dimanche 25 octobre 2009

Européens, européennes, l’UE veut privatiser notre poisson !

Chacun peut s’installer librement sur un rocher et lancer sa ligne dans les flots. Chacun peut prendre son bateau et passer un bon moment à taquiner le bar. Chacun peut ramasser raisonnablement les coquillages sur l’estran à marée basse…Mais pour combien de temps ?

La privatisation des ressources halieutiques est plus que jamais d’actualité en Europe. La gestion des pêcheries par le système des Quotas Individuels Transférables a le vent en poupe dans le monde des affaires partout dans le monde. Bien que la direction générale chargée des affaires maritimes (DG Mare) ait lancé une discussion depuis la sortie du livre vert sur la réforme de la Politique Commune de la Pêche, il est maintenant clair que la commission européenne veut imposer la privatisation des ressources en poissons sous couvert d’une meilleure gestion des pêcheries.

Aux USA où le programme de privatisation des ressources halieutiques doit s’étendre à d’autres zones, en plus des côtes alaskiennes et atlantique nord-est, l’association de consommateurs « Food and Water Watch » vient de lancer une campagne pour informer les citoyens américains sur les conséquences de la gestion des pêcheries par le système des Quotas Individuels Transférables (QIT).

Soutenez la pêche artisanale. Exigez le poisson équitable !

La plupart des gens ont probablement entendu dire qu’il n'y a plus autant de poissons dans nos océans. Avec la forte demande en produits de la mer, notre gouvernement souhaite mettre en place des mesures pour préserver et gérer les poissons que nous avons équitablement. Malheureusement, le principal moyen qu’a choisi notre gouvernement, pour réglementer la pêche est un système appelé «parts de capture ». Le gouvernement fixe alors une quantité de poisson à capturer à un moment donné, puis il répartit cette quantité entre chaque pêcheur.

Le problème majeur des « parts de capture » est que, chaque année, les pêcheurs traditionnels sont poussés à la faillite, parce que le gouvernement ne favorise que les grandes entreprises en leur attribuant plus de poissons à capturer. Même si les activités de ces grandes sociétés ont tendance à :
- utiliser des techniques de pêche destructrices,
- embaucher moins de pêcheurs locaux, et
- fournir un produit de masse, souvent de plus faible de qualité pour les consommateurs.

Ces grandes sociétés s’accaparent nos poissons, car il semble plus facile de surveiller un petit nombre de grosses entreprises, plutôt qu’une multitude d’entreprises traditionnelles. Les pêcheurs artisans et leur équipage sont forcés d'abandonner leurs activités. Ce qui fait des ravages dans les communautés côtières, met en péril nos océans et augmente la part de produits de la mer industriels auprès des consommateurs.

La bonne nouvelle est que le système de gestion de la pêche n'est gravé dans la pierre. L'Agence gouvernementale qui réglemente la pêche, souhaite étendre ce programme à travers le pays - mais nous pouvons demander au Congrès d'intervenir et de l’arrêter. Nous pouvons gérer notre poisson d'une manière qui garantit un accès juste et équitable pour les pêcheurs traditionnels ; les consommateurs auront ainsi accès à des produits de la mer capturés d'une manière équitable et plus durable.

Pour ce faire, il faut que nos représentants et sénateurs qui siègent aux comités du Congrès en charge de la pêche demandent une audience de contrôle sur les actions prises cet automne. Ils vont le faire à condition que leurs propres électeurs les interrogent sur cette question. Alors s'il vous plaît soutenez nos pêcheurs artisans et exigez une production durable et équitable de nos produits de la mer en signant notre pétition : Food and Water Watch

Que font les associations de consommateurs françaises ?

Compte-rendu des Assises de la Pêche à Boulogne dans le quotidien "la Voix du Nord" : Les pêcheurs boulonnais figureront-ils un jour à Nausicaà aux côtés des poissons en voie de disparition ? ...

L'endroit était en tout cas tout trouvé pour accueillir les assises régionales de la filière pêche, vendredi après-midi. Les différents acteurs de la mer étaient invités à débattre de l'évolution des métiers en lien avec la ressource, dans l'optique de la réforme de la politique européenne commune, prévue pour 2012.

Une cinquantaine de pêcheurs, de scientifiques et d'élus avaient répondu à l'appel. Mais pas de représentant d'associations environnementales ou de consommateurs. Au grand dam de Pierre-Georges Dachicourt, président du comité national des pêches, plutôt adepte des joutes verbales. « Je suis déçu et perplexe, car je m'attendais à trouver en face de moi des gens de la société civile pour avoir un dialogue constructif, a-t-il déclaré. Là, on est entre gens qui ont l'habitude de débattre ensemble. » (Voix du Nord)

Information complémentaire :

Analyse très intéressante de « Food and Water Watch » : Fair Fish: Fair Access to Fish (Le poisson équitable de la pêche équitable). Page accueil : Fair Fish

Autre article :

Revue de presse :

Le 5 novembre 2009

USA : Manifestation des pêcheurs
Une manifestation des pêcheurs contre la politique fédérale, qui s'annonçait déjà avec une forte participation, a reçu le soutien d'Elinor Ostrom, le nouveau prix Nobel d'économie. Le mouvement entend protester notamment contre la privatisation des ressources ou des droits de pêche dans les pêcheries des grands fonds et de coquilles St Jacques. D'après les organisateurs, le système des droits de pêche, sortes de quotas individuels transférables qui peuvent être échangés ou loués sur un marché géré au niveau fédéral, est perçu comme imaginé par des organisations environnementales ou des Ongs toutes puissantes, notamment Environmental Defense Fund et Pew Environment Group. D'après The Gardian, "Le prix Nobel a été attribué à Ostrom afin de démontrer que la privatisation des ressources naturelles n'est pas la bonne réponse à la dégradation de l'environnement". Source : Richard Gaines, Gloucester Daily Times, Traduit de Samudra Alert News, 29 octobre 2009 / infos Collectif pêche et développement

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