mercredi 5 juin 2013

Quotas 2013. Rendement Maximal Durable. Poids des mots et choc des photos... Manipulation !

Ancien titre : RMD. Des ONGE, "Maître" dans l’art de la manipulation de masse...

RMD clef de voûte de la pêche européenne contre la surpêche © WWF Canon... Or, ce RMD mis en exergue dans la réforme de la politique commune de pêche n'est pas fiable à 100% d'après des chercheurs américains.

Le Rendement Maximal Durable (RMD) ou en anglais, Maximum Sustainable Yield (MSY) est la plus grande quantité de biomasse que l’on peut extraire en moyenne et à long terme d’un stock halieutique dans les conditions environnementales existantes sans affecter le processus de reproduction. (1) . Le RMD sert en particulier à calculer le Total Admissible de Capture de chaque espèce (TAC) réparti en Quotas de capture par zone de pêche et par pays.

Cliquer Ici pour accéder  directement au tableau des TAC et Quotas de pêche 2013

Jusqu’au bout, plusieurs organisations environnementales (ONGE) ont usé de tous les stratagèmes pour faire pencher la balance "Réforme de l’Europe Bleue" de leur côté. Du côté du petit poisson face au méchant pêcheur ! Pourtant après une année de discussion, il semblerait que tout le monde s’accorde sur le compromis obtenu dans la nuit du 29 au 30 mai 2013 entre la Commission, le Conseil et le Parlement européen qui avait la faveur des ONGE après le vote mémorable des eurodéputés le 6 février dernier, annonce de la fin des rejets...

Tout le monde sauf le WWF, seule note discordante...

Selon Ouest France (2), l’association écologiste espérait davantage. « Alors que la position du Parlement européen permettait une reconstitution des stocks d’ici 2020, le Conseil des ministres de la pêche a réussi à imposer une vision bien moins ambitieuse. L’accord ne garantit la reconstitution de l’ensemble des stocks que d’ici une centaine d’années. Le WWF déplore que le manque d’ambition des ministres, et notamment de la France », déclare Isabelle Autissier, présidente du WWF France. (3)

Isabelle Autissier fait allusion à une étude publiée par le WWF Europe le 13 mai 2013, la veille d’un Conseil des Ministres de la pêche : WWF analysis of EU proposals for fish stock recovery (WWF analyse les propositions de l'UE pour la reconstitution des stocks de poisson).

RMD clef de voûte de la réforme de la pêche selon le WWF

Cette étude analyse le plan de reconstitution des stocks européens avec une gestion de la pêche selon le principe du Rendement Maximal Durable. Pour le WWF, « Cet objectif est la clef de voûte de la réforme : de lui découleront les mesures de gestion à prendre. »

Selon le WWF, la position du parlement permettrait une reconstitution des stocks dans 10 ans, alors que celle du Conseil dans 100 ans ...

« Cette question (du RMD ndlr) étant au cœur de la réforme, » martèle le WWF qui analyse les conséquences des deux positions sur la reconstitution des stocks comme si le RMD était le seul outil dans la gestion des ressources halieutiques : « la position du Parlement permettrait la reconstitution de trois quart des stocks dans les dix prochaines années, tandis que celle du Conseil résulterait dans un processus de reconstitution lent avec une large part d'imprévisible : 90% des stocks mettraient plus d’un siècle pour se reconstituer. » Plus d’un siècle ! alors que le WWF comme d’autres ONGE annonce par ailleurs que les stocks s’effondreraient d’ici 2048 dans le scenario catastrophe porté par le film The End of The Line.

Les ONGE ne sont pas à une contradiction près !

Il en est de l’illustration – cette image d’un filet rempli à ras bord de poisson - qui accompagne l’article du WWF Europe pour mieux enfoncer le clou du RMD dans les esprits d’un public non averti.

Cette image choc est hors sujet ; elle ne concerne pas une pêcherie européenne !

Il s’agit d’une photographie de l’administration étatsunienne (Noaa) sur la pêche minotière de chinchard du Chili au Pérou...

La pêche minotière ! Parlons-en ! Ou plutôt n’en parlons surtout pas ! Et pourtant question cruciale de l’Europe Bleue bottée en touche par les ONGE dans le cadre de la réforme de la PCP ! Il ne faut surtout pas toucher aux « Barons » de la pêche "durable" danoise !

Avec le RMD, gestion inefficace voire risquée...

Faire porter l’avenir des ressources halieutiques sur un seul indicateur est plutôt suspect face à la complexité de la dynamique des stocks de poisson notamment en cette période de changement global (changement climatique) comme le suggère un observateur avisé sur le blog Oceanographer's choice. (4)

En effet, le RMD qui s'appuie sur la biomasse (1), n’est pas sans faille selon Ray Hilborn de l’Université de Washington. Ce chercheur de renom a participé à un travail qui montre que dans une pêcherie la corrélation entre biomasse et productivité n'est pas systématique. Sur la base des données de 230 populations, seuls 18% des stocks de poisson respectent le modèle convenu ! Etude publiée dans la revue Pnas en janvier 2013, et accessible à partir de cet article de Marine Science Today : What Really Controls the Harvest of Fish Stocks? (5)

La conclusion de Ray Hilborn est sans appel : « Si les populations de poissons subissent des changements substantiels de productivité sans rapport avec la taille du stock, la gestion basée sur un seul ensemble d'objectifs de gestion (par exemple le rendement maximal durable) sera inefficace voire risquée. »

Des ONGE, aussi « Maître » dans le business vert !

Dans son dernier article « Green, Inc. ONG conservationistes et business vert... » Alain Le Sann du Collectif Pêche et Développement nous explique qu’outre la manipulation de masse, les associations environnementales sont « Maître » dans le business vert...

Green, Inc.

D’emblée, l’auteur de cet ouvrage, la journaliste et écologiste américaine Christine MacDonald, plante le décor des réalités qu’elle a découvertes et côtoyées en exerçant des responsabilités dans la communication, au sein de l’ONGE Conservation International (C.I).

« Des ONG, qui se consacraient seulement au sauvetage des pandas et des réserves, rivalisent pour attirer les faveurs des compagnies minières, forestières et immobilières. Parmi les plus généreux donateurs figurent les plus grands hors-la-loi de l’environnement de toutes les multinationales de l’énergie. Etre un grand dirigeant d’une organisation conservationiste signifie aujourd’hui, en plus d’un salaire à six chiffres, faire de la plongée avec des rock stars, faire la fête avec des héritiers des multinationales et des journalistes célèbres à bord de jets privés et de yachts gourmands en énergie »

Après son licenciement en 2007, Christine MacDonald décide d’analyser le fonctionnement des grosses ONGE américaines, qui interviennent dans le monde entier, et de décrire les liens étroits qu’elles entretiennent avec les grandes sociétés multinationales, souvent responsables directes ou indirectes des plus graves atteintes à l’environnement. Son livre est paru en 2008 et a, momentanément, attiré l’attention sur les dérives de ces BINGOs (Big International NGOs). Les noms de ces ONGE ne disent pas grand-chose aux Européens, à l’exception de WWF ou de Greenpeace. Le cas de Greenpeace est peu évoqué dans son livre car cette ONGE a plutôt construit son succès sur la critique des grandes sociétés, même si elle ne dédaigne pas de chercher des financements auprès des grandes fondations libérales américaines, contrôlées par des barons d’industries. Toutes les grandes ONGE citées sont américaines, mais beaucoup interviennent dans le monde entier : The Nature Conservancy (T.N.C), Conservation International (C.I), Conservation Foundation, WWF-US, Natural Resources Defense Council, National Audubon Society, Environmental Defense Fund (E.D.F), Sierra Club, Wildlife Conservation Society, etc. (6)

Philippe Favrelière (actualisation le 25 juin 2013)

(1) Le Rendement Maximal Durable (RMD, RMS ou MSY) : Le Rendement Maximal Soutenable (RMS), encore appelé Rendement Maximal Durable (RMD) ou en anglais, Maximum Sustainable Yield ( MSY) est la plus grande quantité de biomasse que l’on peut extraire en moyenne et à long terme d’un stock halieutique dans les conditions environnementales existantes sans affecter le processus de reproduction. Pour plus d'informations : Ifremer
(2) Ouest France : Pêche : l’Europe décide la fin des rejets en mer
(4) Oceanographers choice : Getting a clue on population variability
(5) Pnas : Frequency and intensity of productivity regime shifts in marine fish stocks / Katyana A. Vert-prea, Ricardo O. Amorosob, Olaf P. Jensenc, and Ray Hilborn
(6) Suite de l'article d'Alain Le Sann dans l'Encre de Mer
Pour aller plus loin...

 Tac et Quotas de pêche 2013


 Cliquer Ici ou sur le poster pour accéder au tableau intégral

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Le 2 octobre 2013
Les stocks de poissons de l’UE en voie de reconstitution...

État des stocks de poissons de l’UE : aucune amélioration en Méditerranée, mais de bonnes nouvelles pour la mer du Nord

Des scientifiques ont affirmé lors de la réunion annuelle de la Commission sur l’état des stocks halieutiques et de la pêche dans les eaux européennes (1), que certains stocks de poissons se renouvelaient progressivement dans l’Atlantique du Nord-Est mais que 95 % des stocks en Méditerranée étaient surexploités.

(1) Le 17 septembre 2013 : Séminaire « State of fish stocks in European waters » (Etat des stocks de poissons dans les eaux européennes)


Source : Cfp-reformwatch.eu  par Axel Naver

La Méditerranée et la Mer Noire

95 % des stocks de poissons en Méditerranée et dans la mer Noire font l’objet d’une surpêche (ce qui signifie que les captures sont supérieures au niveau qui permettrait aux stocks halieutiques d’atteindre un niveau de stock durable), a déclaré le Dr Massimiliano Cardinale, président du STECF, le groupe de travail d’experts sur les stocks de la mer Méditerranée.

Deux organes scientifiques (STECF and GFCM) sont également parvenus à la même conclusion dans leurs évaluations. Les scientifiques n’ont constaté aucun progrès pour les espèces ou les zones. Le volume global des captures devrait diminuer de 45 à 51 % afin d’atteindre des niveaux de captures durables (Fmsy).

Une légère baisse de l’effort de pêche (mesuré par la puissance des moteurs ou le tonnage) a été constatée, mais la pression exercée par la pêche n’a pas diminué Afin de réduire la surpêche, les pêcheurs devraient avoir recours à des engins plus sélectifs, selon Massimiliano Cardinale.

La bonne nouvelle pour la Méditerranée est que l’état des connaissances s’améliore. Chaque année, de nouvelles méthodes permettent d’améliorer les évaluations de la qualité des stocks.

> Télécharger la présentation de Massimiliano Cardinale


L’Atlantique du Nord-Est (y compris la Mer du Nord et la Mer Baltique)

La situation d’un certain nombre de stocks de poissons a progressé en Atlantique du Nord-Est ces dix dernières années, selon le Dr Carmen Fernandez, vice-président de l’ICES, comité de consultatif. De manière générale, la mortalité par pêche diminue et les stocks halieutiques se développent progressivement. La proportion des stocks de poissons pêchés à des niveaux durables augmente également.

Il existe cependant quelques exceptions. Par exemple, la biomasse des stocks de cabillaud de la mer du Nord et du Skagerrak se situe encore en-dessous des limites biologiques de sécurité. En outre, nous ne disposons pas de données pour de nombreux stocks halieutiques.

> Télécharger la présentation de Carmen Fernandez

L’économie du secteur de la pêche

2011 a été une année relativement bonne pour le secteur de la pêche européenne. La flotte a diminué et a débarqué moins de poissons, mais elle a réussi à devenir plus rentable. Les navires de petite taille utilisant des engins de pêche statiques ne cessent d’être plus rentables que les grands navires ayant recours à des chalutiers.

> Télécharger la présentation de John Anderson

Vidéo :
Regarder le séminaire « State of fish stocks in European waters » (Etat des stocks de poissons dans les eaux européennes) en vidéo à la demande sur le site Internet de la Commission.

Comparaison avec l'année d'avant : État des stocks de poissons européens, septembre 2012

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Le 5 septembre 2013

Europe. Interdiction des rejets pour compenser la baisse des captures minotières...

En Europe, les quotas de pêche réservés à l'alimentation animale (ou pêche minotière) ont tendance à diminuer depuis plusieurs années (voir tableau plus bas). L'interdiction des rejets dans la PCP réformée permettra de compenser la chute des captures minotières dans le seul intérêt de l'industrie de l'alimentation du bétail et du poisson...

L'interdiction des rejets va booster l'industrie minotière pour l'alimentation animale...

Carl-Christian Schmidt de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE parle des rejets comme d'un gaspillage de la ressource halieutique. Il évite de parler du gaspillage de ressource qu'est la pêcherie minotière...

Les rejets gaspillent les ressources. Une interdiction européenne, adoptée en février 2013 par les ministres de la Pêche des États membres, entrera graduellement en vigueur, en commençant par la mer du Nord en 2014. En 2019, toutes les pêches de l’UE seront concernées, à quelques exceptions près. L’interdiction des rejets est positive à plusieurs égards. En premier lieu, il est absurde et éthiquement discutable de jeter de précieuses protéines de poisson comestibles, outre que cela pose un problème économique. Les rejets peuvent aussi compliquer sérieusement la gestion du stock de poissons, puisque le volume total de la production halieutique n’est pas connu. D’où des lacunes dans les données et informations requises pour une gestion durable et responsable des pêches.


Certains prétendent qu’il n’existe pas de marché pour écouler les poissons jugés indésirables. Cela peut être vrai dans certains cas. Mais le plus souvent, les poissons ne sont pas rejetés parce qu’ils n’ont pas de valeur, mais parce que le pêcheur peut faire des bénéfices plus élevés en ne gardant que les plus prisés.

L’intérêt est donc là : n’importe quel poisson ou presque peut être transformé en farine ou en huile de poisson, ingrédients clés dans l’alimentation animale et piscicole, ainsi que dans l’industrie pharmaceutique. De plus, vu la forte demande de ces produits dans l’aquaculture, il existe peut-être déjà un marché pour les poissons « indésirables » ramenés à terre.

De nombreuses zones de pêche sont surexploitées dans le monde, et peu rentables pour les pêcheurs. Il est indispensable de gérer efficacement les pêches pour améliorer la situation économique de ces communautés. Réduire les incitations à rejeter des prises, en supprimant les obstacles réglementaires et en trouvant des approches de marché qui augmentent la valeur de tous les poissons capturés, peut faire partie de la solution.

L’interdiction des rejets par l’UE va dans le bon sens : elle favorise la croissance verte car elle améliore l’utilisation des ressources et la gestion des stocks. Il importe cependant de poursuivre l’action visant le redressement des pêches internationales et de mettre en oeuvre des réformes en vue de les pérenniser.

D’après l’article de l’OCDE Observateur-2 sept. 2013 : Interdiction européenne des rejets de poissons - Quel est l’appât ?


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Le 21 août 2013

Quotas 2014 : vers une année à merlu


Les pêcheurs vont pouvoir puiser dans un stock record de merlu. Reste à le valoriser.

Source : Le Marin

Les avis scientifiques du Ciem, rendus le 28 juin, ont été synthétisés en 108 fiches par espèces et zones de pêche publiées début août. Des avis sont à la hausse, parfois fortement, grâce à de bons recrutements récents (merlu) ou à une exploitation en dessous du rendement maximal durable (RMD) (cardine ouest Écosse, merlan mer Celtique).

Mais il y a beaucoup d’avis de quotas à la baisse. Soit à cause de baisses d’abondance liées à de faibles recrutements en jeunes poissons, arrivant souvent après des hausses : c’est le cas pour le cabillaud de mer Celtique et la sole de Manche-ouest. Soit à cause d’une pêche excessive par rapport à l’objectif RMD 2015 : sole du golfe de Gascogne, plie de Manche-ouest, cabillaud de mer du Nord - Manche-est, églefin de mer Celtique. En effet les scientifiques se sont appuyés sur l’objectif d’atteindre le niveau de pêche permettant le RMD dès 2015, sans tenir compte de la décision prise dans le cadre de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) : 2015 si possible, 2020 au plus tard.

Alors qu’ils ont pris en compte la limitation des rejets : quand c’est possible, l’avis concerne un niveau de captures et non de débarquement, souligne l’Ifremer dans une note de synthèse publiée cet été.

Lire sur « le marin » du 16 août 2013 les propositions pour les stocks intéressant les pêcheurs français.

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Does catch reflect abundance?

Les captures reflètent l'abondance ?

Les chercheurs ne sont pas d'accord. Certains comme Daniel Pauly disent OUI. D'autres comme Ray Hilborn disent NON.

Researchers are divided over the wisdom of using estimates of the amount of fish hauled in each year to assess the health of fisheries

Nature / February 2013

Point
Yes, it is a crucial signal
The only data available for most fisheries are the weight of fish caught each year, insists Daniel Pauly.

Counterpoint
No, it is misleading
Many factors as well as abundance determine the hauls of fishermen, warn Ray Hilborn and Trevor A. Branch.

Cliquer Ici pour télécharger l'article de Nature 



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Ifremer : Pêche durable

Observation
Recherche
Expertise

Cliquer Ici pour accéder aux pages de la Pêche durable de l'Ifremer

Les avis biologiques 2013

Tous les ans le comité d'avis du CIEM formule des avis ou recommandations sur certaines espèces de poisson sous quota ainsi que sur des espèces dont l'exploitation inquiète les scientifiques. Cliquer Ici pour accéder au résumé des recommandations pour l'année 2013 concernant les espèces pêchées par les flottilles françaises.

Résumé graphique des diagnostics et avis émis par le CIEM en 2012.

Novembre 2012
Présentation Alain Biseau, Cellule de coordination de l’expertise halieutique
Département Ressources Biologiques et Environnement

Cliquer Ici pour télécharger le document

Rendement Maximal Durable (RMD, RMS ou MSY) 

Le Rendement Maximal Soutenable (RMS), encore appelé Rendement Maximal Durable (RMD) ou en anglais, Maximum Sustainable Yield ( MSY) est la plus grande quantité de biomasse que l’on peut extraire en moyenne et à long terme d’un stock halieutique dans les conditions environnementales existantes sans affecter le processus de reproduction. Pour plus d'informations : Ifremer
 
La pêche durable en 8 questions


Cliquer Ici pour accéder aux vidéos de l’Ifremer qui répondent à ces 8 questions

A l'occasion des journées de la mer qui se déroulent du 5 au 9 juin,  l'Ifremer vous livre son éclairage sur la pêche durable à travers 8 courtes vidéos.

Qu'est-ce que la pêche durable ?

Comment l'Ifremer travaille-t-il avec les professionnels ?

Quel est l'impact du changement climatique sur les poissons ?

Peut-on parler de raréfaction des ressources ?

Comment s'effectue l'évaluation des stocks de poissons ?

Qu’est-ce que le rendement maximum durable (ou RMD) ?

Comment limiter les rejets ?

Faut-il interdire la pêche profonde ?
 
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CIEM. Les avis biologiques sur certaines espèces de poisson en 2012

Tous les ans le comité d'avis du CIEM formule des avis ou recommandations sur certaines espèces de poisson sous quota ainsi que sur des espèces dont l'exploitation inquiète les scientifiques.

Cliquer Ici pour accéder au résumé des recommandations pour l'année 2013 concernant les espèces pêchées par les flottilles françaises...
Poissons sous quota :

Résumé graphique des diagnostics et avis émis par le CIEM en 2012.

Novembre 2012

Présentation Alain Biseau, Cellule de coordination de l’expertise halieutique

Département Ressources Biologiques et Environnement

Cliquer Ici pour télécharger le document "Résumé graphique des diagnostics et avis émis par le Ciem en 2012"

Pour plus d'informations : Pour une pêche durable sur le site d'Ifremer

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Pêche. Une gestion fondée sur le Rendement maximal durable

Source : Europa

Dans la perspective de voir s'établir une exploitation durable des ressources halieutiques, la présente communication fixe une nouvelle orientation politique en matière de pêche. La Commission propose de mettre en œuvre une gestion de la pêche communautaire fondée sur le rendement maximal durable (RMD). Il s'agit d'un système de gestion à long terme qui vise à assurer une exploitation des ressources aquatiques vivantes dans des conditions économiques, environnementales et sociales durables.

ACTE

Communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen, du 4 juillet 2006, relative à l'application du principe de durabilité dans les pêcheries de l'Union européenne au moyen du rendement maximal durable [COM(2006) 360 - Non publié au Journal officiel].

SYNTHÈSE

Par la présente communication, la Commission entend améliorer les performances économiques du secteur de la pêche et veut assurer la viabilité de l'industrie de la pêche dans l'esprit des décisions prises lors du sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg.

À l'époque, la Commission et les États membres ont souscrit à l'objectif d'obtenir un rendement maximal durable (RMD) pour les stocks épuisés en 2015 au plus tard.

La Commission estime qu'il est temps de modifier la gestion de la pêche communautaire en cherchant davantage à renouer avec la prospérité plutôt qu'à éviter la faillite, en reconstituant les stocks par une gestion basée sur le RMD.

La Commission souligne les avantages potentiels de cette nouvelle orientation de la politique commune de la pêche (PCP). D'après plusieurs analyses scientifiques, 80 % des stocks de poissons européens font actuellement l'objet d'une surpêche par rapport à ce qui devrait être une gestion basée sur le rendement maximal durable (RMD).

Le RMD est une approche basée sur le long terme qui consiste à fixer des taux de captures permettant aux stocks de poissons de se reproduire afin d'en assurer l'exploitation dans des conditions économiques, environnementales et sociales durables.

Avantages d'une approche fondée sur le rendement durable

La Commission estime que l'exercice de la pêche dans le respect du RMD contribuera à inverser cette tendance à l'épuisement des ressources halieutiques. Cette approche sera bénéfique pour l'environnement marin en général: elle permettra d'accroître la disponibilité des ressources et de rééquilibrer les écosystèmes.

Les avantages sont également d'ordre économique puisque cette approche entraînera la réduction des coûts de l'activité de pêche. L'exploitation des stocks deviendra moins ardue lorsque la disponibilité des ressources sera redevenue plus stable.

La pêche pratiquée dans les limites du RMD permettra une augmentation de la proportion de captures de grande taille et de valeur élevée tandis que la proportion de rejets diminuera.

Au cours des dernières années, plus de 10 millions de tonnes de poissons ont été importées chaque année, ce qui représente 60 % du poisson consommé en Europe. Une gestion des stocks de poissons basée sur le RMD améliore la position concurrentielle de l'industrie de pêche européenne en garantissant une offre stable de qualité élevée.

Vers la réalisation de cette approche

La gestion de l'activité de pêche doit être fondée sur la durabilité et la stabilité. La Commission préconise pour cela un équilibre entre l'activité de pêche et la capacité reproductive des ressources halieutiques.

Pour atteindre cet objectif, il est important de définir chaque année les taux de pêche appropriés pour les différents stocks de poissons. La Commission a déjà mis l'accent sur l'amélioration de la prise de décision en matière de gestion de la pêche.

Le succès de la transition vers cette nouvelle approche dépend de la capacité des pêcheries nationales à s'adapter à une nouvelle situation. Il dépend également des consultations régulières entre la Commission et ces mêmes pêcheries.

Cette période d'adaptation progressive peut aboutir à deux approches différentes. Dans le premier cas, les États membres peuvent promouvoir le développement d'un secteur de la pêche plus petit, plus efficace et plus profitable, qui entraine la réduction du nombre de pêcheurs. Dans le second cas, les États membres peuvent maintenir un taux d'emploi élevé sans réduction de la taille de la flotte mais avec une baisse de rentabilité pour les entreprises.

Alors qu'il appartient aux États membres de choisir une stratégie économique applicable aux pêcheries, la Commission note que, dans le passé, toute solution autre que le déclassement des navires de pêche a créé des problèmes de mise en œuvre et d'acceptation sociale, car il est difficile de maintenir des surcapacités de pêche sans les utiliser.

Plans à long terme

La Commission proposera au cours des prochaines années une série de plans à long terme pour qu'à l'horizon de 2015 les ressources exploitées dans les eaux communautaires atteignent le RMD. Chaque plan définira le taux de pêche approprié pour le stock concerné. Les principes régissant ces plans à long terme consistent à :
  • assurer la consultation des pêcheurs, des consommateurs et de toute autre partie intéressée;
  • fonder chaque plan sur des avis scientifiques impartiaux;
  • prendre en compte les incidences économiques, sociales et environnementales des mesures proposées;
  • établir un taux de capture et les moyens pour l'atteindre progressivement;
  • réduire les effets nuisibles de la pêche sur l'écosystème;
  • prévoir des mesures techniques pour assurer que la pêche des différents stocks lors de captures mixtes soit compatible avec leurs objectifs respectifs;
  • prévoir éventuellement la possibilité d'exploiter certains stocks en dessous des niveaux RMD afin d'obtenir certains gains de productivité pour d'autres espèces;
  • établir les objectifs indépendamment de l'état biologique du stock au moment de l'entrée en vigueur des plans, étant entendu que des mesures de conservation plus strictes pourront être prises si la ressource s'appauvrit plus vite que prévu;
  • prévoir des orientations appropriées si, faute de données ou pour d'autres raisons, l'avis scientifique ne permet pas de quantifier les actions requises pour atteindre les conditions du rendement maximal durable;
  • réviser périodiquement les plans et leurs objectifs.
Contexte

Lors de la réforme de la PCP en 2002, l'accent avait déjà été mis sur l'importance d'une gestion de la pêche à plus long terme afin de préserver les ressources halieutiques de manière durable. Cela s'est d'ailleurs traduit par la mise en place de plans de reconstitution des stocks les plus menacés. Cependant, en raison de la surpêche, les taux de capture de nombreuses espèces ont connu de fortes réductions depuis plusieurs années. Il faut donc selon la Commission passer à une étape ultérieure et inverser cette tendance au déclin de la plupart des ressources halieutiques européennes. Lors du sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002, les États membres se sont d'ailleurs engagés à ramener les stocks à des niveaux compatibles avec le principe du RMD pour 2015 au plus tard.

Dernière modification le: 17.10.2011

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C'est la Commission européenne qui le dit : "l'élimination de la surpêche se poursuit"

Possibilités de pêche pour 2014 : l'élimination de la surpêche se poursuit

Source : Europa (30 mai 2013)

Selon les derniers chiffres concernant les stocks de poissons des eaux de l'UE, les efforts de la Commission européenne pour éliminer progressivement la surpêche se sont avérés fructueux. Dans un document de consultation adopté aujourd'hui, la Commission européenne fait part de l'état des stocks de poissons européens et expose ses intentions quant aux propositions relatives aux possibilités de pêche pour 2014. Actuellement, 39 % des stocks de poissons des eaux de l'UE de l'Atlantique du Nord-Est ayant fait l'objet d'une évaluation sont surexploités, contre 47 % l'année dernière et 95 % en 2005. La politique commence à produire de réels avantages pour le secteur de la pêche, comme le montrent les dernières données relatives aux bénéfices qui témoignent d'une augmentation de 40 % par rapport à l'année précédente. Toutefois, des progrès doivent encore être accomplis.

Selon les évaluations, les stocks dans les eaux de l'UE de l'Atlantique du Nord-Est qui n'ont pas été surexploités en 2012 sont les suivants : voir le tableau

Mme Maria Damanaki, membre de la Commission chargé des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré: «Ces chiffres indiquent que des mesures responsables en matière de gestion de la pêche peuvent être efficaces et qu'en effet, elles le sont. Cependant, nous devons intensifier nos efforts afin de mettre un terme à la surpêche pour l'échéance convenue. À cette fin, nous devons achever la réforme de la politique commune de la pêche.»

Par ce document, la Commission sollicite, comme chaque année, le point de vue des États membres et des parties prenantes sur la fixation des totaux admissibles des captures (TAC), des quotas et de l’effort de pêche (jours en mer) pour l'année suivante. Le document montre que les efforts déployés par la Commission pour supprimer progressivement la surpêche commencent à porter leurs fruits. On compte désormais dans les mers européennes 25 stocks de poissons dont on sait qu'ils ne sont pas surexploités, contre seulement 2 en 2005.

Les données scientifiques sur lesquelles repose l'évaluation des stocks s'améliorent. De nouvelles méthodes introduites par le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) ont permis de disposer d'avis pour 30 stocks de plus que l'an dernier.

Depuis 2011, les bénéfices nets moyens de la flotte de pêche de l'UE ont augmenté d'environ 40 %, ce qui démontre que l'amélioration des revenus des pêcheurs découle de la diminution de la surpêche, même si les coûts du carburant imposent à la flotte une charge supplémentaire.

Pour l'année prochaine, la Commission veut que le secteur s'en tienne aux avis scientifiques. En ce qui concerne les stocks concernés par les plans de gestion à long terme, les TAC et les niveaux de l’effort de pêche pour l'année prochaine devraient être fixés conformément aux plans en vigueur (c'est une exigence légale). Pour les autres stocks de poissons, qui ne sont pas couverts par ces plans, les TAC devraient être fondés sur les avis scientifiques, avec pour objectif d’éliminer progressivement la surpêche d’ici à 2015. En l'absence d'avis, le principe de précaution doit être appliqué.

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Communication de la Commission au Conseil concernant une consultation sur les possibilités de pêche pour 2014

Source : Europa (30 mai 2013)

1. Introduction

Le présent document expose les intentions initiales de la Commission européenne concernant la fixation pour 2014 des totaux admissibles de captures (TAC) et des niveaux d’effort dans les eaux européennes et pour les pêcheurs européens. Les États membres et les conseils consultatifs régionaux sont invités à communiquer leur point de vue pour examen à la Commission avant que les propositions de cette dernière ne fassent l’objet d’une décision définitive.


L'état des stocks de poissons dans les eaux atlantiques européennes et les eaux adjacentes continue de s'améliorer. Davantage de stocks sont exploités dans les limites du rendement maximal durable (RMD). Les connaissances relatives à l'état des stocks de la mer Méditerranée et de la mer Noire s'améliorent également.

Il convient de continuer à éliminer la surpêche. À cette fin, les principaux instruments sont, d'une part, les ajustements des niveaux des possibilités de pêche et, d'autre part, les adaptations de la structure autorisée des engins de pêche en vue d'améliorer la sélectivité. À la suite de l'adoption attendue de la réforme de la politique commune de la pêche, élaborée sur la base d'une proposition de la Commission, il est prévu qu'à partir de 2014, les obligations de débarquer tous les poissons capturés entreront graduellement en vigueur pêcherie par pêcherie, ce qui devrait également améliorer la conservation des stocks de poissons.

Mettre un terme à la surpêche signifiera réduire considérablement le risque d'effondrement commercial de la pêche, améliorer la rentabilité des flottes de pêche, diminuer les émissions de carbone et la consommation de carburant et assurer aux consommateurs un approvisionnement plus stable et fiable en poisson. Cela signifie également réduire les incidences sur le milieu marin et sur des espèces vulnérables telles que les dauphins et les coraux. Ces actions contribueront à la réalisation d’un bon état écologique d'ici à 2020, conformément à la stratégie pour le milieu marin.

Faire cesser la surpêche s'inscrit également dans l'arrêt des rejets puisque davantage de poissons pourront atteindre une taille commercialement intéressante et les pêcheurs pourront bien plus facilement capturer des poissons de bonne taille sans capturer les plus petits.

Etant donné les avantages d'une pêche respectant le RMD, il convient de tout mettre en œuvre afin d'atteindre cet objectif au plus tôt. La Commission a l'intention de suivre les avis scientifiques du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) et du comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) pour parvenir à un RMD présentant un faible risque d'épuisement des stocks. Il s'agit de la même base que pour les propositions relatives aux possibilités de pêche des campagnes de pêche 2011-2013.

Lorsque les informations biologiques relatives à certains stocks de poissons donnés sont incomplètes et qu'il n'est pas possible d'évaluer le RMD, la Commission utilisera les évaluations et les avis qualitatifs émis par les mêmes instances scientifiques en fondant ses propositions sur les informations disponibles et en appliquant le principe de précaution de manière transparente et systématique. Il ne sera pas proposé de modifier les TAC de certains stocks à moins que des faits nouveaux n'en démontrent la nécessité.

2. État des stocks

Des informations récentes concernant l'état des stocks dans les eaux atlantiques européennes (annexe 1a) font apparaître une augmentation notable de la proportion des stocks pour lesquels des avis scientifiques relatifs aux limites biologiques de sécurité sont disponibles (tableau 1 ci-dessus). Elle est passée de 35% en 2012 à 50% en 2013. Le nombre de stocks pour lesquels des évaluations complètes sont disponibles a augmenté graduellement, allant de 29 en 2007 à 46 en 2013, ce qui dénote une amélioration des connaissances scientifiques sur lesquelles se fondent les avis (tableau 5). Suite à la mise en oeuvre par le CIEM d'une nouvelle méthodologie dans les cas où la quantité de données est limitée, le nombre de stocks pour lesquels un avis quantitatif était disponible est passé de 47 à 77.


L'amélioration de l'état des stocks s'est poursuivie (tableau 2). Le nombre de stocks surexploités (pour lesquels le taux de mortalité par pêche le plus récent est supérieur à celui qui permettrait de respecter le RMD) a diminué, depuis 47 % l'an dernier pour atteindre 39% cette année.
Davantage de stocks sont concernés par des avis favorables à la réduction au minimum des captures (tableau 3). Il s'agit du cabillaud et de la sole en mer d'Irlande; du hareng en mer Celtique, des crevettes (Pandalus) en mer du Nord septentrionale et du merlan à l'ouest de l'Écosse. Le tacaud norvégien n'appartient plus à cette catégorie en 2013.


Depuis 2011, les TAC de 6 stocks ont été déterminés par chaque État membre3. Cette mesure, qui est assortie de clauses de sauvegarde concernant la bonne gestion, n’existe que dans les cas où un seul État membre a un intérêt dans la pêcherie. Il est préoccupant que les États membres n'aient pas été en mesure de se conformer pleinement aux obligations en matière de rapports, dans la plupart des cas en raison de l'absence d'une base technique permettant l'évaluation complète de l'état des stocks concernés et la fixation d'objectifs précis pour le RMD de ces ressources. Il est difficile d'évaluer jusqu'à quel point les TAC adoptés sont compatibles avec la politique commune de la pêche du point de vue de la durabilité. La Commission examinera ce point plus en détails au cours de 2013.

Au cours du Conseil de décembre 2012, le Danemark, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume Uni ont reconnu que la diminution du taux de mortalité par pêche des stocks de cabillaud devait rester une priorité et ont convenu, d'une part, que les États membres élaboreraient des mesures afin de réduire les rejets et d'éviter la capture de cabillaud et, d'autre part, qu'ils appliqueraient les plans visant à éviter la capture de cabillaud en 2013.

Les connaissances actuelles relatives à l'état des stocks de poissons sont décrites région par région à suivre dans Europa (à télécharger)

Un tableau mentionnant les quotas européens et comprenant un système de signalisation relatif à l'état des pêcheries peut être consulté à l'adresse suivante :
http://ec.europa.eu/fisheries/documentation/publications. Une analyse complète de l'état des stocks est disponible sur les sites www.ices.dk et https://stecf.jrc.ec.europa.eu.

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Le 7 juin 2013

L'état des stocks s'améliore en Europe


Cliquer Ici pour accéder au Marin

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Le 18 juillet 2013

« Contrairement à une idée reçue, l'état de nos stocks de poissons s'améliore »

Alors que les ONGE continuent à tirer à boulets rouges contre les acteurs de la pêche qui à l’origine selon elles de l’extinction des ressources en poisson, des chercheurs britanniques notent que les stocks européens vont beaucoup mieux et que la réforme précédente lancée en 2002 porte déjà ses fruits, dans une étude publiée le 18 juillet 2013 dans la revue Current Biology

llustration : de 2000 à 2011, les stocks de poisson virent au vert (plus bas pour les explications)

« Contrairement à une idée reçue, l'état de nos stocks de poissons s'améliore », dit Paul Fernandes de l'Université d'Aberdeen. « Beaucoup de nos stocks ne sont plus surexploités, la nature doit maintenant suivre son cours pour que les poissons reconstruisent leurs populations. »

« Nous devons être conscients que la faible pression de pêche doit être maintenue jusqu'à ce que les stocks se reconstituent », dit Robin Cook de l'Université de Strathclyde. « Ce n'est que la première étape. Maintenant, nous devons voir le nombre des stocks s’améliorer en raison du maintien de l’effort de pêche à un faible niveau. »

Il y a des raisons de rester prudents pour plusieurs stocks, notamment le cabillaud, toujours en difficulté. Il est nécessaire de continuer à limiter fortement leurs captures surtout qu’un trop grand nombre de ces poissons serait vendu sur le marché noir, objet de captures illicites et de rejets sous-jacents.

Les chercheurs ont utilisé des données recueillies principalement par les instituts de recherche publics, y compris les grands programmes concernant des centaines de marchés au poisson et en mer sur des centaines de bateaux de pêche et de recherche. Les données représentent des millions de mesures de poissons : longueur, poids, sexe, stade de développement, et âge. Ces données ont ensuite été analysées et intégrées dans des modèles mathématiques d'évaluation des stocks, puis évaluées par des spécialistes au sein du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) au Danemark, organisation qui émet chaque année des recommandations sur le niveau de captures dans l’Europe bleue.

Fernandes et Cook disent avoir été particulièrement surpris par le nombre de stocks qui s'est amélioré depuis que l’effort de pêche a été réduit au passage des années 2000. En 2011, pour la première fois, la majorité des stocks de poissons a été pêchée de façon durable. C’est le résultat des réformes mises en place en 2002. Les résultats arrivent à un moment important, au moment où d'autres réformes de la politique commune de la pêche sont prévues.

« D'autres réformes de la Politique commune de la pêche sont actuellement en cours d'élaboration, il est donc important de s’appuyer sur les réussites et les faiblesses, et de poursuivre la politique de réduction de l’effort de pêche sur les stocks halieutiques européens », écrivent les chercheurs.

Traduction de Sciencedaily : European Fish Stocks Poised for Recovery

Paul G. Fernandes, Robin M. Cook. Reversal of Fish Stock Decline in the Northeast Atlantic. Current Biology, 2013; DOI: 10.1016/j.cub.2013.06.016

Illustration : The Geographical Distribution of the Difference in Exploitation Rate for 57 Northeast Atlantic Fish StocksThe difference in exploitation rate (ΔH) is the exploitation rate (Hyear) minus the exploitation rate consistent with maximum sustainable yield (HMSY) in (A) 2002 and (B) 2011. The size of the circle is proportional to the absolute difference in ΔH and is color coded according to status. Stocks in green are fished within sustainable limits, while stocks in red have exploitation rates in excess of these limits; hence, the larger the red circle, the more the stock is overfished, and the larger the green circle, the more the stock is underfished. The circles are positioned approximately according to the center of the stock location in the ICES ecoregions (labeled), with the exception of the widely distributed stocks, which are positioned to the western edge of the continental shelf. An abbreviation for the species name is provided in the center of each circle: ane, Engraulis encrasicolus; cap, Mallotus villosus; cod, Gadus morhua; ghl, Reinhardtius hippoglossoides; had, Melanogrammus aeglefinus; her, Clupea harengus; hke, Merluccius merluccius; hom, Trachurus trachurus; mac, Scomber scombrus; mgb, Lepidorhombus boscii; mgw, Lepidorhombus whiffiagonis; nop, Trisopterus esmarkii; ple, Pleuronectes platessa; sai, Pollachius virens; san, Ammodytidae; sar, Sardina pilchardus; sol, Solea solea; spr, Sprattus sprattus; whb, Micromesistius poutassou; whg, Merlangius merlangus. Stocks for which there are no reference points are abbreviated as text alone followed by a question mark. See also Figure S1 for equivalent distribution of relative SSB.

Lire aussi : 

Surpêche : des stocks de poissons sur la bonne voie dans l’Atlantique

Source : Futura Sciences

À en croire de nombreux spécialistes ou associations, les stocks de poissons s’effondrent dans le nord-est de l’Atlantique. Pourtant… une nouvelle étude démontre que ce n’est pas toujours vrai, que c’est même plutôt l’inverse dans de certains cas. De plus en plus de stocks sont exploités durablement, notamment grâce à une diminution des efforts de pêche qui résulte d'une réforme européenne prise en 2002.

Avec ses 6 millions de tonnes de poissons fournis chaque année, grâce à ses 80.000 navires de pêche et à l'aquaculture, l'Union européenne occupe la quatrième place des « pays » les plus producteurs de cette ressource dans le monde.  
Définie par l’Union européenne, la politique commune de la pêche (PCP) est régie par un ensemble de règlements, dont certains visent à conserver et exploiter durablement les stocks de poissons dans les eaux européennes. Le défi est de taille, car le nord-est de l’Atlantique est quotidiennement sillonné par 80.000 navires de pêche. De nombreuses voix se sont déjà élevées pour décrier cet initiative, car les stocks de poissons ont pendant de longues années été surexploités, au point de régulièrement décroître, prouvant ainsi l’inefficacité de la PCP. 

Visiblement, les détracteurs de la politique commune de la pêche ont partiellement tort, car certains efforts semblent porter leurs fruits, du moins si on en croit l’étude publiée par Paul Fernandes et Robin Cook dans la revue Current Biology. Leur article conclut un travail d’enquête au cours duquel l’évolution de 57 stocks de poissons répartis en quatre groupes (morues, pélagiques, démersaux et poissons plats) a été retracée pour ces 60 dernières années. 

Pour ce faire, les chercheurs, qui travaillent respectivement pour les universités d’Aberdeen et de Strathclyde (Royaume-Uni), ont collecté des données auprès d’organismes publics sur le commerce du poisson en Europe, mais aussi sur les actions menées par les navires de la flotte européenne. Elles se composent notamment de millions d’informations sur la longueur, le stade de développement, le poids, ou encore le sexe des animaux prélevés. Toutes ces données ont ensuite été utilisées pour alimenter un modèle mathématique qui fournit des estimations sur la taille des stocks. Les résultats obtenus ont été validés par le Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem). 

Dans leur étude, Paul Fernandes et Robin Cook se sont notamment intéressés aux stocks de harengs (Clupea harengus), de maquereaux communs (Scomber scombrus) ou de chinchards (Trachurus trachurus), trois espèces qui ont un grand intérêt commercial. © Brian_Abbott, Flickr, cc by nc sa 2.0

La progression de l’exploitation durable des stocks de poissons

Ainsi, il semble bien que plusieurs stocks soient actuellement exploités durablement, une tendance qui tend à s’accroître depuis le début des années 2000, sachant que de profondes réformes ont été entreprises dans le cadre de la PCP en 2002. Elles incluaient notamment la fixation par espèce et par zone de pêche de nouveaux quotas de prélèvements, ainsi qu’un soutien plus marqué à l’aquaculture. Effectivement, l’amélioration des stocks coïncide avec la diminution de la pression de pêche qui a résulté de ces décisions.

Dans ce contexte, l’année 2011 est particulièrement symbolique car, pour la première fois depuis 1960, la majorité des stocks étudiés a été exploitée durablement, donc sans surpêche (en fonction de normes définies préalablement par des experts). Attention, les populations de poissons ne sont pas rétablies pour autant. Simplement, il est possible qu’elles parviennent à récupérer leur état initial, si les efforts de pêche restent en l’état durant encore de nombreuses années. Notons toutefois que, selon l’étude, le cas de la morue (Gadus morhua) reste précaire. La restauration de ses stocks nécessite encore des efforts. 

Certains experts nuancent tout de même ces résultats, bien qu’ils soulignent l’amélioration positive de quelques indicateurs. Leur principal argument : il y a plus de 57 stocks de poissons dans la zone étudiée, il faut donc éviter de tirer des conclusions générales trop hâtivement. Cependant, ils reconnaissent que l’étude s’est penchée sur le cas des espèces « les plus commerciales ». Quoi qu’il en soit, ces résultats se veulent pour le moins encourageants.

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Le 5 juillet 2013

Surpêche ? L'avenir de la pêche en débat sur bastamag.net

Surpêche : les poissons pourraient disparaître d’ici 2035

Par Nolwenn Weiler (17 juin 2013)

Les mers sont surexploitées et cela commence à devenir assez inquiétant. Une espèce de poisson sur trois est menacée d’extinction. Les autres peinent à se renouveler alors que le nombre de captures augmente. Sur le banc des accusés : la pêche industrielle, allègrement subventionnée en Europe, et finalement peu créatrice d’emplois. Face à cette menace, des artisans pêcheurs ont décidé de s’allier avec l’organisation écologiste Greenpeace, et des ONG pointent les mauvaises pratiques des grandes enseignes. Enquête. Suite...

L’article de Basta ! sur la surpêche suscite le débat : les ressources en poissons sont-elles vraiment menacées ? La politique des quotas et de rendements « durables » prônée par les ONG environnementales et l’Union européenne permet-elle vraiment de protéger les écosystèmes ? La pêche artisanale risque-t-elle de pâtir de ces mesures, au profit des pêcheries industrielles ? Alain Le Sann, du Collectif Pêche & Développement, propose d’instaurer d’autres mécanismes collectifs de partage des ressources, respectueux de leur renouvellement et plus proches de l’intérêt des communautés concernées.

Et si les pêcheurs disparaissaient avant les poissons

Par Alain Le Sann (3 juillet 2013)

Basta ! a réussi à avancer la date de la catastrophe finale : avec un tel titre on fait le buzz. Mais pourquoi faut-il surenchérir par rapport à la prophétie de « l’aquacalyspe » en 2048 ? Il y a dans cet article un certain nombre de réflexions justes, mais aussi des approximations et des idées reçues sur un sujet très complexe, sur lequel les ONG conservationnistes sont passées maîtres dans l’art de la manipulation.

Il est sain que le secteur appelé traditionnellement « petite pêche » en France s’organise pour défendre ses droits et son avenir. Ce secteur est vital dans toutes les régions et occupe effectivement une place importante dans la pêche française. Cependant, il est discutable d’assimiler cette petite pêche à la pêche artisanale comme l’ont fait la Commission Européenne et les organisations non gouvernementales de protection de l’environnement (ONGE). Concentrer les aides sur ce seul segment aboutit à concentrer les pêcheurs sur la bande côtière déjà souvent saturée et marquée par la concurrence d’autres activités – pêche amateur, plaisance… - et la plus touchée par la pollution. Pourtant, la pêche artisanale a aussi vocation à occuper tout l’espace de la zone économique exclusive (ZEE, espace maritime le long des côtes sur lequel un Etat exerce son contrôle) et on ne peut systématiquement considérer un bateau de plus de 12m comme un bateau industriel.

Concernant l’emploi, il est vrai que les bateaux plus importants assurent moins d’emplois directs de marins, mais ils alimentent le fonctionnement des ports et des criées qui sont importants pour la petite pêche elle-même, au-delà des circuits plus directs. Un emploi à la petite pêche, c’est un emploi à terre. Pour les autres secteurs, le rapport est plutôt 3 à 4 emplois pour 1 emploi de marin. S’il y a des conflits et des contradictions entre les divers segments, il y a aussi beaucoup de relations. Il y a toujours eu des négociations entre métiers pour dégager des formes possibles de cohabitation qui permettent à tous de vivre. La gestion des pêches est d’abord une question de partage entre des secteurs très diversifiés qui parfois s’opposent mais sont aussi souvent complémentaires.

Les erreurs de Greenpeace...


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À l'écoute des bancs de poissons


Comment préserver le fragile équilibre qui lie la ressource halieutique, le milieu aquatique et l'homme ? En précisant le comportement des poissons, au moyen notamment d'ondes acoustiques.

Jean Guillard et Anne Lebourges-Dhaussy

Source : Pour la Science - Février 2014

L'essentiel
- Les ondes acoustiques sont un moyen efficace pour étudier les poissons. Les sonars sont non invasifs et plus précis que d'autres techniques.
- Les chercheurs étudient le comportement des poissons et évaluent l'évolution des stocks.
- De nouveaux dispositifs acoustiques répertorient mieux les espèces et reconstruisent les bancs de poissons en trois dimensions.
- L'hydroacoustique est un outil polyvalent qui permet une étude globale de l'écosystème.
L'auteur

Jean GUILLARD est ingénieur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et directeur adjoint du Centre alpin de recherche sur les réseaux trophiques et écosystèmes limniques à Thonon-les-Bains.
Anne LEBOURGES-DHAUSSY est ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et directrice adjointe du Laboratoire des sciences de l'environnement marin à Plouzané.

Pour cette évaluation, nous examinerons comment l'hydroacoustique, qui consiste à émettre des sons sous l'eau et à recueillir les échos, a atteint une précision telle qu'il est aujourd'hui possible d'étudier le comportement des poissons et de reconstruire un banc en trois dimensions pour en suivre la dynamique et l'évolution. De surcroît, nous verrons que les spécialistes des ressources halieutiques ne s'intéressent plus seulement à la quantité des poissons qui ont un intérêt commercial, mais que leurs modèles prennent en compte les poissons dans leur environnement. Ces analyses écosystémiques incluent notamment les relations proies-prédateurs.

L'utilisation intensive des méthodes hydroacoustiques a commencé dès les années 1970, les chercheurs voulant obtenir des informations fiables sur l'abondance des poissons. Jusqu'alors on utilisait des méthodes classiques consistant à inventorier et observer les poissons d'après les statistiques de pêche. Mais cette pratique présente de nombreux biais ou des difficultés de mise en œuvre. En milieu lacustre et estuarien, on utilise des méthodes de capture passive (avec des filets verticaux statiques, nommés filets maillants) qui fournissent des estimations d'abondance relative et non une estimation du stock global. Selon la dimension des mailles, la taille des poissons capturés change. Et les petits poissons (de l'ordre de sept à huit centimètres) sont mal recensés, alors que leur rôle et leur impact sur le milieu sont importants. Les techniques de pêche actives, tels le chalut ou la senne (des filets qui encerclent les poissons de surface), fournissent des estimations d'abondance locales, mais les prélèvements doivent être répétés de nombreuses fois pour tenir compte de la répartition hétérogène des poissons. Les statistiques de pêche lorsque les prises sont déchargées à quai apportent une information sur les populations exploitées dans les zones de pêche, mais elles ne donnent pas une image globale des populations.


L'hydroacoustique n'est pas soumise à ces limites et, de surcroît, c'est une méthode non invasive. C'est ainsi qu'elle est devenue au cours des 40 dernières années un outil incontournable de l'étude de la ressource halieutique. En outre, cette méthode s'adapte à tous les milieux aquatiques. Elle peut être mise en place aussi bien en eaux douces peu profondes qu'en haute mer. La richesse des données acoustiques sur les répartitions spatiales et temporelles des poissons, ainsi que sur leur abondance, leurs comportements et sur l'environnement, fait désormais partie des programmes scientifiques et du suivi des milieux aquatiques.

Écouter dans l'eau

Ainsi, cette méthode apporte de précieuses informations. Elle n'est devenue efficace que récemment, même si les premières tentatives de détection du bruit sous-marin remontent à la fin du XVe siècle : Léonard de Vinci écoutait des bateaux éloignés en plongeant un tube dans l'eau et en collant son oreille à l'extrémité. Mais c'est surtout durant la Première Guerre mondiale que ces techniques utilisées pour repérer les sous-marins ont connu un développement important. En 1917, le physicien français Paul Langevin a notablement amélioré la technique en construisant une source sonore à partir de couches de matériau piézoélectrique (tel le quartz) confinées entre deux plaques de métal. La puissance de cette source sonore a alors permis de détecter pour la première fois en 1918 l'écho d'un sous-marin distant de plus de 1 500 mètres.

Rappelons qu'un cristal piézoélectrique produit une tension électrique lorsqu'il est soumis à une déformation mécanique et, inversement, soumis à une tension électrique, il se contracte ou se dilate. Ainsi, quand une tension alternative est appliquée, les plaques de métal qui enserrent le cristal vibrent. Au contact de l'eau, le dispositif, nommé sondeur, provoque des compressions et des dilatations du fluide. Ces perturbations se propagent dans le milieu sous forme d'ondes acoustiques. Ces dernières se transmettent d'autant mieux et plus vite dans un milieu que celui-ci est dense : les ondes se propagent donc lentement (à environ 300 mètres par seconde) dans l'air, plus rapidement dans l'eau de mer (à environ 1 500 mètres par seconde) et encore plus vite dans les milieux solides (jusqu'à plusieurs milliers de mètres par seconde). Quand elle rencontre un obstacle, l'onde est en partie réfléchie. Le dispositif récepteur est activé par l'écho et le signal est converti en une tension électrique mesurable. En pratique, le système hydroacoustique, ou sondeur, est utilisé alternativement comme émetteur et comme récepteur d'ondes acoustiques. Le temps mis par l'onde pour revenir au sondeur est lié à la distance de l'objet, qu'il s'agisse d'un sous-marin ou d'un poisson.

Premières applications halieutiques

En 1927, le navigateur français Raymond Rallier du Baty a utilisé un appareil acoustique pour observer des bancs de poissons en mer. Deux ans plus tard, le Japonais K. Kimura a repéré des grandes dorades nageant dans un bassin. En 1935, le Norvégien Oscar Sund a, en particulier, enregistré la répartition verticale de morues au large de la Norvège. L'industrie des pêches maritimes a alors commencé à s'intéresser à cette technique. Durant la Seconde Guerre mondiale, les sondeurs sont devenus plus puissants et précis, mais ils restaient encombrants et chers. Il fallut attendre la période d'après-guerre pour que les outils de détection acoustique deviennent plus accessibles.

À partir de 1963, le biologiste britannique David Cushing et d'autres ont suggéré que s'il était possible de localiser un poisson à l'aide d'un sondeur, on devait aussi pouvoir utiliser cette méthode de façon quantitative en comptant le nombre d'échos obtenus au cours d'une émission. C'était le début de l'évaluation acoustique de l'abondance des poissons. Il est aussi possible de mesurer l'intensité du signal au lieu de compter le nombre d'échos. On obtient alors une mesure de la densité de poisson, et donc de la biomasse. Cette méthode a l'avantage d'être applicable aussi bien aux poissons dispersés qu'aux bancs, ce que ne permet pas le seul comptage des échos.

D. Cushing a aussi étudié le phénomène de réflexion des ondes acoustiques sur les poissons. Les grands poissons produisent un signal plus élevé que les petits. Des relations de proportionnalité entre l'écho renvoyé par un poisson et sa taille ont été définies de façon expérimentale pour la plupart des espèces européennes depuis les années 1980. L'anatomie des poissons influe aussi sur le signal par l'intermédiaire de l'impédance acoustique. Celle-ci est, pour un milieu ou un matériau donné, le produit de la densité du milieu par la vitesse du son dans ce milieu. Et plus la différence (ou contraste) entre l'impédance de l'eau et celle du poisson est élevée, plus la réflexion est importante. Les tissus durs d'un poisson – os et arêtes – réfléchissent bien les ondes acoustiques. Mais la vessie natatoire, organe rempli d'air indispensable à la flottaison de nombreux poissons, offre un meilleur contraste. Tous les organismes ne sont pas pourvus de vessie mais ils peuvent néanmoins être détectés : zooplancton, méduses (quand elles sont rassemblées en colonies denses), etc.

Par ailleurs, la fréquence de l'onde émise par le sondeur influe sur ce qui est détecté. Elle est choisie en fonction de la portée de détection souhaitée et des organismes visés. En effet, la détection des poissons se fait en général avec des fréquences comprises entre 10 et 300 kilohertz. Mais des organismes plus petits sont quasiment invisibles à de telles fréquences. On utilise des fréquences plus élevées : entre 100 et 3 000 kilohertz pour détecter le plancton. Il faut aussi tenir compte du fait que les ondes de fréquences les plus élevées sont plus atténuées lors de leur propagation et ont donc une portée limitée (plusieurs kilomètres à 10 kilohertz, environ 100 mètres à 300 kilohertz, quelques mètres à 3 000 kilohertz). Pour interpréter les résultats d'un signal réfléchi, on applique des méthodes perfectionnées de traitement du signal.

Dès les années 1990, les chercheurs ont utilisé des sondeurs numériques, ce qui a facilité l'analyse du signal. Aujourd'hui, les sondeurs peuvent être couplés afin d'émettre de façon synchrone plusieurs ondes de fréquences différentes. La combinaison des informations qu'offre l'analyse multifréquentielle assure une meilleure classification des organismes détectés.

Les biologistes utilisent ces dispositifs pour étudier le comportement du poisson et ses interactions avec son environnement. Ils ont, par exemple, observé les différences de répartition des espèces entre le jour et la nuitou la présence de proies et de prédateurs dans les mêmes régions.

D'autres systèmes envoient plusieurs ondes simultanément pour augmenter la résolution spatiale – les systèmes multifaisceaux. Les chercheurs localisent mieux le poisson et déterminent la direction des déplacements. Le développement dans les années 1990 des techniques multifaisceaux a ouvert des perspectives intéressantes pour étudier le comportement des bancs de poissons. Dans de tels appareils, 60 dispositifs émettent des ondes, chacun ayant une largeur angulaire de 1,5 degré. Le dispositif sonde en continu une coupe perpendiculaire au bateau et sur un angle égal à 90 degrés. À mesure que le bateau avance, on obtient une succession de coupes qu'il est possible d'assembler pour reconstruire un volume, par exemple un banc de poissons. Cet outil est très utile pour étudier le comportement grégaire de certaines espèces.

La structure des bancs de poissons

La forme des bancs varie selon les espèces ou les différentes phases du cycle de vie ; pour une espèce, elle peut aussi varier selon les saisons et les aires géographiques. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer la formation de tels bancs. Ces derniers auraient un rôle protecteur : la vigilance est accrue et le risque est réparti entre tous les poissons. La présence du groupe augmenterait aussi les chances de détecter des ressources alimentaires et de disposer d'un partenaire pour se reproduire. Enfin, le banc diminuerait l'effort à fournir pour nager, de même que les cyclistes dans un peloton sont protégés du vent et économisent de l'énergie.

Les espèces de poissons qui se constituent en bancs sont parmi les plus pêchées dans les océans. Par conséquent, la connaissance de la structure et de la dynamique de ces bancs est essentielle pour la gestion de la pêche, et serait même une des clefs de la conservation des stocks halieutiques. En effet, ce sont les interactions des bancs et des individus qui permettent le... Suite : Pour la Science

Autres documents :

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Le 21 Mai 2014

USA. Avec la fin de la surpêche, les stocks ne sont plus surpêchés, mais épuisés ou réduits...


En 2011, un éminent spécialiste étatsunien a annoncé la fin de la surpêche dans les eaux de son pays. On comprendra qu'un parlementaire veut maintenant remplacer « overfished » (surpêché) par « depleted » (épuisé, réduit). Derrière la bataille des mots se joue en fait la révision de l’approche scientifique et politique de la gestion des pêches. L’utilisation du terme surpêché pour qualifier un stock en mauvais état induit une explication unique et la responsabilité des pêcheurs dans la situation. Elle implique donc des mesures de contraintes seulement pour les pêcheurs. Mais dans les faits, un stock en mauvais état peut être lié à des modifications environnementales, une variabilité naturelle, un accroissement de la prédation naturelle, une pollution. Il ne s’agit pas de nier la surpêche mais de rechercher la multiplicité des causes possibles, ce qui implique des mesures bien plus complexes qui ne concernent plus seulement les pêcheurs.

Pour la première fois la fin de la surpêche aux Etats-Unis

Source : BE USA (2012)

Un éminent scientifique en halieutique a déclaré en début d'année la fin officielle de la surpêche dans les eaux américaines. Steve Murawski, qui occupait jusqu'à récemment le poste de directeur des programmes scientifiques au sein du département de la pêche de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), affirme que plus aucune espèce de poisson vivant dans les eaux territoriales américaines n'est surexploitée cette année, contre 37 espèces l'année dernière. D'après lui, il s'agit d'une première depuis 1900, date à laquelle remontent les archives. "Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes revenus à des niveaux acceptables, il s'agit d'une étape [importante]," déclare Murawski.

La surpêche ne permet pas aux stocks de se reconstituer et de rester sains. L'espèce surexploitée voit le nombre de ses représentants diminuer jusqu'à son éventuelle disparition. Mettre un terme à la surpêche ne signifie cependant pas que tous les stocks de poisson soient sains, mais les scientifiques pensent qu'il s'agit d'une condition primordiale pour y parvenir. D'après Murawski, une règle d'or en matière de gestion des ressources halieutiques dit qu'une espèce est bien plus abondante lorsqu'elle est pêchée à un niveau adéquat. Ce niveau est évalué en prenant en compte plusieurs facteurs, tel que le cycle de vie d'une espèce, le rythme de reproduction ou le taux de mortalité au sein d'un environnement.

La loi établissant les quotas de pêche aux Etats-Unis, nommée Magnuson-Stevens Act [1], existe depuis 1976 ; cependant, c'est la loi de réattribution des crédits, signée en 2007 par le président Bush, qui ajoute une obligation de mettre un terme à la surpêche à la fin de la saison de pêche 2010 - laquelle se termine en 2011, à des dates différentes selon les régions. Murawski affirme que les Etats-Unis sont le seul pays au monde qui dispose d'une loi définissant la surpêche et exigeant des pêcheurs d'y mettre un terme. "Si l'on compare les Etats-Unis avec l'Union Européenne [ou] avec les pays asiatiques, nous sommes le seul pays pêcheur industrialisé qui ait réussi à mettre un terme à la surpêche." déclare-t'il.

Ces bons résultats viennent après que la Nouvelle-Angleterre ait mis en place un nouveau système de gestion qui répartit les pêcheurs par secteurs, en leur attribuant un quota annuel de pêche pour les poissons de fond comme la morue, le haddock ou le flet. Si les pêcheurs dépassent la limite autorisée pour une espèce, ils n'ont plus le droit de pêcher les autres espèces. Murawski souligne que la mise en place d'un système qui introduit des quotas de pêche stricts a eu un réel impact. Les changements introduits par la Nouvelle-Angleterre ont d'autant plus d'effet que près d'un tiers des espèces précédemment surexploitées vivent au large de ses côtes.

Cependant, l'impact économique des restrictions de la pêche est discuté, et ne fait pas l'unanimité. Murawski avance que la fin de la surpêche aura pour résultat des bancs de poissons en meilleure santé et une reconstitution des stocks, et donc un bénéfice à terme pour la communauté des pêcheurs de Nouvelle-Angleterre. D'autres estiment qu'il s'agit d'un coup dur pour ces pêcheurs qui souffrent déjà - la flotte de pêche, qui comptait encore 1200 navires au milieu des années 1990 n'en compte plus que 580 aujourd'hui. Pour Brian Rothschild, professeur en science et technologie maritime à l'Université du Massachussets à Dartmouth, il s'agit d'une "victoire à la Pyrrhus", alors que les autorités auraient pu rendre la loi plus flexible afin d'autoriser plus de pêche sans pour autant mettre en danger les stocks. En refusant de le faire, elles auraient alors inutilement empêché les pêcheurs de profiter des bancs sains. " [Le nouveau système de gestion des quotas] m'a ruiné" déplore Dave Marciano, 45 ans, pêcheur pendant trois décennies au large de Gloucester (Massachussets). "On aurait pu mettre fin à la surpêche en ayant plus de considération pour l'aspect humain de la pêche."

Pour Peter Shelley, avocat conseil à la Conservation Law Foundation, un groupe environnemental, les problèmes de l'industrie poissonnière sont à chercher du côté des années de surpêche, en particulier au cours des années 1980, et pas du côté de la loi. "C'était une bulle. Les pêcheurs ont vécu dans un monde déconnecté de la réalité, et [la surpêche] n'est pas quelque chose de durable." déclare-t'il. "La fin de la surpêche est un événement majeur [...] Je pense que nous allons commencer à voir apparaître les signes d'un futur prometteur."

Pour en savoir plus : BE USA (2012)

Surpêché ou épuisé ? Petits mots, grands effets !


En Avril 2014, dans sa chronique de World Fishing, le scientifique israélien, Menakhem BenYami, un dissident de la science halieutique dominante se félicite de la bataille qui se déroule au Congrès des Etats-Unis sur le changement d’un mot dans le Magnuson Act, qui définit la politique de gestion des pêches du pays. Un parlementaire veut remplacer «overfished » (surpêché) par « depleted » (épuisé, réduit). Derrière la bataille des mots se joue en fait la révision de l’approche scientifique et politique de la gestion des pêches. L’utilisation du terme surpêché pour qualifier un stock en mauvais état induit une explication unique et la responsabilité des pêcheurs dans la situation. Elle implique donc des mesures de contraintes seulement pour les pêcheurs. Mais dans les faits, un stock en mauvais état peut être lié à des modifications environnementales, une variabilité naturelle, un accroissement de la prédation naturelle, une pollution. Il ne s’agit pas de nier la surpêche mais de rechercher la multiplicité des causes possibles, ce qui implique des mesures bien plus complexes qui ne concernent plus seulement les pêcheurs.

Au-delà de la gestion d’un stock particulier avec les approches classiques de RMD, de Tac et Quotas par espèces, il faut engager une approche scientifique de l’écosystème beaucoup plus complexe et prendre en compte les incertitudes, la variabilité naturelle dans le temps et l’espace, le rôle des éléments extérieurs à la pêche, celui du climat, etc… Pour Menakhem Ben-Yami, qui plaide depuis longtemps pour une révision radicale des approches classiques de gestion fondées sur les modèles mathématiques, aussi bien aux Etats-Unis (à la NOAA) qu’en Europe, au CIEM, les scientifiques ont pris conscience de la nécessité de modifier leurs approches. La politique de gestion basée sur la seule estimation de la mortalité par pêche mène à des impasses. Les ONGE ont concentré leurs critiques sur la surpêche et les responsabilités des pêcheurs, en minimisant les autres facteurs, pour imposer leur pouvoir, avec l’appui de Jane Lubchenco (issue d’une ONGE ultra-libérale, Environmental Defense Fund). Elles vont devoir changer de discours, si elles veulent continuer à prétendre s’appuyer sur les analyses des scientifiques. Menahkem Ben-Yami cite un récent rapport de la NOAA qui présente les principaux facteurs affectant l’habitat, dans l’ordre suivant :
  • Pollution et qualité des eaux,
  • Modification et dégradation des fleuves et routes migratoires,
  • Fragmentation et pertes des habitats estuariens et des eaux peu profondes,
  • Impact de la pêche sur les habitats,
  • Variabilité et changement climatique,
  • Espèces invasives et déchets en mer,
  • Le bruit et le trafic maritime.

Pour la NOAA, l’approche écosystémique et environnementale va donc bien au-delà de la pêche. Dans cette approche, les pêcheurs peuvent jouer un rôle positif de sentinelles de la mer pour surveiller au jour le jour l’évolution du milieu, en lien avec les scientifiques. Les ONGE peuvent jouer un rôle d’alerte sans prétendre mettre les pêcheurs sous leur tutelle.

Source : L'Encre de Mer par Alain Le Sann – Mai 2014


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Le 17 juin 2014

Oceana : "La pire estimation annoncée depuis des années..."


https://www.facebook.com/oceana?hc_location=timeline
 Leonardo DiCaprio, un généreux donateur.... (copie d'écran facebook Oceana)

"Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 90 % des pêcheries mondiales sont surexploitées ou pleinement exploitées - la pire estimation annoncée depuis des années. Il existe un consensus scientifique sur l'état de nos océans et la mauvaise gestion de la pêche. Nous savons délibérement qu'il faut réduire la pression de pêche pour permettre aux stocks de se reconstituer, et nous savons aussi que limiter la pêche aujourd'hui permettra de fournir plus de poissons à moyen terme..." D'après Nicolas Fournier, chargé des questions politiques européennes pour Oceana en Europe, organisation non-gouvernementale internationale créée en 2001 dont l'objectif est la conservation des océans et la préservation des écosystèmes et des espèces marines en danger. 


Ce que dit la FAO....


Actuellement, moins de 30% des stocks de poissons sauvages qui font l'objet d'un suivi régulier par la FAO sont surexploités, signe positif d'un renversement de la tendance observée au cours des dernières années. Un peu plus de 70% des stocks sont pêchés à des niveaux biologiquement durables dont les stocks pleinement exploités (c'est-à-dire très proches de leur rendement maximal équilibré) représentent plus de 60%, et les stocks sous-exploités environ 10%. D'après le communiqué de la FAO (19 mai 2014) : Un rapport de la FAO souligne le rôle croissant du poisson dans l'alimentation de la planète.  


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5 commentaires:

Hippolyte a dit…

Le RMD est une estimation basée sur un modèle théorique. Pour que ce modèle théorique décrive la réalité avec exactitude, il faut q'un certain nombre de conditions soient réunies et elles ne le sont généralement que de façon très approximative. Dire cela, c'est enfoncer une porte ouverte. Que des scientifiques prétendent que c'est là quelque chose de nouveau me laisse perplexe.

On sait depuis très longtemps que le recrutement ne dépend pas que de la biomasse des reproducteurs. Le développement des œufs, ainsi que celui des larves et des juvéniles, sont remarquablement dépendants des conditions environnementales dans lesquelles ils s'effectuent. Ces conditions particulières, non prévisibles, ne peuvent pas être prises en compte de façon satisfaisante dans les modèles. On peut essayer de les prévoir mais c'est un peu comme essayer de faire des prévisions météorologiques un ou deux ans à l'avance.

Doit-on mettre à la poubelle tous les modèles utilisés en halieutique, comme on devrait mettre à la poubelle tous les modèles utilisés en météorologie, sous prétexte qu'ils ne sont pas parfaitement fiables ? Ce serait se rendre volontairement aveugle sous prétexte qu'on n'y voit pas bien clair ! Ceux qui rejettent le concept de RMD ne proposent rien d'autre que de pêcher sans se soucier des conséquences de la pêche, car ils n'ont pas d'autres instruments de prévision à proposer.

Dans son article, l'IFREMER insiste bien sur le fait que le RMD dépend tout autant de l'âge des poissons pêchés que de l'effort de pêche. On a en effet trop tendance à oublier cette vieille notion de rendement maximal par recrue. Si on l'ignore, on peut pêcher de façon durable mais pas avec un rendement maximal. C'est pourtant ce qui se passe actuellement dans beaucoup de pêcheries.

Je trouve que la WWF fait une assez bonne analyse de la situation, en ce qui concerne la réforme de la PCP. Quant aux considérations basées sur les écrits d'un illustre pourfendeur des ONG environnementales, je pense qu'il vaut mieux ne pas trop s'y attarder. Ca ne relèverait pas le débat…

Aquablog a dit…

Vous semblez ne pas porter une haute considération sur les propos d’Alain Le Sann qui traduit une réalité que vivent les communautés littorales et plus généralement les communautés rurales...

Personnellement, j’ai vécu pendant deux ans le quotidien de communautés de pêcheurs à Ilha Rasa au Brésil. Ces populations parmi les plus pauvres du riche Etat de Parana vivent sous la menace d’intégristes Verts.... Et savez-vous qui finançait l’ONGE brésilienne, une multinationale étatsunienne bien connue à travers le monde : les produits d’entretien Johnson...

Cette ONGE brésilienne menaçait les plus petits et fermaient les yeux sur le plus gros trafiquant d’animaux sauvages de la région... J’ai rencontré un représentant de Johnson qui était venu sur place parmi ces « sauvages » pour vérifier si l’Onge faisait bien son travail...

Depuis d’autres multinationales sont venues occuper cette région brésilienne et la vie des communautés est devenu insupportable...

http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2012/12/bresil-economie-verte-contre-communaute.html

Fermez les yeux sur cette réalité que dénonce Alain Le Sann, c’est participer même passivement au développement de valeurs anti-démocratiques sous couvert de valeurs écologiques...

Le WWF participe malheureusement à ce mouvement général... En recevant des subsides du patron de Marine Harvest qui greenwashent le saumon d’élevage, WWF participe passivement à la casse sociale dans les usines bretonnes de ce groupe norvégien...

Ouvrez les yeux avant de faire des commentaires...


Philippe Favrelière

Hippolyte a dit…

Ce ne sont pas tellement les écrits de Monsieur Alain Le Sann que je conteste mais l'utilisation qui en est faite, notamment ici, pour tenter de discréditer systématiquement les positions des ONG environnementales relatives à la réforme de la PCP européenne. Une vérité est une vérité, quel que soit celui qui la formule, et quelles que soient les erreurs que celui qui la formule ait pu commettre par ailleurs. Ce qu'ont fait certaines ONG dans le monde n'affecte en aucune mesure mon jugement sur ce qu'elles disent, dans le cadre de la réforme de la PCP, à propos des rejets en mer, du RMD ou de bien d'autres mesures encore. Et il se trouve que c'est le WWF qui me semble avoir la vision la plus saine à ce sujet.

Aquablog a dit…

Il y a plus 20 ans, j’avais participé aux conférences organisées à Paris par l’organisation internationale des économistes des pêches (nom ?). Ces conférences m’avaient atterré par l’importance des mathématiques dans l’économie des pêches, dans les prévisions halieutiques (pêche et aquaculture). A ce moment-là, les mouvements environnementaux n’avaient pas l’importance de maintenant...

Depuis, la modélisation mathématique de la vie aquatique a été traduite en RMD, TAC, Quota, Rejet, des critères repris par les ONGE et qui font la pluie et le beau temps sur les activités de pêche...

Toujours à ces conférences, je me rappelle l’intervention de Jacques Weber, alors responsable du service économique de l’Ifremer... Son intervention en total décalage apportait un côté humain dans cet étalage de modèles économiques, son intervention portait sur l’importance des pêcheries artisanales dans le développement des pêches en Afrique l’Ouest avec un fort accent sur le développement endogène : Reconnaitre l’importance des communautés de pêcheurs dans le développement...

Cette reconnaissance que la réforme de la PCP a totalement oubliée au profit des thèses des ONGE qui portent maintenant ces modèles mathématiques !

Hippolyte a dit…

La modélisation mathématique en halieutique a des limites qui sont vite atteinte, j'en conviens, mais je ne vois pas en quoi elle serait fondamentalement en antinomie avec une gestion intelligente, je dirai même humaniste, des problèmes sociaux et économiques qui se rattachent à la pêche.

Si vous le voulez bien, pour relancer cette discussion, je vais me servir de cet article du journal Ouest-France :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Peche.-Chaque-annee-100-000-tonnes-de-poisson-rejetees-a-la-mer-_55257-2200306_actu.Htm

On peut y lire, à propos des poissons rejetés à la mer : "Gaspillage ? Pas si simple." Et après avoir cité des propos d'un membre de l'IFREMER, on nous explique qu'au final, "la totalité est recyclée naturellement", puisque ça nourrit les oiseaux et le benthos.

Personnellement, j'aurais plutôt écrit : ne serait-il pas préférable que ce poisson nourrisse des Hommes ?

On nous explique que les rejets français sont vraisemblablement de l'ordre de cent mille tonnes par an. Ce serait donc une perte de cent mille tonnes pour l'alimentation humaine ? Non, c'est automatiquement une perte bien supérieure pour l'alimentation humaine !

Parmi les poissons qui sont rejetés, il y en a un très grand nombre qui le sont parce qu'il n'ont pas atteint la taille légale. Ils sont donc, dans leur très grande majorité, dans une phase de leur vie où le taux de croissance l'emporte largement sur le taux de mortalité, c'est à dire largement en dessous de ce qu'on appelle l'âge critique (âge auquel la biomasse de leur cohorte passe par un maximum). Ce n'est pas le poids de ces animaux inutilement sacrifiés qu'il faut prendre en compte, mais leur nombre et surtout le poids qu'ils auraient atteint dans leur ensemble si on les avait pêchés plus tard, après qu'ils aient atteint la taille légale. Et là, on passe nettement au-dessus des tonnages indiqués.

Il n'y aura pas de rendement maximal durable tant qu'il y aura des rejets ! C'est une supercherie que de prétendre le contraire. On aura des rendements sous-maximaux.

Bien sûr, dans un premier temps, la transformation en farine de ces poissons n'ayant pas la taille légale ne changera rien au problème. On peut toutefois s'attendre à ce que cette utilisation aberrante de cette partie de la ressource, au grand jour, sous le regard du grand public, amène les pêcheurs à être plus attentifs à ne pas pêcher inutilement ces poissons trop petits.

Quant à l'argument selon lequel le zéro rejet est techniquement impossible, il doit vraisemblablement émaner de pêcheurs qui ont actuellement des taux de rejets tellement élevés qu'ils ne voient pas comment ils vont s'y prendre pour tout ramener. Et ça ne les gêne pas d'avoir actuellement de tels taux de rejets ?