jeudi 9 septembre 2010

Maïsiculture : Halte à la politique de la mer asphyxiée !

Après la politique de la terre brûlée, les producteurs de maïs français veulent passer à une deuxième phase : la politique de la mer asphyxiée !

Les producteurs de maïs français ne sont pas contents des mesures environnementales. Ils pointent les effets de la loi sur l'eau et d'une législation jugée trop stricte sur l'utilisation des pesticides, qui font baisser leur productivité et qui selon eux entraînent une distorsion de concurrence avec la maïsiculture étatsunienne, l'exemple à ne pas suivre...

« Les maïsiculteurs français sont à la peine face aux producteurs américains. Pau accueille les Journées nationales maïs 2010. « Il y a dix ans, nous avions 10 quintaux d'avance sur les Américains, aujourd'hui, c'est l'inverse », déplore Christophe Terrain, président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Ces fameux 10 quintaux justifient le thème des Journées maïs 2010, qui ont débuté hier et se poursuivent aujourd'hui dans la cité béarnaise, « plus d'une tonne à l'hectare, c'est possible tout de suite » ! Sauf que… et c'est là tout l'objet des débats. « Si nous n'atteignons pas la tonne, contrairement aux Américains, c'est parce qu'un ensemble de facteurs de production sont, soit fermés aux producteurs français, soit remis en cause, et entraînent des distorsions de concurrence », explique-t-il. » Sud-Ouest : Une production freinée.

L'agriculture étatsunienne : la politique de la mer asphyxiée !

Pour certains spécialistes, l’eutrophisation des eaux marines à large du delta du Mississipi aurait des conséquences plus graves sur la vie aquatique que le pétrole de la plateforme BP. Les engrais d’origine agricole, et en particulier nitrates et phosphates épandus sur les cultures de maïs, asphyxient les eaux marines et sont à l’origine des « Zones mortes ».

« Plusieurs agences fédérales scientifiques et environnementales ont relevé plus de 300 zones hypoxiques (ou ''mortes''), c'est-à-dire à très faible taux d'oxygène, dans les eaux côtières américaines, provoquant l'asphyxie de la faune marine (poissons, crustacés…). D'après un rapport rendu public le 3 septembre 2010 par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) qui a participé à l'étude, les incidents d'hypoxie - relevés dans près de la moitié des 647 cours d'eau évalués par les chercheurs y compris le golfe du Mexique - auraient augmenté de ''près de 30 fois'' depuis les années 1960. Le phénomène d'hypoxie, qui se produit surtout en été, est provoqué à la fois par la pollution industrielle et le déversement dans les eaux de ruissellement des phosphates et des nitrates issus des engrais, ont expliqué les chercheurs. Cette accumulation de matières organiques provoque d'abord une prolifération d'algues et se décompose ensuite en microbes qui consument l'oxygène, ce qui tue les espèces marines. » Actu-Environnement : Le phénomène de ''zones mortes'' augmente dans les eaux côtières américaines. Philippe FAVRELIERE

Autres articles :

Pour aller plus loin.....

Colloque de l’AGLIA : « Menaces sur les écosystèmes marins et estuariens »

Les XXIIes Rencontres Interrégionales de l’AGLIA qui auront lieu les 12 et 13 octobre 2010 à Rochefort/mer (Charente-Maritime) traiteront des « Menaces sur les écosystèmes marins et estuariens - Impacts sur les ressources halieutiques et conchylicoles ». Pour plus d’informations sur le programme et les inscriptions cliquer Ici

Les gouvernements appelés à ''verdir'' leur législation sur l'eau douce (Actu-Environnement) : A l'occasion de la Semaine mondiale de l'eau à Stockholm, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a publié le 7 septembre 2010 un rapport (The greening of water law : Managing Freshwater Resources for People and the Environment) invitant les gouvernements ''à verdir'' leur législation sur l'eau douce. ''La compétition augmente entre la croissance rapide de la population mondiale, qui a besoin de plus d'eau pour boire, pour l'assainissement, la production agricole et le développement économique, et les espèces et les écosystèmes, qui ont besoin d'eau pour survivre'', souligne le PNUE. Le principal défi aujourd'hui est de savoir ''comment répondre aux besoins croissants en eau de la société humaine, tout en préservant les écosystèmes d'eau douce, et soutenir la durabilité environnementale''…. Une gestion non durable de l'eau douce est aussi ''un facteur majeur'' de perte de la biodiversité - et ''les effets se font sentir dans les rivières, lacs et zones humides à travers le monde''. Ainsi, 27% de la faune d'eau douce seraient menacés d'extinction en Amérique du Nord, et plus d'un tiers de toutes les espèces de poissons en Croatie, selon le PNUE. Pour Gabriel Eckstein, auteur principal du rapport, ''atteindre un meilleur équilibre entre les hommes et l'environnement nécessite la mise en place de nouvelles législations et de nouveaux outils pour y parvenir''. Selon le PNUE, les législations de l'Australie ou du Paraguay permettent déjà d'atteindre cet équilibre ''entre les besoins en eau des hommes et la protection de l'environnement''. Le rapport souligne également les gains économiques apportés aux gouvernements. Tourbières, marécages, marais et autres types de zones humides dans le monde entier pourraient ainsi fournir l'équivalent de ''15.000 milliards de dollars US en services écosystémiques''. Rachida Boughriet

A télécharger : The greening of water law : Managing Freshwater Resources for People and the Environment (Pnue 2010)

Ban Ki-moon : Le monde a une responsabilité envers les océans de la planète (Ane) : Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que le monde avait la responsabilité de protéger les océans de la planète, qui sont à la base d’un « futur durable et prospère pour tous », selon ses mots. Le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon a rappelé la semaine dernière que le monde avait la responsabilité de protéger les océans de la planète, soulignant ainsi le caractère essentiel de l’environnement marin pour le bien-être humain, d’après un communiqué. « Nous devons préserver la productivité et les fonctions essentielles des écosystèmes des océans, qui sont à la base d’un futur durable et prospère pour tous » a-t-il déclaré lors d’une Conférence Internationale sur les Océans ayant lieu à Pékin la semaine dernière. Ban Ki-moon a ajouté que le thème de la conférence de cette année, « Océans, Changement Climatique et Développement Durable » soulignait bien à quel point les océans sont importants et rappelait tous les bénéfices que l'on peut en tirer….

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Le 20 août 2011

Maïs, nitrate et eutrophisation....

Maïs, nitrate et zone morte...

Aux USA, le lobby du maïs nie sa contribution à la pollution azotée qui crée une zone morte (ou eutrophisation) dans le golfe du Mexique à l’embouchure du Mississipi….

EWG : Corn Lobby Offers Flawed Data To Deflect Blame for Dead Zone




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Le 29 octobre 2010 : Un regard sur la presse agricole - Terre Net

Irrigation - La filière maïs pénalisée par la directive cadre sur l’eau (terre-net)

Jean-Marc Deumier d’Arvalis rappelle l’importance de l’irrigation dans certaines zones de production de maïs et évoque comment la directive cadre sur l’eau, notamment, pourrait modifier la répartition des zones de cultures en France.

Au cours des journées maïs, organisées par Arvalis-Institut du végétal à Montardon en septembre, Jean-Marc Deumier a prévenu que « la directive cadre visant un bon état écologique des eaux d’ici 2015, tant en qualité qu’en quantité, aura un impact économique important sur la filière, les hectares de maïs irrigués ayant un très bon rendement »….

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Le 6 mai 2011

Arcachon : Derrière l'étiquette du bio (Sud Ouest)

Les élus et les associations écologiques se mobilisent pour promouvoir une agriculture biologique sur le bassin d'Arcachon. Ils dénoncent un « habillage vert ».

C'est par pure commodité que Vital Baude, Michel Daverat et des militants d'Europe Écologie Les Verts se sont assis, samedi matin, à l'ombre du local du Conseil général, en bordure du Bassin, à Gujan-Mestras.

Michel Daverat est toujours conseiller régional. Et Vital Baude n'a pas enlevé le siège de conseiller général d'Arcachon qu'il briguait le mois dernier. Il se trouve juste que ce local est à proximité immédiate du ruisseau du bourg qui traverse Gujan-Mestras, dont les écologistes voulaient, notamment, dénoncer la pollution et, à travers elle, la nécessité de modifier les pratiques agricoles et de développer l'agriculture biologique.

Le programme Oscar

En pleine Semaine du développement durable, ils ont rappelé les résultats des analyses réalisées par le Cemagref et l'université de Bordeaux 1, dans le cadre du programme Oscar (Ostréiculture et qualité, approche dynamique du bassin d'Arcachon), présentés la semaine dernière lors de la réunion publique du RRLA (Réseau de recherche littoral aquitain) à Bordeaux. « Ce ruisseau présente des taux anormalement élevés de pesticides, dont le diuron, interdit depuis 2008 », assurent les écologistes qui se refusent, faute de preuve, de dénoncer un responsable, voire un coupable. Ils assurent cependant que ces produits sont utilisés dans l'agriculture. « Leur seule présence interroge et inquiète », assure Michel Daverat, qui souhaiterait que les préconisations du Grenelle de l'environnement soient réellement défendues par les élus et les responsables politiques....

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Le 14 juillet 2012

Le syndicat des bassines est né (Sud Ouest)

Par 27 voix pour et 22 abstentions, le Syndicat mixte de réserves de subvention est né. La gestion de l'eau devra donc être publique.

Tout le monde s'accorde à dire que c'est un pas en avant. Mais tout le monde ne s'accorde pas à dire que c'est la panacée. D'où les abstentions de quelque 22 conseillers généraux sur la création de ce Syndicat mixte de réserves de substitution, plus communément appelées bassines. En fer de lance de ces absentionnistes, Jean-Yves Martin, l'élu radical de Saint-Jean-d'Angély, qui a toujours suivi de très près la question du partage de l'eau, et Pierre Feydeau, l'élu socialiste de Rochefort, qui expliqua son abstention en ces termes. « J'approuve cette création, je félicite qui a travaillé sur le dossier mais j'ai deux regrets : que la vente de l'eau se fasse au seul profit des Associations syndicales agréees (ASA) d'irrigants et que la composition de ce syndicat ne soit pas totalement représentatif de l'ensemble des utilisateurs de l'eau. »

Et Jean-Yves Martin d'abonder en regrettant à son tour que ce « syndicat ne puisse être ouvert à d'autres structures publiques ».

Gourmandise en eau

En filigrane de ce débat, le soutien sans faille de plusieurs conseillers généraux de la majorité départementale au monde agricole irrigant - Michel Doublet, Robert Chatelier, Patrick Blanchard, etc. - et le soutien, beaucoup plus modéré, d'une autre partie du Conseil général - et notamment l'opposition - à ce même monde irrigant en raison de sa gourmandise en eau en période de sécheresse. D'où le slogan lancé il y a quelques mois par Jean-Yves Martin concernant les bassines « financement public, gestion publique » et d'où la création de ce Syndicat mixte chargé de l'appliquer.

Reste que même avec un organisme de contrôle, la question de l'utilisation de cette eau stockée reste entière. Si les bassines ont été réalisées avec l'argent de tous les contribuables, pourquoi les seuls agriculteurs auraient-ils le droit de s'y abreuver ?

« En Aunis, les ASA d'irrigants ont de nombreux projets de réserves. Ils attendent notre décision avec impatience », commentait, notamment, l'élu du canton de Marans, Patrick Blanchard.

Et le Royannais UMP Michel Servit de repartir en guerre contre le conseiller régional PRG et adepte d'une agriculture raisonnée Benoît Biteau qui, selon lui, serait « contre toutes les bassines ».

L'intérêt général

Remontrance de Dominique Bussereau : « On ne cite pas nommément un conseiller régional en session de Conseil général, monsieur Servit. Pas plus que j'aimerais que l'on cite un conseiller général à la Région. »

Trop tard, le mal était fait. Et Jean-Yves Martin de voler au secours - comme à chaque fois - de l'éleveur de Sablonceaux : « Monsieur Biteau n'a jamais dit qu'il était contre les réserves. Il a seulement dit qu'il était contre une certaine gestion des réserves. De plus, il applique la politique de la Région qui est d'exiger un certain nombre de préalables avant la création de ces réserves ». Le Syndicat mixte mettra-t-il fin à la guerre que se livrent, depuis des années, les irrigants et les défenseurs de « l'eau pour tous » ?

Le conseiller général a les cartes en mains puisqu'il possède cinq des huit sièges du Comité syndical (deux pour la Chambre d'agriculture, un pour les ASA). Mais les cinq élus (MM. Doublet, Chatelier, Blanchard, Martin et Feydeau) parviendront-ils à s'entendre au nom de l'intérêt général ?

« Les choses devraient évoluer dans l'avenir en termes de représentativité. J'espère, qu'à terme, nous pourrons vraiment associer le monde conchylicole », nota le président Dominique Bussereau. Il est vrai que la section conchylicole avait dû décliner l'invitation à participer au syndicat parce qu'elle n'a pas le statut d'organisme public.

Les conchyliculteurs participent, néanmoins, au comité consultatif fort de 34 membres. Mais il n'a qu'un pouvoir… consultatif.

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