lundi 31 mars 2014

Changer d'échelles pour mieux regarder et...

En affichant « Mortalités ostréicoles 2014 l’année des solutions, chiche ? », je pensais qu’il serait relativement simple de faire passer l’idée que de mieux cultiver les jardins aquatiques pourrait être prise au sérieux. Des témoignages disponibles sur le web confirment que bien des ostréiculteurs se considèrent effectivement comme autant de « jardiniers qui entretiennent leur écosystème»! 

Jean-François Le Bitoux

« Changer d’échelles pour mieux regarder et surtout voir autre chose, sous un autre angle »

Billet 8

Le livre de référence de Christine Kiener – The oyster question 2009 – attribue dès la première phrase les échecs de la politique ostréicole depuis 130 ans dans la baie du Chesapeake (Maryland-USA) à une « guerre culturelle » entre les trois partis concernés: les professionnels (watermen), la Recherche et l’Administration politique. On doit se demander comment se manifeste cette guerre culturelle sans attendre que de nouvelles cultures touristique (disposer d’un environnement d’une santé irréprochable) et écologique (entretenir des productions durables !) réclament d’autres droits tout aussi légitimes. Il semble que chaque parti regarde et vit les mêmes scènes de points de vue trop différents, juché sur des échelles de valeurs propres à sa communauté. On pourrait s’attendre à ce que les « responsables» prennent un peu de hauteur afin de mieux apprécier les paramètres qui participent aux phénomènes vécus, dans la mesure où ils sont pressentis comme de meilleurs garants de l’intérêt général. Mais il semble très difficile à tous de changer d’échelles, de lunettes ou de jumelles, pour partager, discuter, croiser et confirmer les indications rapportées par les uns et les autres : la langue française ne serait-elle pas suffisante pour faire cette enquête ?

En affichant « Mortalités ostréicoles 2014 l’année des solutions, chiche ? », je pensais qu’il serait relativement simple de faire passer l’idée que de mieux cultiver les jardins aquatiques pourrait être prise au sérieux. Des témoignages disponibles sur le web confirment que bien des ostréiculteurs se considèrent effectivement comme autant de « jardiniers qui entretiennent leur écosystème»! 

Saumon sauvage atlantique : Quelques dizaines en France, des milliers en Ecosse, 265.528 en Baltique


Le déclin du Saumon atlantique (Salmo salar) est lié à la dégradation de l'habitat du saumon en rivière. Les barrages, par exemple, ont coupé l'accès à de nombreuses frayères. Une nouvelle menace est maintenant pointée côté océanique : Des chercheurs canadiens croient que c’est la faim qui explique le déclin des stocks des saumons de l’Atlantique.

Pêche de saumons atlantique : Quelques dizaines en France, des milliers en Ecosse, 265.528 en Baltique...

Et plusieurs centaines de millions en Russie, en Alaska ou au Japon pour ses cousins du Pacifique...

En France, les pêcheurs à la ligne sont en admiration devant quelques dizaines de saumons qui remontent le gave d’Oloron, affluent de l’Adour, connu depuis longtemps pour son championnat du monde de pêche au saumon.

En 2011, ce championnat s’étale du 12 mars au 11 juillet inclus pour un nombre de capture maximale fixé à quatre prises par pêcheur, conformément à la loi. Autant le dire un championnat en voie d’extinction faute de concurrents….

De l’océan aux Gaves : 85 captures déclarées en 2010

En possession du timbre « migrateurs » (30 euros), un petit millier de pêcheurs à la ligne ont déclaré la capture de 85 saumons, en 2010. Soient 73 prises sur le gave d'Oloron, 8 sur le Saison (Soule) et 4 sur la Nive. Les pêcheurs professionnels de l'estuaire ont, quant à eux, piégé 500 spécimens, au lieu de 2 000 une année normale. Quant aux prélèvements des fileyeurs de Capbreton et Tarnos dans le golfe de Gascogne, c'est le « mystère total » comme le déplore Michel Maumus, naguère en charge du dossier au Conseil général. « Leur pêche d'interception, il y a quelques années, est devenue une pêche organisée avec des filets performants. » Tiré de l’article de Sud-Ouest : La remontée du saumon s'annonce bien

En Baltique, les pêcheurs professionnels ont un quota de 265.528 saumons en 2011


Au Québec, le saumon de l'Atlantique va mieux, mais une menace plane...

Les populations de saumon se rétablissent en Gaspésie, mais une nouvelle menace, la truite arc-en-ciel, inquiète les gestionnaires de rivières.

Selon les données de la Fédération québécoise du saumon Atlantique (FQSA), dévoilée en fin de semaine lors de son congrès annuel, les populations de saumon ont cessé de décroître dans les rivières du Québec. C'est particulièrement vrai, dans les rivières de la Gaspésie, rapporte le président de la FQSA, Yvon Côté. Selon ce dernier, une des caractéristiques biologiques intrinsèques aux populations de saumon de la Gaspésie est d'être composées de groupes d'âge variés. « Les populations, précise M. Côté, sont constituées à la fois de madeleineaux, donc de saumons qui sont restés en mer un an, de saumons qui sont restés deux ans en mer avant de se reproduire, et beaucoup aussi de saumons qui reviennent pour une deuxième ou troisième reproduction. À cause de cette composition variée des groupes d'âge de saumons, les rivières de la Gaspésie, malgré l'état plus affaibli du saumon, se sont toujours beaucoup mieux comportées que les rivières de la Côte-Nord. »

Par ailleurs, le saumon Atlantique pourrait entrer en compétition avec une nouvelle venue. Selon Yvon Côté, la présence de plus en plus marquée de la truite arc-en-ciel pourrait avoir un impact sur les populations de saumon. M. Côte rapporte que les habitudes alimentaires et l'habitat de cette espèce, qui vient de l'Ouest canadien, sont les mêmes que ceux du saumon de l'Atlantique…. Suite et source : Le saumon de l'Atlantique va mieux, mais une nouvelle menace plane (Radio Canada)

Important déclin des stocks de saumons de l'Atlantique

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/science/2014/04/04/001-saumons-atlantique-declin.shtml
Des chercheurs canadiens croient que c’est la faim qui explique le déclin des stocks des saumons de l’Atlantique.

Reportage de Gilbert Bégin

Malgré l'arrêt de la pêche commerciale il y a 30 ans, le stock de saumons de l'Atlantique ne cesse de diminuer. Pourquoi? La réponse se trouverait dans la mer du Labrador, selon les chercheurs de l'Ocean Tracking Network, un projet international qui vise à comprendre les raisons de cet important déclin.

« C'est préoccupant : il revient deux à trois fois moins de saumons dans les rivières du Québec qu'il y a 30 ans », lance Mélanie Dionne, chercheuse au ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

Cette biologiste sonne l'alarme. Partout dans l'est du pays, les populations de saumons de l'Atlantique sont dans un creux historique. Et la situation est encore pire en Europe.

Un grand migrateur

vendredi 28 mars 2014

Mairie de La Rochelle. Fountaine - Soubeste : Alliance contre nature ?

https://www.facebook.com/eelvlarochellereaunis
Résultats des élections municipales de La Rochelle - 30 mars 2014 :  

Jean-François Foutaine (43,68%), 

Anne-Laure Jaumouillé (40,10%) 

Dominique Morvant (16,22%)

Illustration : Jean-Marc Soubeste - Meeting de fin de campagne avec Jean-François Fountaine à l'Oratoire, le 27 Mars 2014

Municipales La Rochelle 2014. Fountaine - Soubeste : Alliance contre nature entre nautisme et environnement ?

Jean-François Fountaine a laissé sa place à la Présidence de la Fédération des industries nautiques (FIN) avec l’intention de prendre le fauteuil de Maire à La Rochelle (1)... Pour arriver à cette fin, il vient de recevoir l’appui de Jean-Marc Soubeste, tête de liste des Verts « La Rochelle Verte et Ouverte »...

S’agit-il d’une alliance contre nature ?

Nous ne reviendrons pas sur l’épisode des primaires du parti socialiste. Cependant, l’alliance de Jean-Marc Soubeste avec le candidat qui a foulé du pied les résultats de ces primaires, soulève la furie au sein du groupe d’Europe-Ecologie-Les Verts de La Rochelle-Aunis, ses militants et ses sympathisants. Peut-on faire confiance à un candidat qui passe outre le résultat des urnes ?


Mais, nous allons parler de l’industrie que porte Jean-François Fountaine depuis les années 1980, depuis que le « Charente-Maritime 1 » passait, triomphant, entre les deux Tours de La Rochelle... A ce moment-là, il y avait encore des bateaux de pêche pour l'accueillir dans le Vieux Port. Cette industrie nautique a modelé les littoraux pour faire de nos côtes d'immenses parkings à bateaux, le plus souvent dans les sites les plus abrités, les zones d'une très grande richesse environnementale. Naviguez sur Google Earth, de baie en baie, de ria en ria, vous serez effarés par le nombre de bateaux de plaisance dans le moindre recoin du littoral... Des recoins du littoral que la loi sur la biodiversité, actuellement en discussion, devrait convertir en zones de conservation halieutique (ZCH) pour protéger les sites, marins ou fluviaux, « où se déroulent les moments essentiels du cycle du poisson » (frayères, nurseries). Va-t-on déloger ces milliers de bateaux qui stationnent dans les zones ciblées par la loi "Biodiversité" ? Un élu qui a fait toute sa carrière dans l'industrie nautique et qui a toujours des intérêts dans la construction de yatchs de luxe, va-t-il maintenant retourner sa veste et freiner le développement de la plaisance pour redonner vie à nos côtes massacrées ?

Rappelez-vous au printemps 2013, lors de la sortie du Schéma Régional de Développement de l'Aquaculture Marine (SRDAM)

(Le Littoral Avril et Mai 2013)

Jean-François Fountaine : "Il est primordial de garder des espaces pour la pratique de la plaisance"

En effet, la conchyliculture prend trop de place, elle occupe 2% de l'espace maritime dans les Pertuis charentais.... (2)

Et la France devra compter de plus en plus sur ses voisins pour l'approvisionnement en coquillages...

Mytiliculture dans la Ria Arosa en Galice (Espagne) : 1e zone aquacole de l'Union Européenne


Jean-François Fountaine : "Le bassin charentais est un des plus beaux d'Europe. Regardez comment le port de Rochefort s'est rempli en quelques années (de bateaux de plaisance NDLR). Il y a une forte demande dans la région, mais cela ne sera peut-être pas la même chose si on remplit le pertuis de filières..." (Le Littoral du 17 mai 2013)

Pour Jean-François Fountaine, les filières conchylicoles (huîtres et moules) seraient des obstacles aux activités nautiques. La Charente-Maritime, premier département conchylicole de l'hexagone, n'aurait pas de place dans ses pertuis où développer l'aquaculture de pleine mer !

En définitive, la politique du tout tourisme met à mal la sécurité alimentaire et elle plombe la balance commerciale en produits de la mer de la France. 3,5 milliards d'euros de déficit annuel pour ce pays qui dispose du deuxième espace maritime dans le monde !

Philippe Favrelière (texte modifié le 10 avril 2014)

(1) Jean-François Fountaine laisse sa place de Président de la Fédération des Industries Nautiques (FIN) et celle de Directeur de Fountaine-Pajot tout en restant à la Présidence du conseil d'administration des Chantiers. JFF reste néamoins Président de la holding la Compagnie du Catamaran, actionnaire majoritaire des chantiers Fountaine-Pajot
(2) Occupation en pleine mer : filières du Pertuis breton, de Châtelaillon et des Saumonards...

Autres articles :

Commerce triangulaire, traite négrière, colonisation, transport maritime, pêche et maintenant tourisme...

La Rochelle vivrait toujours avec son temps...

Dans les années 1960, La Rochelle se classait dans le top 5 des ports de pêche en France. A ce moment-là, André Salardaine était maire de La Rochelle (1959-1971).

Les "Salardaine", une grande lignée de professionnels de la mer, éleveurs de moules à Charron dans la baie de l’Aiguillon... Cette famille a beaucoup compté dans l'essaimage de la mytiliculture sur bouchot notamment en Bretagne, dans la baie du Mont-Saint-Michel.

Sur le quai de La Rochelle, André Guelfi (à gauche) accueille des personnalités (dont le maire M. Salardaine) pour une visite de son nouveau bateau congélateur "Clupea" (Illustration du Marin)

Les rochelais se souviennent-ils de Guelfi, l’un des plus grands armateurs de la place ? Les vieux marins assurément. Les bureaux de l'armement à la Ville-en-Bois...

L’armement Guelfi était composé de 4 bateaux de pêche dont le 1e chalutier pêche arrière à La Rochelle (1965) : L’Adrien Pla (voir l’étude d’Henri Moulinier : L’épopée de la pêche industrielle rochelaise 1904-1993)

Lire aussi : Le transfert du port de pêche de La Rochelle à Chef-de-Baie par Roger Renard (Norois 1994)

Un demi-siècle plus tard.... le même Guelfi ne se souvient plus....

Affaire Tapie: André Guelfi ne se souvient plus

André Guelfi, alias Dédé la Sardine, devait toucher sa part quand Bernard Tapie a perçu 403 millions d'euros dans l'arbitrage de l'affaire du Crédit Lyonnais. Les enquêteurs comptaient sur son dépit pour le faire parler. 

Source : L'Express par Pascal Ceaux, publié le 09/04/2014

André Guelfi, 94 ans, a été entendu en Suisse à la fin de mars par la police judiciaire parisienne, dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage favorable à Bernard Tapie dans son contentieux avec le Crédit lyonnais.

Les enquêteurs voulaient savoir si "Dédé la Sardine" n'avait pas quelque confidence à leur faire sur l'arbitrage Tapie. Les deux hommes se rencontrent en 1997... à la prison de la Santé. Ils signent, en 2000, un protocole d'accord : si Tapie gagne contre le Lyonnais, Guelfi aura sa part. Mais lorsqu'il perçoit 403 millions d'euros, après l'arbitrage du 7 juillet 2008, Tapie oublie son ami. Les policiers espéraient que cette mauvaise manière rendrait le vieil homme bavard.

Déception : ils n'ont pu que constater qu'il n'avait plus la mémoire très vive.

Pour ceux qui veulent en savoir + sur "Dédé la Sardine", savoir comment les chemins d’André Guelfi et de Bernard Tapie se sont croisés, lire : Charlie Hebdo : Tribunaux de commerce : petits arangements pour grosse arnaque et Bakchich : André Guelfi : « Ce qu'Eva Joly appelait la corruption, moi j'appelais ça mon travail »

Un demi siècle plus tard, la pêche industrielle n'existe plus à La Rochelle...

Cependant, La Rochelle reste la capitale de la Charente-Maritime, premier département halieutique de l'hexagone... Il est important de s'en souvenir !

Les activités halieutiques réparties tout le long du littoral charentais regroupent plus de 5 000 emplois directs, des emplois non pas saisonniers mais à l'année, pour une chiffre d'affaires annuel de 400 millions d'euros que se partagent près de 1500 entreprises de pêche et d'aquaculture....

Et pas de Voiles Olympiques à La Rochelle en 2008, André Guelfi, encore lui, aurait fait pencher la balance du côté de Pékin au détriment de Paris... « André Guelfi, a dit avoir poussé vingt représentants du CIO, initialement favorables à Paris, à modifier leur vote au bénéfice de Pékin... « Je voulais donner une leçon à Jacques Chirac », a affirmé l'intermédiaire poursuivi dans l'affaire ELF, qui n'a jamais digéré son séjour en prison et, selon lui, l’absence totale de solidarité de l’Elysée malgré de supposés nombreux services rendus. » Lire dans Libération du 12 septembre 2001 : JO 2008: Guelfi a-t-il influencé le choix de Pékin ?

Cliquer Ici pour comprendre les enjeux quant à l'occupation des espaces littoraux

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Octobre 2014

La Charente-Maritime est le premier département producteur de coquillages



Agreste Poitou-Charentes - Recensement de la conchyliculture 2012

L'élevage des coquillages - ou conchyliculture - est un élément essentiel du littoral de Charente-Maritime. Que ce soit pour les moules dans la baie de l'Aiguillon avec les alignements de bouchots ou pour les huîtres dans la zone de Marennes-Oléron avec les parcs d'élevage en mer et les claires, le travail des hommes a façonné le paysage et engendré une activité économique majeure qui fait la renommée de la région.

Ce 2e recensement conchylicole après celui de 2001 porte sur l'année 2012. Malgré d'importants problèmes sanitaires ces dernières années, la Charente-Maritime reste le premier département français producteur de coquillages, avec le tiers de la production française d'huîtres. En 2012, 789 entreprises ayant leur siège dans le département ont commercialisé pour la consommation 37 000 tonnes d'huîtres creuses et 13 000 tonnes de moules.

Cliquer Ici pour en savoir plus

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Le 6 mai 2014

Décès du Rochelais Tristan Vieljeux, dernier dirigeant de l'entreprise de transports maritimes

Tristan Vieljeux était le petit-fils de Léonce Vieljeux, maire de La Rochelle, officier de réserve, qui avait refusé en juin 1940 à un sous-officier allemand de remplacer le drapeau tricolore de la mairie par celui à croix gammée.


Tristan Vieljeux, dernier dirigeant de la grande entreprise de transports maritimes Delmas-Vieljeux, est décédé mercredi à l'âge de 90 ans, a annoncé ce lundi sa famille dans le carnet du Figaro.

Source : France 3 Poitou-Charentes

Né le 10 mars 1925 à La Rochelle, siège du groupe familial, Tristan Vieljeux était membre de la cinquième génération de ce groupe d'armement maritime créé au milieu du XIXe siècle par les frères Frank et Julien Delmas.

Tristan Vieljeux était le petit-fils de Léonce Vieljeux, maire de La Rochelle, officier de réserve, qui avait refusé en juin 1940 à un sous-officier allemand de remplacer le drapeau tricolore de la mairie par celui à croix gammée.

Léonce Vieljeux, démis de ses fonctions par les Allemands, avait ensuite organisé le réseau de résistance Alliance qui fournit à Londres des informations sur les mouvements des sous-marins allemands.

Dénoncé et arrêté, il avait été exécuté à l'âge de 79 ans, en septembre 1944, dans le camp de concentration du Struthof-Natzwiller.

Son petit-fils s'était engagé dans la 2e DB du général Leclerc. Tristan Vieljeux avait dirigé le groupe familial depuis 1964 jusqu'à sa prise de contrôle en 1991 par Vincent Bolloré. Le groupe Bolloré avait ensuite vendu en 2005 l'entreprise à la CMA-CGM.

Décès de Tristan Vieljeux, dernier dirigeant du groupe maritime Delmas-Vieljeux 

Tristan Vieljeux, dernier dirigeant de la grande compagnie maritime Delmas-Vieljeux, est décédé mercredi 30 avril à l'âge de 90 ans, a annoncé lundi sa famille dans le carnet du Figaro. Né le 10 mars 1924 à La Rochelle, siège du groupe familial, Tristan Vieljeux était membre de la cinquième génération de cet armement créé au milieu du XIXe siècle et qui s'était spécialisé dans le transport maritime de marchandises à destination et en sortie d’Afrique.

Source : Le Marin

Le secrétaire d'État chargé des Transports, Frédéric Cuvillier, a salué son action "déterminante pour la promotion du transport maritime français, notamment en Afrique". Tristan Vieljeux avait dirigé le groupe familial depuis 1964 jusqu'à sa prise de contrôle en 1991 par Vincent Bolloré. Celui-ci avait mis en minorité Tristan Vieljeux, qui avait alors quitté la direction de la compagnie. Le groupe Bolloré avait ensuite vendu en 2005 l'entreprise à la CMA CGM.

Cette cession a été le dernier chapitre de l'histoire de la compagnie maritime créée en 1867 par les frères Frank et Julien Delmas à La Rochelle. Ils avaient été rejoints par leur frère Émile en 1873. Puis Léonce Vieljeux, gendre de Frank Delmas, était entré dans la société en 1898. Celle-ci avait pris le nom de Delmas Frères et Vieljeux en 1919, puis de Compagnie Delmas-Vieljeux en 1935.

Tristan Vieljeux avait montré, durant la Seconde Guerre mondiale, son patriotisme. Il s''était engagé dans la 2e DB du général Leclerc. Son grand-père, Léonce Vieljeux, maire de La Rochelle en 1940, organisateur du réseau de résistance Alliance, a été exécuté à l'âge de 79 ans, en 1944, dans le camp de concentration du Struthof-Natzwiller.

Tristan Vieljeux avait été président d’Armateurs de France de 1972 à 1976. Pour Raymond Vidil, actuel président d’Armateurs de France, "M. Vieljeux incarnait le rayonnement de la France maritime. Grand armateur, résistant, il demeurera un des exemples les plus emblématiques de l’excellence et du savoir-faire français, qu’Armateurs de France s’emploie aujourd’hui à défendre sur la scène internationale".

Décès de Tristan Vieljeux

C’était un des grands armateurs français qui aura marqué le paysage maritime durant près de cinquante ans, à la tête de son armement Delmas puis au sein du groupe CMA CGM. Tristan Vieljeux est décédé le 30 avril à l’âge de 90 ans.

Source : Mer et Marine

Il était le petit-fils de Léonce Vieljeux, maire de la Rochelle, grand résistant et armateur de la société fondée par son beau-père Franck Delmas et ses frères Emile et Julien. Fuyant l’Alsace annexée, dont on retrouve le souvenir dans la roue de Mulhouse toujours arborée sur le pavillon de la compagnie, les frères avaient fondé l’armement  Delmas à La Rochelle à la fin du XIXème siècle. Celui-ci deviendra Delmas Frères et Vieljeux après que Léonce Vieljeux les ait rejoint, puis Compagnie Delmas Vieljeux en 1935.

Tristan Vieljeux, qui s’était engagé dans la deuxième division blindée du général Leclerc, avait pris les rênes du groupe familial en 1964. Il l’a dirigé jusqu’en 1991, date à laquelle Vincent Bolloré a pris le contrôle de l’armement qu’il a revendu à CMA CGM en 2005. Tristan Vieljeux avait lui-même rejoint en 1996 le groupe CMA CGM comme conseiller de la présidence, avant de devenir le président du Conseil de surveillance. Il avait par ailleurs présidé le Comité central des armateurs français, devenu depuis Armateurs de France, de 1972 à 1976.

Sa mémoire est honorée  par l’ensemble du monde maritime. Pour Raymond Vidil, actuel président d’Armateurs de France, « Monsieur Vieljeux incarnait le rayonnement de la France maritime. Grand armateur, résistant, il demeurera un des exemples les plus emblématiques de l’excellence et du savoir-faire français, qu’Armateurs de France s’emploie aujourd’hui à défendre sur la scène international ». Le secrétaire d'Etat Frédéric Cuvillier a salué « la carrière exemplaire de ce grand nom du maritime » qui « incarnait la souveraineté et la grandeur de notre pavillon national ». Jacques Saadé, président de CMA CGM, souligne les « qualités de ce grand chef d’entreprise dont la connaissance exceptionnelle du monde maritime et son amitié indéfectible et fidèle ont été précieuses. C’est non seulement le groupe CMA CGM  mais toute l’industrie qui perd un de ses grands capitaines »....

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Le 3 juin 2014

Musée maritime de La Rochelle : Schnepp est débarqué


Le fondateur du Musée maritime, Patrick Schnepp, comprend le sens de l’expression « se faire remercier ». Le maire ne renouvelle pas son contrat de directeur

« Je m'attendais plus ou moins, à ce qu'après les municipales, Jean-François Fountaine ne fasse pas de cadeau aux gens qui ne partagent pas ses goûts et ses couleurs. Mais au final, j'espérais, à un an et demi du but, qu'il fasse preuve à mon égard d'un peu de magnanimité. Que voulez-vous, j'ai passé trente ans à m'intéresser aux bateaux du patrimoine et aux coques en bois, et lui, trente ans à fabriquer des coques en plastique. »

Après ces vingt-huit années consacrées à La Rochelle (1) Patrick Schnepp hésite désormais entre les cases Pôle emploi ou calcul affiné de sa retraite. Mais il assure en revanche qu'il va introduire un recours devant le tribunal administratif pour ce non-renouvellement de contrat de travail.

(1) En 1986, Patrick Schnepp crée deux associations consacrées à la sauvegarde du patrimoine maritime. L'une pour la conservation de la drague TD 6, et les Amis du Musée de la marine de commerce, de plaisance et de pêche.

Morceau choisi de l'article de Philippe Baroux : Musée maritime de La Rochelle : Schnepp est débarqué

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Le 9 Juin 2014

Port de plaisance de La Rochelle : « Mettre la sécurité et le client au cœur du projet »

L’expert maritime Christian Marbach est le nouveau président de la Régie du port de plaisance. Il veut un port moteur du développement.

Source : Sud Ouest par Philippe Baroux 

« J’envisage ma fonction de président de la Régie du port de plaisance en totale collaboration avec l’adjointe au maire en charge des activités nautiques », souligne Christian Marbach.

Christian Marbach, 61 ans, est le nouveau président de la Régie du port de plaisance. Expert maritime, cet Alsacien d'origine s'est installé à La Rochelle en 1984 pour créer, dans la zone d'activités des Minimes, le Chantier naval des Minimes, qu'il a revendu il y a six ans. Il était durant la dernière campagne des municipales colistier de Jean-François Fountaine.

« Sud Ouest ». On ne vous avait jamais vu en politique avant cette campagne. Qu'est-ce qui a guidé votre engagement ?
Christian Marbach. L'incendie de la mairie. Lorsque vous avez été dirigeant d'une PME employant 15 personnes, et que vous savez toutes les normes de sécurité qui s'imposent, vous ne pouvez pas comprendre un feu d'origine électrique dans un édifice comme la mairie, Monument historique dans lequel travaillent beaucoup de personnels, et qui reçoit des touristes. Ou alors, ça n'était pas géré. Si je me suis engagé en politique, c'est justement pour changer les choses, pour gérer.

Entre le maire et vous, on peut aussi parler d'amitié. Votre élection à la présidence de la Régie est-elle un remerciement pour votre engagement dans la campagne ?
J'ai toujours eu beaucoup de considération pour Jean-François Fountaine. De la considération pour le patron de son chantier, dont j'étais sous-traitant. Mais surtout, lorsqu'il était président de la Chambre syndicale des industries nautiques du Sud Atlantique. Quand il s'est déclaré pour les municipales, je lui ai envoyé un sms et j'ai intégré sa liste. Non par ambition personnelle, mais pour qu'il soit élu. La présidence de la Régie en remerciement ? C'est à lui qu'il faut poser la question. Je ne considère pas ma nomination comme telle. Il faut des compétences, c'est un milieu que je connais très bien, dans lequel j'ai grandi.

Comment envisagez-vous la fonction de président de la Régie ?
En totale collaboration avec l'adjointe au maire chargée des activités nautiques, Catherine Leonidas. La mission du président de la Régie, c'est assurer la bonne gestion du port, mais aussi le fonctionnement interne et l'animation.

Comment la Régie vous est-elle apparue à votre arrivée ?
C'est une grosse structure de 52 personnes et d'un budget de 10 millions qui est extrêmement bien organisée. Mais elle traîne un défaut un peu historique : elle est un peu l'administration du port, surtout dans la relation avec la clientèle. On a un peu tendance à faire de la réglementation quand on pourrait régler un problème de façon plus douce. C'est une tendance que je voudrais combattre.

Quels sont vos axes prioritaires de travail ?
En premier, la sécurité. La dangerosité du chenal d'accès a augmenté. Il est rétréci et la vitesse du courant a augmenté. Le 10 juin, je réunirai tous les utilisateurs, des associations de plaisanciers aux clubs de voile et transports de passagers, afin de connaître leurs suggestions sur cette gestion du chenal d'accès qui risque d'être critique à certaines heures cet été. Il y a déjà une réponse : la Régie mettra en place cet été une surveillance à ces moments-là.

Vous n'étiez pas impliqué dans la décision, mais ce problème d'accélération du courant lié à l'extension du port était pourtant prévisible ?
Oui, c'est du bon sens, puisque le chenal est rétréci. Mais nous ne sommes pas le seul port dans lequel le chenal rencontre un problème de cohabitation entre différentes embarcations. Dès le départ, en 1972, les Minimes ont été construits en dépit du bon sens. Un exemple : avoir mis la cale de mise à l'eau de voile légère au milieu de 4 000 bateaux est une aberration. La zone d'activités des Minimes, est aussi probablement la seule zone nautique traversée par une piste cyclable…

Vos autres pistes de travail ?
Mettre le client au centre des préoccupations. Cela a commencé depuis un certain temps, mais nous avons encore une bonne marge de progression. Ce que j'entends par client, c'est le particulier, et le professionnel du nautisme.

Recueilli par Philippe Baroux

Le lien avec les professionnels
Les professionnels du nautisme de l’association PNRO attendent de la Régie du port de plaisance qu’elle facilite leur travail au quotidien. Comment Christian Marbach envisage-t-il de répondre à leurs attentes ? « Nous ne réglerons pas tous les problèmes d’un jour à l’autre, dit-il. Mais, il est sûr que nous ferons de gros efforts pour travailler ensemble. Il y a un problème crucial : le nautisme connaît une crise sans précédent. Ces entreprises ont besoin d’une visibilité et de savoir comment elles seront traitées sur plusieurs années. Sur cette zone des Minimes, il y a de gros efforts à faire pour améliorer le cadre de vie. Cela vaut aussi pour le plateau nautique qui a été créé il y a vingt ans et où “personne” n’est passé depuis. »
Autre priorité : instaurer un dialogue entre tous les professionnels, clubs, associations, etc., de la filière. Que chacun sache ce qu’il fait par rapport aux autres. Mais aussi animer le secteur. C’est le rôle que le maire a donné au conseil d’administration de la Régie du port de plaisance. Jean-François Fountaine souhaite que le port soit le moteur du développement du nautisme à La Rochelle.

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Le 30 Juin 2014

Exposition "Gestes des pertuis"

Exposition "Gestes des pertuis" - crédit Yves Ronzier - Graphisme : Atelier Malax - Communauté de communes de l’île d’Oléron

Du 14 juin 2014 au 11 janvier 2015

Le Musée de l’île d’Oléron

Photographies du patrimoine et des activités maritimes du Pays Marennes Oléron par Yves Ronzier, photographe de mer.

Façonnant le territoire dans lequel elles s’inscrivent, lui conférant une spécificité et un caractère unique, les activités professionnelles locales de l’ostréiculture, la mytiliculture, la pêche en mer, la pêche à pied ou l’aquaculture sont aujourd’hui confrontées à une méconnaissance des pratiques de travail qui ont évolué et à un déficit d’image...

Fort de ce constat, une démarche collective de valorisation du patrimoine et des activités maritimes a été engagée sur le Pays Marennes Oléron à la demande des organisations professionnelles locales de la pêche et des cultures marines, afin de créer et valoriser une base de données photographiques, audiovisuelles et de témoignages...

L’exposition, mettant en exergue la réalité qu’offrent ces métiers de la mer, est une des déclinaisons de ce projet collectif. Le parti pris est de donner toute son importance à l’humain (gestes, organisation, outils de travail, savoir-faire…) en ciblant la réinvention permanente du travail par l’homme dans son environnement.

Horaires
Juillet - août : tous les jours de 10h à 19h.
Avril, mai, juin, septembre, octobre : tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Novembre à mars : du mardi au dimanche de 14h à 18h.
Fermé les 25 décembre et 1er janvier.

Tarifs
Plein tarif : 4,50 € ; pass 3,70 € ; réduit 2,50 €
Gratuit les dimanches 2 novembre 2014, 7 décembre 2014 et 4 janvier 2015.

Le Musée de l’île d’Oléron
9 place Gambetta
17310 Saint-Pierre d’Oléron
05 46 75 05 16
museeoleron@cdc-oleron.fr

L’exposition du travail d’un photographe de mer

Après « [R] évolution littorale » en 2011, le Musée de l'île d'Oléron affirme à nouveau sa vocation maritime, avec l'exposition temporaire « Gestes des pertuis ». Celle-ci donne à voir des photographies du patrimoine et des activités maritimes du Pays Marennes-Oléron par Yves Ronzier. Ce dernier est photographe de mer.

Source : Sud Ouest

L'exposition a été inaugurée vendredi 13 juin, en présence de nombreux officiels ainsi que des représentants des filières professionnelles de la pêche et de la conchyliculture.

Cette exposition cherche à valoriser diverses activités maritimes, qui veulent renforcer leur image. Il en est ainsi des activités professionnelles locales de l'ostréiculture, la mytiliculture, la pêche en mer, la pêche à pied ou l'aquaculture, qui sont devenues un élément fort, quasi identitaire, du littoral. Et qui sont aujourd'hui confrontées à une méconnaissance des pratiques de travail.

Une base de données

Une démarche collective en faveur du patrimoine et des activités maritimes a ainsi été engagée par le Pays Marennes-Oléron, à la demande des organisations professionnelles locales de la pêche et des cultures marines, afin de créer et valoriser une base de données photographiques, audiovisuelles et de témoignages.

L'exposition, mettant en exergue la réalité qu'offrent ces métiers de la mer, est l'une des déclinaisons de ce projet collectif. Le parti pris est de donner toute son importance à l'humain en ciblant la réinvention permanente du travail par l'homme dans son environnement. Les photographies d'Yves Ronzier suscitent à la fois l'étonnement, la curiosité et finissent par bousculer les idées reçues.

Ce travail, présenté jusqu'au 11 janvier 2015, préfigure l'exposition de l'année prochaine, qui fera revivre aux visiteurs l'exceptionnel développement (1820-1950) du port de pêche de La Cotinière.

Le Musée de l'île d'Oléron : tél. 05 46 75 05 16, www.oleron-nature-culture.com.

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Le 1 Juillet 2014

La Rochelle : encore 2 millions d’euros pour le port des Minimes

 Digue du Lazaret "protège" l'extension du port des Minimes

Cette somme a été inscrite au budget supplémentaire de la Ville lors du Conseil municipal, lundi soir. 

La somme de 2,3 millions d'euros a été inscrite au budget supplémentaire pour couvrir le surcoût des travaux de l'extension du port de plaisance des Minimes et mener à terme le chantier. Les problèmes techniques sur la digue du Lazaret ont grevé le budget...

Source : Sud Ouest

Soit un coût de près de 40000 € pour un emplacement de bateau ! 

Port des minimes

La somme de 2,3 millions d'euros a été inscrite au budget supplémentaire pour couvrir le surcoût des travaux de l'extension du port de plaisance des Minimes (1) et mener à terme le chantier. Les problèmes techniques sur la digue du Lazaret ont grevé le budget. Très sérieusement d'ailleurs. Jean-François François Fountaine a décidé d'engager des recours contre les entreprises. Aucune délibération ne sera à prendre pour l'autoriser à engager une procédure. En effet, cela a déjà été fait par le précédent Conseil municipal le 26 mars 2013. Cela dit, le maire a indiqué que dès la fin du mois de juillet, le port sera « plein ». « Il était nécessaire de procéder à cette extension », a-t-il conclu.

Jean-Marc Soubeste (EELV) qui a raillé Jean-François Fountaine entre les deux tours des municipales, et se retrouve maintenant adjoint au maire, a tout de même cru bon de dire tout le mal qu'il pensait de l'extension de ce port, en tant qu'écologiste. Il aurait préféré que la Ville investisse dans la transition énergétique, ce qui, à son avis, aurait rapporté davantage. Mais, il a quand même voté le budget supplémentaire. Seule l'opposition de droite a voté contre ce budget supplémentaire qui englobait d'autres investissements. Les écologistes se sont toutefois abstenus lors du vote de la délibération fixant la convention entre le port des Minimes et la Ville.

(1) Le coût de la construction de la digue du Lazaret avait été fixé initialement à 5,5 millions d'euros, puis porté par avenant à 8 millions d'euros à la suite du premier affaissement, sur un budget global de 53 millions d'euros pour l'extension du port de plaisance. 

Soit un coût de près de 40000 € pour un emplacement de bateau !

D'après Sud Ouest : La Rochelle : rythmes scolaires et port de plaisance au Conseil

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Pour aller plus loin...

Le 9 Janvier 2015

Port de pêche de La Rochelle : Histoire d'un transfert

La Rochelle. Les bateaux de pêche sont de retour dans le Vieux port, le temps d'une manifestation en décembre 2014

Le port de pêche de La Rochelle-Chef de Baie a 20 ans : quel bilan ? Quel avenir ?

Par Henri Moulinier, Docteur en histoire

Le 24 octobre 2014, le port de pêche de Chef de Baie fêtait ses 20 ans : quel bilan peut-on en tirer ?

Dans les années 1980, l’ancienne halle à marée en centre ville de La Rochelle n’était pas conforme aux nouvelles normes européennes. La chambre de commerce et d’industrie de La Rochelle, dès septembre 1987, décidait de créer un nouveau port, rejointe en 1988 par les élus des collectivités territoriales – ville, SIVOM, Conseil général et Conseil régional . Ensemble, ils entendaient « donner à la pêche les moyens d’une survie et d’une reprise d’activités conformes à la tradition de La Rochelle ». Le port de Chef de Baie était mis en service le 24 octobre 1994. Vingt ans après, qu’est-il devenu ? Quel est son avenir ?

Extraits avec la joute verbale entre Gérard Cognacq, directeur de la halle à marée, et Michel Crépeau, maire de La Rochelle

L’obsolescence de l’ancienne halle à marée au vieux port

En mai 1984, un audit du port sur l’état de la halle à marée, commandé par le FIOM et le FROM à Jacques Menillo et Gilles Ponteix du GRESA, soulève plusieurs problèmes . Selon ce rapport, la halle aux bâtiments sombres et tristes n’était pas conforme aux normes sanitaires, ne possédait aucun générateur de glace, n’avait pas de bassin de décantation des eaux usées et les caisses de poisson restaient plusieurs heures alignées à température ambiante, sans glace, entre triage et mise en vente...
Un projet de transfert contesté

Le 20 juillet 1994, juste avant la mise en service du nouveau port, Élian Castaing le directeur de la SCAPIR, petit-fils du grand armateur F.J. Castaing, émettait publiquement quelques doutes : « Bien sûr, certains chalutiers de pêche artisanale sont assez importants pour pêcher dans des proportions quasi-industrielles, mais c’est quand même différent. Je ne pense pas qu’il y ait à nouveau un chalutier industriel à La Rochelle avant longtemps. Même à Chef-de-Baie ».

Beaucoup de patrons-pêcheurs furent également pessimistes pour leur activité artisanale. Pour Thierry Raffegeau, de la SOGESMAT , « le nouveau port apportera sans doute quelques améliorations des conditions de travail, mais il ne réglera pas les problèmes financiers des nombreux bateaux en difficulté » .

Gérard Cognacq, directeur de la halle à marée, exprimait dans une interview au journal Le Monde son opinion sur ce projet de transfert du port en 1990 : « Soyons réalistes, dit-il, nous n’avons pas les moyens de faire le port le plus moderne d’Europe. Beaucoup de mareyeurs ne pourront assumer l’augmentation de la location et les taxes supplémentaires. Il y aura aussi des compressions de personnel. Il fallait choisir de rénover, moderniser la criée… ». Il ajoutait : « Tout ça, c’est une histoire politique. En centre-ville, le port gêne l’aménagement et le tourisme … ». Michel Crépeau ne le conteste d’ailleurs pas qui selon le même article déclarait alors que « le départ du port va en effet nous permettre de poursuivre l’aménagement, notamment de libérer les bassins pour le Grand Pavois. Quant aux compressions de personnel, elles seront largement compensées par les nouvelles activités qui vont naître autour du port » . La prise de position de G. Cognacq lui vaudra une sévère mise au point du maire de La Rochelle : « Je comprends fort bien que le transfert du port de pêche à La Pallice puisse susciter chez certains d’entre eux [les professionnels] des inquiétudes. Mais il ne faut pas qu’après nous avoir reproché de ‘ne rien faire pour la pêche … et tout pour la plaisance’, on nous reproche maintenant d’en faire trop ! J’ai pourtant lu ça dans Le Monde, dit par M. Cognacq, directeur de la halle à marée : quelqu’un qui aurait assurément mieux fait de se taire. N’est-il pas payé pour proposer des solutions, et non pour mettre des bâtons dans les roues ? ».

Le nouveau port de Chef de Baie : coûteux et surdimensionné

Le projet était basé sur des apports attendus de 10 000 tonnes annuelles. L’État assurait la maîtrise d’ouvrage pour les infrastructures - digues, remblaiement, quai - pour un coût s’élevant à 112 millions de frs et participait à l’ensemble des travaux à hauteur de 11,2 %, soit 29 millions de frs. La Communauté Économique Européenne apportait 18 % du financement global, soit 46 millions de frs. Le complément était effectué à parts égales par le conseil régional, le conseil général et la communauté de villes : 14,6 % chacun, soit 37,5 millions de frs. Les superstructures, dont l’élévateur à bateau, revenaient à 145 millions de frs...

Un an après : un port au fonds du gouffre

Depuis l’automne 1992, la chute des prix atteignait la France jusqu’à 40 % en raison des importations sauvages provenant de Russie, de Pologne ou du Chili, parfois en liaison directe avec les grandes surfaces qui représentaient 45,5 % du marché du poisson frais. L’attrait du marché espagnol avantageait le port de Pasajès qui, outre ses qualités nautiques et techniques – criée informatisée, chaîne de froid ininterrompue –, offrait des prix de vente sur le marché de consommation supérieurs de 40 % aux cours moyens rochelais malgré la dévaluation de la peseta. Si bien que les Rochelais, en plus des 7 000 t de la criée locale, débarquaient 1 300 t en Espagne et 500 t dans d’autres ports français. Enfin, la forte résistance des criées vendéennes concurrençait le potentiel rochelais...

Vingt ans après, où en est le port de Chef de Baie ?

L’activité du port, en termes d’apports de poissons, a diminué de plus de 50 % en deux décennies, passant de 5 416 t en 1994 à 2 715 t en 2013, loin des 10 000 t attendues lors de la décision de lancer la réalisation.

En 2010, la criée de La Rochelle se situe au 22e rang national, loin derrière Lorient (26 038 t) et les ports bretons, avec un apport moitié moindre que celles des Sables d’Olonnes (5 320 t), de La Cotinière sur l’île d’Oléron (5 293 t), et même de Saint Gilles Croix de Vie (4 147 t) (annexe 3). Ce tonnage représente 10 % de celui de son année record, 1964, avec 25 342 t de poissons débarqués...

Vingt ans après sa mise en service le 24 octobre 1994, où va le port de pêche de Chef de Baie ? Le débat reste ouvert. Lors de la manifestation marquant ces 20 ans, le dynamique président du Syndicat mixte à tracé des perspectives intéressantes. Mais tous cela reste lié à la remontée, à 5 000 tonnes, des apports de poisson à la criée. Nous en sommes à un peu plus de 2 700. Le port a-t-il mangé son pain noir ? L'avenir nous le dira.

Cliquer Ici pour accéder à l'article intégral d'Henri Moulinier, Docteur en histoire

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Le 11 avril 2014

Alliance contre nature ?

« Groupe Picoty », toutes voiles dehors...


« Groupe Picoty » a retrouvé la mer

Pendant deux mois, le 40 pieds de Jean-Christophe Caso a été optimisé en vue de la Route du Rhum. L’objectif, désormais, est de préparer le bateau en mer, avant les futures courses. 

Source : Sud Ouest par Benjamin Deudon

La scène est spectaculaire. Hier, au bassin des Chalutiers de La Rochelle, une petite dizaine d'hommes s'affaire autour de « Groupe Picoty », le 40 pieds de Jean-Christophe Caso. Après deux mois de travaux dans l'entrepôt du chantier Grassi, le monocoque est posé sur une impressionnante remorque avant de prendre la route de la digue du Lazaret, pour y être mis à l'eau, quelques heures plus tard.


Une étape fondamentale pour la saison sportive du skipper rochelais, pour qui l'objectif principal est la Route du Rhum, dont le départ sera donné le 2 novembre, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), direction la Guadeloupe. « Il y avait pas mal de travail, il a fallu tout démonter, relate le marin, 5e de la dernière Transat Jacques-Vabre en compagnie d'un autre Rochelais, Aymeric Chappellier. Nous avons fait de grosses modifications pour “tuner” tout ça. »

Optimisé pour la solitaire...

Suite dans Sud Ouest

Pour en savoir + sur ce site Seveso : Association RESPIRE La Rochelle

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Le 16 Mai 2014

La Rochelle : la Fête du port de pêche aura bien lieu samedi… sans les pêcheurs

Après une pause en 2013 pour cause de mauvais temps, le port de Chef-de-Baie retrouve samedi l'ambiance chaleureuse de la fête

Sources : Sud Ouest et à partir de l'article de Frédéric Zabalza : 6 000 amis de la pêche serrés comme des sardines

Musique et chants marins, sardines grillées et beignets de morue : la Fête du port de pêche promet de nombreuses réjouissances.

Voilà vingt ans que ça dure. Chaque fois, 6000 personnes n'ont pas peur de se serrer comme des sardines face au port de Chef-de-Baie pour se rappeler que la pêche a compté et compte encore à La Rochelle.

Mais comme ces deux dernières années, où ils avaient décidé de boycotter la Fête du port de pêche finalement annulée en 2013, les pêcheurs de La Rochelle ne proposeront pas de promenades en bateaux ni la traditionnelle messe en mer et le dépôt de gerbe. Raison invoquée : "le contexte économique".

Une fête… sans les pêcheurs

Comme ces deux dernières années, où ils avaient décidé de boycotter la Fête du port de pêche, finalement annulée en 2013, les pêcheurs de La Rochelle ne proposeront pas de promenades en bateaux, ni la traditionnelle messe en mer et le dépôt de gerbe. Raison invoquée :

« le contexte économique ».

Mais Jean-François Fountaine et Jean-Paul Coffre étaient hier plus précis : « ils sont fâchés avec la CCI [Chambre de commerce et d’industrie] au sujet des autorisations d’occupation temporaire (AOT) ». Il s’avère en effet que les tarifs de ces AOT ont été revus à la hausse, provoquant la colère des pêcheurs. « On nous a vendu des chais d’armement pour un bail de trente ans, on a signé des tas d’avenants, finalement le bail passe à quinze ans. Ils veulent nous louer ce qu’on a acheter et qu’on a plus le droit de vendre ! », s’insurge Dominique Moreau, président du Syndicat autonome des pêcheurs côtiers rochelais, qui annonce « un mouvement » pour bientôt.

De son côté, Robert Butel, président de la CCI, remarque que ce bail, « qui n’est pas de trente ans, arrive à expiration pour une partie et revient dans le domaine public ». « Il y a de nouveau tarifs, actualisés en accord avec le Département, de même que la concession du port de pêche est signée avec l’Etat. Les AOT, ce n’est qu’un prétexte à leur colère. C’est un peu triste, car le but de la fête est de valoriser la pêche et les pêcheurs. »

Voilà près de vingt ans que ça dure. À chaque fois, 6 000 personnes n'ont pas peur de se serrer comme des sardines face au port de Chef-de-Baie pour se rappeler, autour d'un verre et d'une assiette, que la pêche a compté et compte encore à La Rochelle. « On peut dire que la pêche est une filière d'avenir pour les jeunes », assure Jean-François Fountaine, qui s'attablera demain pour la première fois en tant que maire. « Il y a du travail. On a même du mal à attirer les jeunes. Le CAP [certificat d'aptitudes professionnelles] de poissonnier que nous avons mis en place marche très bien. Il y a de la demande, de même que dans les autres formations : navigation, mécaniciens, cultures marines… », confirme Michel Runigo, directeur du lycée régional d'enseignement maritime et aquacole de La Rochelle.

Les mytiliculteurs à l'honneur

Certaines professions vivent cependant des heures difficiles. Comme les mytiliculteurs de la baie de l'Aiguillon, qui seront présents sur un stand, avec leur représentant Benoît Durivaud, pour sensibiliser le public à la mortalité inexpliquée des moules. Il y aura toutefois des moules au menu, qu'elles viennent d'Yves ou de Bretagne, ainsi que des seiches, pourtant plus rares ces temps-ci. « Il n'y a pas d'apport, alors que la seiche représente habituellement 500 tonnes par an à la criée de La Rochelle, sur 2 700 tonnes de produits. C'est pareil en Bretagne. Les pêcheurs ne savent pas pourquoi et les scientifiques n'ont pas d'explication », signale Jean-Paul Coffre, président du Syndicat mixte d'un port de pêche qui accueille aujourd'hui une centaine de bateaux, coureauleurs et hauturiers, dans son havre.

Tous les métiers de la mer seront à découvrir durant cette journée, aux côtés des quelque 50 stands tenus par 400 bénévoles des associations (SNSM, Marin'Escale, Femmes et Familles de marins, Amicale des Anciens Cols Bleus, Calmar, Portugais de La Rochelle, etc.) et des comités de quartiers.

Le programme

La fête commence samedi à port de Chef-de-Baie. A 12 heures, ouverture des caisses, musique toute la journée avec Jean-Marc Desbois, la fanfare Out of Nola et le Duo Guerbigny. Animations autour de l'environnement marin avec l'association Raddar.

De 13h30 à 14h : concours de fileyage, organisé par les commis mareyeurs et les apprentis du lycée.

De 14 à 14h30 : vente de poisson à la criée et à la voix. Visite gratuite des infrastructures du port et de la salle de vente de la criée à partir de 14h.

Navettes gratuites depuis la places de Verdun à partir de 11h30. Retour de 14h à 17h30.

samedi 22 mars 2014

6e édition du Festival International de Films « Pêcheurs du Monde »

« Pêcheurs du Monde »

Lorient, du 25 au 30 mars 2014

Les pêcheurs du monde seront en tête d'affiche à Lorient du 25 au 30 mars 2014 lors de la sixième édition du Festival International de Films "Pêcheurs du Monde".

Au menu de la sixième édition de ce festival original, parce qu’uniquement consacré aux pêcheurs, 38 films engagés et exigeants, tous centrés sur les pêcheurs et filmés aux quatre coins de la planète.

Le Festival navigue à la rencontre de pêcheurs de 20 pays et propose 18 réalisations étrangères dont des films de grande qualité esthétique et artistique sélectionnés et primés dans des festivals de films internationaux, ainsi que des inédits. 13 films sont en compétition dont 8 long-métrages et 5 courts-métrages.

Dans les filets 2014, de véritables œuvres d'art, comme le poétique long-métrage portugais A Maē o Mar de Gonçalo Tocha, sur les dernières femmes pêcheurs du Portugal, ou le contemplatif Night Labour, des américains David Redmon et Ashley Sabin, déjà lauréats du festival 2013. Le Festival propose aussi de grands récits d'aventure, comme Survivre de l'islandais Baltasar Kormakur, l'histoire vraie d'un pêcheur naufragé en pleine mer, présenté en soirée d'ouverture.

De nombreux films dénoncent la brutalité  de la mondialisation, comme l'italien Il Limite de Rossella Schillaci, filmé sur un chalutier sicilien ou le cambodgien A River Changes Course de Kalyanee Mam, sur les effets de la déforestation et de la surpêche au Cambodge, un film primé au Festival de Sundance 2013. L'édition 2014 présente aussi de nombreux films courts. Certains sont directement produits par des organismes de pêcheurs comme Pêcheur(s) de langoustines du CDPMEM du Finistère avec leur propre regard sur leur métier. Une belle sélection de documentaires français et locaux sur les enjeux sociaux et humains ainsi que sur l'impact écologique de la pêche, sont à l'affiche et ouverts aux débats.


Deux expositions photos accompagneront le Festival : Portraits d'équipages-Port de Pêche de Lorient de Robert Le Gall à la gare maritime de Lorient du 10 au 22 mars, puis sur le site  pendant la durée du Festival, et l'exposition Des hommes pour un navire de Bernard Lagny à Océanis de Ploemeur du 11 au 30 mars. L'artiste lorientaise Catherine Raoulas présentera son album photos Deep Sea réalisé sur un chalutier lorientais le vendredi 28 mars à 20h30.

Des animations sur les marchés de Ploemeur et de Merville à Lorient, proposées par le CCSTI-Maison de la Mer/ Lorient et Le CFA filière poissonnerie, compléteront ce programme.

Lieu de rencontres et d’échanges, Le Festival a projeté plusieurs centaines de films étrangers et français depuis sa première édition en 2008 et il a accueilli à sa dernière édition près de 2000 spectateurs. Le port d'attache du festival est à Lorient, la ville aux cinq ports, à la salle Paul Ricoeur du Lycée Dupuy de Lôme. Un jury composé de professionnels de la mer et du cinéma et un jury Jeune composé de lycéens décernent les prix du Festival et du jury Jeune.  En plus de leur présence au sein  du jury Jeune, les lycéens du Lycée professionnel et aquacole d'Etel sont devenus cinéastes et proposent un film sur leur métier vendredi 28 mars.

Avant-première et soirée d'ouverture

Avant-première

Mardi 25 mars à 20h. Océanis de Ploemeur. Entée gratuite.

Les grandes marées de Mathias Pardo avec Denis Lavant. Court métrage. 15'.

Sur la mer, Lucas et son père ne se comprennent plus. Tous les deux, pêcheurs sur un caseyeur de Concarneau, ils n’ont pas les mêmes aspirations. Lucas rêve d’amour et de musique, Marc d’alcool et de femmes faciles. Meilleur film de plus de 15’ au Festival International du court-métrage de Palm Springs, 2013. Mention spéciale du jury jeune au Festival Tous Courts d’Aix-en Provence, 2013.

Au cœur de la tourmente de Vincent Perazio et Herlé Jouon. Documentaire. 52' France.

Être pêcheur, c’est affronter les éléments. Dans le Pacifique, à l’extrême sud de la Nouvelle-Zélande, la pêche aux casiers est extrêmement réglementée, terriblement dangereuse. Dans le Détroit de Magellan, trois pêcheurs chiliens doivent plonger dans l'eau glacée pour aller récolter des oursins au fond de la mer.

Soirée d'ouverture

Mercredi 26 mars à 20h30. Cinéville. Lorient. tarif unique de 5€

Survivre. Balthasar Kormakur. Islande. 93’

Dans la nuit Islandaise, des marins embarquent pour une marée dans une nature rude et houleuse et c’est le drame, le bateau plonge dans les eaux. Les marins pêcheurs périssent tous. Tous sauf un, qui nageant six heures dans le froid, rejoint la côte et raconte…

Découvrez la cuvée 2014 et les nombreux rendez-vous sur le site internet : Pêcheurs du Monde 2014

Autres articles :

Malaysian Airlines : peine à Pêcheurs du monde

Alain Le Sann, président du festival du film Pêcheurs du monde, dont la sixième édition va se dérouler du 25 au 30 mars, a dit hier sa tristesse sur la probable disparition d'une de leur amie, Chandrika Sharma, secrétaire exécutive de l'International Collective in Support of Fishworkers. (*)

Source : Ouest France (19 mars 2014)

« C'est une grande amie que je viens de perdre, en tout cas elle est disparue car elle se trouvait dans l'avion de la Malaysian Airlines. Chandrika est une indienne qui animait le réseau auquel j'appartiens. Elle se rendait à une réunion de la FAO en Mongolie pour défendre les pêcheurs. Elle est déjà venue à Lorient. Elle a passé sa vie à circuler partout dans le monde pour défendre les pêcheurs, je la connaissais depuis dix-huit ans. À 51 ans, elle souhaitait arrêter son travail car il était épuisant mais on ne trouvait personne pour la remplacer. Donc, elle continuait. »

(*) International Collective in Support of Fishworkers (ICSF) ou Collectif d’appui à la pêche artisanale (et aux travailleurs de la pêche). Cliquer Ici pour en savoir plus...

vendredi 21 mars 2014

21 mars. De l'importance des forêts pour la mer...



Contre vents et marées, une autre histoire du tsunami, De l'importance des forêts (*)

La forêt a une importance toute particulière pour la mer et donc la culture des huîtres. En effet, elle fournit à l'eau des rivières les éléments nutritifs nécessaire au plancton... Plancton nécessaire à l'alimentation de certaines espèces marines.

Témoignage de Shigeatsu Hatakeyama, lauréat des Héros des forêts de l'ONU en 2012. Hatakeyama est ostréiculteur dans la baie de Kesennuma au Japon. Il avait tout perdu au moment du tsunami du 11 mars 2011, catastrophe qui avait frappé la région de Tohoku au Nord-Est du Japon... Lire : Tsunami. Le témoignage de Shigeatsu Hatakeyama, ostréiculteur...

La définition des forêts doit correspondre à ce qu’elles signifient vraiment !

Lettre ouverte à la FAO à l’occasion du 21 mars 2014, Jour international des forêts

Monsieur José Graziano da Silva

Directeur général de la FAO

Nous constituons un groupe nombreux de mouvements sociaux, d’ONG et de militants et nous adressons cet appel urgent à la FAO pour qu’elle revoie sa définition des forêts. Telle qu’elle est à l’heure actuelle, cette définition réduit la forêt à n’importe quelle surface couverte d’arbres, et laisse de côté la diversité structurelle, fonctionnelle et biologique des autres éléments qui la composent, ainsi que l’importance culturelle de l’interaction entre les forêts et les communautés. Cette définition de la FAO favorise surtout les intérêts du lobby des exploitants forestiers et des compagnies qui font des plantations industrielles d’arbres pour produire de la pâte, du papier et du latex ; en revanche, elle ne tient pas compte des 300 millions (ou plus) de femmes et d’hommes du monde entier qui, d’après la FAO, dépendent directement des forêts pour leur subsistance. Cela inclut les populations indigènes et traditionnelles, dont beaucoup sont des paysans qui dépendent de l’agriculture en forêt et de la grande diversité de produits non ligneux qu’il offre pour leur souveraineté alimentaire. En plus d’assurer leur propre souveraineté alimentaire, tous ces peuples contribuent de façon fondamentale à nourrir le monde. Les forêts jouent un rôle capital dans la vie de ces femmes et de ces hommes, de ces paysans, artisans, pêcheurs et cueilleurs, qui doivent figurer parmi les principaux acteurs d’un processus de révision que la FAO devrait mettre en place pour faire en sorte que sa définition des forêts reflète ce qu’elles représentent au 21e siècle.

Mangrove du Siné Saloum au Sénégal (Photo : Aquablog)

Les forêts sont si importantes pour la vie des millions de femmes et d’hommes qui en dépendent de nombreuses façons, qu’il devient parfois difficile pour eux de mettre en paroles, même dans leur propre langue, jusqu’à quel point cette importance est cruciale. Parfois, les peuples des forêts le résument en disant tout simplement que la forêt est leur « foyer », non seulement un morceau de terre couvert d’arbres mais un territoire où ils se sentent protégés et où ils peuvent trouver tout ce qu’il leur faut pour bien vivre. Le plus souvent ce sont des peuples indigènes, parmi lesquels figure la centaine de peuples volontairement isolés qui restent encore. Bien d’autres groupes en font partie aussi ; même si leurs modes de vie sont différents, ils dépendent tous de la forêt. Tous, sans exception aucune, respectent profondément la forêt dont ils sont tributaires tout en en faisant partie.