jeudi 12 décembre 2013

Pêche profonde. Discussion autour du chalutage dans les Grands fonds...


Cette carte de Pere Puig montre les principales zones de chalutage en eaux profondes dans le monde. Elle identifie uniquement le chalutage sur le talus continental sachant que hauts fonds isolés et chaînes sous-marines sont également des cibles pour la pêche profonde. La surface exploitée (en rouge) représente un total de 4,4 millions de km2 , soit presque la moitié de la surface des USA ou de la Chine. La Zone R (Nouvelle-Zélande) concerne la plus grande pêcherie en eaux profondes qui est écolabellisée pêche durable par le MSC : Hoki de Nouvelle-Zélande... Cliquer Ici pour plus d'explications... (1)

Aux antipodes, les pêcheries en eaux profondes sont labellisées "Pêche durable" : Hoki de Nouvelle-Zélande, ou en cours d'évaluation "Pêche durable" : Grenadier d'Australie. En Nouvelle-Zélande, les quotas de pêche sont même en très forte hausse : Deepwater species TACC increase announced

La Scapêche, l’armement d’Intermarché, est présentée comme le monstre des Grands Fonds (dans la BD de Pénélope Bagieu)... C’est un petit monstre comparé à l’armement néozélandais Sanford qui pêche le Hoki en Nouvelle-Zélande (20.000 tonnes contre 137.000 tonnes de poisson chaque année) : Nouvelle-Zélande. Hoki et Haka au pays des Maoris...

Un débat en direct à l’Assemblée nationale : Mardi 26 Novembre à 17h15

Les principaux acteurs (pêcheurs, Onge, scientifiques, élus,...) vont avoir l’occasion de débattre dans les jours à venir. Sans doute dans les couloirs du Parlement européen, aux alentours du 10 décembre, mais aussi dès aujourd’hui, mardi 26 novembre, à 17 h 15, lors d’une table ronde organisée par la commission du développement durable et la commission des affaires européennes et retransmise en direct sur le portail vidéo de l’Assemblée Nationale. Voir Ici la vidéo des débats...

10 décembre 2013 : Vote en séance plénière au Parlement européen : Contre l'interdiction

Un amendement demandant une élimination générale du chalutage de fond après deux ans a été rejeté par 342 voix contre 326 et 19 abstentions.

Cliquer Ici pour en savoir plus






Au moment du Grenelle de la Mer... Rappelez-vous... En août 2009, Louis Le Pensec, président de la commission pêche en eaux profondes, avait claqué la porte...

4 ans plus tard, Claire Nouvian fondatrice de Bloom nous explique que le chalutage dans les grands fonds est une affaire classée ! (2) Une affaire classée depuis le Grenelle de la Mer et pour l'Europe Bleue... Cependant, y-a-t-il eu discussion autour du chalutage ? Alors que des pêcheries chalutières en eaux profondes sont écolabellisées "Pêche durable" dans d'autres régions du monde. C'est le cas du Hoki de Nouvelle-Zélande avec le label MSC...

Le 1 septembre 2009, Raymond Cosquéric écrivait dans Ouest France

(Le Blue Charity Business fonctionnait déjà à plein... Et personne ne le savait à ce moment-là ! NDLR)

Pêche profonde : Le Pensec claque la porte 

Missionné par le gouvernement, l'ancien ministre rocardien a le sentiment d'avoir été doublé. « Le monde de la pêche ne manquera pas de juger sévèrement la procédure. »


La pêcherie française de "Grands fonds" est très encadrée dans l'Ouest des Îles Britanniques

Coup d'éclat de Louis Le Pensec hier : l'ancien ministre socialiste a démissionné d'un comité d'experts dont il avait pris la présidence à la demande des ministres Jean-Louis Borloo et Bruno Le Maire. Il était mandaté pour traiter d'un sujet brûlant pour les pêcheurs lorientais et finistériens : interdire ou non la pêche des grands fonds.

« J'apprends ce jour que la France vient d'arrêter sa position en vue de l'assemblée générale de l'ONU des 17 et 18 septembre où elle défendra l'arrêt des pêches profondes en haute mer », écrit Louis Le Pensec à Jean-Louis Borloo. « Qui peut penser qu'ensuite elle prendrait une autre position pour la zone économique exclusive de l'Union? » [européenne].


Si les informations de Louis Le Pensec sont bonnes, on aurait donc, dans l'entourage de Jean-Louis Borloo (ou plus haut?) pris une position extrême vis-à-vis des pêches profondes sans attendre la prise de position du Comité. Un comité extrêment divers, rassemblant des armateurs, des scientifiques et des écologistes. Parmi ces derniers, l'un des plus ardents militants anti-chalut serait Claire Nouvian, « Ambassadrice des Océans ». Louis Le Pensec apprend aussi que cette personnalité va se voir confier une « mission » pour « conduire une action de sensibilisation de nos partenaires européens et étrangers pour faire avancer cette cause de l'interdiction ».

La pêche industrielle menacée

Pour les armateurs, c'est quand même un peu rapide, puisque le comité d'experts n'a pas encore auditionné les scientifiques et les pêcheurs concernés pour évaluer l'impact des pêches profondes sur les coraux , la ressource en empereur, en lingue bleue, sabre, etc.

Du côté des pêcheurs, on conservait en effet l'espoir de sauver cette activité désormais extrêmement réglementée. Certains se faisaient forts de montrer que le déclin de l'empereur n'était pas une généralité, que la pression de pêche avait énormément diminué, et que la chalutage profond essentiel à la survie de la pêche industrielle lorientaise, pouvait être sauvé avec certains aménagements.

Conclusion de Louis Le Pensec: « Le monde de la pêche ne manquera pas de juger sévèrement la procédure ainsi dévoyée du Grenelle de la mer et de considérer que la politique de la pêche est d'abord inspirée en haut lieu par un souci de communication. »

Quant à Regard sur la pêche et l'aquaculture... (toujours en septembre 2009)

Pêche profonde. Grenelle de la Mer : Et vogue la galère !

Aux commandes du vaisseau « Grenelle de la Mer », Le Pensec avait été choisi pour accomplir une première mission : atteindre le cap «pêche en eaux profondes ».

Dans la marine il n’y a qu’un seul maitre à bord… Personne ne peut déroger à cette règle. Pas même l’armateur, et pourtant…..

Trahi, le commandant quitte le navire. Solidaire, tout l’équipage met pied à terre. Seuls restent à bord les passagers de fortune… et vogue la galère !

« Les pêcheurs basques claquent la porte du Grenelle de la Mer »

« Inscrit dans les objectifs du Grenelle de la Mer, le dossier du chalutage en eaux profondes dans les eaux européennes réunit depuis mi-juillet le secteur professionnel de la pêche et un consortium de scientifiques et de représentants d'organisations environnementales. Sous l'autorité de l'ancien Ministre socialiste de la Mer Louis le Pensec, les conclusions sont attendues pour fin octobre, un délai que le gouvernement français a certainement trouvé trop long.

Pressée par l'ONU de faire entendre sa position le 17 septembre prochain, la France aurait semble-t-il déjà arrêté sa position, en faveur de l'arrêt de cette pêche pour les eaux internationales. Un passage en force qui, parvenu à la connaissance du Président de la Commission, a provoqué la colère, puis la démission de cette personnalité politique unanimement appréciée par les membres du collège qualifié du Grenelle de la Mer, parmi lesquels Serge Larzabal, Président du Comité de Pêche de St Jean-de-Luz (Pays Basque nord).

Le 11 août dernier, le Ministre de la Pêche, Bruno Le Maire, avait tenu à rassurer les pêcheurs de St Jean-de-Luz sur le maintien de leurs activités "dans le respect des exigences environnementales" : trois semaines plus tard, les professionnels ont un peu l'impression d'avoir été pris pour des thons... » (3)

Ambition maritime de la France ?


La France se targue de posséder le deuxième domaine maritime dans le monde, un espace océanique de 11 millions de km2 (8% de la ZEE de la planète) dont l’étendue est 20 fois supérieur au territoire métropolitain. En mettant en chantier le Grenelle de la Mer, le Ministère de l’Ecologie devait impulser une politique maritime à la France. Après sa mise à l’eau et un premier cap : chalutage dans les grands fonds, force est de constater que le navire gîte fortement du côté environnementaliste. Après ce premier flop, nous sommes en droit de nous demander si la France s’est donnée tous les moyens pour administrer et mettre en valeur un si vaste territoire confié à notre pays dans le cadre de la convention internationale sur le droit de la mer de Montego Bay en 1982.

Près de 30 années après la délimitation de cette si généreuse zone économique exclusive (ZEE), on ne peut pas dire que la France en ait vraiment tiré profit ; elle reste une puissance maritime modeste dans le monde. A l’exception de l’exploration des grands fonds, la France est en recul dans tous les secteurs stratégiques, transports maritimes et activités halieutiques. La pêche française se place au 24e rang mondial loin derrière l’Islande, la Corée du Sud ou Taïwan des pays beaucoup moins lotis en espace maritime….

L’ambition maritime de la France ne se résumerait-elle qu'à sanctuariser 20% de son domaine maritime, construire des marinas et installer des éoliennes et hydroliennes offshore ?

Hoki, une pêcherie en eaux profondes certifiée durable MSC

Hier, le filet maillant, aujourd’hui le chalut en eaux profondes, demain interdiction de tout chalutage (et de la drague à coquille saint-jacques). Bientôt il ne restera plus aux marins-pêcheurs que la pêche à la ligne, ou plutôt la pêche à main nue, j’oubliai les associations de bien-être animal pour lesquelles l'hameçon est considéré comme un engin de torture !

Avec le chalutage en eaux profondes, les pêcheurs ne souhaitent pas être pris dans un engrenage d’interdits. Ils sont prêts à adapter leurs techniques de captures, mais pas à n’importe quelles conditions. Plusieurs programmes significatifs sont en cours avec l'IFREMER.

Cette "fixation" sur les engins de pêche fait oublier que ce n’est pas tel engin ou tel autre qui est condamnable en lui-même, mais plutôt l’intensité avec lequel il est utilisé dans une zone de pêche donnée. Par exemple : dans le cadre de la pêche à la langouste en zone Caraïbes, l’utilisation massive de casiers a des effets négatifs sur les récifs coralliens et elle contribue à la surpêche, pourtant les casiers (ou nasses) sont considérés comme des arts dormants, passifs et sélectifs.

La principale pêcherie en eaux profondes dans le monde concerne le hoki au large des côtes de Nouvelle-Zélande. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de tonnes de hoki sont écolabellisées « pêche durable » depuis 2001 par le Marine Stewardship Council (MSC). En Europe, la pêcherie des grands fonds concerne empereur, lingue et grenadier. La Scapêche du groupe « Intermarché » est le principal armement français à cibler ce type d’espèces pour une quantité de 7000 tonnes (près du quart des ventes en criée à Lorient).

Philippe Favrelière (Texte publié le 25 novembre 2013 et titre modifié le 5 décembre 2013) (834)  

(1) Nature (Septembre 2012) : Ploughing the deep sea floor
Pere Puig, Miquel Canals, Joan B. Company, Jacobo Martín, David Amblas, Galderic Lastras, Albert Palanques & Antoni M. Calafat
(2) Bloom : Il n'existe pas de controverse sur la pêche profonde, vérifiez vos sources !
(3) EITB (Journal basque)

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Le 3 Décembre 2013

Grands Fonds : Nouveaux horizons de l’économie maritime !

Au moment où Claire Nouvian remet à François Hollande les  quelques 700000 signatures contre la pêche profonde, Jean-Marc Ayrault ouvre à Montpellier les 9e Assises de la Mer qui "prospecteront" les grands fonds en vue de l'exploitation minière et pétrolière...

Ceux qui font l'économie de la mer ?

Sur l'affiche des Assises de la Mer, pas de bateaux de pêche, pas d'installations aquacoles....

Lundi 2 Décembre 2013 à Paris : Pêche dans les Grands Fonds

BLOOM remet aujourd’hui à M. François Hollande les 653 148 premières signatures que la pétition de l’association a recueillies et qui somment le chef de l’Etat à soutenir sans ambiguïté la proposition européenne d’interdiction du chalutage profond. Les cartons de feuillets imprimés que représente une liste de signataires aussi spectaculaire sont accompagnés d’un courrier signé de diverses personnalités, notamment Hélène de Fougerolles, ambassadrice de la défense des océans profonds aux côtés de BLOOM.

La lettre adressée au Président de la République l’enjoint à tenir compte de la demande explicite de près de 700 000 citoyens de « faire cesser le non-sens écologique et économique de la pêche profonde au chalut qui décime une centaine d’espèces, dont des animaux menacés d’extinction ». Le courrier rappelle que « La pêche profonde au chalut n’est pas une méthode de pêche acceptable d’un point de vue environnemental, économique ou sociétal. Les Français s’y opposent. Les chercheurs s’y opposent. Les acteurs privés prennent des mesures qui vont au-delà du cadre règlementaire qu’ils savent être très en deçà de l’urgence écologique. » Source : L’enseigne CASINO entend les Français, Hollande non

A la conquête des Grands Fonds Marins...

Le Premier ministre,  Jean-Marc Ayrault, a participé aux Assises de la mer à Montpellier. Il a envoyé un signal fort en direction des Grands Fonds Marins.

"Tout doit être fait pour faciliter la mise en valeur économique de ces espaces. Cela concerne en premier lieu les grands fonds marins. L'océan est un formidable gisement de ressources minérales et ses perspectives de développement économique sont majeures", a insisté Jean-Marc Ayrault.

Droit de la mer : Ayrault veut une "remise à plat" de la législation française

Jean-Marc Ayrault veut une pêche modernisée, dynamique, compétitive et respectueuse de l'environnement. L'approche selon lui doit être communautaire. Mais ce qui intéresse surtout le Premier ministre, c'est le développement minier dans les Grands Fonds...

Voir la vidéo  du Discours de Jean-Marc Ayrault aux Assises de la mer de Montpellier

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé "la remise à plat du droit relatif à l'espace maritime" de la France ainsi que "la mise en conformité de la législation avec la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", mardi à Montpellier.

Constatant un retard de la France dans la compétition internationale dans l'exploitation des ressources maritimes, le Premier ministre, qui s'exprimait lors de la première journée des assises de l'économie maritime et du littoral, a fixé comme "première étape la remise à plat du droit relatif à nos espaces maritimes, qui est peu lisible, et ne fournit pas à nos opérateurs le cadre simple et stable dont ils ont besoin".

"Notre législation doit être mise en conformité avec la Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer et l'enjeu, pour la France, est bien de réaffirmer ses droits sur ses différents espaces maritimes", a ajouté le chef du gouvernement.

Il s'agit notamment d'aider à la délimitation des zones d'eaux territoriales, des zones économiques exclusives et du plateau continental, a expliqué une source proche du dossier, précisant qu'il y a également la volonté de mettre le droit français en adéquation avec la convention internationale de Montego Bay de 1982.

"Tout doit être fait pour faciliter la mise en valeur économique de ces espaces. Cela concerne en premier lieu les grands fonds marins. L'océan est un formidable gisement de ressources minérales et ses perspectives de développement économique sont majeures", a insisté Jean-Marc Ayrault.

Le Comité Interministériel de la Mer (CIMer), réuni lundi à Paris a validé pour les cinq prochaines années un programme national d'accès aux grands fonds marins qui concerne l'outre-mer, a annoncé M. Ayrault.
Dans ce sens, cette décision "doit permettre d'engager de nouvelles campagnes de valorisation de nos ressources minérales, ainsi que le développement des technologies qui y sont associées", a précisé le Premier ministre.

La remise à plat du droit relatif aux espaces maritimes sera effectué dans un projet d'ordonnance dont Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, la mer et la pêche, a été chargé, a précisé le Premier ministre.

L'économie maritime est aux yeux de M. Ayrault un pari pour la "croissance extraordinaire pour la France, mais méconnu" alors que le secteur représente 310.000 emplois directs hors tourisme et 52 milliards d'euros de production pour un chiffre d'affaires mondial de 1.100 milliards d'euros annuels.

"L'objectif que nous pouvons nous fixer est le suivant : conquérir 10% de ces nouveaux marchés pour dégager un chiffre d'affaires supplémentaire de l'ordre de 50 milliards d'euros, c'est-à-dire un quasi-doublement du chiffre d'affaires actuel avec les conséquences positives que l'on peut imaginer en termes d'emplois", a-t-il fait valoir. D'après France 3 Languedoc Roussillon : Jean-Marc Ayrault participe aux Assises de la mer à Montpellier

On peut comprendre que Total ne souhaite pas de chalutier dans les régions pétrolières !


Total exploite le gisement de Pazflor, en Angola, par des profondeurs de 600 à 1 000 mètres (Photo Jean-Pascal Donnot/Total). Bientôt, des centaines d'Arbres de Noël (ou Puits de pétrole) et des milliers de km de tuyaux tapisseront les grands fonds.

Mais que l'association Bloom ne parle pas de ces projets pétroliers dans les champs de coraux, est inquiétant pour la biodiversité des Abysses....

Total a besoin des entreprises françaises pour se développer dans l'offshore profond

Jean-Francois Minster, directeur scientifique du groupe Total, a réaffirmé la volonté du groupe de s'appuyer sur des entreprises françaises pour développer l'activité de l'offshore profond Lors des Assises de l'économie maritime à Montpellier.

"Les enjeux sont de plusieurs natures, a-t-il expliqué. Il faut appuyer le progrès en matière sismique, pour les outils d'intervention sous-marine, mais également renforcer les technologies qui permettent de relier la terre à la mer." En effet, pour la liaison matérielle, les risers sont des systèmes très complexes et donc coûteux. Pour les liaisons électriques, les câbles de transfert restent à améliorer car les systèmes d'avenir seront sous-marins et devront être alimentés.

Enfin, les systèmes d'intervention rapide devront être développés car "avec les centaines de têtes de puits qui sont actuellement au fond des océans, on ne peut écarter la possibilité d'un accident". Les entreprises françaises continuent donc d'être invitées à proposer des solutions à ces nouvelles problématiques liées à l'offshore profond. Source : Le Marin

Mercredi 4 décembre à Montpellier : Exploitation minière dans les Grands Fonds

9h00
Accueil   Les nouveaux horizons de l’économie maritime

9h05 – 9h20
Que savons-nous, qu’ignorons-nous des richesses des océans ?
Robert Calcagno, Directeur général, Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

9h20 – 9h50
Table ronde 1  : Les biotechnologies, déjà un espoir, bientôt une industrie ?
Laurent Bruckler, Président, Centre INRA de Montpellier
Dominique Sennedot, Président, Pôle mer Bretagne
Franck Zal, Président directeur général, Hemarina

9h50 – 10h25
Table ronde 2  : Offshore, minéraux, océanographie : les défis des grand fonds
Julien Denegre, Directeur du Développement Mines et métaux, Technip
Jean-François Minster, Directeur scientifique, Total
Vincent Trelut, Vice-président, Eramet

10h25 – 10h55
Table ronde 3 : Le gaz, un eldorado énergétique, mais quelles applications pour les navires?
Philippe Berterottière, Président directeur général, GTT
Jean-Charles Dupire, Directeur général, GAZOCEAN
Philippe Maler, Chef de la mission GNL - carburant marin, MEDDE

11h20 – 12h00
Les nouvelles énergies, quelles vraies ruptures technologiques ?
Laurent Baranger, Secrétaire général, Mission Hydrogène
Jean-Michel Germa, Président, SOPER
Frédéric Le Lidec, Directeur délégué aux EMR, DCNS
Jérôme Pécresse, Président, Alstom Renewable Power

12h00 – 12h15
Comment concilier développement économique et protection des océans ?
Interview de Paul Giacobbi, Président, Agence des Aires marines protégées

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Le 27 Novembre 2013

Le dossier que déteste Bloom...


"L’Ifremer retire sa caution scientifique aux lobbies de la pêche profonde" lit-on dans la presse ou bien "Pêche en eaux profondes : l’Ifremer se dédit, avantage à Bloom" dans Terraeco... A la suite d'un communiqué de Bloom

Mais le dossier tant détesté de Claire Nouvian, directrice de Bloom,  est toujours consultable sur le site de l’Ifremer dans les dossiers d'actualité

Chalutage profond : la controverse en débat à l’assemblée nationale

Après le compromis ébauché par la commission de la pêche du Parlement européen le 4 novembre, et avant le vote en plénière au Parlement européen le 10 décembre, le dossier de la pêche en eau profonde a été évoqué à l’Assemblée nationale le 26 novembre, ce qui a permis d’entendre les positions de scientifiques, d’ONG et de professionnels de la pêche.

Source : Le Marin

Cette table-ronde avait été organisée à l’instigation des commissions parlementaires chargées du Développement durable et des Affaires européennes. Marqué par des arguments contradictoires sur la durabilité et la rentabilité de cette pêcherie, le débat visait à renouer un semblant de dialogue entre les différents protagonistes.

Pour l’association Bloom, Claire Nouvian a pu se féliciter du succès de la BD virale publiée le 18 novembre par Pénélope Bagieu qui a permis à sa pétition en faveur de l’interdiction du chalutage profond de passer de 20 000 à plus de 630 000 signataires en une semaine. Elle en a fait une lecture outrancieusement biaisée le lendemain, laissant croire que l’Ifremer aurait changé de position, ce que ne démontre pourtant pas l’intervention citée.

Le Comité national des pêches maritimes et la Scapêche, principal armement visé par Bloom, tentent de répondre aussi sur les réseaux sociaux, assurant qu’une mesure d’interdiction serait catastrophique pour l’ensemble d’une filière qui a consenti depuis plus de 10 ans aux efforts exigés en vue d’une meilleures préservation des ressources marines.

Cliquer Ici pour consulter le dossier de l'Ifremer "Pêches profondes dans les eaux européennes : expertise et travaux menés par l’Ifremer"

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Le 29 Novembre 2013

Communiqué de l'Ifremer au sujet de la pêche profonde

L'Ifremer regrette que le débat actuel puisse conduire à une remise en cause injuste de l'intégrité de l'institut et de ses chercheurs.

Le 29 novembre 2013

Suite aux récents débats sur la pêche profonde, l'Ifremer souhaite rappeler son rôle et le contexte de son activité, afin de ne pas se trouver au cœur de controverses qui vont très au-delà de ses missions et peuvent nuire à la sérénité du travail scientifique.

Source : Ifremer

L’Ifremer est un organisme de recherche. A ce titre, l'institut participe, aux côtés de nombreux autres experts de dix-neuf autres pays d'Europe (pour mémoire, une petite centaine d'experts Ifremer sur tous les sujets liés à la pêche pour un ensemble de 4000 experts), aux différents stades de l’élaboration des diagnostics, avis et expertises sur les espèces exploitées par la pêche (profonde ou non).

Ces exercices sont menés par le Conseil International pour l'Exploration de la Mer (CIEM), à partir du meilleur niveau des connaissances scientifiques et de l’utilisation d’observations issues de bases de données internationales, dans un objectif de durabilité, incluant l'optimisation économique et environnementale de l'activité de pêche.

Lors de son intervention récente à la table ronde organisée par les commissions compétentes de l'Assemblée nationale, le directeur général délégué de l'institut, Patrick Vincent, s’est borné à dresser l'état des connaissances et à rappeler l’avis émis par le CIEM. Cette intervention ne saurait être assimilée à un soutien à l'une ou l'autre des parties du débat.

Par ailleurs, le document évoqué dans le débat et présent en ligne dans la rubrique médias du site de l'Ifremer depuis juin 2013, au demeurant simple actualisation d'un texte de 2012, a été élaboré à des fins de vulgarisation, dans des termes qui sont certes simplificateurs, mais visaient à faciliter la compréhension et à présenter une approche générale. Un tel document ne permet évidemment pas d'exprimer toute la complexité des notions véhiculées et de l'état de la connaissance. Il n'exprime pas « une position » de l'Ifremer et ne constitue en aucune façon une caution, de quelque nature que ce soit, envers aucun des acteurs du débat actuel sur la pêche profonde, ainsi que l'a rappelé Patrick Vincent. Aucune évolution dans les données scientifiques n'a eu lieu au cours des mois écoulés, indépendamment des exploitations que chacun veut bien en faire.

La communauté scientifique, dont l’Ifremer, poursuit ses recherches. Les enjeux tiennent à la compréhension des processus de renouvellement des populations (recrutement), la prise en compte de l'ensemble des composantes de l'écosystème et de leurs relations, ainsi que des différentes pressions environnementales qui s'exercent sur les espèces (perte d'habitats, pollution, réchauffement climatique, acidification, etc...). Les avancées scientifiques sur ces sujets sont discutées au CIEM et progressivement intégrées dans les méthodologies qu'il met en œuvre de façon consensuelle.

Enfin, et de manière générale, l'Ifremer regrette que le débat actuel puisse conduire à une remise en cause injuste de l'intégrité de l'institut et de ses chercheurs.

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Nous avions écrit....


Aujourd'hui, nous demandons...

Que vaut un petit chercheur face à toutes ces célébrités !

http://blog.bluelobby.eu/

Cliquer sur la copie d'écran Bloom pour en savoir +

La conscience écologique de Richard Branson, nouvel héros des océans

Dans la galerie de portraits des soutiens apportés à l'association Bloom, se détache une figure particulière : Richard Branson, entrepreneur et fondateur du groupe Virgin, qui s'engage pour protéger les océans profonds !

"Préoccupé" par la transition énergétique

Voyons donc quels liens Richard Branson entretient avec les océans et s'il a une conscience écologique... En 2011, ce grand patron d'entreprises voraces en énergie fait état d'un pic pétrolier, qui sera finalement reconnu par le gouvernement britannique. Dans la vidéo il évoque la transition énergétique : la première solution abordée est le nucléaire...

Suite dans Storify

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Le 2 Décembre 2013

Hoki de Nouvelle-Zélande : Espèce de Grands Fonds Ecolabellisée MSC

Sous la pression de l'association Bloom, des grandes enseignes retirent ou vont retirer les espèces issues des pêcheries profondes de l’UE !

Mais tous ces distributeurs vont-ils boycotter les poissons de Grands fonds importés des autres océans ?.. Comme le Hoki de Nouvelle-Zélande, poisson écolabellisé pêche durable par le MSC....

Aux antipodes, les pêcheries en eaux profondes sont reconnues "Pêche durable" : Hoki de Nouvelle-Zélande, ou en cours d'évaluation "Pêche durable" : Grenadier d'Australie. En Nouvelle-Zélande, les quotas de pêche sont même en très forte hausse : Deepwater species TACC increase announced

La Scapêche, l’armement d’Intermarché, est présentée comme le monstre des Grands Fonds (dans la BD de Pénélope Bagieu)... C’est un petit monstre comparé à l’armement néozélandais Sanford qui pêche le Hoki en Nouvelle-Zélande (20.000 tonnes contre 137.000 tonnes de poisson chaque année) : Nouvelle-Zélande. Hoki et Haka au pays des Maoris...

Selon Bloom...

"L’enseigne CASINO entend les Français, Hollande non"

71% des Français souhaitent que François Hollande soutienne l’interdiction du chalutage profond, CASINO retire les espèces profondes des ventes

Source : Bloom

L’association BLOOM révèle ce matin que 71% des Français souhaitent que François Hollande soutienne la proposition européenne d’interdiction de la pêche profonde au chalut, selon les résultats d’un sondage BVA réalisé sur un échantillon représentatif de 1007 répondants du 15 au 18 novembre 2013, soit avant l’engouement viral des Français pour cette question généré par la bande dessinée de Pénélope Bagieu.

BLOOM et la fondation GoodPlanet recevaient également par courrier aujourd’hui la confirmation de l’enseigne Casino qu’elle retirerait des ventes, à partir du 1er janvier 2014, les principales espèces profondes (sabre noir, grenadier et brosme) et qu’elle maintenait sa décision, datant déjà de 2007, de ne plus commercialiser la lingue bleue et l’empereur. Casino fait également valoir que depuis avril 2012, ses magasins sont engagés dans une valorisation de la pêche artisanale française par le biais d’un réseau de distribution spécifique mis en place en partenariat avec les ports français (Lorient, Concarneau, Cherbourg, Fécamp, Granville, Saint-Jean-de-Luz etc.) permettant aux acheteurs d’accéder à la pêche « du jour ».

BLOOM remet aujourd’hui à M. François Hollande les 653 148 premières signatures que la pétition de l’association a recueillies et qui somment le chef de l’Etat à soutenir sans ambiguïté la proposition européenne d’interdiction du chalutage profond. Les cartons de feuillets imprimés que représente une liste de signataires aussi spectaculaire sont accompagnés d’un courrier signé de diverses personnalités, notamment Hélène de Fougerolles, ambassadrice de la défense des océans profonds aux côtés de BLOOM.

La lettre adressée au Président de la République l’enjoint à tenir compte de la demande explicite de près de 700 000 citoyens de « faire cesser le non-sens écologique et économique de la pêche profonde au chalut qui décime une centaine d’espèces, dont des animaux menacés d’extinction ». Le courrier rappelle que « La pêche profonde au chalut n’est pas une méthode de pêche acceptable d’un point de vue environnemental, économique ou sociétal. Les Français s’y opposent. Les chercheurs s’y opposent. Les acteurs privés prennent des mesures qui vont au-delà du cadre règlementaire qu’ils savent être très en deçà de l’urgence écologique. »

Jusqu’à présent, le gouvernement est resté silencieux sur la mobilisation des Français et n’a pas changé sa position officielle qui consiste à défendre bec et ongles l’activité déficitaire et subventionnée de trois conglomérats industriels, Intermarché en tête.

« Assiégé par près de 700 000 citoyens, doublé par les acteurs privés tels que Casino qui font preuve de courage et de vision, combien de temps François Hollande va-t-il faire la sourde oreille à cette question urgente ? » questionnait Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM. Le Parlement européen doit en effet voter le 10 décembre prochain l’interdiction du chalutage profond. « La délégation socialiste française va-t-elle une fois de plus se ridiculiser en s’opposant aux socialistes européens comme elle l’a fait pour le vote de la Politique Commune de la Pêche ? Nous espérons au moins que l’extraordinaire mobilisation des Français encouragera les eurodéputés français à se démarquer des lignes indiquées par leurs référents en matière de pêche, c’est-à-dire Alain Cadec pour l’UMP et Isabelle Thomas pour le PS, tous deux élus de Bretagne. »

Enfin, 311 chercheurs ont signé la déclaration de soutien pour arrêter les pratiques de pêche profonde les plus destructrices.

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Pêche de grands fonds. UFC Que Choisir apporte son éclairage...

Avis de gros temps sur le chalut profond

En l’espace de deux semaines, la bande dessinée de Pénélope Bagieu contre la pêche en eaux profondes a enflammé la blogosphère. Depuis, la pétition demandant son interdiction a connu un succès fulgurant. Face à la menace, la riposte des pêcheurs s’organise… Trop tard ?

Source : UFC Que Choisir  par Florence Humbert

À la veille du vote au Parlement européen sur le chalutage en eaux profondes, la bataille fait rage entre les défenseurs de la pêche hauturière et les ONG environnementalistes qui militent depuis des années pour la conservation des océans profonds. Fer de lance de ce combat, l’association Bloom vient de recevoir un soutien massif (et inattendu) du grand public grâce à une bande dessinée postée par Pénélope Bagieu sur son blog, le 19 novembre dernier. Sur un ton humoristique mais avec une efficacité redoutable, la dessinatrice y dresse un réquisitoire sans appel contre le chalutage profond, en s’appuyant sur les données diffusées par Bloom : « Et vous allez voir que ce n’est pas joli, joli », écrit-elle. Les bateaux y sont assimilés à des bulldozers qui décapent les fonds marins, sans discrimination : coraux, éponges, requins d’eaux profondes, etc., tout y passe ! « Si cette déforestation massive avait lieu à la surface, ce serait méga-spectaculaire (équivalente à la destruction de Paris en un jour et demi, par exemple) », commente Pénélope Bagieu, qui n’a pas peur des images fortes. Bref, une aberration écologique qui n’aurait même pas de justification sur le plan économique, car « malgré les millions d’euros d’aides publiques que perçoivent les navires industriels, tous sont déficitaires », affirme la dessinatrice. À commencer par la Scapêche (Société centrale des armements Mousquetaires à la pêche), filiale d’Intermarché. Premier armateur de France, la Scapêche est depuis des années le bouc émissaire des mouvements de défense des océans. À leurs yeux, elle a le tort d’être à la tête de 8 navires armés pour capturer des poissons d’eaux profondes, jusqu’à 1 200 m sous la surface, du côté du tombant du plateau continental, là où les fonds plongent vers les abysses, principalement au large de l’Écosse et de l’Irlande.

Qualifiée de « monstre des mers » par la BD, la Scapêche est pourtant un petit poisson comparé à l’armement néo-zélandais Sanford qui exploite le hoki, une espèce des grandes profondeurs (137 000 tonnes de poisson chaque année, contre 20 000 tonnes débarquées par la Scapêche). Il est vrai que les Néo-Zélandais ont tout de même obtenu l’écolabel pêche durable MSC ! Mais qu’importe. La démonstration coup de poing a porté ses fruits. En l’espace de 2 semaines, la bande dessinée a fait le tour de Facebook et la pétition de Bloom, l’association écologiste de Claire Nouvian, demandant l’interdiction de ce type de pêche a recueilli près de 700 000 signatures. À l’appui de ce raz-de-marée, Bloom cite un sondage BVA montrant que 71 % des Français souhaiteraient que le président François Hollande « soutienne la proposition européenne d’interdiction de la pêche profonde au chalut » (enquête BVA en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 1 007 personnes du 15 au 18 novembre 2013). Par peur d’avoir une marée de retard, l’enseigne Casino, sentant le vent tourner, vient d’annoncer qu’elle ne commercialisera plus de poissons issus de la pêche profonde à partir du 1er janvier 2014. Une façon de tacler son vieux concurrent Intermarché, qui a longtemps basé sa communication sur sa flottille de chalutiers ! Dans la grande distribution, tous les coups sont permis…(NDLR Le Groupe Casino ne dit pas s'il retire aussi les espèces de grands fonds capturées dans les mers du Sud comme le Hoki de Nouvelle-Zélande ou le merlu du Cap !)

3 000 fois plus destructeur que le pétrole ?

Là où le bât blesse, c’est que le procès a lieu exclusivement à charge et que tout droit à la parole est dénié à la défense ! Quoi qu’elle dise, elle est coupable et doit être condamnée. « Bien sûr, il y a des choses dans cette BD qui ne sont pas fausses, mais qui sont présentées de façon à manipuler l’opinion », remarque Alain Le Sann, secrétaire du collectif Pêche et Développement, une association qui s’est donné pour mission de défendre en priorité la pêche artisanale dans sa diversité et ne peut être suspectée d’être vendue aux intérêts de la pêche industrielle.

« Même si je ne doute pas que les ONG écologiques comme Bloom soient tout à fait sincères et honnêtes, quand Pénélope Bagieu affirme que le chalutage profond est 3 000 fois plus destructeur que le pétrole, il y a de quoi s’interroger, surtout quand on sait que ces pêcheries se trouvent exactement à l’endroit où se développe l’exploration pétrolière. Alors, de là à vouloir éliminer les témoins gênants de cette nouvelle exploitation des mers que sont les pêcheurs… » Curieux, en effet, d’autant que Bloom a le soutien financier de la fondation américaine Pew, qui bénéficie elle-même de donations de puissantes compagnies gazières et pétrolières (Sunuco et Oryx Energy).

« Personne n’ose vraiment répondre à Bloom, de peur d’avoir une mauvaise image, de passer pour quelqu’un qui n’a rien à faire de l’environnement », s’indigne Alain Le Sann, qui se dit « désespéré et révolté » par cette « manipulation de l’opinion et le mépris affiché des pêcheurs ».

Une pêche très encadrée

Poisson consommé en France : massivement issu de l’importation

Au Parlement européen de se prononcer

Lire le texte intégral : UFC Que Choisir  

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Le 9 Décembre 2013

Pêche profonde : Derrière des images identiques, le discours évolue...




AFP : La pêche en eaux profondes

Publiée le 30 janvier 2013
Si l'homme s'est longtemps contenté de pêcher le poisson dans les eaux de surface, l'épuisement des ressources a conduit l'industrie à se tourner vers des profondeurs pouvant atteindre 2000 mètres. Les scientifiques s'alarment: après une vingtaine d'années de pêche en eaux profondes, les ressources chutent drastiquement.

Publiée le 5 juin 2013 (idem)
Si l'homme s'est longtemps contenté de pêcher le poisson dans les eaux de surface, l'épuisement des ressources a conduit l'industrie à se tourner vers des profondeurs pouvant atteindre 2000 mètres. Les scientifiques s'alarment: après une vingtaine d'années de pêche en eaux profondes, les ressources chutent drastiquement.

Publiée le 2 octobre 2013
Débat au Parlement européen sur la pêche en eaux profondes, une technique de pêche fortement décriée pour son impact négatif sur les fonds des océans. VIDEOGRAPHIE

Publiée le 9 décembre 2013
Le Parlement européen examine un projet de règlementation adopté par sa commission pêche dont l'objectif est de geler "l'empreinte de pêche" du chalutage en eau profonde en le cantonnant dans des zones strictement définies. Ainsi les écosystèmes les plus vulnérables seront préservés dans des zones interdites à la pêche.VIDEOGRAPHIE

(Commentaire du 9 décembre correspond à la volonté des entreprises de pêche)

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Le Parlement européen vote contre l'interdiction de la pêche profonde : Réactions

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Le 10 Décembre 2013

Pêche en eaux profondes. Le Parlement européen contre l'interdiction

Le Parlement européen rejette l'interdiction du chalutage en eaux profondes.

Source : Ouest France

Le Parlement européen s'est prononcé mardi contre une interdiction de la pêche en eaux profondes pour les navires utilisant des chaluts ou des filets maillants de fond tout en prônant une réglementation accrue.

Menace pour l'environnement
Ces techniques sont accusées par leurs détracteurs de détruire des écosystèmes marins fragiles tels que les bancs decorail et d'épuiser la ressource halieutique en capturant, sans discrimination, des espèces de poissons à croissance et à reproduction lente.

Contrôle accru des licences
Les eurodéputés ont repoussé la proposition d'interdiction formulée par la Commission européenne mais se sont prononcés pour un contrôle accru des licences de pêche en eaux profonde qui ne seraient plus accordées pour les zones définies scientifiquement comme fragiles.
Ils ont inclus une clause de révision par laquelle la Commission européenne devrait réévaluer la situation d'ici quatre ans, avec la possibilité d'interdire alors les méthodes les plus destructrices.

Changer de méthode de pêche ?
Le dossier doit maintenant être examiné par les gouvernements européens qui ne se sont pas encore exprimés sur le sujet.
Selon la Commission européenne, la pêche en eaux profondes ne représente que 1% (34 334 tonnes en 2008) des prises totales dans l'Atlantique du nord-est, la zone de pêche concernée.
"17% des navires sont affectés (par la proposition), ce qui ne veut pas dire qu'ils doivent rester au port, mais qu'ils doivent changer de technique de pêche", a plaidé lundi soir la commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki.

Les pêcheurs de l'Ouest soulagés
Les flottes concernées sont principalement celles de l'Espagne, du Portugal et de la France, qui comptabilise neuf bateaux spécialisés dans cette activité sur un total de onze dans l'Union européenne, selon l'eurodéputé vert Jean-Paul Besset.
Les autorités françaises estimaient, en 2010, que 180 emplois et 200 poissonneries spécialisées étaient liés à la pêche en eau profonde, une activité principalement représentée à Boulogne-sur-Mer, Lorient, Concarneau et Le Guilvinec.
"La proposition aura une incidence très limitée mais plus sensible au niveau local", concluait la Commission européenne dans un mémorandum publié l'an dernier.

Cuvillier : "éviter la caricature"
Le ministre des Transport, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier parle "d’un signe fort du Parlement européen. Il faut éviter la caricature. Le rôle du politique est de prendre en compte, les aspects économiques, sociaux et environnementaux du dossier. C’est ce qu’ont fait les parlementaires européens. La France est très impliquée pour une pêche mieux contrôlée et mieux réglementée."

Prochaine étape la réunion du Conseil des ministres des pêches européennes. Frédéric Cuvillier espère "aboutir à une décision définitive le plus rapidement possible."

Pour la députée européenne PS Isabelle Thomas, il s'agit d'une "victoire de la raison" :

L'association Bloom, par la voix de sa présidente Claire Nouvian, dénonce des "alliances déplorables", estimant que ce vote jette "un discrédit final sur nos grands partis majoritaires".

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Pêche en eau profonde: interdire les chaluts de fond dans les zones vulnérables

Source : Europarlement en Session plénière Communiqué de presse - Pêche − 10-12-2013 - 14:44

Toutes les activités de pêche devraient être interdites dans les zones qui comprennent des écosystèmes marins fragiles, qui devront être répertoriées par la Commission européenne. Le chalutage de fond ne devrait cependant pas être totalement supprimé, ont affirmé les députés ce mardi lors d'un vote en plénière sur un projet de règlement sur la pêche en eau profonde dans l’Atlantique Nord-Est.

"Nous nous sommes battus pour protéger au mieux les poissons et les écosystèmes marins vulnérables en eau profonde. Mais la plénière a décidé de soutenir le compromis conclu en commission de la pêche. Le Parlement a donc cédé aux demandes du secteur et a voté contre une interdiction immédiate du chalutage de fond et d'une transition vers des engins de pêche plus sélectifs. C'est désormais le moment de vérité pour le Conseil. Va-t-il accepter le compromis de la commission de la pêche ou se prononcera-t-il en faveur d'une protection nulle des stocks en eau profonde? Les citoyens veulent connaître la réponse. Ils voudront savoir qui bloque les décisions nécessaires pour protéger les espèces en eau profonde", a déclaré le rapporteur Kriton Arsenis (S&D, EL) après le vote. Le rapport a été adopté par 567 voix pour, 91 voix contre et 32 abstentions.

Un amendement demandant une élimination générale du chalutage de fond après deux ans a été rejeté par 342 voix contre 326 et 19 abstentions.

Fermeture des zones vulnérables à tous les navires

Les États membres doivent s'appuyer sur les meilleures informations scientifiques et techniques disponibles pour identifier les écosystèmes marins vulnérables actuels ou futurs. En se basant sur ces informations, la Commission devrait établir une liste de ces zones, qui seraient alors fermées à tous les navires européens si elles sont en haute mer et à tous les navires en général si elles sont situées dans les eaux européennes, selon le texte approuvé.

Tous les chaluts de fond pourraient être interdits après quatre ans

Les députés ont cependant introduit une clause de révision qui contraint la Commission à évaluer, après quatre ans, l’impact des engins spéciaux utilisés pour la pêche en eau profonde (en particulier les chaluts de fond ou les filets maillants de fond) sur les espèces et les écosystèmes marins vulnérables d'eau profonde. Si cette évaluation montre que ces écosystèmes ou les stocks en eau profonde ne sont pas suffisamment protégés, la Commission pourrait alors proposer une interdiction générale de l'engin concerné.

Une aide financière pour utiliser d'autres engins de pêche

Les propriétaires de bateaux qui utilisent des chaluts de fond ou des filets maillants de fond pourront bénéficier de l'aide financière du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). L'objectif est de les aider à changer d'engin de pêche sur les bateaux concernés et à acquérir le savoir-faire et la formation nécessaires pour utiliser ce nouvel engin, à condition que celui-ci ait un impact plus limité sur l'environnement marin et les écosystèmes marins vulnérables.

Les stocks d'eau profonde sont constitués des poissons pris dans les eaux au-delà des zones principales de pêche des plateaux continentaux. La plupart des espèces concernées sont à croissance lente et vivent longtemps, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la pêche. Leurs habitats et écosystèmes sont largement inconnus et leur environnement, fragile, pourrait mettre des siècles à se régénérer s’il était endommagé.

Prochaines étapes

Les États membres doivent encore définir leur position au Conseil. Les députés essayeront ensuite de conclure un accord, qui devra être approuvé par le Parlement en seconde lecture l'an prochain.

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Le 11 Décembre 2013

L’habit ne fait pas le moine...


Paris. A la gare du Nord, les eurodéputés qui prenaient le TGV pour Bruxelles, étaient invités à voter contre la chalutage en eaux profondes...

Libération, le 11 décembre 2013

Xieren : Pouvez-vous nous en dire plus à propos de votre financement par The Pew Charitable Trust, un fonds qui soutient également les forages pétroliers, quelle est la raison de leur soutient contre le chalutage profond, pour ouvrir de nouvelle zone de prospection potentielle ?

Claire Nouvian : Les liens de Bloom avec Pew sont très simples. Nous sommes un petit peu financé par Pew, pas suffisamment à notre goût. Notre budget total de 2011 est de 100 000 euros, ce qui permet de payer deux personnes et un bureau minable. Pour ma part, je suis bénévole depuis le début et jusqu’à la fin de mes jours. D’ailleurs, n’hésitez pas à adhérer pour seulement 10 euros par an, cela nous donnerait un peu d’oxygène ! En ce qui concerne Pew, cette ONG a été clairement établie grâce à l’argent du pétrole dans les années 50, mais je ne connais pas de lien actuel entre Pew et les lobbys pétroliers, si vous avez des documents concrets, cela m’intéresse.

Pour l’instant, je trouve que toutes ces attaques sur l’argent du pétrole qui est supposé nous financer ressemblent plutôt à une théorie du complot ou une entreprise de dénigrement de Bloom. (1)

Euractiv, le 11 décembre 2013

Un lobbying spectaculaire

Et le lobbying intense des ONG aurait eu un effet overdose auprès de certains. Durant la session de novembre, des poissons géants accueillaient les députés à l'entrée du Parlement. À Paris, au-dessus du départ du train Thalys à la Gare du Nord, l'ONG Bloom avait placé une affiche géante incontournable pour qui envisageait gagner Bruxelles entre octobre et décembre.

« J'ai été soufflé par le supplément en papier glacé qui nous a été livré à l'entrée du Parlement, si c'était le lobby du tabac qui faisait ça, on crierait à la manipulation ! » s'énerve un député.

Des dépliants imprimés sous la bannière International New York Times et montrant un genre de calamar rouge sur fond noir avaient été distribués aux députés juste avant le vote, mardi 10 décembre. Il était signé des ONG Bloom, Oceana, Seas at Risk, deep sea Conservation Coalition, Greenpeace et WWF. (2)
Illustration : Copie d'écran du site Bloom

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Pourquoi la pêche en eaux profondes est accusée ? Réponse dans Le Monde

Capture d'écran Page Planète sur Le Monde

Pétroliers et exploitants de mines ne veulent pas de barrières à terre comme en mer.. En Australie, les industriels passent outre les réserves marines protégées...

Feu vert de l'Australie à l'agrandissement d'un port de charbon près de la Grande Barrière

Source : Le Monde.fr avec AFP | 10.12.2013

L'Australie a donné mardi son feu vert à un vaste projet d'extension d'un port d'exportation de charbon sur la côte de la Grande Barrière de corail, le gouvernement assurant que cette autorisation s'accompagnait de conditions de protection de l'environnement très strictes.

Le ministre à l'environnement, Greg Hunt, a indiqué avoir posé 95 conditions pour le développement du port en eau profonde Abbot Point, dans le nord de l'Etat du Queensland (nord-est). Il a entre autres fixé à un maximum de 3 millions de mètres cubes le dragage des fonds sous-marins, contre 38 millions réclamés par l'exploitant, le groupe indien Adani.

« En tant que ministre fédéral de l'environnement, l'une de mes responsabilités est d'assurer un développement durable et le maintien de la santé de la barrière de corail », a déclaré le responsable politique.

« Des conditions parmi les plus strictes jamais imposées par le pays ont été avancées pour ce projet afin d'éviter ou de compenser tout effet [négatif] », a-t-il ajouté.

Protestation des Verts

Mais les associations de défense de l'environnement ont vigoureusement protesté et le parti des Verts a accusé le gouvernement conservateur du premier ministre, Tony Abbott, de nier le réchauffement climatique.

« Tony Abbott et Greg Hunt mettent en danger la place de la Barrière de corail sur la liste du Patrimoine mondial. C'est un coup dur pour la Barrière, le tourisme et les emplois », a réagi Christine Milne, la dirigeante du parti des Verts, sur son compte Twitter. Le projet du groupe Adani augmentera de 70 % la capacité d'exportation de charbon du port Abbot Point.

Parmi les conditions fixées par le gouvernement figurent une réduction de 150 % des sédiments entrant dans la Grande Barrière de corail, sur le long terme, qui améliorera la qualité de l'eau, et 89 millions de dollars australiens (59 millions d'euros) consacrés à la protection des récifs, ainsi que des mesures précises de protection de la faune et la flore sous-marine, a indiqué le ministre de l'environnement.

Bientôt classé site en danger par l’Unesco ?

Pêche profonde : 3 000 fois plus destructeur que le pétrole ?

Là où le bât blesse, c’est que le procès a lieu exclusivement à charge et que tout droit à la parole est dénié à la défense ! Quoi qu’elle dise, elle est coupable et doit être condamnée. « Bien sûr, il y a des choses dans cette BD (de Pénélope Bagieu NDLR) qui ne sont pas fausses, mais qui sont présentées de façon à manipuler l’opinion », remarque Alain Le Sann, secrétaire du collectif Pêche et Développement, une association qui s’est donné pour mission de défendre en priorité la pêche artisanale dans sa diversité et ne peut être suspectée d’être vendue aux intérêts de la pêche industrielle.

« Même si je ne doute pas que les ONG écologiques comme Bloom soient tout à fait sincères et honnêtes, quand Pénélope Bagieu affirme que le chalutage profond est 3 000 fois plus destructeur que le pétrole, il y a de quoi s’interroger, surtout quand on sait que ces pêcheries se trouvent exactement à l’endroit où se développe l’exploration pétrolière. Alors, de là à vouloir éliminer les témoins gênants de cette nouvelle exploitation des mers que sont les pêcheurs… » Curieux, en effet, d’autant que Bloom a le soutien financier de la fondation américaine Pew, qui bénéficie elle-même de donations de puissantes compagnies gazières et pétrolières (Sunuco et Oryx Energy).

« Personne n’ose vraiment répondre à Bloom, de peur d’avoir une mauvaise image, de passer pour quelqu’un qui n’a rien à faire de l’environnement », s’indigne Alain Le Sann, qui se dit « désespéré et révolté » par cette « manipulation de l’opinion et le mépris affiché des pêcheurs ». Extrait de l'article de l'UFC Que Choisir : Avis de gros temps sur le chalut profond

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Le 14 Décembre 2013

Dans le Marin du 13 décembre 2013, La pêche profonde passe au Parlement Européen


Le Parlement européen a repoussé de justesse un amendement proposant l’interdiction du chalutage en eau profonde. Mais ses opposants les plus virulents comptent poursuivre la bataille en visant l’opinion publique et les consommateurs. A lire dans le marin daté du vendredi 13 décembre.

Autres sujets de ce numéro :
  • Tribune. Les 4 vérités sur la pêche profonde
  • Assises de l’économie maritime : l’envie d’un "grand dessein". Les 9e Assises de l’économie maritime, les 3 et 4 décembre à Montpellier, ont été un succès. Par leur convivialité, la qualité des débats mais aussi par leur capacité à fédérer les composantes de l’économie maritime et des 310 000 emplois qui en dépendent en France. Une communauté qui a entendu l’ambition du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, mais attend du gouvernement un engagement à la hauteur.
 
Cliquer Ici pour lire le Marin ou aller dans le Kiosk

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France Inter. La Voix est libre de censurer !!!

La Tête au carré / France Inter

Vendredi 13 décembre 2013

Mathieu Vidard a invité Claire Nouvian suite au vote du 10 décembre 2013 au Parlement Européen. Les eurodéputés ont refusé d’interdire le chalutage profond dans les eaux communautaires...

Source : La Tête au carré / France Inter

Au cours de l’émission, j' (aquablog) ai envoyé deux commentaires...Les deux sont apparus un instant au moment de l'émission... Puis plus rien... Supprimé

Pourtant, ils n'étaient pas révolutionnaires...

Bonjour,

Y-a-t-il grand fond et grand fond...

Boycotter Intermarché tout en continuant à manger des espèces profondes comme Hoki de Nouvelle-Zélande et Merlu du cap, deux espèces écolabellisées "pêche durable" par le Marine Stewardship Council (MSC) organisation créée par Le WWF


Bon appétit


J'ai mis ensuite celui-ci après l'annulation du premier

Bonjour,

Y-aurait-il grand fond et grand fond...

Boycotter Intermarché tout en continuant à manger des espèces profondes comme Hoki de Nouvelle-Zélande et Merlu du cap, deux espèces écolabellisées "pêche durable" par le Marine Stewardship Council (MSC) organisation créée par Le WWF


Qui a été annulé après l’émission

Vers 23 heures, j’en ai envoyé un troisième en supprimant Intermarché

Bonjour,

Y-a-t-il grand fond et grand fond ?..

Boycotter un distributeur (GMS) tout en continuant à manger des espèces profondes comme Hoki de Nouvelle-Zélande et Merlu du cap, deux espèces écolabellisées "pêche durable" par le Marine Stewardship Council (MSC) organisation créée par Le WWF

Pour y voir plus clair


France Inter «  La voix est libre » pratique la censure...

Dans cette émission de la Tête au Carré, Claire Nouvian contestait les résultats du vote... Certains députés se seraient trompés de bouton au moment du vote !.. D’autre part, elle a encensé les petits partis politiques (Centriste, Ecologistes et Communistes) qui ont suivi la mobilisation citoyenne contre la pêche profonde suite à la publication de la BD de Pénélope Bagieu et la pétition de l'association Bloom avec plus de 750.000 signatures... Par contre, Claire Nouvian a attaqué avec virulence les deux eurodéputés bretons (Alain Cadec et Isabelle Thomas) qui avaient donné des consignes de vote à leur parti politique (UMP et PS) contre l’interdiction de la pêche profonde... Selon elle, ces deux élus sont des « vendus » à la pêche industrielle...

Ce commentaire n'a pas été censuré

Ismaël (anonyme),
lundi 16 décembre 2013 à 14:

Bonjour,

Auditeur régulier de votre émission, j'ai été très désagréablement surpris par votre l'interview de la présidente de l'association BLOOM, Claire Nouvian. Dans une émission telle que la vôtre, je m'attendais en effet à avoir des éclaircissements scientifiques sur le sujet de la pêche en eaux profondes qui m'aurait permis de me faire ma propre opinion.

Au lieu de cela, vous nous avez servi une diatribe antipêche sans aucune argumentation scientifique. Vous ne citez en effet aucune publication scientifique et le message de votre invité peut se résumer à « la pêche en eaux profondes, c'est pas bien ». Pour être scientifique moi-même et étudier l'écologie, j'ai appris que les systèmes exploités sont toujours complexes, tout comme leur réponse à l'exploitation. Le passage sous silence de cette complexité, précisément celle étudiée par la science, replace votre émission au même niveau que des émissions de divertissement type « le fou du roi ». Claire Nouvian aurait en effet pu tenir le même discours dans cette autre émission, par ailleurs plaisante, de france inter. Quel est donc votre plus-value sur ce sujet ?

Plus grave à mon sens, vos questions montrent un parti pris sur le sujet indigne du métier de journaliste. Vous semblez ainsi agir en simple caisson de résonance de la campagne de communication de l'association BLOOM, sans jamais exercer votre esprit critique sur le sujet.

D'autre part, l'interview de Claire Nouvian, ex-journaliste et militante environnementaliste, est suivi par des interviews de scientifiques. Ce mélange des genres pourrait laisser penser que Claire Nouvian tient également un discours scientifique alors qu'il ne s'agit que du discours d'une militante environnementaliste. Je dirais donc que non seulement vous ne faites pas votre travail de critique de l'information mais qu'en plus vous contribuez à placer sur le même plan des paroles qui ne se valent pas et entretenez ainsi la confusion.

En conclusion, je ne peux que vous encourager à creuser le sujet de la pêche en eaux profondes qui mérite un traitement bien plus sérieux.

Cordialement,

Ismaël

En fin d’après-midi, Terraéco publiait un article qui reprenait en partie l’intervention de Claire Nouvian

Pourquoi Bruxelles n’a pas interdit la pêche en eaux profondes

Cette méthode de pêche ne sera pas interdite. Le vote des députés européens le 10 décembre l'a confirmé. Mais qui a bloqué ? Et pourquoi ? Décryptage.


Source : Terraeco par Corinne Le Loët

Mardi 10 décembre. Les ONG attendaient ça avec impatience. A 11h30, le vote décidant du sort de la pêche en eaux profondes s’est tenu en plénière au Parlement européen, à Strasbourg. Résultat ? Pas d’interdiction pour le moment. Mais le vote fut serré puisqu’à 342 voix contre 326 voix, il suffisait que 9 personnes changent d’avis pour que la victoire change de camp.

Alors que s’est-il passé ?

Pour analyser le vote, le site Votewatch est un outil précieux. Il permet de détailler les bulletins un à un, avec le nom du votant et son parti politique. Pour la question qui nous intéresse, voilà le résultat :

Sur ce graphique, les votes « pour » sont en faveur d’un compromis excluant l’interdiction de la pêche en eaux profondes. Un texte porté par le socialiste grec Kriton Arsenis et déjà adopté par la commission Pêche en novembre dernier. Les votes « contre » rejettent ce compromis.

Pourquoi la bataille a-t-elle été perdue pour les partisans de l’interdiction ? Question de cases blanches d’abord. 19 députés se sont abstenus. Tandis que 79 députés (sur 766 députés) n’ont simplement pas pris part au vote. Parmi eux, notons l’absence remarquée de Jean-Luc Mélenchon, convoqué au tribunal de Béthune (Pas-de-Calais) dans le cadre du procès « faux tracts » contre Marine Le Pen. Ou d’Harlem Désir qui, à 9h36, soit deux heures avant le vote à Strasbourg, rendait hommage à Nelson Mandela sur le plateau d’Itélé de Boulogne-Billancourt, à en croire une vidéo publiée par Le Petit Journal. Qu’importe direz-vous. Sauf qu’à ce vote-là, toutes les voix comptaient.

Des députés socialistes rebelles
Mais revenons à nos moutons. Si le vote contre l’interdiction l’a emporté, c’est aussi parce que certaines délégations n’ont pas suivi la consigne de leur parti. C’est le cas des socialistes français, espagnols et portugais. Trois pays qui – ce n’est sans doute pas un hasard – comptent pour 90% de l’activité de la pêche au chalut. « C’est la première fois que nous avons à combattre un lobbying aussi intense », s’émeut Kriton Arsenis (socialiste grec), le rapporteur du texte. Etonnamment, l’homme a voté contre son propre compromis : « Après le vote en commission Pêche en novembre, j’avais demandé aux autres délégations si le texte avait des chances d’être accepté au niveau du Conseil (l’étape suivante pour que la législation entre en vigueur, ndlr). Elles m’avaient toutes assuré que oui. Mais avant la plénière du 10 décembre, j’ai fait mon enquête. Aucun Etat membre ne voulait s’engager officiellement en faveur du compromis », explique-t-il. Or, le texte est déjà une concession faite aux industriels (voir encadré au bas de cet article) et si le Conseil le rejette, il devra être révisé… par le bas. « Si on édulcore encore le compromis, on arrive à une législation complètement dénuée de sens. Ce n’est pas avec ça qu’on va permettre la reconstitution de stocks de poissons », poursuit Kriton Arsenis. Devant la crainte du barrage du Conseil, l’homme est donc revenu à une position plus ferme et s’est déclaré favorable à l’interdiction.

Les Français n’ont pas suivi le revirement du rapporteur. Pour l’ONG Bloom, qui porte le combat contre la pêche en eaux profondes, l’explication est simple : « Ils ont été retournés par Isabelle Thomas (députée européenne de l’Ouest et membre de la commission Pêche, très engagée sur la question, ndlr). Quand des parlementaires ne connaissent pas un dossier, ils se réfèrent souvent à la consigne de vote de leur délégation européenne ou à celle de la délégation de leur pays », assure Victoire Guillonneau, chargée de mission pour l’association.

La peur du rien du tout
Dans les rangs socialistes, on fait plutôt valoir un choix, non pas tactique, mais de conviction. « Si l’amendement 62 était battu au vote – ce qui semblait se profiler – et que le compromis était battu aussi, on risquait de se retrouver avec rien du tout », souligne Catherine Trautmann, eurodéputée socialiste (Grand-Est). Et pour l’élue, le compromis n’est pas si mal : « C’est un processus, on tente aussi de sortir des positions de confrontation. » « C’est avec cette volonté de trouver un équilibre, entre la nécessité de protéger les espèces de grands fonds et les fonds marins vulnérables, et celle tout aussi nécessaire de préserver les milliers d’emplois concernés, que j’ai soutenu le compromis », abonde, par mail, Sylvie Guillaume, eurodéputée et vice-présidente du groupe socialiste. Et l’élue d’ajouter : « 758 navires sont concernés par cette activité selon l’étude d’impact de la Commission européenne, et 400 par Etat membre concerné (Espagne, Portugal, Ecosse, Irlande, France, Pologne) selon les organisations professionnelles. Quand on sait qu’un emploi en mer induit au minimum 4 emplois à terre, ce sont à minima plusieurs milliers d’emplois qui sont liés à cette pêche. Le nier, c’est nier la synergie existant entre des secteurs. »

Le vote aurait pu être inverse. L’écart de voix aurait pu être plus grand encore. Si les élus de gauche ne s’étaient pas, à leur tour, rebellés. Mais dans le sens inverse. Si la consigne de vote du groupe GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/gauche verte nordique) était de voter contre l’interdiction, les députés français de ce bord ont voté massivement… « pour ». « En tant que députés européens, nous ne sommes pas ici pour défendre les positions de tel ou tel Etat, de tel ou tel intérêt catégoriel, mais pour défendre l’intérêt général européen qui s’étend aujourd’hui à la prise en compte de la nature, des plantes et des animaux sans voix. Je regrette profondément que ce sens ait échappé à une majorité de députés, soumis aux consignes de leurs Etats et de groupes industriels », explique par mail, Younous Omarjee, eurodéputé de La Réunion.


Au tour du Conseil…

Que va-t-il se passer maintenant ? Le Conseil va s’exprimer, probablement en janvier. Deux options s’ouvrent alors. Ou il valide le compromis en l’état, prouvant au Grec Arsenis qu’il avait tort de se méfier. Au passage, l’encadrement de la pêche en eaux profondes monte d’un cran même si l’interdiction n’est pas inscrite à l’ordre du jour. Deuxième option : le Conseil amenuise le texte et le renvoie en seconde lecture au Parlement. Avec le risque que les élections européennes de mai 2014 ne viennent entre temps rebattre les cartes et repoussent une quelconque législation aux calendes grecques. « Si le texte ne passe pas en l’état, c’est que le Conseil n’a jamais eu aucune intention de protéger les espèces d’eaux profondes », résume Kripton Arsenis.

Interdiction contre compromis : qui dit quoi ?
L’affaire a commencé par un amendement (le 62) à la réglementation sur la pêche. Porté par la Grecque Maria Damanaki, celui-ci précisait : « Les autorisations de pêche (…) pour les vaisseaux utilisant des chaluts ou des filets maillants expirent au maximum deux ans après l’entrée en vigueur de cette régulation. Après cette date, les autorisations de pêche ciblant des espèces profondes avec ces outils ne devront plus jamais être délivrées ou renouvelées. » Mais face à la levée de boucliers de l’industrie, le rapporteur Kriton Arsenis a proposé un compromis (voir, sur ce PDF, l’amendement 62 et en face sa version édulcorée). Pas d’interdiction immédiate cette fois mais l’obligation, dans quatre ans, d’évaluer les méthodes de pêche en eaux profondes et leurs impacts sur « les espèces et les écosystèmes marins les plus vulnérables ». En cas de mauvais bilan, la Commission se réserve le droit d’ « amender cette législation » dans un délai de cinq ans et d’interdire le chalutage et les filets maillants. 

Commentaire d’aquablog suite à l’article de Terraeco

Bonjour,

Pourquoi faire peur à vos lecteurs ?

Alors que la ressource en poisson s’améliore en Atlantique Nord-Est...

Le Ciem qui regroupe les experts halieutiques de cette zone de pêche, est plus optimiste que tous ces prédicateurs qui annoncent la fin des poissons dans les Océans en 2048...

Lisez (mais vous allez dire que c’est le lobby de la pêche industrielle qui pousse les spécialistes et chercheurs dans son sens...) :


Les stocks de poisson de l’Atlantique nord-est sont revenus au niveau des années 1970

Sinon, cette campagne contre la pêche profonde pose question ?

Pourquoi interdire la pêche profonde dans l’Atlantique Nord-Est, alors que l’Europe importe des quantités très importantes d’espèces d’eaux profondes de l’hémisphère Sud (Pacifique et Atlantique) ? Des espèces profondes comme le Hoki de Nouvelle-Zélande et le merlu du Cap qui sont par ailleurs écolabellisées Pêche durable par le Marine Stewardship Council (MSC), organisation de certification créée par le WWF


Cordialement

Philippe Favrelière
13.12 à 20h10 - Répondre - Alerter


Aquablog : Pourquoi Bruxelles n’a pas interdit la pêche en eaux profondes

Autre point...

Vous indiquez que les eurodéputés PS (Français et Espagnols) sont des rebelles dans leur propre parti politique...

En fait, cette opposition dans le même parti correspond à la fracture qui existe dans l’UE. Une fracture entre les pays Producteurs (Pêche et aquaculture) et les pays Transformateurs (Industrie halio-alimentaire)

Par exemple :

Allemagne, Hollande et Danemark sont des pays plus transformateurs que producteurs (Emplois et CA)

France et Espagne sont plus producteurs que Transformateurs (en emplois)

Vous aurez les explications avec carte à l’appui dans cet article


Aussi les attaques contre les eurodéputés bretons qui ont donné des consignes de vote aux membres français de leur parti politique, ne tiennent pas compte de cette réalité économique... Ces élus ne sont pas des "vendus" à la pêche industrielle, ils défendent une activité économique essentielle dans certaines régions périphériques sachant que la pêche est de plus en plus encadrée... (voir autre commentaire)

Et applaudir les élus PS allemands qui ont voté pour l’interdiction de la pêche profonde... C’est les verdir à bon compte car ils n’ont aucun intérêt pour cette pêche... Au contraire, leur pays (Allemagne, Danemark et Hollande) pourront toujours importer plus de poisson pour la prospérité de leurs industries de la transformation... Et même importer des espèces d’eaux profondes labellisées MSC...

13.12 à 20h38 - Répondre - Alerter

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Le 17 Décembre 2013

Après le Buzz, Bloom fait le Binz !

La Commission européenne a proposé en 2012 d'interdire le chalutage en eaux profondes. Malgré le Buzz de la BD de Pénélope Bagieu, le Parlement européen, qui discutait du projet depuis un an et demi, a adopté le 10 décembre 2013 un amendement rejetant l'interdiction du chalutage en eaux profondes, tout en renforçant l'encadrement de cette pêcherie.

Illustration : Grenadier de roche (Ifremer)

Après le Buzz, Bloom fait le Binz suite à ce communiqué de presse (16 décembre 2013) : Victoire a posteriori pour l’interdiction du chalutage profond

L'association Bloom crie victoire. Elle explique que l’interdiction du chalutage profond aurait dû gagner de 13 voix d’avance.... Si 18 eurodéputés, fervents défenseurs des grands fonds marins, ne s'étaient pas trompés au moment d'un vote aussi décisif quant à l'avenir des abysses !!!

Quels étourdis que ces 18 députés ! 

Au moment du vote de l'amendement décisif, numéro 62, ces députés pourtant convaincus n'ont pas voté contre le chalutage profond (Texte proposé par la Commission). Mais, ils ont plutôt penché (à droite du tableau) pour l’amendement de compromis adopté par la Commission de la Pêche du Parlement qui propose un meilleur encadrement des engins de la pêche profonde...

Des eurodéputés étourdis !.. Vraiment ? Ou des faux-culs ?

Isabelle Thomas ne décolère pas. "C'est une énorme hypocrisie de changer son vote, c'est extrêmement malhonnête !" nous explique-t-elle. "Certains élus votent un texte parce qu'ils savent qu'il faut que ça passe, et après ils changent pour faire bien, j'appelle ça de la magouille ! En plus, ils savent très bien que cela n'influencera pas le résultat final !" poursuit-elle. "Il y a toute une série de faux-culs, pardonnez-moi l'expression ! On ne se trompe pas sur un amendement comme ça : le débat a été tout à fait clair avant le vote", conclut-elle.

« Personne n’ose vraiment répondre à Bloom, de peur d’avoir une mauvaise image, de passer pour quelqu’un qui n’a rien à faire de l’environnement », s’indigne Alain Le Sann (secrétaire du Collectif Pêche et Développement), qui se dit « désespéré et révolté » par cette « manipulation de l’opinion et le mépris affiché des pêcheurs ». (Source : UFC Que Choisir)


Cliquer Ici pour télécharger le texte (avec tous les amendements) déposé par Kriton Arsenis, rapporteur de la Commission de la Pêche : Conditions spécifiques pour la pêche des stocks d'eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est

Cliquer Ici et   pour revoir tout le parcours législatif et les documents :
  • Pêche dans l'Atlantique du Nord-Est: conditions spécifiques pour la pêche des stocks d’eau profonde, dispositions relatives à la pêche dans les eaux internationales
  • Atlantique du Nord-Est: stocks d'eau profonde et pêche dans les eaux internationales

Chalutage profond : le vote corrigé du Parlement basculerait du côté de l’interdiction

Les députés européens ont voté, le 10 décembre, contre l’interdiction du chalutage profond. Mais certains députés ont ensuite corrigé leur vote, faisant basculer la majorité en faveur de l'interdiction. Réelle erreur de vote liée à sa complexité, ou affichage politique ? En tout cas, ce vote corrigé n'a pas de valeur juridique... mais augmente la pression.

Source : Le Marin

La partie était serrée et le rejet de l’interdiction l'avait emporté à une courte majorité de 16 voix (342 contre, 326 pour, 19 abstentions). Après que certains députés aient corrigé leurs votes auprès du bureau du Parlement européen, il apparaît que 343 députés affichent désormais être pour l’interdiction, et 330 contre (et 15 abstentions). Il y a eu en fait une vingtaine de corrections (2 dans un sens, 18 dans l'autre).

Le député Vert Jean-Paul Besset, Greenpeace et Bloom, repris par l’AFP, concluent donc qu’une majorité de députés étaient en faveur de l’interdiction et se sont trompés dans leur vote, à cause de la complexité du vote des amendements. Ce qui est tout à fait possible, il n’est pas aisé de s’y retrouver. Mais un habitué du Parlement s’étonne d’une telle erreur sur un amendement fléché comme crucial et souligne qu’il arrive aussi que des députés fassent un choix ensuite mal assumé, pour faire passer un texte, puis utilisent cette possibilité de correction pour apparaître sous un jour plus favorable auprès de leurs électeurs. Surtout sous une forte pression médiatique, comme c’est le cas pour la pêche profonde.

On ne saura pas leurs motivations et juridiquement, cette nouvelle majorité n’a pas de valeur. Mais les associations appellent les États membres à en tenir compte, puisque désormais ce dossier est entre leurs mains. Les appels au boycott des enseignes commercialisant des espèces d'eau profonde font aussi rage sur la toile, notamment sur facebook (plus de 10 000 like pour le boycott d’Intermarché) et Avaaz (plus de 150.000 signataires de la pétition pour que les enseignes cessent de vendre ces produits).

Cliquer Le Marin pour plus de précisions et voir le procès-verbal du vote du vote du 10 décembre avec, en bas de la page 28, les corrections de vote.

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Pêche profonde : une eurodéputée socialiste s'estime "piégée" par son groupe

L'amendement interdisant cette pratique de pêche destructrice n'a pas été adopté la semaine dernière par le Parlement européen. Une élue raconte les coulisses.

Source : Le Point par Chloé Durand-Parenti 

La polémique avait été vive après le vote la semaine dernière à Strasbourg d'un texte de compromis sur le chalutage en eaux profondes, accusé de détruire les fonds marins. Le Parlement européen avait adopté de justesse (342 voix contre 326) un amendement en demi-teinte, plutôt que celui proposant l'interdiction pure et simple de cette pratique, essentiellement française, au sein de l'Union. L'amendement d'interdiction aurait dû être adopté, selon un décompte des modifications de vote transmises par les eurodéputés après coup. Mais le règlement du Parlement est clair : les votes modifiés n'influencent pas le résultat d'origine...

Au centre de la polémique, les dix eurodéputés socialistes français avaient voté contre. Chaque élu ne pouvant être expert dans tous les domaines, il est courant qu'un groupe parlementaire demande une consigne de vote à l'un de ses membres, chargé d'étudier le dossier. Dans le cas du chalutage en eaux profondes, le rapporteur du texte avait appelé, au dernier moment, à voter pour l'amendement d'interdiction. Mais l'experte que les élus socialistes français avaient choisi de suivre, l'eurodéputée Isabelle Thomas, avait émis l'avis inverse. Vice-présidente de la région Bretagne, ancrée à Saint-Malo, cette élue issue d'un territoire pour lequel la pêche est vitale a été sous le feu des critiques.

"Nos voix auraient pu faire basculer le résultat"

Interrogée par Le Point.fr lundi, l'eurodéputée socialiste Françoise Castex n'a pas caché son malaise. Sa parole est d'autant plus libre qu'elle n'est pas candidate à sa réélection lors des européennes de 2014 (sa place a été attribuée à une candidate du Parti radical de gauche). "J'ai un peu l'impression que l'on s'est fait piéger sur ce dossier complexe", estime-t-elle. "Nos seules dix voix auraient pu faire basculer le résultat... Je me pose la question de changer mon vote", ajoute-t-elle. "Je me penche beaucoup plus sérieusement sur la question, mais je dois avouer que je ne suis pas en mesure de juger. Isabelle Thomas, membre de la commission Pêche, a décidé de cette position pour nous. Encore une fois, je me sens piégée", conclut l'eurodéputée.

Autre son de cloche du côté de l'eurodéputée Catherine Trautmann, elle aussi socialiste française. "Le texte voté au Parlement européen prévoit que la pêche au chalut soit interdite dans près de 90 % des eaux internationales de l'Atlantique nord-est", se défend-elle sur Rue89. "La zone couvrant les 10 % restants, exploitée depuis de nombreuses années, ne contient pas (ou plus) de fonds vulnérables marins", ajoute-t-elle.

Contactée mardi matin, Isabelle Thomas ne décolère pas. "C'est une énorme hypocrisie de changer son vote, c'est extrêmement malhonnête !" nous explique-t-elle. "Certains élus votent un texte parce qu'ils savent qu'il faut que ça passe, et après ils changent pour faire bien, j'appelle ça de la magouille ! En plus, ils savent très bien que cela n'influencera pas le résultat final !" poursuit-elle. "Il y a toute une série de faux-culs, pardonnez-moi l'expression ! On ne se trompe pas sur un amendement comme ça : le débat a été tout à fait clair avant le vote", conclut-elle.

Tous les médias sont tombés dans le panneau !

Pêche profonde : les eurodéputés étaient contre

Source : Le Figaro

Les 10 décembre dernier, les parlementaires européens se sont prononcés pour une simple régulation de la pêche en eaux profondes. Mais ce résultat est en réalité biaisé, puisque 20 eurodéputés en faveur d'une interdiction se sont trompés dans leur vote. Une fois rectifié, le résultat du scrutin est en réalité inversé : le compromis maintenant la pêche en eaux profondes aurait dû être rejeté, à 343 voix contre 330, au profit d'une interdiction pure et simple. Une erreur qui s'explique par la complexité du processus législatif du Parlement européen, explique l'association Bloom en pointe dans le lobbying contre cette pêche accusée de détruire les fonds marins.

Mais cette erreur a coûté cher aux partisans de son interdiction. Car l'adoption de ce compromis faisait tomber tous les amendements suivants, dont celui proposé par les Verts qui prévoyait l'interdiction du chalutage en eaux profondes.

Si ce vote était intervenu, Bloom déduit que l'interdiction de la pratique aurait logiquement été adoptée dans la foulée. Mais en l'absence de recours légal permettant de prendre en compte les changements postérieurs à un vote, cette victoire des opposants au chalutage en eaux profondes ne peut être prise en compte. «Nous aurons donc gagné dans les archives du Parlement… mais perdu le vote, conclut l'association Bloom. Une situation inédite et surréaliste…»

Désormais, les partisans de son interdiction s'en remettent à la décision du Conseil des ministres européens, qui est co-législateur avec le Parlement en matière de pêche. «Il est désormais de la responsabilité de celui-ci de tenir compte du vrai résultat du vote, favorable à l'interdiction», estiment les verts dans un communiqué.

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Parlement européen: l'interdiction du chalutage profond rejetée par erreur?

Le chalutage profond aurait-il été interdit si les députés européens avaient voté sans commettre d'erreur? C'est la conviction de Bloom, une ONG qui milite contre cette pratique de pêche.

Source : BFM TV par David Namias avec AFP

Que vaut un vote quand il apparaît, a posteriori, que les votants se sont trompés? C'est la question posée entre les lignes par l'ONG Bloom qui milite pour l'interdiction du chalutage profond, cette technique de pêche qui consiste à tracter des filets sur des fonds marins situés entre 400 et 1.500 mètres, et qui dégrade la faune et la flore sur son passage. Selon l'association, le rejet de l'interdiction de cette pratique potentiellement dommageable pour l'environnement, a bien été voté… si l'on prend en compte les erreurs survenues pendant le vote.

Le 10 décembre, le Parlement avait formellement rejeté l'interdiction du chalutage profond à une courte majorité de 16 voix (342 contre, 326 pour, 19 abstentions).

Vote électronique et listes confuses

Selon Bloom, plusieurs députés se sont effectivement trompés dans leur vote: "Après correction [de la part des députés votants, NDLR], il apparaît que 343 députés ont rejeté le premier amendement et ont donc voté en faveur de l'interdiction du chalutage profond, 330 l'ont adopté et 15 se sont abstenus", a précisé l'ONG dans un communiqué.

Mais comment se fait-il que les députés se soient trompés? La première explication donnée par l'association est que le vote électronique occasionne souvent des erreurs. Soit. La seconde raison exposée est que le rejet du chalutage profond était soumis au "rejet [préalable] d'un amendement de compromis adopté par la Commission de la Pêche du Parlement (numéro 62)", mais dont la portée n'a pas été comprise.

L'explication tient en somme à une simple erreur de timing et d'organisation du vote qui a eu lieu mardi 10 décembre au matin. Ainsi, "la liste de vote a été faite de telle sorte qu'elle n'a pas permis à ceux qui venaient d'arriver au parlement de bien saisir le teneur du danger" de ce fameux amendement 62, premier voté en cette journée du mardi 10 décembre. Son adoption faisait "tomber les amendements suivants et empêchait même de se prononcer sur l'interdiction du chalutage profond".

Aucun recours possible en l'état

Or, des élus ont fait connaître leur erreur, rappelle dans un communiqué l'eurodéputé Vert Jean-Paul Besset: "Plusieurs députés ont informé le bureau du Parlement européen qu'ils s'étaient trompés dans leur vote et qu'ils le modifiaient en faveur de l'interdiction".

Pour autant, il apparaît qu'il n'existe, en l'état, aucun recours juridique possible. "Juridiquement, ce nouveau résultat n'a aucune valeur", indique le député européen.

Bonne volonté des Etats et mobilisation des distributeurs

"Les Etats membres doivent désormais discuter de ce dossier au Conseil des ministres européens de la pêche: ils devront prendre en compte ce résultat réel même s'il ne peut être changé officiellement", a estimé Claire Nouvian, directrice de Bloom.

Le vote entériné par le Parlement prévoit seulement un encadrement plus strict de la pêche profonde. Le texte doit encore être avalisé par les gouvernements, ce qui semble peu probable avant les prochaines élections européennes.

Très récemment, les enseignes Carrefour et Casino ont annoncé l'arrêt de la vente de poissons des eaux profondes. Une pétition, demandant à d'autres enseignes de la grande distribution de faire de même, a recueilli en 24 heures plus de 150.000 signatures, a annoncé lundi soir l'organisation Avaaz. Se pourrait-il que par la mobilisation des acteurs de la filière, ce problème environnemental trouve une issue favorable ?

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Chalutage profond: l'ONG Bloom appelle les Etats à tenir compte du vote corrigé du Parlement

PARIS, 16 déc 2013 (AFP) -

L'ONG Bloom, qui milite pour l'interdiction du chalutage en eaux profondes, a appelé lundi les Etats européens à prendre en compte le fait qu'une majorité de députés sont en faveur de cette mesure, le vote défavorable de mardi dernier étant selon elle dû à des erreurs.

Le 10 décembre, le Parlement a rejeté l'interdiction du chalutage profond à une courte majorité de 16 voix (342 contre, 326 pour, 19 abstentions).

Mais selon Bloom, plusieurs députés se sont trompés dans leur vote : "après correction (de la part des députés votants), il apparaît que 343 députés ont rejeté le 1er amendement et ont donc voté en faveur de l'interdiction du chalutage profond, 330 l'ont adopté et 15 se sont abstenus", a précisé l'ONG dans un communiqué.

"Plusieurs députés ont informé le bureau du Parlement européen qu'ils s'étaient trompés dans leur vote et qu'ils le modifiaient en faveur de l'interdiction", a confirmé dans un communiqué le député Vert français Jean-Paul Besset.

"Juridiquement, ce nouveau résultat n'a aucune valeur", a-t-il déploré. Il n'existe en effet pas de recours pour faire prendre en compte un nouveau résultat du vote, disponible sur le site du Parlement.

"Les Etats membres doivent désormais discuter de ce dossier au Conseil des ministres européens de la pêche : ils devront prendre en compte ce résultat réel même s'il ne peut être changé officiellement", a estimé Claire Nouvian, directrice de Bloom.

La Commission a proposé l'interdiction du chalutage profond, qui consiste à tracter des filets sur des fonds situés entre 400 et 1.500 mètres, une technique dénoncée par Bloom pour son impact écologique : elle abîme les sols marins et capture beaucoup d'espèces qui sont finalement rejetées.

Le vote entériné par le Parlement prévoit seulement un encadrement plus strict de la pêche profonde. Le texte doit encore être avalisé par les gouvernements, ce qui semble peu probable avant les prochaines élections européennes.

Le chalutage profond, surtout pratiqué au large de l'Écosse et de l'Irlande, est essentiellement défendu par la France et l'Espagne. Les espèces profondes (lingue bleue, grenadier de roche, sabre noir, dorade rose, etc.) ne représentent que 1,5% des captures effectuées dans l'Atlantique nord-est, soit 47.000 tonnes.
 
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Ce que propose le Parlement européen...

Rapport déposé de la commission de la Pêche, 1ère lecture/lecture unique

Contenu du résumé

La commission de la pêche a adopté le rapport de Kriton ARSENIS (S&D, EL) sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant des conditions spécifiques pour la pêche des stocks d'eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est ainsi que des dispositions relatives à la pêche dans les eaux internationales de l'Atlantique du Nord-Est, abrogeant le règlement (CE) n° 2347/2002.

La commission parlementaire recommande que la position du Parlement européen adoptée en première lecture suivant la procédure législative ordinaire modifie la proposition de la Commission comme suit :

Protection des écosystèmes : selon les députés, la protection des écosystèmes marins vulnérables et la conservation à long terme des stocks de poissons d'eau profonde devraient être des objectifs-clés du règlement, de même que l’objectif de diminuer les prises accessoires.

Identification des espèces d'eau profonde et des espèces les plus vulnérables : le rapport a demandé une révision tous les deux ans de la liste des espèces d'eau profonde, y compris de la désignation des espèces les plus vulnérables, afin d'intégrer les nouvelles informations scientifiques tout en s'assurant que les mesures prises soient actualisées et adaptées à l'objectif visant à garantir la viabilité de ces espèces.

Types d'autorisations de pêche : les activités de pêche ciblant les espèces d'eau profonde devraient faire l'objet d'une autorisation de pêche, délivrée par l'État membre du pavillon. Les activités de pêche seraient réputées cibler les espèces d’eau profonde, lorsque le navire déploie des engins de fond à une profondeur égale ou supérieure à 600 mètres.

Obligation d'enregistrer et de notifier toutes les captures d'espèces d'eau profonde : le rapport a introduit une obligation de notifier toutes les captures d'espèces d'eau profonde en indiquant la composition des espèces, le poids et les tailles, et ce, qu'une autorisation spéciale de pêche ait été délivrée ou non.

Recensement et protection des écosystèmes marins vulnérables : les députés ont préconisé que les États membres utilisent les meilleures informations scientifiques et techniques disponibles afin de recenser où des écosystèmes marins vulnérables sont présents ou susceptibles d'apparaître la Commission. Sur base de ces informations, la Commission devrait dresser une liste de ces zones.

La pêche avec des engins de fond serait interdite dans les zones recensées. Celles-ci pourraient être rouvertes à l'utilisation d'engins de fond si des mesures adéquates de conservation et de gestion sont prises afin de faire en sorte d'éviter les effets néfastes sur les écosystèmes marins vulnérables ou lorsqu'une évaluation des incidences démontre qu'il n'existe aucun écosystème marin vulnérable.

Evaluation des incidences avant la délivrance ou le renouvellement d'une autorisation de pêche : chaque demande d’autorisation de pêche pour les stocks d’eau profonde comme espèces cibles devrait être accompagnée d’un plan de pêche détaillé précisant, entre autres, le type d'engins de pêche et la fourchette de profondeur à laquelle les activités seront déployées, la liste des espèces ciblées et les mesures techniques à prendre.

Avant de délivrer une autorisation, les États membres devraient vérifier, à l'aide des données du système de surveillance des navires concernant les navires en question, que les informations transmises sont exactes, faute de quoi l'autorisation ne serait pas délivrée.

Le rapport a prévu l'introduction progressive, deux ans après l'entrée en vigueur du règlement, d'une obligation, pour les États membres, de vérifier que les activités de pêche n'ont pas d'effet néfaste notable sur l'écosystème marin avant toute délivrance ou tout renouvellement d'une autorisation de pêche.

Possibilités de pêche : les députés ont précisé que les possibilités de pêche des espèces d'eau profonde devraient être fixées à un taux d'exploitation garantissant que les populations d'espèces d'eau profonde sont progressivement rétablies et maintenues au-dessus des niveaux de biomasse capables de produire le rendement maximal durable.

Ce taux d'exploitation devrait aider à atteindre et préserver un bon état écologique des écosystèmes marins de l'Union d'ici à 2020, en se fondant sur les meilleures informations scientifiques disponibles.

Les États membres devraient appliquer les approches par écosystème et de précaution à leur gestion des pêches et adopter des mesures visant à assurer la conservation à long terme et la gestion durable des stocks de poissons d'eau profonde et d'espèces non ciblées.

Obligation de débarquer toutes les captures : le rapport a souligné qu’un nombre élevé d'espèces sont capturées dans les pêches d'eau profonde mais que seules neuf des cinquante-trois espèces incluses dans la proposition de la Commission sont soumises à des limites de captures.

Les députés ont donc suggéré de veiller à ce que l'obligation de débarquer toutes les captures dans les pêcheries d'eau profonde couvre les espèces non soumises à des limites de captures et que les dispositions de minimis ne soient pas appliquées à ces pêcheries.

Assistance financière pour le remplacement des engins de pêche : le rapport a introduit un amendement selon lequel les navires de pêche utilisant des chaluts de fond ou des filets maillants de fond pourraient bénéficier de l'assistance financière du Fonds européen pour la pêche et les affaires maritimes (FEAMP)  afin de remplacer leurs engins de pêche, pour autant que les nouveaux engins : i) présentent une taille meilleure et une sélectivité renforcée, ii) qu'ils aient une incidence plus faible et limitée sur l'environnement marin et les écosystèmes marins vulnérables et iii) qu'ils n'augmentent pas la capacité de pêche du navire.

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Le 19 Décembre 2013

Poissons profonds.  UFC Que Choisir s'interroge sur le bien-fondé de la pétition Avaaz !

L'association de consommateurs "UFC Que Choisir" donne son avis sur la pétition d'Avaaz concernant les vendeurs de poissons de la pêche profonde... Derrière le slogan « Intermarché, stop à la pêche au bulldozer », la pétition qui a recueilli près de 200.000 signatures en 4 jours, pose question....

Contestation du vote du Parlement européen, nouvelle pétition en ligne… les opposants à la pêche en eaux profondes ne désarment pas.

La guerre contre le chalut profond a toujours lieu

Source : UFC Que Choisir par Florence Humbert

Alors que le Parlement européen a finalement rejeté le 10 décembre 2013 l’interdiction du chalutage en eaux profondes (tout en prônant une réglementation accrue), les opposants à ce type de pêche ne s’avouent pas vaincus pour autant. Tous les moyens sont bons pour maintenir la pression, y compris la contestation du scrutin....

En attendant, l’ONG (Bloom NDLR) entend poursuivre son combat pour « éliminer la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire » en mobilisant l’opinion publique et les consommateurs. Forte du succès de sa première pétition « halte à la destruction des fonds marins », relayée par la bande dessinée de Pénélope Bagieu, Claire Nouvian vient d’en mettre une autre en ligne sur la plateforme Avaaz.  Prenant pour slogan « Intermarché, stop à la pêche au bulldozer », elle y exhorte les PDG de Système U, Auchan, Intermarché et E. Leclerc à « aligner leurs politiques de production sur leurs promesses en termes de protection de l’environnement et de développement durable », à l’instar de Casino et de Carrefour. Sentant le vent tourner, ces deux distributeurs se sont, tout récemment, engagés à arrêter progressivement la commercialisation des espèces des grands fonds.

24 heures seulement après son lancement, la pétition demandant aux autres enseignes de retirer ces poissons de leurs étals a déjà recueilli plus de 160 000 signatures, selon Avaaz. Là où le bât blesse, c’est que cet appel au boycott ne semble concerner que les espèces de grands fonds capturées dans les eaux communautaires et vendues au rayon frais. Casino et Carrefour n’ont apparemment pas d’états d’âme en ce qui concerne le hoki de Nouvelle-Zélande ou le merlu blanc du Cap vendus sous leur marque en surgelé. De quoi s’interroger sur le bien-fondé d’une pétition qui se focalise sur les 10 000 tonnes de poissons pêchés chaque année au nord de l’Écosse, alors que la pêche profonde dans le monde représente 50 fois plus ! Certes, le hoki néo-zélandais et le merlu blanc du Cap, bien qu’issus du chalutage profond, sont écolabellisés « pêche durable » par le Marine Stewardship Council (MSC). Et le grenadier d’Australie devrait, à son tour, bénéficier prochainement de la précieuse estampille du MSC. Y aurait-il deux poids deux mesures ?

Remarque personnelle : Cette pétition est une opération commerciale pour promouvoir deux grandes enseignes, Carrefour et Casino, qui ne font ni plus ni moins que du Greenwashing... Juste avant Noël et les fêtes de fin d'année, c'est très fort de leur part car une pétition comme celle-ci qui touche plusieurs dizaines de milliers de personnes, ne leur coûte rien...

Lire aussi dans RPA : "Intermarché, Stop à la pêche au bulldozer" Frais et/ou surgelé

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Le 21 Décembre 2013

Selon Bloom, le poisson profond coulerait le rayon « Poissonnerie » des GMS !

Toutes les grandes enseignes proposent des espèces de grands fonds, non pas en poissonnerie, mais dans le rayon des produits surgelés... A l'image de ce plat préparé à base de Hoki, une espèce de grand fond chaluté dans le Pacicifique Sud...


Association Bloom : Un rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires a révélé en décembre 2013 que les rayons poissonneries des grandes et moyennes surfaces (GMS) étaient déficitaires. (...) Le rapport conclut que « le rayon poissonnerie des GMS apparaît comme l’un des moins « individuellement rentables », sous l’effet notamment de l’importance du personnel dédié (vente assistée traditionnelle) et des pertes de produits (liées à leur grande périssabilité), mais aussi de par la répartition des charges communes entre les rayons. » (p. 12)

Dans le contexte actuel du débat sur la pêche en eaux profondes au chalut, fortement décriée par les chercheurs et rejetée par les citoyens, cette analyse retire aux défenseurs du chalutage profond les rares arguments qu’il leur restait. Cela prouve que la pêche profonde au chalut, déjà déficitaire et subventionnée au niveau des flottes de pêche, n’atteint même pas la rentabilité au niveau des poissonneries des grandes surfaces. Ceci signifie que le rayon marée n’est qu’une « obligation » commerciale permettant d’attirer les clients car ceux-ci choisissent leur enseigne en fonction de certains rayons « phare » (boucherie, marée)… (1)

Avez-vous déjà acheté des poissons de grands fonds ?

Avez-vous déjà acheté des poissons de grands fonds (sabre noir, grenadier de roche, Brosme,...) au rayon « Poissonnerie » des GMS ? Probablement jamais car ces poissons profonds sont rarement présents sur les étals des poissonneries... En France, quelques 200 poissonneries mettraient en vente des poissons de la pêche profonde (2). 200 sur un total de 3000 poissonneries de détail (sans compter les rayons « Poissonnerie » en GMS)...

Mais allez plutôt voir au rayon des produits surgelés en grandes surfaces... Là vous allez trouver immanquablement du Hoki et du Merlu blanc du Cap, deux espèces de grands fonds vendus sous la marque des distributeurs, ou des industriels de la transformation (Findus, Igloo, Pescanova,...).

L'argumentaire de Bloom ne tient pas... Les espèces de grands fonds occupent une place marginale sur les étals. Pourquoi la marge nette des poissonneries en GMS est-elle négative ? Le rapport de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires ne répond pas précisément à cette question faute de données. D'autre part, il serait intéressant de connaitre la marge par espèce, notamment celle du saumon par rapport aux espèces débarquées dans les ports français. Et là, il y aurait peut-être des surprises !!!


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L’extension du plateau continental au-delà des 200 milles marins : un atout pour la France

Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE)

Traitée par : Délégation à l'Outre-mer

Rapporteur/Intervention : Gérard GRIGNON

Source : CESE  Publié le : 09/10/2013
Cliquer Ici pour télécharger l'Avis du CESE et la Note de synthèse

La Convention de Montego Bay de 1982, « véritable constitution des océans », et plus précisément son article 76, donne aux pays côtiers la possibilité d’étendre leur plateau continental au-delà des 200 milles marins. Ainsi, la France grâce aux outre-mer peut espérer étendre ses droits souverains sur les ressources naturelles du sol et du sous-sol marins sur près de deux millions de km2. Le projet d'avis du CESE vise à finaliser le programme intitulé EXTRAPLAC dont s’est dotée la France pour atteindre cet objectif. Il vise aussi à tirer les conséquences de l’acquisition de ces droits souverains en termes de connaissance de l’environnement marin et de ses ressources, de leur préservation et de leur exploitation, d’encadrement juridique des activités mises œuvre et d’implication des territoires ultramarins dans le cadre de leur développement durable. Le projet d'avis recommande que soit définie une véritable politique maritime digne d’un pays présent sur tous les océans grâce aux Outre-mer. L’extension du plateau continental au-delà des 200 milles marins est un atout considérable que la France ne peut négliger.

Le CESE a voté son avis "L'extension du plateau continental au-delà de 200 milles marins : Un atout pour la France"

L’article 76 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (Montego Bay) donne la possibilité à la France d’étendre ses droits souverains sur les ressources naturelles du sol et du sous-sol marins de son plateau continental. Pour Gérard Grignon, rapporteur de l’avis et Président de la délégation à l’Outre-mer du CESE, « cette possibilité d’extension du plateau continental français sur près de deux millions de km² est une chance et un atout à ne pas négliger ». Un atout car il s’agit d’abord d’affirmer la juridiction française sur l’espace du plateau continental étendu et ses droits souverains sur ses ressources naturelles. Il s’agit ensuite de connaître et de préserver les ressources et l’environnement marin pour un développement durable. Il s’agit enfin de mettre en valeur l’espace du plateau continental et les ressources qu’il renferme au bénéfice des collectivités ultramarines et des populations. L’accès à des richesses potentielles (hydrocarbures, sulfures hydrothermaux, encroûtements cobaltifères, nodules polymétalliques, terres rares, hydrogène naturel, ressources biologiques) peut être un atout considérable pour notre pays s’il contribue à un nouveau modèle de développement durable, en particulier dans les Outre-mer. Pour saisir cette opportunité, la France s’est dotée d’un programme intitulé EXTRAPLAC, chargé à partir du CIMER 2003 de préparer les dossiers pour toutes les zones d’extension potentielle du plateau continental. L’avis du CESE sur « l’extension du plateau continental au-delà de 200 milles marins : un atout pour la France » considère le bilan de ce programme mitigé et assez éloigné des objectifs ambitieux définis à son lancement. C’est pourquoi, il recommande de finaliser le programme EXTRAPLAC et de tirer toutes les conséquences de l’acquisition des droits souverains sur le sol et le sous-sol marins du plateau continental étendu en termes de connaissance de l’environnement marin et de ses ressources ; de leur préservation et de leur exploitation ; d’encadrement juridique des activités mises oeuvre et d’implication des territoires ultramarins dans le cadre de leur développement durable. Cet avis a été voté à l’unanimité lors de la séance plénière du Conseil économique, social et environnemental du 9 octobre 2013 (180 votants/180 voix pour). Suite à télécharger

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Le 25 Janvier 2014

Pollutions marines par hydrocarbures. Alain Cadec interpelle le parlement européen

Lors d'un débat au Parlement européen, sur la sécurité maritime, le député européen Alain Cadec (UMP) a demandé la reconnaissance des dommages écologiques par le droit de l'Union européenne.

Source : Le Télégramme

L'élu costarmoricain, vice-président de la Commission européenne de la pêche, a été pendant huit ans président de Vigipol. Pour lui, « la pollution marine par hydrocarbures est un des fléaux qui présente des difficultés énormes de prévention et de réparation, pour cause de vide juridique dans le droit international.

Au niveau européen et international, les dispositions existantes ne suffisent pas à reconnaître des dommages purement écologiques causés par les catastrophes naturelles. Or, leur reconnaissance est essentielle à la préservation de nos territoires littoraux ».


The impact of oil and gas drilling accident on EU Fisheries

Cristina Gómez, David R. Green
Aberdeen Institute for Coastal Science and Management, University of Aberdeen, Scotland

Note du Parlement Européen

Clique Ici pour télécharger la Note d'information


Abstract
Accidents occurring offshore in relation to the Oil and Gas (O&G) industry may produce significant damaging effects on the marine environment, and particularly on the fishing and aquaculture industries.

The economic cost of the impact that major offshore accidents have on fisheries is most frequently assessed with the Social Cost method, accepted by the current international compensation framework. The cost of the impact of minor incidents is evaluated by the Compensation mechanism, and therefore known by the value of settled claims. Recently approved European legislation aims to maximize safety conditions in all stages of the offshore O&G industry, minimizing the number of incidents and alleviating harmful impacts to the environment.

Lire aussi l'analyse du WRM : Forêts, pétrole et énergie: il est temps de récupérer nos gouvernements ! 

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Le 28 Janvier 2014

Quand le débat sur la pêche touche le fond …

En décembre dernier est intervenu un vote au Parlement européen, qui prolonge, en l’encadrant, la pêche aux espèces de grands fonds. A la suite de ce vote, le débat sur la pêche de grands fonds déjà très présent dans les médias au cours des derniers mois a connu une résonance et une tournure très particulières de la part de certaines ONG Environnementalistes.

Il est parfaitement légitime de débattre publiquement de l’avenir d’une pêcherie et les ONGE sont dans leur rôle lorsqu’elles attirent l’attention sur les conséquences possibles pour l’environnement marin, d’une pêcherie très spécifique. Mais la Mission de la Mer considère que les conditions de ce débat n’ont pas permis qu’il se fasse dans la dignité et le respect des personnes.

Il est indigne de manipuler l’opinion par une propagande agressive qui va jusqu’à comparer la pêche de grands fonds à une bombe atomique.

Il est indigne de considérer que les scientifiques, qui suivent cette pêcherie et estiment qu’elle peut se poursuivre avec un encadrement, sont des incompétents vendus aux intérêts de la pêche industrielle.

Il est indigne de considérer que les élus qui défendent ces emplois soient considérés comme coupables de conflits d’intérêts alors qu’ils sont les représentants démocratiquement désignés des territoires qu’ils défendent.

Il est indigne de considérer comme secondaire et sans grand intérêt l’avenir de l’emploi de centaines de personnes en mer et à terre ainsi que l’avenir d’un port.

Il est indigne de suggérer que les militants ou responsables d’ONG, en désaccord avec les campagnes médiatiques des ONGE, agissent en fonction de financement occultes alors qu’ils interviennent bénévolement, ce qui est loin d’être le cas de ceux qui les critiquent.

Il est indigne de considérer qu’un vote démocratique puisse être remis en cause parce qu’il ne correspond pas à vos souhaits.

Il est indigne de ne pas prendre en considération la parole des premiers concernés, les travailleurs de la mer, qui exercent leur emploi dans des conditions particulièrement difficile et souvent dangereuses.

Il est temps que le débat sur l’avenir de la pêche retrouve un peu de sérénité et se recentre sur l’avenir des hommes et des femmes qui en vivent, dans le respect de leurs droits et de leurs responsabilités.

La Mission de la Mer

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Pêche en eaux profondes : une méthode controversée

TF1 - Le 20 heures du 30 janvier 2014


- 2min 54s - à 20h35

La pêche en eaux profondes qui consiste à laisser traîner des filets à 1500 mètres de profondeur est accusée de détruire un milieu fragile et encore méconnu. Le groupe Intermarché qui possède des chalutiers spécialisés dans cette pêche s'est engagé aujourd'hui à limiter les captures. Rencontre exceptionnelle avec ces pêcheurs des profondeurs à Lorient.

Source : Pêche en eaux profondes : une méthode controversée sur WAT.tv

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Le 6 Février 2014

Golfe de Gascogne : le chalutage enrichit la grande vasière


Source de la carte : CDPM 29 : Concertation pour une pêche durable dans la grande vasière

Lors de la Journée Mondiale des pêcheurs, le 22 novembre 2013 à Saint Pierre Quiberon, Mr Tourret, président de l’Institut Maritime de Prévention (IMP) a prononcé un discours sur le chalutage et les rejets qui va à l’encontre des idées véhiculées aujourd’hui et promues par la réforme de la Politique Commune des Pêches.

En voici la transcription :

« Au cours de ma formation à Bordeaux à l’école des Affaires Maritimes j’ai dû réaliser un stage de 10 jours en embarquement au port de Lorient, sur un bateau qui s’appelait l’Atlanta, dont le patron s’appelait Tonnerre, Groisillon évidemment. On me fait toutes les recommandations nécessaires, j’embarque donc avec mon ciré, mes bottes, ma cuillère, mon couteau et une caisse de muscadet. Je vous rappelle simplement que j’arrive de Toulon. A Toulon, il y a un poisson qui est très estimé qui est le sévereau (=chinchard), un très bon poisson.

J’embarque sur l’Atlanta, premier coup de chalut, on remonte au moins 500 kg de chinchards sur le pont. Les matelots passent alors l’ensemble des chinchards par-dessus bord, à grands coups de pelle. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut louper autant de vente, les autres prises étant tout de même commercialisées. Il s’agit d’un chalutier classique à pêche sur le côté, et j’ai alors une première perception du risque que représente la mer, la hauteur de bordée sur ces bateaux classiques étant à 35- 40 cm. Les matelots avec une pelle sont en train de jeter les chinchards par-dessus bord sur un terrain glissant, en faisant vite car plus on évacue vite, moins on a le risque d’avoir de la carène liquide, constituée par la masse des poissons sur le pont. Cette opération de gestion des déchets a déjà une connotation particulière de prise de risque. Cette prise de risque devient aujourd’hui systématique avec la réglementation européenne sur les rejets.

Des années après, en 2003, on me nomme à l’IMP et, en deuxième année, je commence à réfléchir sur ces questions d’évolution de la Société et sur la nécessité de gérer les rejets. En 2005-2006, nous proposons à la région Bretagne de faire une étude particulière sur la dimension sociale du risque de la gestion des déchets. A l’époque, la région est sceptique, elle se focalise sur un discours du type ‘moins on en parle, mieux ça vaut’ car si on en parle, cela veut dire que l’on accepte l’idée qu’il faut ramener les déchets. On met alors 18 mois pour obtenir l’autorisation de faire cette étude. Cette étude est réalisée, elle fournit une vraie réflexion sur les rejets en mer. En faisant cette étude, on se demande si le fait de ramener les déchets à terre est pertinent. Évidemment, la vie d’un homme est faite par ce qu’il fait aujourd’hui, par les réminiscences d’hier et par le croisement entre son expérience passée et la réalité qu’il constate.

Retournons en 1965, je débarque de l’Atlanta avec cette idée : ‘Bougre, pourquoi rejette-t-on?’. Je vis cette situation comme néfaste d’un point du vue économique. En rentrant à l’école à Bordeaux, je parle avec mon professeur d’océanographie, Mr Persier, directeur du musée océanographique de Biarritz. Je lui raconte mon expérience lorientaise avec mes chinchards rejetés à la mer. Il me dit alors que ce n’est pas grave, et se lance dans un cours personnel. Il m’explique alors que la grande vasière du golfe de Gascogne, lieu où l’on pêchait à l’époque, n’est pas un milieu qui existe depuis l’éternité, mais que cette vasière est une construction de l’homme. Il m’explique que du temps de Jules César, l’Europe était couverte de forêts, c’était la Gaule chevelue. Le défrichement de la Gaule s’est fait en plusieurs fois. Il y a eu au moins deux périodes de défrichement généralisé : le néolithique d’une part et surtout les défrichements de l’an 1000, lorsque la population de la Gaule a augmenté de façon considérable, les rivières qui étaient claires sont alors devenues boueuses. Plusieurs vagues des vases se sont alors déversées dans le golfe de Gascogne, et ont modifié la géologie du fond. Il s’y est alors développé un milieu tout particulier qui est l’état vierge de la grande vasière.

C’est très simple : si on laisse la grande vasière dans l’état où elle est, on va obtenir une forêt de pennatules et on va obtenir un peu ce que l’on pourrait avoir dans la forêt des Landes si elle avait été laissée toute seule. Les bouleaux vont l’emporter sur les pins et l’on obtiendra une forêt impénétrable avec au final une biodiversité très limitée. Il m’explique que la grande vasière est devenue productive à partir du moment où on l’a chalutée. L’idée est que l’on avait quelque chose qui était retourné à l’état de friche, cette friche n’étant pas une réserve de biodiversité, bien au contraire. En aérant ce système de vasière par le passage des chalutiers, on a permis à des décapodes fouisseurs intéressants -pas la petite galathée où il n’y a rien à manger mais la grosse langoustine- de pouvoir s’installer. De plus, avec les rejets, un circuit trophique est créé dans lequel les espèces benthiques, celle du fond, se nourrissent des espèces rejetées. Il y a dans ces fonds un équilibre dû à l’action de l’homme. C’est une histoire très fine à expliquer.

J’ai eu l’occasion ensuite d’évoquer avec André Le Berre (Dédé) un cantonnement de Penmarc’h à Belle île. Lorsqu’il y a 5 ans, au moment où l’on commençait à parler des rejets, j’en reparle avec Dédé, il me dit : « Quand on a rouvert le cantonnement, il n’y avait rien. Nous n’avons rien tiré du cantonnement en lui-même, il n’a servi d’aucune façon à augmenter la densité des poissons ». Tout ceci se croisait, les éléments du puzzle étaient réunis : les matelots en train de rejeter du chinchard à la pelle par-dessus le pavois et prenant des risques, la conversation avec le professeur Percier sur l’origine de la grande vasière, les propos de Dédé sur la non-productivité du cantonnement. On se retrouve alors devant des phénomènes complexes. Le problème est de faire comprendre la complexité à des gens ayant des idées simples, sachant qu’il faut réduire la complexité. D’un côté, il y a Michel Serres qui nous rappelle que le monde est complexe et que l’apanage de la science est dans la compréhension de cette complexité et d’un autre côté, des discours qui vont simplifier au maximum….

Merci de votre attention

Merci de votre attention

Source : L'Encre de Mer

Extrait du rapport de la Journée Mondiale des pêcheurs organisée par le Collectif Pêche & Développement, le 23 Novembre 2013, cf : http://www.peche-dev.org/

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Peut-on sauver la pêche artisanale en France ?

Présentation du projet « Fish2Eco-Energy » le 4 décembre 2013

Augmentations récurrentes du coût des carburants, marché du poisson très concurrentiel, quotas contraignants, compétition mondialisée, sécurité alimentaire… la pêche française s’affiche comme un secteur économique en repli, devant faire face à de multiples difficultés. La Commission européenne vient de proposer l’interdiction du chalutage profond, une méthode de pêche décrite par les chercheurs comme « la plus destructrice de l’histoire ». C’est dans ce contexte tendu que nous avons interviewé Monsieur J. Bigot (Président de France Pêche Durable & Responsable) au sujet du  projet Fish2Eco-Energy. Ce chalut test pourrait bien changer l’image de la pêche en France tout en redonnant une bouffée d’air aux pêcheurs. Après une première phase de tests, une deuxième étape vient d’être franchie ! Explication, interview…

Source : Acteur Durable

Les enjeux du projet « Fish2Eco-Energy »

Fish2Eco-Energy est un chalut test, équipé d’un  moteur hybride qui a pour vocation d’impulser les évolutions technologiques indispensables pour préserver un métier artisanal, tout en développant une pêche rentable & économe en énergie, limitant ses rejets atmosphériques et maîtrisant son empreinte sur le milieu naturel (fonds marins et ressources halieutiques).

La mission de notre association est, non seulement d’insuffler un nouveau souffle à la pêche française, mais aussi de se démarquer d’une attitude « victimaire » dont souffre souvent les marins explique Jacques BIGOT– Président de France Pêche Durable & Responsable.

La problématique des coûts en essence des bateaux de pêche

En France la flotte des navires de pêche (environ 7000 bateaux seulement) est vieillissante et a atteint ses limites, tant écologiques qu’économiques car elle est toujours à ce jour constituée de navires propulsés par de gros moteurs diesel.

Avec un moteur traditionnel, un chalutier consomme en moyenne 11 tonnes de gas-oil par semaine, ce qui représente 7 000 à 9 000 euros, soit 40 à 45% du chiffre d’affaires des marins. Pour pouvoir survivre, la charge au niveau du carburant ne devrait pas dépasser à 20 – 25% du CA.

Par conséquent, les armateurs ne peuvent pas dégager leur capacité d’autofinancement nécessaire au renouvellement des chalutiers et ne peuvent s’en remettre qu’à des innovations de portée restreinte : bateaux allégés, formes des chaluts optimisés, logiciels embarqués, conduite maîtrisée, …

Il faut que l’activité de pêche artisanale redevienne rentable. Les coûts de fonctionnement en essence sont trop élevés précise Jacques BIGOT.

Objectifs, réduire les coûts d’exploitation, mais pas que…

Pour baisser les charges d’exploitation des bateaux de pêche liées à la motorisation c’est l’hybridation de la propulsion qui est testée. L’installation de moteurs électriques avec production énergétique par un mélange gaz naturel-hydrogène. Il s’agit d’une expérimentation pragmatique de combustibles alternatifs au pétrole, par paliers successifs d’hybridation, du diesel au gaz naturel, vers l’hydrogène.

Les économies réalisées sont de l’ordre de 35 à 40% sur le coût du carburant et 80% sur les émissions de CO2.

En réduisant nos rejets en CO2 de 80% on pourrait bien réussir à changer l’image des pêcheurs, nous indique Jacques BIGOT. Encore faudrait-il que les français ne mélangent pas pêche artisanal et chalutage industriel en eau profonde !

Les différentes phases de test

Phase 1 transformation de la propulsion du navire (septembre 2012 – avril 2013).

Cette étape a conduit à installer un système de propulsion dite « hybride » : un moteur électrique qui remplace le moteur diesel pour propulser le navire. L’électricité nécessaire au fonctionnement du moteur électrique est produite par un groupe électrogène, fonctionnant, lui, au gasoil.

L’expérimentation en mer, qui a commencé en avril 2012, s’effectue en condition réelle d’exploitation en Manche et en Mer du Nord via le chalutier démonstrateur « La Frégate ». Premier chalutier de France à être équipé d’une motorisation hybride, il jette les bases de l’optimisation énergétique des bateaux de demain en imputant une baisse des charges d’exploitation pour les pêcheurs liées à la motorisation.

Au départ de ce projet de rupture, la communauté des pêcheurs se montrait sceptique, notamment par rapport au remplacement du moteur thermique par un moteur électrique, puis hybride. Cependant, nous avons vite compris l’intérêt vital de pérenniser, ensemble, la pêche artisanale qui subit de plus en plus de pressions économiques, commente Thierry Leprêtre – Patron du bateau démonstrateur “La Frégate3” support du projet de Fish2Eco-Energy.

Phase 2 : Lancement des essais d’alimentation en gaz naturel : une première en France

Deuxième étape franchie pour ce projet soutenu par l’Europe pour une pêche économe et durable, avec l’installation programmée d’une station de compression de gaz naturel sur les quais du port de Boulogne sur mer début 2014, en partenariat avec GRDF.

A partir de janvier 2014 : les travaux consisteront à installer dix bonbonnes de gaz à bord de la Frégate, afin de stocker le gaz naturel (pression de 200 bars). Ces dernières pourront contenir environ 580 m3 de gaz naturel, soit un équivalent de 500 litres de gasoil. En alimentation bi-fuel (50% gaz – 50% gazole), l’économie horaire supplémentaire est estimée à 10€, soit plus de 1 000€ pour 5 jours de mer.

Le gaz naturel sera ensuite décompressé, puis injecté dans le groupe électrogène à hauteur de 50%, en complément du gasoil, ce qui représentera pour le navire une autonomie en gaz naturel d’environ 12h.

Ce projet démonstratif, réalisé sur un navire existant, permettra dès le début 2015, d’étendre l’utilisation de ce type de carburant sur d’autres navires. Il sera ainsi possible d’évaluer précisément la fiabilité de la technologie, les espérances de rentabilité du système de carburation au gaz naturel, mais aussi pourra permettre à faire évoluer la réglementation liée à ce type de navires.

Les soutiens au projet Fish2Eco-Energy

Comités Régionaux des Pêches Maritimes de Bretagne, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, la Région Nord-pas de Calais, le Conseil général du Pas-de-Calais, le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), l’Ifremer… Il y en a beaucoup d’autres, saluons donc l’initiative de France Pêche Durable & Responsable via son président Monsieur Bigot que nous remercions pour son interview.

Merci à :
Jacques BIGOT, président de France Pêche Durable & Responsable
www.francepechedurable.eu

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Le 26 Août 2014

La connaissance des engins de pêche permet de minimiser les impacts sur les fonds marins

Le contexte prime : les meilleures pratiques croisent le type d'engin de pêche, l'habitat et la gestion de la pêcherie

Dans le volume 2 des Séries Scientifiques du Marine Stewardship Council (MSC), une étude montre que la bonne gestion et la conservation des pêcheries et des zones de pêche exigent une compréhension globale des méthodes et engins de pêche.

Source : Marine Stewarship Council

Les engins de pêche utilisés pour capturer les espèces benthiques et démersales ont un impact variable sur les fonds marins. Comprendre les impacts directs et indirects des pratiques de pêche sur les habitats benthiques est important  afin d’assurer la viabilité des océans de la planète.

Dans le volume 2, Chris Grieve et al. explore les meilleures pratiques de mesure, de gestion et d'atténuation des impacts benthiques de la pêche. L'examen porte sur un grand nombre d'engins de pêche les plus largement utilisés. Les auteurs y donnent une description de chaque engin et de son interaction avec l'environnement.

Historiquement, l'amélioration des engins de pêche visait à maximiser les captures. Aujourd’hui, pour répondre aux préoccupations de l'industrie et des ONG, la recherche se concentre davantage sur des modifications d’engins visant à minimiser les impacts sur les fonds marins et les prises accessoires.

Dans l’article, Analyse des impacts sur les habitats des engins de pêche mobiles et statiques qui interagissent avec les fonds marins, les auteurs écrivent : «Les travaux de recherche sur les habitats benthiques sont en plein essor  et deviennent disponibles pour les décideurs et les gestionnaires de ressources. La prise de conscience de la nécessité de gérer activement les composants complexes des écosystèmes marins et de comprendre les impacts directs et indirects de la pêche augmente".

La classification des types d’engin de l’Organisation Mondiale de l’Alimentation et de l’Agriculture (FAO) est en cours d’actualisation pour intégrer les récents développements dans ce domaine et sera prochainement publiée. Parmi les améliorations récentes, nous pouvons citer les avancées en technologie de la fibre, la mécanisation de la manutention des engins, l'amélioration des performances des navires et la motorisation, le traitement informatique pour la conception des engins, les aides à la navigation et la détection de poissons.


Cette analyse, ainsi que trois documents publiés dans le volume 2 des Séries Scientifiques, guident le MSC dans son développement stratégique sur les meilleures pratiques mondiales.

D'autres documents publiés sur la réduction des prises accessoires et les recommandations pour la gestion des stocks de saumon ont également joué un rôle important dans l'orientation de la Révision du Référentiel Pêcherie, un processus qui permet au Référentiel MSC de répondre aux meilleures pratiques scientifiques actuelles.

Dr David Agnew, directeur de l’équipe Référentiel du MSC déclare : «Pour vraiment apprécier les impacts mondiaux de la pêche, il est nécessaire d’augmenter la connaissance scientifique. Au MSC, nous révisons régulièrement nos Référentiels pour assurer leur rigueur et pertinence. Grâce à nos Séries Scientifiques, nous continuons de partager de nouvelles connaissances et contribuons à l'effort mondial de recherche sur la pêche durable ".

Le portail de recherche halieutique a été lancé en Novembre 2013 pour partager les connaissances scientifiques qui alimentent le Référentiel MSC. Le résultat de la révision du Référentiel sera publié le 1er Août 2014, intégré aux Exigences de certification des pêcheries MSC 2.0

Cliquer Ici pour télécharger le document "Review of habitat dependent impacts of mobile and static fishing gears that interact with the sea bed"

Pour plus d’informations : MSC  

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Le 15 Septembre 2014

Des bénéfices économiques et environnementaux durables pour la pêcherie de merlu d’Afrique du Sud

* 12 000 emplois sont maintenus grâce à des pratiques de pêche durable.
* De nouveaux marchés se développent au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse, en Suède et en Australie, assurant un marché d'exportation de 187 millions de dollars.
* Le travail primé de l’Albatross Task Force a permis un déclin de 90% de la mortalité d'oiseaux marins.
* Des recherches novatrices ont été menées sur la faune benthique en eaux profondes en Afrique du Sud.

Source : MSC

Dix ans après l’obtention de sa première certification MSC (Marine Stewardship Council) pour une pêche durable, l’une des plus anciennes pêcheries commerciales d'Afrique du Sud a non seulement prouvé ses performances environnementales, mais a également démontré que la durabilité générait des gains économiques à long terme.

Des études indépendantes récentes démontrent les avantages durables de la certification MSC de la pêcherie de merlu du Cap en Afrique du Sud sur l'économie et l'environnement. Assurer la santé de la pêcherie a empêché la perte d’environ 12.000 emplois dans le secteur de la pêche, alors que la demande pour le poisson certifié durable a conduit à l'expansion des marchés d'exportation d'une valeur de 187 millions de dollars.

Dans le même temps, de meilleures pratiques de pêche ont permis d'importantes améliorations environnementales telles que la baisse de 90% de la mortalité aviaire, la préservation de refuges naturels pour le merlu et une plus grande coopération entre l’industrie de la pêche, les scientifiques et le gouvernement.

https://www.flickr.com/photos/sustainableseafood/sets/72157646958755698/

Protéger l'économie de la filière pêche et ouvrir de nouveaux marchés

La pêcherie de merlu du Cap emploie plus de 8.000 hommes et femmes et génère un revenu à l’exportation de l'ordre de 187 millions de dollars par an. Deux études économiques indépendantes menées par les groupes de consultants en pêcheries, OLRAC, et le Bureau de Recherche économique (BER) indiquent que la certification a contribué à créer des opportunités de diversification vers des marchés non traditionnels, tels que le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suisse, la Suède et l'Australie, où les engagements des acheteurs pour la durabilité ont souvent été moteurs.

Les résultats ont montré que, sans la certification, la valeur actuelle nette (VAN) de la pêcherie au chalut de merlu d’Afrique du Sud pourrait diminuer d'environ 35% en 5 ans. La perte résultant de la contribution de la pêcherie au PIB serait comprise entre 28 et 47%, et s’ajouterait le risque de perte de 12.000 emplois dans le secteur de la pêche et des industries connexes.

Roy Bross, Secrétaire de l’Association sud-africaine de l'industrie du chalut en eaux profondes (SADSTIA), commente : "L'industrie de la pêche est certainement consciente des avantages de la certification MSC sur le marché. Nous sommes également très fiers des améliorations environnementales réalisées. Etre capables de démontrer notre travail grâce à la certification MSC signifie que nous pouvons finalement communiquer ces avantages sur le marché à toute la famille du chalut".

Réduire la mortalité des oiseaux marins

La pêcherie de merlu d’Afrique du Sud a également apporté des améliorations environnementales significatives en raison des conditions fixées lors de sa certification. Cela comprend la mise en place de lignes d'effarouchement des oiseaux. Selon une étude menée pendant 7 ans et publiée récemment par BirdLife Afrique du Sud, cette pratique a entraîné une réduction de 90% de la mortalité des oiseaux marins et une réduction de 99% des décès accidentels d'albatros dans la pêcherie au chalut de merlu d’Afrique du Sud.

Cette histoire à succès pour l’environnement a commencé dès la première certification de la pêcherie en 2004. Une condition posée lors de la certification a permis de découvrir que chaque année environ 10 000 oiseaux marins (dont 70% d’albatros) étaient tués accidentellement. BirdLife Afrique du Sud a recommandé l'utilisation de lignes d'effarouchement des oiseaux pour résoudre ce problème, et a mené, en collaboration avec l'industrie de la pêche et le soutien du gouvernement, des recherches scientifiques sur l'efficacité de cette mesure.

Bronwyn Maree, qui dirige l'Albatross Task Force de BirdLife Afrique du Sud indique : "Nous avons travaillé en étroite collaboration avec la pêcherie certifiée pour démontrer qu’éviter les captures accidentelles était bénéfique pour l'environnement et pour les affaires. La certification MSC a certainement joué un rôle dans les succès rencontrés".

Bronwyn a récemment reçu une reconnaissance pour son travail sur la conservation des oiseaux marins, en étant nommé lauréat du prestigieux prix international Future For Nature 2014 (FFN).

Protéger les écosystèmes

Un autre avantage environnemental majeur de la certification est la recherche en cours sur les impacts de la pêcherie sur les habitats et autres espèces benthiques.

Parmi les améliorations nécessaires au maintien de la certification MSC, SADSTIA a entrepris des recherches utilisant les meilleures données disponibles pour tracer les zones de chalutage, y compris les zones historiques de chalutage intensif. Cette information a été utilisée pour délimiter les zones de chalut pour éviter d'endommager les zones peu chalutées et pour préserver les refuges naturels du merlu.

Des recherches pointues sont également menées dans l'océan Atlantique, à 100 miles nautiques au large de la côte ouest de l'Afrique du Sud, où l'industrie du chalut a convenu d'arrêter la pêche dans certaines zones pendant au moins 4 ans pour surveiller la régénération de l’écosystème dans les zones de fermeture. Le Benthic Trawl Experiment[1] est une initiative conjointe entre l’industrie de la pêche, le Réseau sud-africain d'observation de l'environnement (SAEON), l'Université du Cap (UCT), l'Institut national de la biodiversité en Afrique du Sud (SANBI) et le ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche (DAFF). Il met également en lumière l'approche collaborative prise par le secteur de la pêche pour améliorer leurs impacts environnementaux et répondre aux conditions de certification.

Lara Atkinson de SAEON, qui gère le projet, a déclaré : "La certification MSC a contribué à favoriser un esprit de coopération entre les différents acteurs pour mener cette expérience. Nous sommes très heureux de cette opportunité de pouvoir analyser les évolutions des communautés benthiques dans les zones où le chalutage a cessé ".

Les changements en cours

La certification apporte aussi des avantages organisationnels. En Afrique du Sud, elle a contribué à une coopération plus étroite entre les scientifiques, les organisations non gouvernementales (ONG) et l'industrie, visant à une gestion responsable des pêcheries prenant en compte les écosystèmes. Une étude récente, publiée dans The Journal of Fish Biology[2], par certains des plus grands scientifiques marins en Afrique du Sud, a constaté que les conditions attachées à la certification MSC ont conduit à l’accroissement de la recherche sur les écosystèmes et à leur préservation. Cela comprenait la prise en compte des défis que ce secteur doit relever comme par exemple la recherche sur l'effet du chalutage en eaux profondes, les captures accidentelles et accessoires et l'évaluation des stocks.

Martin Purves, Responsable du Programme Afrique du Sud du MSC, a déclaré : "Le MSC a pour vision des océans en bonne santé pour aujourd'hui et pour demain."

"Cette pêcherie illustre clairement la théorie du changement du MSC. Les pêcheurs responsables devraient être récompensés et voir les avantages économiques de leurs efforts de conservation sur le marché. D'autre part, les améliorations environnementales devraient être évidentes et conduire à la viabilité à long terme des pêcheries certifiées. La collaboration entre les professionnels de la pêche, les scientifiques, les gouvernements et les ONG pour trouver des solutions a conduit à d'énormes gains environnementaux dans cette pêcherie sur une période relativement courte".

Au moment de cette annonce, nous apprenons avec beaucoup de tristesse que Roy Bross vient de nous quitter en ce 8 septembre. Roy a longtemps contribué à la durabilité des pêcheries, et nous regrettons sa disparition.

Martin Purves, Responsable du Programme Afrique du Sud du MSC, témoigne : “Roy a travaillé pendant plus de 30 ans sur la pêcherie de merlu d'Afrique du Sud. Son travail a été conséquent dans la collaboration de l'industrie et la réalisation des améliorations décrites dans ce communiqué. Sans son engagement et sa dévotion, la plupart de ces améliorations n'auraient pu se réaliser. Nous avons décidé de conserver sa citation, en hommage à Roy et à son travail."

Découvrez notre galerie de photos de la pêcherie de merlu du Cap sur Flickr

[1] En savoir plus sur the Bethic Trawl Experiment

[2] Field, J.G., Attwood, C.G., Jarre, A., Sink, K., Atkinson, L.J. and Petersen, S. 2013. Cooperation between scientists, NGOs and industry in support of sustainable fisheries: the South African hake Merlucciusspp. trawl fishery experience. Journal of fish biology, 83(4): 1019-1034. DOI:10.1111/jfb.12118.

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Le 23 septembre 2014

Urgent : Relecture de la filière pêche sous l'angle géopolitique...

La relecture de la filière pêche sous l'angle géopolitique est urgente. 


La France détentrice de la plus vaste superficie maritime, après les USA, est fondée à mettre en œuvre, une politique courageuse de protection de ses zones maritimes. Le contrôle des AMP, la cohabitation entre l'activité halieutique, son maintien, et l'exploitation pétrolière en mer profonde nécessite de fortes avancées diplomatiques. Les alliés traditionnels de la France comme les USA ont plus intérêt à participer à la préservation des océans, à nos côtés, qu'à servir de cadre à des manigances fumeuses et gravement destructrices.

Décryptage de Richard Honvault - Conseiller municipal (UDI/Nouveau Centre) de Boulogne-sur-Mer et Secrétaire national du Nouveau Centre en charge de la pêche, de la mer et de l'économie portuaire

La pêche en eau profonde, un nouvel enjeu géopolitique ?

Source : Huffingtonpost / 23/09/2014

Une vaste opération, à caractère géostratégique, est menée pour confisquer de vastes espaces maritimes et océaniques au bénéfice exclusif des intérêts américains. Cette manipulation est relayée en France et dans le monde par des ONG en relation étroite avec les acteurs américains de cette entreprise.

D'après l'excellente enquête de Yan Giron sur le trust caritatif américain PEW et l'article de Stéphane Foucart paru dans Le Monde Planète le 9/07/2014, se dessine un nouvel eldorado et les prémices d'une guerre économique violente, au détriment des océans, sous bannière écologique. La France, 2ème espace maritime mondial, après les USA, doit-elle laisser faire?

Le 10 décembre 2013, les eurodéputés rejettent l'interdiction de la pêche en eau profonde mettant en échec l'association Bloom un puissant lobby écologique. La méthode de Bloom, dirigé par Claire Nouvian, illustre la stratégie de communication dite "création de certitudes" visant à contredire les rapports scientifiques d'Ifremer, favorables à la pêche en eaux profondes, par des contre rapports légitimant cette interdiction et par une pétition de 300 scientifiques, tous liés au trust caritatif PEW !

1/3 des pétitionnaires sont étudiants ou doctorants d'institutions scientifiques américaines directement financées par PEW et les 2/3 restants sont des bénéficiaires via des réseaux comme Sea Around Us doté à plus de 20 millions de dollars, par PEW.

Au nom de la défense de l'environnement et de la faune maritime, la pêche de grand fond serait interdite dans des Aires Marines Protégées (AMP) ce qui faciliterait de futures extractions minières offshore au profit d'intérêts politico-économiques américains. Les trusts caritatifs comme PEW sont au cœur du lobby des ONG visant à la création des AMP dans le monde.

En 2009, le Royaume-Uni, ciblé par les lobbies écologiques américains, a adopté le "Marine and Coastal Access Act" (loi d'accès maritime et côtier) qui instaure une catégorie spécifique d'AMP, les MCZ (marine conservation zone) ou zones de préservation de la biodiversité des fonds marins. Prévue en 2013, l'officialisation par le gouvernement britannique des 127 MCZ, est différée.

La communauté maritime française craint que ces MCZ ne menace gravement l'activité des flottes de pêche. La sanctuarisation de plus de 50% des zones, interdisant de fait la pêche induit la disparition du droit de pêche, de 5 000 emplois directs et de notre souveraineté maritime. Interrogé sur ce point, par Hervé Morin, (question parlementaire JO du 18/12/2012), le ministre des transports, F Cuvillier s'est voulu rassurant (réponse p7578, JO du 16/07/2013). Depuis lors, aucun point d'étape n'a été communiqué par les services de l'État.

Le PEW Charitable Trusts est intervenu, sur la réforme communautaire de la pêche et son interdiction en grand fond. Ciblant le parlement européen et l'opinion publique de l'UE, PEW est à la base d'un consortium d'ONG, regroupant OAK Fundation, Adessium (Hollandaise), le WWF, Greenpeace et Birdlife international, mobilisant 140 millions de dollars. L'argumentaire scientifique est établi par l'université de Colombie britannique pour un coût de 2à millions de dollars payé entièrement par PEW.

Les cartes établies par "Blue Lobby" pointent la superposition d'enjeux (pêche, défense, commerce, terres rares marines) dans les zones visées, attirant les appétits américains. Des lobbies réclamant la création de ses AMP, financés ou en lien avec les administrations et les compagnies pétrolières américaines, affirment que l'exploitation pétrolière serait un mode durable de financement de la préservation des mers citant les études d'impact financées par ces industriels liés à PEW!

La famille PEW qui a fait fortune dans le pétrole, créé, dans les années 80, son trust caritatif le "PEW Charitable Trusts" avec un capital de 5 milliards de dollars placé sur les marchés financiers internationaux, générant des gains annuels de 300 millions de dollars, défiscalisés (conformément aux lois US) et affectés au programme d'actions du trust. Classé 12ème aux USA, ce trust serait devenu organisateur et financeur du lobby "Océan" d'autres ONG.

Le prisme écologique du PEW Charitable Trusts est lié au recrutement de Joshua Reichert organisateur reconnu des larges campagnes de lobbying environnemental depuis 1991. En 2011, la part « Océan » représentait 50% des activités de puissance (lobby auprès des élus) et 32% du total des activités du trust, soit 100 millions de dollars par an.

Les trusts, tel que PEW, cherchent à investir tous les espaces régaliens nationaux ou internationaux en opacifiant les liens de dépendances publics/privés.

De 2009 à 2013, PEW génère du lobbying afin que les USA ratifient la Convention des Nations Unis sur les droits de la mer. La campagne de PEW ou American Sovereignty Campaign, à destination des représentants du Congrès, défend l'extension et la protection des plateaux continentaux US (faciliter l'exploitation pétrolière), des voies maritimes et des câbles sous-marins mais aussi le survol des espaces maritimes et la lutte contre la piraterie des mers. A ce jour, la Convention n'a pas été ratifiée par le Congrès américain.

Les liens entre PEW et l'administration Obama sont nets ; Léon Panetta, président de la PEW Océans Commission, a pris la direction de la CIA de 2009 à 2011. En 2013, il retourne à la Joint Ocean Commission Initiative JOCI; l'application de l'Act de Conservation sur les pêcheries, confiant les pêcheries aux Etats, implique les ONG (Walton (Walmart), Moore (Intel), Packard, Oak Fondation) dans le financement de la pêche.

Les trusts caritatifs américains interviennent aussi en Asie Pacifique via des AMP de grande ampleur, définies par le programme Global Ocean Legacy de PEW pour limiter l'emprise spatiale des flottilles de pêche chinoises et asiatiques. PEW est en synergie d'objectifs politico-industriels avec des institutions telles que la Banque Mondiale via la Global Ocean Commission et la High Seas Alliance.

La relecture de la filière pêche sous l'angle géopolitique est urgente. La France détentrice de la plus vaste superficie maritime, après les USA, est fondée à mettre en œuvre, une politique courageuse de protection de ses zones maritimes. Le contrôle des AMP, la cohabitation entre l'activité halieutique, son maintien, et l'exploitation pétrolière en mer profonde nécessite de fortes avancées diplomatiques. Les alliés traditionnels de la France comme les USA ont plus intérêt à participer à la préservation des océans, à nos côtés, qu'à servir de cadre à des manigances fumeuses et gravement destructrices....

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Le 24 Novembre 2014

Impacts de la pêche et du réchauffement climatique sur les écosystèmes marins



Source : Université de Rennes

Conférence de Daniel Pauly, professeur à l'Université de Vancouver (Sea Around Us)

Lundi 24 Novembre 2014 à 20 h 

Agrocampus Ouest - Rennes

Daniel Pauly : "C'est aberrant qu'on utilise encore des chaluts pour pêcher"


https://twitter.com/Bloom_FR/status/536985712047185920


En France, les chalutiers représentent l'essentiel des apports en criée....


Graphique extrait du mémoire de fin d’études de Peter Samson - Diplôme d’Ingénieur de l’Institut Supérieur des Sciences Agronomique – Spécialisation : halieutique : "Etablissement du référentiel qualité PAVILLON France", cliquer Agrocampus Ouest pour télécharger le mémoire

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Le 4 Décembre 2014

Pêche en eau profonde : le documentaire qui montre comment les lobbies ont gagné



Documentaire de 49 minutes : INTOX Enquête sur les lobbies de la pêche industrielle par BLOOM Association

En 2013, une grande campagne de sensibilisation avait montré les effets dévastateurs de la pêche en eau profonde. Malgré l’aberration écologique et économique de ce type de pêche, le Parlement européen a refusé son interdiction. Un documentaire dévoile les dessous de ce vote scandaleux.

L’association Bloom qui s’est fait connaître du grand public par une importante campagne pour l’arrêt de la pêche en eaux profondes en 2013 et dont les effets dévastateurs ont été largement médiatisés, sort cette semaine un film analysant l’échec de l’interdiction de cette pêche, suite au vote favorable du parlement européen le 10 décembre 2013 : « Intox : Enquête sur les lobbies de la pêche industrielle » (visible en ligne).

En effet comment expliquer ce vote alors que la majorité des scientifiques, la mobilisation citoyenne et politique allaient dans le sens de l’arrêt de cette pêche dont les chaluts raclent littéralement le fond de la mer, détruisant des milieux dont la biologie est si lente qu’on ne peut imaginer leur reconstitution, pour un bénéfice négatif et un nombre d’emplois médiocres ?

Pour le comprendre, la réalisatrice nous entraîne dans les coulisses des instances de la communauté européenne, suivant les principaux acteurs à l’oeuvre parmi lesquels le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, des élus locaux de tout bord politique, le ministère de l’Ecologie et l’Ifremer, habilement conseillé par le cabinet GPLUS. Edifiant !

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Le 18 Décembre 2014

Pêche intensive : le grand écart de Ségolène Royal


En politique, il faut parfois maîtriser l’art de la contradiction. Dernier exemple en date : deux prises de positions de Ségolène Royal sur le thème de la pêche. En octobre dernier, la ministre de l’Ecologie et du Développement durable se faisait prendre en photo lors d’une remise de prix en compagnie de scientifiques spécialisés dans l’étude des océans. En marge de l’événement, elle s’engageait clairement sur Twitter : “il faut arrêter le chalutage en eau profonde, c’est clair”.

Un mois plus tard, Ségolène Royal posait pour un nouveau cliché. Mais cette fois, la ministre est accompagnée de membres de Blue Fish, une ONG pas vraiment connue pour sa lutte contre la pêche en eaux profondes. Et pour cause, l’Oeil du 20h a rencontré son patron, Olivier Le Nézet, qui se trouve être le représentant des pêcheurs bretons.

Chalutage profond : la France défend la position du Parlement européen

Interrogée à l’Assemblée nationale le 16 décembre, Ségolène Royal a clarifié la position du gouvernement sur le chalutage profond. La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, était interpellée par Jean-Louis Roumegas, député écologiste de l’Hérault : « Comptez-vous défendre l’interdiction du chalutage profond au conseil européen ? » Source : Le Marin

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Assemblée Nationale

Pêche en eaux profondes

Mardi 16 décembre 2014 Jean-Louis Roumégas posait une question à Mme Ségolène Royale sur la position de la France au sujet du chalutage profond.


Chalutage profond par Roumegas

TRANSCRIPTION :

M. Jean-Louis Roumegas :

« Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’écologie. La France persiste, et hier encore au sein du Conseil des ministres européens de la pêche, à défendre le maintien de quotas de pêche excédant la capacité de renouvellement, contre les recommandations des scientifiques, contre les propositions de la Commission européenne, contre l’esprit de la Politique commune de la pêche, contre l’intérêt des pêcheurs, dont l’activité est avant tout menacée par l’épuisement des stocks. La même logique de court terme prévaut en matière de chalutage profond, considéré par les scientifiques comme la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire. En contradiction avec ses engagements internationaux, la France s’oppose pourtant à son interdiction.

Il faut rappeler l’absurdité économique et écologique qu’est la pêche en eaux profondes. Les dix chalutiers qui la pratiquent en France peuvent raser la surface de Paris en deux jours, alors qu’ils n’occupent directement que 0,5 % des marins pêcheurs ! Cette absurdité économique et écologique n’échappe pas aux Français, qui sont, selon un sondage, 73 % à souhaiter que la France soutienne la proposition européenne d’interdiction du chalutage profond, reprise par la proposition de loi de notre collègue Laurence Abeille. Vous avez déclaré le 20 octobre dernier, madame la ministre : « il faut arrêter le chalutage profond, c’est clair ».

Quelle est aujourd’hui la position de la France sur ce sujet ? Comptez-vous défendre l’interdiction du chalutage profond au Conseil européen, en accord avec la volonté citoyenne et l’aspiration d’une France que François Hollande décrit comme la « nation de l’excellence environnementale » ? »

Mme Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie :

« Vous soulevez là, monsieur le député, une question en effet extrêmement sensible, sur laquelle les positions me semblent évoluer dans la bonne direction.

Rappelons que le chalutage en eaux profondes désigne la pêche à plus de 800 mètres de profondeur au moyen de filets mesurant entre soixante et cent mètres raclant en quelques jours ce qui a mis des millénaires à apparaître, les écosystèmes marins, les coraux, les rochers, les herbiers sous-marins, en un mot tout ce qui permet aux poissons de se reproduire et de se nourrir et dont dépend l’avenir de la ressource halieutique. Le Parlement européen s’est saisi du sujet et a mis en place une réglementation très stricte du chalutage en eaux profondes. je dis très clairement que la position du gouvernement français est celle du Parlement européen.

J’ai rencontré le 22 novembre dernier à Lorient les pêcheurs bretons. Ceux-ci se sont déclarés prêts, manifestant sur ce sujet une évolution que je salue, à se conformer à la réglementation issue du débat démocratique qui a eu lieu au sein du Parlement européen autour de quatre principes : le gel de l’empreinte, c’est-à-dire l’interdiction d’ouvrir de nouvelles zones de pêche quelle que soit la profondeur ; la création de zones fermées à la pêche en cas de présence avérée d’écosystèmes marins vulnérables, même là où elle est autorisée aujourd’hui ; l’amélioration de la cartographie et de l’évaluation des incidences, dont un bilan est rendu obligatoire – c’est le quatrième principe.

Comme vous le savez, j’ai décidé en outre de rendre publiques les données de l’IFREMER, qui jusqu’à présent ne l’étaient pas, afin de permettre le débat démocratique à ce sujet. N’oublions jamais que la ressource de pêche future dépend de la protection actuelle des fonds marins, lieux d’alimentation et de reproduction des poissons. En appliquant des règles responsables de protection des fonds marins, les pêcheurs… »

Pêche profonde en Nouvelle-Zélande. Le hoki se porte bien... 


Grands fonds. Du hoki de Nouvelle-Zélande considéré comme totalement reconstitué...

Selon le Marine Stewardship Council, le stock occidental de hoki de Nouvelle-Zélande est considéré comme totalement reconstitué, et les deux stocks (occidental et oriental) sont désormais considérés comme respectant les limites de durabilité (supérieurs à BMSY). Depuis sa première certification en 2001, la population des deux stocks de hoki de Nouvelle-Zélande a plus que doublé. D'après : MSC

Hoki de Nouvelle-Zélande et Merlu du Cap, deux poissons capturés au chalut dans les grands fonds, sont écolabellisés Pêche durable MSC....

Grands fonds : Bloom met la pression sur Ségolène Royal

L’annonce, faite ce jeudi 20 novembre, d’une rencontre entre les responsables de la pêche lorientaise et la ministre chargée de l’Écologie, Ségolène Royal, à l’occasion de sa venue à Lorient ce samedi 22 novembre, n’a pas manqué de faire réagir l’association Bloom, opposante la plus virulente à la pêche de grands fonds.

L’association fondée par Claire Nouvian a diffusé sur Twitter un appel à la mobilisation générale de ses soutiens, demandant en particulier aux internautes d’inonder les membres du cabinet de la ministre d’encouragements à résister à la « pression d'un minuscule lobby industriel qui veut faire dérailler un règlement européen pour défendre les pratiques de pêche les plus destructrices de l'histoire ». Source : Le Marin

En 2013, la France a importé plus de 7000 tonnes de Hoki (ou grenadier bleu) - filets congelés


Tableau extrait du document de FranceAgriMer : Commerce extérieur des produits de la pêche et aquaculture 2013 - Données et Bilans - juillet 2014

Un nouveau cap vers la pêche durable: découvrez les derniers résultats du MSC

Le Rapport annuel 2013/14 et le Rapport sur les impacts environnementaux publiés récemment par le Marine Stewardship Council (MSC) mettent en avant les progrès réalisés pour assurer l'avenir des océans et garantir une offre abondante en produits de la mer pour les générations futures.

Source : MSC

Alors que 29% des océans de la planète sont actuellement surexploités [1], ces deux rapports montrent comment les engagements pris par les pêcheurs, les distributeurs et les consommateurs ont des impacts positifs sur la durabilité des écosystèmes marins, des stocks de poissons et des communautés de pêcheurs.

Des centaines d'améliorations réalisées par les pêcheries certifiées

10 % des captures mondiales de poissons sauvages proviennent aujourd’hui de pêcheries engagées dans le programme MSC, un programme scientifique et rigoureux qui permet d’assurer la durabilité des écosystèmes marins. Depuis 1999, plus de 220 pêcheries ont été évaluées indépendamment. Celles qui ont obtenu la certification ont réalisé 575 améliorations pour atteindre les meilleures pratiques. Parmi ces améliorations, citons par exemple des mesures pour réduire les captures accessoires d'espèces en voie de disparition, pour restaurer les habitats et pour  améliorer les connaissances scientifiques sur les écosystèmes marins.

Les pêcheries certifiées MSC se sont également engagées à apporter 600 autres améliorations d’ici 2020.

(...)

Bénéfices environnementaux

Les deux rapports mettent en évidence une série d'améliorations réalisées par les pêcheries certifiées MSC. Voici quelques exemples :

La pêcherie du merlu d’Afrique du Sud qui a apporté des améliorations pour assurer la pérennité économique de son activité et préserver son environnement. Cela inclut des mesures qui ont conduit à une réduction de 90% de la mortalité aviaire, y compris une réduction de 99% des captures accessoires d’albatros, depuis 2009.

https://www.davigel.fr/france/fr/BrandsAndProducts/Brands/Davigel/Pages/1681882.aspx

La légine australe et Antarctique : Plus connue sous le nom de « bar du Chili », la légine australe et antarctique était largement considérée il y a seulement quelques années comme une espèce en danger victime de la surpêche. Les pêcheries de légine ont provoqué un spectaculaire renversement de la situation grâce, entre autres, à la réduction des captures accidentelles d'oiseaux marins (désormais proches de zéro alors qu'elles se comptaient auparavant par dizaines de milliers) ainsi qu'à la présence d'observateurs sur 100% des navires pour garantir la conformité avec les règles de gestion,  éviter les captures illégales et la surpêche.

Le stock occidental de hoki de Nouvelle-Zélande est considéré comme totalement reconstitué, et les deux stocks (occidental et oriental) sont désormais considérés comme respectant les limites de durabilité (supérieurs à BMSY). Depuis sa première certification en 2001, la population des deux stocks de hoki de Nouvelle-Zélande a plus que doublé.

https://www.davigel.fr/france/fr/BrandsAndProducts/Brands/Davigel/Pages/12157132.aspx


La pêcherie de crevette rose d’Oregon a mis en place un suivi annuel afin de pouvoir modéliser son stock et mettre en œuvre des méthodes de gestion qui tiennent compte de la dynamique des populations. Les captures par unité d'effort ont augmenté de près de 130% depuis que le stock a été initialement certifié en 2007.

La «Fiji Tuna Boat Owners Association» a lancé un plan pour réduire les prises accessoires de requins. Cela inclut l'interdiction des techniques de pêche nuisibles aux requins et l'utilisation de petits hameçons circulaires.

Rupert Howes, directeur général du MSC a conclu: «Je tiens à saisir cette occasion pour remercier tous ceux qui ont soutenu le MSC. Nous faisons de grands progrès. Cependant, il y a encore beaucoup à faire si nous voulons assurer un avenir durable pour nos océans et nos communautés de pêcheurs. Pour ce qui est de l'avenir, le MSC s'attachera à créer de la valeur ajoutée pour nos partenaires, les pêcheries du programme et les entreprises de l'industrie qui partagent notre vision. Nous mettrons également au point de nouveaux outils pour permettre une plus grande participation des pêcheries artisanales et des pays en voie de développement, ainsi que pour renforcer la robustesse de nos exigences de traçabilité."

En cours d'évaluation MSC, une autre espèce de la pêche profonde : Empereur ou hoplostète rouge

https://www.davigel.fr/france/fr/BrandsAndProducts/Brands/Davigel/Pages/1681889.aspx


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Le 30 Janvier 2015

La flotte de pêche européenne plus rentable et moins énergivore


En moyenne, les profits s’améliorent pour les pêcheurs européens, qui consomment de moins en moins de carburant. C’est que constate le CSTEP (Comité scientifique, technique et économique de la pêche) dans son rapport annuel économique sur la flotte de pêche européenne, publié ce lundi 19 janvier. Pour en savoir plus : Le Marin

Communiqué de la Commission européenne : EU fishing fleet increasingly profitable and fuel efficient

La flotte de pêche européenne est de plus en plus rentable et économe en carburant


Le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) de la Commission européenne a publié son rapport économique annuel 2014 sur la flotte de pêche de l'UE.

Le rapport montre des progrès dans la performance économique. La flotte de pêche de l'UE a été généralement rentables en 2012, générant € 6,9 milliards de revenus. Environ la moitié du chiffre d'affaires total a été transformée en salaires et bénéfices pour les communautés de pêche. La plupart des flottes nationales montrent une tendance positive sur la période 2002-2012. Cependant, malgré des signes de reprise, l'impact de la crise du carburant qui a culminé en 2003 et 2008 démontre la vulnérabilité de la flotte de l'UE aux chocs extérieurs.

Un autre constat concerne d'importants progrès dans l'efficacité énergétique. La consommation de carburant et l'intensité de la consommation de carburant a diminué de 10% entre 2008 et 2012. Cette amélioration est le résultat d'engins soutenu par l'UE en carburant pêche, réduction de la flotte, les changements de comportement de la pêche et de la flotte dynamique. l'emploi sur les navires de pêche carte de l'UE était de 151 383 en 2012, la baisse de 2% en moyenne par an de 2008 à 2012. En revanche, le salaire moyen par salarié a augmenté sur la même période.

À propos du rapport
Le rapport économique annuel (ARE) des flottes de l'UE est la source la plus complète de l'analyse économique et des données sur la flotte de pêche de l'UE. Il se concentre sur les facteurs et tendances, et comprend des sections spécifiques sur les longues flottes de pêche lointaine de l'UE, les flottes côtières artisanales et principales régions de pêche. Depuis 2007, l'ARE a fourni un aperçu complet des dernières informations disponibles sur la structure et la performance économique des flottes de pêche dans les pays de l'UE. L'ARE est de plus en plus utilisé par les gestionnaires de la pêche ainsi que des organisations internationales telles l'OCDE et de la FAO. Cet exercice est coordonné par la Commission européenne et produit par le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) et le Centre commun de recherche. Les données pertinentes sont collectées par pays de l'UE en vertu du Cadre de collecte de données.


Infographies : Ici

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6 commentaires:

Hippolyte a dit…

La parution de la bande dessinée de Pénélope Bagieu a provoqué une avalanche d'articles sur la pêche profonde. Visiblement, beaucoup de ceux qui donnent leur avis n'ont jamais pris le temps de se pencher sur le dossier. Pour le plaisir de s'exprimer sur quelque chose qui est d'actualité (qui fait le buzz, comme on dit maintenant) ils rédigent à la hâte un texte dans lequel ils reprennent ce qu'ils lisent ici ou là, dans la presse destinée au grand public ou sur internet.

Beaucoup écrivent : "le CIEM a dit", ou "comme le dit le CIEM". Mais on-ils seulement jamais lu quelque chose écrit par le CIEM ? En fait, on leur a dit que le CIEM avait dit… alors, ils répètent ce qu'on leur a dit !

Un journaliste sérieux doit vérifier ses informations à la source. Mais y a-t-il seulement des journalistes sérieux parmi eux ?

En fait, ne lisant pas l'anglais couramment, beaucoup se réfèrent à ce que dit l'IFREMER. Mais l'IFREMER ce n'est pas le CIEM !!!!!

Je lis par exemple que des études de l'IFREMER ont montré que les espèces d'eau profonde sont actuellement exploitées avec un rendement maximal durable. Personnellement, je ne connais pas cette étude et j'aimerais bien la connaître… si elle existe ! Trop facile de jeter des affirmations infondées à la face du lecteur !

Grâce au lien suivant, je vous donne à lire ce que pense L. Watling sur ce sujet. Ceux qui citent des écrits sans les avoir lus en prendront pour leur grade.

L. Watling a été bassement attaqué, comme bien d'autres scientifiques de renom qui critiquent le chalutage des grands fonds. Des gens qui n'ont même pas pris la peine de se renseigner sur ses compétences ont en effet argué du fait qu'il venait d'Hawaï pour dire qu'il n'y connaissait rien aux problèmes de l'Atlantique Nord. En fait, L. Watling est un expert tellement compétent pour les problèmes de l'Atlantique Nord qu'il a été invité par le CIEM à venir donner son avis dans les groupes de travail de cet organisme (il explique pourquoi dans la lettre que je donne à lire ci-dessous).

http://www.savethehighseas.org/publicdocs/Watling-letter-to-PECH-Committee.doc

En lisant cette lettre, j'ai d'ailleurs découvert que l'Alépocéphale de Baird dont je parlais dans un message précédent, en disant qu'il faisait l'objet de rejets importants, est une espèce menacée d'exctinction ! L. Watling dit même que dans la zone où pêchent les Français, le stock de cette espèce ne représenterait plus que 6 % de ce qu'il était en 2002.

Cela, je ne crois pas que l'IFREMER nous l'ait dit dans ses communiqués.

L. Watling écrit aussi (et en le soulignant !) qu'aucun document scientifique, notamment venant de l'ICES, ne mentionne que les pêches d'eau profonde ont atteint le RMD (Rendement Maximal Durable). Cela aussi, je ne crois pas que l'IFREMER nous l'ait dit dans ses communiqués. J'ai même peur qu'il ait pu laisser penser le contraire !

Sur ce dernier point, nous étions déjà quelques-uns à nous en être aperçus !

Hippolyte a dit…

Débat intéressant ayant eu lieu aujourd'hui :

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4929.commission-du-developpement-durable-et-commission-des-affaires-europeennes--les-peches-en-eau-profo-26-novembre-2013

Hippolyte a dit…

Dans cette réunion de la Commission du développement durable et de la Commission des affaires européennes, on a eu droit à un dialogue de sourds… comme on pouvait un peu s'y attendre.

Il y avait des gens qui étaient missionnés pour tenir des propos mitigés, qui n'engagent surtout pas trop la responsabilité de celui qui les prononce. Et dans cette optique, l'une des meilleures façons de noyer le poisson est encore de mélanger des chiffres qui se rapportent à la pêche française en général et à la pêche en eau profonde en particulier.

Certains ont encore prêté au CIEM des déclarations que celui-ci n'a jamais tenu, à propos du RMD. Il a fallu attendre l'ultime déclaration du représentant de l'IFREMER pour que les choses soient enfin claires à ce sujet.

Les déclarations de Philippe Cury et de Claire Nouvian ont été claires et argumentées et ont pratiquement fait le tour de tous les problèmes qui se rattachent à la pêche en eau profonde.

Je ne sais pas qui les défenseurs du chalutage en eau profonde auront convaincu. Pour moi, les signes d'énervement que certains d'entre eux ont montré traduisaient avant tout le désarroi de personnes à court d'arguments.

Aquablog a dit…

Regardez la carte ci-dessus "Ouest des îles Britanniques"

Les pêcheurs laissent déjà une large place aux spécialistes des Abysses que vous citez...

Les armements français exploitent la petite zone du talus continental (en dehors des aires vulnérables déjà protégées) entre 200 et 1200 m de profondeur...

Il reste encore beaucoup de zones à observer et étudier...

Plongez-y !!!

Aquablog a dit…

Plongez-y avant que les pétroliers ne s'y installent et qu'elles ne soient engluées dans le pétrole...

Hippolyte a dit…


Dans le dossier d'actualité de l'IFREMER actualisé le 19 juin 2013, il est écrit :

"Les diagnostics et avis émis en 2012 par la communauté scientifique internationale
(CIEM) reconnaissent que L'EXPLOITATION DES STOCKS DE POISSONS PROFONDS A ETE AMENEE A UN NIVEAU SOUTENABLE…"

Dans la vidéo enregistrée le 26 novembre 2013, Monsieur Patrick Vincent dit :

"L'avis du CIEM, il dit, de manière extrêmement précise : "Pour les espèces suivies dans le cadre de la réglementation, l'effort de pêche a été abaissé - et alors, c'est là où la précision est importante - AU NIVEAU QUI CONDUIT AU RENDEMENT MAXIMAL DURABLE, ce qui permet d'ESPERER RESTAURER, A UN HORIZON A PRECISER, le stock au voisinage de la biomasse …"

On notera la différence notable qui existe entre les deux présentations de ce qu'a dit le CIEM en 2012 !

Comme beaucoup, je déplore vivement le flou artistique qui règne autour de tout cela. Je me demande même si la nouvelle formulation présentée par Monsieur Patrick Vincent est elle-même tout à fait fidèle à ce qu'a écrit le CIEM.

En effet, j'ai écouté à plusieurs reprise la phrase de Monsieur Patrick Vincent que je cite. Il parle bien de "stock" au singulier ! Il y a là, à mon avis, une nouvelle ambiguïté, qui peut laisser croire que toutes les espèces profondes sont unies par un même sort. En fait, les stocks des différentes espèces profondes sont bien évidemment à considérer séparément car l'exploitation durable de l'une ou de plusieurs d'entre elles peut très bien entraîner la disparition progressive d'une ou plusieurs autres. On est donc en droit de se demander, là encore, si une telle ambiguïté se trouve déjà dans les écrits du CIEM où s'il s'agit à nouveau d'une traduction maladroite.

Pourquoi ne nous donne-t-on pas tout simplement à lire ce qu'écrit le CIEM, sans passer par les traducteurs de l'IFREMER ? Ce serait bien plus simple ! Et pourquoi, l'IFREMER ne prend-il pas l'habitude de donner, en bas de page de ses communiqués ou de ses articles, les références exactes des publications qu'il cite ou qu'il traduit ? On aurait évité bien des polémiques si cet organisme l'avait fait pour son communiqué sur les espèces profondes, tant contesté et tant contestable, de l'avis même de Monsieur Patrick Vincent.