dimanche 29 mars 2009

Mayotte : Mieux connaître le 101e département français

Aujourd’hui les mahorais votent, l’archipel de Mayotte va devenir le 101e département français. Le résultat ne fait aucun doute. En se départementalisant, le territoire va bénéficier des avantages de tous les autres départements métropolitains et ultra-marins : allocations et autres aides sociales à la française dont toutes les populations du monde envient. Au moins l’île de la Réunion ne sera plus orpheline dans cette région de l’Océan Indien !

Mayotte fait partie de l’archipel des Comores dont la plus grande partie a accédé à l’indépendance en 1975. Depuis, l’actualité revient régulièrement sur ces territoires : coup d’état, mercenaires, boat-people…. Pourquoi la France est-elle tant accrochée à cet archipel que l’histoire récente à partager en deux parties et qui pose tant de problèmes ?

Seraient-ce ses potentialités halieutiques et celles de toute cette zone du canal du Mozambique et de Madagascar où la France possède un immense territoire maritime de près de 1 million de km2. La Zone Economique Exclusive (ZEE) française s’appuie en particulier sur des îlots et des rochers isolés regroupés sous le nom des îles Eparses qui dépendent administrativement des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Ces îles éparses ont le nom de Bassas da India, Europa, Juan da Nova, Glorieuses dans le canal de Mozambique et de Tromelin au nord de la Réunion.

Serait-ce sa position stratégique ? Voyons ce qu’en dit un spécialiste africain dans un article d’IRIN, l’agence humanitaire des Nations Unies.

La ZEE de la France s'étend sur près d'un million de km2 dans la zone Canal du Mozambique / Madagascar :
En rouge : ZEE de Mayotte
En vert : ZEE de la Réunion
En noir : ZEE des îles Eparses

Les potentialités halieutiques

Si Mayotte revêt incontestablement une dimension maritime, force est de constater que le potentiel de cette île n’est pas vraiment utilisé. En particulier, en ce qui concerne la filière pêche, celle-ci reste très largement une activité d’autoconsommation artisanale. Les estimations font ressortir que la production se situe annuellement entre 2000 et 2500 tonnes de poissons pélagiques et démersaux pour environ 3000 pêcheurs.

Trois types de pêche coexistent à Mayotte : la pêche à pied de poulpes et de coquillages, la pêche d’espèces de fond (mérous) et la pêche de pélagiques (thons, bonites) pratiquée par des pêcheurs-artisans et par la pêche industrielle. Pour trois types d’embarcations : les pirogues en bois (environ 1 000), essentiellement utilisées pour la pêche à l’intérieur du lagon dans le cadre d’une activité principalement vivrière avec une mise sur le marché de ces poissons insignifiante, les barques en polyester, dites « Yamaha » (environ 250) - Ces embarcations, équipées de glacières, s’en vont parfois pêcher fort loin de la côte autour des Dispositifs de concentration des poissons (DCP) placés au large - et les navires modernes, plus marins, au nombre de 18.

La pêche thonière océanique : Mayotte est localisé à l’entrée du canal du Mozambique, l’une des zones de pêche importantes de thonidés. Plusieurs pays y ont des ZEE : la Tanzanie, le Mozambique, Madagascar, les Seychelles, les Comores et la France avec Mayotte et les Îles Éparses.

Populations des thonidés dans l'Océan Indien Occidental : Albacore (rouge) et Skipjak (vert)

Source : OITC


Chaque année, lors de la campagne thonière, la ZEE de Mayotte est fréquentée aussi bien par des thoniers français essentiellement concarnois dont certains sont immatriculés à Mayotte, que par une trentaine de thoniers espagnols pêchant sous licence. Ces licences donnent lieu à perception de redevances versées à l’administration des TAAF. En contrepartie, les TAAF organisent le contrôle et l’observation de la pêcherie en recourant à un opérateur privé qui fait embarquer des observateurs à bord des thoniers. Cependant, il s’agit là d’une théorie parfois loin d’être respectée, la collaboration des armements espagnols pour l’embarquement des observateurs n’a pas été facile et on estime qu’en 2006 seulement 22 % des captures ont été effectuées en présence d’un observateur. Le comité scientifique de la Commission thonière de l’océan Indien établit chaque année des limites de captures admissibles, mais il n’existe pas de mesures de conservation contraignantes. Pour information, dans l’océan Indien, les captures de thonidés sont estimées à 1,4 million de tonnes.


La question de Mayotte d'après un article d'IRIN

Les Comores revêtaient une importance stratégique pour la France en raison de leur localisation, à l’entrée nord du Canal du Mozambique, à mi-chemin entre le Mozambique et Madagascar, et restent importantes aujourd’hui encore, selon Chris Ayangafac, chercheur principal à l’Institut d'études de sécurité, une cellule de réflexion africaine.

« La côte est de l’Afrique fait l’objet d’un intérêt de plus en plus marqué en partie parce que l’on cherche à contrer la présence croissante de l’Iran dans cette zone et aux Comores, et que la présence accrue de la France permet de la contrebalancer », a-t-il expliqué.

Pour M. Ayangafac, le référendum organisé par la France à Mayotte est un « rejet de diverses déclarations internationales », et sa « revendication sur Mayotte est un développement de la colonisation ».

L’accession de Mayotte au statut de département français, si les citoyens l’approuvaient à la majorité absolue, comme bon nombre s’y attendent, permettrait aux insulaires d’acquérir certains avantages, notamment de percevoir des pensions, des allocations chômage et un salaire mensuel minimum de 400 dollars.

Mayotte est restée sous autorité française depuis l’indépendance en 1975, et son souhait de devenir un département a été exprimé pour la première fois il y a plus de 50 ans, lorsque les députés mahorais ont présenté un projet de loi demandant que Mayotte se voie conférer le statut de département d’outre-mer, selon une déclaration du ministère français de l’Intérieur, adressée à IRIN.

Les Mahorais jouissent d’un niveau de vie 10 fois supérieur aux Comoriens, ainsi que d’un accès à l’éducation et aux services médicaux pour tous, selon le ministère. En avril 2008, le Conseil général de Mayotte aurait approuvé à l’unanimité la tenue du référendum.

Mayotte est un véritable pôle d’attraction pour les Comoriens en quête d’un emploi, et les femmes comoriennes entreprennent souvent le dangereux périple qui les mène sur l’île pour y accoucher – bien qu’il soit estimé que des centaines d’entre elles ont péri en chemin - et s’assurer que leurs enfants auront le droit d’acquérir la citoyenneté française et européenne.

« Cette mascarade de référendum [à Mayotte] est nulle et non avenue pour les Comores. Les Comores ont été acceptées au sein des Nations Unies en tant qu’archipel composé de quatre îles », a fait remarquer M. Said Bacar.

Pour M. Ayangafac, le référendum de Mayotte « est légal, mais pas légitime. Il n’est pas légitime car il bafoue [la résolution] 1514 [(XV), des Nations Unies] ». L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 1514 (XV) en 1960, alors qu’une vague de décolonisation commençait à déferler sur le monde.

La résolution stipule que « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ».

La France a fait fi des revendications des Comores en les mettant devant le fait accompli. « La possibilité d’une départementalisation de Mayotte doit être soumise à l’approbation des Mahorais, en vertu de la Constitution française... Il ne s’agit pas d’un référendum, mais d’une consultation populaire », selon les déclarations du ministère de l’Intérieur.

« La consultation populaire de mars 2009 n’est pas un nouveau vote permettant de déterminer si Mayotte devrait ou non appartenir à la France ; l’appartenance de Mayotte à la République française a été garantie dans la Constitution lorsque Mayotte a été incluse dans la liste des "collectivités d’outre-mer" françaises, en vertu de l’Acte constitutionnel du 28 mars 2003 ».

Le ministère a exprimé un certain étonnement face à l’indignation du gouvernement comorien au sujet du référendum de Mayotte : en septembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy et le président Sambi avaient en effet formé un groupe de travail de haut niveau chargé de « chercher un moyen consensuel, calme et constructif d’encadrer et de développer des relations centrées sur le développement entre Mayotte et l’Union des Comores ».

Ce partenariat, a expliqué le ministère, avait pour avantages, entre autres, de permettre le développement de la coopération économique et commerciale entre les îles, et notamment « le ravitaillement de Mayotte en produits frais aux Comores plutôt qu’en Europe », l’apport d’une aide éducative, et la signature de deux accords sur la santé.

« Etant donné que la revendication de souveraineté de Moroni [capitale des Comores] sur Mayotte est unanimement soutenue par la classe politique dans son ensemble, les autorités comoriennes ne peuvent pas y renoncer. Toutefois, la détermination des Mahorais à n’être pas comoriens étant tout aussi inflexible, toute décision en ce sens serait matériellement impossible, quel que soit le souhait du gouvernement français », selon le ministère.

La rupture récente, par les Comores, du statu quo accepté consistant à reporter la « question comorienne de Mayotte » à plus tard dans l’agenda de l’Union africaine, constitue, de l’avis du ministère, « un pas en arrière, difficile à comprendre ».

Pour plus d'informations :

Carte de l'archipel des Comores : Wikipedia

Carte de la ZEE d'après : Monde : Les zones Economiques Exclusives (ZEE)

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Martinique, Guadeloupe, Réunion et Mayotte, un potentiel aquacole à développer (MAAP)

Selon le dernier recensement de la pisciculture et des élevages de crustacés outremer, 53 entreprises agricoles implantées à la Guadeloupe, la Réunion, la Martinique et Mayotte commercialisent annuellement 350 tonnes de poissons et crustacés presque exclusivement destinés à leurs marchés locaux respectifs.

La Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et Mayotte bénéficient de conditions climatiques favorables à l’élevage de poissons de grande taille à croissance rapide comme le cobia et l’ombrine ocellée. La demande locale est forte. Avec une moyenne de 40 kg de poisson frais par habitant et par an, la consommation ultramarine, selon l’Ifremer, est presque deux fois plus importante que la consommation métropolitaine.

En 2008, quelque 2182 quintaux d’ombrines, ont été produits par 21 fermes aquacoles. Ce poisson marin carnivore, originaire du Golfe du Mexique, pèse entre 2 et 3 kg au bout de cinq à douze mois d’engraissage.

Quinze entreprises aquacoles se consacrent à l’élevage du tilapia, un poisson d’eau douce originaire d’Afrique et du Moyen-Orient. La production globale annuelle s’élevait à 625 quintaux en 2008.....

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Recensements 2008 de la salmoniculture et de la pisciculture marine et des élevages d’esturgeons

Recensements 2008 de la salmoniculture et de la pisciculture marine et des élevages d’esturgeons

Agreste les Dossiers n° 11 - avril 2011

Une analyse des résultats des recensements de la salmoniculture, de la pisciculture marine et des élevages d’esturgeons portant sur l’activité de l’année 2007.

Au sommaire de ce numéro :

Avant-propos

Les chiffres-clés

Salmonidés

  • La salmoniculture, un secteur en recul
  • Les marchés et la commercialisation des produits de la salmoniculture
  • La salmoniculture : gestion et protection des élevages, insertion dans l’environnement

Bars, daurades royales, turbots et maigres

  • Une activité d’alevinage en pointe
  • Une petite filière
  • Une activité et des exportations en hausse

Esturgeons et caviar

  • Une filière dynamique : l’esturgeon
Pour accéder au document, cliquer : Recensements 2008 de la salmoniculture et de la pisciculture marine et des élevages d’esturgeons (Agreste)

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Repères : les filières piscicoles en France (MAAP)

Le poisson fait partie intégrante de l’alimentation des Français. Mais les réserves dans l’océan diminuent. L’aquaculture est un bon moyen de remédier à ce phénomène. Le service de la statistique et de la prospective du ministère a recensé le poids des différentes filières d’élevages existantes.

Bar au citron , filet de turbot grillé, truite meunière … Les Français se nourrissent de plus en plus de poissons. En dix ans, la consommation de produits aquatiques a augmenté de 23 %. Mais le poisson se fait de plus en plus rares dans les océans. Pour continuer à en manger, l’aquaculture apparaît comme une solution. C’est une technique ancestrale et fortement développé en France depuis les années 70, qui permet la reproduction des poissons dans un milieu fermé. Pour mieux comprendre ces exploitations, un recensement de la salmoniculture, de la pisciculture marine et des élevages d’esturgeons a été réalisé par le service de la statistique et de la prospective (SSP) à la demande de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA). Et dont les résultats complets viennent d’être publiés sur le site http://agreste.agriculture.gouv.fr.

En 2008, il apparaît que 39 entreprises pratiquent la pisciculture( élevage de bars, daurades royales, esturgeons et poissons maigres) et 456, la salmoniculture (saumons et truites).

Du caviar dans vos assiettes…

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Une charte d’engagement pour le développement durable de l’aquaculture française (MAAP)

L’aquaculture tant marine que continentale est à la fois génératrice et sentinelle des perturbations des écosystèmes aquatiques. C’est aussi un secteur économique important créateur d’emplois dans de nombreux territoires ruraux. Une charte engage les pouvoirs publics et la filière aquacole pour favoriser le développement durable des filières piscicoles en France.

Le 11 février 2011, le ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement (MEDDTL), le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire (MAAPRAT), l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA), le Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture (CIPA) et la Fédération Française d’Aquaculture (FFA) ont signé ensemble une Charte d’engagement pour le développement durable de l’aquaculture française et immédiatement installé le Comité national de liaison institué par celle-ci.

Les objectifs de cette Charte sont notamment les suivants :

  • conforter les relations positives de travail entre tous les partenaires signataires et les étendre aux organisations non gouvernementales à vocation environnementale ou aux associations de protection des consommateurs ;
  • faciliter l’application des normes environnementales par les filières piscicoles (salmoniculture d’eau douce, pisciculture marine, pisciculture d’étangs) ;
  • veiller à une approche aussi uniforme que possible de celles-ci sur le territoire national.

Le succès de cette démarche exemplaire revêt une importance particulière : cette charte fournit un cadre pour favoriser le développement durable des filières piscicoles, soucieuses de préserver un milieu naturel dont elles sont directement dépendantes et contribuer au bon état écologique des cours d’eau ou des zones estuariennes et côtières…..

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Informations ajoutées le 2 avril 2009 d'après le journal "Témoignage":

Liberté, Egalité Fraternité dans l’océan Indien

Aux messages xénophobes que je lis tristement dans la presse, messages de tous types sur les Mahorais, les Comoriens..., répondons par l’espoir de voir tous les hommes un jour se comporter comme ils l’écrivent au fronton des édifices : liberté (de circulation..), égalité (face au droit à l’alimentation, à l’éducation, à la même espérance de vie, au respect de leur culture, de leurs choix...), fraternité (s’entraider, se porter mutuellement assistance..)

Les Portugais, puis les Polonais, puis les Roumains ont effrayé les Européens de l’Ouest. Et Schengen s’est fait. Demain se fera un Schengen de l’océan Indien. Les hommes circuleront libres sur tout ce magnifique océan, qu’ils soient noirs, blancs, métissés, au-delà d’appartenir à une "nation". On voit bien les limites de ces artifices administratifs, de ces barrières innaturelles créées par l’Homme.

Utopie que cette vision de liberté ? On disait la même chose de l’Europe il y a 30 ans, elle existe aujourd’hui. Il faudra probablement 30 ans pour passer de territoires éclatés à un espace de paix et de liberté partagée à nos côtés.

L’Homme a su construire la libre circulation des marchandises avant la libre circulation des hommes. Quant à la circulation des capitaux, elle n’est même pas contrôlée. Il faudra bien un jour que des hommes, des vrais "humains" emplis d’humanité, accèdent aux responsabilités et tracent la voie d’un avenir où le respect, l’équité, la fraternité prendront le pas sur les égoïsmes consuméristes.

La départementalisation de Mayotte ne règle rien si elle ne s’accompagne pas de la création de liens forts, d’une liberté de circulation et de programmes co-construits et équilibrés avec les Comores. L’histoire a emmêlé les fils, Mayotte est à la fois dans la France, dans les Comores et dans l’océan Indien, qu’on le veuille ou non. Regarder l’avenir, c’est imaginer de nouvelles règles, pas s’accrocher à un passé ou à un référendum à oeillères et en tirer des conclusions définitives, incomplètes et conflictuelles.
Thierry Denys

Information ajoutée le 22 avril 2009 :

Chantiers Piriou. À bord du thonier géant (Le Télégramme)

C'est le plus grand navire jamais construit par les Chantiers Piriou de Concarneau (29). Thonier-senneur de 90 m de long immatriculé à Mayotte, le Franche Terre sera livré en juin à la Sapmer. Il est le premier d'une série de trois commandée par l'armement de La Réunion. Les deux prochaines unités seront construites au Vietnam dans les chantiers SEAS, filiale du groupe concarnois.

Concarneau - Franche Terre. Dans les coulisses du chantier (Le Télégramme)
Entamés courant novembre, l'armement et l'aménagement du thonier-senneur Franche Terre doivent prendre fin dans le courant du mois de juin. Reportage à bord de ce géant des mers.
Vue du quai du Moros où il est amarré depuis sa mise à l'eau en février, son étrave fait plus penser à un immense yacht qu'à un navire de pêche. On est loin de la coque nue arrivée de Pologne un après-midi de novembre. Avec ses dimensions et ses imposantes superstructures, le Franche Terre s'affiche comme un véritable géant des mers. Réalisé par les Chantiers Piriou pour le compte de la Sapmer, ce thonier-senneur immatriculé à Mayotte, est le plus grand bateau jamais construit à Concarneau.

Information ajoutée le 3 juin 2009 :

Mayotte - Rapport des activités maritimes 2008 (Mayottehebdo)
30 M€ de CA et 2.500 emplois
La direction des affaires maritimes a présenté cette semaine pour la deuxième année de suite un rapport sur l'état des activités maritimes pour l'année 2008, gros travail de synthèse des données qui vise à évaluer le poids économique de chaque secteur et leur évolution. Pêche, aquaculture, transport, plaisance et actions de l'Etat en mer, chaque branche est passée en revue, de ce secteur qui représente 2.500 emplois directs et 30 millions d'Euros.
Pêche : Recenser la flotte, l'enjeu 2009
Le secteur de la pêche représente une part non négligeable de l'économie mahoraise. Il mobilise entre 1.000 et 2.000 personnes et génère un chiffre d'affaires global (pêche industrielle et artisanale) estimé à 10 M€ environ (4 M€ pour la pêche artisanale et 6 M€ pour la pêche industrielle) en ne comptant que l'amont de la filière (production) et sans compter l'aval (commercialisation, transformation). Toutefois, la flotte de pêche artisanale souffre pour l'heure d'un manque de données statistiques, manque que les affaires maritimes espèrent voir comblé par la mise en place prochaine d'un système d'informations halieutique (SIH) qui permettra un réel recensement et des données statistiques fiables du secteur. Suite....

Le 5 septembre 2009

Mayotte - Un succès en demi-teinte pour le Parc Naturel Marin (Malango)

Le 3ème Comité de Pilotage qui se réunissait jeudi à la case Rocher s’est déroulé dans une bonne entente apparente, entérinant la petite phrase du secrétaire général de la Préfecture Christophe Peyrel, qui avait annoncé lors de la précédente réunion : « Ce que les bretons ont mis 9 ans à construire, nous allons le faire en un an ! ».

Et pourtant, on ne peut pas dire que les pêcheurs étaient très chauds à l’idée de la mise en place du Parc Naturel Marin. L’un de leur représentant commente sa création : « la machine administrative est en marche, on ne peut pas laisser de chaise vide… ». Le train est donc pris.

« Faire de Mayotte un pôle d’excellence en connaissance de son patrimoine marin » tel est le but affiché par Geneviève Rousseau (Aires Marines Protégées) et Jean-Pierre Arnaud (Chef de mission PNM et directeur service Eaux et Forêts), en présence de Christophe Peyrel, et d’Olivier Pernez (Chef des Affaires Maritimes), et du Capitaine de Frégate Thierry Avice.

Le patrimoine marin exceptionnel du lagon de Mayotte, ses sources de pollution en augmentation rapide, ses diverse pratiques de pêche, l’aquaculture et le tourisme, des méthodes de pêche traditionnelles en pirogue, à pied, au djarifa, doublé d’une population jeune qu’il faut sensibiliser, autant d’enjeux et de défis que devra relever le PNM.

Les limites du Parc ont été fixées unanimement à la Zone Economique Exclusive, au-delà des 200 milles à partir de la barrière corallienne, portant la superficie à 69 468 km², et passant entre les bancs récifaux du Geyser et de La Zélée. Ce qui nécessitera une concertation avec le préfet des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) pour Le Geyser, entente qui a déjà porté ses fruits avec le reversement des produits des licences de pêche (environ 300 000 euros) des thoniers espagnol.

Le problème numéro 1 à régler par le PNM sera l’assainissement de l’eau du lagon, menacé par les activités terrestres et par le retard pris en matière de traitement des déchets. « Aura-t-on les moyens financiers de nos ambitions ?» se demande Pierre Baubet (Copemay). Sentiment renforcé par la maire de Chirongui, Roukia Lahadji : « La politique d’assainissement du territoire doit être l’émanation d’une volonté commune, Etat comme Collectivité ».

L’éventualité d’une aquaculture intensive abimant le lagon, inquiétude du maire de Bandrélé, Moussa Madi, est balayée d’un revers de main par Dominique Marot (Aquamay) qui ne parle que d’aquaculture raisonnée, en soulignant « qu’en période d’alizées, 90% des poissons mis sur le marché proviennent de l’aquaculture ».

La suite des opérations est la consultation des services de l’Etat, des élus et des organisations socioprofessionnelles. Puis, en octobre, la mise à disposition du public, et enfin, la transmission en décembre du dossier à l’Agence des Aires marines protégées et aux ministères.

Le 22 octobre 2009

Un drapeau pour les Eparses (Le Monde)
Il y a quelques mois, leur sort semblait scellé. Restriction budgétaire oblige, les îles Eparses, terres françaises perdues au large de Madagascar, dans l'océan Indien, risquaient de perdre leurs protecteurs en treillis, qu'ils soient légionnaires, sapeurs ou marsouins. D'ici à 2014, l'armée, c'est inscrit dans la loi de programmation militaire adoptée en 2008, doit faire l'économie de 54 000 emplois. Au ministère de la défense, il se murmure qu'on pourrait pousser jusqu'à 60 000. Alors continuer à envoyer des troupes pour stationner sur ces îlots couleur azur, où les seuls locataires au long cours sont des tortues vertes, des frégates ariel ou des pailles-en-queue... il y avait de quoi s'interroger.

Le 1 juin 2010

Comores et Union européenne : Renouvellement des Accords de Pêche (Témoignage)

Le 21 mai dernier, le vice-président Idi Nadhoim en charge de l’Agriculture et la Pêche a signé avec le Chef de l’Unité Maritime et de la Pêche de la Commission Européenne à Maurice le renouvellement des accord de pêche pour la période 2010 -2013.
Idi Nadhoim, vice-président des Comores en charge de l’Agriculture et la Pêche se dit satisfait de cet accord sur la pêche signé pour une période de 3 ans, de 2010 à 2013 en raison d’éventuel changement politique. Il permet à des Comoriens de travailler au sein des thoniers — cette disposition n’a pas été appliquée jusqu’ici. L’occasion pour eux de se former à un métier.
Signés pour la première fois en 1988, les Accords entre les Comores et l’Union européenne sur la pêche sont régulièrement renouvelés tous les cinq ans. Seulement, ceux qui viennent d’être signés sont uniquement valables pour trois ans 2010-2013 à la demande des autorités comoriennes pour se donner une marge de manœuvre dans la prise en compte d’éventuel changement des politiques.
Jusqu’ici, ce protocole permettait à une quarantaine de thoniers senneurs et une vingtaine de palangriers européens de pêcher sur les eaux territoriales des Comores près de 6.000 tonnes de poissons annuellement moyennant une redevance financière de 600.000 euros. Les 60% de cette somme proviennent du budget de la Commission Européenne et 40% des armateurs eux-mêmes.
Quant à la destination finale de cette enveloppe financière, une partie va dans le budget de l’État et une partie au développement de la filière pêche. Cependant, depuis des années, les organisations professionnelles de pêcheurs ne cessent de protester contre la façon dont est utilisée cette compensation financière. En effet, la pêche comorienne n’arrive toujours pas à se moderniser et reste toujours artisanale avec pour conséquences, beaucoup d’effort pour peu de rendement, des pertes en mer et surtout des prix élevés pour les consommateurs.
C’est ce qui a poussé un membre du patronat local à dénoncer cette politique chaotique qui consiste à brader les ressources halieutiques du pays sans se donner les moyens d’en tirer partie à terme : « nous n’arrivons même pas à faire appliquer un des clauses des Accords de 2005 qui prévoient que des Comoriens puissent embarquer dans ces bateaux européens pour travailler et apprendre le métier ».
Le vice-président Idi Nadhoim se dit satisfait de ce nouvel accord qu’il vient de signer avec le Chef de l’Unité Maritime et de la Pêche de la Commission Européenne à Maurice, car selon lui le tonnage de capture a baissé de 18% alors que la redevance a augmenté de 29%. Cela a été rendu possible par la diminution du nombre de bateau en raison de la piraterie, la hausse du prix des licences et des revenus annuels par types de bateaux.
Le nouveau protocole prévoit toujours une aide au secteur de la pêche et la possibilité offerte à des marins comoriens de pouvoir travailler à bord des thoniers. Il reste à voir la concrétisation.

Le 8 juin 2010

Maurice prend la présidence de la Commission de l’Océan Indien
Maurice prend la présidence de la Commission de l’Océan Indien. Ce, pour une période d’une année. Dans ce contexte, les états membres se rencontrent aujourd’hui lors de la 26ème session du conseil de la Commission de l’Océan Indien, à St Denis, à la Réunion.
Parmi les thèmes qui sont à l’ordre du jour: la lutte contre la piraterie maritime et le renforcement des échanges commerciaux inter-îles. La session d’aujourd’hui sera également l’occasion pour les membres de mettre en œuvre de la stratégie régionale pêche et aquaculture. Les 5 états membres de la COI essayeront aussi de trouver une solution à la crise malgache.

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Le 8 novembre 2010

La halle des pêcheurs enfin ouverte (mayottehebdo)

La halle des pêcheurs de M'tsapéré a été inaugurée vendredi 5 novembre. Les automobilistes qui traversaient M'tsapéré en empruntant la RN 2 pouvaient admirer la décoration faite pour embellir la cérémonie depuis le début de la voie qui donne accès au site. Les premiers concernés, les pêcheurs, étaient les premiers sur le site. Les plus nombreux étaient les personnes venues découvrir le nouvel établissement destiné à la commercialisation des produits de la pêche. La halle de pêche de M'tsapéré a été inaugurée en présence du président du conseil général Ahmed Attoumani Douchina, d'Abdourahamane Soilihi, le maire de Mamoudzou, du président de la coopérative COVIPEM, du conseiller général de Mamoudzou 2 Zaïdou Tavanday, celui de Mamoudzou 3, l'ancien conseiller de Maoumoudzou 2 Chihabouddine Ben Youssouf, ainsi que des représentants des services de l'Etat et du CG.

En ouverture de la cérémonie, le maire de Mamoudzou a rappelé que la réalisation de cet équipement moderne est le fruit d'un partenariat entre plusieurs acteurs : la commune de Mamoudzou, le conseil général, les pêcheurs de M'tsapéré, l'ancien service de pêche de la Daf, la Chambre de l'agriculture et de la pêche et les Affaires Maritimes. Tous ces services étaient représentés. Les travaux de construction de la halle de pêche ont démarré en avril 2008, entièrement financés par le CG à plus de 885.000 euros dont 107.000 euros consacrés à la création de la route d'accès. Son exploitation est confiée aux pêcheurs de M'tsapéré réunis autour d'une coopérative baptisée COVIPEM. Cette dernière a reçu en 2009 une subvention de 138.000 euros du CG, afin d'équiper la nouvelle structure, "afin de répondre aux normes d'hygiène et de sécurité mais aussi pour soutenir son démarrage de ses activités", rappelait le prédisent Douchina, qui a rassuré les professionnels de la pêche que l'appui du CG ne sera pas interrompu. Il a annoncé que lors de la prochaine commission permanente, l'assemblée départementale délibérera pour attribuer une enveloppe 640.000 euros à de nombreux projets liés aux filières pêche et aquaculture, à titre d'exemple que "la CDM participe à l'équipement des pêcheurs en finançant dans le cadre notamment du contrat de projet Etat- Mayotte, des embarcations de diverses tailles allant de la barque au palangrier."

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Le 7 novembre 2011 : Après plusieurs semaines d'émeutes les patrons s'impatientent

A Mayotte, les entreprises sont au bord de la faillite (La Croix)

Mercredi 2 novembre, de nouveaux barrages routiers ont perturbé l’activité de l’île alors que le médiateur, Denis Robin, était attendu sur place.

Le syndicat FO a quitté le mouvement contre la vie chère depuis l’accord signé le 17 octobre. Les autres ont poursuivi la grève. De gauche à droite sur la photo : Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT sur l’île, et Boinali Said, son équivalent à la CFDT, lors d’une réunion le 8 octobre.

Après six semaines de grève générale, l’économie est en difficulté et 2 300 emplois sont menacés.

A Mayotte, chômage et importations concourent à la « vie chère »

« Une catastrophe ! » Après six semaines de grève générale, les chefs d’entreprise de Mayotte sonnent l’alarme. Et cela, bien que l’espoir d’une issue soit de mise depuis mercredi 2 novembre, avec l’arrivée du nouveau médiateur, Denis Robin, préfet du territoire de 2008 à 2009.

L’île compte 35 000 salariés travaillant pour quelques centaines d’entreprises. Lors de la départementalisation au printemps dernier, l’activité économique était déjà qualifiée de « fragile » par les patrons, car ils devaient assurer les charges du nouveau statut (relèvement du salaire minimum et des prestations sociales). Mais elle n’en recelait pas moins à leurs yeux des promesses. Les secteurs du tourisme, de l’informatique, de la téléphonie, des énergies alternatives, de l’aquaculture, de l’agriculture et du bâtiment notamment étant appelés à se développer. Aujourd’hui, 2 300 emplois se trouveraient en péril, suspendus à des demandes de mise en chômage technique, qui viennent d’être déposées.

Les chefs d’entreprise ont même envisagé d’organiser, mardi 1er novembre dans les rues de Mamoudzou (chef-lieu), une marche silencieuse de protestation, mais se sont finalement ravisés pour une question à la fois d’opportunité et de sécurité. Certains redoutaient de « mettre de l’huile sur le feu », d’autres craignaient « des réactions agressives ».

« Nous sommes à genoux »

Alors, ils ont lancé le 2 novembre, au nom du Medef et de la CGPME, un « appel à la poursuite des négociations » et demandé au préfet, Thomas Degos, de prendre un arrêté de reconnaissance de la grève générale et des émeutes pour leur permettre d’obtenir des sociétés d’assurances une indemnisation pour perte d’activité durant cette période.

« Nous sommes à genoux », prévient Michel Taillefer, leader local du Medef. Présent sur l’île depuis plus de trois décennies, cet homme à la forte corpulence y a créé une entreprise importante de gardiennage et de surveillance. Bruno Garcia, gestionnaire du restaurant attenant à l’hôtel Caribou, au centre de Mamoudzou, a dû dire à sa dizaine de serveurs et à ses cinq cuisiniers de rester chez eux.

Les commerces ont été obligés de baisser les rideaux, sauf les week-ends, et ont vu leurs stocks fondre, l’activité portuaire étant paralysée. Pour la même raison, garages pour véhicules automobiles et magasins de téléphonie manquent de pièces détachées ou de produits et n’envisagent qu’une reprise progressive.

« Une prise d’otage intolérable »

À Mayotte, les patrons sont aussi bien métropolitains que mahorais. Ces derniers sont présents surtout dans le bâtiment. Parmi ceux originaires de métropole, il en est qui éprouvent un sentiment de peur, dû aux atteintes qui ont pu être portées, durant le conflit, par des bandes de jeunes à des personnes à la peau blanche et à leurs biens. Aussi certains chefs d’entreprise préfèrent témoigner sous le sceau de l’anonymat.

Ce n’est pas le cas de Christophe Pérez, créateur en 1995 de « Imprimah », la grosse imprimerie de l’île. Jeune quadragénaire, il assume. « J’emploie une quarantaine de personnes, précise-t-il. 90 % d’entre elles sont en congé forcé depuis deux semaines. J’ai pu les rémunérer pour octobre. Mais si l’activité de l’île ne repart pas dans les prochains jours, je devrais m’en séparer. » Et qu’on ne lui parle pas de chantage. « C’est Mayotte qui a fait l’objet d’une prise d’otage intolérable, argue-t-il, alors même qu’un accord a été obtenu. » Un relevé de conclusions a été signé par le patronat et FO portant sur la hausse du prix de plusieurs produits de première nécessité....

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Le 22 novembre 2011

Mayotte - La production locale, une réponse au conflit (Malango)

Avec 1500 km2 de lagon, Mayotte a un potentiel considérable en matière d’aquaculture qui est freinée par une absence de compétence. Mais de manière plus générale, la France n’est pas en pointe dans ce secteur de l’aquaculture tropicale : la preuve Mayotte avec ses 150 tonnes par an, est en tête… alors que Madagascar produit pendant ce temps 5500 tonnes.

Les jours se suivent et un thème revient comme un pansement sur l’économie de Mayotte : il faut développer la production endogène, locale. Nous avons donc rencontré THE spécialiste, Bertrand Coûteaux, notre commissaire au développement endogène dont on n’entend plus parler depuis 8 mois... Il se partage depuis son installation le 30 novembre 2010 entre La Réunion et Mayotte, mais son absence nous avait étonné lors du conflit, il s’en explique et relate ses premières avancées. Elles s’appuient en grande partie sur la région.

Bertrand Coûteaux est très attendu sur des dossiers moteurs pour l'économie

Malango actualité : Lors d’une conférence de presse en février vous aviez annoncé partager votre temps entre les deux îles, mais nous ne vous avons pas vu depuis. Pas plus pendant le conflit que nous avons traversé et qui concerne pourtant la capacité de production à Mayotte…

Bertrand Coûteaux : « Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit ». Je suis malgré tout passé une semaine par mois à Mayotte… sauf pendant la crise où j’ai proposé à plusieurs reprises de venir… sans obtenir de réponse… Je m’abstiendrai de tout commentaire.

Pouvez-vous nous parler alors des secteurs de développement local sur lesquels vous avez travaillé ? Vous nous aviez parlé d’aquaculture et de pêche…

Il n’y a pas beaucoup de bassin d’emploi potentiel en dehors du tourisme où il faut des infrastructures valables. Avec 1500 km2 de lagon, Mayotte a un potentiel considérable en matière d’aquaculture qui est freinée par une absence de compétence. Mais de manière plus générale, la France n’est pas en pointe dans ce secteur de l’aquaculture tropicale : la preuve Mayotte avec ses 150 tonnes par an, est en tête… alors que Madagascar produit pendant ce temps 5500 tonnes. Or l’aquaculture bénéficie à Mayotte de l’aide au transport de l’Odéadom (*) et de l’aide au fret du Conseil général (1euro par kg en 2010, ndlr) dont personne ne sait où elle a été utilisée... Mais les financements sont alloués au coup par coup, sans logique et loin d’un niveau de développement qui permettrait de créer de la richesse à Mayotte où la production mahoraise pourrait atteindre 10 000 tonnes. Un audit (**) est donc en cours initialement axé sur l’entreprise Mayotte aquaculture qui a été revendue dans l’année, et audit que le président du Conseil général Daniel Zaïdani veut étendre à la filière pour comprendre où est passé l’argent versé par la Collectivité. Les résultats seront connus à la fin de l’année. Les repreneurs de Mayotte aquaculture ont affiché de grandes ambitions, mais ne sont pas issus de ce milieu. Il faut donc, et c’est valable pour tous les domaines, arrêter de financer n’importe comment n’importe quoi, du type « on monte les projets, on se casse la figure et on le refinance derrière ! » et favoriser ce qu’on appelle l’ingénierie de projet : comment on sélectionne les sites, penser en amont les facteurs environnementaux, les problèmes pathologiques et les problèmes liés aux espèces. Cette étude de faisabilité indispensable permettra aux acteurs de s’y appuyer pour obtenir des soutiens financiers.

Enfin, le schéma de développement de l’aquaculture de Mayotte que j’ai proposé recoupe le Schéma directeur régional demandé par la direction de l’Outre-mer, nous ne sortirons donc qu’une seule étude que le Conseil général devra cofinancer dans le cadre du Contrat de projet Etat-région. Je vais d’ailleurs faire venir un expert étranger, plus pointu que les français.

Les tables de Mayotte aquaculture à Longoni... une toute petite surface

Quels autres secteurs de développement pour Mayotte ? La pêche ?

J’aurais souhaité aborder l’agriculture avant, mais Ok pour la pêche ! Le développement des palangriers (***) doit aller de pair avec la préservation de la ressource. Or il y a un domaine où personne n’a jamais travaillé : le calmar. Les palangriers en importent du Japon car c’est l’appât idéal pour les espadons ou autre. Nous allons monter une campagne expérimentale de pêche au calmar au large du lagon pour monter une exploitation à Mayotte. Car le milieu corallien est riche en biodiversité et pauvre en productivité. Il faut donc diversifier l’activité concentrée pour l’instant sur la pêche pélagique.

Je me penche aussi sur les conditions de travail des petits pêcheurs comme la halle de M’tsapere, mal montée… Le dernier né des palangriers de Cap'tain Allandor, arrivé il y a 15 jours sur le "Nala Delmas"

Donc l’agriculture…

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Le 23 février 2012

Après Mayotte, Les Glorieuses habitées d'oiseaux et de tortues...

La France avec ses terres lointaines tend de plus de plus à atteindre l'objectif des 10 ou 20% de réserves marines...

Les Glorieuses. Un nouveau parc marin voit le jour au coeur de l’océan Indien

Le parc naturel marin des Glorieuses est le quatrième parc marin français et deuxième de l’océan Indien. Avec le parc naturel marin de Mayotte, dont il est contigu, la France se dote d’une aire marine protégée de plus de 110.000 km2, la plus grande créée à ce jour.

Situé à l’entrée du canal du Mozambique, dans l’océan Indien, le parc naturel marin des Glorieuses s’étend sur plus de 43.000 km². Il sert de zone refuge à de nombreuses espèces menacées : tortues marines, mammifères marins, requins et raies, oiseaux marins.

Le futur conseil de gestion du parc naturel marin sera composé de 20 membres représentants de l’État, des organisations professionnelles, notamment de pêcheurs, d’associations de protection de l’environnement et d’experts. Il devra élaborer le plan de gestion du parc selon les quatre orientations de gestion présentées dans le décret :

  • Protéger le patrimoine naturel, particulièrement les tortues, les récifs coralliens et les mammifères marins, notamment par une surveillance maritime adaptée aux enjeux et par la sensibilisation des acteurs et des usagers ;
  • Faire des eaux des Glorieuses un espace d’excellence en matière de pêche durable ;
  • Faire de cet espace un lieu privilégié d’observation scientifique de la biodiversité marine du canal du Mozambique pouvant intégrer des observatoires pour contribuer à l’amélioration des connaissances ;
  • Encadrer les pratiques touristiques et accompagner le développement d’un éco-tourisme respectant le caractère préservé de cet espace.

Le parc naturel marin des Glorieuses est le premier des trois parcs marins prévus en 2012. Le parc marin des estuaires picards et de la mer d’opale et le parc marin des pertuis charentais et girondin devraient compléter d’ici le mois de mai un processus engagé suite au Grenelle de la Mer.

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Le 1 mars 2012

Mayotte. Pas d'avenir aquacole sur les bases actuelles !


Tant que l'aquaculture de transformation sera la fixation des porteurs de projets, pas de développement aquacole à Mayotte....

Il faut penser aquaculture de production.... (Algues, coquillages...)

Aquaculture : l’audit met en évidence les manquements des anciens actionnaires (Malango)

Un secteur qu’on nous disait prometteur… et qui le restait ! Il fallait y voir plus clair dans la filière aquacole et l’audit commandé vient de rendre ses résultats : beaucoup d’opacités pour un si petit marché… Alors qu’une annonce vient de paraître pour étudier les réels potentiels de l’aquaculture à Mayotte.

« Mayotte a le potentiel pour devenir le pôle de l’aquaculture tropicale française ». Bertrand Coûteaux, le commissaire au développement endogène de la zone Réunion-Mayotte l’a suffisamment répété. Et dans son édition du 10 février, l’hebdomadaire national « Le Marin » publie un encart qui retient l’attention : celui d’un appel pour la réalisation d’une étude de faisabilité d’un projet d’aquaculture industrielle à Mayotte.

« Le Conseil général avait demandé un audit de la filière aquacole artisanale, puisque mis en cause il y a deux ans par Mme Jeanine Charvoz, alors à la tête de Mayotte aquaculture et qui accusait également l’Etat de ne pas jouer son rôle » explique Bertrand Coûteaux qui avait demandé lui aussi un audit, en particulier sur la filière « ombrine ». Effectivement, la Collectivité finance la filière à hauteur d’un euro par kilo, et Mayotte en produisait 150 tonnes en 2010, soit 150.000 euros versés par la Collectivité en 2010. L’Etat de son côté participait notamment par l’aide au transport de l’Odeadom (Office agricole pour le développement durable de l’économie agricole des Outremers).

Et les résultats de l’audit sont tombés il y a un mois, « exonérant le Conseil général de toute responsabilité dans les déboires de Mayotte aquaculture » indique Bertrand Coûteaux. Par contre, l’audit met en évidence « un transfert de marges à l’extérieur » de la part de l’ancien actionnaire Charvoz, ce qui voudrait dire que des bénéfices n’ont pas été reversés à Mayotte mais sont repartis ailleurs… Famille Charvoz, par ailleurs actionnaire de Cannes aquaculture (chiffre d’affaire 5,6 M d’euros en 2010, site Société.com), et qui n’aurait « pas investi dans la filière mahoraise à hauteur de ce qui avait été promis » dixit le commissaire au développement endogène.

L'aquaculture, un des points forts de Mayotte

« Manque de compétence à tous les niveaux »

Autre point souligné par l’audit, le manque de formation des intervenants de la filière qui l’ont pourtant portée à bout de bras, « et sur ce sujet je voudrais dire mon admiration pour les trésors d’ingéniosité développés par Yann Perrot, le dirigeant, dans cette entreprise » tient à souligner Bertrand Coûteaux. De ce constat en découle un autre, « le manque de compétence des administrations dans le montage des projets avec des étapes mal appréhendées : à titre d’exemple, on peut parler d’aquaculture artisanale à partir de 60 tonnes, et non de 30 comme annoncée, et l’aquaculture industrielle est à un palier deux fois plus important qu’envisagé ».

Pour le Commissaire, le manque de transparence tient à l’insuffisance de formation des individus. S’il était parti du principe qu’ « on ne peut soutenir une filière en l’absence de transparence » pour demander un audit, les repreneurs de Mayotte aquaculture « doivent mettre en place une ingénierie de projet », c’est à dire penser le projet sous tous ses aspects avant de le mettre en place. C’est le but de l’annonce passée dans « Le Marin » « qui doit permettre d’accompagner les repreneurs, car on ne court pas le marathon avec une jambe de bois ». La date limite de réception des offres est fixée au vendredi 2 mars.

L’autre partie de l’aquaculture à Mayotte est localisée en amont chez Aquamay de Dominique Marot, qui élève et revend des alevins revendus notamment à Mayotte Aquaculture et qui devrait recruter de nouveaux salariés. Car les deux structures doivent booster le Schéma directeur de l’aquaculture, ainsi que le Pôle d’excellence marine d’Hajangua.

L’audit aura donc permis de révéler les réalités et de repositionner les responsabilités. Il faut maintenant réussir l’étude de faisabilité, « la plus importante à financer pour éviter de gaspiller des investissements sur des projets qui ne verront jamais le jour ». Une stratégie qu’il faudrait appliquer dans tous les domaines de l’économie mahoraise, où il faut « ancrer l’ingénierie de projet » comme aimait à le répéter un certain François Mengin-Lecreulx.

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Le 7 juin 2012

Qui est à la tête de Mayotte aquaculture ? (Malango)

L’aquaculture a été décrétée comme un futur secteur phare de l’économie mahoraise. Une étude de faisabilité d’un projet à grande échelle est d’ailleurs en cours sous l’impulsion de Bertrand Coûteaux, commissaire au développement endogène. Mais le successeur de la famille Charvoz, Jean-Claude Pastorelli est un homme au passé sulfureux.

Au bord du dépôt de bilan, l’entreprise Mayotte Aquaculture avait changé de main en 2011, la famille Charvoz ayant revendu à deux associés Messieurs Marié et Martellucci. Un audit demandé par le Conseil général de Mayotte avait mis en valeur « un transfert de marges à l’extérieur » de l’ancien propriétaire, dédouanant plus loin la Collectivité départementale de toute responsabilité dans le naufrage aquacole, Collectivité qui finance la filière à hauteur de 1 euro par kilo. L’Etat de son côté versait une aide au transport.

Les deux repreneurs ont cédé leurs parts à une société Océani Nostri, basée à Londres, dont le directeur est Jean-Claude Pastorelli. C’est une figure des années 90 à Nice, proche de l’ancien maire de Nice Jacques Médecin qui avait notamment été reconnu coupable de détournements de fonds. Conseiller général de Nice, Jean-Claude Pastorelli lui-même avait eu des problèmes avec la justice, en tant que gestionnaire de CACEL (Centre d’animation de culture et de loisirs) mise en place par Jacques Médecin pour remplacer les MJC (Maisons des jeunes et de la culture), considérées comme des « foyers de subversion » ainsi que le signale le Conseil municipal de Nice du 10 novembre 2006. Or ce CACEL qui totalisait plus de 20.000 adhérents, accusait en 1995 un passif de 200 millions de francs, dont 1,3 millions de francs de cotisations dues aux organismes sociaux, et pourtant avancées par la ville de Nice.

La ville met la main à la poche et demande en retour à Jean-Claude Pastorelli de participer eu égard à sa mauvaise gestion et le 24 octobre 2006, le tribunal de grande Instance reconnaît fondé le recours de la ville de Nice et M. Pastorelli est condamné à payer 5,5 millions d’euros, plus les intérêts.

Ville qui était malgré tout récemment sollicitée par Jean-Claude Pastorelli qui demandait réparation de son préjudice à hauteur de 6,6 millions d’euros, « considérant qu’il n’a pas à supporter l’insuffisance d’actif du CACEL » ainsi que le mentionne le registre des délibérations du Conseil municipal de Nice du 28 janvier 2011. La ville avait d’ailleurs provisionné 4,5 millions d’euros au compte administratif de 2010.

Il a même été incarcéré en septembre 1995 à la maison d’arrêt de Nice pour abus de confiance pour avoir accordé d’importantes gratifications à certains salariés.

Inquiets devant tant de nébulosité, doublée d’un actionnariat d’Océani Nostri peu clair, nous nous sommes tournés vers les acteurs mahorais de Mayotte Aquaculture. De toute évidence, l’entreprise a été reprise en main avec son actif et son passif et elle vivote actuellement mieux que dans le passé où elle était en passe de couler. Le dossier de finalisation est en cours de montage mais quelles sont les garanties pour qu’un nouveau fiasco ne vienne endeuiller l’aquaculture mahoraise ?

« Mayotte aquaculture telle qu’elle était ne pouvait pas survivre » indique Bertrand Coûteaux, qui rajoute qu’au moins une dizaine de millions d’euros sera nécessaire à un projet ambitieux pour l’aquaculture. Si des subventions sont demandées, elles ne pourront atteindre des sommets, et les financements bancaires ne s’octroient pas facilement en cette période de frilosité mondiale. « La vérité sortira donc des montants des fonds propres et des garanties allouées. Il faut savoir que tout investisseur cherchera des retours sur investissements corrects, mais ils devront être accompagnés par un réinvestissement dans l’entreprise ».

L’étude faisabilité en cours sera remise au Conseil général et à la Préfecture.

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Le 21 décembre 2012

Protection de la zone de pêche à Mayotte

Source : linfo.re

Une délégation mahoraise s’est rendue à Bruxelles la semaine dernière pour défendre sa position avant le vote de la réforme de la politique commune des pêches sur l’échelle européen.

Mayotte, qui est actuellement en passe d’accéder au statut de RUP, a son droit de parole auprès des instances européennes. Et pour cause, une forte délégation composée du président de la Chambre d’ Agriculture de la Pêche et de l’Aquaculture de Mayotte Dani Salim et de son directeur Jacques Domalin, du président du Parc Naturel Marin Maoulida Soula et de Pierre Bobet, un membre du Conseil Général, s’est rendue au siège de l’Union Européenne à Bruxelles la semaine dernière pour participer au Comité des RUP (régions ultra périphériques).

Les représentants des pêcheurs mahorais ont saisi l’occasion pour défendre leur position avant l’adoption de la réforme de la politique commune des pêches au niveau européen.

Les discussions ont porté essentiellement sur trois sujets d’une importance capitale pour Mayotte, à savoir, la protection de la zone exclusive de 100 nautiques, la modernisation de la flottille de pêche mahoraise et le rôle du parc naturel Marin et des aires marines protégées.

Comme à Madère, aux Açores et Canaries, la mise en place de la zone exclusive de 100 Nautiques a été étendue à Mayotte, il s’agit d’une grande victoire pour les pêcheurs mahorais. Cependant, seuls les navires immatriculés sur le 101e département seront autorisés à y pêcher.

En ce qui concerne la modernisation de la flotte, de nouvelles mesures sont prévues, et pour les aires marines protégées, des plans pluriannuels seront établis pour faire face aux enjeux liés à l’écosystème. Enfin, un changement est prévu concernant la compatibilité auprès du réseau Natura 2000. Pour rappel, la rupéisation de Mayotte devrait être effective à partir du 1er janvier 2014.

Sources : Mayotte.orange.fr, Agence de presse de l’Océan indien

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Le 8 mars 2013

Mayotte, pôle Européen de l'aquaculture

Source : Outremerlemag

Au Moyen-âge, l’Eglise catholique invitait ses fidèles à faire abstinence. Abstinence de viande, au profit de protéines provenant des œufs et surtout du poisson. C’était le début de la ruée vers Terre Neuve et Saint Pierre et Miquelon. C’était l’origine du succès de la morue, poisson des mers froides, consommée au Sud de l’Europe, puis diffusée autour du monde par « ce peuple de navigateurs catholiques que sont les portugais », comme l’écrit Jean-Robert Pitte dans Le Monde des Religions.

Des siècles plus tard, malgré la baisse de la « ressource », sur les côtes canadiennes, et du côté de Saint Pierre et Miquelon, nous les antillais, les brésiliens, les réunionnais, nous avons conservé cet amour de la morue. A tel point que nous avons intégré « acras », « féroces », « chiquetailles », ou « rougails » de morue dans notre patrimoine gastronomique.

Mayotte, 101eme département français, à majorité musulmane, veut faire bientôt de son lagon, un vivier de poissons ayant le label Halal.

« Le lagon aux sirènes » de Mayotte va ainsi pouvoir commercialiser de manière industrielle certains poissons : ombrines, cobia, mahi-mahi... Le but est de s’attaquer non seulement aux marchés des pays du Golfe, mais aussi aux marchés européens, américains et sud africains.

Mais attention! Il ne faut pas reproduire les mêmes erreurs qu’avec la morue de Saint Pierre et Miquelon, en se livrant à une pêche intensive. Ce projet d’aquaculture aux ambitions pharaoniques, associe qualité alimentaire, croissance économique et dimension sociale sans abimer l’écosystème naturel.

C’est vrai qu’au cours des dernières années, il a fallu batailler ferme pour redonner vie à ce lagon qui était menacé d’extinction avec les coulées de latérite, dues à l’émergence d’un habitat mal maîtrisé.

Mayotte a surgi des tréfonds de l'Océan Indien il y a plus de 9 millions d’années. Ile ancienne par comparaison à la toute jeune île de la Réunion qui n’a que 4 millions d’années. Le lagon de cette île volcanique a une superficie de 1 557 km2. Cet écosystème fragile a des atouts incommensurables. Climat tropical maritime, échanges continuels d’eau du fait d’une amplitude de marées importante, font de ce lagon un des « hot spot » de la biodiversité marine Indo-pacifique. Il abrite des centaines d’espèces animales. C’est une véritable richesse d’une densité exceptionnelle qui se cache dans cette masse d’eau. Pour Bernard Thomassin, directeur de recherche honoraire du CNRS au centre d’océanologie de Marseille (Université de la Méditerranée), près de 35% des espèces de cétacés existant sur la planète se retrouvent dans ce lagon, qu’il s’agisse de baleines, de dauphins, ou encore de dugongs. Chaque année, la saison sèche voit revenir les baleines Mégaptères qui viennent mettre bas avant leur migration vers le grand Sud.

Comment réaliser une aquaculture de type industriel dans les eaux claires entourant l’île de Mayotte ?

Tout un pôle de recherche nécessaire à ce développement industriel a été mis au point en lien avec les autorités locales. Les mahorais sont associés à ce projet et même une université de l’aquaculture est en train de voir le jour sur l’île. Pour l’un des responsables de ce projet, il s’agit de faire de Mayotte, rien moins que le pôle européen de l’aquaculture. Une aquaculture que Jean-Jacques Robin, gérant de Mayotte aquaculture, présente comme une aquaculture durable, responsable, et créatrice d’emplois. Jean-Jacques Robin voudrait également produire sous le label Bio en s’appuyant sur un écosystème vivant et permanent.


Ce label Bio, permettrait d’aller plus loin que les prescriptions édictées par la règlementation en vigueur ailleurs. Un exemple : la densité dans les cages. Elle ne devrait pas dépasser les 10kg par mètre cube, alors que les règles Bio acceptent jusqu'à 15kg par mètre cube. Juste pour avoir un point de repère, l’aquaculture traditionnelle propose un ratio de 25kg par mètre cube et l’aquaculture asiatique monte jusqu'à 60kg. Cette ferme aquacole serait entourée de filaire d’huîtres dont le principal avantage est de filtrer l’eau, de la recycler en améliorant cet écosystème totalement naturel. Le Conseil Général de Mayotte pourrait accompagner ce projet pour promouvoir un nouveau label « poisson du lagon de Mayotte ».

Toujours selon Jean Jacques Robin, la production d’ombrine (un poisson à la texture particulièrement ferme) atteignait déjà en 2010 les 120 tonnes, devrait, grâce à des technologies modernes, passer à 600 tonnes fin 2013, puis 1 000 tonnes et ensuite monter à 2 500 tonnes par an pour atteindre les 5 000 tonnes.

Plusieurs axes de vente sont prévus : les marchés nationaux, Rungis entre autres, les marchés Européens, notamment les Italiens et les Allemands. On pense aussi à la vente ciblée à des chaînes de restauration, spécialement les magasins de Sushi. La grande distribution ne serait pas oubliée, pour l’exploitation de produits transformés : filets, carpaccios, tartares. Toutes ces activités générant des emplois qualifiés.

Jean Jacques Robin conclut : « le poisson d’élevage est l’avenir des marchés mondiaux, c’est une chance unique pour l’économie Mahoraise ».

Rêve ou réalité? Ce projet fait l’objet d’études sérieuses. Il a été présenté à Bertrand Couteaux, commissaire à l’industrialisation de la zone Mayotte – la Réunion. On attend son feu vert sur la faisabilité du projet. Il servirait de modèle à toute l’industrie aquacole de l’Outre-mer.

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Le 9 Janvier 2014

Mayotte : Des pêcheurs abandonnés au milieu de l'océan par l'armée


 Les Glorieuses : Vue sur l'ilot situé au Sud-Ouest du lagon

Ce lundi 6 janvier 2014, France Mayotte Matin rapporte que cinq embarcations de pêcheurs ont été prises en flagrant délit par un navire de l'armée française en train de pêcher sur une zone que leur est interdite : le site des Glorieuses. L'histoire qui s'est passée il y quelques jours aurait pu s'arrêter là sans faire de bruit. A la nuance près que les militaires ont abandonné les auteurs du délit en plein océan, à 250 kilomètres des côtes mahoraises, avec seulement 60 litres d'essence, et ce, sans aucune forme de procès.

Source : IPR

"C'est une nouvelle histoire abracadabrantesque dont Mayotte semble être la seule à connaître le secret", commente France Mayotte Matin au début de son article. Il y a quelques jours, cinq embarcations de pêcheurs ont bravé les interdictions pour pêcher sur les Glorieuses, zone exclusive économique qui est aussi un site protégé. Malheureusement pour les pêcheurs, ils croisent sur place le Siroco, un navire militaire. 

Face aux gendarmes de la marine, trois barques réussissent à prendre la poudre d'escampette. Les deux autres échoueront dans leur tentative de fruité. "En temps normal, les pêcheurs auraient dû être acheminés à bord avec butins et matériels pour être ramenés à terre afin d'être jugés, risquant ainsi la confiscation des barques et de tous leurs outils de travail avec peine de prison ou d'amende à la clef", précise France Mayotte Matin.

Mais il en a été tout autrement. Tout d'abord, les marins de l'armée française n'avaient pas de mandat pour ce type d'opération : le TCD Siroco est un navire transporteur de chalands de débarquement qui a comme mission de lutter contre les pirates somaliens. Malgré l'absence de mandat d'intervention, "c'est la manière dont ont été traités les pêcheurs qui pose problème aujourd'hui", relève Samuel Boscher, le rédacteur en chef du journal.

Dans un premier temps, le matériel et le butin des navigateurs pris sur le fait ont été détruits, sans aucun de procès. Les choses se compliquent lorsque leurs réserves d'essence sont vidées et leurs embarcations abandonnées à 250 kilomètres des côtes avec seulement 60 litres de carburant, de quoi regagner Mayotte et son lagon d'après les gendarmes. Une estimation erronée, puis que les pêcheurs se retrouvent en panne sèche au large de l'île. "Ils ont ainsi dérivé pendant trois jours avant d'avoir la chance de tomber sur d'autres pêcheurs qui leur son venus en aide", indique France Mayotte.

Cette histoire a évidemment fait du bruit à Mayotte. Régis Masseaux, le président de l'association des pêcheurs professionnels majorais a été saisi, et a écrit au procureur de la république, "pour dénoncer les faits d'une gravité extrême relevant d'une marine d'un autre temps." Le journaliste de FMM rapporte que "l'affaire embarrasse au plus haut niveau, d'autant que le Sirocco était à Mayotte en fin de semaine dernière et qu'il a repris la mer samedi matin vers 9 heures. Il aurait donc pu prendre en charge les pêcheurs pour les ramener à terre en mettant en remorque les embarcations." "Le dossier est à suivre car il n'a pas fini de faire du bruit", conclue France Mayotte Matin.

Remarque personnelle :

Deux poids, deux mesures !

Les pêcheurs mahorais continuent leurs activités dans le Parc Naturel Marin de Mayotte. Mais, ils sont interdits de pêche aux Glorieuses, depuis la création du Parc Naturel Marin des Glorieuses en 2012.

Le Parc naturel marin de Mayotte a été créé par décret le 18 janvier 2010. C’est le premier parc naturel marin créé en outre-mer. Situé dans le canal du Mozambique, un des hauts lieux de la biodiversité mondiale, le Parc naturel marin de Mayotte couvre l’ensemble de la zone économique exclusive (68 381 km²). Sur une île où les ressources de la mer constituent la principale source de protéine et la pêche, le second secteur d’activité, concilier protection du milieu marin et développement durable des activités constitue un des défis à relever par le Parc.

Le Parc naturel marin des Glorieuses, quatrième parc marin français et deuxième de l’océan Indien,  a été créé par décret le 22 février 2012. Situé à l’entrée du canal du Mozambique, un des hauts lieux de la biodiversité mondiale, le Parc s’étend jusqu’à la limite de la zone économique exclusive. Il sert de zone refuge à de nombreuses espèces menacées : tortues marines, mammifères marins, requins et raies, oiseaux marins. Il couvre plus de  43 000 km². Avec le Parc naturel marin de Mayotte, dont il est contigu, la France se dote d’une aire marine protégée de plus de 110 000 km2, la plus grande créée en France, à ce jour.

Pour plus d'informations :

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