vendredi 13 juin 2014

News de la pêche dans le monde : Afrique, Asie, Amérique et Océanie


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

2e trimestre 2014 : Avril / Mai / Juin 2014

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Cliquer Ici pour la suite de la revue de presse : Juillet / Août / Septembre 2014

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Le 2 juillet 2014

La croissance bleue – Exploiter le potentiel des mers et des océans


Il est temps de changer radicalement notre gestion des océans

02 Jul 2014 - Aujourd’hui, le secteur des pêches héberge une industrie multimilliardaire d’une importance cruciale, comme source de nourriture, d’emplois, d’échanges commerciaux, de bien-être économique et de loisirs. Source : FAO

Qu’est-ce que la croissance bleue?

Le  concept d’"économie bleue",  apparu à la Conférence Rio+20 de 2012, privilégie la conservation et la gestion durable, en partant du principe que des écosystèmes marins sains sont plus productifs et représentent le seul moyen de garantir la durabilité des économies basées sur la mer.

Afin de soutenir le passage à cette nouvelle approche, la FAO a mis en place une Initiative Croissance bleue, par laquelle elle aidera les pays à élaborer et à mettre en œuvre une économie bleue et des agendas de croissance.

Pourquoi la croissance bleue?

La croissance bleue cherche à tirer un plus grand parti du potentiel des océans, des mers et des côtes pour :
  • éliminer les subventions des pêches qui sont néfastes et contribuent à la surpêche, et les remplacer par des mesures incitatives visant à améliorer la conservation, à assurer la durabilité des pêches et à mettre fin à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée;
  • développer les secteurs à fort potentiel d’emplois durables tels que l’aquaculture, le tourisme et la biotechnologie marine;
  • assurer des mesures personnalisées propres à favoriser la coopération entre les pays;
  • faciliter l'élaboration de politiques, l'investissement et l'innovation au profit de la sécurité alimentaire, de la réduction de la pauvreté et de la gestion durable des ressources aquatiques.

Comment sera-t-elle mise en œuvre ?
  1. Aquaculture – Elevage responsable de poissons, coquillages et plantes marines.
  2. Biotechnologie bleue – Exploration de la biodiversité marine qui pourrait nous  permettre de développer de nouvelles enzymes pharmaceutiques ou industrielles capables de résister à des conditions extrêmes et très prisées sur le plan économique. 
  3. Tourisme côtier et maritime –  Elaboration et mise en œuvre de plans d’aménagement de l’espace maritime et de stratégies de gestion côtière.
  4. Ressources minérales – Offre d’incitations économiques pour explorer les ressources minérales des fonds marins.
  5. Energie bleue – Exploitation des énergies renouvelables offshore de nouvelle génération pour leur potentiel, en termes de création d’emplois et de sécurité énergétique.

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Plaidoyer pour l'économie bleue, par Pascal Lamy



La haute mer doit être déclarée zone protégée pour pouvoir se régénérer : c'est l'appel que lance l'ancien patron de l'OMC avec la Global Ocean Commission, qui vient de rendre son rapport.

Source : Le Point - par Pascal Lamy

Des millions de vacanciers dans l'hémisphère Nord se préparent à profiter de la mer lors de leur repos estival. Sans réaliser qu'ils seront au bord d'un univers en danger.

C'est pourquoi, avec mes collègues de la Global Ocean Commission, venus de tous les continents, nous lançons cette semaine un appel qui s'appuie sur deux ans de recherches et de travaux (1).

Il porte sur la haute mer, celle qui appartient à tous au-delà de la bande côtière qui appartient à ses riverains. Deux tiers de l'espace maritime. Près de la moitié de la surface de la planète, que son éloignement et ses profondeurs abyssales ont protégée des hommes durant des millénaires. Depuis quelques décennies, c'en est fini. L'évolution des techniques, la croissance de la population, le développement des économies, bref, la globalisation a entraîné une augmentation de la demande de poissons, de minéraux, de ressources génétiques. Le réchauffement climatique et la concentration de gaz carbonique ont provoqué une acidification préoccupante de la mer et la fonte des glaces polaires.

Le progrès de la science nous dit aussi que la moitié de la productivité biologique de l'océan a lieu en haute mer et qu'elle stocke 500 millions de tonnes de carbone par an.

Ces nouveaux défis se doublent, comme ailleurs, d'enjeux d'équité : comment partager les bénéfices pour les biotechnologies de l'exploitation de la haute mer ? Comment venir à bout des subventions diverses qui conduisent à la surexploitation des ressources en abaissant artificiellement le coût de leur accès ? Phénomène particulièrement évident si l'on regarde le compte d'exploitation de la pêche au chalut en haute mer : 600 millions de dollars de revenus, 60 millions de profits et... 150 millions de subventions. Le consommateur paie donc le poisson deux fois : chez le poissonnier et chez le percepteur.

Notre rapport propose une série de mesures dont l'objectif est d'inverser la trajectoire actuelle de dégradation et de surexploitation des océans.
"Aux Européens de se mobiliser !"

Parmi les plus importantes :
  • Un objectif spécifique de santé des océans dans les objectifs de l'Onu, qui feront suite, après 2015, aux objectifs du millénaire.
  • Une réforme de la gouvernance des océans pour en finir avec l'approche actuelle fragmentée entre institutions internationales ou régionales aussi diverses que mal coordonnées.
  • Pour préserver la pêche artisanale côtière, essentielle dans l'alimentation des communautés les plus pauvres, une obligation pour les Etats de rendre publiques les subventions à la pêche et de geler, puis d'éliminer les subventions au carburant en haute mer.
  • Une obligation d'identification pour les navires de pêche, comme c'est déjà le cas pour les autres navires.
  • Un programme anti-rejets de plastique s'adressant directement aux citoyens.
  • Une évaluation indépendante de l'ensemble des impacts de l'exploitation des ressources minérales ou halieutiques durant les cinq prochaines années. Au cas où elle révélerait une poursuite des tendances actuelles, la haute mer serait déclarée zone protégée par la communauté internationale afin d'en permettre la régénération.

Pour toutes ces raisons, environnementales, économiques et sociales, le moment est venu de réaliser que préserver l'avenir des océans, c'est préserver le nôtre. L'administration américaine a annoncé la semaine dernière des mesures allant en ce sens. Aux Européens de se mobiliser après la réforme courageuse de la politique de la pêche adoptée cette année sous l'impulsion de la commissaire européenne à la Pêche et aux Affaires maritimes, Maria Damanaki. Et de prendre le chemin de l'économie bleue

1. Global Ocean Commission ( ou Commission Océan Mondial)

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Maria Damanaki prône la fin du carburant détaxé



Lors d’un débat co-organisé avec la Commission océan mondial, la commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, a appelé les États membres à supprimer toute aide financière aux flottilles.

Source : Le Marin

La Commission océan mondial, soutenue par la fondation américaine Pew et constituée d’anciens gouvernants, avait lancé le 24 juin un « appel à la sauvegarde des océans », dont une des revendications principales est l’arrêt de tout soutien financier à la pêche en haute mer. Son membre français, l'ancien directeur de l'OMC Pascal Lamy, a relayé cet appel dans une tribune du Point.

Lors d’une conférence avec les coprésidents de la Com, le lundi 30 juin, Maria Damanaki a rappelé que « la nouvelle politique commune de la pêche (PCP) a mis fin aux subventions qui permettaient aux flottes de gagner en puissance ». Mais « il faut aussi compter avec les subventions des États membres. (...) Nous devons discuter avec eux de la question ».

Dans le viseur de la Com, figurent en premier lieu les exonérations fiscales sur les carburants, considérées comme des subventions. Sans ce soutien financier, les flottes industrielles « n’iraient probablement pas en haute mer », selon Trevor Manuel, un des coprésidents de la Com, qui veut les bannir d’ici à cinq ans.

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Le 28 Juin 2014

Depuis le Sénat, les océaniens lancent un appel à la France... Seront-ils entendus ?

Calédoniens, Wallisiens, Tahitiens et autres Polynésiens français... Sont-ils audibles maintenant que les autorités françaises semblent jeter leur dévolu sur les USA pour la région Pacifique. En effet, Pascal Lamy, en tant que Commissaire de la Commission Océan Mondial, "roule" maintenant pour les intérêts étatsuniens....

Représentation de la France au Forum des îles du Pacifique

Sénat - 14 ème législature

Question orale sans débat n° 0782S de M. Robert Laufoaulu (Iles Wallis et Futuna - UMP-R)
publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1100

M. Robert Laufoaulu attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la représentation de la France au prochain Forum des îles du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014.

Il est d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le Forum que ce dernier, dont une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet relatif à la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui devrait se tenir à Paris à la fin de l'année 2015.

Il lui demande, en conséquence, de lui indiquer si la France sera représentée, dans les discussions du « post-Forum », par un membre du Gouvernement de la République.

Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger
publiée dans le JO Sénat du 18/06/2014 - page 4886

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, ma question porte sur la représentation de la France au prochain forum du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014 aux Îles Palau.

Le Forum, qui réunit seize États membres, ainsi que des membres associés, comme la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française, et des membres observateurs, comme Wallis-et-Futuna, se tient chaque année et se termine par un dialogue post-forum avec une douzaine de pays partenaires, dont les États-Unis, le Japon, la Chine et, bien sûr, la France, puissance du Pacifique avec ses trois territoires ultramarins de la zone.

Notre pays avait depuis un certain temps compris l'importance stratégique de la zone Asie-Pacifique, importance qu'elle avait un peu perdue à la fin de la guerre froide, mais qu'elle retrouve pleinement dans le nouvel ordre géopolitique mondial. C'est ainsi qu'en 2011, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, conduisait la délégation française, à Auckland, lors du dialogue post-forum.

Toutefois, en 2012, à Avarua, aux Îles Cook, tandis que Hillary Clinton était présente, la France, malgré mes demandes renouvelées auprès du Gouvernement, a été représentée non pas au niveau ministériel mais seulement par notre ambassadeur. La situation s'est reproduite, en 2013, à Majuro, aux Îles Marshall.

Je suis tout sauf un homme partisan, madame la secrétaire d'État. Je n'hésite pas à voter les projets de loi du Gouvernement lorsqu'ils me paraissent aller dans le bon sens. Je me sens donc d'autant plus à l'aise pour dire les choses lorsqu'elles ne sont pas satisfaisantes.


Alors voilà : quelle que soit la qualité de nos diplomates, l'absence répétée de membres du gouvernement français au dialogue post-forum est vécue par les pays de la zone comme une marque de dédain. Quant à nous, Français du Pacifique, nous ressentons un profond malaise, pour ne pas dire plus.


Il est pourtant d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le forum que ce dernier, dont l'une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet sur la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin de l'année 2015.

Si nous voulons vraiment que cette conférence sur les changements climatiques, dite « COP 21 », soit un succès, si en tant que pays hôte nous voulons aboutir à cette occasion à un nouvel accord international sur le climat applicable à tous les pays, dans l'objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de deux degrés centigrades, nous devons, en amont, travailler aussi avec les États du Pacifique qui sont tellement concernés par la question.

En conséquence, je souhaiterais savoir si la France sera représentée, cette année, dans les discussions post-forum par un membre du Gouvernement de la République.

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Fleur Pellerin,secrétaire d'État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger.Monsieur le sénateur, le quarante-cinquième sommet du forum des îles du Pacifique et le dialogue post-forum de Koror, qui se dérouleront du 29 juillet au 1er août 2014, ainsi que la troisième conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, qui se tiendra aux Îles Samoa en septembre prochain, sont des échéances extrêmement importantes dans le contexte de la préparation de la conférence Paris Climat 2015.

Nous le savons, monsieur le sénateur, les îles du Pacifique sont parmi les territoires les plus exposés aux impacts du dérèglement climatique. La déclaration de Majuro pour un leadership sur le climat, signée l'an dernier à l'occasion de la quarante-quatrième édition du forum des îles du Pacifique, avait montré l'extrême préoccupation et la forte mobilisation des îles du Pacifique sur ce sujet.

Le réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer, l'acidification des océans, les variations de précipitations, les cyclones et les tempêtes tropicales auront des effets importants dans beaucoup de régions du monde. Mais ces évolutions auront des conséquences sans commune mesure avec ce que pourraient connaître les écosystèmes et les économies des territoires insulaires, menacés pour certains de disparaître.

Avec Laurent Fabius, nous sommes parfaitement conscients de l'extrême vulnérabilité de ces territoires, qui méritent toute notre attention.

Pour répondre précisément à votre question, monsieur le sénateur, et vous rassurer par la même occasion, je tiens à vous informer que la France sera représentée au dialogue post-forum par son secrétaire permanent pour le Pacifique. Ce dernier conduira la délégation française qui sera présente lors du forum des îles du Pacifique.

M. le président. La parole est à M. Robert Laufoaulu.

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, je suis un peu déçu de votre réponse. Comme je l'indiquais dans ma question, voilà deux ans que la France n'est plus représentée au niveau ministériel lors des réunions du forum des îles du Pacifique. Les îles de la région y voient a minima une marque de dédain à leur égard. Je réitère donc ma demande : il me semble que le Gouvernement devrait être représenté au niveau ministériel lors de ce forum, réunion internationale de la région du Pacifique.


Pétition de Pascal Lamy à l'adresse du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon

Contribuez à assurer un océan vivant, l'alimentation et la prospérité. 

Proposez de nouvelles normes pour la protection de la haute mer en Septembre 2014

Pascal Lamy (3e à droite) est Commissaire de la Commission Océan Mondial, organisation lancée en 2013 par la fondation étatsunienne PEW (Photo extraite du document : From decline to recovery - A rescue package for the global ocean")

Pascal Lamy, Commissioner, Global Ocean Commission
France

http://api.change.org/petitions/ban-ki-moon-contribuez-%C3%A0-assurer-un-oc%C3%A9an-vivant-l-alimentation-et-la-prosp%C3%A9rit%C3%A9-proposez-de-nouvelles-normes-pour-la-protection-de-la-haute-mer-en-septembre-2014
L'océan est en danger. Il est essentiel pour notre avenir. Faisons de sa protection une priorité de l'action des Nations Unies.

Illustration : Pascal Lamy (copie d'écran pétition change.org)

Il nous offre des aliments, de l’eau fraîche, de l’énergie, des médicaments, la moitié de l’oxygène que nous inspirons et même le cadre de nos vacances : un océan sain est essentiel à toute vie sur Terre.

Cependant, pendant trop longtemps, nous avons capturé trop de poissons, pollué aveuglément et dégradé de fragiles habitats des fonds marins. Nous poussons le système océanique jusqu’à son point de rupture, risquant ainsi notre propre santé et prospérité.

Les ressources marines et côtières atteignent une valeur de 3 000 milliards de dollars US par an – environ 5 % du PIB mondial – et, à travers le monde, 350 millions d’emplois sont liés à l’océan tandis que 97 % des pêcheurs vivent dans les pays en développement.

Mais sans la mise en œuvre de lois efficaces pour protéger un océan vivant, une minorité continuera à abuser de la liberté de la haute mer, à piller les richesses qui se trouvent sous sa surface, à prélever une part non équitable, et à en tirer profit au détriment du reste du monde, en particulier des plus pauvres.
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La bonne nouvelle, c’est que nous avons l’extraordinaire possibilité de changer le cours des choses.

En septembre de cette année, l’Organisation des Nations unies (ONU) va entamer un débat sur l’avenir de la haute mer et sur la manière dont celle-ci devrait être gouvernée. Cela ne se reproduira pas de sitôt et c’est donc maintenant que nous devons tirer le meilleur parti de cette opportunité.

La haute mer – constituée des eaux internationales et recouvrant 45 % de la surface de la Terre – nous appartient à tous. Elle ressemble pourtant à un État en déliquescence au-delà de la juridiction de tout gouvernement. Personne n’en est globalement responsable, ce qui a pour conséquence alarmante un déclin important de la santé de tout l’océan.

Il est temps d’étendre l’État de droit jusqu’à cette moitié bleue de notre planète. Nous avons besoin d’un nouvel accord international (dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer) afin de garantir le bon état de l’océan, l’utilisation durable et équitable des ressources de la haute mer, et la préservation de celles-ci.

Cela aidera à nous assurer que nous disposons de suffisamment de nourriture pour tous, d’un accès équitable aux nouveaux médicaments issus des organismes d’eau profonde pour lutter contre le cancer et d’autres maladies graves, d’une résistance suffisante face aux effets les plus graves du changement climatique et d’une protection des habitats marins précieux contre les industries destructrices.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est engagé en faveur de la santé et de la protection de l’océan, mais il a besoin de notre soutien pour être en position de force en septembre lorsqu’il appellera les dirigeants de la planète à préparer ce nouvel accord.

Joignez-vous à la mission pour un océan sain et vivant, et demandez à Ban Ki-moon de lancer un appel en faveur de la protection de la haute mer et de la santé de l’océan.

Source : Change.org

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27 Juin 2014

Pêche au homard « exceptionnelle » dans la baie des Chaleurs grâce aux mesures de conservation


Source : Radio Canada

Le compte-rendu de Michèle Brideau

Les pêcheurs de la baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick, affirment que les efforts de conservation du homard portent ses fruits dans leur secteur. Ils connaissent une saison exceptionnelle et prennent du homard en abondance.

Au début de la saison, la pêche n'était pas très bonne, mais depuis un mois, les casiers sont pleins à craquer. Armand Mainville pêche depuis 37 ans et croit qu'il s'agit d'une saison record.

« En 37 ans, c'est la meilleure saison. C'est quelque chose de jamais vu.  » — Armand Mainville, pêcheur

Depuis quelques années, les pêcheurs font de l'ensemencement du crustacé et ont augmenté la taille minimale des prises. Ils remettent également à l'eau les jeunes femelles. Selon Armand Mainville, toutes ces mesures expliquent l'abondance du crustacé cette année.

« Tous les jours, on en jette à ne plus savoir quoi en faire. Je pense que c'est ça qui a donné la vie qu'on a aujourd'hui. »

Une pêche moins fructueuse dans d'autres secteurs

Pendant ce temps, la saison n'est pas aussi bonne dans la zone 23.

Selon les premières évaluations de l'Union des pêcheurs des Maritimes, il y aurait une diminution de 15 à 20% des captures dans les régions de Tracadie-Sheila et de Neguac.

Selon Emmanuel Moyen, de l'Union des pêcheurs des Maritimes, l'ensemble des pêcheurs devrait suivre l'exemple de ceux de la baie des Chaleurs pour remporter autant de succès.

Victor LeBouthillier affirme, quant à lui, qu'il continue de pratiquer son métier avec passion, bon an, mal an, malgré ses 86 ans.

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Le 27 juin 2014

La disparition du géant rouge


Source : Ragemag - 27 juin 2014 par John Seabrook |

Trophée pour les familles de pêcheurs, manne lucrative pour les négociants : la pêche au thon rouge, dont l’encadrement demeure aléatoire, continue de battre son plein malgré la menace de sa disparition.

Steve Weiner nettoie ses lunettes avec du Windex, un spray nettoyant pour vitre, les tient face au soleil de 6 h 30, les pulvérise de produit, les polit, et les examine de nouveau. Les lunettes aux verres polarisés et les œillères en cuir pour se protéger du soleil sont nécessaires pour voir, à travers l’éclat de la surface de l’océan, le thon tapi dessous. En amont de l’Elizabeth Ames, à l’Est, l’océan s’étend à perte de vue. Le port de Boothbay, dans le Maine, se réduit à une traînée blanche. Brooks Weiner, portant les mêmes lunettes que son frère, pénètre dans la cabine en chancelant et insère des coordonnées dans le LORAN, le système de radionavigation permettant à un marin novice de savoir où il se trouve à tout moment. Puis il regarde la passerelle et déclare : « Ce serait vraiment sympa de tomber sur un filon avec personne dans les environs. »

Thon rouge.


L’animal sauvage le plus coté du monde n’est ni le rhinocéros blanc tué pour ses cornes, ni le léopard pour sa peau, ni l’ours brun pour sa vésicule biliaire. L’animal le plus recherché est le thon rouge. À la vente aux enchères du matin à Tokyo, il n’est pas rare de voir un thon rouge se vendre 30 000 dollars. Il y a plusieurs années, un thon rouge s’y est vendu au prix de 83 000 dollars. Certains ne se vendent cependant que pour un maigre pécule de 3 000 dollars. Cela dépend beaucoup de la qualité nutritionnelle du poisson : plus il est gras, mieux c’est. Les Japonais sont prêts à payer des sommes folles pour leur graisse. La partie la plus grasse du thon rouge se trouve dans la partie ventrale, que les Japonais appellent « toro ». Au Japon, le vocabulaire pour décrire le ventre d’un thon rouge est aussi riche que celui utilisé pour décrire le vin. Un bon morceau de toro est doté d’une croûte de graisse luisante autour d’une étonnante chair rouge et brillante, striée de fils fins et sucrés. « Au Japon, on ramène tout à la position sociale. Y compris la nourriture », explique Sadanory Gunji, l’auteur de The Flying Bluefin Tuna, un livre traitant du phénomène du thon rouge au Japon. « Il est nécessaire de consommer une nourriture attestant d’une meilleure position sociale, et c’est le cas avec le thon rouge toro. » Car seul un infime pourcentage de la population japonaise peut se permettre d’acheter un bon toro, qui coûte à peu près 75 dollars les deux petits morceaux de la taille d’une bouchée, et n’est disponible que dans les meilleurs bars à sushis. « Le meilleur toro est inaccessible », explique M. Gunji. « Il est mangé lors de dîners privés par nos hommes politiques et nos chefs d’entreprises. »

Le thon le plus prestigieux peut être péché au large des côtes de la Nouvelle-Angleterre et du Canada, de juin jusqu’à début novembre. Le poisson migre ici chaque été, partant du golfe du Mexique pour se nourrir des bancs de harengs, maquereaux, papillons de mers, et pagres qui vivent aux environs de Georges Bank. La quantité de nourriture, avec l’eau froide, rend le poisson plus gras que les cochons. Extraire un thon rouge de ces eaux revient à se servir librement dans une banque. Un thon rouge de bonne qualité a la même valeur qu’une voiture neuve, il vaut autant qu’une année entière passée à économiser de l’argent pour s’offrir un bateau ou que des vacances d’hiver aux Caraïbes. Mais peu de pêcheurs, à l’instar des Weiner, disposent du matériel et de l’expertise nécessaires pour attraper du thon rouge. Ce dernier détruit les filets, casse les cannes à pêche et se battra au bout de la ligne jusqu’à ce que ses muscles le brûlent et que son cœur explose.

    « Quand on parle à Steve, même quand il n’est pas sur l’eau, il donne toujours l’impression de scruter l’horizon à la recherche d’une nageoire. »

Les Weiner sont des pêcheurs à harpon, ce qui signifie qu’ils sont davantage des chasseurs que des pêcheurs : ils traquent le thon en haute mer. Lors des bonnes saisons, ils peuvent attraper jusqu’à 40 thons. Steve, 41 ans et de trois ans l’aîné de Brooks, fait figure de grand frère. Quand on parle à Steve, même lorsqu’il n’est pas sur l’eau, il donne toujours l’impression de scruter l’horizon à la recherche d’une nageoire, d’une petite ondulation dans l’eau ou d’un quelconque signe de la présence de poissons. Brooks est plutôt tête brûlée. Il s’est cassé le nez huit fois en jouant au hockey à l’université. « Un sacré choc à chaque fois », dit-il. La chirurgie réparatrice lui a fait don d’une fine cicatrice blanche. Son nez bouge de manière étrange quand il s’exprime. Kevin Wilson, un ami des Weiner qui conduit le bateau, et le fils de Steve, la douzaine, qui lit des bandes-dessinées dans sa couchette, complètent l’équipage.

La tour d’observation s’élève à 8,5 mètres de haut et n’est accessible que via des câbles métalliques, les haubans. Parcourant l’eau du regard à partir de ce point d’observation, Kevin explique que cette eau calme est propice à l’observation du thon, mais qu’un remous rendrait la situation plus difficile pour le poisson, qui n’entendrait pas le bateau s’approcher. Steve escalade les haubans avec Kevin, et ils se tiennent dos à dos, face au port et à tribord, balayant à 120 degrés l’étendue d’eau légèrement mouvante. Brooks est juste en-dessous d’eux, assis dans une élingue, passant au crible la courbe devant eux. Timmy Voorheis – aux commandes de l’avion d’observation – parade dans le ciel au-dessus d’eux. Avec le bourdonnement de l’avion à l’arrière, sa voix couvre parfois le haut-parleur de la tour d’observation. Ses conversations avec Steve sont brouillées électroniquement de manière à ce qu’aucun autre pêcheur ne puisse les entendre. Dans la tour d’observation, un scanner radio grésillant laisse entendre les voix d’autres pêcheurs. Parfois, un pécheur enthousiaste l’oublie et parle du thon qu’il aperçoit sur une bande non protégée. Steve en profite alors pour conserver cette précieuse information. La rareté du thon rouge dans cette partie de l’océan est une des raisons qui explique son prix si élevé ; et réciproquement, son prix se trouve justifié du fait qu’il soit si rare. D’après la commission internationale pour la conservation des thons de l’Atlantique, une organisation qui s’occupe de surveiller et de réguler la pêche, le nombre de thons rouges adultes dans la partie ouest de l’océan Atlantique a considérablement baissé depuis le milieu des années 1970, au moment où le marché japonais s’est ouvert à cette denrée. Un graphique qui s’appuie sur ces chiffres ressemble à ceux que l’on peut voir dans les dessins humoristiques, représentant le monde des affaires, où un patron s’apprête à sauter par la fenêtre. L’année 1970 sur le côté gauche du graphique indique 220 000. Dans la colonne de droite, pour l’année 1990, la population a baissé de presque 90 % et ne s’élève plus qu’à 25 000. Ces chiffres sont bien sûr vivement discutés par les Weiner et de nombreux autres pêcheurs de thon industriel.

Le sort du thon rouge...

Suite : Ragemag

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Le 26 Juin 2014

Une conférence internationale analyse la dimension extérieure de la nouvelle PCP

Un rapport récent sur la Conférence internationale qui s’est tenue durant deux jours à la fin janvier 2014 à Stockholm, examine les implications de la dimension extérieure de la nouvelle PCP. La Conférence, financée par le Ministère suédois des Affaires rurales et organisée par l’Agence suédoise pour la gestion marine et de l’eau, a rassemblé 110 participants provenant de tous les continents.

Source : Agritrade, le 23 juin 2014

Après le discours d’ouverture prononcé par le Ministre suédois des Affaires rurales, une session a été consacrée aux questions suivantes  « Quels sont les changements en termes de politiques et de gestion que les nouvelles actions extérieures sont susceptibles d’apporter et que peuvent faire les décideurs et gestionnaires européens pour orienter les développements de façon à atteindre les objectifs prévus? »

Les participants ont étudié les instruments, options, responsabilités et défis éventuels dans la mise en œuvre des actions extérieures de la nouvelle PCP, en examinant les différents liens entre les politiques d’orientation des pêches, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) et les derniers développements des travaux de la FAO.

La conférence a souligné le défi que représente la protection de la biodiversité, tant dans les ZEE que dans les eaux internationales, à travers les relations en matière de pêche entre l’UE et les pays tiers. Les participants ont avancé que des mesures visant à préserver le potentiel de production des stocks de poissons devaient être également prises en vue de contribuer à la sécurité alimentaire sur le long terme.

Les différentes présentations et discussions ont permis de dégager une série d’enjeux majeurs. L’UE est un gros producteur de poissons et de produits qui en sont issus et représente également le plus grand importateur mondial de poissons. Cela donne une nouvelle impulsion à la thèse qui avance que tous les États-membres de l’UE, et pas seulement les pays producteurs, doivent prêter une plus grande attention à la question de la durabilité des stocks de poissons sur le long terme dans les eaux communautaires et au-delà de celles-ci. La demande en poisson continuera de croître au sein de l’UE bien que l’approvisionnement pourrait ne pas suivre le rythme. Ce constat soulève des questions sur ce qui constitue la part équitable de l’UE sur le marché mondial du poisson et des produits qui en dérivent.


Les participants ont insisté sur le besoin de transparence dans l’allocation des ressources et la gouvernance du secteur ainsi que dans le domaine des subventions. Ils ont également souligné l’importance de tenir de véritables consultations avec toutes les parties prenantes intéressées afin de renforcer l’engagement et l’adhésion de celles-ci vis-à-vis des mesures établies à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Le potentiel d’amélioration de la participation des parties prenantes par la mise en place de conseils consultatifs a été étudié.

Source  et commentaire éditorial dans : Agritrade

Cliquer Ici pour télécharger le Compte-rendu de la conférence : report on global trends in fisheries governance

Cliquer Ici pour accéder à l'ensemble des exposés :

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Le 25 Juin 2014

Requin : Campagne WWF Australie

Yan Giron analyse l'affiche de la campagne du WWF Australie sur la protection des requins....

En apparence on comprend que l'objectif est de montrer que c'est la consommation de soupes de requins asiatiques qui tire le commerce et la pratique de la découpe d'ailerons de requins. Mais cette illustration adresse en fait un autre sujet de part son slogan "STOP ONE. STOP THEM ALL". Où bien entendu on parle des consommateurs chinois, mais surtout des Chinois tout court. Le renouveau du péril jaune.

Ce slogan parle en fait plus aux opinions publiques australiennes dans un contexte de tensions sur la mer de Chine du Sud, dans celui d'un sommet 2014 Shangri-La sur la sécurité dans la sous-région qui a été très tendu entre les USA et la Chine, dans un contexte de consolidation du pivot américain Asie Pacifique qui s'appuie sur les deux axes détroit de Malacca et Australie/Guam, et enfin dans un contexte australien d'attaques requins et d'affrontement entre les ONGe ultra anti pêche requins et un gouvernement qui essaye de gérer le risque requins.

Regardons de plus près les messages graphiques associés à cette affiche. Les Européens qui sont  familiarisés avec l'Asie du Sud Est reconnaîtront des pêcheurs issus de l'Asie du Sud, du Sud-Est et de la bordure Pacifique (peau plus foncée), c'est-à-dire Philippins, Indonésiens, Malais, esclaves de la domination historique chinoise, pauvres, et tueurs à gages que l'on recrute pour une bouchée de pain, vecteur d'insécurité dans les mégapoles de l'Asie du Sud Est et les lieux touristiques fréquentés par les nantis de la sous-région. Avec du sang jusqu'aux coudes et victimes de leurs conditions, voire esclaves embarqués.

L'effet pyramide est censé montrer une chaîne de causalité, c'est le consommateur qui donne le mobile du meurtre. Sauf qu'en ce cas la pyramide est inversée, il y a normalement beaucoup plus de consommateurs que de pêcheurs. Parce qu'en fait il ne s'agit pas d'une pyramide de causalité "marché", mais une pyramide "domination", les pêcheurs ploient sous le poids. Et qui retrouve-t-on en haut de la pyramide : Xi Ping, l'actuel président chinois. Même corpulence, même coiffure, propre sur lui. La Chine en haut, au Nord, les Philippines, la Malaisie, l'Indonésie en bas au Sud, les riverains du pivot du détroit de Malacca.

Les pêcheurs sont présentés sur un quai sordide, avec en arrière plan les "fourmilières" des métropoles asiatiques noyées dans une brume de pollution à gauche et quelques rares navires à droite. Le quai béton craquelé annonce la faillite de l'exploitation de la mer, que l'on voit à peine. Image de stérilité.

Les intermédiaires sont glauques, véreux, sales, probablement malodorants et pas net (cf. la femme asiatique, maîtresse femme commerçante avec qui vous vous prenez la tête pour négocier le moindre rabais).

L'avant dernier niveau présente le restaurateur qui va vous préparer votre soupe, et le scientifique. Tous les deux un peu ridicules et caricaturaux, très kitch, comme généralement l'occident se plaît à caricaturer les asiatiques qu'ils renvoient souvent à la copie de comportements occidentaux dépassés chez nous mais en vogue chez eux. Le scientifique a une double vocation. Il s'adresse aux produits dérivés du requin (squalène extrait des cartilage et des huiles, non présents dans les ailerons). Mais aussi il est en train de piler. C'est donc l'utilisateur des produits comme la corne de rhinocéros que l'on pile et autres produits d'espèces en voie de disparition dont le braconnage alimente les phantasmes asiatiques sur les aphrodisiaques.

Cette analyse de Yan Giron est extraite de l'article du blog.bluelobby.eu : Les techniques de création de certitudes en communication

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Le 24 Juin 2014

Pérou : neuf morts dans la collision entre deux bateaux de pêche

Neuf marins sont morts et trois autres sont portés disparus à la suite d'une collision mardi matin entre deux bateaux de pêche au Pérou, selon la marine. 

A droite, le senneur de la TASA, plus grande société de pêche minotière dans le monde. A gauche, le bateau retourné de la pesquera Marisol II. Photo de la Marina de Guerra del Peru


"Selon les derniers rapports provenant des équipes de secours, nous avons retrouvé deux victimes supplémentaires", a déclaré un porte-parole de la marine, Colver Ruiz, portant le bilan à neuf morts et trois disparus.

"On nous a signalé sept morts, trois blessés et cinq disparus dans la collision entre deux navires de pêche à Pisco (sud)", avait indiqué plus tôt dans la matinée le commandant Ruiz. "Les corps des deux pêcheurs ont été trouvés flottant près des bateaux accidentés", a-t-il ajouté.

Le choc entre les deux embarcations chargées de plus de 200 tonnes de poissons s'est produit aux petites heures du jour, à environ 30 km du port de Pisco, à 300 kilomètres au sud de Lima. "Ces navires venaient de terminer leurs pêches et en raison d'une mauvaise manoeuvre des équipiers, ils se sont heurtés", a précisé Colver Ruiz, indiquant que l'un des bateaux avait chaviré.

Ce senneur cible essentiellement l'anchois du Pérou ("anchoveta"), pour la farine et l'huile de poisson

 Photo de la Marina de Guerra del Peru

Pour plus d'informations : Marine de Guerre du Pérou

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Le 23 Juin 2014

«Are Vah !»

Inde : un projet de centrale nucléaire sous haute tension

Entretien avec Sarah Irion, co-auteur du webdocumentaire «Are Vah !» avec Micha Patault.


Le géant français Areva prévoit de construire la plus puissante centrale nucléaire au monde en Inde, sur le site de Jaitapur, situé à 350 km au sud de Mumbai. Le documentaire interactif «Are Vah !» s'intéresse aux causes de ce projet et propose aux internautes une visite virtuelle de la future centrale.

Source : JOL Press

>>>> «Are Vah !» est en ligne sur les sites de RFI et des Inrocks

JOL Press : Comment est né ce projet de webdocumentaire ?

Sarah Irion : Micha Patault est passionné par la question du nucléaire. Son précédent documentaire, «Atomic City», portait déjà sur ce sujet. Lorsqu'il a appris qu'Areva voulait vendre six réacteurs EPR à l'Inde, il s'est rendu sur place, à Sakrinate, en février 2011. Ce village de pêcheurs se situe à côté du site de Jaitapur (à 350 km au sud de Mumbai). L'endroit est très surveillé par les policiers qui ne veulent pas qu'on s'approche du site. Micha a tout de même réussi à rapporter assez d'images pour réaliser un premier teaser.

Nous nous sommes rencontrés en août 2011 à Perpignan, au festival de photojournalisme Visa pour l'Image. Micha m'a ensuite proposé de travailler avec lui sur le projet. Nous sommes partis ensemble en Inde une première fois en février et mars 2012, puis en mars et avril 2013.

JOL Press : Pourquoi ce titre, «Are Vah !» ?


Sarah Irion : «Are vah !» est une des expressions les plus usitées en Inde. Elle exprime l'étonnement, la stupéfaction ou la surprise. Cette interjection peut être traduite par «Ça alors !», «Oh putain !», «Wouah !», «Bravo !» et peut être négative ou positive.

JOL Press : Quelles sont les problématiques soulevées par «Are Vah !» ?

Sarah Irion : D'abord, selon des géologues indépendants, le site choisi pour construire la centrale n'est pas exempt de risques sismiques.

«Are Vah !» souligne aussi des problématiques d'ordre économique et géopolitique. Le contrat du projet de Jaitapur sera le plus gros jamais signé dans l'histoire de l'Inde. La vente de réacteurs EPR - la fierté d'Areva - est déterminante pour l'industrie nucléaire française. La «renaissance nucléaire» dépend de cette technologie «Made in France».

Nous avons cherché à savoir autour de quoi tournaient les discussions lors de la vente d'une centrale. Un exemple : l'Inde veut que ce soit le fournisseur des réacteurs, et non l'opérateur comme c'est le cas actuellement, qui soit responsable en cas d'accident, ce qui n'enchante pas Areva. Le nucléaire n'est pas une technologie anodine. Pourtant, les négociations se passent comme s'il s'agissait de vendre des voitures...

JOL Press : Pourquoi avoir choisi le format du webdocumentaire ?

Sarah Irion : Le documentaire interactif permet de créer un débat avec les internautes. «Are Vah !» est une «mise en scène» qui imagine ce que serait le site de Jaitapur un fois le premier réacteur EPR achevé, en 2022. Au fil de la visite virtuelle, vous découvrez des contenus (vidéos, infographies, cartes...) qui vous donnent des pastilles d'uranium. Elles vous seront nécessaires pour charger le réacteur en combustible. Démarrer ou démanteler la centrale… à vous de choisir.

On ne voulait pas être donneur de leçons et se contenter de dire «attention, le nucléaire est une énergie dangereuse». Il faut trouver un moyen de subvenir aux besoins croissants en électricité de l'Inde. Comment ? C'est toute la question. La technologie EPR n'a pas fait ses preuves et les opposants critiquent la réelle nécessité du projet. Est-il pertinent de vendre la plus puissante centrale nucléaire au monde à un pays dont les réseaux électriques ont 30 ans de retard ?

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Le 21 Juin 2014

Les navires chinois au clash avec les navires vietnamiens


Nombre de navires d’escorte chinois ont suivi de près samedi 21 juin 2014 des navires de la Surveillance des ressources halieutiques du Vietnam afin de les empêcher de mener leurs activités dans les eaux vietnamiennes.

Source : Vietnam plus

Dans la matinée, le navire des Garde-côtes chinois immatriculé 2168 s’est approché à toute allure d'un navire du Garde-côte du Vietnam, jusqu'à une distance de 30 mètres l’un de l’autre, tout en cherchant à le percuter et l’attaquer aux canons à eau. Dans l’après-midi, le navire chinois immatriculé 2506 et le remorqueur Haishan ont croisé des navires vietnamiens à faible distance, créant une situation très dangereuse, ont constaté des correspondants de l’Agence vietnamienne d’information présents sur place. Les scènes se sont produites alors que les navires vietnamiens poursuivaient leur mission de 10 à 12 milles de la plate-forme pétrolière Haiyang Shiyou-981 illégalement implantée par la Chine dans la zone économique exclusive et sur le plateau continental du Vietnam, pour exiger de cette dernière de se retirer des eaux vietnamiennes.

Les forces chargées de l’application de la loi du Vietnam ont découvert dans la matinée un avion de reconnaissance chinois survolant à 12 - 35 milles marins de la plate-forme de forage. Un autre avion de reconnaissance immatriculé CMS-B3843 a survolé le site à une altitude de 200 à 500 mètres et à une distance de 12 milles avant de repartir vers le Nord-Ouest, selon la Surveillance des ressources halieutiques du Vietnam.

Samedi, la Chine maintenait 118 navires de toutes catégories, dont 43 des garde-côtes, 14 de transport, 17 remorqueurs, 38 navires de pêche et 6 navires militaires qui sont positionnés de 6 à 9 milles marins de la plate-forme.

Les bateaux de pêche du Vietnam ont continué leurs activités normales dans leur pêcherie traditionnelle Hoang Sa, de 34 à 38 milles de la plate-forme. Ils ont été perturbés par 38 navires de pêche chinois soutenu le navire des garde-côtes chinois immatriculé 46102. Les navires chinois ont cherché à percuter les navires chargés de l’application de la loi du Vietnam et les ont obligés à s'éloigner de la plate-forme à 13 milles de celle-ci.


Du 3 mai au 5 juin, les navires d’escorte chinois ont attaqué avec des canons à eau et délibérément percuté les navires vietnamiens en mission, blessant 12 surveillants de la pêche et endommageant 24 navires, parmi lesquels figurent 19 de la Surveillance des ressources halieutiques du Vietnam et 5 autres du Garde-côte du Vietnam.

Plus gravement encore, le 26 mai 2014, un bateau de pêche chinois a télescopé puis coulé un bateau de pêche vietnamien dans une pêcherie traditionnelle de l’archipel de Hoang Sa du Vietnam. Les navires chinois ont transpercé le premier juin le navire CSB 2016 de la Garde-côte du Vietnam et embouti le 7 juin le navire KN-635 de la Surveillance des ressources halieutiques du Vietnam.

Ces actions chinoises ont gravement violé la souveraineté du Vietnam, le droit international, dont la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, et la Déclaration sur la conduite des parties en Mer Orientale (DOC) dont la Chine est partie. Elles affectent la sécurité et la sûreté maritime en Mer Orientale, et nuisent à la paix, à la stabilité et à la coopération dans la région et le monde. – VNA

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Le 20 juin 2014

Hamou Béya, pêcheurs de sable



Source : Reporterre par Lorène Lavocat

Le réalisateur malien Samouté Andrey Diarra a suivi des jeunes Bozos, forcés à l’exode à cause du changement climatique. Ils ont troqué leur filet contre des seaux et pêchent désormais du sable.

Un film présenté le 20 juin à Paris, dans le cadre du Festival de cinéma des Foyers, en partenariat avec Reporterre.

« Quand l’eau est ta vie et qu’elle t’abandonne, tu pars la chercher. » Gala Sabé appartient au peuple Bozo, qui vit sur les rives du fleuve Niger au Mali. La pêche les fait vivre depuis des siècles.

Mais depuis quelques années, « les changements climatiques et la sécheresse ont provoqué la mort du poisson. » Le niveau du fleuve baisse, et les filets remontent vides à la surface.

Alors pour survivre, pas le choix : « La vie au village est devenue difficile », alors ils partent. Ils deviennent pêcheurs de sable. Dans les environs de Bamako, inlassablement, ils plongent, remplissent leur seau puis chargent leur pirogue du précieux matériau, qui servira ensuite à la construction de nouveaux bâtiments.

Le réalisateur Samouté Andrey Diarra retrace l’histoire de ces jeunes Bozos qui, à l’instar de Gala Sabé, ont quitté leur famille et leur terre natale pour tenter de gagner leur vie. Son documentaire, Hamou-Béya, pêcheurs de sable, se veut ethnographique. Mais il pose également la question des impacts socio-économiques, environnementaux et culturels de cette nouvelle économie.

Car l’exploitation du sable est en pleine expansion, stimulée par l’urbanisation croissante de la capitale malienne. D’après l’IRD (Institut de recherche sur le développement), entre 15 et 20 millions de mètres cubes de matériel auraient été extraits du fleuve de 2000 à 2006.

Le lit du Niger s’ensable en aval, mais il se creuse en amont. Et les conséquences sur l’agriculture et l’écosystème se font déjà sentir : les débordements du fleuve dans les plaines agricoles, qui permettent l’irrigation des cultures, sont moindres, et... les poissons se raréfient. Triste ironie du sort pour ces pêcheurs de sable.

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Le 19 Juin 2014

African Tuna Conference : Conférence Africaine sur le Thon


Abidjan - Côte d'Ivoire

25-26 Septembre 2014

La toute première édition de la Conférence Africaine et d’Exposition sur le Thon regroupera les principaux acteurs de l’industrie thonière et les parties prenantes qui viendront de divers horizons d’Afrique et du monde et elle offrira un cadre évènementiel pour apprendre et débattre des questions pertinentes relatives à la pêche thonière, à la transformation, au commerce, aux nouveaux débouchés et aux actions politiques en vigueur. C’est un évènement essentiel qui vous donne le privilège d’étendre votre réseau au niveau de l’Afrique.

La conférence sur les thons en Afrique 2014 est un événement de deux jours qui se tiendra les 25 et 26 septembre 2014, de 09H00 à 18H00 à l’Hôtel Abidjan Sofitel Ivoire, à Abidjan.

Pour en savoir + : Atuna

Les Principaux Thématiques  


La première édition de la Conférence sur les thons en Afrique est sans doute, le plus grand  évènement qui réunira les principaux acteurs et les parties prenantes de l’industrie thonière en Afrique, où diverses questions liées à la transformation du thon, à la pêche, au commerce et à des décisions politiques seront sujet à discussion.

Au cours de cet évènement sur le commerce du thon, des décideurs politiques peuvent apporter de nouvelles visions, partager leurs points de vue avec les autres, établir de nouveaux contacts, promouvoir leurs produits et services.

La conférence sur les thons en Afrique en 2014, portera sur des thématiques et discutera de sujets d’actualité sur l’industrie thonière, notamment :
  • Point de vue de 360 degrés sur le thon en Afrique ;
  • Couverture des nations et des îles d’Afrique - du Nord au Sud ;
  • Tendance des captures de thonidés de l’Atlantique et de l’Océan Indien ;
  • Quelles sont les principales flottes actives dans la région ?
  • Quelles sont les zones de pêche de thon les plus productives en Afrique ? : où se situent-elles ?
  • Les difficultés rencontrées par les États côtiers dans la gestion de leurs pêcheries thonières ;
  • La  pêche INN au thon - les domaines problématiques et les solutions envisagées ;
  • Comment les États côtiers peuvent tirer plus de bénéfice de leur ZEE dans l’exploitation des ressources thonières ?
  • Les principaux blocs dans l’industrie thonière en Afrique ;
  • Les marchés du monde arabe - leurs croissances et leurs importances ;
  • Opportunités d’expansion du marché pour les transformateurs africains ;
  • Quels sont les facteurs qui régissent les prix des thons d’Afrique en matière première ?
  • Quelles sont les possibilités pour la certification MSC pour une pêcherie  durable du thon de l’Atlantique ?
  • Les principaux marchés d’importation de thon en conserve en pleine  croissance au niveau de l’Afrique ;
  • Les principaux exportateurs africains de thon vers l’UE et vers d’autres marchés ;
  • L’élasticité-prix ? Que font les producteurs et les fournisseurs africains pour  s’accorder face à des prix très bas du moment ?

De même, des sujets d’actualité et importants pour l’industrie, tels que :
  • L’évolution des facteurs critiques de coûts pour l’industrie africaine du thon en conserve ;
  • Quels seront les nouveaux entrants dans l’industrie de transformation de thon en pleine émergence en Afrique ?
  • La responsabilité sociale - la situation actuelle en Afrique ?
  • Quelles sont les activités des diverses ONG sur le thon en Afrique ?
  • La nationalisation de la pêche au thon et de l’industrie thonière – les défis et les opportunités ;
  • Quelles sont les possibilités de produire des produits de thon à valeur ajoutée ?

Les participants seront constitués des chefs d’entreprise et des décideurs politiques, des officiels, des armateurs des thoniers, des transformateurs, des commerçants, des scientifiques, des autorités portuaires, des prestataires de services, des détaillants, des ONG impliquées dans l’industrie thonière à l’échelle internationale, etc.,

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Le 18 Juin 2014

Les Etats-Unis annoncent un sanctuaire marin dans le Pacifique


Les États-Unis veulent créer le plus grand sanctuaire marin du monde dans le Pacifique : L'aire marine protégée du Pacific Remote Islands Marine National Monument pourrait passer de 199 500 km2 à 2 millions de km2. (Carte Maritime conservation biology institute)

Les États-Unis ont l’intention de créer dans le Pacifique le plus vaste sanctuaire marin du monde. Le président américain, Barack Obama, en a fait l’annonce le mardi 17 juin 2014 à l’occasion de la conférence internationale « Our Ocean » sur la protection des océans. Il s’agit d’étendre une aire marine protégée existante, le Pacific Remote Islands Marine National Monument, située au sud et à l'ouest de Hawaï, qui couvre 199 500 kilomètres carrés. Sa superficie serait décuplée pour atteindre 2 millions de kilomètres carrés. La protection passerait de 50 à 200 milles autour des îles Howland, Baker et Jarvis ; des atolls de Johnston, de Wake et de Palmyra ; et, enfin, du récif corallien de Kingman. Les États-Unis entendent interdire dans ce périmètre la pêche commerciale et l’exploitation énergétique. (d'après le marin)

Cet espace, d'une superficie sans précédent, a été défini en coopération avec des Etats insulaires de la région, directement menacés par les dégâts causés aux océans.

Les Etats-Unis ont annoncé mardi 17 juin un projet de création du plus vaste sanctuaire marin de la planète dans le Pacifique et des mesures «historiques» pour réprimer la pêche illégale, lors d’une conférence internationale sur la protection des océans en péril. Le secrétaire d’Etat John Kerry a reçu lundi et mardi au département d’Etat les représentants de 80 pays, aux côtés d’experts et d’industriels, pour pousser la communauté internationale à se doter d’une stratégie pour sauver les océans menacés par le réchauffement climatique, la pollution et la surexploitation des réserves de pêche.

Au total, plus d’1,8 milliard de promesses de dons ont été récoltées, dont 1 milliard fourni par la seule Norvège pour lutter contre le changement climatique. «Assurons-nous que nous pourrons regarder nos enfants dans les yeux et leur dire : oui, nous avons agi et nous avons préparé un monde plus sûr et plus stable», a exhorté le président Barack Obama, dans un message vidéo adressé à la conférence.


D’après la communauté scientifique, la santé des océans, qui couvrent 72% de la planète, et de leur écosystème s’est dégradée de manière spectaculaire depuis 70 ans. De fait, a égrené Barack Obama, «la hausse des niveaux de dioxyde de carbone provoque une acidification des océans. La pollution met en péril la vie marine. La surpêche menace toutes les espèces et les populations qui en dépendent pour leur alimentation et moyens de subsistance.»

Selon la Maison Blanche, le chef de l’exécutif a demandé à son gouvernement de mettre sur pied un projet de préservation d’aires marines dans les eaux territoriales américaines, notamment autour des îles Howland, au centre du Pacifique.

Pêche commerciale interdite dans le Pacifique

D’une surface de plus de deux millions de km2, il s’agirait du plus vaste sanctuaire marin du monde. Les Etats-Unis entendent y interdire la pêche commerciale et l’exploitation énergétique. Au total, avec les engagements d’autres pays comme les Îles Cook ou les Kiribati, «plus de trois millions de km2» d’aires marines devraient être sanctuarisées dans le Pacifique, selon John Kerry. «Nous devons faire davantage ailleurs, mais c’est un début formidable», s’est-il félicité.

C’est la République des Kiribati qui avait fait lundi la première annonce concrète, le président de ces archipels d’Océanie, Anote Tong, interdisant dès janvier 2015 la pêche commerciale, malgré l’impact économique. Les Kiribati font partie, avec l’archipel polynésien des Tuvalu et les Maldives, des pays qui pourraient disparaître avec la montée du niveau des océans si rien n’est fait contre le réchauffement climatique, selon l’ONU.

Le président Obama a aussi annoncé qu’il avait réclamé à son administration «une stratégie nationale pour combattre la pêche pirate». Aujourd’hui, 20% des réserves de poissons sont pêchées illégalement, soit 26 millions de tonnes par an, accélérant la disparition de certaines espèces, selon la fondation écologiste The Pew Charitable Trusts. John Kerry a promis que tous les produits de la mer vendus aux Etats-Unis seraient «traçables», pour lutter contre la fraude et la pêche illégale et des associations écologistes ont salué «un pas en avant historique».

Leonardo DiCaprio, quant à lui, a déclaré : «Nous croyons que dans presque tous les cas, vous pouvez toujours avoir la conservation marine et la protection marine, et encore permettre des activités de pêche récréative durable qui auront lieu», ajoutant « il n'y a presque pas d'activité de pêche sportive dans la région parce que c’est un sacré périple, là-bas. Notre préoccupation est évidemment le précédent que cela pourrait créer ». (d'après : Leonardo DiCaprio milite avec Barack Obama)

«Si nous ne réglons pas ces problèmes, si nous épuisons les ressources de nos océans, non seulement nous sapons les trésors de l’humanité, mais nous nous privons aussi d’une source majeure d’alimentation et de croissance économique», a mis en garde le président Obama. Il a été soutenu par la star d’Hollywood Leonardo DiCaprio qui a promis, via sa fondation, sept millions de dollars sur deux ans pour la protection des océans. L’acteur est un défenseur de l’environnement et un plongeur émérite. «J’ai été le témoin direct de la destruction de l’environnement», a dit DiCaprio en racontant ses plongées il y a une vingtaine d’années près de la Grande barrière de corail, le long de la côte orientale de l’Australie. «Ce qui ressemblait autrefois à un paysage de rêve sous-marin sans limites est aujourd’hui truffé de coraux blanchis et de zones mortes», s’est alarmé le comédien. (d'après AFP)

Pour plus d'informations :

Réaction de l'industrie thonière : ISSF response to "Our Ocean" conference


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Représentation de la France au Forum des îles du Pacifique

Sénat - 14 ème législature

Question orale sans débat n° 0782S de M. Robert Laufoaulu (Iles Wallis et Futuna - UMP-R)
publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1100

M. Robert Laufoaulu attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la représentation de la France au prochain Forum des îles du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014.

Il est d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le Forum que ce dernier, dont une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet relatif à la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui devrait se tenir à Paris à la fin de l'année 2015.

Il lui demande, en conséquence, de lui indiquer si la France sera représentée, dans les discussions du « post-Forum », par un membre du Gouvernement de la République.

Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger
publiée dans le JO Sénat du 18/06/2014 - page 4886

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, ma question porte sur la représentation de la France au prochain forum du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014 aux Îles Palau.

Le Forum, qui réunit seize États membres, ainsi que des membres associés, comme la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française, et des membres observateurs, comme Wallis-et-Futuna, se tient chaque année et se termine par un dialogue post-forum avec une douzaine de pays partenaires, dont les États-Unis, le Japon, la Chine et, bien sûr, la France, puissance du Pacifique avec ses trois territoires ultramarins de la zone.

Notre pays avait depuis un certain temps compris l'importance stratégique de la zone Asie-Pacifique, importance qu'elle avait un peu perdue à la fin de la guerre froide, mais qu'elle retrouve pleinement dans le nouvel ordre géopolitique mondial. C'est ainsi qu'en 2011, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, conduisait la délégation française, à Auckland, lors du dialogue post-forum.

Toutefois, en 2012, à Avarua, aux Îles Cook, tandis que Hillary Clinton était présente, la France, malgré mes demandes renouvelées auprès du Gouvernement, a été représentée non pas au niveau ministériel mais seulement par notre ambassadeur. La situation s'est reproduite, en 2013, à Majuro, aux Îles Marshall.

Je suis tout sauf un homme partisan, madame la secrétaire d'État. Je n'hésite pas à voter les projets de loi du Gouvernement lorsqu'ils me paraissent aller dans le bon sens. Je me sens donc d'autant plus à l'aise pour dire les choses lorsqu'elles ne sont pas satisfaisantes.

Alors voilà : quelle que soit la qualité de nos diplomates, l'absence répétée de membres du gouvernement français au dialogue post-forum est vécue par les pays de la zone comme une marque de dédain. Quant à nous, Français du Pacifique, nous ressentons un profond malaise, pour ne pas dire plus.

Il est pourtant d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le forum que ce dernier, dont l'une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet sur la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin de l'année 2015.

Si nous voulons vraiment que cette conférence sur les changements climatiques, dite « COP 21 », soit un succès, si en tant que pays hôte nous voulons aboutir à cette occasion à un nouvel accord international sur le climat applicable à tous les pays, dans l'objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de deux degrés centigrades, nous devons, en amont, travailler aussi avec les États du Pacifique qui sont tellement concernés par la question.

En conséquence, je souhaiterais savoir si la France sera représentée, cette année, dans les discussions post-forum par un membre du Gouvernement de la République.

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Fleur Pellerin,secrétaire d'État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger.Monsieur le sénateur, le quarante-cinquième sommet du forum des îles du Pacifique et le dialogue post-forum de Koror, qui se dérouleront du 29 juillet au 1er août 2014, ainsi que la troisième conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, qui se tiendra aux Îles Samoa en septembre prochain, sont des échéances extrêmement importantes dans le contexte de la préparation de la conférence Paris Climat 2015.

Nous le savons, monsieur le sénateur, les îles du Pacifique sont parmi les territoires les plus exposés aux impacts du dérèglement climatique. La déclaration de Majuro pour un leadership sur le climat, signée l'an dernier à l'occasion de la quarante-quatrième édition du forum des îles du Pacifique, avait montré l'extrême préoccupation et la forte mobilisation des îles du Pacifique sur ce sujet.

Le réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer, l'acidification des océans, les variations de précipitations, les cyclones et les tempêtes tropicales auront des effets importants dans beaucoup de régions du monde. Mais ces évolutions auront des conséquences sans commune mesure avec ce que pourraient connaître les écosystèmes et les économies des territoires insulaires, menacés pour certains de disparaître.

Avec Laurent Fabius, nous sommes parfaitement conscients de l'extrême vulnérabilité de ces territoires, qui méritent toute notre attention.

Pour répondre précisément à votre question, monsieur le sénateur, et vous rassurer par la même occasion, je tiens à vous informer que la France sera représentée au dialogue post-forum par son secrétaire permanent pour le Pacifique. Ce dernier conduira la délégation française qui sera présente lors du forum des îles du Pacifique.

M. le président. La parole est à M. Robert Laufoaulu.

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, je suis un peu déçu de votre réponse. Comme je l'indiquais dans ma question, voilà deux ans que la France n'est plus représentée au niveau ministériel lors des réunions du forum des îles du Pacifique. Les îles de la région y voient a minima une marque de dédain à leur égard. Je réitère donc ma demande : il me semble que le Gouvernement devrait être représenté au niveau ministériel lors de ce forum, réunion internationale de la région du Pacifique.

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Le 17 juin 2014

5ème édition de la Monaco Blue Intiative


La 5ème édition de la Monaco Blue Intiative se tiendra cette année au Chili....

Conférence de presse de lancement

Le mercredi 18 juin à 15h30


A la Maison des Océans

Robert Calcagno, Directeur Général de l’Institut Océanographique et Bernard Fautrier, Vice-Président de la Fondation Albert II de Monaco vous présenteront les enjeux de cette 5ème édition, dont :
  • Aquaculture
Fort de l’exemple chilien et de la croissance de la part de l’aquaculture dans la pêche mondiale : Comment développer une aquaculture responsable ? (véritable enjeu lorsque l'on sait que l'aquaculture représentait 13,4% des poissons extraits des océans en 1990, et plus de 40% actuellement.)
  • Financement des Aires Marines Protégées
Comment concilier fonds publics et privés pour faire avancer des projets de financement.
  • Gouvernance des espaces en haute mer
Quel cadre juridique, dispositifs de contrôle, mesures de protection pour ces zones exploitées librement et non surveillées ?

Ce que dit le Tribunal International du Droit de la Mer...

La haute mer, bien qu’elle ne soit soumise à la souveraineté d’aucun Etat, est néanmoins soumise au droit des nations. L’ordre juridique en haute mer est créé “par la coopération entre le droit des nations et les lois nationales des Etats qui possèdent un pavillon maritime”. En ce qui concerne la pêche INN dans la ZEE, l’Etat du pavillon a des obligations envers l’Etat côtier, qui porte la responsabilité principale en matière de conservation et de gestion des ressources biologiques dans la ZEE. En haute mer, les organisations régionales de gestion des pêches jouent ce rôle dans une mesure croissante....

Pour en savoir plus sur la gestion des pêcheries en Haute Mer :

lire cet avis du Tribunal International du Droit de la Mer


Les obligations de l’Etat du pavillon en matière de pêche INN en haute mer..... 70

A. Les obligations de l’Etat du pavillon en vertu du droit conventionnel........ 70

1. La CNUDM...... 72
2. L’Accord des Nations Unies sur les stocks de poissons.....76
3. L’Accord d’application de la FAO................................ 78
4. La pratique des traités régionaux............ 80

B. Les obligations de l’Etat du pavillon en vertu du droit international coutumier et des principes généraux de droit ; et les sources subsidiaires pertinentes pour cet aspect de la question 2.................81

Source : Tribunal international du droit de la mer - Demande d’avis consultatif soumise par la commission sous-régionale des pêches exposé écrit du mécanisme des pêches des Caraïbes

5ème édition de la Monaco Blue Intiative

La Monaco Blue Initiative est une plateforme de discussion co-organisée par la Fondation Prince Abert II de Monaco et l'Institut Océanographique, Fondation Albert 1er, Prince de Monaco, sous la présidence de S.A.S le Prince Albert II de Monaco. Chaque année, ses membres se réunissent afin de débattre des défis mondiaux de la protection des océans. La Monaco Blue Initiative est une plateforme efficace pour la communication et l’échange entre les différents secteurs d’activité. Elle cherche à analyser et promouvoir les synergies possibles entre la protection des écosystèmes marins et le développement socio-économique.

Les derniers mois, et notamment au regard du 3ème Congrès International des Aires Marines Protégées (IMPAC3), ont plus que jamais mis en avant l’importance d’un travail commun des mondes économique, scientifique, politique et environnemental pour la protection et la gouvernance des océans. La 5ème édition poursuivra cet effort en accordant une attention particulière à des thématiques spécifiques au Chili, ainsi qu’à des enjeux mondiaux actuels. Les retours d’expérience du développement de l’aquaculture et des pêcheries au Chili permettront de traiter du déploiement des activités maritimes dans le cadre de la conservation de la biodiversité marine et plus largement de la mise en place de réseaux d’Aires Marines Protégées (AMP). Ces thèmes seront également l’occasion d’introduire les questions de création de mécanismes de financement pour le développement et la gestion des AMP, ainsi que de gouvernance des espaces en haute-mer. . Ces discussions permettront aussi de préparer des éléments de réflexion pour le prochain congrès IMPAC4 qui se tiendra au Chili en 2017.

Pour en savoir + : Monaco Blue Initiative

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Le 16 Juin 2014

Les États-Unis veulent sauver les océans en péril

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=298718386975975&id=130245477156601
Une conférence se tient aux États-Unis pour tenter de sauver les océans menacés notamment par la surexploitation des réserves de pêche (illustration).

Les États-Unis organisent lundi et mardi une conférence internationale pour tenter de sauver les océans en péril.

par La rédaction numérique de RTL , Avec AFP publié le 15/06/2014

Washington organise ces lundi 16 et mardi 17 juin une conférence sans précédent pour la sauvegarde des Océans, menacés par le réchauffement climatique, la pollution et la surexploitation des réserves de pêche.

Des chefs d'État et de gouvernement et des ministres venus de 80 pays sont attendus à Washington ainsi que de nombreux experts internationaux en matière de protection des espaces marins et des industriels.

Les océans sont "assiégés"

Ils vont se pencher pendant deux jours sur les moyens de protéger la vie marine des océans, qui couvrent 72% de la planète. "Les océans sont ma passion depuis toujours, depuis l'âge de trois ans quand j'ai trempé un orteil" dans l'Atlantique, sur les plages de Massachusetts (nord-est), a confié la semaine dernière John Kerry, défenseur depuis des années de la cause environnementale.

Mais "les océans de la planète, aussi vastes et impressionnants soient-ils, sont assiégés", a prévenu le chef de la diplomatie américaine, pointant les risques posés par la surpêche, par l'acidification provoquée par la hausse des températures et par la pollution, notamment des matières plastiques.
Apparition de véritables "zones mortes"

D'après des experts en matière d'environnement, la santé des océans et de leur écosystème s'est dégradée de manière spectaculaire depuis près de 70 ans. Selon des données de la fondation écologiste américaine The Pew Charitable Trusts, 20% des réserves de poissons sont aujourd'hui pêchées illégalement, soit 26 millions de tonnes par an, accélérant la disparition de certaines espèces. Pire, la pollution a créé de véritables "zones mortes" dans les océans, où le niveau d'oxygène est insuffisant pour préserver la vie.

John Kerry, accompagné d'une équipe de cadres de son ministère spécialistes de l'environnement, espère convaincre ses invités de la nécessité de sauver les océans : "Il faut forger un consensus mondial autour de la valeur des océans et de ce qui nous menace si nous laissons disparaître la vie marine de la planète", plaide Joshua Reichert, vice-président de Pew Charitable Trusts.

Les écologistes espèrent aussi que les États-Unis montrent l'exemple, par des mesures concrètes, comme l'extension des parcs naturels maritimes. "Nous sommes arrivés au stade où la science nous en apprend assez sur les problèmes urgents qui doivent être réglés dans les années à venir", prévient Joshua Reichert. Mais "sans volonté politique suffisante pour régler ces problèmes, il ne fait guère de doute que cela va empirer et que les conséquences pour l'humanité en seront profondes".

Conférence "Our ocean" les 16 et 17 juin à Washington DC

Le secrétaire d’état américain John Kerry tiendra une conférence sur les océans : « Our Ocean », les 16 et 17 juin à Washington DC. L’océan couvre près des trois quarts de notre planète et assure le maintien de la vie sur terre telle que nous la connaissons. Mais notre océan court un grave risque aujourd’hui – et nous savons quels en sont les causes.

Source : Ifremer

Le secrétaire Kerry accueillera des politiques, des chercheurs, des scientifiques, des industriels et des activistes de plus de quatre-vingt-dix pays à cette conférence pour traiter des actions collaboratives sur la protection des océans.  Les trois thèmes de la conférence sont la pêche durable, la pollution marine, et l’acidification des océans.

« Cette ressource extraordinaire que constitue nos océans est menacée », a déclaré le secrétaire d’État John Kerry en annonçant le 21 avril la prochaine tenue de cette conférence. « Cette ressource est menacée par la pêche non durable, la pollution, et le changement climatique. En fait, la manière dont on relèvera ces défis déterminera, littéralement, l’avenir de notre planète. »

Vous trouverez des informations détaillés sur le programme de cette conférence sur la page internet: http://ourocean.info/  et pour pouvez aussi suivre la conférence sur internet et sur twitter :  http://ourplanetourocean.tumblr.com/

Pour en savoir + : Programme

L'urgence pour la création de grandes aires marines protégées

par Jean-Paul Michel et Pierre Leenhardt 

Mercredi 12 mars 2014

Institut Océanographique

Depuis 2006, de grandes nations maritimes, ainsi que des micro-États insulaires s’engagent dans des politiques de conservation marine à grande échelle.

Ces engagements sont une réponse aux objectifs de la Convention sur la diversité biologique, prévoyant la protection de 10 % de la surface marine mondiale d’ici 2020.

En l’espace de presque une décennie, dix grandes aires marines protégées furent créées, représentant plus de 80 % de la surface mondiale d’aires marines protégées. En France, la création de l’Agence des aires marines protégées et l’adoption du nouveau statut de Parc naturel marin sont les deux initiatives notables qui corroborent cette tendance.

Au niveau international, The PEW Charitable Trusts a pour but de participer à la création de 15 à 20 grandes réserves hautement protégées dans les 3 océans majeurs de la planète. Aujourd’hui, la mise en place de telles réserves, recommandée par les organisations internationales et les ONG, peut être justifiée par le principe de précaution alors que les enjeux de la gestion de tels périmètres monopolisent l’attention des experts.

Entrée libre
Mercredi 12 mars 2014
Maison des Océans à Paris


Cliquer Ici pour télécharger l'étude "The rise of large-scale marine protected areas: Conservation or geopolitics?" Pierre Leenhardt, Bertrand Cazalet, Bernard Salvat, Joachim Claudet, François Feral

Recherche sur la gouvernance de GRandes Aires Marines Protégées

GRAMP

Programme financé par le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire (MEEDDAT).

1. Définition de GRAMP

Une étude en Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) ainsi qu’en Sciences Humaines et Sociales (SHS) sur la gouvernance des GRandes Aires Marines Protégées (GRAMP).

GRAMP est un programme de recherche pluridisciplinaire proposant une synthèse des connaissances obtenues sur la gouvernance des grandes AMP sous l’angle des SVT et des SHS. L’association de ces deux disciplines de recherche sera représentée par le travail de deux chercheurs juniors chargés de collecter les données, de formuler des problématiques et d’identifier les principes de gestion et de gouvernance applicables à ces grandes AMP.

2. Résumé

Les politiques de développement des AMP sont fortement encouragées par les pouvoirs publics et elles ont souvent pour origine des expériences de réserves marines parfois anciennes, fondées sur la réalisation de sanctuaires emblématiques. Dans la plupart des hypothèses il s'agit de périmètres restreints, bien documentés sur le plan scientifique, et parfois menacés de sur-fréquentation sur le plan touristique. Ces périmètres sont aujourd'hui bien acceptés et leur succès à la fois sociétal et de conservation est quasiment unanime. La nouvelle ambition des politiques de conservation se propose de protéger des espaces beaucoup plus vastes, de plusieurs dizaines, voire de centaines de milliers d'hectares. Le principe déjà ancien du classement en réserve de biosphère souligne l'ambition de conserver désormais un pourcentage significatif de la mer. Au niveau national, la difficulté à mettre en place de nouvelles AMP selon le schéma traditionnel a conduit l'État à modifier la méthode en créant le parc naturel marin comme un nouvel outil de gestion. Les réserves marines de biosphère ultra marines et la mise en place des parcs naturels marins (arrêté ministériel du 6 mars 2006) répondent donc à cette volonté de protection de vastes espaces marins. L'affichage de ces objectifs est parfaitement légitime au regard des enjeux de la conservation, mais il apparaît qu'elle se décline désormais sous de nouveaux environnements juridiques et politiques.

Pour en savoir plus : Gramp

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Le 13 juin 2014

Journée historique pour la pêche artisanale mondiale

Le 10 juin 2014 a été une journée historique pour la pêche artisanale mondiale. Le premier instrument international dédié à la promotion et la défense de la pêche artisanale, a été adopté par 143 États membres du Comité des Pêches de la FAO (COFI).

Source : Comité des pêches du Finistère par René-Pierre Chever

A Rome, à la FAO, 143 Etats membres réunis pour la 31ème Session du Comité des Pêches de la FAO (COFI 31), ont adopté le premier instrument international pour la pêche artisanale. Cet instrument prend la forme des Directives d’application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté (Directives sur la pêche artisanale). Le Président du Comité a dédié les Directives à Chandrika Sharma (Photo ci-dessus), en reconnaissance de son travail inlassable, de son leadership et de sa contribution immense au développement de l’instrument. Chandrika Sharma, la Secrétaire Exécutive du Collectif International d’Appui à la Pêche Artisanale (ICSF - CIAPA), a disparu à bord du vol Malaysia Airlines MH370 le 8 mars dernier.

Sid Ahmed Abeid, Président de la Section artisanale de la Fédération Nationale des Pêches de Mauritanie (FNP) a appelé l’événement un « jour historique » pour la pêche artisanale : « Nous avons lutté dur pour cela depuis de nombreuses années », a-t-il dit, « l’adoption, aujourd’hui, marque une victoire importante ». Pour les organisations représentatives de la pêche artisanale, la victoire a un goût doux-amer. La perte de Chandrika Sharma a été un coup tragique, mais son nom et sa contribution vivront à travers ce nouvel instrument.

Depuis 6 ans, une plateforme des Organisations de la Société Civile (OSC) s’est activement engagée avec la FAO et ses Etats membres pour développer cet instrument. Ces organisations incluent le Forum mondial des Communautés de Pêcheurs (WFFP), le Forum Mondial des Pêcheurs et des Travailleurs de la Pêche (WFF), le Comité international de Planification sur la Souveraineté alimentaire (IPC) et le Collectif International d’Appui à la Pêche artisanale (ICSF). Ensemble, les deux forums mondiaux représentent près de 70 organisations de pêche artisanale d’Amérique Latine, d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Afrique, d’Asie et du Pacifique.

Les pays reconnaissent le rôle vital des petits pêcheurs


Le Comité des Pêches de la FAO (COFI) ratifie les Directives volontaires visant à garantir des pêches artisanales durables

Ces directives viennent compléter les instruments internationaux existants, tels que le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable (1995) et les Directives volontaires pour une Gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts (2012) du Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

Source : FAO

10 juin 2014, Rome -  Les pays ont approuvé aujourd'hui une série de directives d'une vaste portée qui renforceront la contribution déjà vitale des petits pêcheurs à la sécurité alimentaire mondiale, à la nutrition et à l'éradication de la pauvreté.

Les «Directives d'application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté» ont pour but de soutenir les millions de petits pêcheurs, en particulier dans les pays en développement, en défendant leurs droits humains et en sauvegardant l'exploitation durable des ressources ichtyques dont ils dépendent pour vivre.

Les pêches artisanales emploient plus de 90 pour cent des pêcheurs de capture et des travailleurs de la pêche - dont la moitié environ de femmes - et fournissent quelque 50 pour cent des prises mondiales de poisson. Elles constituent une source précieuse de protéines animales pour des milliards de personnes dans le monde et soutiennent souvent les économies locales des communautés implantées près de la mer, d'un lac ou d'un cours d'eau.

Cependant, malgré leur importance, de nombreuses communautés de petits pêcheurs continuent d'être marginalisées. Souvent situées dans des zones reculées ayant un accès limité aux marchés à la santé, à l'éducation et autres services sociaux, les petits pêcheurs ont du mal à faire entendre leur voix.

Ils sont confrontés à toute une gamme d'enjeux -des conditions de travail dangereuses et insalubres au manque d'infrastructures, sans oublier la pollution, la dégradation de l'environnement, le changement climatique et les catastrophes qui menacent les ressources dont ils dépendent. Ils peuvent aussi être victimes de luttes de pouvoir inégales et de droits précaires sur les ressources en terres et en poisson.

La portée des Directives volontaires approuvées aujourd'hui est donc vaste, allant de mesures pour l'amélioration des systèmes de gouvernance des pêches et des conditions de travail et de vie, aux recommandations sur la manière dont les pays peuvent aider les petits pêcheurs et travailleurs de la pêche à réduire les pertes et gaspillages après récolte.

« Ces directives représentent une avancée importante et sont un outil primordial qui permettra d'encourager la mise en œuvre de politiques nationales en faveur des petits pêcheurs, afin qu'ils renforcent leur contribution fondamentale à la sécurité alimentaire, à la nutrition et à l'éradication de la pauvreté. La FAO s'engage à soutenir les pays pour la mise en œuvre des Directives volontaires », a souligné le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

« L'approbation des directives intervient à un moment particulièrement opportun durant l'Année internationale de l'agriculture familiale, alors que nous nous efforçons de cibler l'attention sur les besoins des petits producteurs alimentaires. Je remercie tous ceux qui ont pris part à ce processus », a-t-il déclaré.

 Le Sous-Directeur général de la FAO chargé des pêches et de l'aquaculture, Árni M. Mathiesen, a précisé: « Les directives donneront la possibilité aux petits pêcheurs de connaître et d'exercer leurs droits, et de pouvoir prendre ainsi en charge leur propre développement ».

Un instrument unique

En tant que tout premier instrument international consacré entièrement aux pêches artisanales, les directives sollicitent une cohérence des politiques afin de garantir la pleine contribution des petits pêcheurs à la sécurité alimentaire, à la nutrition et à l'éradication de la pauvreté.

Elles soulignent en particulier le respect des droits et de la dignité de l'homme et la nécessité d'une parité entre les sexes dans tout le sous-secteur. Elles encouragent en outre les pays à veiller à ce que les petits pêcheurs soient représentés dans les processus décisionnels qui ont trait à leurs moyens d'existence.

Les directives viennent compléter les instruments internationaux existants, tels que le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable (1995) et les Directives volontaires pour une Gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts (2012) du Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

Plus de 4 000 représentants des gouvernements, des organismes régionaux de gestion des pêches, organisations de la société civile, universités, instituts de recherche et communautés de pêche du monde entier sont intervenus depuis 2011 dans la mise au point des directives, qui ont reçu le feu vert du Comité des pêches siégeant cette semaine à Rome.

Toutefois, M. Mathiesen a mis en garde que l'enjeu véritable sera la mise en œuvre des directives, qui ne deviendront efficaces qu'une fois mises en pratique.

La FAO renforce son engagement avec ses partenaires pour l'élaboration d'un programme mondial d'assistance à la mise en application des directives.

Comité des pêches

Le COFI est la seule instance intergouvernementale mondiale, à l'exception de l'Assemblée générale de l'ONU, où les questions et problèmes internationaux des pêches et de l'aquaculture sont examinés périodiquement, et qui émet des recommandations à l'intention des gouvernements, des organismes régionaux de gestion des pêches, des ONG, des travailleurs de la pêche, de la FAO et de la communauté internationale. Les Etats membres sont réunis pour la 31ème session du COFI au siège de la FAO à Rome jusqu'à la fin de la semaine.

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Le 12 juin 2014

Du cuir au tilapia et à la crevette....

Au Bangladesh, les déchets des tanneries, riches en protéines, sont recyclés dans l'alimentation avicole et l'alimentation aquacole...

Les aliments toxiques destinés aux volailles menacent la santé des populations pauvres du Bangladesh

Connues pour leur insalubrité, les tanneries de cuir du Bangladesh exposent les travailleurs et les habitants du quartier environnant à des produits chimiques toxiques. Selon de récentes études, les aliments pour volailles qui sont produits à partir de déchets industriels pourraient également menacer la santé de millions de Bangladais.

Source : Irin - Dacca, 5 juin 2014

« La nation toute entière est menacée, car le poulet est la viande la plus consommée et constitue la source de protéines animales la plus abordable », a dit Abul Hossain, professeur en chimie à l’université de Dacca, qui a récemment réalisé des études sur la façon dont le chrome, un déchet de tannerie, se retrouve dans la viande de poulet. « La situation est extrêmement alarmante ».

Selon le Département de l’Environnement (Department of Environment, DoE) du Bangladesh, les tanneries de Hazaribagh, un quartier industriel de Dacca, la capitale bangladaise, rejettent environ 21 600 mètres cubes de déchets toxiques – y compris du chrome, du sulfure, de l’ammonium et d’autres produits chimiques - chaque jour.

Les tanneries génèrent également jusqu’à 100 tonnes de déchets par jour – des peaux brutes, des chaires et de la graisse animales – qui sont transformés en aliments par des usines de recyclage du quartier et utilisés comme aliments dans les élevages de poulet et les fermes piscicoles du pays.

Si la dose quotidienne maximale recommandée de chrome n’a pas été fixée, une étude réalisée par l’Autorité alimentaire européenne a déterminé qu’une personne de 60 kilos pourrait tolérer jusqu’à 0,25 milligrammes de chrome par jour et a noté que le chrome « hexavalent » (généré par le processus industriel), un cancérigène, devrait être réduit à un niveau « aussi bas que possible » dans tous les aliments.

« Nous avons décelé des teneurs en chrome comprises entre 350 et 4 520 microgrammes [entre 0,35 et 4,52 milligrammes] par kilo dans les différents organes de poulets nourris avec des aliments issus des déchets de tanneries pendant deux mois », a dit M. Hossain.

(...)

Hazaribagh, un quartier dangereux

Un rapport rédigé par Human Rights Watch en 2012 documente l’état de santé consternant affiché par les travailleurs des tanneries du quartier de Hazaribagh qui utilisaient des produits chimiques. Il évoque notamment des problèmes de démangeaisons, de pelades, de brûlures dues à l’acide et d’éruptions cutanées ; des doigts transformés en moignons ; des douleurs, des étourdissements et des nausées ; des membres déformés ou amputés.

Mais derrière les murs des tanneries, le commerce informel des aliments pour volailles dépend des sous-produits contaminés issus de cette industrie toxique. Anwar Hossain, qui est propriétaire d’une usine de recyclage improvisée à Hazaribagh, a expliqué : « Nous achetons des chutes de peaux, des copeaux et de la poussière de ponçage [chrome – déchets imprégnés de teinture] aux tanneries, puis nous les trempons dans du citron avant de les faire bouillir pour obtenir une pâte de couleur noire ».


Selon lui, une soixantaine d’usines identiques comme la sienne produisent jusqu’à 30 tonnes d’aliments pour volailles chaque jour. « La demande d’aliments fabriqués à partir de déchets est énorme, car avec ça les poulets grandissent vite et c’est abordable par rapport aux autres suppléments disponibles », a-t-il dit, rejetant le fait que le produit puisse être dangereux. « Nous faisons bouillir les déchets, donc il est impossible qu’il y ait du chrome ou tout autre élément toxique ». Mais selon une étude réalisée en 2013, faire bouillir et sécher les déchets au soleil peut favoriser la transformation du chrome en chrome « hexavalent » cancérigène ou « Cr (VI) ». L’étude estime que jusqu’à 25 pour cent des poulets contiennent des niveaux dangereux de Cr (VI) au Bangladesh.

 Agro-pisciculture. Elevage intégré : Volaille-Poisson (FAO)

Infiltration dans le système

Mohammad Kaiser est propriétaire d’un élevage de poulets dans le district de Netrakona, situé au nord du pays. Il a indiqué qu’il avait entendu dire que des éleveurs de son district utilisaient un aliment complémentaire qui permettait une croissance rapide des poulets. « Je n’ai jamais donné ces aliments à mes poulets », a dit M. Kaiser, en ajoutant qu’il n’avait aucune idée de la manière dont ces produits étaient fabriqués.

Sur un marché aux volailles de Dacca, plusieurs consommateurs ont dit à IRIN qu’ils n’avaient jamais entendu parler d’aliments toxiques donnés aux poulets.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « l’ingestion de fortes doses de composés Cr (VI) par l’homme s’est caractérisée par de graves effets respiratoires, cardiovasculaires, gastro-intestinaux, hématologiques, hépatiques, rénaux et neurologiques ».

En marge de la légalité

En 2001, la Haute Cour du Bangladesh a jugé que le gouvernement devait s’assurer que les tanneries installent des équipements adéquats pour traiter leurs déchets. Mais le gouvernement n’en a rien fait. En 2009, la Haute Cour a jugé que le gouvernement devait procéder à la relocalisation des tanneries à l’extérieur de Dacca ou à leur fermeture – une décision également ignorée.

Dans les usines de transformation des aliments, les responsables de l’application des règles font face à une difficulté supplémentaire : les usines ne sont pas enregistrées. « Toutes les usines de recyclage opèrent dans l’illégalité, car elles n’ont pas de permis, il est donc difficile de réguler ce secteur non formel », a dit Mohammad Alamgir, directeur de la surveillance et de l’exécution au DoE. « Si nous les arrêtons aujourd’hui, ils reviendront et ils reprendront leur activité sans tarder ».

Lorsque les médias locaux ont écrit des articles sur les aliments pour volailles contaminés en mai 2014, le DoE a réagi immédiatement en faisant fermer six usines de recyclage. Cependant, un nombre indéterminé d’usines continuent d’opérer. « La production et la distribution de ces aliments doivent être stoppées. Des camions plein de ces aliments se déplacent dans les différentes régions du pays », a dit M. Alamgir. « Bien évidemment, nous ne savons pas quels poulets sont nourris avec ça ».

Moshiur Rahman, organisateur du Bangladesh Poultry Industries Coordination Committee, a reconnu que la production des aliments pour volailles fabriqués à partir des déchets des tanneries constituait une « mauvaise pratique », mais il a indiqué qu’il ne savait pas quels élevages utilisaient ces aliments dans le pays. « Il y a quelque chose de trouble entre les déchets de tanneries et les aliments, mais il faut y mettre un terme », a-t-il dit.

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Le 11 juin 2014

Les organismes de la Haute Mer stockent 500 millions de tonnes de CO2 par an

Etude réalisée à la demande de la Commission Océan Mondial... et publiée au moment du lancement à Paris de la Plateforme "Océan et Climat 2015" en prévision du sommet Paris Climat 2015 (voir plus bas 10 juin 2014)


La Commission Océan Mondial est une commission internationale indépendante qui étudie les principales menaces pesant sur l’océan. Elle a été formée à l’initiative de Pew Charitable Trusts, en collaboration avec Somerville College de l’Université d’Oxford, Adessium Foundation et Oceans 5. Son financement est garanti par Pew, Adessium Foundation, Oceans 5 et The Swire Group Charitable Trust, tout en maintenant son indépendance. Somerville College est chargé de l’administration.

Une nouvelle étude publiée le 5 juin 2014 révèle dans quelle mesure les organismes vivant en haute mer atténuent les effets du changement climatique en absorbant l’incroyable quantité de 500 millions de tonnes de carbone par an, soit l’équivalent d’un milliard et demi de tonnes de dioxyde de carbone atmosphérique.

Comblant une des lacunes scientifiques identifiées par le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (le rôle des grands fonds dans le cycle du carbone), La haute mer et nous : comprendre la valeur des écosystèmes de haute mer (1) est la première étude à évaluer les services écosystémiques des zones de haute mer et à leur attribuer une valeur économique.

Réalisée à la demande de la Commission Océan Mondial, l’étude identifie 15 services écosystémiques ayant une valeur directe pour l’humanité, allant des services d’« approvisionnement » tels que les ressources génétiques et les matières premières, aux services de « régulation » comme la purification de l’air et le contrôle biologique, en passant par des services d’« habitat » comme le maintien des cycles de vie et la protection du patrimoine génétique.

The High Seas and Us - Understanding the Value of High-Seas Ecosystems (La haute mer et nous : comprendre la valeur des écosystèmes de haute mer)

La Commission Océan Mondial a commandé cette étude afin d’éclairer son travail sur le rôle de la haute mer pour le maintien de la santé de tout l’océan mondial et d’identifier la valeur relative des nombreux services qu’elle fournit. Trevor Manuel, coprésident de la Commission, a déclaré : « Cette étude rend visible l’invisible et nous pouvons désormais voir et évaluer de façon plus claire ce que nous risquons de perdre si nous ne prenons pas de mesures pour protéger la haute mer et la gouverner de façon efficace pour préserver des services écosystémiques vitaux. Ces nouvelles données guident le travail de la Commission et, le 24 juin, nous publierons notre rapport et nos propositions d’action visant à freiner la dégradation de l’océan et à rétablir son bon état. »

Décrivant les principaux mécanismes de l’océan pour stocker et fixer le carbone atmosphérique, l’étude a calculé que la valeur économique de la séquestration de carbone en haute mer oscillait entre 74 et 222 milliards de dollars par an.

En examinant le secteur de la pêche, l’étude a découvert que près de 10 millions de tonnes de poisson sont pêchées chaque année en zones de haute mer, générant plus de 16 milliards de dollars au débarquement. Toutefois, les auteurs soulignent que l’importance et la valeur réelle de la haute mer pour les stocks de poissons présents dans l’ensemble de l’océan mondial sont largement supérieures, étant donné le degré de « partage » et d’interaction existant entre la haute mer et les eaux sous juridiction des pays côtiers (zones économiques exclusives ou ZEE).

Cette étude montre que :
  • 42 % des principales espèces de poissons commercialisées dans le monde et analysées sont pêchées à la fois en haute mer et en eaux côtières ; 
  • moins de 1 % des espèces sont pêchées exclusivement en haute mer ; 
  • les stocks « chevauchants » et grands migrateurs, présents à la fois en haute mer et dans les zones économiques exclusives, représentent 67 % des captures mondiales et 72 % de la valeur totale des débarquements mondiaux de pêche commerciale.

L’étude est parvenue à la conclusion que le rôle de la haute mer pour le maintien et la reconstitution des stocks halieutiques côtiers est d’une importance telle qu’il constitue un argument de poids pour fermer la haute mer à toute pêche. Les auteurs soutiennent également que des pêcheries mal gérées peuvent peser sur la fourniture d’autres services écosystémiques tels que la capture et le stockage de carbone, et ils appellent à une meilleure gouvernance de la haute mer.


Le professeur Rashid Sumaila de l’Université de Colombie-Britannique (Canada), coauteur de l’étude, a déclaré : « Il est important de considérer et de gérer l’océan mondial comme un système à part de l’écosystème planétaire et de protéger les services vitaux qu’il fournit à l’humanité. Actuellement, la haute mer est le maillon le plus faible en raison de sa mauvaise gestion et du manque de gouvernance par rapport aux ZEE. »

« Cette situation est potentiellement dangereuse. La valeur économique du stockage de carbone et de la purification d’air est au final bien supérieure à celle des captures de la pêche hauturière » a ajouté le professeur Alex Rogers du Somerville College de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni), coauteur de l’étude.

L’étude conclut que :
  • Les écosystèmes de haute mer fournissent des services précieux et irremplaçables, qui ne sont pas seulement utiles à la haute mer, mais également essentiels pour les zones côtières et pour le bon état de l’océan mondial, de la planète et de l’humanité.
  • On estime généralement que les zones côtières sont les seules zones réellement productives, mais il a été découvert que les écosystèmes hauturiers sont responsables de près de la moitié de la productivité biologique de l’océan mondial.
  • Pour assurer l’avenir de la protection de la haute mer, il est essentiel de changer notre attitude et d’accorder une valeur aussi élevée aux services écosystémiques fondamentaux, tels que la séquestration de carbone, qu’aux produits de la pêche commerciale.
  • Il pourrait être sensé sur le plan économique, social et écologique de fermer la haute mer à la pêche, car cela augmenterait les bénéfices économiques nets et présenterait des avantages en termes de conservation en contribuant à un océan plus durable et résilient.
  • Les écosystèmes hauturiers sont dégradés par leur exploitation passée et présente, et menacés par les impacts à venir alors que l’exploitation industrielle de la haute mer se développe. La gouvernance actuelle est totalement inadaptée.
  • La sous-évaluation chronique des avantages économiques que pourraient fournir des écosystèmes hauturiers plus sains a entraîné la mauvaise gestion environnementale de la haute mer.


REMARQUES : Alors que les études précédentes ont étudié les zones côtières, le rôle de la haute mer (à savoir la zone au-delà de toute juridiction nationale) à elle seule n’a jamais été analysé séparément et sa valeur monétaire n’a jamais été calculée. L’océan mondial est crucial pour la vie sur Terre. Il fournit la moitié de l’oxygène que nous respirons, ainsi que des aliments à des milliards d’individus, et il permet de réguler le climat.  Il recouvre près des trois quarts de la surface planétaire et peut atteindre des milliers de mètres de profondeur. Il s’agit de l’écosystème le plus grand de la planète et il joue un rôle fondamental pour maintenir toutes les formes de vie sur Terre.  La haute mer, dont les eaux se situent à plus de200 milles marins de la côte, représente 64 % de la surface totale de l’océan.   L’étude a été réalisée par le professeur Alex Rogers du Somerville College de l’Université d’Oxford, Royaume-Uni, et le professeur Rashid Sumaila de l’Université de Colombie-Britannique, Canada.

En se limitant aux grandes espèces pélagiques, pour lesquelles on dispose de données solides, l’étude a découvert que les 10 principaux pays qui pêchent en haute mer débarquent à eux tous 63 % des captures de haute mer et pêchent 70 % de la valeur des captures au débarquement. Il s’agit, par ordre décroissant, des pays suivants : Japon, Corée du Sud, Taïwan, Espagne, États-Unis, Chili, Chine, Indonésie, Philippines et France.

La Commission Océan Mondial publiera les résultats de son travail sur l’état et la protection de la haute mer le 24 juin 2014.

La Commission Océan Mondial est une commission internationale indépendante qui étudie les principales menaces pesant sur l’océan. Elle a été formée à l’initiative de Pew Charitable Trusts, en collaboration avec Somerville College de l’Université d’Oxford, Adessium Foundation et Oceans 5. Son financement est garanti par Pew, Adessium Foundation, Oceans 5 et The Swire Group Charitable Trust, tout en maintenant son indépendance. Somerville College est chargé de l’administration.

Cliquer Ici pour télécharger "The High Seas and Us - Understanding the Value of High-Seas Ecosystems (La haute mer et nous : comprendre la valeur des écosystèmes de haute mer)"


La Commission océan mondial veut bannir la pêche en haute mer

Dans une étude révélée le 5 juin, la Commission océan mondial, son commanditaire (donc la fondation américaine Pew), explique que les organismes vivants en haute mer atténuent les effets du changement climatique en absorbant 500 millions de tonnes de carbone par an. Elle évalue la valeur économique de ce bienfait entre 74 et 222 milliards de dollars par an. La haute mer rend d’autres services, comme l’approvisionnement en ressources génétiques et matières premières. Admettons.

Source : Le Marin 

L’étude conclut aussi que la haute mer joue un grand rôle pour le maintien et la reconstitution des stocks halieutiques côtiers. Un rôle « d’une importance telle qu’il constitue un argument de poids pour fermer la haute mer à toute pêche ». Avis, notamment, aux armateurs au thon tropical… Près de 10 millions de tonnes de poisson seraient pêchées chaque année en haute mer, générant plus de 16 milliards de dollars au débarquement.

L’étude compare valeur économique de la pêche hauturière et valeur estimée du stockage de carbone, pointant que celle-ci est « bien supérieure ». Opposition étrange, car on ne voit pas bien en quoi la pêche correctement gérée gênerait le piégeage du carbone par le plancton. C’est l’art d’opposer des activités compatibles… Ou l’art de prendre le pouvoir, car l’étape suivante est la remise en cause de la gouvernance de ces espaces au-delà de ceux sous juridiction nationale. Comme si n’existaient pas déjà des organisations régionales de pêche.

Les trusts caritatifs anglo-saxons comme instrument de pouvoir dans les espaces maritimes 

par Yan GIRON (Vidéo en 7 parties)

Cette intervention a lieu dans le cadre du séminaire de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS"espaces fluides / espaces solides" organisé par Laurent Henninger et André Brigot (lien vers le séminaire : http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2012/ue/175/.

Introduction (durée 2,01 mn)
Le Trust caritatif Pew (durée : 21,50 mn)
PEW, organisateur d’activités d’autres ONG sur la question des océans (durée : 19,24 mn)
Enjeux géostratégiques dans le Pacifique (durée : 25,39 mn)
Gagner la haute mer (durée : 23,21 mn)
Synthèse des méthodes de PEW (durée : 9,53 mn)
Discussion fluide/solide (durée : 12,23 mn)

Extrait....

Gagner la Haute mer



PEW et ses partenaires reproduisent la même mécanique que pour les campagnes USA et Europe, mais cette fois déployée au niveau de la Haute mer (>200 milles). Ils sont également en synergies d’objectifs avec des institutions telles que la Banque Mondiale. Ils maillent des intérêts politiques et industriels, grâce à la Global Ocean Commission et la High Seas Alliance.

Objectif : création d’aires marines protégées contre la pêche dans la Haute Mer et création d’une nouvelle entité des Nations Unies (alors même que les USA n’ont pas ratifié la convention du Droit international de la mer, et que des commissions spécialisées gèrent déjà les activités de pêche dans les eaux internationales.

Cliquer Ici pour accéder à l'intégralité de l'intervention de Yan Giron au séminaire de l’EHESS  espaces fluides / espaces solides organisé par Laurent Henninger et André Brigot

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Le 10 juin 2014

Plateforme Océan et Climat 2015

Lancement à l’UNESCO de la Plateforme Océan et Climat 2015 à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan

Listes des Membres fondateurs : Agence française des Aires Marines Protégées ; Association Innovations Bleues ; CNRS ; Comité français de l’Union internationale de conservation de la nature; Green Cross France et Territoires ; Fondation Prince Albert II de Monaco ; Institut Océanographique - Fondation Albert Ier Prince de Monaco ; Institut du Développement Durable et Relations Internationales ; Institut Ecologie et Environnement ; Institut Océanographique Paul Ricard ;  NASF ; Nausicaá-Centre National de la Mer ; The Pew Charitable Trusts ; Réseau MEDPAN ; Réseau Océan Mondial ; Surfrider Foundation Europe ; Tara Expéditions ; Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO (COI-UNESCO).

La Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année le 8 juin, donnera lieu à une série d’événements organisés le 10 juin au siège de l’UNESCO, sur le thème « Ensemble nous avons le pouvoir de protéger l’océan ». A cette occasion, l’UNESCO annoncera le lancement de la Plateforme Océan et climat 2015, qui réunit les acteurs de la société civile et de la recherche avec un objectif : placer l’océan au cœur des discussions internationales relatives au climat. Cette annonce intervient en amont de la Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra à Paris en novembre 2015.

Source : Unesco

Une conférence de presse aura lieu à 9h00 le 10 juin à l’UNESCO (salle III) pour détailler les enjeux et les objectifs de la Plateforme Océan et climat 2015 ainsi que la collaboration entre l’UNESCO et le gouvernement français en vue de l’organisation d’évènements préparatoires à la COP21 de Paris. Interviendront au cours de cette conférence de presse la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova ; Philippe Lalliot, Ambassadeur, Délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO ; Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions et représentant des ONG au sein de la plateforme ; Ludovic Frère Escoffier, Président du groupe mer du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature et Françoise Gaill, Directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Premier fournisseur d’oxygène, l’océan joue un rôle aussi important que les forêts en tant que « poumon » de la planète. En absorbant près d’un quart des émissions de carbone rejetées dans l’atmosphère par l’activité humaine, il joue également un rôle régulateur déterminant dans le changement climatique. Mais l’augmentation des émissions de CO2 –qui se traduit par une acidification des eaux-, la surexploitation des ressources et la pollution diminuent la capacité des écosystèmes marins à s’adapter aux changements climatiques présents et futurs.

Lancée conjointement par des organismes de recherche, des ONG et la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, la Plateforme entend éclairer les débats de la COP21 relatifs à l’interaction océan-climat. Le fait que changement climatique signifie changement océanique doit être pris en compte lors des négociations. Or jusqu’ici, l’océan a occupé une place relativement marginale dans les négociations internationales relatives au climat, surtout concentrées sur les émissions terrestres de CO2 par l’homme, sur le rôle de captage du CO2 par les forêts et sur les mesures d’adaptation nécessaires au changement climatique.

La COP 21 se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Son objectif est de parvenir à un nouvel accord international sur le climat en vue de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C.

Cliquez Ici pour télécharger la Présentation de la plateforme

Paris Climat 2015 (COP21/CMP11)

La France présidera la Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015, du 30 novembre au 11 décembre (COP21/CMP11). C’est une échéance cruciale, puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. Le Président de la République a annoncé la candidature française dès septembre 2012. Pour ce faire, la France agira au plan international pour faciliter la recherche d’un consensus, ainsi qu’au sein de l’Union européenne qui occupe une place clé dans les négociations sur le climat : l’Union européenne, première puissance économique mondiale, doit continuer à se donner les moyens d’entraîner la plupart des pays de la planète dans la relève du défi climatique. Source : Ministère de l'Ecologie

Commission océanographique intergouvernementale

Plateforme Océan & climat 2015

Cette plateforme est une alliance de toutes les parties prenantes de la société civile et de la recherche pour intégrer l’Océan dans les solutions relatives au changement climatique.

Source : Unesco

Les décisions de la 21e Conférence des Parties (COP) de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) doivent absolument intégrer le rôle majeur de l’Océan dans la machine climatique et dans sa capacité à fournir des solutions aux défis climatiques de la planète.

    Présentation de la plateforme et de ses objectifs

L’Océan joue un rôle crucial dans la machine climatique

Couvrant 71% de la surface du globe, l’Océan mondial, au-delà du gigantesque volume d’eau qu’il représente, est un écosystème très complexe qui fournit des services essentiels au maintien de la vie sur la Terre. Près de 25% du CO2 émis chaque année par l’Homme dans l’atmosphère est absorbé par l’Océan selon des mécanismes complexes au sein desquels le plancton joue un rôle majeur. L’Océan est également le premier fournisseur net d’oxygène de la planète, jouant un rôle encore plus important que les forêts. L’Océan constitue donc le principal poumon de la planète et se trouve au cœur de la machine climatique planétaire.

Le maintien d’écosystèmes marins « en bonne santé » est une condition indispensable à la lutte contre les changements climatiques

Si l’Océan continue à limiter le réchauffement climatique global, depuis plusieurs décennies, la pression anthropique, principalement les émissions de CO2, la surexploitation des ressources et les pollutions, ont dégradé considérablement les écosystèmes marins. L’Océan joue de moins en moins son rôle de régulateur du climat. L’acidification des océans, en particulier, provoque dans beaucoup de régions océaniques, une baisse de l’absorption de CO2. Pour le climat, il est donc urgent de maintenir la qualité des écosystèmes marins et de restaurer ceux qui se dégradent.

Il faut intégrer l’Océan dans les discussions et les décisions de la 21e COP Climat

Les discussions sur le climat, depuis les débuts de la CCNUCC en 1992, ont avant tout été centrées sur l’engagement des États à réduire les émissions terrestres de CO2  dues à l’homme. Les questions liées au rôle des forêts dans le captage du CO2, et surtout les défis et les mesures d’adaptation au changement climatique sont venus progressivement compléter les sujets de négociations. Mais curieusement, jusqu’ici, l’Océan a été absent des enjeux, défis et solutions négociés dans le cadre des discussions de la CCNUCC. Intégrer l’Océan au cœur des négociations et de la préparation de la 21e Conférence des Parties de la CCNUCC apparaît aujourd’hui comme une évidence

Nous sommes convaincus que l’Océan est une formidable opportunité pour relever les défis de l’atténuation et de l’adaptation aux changements climatiques. L’état des connaissances scientifiques du rôle de l’Océan dans la machine climatique, la maitrise des solutions et des contributions positives que l’Océan peut apporter aux défis du changement climatique, sont autant d’arguments pour nourrir les débats et les décisions des négociations sur le climat.

Des solutions existent pour renforcer le rôle des océans dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique

De nombreuses solutions ont déjà apporté la preuve qu’il est possible de rétablir la biodiversité et de préserver les fonctionnalités écologiques des écosystèmes et services liés à l’océan, en particulier dans le domaine du climat.  La création d’un réseau d’aires marines protégées représentatif et distribué de manière cohérente ou la restauration des zones d’herbiers, des mangroves et des zones de marais littoraux en sont quelques exemples.

Mais l’océan, en plus d’être un puits de carbone est une source de développement d’activités permettant la diminution des émissions de gaz à effet de serre, dans les domaines de l’énergie, du transport, de l’alimentation comme, par exemple par le développement des énergies marines renouvelables.

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Le 9 juin 2014

Comité des pêches: il faut des mesures urgentes contre la surpêche, la pollution et le changement climatique

Les pêches et l'aquaculture sont cruciales pour la sécurité alimentaire et la nutrition, selon le Directeur général

Source : FAO

9 juin 2014, Rome -A l'ouverture du COFI, seul forum intergouvernemental mondial sur les questions de pêche et d'aquaculture, le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a sollicité des mesures d'urgence pour affronter le changement climatique et d'autres menaces pesant sur la pêche durable et les stocks de poisson.

Le Comité des pêches de la FAO (COFI) a ouvert sa session du 9-13 juin qui portera sur toute une série de questions liées à la santé à long terme des pêches marines et continentales et de l'aquaculture, et sur une action potentielle des gouvernements, des organismes régionaux de gestion des pêches, des ONG, des travailleurs de la pêche et autres acteurs de la communauté internationale.

Soulignant que les pêches et l'aquaculture apportent "une contribution centrale à la sécurité alimentaire et à la nutrition", M. Graziano da Silva a ajouté que le développement durable des états insulaires et côtiers était tout particulièrement lié à la "vitalité des océans et des stocks halieutiques".

"La surpêche, la pollution et le changement climatique mettent cette vitalité à risque. Les impacts sont déjà manifestes. Et les populations pauvres de la planète, dans les zones rurales et côtières, sont parmi les plus concernées", a déclaré le Directeur général.

"Je tiens à insister sur l'urgence d'une action individuelle et collective pour affronter le changement climatique, un des défis les plus pressants que doit relever le monde aujourd'hui", a-t-il dit, en précisant qu'une des priorités de la FAO était d'améliorer le développement durable dans le cadre de son initiative «Croissance bleue».


Le Directeur général a souligné que les pêches et l'aquaculture étaient la source de 17 pour cent des protéines animales consommées dans le monde, chiffre pouvant aller jusqu'à 50 pour cent dans certains petits états insulaires en développement (PEID) et pays d'Asie. Elles constituent en outre la base des moyens d'existence de certaines des familles les plus vulnérables au monde.

"Les moyens d'existence de 12 pour cent de la population mondiale dépendent de ce secteur. En particulier, les pêches artisanales emploient plus de 90 pour cent des pêcheurs de capture et des travailleurs de la pêche, dont la moitié environ sont des femmes", a-t-il précisé.


"Tandis que les petits pêcheurs fournissent la majeure partie du poisson consommé dans le monde en développement, bon nombre de leurs familles sont cependant victimes d'insécurité alimentaire. C'est là un paradoxe que nous nous efforçons de surmonter", a-t-il fait remarquer, en soulignant que les petits pêcheurs font partie intégrante des efforts d'amélioration de la durabilité et de la sécurité alimentaire.

Tribune internationale

Le Directeur général s'est associé au Président de la 31ème session du COFI, Johan Williams, pour souhaiter la bienvenue aux ministres chargés des pêches ou de l'agriculture et du développement rural de divers pays -Algérie, Bangladesh, Brésil, Indonésie, Mali, République de Guinée et Sri Lanka. Au nombre des participants figurent également des vice-ministres, ministres adjoints et ministres d'Etat d'Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Ghana, Guatemala, Honduras, Maldives, Namibie, Pérou, République islamique d'Iran et Yémen.

Les participants examineront, entre autres, l'approbation de deux séries fondamentales de directives volontaires visant à améliorer la durabilité et la gestion responsable des pêches, à savoir: les Directives volontaires pour garantir des pêches artisanales durables (Directives PAD) et les Directives volontaires pour la conduite de l'Etat du pavillon.

Ils passeront également en revue les progrès accomplis sur la mise en œuvre du Code de conduite pour une pêche responsable et instruments connexes pour la coopération internationale en matière de pêches.

Pour en savoir + et accéder à la documentation : Comité des pêches de la FAO (COFI)

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Le 4 juin 2014

Un rapport de la FAO souligne le rôle croissant du poisson dans l'alimentation de la planète

L'édition 2014 de la “Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture” est maintenant disponible en français

Le poisson représente désormais près de 17 % des apports protéiques mondiaux

Jamais la pêche et l'aquaculture n'ont joué un rôle si important dans l'alimentation et les revenus d'un si grand nombre de personnes, même si des pratiques préjudiciables et une mauvaise gestion menacent la durabilité du secteur, indique un nouveau rapport de la FAO publié aujourd'hui.

Source : FAO

Selon la dernière édition de la Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, en 2012 la production halieutique et aquacole s'est établie à 158 millions de tonnes, soit environ 10 millions de tonnes de plus qu'en 2010.

A l'origine de cet accroissement figure l'essor rapide de l'aquaculture, comprenant les activités de petits agriculteurs. La pisciculture offre un potentiel formidable pour répondre à la  demande de nourriture associée à la croissance démographique mondiale.

En même temps, à condition d'être gérés dans une optique durable, les océans de la planète ont un rôle important à jouer pour créer des emplois et nourrir le monde, affirme le rapport de la FAO.

"La santé de notre planète, notre propre santé et notre sécurité alimentaire future dépendent de la façon dont nous traitons le monde bleu", a déclaré le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva. "Pour que la prospérité durable devienne une réalité pour tous, nous devons faire en sorte que le bien-être humain rime avec le respect de l'environnement. C'est la  raison pour laquelle la FAO s'engage à promouvoir 'la croissance bleue', fondée sur la gestion durable et responsable de nos ressources aquatiques".

L'attention renouvelée pour ce qu'on appelle 'le monde bleu' intervient alors que la part de la production halieutique destinée à la consommation humaine est passée d'environ 70 pour cent dans les années 80 à un record de plus de 85 pour cent (136 millions de tonnes) en 2012. La consommation de poisson par habitant est montée en flèche, passant de 10 kg dans les années 60 à plus de 19 kg en 2012.

Le nouveau rapport souligne en outre que le poisson représente désormais près de 17 pour cent des apports protéiques mondiaux – pouvant aller jusqu'à 70 pour cent dans certains pays côtiers et insulaires.

La FAO estime que les pêches et l'aquaculture font vivre 10 à 12 pour cent de la population mondiale.

Depuis 1990, l'emploi dans le secteur a progressé plus vite que la croissance démographique. En 2012, le secteur a employé quelque 60 millions de personnes dans le domaine des pêches de capture et de l'aquaculture, dont 84 pour cent en Asie et environ 10 pour cent en Afrique.

Pêches de capture stables, le boom de l'aquaculture se poursuit

La production mondiale de pêches de capture marines est demeurée stable avec environ 80 millions de tonnes en 2012, indique le rapport.

Actuellement, moins de 30 pour cent des stocks de poissons sauvages qui font l'objet d'un suivi régulier par la FAO sont surexploités, signe positif d'un renversement de la tendance observée au cours des dernières années. Un peu plus de 70 pour cent des stocks sont pêchés à des niveaux biologiquement durables dont les stocks pleinement exploités (c'est-à-dire très proches de leur rendement maximal équilibré) représentent plus de 60 pour cent, et les stocks sous-exploités environ 10 pour cent.

La production aquacole mondiale a affiché un record de plus de 90 millions de tonnes en 2012, dont près de 24 millions de tonnes de plantes aquatiques, la Chine représentant plus de 60 pour cent du total.

L'expansion de l'aquaculture contribue à améliorer l'alimentation de nombreuses personnes, en particulier dans les zones rurales pauvres où la nourriture manque souvent de nutriments essentiels.

Toutefois, le rapport met en garde que pour poursuivre son essor durable, le secteur doit devenir moins dépendant à l'égard du poisson sauvage comme aliment dans l'aquaculture et varier les espèces cultivées et les pratiques.

Par exemple, les poissons de petite taille peuvent constituer une excellente source de minéraux essentiels lorsqu'ils sont consommés entiers. Mais les préférences des consommateurs vont vers les espèces de plus grande taille, auxquels on ôte souvent les arêtes et la tête.

Le rôle du poisson aura une place de choix lors de la deuxième Conférence internationale sur la nutrition, organisée conjointement par la FAO et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) du 19 au 21 novembre 2014 à Rome.


Plus grande part du marché pour les pays en développement

Le poisson est une des denrées alimentaires les plus échangées à l'échelle mondiale, pour une valeur de près de 130 milliards de dollars en 2012, un chiffre qui a de fortes chances de continuer à augmenter.

Une tendance importante qui se fait jour est la plus grande part du marché acquise par les pays en développement dans le commerce halieutique. En 2012, ils représentaient 54 pour cent des exportations totales de produits de la pêche en valeur et plus de 60 pour cent en volume (poids vivant).

Cela signifie que les pêches et l'aquaculture jouent un rôle de plus en plus décisif pour de nombreuses économies locales. Quelque 90 pour cent des pêcheurs pratiquent la pêche artisanale, dont 15 pour cent sont des femmes. Dans les activités secondaires telles que la transformation du poisson, ce chiffre grimpe à 90 pour cent.

Dans le cadre de l'Année internationale de l'agriculture familiale en 2014, la FAO vise à faire mieux connaître les activités des petits exploitants – qui comprennent les pêches et l'aquaculture – en insistant sur l'amélioration de l'accès aux marchés, la sécurité des droits fonciers et la protection de l'environnement.

Réduire le gaspillage et les pratiques nocives et améliorer la traçabilité

On estime que 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées chaque année, soit environ un tiers de toute la nourriture produite. Ce chiffre comprend les pertes de poisson après récolte qui tendent à être plus élevées dans la pêche artisanale.

Dans les petites pêches, les pertes de qualité sont souvent bien plus importantes que les pertes matérielles. De meilleures méthodes de manutention, de transformation et d'ajout de valeur pourraient remédier aux aspects techniques de ce problème, mais il est également essentiel de développer les bonnes pratiques, de nouer des partenariats, de sensibiliser davantage, de renforcer les capacités et d'élaborer des politiques et stratégies pertinentes.


Le rapport fait également remarquer que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (IUU) demeure une sérieuse menace pour les écosystèmes marins et a des retombées négatives sur les moyens d'existence, les économies locales et les approvisionnements alimentaires.

Les grands marchés du poisson exigent de plus en plus la traçabilité de la chaîne alimentaire, en particulier suite aux récents scandales sur l'étiquetage trompeur de produits. La FAO a publié des directives techniques sur la certification et l'éco-étiquetage qui peuvent aider les producteurs à prouver que leur poisson a été pêché dans des pêcheries gérées durablement ou produit dans une ferme aquicole exploitée dans les règles.

En particulier, le rapport souligne l'importance du Code de conduite pour une pêche responsable qui, depuis son adoption il y a près de vingt ans, demeure essentiel pour la durabilité des pêches et de l'aquaculture. Le Code encourage l'utilisation responsable des ressources aquatiques et la conservation des habitats dans le but d'accroître la contribution du secteur à la sécurité alimentaire, à la réduction de la pauvreté et au bien-être de l'homme.

La FAO s'attache également à promouvoir "la croissance bleue" comme cadre visant à garantir une gestion durable et socio-économiquement sensible des océans et des terres humides.

Au Sommet mondial d'action pour les océans à l'appui de la sécurité alimentaire et de la croissance bleue qui s'est tenu le mois dernier à La Haye (Pays-Bas), les gouvernements et autres participants se sont engagés à prendre des mesures ciblées sur le changement climatique, la surpêche, la perte des habitats et la pollution, dans un effort de restaurer la productivité et la résilience des océans.

La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture

Année de publication: 2014
Type de document: Livre
Pages: 255 pp.
Numéro d'emploi: I3720

Cliquer Ici pour accéder à toutes les versions  du document (dt en français)

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Le 3 Juin 2014

Six mois après le passage du typhon, les Philippines se relèvent encore

De nombreux survivants du typhon ont besoin d’aide pour reconstruire leurs moyens de subsistance

Source : Irin / Manille, 3 juin 2014

Plus de six mois après le passage du typhon Haiyan, qui a dévasté des régions entières du centre des Philippines, la reconstruction des moyens de subsistance enregistre des progrès. Du chemin reste toutefois à parcourir pour les rendre durables.

« Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est intensifier les efforts d’urgence en matière d’emploi sur le terrain et amorcer la transition vers des programmes en faveur de moyens de subsistance durables », a dit à IRIN Ruth Honculada-Georget, coordinatrice du relèvement rapide et des moyens de subsistance auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT) à Manille, pour qui l’ampleur du travail à abattre est « considérable ».

Selon un rapport du mois de mai de l’Observatoire des situations de déplacement interne, dont le siège se trouve à Genève, les progrès en matière de solutions durables pour les survivants sont décisifs pour le relèvement et la résilience des personnes affectées par le cyclone de catégorie 5 qui a secoué la région le 8 novembre 2013, déplaçant plus de 4 millions de personnes et laissant plus de 6 000 morts sur son passage.

Sur les 14 millions de sinistrés, 5,9 millions de travailleurs (60 pour cent d’hommes, 40 pour cent de femmes) ont perdu leurs sources de revenus et leurs moyens de subsistance, a annoncé le Early Recovery and Livelihoods Cluster - ER&L, cluster dédié au relèvement rapide et aux moyens de subsistance constitué de 50 ONG locales et internationales et co-dirigé par le gouvernement, l’OIT et le Programme de développement des Nations Unies - le 14 mai.

Pour plus de 2,6 millions d’entre elles, les personnes affectées vivaient déjà sous le seuil de pauvreté ou exerçaient une activité précaire avant le passage du typhon, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la sylviculture.

Le vent et les violentes ondes de tempête ont détruit ou endommagé des actifs clés et ébranlé les activités de subsistance, ce qui s’est traduit par une perte de revenus de plus de 70 pour cent à l’échelle de la région, a révélé l’Évaluation multi-sectorielle initiale rapide (MIRA II) – une initiative solidaire regroupant plus de 40 organisations œuvrant dans les neuf régions touchées.

Les secteurs de l’agriculture de la pêche ont été gravement affectés, ont dit les autorités, et en particulier les activités agricoles en lien avec la culture de riz, de cocotiers ou autres cultures sur pied. De nombreux habitants ont perdu leurs outils de travail – outils agricoles, filets et bateaux de pêche, etc. - et seule une minorité de survivants a la capacité de se livrer à des activités de subsistance alternatives lors du déplacement.

Six mois plus tard, plus de 100 000 personnes ont bénéficié d’un emploi à court terme, d’une aide aux moyens de subsistance et de services – notamment d’une formation pratique et d’une aide à la microentreprise. Pourtant, les véritables besoins vont bien au-delà.

« Les agriculteurs, les pêcheurs et les femmes ont un besoin urgent de soutien pour la prochaine étape du relèvement », a dit Leo Roozendaal, le directeur régional adjoint d’Oxfam en Asie.

« L’aide alimentaire en nature touche à sa fin. D’ici là, les gens devront avoir rétabli leurs moyens de subsistance ou s’être trouvé des sources alternatives de revenu pour prendre la relève », indique un rapport de Terre des hommes (TDH), en signalant que « l’essentiel des besoins de subsistance demeure non couvert ».

La course au riz

(...)

Des pêcheurs dans le besoin

Le secteur de la pêche - qui emploie près de 150 000 personnes dans la région - a lui aussi été sérieusement ébranlé, avec environ 30 000 bateaux de pêche perdus ou endommagés, selon le Bureau des pêches et des ressources aquatiques (Bureau of Fisheries and Aquatic Resources, BFAR).

« Au début, nous avons donné la priorité à la réparation et à la fabrication de bateaux afin que les gens puissent pêcher et aient au moins de quoi se nourrir », a dit Asis Perez, le directeur pays du BFAR.

« Nous avons identifié 32 000 bénéficiaires qui constituent notre cible initiale, et avons déjà distribué 24 000 bateaux. Nous recherchons à présent des moyens de lever des fonds pour des congélateurs. Nous devons reconstruire la chaîne des valeurs [du marché] de façon à ce que les pêcheurs puissent effectivement vendre et vivre du fruit de leur pêche. »

En dépit de ces améliorations, les pêcheurs rapportent que les prises sont rares.

« Les pêcheurs nous disent que les débris emportés par la tempête se sont déposés au fond de la mer, sur les récifs et le corail dont se nourrissent les poissons », a expliqué Maria Madamba-Nunez, directrice des campagnes, de la représentation et des médias chez Oxfam.

En moyenne, le revenu quotidien pour les activités de pêche oscille entre 7 et 13 dollars, en fonction de la météo, de la saison et du temps, révèle le rapport de TDH.

Et bien que des efforts soient menés en faveur de la réhabilitation d’autres branches du secteur de la pêche, notamment la culture des algues marines et l’aquaculture, le BFAR a reconnu qu’il ne s’agissait que de petites avancées dans un contexte bien plus large. « J’aimerais pouvoir dire que nous allons dans le sens d’une diversification des moyens de subsistance [pour davantage de durabilité], mais à l’heure actuelle, nous devons vraiment commencer par revenir à la base », a dit M. Perez.

De l’importance de la noix de coco

Le typhon Haiyan a porté un coup particulièrement dévastateur au secteur de la noix de coco, d’une importance vitale pour le pays. De l’avis de certains, il faudra une décennie à l’industrie pour se relever.

Avec 26,6 pour cent de la production mondiale, les Philippines comptent parmi les plus gros producteurs de noix de coco de la planète.

(...)

« Plus nous retardons le déblayage des fermes, plus nous tarderons à planter des cultures à croissance rapide et à garantir la disponibilité immédiate de nourriture et de revenus », a-t-elle dit.

Sur les 788 millions de dollars du Plan de réponse stratégique pour le typhon Haiyan, 117 millions de dollars étaient requis pour le relèvement rapide et les activités de subsistance. Seuls 27 pour cent de cette somme ont été financés jusqu’à présent, ce qui représente un déficit de quelque 85 millions de dollars à la date du 28 mai.

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Le 31 Mai 2014

Pêche africaine : 126 millions USD de la part de l’UE



L’Afrique a bénéficié d’une aide de 126 millions USD de la part de l’Union européenne pour protéger l’industrie de la pêche sur le continent.

Illustration : copie d'écran de Ukzambia : EU gives Africa$126M for fisheries

Cet argent permettra notamment de restaurer les réserves halieutiques aujourd’hui en déclin en raison des activités de pêche menées sans discernement.

Source : Cta

Dans des pays tels que la Zambie, certains ont recours à des méthodes de pêche sans discernement telles que l’utilisation de moustiquaires traitées pour attraper le poisson dans les rivières et les lacs du pays.

Le directeur de l’Union européenne chargé du développement durable, Roberto Ridolfi, a expliqué que les fonds permettraient également à l’Afrique de développer ses infrastructures marines afin de protéger les poissons.

«À travers ces fonds, nous souhaitons promouvoir la bonne gouvernance et la protection de la mer», a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba ce matin, qui s’est tenue en marge de la Conférence conjointe des ministres de l’Agriculture, du Développement rural, de la Pêche et de l’Aquaculture.

Il a poursuivi en expliquant que les fonds devaient également aider les pays africains à lutter contre la pêche illégale et inconsidérée.

«Les ressources marines doivent être protégées et prises en compte », a-t-il souligné.

Interrogé par un journaliste quant à la raison pour laquelle les fonds avaient été confiés à l’Union africaine et non aux États africains à titre individuel, M. Ridolfi a affirmé que l’organe continental était mieux placé pour les administrer.« Les frontières côtières sont très difficiles à déterminer. Nous avons donc concédé des fonds à l’UA afin que ce programme soit mis en œuvre à l’échelle continentale », a-t-il précisé.

M. Ridolfi a ensuite exhorté l’Union africaine à garantir que les fonds seront utilisés aux fins prévues.

Le directeur de l’Union européenne participe à la Conférence conjointe des ministres de l’Agriculture, du Développement rural, de la Pêche et de l’Aquaculture, qui s’est ouverte ce matin pour deux jours à Addis-Abeba (2 mai 2014).

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Le 30 mai 2014

Coopération régionale

Pêcheurs artisans de l'océan Indien : un nouveau pas vers une structure commune

Le président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de La Réunion, Jean-René Enilorac, et Rémy Lannuzel, en charge de la coopération régionale au sein de l'organisme professionnel, viennent d'achever un déplacement d'une semaine à Maurice et à Rodrigues à la rencontre des pêcheurs de ces deux îles. Un nouveau pas vers une structure commune regroupant les pêcheurs artisans du sud-ouest de l'océan Indien.

Source : ipreunion

Les 17 et 18 mars derniers, le CRPMEM s’était vu confier la mission de préfiguration de la structure fédératrice des pêcheurs artisans de l’océan indien. "Il est grand temps que les pêcheurs artisans de l’océan Indien s’unissent et s’organisent pour mieux protéger les ressources halieutiques environnantes et pour mieux se faire entendre des organisations régionales de pêche dans la définition des décisions de sa gestion durable en océan indien", ont ainsi martelé les hôtes réunionnais à leurs homologues mauriciens puis rodriguais lors de ce déplacement.

Au programme de cette mission, de nombreuses visites de terrain auprès des pêcheurs artisans pour connaître leurs quotidiens, recueillir leurs attentes et identifier leurs besoins. Des rendez-vous ont également été pris auprès des autorités publiques des ministères de la pêche et des coopératives de Maurice ainsi qu’à l’assemblée régionale de Rodrigues. " Tous les échanges n’ont fait que conforter l’élan de structuration des pêcheurs artisans de l’océan Indien, que les thèmes de ressources communes à préserver et à transmettre, de métier de la pêche à valoriser et à faire reconnaître, de pêcheurs comme baromètres et experts de la mer ont rassemblé très largement ", indique le comité régional des pêche.

" Si tous les représentants professionnels rencontrés se sont accordés à dire que la pêche industrielle avait sa place en océan Indien, au travers une exploitation raisonnée et responsable, notamment sur la limitation des DCP dérivants de leurs bateaux, chacun a pu également insister sur l’obligation de solidarité entre filières au travers des retombées économiques attendues au bénéfice de la pêche artisanale de l’océan Indien. Les ONG seront mobilisées afin d’amplifier la voix des pêcheurs artisans sur ce thème ", poursuit le CRPMEM.

Dans les prochaines semaines, Jean René Enilorac poursuivra ses déplacements au contact des professionnels des autres pays de la Commission de l’océan indien (COI). Il note particulièrement la volonté unanime des pêcheurs artisans mauriciens et rodriguais de " dépasser leur isolement pour trouver collectivement des moyens de pérenniser leur beau métier ". " La structure fédératrice des pêcheurs artisans de l’océan indien s’en trouve encore ainsi renforcée ", conclut le CRPMEM.

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Le 29 mai 2014

Nouvelle-Calédonie : Vale à l’arrêt depuis deux semaines après une nouvelle pollution

L’usine de nickel du groupe brésilien Vale est arrêtée depuis le 7 mai, à la suite d’une fuite d’acide dans l’environnement. Son avenir et celui du port de Prony sont une nouvelle fois en pointillés.

Source : Le Marin

Le déversement de 96 000 litres d’une solution toxique a causé la mort de 1 400 poissons dans le cours d’eau de la baie nord de Prony, dans le sud-est de la Nouvelle-Calédonie.

Illustration : Nouvelle-Calédonie 1e : VALE NC: "nous nous sentons exclus des discussions et nous ne voulons qu'une seule chose, la fermeture de l'usine"
 
La province sud a immédiatement demandé l’arrêt de l’usine et une expertise indépendante de la sécurité de l’usine. Dans les jours suivants, les tribus kanakes voisines ont procédé à des barrages, empêchant l’arrivée du personnel par la route.

Avec un procédé chimique utilisant de l’acide chlorhydrique, l’usine de Vale, qui exploite le gisement de nickel de Goro, a accumulé les problèmes techniques depuis sa création.

Sept incidents plus ou moins graves ont été observés depuis avril 2009 et Vale a déjà été condamné. L’association Ensemble pour la planète (EPLP) a déposé une nouvelle plainte.

La concertation doit se poursuivre jusqu’à ce samedi 24, mais plusieurs autorités coutumières vont jusqu’à préconiser la fermeture de l’usine, qui emploie 1 350 personnes et fait vivre des centaines de sous-traitants.

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Le 28 Mai 2014

Les compagnies minières ne devraient pas être en conflit avec les communautés locales

Droits

Les conflits avec les communautés locales au sujet de l'exploitation minière, pétrolière et du gaz coûtent aux compagnies des milliards de dollars par an. Une seule société a annoncé un coût de six milliards de dollars sur une période de deux ans selon la toute première étude examinée par des pairs sur le coût des conflits dans le secteur des extractions.

Les grandes entreprises minières ont apparemment commencé à comprendre qu'il est nécessaire de travailler avec les communautés locales, et elles mettent en œuvre les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'Homme... Mais ce n'est pas le cas dans le secteur du pétrole et du gaz. "Leur culture est très différente. Elles ne sont pas habituées à traiter avec les communautés".

Source : IPS par Stephen Leahy

D'après l'étude intitulée "Le conflit transforme les risques environnementaux et sociaux en des coûts des affaires" (1), publiée le 12 mai 2014 dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences (PNAS). Un rapport spécial intitulé "Les coûts des conflits entre les compagnies et la Communauté dans le secteur de l'extraction" (2), basé sur l'étude, est également disponible.

Le projet d’exploitation de la mine d'or de Pascua Lama au Chili a coûté à la compagnie canadienne 'Barrick Gold' 5,4 milliards de dollars après 10 années de protestations et d'irrégularités. Aucun or n'a jamais été exploité et le projet a été suspendu sur décision de justice.

Et au Pérou, le projet d’exploitation minière de cuivre de Conga estimé à deux milliards de dollars a été suspendu en 2011 après que des manifestations ont éclaté par rapport à la destruction prévue de quatre lacs de haute montagne. La compagnie 'Newmont Mining Co', basée aux Etats-Unis, qui exploite également la mine voisine de Yanacocha, a maintenant construit quatre réservoirs qui, selon son plan, doivent être utilisés à la place des lacs.

"Les communautés ne sont pas impuissantes. Notre étude montre qu'elles peuvent s'organiser et se mobiliser, ce qui entraîne des coûts importants aux compagnies", a déclaré le co-auteur, Daniel Franks, de l'Université du Queensland, en Australie, qui est également directeur adjoint du Centre pour la responsabilité sociale dans l’exploitation minière.


"Malheureusement les conflits peuvent également entraîner des bains de sang et des pertes de vies", a indiqué Franks à Tierramérica.

L'étude est basée sur 45 interviews confidentielles profondes avec des responsables de haut niveau dans les industries (énergétiques et minières) extractives ayant des activités à travers le monde.


Cette étude intitulée "Le conflit transforme les risques environnementaux et sociaux en des coûts des affaires" a été publiée le 12 mai dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences (PNAS). Un rapport spécial intitulé "Les coûts des conflits entre les compagnies et la Communauté dans le secteur de l'extraction", basé sur l'étude, est également disponible.

"Nous voulions enquêter sur les coûts des mauvaises relations avec les communautés. Les compagnies ne sont pas pleinement conscientes, et seuls certains investisseurs connaissent l'ampleur du risque", a déclaré Franks.

"Si les compagnies sont intéressées dans la sécurisation de leurs profits, alors elles doivent avoir des normes environnementales et sociales élevées et collaborer avec les communautés", a indiqué Franks dans une interview.

Investir dans le renforcement des relations avec les communautés est beaucoup moins coûteux que le conflit. Les populations locales ne sont pas généralement opposées au développement. Ce auquel elles s'opposent c’est le fait d’avoir peu de choses à dire ou de contrôle sur la façon dont le développement évolue, a-t-il ajouté.


"Nous voulons un développement qui profite aux populations indigènes et ne profite pas seulement au frère-frère de quelqu'un", a souligné Alberto Pizango, président de l'Association interethnique pour le développement de la forêt péruvienne (AIDESEP), une organisation de défense des droits des populations indigènes au Pérou représentant 1.350 communautés de la jungle amazonienne.

"Les populations indigènes ont quelque chose à dire sur le développement harmonieux avec la nature. Nous ne voulons pas de développement qui détruit notre Amazonie bien-aimée", a déclaré Pizango à Tierramérica depuis Lima, la capitale du Pérou.

Pizango résiste activement à la vente par le gouvernement du Pérou des concessions pétrolières à des compagnies étrangères sur des terres légalement attribuées aux populations indigènes.

La lutte est devenue violente à l’extérieur de la ville de Bagua, dans le nord du pays, le 5 juin 2009, lorsque la police anti-émeute armée est intervenue pour expulser des manifestants pacifiques qui bloquaient une route. Dans les affrontements 24 policiers et 10 civils ont été tués.

Suite dans : IPS

(1) Pnas : Conflict translates environmental and social risk into business costs

(2) Costs of Company-Community Conflict in the Extractive Sector. Corporate Social Responsibility Initiative Report (John F. Kennedy School of Government, Harvard University, Cambridge, MA)
Davis R, Franks DM, (2014)

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Le 27 mai 2014

La sagesse traditionnelle pour secourir pendant la saison des cyclones

Port Blair, Inde, 15 mai (IPS) - Les mois de mai et de novembre amènent les cyclones les plus vicieux aux pays riverains de la baie du Bengale, en Asie du sud-est.

Source : IPS par Malini Shankar 

Les gouvernements locaux sont alors obligés de prendre précipitamment des mesures d'atténuation des catastrophes, notamment le stockage de vivres, le nettoyage des abris anticyclones, l'approvisionnement en eau, l'assainissement des infrastructures, et l'évacuation des personnes vers des endroits sécurisés dans toutes les régions bordant la baie.

"Suivant la définition des forces du marché de l’offre et de la demande par les économistes, les Jarawa vivent dans l'opulence", a déclaré le professeur Anvita Abbi.

Les cyclones constituent le signe avant-coureur des moussons qui surviennent en densités variées pendant des mois à travers le sous-continent, mettant souvent en péril des vies et le bétail.

Risquant le rejet d’une distribution de vivres insensible à la culture aux personnes évacuées, les gouvernements recourent généralement à des rations de survie qui mettent l'accent sur les durées de conservation et la logistique de transport, ignorant souvent la sagesse indigène en matière de balance nutritionnelle et de distribution qui complète les conditions agro-météorologiques et hydrogéologiques locales.

Par exemple, en cas de cyclones ou de conditions météorologiques ne permettant pas la navigation, "les populations de la Grande Andaman ont recours à la chasse et la cueillette", a indiqué Anvita Abbi, un professeur au Centre de la linguistique, à la Faculté des études de langues, la littérature et des cultures à l'Université Jawaharlal Nehru, à New Delhi, qui a déchiffré la langue des gens de la Grande Andaman, dans les îles Andaman-et-Nicobar.

"Lorsqu’un oiseau spécial chante une chanson, ils savent que c'est le moment de partir à la chasse des tortues sur la plage au lieu d’aller pêcher dans la mer", a expliqué le professeur Abbi à IPS.


Ces tribus s’en remettent aux conditions géomorphologiques et respectent la bienveillance de la nature en matière de résilience aux catastrophes. La panique des gouvernements pourrait paraître redondante pour ces tribus: pas étonnant qu'ils soient en désaccord avec la société en général et refusent le contact avec un système corrompu qui favorise quelques-uns. La sagesse traditionnelle de ces tribus les aide à aller littéralement vers la côte pour la sécurité.

"Les Nicobarais et les Jarawas se tournent vers la pêche au harpon dans les eaux peu profondes pendant les temps incléments. Ils ont des barques pour la pêche en haute mer ainsi que des pirogues et des catamarans pour la pêche côtière", a indiqué A. Justin, un anthropologue au Centre régional d’enquête anthropologique de l’Inde à Port Blair.

Les pirogues et les barques sont respectueuses de l'environnement pour les récifs coralliens dans les mers peu profondes. "Les gens de Chowra sont mieux connus pour la fabrication de barques de pêche. En retour, ils échangent d'autres biens et services que l'argent ne peut pas acheter dans le district tribal des îles Nicobar", a souligné Justin à IPS.

"Les gens de la Grande Andaman orientent leurs activités de pêche vers les ruisseaux et rivières de l’intérieur lorsque la mer est agitée", a ajouté le professeur Abbi....

(...)

Selon Dr Avula Laxman, directeur adjoint à la Division des études communautaires du Bureau national de surveillance de la nutrition – l’Institut national de la nutrition, "Oui, des tribus adoptent effectivement des stratégies d'adaptation, en particulier lors des catastrophes naturelles comme les sécheresses/inondations".

"Elles adoptent différentes mesures telles que la consommation d'aliments à faible coût, la réduction de la consommation de nourriture, l’emprunt des vivres ou de l'argent en fonction de leur statut socio-économique, la sollicitation de l'aide du gouvernement ou de l'administration, l’utilisation des céréales stockés, ou des stocks de vivres, ou la dépendance de l'épargne; [elles] peuvent migrer pour des emplois ou vendent des biens pour acheter des vivres", selon une enquête réalisée par l'Institut national de la nutrition à Hyderabad, a indiqué Laxman à IPS.

La pratique de la cuisine commune et du manger en commun est basée sur le partage des ressources, et l'individualisme est un anathème pour la société tribale.

Les banques de lait maternel constituent l’autre meilleure pratique qu'elles ont "transférée en tant que technologie à faible coût" à l'humanité modernisée....

(...)

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Le 26 Mai 2014

Le Pakistan libère 151 pêcheurs indiens avant la visite du Premier Ministre à New Delhi


Le Pakistan a libéré 151 pêcheurs indiens comme "geste de bonne volonté" dimanche, un jour avant que le Premier ministre Nawaz Sharif ne visite New Delhi pour prendre part à l'investiture du Premier ministre indien désigné Narendra Modi, ont indiqué des officiels.

Source : french.xinhuanet.com /Islamabad, 25 mai

Un groupe de 59 prisonniers indiens ont été libérés d'une prison de Karachi, capitale de la province de Sindh (sud) et 92 autres libérés à Hyderabad, dans la même province, selon les officiels.

Tous les prisonniers ont été rapatriés par bus à la ville de Lahore (est) où ils seront remis aux autorités indiennes lundi à la frontière de Wahga.

Les pêcheurs ont été arrêtés pour être entrés dans les eaux pakistanaises et pour y avoir pêché illégalement, ont indiqué les officiels.

Le Pakistan et l'Inde arrêtent régulièrement des pêcheurs venant de l'autre côté pour entrée et pêche illégale dans leurs eaux. Ils entrent souvent par erreur dans les eaux de l'autre côté, compte tenu qu'il n'y a pas de démarcation de frontière maritime. 

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Le 23 Mai 2014

La pêche en Alaska, une histoire de famille


La durabilité, enjeux moteur de la pêcherie familiale. (Copie d'écran de portail Triad Fisheries)

Source : pdm-seafoodmag

Tradition familiale ne signifie pas nécessairement pêche traditionnelle. Mark et Jacob Tupper, respectivement directeur et pêcheur chez Triad Fisheries, sont là pour le prouver. Une pêcherie familiale des plus modernes, pêchant du poisson de haute qualité

« Aujourd’hui en Alaska, si vous allez dans un bar de marins, ils sont presque surpris d’entendre qu’on ne boit et ne fume plus à bord », plaisante Jacob Thomas Tupper. Le sourire aux lèvres, le jeune homme découpe et propose aux visiteurs du Seafood Expo des morceaux du saumon produit dans la pêcherie familiale. Cru, évidemment. Son père se tient à ses côtés, commentant avec amusement la tendance des jeunes alaskiens : « en règle générale, ils quittent la pêcherie familiale à 18 ans, en disant qu’ils n’y reviendront jamais. Ils font leurs études et sont de retour vers 25 ans. » C’est ce qu’a fait son fils.




Mark Tupper a repris Triad Fisheries à la suite de Bruce Gore, et l’affaire s’est installée dans la famille. « Aujourd’hui, je suis sur les bateaux, mon père dirige, et ma mère s’occupe de la logistique » explique Jacob. En Alaska, la pêche reste une tradition familiale, « tous les enfants sont sur les bateaux à 12 ans », continue-t-il.

Mais tradition familiale ne signifie pas pêche traditionnelle. La pêche au saumon de Triad Fisheries s’est modernisée, afin de pouvoir proposer des poissons de qualité, issus d’une pêche durable et responsable. Et Jacob est là pour en témoigner, lui qui a passé plusieurs saisons à bord des bateaux familiaux, à pêcher du saumon royal et du Coho. « Nous pêchons à la ligne, durant des marées qui durent entre deux et trois semaines ». Les poissons sont transformés directement à bord. Vidés de leur sang, ils sont congelés sur le bateau à – 30°C. Puis tous les saumons sont étiquetés, un par un, permettant à chaque acheteur de connaître précisément la traçabilité du produit, notamment le lieu et la date de pêche. Le tout en un peu moins d’une heure trente. « Quand il n’y a pas de sang, n’y a pas de bactérie », assure le chef de famille. « Et quand ils sont congelés directement, comme sur nos bateaux, on évite un grand nombre de problèmes sanitaires. »

Des techniques de pêche qui permettent à Triad Fisheries de proposer un saumon de très haute qualité. « Sashimi grade », avancent le père et le fils. Et pourtant, Mark Tupper s’étonne : « j’ai cherché à proposer mon saumon dans les restaurants japonais des Etats-Unis qui voudraient proposer du poisson pêché de manière durable. Cinq ont répondu à l’appel. » Tous préfèrent le saumon d’élevage. « Même si les consommateurs sont de plus en plus intéressés par l’origine des produits » souligne le fils Tupper. Un créneau sur lequel se place la pêcherie. « L’important n’est pas le volume, mais la qualité », insistent-t-ils. « Et la durabilité ». Un point vital pour les deux hommes.

La bonne humeur règne sur le stand familial, alors que les deux posent bras dessus, bras dessous, assurant que la pêche en Alaska est plus qu’une industrie : « it’s a way of life ».

Pour en savoir + : pdm-seafoodmag / Triad Fisheries

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22 mai. Journée internationale de la biodiversité

Thème 2014 : la diversité biologique insulaire

Le thème de la diversité biologique insulaire a été choisi pour coïncider avec la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies de désigner 2014 comme étant l’Année internationale des petits États insulaires en développement.

Les Îles et les milieux marins proches des côtes constituent des écosystèmes uniques, souvent composés de nombreuses espèces végétales et animales qui sont endémiques — et que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur terre. Héritage d'une histoire évolutive unique, ces écosystèmes sont des trésors irremplaçables. Ils sont également essentiels à la subsistance, à l'économie, au bien-être et à l'identité culturelle de 600 millions d’habitants insulaires — soit un dixième de la population mondiale.

La Convention sur la diversité biologique traduit l’engagement de la communauté internationale pour la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des bienfaits découlant de l'exploitation des ressources génétiques.

Les produits et services essentiels offerts par notre planète sont fonction de la variété et de la variabilité des gènes, des espèces, des populations et des écosystèmes. En effet, les ressources biologiques nous nourrissent et nous fournissent vêtements, logements, médicaments et nourritures sprirituelles.

La dégradation de la diversité biologique à laquelle nous assistons actuellement est essentiellement la conséquence de l'activité humaine et met gravement en péril le développement humain.

Le 20 décembre 2000, l'Assemblée générale a proclamé le 22 mai Journée internationale de la diversité biologique (résolution 55/201) pour commémorer l’adoption de la Convention sur la diversité biologique le 22 mai 1992 lors de la Conférence de Nairobi. Auparavant, la journée était célébrée le 29 décembre (résolution 49/119 du 19 décembre 1994). Pour en savoir + : ONU

Journée internationale de la biodiversité 2014

Les Îles et les milieux marins proches des côtes, constituent des écosystèmes uniques, souvent composés de nombreuses espèces végétales et animales qui sont endémiques — et que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur terre. Héritage d'une histoire évolutive unique, ces écosystèmes sont des trésors irremplaçables. Ils sont également essentiels à la subsistance, à l'économie, au bien-être et à l'identité culturelle de 600 millions d’habitants insulaires — soit un dixième de la population mondiale. En savoir plus sur l'importance des îles.
Le thème de la diversité biologique insulaire a été choisi pour coïncider avec la décision e l'Assemblée générale des Nations Unies de désigner 2014 comme étant l’année Internationale des petits états insulaires en développement. En outre, le thème a été choisi pour correspondre avec le calendrier de la décision XI/15 alinéa 1(a) de la CdP qui vise « à renforcer la mise en œuvre du programme de travail sur la diversité biologique insulaire ».

Partenariat insulaire mondial (GLISPA)
Le Partenariat insulaire mondial (GLISPA)(GLISPA en anglais) aide les îles à aborder l’un des plus grands défis du monde: la conservation et l'utilisation durable des ressources naturelles insulaires inestimables qui permettent à des populations, à leurs cultures et modes de subsistance, d’exister dans leurs îles respectives du monde entier.
Il s'agit d'un partenariat qui englobe toutes les îles du monde, quelle que soit leur taille ou leur statut politique, et qui les encourage à prendre des mesures audacieuses en faveur d’une plus grande durabilité. Le partenariat fournit une plateforme mondiale permettant aux îles de travailler ensemble pour développer des solutions à des problèmes communs, de prendre des engagements de haut niveau et de mener des actions répondant à ces défis mondiaux. 

Pour en savoir + : Cdb

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Le 21 Mai 2014

USA. Avec la fin de la surpêche, les stocks ne sont plus surpêchés, mais épuisés ou réduits...


En 2011, un éminent spécialiste étatsunien a annoncé la fin de la surpêche dans les eaux de son pays. On comprendra qu'un parlementaire veut maintenant remplacer « overfished » (surpêché) par « depleted » (épuisé, réduit). Derrière la bataille des mots se joue en fait la révision de l’approche scientifique et politique de la gestion des pêches. L’utilisation du terme surpêché pour qualifier un stock en mauvais état induit une explication unique et la responsabilité des pêcheurs dans la situation. Elle implique donc des mesures de contraintes seulement pour les pêcheurs. Mais dans les faits, un stock en mauvais état peut être lié à des modifications environnementales, une variabilité naturelle, un accroissement de la prédation naturelle, une pollution. Il ne s’agit pas de nier la surpêche mais de rechercher la multiplicité des causes possibles, ce qui implique des mesures bien plus complexes qui ne concernent plus seulement les pêcheurs.

Pour la première fois la fin de la surpêche aux Etats-Unis

Source : BE USA (2012)

Un éminent scientifique en halieutique a déclaré en début d'année la fin officielle de la surpêche dans les eaux américaines. Steve Murawski, qui occupait jusqu'à récemment le poste de directeur des programmes scientifiques au sein du département de la pêche de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), affirme que plus aucune espèce de poisson vivant dans les eaux territoriales américaines n'est surexploitée cette année, contre 37 espèces l'année dernière. D'après lui, il s'agit d'une première depuis 1900, date à laquelle remontent les archives. "Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes revenus à des niveaux acceptables, il s'agit d'une étape [importante]," déclare Murawski.

La surpêche ne permet pas aux stocks de se reconstituer et de rester sains. L'espèce surexploitée voit le nombre de ses représentants diminuer jusqu'à son éventuelle disparition. Mettre un terme à la surpêche ne signifie cependant pas que tous les stocks de poisson soient sains, mais les scientifiques pensent qu'il s'agit d'une condition primordiale pour y parvenir. D'après Murawski, une règle d'or en matière de gestion des ressources halieutiques dit qu'une espèce est bien plus abondante lorsqu'elle est pêchée à un niveau adéquat. Ce niveau est évalué en prenant en compte plusieurs facteurs, tel que le cycle de vie d'une espèce, le rythme de reproduction ou le taux de mortalité au sein d'un environnement.

La loi établissant les quotas de pêche aux Etats-Unis, nommée Magnuson-Stevens Act [1], existe depuis 1976 ; cependant, c'est la loi de réattribution des crédits, signée en 2007 par le président Bush, qui ajoute une obligation de mettre un terme à la surpêche à la fin de la saison de pêche 2010 - laquelle se termine en 2011, à des dates différentes selon les régions. Murawski affirme que les Etats-Unis sont le seul pays au monde qui dispose d'une loi définissant la surpêche et exigeant des pêcheurs d'y mettre un terme. "Si l'on compare les Etats-Unis avec l'Union Européenne [ou] avec les pays asiatiques, nous sommes le seul pays pêcheur industrialisé qui ait réussi à mettre un terme à la surpêche." déclare-t'il.

Ces bons résultats viennent après que la Nouvelle-Angleterre ait mis en place un nouveau système de gestion qui répartit les pêcheurs par secteurs, en leur attribuant un quota annuel de pêche pour les poissons de fond comme la morue, le haddock ou le flet. Si les pêcheurs dépassent la limite autorisée pour une espèce, ils n'ont plus le droit de pêcher les autres espèces. Murawski souligne que la mise en place d'un système qui introduit des quotas de pêche stricts a eu un réel impact. Les changements introduits par la Nouvelle-Angleterre ont d'autant plus d'effet que près d'un tiers des espèces précédemment surexploitées vivent au large de ses côtes.

Cependant, l'impact économique des restrictions de la pêche est discuté, et ne fait pas l'unanimité. Murawski avance que la fin de la surpêche aura pour résultat des bancs de poissons en meilleure santé et une reconstitution des stocks, et donc un bénéfice à terme pour la communauté des pêcheurs de Nouvelle-Angleterre. D'autres estiment qu'il s'agit d'un coup dur pour ces pêcheurs qui souffrent déjà - la flotte de pêche, qui comptait encore 1200 navires au milieu des années 1990 n'en compte plus que 580 aujourd'hui. Pour Brian Rothschild, professeur en science et technologie maritime à l'Université du Massachussets à Dartmouth, il s'agit d'une "victoire à la Pyrrhus", alors que les autorités auraient pu rendre la loi plus flexible afin d'autoriser plus de pêche sans pour autant mettre en danger les stocks. En refusant de le faire, elles auraient alors inutilement empêché les pêcheurs de profiter des bancs sains. " [Le nouveau système de gestion des quotas] m'a ruiné" déplore Dave Marciano, 45 ans, pêcheur pendant trois décennies au large de Gloucester (Massachussets). "On aurait pu mettre fin à la surpêche en ayant plus de considération pour l'aspect humain de la pêche."

Pour Peter Shelley, avocat conseil à la Conservation Law Foundation, un groupe environnemental, les problèmes de l'industrie poissonnière sont à chercher du côté des années de surpêche, en particulier au cours des années 1980, et pas du côté de la loi. "C'était une bulle. Les pêcheurs ont vécu dans un monde déconnecté de la réalité, et [la surpêche] n'est pas quelque chose de durable." déclare-t'il. "La fin de la surpêche est un événement majeur [...] Je pense que nous allons commencer à voir apparaître les signes d'un futur prometteur."

Pour en savoir plus : BE USA (2012)

Surpêché ou épuisé ? Petits mots, grands effets !


En Avril 2014, dans sa chronique de World Fishing, le scientifique israélien, Menakhem BenYami, un dissident de la science halieutique dominante se félicite de la bataille qui se déroule au Congrès des Etats-Unis sur le changement d’un mot dans le Magnuson Act, qui définit la politique de gestion des pêches du pays. Un parlementaire veut remplacer «overfished » (surpêché) par « depleted » (épuisé, réduit). Derrière la bataille des mots se joue en fait la révision de l’approche scientifique et politique de la gestion des pêches. L’utilisation du terme surpêché pour qualifier un stock en mauvais état induit une explication unique et la responsabilité des pêcheurs dans la situation. Elle implique donc des mesures de contraintes seulement pour les pêcheurs. Mais dans les faits, un stock en mauvais état peut être lié à des modifications environnementales, une variabilité naturelle, un accroissement de la prédation naturelle, une pollution. Il ne s’agit pas de nier la surpêche mais de rechercher la multiplicité des causes possibles, ce qui implique des mesures bien plus complexes qui ne concernent plus seulement les pêcheurs.

Au-delà de la gestion d’un stock particulier avec les approches classiques de RMD, de Tac et Quotas par espèces, il faut engager une approche scientifique de l’écosystème beaucoup plus complexe et prendre en compte les incertitudes, la variabilité naturelle dans le temps et l’espace, le rôle des éléments extérieurs à la pêche, celui du climat, etc… Pour Menakhem Ben-Yami, qui plaide depuis longtemps pour une révision radicale des approches classiques de gestion fondées sur les modèles mathématiques, aussi bien aux Etats-Unis (à la NOAA) qu’en Europe, au CIEM, les scientifiques ont pris conscience de la nécessité de modifier leurs approches. La politique de gestion basée sur la seule estimation de la mortalité par pêche mène à des impasses. Les ONGE ont concentré leurs critiques sur la surpêche et les responsabilités des pêcheurs, en minimisant les autres facteurs, pour imposer leur pouvoir, avec l’appui de Jane Lubchenco (issue d’une ONGE ultra-libérale, Environmental Defense Fund). Elles vont devoir changer de discours, si elles veulent continuer à prétendre s’appuyer sur les analyses des scientifiques. Menahkem Ben-Yami cite un récent rapport de la NOAA qui présente les principaux facteurs affectant l’habitat, dans l’ordre suivant :
  • Pollution et qualité des eaux,
  • Modification et dégradation des fleuves et routes migratoires,
  • Fragmentation et pertes des habitats estuariens et des eaux peu profondes,
  • Impact de la pêche sur les habitats,
  • Variabilité et changement climatique,
  • Espèces invasives et déchets en mer,
  • Le bruit et le trafic maritime.

Pour la NOAA, l’approche écosystémique et environnementale va donc bien au-delà de la pêche. Dans cette approche, les pêcheurs peuvent jouer un rôle positif de sentinelles de la mer pour surveiller au jour le jour l’évolution du milieu, en lien avec les scientifiques. Les ONGE peuvent jouer un rôle d’alerte sans prétendre mettre les pêcheurs sous leur tutelle.

Source : L'Encre de Mer par Alain Le Sann – Mai 2014

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Le 20 mai 2014

Pour une Europe ultramarine

Résolution du CESE (Conseil économique, social et environnemental)

Publié le : 13/05/2014

Traitée par : Délégation à l'Outre-mer

Rapporteur/Intervention : Gérard Grignon

Présentation

L’année 2014 est une année importante pour l’avenir des relations entre l’Union européenne (UE) et les Outre-mer (OM). Dans ce contexte, le Conseil économique, social et environnemental souhaite porter la vision d’une Europe ultramarine.

Ses recommandations s’organisent autour de quatre axes : dynamiser les synergies entre les Régions ultrapériphériques et les Pays et Territoires d’Outre-mer ; renforcer le soutien de l’UE en faveur d’une plus grande insertion régionale des Outre-mer ; utiliser de façon optimale l’article 349 du TFUE et conforter la place des acteurs de la société civile dans les relations entre l’UE et les Outre-mer afin de renforcer le sentiment d’identité européenne.

Cliquer Ici pour télécharger la résolution "Pour une Europe Ultramarine"

Présentation de la résolution "Pour une Europe ultramarine"



par M. Gérard Grignon au nom de la délégation à l'outre-mer

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Le 19 Mai 2014

Un rapport de la FAO souligne le rôle croissant du poisson dans l'alimentation de la planète

L'édition 2014 de la “Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture” vient de paraître

Le poisson représente désormais près de 17 % des apports protéiques mondiaux

Cliquer Ici pour accéder au document :The state of World Fisheries and Aquaculture

19 mai 2014, Rome – Jamais la pêche et l'aquaculture n'ont joué un rôle si important dans l'alimentation et les revenus d'un si grand nombre de personnes, même si des pratiques préjudiciables et une mauvaise gestion menacent la durabilité du secteur, indique un nouveau rapport de la FAO publié aujourd'hui.

Source : FAO

Selon la dernière édition de la Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, en 2012 la production halieutique et aquacole s'est établie à 158 millions de tonnes, soit environ 10 millions de tonnes de plus qu'en 2010.

A l'origine de cet accroissement figure l'essor rapide de l'aquaculture, comprenant les activités de petits agriculteurs. La pisciculture offre un potentiel formidable pour répondre à la  demande de nourriture associée à la croissance démographique mondiale.

En même temps, à condition d'être gérés dans une optique durable, les océans de la planète ont un rôle important à jouer pour créer des emplois et nourrir le monde, affirme le rapport de la FAO.

"La santé de notre planète, notre propre santé et notre sécurité alimentaire future dépendent de la façon dont nous traitons le monde bleu", a déclaré le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva. "Pour que la prospérité durable devienne une réalité pour tous, nous devons faire en sorte que le bien-être humain rime avec le respect de l'environnement. C'est la  raison pour laquelle la FAO s'engage à promouvoir 'la croissance bleue', fondée sur la gestion durable et responsable de nos ressources aquatiques".


L'attention renouvelée pour ce qu'on appelle 'le monde bleu' intervient alors que la part de la production halieutique destinée à la consommation humaine est passée d'environ 70 pour cent dans les années 80 à un record de plus de 85 pour cent (136 millions de tonnes) en 2012. La consommation de poisson par habitant est montée en flèche, passant de 10 kg dans les années 60 à plus de 19 kg en 2012.

Le nouveau rapport souligne en outre que le poisson représente désormais près de 17 pour cent des apports protéiques mondiaux – pouvant aller jusqu'à 70 pour cent dans certains pays côtiers et insulaires.

La FAO estime que les pêches et l'aquaculture font vivre 10 à 12 pour cent de la population mondiale.

Depuis 1990, l'emploi dans le secteur a progressé plus vite que la croissance démographique. En 2012, le secteur a employé quelque 60 millions de personnes dans le domaine des pêches de capture et de l'aquaculture, dont 84 pour cent en Asie et environ 10 pour cent en Afrique.

Pêches de capture stables, le boom de l'aquaculture se poursuit

La production mondiale de pêches de capture marines est demeurée stable avec environ 80 millions de tonnes en 2012, indique le rapport.

Actuellement, moins de 30 pour cent des stocks de poissons sauvages qui font l'objet d'un suivi régulier par la FAO sont surexploités, signe positif d'un renversement de la tendance observée au cours des dernières années. Un peu plus de 70 pour cent des stocks sont pêchés à des niveaux biologiquement durables dont les stocks pleinement exploités (c'est-à-dire très proches de leur rendement maximal équilibré) représentent plus de 60 pour cent, et les stocks sous-exploités environ 10 pour cent.

La production aquacole mondiale a affiché un record de plus de 90 millions de tonnes en 2012, dont près de 24 millions de tonnes de plantes aquatiques, la Chine représentant plus de 60 pour cent du total.

L'expansion de l'aquaculture contribue à améliorer l'alimentation de nombreuses personnes, en particulier dans les zones rurales pauvres où la nourriture manque souvent de nutriments essentiels.

Toutefois, le rapport met en garde que pour poursuivre son essor durable, le secteur doit devenir moins dépendant à l'égard du poisson sauvage comme aliment dans l'aquaculture et varier les espèces cultivées et les pratiques.

Par exemple, les poissons de petite taille peuvent constituer une excellente source de minéraux essentiels lorsqu'ils sont consommés entiers. Mais les préférences des consommateurs vont vers les espèces de plus grande taille, auxquels on ôte souvent les arêtes et la tête.

Le rôle du poisson aura une place de choix lors de la deuxième Conférence internationale sur la nutrition, organisée conjointement par la FAO et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) du 19 au 21 novembre 2014 à Rome.


Plus grande part du marché pour les pays en développement

Le poisson est une des denrées alimentaires les plus échangées à l'échelle mondiale, pour une valeur de près de 130 milliards de dollars en 2012, un chiffre qui a de fortes chances de continuer à augmenter.

Une tendance importante qui se fait jour est la plus grande part du marché acquise par les pays en développement dans le commerce halieutique. En 2012, ils représentaient 54 pour cent des exportations totales de produits de la pêche en valeur et plus de 60 pour cent en volume (poids vivant).

Cela signifie que les pêches et l'aquaculture jouent un rôle de plus en plus décisif pour de nombreuses économies locales. Quelque 90 pour cent des pêcheurs pratiquent la pêche artisanale, dont 15 pour cent sont des femmes. Dans les activités secondaires telles que la transformation du poisson, ce chiffre grimpe à 90 pour cent.

Dans le cadre de l'Année internationale de l'agriculture familiale en 2014, la FAO vise à faire mieux connaître les activités des petits exploitants – qui comprennent les pêches et l'aquaculture – en insistant sur l'amélioration de l'accès aux marchés, la sécurité des droits fonciers et la protection de l'environnement.

Réduire le gaspillage et les pratiques nocives et améliorer la traçabilité

On estime que 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées chaque année, soit environ un tiers de toute la nourriture produite. Ce chiffre comprend les pertes de poisson après récolte qui tendent à être plus élevées dans la pêche artisanale.

Dans les petites pêches, les pertes de qualité sont souvent bien plus importantes que les pertes matérielles. De meilleures méthodes de manutention, de transformation et d'ajout de valeur pourraient remédier aux aspects techniques de ce problème, mais il est également essentiel de développer les bonnes pratiques, de nouer des partenariats, de sensibiliser davantage, de renforcer les capacités et d'élaborer des politiques et stratégies pertinentes.

Le rapport fait également remarquer que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (IUU) demeure une sérieuse menace pour les écosystèmes marins et a des retombées négatives sur les moyens d'existence, les économies locales et les approvisionnements alimentaires.

Les grands marchés du poisson exigent de plus en plus la traçabilité de la chaîne alimentaire, en particulier suite aux récents scandales sur l'étiquetage trompeur de produits. La FAO a publié des directives techniques sur la certification et l'éco-étiquetage qui peuvent aider les producteurs à prouver que leur poisson a été pêché dans des pêcheries gérées durablement ou produit dans une ferme aquicole exploitée dans les règles.

En particulier, le rapport souligne l'importance du Code de conduite pour une pêche responsable qui, depuis son adoption il y a près de vingt ans, demeure essentiel pour la durabilité des pêches et de l'aquaculture. Le Code encourage l'utilisation responsable des ressources aquatiques et la conservation des habitats dans le but d'accroître la contribution du secteur à la sécurité alimentaire, à la réduction de la pauvreté et au bien-être de l'homme.

La FAO s'attache également à promouvoir "la croissance bleue" comme cadre visant à garantir une gestion durable et socio-économiquement sensible des océans et des terres humides.

Au Sommet mondial d'action pour les océans à l'appui de la sécurité alimentaire et de la croissance bleue qui s'est tenu le mois dernier à La Haye (Pays-Bas), les gouvernements et autres participants se sont engagés à prendre des mesures ciblées sur le changement climatique, la surpêche, la perte des habitats et la pollution, dans un effort de restaurer la productivité et la résilience des océans.

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Le 17 Mai 2014

Le lambi bientôt au coeur d'un différend diplomatique ?


Guadeloupe et Martinique, premiers importateurs de lambi

L'avenir de la pêche du lambi dans la Caraïbe est menacé en dépit des efforts mis en place dans la région pour les protéger, ont alerté les responsables des pêches régionales. Pour y remédier des ONG environnementales américaines veulent inscrire ce mollusque sur la liste des espèces menacées ou en voie de disparition. Les pays de la Caraïbe s'y opposent fortement...

David contre Goliath, ou plus précisément la Caraïbe contre les Etats-Unis. C'est ce "combat" qui pourrait se dérouler concernant l'avenir du lambi....

Suite de l'article de France Antilles Ici

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Le 16 Mai 2014

Arundhati Roy, à propos des ONG

"Les ONG doivent rendre des comptes à leurs financeurs, et non aux gens avec lesquels elles travaillent," selon Arundhati Roy, militante et écrivain indienne, auteure du roman "Le Dieu des Petits Riens" (Photo Wikipedia)

Source : Crisla

Une analyse décapante du rôle des ONG par l’écrivaine indienne. Si elle évoque le rôle de certaines ONG de développement, 10 ans après, elle peut aussi concerner les ONG environnementalistes qui disposent aujourd’hui de fonds bien plus considérables que les ONG de développement…Cette analyse rejoint celle de Naomi Klein sur les BINGOs, les grandes ONG environnementalistes anglo-saxonnes.

Les mouvements de masse ont à faire face à un second danger, la résistance sur le modèle des ONG. Il serait facile de déformer ce que je vais dire en une mise en cause de toutes les ONG. Ce serait un mensonge. Dans les eaux troubles de la mise en place de fausses ONG, créées soit dans le but de siphonner les subventions ou alors d’éviter les taxes (dans les Etats tels que Bihâr, on les considère comme dot), bien sûr, il y a des ONG qui font un précieux travail. Mais il est important d’envisager le phénomène ONG dans un contexte politique plus large. En Inde, par exemple, le plein essor du financement des ONG a commencé à la fin des années 1980 et dans les années 90. Cela correspondait à l’ouverture du marché indien au néolibéralisme. A ce moment-là, l’Etat indien, conforme aux exigences de l’ajustement structurel, réduisait les fonds de développement rural, pour l’agriculture, l’énergie, les transports et la santé publique. Etant donné que l’Etat abandonnait son rôle traditionnel, les ONG se sont lancées dans le travail sur ces mêmes domaines. La différence, évidemment, c’est que les fonds qui leur sont disponibles représentent une part minuscule de la coupe budgétaire actuelle dans les dépenses publiques.

Les ONG avec le plus de fonds sont financées et mises sous tutelle par des agences d’aide et de développement, qui sont, à leur tour, financées par des gouvernements occidentaux, la Banque mondiale, les Nations Unies et certaines sociétés multinationales. Bien qu’elles ne soient pas exactement les mêmes agences, elles font certainement partie du même grand réseau politique qui supervise le projet néolibéral et réclame une réduction des dépenses gouvernementales dans un premier temps. Pourquoi ces agences devraient-elles financer des ONG ? Pourrait-il juste s’agir d’un élan missionnaire démodé ? De la culpabilité ? C’est un peu plus que ça. Les ONG donnent l’impression qu’elles remplissent la place vacante créée par un Etat en retrait. Et elles le font, mais substantiellement, sans conséquences. Leur vraie contribution est qu’elles désarment le mécontentement politique et distribuent en tant qu’aide ou don généreux ce qui devrait revenir de droit aux gens. Elles altèrent le psychisme public. Elles changent les gens en victimes dépendantes et émoussent les contours de la résistance politique. Les ONG forment une sorte de médiateur entre le dirigeant et le public. Entre l’Empire et ses sujets. Elles sont devenues les arbitres, les interprètes, les médiatrices. A long terme, les ONG doivent rendre des comptes à leurs financeurs, et non aux gens avec lesquels elles travaillent. Elles sont ce que les botanistes appellent des espèces indicatrices. C’est presque comme si, plus le néolibéralisme engendre de la dévastation, plus l’explosion des ONG est importante. Rien ne l’illustre de façon plus émouvante que le phénomène des Etats-Unis s’apprêtant à envahir un pays et simultanément préparant les ONG à rentrer et nettoyer les dégâts. Afin de s’assurer que leur financement n’est pas compromis, et que les gouvernements des pays où ils travaillent leur permettront de fonctionner, les ONG doivent présenter leur travail dans un cadre superficiel, plus ou moins coupé de tout contexte politique ou historique, dans tous les cas, d’un contexte historique et politique inopportun. Des rapports apolitiques (et donc, en fait, extrêmement politiques) sur la misère des pays pauvres et les zones de guerre font finalement paraître les gens (noirs) de ces pays (noirs) comme des victimes compulsives. Encore un Indien mal nourri, un autre Ethiopien crevant de faim, un autre Afghan d’un camp de réfugié, un autre Soudanais mutilé … nécessitant l’aide d’un homme blanc. Involontairement, ils renforcent les stéréotypes racistes et réaffirment les exploits, le réconfort et la compassion (le « qui aime bien châtie bien ») de la civilisation occidentale. Ils sont les missionnaires laïques du monde moderne.

Eventuellement – sur une plus petite échelle, mais plus insidieusement – le capital disponible aux ONG joue le même rôle dans les politiques alternatives que les capitaux spéculatifs qui rentrent et sortent des économies des pays pauvres. Ça commence par dicter le programme. Ça change la confrontation en négociation, ça dépolitise la résistance. Cela interfère avec les mouvements populaires locaux qui ont traditionnellement été autonomes. Les ONG ont des fonds qui peuvent employer des locaux qui pourraient autrement être militants dans les mouvements de résistance, mais peuvent désormais sentir qu’ils font quelque chose de bien, immédiat et créatif (en gagnant de l’argent en même temps). Une vraie résistance politique n’offre pas de tels raccourcis. La politique sur le mode ONG menace de changer la résistance en un travail de bureau avec des salariés aux bonnes manières, polis et raisonnables, au travail de 9h à 17h. Avec quelques avantages en plus. La vraie résistance a de réelles conséquences. Et pas de salaire...

Extrait d’une conférence d’Arundhati ROY aux Etats-Unis en 2004.
Publié par http://socialistworker.org/2004-2/510/510_06_Roy.shtml

Repris par Development Industry, Raza Rumi |14 avril 2009.

Traduction : Joana Neves, Mai 2014

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Le 15 mai 2014

Martinique. Prolifération du poisson-lion
publiée dans le JO Sénat du 25/07/2013 - page 2155


M. Maurice Antiste attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche sur la problématique de la prolifération du poisson-lion qui, après avoir colonisé la mer des Caraïbes, s'attaque aujourd'hui aux rivages et constitue une menace pour l'écosystème.

En effet, le poisson-lion est une espèce invasive, vorace et sans prédateur qui a été observée pour la première fois il y a deux ans en Martinique, en février 2011. Se reproduisant à une vitesse impressionnante, le poisson-lion colonise maintenant tous les habitats côtiers autour de l'île et ceci aux dépens des espèces autochtones.

Les densités actuelles de poissons lion atteignent 300 individus par hectare sur certains sites de la Martinique. Ces poissons se nourrissent de deux proies par jour, ce qui correspondrait à une consommation estimée à 219 000 juvéniles, dont certains appartenant à des espèces d'intérêt commercial.

La répartition des populations de poissons-lions en Martinique n'est pas homogène selon les sites. Il existe environ 55 kilomètres carrés de récifs (5 500 hectares) et communautés coralliennes entre 0 et 50 mètres de profondeur. Si l'on prend un niveau d'invasion à 300 individus par habitants, pour moitié de cette surface : cela représente une population d'environ 825 000 poissons-lions. La consommation de juvéniles de poissons d'intérêt commercial est alors : 4 500 juvéniles par an par habitant x 2 500 habitants = 12 375 000 juvéniles consommés chaque année.

Son inquiétude est d'autant plus grande, qu'à la suite de mesures liées à la pollution par la chlordécone, 40 % de notre zone côtière est règlementée et interdite à la pêche. Cela constitue ainsi une belle zone paisible de sanctuarisation pour le poisson-lion.

C'est pourquoi il l'interroge sur les mesures urgentes et radicales qui peuvent être mises en place contre ce fléau majeur, qui anéantit tous les efforts de préservation et de conservation de notre très riche biodiversité, et sur les mesures d'accompagnement envisagées pour les marins-pêcheurs professionnels.

Il souhaite également savoir les actions effectives menées par la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL) de la Martinique pour lutter contre l'essor du poisson lion et les bilans à la date d'd'aujourd'hui.

Transmise au Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

Réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1132

La prolifération du poisson-lion (Pterois volitans) dans les eaux côtières de la Martinique, et plus largement dans la Caraïbe, constitue une menace pour l'environnement et la gestion durable du milieu marin local. Elle est aujourd'hui unanimement reconnue par la sphère scientifique et si la mesure quantitative de l'impact écologique et socio-économique de ce prédateur sur les écosystèmes marins demeure difficile à estimer, les instances internationales comme l'ICRI, (international coral reef initiative) incitent tous les États concernés à mettre en œuvre des stratégies de contrôle des populations sur leurs territoires respectifs.

Illustration : Poisson-lion sur facebook

Consciente des enjeux de l'arrivée imminente du poisson-lion dans les eaux côtières de la Martinique, la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement de La Réunion (DEAL), dont la gestion des espèces envahissantes est une des prérogatives, suit de près ce sujet depuis 2010. Cette veille a permis d'anticiper l'arrivée des premiers individus en informant largement les usages de la mer en particulier les plongeurs et pêcheurs, ce qui a permis une détection et une capture précoce des premiers individus à partir de février 2011. L'ensemble des actions mises en œuvre localement par la DEAL et ses partenaires s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie mise en commun aux niveaux des Antilles françaises et déclinant localement la stratégie régionale caribéenne issue des travaux du Comité ad hoc poisson-lion de l'ICRI.

En l'absence de prédateurs et face à l'ampleur de l'invasion, seule l'action de l'homme peut permettre un contrôle localisé des densités de ce prédateur et par conséquent de ses impacts écologiques et socio-économiques. Les actions ont consisté, dans un premier temps, à informer la population par la voie des médias de la problématique environnementale, économique et sanitaire (risque de piqûre) liée à cette invasion. Une information des autorités compétentes en santé publique sur le caractère venimeux de ce poisson et les recommandations médicales pour le traitement des piqûres a également été réalisée. En collaboration avec la direction de la mer de la Martinique, un régime dérogatoire d'utilisation d'engins de capture en scaphandre autonome, spécifiquement pour le poisson-lion, a été mis en place. Une large information a été menée auprès des pratiquants de la plongée sous marine pour impliquer des bénévoles dans la capture du poisson-lion sur les espaces accessibles en scaphandre autonome. Les réunions sectorielles de formation ont permis d'habiliter et d'équiper avec du matériel adapté près de 150 plongeurs pour les captures en routine, dont l'indicateur de suivi fait état à ce jour de plus de 8 000 captures enregistrées. En parallèle, un projet intitulé PoLiPA (poisson-lion petites Antilles) et mené par l'observatoire du milieu marin martiniquais a été lauréat d'un appel à projet de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie. Dans le cadre de ce projet, des études scientifiques sont menées pour suivre selon des protocoles normalisés, l'évolution de la densité des populations sur des zones de références afin d'évaluer l'efficacité du programme de capture en plongée. Un suivi sur récifs artificiels visant à estimer les volumes de prédation des poissons-lions sur les populations juvéniles d'espèces autochtones est également en cours de démarrage.

Enfin une étude socio-économique, basée sur les résultats obtenus dans le cadre des études précitées, permettra de monétariser aux Antilles françaises, l'impact de cette invasion vis à-vis des services écosystémiques rendus par les milieux marins côtiers et en particulier certains usages comme la pêche professionnelle. Parallèlement au programme de capture mené par les plongeurs et chasseurs sous-marins volontaires, la valorisation des prises issues des engins de pêche professionnels fait partie intégrante de la stratégie de contrôle. En effet, si ce poisson a toutes les caractéristiques d'un envahisseur hors pair, il s'avère être aussi une ressource qui peut être destinée à la consommation humaine : venimeux mais non toxique, le poisson-lion devient un produit de grande qualité et sans risque pour le consommateur, une fois débarrassé de ses nageoires épineuses. Le nombre et la taille des poissons-lions capturés dans les nasses des pêcheurs professionnels étant de plus en plus important, la démarche de promotion de la valorisation de la consommation du poisson-lion auprès du public martiniquais vise à impliquer les professionnels dans le contrôle de cette espèce en leur permettant de valoriser ce nouveau type de prises ; l'objectif étant de susciter une demande auprès des consommateurs en leur faisant découvrir les qualités gustatives de la chair du poisson-lion. Pour ce faire, une analyse préalable du niveau de contamination de cette espèce par la chlordécone a été menée afin de valider la démarche de promotion en cours consistant en l'édition d'un livre de recettes de cuisine spécifique au poisson-lion et en l'organisation de plusieurs événements de dégustation relayés par les médias.

Un certain nombre de restaurants proposent désormais du poisson-lion à leurs clients qui manifestent un engouement certain pour ce produit. La question des zones interdites de pêche en raison d'une contamination à la chlordécone mérite une attention particulière. Pour répondre aux inquiétudes formulées par le comité régional des pêches et des élevages marins de la Martinique, des prospections ont été menées en collaboration avec la direction de la mer en plusieurs sites afin d'évaluer les densités de poisson-lion. Les baies du Galion, du Robert et de Fort-de-France ont, ainsi, pu ainsi être échantillonnées et les résultats montrent pour le moment de très faibles densités sur ces zones en comparaison avec les autres secteurs suivis. Une veille sera cependant maintenue pour ces espaces particuliers et une réflexion sur les modalités de prélèvement à des fins de contrôle des populations est en cours avec les services de la direction de la mer. L'information du grand public sur cette problématique se poursuit avec l'édition et la diffusion de dépliants et le cofinancement de documentaires télévisuels. Plus récemment, l'organisation du premier concours de chasse du poisson-lion visait à impliquer de façon active les pratiquants de chasse sous-marine de loisir dans l'effort de lutte général. Enfin, une veille scientifique et une participation aux comités régionaux dédiés à la problématique est assurée par l'observatoire du milieu marin et le référent mer de la DEAL. Les efforts de promotion de la consommation, d'incitation des pêcheurs à valoriser ce produit, et de motivation des plongeurs bénévoles dans les programmes de capture se poursuivent en 2014.

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Le 14 mai 2014

L’économie de la mer, horizon politique


"La mer, avenir de l'humanité", carte publiée par Nicolas Lambert, le 7 février 2014 sur :  Carnet Cartographique

“Les océans représentent 70% de la surface de la planète. Plus des deux-tiers de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres d’une côte. La mer est obligatoirement la nouvelle frontière de l’humanité“. Voilà comment parle de ce nouvel horizon, J.L. Mélenchon qui n’a de cesse de tenter de faire rentrer la question de la mer dans le débat public [Cf. faire entrer la mer en politique]. Ce positionnement, s’il n’est pas dénué d’universalisme est d’autant plus intéressant et stratégique pour la France que notre territoire national représente la deuxième plus grande surface maritime du monde, juste derrière les États-Unis. Pour contribuer au débat, j’ai donc réalisé une carte par anamorphose montrant le poids des états en fonction de la surface de leur zone exclusive économique*. Sur cette carte, la taille des pays est proportionnelle à leur surface maritime territoriale. Les 5 premiers pays sont représentés en bleu foncé.

(*) D’après le droit de la mer, une zone économique exclusive (ZEE) est un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’usage des ressources. Elle s’étend à partir de la ligne de base de l’État jusqu’à 200 milles marins (environ 370 km) de ses côtes au maximum. Le terme est parfois abusivement appliqué aussi aux eaux territoriales et aux extensions possibles du plateau continental au-delà de ces 200 milles marins.

Source :  Carnet Cartographique (avec d'autres cartes toutes aussi parlantes de Nicolas Lambert)

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Maritimisation : la France face à la nouvelle géopolitique des océans

L'exploitation des ressources : un début de sédentarisation de l'homme en mer ? Le milieu maritime constitue un espace dans lequel l'homme est resté essentiellement nomade. Entamée il y a une trentaine d'années avec les plateformes pétrolières offshore, la sédentarisation des hommes en mer s'accélère avec le basculement qui s'opère des réserves de pétrole et de matières premières de la terre vers les mers.

Rapport d'information n° 674 (2011-2012) de MM. Jeanny Lorgeoux et André Trillard, fait au nom de la commission des affaires étrangères et de la défense, déposé le 17 juillet 2012

Cliquer Ici pour télécharger le rapport d'information

Le Général de Gaulle affirmait en 1969 à Brest : « L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche de l'exploitation de la mer. Et, naturellement, les ambitions des Etats chercheront à la dominer pour en contrôler les ressources... ».

Aujourd'hui, la fluidité des échanges maritimes internationaux et par conséquent le respect de la liberté de circulation en mer est devenu un élément essentiel pour notre sécurité.

Demain, l'épuisement des ressources terrestres rendra nos économies plus dépendantes des ressources de la mer. Ce basculement de la terre vers la mer, cette « maritimisation » des enjeux entraînent des conséquences stratégiques majeures avec une territorialisation des espaces maritimes jusqu'alors libres d'accès et l'émergence de rivalités nouvelles entre grands pôles de développement.

La France possède le deuxième territoire maritime du monde grâce à l'outre-mer, des capacités et des atouts importants, une marine océanique qui compte, des industries navales compétitives, un savoir-faire et une maîtrise technologique en matière de construction navale, d'exploration et d'exploitation en haute mer de premier plan.

Cette nouvelle géopolitique des océans présente des opportunités, mais également des menaces avec le développement de la criminalité en mer et des trafics illicites, l'augmentation des acteurs en mer et du niveau de violence, mais surtout avec les risques de conflits liés à la volonté croissante des Etats de s'approprier des zones maritimes convoitées et de maîtriser les routes d'approvisionnement stratégiques.

Alors que les pays émergents sont en train de constituer des marines puissantes, la France est-elle prête pour un avenir qui se jouera en mer ?

C'est l'objet de ce rapport du groupe de travail sur la maritimisation de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au moment même où débutent les travaux sur le nouveau Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale.

Extrait consacré à l'exploitation halieutique réduit à la portion congrue

Des réserves halieutiques à préserver, une aquaculture à développer.


Alors que la pêche maritime française qui emploie directement 24 000 marins embarqués, sans compter la transformation des produits de la mer et les cultures marines, est aujourd'hui en difficultés, il convient plus que jamais de contrôler et de surveiller le domaine maritime français pour préserver les réserves halieutiques.

La pêche constitue, en effet, un rouage de notre indépendance alimentaire qu'il faut sauvegarder, même si, d'ores et déjà, elle ne peut plus couvrir que 80 % de nos besoins, ce qui pénalise notre balance des paiements, le déficit global de la France sur les seuls poissons étant malheureusement passé en dix ans de 500 000 à 1 million de tonnes.

De ce fait, la flotte de pêche française est en net recul. De 1990 à 2008, le nombre de navires a diminué de 43 %.

De ce point de vue, la valorisation des ressources halieutiques des ZEE d'outre-mer constitue une perspective qu'on ne peut négliger.

Ces ZEE sont cependant caractérisées par des situations très contrastées, on constate en effet :
  • la disparité des outre-mer dans la configuration des fonds : d'un large plateau continental (Guyane, Saint Pierre et Miquelon) à l'absence quasi-totale de plateau (La Réunion) ;
  • la disparité des ZEE, celle des Antilles étant très petite par rapport à celle de la Polynésie (5 millions de km²) ;
  • la productivité des écosystèmes pélagiques qui constituent la grande majorité de la ZEE outre-mer est moindre que celle du plateau continental.

Si dans ce domaine de la pêche, l'immense ZEE française ne peut pas résoudre le déficit de la balance commerciale de la France, il convient de rechercher et développer les marges de progrès notamment pour assurer la stabilité économique des territoires d'outre-mer.

D'après les responsables de l'IFREMER, entendus dans le cadre des travaux conjoints du groupe de travail et de la délégation à l'outre-mer, les perspectives de croissance sont modestes dans un contexte par ailleurs marqué par une forte concurrence.

La pêche dans les outre-mer doit être regardée tout autant comme le moyen de maintenir ou développer le tissu socio-économique local que comme une nouvelle source de production de ressources inexploitées qui permettrait d'augmenter la part française dans la consommation nationale de produits de la mer très largement déficitaire.

La pêche en outre-mer est aujourd'hui en très grande partie une pêche côtière dans les 12 milles, avec de petites embarcations opérant à la journée, soit sur le plateau continental lorsqu'il existe, soit sous des dispositifs de concentration de poissons (DCP) ancrés15(*). S'y ajoute une pêche lagunaire, en Polynésie, très importante, en nombre de pêcheurs et en prélèvements.

Dans la plupart des territoires d'outre-mer, la pêche plaisancière (souvent le fait de pêcheurs retraités) constitue une pression de pêche sur les ressources du même ordre de grandeur que la pêche professionnelle. S'y ajoutent une pêche hauturière (senneurs de Mayotte et Réunion), palangriers (ciblant la légine) et caseyeurs (ciblant la langouste) dans les TAAF, palangriers à thonidés et à espadons dans l'océan Indien, crevettiers sur le plateau guyanais et caseyeurs martiniquais qui exploitent les vivaneaux sur le plateau de la Guyane.

Le constat d'une très forte exploitation des ressources côtières récifales est globalement partagé sur l'ensemble de ces territoires.

L'implantation de DCP ancrés, financée par la Commission européenne, a permis de transférer une partie de la pression de pêche vers le large, soulageant les ressources du plateau. Le non-renouvellement du parc de DCP, envisagé faute de soutien européen, conduira inévitablement à un repli des navires concernés vers la bande côtière et donc à une augmentation de la pression de pêche sur des ressources déjà très exploitées, voire surexploitées.

La seule marge de progrès dans les ZEE tropicales réside donc dans l'exploitation des grands pélagiques, soit au large, par de grands navires, soit à portée de la petite pêche côtière.

Les situations sont cependant très contrastées selon les zones.

Dans les TAAF, la légine australe est bien exploitée, avec 6 000 tonnes/an dans le cadre d'une pêche extrêmement réglementée qui a fait ces dernières années l'objet d'un contrôle renforcé pour limiter le pillage des stocks par la pêche illégale.

En ce qui concerne la crevette guyanaise (1000 T/an contre 4000 T/an dans les années 90), l'effondrement de la ressource est la conséquence d'un changement environnemental plus que de la pêche. La hausse du prix du carburant conjuguée à la baisse du prix de la crevette du fait de la concurrence de la crevette d'élevage font que cette activité est actuellement très réduite. Elle fait par ailleurs également l'objet d'un pillage par des navires de pêche des pays riverains.

La pêche des thonidés au large présente également de faibles marges de progrès. Les thonidés de l'océan Indien sont suivis et gérés au sein de la CTOI (Commission des Thons de l'Océan Indien) qui fixe les préconisations en termes de pression de pêche. Idem pour les thonidés du Pacifique (WCPFC) et de l'océan Atlantique (CICTA et CRFM).

Le diagnostic porté par la communauté scientifique internationale dans le cadre des ORGP (organisation régionale de gestion des pêches) montre que, dans l'océan Indien, les stocks des principales espèces de thons tropicaux ainsi que de l'espadon sont dans un état proche de la pleine exploitation (prélèvements durables maxima). L'activité des thoniers est par ailleurs fragilisée par le développement de la piraterie.

En définitive, le potentiel halieutique des territoires maritimes français apparaît fragilisé par le déclin de la ressource et la concurrence parfois illégale des navires de pêche étrangers.

Par ailleurs, les difficultés de la pêche pourraient être en partie compensées par les perspectives de développement de l'aquaculture outre-mer.

À Saint-Pierre-et-Miquelon, les efforts de recherche et développement en direction de la pectiniculture, aujourd'hui prometteurs, ont commencé il y a une dizaine d'années. Ils sont axés sur un produit phare, le pétoncle géant, à très forte valeur potentielle.

La crevetticulture concerne principalement la Nouvelle-Calédonie et, à un degré moindre, la Polynésie, où les potentialités sont importantes. On y retrouve les mêmes exigences en termes de recherche et développement et d'organisation de la filière. Aujourd'hui, l'exportation de crevettes de Nouvelle-Calédonie constitue sa deuxième activité exportatrice, après le nickel.

La pisciculture concerne la Réunion, Mayotte, la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie, avec des perspectives de développement, mais aussi des freins identifiés.

Dans l'aquaculture, comme dans la pêche, la France fait face à la concurrence de nombreux pays dont notamment la Chine et l'Inde qui ont développé des méthodes industrielles à des coûts très compétitifs.

Les difficultés rencontrées par la pêche française aussi bien en métropole que dans les territoires d'outre-mer militent pour un renforcement des moyens de contrôle et de surveillance maritimes des zones de pêche afin, d'une part, de protéger les stocks dans nos eaux territoriales contre les pêches illégales et la surexploitation de certaines zones et, d'autre part, défendre les intérêts de nos pêcheurs nationaux dont l'activité est essentielle à l'équilibre économique de ces territoires.


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Le 13 Mai 2014

L’agriculture Familiale: Nourrir le monde, préserver la planète

L’agriculture familiale est liée de façon indissociable à la sécurité alimentaire nationale et mondiale.

Dans les pays en développement comme dans les pays développés, c’est la principale forme d’agriculture dans le secteur de la production alimentaire.

Source : FAO

L’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille, en relation avec de nombreux aspects du développement rural.

Cliquer ici pour accéder au dossier de la FAO : 2014, année internationale de la l'agriculture (pêche et aquaculture) familiale


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Le 12 mai 2014

Thon tropical. "Oriental & Pacific" se plie aux exigences de Greenpeace

Une marque de thon en conserve européenne leader ne proposera, à partir de 2015 « que du thon approvisionné de manière responsable »

Source : Agritrade

Greenpeace a salué l’engagement pris par une des plus grandes marques de thon en boîte, Oriental & Pacific, de ne fournir que « du thon provenant de pratiques responsables » à partir de 2015.

Le groupe de grande distribution Tesco a récemment fait l’objet de virulentes critiques par Greenpeace et le célèbre chef cuisinier britannique, Hugh Fearnley-Whittingstall, parce qu’il achetait du thon à prix réduit auprès d’Oriental & Pacific, dont les fournisseurs utilisent des dispositifs de concentration du poisson (DCP) qui sont connus pour capturer un grand nombre de juvéniles, de requins, de raies et de tortues. Selon Greenpeace, seul le thon pêché à la ligne ou par des filets sans DCP peut être considéré comme un produit issu d’une exploitation durable des ressources.

Plus de 85 000 personnes ont exhorté le supermarché Tesco à retirer de leurs étalages les boîtes de thon estampillées Oriental & Pacific, mais celui-ci a refusé d’agir. Toutefois, Oriental & Pacific a contacté Greenpeace et annoncé « qu’à partir du mois d’avril 2015, elle ne vendra que du thon provenant de sources d’approvisionnement durables ».

Greenpeace a salué la décision mais continue à émettre de fortes critiques envers le groupe Tesco. Le supermarché s’était engagé au préalable à créer sa propre marque de thon « durable » mais une fois sa promesse faite, « il a introduit du thon fourni par Oriental & Pacific ne provenant pas de sources durables, sapant ainsi son engagement public pris vis-à-vis de la protection des océans », a fait savoir un militant britannique de Greenpeace Oceans.

Le célèbre chef cuisinier avait également loué la décision, et est allé encore plus loin en demandant à ce que Tesco « insiste pour qu’Oriental & Pacific mette une étiquette claire précisant le mode de capture afin de s’assurer que ces engagements soient bien tenus ». « Je crois que tout consommateur devrait se refuser à acheter du thon en boîte qui ne spécifie pas la méthode de capture » a-t-il-précisé.

L’Association Greenpeace a annoncé qu’elle mènera une enquête sur le thon vendu dans les supermarchés discount comme Aldi et Lidl, qui ont une clientèle de plus en plus importante. Bien que les deux magasins proposent sur leurs étalages du thon pêché à la ligne, la majeure partie du thon proposé a été pêché au moyen de sennes coulissantes/de dispositifs de concentration du poisson.

Illustration : montage copie écran : Greenpeace et  The Independent : Tesco accused of selling 'dirty tuna' by top chef Hugh Fearnley-Whittingstall

Cliquer Ici pour plus d'informations sur Cta / Agritrade

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Le 10 Mai 2014

Le Père Thomas Kocherry, infatigable militant

Le leader des pêcheurs indiens, est décédé le 3 mai 2014

Tom Kocherry, en Octobre 2000, lors du Forum Mondial des pêcheurs à Loctudy (Bretagne). Ce Forum qui avait réuni des pêcheurs de 35 pays, avait abouti, sous son impulsion, à la scission du WFF et la création du WFFP. Photo A. Le Sann

Source : Crisla

Chers amis

Notre ami, le leader et ancien président du National Fishworkers Forum (NFF), fondateur du World Fishworkers Forum, invité spécial du World Forum of Fisher Peoples (WFFP), est décédé le 3 mai à son domicile de Trivandrum en Inde, à l’âge de 74 ans. Ces dernières années, il a vécu à la maison des Rédemptoristes de Kanyakumari, au Tamil Nadu. Malade depuis un an, il vivait au couvent de l’Eglise Sainte Croix, à Muttada, Trivandrum. Il y a été inhumé le lundi 5 mai.

Le Père Thomas Kocherry était un militant, prêtre catholique, juriste qui a aidé à la création du Kerala Swantra Matsyathozhillali Federation. Il fut aussi coordinateur de l’Indian National Alliance of Peoples’ Movements ( NAMP) et Recteur de la Communauté des Rédemptoristes de Periyavillai. Il était membre de l’Autorité de gestion de la zone côtière en Inde.

Un engagement avec les plus pauvres



Thomas Kocherry est né à Changanasserry, Kerala, dans le sud de l’Inde, le 10 mai 1940. Il était le cinquième d’une famille de onze enfants, 7 garçons et 4 filles. Il grandit dans la zone des Backwaters, où les pêcheurs pauvres utilisaient de tout petits bateaux pour vivoter sur ces eaux douces, parallèles à l’Océan Indien. La double influence qui a marqué sa vie de jeune adulte fut celle de l’Eglise (surtout l’évangile social des Pères Rédemptoristes) et la gauche radicale qui contestait la politique du Kerala (dominée par le Parti Communiste Indien) dès le début de l’Indépendance. Après son ordination en 1971, il partit travailler avec les réfugiés du Bangladesh, à Raigunj, une zone frontalière du Bangladesh. Les histoires de désespoir et de misère noire qu’il découvrit le changèrent définitivement. Sa décision de se consacrer à la défense des opprimés fut renforcée plus tard, lorsqu’il commença à travailler dans un petit village de pêcheurs, Poothura, près de Trivandrum. Des mareyeurs, menés par une famille haut placée, utilisaient la force pour maintenir en permanence les pêcheurs à la limite de la famine, même s’ils travaillent plus que toutes les autres communautés. Il décida de leur donner les armes de la connaissance en leur apprenant à lire et à écrire. Il était assez naturel pour Kocherry de faire cause commune avec les pêcheurs côtiers pauvres et leurs combats. Lui et trois autres Rédemptoristes gagnaient leur vie en pratiquant la pêche à la senne de plage. Ils aidèrent à organiser des cliniques et des maternités chez les pêcheurs très pauvres, qui travaillaient durement, mais étaient systématiquement exploités par les marchands.


Cette photo illustre le dernier article publié par Tom Kocherry, le 3 mai, son analyse des élections indiennes sur le site de Countercurrents : What Is The Main Issue Of Modi, BJP And NDA During The 2014 Lok Sabha Election-Development or Majority Communalism?

Un leader national et international

A la fin des années 70, les pêcheurs du Kerala commencèrent à s’organiser et à défendre leurs droits dans une série de domaines. Ils créèrent une organisation, la Fédération Indépendante des Pêcheurs du Kerala. En 1981, Kocherry et son camarade Joyachana Antony firent une grève de la faim de 11 jours pour obtenir l’interdiction du chalut pendant la mousson (période de reproduction pour divers poissons). Kocherry fut arrêté sur la base d’accusations inventées de toutes pièces. Tout en assurant sa propre défense, il réussit à obtenir un diplôme de droit à l’Université du Kerala. En 1982, le combat des pêcheurs devint national et Kocherry fut élu président du NFF. Environnementaliste, il fut l’un des organisateurs de la fameuse marche de Kanyakumari en 1989 pour la défense de l’environnement littoral en Inde. Au milieu des années 90, il mena une campagne nationale pour empêcher le gouvernement indien d’ouvrir la pêche dans son pays à une flotte de 2600 chalutiers étrangers. Avec 10 millions d’Indiens dépendants d’une pêche durable pour leur survie, les enjeux étaient importants. Une campagne militante inclut des marches, des jeûnes, et le blocage des principaux ports de pêche du pays. Le gouvernement dût retirer sa loi - une des premières victoires, et des plus significatives, contre la mondialisation.

Kocherry, qui aida à la création du WFFP, avait compris les tensions du combat pour les droits des communautés de pêcheurs dans un contexte de déclin des ressources. « Vous attaquez seulement le sommet, les plus gros, les chalutiers les plus destructeurs d’abord et ensuite vous pouvez poursuivre jusqu’à l’établissement d’une pêche durable ». En croisade contre la pollution côtière, il menait la protestation contre la centrale nucléaire de Koodankulam au Tamil Nadu. La campagne a mobilisé les villageois locaux et les militants de tout le pays qui craignaient que, comme à Fukushima au Japon, l’usine soit vulnérable à un tsunami. Le mouvement s’est battu bec et ongles depuis le début de la construction en 1989. « On ne peut parler de justice sociale sans parler d’environnement » disait Kocherry. « On peut éviter la destruction et le déclin du capital naturel ». Ceci explique, pour une part, sa position antinucléaire.

Un militant critique infatigable

Tom Kocherry était un vieux sage des mouvements sociaux et environnementalistes. Malgré les cicatrices de plusieurs batailles, il demeurait un optimiste invétéré. « Chaque combat, chaque mouvement, toute réforme, c’est de l’optimisme » disait-t-il. On ne pouvait pas arrêter Tom Kocherry. Après quatre crises cardiaques, de nombreuses grèves de la faim et seize séjours en prison, il ne montrait aucun signe de ralentissement. Quand il ne menait pas une campagne, il voyageait en Inde du Sud, organisant de séminaires pour de jeunes militants.

Kocherry a beaucoup réfléchi aux mouvements populaires, comment ils réussissent et ils échouent. Ces derniers temps, il était très critique à la fois sur le Parti Communiste Indien (marxiste) et l’Eglise Catholique établie. : « Ils s’institutionnalisent, créent des dogmes, des rites et des statues de leurs dieux, ils deviennent des puissances et cèdent au pouvoir de l’argent ». Pour Kocherry, la puissance d’un mouvement populaire est ailleurs : « Il doit partir de la base. Le défi est de créer une structure révolutionnaire évolutive qui ne s’institutionnalise jamais et n’est pas ossifiée par le pouvoir ». C’est une vision qui devrait toucher la corde sensible des mouvements « Occupy » actuels, à la recherche de nouvelles formes d’organisation.

D’après Herman Kumara (Nafso et WFFP)

Traduction Alain Le Sann

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Le 9 mai 2014

Le pillage des forêts et des océans freine la progression de l’Afrique, affirme Kofi Annan

Cette année, le Rapport sur les progrès en Afrique invite les dirigeants africains à s’attaquer aux inégalités et exhorte la communauté internationale à prendre des mesures contre le pillage des ressources naturelles du continent.
Les abondantes ressources naturelles de l’Afrique représentent une occasion unique d’améliorer considérablement la vie des citoyens africains, selon un important nouveau rapport présenté aujourd’hui par M. Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations Unies ; mais ces ressources sont trop souvent pillées par des fonctionnaires corrompus et des investisseurs étrangers. La hausse des inégalités empêche également l’Afrique de saisir cette opportunité, comme le montre le rapport.

Le rapport 2014 de l’Africa Progress Panel, intitulé Céréales, pêche et capitaux : financer la révolution verte et la révolution bleue de l’Afrique, invite les dirigeants politiques africains à prendre dès maintenant des mesures concrètes afin de réduire les inégalités en investissant dans l’agriculture. Il réclame également une action internationale afin de mettre un terme à ce qu’il décrit comme le pillage des forêts et des océans du continent.

« Après plus de dix années de croissance, il y a matière à se réjouir », déclarera M. Annan à la présentation officielle du rapport. « Mais il est temps de se demander pourquoi une telle croissance n’a que si peu contribué à sortir la population de la pauvreté, et pourquoi une si grande partie des richesses naturelles de l’Afrique est gaspillée dans des pratiques de corruption et des activités d’investissement peu scrupuleuses. »

« L’Afrique est un continent d’une grande richesse, alors pourquoi la part de l’Afrique dans la malnutrition et les décès d’enfants à l’échelle mondiale augmente-t-elle si vite ? Parce que les inégalités altèrent le lien entre la croissance économique et les améliorations en matière de bien-être », explique-t-il.

Bien que le revenu moyen ait augmenté d’un tiers ces dix dernières années, il y a davantage d’Africains qui vivent dans la pauvreté aujourd’hui (environ 415 millions) qu’à la fin des années 1990. Les nouveaux objectifs mondiaux de développement viseront sans doute à éradiquer la pauvreté d’ici 2030, mais si les tendances actuelles se poursuivent, un Africain sur cinq souffrira encore de la pauvreté à cette échéance.

M. Annan, qui a joué un rôle central dans la définition des objectifs du Millénaire pour le développement, affirme : « En souscrivant au nouveau cadre de développement mondial, les pays devraient s’engager non seulement à réaliser des objectifs ambitieux, mais également à réduire les écarts injustifiables qui existent dans la région entre les riches et les pauvres, entre les populations des zones urbaines et rurales, et entre les hommes et les femmes. »


Les auteurs du rapport présentent l’agriculture comme la clé d’une croissance qui réduira la pauvreté. Ils soulignent qu’en Afrique, la plupart des pauvres vivent et travaillent dans des zones rurales, généralement en tant que petits exploitants agricoles. « Les pays qui ont bâti leur croissance sur un secteur agricole dynamique, notamment l’Éthiopie et le Rwanda, ont démontré que le secteur rural pouvait être un puissant moteur de croissance inclusive et de réduction de la pauvreté », déclarera M. Annan lors de la présentation.

Le rapport préconise une révolution verte 100 % africaine, qui adapterait les enseignements tirés de l’expérience asiatique aux réalités africaines. L’Afrique importe actuellement 35 milliards de dollars US de produits alimentaires, car l’agriculture locale est confrontée à une faible productivité, à un manque d’investissements chronique et à un protectionnisme régional. Une hausse des investissements dans les infrastructures et la recherche pourrait augmenter de façon spectaculaire les rendements africains et les revenus des agriculteurs. Par ailleurs, on pourrait ouvrir de nouveaux marchés en éliminant les obstacles qui limitent les échanges commerciaux à l’intérieur de l’Afrique.

S’il est vrai que le Rapport 2014 sur les progrès en Afrique se montre critique à l’égard des gouvernements africains, il incite également la communauté internationale à soutenir les efforts de développement de la région. Il montre que la pêche et l’exploitation forestière sont deux domaines dans lesquels les règles multilatérales doivent être renforcées afin de lutter contre le pillage des ressources naturelles.


La pêche illicite, non déclarée et non réglementée a atteint des proportions épidémiques dans les eaux côtières africaines. On estime que les pertes s’élèvent au bas mot à 1,3 milliard de dollars US par an en Afrique de l’Ouest. Au-delà du coût financier, ce pillage anéantit les communautés de pêcheurs en les privant d’opportunités essentielles en matière de pêche, de transformation et de commerce. L’Afrique perd également 17 milliards de dollars US à cause des activités illégales d’abattage.

« Le pillage des ressources naturelles est un vol organisé sous couvert de commerce. Certains chalutiers commerciaux opèrent sous pavillon de complaisance et déchargent leur pêche dans des ports qui ne consignent pas leurs captures, ce qui est contraire à l’éthique », affirme M. Annan, qui ajoute que ces activités criminelles aggravent le problème de l’évasion fiscale et des sociétés-écrans. Le Rapport 2014 sur les progrès en Afrique préconise un système multilatéral de gestion des pêches qui appliquerait des sanctions aux bateaux de pêche qui n’enregistrent et ne déclarent pas leurs captures. Il invite également les gouvernements du monde entier à ratifier l’accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port, un traité visant à empêcher les braconniers de décharger leurs captures illégales dans les ports.

Les dirigeants politiques africains ne sont pas parvenus à gérer les ressources naturelles dans l’intérêt de leurs véritables propriétaires, à savoir les citoyens africains.

En plus des pertes subies à cause du pillage des ressources naturelles et d’une mauvaise gestion financière, les Africains ne bénéficient pas pleinement de l’argent provenant de l’extérieur, que ce soit quand certains donateurs de l’aide ne respectent pas leurs engagements ou quand des membres de la diaspora africaine envoient de l’argent à leur famille en Afrique. On estime ainsi que le continent perd 1,85 milliard de dollars US par an en raison des frais excessifs appliqués par les sociétés de transferts d’argent sur ces envois.

Avec davantage de revenus issus des ressources naturelles, les gouvernements africains ont désormais la possibilité de mettre en place des systèmes d’imposition plus efficaces, et de dépenser l’argent public de façon plus équitable, ajoute le rapport. Par exemple, 3 % du PIB de la région est actuellement consacré à des subventions à la consommation d’énergie qui profitent principalement à la classe moyenne. Cet argent devrait être réaffecté à des dépenses sociales afin de donner aux populations pauvres de meilleures chances de briser l’engrenage de la pauvreté.

« Il y a en Afrique une résilience et une créativité extraordinaires », déclare M. Annan. « Nos jeunes, de plus en plus nombreux, sont énergiques. Nos entrepreneurs, très dynamiques, utilisent les technologies pour transformer la vie de la population. Nous avons suffisamment de ressources pour nourrir non seulement la population africaine, mais également celle d’autres régions. Il est temps pour les dirigeants africains (mais aussi pour les partenaires d’investissement conscients de leurs responsabilités) de libérer ce potentiel considérable. »


Cliquer Ici pour accéder au Rapport 2014 sur les progrès en Afrique 

Cliquer Ici pour télécharger le résumé (en français) du rapport "Agriculture Pêche et Capitaux"

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Le 8 Mai 2014

Islande. Les baleines trouvent une bonne société


Illustration : Copie d'écran de dontbuyfromicelandicwhalers.com

Des affiches portant l'inscription "Savez-vous qui a attrapé vos produits de la mer?" apparaissent maintenant sur les bus, trains et autres endroits à Boston. Elles font partie d'une campagne organisée par une coalition de groupes américains de défense de l’environnement.

Source : IPS par Lowana Veal - Reykjavik, Islande, 23 avr

La campagne appelée 'Whales Need Us' (Les baleines ont besoin de nous) vise à attirer l'attention sur les liens entre les baleines islandaises et les poissons vendus aux Etats-Unis

L’image d'une baleine apparaît sur les affiches, ainsi que le nom du site web où les personnes intéressées peuvent trouver plus d'informations.

Les groupes ont décidé de se concentrer sur Boston parce que le lancement de la campagne à la mi-mars coïncidait avec l'ouverture de l’Exposition des produits de la mer d’Amérique du nord au Centre des congrès de Boston. Les partisans ont placé un piquet devant l'étal de 'HB Grandi', l’une des plus grandes entreprises de pêche en Islande, demandant aux curieux d’arrêter de faire le commerce avec l’entreprise à cause de ses liens avec la pêche à la baleine.

Cette exposition est le plus grand événement commercial de produits de la mer en Amérique du nord.

Au début de la manifestation, les consommateurs de poissons ont été invités à demander à leurs détaillants et restaurants locaux de vérifier que leurs produits de la mer ne proviennent pas d'une source liée à la pêches à la baleine de l’Islande.

"La campagne a pris contact avec des détaillants, grossistes et l'industrie des services alimentaires à travers les Etats-Unis pour leur faire savoir que les consommateurs américains ne veulent pas acheter des produits de la mer provenant des baleiniers, et pour solliciter leur aide", déclare Susan Millward, directrice exécutive de l'Institut du bien-être des animaux, l'une des organisations derrière la campagne 'Les baleines ont besoin de nous'.

Le 18 mars, le dernier jour de l'exposition de trois jours, 'High Liner Foods' (HLF), une entreprise américano-canadienne de commercialisation de produits de la mer, a annoncé qu'elle cesserait d’avoir des relations commerciales avec 'HB Grandi' en raison de ses liens avec la pêche à la baleine. Elle a des relations commerciales avec cette entreprise islandaise depuis octobre 2013.

Suite : IPS 

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Le 7 Mai 2014

Une action commune s'impose pour remédier aux colossales pertes alimentaires

Chaque année, 35% de poisson, 40-50 % de racines, fruits et légumes, 20% de viande et produits laitiers seraient jetés ou gaspillés 

7 mai 2014, Rome/Düsseldorf - Il est essentiel d'affronter le problème des pertes alimentaires colossales pour réduire la faim et la pauvreté dans le monde, mais il faut pour cela que les gouvernements et les entreprises renforcent leur collaboration, voici un des messages clés lancés au 2eme congrès international SAVE FOOD organisé à Düsseldorf.

Le Sous-Directeur général de la FAO Ren Wang a insisté sur le fait qu'une coordination efficace tous azimuts pourrait "véritablement faire changer les choses".

Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde

Ampleur causes et prévention

Cliquer Ici pour télécharger l'Étude menée pour le Congrès International SAVE FOOD ! à Interpack 2011, Düsseldorf, Allemagne

Alors que 842 millions de personnes souffrent de faim chronique, quelque 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées chaque année. La FAO estime que les aliments produits sans jamais être consommés permettraient de nourrir deux milliards de personnes.

Rien qu'une diminution de moitié du niveau actuel des pertes permettrait d'avoir un profond impact sur l'accroissement de 60 pour cent des disponibilités alimentaires nécessaires pour nourrir une population mondiale de 9 milliards d'habitants d'ici 2050.

"Des progrès considérables et indispensables peuvent - et doivent - être accomplis", a affirmé M. Wang.

Le Sous-Directeur général a insisté sur le fait qu'à eux seuls, les gouvernements nationaux et les organisations publiques ne peuvent résoudre le problème. Ils doivent donc s'employer à créer des conditions d'investissement propices pour le secteur privé.

"Ce sont ceux qui produisent la nourriture qui sont en mesure de réduire les pertes et gaspillages alimentaires à à une échelle significative", a-t-il précisé.

Werner M. Dornscheidt, PDG de Messe Düsseldorf GmbH, partenaire de l'Initiative SAVE FOOD, a déclaré: "En tant que tribune des décideurs internationaux de tous les secteurs concernés, le Congrès SAVE FOOD a pour but de mutualiser les expertises, d'encourager le dialogue, d'exploiter les synergies et de donner une nouvelle impulsion. Je suis convaincu que le Congrès aura une incidence décisive sur la promotion de notre objectif commun."


De lourdes conséquences

Outre leur impact sur la sécurité alimentaire et la création de revenus, en particulier pour les petits exploitants agricoles, les pertes et gaspillages alimentaires pèsent lourd sur l'environnement, engloutissent de précieuses ressources en terres et en eau et ont leur part de responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre.


"Si les pertes et gaspillages alimentaires mondiaux étaient un pays, ce serait le troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre et le premier utilisateur d'eau pour l'irrigation ", a souligné M. Wang au Congrès.

La surface servant à produire la nourriture que personne ne consomme ferait des pertes et gaspillages alimentaires le deuxième pays au monde en superficie, a-t-il ajouté.

A la recherche de solutions

Les pertes alimentaires ont lieu essentiellement durant les phases de production - récolte, transport et stockage - tandis que les gaspillages alimentaires sont habituellement liés au stade de la commercialisation et de la consommation.

Des organismes des Nations Unies comme le PNUE, le PAM et le FIDA, ainsi que des institutions publiques et des entreprises privées participent au Congrès de deux jours SAVE FOOD pour analyser les causes des pertes alimentaires et trouver les meilleures solutions pour les atténuer.

Le Congrès se penchera en particulier sur les pertes et gaspillages dans les secteurs du poisson, des céréales, du lait, des fruits et légumes et des racines et tubercules.

Lancée en 2011 par la FAO et l'organisation de salons professionnels Messe Düsseldorf, l'initiative mondiale sur la réduction des pertes et gaspillages alimentaires SAVE FOOD rassemble 250 partenaires, dont des organisations et entreprises privées et publiques, dans un effort de modification des pratiques de gestion, des technologies et du comportement des acteurs des chaînes d'approvisionnement.

Parmi ses activités, l'Initiative mondiale soutient les secteurs privé et public en pilotant et en exécutant des projets de réduction des pertes alimentaires, ainsi que de promotion du recyclage écologique de la nourriture gaspillée, par exemple, dans l'alimentation animale et le compostage.

Le congrès se déroule dans le cadre du Salon international Interpack des process et des technologies d'emballage, où exposeront des fournisseurs de produits et services d'une soixantaine de pays.


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Le 6 mai 2014

En Norvège, un saumon vaut bien plus qu’un Nobel de la paix

Rencontrer le dalaï-lama ? Non, la Norvège préfère vendre son saumon aux Chinois

Ça a fait l’effet d’une bombe. Aucun membre du gouvernement norvégien ne rencontrera le dalaï-lama lors de sa visite à Oslo du 7 au 10 mai, et ce pour tenter de sauver des rapports déjà très tendus avec la Chine.

Illustration extraite de la Pétition d'Avaaz : Dalai Lama- trading Nobel Principles for salmon?

Le pays du prix Nobel de la paix envoie un message effrayant aux Tibétains et nous sert une leçon étonnante de lâcheté et d’opportunisme.

Source : Rue 89 par Diane Berbain

Cette année, cela fait 25 ans que le dalaï-lama a reçu le prix Nobel de la paix en Norvège. Il y revient pour l’occasion du 7 au 10 mai, invité par l’Institut Nobel, le comité de soutien norvégien pour le Tibet et la communauté bouddhiste Karma Tashi Ling. Sa visite est bien désignée comme n’étant pas officielle.

La Norvège, qui distribue le prix Nobel de la paix, a donc décidé de faire passer les intérêts économiques devant la défense des droits de l’homme.

Certains membres du Storting (le Parlement) vont le rencontrer, mais aucun du gouvernement. Il sera admis, de plus, par la porte de derrière. Ceci est une première. Car en temps normal, n’importe qui peut rentrer par la porte principale pour n’importe quel rendez-vous.

Des vestes retournées à la pelle

Olemic Thommessen, le président du parlement norvégien (Stortinget) estime que  « ce n’est pas dans l’intérêt de la Norvège de rencontrer le dalaï-lama ». Le ministre des Affaires étrangères Børge Brende n’ose pas le rencontrer non plus.

Ces deux personnages ont été actifs dans le Comité de soutien norvégien du Tibet.

Børge Brende était en 1998 le leader du groupe pour le Tibet au Parlement. Son parti, la Droite, était alors dans l’opposition. Lors d’une manifestation pour le Tibet cette année-là, il avait tenu ce discours : « Nous exigeons que le ministre norvégien des affaires étrangères et le gouvernement traitent la question du Tibet à l’ONU. » « Le but est de normaliser nos relations bilatérales avec la Chine », dit-il aujourd’hui.

La première ministre Erna Solberg n’a même pas daigné répondre à l’invitation de rencontrer le dalaï-lama. En 2008, pourtant, elle avait demandé à la Chine d’améliorer sa politique en matière de droits de l’homme au Tibet.


Le saumon norvégien, raison principale

On savait le lobby du saumon norvégien très fort. Le 23 avril, le représentant de l’équivalent du Parti de gauche au Storting, Audun Lysbakken, a résumé la question comme suit : « La Norvège ne peut pas se laisser dicter sa conduite par le Parti communiste en échange de l’ouverture du marché pour le saumon norvégien. »

En janvier 2014, la Fédération des produits de la mer de Norvège a fait très vite savoir qu’elle craignait que la visite du dalaï-lama ne fasse qu’empirer une situation déjà extrêmement difficile pour le saumon d’élevage norvégien, que le pays a beaucoup de peine à écouler sur le marché chinois depuis que le prix Nobel de la paix a été remis à l’activiste chinois Liu Xiaobo en 2010.

Depuis, la Norvège est dans une situation unique. Le contact entre les deux pays est pour ainsi dire inexistant, des visites politiques ont été annulées et les entreprises norvégiennes n’arrivent plus à entrer sur le marché chinois. Ça va vraiment très mal.

En avril 2014, l’industrie des produits de la mer de Norvège continuait sur sa position, craignant le pire si le gouvernement acceptait de rencontrer le dalaï-lama.

Le peuple norvégien est choqué

La Chine a la Norvège à l’œil

Texte intégral dans Rue 89

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Le 5 mai 2014

Mettre l’accent sur la "culture" dans l’agriculture

En plus d’accroître leurs revenus, les agriculteurs qui entretiennent les SIPAM peuvent utiliser cette reconnaissance accrue pour préserver leur mode de vie.

Vidéo SIPAM 2013 (Français)




Les Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondiale (SIPAM) de la FAO est une initiative mondiale qui a pour but d'identifier, revitaliser et promouvoir la reconnaissance des systèmes agricoles traditionnels uniques à travers le monde ainsi que leur biodiversité agricole et culturelle, leurs systèmes de connaissance, et leur contribution à la sécurité alimentaire, nutrition et moyens d'existence de petits agriculteurs et des communautés autochtones. La conservation dynamique des SIPAM est une stratégie innovatrice qui renforce les petites agricultures et les communautés locales tout en améliorant les avantages locaux et globaux de ces systèmes pour le bénéfice de l'humanité. Le programme SIPAM a l'intention d'inclure plus de systèmes et de sites afin d'aider davantage de communautés agricoles et augmenter l'utilisation des méthodes innovatrices pour adapter l'agriculture aux changements climatiques. Ceci créera des bénéfices économiques tout en conservant la biodiversité agricole.

Cette vidéo fournit une introduction au SIPAM et vous plonge dans voyage à travers les sites SIPAM partout le monde.

Points clés



Imaginez un panier rempli de céréales provenant d’un oasis saharien, de pommes de terres cultivées à 4 000 mètres d’altitude dans les Andes péruviennes ou dans un lointain archipel chilien et du riz cultivé en terrasses sur des collines escarpées en Chine ou dans les Philippines. Tous ces aliments sont produits grâce à des Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM), des systèmes alimentaires qui ont évolué au cours des millénaires dans des régions rudes et isolées – et dans des conditions climatiques extrêmes – grâce aux connaissances des populations autochtones. La FAO a identifié environ 200 de ces systèmes dans le monde, saluant leur utilité à travers les millénaires et apportant un soutien en vue de garantir la transmission de ces connaissances aux générations futures. Ces systèmes alimentaires spéciaux contribuent à la sécurité alimentaire locale, à la gestion des ressources naturelles et à la préservation de la diversité génétique. Mais malheureusement, leur survie est mise en péril par la modernisation. En leur octroyant le statut de SIPAM, la FAO accroît leur visibilité, renforce le respect qu’ils inspirent et contribue à leur survie.

Cela fait 12 000 ans que l’homme n’est plus un chasseur-cueilleur. Ayant compris qu’il pouvait conserver et planter des graines d’une saison à l’autre, il put rester au même endroit au lieu de constamment chercher sa nourriture. Il put se concentrer sur la construction de sa communauté,tout en développant des systèmes agricoles adaptés au climat local qui lui permirent de survivre, et même de prospérer, là où il s’établit.Chaque génération améliorant les techniques de la précédente, ces systèmes ingénieux portaient en eux la connaissance indigène des siècles.

Aujourd’hui, on trouve sur tous les continents des systèmes agricoles ingénieux, vestiges des siècles passés. Loin d’être prisonniers du passé, cependant, ces Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM) peuvent être utiles au monde agricole moderne. Les SIPAM sont similaires aux sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, mais ils en diffèrent dans la mesure où ces derniers sont des sites devant être préservés alors que les SIPAM sont des systèmes vivants qui continueront d’évoluer pour répondre aux besoins et aux exigences de ceux qui les entretiennent – les petits agriculteurs, les exploitants familiaux et les populations autochtones, qui comptent souvent parmi les plus pauvres des pauvres.

GIAHS Noto's Satoyama and Satoumi




Noto's peninsula is characterized by a mosaic of socio-ecological production managed systems referred to as satoyama, terrestrial-aquatic landscape ecosystems comprising secondary woodlands, plantations, grasslands, farmlands, pasture, irrigation ponds and canals, and satoumi, marine-coastal ecosystems comprising seashore, rocky shore, tidal flats and seaweed/eelgrass beds.

The communities of Noto are working together to sustainably maintain the satoyama and satoumi landscapes and the traditions that have sustained generations for centuries, aiming at building resilience to climate change impacts and to secure biodiversity on the peninsula for future generations.

Un héritage pour les générations futures

La FAO estime qu’environ 500 millions d’hectares de terres dans le monde sont consacrées à des systèmes du patrimoine agricole qui maintiennent leurs traditions uniques combinant des services sociaux, culturels, écologiques et économiques bénéficiant à l’humanité. Les agriculteurs philippins ont développé des réseaux d’irrigation à flanc de coteau qui leur permettent de faire passer l’eau d’un champ à l’autre. Dans les Andes, les cultivateurs de pomme de terre péruviens ont appris à creuser des tranchées autour de leurs champs, à les remplir d’eau, qui est chauffée par le soleil la journée et qui dégage ensuite de la vapeur, la nuit, protégeant les cultures du gel. En Algérie, en Égypte, en Iran, au Maroc et en Tunisie, les agriculteurs des oasis ont développé des systèmes d’irrigation sophistiqués et des jardins en plusieurs couches qui leur permettent d’exploiter l’ombrage des dattiers pour cultiver des fruits, des légumes et des céréales qui nourrissent les populations.

Ces systèmes traditionnels, que l’on retrouve tant dans les pays développés que dans les pays en développement, sont à la fois efficaces et ingénieux. S’ils ne l’étaient pas, ils n’auraient pas traversé les siècles et aidé autant de générations équipées seulement des outils les plus rudimentaires. Et pourtant, aujourd’hui, ils ne sont bien souvent pas reconnus à leur juste valeur. Comme de nombreux systèmes agricoles, ils se heurtent à un développement rapide, à la mondialisation, à l’urbanisation, aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique. Et à tout cela s’ajoute l’idée selon laquelle tradition et production agricole efficace moderne seraient inconciliables.

Depuis le lancement du partenariat, en 2004, la FAO a reconnu 19 sites SIPAM dans 14 pays. Les demandes d’obtention de ce statut, qui doivent émaner des pays, sont évaluées par un comité scientifique et approuvées par un comité directeur international établi par la FAO.

Les SIPAM permettent une conservation dynamique et offrent des moyens d’existence durables

L’octroi du statut de SIPAM va plus loin que la désignation de systèmes agricoles intéressants pour en faire de jolis souvenirs. Ce statut est également une célébration de l’héritage, et une source de fierté pour les populations locales, qui ont hérité les systèmes de leurs ancêtres et qui continuent de les entretenir.

En Chine, l’octroi du statut SIPAM au système d’association riz-poisson a permis aux agriculteurs de tirer un revenu plus élevé de la commercialisation de leurs produits et a favorisé le tourisme, le nombre de visiteurs étant passé de 2 000 en 2004 à 25 000 en 2010. Les autorités locales sont tellement fières de ce statut qu’elles ont érigé un monument en marbre représentant un poisson à l’entrée d’un village. En Algérie, les possibilités d’emploi créées par le projet ont conduit les jeunes agriculteurs à retourner vers les systèmes oasiens. Le travail et l’investissement des jeunes dans les oasis sont passés de deux à 23 pour cent.

China: Rice-fish culture, generating ecological, economic and social benefits




Ms Lizhen Wu, 52 yrs old, a farmer living in Quingtian county in Longxian village, Zhejiang province, China, talks about conservation of agricultural heritage and its impact in their livelihoods and ecosystem sustainability.

En plus d’accroître leurs revenus, les agriculteurs qui entretiennent les SIPAM peuvent utiliser cette reconnaissance accrue pour préserver leur mode de vie, leurs paysages, la biodiversité agricole et leurs systèmes de connaissances. La FAO apporte un soutien supplémentaire au niveau des pouvoirs publics en promouvant des politiques et des incitants qui appuient la conservation.

L’approche adoptée pour les SIPAM est qualifiée de «conservation dynamique»: les sites ne sont pas préservés comme des musées en l’honneur du passé, mais continuent d’évoluer et de changer, dans le cadre d’une vision globale d’«agri culture». Les communautés et institutions locales peuvent tirer parti des traditions ancestrales et du caractère unique des SIPAM en promouvant, en commercialisant et en valorisant leurs produits et services. Mais en parallèle, les personnes qui ont hérité ces systèmes peuvent continuer de les entretenir, de les améliorer et de les transmettre aux générations futures.

Source : FAO

Pour aller plus loin...

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Le 3 mai 2014

360°-GÉO
Les pêcheurs de crabes de la Terre de feu



Arte - Samedi 03 mai à 20h00 (43 min)

Les crabes royaux de Patagonie constituent la première source de revenus des pêcheurs. Les conditions de travail sont pénibles. Ces crustacés pèsent jusqu’à huit kilos et atteignent parfois un mètre de diamètre. "360°-Géo" a accompagné un pêcheur chilien et a plongé dans l’univers fascinant des fonds marins du cap Horn.

L’archipel de la Terre de feu se compose de milliers d’îles déchiquetées baignant dans les eaux rugissantes du cap Horn. Tous les ans, le petit bateau de pêche de Carlos Barría quitte la quiétude du port pour plusieurs semaines. C’est la saison des crabes royaux de Patagonie qui constituent la première source de revenus des pêcheurs. Les conditions de travail sont pénibles. Ces crustacés pèsent jusqu’à huit kilos et atteignent parfois un mètre de diamètre. 360°-GÉO a accompagné le pêcheur chilien et a plongé dans l’univers fascinant des fonds marins du cap Horn.

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Le 2 Mai 2014

Déclin du Fou des Galapagos : Surpêche ou/et Cycle naturel de la sardine

Qui croire ?

Le journaliste de l'Afp rapporte que " le fou à pieds bleus, a vu sa population dangereusement décliner, probablement en raison de la surpêche..."

Les chercheurs indiquent dans le résumé de leur étude que " le nombre de sardines (nourriture principale des fous NDLR) a diminué dramatiquement durant les quinze dernières années, selon un cycle bien documenté et apparemment naturel. Il est donc possible que ce changement cyclique de l’abondance des poissons soit responsable des changements démographiques récents observés chez le Fou à pieds bleus des Galápagos."

Illustration tirée de l'article de Galapagos Conservancy : Ecosystem Restoration: Blue-footed Booby Population Analysis

Inquiétude pour le fou aux pieds bleus, un des symboles des Galapagos

Quito (AFP) - Une espèce d'oiseau marin emblématique de l'archipel équatorien des Galapagos, le fou à pieds bleus, a vu sa population dangereusement décliner, probablement en raison de la surpêche, ont affirmé mercredi les autorités locales.

Source : Sciences et avenir

"Nous sommes extrêmement préoccupés par ce que qui se passe avec cette population", a déclaré à l'AFP Victor Carrion, responsable de l'écosystème du Parc national des Galapagos, un ensemble d'îles situées dans l'océan Pacifique, à 1.000 kilomètres au large de l'Equateur.

Selon une étude de la revue scientifique "Avian Conservation and Ecology", publiée partiellement dans le quotidien El Comercio de Quito, le nombre de fous à pieds bleus a chuté de 20.000 en 1960 à 6.400 en 2012.


Une des causes probables serait une pénurie de sardines, estiment les experts, qui n'écartent pas la possibilité d'une maladie affectant l'espèce.

"La surpêche dans le nord du Pérou, où les courants apportent les aliments aux fous à pieds bleus pourrait être une raison de la diminution de la population", selon M. Carrion.

Le responsable du parc équatorien estime toutefois possible d'inverser cette tendance à travers des mesures de protection qui devraient permettre d'éviter l'inscription de ces oiseaux dans la liste des espèces en danger.

Classées au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis trois décennies, les îles des Galapagos constituent une réserve naturelle exceptionnelle et célèbre pour avoir inspiré la théorie de l'évolution des espèces du naturaliste britannique Charles Darwin.

Absence chronique de reproduction chez le Fou à pieds bleus des Galápagos et déclin inhérent de la population

Résumé : Un inventaire du Fou à pieds bleus (Sula nebouxii excisa) dans l’ensemble de l’aire occupée aux Galápagos, en Équateur, fait état d’~6 400 adultes, comparativement aux ~20 000 estimés grossièrement dans les années 1960. Seulement quelques couples se sont reproduits en 2011-2013 et presque aucun oiseau en plumage juvénile n’a été observé. Les données à long terme indiquent que la reproduction est mauvaise depuis 1998. Le manque de recrutement durant la période 1998-2013 laisse supposer que la population actuelle serait surtout constituée de vieux individus aux performances reproductrices déclinantes en raison du phénomène de sénescence.

Les causes de source anthropique, comme les prédateurs introduits, n’expliquent vraisemblablement pas ce déclin, car toutes les îles, avec ou sans prédateurs, présentent le même faible taux de reproduction. Ce faible taux semble plutôt lié à l’alimentation. Ainsi, des études antérieures ont révélé que les sardines et les harengs (Clupeidae) constituaient la base de l’alimentation d’individus s’étant reproduits avec succès dans le passé; or, ces poissons étaient pratiquement absents de l’alimentation des fous lors de notre étude, hormis dans le centre des Galápagos où la plupart des tentatives de reproduction se sont produites. Ailleurs dans l’est du Pacifique, le nombre de sardines a diminué dramatiquement durant les quinze dernières années, selon un cycle bien documenté et apparemment naturel. Il est donc possible que ce changement cyclique de l’abondance des poissons soit responsable des changements démographiques récents observés chez le Fou à pieds bleus des Galápagos. Qu’elles soient de source naturelle ou anthropique, les répercussions du déclin des capacités de reproduction et de la survie des individus attribuables à la sénescence sont désastreuses pour cette icône de la biodiversité et de l’écotourisme génétiquement distincte.

Source : Galapagos.org "Avian Conservation and Ecology" - Résumé en français de l’étude  publiée en anglais : Chronic lack of breeding by Galápagos Blue-footed Boobies and associated population decline

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Le 29 avril 2014

Le Parc Marin des Mangroves du Bas-Congo

http://radiookapi.net/environnement/2013/12/18/bas-congo-liccn-appelle-la-population-proteger-le-parc-marin-des-mangroves/#.U2IXjaI7cpg
Moanda au Bas-Congo, 11 avril 2014

Atténuer les menaces sur les forêts de mangroves en luttant contre la coupe de bois pour la carbonisation, la pêche illicite et non durable, la conversion des terres forestières en zone d’habitation très convoitées par les promoteurs touristiques, etc. sont les ’objectifs du projet « Appui à la gestion participative du Parc Marin des Mangroves dans la province du Bas - Congo ».

Source : FAO

Financé par la FAO, dans le cadre de son Programme de Coopération Technique, ce projet, d’une durée de deux ans, vient en réponse à une requête formulée par le Gouvernement Congolais et s’inscrit dans le cadre du domaine prioritaire relatif à la Protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques défini par la République Démocratique du Congo à travers le Cadre de Programmation Pays (CPP). Il s’inscrit également dans le cadre de la stratégie de la FAO pour les forêts et la foresterie adoptée en 2010 et participe à la mise en œuvre de l’Objectif Stratégique 2 visant à  « Rendre l'agriculture, la foresterie et la pêche plus productives et plus durables ».

Selon le Représentant de la FAO, M. Ndiaga GUEYE, le projet aidera à inverser la tendance à la dégradation du seul parc côtier de la RDC et unique site d’importance internationale du littoral atlantique Congolais. Il contribuera également à développer le programme d’écotourisme pour un accès aux financements de la réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation  des forêts (REDD) en vue de générer des contributions  durables. ‘’Les domaines d’intervention de ce programme sont : la restauration du site, la valorisation de ses ressources et le développement des alternatives socio-économiques au profit des communautés riveraines ».

Ce projet qui sera mis en œuvre en collaboration avec le Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme va aider l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) à identifier les activités illicites et proposer des alternatives conformes à la protection du parc. Seront également associés à ce projet, toutes les parties prenantes. Il s’agit notamment de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) dans l’accompagnement et l’appui des politiques en vue d’une gestion durable des ressources naturelles, ainsi que  certaines ONGD locales en ce qui concerne les inventaires et la protection des faunes et flores, le reboisement, la formation, l’accompagnement des structures et la sensibilisation.

Au terme de deux ans de mise en œuvre, il est attendu une amélioration de la gouvernance du Parc Marin de Mangroves (PMM) et de la capacité des services environnementaux, de la santé des écosystèmes, la protection de la biodiversité et l’amélioration  des moyens d’existence de la population riveraine.

En mémoire, le Parc Marin des Mangroves (PMM) situé dans la province du Bas–Congo en RDC est une réserve naturelle intégrale de 76 000 ha dans laquelle vivent de nombreux lamantins. Ce site de mangroves est vital pour la reproduction de nombreuses espèces de poissons, coquillages, et crustacés, dont la disparition  entrainerait un appauvrissement extrême des réserves halieutiques de la sous région, voire la disparition de nombreuses espèces.

Le projet a officiellement été lancé le vendredi 11 avril 2014 à Moanda au Bas-Congo par le Ministre provincial de l’Environnement, Mr. Florent Masaki en présence du Représentant résident de la FAO en République Démocratique du Congo, M. Ndiaga Gueye.

Illustration : Copie d'écran du média en ligne Radio Okapi

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OMD : Augmenter la couverture des zones marines protégées...

OMD comme Objectifs du millénaire pour le développement

"Assurer un environnement durable" est l'un des huit objectifs que s'est fixé le programme onusien de lutte contre la pauvreté : Objectifs du millénaire pour le développement

Réduction de la perte de biodiversité comme moyen de lutte contre la pauvreté !!!

La surexploitation des stocks de poissons conduit à une diminution des rendements

En 2009, 30 % des stocks de poissons étaient surexploités et en danger pour des raisons biologiques, à comparer à 10 % en 1974. Cela signifie que les stocks mondiaux de poissons sont actuellement en dessous du niveau auquel ils peuvent produire des rendements maximaux durables. Durant les 40 dernières années, la condition globale des pêcheries mondiales a décliné en dépit des actions entreprises par les états côtiers en termes de développement de politiques et de gestion de la pêche. De plus en plus de stocks sont surexploités du fait de l’expansion continue de l’industrie de la pêche dans de nombreux pays.

La plus grande proportion de stocks surexploités est enregistrée dans les principales régions de l’océan Atlantique, de la Méditerranée et de la mer noire, où 50 % ou plus des stocks de poissons sont en dehors de leurs limites biologiques de sécurité. La plus petite proportion (10 % environ) de stocks surexploités setrouve dans les parties centre-est, nord-est et sud-est de l’océan Pacifique.

La surexploitation réduit la productivité des stocks de poissons. En conséquence, le total des prises en mer débarquées à terre (connu sous l’expression « prises débarquées ») a diminué dans le monde depuis son pic de 87,7 millions de tonnes en 1996. La reconstitution des stocks de poissons par des plans stricts de gestion rétablira leur productivité. En même temps, cela améliorera l’efficacité économique du secteur de la pêche, ainsi que la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes marins.

Des progrès significatifs ont été réalisés depuis 1990 pour augmenter la couverture des zones protégées. Ces zones sont dédiées à la sauvegarde et au maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles ainsi qu’à la valeur culturelle qui leur est associée. De 1990 à 2012, les zones terrestres protégées ont augmenté, passant de 8,9 % à 14,6 % de la surface terrestre mondiale. Sur la même période, la protection marine a plus que doublé dans les eaux côtières, jusqu’à 12 milles nautiques, de 4,6 % à 9,7 %. La protection des zones marines de juridictions nationales potentielles (allant de la côte jusqu’à 200 milles nautiques) a augmenté, passant de 1,2 % à 5,3 %. Les zones protégées ont pour but de conserver et d’encourager la diversité biologique. Elles produisent aussi d’importants biens et services fournis par les écosystèmes dont bénéficient les économies locales, nationales et mondiales. En fait, une part importante de la population mondiale dépend des zones protégées pour ses moyens d’existence. Ayant reconnu l’importance de la biodiversité et des services écosystémiques, la convention sur la diversité biologique cherche à conserver au moins 17 % des zones terrestres du monde et 10% des zones côtières et marines d’ici à 2020 à travers un réseau mondial de zones protégées qui soit géré efficacement et équitablement, et qui soit écologiquement représentatif des ressources naturelles de la terre.

L’Amérique latine montre la voie dans la conservation de ses terres et de ses côtes, avec 21,3% de ses zones terrestres et 15,4 % de ses zones marines qui sont protégées. Les autres régions sont bien loin derrière. Des efforts continus sont nécessaires pour améliorer la couverture et, en particulier, l’efficacité du réseau mondial de zones protégées.

Source :
Objectifs du millénaire pour le développement : rapport de 2013
Objectif 7 : Assurer un environnement durable
Intégrer les principes du développement durable dans les politiques et programmes nationaux et inverser la tendance à la déperdition des ressources environnementales

Cliquer Ici pour télécharger le rapport

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Le 28 Avril 2014

Maroc/UE : Poisson contre Tomate...

Les eaux marocaines intéressent les Européens qui ne sont pas intéressés par les tomates marocaines

Illustration tirée de Yabiladi (très bon média en ligne sur le Maroc) : Pêche et agriculture, les deux points de frictions entre le Maroc et l’UE

Rabat et Bruxelles continuent de croiser (gentiment) le fer à propos de l’accord de pêche qui lie le Maroc à l’Union européenne (UE). Cette semaine, la porte-parole de la Commission pour la pêche a ainsi indiqué que « l’absence de finalisation par le Maroc de son processus de ratification interne est regrettable. La Commission attend du Maroc qu’il le conclut le plus vite possible », a notamment déclaré Helene Banner.

Selon Bruxelles, l’application de l’accord, ratifié à l’unanimité par le parlement marocain en février, deux mois après sa ratification par le parlement européen, n’est désormais plus suspendue qu’à la signature du roi, une étape en principe protocolaire.

Problème : le Maroc attend de régler un autre problème, lié celui-là aux prix de référence des fruits et légumes qui entrent sur le marché européen. Pour le royaume : on ne peut pas bloquer l’accès des fruits et légumes sur le marché de l’UE et réclamer de Rabat d’ouvrir ses eaux aux pêcheurs européens. D'après PanoraPost.com : Accord de pêche. Les Européens s’impatientent … et le font savoir

Accord UE : Paris soutiendra les requêtes de Rabat

Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture: «La France est contre toute remise en cause de l’accord agricole signé entre le Maroc et l’Union européenne»

Source : L'Economiste

Présent au SIAM, Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, a rassuré son homologue marocain sur le soutien de Paris dans les négociations qui s’ouvrent vendredi à Rabat à la suite des réaménagements des règles douanières européennes.

- L’Economiste: Comment comptez-vous appuyez le Maroc sur le problème posé par le changement des règles d’accès de produits agricoles sur le marché européen ?
- Stephane Le Foll: Dans mes entretiens avec mon homologue marocain, nous avons évoqué des sujets se rapportant aux relations avec l’Union européenne. Avec en toile de fond, les difficultés nées du changement attendu des conditions d’accès de certains produits marocains aux marchés de l’Union. Pour la France, l’accord agricole signé entre le Maroc et l’Union européenne ne doit pas être remis en cause. Le problème réside actuellement dans le changement des conditions d’accès et plus précisément le prix d’entrée. Et la France sera représentée aux discussions qui doivent s’ouvrir ce vendredi entre Rabat et Bruxelles.

- Quels résultats faut-il attendre de ces pourparlers ?
- Des ajustements à trouver pour garantir l’ouverture aux produits marocains.  C’est à  la Commission que revient la mise en œuvre des nouvelles règles douanières relatives aux prix d’entrée. Nous voulons à ce que le prix spécifique et préférentiel accordé au Maroc soit respecté.

- De nombreux opérateurs français seront impactés par ce changement…
- Oui. Plusieurs entreprises installées à Saint Charles (Perpignan) ont fait part de leur inquiétude face à la perspective de voir les flux des primeurs en provenance du Maroc se réduire.

- Quels sont les objectifs de la convention que vous venez de signer sur la formation agricole?
- L’objectif est stratégique et s’insère dans la coopération que nous sommes en train de renforcer dans l’agro-industrie. L’enseignement agricole  français a le même âge que le ministère éponyme. Tous les deux ont été créés en 1881. C’est dire la  longue expérience que nous voulons partager avec notre partenaire marocain. Un expert sera mis à disposition pendant 3 ans pour accompagner la restructuration du dispositif de l’enseignement  technique et de formation  du Maroc. A cet effet, les résultats sont attendus à moyen terme dans les cultures du tournesol et du colza en termes de production et de transformation.

- L’approche s’insère-t-elle dans la création de partenariats annoncée entre opérateurs marocains et français dans l’agro-industrie?
- Effectivement. C’est le passage à la concrétisation de la politique de co-localisation visant la mise à contribution de la technologie française et du potentiel agricole et agro-industriel de L’Hexagone. Et la convention signée avec la région de Bretagne s’inscrit également dans ce cadre. Elle est surtout axée sur le développement de partenariats commerciaux dans la filière laitière.

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Le 26 avril 2014

«Pour moi, la pêche à la baleine c’est le plus beau des métiers»



Quatre navires japonais ont largué les amarres pour aller chasser le cétacé. Ce départ est le premier après un verdict judiciaire menaçant cette pêche traditionnelle au Japon, qui est accusé de la maquiller en mission scientifique.

10H30 samedi matin. Au port d’Ayukawa, sur la côte est du Japon, c’est l’effervescence et l’émotion : une flottille baleinière a levé l’ancre pour la première campagne de chasse côtière depuis la décision de la Cour Internationale de Justice de La Haye (CIJ) d’interdire à Tokyo cette pêche en Antarctique.

Quatre navires ont largué les amarres pour aller chasser le cétacé, mais seulement le long des côtes, a constaté l’AFP.

Après une brève cérémonie rassemblant une centaine de personnes et les équipages sur le quai, les quatre baleiniers ont pris la mer sous le soleil et toutes sirènes hurlantes, escortés par trois navires des garde-côtes japonais. Aucun militant anti-pêche n’est venu perturber ce départ visiblement chargé d’émotion, marquant le début de la saison.

Cette pêche côtière n’est pas concernée par la décision prise le 31 mars dernier par la CIJ, plus haute instance judiciaire de l’ONU. La Cour, saisie en 2010 par l’Australie, avait alors estimé que le Japon déguisait une activité commerciale en programme scientifique, détournant ainsi un moratoire de la Commission baleinière internationale (CBI) datant de 1986 et n’autorisant la chasse à la baleine qu’à des fins de recherche.

«Profondément déçu»

Alors que les groupes écologistes saluaient «une décision fantastique», le Japon avait assuré que, bien que «profondément déçu», il respecterait la décision.

Mais trois semaines plus tard, confirmant les craintes de certains groupes écologistes, le gouvernement japonais avait annoncé qu’il allait revoir son plan de chasse à la baleine dans l’Antarctique en tenant compte du verdict de la CIJ, dans le but de lui donner une tournure plus scientifique compatible avec les règles mondiales.

La prochaine expédition dans l’Antarctique qui devait débuter l’hiver prochain a bien été annulée, mais les autorités japonaises ont indiqué qu’elles n’avaient pas encore pris de décision quant à une éventuelle campagne en 2015-2016.

Et malgré le fait que de moins en moins de Japonais mangent de la viande de baleine, un sondage a révélé cette semaine qu’environ 60% sont pour la poursuite de la chasse à la baleine. D’après cette enquête d’opinion publiée mardi par l’Asahi Shimbun, seulement 23% des 1.756 personnes interrogées les 19 et 20 avril y sont opposées, les 17% restantes ne se prononçant pas.

«On n’a que ça»

«Quel que soit le verdict de cette cour (la CIJ, NDLR), tout ce qu’on peut faire c’est montrer aux gens qu’on est là et bien là», lance avec détermination Koji Kato, un marin-pêcheur de 22 ans, juste avant d’embarquer. «A l’étranger, les gens peuvent dire un tas de choses, nous on veut seulement qu’ils nous comprennent le plus possible. Pour moi, la pêche à la baleine c’est le plus beau des métiers», poursuit-il.

«On l’a attendu longtemps ce jour. Je suis si heureux que ça redémarre !», acquiesce Yuki Inomata en voyant la flottille s’éloigner. Lui travaille dans une petite usine de traitement de la viande de baleine d’Ayukawa, une localité d’environ 1.500 habitants durement touchée par le tsunami de mars 2011.

La commune, où l’on pêche la baleine depuis les années 1900, porte encore les cicatrices de l’immense vague qui a déferlé sur la côte et emporté plus de 18.000 vies dans toute la région. Dans le quartier du port, un restaurant à moitié détruit n’a pas été reconstruit, et quelques sacs de sable toujours empilés rappellent le dérisoire rempart que les villageois avaient érigé il y a trois ans.

Et l’avenir? «Je ne sais pas, tout ce que j’espère c’est que nous pourrons continuer. Ca fait tellement longtemps qu’on chasse la baleine. C’est triste que les gens ne nous comprennent pas. On n’y peut rien et on continuera», dit encore Yuki Inomata.

«De toute façon cette ville mourra sans la pêche à la baleine, on n’a que ça ici! Et puis on n’a pas besoin d’aller jusqu’en Antarctique, Il y a assez de baleines le long de nos côtes», lâche Masayoshi Takahashi, un septuagénaire retraité d’une usine de traitement de la viande de cétacé.

Au temps de sa splendeur, Ayukawa en comptait quatre. Il n’en reste qu’une aujourd’hui, Ayukawa Whaling.

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Le 22 avril 2014

Ouverture à La Haye du Sommet mondial d'action pour les océans

Sécurité alimentaire et croissance bleue : trouver des solutions pour la santé des océans

En moyenne, 17 % des protéines animales consommées proviennent de la pêche et de l'aquaculture

Source : FAO

22 avril 2014, La Haye/Rome - Il faut déployer des mesures coordonnées d'urgence pour restaurer la santé des océans de la planète et assurer le bien-être et la sécurité alimentaire à long terme d'une population mondiale croissante, voici le message central qui ressort du Sommet international qui s'ouvre aujourd'hui à La Haye (Pays-Bas).

Pour plus d'informations sur le colloque : Global Oceans Action Summit 2014

Ministres et hauts représentants des gouvernements, du secteur de la pêche, des communautés côtières, de la communauté scientifique et de la société civile se réunissent au Sommet mondial d'action pour les océans à l'appui de la sécurité alimentaire et de la croissance bleue (22-25 avril) qui vise à attirer l'attention et les investissements pour affronter les trois principales menaces pesant sur la santé des océans et la sécurité alimentaire: la surpêche, la destruction des habitats et la pollution. Le Sommet s'achèvera par une table ronde de haut niveau le jeudi 24 avril.

"La communauté mondiale doit prendre des mesures urgentes pour répondre aux menaces auxquelles sont confrontés nos océans", a déclaré S.E Sharon Dijksma, Ministre de l'agriculture des Pays-Bas qui accueille le Sommet. "Il faut identifier et mettre en pratique des innovations locales pour concilier l'écologie et l'économie de la mer dans d'autre régions. Le Sommet mondial d'action pour les océans de La Haye sera l'occasion de contribuer à faire changer les choses".

En moyenne, 17 pour cent des apports mondiaux en protéines animales sont issus des pêches et de l'aquaculture, tandis que la demande de protéines du poisson devrait doubler au cours des 20 prochaines années, bien que 28 pour cent environ des stocks mondiaux soient déjà surexploités.

Parallèlement, le changement climatique menace la biodiversité, modifie les habitats et la productivité de nos pêches.

"Des océans en bonne santé ont un rôle central à jouer pour résoudre un des plus gros problèmes du XXIème siècle: comment nourrir 9 milliards d'habitants en 2050", a souligné Árni M. Mathiesen, Sous-Directeur général de la FAO chargé des pêches et de l'aquaculture. "Toutefois, il nous faut agir au rythme et à l'échelle nécessaires pour relever les défis qui se présentent en unissant nos forces avec l'ensemble des parties prenantes, en encourageant les partenariats et en stimulant la croissance durable.

Plus de 500 délégués sont attendus au Sommet, dont plus de 60 ministres, chefs d'entreprises et dirigeants de la société civile.

Accueilli par le Gouvernement des Pays-Bas, le Sommet est organisé conjointement par la Banque mondiale, la FAO et les Gouvernements de la Grenade, de l'Indonésie, de l'Ile Maurice, de la Norvège et des Etats-Unis.

Concilier écologie et économie


Le Sommet se penchera sur les causes profondes qui ont porté à la surpêche, à l'intensification de la pollution marine et à la perte des habitats essentiels. Il passera en revue les solutions possibles, à savoir: mettre en équilibre la demande de croissance et la nécessité de conservation des zones marines; affronter la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (IUU) en haute mer et au sein des zones économiques exclusives nationales; et veiller à ce que la croissance du secteur privé ne se fasse pas aux dépens des moyens d'existence des communautés locales.

"Il existe des solutions qui concilient les demandes d'ordre écologique et économique exercées sur l'océan", a affirmé Juergen Voegele, Directeur de l'agriculture et des services environnementaux à la Banque mondiale, co-organisateur de l'événement. "L'occasion se présente d'aligner tous nos efforts et de mettre les solutions à l'échelle localement. Avec des partenariats public-privé et des approches partagées, nous pouvons restaurer la santé des océans et fournir des aliments et des emplois aux communautés du monde entier".

Dans la recherche de solutions, l'accent sera également mis sur les mécanismes de financement et les structures de gouvernance nécessaires pour garantir un impact et une longévité suffisantes. Parmi les approches examinées, les partenariats inclusifs rassemblant des acteurs du secteur public, privé, communautaire et de la société civile seront mis en relief.

Croissance bleue

Apparue à la Conférence Rio+20 de 2012, la notion d'économie bleue englobe la nourriture, les emplois et les opportunités de développement offertes par les richesses maritimes et côtières. La croissance bleue met l'accent sur la conservation et la gestion durable des ressources aquatiques et des avantages équitables pour les communautés côtières qui en dépendent.

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Le 16 avril 2014

Pêche : le port de Safi veut retrouver la cote

"Près de 70% des poissons traités à Safi proviennent désormais des ports du Sud [comme Dakhla ou Laayoune, où les eaux, plus chaudes, sont plus poissonneuses]", confirme Mehdi Dhaloomal, de Midav. (NDLR : Une zone convoitée par les flottilles européennes dans le cadre de l'accord de pêche entre le Maroc et l'Union Européenne... voir plus bas)

Source : Jeune Afrique par Marie Cadoux, à Safi

Autrefois sacré capitale mondiale de la sardine, le port marocain de Safi fait face à une diminution des prises. Comment sauvegarder son industrie de transformation ? Les entrepreneurs étudient toutes les pistes.

En cette journée ensoleillée de février, il n'y a bien que les mouettes pour donner un semblant de vie au port de Safi. Solidement amarrés, les bateaux ne sont pas sortis. "Il n'y a pas beaucoup de sardines en ce moment. La température de l'eau est trop froide", explique Hassan Saadouni, secrétaire adjoint de la Fédération marocaine des armateurs de la pêche côtière et président de l'Association des commerçants de poissons industriels.

Malgré ce calme apparent, le port du littoral atlantique, sacré capitale mondiale de la sardine dans les années 1960, reste l'un des plus importants du royaume. Près de 130 navires y sont immatriculés, dont 80 sardiniers. Hassan Saadouni se plante fièrement devant l'un d'eux. C'est le bateau de son frère, équipé d'un moteur espagnol et d'un filet flambant neuf venu tout droit de Corée du Sud, qui permet de pêcher jusqu'à 50 m de profondeur.

Les armateurs - au nombre de 45, principalement répartis entre deux fédérations - investissent dans la modernisation de leurs embarcations, remplaçant progressivement leurs navires en bois vétustes. Depuis 2008, un programme national baptisé Ibhar les y aide en subventionnant la construction de bateaux neufs à hauteur de 22%. Une manne pour le chantier naval de Safi, qui jouxte le port. Actuellement, une dizaine de navires y sont en construction ; ils partiront en mer d'ici à quelques mois.

Près de 70% des poissons traités à Safi proviennent désormais du sud, de Dakhla ou de Laayoune.

Tournée vers l'océan

La ville reste tournée vers l'océan, comme ses 550 000 habitants, dont 40 000 sont recensés comme marins. Mais aussi vers l'étranger : ses conserveries, qui emploient 10 000 personnes, travaillent presque exclusivement pour l'exportation.

"Le Maroc est un marché où la concurrence est vive et axée sur les prix", explique Medhi Dhaloomal, secrétaire général de l'Union nationale des industries de la conserve de poisson (Unicop) et directeur général de la conserverie Midav, qui réalise 95 % de son chiffre d'affaires à l'international, dont la moitié via des marques de distributeurs. Sur son bureau sont d'ailleurs fièrement disposées des boîtes aux couleurs de Carrefour et de Dia.

Comme lui, les industriels soulignent l'importance du savoir-faire local en matière de transformation, transmis de génération en génération par les femmes - qui constituent l'essentiel de la main-d'oeuvre. Mais ils doivent faire face à un problème de taille : la diminution des prises. Les statistiques de l'Office national des pêches sont à cet égard sans équivoque. En janvier, 20.000 tonnes de poisson ont été débarquées à Laayoune, contre seulement 1 700 tonnes à Safi. Pas de quoi faire tourner à plein régime les 18 conserveries de la région, dont les capacités de production s'élèvent à 280.000 tonnes par an.

Pénurie....

Suite : Jeune Afrique

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L'accord de pêche UE/Maroc concerne aussi le Sahara Occidental

Selon le Western Sahara Resource Watch (WSRW) (*), l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union Européenne concerne tout particulièrement la zone du Sahara Occidental :

« Onze États de l'UE ont reçu des droits de pêche au large des côtes du Sahara Occidental (...) dans le cadre de l'accord de partenariat dans le domaine de la pêche conclu avec le Maroc....

Le tableau (...) montre la répartition des licences de pêche ou quotas par catégorie de pêche, comme convenu par le Conseil européen en novembre dernier. Quatre des six catégories sont ouvertes à la pêche au Sahara Occidental, en raison de leur portée géographique : alors que chacune de ces catégories a une limite géographique nord, tout ce qui est au sud de cette latitude spécifique semble être partie gratuite. Ce sont des catégories 3 à 6 : la pêche artisanale dans le sud, la pêche démersale, la pêche au thon et la pêche industrielle des espèces pélagiques.

Beaucoup d'encre a coulé sur les intérêts purs et durs de l'Espagne dans cet accord, comme en témoigne le lobbying massif de l'Espagne en sa faveur. Sur les 108 licences de pêche prévues par l'accord, l'Espagne en effet reçoit la part du lion : 90 licences. La moitié de ces licences pourrait être utilisée pour la pêche au Sahara Occidental.

Les 18 licences restantes sont réparties entre le Portugal – qui reçoit 14 licences, dont 4 pourrait être utilisées au Sahara Occidental - et la France, qui se retrouve avec 4 licences qui pourraient toutes être utilisées dans les eaux occupées.

En plus des 108 licences de pêche, l'accord prévoit 80.000 tonnes annuelles dans la lucrative catégorie pélagique industrielle, soit 60.000 tonnes de plus par an que dans l'accord précédent. Les 80.000 tonnes sont divisées en plus petits quotas qui sont accordés aux différents États membres de l'UE.

Les Pays-Bas ont reçu la plus grande part, avec 24 567 tonnes, suivie par les 20 693 tonnes de la Lituanie et les 11 640 tonnes de la Lettonie. Sept autres États membres de l'UE ont un plus petit quota soit, l'Allemagne (6467 tonnes), la Pologne (4525 tonnes), le Royaume-Uni (4525 tonnes), l'Irlande (2917 tonnes), la France (2644 tonnes), le Portugal (1555 tonnes) et l’Espagne (467 tonnes).

La pêche pélagique est particulièrement inquiétante, car elle a lieu presque exclusivement dans les eaux du Sahara Occidental occupé. Les propres réserves pélagiques du Maroc ont été gravement surexploitées ou même épuisées. Les stocks pélagiques au large du Sahara Occidental courent maintenant le même risque, puisqu’ils sont ciblés par les navires industriels européens et russes à travers une transaction illégale avec le gouvernement d'un autre pays. Et par l’augmentation de la flotte industrielle privée sous pavillon marocain ou des Caraïbes, comme décrit dans ce rapport de Greenpeace de novembre 2013.(**)

L'UE versera 30 millions d'euros par an au Maroc pour ces droits d'accès, et un supplément de 10 millions d'euros est versé par le secteur de la pêche. Dans le même temps, les personnes qui ont fui le Sahara Occidental suite à l'occupation illégale vivent dans une situation humanitaire désespérée. L'UE ne paie qu'une fraction du montant ci-dessus aux Sahraouis en aide d'urgence, par ECHO l'organisation humanitaire de l'UE. »

(*) Le WSRW est un réseau international d'organismes et de militants qui recherchent et interviennent auprès des compagnies travaillant pour des intérêts marocains au Sahara Occidental...
(**) Greenpeace : Exporting / exploitation - How retired EU fishing vessels are devastating West African fish stocks and undermining the rights of local people

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Le 14 Avril 2014

Politique communautaire de la pêche : deux poids, deux mesures ?


Yolaine Costes, vice-présidente de la Région, chargée de la continuité territoriale, de la mobilité et des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) dénonce une "politique de deux poids deux mesures" de la part de l’Europe quant à la stratégie communautaire de pêche dans la zone océan Indien.
 
Le Parlement européen s’apprête à voter ce mercredi 16 avril en faveur de la prorogation de trois nouveaux accords de pêche impliquant l’Union européenne et les Seychelles, mais aussi Madagascar et enfin les Comores. S’ils sont approuvés par le Parlement, les nouveaux protocoles offriront de nouvelles possibilités de pêche à près de 124 thoniers senneurs et 46 palangriers européens dans la zone Sud-Ouest de l’océan Indien. Après l’accord de partenariat avec le Mozambique adopté en 2012 et celui avec Maurice en 2013, ce sont donc aujourd’hui cinq accords de partenariats qui à eux seuls accordent des possibilités de pêches à plus de 300 thoniers senneurs et palangriers européens dans la zone.

Source : Clicanoo.re par Yolaine Costes

Ironie de l’histoire, c’est le même jour que sera adopté le Fond Européen pour les Affaires Maritime et la Pêche (FEAMP) auquel sont soumises La Réunion et Mayotte pour 2014-2020. Malgré quelques avancées en faveur des RUP qui ont été, à chaque fois, véritablement arrachées par le député européen du Parti Populaire Européen, Alain CADEC, à la Commissaire DAMANAKI, le FEAMP reste globalement opposé au développement de la flotte de pêche dans toute l’Europe et donc, à La Réunion et à Mayotte. Sauf que si les motifs de surpêche sont légitimes pour le continent européen, ils ne sont pas recevables pour l’océan Indien. Ce constat semble d’ailleurs manifestement partagé par l’Union européenne au vu des accords internationaux conclus en faveur de plus de 300 navires européens autorisés à exercer leur activité dans notre bassin maritime.

Accord de partenariat et achats de licences d’une part, contraintes réglementaires et restrictions environnementales d’autre part, l’Union européenne donne incontestablement l’impression de pratiquer en matière de pêche une politique de deux poids deux mesures. Pour autant, il n’est pas question de remettre en cause le principe de ces accords de pêche qui bénéficient aux pays de la zone et qui constituent pour eux des sources de revenus importantes mais de les faire évoluer vers une véritable politique de la pêche à l’échelle de notre bassin maritime.

La dénomination d’ « accords de partenariat » semble ici tout à fait pertinente mais à la seule condition d’intégrer les intérêts des RUP françaises de l’Océan indien. Elle correspond à une évolution nécessaire des relations devant se nouer dans le secteur de la pêche entre les pays de la zone. La pêche est l’un de ces nombreux domaines où, pour bien jouer, il faut jouer collectif. Ce partenariat à l’échelle du bassin maritime est un atout d’autant plus fort que les bateaux de pêche évoluent dans les mêmes eaux, ciblant les mêmes espèces pélagiques migratrices.

La création récente de la fédération des organisations professionnelles de pêcheurs de la Commission de l’Océan Indien tout comme le lancement du prochain Conseil Consultatif Régional à l’échelle de notre bassin maritime vont donc dans le bon sens.

Ces structures propices au dialogue devront faire valoir les intérêts de nos îles, en imposant dans chaque accord conclu entre l’Union européenne et les pays de la zone, un chapitre dédié aux RUP et au développement local de leurs filières « pêche ».

Elles devront aussi et surtout parvenir, avec l’aide des pouvoirs publics locaux, à convaincre la France et l’Union européenne de ne plus tenir La Réunion et Mayotte à l’écart des retombées économiques dont bénéficient aujourd’hui essentiellement les flottilles continentales.

Telle doit être la position d’une Europe de l’Océan indien consciente d’elle-même, afin d’équilibrer les relations, aujourd’hui asymétriques, et libérer tout le potentiel de nos filières de pêche. Mieux associer les RUP, mieux équilibrer le FEAMP vers les territoires du Sud-Ouest de l’océan Indien, redonnerait incontestablement du sens à nos ambitions en assurant la rentabilité économique de nos entreprises de pêche, gage d’attractivité à l’égard des jeunes pêcheurs, en garantissant aussi une plus grande présence des flottilles des RUP sur l’ensemble du bassin, tout en se montrant attentif à une gestion durable des ressources halieutiques.

Yolaine COSTES

Des voix s'élèvent aussi à l'Île Maurice contre les accords de pêche avec l'Union Européenne...

Sur RFI : Union Européenne - Île Maurice : Controverse sur l'accord de pêche

L’accord de pêche entre l’Union européenne et l’île Maurice est au centre d’une nouvelle controverse. Ni les activités des navires de pêches européens ni les compensations versées par l’UE au gouvernement mauricien ne profitent à la communauté locale. Des critiques formulées par l’océanographe mauricien, Vassen Kauppaymuthoo. Il a attiré l’attention des députés européens et réclame la suspension de cet accord. L’océanographe observe aussi une baisse des stocks de poissons dans la région.
 
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Le 12 avril 2014

Pour une stratégie offensive de mise en valeur des ZEE ultramarines

Délégation sénatoriale à l’outre-mer

Source : Sénat

La Délégation sénatoriale à l’outre-mer, présidée par M. Serge Larcher (app. Soc - Martinique), braque les projecteurs sur l’importance et la diversité des potentiels de croissance durable portés par les espaces maritimes de la France et de ses outre-mer à l’heure où il apparaît urgent d’ouvrir de nouvelles perspectives aux économies ultramarines et nationale. Ses trois rapporteurs, MM. Jean-Etienne Antoinette (app. Soc - Guyane), Joël Guerriau (UDI-UC - Loire-Atlantique) et Richard Tuheiava (app. Soc - Polynésie française) ont ainsi inventorié ces potentiels et analysé les opportunités qu’ils offrent pour relever les défis du 21ème siècle, tels l’impératif alimentaire, la transition énergétique, la recherche médicale ou encore la prévisible pénurie de ressources minérales pour les industries de pointe, dans un rapport d’information adopté à l’unanimité par la délégation le 8 avril 2014.

Alors qu’un certain nombre de pays se positionnent activement dans la course aux ressources marines, la France, qui dispose grâce à ses outre-mer de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) la plus vaste au monde derrière les États-Unis avec près de 11 millions de km2, se réfugie dans les discours incantatoires et laisse s’étioler le capital de connaissance qu’elle avait engrangé. Au moment précis où l’Europe commence à prendre des initiatives et où un embryon de gouvernance mondiale se met en place au sein d’instances onusiennes, la France, qui fut longtemps pionnière, ne doit pas décrocher.

L’exercice de la souveraineté sur de vastes étendues et la compétition internationale ont certes un coût difficile à assumer en période de crise mais il s’agit là d’un investissement d’avenir, une opportunité historique de croissance et de rayonnement. La France, et ses outre-mer en première ligne, doivent se saisir de cette chance et miser sur l’économie bleue.


Du Pacifique à Saint-Pierre-et-Miquelon en passant par la Guyane ou encore le canal du Mozambique dont la ZEE française représente près des deux tiers, la course aux ressources marines est engagée. Simultanément, des technologies de pointe, encore au stade expérimental il y a peu, deviennent matures et entrent en phase industrielle, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables. Le moment est venu d’ériger la mise en valeur des ZEE en priorité stratégique.

À cette fin, la Délégation sénatoriale à l’outre-mer formule dix recommandations classées selon trois axes :
  • mettre en place une gouvernance nationale cohérente et offensive ;
  • fédérer les énergies de l’ensemble des acteurs pour le plus grand bénéfice des territoires ;
  • promouvoir aux échelons local, national, européen et mondial un cadre normatif favorable à une économie bleue attractive et durable.

La réforme en cours du code minier doit être l’occasion de prendre en compte les spécificités des outre-mer et des activités offshore.

Cliquer Ici  pour lire la synthèse du rapport d’information de la délégation "ZEE ultramarines : Le moment de vérité"

Cliquer ici pour télécharger le rapport "ZEE ultramarines : Le moment de vérité" ou pour lire en ligne le rapport

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Les zones économiques exclusives ultramarines : le moment de vérité (extrait)

b) Les ressources halieutiques et végétales : des perspectives contrastées

Source : Sénat

(1) Les ressources de la pêche : inventorier et structurer

(a) Un potentiel à optimiser

La ressource est mal connue et à exploiter avec prudence. ZEE n'est en effet pas nécessairement synonyme de « zone de pêche utile ». L'importance des ressources halieutique au large des côtes varie selon qu'elles sont ou non bordées par un plateau continental.

Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que Saint-Pierre-et-Miquelon sont entourées de vastes plateaux poissonneux ; de même la Guyane dispose d'un plateau continental de 40 000 km2, particulièrement riche. La Réunion et Mayotte en sont dépourvus, ce qui limite la pêche côtière. Les îles des Antilles disposent quant à elles d'un plateau continental modeste.

La ressource dépend aussi de l'existence de lagons dans lesquels se pratique une pêche artisanale de poissons particuliers à ce milieu. Ainsi, Mayotte dispose d'un des plus vastes lagons du monde (1 000 km2) ; même si les pêcheurs s'y sont longtemps limités à exploiter les eaux lagonaires ou limitrophes, ils pêchent désormais le listao en mer ouverte, espèce également ciblée par les thoniers tropicaux opérant dans la zone.

Dans le Pacifique, la mer serait pauvre au-delà des lagons. Les eaux tropicales chaudes de la ZEE polynésienne sont assez peu productives, la partie la plus riche se situant au nord, plus proche de l'upwelling65(*) équatorial. La zone océanique dans laquelle est située la Nouvelle-Calédonie n'est pas non plus favorisée, les migrations de thonidés passent assez loin à l'est et au nord du territoire.

Les outre-mer n'échappent pas à la tension planétaire sur les ressources halieutiques.

La richesse halieutique de la planète est menacée par la surpêche : les prélèvements de poissons destinés à la consommation sont en effet passés de 16,8 millions de tonnes en 1950 à 128 millions de tonnes, qui fournissent à plus de 4,3 milliards de personnes environ 15 % de leurs apports en protéines animales. Selon la FAO66(*), « près de 30 % de ces stocks sont surexploités (...), 57 % sont pleinement exploités et seulement 13 % ne sont pas pleinement exploités »67(*). Ce constat vaut pour les grandes espèces pélagiques68(*), au premier rang desquels les thons, mais il est plus difficile à dresser pour les espèces côtières.

La ressource halieutique ultramarine est aujourd'hui très mal évaluée. D'une part, les eaux tropicales se distinguent, à l'exception de la Guyane69(*), par une forte diversité et une faible abondance des espèces ; cette observation ne s'appliquant évidemment pas à Saint-Pierre-et-Miquelon ni aux TAAF70(*). D'autre part, cette difficulté est renforcée par les insuffisances de l'appareil statistique. La pêche outre-mer ayant très majoritairement un caractère artisanal, les données déclaratives des pêcheurs sont le plus souvent inexistantes, raison pour laquelle, depuis quelques années, les données sur la pêche outre-mer ne sont plus publiées par la direction des pêches maritimes et de l'aquaculture (DPMA) du ministère de l'agriculture.

Suite Sénat
 
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Le 10 Avril 2014

La France interdit ses territoires en "jachère" aux populations affamées...

Opération de lutte contre la pêche illégale aux îles Eparses

[Communiqué de presse du 08/04/14 de la préfecture de La Réunion]

Source : Taaf

Déployée depuis le 6 mars 2014 en mission de surveillance maritime dans les eaux des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), la frégate de surveillance « Nivôse » des Forces armées dans la zone Sud océan Indien (FAZSOI) est intervenue pour mettre un coup d’arrêt à des actions de pêche illégale autour des îles Eparses du canal du Mozambique, formant le 5e district des TAAF.

Bien que la pêche y soit strictement réglementée, de plus en plus de pêcheurs en provenance de Madagascar sont signalés par les gendarmes en poste sur ces îles. Les pêcheurs sont à la recherche d’holothuries, aussi appelées concombres de mer, très prisés sur le marché asiatique. Cet animal contribue à l’équilibre écologique des lagons et à l’oxygénation des océans. Sa disparition par action de pêche massive provoquerait un préjudice irréversible.

Le samedi 29 mars au matin, à quelques milles de l’île française de Juan de Nova, la frégate « Nivôse » a déployé ses trois embarcations rapides et son hélicoptère de type « Panther » dans le cadre d’une opération de police d’envergure. Cette action aéromaritime a permis l’interception de cinq navires présents illicitement dans le lagon. Pendant l’opération, deux voiliers ont tenté de fuir mais se sont vus barrer le chemin par la frégate.

Les visites des cinq navires de pêches provenant de Mahajanga (Madagascar) qui transportaient 112 personnes, ont permis d’établir que trois navires pratiquaient la pêche de manière artisanale, mais que les deux autres, plus imposants, semblaient avoir une vocation quasi-industrielle. Près d’une tonne d’holothuries a été appréhendée et rejetée à la mer sur instruction du directeur de la mer sud océan Indien (DMSOI). Ont également été recensés 95 blocs de plongée, plusieurs dizaines de paires de palmes, des sondeurs, des dizaines de harpons ou encore des lignes, remis aux autorités françaises, qui témoignent de l’organisation de la filière. Après rédaction des procès verbaux, les navires ont été sommés de quitter la mer territoriale française.

Ces derniers mois, les îles Éparses ont fait l’objet de nombreux signalements d’incursions et d’activités de pêches illicites suivis par le service de surveillance des pêches du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Réunion.

Cette opération constitue un signal fort à l’encontre des flotilles de pêche en action illicite dans les zones économiques exclusives françaises et plus particulièrement autour de Juan De Nova.

Le « Nivôse » fait partie des cinq unités de la Marine nationale des FAZSOI, dispositif complété du patrouilleur des affaires maritimes « Osiris » pour la surveillance des activités de pêche, qui patrouillent régulièrement dans le canal du Mozambique et dans les mers Australes pour assurer le respect des droits souverains français dans la zone économique exclusive des 11 îles françaises du sud de l’océan Indien.

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Le 9 Avril 2014

L'Insee chiffre la pêche réunionnaise


À la fin 2011, la flottille de pêche réunionnaise se compose de 222 navires, soit 3,5 % du total de la flotte de pêche française.

Source : Insee

À La Réunion, la pêche s'exerce à proximité des côtes en sorties de moins de 24 heures (petite pêche) ou plus au large en sorties pouvant aller jusqu'à 20 jours pour la pêche palangrière (regroupant la pêche côtière et la pêche au large). La grande pêche industrielle s'exerce uniquement dans les zones économiques exclusives des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) lors de campagnes de plus de 20 jours.

La petite pêche représentait fin 2011 l'activité la plus importante en matière de flottille et d'emplois : 191 navires et 255 marins. Les prises de ce type de pêche sont destinées en quasi-totalité à l'approvisionnement du marché local. Le Département et la Direction départementale des affaires maritimes s'emploient à structurer la filière afin de maîtriser et d'accroître la production et la commercialisation.

Environ 10 % des embarcations pratiquent la pêche palangrière (pêche au large). Cette pêche se pratique dans une zone située entre 12 et 20 milles de La Réunion ou de Madagascar. Cette technique de pêche à la « longue ligne » consiste à capturer des poissons à partir de lignes pouvant mesurer plusieurs kilomètres et dotées de centaines d'hameçons accrochées à des bouées munies d'émetteurs. Un marin sur cinq inscrit à La Réunion pratique ce type de pêche.

Fin 2011, la grande pêche industrielle emploie 282 marins inscrits à La Réunion.

Les captures sont surtout des légines mais aussi des langoustes, des raies et des grenadiers.
L'activité de pêche pour chacune de ces espèces est soumise à un règlement qui détermine des quotas pour chaque année. L'objectif de ces quotas, établis par l'administration des Taaf et le muséum national d'histoire naturelle, est d'assurer la conservation à long terme et l'utilisation optimale des ressources dans la zone économique exclusive de Kerguelen et du Crozet. Le quota de pêche de légine a été fixé à 5 800 tonnes de prise pour la campagne 2011-2012 (source Taaf). Le quota de pêche pour la langouste reste stable à 400 tonnes.

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Le 8 avril 2014

Quatrième sommet UE-Afrique : feuille de route 2014-2017

La feuille de route 2014-2017 du quatrième sommet UE-Afrique établit les domaines prioritaires pour la coopération: les sciences, les technologies et l'innovation ; l'enseignement supérieur ; la migration, la mobilité et l’emploi ; le développement et la croissance durables et inclusifs et l’intégration continentale et, enfin, les questions globales et émergentes.

Source : CTA

En ce qui concerne les sciences, les technologies et l'innovation, les délégations africaines et européennes se sont engagées à renforcer leur coopération par la mise en place de communautés de chercheurs et à la création de programmes de recherche académique communs. De plus, un partenariat à long terme sera développé en matière de recherche et d'innovation, financé et géré en commun, en particulier dans les secteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de l’agriculture durable.

Pour améliorer l’éducation supérieur, les programmes Erasmus+, Marie Skłodowska-Curie Actions and Nyerere favoriseront la mobilité des étudiants, académiques et chercheurs d’Europe et d’Afrique. L'Initiative pilote "Tuning Africa" pour l'harmonisation de l'enseignement supérieur en Afrique sera étendue.

Le Sommet de Bruxelles a également adopté une déclaration sur la migration et la mobilité et a accepté de mettre en œuvre un plan d’action pour la période 2014-2017. Conformément à cette déclaration, les synergies entre la migration et le développement seront favorisés.

La promotion d’un développement durable et inclusif , de la croissance et de l’intégration régionale aura pour objectifs centraux de stimuler la croissance économique qui réduit la pauvreté, crée des emplois décents et mobilise le potentiel entrepreneurial des populations, notamment des jeunes et des femmes, de manière durable; de soutenir le développement du secteur privé et des PMEs; d’appuyer l'intégration continentale, notamment à travers l'accélération du développement des infrastructures, l'énergie, l'industrialisation et l'investissement. Une attention particulière sera accordée à l’investissement privé, aux infrastructures et à l’intégration continentale ainsi que à l’agriculture, la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments.

Pour faire face aux questions globales et émergentes, l’UE et l’Afrique développeront une position commune dans le cadre des enceintes et des négociations internationales et répondront conjointement aux défis mondiaux. Les défis identifiés dans cette feuille de route sont le changement climatique et l’environnement mais aussi l’agenda de développement post-2015.

Source: Conseil de l’UE

En savoir plus :
  • Cliquer Ici pour télécharger la feuille de route 2014-2017
  • Cliquer Ici pour accéder à la page de la page "Sommet UE-Afrique 2014"

Feuille de route 2014-2017 (Extrait)

Pour la période 2014-2017, le Sommet est convenu que la mise en oeuvre de la Stratégie conjointe devra être axée sur les domaines prioritaires ci-après :
1. Paix et sécurité
2. Démocratie, bonne gouvernance et droits de l'homme
3. Développement humain
4. Développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale
5. Questions globales et émergentes

Domaine prioritaire 4 : Développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale

38. Objectif stratégique : Stimuler la croissance économique qui réduit la pauvreté, crée des emplois décents et mobilise le potentiel entrepreneurial des populations, notamment des jeunes et des femmes, de manière durable; soutenir le développement du secteur privé et des PMEs; appuyer l'intégration continentale, notamment à travers l'accélération du développement des infrastructures, l'énergie, l'industrialisation et l'investissement.

Principaux domaines de coopération :
  • Investissement privé, infrastructures et intégration continentale
  • Agriculture, sécurité alimentaire et sécurité sanitaire des aliments

Une toute petite place à la pêche et au poisson dans la feuille de route

57. Nous soutiendrons la mise en œuvre du cadre pour une politique de pêche panafricaine et une stratégie de réforme afin de libérer tout le potentiel que comportent les ressources marines vivantes et l'aquaculture en matière de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance et de création de richesse.


Agriculture, sécurité alimentaire et sécurité sanitaire des aliments

51. Notre travail sur l'agriculture, la sécurité et la sûreté alimentaires sera mis en œuvre dans le cadre du Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA). L'année 2014 est l'Année Africaine de l'Agriculture et de la Sécurité Alimentaire ainsi que l'Année Internationale de l'Agriculture Familiale. Cette question occupe une place prioritaire dans le cadre de l'assistance de l'UE pour la période 2014-2020. L'agriculture nourrît les populations, mais elle génère aussi une croissance durable et inclusive et des emplois. Nous nous efforcerons de faire converger nos politiques vers un nombre limité d'indicateurs essentiels afin de promouvoir un développement durable de l'agriculture. Nous transformerons et développerons les zones rurales et l'agriculture pour créer des perspectives, des emplois et des revenus en particulier pour les femmes et la jeunesse rurale. Nous nous attaquerons aux défis considérables qui se posent à l'agriculture africaine d'une manière qui permette de conserver la productivité future des ressources naturelles. Notre coopération dans ce domaine interviendra en particulier i) au sein du groupe de contact mis en place entre les deux commissions et ii) le partenariat du CAADP.


52. Nous élaborerons des approches conjointes effectives concernant les objectifs de nutrition comme composantes majeures de la résilience en renforçant les systèmes d'information et les outils analytiques qui soutiennent le processus décisionnel des politiques nationales (Classification intégrée des phases de la nutrition, indice de résilience, etc.). Les entités et initiatives régionales, telles que l'Alliance globale pour l'initiative résilience (AGIR), constitueront un cadre privilégié pour promouvoir des solutions innovantes telles que les réserves alimentaires régionales d'urgence, ou la gestion des risques en agriculture.

53. Nous préconiserons une agriculture axée sur la nutrition afin de contribuer aux objectifs adoptés au niveau international en matière de réduction du rachitisme. Nous améliorerons l'accès et la disponibilité continue à une nourriture riche en nutritifs, nous renforcerons la capacité des femmes à assurer la sécurité alimentaire, la santé et la nutrition de leur famille ainsi qu'à améliorer la connaissance nutritive pour améliorer la diversité de leur alimentation. Pour assurer le suivi des progrès, des objectifs et des indicateurs explicites sont inclus dans la conception des projets et de la politique agricole.


54. Nous poursuivrons notre collaboration sur la mise en œuvre de la déclaration sur les Problèmes et enjeux fonciers en Afrique, 2009, utilisant le Cadre et lignes directrices sur les politiques foncières en Afrique conformément aux Directives Volontaires pour une Gouvernance Responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts (DVGR). Nous soutiendrons l'Initiative sur les Politiques Foncières de l'UA en vue de promouvoir une gouvernance foncière efficace, équitable et soutenable.

55. Nous développerons les activités à valeur ajoutée et l'agro-industrie en augmentant les possibilités de revenus des petits exploitants, en particulier les femmes, grâce à la création d'emplois tout au long des chaînes de valeur agricoles, d'une manière inclusive et durable. Nous aurons à cœur de promouvoir l'investissement agricole responsable qui est essentiel pour la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire. Nous encourageons dans cette optique le processus en cours qui prépare les principes pour un investissement agricole responsable dans le cadre du Comité sur la Sécurité alimentaire mondiale. Nous soutiendrons la création de nouvelles chaînes à valeur ajoutée, ainsi que le développement des chaînes existantes, pour la commercialisation des produits agricoles. Nous mènerons une coopération renforcée entre l'UE et le secteur privé et les organisations d'agriculteurs recherchant des partenariats innovants et ouverts à tous.

56. Nous favoriserons l'augmentation du commerce équitable des produits agricoles au niveau intra régional, inter-régional et mondial. Nous travaillerons pour que les marchés des produits agricoles fonctionnent de manière transparente et ouverte, et nous renforcerons les capacités à servir les marchés respectifs en respectant les normes de sécurité et de qualité, la certification de la durabilité, en améliorant les systèmes d'information de marché et en mettant en œuvre des mesures de facilitation des échanges afin de renforcer le commerce transfrontalier. Nous renforcerons les systèmes africains de gestion de la santé végétale et animale ainsi que le respect des normes internationales, y compris en ouvrant la voie à la conception d'un mécanisme de coordination de la gestion de la sécurité alimentaire de l'UA ainsi qu'un système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux.


57. Nous soutiendrons la mise en œuvre du cadre pour une politique de pêche panafricaine et une stratégie de réforme afin de libérer tout le potentiel que comportent les ressources marines vivantes et l'aquaculture en matière de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance et de création de richesse.

58. Nous renforcerons notre recherche sur la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments ainsi que sur l'agriculture durable. Nous soutiendrons notamment la mise en œuvre des plans opérationnels à moyen terme des organisations africaines régionales de recherche et de vulgarisation et mettrons à profit l'expertise des initiatives mondiales de recherche agricole pour contribuer aux priorités africaines en matière de recherche conformément au PDDAA, à l'Agenda scientifique pour l'agriculture en Afrique et à la plateforme technologique pour l'agriculture africaine.

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Le 7 avril 2014

Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens


Sécurité alimentaire, droit social, écologie...

Engagées en 2008, les discussions sur l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ont abouti le 18 octobre. Un bon présage pour le gouvernement américain, qui espère conclure un partenariat de ce type avec le Vieux Continent. Négocié en secret, ce projet ardemment soutenu par les multinationales leur permettrait d’attaquer en justice tout Etat qui ne se plierait pas aux normes du libéralisme.

Source : Monde Diplomatique par Lori M. Wallach, novembre 2013

Imagine-t-on des multinationales traîner en justice les gouvernements dont l’orientation politique aurait pour effet d’amoindrir leurs profits ? Se conçoit-il qu’elles puissent réclamer — et obtenir ! — une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop spoliatrice ? Si invraisemblable qu’il paraisse, ce scénario ne date pas d’hier. Il figurait déjà en toutes lettres dans le projet d’accord multilatéral sur l’investissement (AMI) négocié secrètement entre 1995 et 1997 par les vingt-neuf Etats membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (1). Divulguée in extremis, notamment par Le Monde diplomatique, la copie souleva une vague de protestations sans précédent, contraignant ses promoteurs à la remiser. Quinze ans plus tard, la voilà qui fait son grand retour sous un nouvel habillage.


L’accord de partenariat transatlantique (APT) négocié depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et l’Union européenne est une version modifiée de l’AMI. Il prévoit que les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique se plient aux normes du libre-échange établies par et pour les grandes entreprises européennes et américaines, sous peine de sanctions commerciales pour le pays contrevenant, ou d’une réparation de plusieurs millions d’euros au bénéfice des plaignants.

D’après le calendrier officiel, les négociations ne devraient aboutir que dans un délai de deux ans. L’APT combine en les aggravant les éléments les plus néfastes des accords conclus par le passé. S’il devait entrer en vigueur, les privilèges des multinationales prendraient force de loi et lieraient pour de bon les mains des gouvernants. Imperméable aux alternances politiques et aux mobilisations populaires, il s’appliquerait de gré ou de force, puisque ses dispositions ne pourraient être amendées qu’avec le consentement unanime des pays signataires. Il dupliquerait en Europe l’esprit et les modalités de son modèle asiatique, l’accord de partenariat transpacifique (Trans-Pacific Partnership, TPP), actuellement en cours d’adoption dans douze pays après avoir été ardemment promu par les milieux d’affaires américains. A eux deux, l’APT et le TPP formeraient un empire économique capable de dicter ses conditions hors de ses frontières : tout pays qui chercherait à nouer des relations commerciales avec les Etats-Unis ou l’Union européenne se verrait contraint d’adopter telles quelles les règles qui prévalent au sein de leur marché commun.

Tribunaux spécialement créés

Parce qu’elles visent à brader des pans entiers du secteur non marchand, les négociations autour de l’APT et du TPP se déroulent derrière des portes closes. Les délégations américaines comptent plus de six cents consultants mandatés par les multinationales, qui disposent d’un accès illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l’administration. Rien ne doit filtrer. Instruction a été donnée de laisser journalistes et citoyens à l’écart des discussions : ils seront informés en temps utile, à la signature du traité, lorsqu’il sera trop tard pour réagir.

Suite de l'article de Lori M. Wallach dans le Monde Diplomatique 

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Le 4 Avril 2014

Important déclin des stocks de saumons de l'Atlantique

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/science/2014/04/04/001-saumons-atlantique-declin.shtml
Des chercheurs canadiens croient que c’est la faim qui explique le déclin des stocks des saumons de l’Atlantique.

Le reportage de Gilbert Bégin

Malgré l'arrêt de la pêche commerciale il y a 30 ans, le stock de saumons de l'Atlantique ne cesse de diminuer. Pourquoi? La réponse se trouverait dans la mer du Labrador, selon les chercheurs de l'Ocean Tracking Network, un projet international qui vise à comprendre les raisons de cet important déclin.

Source : Radio Canada

« C'est préoccupant : il revient deux à trois fois moins de saumons dans les rivières du Québec qu'il y a 30 ans », lance Mélanie Dionne, chercheuse au ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

Cette biologiste sonne l'alarme. Partout dans l'est du pays, les populations de saumons de l'Atlantique sont dans un creux historique. Et la situation est encore pire en Europe.

Un grand migrateur

Le cycle de vie du saumon de l'Atlantique commence en rivière. Il quitte l'eau douce à l'âge de deux ans et migre vers les riches pâturages du Groenland. C'est à cet endroit que la presque totalité des saumons de l'Atlantique viennent s'engraisser, qu'ils soient nord-américains ou européens. Après une ou deux années en mer, l'appel de la reproduction sonne le retour vers leur rivière natale. Un saumon né en Gaspésie, par exemple, parcourra jusqu'à 5000 km pour boucler son périple.


De la rivière à la mer

Pendant des années, les scientifiques ont cherché en rivière les causes de ce déclin. Mais comme le saumon migre jusqu'au Groenland pour s'engraisser, les chercheurs tournent désormais leur regard vers la mer.

« La grande chute survient dans la mer du Labrador, après le premier 600 km de migration. À cet endroit, le saumon meurt comme jamais auparavant », explique Frederick Whoriskey, chercheur à l'Université Dalhousie d'Halifax et directeur de l'Ocean Tracking Network.


Le chercheur a eu recours à des moyens originaux pour déterminer l'endroit exact de ces mortalités. Lui et d'autres spécialistes ont muni les saumoneaux de minuscules émetteurs avant leur départ pour le Groenland. Ils ont ensuite suivi à la trace leur migration. Ils ont même clôturé avec un rideau de bouées réceptrices les détroits de Belle-Isle et de Cabot, dans le golfe du Saint-Laurent.

« On a découvert que la survie du jeune saumon en rivière et dans le golfe du Saint-Laurent est bonne. Mais en mer, seulement 1 % ou 2 % survivent. C'est trop peu », mentionne le chercheur canadien.

Des changements dans l'Atlantique Nord

Mais qu'est-ce qui cause cette hécatombe? Depuis quelques décennies, les océanographes remarquent que les eaux de surface dans l'Atlantique Nord se réchauffent.

Selon Frederick Whoriskey, le saumon ne peut échapper au grand dérèglement du climat. « Ce réchauffement modifie les masses d'eau et les courants marins. Résultat : le garde-manger du saumon a peut-être changé de place », précise le chercheur canadien.

Le réchauffement affecterait aussi le plancton, et ainsi, toute la chaîne alimentaire dont dépend le saumon pour se nourrir.


« La qualité des proies du saumon est en train de changer. Avec la hausse des températures, les copépodes, par exemple, contiennent moins de graisses. Or, le saumon migre jusqu'au Groenland justement pour aller s'engraisser », explique le chercheur.

Toutefois, les spécialistes rappellent qu'il ne faut pas sous-estimer la dégradation de l'habitat du saumon en rivière. Les barrages, par exemple, ont coupé l'accès à de nombreuses frayères. Et depuis 30 ans, la montée fulgurante des fermes d'élevage de saumons a affaibli les populations de saumons sauvages.

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Le 2 avril 2014

La mangrove, territoire de culture et de tradition et espace vital des populations côtières

Des communautés, des peuples et des organisations de la société civile travaillent depuis plusieurs années pour rendre visibles les importants bénéfices que rapportent les mangroves et leur écosystème, et luttent pour les revendiquer en tant que systèmes fortement productifs, sources de subsistance et espaces où les populations côtières vivent en appliquant leur culture et leurs traditions. « La mangrove est notre entreprise naturelle, notre emploi, elle ne nous demande pas d’antécédents, de curriculum vitae ni d’identification, il nous suffit d’être en bonne santé pour jeter le filet et sortir de quoi manger » , dit Enrique Bonilla, président de COGMANGLAR et pêcheur de Champerico, Guatemala.

Source : WRM Publié le 7 mar, 2014. Inclus dans Bulletin 199

Les mangroves étaient perçues comme des endroits infestés de moustiques, mais cette perception a changé aujourd’hui. Néanmoins, les luttes pour les défendre deviennent de plus en plus fortes car leur existence et celle des peuples et des communautés qui les habitent en Amérique latine, en Asie et en Afrique est menacée par de nouveaux acteurs très agressifs. « On nous extermine peu à peu, les politiques gouvernementales nous criminalisent et nous appauvrissent, nous ne sommes pas pauvres, nous avons de grandes richesses que les puissants veulent nous prendre, nous appelons cela racisme environnemental »,dit Marizhelia López, du Mouvement des pêcheurs de Bahía, Brésil, qui manifeste son inquiétude face à la perte de territoires.

À l’industrie crevettière, responsable historique de la destruction de milliers d’hectares de mangroves dans les régions tropicales, s’ajoutent les menaces que représentent l’exploitation pétrolière, les grandes installations touristiques, les barrages et les lacs artificiels, l’extraction de métaux sur la côte et au fond de la mer, la monoculture d’arbres et d’autres végétaux pour la fabrication d’agrocarburants (comme la canne à sucre et le palmier africain), les grands complexes portuaires, les parcs éoliens, etc. Toutes ces activités menacent de plus en plus les moyens d’existence collectifs et la vie des populations côtières, et constituent un processus de privatisation et d’accaparement des territoires, d’extraction et d’exploitation de la nature, qui profitent exclusivement à des intérêts particuliers et privés. À titre d’exemple, le gouvernement du Honduras a récemment présenté le projet des villes modèles ou Zones d’emploi et de développement économique (ZEDE) dans la région sud du pays ; d’après le Comité pour la défense et le développement de la flore et la faune du golfe de Fonseca (CODDEFFAGOL), ce projet est aberrant et comporte des dégâts irréversibles pour les zones humides et les mangroves du golfe.


La mangrove, considérée comme une des cinq unités écologiques les plus productives de la planète, est la principale source de nourriture et de subsistance de millions de familles côtières qui pratiquent la pêche artisanale de poissons, de coquillages et de crabes. Pour cette raison, la mangrove est la base de la souveraineté alimentaire des peuples. En outre, la mangrove est une barrière naturelle contre les effets du changement climatique. Pour Silvia Quiroa, de CESTA El Salvador, « la crise climatique est une réalité qui touche déjà des communautés et des peuples ; nous devons nous opposer à la transformation des mangroves en puits de carbone ; la survie des peuples nous montre le chemin à suivre ».


La mangrove est surtout un territoire ; c’est un des éléments fondamentaux pour la vie dans les zones côtières qui, dans la plupart des pays, appartiennent au domaine public. Pour Líder Góngora, de CCONDEM Équateur, « il est important de reconnaître le côté maternel de la mangrove, une sorte de matrice où de nombreuses espèces se reproduisent, grandissent et se protègent » .

Il est stratégiquement important de revendiquer le caractère public des territoires marins côtiers et, en même temps, le droit collectif des communautés et des peuples qui les habitent de décider sur leur aménagement, leur protection, leur utilisation et leur administration collective. Ce droit leur appartient parce que ce sont eux qui, pendant très longtemps, ont assuré l’existence des mangroves grâce à leur sagesse, leur culture et leurs connaissances et traditions transmises d’une génération à l’autre. « Au Guatemala, les Réserves territoriales de la Nation ont été privatisées des années durant, elles ont été les butins des politiciens dans leurs campagnes, et les propriétaires terriens, les producteurs de sucre, les éleveurs de crevettes et les promoteurs immobiliers sont toujours très intéressés à continuer d’accaparer davantage de territoires » , dit Sergio Maldonado, AVEDICHAMP, Guatemala.

Dans le combat pour les mangroves, les femmes jouent un rôle fondamental ; la contribution des femmes au développement local, communautaire, et leurs apports à la construction et la défense des territoires, à la préservation et la transmission des connaissances, sont indispensables ; il faut reconnaître leur valeur et les rendre plus visibles. D’autre part, il est nécessaire de prendre conscience de la situation d’inégalité entre les hommes et les femmes, pour promouvoir la justice sociale et l’équité.

Nous, les membres de Redmanglar Internacional, nous pensons à un monde où l’on privilégiera l’utilisation ancestrale du territoire pour soutenir la vie plutôt que les affaires, où les populations locales récupéreront leur propre économie et où il y aura des échanges solidaires et équitables entre les peuples.

Carlos Salvatierra, Secrétaire exécutif de Redmanglar Internacional. Article fondé sur les discussions de la réunion stratégique de Redmanglar de février 2014.

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