mardi 3 septembre 2013

Fukushima : Un vent de panique secoue la pêche japonaise...


Fin juillet, Tepco reconnaissait que de l'eau contaminée fuyait de la centrale de Fukushima et se déversait dans le Pacifique. A Iwaki, ville située à 35 km de la centrale nucléaire dévastée, les pêcheurs désespèrent. En effet, le scandale récent des fuites, ajouté à la découverte ponctuelle de poissons extrêmement radioactifs, a eu un effet dévastateur sur la pêche commerciale. L'image des produits de la mer est "dégradée" pour longtemps... Un vent de panique souffle sur la pêche nippone et au-delà...  

Pour en savoir plus....

Des compteurs Geiger pour rassurer la population

Le vent de panique se propage au-delà de l’archipel nippon....

C’est la panique aux rayons poissonnerie, en Corée du Sud. Les ventes ont chuté depuis qu’il a été annoncé que, dans le Japon voisin, sur la centrale sinistrée de Fukushima, d’importantes quantités d’eau radioactive ont été déversées dans l’océan Pacifique. Pour répondre aux inquiétudes des consommateurs, une grande chaîne de supermarché met désormais à disposition de ses clients de petits compteurs Geiger portatifs afin de prouver que leurs poissons ne sont pas contaminés.

« 0,17... Si ça reste en dessous de 0,3, il n’y a pas de problème ! », affirme Lee Gun-seok, poissonnier dans un supermarché E-mart de la banlieue de Séoul. Son détecteur de radioactivité à la main, Lee Gun-seok tente de rassurer ses clients. « Nous ne vendons que des poissons pêchés en Corée, et nous précisons bien aux clients que rien ne vient du Japon. Pour les clients qui n’ont pas confiance, nous pouvons ainsi leur montrer directement » qu’il n’y a pas de radioactivité, explique-t-il.

Lim Jae-yeon, une cliente, vient de faire vérifier la radioactivité de deux maquereaux. « Je m’inquiète depuis l’année dernière, depuis qu’une amie qui vivait au Japon est repartie à cause des radiations. C’est à ce moment que j’ai réalisé que c’était sérieux », explique-t-elle. Ces détecteurs de radioactivité mis en place dans certains supermarchés, cela la « rassure un peu. »

Les acheteurs se tournent vers les poissons lointains

Le gouvernement aussi s’est fait très rassurant : il affirme que les consommateurs n’ont rien à craindre. Mais certains restent sceptiques. « J’ai demandé à vérifier mon poisson, parce qu’à la télé ils ne parlent que des radiations... Mais je n’y connais rien à ces chiffres ! Comment je sais si en dessous de 0,3, c’est sûr ? », s’inquiète une cliente âgée.

Les ventes de poissons pêchés très loin, au large des côtes européennes ou africaines, ont quant à elles fortement augmenté.

Pas de quoi paniquer !


Pas de quoi paniquer ! semble nous dire ce document d'information de l'Agence des pêches japonaise... Tous les radionucléides se dirigent dans les grands fonds !!! Pour plus d'information concernant l'impact des radionucléides sur l'environnement marin selon l'administration nippone, télécharger : Radioactive materials and fish : Iodine and Cesium

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Le 6 septembre 2013  

La Corée du Sud interdit l'importation de tous les produits de pêche en provenance de la région japonaise de Fukushima


Source : Xinhua

La Corée du Sud a interdit vendredi les importations de tous les produits de pêche en provenance de la région japonaise de Fukushima, dont les eaux sont contaminées par les radiations qui fuient quotidiennement du site de l'incident nucléaire.

"Les importations de tous les produits de pêche en provenance de huit préfectures proches de Fukushima, qui est extrêmement pollué et endommagé par les radiations, seront interdites", a déclaré le ministère sud-coréen des Océans et de la Pêche sur son site internet.

Auparavant, l'interdiction des importations ne concernait que 50 produits de pêche en provenance de la région de Fukushima, mais elle englobera, dès présent, tous les produits, a souligné le ministère.

Les huit préfectures comprennent Fukushima, Ibaraki, Gunma, Miyagi, Iwate, Tochigi, Chiba et Aomori.

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Le 9 septembre 2013

JO 2020 à Tokyo – Oubliez Fukushima: place au divertissement pour faire diversion

Le CIO vient de dévoiler la mascotte des Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo Illustration : pic.twitter.com/TZCUbOQSqs

Source : Communiqué de Michèle Rivasi, Eurodéputée

Les bonnes vieilles recettes ne changent pas: pour détourner l’opinion publique d’enjeux importants et de long terme, l’Empire romain employait déjà le cirque comme arme de diversion massive.

L’État japonais a décidé de séduire le Comité International Olympique (CIO) pour entraîner le pays entier dans une liesse d’insouciance. Une posture qui fait grincer des dents Michèle RIVASI, députée européenne EELV:

« La semaine dernière le gouvernement japonais et Tepco ont entamé une danse du ventre assez invraisemblable. Pendant que Tepco se livrait à un exercice de communication plus que choquant concernant la situation ‘contrôlée’ à Fukushima, le gouvernement japonais débloquait (enfin!) 360 millions d’euros pour tenter d’endiguer la fuite quotidienne de 300 tonnes d’eau extrêmement contaminée dans l’océan Pacifique. Dans le même temps, les officiels japonais s’employaient à convaincre le conclave du CIO que le risque nucléaire était maîtrisé. Tous ces évènements ne seraient que pure coïncidence, un hasard fortuit comme le disent les officiels japonais? Comment ne pas s’offusquer d’une telle mascarade? Personne, car la bienséance veut que l’on laisse les Japonais sortir de cette crise coûte que coûte ».

« Alors que la situation est intenable à Fukushima et que l’État japonais se refuse toujours à laisser la communauté internationale intervenir pour la sécurité mondiale, le gouvernement annonce la création d’un fonds spécial de 4,5 milliards d’euros pour les JO. Pendant ce temps, Tepco tente de réparer avec des bouts de ficelle et sous-investit dans la sécurité du site de Fukushima. Nous ne savons même pas quelle sera la situation là-bas en 2020, alors comment peut-on accepter de la laisser traîner ainsi? »

« Les retombées radioactives de Fukushima continuent et les Japonais sont obligés de mesurer eux-mêmes la radioactivité de leurs aliments s’ils veulent s’assurer de manger sainement. Comment vont faire les athlètes sur place? Accepteront-ils de se mettre à la diète radioactive? Les délégations nationales feront-elles confiance à un gouvernement qui n’a jusqu’ici pas protégé correctement sa population? ».

« Si cette décision d’attribuer les Jeux Olympiques à Tokyo est irrévocable, alors profitons-en pour clarifier la situation à Fukushima. C’est pourquoi je demande à l’ensemble des membres du CIO, ainsi qu’au président de la Commission européenne et du Parlement européen, de faire pression sur le gouvernement japonais afin qu’une délégation internationale d’experts et d’élus soit dépêchée à Fukushima afin d’aider à la compréhension de la situation, des problèmes afférents et des solutions à y apporter. Je vais d’ailleurs lancer une initiative allant dans ce sens cette semaine: sans poser de telles conditions préalables, nous serions tous complices d’une situation politique inacceptable. Il n’y a pas qu’une crise nucléaire au Japon, il y a une crise politique, une volonté d’étouffer toute contestation contre la reprise du programme nucléaire ».

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Peur des poissons radioactifs : l’importation du saumon norvégien bondie en août

En Corée du Sud, la radioactivité des produits de la mer est contrôlée sur les étals dans une grande surface...

Avec une «pandémie psychologique» de la peur des poissons radioactifs en raison de la fuite des eaux contaminées de Fukushima au Japon, la tendance de la consommation des produits de la mer a connu un changement assez important.

Source : Yonhap

La grande surface, Lotte Mart, a recensé en août dernier que les chiffres d’affaires du macro ou du sabre ont connu une baisse de 30,6% et 11,8% respectivement tandis que les chiffres pour le saumon norvégien et les crevettes d’Equateur et du Pérou ont vue une hausse de 56,5% et 48,1%.

Il est assez notable que le sabre sénégalien a connue une augmentation de ses ventes de 82,8% dans cette grande surface tandis que ce poisson pêché localement a connu une baisse de 11,8%. Il est encore incroyable que les ventes de langoustes américaines et canadiennes ont vue un bondissement de 831,5% dans la période indiquée.

Quant aux importations des produits de la mer dans sa totalité, la peur de la radioactivé donne des impacts non négligeable. Depuis l’éclat de l’incident de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011, le volume d’importations de ces produits a connu une baisse générale en particulier les produits venant du Japon par rapport à l’année 2011 qui a vu 3 milliards de dollars d’importation au total.
Un responsable de cette grande surface a indiqué que «la peur des poissons radioactifs a mis un frein même à la consommation des produits de la mer locaux (par proximité géographique avec le Japon) alors que les produits importés ont connus un succès.»

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Fukushima : l’interdiction d’importation de Séoul provoque le mécontentement de Tokyo

Le gouvernement japonais a affiché son mécontentement face à la décision de Séoul d’interdire les importations des produits de la mer de Fukushima et de sept préfectures avoisinantes. Dans une conférence de presse tenue ce vendredi, le porte-parole du gouvernement japonais Yoshihide Suga a exigé «une mesure fondée sur une base scientifique».

Source : Yonghap

Il a par ailleurs confirmé que «les informations sur les eaux contaminées ont été transmises au gouvernement coréen et les eaux et produits alimentaires du Japon sont strictement soumis à des contrôles de sécurité selon les normes internationales». Le secteur de la pêche japonais a exprimé ses regrets en demandant des mesures appropriées au gouvernement japonais.

Hiroshi Kishi, le président de la coopérative nationale des pêcheries a dit que «j’ai beaucoup de soucis pour les exportations et cela est bien regrettable et inquiétant». Il a affiché en outre son intention d’élaborer des mesures contre cette décision.

Ce vendredi, le gouvernement sud-coréen a décidé d’interdire les importations des produits de la mer venant de huit préfectures (Fukushima, Ibaraki, Gunma, Miyagi, Iwate, Tochigi, Chiba et Aomori) à partir du 9 septembre.

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Le 11 septembre 2013

Fukushima. Réponses aux inquiétudes des Océaniens et Nord-Américains

A partir de Fukushima, la radioactivité se déplace au gré des courants dans le Pacifique...

A quel rythme ? A quelle concentration ? Y-a-t-il dilution ou concentration dans cet immense Océan Pacifique ?

Des questions... Peu de réponses.... Beaucoup d'incertitudes et de contradictions....

En juillet 2012, une équipe d’océanographes allemands a réalisé une simulation de la pollution radioactive dans le Pacifique Nord.

Cette étude montrait un fort effet de dispersion de la pollution dans l'immense océan à partir de la centrale nucléaire de Fukushima (illustration ci-dessus).  Par contre, une simulation chinoise indique une concentration de la radioactivité dans le Pacifique Nord-Est (illustration plus bas dans le texte)...

Relire RPA : Rejets radioactifs de Fukushima :  Bioaccumulation ou dispersion océanique ?  

Fukushima: l'eau contaminée pose-t-elle un danger pour les Océaniens ?

Source : Radio Australia le 9 Août 2013 par Caroline Lafargue

Au Japon, le gouvernement a reconnu mercredi (début août 2013 ndlr) que 300 tonnes d'eau radioactive s'échappent tous les jours de la centrale de Fukushima.

Ces fuites devraient être limitées à 60 tonnes par jour d'ici à la fin décembre, promettent les autorités. Mais pour le moment, ni Tepco ni le gouvernement n'a de solution pour stopper complètement la dispersion d'eau radioactive dans le Pacifique. Depuis le tsunami du 11 mars 2011, le gouvernement et Tepco avaient toujours gardé le secret sur ces fuites.

Quels sont les risques de contamination radioactive aux poissons et crustacés, et aux humains qui les mangent ? Richard Ewart a posé la question à Ken Buesseler, géochimiste et biochimiste marin à l'Institut Océanographique Woods Hole situé près de Boston, aux États-Unis.

« Tepco et le gouvernement ne veulent pas le reconnaître, mais il y a plusieurs preuves que les fuites d'eau radioactive durent en fait depuis le tsunami. Ce qui a changé cependant, c'est la nature des éléments radioactifs. Jusqu'à présent c'étaient du caesium, mais actuellement ce sont des isotopes différents, dont du strontium 90, qui s'accumule dans les arêtes des poissons et dans les os des humains, parce qu'il se comporte comme le calcium, ce qui fait que le strontium 90 s'installe dans les poissons et dans le corps humain, et a des effets de plus long terme sur la santé que le caesium. »

Voilà  qui a de quoi créer une véritable psychose pour les consommateurs de produits du Pacifique. Mais selon Ken Buesseler, il n'y a pas de raison de paniquer :

« Ces isotopes ne vont pas provoquer un cancer chez les poissons ou les hommes, mais si les poissons contaminés sont consommés régulièrement, alors cela peut poser des risques. Pour l'instant, la contamination est circonscrite au Japon, les zones de pêche au large de Fukushima sont interdites. Heureusement, en tout cas en ce qui concerne les niveaux de caesium, ils baissent rapidement à mesure que les poissons s'éloignent des côtes japonaises, donc on a certes trouvé du thon rouge contaminé de l'autre côté du Pacifique, au large de Santiago du Chili, mais ils contenaient largement moins de caesium que les poissons au large de Fukushima et ne présentaient donc pas de danger pour la santé. »

Le Pacifique a connu pire que le tsunami et la destruction de la centrale nucléaire de Fukushima. Souvenez-vous, dans les années 60 :

« En fait dès qu'on s'éloigne ne serait-ce que de quelques kilomètres de la côte de Fukushima, la concentration en isotopes radioactifs chute très rapidement, elle est 10 à 100 fois moins élevée. Les isotopes radioactifs étaient déjà présents dans l'océan Pacifique en faible concentration avant le tsunami, c'est le résultat des essais nucléaires opérés dans les années 60. En mars et avril 2011, nous avons enregistré des niveaux plus élevés. Mais aujourd'hui, même si les fuites d'eau radioactive continuent, elles sont moins importantes qu'il y a deux ans. Le vrai problème c'est que le strontium 90 est bien plus difficile à éliminer. »

Les débris japonais dus au tsunami ont voyagé très vite dans l'océan Pacifique, on les a retrouvés quelques mois plus tard au large de la côte ouest des États-Unis. Fort heureusement, les isotopes radioactifs ne voyagent pas aussi vite, et ils ont le bon goût de se diluer. 

« Les débris voyagent plus vite dans l'océan que les isotopes radioactifs, parce qu'ils sont poussés par les courants océaniques et par les vents. Quant aux fumées radioactives et aux molécules d'eau radioactive qui se sont écoulées en 2011 dans l'océan, elles devraient atteindre la côte ouest des États-Unis d'ici la fin de l'année. Mais j'insiste, à des concentrations 10 000 fois moins élevées que les retombées des essais nucléaires des années 60, et j'insiste, il y a du caesium dans tous les océans, dans les deux hémisphères. »

Ken Buesseler, géochimiste et biochimiste marin à l'Institut Océanographique Woods Hole situé près de Boston, aux États-Unis.

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Fuites de Fukushima: inquiétude des pêcheurs canadiens


Source : Vivre après Fukushima publié le 22 août 2013          

Sur les côtes canadiennes on s’interroge quand à l’éventuelle contamination radioactive du saumon du Pacifique et sur une maladie des harengs. Des scientifiques et des particuliers demandent au gouvernement Canadien de mener des campagnes de mesures à ce sujet.

En réponse, les officiels clament qu’ils n’ont aucune inquiétude à propos des fuites de Fukushima et que la pratique de mesures n’est pas nécessaire.

Pourtant : le saumon sockeye est à son niveau historique le plus bas sur la côte pacifique du Canada.

Le poisson de Bristol bay (Alaska) est en baisse de 30 à 35%

Les pêches russes de saumon sont en baisse de 40%.

Des scientifiques : «Nous pensons qu’il s’est passé quelque chose dans l’océan.»

Et Pourtant: le hareng du Pacifique est malade : Voir photos Harengs malades

Alexandra Morton, une scientifique indépendante a constaté que 100% des harengs d’un coup de filet au nord de l’île de Vancouver étaient atteints de saignements aux globes oculaires, à la tête,les nageoires, la queue (Août 2013).

L’organisme officiel canadien, Pêches et Océans du Canada n’a rien constaté (un épais brouillard l’aurait empêché d’aller prélever des poissons pour étude ! Il n’a pas répondu à Alexandra Morton qui lui avait envoyé des poissons pour analyse déjà fin 2011.

Pour plus de précisions : Vivre après Fukushima (1)  et  Vivre après Fukushima (2)

Explication des 2 cartes : En juillet 2012, une équipe d’océanographes allemands a réalisé une simulation de la pollution radioactive du Pacifique Nord par le Césium 137. Contrairement à une récente simulation chinoise indiquant une concentration de la radioactivité dans le Pacifique Nord-Est, il y aurait un fort effet de dispersion selon les allemands....

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3 ans après Fukushima
    Fukushima : vers une contamination planétaire ?

    http://www.france3.fr/emissions/pieces-a-conviction/diffusions/26-02-2014_170742

    Trois ans après l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima (Japon), une autre catastrophe se profile, sanitaire cette fois. Quelle est l’ampleur réelle de la contamination, humaine et environnementale ? Les contrôles sont-ils efficaces ? Sommes-nous au bord d’une catastrophe sanitaire à l’échelle mondiale ? "Pièces à conviction" fait le point sur ces interrogations, mercredi 26 février à 23h15 sur France 3, dans une enquête réalisée par Lionel de Coninck.

    Pour visualiser cette vidéo

    Un documentaire de 52' de Lionel de Coninck / Une production Code 5 avec la participation de France 3

    Partout, les scientifiques voient se profiler une catastrophe sanitaire mondiale. Chaque jour, des centaines de tonnes d'eau hautement contaminée se déversent dans le Pacifique, puis sur les plages californiennes, contaminant les poissons qui sont consommés sans aucun contrôle.

    Trois ans après la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi, une autre catastrophe se profile. Sanitaire celle là. Les premiers cas de cancer sont apparus. 26 déjà, tous chez des enfants de 0 à 18 ans. Plus d’une trentaine de cas sont suspects, et des dizaines de milliers d’enfants n’ont pas encore été testés. Le gouvernement tente de minimiser l’ampleur du drame. Mais les familles s’angoissent, et des mères sont en colère. La contamination s’étend, au-delà du Japon.

    Tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminée sont déversées dans le Pacifique. Sur les plages de Californie les chercheurs, témoins de l’arrivée quotidienne de déchets du tsunami sur leurs plages, tentent par tous les moyens d’alerter les autorités. Les scientifiques du monde entier redoutent les effets incalculables sur la santé des populations si les poissons du pacifique continuent à être consommés sans aucun contrôle : un laboratoire d’analyses suisse vient de découvrir du césium 131 et 134 dans des barquettes de poisson dans un supermarché, ou dans du thé vert venant du Japon !!

    Quelle est l’ampleur réelle de la contamination, humaine et environnementale ? Les contrôles sont-ils efficaces ? Sommes-nous au bord d’une catastrophe sanitaire à l’échelle mondiale ?

    Enquête sur le premier scandale nucléaire de l’ère de la mondialisation.

    "Nous sommes assassinés à petit feu"
    Depuis le début de la campagne de dépistage du cancer de la thyroïde lancée en 2011 par la préfecture de Fukushima, trente-trois cas de cancer de la thyroïde ont été recensés chez les jeunes de moins de 18 ans. Plus d’une trentaine d'autres cas sont suspects, et des dizaines de milliers d’enfants n’ont toujours pas été testés. La population visée est d’environ 375 000 jeunes de 0 à 18 ans. Seuls 254 000 Japonais ont été testés. Selon les autorités, à ce jour, rien ne permet de penser que ces cancers soient directement liés à l'accident du 11 mars 2011.

    Face à l'inquiétude et à l'angoisse des familles, le docteur Nishio, spécialiste du cancer de la thyroïde, pratique des dépistages bénévolement. Selon l'avis du médecin, les tests des autorités de Fukushima ne sont pas fiables et le Japon est menacé par une épidémie de cancer.

    "C’est une tragédie pour la faune"

    A des milliers de kilomètres Fukushima, sur les plages de Californie, des chercheurs s’inquiètent de l’arrivée quotidienne de déchets radioactifs sur leur littoral, mais aussi dans les barquettes de poisson vendues dans les supermarchés. En effet, tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminées sont déversées dans le Pacifique depuis la centrale de Fukushima. Depuis, les scientifiques tentent d’alerter les autorités car tous redoutent des effets incalculables sur la santé des populations si les poissons du Pacifique continuent à être consommés. Source : France Tv info

    Fukushima : la contamination est-elle planétaire ?

    Trois ans après la catastrophe nucléaire, retour à Fukushima. Alors que des centaines de litres d'eau contaminée ont été rejetés dans la mer depuis l'accident, les résultats de l'enquête de Lionel de Coninck -Fukushima: vers une contamination planétaire?-, diffusée mercredi 26 février sur France 3 (23h15), est sans appel: au Japon, le discours officiel sous-évalue les risques auxquels la population est exposée.

    Source : Le HuffPost  |  Par Stanislas Kraland

    Voir la bande-annonce de l'émission
    Hommes et animaux malades, crainte d'une épidémie de cancers de la thyroïde: le film documentaire fait également le point sur les risques de contamination au-delà des frontières de l'archipel nippon.

    En Suisse, des chercheurs ont identifié de la radioactivité sur des thons pêchés dans l'océan Pacifique. Du césium 134 et 137 qui prouve que ces poissons ont été contaminés. Ils se livrent alors à un test sur du cabillaud acheté à Bâle, avec le même résultat.

    Même chose sur la côte ouest des Etats-Unis. Alors qu'au printemps prochain, les débris de la centrale devraient gagner les côtes californiennes, les chercheurs se mobilisent. Là aussi, la présence de césium 134 a été décelée dans du thon pêché à moins de 150 km de San Diego.

    Risque zéro ?

    La consommation de ces poissons est-elle dangereuse pour l'homme? La communauté scientifique est divisée. Certes, les doses extrêmement faibles sont en-dessous des normes, mais plusieurs experts rappellent qu'en matière de radioactivité, il n'y a pas de seuil d'innocuité.

    En France, près de Paris, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui a cartographié l'évolution du nuage radioactif depuis la catastrophe, évoque un "accident majeur". Parti du Japon, le nuage aurait traversé le Pacifique, l'Amérique du Nord et l'Atlantique avant de gagner le pôle Nord. Il aurait pénétré l'Europe par la Suède et les pays de l'Est, avant de gagner l'Europe de l'Ouest, et notamment l'Hexagone.

    Les doses auxquelles les Européens ont été exposées n'ont rien de comparables à celles du nuage de Tchernobyl. Elles seraient en effet mille fois plus faibles que celles du nuage de 1986, mais comme le résume un scientifique de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), "toute dose augmente les risques".

    "Le dernier homme de Fukushima"


    Naoto Matsumura "dernier homme de Fukushima" jette une pierre sur la centrale

     Naoto Matsumura sera bientôt à Bure

    de la tragédie de Fukushima à la folie de Bure

    Source : Alterinfos

    Naoto Matsumura a choisi de rester en territoire contaminé pour ne pas abandonner les animaux laissés à eux-mêmes après l’évacuation de leurs maîtres.

    Aujourd’hui, il souhaite témoigner de l’horreur nucléaire directement aux Français et aux Européens, afin qu’ils saisissent réellement ce que veulent dire des mots comme « territoire contaminé », « exode », « abandon », « séparation », « désert », « désolation », « maladie », « mort », mais aussi « combat », « solidarité », « espoir ».

    Naoto Matsumura dénonce TEPCO, exploitant de la centrale de Fukushima (le EDF local) et l’autorité de sûreté nucléaire qui assuraient que le nucléaire était propre et sûr, ainsi que les gouvernants qui ont minimisé et travesti l’ampleur de la catastrophe.

    Comme nombre de ses compatriotes, Naoto Matsumura subit une double, voire une triple peine : la contamination de ses terres et de son terroir, le déchirement de voir détruit ce qui a fait sa vie, le rejet de la société considérant les habitants de la région de Fukushima comme des parias.

    Le cas de Naoto Matsumura démontre, s’il en était encore besoin, que NON, nul ne peut vivre sainement en territoire contaminé, que ce soit dans les région de Tchernobyl et de Fukushima, ou de tout autre territoire qui dans un avenir plus ou moins proche pourrait subir une nouvelle catastrophe nucléaire (440 cocottes minutes atomiques parsèment toujours la planète)… et pourtant, les autorités japonaises viennent de décider que les populations de réfugiés pourraient revenir en territoire contaminé dès le 1er avril (!), la norme maximale d’exposition à la radioactivité ayant été multiplié par ces mêmes autorités… par 20 ! Et les autorités françaises viennent d’emboîter le pas par un sidérant « plan national de réponse à un accident nucléaire majeur »

    Programme du voyage de Naoto Matsumura : Paris - Bure - Fessenheim…

    Naoto Matsumura sera accompagné tout au long de son périple en France par Ren Yabuki (acteur-réalisateur), Kazumi Goto (interprète), Catherine Connan (à l’initiative de l’évènement), Pierre Fetet (auteur du blog de Fukushima) et Antonio Pagnotta (auteur du livre « Le dernier homme de Fukushima »)
     
    Mardi 4 mars : arrivée à Paris de Naoto Matsumura et Ren Yabuki
    Mercredi 5 mars : rencontres à Paris
    Jeudi 6 mars : conférence (2ème arrondissement)
    Vendredi 7 mars : étape à BURE (Meuse/Haute-Marne/Vosges), sous les feux de l’actualité par son site ciblé pour l’enfouissement de déchets nucléaires, fausse solution et controversée ô possible
    Ø  Accueil en Mairie de BONNET vers 13H puis déjeuner
    Ø  Déplacement à Bure > examen de « Cigéo », sur site
    Ø  Conférence de presse > à Bonnet, horaire en cours de calage (vers 17H)
    Ø  Rencontre avec les militants résistants de la région > fin ap midi 
    Ø  Soirée publique, rencontre-témoignage-débat > BONNET – 20H30 – Salle des fêtes
    Ø  Programme complet et horaires en cours de finalisation
    Ø  Organisation locale : Mairie de Bonnet / CEDRA / EODRA …
    Samedi 8 mars : visite des forêts vosgiennes et rencontre de militants anti-nucléaires
    Dimanche 9 mars : participation à la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim
    Lundi 10 mars : rencontre avec des viticulteurs alsaciens, conférence et soirée de clôture de l’exposition inter-lycée (Molsheim, Obernai et Barr) des photos d’Antonio Pagnotta au lycée Schuré de Barr
    Mardi 11 mars :  conférence de presse au Parlement Européen à Strasbourg
    Mercredi 12 mars : participation à une table ronde sur Les leçons de Fukushima à Strasbourg
    Jeudi 13 mars : rencontre avec les lycéens  du lycée Théodore Deck à Guebwiller, visite d’un agriculteur bio, visite de la centrale photovoltaïque de Feldkirch, réunion publique avec les riverains de la centrale nucléaire de Fessenheim
    Vendredi 14 mars : rencontre à la mairie de Fessenheim, visite chez un riverain de la centrale nucléaire, rencontre avec des agriculteurs
    Samedi 15 au 21 mars : périple en Allemagne et en Suisse
    Dimanche 16 mars : Visite de Wyhl et de Weisweil, dans le Baden Würtemberg, hauts lieux de la résistance antinucléaire outre-Rhin
    Lundi 17 mars : participation à la Mahnwache de Müllheim, rencontre avec les agriculteurs allemands
    Mardi 18 mars : conférence à la Haute École Pédagogique du canton de Vaud (Lausanne)
    Mercredi 19 mars : vigie devant l’OMS à Genève avec Independant Who
    Vendredi 21 mars : retour au Japon

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    FUKUSHIMA – 11 Mars : 3 ans et rien n’est réglé
    parmi les centaines d’actions de par le monde et en France
    le CEDRA appelle à un rassemblement

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    Le 12 mars 2014

    Pollution de Fukushima : la chaîne alimentaire touchée par la contamination

    L'eau de mer polluée par les rejets des centrales Tepco, au Japon, va bientôt toucher les côtes américaines. Pour l'association Robin des Bois, le risque sanitaire est réel pour les populations

    Source : Sud Ouest par Philippe Belhache

    Illustration : Evolution de la radioactivité des poissons au large de la préfecture de Fukushima : L'Agence japonaise des pêches nous montre que le taux de poisson radioactif, impropre à la consommation (> 100 Bq Ce / kg), diminue depuis la catastrophe du 11 mars 2011. La courbe (en vert) est passée de 57,7% en avril-juin 2011, à 9,6% à la fin de l'année 2012, et 1,7% début 2014... L'Agence des pêches est confiante !...

    Regardez plus bas l'autre graphique établi avec les mêmes données de départ, les résultats sont beaucoup moins encourageants...

    La pollution de l'eau de mer en provenance de Fukushima pourrait atteindre les côtes américaines – Hawaï puis la Californie – d'ici les prochaines semaines, annonce une simulation mise en ligne par la Woods Holes Oceanographics Institution, relayée notamment par le site SurferToday.com. Une situation préoccupante pour toutes les association écologistes, soucieuses de la préservation des océans. Pour Jacky Bonnemans, président de l'association Robins des Bois, le danger réside ailleurs, dans la contamination de la chaîne alimentaire.

    Les courants contaminés par Fukushima vont toucher les côtes américaines. Etait-ce anticipé ?

    Cette contamination sera comparable à la celle datant de 1960, après une longue série d'essais nucléaires américains et soviétiques. 

    Jacky Bonnemains. Oui. Et c'est bien la pollution de l'Océan Pacifique qui est en jeu. L'article parle de la teneur éléments radioactifs dans l'eau de mer. Cette teneur, notamment en Césium 137, dont la signature est celle du Césium de Fukushima, va augmenter et culminer en quelque sorte sur les côtes californiennes en 2014.

    Il y avait déjà dans les revues spécialisées des travaux de modélisation sur la distribution du Césium 137 de Fukushima. Ils mettent en évidence une diffusion progressive, qui à partir de 2012-2013 s'étend dans le Pacifique nord, puis en 2014-2015 atteint clairement les eaux de Californie.

    Ces mêmes projections montrent qu'en plusieurs phases, en 2021, 2026, 2031, ce sera tout l'Océan pacifique qui sera marqué par le Césium 137. Les articles disent que cette contamination, quand elle sera uniforme, sera comparable à la contamination datant de 1960, après une longue série d'essais nucléaires américains et soviétiques.

    Cette diffusion est donc particulièrement préoccupante ?

    Oui. Mais au-delà de ça, et avant ça, il y a le problème de la contamination des poissons dans l'océan pacifique. De nombreux prélèvements ont été effectués. Au milieu d'eux, des algues, du wakamé, des algues comestibles, des oursins, des saumons, des anchois, des sardines, une raie, des morues, un thon rouge analysés fin 2013 ont présenté des taux importants de Césium 137. On ne peut pas parler de toute la population, ni dans son ensemble, ni au sein chaque espèce. Mais force est de constater qu'il y a de plus en plus de spécimens analysés contaminés. Notamment un bar, en juin 2013, dont la teneur mesurée était de 1000 bq par kilo ! Quand la teneur maximale admissible est de 100 bq par kilo.

    Le véritable danger serait donc pas la pollution de l'eau elle-même ?

    Exactement. La teneur en Cs 137 de l'eau de l'Océan Pacifique est préoccupante. Mais le danger réside bien dans la concentration de la radioactivité dans certains organismes marins tout au long de la chaîne alimentaire.

    Illustration de l'IRSN :  les espèces benthiques et/ou carnivores concentrent la radioactivité


    Il va y avoir concentration de la radioactivité dans les derniers maillons de la chaîne alimentaire, pêchés et consommés par l'homme. 

    Cela commence par les organismes de fond, donc les benthiques, les mollusques, les oursins, certaines algues, les poissons plats qui vivent sur les fonds. Quand on suit les étapes de la chaîne alimentaire, on trouve ensuite les poissons herbivores, comme les sardines, qui mangent du plancton contaminé. Et ensuite les thons, poissons carnivores, qui vont manger les poissons contaminés par le plancton.

    Et au bout du compte, il va y avoir concentration de la radioactivité dans ces derniers maillons de la chaîne alimentaire. Notamment dans les poissons carnivores comme les saumons ou les thons, pêchés et consommés par l'homme. Le problème est le même pour les mammifères marins, même s'ils ne sont pas consommés, et pour revenir au fond de la mer, avec les crustacés.

    Les poissons ne connaissent pas les frontières administratives. 

    Les poissons migrent, ils ne connaissent pas les frontières administratives. Les sardines, qui voyagent beaucoup, mais aussi les thons et les saumons qui sont de grands migrateurs. On peut ainsi se retrouver avec un thon fortement contaminé par Fukushima en mangeant du poisson à San Diego en Californie, parce qu'il aura été pêché par des pêcheurs américains et qu'il n'y a pas de contrôle systématique. Il n'y en a pas assez à notre avis.
    Les professionnels américains sont-ils suffisamment informés ?

    Suite de l'article de Sud Ouest

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    Le 15 mars 2014

    N’oublions pas Bikini... 

    L'année 2014 est le soixantième anniversaire de Bikini : le 1er mars 1954, des bateaux de pêche japonais ont été irradiés lors des essais étatsuniens, de la bombe à hydrogène, près de l’atoll de Bikini, dans l’Océan Pacifique.

    En janvier 1954, un bateau de pêche, The Lucky Dragon, partait du port de Yaizu au Japon. Alors que l’équipage pêchait en dehors de la zone interdite, la bombe à hydrogène a été mise à feu dans l’atoll de Bikini et des matières radioactives ont été projetées à une distance plus grande que celle prévue, si bien que le bateau et les marins pêcheurs ont été exposés à une forte irradiation.

    Ōishi Matashichi faisait partie de l'équipage... Il témoigne...

    Lire l'article du Blog Fukushima

    Hiroshima, Nagasaki, … et Fukushima

    Texte de Yasuo Hori et traduit de l'espéranto par Paul Signoret

    On dit souvent que les Japonais, à trois reprises, ont eu à souffrir – et souffrent encore – du fait de la radioactivité : à Hiroshima, à Nagasaki et à Fukushima, or ce n’est pas exact. N’oublions pas Bikini. La présente année, 2014, est le soixantième anniversaire de Bikini : le 1er mars 1954, des bateaux de pêche japonais ont été irradiés à cause des essais, faits par les États-Unis, de la bombe à hydrogène, près de l’atoll de Bikini, dans l’Océan Pacifique.

    En janvier 1954, un bateau de pêche, Le Cinquième Dragon Heureux, est parti du port de Yaizu, dans le département de Shizuoka. Alors que l’équipage pêchait en dehors de la zone interdite, la bombe à hydrogène a été mise à feu dans l’atoll de Bikini et des matières radioactives ont alors été projetées à une distance plus grande que celle prévue, si bien que le bateau et les marins pêcheurs ont été exposés à une forte irradiation.

    M. Ōishi Matashichi, âgé alors de vingt ans et à présent octogénaire, membre de l’équipage du Cinquième Dragon Heureux raconte : “Une cendre mortelle tombait, semblable à de la neige, mais elle n’avait ni goût ni odeur. Quelques jours plus tard, sont apparues des boursouflures sur la peau des marins et leur cheveux tombaient. De retour au Japon, nous avons tous été hospitalisés. M. Kuboyama Aikichi, le radiotélégraphiste du bord est mort, victime du syndrome d’irradiation aiguë. Après ma sortie de l’hôpital, j’ai été en butte à la discrimination et aux préjugés, ainsi d’ailleurs qu’à l’envie, à cause de l’indemnité de 1 900 000 yens (soit 190 000 euros) que m’ont versée les États-Unis. J’ai décidé de vivre caché et j’ai ouvert une laverie à Tokyo.”.

    Dans un premier temps, les États-Unis avait accusé le bateau de pêche d’être un navire espion, mais après la mort de M. Kuboyama et en raison de pluies radioactives sur tout le Japon, la colère de la population atteignit une telle ampleur que les États-Unis ont changé d’attitude et ont « résolu » le problème en payant une indemnité de deux millions de dollars à l’industrie de la pêche, au propriétaire du bateau et à son équipage.

    Il y a trente ans, M. Ōishi a rompu le silence et s’est mis à donner des conférences dans tout le Japon. À ce jour, il en a fait plus de sept cents. Il répète maintenant au cours de ses conférences : “La technologie nucléaire à évolué de même que les armes nucléaires et les réacteurs nucléaires. Une radioactivité invisible influe inévitablement sur le corps humain. Vous devez le savoir. ”

    Beaucoup de (vieux) Japonais savent que Le Cinquième Dragon Heureux a été victime de ces essais et que M. Kuboyama est mort, mais beaucoup ignorent que mille autres bateaux de pêche ont aussi été irradiés, tout comme le bateau de Kuboyama et que beaucoup de marins sont tombés malades et ensuite sont morts. Le gouvernement japonais a dissimulé les faits, à la demande du gouvernement américain, qui voulait faire du Japon l’une des bases importantes de sa stratégie. Il a réussi à maîtriser le mouvement, et en cette même année 1954 a été adopté le premier budget portant utilisation de l’énergie atomique. Et en 1955, la « Loi fondamentale sur l’énergie atomique », première loi relative à l’énergie nucléaire, a été approuvée.

    Et seule une minorité de gens sait que 20 000 habitants de l’atoll Rongelap, distant de 240 kilomètres de Bikini, souffrent à présent encore des radiations dues aux essais et ne peuvent revenir dans leurs îles.

     M. Yamashita Masahisa, âgé de 68 ans, qui a découvert que, outre Le Cinquième Dragon Heureux, plus de mille bateaux ont eux aussi été victimes de l’essai américain, déclare : “Le gouvernement ne s’est jamais soucié de ces marins. Il estimait plus important de faire évoluer la politique énergétique initiée par l’Amérique sous le nom d’ “Usage pacifique de l’énergie atomique”, que de soigner ces victimes. Il craignait d’avoir à payer de fortes indemnités, ce qui mettrait en danger l’évolution de l’Etat. J’ai peur que la même chose se passe à Fukushima. L’avenir de Fukushima a de forts liens avec les essais de la bombe à hydrogène dans le sud du Pacifique.”

    Autres informations : 

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    Le 29 Septembre 2014

    Les Japonais refusent toujours de «manger Fukushima»


    Au Japon, le secteur de la pêche surmonte le tsunami, mais pas la radioactivité de la centrale de Fukushima... Dans la préfecture de Fukushima, les pêcheurs sont toujours privés de poisson 3 ans après la catastrophes...

    Les pêcheurs du port d'Iwaki, à 30 km de la centrale nucléaire de Fukushima, ne pêchent presque plus : au pays du sushi, les consommateurs ne veulent pas manger de poissons qui ont frayé dans une mer contaminée.

    Ont-ils raison d'avoir peur ? Le point en quelques questions.

    L'océan près de la centrale de Fukushima est-il radioactif ?

    L'eau contaminée utilisée pour refroidir les réacteurs endommagés de la centrale est entreposée dans d'immenses réservoirs. Cette eau est censée être en partie décontaminée au moyen d'appareils spéciaux, avant d'être rejetée dans l'océan. Mais à cause de plusieurs incidents, de grandes quantités de particules radioactives se sont retrouvées dans la mer. Les autorités assurent qu'elles sont inoffensives une fois diluées dans l'océan.

    Le poisson de la région est-il dangereux pour la santé ?

    Une trentaine d'espèces auraient des niveaux de radioactivité acceptables, soit moins de 100 becquerels - une unité de mesure de la radioactivité dans les aliments. Certaines espèces, comme la raie, absorbent des niveaux de radioactivité plus élevés et ne peuvent être consommées, note Maeda Hisashi, président de l'Association des pêcheurs d'Iwaki. La production d'algues de la région est aussi complètement arrêtée.

    Que font les pêcheurs ?

    Ils ne pêchent que 1% de la quantité de poisson qu'ils pêchaient anciennement. Ils rapportent surtout des débris emportés au large par le tsunami. Le gouvernement les paie selon le poids des déchets récupérés. Ils sont aussi indemnisés pour leurs pertes, en fonction de leur revenu d'avant la catastrophe. Certains ont abandonné la pêche côtière pour s'engager sur les gros chalutiers qui partent plusieurs semaines pêcher le maquereau en haute mer. Mais la majorité des 1700 pêcheurs de la région restent oisifs et touchent leurs indemnités gouvernementales, ce qui contribue à l'augmentation des problèmes sociaux.

    Est-ce la même chose pour la production agricole ?

    Les producteurs locaux de fruits, légumes, riz, viande et produits laitiers ont aussi du mal à écouler leurs produits. La famille Niitsuma, dont les terres se trouvent juste à l'extérieur de la zone évacuée, a dû cesser sa production de plusieurs fruits, de riz et de champignons shiitake. Conséquence: une chute de 40% de ses revenus.

    Y a-t-il des tomates «mutantes» et des pastèques géantes, comme sur les photos qui ont circulé sur les médias sociaux ?

    Non. Certaines de ces photos n'ont pas été prises au Japon et dataient d'avant 2011. Il arrive que des fruits et légumes grossissent de façon exceptionnelle ou adoptent des formes étranges, sans que cela soit lié à la radioactivité.

    D'après La Presse Canadienne : Les fantômes de Fukushima

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