lundi 6 juillet 2015

Au Canada, les pêcheurs se mobilisent contre l'exploration pétrolière dans le Golfe du Saint-Laurent


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

Mois de Juillet 2015

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Le 23 Juillet 2015

Canada Atlantique

L’industrie de la pêche se prononce contre l’exploration pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent !!


« Golfe Saint-Laurent Depths fr » par © Ewan ar Born & Sémhur / Wikimedia Commons. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Dix-huit associations de pêcheurs, d’usines et d’aquaculteurs écrivent une lettre aux ministres fédéraux des Pêches, de l’Environnement et des Ressources naturelles…

Source : Enjeux Energies

Messieurs les Ministres,

Nous, les représentants de l’ensemble de l’industrie de la pêche du golfe Saint-Laurent, vous écrivons aujourd’hui pour vous informer que nous nous opposons au développement de l’industrie pétrolière dans le Golfe tant qu’il n’y aura pas eu de réelle évaluation de ses impacts sur nos activités.

Compte tenu que le processus des évaluations environnementales associé au forage exploratoire a été réduit à un simple examen préalable et que cette façon de faire ne nécessite aucune consultation publique pour les utilisateurs du Golfe, nous exigeons que le projet Old Harry soit soumis à une commission d’examen, de même que tout autre projet du même type qui pourrait voir jour dans le Golfe.


Comme représentants des pêcheries nous voulons rappeler au gouvernement fédéral que le Golfe est une grande zone de pêche commune et qu’aucun déversement accidentel ne sera retenu par les frontières provinciales.

Même si d’une province à l’autre le sous-sol marin et la colonne d’eau du Golfe sont gérés différemment, nous tenons à souligner que la Loi canadienne sur les évaluations environnementales, la Loi sur les océans, la Loi sur les pêches et la Loi sur les espèces en péril doivent être respectées. Le point commun entre tous ces règlements d’envergure, c’est qu’ils s’appliquent au golfe Saint-Laurent comme unité géographique, dans laquelle circule un seul fluide où les stocks de poissons se déplacent naturellement et sont partagés entre les communautés riveraines.

En tant que Ministres représentants l’Office national de l’énergie, la Loi canadienne sur les évaluations environnementales, et la Loi sur les pêches, nous vous demandons de remplir vos responsabilités de ministres et d’évaluer les impacts réels de chacune des phases d’implantation de l’industrie pétrolière sur les pêches commerciales pour l’ensemble du Golfe Saint-Laurent.

À défaut de soumettre en toute objectivité et sous l’œil aguerri de la science qui conclurait que le forage en mer ne pose pas un véritable risque envers notre écosystème et nos ressources renouvelables, nous vous demandons de suspendre toute activité d’exploration pétrolière, incluant les relevés sismiques, dans le Golfe Saint-Laurent.

Veuillez agréer, Messieurs les Ministres, l’expression de nos sentiments distingués.

Développement pétrolier : le golfe se mobilise

Un regroupement de pêcheurs et des communautés du golfe Saint-Laurent interpellent trois ministres conservateurs sur un possible déversement pétrolier dans le golfe.

Source : Radio Canada

Dans une lettre adressée à la ministre des Pêches Gail Shea, au ministre des Ressources naturelles, Greg Rickford et à la ministre de l'Environnement Leona Aglukkaq, des représentants de l'industrie de la pêche du golfe Saint-Laurent affirment qu'ils s'opposent à ce développement pétrolier, tant qu'il n'y aura pas eu de réelle évaluation de ses impacts sur leurs activités de pêche.

Les auteurs de la lettre exigent que le projet Old Harry soit soumis à une commission d'examen.

Enjeux importants pour l'industrie de la pêche

Le porte-parole sur les hydrocarbures de l'Association des capitaines propriétaires de la Gaspésie, Réginald Cotton, estime que ce regroupement s'imposait. « S'il y a une seule voix, peut-être que quelqu'un va nous écouter », lance M. Cotton.

Ce dernier souligne qu'actuellement les connaissances ne permettent pas une exploitation sécuritaire pour l'industrie de la pêche. « Il a été démontré clairement qu'un déversement à Old Harry aura des conséquences jusqu'au Saguenay », souligne le pêcheur qui fait valoir que peu de travaux ont été réalisés sur les conséquences d'un déversement en hiver.

« On n'est pas dans l'Atlantique, poursuit M. Cotton, le golfe est un petit milieu fermé. »

Le porte-parole québécois du regroupement croit que le gouvernement n'est pas conscient des enjeux. Pêcheur de poisson de fond, Réginald Cotton rappelle qu'Ottawa a dû débourser aux pêcheurs entre 3 et 4 milliards de dédommagements lors de l'imposition du moratoire sur la morue. « Là, ça touche tout le monde », relève-t-il.

M. Cotton ne pense pas que les pétrolières, comme Corridor Resources qui possède des droits d'exploration dans le golfe, soient en mesure de dédommager tous les gens touchés en cas de désastre.

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Le 22 Juillet 2015

Bancs de Terre-Neuve : L'Hermione et le K8 à quelques encablures de Saint-Pierre-et-Miquelon

Attention pas plus de 15 morues par embarcation !!!


Sous des conditions de voile plutôt agitées


Pourtant c'est moment de sortir les lignes à morue sur les fameux bancs de Terre-Neuve

La pêche récréative commence à Terre-Neuve



Le début de la saison de pêche récréative, un moment fort attendu à Terre-Neuve, est arrivé.

Source : Radio Canada (le 19 juillet 2015) de Philippe Grenier

Jusqu'au 9 août, chaque pêcheur peut rapporter cinq poissons par jour. Le maximum pour chaque embarcation est de 15 poissons, afin de protéger les stocks de morue.

La prudence est de mise lorsque les vents sont très forts et les conditions météorologiques peu clémentes.

Les vents ont causé des problèmes aux pêcheurs, certains jugeant la mer trop dangereuse, et voilà que le mauvais temps vient aussi se mettre de la partie. De la pluie est prévue pour les trois prochains jours.

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada a tenu aussi à avertir les pêcheurs de choisir le bon moment pour sortir en mer. L'an dernier, un homme est mort lorsque le vent a fait chavirer son bateau dans les eaux de la baie de Conception, près de la capitale.

Il y aura une deuxième saison de pêche récréative du 19 au 27 septembre.

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Le 16 Juillet 2015

USA. La Nouvelle-Angleterre au coeur de l'industrie du poisson nord-américaine

New England, une très grande région de pêche...


Sur la côte nord-est des USA, la région de New England (en français Nouvelle-Angleterre) regroupe six États : Maine, Massachusetts, New Hampshire, (Vermont), Rhode Island et Connecticut. La pêche reste l'un des points forts de l'économie de cette région. 

C’est une très grande zone de pêche avec 18 % de la valeur américaine. La Nouvelle-Angleterre se classe au 3e rang en volume (derrière l’Alaska et le Golfe de Mexique) et au 2e rang en valeur (derrière l’Alaska) : 150 000 tonnes pour plus d’1 milliard US$ chaque année.

Dans le Massachusetts, New Bedford reste le premier port de pêche des États-Unis (en valeur) : environ 400 millions US$ pour 70 000 tonnes de débarquement... Les deux produits phares de la région : pétoncle géant et homard...

En plus des pêcheurs et des navires, la Nouvelle-Angleterre dispose d'une industrie côtière importante qui inclut des transformateurs primaires et secondaires et des entreprises de commercialisation, de vente et de distribution. Cette industrie fournit des milliers de restaurants, de supermarchés et de poissonneries dans l'ensemble des États-Unis en poisson frais et emploie des travailleurs qualifiés et arrivant sur le marché du travail.

Les ports de pêche de Gloucester et de New Bedford au Massachusetts, de Point Judith au Rhode Island, et de Portland au Maine se sont classés année après année parmi les 20 plus importants ports des États-Unis. Selon le National Marine Fisheries Service, le port de New Bedford se classe actuellement premier au chapitre des ports de poissons et de fruits de mer, en termes de valeur, produisant 146,4 millions de livres de poissons et de fruits de mer chaque année, estimé à 241,3 millions de dollars américains.

Tous les ans, la ville de Boston (Nouvelle-Angleterre) accueille le plus grand salon des produits de la mer de toute l'Amérique du Nord : Seafood Expo North America (ex International Boston Seafood Show)

Il y a plus de 430 entreprises du poisson et des fruits de mer et 170 industries de transformation du poisson et des fruits de mer en Nouvelle-Angleterre dont le total des ventes annuelles combinées s'élève à 5,2 et à 2,9 milliards de dollars américains, respectivement. L'industrie du poisson et des fruits de mer (entreprises et transformateurs) emploie près de 20000 personnes et fournit plus de 600 millions de dollars américains en salaires annuels.

La Nouvelle-Angleterre est la porte d'entrée du poisson et des fruits de mer vers les États-Unis... Le Canada est le principal fournisseur de poissons et de fruits de mer aux États-Unis en termes de valeur, et le troisième en termes de volume, derrière la Chine et la Thaïlande, avec Boston et le Maine étant les principaux ports d'entrée des importations canadiennes de poissons et de fruits de mer. Si le Canada est le principal fournisseur de homard et de crabe aux États-Unis avec des exportations d'une valeur d'environ 1 milliard de dollars canadiens en 2008, il est aussi un fournisseur important de crevette nordique, de saumon, de flétan, de plie, de sole et de pétoncles.

La Nouvelle-Angleterre est la porte d'entrée du poisson et des fruits de mer vers les États-Unis. Environ 60 % des produits canadiens importés entrent sur le marché américain par la Nouvelle-Angleterre. Le Massachusetts et le Maine sont les deux principaux ports d'entrée des importations canadiennes de poissons et de fruits de mer. En 2008, les exportations de poissons et de fruits de mer du Canada vers la NouvelleAngleterre équivalaient à 1,07milliard de dollars canadiens. Les exportations mondiales de poissons et de fruits de mer du Canada étant évaluées à 3,4 milliards de dollars canadiens. La Nouvelle-Angleterre représente 30 % de la valeur totale de celles-­ci.

Les défis rencontrés aux États-Unis, en général, et dans la région de la NouvelleAngleterre, en particulier, sont nombreux. De plus, les entreprises canadiennes doivent relever leurs propres obstacles uniques pour accéder au marché.

Aux États-Unis, les marges de profit déclinent dans la restauration, et les profits des transformateurs et des distributeurs rétrécissent. Dans un sondage mené récemment, les marges de profit moyennes pour les distributeurs de poissons et de fruits de mer aux États-Unis étaient de 13,9 %, une baisse par rapport à 19,9 % en 2006. Les producteurs continuent à blâmer les forts coûts énergétiques comme la cause des hausses des frais de transport et des coûts de production.

La consommation par habitant de poisson aux États-Unis était de 16,0 livres en 2008, une baisse de 0,5 livre par rapport à 2006. Au cours du ralentissement économique actuel, les consommateurs privilégient des poissons et des fruits de mer moins chers. Cette tendance s'associe à une concurrence accrue des producteurs asiatiques. Dans le climat économique actuel, les acheteurs pourraient trouver très difficile le fait d'accepter des poissons et des fruits de mer au coût plus élevé, et de prendre en charge une partie de ceux-ci.

L'industrie des poissons et fruits de mer doit aussi faire face à des facteurs qui ne sont pas liés au marché et qui font grimper les coûts alors que les marges de profit sont déjà très serrées. Des contrôles de sécurité et de bioterrorisme plus étroits ajoutent aux coûts des importateurs alors que les exigences américaines de mention du pays d'origine sur l'étiquette pourraient constituer une dépense ajoutée encore plus grande.

La demande de certification (écoétiquetage) doit être reconnue, acceptée et mise en œuvre afin de constituer un facteur sur le marché. De plus, il y aune tendance croissante chez les détaillants et les restaurants à mettre enœuvre leurs propres programmes de développement durable. Par exemple, les entreprises de la NouvelleAngleterre comme Ahold USA, Darden Restaurants et Gorton's Inc. ont établi des partenariats avec le New England Aquarium pour élaborer et mettre en œuvre des programmes d'achat de poissons et de fruits de mer durables.

d’après : Agro-alimentaire Canada : Profil du secteur du poisson et des fruits de mer – Nouvelle-Angleterre, États-Unis

Informations complémentaires d'Agro-alimentaire Canada : Vue d'ensemble de l'Amérique du Nord : Le commerce du poisson et des fruits de mer 

Au pays de la liberté, l'argent est roi

Privatisation de la pêche par le « système de partage des prises » (Catch shares)

Illustration tirée du portail de l'agence NOAA : Economic performance of U.S. catch share programs

Il n’y a pas que des plages et des ports privatisés aux Etats-Unis...

Sur les traces de L'Hermione, l’équipage du Lycée maritime de La Rochelle à bord du voilier K8 arrive au terme de son Grand Voyage... Au pays de la liberté, les lycéens sont enthousiastes mais aussi étonnés... Deux remarques rapportées sur le Blog du LEMA et L'Hermione au cours du périple sur les côtes étatsuniennes :  

« Nous profitons de la journée d’avance et du mouillage pour nous rafraîchir en nous baignant. Dommage que toute la côte soit privatisée et que nous n’ayons accès qu’à un petit lambeau de plage. » (Chesapeake Bay)

« Newport, sa campagne, ses manoirs magnifiques (mansions) et ses splendides bateaux. Il est à regretter que presque tout le port soit privé et les pontons interdits d’accès aux visiteurs... »

... Les ressources en poisson ont aussi fait l’objet d’une privation sous la poussée du lobby environnemental...

« Il y a de plus en plus d'efforts de lobby (et tout particulièrement de l'Onge EDF Environnemental Defense Fund et de la Fondation PEW NDLR) pour que les pêches fassent l'objet de davantage de restrictions. On a fait valoir que les pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre font face à de plus importants défis que ceux des autres régions du pays en raison de la reprise des stocks en Nouvelle-Angleterre et d'une plus grande diversité d'espèces.

Les organisations de pêche artisanale ont été soutenues par les associations de consommateurs, notamment Food and Water Watch, mais en vain ! Le gouvernement a privatisé la quasi totalité des ressources en poisson...

Dans l'ensemble, la flottille de pêche de la région diminue. Cela est dû à un certain nombre de facteurs ces dernières années qui compliquent la vie des pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre, y compris une forte réglementation du total autorisé des captures (TAC) de certaines espèces, le coût croissant du carburant et le nombre limité de jours de pêche permis. En 2010, le New England Fisheries Management Council a mis en œuvre un nouveau système de gestion des poissons de fond. Un grand nombre des membres de l'industrie de la pêche en Nouvelle-Angleterre ont formulé des préoccupations face au nouveau système de partage des prises, conçu pour faciliter la reprise des stocks de poissons et éliminer le système de « course à la pêche », qui force les plus petits pêcheurs à se retirer des affaires conduisant à davantage de consolidation dans l'industrie. » d’après : Agro-alimentaire Canada : Profil du secteur du poisson et des fruits de mer – Nouvelle-Angleterre, États-Unis

Trust et mise sous tutelle des pêcheurs artisans...


Faute de capacité financière, les pêcheurs artisans ne peuvent pas acquérir les parts de capture... Pour continuer leur activité, ils doivent alors s'en remettre à des organisations notamment environnementales qui possèdent des moyens pour collecter des fonds et acheter les droits de pêche. C'est le cas des pêcheurs de l'île de Marta's Vineyard dans l'Etat de Massachusetts avec "The Martha’s Vineyard Fishermen’s Preservation Trust"
 

Plenty of Fish in the Sea, But Red Tape Keeps Them There

Source : Vineyard Gazette par Alex Elvin - Thursday, July 2, 2015

Wes Brighton looked out the window of his 40-foot fishing boat the Martha Elizabeth — among the largest docked at Menemsha harbor on Monday evening — at the picturesque shacks and wooden piles lining the dock behind the fish markets.

“Every vacationer makes Menemsha at least one night on their two-week vacation,” he said, ticking off the benefits of commercial fishing to the Island.

A group of young fishermen farther down the dock chatted quietly about day-to-day business. To the north, a crowd of visitors on the beach grew as the sun neared the horizon.

“It’s a year-round job that doesn’t actually entail a direct relation to tourism and the building industry,” Mr. Brighton said. And while most of the locally-caught fish is exported, most fishermen live here year-round and their profits stay in the community.

Suite ici 

Can they save the fish? Environmentalists push back against bills

Washington – It’s been rough waters lately for conservationists trying to protect America’s most vulnerable fish stocks amid mounting evidence that many of the nation’s species are making a dramatic comeback.

Source : The Town Talk by Ledyard King, USA TODAY 2:13 p.m. CDT July 17, 2015

Lawmakers on Capitol Hill want to relax fishing restrictions. States want to wrest control of fishery management from federal authorities, especially red snapper in the Gulf of Mexico. Even the Obama administration, often an ally to environmentalists, is proposing changes critics say would weaken efforts to prevent overfishing.

“We think that the conservation requirements are working and more can — and should — be done to actually improve fishery management from a comprehensive point of view,” said Ted Morton, director of U.S. Oceans for the Pew Charitable Trusts. “It is disappointing to have to defend what is working from efforts to weaken and undermine it.”

Morton is referring to a recent wave of legislative and policy proposals pushed by fishing interests, notably recreational anglers economically stung by the tighter rules, that environmentalists say threaten to undo nearly a decade of success under the Magnuson-Stevens Fishery and Conservation Management Act.

First adopted in 1976 and last updated in 2006, the federal law spells out how regional fishery management councils should measure a stock’s health and the tools it can use, such as catch limits, to keep a species from being overfished.

Such steps have been credited with helping an overall rebound: in 2014, 37 stocks were considered overfished, an all-time low and down from 55 in 2002, according to the National Oceanic and Atmospheric Administration Fisheries division.

The commercial fishing industry generally supports the current law. But many recreational fishermen and charter boat captains say the momentum to slacken the regulations is long overdue following the sacrifices they’ve had to make under a regimen of catch limits and short seasons they concede has helped near-depleted stocks bounce back.

“Magnuson is working for the fish but it’s not working (for the) recreational sector,” said Jim Donofrio, executive director of the Recreational Fishing Alliance. “We said from day one during the 2006 reauthorization, It’s going to start with summer flounder, sea bass, amberjack, red snapper. It’s across the board. You name the fishery and we’re getting shortchanged.”

Suite Ici

Les derniers chiffres de la pêche étatsunienne publiés par NOAA :
Us commercial fisheries statistics

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Le 15 Juillet 2015

Le mystère mérou, après Arte sur dailymotion...


11/07/2015

Le mystère mérou

Le biologiste et plongeur Laurent Ballesta part en Polynésie française pour percer le mystère de la reproduction spectaculaire des mérous. Une mission scientifique doublée d'une plongée record de vingt-quatre heures !

Laurent Ballesta part en Polynésie française pour percer le mystère de la reproduction spectaculaire des mérous

Le biologiste et plongeur Laurent Ballesta part en Polynésie française pour percer le mystère de la reproduction spectaculaire des mérous. Une mission scientifique doublée d'une plongée record de vingt-quatre heures !

Réalisation : Gil Kebaïli

(France, 2014, 90mn) ARTE F

Télévision : ce soir, Arte vous invite à percer le mystère du mérou


bande annonce

Ce soir, on plonge dans "Le Mystère Mérou"

Source : Sud Ouest par Cathy Lafon

Après les mystères du cœlacanthe, le fabuleux poisson préhistorique, puis ceux du régalec, le mythique poisson roi des abysses, au tour du mérou : ce soir, Arte nous fait découvrir les secrets de la reproduction de cet étonnant poisson, dont la gueule peu avenante s'ouvre démesurément pour avaler sa proie. Durant l'été 2014, sur l’atoll polynésien de Fakarava, le biologiste marin, photographe et plongeur Laurent Ballesta, et les chercheurs du CNRS de Moorea, sont parvenus à observer le moment, unique au monde, du rassemblement de milliers de mérous.

Aventure scientifique

Une fois par an, obéissant à un mystérieux appel, près de 20.000 mérous font un long voyage pour se réunir dans une passe, un passage navigable entre deux terres, où ils se reproduiront tous en même temps, le jour de la pleine lune du mois de juillet, dans une chorégraphie aussi brève que spectaculaire. Curieusement, les mâles combattent violemment, alors que la reproduction se fera en groupe et que seul le hasard semble décider de ceux qui auront la chance d’avoir une descendance. Qui plus est, chaque nuit, des centaines de requins gris profitent de l’aubaine pour dévorer ces poissons... C’est là toute la question : pourquoi les mérous attendent-ils ce jour précis pour se rassembler  et prennent-ils autant de risques ? Pour y répondre,  Laurent Ballesta et son équipe (photo ci-dessus), avec le soutien des chercheurs du CNRS de Moorea, ont monté une nouvelle expédition scientifique, " Gombessa".

Record de plongée

Dans un décor de rêve, pendant quarante jours, les chercheurs de "Gombessa" ont plongé sans relâche et expérimenté de nombreuses méthodes pour étudier et témoigner de ce phénomène, dont la conception d’une carte en 3D des fonds marins.  Le film dévoile des images inédites exceptionnelles grâce notamment à l’utilisation de caméras spéciales qui ont permis d’obtenir des vidéos ultra-ralenties - jusqu’à 1000 images par seconde -  pour percer enfin le mystère des mérous. Pour Laurent Ballesta, l'expédition scientifique aura aussi été l'occasion de réaliser un vieux rêve, celui d’une plongée record non-stop de vingt-quatre heures.  Un challenge délicat, car passer 24  heures à plus de 20 mètres de profondeur devrait théoriquement engendrer 20  heures supplémentaires de remontée lente pour éviter l’accident de décompression. Une contrainte que l’équipe a eu l’audace de contourner en utilisant des changements radicaux des gaz respirés, très riches en Hélium et très pauvres en Oxygène. Ce protocole inédit a permis de réduire la décompression à seulement 2h20...

Première mondiale, cette plongée de 24 heures n'est pas seulement une performance sportive. Elle a permis d’observer le cycle de vie d’une journée complète de la vie sous-marine et contribué au dénouement spectaculaire du film. Quant au mérou, une autre question se pose, plus inquiétante: combien de temps le réchauffement climatique qui acidifie les océans et entraine la montée des eaux, notamment dans le Pacifique, lui permettra-t-il de continuer à se reproduire dans cet atoll polynésien ?

Cathy Lafon

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Le 12 Juillet 2015

Le homard des Îles: les identifiants, une idée novatrice à la croisée des chemins


NDLR: L’Acadie Nouvelle vous présente aujourd’hui un dossier sur la pêche au homard aux Îles-de-la-Madeleine. Comme l’a constaté notre journaliste Pascal Raiche-Nogue, cette industrie pesant lourd dans l’économie de l’archipel est à la croisée des chemins.

Source : Acadie Nouvelle

La pêche au homard aux Îles-de-la-Madeleine est dotée depuis peu d’un système novateur d’identifiants, qui améliore la traçabilité des produits. Mais l’avenir de cette avancée est plus incertain que jamais, deux ans après sa mise en oeuvre.

Si les Îles-de-la-Madeleine sont de plus en plus connues pour leur industrie touristique, elles dépendent aussi d’une autre industrie majeure; la pêche au homard.

En plus des 325 propriétaires de permis et de leurs assistants, le homard fait vivre de nombreuses personnes dans des entreprises du secteur liées à l’achat, à la préparation et au transport des produits.

La pêche des Îles a beau se dérouler près du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard, elle demeure singulière. On y retrouve notamment un mécanisme d’établissement du prix plancher et un système d’identification des homards.

En gros, ce système géré par l’Office des pêcheurs de homards des Îles-de-la-Madeleine est centré sur une étiquette attachée au crustacé grâce à un élastique immobilisant l’une de ses pinces. Sur un côté de l’étiquette, on retrouve le logo de la campagne Aliments du Québec, avec sa fleur de lys. De l’autre se trouve le logo confirmant que le produit est certifié écoresponsable par le Marine Stewardship Council (MSC).

Une mise sur pied laborieuse

Après la fin d’un projet pilote, le programme d’identification a pris son envol en 2014. Le projet avait alors un budget de 500 000 $ afin de payer les étiquettes, la certification MSC (obtenue par l’Office en 2013, un an avant des pêcheries du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse) et une campagne de marketing.

L’année dernière la plupart des fonds provenaient d’un prélèvement obligatoire de 7 cents la livre sur le prix versé aux pêcheurs par les acheteurs.

La mise en œuvre a été difficile; le programme a été jugé trop coûteux par certains pêcheurs. Seulement 80 des 325 d’entre eux ont choisi de placer les identifiants sur leurs homards.

À lire aussi: La pêche, le quotidien pour bien des Madelinots [vidéo]

Les six acheteurs de homard de la province ont refusé de verser les centaines de milliers de dollars prélevés à l’Office des pêcheurs, notamment parce qu’ils argumentaient que leurs acheteurs américains n’en voulaient pas. Ils espéraient que le gouvernement provincial s’engagerait à payer tous les coûts de ce programme, ce qui ne s’est pas concrétisé.

L’affaire s’est retrouvée devant la Régie des marchés alimentaires et agricoles du Québec, qui a tranché en faveur de l’Office des pêcheurs.

«On a frappé un mur»

Léonard Poirier est le directeur de l’Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine. – Acadie Nouvelle: Pascal Raiche-Nogue

Dans la foulée de ces problèmes majeurs, des changements ont été apportés au programme d’identification en prévision de la saison 2015. Seuls les homards vivants destinés au marché québécois sont désormais visés. Le budget du programme a diminué de plus de la moitié pour se chiffrer à 225 000 $, tandis que le prélèvement est passé à 2,5 cents par livre.

En juin 2015, les acheteurs ont eu gain de cause devant la Régie des marchés alimentaires et agricoles; la participation financière au programme n’est plus obligatoire. Seuls les pêcheurs et les acheteurs intéressés mettent l’épaule à la roue.

En interview, le directeur de l’Office des pêcheurs de homard, Léonard Poirier, ne cache pas que le programme d’identification des homards ne pète pas le feu, même s’il affirme que 30 % des pêcheurs y participent.

«Le problème, c’est que ce n’était pas si mal que ça ici, on était rendu assez loin. Mais on a frappé un mur.»

La situation le désole, puisqu’il est convaincu que le programme est efficace et que l’identification des homards aide toute l’industrie, pas seulement les acheteurs qui envoient leurs produits aux Québec.

«Le jour où les pêcheurs vont bien comprendre que le fait de ne pas mettre de “tag” fait en sorte que tu peux alimenter le marché avec n’importe quoi…Ne pas identifier les homards, ça ne protège pas notre marché.»

Comme son financement est désormais assuré sur une base volontaire, l’avenir du programme est plus incertain que jamais.

«Cet automne, c’est certain qu’il va y avoir des discussions. Les pêcheurs vont devoir finalement se prononcer et prendre leurs responsabilités face à ce programme-là en entier. Nous, on est allé le plus loin qu’on a pu. On est allé chercher le programme, on l’a monté, on l’a défendu», dit Léonard Poirier.

Chaque chose en son temps

L’une des entreprises qui se sont battues pour que le programme d’identification des homards soit volontaire est la Coopérative des pêcheurs de Cap Dauphin. Il s’agit d’un regroupement de 85 pêcheurs-propriétaires qui achète et exporte les homards de ses membres.

Sa directrice générale, Ruth Taker, explique que la Coop qu’elle dirige exporte moins d’un pour cent de ses produits au Québec. Ses clients d’ailleurs au pays et des États-Unis ne veulent rien savoir des étiquettes, assure-t-elle.

«On doit aller où se trouve l’argent et on ne peut pas mettre les identifiants lorsqu’on envoie du homard aux États-Unis. Ils ne les veulent pas. Et le problème, c’est qu’on demande davantage pour du homard identifié et ils (les clients) doivent embaucher des gens pour enlever ces identifiants par la suite.»

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De meilleurs prix pour les pêcheurs de homard madelinots

La saison de pêche au homard prend fin jeudi en Gaspésie alors qu'aux Îles-de-la-Madeleine, elle se terminera dans une semaine. Selon les données, les pêcheurs madelinots ont touché de meilleurs prix dès le milieu de la saison avec 5,82 dollars la livre alors que les pêcheurs gaspésiens n'ont reçu que 5 dollars.

Source : Radio Canada

Des ventes accrues aux États-Unis, le taux de change favorable et une promotion bien orchestrée ont permis aux Madelinots d'obtenir de bons prix.

« Le taux de change a monté à 1,26 dollars la semaine dernière. On est payés en argent américain et quand c'est transformé en argent canadien, ça fait pas mal plus. C'est un gros facteur. Et en plus, on a fait de la promotion. »
— Le directeur général de l'Association québécoise de l'industrie de la pêche, Jean-Paul Gagné

Un plan conjoint pour réduire les écarts

En fin de saison, le prix du homard a grimpé à 7 dollars la livre pour les Gaspésiens, avec les fluctuations des marchés. Mais, comme les Madelinots ont touché le même prix pendant la même période, l'écart enregistré en cours de route entre les deux groupes n'a pu être rattrapé, selon le Regroupement des pêcheurs professionnels du Sud de la Gaspésie.

Les pêcheurs et propriétaires d'usines madelinots se sont entendus sur un plan conjoint, une méthode qui permet d'ajuster les prix selon les marchés. En Gaspésie, cette méthode aurait pu sauver la mise pour les pêcheurs parce qu'elle aurait facilité les négociations avec les usines. L'idée va peut-être faire son chemin. Le directeur du Regroupement, O'Neil Cloutier, est prêt à relancer le projet rejeté en 1992.

« Si c'est la volonté du conseil d'administration d'aller devant les pêcheurs avec un plan conjoint, je vais y aller, mais je vais m'assurer tout d'abord que c'est pratiquement gagné parce que c'est beaucoup de travail. »

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Le 11 Juillet 2015

Ostréiculture, agriculture, textile, bâtiment...

Economie. Au Japon, le pire stage du monde



The Worst Internship Ever: Japan’s Labor Pains

VICE News

Le Japon doit faire face à une pénurie de main-d’œuvre, notamment dûe au vieillissement de sa population. Pour y pallier, le gouvernement a mis en place un programme de formations et de stages pour attirer les travailleurs étrangers en provenance de Chine, du Vietnam ou des Philippines.

Vice News s’est rendu au Japon pour enquêter sur ce programme. Les “stagiaires” peuvent rester jusqu’à trois ans dans le pays, travaillent sans vraiment apprendre de nouvelles techniques – comme le promet pourtant le gouvernement – et sont payés un salaire de misère. Voici le “pire stage du monde”.

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Le 10 Juillet 2015

Les océans sous menace climatique

Infographie Gattuso : exemples de risques d'impacts sur la pêche et sur les régions océanographiques

Le 3 juillet 2015, la revue Science a publié un article "Contrasting futures for ocean and society from different anthropogenic CO2 emissions scenarios" signé de 22 océanographes qui sonne comme une contribution à la COP-21.

Les auteurs tirent quatre messages de cette étude. (1) L’océan est un acteur-clé du changement climatique, et l’avenir de l’Humanité dépend de celui de l’océan. (2) Les impacts des émissions de CO2 dans l’atmosphère sur l’océan, sur ses êtres vivants, sur ses écosystèmes et sur les activités humaines qui en dépendent sont déjà détectables, et à diverses latitudes. De nombreuses régions auront à faire face à des risques impacts élevés bien avant 2100, même dans le cas d’une trajectoire d’émission bas carbone. (3) Des efforts immédiats de réduction des émissions de CO2 sont donc plus que jamais indispensables pour prévenir le risque de modifications brutales et irréversibles des écosystèmes marins et les services qu’ils nous fournissent. (4) Parmi les solutions permettant de faire face à ces risques, les options de protection, adaptation et de réparation deviennent moins nombreuses et moins efficaces au fur et à mesure que la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmentera. (d'après Iddri)

Les océanographes y font une présentation très synthétique des conséquences sur les écosystèmes marins et les services qu'ils rendent aux hommes de deux scénarios de réchauffement. Celui où la restriction des émissions de gaz à effet de serre a permis de limiter à 2°C l'élévation de température. Et celui où la trajectoire des émissions a suivi la pente actuelle. (pour voir le graphique en meilleure résolution, cliquer ici).

Source : Libération par Sylvestre Huet

Résultat, m'explique le premier auteur, Jean-Pierre Gattuso (Cnrs, Villefranche sur mer) : «le scénario sans restriction des émissions aboutit à des risques si importants pour les écosystèmes et les services qu’ils rendent - pêche, aquaculture, protection des rivages, absorption du carbone de l’atmosphère... - que les mécanismes d’adaptation ou de protection ne sont plus efficaces».

Fondé sur une large revue de la littérature scientifique, l'article montre que le réchauffement des eaux a déjà déclenché des migrations "de 400 km par décennies". Des migrations qui vont s'amplifier et bousculer les écosystèmes marins, permettant parfois des augmentations de ressources, au nord de l'hémisphère nord, mais le plus souvent des risques d’appauvrissement, notamment dans les zones côtières tropicales décisives pour la pêche de subsistance. Parmi les causes : la vulnérabilité des récif coralliens tropicaux à la montée des températures.


L'acidification des océans, inéluctable avec la montée de la teneur en CO2 de l'atmosphère va mettre en péril certaines espèces planctoniques en réduisant leur capacité à fabriquer leur coquille ou squelette. Des zones où la teneur en oxygène va chuter vont s'étendre... L'article examine en détail tous les aspects de la vie marine en tant qu'ils concourent à l'économie, y compris le tourisme. Avec une conclusion franche : aller au delà de 2°C de réchauffement déclenche des processus risquant d'aller au delà des capacité d'adaptation des sociétés.

L'article de Science (en anglais) est  ici en pdf.

Par Sylvestre Huet, le 3 juillet 2015


COP 21 - Oceans 2015 Initiative : des chercheurs analysent le futur des océans



[Figure : Modifications physiques et chimiques de l'océan et impact sur les organismes et les services écosystémiques selon deux scénarios : atténuation élevée (RCP2.6) et business-as-usual (RCP8.5). Les changements de température (∆T) et de pH (acidité ; ∆pH) en 2090-2099 sont exprimés par rapport à la période pré-industrielle (1870-1899). L'augmentation du niveau de la mer (SLR) en 2100 est exprimée par rapport à 1901. RCP2.6 est beaucoup plus favorable à l'océan même si plusieurs écosystèmes, biens et services restent très vulnérables. Ce scénario fournit également des options de gestion plus efficaces. h, l, m : latitudes hautes, moyennes et basses.]

L’océan tempère le réchauffement global du climat au prix d’une altération profonde de son fonctionnement physique et chimique, de ses écosystèmes et des services qu’ils fournissent à l’humanité. Regroupés sous le nom « Oceans 2015 Initiative», une vingtaine de chercheurs du monde entier, notamment du CNRS, de l’Iddri et de l’UPMC, publient dans Science une étude qui évalue et compare, pour deux scénarios contrastés d’émissions de CO2, les risques d’impacts sur les écosystèmes marins et côtiers et les services éco-systémiques rendus par les Océans d’ici à 2100.

Source :  CNRS via techniques-ingénieur

Avec cette analyse du futur des océans, les chercheurs souhaitent alerter les décideurs qui se retrouveront en fin d’année à Paris pour la COP21. Jean-Pierre Gattuso, premier auteur de l’article, rappelle que « les mers et océans n’ont pas été jusque-là considéré à leur juste valeur dans les négociations climatiques. Notre étude avance des arguments incontestables pour que cela change dès la COP21 ».

Depuis le début des années 1970, l'océan a absorbé plus de 90 % de l’excès de chaleur liée à l’augmentation de l’effet de serre, limitant ainsi la température de l’air mais en réchauffant l’eau et augmentant le niveau de la mer. Il a également absorbé plus du quart des émissions de CO2 d’origine anthropique depuis 1750, ce qui acidifie l’eau de mer. Enfin, l’océan reçoit la totalité de l’eau libérée par la fonte des glaciers et des calottes polaires, ce qui contribue à l’élévation du niveau de la mer.

D’un risque modéré à un risque très élevé

Les chercheurs montrent que même le scénario à faible émissions, qui correspond à l’objectif de +2°C en 2100 fixé par l’accord de Copenhague, comporte des risques de dommages majeurs, notamment sur les coraux tropicaux et les bivalves des latitudes moyennes. Le risque d’impacts sur d’autres organismes et écosystèmes restera modéré dans le cas d’un tel scénario. En revanche, des scénarios plus émetteurs de CO2 – par exemple si la trajectoire actuelle des émissions est poursuivie – aggraveront considérablement la situation : presque tous les organismes étudiés par l’initiative Océans 2015 (coraux, ptéropodes, poissons, krill, par ex.) auront à faire face à des risques de dommages très élevés, tel que des mortalités massives et d'importants déplacements d'espèces. De même, les services rendus par les écosystèmes marins et côtiers, la protection des côtes par les mangroves ou les récifs coralliens, par exemple, l’aquaculture, le tourisme ou la pêche, auront à faire face à des risques élevés à très élevés d’ici à 2100. On s’attend par exemple à des contraintes fortes sur les pêches tropicales dès la moitié de ce siècle, même dans le cas d’un scénario à faible émissions de CO2. Cette étude montre également que plus l’océan se réchauffera et s’acidifiera, plus la gamme des solutions possibles (atténuer, protéger, réparer, adapter) se réduira. Comment, par exemple, accroître la résilience de récifs coralliens s’il ne subsiste pas de récifs en bonne santé ? Certaines options sont aussi antagonistes. Par exemple, si la gestion du rayonnement solaire est mise en œuvre pour limiter l’augmentation de la température, elle aurait l’effet pervers de réduire les incitations à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, ne réglant donc pas le problème de l'acidification de l’océan. « Au regard de l’étendue des changements attendus, aucun pays n’est à l’abri, ce qui fait de cette question un enjeu mondial, au-delà des classiques divisions Nord/Sud », explique Alexandre Magnan, chercheur à l’Iddri et co-auteur de l’article.

Pousser à un accord durant la COP21 qui prendra en compte l’océan

Les auteurs tirent quatre messages de cette étude. L’océan est un acteur-clé du changement climatique, et l’avenir de l’Humanité dépend de celui de l’océan. Les impacts des émissions de CO2 dans l’atmosphère sur l’océan, sur ses êtres vivants, sur ses écosystèmes et sur les activités humaines qui en dépendent sont déjà détectables, à diverses latitudes. De nombreuses régions auront à faire face à des risques impacts élevés bien avant 2100, même dans le cas d’une trajectoire d’émission bas carbone. Des efforts immédiats de réduction des émissions de CO2 sont donc plus que jamais indispensables pour prévenir le risque de modifications brutales et irréversibles des écosystèmes marins et les services qu’ils nous fournissent. Parmi les solutions permettant de faire face à ces risques, les options de protection, adaptation et de réparation deviennent moins nombreuses et moins efficaces au fur et à mesure que la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmentera.

Au regard des futurs possibles mis en lumière dans cet article, les perspectives d’impacts sur l’océan apportent des arguments supplémentaires en faveur d’une diminution rapide, rigoureuse et ambitieuse des émissions de CO2. Un accord global sur le climat qui ne minimiserait pas les impacts sur l’océan serait incomplet et inadéquat.

À propos de l’Initiative Océans 2015 :

L’Initiative Océans 2015 a pour objectif de fournir aux négociateurs de COP21 des informations clés sur le futur des océans. Elle regroupe une vingtaine d’auteurs issus de laboratoires du monde entier, préoccupés par le futur de l’océan. Cette initiative est coordonnée par le CNRS, l’UPMC et l’Iddri. Elle est soutenue par la Fondation Prince Albert II de Monaco, le Centre de coordination international sur l’acidification des océans de l’Agence Internationale de l’énergie atomique, la Fondation BNP Paribas, et l’Association Monégasque pour l'acidification des océans.

« L’océan n’est pas assez pris en compte dans les négociations climatiques »



Il est minuit moins une pour les océans. Un groupe de chercheurs vient de publier les résultats d'une étude comparant deux scénarios de réchauffement de la planète. Ils lancent un cri d'alerte à l'attention des négociateurs de la COP21. Interview d'Alexandre Magnan, chercheur à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

Source : Terraeco

Pourquoi des scientifiques réunis au sein de l’Initiative Océan 2015 ont-ils décidé de se mobiliser ?

La question que nous nous posons est : comment avoir une influence sur ce qui va se dire à la COP21 en décembre prochain ? Le groupe de l’Initiative Océans 2015 réunit 22 scientifiques, dont la moitié fait partie du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Dans son cinquième rapport, celui-ci a, pour la première fois, consacré, dans le deuxième groupe de travail dédié aux impacts et aux adaptions, deux chapitres entiers à l’océan. Pourtant, celui-ci n’est pas assez pris en compte dans les négociations climatiques. Le principe de ces négociations, ce sont des pays qui négocient entre eux. Les pays discutent sur les forêts par exemple, car elles appartiennent toutes à des Etats. Mais une bonne partie de l’océan se situe en dehors de toute juridiction nationale. Qui négocie pour quelque chose qui n’appartient à personne ?

Pourquoi faut-il absolument que la question des océans soit prise en compte par les négociateurs ?

S’il y avait un seul milieu à prendre en considération sur la question des changements climatiques ce serait l’océan ! Il absorbe 90% de la chaleur accumulée et entre un quart et un tiers du CO2 émis dans l’atmosphère. Cela signifie clairement que si l’océan n’était pas là, on ne serait déjà plus là non plus. Le réchauffement serait bien plus important aujourd’hui. L’océan constitue un bien public mondial, qui ne peut pas être un objet de négociation en tant que tel. Par contre, que l’arène des négociations prenne conscience de l’importance des océans dans la régulation du climat, c’est décisif.

Que disent les résultats de vos analyses, récemment publiés dans la revue Science ?

Quelles sont les perspectives ?

S’il n’est pas trop tard, qu’attendez-vous des décideurs ?
......

Climat : Tout droit vers des permis à polluer


Parlement européen

Tout ce qu’il faut savoir sur la réforme du système d’échange de quotas d’émission de CO2

Le système d’échange de quotas d’émission de CO2 vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie.

Source : Parlement européen - 6 juillet 2015

Document de base législatif (22/01/2014) : Objectif : créer une réserve de stabilité du marché pour le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (SEQE) de l’Union européenne.

Fiche de procédure : Système d'échange de quotas d'émission de l'Union: création et fonctionnement d'une réserve de stabilité du marché

Le 7 juillet, les députés débattront en session plénière d'un accord informel avec les États membres concernant la réforme du système d’échange de quotas d’émissions de CO2 (SEQE). Un vote aura lieu le lendemain. Cette réforme devrait aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le changement climatique. En effet, la législation lutterait contre les déséquilibres de réserves et de demandes de permis d’émission qui entravent les incitations aux investissements verts.

Le système d’échange de quotas d’émission de CO2 vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie. Les centrales électriques et installations de production ainsi que les compagnies aériennes peuvent acheter ou vendre des permis de polluer dont le prix vise à les encourager à chercher des mesures d’économie d’énergie et de réduction des émissions.

Déséquilibres actuels

Ces permis de polluer sont actuellement peu chers car la demande a baissé en raison de la crise, alors que la production reste constante.

En 2013, il y avait un excédent d’environ deux milliards de quotas comparé aux émissions réelles. Cet excédent pourrait augmenter à 2,6 milliards d’ici à 2020.

Chaque permis d'émission donne à son propriétaire le droit d'émettre l'équivalant d'une tonne de CO2. Un surplus important réduit les incitations aux investissements verts et l’efficacité du SEQE dans la lutte contre le changement climatique.

Comment y remédier ?

En juillet 2013, le Parlement a voté l'autorisation de geler la mise aux enchères de certains quotas pour la période de 2014-2016 jusqu'à celle de 2019-2020. Cette proposition, surnommée « back-loading », n'était pourtant qu'une mesure temporaire.

Créer une réserve de stabilité du marché si le surplus dépasse un certain seuil permettrait de retirer les permis du marché et de les placer dans la réserve afin d’éviter les déséquilibres sur le marché. Si besoin, les permis peuvent être retirés de la réserve et replacés sur le marché.

L'accord informel obtenu entre le Parlement et le Conseil en mai envisage l'introduction d'une réserve de stabilité du marché en 2019, plutôt qu'en 2021 comme l'avait initialement proposée la Commission européenne.

Cet accord prévoit que les permis reportés ou non alloués d'ici à 2020 soient gardés dans la réserve, plutôt que d'être mis sur le marché.

Prix du CO2: le Parlement approuve la réserve de stabilité du SEQE

Une réforme du système européen de quotas d'émission (SEQE), conclue de manière informelle avec la présidence lettone du Conseil des ministres, a été adoptée par le Parlement ce mercredi. Elle vise à réduire le surplus de crédits carbone disponibles pour les échanges dans le but de soutenir le prix des droits d'émission. Le système sera opérationnel en 2019.

Source : Parlement européen − 08-07-2015 

La législation proposée créerait un système qui retire automatiquement du marché une partie des quotas SEQE et qui les place dans une réserve si le surplus dépasse un certain seuil. Dans le scénario opposé, les quotas pourraient être remis sur le marché. L'excédent de quotas d'émission, qui s'est constitué au sein du système depuis 2009, est estimé à plus de 2 milliards.

"La réserve de stabilité sera un outil efficace pour stabiliser le marché du carbone et ainsi sauvegarder le pilier de la politique climatique de l’UE. Cette réserve jouera un rôle central pour faire en sorte que le prix du carbone puisse stimuler l’innovation en matière d’efficacité énergétique. Elle place l’UE dans la bonne voie pour atteindre son objectif d’une réduction des émissions de CO2 de 40% d’ici 2030", a déclaré Ivo Belet (PPE, BE), en charge de la législation au Parlement. Le texte négocié avec le Conseil a été adopté par 495 voix contre 158 et 49 abstentions.

"Pour les industries énergivores (acier, produits chimiques, verre, etc.), réduire les émissions de CO2 est une tâche difficile qui requiert des investissements lourds. Nous devons fournir des garanties à ces entreprises afin qu’elles ne délocalisent pas leur production dans des pays tiers ayant des politiques moins strictes. Ce point sera un élément central de la prochaine réforme du SEQE, qui sera proposée par la Commission la semaine prochaine", a ajouté M. Belet.

Quotas reportés et non attribués

Conformément à l'accord proposé, les quotas déjà retirés par le biais de la législation dite "backloading" (900 millions de quotas retirés du marché, initialement à réintroduire à partir de 2019) seraient placés dans la réserve.

Les quotas restants non attribués à la fin de la phase d'échanges actuelle (2020) seraient également placés dans la réserve, moyennant une révision générale de la directive SEQE, qui sera présentée par la Commission européenne plus tard cette année.

Début du mécanisme en 2019

La réserve de stabilité du marché commencerait à être opérationnelle plus tôt que prévu au départ, à partir du 1er janvier 2019 au lieu de 2021 comme proposé par la Commission européenne.

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Le 9 Juillet 2015

En Alaska, le saumon sauvage est un pêcherie artisanale...



The Best4yOU

Alaska, les pêcheurs de l'extrême / RMC Découverte / Documentaire novembre 2014 HD 720p

Contrairement à la pêcherie de cabillaud ou de colin d'Alaska entre les mains de grandes sociétés industrielles parmi les plus grandes dans le monde (par exemple la société étatsunienne Trident seafood), le saumon sauvage du Pacifique fait vivre de nombreuses communautés de pêche artisanale notamment amérindiennes...

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Le 8 Juillet 2015

Homard contre Cognac et Yatch

Pêches : Ottawa souhaite un accord commercial avec l’Europe


Le gouvernement fédéral a annoncé dimanche son intention de conclure un accord commercial avec l’Union européenne (UE) concernant le poisson et les fruits de mer. Il espère ainsi accroître l’accès au plus important marché d’importation au monde pour ces produits.

Source : Acadie Nouvelle par Olivier Robichaud - 10 mars 2013

«Le Canada dispose ainsi d’une occasion historique d’obtenir un accès préférentiel à l’UE, laquelle constitue un marché de 500 millions de consommateurs en plus d’occuper le premier rang mondial des importateurs de poisson et de fruits de mer», affirme par voie de communiqué Gerald Keddy, secrétaire parlementaire du ministre du Commerce international.

Selon M. Keddy, l’Europe importe annuellement pour 25 milliards $ de produits de la pêche. Seulement 404 millions $ de ce total reviennent au Canada.

Les États-Unis demeurent le principal marché pour les pêcheurs canadiens, qui y vendent environ 62 % de leurs exportations, soit 2,6 milliards $.

L’Union européenne impose des droits de douane de 11 % sur le poisson et les fruits de mer du Canada. Ces droits peuvent s’élever à plus de 25 %.

M. Keddy est présentement en Nouvelle-Angleterre pour l’International Boston Seafood Show en compagnie du ministre des Pêches et des Océans, le Néo-Brunswickois Keith Ashfield. Il tente de promouvoir les avantages d’un accord commercial avec l’UE concernant les produits de la pêche.

Exportations en hausse

Les exportations canadiennes de poisson et de fruits de mer se portent bien. Le pays a exporté pour 4,14 milliards $ de cette ressource en 2012, une augmentation de 41 millions $ par rapport à l’année précédente.

Les États-Unis accaparent la majeure partie de ces exportations (62 %). La Chine et l’UE suivent avec environ 19 % chacune.

Le Nouveau-Brunswick se classe au premier rang des provinces exportatrices de poissons et de fruits de mer. En 2012, les pêcheurs néo-brunswickois ont exporté plus de 105 500 tonnes de produits de la mer pour une valeur de 967,2 millions $.

La Nouvelle-Écosse suit de près avec 111 300 tonnes de produits exportés pour une valeur de 915,4 millions $.

Au Nouveau-Brunswick, les trois espères dont les exportations ont généré le plus de valeur sont le homard (22 058 tonnes, soit une valeur de 475,4 millions $), le saumon de l’Atlantique d’élevage (35 620 tonnes; 210,8 millions $) et le crabe des neiges (8736 tonnes, 99,1 million $).

Il est à noter qu’à elle seule, la valeur des exportations de homard du N.-B. est plus grande que l’ensemble des exportations de fruits de mer du Québec et de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les principaux produits exportés par le Canada sont le homard, le crabe des neiges, le saumon de l’Atlantique et les crevettes. Ces produits représentent 61 % de la valeur des exportations canadiennes.

Le libre-échange en question

Isabelle Thomas, députée européenne

« Aujourd’hui, le grand sujet qui anime les débats au sein du Parlement européen reste celui des accords internationaux de libre-échange avec, en tête, le traité transatlantique.

Source : pdm-seafoodmag

Au sein du Parlement et avec la Commission, nous tentons de mettre en place des règles progressistes qui, malheureusement, à l’épreuve du commerce international, peuvent créer des déséquilibres. Nos exigences de civilisation concernant la qualité, la protection des ressources, des conditions de travail, etc. sont importantes, mais elles ont un coût pour la production et les transformateurs qui importent des produits de qualité.

La concurrence n’est pas soutenable s’ils se trouvent confrontés à des produits venus d’ailleurs qui ne respectent pas les mêmes règles et sur lesquels nul réajustement aux frontières ne serait imposé. Nous devons nous battre pour imaginer de nouvelles formes de régulations douanières. Ce combat, transformateurs et producteurs doivent le mener ensemble, sans quoi c’est l’idée même de l’Europe qui est en danger et les conséquences pourraient être funestes. »

Agroalimentaire / Nautisme / Numérique

L'Hermione peut être un label favorable à l’exportation de produits de Poitou-Charentes


Ces entrepreneurs de Poitou-Charentes qui surfent sur la vague "Hermione" aux Etats-Unis

Des chefs d’entreprises ont profité de la frégate et du voyage d'affaires la semaine dernière pour approcher le marché américain ou conforter leur activité outre-Atlantique

Source : Sud Ouest par Marie-Claude Aristégui Publié le 08/07/2015

François Asselin, dirigeant d'une entreprise dans les Deux-Sèvres spécialisée dans la restauration des monuments historiques et président national de la CGPME depuis peu, fait partie des 20 patrons qui étaient à New York avec l'Hermione. Pour eux, l'opération communication autour de la frégate a été une belle opportunité de développer du business avec les Américains. Plusieurs secteurs étaient représentés, en particulier l'agroalimentaire, avec des sociétés des Deux Sèvres et de la Vienne telles que Les jus de fruits des Jardins de L'Orbrie, les biscuits Les p'tits Amoureux... Il y avait aussi bien sûr quelques fleurons du nautisme, Fountaine Pajot et Dufour Yachts, ainsi que des pépites numériques (C2S, Studio NYX), voire industrielles à l'image de la start-up Ez-Wheel.

Un magnifique étendard

L'initiative vient de la Région. Son président, Jean-François Macaire, est persuadé que l'Hermione peut être un label favorable à l'exportation de produits de Poitou-Charentes. Une idée qui reste à concrétiser. Pour l'heure, on ne sait pas très bien comment. Il ne s'agit quand même pas de coller des étiquettes Hermione-La Fayette, sur les produits en question. L'impact serait faible de toute façon. Aux Etats-Unis, l'Hermione ne suscite pas un engouement extraordinaire, son aventure passionne surtout les historiens, les amateurs de voile ou les amoureux de la France.

François Asselin connaît bien les Etats-Unis. Il y a créé une filiale à Atlanta il y a 15 ans. De son point de vue, L'Hermione symbolise le savoir-faire français et en ce sens, cette image peut favoriser l'exportation dans d'autres domaines. "J'ai amené beaucoup d'Américains sur le chantier à Rochefort. On faisait des photos qui maintenant sont précieuses. L'Hermione peut être un facteur de développement économique. L'Hermione est un magnifique étendard", avance-t-il.

Mais, un marché américain difficile à séduire...

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Le 7 Juillet 2015

Le Dessous des cartes : L’arctique au cœur des préoccupations géopolitiques



Le Dessous des cartes
Arctique, la fin du sanctuaire

ARTEplus7


Le réchauffement climatique va-t-il placer l’Arctique au centre des préoccupations géopolitiques ? Pétrole, gaz, terres rares : la région attise de nombreuses convoitises. Quelles menaces planent sur le monde polaire ?

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Le 6 Juillet 2015

Seychelles : Valorisation des prises accessoires de la pêche thonière


Aspect positif de l'interdiction des rejets en mer

Optimiser la valeur ajoutée issue de l'économie bleue : un entrepreneur des Seychelles transforme les " prises accessoires indésirables " en produits d'exportation

Le poisson, notamment le thon listao sous-dimensionné n’est pas utilisé pour les conserves. Les bonites, dorades, marlins, carangues, requins soyeux, carangues arc-en-coureurs ainsi que les wahoos constituent environ 5% de la pêche des thoniers-senneurs.

Source : seychellesnewsagency par John Lablache, Sharon Uranie, et Severine Martin

Le port de Victoria, port principal de la capitale des Seychelles, archipel de 115 îles de l'océan Indien, est l'un des ports de pêche les plus achalandés en thon dans le monde. Chaque année, en moyenne, près de 200000 tonnes métriques de poissons sont débarquées et transbordées.

Selon l’Autorité de pêche des Seychelles, la pêche représente un revenu de 370 millions de US$ annuel dans l'économie des Seychelles.

Un bon pourcentage du thon pêché par les senneurs étrangers dans la zone économique exclusive des Seychelles (ZEE) et débarqué au port de Victoria est destiné à la seule usine de conserve de thon de la nation insulaire.

La compagnie de thon de l'océan Indien Ltd, qui est l'une des plus grandes conserveries de thon dans la région, emploie 2300 personnes et produit jusqu'à 1,5 million de boîtes de thon par jour pour les grandes marques européennes telles que John West et Petit Navire.

Néanmoins, parmi les poissons capturés par les thoniers dans la zone, il y a toujours une proportion d'espèces de poissons indésirables connue sous le nom de «prises accessoires».

Dans le but d’augmenter la valeur ajoutée et les perspectives de croissance, tout en réduisant le gaspillage, une entreprise appartenant à un Seychellois a trouvé le moyen de s’assurer que les prises accessoires des senneurs étrangers, pêchant dans la zone économique exclusive des Seychelles soient utilisées à bon escient.

Depuis mars de cette année, la compagnie « Amirante Fisheries» qui se situe dans la zone industrielle de Providence, à environ trois kilomètres au sud de Victoria, la capitale des Seychelles, a été la première entreprise dans l'archipel à cibler les prises accessoires dans le but de maximiser les rendements de "l’économie bleue".

Suite : seychellesnewsagency

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Le 3 Juillet 2015

Une tribu aborigène refuse 1 milliard de $ d’une compagnie pétrolière



L’information est pratiquement passée inaperçue des grands médias, elle est pourtant symbolique d’un combat mené par des minorités au nom de la planète entière. Au Canada, une petite communauté d’amérindiens a refusé un « pot de vin » (officiellement, un dédommagement) d’ 1 milliard de dollars qui aurait dû ouvrir la voie à la construction d’un port pour le transport du gaz naturel liquéfié.

Source : mrmondialisation

Avec la raréfaction des puits de pétrole, le secteur doit se diversifier dans des sources non-conventionnelles et repousser toujours plus les limites de l’exploitation des milieux naturels. Ceci implique notamment la construction de nouveaux ports industriels. C’est ainsi que le groupe pétrolier Malaysien Petronas avait l’ambition de construire un port spécialisé pour l’acheminement du gaz naturel liquéfié au Canada. Un sous-projet d’un plan d’exploitation plus large de 36 milliards de dollars canadiens lancé par le groupe Pacific NorthWest LNG.

Malheureusement leur projet va, au moins momentanément, prendre l’eau tout récemment avec la décision des Lax Kw’ alaams, une tribu amérindienne, de refuser la construction de ce port pétrolier adapté au gaz naturel. Par la même occasion, la tribu constituée de quelques 3600 membres fait une croix sur la bagatelle d’1 milliard de dollars. « Ce n’est pas une question d’argent. L’enjeu est environnemental et culturel. » exprime Garry Reece, porte parole du groupe, au New York Times.

Après six consultations publiques et débats, le conseil de la tribu va s’opposer au paiement et au projet. Ainsi, la communauté située en Colombie-Britannique à l’extrême Ouest du Canada, pose un acte écologique fort et courageux. En effet, les habitants craignent que le projet de Petronas puisse avoir un impact important sur les poissons et l’environnement, causant des dégradations irréversibles des « terres sacrées » qui appartiennent aux Lax Kw’ alaams. La plus grande inquiétude concerne la survie des jeunes saumons sauvages dont l’habitat naturel pourrait être détruit et est déjà malmené par d’autres sources de pollutions. Mais la compagnie pétrolière avance des études environnementales exprimant un avis contraire. L’agence environnementale canadienne n’a pas encore remis son avis. Dans une réflexion plus globale, c’est une opposition locale à un souhait de construire sans tarder une ère post-pétrolière à l’heure même d’une crise écologique sans pareille mesure.

Une petite bataille de gagnée mais certainement pas la victoire. La compagnie pétrolière annonce qu’elle continuera à évaluer la viabilité du projet pour répondre aux attentes des natifs amérindiens. De nouvelles « négociations » auront probablement lieu. Plusieurs batailles locales contre des projets similaires se déroulent au même moment au Canada, au Québec et dans le nord des États-Unis. À titre d’exemple, le projet Keystone XL, un pipeline géant devant transporter les sables bitumineux du Canada à travers les USA, est au point mort à ce jour. D’autres tribus aborigènes font opposition à cet autre projet de manière effective pour l’instant. Jusqu’à quand ces peuples vont-ils résister à « la marche du progrès » ? Le progrès ne serait-il pas désormais d’envisager de nouvelles énergies sans plus tarder?

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Le 1 Juillet 2015

Thaïlande: mise au pas des pêcheurs, de crainte de sanctions de l’UE

Motivée par l’espoir d’échapper à des sanctions de Bruxelles, la Thaïlande a lancé le passage en revue de tous ses bateaux de pêche, ce qui menace de paralyser depuis mercredi un secteur clef de l’économie.

Source : AFP/Libération

Thon, surimi, crevettes... Une partie des produits de la mer qui se retrouvent sur les tables des consommateurs européens, à l’autre bout de la chaîne, vient de Thaïlande, troisième producteur mondial.

Jusqu’ici peu de bateaux de pêche respectaient la réglementation. La Thaïlande a désormais mis en place un contrôle plutôt strict des bateaux, avec notamment des vérifications à l’entrée et à la sortie des ports.

Ce durcissement est dénoncé par les acteurs du secteur qui pointent du doigt la précipitation et les méthodes au forceps de la junte militaire au pouvoir depuis mai 2014.

Elle a mis en place «trop de règles, en trop peu de temps», se désespère, sous couvert de l’anonymat, le propriétaire d’un bateau de pêche rencontré à Samut Sakhon, le plus grand port de pêche de Thaïlande.

Aphisit Techanitisawad, représentant d’un importante association d’industriels, estime à 3.000 le nombre de bateaux n’ayant pas pu prendre la mer mercredi.

Selon les dernières données disponibles, la marine a répertorié au 25 juin près de 21.000 bateaux de pêche et plus de 7.000 non enregistrés.

«Environ 80% des pêcheurs reviennent à terre pour se consacrer aux procédures d’enregistrement», assure Aphisit à l’AFP, dans son usine de transformation de poisson de Samut Sakhon.

Une récente pénurie de poisson frais l’a obligé à arrêter temporairement de produire des bâtonnets de surimi à destination du marché français.

A la place, maquereaux et sardines congelés sont pour l’heure conditionnés, à destination de marchés voisins, vers la Birmanie et le Cambodge.

Parmi les pêcheurs n’ayant pas pu s’enregistrer à temps, la grogne s’exprime.

«Nous allons devoir continuer à payer les factures sans revenus», s’inquiète le même propriétaire de bateau de 59 ans, alors que s’activent autour de lui des travailleurs immigrés du Cambodge et de la Birmanie voisines, main d’oeuvre bon marché très souvent utilisée dans le secteur.

Plus généralement, ce sont tous les travailleurs immigrés qui doivent désormais avoir des titres de séjour.

Le ministère du Travail a annoncé mercredi que 80.000 travailleurs immigrés étaient désormais enregistrés dans le secteur de la pêche.

- Carton rouge ? -

Dans un contexte économique morose pour la Thaïlande, Bruxelles lui a décerné en avril un «carton jaune», procédure pouvant déboucher sur la fermeture du marché européen aux exportations thaïlandaises de produits de la pêche, en particulier thon et crevettes.

Celles-ci ont représenté quelque 642 millions d’euros en 2014. Le passage à un «carton rouge» serait catastrophique pour l’image du royaume même si l’impact économique serait limité puisque seulement 3 à 5% de ses produits de la mer sont exportés vers l’Europe.

Bruxelles a donné six mois à Bangkok, soit jusqu’à octobre en théorie, pour mettre en place «un plan d’action correctif».

D’où la hâte du régime à montrer sa mise au pas d’un secteur accusé de trafic d’êtres humains, d’esclavage, et de captures illégales.

Bruxelles a déjà fermé depuis mars 2014 son marché aux produits de pêche du Cambodge, de la Guinée et du Sri Lanka, dans le cadre de sa lutte contre la pêche illégale. La Corée du Sud et les Philippines avaient réussi quant à elles à éviter le carton rouge.

L’arme économique pourrait se révéler efficace pour obliger la Thaïlande à agir.

Mais la mise en place à la hâte de régulations ne permettra pas de combattre la pêche illégale sur le long terme, estiment certains analystes.

Car sans quota strict du nombre de bateaux autorisés à pêcher, il y a un «risque que soient régularisés plus de bateaux que les eaux thaïlandaises ne peuvent en supporter», alors même qu’elles sont déjà victimes de surpêche, met en garde Daniel Murphy, de l’ONG Environmental Justice Foundation.

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Suite Revue de presse : Mois de Juin 2015
 

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