jeudi 31 janvier 2013

Accord de pêche Mauritanie/UE. Le pêcheur de poulpe face aux eurodéputés...

L'ancêtre de la pêche au poulpe en Mauritanie auditionné par la Commission Pêche du Parlement Européen

Face aux européens très divisés sur l’attitude à adopter dans le protocole d’accord de pêche Mauritanie/UE, les artisans mauritaniens font valoir leurs droits à pêcher dans leurs eaux territoriales...

Sid’Amed Ould Abeid : "A l’époque, je me souviens, nous n’étions que 17 embarcations artisanales.... Aujourd’hui,  nous sommes 36.000 pêcheurs artisans et nous utilisons 7.500 embarcations artisanales...."

Une audition sur le protocole d'accord - adopté par le Conseil Européen en décembre 2012 - a eu lieu le 21 janvier 2013 au Parlement européen... La voix des mauritaniens a été portée à cette assemblée par le président de la Fédération nationale des pêches (FNP), section pêche artisanale, Sid’Amed Ould Abeid, invité à s’exprimer sur le futur Accord de Partenariat de la Pêche (APP).  Sid’Amed Ould Abeid a profité de cette tribune pour demander le soutien au développement d’une pêche locale....

Audition sur le protocole d’accord de partenariat de pêche UE-Mauritanie

Face à Sid’Amed Ould Abeid et les 36 000 pêcheurs artisans mauritaniens qu'il représente, il y a les acteurs européens de la pêche en Mauritanie (Source : cfp-reformwatch.eu) :
  • Benoît Caillart, directeur des études d’Oceanic Development, impliqué dans la rédaction des évaluations ex ante et ex post de l’APP UE-Mauritanie. > Présentation 
  • Gerard Van Balsfoort, président de la PFA (Association des chalutiers-congélateurs de pêche pélagique) qui représente les armements hollandais > Présentation 
  • Javier Garat, président d’Europêche qui représente essentiellement la pêcherie espagnole > Document 1 – > Document 
Compte-rendu de l'audition par Béatrice Gorez de CAPE : Audition de la commission Pêche du Parlement Européen

Sid’Ahmed Abeid, précurseur de la pêche au poulpe en Mauritanie 

Mesdames et Messieurs les parlementaires européens,

Monsieur le Rapporteur,

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de donner l’occasion à un pêcheur artisan mauritanien de prendre la parole en tant qu’expert au sein de ce comité.

Je m’appelle Sid’Ahmed Abeid, et je suis Président de l’organisation de pêche artisanale de la Fédération Nationale des Pêches de Mauritanie. Je suis pêcheur depuis plus de 35 ans.

Comme vous le savez, la Mauritanie est un pays en développement. Il y a 35 ans, la pêche artisanale, c’était les communautés de pêche traditionnelle Imraguen, qui pêchent le mulet, et les pêcheurs ouolofs mauritaniens de la région de Ndiago.  Mais l’activité qui s’est développé à cette époque, et qui a contribué  à faire de  la pêche artisanale un moteur du développement social et économique de notre pays, c’est la pêche au poulpe. Je peux vous en parler, car je suis le premier pêcheur qui s’est lancé, en 1978, à la pêche au poulpe.

A l’époque, je me souviens, nous n’étions que 17 embarcations artisanales.

Nous pêchions un peu de poisson à écailles, aussi du chien de mer, qu’on appelle chez nous le tollo -, mais nous ne vendions nos produits que 7 ouguyas, - 2 centimes d’euros-, le kilo.

En 1978, des gens de la coopération japonaise sont venus me voir et m’ont dit que c’était possible de capturer du poulpe avec des pots, que cela donnait  un produit de très haute qualité qu’on pourrait leur vendre à un très bon prix. Alors, je me suis lancé. J’ai expérimenté toutes sortes de matériaux pour faire mes pots : du ciment, du PVC, des boîtes de conserves, mais ce n’était jamais idéal: les pots se cassaient, étaient trop fragiles ou trop lourds.

Un jour, je suis allé à Las Palmas, et j’ai trouvé que les espagnols vendaient de l’eau dans des bouteilles de 5l, qui étaient juste à la bonne taille pour mes pots. Je suis allé voir l’usine de bouteilles et je leur ai acheté 4000 bouteilles, qu’ils ont bien voulu adapter pour faire mes pots, et j’ai tout envoyé en Mauritanie. Le résultat a été excellent. Et comme cela arrivait juste après la grande sécheresse de 1973, beaucoup de mauritaniens qui avaient migré vers la côte, se sont mis à pêcher le poulpe avec des pots, comme moi. Quelques années plus tard, en 1984, à la création de la SMCP, - la société mauritanienne pour la commercialisation des produits de la pêche-, nous avons été les premiers à lui livrer nos produits.

Aujourd’hui,  nous sommes 36.000 pêcheurs artisans et nous utilisons 7.500 embarcations artisanales. Pour  ce qui est de  la pêche de poulpe, nous assurons 60% de la production nationale en quantité et 70% en valeur. Nous fournissons 90% de l’emploi dans le secteur, avec des gens qui travaillent dans 50 usines de traitement de congélation des produits, dans

12 ateliers de fabrication de pirogues,  et dans  des centaines de magasins de vente de matériel, des milliers de mareyeurs, de transporteurs, de fabricants de pots, etc. Dans la pêche artisanale, la valeur ajoutée est de 8 fois supérieure à la valeur ajoutée dans la pêche industrielle.

Ce que je vous raconte là, c’est ce que nous, nous appelons LE DEVELOPPEMENT.

Mais nous voulons également inscrire ce développement dans une perspective de  PECHE DURABLE.

Il faut d’abord rappeler que la pêche au pot est une pêche sélective : nous prenons à la main le poulpe qui se cache au fond du pot, et s’il est trop petit, nous le remettons vivant dans la mer. De toute façon, pour nous qui ne ciblons que la première qualité, ces poulpes juvéniles ne sont pas intéressants.

D’autre part, Certaines mesures ont été prises ces dernières années pour aller vers plus de durabilité :
  • nous avons 4 mois d’arrêt biologique par an ;
  • un poids minimum de 500 grammes éviscéré a été mis en place pour les captures de poulpe ;
  • un  second  plan d’aménagement de la pêcherie est en cours de finalisation, qui permettra de maitriser les capacités.
Je veux aussi souligner que des Etats européens soutiennent ces efforts de durabilité, y compris :
  • la coopération française, l’AFD, a financé toutes les études pour la mise aux normes sanitaires de nos usines, ainsi que des formations de pêcheurs pour la sécurité en mer, avec des dons de gilets de sauvetage ;
  • la coopération allemande, depuis des années,  investit dans le renforcement du contrôle et de la surveillance.
Ces dernières années, nous avons  également  souhaité diversifier nos activités, en particulier développer la pêche artisanale à la sardinelle, car la population mauritanienne se tourne maintenant vers ce poisson pour le plat quotidien.

Pour l’instant, cette sardinelle est pêchée près de la côte, dans les zones jusqu’à 20 mètres de fond.

Ce que nous voulons, c’est développer une flotte de bateaux artisans plus solides, qui permette aux pêcheurs d’aller en toute sécurité dans des zones plus profondes.

Comme les sardinelles sont un stock partagé avec nos voisins d’Afrique de l’Ouest, et vu que cette ressource est très importante pour l’alimentation de nos populations, nous discutons avec nos collègues pêcheurs artisans sénégalais, gambiens pour voir comment promouvoir auprès de nos états la mise en place d’une gestion commune, qui donne la priorité à la pêche artisanale et à l’approvisionnement des marchés locaux.

Si je vous explique tous ces projets que nous avons pour développer durablement notre secteur, c’est pour que vous, parlementaires européens, compreniez bien les enjeux de notre partenariat avec l’Europe. Car l’Europe est, et restera, notre premier partenaire en matière de pêche, mais nous voulons que ce soit un PARTENARIAT JUSTE.

Nous nous battons pour cela depuis 1996, d’abord au niveau national, puis international, ce qui me permet aujourd’hui de venir vous parler directement.

Et de vous dire ceci: nous avons les moyens matériels et humains pour exploiter de façon durable notre stock de poulpe et une grande partie de nos autres ressources. Ce qui peut être pêché par les pêcheurs mauritaniens, doit lui être réservé. LAISSEZ NOUS NOTRE POULPE !


Ce même message, nous l’avons aussi adressé à notre gouvernement lorsqu’il a négocié une convention avec la société chinoise Poly Hondone en 2011, qui allait contre nos intérêts.

Nous avons fait campagne, mobilisé la société civile et les médias, organisé des ateliers, des manifestations de protestation en face des bureaux de l’administration; nous avons confronté nos fonctionnaires à la télévision pour leur dire la même chose: ce que nous pouvons pêcher nous-mêmes doit nous être réservé.

Pour nous, c’est quelque chose de non négociable, car c’est notre gagne-pain, la nourriture et les emplois pour notre population.

Concernant la Convention avec les chinois, nous avons reçu une bonne nouvelle la semaine dernière:
le gouvernement a fait  savoir que  les activités de la société chinoise Poly Hondone devaient dorénavant se limiter aux petits pélagiques, et le Président de la République a annoncé que les conditions faites aux chinois, et à toute autre flotte étrangère, seraient les mêmes que celles faites aux Européens. Il a aussi précisé que le poulpe sera réservé aux mauritaniens, particulièrement à la pêche artisanale.

Ces conditions techniques faites aux flottes européennes, pour nous, elles vont dans le bon sens.

D’abord, elles nous permettent d’exploiter nous-mêmes notre poulpe. C’est l’élément essentiel du protocole.

Les nouvelles zones de pêche sont également une avancée positive. Repousser les chalutiers plus au large va contribuer à protéger les fonds marins, diminuer les accidents avec les pirogues artisanales, diminuer la compétition avec nos pirogues et aussi diminuer les CAPTURES ACCESSOIRES.

Pour vous donner un exemple, vous rendez-vous compte, ici au Parlement européen, que la moitié de notre stock de daurade est prise comme capture accessoire des chalutiers ciblant la sardinelle ? Et puis, on nous demande de gérer durablement cette ressource. Comment voulez-vous qu’on fasse ?

Pour ce qui est de la compensation financière, pour nous, le plus important, ce n’est pas d’avoir 1 million, ou 10 millions, ou 100 millions d’euros, c’est que l’argent soit bien utilisé,  de manière transparente, pour promouvoir le développement.

La TRANSPARENCE DANS LE SECTEUR DE LA PÊCHE, que ce soit pour l’utilisation des financements destinés au secteur ou pour les conditions de licence, est pour nous un élément essentiel. Nous avons dans ce cadre soutenu l’intégration du secteur de la Pêche dans l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE), qui est en train d’être mise en œuvre par le Ministère de la Pêche et de l’Economie maritime.

En matière d’utilisation des fonds de la contrepartie financière des accords, nous, pêcheurs artisans, regrettons beaucoup de n’avoir encore rien vu de l’Union européenne en termes d’investissements dans les infrastructures, ni en termes de transfert de technologies: des ports, des usines de transformation pour nos produits, des entrepôts de stockage, des programmes de formation, etc.

De tels INVESTISSEMENTS seront aussi importants à mettre en place si nous voulons développer un vrai partenariat ‘gagnant-gagnant’, ce que nous espérons pouvoir faire dans le cadre de ce nouveau protocole. Et nous espérons votre appui pour cela.

Je vous remercie

Sid’Ahmed Abeid

Audition sur le protocole d’accord de pêche UE-Mauritanie
Parlement européen, 21 Janvier 2013
Intervention de Sid’Ahmed Abeid, Président de la section artisanale de la Fédération Nationale des Pêches de Mauritanie
Contact: abeid11957@hotmail.fr

Pour télécharger la présentation de Sid’Ahmed Abeid, cliquer Ici
 
Autres articles :


Mauritanie. Nouakchott vue du ciel : Port de pêche





Remarque : Les attentes de la société civile mauritanienne

Ould Abeid exprimait aussi les attentes de la société civile mauritanienne, exprimées en octobre 2012, à l’occasion d’une table-ronde organisée à Nouakchott sur le sujet. Les préoccupations soulevées à l’époque se rapportaient  à plusieurs aspects dont notamment la durabilité environnementale de la ressource, le soutien du développement d’une pêche locale et à la gouvernance.

Les organisations de la civile mauritanienne et leurs partenaires CAPE (coalition pour des accords de pêche équitables) et COAPA (confédération africaine de pêche artisanale) avaient notamment invoqué le soutien du Parlement Européen à soutenir la conclusion du protocole, en phase avec les objectifs du principe de l’accès au surplus de ressources disponibles, en particulier pour le poulpe, ressource stratégique pour les pêcheurs mauritaniens artisanaux, le zonage, l’obligation de débarquer les prises et la juste rétribution des captures…

Près d’une 20 vingtaine de bateaux pêchent déjà dans le cadre de l’accord –transitoire- mais une plus grande partie des flottes européennes impliquées ne sont pas d’accord avec les conditions techniques et / ou les conditions financières prévues par le protocole. Elle et propose, enfin, de rejeter le protocole, position suivie par le rapporteur dans sa proposition de rapport soumise au Parlement Européen. D'après Mauriweb : Pêche/Protocole RIM-Ue : Les parlementaires européens divisés

Lire aussi l'article de CAPE : Protocole d'accord de pêche UE/Mauritanie : Audition de la commission Pêche du Parlement Européen

Projet d’avis de la commission du développement à l'intention de la commission de la pêche sur la proposition de décision du Conseil relative à la conclusion du protocole entre l'Union européenne et la République islamique de Mauritanie fixant les possibilités de pêche et la contrepartie financière prévues par l'accord de partenariat de pêche en vigueur entre les deux parties (COM(2012)0546 – C7-0000/2012 – 2012/0258(NLE)) / Rapporteur pour avis: Gesine Meissner > Cliquer Ici pour télécharger l'avis

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30 Novembre 2013

L'accord de pêche avec l'UE réjouit les Mauritaniens

Le nouveau partenariat entre la Mauritanie et l'Union européenne protège les intérêts des pêcheurs locaux tout en préservant les ressources halieutiques nationales.

Source : Jeune Afrique par Jedna Deida, à Nouakchott 

"Historique !" Le mot est sur toutes les lèvres à Nouakchott pour qualifier l'adoption du protocole d'accord de partenariat de pêche (APP) 2012-2014 entre la Mauritanie et l'Union européenne. Signé après des mois d'âpres négociations en juillet 2012 et appliqué depuis de manière provisoire, cet accord aura attendu plus d'un an pour être validé par le Parlement européen, le 8 octobre dernier.

Avantageux pour la Mauritanie, il respecte le double objectif de préservation des intérêts des pêcheurs locaux et de protection des ressources halieutiques nationales, en particulier des poulpes - à forte valeur commerciale -, dont la moitié des prises mondiales s'effectue au large des côtes sénégalo-mauritaniennes.

Désormais, le céphalopode devient la chasse gardée des pêcheurs locaux. Il était temps, car les scientifiques de l'Institut mauritanien des recherches océanographiques et des pêches (Imrop) sont formels : la surpêche observée depuis le début des années 2000 a eu des conséquences dramatiques sur l'état des stocks toutes espèces confondues et en particulier sur celui des poulpes, dont les deux tiers auraient disparu en dix ans.

Une manne en mer

Les eaux mauritaniennes restent cependant parmi les plus poissonneuses au monde. Une manne qui a fait de la pêche un secteur hautement stratégique pour le pays. Ses ressources halieutiques attirent des chalutiers, des palangriers et des thoniers de plus en plus énormes, armés par des industriels du monde entier, en particulier européens (principalement espagnols, lituaniens, lettons, polonais et néerlandais) et asiatiques (japonais et chinois), mais aussi algériens ou russes.

À tel point que près de 80 % des petites espèces pélagiques (poissons de surface) capturées dans les eaux mauritaniennes en 2012 ont été pris dans les filets de navires industriels battant pavillon étranger.

Le pays a exporté plus de 1 milliard de tonnes de poissons et crustacés en 2010 et 800 000 t en 2012, soit deux fois plus que dans les années 1980. Et, malgré le peu de valeur ajoutée de ces produits, exportés bruts en quasi-totalité, la pêche est le deuxième pourvoyeur de devises du pays (pour plus de 40 %) et contribue pour 25 % aux recettes budgétaires de l'État.

Salutaire

Le protocole adopté par le Parlement européen le mois dernier marque un radical changement de cap pour la pêche mauritanienne : les différentes parties le trouvent enfin équitable et il devrait servir de référence dans les renégociations des contrats de pêche que mène le gouvernement mauritanien avec ses autres partenaires.

En contrepartie d'une centaine de licences de pêche, la Commission européenne s'est engagée à verser 70 millions d'euros (dont 3 millions pour soutenir le secteur local) et les armateurs ­européens 40 millions, soit un total de 110 millions d'euros, contre 90 dans l'accord précédent.

En plus de cette contrepartie financière, le nouvel accord impose notamment que le nombre de Mauritaniens embarqués à bord des navires européens licenciés représente au moins 60 % de l'équipage, au lieu de 37 % auparavant.

Mais le protocole s'avère vraiment salutaire, car il est le premier à garantir l'exclusivité de la pêche au poulpe à la pêche artisanale et côtière mauritanienne (PAC), point qui avait provoqué le blocage au Parlement européen. Les Espagnols y sont farouchement opposés, arguant que cette mesure entraînera d'importantes pertes d'emplois dans leur pays.

Accès limité

Plus généralement, le nouveau contrat limite l'accès des navires européens au surplus existant et aux espèces inaccessibles aux Mauritaniens. Conséquence : les captures de petits pélagiques par les flottilles européennes, qui étaient passées de 100 000 t en 1996 à 380 000 t en 2011, sont déjà retombées à moins de 130 000 t en 2012 sur un total de 800 000 t (dont 200 000 t capturées par la PAC locale).

Si ces avancées doivent renforcer le poids du secteur dans l'économie du pays, quelques inquiétudes persistent concernant la traçabilité de la contre­partie financière versée par l'UE, ainsi que la transparence des conditions d'attribution des licences de pêche aux flottes étrangères. "La convention appliquée aux Européens doit désormais l'être à tous les autres partenaires", estime Béatrice Gorez, coordinatrice de la Coalition pour des accords de pêche équitables (Cape), qui s'est battue pour la révision de l'APP avec l'UE.

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Les subventions européennes favorisent l'industrie de la pêche et désavantagent les pays du Sud


Une étude internationale, conduite par l'Université de Colombie-Britannique et à laquelle ont participé des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), révèle que les subventions de l'Union européenne allouées à la pêche favorisent l'industrie des pays du Nord et encouragent la surpêche en Afrique et dans le Pacifique Sud. Ces résultats sont publiés dans la revue PLOS ONE le 27 novembre 2013.

75 % des frais d'accès à la pêche financés par l'Union européenne

Les chercheurs ont analysé les accords conclus par l'Union européenne (UE) avec les pays en voie de développement entre 1980 et 2012, permettant à l'industrie des pays du Nord de pêcher dans les eaux des pays du Sud (en Afrique et dans le Pacifique Sud). L'étude de ces accords (compris entre 400 000 euros et 230 millions d'euros par an et par pays) a montré que sur la période, l'UE a versé un total de 5 milliards d'euros aux pays du Sud pour accéder à leurs eaux (soit 75 % des frais d'accès). L'industrie européenne a, quant à elle, contribué à hauteur d'1,7 milliard d'euros aux frais d'accès (soit 25 %) sur la même période.

Les chercheurs ont ensuite comparé le montant de la contribution financière de l'industrie pour accéder aux ressources halieutiques aux revenus qu'elle tire de la vente de la pêche. Pour cela, ils ont utilisé une base de données centralisant les prix mondiaux de vente de poissons sur la même période.

Ces calculs, principalement restreints aux accords concernant le thon, ont révélé que l'industrie a généré près de 96 milliards d'euros de revenus issus de la vente de la pêche entre 1980 et 2012. Ainsi, l'accès aux eaux des pays du Sud ne représente pour l'industrie que 2 % des revenus qu'elle en tire.

Ajuster les subventions pour lutter contre la surpêche....

Cette étude pointe du doigt le risque d'aggravation de la surpêche induit par des subventions élevées. En effet, ayant peu à investir dans l'accès aux ressources (2 % de leurs revenus), les flottes européennes peuvent consacrer une part plus importante de leurs bénéfices à l'accroissement des capacités de pêche. Ce phénomène est susceptible d'accentuer la surexploitation des ressources halieutiques, notamment les populations de thon, particulièrement touchées.

...et favoriser un meilleur accès des pays du Sud aux ressources halieutiques

Modifier le système de subventions à la pêche dans les pays du Nord permettrait de promouvoir une pêche plus durable écologiquement et plus équitable pour les pays du Sud, où le poisson représente parfois la principale source de protéines animales (jusqu'à 50 % dans certains pays insulaires ou côtiers à forte densité de population comme le Ghana, le Sénégal ou encore l'Indonésie). Par ailleurs, l'effondrement des stocks met en péril le développement économique de certains pays du Sud, où la pêche est une importante source de revenus. Ces résultats participent ainsi à la sensibilisation des instances décisionnelles aux risques de surexploitation des ressources halieutiques.

Cliquer Ici pour accéder à l'étude "European Union’s Public Fishing Access Agreements in Developing Countries / Frédéric Le Manach mail, Christian Chaboud, Duncan Copeland, Philippe Cury, Didier Gascuel, Kristin M. Kleisner, André Standing, U. Rashid Sumaila, Dirk Zeller, Daniel Pauly"

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Afrique : Comment concilier pêche locale "subsistance" et pêche étrangère "devises" ?

Les réflexions de Sloans Chimatiro, Conseiller principal pour la Pêche au secrétariat du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD)

Il est ( ) nécessaire pour les membres de l'Union africaine d’être en mesure de garantir que les communautés locales de pêcheurs pratiquant la pêche artisanale auront un accès durable aux ressources.

Cela signifie que la protection de leurs droits d'accès doit être assurée, qu’un soutien adéquat leur soit offert, mais également que des limites doivent être introduites pour la pêche artisanale, de manière à ne pas faire obstacle à leurs perspectives de développement durable.

Tout cela nécessite des choix politiques difficiles. C'est en effet difficile de trouver un équilibre entre la maximisation des avantages liés à la présence des flottes étrangères et la garantie des moyens de subsistance pour les communautés côtières.

La promotion de la bonne gouvernance – en particulier la transparence dans la gestion des pêcheries et l'harmonisation des conditions d'accès au niveau régional – est essentielle. Dans ce domaine, nous pouvons certainement aussi partager des exemples de bonnes pratiques, tels que ceux énoncés dans la Convention sur les conditions minimales d'accès récemment ratifiée par la Commission sous régionale des pêches d’Afrique de l'Ouest.

Cela devrait également contribuer à éviter la duplication des efforts entre les différentes initiatives. Nous avons un mécanisme visant à garantir une cohérence au niveau africain en matière de pêche, afin de revoir et partager les informations existantes sur les différents programmes, les différentes initiatives et parties concernées. Un tel système de partage d'information contribuera à renforcer les canaux de communication sur les politiques de pêche et d'aquaculture et le dialogue stratégique en Afrique. Un autre élément important est le renforcement du suivi, contrôle et surveillance, ainsi que la lutte contre la pêche INN.

Enfin, concernant la création d'un environnement favorable pour la pêche artisanale africaine, je pense qu'il sera important de promouvoir la mise en œuvre des directives volontaires de la FAO pour une pêche artisanale durable (Voluntary Guidelines for Securing Sustainable Small-Scale Fisheries, VG SSF), qui seront présentées pour adoption lors du prochain Comité des pêches de la FAO en 2014....

Lire l'intégralité de l'entretien avec Sloans Chimatiro, Conseiller principal pour la Pêche au NEPAD dans Agritrade : Malgré son importance, la pêche n’est pas encore une priorité pour la plupart des pays africains

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Le 2 Décembre 2013

Après le camouflet mauritanien, l’Espagne pousse dans tous les sens en direction en Afrique...

La flotte de pêche au poulpe exclue de la Mauritanie en quête de nouvelles pêcheries en Afrique de l’Ouest

Source : Agritrade Cta 11 novembre 2013

La flotte espagnole n’ayant plus accès aux eaux mauritaniennes, les gouvernements espagnol et galicien ont maintenu leur opposition à la signature du protocole d’accord UE-Mauritanie jusqu’au vote, affirmant qu’ils useraient de leur pouvoir de « persuasion » pour convaincre les députés européens de rejeter l’accord pour défendre les intérêts de l’ensemble de la pêche espagnole, y compris de céphalopodes (poulpe).

Bien que l’industrie des céphalopodes ait globalement salué la position du gouvernement, la plupart des membres de l’industrie espagnole de pêche – thoniers senneurs, palangriers, chalutiers pêchant le merlu et les crustacés – l’ont critiquée, comme l’affirme la Confédération de pêche espagnole, Cepesca. Plus particulièrement, le secteur du thon a souligné l’importance de cette pêcherie dans le cadre du réseau régional d’accords permettant à leurs flottes d’opérer en Afrique de l’Ouest.

Après l’approbation de l’accord par le PE, le syndicat représentant les travailleurs sur les chalutiers pêchant les crustacés a averti que certains des navires exclus de la Mauritanie seront bientôt déclassés ; et pour les autres navires, ils réclament des zones de pêche alternatives.

Faisant écho à cette demande, les autorités espagnoles ont demandé à la Commission européenne d’envisager la possibilité de réclamer un accès pour ces navires dans les futures négociations UE-Sénégal. Elles demandent également à ce que l’APP UE–Guinée-Bissau, « qui a été suspendu pour des raisons politiques », soit réactivé, et à ce qu’une coopération dans le domaine de la pêche avec la Guinée soit envisagée – dans l’espoir que cela offre à la flotte espagnole des possibilités de pêche alternatives.

Sources

Spanish Fisheries Ministry (MAGRAMA), « La Comisión Mixta UE–Mauritania culmina con mejoras que permitirán el retorno de la flota marisquera al caladero mauritano », 23 septembre 2013

http://www.magrama.gob.es/es/prensa/noticias/la-comisi%C3%B3n-mixta-ue-%...

Faro de Vigo, « El rechazo del Gobierno al pacto pesquero con Mauritania divide a la flota afectada », 29 septembre 2013

http://www.farodevigo.es/mar/2013/09/29/rechazo-gobierno-pacto-pesquero-...

Europapress.es, « La flota cefalopodera, “molesta” con el acuerdo con Mauritania, apunta alternativas como Senegal y Guinea-Bissau », 8 octobre 2013

http://www.europapress.es/galicia/pesca-00247/noticia-pesca-flota-cefalo...

Commentaire éditorial

D’après le vote au titre de la nouvelle PCP – plus particulièrement le chapitre sur la dimension extérieure du règlement de base – les négociations pour les APP futurs seront régies par plusieurs principes, y compris celui de « l’accès à l’excédent uniquement ». Les demandes d’accès des flottes européennes, incluses dans les partenariats de pêche futurs dans la région, seront évaluées sous cet angle. En ce qui concerne les possibilités de négocier un partenariat avec la Guinée, il convient de rappeler que la Guinée figurait parmi les huit pays épinglés par l’UE comme non-coopérants dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Aborder le problème de la pêche INN est un élément essentiel de la « bonne gouvernance » qui devrait sous-tendre tous les partenariats futurs dans le secteur de la pêche.

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Le 8 octobre 2013

UE-Mauritanie: le Parlement adopte le protocole de pêche controversé
 
Le protoctole de pêche UE-Mauritanie exclut la pêche aux poulpes

Source : Europarlement  Session plénière Communiqué de presse - Pêche − 08-10-2013

Le Parlement a adopté, ce mardi, le protocole actuel à l'accord de partenariat entre l'UE et la Mauritanie dans le secteur de la pêche, malgré les objections de certains députés. Ceux-ci affirment que le protocole impose des droits de licence de pêche plus élevés et des opportunités de pêche réduites, par exemple en excluant les poulpes. Le protocole s'applique de manière provisoire depuis le 1er août 2012.

"Nous devons désormais nous préparer au renouvellement de cet accord, qui devrait expirer fin 2014, afin de garantir que le prochain protocole améliore les conditions actuelles et que les négociateurs de la Commission européenne veillent à ce qu'il inclue le secteur dans son ensemble", a déclaré le rapporteur Gabriel Mato Adrover (PPE, ES), qui avait recommandé le rejet du protocole.

Il a regretté, en particulier, qu'aucun accès n'ait été octroyé aux flottes de pêche aux céphalopodes (poulpes), entraînant des pertes d'emploi, surtout dans les régions espagnoles de la Galice et des Canaries.

Les députés qui se sont prononcés en faveur du protocole, ont estimé qu'il était plus durable et qu'il s'inscrivait dans la logique de la nouvelle politique commune de la pêche, qui doit encore entrer en vigueur. Par ailleurs, ils ont avancé que le protocole servira mieux les besoins alimentaires des populations locales, notamment parce que la flotte européenne devra redistribuer une partie de sa pêche. Il prévoit également davantage d'offres d'emplois pour les marins mauritaniens.
Conformément au protocole approuvé aujourd'hui, les navires de pêche européens sont autorisés à capturer diverses espèces de poissons et de crustacés dans les eaux mauritaniennes, contre un paiement de l'UE de 70 millions d'euros par an, dont 3 millions sont consacrés à l'aide au développement pour le secteur de la pêche locale.

À l'heure actuelle, sept pays européens utilisent le protocole, mais l'Espagne en est le principal bénéficiaire. Il s'agit de l'accord de pêche le plus important pour l'Union, tant en termes de volume et de diversité des produits de la pêche que de contrepartie financière.

Le protocole sera en vigueur jusque fin 2014. La plupart des licences ont été achetées, jusqu'à présent, par des opérateurs espagnols, suivis de la France et d'autre pays.

Procédure: approbation
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2013-0399+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

REF. : 20131004IPR21514
Mis à jour le: ( 08-10-2013 - 14:30)
 
En savoir plus :  Europarlement
 
Liens
          Texte adopté (disponible en cliquant à la date du 08.10.2013)
          Vidéo du débat (cliquer à la date du 07.10.2013)
          Profil du rapporteur, Gabriel Mato Adrover (PPE, ES)

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Greenpeace réagit à la validation du protocole de pêche Mauritanie/UE

Greenpeace, une ONG de défense de l’environnement marin, accueille positivement la validation mardi dernier par le parlement européen, du nouveau protocole de pêche entre la Mauritanie et l’Union Européenne (UE), dans une déclaration vendredi.

Source : Cridem

L’ONG « constate qu’il s’agit d’une étape importante en faveur de la défense des intérêts des communautés locales, longtemps marginalisées et abusées dans ce genre de partenariats qui entraînent l’épuisement des ressources et mettent en péril les moyens de subsistance de millions d’individus ».

Mais au-delà de cet épisode « Greenpeace reste convaincue de cette formule de partenariat ne constitue une solution durable pour le développement des pays d’Afrique de l’Ouest » et « invitent les états à mettre en œuvre des politiques qui reposent une industrie locale de pêche performante, capable de créer de la plus-value pour leur économie et de garantir la sécurité alimentaire des populations ».

Par ailleurs, l’ONG « appelle à une gestion régionale des stocks partagés, notamment les petits pélagiques ». Le nouveau protocole entre la Mauritanie et l’UE, valable pour 2ans, a été signé le 31 juillet 2012. Il prévoit 307 tonnes de poissons pêchés pour une compensation financière annuelle de 111 millions d’euros.

Le nouveau protocole entre Nouakchott et Bruxelles a rencontré une forte opposition des professionnels espagnols de la pêche le jugeant sans intérêt. Une attitude qui retardé son adoption par le parlement européen.

Il comporte « l’obligation de débarquement de toutes les espèces capturées hors pélagiques dans les ports mauritaniens, avec un contrôle des pélagiques à travers des opérations de cargaison connues »et réserve les espèces menacées d’épuisement à la flotte nationale.

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Comment l'Espagne voulait saborder l'accord de pêche avec la Mauritanie pour du poulpe...

Fin Septembre 2013 - Plus de 50 navires européens ont déjà commencé à pêcher en Mauritanie dans le cadre d’un nouvel accord dans le secteur de la pêche entre l’Union européenne et la Mauritanie. Ils risquent cependant d’être expulsés si l’Espagne parvient à convaincre les europarlementaires de voter contre l’accord au Parlement européen le 8 octobre (en plénière ndlr)

Source : cfp-reformwatch.eu (L’accord de pêche UE-Mauritanie va tester l’adhésion des députés européens aux principes de la nouvelle PCP)

La commission de la pêche au Parlement européen a voté le 29 mai en faveur du rejet du nouvel accord de pêche UE-Mauritanie. Une majorité des députés a suivi le rapporteur, Gabriel Mato (PPE, Espagne), qui a affirmé que l’accord devrait être rejeté car il n’accorde aucun quota aux navires européens pour le poulpe dans les eaux mauritaniennes.

Cependant, les députés qui ont voté en faveur de cet accord ont fait valoir que c’est justement en raison de l’absence de quota de poulpe que l’accord devrait être adopté, car il suit un principe soutenu par le Parlement dans le passé :
  • La nouvelle politique commune de la pêche (PCP) approuvée au début de cette année par le Conseil et le Parlement indique que les navires de pêche de l’UE ne devraient avoir accès qu’aux poissons excédentaires.
  • Dans une résolution adoptée en 2011, le Parlement européen a insisté pour que les navires battant pavillon de l’UE soient exclusivement autorisés à accéder aux stocks de poissons mauritaniens présentant un excédent scientifiquement déterminé et aux ressources ne pouvant pas être pêchées par la flotte mauritanienne.
Le comité scientifique conjoint UE-Mauritanie a confirmé que le stock de poulpes avait été surexploité en 2012 et que les flottes mauritaniennes avaient à elles seules, aujourd’hui, la possibilité de capturer le potentiel de la production de ce stock. Ainsi, conformément à la nouvelle PCP et à la résolution sur la Mauritanie, le nouvel accord EU-Mauritanie fixe un quota zéro pour le poulpe mauritanien.

La flotte espagnole exploitant le poulpe n’apprécie pas d’être exclue des eaux mauritaniennes.

Mais l’accord ne couvre pas uniquement le poulpe.

Le 11 septembre 2013, 54 navires européens avaient déjà commencé à pêcher des espèces telles que le thon, le merlu noir et les poissons pélagiques en Mauritanie, selon la Commission européenne. Les navires proviennent d’Espagne, de France, de Pologne, de Lettonie, de Lituanie, des Pays-Bas et du Portugal.
Les navires européens bénéficieront également davantage d’un accès privilégié aux zones de pêches de la crevette, à la suite d’une décision prise lors d’une réunion UE-Mauritanie du 17 et 18 septembre. Il y a donc de grandes chances que les crevettiers européens commencent à pêcher en Mauritanie.

Bien que 26 navires espagnols aient déjà des licences en Mauritanie, le gouvernement espagnol maintient son opposition publique à l’accord mauritanien. Le 9 septembre, le FIS a signalé que le gouvernement espagnol utiliserait la « persuasion » pour convaincre les députés européens de rejeter l’accord en plénière.

Si ce dernier est effectivement rejeté, les opérateurs européens disposant actuellement de licences pour pêcher dans les eaux mauritaniennes seraient obligés de partir sans préavis.

Les comités du développement et du budget ont tous les deux préconisé que le Parlement européen approuve l’accord de pêche EU-Mauritanie.

Pour plus d'explications sur l'accord de pêche UE-Mauritanie : cfp-reformwatch.eu

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Le 1 juin 2013

Le Japon est maitre dans l’art de l’accaparement des océans...


Le pays finance un port de pêche artisanale dans la région ciblée. Puis il y envoie son armada de pêche industrielle...

Le Japon finance l'extension d'un port de pêche artisanale en Mauritanie

Source : PANA

Le Japon a accordé à la Mauritanie un financement de 8,5 millions d’euros destinés à l’extension du port de pêche artisanale de Nouadhibou, a-t-on appris mardi à Nouakchott.

L’extension de ce port permettra la construction «d’un quai de pêche côtière et d’aménager, une digue de protection et quatre pontons d’amarrage pour pirogues».

La ville de Nouadhibou compte 3.500 embarcations de pêche artisanale, indique-t-on.

Japon: dix milliards d'euros fournis à l'Afrique pour tenter de rattraper la Chine

Source : Ouest France

Le Japon a annoncé samedi une aide publique de 10,6 milliards d'euros sur cinq ans pour l'Afrique, à l'ouverture d'une conférence dédiée à ce continent où la Chine, avide de matières premières, accroît considérablement sa présence.

Le Premier ministre Shinzo Abe a promis ces fonds dans le cadre d'une enveloppe plus globale d'"aides publiques et privées" équivalente à 24,2 milliards d'euros pour "soutenir la croissance africaine".

M. Abe a détaillé ce plan d'assistance devant une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement africains réunis à Yokohama (région de Tokyo) pour la cinquième conférence internationale de Tokyo pour le développement de l'Afrique (Ticad).

Avec un peu plus de 2 milliards d'euros par an, l'APD du Japon à l'Afrique devrait dépasser celle de la Chine, qui fournit moins de 1,5 milliard d'euros annuellement d'après les organisations internationales.

Le Japon fournira en particulier 5 milliards d'euros sur cinq ans pour le développement des infrastructures, notamment les "couloirs internationaux" de transports au sein du continent et les réseaux électriques.

Il s'agit d'un point crucial, car "l'Afrique perd 2 points de croissance par an du fait de ses infrastructures déficientes", a souligné le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh.

Certes, l'Afrique a connu un taux de croissance moyen de 5% lors de la dernière décennie, mais ce développement "a été surtout tiré par les exportations de matières premières", a noté le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

D'après lui, ceci devrait "changer dans les années à venir, à mesure que le continent diversifie son économie", mais il faut pour cela que les coopérations nouées dernièrement aboutissent à des résultats probants en terme d'infrastructure.

M. Desalegn a évoqué des "partenariats" engagés avec "différents membres de la communauté internationale", entre autres le Japon, mais aussi bien sûr la Chine dont la présence est devenue incontournable sur le continent, ainsi que d'autres pays émergents comme le Brésil et l'Inde.

Les Chinois sont devenus en 2009 les premiers partenaires de l'Afrique, dont 13,5% du commerce extérieur se faisait alors avec la Chine, contre seulement 2,7% avec le Japon, d'après l'OCDE. Les échanges sino-africains ont plus que doublé depuis et la Chine a pris la deuxième place économique mondiale au Japon.

La situation a donc radicalement changé depuis le dernier sommet Japon-Afrique de 2008 et le président de l'UA a lancé un vibrant appel aux entrepreneurs japonais pour qu'ils investissent en Afrique, évoquant l'arrivée en force de "nouveaux venus", sans citer nommément les Chinois.

La venue des entreprises japonaises est d'autant plus importante que l'Afrique se concentre désormais sur "la création d'un marché commun, le développement industriel et le développement des infrastructures", a renchéri le président sud-africain Jacob Zuma.

Pour soutenir les échanges privés, le Japon va fournir 20 milliards de dollars d'assurance pour le commerce et l'investissement privés dans ce marché continental en devenir qui comptera 2,2 milliards d'habitants en 2050.

"La croissance rapide du marché d'Afrique attire autant les entreprises japonaises que ses ressources naturelles", a assuré M. Abe, cherchant à se démarquer d'une Chine lancée dans une quête effrénée de minerais et d'énergie pour nourrir sa croissance.

M. Abe a dévoilé d'autres soutiens, comme la formation de 1.000 instructeurs agricoles pour favoriser le doublement de la production de riz dans la région sub-saharienne d'ici à 2018, le soutien à l'éducation de 20 millions d'enfants et l'amélioration de l'accès à l'eau potable pour 10 millions d'Africains.

Il a aussi profité de l'occasion pour demander aux dirigeants africains présents de soutenir la candidature de Tokyo pour les Jeux Olympiques de 2020.

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Le 25 avril 2013

Accord de pêche UE-Mauritanie : Le Comité scientifique confirme les orientations prises...


L’Espagne est le principal obstacle aux nouvelles orientations de l’accord de partenariat de la pêche (APP) entre l’Union Européenne et la Mauritanie, un nouveau protocole que soutiennent les organisations mauritaniennes de la société civile et de la pêche artisanale...

Les résultats du Comité scientifique conjoint de l’APP UE-Mauritanie confirment les orientations prises dans le protocole

Source : Cape par Béatrice Gorez

Des organisations de la société civile mauritanienne et celles qui les soutiennent ont fait une communication commune soulignant que les résultats du comité scientifique conjoint confirment que les changements introduits dans le protocole d’accord en application provisoire vont dans le sens d’une pêche durable, en particulier pour ce qui concerne les ressources de poulpe, de petits pélagiques et de crevettes côtières.

Après avoir pris connaissance des résultats du Comité scientifique conjoint de l’Accord de Partenariat de Pêche UE-Mauritanie, qui s’est tenu à Rennes du 2 au 5 avril dernier, nos organisations souhaitent féliciter les membres de ce comité pour le travail accompli. Certains des résultats du comité scientifique conjoint nous semblent particulièrement importants à souligner, car ils confirment que les changements introduits dans le protocole d’accord en application provisoire vont dans le sens d’une pêche durable, en particulier :

En ce qui concerne le poulpe :

- Le comité scientifique confirme (section 3.1.) le maintien d’une situation de surexploitation en 2012

- ce diagnostic est cohérent avec les évaluations produites, tant par l’IMROP que par le COPACE. Ceci confirme que les flottilles mauritaniennes seules auraient aujourd’hui la capacité de capturer l’ensemble du potentiel moyen de production de ce stock. Il n’y a donc pas de surplus sur le stock de poulpe, et pas d’accès possible pour les flottes étrangères en regard de la Convention des Nations unies sur le Droit de la Mer.

- Une nouvelle approche pour la gestion de la pêcherie céphalopodière mauritanienne a été proposée lors de ce comité scientifique (section 3.2.), basée sur une stratégie d’exclusions de pêche spatio-temporelles. Le comité scientifique relève que ce modèle demande une réflexion approfondie insiste sur la nécessité de s’accorder le temps nécessaire à la réflexion et à la concertation, afin de prendre en compte l’ensemble des éléments permettant une bonne conduite de l’expérimentation. Deux éléments sont à prendre en compte en particulier :
  • La surveillance liée à l’instauration de ce nouveau modèle pourrait s’avérer difficile à mettre en place car les zones d’exclusion seraient variables dans le temps et dans l’espace. Le suivi scientifique d’accompagnement pourrait également nécessiter des moyens humains et financiers assez conséquents.
  • L’acceptation de telles mesures par les pêcheurs suppose une concertation préalable pour obtenir leur adhésion.
Nous rappelons que la Mauritanie a récemment mis en place, de manière concertée, un plan de gestion du poulpe, et que tout changement proposé devra s’inscrire dans ce cadre de concertation avec le secteur mauritanien :

- En ce qui concerne la sardinelle ronde, le comité scientifique conclut que les Etats côtiers seuls ont, avec leurs moyens actuels, la capacité de pêcher la totalité du potentiel de production (MSY), et qu’il n’y a donc pas de surplus disponible pour les flottes étrangères à la région. Cela confirme les dispositions proposées dans le protocole d’accord, qui ont pour effet de mettre hors d’atteinte ce stock de sardinelle ronde, si important pour la sécurité alimentaire des populations ouest africaines.

- En ce qui concerne le nouveau zonage proposé pour la crevette côtière, le comité scientifique souligne que ce qui est proposé met hors d’atteinte des bateaux européens la zone qui va jusqu’à 20m de fond, ce qui répond à l’objectif initial de réduction des interactions avec la pêche artisanale.

Nous espérons que ces éléments permettront aux parlementaires européens de soutenir le protocole d’accord en application provisoire qui contient des éléments novateurs, applicables à toutes les flottes étrangères, et qui auront des retombées positives sur les communautés côtières et le secteur de la pêche mauritanien.

Contacts:

Sid’Ahmed Abeid, Président de la section artisanale de la Fédération nationale des Pêches de Mauritanie / abeid11957@hotmail.fr

Ahmed Mahmoud Cherif, Directeur de l’ONG Pour une Pêche écologique génératrice de progrès social (Pêchecops) / mahmoud.cherif46@gmail.com

Ahmed Senhoury, Directeur du Programme Régional de Conservation de la Zone Côtière et Marine en Afrique de l’Ouest / Ahmed.Senhoury@iucn.org

Jedna Deida, Président du Réseau des Journalistes pour une Pêche durable et responsable en Afrique de l’Ouest (REJOPRAO) / Jednadeida@yahoo.com

Gaoussou Gueye, Secrétaire général de la Confédération africaine des Organisations de Pêche artisanale (CAOPA) / gaoussoug@gmail.com
Béatrice Gorez, Coordinatrice de la Coalition pour des Accords de Pêche Equitables (CAPE) / cffa.cape@scarlet.be

Cliquer Ici pour télécharger le communiqué daté du 25 avril 2013

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Malgré l’absence d’excédent, l’Espagne exige l’accès au poulpe mauritanien

Source : cfp-reformwatch.eu/fr

Le comité scientifique confirme que le poulpe mauritanien n’est pas excédentaire. Mais l’Espagne insiste sur l’accès à cette pêcherie.

L’Espagne est parvenue à ajouter un nouveau point à l’ordre du jour de la réunion du Conseil du lundi 22 avril : l’accord de la pêche conclu entre l’Europe et la Mauritanie. En vertu de cet accord, les céphalopodiers européens sont exclus tant qu’il n’y a pas d’excédent de poulpe.

Rosa Quintana, ministre de la Pêche et des Affaires maritimes de la région de la Galice a déclaré à europapress.es qu’un rapport scientifique confirme qu’il n’y a actuellement aucun excédent et que les navires espagnols peuvent retourner pêcher en Mauritanie.

Ce que le rapport dit réellement

Est-ce vraiment la vérité ? Nous avons examiné le contenu du rapport scientifique issu du comité scientifique conjoint UE-Mauritanie du 2 au 5 avril : partie 3.1, qui couvre le poulpe, conclut :
  • L’évaluation confirme la situation de surexploitation du stock en 2012.
  • Le comité scientifique confirme en outre que les flottes mauritaniennes ont à elles seules la possibilité de capturer le potentiel de la production de ce stock aujourd’hui.
Cliquer Ici pour télécharger le Rapport de la sixième réunion du Comité Scientifique Conjoint RIM-UE

- Rennes, 2-5 avril 2013 -
Introduction
L’Accord de Partenariat de pêche liant l’Union Européenne et la République Islamique de Mauritanie, pour la période allant du 1er août 2006 au 31 juillet 2012, et le protocole d’accord signé pour la période 2012-2014 prévoient la création d’un Comité Scientifique Conjoint (CSC) indépendant, regroupant des scientifiques des deux parties pour suivre dans les eaux mauritaniennes le niveau des stocks halieutiques concernés par cet accord et plus globalement produire des avis, sur la base des meilleures informations disponibles, visant une gestion durable des ressources halieutiques. A cette fin, le CSC se réunit au moins une fois par an en session ordinaire. Lors de sa première réunion en Octobre 2007 à Nouadhibou, le CSC avait retenu le principe d'organiser ses réunions alternativement en Mauritanie et en Europe. La sixième réunion a eu lieu à Rennes du 2 au 5 avril 2013. Dans son mot d’ouverture, le Directeur du pôle halieutique Agrocampus Ouest, Didier Gascuel, a souhaité la bienvenue aux participants dont la liste figure en Annexe 1. Mahfoudh Ould Taleb Ould Sidi, président du CSC, a présenté l’ordre du jour qui a été adopté (Annexe 2). Les participants sont convenus de structurer le présent rapport en deux parties :
. un rapport exécutif de synthèse qui présente l’avis du CSC validé par l’ensemble des participants,
. et un rapport détaillé, présenté sous forme d’annexes au présent rapport, et qui regroupe les présentations faites par les participants devant le CSC. Ces présentations n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs et pas nécessairement l’avis du CSC.

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Le 23 avril 2013

Subvention à la Pêche : La Russie porte plainte contre Bruxelles pour concurrence déloyale...

Pour la première fois depuis son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) la Russie porte plainte contre l’Union Européenne, en accusant Bruxelles d’une concurrence déloyale. Il est question de subventions directes aux pêcheurs européens, qui pêchent du poisson dans les eaux de Mauritanie. Ceci constitue une violation des normes de l’OMC, a déclaré à notre radio le ministre de la Pêche de Russie Andreï Kraïni. Si cette plainte est satisfaite, ce sera un précédent important, notent les experts.

Le fait des subventions octroyées par Bruxelles aux pêcheurs européens s’est avéré lorsque Moscou tentait de s’entendre avec Nouakchott sur un permis de pêche pour ses pêcheurs dans les eaux territoriales de Mauritanie. A la veille de la signature d’un accord respectif il s’est avéré que les compagnies de pêche russes allaient travailler dans des conditions inégales en comparaison des compagnies européennes. C’est-à-dire payer non pas 126 euros la tonne de poisson, mais 380 euros. Cela constitue une violation directe des règles du commerce international, alors que tous les trois Etats sont membres de l’OMC, a expliqué à notre correspondant le ministre de la Pêche de Russie Andreï Kraïni :

« A notre avis, les subventions directes, en premier lieu, aux pêcheurs espagnols, et en général de l’UE, contredisent les normes de l’OMC. Cela crée des conditions concurrentielles inégales. Dans ses principes fondamentaux l’OMC parle d’une concurrence loyale, et dans ce cas les pêcheurs de l’UE se trouvent en situation privilégiée, bénéficient des préférences directes de la part de l’UE ».

Pour le moment il est tôt de dire quels seront les résultats des plaintes, met en relief le ministre russe de la Pêche. Et la pêche n’est pas la seule sphère d’activités sur cette liste, a dit à La Voix de la Russie l’économiste, le conseiller de l’Institut de développement contemporain Nikita Maslennikov :

« Toute la sphère agraire de l’UE, l’agriculture reçoit des subventions. Ce sujet délicat a toujours été et probablement sera à l’ordre du jour. Quant à la Russie, elle n’a pas jusqu’à présent utilisé tout le quota qui nous est autorisé pour soutenir notre agriculture - il reste encore deux ou trois milliards de dollars ».

Généralement parlant, dans le cadre de l’OMC des centaines de différends commerciaux surgissent chaque année, a rappelé Nikita Maslennikov :

« De telles guerres sont innombrables. La plus récente concernant les panneaux solaires mettait en cause la Chine, qu’on croyait faire du dumping. Ce sont aussi des guerres de l’UE contre des pays en développement au sujet des fruits, la guerre connue des bananes. Il y a quelques années c’était la même chose à propos du cacao et du café ».

Conformément à la procédure, à présent la plainte du ministère de la Pêche doit être examinée au ministère du Développement économique. Ensuite des consultations bilatérales auront lieu avec toutes les parties prenantes du litige. S’il n’est pas réglé à ce stade, alors la plainte sera soumise à l’instance d’arbitrage de l’OMC. Un article de Polina Tchernitsa dans la Voix de la Russie : Les pêcheurs russes seront protégés dans le cadre de l’OMC

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Mauritanie-Russie. Pêche : Vers l’accord de trop ?


«Même si aucun accord avec les Russes n’a encore été signé, le simple fait de l’avoir envisagé, dans l’encombrement de l’exploitation en cours, prouve combien le pouvoir n’a cure, en réalité, de gestion durable de notre patrimoine marin».peche

On verra, dans le dossier suivant que le monde de la pêche, le long de la façade nord-ouest-africaine s’agite beaucoup, ces dernières années : la société civile, nationale et internationale, doit faire preuve d’une vigilance de tous les instants…

La Russie est très discrète, en Mauritanie. Elle y entretient pourtant divers intérêts, notamment par l’intermédiaire d’une commission mixte mauritano-russe, officiellement versée dans le strict domaine de la pêche, ce qui n’exclut, nullement, toutes sortes d’arrangements annexes.

Le Calame a pu mettre la main sur un document confidentiel, grossièrement préparé par le ministère mauritanien des Pêches, pour justifier un accord de dix ans avec des « armateurs russes », du même type que celui signé, pour vingt-cinq ans, avec les Chinois de Poly Hondone.

Ce nouveau projet de convention était au centre des discussions, les 15 et 16 avril courants, lors la réunion, à Nouakchott, de la cinquième commission mixte de pêche mauritano-russe, présidée par Vassili Sokolov, vice-président de l’Agence fédérale russe de pêche, et Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya, secrétaire général du ministère mauritanien des Pêches et de l’économie maritime.

Très peu médiatisée, la rencontre ne semble avoir abouti, pour l’instant, à rien de bien concret mais l’évènement aiguise d’autant plus l’attention qu’il intervient après la signature à Rabat, le 10 décembre 2012, d’un nouvel accord, de quatre ans, entre le Maroc et la Russie, toujours par ce même Sokolov. On se souvient, ici, de l’énorme scandale soulevé, en mars 2012, par Greenpeace, au Sénégal (1).

Deux années durant – de février 2010 à avril 2012 – les pêcheurs sénégalais avaient assisté, impuissants, au pillage de leurs ressources halieutiques par des chalutiers pélagiques géants, battant pavillon de la Russie et de divers autres pays est-européens ou s’abritant derrière des pavillons de complaisance.

De nombreux emplois ont été perdus, en raison de l’effondrement de l’activité de pêche locale, résultant de la présence de navires-usines, dépassant, banalement, les cent mètres de longueur et ne débarquant, de surcroît, leurs prises qu’à l’étranger. Chassés des eaux sénégalaises, les Russes tentent, aujourd’hui, manifestement de s’implanter au Nord d’une zone qui les intéresse particulièrement, par sa richesse en pélagiques, la sardinelle, tout particulièrement.

Flash-back

Le premier accord de coopération dans le domaine de la pêche entre la Mauritanie et la Russie date de 1973. Il a permis aux navires de ce pays d’accéder à nos ressources halieutiques, avec un important développement au cours des années 80, suivi d’un net recul, au début des années 90 (chute de l’URSS), après l’arrêt des activités de la Mausov, une joint-venture mauritano-soviétique qui intervenait dans le domaine.

Depuis, les Russes ont repris un peu de l’écaille de poisson – du moins jusqu’à l’accord sino-mauritanien, en 2011– en pimentant leurs rudes prélèvements sur notre faune marine, d’une « palette de propositions », à chaque réunion de la commission mixte, «dans les domaines de la pêche, de l’environnement, de la recherche scientifique et de la formation ». Propositions suivies d’effets ?

Dans les domaines de la pêche, oui, sans aucun doute, avec un certain nombre d’arrangements financiers, plus ou moins en sous-main, où un Maurice Benza fit longtemps la pluie et le beau temps, en compagnie de Abass Bougherbal, plus spécialisé, lui, dans les affaires ukrainiennes ; l’un et l’autre aimables pourvoyeurs de licences libres, obtenues on ne sait trop comment… Pour le reste, à part la contribution, active, à la destruction de l’environnement maritime, non, on ne voit pas…

Ainsi, si l’on a eu peu de peine à retrouver quelque trace « du partenariat entre les secteurs privés en Mauritanie et en Russie, avec une participation limitée [prodigieux euphémisme ! NDR] de l’Etat », dont notre Agence Mauritanienne de l’Information se fit le chantre, à chaque réunion de la commission mixte, on a cherché, partout et en vain, par contre, « le dossier de la coopération en matière de formation et de recherche scientifique, domaine où la Russie dispose de grandes capacités ».

La cinquième commission mixte débouchera-t-elle, un jour ou l’autre, sur la publication et la mise en œuvre de ce dossier ? On le dit, on l’espère, mais il semble plus certain qu’elle soit, surtout, une nouvelle occasion de faire tourner la machine azizienne des passations préférentielles de marchés…

Dix ans de pêche contre cent millions de dollars

Car, si l’on en croit le document préparatoire – qu’il n’ait pas encore officiellement abouti ne signifie, nullement, qu’il soit jeté à la poubelle – le deal serait dix ans de pêche contre un investissement de quelque cent millions de dollars, dans une nouvelle société de gestion visant à l’implantation d’une « infrastructure qui assurerait le stockage et la transformation de poisson dans la région de Nouadhibou », avec « des installations hydrotechniques, des voieries ferroviaires et autoroutières avec accès au port » et « une base complète de gestion, d’économie et de technologie permettant de bénéficier, de manière efficace, de l’infrastructure concernée ».

Le plan d’affaires de ladite société de gestion étant « soumis à l’approbation des établissements et les autorités appropriées de la RIM », on comprend bien que « le choix de l’entreprise qui effectuera les travaux, en tant qu’entrepreneur général (avec la possibilité d’embaucher les sous-entrepreneurs) » puisse ouvrir de belles perspectives… aux familiers du président des pauvres.

Plan B, alors que l’accord avec les Chinois aurait déjà du plomb dans l’aile (2) ? Possible mais les affaires ayant cette tendance, fâcheuse, plus à enfler à la (dé)mesure des appétits – qui, on le sait, viennent en mangeant – qu’à se contenir dans les limites d’un sain développement durable, on ne peut exclure l’éventualité d’un dramatique doublon Chine + Russie ; en fait, triptyque, puisque l’Europe est aussi de la partie de pêche, pour, au moins, deux ans… Les pêcheurs artisanaux mauritaniens ont donc du souci à se faire. Même si aucun accord avec les Russes n’a encore été signé, le simple fait de l’avoir envisagé, dans l’encombrement de l’exploitation en cours, prouve combien le pouvoir n’a cure, en réalité, de gestion durable de notre patrimoine marin…

Priorité à la pêche locale !

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Le 13 mars 2013 

Pillage organisé en Mauritanie


Depuis son accession au pouvoir, le Président Aziz, malgré ses promesses, a passé son temps à construire sa propre fortune au lieu de gouverner. Il fait main basse sur l’ensemble de l’économie mauritanienne, de l’exploitation des ressources naturelles aux banques, en passant par la pêche et les projets d’infrastructures. En trois ans, l’auto-proclamé « Président des pauvres » a établi un quasi-monopole du business : état des lieux des pillages du pays et présentation des hommes du président.

Partie 1

Le Président Aziz a-t-il depuis 2008 déjà déclaré ses avoirs personnels ? A-t-il payé une seule fois un impôt quel qu’il soit ? Où est caché le butin gigantesque amassé en si peu de temps grâce à un système politico-économique lucratif ? Dans n’importe quel autre pays on se serait posé ces questions depuis longtemps déjà mais, jusqu’à présent en Mauritanie et au sein des institutions internationales on a préfèré fermer les yeux laissant Mohamed Ould Abdel Aziz instaurer un guichet unique des affaires pour les marchés publics ou internationaux, créer ses propres entreprises « d’État » dans tous les secteurs de l’économie, faire main basse sur les acteurs concurrents, sans hésiter à instrumentaliser la justice, à faire régner la terreur et enfin, en utilisant la Banque Centrale comme goulet d’étranglement pour faire transiter son butin puis le transformer en devises. Mais la situation commence à évoluer avec de nombreuses révélations sur l’implication du président ou de ses hommes, avec récemment encore les déclarations du député français Noël Mamère qui accuse Aziz d’être une plaque tournante du trafic de drogue dans la région.

Les hommes du Président

Pour s’assurer du bon fonctionnement de sa machine à laver l’argent, Aziz doit employer en permanence un gang de courtisans qu’il enrichit tout en les chargeant de dissimuler ses propres avoirs. Qui sont les prête-noms qu’il utilise pour blanchir sa fortune fraîchement acquise ? Cette nouvelle classe d’hommes d’affaires maquignons, qui tous travaillent pour Aziz, sont en train de mettre en coupe réglée l’économie du pays. Pas un secteur n’échappe à leur voracité…

1- Feil Ould Lahah :

« Cousin germain » du président Aziz, ce jeune homme dont la famille est venue en Mauritanie suite à l’expulsion des mauritaniens du Sénégal en 1989, est aujourd’hui à la tête d’une immense fortune et d’un puissant groupe économique et financier.
La Banque : BMS (Banque A l Mouamalatt Essahiha)
Consignation et l’Armement : Ridha
BTP : EGEC - TP : Entreprise Générale de Construction et de Travaux Publics
Transport maritime : Canary Feeder
Transit et Consignation : TCS
Assurances : EL WAVA Assurances
Distribution des produits pétroliers : National Petroleum-sa
BTP : Feil a signé un contrat avec la société espagnole Franjuan en vertu duquel 3% de tout contrat signé en Mauritanie lui reviennent en contrepartie de ses « facilitations ».

2- Mohamed Abdallahi Ould Yaha :

A l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir, les affaires de Ould Yaha battaient de l’aile ; MIP Auto, MIP Naval et SOFAPOP étaient en instance de fermeture. Rapidement, il deviendra, pour le compte du Président, l’homme des Chinois en Mauritanie.

Ould Yaha est le partenaire-intermédiaire de la fameuse convention de pêche avec les Chinois de Polyhondong qui fait couler tant d’encre car il s’agit d’un blanc seing illimité sur 25 ans (aussi bien en termes de réserves naturelles que de techniques de pêche). C’est sans doute pour leur laisser le champ libre que les conditions posées aux européens ont été si difficiles, et c’est aussi pour eux que les licences libres octroyées depuis plusieurs années aux Ukrainiens de Bougherbal, aux Russes de Maurice Benza, aux Hollandais de Meyloud Ould Lekhal, aux Espagnols d’Ahmed Ould Mouknass etc….ont été annulées à partir du 1er septembre dernier.

Il touche des commissions sur tous les contrats d’armement impliquant l’Empire du Milieu, avec à la clé plusieurs dizaines de milliards de MRO.
Il se fait construire actuellement par ses partenaires chinois un hôtel dont il a déjà signé le contrat de location avec Kinross (société minière canadienne qui doit exploiter la nouvelle mine d’or de Taziazt) pour plusieurs années payées à l’avance.
Il s’est emparé du phosphate de Bofal qu’il a vendu à une firme indienne installée au Sénégal.
Il est « le moins disant » sur les trois offres retenues pour l’achat d’une centrale duale de 120 MW avec les Chinois de CMEC (China Machinery Engeneering Corporation).
Il est l’un des « samsar » de Xstrata (exploitation minière), une affaire qui pourrait devenir plus importante que la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière).
Enfin, dans le secteur de l’agro-industrie, il est également derrière le projet de production sucrière avec des généraux soudanais à la retraite et quelques investisseurs saoudiens.

3- Ahmedou Ould Abdel Aziz :

Ce fils du président Mohamed Ould Abdel Aziz qui poursuit ses études à Londres est déjà impliqué dans nombre d’affaires. C’est lui le mystérieux partenaire de WARTSILA France qui malgré son offre coûteuse (154 millions d’Euros, soit environ 30 millions d’Euros au-dessus de celle du moins disant), a obtenu à la surprise générale le marché pour la construction d’une centrale électrique duale de 120 MW (SOMELEC, le EdF mauritanien). Ahmedou joue le rôle de vrai directeur de cabinet de son père ; il est rapidement devenu la pierre angulaire par laquelle toutes les affaires passent.

4- Ahmed M’hamed Yamaa dit Hamady Ould Bouchraya,

Citoyen espagnol, ancien consul honoraire d’Espagne en Guinée Bissau puis Consul honoraire de Mauritanie à partir de 2009, il hérite curieusement au décès de l’homme d’affaires Veten Ould Moulaye de la présidence de la SOBOMA (ie Coca-Cola Mauritanie dont il détient 4% et dont Aziz serait devenu le principal actionnaire). Aujourd’hui il est le mentor de Bedr Ould Abdel Aziz (un autre fils du Président) dont il est inséparable et qu’il est chargé d’initier aux affaires. Il a bénéficié de 6.000 ha de terres agricoles au bord du fleuve Sénégal.

C’est également lui le Président et principal fournisseur d’ATERSA PV Mauritanie S.A., filiale de la société espagnole ATERSA dont l’Etat mauritanien détient 40% et qui est destinée à la production des cellules photovoltaïques. Cette société a obtenu au conseil des ministres du 20 Septembre 2012 une concession 20.000 mètres carrés en plein centre de Nouakchott.

Il a obtenu par ailleurs le monopole de la logistique de la SPEG (Société de Production de l’Electricité à partir du Gaz) dont les actionnaires sont : SOMELEC, SNIM et Kinross (toujours la société canadienne qui doit exploiter la mine d’or de Taziazt).

Il a obtenu quasiment en mode gré à gré la construction du siège de la SNIM à Nouakchott pour près de 15 millions d’euros avec ATERSA. Enfin Ould Bouchraya est en train de lancer la distribution des cigarettes Winston.

5- Sidi Mohamed Ould Bouh :

Actionnaire d’IVECO (camions), dont l’armée Nationale a acquis une très grande quantité, Ould Bouh est spécialisé dans le trafic des devises à destination du golfe et en particulier des Emirats Arabes Unis. C’est par ses mains que transite une grande partie des devises acheminées par la famille présidentielle, principalement au Maroc (pour l’acquisition d’un immense patrimoine immobilier) et aux Emirats Arabes Unis.
Quasiment tous les terrains sur la route de Soukouk (nouvelle zone résidentielle et probable futur centre-ville) lui appartiennent. On parle aussi de lui dans l’affaire SOMELEC (la nouvelle centrale électrique offre de Wartsila à 157 millions d’euros).

6-Bellahi Ould Boumowzouna et Sidi Mohamed Ould Bobatt :

Il s’agit ici encore de proches cousins et amis de longue date du Président Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce duo opère dans la pêche avec le bateau chinois le La Fayette qui a une capacité de stockage de 300.000 tonnes ; chassé du Chili, ce bateau est désormais exploité par ces nouveaux venus dans le secteur. En dehors de la pêche, leur activité s’est élargie à :
La logistique pour le compte de Kinross et de MCM (Mauritanian Mines Corporation).
Le Transit et la Consignation : Ould Bobat et Ould Lahah sont les seuls qui peuvent s’endetter sans limitation auprès du Trésor.
Usine de savon de Marseille. : Atlantic Service
Projet Bumi Mauritanie pour l’exploitation du fer de Tamagout
Radio privée : Mauritanide FM.

Suite dans Afrik.com

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Le 6 mars 2013

Protocole de pêche UE-Mauritanie : enquête sur les réserves de céphalopodes

Source : CTA

Un comité scientifique sera établi dans le cadre du Protocole à l’accord de partenariat entre l’UE et la Mauritanie en matière de pêche afin d’étudier et de mettre à jour le statut de l’ensemble des réserves halieutiques, y compris les céphalopodes.

Cette mesure vise à répondre à la situation actuelle dans laquelle l’accord exclut la flotte céphalopodière européenne (poulpe et calmar) en raison d’une réserve actuelle supposément trop limitée. Cette exclusion touche tout particulièrement les flottes d’Andalousie, des îles Canaries et de Galice.

Depuis le 26 juillet 2012, lorsque la commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche, Maria Damanaki, a clôturé les négociations avec le gouvernement mauritanien, le pacte a contraint 24 navires de pêche de céphalopodes galiciens, principalement originaires d’O Morrazo, à abandonner leur activité de pêche en territoire africain.

Par conséquent, le comité scientifique récoltera des données scientifiques pour prouver que les réserves actuelles de poulpe permettent à la flotte européenne de capturer le poulpe sans danger.

L’estimation de la réserve céphalopodière actuelle pourrait ne pas être correcte, étant donné que les dernières évaluations ont été effectuées avec d’anciennes données et que les réserves de poulpe évoluent très rapidement.

La décision a été prise lors du dernier Comité mixte UE-Mauritanie, qui s’est tenu les 19 et 20 février à Paris. Les deux parties étaient convenues de se rencontrer rapidement.

De plus, à cette occasion, des conditions techniques du protocole ont été améliorées afin de le rendre plus viable au niveau économique, y compris l’augmentation des prises accessoires de crevettes et l’élargissement de la zone sud pélagique.
Source : Commission européenne, Fish Info & Services (FIS)

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Le 28 août 2013

Sherpa décortique l'accord de pêche Mauritanie-Chine

Sherpa, association française dirigée par l'avocat William Bourdon, monte au filet. Dans une déclaration intitulée : « Accord de pêche Mauritanie – Chine : le cri d’alarme de la société civile auprès de l’UE et du gouvernement mauritanien » Sherpa -association qui "protège et défend les victimes de crimes économique"- a rendu public une déclaration dans laquelle elle s’en prend à la convention de pêche passée entre la Mauritanie et la société chinoise Polyhondone. Elle appelle le gouvernement mauritanien « à dénoncer la convention de pêche conclue avec la société chinoise Poly-Hondrone PELAGIC Fishery CO »dans un document fleuve. Elle demande  également « à l’Union Européenne (UE) de prendre toutes les dispositions nécessaires pour empêcher que l’argent public européen ne soit utilisé à des fins contraires aux principes qui gouvernent son action en faveur des pays en développement ».

L’association Sherpa s’attaque à l’accord de pêche Mauritanie-Chine

Source : Cridem

Dans une déclaration intitulée: « Accord de pêche Mauritanie – Chine : le cri d’alarme de la société civile auprès de l’UE et du gouvernement mauritanien » l’association française Sherpa a rendu public une déclaration dans laquelle elle s’en prend à la convention de pêche passée entre la Mauritanie et la société chinoise Polyhondone. Voici l’intégralité du texte :

L’exploitation des ressources halieutiques représente un enjeu stratégique pour l’économie mauritanienne : principal pourvoyeur de devises après les mines, le secteur de la pêche représente 10% du PIB du pays, entre 35% et 50% des exportations et près de 36% des emplois[1].

Soucieux de préserver le potentiel de ce secteur, le gouvernement mauritanien a adopté une « Stratégie de Gestion du Secteur des Pêches et de l’Aquaculture 2008-2012 » destinée à « assurer, dans le cadre d’une gestion durable des ressources halieutiques, l’optimisation des bénéfices socio-économiques tirés du secteur, en termes de recettes budgétaires, de revenus des opérateurs privés, d’emplois, de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté »[2].

Or, les termes de la convention sur la pêche conclue par la Mauritanie avec la société chinoise Poly-Hondone Pelagic FisherY Co, reliée à la société POLY TECHNOLOGIES INC soupçonnée de faits de vente illégale d’armes chinoises à l’étranger (Annexe 2), s’éloignent « sensiblement » de cette stratégie. Signé le 7 juin 2010, ce contrat prévoit que, moyennant un simple investissement de 100 millions USD en nature via la construction et l’exploitation d’une usine de transformation de poisson à Nouadhibou, la société chinoise bénéficie d’un droit de pêche sur une durée de 25 ans dans des conditions fiscales et commerciales extrêmement avantageuses (Annexe 1).

Alors même que les stocks de poissons mauritaniens sont gravement menacés, aucune restriction aux modalités de pêche n’est prévue par cette convention. Ce droit de pêche illimité se traduit par un pillage des ressources halieutiques par la société chinoise, aggravé par un contexte général de captures illégales et non déclarées (Annexe 3). Cette surexploitation des ressources halieutiques a pour conséquence des atteintes irréversibles à l’environnement et à l’écosystème, caractérisant de facto un véritable « préjudice écologique ».[3]

Aucune obligation en termes de développement économique et social n’est non plus envisagée si ce n’est la création de 2 463 emplois destinés prioritairement au personnel mauritanien qualifié. Un engagement bien négligeable au regard des importantes pertes d’emploi chez les pêcheurs traditionnels : environ 13 000 emplois sont déjà concernés à ce jour.

Les termes de la convention avec la société chinoise sont d’autant plus surprenants qu’ils s’éloignent largement de ceux du nouveau protocole d’accord de partenariat sur la pêche (APP) et actuellement en cours de négociation avec l’UE depuis le 27 juillet 2012. La seule comparaison coût-durée des accords est éloquente : 4 millions USD d’investissement de la société chinoise par an sur 25 ans, contre 70 millions € par an sur 2 ans pour l’APP avec l’UE. A qui cette différence de traitement profite-t-elle ?

De nombreux parlementaires et organisations de la société civile locale s’étaient vainement opposés à l’approbation par le Parlement mauritanien de cette convention qui a finalement été adoptée le 6 juin 2011 dans un climat très controversé[1]. Le contrat est d’autant plus disproportionné qu’aucun investissement n’a été réalisé par la société chinoise et que ses obligations en terme d’emploi n’ont pas été respectées.

Cette disproportion se traduit en termes juridiques par une illicéité de la convention qui devrait pour cette raison être dénoncée sur le fondement de l’absence d’objet, de cause, ou la violation de l’ordre public mauritanien. La dénonciation de cette convention et sa renégociation à l’initiative de la Mauritanie est donc impérative et indispensable afin de préserver les intérêts des mauritaniens.

Par ailleurs, en juin 2013, le nouvel accord avec l’UE a été rejeté par la Commission de pêche du Parlement européen, notamment en raison des coûts trop élevés pour l’Union européenne (UE) et les armateurs, et devrait être examiné, en séance plénière, par le Parlement, le 8 octobre 2013. Lors de leur réunion des 19 et 20 février derniers, l’UE avait aussi réitéré « la nécessité de recevoir (…) les informations demandées sur l’utilisation du reliquat » des fonds apportés « de 25 millions d’euros » et « de disposer de ces informations avant d’envisager le déclenchement du nouvel appui financier »[2]. Ce rappel fait par l’UE à la Mauritanie quant à la traçabilité de l’appui financier européen était prévisible au regard des risques élevés de corruption en Mauritanie mais demeure insuffisant[3].

L’UE, promoteur des « mesures destinées à garantir la prospérité et le caractère durable du secteur » de la pêche, devrait donc à la fois dénoncer les agissements de pêche illicite par des sociétés étrangères en accord avec la Mauritanie[4], et négocier prochainement le nouveau protocole d’accord de façon à favoriser une meilleure transparence de ses investissements dans ce pays et garantir l’intérêt des mauritaniens. A défaut l’accord avec l’UE ne sera guère plus crédible que celui conclu avec la Chine.

Nous appelons donc le gouvernement Mauritanien à dénoncer la convention de pêche conclue avec la société POLY-HONDONE PELAGIC FISHERY CO et nous demandons à l’Union européenne de prendre toutes les dispositions nécessaires pour empêcher que l’argent public européen ne soit utilisé à des fins contraires aux principes qui gouvernent son action en faveur des pays en développement.

Cliquer Cridem pour accéder au rapport de Sherpa

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 Le 23 décembre 2012

Lutte contre la pêche illicite en Afrique: Sept Etats de la sous-région adoptent une stratégie

Source : Le Maghreb

A l'issu des travaux de la 19e session ordinaire de la conférence des ministres de la commission sous-régionale de la pêche (CSRP), une stratégie commune de lutte contre la pratique courante de la pêche illicite non déclarée a été adoptée , avant-hier, à Conakry par sept Etats de la sous-région.

Cette stratégie permettra aux Etats membres de la CSRP d'unir leurs efforts pour développer un plan global de lutte contre la pratique de pêche illicite, qui est devenue "monnaie courante" dans les eaux des pays côtiers, riches en ressources halieutiques, notamment en poissons et autres produits de mer. Crée il y a 27 ans, la commission est composée de six pays membres, dont la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone, qui partagent en commun une superficie estimée à 1,5 millions de km2, pour environ 30 millions d'habitants vivant essentiellement sur les côtes maritimes et pratiquant la pêche et autres activités connexes. La session ordinaire a planché sur la gestion des ressources transfrontalières pour éviter le pillage des ressources halieutiques dans la sous-région, la mise en œuvre effective de la convention de 1993 portant sur l'exercice du droit de poursuite, pour mieux contrecarrer la pêche illicite non déclarée.

Pour concrétiser les volontés politiques des Etats membres dotés chacun d'une politique sectorielle de lutte contre la pêche illicite, la 19e session de la conférence des ministres a décidé d'appliquer le droit de poursuite maritime aux navires de pêche en infraction dans l'espace maritime de la CSRP, l'arraisonnement et le retour du navire délinquant dans l'Etat membre où l'infraction a été commise conformément au droit international et la mise en commun des efforts des Etats membres pour renforcer la lutte contre la pêche illicite. Dans son plan d'action à long terme, la commission se donne pour mission de renforcer la coopération halieutique entre les Etats membres par une harmonisation à long terme des politiques et législation de pêches pour une exploitation durable des ressources halieutiques et des écosystèmes marins au bénéfice des populations de la Sous-région.

Les projets misent en œuvre par la CSRP sont essentiellement axés sur un objectif global qui contribue à la gestion durable des ressources halieutiques et au maintien du fonctionnement des écosystèmes marins, principalement la conservation et la gestion des populations de requins. Avec une distance de 350 km de littoral, la Guinée dispose d'un potentiel considérable en produits de mers. En eaux continentales les données disponibles certifient que le potentiel annuel exploitable est de l'ordre de 12 000 tonnes. Il ya lieu de rappeler que la pratique courante de la pêche illicite et la piraterie en mer causent une perte annuelle de plus de 100 millions de dollars américains à la Guinée.
Saïd I.

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Le 22 décembre 2012

Afrique du Nord Ouest : Vers des politiques régionales pour une pêche durable des petits pélagiques

Sénégal, Gambie, Mauritanie, Maroc

Dans la région Nord Ouest Africaine, les petits pélagiques représentent, les principales ressources vivantes exploitées. Les débarquements annuels varient entre 600 000 à 1 400 000 tonne, jouant ainsi un rôle social et économique majeurs en dépit de leur faible valeur commerciale.

Ces espèces constituent plus de 80% des captures globales et représentent 23% de la valeur des exportations de produits halieutiques des pays membres de la CSRP (Commission Sous-Régionale des Pêches)

L’intérêt socio-économique grandissant de ces pêcheries, confère à leur gestion durable un rôle déterminant dans les efforts des gouvernements visant la gestion durable des petits pélagiques pour en tirer de meilleurs profits (contribution à la sécurité alimentaire, équilibre de la balance des paiements).

Ces pêcheries sont connues pour leur complexité tant au niveau des ressources exploitées que du mode d’exploitation. Cette complexité se double d’une difficulté de suivi des flottilles étrangères industrielles ; qui ne sont pas soumises à l’obligation de débarquement dans les ports des pays riverains ; d’où une qualité de statistiques souvent douteuse qui ne facilite pas la promotion d’une pêche responsable.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les efforts déployés par la CSRP à travers le projet « Vers des politiques régionales pour une pêche durable des petits pélagiques en Afrique du Nord Ouest ». 

Pour la mise en œuvre du composant pays (Sénégal), un plan d’actions nationales a été adopté en plus de la création par arrêté ministériel d’un Comité national de gestion des petits pélagiques. Le présent rapport vise en rendre compte du déroulement, des principaux résultats et recommandations  de l’atelier de formation  en cogestion, communication, plaidoyer et de restitution d’un certain nombre d’études visant à améliorer l’état de connaissance sur les petits pélagiques.


L’atelier s’est tenu les 25, 26 et 27 septembre 2012 à l’Hôtel Faidherbe de Dakar, sous la Présidence du Directeur des Pêches maritimes du Sénégal. Les participants sont venus des différentes structures socio-professionnelles impliquées dans la problématique de gestion durable des pêcheries de petits pélagiques en plus des membres du comité national de gestion des petits pélagiques.

Il s’articule autour de trois parties (i) le rappel du contexte de l’atelier ; (ii) rappel des objectifs et résultats attendus de l’atelier et enfin (iii) des  principales recommandations à retenir de l’atelier.

Le rapport de l’atelier restitue la formation en cogestion, communication et plaidoyer ainsi que les études faite sur les petits pélagiques. La formation en cogestion, communication et plaidoyer contribue à une meilleure connaissance de la cogestion des pêcheries artisanales en vue de promouvoir une gestion durable des petits pélagiques. Plus ...

Pour en savoir plus :

The sardinella of northwest Africa

Fisheries, stock assessment and management

Ad Corten
Asberr Natoumbi Mendy
Hamady Diop

Octobre 2012

CSRP / AFD

Synthèse des connaissances sur les sardinelles : 

ce rapport présente les résultats de l’atelier sur « Les lacunes dans la connaissance des sardinelles », organisé par la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP) à Dakar du 19 au 21 juin 2012. 

Le but de cet atelier était de considérer les données actuelles disponibles sur la sardinelle et d’identifier les données additionnelles requises pour une gestion régionale adéquate de cette importante ressource.

Pour télécharger le rapport, cliquer CSRP

  
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Le 31 janvier 2014

La fraude fiscale dans le secteur de la pêche

Un nouveau rapport de l’OCDE intitulé « Evading the net: Tax crime in the fisheries sector » (Entre les mailles du filet : la fraude fiscale dans le secteur de la pêche) a été publié en novembre dernier. Il confirme que l’analyse des délits commis dans le secteur de la pêche commence traditionnellement avec le problème de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Cependant, « l’on déplore une activité criminelle plus générale due aux mêmes vulnérabilités qui permettent à la pêche INN de se produire – une gouvernance et une application des règlements déficientes dans certains pays où les navires de pêche sont enregistrés ; la difficulté à identifier les véritables propriétaires des entreprises de pêche et des navires, et des problèmes logistiques pour surveiller les activités des navires en mer ».

Source : Agritrade

Le rapport se penche sur l’impact que la fraude fiscale peut avoir sur la capacité des pays à percevoir des recettes publiques grâce au secteur de la pêche. Le rapport insiste sur le fait qu’il conviendrait d’enquêter sur l’ensemble de la filière de la pêche pour détecter et combattre les délits fiscaux, puisque « bon nombre des documents que les régulateurs et les autorités d’application de la loi exigent des participants dans la filière horizontale peuvent également être importants pour l’administration fiscale. Cependant, dans de nombreux cas, les contrôleurs fiscaux ne sont pas conscients de l’existence de ces informations précieuses ».

Le rapport examine les différents types de délits fiscaux que les pays ont identifiés comme étant liés au secteur de la pêche, notamment la fraude douanière, les fausses déclarations concernant l’origine, le volume ou la catégorisation des captures. Le rapport souligne que « l’effet de cette perte fiscale sur les pays en développement peut être particulièrement important, en ayant un impact sur les efforts visant à promouvoir la sécurité alimentaire, réduire la pauvreté et financer le développement à long terme ».

Le rapport passe également en revue des aspects du secteur de la pêche qui le rendent vulnérable, non seulement à la fraude fiscale mais aussi à la pêche INN. En particulier le manque de transparence et la difficulté à obtenir des informations sur les véritables propriétaires constituent un problème, et résultent de la prévalence des entreprises offshore et de la pratique consistant à enregistrer les navires sous des pavillons de convenance dans des pays autres que ceux de leurs propriétaires.

Enfin, il aborde les stratégies qui sont à la disposition des administrations pour prévenir, détecter et combattre la fraude fiscale ; en particulier comment les autorités et agences traitant avec les entreprises de pêche et autres participants dans la chaine de valeur horizontale coopèrent et partagent les informations.

L’annexe au rapport inclut un aperçu de la documentation de base qui est produite à chaque étape de la filière et qui peut être utilisée par les fonctionnaires gouvernementaux dans le cadre de leur travail.
Sources

Cliquer Ici pour télécharger le rapport "OCDE, Rapport « Evading the net: Tax crime in the fisheries sector », novembre 2013"

Lire le commentaire éditorial d'Agritrade

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Le 11 février 2014

Les perspectives de la pêche durable au sein et à l’extérieur de l’Union européenne


Une nouvelle génération d’accords de partenariat en matière de développement de la pêche durable (APD) entrera en vigueur pendant la période 2013-2017, et cette nouvelle politique va de pair avec une terminologie inédite. La durabilité, principe fondamental et mot d’ordre de ces accords, est désormais mentionnée dans l’intitulé de ceux-ci afin de mieux refléter leur objectif final.

Les modifications significatives dans l’élaboration et la mise en œuvre des APD, consécutives à la réforme de la politique commune de la pêche, ne sont pas fortuites. Selon l’Union européenne, les principes et les normes appliqués aux flottes qui sillonnent les eaux européennes devraient également être applicables à l’étranger. Et lorsque celles-ci pratiquent leurs activités de pêche dans les eaux des pays tiers, les pêcheries locales doivent bénéficier d’un soutien approprié susceptible d’assurer leur développement durable. 

C’est pourquoi les nouveaux accords sont :
• fondés sur des données scientifiques,
• équitables et durables,
• régis par des règlements exécutoires,
• dotés d’un cadre de surveillance et de contrôle renforcé,
• d’une totale transparence.

L’amélioration des pratiques administratives constitue l’un des principaux aspects de la réforme des APP. L’Union européenne s’est engagée à examiner de plus près le fondement scientifique des APD, à mieux évaluer l’évolution de ceux-ci et à garantir la transparence de l’information.


Les stratégies de meilleure gouvernance constituent la priorité des nouveaux accords. Le système ERS d’enregistrement et de communication électroniques, un outil performant de collecte des données qui enregistre les captures des flottes de pêche, assure un contrôle plus efficace des activités des navires de l’Union européenne. Le système ERS renforce également la transparence des opérations de pêche de l’Union européenne en dehors des eaux européennes et il facilite le partage de l’information avec les pays partenaires dans l’intérêt des deux parties.

Le financement des droits de pêche dans les ZEE des pays partenaires est en cours de révision. Auparavant, l’Union européenne finançait environ les deux tiers des dépenses mais, en vertu des nouveaux APD, les armateurs devront assumer jusqu’à 70 % des droits d’accès aux accords thoniers.

Les droits de capture sont également actualisés afin de tenir compte des prix actuels du marché, et si l’on pense à l’augmentation vertigineuse des prix du thon au cours des dernières années, cette adaptation est fondamentale. Les politiques en matière de droits d’accès et de capture respectent les principes d’équité comme la suppression des subventions cachées aux entreprises privées et le paiement d’un prix équitable aux pays tiers en échange de leurs ressources naturelles. En outre, la traçabilité des produits de la pêche capturés dans le cadre des APD est assurée tout au long de la chaîne d’approvisionnement pour contrôler qui fait quoi, assurer la transparence, et protéger les intérêts des consommateurs. Les nouveaux APD dissocient également le paiement de droits d’accès par l’Union européenne de la contribution financière consentie aux pêcheries du pays partenaire. Le soutien sectoriel de l’Union européenne à la pêche locale contribuera à renforcer les capacités scientifiques, administratives et techniques des partenaires locaux en vue du développement durable de leurs pêcheries. La gouvernance des accords a été renforcée, en particulier dans le domaine des droits de l’homme. La clause des droits de l’homme des nouveaux APD témoigne de l’engagement de l’Union européenne de défendre les mêmes principes à l’intérieur et à l’extérieur de son territoire.

Outre la durabilité qui constitue leur principal objectif, les APD offrent aux deux parties des opportunités et des avantages considérables susceptibles d’évoluer parallèlement à la progression des accords.

Le 10 mai 2013, l’Union européenne et les Seychelles ont signé, pour une durée de six ans, un nouveau protocole à l’APP conclu précédemment, qui garantit la prorogation à long terme du principal accord thonier de l’Union européenne dans l’océan Indien, tant en ce qui concerne les perspectives de pêche qu’il ouvre à la flotte de l’Union européenne que du point de vue des bénéfices financiers générés à terme pour les Seychelles par les activités de la flotte de l’Union européenne dans la région.

Le nouveau protocole à l’APP entre l’Union européenne et les Seychelles, à savoir l’accord thonier le plus important actuellement en vigueur, permet à quarante navires à senne et palangriers de l’Union européenne de capturer des thons et d’autres espèces fortement migratoires au sein de la ZEE des Seychelles. En contrepartie, l’Union européenne paiera plus de 5 millions d’euros par an pendant deux ans, dont la moitié financera la politique de pêche des Seychelles. Par la suite, l’Union européenne paiera 5 millions d’euros par an pendant les quatre années suivantes et la moitié de cette somme sera de nouveau consacrée au secteur de la pêche locale.

Le soutien sectoriel finance un équipement expérimental spécialisé destiné à garantir la conformité des produits de la pêche des Seychelles aux normes de l’Union européenne en matière de sécurité alimentaire et la possibilité d’importer ceux-ci. Grâce à cet accord, les Seychelles perçoivent un revenu équitable généré par leurs propres ressources et elles bénéficient de l’aide de l’Union européenne pour assurer la gestion durable et à long terme des pêcheries locales. Par exemple, l’Union européenne a financé la construction d’un nouveau quai à Victoria, permettant aux navires à senne de grand tonnage de décharger leur cargaison directement dans le port. Le financement de l’Union européenne a également favorisé le développement de petites unités de transformation du poisson destinées à la flotte palangrière semi-industrielle, ainsi que l’augmentation de la capacité de la flotte.

Les contributions financières prévues par les APP ciblent les besoins particuliers des pays partenaires. Par exemple, au titre du nouvel APP entre l’Union européenne et la Côte d’Ivoire, plusieurs initiatives distinctes ont été financées, allant de la fourniture d’un nouvel équipement d’aquaculture à deux stations piscicoles en activité, de la collecte d’informations sur les statistiques de capture dans les ZEE et de la formation des pêcheurs au réaménagement du ministère de la pêche au lendemain de la guerre civile.

Grâce à ces APD, l’Union européenne poursuivra sa lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (PNN) et elle a d’ores et déjà accordé un soutien sectoriel à la Côte d’Ivoire en vue d’améliorer l’infrastructure de contrôle de celle-ci. Les subventions de l’Union européenne sont également consacrées à la recherche scientifique en haute mer, à l’installation d’appareils de surveillance des navires par satellite (VMS) et à la formation de nouveaux inspecteurs.

La consolidation de la nouvelle génération des APP et l’élargissement du réseau des partenaires actifs constituent les étapes suivantes. Inspirée des principes solides d’équité, de durabilité, de transparence et de bonne gouvernance, et alignée sur la réforme de la politique de la pêche européenne, la nouvelle génération des APP utilise à bon escient l’argent public et est axée sur les avantages réels pour les citoyens européens et ceux des pays partenaires. L’objectif, dorénavant, sera d’accroître le nombre de partenaires actifs afin de promouvoir, à l’échelle internationale, l’attitude proactive de l’Union européenne dans le domaine de la conservation des ressources marines.


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Maroc: les députés votent à l'unanimité l'accord de pêche avec l'UE

Les députés marocains ont voté lundi soir "à l'unanimité" en faveur de l'accord signé entre Rabat et l'UE, qui va désormais permettre à plus d'une centaine de navires européens de pêcher à nouveau dans les eaux du royaume.

Source : Les Echos

Le montant de cet accord, déjà validé par le Parlement européen en décembre, s'élève à 40 millions d'euros. Sur cette somme, l'UE paie 16 millions pour l'accès aux ressources proprement dites tandis que 14 millions viendront soutenir la politique sectorielle du Maroc en faveur du développement durable, a rappelé la vice-ministère des Affaires étrangères, Mbarka Bouaida, citée par l'agence MAP.

Les 10 derniers millions d'euros seront à acquitter par la flotte de 126 navires battant pavillon de 11 pays européens --en grande majorité espagnols-- qui pourront pêcher durant les quatre prochaines années.
Le précédent accord avait été dénoncé fin 2011 par le Parlement européen, des députés considérant notamment qu'il ne prenait pas assez en compte les intérêts de la population du Sahara occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes sahraouis. Ce vaste territoire compte plus d'un millier de km de côtes.

"Le nouveau protocole est avantageux pour les deux parties et répond de façon directe aux préoccupations exprimées par le PE en 2011, sur les plans économique, écologique et social, c'est-à-dire sur l'impact pour les populations dans les zones de pêche", avait affirmé l'ambassadeur de l'UE au Maroc, Rupert Joy, au moment de la signature.

Lors d'une conférence de presse, lundi à Casablanca, M. Joy s'est à nouveau félicité de l'accord, et fait le point de la coopération avec Rabat.

Le royaume est le seul pays à disposer d'un statut avancé avec l'UE et les deux parties planchent actuellement sur un Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca). Trois rounds de négociations ont déjà eu lieu et le 4e est prévu au début du printemps à Bruxelles.

Devant la presse, le diplomate européen a par ailleurs souligné que l'année 2013 avait été "marquée par des dons de l'UE d'un montant exceptionnel de plus de trois milliards de dirhams" (près de 300 millions d'euros).
"L'UE et le Maroc sont engagés dans un rapprochement de plus en plus étroit, unique dans la région du voisinage", a fait valoir M. Joy, évoquant les projets pour 2014 dans la santé, l'agriculture ou encore l'éducation.

Accord de pêche UE-Maroc : un vol colonial

Alors qu’il avait dénoncé l’occupation marocaine du Sahara occidental, le Parlement européen a approuvé l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc le 10 décembre 2013, avec 310 voix pour, 204 voix contre et 49 abstentions.

Source : Survie par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Cet accord autorise les bateaux de 11 Etats européens à pêcher dans les eaux du Maroc, y compris les eaux territoriales du Sahara occidental, en échange d’une contrepartie financière. Il entérine un droit au pillage des ressources sahraouis, puisqu’il s’applique à un territoire occupé et viole en cela le droit international.

Le débat précédant le vote au Parlement européen a été vif. Les partisans se sont égoïstement réjouis d’un bon rapport coût/bénéfices dans l’accord et se sont dits satisfaits de l’introduction d’une clause sur les droits de l’Homme et d’une obligation pour le Maroc de consacrer une partie de la contrepartie financière au Sahara occidental.

Les opposants à l’accord ont dénoncé un « vol colonial » et des obligations hypocrites, quand l’on connaît les nombreuses violations des droits des sahraouis commises par le Maroc, et alors que le fondement même de cet accord viole un droit fondamental, le droit à l’autodétermination.

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L'intelligence du poulpe

L'intelligence des céphalopodes

Poulpes, seiches et calmars sont bien plus que les maîtres du camouflage. Mémoire, apprentissage, innovation, jeux... Dans de nombreux domaines, ils n'ont rien à envier à certains vertébrés.

Pour la Science - Juillet 2014

Ludovic Dickel et Anne-Sophie Darmaillacq - Université de Caen Basse-Normandie

- Bien que leur cerveau soit très différent de celui des vertébrés, les céphalopodes présentent diverses capacités cognitives comparables.

- Dotés d'un système de camouflage élaboré, ils l'utilisent pour duper proies, prédateurs et rivaux.

- Ils adoptent aussi des comportements innovants ou de jeu, et mémorisent diverses informations.

- Les seiches apprennent même dès le stade embryonnaire en observant leur environnement à travers la membrane de l'œuf.

L'auteur

Ludovic DICKEL, professeur à l'Université de Caen Basse-Normandie, y dirige le groupe Mémoire et plasticité comportementale.

Anne-Sophie DARMAILLACQ est maître de conférences au sein du même groupe.

Ces animaux sont fantômes autant que monstres. Ils sont prouvés et improbables. Ils semblent appartenir à ce commencement d'êtres terribles que le songeur entrevoit confusément par le soupirail de la nuit.

Jamais Victor Hugo n'aurait imaginé que, plus de deux siècles après qu'il eut décrit le combat de Gilliatt, pêcheur de Guernesey, contre ce « monstre », les citoyens européens considéreraient la pieuvre et ses cousins (seiches, calmars, nautiles) comme des êtres intelligents et sensibles. C'est pourtant bien ce que reflète la dernière mouture de la réglementation européenne sur l'expérimentation animale, en vigueur depuis le 1er janvier 2013.

Désormais, la directive 2010/63/EU, qui définit les conditions selon lesquelles l'expérimentation animale peut être pratiquée dans l'Union européenne, inclut les céphalopodes. Une première mondiale. Ces mollusques cousins des gastéropodes (limaces, escargots) deviennent les seuls invertébrés sur lesquels l'expérimentation est strictement réglementée. Pour valider ses recherches, l'expérimentateur se doit, comme pour le singe, le chien ou le mouton, de respecter le bien-être de ces mollusques en mettant tout en œuvre pour éviter de leur causer souffrance, stress et détresse. Ces nouvelles dispositions éthiques illustrent-elles les signes d'un changement du comportement de l'homme vis-à-vis des « petites bêtes » (insectes, araignées, escargots…) ? Ou peut-être les céphalopodes se distinguent-ils des autres invertébrés par une forme d'intelligence ignorée jusqu'à présent ?

Depuis les années 1950, les comportements de ces animaux sont l'objet de recherches visant à répondre à cette question. Les seiches et les pieuvres sont les plus étudiés des céphalopodes. Les premiers travaux concernaient leur cerveau et, notamment, les structures cérébrales du poulpe (nom commun de la pieuvre Octopus vulgaris) impliquées dans l'apprentissage et la mémoire. Plus récemment, des biologistes de tous les continents se sont intéressés à leurs spectaculaires capacités de changement de couleur et à leur système visuel perfectionné. Les recherches sont loin d'être terminées, mais, déjà, une conclusion s'impose : les céphalopodes sont dotés de capacités cognitives comparables à celles des vertébrés. Camouflage, vision, innovation, tromperie, apprentissage, mémoire, sont des facettes de leur intelligence.

Des spécimens les plus petits (Idiosepius, cinq millimètres) aux calmars géants (Architeuthis sp., probablement long de plus de sept mètres), les céphalopodes ont colonisé l'ensemble des mers du globe. Certains se sont adaptés à l'obscurité des abysses, d'autres aux eaux polaires ou encore à la richesse des environnements coralliens. Les quelque 700 espèces de céphalopodes (voir l'encadré ci-dessous) ont toutes en commun d'être des mollusques marins. Prédateurs de coquillages, crustacés et poissons, proies prisées des cétacés et de certains oiseaux marins, elles présentent un répertoire comportemental parmi les plus riches et complexes du règne animal. Ce répertoire, elles le doivent à une anatomie particulière.

Au cours de leur évolution, ces mollusques ont pour la plupart perdu leur coquille externe protectrice. Ils ont gagné des bras et des ventouses leur permettant de manipuler des objets avec précision – une capacité limitée par ailleurs à quelques mammifères terrestres tels que les primates ou la loutre. Leur peau peut changer de couleur instantanément. Nageurs efficaces, ils se propulsent en éjectant de l'eau sous pression par un entonnoir mobile situé sous leur ventre. Les déplacements fins sont assurés, chez les calmars et les seiches, par l'ondulation des nageoires qui courent de part et d'autre de leur corps.

Bras, ventouses, peau, entonnoir, nageoires sont contrôlés par un énorme cerveau. Ce dernier, le plus développé parmi les invertébrés, est comparable en taille à celui de certains oiseaux. Les 500 millions de cellules nerveuses du cerveau du poulpe (elles sont sans doute encore plus nombreuses chez la seiche) sont à comparer avec les 90 000 neurones du système nerveux des escargots et de la limace de mer (aplysie) ou aux 950 000 neurones du cerveau d'une abeille. Le poulpe a plus de neurones que le rat ou la souris (qui en comptent 100 à 200 millions), mais la comparaison s'arrête là, tant l'organisation du... 

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Le 26 Juin 2014

Une conférence internationale analyse la dimension extérieure de la nouvelle PCP

Un rapport récent sur la Conférence internationale qui s’est tenue durant deux jours à la fin janvier 2014 à Stockholm, examine les implications de la dimension extérieure de la nouvelle PCP. La Conférence, financée par le Ministère suédois des Affaires rurales et organisée par l’Agence suédoise pour la gestion marine et de l’eau, a rassemblé 110 participants provenant de tous les continents.

Source : Agritrade, le 23 juin 2014

Après le discours d’ouverture prononcé par le Ministre suédois des Affaires rurales, une session a été consacrée aux questions suivantes  « Quels sont les changements en termes de politiques et de gestion que les nouvelles actions extérieures sont susceptibles d’apporter et que peuvent faire les décideurs et gestionnaires européens pour orienter les développements de façon à atteindre les objectifs prévus? »

Les participants ont étudié les instruments, options, responsabilités et défis éventuels dans la mise en œuvre des actions extérieures de la nouvelle PCP, en examinant les différents liens entre les politiques d’orientation des pêches, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) et les derniers développements des travaux de la FAO.

La conférence a souligné le défi que représente la protection de la biodiversité, tant dans les ZEE que dans les eaux internationales, à travers les relations en matière de pêche entre l’UE et les pays tiers. Les participants ont avancé que des mesures visant à préserver le potentiel de production des stocks de poissons devaient être également prises en vue de contribuer à la sécurité alimentaire sur le long terme.

Les différentes présentations et discussions ont permis de dégager une série d’enjeux majeurs. L’UE est un gros producteur de poissons et de produits qui en sont issus et représente également le plus grand importateur mondial de poissons. Cela donne une nouvelle impulsion à la thèse qui avance que tous les États-membres de l’UE, et pas seulement les pays producteurs, doivent prêter une plus grande attention à la question de la durabilité des stocks de poissons sur le long terme dans les eaux communautaires et au-delà de celles-ci. La demande en poisson continuera de croître au sein de l’UE bien que l’approvisionnement pourrait ne pas suivre le rythme. Ce constat soulève des questions sur ce qui constitue la part équitable de l’UE sur le marché mondial du poisson et des produits qui en dérivent.

Les participants ont insisté sur le besoin de transparence dans l’allocation des ressources et la gouvernance du secteur ainsi que dans le domaine des subventions. Ils ont également souligné l’importance de tenir de véritables consultations avec toutes les parties prenantes intéressées afin de renforcer l’engagement et l’adhésion de celles-ci vis-à-vis des mesures établies à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Le potentiel d’amélioration de la participation des parties prenantes par la mise en place de conseils consultatifs a été étudié.

Source :

Commentaire éditorial

Outre les conclusions de la conférence internationale – qui sont largement partagées et ont déjà été exprimées par la plupart des parties prenantes des pêcheries des eaux lointaines de l’UE – il est d’une importance significative pour les pays ACP que cette conférence ait été organisée par un État-membre de l’UE. L’événement met en évidence l’intérêt croissant de la part des États-membres à jouer un rôle plus important dans la mise en place des actions extérieures de la PCP, notamment à travers des organes décentralisés comme les conseils consultatifs. Il serait opportun de rappeler que les États-membres de l’UE ne marquent pas seulement leur présence par les flottes pêchant dans les eaux ACP, mais que bon nombre d’entre eux sont activement impliqués dans des initiatives de coopération au développement au profit des pêcheries ACP. Un engagement accru des États-membres de l’UE dans la mise en place d’actions extérieures pourrait être une opportunité de renforcer la cohérence entre le soutien  octroyé à travers les APPD aux pêcheries pratiquant une exploitation durable, et la coopération au développement de ces derniers.

Cliquer Ici pour télécharger le Compte-rendu de la conférence : report on global trends in fisheries governance

Cliquer Ici pour accéder à l'ensemble des exposés :

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Le 12 Mai 2015

Accord de pêche : Vous avez dit reliquat ! mais de quel reliquat ?


Concernant les accords de pêche conclus avec des Pays Tiers, la nouvelle Politique Commune de la Pêche tend à se concentrer sur le reliquat, voir à le présenter comme quelque chose de nouveau... Or la référence au reliquat lors de la négociation des accords de pêche n’est pas nouvelle à la PCP réformée, puisque l'Union Européenne doit se conformer à la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) (voir encadré ci-dessus).

La référence au reliquat lors de la négociation d’accords d’accès n’est pas nouvelle à la PCP, étant donné que l’UE doit se conformer à ses obligations internationales. Dans le cadre de la précédente PCP (Règlement (CE) no 2371/2002), les Conclusions du Conseil de 2004 sur les accords de pêche déjà déclaré, entre autres, que la « Communauté doit : (1) contribuer à l’exploitation rationnelle et durable des reliquats des États côtiers sur les ressources marines, en particulier en empêchant la surpêche des stocks qui sont d’intérêt pour les populations locales ».

Le nouveau règlement de base tend à se concentrer sur le reliquat, voir à le présenter comme quelque chose de nouveau, afin de réitérer l’importance de l’évaluation des stocks antérieurs et le seul accès des navires de l’UE aux stocks qui ne sont pas exploitable par l’effort de pêche nationale de l’État côtier.

Il ressort en effet clairement du nouveau règlement que l’objectif général de la PCP ne peut être respecté en l’absence de données scientifiques de haute qualité et il s’ensuit que l’Union ne peut faire abstraction de l’absence de données scientifiques lorsqu’elle agit au niveau externe. La Commission, dans sa Communication sur la dimension externe de 2011 (COM 424 (2011)) a clairement indiqué que « Les APP (*) doivent toujours être fondes sur les meilleurs avis scientifiques disponibles, en utilisant le concept de rendement maximal durable (RMD) comme référence » (point 3.2). La Commission confirme également que les APP doivent se conformer à la CNUDM en accordant l’accès des navires de l’UE seulement aux ressources ayant un reliquat (point 3.1).

Dans sa résolution de 2012, le Parlement européen s’est félicité de l’intention de la Commission d’inclure plusieurs dispositions dans les futurs accords bilatéraux, y compris : le respect du principe de la limitation de l’accès aux ressources dont il a scientifiquement été démontré qu’elles étaient en excédent pour l’Etat côtier, en conformité avec les dispositions de la CNUDM. Cette approche est maintenant reflétée à l’article 31(4) du règlement 1380/20139.


En plus de cet article qui promeut la durabilité en soutenant l’État côtier dans l’accomplissement de ses propres obligations au titre de la CNUDM, l’article 31 contient une disposition particulière au point 4 qui prévoit que :
« Les navires de pêche de l’Union pêchent uniquement le reliquat du volume admissible des captures visé à l’article 62, paragraphes 2 et 3, de la CNUDM, et établi de façon claire et transparente sur la base des meilleurs avis scientifiques disponibles et des informations pertinentes échangées entre l’Union et le pays tiers concernant l’effort de pêche total exercé sur les stocks concernés par l’ensemble des flottes. En ce qui concerne les stocks chevauchants ou les stocks de poissons grands migrateurs, il y a lieu de prendre dûment en compte, pour la détermination des ressources accessibles, les évaluations scientifiques réalisées au niveau régional ainsi que les mesures de conservation et de gestion adoptées par les ORGP compétentes ».

Ainsi, lors de la négociation d’un APPD (**), l’UE doit seulement discuter l’accès aux stocks ayant un reliquat préalablement identifié, selon les évaluations scientifiques pertinentes et mises à jour, pour les ressources autres que thonières. S’agissant des stocks chevauchants et grands migrateurs (thonidés et espèces assimilées), l’UE doit respecter les recommandations et résolutions des ORGP compétentes et les TAC qu’elles ont déterminés; le tonnage alloué à l’UE fait partie de son quota global pour l’espèce spécifique relevant de la compétence de l’ORGP.

Si aucun reliquat n’a été établi conformément à la CNUDM, ou si les conditions de l’article 31(4) ne sont pas réunies, (y compris la nécessité d’avoir le meilleur avis scientifique disponible et la transparence), l’Union européenne ne peut pas négocier d’APPD avec le pays concerné et ses navires ne devraient pas avoir accès à ses eaux.

(*) Accord de Partenariat dans le domaine de la Pêche (APP)
(**) la nouvelle PCP parle dorénavant d’Accord de Partenariat pour une Pêche Durable (APPD)

Extrait de l'analyse de Cape (Coalition pour des accords de pêche équitable) -11 Mai 2015

Pas de reliquat, pas de pêche ?

L’intégration du concept de reliquat dans les accords de pêche UE



Dans son nouveau rapport, CAPE examine comment le principe de 'reliquat' est intégré dans le nouveau règlement de la Politique commune de la Pêche de l'UE. La nouvelle PCP fait de ce concept un élément fondamental de l’accès de l’UE aux eaux des pays tiers à travers ses accords bilatéraux de pêche.

L’UE a présenté cette approche comme étant un progrès enregistré dans le cadre de la réforme de la PCP. Il s’agit néanmoins d’un principe juridique de base des accords d’accès, codifié par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) depuis 1982 et qui n’est pas nouveau à la dimension extérieure de la PCP.

Il doit s’entendre dans le cadre de la création de Zones Economiques Exclusives (ZEE), où un État côtier exerce des droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources vivantes des fonds marins, sous-sol et les eaux surjacentes dans sa ZEE.

En parallèle de ces droits souverains, Les Etats côtiers ont le devoir d’évaluer l’état des ressources dans leurs eaux à des fins de gestion et de conservation, afin de répartir les possibilités de pêche entre leurs flottes nationales. L’Etat côtier a le droit d’allouer aux Etats étrangers le «reliquat» qu’il ne peut pas exploiter lui-même.

La disponibilité d’un reliquat suivant la détermination de sa capacité de pêche par l’État côtier est la ‘raison d’être’ de la conclusion des accords d’accès. Les accords bilatéraux entre l’UE et les pays tiers, principalement les pays en développement d’Afrique et de l’Océan indien, ont toujours été basés sur ces règles, mais pas toujours appliqués à la lettre : dans le passé, on peut trouver de nombreux exemples où l’accès par les flottes de l’UE aux ressources des pays tiers par des accords bilatéraux n’étaient pas fondés sur l’existence prouvée d’un reliquat.

Les choses ont elles changé aujourd’hui, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle PCP ?

Télécharger Ici l'analyse de Cape : Pas de reliquat, pas de pêche ? L’intégration du concept de reliquat dans les accords de pêche UE

La Banque Mondiale donne son avis sur les accords de pêche 

« Le commerce de services dans la pêche: Perspectives émergentes sur les accords de pêche étrangers »


Le dernier rapport de la Banque mondiale sur les accords de pêche étrangers, promeuvent « l’importation de services de pêche », grâce à des investissements privés (sociétés mixtes par exemple) au lieu de prendre en compte les intérêts des Etats côtiers en termes de développement de leur secteur de la pêche et surtout pour les communautés locales. Cette approche n’est pas en ligne avec les principes de la CNUDM, en particulier l’article 62 qui se réfère expressément à ‘d’autres Etats’ pour l’allocation d’un accès au reliquat, ce qui exclurait l’accès au reliquat pour des compagnies privées à travers des accords privés.


Veuillez trouver une analyse détaillée de ce rapport par CAPE : Revue du rapport de la Banque Mondiale « Le commerce de services dans la pêche: Perspectives émergentes sur les accords de pêche étrangers » : https://cape-cffa.squarespace.com/blog-en-francais/revue-du-rapport-de-la-banque-mondiale-le-commerce-de-services-dans-la-pche

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Le 30 Mai 2015

Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture

La région du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord n'a pas réussi à réduire de moitié la prévalence de la faim avec l’échéance de 2015


Quinze des dix-neuf pays ont atteint l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) concernant la lutte contre la faim, mais les conflits et les crises prolongées dans d’autres pays ont entrainé une augmentation du taux de sous-alimentation

Source : FAO

La plupart des pays de l'Afrique du Nord et du Proche-Orient (NENA) ont réussi à tenir leur promesse internationale consistant à réduire la proportion de leur population souffrant de la faim. Pourtant, à cause des conflits et des crises prolongées en Irak, au Soudan, en Syrie, au Yémen, ainsi qu'en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, NENA est la seule région où la prévalence globale de la sous-alimentation a augmenté par rapport a son niveau d’il y a un quart de siècle.

Près de 33 millions de personnes dans la région NENA sont aujourd'hui chroniquement sous-alimentées ; c'est le double du nombre qui prévalait en 1990, a annoncé aujourd’hui l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations unies (FAO). Selon le premier rapport régional de la FAO sur l'insécurité alimentaire, la prévalence de la sous-alimentation dans la région a augmenté de 6,6 pour cent à 7,5 pour cent entre 1990 et aujourd’hui.

"La région NENA, dans son ensemble, a connu un revers dans sa lutte contre la faim. Les conflits et les crises prolongés sont les principaux moteurs de l'insécurité alimentaire dans la région", a déclaré Abdessalam Ould Ahmed, Sous-Directeur général et Représentant régional de la FAO pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord. "La région NENA présente actuellement le plus grand nombre et la plus haute intensité de conflits dans le monde. Au cours des quelques dernières années, 12 pays de la région ont connu au moins une forme d'instabilité, y compris les troubles civils, les guerres ou les crises prolongées ", a-t-il ajouté.

Les estimations récentes montrent qu’en raison de la crise syrienne 13,6 millions de personnes sont dans une situation critique nécessitant une assistance alimentaire et agricole permanente. Parmi ceux-ci 9,8 millions vivent en Syrie et 3,8 millions sont des réfugiés. De même, la crise prolongée au Yémen a exacerbé la situation d'insécurité alimentaire. De fait, la malnutrition frappe une personne sur quatre au Yémen on estime que la moitié des 24 millions de personnes qui constituent sa population avaient besoin d'une aide humanitaire au début de 2015. En Irak, la prévalence de la sous-alimentation, qui était de 8 pour cent seulement en 1990-1992, a augmenté à 23 pour cent en 2014-2016.

"La situation globale ne devrait pas occulter les progrès accomplis par la grande majorité des pays. Il faut féliciter les 15 pays de la région qui ont atteint la cible l’objectif du Millénaire pour le développement, visant réduire de moitié la proportion de la population souffrant de malnutrition, ou bien ont maintenu cette proportion à un niveau inférieur à 5 pour cent. Ces pays sont les suivants : l’Algérie, le Bahreïn, l’Egypte, l’Iran (République islamique d’), la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, l’Oman, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Tunisie et les Emirats arabes unis", a ajouté Ould Ahmed.

La performance a également été inégale dans la région NENA. Deux pays, l’État du Koweït et le Sultanat d'Oman - ont réalisé à la fois l'OMD relatif à la lutte contre la faim et l'objectif plus difficile du Sommet mondial de l'alimentation qui consiste à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées.

En général, la prévalence de la sous-alimentation a diminué de 23,4 pour cent à 12,9 pour cent dans les pays en développement, avec toutefois des des variations considérables. Ainsi, la sous-alimentation a enregistré une baisse rapide en Amérique latine, en Afrique de l'Ouest et dans une grande partie de l'Asie, mais des hausses dans les zones en difficulté comme l'Afrique centrale, ainsi que le révèle L'Etat d'Insécurité Alimentaire dans le monde 2015, publié la semaine dernière par la FAO, le Programme alimentaire mondial et le Fonds international pour l'agriculture.

Une stratégie globale et un engagement collectif à éradiquer la faim

Constantant que le nombre de personnes sous-alimentées étant "trop élevé", la FAO souligne la nécessité de renouveler l'engagement politique et de renforcer la coordination régionaux pour lutter contre la sous-alimentation.

Le Rapport régional a confirmé qu'il y a de l'espoir, que des progrès sur la voie de l'éradication de la faim étaient possibles et peuvent effectivement voir le jour, si la stabilité était assurée, les engagements politiques et régionaux honorés et une approche intégrée et coordonnée soutenue par des programmes concrets et des ressources était mise en œuvre. De fait, l'approvisionnement alimentaire moyen dans la région NENA - lorsque l’on compte les importations - a augmenté de 10 pour cent depuis 1990 en termes de calories et dépasse actuellement la moyenne mondiale.

"A mesure que l’on avance, au-delà des OMD, vers les objectifs du développement durable (ODD), il est crucial d’investir dans la gestion durables des ressources rares en eau et dans les systèmes de protection sociale, plus spécifiquement, dans les moyens de réduire la vulnérabilité, et ce, à travers des politiques et des programmes de protection sociale productifs, afin de faire face aux multiples menaces et risques qui pèsent sur la sécurité alimentaire et la nutrition et renforcer la résilience dans la région NENA", a déclaré Ould Ahmed.

Le rapport régional sur l'insécurité alimentaire fournit un aperçu sur les progrès enregistrés par la région NENA quant à la réalisation de l’OMD et de l’objectif du Sommet mondial de l'alimentation relatifs à la lutte contre la faim, utilisant les données de l'état d'insécurité alimentaire dans le monde 2015. Il met aussi en évidence un certain nombre de recommandations politiques pour faire face aux défis futurs, y compris le changement climatique dans une région marquée par la rareté des ressources en eau.


Le Rapport - Aperçu Régional de l’Insécurité Alimentaire au Proche-Orient et en Afrique du Nord


Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture

La production halieutique a considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies

Le secteur de la pêche détient un potentiel important pour la sécurité alimentaire et la nutrition dans la région NENA. La production totale des pêches de capture (marine et continentale) dans la région est passée de moins de 0,5 million de tonnes dans les années 1980 à presque 3,5 millions de tonnes récemment.

Les pêches de capture proviennent principalement de sources marines (Figure 10). La production aquacole qui était presque inexistante jusqu’aux  années 1980, a enregistré une augmentation spectaculaire depuis la fin des années 1990, atteignant environ 1,5 millions de tonnes en 2013 (Figure 11). En 2013, l’Égypte et l’Iran (République Islamique d’) ont représenté 75 % de la production totale de l’aquaculture. Comme le potentiel d’accroissement de l’offre de poisson provenant des pêches de capture marines et continentales est incertain, l’importance de l’aquaculture pour l’approvisionnement en poissons dans la région augmentera vraisemblablement de manière significative. Cependant, la disponibilité limitée en l’eau douce et saumâtre, ainsi que les considérations environnementales, poseront des limites à la production de l’aquaculture.

La région a une balance commerciale de poisson positive

Malgré l’importance des secteurs de la pêche, la consommation de produits de la pêche reste faible par rapport à la norme internationale. La consommation annuelle moyenne de poissons dans la région n’est que 10,3 kg en 2011 contre une moyenne mondiale de 18.9kg en 2011.

L’import et l’export de poisson de capture provenant des sources d’eau à la fois maritime et continentale n’a cessé de croître (Figure 12) au cours des 35 dernières années et reste un important contributeur aux revenus d’exportations de la région et par conséquent au produit intérieur brut (PIB). Il représente environ trois fois la valeur du commerce de la viande.

Libérer le potentiel de la « Croissance Bleue »

Il existe encore un fort potentiel pour un développement durable de la production halieutique dans la région NENA. Ceci exige d’optimiser la production de l’aquaculture et de réduire les pertes, tout en prenant en considération les dimensions environnementales et socio économiques. Exploiter le potentiel du secteur de la pêche demande une approche globale à long terme qui respecte la contribution socio-économique et environnementale des océans, des mers, des côtes et des eaux intérieures. Ceci implique de pouvoir concilier sécurité alimentaire, nutrition, emploi décent et conservation des ressources aquatiques pour les générations futures.

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