'autres épisodes de contamination de produits végétaux ont également eu lieu récemment, en Angleterre et aux Etats-Unis. Citons enfin les défis émergents, notamment face à Campylobacter, première cause de toxi-infections liées à la consommation de produits alimentaires en Europe.

Retour d'expériences sur la gestion des crises récentes, organisation des systèmes de surveillance, synthèse des connaissances sur les principales bactéries pathogènes, impact de l'antibiorésistance : ce bulletin spécial aborde des sujets très variés et propose une revue synthétique de ces problématiques cruciales.

Il s'inscrit également dans le cadre des orientations stratégiques de l'Anses, qui a fait du risque microbiologique l'un de ses thèmes de travail prioritaire en 2012 avec la mise en place du volet sanitaire de l'Observatoire de l'Alimentation, d'un programme d'amélioration des outils de diagnostic et de recherche ainsi que le renforcement de l'information du consommateur.

Vous en souhaitant bonne lecture,

Marc Mortureux

Directeur général de l'Anses

Sommaire du Bulletin Epidémiologique - Numéro spécial - Risques microbiologiques alimentaires dans les produits d'origine animale : surveillance et évaluation

Éditorial
 
Les systèmes de surveillance des maladies d'origine alimentaire : sources, méthodes, apports, limites
1er Auteur : Véronique Vaillant (v.vaillant@invs.sante.fr)
Affiliation : Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
 
Systèmes de surveillance des microorganismes dans la chaîne alimentaire : finalités, base réglementaire et organisation en France
1er Auteur : Bertrand Lombard (bertrand.lombard@anses.fr)
Affiliation : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort, France
 
Surveillance des infections à Campylobacter chez l'Homme en France, 2003-2010
1er Auteur : Lisa A. King (l.king@invs.sante.fr)
Affiliation : Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
 
Antibiorésistance de Campylobacter dans différentes filières animales (avicole, bovine, porcine) en France : principales tendances
1er Auteur : Isabelle Kempf (isabelle.kempf@anses.fr)
Affiliation : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, Ploufragan, France
 
Campylobacter dans les filières de production animale
1er Auteur : Marianne Chemaly - Auteur correspondant : Martine Denis (martine.denis@anses.fr)
Affiliation : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), LNR Campylobacter, Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, Ploufragan, France
 
E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) : définitions, virulence et propriétés des souches entérohémorragiques (EHEC)
1er Auteur : Hubert Brugère (h.brugere@envt.fr)
Affiliation : Inserm, UMR 1043, Toulouse - Université de Toulouse, INP, Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, France
 
Encadré - Surveillance du syndrome hémolytique et urémique chez les enfants de moins de 15 ans en France
1er Auteur : Lisa A. King (l.king@invs.sante.fr)
Affiliation : Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
 
Salmonelloses en France, 2002-2010 : tendances en épidémiologie humaine, émergence de la souche monophasique, principaux aliments impliqués dans les dernières épidémies
1er Auteur : Nathalie Jourdan-Da Silva (n.jourdan@invs.sante.fr)
Affiliation : Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
 
Encadré - Epidémie nationale de salmonellose de sérotype 4,12:i:- liée à la consommation de saucisson sec, France, 2010
1er Auteur : Nathalie Jourdan-Da Silva (n.jourdan@invs.sante.fr)
Affiliation : Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
 
Surveillance des salmonelles isolées dans la chaîne alimentaire en France
1er Auteur : Corinne Danan (corinne.danan@agriculture.gouv.fr)
Affiliation : Direction générale de l'alimentation (DGAL), Bureau des zoonoses et de la microbiologie alimentaires, Paris, France
 
Surveillance des risques biologiques liés à la consommation de coquillages en France
1er Auteur : Véronique Vaillant (v.vaillant@invs.sante.fr)
Affiliation : Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
 
Surveillance de la listériose humaine en France, 1999-2011
1er Auteur : Véronique Goulet (v.goulet@invs.sante.fr)
Affiliation : Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
 
Surveillance des Listeria monocytogenes dans les aliments
1er Auteur : Sophie Roussel - Auteur correspondant : Anne Brisabois (anne.brisabois@anses.fr)
Affiliation : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments, Laboratoire national de référence pour Listeria monocytogenes, Maisons-Alfort, France
 
Toxi-infections alimentaires collectives à Bacillus cereus : bilan de la caractérisation des souches de 2006 à 2010
1er Auteur : Sabrina Cadel Six (sabrina.cadelsix@anses.fr)
Affiliation : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments, Unité Caractérisation et épidémiologie bactérienne, Maisons-Alfort, France
 
Epidémiologie de Yersinia enterocolitica chez le porc, réservoir animal de souches pathogènes pour l'Homme
1er Auteur : Martine Denis (martine.denis@anses.fr)
Affiliation : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, Ploufragan, France

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Consommation des poissons, mollusques et crustacés : Aspects nutritionnels et sanitaires pour l’Homme

Aspects nutritionnels et sanitaires pour l’Homme

ANSES 2010

La production, la transformation et la commercialisation des poissons, mollusques et crustacés (PMC) obéissent à des pratiques très diverses liées aux espèces aquatiques concernées, aux modes d’approvisionnement (aquaculture, pêches artisanales, industrielle et de loisirs) et au milieu aquatique (eau de mer, eau douce, eau saumâtre). Ils sont cependant présentés sous une dénomination commune auprès des consommateurs.

L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, Anses depuis le 1er juillet 2010, a souhaité, par décision du 21 février 2006, s’auto-saisir sur les aspects sanitaires et nutritionnels liés à la consommation de ces produits d’origine aquatique afin :
  • D’établir un état des lieux des pratiques d’alimentation des poissons, mollusques et crustacés ;
  • D’évaluer l’impact des pratiques d’élevage sur la qualité nutritionnelle des poissons, mollusques et crustacés ;
  • D’évaluer les aspects nutritionnels et sanitaires pour le consommateur, liés à la consommation des poissons, mollusques et crustacés ;
  • D’envisager une analyse bénéfice/risque de la consommation de ces produits.

Il convient de noter que les aspects de santé et de bien-être des animaux n’ont pas été inclus dans le champ d’évaluation. L’évaluation de l’impact des pratiques de pêche et d’élevage sur l’environnement n’a pas été traitée. Néanmoins quelques éléments sont évoqués en matière de gestion durable des ressources halieutiques.

Ce rapport a été réalisé dans le cadre d’un groupe de travail rassemblant notamment des experts des Comités d’experts spécialisés (CES) « Alimentation animale », « Nutrition humaine », « Microbiologie », et « Résidus et contaminants chimiques et physiques ». Ce groupe de travail a procédé à l’analyse des documents scientifiques et techniques collectés et a également auditionné des personnalités susceptibles d’apporter des compléments d’informations utiles à la réflexion engagée. Ce rapport a été présenté puis soumis à la relecture des quatre CES impliqués entre mars et avril 2008.

Ce rapport présente les différentes ressources des poissons, mollusques et crustacés les plus consommés en France, leurs modes de production, de transformation et de distribution aux consommateurs, et apporte des éléments de réponse aux interrogations posées sur la qualité nutritionnelle et sanitaire de ces produits.

Parallèlement à cette démarche, l’agence a rendu le 14 juin 2010 un avis relatif aux bénéfices/risques liés à la consommation de poisson, en s’appuyant notamment sur les réflexions apportées par le présent rapport, alors en cours de finalisation.

Pour télécharger le document, cliquer Anses

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Le 12 novembre 2011


Le préfet l'a annoncé à Joseph Costard, président de la section régionale conchylicole Manche-Mer du Nord, quatre zones ostréicoles du département seront déclassées en catégorie B en mars 2012.

Quatre zones concernées. Alors que certaines zones ostréicoles du département avaient été déclassées en catégorie B en 2010, quatre nouvelles zones seront déclassées en mars 2012. « C'est le résultat de la mauvaise qualité des eaux de ces 3 dernières années qui amène à ce déclassement pour 4 zones situées pour 2 d'entre elles au Sud de Saint-Vaast et pour les 2 autres à Gouville et Blainville », explique Joseph Costard.

« Ces zones représentent les plus gros centres de production du département, soit environ 80 % de la production qui correspondent à 15.000 tonnes par an. Le problème de pollution dans la baie de Morsalines de cet été a accentué les choses », ajoute-t-il.

La catégorie B. Se retrouver en catégorie B pour une zone ostréicole implique de nombreuses contraintes pour les ostréiculteurs. « La catégorie A nous permet la vente directe alors que la catégorie B nous oblige à une purification du produit avant la vente », poursuit Joseph Costard. « Ce déclassement concerne 183 entreprises, soit environ 400 ha de parcs ostréicoles et plus de 1 300 employés. »

Impact financier. Pour le monde ostréicole, il faut maintenant s'équiper pour pouvoir vendre les huîtres. « Nous avons lancé une étude sur les équipements de purification qui nous seront nécessaires. Nous l'avons présenté mardi au préfet....

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Le 14 novembre 2011


Les huîtres de Thau devraient être sur les étals pour les fêtes. Chères mais goûteuses.....

Si les résultats des derniers prélèvements se confirment lundi, la récolte sera autorisée en milieu de semaine prochaine.

Bonnes analyses

Depuis le 2 novembre au soir, les conchyliculteurs de Thau ne peuvent plus sortir une huître de leurs tables. Cela ne veut pas dire qu’ils n’en vendent plus, puisque les coquillages mis en bassin de purification avant cette date (en moyenne 15 jours de stock) ne sont pas touchés par “l’arrêté de suspension temporaire de la commercialisation” pris par le préfet.

Du reste, les analyses dont les résultats ont été livrés mardi par Ifremer sont bonnes : aucun des coquillages extrait des neuf points de prélèvement n’a fait état d’un taux de plus de 4 600 escherichia-coli pour 100 g de chair (seuil au-delà duquel la suspension temporaire est décrétée).

Si de nouvelles analyses confirment ce bon état sanitaire lundi, l’arrêté de suspension temporaire sera levé, et les producteurs pourront s’acheminer - presque - sereinement vers les fêtes de fin d’année.

Origines de la pollution

Les pluies de la fin du mois ont assurément eu une influence sur la hausse du taux d’E-coli, via les lagunages. Pour autant, du côté du Comité régional conchylicole, on hésite à incriminer le fonctionnement de ces derniers.

Il faut dire que le lagunage de Mèze bénéficie désormais, en amont, d’une station d’épuration qui constitue une sécurité supplémentaire, que ceux de Bouzigues, Poussan et de la ZA de Gigean sont raccordés à la station d’épuration de Sète depuis quelques mois, que le lagunage de Marseillan s’ouvre sur les canaux de Listel où les eaux doivent parcourir 5 km avant de rejoindre l’étang.

Restent celui de Montbazin, lointain, de la commune de Gigean et celui de Pinet-Pomérols (au bord de la RD 51), vers lequel quelques regards se sont tournés. Et pour cause : il était en travaux quand les pluies se sont abattues sur le bassin de Thau.

Le pluvial peut, aussi, perturber le fonctionnement du réseau d’assainissement. Or, si des systèmes “tampons” permettant d’éviter tout débordement suite à une pluie sont prévus, l’étang n’est pas à l’abri des engorgements ponctuels au niveau, par exemple des postes de relevage. Ce serait le cas à la Pointe Courte.

Herpès virus....

Huîtres à Noël....

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Le 11 février 2012


Le risque de contamination des aliments, priorité de l'Anses pour 2012

Le risque microbiologique dans l'alimentation sera l'un des trois thèmes phare de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pour 2012. C’est ce qu’indique le programme de travail qui vient d’être présenté.

Avec la santé des abeilles et les nanomatériaux, le risque microbiologique (bactéries, virus, parasites) dans l'alimentation sera l'un des thèmes majeurs sur lequel l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) compte se pencher en 2012.

Une décision qui fait sans surprise référence à l'épidémie liée à la consommation de produits végétaux contenant la bactérie E.coli O104:H4, qui a touché près de 4.000 personnes au printemps dernier en Allemagne. Ainsi, l'Anses a tenu à rappeler la nécessité de "renforcer la vigilance vis-à-vis des risques microbiologiques". L'agence estime en particulier nécessaire de "porter une attention accrue aux produits végétaux jusqu'ici peu impliqués dans des toxi-infections alimentaires collectives".

Dans cet objectif, un guide destiné aux consommateurs et reprenant l'ensemble de ses recommandations en matière d'hygiène alimentaire sera disponible, "leur permettant de maîtriser les risques dans leur cuisine". Elle travaillera également à la mise en place du volet sanitaire de l'Observatoire de l'alimentation créé par la loi de Modernisation de l'agriculture et de la pêche. Il permettra de centraliser toutes les données disponibles sur les dangers microbiologiques et chimiques dans les aliments....

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Seuls les professionnels peuvent ramasser les coques pour les faire décanter chez eux avant la commercialisation…

Ramassage de coques interdit à cause de bactéries E coli

Malgré les grandes marées qui se profilent à partir de demain (marée de coefficient 103), les pêcheurs à pied amateurs de coques vont devoir ronger leur frein. En effet, la pêche des coques sur le plage Benoît, à La Baule, et sur la plage du Nau, de l’autre côté de l’étier, au Pouliguen, est interdite, en raison d’une trop forte présence de bactéries Escherichia coli. Cette bactérie baptisée plus simplement E. Coli est présente dans les intestins des mammifères, et est très commune chez l’être humain. Ce sont souvent les déjections qui sont responsables de cette prolifération dans l’eau. Problème d’assainissement urbain, de rejets intempestifs ? L’interdiction est apparue avec les vacances de la Toussaint. Les causes ne sont pas établies.

Seuls les professionnels peuvent ramasser les coques, dans la mesure où ces derniers les placent dans des bassins de décantation.

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Les abeilles, pas les huîtres !!!

Dans son programme 2012, l'Anses va porter toute son attention au risque microbiologique dans l'alimentation et à la santé des abeilles....

L'Anses présente son programme de travail 2012

Chaque année, l'Anses élabore, pour l'année suivante, son programme de travail dans le cadre d'un processus ouvert de consultation avec ses ministères de tutelle et les parties prenantes. Ce programme se décline, pour chacun des grands domaines de compétence de l'Agence, dans des orientations publiées sur le site. A l'occasion de la présentation de son programme de travail pour 2012, l'Anses fait le bilan des travaux menés en 2011 et met l'accent sur trois thèmes sur lesquels elle sera particulièrement mobilisée en 2012 :

1. Risques microbiologiques dans l'alimentation : l'émergence brutale en Allemagne et -dans une moindre mesure, en France au printemps 2011- d'une épidémie liée à la contamination de produits végétaux par la bactérie E.coli O104:H4 qui a touché plus de 3500 personnes, ou encore les épisodes de contamination de produits végétaux qui ont eu lieu récemment en Angleterre et aux Etats-Unis, appellent à renforcer la vigilance vis-à-vis des risques microbiologiques. L'Anses se mobilisera, en 2012, sur cette thématique autour de 3 axes forts : (i) la mise en place du volet sanitaire de l'observatoire de l'alimentation qui permettra de centraliser toutes les données disponibles sur les dangers microbiologiques et chimiques dans les aliments ; (ii) l'information du consommateur via la réalisation d'un guide reprenant l'ensemble des recommandations de l'Anses aux consommateurs en matière d'hygiène alimentaire ; et enfin, (iii) des travaux de recherche permettant d'améliorer les méthodes diagnostiques et la surveillance des pathogènes alimentaires majeurs et émergents.

2. La santé des abeilles : l'Anses mobilisera l'ensemble de ses compétences pour lutter contre les phénomènes de mortalité des abeilles. Il s'agit d'un problème préoccupant, désormais récurrent, présent à des degrés divers partout dans le monde et dont l'origine semble très complexe car multifactorielle. Grâce à son récent mandat de laboratoire de référence de l'Union européenne pour la santé des abeilles, l'Agence a pris une place centrale sur le sujet. Elle contribuera en 2012, dans le cadre de la plateforme partenariale d'épidémiosurveillance, à la mise en place d'un dispositif de surveillance épidémiologique des maladies des abeilles qui permettra d'objectiver leur état de santé. En parallèle, elle mettra en œuvre les nouvelles règles établies au niveau européen - auxquelles l'Agence a activement pris part - pour l'évaluation des risques des produits phytosanitaires pour les abeilles, et, plus généralement, pour l'environnement. Enfin, l'Anses mettra en place d'ici septembre 2012 un groupe d'experts destiné à mieux comprendre les effets des co-expositions des abeilles à des toxiques et des agents pathogènes, en vue d'éventuelles recommandations, d'ici à 2014, pour leur prise en compte dans la réglementation.

3. Les nanomatériaux : parmi les risques émergents, les enjeux sanitaires liés au développement des nanomatériaux manufacturés occupent une place importante. L'Anses souhaite mettre en place, pour les nanomatériaux, le même type de dispositif que celui qu'elle a créé pour les radiofréquences en 2011. En 2012, l'Agence installera un groupe de travail pérenne « Nanomatériaux et santé - alimentation, environnement, travail » afin de suivre en temps réel l'actualité scientifique de cette thématique. En miroir de ce groupe de travail, l'Agence mettra en place un comité de dialogue destiné à ouvrir les débats scientifiques actuels aux parties prenantes, sur les grands enjeux de l'exposition, de la méthodologie de l'évaluation de risque ou de la connaissance des risques sanitaires.

Dans la continuité des priorités que s'était fixées l'Anses en 2011, l'année 2012 sera également marquée par la poursuite des grands chantiers engagés l'année dernière concernant notamment l'antibiorésistance, l'évaluation des risques pour les travailleurs agricoles exposés aux pesticides, les contaminants de l'alimentation, les radiofréquences ou encore les perturbateurs endocriniens.

L'Agence a par ailleurs mis en place en 2011 son comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêt, anticipant ainsi une des exigences de la nouvelle loi relative à la réforme du médicament.
2012 sera marquée par la finalisation d'un nouveau contrat d'objectifs et de performance avec l'Etat pour la période 2012-2015 et la poursuite de sa politique d'ouverture aux acteurs de la société civile.

Pour plus d'informations sur les programmes 2012, cliquer Anses

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Algues vertes


Algues vertes

Revue des données disponibles relatives aux dangers et aux expositions éventuelles liés à la baignade et la consommation de coquillages dans des zones touchées par des proliférations d’algues vertes (Étude menée entre décembre 2010 et mai 2011)

Saisine : 2010-SA-0241 (liée à la saisine 2010-SA-0175)

Rapport d’étude

Mars 2012

Pour télécharger l'étude, cliquer Anses

Résumé

Dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les « marées vertes », l’Anses a été saisie le 27 septembre 2010, par les Ministères chargés de l’environnement, du travail et de la santé, d’une demande d’évaluation des risques sanitaires que les échouages massifs de macro-algues observés sur les côtes françaises sont susceptibles de provoquer, en cas de baignade ou de consommation de coquillages.

Une expertise interne a été menée sur la base de la littérature scientifique et de données de surveillance disponibles (en mai 2011) afin d’apprécier la pertinence et la faisabilité de mener une telle évaluation des risques.

L’objectif principal de ce travail prospectif était de collecter des informations sur les microorganismes et les substances chimiques associés à la présence massive de macro-algues afin d’identifier les éventuels dangers auxquels seraient exposés les baigneurs et les consommateurs de coquillages ramassés à proximité.

Les espèces impliquées dans les marées vertes bretonnes sont très majoritairement Ulva armoricana et Ulva rotundata. Les Ulva spp. font partie des genres de macro-algues utilisés en alimentation humaine et référencés au niveau européen comme ingrédients cosmétiques.

Concernant les dangers microbiologiques, la bibliographie relate la présence de bactéries sur les macro-algues ou dans les amas d’algues en décomposition, mais sans permettre d’établir un profil type des populations bactériennes qui s’y développent. Les données disponibles sont rares et ne permettent pas d’estimer le niveau de concentration de bactéries pathogènes dans ces différents cas. De surcroît, rares sont les données spécifiques des côtes françaises.

Concernant les dangers chimiques, des données ont été collectées sur la composition des algues en divers éléments traces métalliques, sur des contaminations par des polluants organiques persistants et des pesticides, ainsi que sur des substances potentiellement toxiques produites par certaines algues (par exemple le diméthylsulfure, l’acide acrylique, la dopamine). A nouveau, rares sont les données spécifiques des côtes françaises et aucune ne se rapporte à un épisode d’échouage massif d’algues vertes. Ainsi, il s’avère difficile d’identifier et de caractériser les dangers chimiques liés à la survenue de marées vertes en France.

Du point de vue épidémiologique, aucune des publications analysées dans le cadre de ce travail et portant sur des dangers microbiologiques ou chimiques en lien avec un épisode de prolifération de macro-algues, n’a mentionné de symptôme chez l’Homme, après une activité de baignade ou la consommation de coquillages ramassés dans ces zones (ex : toxiinfections, irritations, etc.).

Au final, la liste des dangers établie dans ce travail ne peut pas être considérée comme exhaustive.

L’estimation de l’exposition des populations aux dangers identifiés s’est avérée impossible faute de données adaptées, notamment concernant leur concentration lors d’échouages massifs d’algues vertes sur les côtes françaises. Les rares données disponibles concernant les côtes françaises sont celles de la surveillance des eaux de baignade, de la surveillance de la contamination des coquillages et les signalements de marées vertes.

Avant une éventuelle évaluation quantitative des risques sanitaires, le recueil de données épidémiologiques pourrait permettre d’objectiver un éventuel signal sanitaire. Le cas échéant, l’acquisition de connaissances nécessaires à une quantification des risques pourrait s’inscrire dans la cadre de travaux de recherche....

(...)

Surveillance de la contamination des coquillages

Sur les sites faisant l’objet d’une fréquentation par les amateurs de pêche à pied, les ARS ont mis en place un réseau de surveillance sanitaire depuis 1997. Ce réseau a été mis en place en complément de celui concernant les zones de production conchylicoles exploitées par des professionnels.

Concernant les productions professionnelles, on distingue les zones de production (ou zones d’élevage) et la pêche à pied professionnelle qui se pratique sur des gisements naturels. Ces productions professionnelles empruntent les circuits normaux de commercialisation qui font l’objet d’un suivi de qualité. « Lors de leur mise sur le marché, les coquillages doivent répondre aux critères microbiologiques fixés par le règlement (CE) n°2073/2005. Pour les mollusques bivalves vivants, les critères de sécurité concernent Escherichia coli (E. coli) dont le dénombrement doit être inférieur à 230 UFC/100g de chair et de liquide inter valvaire (CLI) et Salmonella avec une absence dans 25g de CLI. La conformité des produits à ces critères est une obligation réglementaire pour les exploitants conchylicoles » (2010).

« Depuis 2009, la Direction générale de l’alimentation (DGAl) a mis en place un plan de surveillance de la contamination par Escherichia coli des mollusques vivants. Ce plan de surveillance concerne onze régions littorales et l’Ile-de-France pour un total de 500 analyses annuelles. Depuis la mise en place de ce plan de surveillance par la DGAl, les plans de contrôle précédemment assurés par les directions départementales des services vétérinaires ne sont plus effectués qu’en cas de mise à jour des agréments sanitaires ou lors d’investigations spécifiques (suspicion, alerte, TIAC, etc.) » (2010).

L’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) est chargé par l’Etat de la surveillance permanente de la qualité microbienne, phytoplanctonique et chimique de ces zones de production. Elle utilise pour cela son Réseau de contrôle microbiologique des zones de production conchylicole (REMI). Les résultats conduisent au classement des zones en A, B, C ou D, par ordre décroissant de salubrité. Ce classement, fixé par arrêté préfectoral, est basé sur la recherche et le dénombrement de bactéries indicatrices de contamination fécale Escherichia coli (E. coli) dans la chair et le liquide inter-valvaire (CLI) des coquillages en élevage. Les coquillages issus d’une zone classée A peuvent être récoltés et directement commercialisés, ceux provenant d’une zone classée B doivent être purifiés avant commercialisation, ceux provenant d’une zone C doivent être reparqués pendant deux mois minimum avant commercialisation ou commercialisés après destruction des micro-organismes pathogènes par stérilisation ou par traitement thermique. Toute exploitation de coquillages est interdite en zone D. Les limites réglementaires des zones sont :
  • zone A : 100 % des prélèvent doivent être < à 230 E. coli/100 mL ;
  • zone B : 90 % des prélèvent doivent être < à 4600 E. coli/100 mL et 100 % des prélèvent doivent être < à 46000 E. coli/100 mL ;
  • zone C : 100 % des prélèvent doivent être < à 46000 E. coli/100 mL ;
  • zone D : existence de résultats > à 46000 E. coli/100 mL.

L’annexe 4 est une synthèse des résultats de surveillance des gisements de coquillages entre 2001 et 2010.

Spécifiquement pour la surveillance microbiologique des zones de production conchylicole et du risque lié à la consommation des coquillages, l’Afssa a mené une expertise sur la pertinence des indicateurs actuels (avantages et inconvénients), qui n’a pas permis d’en proposer de nouveaux (2008).

Consommation directe des macro-algues présentes dans les marées vertes

A l'exception d'une étude menée spécifiquement sur une population végétarienne en 1997 et indiquant que la consommation moyenne d'algues (tous types d'algues confondus) peut varier de 2,5 à 70 g/jour, aucune donnée n’a pu être répertoriée concernant la consommation d'algues en France et plus spécifiquement la consommation d'algues laminaires en population générale. En l'absence de telles données, aucune estimation de la contribution des algues à l'apport total en substances chimiques ou micro-organismes qu’elles pourraient contenir n'est réalisable. Cependant, selon un avis de l’Afssa, l'apport d'arsenic par les algues laminaires, consommées sous la forme de condiments, apparaît négligeable par rapport à la contribution estimée des autres vecteurs plus courants de l'alimentation. Dans le cas d'une consommation de ces algues sous la forme de légumes, la contribution à l'apport estimé en arsenic total et en arsenic inorganique nécessiterait d'être reconsidéré sur la base de données précises de consommations alimentaires (Afssa 2009a).

Conclusions et recommandations

5.1 Faisabilité de l’évaluation des risques sanitaires

L’objectif de ce travail était d’apprécier la faisabilité et la pertinence de mener une évaluation des risques sanitaires pour le public, liée aux échouages massifs d’algues vertes observés sur les côtes françaises métropolitaines, particulièrement dans les cadres de :
  • la pratique de la baignade ;
  • la consommation de coquillages ramassés dans ces zones.

Des dangers chimiques et microbiologiques potentiellement associés à l’échouage massif d’algues vertes sur des côtes ont été identifiés. Les dangers ont été caractérisés en fonction de l’état de conservation des algues auxquelles ils étaient associés : état frais et/ou état de décomposition. Cependant, l’ensemble des dangers identifiés dans ce rapport ne peut pas être considérée comme exhaustive à ce stade. Par ailleurs les études et données d’observations disponibles concernent rarement les côtes françaises métropolitaines et leurs spécificités (climats, courants, marées, présence importante d’élevages agricoles en Bretagne, etc.).

Les données d’exposition répertoriées sont également limitées. La surveillance des eaux de baignade, de la contamination des coquillages ou des marées vertes apporte des informations intéressantes. Cependant, elles ne permettent pas à elles seules la réalisation d’une évaluation quantitative des risques. Il serait nécessaire pour cela de disposer de résultats d’analyses sur des macro-algues, des coquillages, de l’eau et des sédiments, avant/pendant/après des épisodes de prolifération de macro-algues, sur les côtes françaises.

Dès lors, il n’a pas été possible dans le cadre de cette revue, d’estimer l’exposition des populations de baigneurs ou de consommateurs de coquillages aux dangers identifiés, ni de déterminer la part attribuable aux épisodes de développements massifs de macro-algues en France.

Du point de vue épidémiologique, aucune des publications analysées dans le cadre de ce travail et portant sur des dangers microbiologiques ou chimiques en lien avec un épisode de prolifération de macro-algues, n’a mentionné de symptômes chez l’Homme, après une activité de baignade ou la consommation de coquillages ramassés dans ces zones (ex : toxiinfections, irritations, etc.).

5.2 Recommandations d’études et de recherches

Afin d’objectiver un éventuel signal sanitaire, l’Anses recommande de documenter des cas cliniques au sein des populations pratiquant des activités de baignade et/ou de ramassage de coquillages dans les zones touchées par les marées vertes.

L’Anses estime que la faisabilité d’une évaluation quantitative des risques sanitaires est conditionnée par l’obtention préalable de données, tant sur le volet « caractérisation des dangers » que sur le volet « estimation de l’exposition ».

Concernant les dangers à prendre en compte, il serait nécessaire de compléter la liste des agents microbiologiques et chimiques identifiés dans ce travail prospectif, en recueillant des données spécifiques des côtes françaises. Un travail de caractérisation plus poussé serait également à envisager pour disposer notamment des relations doses-réponses.

Concernant l’évaluation de l’exposition, il conviendrait de prélever des macro-algues, des coquillages, de l’eau et des sédiments, avant/pendant/après des épisodes de prolifération de macro-algues. Cela permettrait d’appréhender la variabilité spatio-temporelle de la nature et de la quantité des différentes espèces d’algues et des différents dangers présents. Aussi, d’éventuels liens entre développements massifs de macro-algues et dangers pourraient être testés.

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Le 25 juillet 2012

Des épidémies d’infections de bactéries Vibrio sont associées au changement climatique et notamment au réchauffement des eaux dans la Mer Baltique, d’après ce que montre une nouvelle étude.

Image du Vibrio cholerae (Wikipedia)

Pour accéder à l'étude : Nature Climate Change : Emerging Vibrio risk at high latitudes in response to ocean warming (Craig Baker-Austin, Joaquin A. Trinanes, Nick G. H. Taylor, Rachel Hartnell, Anja Siitonen & Jaime Martinez-Urtaza)

Le changement climatique induit par les hommes est le principal facteur à l’origine de l’émergence inattendue d’un groupe de bactéries au nord de l’Europe qui pourrait causer des gastroentérites, d’après ce qu’indique une nouvelle recherche menée par un groupe d’experts internationaux.

L’article, publié dans le journal Nature Climate Change dimanche, fournit les premières preuves du lien entre le réchauffement de la Mer Baltique et l’émergence d’infections Vibrio au nord de l’Europe.

Les Vibrio sont un groupe de bactéries qui vivent habituellement dans les environnements marins tropicaux et chauds. La bactérie peut causer plusieurs types d’infections chez les êtres humains, depuis le choléra aux symptômes du genre gastroentérite, quand on mange des Chaque année où les températures ont augmenté d’un degré, le nombre de cas de Vibrio a augmenté de près de 200%

Une équipe de scientifiques venant de plusieurs institutions en Grande-Bretagne, en Finlande, en Espagne et aux Etats-Unis, a examiné les températures à la surface de la mer et des données satellites, ainsi que des statistiques sur les cas de Vibrio dans la Mer Baltique.

Ils ont découvert que le nombre et la répartition des cas dans la Mer Baltique étaient fortement liés aux températures à la surface de la mer. Chaque année où les températures ont augmenté d’un degré, le nombre de cas de Vibrio a augmenté de près de 200%.
 
« Les grandes augmentations apparentes de cas que nous avons vues pendant les années de vague de chaleur tendent à indiquer que le changement climatique est en effet moteur des infections » a déclaré Craig Baker-Austin du Centre pour l’Environnement, les Pêcheries, et la Science de l’Aquaculture de Grande-Bretagne, l’un des auteurs de l’étude.

Les études climatiques montrent que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre fait augmenter les températures moyennes mondiales à la surface d’environ 0,17°C par décennie entre 1980 et 2010.

L’étude des bactéries Vibrio se concentrait sur la Mer Baltique en particulier parce que cette mer s’est réchauffée à un rythme sans précédent de 0,063 à 0,078°C par an entre 1982 et 2010, soit 6,3 à 7,8°C par siècle.

« Cela représente, à notre connaissance, l’écosystème marin se réchauffant le plus vite examiné jusqu’à présent sur Terre » indique l’étude.

De nombreuses bactéries marines ont besoin d’eau de mer peu salée et chaude pour survivre. En plus du réchauffement, le changement climatique a causé des précipitations plus fréquentes et plus importantes, qui ont réduit le contenu en sel des estuaires et des zones humides côtières.

Alors que les températures des océans continuent d’augmenter et que les régions côtières deviennent moins salines, les souches de bactéries Vibrio apparaîtront dans de nouvelles régions, d’après les scientifiques.

Les épidémies de Vibrio sont déjà également apparues dans des régions froides et tempérées au Chili, au Pérou, en Israël, au nord-ouest du Pacifique américain et au nord-ouest de l’Espagne, et ces cas peuvent aussi être associés à une tendance au réchauffement, d’après les scientifiques.

« Très peu d’études ont travaillé sur le risque d’occurrence de ces infections dans des latitudes élevées » a déclaré Craig Baker-Austin.
 
« Certainement, les chances de déclencher une infection Vibrio sont considérées comme très faibles [dans ces régions là], et davantage de recherches se concentrent sur les zones où ces maladies sont endémiques ou plus communes » a-t-il ajouté.

Des épidémies de Vibrio précédentes dans les régions plus froides ont souvent été mises sur le compte d'un phénomène sporadique ou de conditions spéciales plutôt que considérées comme une réponse au changement climatique de long terme.

Cela vient du fait que les effets du réchauffement climatique sont souvent plus prononcés dans les latitudes élevées et dans les zones n’ayant pas de données climatiques historiques détaillées.

Craig Baker-Austin a déclaré qu’il y avait une prise de conscience que le climat et l’émergence de certaines maladies infectieuses étaient étroitement liés, mais « il reste des lacunes de données considérables dans ce domaine que nous devons combler ».

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Juillet 2012


Les plages du Conquet ont été fermées ce jeudi par arrêté municipal. La décision, difficile pour une mairie en pleine saison estivale, a été prise par mesure de précaution, alors que des rejets d’assainissement avaient gagné la mer sans passer par la station d’épuration. Une panne électrique serait à l’origine de cet incident. Un problème sur un transformateur a créé une réaction en chaîne privant d’alimentation une station de relevage. Celle-ci sert en temps normal à pulser les eaux usées situées en contrebas, vers la station d’épuration. Un débordement s’est produit. Il a gagné l’étang de Kerjean, puis la mer.

La fermeture, lorsqu’elle est décidée, dure au moins 48 h. Elle devrait donc se prolonger ce vendredi. Il faudra des analyses positives de la qualité sanitaire des eaux de baignade avant que l’ouverture ne soit de nouveau autorisée.

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Depuis 1997, le contrôle sanitaire des sites de pêche à pied de loisir a porté de 65 à 74 sites. Les coquillages prélevés sont par ordre décroissant de sites : les moules, les huîtres, les coques et les palourdes. L'examen des résultats microbiologiques des 15 dernières années fait apparaître une tendance générale à la dégradation des gisements naturels de coquillages en Bretagne : diminution progressive du nombre de sites de bonne qualité jusqu'à zéro.


Les risques sanitaires encourus

Même si la baignade est de bonne qualité, la consommation de coquillages dans la même zone peut présenter des risques pour la santé. En filtrant de grandes quantités d’eau, les coquillages concentrent planctons toxiques, métaux lourds et jusqu'à 100 fois les bactéries et les virus présents dans l'eau de mer.

Les germes les plus souvent cités lors d'intoxication alimentaire (Salmonella, Shigella, Escherichia coli, Vibrio para-haemalyticus,…) provoquent essentiellement des troubles gastroentériques. La contamination microbienne du milieu marin résulte des apports des activités terrestres vers la mer (rejets urbains, industriels ou agricoles).

Les résultats du contrôle sanitaire font l'objet de transmission mensuelle pour affichage sur les sites et un bilan régional est élaboré chaque année.



Cartes à télécharger :

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Le 10 août 2012


La pêche et la commercialisation des moules et des huîtres a été provisoirement interdite dans la baie de Morsalines (Manche), un des principaux bassins bas-normands, en raison d'une importante dégradation de la qualité des eaux, selon un arrêté préfectoral paru aujourd'hui.

La pêche et la consommation des huîtres et moules en provenance de cette baie, qui représente un quart de la production bas-normande, sont "temporairement interdites", a-t-on appris auprès de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). La baie ne produit quasiment que des huîtres.

Une partie importante des huîtres dites de Saint-Vaast-la-Hougue viennent de cette baie située au sud de cette commune. Les huîtres pêchées au nord de Saint-Vaast ne sont toutefois pas concernées. Les moules dites de Barfleur, au nord de Saint-Vaast, ne sont pas concernées non plus.

Une cinquantaine d'entreprises ou producteurs ostréicoles travaillent dans cette baie, située au nord-est du département, et qui fut le berceau de l'ostréiculture bas-normande dans les années 1960, selon la DDTM. Environ 200 personnes y sont employées, selon le Comité régional conchylicole.

La Basse-Normandie, avec environ 20% de la production ostréicole nationale, se situe selon les années parmi les trois premières régions françaises de production.

C'est la deuxième fois en moins de deux semaines qu'un tel arrêté est pris sur cette zone qui n'en avait "a priori" jamais fait l'objet auparavant, a précisé la DDTM.

L'interdiction est valable jusqu'à amélioration de la qualité de l'eau. De nouvelles analyses sont prévues d'ici deux semaines, selon la DDTM.

Des problèmes d'assainissement, dans cette zone où la pression touristique est forte l'été, conjuguée à une forte pluviométrie qui a lessivé les sols, pourraient expliquer cette dégradation, selon des sources concordantes.

De tels arrêtés d'interdiction de commercialisation ont déjà été pris par le passé ailleurs en France mais ils ne sont "pas très fréquents", selon le Comité national de conchyliculture.

Cette interdiction intervient alors que la qualité des eaux de la baie de Morsalines se dégrade régulièrement depuis quelques années. Des arrêtés préfectoraux ont plusieurs fois obligé les ostréiculteurs à passer leurs huîtres dans des bassins de purification avant de les vendre.

Classée A, soit une qualité permettant une commercialisation directe des coquillages, la baie de Morsalines doit être rétrogradée en classe B à partir du 15 janvier 2013, ce qui obligera les producteurs à systématiquement passer leurs huîtres dans de tels en bassins...

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Les ostréiculteurs embêtés. Ils doivent purifier leurs huîtres pour les vendre.

Les derniers résultats de prélèvements, mardi 7 août, ont confirmé le déclassement des mollusques dans les zones nord et sud de Saint-Vaast-la-Hougue. L'eau étant polluée, les huîtres sont atteintes à raison de 1.000 Escherichia Coli par 100 millilitres de chair et de liquide, au-dessus donc du seuil maximal de 230.

Les ostréiculteurs sont donc toujours contraints à purifier les huîtres en bassin ou à s'équiper, avant de les vendre, réduisant la marge des entreprises de plusieurs milliers d'euros. Cela n'est pas toujours possible.

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Plus de 350 hectares de parcs à huîtres et de nombreuses entreprises ostréicoles sont concernés par ce déclassement.

Suite à des analyses menées par l'Ifremer, le préfet de la Manche a décidé de déclasser la baie de Morsalines et la zone nord de Saint-Vaast en catégorie B.

« Les coquillages bivalves non fouisseurs, issus de cette zone, ne peuvent être mis sur le marché de la consommation humaine qu'après purification de 48 heures en bassins et en centre agréé », stipule l'arrêté. Une zone où sont concentrés 350 hectares de parcs à huîtres.

« C'est un arrêté provisoire mais il faudra désormais deux analyses négatives pour retrouver le classement en catégorie A, explique Joseph Costard, président de la section régionale de conchyliculture Manche Mer du Nord. J'ai écrit au préfet afin qu'il engage une enquête pour déterminer la ou les sources de pollution ainsi que la provenance. Est-ce une pollution animale ou humaine ? »

La bactérie Escheruchia coli

Des inquiétudes qui se font ressentir dans le monde ostréicole, la région saint-vaastaise étant le berceau de l'élevage d'huître dans le département. Une profession qui emploi plus de 200 personnes. « Pour la vente et la consommation des huîtres, il y a des problèmes car tous les ostréiculteurs ne possèdent pas de bassins de purification. Il en va maintenant de la survie de beaucoup d'ostréiculteurs. »

Reste à attendre les prochaines analyses comme l'explique Philippe Rioux, responsable du laboratoire environnement à Ifremer. « Cette pollution est due à la présence de la bactérie Escheruchia coli (E. Coli). La norme veut que la présence d' E Coli dans les bivalves soit égale ou inférieure à 230 et selon les derniers résultats, nous dépassons largement cette côte d'alerte. Cette bactérie peut être à l'origine de maux de ventre. Et Philippe Rioux d'insister : Nous avons effectué un prélèvement hier et les résultats seront connus aujourd'hui. Le prochain prélèvement aura lieu dans 15 jours. C'est un secteur sensible où la qualité de l'eau peut varier rapidement. » Ouest-France

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L'association Cap 2.000 constate que les pollutions bactériennes s'accentuent depuis quinze ans sur le littoral. Selon eux, il y aurgence à agir.

«Nous sommes pollués et payeurs, il y a un ras-le-bol, une colère sourde», affirme Sébastien Le Moine, ostréiculteur de Carnac et président de l'association Cap 2.000. Celle-ci réunit des conchyliculteurs, des pêcheurs et des agriculteurs du département autour de la question de la qualité des eaux du littoral morbihannais. «On constate une dégradation régulière de la situation, depuis quinze ans», souligne-t-il. Le niveau de pollution bactérienne d'origine fécale a ainsi conduit à un déclassement des zones conchylicoles du secteur en 2010 de A à B. En clair, cela oblige les conchyliculteurs à faire passer les huîtres par un bassin dégorgeoir, pendant 24 à 48h, afin de les «purifier» avant de les vendre, ce qui entraîne un surcoût. Leur crainte: «Si rien n'est fait, certaines zones pourraient basculer en C, et là, c'est l'interdiction totale de la pêche». Pour éviter d'en arriver là, l'association souhaite des mesures rapides pour revenir en classement des zones conchylicoles en A.

Concertation à l'automne

Et si le constat est établi depuis longtemps, les membres de Cap 2.000 demandent au préfet et aux élus locaux des moyens pour identifier rapidement les sources de pollution. «Lors d'une rencontre, il y a un mois, nous avons eu l'écoute du préfet et de l'administration maritime. Il y aura une concertation à l'automne, mais sans volonté des élus locaux, nous n'avancerons pas», prévient le président de Cap 2.000.

Intérêt collectif

Pour endiguer ces pollutions bactériennes, la mise aux normes des assainissements chez les particuliers et une amélioration de certaines stations d'épuration est nécessaire. «Le maire peut envoyer des courriers et donner une amende. Mais, certains n'ont pas envie de faire des travaux alors qu'ils polluent. Ils préfèrent payer», affirme Véronique Le Priol, ostréicultrice et adjointe au maire de Carnac en charge de la qualité des eaux. Sa commune a entrepris, depuis quatre ans, de contrôler l'ensemble des dispositifs d'assainissements de tous les résidants. «Mais pour les gens qui ont peu de moyens, il faudrait envisager des aides des collectivités pour réaliser ces travaux», complète Sébastien Le Moine. «C'est un enjeu environnemental d'intérêt collectif, insiste l'ostréiculteur. Au-delà des ostréiculteurs, cela concerne les pêcheurs à pied, les usagers des plages et les acteurs de l'économie et du tourisme. Il faut agir pour les générations futures».

Yann Leon
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Le 10 septembre 2012
La baie de Morsalines se trouve au niveau de Saint-Vaast (Carte Ifremer)

Par Catherine BERRA


Du coup, le bassin ostréicole va pouvoir rouvrir, mais sous conditions.

La production et la commercialisation de ces huîtres avaient été stoppées le 10 août dernier par la préfecture en raison d'une pollution des eaux.

Mercredi, la préfecture de la Manche a publié un arrêté levant l'interdiction, mais classant cependant la zone en catégorie B, ce qui signifie que les ostréiculteurs doivent systématiquement passer leurs huîtres dans des bassins de purification avant de les mettre en vente.

La pêche à pied des coques elle est toujours interdite, a précisé la préfecture ce vendredi dans un communiqué. La qualité des eaux s'est améliorée depuis le 10 août mais pas suffisamment pour lever toutes ces mesures.

"Sans pouvoir affirmer qu'il s'agit-là des seules causes de pollution, trois éléments ont été identifiés : le dysfonctionnement de portes à flot (écluses), le fonctionnement défectueux d'un réseau d'assainissement et l'infraction commise par une entreprise", a ajouté la préfecture dans son communiqué.

Une partie importante des huîtres dites de Saint-Vaast-la-Hougue viennent de cette baie située au sud de cette commune. Les huîtres pêchées au nord de Saint-Vaast n'étaient toutefois pas concernées par l'interdiction. Les moules dites de Barfleur, au nord de Saint-Vaast, n'étaient pas concernées non plus.

Une cinquantaine d'entreprises ou producteurs ostréicoles travaillent dans cette baie, située au nord-est du département, et qui fut le berceau de l'ostréiculture bas-normande dans les années 1960. Environ 200 personnes y sont employées, selon le Comité régional conchylicole.

La Basse-Normandie, avec environ 20% de la production ostréicole nationale, se situe selon les années parmi les trois premières régions françaises de production.

L'arrêté d'interdiction du 10 août était le deuxième en moins de deux semaines sur cette zone qui n'en avait "a priori" jamais fait l'objet auparavant, selon l'Etat. De tels arrêtés d'interdiction de commercialisation ont déjà été pris par le passé ailleurs en France mais ils ne sont "pas très fréquents", selon le Comité national de conchyliculture.

Selon les professionnels, plus de la moitié des zones de production ostréicole françaises sont passées ces dernières années de la catégorie A (qualité permettant une commercialisation directe des coquillages) à la catégorie B.

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Les auteurs de l'importante pollution de la baie de Morsalines fin août sont recherchés par les services de l'Etat.

Depuis le début de l’été, la trentaine d’ostréiculteurs du Val de Saire installés dans la baie de Morsalines et dans l’anse du Cul de loup, font grise mine. La raison ? Une série de pics de pollution qui atteignent parfois des niveaux préoccupants et entraînent par conséquent un déclassement de la qualité des eaux, maintenant passée du niveau “B” au niveau “C”. C’est ce qui s’est passé fin août au vu des résultats de prélèvements effectués lundi 27 août par l’Agence régionale de santé (ARS).

Une pollution inédite

Dans ces conditions, les professionnels ne sont plus autorisés à commercialiser leurs huîtres, d’où une perte économique lourde. Le grand public, lui, s’est vu interdire par arrêté municipal la pêche et la consommation de tous les coquillages, fouisseurs et non fouisseurs, présents dans cette zone. “Malheureusement, ce genre de phénomène arrive fréquemment”, souligne le maire de Quettehou, Jean-Pierre Lemyre. “Mais c’est la première fois que la pollution atteint ce niveau.” De fait, la contamination bactériologique des coquillages de la baie de Morsalines due aux matières fécales est de 35 000 bactéries Escericia Coli pour 100 grammes de chair et de 54 000 bactéries dans le liquide des coquillages. Des niveaux à comparer à la norme qui est de 230 bactéries… Cependant les deux derniers prélèvements effectués ont montré une évolution du phénomène dans le bon sens, de sorte que les eaux de la baie ont retrouvé leur classement en “B” dès le 5 septembre. Reste la question de l’origine de la pollution. “Il s’agit de déversements sauvages dans le Vaupreux, rivière qui se jette dans l’anse du Cul de loup. Mais nous ne savons toujours pas où exactement ils ont eu lieu.“ Plus précisément, les services de l’Etat, l’ARS et l’Ifremer, aidés par le comité régional d la conchyliculture, ont entrepris des recherches qui ont permis d’identifier trois causes à cette pollution : le dysfonctionnement de portes à flot ; le fonctionnement défectueux d’un réseau d’assainissement, et une infraction commise par une entreprise. Le préfet de la Manche prendra des mesures (contrainte ou sanction administrative) à l’encontre de ceux, personnes ou entreprises, qui ont fait preuve de négligences.

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Origine de la contamination fécale dans les eaux des zones contrastées : Stanols comme marqueurs de dépistage des sources microbiennes

Source : Ifremer

Amélioration de la qualité microbiologique des eaux côtières et fluviales s'appuie sur le développement de marqueurs fiables qui sont capables de déterminer les sources de pollution fécale. Récemment, une analyse en composantes principales (ACP) méthode basée sur six composés de stanols (soit 5 bêta-cholestane-3 bêta-ol (coprostanol), 5 bêta-cholestane-3 alpha-ol (épicoprostanol), 24-méthyl-5 alpha- cholestan-3 bêta-ol (campestanol), 24-éthyl-5 alpha-cholestane-3 bêta-ol (sitostanol), 24-éthyl-5-beta-3 cholestan bêta-ol (24-ethylcoprostanol) et 24-éthyl- 5 bêta-cholestane-3 alpha-ol (24-ethylepicoprostanol)) a été montré pour être adapté à la distinction entre les porcs et les matières fécales bovines. Dans cette étude, nous avons testé si cette méthode PCA, en utilisant les six ci-dessus stanols, pourrait être utilisé comme un outil de «suivi des sources microbiennes (MST)" méthodes dans l'eau des zones d'agriculture intensive où diffuse la contamination fécale est souvent marquée par la coopération -existence de sources humaines et animales. En particulier, les grappes bien définies et stables ont été trouvés dans les parcelles notes PCA de clustering des échantillons de «pure» de l'homme, les matières fécales bovines et porcines ainsi que les eaux de ruissellement et les eaux diluées dans lequel la source de contamination est connue.Une bonne cohérence a également été observée entre les affectations à la source effectuées par la méthode 6-stanol à base de PCA et les marqueurs antimicrobiens pour les eaux de rivières contaminés par des matières fécales d'origine inconnue. plus généralement, les tests effectués dans cette étude plaident en faveur de l'ajout de la méthode PCA repose sur six stanols dans la boîte à outils MST pour aider à identifier les sources de contamination fécale.Les données présentées dans cette étude montrent que cet ajout permettrait d'améliorer la détermination des sources de contamination fécale lorsque les niveaux de contamination sont faibles à modérés. (C) 2012 Elsevier Ltd Tous droits réservés.

Comment citer ce document :

Derrien M., E. Jarde, G. Gruau, Pourcher AM, Gourmelon Michele, Jadas-Hécart Alain, Wickmann AC Pierson (2012). Origine de la contamination fécale dans les eaux des zones contrastées: Stanols comme sources de pollution microbienne marqueurs de suivi . recherche sur l'eau , 46 (13), 4009-4016. Version officielle de l'éditeur:http://dx.doi.org/10.1016/j.watres.2012.05.003 , version Open Access: http://archimer.ifremer.fr/doc/00090/20133/

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Une entreprise de curage de boues serait responsable de la pollution des huîtres de Morsalines (et non de la baie des Veys plus au sud), dans la Manche.

Voir le reportage de Matthieu Bellinghen et David Frotte

Le pollueur serait une entreprise de la région qui a manqué à ses obligation de retraitement.
Mercredi dernier, un inspecteur de l'agence régionale de santé a surpris un camion citerne qui déversait directement dans le réseau public des boues de curage de fosses sceptiques, à quelques mètres de la baie.
La communauté de communes du Val de Saire a pourtant signé une convention avec les entreprises de curage. Les boues doivent être retraitées dans la station d'épuration. Guy Monnier, le président de la communauté de communes est furieux de ces déversements sauvages dans le réseau collectif. Le réseau dans lequel ont été déversées les boues est vétuste. Une partie des boues s'est donc directement retrouvée dans la baie et a provoqué la pollution. La communauté de communes, ainsi que l'entreprise d'ostréiculture impactée par la pollution, ont déposé plainte.

Le procureur de Cherbourg a ouvert une enquête.

La vente des huîtres de Morsalines a été de nouveau autorisée, après avoir été interdite la semaine dernière.

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Le 13 septembre 2012


Le préfet de l'Aude a interdit temporairement jeudi la pêche, le ramassage et la mise sur le marché des huîtres et des moules de l'étang de Leucate, à cheval sur l'Aude et les Pyrénées-Orientales, à la suite de contrôles microbiologiques dépassant les niveaux réglementaires.

Un retrait des lots déjà commercialisés depuis le 10 septembre est également demandé à titre préventif aux professionnels, pour éviter de possibles gastro-entérites, ajoute-t-on à la préfecture.

Elle précise, dans un communiqué, que ces mesures de restrictions concernent la zone 11-14 Etang de Leucate - Parc ostréicoles à la suite des derniers contrôles effectués dans le cadre du réseau de surveillance microbiologique par lInstitut français de recherche pour l'exploration de la mer (Ifremer).

L'origine de cette bouffée bastérienne est inconnue pour l'instant. Elle peut être liée à de forte pluies ou à un dysfonctionnement de stations d'épuration.

Ces mesures de précaution sont applicables jusqu'à l'obtention par l'Ifremer de résultats favorables. Des prélèvements sont prévus sur site dès qu'il y aura moins de vent sur l'étang, indique-t-on à la préfecture....

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Rapport sur la maîtrise des pollutions virales pouvant affecter la qualité des coquillages

notamment ceux produits dans l’étang de Thau (Hérault)

Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt/CGAAER : Christophe Gibon, Alain Monnier/Rapport n° 11112

A la fin des années 2000, plusieurs épisodes de toxi-infections alimentaires ont été déclarés en lien avec la consommation de coquillages produits dans le bassin de Thau. Des virus véhiculés par les eaux résiduaires et d’écoulement ont été reconnus comme la principale source de contamination du bassin. Seules des mesures environnementales, limitant fortement le transfert de la contamination virale du littoral urbanisé vers l’étang de Thau, pourraient remédier à la situation.

Le présent rapport « final » élargit la réflexion à l’ensemble des risques viraux (norovirus, hépatites A et E) et base son analyse sur la situation de trois bassins conchylicoles (Paimpol, Thau et Arcachon) et intègre les recommandations du rapport d’étape. La maîtrise du risque sanitaire dans les coquillages repose sur une classification des zones conchylicoles réalisée avec des réseaux de surveillance de l’IFREMER (REMI, REPHY, ROCC) qui prennent en compte respectivement les risques bactériologiques, phytoplanctoniques et chimiques. Ces réseaux sont complétés par des procédures d’alerte et de gestion de crise au niveau départemental.

Or, les virus ne sont pas pris en compte dans ces mesures, alors que les données issues du réseau d’alerte européen RASSF et issues des DO (déclarations obligatoires) des TIAC placent clairement les norovirus comme un des 3 risques pour la consommation d’huîtres avec Escherichia coli et la toxine DSP.
Cette menace n’est pas encore prise en compte par la directive cadre sur l’eau. Il est très probable qu’elle le soit un jour, d’où l’impérieuse nécessité d’anticiper ses futures recommandations qui auront de fait un impact sur l’activité conchylicole française..

Les protocoles de gestion de crise sont indispensables. Malgré tout, la mission a travaillé avec la certitude, déjà affirmée dans le rapport d’étape, que seules des mesures environnementales limitant fortement la contamination virale du littoral pourront avoir une efficacité réelle.

La mission a été confortée dans son analyse par un projet de publication scientifique qui compare des stratégies sanitaires avec une stratégie environnementale dans le cadre du HAV (virus de l’hépatite A) et conclut par des données chiffrées très significatives en faveur de mesures environnementales.

Une étude des réseaux des eaux pluviales et résiduaires de trois bassins conchylicoles (Paimpol, Thau et Arcachon) permet ensuite :
  • de déterminer les installations les plus critiques vis-à-vis du risque de transfert de virus entériques au littoral ;
  • de connaître les actions des collectivités locales et l’organisation des intercommunalités ;
  • d’appréhender les outils de gestion environnementaux comme « OMEGA-Thau ».

Cette analyse débouche sur des propositions en matière environnementale en commençant par les dispositifs qui devront faire l’objet d’améliorations : STEP (stations d’épuration), postes de relèvement, déversoirs d’orage, assainissement non collectif, réseau d’eaux pluviales.
Des outils de diagnostic environnemental, comme « OMEGA-Thau » et « SUMO » permettent de déterminer les priorités, et d’alimenter des outils de programmation comme les SAGE (schémas d’aménagement et de gestion des eaux) et les SCOT (schémas de cohérence territoriale).
Une réflexion sur la structuration intercommunale et le transfert de compétences, en particulier en matière d’eaux pluviales, devra compléter ces schémas organisationnels....

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Cliquer Ici pour télécharger "Rapport sur la maîtrise des pollutions virales pouvant affecter la qualité des coquillages, notamment ceux produits dans l’étang de Thau (Hérault)"

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