mardi 1 janvier 2013

News de la Pêche dans le monde : Janvier, février et mars 2013


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie


1e trimestre 2013 : Janvier / Février / Mars

Suite des actualités : 2e trimestre 2013

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Le 29 mars 2013

Maroc. La reconstitution des stocks se confirme

Hausse de 35% des débarquements à fin février

Retour à la normale de la pêcherie du poulpe

Source : L'Economiste

Après deux années de crise, l’industrie de transformation notamment la conserve et la congélation a retrouvé le niveau normal de l’approvisionnement
                 
La bonne marée est de retour. Tous les segments de la pêche côtière et artisanale affichent, en effet, une forte augmentation des captures après trois années de stagnation, voire de repli. Selon les statistiques de l’Office national des pêches (ONP), les débarquements sur les deux premiers mois de l’année s’inscrivent en hausse de 35%  par rapport à la même période de 2012. Le volume des prises est ainsi passé de 116.100 tonnes à près de 157.110. Parallèlement, la contre-valeur a marqué une progression de 12% à 870,1 millions de DH contre 778,5 à fin février de l’année précédente.

L’amélioration résulte essentiellement de la production du poisson pélagique qui représente 84,5% de l’ensemble des débarquements suivis par l’ONP. Au total, le volume des petits pélagiques s’est élevé à 132.740 tonnes au lieu de 98.000. La valeur des captures s’est appréciée quant à elle de 56% à 332,6 millions de DH dopée en cela par la sardine dont les recettes se sont améliorées de 84% à près de 200 millions de DH. C’est ce qui explique d’ailleurs le niveau élevé des prix à la consommation sur le marché local. Laquelle a plutôt accusé une légère régression de 1% en faveur des industries de conserve et de congélation.

Par contre, les débarquements des anchois et du thon ont accusé une baisse respective de 84 et de 100%. Le segment de poisson, autre groupe d’espèces largement exportées et consommées localement à l’état frais a vu sa production augmentée de 12% à 12.000 tonnes contre 10.755 à fin février 2012. Alors que la valeur des prises a progressé de 7% atteignant 211 millions de DH contre 197,2 millions.

La même tendance à la hausse est constatée pour les céphalopodes dont le volume est passé de 5.320 tonnes à 10.000, soit près de 90%. Cependant, la valeur s’est inscrite en repli de 12% en raison de la baisse des prix du  poulpe qui représente plus de 70% des captures des céphalopodes. La production de cette espèce ayant explosé de 131% sur les deux premiers mois de 2013. «C’est l’effet de la fermeture généralisée de cette pêcherie durant la période de reproduction automnale, combinée aux efforts de contrôle des navires par satellite et de lutte contre la pêche illégale», explique le département de Pêche. Pour preuve, le rendement journalier des 174  navires hauturiers actifs ont atteint des niveaux de production d’une tonne par jour et par navire et autant pour les autres espèces comme la seiche et le calmar.

En somme, les chiffres de l’ONP traduisent la reconstitution des stocks des différentes pêcheries aménagées. Seul bémol, les prix du poisson restent relativement chers. Certaines variétés du poisson blanc et des crustacées s’avèrent pratiquement inabordables.

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Le 28 Mars 2013

La présence de pétrole ravive les tensions autour du lac Malawi

Un différend frontalier oppose Tanzanie et Malawi au niveau du lac Malawi, troisième plus grand lac d'Afrique (29500 km2 - 580 km de longueur) et dont dépendent environ 1,5 million de Malawiens et 600.000 Tanzaniens pour la nourriture, le transport et d’autres besoins quotidiens.

Le Malawi revendique la totalité des eaux du lac en s’appuyant sur un traité colonial : l'Accord de 1890 de Heligoland entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne stipulait que la frontière entre les deux pays se trouvait le long du côté tanzanien du lac.

Selon la Tanzanie, ce traité avait des lacunes. La position de la Tanzanie est une partition tracée au milieu du lac, réaffirmant que c'est la pratique entre les pays qui se partagent des plans d'eau.

Lac Malawi : Deux millions de gens placent leur espoir dans la médiation

Source : IPS par Mabvuto Banda

Plus de deux millions de familles qui dépendent uniquement du lac Malawi pour leurs moyens de subsistance mettent avec inquiétude leurs espoirs dans une médiation prochaine entre le Malawi et la Tanzanie destinée à mettre fin à un différend de longue date sur la propriété du lac.

Cette médiation devrait commencer dans ce mois après que les deux parties ont convenu en décembre 2012 d'engager l'assistance du Forum des anciens chefs d'Etat et de gouvernement, qui est présidé par l'ancien président mozambicain, Joachim Chissano.

"Après plusieurs tentatives pour régler le conflit, nous sommes arrivés à la conclusion que nous avons échoué et que nous avions besoin d'un tiers pour nous aider", a déclaré à IPS, Patrick Kambabe, secrétaire principal au ministère des Affaires étrangères du Malawi. "En janvier, le Malawi avait soumis sa position après avoir accepté que le Forum nous aide à régler le conflit", a indiqué Kambabe.

Dans une interview accordée aux médias tanzaniens, l'homologue de Kambabe en Tanzanie, John Haule, a confirmé que son pays, aussi, avait accepté d'impliquer les anciens dirigeants et avait soumis sa propre déclaration de principe à Chissano.

"Le forum examine maintenant le document et nous allons ensuite demander une consultation si elle est nécessaire", a estimé Haule.

Il a dit qu'il s'attendait à ce que la question soit réglée en trois mois.

Selon les autorités, environ 1,5 million de Malawiens et 600.000 Tanzaniens dépendent du troisième plus grand lac d'Afrique pour la nourriture, le transport et d’autres besoins quotidiens.

Lorsque IPS a visité le district de Karonga, sur les rives du lac Malawi, les communautés environnantes ont déclaré qu'elles étaient préoccupées par la tension accrue et enthousiastes de voir une résolution.

"J'avais l'habitude de traverser la frontière pour me rendre à Kyela en Tanzanie toutes les deux semaines pour échanger le sucre contre des vêtements, que je vends. Mais aujourd’hui, j'y vais seulement une fois par mois parce que les responsables tanzaniens de l'immigration à la frontière de Songwe sont devenus très sévères et nous maltraitent", a expliqué Joyce Nyirongo, une mère de quatre enfants. Elle avait peur de donner des détails sur les mauvais traitements.

Appelé lac Nyasa en Tanzanie et Lago Niassa au Mozambique, la masse d'eau disputée devrait se trouver sur des réserves riches en en pétrole et en gaz, selon de récents rapports du gouvernement malawien.

Le potentiel minéral a ravivé un différend frontalier entre le Malawi et la Tanzanie, qui reste irrésolu depuis près d'un demi-siècle.

Le conflit a dégénéré en juillet 2012 lorsque le Malawi a accordé des licences d'exploration pétrolière à la compagnie pétrolière 'Surestream Petroleum', basée au Royaume-Uni.

Et en décembre 2012, le Malawi a accordé la deuxième plus grande licence à 'SacOil Holdings Ltd.', basée en Afrique du Sud, une démarche qui a aggravé la crise.

A deux reprises, les deux pays ont tenté de résoudre le conflit diplomatiquement, mais en vain.

Les deux pays espèrent obtenir la meilleure issue qui règlera le différend une fois pour de bon, quand la médiation débutera dans ce mois.

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Le 27 Mars 2013

Estimation de la pêche illégale étrangère en Guyane française

Levrel Adrian 

Source : Ifremer 2012

Résumé

La pêche illégale, non déclarée et non règlementée (INN) constitue partout dans le monde une menace pour la viabilité des pêcheries et pour la gestion et la conservation des ressources halieutiques et de la diversité biologique marine (FAO, 2007). En Union Européenne, tout est mis en œuvre pour combler les lacunes permettant aux opérateurs contrevenants de tirer profit de leurs activités:

La Guyane, bien que Française constitue un cas particulier. La pêche y est le troisième secteur productif et malgré une croissance démographique importante, on n’y constate pas de surpêche (au sens halieutique). Cependant, la durabilité de la pêche y a été souvent remise en question par les professionnels ces dernières années à cause de la pêche illégale des pays frontaliers. Ce rapport présente les premiers résultats d’une quantification de cette pêche illégale, sur la base des données recueillies par la Marine nationale et la Gendarmerie maritime. Cette étude servira également pour affiner les estimations de stock, notamment le stock d’Acoupa rouge, dans le cadre du projet DEPECHE (Développement durable de la pêche côtière en Guyane : potentiel économique et bio-écologique).

Conclusion

Des eaux plus poissonneuses et des contrôles en mer limités, voici deux des facteurs responsables de l’apparition de la pêche étrangère illégale en Guyane française.

Le nombre de navires illégaux est important, avec en tête les navires d’origine brésilienne. Aujourd’hui la ressource serait davantage exploitée par les navires étrangers (60% des navires en 2010) que par les embarcations locales.

Non seulement cette flotte semble augmenter (à vérifier fin 2012) mais le taux de récidive également (40% en 2010). Dans 4 à 5 ans, si la tendance actuelle se perpétue, environ la moitié des navires observés pêchant illégalement dans les eaux côtières de la Guyane seraient des récidivistes, des « habitués » venant pêcher illégalement en toute connaissance de leur illégalité. Concrètement, la présence étrangère dans la ZEE exploserait.

Un pêcheur local verrait, en moyenne, aujourd’hui plus de trois fois plus de bateaux étrangers illégaux qu’il y a à peine 3-4 ans.

De plus, la pêche illégale est plus efficace : filets pouvant atteindre 5km, existence de «Tapouilles-filles», des équipages souvent plus nombreux (régulièrement supérieurs à 10 marins), des navires plus gros et plus rapides, etc...

La conséquence de tous ces facteurs combinés est que la production illégale estimée dépasse la production locale et serait, en 2010, approximativement 2.5 à 3 fois supérieure.

En considérant que les navires illégaux ne remplissent leurs cales qu’à moitié (hypothèse la plus faible), la production illégale resterait 1.4 fois supérieure. Il est souhaitable de travailler de concert avec la marine nationale et organiser des embarquements réguliers afin de pouvoir estimer cette production illégale par espèce.

La communauté de pêcheurs impute parfois leur baisse de productivité à la pêche illégale. Reste donc à déterminer l’état actuel des stocks en espèces côtières et l’impact de cette pêche illégale sur la ressource. Quoi qu’il en soit, la pêche illégale est significative et devra être prise en compte dans l’évaluation des stocks.

La pêche est un secteur clé du développement de la Guyane. Les structures tendent à se développer mais la concurrence illégale des transfrontaliers pourrait bien faire obstacle à cette croissance attendue.

Au-delà des préoccupations économiques se posent les questions environnementales. L’équilibre actuel de l’écosystème côtier pourrait être remis en question si les espèces exploitées étaient surpêchées.

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Le 26 Mars 2013

Chili. Crime environnemental ?

Au Chili, les plages de la province de Concepcion sont devenues roses à cause d’un nombre important de crustacés échoués.

Des dizaines de milliers de crevettes...

Ainsi que crabes, moules et mollusques différents se sont échouées sur les plages de la province chilienne de Concepcion....

Pour une raison qui reste inconnue pour l’instant. La police n'exclut pas une piste criminelle.





Des centaines de milliers de crevettes mortes se sont échouées sur une plage de Coronel au Chili mercredi 20 mars, couvrant la plage d'une marée rouge, rapporte le HuffPost UK.

Cette plage se situe à 530 km au sud de la capitale Santiago, d'après Reuters (voir la vidéo ci-dessus). Plusieurs experts suspectent un "crime environnemental". Des pêcheurs locaux ont accusé deux centrales thermoélectriques d'avoir contaminé les eaux en rejetant des déchets dans l'océan, entraînant la mort de ces crevettes, selon AP.

"J'ai 69 ans et j'ai commencé à pêcher quand j'en avais 9, mais en tant que pêcheur, je n'ai jamais vu un désastre de cette ampleur", a déclaré Gregorio Ortega à la radio locale Bio Bio.

"Nous allons collecter autant de preuves que possible pour déterminer si nous avons affaire à un crime environnemental", a lancé Ana Maria Aldana, procureur chilienne spécialisée dans les crimes environnementaux, à l'antenne de la télévision d'Etat.

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Le 19 Mars 2013

AppliFish, tout sur les espèces marines en un clic
           

Une nouvelle application fournit des informations sur plus de 550 espèces marines

Grâce à AppliFish, les consommateurs peuvent choisir des poissons qui ne sont pas en danger

Source : FAO

Vous voulez en savoir plus sur le poisson que vous mangez ou que vous vous apprêtez à acheter? Vous assurez qu'il ne s'agit pas d'une espèce en danger? AppliFish vous le dira. Cette application mobile gratuite développée par la plate-forme de données sur la pêche et la biodiversité iMarine vous informe sur le monde aquatique, partout et à tout moment.

Alors que la consommation humaine de poisson a doublé au cours des cinquante dernières années, l'action publique pour une utilisation durable des écosystèmes aquatiques doit résoudre les problèmes qui pèsent sur les stocks halieutiques mondiaux.

D'après la Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2012 de la FAO, environ 30 pour cent des stocks de poissons marins du monde évalués en 2009 étaient surexploités.

«Grâce à AppliFish, les consommateurs peuvent choisir des poissons qui ne sont pas en danger, ce qui aide à garantir qu'il en reste suffisamment pour les générations futures», explique M. Marc Taconet de la FAO, Fonctionnaire principal, Chargé d'information sur les pêches et président du Conseil d'administration d'iMarine. «Les consommateurs peuvent aussi utiliser cette application pour en savoir plus sur les espèces et leur habitat, sur les niveaux de capture et sur les menaces pesant sur chacune.»

Pour un choix informé des responsables politiques et des consommateurs

iMarine est un consortium international réunissant 13 organismes de recherche, universités et organisations internationales de trois continents. Il bénéficie d'un financement de l'Union européenne (UE) à hauteur de 5 millions d'euros.

Sa nouvelle application, AppliFish, compte également une version Internet qui propose des informations scientifiques complémentaires aidant les responsables politiques, les producteurs et les consommateurs à prendre des décisions éclairées et contribuant à façonner les politiques indispensables à la gestion responsable des pêches et à la conservation des ressources aquatiques, conformément aux principes énoncés dans le Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO.

AppliFish vient compléter les applications d'iMarine pour la gestion, le traitement et la visualisation de contenus scientifiques visant à sensibiliser aux problèmes des écosystèmes aquatiques.

Parmi ces applications figurent l'outil de cartographie de la biodiversité AquaMaps, l'outil VTI, qui relaie à destination des scientifiques spécialistes de la pêche les informations transmises par les navires sur leur activité et sur les conditions environnementales, enfin, le système intégré d'informations sur les captures ICIS, qui fournit des renseignements sur les captures d'espèces aquatiques à l'échelle régionale et mondiale.

Plus de 550 espèces

AppliFish a reçu un prix lors de la 10ème Rencontre de concertation sur les infrastructures virtuelles (e-Infrastructure Concertation Meeting) organisée à Bruxelles les 6 et 7 mars pour débattre de l'actualité et de l'avenir des politiques de recherche et d'innovation de l'UE.

Cette application est conçue pour devenir une référence, à portée de clic, dans le domaine de la connaissance marine. Elle offre des informations de base sur plus de 550 espèces marines, notamment leurs appellations courantes, leur taille, leur répartition, et propose des cartes qui illustrent l'évolution de la répartition des espèces sous l'effet du changement climatique.

AppliFish s'appuie sur les données de sources internationales faisant autorité telles que la base FishFinder de la FAO, les statistiques de la FAO, le registre WoRMS, les bases Fishbase et SeaLifeBase, les listes de l'UICN, les cartes d'AquaMaps et les données d'OBIS, regroupant toute cette expertise pour créer une communauté de pratiques en appui de l'approche écosystémique de la gestion des pêches et de la conservation des ressources marines vivantes.

AppliFish est disponible pour Android et pour iOS.

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Le 18 mars 2013

La Sapmer se lance dans un Pacifique envahi par d'immenses réserves marines

L’armement réunionnais Sapmer crée une holding pour gagner le Pacifique. Treize senneurs de 80 mètres à construire pour le groupe concarnois Piriou.

Étrave inversée, silhouette plus trapue que celle des précédents senneurs construits par Piriou, large plate-forme pour hélicoptère sur la passerelle, 79,90 mètres de long pour répondre aux règles d’exploitation dans l’océan Pacifique… Le nouveau thonier surgélateur imaginé par le chantier concarnois symbolise les ambitions de la Sapmer.

« La Papouasie-Nouvelle-Guinée vient de nous accorder dix licences d’exploitation, indique Yannick Lauri, directeur général de l’armement. Le premier bateau doit y entrer en service dès 2015. » Dix unités identiques seront exploitées au nord de l’île de Madang, « où tout est à construire ». L’armement réunionnais mise sur un potentiel de plus de 10 000 tonnes de thon par navire. « Le poisson est à deux heures de route de notre futur site d’implantation où 2 000 emplois vont être créés, équipages compris », indique Yqannick Lauri. La Sapmer emploie aujourd’hui près de 600 personnes.

Se renforcer dans l'océan Indien

Avant de faire tourner ses sennes dans le Pacifique, Sapmer va continuer à se renforcer dans l’océan Indien. Deux nouveaux thoniers de 90 m, en construction chez Piriou au Vietnam, « vont rejoindre, en août et novembre, les cinq que nous possédons déjà. Suivront en 2014, trois autres unités de 80 m destinées, elles aussi, à travailler dans l’océan Indien. » Toutes ces commandes honorées, Sapmer disposera d’une vingtaine d’unités. Dans le même temps la société réunionnaise annonce la construction d’une nouvelle usine de 21.000 tonnes à l’île Maurice.

Diversification réussie

Depuis sa diversification dans le thon tropical, l’armement basé à La réunion connaît une progression spectaculaire. Son chiffre d’affaires 2012 s’élève à 93 millions d’euros. Il était de 33 millions en 2009. En jouant la valorisation de ces captures congelées à - 40° au sortir de l’eau, l’armement a développé une clientèle importante en Asie. La conjoncture économique autour du thon tropical lui a aussi été favorable. « Cette année, le thon brut destiné à la conserve a atteint des niveaux records », explique le directeur général. Pour satisfaire leur appétit les conserveurs paient le kilo autour de 2 €, le double du prix payé en 2010. Le marché du thon se négociant en euro, la Sapmer a également bénéficié d’un taux de change très favorable avec le dollar.

« Internationaliser notre groupe »

Malgré ces succès, la Sapmer a atteint ses limites d’investissement. Avec la livraison de deux senneurs en 2012, l’endettement a grimpé de 51 millions à 91 millions l’an dernier. Pour intéresser de nouveaux investisseurs et ne pas affoler ses banquiers, la société vient de créer une société de droit singapourien, la Sapmer holding PTE limited. Objectif : « Internationaliser notre groupe. » Méthode : « Créer des sociétés dédiées à la Réunion, à l’île Maurice et dans le Pacifique. »

À l’automne 2013, l’armement prévoit aussi d’exploiter un quota d’environ 1 000 tonnes de poisson des glaces qu’il va chaluter dans les mers australes où il exploite déjà la langouste et la légine. Des filons en or.

Jean-Pierre BUISSON.

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Pacifique: Palau, sanctuaire de requins, veut bannir la pêche commerciale

L'archipel de Palau (ou Palaos), dans le Pacifique, veut bannir toute pêche commerciale dans ses eaux et créer une réserve marine vaste comme la France, a annoncé son président, le 15 mars 2013. 

Faisant partie des îles Carolines, ce micro-État de près de 300 îles ne compte que 21.000 habitants, mais sa zone économique exclusive recouvre 603.978 km2, une superficie supérieure à la France métropolitaine. Il tire près de 4 millions d’euros de revenus annuels des autorisations de pêche accordées aux bateaux étrangers, dont l’essentiel par le Japon et Taïwan.

Déjà proclamé sanctuaire pour les requins, Palau deviendrait, selon le président, Tommy Remengesau, « un espace si bien protégé » qu'il fera de Palau « le plus grand sanctuaire marin au monde » d’un seul tenant - un titre déjà revendiqué par les îles Cook et le Kiribati.

Les bateaux étrangers pêchant autour des 300 îles de l'archipel ne rapportent quasiment rien à ses 21.000 habitants au regard du coût écologique supporté et des revenus du tourisme qu'une interdiction pourrait générer.

« Palau ne sera plus simplement un sanctuaire pour les requins mais un sanctuaire marin protégeant toute la vie marine à l'intérieur de sa zone économique exclusive (ZEE) », a-t-il dit.

Selon le ministre des Ressources naturelles, Umiich Sengebau, le pays tire chaque année quelque 5 millions de dollars de revenus de l'activité des bateaux de pêche étrangers, dont 4 millions proviennent de la pêche au thon pratiquée essentiellement par les Japonais et les Taïwanais.

« Une zone d'exclusion de la pêche commerciale dans la ZEE signifierait que seules seraient autorisées la pêche de subsistance pour les habitants de Palau et la pêche sportive touristique qui prévoit le rejet des poissons vivants » à la mer, a souligné le président Remengesau.

Le manque à gagner serait couvert par une hausse du nombre de touristes étrangers attirés par la biodioversité marine de l'archipel. Palau ne dispose cependant actuellement que d'un seul bateau --vieillissant-- de surveillance maritime. D'après Le Marin  et Sciences et avenir

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Le 16 mars 2013

En République Démocratique du Congo, 100 personnes meurent de naufrage chaque mois


Sur les 15.000 kilomètres de voies navigables congolaises, 9.000 km ne sont pas balisés, selon le rapport des états généraux sur le transport fluvial, maritime et lacustre.

«Environ 100 personnes meurent par mois en République démocratique du Congo (RDC) du fait des naufrages des bateaux qui ne répondent pas aux règles de navigation fluviale et maritime», affirme un rapport gouvernemental, présenté par le 7 mars par Justin Kalumba, ministre congolais des Transports et Voies de Communication.

Ce rapport indique que sur quatre ans, entre 2008 et 2011, «au moins 4.477 personnes sont mortes à travers les accidents survenus sur les fleuves et les lacs de la RDC». Il ajoute que «ces victimes ont été enregistrées sur 153 cas de naufrages des bateaux déclarés; ce qui fait une moyenne de plus de 38 naufrages chaque année». Par ailleurs, selon des rapports de la Commission internationale du Bassin du Congo et Oubangui, «les unités flottantes, dont la plupart sont des baleinières non identifiées et construites dans l’irrespect des normes universelles, engendrent annuellement près de 50 pour cent de naufrages enregistrés sur le fleuve et les rivières de la RDC».



Mais pour le gouvernement, «les causes de ces naufrages sont généralement la mauvaise qualité des bateaux, la faible qualification du personnel naviguant, la corruption des agents commis aux ports et beaches,…» En effet, le rapport affirme que «plus de 600 capitaines de bateaux et conducteurs d’embarcations de fortune» n’ont pas de qualifications professionnelles et éthiques requises.

Kalumba a également reconnu «l’incompétence et la complaisance de beaucoup de commissaires fluviaux lacustres qui n’obéissent qu’au pouvoir de l’argent sans aucune dignité et qui délivrent des titres de manière complaisante pour des bateaux ne remplissant pas les conditions de navigabilité». Selon Jean de Dieu Kabukayi, directeur au port de Boma, un des plus grands ports du pays, situé dans la province du Bas-Congo (ouest de la RDC), «l’ampleur de la corruption au port a été la cause principale de la suspension, par le ministre, de plusieurs dizaines d’agents et cadres de l’Etat au début du mois de mars 2013».

Mais, «ce rapport est incomplet; il ne fait pas allusion au nombre de naufrages des pirogues et donc des morts qui se comptent par milliers à travers les rivières», affirme Georges Cikuru Balagizi, pêcheur et vendeur demi-gros des fretins frais tirés du lac Kivu, dans l’est de la RDC. Balagizi indique que «presque tous les matins, on retrouve des corps sans vie qui planent sur le lac. Il s’agit généralement des pêcheurs de nuit et des passagers qui voyagent dans des pirogues pour rejoindre les îles voisines où ils vont acheter des fruits et venir les revendre à Bukavu», la capitale de la province du Sud-Kivu.

Il déclare : «La responsabilité de l’Etat est grande. Les autorités doivent interdire les voyages dans des pirogues et bateaux qui ne sécurisent pas les voyageurs. Elles doivent aussi encadrer les voyages de nuit en s’assurant que les bateaux et les pirogues...sont équipés de lumières, de boussoles et que leurs équipages sont professionnels».

«Un autre problème qui relève du devoir du gouvernement, concerne les manifestes. Souvent, les bateaux et les pirogues cachent le nombre réel des passagers. Les bateaux et les pirogues embarquent au-delà de leurs capacités réelles», souligne Papy Kirongozi, propriétaire de deux bateaux qui naviguent entre Kinshasa – la capitale de la RDC - et l’Equateur, une province du nord-ouest....




"Ça s'appelle mettre la charrue avant le bœuf, c'est à dire interdire le moyen d'approvisionnement du Congo sans prévoir le moyen alternatif, les congolais vont encore crever de faim. Pauvre congolais."

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Le 15 mars 2013

L’accaparement des mers, un nouveau danger pour l’Afrique 


Accords d’accès déséquilibrés, prises non signalées, incursions en eaux protégées, détournement des ressources au détriment des populations locales, l’accaparement des mers – dans ses différentes formes – constitue la deuxième plus grande menace à la sécurité alimentaire de l’Afrique après l’accaparement des terres arables.

Depuis plusieurs années, Africa Diligence attire l’attention des décideurs et de l’opinion publique sur les dangers de l’accaparement des terres arables en Afrique. Le 30 octobre 2012, c’était au tour d’Olivier de Schutter, Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, de mettre en garde contre la menace que l’accaparement des mers fait planer sur la sécurité alimentaire. Un nouveau front de combat pour l’Afrique.

L’accaparement des mers est une menace aussi grave que l’accaparement des terres, estime le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, De Schutter, qui interpelle les autorités des pays du monde à revisiter de manière urgente les Accords de licence et d’accès (ALA) qui régissent leurs activités. «Sans une action rapide pour sauver les eaux de pratiques intenables, les pêches ne pourront plus jouer leur rôle capital dans la garantie du droit à l’alimentation de millions de personnes», a annoncé l’expert avant de remarquer que «les systèmes agricoles étant soumis à une pression croissante, bon nombre de personnes se tournent aujourd’hui vers les rivières, les lacs et les océans pour se procurer une part grandissante de nos protéines alimentaires».

Ces pratiques de l’accaparement des mers sous la forme d’accords d’accès déséquilibrés qui prennent de l’ampleur, nuisent aux pêcheurs artisanaux. Constitués de prises non signalées, d’incursions en eaux protégées et de détournement des ressources au détriment des populations locales, elles peuvent s’avérer une menace aussi sérieuse que celle des terres car elles favorisent la diminution de l’offre de poisson par habitant dans les pays pauvres et en premier lieu, en Afrique.

«La consommation de poisson en Afrique a beau être la plus faible en quantité par habitant (9 kg contre une trentaine de kilos dans les pays industrialisés), elle constitue, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, la moitié des apports en protéine, un record. Mauvaise nouvelle, l’offre de produits de la mer par habitant a baissé en Afrique. C’est le seul continent touché pour l’heure, mais les îles du Pacifique pourraient bientôt lui emboîter le pas», souligne le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, relayé par Claire Fages dans son émission «Chronique des matières premières» sur RFI.

«Les ressources locales de poisson échappent de plus en plus à la pêche traditionnelle, elles sont accaparées par les flottes industrielles lointaines, dont la capacité serait déjà deux fois supérieure à la limite d’une exploitation viable des océans… Ces chalutiers géants, qui emploient 500 000 personnes dans le monde, capturent à présent autant de poisson que les 12 millions de pêcheurs artisanaux de la planète, soit 30 millions de tonnes, et avec une consommation de mazout quatre fois plus importante», précise Olivier De Schutter.

«Les pays exportateurs devraient, selon le rapporteur de l’ONU, au nom du devoir alimentaire et de l’emploi, assurer la pérennité la pêche traditionnelle, même s’ils vendent des licences de pêche à l’étranger. Et ils doivent veiller à ce que les retombées financières de ces accords soient suffisantes et profitent à leur population. La Guinée-Bissau, par exemple, reçoit 2% de la valeur finale des prises. Le Mozambique, lui, vend ses crevettes à l’étranger, pour importer des poissons plus bas de gamme de Namibie ou d’Afrique du Sud pour sa population, mais les termes de l’échange se sont dégradés»....Suite Africa Diligence

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Le 14 mars 2013

« La pêche artisanale est le modèle d’avenir en Afrique »

Béatrice Gorez, coordinatrice de la Coalition pour des accords de pêche équitables (Cape) : « La pêche artisanale est le modèle d’avenir en Afrique »

Source : Le Soleil

Les assises annuelles de programmation des activités de la Coalition  pour des accords de pêche équitables (Cape) ont réuni, du 19 au 22 février, à Bruxelles, les différents partenaires de l’organisation, notamment la confédération africaine des organisations professionnelles de pêche artisanale (Coapa) et le réseau des journalistes pour une pêche artisanale responsable en Afrique de l’Ouest (Rejoprao).  La rencontre a été marquée, cette année, par la présentation du nouveau site de type wikipedia pour servir de base d’informations susceptibles de contribuer à l’amélioration de la transparence dans le secteur de la pêche. Le site Transparent Sea se veut une plateforme d’informations au service de la pêche et particulièrement des communautés de pêcheurs africains. La coordinatrice de la Cape, Mme Béatrice Gorez, évoque  les enjeux du secteur et les perspectives pour une pêche responsable et durable en Afrique.

Quels sont les enjeux de cette rencontre axée sur la pêche artisanale et comment voyez– vous aujourd’hui le secteur ?
C’est une rencontre de programmation de nos activités pour les trois prochaines années et nous avons voulu associer nos partenaires notamment la confédération africaine des organisations professionnelles de pêche artisanale (Coapa) et le réseau des journalistes pour une pêche responsable en Afrique (Rejoprao). Nous avons fait cette rencontre de programmation parce que nous voyons que les enjeux, vu d’Europe mais aussi d’Afrique, évoluent beaucoup, donc il était important de réfléchir sur ces enjeux et de voir en quoi cela va changer.  Par rapport à nos activités, nous sommes pour des accords de pêche équitables mais nous voyons aujourd’hui que ces accords deviennent de plus en plus marginaux. Ce qu’on voit se développer, ce sont surtout des multinationales qui se cachent derrière des sociétés mixtes pour  pavillonner leurs bateaux dans des pays comme le Sénégal, la Mauritanie, etc. Les accords de pêche avec les pays de l’Union européenne ne sont que la face visible de l’iceberg mais en dessous, il y a autre chose qui n’a rien à voir avec  les accords de pêche et qui n’est pas aussi transparent quelque part. On a le cas de ces sociétés mixtes qui manquent de transparence mais aussi celui des bateaux espagnols, français, asiatiques qui prennent le pavillon des pays côtiers ouest-africains et on ne sait pas trop bien ce qu’ils font parce qu’ils n’embarquent pas d’observateurs. Tout cela est donc une zone grise où il n’y a pas beaucoup d’informations. De ce fait, une chose importante qu’on a  essayé de voir, c’est comment améliorer la transparence dans le secteur de la pêche en Afrique.  C’est pour cela que nous avons essayé de développer un système de type Wikipedia qui va rassembler toutes les informations qui existent sur les conditions d’accès dans les différentes pêcheries, sur les licences,  sur les accords de pêche, pour les mettre à la disposition du grand public. Le site sera une plateforme d’informations au service de la pêche et des communautés de pêcheurs en Afrique particulièrement.
Notre ambition est d’accompagner les communautés de pêcheurs, les aider à mieux comprendre les enjeux actuels de la pêche particulièrement. 

La réforme de la politique commune de  pêche continue encore de susciter d’intenses débats, pouvez-vous nous faire le point de la situation ?
C’est un processus qui a été très long. On a commencé en 2009 par un livre vert qui a été publié par la Commission européenne et, à cette époque déjà, nous avions mobilisé les organisations ouest-africaines pour donner leur avis.  A cette époque, je crois que c’était le seul groupe hors Union européenne qui a donné son avis sur la politique européenne de la pêche. Ce qui est très pertinent parce que même si l’Afrique de l’Ouest ne fait pas partie de l’Europe, elle reçoit les impacts de la politique européenne de la pêche. Notamment par les flottes qui sont actives dans ou en dehors des accords de pêche.
En conséquence, il est très important que des gens qui sont victimes de cela puissent donner leur avis. Ils ont donc donné leur avis en 2009 et depuis lors, il y a eu des propositions qui ont été faites et qui sont passées au Parlement et au Conseil. Toutefois, la décision continue à se prendre. C’est un processus très long et très complexe mais ce qui est important aujourd’hui c’est que le Parlement européen vient de donner son opinion par rapport à la future politique commune de la pêche qui, dans les grandes lignes, soutient ce pourquoi nous et le partenaire ouest-africain avons plaidé, depuis le départ.

Vous êtes donc en phase avec la nouvelle politique ?
On est en phase avec la décision du Parlement européen. Malheureusement, cette décision n’est pas finalisée et elle doit maintenant retourner auprès des Etats membres de l’Union européenne qui vont donner leur décision. On sait qu’au niveau des Etats membres de l’Union européenne, nous avons beaucoup moins d’écoute car, ils écoutent, avant tout, les acteurs de la  pêche industrielle.
Evidemment, le résultat risque d’être plus décevant pour nous que ce qu’a donné le Parlement européen.

Au menu de la dernière réunion de la Commission de la pêche, il y a eu le vote sur l’Accord entre l’Union européenne et la Mauritanie. Le cas échéant, cet accord ne risque-t-il pas d’avoir un effet boule de neige dans les pays voisins ?
L’accord en question n’est toujours pas signé.  C’est aussi un processus très long et donc on se bat beaucoup avec nos partenaires mauritaniens, les acteurs de la pêche artisanale et les Ongs pour que ce soit vraiment un accord qui assure la durabilité et l’équité.
Pour nous, l’élément essentiel de cet accord, par rapport à cela, c’est que, s’il est voté, il sera  le premier accord de non accès. C'est-à-dire, c’est un cadre qui empêcherait les bateaux européens d’avoir accès aux ressources et aux zones de pêche qui sont importantes pour la pêche artisanale mauritanienne. Je crois que si l’on arrive à cela, ce sera vraiment un tournant dans la politique de pêche parce que ce sera la première fois qu’un accord de pêche reconnaisse et respecte les besoins de la pêche artisanale locale.

Quelles sont, aujourd’hui, vos perspectives, particulièrement pour la zone ouest-africaine ?
Nous avons passé trois jours à discuter et parmi les grands axes qui se dégagent, il y a d’abord la transparence. Tout le monde a reconnu qu’il y a un manque de transparence tant au niveau des acteurs de la pêche industrielle que de la pêche artisanale. Mais aussi au niveau des gouvernements qui, par exemple, ne publient pas leur liste de bateaux sous licence et ne publient pas toujours non plus de données sur leur budget et sur la façon dont l’argent des accords de la pêche est dépensé. Il y a vraiment beaucoup d’endroits où il y a de l’opacité. On a beaucoup soulevé, par exemple au niveau du Sénégal, la question des sociétés mixtes qui agissent dans la plus grande opacité.
On a rappelé aussi qu’il y avait eu des octrois de licences de manière illégale à des chalutiers russes alors que cela n’est pas prévu par la loi. Il y a vraiment eu beaucoup d’exemples qui ont été donnés et qui ont montré que la transparence est vraiment une clé pour la participation des communautés côtières et des citoyens simplement.

La pêche artisanale se sent menacée par la pêche industrielle, est-ce votre avis ?
Je crois que la pêche artisanale a plus d’atouts par rapport à la pêche industrielle. Plusieurs personnes ont reconnu ici que, dans plusieurs pays africains, sans subventions et sans accords d’accès qui l’impose, la pêche industrielle est en train de mourir. Sid ‘Ahmed Ould Abeid de la Mauritanie a dit que chez lui, la pêche artisanale côtière est  en train de se développer et elle est très dynamique. Il a dit que la pêche industrielle, en Mauritanie, est en train de mourir.  Je crois qu’au niveau du Sénégal, si l’on regarde les débarquements et les exportations, le dynamisme ne vient pas de la pêche industrielle mais de la pêche artisanale. Cela montre qu’il y a une opportunité aujourd’hui pour la pêche artisanale, si elle est soutenue convenablement, de devenir le modèle de pêche dynamique en Afrique. Et pour cela, il y a des outils qui existent au niveau de la Fao par exemple, la négociation de lignes directrices d’appui à la pêche artisanale. Cela peut servir à accompagner la pêche artisanale pour qu’elle devienne le modèle préférentiel, c'est-à-dire le modèle de développement de la pêche  en Afrique. Il faut se rappeler que la pêche industrielle, en Afrique, c’est une pêche d’importation. Aucun chalutier n’a jamais été construit en Afrique comme étant quelque chose de local. Ce sont tous des bateaux qui ont été importés d’Europe, de Chine, de Corée mais ce n’est pas une pêche locale. Si l’on ne la subventionne plus parce que,  par exemple, dans le cas des accords de pêche, elle était très subventionnée mais si l’on arrête cela et qu’on arrête aussi de lui attribuer des licences par des moyens corrompus, illicites, opaques ; si elle doit être gérée au grand jour comme tout secteur avec des coûts et des bénéfices normaux dans beaucoup de cas, elle ne peut pas s’adapter. Je crois qu’on est à un tournant et que si l’on peut l’accompagner, la pêche artisanale sera le modèle d’avenir mais ce ne sera pas la pêche industrielle.
La pêche artisanale ne doit plus se sentir menacée par la pêche industrielle. C’est tout à fait le contraire.

Aujourd’hui, quel doit être la position des Etats africains  par rapport à cela ?
Moi, je crois qu’ils doivent réfléchir à leur intérêt dans le long terme qui n’est pas d’avoir des bateaux qui sont chers à maintenir et qui font des bêtises parce qu’ils ne peuvent pas être rentables s’ils ne viennent pas pêcher à deux miles de la côte ou qui se permettent d’ignorer la loi.  Je crois que ce n’est pas ça leur intérêt à long terme. Mais il s’agira plutôt d’accompagner la pêche artisanale, d’essayer de  mieux la servir. Il faut lui fournir des infrastructures nécessaires, lui fournir un appui correct surtout en services de base pour qu’elle puisse se développer correctement. Le souhait de la pêche mondiale, c’est qu’on arrive à un modèle de pêche qui soit durable aussi bien au niveau social qu’environnemental. Et pour moi, ce modèle là, dans la majeure partie des cas, que ce soit en Afrique ou en Europe, est la pêche artisanale.

Croyez-vous à la capacité de la pêche artisanale d’assurer la sécurité alimentaire ?
C’est évident, par exemple, au niveau des petits pélagiques en Afrique de l’Ouest, la pêche artisanale est le vecteur qui permet une meilleure sécurité alimentaire aussi bien pour les hommes que les femmes. Parce que ce sont les hommes qui pêchent mais ce sont les femmes qui recueillent le poisson, le transforment et le mettent sur le marché.

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Bruxelles, Adama Mbodj

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Le 13 mars 2013 

Pillage organisé en Mauritanie


Depuis son accession au pouvoir, le Président Aziz, malgré ses promesses, a passé son temps à construire sa propre fortune au lieu de gouverner. Il fait main basse sur l’ensemble de l’économie mauritanienne, de l’exploitation des ressources naturelles aux banques, en passant par la pêche et les projets d’infrastructures. En trois ans, l’auto-proclamé « Président des pauvres » a établi un quasi-monopole du business : état des lieux des pillages du pays et présentation des hommes du président.

Partie 1

Le Président Aziz a-t-il depuis 2008 déjà déclaré ses avoirs personnels ? A-t-il payé une seule fois un impôt quel qu’il soit ? Où est caché le butin gigantesque amassé en si peu de temps grâce à un système politico-économique lucratif ? Dans n’importe quel autre pays on se serait posé ces questions depuis longtemps déjà mais, jusqu’à présent en Mauritanie et au sein des institutions internationales on a préfèré fermer les yeux laissant Mohamed Ould Abdel Aziz instaurer un guichet unique des affaires pour les marchés publics ou internationaux, créer ses propres entreprises « d’État » dans tous les secteurs de l’économie, faire main basse sur les acteurs concurrents, sans hésiter à instrumentaliser la justice, à faire régner la terreur et enfin, en utilisant la Banque Centrale comme goulet d’étranglement pour faire transiter son butin puis le transformer en devises. Mais la situation commence à évoluer avec de nombreuses révélations sur l’implication du président ou de ses hommes, avec récemment encore les déclarations du député français Noël Mamère qui accuse Aziz d’être une plaque tournante du trafic de drogue dans la région.

Les hommes du Président

Pour s’assurer du bon fonctionnement de sa machine à laver l’argent, Aziz doit employer en permanence un gang de courtisans qu’il enrichit tout en les chargeant de dissimuler ses propres avoirs. Qui sont les prête-noms qu’il utilise pour blanchir sa fortune fraîchement acquise ? Cette nouvelle classe d’hommes d’affaires maquignons, qui tous travaillent pour Aziz, sont en train de mettre en coupe réglée l’économie du pays. Pas un secteur n’échappe à leur voracité…

1- Feil Ould Lahah :

« Cousin germain » du président Aziz, ce jeune homme dont la famille est venue en Mauritanie suite à l’expulsion des mauritaniens du Sénégal en 1989, est aujourd’hui à la tête d’une immense fortune et d’un puissant groupe économique et financier.
La Banque : BMS (Banque A l Mouamalatt Essahiha)
Consignation et l’Armement : Ridha
BTP : EGEC - TP : Entreprise Générale de Construction et de Travaux Publics
Transport maritime : Canary Feeder
Transit et Consignation : TCS
Assurances : EL WAVA Assurances
Distribution des produits pétroliers : National Petroleum-sa
BTP : Feil a signé un contrat avec la société espagnole Franjuan en vertu duquel 3% de tout contrat signé en Mauritanie lui reviennent en contrepartie de ses « facilitations ».

2- Mohamed Abdallahi Ould Yaha :

A l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir, les affaires de Ould Yaha battaient de l’aile ; MIP Auto, MIP Naval et SOFAPOP étaient en instance de fermeture. Rapidement, il deviendra, pour le compte du Président, l’homme des Chinois en Mauritanie.

Ould Yaha est le partenaire-intermédiaire de la fameuse convention de pêche avec les Chinois de Polyhondong qui fait couler tant d’encre car il s’agit d’un blanc seing illimité sur 25 ans (aussi bien en termes de réserves naturelles que de techniques de pêche). C’est sans doute pour leur laisser le champ libre que les conditions posées aux européens ont été si difficiles, et c’est aussi pour eux que les licences libres octroyées depuis plusieurs années aux Ukrainiens de Bougherbal, aux Russes de Maurice Benza, aux Hollandais de Meyloud Ould Lekhal, aux Espagnols d’Ahmed Ould Mouknass etc….ont été annulées à partir du 1er septembre dernier.

Il touche des commissions sur tous les contrats d’armement impliquant l’Empire du Milieu, avec à la clé plusieurs dizaines de milliards de MRO.
Il se fait construire actuellement par ses partenaires chinois un hôtel dont il a déjà signé le contrat de location avec Kinross (société minière canadienne qui doit exploiter la nouvelle mine d’or de Taziazt) pour plusieurs années payées à l’avance.
Il s’est emparé du phosphate de Bofal qu’il a vendu à une firme indienne installée au Sénégal.
Il est « le moins disant » sur les trois offres retenues pour l’achat d’une centrale duale de 120 MW avec les Chinois de CMEC (China Machinery Engeneering Corporation).
Il est l’un des « samsar » de Xstrata (exploitation minière), une affaire qui pourrait devenir plus importante que la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière).
Enfin, dans le secteur de l’agro-industrie, il est également derrière le projet de production sucrière avec des généraux soudanais à la retraite et quelques investisseurs saoudiens.

3- Ahmedou Ould Abdel Aziz :

Ce fils du président Mohamed Ould Abdel Aziz qui poursuit ses études à Londres est déjà impliqué dans nombre d’affaires. C’est lui le mystérieux partenaire de WARTSILA France qui malgré son offre coûteuse (154 millions d’Euros, soit environ 30 millions d’Euros au-dessus de celle du moins disant), a obtenu à la surprise générale le marché pour la construction d’une centrale électrique duale de 120 MW (SOMELEC, le EdF mauritanien). Ahmedou joue le rôle de vrai directeur de cabinet de son père ; il est rapidement devenu la pierre angulaire par laquelle toutes les affaires passent.

4- Ahmed M’hamed Yamaa dit Hamady Ould Bouchraya,

Citoyen espagnol, ancien consul honoraire d’Espagne en Guinée Bissau puis Consul honoraire de Mauritanie à partir de 2009, il hérite curieusement au décès de l’homme d’affaires Veten Ould Moulaye de la présidence de la SOBOMA (ie Coca-Cola Mauritanie dont il détient 4% et dont Aziz serait devenu le principal actionnaire). Aujourd’hui il est le mentor de Bedr Ould Abdel Aziz (un autre fils du Président) dont il est inséparable et qu’il est chargé d’initier aux affaires. Il a bénéficié de 6.000 ha de terres agricoles au bord du fleuve Sénégal.

C’est également lui le Président et principal fournisseur d’ATERSA PV Mauritanie S.A., filiale de la société espagnole ATERSA dont l’Etat mauritanien détient 40% et qui est destinée à la production des cellules photovoltaïques. Cette société a obtenu au conseil des ministres du 20 Septembre 2012 une concession 20.000 mètres carrés en plein centre de Nouakchott.

Il a obtenu par ailleurs le monopole de la logistique de la SPEG (Société de Production de l’Electricité à partir du Gaz) dont les actionnaires sont : SOMELEC, SNIM et Kinross (toujours la société canadienne qui doit exploiter la mine d’or de Taziazt).

Il a obtenu quasiment en mode gré à gré la construction du siège de la SNIM à Nouakchott pour près de 15 millions d’euros avec ATERSA. Enfin Ould Bouchraya est en train de lancer la distribution des cigarettes Winston.

5- Sidi Mohamed Ould Bouh :

Actionnaire d’IVECO (camions), dont l’armée Nationale a acquis une très grande quantité, Ould Bouh est spécialisé dans le trafic des devises à destination du golfe et en particulier des Emirats Arabes Unis. C’est par ses mains que transite une grande partie des devises acheminées par la famille présidentielle, principalement au Maroc (pour l’acquisition d’un immense patrimoine immobilier) et aux Emirats Arabes Unis.
Quasiment tous les terrains sur la route de Soukouk (nouvelle zone résidentielle et probable futur centre-ville) lui appartiennent. On parle aussi de lui dans l’affaire SOMELEC (la nouvelle centrale électrique offre de Wartsila à 157 millions d’euros).

6-Bellahi Ould Boumowzouna et Sidi Mohamed Ould Bobatt :

Il s’agit ici encore de proches cousins et amis de longue date du Président Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce duo opère dans la pêche avec le bateau chinois le La Fayette qui a une capacité de stockage de 300.000 tonnes ; chassé du Chili, ce bateau est désormais exploité par ces nouveaux venus dans le secteur. En dehors de la pêche, leur activité s’est élargie à :
La logistique pour le compte de Kinross et de MCM (Mauritanian Mines Corporation).
Le Transit et la Consignation : Ould Bobat et Ould Lahah sont les seuls qui peuvent s’endetter sans limitation auprès du Trésor.
Usine de savon de Marseille. : Atlantic Service
Projet Bumi Mauritanie pour l’exploitation du fer de Tamagout
Radio privée : Mauritanide FM.

Suite dans Afrik.com

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Le 12 mars 2013

Pêche. L'administration étatsunienne dresse sa liste de pays pirates

La NOAA épingle 10 pays ayant pratiqué la pêche INN, notamment des pays de l’UE et du groupe ACP

Source : Agritrade/Cta

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’agence américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère, a soumis un rapport au Congrès qui identifie 10 pays engagés dans la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en 2011 ou 2012 : la Colombie, l’Équateur, le Ghana, l’Italie, la Corée, le Mexique, le Panama, l’Espagne, la Tanzanie et le Venezuela.

Les pays épinglés avaient des navires qui ne satisfaisaient pas aux mesures de conservation et de gestion (MCG) adoptées par une organisation régionale de gestion des pêches (ORGP) à laquelle appartiennent les États-Unis. « Il s’agit d’assurer des règles du jeu équitables pour les pêcheurs de par le monde (…) les pêcheurs se conformant aux règles ne devraient pas faire concurrence avec ceux ayant des pratiques de pêche illicites ou non durables, » a déclaré le secrétaire général adjoint pour la pêche internationale de la NOAA. Les États-Unis démarreront prochainement des consultations avec ces pays pour les encourager à prendre des mesures contre la pêche INN. Si un pays ne prend pas les mesures appropriées, ses navires de pêche pourraient se voir refuser l’entrée aux ports américains, entraînant éventuellement une interdiction des importations de poisson aux États-Unis.

Certains pays européens sont inscrits sur cette liste noire : l’Italie a été épinglée pour avoir pratiqué la pêche illégale aux filets dérivants en Méditerranée pour les grands pélagiques, notamment l’espadon et le thon rouge. L’Espagne est également rappelée à l’ordre, certains navires battant pavillon espagnol enfreignant les MCG adoptées par deux ORGP.

Le Ghana et la Tanzanie ne sont pas en reste : le Ghana est pointé du doigt pour avoir omis de déclarer des données, pour des dysfonctionnements au niveau du contrôle des flottes, pour non-conformité aux exigences de limitation de la capacité des flottes et pour surpêche de thon obèse. La Tanzanie a été identifiée car quatre de ses navires ont porté préjudice à l’efficacité des mesures de conservation des ORGP.

La Corée, dont la flotte est également un acteur important dans le secteur de la pêche des ACP a été identifiée pour ne pas avoir appliqué de sanctions suffisantes pour empêcher ses navires de s’engager dans des activités de pêche INN. Bien que la Corée ait indiqué qu’elle réformait actuellement sa législation pour renforcer les sanctions à l’encontre des activités de pêche INN, les États-Unis craignent que les nouvelles sanctions potentielles ne soient insuffisantes pour prévenir la pêche INN.
Sources

NOAA, “Improving International Fisheries Management, Report to the Congress Pursuant to Section 403(a) of the Magnuson-Stevens Fishery Conservation and Management Reauthorization Act of 2006”, janvier 2013.

Cliquer ici pour télécharger le document

Commentaire éditorial d'Agritrade

Le rapport NOAA a été publié peu après la publication par l’UE de sa propre liste de pays engagés dans des activités de pêche INN. Il est intéressant de constater que les listes de l’UE et des États-Unis épinglent des pays différents, et présentent très peu de correspondances. Vu l’existence d’un plan d’action international au niveau de la FAO, proposant un cadre commun applicable à des pays tels que les États-Unis ou l’UE, l’on ne peut que s’interroger sur la manière dont un pays est identifié comme étant engagé dans la pêche INN, et sur les raisons expliquant pourquoi certains pays figurent sur une liste et pas sur une autre. Ceci suggère qu’il est nécessaire de poursuivre les efforts pour harmoniser les approches internationales visant à combattre la pêche INN. La proposition de la CE – dans le contexte de la réforme de la Politique commune de pêche (PCP), visant à promouvoir un système international de certification des captures démontrant qu’un produit de la pêche a été capturé légalement – est un pas dans la bonne direction.

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Le 11 mars 2013

Nigeria : un tribunal néerlandais condamne Shell... mais la justice doit aller au-delà !


Source : WRM

Photo : Elaine Gilligan, FoE

Le 30 janvier, un tribunal néerlandais a déclaré que la société transnationale anglo-néerlandaise Shell était responsable d’avoir pollué le delta du Niger, avec de graves conséquences pour la vie des habitants d’Ikot Ada Udo, un village de l’État d’Akwa Ibom State. Shell devra nettoyer la zone polluée par le pétrole, indemniser les personnes touchées et éviter que de nouvelles fuites de pétrole se produisent. Il s’agit d’un cas unique car, pour la première fois, une multinationale néerlandaise a dû répondre devant une cour néerlandaise des actes d’une de ses filiales.

Les communautés du delta du Niger dépendent essentiellement de l’environnement pour leur subsistance, basée sur l’agriculture et la pêche. Cette décision du tribunal est une victoire d’importance car, d’après Nnimmo Bassey, membre d’Oilwatch et des Amis de la Terre Nigeria, « d’autres communautés vont maintenant réclamer à Shell de payer pour ses atteintes à leur environnement ». Néanmoins, il est important de réfléchir à deux éléments de la décision du tribunal.

Premièrement, dans sa décision en faveur de la population d’Ikot Ada Udo, le tribunal a déclaré que Shell Nigeria, et non la Royal Dutch Shell des Pays-Bas, était responsable. Or, cette dernière est propriétaire à 100 % de Shell Nigeria ; il est donc difficile de croire qu’elle n’intervienne pas dans les décisions prises par sa filiale et, à plus forte raison, qu’elle ne soit pas responsable de ce que fait sa filiale. Les Amis de la Terre Pays-Bas ont affirmé qu’on leur avait refusé l’accès aux documents qui auraient prouvé que la Royal Dutch Shell gère les affaires quotidiennes de Shell Nigeria.

Deuxièmement, le verdict représente une grande déception pour les habitants des villages d’Oruma et de Goi : ils subissent exactement les mêmes conséquences de la destruction environnementale que les habitants d’Ikot Ada Udo, mais la cour n’en a pas rendu Shell responsable. Elle a estimé que l’entreprise avait fait le nécessaire pour l’entretien des oléoducs et qu’elle n’avait pas été négligente ; les déversements seraient le résultat du « sabotage » réalisé par des gens qui volent du pétrole. Les agriculteurs nigérians et les Amis de la Terre Pays-Bas ont annoncé qu’ils allaient faire appel du jugement.


Dans les journaux néerlandais, Shell s’est déclarée « heureuse » que la maison mère n’ait pas été considérée comme responsable dans le premier cas, et que, dans le deuxième, elle ait été acquittée en affirmant qu’il s’agissait de sabotage et non de mauvais entretien.

Nous sommes heureux aussi de la victoire des habitants d’Ikot Ada Udo mais, en même temps, nous sommes profondément tristes et inquiets. Comment la cour néerlandaise, qui est très loin du Nigeria et de la réalité de la destruction dans le delta du Niger, peut-elle affirmer que Shell n’est pas responsable des déversements de pétrole dont elle a été acquittée ? D’après le communiqué de presse des Amis de la Terre International, « les plaignants ont déclaré qu’ils estiment incompréhensible que le tribunal se soit laissé convaincre par les quelques photos floues et les vidéos de mauvaise qualité présentées par Shell ».

Menno Bentveld, un journaliste néerlandais qui a tourné un documentaire sur les déversements de pétrole au Nigeria, a commenté que les habitants qu’il a rencontrés ont reconnu l’existence de sabotages qui causent des déversements de pétrole, mais ces personnes ont dit aussi que les oléoducs appartenaient à Shell et que c’était donc à Shell de les protéger comme il faut. Autrement, « qu’elle ne vienne pas ici pour emporter le pétrole ». Menno s’attaque en outre à l’idée et à la logique sous-jacentes, qui seraient : « Nous pouvons extraire leur pétrole sans problème et, ce faisant, Shell et le monde occidental peuvent gagner des milliards, mais pour ce qui est de protéger les oléoducs et d’éviter les déversements de pétrole, nous n’avons besoin de rien faire ».

Quelle aurait été la réaction aux Pays-Bas, si un tribunal nigérian avait pris une décision semblable concernant les activités d’une compagnie nigériane qui aurait porté de graves atteintes à la population néerlandaise ? Le fait que le sabotage existe dans le delta du Niger suffit-il à affirmer que ces cas particuliers de déversement de pétrole sont dus au sabotage ?

Espérons que beaucoup de communautés suivront les pas de ces agriculteurs nigérians courageux qui ont fait passer Shell en justice dans son propre pays, avec le soutien des Amis de la Terre Pays-Bas et des Amis de la Terre Nigeria. Espérons aussi que le tribunal écoutera leur appel à la justice et contre l’impunité des grandes entreprises !

Source : communiqué de presse des Amis de la Terre International
, et Radio 1

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Le 8 mars 2013

En Inde, les femmes s'opposent à POSCO

L'aciériste coréen  POSCO souhaite s'installer en Inde, 3e économie de l'Asie.

Des communautés villageoises s'opposent depuis plus de 7 ans à l'installation du complexe industriel sur 6000 hectares de rizières, de forêts et de zones humides. Avec l'ouverture d'un port comme plaie béante dans la zone côtière. Et le déplacement de près de 40.000 personnes...

Inde : Posco frappe à nouveau

Source : WRM

Le 3 février 2013 vers 4 heures du matin, douze pelotons de la police sont entrés dans les villages de Govindpur et de Nuagaon, du district Jagatsinghpur d’Orissa (l’actuelle Odisha) et se sont mis à battre les femmes et les enfants qui dormaient. Ils en ont gravement blessé plusieurs d’entre eux et ils ont arrêté des personnes choisies au hasard. Ils sont en train de détruire les plantes de bétel, qui sont le moyen d’existence traditionnel, et un des plus rentables, de la population de la zone.


Les habitants de Govindpur et de Nuagaon protestent contre un projet qui s’est heurté à une opposition tenace pendant les huit dernières années. Un groupe de villages résolus, dont Dhinkia, Govindpur et Nuagaon, ont constitué un mouvement de résistance contre l’acquisition forcée et illégale de leurs terres, la transnationale sidérurgique coréenne POSCO prévoit d’installer une sidérurgie, un port et l’infrastructure nécessaire dans le district de Jagatsinghpur de la province indienne d’Orissa. La zone visée contient 6 000 hectares de forêts intactes, des sols agricoles exceptionnels et d’importantes activités économiques côtières (voir le Bulletin nº155 du WRM : Posco : des malheurs s'annoncent pour l'Inde, l'Uruguay et le climat).

Tout le long de cette étape, la situation a eu des hauts et des bas. Le pouvoir a constamment changé de mains, et les plus hautes autorités du gouvernement indien sont intervenues pour que le personnel et les machines de POSCO puissent arriver au site choisi pour le projet.



 Après des années de protestations et de délais, les premiers permis environnementaux accordés à POSCO en 2007 ont expiré en 2012. Ces permis étaient valables pendant cinq ans seulement. Pendant ce temps, la résistance et la solidarité locales et l’absence des autorisations finales prévues par d’autres lois ont empêché POSCO de commencer à travailler. Il y a eu des tentatives d’entrer dans la zone par la force, des affrontements, des occasions où les fonctionnaires de POSCO ont été empêchés d’entrer, des arrestations de manifestants, et ainsi de suite.

À présent, l’État a décidé de prendre possession de la terre par la force, au mépris des droits constitutionnels des habitants et en flagrante violation de la Lois sur les droits forestiers de 2006.

Le Forum de tous les mouvements pour les forêts de l’Inde (AIFFM) condamne catégoriquement cette attaque féroce contre des gens qui résistent de façon pacifique à l’acquisition forcée de leurs terres ; il exige le retrait immédiat de la police et que les personnes illégalement arrêtées soient libérées sans délai.

Article fondé sur des informations envoyées par le secrétariat de l’AIFFM (All India Forum of Forest Movements), adresse électronique aiffmsecretariat@gmail.com : “POSCO isn’t a closed chapter”, de Kanchi Kohli ; “Demolishing democracy: An Oppressive State violates its own rules”, déclaration d’AIFFM condamnant la violence étatique contre les villageois d’Orissa, Inde, qui s’opposent au projet de la transnationale sud-coréenne POSCO.

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Le 7 mars 2013

Les pêcheurs après Fukushima

Comment vivre avec une pollution invisible, impalpable ? Deux ans après la catastrophe, Arte a posé l'œil de sa caméra sur les habitants de Fukushima, résistants ou abattus. Et signe l'un des deux documentaires d’une soirée spéciale : « Le monde après Fukushima, documentaire de Kenichi Watanabe - mardi 5 mars à 22h25 sur Arte. »

Entre les témoignages des victimes, résistantes ou abattues, et les interventions des différents experts (sociologue, médecins…), ce documentaire souligne les failles multiples dans la gestion japonaise du nucléaire, des informations cachées aux risques minimisés. Il nous fait comprendre que nous sommes entrés dans une ère nouvelle. L’ère de la radioactivité. Et qu’il ne sera jamais possible de revenir en arrière.

Pour les pêcheurs, la catastrophe a entraîné la plus forte pollution maritime jamais observée. La contamination remonte des sédiments du plancton jusqu’à la chair du poisson via la chaîne alimentaire. A l’arrivée à quai, les marins mesurent toutes leurs caisses et une grande partie des poissons (ceux qui affichent plus de 80 becquerels) sont rejetés. Tepco indemnise les pêcheurs en fonction du poids de la prise remise à la mer.

Les agriculteurs, quant à eux, ne peuvent pas vendre leur production en dehors de la région. « Je hais, je déteste le nucléaire, vraiment, vraiment. Je n’arrête pas de penser que l’on a inventé quelque chose d’effroyable. C’est un vrai désastre fabriqué par l’homme. Il a fabriqué un monstre pareil en prétextant une sécurité absolue », lâche en sanglotant Mikiko Sato, agricultrice, qui en coupant quelques jonquilles dans son jardin pour s’en faire un bouquet a absorbé (en proportion du temps passé) autant que la dose admise pour un travailleur du nucléaire. D’après Terra Eco : Fukushima : la vie, deux ans après

Entretien avec Kenichi Watanabe, réalisateur du documentaire “Le Monde après Fukushima”, diffusé le mardi 5 mars 2013 sur Arte. D’après Télérama : “Dire qu’il n’y a pas de morts à Fukushima est un mensonge”, Kenichi Watanabe, documentariste

Vous avez passé beaucoup de temps dans la région de Fukushima ?

J'y suis allé trois fois. La première en repérage, deux semaines à l'hiver 2012, où j'ai fait le voyage seul, dans une voiture de location. Ça m'a permis de découvrir toute la côte, de rencontrer des associations de pêcheurs, les gens des collectivités locales, des personnes comme Madame Sato. Toute la côte est ravagée, les gens sont évacués et vivent dans des maisons provisoires. Ça fait bientôt deux ans, et la situation ne change pas, parce tout est bloqué par les déchets radioactifs, dont on ne sait pas comment se débarrasser.

J'y suis retourné en avril et en juillet 2012 avec un chef opérateur et un preneur de son. Oui, on a travaillé en zone contaminée. Je ne peux pas dire que je m'en fiche, mais avec mon âge, et puis, face aux gens de Fukushima, on peut pas porter le dosimètre comme ça ! Eux sont là en permanence, comment puis-je m'inquiéter de ma santé ?

Ce plan sur les cerisiers en fleur est magnifique, et il y a beaucoup d'autres plans dans votre film qui s'attardent longuement sur la nature, sur la beauté de la région de Fukushima…
La destruction nucléaire, c'est d'abord la destruction de la nature et de l'alimentation, qui sont à la base de la culture. C'est cela, la vraie tragédie, et pour qu'on la ressente, l'image de la nature doit être magnifique. On a donc consacré beaucoup de temps à la lumière, à la façon dont on filmait ces séquences-là, justement parce que sous la surface magnifique, tout est détruit…

Quand je montre les pêcheurs peser leurs poissons contaminés par les radiations pour se faire indemniser par Tepco, puis les rejeter à la mer, j'espère que l'on ressentira tout ce qu'il y a de cruel là-dedans. C'est aussi pour cela que j'ai voulu réduire les explications narratives, et laisser au spectateur le temps de la réflexion. Sur ce point, le commentaire écrit par l'écrivain Michaël Ferrier compte beaucoup.

Lui-même était sur place pendant la catastrophe, il est parti aider les gens, lui aussi a partagé ce moment noir des 14-15 mars où nous nous sommes perdus, où nous ne savions plus ce qu'était l'Etat. On a décidé très tôt de lui demander d'écrire le commentaire, et il lui apporte beaucoup, il amène une sorte de « politique poétique ». La politique, c'est très important, mais la dimension poétique, c'est ce qui manque dans le mouvement anti-nucléaire. Il faut élargir le front. Les philosophes doivent parler, les écrivains aussi, les musiciens et les peintres doivent créer, autour de cette même interrogation sur la civilisation.

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Le 6 mars 2013

Protocole de pêche UE-Mauritanie : enquête sur les réserves de céphalopodes

Source : CTA

Un comité scientifique sera établi dans le cadre du Protocole à l’accord de partenariat entre l’UE et la Mauritanie en matière de pêche afin d’étudier et de mettre à jour le statut de l’ensemble des réserves halieutiques, y compris les céphalopodes.

Cette mesure vise à répondre à la situation actuelle dans laquelle l’accord exclut la flotte céphalopodière européenne (poulpe et calmar) en raison d’une réserve actuelle supposément trop limitée. Cette exclusion touche tout particulièrement les flottes d’Andalousie, des îles Canaries et de Galice.

Depuis le 26 juillet 2012, lorsque la commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche, Maria Damanaki, a clôturé les négociations avec le gouvernement mauritanien, le pacte a contraint 24 navires de pêche de céphalopodes galiciens, principalement originaires d’O Morrazo, à abandonner leur activité de pêche en territoire africain.

Par conséquent, le comité scientifique récoltera des données scientifiques pour prouver que les réserves actuelles de poulpe permettent à la flotte européenne de capturer le poulpe sans danger.

L’estimation de la réserve céphalopodière actuelle pourrait ne pas être correcte, étant donné que les dernières évaluations ont été effectuées avec d’anciennes données et que les réserves de poulpe évoluent très rapidement.

La décision a été prise lors du dernier Comité mixte UE-Mauritanie, qui s’est tenu les 19 et 20 février à Paris. Les deux parties étaient convenues de se rencontrer rapidement.

De plus, à cette occasion, des conditions techniques du protocole ont été améliorées afin de le rendre plus viable au niveau économique, y compris l’augmentation des prises accessoires de crevettes et l’élargissement de la zone sud pélagique.
Source : Commission européenne, Fish Info & Services (FIS)

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Le 5 mars 2013

Subvention européenne en soutien aux pêcheurs caribéens


Le Caribbean Natural Resources Institute (CANARI) a reçu une subvention de plus d’un million d’euros émanant du Fonds européen de développement en vue d’améliorer la contribution du secteur des pêcheries de petite taille à la sécurité alimentaire au sein des Caraïbes. Cet objectif devrait être atteint à l’aide d’un projet de quatre ans s’adressant aux pêcheurs actifs dans toutes les Caraïbes, y compris à Anguilla, à Antigua-et-Barbuda, aux Bahamas, à la Barbade, à Belize, à la Dominique, à la Grenade, en Guyane, en Haïti, en Jamaïque, à Montserrat, à Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, à Saint-Vincent et les Grenadines, au Suriname, à Trinité-et-Tobago et dans les îles Turks-et-Caicos.

Le projet tend à développer la capacité des réseaux d’organisations de pêche régionaux et nationaux à participer à la gestion et à la gouvernance de la pêche. Cet aspect est perçu comme critique pour pouvoir répondre à l’inquiétude grandissante de la région en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Depuis 2005, les Caraïbes ont enregistré des factures d’importation alimentaires de plus de 3,5 milliards d’euros et l’augmentation des prix alimentaires a renforcé ce défi.

Dans la région CARICOM, le secteur des pêcheries emploie plus de 182 000 personnes, directement ou indirectement. Il s’agit principalement de petits pêcheurs issus de communautés rurales qui ne disposent pas d’autres sources de revenus.

Le Caribbean Natural Resources Institute (CANARI) est une organisation technique régionale sans but lucratif qui travaille avec les îles caribéennes depuis plus de 20 ans.
Source: Thedominican.net via CTA
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Le 1 mars 2013

FAO. Des directives internationales visent la pêche illicite           

La responsabilité des États du pavillon en question

Illustration : Des bateaux de pêche chinois fuient les eaux sud-coréennes sous bonne escorte (garde-côte coréen en arrière plan)

Une pêche responsable passe par la coopération entre les pays

Après plusieurs années de négociation, les États viennent de franchir un pas important dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), l'une des principales menaces pesant sur les pêcheries durables et sur le moyen de subsistance qu'elles constituent.

Des directives internationales, fruit d'un processus consultatif piloté par la FAO, visent à réduire la pêche INN en renforçant la responsabilité des États du pavillon - les pays d'immatriculation des navires de pêche, qu'ils autorisent à battre leur pavillon.

Ces directives volontaires sur la performance des États du pavillon (Voluntary Guidelines for Flag State Performance) ont été élaborées à l'issue d'une recherche de consensus de cinq ans entre les États membres de la FAO. Elles seront présentées pour approbation au Comité des pêches de la FAO (COFI) lors de sa prochaine session, en juin 2014.

Ces directives formulent des recommandations visant à encourager et à aider les États du pavillon à respecter leurs obligations internationales en matière de délivrance des pavillons et de contrôle des navires de pêche. Elles présentent aussi différentes mesures pour remédier au non-respect des dispositions en vigueur.

Si les chiffres exacts ne sont pas connus, on admet généralement que la pêche INN s'est intensifiée au cours des vingt dernières années et qu'elle atteint des proportions considérables.

Cette consultation technique était financée par les gouvernements du Canada, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, et par la Commission européenne.

Un progrès majeur

«Les Voluntary Guidelines for Flag State Performance constituent une réelle avancée. Elles formeront un outil précieux pour prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, explique Árni Mathiesen, Sous-Directeur général de la FAO chargé des pêches et de l'aquaculture.

«En définitive, ces directives peuvent aider à garantir la conservation à long terme et l'exploitation durable des ressources marines vivantes et des écosystèmes marins, si précieux, ajoute M. Mathiesen.

«Nous sommes tous confrontés au défi de la durabilité, et ces directives donnent aux pays de nouveaux outils pour y faire face».

Les recommandations formulées couvrent un large spectre, portant notamment sur des critères et des procédures d'évaluation de la performance et sur la coopération entre les États du pavillon et les États côtiers. Elles proposent aussi des méthodes pour encourager le respect des règles par les États du pavillon et prévenir leur non-respect, ainsi que pour coopérer avec les pays en développement et les aider à renforcer leurs capacités d'action. Enfin, elles abordent le rôle que peut jouer la FAO en appui de ces processus.

L'appui de la FAO

Outre d'avoir facilité l'élaboration de ces directives, la FAO assurera leur suivi et rendra compte de leur mise en œuvre au COFI. L'Organisation offrira également une assistance technique sur place aux pays qui en feront la demande. Ce soutien pourra porter sur des mesures de renforcement des capacités d'action, par exemple le développement d'un cadre législatif et réglementaire adéquat, sur le renforcement de l'organisation et de l'infrastructure institutionnelle nécessaire pour assurer un contrôle adapté des navires, le développement ou l'amélioration du suivi, du contrôle et de la surveillanc (SCS), enfin, sur la formation.

«Certains États du pavillon pourront avoir des besoins plus importants que d'autres, en particulier les pays en développement. Dans certains cas, cadre institutionnel et savoir-faire technique leur font défaut. Ils peuvent aussi manquer de ressources financières et humaines. Ou ne pas être incités à diriger leurs efforts et à investir dans la réalisation de leurs obligations au titre de la réglementation internationale de la pêche, auquel cas ils ont surtout besoin d'être sensibilisés aux avantages qu'ils en retireront», précise Matthew Camilleri, Fonctionnaire de liaison (pêches) au sein de la Division de l'économie et des politiques de la pêche et de l'aquaculture de la FAO.

Les Directives font écho au droit international, notamment à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982, et à d'autres instruments internationaux, comme le Code de conduite pour une pêche responsable de 1995 de la FAO et le Plan d'action international de 2001 de la FAO visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Source : FAO

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Le 28 février 2013

Comment l'industrie thonière détruit les équilibres locaux

Canning Paradise a reçu le prix spécial du jury au Festival international du film documentaire océanien (Fifo), qui s'est achevé à Tahiti le 17 février dernier. Une enquête sans concession sur le développement de l'industrie de la conserverie en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Source : Courrier international par Christine Chaumeau |

Site web du documentaire : Canning Paradise

C'est en regardant une vidéo You Tube dénonçant les conséquences néfastes de l'implantation à Madang de l'entreprise philippine RD Tuna que le réalisateur Olivier Pollet a découvert le problème de la Papousie-Nouvelle-Guinée. Un pays aux ressources naturelles incommensurables convoitées par des investisseurs et des industriels du monde entier. A Madang, le géant de la conserverie RD Tuna offre certes des emplois, mais ne respecte pas les minimums sociaux. Surtout, depuis l'implantation de la compagnie, les bateaux dégazent dans les eaux du lagon et les prises des pêcheurs se sont raréfiées.

Le film se concentre sur le projet d'ouverture de la Pacific Maritime Indistrial Zone, une zone industrielle en cours de construction malgré l'opposition des habitants de la région, qui devrait regrouper jusqu'à dix conserveries de thon. On voyage entre les communautés qui vivent de la pêche à Madang, les manifestations qui s'opposent à la construction des usines et le parlement européen. Car les décisions prises à Bruxelles ont un impact direct sur la vie des habitants de Madang.

Attirés par les dispositions de l'Union européenne qui a augmenté le quota d'importation des produits en provenance de PNG, de nombreux investisseurs courtisent le gouvernement promettant emplois et retombées économiques.

Du parlement européen aux rives de Madang, ce film démonte les conséquences tangibles des politiques européennes et plus largement interroge sur le modèle de développement en vigueur proposé par les grands organismes internationaux.

"Les enjeux de développement restent trop souvent cantonnés aux discussions dans les universités, explique le réalisateur Olivier Pollet. Je tenais à faire un documentaire pour que ce sujet touche le plus grand nombre."

Le développement économique n'est pas forcément la panacée. C'est le message de Canning Paradise. Les parlementaires européens citent les chiffres des emplois qui seront supposément créés par l'implantation d'entreprises sans parler du contexte, précise le réalisateur qui a justement voulu éclairer le contexte et aller au delà des chiffres. "Il faut savoir ce que l'on définit par pauvreté, ajoute Olivier Pollet. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les gens n'ont certes pas accès aux infrastructures de base comme l'école ou l'hôpital, mais ils disposent de ressources naturelles très importantes. Si le type de développement aujourd'hui proposé semble séduisant sur le papier, c'est un peu la catastrophe en réalité. Il crée de la pauvreté en cassant un mode de vie."

Canning Paradise a impressionné  le jury du Festival du film documentaire océanien (FIFO) par la qualité de l'enquête menée par le réalisateur qui signe là son premier film. Il est d'ailleurs nominé pour the F4 award, un concours pour désigner le jeune réalisateur australien le plus prometteur de l'année.

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Le 25 février 2013

Interpol bientôt impliqué dans la lutte contre la pêche pirate ?

Interpol organise sa première conférence sur la pêche illégale à Lyon, du 26 au 28 février 2013

1st INTERPOL International Fisheries Enforcement Conference

Cliquer Ici pour découvrir le programme

Interpol a annoncé sa première Conférence internationale sur l’application de la réglementation en matière de pêche, suivie par une réunion du Groupe de travail de lutte contre la criminalité dans le secteur de la pêche. À cette occasion, Interpol lancera une initiative pour détecter, combattre et éliminer la criminalité dans le secteur de la pêche. L’initiative devrait améliorer l’échange d’informations et de renseignements sur le contrôle des zones de pêche entre les pays. Le futur Groupe de travail de lutte contre la criminalité dans le secteur de la pêche formulera ses recommandations pour assurer une coopération internationale entre Interpol et les autorités nationales de contrôle des pêcheries. Il fournira également des recommandations pour mettre en place une assistance aux pays où l’application de la législation en matière de pêche s’avère défaillante. Les ministres de la pêche du Liberia, de Sierra Leone, d’Espagne, du Togo, etc. devraient participer à la conférence.

Certains groupes environnementaux, tels que Pew et Greenpeace – qui sont également directement impliqués dans les opérations contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en offrant du matériel aux pays en développement côtiers – appellent à ce qu’Interpol soit impliqué dans la lutte contre la pêche INN. Dans un rapport publié récemment sur les difficultés rencontrées par Palau dans son combat contre la pêche INN, un représentant de Greenpeace a commenté que ces difficultés mettent en exergue la nécessité d’un Interpol pour les Océans. Source : Agritrade

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Le 22 février 2013

La France doit se doter de nouveaux moyens de surveillance pour sa ZEE


Les P400 et Batral de la Marine nationale qui assurent, depuis près de trente ans, la surveillance de l'immense domaine maritime français (le deuxième mondial avec 11 millions de km2), sont progressivement désarmés créant une carence importante. Ils seront partiellement remplacés, à compter de 2015, par des bâtiments multi-missions en attendant l'arrivée de bâtiments de surveillance et d'intervention maritime (Batsimar).


En 1982, la Convention de Montego Bay a défini des zones économiques exclusives (ZEE) qui s'étendent jusqu'à 200 nautiques du littoral et accordent aux pays côtiers un monopole pour l'exploitation de toutes les ressources qui s'y trouvent. Préserver et tirer parti de ce considérable gisement de croissance économique exige toutefois des capacités importantes de surveillance et d'intervention sans lesquelles de précieuses ressources risquent d'être pillées.

Une souveraineté réaliste nécessite une couverture complète et permanente de la ZEE pour des missions nombreuses et diverses : assistance aux bateaux de pêche, sécurité du commerce maritime, stabilité régionale, soutien aux îles isolées, aide humanitaire, lutte contre les trafics illicites et l'immigration clandestine, protection de l'environnement et des réserves halieutiques. La France mobilise pour cela des moyens d'observation spatiale mais aussi des navires hauturiers et des avions de surveillance maritime. Ils sont mis en œuvre par la Marine nationale à partir des départements et collectivités d'outre-mer.

La France doit cependant aujourd'hui impérativement les renouveler. Les frégates de type Floréal de la marine française sont adaptées à leurs missions de surveillance mais dans des zones océaniques à risque limité. Les patrouilleurs P400, en fin de vie et désarmés les uns après les autres, n'ont pas une tenue à la mer adaptée au pré-positionnement hauturier. Les bâtiments de transport légers (Batral), enfin, sont intéressants pour leur fonction cargo, leur capacité à « plager » et leur autonomie, mais ils seront tous retirés du service actif d'ici 2016.

De nouveaux patrouilleurs hauturiers

Pour faire face à cette réduction de capacité, la France a lancé, en 2007, un projet de bâtiment de surveillance et d'intervention maritime (Batsimar). Ce patrouilleur endurant, disposant d'une grande autonomie, sera capable de rallier rapidement les zones les plus lointaines et d'y rester au minimum une vingtaine de jours. Pouvant accueillir des commandos, il disposera de moyens d'interventions adaptés (hélicoptère, drone, embarcation rapide) pour des opérations de police et des conflits de basse intensité. Mais il ne pourra pas être livré, en raison des contraintes budgétaires, avant 2017.

D'ici là, la France a lancé le programme B2M pour combler ce déficit de présence outre-mer et assurer un besoin de transport logistique et humanitaire jusque-là assuré par les Batral. Ce programme prévoit la mise en œuvre d'un navire de type supply ship dont le premier devrait être mis en service en 2015, en attendant les Batsimar. D'une longueur comprise entre 60 et 80 mètres pour un déplacement avoisinant les 2 000 tonnes, le B2M disposera d'excellentes qualités nautiques (tenue à la mer et manœuvrabilité) et d'endurance adaptées à des missions de longue durée dans des conditions parfois difficiles. La vitesse n'est pas un critère retenu pour ces missions à dominante de soutien logistique ou de ravitaillement. Sans capacité amphibie comme le Batral, il disposera néanmoins d'une importante surface modulaire en pontée permettant d'assurer une fonction cargo pour du fret humanitaire ou du matériel antipollution. Il sera équipé d'une grue pour l'embarquement et le débarquement de conteneurs et pourra également déployer des embarcations légères et des plongeurs.

L'appel à candidature pour ce navire conçu aux normes civiles a été lancé par la DGA en juillet 2012 pour un marché qui devrait également comprendre leur maintien en condition opérationnelle pendant 6 ans. Les B2M font l'objet d'un financement interministériel car, bien qu'armés par la Marine, ils réaliseront également des missions dévolues à d'autres ministères dans le cadre de la fonction garde-côtes. Les B2M seront affectés en Nouvelle-Calédonie, aux Antilles, à la Réunion et en Polynésie.


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Le 21 février 2013

Analyse africaine : il est urgent d’investir dans l’océanographie

Source : Science et Développement par Linda Nordling

L'an dernier, la situation de la science africaine de l'espace a connu un succès majeur. L'attribution de plus de la moitié des 2 milliards de US$ du super-radiotélescope (SKA) – un projet international de science et d'ingénierie – au continent a ouvert les vannes du financement, surtout pour les équipements, et permis un développement de la formation dans le domaine de la recherche.

Mais il existe un autre domaine d'importance qui nécessite aussi d'importants investissements : l'océanographie.

Un nouveau programme – « La Stratégie maritime africaine intégrée à l'horizon 2050 » - pourrait être pour l'océanographie africaine aussi utile que le SKA l'a été pour l'astronomie.

Cependant, même si le programme semble bon sur le papier, encore faut-il que les gouvernements africains soient prêts à apporter les financements et l'appui politique à long terme nécessaires pour transformer ce rêve une réalité.

Le continent a naturellement besoin de l'océanographie : les eaux qui entourent l'Afrique sont parmi les moins explorées au monde. Et les défis posés aux surfaces maritimes par des industries comme la pêche, l'exploitation pétrolière, le tourisme et le transport maritime ont besoin de l'aide de la recherche.

D'après les estimations des scientifiques, seule la moitié des espèces marines au large de la côte Est de l'Afrique ont été décrites scientifiquement. Et pour les espèces connues, des questions relatives à leur milieu de vie et aux conditions de leur survie subsistent.

La dynamique des océans autour de l'Afrique est également un sujet méconnu. Grâce aux satellites, les scientifiques ont une assez bonne connaissance des phénomènes qui s'opèrent en surface. Mais à partir de quelques centimètres de profondeur, des prises de mesures in situ.sont nécessaires. Une grande partie de la surface des eaux africaines n'a fait l'objet d''aucune étude en raison du manque d'équipements tels que les navires de recherche océanographiques.

Combler les lacunes

Selon James Stapley, coordonnateur des technologies de l'information et des communications du Projet Grands Ecosystèmes marins d'Agulhas et de Somalie, « plus on s'éloigne de la côte et plus on s'enfonce dans les profondeurs, moins on en sait ». Ce projet est financé par le Fonds mondial pour l'environnement avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement pour étudier les eaux au large des côtes est-africaines.

Mais les efforts actuels ne suffisent pas. Les océanographes africains ont une longue liste de tâches à effectuer. Le continent a besoin de programmes de formation, de navires océanographiques – dont aucun pays ne dispose actuellement mis à part l'Afrique du Sud – et des équipements océanographiques onéreux tels que des bouées permettant de collecter des données de long terme.

Tout ceci nécessite une hausse massive des investissements – à la fois par les pays africains et les bailleurs de fonds internationaux. A cet égard, la stratégie maritime qui a été adoptée en décembre dernier (2012) par les ministres chargés des affaires maritimes est une lueur d'espoir.

En plus de la stimulation des échanges maritimes intra-africains, l'amélioration de la sécurité des marins et la protection de l'environnement marin, ce document préconise également d'importants investissements dans la recherche océanographique.

La stratégie se propose de coordonner et de soutenir la recherche, rassembler les données maritimes, former de nouveaux chercheurs et élaborer un programme de recherche marine spécifique à l'Afrique. La création d'un centre de recherche continental – baptisé Ocean and Seas Research Institute of Africa [Institut de recherche sur les océans et les mers d'Afrique], est également envisagée.

Mais ce document est loin d'être parfait. On peut douter du bien-fondé de l'ambition de regrouper toutes les initiatives africaines de recherche en océanographie en un seul centre. Une approche régionale serait plus efficace, avec la création de trois centres ou réseaux régionaux, axés respectivement sur l'Océan atlantique, l'Océan indien et la Méditerranée.

La partie du document consacrée à la formation et à la sensibilisation du public  pourrait également offrir une analyse plus approfondie.. Les aquariums géants africains que la Stratégie se propose de créer peuvent être de bonnes attractions touristiques et intéresser de nombreux jeunes africains, qui sont souvent la cible de programmes de vulgarisation scientifique. Ils sont susceptibles de s'intéresser à la science marine et vouloir devenir des chercheurs ou des techniciens des océans.

Mais ces initiatives sont onéreuses et ne touchent qu'un nombre restreint de personnes. Dans les faits,, parmi les populations côtières africaines, rares sont ceux qui verront un jour ces aquariums géants, non pas par manque d'intérêt, mais en raison de l'impossibilité de se rendre sur ces sites.

 Volonté de changement....

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Le 20 février 2013

Pêche : "Subventions" au carburant pointées du doigt par l'OCDE....

Les carburants et les combustibles utilisés dans l’agriculture et la pêche sont très largement exonérés d’impôt dans tous les pays de l’OCDE, explique Pascal Saint-Amans, directeur du Centre de politique et d’administration fiscales à l'Ocde. Soit une piste d’action fiscale pour les gouvernements.

«C’est l’occasion d’ouvrir un débat. Les écarts entre les taux effectifs de ces taxes et le faible poids de la fiscalité applicable aux carburants qui ont des effets importants sur l’environnement montrent que les pays auraient de grandes possibilités de réformer leur fiscalité de l’énergie et d’atteindre des objectifs environnementaux avec un meilleur rapport coût-efficacité», préconise Pascal Saint-Amans.

Pour mettre en place une fiscalité verte, il est aussi nécessaire de supprimer progressivement la fiscalité noire, c’est-à-dire les subventions à la consommation d’énergies fossiles, qui ont représenté entre 55 et 90 Md$ (entre 41 et 67 Md€) par an entre 2005 et 2011 dans les 34 Etats de l’OCDE. Près de deux tiers de cette manne (en valeur) a bénéficié aux produits pétroliers (pétrole brut et dérivés), le reste étant réparti de façon équitable entre le charbon et le gaz naturel.

«Au niveau mondial, une réforme des subventions aux combustibles fossiles contribuerait à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Au niveau national, elle permettrait de réduire les dépenses publiques et d’augmenter les recettes fiscales qui pourraient être réaffectées à d’autres priorités comme la lutte contre le changement climatique», recommande de son côté l’Inventaire 2013 de l’OCDE sur les soutiens à la consommation d’énergies fossiles.

La nécessité de cette réforme a déjà été reconnue par les pays de l’OCDE en juin 2009, dans le cadre de leur déclaration sur la croissance dans laquelle ils s’engagent à «encourager les réformes internes, dans le but d’éviter ou de supprimer les politiques dommageables pour l’environnement (…) notamment les subventions en faveur de la consommation ou la production d’énergies fossiles, qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre».

La suite a été différente selon les pays. La France fait pâle figure avec le maintien de nombreux soutiens: exonération des carburants utilisés par certains bateaux, taux réduit de droits d’accise pour les carburants utilisés par les taxis et certains types de machine agricole, exonération des droits d’accise pour les producteurs de gaz naturel et pour les entreprises de raffinage, exonération de TVA pour les équipements de forage en mer, aide aux stations-service des régions isolées… Le rapport de l’OCDE liste une trentaine de subventions favorables à la consommation d’énergies fossiles et défavorables à l’environnement. Un chiffre a minima, qui se base sur les seules données transmises par l’Etat et qui ne comprend pas, notamment, la détaxation sur le kérosène pour les vols intérieurs. D'après Journal de l'Environnement : L’OCDE appelle à réformer la fiscalité écologique


L’OCDE préconise le rapprochement de la politique énergétique, des finances publiques et des objectifs d’environnement

Deux nouveaux rapports de l’OCDE apportent des informations très diverses sur la façon dont la réforme des subventions et des allégements fiscaux en faveur des énergies fossiles et la rationalisation des taxes sur le carburant peuvent aider les pays à accroître leurs finances publiques et à respecter des objectifs écologiques.

Taxer la consommation d’énergie (Taxing Energy Use) livre la première analyse comparative systématique de la structure et du niveau des taxes sur l’énergie dans les 34 pays membres de l’OCDE. Ce rapport fait le point sur la variation du taux d’imposition selon le type de combustible ou de carburant et en fonction de leurs différents usages dans chaque pays. La synthèse des informations est également présentée sous forme de graphiques.

Dans ce rapport sont calculés les effets des taux légaux des taxes sur les divers carburants et combustibles, lorsque ces taux sont exprimés par unité d’énergie ou par unité d’émission de dioxyde de carbone (CO2). Le rapport révèle que ces taux d’imposition effectifs diffèrent considérablement d’un pays à l’autre, et fournit des précisions sur leurs amples variations selon les types de carburants ou combustibles (essence, gazole, gaz naturel, charbon, etc.), même en cas d’usages équivalents. Par exemple :
  • En moyenne, le taux effectif d’imposition sur le gazole routier, exprimé en fonction des émissions de carbone, est inférieur de 37 % au taux comparable applicable à l’essence ; rapporté au contenu énergétique, ce taux représente 32 % de moins.
  • Dans les utilisations thermiques et industrielles, le taux effectif moyen d’imposition basé sur les émissions de carbone qui s’applique aux produits pétroliers représente 24 EUR par tonne de CO2, contre 13 EUR par tonne pour le gaz naturel ; le taux moyen appliqué au charbon ne représente que 5 EUR par tonne, en dépit des effets néfastes de ce combustible sur l’environnement.
  • Les carburants et combustibles utilisés dans l’agriculture, la pêche et la foresterie sont souvent exonérés d’impôt.
Cette grande disparité des taux d’imposition – rapportés aux émissions de carbone – fait que les contre-incitations fiscales visant à éviter ces émissions présentent des différences considérables. Étant donné que les émissions de CO2, indépendamment de la façon dont elles sont produites et du lieu d’où elles proviennent, ont en substance les mêmes incidences sur les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre (et, partant, sur le changement climatique), ces différences mettent en évidence la dispersion des efforts d’atténuation du changement climatique actuellement déployés au niveau international.

« Les écarts entre les taux effectifs des taxes sur la consommation d’énergie, et le faible poids de la fiscalité applicable aux carburants et combustibles qui ont des effets importants sur l’environnement, donnent à penser que les pays auraient de grandes possibilités de réformer leur fiscalité de l’énergie et d’atteindre des objectifs environnementaux avec un meilleur rapport coût-efficacité », a déclaré Pascal Saint-Amans, Directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l’OCDE. « Un recours accru aux taxes liées à l’environnement pourrait aussi se révéler un moyen économiquement efficient de lever des recettes pour améliorer l’état des finances publiques en période de crise budgétaire. »

Cliquer Ici pour la suite et accéder au premier rapport de l'Ocde : Taxer la consommation d’énergie (Taxing Energy Use)

Inventaire du soutien public et des dépenses fiscales estimés pour les combustibles fossiles

Le présent inventaire fournit des estimations quantitatives du soutien budgétaire direct et des dépenses fiscales en faveur de la production ou de la consommation d’énergies fossiles dans les pays membres de l’OCDE. Ces informations ont été réunies dans le cadre d’un programme de travail de l’OCDE destiné à mieux faire comprendre les subventions dommageables à l’environnement (SDE). L’inventaire a aussi pour but d’appuyer les efforts actuels du Groupe des 20 (G20) en vue d’une réforme des subventions aux énergies fossiles.

Le G20 s’intéresse « aux subventions inefficaces aux combustibles fossiles qui encouragent la surconsommation » ; les pays du G20 ont déclaré vouloir « rationaliser et supprimer progressivement à moyen terme » ces subventions (G20, 2009). Un engagement similaire a été pris en novembre 2009 par les dirigeants du Forum de coopération économique Asie Pacifique (APEC). En outre, dans la Déclaration 2009 de l’OCDE sur la croissance verte, 34 pays ont affirmé qu’ils « encourageraient la réforme des politiques internes dans le but d’éviter ou de supprimer les mesures dommageables à l’environnement qui risquent de freiner la croissance verte, notamment les subventions en faveur de la consommation ou de la production de combustibles qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre… » (OCDE, 2009a).

Cet inventaire découle d’une idée fondamentale: le recensement des « subventions » à un secteur ou une industrie exige de faire au préalable un inventaire de toutes les mesures qui peuvent être qualifiées de soutien à ce secteur ou à cette industrie. Tout d’abord, en raison des effets interactifs des politiques, il est difficile de déterminer a priori si une mesure de soutien particulière est inefficace, encourage le gaspillage ou porte atteinte à l’environnement. Seule une image complète des politiques en place permet l’utilisation de divers outils analytiques pour analyser les effets de ces politiques sur le bien-être et l’environnement....

Cliquer Ici pour la Suite de l'Introduction (en français) de l'Inventaire du soutien public et des dépenses fiscales estimés pour les combustibles fossiles

Cliquer Ici pour la partie concernant la France : Inventaire du soutien public et des dépenses fiscales estimés pour les combustibles fossiles

Cliquer Ici pour accéder au document intégral (en anglais) : OECD (2013), Inventory of Estimated Budgetary Support and Tax Expenditures for Fossil Fuels 2013, OECD Publishing, Paris.

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Le 18 février 2013

L'Europe bleue prend le chemin du Chili ?

Au Chili, deux associations environnementales, Greenpeace et Oceana, ont salué l’adoption de la nouvelle loi sur la pêche. Selon elles, la loi Longueira va vers une pêche plus durable. En effet, les 7 familles qui se partagent 93% des quotas de pêche devront maintenant respecter le fameux Rendement Maximal Durable (RMD). D'autre part, elles sont rassurées par le peu de rejet de poisson : plus de 90% des captures chiliennes partent à la farine ! Enfin, elles applaudissent l’interdiction du chalutage de fond dans ce pays bordé d’une fosse abyssale de plus de 6000 mètres....


Le Chili est devenu un grand pays minotier pendant la période Pinochet. Au moment de la dictature, période des grandes inégalités, la pêche s'est concentrée autour de quelques familles (avec l'empire Angellini qui à la fin des années 1980  "monopolisait" près de 2 millions de tonnes d'anchois, sardine et chinchard pour la farine....). Ensuite, les sociétés minotières ont organisé une véritable ruée sur le chinchard dans le centre du pays à partir des ports de Talcahuano et Coronel.

Le développement de l'activité minotière a favorisé le décollage de la salmoniculture chilienne puis sa croissance exponentielle pour atteindre aujourd'hui près de 800.000 tonnes/an de salmonidés (Saumon + Truite).

En Europe, l'industrie minotière jubile...

Après le vote du Parlement européen qui a accepté la réforme ultra-libérale de la pêche communautaire proposée par Bruxelles, les industriels de la farine de poisson se frottent les mains. Une véritable aubaine que tous ces rejets de poisson ramenés dans les ports !  l'IFFO, organisation internationale des producteurs de farine de poisson, s'est montré ravi de la décision des eurodéputés qui apporte de l'eau au moulin des industriels de la farine de poisson, des fabricants d'aliments piscicoles et en bout de chaine de l'aquaculture, un volet de la croissance bleue de l'UE : IFFO welcomes vote on fish discards as good for supply of fishmeal and fish oil

Au Chili, la privatisation de la mer signe la fin des petits pêcheurs




Beaucoup de petits pêcheurs disent que les droits de pêche accordés aux 7 familles pourraient signifier la fin de leur existence. Lire The Realnews : The Privatization of Chile's Sea
 
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11 février 2013

Création d'une commission internationale sur la gestion des océans

Londres, 11 fév 2013 (AFP)

Une commission internationale sur les océans (Global Ocean Commission), composée d'anciens membres de gouvernement comme l'ex-ministre des Affaires étrangères britannique David Miliband, a été lancée à Londres pour travailler sur une réforme du droit de la mer et lutter contre la surpêche, annonce-t-elle lundi dans un communiqué.

Les ressources halieutiques des océans sont surexploitées tandis que la pêche en haute mer, au delà de 200 milles nautiques, n'est soumise à aucune réglementation.

La commission mondiale sur les océans ("global ocean commission" en anglais) débutera ses travaux en mars 2013 au Cap (Afrique du Sud) et publiera des recommandations début 2014, avant le début des discussions à l'ONU sur la protection de la biodiversité des océans, indique-t-elle dans un communiqué.

Feront notamment partie de cette instance l'ex-ministre des Affaires étrangères britannique David Miliband, l'ex-président du Costa-Rica José Manuel Figueres, l'ancien Premier ministre du Canada Paul Martin, l'ex-ministre de l'Environnement espagnol Cristina Narbona, Ratan Tata ex-dirigeant du conglomérat indien Tata, ou encore l'ancien ministre des Finances de l'Indonésie Mulyani Indrawati.

"Le monde a un besoin urgent de trouver de meilleurs moyens pour gérer les océans, de stopper la surexploitation de ses ressources précieuses et d'assurer la protection des générations actuelles et futures", estime José Manuel Figueres dans le communiqué.

David Miliband a lui aussi appelé à une nouvelle gouvernance pour la gestion des océans, allant au-delà de la convention de l'ONU sur le droit de la mer (Unclos en anglais), un texte de 1982 qui ne réglemente pas la pêche en haute mer.

"L'océan fournit de la nourriture à des milliards de personnes et génère de la richesse économique, de l'emploi et du commerce", a commenté l'ex-ministre britannique pour qui "une gouvernance adaptée produira à la fois des gains écologiques et économiques".

La Commission rappelle que plus du tiers des stocks mondiaux de poissons sont surexploités alors que les océans sont aussi affectés par la pollution et le réchauffement climatique, notamment via l'acidification due à l'absorption du CO2 de l'atmosphère.

La Commission mondiale sur les océans est soutenue par les fondations Pew Charitable Trusts, Adessium et Oceans 5.

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8 février 2013

Les moules menacent la pêcherie de langouste à Tristan da Cunha

Une invasion de moules menace l’économie de la communauté la plus isolée du monde, Tristan da Cunha, située dans l’Atlantique sud.

Ces moules originaires de la méditerranée sont capables de voyager des milliers kilomètres en s’accrochant sur les coques des bateaux. Si elles envahissent les site locaux de production des homard, elles pourraient menacer l’économie de l’île qui repose à 80% sur cette activité.

Les moules sont arrivées l’année dernière sur la coque d’un bateau qui a fait naufrage au large de l’île. Elles ont depuis réussi à survire et à se reproduire. La moule de méditerranée (Mytilus galloprovincialis) est classée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature sur la liste des pires « 100 espèces invasives » au monde.

Selon Sue Scott, biologiste marin, le fait que ces moules aient survécu « est une mauvaise nouvelles. Elles pourraient coloniser de grands espaces et menacer les populations de homard ». Les revenus de la pêche au homard sur l’île, qui est certifiée durable par le Marine Stewardship Council, suffit tout juste à ses 300 habitants. Selon Le Guardian, cette invasion est une menace économique et écologique, l’île étant inscrite au patrimoine mondial avec deux espèces endémiques d’oiseaux. D'après Goodplanet : Moules contre homards

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Le 7 février 2013

Effondrement du mérou au Sénégal : gestion inefficace de la pêche artisanale


Les eaux au large du Sénégal se sont vidées de leurs mérous, ou « thiof ». Comment ce poisson emblématique du pays a-t-il pu quasiment disparaître ? Une équipe franco-sénégalaise vient de montrer que l’effondrement des stocks est dû à l’ essor de la pêche artisanale – vue en général comme une alternative durable aux pêcheries industrielles. En 30 ans, le nombre de pirogues a quadruplé. La technologie augmente sans cesse la puissance de pêche de la flotte. Pour réduire la pression sur la ressource, les chercheurs préconisent de mettre en place une gestion des petites pêcheries et de réguler l’exportation, qui fait grimper les prix au kilo et fait du thiof une denrée toujours très rentable malgré la rareté du poisson.

Bon à savoir
Les 700 km de côtes sénégalaises comptent parmi les plus poissonneuses au monde.
La flotte sénégalaise est passée de 3 000 pirogues dans les années 1980 à plus de 12 000 aujourd’hui. La pêche artisanale assure désormais plus des deux tiers des captures de poissons du pays.
La pêche garantit aujourd’hui près de 70 % des apports en protéines animales des Sénégalais.
L’Europe importe 40 % de ses poissons, entre autres en provenance du Sénégal. 

Depuis dix ans, le mérou blanc, ou « thiof » en langue Wolof, manque cruellement au Sénégal. Poisson emblématique du pays, il constituait encore récemment la base du plat national, le « thiéboudiène ». Aujourd’hui, il se fait très rare sur les étals des marchés et affiche un prix au kilo exorbitant.

Une flottille multipliée par quatre

Comment un poisson, autrefois symbole de l’abondance des ressources sénégalaises, a-t-il pu quasiment disparaître ?

Une équipe franco-sénégalaise du CRODT (1) et de l’IRD vient de montrer que l’effondrement des stocks de mérou est dû au boom depuis 30 ans de la pêche artisanale, pourtant considérée le plus souvent comme une solution plus durable que les pêcheries industrielles. Sous la pression de la demande mondiale, en particulier européenne, le nombre de pirogues a été multiplié par quatre (2). Grâce aux données du CRODT, les chercheurs ont montré la corrélation entre cet essor de la petite pêcherie et la chute du thiof, au cours des dernières décennies.

D’excellents pêcheurs           

Outre leur nombre en expansion, les piroguiers tiennent essentiellement leur puissance de pêche de l’amélioration des technologies. Aujourd’hui, la majorité d’entre eux dispose d’outils de navigation GPS et de sondeurs pour détecter les bancs de poissons. Ils peuvent évoluer sur de très longues distances, au-delà des eaux territoriales, jusqu’en Mauritanie notamment. Ils font également preuve d’une grande adaptabilité, passant au gré des besoins de la ligne au filet, etc. Cette flexibilité leur permet de s’adapter à la demande, dans un contexte de marché des produits de la mer mondialisé.

Le thiof privé de ses mâles

Le mérou, de son nom scientifique Epinephelus aeneus , possède une singularité, qui a décuplé les effets de sa surexploitation : il est hermaphrodite. Il naît d’abord femelle, puis change de sexe vers l’âge de douze ans, dès qu’il atteint 80 cm de long. Or, ce sont les plus gros individus qui sont préférentiellement pêchés. Les mâles sont donc prélevés en premier lieu et, à terme, il ne reste quasiment plus que des femelles. Ce phénomène menace le renouvellement des stocks lié à la reproduction.

Ces travaux soulignent la nécessité de développer une stratégie de conservation intégrant la gestion de la flotte artisanale, par essence diversifiée, et de réduire la pression de pêche. En ce sens, les chercheurs préconisent de diminuer les subventions qui incitent à sans cesse augmenter la capacité des pêcheries.

Autre levier : réguler l’exportation et réduire ainsi l’intérêt de cette espèce pour les pêcheurs par des moyens réglementaires ou en décourageant la demande extérieure par divers moyens envisageables, taxes ou encore campagnes de sensibilisation, pour faire baisser le prix local du mérou afin de le revoir un jour sur les étals sénégalais.

Notes
(1) Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye
(2) L’attrait pour la pêche au mérou a été amplifié par la hausse de son prix local, accélérée par la dévaluation de 50 % du franc CFA en 1994. Dic, Gaëlle Courcoux

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Le 6 février 2013

Fidji. Que vaut un thon certifié s'il est invendable ?

Le thon albacore de Fidji va obtenir la certification MSC. Mais sera-t-il autorisé sur le marché de l’UE qui vient de classer ce pays dans sa liste de la pêche pirate ?

La Pêcherie à la palangre de thon albacore de Fidji a été certifiée par le Marine Stewardship Council (MSC). Il s’agit de la première pêcherie de Fidji à être certifiée. Ceci « représente une opportunité de développer de nouveaux marchés dans des régions où la demande de produits de la mer durables est déjà élevée », souligne le secrétaire de l’Association des armateurs thoniers de Fidji. 

L’évaluation a mesuré la santé des stocks thoniers, la stratégie de gestion à long terme dans le Pacifique Sud pour cette pêcherie, ainsi que les impacts potentiels sur les écosystèmes de la pêcherie fidjienne, pour garantir que cette ressource reste durablement exploitée. L’évaluation a révélé que le stock d’albacore était en bonne santé, et que la flotte fidjienne suivait des principes de bonne gestion, avec un impact marginal sur les écosystèmes. Le processus d’évaluation a bénéficié de l’aide technique et financière du projet DEVFISH financé par l’UE, géré par l’Agence des pêches du Forum et le Secrétariat de la Communauté du Pacifique.

Toutefois, d’autres défis se posent aux producteurs fidjiens qui souhaitent exporter vers l’UE. À la mi-novembre, Fidji a été averti qu’il se verrait appliquer des sanctions commerciales par l’UE pour non coopération dans la lutte contre la pêche INN. Plus particulièrement, des manquements en matière de surveillance, contrôle et surveillance des activités de pêche ont été identifiés. D’après la CE, ceux-ci sont liés au manque d’instruments juridiques adéquats, en particulier de dispositions spécifiques dans le cadre juridique national portant sur des mesures visant à prévenir, décourager et éradiquer les activités de pêche INN.


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Le 30 janvier 2013

Rôle du poisson et des produits de l'aquaculture dans la nutrition humaine et la sécurité alimentaire mondiale

Albert GJ Tacon et Marc Métian

Conférence VI AQUASUR

Chili

Octobre 2012

Role of fish and aquaculture products in human nutrition and global food security

Presentation given by Albert G.J. Tacon and Marc Metian during VI AQUASUR Conference

Pour télécharger la présentation, cliquer Tacon / Métian

"Contribution du poisson à l'approvisionnement alimentaire mondial : Rôle des produits aquatiques dans la nutrition humaine et la sécurité alimentaire des pauvres."


Conclusion de l'exposé de Tacon et Métian (traduction du texte ci-dessus) : "Enfin, il est important de mentionner que les petites espèces de poissons pélagiques représentent l'un des meilleurs aliments parmi les espèces aquatiques d’un point de vue nutritionnel (humain). Et que l’utilisation ciblée et continue de ces poissons à bas coût pour la transformation en farine et huile de poisson à destination de l'alimentation animale devrait être découragée. Et que leur utilisation directe dans l'alimentation humaine devrait être encouragée et promue au profit des populations rurales pauvres et des populations dans le besoin..."

Le Chili qui transforme plus de 90% de ses captures en farine, était tout particulièrement visé par la conclusion de Tacon et Métian...

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Le 29 janvier 2013

Guyane. Pêcheurs et armateurs : « La guerre est déclarée ! »




“La vente de poisson suspendue”


Le ton est donné, le poisson local est en train de devenir une denrée rare. “À partir de lundi, il n’y a plus de poisson en Guyane. Nous rentrons tous les bateaux” a réaffirmé le syndicat des Pêcheurs et Armateurs de la Pêche Artisanale au Poisson de la Guyane (PAPAP) lors de la mobilisation des armateurs et pêcheurs qui s’est tenue ce samedi, au marché, place du coq à Cayenne, pour expliquer à la population guyanaise la légitimité de leurs doléances et la suite qu’ils comptent donner à leur mouvement.

“On va frapper à compter de lundi” signale José Achille, membre du Papap. Ces actions non dévoilées, impliquent les 600 pêcheurs et armateurs de Guyane, confrontés à des actes de piraterie.

Une mobilisation qui fait suite à une réunion qui a tourné court en Préfecture entre les services de l’Etat, la délégation syndicat PAPAP et CRPMEM Guyane. “L’Etat est responsable de cet état de fait : il n’est plus possible de travailler à perte, les navires revenant à vide de leur campagne de pêche pour la simple et bonne raison que plus de trente bateaux illégaux des pays voisins pêchent dans nos eaux, avec des filets de plus de 10 km et raflent tout au passage. Et, qu’ils prennent même le luxe d’appeler les pêcheurs guyanais par radio pour leur dire de ne pas jeter leur filet dans la zone car ils gêneraient leurs prélèvements… illégaux !”.

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Le 28 janvier 2013

Quand la mangrove ne protège plus la côte


Fiches d'actualité scientifique

La mangrove du Guyana, en Amérique du Sud, est en train de disparaître. Contrairement à la côte de sa proche voisine la Guyane française, encore relativement préservée, son littoral a été largement aménagé. Pour développer l’agriculture et l’aquaculture, des digues de terre ont été érigées, détruisant en grande partie la forêt de palétuviers.

Une étude(1) de chercheurs de l’IRD et d’Aix-Marseille Université montre que la réduction de la protection qu’assure la mangrove contre la houle entraînera une érosion à grande échelle des 370 km de côtes du pays. Seul un programme de réhabilitation de l’écosystème permettra d’endiguer le phénomène. 

Bon à savoir

La mangrove est une forêt spécifique des zones de marée des littoraux tropicaux, constituée de palétuviers qui poussent les pieds dans l’eau (voir aussi La mangrove, filtre pour les métaux lourds). Elle couvre les trois quarts des littoraux tropicaux, soit près de 200000 km². Sa surface mondiale a été réduite de 30 % en 20 ans, essentiellement du fait de l’élévation du niveau de la mer.


Le Guyana, anciennement Guyane britannique, est le 3e pays le plus petit d’Amérique du Sud et l’un des plus pauvres . C’est également le seul pays anglophone du continent. La plaine côtière, qui représente 5 % de la superficie du pays, abrite plus de 90 % des 770 000 habitants.

Les mangroves des Guyanes – Guyane française, Surinam et Guyana –,qui s’étalent entre les deltas de l'Orénoque et de l'Amazone, comptent parmi les plus vastes au monde. Cet écosystème particulier, entre terre et mer, joue un rôle majeur dans la protection contre l’érosion de la côte vaseuse( 2), particulièrement instable. Mais la mangrove du Guyana a été en grande partie détruite pour aménager la plaine littorale. Ce recul du rideau de palétuviers se traduira par une érosion côtière à grande échelle, menaçant les populations et leurs activités économiques, comme le révèle une étude de chercheurs de l’IRD et d’Aix-Marseille Université.

Gagner du terrain sur la mer

Si le littoral de Guyane française demeure pour le moment préservé des aménagements humains, celui du Guyana est déjà fortement anthropisé. L’ensemble de la bande côtière est désormais habitée*. Pour conquérir cet espace puis pour développer l’aquaculture et l’agriculture – essentiellement la riziculture, les zones marécageuses littorales ont été aménagées en « polders »( 3). Pour ce faire, des digues ont été élevées, réduisant la frange de mangrove d’1 km à seulement quelques dizaines de mètres de large.

Des digues moins protectrices

Sur les 450 km de côtes le long de l’Atlantique que compte le Guyana, plus des trois quarts sont aujourd’hui endigués. De ces digues de terre dépend désormais la stabilité de la ligne littorale. Mais celles-ci n’assurent pas une aussi bonne protection que les mangroves contre la houle, première cause d’érosion. D'ailleurs elles ne résisteraient pas à la force des vagues si les mangroves venaient à disparaître complètement. Or elles empêchent la sédimentation du limon en provenance de l’Amazone, qui permet à la forêt de se régénérer.

La stabilité du littoral en danger

Les scientifiques ont identifié les principaux processus géomorphologiques à l’œuvre tout au long du littoral guyanien. Ils ont ainsi évalué les risques élevés de déstabilisation de la ligne côtière du fait de la diminution de la mangrove. Des digues rocheuses sont actuellement construites, dans le but de sauvegarder les activités économiques comme l’agriculture. Mais de tels ouvrages ont des coûts prohibitifs. Le seul moyen de lutte consiste à réhabiliter la mangrove.

Cette expertise permettra au gouvernement guyanien de préciser les mesures d’action à mettre en place et aider les palétuviers à recoloniser l’espace littoral. La Guyane française, dont la zone côtière subit à son tour une pression démographique croissante, doit également tirer des enseignements de ces travaux pour ne pas rencontrer à moyen terme les mêmes problèmes que son voisin.

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Le 28 Janvier 2013

Accord de pêche. Un pêcheur mauritanien au Parlement européen

Face aux européens très divisés sur l’attitude à adopter dans le protocole d’accord de partenariat de pêche Mauritanie/UE, les pêcheurs mauritaniens font valoir leurs droits....

Une audition sur le protocole d'accord - adopté par le Conseil Européen en décembre 2012, et doit maintenant recevoir le consentement des eurodéputés - a eu lieu le 21 janvier 2013 au Parlement européen... La voix des mauritaniens a été portée à cette assemblée par le président de la Fédération nationale des pêches (FNP), section pêche artisanale, Sid’Amed Ould Abeid, invité à s’exprimer sur les avantages du futur protocole...

Sid’Ahmed Abeid, pêcheur de poulpe en Mauritanie

Audition sur le protocole d’accord de pêche UE-Mauritanie

Parlement européen, 21 Janvier 2013

Je vous remercie de donner l’occasion à un pêcheur artisan mauritanien de prendre la parole en tant qu’expert au sein de ce comité.

Je m’appelle Sid’Ahmed Abeid, et je suis Président de l’organisation de pêche artisanale de la Fédération Nationale des Pêches de Mauritanie. Je suis pêcheur depuis plus de 35 ans.

Comme vous le savez, la Mauritanie est un pays en développement. Il y a 35 ans, la pêche artisanale, c’était les communautés de pêche traditionnelle Imraguen, qui pêchent le mulet, et les pêcheurs ouolofs mauritaniens de la région de Ndiago.  Mais l’activité qui s’est développé à cette époque, et qui a contribué  à faire de  la pêche artisanale un moteur du développement social et économique de notre pays, c’est la pêche au poulpe. Je peux vous en parler, car je suis le premier pêcheur qui s’est lancé, en 1978, à la pêche au poulpe.

A l’époque, je me souviens, nous n’étions que 17 embarcations artisanales.

Nous pêchions un peu de poisson à écailles, aussi du chien de mer, qu’on appelle chez nous le tollo -, mais nous ne vendions nos produits que 7 ouguyas, - 2 centimes d’euros-, le kilo.

En 1978, des gens de la coopération japonaise sont venus me voir et m’ont dit que c’était possible de capturer du poulpe avec des pots, que cela donnait  un produit de très haute qualité qu’on pourrait leur vendre à un très bon prix. Alors, je me suis lancé. J’ai expérimenté toutes sortes de matériaux pour faire mes pots : du ciment, du PVC, des boîtes de conserves, mais ce n’était jamais idéal: les pots se cassaient, étaient trop fragiles ou trop lourds.

Un jour, je suis allé à Las Palmas, et j’ai trouvé que les espagnols vendaient de l’eau dans des bouteilles de 5l, qui étaient juste à la bonne taille pour mes pots. Je suis allé voir l’usine de bouteilles et je leur ai acheté 4000 bouteilles, qu’ils ont bien voulu adapter pour faire mes pots, et j’ai tout envoyé en Mauritanie. Le résultat a été excellent. Et comme cela arrivait juste après la grande sécheresse de 1973, beaucoup de mauritaniens qui avaient migré vers la côte, se sont mis à pêcher le poulpe avec des pots, comme moi. Quelques années plus tard, en 1984, à la création de la SMCP, - la société mauritanienne pour la commercialisation des produits de la pêche-, nous avons été les premiers à lui livrer nos produits.

Aujourd’hui,  nous sommes 36.000 pêcheurs artisans et nous utilisons 7.500 embarcations artisanales. Pour  ce qui est de  la pêche de poulpe, nous assurons 60% de la production nationale en quantité et 70% en valeur. Nous fournissons 90% de l’emploi dans le secteur, avec des gens qui travaillent dans 50 usines de traitement de congélation des produits, dans
12 ateliers de fabrication de pirogues,  et dans  des centaines de magasins de vente de matériel, des milliers de mareyeurs, de transporteurs, de fabricants de pots, etc. Dans la pêche artisanale, la valeur ajoutée est de 8 fois supérieure à la valeur ajoutée dans la pêche industrielle.

Ce que je vous raconte là, c’est ce que nous, nous appelons LE DEVELOPPEMENT.

Mais nous voulons également inscrire ce développement dans une perspective de  PECHE DURABLE.

Il faut d’abord rappeler que la pêche au pot est une pêche sélective : nous prenons à la main le poulpe qui se cache au fond du pot, et s’il est trop petit, nous le remettons vivant dans la mer. De toute façon, pour nous qui ne ciblons que la première qualité, ces poulpes juvéniles ne sont pas intéressants.

D’autre part, Certaines mesures ont été prises ces dernières années pour aller vers plus de durabilité :
  • nous avons 4 mois d’arrêt biologique par an ;
  • un poids minimum de 500 grammes éviscéré a été mis en place pour les captures de poulpe ;
  • un  second  plan d’aménagement de la pêcherie est en cours de finalisation, qui permettra de maitriser les capacités.
Je veux aussi souligner que des Etats européens soutiennent ces efforts de durabilité, y compris :
  • la coopération française, l’AFD, a financé toutes les études pour la mise aux normes sanitaires de nos usines, ainsi que des formations de pêcheurs pour la sécurité en mer, avec des dons de gilets de sauvetage ;
  • la coopération allemande, depuis des années,  investit dans le renforcement du contrôle et de la surveillance.


Ces dernières années, nous avons  également  souhaité diversifier nos activités, en particulier développer la pêche artisanale à la sardinelle, car la population mauritanienne se tourne maintenant vers ce poisson pour le plat quotidien.

Pour l’instant, cette sardinelle est pêchée près de la côte, dans les zones jusqu’à 20 mètres de fond.

Ce que nous voulons, c’est développer une flotte de bateaux artisans plus solides, qui permette aux pêcheurs d’aller en toute sécurité dans des zones plus profondes.

Comme les sardinelles sont un stock partagé avec nos voisins d’Afrique de l’Ouest, et vu que cette ressource est très importante pour l’alimentation de nos populations, nous discutons avec nos collègues pêcheurs artisans sénégalais, gambiens pour voir comment promouvoir auprès de nos états la mise en place d’une gestion commune, qui donne la priorité à la pêche artisanale et à l’approvisionnement des marchés locaux.

Si je vous explique tous ces projets que nous avons pour développer durablement notre secteur, c’est pour que vous, parlementaires européens, compreniez bien les enjeux de notre partenariat avec l’Europe. Car l’Europe est, et restera, notre premier partenaire en matière de pêche, mais nous voulons que ce soit un PARTENARIAT JUSTE.

Nous nous battons pour cela depuis 1996, d’abord au niveau national, puis international, ce qui me permet aujourd’hui de venir vous parler directement.

Et de vous dire ceci: nous avons les moyens matériels et humains pour exploiter de façon durable notre stock de poulpe et une grande partie de nos autres ressources. Ce qui peut être pêché par les pêcheurs mauritaniens, doit lui être réservé. LAISSEZ NOUS NOTRE POULPE !

Ce même message, nous l’avons aussi adressé à notre gouvernement lorsqu’il a négocié une convention avec la société chinoise Poly Hondone en 2011, qui allait contre nos intérêts.

Nous avons fait campagne, mobilisé la société civile et les médias, organisé des ateliers, des manifestations de protestation en face des bureaux de l’administration; nous avons confronté nos fonctionnaires à la télévision pour leur dire la même chose: ce que nous pouvons pêcher nous-mêmes doit nous être réservé.

Pour nous, c’est quelque chose de non négociable, car c’est notre gagne-pain, la nourriture et les emplois pour notre population.

Concernant la Convention avec les chinois, nous avons reçu une bonne nouvelle la semaine dernière:
le gouvernement a fait  savoir que  les activités de la société chinoise Poly Hondone devaient dorénavant se limiter aux petits pélagiques, et le Président de la République a annoncé que les conditions faites aux chinois, et à toute autre flotte étrangère, seraient les mêmes que celles faites aux Européens. Il a aussi précisé que le poulpe sera réservé aux mauritaniens, particulièrement à la pêche artisanale.

Ces conditions techniques faites aux flottes européennes, pour nous, elles vont dans le bon sens.

D’abord, elles nous permettent d’exploiter nous-mêmes notre poulpe. C’est l’élément essentiel du protocole.

Les nouvelles zones de pêche sont également une avancée positive. Repousser les chalutiers plus au large va contribuer à protéger les fonds marins, diminuer les accidents avec les pirogues artisanales, diminuer la compétition avec nos pirogues et aussi diminuer les CAPTURES ACCESSOIRES.

Pour vous donner un exemple, vous rendez-vous compte, ici au Parlement européen, que la moitié de notre stock de daurade est prise comme capture accessoire des chalutiers ciblant la sardinelle ? Et puis, on nous demande de gérer durablement cette ressource. Comment voulez-vous qu’on fasse ?

Pour ce qui est de la compensation financière, pour nous, le plus important, ce n’est pas d’avoir 1 million, ou 10 millions, ou 100 millions d’euros, c’est que l’argent soit bien utilisé,  de manière transparente, pour promouvoir le développement.

La TRANSPARENCE DANS LE SECTEUR DE LA PÊCHE, que ce soit pour l’utilisation des financements destinés au secteur ou pour les conditions de licence, est pour nous un élément essentiel. Nous avons dans ce cadre soutenu l’intégration du secteur de la Pêche dans l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE), qui est en train d’être mise en œuvre par le Ministère de la Pêche et de l’Economie maritime.

En matière d’utilisation des fonds de la contrepartie financière des accords, nous, pêcheurs artisans, regrettons beaucoup de n’avoir encore rien vu de l’Union européenne en termes d’investissements dans les infrastructures, ni en termes de transfert de technologies: des ports, des usines de transformation pour nos produits, des entrepôts de stockage, des programmes de formation, etc.

De tels INVESTISSEMENTS seront aussi importants à mettre en place si nous voulons développer un vrai partenariat ‘gagnant-gagnant’, ce que nous espérons pouvoir faire dans le cadre de ce nouveau protocole. Et nous espérons votre appui pour cela.

Je vous remercie

Sid’Ahmed Abeid

Audition sur le protocole d’accord de pêche UE-Mauritanie
Parlement européen, 21 Janvier 2013
Intervention de Sid’Ahmed Abeid, Président de la section artisanale de la Fédération Nationale des Pêches de Mauritanie
Contact: abeid11957@hotmail.fr

Pour télécharger la présentation de Sid’Ahmed Abeid, cliquer Ici
 
Remarque : Les attentes de la société civile mauritanienne

Ould Abeid exprimait aussi les attentes de la société civile mauritanienne, exprimées en octobre 2012, à l’occasion d’une table-ronde organisée à Nouakchott sur le sujet. Les préoccupations soulevées à l’époque se rapportaient  à plusieurs aspects dont notamment la durabilité environnementale de la ressource, le soutien du développement d’une pêche locale et à la gouvernance.

Les organisations de la civile mauritanienne et leurs partenaires CAPE (coalition pour des accords de pêche équitables) et COAPA (confédération africaine de pêche artisanale) avaient notamment invoqué le soutien du Parlement Européen à soutenir la conclusion du protocole, en phase avec les objectifs du principe de l’accès au surplus de ressources disponibles, en particulier pour le poulpe, ressource stratégique pour les pêcheurs mauritaniens artisanaux, le zonage, l’obligation de débarquer les prises et la juste rétribution des captures…

Près d’une 20 vingtaine de bateaux pêchent déjà dans le cadre de l’accord –transitoire- mais une plus grande partie des flottes européennes impliquées ne sont pas d’accord avec les conditions techniques et / ou les conditions financières prévues par le protocole. Elle et propose, enfin, de rejeter le protocole, position suivie par le rapporteur dans sa proposition de rapport soumise au Parlement Européen. D'après Mauriweb : Pêche/Protocole RIM-Ue : Les parlementaires européens divisés

Lire aussi l'article de CAPE : Protocole d'accord de pêche UE/Mauritanie : Audition de la commission Pêche du Parlement Européen

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Le 25 janvier 2013

Chlordécone. En Martinique, 40 % des zones de pêches à la langouste sont gelées...

La pollution menace la pêche antillaise

Source : Ouest France

Aux Antilles, un pesticide contre le charançon condamne la pêche à la langouste et fait craindre des risques sanitaires.

« À cause de la contamination des langoustes par la chlordécone, une partie des pêcheurs est privée de 70% de ses revenus », tempête le Guadeloupéen Jean-Claude Yoyotte, vice-président du Comité national des pêches. La chlordécone est une molécule chimique utilisée pour lutter contre le charançon du bananier. Son introduction date de 1972 et son interdiction définitive, mais tardive, de 1993. En décembre, les ports des îles ont déjà été bloqués en signe de protestation. Depuis, la situation s'envenime. « Une explosion sociale violente est à craindre », estime Jean-Claude Yoyotte.

Aide d'urgence

Martiniquais et Guadeloupéens viennent d'être reçus par Victorin Lurel, ministre des Outre-Mer et Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche. Ceux-ci ont promis de « débloquer une aide d'urgence de 2 millions d'euros, compatible avec les règlements européens. » Ils s'engagent aussi à examiner la situation des cotisations et dettes sociales. Cautères sur jambe de bois, analysent les professionnels de la mer. « Cela représente 10 000 € par marin. Plutôt léger quand on sait que cette pollution va durer des siècles et qu'elle risque de s'étendre. »

Les possibilités de reconversion des pêcheurs îliens « sont limitées » : « Les zones de pêches ne sont pas extensibles et celles qui ne sont pas contaminées sont déjà exploitées. Impossible de reporter l'effort de pêche sur elles. » Conflits d'usage et forte pression sur la ressource halieutique interdisent cette option. « Nous souhaitons qu'un travail soit fait en profondeur pour imaginer plusieurs options, comme le développement de l'aquaculture. » Aujourd'hui en Martinique, 40 % des zones de pêches à la langouste sont gelées. En Guadeloupe, la contamination des sols concerne environ 6 500 ha et 14 500 ha en Martinique.

Sur le plan sanitaire, Jean-Claude Yoyotte évoque « une certaine omertà. Comme pour l'amiante ou les essais nucléaires dans le Pacifique. » Des premiers résultats d'études épidémiologiques évoquent toutefois, avec beaucoup de précautions, un possible lien entre l'exposition à la chlordécone et l'augmentation du risque de cancer de la prostate. Les recherches sur la molécule vont se poursuivre. Une surveillance spécifique des produits de la mer est aussi engagée.

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Le 23 janvier 2013

Les cookiens s’interrogent sur les permis de pêche accordés aux étrangers

Les cookiens au nombre de 20.000 règnent sur un espace maritime de près de 2 millions de km2 .... Le thon est leur richesse. Aussi s'interrogent-ils sur la présence de flottilles étrangères dans leurs eaux territoriales...

Aux Îles Cook, une ombre plane sur les permis de pêche hauturière



De mauvaises prises de poissons ont enclenché un débat sur les permis de pêche exploratoire accordés aux bateaux de pêche étrangers.

Et de nombreux pêcheurs locaux ont maintenant réclamé l'intervention du ministère des Ressources marines.

John Wood, le directeur de l'Association de presse des îles Cook, connaît bien le problème.

WOOD : « La pêche off-shore en général est une question qui se retrouve régulièrement dans la presse et qui est une controverse depuis plusieurs mois. Et c'est intéressant de voir que de mauvaises prises de poissons depuis un mois ou deux par des pêcheurs côtiers des îles Cook ont suscité un débat qui touche le ministère des Ressources marines et les autorités en matière de régulation de la pêche. »

Mais pourquoi quelques mauvaises pêches ont suscité ce débat ?

WOOD : « Ce qui se passe, c'est que nous avons des pêcheurs côtiers locaux qui se plaignent du peu de thons à nageoires jaunes qu'ils prennent. Et ils disent que d'un autre côté on ne connaît pas le volume des prises des sociétés de pêche étrangères qui ont des permis de pêche exploratoire off-shore. Et ces quantités inconnues suscitent des inquiétudes chez les pêcheurs locaux.
Par ailleurs, les pêcheurs pensent que les grandes flottes chinoises de navires à seine coulissante qui opèrent dans le nord polluent l'océan. »

Première conclusion : si les inquiétudes des pêcheurs locaux sont fondées ces permis de pêche exploratoire ne serviraient pas uniquement à explorer…
D'ailleurs des amendes pour infraction ont été imposées à plusieurs bateaux de pêche étrangers.

Mais en fin de compte, les pêcheurs des îles Cook veulent être davantage informés et ne sont pas contents.

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22 janvier 2013

Au Maroc, la pêche repasse la barre d'1 million de tonnes en 2012

Les mauvaises langues disent que c'est l'interruption de l'accord de pêche avec l'Europe et le départ de quelques 120 bateaux de pêche européens (majoritairement espagnols) depuis fin 2011 qui a boosté la pêche marocaine....

Hausse de la production Nationale de la Pêche Côtière et Artisanale


Production et Commercialisation Nationale de la Pêche Côtière et Artisanale
Les produits de la pêche côtière et artisanale commercialisés au niveau des halles, Comptoirs d’Agréage de Poisson Industriel et marchés de gros au poisson à fin 2012, se sont élevés à 1 190 338 T pour une valeur de 5 560 MDH. Par rapport à l’année 2011, ces produits ont enregistré une augmentation de 21% en volume et de 2% en valeur.
Les produits commercialisés au niveau des halles (première vente) ont représenté 94 % en poids et 92 % en valeur. Ceux commercialisés au niveau des marchés de gros de Casablanca et d’Oujda (deuxième vente) se sont élevés à 73 688 T pour une valeur de 441 MDH.

Débarquements par segment de pêche

Pêche côtière
A fin 2012, les débarquements du segment côtier ont représenté 72% du volume et 63% de la valeur de la production nationale. Les quantités pêchées par ce segment ont connu une augmentation de 25 % en volume et de 4 % en valeur par rapport à l’année précédente. Cette performance en volume est attribuable à l’apport de la flottille sardinière au niveau des ports de Dakhla, Lâayoune et TanTan enregistrant ainsi une hausse de 29% en volume et 25% en valeur. Par activité, le prix moyen enregistré par les senneurs a été de 2 120 DH/T contre 12 603 DH/T pour les chalutiers et 16 673 DH/T pour les palangriers.

Pêche artisanale
Durant cette même période, les quantités pêchées par le segment artisanal ont constitué 5 % du tonnage débarqué et 30 % de la valeur globale. Les débarquements de la flotte de pêche artisanale se sont élevés à 52 182 T pour une valeur de 1 530 MDH. Comparés à la même période de l'année précédente, ces débarquements ont connu une augmentation de 16% en volume et une diminution de 1% en valeur imputable à la baisse des prix moyens du poulpe.

Bateaux RSW
Pour leur part, les bateaux de type RSW opérant à Dakhla ont représenté 23 % du volume et 7% de la valeur réalisée au niveau national.

Destination des débarquements de la pêche côtière et artisanale
La consommation, la conserve et la congélation, destinations les plus valorisantes, ont constitué les principaux débouchés qui ont absorbé, à eux seuls, 80 % de la production totale de cette activité. Avec un volume de 206 572 T, l’industrie de la farine et de l’huile de poisson a absorbé 19% du total des débarquements de la pêche côtière.

Pour télécharger le Rapport Statistiques des Pêches 2012 avec les débarquements par port et par espèce, cliquer ONP

 
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Le 20 janvier 2013

La rascasse de Tepco habite les fonds marins

Source : Gen4

Photos : Rascasse super contaminé du nom vernaculaire murasoi (Sebastes pachycephalus) haut : Tepco et bas : Le Monde 

Vous n’avez pas pu échapper à cette dépêche AFP qui reportait – une fois n’est pas coutume – vendredi 18 que Tepco avait péché “récemment” une rascasse radioactive fourrée de 254 KBq / kg de Césium radioactif.

Ce poisson, un murasoi, appartient à la famille des sébastes et présente, tout comme nos rascasses méditerranéennes, la particularité d’habiter les zones rocheuses des fonds marins ; l’habitat spécifique du murasoi se situe plus précisément au niveau des fonds côtiers, donc de faible profondeur.

Que représentent exactement 255 KBq / kg de radiocésium ?

Ladite dépêche, fort concise, nous apprend que cette activité spécifique représente 2500 fois le seuil fixé par le gouvernement Japonais le 1er avril 2012 sans nous renseigner vraiment sur la dangerosité de consommer une telle prise.

En avalant l’équivalent de 1 kilogramme de ce poisson la dose engagée équivalente s’élèverait à environ 4 mSv ; un pécheur dévorant régulièrement de tels mets en fricassée présenterait ainsi au bout d’un mois de consommation une dose engagée (donc à vie) estimée à 20 mSv, ce qui est loin d’être une affaire négligeable.

Il est enfin nécessaire de savoir qu’il est très difficile de se “désintoxiquer” d’une contamination radioactive prolongée, surtout si elle est cachée et prolongée, et que les chiffres repris ci-dessus (les facteurs de doses) semblent représenter, pour certains, un moyen pratique de camoufler une partie des doses réellement engagées par les organismes soumis à une contamination radioactive.

Le poisson a l’air OK ?

En ne tenant pas compte de son aspect patibulaire habituel, ladite bestiole semble apparemment en bonne santé si on compare son allure générale par exemple avec les malheureux rats médiatisés récemment par le Professeur Séralini. En fait, il est nécessaire de savoir que les organismes simplifiés des poissons, sans réel système de protection immunitaire, ne développent généralement pas de grosseurs pouvant représenter l’indice évident d’un problème de croissance désordonnée de cellules anormales (cancer).

En comparant un peu les photos de Tepco (en haut) et d’un murasoi sain (en bas), il est possible de noter que la zone des ouïes semble très décolorée et que la nageoire caudale semble divisée chez le spécimen péché par Tepco, indice d’un possible problème de dégradation de l’état de santé de l’animal.

La parade à la diffusion biologique de la radioactivité : Des filets installés

Pour éviter que les poissons hautement contaminés ne partent trop loin au risque d'être consommés par d'autres espèces ou pêchés, Tepco va installer de nouveaux filets alentour. Plusieurs restrictions ont frappé ou concernent encore des aliments de la préfecture de Fukushima et de province voisines, le gouvernement ayant durci l'an passé les normes légales.

Le 21 août 2012, Tepco avait annoncé que des rascasses pêchées dans l'océan Pacifique à l'intérieur de la zone circulaire des 20 kilomètres autour de la centrale, fermée à toute activité humaine, présentaient un niveau de 25 800 becquerels de césium par kilogramme. Ce chiffre – 258 fois supérieur au seuil fixé par le gouvernement – était alors le plus élevé enregistré depuis le 11 mars 2011. Des niveaux comparables ont été relevés sur des lottes. (Dans Le Monde : Radioactivité record sur un poisson pêché près de Fukushima)
 
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Le 21 janvier 2013

Réserves marines : une autre forme d’apartheid ? 

En expliquant les fondements idéologiques des réserves, et en revenant sur ce qui s’est passé pour la création des réserves terrestres, Alain Le Sann permet de mieux comprendre les processus mis en œuvre pour les réserves marines.


 L’Australie vient de créer le plus grand réseau de réserves au monde, (2,3 millions de km2)

Source : L'Encre de Mer

« Depuis une vingtaine d’années (Sommet de la Terre de Rio en 1992), de nombreux biologistes et ONGE, avec le soutien de fondations, d’organisations internationales, d’agences publiques, de dons privés mais aussi de plus en plus de sociétés multinationales, imposent l’idée que l’un des meilleurs moyens de préserver la biodiversité marine et les ressources de pêche est de multiplier les réserves intégrales et les Aires marines Protégées (AMP). Après avoir imposé ce modèle à terre en réclamant sans cesse une extension des réserves terrestres (objectif 17% adopté, avec un objectif de 25% plus tard), les ONGE ont obtenu à Johannesburg en 2002 l’établissement  d’AMP sur 20% des océans, dont la moitié en réserves intégrales. En réalité, pour beaucoup, ce n’est qu’une étape, et Greenpeace revendique déjà des réserves sur 40% des océans. Pour le grand public, sensibilisé par des discours et des films catastrophistes ou d’autres exaltant la beauté des réserves marines (Planète Océan de Yann Arthus Bertrand), cette demande est simple et évidente. Pourtant, les réserves intégrales en particulier, soulèvent d’énormes questions et problèmes. Elles ne permettent pas toujours de résoudre les problèmes d’érosion de la biodiversité et elles posent de sérieux problèmes d’exclusion bien analysés et documentés à terre et déjà sensibles en mer.

Il ne s’agit pas pour autant de diaboliser l’action et encore moins les objectifs des ONGE. Parmi celles qui sont engagées sur le terrain de la conservation par les réserves, il y a des pratiques très diverses ; certaines sont parfois très respectueuses des droits humains dans leur action et pas seulement dans leurs déclarations. Au sein même d’une ONGE qui se contente d’afficher ses objectifs environnementaux sans se préoccuper des impacts sociaux de ses programmes, les professionnels engagés sur le terrain peuvent avoir de bonnes relations avec les populations concernées. Il ne s’agit donc pas de condamner par principe les réserves intégrales, ni les objectifs respectables des ONGE, mais de montrer qu’au sein même du mouvement conservationniste, beaucoup de scientifiques, d’écologistes s’interrogent sur les méthodes, les résultats et les conséquences sociales parfois dramatiques de mise en réserve de territoires terrestres et marins.

Cependant les dirigeants des ONGE et des fondations qui les soutiennent ont plutôt tendance à ne pas divulguer le contenu des débats internes qui pourrait ternir leur image de « sauveurs de la planète »[1]. Malgré la capacité de grosses ONGE à monopoliser les médias, il existe un vrai débat sur la pertinence de leurs méthodes et de leurs objectifs, et sur leur compatibilité avec les droits humains.

Les fondements idéologiques


Les réserves ont entraîné la dépossession de millions de gens

Les éco-conquérants des mers

Suite Ici du texte d'Alain Le Sann

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Le 19 Janvier 2013  

Avis de conflit sur les Océans

Une analyse régionale des tensions sur les flux et les ressources maritimes

Colloque organisé par le l’Ecole de Guerre et le Centre d’études supérieures de la Marine (CESM)

Pour plus d’informations, cliquer CESM

Les conflictualités maritimes vues sous le prisme régional.

La mer est un immense réservoir de richesses minérales et pétrolières qui vont suppléer à l’épuisement des richesses terrestres, c’est aussi une ressource majeure pour satisfaire les besoins alimentaires d’une population mondiale en expansion. Par ailleurs, l’économie mondiale est toujours plus irriguée par les réseaux maritimes… Ces réalités qui placent la mer au premier plan des enjeux du XXIème siècle ont pourtant une autre facette : ces richesses sont convoitées, les relations se tendent, les incidents se multiplient, des crises pourraient apparaître.

La mer peut-elle rester l’espace de liberté qu’elle est par nature ? Les puissances navales y voient leur intérêt, les compagnies commerciales mesurent leur vulnérabilité, les états côtiers cherchent à s’approprier les ressources en territorialisant la mer. Les uns remettent en cause le statut international des détroits et la libre circulation du commerce. Les autres recherchent un gain immédiat : l’exploitation des ressources se fait sans vision à long terme et menace l’environnement. Enfin, les systèmes mafieux, tirant parti de vides juridiques, s’y développent. Espaces internationaux par excellence, les océans sont régis par le droit de la mer et les rapports de puissance entre états : la gouvernance planétaire sera-telle à la hauteur des enjeux ?

L’exploitation des ressources, notamment celles qui reposent au fond des mers, peut-elle se faire sans affrontement ? La sécurité de la navigation peut-elle être garantie, en particulier sur les grandes routes qui traversent les zones de crise ? Comment continuer à développer l’activité humaine en mer et sur les côtes en préservant l’environnement ? Quel rôle la France et l’Europe peuvent-elles jouer ?

Pour tenter de répondre à ces questions, l’Ecole de Guerre et le CESM organisent un colloque pour étudier ces enjeux et risques. Il se concentrera sur l’analyse « océanopolitique » de quatre espaces maritimes particulièrement impactés par ces problématiques et se tiendra à l’Ecole Militaire le 14 février 2013.

Renseignements et inscription : écrire à oceanopolitique@gmail.com en précisant vos titres, grades, fonction, organismes, nom et prénom

Programme
dans la rubrique "Agenda" ci-dessus

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Le 18 janvier 2013

Au Chili, la loi sur la pêche se joue au « Jeu des 7 familles »

Au Chili, les règles de la réforme des pêches sont connues de tout le monde. Le projet de loi « Ley Longueira » s’est joué au « Jeu des 7 familles » (1)

Sept familles ont saisi l’occasion de la réforme des pêches pour se partager 92% des quotas de pêche du pays. Un véritable jackpot estimé à plus de 740 millions de dollars de revenus par an !



« Dans 15 ans, la pêche artisanale n’existera plus », tempête Alberto Millaquen. Ce représentant de l’association national des pêcheurs ne pratique pas la langue de bois dans un pays où le discours politique reste très prudent. Il dénonce un projet de loi qui obligera tous les pêcheurs à avoir une licence professionnelle. Un vrai problème, car leur niveau d’instruction est très bas. La loi les obligera aussi à avoir une assurance-vie. « Cela revient à leur interdire de pêcher au-delà de 65 ans, car personne ne voudra les assurer. » Les pêcheurs n’ont pas les moyens de se payer une retraite par capitalisation, comme nombre de Chiliens. Alors, ils travaillent jusqu’au bout.

Dans le collimateur d’Alberto Millaquen, il y a aussi la pêche industrielle.« Sept familles contrôlent tout, tous des amis de Piñera ! »Sebastián Piñera est le président du Chili élu en 2010. Un milliardaire ultralibéral qui passe ses vacances tout près de Quellón, dans l’immense parc privé de Tantauco qu’il s’est acheté (Ndlr à côté de la modeste maison en bois d'Alberto Millaquen) d'après Ouest France : A Chiloé (Chili), l'avenir compromis de la pêche artisanale

(1) dont la famille Angellini (dont le père décédé en 2007 monopolisait près de 2 millions de tonnes de poisson au début des années 1990)

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Le 17 janvier 2013

Menu de surpêche : « Mange tes méduses ! »

Avant la livraison de « Mange tes méduses ! » en mars 2013, Philippe Cury nous met l'eau à la bouche et dévoile sa recette de méduses : Soupe gélatineuse d’insipides méduses peu appétissantes !

Si cette recette à la surpêche ne vous convient pas, vous pouvez toujours prendre la formule de Cathy Lucas beaucoup moins gélatineuse : Jellyfish Experts Show Increased Blooms Are a Consequence of Periodic Global Fluctuations. Selon Cathy Lucas de l’Université de Southampton, il n’y a pas plus de méduses qu’avant. Aucun lien avec la surpêche, plutôt avec des facteurs environnementaux. Pas de preuve tangible que les méduses aient augmenté au cours des deux siècles derniers.

Surexploitation des océans : bientôt des méduses dans nos assiettes ?


Selon le spécialiste mondial basé à Sète Philippe Cury, si l’homme continue à surexploiter les océans, ils deviendront une soupe gélatineuse peu appétissante.

L’océan, garde-manger du futur. Cette immense soupe salée où vit la dernière ressource sauvage, peut générer de quoi nourrir l’humanité en produisant 100 millions de tonnes de poissons. A condition qu’on la renfloue : la pêche industrielle a vidé les mers de la moitié de sa biomasse en un siècle.

(...)

Une pêche artisanale qui doit reprendre toute sa place

Et défend la primauté d’une pêche artisanale qui doit reprendre toute sa place. Sinon, il faudra "s’habituer à manger des trucs dégueulasses, maugrée le scientifique. Ingurgiter du merlu à la place de la lotte et surtout des... méduses", espèce qui a survécu à toutes les avanies écologiques. La morue ? Du luxe ! Sans parler de l’esturgeon ou du requin dont trois espèces sur cinq ont vu leur population chuter de 99 % en Méditerranée !

A défaut de poissons, des méduses dans l'assiette...

Des océans de plus en plus gélatineux, c’est la thèse de l’iconoclaste Philippe Cury qui publiera en mars 2013 un essai provocateur, justement intitulé Mange tes méduses ! Même s’il ne croit pas vraiment qu’au pays de la gastronomie, on se contente d’un mets translucide, sans saveurs et rempli de "flotte", la perte de biodiversité peut aller très vite.....


Retour sur les actualités de 2012

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