lundi 8 septembre 2014

Embargo. Russie, cador ou tocard de la pêche ?


« La Russie est un pays où les importations alimentaires sont importantes. Le saumon vient de la Norvège, le poulet des États-Unis, le porc du Canada, les légumes des pays d'Europe, entre autres. C'est près de 30 % des aliments qui sont importés... » explique Germain Moyon, journaliste pour l'Agence France-Presse à Moscou... « On ne croit cependant pas que la situation se dégradera au point de revivre une pénurie alimentaire comme à la fin de l'URSS... » précise le journaliste de l’AFP (1).

Un mois après l’entrée en vigueur de l’embargo sur les produits alimentaires : En Russie, ce n’est pas la pénurie annoncée alors que dans l'Union européenne, l’embargo russe risque de fragiliser la chaîne alimentaire (2)... La Russie importe en temps normal plus de 100 000 tonnes de saumon d'élevage chaque année (En 2013, 133 000 tonnes dont 100 000 tonnes de Norvège) qui vont se retrouver en sus sur le marché international...

Suite aux mesures de représailles prises par les occidentaux dans le cadre de la crise ukrainienne (3), la Russie a mis en place un embargo sur des produits alimentaires à partir du 7 août 2014. Cet embargo concerne entre autre l'Union européenne, et ses produits : la viande, les produits laitiers, les fruits et légumes ainsi que les poissons et coquillages. L'ensemble de ces produits, privé de débouchés à l'export, va donc se retrouver sur le marché intérieur avec des conséquences négatives sur les filières concernées.

Dans le top 5 de la pêche...

Depuis, l’embargo décrété par Vladimir Poutine sur les produits agricoles et le poisson, les médias sous-entendent que les russes seront acculés à la faim... C’est mal connaitre la production russe notamment dans le secteur de la pêche. La Russie n’est pas un « petit », ce n’est peut être plus le cador de la pêche, mais le pays redevient un « grand » de la pêche mondialisée...

A titre de comparaison : Union Européenne : 4,9 millions de tonnes (dont Espagne : 0,735 millionT et France : 0,450 millionT)

Certes, les captures de poisson n’atteignent plus les sommets de la période soviétique quand les navires-usines écumaient l’ensemble des mers du globe. A la fin des années 1980, l’URSS se disputait avec le Japon, la première place des puissances halieutiques pour des productions au-delà des 10 millions de tonnes (URSS : 11,16 millions de tonnes en 1987).

Après la chute du mur de Berlin, démantèlement de l’empire soviétique et effondrement de l’économie... Au tournant du XXIe siècle, le secteur de la pêche russe retrouve des couleurs... Le pays se replace dans le top 5 mondial avec des captures annuelles supérieures à 4 millions de tonnes de poisson.

Et une balance commerciale des produits de la pêche équilibrée...

Selon "Agriculture et Agroalimentaire Canada", la Russie est le quinzième importateur de poisson et de fruits de mer dans le monde : elle a importé pour près de 2,6 milliards de dollars américains en 2011, une augmentation de 19,1% par rapport à 2010. Ses principaux fournisseurs sont la Norvège (36,3 %), la Chine (12%), l'Islande (6,3%) et le Canada (4,5%)... Sur la même période, la Russie a exporté pour un peu plus de 2,7 milliards de dollars américains de poisson et de fruits de mer, ce qui représente une augmentation de 22 % par rapport à 2010. Les exportations russes concernent tout particulièrement les pêcheries de Colin d'Alaska, Cabillaud et Saumon du Pacifique... Les exportations russes de poisson et de fruits de mer sont principalement destinées à la Chine (39,7%), à la Corée du Sud (38,2%) et au Japon (7,4%). (4)

La Russie importe beaucoup de saumon d’élevage 133 000 tonnes (dont 100 000 tonnes de Norvège)... Dans le même temps, la Russie exporte autant sinon plus de saumon sauvage du Pacifique (En 2013, les captures russes de saumon sauvage ont atteint 390 000 tonnes dans le Pacifique Nord-Ouest)... C’est aussi un « gros » exportateur de colin d’Alaska et de cabillaud du Pacifique... Des productions russes de l’Extrême-Orient en concurrence directe avec les pêcheries de l’Alaska...  D’où la colère des pêcheurs étatsuniens qui ne peuvent plus exporter vers la Russie alors que les russes continuent de déverser leurs productions sur le marché international et tout particulièrement sur la Chine, le Japon et la Corée du Sud, des pays ciblés par les pêcheries alaskiennes...

Ces productions russes de l’Extrême-Orient continuent d’alimenter le marché européen après un passage dans les usines de l’Empire du milieu. La Chine est le deuxième fournisseur de l’Union Européenne en produits de la mer, essentiellement cabillaud et colin d’Alaska...

Les dindons de l’embargo russe ?

Un mois après l’entrée en vigueur de l’embargo russe sur de nombreux produits alimentaires occidentaux, les étalages ne désemplissent pas à Moscou. Il y a bien sur moins de variétés... Moins de fromages français... Moins d'huîtres bretonnes ou charentaises... Moins de saumon de Norvège... Mais ce n’est pas le désastre annoncé, même si les classes moyennes doivent se serrer la ceinture. L’offre de viandes, poissons et produits laitiers reste assez variée dans les rayons des magasins russes. Mais les consommateurs voient les étiquettes valser (5).

Le gouvernement russe a déclaré que la demande intérieure pour le poisson interdit sera principalement satisfaite par l'augmentation des livraisons à partir de l'Extrême-Orient du pays (façade Pacifique)... D'autres marchés seront sollicités tels que le Chili, la Chine, les Féroé et l'Équateur... Malgré tout, les experts estiment que l'industrie de la pêche russe ne sera pas en mesure de rattraper l'écart à court terme. Les entreprises s'attendent à ce que les prix pour les espèces les plus touchées, comme le saumon, augmentent d'environ 20-30% à court terme.

Quant à l’industrie de la pêche russe, elle demande depuis longtemps une réorganisation de la filière de la pêche afin de relocaliser la production sur le marché intérieur : des améliorations dans les transports et dans les infrastructures portuaires ainsi qu’un soutien dans l’organisation des marchés à l’image de l’Union Européenne avec la politique commune de la pêche (6).

Dans l’UE, l'ensemble des produits, privé de débouchés en Russie, va se retrouver sur le marché intérieur avec des conséquences négatives sur les filières concernées.

La Confédération paysanne revendique une réelle relocalisation de l'économie et des échanges agricoles et affirme qu'il n'est pas question que les paysans assument les conséquences des décisions de politique internationale et demande que des moyens soient débloqués pour que la solidarité nationale puisse se mettre en place.

Le syndicat agricole précise : « Il n'est pas dans la vocation de la France de nourrir le monde, mais avant tout de se nourrir elle-même. Le modèle agro exportateur mis en avant par nos responsables politiques et professionnels a montré à plusieurs reprises qu'il pouvait être extrêmement préjudiciable aux paysans et aux travailleurs de l'agroalimentaire. Les alternatives existent : la souveraineté alimentaire est le droit des peuples à définir eux-mêmes leur politique agricole et alimentaire. Appliquons-le !.. » (7)

Philippe Favrelière

(6) National Fish Resources : Ports: view the profile et The state and fish products
(7) Confédération paysanne : Embargo russe : Quand la vocation exportatrice de la France met les paysans en difficulté

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Le 7 janvier 2016

Mourmansk, la plus grande base de pêche polaire du monde...Très bon reportage dans ce très grand port de pêche...
Posté par Regard sur la Pêche et Aquaculture sur jeudi 7 janvier 2016

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Le 12 Février 2015

La Russie a tendu ses filets contre des pêcheurs étrangers

Des étrangers, contrôlant illégalement la pêche en Russie, seront repérés et privés de quotas. L'Agence fédérale russe pour la pêche (Rosrybolovstvo) a élaboré un mécanisme de dévoilement des propriétaires de compagnies, prétendant au droit de pêche et de développement de projets d’aquaculture, au stade précédent la déposition des demandes. Celles, contrôlées par des étrangers auront affaire au Service fédéral antitrusts de Russie.

Source : La Voix de la Russie

Les compagnies, souhaitant pratiquer la pêche en Russie, devront commencer par prouver qu’elles ne sont pas contrôlées par des investisseurs étrangers. A cet effet, Rosrybolovstvo propose de mettre en devoir les prétendants de dévoiler la structure des propriétaires avant même la tenue des ventes au plus offrant des quotas de pêche et des appels d’offres pour les terrains destinés à développer une aquaculture. Et si plus de 25 % de titres appartiennent à un étranger, y compris à un bénéficiaire offshore, alors pour pêcher du poisson dans les eaux territoriales russes cette compagnie devra d’abord obtenir une autorisation de la commission gouvernementale. C’est ce qu’exige la loi « Sur les investissements stratégiques », rappelle le responsable de l’Agence informationnelle pour la pêche, Alexandre Saveliev.

« Aucune puissance maritime ne permet pas aux étrangers de pêcher dans ses eaux. Etant donné que l’industrie de la pêche figure parmi les branches stratégiques, qui influent directement sur la sécurité alimentaire de l’Etat. Qui plus est, les impôts doivent être payés, naturellement, là où cette pêche est menée. »

En dépit de cela, jusqu’à présent une forte proportion du poisson pêché en Extrême-Orient russe est contrôlée et commercialisée par des patrons étrangers en dehors du pays. Des compagnies chinoises, coréennes, nippones, américaines sont souvent présentes sur le marché russe de la pêche de façon illicite. L’un des gros scandales à ce sujet a éclaté il y a deux ans et demi. Il a été établi que le holding Pacific Andes de Hongkong a pris le contrôle d’environ 60 % de la morue du Pacifique occidental, pêchée dans la zone économique exclusive de Russie. On a identifié 11 compagnies russes bénéficiant de quotas durables, jusqu’à 2018, de pêche de deux espèces de morue, ainsi que du hareng, dont le contrôle était acquis par le truchement des accords secrets, des crédits, du nantissement. Au bout du compte, Pacific Andes a été obligé de vendre ses actifs russes et sortir d’une partie de compagnies entièrement et dans certaines – ramener sa participation au niveau autorisé. Autrement dit, les étrangers ont la possibilité de pêcher du poisson dans les eaux russes, mais doivent le faire honnêtement. Des investisseurs qui assurent le traitement et le conditionnement du poisson pêché en Russie peuvent obtenir des préférences spéciales, remarque Alexandre Saveliev, responsable de l’Agence informationnelle pour la pêche.

« L’industrie russe de la pêche n’a pas besoin d’investisseurs étrangers dans la sphère de la pêche. Ils sont nécessaires pour construire des usines de traitement du poisson, des centre logistiques, réaliser le transport des produits. C’est une pratique mondiale. »

Des amendements à la loi « Sur la pêche et la protection des ressources biologiques aquatiques » ont pris effet juridique en Russie le 6 décembre 2014. Les nouvelles règles concernent la pêche des ressources biologiques en zone côtière, la pêche à l’échelle industrielle dans la zone économique exclusive, dans les régions régulées par des traités internationaux et facilitent le mécanisme de l’obtention des quotas par des personnes juridiques et des entrepreneurs individuels, ne se trouvant pas sous contrôle des étrangers.

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Août 2014

Russie : l'impact de l’embargo sur le secteur de la pêche

Le 6 Août 2014, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret interdisant l’importation de produits agricoles et de poissons depuis les États-Unis, le Canada, l’Union européenne, l'Australie et la Norvège, à la suite de la mise en œuvre des sanctions économiques contre la Russie en raison des événements dans la région.

Le gouvernement de la Russie (GOR) a déclaré que la demande intérieure pour le poisson interdit sera principalement satisfaite par l'augmentation des livraisons depuis l'Extrême-Orient (côte Pacifique de la Russie), ainsi que d'autres marchés tels que le Chili, la Chine, les Féroé et l'Équateur. La part des importations totales de la Russie de poissons et fruits de mer des États-Unis est d'environ 3%. Les États-Unis sont l'un des plus grands fournisseurs de caviar de saumon congelé sur le marché russe. Quant aux produits de la pêche américains prêts à la consommation, ils ne sont pas touchés par l'interdiction (HTS 1605, 1604), on estime la valeur exportée à $ 900 000.

Les experts estiment que l'industrie de la pêche russe ne sera pas en mesure de rattraper l'écart à court terme. Les entreprises s'attendent à ce que les prix pour les espèces les plus touchées, comme le saumon, augmentent d'environ 20-30% à court terme.

Pour en savoir plus : télécharger le document de l'administration américaine (USDA) daté du 22 août 2014 :  Russian federation : Trade Impact of Ban on Fishery Sector

Les pêcheurs d'Alaska appellent à boycotter les produits de la mer russes

Source : Ria Novosti - le 22 août 2014

Dans l'Alaska un groupe de sociétés de production et de vente des produits de la mer a appelé à boycotter les fournitures des produits russes.

Les organisateurs de l'action déclarent que c'est leur réponse aux limitations russes d'importations du poisson des Etats-Unis et de l'UE. Ils ont demandé aux représentants de l'Alaska au Congrès de soutenir le boycott. Ils soulignent que leur objectif est d'obtenir l'annulation de l'interdiction russe d'importer les produits de la mer américains. Selon les spécialistes, les pertes annuelles de la pêcherie américaine suite aux restrictions de Russie peuvent s'élever à 350 millions de dollars.

Russie : Hausse de 40% des captures de saumons

Source : Ubifrance via Intrafish - juillet 2014

Les captures de saumons dans l’Extrême-Orient russe s’élevaient à plus de 34 000 tonnes début juillet, soit un volume supérieur de 40% par rapport à la même période de 2012. La campagne a débuté à la fin du printemps et s’achèvera en fin d’automne. En 2013, les captures se sont élevées à plus de 390 000 tonnes.

Russie : Le commerce du poisson et des fruits de mer

Présentation du marché des produits de la mer en Russie par le Bureau des marchés internationaux du Ministère de l'Agriculture du Canada

Actuellement, la Russie est l'un des principaux producteurs, importateurs et exportateurs mondiaux de poisson et de fruits de mer, et sa consommation de poisson s'accroît graduellement. Les analystes de marchés de Datamonitor l'attribuent à plusieurs facteurs, dont la stabilisation du revenu disponible des consommateurs dans la foulée du ralentissement économique, surtout à Moscou, SaintPétersbourg et autres grandes villes, les nouvelles préférences de consommation fondées sur des préoccupations liées à la santé et à la nutrition et à la quête d'aliments à faible teneur en graisses, l'augmentation des prix des produits d'origine animale et la grande disponibilité de produits qui découle des investissements accrus dans les usines de transformation et des réseaux de distribution améliorés.

Le marché russe des aliments frais présente un énorme potentiel de croissance, en dépit du fait que la consommation par habitant de nombreux produits y demeure relativement modérée. D'après Euromonitor, le taux de croissance annuel moyen du marché devrait se situer entre 5% et 8% au cours des quelques prochaines années. Certains produits afficheront une croissance encore plus dynamique, dont le poisson et les fruits de mer, à mesure que les Russes suivront la tendance mondiale et délaisseront eux aussi la viande rouge en faveur de sources protéiques plus faibles en gras.

La Russie constitue un débouché important pour les exportations canadiennes de poisson et de fruits de mer. La part canadienne du marché russe du poisson et des fruits de mer est passée de 92,2 millions à 114,7 millions de dollars américains (M$ US) entre 2010 et 2011.


À l'échelle mondiale, la Russie est le quinzième importateur de poisson et de fruits de mer : elle a importé pour près de 2,6 milliards de dollars américains en 2011, une augmentation de 19,1% par rapport à 2010. Ses principaux fournisseurs sont la Norvège (36,3 %), la Chine (12%), l'Islande (6,3%) et le Canada (4,5%),

Balance commerciale en équilibre

Au nombre des principaux produits de la pêche importés par la Russie en 2011 figurent le saumon frais ou réfrigéré avec arêtes (549,9 M$ US), la crevette (262,5 M$ US), le maquereau (230,5 M$ US), les filets de poisson frais (195,8 M$ US) et le poisson surgelé avec arêtes (188,8 M$ US).

En 2011, la Russie a exporté pour un peu plus de 2,7 milliards de dollars américains de poisson et de fruits de mer, ce qui représente une augmentation de 22 % par rapport à 2010. Les exportations russes concernent tout particulièrement les pêcheries de Colin d'Alaska, Cabillaud et Saumon du Pacifique. Ses exportations étaient principalement composées de poisson surgelé avec arêtes (1,1 milliard de dollars américains), de foies et d'œufs de poisson surgelés (269,3 M$ US), de filets de poisson surgelés (254 M$ US), de crabe surgelé (206,5 M$ US) et de saumon surgelé (193,2 M$ US),

Les exportations russes de poisson et de fruits de mer sont principalement destinées à la Chine (39,7%), à la Corée du Sud (38,2%) et au Japon (7,4%).

Remarque : Une partie des produits issus des pêcheries russes (colin, cabillaud, saumon) est réexportée en Europe depuis la Chine (2e fournisseur de l'UE après la Norvège)

Pour en savoir plus :

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Le 2 Septembre 2014

Embargo russe. Pêcheurs et aquaculteurs européens interpellent Maria Damanaki

Suite aux mesures de représailles prises par les occidentaux dans le cadre de la crise ukrainienne (1), la Russie a mis en place un embargo sur des produits alimentaires le 7 août 2014. Cet embargo concerne entre autre l'Union européenne, et ses produits : la viande, les produits laitiers, les fruits et légumes ainsi que les poissons et les coquillages. L'ensemble de ces produits, privé de débouchés à l'export, va donc se retrouver sur le marché intérieur avec des conséquences négatives sur les filières concernées.

Il n’y a pas que les agriculteurs européens qui exportent leurs produits en Russie :
* 125 millions d'euros débloqués par l'UE pour aider le secteur des maraîchers (2),
* La Commission européenne annonce des mesures d'urgence pour soutenir le marché dans le secteur du lait (3),

Il n’y a pas que les pisciculteurs norvégiens avec près de 100.000 tonnes de saumon exportées chaque année et qui semblent malgré tout s’en tirer (4) :

Le saumon norvégien s'en sort bien

Après l'annonce de l'embargo, les cours du numéro un du saumon, le Norvégien Marine Harvest, avait chuté de plus de 8%.

Un mois plus tard, les esprits se sont apaisés. Certes le prix du saumon a baissé depuis l'annonce des sanctions russes, passant de 40 couronnes (environ 5 euros) le kilo à 32 couronnes. Mais c'est la période où les poissons sont arrivés à maturité, et l'afflux de marchandises pèse sur les prix.

Et puis surtout le marché semble se rééquilibrer tout seul, note François Perrone, chef des opérations du marché spécialisé Fish Pool. "La Russie va devoir se tourner vers le saumon chilien, ce qui veut dire qu'il y aura moins de saumon chilien pour les Américains et les Japonais qui devront donc se tourner à leur tour vers le poisson norvégien", estime-t-il.

Il y a aussi les pêcheurs et les aquaculteurs de l’UE, rappelle l’organisation Europêche qui dénonce dans un communiqué du 29 août (5), l’inaction de Maria Damanaki, commissaire européenne à la pêche, face à l’embargo russe sur les produits de la pêche et de l’aquaculture. Europêche estime les exportations à 153.8 millions d’euros. Des saumons, des truites et des huîtres qui inévitablement vont se retrouver sur le marché communautaire...

2 septembre 2014 : La Commission européenne propose aux pêcheurs et aux aquaculteurs une aide au stockage !!! : Russian trade ban on fishery products: Commission in close contact with EU governments; financial support possible for storage

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Le 22 Septembre 2014

Les maquereaux écossais pourraient être vendus en Afrique



Les gouvernements du Royaume-Uni et de l’Écosse ont dévoilé des plans conjoints visant à ouvrir de nouveaux marchés de poisson aux chalutiers du nord et du nord-est touchés par les sanctions russes. Des patrons de l’industrie ont fait savoir que l'interdiction de Vladimir Poutine portant sur la nourriture européenne pourrait avoir des conséquences « très graves » pour les pêcheurs et les transformateurs de maquereau écossais. Les capitaines de navires dans les ports de Lerwick, Fraserburgh et Peterhead, entre autres, pourraient enregistrer des pertes importantes sur un de leurs plus grands marchés.

Source : CTA d'après l'article de pressandjournal : Scots mackerel to be sold to Africa to beat sanctions



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Le 28 octobre 2014

Deux mois d’embargo russe : le saumon norvégien se jouent des barrages !

L’interdiction sur l’import de denrées alimentaires en provenance des pays soutenant les sanctions contre la Russie a privé le commerce de détail de ses fournisseurs habituels et fiables, et les consommateurs de leurs produits préférés. Cependant, le saumon de Norvège est toujours présent sur les étals ; il a contourné l’embargo russe en passant par la Biélorussie...

La Biélorussie joue un rôle significatif dans le remplacement des livraisons de poisson suspendues. Début septembre, le journal norvégien Dagens Naeringsliv a rapporté, citant des exportateurs, qu’après l’introduction de l’embargo par la Russie, la Norvège avait triplé ses exportations de saumon vers la Biélorussie, et quadruplé les volumes à destination de l’Estonie. L’embargo russe a causé bien moins de problèmes que prévu, expliquait notamment au journal un gros exportateur de poisson norvégien, le groupe Coast Seafood i Måløy : « Le saumon traité continue d’arriver en Russie : nous avons rétabli les livraisons pratiquement dans les mêmes volumes que précédemment. »

Les compagnies russes de traitement du poisson expliquent que le poisson norvégien n’entre pas en Russie directement : il est traité sur le territoire biélorusse, où il obtient un nouveau code douanier, ce qui lui permet de contourner l’embargo. « Nous avons conclu un accord avec une entreprise locale en Biélorussie, nous y avons livré notre équipement, lancé la production – et aujourd’hui, nous assurons les livraisons, déclarait en septembre à Vedomosti le directeur d’un gros fabricant russe de poisson préparé. En Biélorussie, le poisson est tranché en filets, les filets sont salés, emballés sous vide, puis conditionnés en paquets et envoyés en Russie », expliquait-il. Ce schéma coûte plus cher qu’une collaboration directe avec les Norvégiens, admettait toutefois le chef d’entreprise : « Avant l’embargo, nous étions à 280 roubles le morceau de 300 g de poisson à chair rose en paquet ; aujourd’hui, nous sommes montés à 305-310 roubles. »

Les choses sont plus compliquées avec le poisson frais – le saumon norvégien dominait dans les grosses chaînes de détail. « La production de Norvège se distinguait par sa très haute qualité à des prix accessibles », explique Mme Melechina, de chez Lenta. De fait, au cours des premiers temps après l’interdiction étatique, les chaînes ont « connu quelques difficultés avec les fournitures de poisson frais, et notamment ressenti un déficit clair de saumon et de truite », confie Mme Kournossova, de chez Auchan.

La représentante de Lenta explique que c’est à Mourmansk que le groupe a trouvé le premier équivalent correct. Fin août, la chaîne a pu organiser des livraisons de saumon surgelé depuis le Chili, mais aussi obtenir une déclaration de correspondance, lui permettant de dégeler le poisson directement dans ses magasins. Aujourd’hui, le détaillant importe de la truite de Turquie et d’Arménie et a organisé des livraisons de saumon réfrigéré depuis les îles Féroé. Si le poisson a majoritairement pu être remplacé, les coûts à l’import sont plus élevés avec ces pays que depuis la Norvège, reconnaît la représentante de Lenta. Les îles Féroé ont en partie comblé les volumes manquants, « mais à l’heure actuelle, ces livraisons demeurent instables », comme le précise la représentante d’Auchan.

Extrait de l'article de Julia Breen dans le Courrier de Russie : Deux mois d’embargo alimentaire : par quoi a-t-on remplacé les produits interdits ?

Une fois fileté et salé en Biélorussie, le saumon norvégien franchit l’embargo russe



L’embargo sur les saumons en provenance de Norvège n’a pas entraîné de pénurie de filets de saumon salé sur les étals des magasins russes. Les industriels russes (importateurs ndlr) du poisson expédient désormais le poisson frais en Biélorussie, où ce dernier est découpé et salé dans les usines locales avant de poursuivre sa route vers la Russie.

Extrait de l'article de Irina Javoronkova, RBC Daily (27 octobre, 2014) : Comment le saumon norvégien franchit le barrage des sanctions

La majorité des industriels russes du poisson coopèrent désormais avec des entreprises biélorusses : avant d’arriver sur les étals en Russie, le poisson en provenance de Norvège passe désormais par la Biélorussie : découpé et salé, il y subit une première transformation, a déclaré à RBC le directeur général adjoint du holding pétersbourgeois « ROK-1 », Alexandre Starobinsky. Le site de « ROK-1 » indique que la société produit annuellement plus de 60 000 tonnes de 400 produits différents, parmi lesquels des poissons fins, des bâtonnets de crabe et du caviar. « ROK-1 » procède de la même manière, a précisé M. Starobinsky, sans entrer dans les détails.

« Après l’entrée en vigueur des sanctions, nous avons traversé toute la Biélorussie pour voir s’il était possible d’acheter certaines usines locales de transformation de poisson, mais nous avons finalement décidé de simplement leur passer commande, car nous nous attendons à ce que les sanctions soient rapidement levées », raconte le directeur commercial de la société concurrente Baltiisky Bereg, Konstantin Petrov. Ce dernier n’a toutefois pas précisé le nom des entreprises biélorusses en question ni le volume des commandes passées auprès de ces dernières, invoquant le secret commercial. Baltiisky Bereg figure dans le top 5 des « entreprises fédérales de la filière », lit-on sur leur site internet. La société commercialise plus de 150 produits différents, notamment par le biais de ses entreprises implantées à Saint-Pétersbourg, ainsi que dans les régions de Leningrad et de Mourmansk.

Depuis le 7 août dernier, il est désormais impossible d’importer en Russie du poisson en provenance de Norvège : le pays importateur et le produit en question figurent sur la liste des contre-sanctions mises en place pour une durée d'un an par le premier ministre Dmitri Medvedev. Le poisson norvégien peut toutefois entrer en toute légalité sur le territoire de l’Union douanière via la Biélorussie et le Kazakhstan. Le réexporter tel quel en direction de la Russie est impossible, dans la mesure où la Norvège reste le pays d’origine du produit. Cependant, si le poisson fait l’objet d’une transformation (par exemple, en étant salé) et d’un conditionnement, il devient un produit biélorusse ou kazakh. Tous les obstacles à l’importation disparaissent alors.

Par exemple, après cette étape biélorusse, le code VED (nomenclature du commerce extérieur, la référence des douanes russes) du saumon norvégien change, passant de la référence 0302 (« saumon frais ») à la référence 0305 (« filet de saumon avec une teneur minimale en sel de 3,5% »).

Pour l’année 2013, le volume total de la consommation de poisson en Russie s’élevait à 2,8 millions de tonnes, la part des produits importés en représentant plus d’un tiers. La Norvège occupait la première place parmi les importateurs, avec une part d’environ 40%. Selon le comité norvégien du poisson, au cours des années 2012-2013, la Russie figurait à la première place des pays-importateurs de poissons et de fruits de mer norvégiens. En 2013, les exportations de poissons norvégiens en direction de la Russie ont crû de 10%, pour atteindre 837,3 millions d’euros.

Les entreprises en otages

Le représentant d’une société russe de transformation de poisson a indiqué à RBC que par comparaison avec la période durant laquelle il était possible d’importer directement les produits depuis la Norvège, l’augmentation des dépenses correspondait au montant de la commission prélevée par les partenaires biélorusses.

Selon les estimations des interlocuteurs de RBC, leurs coûts ont augmenté de 15 à 20%. Selon le Norwegian Seafood Council, en septembre, le prix moyen du saumon norvégien sur le marché mondial s’établissait à 4,2€ le kilo. Pour ce même mois, selon Custom Inform, l’importateur russe payait en moyenne son saumon 7,3€.

Les personnes interrogées par RBC estiment le coût du transport du poisson depuis la Norvège jusqu’en Biélorussie de 3 900 à 4 700 euros par camion de 16 tonnes. Il faut encore ajouter à cela la commission du partenaire biélorusse ainsi que le coût des certifications et du conditionnement avant d’obtenir le prix final.

Ces livraisons pourraient être interdites par Rosselkhoznadzor (l’agence russe de contrôle sanitaire et vétérinaire), mais uniquement si les documents des produits en question ne sont pas en règle. « Nous ne nous intéressons qu’à la conformité des certificats vétérinaires ainsi qu’aux résultats des contrôles sélectifs effectués sur place, nous ne nous occupons pas des codes douaniers, cela ne relève pas de notre compétence », a déclaré le représentant du Service fédéral russe de contrôle vétérinaire et phytosanitaire (Rosselkhoznadzor), Alexeï Alexeïenko.

« Après l’introduction des sanctions et contrairement à d’autres branches, l’industrie du poisson s’est entièrement conformée aux exigences imposées par les sanctions. S’il faut ajouter du sel pour être en mesure d’importer le poisson en Russie, les industriels s’exécutent. C’est un procédé absolument légal », commente le directeur exécutif de l’Union des industriels du poisson de Russie, Sergueï Goudkov. Selon ses calculs, suite à l’introduction de l’embargo, près de 80% des activités de transformation du saumon fumé ont été relocalisées hors de Russie.
Extrait de l’interview d’Andreï Belianinov, directeur du Service des douanes russes (FTS) à Rossiyskaya Gazeta du 21 octobre

Les produits concernés par les sanctions recherchent des moyens de les contourner. Au 21 octobre, 818 cargaisons de marchandises se sont vues refuser l’entrée dans notre pays, ce qui représente un volume total de 19 300 tonnes. Parmi toutes ces marchandises que l’on tente de faire passer malgré l’interdiction en vigueur, l’on peut citer les fruits, légumes et baies en provenance de Pologne, de Grèce, d’Espagne, des produits laitiers en provenance d’Allemagne, de Finlande et de Lettonie, ainsi que des produits carnés en provenance des USA, d’Allemagne et des Pays-Bas. Ce faisant, nous avons aujourd’hui de nombreux opérateurs de commerce extérieur parfaitement honnêtes. Nous avons établi au mois de septembre une liste de 2 366 importateurs à faible risque d’infractions. Ces derniers représentent 55% de l’ensemble des droits de douanes versés.

Les Iles Féroé s'enrichissent... grâce à l'embargo russe sur l'agroalimentaire

Source : France Info En direct du monde par Alexis Morel - jeudi 23 octobre 2014

Tous les Européens ne sont pas forcément pénalisés par l'embargo russe sur l'agroalimentaire. Les 50.000 habitants des Iles Féroé, une petite province autonome du Danemark, s'en réjouissent ! En quelques semaines, une famille y est devenue milliardaire, grâce à l'exportation du saumon.

Conséquence de la crise ukrainienne, la Russie impose depuis plusieurs mois un embargo sur l'agroalimentaire à l'Union Européenne.  Mais une région échappe à cette sanction, les Iles Féroé, une province autonome du Danemark, perdue dans l'océan Atlantique. Comme elle ne fait pas partie de l'UE, elle a demandé à Moscou d'être exemptée de cette interdiction. Les entreprises locales peuvent donc continuer à commercer avec la Russie. En quelques mois, la famille Jacobsen qui produit du saumon, est devenue milliardaire. Les bénéfices de la société familiale dépassent ceux des producteurs norvégiens, les plus gros du monde.

Cette situation provoque des tensions entre le Danemark et les îles Féroé

Le Ministre danois des Affaires étrangères, Martin Lidegaard demande aux Féringiens de ne pas  profiter de la situation causée par la crise en Ukraine.Voici ce qu'il écrit dans un quotidien danois :

"J'ai l'impression que les îles Féroé sont pleinement conscients des attentes de l'Union Européenne. Nous avons tous la responsabilité de veiller à ce qu'aucun ne profite des  pertes de marché des autres en raison des sanctions, et j'espère qu’ils trouveront le juste équilibre en la matière »

Alimentation : ces industriels qui surfent sur l’embargo russe

Source : Les Echos par Benjamin Quenelle / Correspondant à Moscou | Le 28 octobre 2014

Les groupes européens qui, comme Danone, Bonduelle ou Nestlé, ont investi depuis longtemps dans la production locale, se voient récompensés. - RIA Novosti / AFP

Les groupes européens produisant déjà sur place voient leurs ventes augmenter.

« Nous sommes les grands bénéficiaires de la crise ukrainienne ! » A Moscou, Maxim Basov se dit « un patron heureux ». Rusagro, son groupe russe spécialisé dans la production de sucre, d’huile végétale et de viande porcine, voit tous ses indicateurs évoluer à la hausse. « Grâce aux sanctions occidentales et à l’embargo alimentaire russe, nous allons accroître notre chiffre d’affaires de 20% en 2014 et doubler nos bénéfices par rapport à 2013 ! » L’an passé avait déjà été une année record, avec des revenus de 810 millions d’euros et un bénéfice de 70 millions d’euros.

« Sur tous les fronts, nous sommes gagnants », martèle Maxim Basov. Rusagro a augmenté ses ventes pour remplacer les importations alimentaires interdites par l’embargo alimentaire sur de nombreux produits occidentaux. La chute du rouble a aggravé une dynamique inflationniste, qui a poussé à la hausse l’ensemble des prix, même ceux des produits locaux (de +5% pour le sucre à… +25% pour le porc). Rusagro va toucher les aides financières du gouvernement pour acheter de nouvelles terres, construire des usines et donc participer à la hausse voulue de la production nationale. Le groupe va d’ailleurs s’étendre dans la pisciculture et la production de fromages. Deux secteurs au cœur de l’embargo.

Substituer les importations par une production locale

Dans le secteur agricole, Rusagro est loin d’être le seul bénéficiaire. L’embargo sur le poisson européen, notamment le saumon, a fait les affaires de la marque « Mer russe », la société nationale dont les ventes ont fortement augmenté. Une bonne affaire pour son propriétaire, Guennadi Timchenko qui, comme d’autres oligarques proches du Kremlin visés par les sanctions américaines, a depuis bénéficié par ricochet des effets de la crise ukrainienne. Quant à Phosagro, fournisseur d’engrais, il a pareillement vu ses ventes bondir en Russie et les revenus de ses exportations dopés par la chute du rouble.

Industriels de l’agroalimentaire comme vendeurs en magasins répètent du coup le même argument du Kremlin : cet embargo est une « chance » pour accélérer la substitution des importations par une production locale. Sans trop s’attarder sur le temps et le savoir-faire nécessaires pour mettre en place les bassins de pisciculture, les ateliers d’abattage, les usines de fromage ou les vergers industriels qui, vingt ans après la chute de l’URSS, sont toujours en nombre insuffisant. Les groupes européens qui, comme Danone, Bonduelle ou Nestlé, ont investi depuis longtemps dans la production locale, se voient eux déjà récompensés.

La Biélorussie et la Suisse tirent leur épingle du jeu

« C’est clair qu’on a bénéficié de l’embargo. La tendance est très positive », confirme Christophe Château, porte-parole de Bonduelle. La croissance des ventes est largement à deux chiffres même si l’on se refuse à donner des éléments précis. Avec l’inflation provoquée par la crise sur tous les produits frais, les consommateurs se reportent davantage sur les conserves. Et donc Bonduelle en a directement profité. D’autant plus que 75% des ventes proviennent d’une usine du groupe, installée dans le sud de la Russie. Chez Nestlé, le propos est plus prudent. « Les restrictions d’importation n’ont pas un impact significatif sur nos opérations », se contente d’assurer Olga Borodina, porte-parole de Nestlé en Russie. Le groupe fabrique 90% de sa production sur place. Le meilleur moyen d’être à l’abri des embargos…

Deux pays ont par ailleurs su tirer leur épingle du jeu. La Biélorussie, autorisée par Moscou à exporter vers la Russie des denrées alimentaires issues de l’agriculture occidentale sous embargo, a vu s’accélérer le transit de produits, sans aucune autre transformation qu’un simple changement formel d’étiquettes. Et la Suisse, qui comme l’Union européenne a pourtant imposé des sanctions financières à la Russie, a été exemptée par le Kremlin des listes de l’embargo. Résultat : la seule vraie présence européenne sur les étals de fromages dans les magasins haut de gamme de Moscou est désormais celle des pâtes dures helvètes.

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Le 2 Avril 2015

Russie : au moins 54 morts dans le naufrage d'un chalutier en mer d'Okhotsk



Le Pacifique Nord (Mer d'Okhotsk et Mer de Béring) est la principale zone de pêche de la planète, avec notamment la pêcherie de colin d'Alaska, espèce la plus consommée dans le monde... viennent ensuite le Cabillaud et les Saumons du Pacifique...

Un chalutier russe a sombré en mer d'Okhotsk dans la nuit de mercredi à jeudi avec à son bord 132 hommes d'équipages. Au moins 54 d'entre eux sont morts noyés et 15 autres sont toujours portés disparus.

Le chalutier russe "Dalni Vostok" a fait naufrage à 22 h 20, heure française (6 h 30 locales) dans la nuit de mercredi à jeudi, au large des côtes de la péninsule du Kamtchatka et à 250 kilomètres au sud de la ville de Magadan, la principale agglomération de cette zone peu peuplée de l'Extrême-Orient russe.

« Actuellement, nous avons récupéré les corps de 54 victimes. Soixante-trois membres d'équipage ont pu être sauvés », a indiqué le chef régional de l'administration fédérale de sauvetage en mer à l'agence de presse russe Interfax, précisant que 15 marins étaient toujours portés disparus. Un précédent bilan faisait état d'au moins 43 morts et 26 disparus.

Le même responsable explique que près de 40 marins ont pu être hélitreuillé vers les hôpitaux de Magadan. Il a également annoncé que près de 800 personnes ont participé aux opérations de sauvetage et que 26 navires de pêche de différentes nationalités, croisant dans les environs du naufrage, se sont déroutés pour porter assistance aux marins en perdition.



Des Russes et des Birmans

Le « Dalni Vostok » a fait naufrage à 06 h 30 locales au large des côtes du Kamtchatka et à 250 kilomètres au sud de la ville de Magadan, la principale agglomération de cette zone peu peuplée de l'Extrême-Orient russe. Un responsable du centre de coordination des secours de la région a précisé à l'agence Tass que 78 des marins à bord du « Dalni Vostok » étaient russes et au moins 40 originaires de Birmanie.

Des hommes originaires de Lituanie, d'Ukraine et du Vanuatu étaient également à bord du chalutier, un navire-usine de 5 700 tonnes et 104 mètres de long conçu pour embarquer plusieurs dizaines de marins pour des campagnes de pêche de plusieurs mois. Le « Dalni Vostok » était exploité par la compagnie Magellan LLC et basée à Nevelsk, une ville portuaire de l'île de Sakhaline, dans l'Extrême-Orient russe.

« Selon nos premières informations, 40 blessés vont être évacués vers un hôpital de Magadan par hélicoptère », a indiqué le service de presse du district de Magadan dans un communiqué, précisant que ceux-ci n'avaient pas pris part aux opérations de sauvetage en raison de l'éloignement du chalutier au moment de son naufrage.

Mer calme au moment du naufrage

« Un total de 800 personnes ont participé aux opérations de recherche et de secours », indique toutefois le communiqué, précisant que 26 navires de pêche avaient participé au sauvetage des marins rescapés.

Selon la même source, les causes du naufrage n'ont pas encore été déterminées. Les médias russes évoquent toutefois la possibilité que le bateau ait heurté des blocs de glace, alors que la température était de 0°C et la mer très calme au moment du naufrage.

De nombreux navires de pêche notamment russes, chinois et japonais, se livrent à des campagne de pêche dans les eaux internationales des mers d'Okhotsk et de Béring bordant l'Extrême-Orient russe car elles sont extrêmement poissonneuses et furent longtemps sous-exploitées en raisons des conditions difficiles de travail sur place. En décembre dernier, le naufrage d'un chalutier sud-coréen en mer de Béring, entre l'extrémité orientale de la Russie et l'Alaska, avait fait 27 morts et 26 disparus. D'après le monde : Au moins 54 morts dans le naufrage d'un chalutier russe

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Le 16 Avril 2015

Naufrage au large des Canaries d'un chalutier russe















Le chalutier russe Oleg Neydanov, "libéré" par Dakar en janvier 2014 contre près d'un million d'euros après avoir été arraisonné pour pêche illégale, a coulé mercredi au large des Canaries, ont annoncé les secours espagnols dépêchés sur place.


L'équipage de 72 personnes avait été évacué samedi après un incendie à bord. Le navire se trouvait alors au port de Las Palmas, sur l'île de Grande Canarie. Face au risque de propagation de l'incendie, les autorités espagnoles avaient décidé de le remorquer vers la haute mer.

Le Oleg Neydenov, de quelque 120 mètres de long, "a coulé à 15 miles (environ 24 km) au sud de Maspalomas", ont précisé les secours en mer espagnols.

Le ministère des Transports et de l'équipement a annoncé dans l'après-midi avoir détecté "une fuite de carburant dérivant vers le sud-ouest" et s'éloignant de la côte. "Un programme de surveillance a été mis en place (...) et des moyens visant à lutter contre la pollution y compris des barrières, et des skimmers" ont été déployés.

Un navire russe sombre un peu plus d’un an après sa coûteuse “libération”




Le chalutier russe Oleg Neydenov coule au large des îles Canaries. Après avoir pris feu samedi dans le port de Las Palmas, il avait été remorqué en haute mer pour éviter une propagation de l’incendie. Ce navire avait été arraisonné en janvier 2014 à Dakar pour pêche illégale. Moscou avait déboursé près d’un million d’euros pour le récupérer. Source : Euronews

Selon l'organisation écologiste Greenpeace, le navire, qui a coulé face aux côtes marocaines, dispose d'une cuve de "quelque 1.400 tonnes de combustible et non de (pétrole) brut". Tout en écartant le spectre de la marée noire du Prestige, pétrolier qui avait craché en novembre 2002 au large des côtes espagnoles et françaises 63.000 tonnes d'un fuel épais et visqueux qui avait souillé le littoral, Greenpeace s'inquiète toutefois d'une possible fuite de combustible, même petite, et qualifie le navire russe de "bateau pirate".

Mais la gestion de cet incident par les autorités a par ailleurs été critiquée par les organisations écologistes et les riverains. Le chalutier est à "2.400 mètres de profondeur dans une zone aux courants marins profonds, très différents des courants de surface. Dans le cas où la cuve (de carburant) laisserait s'échapper le carburant, celui-ci pourrait se répandre jusqu'aux îles les plus occidentales de l'archipel des Canaries", craint Greenpeace.

L'ONG a notamment critiqué le "périple erratique" du navire, dans des zones ayant une "haute valeur écologique". Il a finalement été coulé dans une "réserve naturelle spéciale" où transitent des cétacées et des tortues marines, selon l'ONG.

L'Oleg Neydanov avait provoqué un différend entre Dakar et Moscou après son arraisonnement le 4 janvier 2014 par le Sénégal pour pêche illégale, aux confins de la frontière avec la Guinée Bissau. Après l'avoir maintenu près de trois semaines sous séquestre à Dakar, le Sénégal avait obtenu le paiement de 600 millions de FCFA (914.000 euros) par son armateur, une société de Mourmansk (nord-ouest de la Russie).

Côté russe, on avait évoqué le paiement d'une "caution", alors que les Sénégalais parlaient d'"amende". Lors de la "libération" du navire, le ministre sénégalais de la Pêche, l'écologiste Haïdar El-Ali, avait affirmé que l'affaire illustrait "la volonté ferme du gouvernement sénégalais de faire respecter son droit dans son espace maritime".

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Le 26 Avril 2015

La Russie diminue le quota de pêche de la Corée du Sud dans ses eaux territoriales


Illustration : Colin d'Alaska (Theragra chacogramma) dans Wikipedia 

La Russie a diminué de près de moitié le quota de pêche de la Corée du Sud dans ses eaux territoriales, accusant Séoul de n’avoir pas tenu sa promesse d’investir dans les ports maritimes russes, a annoncé ce dimanche le gouvernement.

Dans le cadre de l’accord signé la semaine dernière, les bateaux sud-coréens pourront pêcher cette année 38.000 tonnes de poissons dans les eaux russes, une baisse de 36,6% par rapport aux 59.948 tonnes autorisées en 2014. La plupart de cette réduction concerne le colin d’Alaska (-19.500 tonnes), un des poissons le plus populaire en Corée du Sud.

Source : Yonhapnews

«La réduction de près de 20.000 tonnes ne posera probablement pas un grand problème si l’on prend en compte la consommation annuelle (de poisson) du pays de 260.000 tonnes, mais le gouvernement continuera à coopérer avec la Russie pour s’assurer de l’approvisionnement stable en poissons», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Moscou a cité le besoin de satisfaire sa propre demande comme raison de cette réduction du quota sud-coréen, tout en ayant déposé une plainte contre Séoul pour le non-respect de sa promesse d’investir dans les ports maritimes russes, selon le ministère.

mathieu@yna.co.kr

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