mercredi 1 avril 2009

Du poisson en symbiose avec le riz donne la rizi-pisciculture

Dans la semaine du développement durable, il est important de consacrer un moment à des productions halieutiques qui ont prouvé leur pérennité et qui sont parmi les productions aquatiques les plus importantes dans le monde. La rizi-pisciculture fait partie des techniques aquacoles dont les revues scientifiques ne parlent jamais, mais qui ont une importance considérable sur la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres. Malgré la production importante de poissons dans les rizières asiatiques, rare sont les analyses aquacoles qui mentionnent cette technique séculaire associant poisson et riz. Peut-être est-elle trop rudimentaire pour faire l’objet d’un article scientifique !

NACA vient de publier un article sur la rizi-pisciculture au Bangladesh qui montre que cette technique millénaire est en voie de rationnalisation afin de permettre de surmonter des problèmes notamment liés à l’intensification agricole comme l’utilisation de pesticides qui ne font pas « bon ménage » avec les poissons.

Le Bangladesh est l'un des pays les plus pauvres et les plus densément peuplés au monde. Plus de 140 millions de personnes vivent sur un territoire de 144 000 km 2 où le riz et le poisson sont les aliments de base. Les Bengalis sont communément dénommés « Macche-Bhate Bangali » ou « Bengali fait de poisson et de riz. »

Le riz et le poisson font partie intégrante de l’existence des populations du Bangladesh depuis des temps immémoriaux. La culture du riz est le moyen de subsistance le plus important pour une grande majorité de ruraux très pauvres. La production annuelle de riz est estimée à 26,53 millions de tonnes, pour une production de poisson de 2,32 millions de tonnes. La demande de riz et de poisson est en augmentation constante, avec la croissance de la population de plus de trois millions de personnes chaque année. Toutefois, les terres disponibles pour le riz et l'élevage de poissons ne sont pas extensibles. La pisciculture dans les rizières offre une solution à ce problème, en contribuant à la production alimentaire et à la création de revenus.

Sur les quelques 10 millions d'hectares de rizières au Bangladesh, près de 3 millions sont irrigués pendant quatre à six mois de l'année. Ces champs de riz inondés peuvent jouer un rôle important dans l'augmentation de la production piscicole par l'intégration de l'aquaculture. Il y a plusieurs effets positifs de l'élevage de poissons sur les récoltes de riz. La production intégrée « riz-poisson » peut optimiser l'utilisation des ressources par le biais de la complémentarité entre l'utilisation des terres et des eaux ; elle améliore la diversification, l'intensification, la productivité et la durabilité. La rizi-pisciculture est également considérée comme une approche importante de lutte contre les ravageurs.

Actuellement, l'élevage de poissons dans les rizières reste plutôt marginal au Bangladesh alors que traditionnellement les poissons sauvages étaient produits dans les champs de riz. Mais, la révolution verte de l'agriculture est passée entretemps, et les techniques modernes sont devenues une contrainte pour le développement de la rizi-pisciculture, notamment avec l'introduction de variétés de riz à haut rendement et l’utilisation de pesticides pour lutter contre les ravageurs.

L’adoption de techniques importées des pays comme la Chine, les Philippines, la Thaïlande ou le Vietnam où la rizi-pisciculture est très populaire, a permis de surmonter le problème des ravageurs tout en utilisant moins de pesticides qui sont nocifs aux poissons.

Philippe FAVRELIERE

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Success Stories in Asian Aquaculture

Les "success stories" de l'aquaculture asiatique : Panga, Tilapia, Rizipisciculture, Crevetticulture à petite échelle...

Source : Naca

Published: 28/1/2010

Publisher: Springer et téléchargeable ici gratuitement

NACA is pleased to announce the release of a new flagship publication, Success Stories in Asian Aquaculture. The stories in this book reflect the unique nature of Asian aquaculture, providing first-time insight into how and why it has become so successful. Overall, the book demonstrates how the resiliency, adaptability, and innovation of small-scale aquaculture farmers have been crucial to this success. It also places aquaculture development in Asia into a wider global context, and describes its relationship to natural systems, social conditions, and economics. The book is unique in its in-depth presentation of primary research on Asian aquaculture, and in demonstrating how aquaculture can have a lasting positive impact on livelihoods, food security, and sustainable development.

Contents
  • Aquaculture Successes in Asia: Contributing to Sustained Development and Poverty Alleviation / Sena S. De Silva and F. Brian Davy
  • Recent Developments in Rice-fish Culture in China: A Holistic Approach for Livelihood Improvement in Rural Areas / Miao Weimin
  • Shrimp Farmers in India: Empowering Small-Scale Farmers through a Cluster-Based Approach / N.R. Umesh, A.B. Chandra Mohan, G. Ravibabu, P.A. Padiyar, M.J. Phillips, C.V. Mohan, and B. Vishnu Bhat
  • Backyard Hatcheries and Small Scale Shrimp and Prawn Farming in Thailand / Hassanai Kongkeo and F. Brian Davy
  • Cage Fish Culture: An Alternative Livelihood Option for Communities Displaced by Reservoir Impoundment in Kulekhani, Nepal / Tek B. Gurung, Raja M. Mulmi, K.C. Kalyan, G. Wagle, Gagan B. Pradhan, K. Upadhayaya, and Ash K. Rai
  • Enhancing Rural Farmer Income through Fish Production: Secondary Use of Water Resources in Sri Lanka and Elsewhere / Upali S. Amarasinghe and Thuy T.T. Nguyen
  • Striped Catfish Aquaculture in Vietnam: A Decade of Unprecedented Development / Nguyen Thanh Phuong and Dang Thi Hoang Oanh
  • The Genetic Improvement of Farmed Tilapias Project: Impact and Lessons Learned / Belen O. Acosta and Modadugu V. Gupta
  • The Role of Exotics in Chinese Inland Aquaculture / Jiashou Liu and Zhongjie Li
  • Synthesis and Lessons Learned / Sena S. De Silva, F. Brian Davy, and Michael J. Phillips

This book will appeal to a wide range of readers. The introduction and conclusion give an excellent general overview of Asian aquaculture, and the individual case studies provide a wealth of new information for specialist readers. Researchers, development workers, and decision-makers, in particular, will be interested in how the Asian experience might be used to strengthen aquaculture development more generally and in other parts of the developing tropics of Latin America and Africa.

Success stories in Asian Aquaculture is edited by by Sena S. De Silva, Director General of the Network of Aquaculture Centres in Asia-Pacific, and F. Brian Davy, Senior Fellow at the International Institute for Sustainable Development in Canada. You can order hard copies of the book online from the Springer website.

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Le 24 novembre 2009

Le ministre de l'Elevage et de la pêche, Mme Diallo Madeleine Bah, a effectué jeudi dernier une visite sur les parcelles de démonstration des pratiques de la rizipisciculture de l'Office du périmètre irrigué de Baguineda (OPIB).

Le but de cette descente sur le terrain était s'enquérir de l'évolution des 4 champs-tests aménagés pour la circonstance. Le projet de la rizipiciculture consiste à aménager le périmètre rizicole de sorte à associer l'élevage du poisson et la culture dans les parcelles de riz.
 
Mme Diallo Madeleine Bah a indiqué que son département, à travers ce projet, entend mettre l'accent le développement de la pisciculture sous toutes ses formes dans notre pays. On distingue ainsi trois composantes, à savoir : le développement de la pisciculture en étang dans le périurbain de Bamako, le développement de la rizipisciculture en zone Office du Périmètre Irrigué de Baguineda et l'aménagement des pêcheries de la retenue du Lac de Sélingué.

Selon elle, l'objectif du programme est de faire ce secteur un moyen de lutte contre la pauvreté des populations rurales en améliorant leurs conditions de vie, en développant la pisciculture dans le cadre de l'intégration de l'irrigation et de l'aquaculture à travers la modernisation des techniques et des méthodes. Ainsi, cette pratique devrait permettre une double production de riz et de poisson à partir de la même quantité d'eau par irrigation.
 
''Nous comptons donner à la rizipisciculture la place qu'elle mérite pour la croissance économique du pays''. Ousmane Coulibaly
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Le 11 novembre 2010


Les experts membres de l'ANSEA ou Association des nations du sud-est asiatique tels que l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, le Laos, le Cambodge, le Vietnam ont participé à un atelier qui s'est déroulé la semaine dernière à Antsirabe. Ils ont démontré par leurs différents systèmes techniques, la rentabilité de l'approche "Surjan system" qui consiste à amé-nager une partie de la rizière pour la culture du riz ou des cultures de contre-saison ou encore d'arbres fruitiers et une autre partie pour l'élevage de poissons. Un système qui paraît simple mais difficile à réaliser pour les paysans malgaches. Ces derniers tiennent à la riziculture traditionnelle et n'ont pas la volonté de transformer une partie de leur rizière en bassin pour élever des poissons. À mentionner que les revenus obtenus de l'élevage de poissons sont de quatre fois plus élevés par rapport au gain réalisé dans la riziculture. D'autres modes de culture qui pourraient être intéressants pour les paysans malgaches ont été également présentés aux participants. Clôturé le vendredi 29 octobre 2010 à Antsirabe, l'atelier national sur le riz et l'aquaculture à Madagascar a vu la participation des techniciens et cadres du ministère de l'Agriculture, de la Pêche et des Ressources halieutiques, des consultants de la FAO, des experts des pays de l'ANSEA . Le gouvernement japonais, à travers la JICA, a financé l'organisation de cet atelier.

Photographie de NACA : la carpe argentée est une espèce utilisée en rizi-pisciculture

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Le 5 octobre 2014

Mettre l’accent sur la "culture" dans l’agriculture

En plus d’accroître leurs revenus, les agriculteurs qui entretiennent les SIPAM peuvent utiliser cette reconnaissance accrue pour préserver leur mode de vie.

Vidéo SIPAM 2013 (Français)




Les Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondiale (SIPAM) de la FAO est une initiative mondiale qui a pour but d'identifier, revitaliser et promouvoir la reconnaissance des systèmes agricoles traditionnels uniques à travers le monde ainsi que leur biodiversité agricole et culturelle, leurs systèmes de connaissance, et leur contribution à la sécurité alimentaire, nutrition et moyens d'existence de petits agriculteurs et des communautés autochtones. La conservation dynamique des SIPAM est une stratégie innovatrice qui renforce les petites agricultures et les communautés locales tout en améliorant les avantages locaux et globaux de ces systèmes pour le bénéfice de l'humanité. Le programme SIPAM a l'intention d'inclure plus de systèmes et de sites afin d'aider davantage de communautés agricoles et augmenter l'utilisation des méthodes innovatrices pour adapter l'agriculture aux changements climatiques. Ceci créera des bénéfices économiques tout en conservant la biodiversité agricole.

Cette vidéo fournit une introduction au SIPAM et vous plonge dans voyage à travers les sites SIPAM partout le monde.

Points clés

Imaginez un panier rempli de céréales provenant d’un oasis saharien, de pommes de terres cultivées à 4 000 mètres d’altitude dans les Andes péruviennes ou dans un lointain archipel chilien et du riz cultivé en terrasses sur des collines escarpées en Chine ou dans les Philippines. Tous ces aliments sont produits grâce à des Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM), des systèmes alimentaires qui ont évolué au cours des millénaires dans des régions rudes et isolées – et dans des conditions climatiques extrêmes – grâce aux connaissances des populations autochtones. La FAO a identifié environ 200 de ces systèmes dans le monde, saluant leur utilité à travers les millénaires et apportant un soutien en vue de garantir la transmission de ces connaissances aux générations futures. Ces systèmes alimentaires spéciaux contribuent à la sécurité alimentaire locale, à la gestion des ressources naturelles et à la préservation de la diversité génétique. Mais malheureusement, leur survie est mise en péril par la modernisation. En leur octroyant le statut de SIPAM, la FAO accroît leur visibilité, renforce le respect qu’ils inspirent et contribue à leur survie.

Cela fait 12 000 ans que l’homme n’est plus un chasseur-cueilleur. Ayant compris qu’il pouvait conserver et planter des graines d’une saison à l’autre, il put rester au même endroit au lieu de constamment chercher sa nourriture. Il put se concentrer sur la construction de sa communauté,tout en développant des systèmes agricoles adaptés au climat local qui lui permirent de survivre, et même de prospérer, là où il s’établit.Chaque génération améliorant les techniques de la précédente, ces systèmes ingénieux portaient en eux la connaissance indigène des siècles.

Aujourd’hui, on trouve sur tous les continents des systèmes agricoles ingénieux, vestiges des siècles passés. Loin d’être prisonniers du passé, cependant, ces Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM) peuvent être utiles au monde agricole moderne. Les SIPAM sont similaires aux sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, mais ils en diffèrent dans la mesure où ces derniers sont des sites devant être préservés alors que les SIPAM sont des systèmes vivants qui continueront d’évoluer pour répondre aux besoins et aux exigences de ceux qui les entretiennent – les petits agriculteurs, les exploitants familiaux et les populations autochtones, qui comptent souvent parmi les plus pauvres des pauvres.

GIAHS Noto's Satoyama and Satoumi




Noto's peninsula is characterized by a mosaic of socio-ecological production managed systems referred to as satoyama, terrestrial-aquatic landscape ecosystems comprising secondary woodlands, plantations, grasslands, farmlands, pasture, irrigation ponds and canals, and satoumi, marine-coastal ecosystems comprising seashore, rocky shore, tidal flats and seaweed/eelgrass beds.

The communities of Noto are working together to sustainably maintain the satoyama and satoumi landscapes and the traditions that have sustained generations for centuries, aiming at building resilience to climate change impacts and to secure biodiversity on the peninsula for future generations.

Un héritage pour les générations futures

La FAO estime qu’environ 500 millions d’hectares de terres dans le monde sont consacrées à des systèmes du patrimoine agricole qui maintiennent leurs traditions uniques combinant des services sociaux, culturels, écologiques et économiques bénéficiant à l’humanité. Les agriculteurs philippins ont développé des réseaux d’irrigation à flanc de coteau qui leur permettent de faire passer l’eau d’un champ à l’autre. Dans les Andes, les cultivateurs de pomme de terre péruviens ont appris à creuser des tranchées autour de leurs champs, à les remplir d’eau, qui est chauffée par le soleil la journée et qui dégage ensuite de la vapeur, la nuit, protégeant les cultures du gel. En Algérie, en Égypte, en Iran, au Maroc et en Tunisie, les agriculteurs des oasis ont développé des systèmes d’irrigation sophistiqués et des jardins en plusieurs couches qui leur permettent d’exploiter l’ombrage des dattiers pour cultiver des fruits, des légumes et des céréales qui nourrissent les populations.

Ces systèmes traditionnels, que l’on retrouve tant dans les pays développés que dans les pays en développement, sont à la fois efficaces et ingénieux. S’ils ne l’étaient pas, ils n’auraient pas traversé les siècles et aidé autant de générations équipées seulement des outils les plus rudimentaires. Et pourtant, aujourd’hui, ils ne sont bien souvent pas reconnus à leur juste valeur. Comme de nombreux systèmes agricoles, ils se heurtent à un développement rapide, à la mondialisation, à l’urbanisation, aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique. Et à tout cela s’ajoute l’idée selon laquelle tradition et production agricole efficace moderne seraient inconciliables.

Depuis le lancement du partenariat, en 2004, la FAO a reconnu 19 sites SIPAM dans 14 pays. Les demandes d’obtention de ce statut, qui doivent émaner des pays, sont évaluées par un comité scientifique et approuvées par un comité directeur international établi par la FAO.

Les SIPAM permettent une conservation dynamique et offrent des moyens d’existence durables

L’octroi du statut de SIPAM va plus loin que la désignation de systèmes agricoles intéressants pour en faire de jolis souvenirs. Ce statut est également une célébration de l’héritage, et une source de fierté pour les populations locales, qui ont hérité les systèmes de leurs ancêtres et qui continuent de les entretenir.

En Chine, l’octroi du statut SIPAM au système d’association riz-poisson a permis aux agriculteurs de tirer un revenu plus élevé de la commercialisation de leurs produits et a favorisé le tourisme, le nombre de visiteurs étant passé de 2 000 en 2004 à 25 000 en 2010. Les autorités locales sont tellement fières de ce statut qu’elles ont érigé un monument en marbre représentant un poisson à l’entrée d’un village. En Algérie, les possibilités d’emploi créées par le projet ont conduit les jeunes agriculteurs à retourner vers les systèmes oasiens. Le travail et l’investissement des jeunes dans les oasis sont passés de deux à 23 pour cent.

China: Rice-fish culture, generating ecological, economic and social benefits




Ms Lizhen Wu, 52 yrs old, a farmer living in Quingtian county in Longxian village, Zhejiang province, China, talks about conservation of agricultural heritage and its impact in their livelihoods and ecosystem sustainability.

En plus d’accroître leurs revenus, les agriculteurs qui entretiennent les SIPAM peuvent utiliser cette reconnaissance accrue pour préserver leur mode de vie, leurs paysages, la biodiversité agricole et leurs systèmes de connaissances. La FAO apporte un soutien supplémentaire au niveau des pouvoirs publics en promouvant des politiques et des incitants qui appuient la conservation.

L’approche adoptée pour les SIPAM est qualifiée de «conservation dynamique»: les sites ne sont pas préservés comme des musées en l’honneur du passé, mais continuent d’évoluer et de changer, dans le cadre d’une vision globale d’«agri culture». Les communautés et institutions locales peuvent tirer parti des traditions ancestrales et du caractère unique des SIPAM en promouvant, en commercialisant et en valorisant leurs produits et services. Mais en parallèle, les personnes qui ont hérité ces systèmes peuvent continuer de les entretenir, de les améliorer et de les transmettre aux générations futures.

Source : FAO

Pour aller plus loin...

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