vendredi 11 octobre 2013

Pour une pêche durable, interpellez dès aujourd'hui vos eurodéputés !


Cliquer Ici pour connaitre le résultat du vote en plénière

Pour une pêche durable, interpellez dès aujourd'hui vos eurodéputés !

LPO - Ligue pour la Protection des Oiseaux - 11/10/2013 14:10:00 (communiqué de presse)
 
Le 23 octobre, le Parlement Européen votera le budget pour la nouvelle Politique Commune de la Pêche : interpellez vos eurodéputés, dès aujourd'hui, pour qu'ils garantissent une pêche durable !

Parlement européen : Kesaco ? : Farines animales et de poisson. Merci ! José Bové, Isabella Lövin, Jean-Paul Besset...

Avec OCEAN2012, la LPO propose à ses sympathisants de se mobiliser pour faire pression sur les eurodéputés qui décideront 23 octobre dans le Parlement Européen de Strasbourg de l'avenir du budget de la PCP.

Ocean2012 : Kesaco ? : Une ONG, çà trompe énormément !

Pourquoi agir ?

La Politique Commune de la Pêche (PCP) règlemente la pêche professionnelle au niveau européen. Elle est révisée seulement tous les 10 ans, et au vu de l'état actuel des ressources halieutiques, l'enjeu de la réforme en cours est gigantesque. Jusqu'en 2002, les décisions pour la PCP étaient prises entre la Commission européenne et le Conseil des Ministres de la Pêche. Depuis le traité de Lisbonne, cette politique est gérée en codécision, c'est-à-dire que les eurodéputés au Parlement européen ont leur mot à dire. Le processus devient donc plus démocratique.

Démocratique : Kesaco ? : Blue Charity Business

Le processus d'élaboration et de débat autour de la PCP touche à sa fin. Le 23 octobre aura lieu le dernier vote important au Parlement européen dans une session plénière sur la répartition des budgets de cette politique (FEAMP, Fonds européen pour les Affaires maritimes et la Pêche).

FEAMP : Kesaco ? : Rapport secret sur la pêche française. Secret de polichinelle !

L'argent reste toujours le nerf de la guerre, et il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour s'assurer que les aides publiques soient employées de manière à servir l'intérêt général et à alléger les impacts sociaux de la transition (parfois déjà amorcée) vers une pêche durable. La LPO travaille avec BirdLife Europe et OCEAN2012 pour que la PCP entérine le principe de durabilité environnementale (respect des limites biologiques des populations de poissons permettant le bon fonctionnement des chaînes alimentaires marines), sans lequel il est impossible de parvenir à une durabilité économique et sociale. La prochaine PCP doit permettre d'adapter véritablement la capacité de pêche aux ressources disponibles et d'autoriser ainsi une pêche durable.

Pêche durable : Kesaco ? : Atlantique Nord-Est. "Contrairement à une idée reçue, l'état de nos stocks de poisson s'améliore..."

Pour mieux comprendre le contexte...

La NEF "chauffe" le Net....

La Nef – New Economics Foundation- est un groupe de réflexion britannique qui alimente en études, Ocean 2012, dans le but de conforter les positions des ONGE notamment contre les subventions à la pêche. La Nef démontrait même qu’en mettant en place un moratoire sur la pêche communautaire, l’Europe Bleue allait créer 100 000 emplois pour plusieurs millions de tonnes de poisson supplémentaires : Moratoire de la pêche : Les va-t-en guerre de la NEF.

Pour le vote des eurodéputés du 23 octobre 2013, la Nef a tout naturellement sorti un nouveau rapport : « En eaux inconnues ». Cette étude économique montre qu’il serait plus avantageux d’investir dans un bon système de contrôle que dans le renouvellement de la flotte. (d’après un communiqué de Nef mis en ligne dans Reporterre : Pêche : vote décisif en préparation au Parlement européen...)

Ce rapport est associé à plusieurs posters (en ligne) pour chauffer l’ambiance sur le Net...



Sachez-le, européens, consommateurs de poisson, les pêcheurs sont des "voleurs" (40% de captures illégales dans les eaux communautaires) et des "gaspilleurs" (23% de rejets en mer) !


Comprendre : Fliquer l’exercice de la pêche et couper les vivres aux pêcheurs...

Comment agir ?










La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) demande à ses sympathisants d’envoyer cette lettre-type préparée par la coordination Ocean2012


Lettre à envoyer aux eurodéputés dans la liste à télécharger

Une liste de tous les eurodéputés français... A l'exception des eurodéputés Verts ??? (Les députés écolos sont déjà aux ordres...)

Lettre accompagnée d’un document préparé par la coordination Ocean 2012. Ce document explique la position des ONG avec les recommandations : Les subventions à la pêche doivent soutenir la mise en œuvre de la politique commune de la pêche

Birdlife Europe, Greenpeace, Oceana, OCEAN2012 et le WWF appellent les députés européens à voter en faveur d’un FEAMP qui :
  • augmente l’aide financière pour la collecte des données et les mesures de contrôle et de mise en oeuvre,
  • mette fin aux subventions qui favorisent la surpêche.

C’est-à-dire que la LPO demande à ses sympathisants d’interpeller les eurodéputés sur les aides à la modernisation de la flottille et de ne plus aider les jeunes pêcheurs à s’installer... Cette recommandation est tout-à-fait scandaleuse surtout en cette période de concentration des entreprises de pêche, notamment avec l’accaparement de la filière de la pêche par des sociétés transnationales...

Ne plus soutenir les jeunes pêcheurs dans leur installation, c’est la mort du secteur artisanal en France !

Associée aux collectivités locales et aux professionnels de la mer dans la lutte contre l’extraction des sables sous marins de la baie de Lannion, la LPO médiatisée par son combat frontal contre les chasseurs, tire maintenant dans le dos des pêcheurs...

Face à ce radicalisme des ONGE qui préfèrent la survie des oiseaux à celle des pêcheurs, on peut comprendre la réaction ultra-nationaliste d’une élue étatsunienne d’une région parmi les plus poissonneuses des océans avec ses saumons sauvages, son cabillaud et son colin d’Alaska : La promotrice de ce projet de loi (« Loi sur la certification et l’étiquetage responsables des produits de la mer » NDLR) a souligné qu’il s’agissait d’une « mauvaise politique » de laisser les certificateurs tiers, y compris les ONG, de décider quel produit de la mer peut être considéré comme durable. Elle a ajouté que le Marine Stewardship Council (MSC) et d’autres ONG « poursuivent des desseins politiques particuliers, manquent de transparence et utilisent leurs systèmes de certification pour influencer de manière inappropriée la gestion publique des pêcheries ».

Investissez dans le poisson... Ocean2012 demande de voter entre les poissons et les navires... L'investissement humain ne compte plus pour cette ONGE ! Cette organisation a tiré un trait sur les pêcheurs et les communautés littorales qui vivent de la pêche !!!



Les portraits d'équipages de R. Le Gall exposés à Bruxelles


Le chalutier Men-Gwen (Photo : Robert Le Gall)

Construit au chantier Vergoz de Concarneau, lancé en 1990, le Men-Gwen pêche aujourd'hui la langoustine, mais aussi l'araignée et différentes espèces de poisson au départ de Keroman. Le chalutier embarque à son bord Maxime Valer, Joël Kermeur, Guyann Chardevel (élève à l'école de pêche d'Etel), Florent Le Bolay (patron) et Cyrille Paula (absent sur la photo). Source : Le Télégramme

« Ma démarche n'est ni politique, ni économique... Elle est humaine ». Aujourd'hui (14 octobre 2013 Ndlr), à Bruxelles, Robert Le Gall, photographe lorientais, inaugurera l'exposition de ses « Portraits d'équipages ».

« Derrière les quotas il y a des hommes »

Dans les couloirs du Parlement européen, pendant une semaine, on verra « des gueules de marins », des « hommes qui vivent de leur pêche », apprécie Maurice Benoish, président de la Sem-Keroman, qui a accompagné financièrement et logistiquement ce projet. S'il s'inscrit dans une démarche artistique, le photographe lorientais se dit heureux de « montrer des hommes, dans un endroit où l'on parle pêche, environnement et quotas ». Chaque photo d'équipage est accompagnée des noms des marins et de leur bateau, « leur entreprise ». C'est à la demande de la députée européenne Isabelle Thomas que cette exposition est présentée au Parlement européen.

Des marins « mis en lumière »

Une quarantaine d'équipages du port de pêche lorientais sont passés sous l'objectif de Robert Le Gall. « Je les ai mis en lumière, dans tous les sens du terme », explique le photographe. « Je les ai sortis de leur bateau, pris comme modèles, posant dans le petit salon de la Sem, sous les spots... Certains matelots n'avaient jamais mis les pieds dans ces locaux ». Le festival Pêcheurs du monde a suivi le photographe dans sa démarche ; l'exposition sera d'ailleurs à l'honneur de la prochaine édition, du 25 au 30 mars prochain. Alain Le Sann, président du festival, est aussi du voyage en Belgique, ce lundi, pour le vernissage de l'exposition. Quant à Robert Le Gall, il aimerait poursuivre ses portraits d'équipages. « Je n'ai photographié que le tiers des pêcheurs lorientais... ». 


Rapport Cadec, un bon compromis...

Cliquer Ici pour accéder au rapport Cadec (+ amendements) mis au vote le 23 octobre 2013. (Ce rapport est un bon compromis... Il défend la pêche artisanale en maintenant les subventions pour les navires de moins de 12 mètres...) 

Remarque sur le Feamp : En cette période de développement aquacole dans le monde, l'Europe Bleue ne met pas assez en avant l'aquaculture, et tout particulièrement la pisciculture en eau douce, celle qui connait la plus forte progression à l'échelle mondiale....

Informations complémentaires sur le FEAMP : Rapport secret sur la pêche française. Secret de polichinelle !

Dans l'attente de nouveaux documents à venir sur le net.... Car certaines ONGE sont "maitre" dans l'art de la manipulation... Ce rappel : Parlement Européen. Séance plénière sur fond de surpêche

Philippe Favrelière (actualisé le 14 octobre 2013)

Un peu de lecture

Pour aller plus loin...

Les ONG environnementalistes mobilisent des scientifiques contre les subventions à la pêche

À l’instigation de l’ONG environnementaliste Oceana, quelque 200 « membres de la communauté scientifique internationale » appellent les parlementaires européens à supprimer toute subvention à la construction de nouveaux navires de pêche.

Source : Le Marin

Cet appel, lancé par quatorze chercheurs et signé par 186 autres, a été lancé dans la perspective du vote par le Parlement européen, le mercredi 23 octobre, du texte sur le Fonds européen pour les Affaires maritimes et la Pêche (Feamp). Ce vote sur le troisième pilier de la future politique commune de la pêche est présenté comme une « occasion pour changer le cours de la pêche européenne ».

Parmi les promoteurs de cet appel, figurent trois chercheurs français qu’on retrouve souvent aux côtés des environnementalistes : Gilles Bœuf (Muséum d’histoire naturelle), Philippe Cury (IRD) et Daniel Pauly (université de Colombie britannique).

Dans le viseur de l’ONG, soutenue par la fondation américaine Pew Environment, figure en particulier un amendement à l’article 32, soutenu par le rapporteur, le Français Alain Cadec. Il réintroduit la possibilité d’aides au renouvellement pour des navires de moins de 12 mètres et de plus de 35 ans, et travaillant dans des pêcheries considérées comme en bonne santé.

Cet amendement, qui va dans le même sens que la position prise par le conseil des ministres, est présenté comme « nocif pour l’environnement ».

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Bateaux neufs. Ces métiers que souhaitaient aider le rapport Cadec...

mais qui selon les ONG étaient aussi des pêcheurs de la surpêche....

Au Cros-de-Cagne, le port de pêche ne désemplit pas



TF1 - 1min 52s - Le 25 oct. à 13h40

En cette période de congés scolaires, il est le point de rassemblement des vacanciers qui retrouvent les pêcheurs, présents toute l'année. L'occasion pour eux de se promener au bord de l'eau et d'acheter leurs poissons. Et parfois même de se baigner.

Source : Au Cros-de-Cagne, le port de pêche ne désemplit pas sur WAT.tv

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Les subventions des activités maritimes votées jeudi



TF1 - 2min 24s - Le 23 oct. à 13h45

Le Parlement européen votera jeudi les subventions aux activités maritimes et à la pêche. Au Conquet, dans le Finistère, ces mesures pour l'avenir des pêcheurs sont très attendues par la profession qui peine à se renouveler.

Source : Les subventions des activités maritimes votées jeudi sur WAT.tv

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Faux monnayeurs du FEAMP


Les lobbyistes des grandes organisations environnementales ONGE, financées et/ou coordonnées par les fonds "caritativo-industriels" américains, ont inondé tous les élus du Parlement européen de faux billets disant "non aux aides aux navires" en déformant les textes et les intentions des élus de la Commission pêche du Parlement Européen. Ces derniers, pour la première fois, n'avaient pas suivi les injonctions des ONGEs ni leurs consignes de vote sur le Fonds Européens pour les Affaires Maritimes et la Pêche FEAMP. Ce refus d'obtempérer a déclenché une profonde colère de ces ONGE qui finalement dévoilent d'autres motivations. Décryptage d'une prise de position très instructive et hautement révélatrice des idéologies qui pilotent les stratèges de ces mouvements, autoproclamés représentant la société civile (les ONGE, pas les élus du Parlement que vous élisez).

Source : Bluelobby par Yan Giron

Introduction

L'Europe est en train de négocier le pilier financier de la future Politique Commune des Pêches, Le "FONDS EUROPEEN DES AFFAIRES MARITIMES ET DE LA PECHE" - FEAMP. Le vote a eu lieu 23 octobre 2013 en commission plénière du Parlement Européen. Suite à cela il sera porté à une négociation finale en trilogue entre Commission européenne, Parlement européen et Conseil des Ministres. La commission spécialisée pêche du Parlement Européen a voté la proposition de l'eurodéputé Alain Cadec d'introduire de nouvelles mesures en faveur de la construction de navires sur des constructions extrêmement encadrées et au bénéfice seul des navires de moins de 12 m de plus de 35 ans engins non tractés. Après avoir brandi un soutien aux très petits pêcheurs, les ONGE se sont déchainées et ont inondés les eurodéputés non spécialistes de la pêche de faux billets focalisant ses aides à la construction neuve. Les ont-ils été payées de fausse monnaie ? Quelle forêt se cachait derrière cet arbre ?

Sommaire
1. Le vrai article 32b
2. Comment les ONGE présentent l'art. 32b
3. La bonne vieille recette de l'étude et de la pétition, coordonnées par PEW
4. Des subventions à la détaxe du carburant pour la pêche
5. En parlant de subventions qu'en est-il des exonérations de taxes des grandes organisations caritatives"?
6. Epilogue
7. Le mot de la fin
8. Approfondir

Suite de l'article

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I'm a fishlover. Are you?

« I'm a fishlover ! » Hier, le Berlaymont, siège de la Commission européenne, a résonné de cette inhabituelle déclaration d'amour... aux poissons. 

Entourée de portraits dénudés de Mélanie Laurent, Jean-Marc Bar et quelques autres célébrités posant un poisson dans les bras, Maria Damanaki, commissaire à la pêche, inaugurait l'exposition « Fish Love », une campagne lancée par les propriétaires d'un restaurant à sushis de Brighton, au Royaume-Uni, pour attirer l'attention du public sur les dangers de la surpêche. L'atmosphère risque d'être moins glamour ce soir à Strasbourg lors du débat sur le vote sur les subventions aux activités maritimes et à la pêche pour la période 2014-2020. Le rapporteur du dossier, Alain Cadec, veut réserver une partie des six milliards d'euros du fonds au renouvellement de la flotte. Ces aides avaient été supprimées en 2003 au motif, selon la Commission, qu'elles contribuaient à la surpêche et empêchaient la réduction des capacités. La commissaire à la pêche a bien l'intention de faire barrage à ce projet, quitte à mobiliser ses services pour appeler un à un les élus réunis à Strasbourg. En juillet, Alain Cadec avait réussi à faire adopter à une courte majorité le principe d'une telle aide, mais limitée aux bateaux de moins de douze mètres et de plus de 35 ans. « Cette mesure est en réalité la seule qui permet la réduction des capacités », en remplaçant des bateaux anciens par d'autres plus modernes, argue-t-il, car ne seraient éligibles à l'aide que les navires d'une capacité de 40 % inférieure au bateau initial. Au total, cette mesure pourrait permettre 7.000 à 8.000 remplacements et induire, selon lui, une diminution de capacité significative.

Vote serré

Le vote s'annonce pour le moins serré. Le rapporteur a réussi à rallier l'ensemble du PPE à sa proposition contre un plafonnement des aides au renouvellement à 10 % du fonds. Les élus sociaux-démocrates sont divisés et les écologistes embarrassés. « Politiquement, je ne vois pas comment on peut soutenir une mesure qui nous ramène dix ans en arrière, alors que les capacités n'ont pas reculé », explique Flaminia Tacconi, une juriste de l'ONG ClientEarth, qui connaît bien le dossier puisqu'elle a été une des rédactrices du règlement créant le fonds. « On ne peut pas se permettre de financer de nouveaux bateaux sur fonds publics », disait hier la commissaire à la pêche, tout en assurant vouloir « respecter le vote du Parlement ».


22 octobre 2013 - Les subventions aux activités maritimes et à la pêche seront au menu des députés européens ce soir. Avant un vote demain matin.

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Le 23 Octobre 2013 : Vote du FEAMP en séance plénière du Parlement Européen

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L'Europe ne veut pas subventionner de nouveaux bateaux de pêche


Dans le poisson, tout est bon pour attirer l'attention. Y compris des photos sexy pour introduire un sujet qui l'est a priori moins : les 6,5 milliards de financement de la future politique commune de la pêche. Le Fonds européen de la pêche et des affaires maritimes (FEAMP) pour la période 2014-2020 vient d'être adopté, mercredi 23 octobre, par le Parlement européen réuni en session plénière.

Il doit être le levier permettant à ce secteur d'évoluer pour devenir plus respectueux de ce que les océans peuvent lui donner, autrement dit permettre à la ressource de se renouveler.

Source : Le Monde.fr | 23.10.2013 à 19h19 | Par Martine Valo 

Après des mois d'empoignade entre eurodéputés, lobbys de la pêche, ONG de défense de l'environnement, le résultat penche plutôt du côté de ces dernières, au moins sur la question des subventions pour la construction de nouveaux bateaux. L'assemblée a en effet refusé de voter cette mesure qui aurait conduit à assurer, voire accroître la capacité de pêche des flottilles européennes.

La commissaire européenne chargée de ces dossiers, Maria Damanaki, s'est déclarée "globalement satisfaite" des positions du Parlement. "Voilà qui va permettre de se concentrer sur des projets en faveur d'un avenir durable pour l'industrie de la pêche et les régions côtières," s'est-elle réjouie dans un communiqué.

Stopper la pêche en Europe


Lundi, Mme Damanaki inaugurait dans le hall de sa direction une exposition de photos intitulée Fishlove qui met en scène des vedettes dénudées exhibant un simple poisson, poulpe ou crabe. Ben Kingsley, Lizzy Jagger, Mélanie Laurent, Serge Hazanavicius, entre autres, se sont prêtés au jeu de ce travail collectif, dont la dernière série est signée du photographe Denis Rouvre, pour souligner la vulnérabilité de la faune marine.

Cliquer Ici pour le Vernissage of the Fishlove exhibition



 
Aux yeux du député européen Alain Cadec (PPE), rapporteur du FEAMP, prêter ses murs à cette exposition est digne de l'activisme des militants anti-pêche. "Les ONG veulent stopper complètement la pêche en Europe, estime-t-il. Pas moi ! Les Vingt-Huit importent déjà 80 % de leur consommation de produits de la mer et de l'aquaculture. En faudra-t-il davantage ?"

Le texte d'Alain Cadec proposait d'aider les artisans pêcheurs à remplacer leurs bateaux, à condition que ceux-ci soient petits – moins de 12 mètres –, vieux d'au moins 35 ans et équipés d'arts dormants, autrement dit sans chalut. Les nouvelles embarcations devaient en outre faire la preuve qu'elles allaient diminuer leur consommation d'énergie et le temps passé en mer.

Le renouvellement de navires n'est plus subventionné par l'Union européenne depuis 2005."Mme Damanaki a demandé aux fonctionnaires d'appeler un à un les parlementaires pour leur dire de voter contre ma proposition", dénonce Alain Cadec, qui est vice-président de la commission pêche au sein du Parlement de Strasbourg.

Epuisement des ressources

Son rapport, adopté mercredi après un débat agité jusque tard dans la nuit précédente, comprend cependant d'autres mesures favorables aux professionnels du secteur comme les aides à la modernisation des moteurs d'embarcations de moins de 12 mètres. Il est aussi prévu des moyens budgétaires destinés à renforcer la sélectivité des engins de pêche, soutenir les entreprises pendant les arrêts temporaires d'activité imposés par mesure de préservation, et même de financer les dispositifs de concentration de poisson.

" Les DCP sont utilisés pour capturer thons et autres grosses prises, le secteur se porte bien, il n'en avait pas besoin ! " réagit Stephan Beauger d'Oceana, un rassemblement d'associations environnementalistes. De leur côté, les Verts qualifient l'aide à la motorisation "de fonds directs encourageant (...) la surpêche et l'épuisement des stocks." D'ici à 2015, la pêche de l'Union européenne doit s'approcher des "rendements maximum durables" définis en commun. Pour cela, elle a besoin de s'appuyer sur les recommandations des scientifiques.

Dans la période actuelle, une centaine de millions d'euros sont alloués à la collecte des données ainsi qu'au contrôle des pêches, soit 1,5 % de la valeur des débarquements de poissons. Résultat : moins de la moitié des populations de poissons de l'Atlantique Nord-Est, moins du quart en Méditerranée et en mer Noire sont évaluées. Seuls 97 stocks sont suivis dans les eaux de l'Union sur les 400 qui y sont capturés. Et plus on les connaît, plus ils ont une probabilité de se redresser, observent les halieutes.

Ce point-là jouit d'un exceptionnel consensus : les eurodéputés se sont accordés pour pousser les feux : le budget de la collecte scientifique va pouvoir augmenter de 100 %, celui du contrôle de 40 %. Le Parlement, la Commission et les ministres européens vont à présent devoir s'accorder sur le dossier du FEAMP.

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Fishlove exhibition

21 October - 12 November 2013, Brussels

© Denis Rouvre | Fishlove 

"Fishlove" is an ongoing photographic project that invites global celebrities to raise awareness of how unsustainable fishing practices are destroying the marine environment.

The movement calls for legislators and policy makers to choose the path towards a sustainable future for our seas and oceans.

European Commissioner Maria Damanaki will host a special exhibition featuring familiar faces of the world of entertainment such as Sir Ben Kingsley, Greta Scacchi, Lizzy Jagger, Jean-Marc Barr, Mélanie Bernier, Mélanie Laurent, Kenzo and Serge Hazanavicius amongst others. Come to the Berlaymont to see your favourite stars pose with their favourite fish. Special guests will help Commissioner Damanaki unveil the newest Fishlove series, created by Denis Rouvre for this exhibition, at a vernissage in the Berlaymont’s exhibition hall on 21 October 2013. Source : Commission Européenne

Pour plus d'explications sur la campagne dans The Guardian : I'm a fishlover, are you ?

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Un Fonds de 6,5 milliards d'euros pour la pêche: les députés approuvent de nouvelles dispositions

Des fonds de l'UE pour moderniser les bateaux et éviter la surpêche   Des fonds de l'UE pour moderniser les bateaux et éviter la surpêche...

Source : Parlement Européen / Session plénière Communiqué de presse - Pêche − 23-10-2013 - 14:27

Des règles régissant le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), pour aider les pêcheurs à se conformer à la politique commune de la pêche, ont été adoptées ce mercredi. Cette aide permettra aux pêcheurs de respecter l'interdiction de rejets en mer, par des engins de pêche plus sélectifs, mais aussi d'améliorer les conditions de sécurité et de travail, la collecte des données et les infrastructures portuaires. Les députés pourront débuter les négociations avec le Conseil.

"Avec ce vote, le Parlement donne un avenir à notre modèle de pêche durable. La pêche durable c'est avant tout des mesures concrètes pour éliminer la surpêche, et maîtriser la capacité de la flotte tout en permettant aux pêcheurs de vivre de leur métier.", a déclaré le rapporteur Alain Cadec (PPE, FR).

Vers une politique de la pêche durable dans l'UE

Le FEAMP permettra de mettre en œuvre l'accord conclu entre le Parlement et le Conseil sur la prochaine politique commune de la pêche (PCP), qui oblige les Etats membres à définir des quotas de pêche durable à partir de 2015 et à introduire une interdiction de rejet en mer des poissons. Le Fonds aidera, en effet, les pêcheurs à se conformer aux nouvelles règles en soutenant les investissements dans des engins de pêche plus sélectifs ou des équipements facilitant la gestion, le débarquement et la conservation des captures non désirées.

Davantage de données pour une meilleure gestion de la pêche

Le FEAMP financera également la collecte et la gestion des données de la pêche, utilisées par exemple pour calculer le rendement constant maximal requis par les nouvelles règles de la politique commune de la pêche (le rendement maximal est défini comme la plus grande capture qui peut être prise, de manière sûre, année après année et qui maintient la taille de la population de poissons à sa productivité maximale).

Modernisation des moteurs de bateaux

Selon le Parlement, le FEAMP interviendra également pour le retrait, le remplacement et la modernisation des moteurs des bateaux, à condition que la puissance du nouveau moteur soit au moins inférieur de 40% par rapport au moteur remplacé. L'amendement proposant de réintroduire des financements pour la rénovation de la flotte de pêche a été rejeté.

Soutien aux jeunes pêcheurs

Les députés ont également amendé la proposition relative au FEAMP pour permettre aux jeunes pêcheurs de moins de 35 ans de se voir accorder un soutien à l'installation jusqu'à 100 000 euros s'ils achètent un navire de pêche artisanale ou côtière entre 5 et 20 ans et s'ils disposent d'une expérience professionnelle de cinq ans dans le secteur.

Des règles simplifiées, des contrôles plus stricts et une meilleure application

La politique commune de la pêche et la politique maritime intégrée seront financées par le FEAMP, au motif qu'un paiement unique permettra de simplifier et d'intégrer les deux politiques. L'utilisation du FEAMP pour financer les mesures de contrôle et de mise en œuvre devrait également permettre une meilleure application des règles relatives à la PCP.

Prochaines étapes

La plénière a adopté un mandat pour débuter les négociations avec le Conseil sur le FEAMP dans les prochaines semaines. Tout accord conclu devra être approuvé par la commission de la pêche et la plénière dans son ensemble.

Procédure: codécision (procédure législative ordinaire), première lecture

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La Commission européenne s'offre des stars nues contre la surpêche


L'actrice Mélanie Laurent ou le chanteur Thomas Dutronc torse nu, l'une avec un crabe l'autre avec un mérou: la Commission européenne a prêté lundi ses murs aux portraits écolo-glamour de la campagne Fishlove contre la surpêche.

Source : AFP / Marine-Océans

Exposer ces stars dénudées au premier étage du siège de la Commission est un signal à trois jours d'un vote prévu au Parlement européen sur les moyens financiers que compte se donner l'UE pour rendre sa pêche plus durable, a souligné la commissaire à la Pêche Maria Damanaki, en inaugurant la manifestation.

"Cet objectif de durabilité est au coeur de la récente réforme de la politique commune de la pêche", a-t-elle rappelé.

La Commission endosse ainsi la campagne de sensibilisation "Fishlove" lancée en 2009, qui a déjà immortalisé nus, avec pieuvre, thon ou mulet, nombre de célébrités.

Après Lizzy Jagger vue par le photographe John Rankin, ou Mélanie Laurent par Alan Gelati, ce sont l'actrice française Mélanie Bernier, le styliste Kenzo ou le chroniqueur mondain Emmanuel de Brantes qui se sont prêté au jeu, cette fois avec le portraitiste français Denis Rouvre.

En version moins sexy que les précédentes séries, mais nus toujours, pour mettre en valeur la "vulnérabilité" et "la proximité" des deux espèces, humaine et animale, a expliqué à l'AFP le concepteur du projet, Nicholas Röhl, propriétaire d'un restaurant de poissons à Brighton.

"Il ne s'agit pas d'arrêter de manger des poissons, mais nous devons le faire dans le respect de leur survie, l'art est un excellent moyen de faire passer le message", a ajouté ce restaurateur, qui ne sert plus d'espèces menacées, comme le thon rouge.

Pris sur fond noir, comme il en a coutume, les clichés de Denis Rouvre doivent entamer un tour d'Europe par Rotterdam, Paris, Rome et Athènes, ont précisé les services de Mme Damanaki.

"Fishlove", qui doit se poursuivre avec des photos du cinéaste et photographe Mike Figgis, avait déjà reçu le soutien du collectif d'ONG Ocean2012 bataillant contre la surpêche.

Ces dernières mènent actuellement campagne pour que le Parlement européen se prononce le 23 octobre contre la réintroduction envisagée de subventions à la construction de nouveaux bateaux de pêche. Elles réclament plus de fonds européens pour la surveillance des stocks de poissons et des pêcheurs.

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FEAMP. Un bon décryptage du Figaro...

Les Onge ont réussi à stopper les subventions au renouvellement des bateaux de pêche (qui concernaient uniquement les bateaux de moins de 12 mètres) alors qu'elles se disent derrière la pêche artisanale ; mais pas à la modernisation des moteurs de toutes les catégories de pêche (à vérifier)

Pas de nouveaux bateaux subventionnés

Le Parlement européen a repoussé aujourd'hui un projet de subventions au renouvellement des bateaux de pêche, comme l'en exhortait la Commission européenne et les écologistes au nom de la lutte contre la surpêche.

Source : Le Figaro

Réunis en séance plénière, les eurodéputés ont ainsi donné tort à la commission sur la pêche du parlement, qui avait pour sa part avalisé en juillet la réintroduction des aides à la construction des navires, bannies en Europe depuis 2005. Les ONG de protection de la mer et la Commission européenne étaient depuis vent debout contre cette mesure, considérée comme allant à l'encontre de la récente réforme de la pêche européenne, axée sur la lutte contre la surpêche et une gestion durable des stocks de poissons.

La commissaire à la Pêche, Maria Damanaki, s'est félicitée du vote en séance plénière, et "en particulier" du "rejet de l'idée de dépenser de l'argent des contribuables européens pour financer de nouveaux bateaux". Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), l'outil de financement de la politique de pêche commune, "pourra ainsi mettre l'accent sur les projets garantissant une pêche durable", a-t-elle ajouté cité par un communiqué.

Le Parlement européen va désormais entamer des négociations avec le Conseil qui représente les Etats pour finaliser les règles de ce Fonds, doté de quelque 6,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020. Les eurodéputés qui votaient sur les grands axes du FEAMP se sont toutefois prononcé en faveur d'aides à la modernisation des moteurs des bateaux de pêche, une mesure également combattue par les défenseurs de la préservation des espaces maritimes. Pour le rapporteur conservateur français, Alain Cadec, ces subventions doivent permettre d'améliorer les conditions de travail et de sécurité à bord de ces navires, et de réduire la pollution.

Dans un appel lancé la semaine dernière, deux cents scientifiques avaient demandé au Parlement européen à mettre fin à toutes les subventions "nocives pour l'environnement". Ce type de soutien aux pêcheurs a contribué à l'augmentation de la taille de la flotte européenne de pêche, "dont la capacité est désormais deux ou trois fois supérieure à ce qu'une pêche durable supposerait, alors que 39% des stocks de poissons sont surpêchés en Atlantique du nord-est et plus de 88% en Méditerranée", soulignaient-ils.

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FEAMP. Les réactions suite au vote du Rapport Cadec

Préservez les stocks de poissons, exigez une pêche durable, soutenez mon rapport sur le FEAMP !

"Si vous souhaitez une pêche durable, une réduction de la capacité de la flotte et la préservation des stocks, il faut voter pour mon rapport !", tels sont mes mots en réunion au Parlement européen.

Source : Blog d'Alain Cadec

Mon rapport sur le Fonds européen des affaires maritimes et de la pêche (FEAMP) sera soumis au vote du Parlement européen le 23 octobre. Ce rapport porte sur un budget de 6,3 milliards d'euros pour financer la mise en œuvre de la réforme de la politique commune de la pêche.

J'ai travaillé d'arrache-pied pour trouver des compromis équilibrés avec les autres groupes politiques. Je propose  la seule mesure de réduction de la capacité de la flotte dans toute la réforme de la PCP : c'est l'article 32.b. Les pêcheurs qui voudront bénéficier d’un soutien financier devront réduire de 40% la capacité, l'effort de pêche et la consommation d’énergie de leur navire. Par ailleurs, l'enveloppe consacrée à cette mesure sera limitée à 10% du budget de ce fonds.

Il s'agit de garantir la baisse de la capacité de la flotte de 40% et de permettre aux pêcheurs ayant des navires de moins de 12 mètres et de plus de 35 ans, potentiellement dangereux et très consommateurs en énergie, de bénéficier, s'ils le souhaitent, de l'aide financière européenne. Qui d'autre a réussi à introduire une mesure permettant la réduction de la capacité dans cette réforme ?

Au lieu de diaboliser et de critiquer ce rapport, il vaudrait mieux que certaines ONG lisent ce que je propose : outre la baisse de la capacité, je demande davantage de soutien pour la collecte des données scientifiques et les mesures de contrôle, la mise en place de mesures de conservation, comme par exemple des périodes de repos biologique, les investissements dans des engins de pêche plus sélectifs pour éliminer les rejets.

Je demande aussi  le gel complet des subventions pour les États membres qui ne réduisent pas la capacité de leur flotte ou qui ne respectent pas leurs obligations en matière de contrôle et de collecte des données. J'ai également inclus dans ce rapport un volet social ambitieux : la formation professionnelle, la sécurité à bord et le respect des législations sociales portant sur les conditions de travail et de vie des pêcheurs.

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Pêche : L’Europe rejette les aides aux bateaux neufs

Les ONG environnementalistes crient victoire, leur lobbying a payé : le Parlement européen refuse toutes aides publiques pour la construction de nouveaux bateaux de pêche.

Source : Ouest France

6,5 milliards d’euros

Votant sur le fonds européen pour la pêche, qui prévoit 6,5 milliards d’euros sur la période 2014-2020, les eurodéputés ont toutefois accordé des soutiens publics pour le changement de moteurs des bateaux de pêche, mais à condition que le nouveau moteur soit 40 % moins puissant que l’ancien. Une prime qui déplaît aux écologistes. Ils se réjouissent en revanche de l’augmentation (+40 %) des fonds destinés à la restauration des stocks par l’amélioration de la collecte des données et des mesures de contrôle.

L’amendement controversé du rapporteur Alain Cadec (UMP) sur les aides au renouvellement de la flotte n’a donc pas passé l’épreuve du vote en plénière (249 voix pour cet amendement, 410 contre et 11 abstentions). Il faut dire que ces aides sont bannies en Europe depuis 2005, car elles entraînent la surexploitation des espèces de poissons. 39 % des stocks de poissons sont surexploités en Atlantique du nord-est.

Ne pas revenir en arrière

La Commission a salué le vote du Parlement. « Vouloir financer la construction de nouveaux navires, c’est revenir en arrière. Ceci nuirait aux pêcheurs et aux stocks et irait à l’encontre de la réforme de la politique de la pêche que vous, parlementaires, avez soutenue il y a quelques mois », a déclaré Maria Damanaki, la commissaire européenne à la Pêche. « Voulez-vous utiliser l’argent du contribuable pour construire 2 000 nouveaux navires qui chacun pourraient coûter jusqu’à 3 millions d’euros ? », a-t-elle dit aux eurodéputés, qui l’ont entendue.

Ingérence inadmissible

Alain Cadec proposait une aide pour renouveler les navires de pêche de plus de 35 ans, à condition que la capacité et l’effort de pêche du nouveau navire soient de 40 % inférieures à ceux de l’ancien. Seuls seraient concernés les navires de moins de 12 mètres utilisant des engins « dormants » comme les casiers.. « Très franchement, ceci ne représentait pas beaucoup de bateaux », a regretté le député breton. Selon lui, il s’agissait de la seule mesure de réduction de la capacité dans toute la réforme de la politique commune de la pêche. Il a dénoncé « l’ingérence inadmissible » de la Commission, qui a téléphoné à chacun des députés pour essayer d’influencer leur vote.

80 % de poissons importés

Le vote des eurodéputés comporte toutefois des mesures positives pour la profession, comme des subventions à l’installation des jeunes pêcheurs. Le fonds pêche donnera aux pêcheurs les moyens de mettre en œuvre la réforme de la politique commune de la pêche. Grâce à des soutiens financiers pour renforcer la sélectivité des engins de pêche, financer des arrêts temporaires (en cas de pollution ou de repos biologiques).

80 % des produits de la pêche consommés en Europe sont des produits d’importation. « Voulons-nous être totalement dépendants des pays-tiers en supprimant notre activité de pêche en Europe. Non, en ce qui me concerne », a résumé M. Cadec.

Accord en fin d’année

Les négociations sur le fonds pêche 2014-2020 vont se poursuivre entre le Parlement, les ministres européens de la Pêche, et la Commission. L’objectif est de boucler les discussions avant la fin de l’année 2013. Les positions ne sont pas si éloignées que cela, maintenant que le débat est enterré sur les primes à l’achat de nouveaux bateaux.

Plus 150% pour l’Outremer

Député PS, la Malouine Isabelle Thomas regrette l’absence d’aide au renouvellement de la flottille, mais tire un bilan somme toute assez positif. « Les travaux en commission de la pêche ont permis d'obtenir des avancées substantielles sur un texte dont la proposition initiale de la Commission  incitait plus la profession à se reconvertir qu'à envisager l'avenir avec confiance. Ce fonds doit permettre aux pêcheurs européens de faire face à la concurrence mondiale. » Quant à  Patrice Tirolien, député européen des Outremer, il se réjouit de l’augmentation du budget destiné aux régions ultramarines de plus de 150 %,

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Le texte sur l'instrument financier passe le cap du Parlement européen


Malgré le rejet d'un de ses amendements, Alain Cadec, rapporteur du Feamp, est à l'arrivée plutôt satisfait. L'amendement en question - Aide aux bateaux neufs de moins de 12 m - sur lequel se sont focalisées les ONGE, n'était qu'un amendement en forme de leurre, nous explique Bernard Jégou. "Car, au final, Alain Cadec a réussi à faire passer pas mal de possibilités d'aides communautaires au secteur de la pêche, qui ne vont pas dans le sens de la proposition initiale de la commission." Le Feamp pourra ainsi soutenir le remplacement des moteurs (sous certaines conditions), le remplacement d'engins de pêche pour plus de sélectivité, les périodes de repos biologique, la mise à la casse de bateaux (sous certaines conditions), l'installation des jeunes pêcheurs (jusqu'à 100.000 euros)... 

En définitif, Alain Cadec ne laisse qu'une coque, une coquille vide, aux ONGE et à la Commission ! Et la commissaire chargée de la Pêche, Maria Damanaki, s'en réjouit... « de constater que le Parlement européen a rejeté l’aide publique à la construction du navire et a fixé des limites claires sur les montants des financements publics des États membres peuvent consacrer à leurs flottilles ».

Alain Cadec trouve qu' « en adoptant mon rapport, le Parlement donne un avenir à notre modèle de pêche. Le Feamp ne sera pas un instrument de reconversion des pêcheurs hors de la pêche comme le proposait la Commission ».

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Fonds Pêche. La Commission européenne est satisfaite du Parlement européen

Maria Damanaki se réjouit de la décision des eurodéputés de rejeter l'aide publique en faveur de la construction de navires. Maria Damanaki se réjouit donc de ne pas aider les plus petits pêcheurs de l'Europe Bleue comme le prévoyait le rapport d'Alain Cadec... Puisque la mesure rejetée par le Parlement européen concernait les aides à la construction des plus petits bateaux de la flottille européenne, ceux de la pêche artisanale de moins de 12 mètres et de plus de 35 ans... Pour pousser le bouchon... Elle ajoute : " Ce vote permettra également au FEAMP de se concentrer sur les projets de financement en faveur d'un avenir durable pour le secteur de la pêche et les communautés côtières...

De son côté, le WWF applaudit cette décision des parlementaires européens... 


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Financement de la PCP : Le Parlement européen a choisi le renouvellement des stocks de poissons plutôt que le financement de l’augmentation des flottes

Aujourd’hui, lors du vote en plénière sur le Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP), le Parlement européen réuni à Strasbourg s’est prononcé contre la réintroduction de subventions pour la construction de nouveaux bateaux, et pour l’augmentation des fonds pour la collecte de données, le contrôle et la bonne application de la nouvelle politique commune de la pêche (PCP).

Source : WWF

Le WWF applaudit cette décision qui permet de laisser une chance aux stocks de poissons de se reconstituer.

Augmenter la part des fonds dédiés à la collecte de données, au contrôle et à application de la PCP permettra d’une part, de mieux connaitre le milieu marin et d’adapter au mieux les mesures de gestion afin d’aboutir au bon état des écosystèmes marins. D’autre part, cette décision permettra de renforcer les moyens donnés aux Etats Membres qui pourront être plus efficaces dans la lutte contre la pêche illégale.

Un point négatif tout de même, la possibilité de financer la remotorisation des bateaux.

Réaction d’Isabelle Autissier, Présidente du WWF France :

« Cette décision du Parlement Européen est un pas de plus pour laisser aux stocks de poissons la possibilité de se reconstituer. La réforme de la PCP de 2002 avait mis un terme au financement de la surcapacité à travers les fonds pour la construction de nouveaux navires. La réintroduction de telles aides pour le renouvellement de la flotte aurait était un pas en arrière et aurait ramené l’Europe dans ses heures les plus sombres de l’utilisation des fonds publics pour financer la surpêche.
Aujourd’hui, nous avons évité la réouverture de cette boite de pandore qui aurait anéanti les quelques ambitions prises lors de l’accord sur le règlement de base au printemps dernier.
Les eurodéputés se sont également engagés pour que l’UE augmente la part des subventions destinée à la collecte de données, le contrôle et la mise en application de la nouvelle PCP. Cela donnera plus de moyens aux autorités pour lutter plus efficacement contre la pêche illégale qui représente aujourd’hui jusqu’à 40% des débarquements ; et permettra également d’avoir une meilleure connaissance et donc les moyens pour une meilleure gestion des stocks de poissons. C’est une bonne nouvelle pour l’avenir des populations de poisson mais également pour les pêcheurs et les communautés littorales ».

Le WWF se réjouit également que des fonds soient attribués à la participation de l’ensemble des parties prenantes dans le cadre de la cogestion de la pêche. L’ouverture d’une telle ligne budgétaire est d’autant plus importante au niveau français où l’on compte déjà quelques initiatives de comité de cogestion appelées UEGC (Unités d’Exploitation et de Gestion Concertées), qui nécessitent un réel soutien financier à l’avenir.

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Un fonds de la pêche pour la prospérité de l’Europe et non pour son déclin         

Le Parlement européen a voté aujourd’hui le FEAMP.  Ce fonds européen constitue le volet financier de la PCP, permettant de concrétiser les objectifs qu’elle avait fixé lors de son adoption en février dernier en matière de pêche et d’aquaculture durable, de renforcement des collectes de données, de contrôles des pêches et de financement de la politique maritime intégrée.

Source : Eurodéputés PS 

Comme Isabelle THOMAS l’a déclaré mardi soir dans l’hémicycle : « Les travaux en commission de la pêche ont permis d’obtenir des avancées substantielles sur un texte dont la proposition initiale de la Commission  incitait plus la profession à se reconvertir qu’à envisager l’avenir avec confiance.»

Les députés ont voté ce matin pour réorienter les aides publiques :

pour aider des pécheurs en cas d’arrêt  temporaire de leur activité pour améliorer la ressource

pour aider à l’installation des jeunes (100 000€ pour l’achat d’un navire)

pour augmenter les budgets de contrôle des pêches

pour financer la récolte des données scientifiques

pour financer les infrastructures portuaires  et notamment pour le débarquement des rejets

pour compenser les Régions Ultras Périphériques (RUP)

pour  gratifier de bonus les efforts pour une pêche durable

pour dédommager les pêcheurs qui participent aux Comités consultatifs Régionaux

pour créer un fonds de mutualisation venant en aide aux professionnels en cas de crise, de catastrophe naturelle.

pour soutenir l’aquaculture durable, notamment à la conchyliculture

Pour Isabelle THOMAS « Ce fonds doit permettre aux pêcheurs européens de faire face à la concurrence mondiale, concurrence déloyale sur la plan économique et social et qui conduit aujourd’hui à importer plus de 60% des produits de la mer que nous consommons. »

Pour Patrice TIROLIEN, député européen des Outremer : « Ce vote aura permis de faire accepter une évidence : nos pêcheurs des RUP font face à des réalités géographiques radicalement différentes de celles de l’Europe continentale.

En plus d’une augmentation du budget ultramarin au sein du FEAMP de plus de 150 %, nous avons obtenu un certain nombre d’avancées techniques propres à accompagner les pêcheurs dans leurs stratégies de développement locales. C’est dorénavant un véritable programme d’options spécifiques qui se met en place progressivement, avec notamment le financement de dispositifs de concentration de poissons qui donnera une option durable aux pêcheurs antillais face à la  crise de la chlordéconne  ».

Pour Isabelle THOMAS « Pourtant, malgré ces avancées, il me reste un regret. On ne peut pas exiger des mutations de la pêche sans renouveler l’outil de travail, c’est à dire le navire. Et l’on peut tout à fait renouveler la flotte sans augmenter la capacité de pêche. Pour améliorer la rentabilité économique, la sécurité, la sélectivité pour éviter les rejets, pour équiper les navires de systèmes de propulsion moins polluants, des aides publiques sont nécessaires.

Jusqu’à preuve du contraire, le libre marché mondialisé n’est pas un outil de mise en œuvre des politiques européennes, et encore moins d’une politique alimentaire. Les forces du marché n’aideront pas les navires vétustes à devenir des parangons de sélectivité. Je suis favorable aux aides publiques lorsqu’elles participent de la prospérité de l’Europe et non à son déclin.

Je continuerai à me battre pour que l’Union européenne aide cette activité à se renouveler et à se préserver. »

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Le 25 octobre 2013

Feamp. Quel gâchis !

Le nouveau FEAMP était l’occasion d’accorder des aides spécifiques aux petits métiers de la pêche... Les eurodéputés en ont décidé autrement.... Les côtiers embarqués sur des navires de moins de 12 mètres n’auront pas de soutien financier à la construction de bateaux neufs comme le prévoyait le rapport Cadec... Le texte d'Alain Cadec, eurodéputé des Côtes d'Armor, proposait d'aider les artisans pêcheurs à remplacer leurs bateaux, à condition que ceux-ci soient petits – moins de 12 mètres –, vieux d'au moins 35 ans et équipés d'arts dormants, autrement dit sans chalut. Les nouvelles embarcations devaient en outre faire la preuve qu'elles allaient diminuer leur consommation d'énergie et le temps passé en mer.

Sous couvert de surpêche (postulat : Subvention = Surpêche), le lobby écolo-libéral a appuyé la décision de la Commission Européenne de maintenir un moratoire aux subventions des bateaux neufs et de ne pas soutenir la pêche artisanale. En session plénière, les eurodéputés ont écarté cette mesure du rapport Cadec (qui avait été adoptée par la commission de la pêche du Parlement européen en juillet 2013)...

Dans un monde de la pêche en pleine restructuration et de concentration à tout va, cette décision (de ne pas consolider la pêche côtière) aura des répercutions sur l'exploitation des pêcheries et l’avenir des communautés littorales... L'affaiblissement des petits métiers, c'est la porte ouverte à des activités destructrices et polluantes, comme le tourisme de masse, les activités minières,  l'extraction de sable sans compter l'aquaculture industrielle qui pointe son nez à l'horizon...

Sans l'opposition de pêcheurs, l'extraction de sable dans la baie de Lannion ne poserait pas autant de problème aux industriels !...

Les pêcheurs, témoins gênants d’une nouvelle guerre économique…

Source : L'Encre de Mer par Elisabeth Tempier       

Le rapport Blue charity business avait mis à jour la stratégie de grandes fondations américaines, liées à des multinationales, pour privatiser les ressources marines et libérer nos mers et nos océans de leurs multitudes de pêcheurs artisans pour des intérêts miniers, énergétiques, touristiques… Les rencontres de Guérande ont révélé les similitudes terrestres et maritimes : sur tous les continents, les communautés sont spoliées de leur accès à leurs montagnes, leurs forêts, leurs lacs dès lors qu’ils recèlent des richesses exploitables, monnayables, valorisables…

Les richesses communes de la planète disparaissent au profit de quelques grandes firmes internationales, hors de contrôle des Etats quand elles ne bénéficient pas de leur soutien. Là où les territoires communs donnent lieu à de multiples usages (chasse, pêche, loisirs, cueillette…) au bénéfice de tous, l’exploitation par ces firmes est généralement mono spécifique (du minerai, du pétrole ou du gaz…) au bénéfice d’une compagnie. Elle génère presque toujours des désastres écologiques (empoisonnement de l’eau par l’exploitation minière, pollutions, destruction des écosystèmes…), sources de désastres économiques, sociaux, humains…

L’un des procédés utilisés pour limiter les contestations consiste à occuper les médias et focaliser l’attention sur des sujets subalternes liés à leurs stratégies. La communication est d’abord une question d’argent et quand on remonte les filières financières des organisations environnementales (voire scientifiques) et des structures d’alerte (style Avaast…), il n’est pas rare de retrouver ces fondations. La pêche en fait souvent les frais. Comment comprendre le tollé contre le chalutage de grands fonds, ces quelques 300 bateaux étroitement contrôlés, aux débarquements très surveillés, qui en quelques semaines ont agité le monde des écolos avec des aliénations fausses et des images chocs ? Comment interpréter cette nouvelle vague contre les aides à la pêche, limitées aux seuls bateaux artisanaux (moins de 12m) avec des critères très restrictifs ? Pendant ce temps-là, un tiers des ressources marines* partent chaque année à la farine, de par l’action de quelques grandes flottes industrielles minotières. Pendant ce temps là, l’usage de pesticides, toujours licites, ruine à la base de la chaine alimentaire marine l’univers indispensable des diatomées (60% du plancton végétal). Bien qu’essentielles sur le plan environnemental, ces questions ne sont que trop rarement évoquées. L’agitation médiatique ne suit pas une courbe rationnelle au regard des impacts et de leurs incidences respectives… Et tandis que les pêcheurs artisans luttent pour leur avenir contre de multiples feux, d’autres placent leurs pions  sur l’échiquier marin. Il n’est que de voir les cartes des projets de plate-formes pétrolières ou de sites éoliens, en zones marines, ou de lire cet étonnant article sur l’exploitation minière sous-marine en zone côtière et en eau profonde**. Les mers et océans constituent le dernière continent libre et « commun ». La guerre économique pour son exploitation à grande échelle*** est commencée, les pêcheurs n’en sont que les témoins gênants. Les lois anti-trusts feront-elles partie des solutions à envisager ?
*Les espèces dites fourrage parce qu’elles nourrissent les autres, elles nourrissent aussi les hommes puisqu’il s’agit de sardines, anchois, maquereaux, chinchards…

Suite dans L'Encre de Mer

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Greenpeace ne connait plus la petite pêche !!!

Le Parlement européen maintient le cap pour sortir de la surpêche

Greenpeace - 25/10/2013 17:30:00

Le Parlement Européen, réuni en plénière mercredi 23 octobre, a voté sur le contenu des aides publiques qui seront allouées au secteur de la pêche pour la période 2014-2020. Les députés se sont prononcés contre la proposition du député français Alain Cadec de réintroduire le financement public pour la construction de nouveaux bateaux. Ce vote assure ainsi une cohérence entre le règlement de base de la Politique Commune de la Pêche (PCP) et l'outil financier dédié à sa mise en oeuvre.

Les aides à la construction, nocives pour la santé de la ressource

Les subventions à la construction de nouveaux bateaux de pêche ont été abandonnées depuis 2005. Pourquoi ? Parce qu'elles ont engendré une augmentation de la capacité de pêche en Europe, à des niveaux que la ressource ne peut plus supporter. La capacité de pêche est estimée 2 à 3 fois supérieure à la quantité de poissons que la mer peut offrir durablement. 39% des stocks de poissons de l'Atlantique Nord Est et 88% de ceux de Méditerranée sont surpêchés.
200 scientifiques avaient d'ailleurs rassemblé leurs voix à la veille du vote mi-Octobre pour demander aux députés européens de ne pas rouvrir cette boîte de Pandore.

De l'argent public mieux réparti

Les députés européens ont décidé d'augmenter de 40% le montant alloué à la collecte de données scientifiques et au contrôle des pêcheries. Ces moyens accrus permettront une meilleure connaissance du milieu marin et donc une amélioration de la gestion des pêches. Les moyens croissants dédiés au contrôle sont ainsi un atout pour lutter contre les pratiques illégales.

6,5 milliards d'euros, maintenant entre les mains des États membres

C'est le montant total prévisionnel du fond public européen pour la pêche. La question est de savoir si les États Membres au sein du Conseil des ministres européens de la Pêche suivront le vote parlementaire ou bien s'ils décideront de rouvrir les aides qui alimentent la croissance d'une flotte déjà surdimensionnée. Les négociations entre le Conseil, le Parlement et la Commission commencent maintenant.

Que fera la France ?

La France pourrait utiliser cette manne pour mettre correctement en oeuvre la PCP et s'engager pour mettre fin à la surpêche.

Elle aura notamment la possibilité d'augmenter selon sa volonté les montants alloués à la collecte de données et au contrôle, au-delà de ce que propose le Parlement.

Elle aura la possibilité de privilégier les pêcheries artisanales durables dont les bénéfices économiques sont directement injectés dans les territoires.

Ou alors, elle pourra continuer à sacrifier un secteur professionnel en faisant semblant de le défendre mais en n'agissant pas pour garantir son avenir, c'est-à-dire en assurant la pérennité de la ressource sur laquelle il repose. Il est plus qu'urgent de redresser la barre, si l'on ne veut pas lire prochainement un second rapport de la Cour des comptes, expliquant que la France a dépensé ces sommes sans aucune stratégie économique ni vision pour l'avenir des pêcheurs.

Pour cela, les décideurs pourraient élargir leurs horizons et ne pas se contenter de consulter uniquement les quelques barons de la pêche française qui font la pluie et le beau temps dans le secteur.

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    5 commentaires:

    Hippolyte a dit…

    Dans le domaine de la gestion des pêches, faire appel aux eurodéputés, avec le soutien des ONG environnementales, est effectivement le dernier recours qui nous reste, à nous, simples citoyens, quand on s'aperçoit que ce qui devrait être fait dans notre pays ne l'est pas.

    Je vais prendre le cas d'un exemple emblématique, celui de la pêche du bar, qui me tient personnellement à cœur pour diverses raisons.

    Le CIEM (= ICES) , organisme scientifique européen qui conseille les instances politiques européennes pour la gestion des pêches, a fait savoir en septembre 2012 que les captures commerciales de bar de l'ensemble de l'Atlantique nord-est devaient diminuer de 20 % en 2013, par rapport à la moyenne des captures des trois années précédentes (1). En juin 2013, ce même organisme a fait savoir que les débarquements commerciaux de bar devraient diminuer de 36 % en 2014, par rapport à l'année précédente, dans un ensemble de zones très précisément énumérées (en gros, au nord du 48ème parallèle) et ne donc pas dépasser 2700 tonnes pour l'ensemble des pays européens, pour cet ensemble de zones (2).

    Force est de constater que les quantités de bar mises en ventes dans les criées françaises n'ont pas diminué en 2013. Elles ont même globalement augmenté de 4,5 % sur la période des 40 premières semaines de l'année, par rapport aux 40 premières semaines de l'année 2012 : 3347 tonnes pour ces 40 premières semaines de 2013, contre 3200 tonnes pour les 40 premières semaines de l'année 2012 (3). L'année 2012 était elle-même une année qui se situait tout à fait au niveau de la moyenne de l'ensemble des années 2010, 2011 et 2012 (4160 tonnes sur l'ensemble de l'année 2012 et une moyenne de 4166 tonnes annuelles pour l'ensemble des trois années) (4).

    La réglementation mise en place par la France, par l'arrêté du 14 décembre 2012 (5), sur la base de la délibération n° B48/2012 (6) n'a donc pas permis d'aller dans le sens des préconisations du CIEM. C'est d'autant plus inquiétant que la France réalise à elle seule environ 70 % des captures de cette espèce, dans l'ensemble Manche-Atlantique.

    Les citoyens européens, et notamment français, sont donc en droit de demander une modification de la réglementation française concernant la pêche professionnelle du bar, de façon à ce qu'elle permette de respecter enfin les préconisations du CIEM.

    Une consultation du public est actuellement ouverte à ce sujet :
    http://www.comite-peches.fr/site/index.php?page=g100


    On est en droit d'espérer que tout sera mis en œuvre pour que les prélèvements de bars effectués par les professionnels français amorcent enfin une baisse significative, conformément à ce que demande le CIEM. Dans le cas contraire, comme je l'ai déjà dit, les citoyens n'auront plus guère que la possibilité de s'adresser à leurs eurodéputés, avec l'aide des ONG environnementales. On cherche de l'aide là où on est susceptible d'en trouver !


    (1)http://www.ices.dk/sites/pub/Publication%20Reports/Advice/2012/2012/Bss-comb.pdf

    (2)http://www.ices.dk/sites/pub/Publication%20Reports/Advice/2013/2013/bss-47.pdf

    (3)http://www.franceagrimer.fr/content/download/26797/232126/file/COT-MER-BARR-A13-S40.pdf

    (4)http://www.franceagrimer.fr/content/download/23269/192345/file/BIL-MER-Bilan_HAM-2012.pdf

    (5)http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026844700&dateTexte=&categorieLien=id

    (6)http://reglementation-polmer.chez-alice.fr/Textes/deliberation_B48_2012.pdf

    Aquablog a dit…

    Monsieur Hippolyte,

    Pêcheur amateur ?

    Je ne veux pas rentrer dans le conflit entre pêcheurs professionnels et pêcheurs de loisir...

    entre petits métiers et pélagiques...

    Pensez-vous que des ONGE qui ne soutiennent plus les petits métiers (pas de subvention aux navires de moins de 12 mètres / pas d'aides à l'installation des jeunes), vont dans le sens d'une bonne gestion du bar, espèce essentielle pour les côtiers (ligneurs et fileyeurs)...

    Hippolyte a dit…

    Oui, effectivement, je pratique la pêche de loisir en mer.

    L'exemple du bar n'est pas destiné à alimenter un quelconque conflit entre amateurs et professionnels, ni entre petits métiers de la pêche professionnelle et pratiquants de la pêche pélagique, ni encore entre pêcheurs professionnels français et pêcheurs professionnels étrangers. Il est destiné à montrer qu'il est très difficile, voire illusoire, de demander aux pêcheurs de s'autogérer (qu'ils soient professionnels ou amateurs, français ou étrangers) pour assurer la préservation, à moyen et long termes, des ressources qu'ils exploitent en commun. Trop d'intérêts catégoriels à court terme s'additionnent pour empêcher que les mesures nécessaires soient prises par les intéressés.

    Pour ceux qui ne seraient pas au courant, il faut rappeler que, pour le bar, il n'y a actuellement pas de TAC et donc pas de quotas établis dans le cadre de la PCP. En d'autres termes, en ce qui concerne les quantités de bar qui peuvent être débarquées, les avis du CIEM ne débouchent actuellement sur aucune réglementation européenne.

    On ne peut que s'étonner de cet état de fait, compte tenu de l'importance économique de la pêche de ce poisson et de la situation préoccupante de ses stocks, qu'indiquent les derniers avis du CIEM. Compte tenu du très bas niveau du pré-recrutement à l'âge 0 de ces dernières années, mis clairement en évidence par le CIEM, au nord du 48ème parallèle (zones situées au nord de la Bretagne), on s'achemine mathématiquement vers un effondrement de la biomasse des reproducteurs si les prélèvements restent au niveau où ils sont actuellement.

    Il y a donc deux possibilités :
    1) diminuer les prélèvements pour éviter que les stocks s'effondrent
    2) continuer sans rien changer, jusqu'à ce que l'effondrement des stocks entraîne, par la force des choses, une diminution des prélèvements

    En l'absence de quotas établis au niveau européen, j'ai bien peur qu'on ait pris le chemin de la seconde éventualité.

    Evidemment, gérer des quotas pour cette espèce ne serait pas simple, ne serait-ce que pour tenir compte des prélèvements des petits métiers et des pêcheurs de loisir. Je pense que c'est à cause des difficultés que cela poserait (dans la répartition, dans le contrôle…) que les instances européennes n'ont pas encore pris la décision d'imposer des quotas pour le bar. Néanmoins, je suis convaincu qu'il faudra en arriver là, un jour ou l'autre. J'espère seulement que ce ne sera pas trop tard pour tout le monde.

    La décision prise par les autorités françaises d'augmenter la taille minimale de capture du bar, pour les pêcheurs de loisir seulement (je ne suis absolument pas favorable à ce qu'une telle mesure s'applique à la pêche professionnelle), est une façon de diminuer les prélèvements de ceux-ci. Cela n'entraîne cependant qu'une baisse dérisoire de la totalité des prélèvements effectués par l'ensemble de tous les pêcheurs français, qu'ils soient professionnels ou de loisir, sans commune mesure avec les réductions de capture que le CIEM a préconisées.

    En conclusion, pour le bar aussi, il y a clairement surpêche. Et on a là une belle démonstration du fait qu'en l'absence de limitations imposée par la PCP, il est très difficile de demander aux pêcheurs de s'en imposer eux-mêmes.

    Aquablog a dit…

    D''accord avec vous...

    Mais pas sur votre conclusion...

    Je pense que par la concertation entre les différents métiers et les pêche de loisir en associant la Recherche et l'Administration, surtout qu'il s'agit d'une pêcherie principalement française, nous pouvons rectifier cette fuite en avant...

    La coquille saint-jacques et la pêche à pied sont des exemples de pêcheries auto-gérées localement sans l'intervention de Bruxelles...

    Ces deux pêcheries représentent des centaines de pêcheurs... des milliers...

    Il faut poursuivre le dialogue

    http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2011/11/licence-bar-metiers-ligne-chalut.html

    Hippolyte a dit…

    Je suis ravi que nous soyons au moins d'accord sur quelque chose. Notre divergence de point de vue ne semble donc porter que sur la conclusion terminale à laquelle j'arrivais précédemment.

    Donc, si j'ai bien compris, vous partagez le constat initial que j'ai fait, qui se résume en trois points :
    - en septembre 2012, le CIEM demande une réduction de 20 % des captures commerciales de bar, en zone atlantique, par rapport aux années précédentes, pour l'année 2013
    - en décembre 2012 est établie la réglementation de la pêche professionnelle française du bar, pour l'année 2013
    - en octobre 2013, il s'avère que les captures de bar des professionnels français n'ont encore pas amorcé la moindre diminution, par rapport aux années précédentes

    A cette étape de l'exposé des faits, je pense que vous partagez encore ma conclusion intermédiaire qui est que les mesures proposées par le CNPMEM, et entérinées par le gouvernement français, se sont révélées totalement inefficaces pour réduire les captures commerciales de bar.

    Notre divergence finale porte donc sur le fait que vous avez confiance dans les pêcheurs français pour prendre les mesures qui s'imposent. Moi pas.

    Je vous donne rendez-vous au début du mois prochain.

    - Si les mesures adoptées l'année dernière sont reconduites cette année, sans modifications importantes, ce sera la preuve que les pêcheurs professionnels français, approuvés par le gouvernement français, n'envisagent pas de diminuer de façon significative leurs prélèvements de bar. En tout cas, pas dans l'immédiat. Il sera alors clairement avéré qu'ils ne tiennent pas compte des avis du CIEM formulés en 2012, puis renouvelés et confortés en 2013.

    - Si d'importantes modifications sont apportées concernant le nombre des licences accordées, les limitations de capture et de débarquements, la durée de l'arrêt dit "volontaire" imposé aux chalutiers pélagique, etc… alors, je reconnaîtrai que vous avez raison et qu'on peut faire confiance aux pêcheurs pour qu'ils prennent d'eux-mêmes les mesures qui s'imposent.

    En ce qui concerne les deux exemples que vous donnez, concernant la pêche à pied et les coquilles Saint-jacques, ce n'est pas un hasard s'ils concernent tous les deux des espèces essentiellement sédentaires, dont il est possible d'envisager une gestion locale, dans des eaux territoriales, par des gens qui établissent des règles d'exploitation locales (on voit d'ailleurs tous les problèmes qui se posent, en dehors des eaux territoriales, pour une espèce comme la coquille Saint-Jacques). Rien à voir avec la gestion des espèces vagabondes, qui ne restent pas à demeure dans un territoire bien défini. Une gestion locale n'a alors plus de sens.

    Donc, rendez-vous dans une quinzaine de jours …