lundi 10 février 2014

JO de Sotchi. Pêcheurs harcelés jusque dans les toilettes...

Pendant les JO de Sotchi, on traque les pêcheurs jusque dans les toilettes...

Surnommé la « Riviera russe », Sotchi est une ville balnéaire avec un petit port au bord de la mer noire... un joli petit port de pêche où il fait bon vivre en temps normal...

Mais pendant les JO, les pêcheurs ne sont pas à la fête. Ils sont traqués en mer comme à terre. Jusque dans les toilettes comme l’a constaté un sportif canadien en tweetant ce panneau des interdictions affiché à la porte des WC...

Les russes aiment leurs jeux mais pas les pêcheurs !

Le journaliste canadien, Yves Boisvert, veut en savoir plus... Il mène son enquête dans le quartier olympique de Sotchi... (1)

Pour 17 roubles, la machroutka m'a mené jusqu'au marché public d'Adler. J'y ai trouvé des épices de Géorgie, des kakis confits, du cou de porc mariné barbecue et l'homme de la rue Lénine...

Avec Andrey, mon interprète, j'ai posé des questions à 15 ou 20 personnes. La seule un peu critique était une marchande de poisson : les bateaux de pêche sont interdits depuis le 7 janvier. On ne voit au large que des bateaux de guerre.

« On manque le meilleur de la saison, parce que plus la mer est froide, meilleure est la chair du rouget-barbet, me dit Katya Tomashova. C'est un tout petit poisson, très gras, c'est un délice frit ou bouilli avec du fenouil, de l'ail et beaucoup de beurre... Les Turcs, ils en pêchent, mais il est mauvais, tout sec. Le meilleur est ici. On n'en aura pas cette année, et mon mari doit aller pêcher à Stavropol, à 500 km d'ici... »

C'est à peu près la critique la plus virulente que j'aie entendue.

Les milliards dépensés ? Les gens s'en réjouissent, quand ils n'éclatent pas de rire. «L'argent, ce n'est que du papier», me dit une femme. «Moi, ça ne m'a rien coûté, en tout cas», me dit un homme.

«Ce que je sais, c'est qu'ils ont enfin fini la route qu'ils avaient commencée sous l'URSS!», me dit un autre.

La corruption? «Il y en a eu, il y en a, il y en aura.»


Sotchi : "du pain et des Jeux" offerts par Poutine... dans une Russie enlisée

Le président russe, Vladimir Poutine, a déployé tant « d’efforts » pour l’organisation des JO à Sotchi en 2014 qu’en Russie ces Jeux sont surnommés les « Jeux de Poutine ». Ces JO vantent une Russie moderne, ouverte au monde, tout en voilant un mécanisme de conversion massive d’argent public en enrichissements personnels.

Comme d'autres leaders avant lui, Vladimir Poutine utilise les Jeux olympiques pour promouvoir son pays sur la scène internationale, ainsi que son prestige personnel auprès des Russes.

L'objectif est quadruple : faire de Sotchi une vitrine de ce que peut faire la Russie dans le Caucase, soit moderniser une région réputée explosive et en faire un pôle touristique régional ; rendre aux Russes leur fierté et les inciter à faire davantage de sport.

Au plan international, il s'agit de rehausser le prestige du pays en démontrant la capacité d'organiser un événement global grâce à une impressionnante mobilisation budgétaire. Pour les critiques, Poutine a un autre objectif : utiliser Sotchi comme mécanisme visant à redistribuer l'argent public russe à une clique de barons devenus milliardaires, sans égard pour les autochtones, l'environnement ou les investisseurs privés. Suite de l’article d’Emmanuel Grynszpan dans la Tribune de Genève

(1) La Presse Canadienne : Les Russes aiment leurs Jeux


Pour aller plus loin...

Le 29 Août 2014

Russie : l'impact de l’embargo sur le secteur de la pêche

Le 6 Août 2014, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret interdisant l’importation de produits agricoles et de poissons depuis les États-Unis, le Canada, l’Union européenne, l'Australie et la Norvège, à la suite de la mise en œuvre des sanctions économiques contre la Russie en raison des événements dans la région.

Le gouvernement de la Russie (GOR) a déclaré que la demande intérieure pour le poisson interdit sera principalement satisfaite par l'augmentation des livraisons depuis l'Extrême-Orient (côte Pacifique de la Russie), ainsi que d'autres marchés tels que le Chili, la Chine, les Féroé et l'Équateur. La part des importations totales de la Russie de poissons et fruits de mer des États-Unis est d'environ 3%. Les États-Unis sont l'un des plus grands fournisseurs de caviar de saumon congelé sur le marché russe. Quant aux produits de la pêche américains prêts à la consommation, ils ne sont pas touchés par l'interdiction (HTS 1605, 1604), on estime la valeur exportée à $ 900 000.

Les experts estiment que l'industrie de la pêche russe ne sera pas en mesure de rattraper l'écart à court terme. Les entreprises s'attendent à ce que les prix pour les espèces les plus touchées, comme le saumon, augmentent d'environ 20-30% à court terme.

Pour en savoir plus : télécharger le document de l'administration américaine (USDA) daté du 22 août 2014 :  Russian federation : Trade Impact of Ban on Fishery Sector

Russie : Le commerce du poisson et des fruits de mer

Présentation du marché des produits de la mer en Russie par le Bureau des marchés internationaux du Ministère de l'Agriculture du Canada

Actuellement, la Russie est l'un des principaux producteurs, importateurs et exportateurs mondiaux de poisson et de fruits de mer, et sa consommation de poisson s'accroît graduellement. Les analystes de marchés de Datamonitor l'attribuent à plusieurs facteurs, dont la stabilisation du revenu disponible des consommateurs dans la foulée du ralentissement économique, surtout à Moscou, SaintPétersbourg et autres grandes villes, les nouvelles préférences de consommation fondées sur des préoccupations liées à la santé et à la nutrition et à la quête d'aliments à faible teneur en graisses, l'augmentation des prix des produits d'origine animale et la grande disponibilité de produits qui découle des investissements accrus dans les usines de transformation et des réseaux de distribution améliorés.

Le marché russe des aliments frais présente un énorme potentiel de croissance, en dépit du fait que la consommation par habitant de nombreux produits y demeure relativement modérée. D'après Euromonitor, le taux de croissance annuel moyen du marché devrait se situer entre 5% et 8% au cours des quelques prochaines années. Certains produits afficheront une croissance encore plus dynamique, dont le poisson et les fruits de mer, à mesure que les Russes suivront la tendance mondiale et délaisseront eux aussi la viande rouge en faveur de sources protéiques plus faibles en gras.

La Russie constitue un débouché important pour les exportations canadiennes de poisson et de fruits de mer. La part canadienne du marché russe du poisson et des fruits de mer est passée de 92,2 millions à 114,7 millions de dollars américains (M$ US) entre 2010 et 2011.

À l'échelle mondiale, la Russie est le quinzième importateur de poisson et de fruits de mer : elle a importé pour près de 2,6 milliards de dollars américains en 2011, une augmentation de 19,1% par rapport à 2010. Ses principaux fournisseurs sont la Norvège (36,3 %), la Chine (12%), l'Islande (6,3%) et le Canada (4,5%),

Balance commerciale en équilibre

Au nombre des principaux produits de la pêche importés par la Russie en 2011 figurent le saumon frais ou réfrigéré avec arêtes (549,9 M$ US), la crevette (262,5 M$ US), le maquereau (230,5 M$ US), les filets de poisson frais (195,8 M$ US) et le poisson surgelé avec arêtes (188,8 M$ US).

En 2011, la Russie a exporté pour un peu plus de 2,7 milliards de dollars américains de poisson et de fruits de mer, ce qui représente une augmentation de 22 % par rapport à 2010. Les exportations russes concernent tout particulièrement les pêcheries de Colin d'Alaska, Cabillaud et Saumon du Pacifique. Ses exportations étaient principalement composées de poisson surgelé avec arêtes (1,1 milliard de dollars américains), de foies et d'œufs de poisson surgelés (269,3 M$ US), de filets de poisson surgelés (254 M$ US), de crabe surgelé (206,5 M$ US) et de saumon surgelé (193,2 M$ US),

Les exportations russes de poisson et de fruits de mer sont principalement destinées à la Chine (39,7%), à la Corée du Sud (38,2%) et au Japon (7,4%).

Pour en savoir plus :

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