mardi 30 juin 2015

Concarneau : pas de réinsertion sociale possible dans les activités maritimes ?



Mois de Juin 2015

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Suite de la revue de presse : Mois de Juillet 2015

Concarneau : pas de réinsertion sociale possible dans les activités maritimes ?


L’association Mor Glaz qui lutte pour la défense de la mer et des marins, dénonce les aberrations d’un système administratif  qui remettrait en cause la ré-insertion d’un jeune marin en patron de pêche.

Concarneau: pas de réinsertion sociale possible dans les activités maritimes ?

Un zèle administratif de la part des Affaires Maritimes de Concarneau qui pourrait remettre en cause la vie familiale, sociale et  professionnelle d’un marin pêcheur qui a décidé de tourner la page.

Le jeune patron pêcheur Cédric LUCAS du quartier de Concarneau vit depuis quelques jours une situation ubuesque, provoquée une fois encore par un excès de zèle administratif, par une application rigoureuse d’une loi qui contredit le discours politique sur la réinsertion. Tout mettre en œuvre pour réinsérer ceux qui auraient pu fauter ou dériver durant quelques temps, oui mais les millefeuilles administratifs se contredisent, et interdisent  toute insertion et progression sociale dans les activités maritimes.

Une loi qui empêchera à certains  jeunes de devenir des marins, puis des capitaines. Une loi sanction signée par Madame Christiane  Taubira, Ségolène Royal  et du Premier Ministre, ubuesque, dans un pays qui prône la réinsertion, dans un pays qui manque et cherche des marins pêcheurs.

L’association MOR GLAZ s’insurge une fois encore contre la décision des Affaires Maritimes de Concarneau et condamne cette décision qui empêche un jeune marin pêcheur (même si celui-ci a pu commettre par le passé des erreurs l’amenant devant les tribunaux) de pouvoir exercer un métier qu’il aime et nécessaire pour reprendre un nouveau cap, nécessaire aussi pour faire vivre sa famille.

Cédric LUCAS, 28 ans, jeune matelot pêcheur depuis six ans a envi de refaire sa vie, de tourner la page de la délinquance, d’oublier son passé en choisissant ce métier difficile et dangereux. Cédric Lucas  qui a commis une erreur de jeunesse il y a 7 ans, condamné, il a payé et s’est racheté une conduite depuis, sérieux, sobre, serviable et travailleur, de l’avis de tous. Ce jeune marin pêcheur devenu Capitaine aurait du faire la une des médias pour démontrer que la réinsertion est possible, devenir Capitaine 200 n’est pas donné à tous, il faut travailler et il n’a pas fait le choix le plus facile, la pêche.

D’après nos renseignements, Cédric Lucas est dynamique et volontaire, après six mois de formation au Centre de Formation Européen de Formation Continue Maritime de Concarneau, il est reçu avec succès le 18 juin 2015 au brevet de capitaine 200. Cette formation l’autorisait et lui permettait de devenir patron de pêche salarié sauf que l’administration des affaires maritimes en a décidé autrement au vu d’un nouveau décret récent du 2 juin 2015  « lui interdisant de sortir pêcher en mer en tant que patron pêcheur » parce qu’il a été condamné. Si les lois étaient aussi sévèrement appliquées envers les armateurs voyous, que la vie serait douce pour les marins du monde.

Un mauvais départ dans la vie doit-il vous pénaliser à jamais, pour l’association MOR GLAZ, Cédric LUCAS doit retrouver sa dignité et le droit de commander. Les autorités maritimes sont parfois bien moins regardantes pour délivrer des dérogations à tout va qui autorisent l’appareillage de navires douteux « socialement et techniquement » dangereux pour les marins et l’environnement,  trop souvent en sous effectif sur tout type de navire et de navigation.

L’association MOR GLAZ demande à ceux qui ont pris cette mauvaise décision contre Cédric Lucas de rectifier le cap afin qu’il puisse prendre rapidement la mer, cette décision serait saluée par plusieurs, y compris par l’association MOR GLAZ qui défend la mer, les marins et les activités maritimes. Source : 7seizh

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La dramatique situation du jeune patron pêcheur Cédric Lucas interdit de pêche !

Cédric Lucas entouré de quelques membres de l'ABBR, devant les Affaires Maritimes de Concarneau. 

Porte-parole:Fañch Dupuis

Lettre ouverte de l'ABBR à Ségolène Royal, Ministre du développement durable et Alain Vidalies, Secrétaire d'Etat des Transports, de la Mer et de la Pêche.

Madame Ségolène Royal,
Monsieur Alain Vidalies,

Permettez nous de vous informer d'une situation dramatique vécue par le jeune patron pêcheur Cédric Lucas, en espérant que vous accepterez de débloquer cette affaire regrettable.

Lors de notre manifestation pacifique à Concarneau le samedi 27 juin, (--> Voir le site facebook), sur les circuits courts et la consommation locale, nous avons rencontré quelques acteurs de la pêche pour discuter de leurs problèmes quotidiens dans un secteur en lente perdition en Bretagne : rappelons que Concarneau a été il y a trente ans le troisième port de pêche de France en poissons frais débarqués… Parmi eux nous avons rencontré le tout jeune patron pêcheur Cédric Lucas, dont l'affaire nous a touché, et nous la portons à votre connaissance :

Cédric Lucas, 28 ans, jeune matelot pêcheur depuis six ans, est doublement soutien de famille avec un fils de deux ans et demi à charge et sa compagne lourdement handicapée en fauteuil roulant. Dynamique et volontaire, après six mois de formation, il a passé avec succès le 18 juin 2015 l'examen pour devenir patron de pêche salarié, seul à bord d'un petit ligneur dont il voudrait acquérir des parts à suivre. Tout va bien jusqu'au moment où les Affaires Maritimes de Concarneau lui signifient l'interdiction de sortir pêcher en mer en tant que patron pêcheur, au vu d'un nouveau décret récent du 2 juin 2015, qui stipule que dorénavant pour pouvoir exercer les fonctions de capitaine, il ne faut avoir eu aucune condamnation mentionnée au casier judiciaire n°2. Malheureusement c'est le cas de Cédric Lucas qui a commis une erreur de jeunesse il y a 7 ans, mais qui a payé et s'est racheté une conduite depuis, sérieux, sobre, serviable et travailleur, de l'avis de tous, même des forces de l'ordre locales…

Voilà donc un jeune breton qui est la preuve que l'on peut changer après un mauvais départ dans la vie, et s'insérer dans la vie sociale et professionnelle par la volonté de s'en sortir et l'ambition de progresser, et qui est fauché en plein essor par un décret qui ne tient pas compte des cas particuliers. Aujourd'hui il est désespéré, avec un bateau à quai inutile et aucune rentrée d'argent pour subvenir aux besoins de sa famille.

J'espère que le cas de Cédric Lucas va vous toucher comme nous, et que vous allez contacter les Affaires Maritimes de Concarneau pour débloquer cette situation malheureuse. Vous seuls pouvez le faire.

D'avance nous vous remercions, Madame le Ministre, et Monsieur le Secrétaire d'état.

Jean-Loup Le Cuff
pour l'Assemblée de Bretagne des Bonnets Rouges le 30/6/2015

La prochaine action et réunion ABBR, le 27 juin à Concarneau!!!!Pour les circuits courts, contre Rungis...
Posted by Assemblée de Bretagne des Bonnets Rouges - ABBR on mardi 9 juin 2015

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Le 30 Juin 2015

« La pêche comme horizon professionnel »



Étudiant en journalisme à l'IUT de Lannion, Florian Delafoi a réalisé un web-documentaire, intitulé « La pêche comme raison professionnelle » sur la reconversion professionnelle dans les métiers de la mer. Publié sur le site du Télégramme, il donne la parole à ceux qui ont décidé de changer de vie. C'est le cas de Sébastien, ancien chef d'entreprise, devenu stagiaire matelot. Le Télégramme : Reconversion. Il a choisi de devenir matelot [Webdoc]

« La pêche comme horizon professionnel »

Ils étaient chef d'entreprise, maçon, couvreur ou étudiant. Pendant quatre mois et demi, ils ont travaillé dur pour obtenir leur diplôme de matelot sur navire de pêche à Concarneau, en Bretagne. Un nouveau départ pour certains, une dernière chance pour beaucoup.

Au travail, c'était lui le patron. Sébastien dirigeait deux entreprises de peinture depuis presque huit ans. Mais il a tout revendu. L'ancien entrepreneur est au bout du ponton avec ses camarades de formation, au pied des remparts de la ville close de Concarneau, en Bretagne. Gilet de sauvetage sur les épaules et bottes aux pieds, Sébastien s'apprête à prendre un nouveau départ. « Je repars de zéro. La mentalité dans le bâtiment ne me convenait plus. C'est un choix de vie important mais il n'y a pas de regrets à avoir ». À 37 ans, il est sûr de son choix. Tandis que ses anciens ouvriers continuent de donner de la couleur aux bâtiments, il a choisi de prendre le large. De se confronter à une mer souvent agitée, au vent et au plaisir de ramener de belles prises sur la terre ferme. « J'avais fait un stage embarqué à 13-14 ans mais ensuite j'ai complètement quitté le milieu ». Cet après-midi de février, ils sont six apprentis matelots à apprendre à naviguer.

 > Voir le web-documentaire

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Le 26 Juin 2015

Personne n’avait rien vu ?

Le Monde du silence, un film naïvement dégueulasse



Le Monde du silence, un film naïvement dégueulasse (05’18)

Le mardi 23 juin 2015, par L’équipe de Là-bas si j'y suis

Chronique : Gérard Mordillat
Réalisation : Aurélie Martin

jeudi 25 juin 2015

L’Huître en questions de Catherine Flohic

"Une autre enquête épidémiologique"...  qui confirme les expertises récentes

L’Huître en questions 

Catherine Flohic – 2015, 352 pages (Ed. Les Ateliers d’Argol)

C’est un très beau document d’actualité, magnifiquement illustré, riche de témoignages qu’on ne trouve ni dans les documents scientifiques, ni « officiels ». Il s’agit d’une suite de discussions très ouvertes avec 30 acteurs dont 9 ostréiculteurs, 3 écloseurs, 6 chercheurs, 10 restaurateurs, cuisiniers et écaillers. Chacun apporte un vécu, une version très personnelle, historique, parfois douloureuse et actualisée de la crise que vit l’ostréiculture française depuis quelques années.

On peut se demander quel sentiment en retirera le lecteur ? Sans doute une impression que « c’est complexe ! » ? Vit-on une dégradation écologique inéluctable des écosystèmes ? Il y a pourtant ici et là des solutions qui perlent comme autant de démarches positives et de salut. Effectivement la nature obéit à des lois complexes qu’il ne suffit pas d’étaler dans un livre scientifique, ni dans un magazine pour embrasser d’une seule lecture. Chaque discussion fait apparaître des conditions différentes, des paramètres nouveaux. Pour partager avec le plus grand nombre, il faut en rester à des explications accessibles, simplifiées. Malheureusement si des idées simples suffisent quand tout va bien, elles n’expliquent plus rien quand tout va mal. Et elles sont sans utilité pour corriger des habitudes passées devenues insuffisantes. Pourtant un vieux fond de raison humaniste nous laisse penser qu’il existe une cohérence entre des phénomènes qui nous échappent complètement. Mais quand on ne possède aucun entrainement en varappe, quelle idée de vouloir s’accrocher à un mur d’escalade dont on ne connait pas les pièges, ni on ne voit pas le sommet ! Alors pour mettre en place des routes sécurisées, il faudra y travailler localement pour prendre en charge des erreurs passées dont la mémoire est probablement gravée quelque part ! Le reconnaître fait partie des témoignages pédagogiques :

mardi 9 juin 2015

Manipulation. Les manœuvres informationnelles sur la gouvernance des océans


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

Mois de Juin 2015

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Suite de la Revue de presse : Juillet 2015

Le 30 Juin 2015

Les manœuvres informationnelles sur la gouvernance des océans

Knowckers = révéler les manipulations de l’information véhiculées sur le web ou plus généralement dans les médias.

La Commission européenne a lancé le 4 juin dernier une consultation publique sur la gouvernance des océans ouverte jusqu’au 15 septembre 2015. Cette démarche couvre les dernières avancées sur la question du Blue Charity Business ainsi que sur la question de la financiarisation et de la privatisation des océans. Le cadre/justificatif immédiat concerne la problématique de la Haute Mer, mais le débat peut être élargi éventuellement à un champ de réflexion plus large. A Bruxelles, les lobbyistes des trusts caritatifs nord-américains sont notamment à la manœuvre pour conforter leur place comme ‘influenceur’ non désintéressé de la gouvernance des océans.

Une telle consultation mérite une réponse des opérateurs historiques qui vivent ou agissent sur les océans.

L’expert français Yan Giron nous alerte aussi sur le fait qu’il se profile une manœuvre internationale visant à limiter la réalisation des opérations/spéculations financières sous couvert de rémunération des services éco systémiques des océans. En effet, parmi les menaces identifiées, la question de la privatisation des espaces maritimes n’est pas dissociable d’un risque de privatisation des droits de pêche. Et ce dernier point pourrait bien prendre une importance inattendue dans l’avenir (dans le calcul de valeurs de droit d’accès à l’espace ou aux ressources maritimes par exemple). Des organismes bancaires et de la haute finance “déterritorialisée” suivent de très près ce sujet, souvent en partenariat avec les trusts caritatifs américains. Cela pourrait se traduire par exemple par la création de mécanisme de type REDD+ (prévus pour les forêts et les compensations carbones), appliqués aux océans.

Source : knowckers

A propos de Knowckers

Pourquoi Knowckers?

Knowckers a été créé en 2003 par un collectif de personnes soucieuses de révéler les manipulations de l’information véhiculées sur le web ou plus généralement dans les médias. Nous ne pouvons plus tolérer l’absence de débat sur des sujets vitaux.

Knowckers n’a pas vocation à donner des leçons mais simplement ouvrir à la discussion sur ces sujets. Knowckers rassemble aujourd’hui une dizaine de contributeurs réguliers aux profils différents: journalistes freelance, universitaires, cadres d’entreprises, bloggers avertis, acteurs du monde de l’intelligence économique…

Pourquoi le nom knowckers? Knowckers est la contraction des termes Knowledge et Hackers.

Pour plus d'informations : knowckers 

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Le 29 Juin 2015

Droits de l’homme contre droits d’accès à la pêche : un champ de bataille idéologique à Siem Reap



Le Consensus de Rio

Publié le : 24/06/2015, par  WFFP

Source : Crisla - Bulletin Pêche et Développement n° 120, juillet 2015 |

L’analyse par le forum mondial des pêcheurs, de la rencontre tenue au Cambodge sur les droits d’accès à la pêche, montre comment se développe l’approche libérale de la gestion des pêches, sous couvert d’une défense de la pêche artisanale. Elle montre le rôle joué par des organisations comme EDF (Environmental Defence Fund), des agences gouvernementales comme celles de la Norvège, la Banque Mondiale et l’ambiguïté de la FAO. Curieusement, c’est aussi le moment choisi par l’agence gouvernementale norvégienne pour interrompre ses financements à ICSF (Collectif international d'appui à la pêche artisanale). L’impact du Partenariat Mondial pour les Océans officialisé à Rio en 2012 se vérifie. On peut parler d’un Consensus de Rio, comme il y eut le Consensus de Washington pour mettre en place la stratégie de libéralisation de l’économie mondiale. Après avoir largement initié son projet libéral aux Etats-Unis, EDF, après d’autres ONGE américaines, s’implante maintenant en Europe sur un terrain bien préparé par la nouvelle Politique Commune des Pêches.

Du 23 au 27 mars 2015, six représentants des deux organisations mondiales de pêcheurs, le WFFP et le WFF, soutenus par l’ICSF et par des chercheurs, ont participé à la Conférence de 2015 sur les droits d’accès à la pêche, à Siem Reap au Cambodge. Ces délégués, même s’ils étaient peu nombreux, représentaient des millions de personnes appartenant aux communautés de pêcheurs et celles qui pratiquent la pêche artisanale ou côtière. Les autres cent trente participants représentaient des gouvernements, des organisations internationales, des universités, des grandes entreprises et des organisations environnementales.

La « propriété privée », base fondamentale des droits d’accès aux pêcheries selon EDF

Au bout des cinq jours, les objectifs de la conférence restaient encore peu clairs. Si l’on rassemble 140 personnes du monde entier – dont seulement 45 femmes – il faudrait avoir un objectif plus concret que « fournir des conseils pour soutenir des systèmes basés sur les droits d’accès aux pêcheries, ce qui contribuera à construire un avenir durable » [1]

EDF, Environmental Defense Fund, est une Onge étatsunienne qui promeut la privatisation des droits de pêche 

Au cours de ces cinq jours, il devenait de plus en plus clair que le point de vue dominant et hégémonique, tenu par la plupart des orateurs et des délégués était que la « propriété privée » soit la base fondamentale des droits d’accès aux pêcheries. Ce concept dans la gestion des pêches s’appelle aussi la pêche basée sur les droits d’accès, les QIT, la pêche basée sur la richesse, et le partage des prises.

Cette conviction presque fondamentaliste en la propriété privée est ironique. D’une part, la FAO (l’hôte principal de la conférence) et la Banque mondiale visent à éliminer la faim et à réduire la pauvreté rurale. D’autre part, la Banque Mondiale, en tant que l’un des acteurs les plus forts dans la gouvernance de la pêche au niveau global, a avoué que le système basé sur la propriété privée est favorable pour quelques personnes mais défavorable pour la plus majorité. Au vue de ce constat, comment la Banque mondiale peut-elle contribuer à l’élimination de la faim et à la réduction de la pauvreté ?

Pour plus d’exemples des conséquences catastrophiques des systèmes de pêche basés sur la propriété privée et pour des exemples de la pêche basée sur les droits d’accès, référez vous au livret : l’Accaparement mondial des mers.

La gouvernance de la pêche artisanale doit être basée sur les droits de l’homme


Les délégués du WFFP ont insisté plusieurs fois et dans plusieurs situations (comme participants, comme membres des jurys et comme orateurs) pour dire que la gouvernance de la pêche artisanale doit être basée sur les droits de l’homme. Une telle approche comprendrait l’égalité, les droits des peuples indigènes, la souveraineté alimentaire, l’égalité entre les hommes et les femmes, la réduction de la pauvreté pour tous, les droits coutumiers et traditionnels, la pêche traditionnelle à faible impact, et la participation à la gouvernance. Malgré cela, les échanges qui suivirent ces interventions furent très limités, et, à plusieurs occasions les réponses furent dégradantes et injustifiées.

L’organisation de la conférence a permis beaucoup d’exposés, courts et longs, mais a fourni peu d’occasions pour un réel engagement et un dialogue. Elle a pris la forme d’un champ de bataille idéologique, où le point de vue exprimé dans le compte-rendu sera probablement celui des participants qui ont parlé le plus fort. Vu que les avocats de la propriété privée étaient plus nombreux et qu’ils ont eu plus d’occasions de faire des exposés, on peut craindre que la voix du WFFP sera réduite dans le compte-rendu de la conférence. Tandis que nous ne savons pas encore quel sera le résultat, nous nous attendons à ce que la FAO utilise le compte-rendu dans son futur outil de travail dans le domaine de la gouvernance de la pêche, y pour compris les Directives volontaires sur le foncieret les Directives visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale.

Sachant que la FAO a approuvé en 2014 les Directives visant à assurer de la pêche artisanale, et en 2012 les Directives volontaires sur le foncier, nous nous attendions à ce que la FAO façonne le contenu du programme sur la base de ces directives, mais à part quelques références aux directives sur le site officiel de la conférence et une allusion dans un discours d’ouverture, uniquement le WFFP, le WFF et l’ICSF y ont fait référence de manière systématique lors des exposés et des échanges. Il semblait que de nombreux participants ignoraient même l’existence de ces directives – ou bien qu’ils les ignoraient – de plus, les fonctionnaires de la FAO ont montré très peu d’intérêt pour la possibilité de créer des liens entre le thème de la conférence – les droits d’accès – et les Directives sur le foncier et sur la pêche artisanale.

Vu que la FAO a investi énormément de ressources humaines et financières dans la rédaction des directives, cette position de quasi-ignorance est encore plus controversée.

La stratégique de la rhétorique à Siem Reap

Beaucoup des « suspects habituels » ont parlé ouvertement de la nécessité de soutenir la propriété privée, des QIT etc. dans la gouvernance de la pêche, mais il est à noter que quelques-uns d’entre eux modifiaient leur langage, cachant leur conviction que la propriété privée soit la seule solution. Ainsi, ils modifient leur langage stratégiquement pour persuader les autres – y compris les mouvements pour les pêcheurs – de leur soutien « honnête » et « sincère ». Cette technique a été utilisée à Siem Reap et s’utilise en effet de plus en plus. A priori il peut être difficile de distinguer le bon du méchant, mais si l’on étudie bien la situation, elle devient plus claire. On peut voir d’où proviennent les financements, ou bien on peut faire des recherches sur les positions politiques des acteurs ou se renseigner sur les personnes qui siègent à leurs conseils d’administration. Très souvent, et plus particulièrement dans le cas des organisations écologistes internationales, nous remarquons des liens très étroits avec des multinationales de l’industrie agro-alimentaire, avec la grande distribution, ou avec d’autres géants financiers, qui sont parfois gouvernés par des individus qui appartiennent aux mêmes organisations qui fournissent les financements.

Compte tenu de ce qui précède, il ne surprendra personne que l’impression générale du WFFP est que la conférence n’a pas réussi à atteindre le seul objectif concret mentionné sur son site, « fournir des conseils pour soutenir des systèmes basés sur les droits ». Or notre participation a été fondamentale pour plusieurs raisons. D’abord, sans les exposés du WFFP, les amis du WFF, de l’ICSF et de quelques chercheurs, la conférence aurait été une assemblée de penseurs et institutions néolibérales qui auraient eu le champ libre pour développer leurs propres projets pour la gouvernance des pêches basée sur des régimes de la propriété privée. Deuxièmement, le fait d’avoir pu connaître les acteurs clés et nous renseigner sur leurs intentions cachées nous sera extrêmement utile pour pouvoir développer et affiner des stratégies pour promouvoir une approche basée sur les droits de l’homme et la mise en œuvre des directives de la FAO.

[1] La seule référence aux objectifs de la conférence sur le site officiel : http://www.fao.org/about/meetings/user-rights-2015/fr/

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Le 27 Juin 2015

Que l'espace maritime polynésien est vaste !

Moorea : une balise de bateaux de pêche étrangers sème la colère



Les pêcheurs sont en colère après avoir à nouveau retrouvé une balise de bateaux de pêche étrangers au large de Moorea.

Source : Tntv

Utilisé en masse par les navires étrangers, un dispositif de concentration du poisson (DPC) a été retrouvé jeudi au large de Moorea, dans la zone économique. Cette découverte provoque à nouveau la colère des pêcheurs : "Il y a déjà du poisson en moins chez nous, alors si en plus ils récupèrent du poisson .... On est déjà assez appauvri" se plaint Jean-Luc Yuhing, pêcheur.


Selon Jaroslav Otcenasek, président du syndicat des Pêcheurs Professionnels, plus de 2500 thoniers étrangers pêchent autour de la zone économique. Inquiétants et polluants, les pêcheurs du fenua peuvent retrouver 20 à 30 DCP la nuit. Pour eux, la seule solution pour protéger nos poissons serait d'agrandir la zone économique pour écarter d'avantage les bateaux étrangers.

Le problème sera abordé prochainement lors de la commission thonière du Pacifique centre et ouest en octobre prochain.

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Le 26 Juin 2015

La demande de poisson reste soutenue au niveau mondial

Perspectives de l'alimentation.

FAO - Mai 2015

Cliquer Ici pour télécharger le résumé en français (Les marchés en bref 16 p.)

Cliquer Ici pour télécharger la version intégrale en anglais (Food outlook May 2015)

Résumé (pour tous les produits alimentaires) :

L'abondance des disponibilités et la fermeté du dollar américain continuent d’exercer une pression à la baisse sur les prix internationaux des produits alimentaires. D’après les perspectives actuelles, cette situation ne devrait pas connaître d’évolution majeure au cours de la campagne à venir, mais les fluctuations monétaires et les développements macro-économiques pourraient de nouveau avoir des implications importantes pour les marchés en 2015/16.

Dans ce contexte, la facture mondiale des importations alimentaires devrait atteindre en 2015 son plus bas niveau depuis cinq ans...

Poisson et produits halieutiques

L’aquaculture demeure le principal moteur de la croissance de la production halieutique dans le monde. La demande d’importation soutenue des États-Unis et de l’Union européenne devrait stimuler le commerce international de poisson en 2015. En 2014, la consommation humaine de poissons d’élevage a dépassé pour la première fois celle de poissons sauvages.

jeudi 4 juin 2015

Le Merlu, un vrai tocard dans la compétition Saumon - Cabillaud ?




Le saumon détient depuis longtemps la palme des achats de poissons frais des français pour leur consommation à domicile... Mais le scandale de « dopage » dans les cages piscicoles, en novembre 2013, du poisson à chair rose, va mettre un terme à sa suprématie dans la course au marché du poisson bon marché. En 2014, le cabillaud sauvage a détrôné le saumon d’élevage ! « Il s’en faut de peu : 23 385 tonnes de cabillaud contre 23 261 tonnes de saumon », précise le marin.

Dans la compétition entre les deux champions aux couleurs nordiques, rivalité mise en avant dans le teaser des chroniqueurs spécialisés, le merlu, n°1 des criées françaises, fait pâle figure au 7e rang des achats sur les étals des poissonneries... Un vrai tocard ! Derrière le lieu noir, favori des pêcheries industrielles, la truite, championne française de la pisciculture, le fin merlan et le sombre maquereau...

Pour l'année 2015, l'Europe bleue a attribué un quota de 47 927 tonnes de merlu à la France


Le merlu, champion des criées françaises, surclassé en poissonnerie !

mercredi 3 juin 2015

Les algues alimentaires : aujourd'hui, demain


Revue de presse de Juin 2015

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Suite de la revue de presse : Mois de Juillet 2015

Les algues alimentaires : aujourd'hui, demain

3e édition des Journées professionnelles de Rennes

Actes des journées professionnelles de Rennes

Projet Idealg

28 mai 2015

Cette journée a été l’occasion de promouvoir la filière des algues alimentaires en faisant intervenir des acteurs du secteur, et de transférer certains résultats obtenus par le Pôle halieutique AGROCAMPUS OUEST dans le cadre du projet IDEALG.

Plus de 180 participants parmi lesquels des acteurs de la filière des algues, des représentants professionnels, des collectivités, des entreprises agroalimentaires, des étudiants de lycées aquacoles, des étudiants de diverses universités.

Cliquer Ici pour télécharger "Les Actes des journées professionnelles de Rennes : Les algues alimentaires : aujourd’hui—demain"

Toutes les présentations sont disponibles ici

Les documents de synthèse sont disponibles dans la rubrique "synthèse et fiche technique" du projet Idealg


Conférence de Quentin Le Bras à la Maison de la Mer de Lorient  

Les algues (alimentaires) : de la mer à l’assiette



Maison de la Mer de Lorient

Janvier 2015

Par Quentin Le Bras - Pôle Halieutique - AGROCAMPUS OUEST

La consommation des algues alimentaires est un phénomène émergeant en France et en Europe depuis dix à quinze ans, notamment grâce à la mode de la restauration japonaise. La France et plus particulièrement la Bretagne est le second producteur européen d’algues et la filière des algues tend à se développer. L’alimentaire est donc un secteur qui pourrait profiter de cet essor et d’une volonté de plus en plus de consommateurs de revenir vers des produits locaux, naturels et sains. Les professionnels de la filière ont amorcé des actions pour élargir le panel de consommateurs et pour adapter l’algue à la tradition culinaire française.

Cependant, les études sur ce phénomène de consommation sont actuellement très rares.

Cette conférence vous permettra d’avoir une vision globale du secteur, de la production jusqu’à la consommation des algues. Les travaux présentés sont issus du programme de recherche IDEALG qui a pour objectif de développer la filière des macro-algues en
France. Au sein de ce programme, le Pôle halieutique AGROCAMPUS OUEST s’intéresse plus particulièrement au marché des algues alimentaires françaises.

Document associé à la conférence (diapo) : Les algues alimentaires : de la mer à l'assiette

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On va déguster : Les moules, moules, moules... 

  

France Inter. Le dimanche 28 juin 2015 de 11h à 12h

avec  Rémy Hurtaud, mytiliculteur, et  Michel Briens, restaurateur

Rémy Hurtaud 
Mytiliculteur depuis plus de 40 ans (7ème génération)
Fut un élu professionnel durant 27 ans avec les postes de :
- Vice-président du Comité Régional de la Conchyliculture de Bretagne (CRC de Bretagne)
- Membre du Comité National de la Conchyliculture (CNC)
- Il a également eu un mandat au groupe Moules au CNC

Aujourd’hui, il est associé à 8 autres producteurs (société Mytilimer)
Ils produisent 2500 tonnes par an de moules AOP - arrosent toute la France mais exporte aussi vers les pays du Golfe, la Belgique , le Luxembourg , la Suisse, l’Italie ..)
La moules de la Baie  du Mont Saint Michel sont  AOC depuis 2006 et AOP depuis 2011

La saison pour la consommation Moules AOP de la baie se situe en général après le 14 juillet et ce  jusqu’en janvier

Michel Briens
Restaurateur à Cherbourg  'La Satrouille.
Plusieurs établissements à Paris et un passage chez Alain Passart au Duc d'Enghien, Le Moulin à Vent à Saint-Germain-des-Vaux (50) pendant une vingtaine d'années en tant que" patron-chef"

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Le 19 Juin 2015

L'huître en questions

Catherine Flohic

Editeur : Argol - Vivres

Paru en 06/2015

Résumé du livre

L'huitre, indissociable des fêtes de fin d'année et des tables de restaurants, liée au tourisme sur le littoral, est-elle en voie de disparition ?

Les scientifiques s'en mêlent et nous l'ignorons, comme pour beaucoup de mutations biotechnologiques de notre alimentation. Ils ont créé des huitres triploïdes biologiquement modifiées, dites poétiquement « des quatre saisons ».

Le livre propose, depuis l'histoire de l'huitre et de sa culture traditionnelle, de multiples investigations et pose les questions : Pourquoi vouloir "maîtriser " la mer et ses produits. Pour quelles raisons ? Scientifiques, idéologiques, politiques, financières ? Enquêtes de terrain, entretiens, reportages tout en couleur font de cette série un concept nouveau entre la revue et le livre.

L'association Ostréiculteur traditionnel a été reçue au Sénat


Trois questions à... Benoît Le Joubioux, Président de l'association Ostréiculteur traditionnel

Source : Ouest France

Une vingtaine de membres se sont rendus au Palais du Luxembourg la semaine dernière, où, en collaboration avec Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, ils organisaient un colloque « Regards croisés sur l'ostréiculture, quels enjeux pour demain ? ».

Pourquoi un colloque sur les enjeux de l'ostréiculture ?

C'est en collaboration avec le sénateur Joël Labbé qui est l'auteur d'un amendement sur l'étiquetage des huîtres en fonction de leur origine et qui a questionné le gouvernement sur les risques inhérents à l'exploitation de l'huître triploïde. Il a tenu à organiser un colloque dédié aux enjeux de l'ostréiculture de demain, offrant la parole aux acteurs de la filière.

Comment s'est déroulé ce colloque ?

Il a réuni des producteurs, des scientifiques, des distributeurs et consommateurs dans un dialogue sur les enjeux de l'ostréiculture de demain, qu'ils soient économiques, environnementaux ou sociétaux, alimentant une réflexion sur une possible évolution législative et réglementaire.

Plusieurs intervenants se sont succédé, les producteurs, pour expliquer la diversité des modes de production et mutations du monde agricole. Les scientifiques ont éclairé les participants sur les biotechnologies et biodiversité. Enfin, les représentants des consommateurs ont été entendus sur un besoin de transparence.

Quelle est la demande de l'association Ostréiculteur traditionnel ?

Notre association, « Ostréiculteur traditionnel : huîtres nées en mer » regroupe, depuis 2007, 80 ostréiculteurs des 7 bassins de production, pour la valorisation des huîtres nées en mer. Nous nous battons contre une forme d'industrialisation de la culture du mollusque et pour faire reconnaître notre mode de production traditionnel par un étiquetage différencié. Ceci, dans l'intérêt d'une plus grande transparence pour le consommateur.

Dans l'attente du compte-rendu du colloque : 
Télécharger Ici les présentations des différents intervenants (sur le Blog du sénateur Joël Labbé)

Les deux premières réactions...

Regards croisés sur l’ostréiculture Colloque au Sénat le 10 juin 2015

1. Je souhaite utiliser les 2 mn accordées pour répondre à une interrogation émise ici même par M. Jean-Noël Yvon. M. et Mme Yvon sont des ostréiculteurs traditionnels et modernes qui partagent leur expérience dans un blog riche de confidences. Des amis agriculteurs leur ont dit que « Les paysans de la mer répétaient les erreurs commises par les éleveurs il y a 20 à 25 ans ».

2. Vos amis ont raison. Des pathologies bactériennes et virales ont décimé les populations de lapins, de porcs, de poulets, etc. lors de l’industrialisation des élevages et ces mortalités étaient dues à des conditions environnementales mal maîtrisées.

3. C’est ce que les vétérinaires Puyt et Nicolas ont souligné dans un rapport d’expertise que tout le monde connait ici mais que les exposés ont ignoré alors que ses conclusions sont d’une importance cruciale pour l’avenir de tous.

4. Pourtant M. Yvon, vos amis se sont trompés de dates. Ces pathologies ont débuté il y a une cinquantaine d’années, au cours des années 1960/80. On a alors constaté qu’en pathologie d’élevage industriel, la nature de germes omniprésents est moins importante qu’un laisser-aller de la gestion ou que l’usure des structures.

5. Si la Recherche a mal apprécié ces phénomènes, c’est qu’elle n’a pas connu cette époque et que la pression du travail administratif ne lui laisse pas le temps d’écouter les professionnels. On ne fait pas d’épidémiologie sans une présence continue sur le terrain.

6. Ce sont ces bases scientifiques acquises en médecine vétérinaire qui en 1975/80 nous ont permis de définir une gestion sanitaire des écloseries de crustacés au sein du CNEXO/COP. Cette technique a conquis le monde. Ces pathologies ne sont pas dues à des bactéries, ni à des virus venus d’ailleurs mais à des souches dont la virulence émerge localement en vertu de lois vieilles de 3 milliards d’années d’évolution. Le seul enseignement à en retirer est que la santé des animaux et le salut des entreprises passent par le respect de ces lois.

7. Conclusion: Merci M. le Sénateur d’avoir relayé le message des ostréiculteurs traditionnels. Ce sont des lanceurs d’alerte de la dégradation des écosystèmes aquatiques côtiers à laquelle ils ne veulent pas participer. Merci aussi à M & Mme Yvon d’avoir contribué à remettre le débat sur de bons rails. Des erreurs d’aiguillages ont mené la profession dans une impasse où « elle tourne en rond ».

8. Les bonnes nouvelles : les pathologies émergentes conchylicoles sont des phénomènes naturels produits par des erreurs d’élevage et de gestion environnementale. Des réponses économiques et écologiques existent.

9. Les moins bonnes nouvelles : Monsieur le Sénateur, même avec un président vétérinaire, n’espérez pas faire plier les lois de l’évolution de 3 milliards d’années à aucun code démocratique, républicain, juridique ou commercial. Il faut repartir sur des bases techniques artisanales saines, repenser l’activité et la moderniser en y incluant des techniques sanitaires qui ont fait leurs preuves ailleurs.

10. Une excellente nouvelle : une gestion sanitaire exigeante des élevages et des écosystèmes aquatiques permet aussi de résoudre d’autres pathologies environnementales comme les proliférations d’algues toxiques, rouges bleues ou vertes et de sortir du chaos. On commence dès que quelqu’un s’y investit sérieusement !

Jean-François Le Bitoux
jflebitoux@hotmail.com
ACE sarl (ASAP Consulting & Ecology)

Les huîtres triploïdes sur la sellette

Faut-il étiqueter les huîtres triploïdes sur les étals des poissonniers ? Est-il légitime d’informer le consommateur des particularités génétiques de ces mollusques  stériles produits en écloserie ?  Alors que l’ostréiculture traverse une crise gravissime, la traçabilité de ces huîtres fait plus que jamais débat.

Source : UFC Que Choisir par Florence Humbert

Tous les amateurs d’huîtres le savent : à l’arrivée des beaux jours, période de la reproduction pour  ces coquillages, les huîtres se gonflent d’une matière blanchâtre  peu appétissante qui freine leur consommation pendant l’été. Sauf que depuis une quinzaine d’années, la plupart des huîtres proposées sur les étals ne sont plus laiteuses.  L’explication de ce mystère de la nature ? C’est tout simplement que ces huîtres d’un nouveau genre sont triploïdes. Nés en 1997 dans les laboratoires d’Ifremer, ces mollusques possèdent dix lots  de trois chromosomes et non dix lots de deux chromosomes comme l’huître « normale » diploïde. Cette anomalie génétique rend les triploïdes stériles. Leur texture est donc constante toute l’année. Un avantage pour les touristes des stations de bord de mer qui peuvent désormais se régaler d’huîtres non laiteuses, et surtout pour la filière conchylicole  qui  s’affranchit ainsi de la tradition des mois en « r ». Cerise sur le gâteau, les triploïdes ne consommant pas leur énergie dans la reproduction, grossissent plus vite que les diploïdes, ce qui permet de ramener leur cycle de production de trois à deux ans. Une aubaine pour les ostréiculteurs qui, dans leur grande majorité,  se sont laissé séduire par cette championne de la productivité. Les « triplo » représenteraient aujourd’hui 50 % des huîtres vendues en France.  Pourtant, aucun étiquetage ne permet aujourd’hui au consommateur de différencier les triploïdes issues de naissains (larves)  produits en écloserie, des huîtres « naturelles » issues de naissains de captage  dans le milieu marin.

lundi 1 juin 2015

MERCI Professeur Puyt (1)

Merci pour cette expertise, pierre d’angle du renouveau d’une conchyliculture nationale durable

Jean-François Le Bitoux

Résumé - Le rapport d’expertise du Prof. J.D. Puyt sur l’étiologie des mortalités qui ont affecté certaines productions ostréicoles françaises en 2008 et 2009 est un véritable « OVNI » dans le débat national, un rapport « hors normes » et c’est ce qui en fait l’originalité à plus d’un titre. Il combine une approche scientifique, zootechnique, vétérinaire, historique, anthropologique, comptable et juridique qu’on ne retrouve nulle part, même si le document disponible est incomplet, sans les annexes. Il révèle l’importance d’un paramètre oublié, l’épidémiologie qui régule tout écosystème, domaine complexe qui contient les clefs d’une activité durable, indispensable pour neutraliser l’évolution « naturelle » de pathologies émergentes dans les élevages en phase d’industrialisation.

Rapport d'expertise judiciaire (Jean-Dominique Puyt) (*) : A télécharger Ici ou

Si cette série de billets n’avait eu qu’une seule raison d’être, ce serait de remercier le professeur J.D. Puyt pour son travail d’expertise et de réflexion vétérinaire en réponse à la plainte posée par l’Association Ostréiculture Traditionnelle (O.T.) contre « le reste du monde ostréicole français », la Profession, la Recherche et l’Etat. Il n’est pas sûr que ses conclusions agréent qui que ce soit mais l’impact des lois de l’épidémiologie devra être pris en compte pour sortir de l’impasse où les trois partis se trouvent. « C’est la vie ! » qui réserve des bonnes et de moins bonnes surprises.

Cette réflexion est présentée dans un cadre juridique qui impose une  présentation spécifique et qui même incomplète puisqu’on ne dispose pas des annexes, lui donne une tonalité et une considération très particulières, uniques. Rédigé comme un article de revue scientifique, ce travail ne pouvait pas avoir le même impact. Merci donc à l’O.T. pour avoir su trouver le bon angle pour obtenir des réponses pertinentes à des questions en suspens depuis longtemps car dérangeantes.

Le silence qui accompagne la publication de ce document peut s’expliquer par le choix des partis de conserver leurs arguments pour le procès mais ce faisant la situation ne s’arrangera pas d’elle-même. Ce silence peut aussi indiquer que le fond du problème reste incompris de la majorité et je me propose d’en éclaircir quelques thèmes même si un livre entier ne suffirait pas à expliciter les situations vécues et les arguments utilisés par les parties impliquées.
Cette expertise constate l’absence d’études épidémiologiques sérieuses dans les programmes de recherche. En fait ce que constatent ces trois confrères – J. D. Puyt, P. Vannier, autre épidémiologiste, P. Nicolas « sapiteur virologue » de l’expertise – c’est que Profession, Recherche et Administrations « tournent en rond ». Ils sont dans une impasse faute d’une meilleure appréciation épidémiologique des lois qui régulent toute vie en élevage, faute d’avoir oublié le concept « d’écopathologie » né à Ploufragan dans les années 1980/90. Il faudra pour en sortir faire machine arrière et retrouver l’aiguillage qui rendra la gestion d’un élevage saine et durable, de l’intérieur comme de l’extérieur. Je ne doute pas que ce travail soit la pierre angulaire d’un assainissement des écosystèmes aquatiques en général car les pathologies conchylicoles et les proliférations d’algues toxiques obéissent aux mêmes lois épidémiologiques.

Je suis heureux d’avoir évoqué l’an passé dans ce blog les vicissitudes vécues en conchyliculture et les comparaisons avec l’évolution en aquaculture de crevettes – avant même de connaitre ce document. Les observations analysées obéissent aux mêmes développements épidémiologiques que celles rapportées par J.D. Puyt. Le contraire eut été contre-productif. C’était faire de « l’écopathologie » et lutter contre des pathologies « émergentes » avant que les termes n’en soient inventés. Des traces fossilisées s’en trouvent encore quelque part dans les tiroirs de l’Ifremer. C’est aussi une façon de souligner à ceux qui selon les termes du rapport, estiment que l’expert et son sapiteur n’ont pas suffisamment de « publications » à leur actif ou de compétences particulières dans l’analyse des écosystèmes aquatiques qu’il sera possible de trouver des dizaines d’exemples en aquaculture de crevettes pour illustrer leurs propos. Car l’épidémiologie progresse par pathologie comparée.

Un rapport scientifique « Hors normes » - Pourquoi cette expertise ? Que dit-elle de si intéressant ?

Ce rapport est « hors normes » dès sa naissance et dans ses développements, tant sur les formes que sur le fond. Il n’est pas possible d’en proposer un « vrai résumé » car dans un document juridique, sortir quelques idées hors du contexte tend à simplifier une réflexion complexe.