mercredi 21 janvier 2015

News de la pêche dans le monde : Asie, Afrique, Océanie, Amérique,... (Janvier 2015)


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

Mois de Janvier 2015

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Suite de la revue de presse : Mois de février 2015


Pour en savoir plus : Atlantico

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Le 31 Janvier 2015

Nature, le nouvel eldorado de la finance




Combien vaut la nature ? Combien peut-elle rapporter ? À l'heure où l'on craint le pire pour la biodiversité, ce documentaire révèle la financiarisation croissante des ressources naturelles par les banques et les investisseurs privés. Édifiant.

Sur Arte - Mardi 03 février à 22h25 (88 min)

Ce documentaire raconte l’histoire de la main mise bancaire et financière planétaire sur les ressources vivantes. Animaux et végétaux sont désormais transformés en produits bancaires et cotés en bourse. Un nouveau marché se développe : les espèces vivantes disparaissent, elles prennent donc de la valeur. L’environnement devient un capital spéculatif. Quel en sera le prix pour la nature et les hommes ?" - Un film de Sandrine Feydel & Denis Delestrac - Images : Images : Michel Anglade - Chef monteur : Guillaume Quignard - ARTE France & Via découvertes production - www.viadecouvertes.fr

Rediffusion mardi 10.02 à 1h35
Rediffusion mardi 10.02 à 8h55
Rediffusion lundi 16.02 à 8h55

La course au profit généralisé et le marché global ont largement contribué à la crise écologique actuelle. Pourtant, les mondes de l'économie et de la finance prétendent renverser la tendance et sauver la planète en la protégeant à leur façon, c'est-à-dire avec de l'argent. C'est bien l'émergence d'un nouveau marché, celui de la protection environnementale, que décrypte le documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac  - l'auteur du Sable, enquête sur une disparition, récemment diffusé par ARTE. Encore embryonnaire il y a quelques années, ce marché est aujourd'hui l'un des plus prometteurs en terme de profit. Son mode de fonctionnement est simple. De plus en plus de sociétés financières ou d'assurances, parfois précédées par les économistes, attribuent un coût à la nature. Combien vaut la forêt d'Amazonie ? Quelle est la valeur marchande de l'incessant labeur de pollinisation accompli par les abeilles ? Jusqu'ici, l'"invisibilité économique" de la nature ne jouait pas en sa faveur : les marchés n'aiment ni l'abondance ni la gratuité. Mais avec la raréfaction des ressources et la disparition programmée de certaines espèces, l'équation a changé. La loi de l'offre et de la demande peut maintenant s'appliquer aux richesses naturelles. Ainsi, des banques et des fonds d'investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions "mouche", "orang-outan" ou "saumon". En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des "certificats de bonne conduite" qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes...

La nature de l'argent

Suite sur Arte

Regardez “Nature, le nouvel eldorado de la finance”,  en avant-première sur Télérama.fr

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30 Janvier 2015

Océan Mondial


Chuck Clark, architect

Source : Blog d'un prof à la retraite (avec de nombreuses cartes et des thématiques géographiques et historiques)

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Le 29 Janvier 2015

Lacs et rivières sont essentiels pour les moyens d’existence de millions de personnes


Copie d'écran du portail de la conférence internationale Global Conference on Inland Fisheries

Une conférence mondiale "Global Conference on Inland Fisheries" appelle à la reconnaissance et à une meilleure gestion des pêches continentales

Les pêches continentales - le réseau de lacs, rivières et cours d'eau qui alimentent en eau douce et en poissons des millions de personnes à travers le monde  - méritent d'être mieux gérées afin de préserver leur contribution à une bonne nutrition et à l'économie, notamment dans les pays en développement.

Source : FAO

Telle est l'une des principales recommandations d'un groupe d'experts internationaux réunis cette semaine à Rome dans le cadre d'une conférence mondiale sur les pêches continentales. Au cours des discussions, d'éminents chercheurs dans le domaine de la pêche et de la gestion de l'eau ont, tout comme des groupes de peuples autochtones, averti que le manque de données et de politiques judicieuses empêchent les décisions relatives au développement de prendre en compte l'impact négatif de certains facteurs sur les pêches continentales.

A Bogota (Colombie), le marché de gros aux poissons d'eau douce était beaucoup plus important que celui des produits de la mer, dans les années 1990...

Les lacs et les rivières sont une source essentielle de protéines, d'oligo-éléments, de vitamines et de graisses, en particulier dans les pays en développement où plus de 60 millions de personnes en tirent leurs moyens d'existence. Quelque 71 pays à faible revenu produisent actuellement près de 7 millions de tonnes par an, soit 80 pour cent des captures mondiales dans les eaux intérieures.

Mais ces eaux sont souvent utilisées pour couvrir d'autres besoins humains, notamment la création d'énergie, le tourisme et il convient de citer aussi la concurrence pour l'eau douce.

«Les pêches continentales constituent une source de nutrition et d'emplois précieuse mais souvent négligée dans le monde», selon M. Árni M. Mathiesen, Sous-Directeur général de la FAO responsable du Département des pêches et de l'aquaculture. «Mais jusqu'à présent, l'effort international visant à intégrer efficacement la pêche continentale dans l'agenda mondial du développement n'a pas tenu ses promesses.»

Au plan mondial, quelque 70 pour cent des réserves d'eau douce disponibles sont actuellement utilisés pour l'agriculture. La pollution et la construction de barrages hydro-électriques et de canaux affectent de plus en plus la disponibilité et la qualité des eaux intérieures qui abritent divers types de poissons.



La coopération internationale est essentielle

«Nous entendons beaucoup dire que les récifs coralliens sont menacés, mais ce sont les  poissons d'eau douce qui sont le groupe de vertébrés les plus menacés par le genre humain», soutient M. Mathiesen.

C'est pourquoi la gestion de l'eau et de la pêche doivent aller de pair. Cela va également sans dire que la coopération internationale est essentielle.

«Si un pays construit un barrage en amont d'une rivière ou draine une zone humide, la gestion de la pêche en aval devient pratiquement inutile», explique, pour sa part, M. Devin Bartley, expert en ressources halieutiques à la FAO.

Actuellement, moins de la moitié des organismes internationaux d'eaux intérieures ou partagées sont gérés par des accords internationaux et seulement 11 pour cent ont un mandat couvrant les poissons.

Les experts ayant participé à la réunion sont favorables à l'augmentation du nombre d'accords internationaux pour s'assurer que les ressources en eau douce sont utilisées de manière durable et intelligente, surtout à la lumière de la demande croissante de nourriture dans un monde qui comptera neuf milliards en 2050.

Les experts sont également favorables au renforcement des institutions nationales et internationales capables de résoudre les problèmes de la pêche continentale et d'aider à mieux intégrer la filière dans les programmes de développement mondiaux.

La reconnaissance de la valeur des connaissances locales et traditionnelles et le respect des cultures autochtones sont essentiels pour que cette intégration se fasse de manière durable.


De meilleures données pour de meilleures politiques

La plupart des activités de la pêche continentale étant à petite échelle, une grande partie n'est pas signalée et les données relatives à ce secteur sont incomplètes. De ce fait, la contribution de la pêche continentale aux décisions relatives à la gestion et au développement de l'eau est sous-évaluée.

D'ailleurs, la recherche suggère que les captures signalées dans les rivières ne représentent que 30 à 50 pour cent du butin que les pêcheurs ramènent à la maison.

Des données plus fournies et plus précises sur la contribution de la pêche continentale à la nutrition et à l'économie locale, ainsi que sur l'impact environnemental qu'elle subit du fait d'autres industries, permettraient aux décideurs de faire des choix plus stratégiques.


Un nouveau  partenariat

La conférence mondiale sur les pêches continentales était organisée conjointement par la FAO et l'Université d'Etat du Michigan (Etats-Unis). Les deux institutions ont signé un protocole d'entente sur un nouveau partenariat visant à rehausser le profil international des pêches continentales.

«La nutrition humaine, la durabilité de l'environnement et la prospérité des collectivités sont étroitement liées à la santé des pêches en eau douce à travers le monde», selon la Présidente de l'Université d'Etat du Michigan Lou Anna K. Simon.

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Le 28 Janvier 2015

Les droits fonciers et de pêche : Pêches, pour toujours...


Tenure & Fishing Rights 2015

A global forum on rights-based approaches for fisheries

23–27 March 2015

Apsara Angkor Hotel, Siem Reap, Cambodia

Cliquer Ici pour le Programme

Les droits fonciers et de pêche: Pêches, pour toujours.

Que nous soyons sur l'eau ou autour d’une table, nous jouons tous un rôle dans  la réalisation de la durabilité de nos pêches. Nous savons que nous devons gouverner et gérer nos pêcheries afin qu'elles  produisent du poisson  de manière durable. La production durable – qui se base sur des  considérations économiques, sociales et environnementales - est fondamentale pour garantir des possibilités d'emplois stables, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs et des consommateurs. Nous savons que la définition des droits fonciers dans le secteur des pêches est la clé pour obtenir des ressources halieutiques suffisantes,  pour les générations actuelles et à venir.

La mission d‘ UserRights 2015 est de favoriser une compréhension mutuelle des défis rencontrés par les différents groupes dans nos communautés de pêche et de trouver un terrain d‘entente et des alternatives pour l'autonomisation et l'avenir des pêcheurs et de nos pêcheries.  Les présentations scéniques, les panels de discussions, les visites aux communautés de pêche avoisinantes, les présentations d'études de cas et les discussions plénières fourniront aux acteurs de la pêche et aux décideurs des conseils sur la façon de soutenir des systèmes basés sur les droits appropriés pour les pêcheries, ce qui contribuera à construire un avenir durable.

UserRights 2015 a été conçu pour rassembler toutes les personnes qui gravitent autour du secteur de la pêche afin de discuter des questions fondamentales  inhérentes à l'occupation et aux approches fondées sur les droits. En fournissant  une plateforme qui permet à toutes les voix de  se faire entendre, UserRights 2015 met en contact des pêcheurs, des communautés de pêcheurs, des universitaires, et des représentants d'ONG, de gouvernements et d‘organisations internationales de part le monde.

Directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté.



La vidéo sur la Gouvernance responsable des régimes fonciers fournit une introduction aux Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale (VGGT). Vous trouverez sous la vidéo un lien vers les Directives d'application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté.  La vidéo a été produite par le programme «Amélioration de la gouvernance mondiale pour la réduction de la faim»  financé par l'Union européenne et mis en œuvre par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.

Cliquer Ici pour plus d'informations

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Le 27 Janvier 2015

Les profondeurs des océans protégées... en 2018



New York - Une importante réunion sur la gouvernance des océans en haute mer s'est tenue au siège de l'ONU du 20 au 23 janvier 2015 dans le cadre des rencontres du groupe "Ad Hoc Open-ended Informal Working Group to Study Issues Relating to the Conservation and Sustainable Use of Marine Biological Diversity Beyond Areas of National Jurisdiction" - Connu aussi sous le nom de BBNJ (biodiversity beyond national jurisdiction) Working Group.

Cliquer Ici pour télécharger les recommandations du BBNJ datées du 23 janvier 2015 : "Recommendations of the Ad Hoc Open-ended Informal Working Group to study issues relating to the conservation and sustainable use of marine biological diversity beyond areas of national jurisdiction to the sixty-ninth session of the General Assembly"

Cliquer Ici pour accéder aux travaux de ce groupe de travail
Cliquer Ici pour un résumé en images de la réunion du 20 au 23 janvier

Les pays membres de l'ONU se sont mis d'accord samedi 24 janvier pour commencer à négocier un traité qui protégerait pour la première fois la biodiversité dans la profondeur des océans, après quatre jours de discussions à New York.

Source : AFP/La Dépêche

Des organisations écologistes qui suivaient de près ces discussions, regroupées dans la Coalition pour la haute mer (High Seas Alliance), ont salué "une étape importante pour la protection des océans".

Le futur traité, qui serait le premier du genre, permettrait de préserver les vastes zones qui s'étendent au-delà des eaux territoriales (200 milles nautiques) que chaque État riverain gère à sa guise. Ces zones et les fonds marins qu'elle recouvrent sont menacées par la pollution, la surpêche ou le réchauffement climatique.

Elles représentent 64% des océans et 43% de la surface de la Terre, ce qui en fait la plus grande biosphère de la planète.

Il faudra encore que l'Assemblée générale de l'ONU, à sa prochaine session fin septembre, entérine formellement l'accord obtenu tôt samedi matin à New York. Et un traité ne verra le jour au mieux qu'en 2018.

Selon le texte adopté samedi et dont l'AFP a eu copie, un "comité préparatoire" sera mis sur pied en 2016 pour dessiner les contours d'un futur traité et faire des recommandations à l'Assemblée à sa session de septembre 2017.

Celle-ci décidera alors si et quand il convient de réunir une "conférence intergouvernementale sous l'égide des Nations unies" afin de négocier un "instrument international juridiquement contraignant". Ce traité devra porter sur "la préservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale".

Il s'agira en particulier de créer des "zones marines protégées" et de "partager les bénéfices" tirés des grands fonds, par exemple en matière de génétique marine.

Pour Karen Sack, de Pew Charitable Trusts, "c'est un grand moment pour la haute mer (...) et une vraie bonne nouvelle pour la vie dans les océans".

"L'accord obtenu aujourd'hui peut faire beaucoup pour garantir la protection de la haute mer, qui en a terriblement besoin", a souligné Sofia Tsenikli de Greenpeace dans un communiqué. "Le temps presse."

"C'est la plus grande biosphère de la planète et il n'existe pas encore d'instrument juridique pour y créer des parcs nationaux de la mer", explique Karen Sack.

Des conventions internationales réglementent déjà certaines activités comme la pêche ou certaines zones précises, mais il n'existe pas pour l'instant de texte couvrant l'ensemble des dangers qui menacent les fonds marins.


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Le 26 Janvier 2015

Edito de la lettre de l'Iddri - Janvier 2015

2015 : le grand test

Institut de recherche sur les politiques - Institut du développement durable et des relations internationales

Teresa Ribera, Directrice de l'Iddri

Chers amis,

Presque vingt-cinq ans après le Sommet de la Terre, qui a mis le développement durable à l'agenda de l'action internationale, 2015 sera l’année de grandes échéances, avec notamment la décision de l’Assemblée générale des Nations unies sur les Objectifs de développement durable (ODD) en septembre et la conférence Paris Climat 2015 en décembre. Au terme de deux processus distincts, mais sur des enjeux qui ne peuvent qu’être reliés, ces deux événements ont chacun pour objectif de définir un cadre d’action renforcé pour l’avenir ; l’analyse des expériences passées (Objectifs du Millénaire pour le développement [OMD] dans le premier cas, conférences climat sous la houlette de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques [CCNUCC] et Protocole de Kyoto dans le second) contribuera à cette construction. Ces deux processus ont maturé, chacun arrive à une étape décisive, et cela converge temporellement.

Au même moment, Johan Rockström, Will Steffen et une équipe d’éminents scientifiques viennent de publier une mise à jour de leurs travaux sur les limites planétaires (www.sciencemag.org/content/early/2015/01/14/science.1259855). Le constat est sans appel. Quatre des neuf limites sont déjà franchies ou en cours de dépassement : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, le changement rapide d’usage des sols, et la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore. Ces limites sont pourtant définies comme les seuils à ne pas dépasser pour que « le système Terre ne bascule [pas] dans un état très différent [de l’actuel], probablement bien moins favorable au développement des sociétés humaines ».

Toujours dans Science (16 janvier 2015)

Les océans pourraient bientôt connaître une extinction massive de leur biodiversité


Illustration : Chronologie de l'empreinte des activités humaines sur les milieux terrestres et marins. La ligne du temps devient rouge avec le réchauffement climatique en cours. © D J McCauley et al. Science 2015;347:1255641

Extrait de Notre Planète 

Pour la première fois, une étude met en évidence l'impact global et alarmant des activités humaines sur la vie marine. Après la disparition, souvent irréversible d'une partie de la biodiversité terrestre, c'est au tour de la vie marine de connaître un dangereux basculement vers une véritable extinction massive.

La 6e extinction massive du vivant est en cours

Actuellement, la perte de biodiversité et les changements dans l'environnement qui y sont liés sont plus rapides qu'à aucune période de l'histoire de l'humanité. De nombreuses populations animales et végétales sont en déclin, que ce soit en termes de nombre d'individus, d'étendue géographique, ou les deux. Si la disparition d'espèces fait partie du cours naturel de l'histoire de la Terre, l'activité humaine a considérablement accéléré le rythme d'extinction.

L'extinction actuelle, provoquée par les activités humaines et notre mode de vie irresponsable, est comparable à une crise biologique majeure, comme celles, naturelles, qui ont entraîné la disparition de très nombreuses espèces vivantes. On parle actuellement de la 6e extinction massive de la biodiversité : elle a déjà des effets irréversibles sur terre et cause des dommages majeurs dans les mers et océans.

Les océans subissent une pression de plus en plus forte...

L’attente en cette année 2015 est donc claire : ce doit être l’année qui marque le passage de la maturation à une mise en œuvre à la hauteur des enjeux, l’année de l’épreuve de la réalité. Alors que l’ampleur des problèmes ne fait plus débat, nous devons être capables de créer suffisamment de confiance pour une ambition significativement renforcée et surtout suivie d’effet.

Un signal important sera donné dès le mois de juillet avec la conférence d’Addis-Abbeba (Éthiopie) sur le financement du développement. Ce sujet délicat, dans un contexte de contraintes économiques et d’un paysage de l’aide au développement profondément reconfiguré, sera crucial pour renforcer cette confiance et un élément important pour passer des objectifs à la mise en œuvre.

Un critère de succès des grands rendez-vous de 2015 sera d’une part l’appropriation de ces enjeux de climat et de développement par les pays et d’autre part leur capacité à inscrire l’action dans la durée. Ainsi, Paris Climat 2015 devra marquer une étape et engager irrémédiablement tous les pays dans des transformations profondes pour rester en-dessous d’une augmentation de 2°C.

En lien avec ce premier marqueur, un autre sera la capacité à enclencher une action cohérente dans les différents volets des politiques : cohérence entre les engagements internationaux et les politiques nationales, et entre les politiques économiques, sociales et environnementales. L’environnement ne peut plus être une option, un sujet technique, délimité, indépendant des objectifs économiques et sociaux.

Au fil de l’année, un grand nombre d’enjeux seront d’ailleurs traités. La réduction des risques de catastrophes sera à l’agenda du mois de mars, avec une résolution à la clé lors de l’Assemblée générale des Nations unies. La gouvernance de la haute mer, jusque-là zone de non droit, pourrait elle aussi évoluer en profondeur à cette occasion. Les questions de biodiversité traverseront les différentes négociations sur le financement, les ODD et le climat.

C’est d’ores et déjà un signe d’espoir important de voir de nombreuses initiatives de citoyens, de collectivités et d’entreprises déjà à l’œuvre, partout, dans tous les secteurs (énergie, mobilité, agriculture, économie collaborative, santé, etc.). L’enjeu des processus de négociations internationales est de donner l'impulsion et le cap pour amplifier ce phénomène et créer les conditions d’une transformation massive. Il s’agit de donner aux citoyens la capacité d’agir : à celui-ci l’accès à l’énergie pour la santé et l’éducation, à celui-là le choix d’un mode de vie plus durable.

En 2015, les processus de gouvernance internationale du développement durable ont donc l’occasion de passer avec succès l’épreuve de la réalité. Je nous souhaite à tous, mes chers amis, une année 2015 synonyme de validation de notre capacité d’action collective.

À l’Iddri, soyez-en sûrs, nous ferons tout pour cela, avec vous !

Teresa Ribera

Pour retrouver les chroniques et l'ensemble des activités de l'Iddri en vue de la COP21, venez visiter le blog cimat : www.blog-iddri.org

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Le 23 Janvier 2015

Les obligations vertes transforment les attentes des investisseurs et facilitent les investissements durables
   
Les points marquants
• Les obligations vertes permettent de mobiliser des milliards de dollars par an pour la mise en œuvre de projets de développement nationaux ou municipaux à la fois indispensables et respectueux du climat et de l’environnement.
Avec plus de 35 milliards de dollars d’émissions obligataires, soit plus de trois fois plus qu’en 2013, 2014 a été une année record pour ce marché naissant.
• Plusieurs tendances se dessinent pour 2015, notamment de nouvelles catégories d’émetteurs, de nouveaux indices et une évolution des attentes des investisseurs.

Source : Banque mondiale

Il y a un an, lors du Forum économique mondial de Davos, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a encouragé les investisseurs à s'engager de manière durable et responsable dans le marché des obligations vertes. Les obligations vertes, qui constituent un segment relativement récent mais en pleine expansion, fonctionnent comme les autres types de produits obligataires mais présentent l’avantage de contribuer à combler le manque de financements disponibles pour des projets de développement respectueux du climat.

Environ 11 milliards de dollars d’obligations vertes avaient été émis l’année précédente. Jim Yong Kim avait appelé au doublement de ce chiffre d’ici septembre 2014, date du Sommet sur le climat. De nouveaux émetteurs ont lancé leurs premières obligations vertes, de nouveaux indices ont été créés pour ces titres et le nombre de souscripteurs a augmenté, ce qui a permis aux émissions d’obligations vertes de dépasser les 35 milliards de dollars en 2014.

Alors que s’ouvre cette semaine la nouvelle édition du Forum de Davos, la plupart des observateurs prévoient que les investissements dans les obligations vertes continueront d’afficher une forte croissance en 2015.

D’après le Groupe de la Banque mondiale, plusieurs tendances se font jour.

Évolution des attentes des investisseurs

L’essor du marché des obligations vertes fait évoluer les formes d’investissement et les attentes des investisseurs.

Depuis leur introduction en 2007, les obligations vertes ont principalement été émises par des banques de développement, comme la Banque mondiale (a) et l’IFC (a) ; elles ont permis de financer des projets respectueux du climat et de l’environnement, par exemple l’expansion de l’énergie solaire dans les zones rurales au Pérou (a), le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables au Mexique (a), l’amélioration de l’efficacité de l’irrigation en Tunisie (a) ou le recours accru à des transports urbains non polluants en Colombie (a).

Les investisseurs apprécient non seulement la liquidité et le rendement fixe des obligations vertes, mais également l’effet bénéfique qu’elles peuvent produire.

Aujourd’hui, à l’instar des fonds de pension (a) par exemple, nombre d’investisseurs institutionnels ont des impératifs d’investissements durables et responsables, et ils élaborent des stratégies expressément conçues pour faire face aux risques climatiques en mettant à profit les opportunités offertes par les différentes classes d’actifs. Les obligations vertes sont à même de répondre aux besoins des investisseurs sur le plan de la vérification et de la mesure de l’impact. De plus, celles de la Banque mondiale et de l’IFC sont notées AAA/Aaa.

« La dégradation de l’environnement, la pauvreté et les conséquences du changement climatique sont autant de facteurs qui mettent en péril le bien-être et la stabilité des pays, des populations, des ressources et des entreprises. Les investisseurs sont de plus en plus conscients des menaces que ces facteurs représentent pour le rendement financier à long terme, et en tiennent compte dans leurs décisions », explique Laura Tlaiye, conseillère en investissements durables à la Banque mondiale, qui figure parmi les premiers et plus importants émetteurs d’obligations vertes (plus de 27 milliards de dollars, dans 18 monnaies).

En outre, les obligations vertes offrent aux petits investisseurs un moyen de « voter avec leur argent ». Aux États-Unis, l’État du Massachusetts, par exemple, a reçu plus de 1 000 ordres de souscription pour une obligation verte qu’il a émise l’année dernière. La plupart de ces ordres émanent de particuliers désireux de soutenir les investissements des autorités locales dans l’environnement.

« Les incitations évoluent du fait que certains investisseurs sont en quête de ce type d’investissement et demandent des informations détaillées sur les performances environnementales. Nous attirons des investisseurs qui, sinon, n’auraient pas été intéressés, et nous diversifions et élargissons notre base d’investisseurs ainsi que nos sources de financement », précise Heike Reichelt, responsable des relations avec les investisseurs et des nouveaux produits à la Banque mondiale.

Diversification des émetteurs et des investisseurs

À mesure que le marché des obligations vertes se développe, la taille des opérations d’émission s’accroît et de nouveaux types d’émetteurs apparaissent.

Les municipalités et les organismes publics qui recouraient hier à des titres obligataires pour lever des fonds destinés à des projets d’infrastructure se sont mis à émettre des obligations vertes afin de soutenir et de promouvoir des projets respectueux de l’environnement et du climat. Ces projets portent notamment sur l’amélioration de la maîtrise de l’énergie et les transports en commun, comme à Johannesburg (Afrique du Sud), où a été lancée l’année dernière la première obligation verte municipale d’Afrique pour financer des projets de réduction des émissions polluantes dans le domaine du biogaz, de l’électricité solaire et du transport durable.

Les entreprises et les opérateurs de services publics ont, eux aussi, commencé d’émettre des obligations vertes. En France, GDF Suez a réalisé la plus vaste émission obligataire à ce jour (2,5 milliards d’euros) pour financer des projets exploitant des énergies renouvelables, comme l’implantation d’éoliennes, ou axés sur la maîtrise énergétique, tels que des compteurs intelligents et des réseaux de chauffage urbain intégrés.
Le « label vert » peut aider les émetteurs à attirer de nouveaux investisseurs. Plus le marché des obligations vertes se développera, plus les projets écologiques deviendront prioritaires sur les autres projets ; les émetteurs affichant de solides performances en termes de durabilité verront s’étoffer leur portefeuille de clientèle.

On assiste aussi à l’émergence de nouveaux types d’obligations vertes et de nouvelles monnaies de libellé. La période de souscription de la première obligation verte liée à un indice que la Banque mondiale a émise à l’intention des investisseurs individuels (a) européens s’est achevée début janvier. Cette opération a permis de lever 91 millions de dollars. L’année dernière, l’IFC, qui a émis à ce jour plus de 3,7 milliards de dollars d’obligations vertes, a proposé ses premières obligations vertes en renminbi (a) et en sol péruvien (a).

Transparence et indices

Les investisseurs considèrent que la transparence est la clé du succès des obligations vertes.

La Banque mondiale a placé la barre très haut lorsqu’elle a lancé en 2007 sa première obligation verte en partenariat avec la banque suédoise SEB. D’autres organisations lui ont emboîté le pas et adapté ce modèle. Il faut tout d’abord définir les critères d’éligibilité pour les projets financés via des obligations vertes et vérifier ces critères avec une organisation spécialisée, telle que CICERO (a). La Banque mondiale a mis en place un processus de sélection des projets satisfaisant aux critères, puis constitué un compte distinct réservé au produit de l’émission, afin d’allouer ces fonds aux projets éligibles. Enfin, elle rend compte de l’impact environnemental des projets et veille à la conformité.

Cette structure et cette priorité donnée à la transparence et à l’information ont servi à formuler les « Principes pour les obligations vertes », approuvés par plus de 70 investisseurs, banques, autres émetteurs et participants à ce marché. Ces principes sont appliqués sur une base volontaire, avec une coordination assurée par l’International Capital Markets Association (ICMA).

Afin d’aider les investisseurs à évaluer les obligations vertes, MSCI/Barclays (a) et d’autres acteurs ont aussi constitué des indices spécifiques pour noter les émetteurs et vérifier leurs critères de sélection des projets, ainsi que le mode de gestion du produit des émissions, afin que les fonds soient utilisés comme prévu et en toute transparence.

Quel effet sur le financement du développement ?

Le financement public ne suffira jamais à lui seul à freiner le changement climatique : des investissements privés dans des projets climato-intelligents sont également nécessaires pour orienter les économies sur une trajectoire de croissance plus sobre en carbone. La création d’un marché des obligations vertes à même de mobiliser le financement du secteur privé permet de sensibiliser ce dernier à l’importance des investissements propices au développement et favorise la mobilisation de ses fonds.

« Nous pensons que l’investissement durable va s’imposer à terme comme la forme de gestion la plus banale pour les portefeuilles de titres à revenu fixe, ce qui transformera le mode de gestion des entreprises et des projets qu’elles appuient », explique Heike Reichelt. « La prochaine génération de gestionnaires de portefeuilles se demandera pourquoi le profit à court terme l’a aussi longtemps emporté sur la croissance durable... »

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Le 22 Janvier 2015

Forum économique mondial : Le rapport 2015 sur les risques mondiaux


Forum économique mondial : les retransmissions à ne pas manquer

Le Forum économique mondial annuel a lieu cette semaine en Suisse

Source : Irin

Le Forum économique mondial s’est ouvert ce mercredi à Davos, en Suisse.

L’évènement réunit comme à l’habitude des stars et des présidents, des universitaires et des banquiers, qui échangent leurs points de vue sur les problèmes du monde, mais aussi sur les opportunités, sous forme de discussions, de présentations, de rapports et de débats d’idées.

Cette année, les participants devraient aborder les thèmes d’Ebola, de la résilience des réfugiées, du changement climatique, de l’inégalité, des frontières et des migrations, ainsi que la question de plus en plus urgente de savoir si le système humanitaire est en crise.
Le Forum a évolué au fil des ans. Autrefois réunion élitiste des riches et puissants de ce monde pour discuter de l’état de la finance mondiale, l’évènement est devenu un rassemblement ouvert, véritable caisse de résonance pour les Nations Unies, les organisations non gouvernementales (ONG) et les militants sociaux. Ces derniers ont de plus en plus tendance à prendre la parole sur les différentes scènes de l’évènement au lieu de manifester à l’extérieur.

De nombreux exposés sont déjà en ligne et, grâce à la diffusion en direct, vous n’avez plus besoin d’un billet d’entrée au forum pour suivre les discussions.

Voici la sélection IRIN des interventions à ne pas manquer :
 
*Tous les horaires indiqués sont en heure GMT+1

Mercredi 21 janvier, 17 h 45

Le rapport sur les risques mondiaux est l’une des publications phares présentées cette semaine à l’occasion du Forum économique. Basé sur une enquête réalisée auprès de 900 membres du Forum, le rapport cartographie les risques sociaux, géopolitiques et environnementaux, étudie leur probabilité et leurs impacts et examine les mesures pouvant être prises pour y faire face. Les principaux risques mentionnés sont le manque d’eau, les conflits entre États et les maladies infectieuses. [http://reports.weforum.org/global-risks-2015/top-10-infographics/ ]. A télécharger Ici

Jeudi 22 janvier, 13 h 30

L’UNICEF présentera un nouveau rapport, intitulé The Investment Case for Education and Equity, qui analyse pourquoi des millions d’élèves ont peu ou n’ont pas accès à un bon enseignement malgré les efforts menés dans le monde entier pour résoudre ce problème. Interviendront notamment Angelique Kidjo, chanteuse et ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Yoka Brandt, directrice générale adjointe de l’UNICEF, ainsi que l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown.

Jeudi 22 janvier, 15 h 30

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a révélé une incapacité à faire face aux pandémies. Quelles leçons peut-on en tirer et à qui incombe-t-il de prendre les mesures appropriées ? L’ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan discutera de cette question d’actualité avec la secrétaire générale adjointe et coordinatrice des secours d’urgence sortante Valerie Amos, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial Ertharin Cousin et d’autres intervenants.

Jeudi 22 janvier, 19 h 45

Cette table ronde, qui traitera elle aussi d’Ebola, réunira Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, qui a été fortement critiquée pour sa réaction initiale à l’épidémie, Alpha Condé, président de la Guinée, l’un des pays touchés, Peter Piot, le médecin qui a codécouvert Ebola dans les années 1970 et d’autres personnalités importantes du secteur médical et pharmaceutique.

Jeudi 22 janvier, 21 h 30

À quoi servent les frontières dans notre monde globalisé ? Alors que de plus en plus de personnes se déplacent pour fuir l’instabilité, le terrorisme et les difficultés économiques, les frontières sont devenues une poudrière géopolitique. Antonio Guterres, haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés participera, avec d’autres personnalités, à cette table ronde sur les conséquences de l’ouverture des frontières.

Vendredi 23 janvier, 13 h 30

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde et le président tanzanien Jakaya M. Kikwete discuteront des ressources et des engagements nécessaires pour résoudre la question du changement climatique et de ses effets sur le développement et la croissance.

Vendredi 23 janvier, 21 h 15

Les philanthropes milliardaires Bill et Melinda Gates aborderont les moyens d’encourager l’action en faveur des nouveaux objectifs de développement durable des Nations Unies mis en place cette année pour succéder aux Objectifs du millénaire pour le développement.

Au-delà de Davos
Pour aller plus loin, nous vous recommandons également les synthèses quotidiennes et les réunions en marge du Forum de #BeyondDavos.

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Le 21 Janvier 2015

Norvège. Conférence Arctic Frontiers


Du 18 au 23 janvier, se tient à Tromsø l’importante conférence internationale Arctic Frontiers. La Norvège est l’un des cinq pays riverains de l’Arctique. Un tiers de la Norvège continentale se trouve au-dessus du cercle polaire. L'Arctique est une région unique par sa nature et la richesse de ses ressources naturelles, mais également une région menacée par le réchauffement climatique.

Source : Ambassade de Norvège

Chaque année, la conférence attire plus de 1400 participants de 29 pays. La liste des délégués se compose de représentants du monde universitaire, du gouvernement, des entreprises et des ONG provenant des pays arctiques, mais aussi d'autres pays.

Cette fois, la conférence se porte sur le changement climatique et l’énergie dans la zone arctique. La conférence Arctic Frontiers tente à répondre aux questions comme : Comment les ressources énergétiques de l'Arctique contribueront à la palette énergétique mondiale dans les décennies à venir ? Comment les changements climatiques impactent l'environnement de l'Arctique et les sociétés arctiques? Où allons-nous trouver un équilibre entre la demande d'énergie de la planète et la nécessité de réduire les émissions de CO2 ?

Pour savoir plus sur la conférence Arctic Frontiers consultez le site http://www.arcticfrontiers.com/.

La Norvège redessine la banquise de l'Arctique, facilitant les activités pétrolières



La Norvège va redéfinir la cartographie des contours de la banquise dans l'Arctique, a annoncé le ministère de l'Environnement mardi, une décision controversée susceptible d'ouvrir davantage la mer de Barents aux activités pétrolières.

Source : 20 Minutes © 2015 AFP

Le même jour, le ministère du Pétrole a offert à la prospection 57 blocs, presque tous en mer de Barents, certains dans les eaux les plus septentrionales jamais ouvertes à l'exploration par le pays scandinave.

Un accord conclu en 2013 entre le gouvernement (minoritaire) de droite et deux alliés de centre-droit interdit d'ouvrir les zones situées en bordure de la banquise, afin de protéger leur écosystème, à la prospection et à la production d'hydrocarbures.

Mais avec le réchauffement climatique, la banquise recule toujours plus au nord et la cartographie de ses contours fait débat.

«Il est important de disposer de connaissances actualisées sur l'emplacement géographique des zones fragiles», a déclaré dans un communiqué la ministre de l'Environnement Tine Sundtoft. «J'ai donc demandé à l'Institut polaire norvégien de mettre à jour ses calculs».

La nouvelle carte s'appuie sur les données satellite collectées entre 1984 et 2013 plutôt que celles recueillies entre 1967 et 1989 utilisées dans la définition en vigueur jusqu'à présent. Résultat: la limite des glaces marines est par endroits des dizaines de kilomètres plus au nord que dans les anciens calculs.

«Nous ne déplaçons pas la bordure de la banquise», a fait valoir le Premier ministre, Mme Erna Solberg, à la chaîne TV2 Nyhetskanalen. «C'est la nature qui déplace les limites de la banquise».

Cette mise à jour permet au gouvernement de faire valoir que les nouvelles licences pétrolières nouvellement proposées sont toutes situées à bonne distance de la banquise, alors que certains blocs auraient posé problème avec l'ancienne cartographie.

Également critiques, les organisations de défense de l'environnement ont accusé le gouvernement de faire le jeu du secteur pétrolier. Outre les risques écologiques, elles soulignent que l'exploitation d'hydrocarbures a peu de chances d'être viable à de telles latitudes, a fortiori à la lumière de la chute du cours du baril.


La défense de l’océan Arctique : un combat essentiel à la subsistance des peuples autochtones d’Alaska

Faith Gemmill

« La subsistance, telle que nous l’entendons, ne renvoie pas uniquement à l’alimentation physique ; elle constitue une manifestation du tissu social de nos communautés, entrelacé des enseignements spirituels et culturels de nos peuples. » (2)

Les territoires autochtones sont aujourd’hui la proie de la tendance mondiale actuelle à l’extraction de nouvelles formes de ressources énergétiques extrêmes, telles que l’exploitation des sables bitumineux, la fracturation hydraulique, l’extraction du charbon des montagnes selon la technique dite du « déplacement du sommet » (mountain top removal) ou l’exploitation pétrolière offshore, des activités qui, toutes, menacent la qualité de l’air et de l’eau, la santé humaine et écologique, ainsi que la sécurité alimentaire. Le présent article examine les projets d’exploitation pétrolière et gazière offshore envisagés en Arctique et leurs impacts sur les droits de subsistance des peuples autochtones d’Alaska.

Les peuples autochtones d’Alaska sont fortement enracinés dans leurs territoires ancestraux ; nos origines et nos attaches y trouvent un ancrage profond. Il s’agit d’une relation d’ordre spirituel. Notre rapport à la Terre est si puissant qu’il remonte au moment de la création, lorsque le Créateur nous transmit nos Lois Naturelles.

Ces lois sacrées pénètrent le mode de vie traditionnel des différents peuples de la région, que le monde extérieur qualifie de « mode de subsistance ». Génération après génération, nous poursuivons notre existence en préservant nos modes de vie coutumiers et traditionnels. Nos traditions de chasse, pêche et cueillette sont imprégnées des valeurs culturelles et spirituelles de respect, de partage, ainsi que des relations étroites qui unissent les êtres humains, les animaux et la nature. En tant que telle, la subsistance signifie pour nous bien plus que la sécurité alimentaire.

Le droit inhérent des peuples autochtones d’Alaska à vivre comme l’ont toujours fait leurs ancêtres nous a été accordé par le Créateur. Ce droit nous permet de disposer des moyens de subsistance physiques, culturels, spirituels, sociaux et économiques nécessaires. Les peuples autochtones considèrent que les droits humains sont intrinsèquement liés à un environnement sain. Ainsi, les éléments de gestion prudente et de protection du milieu arctique représentent une condition sine qua non pour garantir que les peuples d’Alaska jouissent de leurs droits humains, particulièrement parce que ces éléments ont trait au mode de vie de subsistance. Depuis longtemps, les peuples autochtones d’Alaska luttent pour obtenir la reconnaissance des droits de subsistance comme un droit humain fondamental. À l’instar de leurs ancêtres, les Iñupiat du versant nord (North Slope) de l’Alaska continuent de vivre de la pêche à la baleine, laquelle nécessite un écosystème océanique sain.

Subsistance des peuples autochtones et droits humains

Suite de l'article : Observatoire du droit à l'alimentation  

Alaska Marine Council : Militer pour la pêche artisanale



Aux Etats-Unis, les militants de l'Alaska Marine Council militent pour le maintien de la pêche artisanale et des pêcheries sauvages en Alaska. Un travail qui passe par la collaboration avec les pêcheurs des villages autochtones mais aussi avec les pêcheurs commerciaux afin de promouvoir la pêcherie viable.

Source : Terre TV

Journalistes : Yves Leers,

Intervenants : Eric SIY (Militant pour la survie des pêcheries en Alaska),

Obama interdit les forages dans la Baie de Bristol, en Alaska

Source : Le Monde.fr avec AFP | 17.12.2014

Le président américain Barack Obama a interdit, mardi 16 décembre, les forages pour des installations d'extraction de gaz et de pétrole dans la Baie de Bristol, en Alaska. Une mesure motivée par le souci de préserver l'industrie du tourisme et de la pêche dans cette région sauvage. La zone a été exclue de tout projet d'extraction d'hydrocarbures pour une période indéfinie. Une interdiction temporaire avait été décidée en 2010.

« J'ai pris cette décision pour être sûr qu'un des régions les plus belles d'Amérique et un moteur de l'économie, non seulement pour l'Alaska, mais pour toute l'Amérique, soit préservée pour les générations futures », a déclaré M. Obama dans une vidéo. « C'est quelque chose de trop précieux pour nous pour que nous la mettions à la disposition du plus offrant. »


Espèces sauvages

L'interdiction protège aussi des millions d'hectares de côtes et de terrains sauvages. La Baie de Bristol, au sud-ouest de l'Alaska, produit à elle seule plus de 40 % du poisson sauvage aux Etats-Unis. L'industrie de la pêche dans cette zone réalise un chiffre d'affaires de 2 milliards de dollars (1,6 milliard d'euros), selon la Maison Blanche. Elle génère également 100 millions de dollars (80 millions d'euros) annuellement grâce au tourisme et aux activités de pêche récréative.

La Baie de Bristol abrite de nombreuses espèces sauvages de saumons, loutres, phoques, morses, belugas, baleines ou orques.


Le président américain a interdit l’exploitation du gaz et du pétrole dans la baie de Bristol, pour des raisons écologiques et économiques.

Il n’y aura pas de forage pétrolier ou gazier dans la baie de Bristol en Alaska. Barack Obama a annoncé mardi soir qu’il souhaitait protéger de façon pérenne cet espace naturel situé dans le sud-ouest de l’Etat américain – une suspension provisoire des forages avait déjà été décidée en 2010.

Les pêcheurs et les militants écologistes sont désormais rassurés. Dans une vidéo postée sur YouTube, Barack Obama dit vouloir préserver «pour les générations futures» les économies du tourisme et de la pêche dans cette zone qui s'étend sur 135 000 km2. Le Président présente la baie de Bristol comme «une des plus grandes ressources naturelles américaines et un moteur économique de taille» :
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La Maison Blanche assure en effet que 40% de la consommation américaine de poisson d’origine sauvage provient de la pêche dans cette baie, une activité qui génère un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de dollars (environ 1,6 milliard d’euros).

De son côté, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) avait ouvert en février 2014 une procédure pour empêcher l’installation de mines d’or et de cuivre dans la région, qui, selon eux, menacerait «la zone de pêche de saumon la plus productive au monde».

Arctique canadien : Les Inuits en guerre contre une prospection pétrolière

Cela « viole les droits fondamentaux des habitants du Nunavut », ce territoire autonome inuit du Grand Nord canadien, a affirmé l’avocat représentant Clyde River

Source : Blog de Gaëtan Pelletier Publié le 30-juillet-2014 |

Un petit village inuit de l’Arctique canadien a saisi lundi la justice afin de bloquer la prospection pétrolière qui doit être menée à coups de relevés sismiques au large de ses côtes, y voyant une menace pour la faune polaire.

Située sur la côte orientale de l’Île de Baffin, face au Groenland et à 2000 km du Pôle Nord, la localité de Clyde River doit assister au débarquement de navires de prospection pétrolière dès l’année prochaine grâce au feu vert accordé fin juin par l’Office national de l’Énergie du Canada(ONÉ).

Lors de consultations publiques préalables, les Inuits s’étaient inquiétés des dangers que feraient peser sur l’environnement ces relevés sismiques réalisés à coups de canons à air comprimés et, le cas échéant, la production pétrolière elle-même.

L’ONÉ, un organisme fédéral, avait d’ailleurs notamment reconnu l’année dernière que ces tests très bruyants devant permettre de cartographier en deux dimensions le sous-sol océanique « pourraient avoir des répercussions sur la baleine boréale ».

Cela n’a toutefois pas suffi pour bloquer la demande de relevés sismiques déposée par trois sociétés: TGS-NOPEC Geophysical Company ASA (TGS), Petroleum GeoServices (PGS)et Multi Klient Invest AS (MKI).

Cela « viole les droits fondamentaux des habitants du Nunavut », ce territoire autonome inuit du Grand Nord canadien, a estimé dans un communiqué Nader Hasan, l’avocat représentant Clyde River.

« Étant donné que des relevés sismiques peu réglementés pourraient avoir des conséquences catastrophiques sur les communautés inuits, le village de Clyde River, l’association Nammautaq des trappeurs et chasseurs de Clyde River et le maire de Clyde River, Jerry Natanine, ont demandé à la cour d’appel fédérale de réviser la décision de l’ONÉ », est-il indiqué.

Les eaux convoitées par les groupes pétroliers sont riches en narvals, baleines boréales, morses et phoques, des mammifères marins qui « sont la base de l’alimentation et la culture inuit », écrivent les autochtones, jugeant que « les tests sismiques peuvent être fatals », notamment en « perturbant le chemins de migration » de ces animaux.

« Si les compagnies pétrolières nous enlèvent ça, il ne nous restera plus rien », a plaidé le maire de la petite localité polaire, Jerry Natanine.

L’Arctique contiendrait 22% des réserves d’hydrocarbures restant à découvrir sur la planète selon des estimations américaines datant de 2008, mais les promesses énergétiques nées du recul de la banquise tardent à se concrétiser: le géant norvégien Statoil a notamment renoncé à deux forages dans le Grand Nord depuis juin, car pas assez viables commercialement.

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Suite de la revue de presse : Décembre 2014
 

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