vendredi 25 juin 2010

Avec Cousteau, le temps de la pêche aux dons !

Fabien Cousteau, petit-fils de notre célèbre commandant, vient de lancer une association dont les objectifs consistent ni plus ni moins à repeupler la mer et à restaurer les écosystèmes côtiers et marins. La première opération de « Plant a Fish » vise à semer un milliard d’huîtres dans les eaux de l'Hudson River à New York ! C’est ce que relate Terra Economica, un magazine dans la vogue écolo d’aujourd’hui : Fabien Cousteau, l’homme qui plante des poissons.

Les organisations environnementales condamnent les subventions à la (sur)pêche. Ces mêmes organisations non gouvernementales qui vivent principalement de dons et de donations, demandent aux gouvernants de ne plus financer les activités de pêche. En cette période de vache maigre libérale, les subventions se seraient de toute manière taries.

En effet, la libéralisation de l’économie sonnerait la mort des aides institutionnelles. Des subventions qui seraient dès lors remplacées par des aides privées. Face aux ONG, les organisations professionnelles sont-elles prêtes à passer d’un système de financements institutionnels à celui de l’appel aux dons auprès du public et surtout des sociétés ? Depuis quelques mois, la section régionale de la conchyliculture du Bassin d'Arcachon tente de financer une opération de repeuplement d'huîtres avec le soutien du public !

Terra Economica parle des actions de Cousteau à l’autre bout du monde…

Terra eco : On connaissait le mouvement « Plant a Tree » qui encourage les communautés à replanter des arbres. Vous venez de fonder l’association « Plant a Fish ». Comment vous est venue cette idée ?

Fabien Cousteau : « J’ai été inspiré par le succès de programmes développés au cours des dernières décennies qui encourageaient les gens à replanter des arbres. Il y a deux ans, à trois heures du matin, je lisais un énième article qui parlait d’un projet de reforestation et précisait qu’une entreprise venait de donner des millions de dollars pour financer ce projet et je me suis dit que planter des arbres c’était bien beau mais qu’il était temps de se souvenir également que les océans occupaient 73% de la surface de la planète. Depuis les années 1950, nous avons perdu 60% de tous les poissons et 90% des gros poissons comme les requins, les espadons et les thons. Et personne ne s’en soucie. D’où mon idée un peu folle de lancer un mouvement visant à “replanter” des poissons. Il s’agit d’un programme éducatif de restauration des océans et d’un mouvement grassroot (d’origine citoyenne, ndlr) car il est temps que nous remontions tous nos manches pour améliorer l’état des océans. »

Vous avez lancé officiellement l’association le 7 juin, la veille de la journée mondiale des océans, en plongeant dans les eaux de l’Hudson pour sensibiliser le public sur le fait qu’il était possible d’élever des huîtres à New York. Comment peut-on planter des huîtres dans des eaux sans doute polluées ?
.... Réponse et suite de l’interview dans Terra Eco

Une action de repeuplement problématique…. Dans la baie voisine de Chesapeake bay, les huîtres, malgré les efforts des Universités et des Etats, n’ont pas réussi à repeupler des eaux côtières parmi les plus polluées dans le monde comme probablement celles de l'Hudson River à New York.

Terra Eco parlera-t-il de l’opération huîtres mères du Bassin d’Arcachon ?

Depuis quelques mois, les ostréiculteurs arcachonnais mènent une action comparable à celle de Fabien Cousteau aux USA : « Opération 150 tonnes d’huîtres mères ». Opération financée en partie avec le concours du public..... Vente de cartes postales à l'image des ONG....

Autres articles :

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Janvier 2011

Faire renaître les fleuves de New York ... Grâce aux huîtres!

Restaurer les récifs d’huîtres pour redonner vie aux écosystèmes côtiers de New York. C’est en gros le show de Kate Orff. Cette architecte-paysagiste nous demande de penser «paysage», c’est-à-dire d’utiliser autrement les espaces verts urbains et les espaces bleus afin qu’ils deviennent des interfaces entre l'humanité et la nature.

Pour la traduction en français cliquer ci-dessus sur : view subtitles

Pour plus d’informations cliquer Ici

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Le 14 avril 2012

Des huitres pour sauver la biodiversité new-yorkaise (Zegreen)

Aux Etats-Unis, un documentaire sorti l’année dernière et récemment récompensé par plusieurs festivals revient sur le rôle des huitres joué à New York par le passé. Il promeut en outre la restauration de l’espèce pour le bien de la biodiversité.

Les New Yorkais d’hier mangeaient des huitres comme ils mangent aujourd’hui des hot-dogs, dont les stands fleurissent à chaque coin de rue. C’est en tout cas ce que raconte Emily Driscoll, auteur du documentaire Shellshocked : Saving oysters to save ourselves (Sauver les huitres pour nous sauver nous-mêmes). Avant d’ajouter : « [les huitres] étaient très enracinées dans la culture et la société, puis ont totalement disparu en quelques décennies. » Son film explore ainsi le passé de l’huitre dont le rôle fut important dans l’environnement et la culture de la Grosse Pomme au XIXe siècle. Le port de New York était même bordé de près de 260.000 hectares de parcs à huitres, rapporte le site Grist, qui nous fait découvrir ce documentaire. Mais le mollusque bivalve a vite été menacé par la pollution, et de nombreux parcs ont fermé. Depuis, elles ont presque été effacées de la mémoire collective de la ville, déplore nos confrères de Grist.

Pourtant, la disparition des huitres est un véritable problème pour la biodiversité. Tout comme le corail dans les mers tropicales, les récifs d’huitres représentent la base de certains écosystèmes marins dans les eaux tempérées. Offrant une protection à de nombreuses espèces, les huitres jouent en outre un rôle clé dans l’élimination des excès d’azote dans l’eau. Or, un excès d’azote dans le fleuve de l’Hudson aurait conduit à une quantité importante d’algues ainsi qu’à la disparition de poissons et d’autres animaux sauvages. D’après Shellschocked, leur réintroduction parait donc essentielle. Fondée en 2003, l’école du port de New York filmée par les caméras de la réalisatrice, participe ainsi à un programme de restauration de l’espèce. Actuellement, les étudiants s’occupent d’un élevage de 1,5 millions de larves d’huitres, de la même espèce que celle qui peuplait le port de New York et le reste du littoral atlantique il y a un siècle.

Une belle initiative qui permettra, non pas de relancer la mode de la dégustation d’huitres à New York (même totalement réintroduites, elles seront trop toxiques pour être mangées), mais bien de protéger tout un écosystème. A travers son film, Mme Driscoll espère en tout cas que ces efforts de restauration serviront d’exemple à d’autres communautés entourées d’une biodiversité fragile.

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