lundi 18 mai 2015

Afrique du Nord. Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture...


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

Mois de Mai 2015

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Suite de la revue de presse : Mois de Juin 2015


Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture

La région du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord n'a pas réussi à réduire de moitié la prévalence de la faim avec l’échéance de 2015


Quinze des dix-neuf pays ont atteint l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) concernant la lutte contre la faim, mais les conflits et les crises prolongées dans d’autres pays ont entrainé une augmentation du taux de sous-alimentation

Source : FAO

La plupart des pays de l'Afrique du Nord et du Proche-Orient (NENA) ont réussi à tenir leur promesse internationale consistant à réduire la proportion de leur population souffrant de la faim. Pourtant, à cause des conflits et des crises prolongées en Irak, au Soudan, en Syrie, au Yémen, ainsi qu'en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, NENA est la seule région où la prévalence globale de la sous-alimentation a augmenté par rapport a son niveau d’il y a un quart de siècle.

Près de 33 millions de personnes dans la région NENA sont aujourd'hui chroniquement sous-alimentées ; c'est le double du nombre qui prévalait en 1990, a annoncé aujourd’hui l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations unies (FAO). Selon le premier rapport régional de la FAO sur l'insécurité alimentaire, la prévalence de la sous-alimentation dans la région a augmenté de 6,6 pour cent à 7,5 pour cent entre 1990 et aujourd’hui.

"La région NENA, dans son ensemble, a connu un revers dans sa lutte contre la faim. Les conflits et les crises prolongés sont les principaux moteurs de l'insécurité alimentaire dans la région", a déclaré Abdessalam Ould Ahmed, Sous-Directeur général et Représentant régional de la FAO pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord. "La région NENA présente actuellement le plus grand nombre et la plus haute intensité de conflits dans le monde. Au cours des quelques dernières années, 12 pays de la région ont connu au moins une forme d'instabilité, y compris les troubles civils, les guerres ou les crises prolongées ", a-t-il ajouté.

Les estimations récentes montrent qu’en raison de la crise syrienne 13,6 millions de personnes sont dans une situation critique nécessitant une assistance alimentaire et agricole permanente. Parmi ceux-ci 9,8 millions vivent en Syrie et 3,8 millions sont des réfugiés. De même, la crise prolongée au Yémen a exacerbé la situation d'insécurité alimentaire. De fait, la malnutrition frappe une personne sur quatre au Yémen on estime que la moitié des 24 millions de personnes qui constituent sa population avaient besoin d'une aide humanitaire au début de 2015. En Irak, la prévalence de la sous-alimentation, qui était de 8 pour cent seulement en 1990-1992, a augmenté à 23 pour cent en 2014-2016.

"La situation globale ne devrait pas occulter les progrès accomplis par la grande majorité des pays. Il faut féliciter les 15 pays de la région qui ont atteint la cible l’objectif du Millénaire pour le développement, visant réduire de moitié la proportion de la population souffrant de malnutrition, ou bien ont maintenu cette proportion à un niveau inférieur à 5 pour cent. Ces pays sont les suivants : l’Algérie, le Bahreïn, l’Egypte, l’Iran (République islamique d’), la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, l’Oman, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Tunisie et les Emirats arabes unis", a ajouté Ould Ahmed.

La performance a également été inégale dans la région NENA. Deux pays, l’État du Koweït et le Sultanat d'Oman - ont réalisé à la fois l'OMD relatif à la lutte contre la faim et l'objectif plus difficile du Sommet mondial de l'alimentation qui consiste à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées.

En général, la prévalence de la sous-alimentation a diminué de 23,4 pour cent à 12,9 pour cent dans les pays en développement, avec toutefois des des variations considérables. Ainsi, la sous-alimentation a enregistré une baisse rapide en Amérique latine, en Afrique de l'Ouest et dans une grande partie de l'Asie, mais des hausses dans les zones en difficulté comme l'Afrique centrale, ainsi que le révèle L'Etat d'Insécurité Alimentaire dans le monde 2015, publié la semaine dernière par la FAO, le Programme alimentaire mondial et le Fonds international pour l'agriculture.

Une stratégie globale et un engagement collectif à éradiquer la faim

Constantant que le nombre de personnes sous-alimentées étant "trop élevé", la FAO souligne la nécessité de renouveler l'engagement politique et de renforcer la coordination régionaux pour lutter contre la sous-alimentation.

Le Rapport régional a confirmé qu'il y a de l'espoir, que des progrès sur la voie de l'éradication de la faim étaient possibles et peuvent effectivement voir le jour, si la stabilité était assurée, les engagements politiques et régionaux honorés et une approche intégrée et coordonnée soutenue par des programmes concrets et des ressources était mise en œuvre. De fait, l'approvisionnement alimentaire moyen dans la région NENA - lorsque l’on compte les importations - a augmenté de 10 pour cent depuis 1990 en termes de calories et dépasse actuellement la moyenne mondiale.

"A mesure que l’on avance, au-delà des OMD, vers les objectifs du développement durable (ODD), il est crucial d’investir dans la gestion durables des ressources rares en eau et dans les systèmes de protection sociale, plus spécifiquement, dans les moyens de réduire la vulnérabilité, et ce, à travers des politiques et des programmes de protection sociale productifs, afin de faire face aux multiples menaces et risques qui pèsent sur la sécurité alimentaire et la nutrition et renforcer la résilience dans la région NENA", a déclaré Ould Ahmed.

Le rapport régional sur l'insécurité alimentaire fournit un aperçu sur les progrès enregistrés par la région NENA quant à la réalisation de l’OMD et de l’objectif du Sommet mondial de l'alimentation relatifs à la lutte contre la faim, utilisant les données de l'état d'insécurité alimentaire dans le monde 2015. Il met aussi en évidence un certain nombre de recommandations politiques pour faire face aux défis futurs, y compris le changement climatique dans une région marquée par la rareté des ressources en eau.


Le Rapport - Aperçu Régional de l’Insécurité Alimentaire au Proche-Orient et en Afrique du Nord


Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture

La production halieutique a considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies

Le secteur de la pêche détient un potentiel important pour la sécurité alimentaire et la nutrition dans la région NENA. La production totale des pêches de capture (marine et continentale) dans la région est passée de moins de 0,5 million de tonnes dans les années 1980 à presque 3,5 millions de tonnes récemment.

Les pêches de capture proviennent principalement de sources marines (Figure 10). La production aquacole qui était presque inexistante jusqu’aux  années 1980, a enregistré une augmentation spectaculaire depuis la fin des années 1990, atteignant environ 1,5 millions de tonnes en 2013 (Figure 11). En 2013, l’Égypte et l’Iran (République Islamique d’) ont représenté 75 % de la production totale de l’aquaculture. Comme le potentiel d’accroissement de l’offre de poisson provenant des pêches de capture marines et continentales est incertain, l’importance de l’aquaculture pour l’approvisionnement en poissons dans la région augmentera vraisemblablement de manière significative. Cependant, la disponibilité limitée en l’eau douce et saumâtre, ainsi que les considérations environnementales, poseront des limites à la production de l’aquaculture.

La région a une balance commerciale de poisson positive

Malgré l’importance des secteurs de la pêche, la consommation de produits de la pêche reste faible par rapport à la norme internationale. La consommation annuelle moyenne de poissons dans la région n’est que 10,3 kg en 2011 contre une moyenne mondiale de 18.9kg en 2011.

L’import et l’export de poisson de capture provenant des sources d’eau à la fois maritime et continentale n’a cessé de croître (Figure 12) au cours des 35 dernières années et reste un important contributeur aux revenus d’exportations de la région et par conséquent au produit intérieur brut (PIB). Il représente environ trois fois la valeur du commerce de la viande.

Libérer le potentiel de la « Croissance Bleue »

Il existe encore un fort potentiel pour un développement durable de la production halieutique dans la région NENA. Ceci exige d’optimiser la production de l’aquaculture et de réduire les pertes, tout en prenant en considération les dimensions environnementales et socio économiques. Exploiter le potentiel du secteur de la pêche demande une approche globale à long terme qui respecte la contribution socio-économique et environnementale des océans, des mers, des côtes et des eaux intérieures. Ceci implique de pouvoir concilier sécurité alimentaire, nutrition, emploi décent et conservation des ressources aquatiques pour les générations futures.

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Le 30 Mai 2015

Le marché lucratif des publications scientifiques

Papiers Dorés


de François Maginial

Un documentaire de Gabriel Benet et François Maginiot

Dans les laboratoires, les chercheurs produisent du savoir. Très concrètement, ce savoir prend la forme d'un papier, l’article scientifique.

Ces publications sont éditées par des organismes majoritairement privés qui proposent aux autres scientifiques d'y accéder contre des sommes colossales : l'abonnement à certains journaux peut atteindre les 60 000€ par an ! Force est de constater que l'argent public sert à racheter des travaux eux-mêmes financés par des fonds publics.

Face à l'absurdité apparente du modèle de l'édition scientifique, nous avons souhaité enquêter.

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Le 29 Mai 2015

Récit. Notre poisson pêché par des esclaves


Enfermés dans des cages et forcés à travailler jusqu’à 23 heures : les conditions de travail des pêcheurs thaïlandais, cambodgiens, laotiens ou birmans au large de l’Indonésie ressemblent, à s’y méprendre, à de l’esclavage. Les activistes estiment qu’il pourrait y avoir jusqu’à 3 000 pêcheurs travaillant dans des conditions d’esclavage au large de l’Indonésie. CNN Freedom Project.

Source : Courrier International par Saima Mohsin

Durant mon enfance dans le sud de Londres, je ne réfléchissais pas vraiment à la provenance des bâtonnets de poisson que je trouvais dans mon assiette au dîner. Mais il se pourrait que le poisson vendu au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde soit en fait pêché par des esclaves.

Alors que j'enquêtais pour CNN Freedom Project, j'ai rencontré Samart Senasook, un homme chétif qui semblait faible et perdu. Un agent l'avait convaincu de devenir pêcheur. Il s'attendait à partir en mer pour 12 mois, mais il est parti 6 ans, et s'est retrouvé piégé sur un bateau.

Des équipages d’esclaves sur les chalutiers thaïlandais

Ces hommes étaient détenus dans ce qui ressemblait à des cages, forcés à travailler jusqu'à 23 heures par jour et quand ils avaient de la chance, on leur donnait parfois une pomme de terre bouillie à manger. Ils étaient enfermés dans des chambres froides pendant des heures, ou devaient porter de gigantesques blocs de poisson surgelé qui les écrasaient, leur brisant les os ou les laissant paralysés.

“Le capitaine me donnait des coups de pied et de poing. Mon nez et ma bouche saignaient. J'ai toujours des douleurs dans la mâchoire à chaque fois que je mange.” Il m'a montré sa bouche – il y avait du sang coagulé autour de ses dents.

Esclaves en mer

Samart a voulu s'échapper, mais selon lui, le capitaine conservait les papiers des travailleurs et lui avait attribué une fausse identité.  Lui et ses collègues d'infortune ont uniquement été découverts par accident, lorsque l'Indonésie a pris des mesures fermes contre les bateaux de pêche illégaux. Son bateau faisait partie de ceux qui ont été forcés à regagner la terre.

Des milliers d'hommes originaires de Thaïlande, d’Indonésie, du Cambodge ou du Laos ont émergé de ces embarcations, et ont raconté avoir été esclaves en mer pendant des mois, des années, voire des décennies.
(Pour plus d’informations sur le CNN Freedom Project, rendez-vous sur CNN.com/freedom)

Nous avons rencontré les parents âgés de l'un de ces pêcheurs. Ils vivaient dans une cabane en tôle rouillée et faisaient les poubelles pour trouver des objets à vendre. Il n'est pas difficile d'imaginer pourquoi leur fils a pris le risque de partir en mer. Des milliers d'autres sont peut-être encore sur l'océan, ou coincés sur des îles, dans l'attente que leur gouvernement les ramène chez eux.

Des milliers de pêcheurs étrangers retenus en esclavage

Samart souffre toujours. Les autorités ont refusé de le déclarer victime de traite d'êtres humains – ce qui aurait été un premier pas vers la justice, et éventuellement la compensation. Un groupe de défense des droits des travailleurs affirme que le gouvernement thaï ne répertorie pas les victimes de trafic afin de mieux manipuler les chiffres et d'améliorer son statut dans un rapport américain – une allégation que réfute le Premier ministre thaïlandais.  La Thaïlande tient une conférence régionale sur la traite d'êtres humains et l'immigration illégale [ce 29 mai].

Samart s'est effondré de nombreuses fois au cours de notre interview. Ses longues pauses alourdissaient l'atmosphère. Je voulais utiliser davantage ses silences que ses mots parce qu'ils en disent beaucoup. Je n'oublierai jamais qu'il m'a raconté qu'il y avait des chiens à bord, qui étaient caressés, aimés et bien nourris. “Le capitaine traitait mieux ses chiens que nous, à bord.”

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Le 28 Mai 2015

Projet Fish Forward : Une pêche durable pour les Hommes et les poissons

 
WWF France

Saviez-vous que l’Europe est le plus grand importateur de produits de la mer au monde et que 50% de ces importations proviennent de pays en voie de développement ? Saviez-vous qu’en choisissant votre poisson selon des critères durables, vous pouvez avoir un impact positif à la fois sur les communautés de pêcheurs et sur les écosystèmes ? Lorsque vous achetez du poisson, pouvez-vous identifier celui qui a été pêché selon des critères durables des autres ?

Source : 2015. Année européenne pour le développement

En 2015, Année Européenne du développement, le WWF travaillera sur les questions de durabilité environnementale, sociale et économique dans les pays en voie de développement avec l’idée de promouvoir une pêche durable pour les hommes comme pour les écosystèmes.

Le WWF appelle donc l’ensemble des acteurs à se questionner sur ce qu’il se passe au-delà de nos frontières et de nos côtes, pour devenir acteur de notre consommation.

A travers ce projet, le WWF s’est donné pour mission de fournir de l’information aux consommateurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics afin de donner à chacun d’entre nous la possibilité d’agir sur la réduction de la pauvreté et la protection des écosystèmes, deux enjeux qui sont au cœur de ce projet co-financé par la Commission européenne.
Des activités autour de cette thématique seront proposées dans les 3 années à venir pour permettre une prise de conscience globale dans les 11 pays européens concernés. Plus d’informations à venir sur ce site.

Pays impliqués dans le programme :
Autriche
Allemagne
Bulgarie
Croatie
Espagne
France
Grèce
Italie
Portugal
Roumanie
Slovénie

Durée du projet :  2015-2017

Co-financement : Commission européenne

Contact : Joséphine Labat, chargé de projet pêche durable
jlabat@wwwf.fr

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Le 23 Mai 2015

Sécurité alimentaire : Prise en compte du poisson et de l’aquaculture


The rise of aquaculture - Food Security

En début mars 2015, l’Institut international de Recherche sur les Politiques alimentaires (IFPRI) a produit son rapport 2014 – 2015 sur les politiques alimentaires dans le monde.

The rise of aquaculture
Food Security
 
Tout un chapitre du rapport de l'IFPRI est consacré à l'aquaculture. De quelle manière ce secteur contribue-t-il plus que d'autres à l'amélioration de la sécurité alimentaire dans le monde ?

Partout dans le monde, la demande en poisson n’a cessé d’augmenter, et compte tenu de la croissance démographique, de l'urbanisation croissante et de l'évolution des préférences des consommateurs, cette tendance devrait se poursuivre.

En outre, une plus grande quantité de poisson destinée à la consommation humaine provient actuellement plus de la pisciculture que de la pêche.

Bien que la part de poisson consommée par les producteurs soit souvent sous-estimée dans les statistiques mondiales, il a été remarqué qu’au sein des populations fortement engagées dans les activités de pêche, le poisson provenant de la pêche artisanale représente une composante importante de l'apport en protéines animales et en nutriments essentiels ; non seulement pour les petits pisciculteurs, mais également pour la société dans son ensemble.

Compte tenu de l'importance des protéines d'origine animale pour l’apport de nutriments pour la santé humaine ainsi que les tendances mondiales émergentes, il est clair que le poisson représente une composante essentielle d'un avenir où règnera la sécurité alimentaire. Extrait de l'article de Scidev : L'état des lieux de la sécurité alimentaire en Afrique

Cliquer Ici pour télécharger le rapport intégral de l'IFPRI : 2014-2015 Global Food Policy Report

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Le 21 Mai 2015

La Gambie se propose à accueillir les musulmans d’Arakan

Source : TRT

Le gouvernement de la Gambie a qualifié “de devoir sacré” l’accueil et l’hébergement des musulmans d’Arakan (Rohingyas), les Etats-Unis prêtent à aider

La Gambie a lancé un appel à la communauté internationale pour la livraison de tentes, de lits, couvertures, médicaments et des effets nécessaires pour pouvoir dresser des camps destinés à héberger les musulmans d’Arakan.



Une déclaration a également été faite par les Etats-Unis concernant “le hébergement” des musulmans d’Arakan....

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18 Mai 2015

Ces pêcheurs pauvres devenus passeurs d'hommes

Illustration : Google Images : Birmanie boat people bateau

Selon des organisations humanitaires, près de 8000 migrants seraient en perdition en mer. Les passeurs d'hommes étaient tous marins ou pêcheurs.

Source : Tribune de Genève

Langues de sable blanc, cocotiers ployant au vent dans l'azur, fins esquifs posés sur l'estran: au premier regard, l'île de Shah Porir Dwip ressemble davantage à un petit port de pêche assoupi qu'au lieu d'embarquement de milliers de migrants fuyant la misère et les persécutions.

Fichée à la pointe sud du district bangladais de Cox's Bazar (sud-est), courant le long des côtes birmanes, cette île reliée au continent à marée basse a été récemment le théâtre d'une opération musclée des forces de sécurité. Elles ont interpellé et incarcéré de nombreux pêcheurs reconvertis dans la traite humaine.

Ici «tous étaient marins ou pêcheurs, mais quand ils ont réalisé à quel point le trafic d'êtres humains était lucratif, ils sont eux-mêmes devenus intermédiaires ou trafiquants», explique un responsable de la police locale, Kabir Hossain. «Plus de 60% des gens qui vivent ici sont maintenant directement ou indirectement impliqués dans le trafic», assure le policier en patrouille dans les rues de l'île.

Une petite centaine de passeurs présumés ont été arrêtés à Shah Porir Dwip et dans un village voisin par le Rapid Action Battalion (RAB), l'unité d'élite de la police. Trois «parrains» du trafic, originaires de l'île, ont été tués. A lui seul, le dénommé Dholu Hossain aurait fait partir 1000 migrants et réfugiés. Des rumeurs soutiennent que l'homme était protégé par un juge.


Le rêve malaisien

Le RAB s'est installé sur le port et l'île de 12'000 habitants semble aujourd'hui déserte.

Selon les organisations internationales, pas moins de 8000 migrants sont actuellement en perdition en mer en Asie du Sud-Est. La plupart d'entre eux sont des Rohingyas, une minorité musulmane considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées du monde, fuyant la Birmanie.

Mais un nombre croissant de Bangladais tentent également la traversée vers la Malaisie, pays musulman relativement prospère. A condition de réunir 3000 dollars pour une place sur un bateau de pêche de bois grinçant. Le trafic est juteux. Alors que le Bangladesh compte parmi les nations les plus pauvres du monde et que les pêcheurs remontent dans leur filet à peine de quoi payer l'ordinaire, sur Shah Porir Dwip les signes d'une aisance nouvelle ne trompent guère quant à la nature du commerce local.

Presque toutes les maisons sont faites de brique et de béton plutôt que d'adobe, comme c'est le cas dans les hameaux à l'intérieur des terres. Et il semble qu'elles soient peintes de frais.

Tâche herculéenne

Les quelques vieillards croisés dans les rues de l'île ont tous refusé de parler au journaliste de l'AFP venu à leur rencontre. Mahmud Hossain, un adolescent, confie timidement être désormais un des rares à utiliser son bateau pour la pêche. «J'ai entendu dire que les gens sont emmenés à bord des petits bateaux vers des navires ancrés en eau profonde», témoigne-t-il.

Un responsable de l'ONU basé dans le district de Cox's Bazar indique que le trafic de migrants a décollé en 2001 quand les premiers Rohingyas cherchaient à s'exiler en Thaïlande et en Malaisie. Les Bangladais ont commencé à faire le même voyage cinq ans plus tard. «C'est devenu l'une des formes de crime organisé les plus rentables», décrypte ce responsable qui requiert l'anonymat.

L'enquêteur de police Mujibur Rahman raconte qu'une femme arrêtée récemment avait reçu 3,1 millions de takas en six mois, l'équivalent de 35'000 euros. Une véritable fortune quand on sait que trois Bangladais sur quatre vivent avec moins de 2 dollars par jour (ou 1,75 euro), selon la Banque mondiale.

Malgré la volonté apparente des autorités bangladaises de mettre la bride aux passeurs, leur tâche semble herculéenne. «Il y a environ 9000 bateaux de pêche courant les mers au large de Cox's Bazar, et la plupart ne sont pas déclarés», déplore le responsable onusien.

Tous à la mer : comprendre les tenants et les aboutissants de la crise migratoire en Asie du Sud-Est



La détresse des milliers de migrants et demandeurs d’asile du Myanmar et du Bangladesh laissés à la dérive sans eau ni nourriture pendant près d’une semaine présente toutes les caractéristiques d’une véritable crise humanitaire. Pourtant, malgré l’inquiétude affichée par les gouvernements, les organisations humanitaires et les groupes de défense des droits de l’homme, aucun plan coordonné ne semble être à l’ordre du jour pour résoudre cette question. Des bateaux ont été repérés au large de l’Indonésie, de la Thaïlande et de la Malaisie, apparemment abandonnés par des trafiquants d’êtres humains opérants aux frontières maritimes et terrestres et ignorés par les autorités régionales.

Source : Irin

Qui se trouve sur ces bateaux ?

Ce sont en majorité des musulmans de l’ethnie rohingya, décrite comme l’une des minorités les plus persécutées au monde. 

Environ 800 000 Rohingyas vivent dans l’État de Rakhine, dans l’ouest du Myanmar, dont environ 140 000 dans des camps mis sur pied par le gouvernement pour séparer les membres de l’ethnie bouddhiste rakhine des Rohingyas après plusieurs épisodes de violences communautaires...

Les bateaux partent du Myanmar et du Bangladesh — où près de 200 000 Rohingyas vivent dans des camps de réfugiés... Selon les estimations du HCR, 300 migrants seraient morts en mer au premier trimestre 2015 et on ignore combien sont morts dans les camps. Les autorités thaïlandaises ont récemment découvert un charnier contenant au moins 30 corps dans l’un de ces camps qui avait été abandonné...

Qu’est-ce qui a déclenché la crise actuelle ?

Paradoxalement, ce serait la décision prise par la Thaïlande de sévir à la suite de la découverte du charnier. La Thaïlande risquait des sanctions si elle n’améliorait pas son classement dans le rapport annuel sur le trafic d’êtres humains établi par le département d’État américain. Après des arrestations très médiatisées, notamment de plusieurs fonctionnaires thaïlandais, des passeurs ont préféré abandonner leur bateau et sa cargaison humaine en mer plutôt que de prendre le risque d’accoster.

Ces derniers jours, les autorités thaïlandaises, malaisiennes et indonésiennes ont dit qu’elles ne permettraient pas aux bateaux d’accoster. Elles ont d’ailleurs refoulé plusieurs bateaux chargés de migrants.

Jeudi, des reporters ont signalé la présence d’un bateau à la dérive transportant 350 migrants, principalement des Rohingyas, non loin des côtes thaïlandaises. Plus tard, la marine thaïlandaise a parachuté de la nourriture près du bateau et réparé son moteur pour qu’il puisse continuer sa route vers la Malaisie, car les passagers auraient refusé d’être débarqués pour raisons humanitaires. 

Vendredi, des pêcheurs indonésiens ont ramené près de 800 migrants à terre. Ils avaient repéré leur bateau qui était en train de couler au large de la côte est de la province d’Aceh.

Qu’en disent les dirigeants de la région ?

La semaine dernière, le premier ministre thaïlandais Prayut Chan-o-cha a dit que son gouvernement manquait de ressources pour accueillir de nouveaux migrants. Mais il a dit jeudi aux journalistes qu’il avait commandé une évaluation de deux îles non peuplées au large de la côte ouest de la province de Ranong qui pourraient être utilisées pour placer en détention temporaire les Rohingyas laissés à la dérive. 

La Thaïlande a également appelé à une rencontre régionale pour trouver une solution à la crise. Celle-ci devrait se tenir le 29 mai.

Dans une déclaration publiée vendredi, le premier ministre malaisien Najib Razak, a dit qu’il était « très préoccupé par le sort des migrants dans [la] région ».

Au Myanmar, les membres du gouvernement sont généralement restés silencieux à ce sujet, à part pour dire qu’ils boycotteraient probablement la réunion régionale qui a été proposée. 

« Nous n’acceptons pas [d’être présents] s’ils [les Thaïlandais] ne nous invitent que pour alléger la pression à laquelle ils sont soumis », a dit à l’AFP le directeur du cabinet présidentiel.

L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) pourrait être à l’initiative d’une solution régionale. Mais le groupe est connu pour sa réticence à interférer dans les affaires de ses États membres et n’a pas voulu ou pas pu faire pression sur le gouvernement birman pour qu’il adopte une réforme de sa politique envers les Rohingyas, politique qui est la cause sous-jacente de cet exode.

Au Myanmar, peu sont enclins à défendre les droits des Rohingyas, surtout en cette année électorale cruciale caractérisée par la montée du nationalisme bouddhiste.

Même Aung San Suu Kyi, la célèbre défenseure des droits de l’homme, ne s’est pas prononcée sur le sujet.

Il a par ailleurs été suggéré que l’Australie prenne la question en main. Mais la politique de ce pays, qui refoule les bateaux transportant des demandeurs d’asile et refuse même de réinstaller ceux qui atteignent l’Indonésie, la rend peut crédible sur le sujet.

Quelle a été la réponse humanitaire ?

Le HCR et l’Organisation internationale des migrations (OIM) ont apporté de l’aide humanitaire à plusieurs milliers de migrants et demandeurs d’asile qui ont accosté dans la province indonésienne d’Aceh et sur l’île malaisienne de Langkawi la semaine dernière.

« J’appelle les gouvernements et tous ceux qui peuvent aider à trouver ces bateaux et permettre aux migrants d’accoster et de se faire soigner », a dit William Lacy Swing, directeur général de l’OIM. « Nous vous aiderons à résoudre les problèmes à long terme relatifs au logement, au transport vers leur pays d’origine pour certains, ainsi que d’autres options, mais au nom de l’humanité, laissez ces migrants accoster », a-t-il dit.

Le HCR a souligné que les pays de la région avaient l’obligation morale et légale de secourir les personnes en détresse en mer, conformément au droit maritime international.


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Le 15 Mai 2015

Îles-de-la-Madeleine : des feux d'artifice pour les pêcheurs de homard qui ont pris la mer

Radio Canada.  Des feux d'artifice pour les pêcheurs de homard lors du départ de la 140e saison


Au quai de Grande-Entrée, entre autres, les Madelinots et quelques touristes se sont réunis, comme le veut la tradition, pour assister au départ d'une centaine de bateaux. Ils tenaient à être présents pour exprimer leur soutien envers ces pêcheurs qui travaillent dur.

Source : Radio Canada par Lisa-Marie Bélanger, jeudi 14 mai 2015

Ils voulaient aussi vivre cette ambiance de fête sous les vrombissements des moteurs et par un temps magnifique, sans vent.

Une industrie de 32 millions $ l'an dernier

La pêche au homard est au cœur de la culture et de l'économie madelinienne avec 325 pêcheurs aux Îles. Près de 89 000 casiers seront mis à l'eau. L'an passé, la valeur des débarquements était de 32 millions de dollars.

Les premiers arrivages sont attendus samedi matin. Les pêcheurs ignorent encore le prix qui leur sera accordé.

Par ailleurs, le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis, ainsi que son adjoint parlementaire (volet pêcheries) et député des Îles-de-la-Madeleine, Germain Chevarie, soulignent l'engagement et la détermination des pêcheurs, des aides-pêcheurs et des transformateurs, qui perpétuent une tradition.

« Leurs efforts contribuent à faire de ce crustacé un aliment distinctif qui fait la fierté de l'archipel et de tout le Québec », affirment-ils.

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Le 14 Mai 2015

RRI, ou  Initiatives à Résultats Rapides

Madagascar : Restaurer les ressources marines en 100 jours !

Copie d'écran de L'Express de Madagascar


L'Express de Madagascar

Dans le cadre de la mise en œuvre du processus RRI, ou  Initiatives à Résultats Rapides, lancée à partir du 1er avril, le ministre des Ressources halieutiques et de la pêche se donne le défi de réaliser en cent jours,  l’amélioration de la traçabilité des produits halieutiques sous la coordination de la Direction de la Pêche. Les actions consistent à doter de cartes les pêcheurs traditionnels et à immatriculer des pirogues de pêche. Il faut aussi restaurer les ressources marines, et finaliser le document du Programme Sectoriel de l’Agriculture, Elevage et Pêche ou PSAEP.


MNRHP : Ministère des Ressources Halieutiques et de la Pêche



Mise en œuvre des mesures de restauration des ressources marines à réaliser en 100 jours 

Les Initiatives à Résultats Rapides du MRHP

Chaque Département Ministériel du Gouvernement du Premier Ministre Jean RAVELONARIVO s’est engagé à réaliser en 100 jours (à partir du 1er avril 2015) des activités porteuses et palpables au niveau national. Pour le Ministère des Ressources Halieutiques et de la Pêche, le défi est relevé autour de trois  composantes à savoir :

1°) Amélioration de la traçabilité des produits halieutiques sous la coordination de la Direction de la Pêche (DP) et dont les actions consistent à la dotation des cartes pêcheurs traditionnels et à l’immatriculation des pirogues de pêche ;

De la pêche aux consommateurs, retracer l’origine du produit et le « chemin » qu’il a parcouru, permet de consolider le marché et facilite l’obtention des certifications !

2°) Mise en œuvre des mesures de restauration des ressources marines par :

- Le reboisement des mangroves dans les zones les plus dégradées sous la conduite de la Direction de l’Environnement et de la Valorisation des Ressources Halieutiques (DEVRH) ;

Mangroves: Berceau, Nurseries, Aires de développement, « Garde manger » de plusieurs familles de poissons (Gobiidae, Carangidae, Serranidae, Lethrinidae, Mugilidae, Clupeidae…, des crustacés comme les crabes, les crevettes !

- Le contrôle, la surveillance et la destruction des engins de pêche Illicite Non-déclarés et Non réglementés (INN) Sous l’égide du Centre de Surveillance des Pêches de Madagascar ;

Annihiler les engins de pêche destructeurs pour pouvoir épargner les espèces menacées, les juvéniles, les œuvées !

3°) La finalisation du document du Programme Sectoriel de l’Agriculture, Elevage et Pêche (PSAEP).

A noter que l’Initiative à Résultats Rapides (IRR), en anglais RRI ou (Rapid Results Initiative) est née à partir du processus partant de la Politique Générale de l’Etat (PGE), du Plan National de Développement (PND) à partir duquel le Ministère a élaboré son Plan de Travail Annuel (PTA) et du Plan de Mise en Oeuvre (PMO) du PND.

Pour le MRHP, l’IRR sera réalisée dans 5 Régions dont Diana, Sava, Analanjirofo, Menabe et Atsimo andrefana.

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Le 12 Mai 2015

Accord de pêche : Vous avez dit reliquat ! mais de quel reliquat ?


Un Etat côtier a le droit d’allouer aux Etats étrangers le «reliquat» qu’il ne peut pas pêcher lui-même...

Concernant les accords de pêche conclus avec des Pays Tiers, la nouvelle Politique Commune de la Pêche tend à se concentrer sur le reliquat, voir à le présenter comme quelque chose de nouveau... Or la référence au reliquat lors de la négociation des accords de pêche n’est pas nouvelle à la PCP réformée, puisque l'Union Européenne doit se conformer à la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) (voir encadré ci-dessus).

La référence au reliquat lors de la négociation d’accords d’accès n’est pas nouvelle à la PCP, étant donné que l’UE doit se conformer à ses obligations internationales. Dans le cadre de la précédente PCP (Règlement (CE) no 2371/2002), les Conclusions du Conseil de 2004 sur les accords de pêche déjà déclaré, entre autres, que la « Communauté doit : (1) contribuer à l’exploitation rationnelle et durable des reliquats des États côtiers sur les ressources marines, en particulier en empêchant la surpêche des stocks qui sont d’intérêt pour les populations locales ».

Le nouveau règlement de base tend à se concentrer sur le reliquat, voir à le présenter comme quelque chose de nouveau, afin de réitérer l’importance de l’évaluation des stocks antérieurs et le seul accès des navires de l’UE aux stocks qui ne sont pas exploitable par l’effort de pêche nationale de l’État côtier.

Il ressort en effet clairement du nouveau règlement que l’objectif général de la PCP ne peut être respecté en l’absence de données scientifiques de haute qualité et il s’ensuit que l’Union ne peut faire abstraction de l’absence de données scientifiques lorsqu’elle agit au niveau externe. La Commission, dans sa Communication sur la dimension externe de 2011 (COM 424 (2011)) a clairement indiqué que « Les APP (*) doivent toujours être fondes sur les meilleurs avis scientifiques disponibles, en utilisant le concept de rendement maximal durable (RMD) comme référence » (point 3.2). La Commission confirme également que les APP doivent se conformer à la CNUDM en accordant l’accès des navires de l’UE seulement aux ressources ayant un reliquat (point 3.1).

Dans sa résolution de 2012, le Parlement européen s’est félicité de l’intention de la Commission d’inclure plusieurs dispositions dans les futurs accords bilatéraux, y compris : le respect du principe de la limitation de l’accès aux ressources dont il a scientifiquement été démontré qu’elles étaient en excédent pour l’Etat côtier, en conformité avec les dispositions de la CNUDM. Cette approche est maintenant reflétée à l’article 31(4) du règlement 1380/20139.


En plus de cet article qui promeut la durabilité en soutenant l’État côtier dans l’accomplissement de ses propres obligations au titre de la CNUDM, l’article 31 contient une disposition particulière au point 4 qui prévoit que :
« Les navires de pêche de l’Union pêchent uniquement le reliquat du volume admissible des captures visé à l’article 62, paragraphes 2 et 3, de la CNUDM, et établi de façon claire et transparente sur la base des meilleurs avis scientifiques disponibles et des informations pertinentes échangées entre l’Union et le pays tiers concernant l’effort de pêche total exercé sur les stocks concernés par l’ensemble des flottes. En ce qui concerne les stocks chevauchants ou les stocks de poissons grands migrateurs, il y a lieu de prendre dûment en compte, pour la détermination des ressources accessibles, les évaluations scientifiques réalisées au niveau régional ainsi que les mesures de conservation et de gestion adoptées par les ORGP compétentes ».

Ainsi, lors de la négociation d’un APPD (**), l’UE doit seulement discuter l’accès aux stocks ayant un reliquat préalablement identifié, selon les évaluations scientifiques pertinentes et mises à jour, pour les ressources autres que thonières. S’agissant des stocks chevauchants et grands migrateurs (thonidés et espèces assimilées), l’UE doit respecter les recommandations et résolutions des ORGP compétentes et les TAC qu’elles ont déterminés; le tonnage alloué à l’UE fait partie de son quota global pour l’espèce spécifique relevant de la compétence de l’ORGP.

Si aucun reliquat n’a été établi conformément à la CNUDM, ou si les conditions de l’article 31(4) ne sont pas réunies, (y compris la nécessité d’avoir le meilleur avis scientifique disponible et la transparence), l’Union européenne ne peut pas négocier d’APPD avec le pays concerné et ses navires ne devraient pas avoir accès à ses eaux.

(*) Accord de Partenariat dans le domaine de la Pêche (APP)
(**) la nouvelle PCP parle dorénavant d’Accord de Partenariat pour une Pêche Durable (APPD)

Extrait de l'analyse de Cape (Coalition pour des accords de pêche équitable) -11 Mai 2015

Pas de reliquat, pas de pêche ?

L’intégration du concept de reliquat dans les accords de pêche UE



Dans son nouveau rapport, CAPE examine comment le principe de 'reliquat' est intégré dans le nouveau règlement de la Politique commune de la Pêche de l'UE. La nouvelle PCP fait de ce concept un élément fondamental de l’accès de l’UE aux eaux des pays tiers à travers ses accords bilatéraux de pêche.

L’UE a présenté cette approche comme étant un progrès enregistré dans le cadre de la réforme de la PCP. Il s’agit néanmoins d’un principe juridique de base des accords d’accès, codifié par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) depuis 1982 et qui n’est pas nouveau à la dimension extérieure de la PCP.

Il doit s’entendre dans le cadre de la création de Zones Economiques Exclusives (ZEE), où un État côtier exerce des droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources vivantes des fonds marins, sous-sol et les eaux surjacentes dans sa ZEE.

En parallèle de ces droits souverains, Les Etats côtiers ont le devoir d’évaluer l’état des ressources dans leurs eaux à des fins de gestion et de conservation, afin de répartir les possibilités de pêche entre leurs flottes nationales. L’Etat côtier a le droit d’allouer aux Etats étrangers le «reliquat» qu’il ne peut pas exploiter lui-même.

La disponibilité d’un reliquat suivant la détermination de sa capacité de pêche par l’État côtier est la ‘raison d’être’ de la conclusion des accords d’accès. Les accords bilatéraux entre l’UE et les pays tiers, principalement les pays en développement d’Afrique et de l’Océan indien, ont toujours été basés sur ces règles, mais pas toujours appliqués à la lettre : dans le passé, on peut trouver de nombreux exemples où l’accès par les flottes de l’UE aux ressources des pays tiers par des accords bilatéraux n’étaient pas fondés sur l’existence prouvée d’un reliquat.

Les choses ont elles changé aujourd’hui, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle PCP ?

Télécharger Ici l'analyse de Cape : Pas de reliquat, pas de pêche ? L’intégration du concept de reliquat dans les accords de pêche UE

La Banque Mondiale donne son avis sur les accords de pêche 

« Le commerce de services dans la pêche: Perspectives émergentes sur les accords de pêche étrangers »


Le dernier rapport de la Banque mondiale sur les accords de pêche étrangers, promeuvent « l’importation de services de pêche », grâce à des investissements privés (sociétés mixtes par exemple) au lieu de prendre en compte les intérêts des Etats côtiers en termes de développement de leur secteur de la pêche et surtout pour les communautés locales. Cette approche n’est pas en ligne avec les principes de la CNUDM, en particulier l’article 62 qui se réfère expressément à ‘d’autres Etats’ pour l’allocation d’un accès au reliquat, ce qui exclurait l’accès au reliquat pour des compagnies privées à travers des accords privés.


Veuillez trouver une analyse détaillée de ce rapport par CAPE : Revue du rapport de la Banque Mondiale « Le commerce de services dans la pêche: Perspectives émergentes sur les accords de pêche étrangers » : https://cape-cffa.squarespace.com/blog-en-francais/revue-du-rapport-de-la-banque-mondiale-le-commerce-de-services-dans-la-pche

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Le 11 Mai 2015

Burundi : une méthode de séchage du poisson qui change la vie



Version courte (8’)

Un projet à succès de la FAO au Burundi: ''Appui à la technologie post-capture de poisson''

Source : FAO

La pêche joue un rôle important dans la vie économique et sociale au Burundi. Pourtant, environ 10 à 15% du poisson et des produits halieutiques étaient perdus au cours de la phase de transformation. Le séchage du poisson qui est la technique de transformation la plus courante dans le pays, était faite généralement sur le sable, à même le sol. Cela avait conduit à l'altération partielle ou totale des produits, et avait considérablement réduit les revenus des opérateurs de pêche tout au long de la chaîne de valeur.

En réponse à ces questions, la FAO (l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et la Direction des pêches du gouvernement Burundais ont lancé un projet de $ 282.000 pour améliorer la méthode de transformation du poisson et de réduire les pertes. En 2004, Mvugo, un village de pêcheurs situé au Sud sur la rive du lac Tanganyika, a été choisi comme site pilote du projet où une plateforme de démonstration de technologies améliorées a été construite. En moins d'un an durant la mise en œuvre du projet, des séances pratiques pour les opérateurs de la pêche ont eu lieu sur ce site qui a été fourni avec divers équipements de conservation et de transformation du poisson. Plus précisément, l'utilisation des claies métalliques surélevées pour le séchage du poisson a été fortement favorisée. Les femmes ont eu un avantage particulier au cours de ces sessions de formation. En conséquence, les communautés de pêcheurs bénéficiaires ont adopté la technique améliorée de transformation du poisson, ce qui a conduit à une augmentation de la productivité du secteur de la pêche et des revenus plus élevés pour les transformateurs de poisson, les consommateurs faisant plus confiance désormais aux produits de poisson séché.

Burundi et lac Tanganyika dans l'Afrique des Grands Lacs



Le lac Tanganyika couvre une superficie de 32 900 km2 (approximativement la même superficie que la Belgique) et s'étire sur 677 km le long de la frontière de la Tanzanie (à l’est) et de la République démocratique du Congo (à l'ouest) ; son extrémité nord sépare ces deux pays du Burundi, son extrémité sud les sépare de la Zambie. On retrouve à l'ouest (du côté congolais), les monts Mitumba.

Il est situé sur la branche occidentale de la vallée du Grand Rift. Sa température de surface est de 25 °C en moyenne pour un pH avoisinant 8,4. La profondeur ainsi que la localisation tropicale du lac empêchent le renouvellement total des masses d'eau et la plus grande partie des eaux profondes sont des eaux fossiles et anoxiques.

Le lac Tanganyika fait maintenant partie du bassin hydraulique du fleuve Congo. Il s'y déverse par son émissaire, la Lukuga. Jusqu'en 1878, cette rivière se jetait dans le lac, mais des mouvements tectoniques, et surtout la montée du niveau de l'eau, en ont inversé le sens vers le Congo.

Le bassin drainant du lac Tanganyika couvre une superficie de 250 000 km2. Les principales rivières qui l'alimentent sont la Malagarazi, la Rusizi, la Ifume, la Lufubu et la Lunangwa qui y déversent 24 km d’eau par an ; les pluies, quant à elles, en apportent 41 km par année. La Malagarazi est plus ancienne que le lac lui-même et se trouvait auparavant dans le prolongement du Congo. D'après Wikipedia

Burundi : une méthode de séchage du poisson qui change la vie



Version longue (17’)

Un projet de la FAO visant à doter les petites communautés de pêcheurs des outils et des connaissances nécessaires pour sécher le poisson sur de simples séchoirs surélevés a changé la vie des communautés vivant sur les rives du lac Tanganyika au Burundi.

Auparavant, les femmes séchaient toujours leurs petits poissons argentés (ndagala) pêchés dans le lac sur le sable, où ils étaient à la portée des animaux et risquaient d'être piétinés et contaminés. Durant la saison des pluies, de nombreux poissons étaient balayés par les eaux ou commençaient à pourrir.

Il y a dix ans, en collaboration avec le Département des pêches et de l'aquaculture du Burundi, la FAO a démarré un petit projet dans le village de Mvugo, avec une technique peu onéreuse comportant seulement 48 claies métalliques surélevées à un mètre au-dessus du sol, accompagnées d'une formation et de brochures expliquant comment construire les séchoirs.

Les sécheurs en ont immédiatement saisi les avantages, le temps de séchage étant passé de trois jours à huit heures, ce qui permet de faire sécher plusieurs lots de poisson par jour. Le poisson est hors de portée des animaux, et les treillis peuvent aussi être recouverts de bâches en cas de pluie.

La quantité de poisson perdue ou détériorée pour cause de pratiques inadéquates de séchage a diminué de plus de la moitié, et avec une meilleure qualité du poisson séché, les prix ont plus que doublé, de 4 000 francs burundais (2,5$/kg) en 2004 à 9 000 (6$/kg) en 2013.

"Je peux m'occuper de mon enfant grâce à mon affaire de commerce de poisson," se réjouit Pelousi Ndayisaba, un ancien combattant rebelle reconverti au séchage de poisson. "C'est la seule activité qui me fait vivre".

Year: 2015

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Le 10 mai 2015

[Chronique du temps présent] 

Les oubliés de Lampedusa



Lampedusa, le petit point au centre de l'image Google Earth

« Tu, non ne dai, non ne dai », le vieux hit d’Umberto Tozzi qui s’échappe d’un hall d’hôtel abandonné rappelle que le temps touristique à Lampedusa s’est arrêté aux années 80, l’âge d’or où cette île du sud de la Sicile faite de rochers blancs sur eaux bleu turquoise était le spot préféré de la jet set milanaise.

Source : Le Populaire  Par Éric Valmir

Époque révolue. Lampedusa dont on appréciait le décor naturel dans le film Respiro tourné en 2002 se referme sur elle-même. « Nous ne sommes pas abandonnés, mais oubliés » constate laconiquement Federico Sparma, gérant de trois hôtels sur l’île, et contraint de réduire ses activités au fil des mois. Une mer sublime certes, mais une baignade hasardeuse avec le risque de croiser un corps qui flotte venu du large. Pas très vendeur. Pendant des années, les hôtels ont été réquisitionnés par les forces de l’ordre, les carabiniers dépêchés en renfort à proximité du centre de rétention aujourd’hui officiellement fermé mais en service quand les situations d’urgence l’imposent. Une île caserne. Mieux que rien pour une île qui vit du tourisme à 70 %, le reste étant dévolu à une pêche aujourd’hui sinistrée.


Déjà victimes de la concurrence illégale des chalutiers japonais venus racler les fonds méditerranéens en quête de thon rouge, les pêcheurs lampedusani doivent composer avec un quotidien traumatique. Régulièrement, ils découvrent dans les filets remontés à la surface le cadavre d’un clandestin qui s’est accroché aux mailles pour ne pas couler. Cadavre qu’ils rejettent à la mer pour éviter les ennuis. Giuliano, tête baissée, s’explique : « pourquoi ramener sur la terre ferme un mort quand le sort des vivants est déjà incertain ? ». Une fois à quai, son corps à lui n’est plus qu’une carcasse. La mer, c’est fini, un ressort cassé à jamais. Il va vendre son chalutier pour quelques centaines d’euros et trouver un boulot de veilleur de nuit dans les hôtels déserts. Au petit matin, quand il a fini, il va boire son café à l’aéroport pour voir ceux qui partent avec l’avion de 6h50, et au bar, ce sont les dernières anecdotes, les derniers arrivages, les dernières noyades, les actes de bravoure des garde-côtes qui risquent leur vie en haute mer pour porter secours aux barques en difficulté. Le secourisme n’est pas dans leur cahier des charges mais comment rester les bras croisés ? Tout le dilemme des Lampedusani depuis 25 ans maintenant.


Au début des années 90, les cinq mille habitants ont ouvert leurs portes, enroulé des couvertures sur les épaules, sorti les marmites. Le flux des clandestins s’est accentué au point de provoquer l’ouverture d’un centre de premier secours qui deviendra vite centre de rétention, puis avec la multiplication des conflits en Afrique, la situation est devenue incontrôlable. Avant-hier, les immigrés se comptaient par dizaines, hier par centaines, aujourd’hui par milliers. Et un million de candidats à la traversée patienteraient sur les côtes nord africaines ? Les Lampedusani se déchirent sur la question. Le cimetière de bateaux improvisé dans le centre de l’île a été brûlé. Giacomo Sferlazo a transformé son garage en musée des objets trouvés : bouteilles en plastiques avec versets coraniques à l’intérieur ou messages d’amour, chaussures, boussoles, chapelets, carnets, portefeuilles avec photos, porte-bonheur. Problème, son garage est régulièrement vandalisé, mais qu’importe, les vagues déposent chaque jour sur les plages des débris de naufrages survenus au large. Giacomo les nettoie et les conserve précieusement. « Ceux qui viennent tout saccager ne supportent plus que le nom de Lampedusa soit associé aux immigrés clandestins ».

Sous la porte de l’Europe, un arc antique tourné vers la mer, cap plein sud, les prêtres de l’ONG catholique Caritas passent et repassent symboliquement. Une homélie évoque cette porte vue de loin par des barques qui ne savent pas s’ils pourront la franchir ou non. Si elle sera ouverte ou fermée. Les lampedusani au bord de la crise de nerfs ne supportent plus ce débat autour de l’immigration. Secourir ou durcir est une mauvaise question qui donne toujours des réponses inappropriées. Rien n’empêchera les flux, sauf si l’Europe modifie sa relation à l’Afrique et aux régimes. « Oui, nous sommes oubliés, répète Federico, l’hôtelier, dans les manuels scolaires italiens, Lampedusa ne figure pas toujours sur la carte ». Federico a pensé partir. Tout quitter. Partir à Palerme et refaire sa vie. « Mais très vite, une mélancolie s’empare de toi, comme un mal africain. Tu éprouves le besoin de rentrer ». Un dernier regard sur les éclats bleu turquoise de la mer « Ici je suis né, ici je vais mourir ».

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Le 8 mai 2015

Parallèle douteux entre Pêche et 2e guerre mondiale !

Quand les humains déclarèrent la guerre aux poissons



Ce vendredi 8 mai, nous, les humains, avons commémoré le Jour de la Victoire, la fin d'une catastrophe mondiale qui a coûté la vie à plus de 60 millions personnes. Mais si nous avions été des poissons, nous aurions considéré cette journée autrement - comme le début d'une campagne de violence contre nos classes taxonomiques, celle qui a donné lieu à des milliards de victimes.

Après la seconde guerre mondiale... « Le navire de pêche moderne est devenu une sorte de machine de guerre avec un tout nouvel arsenal : des filets en nylon, des palangres sur des milliers de kilomètres et des congélateurs capables de conserver les captures pendant plusieurs mois... »

Silence Radio de Paul Greenberg et Boris Worm, les deux auteurs de l'article, concernant les fours minotiers dans lesquels on continue de réduire en farine et en huile, des milliards de poissons chaque année !

Lire la tribune de Paul Greenberg et Boris Worm dans The New York Times (May 8, 2015) : When Humans Declared War on Fish

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Le 7 mai 2015

Slow Fish 2015: il est temps de changer de cap



Du 14 au 17 mai, la cité côtière de Gênes dans le nord de l'Italie accueillera à nouveau l'événement international de Slow Food dédié à la pêche durable : Slow Fish.

Cette biennale célèbre la diversité de la pêche, de ses techniques et des cultures culinaires du bassin méditerranéen. Elle a aussi pour but de renforcer le réseau Slow Fish Méditerranée en aidant les communautés de pêcheurs à parler d'une seule et même voix face aux problèmes de pollution et de surpêche industrielle.

Des délégués de plus de 15 pays sont attendus cette année, tout comme des passionnés des produits de la mer issus des quatre coins du monde. Tous envahiront le vieux port de la ville pour rencontrer producteurs et négociants, en apprendre plus sur la pêche artisanale et... manger du poisson bien sûr !

Le public aura la chance de découvrir et goûter un large éventail de poissons (dont beaucoup ne sont pas couramment utilisés en cuisine), mais aussi d'élargir cette expérience gastronomique aux sels, épices, huiles d'olive extra-vierge, bières et vins, ainsi que de nombreuses spécialités de la région Ligurie comme le pesto.

Cette septième édition s'intéressera particulièrement aux problèmes liés à la pollution et au manque de jeunes pour remplacer les pêcheurs qui prennent leur retraite. On y regardera également de près les questions liées à la gouvernance, et notamment l'importance d'inclure les communautés locales, dont les connaissances et savoir-faire respectent l'écosystème complexe qu'est la mer.

Comme dans tous les évènements Slow Food, l'éducation occupe une place centrale dans le programme : ateliers interactifs, conférences et présentations seront proposés pour développer une plus large conscience de l'impact de nos comportements et de nos choix sur la santé de nos mers.

Alors, qu'attendez-vous ? Venez nous joindre à Gênes! Pour plus d'infos Ici.

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6 mai 2015

Alex Cope, réserve de Millbrook


Le Tribunal canadien des droits de la personne donne raison à une pêcheuse autochtone de la réserve de Millbrook, en Nouvelle-Écosse, qui avait déposé une plainte pour discrimination sur la base de son sexe.

Source : Radio Canada

Stacey Marshall Tabor rêve de devenir capitaine de bateau de pêche au homard depuis longtemps. Elle a commencé à travailler comme membre d'équipage sur un des bateaux de la réserve en 2000 et a décroché un brevet de capitaine, peu après, pour obtenir de l'avancement. Mais selon le Tribunal des droits de la personne, ses demandes pour obtenir une licence de capitaine ont été rejetées pendant des années par le conseil de bande de la réserve, uniquement parce qu'elle est une femme.

En fait, selon la décision du Tribunal, des hommes moins compétents qu'elle ont obtenu des postes de capitaine au cours des années 2000. Même son mari a reçu un poste de responsabilité, en dépit du fait que sa seule expérience dans le domaine des pêches consistait à préparer des équipements et à peindre des bouées. Le Tribunal note également, dans sa décision, qu'elle a fait l'objet de commentaires dérogatoires d'un membre en vue du conseil de bande, qui lui a dit à plus d'une reprise que la « seule place pour des seins de femme à bord d'un bateau est sur la proue, comme figure de proue ».

Discrimination systématique

La Première Nation de Millbrook a nié, dans sa défense, avoir rejeté la candidature de Mme Tabor parce qu'elle est une femme. Elle précise que sa candidature a été considérée au même titre que celles de deux candidats masculins. L'homme qui a obtenu une licence de capitaine lors de sa dernière demande en 2008 était plus compétent qu'elle, a soutenu la réserve.

Le Tribunal, toutefois, a conclu que la candidature de Mme Tabor n'a jamais été sérieusement considérée et que son rejet s'inscrivait dans une tendance plus large, au sein de la réserve, consistant à refuser systématiquement aux femmes des postes de responsabilité au sein de l'industrie des pêches. Le Tribunal n'impose pas de remède pour l'instant, puisque les deux parties ont fait état de leur désir de trouver un terrain d'entente. Il demandera toutefois aux parties de lui faire un compte rendu sur l'état de leurs négociations.

Ironie du sort, la plaignante, Stacey Marshall Tabor, est la nièce de Donald Marshall fils, celui-là même qui a défendu avec succès les droits de pêche des communautés micmaques.

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Le rôle des femmes dans la filière des produits de la mer

La dernière publication GLOBEFISH, traite d’un sujet malheureusement trop peu traité et abordé : le rôle des femmes dans la filière des produits de la mer. Parce que la moitié des travailleurs de la mer sont en fait … des travailleuses ; invisibles, mal payées mais indispensables à la filière.

Le travail qu’a mené Marie Christine Monfort au cours des mois passés, repose sur la littérature scientifique (sociologues, anthropologues…) et sur l’examen de la situation des connaissances sur le sujet dans six pays, dont la France.

« L’attention portée aux femmes, très présente aux Nations Unies, pointe son nez à Bruxelles et descend lentement mais sûrement dans nos filières, pour plus de visibilité, de reconnaissance et d’équité... »

Marie Christine Monfort (économiste-consultante dans la filière des produits de la mer)

Cliquer Ici pour accéder à la publication de Globefish :  "The role of women in the seafood industry"



Vol 119 - The role of women in the seafood industry

One in two seafood workers is a woman. This worldwide desktop study, the first of its kind, presents what is known, and what remains to be investigated in this crucial component of the seafood industry.

Globefish Research Programme, Vol. 119

Author: Marie Christine Monfort

Language: English

Women participate to all segments of the seafood industry, including fishing, farming, trading and selling, monitoring and administrating. But the widespread lack of consideration for their role and work in the seafood industry are, in many respect, disadvantageous to them and ultimately bar them from fully and equitably participate to the industry.

The primary aim of this report is to increase consciousness of business leaders and policy makers, to enlarge their knowledge and sensitization about the value women bring to the seafood industry, and to encourage them to consider each time they develop a new project or a policy: “Have we not overlooked women?”

Price: € 30.00

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Suite revue de presse : Avril 2015

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