vendredi 19 septembre 2014

News de la pêche dans le monde : Afrique, Asie, Amérique et Océanie


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

3e trimestre 2014 : Juillet / Août / Septembre 2014

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Suite de la revue de presse : 4e trimestre 2014

Le 30 Septembre 2014

Les populations des Australes veulent la création d’une grande réserve marine


L'archipel des Australes

Très étalé en longueur, il représente les dernières terres habités au sud du Pacifique. Il est composé de 5  îles et quelques îlots dont la surface totale atteint environ 140 Kms2, perdus dans l’immensité de l’océan.  L'île la plus proche se trouve à une distance de 600 kms environ au sud de Tahiti. Plus proches des zones tempérées du globe, ces îles ont un climat plus tempéré, donc plus frais; et des reliefs plus arrondis.

Ses quelques 6600 habitants environ écoulent leur vie au rythme des traditions et des activités traditionnelles : pêche, exploitations agricoles sur terres fertiles (cultures de légumes, de manioc, d'orangers, de caféiers, ainsi que les classiques  avocatiers, cocotiers, ananas et vanillés). Les îles de l’archipel des Australes, moins fréquentées que les autres îles plus près de l'équateur, possèdent peu d’hôtels et de commodités touristiques. On y trouve, cependant, de ravissantes pensions et des logements chez l’habitant pour des séjours plus "authentiques". Les îles sont : Rurutu, Tubuai, Raivavae, Rapa et Rimatara.

Cliquer Ici pour plus d'informations sur l'archipel des Australes

Les populations des Australes appellent à la création d'une grande réserve marine au large de leurs îles pour préserver durablement ces ressources halieutiques pour les pêcheurs locaux et pour les générations futures

Source : Polynésie la 1ere par Hélène Harte
Une grande zone de protection au Sud de la ZEE polynésienne pourrait également servir de zone de nurserie pour les populations de grands pélagiques tels que le thon et l’espadon, et pourrait profiter à la pêche durable polynésienne dans le reste de la ZEE. Au-delà des bénéfices pour la pêche, la création d’une réserve marine dans l’archipel des Australes, à l’image du Parc Naturel Marin de la mer de corail créé récemment en Nouvelle Calédonie, pourrait permettre aussi de renforcer la notoriété internationale des Australes et pourrait contribuer au développement écotouristique de ces îles.

Depuis plusieurs mois, les mairies de Rurutu, Tubuai, Raivavae et Rimatara ont organisé des réunions publiques, des rencontres avec les pêcheurs, les associations et l’ensemble de la population pour discuter d’une initiative de protection de l’espace marin aux Australes. Des réunions similaires seront organisées par la mairie de Rapa en octobre. Pendant ces consultations, l’ensemble de la population s’étant montrée favorable à cette initiative, les conseils municipaux des quatre îles ont voté une délibération appelant à la création d’une grande réserve marine dans les eaux de l’archipel. Les délibérations ont été signées par les élus de Rurutu le 6 juin 2014, les élus de Tubuai et Rimatara le 20 juin 2014 et enfin les élus de Raivavae le 12 septembre 2014.

Ces délibérations sont une avancée majeure car elles représentent la première étape de la procédure juridique nécessaire pour créer une Aire Marine Protégée selon le code de l’Environnement de Polynésie française. L’ONG Pew a été invité par le gouvernement de Polynésie française à réaliser un état des lieux scientifique sur l’espace marin des Australes et à élaborer une stratégie de conservation avec la population locale et les pêcheurs. Pour répondre à cette demande, Pew a initié un vaste programme de recherche aux Australes, piloté par le CRIOBE et impliquant 25 experts locaux et internationaux, avec la participation de National Geographic et de l’Université d’Auckland. Pew travaille également avec les autorités, les pêcheurs des Australes et de Tahiti, les associations, les opérateurs du tourisme et l’ensemble de la population des Australes pour définir un projet d’AMP consensuel. La création d’une grande AMP aux Australes pourrait contribuer significativement à la mise en œuvre de l’engagement du Pays de protéger au moins 20% de sa ZEE d’ici 2020.

Les mairies des Australes ont organisé en collaboration avec Pew une « journée de la protection de l’océan aux Australes » qui aura lieu le 2 octobre à Rimatara, le 4 octobre à Rurutu, le 7 octobre à Raivavae et le 9 octobre à Tubuai. Ces évènements, à travers des stands, des jeux avec les scolaires, des concours de dessin, des courses de vaa et des projections de vidéos, permettront de célébrer avec la population, l’engagement fort des mairies des Australes, et de commencer à travailler avec la population sur l’élaboration du projet de grande AMP. Par ailleurs, les maires des Australes ou leurs représentants présenteront officiellement les délibérations des Australes à la presse le mardi 30 septembre à 12h, lors de l’inauguration du bureau de Pew à la gare maritime de Papeete.

Source : communiqué PEW

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Le 29 Septembre 2014

Au Japon, les pêcheurs surmontent le tsunami, mais pas Fukushima !


Au Japon, le secteur de la pêche surmonte le tsunami, mais pas la radioactivité de la centrale de Fukushima... Dans la préfecture de Fukushima, les pêcheurs sont toujours privés de poisson 3 ans après les catastrophes...

Les pêcheurs du port d'Iwaki, à 30 km de la centrale nucléaire de Fukushima, ne pêchent presque plus : au pays du sushi, les consommateurs ne veulent pas manger de poissons qui ont frayé dans une mer contaminée.

Ont-ils raison d'avoir peur ? Le point en quelques questions.

L'océan près de la centrale de Fukushima est-il radioactif ?

L'eau contaminée utilisée pour refroidir les réacteurs endommagés de la centrale est entreposée dans d'immenses réservoirs. Cette eau est censée être en partie décontaminée au moyen d'appareils spéciaux, avant d'être rejetée dans l'océan. Mais à cause de plusieurs incidents, de grandes quantités de particules radioactives se sont retrouvées dans la mer. Les autorités assurent qu'elles sont inoffensives une fois diluées dans l'océan.

Le poisson de la région est-il dangereux pour la santé ?

Une trentaine d'espèces auraient des niveaux de radioactivité acceptables, soit moins de 100 becquerels - une unité de mesure de la radioactivité dans les aliments. Certaines espèces, comme la raie, absorbent des niveaux de radioactivité plus élevés et ne peuvent être consommées, note Maeda Hisashi, président de l'Association des pêcheurs d'Iwaki. La production d'algues de la région est aussi complètement arrêtée.

Que font les pêcheurs ?

Ils ne pêchent que 1% de la quantité de poisson qu'ils pêchaient anciennement. Ils rapportent surtout des débris emportés au large par le tsunami. Le gouvernement les paie selon le poids des déchets récupérés. Ils sont aussi indemnisés pour leurs pertes, en fonction de leur revenu d'avant la catastrophe. Certains ont abandonné la pêche côtière pour s'engager sur les gros chalutiers qui partent plusieurs semaines pêcher le maquereau en haute mer. Mais la majorité des 1700 pêcheurs de la région restent oisifs et touchent leurs indemnités gouvernementales, ce qui contribue à l'augmentation des problèmes sociaux.

Est-ce la même chose pour la production agricole ?

Les producteurs locaux de fruits, légumes, riz, viande et produits laitiers ont aussi du mal à écouler leurs produits. La famille Niitsuma, dont les terres se trouvent juste à l'extérieur de la zone évacuée, a dû cesser sa production de plusieurs fruits, de riz et de champignons shiitake. Conséquence: une chute de 40% de ses revenus.

Y a-t-il des tomates «mutantes» et des pastèques géantes, comme sur les photos qui ont circulé sur les médias sociaux ?

Non. Certaines de ces photos n'ont pas été prises au Japon et dataient d'avant 2011. Il arrive que des fruits et légumes grossissent de façon exceptionnelle ou adoptent des formes étranges, sans que cela soit lié à la radioactivité.

D'après La Presse Canadienne : Les fantômes de Fukushima

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Le 25 Septembre 2014

En marge du Sommet sur le climat à New York

Les océans sont cruciaux pour notre climat, notre alimentation, notre nutrition

Le Directeur général de la FAO et le Secrétaire d’Etat américain John Kerry participent à une table ronde sur la pêche durable

25 septembre 2014, New York – Une meilleure gestion des ressources des océans de la planète est cruciale pour la sécurité alimentaire mondiale, a déclaré aujourd’hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, qui participait à une table ronde aux côtés du Secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Source : FAO

La table ronde intitulée,  Notre océan: étapes suivantes concernant la pêche durable et les zones marines protégées (Our Ocean: Next Steps on Sustainable Fishing and Marine-Protected Areas), s’est tenue dans le cadre du suivi du récent Sommet de l’ONU sur le climat et a permis la participation de leaders mondiaux rassemblés à New York à l’occasion des travaux de l’assemblée générale des Nations Unies.

Dix pour cent de la population mondiale tirent leurs moyens de subsistance de la pêche et 4,3 milliards de personnes dépendent du poisson pour 15 pour cent de leur apport en protéines animales, a indiqué M. Graziano da Silva.

Secretary Kerry Delivers Remarks on Next Steps on Sustainable Fishing and Marine Protected Areas



U.S. Department of State

Il a ajouté que la contribution des ressources des océans à la nutrition, aux moyens d’existence et au progrès était essentielle dans les petits Etats insulaires en développement.

De son côté, M. John Kerry a souligné notamment : «Nous devons mieux faire pour protéger les stocks de poisson de nos océans qui jouent un rôle primordial pour la sécurité économique de millions de familles et la sécurité alimentaire de millions d’autres.» Selon la dernière édition du rapport de la FAO, La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, ces deux filières sont confrontées à des défis majeurs allant des pratiques de pêche nuisibles à la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion sans oublier le fléau de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Au-delà de ses effets négatifs sur l’état des stocks de poissons et sur l’environnement, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée entraîne des coûts monétaires exorbitants de l’ordre de 20 milliards de dollars par an, a précisé le Directeur général de la FAO.

D’ailleurs, la FAO et ses partenaires ont pris un certain nombre de mesures pour promouvoir la pêche durable et contrecarrer la pêche illicite. Ils encouragent notamment l’adhésion à l’accord de 2009  de la FAO relatif aux mesures du ressort de l’Etat du port et aux directives volontaires de 2014 pour la conduite ou la performance de l’Etat du pavillon. En outre, la FAO et ses partenaires travaillent aux côtés de l’Organisation maritime internationale (OMI) en vue de mettre au point un fichier mondial des navires de pêche.

 Dans le même temps, la FAO a lancé une nouvelle initiative, la «Croissance bleue» qui, selon M. Graziano da Silva, «a le potentiel d’être un programme de premier plan sur les grandes questions relatives aux océans et à leurs ressources». Le modèle de l’économie bleue met l’accent sur la conservation et la gestion durable fondées sur le principe que les écosystèmes sains des océans sont plus productifs et représentent l’unique moyen de bâtir des économies basées durablement sur les océans. Il permet également aux petits Etats insulaires en développement et aux Etats côtiers en développement de tirer profit équitablement de leurs ressources halieutiques.

Le passage à une gestion durable et responsable des océans et de la pêche ne saurait attendre plus longtemps, a déclaré M. Graziano da Silva aux participants à la table ronde.

«Nous avons le savoir-faire, nous avons l’occasion. Il est temps d’agir», a-t-il dit.

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Pour la protection de la haute mer

Commission Océan Mondial - GOC

New York, le 21 septembre 2014

Remise à l’ONU de la liste des signataires à la pétition de la GOC : plus de 260 000 signatures


Contribuez à assurer un océan vivant, l'alimentation et la prospérité. Proposez de nouvelles normes pour la protection de la haute mer

        Petition by

        Pascal Lamy, Commissioner, Global Ocean Commission

        France

L'océan est en danger. Il est essentiel pour notre avenir. Faisons de sa protection une priorité de l'action des Nations Unies.

Il nous offre des aliments, de l’eau fraîche, de l’énergie, des médicaments, la moitié de l’oxygène que nous inspirons et même le cadre de nos vacances : un océan sain est essentiel à toute vie sur Terre.

Cependant, pendant trop longtemps, nous avons capturé trop de poissons, pollué aveuglément et dégradé de fragiles habitats des fonds marins. Nous poussons le système océanique jusqu’à son point de rupture, risquant ainsi notre propre santé et prospérité.

Mission Océan




Les ressources marines et côtières atteignent une valeur de 3 000 milliards de dollars US par an – environ 5 % du PIB mondial – et, à travers le monde, 350 millions d’emplois sont liés à l’océan tandis que 97 % des pêcheurs vivent dans les pays en développement.

Mais sans la mise en œuvre de lois efficaces pour protéger un océan vivant, une minorité continuera à abuser de la liberté de la haute mer, à piller les richesses qui se trouvent sous sa surface, à prélever une part non équitable, et à en tirer profit au détriment du reste du monde, en particulier des plus pauvres.

La bonne nouvelle, c’est que nous avons l’extraordinaire possibilité de changer le cours des choses.

En septembre de cette année, l’Organisation des Nations unies (ONU) va entamer un débat sur l’avenir de la haute mer et sur la manière dont celle-ci devrait être gouvernée. Cela ne se reproduira pas de sitôt et c’est donc maintenant que nous devons tirer le meilleur parti de cette opportunité.

La haute mer – constituée des eaux internationales et recouvrant 45 % de la surface de la Terre – nous appartient à tous. Elle ressemble pourtant à un État en déliquescence au-delà de la juridiction de tout gouvernement. Personne n’en est globalement responsable, ce qui a pour conséquence alarmante un déclin important de la santé de tout l’océan.

Il est temps d’étendre l’État de droit jusqu’à cette moitié bleue de notre planète. Nous avons besoin d’un nouvel accord international (dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer) afin de garantir le bon état de l’océan, l’utilisation durable et équitable des ressources de la haute mer, et la préservation de celles-ci.

Cela aidera à nous assurer que nous disposons de suffisamment de nourriture pour tous, d’un accès équitable aux nouveaux médicaments issus des organismes d’eau profonde pour lutter contre le cancer et d’autres maladies graves, d’une résistance suffisante face aux effets les plus graves du changement climatique et d’une protection des habitats marins précieux contre les industries destructrices.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est engagé en faveur de la santé et de la protection de l’océan, mais il a besoin de notre soutien pour être en position de force en septembre lorsqu’il appellera les dirigeants de la planète à préparer ce nouvel accord.

Joignez-vous à la mission pour un océan sain et vivant, et demandez à Ban Ki-moon de lancer un appel en faveur de la protection de la haute mer et de la santé de l’océan.

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WOC Business Forum on Ocean Policy & Planning

New York City

29-30 September, 2014

Forum

2014 WOC Business Forum on Ocean Policy and Planning

The World Ocean Council (WOC) will convene a Business Forum on Ocean Policy and Planning at The Roosevelt Hotel in New York, NY U.S.A on 29-30 September 2014. Designed for the Ocean Business Community (OBC), the Forum continues the World Ocean Council's Business Forum Series and builds upon the successful 2013 Sustainable Ocean Summit. The Forum will feature an optional field trip on 28 September to learn about coastal business response and recovery following Hurricane Sandy and how this is affecting policy and planning.

The overall theme of the 2014 WOC Business Forum is Industry Leadership in Ocean Governance and the Blue Economy. The Forum will catalyze informed, coordinated and proactive Ocean Business Community engagement in the ocean policy and planning efforts which will significantly impact future ocean economic activity. The World Ocean Council is committed to ensuring that ocean industries are well informed of the ocean policy and planning processes affecting their future operations and well equipped to make decisions on whether and how to most effectively engage in these developments. Pour plus d'informations

Créer une alliance du secteur privé pour une gestion durable de l’océan

Le “World Ocean Council” ou Conseil Mondial des Océans est la seule alliance internationale et interprofessionnelle regroupant les acteurs principaux du monde maritime en matière d’utilisation responsable de l’environnement marin « Corporate Ocean Responsibility ». Le WOC rassemble les différents utilisateurs de l’océan issus du secteur privé (transport, pêche, navigation, pétrole et gaz, aquaculture, énergies renouvelables offshore, tourisme, technologies maritimes, producteurs, détaillants, assureurs, finance, etc). L’objectif est d’apporter des bénéfices directs aux entreprises par le biais d’une collaboration sur des problèmes environnementaux marins partagés. Les groupes de travail développent des solutions pratiques pour résoudre les problèmes prioritaires du secteur maritime comme par exemple le zonage océanique, les espèces maritimes invasives, les débris marins, le bruit dans les océans, les rencontres avec des mammifères marins, la pollution de l’eau, une meilleure connaissance scientifique des océans, les politiques publiques et la gouvernance des océans. Des groupes de travail ont aussi été constitués dans des régions considérées comme prioritaires, l’Arctique par exemple. Suite...

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World Research and Innovation Congress - Oceans


Lisbon, Portugal

15-16 October, 2014

Cliquer Ici pour plus d'informations

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Le 24 Septembre 2014

Inde. Un village de pêcheurs dix ans après le tsunami 2004

Tarangambadi (district de Nagapattinam, Tamil Nadu)

Le district de Nagapattinam est l’un de ceux où le tsunami de 2004 a fait le plus de victimes en Inde. Après cette catastrophe, les instances dirigeantes des villages (ooru panchayats) ont fait leurs preuves. Diverses organisations (organismes publics, organismes de développement, œuvres charitables, apportèrent du matériel de premier secours, de l’argent....

Systèmes de gouvernance traditionnels : bonnes pratiques de gestion, rôle des femmes dans la gouvernance et la commercialisation après capture

Source : Crisla

Lors de l’atelier organisé par ICSF à Pondichéry, une visite du village deTarangambadi a permis de rencontrer des membres de la structure gestionnaire traditionnelle de la communauté de pêche, l’ooru panchayat, du personnel de la Fédération des sociétés de pêche de l’Inde du Sud (SIFFS) et aussi l’association locale SNEHA (Social Need Education and Human Awareness) qui travaille avec les femmes de la pêche de la région depuis 1984. Le Village de Tarangambadi a été durement touché par le tsunami en décembre 2004, les responsables de SIFFS, de SNEHA et l’ooru panchayat ont joué un rôle important dans l’organisation des secours et la reconstruction. Une bonne part des sommes collectées par le Collectif Pêche & Développement ont été remises à SIIFS et nous pouvons vérifier, 10 ans après que l’argent a été bien utilisé, le village présente un aspect étonnant avec ses maisons colorées, sa grande maison des pêcheurs, ses rues bien propres qui contrastent avec la pollution de la rivière. L’organisation coopérative s’est considérablement renforcée et assure aux pêcheurs l’accès au crédit, des assurances et une maîtrise de la commercialisation. Le refus de l’Ooru Panchayat de s’ouvrir aux femmes a soulevé bien des discussions, mais la rencontre avec les femmes de SNEHA a montré que leur organisation autonome leur a permis de faire entendre leur voix.

Le texte qui suit a été rédigé par ICSF.


Contexte
En Inde, le secteur de la pêche fournit un emploi direct à plus de 1,5 million de personnes, sans compter celles qui sont dans des activités connexes. En 2012, la production totale de poisson y était de 8,67 millions de tonnes. Les pêches de capture maritimes représentaient 3,37 millions de tonnes, et le reste provenait des pêches continentales. La part de la pêche dans le PIB agricole total est de 4,15 % [1].

Selon le Recensement 2010 des pêches maritimes, il y a 3 288 villages de pêcheurs dans les États et Territoires à façade maritime de l’Union indienne. La population totale des gens de la pêche s’élève à 3 999 214 individus, dont 20,1 % au Tamil Nadu.

Les pêches maritimes comptent 194 490 embarcations, dont 37,3 % sont mécanisées, 36,7 % sont motorisées, 26 % non motorisées. Au Tamil Nadu, 77,5 % de la flotte sont mécanisées ; le reste est non motorisé [2].

En Inde, la pêche dépend du Département de l’élevage, des produits laitiers et des pêches (DAHDF) du Ministère de l’agriculture. Chaque État a son Département des pêches qui met en œuvre des mesures locales à l’intention des hommes et des femmes de la pêche. À l’intérieur des eaux territoriales (12 milles nautiques à partir de la ligne de base), la pêche est l’affaire de l’État local qui peut donc y exercer sa juridiction. La plupart des 9 États côtiers (plus 2 Territoires de l’Union) appliquent le Marine Fisheries Regulation Act (MFRA).

Nagapattinam : gestion des pêches, gouvernance

Nagapattinam possède un littoral de 187,9 km sur la côte de Coramandel et la baie de Palk. Ce district compte environ 20 800 familles de pêcheurs traditionnels répartis dans 57 villages, et 22 229 pêcheurs travaillant à temps plein. Les femmes ont diverses activités, comme vendeuses et transformatrices du poisson, comme journalières sur les sites de débarquement. Elles sont environ 6 300 femmes à pratiquer la vente du poisson ; et c’est dans ce district qu’elles sont les plus nombreuses à s’activer dans ce domaine. Il y a plus de 900 chalutiers, 4 000 bateaux motorisés et 1 146 embarcations non motorisées.

Dans ce district côtier, les gens de la pêche appartiennent à la caste des Pattinavar, mais ils peuvent avoir des noms différents dans certains secteurs. Leur tradition orale évoque diverses origines, mais il y a peu d’indications précises dans les archives. La première remonte à environ 600 ans. Dans les villages de pêcheurs, on appartient généralement à une même caste et on se regroupe selon les liens de parenté, ce qui génère un solide esprit communautaire.

Comme beaucoup d’autres communautés de pêche sur cette côte, celles du district de Nagapattinam ont des structures de gouvernance interne auxquelles elles font appel pour résoudre des conflits en matière de pêche ou autres. Elles interviennent donc dans des affaires de pêche mais aussi des problèmes sociaux ou religieux. L’ooru panchayat est l’instance dirigeante d’un village, dont le rôle principal est de maintenir le grama kattupadu, c’est-à-dire la paix et l’ordre au village. L’ooru panchayat fait aussi office de médiateur sur diverses questions avec d’autres villages, d’autres panchayats et des services publics.

L’ooru panchayat se prononce sur divers contentieux internes au village ou entre villages. La sévérité de la décision dépend de la nature du différend. Il se peut qu’il donne des conseils pour résoudre le problème à l’amiable. Faute de quoi, il y aura des blâmes publics, des amendes, ou une rupture des liens avec la communauté dans des cas plus sérieux. La dernière option est le bannissement économique ou un boycott social s’ajoutant à des humiliations publiques. De nos jours cependant, l’humiliation publique est considérée comme une inconvenance [3]. L’ooru panchayat est traditionnellement dominé par les hommes. Pour leurs marchés et leurs boutiques, les femmes sont pareillement organisées....

Suite : Crisla 

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Le 22 septembre 2014

Les maquereaux écossais pourraient être vendus en Afrique



Les gouvernements du Royaume-Uni et de l’Écosse ont dévoilé des plans conjoints visant à ouvrir de nouveaux marchés de poisson aux chalutiers du nord et du nord-est touchés par les sanctions russes. Des patrons de l’industrie ont fait savoir que l'interdiction de Vladimir Poutine portant sur la nourriture européenne pourrait avoir des conséquences « très graves » pour les pêcheurs et les transformateurs de maquereau écossais. Les capitaines de navires dans les ports de Lerwick, Fraserburgh et Peterhead, entre autres, pourraient enregistrer des pertes importantes sur un de leurs plus grands marchés.

Source : CTA d'après l'article de pressandjournal : Scots mackerel to be sold to Africa to beat sanctions



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Le 21 septembre 2014

Déclaration de Margarita sur le Changement Climatique

Changeons le système, pas le climat


Copie d'écran du site Precop Social de cambio climatico

Déclaration de Margarita sur le Changement Climatique

Changeons le système, pas le climat

Source : Ritimo

Traduction de l’espagnol au français par Clémence Tavernier, Jonathan Rock, et Marie-Joe Martin, traducteurs bénévoles pour Ritimo.

Déclaration issue de la réunion préparatoire à la Pré COP Sociale sur le Changement Climatique, réalisée du 15 au 18 juillet 2014 sur l’Ile de Magarita, Vénézuela.

En quoi consiste la Pré-COP Sociale ?
Il s’agit de la première consultation publique mondiale qui proposera un dialogue entre les gouvernements et mouvements et organisations sociales du monde entier, afin d’établir les bases d’une alliance entre les peuples et les gouvernements face à la menace que représente le changement climatique pour l’ensemble de l’humanité. Elle se tiendra du 4 au 7 novembre 2014, au Venezuela. La présente déclaration rassemble les éléments fondamentaux que la société civile souhaite porter dans le cadre des négociations climatiques d’ici à la COP 20, qui aura lieu à Lima, en décembre 2014.

Nous, femmes et hommes représentants des organisations et mouvements sociaux réunis sur l’île de Margarita du 15 au 18 juillet 2014, engagés en faveur du buen vivir ("bien vivre", en français), du vivre en harmonie avec les écosystèmes de la planète comme voie pour faire face à l’actuelle crise environnementale et au changement climatique (qui en est l’une de ses illustrations les plus flagrantes) ; préoccupé-e-s par la dimension sociale trop longtemps ignorée de cette crise mais remplis d’espoir et de foi quant à la puissance créatrice des peuples, moteur indispensable au changement du système ; nous saluons et souhaitons la bienvenue aux processus sociaux qui se vivent et se construisent au sein de différents pays, communautés et modèles de société.

Puisqu’il existe une dimension sociale au changement climatique et un droit inaliénable des peuples à être les protagonistes de la construction de leurs propres destins ;

Puisque chaque pays vit dans un contexte historique particulier au sein d’un monde complexe, composé d’expériences et de visions diverses à partir desquelles naissent des initiatives transformatrices ;

Puisque la crise climatique est le résultat de systèmes de développement insoutenables et incompatibles avec le bonheur des peuples ;

Puisque le thème de l’environnement est un sujet politique et qu’il est du devoir des gouvernements et de la communauté internationale d’écouter les voix des peuples ;

Puisque ce sont les peuples qui subissent les conséquences du changement climatique, qui vivent et comprennent ses dimensions sociales. Puisque ce sont aussi eux qui ont la force morale et la capacité créatrice nécessaire pour changer de cap et aller vers des systèmes justes et soutenables qui rendent possible un bonheur durable respectueux des cycles de la nature ;

Puisque les pays en voie de développement sont confrontés à différents types de problèmes et souffrent davantage des conséquences liées au changement climatique que les pays développés ;

Nous déclarons,

Égalité intergénérationnelle et droits des générations futures

« Allons vers l’avenir, ramenons-le à nous et commençons à le semer ici »
Hugo Chavez

1. "L’homme et la femme se sont transformés en de monstrueux consommateurs, qui sont en train de consommer toutes les ressources que la terre nous a données". Carmona Genesis, 11 ans, représentante élue des Mouvements écologistes des enfants du Venezuela.

2. Nous devons partager nos expériences à travers le monde pour comprendre et construire de véritables solutions. Etre solidaires avec nos camarades d’autres parties du monde, c’est comprendre leur contexte, leur lutte pour la vie, la souveraineté et l’identité.

3. Le changement dépend de la capacité de notre génération à produire une contre-culture, afin de transformer le modèle de consommation en celui du bien vivre, celui de sociétés coopératives globales. Nous devons générer une contre-culture révolutionnaire. Le rôle des jeunes est d’ouvrir le chemin et de créer des brèches dans un système qui n’est pas durable.

4. La jeunesse doit être politisée et participer aux décisions. Le plus important est que la jeunesse ait la volonté et la capacité de transformer les choses. Nous devons changer le système et commencer à mobiliser nos meilleures forces. Il ne s’agit pas uniquement d’un sujet environnemental ; il s’agit d’un sujet profondément social, éthique, politique et culturel.

5...

Suite : Ritimo 

Lire l’intégralité de la déclaration en français : Déclaration de Margarita sur le changement climatique (texte intégral) 

La déclaration est également disponible en anglais et en espagnol sur le site de la Pré-COP Sociale

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Le 20 Septembre 2014

Il est urgent de créer des aires marines protégées en haute mer



Par Giulio Relini - Professeur, Dipartimento delle Scienze della Terra, Ambiente e Vita (DISTAV), Università di Genova, Italie Vice-président du Conseil scientifique de l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

Source : Institut Océanographique de Monaco

La préoccupation de la communauté internationale pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones au-delà des limites des juridictions nationales (ZJN) croît avec l'augmentation des menaces (surexploitation des ressources biologiques, pratiques de pêche destructrices, pollution, élimination des déchets, acidification, forage en haute mer et exploitation minière, activités de géo-ingénierie, câbles, tourisme, transport maritime), ainsi qu’avec les difficultés à parvenir à des accords internationaux sur la gouvernance et la protection. Plus de 30 ans après l’adoption de la CNUDM (Convention des Nations unies sur le droit de la mer, 1982), est émis le doute que les propositions ambitieuses en matière de conservation des ressources biologiques, de protection et de préservation du milieu marin aient été atteintes, en particulier celles traitant de la gouvernance de la biodiversité marine dans les ZJN. Malheureusement, il n’existe pas de consensus général. Un grand nombre d'États reconnaissent la nécessité d'un nouvel accord, tandis que d'autres considèrent qu’il suffit d’améliorer les règles existantes pour maintenir une exploitation durable de la biodiversité marine dans les ZJN.

Selon la CNUDM, les ZJN englobent la haute mer et la Zone qui est définie dans l'article 1 (1) de la Convention, comme étant : « les fonds marins et leur sous-sol au-delà des limites de la juridiction nationale ». D’après l'article 86, la haute mer renferme « toutes les parties de la mer qui ne sont comprises ni dans la zone économique exclusive, la mer territoriale ou les eaux intérieures d'un État, ni dans les eaux archipélagiques d'un État archipel. » Ces deux zones représentent ensemble environ 50 % des surfaces de la Terre et accueillent un pourcentage important de sa biodiversité. Elles comprennent la colonne d'eau et les fonds marins au-delà de la juridiction nationale, ainsi que certaines des régions les plus profondes, les plus montagneuses et les plus actives au niveau hydrothermal de l'océan.

Elles sont parmi les domaines les moins explorés et étudiés de notre planète, et renferment certains des environnements les plus intensément exploités et les plus fortement dégradées. Elles ont besoin de toute urgence de mesures de gouvernance et de protection....

Cliquer Ici pour accéder au document intégral

Les autochtones exclus de la conservation du patrimoine marin


Illustration de Médiation environnementale : Parc marin des Chagos et droits humains

La création de « zones de protection marine », telles que les sanctuaires côtiers ou les réserves, participe au phénomène d’accaparement des mers. L’accès à ces zones est interdit ou restreint pour les pêcheurs artisanaux dans un but de « conservation » de la nature. C’est ce qui s’est passé en Tanzanie par exemple, avec la création du parc marin de l’île de Mafia. « Des entreprises touristiques étrangères se sont implantées, bannissant l’accès aux sites terrestres et littoraux, y compris les récifs coralliens les plus productifs, les forêts de mangrove et les plus belles plages – qui étaient auparavant sous les régimes de propriété traditionnelle des communautés locales », souligne le rapport. D’ici 2020, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique prévoit qu’au moins 10% des aires marines et côtières soient conservées [5].


Des zones côtières sont également privatisées. En Ouganda, le gouvernement a alloué une partie des terres côtières du lac Victoria à des investisseurs dans le tourisme et l’aquaculture. A peine remis du tsunami de 2004, des communautés de pêcheurs sri-lankais ont subi la mise en œuvre de nouveaux plans d’urbanisme. Des centres touristiques de luxe sont sortis de terre sur un quart de la péninsule de Kalpitiya où vivent quelques 13 000 pêcheurs. Plus de 2 500 familles ont été expulsées de leurs terres et se sont vues refuser l’accès aux zones de pêche. « Les pêcheurs peuvent même être poursuivis pour intrusion illégale. Par exemple, les clôtures de fil de fer barbelé érigées le long de la bande côtière par l’hôtel Bay Watch Eco de l’entreprise Hasan Gaate les empêchent d’accéder à la bande côtière pour pêcher », témoigne un pêcheur. Sur place, le Mouvement national de solidarité pour la pêche lutte pour récupérer leurs terres et regagner l’accès aux zones de pêche.

(5) CDB : Objectif 11 - Justificatif technique élargi (fourni dans le document COP/10/INF/12/Rev.1)


Convention sur la Diversité Biologique

Objectif 11 - Justificatif technique élargi (fourni dans le document COP/10/INF/12/Rev.1)

But stratégique C : Améliorer l’état de la diversité biologique en sauvegardant les écosystèmes, les espèces et la diversité génétique

Objectif 11 : D'ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres et d’eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et d’autres mesures de conservation effectives par zone, et intégrées dans l’ensemble du paysage terrestre et marin.

Justificatif technique : Les aires protégées bien gouvernées et efficacement gérées constituent une méthode éprouvée pour protéger à la fois les habitats et les populations d'espèces et pour fournir des services écosystémiques importants.37,38,39,40,41 À l'heure actuelle, environ 13% des surfaces terrestres et 5% des zones côtières sont protégées, mais très peu des zones de haute mer le sont. L'objectif actuel de 10 pour cent de protection pour chaque région écologique a été atteint pour environ 55 pour cent de toutes les écorégions terrestres.42 Pour atteindre l’objectif proposé, il conviendra d'augmenter modérément les zones terrestres protégées à l’échelle mondiale, en mettant davantage l'accent sur la représentativité et l'efficacité de la gestion.43 Il implique en outre que des efforts importants pour élargir les aires marines protégées soient mobilisés. Mettre davantage l'accent mis sur la représentativité est crucial puisque les réseaux actuels d'aires protégées ont des lacunes, et certains ne parviennent pas à offrir une protection adéquate pour de nombreuses espèces et écosystèmes. Ces lacunes comprennent de nombreux sites de haute valeur en biodiversité, comme les sites de l'Alliance for Zero Extinction et les Zones importantes pour la conservation des oiseaux44,45,46. Une attention particulière est nécessaire pour protéger les écosystèmes critiques comme les récifs coralliens tropicaux, les herbiers marins, les récifs coralliens d'eau froide profonde, les monts marins, les forêts tropicales, les tourbières, les écosystèmes d'eau douce et des zones humides côtières.

Suite : CDB

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Le 19 Septembre 2014

Le pari gabonais du mauricien IBL

Copie d'écran du portail groupe Ireland Blyth Limited (IBL)


Après s'être hissé au rang de deuxième holding du pays, le groupe a fait escale chez ses voisins insulaires, puis mis le cap sur le continent. Destination Kampala et Libreville.

Source : Jeune Afrique par Olivier Caslin 

Depuis sa création en 1972, le groupe Ireland Blyth Limited (IBL) multiplie les bonnes prises. Né de la fusion entre deux des plus grandes compagnies d'import-export de Maurice, Ireland Fraser et Blyth Brothers, établies à Port Louis depuis le début du XIXe siècle, IBL se veut le gardien d'une tradition commerciale et d'un savoir-faire entrepreneurial qui assurent depuis longtemps la bonne fortune de l'île.

Avec le temps et l'appui de ses investisseurs (le groupe est coté à la Bourse de Maurice depuis 1994), IBL a su se diversifier et se développer. Fort d'un chiffre d'affaires de plus de 650 millions de dollars (près de 485 millions d'euros) pour l'exercice 2012-2013, il est devenu le deuxième holding mauricien après son compatriote, le Groupe Mon Loisir (GML), l'un des plus grands conglomérats sous-régional, qu'il a d'ailleurs intégré depuis 2010.

Présent dans les secteurs de la grande distribution, de la logistique maritime et aérienne, des services financiers, de la représentation commerciale, de l'ingénierie mécanique et des produits de la mer, IBL compte 88 sociétés actives, 7 500 employés et représente plus de 200 marques.

Le marché local étant de plus en plus étroit et concurrentiel, nous devons forcément aller voir ailleurs pour assurer notre expansion

Concurrence

Depuis quelques années, il cherche à repousser les frontières et s'intéresse de très près à l'Afrique. "Le marché local étant de plus en plus étroit et concurrentiel, nous devons forcément aller voir ailleurs pour assurer notre expansion", explique Nicolas Maigrot, le directeur exécutif du groupe, depuis son bureau qui domine les bassins portuaires de la capitale mauricienne.

Après une première approche régionale, dans les secteurs du transport et de la logistique à la Réunion, aux Comores et à Madagascar, ainsi que dans celui de la pêche aux Seychelles, le groupe a pris pied sur le continent en 2012. D'abord en Ouganda, avec l'acquisition de 50 % de la compagnie Fresh Cuts, spécialisée dans la production et la distribution de viande. Puis au Gabon, avec lequel le groupe mauricien semble avoir tissé les liens les plus solides.

Partenariats

En février 2013, IBL a signé avec Libreville un accord de partenariat public-privé (PPP) pour le développement, pour une durée de vingt-cinq ans, d'une industrie locale de transformation des produits de la mer.

L'investissement initial est estimé à 25 millions d'euros, financés à 60 % par IBL et à 40 % par le Fonds gabonais d'investissements stratégiques (FGIS), mais il pourrait atteindre 100 millions d'euros à long terme, en fonction des projets réalisés. Car, à l'image de ce que le groupe développe à Maurice depuis quinze ans, "il s'agit de créer une véritable filière intégrée, de la pêche à la commercialisation de produits transformés", précise Nicolas Maigrot.

Le dossier, soutenu par le président gabonais Ali Bongo Ondimba (qui s'est rendu à Maurice en octobre 2013), porte sur la réorganisation et la modernisation de l'usine de Gabon Seafood, à Libreville, et la création des structures industrielles nécessaires à la mise en place d'une filière locale de pêche hauturière, ainsi que d'un chantier naval pour l'entretien de la flotte. "Nous sommes très fiers que le Gabon ait vu en nous un partenaire privilégié pour développer son industrie marine", se félicite le patron du groupe, qui signe ainsi le premier PPP de son histoire.

Sans inquiétude

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A Maurice, IBL associé au réunionnais Sapmer


Seafood hub : La baisse du prix du thon affecte les opérateurs


Source : Defimedia.info par Kervin Victor

Le ‘seafood hub’ fait partie des secteurs économiques émergents du pays.

Sapmer, armateur réunionnais et géant du secteur seafood à Maurice vient de connaître un revers financier pour le premier semestre 2014. Ce groupe gère deux usines à Maurice. Sapmer exploite une flotte de pleine propriété de quatre palangriers congélateurs pour la pêche à la légine, un chalutier caseyeur congélateur pour la pêche à la langouste et cinq thoniers senneurs-surgélateurs pour la pêche au thon (Albacore et Listao) dans l’océan Indien.

À Maurice, Sapmer en joint-venture (50/50) avec Ireland Blyth Limited, gèrent l’usine Mer des Mascareignes (MDM) où  les thons « processables » (supérieurs à 3,5 kg) sont transformés et valorisés. MDM possède une capacité de production de 9 000 tonnes/an et une capacité de stockage de 1 800 tonnes/an.

Baisse du prix du thon sur le marché mondial

Sapmer gère également Tuna Processing Services Indian Ocean (TPSIO) aussi basée à l’Île Maurice, qui a une capacité de production de 21 000 tonnes/an et une capacité de stockage de 4 300 tonnes/an à -40°C. Pour les six premiers mois de l’année, Sapmer est néanmoins dans une situation financière délicate, enregistrant un déficit, un ‘résultat net’ négatif, de l’ordre de 3,75 millions d’euros, soit des pertes d’environ Rs 150 millions.

Les conditions de marché difficiles du « seafood » sont aussi constatables chez le conglomérat mauricien, Ireland Blyth Limited (IBL). Son segment « Seafood & Marine », a vu ses profits chuter de près 10,4% pour les neuf mois de son exercice financier 2014. Rien qu’au cours du troisième trimestre, ses profits ont chuté de 46,7 %.

Sapmer souligne, dans ses résultats financiers, que ses activités sont principalement impactées par une « forte baisse du prix du thon brut » alors que les volumes pêchés sont équivalents à ceux de 2013. Mais aussi « par un effet de stockage sur l’activité  pêche australe » et par un « effet de change défavorable pour la légine, la langouste et le thon valorisé dont les ventes sont principalement réalisées en dollar. »

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Le 15 Septembre 2014

Des bénéfices économiques et environnementaux durables pour la pêcherie de merlu d’Afrique du Sud

* 12 000 emplois sont maintenus grâce à des pratiques de pêche durable.
* De nouveaux marchés se développent au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse, en Suède et en Australie, assurant un marché d'exportation de 187 millions de dollars.
* Le travail primé de l’Albatross Task Force a permis un déclin de 90% de la mortalité d'oiseaux marins.
* Des recherches novatrices ont été menées sur la faune benthique en eaux profondes en Afrique du Sud.

Source : MSC

Dix ans après l’obtention de sa première certification MSC (Marine Stewardship Council) pour une pêche durable, l’une des plus anciennes pêcheries commerciales d'Afrique du Sud a non seulement prouvé ses performances environnementales, mais a également démontré que la durabilité générait des gains économiques à long terme.


Des études indépendantes récentes démontrent les avantages durables de la certification MSC de la pêcherie de merlu du Cap en Afrique du Sud sur l'économie et l'environnement. Assurer la santé de la pêcherie a empêché la perte d’environ 12.000 emplois dans le secteur de la pêche, alors que la demande pour le poisson certifié durable a conduit à l'expansion des marchés d'exportation d'une valeur de 187 millions de dollars.

Dans le même temps, de meilleures pratiques de pêche ont permis d'importantes améliorations environnementales telles que la baisse de 90% de la mortalité aviaire, la préservation de refuges naturels pour le merlu et une plus grande coopération entre l’industrie de la pêche, les scientifiques et le gouvernement.

https://www.flickr.com/photos/sustainableseafood/sets/72157646958755698/

Protéger l'économie de la filière pêche et ouvrir de nouveaux marchés

La pêcherie de merlu du Cap emploie plus de 8.000 hommes et femmes et génère un revenu à l’exportation de l'ordre de 187 millions de dollars par an. Deux études économiques indépendantes menées par les groupes de consultants en pêcheries, OLRAC, et le Bureau de Recherche économique (BER) indiquent que la certification a contribué à créer des opportunités de diversification vers des marchés non traditionnels, tels que le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suisse, la Suède et l'Australie, où les engagements des acheteurs pour la durabilité ont souvent été moteurs.

Les résultats ont montré que, sans la certification, la valeur actuelle nette (VAN) de la pêcherie au chalut de merlu d’Afrique du Sud pourrait diminuer d'environ 35% en 5 ans. La perte résultant de la contribution de la pêcherie au PIB serait comprise entre 28 et 47%, et s’ajouterait le risque de perte de 12.000 emplois dans le secteur de la pêche et des industries connexes.

Roy Bross, Secrétaire de l’Association sud-africaine de l'industrie du chalut en eaux profondes (SADSTIA), commente : "L'industrie de la pêche est certainement consciente des avantages de la certification MSC sur le marché. Nous sommes également très fiers des améliorations environnementales réalisées. Etre capables de démontrer notre travail grâce à la certification MSC signifie que nous pouvons finalement communiquer ces avantages sur le marché à toute la famille du chalut".

Réduire la mortalité des oiseaux marins

La pêcherie de merlu d’Afrique du Sud a également apporté des améliorations environnementales significatives en raison des conditions fixées lors de sa certification. Cela comprend la mise en place de lignes d'effarouchement des oiseaux. Selon une étude menée pendant 7 ans et publiée récemment par BirdLife Afrique du Sud, cette pratique a entraîné une réduction de 90% de la mortalité des oiseaux marins et une réduction de 99% des décès accidentels d'albatros dans la pêcherie au chalut de merlu d’Afrique du Sud.

Cette histoire à succès pour l’environnement a commencé dès la première certification de la pêcherie en 2004. Une condition posée lors de la certification a permis de découvrir que chaque année environ 10 000 oiseaux marins (dont 70% d’albatros) étaient tués accidentellement. BirdLife Afrique du Sud a recommandé l'utilisation de lignes d'effarouchement des oiseaux pour résoudre ce problème, et a mené, en collaboration avec l'industrie de la pêche et le soutien du gouvernement, des recherches scientifiques sur l'efficacité de cette mesure.

Suite : MSC 
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Le 11 Septembre 2014

Pêche alimentaire, sociale et rituelle au homard pour la communauté Mi'gmaq de Listuguj



Gouvernement du Québec - La communauté Mi'gmaq de Listuguj en Gaspésie effectuera une activité de pêche alimentaire, sociale et rituelle au homard dans la Baie-des-Chaleurs entre le 14 septembre et le 5 octobre 2014. Cette pêche, protégée par l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 qui reconnaît et confirme les droits existants - ancestraux ou issus de traités - des peuples autochtones du Canada, est autorisée par une entente entre la communauté mi'gmaq et le ministère des Pêches et des Océans.

Les membres de la communauté de Listuguj ne pêcheront que dans une zone bien définie de la Baie-des-Chaleurs (zone de pêche 21B) et auront droit d'utiliser un maximum de 500 casiers. Un protocole de surveillance strict a été établi et les agents des pêches du Ministère effectueront une surveillance étroite des activités en collaboration avec les Rangers de la communauté de Listuguj. Les Rangers procéderont également à l'inspection des débarquements, à la compilation de statistiques et à la lutte contre le braconnage en collaboration avec les agents des pêches du Ministère.

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Le 10 Septembre 2014

Un bloom de plancton menace les pêcheries en mer d'Arabie


Nourri par les rejets des villes et profitant d'un appauvrissement en oxygène, ce plancton menace tout l'écosystème local.

Source : Sciences et Avenir Par Joël Ignasse

Depuis dix ans la population microscopique de la mer d'Arabie est en train de se modifier. Ces changements pourraient causer la disparition de plusieurs espèces de poissons qui nourrissent près de 120 millions de personnes vivant sur ses côtes.

La menace Noctiluca

Les scientifiques de l'université de Columbia et leurs collègues sont les premiers à documenter la croissance exponentielle du noctiluca vert, un microorganisme de la famille des dinoflagellés en mer d'Oman.

Il y forme des efflorescences vertes chaque hiver mais "avec des pics énormes qui pourraient avoir des effets dévastateurs pour l'écosystème de la mer d'Oman" alerte Helga do Rosario Gomes, principal auteur de l'étude publiée dans la revue Nature Communications.



DIATOMÉES. Jusqu'il y a peu, la principale composante du plancton dans la zone était des diatomées, autrement dit des micro-algues dont se nourrissent de nombreux poissons et crustacés autochtones. Elles constituent ainsi la base de la chaîne alimentaire dans la mer d'Oman. Mais depuis le début des années 2000, tout a changé avec l'apparition massive des noctilucas qui ont supplanté les diatomées.

Or ces noctulicas sont trop grosses pour être ingérés par les crustacés qui se nourrissent habituellement de diatomées et qui sont la proie de plusieurs poissons. Les populations de ces derniers sont donc en train de péricliter faute de nourriture. Des rapports de plusieurs organismes de surveillance de la pêche dans la région ainsi que des sondages auprès des pêcheurs confirment la forte diminution du nombre de prises depuis une dizaine d'années.

La pollution principale cause

C'est la conjonction de deux facteurs qui a provoqué ce phénomène : une augmentation de la pollution ainsi qu'un appauvrissement en oxygène de la colonne d'eau, également causé par la pollution.

Construites sur les côtes de la mer d'Oman, de nombreuses mégalopoles d'Asie y rejettent leurs eaux usées. Par exemple Karachi, au Pakistan (15 millions d'habitants), ne traite que 30% de son eau avant déversement et Mumbai (ex Bombay) et ses 21 millions d'habitants rejettent 63 tonnes d'azote et 11 tonnes de phosphore chaque jour.

"Toutes ces villes croissent si rapidement qu'elles n'ont pas la capacité de traiter leurs eaux usées", explique Joaquim Goes, co-auteur de l'étude. "La quantité de matériau déchargé est gigantesque."

NUTRIMENTS. La pollution favorise l'installation de noctiluca qui prospère dans les milieux riches en nutriments et pauvres en oxygène grâce à ses algues endosymbiotiques qui fournissent l'énergie nécessaire à sa reproduction par photosynthèse. Pour lutter contre la prolifération de noctiluca, les chercheurs tentent maintenant d'identifier des prédateurs. Certaines méduses apparaissent comme de bons candidats, elles pourraient constituer une "arme biologique" mais d'autres études doivent être effectuées avant d'envisager une intervention de ce type. Pour l'heure, les scientifiques appellent à renforcer la surveillance en mer d'Oman.

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Le 9 Septembre 2014

Peut-on encore croire à une éradication de la pêche illégale en Guyane ?

En forte recrudescence, la pêche illégale dans les eaux territoriales de la Guyane pousse les marins pêcheurs du département à prendre le large pour exercer leur activité et bien souvent pour une maigre pitance.


Le reportage de J. Carles-Nicolas et C. Boutet

Source : Guyane 1ère par Frédéric Larzabal

Une question se pose aujourd’hui : peut-on encore croire à une éradication de la pêche illégale dans l’espace maritime de la Guyane ? Depuis quelques semaines, elle est en forte recrudescence particulièrement sur la côte EST. Rien ne semble l’arrêter, malgré les moyens de lutte mis en place par l’état. Résultat, les pêcheurs guyanais sont obligés de s’éloigner des côtes avec de maigres prises à la clef.

Trois fois par semaine, Georges Karam (Capitaine pêcheur, membre du syndicat des artisans pêcheurs)  sort en mer. Il prend la direction des « battures du grand connétable » et comme le jour du tournage tombe régulièrement sur des pêcheurs illégaux. Avec beaucoup d’amertume, il confie : « je ne les connais pas, il n’y a pas d’immatriculation … Non seulement ça ne touche pas les écolos français, mais ça ne touche pas le gouvernement français. Jusqu’à preuve du contraire on est encore français et c’est à la France de faire respecter la loi. Ce n’est pas du brigandage, c’est du pillage ».

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Le 8 Septembre 2014

La lutte contre l’ascidie jaune aux Îles-de-la-Madeleine

Aperçu du dessous des pontons du havre de pêche de Pointe-aux-Meules infestés par les ascidies. Les pontons sont sortis de l’eau pour être nettoyés aux installations de Merinov.

Source (dont illustration) : Pêches et Océans Canada

Une nouvelle espèce envahissante, détectée en 2007 dans le havre de pêche de Cap-aux-Meules, prolifère de façon préoccupante. Il s’agit de l’ascidie jaune (Ciona intestinalis), un tunicier envahissant originaire d’Europe du Nord qui se disperse par les courants et par l'activité humaine. Ce tunicier entre en compétition avec les bivalves comme les moules bleues pour la nourriture et l’espace. En se fixant sur les structures maricoles, il affecte la survie et la qualité des animaux d’élevage et diminue leur productivité.

À l’Île-du-Prince-Édouard, l’introduction de l’ascidie jaune a eu un effet dramatique sur l’industrie mytilicole. En effet, le tunicier se fixe aux structures immergées et en augmente la charge et la résistance aux courants marins, ce qui accélère la dégradation des équipements. Cette occupation de l’espace nuit également à la fixation des larves de moules sur les structures maricoles. Aux Îles-de-la-Madeleine, où les activités de pêche et de mariculture occupent une part importante de l’économie locale, la présence de l’ascidie jaune pourrait avoir un impact négatif significatif. Heureusement, elle n’a pas encore été observée dans les sites maricoles des Îles.

Afin de lutter contre la propagation de cette espèce indésirable, le comité ZIP (zone d'intervention prioritaire) des Îles-de-la-Madeleine, le centre Merinov des Îles et Pêches et Océans Canada collaborent étroitement depuis l’été 2013.

Grâce au soutien financier du programme Interactions communautaires du Plan d’action Saint-Laurent, les quais flottants infestés par l’ascidie jaune sont retirés de l’eau, nettoyés et traités à l’aide d’un produit antisalissure, non nuisible pour l’environnement, qui vise à empêcher la fixation de nouveaux tuniciers. Un plan de sensibilisation a été mis en place pour informer la population et les visiteurs sur cet enjeu important et tenter ainsi d’éviter la propagation de l’ascidie jaune. Finalement, des visites régulières dans les différentes marinas des Îles-de-la-Madeleine sont également effectuées pour informer les plaisanciers des risques associés à cette espèce et des efforts investis dans la lutte aux espèces envahissantes.

Pour protéger nos écosystèmes de cet envahisseur, le mieux est d’éviter son arrivée et son établissement. Pour atteindre cet objectif, la collaboration de tous est primordiale !

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Le 4 Septembre 2014

Dans l'archipel des Palaos, les touristes se bousculent pour nager avec les squales

(Copie d'écran de la page Facebook de Sylvia A. Earle)

D'ordinaire, les adeptes de la plongée sous-marine font tout ce qu'ils peuvent pour éviter de croiser un requin. Mais dans l'archipel des Palaos, les touristes se bousculent pour nager avec les squales, devenus l'attraction principale de ces îles du Pacifique. En 2009, l'archipel en Micronésie avait créé le premier sanctuaire pour requins au monde, une initiative destinée à protéger l'environnement qui a connu un succès tel que les autorités veulent à présent bannir totalement la pêche commerciale dans leurs eaux territoriales d'ici 2018. Située dans le Pacifique nord à 800 km à l'est des Philippines, la future réserve marine, quasi grande comme la France, a vocation à devenir le plus grand sanctuaire marin au monde d'un seul tenant, un titre déjà revendiqué cependant déjà par les îles Cook....


Selon une étude, un requin des récifs peut rapporter sur dix ans près de 2 millions de dollars de revenus touristiques. Dans l'archipel des Palaos, le tourisme représente environ 50% du PIB, soit quelque 160 millions de dollars annuels. La pêche au thon rapporte elle environ 5,5 millions de dollars.

C'est la première fois qu'un gouvernement veut en finir avec la pêche commerciale, souligne la biologiste marine américaine Sylvia Earle, qui a dirigé plus de 100 expéditions océaniques en près de 60 ans de carrière.

"On a conscience aux Palaos qu'il faut protéger les systèmes qui nous maintiennent en vie et limiter ce qui est clairement non durable, le prélèvement de requins, de thons et de vie maritime", dit-elle. L'archipel a institué un modèle qui "va réveiller" le monde, estime-t-elle.

Extrait de l'article : Tahiti Infos

Ce que ne dit pas la page Facebook de Sylvia Earle...

Sylvia Earle égérie de la Global Ocean Commission et de la High Seas Alliance, (PEW les 2), qui appartient au conseil technico-scientifique (Blue Ribbon Committee) du partenariat mondial pour les Océans de la Banque Mondiale, a fait 13 ans de sa carrière dans le pétrole, et notamment chez ORYX Energy (ancienne filiale de Sunoco (entreprise de la famille PEW)) et chez Kerr-McGee Corp qui racheta ORYX énergie en 1999.

Pour en savoir + sur Sylvia Earle dans wiki.bluelobby.eu : Bio Sylvia Earle

Requin : 2 millions de dollars de revenus touristiques...

Ce chiffre se base sur les résultats erronés d'une "étude" réalisée par un étudiant !!!

Shark study Palau PEW

Source : wiki.bluelobby.eu

PEW a pris commande et financé des études concernant la valeur éco touristiques des requins, pour en justifier la protection totale à tout crin. Nous allons détailler et analyser ici l'étude sur les requins de Palau qui a eu une exploitation majeure en "Science-based-lobbying" de la part des organes de communication de PEW.


Référence bibliographique :
Vianna GMS, Meekan MG, Pannell D, Marsh S, Meeuwig J (2010) Wanted Dead or Alive? The relative value of reef sharks as a fishery and an ecotourism asset in Palau. Australian Institute of Marine Science and University of Western Australia, Perth.

Nota : les mêmes auteurs publieront une étude identique pour le Pew Charitable Trusts, l'année suivante, sur les Fidji.

Résumé

Ce rapport de 2010 constitue en fait un document plutôt au format de rapport de fin d'études, le rédacteur principal n'étant pas à l'époque en thèse. Les contributions des scientifiques seniors semblent inexistantes.

2 hypothèses majeures conditionnent l'ensemble des résultats de l'étude : le nombre de requins observables et le nombre de touristes qui vont pratiquer la plongée. Ce dernier indicateur conditionne l'intégralité des calculs de retombées économiques et socio-économiques.

Le nombre de touristes pratiquant la plongée est totalement incertain, basé sur des communications personnelles qui relèvent du simple ressenti, ou sur des données d'enquêtes de 2004. Les rédacteurs de l'étude 2004 estiment d'ailleurs que leurs données ne sont qu'un pilote fortement entaché d'incertitudes. L'étude 2004 est elle-même basée sur un taux d'échantillonnage des touristes inférieur à 0,2%.

Malgré les incertitudes initiales sur le nombre de touristes pratiquant la plongée, et malgré les résultats de leurs propres enquêtes (qui donnent un taux de touristes plongeurs inférieurs à 25% alors que les résultats de l'étude 2004 appliqués aux données touristiques moyennes 2007 à 2009 les situent plutôt à 51%), les auteurs ne questionnent jamais cet indicateur et le considèrent comme acquis. Voire masquent à dessein le risque qui lui est associé par des discussions sur les autres indicateurs ou l'illusion d'un vernis scientifique.

L'utilisation des résultats de cette étude par les commanditaires PEW, ou qui sont en fait tous liés à PEW Charitable Trusts et/ou à l'éco tourisme de requins, va permettre une publication scientifique en 2012 sans en changer l'analyse critique des résultats. Cette publication sera reprise en boucle par les médias et au moins 56 autres publications scientifiques, malgré les fortes incertitudes. In fine, cette publication servira de justification au président de Palau pour interdire toute forme de pêche étrangère dans la ZEE de Palau en 2014.

Les financeurs de l'étude

Les financeurs annoncés sont :

    The PEW Charitable Trusts, (PCT)
    The Micronesian Shark Foundation (MSF)
    The Australian Institute of Marine Science (AIMS)
    The University of Western Australia (UWA)

Les montants respectifs des contributions financières ne sont pas connus. Il est mentionné que la contribution financière est directe ou en équivalent, ce qui signifie valorisation du temps des experts ou de l'encadrement administratif mis à disposition.

Le rôle du MSF a semble-t-il été aussi de favoriser les déplacements sur place et les contacts terrains. Le MSF est cité ici dans cette étude au travers d'une personne, Tova Bornovski, qui dans les remerciements apparait aussi comme opérateurs d'une des sociétés de plongée (Fish'n Fins) qui est impliquée dans la valorisation éco touristique du requin. Ce qui constitue un biais majeur de l'étude : 2 financeurs majeurs PCT et MSF sont directement intéressés par une valorisation positive des résultats de l'étude. PCT car il mène des campagnes lobbyistes pour protéger les requins. MSF car ils ont un intérêt économique manifeste sur ce sujet....

Pour en savoir + sur l'étude : wiki.bluelobby.eu


Requin et Géostratégie :

Cliquer ici pour lire "shark sanctuaries - Les sanctuaires requins"

Les techniques de création de certitudes en communication : Blue Lobby

PEW et les enjeux géostratégiques du Pacifique : Atlas Blue Lobby
 
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Le 29 Août 2014

Russie : l'impact de l’embargo sur le secteur de la pêche

Le 6 Août 2014, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret interdisant l’importation de produits agricoles et de poissons depuis les États-Unis, le Canada, l’Union européenne, l'Australie et la Norvège, à la suite de la mise en œuvre des sanctions économiques contre la Russie en raison des événements dans la région.

Le gouvernement de la Russie (GOR) a déclaré que la demande intérieure pour le poisson interdit sera principalement satisfaite par l'augmentation des livraisons depuis l'Extrême-Orient (côte Pacifique de la Russie), ainsi que d'autres marchés tels que le Chili, la Chine, les Féroé et l'Équateur. La part des importations totales de la Russie de poissons et fruits de mer des États-Unis est d'environ 3%. Les États-Unis sont l'un des plus grands fournisseurs de caviar de saumon congelé sur le marché russe. Quant aux produits de la pêche américains prêts à la consommation, ils ne sont pas touchés par l'interdiction (HTS 1605, 1604), on estime la valeur exportée à $ 900 000.

Les experts estiment que l'industrie de la pêche russe ne sera pas en mesure de rattraper l'écart à court terme. Les entreprises s'attendent à ce que les prix pour les espèces les plus touchées, comme le saumon, augmentent d'environ 20-30% à court terme.

Pour en savoir plus : télécharger le document de l'administration américaine (USDA) daté du 22 août 2014 :  Russian federation : Trade Impact of Ban on Fishery Sector

Les pêcheurs d'Alaska appellent à boycotter les produits de la mer russes

Source : Ria Novosti - le 22 août 2014

Dans l'Alaska un groupe de sociétés de production et de vente des produits de la mer a appelé à boycotter les fournitures des produits russes.

Les organisateurs de l'action déclarent que c'est leur réponse aux limitations russes d'importations du poisson des Etats-Unis et de l'UE. Ils ont demandé aux représentants de l'Alaska au Congrès de soutenir le boycott. Ils soulignent que leur objectif est d'obtenir l'annulation de l'interdiction russe d'importer les produits de la mer américains. Selon les spécialistes, les pertes annuelles de la pêcherie américaine suite aux restrictions de Russie peuvent s'élever à 350 millions de dollars.


Russie : Hausse de 40% des captures de saumons

Source : Ubifrance via Intrafish - juillet 2014

Les captures de saumons dans l’Extrême-Orient russe s’élevaient à plus de 34 000 tonnes début juillet, soit un volume supérieur de 40% par rapport à la même période de 2012. La campagne a débuté à la fin du printemps et s’achèvera en fin d’automne. En 2013, les captures se sont élevées à plus de 390 000 tonnes.

Russie : Le commerce du poisson et des fruits de mer

Présentation du marché des produits de la mer en Russie par le Bureau des marchés internationaux du Ministère de l'Agriculture du Canada

Actuellement, la Russie est l'un des principaux producteurs, importateurs et exportateurs mondiaux de poisson et de fruits de mer, et sa consommation de poisson s'accroît graduellement. Les analystes de marchés de Datamonitor l'attribuent à plusieurs facteurs, dont la stabilisation du revenu disponible des consommateurs dans la foulée du ralentissement économique, surtout à Moscou, SaintPétersbourg et autres grandes villes, les nouvelles préférences de consommation fondées sur des préoccupations liées à la santé et à la nutrition et à la quête d'aliments à faible teneur en graisses, l'augmentation des prix des produits d'origine animale et la grande disponibilité de produits qui découle des investissements accrus dans les usines de transformation et des réseaux de distribution améliorés.

Le marché russe des aliments frais présente un énorme potentiel de croissance, en dépit du fait que la consommation par habitant de nombreux produits y demeure relativement modérée. D'après Euromonitor, le taux de croissance annuel moyen du marché devrait se situer entre 5% et 8% au cours des quelques prochaines années. Certains produits afficheront une croissance encore plus dynamique, dont le poisson et les fruits de mer, à mesure que les Russes suivront la tendance mondiale et délaisseront eux aussi la viande rouge en faveur de sources protéiques plus faibles en gras.

La Russie constitue un débouché important pour les exportations canadiennes de poisson et de fruits de mer. La part canadienne du marché russe du poisson et des fruits de mer est passée de 92,2 millions à 114,7 millions de dollars américains (M$ US) entre 2010 et 2011.

À l'échelle mondiale, la Russie est le quinzième importateur de poisson et de fruits de mer : elle a importé pour près de 2,6 milliards de dollars américains en 2011, une augmentation de 19,1% par rapport à 2010. Ses principaux fournisseurs sont la Norvège (36,3 %), la Chine (12%), l'Islande (6,3%) et le Canada (4,5%),

Balance commerciale en équilibre

Au nombre des principaux produits de la pêche importés par la Russie en 2011 figurent le saumon frais ou réfrigéré avec arêtes (549,9 M$ US), la crevette (262,5 M$ US), le maquereau (230,5 M$ US), les filets de poisson frais (195,8 M$ US) et le poisson surgelé avec arêtes (188,8 M$ US).

En 2011, la Russie a exporté pour un peu plus de 2,7 milliards de dollars américains de poisson et de fruits de mer, ce qui représente une augmentation de 22 % par rapport à 2010. Les exportations russes concernent tout particulièrement les pêcheries de Colin d'Alaska, Cabillaud et Saumon du Pacifique. Ses exportations étaient principalement composées de poisson surgelé avec arêtes (1,1 milliard de dollars américains), de foies et d'œufs de poisson surgelés (269,3 M$ US), de filets de poisson surgelés (254 M$ US), de crabe surgelé (206,5 M$ US) et de saumon surgelé (193,2 M$ US),

Les exportations russes de poisson et de fruits de mer sont principalement destinées à la Chine (39,7%), à la Corée du Sud (38,2%) et au Japon (7,4%).

Remarque : Une partie des produits issus des pêcheries russes (colin, cabillaud, saumon) est réexportée en Europe depuis la Chine (2e fournisseur de l'UE après la Norvège)

Pour en savoir plus :

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Le 26 Août 2014

Réserves marines : Les industriels australiens ont tout compris...

Création d’une immense réserve marine dans le but d’éliminer les pêcheurs, principal obstacle à tout projet industriel...

« Une large partie du récif est protégée par le Great Barrier Reef Marine Park, qui aide à limiter l'impact de l'activité humaine tels que la pêche et le tourisme... » (Wikipedia : Grande barrière de corail)

Illustration : Exploitation minière : Projets de ports industriels dans la zone de la Grande barrière de corail (source : Ocean71)

Des appels à bannir tout déversement dans le récif emblématique du pays

Source : IPS par Stephen Leahy

Un effort accru est nécessaire pour protéger la Grande barrière de corail emblématique d'Australie, qui connaît un grave déclin et se détériorera davantage à l'avenir, selon un nouveau rapport. "Des réductions plus grandes de toutes les menaces à tous les niveaux, sur tout le récif, régional et local, sont nécessaires pour éviter les déclins prévus", a indiqué un rapport sur les prospectives publié par la l’Autorité du parc marin de la Grande barrière de corail, l'agence gouvernementale responsable de la protection du récif.

Toutefois, la même agence a récemment approuvé le déversement de cinq millions de tonnes de déblais de dragage dans la région du corail. Les scientifiques et les experts des récifs coralliens ont condamné cette décision à travers le monde.

Les documents obtenus par le programme d'enquête de ABC TV en Australie il y a une semaine révélaient des scientifiques à l'intérieur de l'Autorité du parc se sont également opposés à ce déversement à l'intérieur de ce Site du patrimoine mondial de l'UNESCO. "Cette décision doit être politique. Elle n'est pas du tout soutenue par la science, et j'étais absolument sidéré quand j'ai entendu [cela]", a déclaré à ABC, Charlie Veron, un scientifique de renom des récifs coralliens. Veron est l'ancien directeur scientifique de l'Institut des sciences marines de l’Australie.

La Grande barrière de corail (GBR) est l'un des sept plus grandes merveilles naturelles du monde. Visible depuis l'espace, c’est un mosaïque d’une beauté saisissante composé de milliers de récifs, d’herbiers marins et d’îles couvrant 2.300 km le long de la côte de l'Etat du Queensland. En 1981, l'UNESCO a déclaré la GBR un site du patrimoine mondial, le qualifiant d’"une source irremplaçable de vie et d'inspiration". Il abritait 10 pour cent de tous les poissons de la planète. Des dugongs et plusieurs variétés de dauphins et de tortues marines étaient autrefois abondantes.

Bien que protégé en tant que parc marin depuis des décennies, plus de la moitié du corail est mort. Sans une action concertée, seulement cinq à 10 pour cent du corail restera d'ici à 2020, selon une enquête scientifique de 2012 sur laquelle IPS a fait un reportage. "J'ai travaillé sur le récif pendant plus d'une décennie et les résultats d'enquête étaient absolument magnifiques", a souligné Richard Leck, porte-parole du FMN-Australie. "La GBR est probablement le récif le mieux surveillé dans le monde et nous voyons l'impact du développement côtier massif", a dit Leck à IPS.

En 2010, le gouvernement australien a approuvé quatre grandes usines de traitement de gaz naturel liquéfié (GNL) avec des installations portuaires au port de charbon de Gladstone au centre du Queensland. Le dragage considérable a entraîné le déversement de 46 millions de tonnes de substances dans le port et à l'intérieur des limites du parc marin de la Grande barrière de corail. L’une grande partie des substances de dragage les plus toxiques devait être contenue à l'intérieur d'un grand mur de retenue ou digue au port de Gladstone. Il n’a pas tardé à échouer, provoquant finalement des fuites atteignant 4.000 tonnes de substances par jour. Les effets ont été dévastateurs.

"Une pêche commerciale florissante est révolue, tout comme les dauphins et les dugongs", a déclaré Leck. "Gladstone a été un échec évident des gouvernements d’Etat et nationaux". Les opérateurs touristiques locaux disent que la qualité et la clarté de l'eau ont baissé de façon considéralement.

Queensland est aussi une grande région minière et d'exportation, expédiant 156 millions de tonnes par an, principalement vers les marchés asiatiques. Aujourd’hui, il y a des propositions visant à augmenter par six cette quantité pour atteindre près d'un milliard de tonnes par an d’ici à 2020. 'Adani Group' de l'Inde envisage de dépenser six milliards de dollars pour construire la plus grande mine de charbon du Queensland, y compris une nouvelle ville et 350 km de chemin de fer pour relier le port d’Abbot, près de la ville touristique de Bowen. D’autres sociétés minières indiennes, en plus d’un certain nombre d'intérêts miniers chinois, ont bloqué environ 20 milliards de tonnes de ressources de charbon au centre du Queensland. Les sociétés minières australiennes, y compris 'Hancock Prospecting' de la milliardaire minière Gina Rinehart, élargissent également leurs activités.

En décembre 2013, le ministre de l'Environnement d’Australie, Greg Hunt, a approuvé un plan visant à créer l'un des plus grands ports de charbon au monde au port d’Abbot. Quelques mois plus tard, et en dépit d’une forte opposition de ses propres scientifiques, l'Autorité du parc a accepté que cinq millions de tonnes de déblais de dragage provenant du port d’Abbot soient déversés dans la GBR. "L'Autorité du parc était dans une position difficile. Dire 'non' signifiait un rejet de l'approbation du dragage par le ministre", a déclaré Leck. Hunt a dit à ABC TV qu'il avait mené "un examen très prudent et profond" et a conclu que "l'avis sans équivoque que nous avons reçu était: cela peut être fait en toute sécurité".

Il y a une documentation scientifique importante qui montre que les sédiments provenant du dragage peuvent étouffer et tuer les espèces marines. Les sédiments réduisent également les niveaux de lumière, provoquent un stress physiologique, portent atteinte à la croissance et à la reproduction, obstruent les branchies des poissons, et favorisent des maladies, a expliqué Terry Hughes, directeur du Centre d'excellence des études des récifs coralliens à l'Université James Cook à Townsville, dans le Queensland. Certains déblais de dragage sont des sédiments très fins - de minuscules particules en suspension dans la colonne d'eau - facilement dispersés par les vents, les courants et les vagues. Sur une période de seulement quelques mois, ils peuvent parcourir 100 kilomètres ou plus, a indiqué Hughes à IPS. Une étude de modélisation récemment publiée prévoit que des sédiments fins en suspension peuvent se répandre sur jusqu'à 200 kilomètres à partir des ports de charbon en 90 jours. Elle a également mesuré les sédiments trouvés dans les récifs coralliens dans la GBR près d'un autre port de charbon et a constaté des niveaux élevés de produits chimiques appelés hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) qui sont associées à la poussière de charbon.

Compte tenu de la santé périlleuse du récif, qui est également confronté à d'énormes menaces provenant de l’augmentation des températures de l'eau et de l'acidité de l’océans due aux émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles, Hughes et d'autres scientifiques appellent à une interdiction totale de déversements dans la GBR ou à n'importe quel endroit situé près d’elle. La menace supplémentaire que constituent les ports de charbon et d'autres développements industriels le long de la côte est si grave que l'UNESCO a mis en garde l'Australie qu’elle changerait la prestigieuse désignation de site du patrimoine mondial du récif à un "site du patrimoine mondial en danger". La décision de l'UNESCO est attendue pour la mi-2015, qui est également le moment où le dragage du port d’Abbot est prévu pour commencer.

Edité par Kitty Stapp / Traduit en français par Roland Kocouvi (FIN/2014)

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Le 22 août 2014

Martinique : Les DCP veulent se refaire une santé


Sur la douzaine de DCP dénombrés autour de la Martinique (il y en a eu entre douze et quinze dans les années les plus fastes), beaucoup ont souffert après les derniers courants qui soufflent plus que d'habitude sur l'île.

Source : France Antilles par Christian Tinaugus 

Le comité des pêches cherche à renouveler le parc de Dispositifs de concentration de poissons. 45 DCP attendent d'être financés.

Pas de pêche sans Dispositifs de concentration de poissons (DCP) à la Martinique. 80% de la production locale est réalisée grâce à ce matériel flottant construit en plusieurs points de l'île pour attirer la faune pélagique (thons, daurades, marlins, thazard...), ce qui prouve bien que ce système est de plus en plus utilisé par une majorité de professionnels. Devenus un peu vieillots avec le temps et incapables désormais de résister aux assauts des océans, beaucoup méritent d'être remplacés. Les responsables de la pêche locale ont, dans cette optique, monté un dossier auprès de la Région pour obtenir une subvention pour le renouvellement du parc. Si le Comité des pêches et élevages marins (CRPMEM) reçoit l'aide de la collectivité, il pourrait mettre en place un programme de réalisation de 45 ouvrages sur les deux ans à venir. Une procédure qui restait « compliquée » à mettre en oeuvre via le Fonds européen pour la pêche (FEP), il n'existait pas de d'aide publique pour ce matériel, ce que permet aujourd'hui le Fond européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Le comité profite ainsi du fait que les collectivités peuvent aujourd'hui financer les projets de ceux qui en font la demande. Sur la douzaine de DCP dénombrés autour de la Martinique (il y en a eu entre douze et quinze dans les années les plus fastes), beaucoup ont souffert après les derniers courants qui soufflent plus que d'habitude sur l'île.

« Oui de principe »



L'existant est constitué d'outils réalisés à l'initiative d'associations de marins pêcheurs, exploités par l'ensemble de la profession en dépit de leur caractère privé, contrairement à ce qui se fait à la Guadeloupe, où des équipements ne seraient utilisés que par ceux qui les ont mis en place.

Une autre partie du matériel a été aussi installée par la Région il y a deux ans. Les conditions climatiques contraignent à les remplacer constamment, ce qui a incité les élus de la pêche à se tourner vers l'Hôtel de Région de Cluny. « La Région nous avait donné un oui de principe. Mais budgétairement, les choses sont difficiles. Il nous faut des financements pour pouvoir boucler ce dossier et mettre à l'eau les DCP. À cause des courants, nous avons une très mauvaise année de Miquelon et de DCP. Il faut tout faire pour renouveler le parc avant la fin de l'année » , envisage le président du Comité des pêches Olivier Marie-Reine. Sachant que la durée de vie d'un DCP n'est pas éternelle, les quarante-cinq DCP ne seront pas opérationnels simultanément. L'idée est d'en programmer une bonne quantité afin de ne pas reconstituer à chaque fois un dossier de demande financement.

Pose d'un DCP. Il y a deux ans, la mise à l'eau d'un système au large des Trois-Ilets avait créé un petit événement pour les pêcheurs. Depuis, Le manque de matériel est toujours d'actualité.

Les DCP, ça fonctionne!

Suite : France Antilles  

Filet dérivant

La pêche aux volants et aux balaous en danger ?

EUROPE. Une proposition d'interdiction totale de la pêche au filet dérivant, venant de Bruxelles, pourrait menacer l'avenir des professionnels spécialisés dans cette activité.

À coup sûr, c'est une proposition émanant de la commission européenne qui risque de provoquer un sérieux raz de marée dans le monde marin. Bruxelles prône en effet une interdiction de la pêche au filet maillant dérivant. Le filet maillant dérivant, c'est un filet équipé de nappes de filets, reliées ensemble à des ralingues, maintenu à la surface ou en dessous par le biais de flotteurs, qui dérive librement avec le courant ou avec le bateau auquel il peut être attaché. Ces filets sont déjà interdits au-delà de 2,5 km de long depuis 1992 ; et quelle que soit leur taille pour la capture des grands migrateurs (thons, espadons) depuis 2002. Mais ce sont des abus (en Italie notamment, au thon rouge) conduisant à des captures accessoires de mammifères marins, tortues de mer et oiseaux marins qui ont motivé l'Europe à décider une interdiction totale dès 2015.

Suite : France Antilles

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Le 21 Août 2014

Les ONG en question

Le rôle des ONG fait souvent débat : que ce soit au niveau de leurs interventions sur le terrain et leurs résultats, de leurs financements ou de leurs réseaux discutables (accointances avec les multinationales), la question de leur légitimité est régulièrement posée. Retour sur quelques analyses et prises de position, qui pointent notamment du doigt les liens étroits entre certaines grosses ONG et les puissances financières (multinationales en particulier)...

Source : Ritimo

par Alain Le Sann

Arundhati Roy s’interroge en 2004 sur la légitimité des interventions des ONG étrangères avec leur puissance financière, dans les pays du Sud. « Les ONG doivent rendre des comptes à leurs financeurs, et non aux gens avec lesquels elles travaillent ». Pour sa part, Naomi Klein interroge également la légitimité des grosses ONG environnementalistes dans leur action sur le climat. Selon elle, « celles-ci ont fait plus de dégâts que les négationnistes climatiques de droite ». Les politiques mises en place et leurs résultats ont été désastreux, car fondés sur les logiques marchandes.

Aux États-Unis, Mark Dowie, historien du mouvement environnementaliste, met aussi en cause les pratiques et les objectifs des grosses ONG environnementalistes et fondations qui détournent les citoyens des processus démocratiques légitimes pour renforcer leur rôle comme intermédiaires (ce qu’il appelle la "philanthocratie", mot valise soudant "philantropie" et "technocratie") entre les citoyens et les gouvernements, marginalisant les petits groupes de base ne bénéficiant pas des fonds des grosses fondations. Cette analyse est confortée plus récemment par deux universitaires dans un livre « Protest inc, the corporatization of activism ». Ils mettent en cause l’évolution des grosses ONG qui, du fait de leur taille, sont de plus en plus gérées comme des entreprises et, pour certaines d’entre elles, entretiennent des liens étroits avec de grosses multinationales, au sein d’un complexe philanthro-capitaliste.

Suite dans Ritimo

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Le 19 Août 2014

Inde : Pêcher pour la liberté (Fishing for freedom)



Source : UN Web TV

Inde : 600 pêcheurs portés disparus après une tempête

Début août, environ 40 chalutiers n'ont pas regagné leur port d'attache après le cyclone passé au large des côtes du Bengale-Occidental...


L'Inde a lancé une opération de recherches pour retrouver 600 pêcheurs n'ayant pas donné signe de vie depuis la tempête qui a sévi dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 août, dans le golfe du Bengale. Environ 40 chalutiers n'ont pas regagné leur port d'attache après le cyclone passé au large des côtes du Bengale-Occidental, dans l'est du pays, selon un responsable d'une association de pêcheurs.

"Nous essayons de contacter les chalutiers mais tous nos efforts sont vains à cause de la météo exécrable", a déclaré Bijan Maity. Les garde-côtes devaient dépêcher un navire et un avion après avoir reçu les "appels de détresse" de l'association. "Les recherches vont bientôt démarrer", a précisé un officier des garde-côtes.

L'Inde et le Bangladesh sont régulièrement frappés entre avril et novembre par les cyclones qui se développent dans le golfe du Bengale. En janvier 2013, le cyclone Thane avait fait 42 morts dans l'Etat du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde.

Tortues contre pêcheurs, le dilemme indien

En Inde, la pêche intensive menace les reptiles de disparition.





Source : Francetv info par Pierre Monégier, Alban Alvarez / France 2

C'est un combat difficile que mènent les défenseurs des tortues Olive Ridley sur la côte de l'Orissa, dans l'est de l'Inde. Sur ces côtes, la pêche intensive menace en effet le reptile marin de disparition. Chaque année, des milliers d'animaux, venus pour pondre, meurent sur ces plages, à cause des filets de pêche.

"Cette tortue était venue pondre ici. Mais elle a été prise dans des filets et elle est morte, alors qu'en théorie, la pêche est interdite ici. (...) Les pêcheurs n'ont aucune idée de l'importance de ces tortues pour tout l'écosystème", déplore Rabindranath Sahoo, membre d'une association de protection des tortues de mer.
"Comment voulez-vous qu'on survive ?"

Chaque nuit, ce bénévole surveille la plage et les lieux de ponte où grouillent des centaines de petites tortues. Au matin, il vient libérer celles qui se sont coincées dans les filets de pêche. De son côté, le gouvernement a interdit la pêche cinq mois par an.

Des mesures qui ne plaisent pas vraiment aux pêcheurs. "Comment voulez-vous qu'on survive ? Ils nous empêchent de pêcher et, en plus, ils coupent nos filets quand les tortues se prennent dedans", regrette l'un d'eux.

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Le 18 Août 2014

“Carbone Bleu” ou “REDD Bleu” : la marchandisation des territoires marins côtiers

Lutte contre le changement climatique : La restauration de mangrove dans les Pays du Sud représente des crédits carbone pour les grandes sociétés (qui diminuent ainsi leur empreinte CO2)

“Carbone Bleu” ou “REDD Bleu” correspond au Carbone stocké dans les écosystèmes marins côtiers. Ce stockage a lieu de façon naturelle, en particulier par l’absorption de CO2 que font les plantes aquatiques. D’après les promoteurs de « Carbone Bleu », les écosystèmes marins côtiers riches en plantes, comme les mangroves, les prairies d’herbes marines et les marais salants piègent de grands volumes de Carbone de l’atmosphère et les stockent dans leurs sédiments et leurs sols. Les pays du nord  considère le « Carbone Bleu »  comme une alternative importante qui leur permet de « réduire » les émissions de carbone en payant pour que d’autres les réalisent. Les pays du sud, eux, y voient une opportunité pour obtenir de l’argent pour la conservation de leurs forêts. Selon l'ONG World Rainforest Movement (WRM), les projets “Carbone Bleu” ou “REDD Bleu” représentent une nouvelle et grave menace pour les populations littorales par la marchandisation des territoires marins côtiers...

REDD est l’abréviation de Réduction des Emissions de la Déforestation et de la Dégradation des forêts. 


Nous appelons « territoires marins côtiers » les régions qui possèdent des mangroves et leurs zones d’influence, les prairies d’herbes marines et les marais salants. Dans ces territoires et dans leurs environs vivent des communautés qui dépendent des mangroves et d’autres écosystèmes marins côtiers pour leur survie.

1 - Qu’est-ce qu’un projet de « CarboneBleu » ou « REDD Bleu » ?

Ceux qui chercheront à se renseigner sur le « CarboneBleu » ou « REDD Bleu » découvriront que cela ressemble au système REDD (Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts ; voir le site de WRM), que l’on propose depuis des années dans les forêts tropicales terrestres d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Dans le cas de « REDD Bleu », il s’agit du Carbone stocké dans les écosystèmes marins côtiers, et surtout dans les mangroves. Ce stockage a lieu de façon naturelle, en particulier par l’absorption de CO2 que font les plantes aquatiques. D’après les promoteurs de « REDD Bleu », les écosystèmes marins côtiers riches en plantes, comme les mangroves, les prairies d’herbes marines et les marais salants piègent de grands volumes de Carbone de l’atmosphère et les stockent dans leurs sédiments et leurs sols.


Les projets de « Carbone Bleu » ou « REDD Bleu » qui sont déjà en route sont généralement mis en œuvre dans une zone déterminée d’une mangrove, dans le but de la conserver ou de la restaurer. Comme dans les projets REDD pour les forêts terrestres (voir le Bulletin nº 184 du WRM), on vise à montrer que, par une incitation financière additionnelle, il est possible d’éviter les émissions de carbone ou d’accroître les stocks de carbone dans la zone du projet. Premièrement, on fait l’inventaire de la quantité de carbone qui serait « stockée » dans la zone du projet pendant une période déterminée. Par une série de calculs, on essaie de prévoir la quantité de carbone que contient la zone au début et à la fin du projet. Suivant la logique de REDD, il faut également prévoir la quantité de carbone que la zone du projet contiendrait à l’avenir si le projet n’avait pas existé. Ces calculs donnent pour résultat la quantité supposée de carbone que le projet va générer (les « crédits carbone »), mais il est impossible de les faire avec précision (1). Suivant la logique du marché du carbone, l’acheteur de ces « crédits » aurait le droit de continuer à émettre la quantité de CO2 que le projet permettrait de « stocker ». Dans la pratique, la réduction des émissions de CO2 est nulle, parce que le carbone censément « stocké » dans la zone de la mangrove sera émis ailleurs par l’entreprise acheteuse des « crédits ».

Les promoteurs d’initiatives de « CarboneBleu » ou « REDD Bleu » espèrent que les marchés du carbone pourront produire à l’avenir l’argent nécessaire pour financer leurs projets. C’est pourquoi ils font de fortes pressions pour que « REDD Bleu » soit inclus dans un accord international sur REDD, au cours des conférences climatiques annuelles de l’ONU dans le cadre de la CCNUCC : les dénommées CdP du climat. Les gouvernements du Costa Rica, de Tanzanie, d’Indonésie et de l’Équateur ont déjà inclus les mangroves dans leurs politiques nationales sur REDD (2).



Les arguments des promoteurs du « CarboneBleu » ou REDD Bleu et les réponses

Les promoteurs du « CarboneBleu » ou « REDD Bleu » se servent d’une série d’arguments pour défendre cette idée. Nous allons en mentionner quelques-uns et chercher à y répondre.

Argument 1 : les écosystèmes marins côtiers sont capables d’absorber beaucoup de carbone, plus que les forêts terrestres, et les connaissances scientifiques disponibles pour mesurer qui sont suffisantes

D’après le portail internet « Carbone Bleu » (3), « Les taux de piégeage et de stockage de carbone sont comparables aux taux de piégeage d’écosystèmes terrestres tels que les forêts tropicales ou les tourbières et, souvent, ils sont même plus importants ». On affirme également que, « à la différence de la plupart des écosystèmes terrestres, qui atteignent l’équilibre du carbone au sol en quelques décennies, le dioxyde de carbone peut continuer à se déposer dans les sédiments d’un écosystème côtier pendant des milliers d’années ». Des études menées par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et par l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suggèrent que « 7 % des réductions des émissions de dioxyde de carbone (CO2) nécessaires pour  maintenir la concentration de ce gaz dans l’atmosphère au-dessous de 450 ppm (une valeur qui, pour la plupart des scientifiques, nous donnera 50 % de possibilités de maintenir le réchauffement planétaire dans la limite de 2 degrés)  peuvent suffire à protéger et à récupérer des mangroves, des marais salants et des prairies marines, soit la moitié de ce qu’on espère obtenir avec REDD [dans les forêts terrestres] ». C’est pourquoi les promoteurs du « CarboneBleu » affirment qu’il s’agit d’un « instrument transformateur pour la gestion du carbone naturel à l’échelon mondial » (5).

Les promoteurs du « CarboneBleu » affirment aussi que « de nos jours, les connaissances scientifiques sur le piégeage de carbone et sur les émissions potentielles des écosystèmes côtiers sont suffisantes pour développer des incitations favorables à une gestion efficace et des politiques pour la conservation du carbone Bleu côtier ». (6)

Réponse à l’argument 1 :

Premièrement, les projets de « REDD Bleu » utilisent le même système de calcul des émissions des projets REDD pour les forêts terrestres, et ces calculs ne sont pas fiables. Il y aura toujours une quantité approximative de carbone au début d’un projet, et une estimation assez subjective de la quantité de carbone qui aura été « stocké » à la fin du projet. En outre, les scientifiques se heurtent à beaucoup de difficultés pour arriver à comprendre les processus de stockage de carbone. D’après Gabriel Grimsditsch, fonctionnaire du programme des écosystèmes marins du PNUE, « il existe des incertitudes considérables quant à ces estimations et à la compréhension du stockage de carbone dans les écosystèmes côtiers ». (7)

Les « phrases à effet » qu’utilisent les études et les projets pour parler de volumes de « CarboneBleu » qui seraient stockés sont révélatrices de ces incertitudes. Tandis que l’Initiative pour le « CarboneBleu » affirme que le taux de piégeage de carbone des mangroves serait de « deux à quatre fois plus important que les taux observés dans les forêts tropicales du monde » (8), la FundaciónNeotrópico qui développe un projet-pilote de « CarboneBleu » au Costa Rica affirme que les zones côtières et marines, telles que les mangroves et d’autres marais, « stockent jusqu’à cinq fois plus de carbone que les forêts tropicales » (9).

Quant à la publicité sur le « CarboneBleu », elle fait peu de références à l’incidence des changements climatiques existants sur les océans et les zones marines côtières et aux fonctions vitales que ces derniers accomplissent. On sait que l’augmentation du piégeage de CO2 de l’atmosphère par les océans a augmenté l’acidité de l’eau. À long terme, la présence de davantage de carbone dans les océans peut avoir une série d’effets qui non seulement vont interférer avec la capacité des océans de piéger du CO2 mais vont stimuler le processus inverse, c’est-à-dire l’émission de carbone par les océans. Ces processus sont encore peu étudiés et mal compris, de sorte que l’incertitude est encore plus grande quant à ce qui se passera avec le « CarboneBleu » à l’avenir. Pourtant, toutes ces incertitudes n’ont pas empêché la mise en œuvre de quelques initiatives qui arrivent même à paraître absurdes.

Les absurdités du « CarboneBleu »

Sous prétexte que les océans sont « les endroits les plus prometteurs pour piéger du carbone », le Centre de recherches sur le piégeage de carbone des océans du Département de l’énergie du gouvernement des États-Unis, dont le siège est à Berkeley, a mené une étude sur l’injection directe de CO2 à une profondeur de 1 000 mètres ou plus, dans des stations situées sur la côte ou dans la mer, avec des bateaux qui disposaient de tuyaux suffisamment longs. Une autre technique étudiée est la dénommée « fertilisation » des océans avec des particules de fer minuscules (nanoparticules) pour stimuler la fixation de carbone que fait le phytoplancton (10). En 2007, une commission scientifique intergouvernementale avait prévenu que la fertilisation des océans avec du fer pour augmenter le piégeage de carbone de façon commerciale comportait « des risques pour l’environnement, et il n’existe pas de preuve scientifique de son efficacité ». Cette déclaration répondait à une tentative de l’entreprise PlanktosInc de lancer 100 tonnes de fer dans une zone de 10 000 km2 du Pacifique, dans le but de pouvoir vendre des crédits carbone (11).


Argument 2 : les territoires côtiers et marins sont en train de se détruire rapidement à cause de la mauvaise gestion

(...)

Argument 3 : les territoires marins côtiers ont une grande valeur monétaire en raison de la valeur de leurs « services écosystémiques », et la reconnaissance de cette valeur peut assurer leur conservation

(...)

3 - Quelques initiatives importantes de « CarboneBleu » ou « REDD Bleu », et ceux qui les ont lancées

En 2009, la transnationale française Danone, avec l’UICN (16) et RAMSAR (17), a organisé la restauration de quelque 4 700 ha de mangroves, à Casamance et Sine Saloum, au Sénégal. Elle a entrepris aussi un projet de récupération de mangroves sur près de 6 000 ha aux Sundarbans, en Inde. L’entreprise rapporte qu’il s’agit d’un investissement d’environ 23 millions d’euros, qui va générer entre 6 et 11 millions de tonnes de crédits carbone par an, sur une période de 23 ans (18). L’entreprise peut utiliser ces crédits pour « compenser » ses propres émissions, ou les revendre sur les marchés du carbone.

(...)

4 - Activités prioritaires des promoteurs du « CarboneBleu »

(...)

5 - Comment conserver les territoires marins côtiers ?

(...)

Winnie Overbeek, winnie@wrm.org.uy


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Le 14 Août 2014

Gaza : Liberté de pêche

http://videos.lexpress.fr/actualite/monde/video-gaza-les-poissons-fuient-la-guerre-les-pecheurs-s-alarment_1566500.html
3 milles... 6 milles... 20 milles... 12 milles...

Vidéo AFP : Gaza. Les poissons fuient la guerre, les pêcheurs s'alarment

Après deux heures passées dans l'eau jusqu'à la taille, Moustafa al-Assy considère le résultat désolant de sa pêche. Mais cette médiocre capture n'est pas le seul tribut payé à la guerre par les pêcheurs de Gaza.

La liberté de pêche est aujourd’hui l’un des enjeux des négociations visant à mettre fin au conflit sanglant entre Israël et les combattants du Hamas. Parmi les demandes palestiniennes figurent notamment la fin du blocus imposé à l'enclave palestinienne depuis 2007, l'ouverture des points de passage aux frontières, la libération de prisonniers palestiniens et l'élargissement de la zone de pêche autorisée à 12 milles nautiques.

A Gaza, les poissons aussi fuient la guerre

Après deux heures passées dans l'eau jusqu'à la taille, Samir al-Hissi considère le résultat désolant de sa pêche. Mais cette médiocre capture n'est pas le seul tribut payé à la guerre par les pêcheurs de Gaza.

Une fois revenu sur le sable, il relève son tee-shirt et découvre son torse couvert de marbrures rouge-brun, résultat des heures passées dans des flots maculés et malodorants.

Depuis que les Israéliens ont bombardé l'unique centrale électrique de la bande de Gaza, les eaux usées des égouts se déversent directement dans la Méditerranée sans être traitées.

"Les eaux usées répandues dans la mer ont un impact sur les gens et sur les poissons qu'ils mangent", dit à l'AFP ce quinquagénaire efflanqué, assis à l'ombre d'un parasol.

Gaza : les canons israéliens rythment les sorties en mer des pêcheurs de Gaza



L'eau des égouts véhicule les maladies et fait fuir les poissons, poursuit Samir, en désignant un panier dans lequel se débattent 14 poissons maigrelets.

Avant le début de la guerre le 8 juillet, il parcourait avec son bateau les trois miles nautiques auxquels il avait accès, conformément aux restrictions israéliennes imposées à l'enclave côtière sous blocus depuis 2006.

- 'Les poissons font comme les hommes' -

Aujourd'hui, sa journée de travail se résume à deux heures passées à patauger pour tenter d'attraper dans son modeste filet de quoi nourrir sa famille. Les prises sont de plus en plus minces, dit-il, parce que les poissons vont chercher le large. "Quand leur environnement devient dangereux, les poissons font comme les hommes, ils s'enfuient".

Les enfants, eux, sont moins prudents. Certains d'entre eux sont tombés malades après un bain de mer, dit-il.
Avant même la guerre, les Nations unies avaient mis en garde contre le danger.

La pêche, une affaire de survie pour de nombreux gazaouis


Environ "90.000 mètres cubes d'eau non-traitée ou partiellement traitée (étaient) lâchés chaque jour" dans la Méditerranée en 2012, disait l'ONU, "causant pollution, risques de santé publique et problèmes pour l'industrie de la pêche".

Le dirigeant du syndicat des pêcheurs convient que la préoccupation s'est aggravée depuis que les usines de traitement ont cessé de fonctionner.

"Bien sûr que le problème de la pollution maritime est plus grave qu'avant la guerre, nous le savons", dit Nizar Ayish, "l'eau n'est plus traitée à cause de la guerre".

- 'Presque tout est pollué' -

Suite... de l'article de l'AFP

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Le 13 Août 2014

Pacifique : souriez, vous êtes filmé

Les pêcheurs de thon sont sous surveillance. Plusieurs initiatives pour protéger les ressources des pays insulaires. Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) teste en ce moment une innovation.

Protéger la pêche et nos mers



Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)

Pour beaucoup de communautés dans le monde, l'océan est à la base de tout : culture, mode de vie et moyens de subsistance. Découvrez les efforts fournis par nos équipes en Asie Pacifique pour lutter contre la surpêche du thon avec le suivi des thoniers et l'intervention d'une flotte aérienne (Nouvell-Zélande,..)

La CPS teste la caméra de surveillance...

Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) projette d'installer des caméras de surveillance sur les bateaux de pêche trop petits pour accueillir un observateur en chair et en os. Des caméras de surveillance ont été placées sur deux bateaux de pêche. Ils sont trop petits pour accueillir à leur bord un observateur de la CPS. Alors la CPS a trouvé la parade : la caméra de surveillance.

Source : Radio Australia par Caroline Lafargue

Généralement l'observateur embarqué peut être chargé aussi bien d'une mission scientifique que de veiller au respect des quotas et des techniques de pêche par l'équipage. La caméra de surveillance qui le remplace va faire à peu près le même travail. Malo Hosken, le coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS:

« Les caméras sont reliées à un logiciel de surveillance, qui localise le navire, enregistre son trajet et sa vitesse. Quand le bateau rentre au port, ce logiciel permet d'analyser toutes ces informations, pour savoir exactement ce qui a été pêché. On peut aussi voir si la pêche a eu lieu dans une zone autorisée ou interdite, et cela dépend du type de licence de pêche accordée au navire. »


Ce mouchard embarqué rend le braconnage en mer un peu plus compliqué. Car il est impossible de trafiquer la caméra de surveillance:

«  Si quelqu'un essaie de désactiver ces petites caméras, elles envoient un signal au fabricant, puis à l'agence de contrôle des pêches. Donc l'équipage n'a pas intérêt à trafiquer les caméras de surveillance. Il risque une amende. »

Ce système n'est pas encore généralisé. Il est testé depuis un mois et demi sur deux bateaux aux Îles Salomon.

« Les caméras embarquées sur les deux navires nous envoient des captures d'écran toutes les 10 minutes. Et tout fonctionne très bien. Les relations entre l'entreprise de pêche concernées et nous sont bonnes. Nous attendons le retour des bateaux dans un mois pour analyser les données enregistrées par les caméras. »

Malo Hosken, coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS, répondait à Richard Ewart sur Radio Australie. Un deuxième essai est prévu sur d'autres bateaux, et le projet pilote sera bouclé d'ici la mi-août.

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Le 12 Août 2014

Mers et océans : les espaces maritimes et leurs dynamiques contemporaines 

Ressources classées

Des dizaines de liens internet

Source : Eduscol


Enseigner la géographie des mers et des océans

C’est par voie de mer que nous nous fournissons l’essentiel de ce que nous produisons, transformons, consommons, vendons, que ce soient des matières premières, de l’énergie, des produits manufacturés.

C’est aussi la mer qui nous fournit une part importante de ses ressources, vivantes ou fossiles. C’est en effet par voie de mer que se fait l’essentiel des échanges, licites et autres : trafics d’hommes et de biens, immigration clandestine, piraterie comme forme d’échange sans contrepartie de paiement. Sur toutes les mers, à travers des routes maritimes mondiales qui relient les ports et les terres entre eux et entre elles, comme des lignes de vie et de mort.

C’est par voie de mer que s’expriment et se concrétisent la puissance des Etats et leurs interventions, qu’elles soient militaires ou humanitaires, guerrières ou éprises de paix. Et c’est dans les profondeurs des mers et des océans que se joue, aussi, ce combat indicible et silencieux qu’est la dissuasion. Suite...

Mers et océans : les espaces maritimes et leurs dynamiques contemporaines

Ces dernières années, les enseignants en poste et les futurs enseignants sont confrontés à nouveau à la thématique maritime.

Introduction
1. Approches épistémologiques et conceptuelles
2. Les ressources documentaires disponibles : ouvrages, revues, outils
3. Les espaces maritimes : des milieux dynamiques aux fortes spécificités
4. Espaces maritimes et « course à la mer » : l’appropriation des mers et océans par les Etats riverains
5. Les espaces maritimes : valorisation des ressources et développement durable
6. Les espaces maritimes : un rôle majeur dans les échanges
7. L’économie maritime : un enjeu majeur pour l’avenir
8. Contrôle stratégique et militarisation des espaces maritimes

Introduction

Premièrement,  la rénovation des programmes scolaires permet de traiter en classe un certain nombre d’enjeux majeurs (« nourrir les hommes », « les enjeux énergétiques », les « littoraux comme espace convoités » ou « acteurs, flux et réseaux de la mondialisation », « les mondes arctiques : une nouvelle frontière sur la planète », « espaces maritimes aujourd’hui : approche géostratégique »…).

Deuxièmement, le renouvellement des questions aux concours du CAPES et des agrégations de Géographie et d’Histoire – à travers, par exemple, la « Géographie des conflits » ou la question « Canada-Etats-Unis-Mexique » - ont aussi permis de placer l’étude des espaces maritimes dans les questions aux programmes.

Enfin, ce champ nouveau - à l’articulation entre milieux, géoéconomie, géopolitique et géostratégie – rencontre un réel intérêt. Aborder et traiter celui-ci comme objet scientifique et didactique oblige à penser le globe comme système, tout en s’appuyant sur les nécessaires emboîtements d’échelles et tout en identifiant clairement un certain nombre d’axes thématiques spécifiques. C’est pourquoi il a semblé nécessaire d’ouvrir ce vaste dossier en fournissant un certain nombre de pistes d’information documentaire.

Suite...
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Le 11 Août 2014
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Les Eparses, des îlots préservés de biodiversité stratégiques pour la recherche



Les Eparses, des îlots préservés de biodiversité stratégiques

Les îles Éparses, grains de corail de l'océan Indien administrés par la France, font figure de "point zéro", des havres de biodiversité préservés de l'activité humaine et qui servent de référence pour mesurer l'impact des bouleversements dus à l'Homme et au climat.

Source : La Dépêche / AFP

"Les Éparses sont des sites de référence car non perturbés par la pêche côtière et les rejets des bassins versants liés à l'urbanisation, mais impactés par les changements globaux comme l'acidification des océans", explique à l'AFP Matthieu Le Corre, directeur du laboratoire d'écologie marine (Ecomar) à l'université de La Réunion.


"On appelle ça un +hot spot+ de biodiversité", poursuit le chercheur, "un endroit où ne pèsent quasiment que des menaces naturelles, généralement dérisoires comparées aux menaces humaines" qui érodent la biodiversité dans les îles voisines.

Les Éparses, qui regroupent cinq îles (Tromelin, Les Glorieuses, Juan de Nova, Bassas da India et Europa) éparpillées autour de Madagascar, sont restées des sites importants de ponte des tortues vertes et imbriquées, espèces menacées et protégées.

Dauphins et baleines y passent aussi en toute tranquillité. Elles abritent également plus de 40% des oiseaux marins de l'océan indien occidental: pailles-en-queue à brins rouges, frégates du Pacifique, sternes fuligineuses et caspiennes, fous à pieds rouges viennent s'y reproduire.

En interaction permanente avec l'océan, ces oiseaux sont des "bio-indicateurs" importants de ses altérations. Plusieurs programmes ont permis de les mesurer, les baguer et de suivre ainsi leur déplacements en mer à la recherche de poissons volants, qui sont également la proie des thons.

La collaboration est étroite avec Madagascar, les Comores, Mayotte, les Seychelles et l'Afrique du Sud car "seule une approche régionale a du sens quand on parle de ressources halieutiques ou d'oiseaux marins", insiste M. Le Corre. Surtout dans une zone où la pêche industrielle est encore en expansion.

"La situation stratégique des Éparses est l'occasion de mettre en place une gestion raisonnée des pêcheries", abonde Cédric Marteau, directeur de la conservation du patrimoine naturel aux Terres australes et antarctiques françaises (Taaf), collectivité administratrice des Éparses depuis 2007.

Il pense notamment à une coopération sur la pêche artisanale avec Madagascar et le Mozambique en lien avec un programme de recherche franco-américain sur la connectivité génétique des poissons-clowns. Il a permis d'établir comment des poissons nés dans les récifs coralliens d'Europa peuvent se retrouver sur les côtes du Mozambique et de Madagascar.

- Des richesses encore mal connues -

"L'enjeu est de faire prendre conscience à nos voisins de l'intérêt de mettre en place une aire marine protégée. Nos récifs protègent les poissons dont les larves viennent repeupler leurs côtes", explique Cédric Marteau.

Aux Glorieuses, pourtant classées en parc naturel marin, c'est bien la petite pêche artisanale illégale en provenance de Mayotte ou des Comores qui exerce une pression sur la biomasse, dont la richesse est mal connue faut d'avoir été répertoriée.

"On utilise ces îles comme observatoires de l'environnement mais encore faut-il y aller régulièrement et y rester. Mon rêve le plus cher serait qu'elles soient équipées de stations de recherche permanentes. Mais il faudrait que cela ne soit pas la crise...", déclare Matthieu Le Corre.

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- Vaste opération de dépollution -

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Le 8 Août 2014

Géostratégie

Les Philippines condamnent des pêcheurs chinois

De 6 à 12 ans de prison après s'être échoué dans un sanctuaire marin !!!

Douze pêcheurs chinois, qui avaient été interpellés l'an passé sur le récif corallien de Tubbataha, aux Philippines, viennent d'écoper de lourdes peines de prison pour pêche illégale. Ils sont par ailleurs poursuivis pour possession d’espèces protégées, les gardes-côtes ayant retrouvé à bord de l’embarcation des centaines de pangolins morts et congelés. Il s'agit d'une espèce menacée.

Un tribunal de la province philippine de Palawan a condamné, mardi 5 août, 12 pêcheurs chinois à des peines allant de six à douze ans de prison, assorties d’une amende de 100 000 dollars chacun pour pêche clandestine.

Source : IHSNews par P. J. Solemande

Pour la Chine, le bateau de pêche s’est simplement échoué en avril 2013 sur le récif de Tubbataha, site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (illustration), après s’être égaré lors de son voyage retour entre la Malaisie et la Chine. La Chine a donc demandé aux Philippines de garantir les droits légitimes des 12 pêcheurs…

En pratique, si l’on omet les différends entre les deux pays, ce bateau chinois n’est pas le seul à se perdre dans les eaux philippines. Ainsi, en mai 2014, un autre équipage a été arrêté sur le récif Hasa Hasa (Banyue en chinois)… Mais au-delà de la pêche sur des sites protégés, c’est le contenu qui interpelle. En effet dans les deux navires perdus, les cales regorgeaient d’espèces protégées, pangolins ou tortues susceptibles d’être revendues à prix d’or sur les territoires chinois et vietnamiens.

Or les Philippines sont un acteur-clé de la lutte contre la pêche illégale dans l’océan Pacifique, où la possession d’espèces protégées est un crime, passible de 20 ans de prison. Mais jusqu’à présent les peines prononcées ne concernaient que les accusations de pêche illégale, désormais la justice devra se pencher sur la possession d’espèces protégées… De quoi rendre Beijing nerveuse, d’autant plus qu’elle en veut déjà aux Philippines d’avoir fait appel à l’arbitrage international aux sujet de leurs différends territoriaux notamment sur le récif Banyue !

Des eaux très convoitées

 Carte extraite de l'Atlas Blue Lobby : Le Pivot Maritime Asie Pacifique

Les Philippines sont un acteur-clé de la lutte contre la pêche illégale dans l’océan Pacifique. En juin dernier, la Commission européenne a menacé Manille de sanctions commerciales - pouvant aller jusqu’à la fermeture du marché européen - si un effort supplémentaire n'était pas observé dans les six mois. Le coup de semonce visait à protéger les stocks de thon du Pacifique occidental.

Comme le relate l’Agence France-Presse (AFP), des dizaines d’autres pêcheurs chinois et vietnamiens attendent actuellement un jugement aux Philippines. En mai 2014, un équipage composé de onze Chinois, dont deux mineurs finalement expulsés du pays, avait été intercepté sur le « récif de la demi-lune » (Banyue Jiao en chinois, Hasa Hasa en philippin), dans les îles Spratleys, situées le long d’autoroutes maritimes en mer de Chine méridionale. Ils sont inculpés de braconnage et pêche d'une espèce protégée. Ils avaient pris des centaines de tortues dans cette zone, revendiquée à la fois par Manille et par Pékin.

Le sujet est sensible. Le « récif de la demi-lune » se trouve dans la zone économique exclusive des Philippines, à une centaine de kilomètres de l'île de Palawan. Mais plusieurs pays revendiquent le contrôle des lieux. La Chine avait exigé la libération immédiate de ses ressortissants, mettant en avant sa « souveraineté indiscutable » sur le récif, comme sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, zone potentiellement riche en gaz et en pétrole. Pékin avait sommé Manille de « cesser les actes de provocation ».


Le pivot maritime Asie Pacifique

Les tensions géostratégiques dans la mer de Chine du Sud sont connues de longue date et maintenant régulièrement décrites dans la littérature spécialisée comme dans les grands médias. Les tensions en cours comme l’affrontement de mai et juin 2014 entre la Chine et le Viet Nam, ou les passes d'armes sino-américaines à la dernière rencontre du dialogue de Shangri-La, sont pourtant moins relayées dans les médias européens. Dans la mise en place du pivot  Asie Pacifique, les trusts caritatifs US ont joué et continuent à jouer un rôle important : par le renforcement des approches du pivot, à savoir la zone des Chagos et de Palau. Les trusts caritatifs utilisent la mise en place des Aires Marines Protégées de grande ampleur, telles que définies par le programme Global Ocean Legacy de PEW pour limiter l'emprise spatiale des flottilles de pêche chinoises en premier lieu, et asiatiques en second lieu.

Synthèse sur la notion de pivot maritime Asie Pacifique de Yan Giron

Les ensembles du pivot maritime Asie Pacifique.

Le terme de "pivot Asie Pacifique" renvoie à une stratégie américaine déclinée en 2011 par Hilary Clinton qui désigne un processus de retransfert et ré-équilibrage des moyens diplomatiques et militaires de la zone du Moyen Orient / Afghanistan vers la mer de Chine du Sud. Néanmoins, ce terme désigne un ensemble d'entités et de logiques géostratégiques plus larges, qui concernent aussi bien les USA que les pays de la Région et la Chine. Nous parlerons donc de pivot MARITIME Asie Pacifique pour le distinguer du pivot américain Asie Pacifique. Le pivot maritime Asie Pacifique a pour limite Ouest la zone de la pointe de l'Inde et inclut les Maldives et les Chagos, qui constituent les approches Ouest du pivot maritime et l'accès Ouest à la Haute Mer de la Chine. Il a pour limite Est actuelle  un ensemble qui va jusqu'aux îles Salomon et la bordure de la Zone Economique Exclusive de la Nouvelle Calédonie, du fait des influences chinoises sur cette zone. Ce qui inclut Palau et Guam. Cela constitue les approches Est, qui incluent le coeur de chauffe de la production thonière mondiale et l'accès Est à la haute mer pour la Chine. Au Sud, la limite du pivot est l'Australie. La limite Nord inclut le Japon et les Corées, qui ferment l'accès Nord à la Haute Mer pour la Chine par la côte. Le coeur du pivot est constitué par le détroit de Malacca et la mer de Chine du Sud. Cette zone inclut un potentiel énergétique important et les revendications chinoises sur la mer de Chine du Sud.

Le pivot maritime Asie Pacifique inclut donc tous les déterminants classiques de souveraineté de la Chine et de la sécurisation de ses accès à la haute mer. Géostratégiquement parlant, le pivot américain est en fait (aussi) un pivot chinois. Son périmètre peut évoluer dans le temps. Cette évolution pourra se faire par exemple avec l'ouverture effective de la route du Grand Nord, via le détroit de Béring. L'accès à cette route pourra se faire par l'accès côtier Nord, ou par l'accès Est vers la Haute Mer, à l'Est du Japon. Auquel cas, les analyses devront inclure de manière plus importante la Russie et le Canada, et côté européen la Norvège et le Danemark (Groenland). Le coeur du pivot peut évoluer en prenant en compte les autres détroits indonésiens en cas d'évolution négative des conditions de sécurité dans le détroit de Malacca. Le détroit de Corée peut lui-aussi devenir un coeur secondaire en cas d'ouverture effective de la route du Nord.

Les acteurs....

Suite de l'article de Yan Giron dans l'Atlas Blue Lobby

Défense

Les Philippines redeviennent le pivot américain en Asie du sud-est

Le président Barack Obama a achevé lundi à Manille sa tournée asiatique. Un nouvel accord de défense a été signé entre les Etats-Unis et les Philippines

Portrait officiel du Président Barack Obama (Wikipedia)

Source : Le Temps par Richard Werly (29 avril 2014)

Barack Obama a beau s’en défendre, la fin de sa tournée asiatique ressemble fort à un retour en arrière. Avec la signature, lundi, d’un nouvel accord de défense de dix ans entre les Etats-Unis et les Philippines – lequel permettra à l’armée américaine de stationner avions et navires dans l’archipel – le locataire de la Maison-Blanche a renoué avec un héritage stratégique mis de côté par Washington depuis le début des années 1990.

Colonie américaine de 1898 à 1935, les Philippines abritaient jusqu’en 1992 deux des bases militaires américaines les plus importantes au monde : la base navale de Subic Bay et l’aéroport de Clark. Toutes deux, fermées après un vote du parlement philippin en septembre 1991, servirent de pivot lors de la guerre de Corée (1950-1953) et de celle du Vietnam (1965-1973).

La donne géopolitique, depuis, a radicalement changé. La région n’est plus en prise à des conflits ouverts, mais à des tensions territoriales et commerciales toujours susceptibles de dégénérer. C’est le cas entre les deux Corées, entre le Japon et la Chine, entre la Chine et Taïwan, et entre la Chine et les pays d’Asie du Sud-Est à propos des îles Spratleys, en mer de Chine du Sud...

Reprendre pied en Asie du Sud-Est

Le Sénat propose une feuille de route pour un « pivot » français vers l’Asie du Sud-Est



La France est le seul pays européen à maintenir une capacité militaire permanente dans la zone Asie-Pacifique, avec les Forces Armées de Polynésie Française (FAPF) de celles de Nouvelle-Calédonie (FANC). Et cela est un atout dans la mesure où cette région est stratégique à plus d’un titre. « Notre prospérité est liée à celle de l’Asie, toute crise dans cette zone affecterait nos intérêts », affirmait, en avril, Philippe Errera, le directeur aux affaires stratégiques (DAS).

Source : Zone Militaire par Laurent Lagneau  (26-07-2014)

Le dernier Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale (LBDSN) a également évoqué importance en soulignant que la zone Asie-Pacifique « joue un rôle déterminant dans la mondialisation » en étant « le principal foyer de croissance du monde » mais constitue aussi « l’une des régions où les risques de tensions et de conflits sont les plus élevés ».

Mais cette région est vaste… Aussi, un rapport du Sénat s’est plus particulièrement intéressé à l’Asie du Sud-Est, dont les 10 États qui la composent constituent la 4e puissance économique mondiale, avec 110 milliards d’investissements étrangers par an et des besoins importants. « Ils s’affirment, de plus en plus, comme des acteurs globaux sur la scène internationale », explique le document.

« Nous avons désormais en Asie du Sud-Est autant de ressortissants qu’en Afrique de l’Ouest, autant d’intérêts économiques qu’en Chine, et en plus nous partageons une vision commune des relations internationales », a fait valoir le sénateur Jean-Claude Peyronnet (Haute-Vienne), co-auteur du rapport. « Les opportunités sont immenses pour nos entreprises : défense, aéronautique, automobile, infrastructures, énergie, agro-alimentaire, santé, économie maritime… », a surenchéri son collègue Jean-Claude Requier (Lot).

En outre, le document relève qu’ « avec une spectaculaire inversion – à son avantage – de la relation de dépendance économique avec l’Occident, l’Asie du Sud-Est émergente est le creuset des évolutions géopolitiques actuelles, et notamment de la remise en cause des principes « occidentaux » du droit international (liberté de circulation en mer, notamment…) ».


Seulement, cette partie du monde a été négligée par la France depuis une vingtaine d’années. Il y a 15 ans, l’on comptait ainsi 450 entreprises françaises implantées en Indonésie contre seulement 150 actuellement, alors que ce pays connaît une croissance économique rapide. « sommes depuis 20 ans des bailleurs d’aide publique au développement dans ces pays en rattrapage accéléré : où sont les résultats sur le plan économique? », s’est demandé Christian Cambon, co-rapporteur.

Aussi, étant donné l’importance de l’Asie du Sud-Est, le rapport estime que la France doit jouer aux mieux ses atouts afin qu’elle saisisse les opportunités offertes par cette région. Pour rappel, Paris a des liens profonds avec la Malaisie et des partenariats stratégique avec Singapour, l’Indonésie et le Vietnam. Mais cela n’est évidemment pas suffisant.

« Les ‘géants’ de l’Asie (Inde, Chine, Japon) ne doivent pas nous cacher l’Asie du Sud-Est », estime le rapport des sénateurs, qui regrette que la « France peine à définir ses objectifs, à maintenir ses priorités dans la durée, et à redéployer ses moyens, notamment diplomatiques, vers cette zone émergente ».

Aussi, les sénateurs ont défini trois priorités : définir une stratégie à haut niveau en s’appuyant sur 3 États pivots (Malaisie, Indonésie, Singapour) et sur l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), « faire de la diplomatie économique le fer de lance » du pivot, notamment autour des « besoins de ‘l’économie verte’ et de ‘l’économie bleue’ » avec l’objectif d’optimiser les retombées économiques de 20 ans d’aide au développement et, enfin, de « s’engager pour la sécurité » en élargissant la coopération militaire (contre-terrorisme, échanges d’officiers, exercices, escales…) et en y maintenant des « moyens crédibles ».

Pour cela, le rapport a établi une feuille de route à court et moyen terme. Ainsi, au cours des 6 prochains moins, il suffirait d’adhérer à l’organise de lutte contre la pirateurie ReCAAP « en réglant de façon pragmatique la question de la traduction en langue française » et de « lancer un audit global des différents programmes de personnalités d’avenir pour l’Asie du Sud Est ».

Le programme à un an est plus étoffé et met l’accent sur la diplomatie et le rétablissement de l’influence française. Pour commencer, il propose de faire du « rattrapage de nos positions économiques en Indonésie et au Vietnam » la « priorité numéro 1″ ainsi que d’avoir un rythme soutenu de visites officielles dans la région (déplacement du ministre de la Défense en Malaise, tournée présidentielle).

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Reprendre pied en Asie du Sud-Est

Rapport d'information de MM. Jean-Claude PEYRONNET, Christian CAMBON, André DULAIT et Jean-Claude REQUIER, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées n° 723 (2013-2014) - 15 juillet 2014

Source : Sénat

Faut-il croire le ministre des affaires étrangères français lorsqu'il affirme, en août 2013, au siège de l'ASEAN, que « La France, elle aussi, a engagé un « pivot », non par effet de mode, mais parce que la France veut être présente là où se construit le monde de demain. L'Asie-Pacifique sera de façon évidente au coeur du XXIème siècle » ?

Le rythme des visites officielles françaises ces trois dernières années atteste, certes, de la prise de conscience tout à la fois du retard français en Asie du Sud-Est et des immenses opportunités offertes par cette aire au succès économique retentissant, au coeur du débat stratégique actuel.

Pour autant, notre « pivot » n'est qu'amorcé. Le but de ce rapport d'information est de proposer une « feuille de route » concrète pour le faire entrer davantage dans les faits, et de mobiliser sur l'urgence à être présents dans une région d'avenir. Faute de quoi nous risquons fort d'y « sortir des radars ».

Cliquer Ici pour télécharger la synthèse (4 pages) de "Reprendre pied en Asie du Sud-Est"

Cliquer Ici pour télécharger le Rapport "Reprendre pied en Asie du Sud-Est"

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Le 25 Juillet 2014

Nouvelles approches pour l'évaluation de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche dans le monde

Source : FAO - 25 Juillet 2014

Les captures de poisson représentent une ressource essentielle tant alimentaire qu’économique pour de nombreuses personnes dans le monde. Avec l’augmentation des populations côtières (+35% dans les 20 prochaines années), la demande de poisson va continuer à augmenter et avec elle la nécessité d'une gestion durable des ressources aquatiques.

L'état du stock est un paramètre clé pour l'évaluation de la durabilité des ressources halieutiques et le développement de plans de gestion adéquats. Alors que gestionnaires et décideurs ont besoin d'informations sur l'état des stocks de chaque espèce de poisson pour développer des stratégies de gestion efficaces, la connaissance de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche reste un défi majeur. Beaucoup de stocks ne sont pas évalués, souvent en raison du manque de données et d'un manque de ressources nécessaires au travail d'évaluation.

Les Département des pêches et de l'aquaculture de la FAO vient de publier une étude, « Développement de nouvelles approches pour l'évaluation de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche dans le monde » (Developing new approaches to global stock status assessment and fishery production potential of the seas). Cette étude représente une étape importante pour analyser les performances des méthodes qui peuvent être utilisées pour estimer l'état du stock. Le document met l'accent sur deux méthodes pour estimer l'état de la pêche : l'une fondée sur le statut unique stock, et l'autre basée sur la production de l'écosystème. Les résultats ne sont pas destinés à fournir des conseils directs pour motiver les mesures de gestion des pêcheries, mais pour donner une indication de la santé des stocks de poissons et de leur potentiel de production.

Cliquer Ici pour télécharger "Developing new approaches to global stock status assessment and fishery production potential of the seas" (Développement de nouvelles approches pour l'évaluation de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche dans le monde)

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Le 24 Juillet 2014

Conférence grand public sur l’Or Bleu des Seychelles

L’Ambassade de France aux Seychelles et l'Autorité de la pêche des Seychelles (SFA) ont organisé une conférence grand public sur l’Or Bleu vendredi 20 juin 2014 à Victoria, la capitale. Environ 70 personnes étaient présentes, dont le Ministre des Affaires Etrangères, M. Jean-Paul Adam, l’Ambassadeur des Seychelles pour la région Océan Indien, M. Calixte D’Offay, et l’Ambassadeur de France aux Seychelles, Mme Geneviève Iancu. Mme Iancu a salué le talent et l’expérience des trois co-auteurs qu’elle a qualifiés de témoins vivants du développement de la pêche au thon aux Seychelles.

Source : CTA

Le Seychellois Philippe Michaud et les Français Francis Marsac et Alain Fonteneau ont trouvé utile de retracer dans un livre, l’histoire de la pêche au thon aux Seychelles.L’ouvrage qu’ils ont intitulé ‘L’Or Bleu des Seychelles’, part des années 70 avec les premiers plans du gouvernement d’alors de l’exploitation du thon aux Seychelles. Il raconte ensuite les différentes étapes de cette activité importante pour l’économie du pays, allant des recherches, passant par la négociation avec les armateurs Européens et Japonais, l’arrivée des premiers thoniers, un début de pêche difficile, le développement des infrastructures, et les différentes évolutions dont la piraterie, jusqu'une activité importante et profitable aujourd’hui.

Aujourd’hui Victoria, devenue l’un des ports thoniers les plus actifs au monde, héberge l’une des plus grosses conserveries de la planète et l’industrie thonière constitue un des piliers économiques du pays.

En vingt ans seulement, les retombées socio-économiques ont été considérables, avec la création de milliers d’emplois et la mise en place d’une flottille palangrière semi-industrielle conduite par des opérateurs locaux. La recherche scientifique a en permanence accompagné ce développement, en assurant un suivi continu de la pêche thonière pour une gestion raisonnée des stocks et la préservation des écosystèmes pélagiques

Source: afrique-australe.aird.fr

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Le 18 Juillet 2014

Philippines

Trop belle (pour eux) la plage !

Des centaines de communautés de pêcheurs habitent le long des 39.289 kilomètres du littoral philippin et, après une journée en mer, tirent leurs « bankas » sur des plages de rêve. Trop belles (pour eux) ces plages ! Ne seraient-elles pas mieux « rentabilisées » par l’industrie touristiques ? Heureusement, un décret délimitant une bande de terre interdite à la construction (no build zone) de 40 à 200 mètres dans les zones à risque a été opportunément promulgué au lendemain du passage du typhon Hayan.

Source : Blog de Philippe Revelli

A une vingtaine de kilomètres au sud de Tacloban, dans la commune de Tanauan, le Barangay (quartier) Bislig abrite une communauté de pêcheurs artisanaux.

Ici, le typhon Hayan (baptisé Yolanda aux Philippines) a tout cassé : les maisons, les bateaux, les cocotiers (qui constituaient un revenu complémentaire essentiel). Après quoi les survivants ont retroussé leurs manches, tant bien que mal reconstruit des habitations, fabriqué de nouveaux bateaux avec les matériaux fourni par des ONG.

Aujourd’hui, la situation est loin d’être revenue à la normale – une normalité qui, dans leur cas, n’a jamais été faste –, mais les habitants de Bislig n’ont pas la moindre intention d’aller s’installer ailleurs. Même si des représentants de la municipalité les menacent d’expulsion car une bonne moitié des habitations de la communauté sont bâties à moins de 40 mètres de la mer, sur une zone récemment interdite à la construction (no build zone).


C’est au lendemain du passage d’Hayan, qu’une bande côtière de 40 à 200 mètres de profondeur a été déclarée non constructible dans les zones considérées comme à risque. Dans un pays balayé chaque année par une trentaine de typhons, la mesure peut sembler de simple bon sens, mais…

MAIS aux Philippines des centaines de communautés de pêcheurs artisanaux vivent sur cette frange littorale et, selon une estimation basse de la Commission nationale contre la pauvreté (National Anti-poverty Commission), la mise en œuvre des « no build zones » conduirait au déplacement de 252.688 familles.

MAIS ces familles...

Suite et reportage photos : Blog de Philippe Revelli 

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Juillet 2014

« Fixez vos ambitions plus haut », la société civile dit à l'ONU

Le vieux débat sur les fins et les moyens s'occupe, en général, des procédures inacceptables qui revendiquent la légitimité en raison des résultats escomptés. Pas plus maintenant. Dans le débat international actuel sur les objectifs de développement pour les Nations Unies, les « fins » sont fixées si basses qu'aucun effort important n'est vraiment nécessaire de la part de personne. Roberto Bissio, le rédacteur en chef du Rapport Social Watch 2014, lors de son lancement le 9 juillet à New York à l’occasion de la réunion ministérielle du Forum politique de haut niveau de l'ONU, a commenté qu’aucun moyen n'est nécessaire si les objectifs n'ont pas de sens.

Source : Social Watch

Le rapport, intitulé « Fins et moyens », est un examen sommaire de cinquante rapports nationaux et une analyse des tendances mondiales, menés par les organisations de la société civile. Il surveille la manière dont le gouvernement et les institutions internationales font la mise en œuvre de leurs engagements solennels pour éradiquer la pauvreté, assurer la justice entre les sexes et promouvoir le développement durable.

Dans tous les pays, les organisations de la société civile estiment que les Objectifs du Millénaire pour le développement qui ont guidé les efforts de développement pendant plus d'une décennie ont été fixés trop bas pour de nombreux pays et ont détourné l'attention de l'accroissement des inégalités dans le monde entier.

Aux Philippines, par exemple, une quarantaine de personnes concentre plus de trois quarts de la croissance économique de l'ensemble du pays. Ces « économies oligarchiques » sont de plus en plus courantes tant dans les pays riches que dans les pays pauvres, et pourtant, il y a des alternatives disponibles : de nombreux pays d'Amérique du Sud parviennent à réduire les inégalités et à grandir en même temps.

Le rapport de Social Watch regrette que deux ans après Rio +20 les pays développés n'aient encore offert aucun indice sur un nouvel engagement de leur côté. À leur tour, les pays en développement sont réticents à s'investir dans des réussites pour lesquelles aucun moyen de mise en œuvre n'est mis à disposition.

Sans la volonté, il n'y aura pas de transformation et l'injustice flagrante du monde actuel ne peut que s'aggraver, conclut le rapport.

Pour plus d'informations : Rapport Social Watch 2014 (en Anglais)

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Le 12 Juillet 2014

Arctique : Préoccupations européennes pour un enjeu global

Remarque : En Mer de Barents, les captures annuelles de cabillaud atteignent 1 million de tonnes depuis 2012 (pour un total dans la zone Arctique de près de 7 millions de tonnes, soit 8% des captures mondiales). Les autres espèces importantes : Colin d'Alaska, Saumons du Pacifique, Hareng, Capelan, Crevette nordique,...

Rapport d'information de M. André GATTOLIN, fait au nom de la commission des affaires européennes n°684 (2013-2014) - 2 juillet 2014

Source : Sénat

Un accès aux ressources naturelles facilité
L’exploitation des minerais en Arctique : la nouvelle ruée vers l’or
La fièvre des hydrocarbures et le cauchemar d’une marée noire en milieu polaire
La pêche en Arctique : une ressource à gérer durablement


Les dernières années ont montré un fol emballement autour de l'océan Arctique et sa région en raison des effets du réchauffement climatique sur la fonte de la banquise. Les spéculations sur les richesses supposées de son sous-sol en ont fait un nouvel eldorado. Les fantasmes de nouvelles routes commerciales mondiales autour du Pôle Nord agitent les puissances exportatrices et les pays qui souhaiteraient exploiter ces routes, la Russie et le Canada. Enfin, la fonte de la banquise permettrait, dit-on, de pêcher toujours plus de poissons !


Derrière cette agitation, se cache une réalité plus sévère : l'Arctique se réchauffe au moins deux fois plus vite que le reste de la planète, ce qui entraine un changement profond et peut-être irrémédiable de la vie dans la région. C'est le cas pour ses habitants et aussi pour un environnement qui reste fragile.

Cela n'a pas empêché plusieurs États d'avoir élaboré une stratégie ou une politique visant à leur permettre d'agir et d'être présents dans cette région du monde en pleine mutation. Les États côtiers de l'Arctique, certes, mais aussi des pays européens ou encore des pays asiatiques, grands exportateurs et armateurs.

Dans ce contexte, que peuvent faire l'Union européenne et la France ? Le Parlement européen a adopté une résolution le 12 mars 2014 et le Conseil des conclusions le 12 mai. Pour sa part, la France, en plus du « chantier arctique », lancé par le monde de la recherche, est en train d'élaborer une Feuille de route nationale pour l'Arctique qui guidera son action dans la région pour les années qui viennent. Le rapport présente et analyse l'ensemble de ces aspects, afin de permettre une meilleure compréhension des enjeux et des évolutions de l'Arctique.

Cliquer Ici pour accéder au sommaire du rapport et cliquer pour accéder directement à la partie consacrée à la pêche dans l'Océan Arctique : "La pêche en Arctique : une ressource à gérer durablement"

Cliquer Ici pour télécharger le rapport d'information du Sénat : "Arctique : Préoccupations européennes pour un enjeu global"

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Arctique : l'Europe doit prendre ses responsabilités

Tiraillée entre des possibilités économiques grandioses et des risques environnementaux démesurés, l'Union européenne doit adopter une position claire sur l'Arctique.

La "légitimité géographique" de l'Union européenne sur l'Arctique ne fait pas de doute, explique le sénateur écologiste André Gattolin (Hauts-de-Seine) lors de la présentation de son rapport "Arctique : préoccupations européennes pour un enjeu global", jeudi 10 juillet. En effet, le Danemark (Groenland), la Finlande et la Suède, membres de l'Union européenne, sont traversés par le cercle polaire (66° nord) et appartiennent ainsi à ce que l'on nomme la "région arctique". C'est aussi le cas de la Norvège et de l'Islande, membres de l'Espace économique européen (EEE).

L'Union européenne doit réparer les erreurs du passé

Dans ses conclusions du 12 mai, le Conseil de l'Union européenne a demandé à la Commission de lui soumettre, avant la fin 2015, "des propositions sur la poursuite du développement d'une politique intégrée et cohérente pour la région arctique" (1), relaye le rapport sénatorial. L'objectif est de passer d'une approche européenne "embryonnaire" à une véritable politique "intégrée", explique André Gattolin.

Mais l'Union doit "réparer les erreurs du passé", avertit le rapport. Le député incite ainsi à "surmonter le traumatisme causé par l'interdiction du commerce des produits du phoque", décidée par l'Union européenne en 2009. En interdisant les produits dérivés du phoque sur son territoire, "pour des raisons éthiques liées au bien-être de l'animal", l'Union "a contribué à considérablement réduire l'activité de la chasse et les ressources des populations autochtones". Or, au Canada, 600.000 personnes (locaux et inuites) dépendent de la chasse au phoque, explique l'étude.

En outre, la résolution du 9 octobre 2008 du Parlement "a considérablement dégradé l'image (…) de l'Union elle-même auprès des Etats et des populations de l'Arctique", ajoute le document sénatorial. Cette résolution visait à sanctuariser l'Arctique, à la manière de l'Antarctique qui a le statut de "réserve naturelle consacrée à la paix et à la science". En effet, "à la différence de l'Antarctique, l'Arctique n'est pas un continent sans habitants, mais un océan entouré de continents et peuplé de quatre millions d'habitants", clarifie le rapport.

Une politique intégrée, mais laquelle ?

(....)

(1) Une réglementation européenne timide sur les forages d'hydrocarbures en Haute mer

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Le 11 juillet 2014

Perspectives agricoles (et halieutiques) de l'OCDE et de la FAO 2014

Projection sur les 10 années qui viennent... Période 2014 - 2023 

Cette vingtième édition de l'OCDE des Perspectives agricoles, élaborée conjointement pour la neuvième fois avec l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), présente des projections à l’horizon 2023 pour les principaux produits agricoles, les biocarburants et les poissons pour 41 pays et 12 régions. Le rapport 2014 comprend aussi un chapitre spécial sur l'Inde.

Cliquer Ici pour accéder au rapport et aux différents documents

Un chapitre consacré aux poissons et fruits de mer 

Pour les produits halieutiques et aquacoles, l'accroissement de la production aquacole sera concentré en Asie. L'aquaculture restera parmi les secteurs alimentaires qui se développent le plus vite et sa production destinée à la consommation humaine dépassera celle de la pêche en 2014.

Ce chapitre décrit la situation du marché dans le secteur de la pêche et présente la dernière série de projections quantitatives à moyen terme obtenues pour la période 2014-23. 

L’analyse des perspectives du marché de la pêche s’intéresse à l’évolution des prix, de la production, des utilisations (consommation humaine, farines et huiles de poisson) et des échanges (importations et exportations). Ces projections quantitatives sont établies à l’aide du modèle dynamique d’équilibre partiel de la pêche. Il s’agit à l’heure actuelle d’un modèle autonome basé sur les hypothèses macroéconomiques et sur les prix des produits d’alimentation humaine et animale, utilisés ou générés par le modèle Aglink-Cosimo relatif aux marchés agricoles. Ce chapitre comprend également un encadré consacré au recyclage des déchets de poisson sur le marché des farines et huiles de poisson. Il passe en revue, pour terminer, certaines des principales questions et incertitudes qui pourraient modifier les perspectives à moyen terme du secteur de la pêche. L’accent est mis sur les politiques de la pêche et sur les contraintes particulières qui pèsent sur la production halieutique et aquacole.

Cliquer Ici pour visualiser la partie consacrée aux poissons

L’OCDE et la FAO anticipent une baisse des prix agricoles – Elevage et biocarburants devanceront les productions végétales

Les céréales restent centrales dans l'alimentation humaine mais protéines, matières grasses et sucre occuperont de plus en plus de place dans de nombreuses régions du monde alors que les revenus et le taux d'urbanisation augmentent. Chapitre spécial sur l'Inde.

Source : Fao

Les prix des principaux produits végétaux devraient continuer de baisser sur les deux prochaines années, puis se stabiliser audessus du niveau observé avant 2008, mais très en deçà des sommets atteints dernièrement, selon la dernière édition des Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO.


La demande de produits agricoles devrait rester ferme mais progresser moins rapidement qu'au cours de la décennie écoulée. Les céréales restent centrales dans l'alimentation humaine mais les protéines, les matières grasses et le sucre occuperont de plus en plus de place dans de nombreuses régions du monde alors que les revenus et le taux d'urbanisation augmentent.

Il ressort des Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2014-2023 que ces changements, conjugués à l'augmentation de la population mondiale, exigeront d'accroître sensiblement la production pendant la décennie à venir. Asie et Amérique latine en tête, les régions en développement assureront plus de 75 % de l'accroissement de la production agricole sur les dix prochaines années.

Lors de la présentation de ce nouveau rapport à Rome, Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, a déclaré: «Après une période au cours de laquelle les prix ont été inhabituellement élevés, les marchés agricoles reviennent à une situation plus normale. Les pays qui se sont abstenus de recourir à des mesures commerciales ont contribué à ce mouvement. Nous ne devons pas pour autant nous en contenter et faire plutôt davantage pour les échanges commerciaux, la productivité et pour la lutte contre la pauvreté. Les gouvernements devraient apporter une protection sociale aux plus vulnérables et créer des instruments qui aideront les agriculteurs à gérer les risques et à investir dans la productivité agricole. Réaliser des gains de manière inclusive et durable reste un véritable défi.»

M. Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, a ajouté: «Le message de cette édition des Perspectives est plus positif. Les agriculteurs ont été très réactifs face à l'augmentation des prix et ont renforcé leur production de sorte que maintenant nous avons aussi davantage de stocks disponibles. Nous anticipons une baisse des prix des céréales pour au moins les deux prochaines années. Il n'en sera pas de même pour la viande et le poisson pour lesquels la demande est grandissante. La bonne performance du secteur de l'agriculture, notamment dans les pays en développement, contribuera à l'éradication de la faim et de la pauvreté.»


Dans un chapitre spécial sur l'Inde, les Perspectives annoncent une croissance soutenue de la production et de la consommation alimentaires dans ce pays, sous l'impulsion des secteurs à valeur ajoutée comme le secteur de la production laitière et aquacole. L'investissement dans la technologie et l'infrastructure, ainsi que plusieurs types de subventions, ont contribué à un fort accroissement de la production au cours de la dernière décennie, selon le rapport. La pression exercée sur les ressources devrait ralentir la progression de la production dans les années à venir. Tout en restant principalement végétarienne, l'alimentation des Indiens va se diversifier. Sous l'effet d'une augmentation de la consommation de céréales, de lait, de produits laitiers, de poisson, de légumineuses, de fruits et de légumes, les apports de nutriments vont s'accroître. L'Inde compte actuellement le plus grand nombre de victimes de l'insécurité alimentaire dans le monde.

Selon les Perspectives, la production mondiale de céréales sera en augmentation de 15 % en 2023, par rapport à la période 201113. C'est la production de graines oléagineuses qui devrait croître le plus vite pendant la décennie qui vient (+26 %). La hausse de la production de céréales secondaires et d'oléagineux sera imputable à une forte demande de biocarburants, en particulier dans les pays développés, et à des besoins croissants en aliments pour animaux dans les régions en développement.

Le rapport indique que la progression des cultures vivrières sera plus modérée au cours de la prochaine décennie, la production de blé augmentant de 12 % et celle de riz de 14 %, soit beaucoup moins que ces dix dernières années. La production de sucre devrait connaître dans le même temps une hausse de 20 %, concentrée dans les pays en développement.


Les Perspectives agricoles présentent des projections concernant un large éventail de produits sur les dix ans qui viennent :
  • Céréales : les prix mondiaux des principales céréales vont fléchir au début de la période de projection, stimulant de ce fait les échanges mondiaux. Les stocks devraient augmenter, notamment ceux de riz en Asie et atteindre des niveaux record.
  • Graines oléagineuses : la part des superficies en oléagineux dans le monde va continuer de croître, mais à un rythme plus lent que ces dernières années, car la demande en augmentation pour les huiles végétales va faire monter les prix.
  • Sucre : après avoir diminué fin 2013, les prix vont se redresser sous l'effet d'une forte demande mondiale. Les exportations du Brésil, premier exportateur mondial, dépenderont du marché de l'éthanol.
  • Viande : la fermeté de la demande d'importations des pays d'Asie et la reconstitution du cheptel entamée en Amérique du Nord soutiennent les prix qui, corrigés de l'inflation, devraient rester audessus des moyennes de la décennie précédente. Les prix de la viande bovine devraient atteindre des niveaux record. Au cours des dix ans à venir, la volaille devrait devenir la viande la plus consommée, devançant la viande de porc.
  • Produits laitiers : les prix fléchiront légèrement par rapport à leurs niveaux actuels élevés, en raison d'un accroissement constant de la productivité dans les principaux pays producteurs et du retour de la croissance en Chine. Dépassant l'Union européenne, l'Inde deviendra le premier producteur mondial de lait et exportera des quantités considérables de lait écrémé en poudre.
  • Produits halieutiques et aquacoles : l'accroissement de la production aquacole sera concentré en Asie. L'aquaculture restera parmi les secteurs alimentaires qui se développent le plus vite et sa production destinée à la consommation humaine dépassera celle de la pêche en 2014.
  • Biocarburants : la consommation et la production de biocarburants, notamment d'éthanol fabriqué avec du sucre et de biogazole, devraient croître de plus de 50 %. Le prix de l'éthanol montera parallèlement à celui du pétrole brut, tandis que celui du biogazole suivra plus étroitement l'évolution du prix des huiles végétales.
  • Coton : l'écoulement prévu des stocks mondiaux accumulés va stimuler la consommation, dopée par des prix plus bas qui devraient néanmoins remonter à l'horizon 2023.

Pour en savoir plus :

Cliquer Ici pour visualiser le rapport intégral "Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2014"

Cliquer Ici pour visualiser la partie "Vue d'ensemble des Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2014-2023"

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Le 10 Juillet 2014

Inde : Les ONG accusées de casser la croissance

 Copie d'écran du site Greenpeace India, ONGE qualifiée de "menace à la sécurité économique nationale"

Un rapport  des renseignements intérieurs indiens accuse les organisations non gouvernementales (ONG) de nuire à l’économie du pays. En s’opposant à la réalisation de projets industriels, elles feraient perdre de 2 à 3% du PIB. Greenpeace s’est déjà vu restreindre son autonomie financière et d’autres organisations dont les fonds proviennent de l’étranger pourraient être menacées. La promesse de Narendra Modi à ses 551 millions d’électeurs, il y a deux mois, de relancer la croissance passera-t-elle par le muselage des ONG ?

Source : Novethic

C'était il y a quelques semaines. Narendra Modi, le nouveau Premier ministre indien, recevait sur son bureau un rapport de 21 pages intitulé "Impact des ONG sur la croissance", rédigé par l’Intelligence Bureau, l’un des services secrets indiens. Mais le 7 juin, le document classé confidentiel fuite dans le quotidien "Indian Express", déclenchant dans le pays une vaste polémique sur le rôle des ONG, particulièrement environnementales.

L’Intelligence Bureau accuse certaines ONG de constituer un frein à la croissance, le cheval de bataille du nouveau gouvernement indien, dominé par les libéraux conservateurs du BJP. Greenpeace y est même qualifiée de "menace à la sécurité économique nationale".

Un impact négatif de "2 à 3%" sur le PIB

Dans le viseur des services secrets: les financements internationaux des ONG en Inde. Certaines organisations sont ainsi soupçonnées de faire le jeu des puissances étrangères en s’opposant à des projets industriels en cours. C'est notamment le cas de Greenpeace, qui lutte contre la mise en exploitation de mines de charbon, dans la forêt de Mahan, au Madhya Pradesh (dans le centre du pays), un projet du conglomérat pétrolier indien Essar.

"Les donateurs étrangers conduisent les ONG locales à […] servir d'outils pour les intérêts stratégiques des politiques étrangères des gouvernements occidentaux", affirme le service de renseignement. Selon les calculs de l’Intelligence Bureau, elles auraient ainsi un impact négatif de 2 à 3% par an sur le PIB indien. Ces conclusions ont suscité de vives réactions dans les médias et au sein de la société civile.

Surjit Bhalla, un économiste renommé, prend ainsi la plume dans une longue tribune. "2 à 3% du PIB indien, cela représente actuellement entre 25 et 37 milliards d’euros […], écrit-il. Le montant reçu par les ‘mauvaises ONG’ est proche de 6,7 millions d’euros par an [selon l’Intelligence Bureau lui-même]. Cette somme a donc été aux mains de parfaits génies qui ont réussi à faire perdre à l’Inde (par leurs recherches, lobbying et manifestations) 2500 fois leur investissement d’origine", ironise-t-il.

Une autre estimation contredit celle des services secrets indiens, elle vient de la Banque mondiale. L'institution estime que la dégradation de l’environnement coûte à l’Inde 5,7 % de son PIB annuel.

Des associations indiennes font les frais des activités "anti-développement"

Suite : Novethic

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Le 7 Juillet 2014

Comprendre le crime organisé en Afrique

En Afrique, le crime organisé touche aussi les produits issus de la pêche

Les points clés
De nouveaux outils sont nécessaires pour analyser le crime organisé
Des structures gouvernementales financées par le crime
Porte ouverte au crime dans les États les plus faibles
Besoin de solutions axées sur le développement

Source : IRIN - New York - 7 juillet 2014 

Les préoccupations croissantes concernant le rôle du crime organisé dans l’instabilité et la pauvreté sur le continent africain ont motivé une quête d’outils analytiques et un appel à de plus amples recherches pour comprendre les forces contextuelles en jeu et savoir comment s’y attaquer au mieux.

Si à l’origine les débats sur le crime organisé se concentraient principalement sur le monde développé, puis sur l’Amérique latine et l’Asie centrale, l’attention s’est maintenant tournée vers l’Afrique. « Alors que les analystes mettaient en doute l’existence d’un problème de crime organisé en Afrique, ce sujet est désormais considéré comme une préoccupation typiquement africaine », peut-on lire dans le rapport Unholy Alliances: Organized Crime in Southern Africa (Alliances infâmes : le crime organisé en Afrique méridionale), publié par la Global Initiative against Transnational Organized Crime (Initiative mondiale contre le crime organisé transnational) et Rosa Luxemburg Stiftung et qui se fonde sur les discussions d’un comité d’experts qui se sont réunis plus tôt cette année. Le rapport remarque que sur le nombre croissant de mentions et de résolutions faites par le Conseil de sécurité des Nations Unies ces huit dernières années, 80 pour cent concernaient l’Afrique.

Les experts du comité ont suggéré de ne pas « montrer du doigt » le continent ni les États qui le composent, car « les États les plus développés du monde trouvent leur origine dans la corruption et le crime organisé ». En outre, à l’heure où l’on cherche des solutions, « le rôle des pays occidentaux et de leurs entreprises en Afrique doit être au premier plan en tant qu’exploitants et consommateurs ».

L’attention portée à l’Afrique coïncide avec la prise de conscience, au cours des dix dernières années, non seulement que le crime organisé menace le développement, mais que des solutions axées sur le développement sont nécessaire pour le combattre.

Le crime organisé sur le continent fait partie de « l’histoire de son indépendance », est-il écrit dans le rapport. La fin de la guerre froide et les coupures dans l’aide au développement ont ouvert la voie au financement criminel des structures gouvernementales. En outre, « la démocratie multipartite et la nécessité de financer les processus électoraux ont constitué un point particulièrement vulnérable qui a permis aux réseaux de gagner en influence et en légitimité ».

La demande croissante en Asie et au Moyen-Orient de biens tant licites qu’illicites a alimenté le trafic en Afrique. « Le marché florissant des drogues à usage récréatif et des produits de la flore et de la faune sauvages ont entraîné la croissance, la professionnalisation et la militarisation des réseaux criminels en Afrique. Parallèlement, la demande de drogues à usage récréatif dans les pays du Golfe et l’instabilité en Afrique du Nord ont attiré le trafic vers l’est », précise le rapport. Avec la hausse de la consommation d’amphétamines sur les marchés émergents du Golfe et d’Asie, la production de drogue n’est plus réduite à des zones géographiques spécifiques. En Afrique méridionale, les itinéraires de contrebande d’armes des guerres d’indépendance sont maintenant empruntés par les trafiquants d’espèces sauvages et autres biens illicites.

Selon Mark Shaw, directeur de la Global Initiative against Transnational Organized Crime, outre quelques exemples tels que les gangs du Cap-Occidental en Afrique du Sud ou les caractéristiques du crime organisé au Nigeria, les définitions classiques du crime organisé ne s’appliquent pas à l’Afrique. « Ce n’est pas quelque chose que l’on peut mettre dans une boîte et qui se produit indépendamment de l’État et des institutions commerciales. Sur le continent, le crime organisé et bien plus manifestement lié à ces institutions. »


Une « économie de la protection »

M. Shaw invoque la notion d’« économie de la protection » pour illustrer comment les différents acteurs interagissent dans les pays dont le gouvernement dispose de faibles capacités. Il identifie trois éléments clés intrinsèques à l’économie de la protection : premièrement, le recours à la violence ou à des « personnes armées » pour assurer la sécurité du transport de marchandises de contrebande, qui peuvent aller de soldats des forces de sécurité elles-mêmes à des milices, en passant par les gangs et les sociétés de sécurité privées ; deuxièmement, la corruption, dont les pots-de-vin versés à certains fonctionnaires ; et troisièmement, l’investissement des groupes criminels dans les communautés pour assurer leur légitimité et faciliter les opérations : paiements à des partis politiques ou financement d’équipements locaux, par exemple.

« Cela permet de mieux comprendre le crime organisé dans le contexte particulier d’un État faible ou incapable d’assurer la sécurité. Vous pouvez alors observer le large éventail d’acteurs gouvernementaux, d’entreprises, de réseaux criminels ou de communautés et comprendre leurs interactions », a ajouté M. Shaw, qui croit que chaque réseau criminel majeur opérant sur le continent comporte ces trois éléments à divers degrés. Là où l’État est particulièrement faible, « l’économie de la protection est plus prononcée », a-t-il précisé.

Si le phénomène d’économie de protection n’est pas réservé à l’Afrique, il est manifestement présent dans de nombreux pays du continent. L’implication de l’État varie selon les pays. En Guinée-Bissau, l’État participe complètement à l’économie de la protection, tandis qu’au Mali, certains acteurs locaux du crime organisé ont des liens avec l’État. En Libye, où de larges portions du territoire échappent au gouvernement, « la protection est offerte par des prestataires privés, souvent liés à certaines milices ».

Lorsque le crime, l’État et la politique sont imbriqués de cette manière, les réponses classiques fondées sur la loi et l’ordre – telles que la saisie des produits de contrebande et l’arrestation des coupables (souvent ceux qui se trouvent au bas de l’échelle hiérarchique) – ne sont pas une solution, a remarqué Stephen Ellis, chercheur au Centre d’études africaines de Leiden, aux Pays-Bas.

Des frontières qui s’estompent entre les sociétés légitimes et illégitimes

Suite : IRIN

Références :

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Le 4 Juillet 2014

Nouvelle-Calédonie : l’affaire du palangrier chinois Hu YU 911

La Cour d’appel de Nouméa considère qu’il y a  une « zone grise » générée par le chevauchement des deux ZEE - Nouvelle-Calédonie et Vanuatu - dans laquelle les pêcheurs des deux pays pouvent légalement exercer leurs activités.

La Cour d’appel de Nouméa vient de prendre le 1er juillet 2014 une bien curieuse décision (arrêt de la chambre des appels correctionnels n° 14/108). Elle a en effet infirmé un arrêt du tribunal correctionnel de cette ville en date du 20 novembre 2013 qui avait condamné un pêcheur chinois qui avait été pris en flagrant délit de pêche illicite dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Nouvelle-Calédonie. Le navire en cause était le palangrier Hu Yu 911.

Source : Blog de Jean-Paul Pancracio - Université de Poitiers - Droit de la Mer et des Littoraux

Ce pêcheur était titulaire d’une licence de pêche délivrée par le Vanuatu qui l’autorisait à pêcher… dans la ZEE française de Nouvelle-Calédonie. Le Vanuatu a en effet tracé une délimitation unilatérale de sa ZEE qui la fait venir jusqu’aux abords immédiats de la Grande Terre en incluant les îles Loyauté sous souveraineté française incontestable dont les plus importantes sont Maré, Lifou et Ouvéa.

Le pêcheur avait été condamné en première instance correctionnelle : 4 mois de prison avec sursis, 5 millions de francs NC d’amende outre la rétention de son navire.

Les juges d’appel l’ont totalement relaxé… et la motivation de l’arrêt laisse pantois.

La décision considère qu’à défaut d’accord bilatéral intervenu entre la France et le Vanuatu pour délimiter leurs ZEE respectives, le Vanuatu pouvait valablement revendiquer la limite des 200 milles marins qui vient quasiment poser sa ZEE sur le littoral de la Nouvelle-Calédonie en y incluant les îles Loyauté ! Cela, alors même que la limite de la ZEE française prend en compte la règle majeure de l’équidistance entre les côtes opposées des deux Etats. La Cour a ainsi considéré qu’il y avait en l’espèce une « zone grise » générée par le chevauchement des deux ZEE, dans laquelle les pêcheurs des deux pays pouvaient légalement exercer leurs activités.

Les conséquences sont potentiellement catastrophiques : 1) les navires pêchant sous licence du Vanuatu vont pouvoir pêcher jusque sur les côtes de la Grande Terre et dans tout l’espace maritime des îles Loyauté ; or le Vanuatu n’est pas spécialement réputé pour exercer un contrôle rigoureux sur l’activité de pêche dans sa zone ; 2) Il en est fini de l’action de l’Etat en mer de la Marine nationale et de la régulation des activités de pêche dans cette prétendue « zone grise » qui n’en est pas une et appartient intégralement à la Nouvelle-Calédonie(la notion de zone grise n’est pas une notion juridique. Rappelons qu’elle relève du langage des contrôleurs aériens pour caractériser une zone dans laquelle il n’y a plus de contrôle radar) ; 3) On y reviendra un peu plus loin, mais cette fameuse zone grise laisse également entendre que les îles de la Loyauté ne sont plus, potentiellement, sous souveraineté française !

Les iles de Maré, Lifou et Ouvéa, et plusieurs autres moins étendues de l’archipel Loyauté, sont sans conteste néo-calédoniennes. Il est totalement abusif de la part des autorités du Vanuatu de prétendre tracer une ligne de démarcation de la ZEE du Vanuatu englobant ces îles et venant pratiquement se poser sur Goro, sur la côte sud-est de la Grande Terre (voir carte ci-dessus)

Suite et pour plus d'explications : Blog de Jean-Paul Pancracio

Sur NC 1ère : Le droit coutumier ?

Zone de "chevauchement": la relaxe du palangrier chinois a ouvert un vide juridique

L'affaire du palangrier chinois et la relaxe de la cour d'appel ont mis en avant l'absence d'une réglementation concernant les zones maritimes de la Nouvelle-Calédonie et du Vanuatu. Une situation qui permet aux navires ayant une licence vanuataise de pêcher à proximité des Loyauté et de Yaté!

Source : NC 1ère  par Angela Palmieri

L'affaire du Yu Hu 911 a mis en lumière, une fois de plus, le flou des frontières maritimes avec le Vanuatu.  A ce jour, aucun accord n'est intervenu entre l'Etat français, compétent dans ce domaine, et l'archipel voisin qui délivre de plus en plus de licences à des bateaux de pêche chinois...

La zone dite de "chevauchement" représente environ 400 000 km2 ! Elle est revendiquée par endroits par la Nouvelle-Calédonie ou par le Vanuatu, jusqu'à présent aucun accord n'a pu être conclu...

Le point en images avec Nadine Goapana et Judith Rostain de NC 1ère



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Le 3 juillet 2014

La durabilité de la pêche et de l’aquaculture au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition

Le dernier rapport du HLPE # 7

La durabilité de la pêche et de l’aquaculture au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition est maintenant disponible en anglais.

Cliquer Ici pour le résumé en français (11 pages)

Sustainable fisheries and aquaculture for food security and nutrition

This report addresses a frequently overlooked but extremely important part of world food and nutrition security: the role and importance of fish in seeking food and nutrition security for all.

Fisheries and aquaculture have often been arbitrarily separated from other parts of the food and agricultural systems in food security studies, debates and policy-making. I applaud the Committee on World Food Security for its decision to bring fisheries and aquaculture fully into the debate about food and nutrition security.

A report by the High Level Panel of Experts on Food Security and Nutrition

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La durabilité de la pêche et de l’aquaculture au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition

Résumé et recommandations

Le poisson, qu'il soit produit dans le cadre d'activités de pisciculture/d'aquaculture ou capturé dans les stocks sauvages marins ou dulcicoles, est une source fondamentale de protéines et de nutriments essentiels, et ses qualités nutritionnelles comme ses autres vertus pour la santé sont de plus en plus reconnues. Il présente l'un des meilleurs taux de conversion d'aliments en produit alimentaire de haute qualité. Le poisson et les produits dérivés assurent des revenus et des moyens d'existence à de nombreuses communautés à travers le monde.

Que ce soit aujourd'hui ou demain, la contribution de la pêche et de l'aquaculture à la sécurité alimentaire et à la nutrition dépend de nombreuses interactions entre plusieurs questions relevant de l'environnement, du développement, de l'action publique et de la gouvernance.

La nécessité de nourrir une population mondiale de plus en plus nombreuse et de satisfaire une demande croissante de poisson pèse sur les ressources naturelles et menace la durabilité du développement des pêches marines et continentales et de l'aquaculture. Elle appelle en outre à résoudre plusieurs problèmes de gestion des chaînes de valeur du poisson, pour que celles-ci puissent contribuer à concrétiser le droit à l'alimentation des communautés de pêcheurs et à mettre le poisson à la disposition de tous. Enfin, elle remet en cause les rôles et les contributions des différents acteurs (communautés de pêcheurs, petits exploitants, entreprises internationales de pêche, etc.) dans un secteur très diversifié et hétérogène, sujet à d'importantes inégalités.

Dans ce contexte, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) a demandé en octobre
2012 au Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition de réaliser une étude sur le rôle de la durabilité de la pêche et de l'aquaculture dans la sécurité alimentaire et la nutrition. Cette étude devait être pratique, concrète et orientée vers l'action publique et prendre en compte les aspects environnementaux, sociaux et économiques de la pêche, y compris de la pêche artisanale et comporter un examen du développement de l'aquaculture.

Étant donné l'importance du poisson pour la sécurité alimentaire et la nutrition, que faudrait-il faire pour préserver, voire améliorer cette contribution, aujourd'hui et à long terme, compte tenu des défis que doivent relever les secteurs de la pêche et de l'aquaculture en matière de durabilité et de gouvernance et au vu des contraintes économiques et des situations démographiques auxquelles ils doivent répondre? Telle est la question à laquelle on s'efforce de répondre dans le présent rapport.

Suite du résumé en français

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Le 2 juillet 2014

La croissance bleue – Exploiter le potentiel des mers et des océans


Il est temps de changer radicalement notre gestion des océans

02 Jul 2014 - Aujourd’hui, le secteur des pêches héberge une industrie multimilliardaire d’une importance cruciale, comme source de nourriture, d’emplois, d’échanges commerciaux, de bien-être économique et de loisirs. Source : FAO

Qu’est-ce que la croissance bleue?

Le  concept d’"économie bleue",  apparu à la Conférence Rio+20 de 2012, privilégie la conservation et la gestion durable, en partant du principe que des écosystèmes marins sains sont plus productifs et représentent le seul moyen de garantir la durabilité des économies basées sur la mer.

Afin de soutenir le passage à cette nouvelle approche, la FAO a mis en place une Initiative Croissance bleue, par laquelle elle aidera les pays à élaborer et à mettre en œuvre une économie bleue et des agendas de croissance.

Pourquoi la croissance bleue?

La croissance bleue cherche à tirer un plus grand parti du potentiel des océans, des mers et des côtes pour :
  • éliminer les subventions des pêches qui sont néfastes et contribuent à la surpêche, et les remplacer par des mesures incitatives visant à améliorer la conservation, à assurer la durabilité des pêches et à mettre fin à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée;
  • développer les secteurs à fort potentiel d’emplois durables tels que l’aquaculture, le tourisme et la biotechnologie marine;
  • assurer des mesures personnalisées propres à favoriser la coopération entre les pays;
  • faciliter l'élaboration de politiques, l'investissement et l'innovation au profit de la sécurité alimentaire, de la réduction de la pauvreté et de la gestion durable des ressources aquatiques.

Comment sera-t-elle mise en œuvre ?
  1. Aquaculture – Elevage responsable de poissons, coquillages et plantes marines.
  2. Biotechnologie bleue – Exploration de la biodiversité marine qui pourrait nous  permettre de développer de nouvelles enzymes pharmaceutiques ou industrielles capables de résister à des conditions extrêmes et très prisées sur le plan économique. 
  3. Tourisme côtier et maritime –  Elaboration et mise en œuvre de plans d’aménagement de l’espace maritime et de stratégies de gestion côtière.
  4. Ressources minérales – Offre d’incitations économiques pour explorer les ressources minérales des fonds marins.
  5. Energie bleue – Exploitation des énergies renouvelables offshore de nouvelle génération pour leur potentiel, en termes de création d’emplois et de sécurité énergétique.

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Plaidoyer pour l'économie bleue, par Pascal Lamy



La haute mer doit être déclarée zone protégée pour pouvoir se régénérer : c'est l'appel que lance l'ancien patron de l'OMC avec la Global Ocean Commission, qui vient de rendre son rapport.

Source : Le Point - par Pascal Lamy

Des millions de vacanciers dans l'hémisphère Nord se préparent à profiter de la mer lors de leur repos estival. Sans réaliser qu'ils seront au bord d'un univers en danger.


C'est pourquoi, avec mes collègues de la Global Ocean Commission, venus de tous les continents, nous lançons cette semaine un appel qui s'appuie sur deux ans de recherches et de travaux (1).
Il porte sur la haute mer, celle qui appartient à tous au-delà de la bande côtière qui appartient à ses riverains. Deux tiers de l'espace maritime. Près de la moitié de la surface de la planète, que son éloignement et ses profondeurs abyssales ont protégée des hommes durant des millénaires. Depuis quelques décennies, c'en est fini. L'évolution des techniques, la croissance de la population, le développement des économies, bref, la globalisation a entraîné une augmentation de la demande de poissons, de minéraux, de ressources génétiques. Le réchauffement climatique et la concentration de gaz carbonique ont provoqué une acidification préoccupante de la mer et la fonte des glaces polaires.

Le progrès de la science nous dit aussi que la moitié de la productivité biologique de l'océan a lieu en haute mer et qu'elle stocke 500 millions de tonnes de carbone par an.

Ces nouveaux défis se doublent, comme ailleurs, d'enjeux d'équité : comment partager les bénéfices pour les biotechnologies de l'exploitation de la haute mer ? Comment venir à bout des subventions diverses qui conduisent à la surexploitation des ressources en abaissant artificiellement le coût de leur accès ? Phénomène particulièrement évident si l'on regarde le compte d'exploitation de la pêche au chalut en haute mer : 600 millions de dollars de revenus, 60 millions de profits et... 150 millions de subventions. Le consommateur paie donc le poisson deux fois : chez le poissonnier et chez le percepteur.

Notre rapport propose une série de mesures dont l'objectif est d'inverser la trajectoire actuelle de dégradation et de surexploitation des océans.
"Aux Européens de se mobiliser !"

Parmi les plus importantes :
  • Un objectif spécifique de santé des océans dans les objectifs de l'Onu, qui feront suite, après 2015, aux objectifs du millénaire.
  • Une réforme de la gouvernance des océans pour en finir avec l'approche actuelle fragmentée entre institutions internationales ou régionales aussi diverses que mal coordonnées.
  • Pour préserver la pêche artisanale côtière, essentielle dans l'alimentation des communautés les plus pauvres, une obligation pour les Etats de rendre publiques les subventions à la pêche et de geler, puis d'éliminer les subventions au carburant en haute mer.
  • Une obligation d'identification pour les navires de pêche, comme c'est déjà le cas pour les autres navires.
  • Un programme anti-rejets de plastique s'adressant directement aux citoyens.
  • Une évaluation indépendante de l'ensemble des impacts de l'exploitation des ressources minérales ou halieutiques durant les cinq prochaines années. Au cas où elle révélerait une poursuite des tendances actuelles, la haute mer serait déclarée zone protégée par la communauté internationale afin d'en permettre la régénération.

Pour toutes ces raisons, environnementales, économiques et sociales, le moment est venu de réaliser que préserver l'avenir des océans, c'est préserver le nôtre. L'administration américaine a annoncé la semaine dernière des mesures allant en ce sens. Aux Européens de se mobiliser après la réforme courageuse de la politique de la pêche adoptée cette année sous l'impulsion de la commissaire européenne à la Pêche et aux Affaires maritimes, Maria Damanaki. Et de prendre le chemin de l'économie bleue

1. Global Ocean Commission ( ou Commission Océan Mondial)

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Maria Damanaki prône la fin du carburant détaxé



Lors d’un débat co-organisé avec la Commission océan mondial, la commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, a appelé les États membres à supprimer toute aide financière aux flottilles.

Source : Le Marin

La Commission océan mondial, soutenue par la fondation américaine Pew et constituée d’anciens gouvernants, avait lancé le 24 juin un « appel à la sauvegarde des océans », dont une des revendications principales est l’arrêt de tout soutien financier à la pêche en haute mer. Son membre français, l'ancien directeur de l'OMC Pascal Lamy, a relayé cet appel dans une tribune du Point.

Lors d’une conférence avec les coprésidents de la Com, le lundi 30 juin, Maria Damanaki a rappelé que « la nouvelle politique commune de la pêche (PCP) a mis fin aux subventions qui permettaient aux flottes de gagner en puissance ». Mais « il faut aussi compter avec les subventions des États membres. (...) Nous devons discuter avec eux de la question ».

Dans le viseur de la Com, figurent en premier lieu les exonérations fiscales sur les carburants, considérées comme des subventions. Sans ce soutien financier, les flottes industrielles « n’iraient probablement pas en haute mer », selon Trevor Manuel, un des coprésidents de la Com, qui veut les bannir d’ici à cinq ans.

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Le 28 Juin 2014

Depuis le Sénat, les océaniens lancent un appel à la France... Seront-ils entendus ?

Calédoniens, Wallisiens, Tahitiens et autres Polynésiens français... Sont-ils audibles maintenant que les autorités françaises semblent jeter leur dévolu sur les USA pour la région Pacifique. En effet, Pascal Lamy, en tant que Commissaire de la Commission Océan Mondial, "roule" maintenant pour les intérêts étatsuniens....

Représentation de la France au Forum des îles du Pacifique

Sénat - 14 ème législature

Question orale sans débat n° 0782S de M. Robert Laufoaulu (Iles Wallis et Futuna - UMP-R)
publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1100

M. Robert Laufoaulu attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la représentation de la France au prochain Forum des îles du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014.

Il est d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le Forum que ce dernier, dont une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet relatif à la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui devrait se tenir à Paris à la fin de l'année 2015.

Il lui demande, en conséquence, de lui indiquer si la France sera représentée, dans les discussions du « post-Forum », par un membre du Gouvernement de la République.

Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger
publiée dans le JO Sénat du 18/06/2014 - page 4886

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, ma question porte sur la représentation de la France au prochain forum du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014 aux Îles Palau.

Le Forum, qui réunit seize États membres, ainsi que des membres associés, comme la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française, et des membres observateurs, comme Wallis-et-Futuna, se tient chaque année et se termine par un dialogue post-forum avec une douzaine de pays partenaires, dont les États-Unis, le Japon, la Chine et, bien sûr, la France, puissance du Pacifique avec ses trois territoires ultramarins de la zone.

Notre pays avait depuis un certain temps compris l'importance stratégique de la zone Asie-Pacifique, importance qu'elle avait un peu perdue à la fin de la guerre froide, mais qu'elle retrouve pleinement dans le nouvel ordre géopolitique mondial. C'est ainsi qu'en 2011, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, conduisait la délégation française, à Auckland, lors du dialogue post-forum.

Toutefois, en 2012, à Avarua, aux Îles Cook, tandis que Hillary Clinton était présente, la France, malgré mes demandes renouvelées auprès du Gouvernement, a été représentée non pas au niveau ministériel mais seulement par notre ambassadeur. La situation s'est reproduite, en 2013, à Majuro, aux Îles Marshall.

Je suis tout sauf un homme partisan, madame la secrétaire d'État. Je n'hésite pas à voter les projets de loi du Gouvernement lorsqu'ils me paraissent aller dans le bon sens. Je me sens donc d'autant plus à l'aise pour dire les choses lorsqu'elles ne sont pas satisfaisantes.


Alors voilà : quelle que soit la qualité de nos diplomates, l'absence répétée de membres du gouvernement français au dialogue post-forum est vécue par les pays de la zone comme une marque de dédain. Quant à nous, Français du Pacifique, nous ressentons un profond malaise, pour ne pas dire plus.


Il est pourtant d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le forum que ce dernier, dont l'une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet sur la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin de l'année 2015.

Si nous voulons vraiment que cette conférence sur les changements climatiques, dite « COP 21 », soit un succès, si en tant que pays hôte nous voulons aboutir à cette occasion à un nouvel accord international sur le climat applicable à tous les pays, dans l'objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de deux degrés centigrades, nous devons, en amont, travailler aussi avec les États du Pacifique qui sont tellement concernés par la question.

En conséquence, je souhaiterais savoir si la France sera représentée, cette année, dans les discussions post-forum par un membre du Gouvernement de la République.

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Fleur Pellerin,secrétaire d'État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger.Monsieur le sénateur, le quarante-cinquième sommet du forum des îles du Pacifique et le dialogue post-forum de Koror, qui se dérouleront du 29 juillet au 1er août 2014, ainsi que la troisième conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, qui se tiendra aux Îles Samoa en septembre prochain, sont des échéances extrêmement importantes dans le contexte de la préparation de la conférence Paris Climat 2015.

Nous le savons, monsieur le sénateur, les îles du Pacifique sont parmi les territoires les plus exposés aux impacts du dérèglement climatique. La déclaration de Majuro pour un leadership sur le climat, signée l'an dernier à l'occasion de la quarante-quatrième édition du forum des îles du Pacifique, avait montré l'extrême préoccupation et la forte mobilisation des îles du Pacifique sur ce sujet.

Le réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer, l'acidification des océans, les variations de précipitations, les cyclones et les tempêtes tropicales auront des effets importants dans beaucoup de régions du monde. Mais ces évolutions auront des conséquences sans commune mesure avec ce que pourraient connaître les écosystèmes et les économies des territoires insulaires, menacés pour certains de disparaître.

Avec Laurent Fabius, nous sommes parfaitement conscients de l'extrême vulnérabilité de ces territoires, qui méritent toute notre attention.

Pour répondre précisément à votre question, monsieur le sénateur, et vous rassurer par la même occasion, je tiens à vous informer que la France sera représentée au dialogue post-forum par son secrétaire permanent pour le Pacifique. Ce dernier conduira la délégation française qui sera présente lors du forum des îles du Pacifique.

M. le président. La parole est à M. Robert Laufoaulu.

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, je suis un peu déçu de votre réponse. Comme je l'indiquais dans ma question, voilà deux ans que la France n'est plus représentée au niveau ministériel lors des réunions du forum des îles du Pacifique. Les îles de la région y voient a minima une marque de dédain à leur égard. Je réitère donc ma demande : il me semble que le Gouvernement devrait être représenté au niveau ministériel lors de ce forum, réunion internationale de la région du Pacifique.


Pétition de Pascal Lamy à l'adresse du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon

Contribuez à assurer un océan vivant, l'alimentation et la prospérité. 

Proposez de nouvelles normes pour la protection de la haute mer en Septembre 2014

Pascal Lamy (3e à droite) est Commissaire de la Commission Océan Mondial, organisation lancée en 2013 par la fondation étatsunienne PEW (Photo extraite du document : From decline to recovery - A rescue package for the global ocean")

Pascal Lamy, Commissioner, Global Ocean Commission
France

http://api.change.org/petitions/ban-ki-moon-contribuez-%C3%A0-assurer-un-oc%C3%A9an-vivant-l-alimentation-et-la-prosp%C3%A9rit%C3%A9-proposez-de-nouvelles-normes-pour-la-protection-de-la-haute-mer-en-septembre-2014
L'océan est en danger. Il est essentiel pour notre avenir. Faisons de sa protection une priorité de l'action des Nations Unies.

Illustration : Pascal Lamy (copie d'écran pétition change.org)

Il nous offre des aliments, de l’eau fraîche, de l’énergie, des médicaments, la moitié de l’oxygène que nous inspirons et même le cadre de nos vacances : un océan sain est essentiel à toute vie sur Terre.

Cependant, pendant trop longtemps, nous avons capturé trop de poissons, pollué aveuglément et dégradé de fragiles habitats des fonds marins. Nous poussons le système océanique jusqu’à son point de rupture, risquant ainsi notre propre santé et prospérité.

Les ressources marines et côtières atteignent une valeur de 3 000 milliards de dollars US par an – environ 5 % du PIB mondial – et, à travers le monde, 350 millions d’emplois sont liés à l’océan tandis que 97 % des pêcheurs vivent dans les pays en développement.

Mais sans la mise en œuvre de lois efficaces pour protéger un océan vivant, une minorité continuera à abuser de la liberté de la haute mer, à piller les richesses qui se trouvent sous sa surface, à prélever une part non équitable, et à en tirer profit au détriment du reste du monde, en particulier des plus pauvres.
.


La bonne nouvelle, c’est que nous avons l’extraordinaire possibilité de changer le cours des choses.

En septembre de cette année, l’Organisation des Nations unies (ONU) va entamer un débat sur l’avenir de la haute mer et sur la manière dont celle-ci devrait être gouvernée. Cela ne se reproduira pas de sitôt et c’est donc maintenant que nous devons tirer le meilleur parti de cette opportunité.

La haute mer – constituée des eaux internationales et recouvrant 45 % de la surface de la Terre – nous appartient à tous. Elle ressemble pourtant à un État en déliquescence au-delà de la juridiction de tout gouvernement. Personne n’en est globalement responsable, ce qui a pour conséquence alarmante un déclin important de la santé de tout l’océan.

Il est temps d’étendre l’État de droit jusqu’à cette moitié bleue de notre planète. Nous avons besoin d’un nouvel accord international (dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer) afin de garantir le bon état de l’océan, l’utilisation durable et équitable des ressources de la haute mer, et la préservation de celles-ci.

Cela aidera à nous assurer que nous disposons de suffisamment de nourriture pour tous, d’un accès équitable aux nouveaux médicaments issus des organismes d’eau profonde pour lutter contre le cancer et d’autres maladies graves, d’une résistance suffisante face aux effets les plus graves du changement climatique et d’une protection des habitats marins précieux contre les industries destructrices.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est engagé en faveur de la santé et de la protection de l’océan, mais il a besoin de notre soutien pour être en position de force en septembre lorsqu’il appellera les dirigeants de la planète à préparer ce nouvel accord.

Joignez-vous à la mission pour un océan sain et vivant, et demandez à Ban Ki-moon de lancer un appel en faveur de la protection de la haute mer et de la santé de l’océan.

Source : Change.org

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