mardi 22 janvier 2013

Réserves marines : Halte là ! Ne bougez pas !

« Halte là ! Ne bougez pas ! » Fusils pointés sur nos visages, des gardes forestiers sortis d’un fourré nous mitraillent du regard !.... Souvenir mémorable du Rwanda à l’intérieur du Parc National des Volcans, Réserve entrée dans la célébrité avec Dian Fossey et le film « Gorille dans la brume ».

« Halte là ! Ne bougez pas ! » Pan Pan... Evènement tragique au Sénégal quand Moustapha Sarr, jeune pêcheur du port de Soumbédioune, est abattu en 2010 pour avoir ramassé des moules dans le Parc national des îles de la Madeleine au large de Dakar...

« Gabon bleu. » (1) Evènement d’aujourd’hui quand les pêcheurs gabonais sont interdits de mer depuis le 1 janvier 2013 avec le lancement de « Gabon bleu ». Ce programme national veut remettre à plat les conditions d’exploitation des ressources halieutiques du Pays. « Gabon bleu » proclamé 4e pilier du développement national, a été initié par Lee White et est dirigé par Mike Fay, deux américains de la prestigieuse Wildlife Conservation Society (WCS), organisation propriétaire du zoo de New York et de nombreuses réserves naturelles partout dans le monde (Madagascar, Congo, Amérique Latine....)

Au de nom de la biodiversité, des populations  sont déplacées, intimidées, paupérisées et même tuées...

Réserves marines : une autre forme d’apartheid ?

En expliquant les fondements idéologiques des réserves, et en revenant sur ce qui s’est passé pour la création des réserves terrestres, Alain Le Sann permet de mieux comprendre les processus mis en œuvre pour les réserves marines.


L’Australie vient de créer le plus grand réseau de réserves au monde, (2,3 millions de km2)

« Depuis une vingtaine d’années (Sommet de la Terre de Rio en 1992), de nombreux biologistes et ONGE, avec le soutien de fondations, d’organisations internationales, d’agences publiques, de dons privés mais aussi de plus en plus de sociétés multinationales, imposent l’idée que l’un des meilleurs moyens de préserver la biodiversité marine et les ressources de pêche est de multiplier les réserves intégrales et les Aires marines Protégées (AMP). Après avoir imposé ce modèle à terre en réclamant sans cesse une extension des réserves terrestres (objectif 17% adopté, avec un objectif de 25% plus tard), les ONGE ont obtenu à Johannesburg en 2002 l’établissement  d’AMP sur 20% des océans, dont la moitié en réserves intégrales. En réalité, pour beaucoup, ce n’est qu’une étape, et Greenpeace revendique déjà des réserves sur 40% des océans. Pour le grand public, sensibilisé par des discours et des films catastrophistes ou d’autres exaltant la beauté des réserves marines (Planète Océan de Yann Arthus Bertrand), cette demande est simple et évidente. Pourtant, les réserves intégrales en particulier, soulèvent d’énormes questions et problèmes. Elles ne permettent pas toujours de résoudre les problèmes d’érosion de la biodiversité et elles posent de sérieux problèmes d’exclusion bien analysés et documentés à terre et déjà sensibles en mer.

Il ne s’agit pas pour autant de diaboliser l’action et encore moins les objectifs des ONGE. Parmi celles qui sont engagées sur le terrain de la conservation par les réserves, il y a des pratiques très diverses ; certaines sont parfois très respectueuses des droits humains dans leur action et pas seulement dans leurs déclarations. Au sein même d’une ONGE qui se contente d’afficher ses objectifs environnementaux sans se préoccuper des impacts sociaux de ses programmes, les professionnels engagés sur le terrain peuvent avoir de bonnes relations avec les populations concernées. Il ne s’agit donc pas de condamner par principe les réserves intégrales, ni les objectifs respectables des ONGE, mais de montrer qu’au sein même du mouvement conservationniste, beaucoup de scientifiques, d’écologistes s’interrogent sur les méthodes, les résultats et les conséquences sociales parfois dramatiques de mise en réserve de territoires terrestres et marins.

Cependant les dirigeants des ONGE et des fondations qui les soutiennent ont plutôt tendance à ne pas divulguer le contenu des débats internes qui pourrait ternir leur image de « sauveurs de la planète »[1]. Malgré la capacité de grosses ONGE à monopoliser les médias, il existe un vrai débat sur la pertinence de leurs méthodes et de leurs objectifs, et sur leur compatibilité avec les droits humains.

Les fondements idéologiques

Les réserves ont entraîné la dépossession de millions de gens.

Les éco-conquérants des mers

Pour accéder au texte intégral d'Alain Le Sann, cliquer L'Encre de Mer

(1) Gabon review : Gabon bleu : des couacs dès le berceau

Autres articles :

Pour aller plus loin

Le 12 février 2014

Opération « classes écologiques » au Costa Rica

En juillet 2014, des instituteurs US, originaires du Mississippi, Texas, Californie et Illinois, vont voyager pendant 10 jours au Costa Rica. Ils s'y ressourceront dans les forêts protégées par des intérêts étatsuniens... En effet, la puissante ONG environnementale Conservation International s’est alliée avec un géant de l’armement, Northrop Grumman, pour organiser des « classes écologiques » dans ce petit Etat d'Amérique centrale. La protection de la biodiversité vaut-elle quelques bombes ? s'interroge Simon Gouin dans Bastamag : Quand industrie de l’armement et défenseurs de la biodiversité font bon ménage

Retour en 2012...

La fondation de Northrop Grumman, la 4e entreprise d’armement du monde [1], a signé un partenariat avec Conservation International (CI), une puissante ONG états-unienne de protection de l’environnement et de la biodiversité [2]. Ensemble, elles vont créer « une salle de classe écologique » (ECO-Classroom).

L’entreprise américaine, qui fabrique l’avion bombardier B2 – un avion utilisé par les forces armées américaines depuis la guerre du Kosovo, en 1999, jusqu’à celle de Libye, en 2011 (en photo) –, financera le voyage de 16 professeurs de collèges et de lycées américains, cet été, dans la station biologique de La Selva et dans le parc national du Braulio Carrillo, au Costa Rica, où CI mène des recherches scientifiques. De retour aux États-Unis, les professeurs susciteront ainsi des vocations auprès de leurs étudiants. Ces derniers s’engageront ensuite dans la science ou la technologie, afin de sauver la planète.

« Nous attendons de ce programme qu’il aide à cultiver la prochaine génération de stewards de l’environnement », explique Sandy Andelman, vice-présidente de CI. Une petite goutte de sensibilisation qui suscitera peut-être quelques vocations ici ou là. Mais une belle opération de communication pour Northrop Grumman, qui a placé l’ECO-Classroom en première page de son site Internet.

Liaisons plus que dangereuses

Ce partenariat entre défenseurs de la biodiversité et industrie de l’armement est-il étonnant ? Pas vraiment. Wes Bush, le PDG de Northrop Grumman, est membre du conseil d’administration de CI. À l’instar des dirigeants de Wal Mart, Intel, Unilever, Starbucks, etc. L’ONG est d’ailleurs connue pour ses partenariats avec des entreprises peu exemplaires dans la protection de l’environnement. Interrogée par Basta ! en juin 2011, Christine MacDonald, ancienne salariée de CI, décrit comment l’ONG et ses consœurs « ont perdu de vue leur mission dans la compétition qu’elles se mènent pour récolter des dons d’entreprises ».

À l’époque, CI venait d’être piégée par le magazine anglais Don’t Panic. Ses journalistes s’étaient fait passer pour des représentants de Lockheed Martin, une entreprise d’armement états-unienne. Un mauvais coup de pub pour CI. Qui ne l’empêche pas, un an plus tard, de passer un « véritable » partenariat, cette fois, avec un autre géant de l’armement.

Simon Gouin

Notes
[1] D’après le Stockholm International Peace Research Institute
[2] Près de 80 millions de dollars de budget en 2010.

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Le 15 juin 2013

Pêcheurs : les nouveaux réfugiés de la conservation


Extraits traduits du site « Centre for environmental and marine sciences » University of Hull de Magnus Johnson

Source : L'Encre de Mer

« Les pêcheurs sont un peu comme les peuples indigènes. Ils vivent en quelque sorte en marge de la société, ils travaillent à des heures irrégulières, ont leurs propres codes sociaux, peuvent parfois être considérés comme des rustres, faisant des choses que la plupart des gens ne comprennent pas, et sont considérés par beaucoup comme des prédateurs, s’emparant des ressources communes sans payer en retour. La plupart des organismes de conservation semblent trouver commode d’ignorer le fait que les pêcheurs ont travaillé en mer pendant des centaines ou des milliers d’années (sans ajout de tonnes de pesticides, d’engrais ou utilisation d’OGM). En passant, vous pourriez aimer regarder comment un scientifique de la pêche de renommée mondiale (Ray Hilborn) compare les impacts écologiques de la pêche à ceux de l’agriculture…Quatorze millions de personnes autochtones ont été chassées de leur terre par des activités de conservation. Les peuples autochtones ont vécu sur leurs terres pendant des générations et leur comportement a généralement été déterminé par des normes plutôt que par des lois, et ce qu’ils avaient à faire pour survivre. Les gestionnaires des aires protégées sont financés par les ONG occidentales dont le comportement est déterminé par l’économie, les lois, l’idéalisme et une science superficielle. Souvent, la pauvreté est utilisée comme un argument pour « améliorer » la vie des peuples primitifs.

Brockington signale : « Un problème auquel sont confrontés les acteurs de la lutte contre la pauvreté est la façon dont la pauvreté est quantifiée. Le revenu personnel est la référence. Il semble impossible pour les économistes de comprendre que les gens qui vivent dans l’absence totale d’argent peuvent être beaucoup plus riches que leurs proches voisins qui vivent à la lisière de l’économie locale (et mondiale). Les peuples autochtones qui gagnent zéro dollar par jour, mais qui ont un régime alimentaire équilibré, riche en protéines, de l’eau potable, une protection contre les éléments, des médecines traditionnelles et une culture forte, ne devraient pas être placés sous ou même sur un pied d’égalité avec les personnes qui gagnent quelques dollars par semaine à des tâches subalternes, mais qui ont des durées de vie courtes, une mauvaise santé, qui sont sous-alimentés, n’ont pas accès aux médicaments, et ont une culture fruste. »

Les peuples autochtones sont généralement considérés avec dégoût dans leur pays d’origine. Considérons par exemple comment le citoyen moyen au Royaume-Uni considère les gitans, comment les Indonésiens voient les Bajo, la maltraitance des Inuits en Amérique du Nord et le mauvais traitement des Aborigènes par les Australiens. Une grande partie de cela est lié à la façon d’évaluer les biens. Les peuples autochtones qui vivent souvent en petits groupes, survivent grâce à la responsabilité sociale et la réciprocité, un système de valeurs souvent facilité par des liens familiaux étroits.

Les conservationistes aiment le mot SCIENCE. Suite dans L'Encre de Mer

Dr Magnus Johnson est biologiste marin au « Centre for Environmental and Marine Sciences ». Son texte n’engage que lui.

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Le 13 juin 2013

En Thaïlande, les "gitans" de la mer menacés par le boom touristique

Les "gitans" de la mer vivent face à la mer Andaman depuis des générations et n'envisagent pas qu'il en soit autrement. Les "gitans" thaïlandais de la mer risquent pourtant d'être chassés de leurs terres par l'avancée inexorable des complexes touristiques. Ils représentent environ 12.000 personnes en trois groupes ethniques distincts (Moken, Moklen et Urak Lawoi). Certains, apatrides, n'ont pas accès aux soins ni aux services publics. Et l'école les assimile à la culture thaïlandaise dominante, faisant fi de leurs propres racines. 

Source : AFP
Avec la création de réserves naturelles marines, la diminution des stocks de poissons et la frénésie des constructions, les "Chao Lay" ou "gens de la mer" ont de plus en plus de mal à perpétuer leurs traditions ancestrales. Un exemple parmi d'autres de la pression que subissent les minorités autochtones dans un pays qui a vu le nombre de touristes atteindre un niveau record de 22 millions l'an dernier. Même dans l'eau, les Chao Lay sont en danger. Des entrepreneurs peu scrupuleux les paient pour pêcher à la dynamite et les compresseurs et tuyaux qu'ils utilisent pour rester sous la surface les exposent aux accidents mortels de décompression.

"Je vivais déjà ici quand c'était la jungle", lance Nang Miden, 78 ans, assis à l'extérieur de sa bicoque du village de Rawai, où vivent quelque 2.000 gitans de la mer. Ses ancêtres s'étaient appropriés cette langue de terre, sur l'île de Phuket, bien avant qu'elle ne devienne l'une des destinations touristiques les plus populaires du royaume. "Je n'ai nulle part ailleurs où aller".

Les gitans de la mer menacés par le boom touristique thaïlandais

Et le combat pour rester s'annonce compliqué. De nombreux Chao Lay ne savent ni lire, ni écrire. Le concept de propriété leur est étranger. Ils ignoraient donc qu'ils pouvaient enregistrer la terre à leur nom et beaucoup d'entre eux n'ont aujourd'hui aucun titre de propriété. Du coup, d'autres se sont engouffrés dans la brèche. Un promoteur immobilier est ainsi devenu le propriétaire du terrain sur lequel il vit, et veut déplacer plusieurs familles vers l'intérieur des terres.

Descendant de riverains de la plage, désormais parcourue d'une suite ininterrompue de constructions, Nang est menacé d'expulsion. En février dernier, la justice a ordonné à sept familles de partir. Elles ont décidé de faire appel, dans une procédure qui risque de prendre des années. En attendant, ils vivent presque tous sans eau courante, ni électricité.

Peu à peu, chaque caractéristique de leur existence est menacée. Jadis nomades, vendant poissons, concombres de mer et autres richesses de l'océan, ils se sont sédentarisés ces dernières décennies et font face aux menaces d'arrestation et de saisie de leurs bateaux en pêchant dans les parcs nationaux. Sans oublier les tensions avec les plongeurs qui sabotent parfois leurs nasses. "Les endroits où nous pouvons travailler se sont réduits de plus en plus. Quoi que nous fassions, ça ne va pas", dénonce Nirun Hyangpan, représentant de la communauté de Rawai.

"Les enfants de la mer"

Mais malgré leur exposition croissante au monde moderne, les Chao Lay conservent leur lien indissoluble avec la mer. Certains affirment ne pas pouvoir s'endormir sans le bruit des vagues. "Ces gens ont besoin d'une zone en front de mer où ils peuvent amarrer leur bateau et aller chercher de la nourriture. Ce n'est pas seulement spirituel, c'est leur façon de vivre", constate Narumon Arunotai, anthropologue à l'université Chulalongkorn de Bangkok. Même si la pêche traditionnelle ramène de moins en moins de poissons, "ils se sentent toujours les enfants de la mer".

Redonnant espoir à la communauté de Rawai, le gouvernement a décidé d'analyser de vieilles photographies aériennes ainsi que des os recueillis dans la zone. "S'il est vrai que ce sont eux qui ont vécu là le plus longtemps, ils devraient avoir plus de droits sur les titres de propriété", estime Prawut Wongseenin, du Département des enquêtes spéciales du ministère de la Justice. Mais "pour gagner leur appel, ils ont besoin de preuves scientifiques". En 2010, le gouvernement a adopté une résolution censée protéger leur mode de vie. Mais cela ne suffira pas.

"Si le tourisme continue d'exploser avec plus d'hôtels, de spas et de complexes sur les plages, le mode de vie des gitans de la mer va continuer à disparaître", se désespère Nirun.

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"Gabon bleu" c'est d'abord un accord de pêche thonier avec l'UE

Un nouvel accord de pêche avec l'UE dans le cadre du nouveau plan stratégique dénommé « Gabon Bleu », pour une meilleure gouvernance des pêches, de la protection des ressources halieutiques et du contrôle des eaux territoriales gabonaises.

Gabon : Plus de 93 milliards de FCFA pour booster la pêche du « thon »

Source : Infos Gabon – 13 mai 2013

Le Gabon et l’Union Européenne ont décidé de trouver un arrangement pour la pêche au thon qui durera trois ans. Le partenariat conclu...

Libreville, 13 Mai 2013 (Infos Gabon) – Le Gabon et l’Union Européenne ont décidé de trouver un arrangement pour la pêche au thon qui durera trois ans. Le partenariat conclu entre l’UE et la direction générale de la Pêche et de l’Aquaculture d’une valeur de 93,152 milliards de francs Cfa, devrait permettre d’augmenter la capture de ce poisson et d’autres espèces.

93,152 milliards de francs Cfa, (environ 143 millions d’euros), c’est le montant de l’accord conclu dernièrement à Libreville entre la direction générale de la Pêche et de l’Aquaculture et l’Union Européenne (UE) pour la pêche au thon dans les eaux gabonaises et d’autres espèces halieutiques.

Cet accord de trois ans a pour but d’augmenter de 11 à 20 mille tonnes la capture du poisson « thon » ainsi que d’autres espèces.

Toutefois, cet accord qui s’inscrit dans le cadre de l’agenda stratégique de planification des activités de pêche, prévoit dans la politique d’optimisation du secteur et du programme d’aménagement des pêcheries que les paludiers (?) ne feront plus partie de la flotte dans le but de réduire l’impact écologique sur le thon.

Le nouvel accord donne également la possibilité à 27 thoniers senneurs et 8 canneurs de pêcher le thon et d’autres espèces qui migrent dans les eaux gabonaises, sur la base d’un tonnage de référence de 20 mille tonnes.

En contre partie, l’UE versera une rémunération de 1,35 millions d’euros, dont 450 mille d’euros sont destinés au soutien de la politique de la pêche au Gabon.

L’accord prévoit en outre, une augmentation des frais pour les propriétaires européens de navires.

Notons que la signature de ce nouvel accord s’inscrit dans le cadre du nouveau plan stratégique dénommé « Gabon Bleu », pour une meilleure gouvernance des pêches, de la protection des ressources halieutiques et du contrôle des eaux territoriales gabonaises.

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Le 16 mai 2013

Gabon : le WWF met en place un système de surveillance satellitaire pour contrôler la pêche illégale

Source : Xinhua

Dans l'objectif de sécuriser les eaux gabonaises qui deviennent de plus en plus pillées par des bâtiments de pêche étrangers, le WWF (Fonds mondial pour la nature) vient de mettre en place un système de surveillance de la pêche par satellite, une grande première en Afrique centrale, a-t-on appris de cette institution mercredi à Libreville.

Ce dispositif a pour but de lutter contre la pêche illégale et de protéger les ressources halieutiques dans la région. Ce système de surveillance livre, par satellite et en temps réel, l'identité du navire, sa position, sa route et sa vitesse.

Selon le responsable des opérations, le système de contrôle satellitaire a pu fonctionner avec 111 navires industriels pêchant au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

L'analyse des données permettra de procéder à une vérification du respect des quotas de pêche octroyés à chaque navire, a-t-il expliqué.

La mise en place d'un système de suivi et d'évaluation permettra de réguler une gestion rationnelle de la ressource dans le monde entier.

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Biodiversité et écotourisme dans les pays du centre du golfe de Guinée

Prétourisme dans une unité géopolitique instable

Jean Rieucau

p. 417-452

Résumé

L’Afrique équatoriale constitue une importante réserve de biodiversité dans ses forêts denses humides dont la préservation mobilise, depuis plusieurs décennies, les organismes internationaux de défense de l’environnement. Depuis dix ans, ces mêmes organisations tentent de sauvegarder les écosystèmes marins plus méconnus et moins protégés. La mise en place d’espaces réglementés (réserves naturelles, parcs nationaux…), sous l’égide d’instances internationales, se heurte, de façon croissante, aux ambitions économiques et aux prérogatives de souveraineté des Etats. L’instauration d’aires protégées (flore, faune) permet la conservation de certaines espèces animales menacées (éléphant, gorille, tortue marine…), assure les fondements du développement de l’écotourisme, contribue également à la sécurisation d’espaces frontaliers continentaux ou marins disputés par plusieurs Etats. Dans le centre du golfe de Guinée, la protection de quatre espèces de tortues marines (tortue verte, tortue caret, tortue luth, tortue olivâtre), par la réglementation de la pêche et l’interdiction de l’artisanat de l’écaille, constitue un enjeu écologique international.

Plan
D’importants stocks de biodiversité terrestre et marine dans les pays du centre du golfe de Guinée
Une forte diversité biologique des milieux forestiers au Gabon
Un intérêt international récent pour les écosystèmes marins du golfe de Guinée
Le golfe de Guinée, espace maritime disputé
L’instabilité géopolitique du golfe de Guinée 1980-2000
Les îles  de l’embouchure du río Muni : un contentieux maritime équato guinéo-gabonais
Sauvegarde et valorisation des milieux littoraux et insulaires par l’écotourisme
Prétourisme au Gabon
Organismes internationaux, ONG, programmes de protection de l’envi-ronnement marin
Protection de l’environnement et tourisme de nature entraînent l’instauration d’espaces réglementés
Acteurs et programmes de sauvegarde des espèces animales face au fonctionnement des communautés autochtones
Faiblesse de l’élevage et chasse commerciale dans les forêts tropicales denses humides africaines
Les tortues marines, sources de protéines animales  en Guinée équatoriale et au Gabon
Reconversion des communautés autochtones : de la recherche exclusive de protéines à l’écotourisme, l’agriculture,  l’artisanat
La réserve naturelle de Corisco et des îles Elobeys : reconvertir les Benga de la capture des tortues marines à leur mise en vision
La République de São Tomé et Principe, l’île de Bioko : de l’artisanat de l’écaille de tortue, au tourisme, à la pêche, à l’agriculture
 
Cliquer Ici pour accéder au Texte intégral

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Le 15 juin 2013

Pêcheurs : les nouveaux réfugiés de la conservation


Extraits traduits du site « Centre for environmental and marine sciences » University of Hull de Magnus Johnson

Source : L'Encre de Mer

« Les pêcheurs sont un peu comme les peuples indigènes. Ils vivent en quelque sorte en marge de la société, ils travaillent à des heures irrégulières, ont leurs propres codes sociaux, peuvent parfois être considérés comme des rustres, faisant des choses que la plupart des gens ne comprennent pas, et sont considérés par beaucoup comme des prédateurs, s’emparant des ressources communes sans payer en retour. La plupart des organismes de conservation semblent trouver commode d’ignorer le fait que les pêcheurs ont travaillé en mer pendant des centaines ou des milliers d’années (sans ajout de tonnes de pesticides, d’engrais ou utilisation d’OGM). En passant, vous pourriez aimer regarder comment un scientifique de la pêche de renommée mondiale (Ray Hilborn) compare les impacts écologiques de la pêche à ceux de l’agriculture…Quatorze millions de personnes autochtones ont été chassées de leur terre par des activités de conservation. Les peuples autochtones ont vécu sur leurs terres pendant des générations et leur comportement a généralement été déterminé par des normes plutôt que par des lois, et ce qu’ils avaient à faire pour survivre. Les gestionnaires des aires protégées sont financés par les ONG occidentales dont le comportement est déterminé par l’économie, les lois, l’idéalisme et une science superficielle. Souvent, la pauvreté est utilisée comme un argument pour « améliorer » la vie des peuples primitifs.

Brockington signale : « Un problème auquel sont confrontés les acteurs de la lutte contre la pauvreté est la façon dont la pauvreté est quantifiée. Le revenu personnel est la référence. Il semble impossible pour les économistes de comprendre que les gens qui vivent dans l’absence totale d’argent peuvent être beaucoup plus riches que leurs proches voisins qui vivent à la lisière de l’économie locale (et mondiale). Les peuples autochtones qui gagnent zéro dollar par jour, mais qui ont un régime alimentaire équilibré, riche en protéines, de l’eau potable, une protection contre les éléments, des médecines traditionnelles et une culture forte, ne devraient pas être placés sous ou même sur un pied d’égalité avec les personnes qui gagnent quelques dollars par semaine à des tâches subalternes, mais qui ont des durées de vie courtes, une mauvaise santé, qui sont sous-alimentés, n’ont pas accès aux médicaments, et ont une culture fruste. »

Les peuples autochtones sont généralement considérés avec dégoût dans leur pays d’origine. Considérons par exemple comment le citoyen moyen au Royaume-Uni considère les gitans, comment les Indonésiens voient les Bajo, la maltraitance des Inuits en Amérique du Nord et le mauvais traitement des Aborigènes par les Australiens. Une grande partie de cela est lié à la façon d’évaluer les biens. Les peuples autochtones qui vivent souvent en petits groupes, survivent grâce à la responsabilité sociale et la réciprocité, un système de valeurs souvent facilité par des liens familiaux étroits.

Les conservationistes aiment le mot SCIENCE. Brockington et Igoe soulignent que, généralement, les organisations revendiquent ce mot quand elles s’efforcent d’acquérir le pouvoir et le prestige, et pour supprimer toute opposition. Le public a du mal à remettre en question les « faits scientifiques » et diverses techniques sont employées par des organisations de conservation : choix sélectif des faits à utiliser, utilisation des faits non pertinents mais qui semblent impressionnants, et ignorance des vérités dérangeantes.

Les pêcheurs sont un peu comme les peuples indigènes. Ils vivent en quelque sorte en marge de la société, ils travaillent à des heures irrégulières, ont leurs propres codes sociaux, peuvent parfois être considérés comme des rustres, faisant des choses que la plupart des gens ne comprennent pas, et sont considérés par beaucoup comme des prédateurs, s’emparant des ressources communes sans payer en retour. La plupart des organismes de conservation semblent trouver commode d’ignorer le fait que les pêcheurs ont travaillé en mer pendant des centaines ou des milliers d’années (sans ajout de tonnes de pesticides, d’engrais ou utilisation d’OGM). En passant, vous pourriez aimer regarder comment un scientifique de la pêche de renommée mondiale (Ray Hilborn) compare les impacts écologiques de la pêche à ceux de l’agriculture…

La pêche est sans doute l’un des derniers métiers où l’on peut réussir uniquement à force de travail acharné et de ténacité.

Récemment, nous avons vu l’application de haut niveau de la pseudo-science au monde de la pêche par un cuisinier. Oseriez-vous demander à un pêcheur comment couper les légumes ? Hugh Fearnley Whittingstall se fait d’énormes quantités d’argent par sa harangue publique contre la pêche (Fishfight n’est pas un organisme de bienfaisance). Avec sa première campagne contre les rejets en mer, j’ai juste senti une légère irritation en voyant que quelqu’un qui coupe les légumes et cuit la viande a pu aller plus loin que les scientifiques, des halieutes, qui se battent pour résoudre le problème des rejets depuis des années. Plus récemment, cependant, il a sauté dans le train en marche de la création de réserves marines. Quelque chose que les riches organisations de propagande telles que Conservation International et Greenpeace ne sont que trop heureuses de soutenir. Je recommande d’écouter  Ray Hilborn pour apporter un peu d’équilibre face à ce déluge d’informations erronées grassement financées.

Le fait qu’il n’y a pratiquement aucune preuve pour étayer l’idée que les réserves fonctionnent dans des zones tempérées, en particulier sur des sédiments mous, semble avoir été complètement ignorée. Le gouvernement et les gens les plus éclairés s’accordent pour dire qu’il y a un manque total de preuves pour soutenir la mise en place de la plupart des réserves proposées et certains travaux qui suggèrent leur prédominance en tant que paradigme de l’écologie de conservation est fonction de l’idéologie plutôt que de la science à l’état pur. Les gens ordinaires aiment croire que si vous laissez faire, les choses iront mieux et le monde retournera à un état mythique d’Eden – « l’illusion du paradigme de l’équilibre ».

La conservation réelle et positive / la gestion de la ressource, nous obligent à examiner les choses plus globalement plutôt que de s’intéresser à des espèces particulières et de tracer des courbes sur des graphiques . Comme Ostrom le disait , les situations complexes exigent des solutions complexes- il n’existe pas de solution unique, pas de solution miracle. Comme Beth Fulton l’a dit lors du dernier Congrès Mondial des Pêches, « nous devons avancer avec prudence et à grands pas ».

Chasser les pêcheurs des zones où ils ont pêché pendant des générations, afin de soulager les consciences de la classe moyenne, d’intellectuels hippies en sandales, n’est pas la réponse. Regardez cette carte (fournie par Marc Cohen, de Holderness Fishing Industry Group) et voyez sur quelle étendue cette zone sera interdite aux pêcheurs. En conséquence, on pêchera de plus en plus sur une zone réduite, de manière non durable, étant donné que la pêche est de plus en plus étranglée. Il n’existe aucune preuve d’un effet réserve (spillover effect) susceptible de se produire dans ce secteur. Notez comment les réserves contournent les exigences de l’industrie énergétique (nouveaux acteurs sur le terrain) mais pas celles des pêcheurs « arriérés ». Les pêcheurs sont susceptibles d’être les nouveaux réfugiés de la conservation, et si les extrémistes arrivent à leurs fins, il y aura une plus grande marginalisation, des pertes d’emploi, et la pauvreté dans les villes et les villages côtiers au Royaume Uni. Dans les plus jolies, il y aura les résidences secondaires de la classe moyenne fuyant la ville, envahies l’été, couvertes de plantes sauvages, et dont les magasins seront fermés en hiver.

Bien que mes ancêtres étaient pêcheurs et chasseurs de baleines, je ne suis pas aveuglément pro-pêche, et je ne suis pas anti-écologiste. Je suis juste anti-bêtise. »

Dr Magnus Johnson est biologiste marin au « Centre for Environmental and Marine Sciences ». Son texte n’engage que lui.

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Le 30 décembre 2013

Biodiversité. La nature n’est pas à vendre !

Déclaration internationale pour défendre les biens communs et s’opposer aux mécanismes de compensation biodiversité

En réaction au Forum Mondial sur le Capital Naturel qui s’est tenu à Edimbourg (Ecosse), du 21 au 22 novembre 2013, 136 organisations ont publié une déclaration pour s’opposer au principe de compensation biodiversité et ont organisé un contre-forum sur les biens communs.

Alors que les marchés du carbone ont montré leur inefficacité à faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises et les gouvernements proposent désormais d’étendre ce type de mécanisme à la biodiversité et aux écosystèmes.

Source : Cdurable

Le contexte

Le principe est qu’une entreprise ayant un projet entrainant une destruction ou une dégradation d’un espace naturel puisse payer un intermédiaire pour compenser ses impacts en restaurant ou en protégeant un autre espace. Or, comme l’explique Hannah Mowat de FERN : «  La biodiversité n’est pas un produit de supermarché que l’on peut acheter ou échanger. Elle est liée aux paysages humains et culturels et sa destruction à un endroit ne peut être compensée par une action plus loin ».

De plus, le risque associé à ce type de mécanisme est d’ouvrir un nouveau marché pour les acteurs financiers qui peuvent se placer dans la chaine des intermédiaires, et spéculer, comme l’explique Lucie Pinson, chargée de campagne pour les Amis de la Terre : « Avec les incertitudes autour de la crise économique, les banques cherchent de nouveaux investissements : la crise écologique s’accélérant, avec une demande en ressources naturelles et en énergie croissante, les banques voient dans les mécanismes de compensation biodiversité un nouveau marché florissant ».

Si les entreprises soutiennent les mécanismes de compensation, c’est également parce qu’ils permettent d’éviter des législations plus contraignantes ou de saper la contestation locale contre un projet comme l’explique Maxime Combes d’ATTAC : «  L’extension des mécanismes de compensation biodiversité est clairement au cœur des projets de gestion de la nature que veulent mettre en œuvre des acteurs financiers pour maintenir coûte que coûte un modèle insoutenable. Le Parlement français, qui sera saisi d’une loi biodiversité au printemps 2014, devra choisir entre ouvrir les vannes de la compensation biodiversité ou alors renforcer les cadres qui permettent de bloquer les petits et grands projets inutiles destructeurs de biodiversité et d’écosystème ». Une dizaine d’organisations françaises, notamment des associations locales impliquées dans la lutte contre des projets controversés, sont ainsi signataires de la déclaration.

L’extension des mécanismes de compensation est un phénomène mondial : « Au Brésil, le gouvernement procède à une réforme des politiques publiques pour permettre aux entreprises de « compenser » l’impact plutôt que de prévenir les dégâts. La banque de développement brésilienne, BNDES, subventionne les Etats pour qu’ils adoptent des lois locales sur les compensations carbone et biodiversité. Bien que cela soit contesté par le procureur public, ces politiques sont à l’origine de violations dramatiques des droits des peuples autochtones », explique Lucia Ortiz, des Amis de la Terre Brésil.

Pour faire face, et dénoncer, les mécanismes de compensation biodiversité, les organisations signataires de la déclaration proposent de renforcer l’idée de bien commun comme l’explique Nick Dearden, directeur du Mouvement mondial pour le développement et co-organisateur du Forum sur les Biens Communs : « La nature est un bien commun qui appartient à tous et dont chacun est responsable. Elle doit être gérée démocratiquement, en renforçant en priorité les droits des communautés locales qui en dépendent selon le principe de bien commun et non de marché. »

Déclaration complète : La nature n'est pas à vendre !

Partout dans le monde, les écosystèmes (et donc les communautés qui en dépendent) sont mis à mal par de grands projets d’infrastructure, les sites d’extraction et les marchés financiers.[1] Afin de faciliter ces activités, des entités tant publiques que privées mettent sur pied des mécanismes pour ‘compenser’ leur impact sur l’environnement. Ces mécanismes pourraient aggraver la situation, et plus inquiétant encore, ils font de la nature une marchandise. C’est pourquoi les organisations signataires mettent en garde contre les effets de cette fausse solution et refusent les mécanismes de compensation pour perte de biodiversité.

Cliquer Ici pour accéder au site de la déclaration avec la liste des signataires

La compensation pour perte de biodiversité, c’est la promesse de remplacer ce qui est détruit dans la nature à un endroit par de la nature ailleurs. De même que dans le cas des mécanismes de développement propre (Clean Development Mechanisms, CDM) et de réduction des émissions suite à la déforestation et la dégradation des forêts (Reduce Emissions from Deforestation and Forest Degradation, REDD), la compensation pour perte de biodiversité se base sur l’avis d’‘experts’ pour faire croire qu’un morceau de la planète est équivalent à un autre.

À qui profite le crime?

Introduire ces compensations permet, voire encourage, la destruction de l’environnement en faisant croire qu’un habitat peut être recréé ailleurs. Tout bénéfice pour les entreprises responsables de dégradation, puisqu’elles peuvent se présenter comme si elles investissaient dans la protection de l’environnement, donnant ainsi un vernis écologique à leurs produits et services.

Cela crée également des ouvertures pour de nouveaux intermédiaires : des consultants en conservation du biotope pour évaluer ce qui est perdu, des banquiers pour le transformer en crédits, des traders pour spéculer dessus sur de nouveaux marchés spécialisés et des investisseurs qui veulent tirer profit de ce ‘capital vert’. “Le capital naturel” est un concept artificiel reposant sur des hypothèses économiques boiteuses et non sur des valeurs écologiques, un concept qui permet la marchandisation de la nature.

Et ceci se produit avec l’appui de gouvernements qui font en sorte que des droits de propriété sur des éléments naturels comme le carbone ou la biodiversité puissent être transférés à des sociétés et des banques.
Les compensations ne vont pas empêcher la perte de biodiversité

La nature est unique et complexe. Il est impossible de mesurer la biodiversité, il est donc trompeur de suggérer qu’il est possible de trouver des zones équivalentes. Il faut à certains écosystèmes des centaines sinon des milliers d’années pour devenir ce qu’ils sont – or ces compensations font semblant qu’il est possible de trouver des remplacements. [2]

Ces compensations vont faire du tort aux communautés

La compensation en matière de biodiversité a comme conséquence que la protection de l’environnement n’est plus qu’un sous-produit d’un projet commercial, marginalisant les communautés et menaçant leur droit à la vie. La nature joue un rôle important pour les communautés locales, que ce soit du point de vue social, spirituel ou de leur subsistance. Ces valeurs ne peuvent pas plus être mesurées, estimées ou compensées que ces communautés ne peuvent aller vivre ailleurs.[3]

La compensation en matière de biodiversité sépare les gens du milieu où ils ont grandi, où s’enracine leur culture, où leur activité économique se déroule depuis des générations.

La compensation en matière de biodiversité pourrait accélérer la perte de biodiversité

Une série de cas démontrent que ces compensations accélèrent l’exploitation des ressources naturelles et sont préjudiciables aux droits des communautés à protéger et gérer leurs biens communs. Parmi ces exemples, citons :
  • Le nouveau code forestier au Brésil qui permet aux propriétaires de détruire des forêts s’ils achètent des ‘certificats de réserves environnementales’ émis par l’état et échangé à la bourse des produits verts récemment créée par le gouvernement brésilien.
  • La législation de l’UE sur les compensations en matière de biodiversité (dite ‘initiative de perte nette nulle’) qui pourrait vider les directives existantes de leur substance.
  • Des institutions financières publiques comme la Banque mondiale, la Société financière international (SFI, la branche de la BM pour le privé) et la Banque d’investissement européenne (BIE) ont integer les compensations en matière de biodiversité dans leurs norms, ce qui leur permet de financer des projets qui détruisent l’environnement.

Il est impossible compenser de grands projets d’infrastructure et d’extraction. Une fois qu’un écosystème est détruit, il est impossible de le récréer ailleurs. Là où la compensation de biodiversité est permise, elle entraîne souvent l’affaiblissement des lois qui doivent empêcher la destruction de l’environnement. Si les compensations se couplent de quota échangeables (comme pour le carbone), la voie est libre pour la spéculation financière qui menace la nature et les droits des communautés qui en dépendent.

Sept ans de compensation carbone n’ont pas réduit les émissions de carbone,[4] alors ne laissons pas les compensations de biodiversité ouvrir la voie à des destructions qui auraient sinon été déclarées illégales ou contraires aux critères de protection de l’environnement.

Pour ces raisons, nous rejetons toute tentative de faire figurer des mécanismes de compensation en matière de biodiversité dans des lois, critères ou politiques publiques, qui auraient pour effet de créer de nouveaux marchés y of où la nature est devenue marchandise.

Annexe : quelques exemples de politiques et de projets de compensation

1. Le gouvernement britannique envisage d’introduire ces mécanismes de compensation (consultation jusqu’au 7 novembre 2013 (http://www.fern.org/UKbiodiversityconsultation). Des cas de compensation montrent que la promesse de compenser la perte est préjudiciable à l’application de lois qui empêcheraient la destruction de l’environnement, affaiblissant ainsi le processus démocratique et l’attention portée aux communautés affectées.[5]

2. Notre Dame des Landes, en France : depuis une quarantaine d’années, il est question de construire un aéroport sur plus de 1000 hectares de terres où les agriculteurs ont préservé biodiversité et paysage traditionnel. Les lois françaises sur l’eau et la biodiversité exigeaient des compensations. ‘Biotope’ a mis au point une nouvelle méthodologie basée sur des ‘fonctions’ et non des ‘hectares’, ce qui aboutit à compenser seulement pour 600 ha. La résistance locale a réussi jusqu’à present à bloquer le projet. La Commission européenne va s’en mêler.

3. Stratégie de l’UE sur la biodiversité à l’horizon 2020 – l’UE envisage de légiférer sur les compensations en matière de biodiversité, y compris une “banque d’habitats” qui permettrait de compenser les pertes d’espèces et d’habitats partout dans l’Union. L’objectif est d’éviter une perte nette de biodiversité, ce qui n’est pas la même chose que pas de perte.

4. La Banque mondiale finance un projet d’extraction de nickel et de cobalt en Indonésie. Il est dirigé par la société française Eramet (http://wedabaynickel.com/), qui fait partie de BBOP (Business and Biodiversity Offsets Program: http://www.business-biodiversity.eu/default.asp?Menue=133&News=43). Le projet a déjà reçu l’aval de MIGA (la branche de la Banque mondiale qui s’occupe de couvrir les risques économiques et politiques des investisseurs) et doit être financé par la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique, la banque japonaise pour la coopération internationale (JPIC), Coface et l’Agence française du développement (AFD) en ce qui concerne le volet compensations. Les conséquences pour les habitants et les sols sont très graves et la société civile se mobile pour combattre le projet, tant au niveau international qu’en Indonésie.
Notes

[1] Les méga-projets dans l’industrie minière, l’énergie, l’exploitation forestière, les transports et les monocultures entraînent l’expropriation de terres et des changements dans l’utilisation des sols, y compris la conversion de forêts à de l’agriculture à échelle industrielle. Dans le même temps, au nom de la sécurité énergétique, c’est sur grande échelle que se développent l’extraction de carburants fossiles conventionnels et non-conventionnels comme les sables bitumeux et le gaz de schiste.
[3] Ceci illustre le fardeau disproportionné que doivent supporter des communautés qui ne sont en rien responsables de la destruction de l’environnement et dont la survie dépend d’un environnement en bonne santé.

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Le 30 avril 2014

OMD : Augmenter la couverture des zones marines protégées...

OMD comme Objectifs du millénaire pour le développement

"Assurer un environnement durable" est l'un des huit objectifs que s'est fixé le programme onusien de lutte contre la pauvreté : Objectifs du millénaire pour le développement

Réduction de la perte de biodiversité comme moyen de lutte contre la pauvreté !!!

La surexploitation des stocks de poissons conduit à une diminution des rendements

En 2009, 30 % des stocks de poissons étaient surexploités et en danger pour des raisons biologiques, à comparer à 10 % en 1974. Cela signifie que les stocks mondiaux de poissons sont actuellement en dessous du niveau auquel ils peuvent produire des rendements maximaux durables. Durant les 40 dernières années, la condition globale des pêcheries mondiales a décliné en dépit des actions entreprises par les états côtiers en termes de développement de politiques et de gestion de la pêche. De plus en plus de stocks sont surexploités du fait de l’expansion continue de l’industrie de la pêche dans de nombreux pays.

La plus grande proportion de stocks surexploités est enregistrée dans les principales régions de l’océan Atlantique, de la Méditerranée et de la mer noire, où 50 % ou plus des stocks de poissons sont en dehors de leurs limites biologiques de sécurité. La plus petite proportion (10 % environ) de stocks surexploités setrouve dans les parties centre-est, nord-est et sud-est de l’océan Pacifique.

La surexploitation réduit la productivité des stocks de poissons. En conséquence, le total des prises en mer débarquées à terre (connu sous l’expression « prises débarquées ») a diminué dans le monde depuis son pic de 87,7 millions de tonnes en 1996. La reconstitution des stocks de poissons par des plans stricts de gestion rétablira leur productivité. En même temps, cela améliorera l’efficacité économique du secteur de la pêche, ainsi que la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes marins.

Des progrès significatifs ont été réalisés depuis 1990 pour augmenter la couverture des zones protégées. Ces zones sont dédiées à la sauvegarde et au maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles ainsi qu’à la valeur culturelle qui leur est associée. De 1990 à 2012, les zones terrestres protégées ont augmenté, passant de 8,9 % à 14,6 % de la surface terrestre mondiale. Sur la même période, la protection marine a plus que doublé dans les eaux côtières, jusqu’à 12 milles nautiques, de 4,6 % à 9,7 %. La protection des zones marines de juridictions nationales potentielles (allant de la côte jusqu’à 200 milles nautiques) a augmenté, passant de 1,2 % à 5,3 %. Les zones protégées ont pour but de conserver et d’encourager la diversité biologique. Elles produisent aussi d’importants biens et services fournis par les écosystèmes dont bénéficient les économies locales, nationales et mondiales. En fait, une part importante de la population mondiale dépend des zones protégées pour ses moyens d’existence. Ayant reconnu l’importance de la biodiversité et des services écosystémiques, la convention sur la diversité biologique cherche à conserver au moins 17 % des zones terrestres du monde et 10% des zones côtières et marines d’ici à 2020 à travers un réseau mondial de zones protégées qui soit géré efficacement et équitablement, et qui soit écologiquement représentatif des ressources naturelles de la terre.

L’Amérique latine montre la voie dans la conservation de ses terres et de ses côtes, avec 21,3% de ses zones terrestres et 15,4 % de ses zones marines qui sont protégées. Les autres régions sont bien loin derrière. Des efforts continus sont nécessaires pour améliorer la couverture et, en particulier, l’efficacité du réseau mondial de zones protégées.

Source :
Objectifs du millénaire pour le développement : rapport de 2013
Objectif 7 : Assurer un environnement durable
Intégrer les principes du développement durable dans les politiques et programmes nationaux et inverser la tendance à la déperdition des ressources environnementales

Cliquer Ici pour télécharger le rapport

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Le 20 Mai 2014

22 mai. Journée internationale de la biodiversité

Thème 2014 : la diversité biologique insulaire

Le thème de la diversité biologique insulaire a été choisi pour coïncider avec la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies de désigner 2014 comme étant l’Année internationale des petits États insulaires en développement.

Les Îles et les milieux marins proches des côtes constituent des écosystèmes uniques, souvent composés de nombreuses espèces végétales et animales qui sont endémiques — et que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur terre. Héritage d'une histoire évolutive unique, ces écosystèmes sont des trésors irremplaçables. Ils sont également essentiels à la subsistance, à l'économie, au bien-être et à l'identité culturelle de 600 millions d’habitants insulaires — soit un dixième de la population mondiale.

La Convention sur la diversité biologique traduit l’engagement de la communauté internationale pour la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des bienfaits découlant de l'exploitation des ressources génétiques.

Les produits et services essentiels offerts par notre planète sont fonction de la variété et de la variabilité des gènes, des espèces, des populations et des écosystèmes. En effet, les ressources biologiques nous nourrissent et nous fournissent vêtements, logements, médicaments et nourritures sprirituelles.

La dégradation de la diversité biologique à laquelle nous assistons actuellement est essentiellement la conséquence de l'activité humaine et met gravement en péril le développement humain.

Le 20 décembre 2000, l'Assemblée générale a proclamé le 22 mai Journée internationale de la diversité biologique (résolution 55/201) pour commémorer l’adoption de la Convention sur la diversité biologique le 22 mai 1992 lors de la Conférence de Nairobi. Auparavant, la journée était célébrée le 29 décembre (résolution 49/119 du 19 décembre 1994). Pour en savoir + : ONU

Journée internationale de la biodiversité 2014

Les Îles et les milieux marins proches des côtes, constituent des écosystèmes uniques, souvent composés de nombreuses espèces végétales et animales qui sont endémiques — et que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur terre. Héritage d'une histoire évolutive unique, ces écosystèmes sont des trésors irremplaçables. Ils sont également essentiels à la subsistance, à l'économie, au bien-être et à l'identité culturelle de 600 millions d’habitants insulaires — soit un dixième de la population mondiale. En savoir plus sur l'importance des îles.
Le thème de la diversité biologique insulaire a été choisi pour coïncider avec la décision e l'Assemblée générale des Nations Unies de désigner 2014 comme étant l’année Internationale des petits états insulaires en développement. En outre, le thème a été choisi pour correspondre avec le calendrier de la décision XI/15 alinéa 1(a) de la CdP qui vise « à renforcer la mise en œuvre du programme de travail sur la diversité biologique insulaire ».

Partenariat insulaire mondial (GLISPA)
Le Partenariat insulaire mondial (GLISPA)(GLISPA en anglais) aide les îles à aborder l’un des plus grands défis du monde: la conservation et l'utilisation durable des ressources naturelles insulaires inestimables qui permettent à des populations, à leurs cultures et modes de subsistance, d’exister dans leurs îles respectives du monde entier.

Il s'agit d'un partenariat qui englobe toutes les îles du monde, quelle que soit leur taille ou leur statut politique, et qui les encourage à prendre des mesures audacieuses en faveur d’une plus grande durabilité. Le partenariat fournit une plateforme mondiale permettant aux îles de travailler ensemble pour développer des solutions à des problèmes communs, de prendre des engagements de haut niveau et de mener des actions répondant à ces défis mondiaux. 

Pour en savoir + : Cdb

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Le 20 Septembre 2014

Il est urgent de créer des aires marines protégées en haute mer



Par Giulio Relini - Professeur, Dipartimento delle Scienze della Terra, Ambiente e Vita (DISTAV), Università di Genova, Italie Vice-président du Conseil scientifique de l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

Source : Institut Océanographique de Monaco

La préoccupation de la communauté internationale pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones au-delà des limites des juridictions nationales (ZJN) croît avec l'augmentation des menaces (surexploitation des ressources biologiques, pratiques de pêche destructrices, pollution, élimination des déchets, acidification, forage en haute mer et exploitation minière, activités de géo-ingénierie, câbles, tourisme, transport maritime), ainsi qu’avec les difficultés à parvenir à des accords internationaux sur la gouvernance et la protection. Plus de 30 ans après l’adoption de la CNUDM (Convention des Nations unies sur le droit de la mer, 1982), est émis le doute que les propositions ambitieuses en matière de conservation des ressources biologiques, de protection et de préservation du milieu marin aient été atteintes, en particulier celles traitant de la gouvernance de la biodiversité marine dans les ZJN. Malheureusement, il n’existe pas de consensus général. Un grand nombre d'États reconnaissent la nécessité d'un nouvel accord, tandis que d'autres considèrent qu’il suffit d’améliorer les règles existantes pour maintenir une exploitation durable de la biodiversité marine dans les ZJN.

Selon la CNUDM, les ZJN englobent la haute mer et la Zone qui est définie dans l'article 1 (1) de la Convention, comme étant : « les fonds marins et leur sous-sol au-delà des limites de la juridiction nationale ». D’après l'article 86, la haute mer renferme « toutes les parties de la mer qui ne sont comprises ni dans la zone économique exclusive, la mer territoriale ou les eaux intérieures d'un État, ni dans les eaux archipélagiques d'un État archipel. » Ces deux zones représentent ensemble environ 50 % des surfaces de la Terre et accueillent un pourcentage important de sa biodiversité. Elles comprennent la colonne d'eau et les fonds marins au-delà de la juridiction nationale, ainsi que certaines des régions les plus profondes, les plus montagneuses et les plus actives au niveau hydrothermal de l'océan.

Elles sont parmi les domaines les moins explorés et étudiés de notre planète, et renferment certains des environnements les plus intensément exploités et les plus fortement dégradées. Elles ont besoin de toute urgence de mesures de gouvernance et de protection....

Cliquer Ici pour accéder au document intégral

Les autochtones exclus de la conservation du patrimoine marin


Illustration de Médiation environnementale : Parc marin des Chagos et droits humains

La création de « zones de protection marine », telles que les sanctuaires côtiers ou les réserves, participe au phénomène d’accaparement des mers. L’accès à ces zones est interdit ou restreint pour les pêcheurs artisanaux dans un but de « conservation » de la nature. C’est ce qui s’est passé en Tanzanie par exemple, avec la création du parc marin de l’île de Mafia. « Des entreprises touristiques étrangères se sont implantées, bannissant l’accès aux sites terrestres et littoraux, y compris les récifs coralliens les plus productifs, les forêts de mangrove et les plus belles plages – qui étaient auparavant sous les régimes de propriété traditionnelle des communautés locales », souligne le rapport. D’ici 2020, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique prévoit qu’au moins 10% des aires marines et côtières soient conservées [5].

Des zones côtières sont également privatisées. En Ouganda, le gouvernement a alloué une partie des terres côtières du lac Victoria à des investisseurs dans le tourisme et l’aquaculture. A peine remis du tsunami de 2004, des communautés de pêcheurs sri-lankais ont subi la mise en œuvre de nouveaux plans d’urbanisme. Des centres touristiques de luxe sont sortis de terre sur un quart de la péninsule de Kalpitiya où vivent quelques 13 000 pêcheurs. Plus de 2 500 familles ont été expulsées de leurs terres et se sont vues refuser l’accès aux zones de pêche. « Les pêcheurs peuvent même être poursuivis pour intrusion illégale. Par exemple, les clôtures de fil de fer barbelé érigées le long de la bande côtière par l’hôtel Bay Watch Eco de l’entreprise Hasan Gaate les empêchent d’accéder à la bande côtière pour pêcher », témoigne un pêcheur. Sur place, le Mouvement national de solidarité pour la pêche lutte pour récupérer leurs terres et regagner l’accès aux zones de pêche.

(5) CDB : Objectif 11 - Justificatif technique élargi (fourni dans le document COP/10/INF/12/Rev.1)


Convention sur la Diversité Biologique

Objectif 11 - Justificatif technique élargi (fourni dans le document COP/10/INF/12/Rev.1)

But stratégique C : Améliorer l’état de la diversité biologique en sauvegardant les écosystèmes, les espèces et la diversité génétique

Objectif 11 : D'ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres et d’eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et d’autres mesures de conservation effectives par zone, et intégrées dans l’ensemble du paysage terrestre et marin.

Justificatif technique : Les aires protégées bien gouvernées et efficacement gérées constituent une méthode éprouvée pour protéger à la fois les habitats et les populations d'espèces et pour fournir des services écosystémiques importants.37,38,39,40,41 À l'heure actuelle, environ 13% des surfaces terrestres et 5% des zones côtières sont protégées, mais très peu des zones de haute mer le sont. L'objectif actuel de 10 pour cent de protection pour chaque région écologique a été atteint pour environ 55 pour cent de toutes les écorégions terrestres.42 Pour atteindre l’objectif proposé, il conviendra d'augmenter modérément les zones terrestres protégées à l’échelle mondiale, en mettant davantage l'accent sur la représentativité et l'efficacité de la gestion.43 Il implique en outre que des efforts importants pour élargir les aires marines protégées soient mobilisés. Mettre davantage l'accent mis sur la représentativité est crucial puisque les réseaux actuels d'aires protégées ont des lacunes, et certains ne parviennent pas à offrir une protection adéquate pour de nombreuses espèces et écosystèmes. Ces lacunes comprennent de nombreux sites de haute valeur en biodiversité, comme les sites de l'Alliance for Zero Extinction et les Zones importantes pour la conservation des oiseaux44,45,46. Une attention particulière est nécessaire pour protéger les écosystèmes critiques comme les récifs coralliens tropicaux, les herbiers marins, les récifs coralliens d'eau froide profonde, les monts marins, les forêts tropicales, les tourbières, les écosystèmes d'eau douce et des zones humides côtières.

Mise en œuvre : Les aires protégées devraient être intégrées dans l'ensemble du paysage terrestre et marin, en tenant compte de l’importance de la complémentarité et de la configuration spatiale. L’approche par écosystème devrait être appliquée en tenant compte de la connectivité écologique et du concept de réseaux écologiques, y compris la connectivité pour les espèces migratrices (par le biais, par exemple, d'axes migratoires pour les oiseaux migrateurs). Les aires protégées devraient être définies et gérées en étroite collaboration avec les communautés autochtones et locales et les populations vulnérables, dans le cadre de processus équitables qui reconnaissent et respectent les droits de ces communautés.47 Ces communautés doivent être pleinement engagées dans la gouvernance et la gestion des aires protégées en fonction de leurs droits, leurs connaissances, leur capacités et leurs institutions, doivent partager équitablement les avantages tirés des aires protégées et ne doivent pas supporter des coûts inéquitables. Les Lignes directrices de l'UICN pour l'application de catégories de gestion d'aires protégées reconnaissent quatre grands types de gouvernance d'aires protégées, pouvant tous être associés à un objectif de gestion. Ces catégories comprennent la gouvernance par le gouvernement, la gouvernance partagée, la gouvernance privée et la gouvernance par les peuples autochtones et les communautés locales. Celles-ci recoupent toutes les catégories d'aires protégées. D’autres mesures de conservation effectives par zone pourraient inclure des restrictions imposées aux activités nuisibles à la diversité biologique, ce qui permettrait de protéger des sites dans des zones situées au-delà des limites de la juridiction nationale conformément au champ d’application de la Convention énoncé à l’article 4. Les travaux vers cet objectif pourraient également être liés à des objectifs plus spécifiques dans le cadre du programme de travail sur les aires protégées et de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes. Le Congrès mondial sur les parcs naturels est une ressource supplémentaire pouvant être utilisée lors de la prise de mesures pour atteindre cet objectif. Les aires protégées pourraient être complétées par des limites aux processus et aux activités nuisibles à la biodiversité qui sont sous la juridiction ou le contrôle des Parties, y compris dans les zones au-delà de la juridiction nationale, tout en assurant que ces limites n'empiètent pas sur les droits des communautés autochtones ou locales, ou des populations vulnérables.

Indicateurs et informations de base : Les indicateurs pertinents de mesure des progrès réalisés vers cet objectif sont les sites d’importance pour la diversité biologique couverts par des aires protégées et la connectivité ou fragmentation des écosystèmes. D'autres indicateurs possibles comprennent les tendances de l'étendue de biomes, d'écosystèmes et d'habitats sélectionnés, l'Indice trophique marin, le recouvrement des aires protégées par des écorégions, la gouvernance et l'efficacité de la gestion des aires protégées, et la qualité de l'eau dans les écosystèmes aquatiques. Il existe déjà des données de références solides pour ces indicateurs, provenant de sources telles que la Base de données mondiale sur les aires protégées, l'Alliance for Zero Extinction, l'Outil d'évaluation intégré de la biodiversité, la Liste Rouge des espèces menacées d'extinction de l'UICN et la Commission mondiale des aires protégées de l'UICN.

Les étapes pour atteindre cet objectif incluses dans le programme de travail sur les aires protégées sont les suivantes :
  1. D'ici à 2012, pour les aires marines, un réseau mondial complet de systèmes nationaux et régionaux d’aires protégées écologiquement représentatives et gérées efficacement est établi;
  2. En 2012, toutes les aires protégées sont gérées efficacement et équitablement, en s'appuyant sur des processus participatifs et scientifiques de planification des sites qui comprennent des objectifs, des cibles, des stratégies de gestion et des programmes de suivi et d'évaluation clairs en matière de diversité biologique;
  3. D'ici à 2015, toutes les aires protégées et les systèmes d'aires protégées sont intégrés dans les paysages terrestres et marins plus vastes et dans les secteurs pertinents, en appliquant l'approche par écosystème et en tenant compte de la connectivité écologique, des impacts probables des changements climatiques et, s'il y a lieu, du concept de réseaux écologiques.

Source : CDB

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Le 15 Novembre 2014

Croissance économique, énergie et environnement

Les États-Unis aideront à lutter contre le braconnage en Afrique en partenariat avec la Chine


Les États-Unis entreprendront un partenariat avec la Chine et les pays d'Afrique pour éradiquer la menace du braconnage, a déclaré lundi un haut responsable des États-Unis, en visite.

Source : Xinhua - Africatime

Catherine A. Novelli, sous-secrétaire d'État à la croissance économique, à l'énergie et à l'environnement, a déclaré à Xinhua lundi que Washington offrirait une assistance matérielle et technique pour apporter une nouvelle impulsion à la lutte contre les crimes contre l'environnement en Afrique.

"La faune est un trésor naturel qui doit être protégé contre le crime organisé. La contribution des États-Unis à la protection de la nature en Afrique restera inflexible", a déclaré Mme Novelli à Nairobi.

Les délégués de huit pays d'Afrique, de la Chine et des États- Unis ont assisté la semaine dernière à une conférence sur le trafic de produits de la faune à Arucha en Tanzanie, pour explorer de nouvelles stratégies afin d'endiguer ces crimes contre l' environnement, a-t-elle indiqué. Elle a déclaré que Washington établirait un partenariat avec la Chine pour renforcer la réponse aux crimes contre la faune en Afrique, soulignant que la Chine avait répondu positivement à une requête des États-Unis de soutenir la guerre contre le braconnage d'éléphants africains et de rhinocéros.

"Il est encourageant de constater qu'une délégation importante de responsables chinois assistent à la conférence sur le trafic d'espèces protégées en Tanzanie. Nos collègues chinois répondent positivement à notre message de lutte contre le braconnage", a déclaré Mme Novelli.

L'Amérique et la Chine ont convenu d'une série d'interventions destinées à mettre fin au trafic de produits de la faune en Afrique, a-t-elle fait savoir, précisant que les deux pays s'étaient unis pour soutenir des campagnes de sensibilisation ciblant les touristes, les entreprises et les particuliers.

"Nous explorons un partenariat avec les compagnies de transport, les compagnies aériennes et les ports pour briser les chaînes d'approvisionnement en ivoire", a déclaré Mme Novelli.

L'administration du président Barack Obama fournira des fonds supplémentaires pour soutenir des interventions qui réduisent le braconnage de mammifères africains, a indiqué Mme Novelli, ajoutant que les États-Unis étaient préoccupés par l'escalade de ces crimes contre l'environnement qui menacent le tissu socioéconomique de l'Afrique.

"Nous avons versé cette année une contribution de 60 millions de dollars pour financer des initiatives de lutte contre le braconnage en Afrique. Le département d'État fournira 15 millions supplémentaires à des fins de formation et de développement de capacités", a révélé Mme Novelli.

"Le président Obama a émis un ordre exécutoire pour impliquer 18 agences d'État américaines dans des activités de lutte contre le braconnage en Afrique sub-saharienne", a déclaré Mme Novelli.

Congrès mondial des Parcs

6ème Congrès mondial des parcs nationaux : et l’Afrique ?



Le 6ème Congrès mondial des parcs nationaux se déroule actuellement à Sydney. Organisé par l’UICN, il réunit tous les 10 ans les spécialistes mondiaux de la conservation, et définit les politiques à adopter dans les aires protégées. Ali Bongo est le parrain de cet événement. Où en sont ces espaces en Afrique ?

Source et dossier de RFI Par Anne-Cécile Bras

Ali Bongo annonce la création des parcs marins

Le Chef de l’État gabonais a fait part de la volonté du Gabon de créer un réseau de parcs marins au sein desquels aucune pêche commerciale ne sera autorisée, selon une information de la présidence de la république, à l’occasion du 6e congrès mondial des parcs, qui se tient actuellement à Sydney.

Source : Africatime

La gestion durable du territoire océanique, ce sanctuaire du Gabon Bleu, mérite tout autant d’attention que les vastes forêts vertes. S’adressant aux centaines de hauts responsables politiques et scientifiques réunis dans la capitale économique australienne, Ali Bongo Ondimba annonce la délimitation de parcs marins qui feront passer de 1% à 23% des eaux territoriales et de la ZEE la surface du territoire océanique protégé. Une décision qui répond aux recommandations des biologistes marins pour le maintien de la biodiversité. « Au sein de ce réseau, souligne l’hôte de marque du congrès, aucune pêche commerciale ne sera autorisée. Cela inclut une extension de 27.000 kilomètres carrés du parc national de Mayumba, l’étendant jusqu'à la limite de notre zone économique exclusive ».

Un équilibre délicat est à trouver. « Le reste de la zone économique exclusive, poursuit le Président de la République, sera divisé en zones de pêche communautaires et commerciales et en zones d'exclusion pétrolières, où la pêche industrielle ne sera pas autorisée près des infrastructures économiques stratégiques. Nous avons déjà pris des mesures pour éliminer la pêche illicite dans nos eaux territoriales. Nous planifions actuellement d'étendre ces actions dans les limites de notre zone économique exclusive».

En présence des principaux acteurs de la conservation et du développement réunis pour l’ouverture de cette conférence internationale, le Président de la République a encore précisé que l’objectif consistait « à gérer des portions représentatives de toutes les unités terrestres distinctes du Gabon, afin de protéger toutes les espèces sauvages dont la conservation est préoccupante ». Ainsi, aux treize parcs existants s’ajoutent six sites RAMSAR (Convention relative aux zones humides d'importance internationale), portant la couverture totale des aires protégées à 21% du territoire gabonais.

Le plan climat, la lutte contre le braconnage, la création d’un département chargé du développement durable dans chaque département ministériel, la mise en place d'un plan national d'affectation des terres, le lancement du Gabon Bleu, l'Initiative de protection de l'éléphant - et très récemment l’« Initiative climat du Sud » prévue en mars 2015 - témoignent d’un engagement au plus haut niveau de l’État.

Ali Bongo Ondimba a enfin rappelé l’urgente nécessité de « soutenir les femmes et les hommes qui consacrent leur vie à la protection de nos parcs » afin d’atteindre les objectifs internationaux de protection de la biodiversité et de « préserver l'intégrité de la planète ».

Gardiens ou braconniers ?

© Survival International

Gardiens

Dans le monde entier, les peuples indigènes se sont toujours défendus contre l’invasion étrangère, se considérant comme les gardiens de leur territoire pour les générations futures.

Bien avant l’apparition du terme ‘conservation’, les peuples indigènes avaient déjà développé des techniques très efficaces pour maintenir l’équilibre écologique de leurs terres. Leurs méthodes de préservation de l’environnement comprennent des ‘tabous’, ou interdits alimentaires, le système de rotation des cultures, la régulation de chasse saisonnière ou bien le respect des sites sacrés. S’ils pillent leurs terres, y prélèvent plus qu’ils ne devraient, pêchent trop abondamment dans leurs rivières ou surexploitent leurs forêts, ils en pâtiront ainsi que les esprits qu’ils vénèrent.

Les tabous sont profondément ancrés dans de nombreuses sociétés indigènes, ils sont à la fois nécessaires au maintien de l’équilibre social et à la protection des ressources dont ils dépendent. Le résultat de ces interdits est une gestion efficace des ressources locales, donnant tout le temps et l’espace nécessaires à l’épanouissement d’une riche biodiversité.

Pour plus d'informations : Survival France

Braconniers

Un nouveau rapport révèle la face cachée de la conservation

Les peuples indigènes sont les meilleurs gardiens du monde naturel. Le nouveau rapport de Survival révèle que les plus grandes organisations de préservation de la nature sont impliquées dans leur expulsion de 'zones protégées'.

Source : Survival France

Lancement de la campagne ‘Parcs ou peuples ?’ à l’occasion du Congrès mondial des parcs naturels

Un nouveau rapport "Parks need peoples (Parcs ou peuples ?)" lancé par Survival International – le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes – révèle comment la conservation a conduit à l’expulsion de millions d’autochtones de ‘zones protégées’.

Plusieurs organisations de conservation parmi les plus importantes au monde, telles que le WWF et The Nature Conservancy sont impliquées dans ce scandale. Et United for Wildlife, l’organisation fondée par le prince William et le prince Harry, ignore les appels qui lui ont été lancés visant à garantir les droits des peuples indigènes à vivre sur leurs terres ancestrales et à y pratiquer la chasse de subsistance.

Le lancement du rapport ‘Parcs ou peuples?’ coïncide avec la Conférence mondiale des parcs naturels qui a lieu à Sydney, une conférence sur la conservation des aires protégées qui se tient chaque décennie et qui prècède le lancement de United for Wildlife par le Prince William et sa femme Kate aux États-Unis le mois prochain.

Le rapport de Survival montre que la plupart des zones protégées sont, ou ont été, les terres ancestrales de peuples indigènes qui en dépendent et qui les gèrent depuis des millénaires. En dépit de cela, au nom de la ‘conservation’ :
  • Des peuples indigènes sont illégalement expulsés de ces terres.
  • Ils sont accusés de ‘braconnage’ parce qu’ils chassent pour se nourrir.
  • Ils sont confrontés aux arrestations, aux coups, à la torture et à la mort aux mains de brigades anti-braconnage.

Si les autochtones ont été expulsés de leurs terres, on y accueille les touristes, et même dans certains cas, des chasseurs de gros gibier.

Les Bushmen du Botswana sont confrontés aux arrestations, aux coups et à la torture au nom de la conservation.

Le rapport ‘Parcs ou peuples?’ examine les cas d’expulsion en cours, tels que ceux des Pygmées baka du Cameroun, des Bushmen du Botswana et des tribus des réserves de tigres en Inde. Ce modèle de conservation s’apparente à la création, au XIXe siècle, des parcs nationaux de Yellowstone et de Yosemite aux Etats-Unis, qui conduisit à l’éviction brutale de tribus amérindiennes.

Dauqoo Xukuri, un Bushman de la Réserve naturelle du Kalahari central au Botswana a dit : ‘Je m’assois et regarde l’horizon autour de moi. Partout où il y a des Bushmen, il y a du gibier. Pourquoi? Parce que nous savons comment prendre soin de la faune’.

Le rapport de Survival conclut que le modèle actuel de conservation nécessite un changement radical. La conservation doit se conformer au droit international, elle doit protéger les droits territoriaux des peuples indigènes, être à leur écoute quant au type d’aide dont ils ont besoin pour protéger leurs terres et prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir leur survie.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘Des millions sont dépensés chaque jour par les écologistes en dépit de la crise environnementale que nous connaissons. Il est temps de se réveiller et de se rendre à l’évidence qu’il existe une autre voie bien meilleure. Tout d’abord, les droits des peuples indigènes doivent être reconnus et respectés. Ensuite, ils doivent être traités comme les meilleurs défenseurs de leurs propres terres. Les écologistes devraient admettre qu’ils sont leurs partenaires privilégiés dans cette affaire’.

Notes aux rédactions :
- Télécharger le rapport ‘Parcs ou peuples?’ (en anglais)
- Visitez la page de la campagne ‘Parcs ou peuples’ de Survival pour plus d’informations.


Chasseurs ou braconniers ?

Survival, les Baka et le WWF

Vouloir protéger la forêt tropicale semble être une bonne chose, non ?

Le problème est que ce modèle de conservation – la conversion des territoires indigènes en parcs nationaux - réduit en criminels ceux-là mêmes qui ont su protéger la forêt pendant des siècles. Ils sont souvent expulsés de leurs foyers et interdits de chasse et de cueillette. Dans le meilleur des cas, ces activités sont fortement limitées. Ils ne sont donc plus capables de se nourrir et finissent en bas de l’échelle sociale, avec tous les fléaux que cette situation entraîne : misère, graves problèmes sociaux, etc. – un état des choses que nous avons pu constater maintes et maintes fois dans les réserves indiennes nord-américaines ou dans des communautés aborigènes d’Australie.

Comment le WWF est-il impliqué ?

Le WWF qui a été un farouche partisan de la création de ces parcs finance depuis l’an 2000 des brigades qui patrouillent la région et appliquent les lois anti-braconnage. Et il a collaboré comme consultant à une société d'exploitation forestière qui opère aussi dans les forêts des Baka.

Extrait du document : Chasseurs ou braconniers ? Survival, les Baka et le WWF

Cameroun: le WWF accusé par une ONG de fermer les yeux sur de "graves abus" commis sur les Pygmées

Les Pygmées sont régulièrement victimes de "graves abus" de la part de brigades anti-braconnage "soutenues et financées" par le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans le sud-est du Cameroun, a dénoncé lundi une ONG de défense des peuples indigènes.

Source : AFP

Les Pygmées Baka "sont illégalement expulsés de leurs terres ancestrales au nom de la conservation (de l'environnement, ndlr), la plus grande partie de leur territoire étant transformée en +zones protégées+, dont des zones de chasse au trophée", affirme Survival International dans un communiqué.

"Plutôt que de s'en prendre aux puissants individus qui se cachent derrière ce braconnage organisé, les gardes forestiers et les soldats poursuivent les Baka qui pratiquent une chasse de subsistance", poursuit l'ONG.

"Le ministère camerounais des Forêts et de la Faune, qui emploie les gardes forestiers, est financé par le WWF qui apporte également à ces derniers une assistance technique, logistique et matérielle", poursuit l'ONG, affirmant que "le WWF continue de leur apporter son soutien bien qu'il ait été prouvé que les brigades anti-braconnage ont bel et bien violé les droits des Baka".

Les Baka "accusés de braconnage risquent la détention, les coups et la torture. Ils font état de nombreux morts parmi eux suite à ces expéditions punitives", soutient Survival International.

D'autre part, l'ONG affirme avoir constaté une dégradation de l'état de santé des Baka et l'augmentation de maladies comme le paludisme et le sida dues "à la perte de leur territoire et de leurs ressources".

"La forêt appartenait aux Baka mais ce n'est plus le cas. Nous circulions dans la forêt au gré des saisons mais maintenant nous avons peur de le faire. Pourquoi ont-ils le droit de nous interdire de pénétrer dans la forêt? Nous ne savons pas vivre autrement. Ils nous battent, nous tuent et nous obligent à fuir et à nous réfugier au Congo", a affirmé un Baka, cité dans le communiqué de Survival International.

Contacté par l'AFP, le WWF Cameroun a indiqué qu'une "enquête indépendante" était en cours pour déterminer la véracité de ces accusations.

"Nous sommes préoccupés car nous apportons notre soutien financier à la lutte anti-braconnage, mais cela n'inclut évidemment pas la violation des droits humains", a assuré le directeur de la conservation à WWF Cameroun, Rolf Sprung.

Pour plus d'informations sur Survival France :


Pour aller plus loin :

Sur tous les continents, des millions de personnes ont été chassées de leurs terres au nom de la conservation des espèces. La misère de ces populations déplacées suscite à présent une prise de conscience.
Anne Muller - 22 février 2007

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Le 14 Novembre 2014

Des pêcheurs au coeur de la biodiversité

Liste verte des espaces protégés de l’IUCN : le Parc naturel marin d’Iroise distingué

Adaptation du document des Aires Marines : Parc Naturel Marin d'Iroise

A l’occasion du Congrès mondial des Parcs, qui se tient actuellement à Sydney, l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) a dévoilé la liste des 23 sites inscrits au titre de la « liste verte des aires protégées ». Liste sur laquelle est inscrit le Parc naturel marin d’Iroise, aux côtés de 4 autres sites français.

Source : Agence des Aires Marines Protégées - 14/11/2014

La liste verte des aires protégées est un nouveau système de labellisation de la qualité de la gestion et de la gouvernance des aires protégées, sur la base de critères définis à l’échelle mondiale. Elle vise à reconnaître, encourager et célébrer les aires protégées qui réalisent une conservation efficace de la nature, des écosystèmes et des valeurs culturelles associés.

Ce sont 23 espaces de 8 nationalités différentes qui sont inscrits sur cette liste verte dont 5 sites français que sont :
    Le Parc naturel marin d’Iroise ;
    Le Parc national des Pyrénées ;
    Le Parc national de Guadeloupe ;
    La réserve naturelle nationale de Cerbère Banyuls ;
    L’espace naturel sensible Marais d’Episy.


La biodiversité au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition



Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture : Diversité aquatique

Les ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture ont non seulement une réelle importance mais aussi un potentiel formidable pour la sécurité alimentaire, la nutrition et les moyens d’existence. Et pourtant, la biodiversité, et en particulier la diversité génétique, disparaît à un rythme alarmant.

La Commission constitue la seule instance permanente où les gouvernements peuvent examiner et négocier des questions spécifiquement liées à la diversité biologique pour l’alimentation et l’agriculture. Ses principaux objectifs sont de garantir la conservation et l’utilisation durable des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture, et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation au profit des générations présentes et futures.
 
La diversité génétique est un bien précieux dont nous devons prendre le plus grand soin !



Il nous appartient de la conserver !

Source : FAO - 29 Oct 2014

La biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture est l'une des ressources les plus importantes de la planète. Qu'il s'agisse des insectes pollinisateurs, des bactéries microscopiques utilisées pour faire le fromage, des races d'animaux d'élevage qui permettent à des populations de subsister dans des environnements hostiles, des milliers d'espèces de poissons et d’espèces aquatiques présentes dans les lacs, les rivières et les océans ou encore des milliers de variétés végétales qui garantissent la sécurité alimentaire à travers le monde, la biodiversité est indispensable. Les ressources génétiques sont la matière première dont les communautés locales et les chercheurs ont besoin pour améliorer la production alimentaire, en qualité et en quantité.


La biodiversité et les ressources génétiques contribuent de manière essentielle à la diversification nutritionnelle – c'est-à-dire la disponibilité d'un assortiment d'aliments variés – qui est essentielle pour la santé et le développement du corps humain. Cependant, la biodiversité et les ressources génétiques s'appauvrissent à un rythme inquiétant.

Voici quelques faits concrets à cet égard :
  • Selon les chiffres communiqués par les pays à la FAO en 2013-14, 17 pour cent des races d’animaux d’élevage sont considérées en danger d'extinction.
  • La moitié des 8 000 espèces d'arbres sur lesquelles porte l’édition 2014 de l'État des ressources génétiques forestières dans le monde sont menacées ou en proie à l’érosion génétique.
  • L'érosion génétique des ressources phytogénétiques est probablement la plus marquée dans le cas des céréales, suivies des légumes, des fruits et des noix, et des légumineuses alimentaires.
  • Les utilisations non durables, telles que la surexploitation des ressources halieutiques et la déforestation, contribuent à la perte de la diversité génétique. À titre d’exemple, environ 29 pour cent des stocks de poissons marins commercialement importants contrôlés par la FAO sont surexploités.

Il en va de notre responsabilité de conserver la biodiversité


C'est grâce à leur variabilité génétique que les plantes, les animaux, les micro-organismes et les invertébrés sont capables de s'adapter et de survivre à l'évolution de leur environnement. Dans le contexte du changement climatique et de la pression humaine croissante sur les ressources naturelles, la conservation et l’utilisation durable de la diversité génétique prennent une importance sans précédent. La perte de biodiversité réduit la capacité de l'agriculture à répondre aux nouvelles conditions socio-économiques et environnementales.

Le maintien de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture, notamment des ressources génétiques, est une responsabilité mondiale.

La FAO a créé en 1983 la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture, qui reste à ce jour la seule tribune intergouvernementale qui traite spécifiquement de toutes les composantes de la diversité biologique pour l'alimentation et l'agriculture.

Vous souhaitez en savoir plus? Consultez les liens suivants et partagez-les avec vos amis et votre famille !


Télécharger Ici le document de la FAO : La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2014

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9 commentaires:

Yan Giron @PecheFraiche a dit…

Avant que M. Hyppolyte ne commente (il va peut-être falloir attendre qu'il rentre de Bruxelles), la déontologie voudrait que tous ceux qui commentent ces articles le fassent en affichant clairement leur identité.

par exemple Hyppolite Beaucher, ou autre.

De nouveau, il me semble important qu'il y a des précautions de lecture prise par l'auteur de ce texte et qu'il faut les rappeler. Il ne s'agit pas d'une condamnation en bloc d'un outil potentiel de gestion (une forme ou l'autre d'AMP), mais la dénonciation de l'utilisation systématique de l'outil sans respect des gouvernances qui doivent normalement associer les usagers d'un espace.

Hippolyte a dit…

Comparer les petits pêcheurs français à ces communautés autochtones qui ont été chassées de leurs territoires par des gens venus d'ailleurs est une façon de présenter les choses qui est souvent utilisée. Une façon de présenter les choses qui a clairement pour but de victimiser les pêcheurs.

Ces gens venus d'ailleurs seraient les groupes industriels qui aménagent l'environnement côtier, dans l'intérêt de populations qui ne sont pas toutes autochtones, aidées en cela par les décideurs politiques du pays, et de plus en plus souvent sous le couvert d'une philosophie propagée par les ONG environnementales. Dans cette affaire, la philosophie des ONG environnementales serait utilisée à l'encontre des pêcheurs comme la religion à été utilisée jadis par les colonisateurs, pour asservir les populations autochtones envahies. Et en plus, avec la complicité des scientifiques…

Comparaison n'est pas raison, même si la comparaison est dialectiquement séduisante.

Des victimes de la civilisation, il y en a partout et pas seulement chez les pêcheurs. Et les pêcheurs français ne sont pas un peuple différent des non-pêcheurs français. La mer leur appartient comme elle appartient aux autres citoyens. Les conflits d'usages doivent être réglés par la société, dans son ensemble. Les pêcheurs ont leur mot à dire. Les ONG environnementales aussi.

Si on accepte ces prémices… alors on peut tomber d'accord sur le reste.

Il est clair que les aires marines protégées peuvent constituer de relatives réserves de biodiversité. Mais leur utilité pour les pêcheurs est loin d'être évidente. Ca, je le comprends.

C'est une idée beaucoup trop simpliste que celle qui consiste à croire que les aires marines protégées pourraient constituer des conservatoires de l'ensemble de la biodiversité actuelle, capables de réensemencer en permanence l'ensemble de l'espace marin. Je ne sais même pas s'il existe un seul biologiste pour soutenir qu'une telle éventualité est envisageable.

L'envahissement par les microparticules de plastiques, l'eutrophisation et toutes les sortes de pollution des eaux marines ne connaissent pas de frontière. Ce n'est pas comme le nuage de Tchernobyl ! L'interdiction totale ou partielle de certaines activités de pêche, dans ces aires marines, peut certainement contribuer à la restauration partielle des écosystèmes de ces aires marines, mais certainement pas à restaurer l'ensemble des écosystèmes marins.

Yan Giron @PecheFraiche a dit…

M. Hippolyte (alias Stéphan Beaucher d'Ocean2012 et actuellement contractuel de PEW)

ou qui que vous soyez mais clairement à la manoeuvre dans une ONGE, puisqu'il devient clair depuis vos 10 derniers commentaires que vous n'êtes pas ce prétendu amateur éclairé. pourquoi ne pas s'exprimer au grand jour ?

Je trouve vos commentaires en général trop alambiqués, mélange d'éléments de langage, de communiqué de presse et peut-être de conviction personnelle. Celui-ci mérite lui aussi une clarification sur sa dernière partie.

sur la première partie, les éléments pointés par l'article d'Alain Le Sann sont des faits objectifs, clairement renseignés. Comme ceux de Blue Charity. Persister à ramener cela à des éléments de langage ne grandit pas le débat. Nous ne sommes pas dans ces stratégie ou ces outils de communicant. Vous n'avez d'ailleurs jamais répondu sur ces faits. Je suis sûr que vous avez
un point de vue sur ces éléments et que vous pourriez nous apporter des éléments intéressants, qui permettraient d'affiner le débat.

"Les conflits d'usage doivent être réglés par la société dans son ensemble". Sous réserve que celle-ci soit effectivement bien informée et renseignée sur les tenants et les aboutissants. Sous réserve que les éléments de diagnostic existent et soient partagés, etc. Sous réserve que les questions de gouvernance soient clarifiées et clairement consolidées. On sait tous, et sans tomber dans la théorie du complot, que soumettre des décisions à l'ensemble de la société, si elle n'est clairement pas informée ou au courant de toutes les incertitudes, conduit à un simulacre de démocratie. Et c'est la porte ouverte à tous les guidages d'opinions publiques au travers de sociétés spécialisées telles que "Communications inc." ou de lynchage médiatique.

Vous ne répondez pas sur la dérive
technocratique, désignée par Mark Dowie et d'autres auteurs sous l'appellation phylantocraty. Elle n'a rien de démocratique. Elle est clairement renseignée. Et on pourrait aussi parler du rôle de représentant de la société civile que les ONGE estiment/souhaitent assumer parce que justement les conflits d'usage ne peuvent être résolue concrêtement par toute la société civile.

"Représenter la société civile" car celle-ci ne peut pas participer à ces débats très techniques. Le fait de porter une conviction aussi forte que celle d'une forme européanisée du wilderness - nature vierge - ne fait pas de ces ONGE des représentants de la société civile, mais les représentants de leur groupe, au même titre qu'un partie politique, un syndicat ou une institution religieuse.

Il me semble justement que la menace d'accaparement des mers est bien réelle car justement les conditions de la gouvernance des mers n'est pas réglée, comme celle des terres en Afrique.

Hippolyte a dit…

Cher Monsieur Yan Giron,

Vous me semblez vouloir transformer un débat d'idées en un conflit de personnes. Vous sentiriez vous aussi démuni au niveau des idées que vous en seriez réduit à vous en prendre aux personnes ? Ne comptez pas sur moi pour vous suivre sur ce terrain.

Mais puisque je vous vois en peine de porter un jugement sur des écrits sans savoir à qui ils sont dus et que vous dépensez visiblement plus d'énergie à chercher quelle étiquette vous pourriez mettre sur vos interlocuteurs plutôt que d'essayer de les lire de façon objective, en vous disant qu'on s'enrichit toujours au contact des idées qui ne sont pas les nôtres… eh bien, je vais vous dire qui je suis.

Je suis un quidam.

Cela dit, ma pratique de la pêche sportive me pousse à m'intéresser à tout ce qui touche à la préservation des ressources halieutiques. Et ma formation de biologiste me permet de porter un regard relativement compétent sur certains sujets qui s'y rapportent. Je ne fais partie d'aucune institution professionnelle qui soit concerné de prêt ou de loin par la pêche ni d'aucune association, organisation ou fédération qui s'occupe de pêche ou de défense de l'environnement. Je vous l'ai dit : je suis un quidam !

Mais les quidams ont le droit d'être passionnés par les sujets de société, tout autant que ceux qui s'y intéressent pour défendre leurs intérêts privés !

Et si vous le voulez bien, revenons au débat d'idées.

Je fais partie de ces gens qui pensent que les aires marines protégées seraient totalement inutiles si les activités anthropiques étaient partout respectueuses de notre environnement. C'est notamment vrai pour la pêche. C'est faute d'arriver à imposer partout ces règles de respect de l'environnement qu'on en est arrivé à cette idée d'aires marines protégées : pour essayer de limiter les dégâts. En augmentant petit à petit les surfaces couvertes par ces zones de protection, certains se sont dits qu'on diminuerait d'autant les surfaces où les pratiques condamnables continuent de s'exercer. C'est triste d'en arriver là. Mais cherchons bien à qui revient la faute…

Compte tenu du peu d'empressement des pêcheurs professionnels à accepter les réformes qui modifieraient leurs pratiques actuelles, je pense qu'on peut prédire que les aires marines protégées auront de plus en plus de partisans dans les années à venir. Le grand public n'est pas si mal informé que vous voulez bien le dire.

Yan Giron @PecheFraiche a dit…

Et bien en ce cas prononcez vous sur les faits objectifs de ce rapport qui ne sont nullement un blanc seing à la pêche.

Et si le quidam éclairé que vous revendiquez être dispose d'informations concernant ces faits là, nous serons heureux de pouvoir aussi enrichir le débat à partir de cela.

agence matrimoniale orléans a dit…

...

andaprest a dit…

c bon le poisson

Hippolyte a dit…

A Yan Giron,

Je ne me sens pas tenu de faire l'exégèse de textes de nature idéologique tel que celui qui est rapporté ici. Mes compétences se situent dans le domaine scientifique.

Je sais bien que pour certains idéologues "tout est dans tout" et qu'on ne peut pas dissocier le scientifique, de l'économique et du social. En ce qui me concerne, je considère que l'expertise scientifique ne doit pas être entachée de considérations idéologiques. Je n'ai d'ailleurs aucune indulgence pour les scientifiques qui ne respectent pas cette exigence fondamentale dans la pratique de leur métier. S'ils veulent exprimer leurs opinions personnelles, c'est en dehors de leur exercice professionnel qu'ils doivent le faire, et en n'impliquant pas l'organisme auquel ils appartiennent.

Ce qui me choque le plus, dans ces textes de nature idéologique, c'est la propension qu'on leurs auteurs à essayer de discréditer ceux qui ne pensent pas comme eux, à l'aide d'arguments qui n'ont rien à voir avec le sujet traité. C'était particulièrement flagrant dans le débat qui a opposé naguère ceux qui prétendaient démontrer la nature cosmique du réchauffement climatique à ceux qui prétendaient en démontrer la nature anthropique. Certains scientifiques ne sont pas sortis grandis de ce débat.

Eh bien, je suis également choqué de voir dans cet article comment on essaie de discréditer une théorie (la tragédie des communs) en rapportant des propos tenus par son auteur mais qui n'ont rien à voir avec la théorie.

Je n'ai pas besoin de savoir qui était Darwin pour juger de l'exactitude de sa théorie de l'évolution. Si certains biologistes la remettent actuellement en question, sur certains points de détail, ce n'est pas à cause de propos que Darwin aurait tenu par ailleurs mais à cause de découvertes récentes de la biologie moléculaire.

Voilà, je n'ai rien d'autre à dire à propos des écrits dont il est question ici.

Cordialement

gagner des cadeaux a dit…

J'espère que ce programme national soit utile pour le peuple...