samedi 20 septembre 2014

Bilan carbone. La pêche consomme du gasoil... Et alors !

Appel à communication pour l'amélioration du Bilan carbone de la pêche qui consomme du gasoil... Et alors !

Y-aurait-il un chercheur halieutique pour soumettre avant le 26 septembre 2014 une proposition de communication au séminaire :  Empreinte carbone des organisations, des produits et des services - Évaluer et agir. Un enjeu interdisciplinaire pour la recherche ?

Depuis une dizaine d’années, les calculs d’impact carbone sont devenus une étape clé dans les démarches environnementales des entreprises et des collectivités. Ils sont aussi devenus un passage obligé pour l’évaluation de technologies nouvelles ou en devenir. Ces démarches d’évaluation posent encore de nombreux problèmes d’ordre méthodologique et suscitent des débats, parfois de réelles controverses. C'est à cet objet que s'attache le colloque organisé conjointement par l'ADEME, Mines Paristech et Mines Nantes.
 
La pêche est souvent présentée comme une activité « dévoreuse » de carburant. 71 litres pour la sardine, 525 litres pour la coquille saint-jacques, 1612 litres pour le thon albacore, 2827 litres pour la sole, 2923 litres pour la crevette ou le homard (1)...

Et alors !

Le 4 septembre 2014, Michel Kaiser, professeur à l'Université de Bangor (Royaume-Uni), présentait à la commission PECH du Parlement européen, une note d’information sur « Le conflit entre les engins fixes et les engins mobiles dans la pêche côtière »(*). Une présentation plutôt singulière car elle insistait principalement sur l’impact environnemental des différents engins de pêche : filet, casier, chalut, senne et la drague. Plus précisément, la drague à coquilles saint-jacques, un engin de capture dont le professeur britannique a une très bonne connaissance (2). Aussi, il n’a pas pu s’empêcher de terminer par  l'illustration ci-dessus "Values used to calculate Energy Return On Investistment (EROI) ratio of scallops from the Ramsey Bay fishery".

Contre toute attente, la conclusion du Professeur Michel Kaiser sur l'étude « Le conflit entre les engins fixes et les engins mobiles dans la pêche côtière »  ne porte pas sur le matériel ou la technique de capture, mais elle pointe les avantages de la coquille saint-jacques comparés à un bœuf, un porc ou des œufs ! La coquille saint-jacques a un meilleur EROI. Ce qui signifie que la production de coquille saint-jacques est moins énergivore que l’élevage de boeuf ou de porc !

D’après Wikipedia (3), EROI (« Energy Return On Investment ») ou en français TRE (Taux de Retour Énergétique), est le ratio d'énergie utilisable acquise à partir d'une source donnée d'énergie, rapportée à la quantité d'énergie dépensée pour obtenir cette énergie. En termes plus claires, le Taux de Retour Énergétique (TRE) mesure l’efficacité énergétique de production, la quantité produite par unité d’énergie consommée.

Les résultats de Michel Kaiser confortent les propos que nous tenions en 2012 : Empreinte carbone. La pêche est énergivore... Vraiment ?  (plusieurs études sur l'empreinte carbone des produits de la mer)

Les pêcheurs ne doivent plus se sentir coupables. La capture en mer est plus économe en gaz à effet de serre que n’importe quelles autres productions alimentaires, salmonicoles ou de viande... Quant aux consommateurs soucieux de leur empreinte carbone, ils pencheront du côté poisson et fruits de mer.

C'est pourquoi il est nécessaire que des chercheurs halieutiques confirment ces résultats lors du séminaire organisé à Paris en janvier 2015. Contribuer aux débats sur l'empreinte écologique de la pêche et apporter une note discordante et constructive vis-à-vis des travaux très médiatisés des équipes de chercheurs impliquées dans le Blue Charity Business aux USA (1) et au Canada avec "Sea around us" de l'Université de Colombie Britannique (4).

Philippe Favrelière (modifié le 24 septembre 2014)

(*) documents du Parlement européen :
  • The conflict between static gear and mobile gear in inshore fisheries / Study - July 2014
The majority of fishing vessels and fishers in Europe are engaged in inshore fisheries. These fisheries utilise a diverse range of fishing techniques that have been selected to suite the species and conditions in which they operate. This analysis describes the causes and consequences of conflict among different sectors, how these fishing gears operate, and the different ways in which they impact upon the marine environment. Solutions are proposed to reduce conflict through investment and innovative management approaches. Cliquer Ici pour télécharger l'étude





Autres articles :


Pour aller plus loin...

Agriculture (+ Pêche) : 785 millions de tonnes éq. CO2 en 2010

L'utilisation d'énergie en agriculture et dans la pêche génère 785 millions de tonnes éq. CO2 en 2010 (source : infographie Fao)

Les nouvelles données de la FAO dressent un tableau détaillé des émissions dues aux utilisations énergétiques générées par les sources de carburants traditionnels, notamment l'électricité et les combustibles fossiles servant à alimenter les machines agricoles, pompes d'irrigation et navires de pêche. Ces émissions ont dépassé les 785 millions de tonnes éq. CO2 en 2010 (+ 75 % depuis 1990).

Les émissions de gaz à effet de serre produites par l’agriculture continuent d’augmenter, à un rythme toutefois moins rapide que celles résultant d’autres activités humaines. Des données nationales plus précises sur les émissions provenant de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la foresterie peuvent aider les pays à identifier des opportunités de réductions d’émissions de gaz à effet de serre tout en se rapprochant des objectifs qu’ils se sont fixés en matière de sécurité alimentaire, de résilience et de développement rural – et leur permettre d’accéder à des financements internationaux pour atteindre ces objectifs.



La nouvelle base de données FAOSTAT sur les émissions est la base de données la plus complète et détaillée qui ait jamais été constituée sur les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole. Mise à jour chaque année, elle offre un point de référence mondial sur les émissions et les possibilités d’atténuation dans le secteur. Les émissions sont mesurées en équivalent CO2 (éq CO2), paramètre utilisé pour comparer différents gaz à effet de serre.

La FAO estime que la pêche participe à hauteur de 3% des émissions liées au gazole...

Les émissions liées à la consommation d’énergie dépendent principalement du gazole qui contribue à 47 % des GES « Energie ». La FAO estime que la pêche participe à hauteur de 3% des émissions liées au gazole. Viennent ensuite l'électricité (38 %), le charbon (8 %) et le gaz naturel (3%). Selon les estimations, les émissions dues l'irrigation ont augmenté de plus de 40% au cours de cette période, ce qui représente 26% du total en 2010.

L'Asie a été le principal contributeur (58 suivie par l'Europe (20%), les Amériques (17%) et l'Afrique (4%). Les émissions se sont surtout accrues en Afrique (+9,2% par an), suivie par l'Asie (+3,2%), alors qu'elles diminuaient en Europe (-1,8 %).

GES et consommation d'énergie dans l'agriculture et la pêche

Attention traduction à partir : Agriculture, Forestry and Other Land Use Emissions by Sources and Removals by Sinks - 1990-2011 Analysis

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de la consommation d'énergie dans l'agriculture sont principalement constituées de CO2 et dans une moindre mesure de méthane, CH4, et de protoxyde d'azote, N2O, émissions liées à l’utilisation de combustibles fossiles pour les machines agricoles, pompes d’irrigation, et navires de pêche. Les estimations portent sur les émissions des principales sources d’énergie à savoir : gazole, essence, gaz naturel, fuel lourd, charbon, électricité,...

En 2010, les émissions mondiales de GES provenant de l'utilisation de l'énergie s’élevaient à 785 millions de tonnes éq. CO2, en ajoutant environ 15% au total des émissions non énergétiques de l'agriculture dans la même année. Les émissions des pays du Sud ont représenté environ 70 % du total.

Tendances 2000-2010 : Global
Au cours de la période 2000-2010, les émissions ont augmenté de 20%, de 651 à 785 Mt équivalent CO2. La croissance des émissions a eu lieu en grande partie dans les pays du Sud (c'est à dire, augmentation de 40% , de 392 à 553 Mt équivalent CO2), tandis qu'il a diminué de 10% dans les pays du Nord pendant la même période.

2000-2010 : Tendances par continent
L'Asie a été le principal contributeur (58 %) , suivie par l'Europe (20 %), les Amériques (17%) et l'Afrique (4 %). Le taux de croissance des émissions annuelles moyennes au cours de la même période étaient de plus en Afrique (9,2%) , suivie par l'Asie (3,2%), alors qu'ils étaient négatifs en Europe (-1,8 %)

Les Amériques ont dépassé l'Europe en tant que deuxième plus grand émetteur en 2010

2000-2010 : Tendances en matière d'énergie
Les émissions provenant de la consommation d'énergie ont été dominées par le diesel, contribuant à 47% des émissions (dont 3% utilisé dans la pêche ), suivie par l'électricité (38%) , le charbon (8%) et du gaz naturel (3%). Les émissions liées à l'irrigation ont augmenté de plus de 40% au cours de cette période, ce qui représente 26% du total en 2010.

Augmentation des émissions de gaz à effet de serre dans l'agriculture

Il faut une évaluation détaillée des émissions et des options d'atténuation pour concevoir les mesures adéquates

Agriculture, foresterie et autres utilisations des terres génèrent plus de 10 milliards de tonnes de gaz à effet de serre

Source : FAO (11 avril 2014, Rome)

De nouvelles estimations de la FAO des gaz à effet de serre montrent que les émissions de l'agriculture, des forêts et des pêches ont quasiment doublé au cours des cinquante dernières années et pourraient continuer à augmenter de 30 pour cent d'ici 2050, si les efforts pour les réduire ne sont pas intensifiés.

C'est la première fois que la FAO publie ses propres estimations mondiales des émissions de gaz à effet de serre (GES) issues de l'agriculture, de la foresterie et d'autres utilisations des terres (AFOLU), contribuant au cinquième Rapport d'évaluation du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC).

Les émissions de l'agriculture et de l'élevage sont passées de 4,7 milliards de tonnes d'équivalent CO2(*) en 2001 à plus de 5,3 milliards de tonnes en 2011, soit une hausse de 14 pour cent, traduisant essentiellement une expansion des productions agricoles totales dans les pays en développement.

Les émissions nettes de GES dues aux changements d'affectation des terres et à la déforestation ont affiché un recul de près de 10 pour cent au cours de la période 2001-2010, soit en moyenne 3 milliards de tonnes d'éq. CO2/an, grâce à une baisse de la déforestation et une hausse des volumes de carbone atmosphérique piégés dans de nombreux pays.

Les émissions de l'agriculture, de la foresterie et d'autres utilisations des terres sur la période 2001-2010 sont ventilées comme suit :
  • agriculture et élevage: 5 milliards de tonnes éq. CO2/an
  • conversion nette de forêts à d'autres utilisations (indicateur de la déforestation): 4 milliards de tonnes éq. CO2/an
  • tourbières dégradées: 1 milliard de tonnes éq. CO2/an
  • feux de biomasse: 0,2 milliard de tonnes éq. CO2/an

Dans le même temps, quelque 2 milliards de tonnes éq.CO2/an ont été absorbées par les puits de carbone forestiers.

Les données de la FAO basées sur les rapports des pays montrent que si ces émissions continuent à croître, elles augmentent moins que les émissions de combustibles fossiles d'autres secteurs, de sorte que la part du secteur AFOLU sur le total des émissions anthropiques est en recul. Lire le rapport (en anglais)

Sources d'émissions agricoles

La première source d'émissions de GES dans l'agriculture est la fermentation entérique, c'est-à-dire le méthane provenant des rots et flatulences issus de la digestion des ruminants. Elle représentait 39 pour cent des émissions totales de GES du secteur en 2011, et a augmenté de 11 pour cent entre 2001 et 2011.

Les émissions issues de l'application d'engrais synthétiques représentaient 13 pour cent des émissions agricoles (725 millions de tonnes éq. CO2) en 2011. C'est la source d'émissions agricoles qui augmente le plus rapidement (environ 37 pour cent depuis 2001).

Les émissions de méthane dans les rizières représentent 10 pour cent du total des émissions agricoles, et les feux de savane 5 pour cent.

En 2011, 44 pour cent des émissions de GES liées à l'agriculture ont eu lieu en Asie, suivie des Amériques (25 %), de l'Afrique (15 %), de l'Europe (12 %) et de l'Océanie (4 %), selon les données de la FAO. Cette répartition régionale est restée relativement stable au cours de la dernière décennie. En 1990 toutefois, la contribution de l'Asie au total mondial  était inférieure (38 %), tandis que celle de l'Europe était beaucoup plus importante (21 %).

Utilisations énergétiques

Les nouvelles données de la FAO offrent également un tableau détaillé des émissions dues aux utilisations énergétiques générées par les sources de carburants traditionnels, notamment l'électricité et les combustibles fossiles servant à alimenter les machines agricoles, pompes d'irrigation et navires de pêche. Ces émissions ont dépassé les 785 millions de tonnes éq. CO2 en 2010 (+ 75 % depuis 1990).

Des réponses mieux ciblées

La mise au point d'interventions requiert des évaluations détaillées des émissions et des options d'atténuation. Par exemple, la FAO est déjà en train de générer des évaluations ventilées le long des chaînes d'approvisionnement et d'analyser l'efficacité des interventions globales d'atténuation dans l'élevage.

"Les nouvelles données de la FAO sont la source la plus complète d'informations existant à ce jour sur le rôle de l'agriculture dans le réchauffement de la planète", a souligné Francesco Tubiello de la Division FAO du climat, de l'énergie et des régimes fonciers. "Jusqu'à présent, le manque d'informations rendait le travail des scientifiques et des décideurs très difficile pour la prise de décisions stratégiques face au changement climatique et a entravé les efforts d'atténuation des émissions de l'agriculture".

‘'Les données sur les émissions des activités AFOLU aident les Etats membres à mieux identifier leurs options de mitigation et permettent aux agriculteurs de fournir des réponses intelligentes face au climat, plus rapides et mieux ciblées, améliorant ainsi leur résilience globale et leur sécurité alimentaire. Elles permettent également aux pays de tirer parti des fonds internationaux alloués au climat et atteindre leurs buts de développement rural. Nous estimons en outre que le renforcement des capacités sur ces thèmes présente un grand intérêt au niveau des pays et nous répondons à ces besoins par des activités à l'échelle régionale et nationale dans le monde entier", a ajouté M. Tubiello.

Contribution aux rapports du GIEC et aux activités de la FAO

Lancée en 2012, la base de données FAOSTAT sur les émissions constitue une source essentielle pour l'analyse des émissions de GES du secteur AFOLU dans le cinquième rapport d'évaluation du GIEC actuellement en phase finale. Les données seront actualisées chaque année.

La base de données FAOSTAT sur les émissions a été mise au point avec le concours financier des gouvernements d'Allemagne et de Norvège.

(*) L'équivalent dioxyde de carbone (ou éq. CO2) sert à comparer les émissions de différents gaz à effet de serre sur la base de leur potentiel de réchauffement global

Pour en savoir plus :

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Séminaire : Appel à contribution

Empreinte carbone des organisations, des produits et des services

Évaluer et agir. Un enjeu interdisciplinaire pour la recherche ?

Source : Calenda par João Fernandes

Contexte et objectifs

Depuis une dizaine d’années, les calculs d’impact carbone sont devenus une étape clé dans les démarches environnementales des entreprises et des collectivités. Ils sont aussi devenus un passage obligé pour l’évaluation de technologies nouvelles, dans le domaine de l’énergie ou des procédés industriels, qu’elles soient à un stade avancé de R&D ou encore au stade de la recherche amont.

Ces démarches d’évaluation posent encore de nombreux problèmes d’ordre méthodologique et suscitent des débats, parfois de réelles controverses. Quel est le périmètre pertinent d’analyse (types de Gaz à Effet de Serre –GES-), frontières de système, limites temporelles, étapes concernées, etc.) ? Comment les progrès de la connaissance sur les mécanismes physiques ou socio-économiques du changement climatique peuvent-ils être pris en compte dans ces évaluations ?  Quelles sont  les limites de cette connaissance et les nombreuses incertitudes associées ?

Les chercheurs s’interrogent sur les choix à faire pour leurs propres analyses mais sont aussi sollicités par les acteurs de terrain, (entreprises, décideurs publics, ou représentants de la société civile), pour apporter des réponses ou donner un avis sur les solutions proposées. Comment gérer et décider dans un contexte inconnu ? Comment assurer les bons choix avec une quantité limitée de données ? Quel équilibre entre exhaustivité et pertinence des informations prises en compte, d’une part, et pragmatisme et efficacité de reporting et de décision, d’autre part ?

En outre, les usages et les pratiques effectives d’évaluation de l’empreinte carbone sont également un objet de recherche en soi pour certaines disciplines. Comment les entreprises ou d’autres acteurs s’emparent-ils de ces outils ? Comment l’usage de ces outils les amènent-ils à modifier leur organisation voire leur stratégie ? A plus grande échelle, quel est l’impact effectif de ces instruments volontaires et leur efficacité vis-à-vis d’autres instruments de politique publique ?

Dans ce domaine, le scientifique – quel que soit son objet –, est confronté en permanence à l’utilisation et à l’impact des résultats de sa recherche. Ainsi, toutes ces questions relatives à l’évaluation de l’empreinte GES interrogent plus largement le chercheur sur ses relations avec le monde politique et l’entreprise, selon des dimensions à la fois épistémologiques, philosophiques et éthiques. L’interdisciplinarité autour de ces questions est un impératif mais est elle-même une source d’interrogations : avec qui, comment, jusqu’où ?

Thématiques traitées

Axe 1 : Questions méthodologiques autour de l’évaluation de l’empreinte GES et de la comptabilité carbone

L’évaluation de l’empreinte GES et la comptabilité carbone soulèvent de nombreuses questions méthodologiques. Certaines sont liées à des choix d’objectifs ou de posture : définition du périmètre à considérer ; logique comptable visant à attribuer une responsabilité (bilans, diagnostics) ou logique d’aide à la décision et de projet (comparaison de scénarios d’action) ; évaluation standardisée (avec des valeurs génériques) ou évaluation spécifique (par ex. pour un site donné). Des difficultés très pratiques émergent aussi: disponibilité des données, hétérogénéité des facteurs d’émission, évaluation de la qualité des données et des incertitudes, règles d’allocation, doubles comptages, etc.

Ces questions pourront être abordées par des revues de méthodologies existantes, des comparaisons avec des approches connexes (par ex. ACV) et/ou par des retours d’expérience faisant ressortir des enseignements de portée générale.

Axe 2 : Détermination de facteurs d’émission spécifiques

Cet axe du séminaire vise à discuter d’une part d’approches nouvelles pour la définition de facteurs d’émission, et d’autre part de problèmes spécifiques rencontrés pour des facteurs d’émission donnés (en particulier au travers d’études de cas).

L’évaluation de l’empreinte carbone des produits et services requiert la définition de facteurs d’émission associés à chacun des composants élémentaires de ces produits et services. Ceci demande une analyse fine et une bonne connaissance des processus et mécanismes en jeu pour la production du produit ou service évalué.

Les questions soulevées peuvent par exemple porter sur des mécanismes physicochimiques (par ex. pour les émissions d’un vol d’avion) ou sur des aspects systémiques (économiques, institutionnels, sociaux) comme par exemple pour le facteur d’émission de l’électricité.

Par ailleurs, la définition de facteurs d’émission génériques pose la question de la représentativité des données utilisées et des valeurs proposées, aussi bien en termes géographique, temporel que technique (cf. par rapport au parc et/ou au marché du produit ou service). L’analyse de la représentativité doit s’apprécier en cohérence avec les enjeux stratégiques et les objectifs recherchés. Elle peut nécessiter la définition d’un ou plusieurs scénarios socioéconomiques à mettre en relation avec les hypothèses sur les solutions techniques.

Axe 3 : L’impact de la question carbone et de sa comptabilité sur les organisations et l’innovation

Autour du terme générique de comptabilité carbone, toute une série d’initiatives publiques et privées visent à établir des outils, normes et méthodologies de mesure des émissions de carbone dans les entreprises (et plus généralement dans les organisations) et de les mettre en regard avec leurs enjeux stratégiques, économiques et sociaux. Différents outils de reporting ou de diagnostic sont proposés ou imposés dans ce domaine.

Cet axe du séminaire s’intéresse aux mécanismes et aux conditions d’appropriation (ou non) par les entreprises de ces outils et ces démarches, plus particulièrement dans une perspective d’action. Les questions soulevées portent notamment sur les impacts d’une comptabilité carbone sur les activités, pratiques et stratégies des organisations.

D’une part, ces impacts peuvent être d’ordre organisationnel : développement d’une expertise interne vs. soustraitance; liens et différences entre approches techniques et approches comptables ; outils disponibles ; gestion de la collecte de données ; intéressement pour les salariés ; coûts de transaction, etc.

D’autre part, il s’agit d’interroger la finalité de la mise en œuvre de cette comptabilité : rendre compte (reporting, visée externe), mesurer pour agir (aide à la décision pour l’action, visée interne), faire savoir, favoriser des démarches d’innovation, etc.

La comptabilité carbone vient parfois bouleverser les jeux d’acteurs internes à l’entreprise (ou externes) : enjeu de pouvoir lié à un nouvel outil, nouveau dispositif de régulation ou objet de conflit d’interprétation, interactions avec les dispositifs de management environnemental des organisations ou de responsabilité sociétale(RSE).

Enfin, le processus d’élaboration et le devenir de ces outils peuvent être questionnés, qu’ils correspondent à une évolution des contextes dans lesquels ils sont intégrés ou à une transformation de l’outil par les usages. Peuton constater une uniformisation ou une forme de standardisation des outils (bilan carbone vs GHG protocole, vs CO2 dans outil ACV) ou au contraire une diversification et avec quels effets ?

 Axe 4 : Impacts économiques et environnementaux à grande échelle des outils d’empreinte carbone

Audelà des conséquences sur la stratégie et le fonctionnement des entreprises, ce quatrième axe du colloque porte sur l’impact de ces outils à grande échelle (nationale, ou mondiale).

Les outils d’évaluation de l’empreinte carbone constituent un instrument, en partie volontaire, en partie réglementaire, parmi d’autres instruments de politiques publiques environnementales ou climatiques (par ex. taxe carbone, quotas d’émissions). Contribuentils réellement à réduire les émissions de gaz à effet de serre ? Apportentils une réelle valeur ajoutée ou au contraire des effets pervers ? Quelle est l’efficacité de ce type de dispositif en rapport avec ses objectifs initiaux et/ou en comparaison d’autres approches possibles ?

Par exemple, les dispositifs d’information sur le contenu carbone (et plus généralement d’information environnementale) se sont multipliés pour divers acteurs la déclaration environnementale des produits, les étiquettes énergie et CO2 des produits, le DPE des logements pour les consommateurs et les usagers). Cette multiplicité de moyens atelle réellement un effet de sensibilisation, facilitetelle l’action ou au contraire provoquetelle un effet de saturation ?

Axe 5 : Interdisciplinarité et attentes sociétales

Compte tenu des enjeux du changement climatique, des stratégies à mettre en place à différentes échelles et des risques pris ou à prendre par les acteurs, l’évaluation de l’empreinte GES est au centre d’attentes fortes de la part des décideurs politiques, des entreprises et des acteurs de la société civile. La connaissance nouvelle, même encore fragile, est aussitôt digérée pour l’action, parfois transformée en norme ou en pratique institutionnelle, rendant difficile voire impossible le débat critique argumenté ou les recherches complémentaires. L’instrumentalisation dans un argumentaire politique ou commercial est un autre biais qui peut apparaître.

Comme pour les travaux du GIEC, le chercheur peut alors se retrouver dans une position inconfortable à laquelle il n’est pas forcément préparé. Aucune recherche ne peut faire abstraction de cette dimension systémique. C’est aussi ce constat qui justifie leur composante interdisciplinaire incontournable.

Des contributions sont attendues à ce sujet

sous l’angle anthropologique sur la compréhension de ces situations,
sous l’angle épistémologique et méthodologique sur la façon de gérer l’interdisciplinarité et les interactions et relations avec les acteurs sous l’angle philosophique et éthique.

Cela suppose aussi d’interroger l’idée même de la quantification et les attributs de rigueur ou d’objectivité, souvent mobilisés pour la qualifier. Sous ses différents formats, la quantification est socialement construite. Autrement dit, elle fait plus que refléter un monde, elle crée une nouvelle façon de le penser, de le représenter et d'agir sur lui. Elle implique des choix qui tous méritent d’être discutés tant ils influencent le résultat obtenu.

Un colloque francophone est organisé le 08 Janvier 2015 à Paris sur ce sujet. Il a pour objectif de faire le point des travaux de recherche, – académiques ou appliqués –, portant sur l’évaluation de l’empreinte carbone (ou plus largement GES) des produits, services, organisations ou territoires. Pourquoi évaluer l’empreinte GES, comment, avec quelles conséquences ? Qu’est-ce qui a encore du sens à l’intérieur d’un périmètre national ? Les expériences et les pratiques de différents pays peuvent-elles être comparées ou transposées ?

Le séminaire s’adresse en priorité aux chercheurs (recherche publique et privée) et aux experts de tous pays, spécialistes des problématiques liées à l’empreinte carbone. Le sujet est abordé sous un angle interdisciplinaire, croisant notamment les points de vue des sciences de l’ingénieur, sciences de l’environnement, de l’ACV et de l’analyse des impacts environnementaux, des sciences de gestion, des sciences économiques, des sciences politiques ;... Au-delà, il s’agit aussi d’identifier les enjeux scientifiques et les opportunités, de développer les échanges et de structurer un réseau.

Modalités de soumission

La sélection des communications pour le séminaire se fera à partir de propositions faites sous forme d’un résumé d’une page A4, comprenant au maximum 3000 signes (espaces compris), et éventuellement une figure ou un schéma, présentant les objectifs de la communication, la problématique abordée, et les principaux résultats et conclusions des travaux présentés.

Les résumés seront déposés sur le site de soumission à l’adresse suivante
avant le 26 septembre 2014, 16H00

par mail à centrederessourcesges@ademe.fr

Les propositions devront respecter le format de présentation indiqué et comporter les informations suivantes :

    Le titre de la communication
    L’axe choisi
    Le nom des auteurs, affiliation / organisme et email de contact
    Des motsclés (6 au maximum)
    Le type de proposition : communication orale ou poster

A titre d’information, les communications orales auront une durée d’environ 15 minutes, suivie d’échanges avec la salle. Une session spécifique sera organisée pour les posters.

Le séminaire donnera lieu à la mise en ligne d’actes, constitués par les résumés sélectionnés et les fichiers supports des présentations faites au séminaire.
Langue

La langue du colloque est le français mais le colloque est ouvert à des chercheurs de tous pays
Calendrier

26 septembre 2014 : date limite pour l’envoi des résumés
Mi novembre 2014 : résultats de la sélection des résumés
08 janvier 2015 : séminaire à Paris

Comité scientifique

    Franck AGGERI (CGS, Mines ParisTech)
    Margaret ARMSTRONG (CERNA, Mines ParisTech)
    Bernard BOURGES (GEPEA/DSEE, Mines Nantes)

    Daniel BOY (CEVIPOF, Sciences Po Paris) JeanSébastien BROC (ARMINES)
    François CAUNEAU (PERSEE, Mines ParisTech) Marc COTTIGNIES (ADEME)
    Thomas GOURDON (ADEME)
    JeanMarc JANCOVICI (Carbone 4)
    Hervé LEFEBVRE (ADEME)
    Benoît LEGUET (CDC Climat)
    Philippe LEONARDON (ADEME)
    Jasha OOSTERBAAN (ISIGE, Mines ParisTech)
    Philippe OSSET (Solinnen SCORELCA)
    Romain POIVET (ADEME)
    Philippe RIVIERE (CES, Mines ParisTech)
    Anne VENTURA (Université de Nantes)
    Eric VIDALENC (ADEME)
    Julien VINCENT (CITEPA)

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Le 5 Octobre 2014

Le bilan énergétique de la France en 2013 : une hausse de la consommation qui en masque la baisse continue



Commissariat général au développement durable

Le point sur - Numéro 192 - Juillet 2014

L’année 2013 a été marquée par une période froide de janvier à mai. La consommation primaire réelle a ainsi augmenté par rapport à 2012, atteignant 262 Mtep. Toutefois, en données corrigées des variations climatiques, elle diminue, comme en 2012, et passe même sous le seuil atteint lors de la crise économique en 2009. La consommation finale d’énergie baisse en effet pour la seconde année consécutive, tous usages confondus. La production nationale d’énergie primaire établit un nouveau record, de 139 Mtep. Ce résultat est dû à un surcroît de production aussi bien des énergies renouvelables que d’énergie issue de la valorisation des déchets, avec 26 Mtep. La filière nucléaire a pour sa part maintenu sa production, à 110 Mtep. Compte tenu de l’écart entre production et consommation énergétiques, le déficit des échanges extérieurs se creuse encore légèrement, en flux physiques. En revanche, la détente presque généralisée sur les cours internationaux et européens des énergies, à l’exception du gaz naturel, entraîne une diminution de la facture énergétique du pays, qui atteint 66 milliards d’euros (Md€), soit 3 Md€ de moins que le record de 2012.

Télécharger :


L’intensité énergétique a baissé dans l’industrie entre 2001 et 2012



Commissariat général au développement durable

Chiffres et statistiques - Numéro 542 - Juillet 2014

Source : Développement Durable

Entre 2001 et 2012, l’intensité énergétique dans le secteur industriel a diminué de 11,1%. Cette évolution résulte d’une baisse de la consommation énergétique (-21,1%) plus forte que celle de la production industrielle (-11,2%). La baisse de l’intensité énergétique s’explique pour 87% par l’amélioration des processus technologiques et pour 13% par un changement structurel du secteur industriel. La sidérurgie et la chimie contribuent pour moitié au repli de l’intensité énergétique industrielle.

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Objectifs énergétiques Europe 2020 : la France doit poursuivre ses efforts pour les énergies renouvelables



Commissariat général au développement durable

Chiffres et statistiques - Numéro 547 - Août 2014

Source : Développement Durable

En 2012, en Europe, le pétrole demeure la source d’énergie prépondérante. Il représente plus du tiers de la consommation intérieure brute d’énergie. La part des énergies renouvelables est plus modeste mais l’Union européenne a pour objectif d’amener cette proportion à une valeur moyenne de 20% de la consommation finale énergétique en 2020. De même, l’Europe veut réduire les émissions de gaz à effets de serre de 20% à cette même échéance par rapport au niveau de 2005. Ces objectifs moyens ont été déclinés pour chaque État membre selon sa propre situation. La France est encore loin de son objectif pour la part des énergies renouvelables, mais proche de celui des émissions de gaz à effet de serre.


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Le 6 Octobre 2014

Economiser du carburant, c'est diminuer son empreinte carbone !

Québec : Adaptation de panneaux semi-pélagiques Thyboron pour la pêche à la crevette nordique



Régions : Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord et Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Source : Gouvernement du Québec

Les frais d’exploitation et l’empreinte environnementale de ses activités de pêche sont des préoccupations majeures de l’Association des capitaines propriétaires de la Gaspésie (ACPG). Celle-ci, grâce à sa division ACPG Innovations, recherche des solutions à ces problèmes.

Les objectifs du projet d’adaptation de panneaux semi-pélagiques Thyboron pour la pêche à la crevette nordique sont la réduction des coûts de carburant, qui ont explosé au cours des dernières années, et la diminution du frottement des engins de pêche sur les fonds marins, ce qui contribuerait au maintien de la certification MSC (Marine Stewardship Council).

L’atténuation du frottement concourrait également à la baisse de la consommation de carburant grâce à une diminution de la résistance à l’avancement des navires.

Après une évaluation des principaux types de trains de pêche, l’ACPG a retenu les panneaux semi-pélagiques Thyboron 15 VF, fabriqués au Danemark, pour poursuivre ses travaux d’adaptation sur les crevettiers québécois.

Les principaux partenaires de l’ACPG sur le plan technique sont :
  • Merinov (le Centre d’innovation de l’aquaculture et des pêches du Québec);
  • le fabricant de panneaux semi-pélagiques Thyboron;
  • deux entreprises de pêche de crevettes (Pêcheries Danamé et Les Pêcheries Marc Paré);
  • Simrad.

D’un coût total de 721 102 $, ce projet, réalisé en deux phases, a été financé par :
  • Développement économique Canada;
  • le Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques (BEIE);
  • les deux entreprises de pêche de crevettes mentionnées ci-dessus;
  • le gouvernement du Québec;



Des résultats probant

Le projet devait déterminer les changements nécessaires aux équipements de pêche et aux navires. Des essais en mer ont permis de faire des ajustements pour diminuer la résistance à l’avancement des chaluts, réduisant ainsi de 14 % le frottement sur les fonds marins.

Par le fait même, l’économie de carburant est d’au moins 7 % et peut atteindre 18 % dans certaines conditions et avec une expérience accrue de l’utilisation des équipements. Selon les conditions de pêche, un bateau est susceptible de faire des économies de carburant de l’ordre de 4 000 $ à 15 000 $ par saison.

Comparativement aux panneaux traditionnels, les essais avec les panneaux Thyboron ont permis de constater la stabilité des quantités capturées et l’absence d’effet défavorable sur le volume de prises accidentelles. Cette technologie permettrait de réduire annuellement de 261 333 litres la consommation de carburant à l’échelle du Québec, ce qui représente une diminution de plus de 695 tonnes de dioxyde de carbone (CO2).


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Méditerranée : Audit énergétique de la flottille chalutière

Lancé fin 2012, le programme Asfeech a permis un audit technique à quai des 54 chalutiers de la façade et 53 tests de traction. Les résultats ont été présentés à Sète à une quinzaine de professionnels des ports. L’objectif : générer des économies de gas-oil pour la flottille chalutière méditerranéenne.


Capture d'écran - Projet SOIP (Service Optimisation et d'Innovation à la Pêche)

Samedi 20 septembre 2014, une restitution du projet ASFEECH (Audit énergétique et Senne danoise pour Favoriser les Economies d'Energie des CHAlutiers méditerranéens) a été organisée pour les patrons  de chalutiers. Pour rappel, ce projet est porté par l'AMOP, avec l'appui technique du Cépralmar, et  financé par France Filière Pêche (604 200 euros). Il comporte 2 volets : un audit énergétique des navires chalutiers et une étude de faisabilité sur la mise en œuvre de la la senne danoise en Méditerranée française par ces navires. Seul le premier point était à l'ordre du jour.

Source : Cépralmar

A l'issue des audits énergétiques (visite du navire à quai et test de traction), chaque patron pêcheur a reçu des recommandations individuelles pour réduire la consommation énergétique de son navire. Il peut également situer sa consommation par rapport à la moyenne de la flottille chalutière. Parmi les recommandations récurrentes qui ont été formulées, peuvent être citées :
  • l'adaptation de la vitesse de route,
  • la mise en place d'une tuyère,
  • la mise en place d'une pompe-hélice.

A ces résultats, il convient pour certains navires de réfléchir à une simplification des installations à bord. Bien que de second ordre, des économies peuvent être faites en réduisant les pertes en ligne.

Enfin, bien que non significatif en terme d'économie de la consommation de carburant, un système de branchement à quai (ou à défaut d'un groupe indépendant à bord) pour faire fonctionner les pompes à eau et autres apparaux lors du débarquement est un élément important. Cela permettra d'éviter le fonctionnement au ralenti du moteur propulsif, source d'encrassement et de diminution de sa durée de vie.

"Hormis les préconisations personnalisées, ces tests ont montré qu’adopter une vitesse optimale lors de la route libre (hors chalutage) permet de bonnes économies de gas-oil : 32 000 euros par an en ralentissant d’1 nœud et plus de 13 500 euros dans le bénéfice annuel, par exemple. Lors du chalutage, qui représente 80 % de la charge de carburant, les rendements du moteur sont optimaux à 80 % de sa puissance, et meilleurs avec une tuyère, voire avec un montage hélice-tuyère-safran. Enfin, des économètres vont équiper 23 chalutiers, et les résultats sont encore attendus sur la collecte de données en continu pratiquée sur quatre chalutiers types des ports languedociens," d'après Hélène Scheffer dans Le Marin.
Cette réunion a permis de riches échanges entre les patrons de chalutiers et les experts ayant intervenus sur le projet (notion de rendement du moteur, pas fixe/pas variable...). M. Christian GAUDIN (ingénieur conseil, partenaire du projet Optipropulseur) était également présent afin de répondre aux interrogations des professionnels (cf. présentation en pièce jointe). Outre le projet ASFEECH, une présentation de l'état d'avancement du projet SOIP (Service Optimisation et d'Innovation à la Pêche) a été faite par Mme Marion Panheleux.

Pour plus d'informations : Cépralmar

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Estimation de l'empreinte carbone de l'activité de pêche en Galice (nord-ouest de l'Espagne)

Estimation of the carbon footprint of the Galician fishing activity (NW Spain)

 

Le secteur alimentaire mondial est reconnu comme étant l'un des principaux contributeurs aux impacts environnementaux dont le réchauffement climatique via les émissions de gaz à effet de serre (GES). Dans ce contexte, il existe une demande croissante d'informations sur l'impact " réchauffement climatique " des produits de consommation alimentaire. Cet article traite de l'évaluation de l'empreinte carbone d'une filière clé du secteur alimentaire : les produits de la mer.

La Galice (nord-ouest de l'Espagne) a été prise pour cas d'étude et l'évaluation de l'empreinte carbone s'est basée sur un ensemble d'espèces, représentatif de la filière mer Galicienne. Les espèces étudiées sont issues des pêches côtière, hauturière et en eau profonde, mais aussi de l'aquaculture extensive et intensive.

L'empreinte carbone a été déterminée par une approche " business to business ", c'est-à-dire de la capture ou de l'élevage au débarquement. La somme des empreintes carbone de chaque espèce étudiée a permis de déduire l'empreinte carbone globale de la filière pêche et aquaculture en Galice.

L'empreinte carbone globale de la filière pêche et aquaculture en Galice est due à :
- 36 % à la pêche hauturière,
- 23 % à la pêche de grand fond,
- 21 % à la pêche côtière,
- 18 % à l'aquaculture intensive,
- 2 % à l'aquaculture extensive.

Des tableaux indiquent l'empreinte carbone par espèce et par type de pêcherie. Par exemple, il est montré que le chalutage du merlu en zone côtière a l'empreinte carbone la plus importante par rapport aux autres pêcheries évaluées en zone côtière (impact proportionnel au tonnage).

De plus, cette étude met en évidence l'intérêt de la méthodologie de l'empreinte carbone afin d'identifier des stratégies et solutions pour réduire les émissions de GES de la filière produits de la mer.

Source : Bibliomer

Estimation of the carbon footprint of the Galician fishing activity (NW Spain)
Iribarren * Diego, Vázquez-Rowe Ian, Hospido Almudena, Moreira María Teresa, Feijoo Gumersindo
* University of Santiago de Compostela, School of Engineering, Rúa Lope Gómez de Marzoa, s/n 15782 Santiago de Compostela, Spain ; Tél.: +34981563100 ; E-mail : diego.iribarren@rai.usc.es
Science of The Total Environment, 2010, Vol. 408 (22), p. 5284-5294 - DOI: 10.1016/j.scitotenv.2010.07.082 - Texte en Anglais
à commander à : l'auteur, l'éditeur ou à l'INIST

Cliquer Ici pour télécharger l'étude "Estimation of the carbon footprint of the Galician fishing activity (NW Spain)" 
Cliquer Ici pour télécharger la présentation de l'étude


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Le 24 Octobre 2014

Climat : l'UE signe un accord historique contre les gaz à effet de serre



INFOGRAPHIE - Les pays membres de l'Union européenne se sont engagés à réduire de 40% ses gaz à effet de serre d'ici 2030
L'Union européenne a trouvé un accord historique ce vendredi sur son plan climat prévoyant une réduction d'au moins 40% de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.


"Accord du Conseil européen sur une politique énergétique et de climat la plus ambitieuse au monde", a écrit le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, sur son compte Twitter.

L'accord a été obtenu à l'issue de discussions ardues qui ont duré près de huit heures à Bruxelles.

Outre la reduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement se sont entendus sur deux autres objectifs: porter la part des énergies renouvelables à 27% de la consommation et faire 27% d'économies d'énergie par rapport à 1990. Le premier est contraignant au niveau de l'UE, mais pas le second.

"L'Europe montre l'exemple"

Les Européens, poussés notamment par l'Espagne et le Portugal, ont aussi décidé d'augmenter les objectifs d'"interconnexions" entre réseaux électriques au sein de l'Union, pour les porter à 15%.

"C'est une bonne nouvelle pour le climat, les citoyens, la santé et les négociations internationales sur le climat à Paris en 2015", a dit Herman Van Rompuy, assurant que cela créerait "des emplois durables" et de la "compétitivité".

"Avec la crise en Ukraine et les troubles au Moyen-Orient, il est devenu très clair à quel point il est urgent et vital de réduire la dépendance énergétique de l'Europe", a-t-il rappelé.

"L'Europe montre l'exemple", s'est félicité le président français François Hollande. "S'il n'y a pas d'accord" entre Européens, "comment convaincre les Chinois ou les Américains ?", avait-il demandé à son arrivée au sommet.
Les écologistes déçus

Mais les défenseurs de l'environnement sont déçus. "Les dirigeants de l'UE donnent un coup de frein à l'énergie propre", a dénoncé Greenpeace.

Les objectifs "sont bien en deçà de ce qui pourrait être fait par l'Europe pour combattre le changement climatique", ont estimé les Amis de la Terre. Pour Oxfam, "une action insuffisante de la part des pays les plus riches fait peser le fardeau sur les populations les plus pauvres, les plus affectées par le changement climatique et les moins responsables de cette crise."

>> Retrouvez ci-dessous la carte des émissions de gaz à effet de serre dans le monde en tenant compte de la population "World of emissions, world of inequalities (iied / Oxfam)


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Conseil européen (23 et 24 octobre 2014)

Cliquer Ici pour télécharger "Conclusions sur le cadre d'action en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030"

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Paquet énergie-climat : les 28 chefs d’Etats de l’Union s’accordent sur des objectifs minimum



C’est tard dans la nuit de jeudi à vendredi, que les 28 chefs d’Etats réunis en Conseil européen se sont accordés sur le Paquet énergie-climat. Celui-ci doit fixer la feuille de route européenne en matière de lutte contre le changement climatique et de réduction de la dépendance énergétique de l’Union européenne à horizon 2030. L’accord, qui a fait l’objet d’intenses tractations, est considéré comme "ambitieux" et "juste" par le président du Conseil. "Insuffisant" et "décevant" par les associations environnementales.

Source : Novethic par Béatrice Héraud

C’est un paquet énergie climat amoindri qui est ressorti des négociations du conseil européen d’hier soir (23 octobre 2014).

Les chefs d’Etat et le président du Conseil, Herman Van Rompuy, présentent l’accord arraché dans la nuit comme la "politique énergétique et de climat la plus ambitieuse au monde". C'est notamment la teneur du message posté par Herman Van Rompuy sur Twitter.

Pourtant, certains objectifs définis par les chefs d'Etat et de gouvernement ont subi un coup de rabot par rapport à l’ambition initiale et le projet de la commission sur lequel les négociations s’appuyaient. Ces objectifs sont au nombre de trois. Ils portent respectivement sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables.

Trois objectifs

Deux d’entre eux, les -40% d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et les +27% (au minimum) d’énergies renouvelables à la même échéance n’ont pas bougé par rapport au projet présenté par la Commission en janvier dernier. A l’époque, ils ne satisfaisaient pas les associations environnementales qui trouvaient les chiffres trop faibles et leur niveau de contrainte insuffisant.

C’est toujours le cas aujourd’hui, même si une avancée a tout de même été obtenue. Les émissions devront être réduites "d’au moins 40%", ce qui permet à l’Union de pouvoir arriver avec une ambition supérieure à la Conférence de Paris sur le climat, qui se tiendra en 2015 même si, à ce stade, une telle éventualité paraît peu plausible.


Deux blocs face à face

Le changement vient du dernier objectif, sur les économies d’énergie. Au départ il avait été laissé de côté et délégué à la révision de la directive sur l’efficacité énergétique. Mais depuis quelques mois, c’est le chiffre de -30% d’ici 2030 qui circulait. Celui-ci a finalement été réduit à "au moins -27%". Il s'agit d'un compromis, fruit des profondes divergences entre les pays: Angleterre, Pologne et pays de l’Est d’un côté, Allemagne, France, Danemark… de l’autre.

Ce chiffre de -27% n’est du reste qu’"indicatif, il "sera réexaminé d’ici à 2020, dans l’optique d’un objectif de 30% pour l’UE". Mais là encore, pour les associations environnementales le compte n’y est pas: cela "se traduira par un ralentissement des progrès dans ce domaine après 2020, par rapport aux tendances actuelles. En mettant un frein aux économies d’énergie, les gouvernements perdent une occasion unique d’améliorer la sécurité énergétique de l'Europe et de promouvoir des centaines de milliers de créations d’emplois", estime le Réseau Action Climat.

Même son de cloche du côté des Amis de la Terre: "L’objectif n'envoie en effet pas le signal requis pour mettre fin aux énergies fossiles et amorcer la transition énergétique européenne. C'est aussi irréaliste par rapport à l’objectif de réduction des émissions de l’Union européenne de 80 à 95% en 2050: en 2030, il ne restera plus que vingt ans à l'Europe pour réduire de 55% ses émissions."

Trois principes

Selon le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, trois principes ont guidé les négociations. "D’abord, la justice: tous les pays contribuent, selon leur niveau de prospérité et leur capacité. Deuxièmement, la solidarité: avec un soutien pour les pays à plus faible revenu, à travers des objectifs adaptés et des fonds additionnels pour les aider à réussir leur transition vers une énergie propre. Troisièmement, la frugalité: l’argent devra être dépensé de manière la plus rentable possible, dans une perspective européenne."

Concrètement, cela se traduit par la mise en place de mécanismes complexes destinés aux pays les plus en peine économiquement, tels que des transferts de quotas de CO2 pour les Etats à faible revenu, la création d'un fonds alimenté par 2% des ventes de certificats du système des quotas européens d’émissions de CO2, une répartition de l’objectif de -40% par Etat selon le "PIB par habitant relatif" et une meilleure interconnexion européenne des réseaux de gaz et d’électricité pour les Etats baltes (pour une plus grande indépendance vis-à-vis du gaz russe), l’Espagne et le Portugal.

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Sommet européen des 23 et 24 octobre : « énergie - climat, l’Europe doit trouver un accord »



Réunis à Bruxelles, les 28 Etats membres doivent trouver un accord pour définir la politique énergétique et climatique de l’Europe jusqu’en 2030.

Source : Ministère de l'écologie

Le cadre énergie-climat 2030 en discussion comporte trois objectifs :
  • Réduire de 40% les émissions de gaz à effets de serre (GES) de l’Union européenne par rapport à 1990
  • Porter à 27% la part des énergies renouvelables (ENR) dans la consommation
  • Améliorer de 30% l’efficacité énergétique

Interrogée hier à l’Assemblée nationale sur ce sommet, Ségolène Royal a déclaré « L’Europe a une responsabilité à l’égard de la planète et ses dirigeants doivent avoir la force de s’accorder sur les objectifs fixés en matière de climat ».

La ministre a également rappelé que la France soutenait le cadre proposé par la Commission européenne. "L’accord n’est pas gagné, parce que beaucoup de pays ont des difficultés énergétiques, certains ont même rouvert des mines de charbon, d’autres ont des difficultés pour investir dans le renouvelable". Mais je pense que les chefs d’Etat et de gouvernement vont faire preuve de responsabilité car l’Europe a un message aussi de civilisation à donner au reste du monde".

Ce nouveau cadre énergie-climat projette à l’horizon 2030 les engagements pris par l’Union européenne avec le précédent paquet en vigueur jusqu’en 2020 (les3 x 20 % : -20 % de GES, 20% d’ENR, 20% d’efficacité énergétique). Il renforce à la fois sa lutte contre le dérèglement climatique, sa sécurité énergétique et sa compétitivité. La maîtrise de nos consommations énergétiques, et le développement d’énergies renouvelables, non émettrices de CO2 et produites localement, sont des paramètres indispensables pour réduire la dépendance énergétique de l’UE et garantir sa sécurité énergétique. Ce nouveau cadre européen devra également favoriser le développement de projets énergétiques porteurs d’innovation, de croissance économique et d’emplois.

Ces objectifs devront placer l’Europe à la pointe de la transition énergétique mondiale. Ce nouveau cadre constituera l’engagement de l’UE dans les négociations internationales notamment pour la COP21 qui se tiendra à Paris en 2015.

Ségolène Royal a expliqué que "le reste du monde regarde, pour savoir si l’Europe aura la force, l’intelligence, la sagesse de se mettre d’accord sur des objectifs communs". "De l’accord qui sortira demain dépendra le dégagement d’un nouveau souffle pour obtenir à Paris des engagements concrets et opérationnels"

Grâce au projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte, la France est l’un des Etats membres de l’Union européenne les plus engagés dans la transition énergétique et la lutte contre le dérèglement climatique. Il traduit l’ambition française dans le cadre des négociations internationales.
Les objectifs fixés par le projet loi « transition énergétique »
- Réduction de 40 % de nos émissions de gaz à effet de serre en 2030 et division par quatre en 2050, par rapport à 1990.
- Objectif de porter la production d’énergie renouvelable à 32 % de notre consommation énergétique finale en 2030.
- Réduction de moitié de la consommation d’énergie à l’horizon 2050 par rapport à 2012. Objectif intermédiaire de diminution de notre consommation d’énergie de – 20 % en 2030
- Diversifier la production d’électricité et baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025.

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Octobre 2014

Filière forêt-bois : Séquestration ou substitution ?

La prise en compte des enjeux forestiers dans la lutte contre le changement climatique : leçons de la modélisation de filière forêt-bois française

Sylvain Caurla et Philippe Delacote

Chaire Economie du Climat

Substitution et séquestration, les deux leviers physiques d’atténuation des GES dans la filière forêt-bois


La séquestration : la gestion des surfaces forestières influence la quantité de carbone séquestré dans la biomasse forestière. Densification des forêts, afforestation, reforestation et diminution de la déforestation permettent d’augmenter la séquestration nette de carbone dans les écosystèmes forestiers. En outre, la séquestration du carbone dans les produits bois à longue durée de vie, les charpentes par exemple, retarde le retour du carbone dans l’atmosphère (levier séquestration sur l’illustration).

La substitution : les émissions liées à la consommation de produits bois sont généralement plus faibles que celles entraînées par la consommation de produits non-bois substituts. La consommation de produits bois-énergie (en substitution aux énergies fossiles) et la consommation de certains produits bois (en substitution aux produits issus d’autres filières pour la construction, l’isolation, l’emballage ou le mobilier) permettent par conséquent de réduire les émissions d’origine fossile (levier substitution sur l’illustration)

Dans le cadre des politiques visant à atténuer les émissions de gaz à effets de serre, la France s’appuie aujourd’hui largement sur la substitution énergétique. Cela se traduit par la mise en place de plans d’aide à la mobilisation de bois-énergie ou à la production de chaleur issue de biomasse.

En revanche, l’action de l’Etat ne repose pas, à ce jour, sur des mesures privilégiant la séquestration du carbone en forêt du fait de la prise en compte très partielle de la séquestration in situ dans les politiques climatiques internationales découlant du Protocole de Kyoto. Des chercheurs du laboratoire d’économie forestière de Nancy ont développé le French Forest Sector Model (FFSM), un modèle bioéconomique de la filière forêt-bois française, utilisé pour des simulations de politiques climatiques et l’analyse de leurs impacts.

Les premiers résultats du modèle FFSM montrent que :
  • Une politique ambitieuse de substitution peut être à l’origine de tensions sur la ressource et sur les marchés du bois d’industrie.
  • Une politique de séquestration présente un meilleur bilan carbone à l’horizon 2020 qu’une politique de substitution.
  • La mise en place d’une taxe carbone généralisée aurait un effet globalement positif sur la filière forêt-bois française.

Cliquer Ici pour télécharger "La prise en compte des enjeux forestiers dans la lutte contre le changement climatique : leçons de la modélisation de filière forêt-bois française"

Pour plus d'informations : Chaire Economie du Climat 

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Les instruments économiques et la conférence Paris-Climat 2015 : Le catalyseur de la tarification du carbone

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

La COP 19 a eu lieu à Varsovie fin novembre 2013, tandis que le Pérou se charge de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organisera la 21ième conférence, au Bourget, début décembre 2015.

Le catalyseur de la tarification du carbone

Christian de Perthuis, Pierre-André Jouvet, Raphael Trotignon, Boris Solier, Bénédicte Meurisse, Simon Quemin

Source : Chaire Economie du Climat

Comme l’a montré l’action collective pour la protection de la couche d’ozone dans le cadre du protocole de Montréal, la réussite d’un accord multilatéral repose sur trois piliers : un engagement politique fort, un dispositif de suivi indépendant et rigoureux, des instruments économiques qui envoient les bonnes incitations. Pour être un réel succès, la conférence Paris climat de 2015 devra réaliser des avancées sur chacun de ces trois piliers. La Chaire Economie du Climat a concentré ses moyens de recherche sur le pilier des instruments économiques.
  • Le cinquième rapport du GIEC indique sans équivoque que tous les grands émetteurs de gaz à effet de serre doivent participer dès 2020 à l’effort global de réduction d’émission pour limiter les risques d’un réchauffement moyen de plus de 2° C.
  • Pour infléchir drastiquement les trajectoires d’émission, une tarification mondiale du carbone doit rapidement être mise en place, afin de pousser les gouvernements à jouer un jeu coopératif et inciter les acteurs économiques à réduire leurs émissions au plus faible coût.
  • Pour inciter les gouvernements à rejoindre un accord universel, une tarification du carbone de type bonus-malus, calculée sur la référence des émissions moyennes par tête, pourrait être introduite à un taux de 7-9 dollars par tonne de CO2 eq dès 2020.
  • Pour introduire un prix international du carbone dans l’économie, la voie la plus réaliste consiste à poser les bases, entre 2015 et 2020, d’un marché transcontinental du carbone, à partir des prototypes développés en Europe, en Chine et aux Etats-Unis.
  • La mise en place de la double tarification du carbone s’inscrirait dans la cadre du principe de la « responsabilité commune mais différenciée » qui vise à concilier l’action commune face au changement climatique et la priorité de l’accès au développement.
 
Chaire Economie du Climat - Palais Brongniart, 4e étage — 28 Place de la Bourse, 75002 Paris, France
Tel. : +33 (0)1 73 01 93 42 - Fax : +33 (0)1 73 0193 28

Cliquer Ici pour accéder aux publication de la Chaire Economie du Climat


Des experts proposent un marché transnational du carbone pour résoudre le défi climatique

La Chaire Économie du Climat propose que les pays dont les émissions par habitant excèdent la moyenne mondiale règlent la note de leur surplus aux pays les plus sobres. Un projet simple, mais ambitieux.

Source : Euractiv

« Quand on parle de Paris Climat 2015, tout le monde dit qu’il faut un accord crédible et ambitieux…certes, mais que mettre à l’intérieur ? »

C’est partant de ce constat que la Chaire Économie du Climat, qui fait partie de l'Université Paris Dauphine, a décidé de mettre une proposition concrète sur la table : celle d’un système de bonus-malus international sur le carbone. L’idée étant de faire payer aux pays les plus émetteurs de carbone une taxe sur leur « trop-plein », c’est-à-dire sur le C02 émis en surplus de la moyenne mondiale. Chaque habitant de la planète émet aujourd’hui en moyenne 6,3 tonnes de Co2 par habitant et par an, mais ce chiffre cache de fortes disparités : 0,8 tonnes pour un Bangladais, mais 21 tonnes pour un Américain.

Responsabilité commune mais différenciée

« Il faut reconsidérer le principe de responsabilité commune mais différenciée sur le climat, sur lequel le protocole de Kyoto a été construit. C’est ce principe qui a pourri les négociations en induisant une interprétation binaire » assure Christian de Perthuis, président du conseil scientifique de la Chaire.

Dans le cadre du protocole de Kyoto, certains pays considérés comme les pollueurs historiques ont été classés dans l’Annexe I, comme l’Europe, les États-Unis et le Japon, alors que l’Annexe II accueillait les émergents et les pays en développement. Cette distinction manichéenne a eu des effets pervers : les responsables des émissions passées ont été montrés du doigt, sans que les transferts Nord–Sud de 100 milliards d’euros évoqués à Copenhague ne se concrétisent. Et entre temps, le paysage s’est complexifié  : la Chine émet aujourd’hui quasiment autant de CO2 par habitant que l’Europe par exemple.

Sauver le marché du carbone européen

Pour le marché du carbone européen, actuellement en déshérence, ce système pourrait représenter une porte de sortie.

« L’Europe a toujours été moteur, certes…mais quand on voit ce qu’il se passe en Chine, où  des expériences de marché du carbone portent déjà sur des régions de 300 millions d’habitants, on comprend que l’Europe va rapidement être dépassée sur le sujet » assure Pierre-André Jouvet, le directeur scientifique.

La création d’un marché du carbone international permettrait en revanche au mécanisme européen de sortir de l’ornière. Car malgré ses nombreux déboires, le marché du carbone européen a fait des émules : il existe aujourd’hui des exemples aux États-Unis et en Chine. Les relier permettra d’assigner une valeur au carbone, un but qui fait aujourd’hui consensus chez les experts du climat et les militants écologistes. Mais dans les faits,  émettre du dioxyde du carbone reste gratuit dans une majorité de pays, ce qui entraîne une course effrénée aux énergies fossiles. Les émissions de Co2 n’ont jamais autant progressé qu’entre 2000 et 2010. « Si l’on veut rectifier la trajectoire, il n’y a pas de mystère : il faut mettre un prix au carbone avant 2020 » assurent les auteurs du projet.

Problème de gouvernance

Un des intérêts de ce mécanisme de bonus-malus, destiné à terme à mettre en place un marché du carbone transnational, serait d’instaurer une gouvernance effective du carbone. « Tous les marchés du carbone ont souffert de problèmes de gouvernance, il faut établir un système commun de MRV (monitoring, reporting, verification) » assurent les auteurs du projet. L'UNFCCC, le bras armé de l'ONU sur le climat, serait chargé d'organiser le mécanisme, tandis que les financements qui en seraient issus seraient gérés par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Transférer 100 milliards de dollars du Nord au Sud

Car ce nouveau mécanisme entraînerait des transferts massifs entre les pays du Nord et ceux du Sud. A titre comparatif, le Mécanisme de Développement Propre prévu dans le cadre du protocole de Kyoto n'a entraîné que 300 millions d'euros de transferts du Nord vers le Sud, et se trouve actuellement au point mort.

En pratique, l’idée est de démarrer avec un prix théorique de la tonne de CO2 à 7,5 dollars, ce qui est grosso modo le prix du carbone aujourd’hui sur le marché européen (6 euros la tonne). À ce prix, les États-Unis devraient par exemple payer 34 milliards d’euros par an pour financer leur surplus carbone, la Chine aurait de son côté une addition de 15 milliards, et l’UE de 10 milliards. À l’inverse, l’Inde recevrait l’essentiel de cette manne (38 milliards d’euros).  La tarification initiale du carbone serait volontairement faible, pour faciliter l’acceptation du mécanisme, l’important étant de mettre en place un marché transnational.

Parmi les contributeurs potentiels, deux acteurs sont identifiés par la Chaire comme clés : les pays producteurs de pétrole, et la Chine.

« Si la Chine soutient le projet, il sera difficile pour les autres blocs, notamment les États-Unis, de dire non  » assure Christian de Perthuis qui estime que « les clés d’un accord sur le climat sont en Chine »

Pour l’heure, ce projet de bonus-malus international n’a pas de soutien étatique officiel. Mais ses auteurs estiment qu'il bénéficient d'un atout majeur. « L’intérêt de ce système, c’est qu’il est simple : tous les politiques peuvent le comprendre. Ce qui n’est pas le cas des mécanismes actuels, notamment le marché du carbone européen ! » relève Christian de Perthuis.

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Le 31 octobre 2014

Les laboratoires du Department of Energy en appui de la recherche agricole

Aux USA, la sécurité alimentaire est un pan important de la sécurité nationale, de même que l'approvisionnement énergétique. Ces deux domaines sont directement reliés à l'agriculture.

Drone helicopter - Crédits : yogesh

Les collaborations entre agences fédérales des U.S.A. ne sont pas très courantes. Pourtant, les deux agences responsables de l'agriculture et de l'énergie ont une longue histoire de travail en commun. En effet, la mission principale du Département américain de l'Energie (U.S. Department of Energy - DoE) est d'assurer la sécurité et la prospérité nationales en répondant aux défis énergétiques, environnementaux et nucléaires par le biais de solutions scientifiques et de technologies innovantes [1]. La sécurité alimentaire est un pan important de la sécurité nationale, de même que l'approvisionnement énergétique. Ces deux domaines sont directement reliés à l'agriculture.

Source : BE Etats-Unis

Les résultats de la recherche fondamentale du DoE trouvent parfois une application dans un domaine que l'on pourrait penser éloigné des problématiques énergétiques. Le développement de la technologie GPS, des drones, de l'imagerie hyperspectrale, du séquençage génotypique, du conditionnement des matières premières énergétiques et des biocarburants a en effet directement bénéficié à la première agriculture au monde, domaine crucial de l'économie américaine, piloté au niveau fédéral par l'U.S. Department of Agriculture (USDA).

L'USDA est de fait responsable de la recherche agricole, bien que les scientifiques du DoE soient à l'origine de nombreuses avancées notables dans ce domaine. Bien que ces deux départements ne communiquent pas beaucoup sur leurs échanges, la coopération entre l'USDA et le DoE continue et produits des résultats concrèts. Point sur les domaines concernés et les laboratoires impliqués.

Système de positionnement global (GPS)

Les premières collaborations ont eu lieu dans les années 1990, lorsque le concept d'un tracteur auto-guidé était encore du domaine de la science-fiction. L'Idaho National Laboratory (INL), à Arco, travaillant sous l'égide du DoE, a mis en place un GPS expérimental qui a permis le guidage autonome d'un tracteur d'un producteur de pommes de terre, à l'aide d'un boitier électronique. Ce laboratoire est l'un des trois laboratoires de l'Ouest (avec le PNNL et le JGI, cf. ci-dessous) qui ont été à l'origine des plus importantes percées agricoles du pays.

Le projet de GPS visait à démontrer que l'utilisation de systèmes de guidage à faible coût était possible et utile pour l'agriculture. Le laboratoire, qui a collaboré avec des scientifiques de l'Université d'Etat de l'Utah et une entreprise travaillant pour le fabricant AGCO, a utilisé la technologie développée pour le Mars Rover de la NASA. Aujourd'hui, la grande majorité des tracteurs est équipée d'un système de guidage, à faible cout, permettant aux agriculteurs de mieux positionner et suivre leurs actions.

Recherche sur le génome des plantes

En juin dernier, le Joint Genome Institute (JGI), département du Lawrence Berkeley National Laboratory, laboratoire du DoE à Berkeley, en Californie, est à l'origine de trois publications distinctes sur le génome séquencé des agrumes, du soja et de l'eucalyptus [2].

Le JGI a été créé à la fin des années 1990 pour accélérer la cartographie du génome humain. L'institut, dont l'un des scientifiques a remporté le prix Nobel pour la caractérisation de la voie photosynthétique végétale (Melvin Calvin, 1961), a recentré son activité en 2003 vers les plantes, les champignons, les microbes et les algues. Ces recherches mobilisent environ 1 200 collaborateurs. Environ 30% de la recherche sur le séquençage génétique de l'Institut est focalisée sur la sélection de plantes dont la biomasse est facilement transformable pour la production de biocarburants avancés issus de cultures ligneuses ou des résidus agricoles.

L'institut - financé à hauteur de 69 millions de dollars annuels par le Bureau de la Recherche Biologique et Environnementale du DoE - étudie également la tolérance à la sécheresse et la résistance des cultures aux champignons et aux insectes. Le JGI étudie également dans le Midwest, l'influence des micro-organismes sur la productivité du sol vierge par rapport à des sols qui ont été continuellement exploités.

Plus au sud, le Los Alamos National Laboratory (LANL), l'un des deux laboratoires aux Etats-Unis habilités à travailler à la conception d'armes nucléaires, mène des recherches multidisciplinaires dans des domaines variés, tels que la sécurité nationale, l'exploration spatiale, les énergies renouvelables, la médecine, la nanotechnologie et les supercalculateurs. Le LANL contribue également aux avancées dans le domaine du génotypage des plantes par la création récente du National Agriculture Genotyping Center (NAGC) [3].

La mise en place de ce projet fait suite à un partenariat entre le LANL et la très puissante National Corn Growers Association, dans un contexte de réduction des budgets de l'USDA. Le DoE a signé dans ce cadre un protocole d'entente avec cette dernière, qui utilise déjà les séquences et les marqueurs d'ADN pour la sélection de nouvelles variétés de cultures.

Imagerie hyperspectrale au profit de la conduite culturale

L'observation des parcelles constitue une part importante du métier d'agriculteur, dans l'objectif de détecter les stress culturaux (hydrique, ravageurs, minéraux, etc.) dès les premiers signes visibles. Il est néanmoins connu que des signes de stress visibles à l'oeil nu ne sont que la partie visible de l'iceberg, car à ce stade le processus de stress est déjà largement engagé, et les conséquences peuvent être irréversibles pour la plante. L'imagerie hyperspectrale peut permettre d'anticiper ces stress, à condition de disposer d'une vue aérienne de la parcelle.

Il y a seulement cinq ans, les capteurs hyperspectraux - capables d'analyser une grande partie du spectre électromagnétique - pesaient près de 150 kilos. Transporter ces instruments lourds en altitude pour obtenir une vue aérienne nécessitait l'utilisation d'avions de tourisme. L'INL, en collaboration avec une société privée, a développé une caméra hyperspectrale ne pesant que 4 kilos, assez légère pour être monté sur un drone, réduisant considérablement les coûts engendrés par la collecte de données [4].

Cet outil doit permettre de détecter les stress culturaux au moins cinq jours avant qu'ils ne soient visibles à l'oeil nu. Les chercheurs en l'imagerie hyperspectrale de l'INL cherchent actuellement à déterminer quelles bandes du spectre sont les plus utiles à la compréhension des conditions de cultures particulières, telles qu'un stress hydrique ou une pression sur les cultures due aux ravageurs. L'objectif est de diagnostiquer les "signatures spectrales" de ces conditions spécifiques sur le terrain.

L'INL et l'Idaho State University ont lancé un projet pluriannuel visant à développer les outils nécessaires pour analyser ces signatures spectrales, afin de prédire les stress des cultures [5]. Les essais ont débuté par l'analyse d'images hyperspectrales de cultures en serre (conditions éprouvées), puis par leur comparaison aux images prise en conditions réelles de parcelles champs agricoles de l'Idaho du sud-est. Les agriculteurs participants ont dû accorder aux chercheurs la permission d'accéder à leurs champs pour confirmer l'exactitude de l'analyse hyperspectrale.

Cette approche pourra également avoir des applications pour mesurer la profondeur du manteau neigeux et la teneur en eau, pour la prévention des incendies et pour évaluer qualité de l'eau. Le Pacific Northwest National Laboratory (PNNL), un autre laboratoire du DoE est également engagé dans ces recherches.

Commercialisation de la biomasse

L'INL est un des laboratoires leaders spécialisés dans la recherche visant à surmonter un obstacle important à la production de biocarburants de 2nde et de 3ème génération : la nécessité de prolonger la durée de vie des matières premières et de les transformer en matière uniforme, légère et compacte pour le transport vers les usines de raffinement [6].

Une unité spécifique, dédiée à la transformation des matières premières (Biomass Feedstock Process Demonstration Unit), ouverte en 2011, permet aux chercheurs de réaliser les essais de mélange et de transformation de la biomasse pour répondre au cahier des charges des raffineries (coût, qualité, teneur en matière sèche, taille des particules et niveau d'humidité). Les matières premières comme les cannes de maïs sont transformées sous forme de granulés, alors que les matières ligneuses sont souvent carbonisées en un produit qui ressemble au charbon de bois.

L'objectif de ces recherches est de rendre la commercialisation de la biomasse généralisable, car avec les méthodes de transformation actuelles, seule la biomasse récoltée dans un faible rayon autour de l'usine de raffinement peut être transformée. Cela représente un intérêt pour les agriculteurs qui peuvent alors dégager une valeur marchande de leur biomasse résiduelle, et pour les raffineries qui étendent leur rayon d'approvisionnement, ce qui permet des installations de plus rentables et indépendante des fluctuations saisonnières.

Fabrication de biocarburants

Le Pacific Northwest National Laboratory à Richland, Washington (PNNL) est spécialisé dans la conversion de ce type de matières premières en biocarburants de 2nde et de 3ème générations. Le PNNL est parmi les principaux utilisateurs des produits de la recherche de l'INL et fournit en retour des commentaires précieux sur leur comportement et rendement dans ce cadre.

Le PNNL étudie la production de biokérosène, ainsi que de biodiesel pour les équipements lourds. En l'absence d'alternatives, il est probable que ces carburants industriels seront encore utilisés pendant de longues années, à la différence du parc automobile américain, qui évolue doucement vers les véhicules électriques [7].

Pour minimiser les coûts de production de biocarburants et ajouter de la valeur à la biomasse qui est produites dans les exploitations agricoles, le PNNL a entrepris des recherches pour valoriser les sous-produits de la transformation des matières premières en biomasse, en tant que plastiques, savons et détergents par exemple. Il y a environ cinq ans, ces recherches ont permis au PNNL de développer un produit chimique dérivé de la glycérine - un sous-produit de la production de biodiesel - qui est maintenant commercialisé par une société privée, notamment en tant que liquide de refroidissement de moteur [8].

L'ensemble de ces exemples récents de collaborations scientifiques illustre une constante de la recherche fondamentale : les domaines d'applications, s'il y en a, sont largement imprévisibles. Valoriser les résultats des scientifiques des laboratoires fédéraux dans un domaine différent de celui imaginé à l'origine peut donc légitimement constituer une des pistes pour optimiser les ressources. Et même peut-être en tirer des revenus ?
                                                          
Pour en savoir plus, contacts :           

- National Agricultural Genotyping Center - Site internet : http://www.genotypingcenter.com/
- Idaho National Laboratory : http://www.inl.gov
- Pacific Northwest National Laboratory - Site internet : http://www.pnl.gov/
- Los Alamos National Laboratory - Site internet : http://www.lanl.gov/
- Joint Genome Institute - Site internet : http://jgi.doe.gov/
           

Sources :
           
- [1] Article - About us - U.S. Department of Energy - http://energy.gov/about-us
- [2] Article - Extraordinary month for JGI science - The Primer - Août 2014 - Joint Genome Institute - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/GFMes
- [3] Article - National Agricultural Genotyping Center - National Corn Growers Association - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/La6iA
- [4] Article - INL's unmanned aircraft survey the landscape with a focus on the environment - Idaho National Laboratory - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/O5BZP
- [5] Article - Idaho State University researchers, partners employ unmanned aircraft systems to detect threats to crops in Southeast Idaho - Idaho State University - ISU Headlines - Mai 2014 - http://www.isu.edu/headlines/?p=6006
- [6] Article - Workshop highlights new resource, goals for developing biomass into tradable commodity - - Idaho National Laboratory - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/S08Ot
- [7] Article - What is the future of Electric vehicle in fleet? - Green Fleet Magazine - Septembre 2013 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/X8U6f
- [8] Article - Propylene glycol from renewable sources - The Better World Project - Association of University Technology Managers - 2012 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ZDqdw

Rédacteurs :         

- Simon Ritz, deputy-agro@ambascience-usa.org ;
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.


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Le 30 Janvier 2015

La flotte de pêche européenne plus rentable et moins énergivore


En moyenne, les profits s’améliorent pour les pêcheurs européens, qui consomment de moins en moins de carburant. C’est que constate le CSTEP (Comité scientifique, technique et économique de la pêche) dans son rapport annuel économique sur la flotte de pêche européenne, publié ce lundi 19 janvier. Pour en savoir plus : Le Marin

Communiqué de la Commission européenne : EU fishing fleet increasingly profitable and fuel efficient

La flotte de pêche européenne est de plus en plus rentable et économe en carburant


Le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) de la Commission européenne a publié son rapport économique annuel 2014 sur la flotte de pêche de l'UE.

Le rapport montre des progrès dans la performance économique. La flotte de pêche de l'UE a été généralement rentables en 2012, générant € 6,9 milliards de revenus. Environ la moitié du chiffre d'affaires total a été transformée en salaires et bénéfices pour les communautés de pêche. La plupart des flottes nationales montrent une tendance positive sur la période 2002-2012. Cependant, malgré des signes de reprise, l'impact de la crise du carburant qui a culminé en 2003 et 2008 démontre la vulnérabilité de la flotte de l'UE aux chocs extérieurs.

Un autre constat concerne d'importants progrès dans l'efficacité énergétique. La consommation de carburant et l'intensité de la consommation de carburant a diminué de 10% entre 2008 et 2012. Cette amélioration est le résultat d'engins soutenu par l'UE en carburant pêche, réduction de la flotte, les changements de comportement de la pêche et de la flotte dynamique. l'emploi sur les navires de pêche carte de l'UE était de 151 383 en 2012, la baisse de 2% en moyenne par an de 2008 à 2012. En revanche, le salaire moyen par salarié a augmenté sur la même période.

À propos du rapport
Le rapport économique annuel (ARE) des flottes de l'UE est la source la plus complète de l'analyse économique et des données sur la flotte de pêche de l'UE. Il se concentre sur les facteurs et tendances, et comprend des sections spécifiques sur les longues flottes de pêche lointaine de l'UE, les flottes côtières artisanales et principales régions de pêche. Depuis 2007, l'ARE a fourni un aperçu complet des dernières informations disponibles sur la structure et la performance économique des flottes de pêche dans les pays de l'UE. L'ARE est de plus en plus utilisé par les gestionnaires de la pêche ainsi que des organisations internationales telles l'OCDE et de la FAO. Cet exercice est coordonné par la Commission européenne et produit par le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) et le Centre commun de recherche. Les données pertinentes sont collectées par pays de l'UE en vertu du Cadre de collecte de données.


Infographies : Ici

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