mercredi 8 janvier 2014

A la Présidence de l’Union Européenne, la Grèce met toutes voiles dehors !

La Grèce met toutes voiles dehors !

Illustration : Le logo de la Présidence grecque représente un bateau à voile, en pleine navigation...

Depuis le 1 janvier 2014, la Grèce a pris la suite de la Lituanie à la Présidence du Conseil de l’Union Européenne. La Grèce a choisi de mettre toutes voiles dehors... Symboliquement afin de bien profiter du vent pour s'éloigner au plus vite de la tempête économique qui secoue le pays (1)... Assurément afin d’employer tous les moyens pour que l'Europe mette le cap sur l’économie maritime, la direction où les sociétés grecques excellent : Transport maritime, Aquaculture,...

Le Premier ministre Antonis Samaras a présenté à ses collègues les priorités de la Présidence grecque au cours du  Conseil européen qui a eu lieu le 20 décembre à Bruxelles (2). Lors de la conférence de presse, à l'issue du sommet, Antonis Samaras s’est dit convaincu que le lancement de la Présidence grecque du Conseil de l'UE coïncide avec la reprise de l'économie grecque, après six années de récession. 2014 sera l'année où la Grèce sortira de la crise, mais aussi une meilleure année pour l'ensemble de l'Europe.

Une présidence orientée vers l’économie maritime

Les priorités annoncées par le premier ministre Antonis Samaras restent concentrées sur une économie traditionnelle : promotion des politiques et des actions pour parvenir à une croissance, lutte contre le chômage, promotion de la cohésion économique et sociale, réformes structurelles, approfondissement de l'intégration et de l'achèvement de l'Union économique et monétaire, élargissement de l'Union, etc.

La Grèce compte également porter une attention particulière aux politiques maritimes. Le site Actu-Environnement note un manque d'ambition environnementale dans le programme de la Présidence grecque : "Là encore, l'approche reste centrée sur des questions économiques mais l'environnement y est toutefois évoqué. Le projet de conclusions sur la politique maritime intégré, (…) inclut des références à toutes les questions pertinentes, à savoir l'énergie bleue, l'aquaculture, la cartographie du fond marin, l'exploitation des ressources minérales marines, la biotechnologie bleue et les questions environnementales". (3)

Philippe Favrelière

(3) Extrait de l’article d’Actu-Environnement : Présidence lituanienne : un bilan globalement négatif pour l'environnement

Autres articles :

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Grèce : Lancement d’un programme national de développement de l’acquaculture


Le ministère du Développement agricole et des Aliments lance un Programme national de développement de l’acquaculture (EPAY), qui fixe des objectifs nationaux de développement en respect des orientations de la planification nationale d’aménagement du territoire et dans le cadre de la Politique commune de la pêche de l’UE.

Le projet de loi, qui doit être prochainement soumis à une consultation publique, instaure des conditions et préalables pour encourager le développement viable du secteur de l’acquaculture et garantir un cadre de fonctionnement durable.

Pour aller plus loin
Europe : Notre Quête Commune

Présentation du Logo de la présidence grecque 2014 de l’Union européenne

Chaque pays qui s’engage à la Présidence tournante du Conseil de l’Union européenne choisit son propre logo de la Présidence, qui sert de symbole visuel intégral : un trait caractéristique de l’identité de chaque présidence et une déclaration de son message vers l’Europe et le monde entier.  Le logo et la conception graphique associée, figureront sur toutes les publications de la Présidence, dans sa présence numérique, dans le décor du bâtiment Justus Lipsius à Bruxelles et aux endroits où des événements officiels de la Présidence auront lieu. 

Le logo de la Présidence grecque est simple et concis, diffusant une atmosphère d’optimisme réaliste. Il représente un bateau à voile, en pleine navigation, constitué par les initiaux de l’Union européenne. Il  réunit des valeurs européennes communes, avec l’identité unique de la Grèce, le début de l’union du continent et son parcours dans l’avenir, les principes fondamentaux qui ont déterminé notre passé avec nos aspirations communes futures.

La mer constitue le fond symbolique du logo : élément fondamental de l’identité grecque, mais aussi composant essentiel du passé et de l’avenir européen. Dans l’histoire, la mer a unifié les peuples et aujourd’hui elle devient une source de croissance et d’emploi à travers l’Europe, constituant ainsi l’une des priorités horizontales de la Présidence grecque. Sur ce fond, les motifs individuels composant le logo, illustrent le riche relief du territoire et du littoral grecs, tandis que le « demi-cercle » représente le parlement et le théâtre ancien, berceaux de la tradition démocratique européenne, de l’égalité institutionnelle et de notre patrimoine culturel commun. Le bateau à voile se trouve au premier plan de la force narrative du logo. C’est un symbole d’exploration et de transition, mais aussi de communication et d’unité. De cette façon, il évoque notre décision de naviguer ensemble vers un avenir commun, en surmontant les écueils et les orages.

Le trajet est la substance symbolique de la narration du logo : un parcours en commun vers la démocratie et la participation, une quête commune de prospérité, par le biais de la croissance et de l’emploi, un moyen de mobilité et de sécurité pour l’avenir. Ces idéaux ont déterminé notre passé et constituent actuellement une inspiration commune pour la poursuite de notre chemin. Voici le message de la Présidence grecque vers l’Europe et le monde : L’Europe est notre quête commune. Ensemble, nous irons plus loin.  

Le ministère des Affaires étrangères a confié au groupe de design créatif Beetroot l’élaboration du logo et de l’identité visuelle qui y est associée. Les motifs du logo figurent déjà sur le site provisoire de la Présidence grecque, ainsi que sur son compte Twitter. La version complète du logo a été présenté le 25 novembre 2013, par le  vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Evangelos Vénizélos.

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Le 14 février 2014

L'aquaculture à l'annexe de l'Union Européenne !

Note d’information pour le Conseil « Agriculture et Pêche »

Bruxelles, lundi 17 février 2014

Lors de sa session, le Conseil examinera des questions relatives à l'agriculture; il entamera ses travaux à 10 heures le lundi 17 février 2014. Le Conseil sera présidé par M. Athanasios Tsaftaris, ministre du développement rural et de l'alimentation.

Source : Consilium / Présidence Grecque

La présidence grecque présentera d'abord, dans le cadre d'un débat public, son programme de travail dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche.

(...)

Programme de travail de la présidence

Lors d'une session publique, la présidence grecque présentera son programme de travail dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche.

Les priorités de la présidence en matière de politique agricole consisteront notamment à :

• s'employer à achever les travaux relatifs aux actes délégués concernant l'entrée en vigueur de la réforme de la politique agricole commune (PAC) en janvier de l'année prochaine;
(...)

Les priorités en matière de politique de la pêche consisteront principalement à :

• achever dans les meilleurs délais les travaux relatifs à l'accord conclu avec le Parlement européen sur le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) qui sera utilisé pendant la période 2014-2020 pour financer la mise en œuvre de la nouvelle politique commune de la pêche (PCP) adoptée l'année dernière;
• rechercher une solution interinstitutionnelle en ce qui concerne la fixation de plans pluriannuels de gestion des stocks halieutiques, qui constituent la base de la nouvelle PCP;
• coordonner la position et la représentation de l'Union lors de négociations concernant des protocoles à des accords de partenariat dans le domaine de la pêche conclus avec des pays tiers, ainsi que lors de réunions annuelles avec les organisations régionales de gestion des pêches et des États côtiers.

En ce qui concerne les questions alimentaires et vétérinaires, la présidence entend :

• achever les travaux sur la proposition de règlement fixant des dispositions pour la gestion des dépenses relatives, d'une part, à la chaîne de production des denrées alimentaires, à la santé et au bien-être des animaux et, d'autre part, à la santé et au matériel de reproduction des végétaux, en vue de par venir à un accord avec le Parlement européen sur cette question au cours de ce semestre;
• poursuivre les travaux sur l'ensemble de mesures législatives concernant la chaîne de production des denrées alimentaires, y compris les règlements relatifs aux contrôles officiels, à la santé animale, à des mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux et à la production et à la commercialisation de matériel de reproduction des végétaux.

Autre sujet du consilium :

Conférence sur l'agriculture, la sécurité alimentaire et le changement climatique

Les Pays-Bas communiqueront des informations au Conseil sur les résultats de la 3e conférence sur l'agriculture, la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le changement climatique, tenue à Johannesburg (Afrique du Sud) du 3 au 5 décembre 2013. Cette conférence a débouché sur la création d'une alliance pour une agriculture adaptée aux changements climatiques, qui promeut des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement. Le lancement de cette alliance devrait avoir lieu à l'occasion du sommet des dirigeants organisé le 23 septembre 2014, à New York, avant l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies. L'alliance repose sur trois piliers, à savoir: œuvrer à la viabilité de la productivité agricole; renforcer les capacités d'adaptation et la résilience face aux changements climatiques; et atténuer les émissions de gaz à effet de serre.

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Le 25 février 2014

Grèce. Toutes voiles dehors pour les armateurs. La galère pour les citoyens...

Les armateurs grecs ont investi pas moins de 13 milliards de dollars dans 275 navires neufs en 2013. Soit un quart des investissements mondiaux dans le shipping l’an passé.

Par contre, les citoyens grecs vivent dans la galère et ils doivent se serrer la ceinture pour que le pays rembourse les 230 milliards d'euros empruntés au cours des quatre dernières années en échange d'un grand programme d'austérité. Cette politique a eu l'effet inverse, l'économie sombrant dans une récession sans précédent et le chômage montant à 30%.

Au cœur de cette situation se trouve la troïka, déclarent des syndicalistes et des militants des droits humains. La troïka – qui regroupe le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne (CE) - représente les créanciers internationaux.

La troïka est de plus en plus accusée d'exiger des réformes économiques qui ont poussé les pays insolvables en Europe du sud-est dans une profonde récession tout en sapant les droits humains. "La troïka doit savoir désormais qu'elle ne peut plus se cacher derrière son immunité afin d'échapper aux tribunaux grecs pour les violations des droit humains dans ce pays".

Flotte : les armateurs grecs continuent d’investir massivement

Les armateurs grecs ont investi pas moins de 13 milliards de dollars dans 275 navires neufs en 2013. Soit un quart des investissements mondiaux dans le shipping l’an passé.

Source : Le Marin

Les vraquiers ont attiré la plus grosse partie de leurs capitaux (4,5 milliards pour 134 navires), suivis des transporteurs de gaz (GPL et LNG, 4 milliards pour 51 navires), des pétroliers (3 milliards pour 65 navires). Les porte-conteneurs viennent en dernier, avec 1,6 milliard pour 25 navires.

Si les armateurs grecs continuent de lever des fonds en bourse, notamment à New York, ils nouent des relations plus étroites avec les banques chinoises. Celles-ci disposent d’un portefeuille de prêts de 1,5 milliard de dollars auprès des armateurs grecs, lesquels ont en retour dépensé pas moins de 17 milliards de dollars dans les chantiers chinois en sept ans.

Il faut préciser que 60 % du pétrole importé par la Chine l’est à bord de navires contrôlés par les armateurs grecs. Tout ceci conforte l’éminence de l’armement grec dans la planète shipping, dont il contrôle 16 % du tonnage mondial. On note d’ailleurs, dans un récent classement du quotidien britannique spécialisé Lloyd’s List, que quatorze armateurs grecs figurent dans le top 100 du shipping. Le premier d’entre eux est John Angelicoussis. Avec Angeliki Frangou (Navios) et George Economou (Dryships), tous les trois sont dans le top 5.

La troïka coupable de la tragédie du pays

Source : IPS par Apostolis Fotiadis

Une crise humanitaire se manifeste en Grèce et dans d'autres pays européens touchés par la récession puisqu’ils subissent de dures mesures d'austérité en échange d'un plan de sauvetage. Au cœur de cette situation se trouve la troïka, déclarent des syndicats, activistes de la société civile et des droits.

La troïka – qui regroupe le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne (CE) - représente les créanciers internationaux.

"La troïka doit savoir désormais qu'elle ne peut plus se cacher derrière son immunité afin d'échapper aux tribunaux grecs pour les violations des droit humains dans ce pays". Elle est de plus en plus accusée d'exiger des réformes économiques qui ont poussé les pays insolvables en Europe du sud-est dans une profonde récession tout en sapant les droits humains.

La Fédération internationale des droits de l'Homme a achevé une mission d'enquête en Grèce visant à évaluer l'impact de la crise sur les droits humains et à indiquer qu’il faut tenir responsables ceux qui sont coupables de violations. "Notre visite visait à recueillir des preuves que les mesures d'austérité et les réformes structurelles que le gouvernement a dû mettre en œuvre comme condition de sauvetage ont entraîné une situation dans laquelle non seulement les droits économiques et sociaux, mais aussi civils et politiques ainsi que les vraies bases démocratiques sur lesquelles l'Etat est construit sont menacés", a déclaré à IPS, Elena Crespi, chargée de programme pour l’Europe de l'ouest dans la fédération. "Notre objectif final, c’est aussi de mettre en garde contre le risque que ce qui a commencé comme une crise économique mondiale ne se transforme en une crise mondiale des droits humains, dont les effets peuvent être facilement prévus mais très difficiles à maîtriser", a-t-elle indiqué.

Le 21 janvier, 20 syndicats, des organisations de défense des droits humains et de la société civile à travers l'Europe se sont adressés à Martin Schultz, président du Parlement européen, lui indiquant de demander un rapport sur la situation des droits de l'Homme, de l’Etat de droit et de la démocratie en Grèce. "En lisant la Charte des droits fondamentaux de l'UE [Union européenne], il est difficile de trouver un seul article qui n'ait pas été violé par le gouvernement grec au cours des trois dernières années dans le cadre des politiques qu'il a mises en œuvre contre son propre peuple", disait la lettre. La Grèce a emprunté environ 230 milliards d'euros (315 milliards de dollars) au cours des quatre dernières années en échange d'un grand programme d'austérité supervisé par la troïka. Cette politique a eu l'effet inverse, l'économie sombrant dans une récession sans précédent et le chômage montant à 30 pour cent. Parmi les signataires de la lettre, il y avait l'Association européenne pour la défense des droits de l'Homme (AEDH), une organisation faîtière de 30 groupes dans 22 Etats membres de l'UE, les grands syndicats grecs, la CNE [la Centrale nationale des employés] - le syndicat du secteur privé belge fort de 167.000 membres affiliés - ainsi que des organisations de la société civile et politiques plus petites, y compris le Réseau européen d'attaque et le 'Corporate Europe Observatory' (CEO).

Le CEO a lancé un nouveau projet dénommé 'Troika- Watch', qui vise à créer un réseau de citoyens pour surveiller l'organisme qui représente les créanciers dans les pays qui mettent en œuvre des programmes d'austérité. Ce projet produira un bulletin mensuel en neuf langues européennes différentes.

Une résolution proposée par le Comité des affaires juridiques et des droits de l'Homme (PACE) a été adoptée le 31 janvier par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Ses projets de recommandations sur la "responsabilité des organisations internationales pour les violations des droits humains" ont proposé que "les organisations internationales soient soumises à des mécanismes contraignants de reddition de comptes et que leur immunité soit limitée".

Selon l'assemblée, "les Etats membres doivent être également tenus responsables du rôle qu'ils jouent dans les organisations internationales et du fait de les aider à mettre en œuvre leurs décisions".

Le député grec, Notis Marias, représentant du Groupe des démocrates anti-fédéralistes au sein du Conseil de l'Europe, qui a proposé certains des amendements, a déclaré: "La troïka doit savoir désormais qu'elle ne peut plus se cacher derrière son immunité afin d’échapper aux tribunaux grecs pour les violations des droit de l'Homme dans ce pays".

Les salaires de base auraient baissé de 22 pour cent depuis le début des mesures d'austérité, le chômage chez des jeunes dépasse 60 pour cent et plus d'un million de personnes ne bénéficient plus d'un type quelconque d'assurance maladie.

En juin 2013, le FMI a reconnu des erreurs dans la gestion de la crise de la dette grecque qui ont causé la détérioration du scénario de la récession. Mais la troïka n'a jamais produit un rapport d'évaluation d'impact avant de demander des réformes sociales et des mesures fiscales.

Andreas Fischer-Lescano, professeur de droit et de politique européens à l'Université de Brême, a été nommé par la Confédération européenne des syndicats pour examiner la légalité des protocoles d'accord signés entre les pays renfloués et leurs organismes de crédit. Ses conclusions ont été rendues à la fin de janvier.

Dans un projet de document, qu’IPS a vu, Fischer- Lescano a indiqué que "c'est la Commission et la BCE, qui, au nom de l'Europe, définissent les conditions qui conduisent des millions d'Européens au désespoir".

"Les protocoles d'accord doivent être délégitimés. Il n'y a aucune obligation d’appliquer des dispositions illégales. Les tribunaux nationaux et également les cours internationales comme la Cour de justice européenne et la Cour européenne des droits de l'Homme ainsi que les commissions des droits de l'Homme devront clarifier cela", a-t-il expliqué à IPS.

"La lutte juridique contre l'austérité ne fait que commencer. L'objectif doit être de défendre les principes de base de la justice sociale en Europe". (FIN/2014)

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Le 4 Septembre 2014

La Grèce exsangue bazarde (aussi) son littoral


Grèce : Carte des 90 plages mises en vente (source : Okeanews)

« Toute notre vie, on s'est baigné, on a pêché, on vit encore maintenant sur cette plage et, du jour au lendemain, on nous la prend pour la donner à des investisseurs ? Ils sont devenus fous ! Et nos enfants, ils auront quoi comme héritage ? ». « On ne se laissera pas faire » martèle de son coté Petros Petrou,  homme d’affaire de la région qui croit savoir que la plage et plusieurs hectares aux alentours sont destinés à être loués pour 99 ans. « On a reçu cette plage et tout cet environnement de rêve de nos pères et grands pères. C'est un don de Dieu, on doit le préserver et le transmettre tel quel à nos enfants et petits-enfants ».

Source : TV5 Monde  Par Angélique Kourounis (à Athènes)

« La mer a son pays : la Grèce », disait joliment naguère un slogan touristique. Aujourd'hui, les deux sont partiellement à vendre. Alors que son gouvernement annonce un peu vite une sortie de la crise, la dette du pays continue de croître en valeur relative. Après les cures d'austérité dévastatrices de l'aveu même du FMI, l'heure est à l'accélération de la privatisation du patrimoine, littoral compris, l'un des rares de la Méditerranée jusqu'alors relativement préservé du bétonnage.

Généralement, sur les îles, il y a plusieurs grandes plages. Mais à Heraklia, dans les petites Cyclades, il n'y en a qu'une : c'est To Libadi. Une magnifique plage de sable très fin avec, tout au bout, un coin naturiste, quelques arbres qui donnent de l'ombre, une eau incroyablement bleue, très peu profonde idéale pour les enfants ou les nageurs paresseux.

Heraklia est le paradis de ceux et celles qui fuient les clubs bruyants, les plages aménagées et les bars et qui rêvent juste de silence, de soleil et longues baignades tranquilles. Ce bonheur sur terre est désormais menacé et Melpomeni Balsami, conseillère municipale, est bouleversée. Le Taiped, l’Agence chargée des privatisations, a mis en vente To Libadi avec 109 autres plages dans tout le pays. « Ceux qui viennent ici sont ceux qui n'ont pas envie d'aller dans les grandes Cyclades, s'indigne t-elle. Ce sont des gens qui veulent juste être tranquilles. Cette tranquillité est notre mode de vie. S’il construisent un grand complexe hôtelier, comme on le dit, pour nous, c’est foutu. » 

Opacité

Comme plus de 200.000  personnes à travers le monde, elle a signé l’une des trois pétitions qui circulent actuellement sur le net. « Toute notre vie, on s'est baigné, on a pêché, on vit encore maintenant sur cette plage et, du jour au lendemain, on nous la prend pour la donner à des investisseurs ? Ils sont devenus fous ! Et nos enfants, ils auront quoi comme héritage ? ». « On ne se laissera pas faire » martèle de son coté Petros Petrou,  homme d’affaire de la région qui croit savoir que la plage et plusieurs hectares aux alentours sont destinés à être loués pour 99 ans. « On a reçu cette plage et tout cet environnement de rêve de nos pères et grands pères. C'est un don de Dieu, on doit le préserver et le transmettre tel quel à nos enfants et petits-enfants ».

Se lamenter, c'est bien ; agir, c'est mieux. Georgos Beronis, agent immobilier à Naxos, la grande île toute proche, a l'esprit pratique. Il a essayé d’avoir plus de renseignements auprès du Taipeddans le but qu’une coopérative d’insulaires achète To Libadi et coupe court à tout investissement néfaste. « Ils ont refusé de me donner le moindre renseignement », tonne-t il. « Le jeu est truqué d’avance ! ». 

La même chose est arrivée aux mairies qui ont voulu racheter la Générale des Eaux de Thessalonique en voie de privatisation .Le Taiped, qui n'a de comptes à rendre à personne et que personne ne contrôle, n'a tout simplement pas répondu à leur demande.

Sur la question des plages, sa porte-parole Maria Tsinaridou, jointe par téléphone, se veut pourtant rassurante. « Nous n’avons jamais mis ces plages en vente », affirme–t-elle. « On les a indiquées sur notre site car l’État nous les a transférées et nous y sommes obligés pour des raisons de transparence ».

Loin de rassurer les Grecs, ces paroles sont perçues comme une provocation. D’autant que bon nombre des ces plages se trouvent dans des régions classées Natura 2000, c’est à dire inconstructibles et protégées, tant par les lois européennes que nationales. Ainsi à Corfou, la célèbre île ionienne dans le nord-ouest du pays, le Taiped a mis en vente un terrain de 180 hectares près du site d’Issos pour en faire, là aussi, un complexe hôtelier avec des villas de luxe et un terrain de golf. Sauf qu'Issos est en plein sur un site Natura 2000, censé être protégée par la loi grecque et européenne. 

Bétonnage

Qu’à cela ne tienne. Le Taiped qui précise sur son site que cette région est concernée par « des limitations environnementales » a démarré en avril dernier un recours devant le Tribunal Administratif pour annuler la décision des services forestiers qualifiant Issos de « région forestière et boisée » donc, au terme de la Constitution, totalement inconstructible. Idem pour la région d‘Elafonissos, dans le Péloponnèse.

« A chaque fois, c’est la même chose », explique Marie Karamanov, Présidente de la Chambre de l’environnement. « On transfère au Taiped tous les biens publics sans aucune autre procédure de vérification et après on change toutes les lois existantes pour satisfaire les acheteurs.»

En l’occurrence, le gouvernement va même plus loin. Il promulgue de nouvelles lois comme celle dites « du réaménagement du littoral grec ». « Non seulement cette loi ne prévoit plus un accès libre aux plages, comme c’était le cas auparavant »,  souligne Becky Blonn, à l’origine du mouvement Save The Greek Seashore, « mais en plus, elle donne le droit aux hôteliers de bâtir sur la plage, dans l’eau, cinq mètres carrés par lit !»

Pour Theodosia Natsiou de WWF Grèce (World Wide Fund, ONG de protection de la nature), c’est une catastrophe. « La France impose une distance de cent mètres du littoral pour construire, rappelle t-elle. Pourquoi nous, en Grèce, au nom de la crise, on devrait passer des cinquante mètres actuels à dix mètres ? On nous répond que les nouveaux touristes, veulent des hôtels sur l’eau ou sur la plage et non à coté de l’eau. Et alors !... Si, au Brésil, les touristes réclament de la pornographie infantile, on va la leur donner juste parce qu’ils la demandent ? Non, bien sûr ! Idem pour la Grèce ».

Autodestruction

Pour l’ingénieur Photis Yiannopoulos, du mouvement Stop au massacre du littoral, c’est tout le raisonnement qui est faussé, « Ils disent agir au non de la croissance et du développement. Ils font le contraire. Récemment, il y a eu  un article dans le New York Times qui montrait les cinquante-trois endroits qu’il fallait visiter cet été. Partout où il s’agissait de plages, c’étaient des plages totalement vierges. Ce qui plaît, ce sont les endroits les moins construits. Regardez ce qui s’est passé en Espagne sur la Costa Brava, bétonnée au nom du développement. Plus personne n’y va ».

Les archéologues font aussi partie du mouvement de contestation. Despoina Koutsouba redoute que la privatisation des plages près de sites en cours de fouilles n’interrompe les recherches. « Déjà, à l’hôtel Vouliagmeni - vendu -, le Temple d’Apollon est fermé au grand public car il se trouve dans l’enceinte de l’hôtel. Vous imaginez ce qui va se passer avec les autres temples ! On a cent-vingt sites archéologiques maritimes situés tout près des plages mises en vente. Ce n’est pas seulement les plages qui seront privatisées mais aussi une grande partie du passé de ce pays ».

Agis Emmanouil, 45 ans, acteur, s'est joint à tout ce mouvement et depuis trois jours, il court le long du littoral de l'Attique pour mobiliser. Seul à courir il y a trois jours, il a été rejoint par une centaine de Grecs. « C’est symbolique. Les plages, l’Attique n’ont jamais été fermées », dit-il, « et c’est ce que nous voulons prouver. Dites-le autour de vous ». Car son initiative, malgré l'indignation bien partagée de ses compatriotes contre la liquidation de leur littoral, reste un peu sans écho dans la presse.

Complément d'informations :
et très bon site : Okeanews

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Le 17 mars 2014

Le consensus européen sur la politique de la pêche

La surpêche est un problème mondial aux impacts environnementaux, économiques et sociaux. A l'occasion de la Conférence internationale de haut niveau sur la capacité de pêche, qui s'est tenue les 13-14 Mars à Thessalonique, l’équipe web de la Présidence grecque a interviewé  Olga Armeni, conseiller spécial du ministre grec du Développement rural et de l'Alimentation, Athanasios Tsaftaris.

Source : Présidence grecque

Q: En quoi consiste-elle la politique commune de la pêche et quelles sont les raisons de sa révision ?
R: La politique commune de la pêche est un cadre de règles relatives aux pratiques de pêche des États membres de l'UE qui vise à assurer la durabilité environnementale, économique et social de la pêche et de l'aquaculture. Toutefois, étant donné que l' industrie de la pêche est confronté à un avenir incertain et vu aussi l'état alarmant des stocks de poissons (les navires de l'UE continuent de pêcher à des taux qui ne permettent pas la reconstitution adéquate des populations par le biais de la reproduction), l'UE a révisé sa Politique commune de la pêche afin de parvenir à un développement rationnel du secteur, créer de nouvelles possibilités d'emploi dans les zones côtières et  à terme, garantir aux consommateurs l' approvisionnement des stocks de poissons en bonne santé, suite à une gestion rationnelle de la pêche.

Q: Quels sont les résultats à ce jour de la mise en œuvre de la politique commune de la pêche? Que peut-on s'attendre à l'avenir ?
R: Aujourd'hui, il n'y a pas d'avis scientifiques sur la situation actuelle de 60 % des stocks de poissons. La façon dont ceux-ci avaient été gérées dans la période 2003-2010 indique que la capacité de pêche qui avait été approuvée par le Conseil a dépassé de 40% les niveaux conseillés. Selon les estimations scientifiques à ce jour, les rejets de pêche représentent 23 % de la production totale de la pêche, ce qui signifie que 1,7 million de tonnes de poisson par an sont rejetées à la mer.
De plus, au cours de la dernière décennie, plus de 30 % des emplois dans le secteur de la pêche ont été perdus et les jeunes ne sont pas intéressés à entrer dans le marché, tandis que plus de 65% des produits de la pêche dans l'UE est importé.
Avec la mise en œuvre de la politique révisée, notamment en suivant le principe de «rendement maximum durable» , il est prévu qu'au moins 80% des stocks sera pêché selon ce principe (soit «rendement maximum durable» ) d'ici à 2020. La taille du stock est estimé à augmenter de 15 millions de tonnes et la production de 500 000 tonnes, tandis que le nombre d'emplois augmentera de 30 % d'ici 2022.

Q: Comment le nouveau Fonds européen pour la pêche aidera dans la réalisation de ces objectifs?
R: Le nouveau Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, avec un budget de 6,4 milliards euro pour la période 2014-2020, soutient, à titre prioritaire, les petites et moyennes entreprises au développement des actions telles que la modification des moteurs et l'achat de matériel de pêche afin d’améliorer les conditions de santé et de sécurité au travail et les soutenir pendant les périodes d’arrêt des activités de pêche.
Un soutien supplémentaire est envisagé pour la reconstitution des stocks, l'interdiction progressive des rejets, le renforcement de l'innovation de l'aquaculture dans les pratiques visant à la protection de l'environnement et la promotion de mesures pour le soutien de la pêche côtière à petite échelle et des jeunes pêcheurs. En outre, le Fonds soutient les activités de la politique maritime intégrée en matière de collecte de données sur la pêche et le contrôle des coûts de la pêche, ainsi que la transformation et la commercialisation des produits de la pêche.

Q: Comment les ressources sont-elles réparties entre les États membres ?
R: La répartition des ressources entre les États membres devait se faire compte tenu, entre autres, de critères tels que l'emploi, la production de la pêche et de l'aquaculture et la participation des petites flottes de pêche côtières. De cette façon, l'UE espère améliorer la situation dans le secteur de la pêche et d'élever le niveau de vie des pêcheurs dans les États membres.

Q: Est-ce que le problème des stocks épuisés et la surcapacité concernent seulement l’UE ?
R: Le problème est plus vaste et exige une action concertée. Dans ce contexte, la Conférence internationale de haut niveau sur la capacité de pêche s’est déroulé à Thessalonique, les 13-14 mars, visant à engager des acteurs internationaux dans la gestion de la capacité de pêche à prendre davantage de mesures. À cette fin, une déclaration commune est signée par les participants, en particulière par des pays ayant un intérêt particulier dans la pêche, y compris les États-Unis, le Japon, l'Indonésie et probablement le Maroc et la Colombie. Cette déclaration est un engagement politique des signataires sur la base des politiques adoptées. Ainsi, les pays hors de l'UE seront obligés de se conformer et de prendre des mesures pour résoudre le problème de la surcapacité.

Des grandes nations de la pêche s'engagent en faveur d'une "pêche durable"

Plusieurs grandes nations de la pêche, dont l'Union européenne, les Etats-Unis et le Japon se sont engagées vendredi dans une déclaration commune à oeuvrer pour mieux maîtriser les surcapacités de capture afin de favoriser une gestion durable des stocks de poisson.

Source : Afp/marine-oceans

Les six signataires - UE, USA, Japon, Philippines, Colombie, Indonésie- affirment leur intention de coopérer en vue de "trouver les mesures nécessaires pour réguler les volumes de pêche afin de garantir la durabilité des ressources halieutiques", affirme la déclaration finale adoptée à Thessalonique, dans nord de la Grèce.

La présidence grecque de l'UE y a organisé durant deux jours une conférence internationale dans le but d'étendre au niveau mondial les efforts déployés ces dernières années par l'UE contre la surcapacité de sa pêche.

Outre ses conséquences sur les stocks de poisson, la surcapacité de pêche "peut avoir de sérieuses conséquences négatives sur le plan socio-économique et environnemental, notamment pour les communautés côtières des pays en développement dont la subsistance dépend de la pêche", soulignent les signataires.

Parmi les outils qu'ils s'engagent à promouvoir figurent le développement d'un inventaire international des navires de pêche, la limitation du nombre d'immatriculations et du tonnage, la diminution des subventions qui favorisent la surpêche.

L'UE fait valoir que la flotte de navires de pêche de l'Union a baissé de 25% depuis 2000 et que la récente réforme de la politique commune de la pêche vise à éliminer toute surcapacité et à réorienter les subventions en faveur d'activités halieutiques durables.

En 2015, selon l'accord conclu en décembre entre les ministres européens de la pêche, 30 stocks de poissons seront gérés de manière à assurer le renouvellement de l'espèce contre 25 actuellement.

"Nous devons bien sûr faire plus. (...) Nous avons des idées mais nous ne sommes pas encore assez concrets", a reconnu à Thessalonique la Commissaire européenne chargée de la pêche Maria Damanaki.

A l'issue de cette déclaration, l'organisation de défense de l'environnement Greenpeace a souligné qu'il était "grand temps de transformer les mots en actions", rappelant que la flotte des pays de l'UE était encore en capacité de pêcher "deux ou trois fois plus de poissons" que les normes durables.

Réunion des présidents des Commissions de la Production, du Commerce et des Affaires maritimes

Le Parlement grec a organisé une réunion des présidents des Commissions parlementaires de la production, du commerce et des affaires maritimes, le lundi 17 mars 2014. La réunion, présidée par le président de la commission compétente du Parlement grec, le député Giorgos Vlachos, a commencé par un débat sur la «croissance bleue», suivi par le thème «Connecter l'Europe - La politique européenne en matière de Transports: un véhicule pour la croissance et l'emploi ». Un débat sur « les PME: faciliter l'accès au financement » a conclu la réunion. Source : Présidence grecque

Lire le communiqué de presse ci-après :


J+1 : Cliquer Ici pour la traduction en français

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Le 20 mars 2014

«L'État et les banques, les dessous d'un hold-up historique»



  
«L'État et les banques, les dessous d'un hold-up historique» par Myret Zaki et Etienne Chouard

usfprod 

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