mercredi 3 octobre 2012

News de la Pêche dans le monde : octobre, novembre et décembre 2012


News de la pêche dans le monde 


4e trimestre 2012 : Octobre / Novembre / Décembre

En 2013, la revue de presse se poursuit Ici

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Salango, un paradis sacrifié

Un film de Maylen Villaverde




Publiée le 23 juil. 2012 sur Youtube

Salango est une petite bourgade de 4500 habitants située sur la côte équatorienne. Elle se trouve à quelques kilomètres du parc national de Machalilla (seul parc marin et terrestre du pays). Ici on trouve toutes sortes d'iguanes, des milliers d'espèces d'oiseaux, des tortues et des baleines à bosse mais également une flore aquatique et terrestre exceptionnelle. On pourrait croire ce coin protégé des excès des industries en tous genres et de la pêche minotière (pêche destinée à faire de la farine de poisson). Il n'en est rien. Depuis plus de 30 ans la Pesquera Polar, une usine de farine de poisson pollue allègrement l'air, la terre et l'eau sans être inquiétée le moins du monde.
 
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 Le 23 décembre 2012

Lutte contre la pêche illicite en Afrique: Sept Etats de la sous-région adoptent une stratégie

Source : Le Maghreb

A l'issu des travaux de la 19e session ordinaire de la conférence des ministres de la commission sous-régionale de la pêche (CSRP), une stratégie commune de lutte contre la pratique courante de la pêche illicite non déclarée a été adoptée , avant-hier, à Conakry par sept Etats de la sous-région.

Cette stratégie permettra aux Etats membres de la CSRP d'unir leurs efforts pour développer un plan global de lutte contre la pratique de pêche illicite, qui est devenue "monnaie courante" dans les eaux des pays côtiers, riches en ressources halieutiques, notamment en poissons et autres produits de mer. Crée il y a 27 ans, la commission est composée de six pays membres, dont la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone, qui partagent en commun une superficie estimée à 1,5 millions de km2, pour environ 30 millions d'habitants vivant essentiellement sur les côtes maritimes et pratiquant la pêche et autres activités connexes. La session ordinaire a planché sur la gestion des ressources transfrontalières pour éviter le pillage des ressources halieutiques dans la sous-région, la mise en œuvre effective de la convention de 1993 portant sur l'exercice du droit de poursuite, pour mieux contrecarrer la pêche illicite non déclarée.

Pour concrétiser les volontés politiques des Etats membres dotés chacun d'une politique sectorielle de lutte contre la pêche illicite, la 19e session de la conférence des ministres a décidé d'appliquer le droit de poursuite maritime aux navires de pêche en infraction dans l'espace maritime de la CSRP, l'arraisonnement et le retour du navire délinquant dans l'Etat membre où l'infraction a été commise conformément au droit international et la mise en commun des efforts des Etats membres pour renforcer la lutte contre la pêche illicite. Dans son plan d'action à long terme, la commission se donne pour mission de renforcer la coopération halieutique entre les Etats membres par une harmonisation à long terme des politiques et législation de pêches pour une exploitation durable des ressources halieutiques et des écosystèmes marins au bénéfice des populations de la Sous-région.

Les projets misent en œuvre par la CSRP sont essentiellement axés sur un objectif global qui contribue à la gestion durable des ressources halieutiques et au maintien du fonctionnement des écosystèmes marins, principalement la conservation et la gestion des populations de requins. Avec une distance de 350 km de littoral, la Guinée dispose d'un potentiel considérable en produits de mers. En eaux continentales les données disponibles certifient que le potentiel annuel exploitable est de l'ordre de 12 000 tonnes. Il ya lieu de rappeler que la pratique courante de la pêche illicite et la piraterie en mer causent une perte annuelle de plus de 100 millions de dollars américains à la Guinée.
Saïd I.

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Le 22 décembre 2012

Afrique du Nord Ouest : Vers des politiques régionales pour une pêche durable des petits pélagiques

Sénégal, Gambie, Mauritanie, Maroc

Dans la région Nord Ouest Africaine, les petits pélagiques représentent, les principales ressources vivantes exploitées. Les débarquements annuels varient entre 600 000 à 1 400 000 tonne, jouant ainsi un rôle social et économique majeurs en dépit de leur faible valeur commerciale.

Ces espèces constituent plus de 80% des captures globales et représentent 23% de la valeur des exportations de produits halieutiques des pays membres de la CSRP (Commission Sous-Régionale des Pêches)

L’intérêt socio-économique grandissant de ces pêcheries, confère à leur gestion durable un rôle déterminant dans les efforts des gouvernements visant la gestion durable des petits pélagiques pour en tirer de meilleurs profits (contribution à la sécurité alimentaire, équilibre de la balance des paiements).

Ces pêcheries sont connues pour leur complexité tant au niveau des ressources exploitées que du mode d’exploitation. Cette complexité se double d’une difficulté de suivi des flottilles étrangères industrielles ; qui ne sont pas soumises à l’obligation de débarquement dans les ports des pays riverains ; d’où une qualité de statistiques souvent douteuse qui ne facilite pas la promotion d’une pêche responsable.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les efforts déployés par la CSRP à travers le projet « Vers des politiques régionales pour une pêche durable des petits pélagiques en Afrique du Nord Ouest ». 

Pour la mise en œuvre du composant pays (Sénégal), un plan d’actions nationales a été adopté en plus de la création par arrêté ministériel d’un Comité national de gestion des petits pélagiques. Le présent rapport vise en rendre compte du déroulement, des principaux résultats et recommandations  de l’atelier de formation  en cogestion, communication, plaidoyer et de restitution d’un certain nombre d’études visant à améliorer l’état de connaissance sur les petits pélagiques.


L’atelier s’est tenu les 25, 26 et 27 septembre 2012 à l’Hôtel Faidherbe de Dakar, sous la Présidence du Directeur des Pêches maritimes du Sénégal. Les participants sont venus des différentes structures socio-professionnelles impliquées dans la problématique de gestion durable des pêcheries de petits pélagiques en plus des membres du comité national de gestion des petits pélagiques.

Il s’articule autour de trois parties (i) le rappel du contexte de l’atelier ; (ii) rappel des objectifs et résultats attendus de l’atelier et enfin (iii) des  principales recommandations à retenir de l’atelier.

Le rapport de l’atelier restitue la formation en cogestion, communication et plaidoyer ainsi que les études faite sur les petits pélagiques. La formation en cogestion, communication et plaidoyer contribue à une meilleure connaissance de la cogestion des pêcheries artisanales en vue de promouvoir une gestion durable des petits pélagiques. Plus ...

Pour en savoir plus :

The sardinella of northwest Africa

Fisheries, stock assessment and management

Ad Corten
Asberr Natoumbi Mendy
Hamady Diop

Octobre 2012

CSRP / AFD

Synthèse des connaissances sur les sardinelles : 

ce rapport présente les résultats de l’atelier sur « Les lacunes dans la connaissance des sardinelles », organisé par la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP) à Dakar du 19 au 21 juin 2012. 

Le but de cet atelier était de considérer les données actuelles disponibles sur la sardinelle et d’identifier les données additionnelles requises pour une gestion régionale adéquate de cette importante ressource.

Pour télécharger le rapport, cliquer CSRP

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Le 21 décembre 2012

Le Danemark contribue activement au développement de l’aquaculture du Vietnam

Helle Thorning-Schmidt, Première ministre du Danemark, en visite officielle au Vietnam au mois de novembre


Une conférence destinée à dresser le bilan du programme danois d’assistance à l’aquaculture vietnamienne a eu lieu ce vendredi matin au siège du Département général de l’aquaculture du Vietnam. Le programme a engendré une croissance annuelle de 9% et a rapporté une valeur d’exportation estimée à 6 milliards de dollars. Vu Van Tam, vice-Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, a indiqué: « Notre ministère prend en haute considération les aides danoises en faveur de l’aquaculture vietnamienne grâce auxquelles la valeur d’exportation du Vietnam a atteint 6 milliards de dollars, tandis que sa productivité a été portée à 5 millions de tonnes par an. Nous continuerons de profiter des initiatives danoises pour faire en sorte que l’aquaculture devienne un secteur de pointe du pays. »

Totalisant 86 millions de dollars, ce programme a été mis en oeuvre en l’an 2000. Après une douzaine d’années, l’aquaculture du Vietnam a fait peau neuve. Les institutions centrales et locales ont été réformées, la compétence du personnel s’est améliorée et quelque 40 mille pêcheurs démunis ont pu enfin sortir de la pauvreté.


Intensification des coopérations de développement multiforme Vietnam - Danemark

Le Vietnam et le Danemark sont deux pays ayant des relations traditionnelles et sont des partenaires stratégiques dans le domaine du changement climatique, de l'énergie, de l'environnement et de la croissance verte. Sur la base du potentiel existant, lors de cette visite, les deux parties ont échangé leurs points de vue et des priorités convenues pour renforcer la coopération multiforme. Y compris le déploiement des relations de partenariat stratégique dans les domaines du changement climatique, de l'environnement, de l'énergie et la croissance verte, se concentrer sur la promotion de la coopération économique, commerciale, doubler les chiffre d'affaires à 1 milliard de dollars dans un proche avenir encourager les entreprises danoises à accroître l'investissement au Vietnam.

Lors de l’entretien avec son homologue danoise Helle Thorning-Schmidt, le Premier ministre Nguyên Tân Dung a demandé au Danemark de continuer de soutenir le Vietnam dans l’intensification des relations tous-azimuts avec l’Union européenne (UE)) et a affirmé que le Vietnam, en tant que coordinateur des relations ASEAN-UE, impulsera les relations ASEAN-UE en général et celles de l’ASEAN-Danemark en particulier. Sources : Vietnamplus et Parlervietnam

Pour plus d'informations sur le secteur halieutique du Vietnam :



The Fisheries Sector in Vietnam : A Strategic Economic Analysis Development Economics Research Group, University of Copenhagen and Central Institute for Economic Management, Ministry of Planning and Investment of Vietnam
Report commissioned by Royal Embassy of Denmark in Vietnam
Fisheries Sector Programme Support (FSPS) II
December 2010

Télécharger Ici le document 

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Le 14 décembre 2012

Le Sénégal gèle l'octroi de licences de pêche à des armateurs étrangers

Source : Xinhua

Le gouvernement sénégalais a gelé l'octroi de licences de pêche à des armateurs étrangers, pour une durée d'au moins un an, a appris Xinhua de source officielle vendredi.

Selon un communiqué du Conseil des ministres, le président sénégalais Macky Sall a décidé de prolonger le repos biologique sur les espaces maritimes de son pays.

Cette décision intervient après que la Fédération de Russie a dévoilé sa nouvelle stratégie pour pêcher plus de poissons dans les eaux ouest-africaines où leurs navires sont confrontés à une concurrence impitoyable ainsi qu'à des conditions d'accès de plus de plus difficiles imposées par les Etats côtiers.

L'Agence fédérale russe de la pêche souhaite renforcer la présence de la flotte russe dans la région en concluant des ententes avec les États africains à travers la fourniture d'équipements de bureau, de camions et des machines de bureau, la construction pour le Sénégal et la Guinée-Bissau de trois vedettes de patrouille et l'acceptation de plus d'étudiants venant de l'Afrique occidentale dans les universités russes.

Le gouvernement sénégalais a annulé, en avril dernier, 29 autorisations de pêche octroyées à des chalutiers étrangers et les acteurs de la pêche artisanale sénégalaise ont constaté depuis une nette amélioration de leurs prises.



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Le Maroc et la Russie ont signé, lundi (10 décembre) à Rabat, un mémorandum d'entente et paraphé un nouvel accord de coopération en matière de pêche maritime, a rapporté l'agence de presse MAP.

Ce nouvel accord, qui remplace l'accord arrivé à échéance le 2 juin 2012, a été signé par le ministre marocain de l'Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, et le vice-président de l'Agence fédérale russe des pêches, Vassili Sokolov.

En vertu de cet accord, dont la durée est fixée à quatre ans, il est permis à une flotte de 10 navires russes de reprendre leurs activités de pêche dans les eaux marocaines.

En contrepartie, les armateurs russes s'acquittent d'une contrepartie financière représentant le droit d'accès à la ressource. Cette compensation financière annuelle, qui a été instaurée pour la première fois en 2011, a été augmentée de 100% et les redevances relatives aux captures de 40%.

Les 10 navires devraient effectuer une visite technique dans un port marocain pour contrôler leur conformité aux dispositions techniques de l'accord et vérifier le système d'installation et de fonctionnement de la balise permettant la surveillance par satellite de chaque navire. Ainsi, les marins et l'observateur scientifique devraient être embarqués avant l'entrée de ces navires dans les zones de pêche.
 
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Le 13 décembre 2012

Le Lafayette rentre à la maison....

Après sa campagne de maquereau dans les eaux de l'archipel des Féroé...

Le Lafayette est arrivé à Shidao (Chine) le 13 décembre 2012 selon Marine Traffic



Positions du Lafayette au cours de l’année 2012 selon Shipspotting

2012 December 2nd, 19:00:26 UTC Las Palmas
2012 October 15th, 11:30:18 UTC   Gibraltar
2012 August 31st, 11:30:08 UTC     Ccfaeroe Islands
2012 August 31st, 11:30:04 UTC     Faeroe Islands
2012 August 16th, 12:00:58 UTC     Faroe Islands
(2012 juillet Montevideo (Uruguay) selon Marine Traffic)
2012 January 24th, 19:00:33 UTC    Nouadhibou

Pour en savoir davantage sur le plus gros bateau-usine de pêche, cliquer Pacific Andes

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Le 10 décembre 2012

Pour les 30 ans de la Convention sur le droit de la mer...

L’Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies a célébré le 10 décembre 2012 le trentième anniversaire de l’ouverture à la signature de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qualifiée par tous les États comme une véritable « Constitution des océans et des mers ».

Signée le 10 décembre 1982, à Montego Bay, en Jamaïque, et entrée en vigueur le 16 novembre 1994, la Convention est le cadre juridique qui inspire tous les aspects de la gestion des océans, a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon. La Convention compte maintenant 164 parties de toutes les régions du monde, dont 163 États et l’Union européenne.

L’année 2012 aura été une année déterminante pour les océans.  La Conférence de l’ONU sur le développement durable, Rio+20, a en effet donné un nouvel élan à l’action menée en faveur du développement durable, notamment en ce qui concerne les océans et les mers.
 
Ban Ki-moon appelle à la ratification universelle de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer

Le Secrétaire général de l'ONU a marqué lundi le 30ème anniversaire de l'ouverture à signature de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, en lançant lundi un appel à universaliser cet instrument, considéré comme la « Constitution des océans ».

« Je suis encouragé de constater que le soutien dont bénéficie la Convention n'a cessé de croître au fil des années », a déclaré lundi Ban Ki-moon à l'Assemblée générale. « Comme une constitution, il s'agit d'une fondation solide – un document permanent qui fournit ordre, stabilité, prévisibilité et sécurité – sur la base de l'état de droit. »


Entrée en vigueur en 1994, la Convention compte aujourd'hui 164 parties –163 États et l'Union européenne. Le Secrétaire général a appelé aujourd'hui ceux qui ne l'ont pas encore fait à ratifier ce traité pour assurer sa pleine mise en œuvre.

Le processus pour parvenir à la Convention, a estimé le Secrétaire général, a été aussi important que la Convention elle-même, cet instrument illustrant « le pouvoir de la négociation multilatérale et du consensus ».

M. Ban a rendu hommage aux pionniers qui ont élaboré ce traité, facteur de développement durable, qui est entré en vigueur en 1994. La codification du droit de la mer est un cadre juridique évolutif qui a permis de régler des litiges, de fixer les limites des plateaux continentaux et de gérer les ressources halieutiques, contribuant à la paix et à la sécurité partout dans le monde, a-t-il précisé.

Le Président de l'Assemblée générale, Vuk Jeremic, s'est lui aussi félicité de cette date historique, rappelant le rôle de premier plan joué par l'Assemblée dans l'élaboration du droit de la mer, notamment ses processus et groupes de travail.

« Un avenir durable passera par les énergies renouvelables, dont les énergies marines qui ne sont pas exploitées dans de nombreuses régions du monde », a affirmé M. Jeremic. Toutefois, a-t-il ajouté, en exposant les océans à de grands risques, l'humanité a provoqué une perte de biodiversité, qui la menace en retour : il s'est particulièrement inquiété de l'avenir des petits États insulaires en développement (PEID), menacés par la montée des eaux.

Aussi a-t-il prié les État Membres, au lendemain de la clôture, à Doha, de la Conférence des états parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, de respecter leurs engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre.

« La Convention a été un élément critique qui inspire nos efforts conjoints pour protéger les océans du monde. Aujourd'hui plus que jamais, il nous faut vivre en harmonie avec la nature. Nous devons protéger les moyens de subsistance des gens qui vivent de la mer et, en même temps, nous protéger ses ressources naturelles ».

Prônant l'utilisation pacifique des mers et des océans et l'utilisation équitable et efficaces de leurs ressources, le Président a, à l'instar du Secrétaire général, encouragé tous les États qui ne l'ont pas encore fait à œuvrer en faveur de l'humanité en signant et en ratifiant cette « convention phare ».

Source : Onu
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Le 7 décembre 2012

La Poissonnière d'Abidjan 

Source : Rejoprao

Présent à Abidjan du 18 au 21 novembre 2012 à l'occasion de l'atelier sur le thème « Améliorer la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire : le rôle des femmes », et de la célébration de la journée mondiale de la pêche, le Réseau des journalistes pour une pêche responsable et durable (REJOPRAO) a réalisé un bulletin d'information baptisé "La Poissonnière d'Abidjan". En deux numéros de 4 pages chacun, ces bulletins très dense font le point des deux évèvenements.

Pour découvrir les bulletins, cliquez sur les liens ci-dessous.

Très bonne lecture à toutes et à tous! N'hésitez surtout pas à nous faire parvenir vos commentaires et observations pour améliorer nos productions futures. Merci d'avance

Poissonnière d'Abidjan n°1, cliquer Ici

Poissonnière d'Abidjan n°2, cliquer Ici

Edito 1. Quatre femmes pour un pêcheur


Impossible d’imaginer les activités de la pêche en Afrique sans les femmes !

Pour chaque pêcheur, quatre femmes interviennent dans différents maillons.

Celles-ci sont particulièrement importantes dans les activités de post-capture et assurent la transformation et la commercialisation des produits de pêche. Elles approvisionnent les marchés locaux et régionaux en produits riches en protéines. Ce sont elles qui permettent aux pêcheurs artisanaux de garder la tête hors de l’eau en valorisant leurs produits et parfois en préfinançant leurs activités. L’importance du rôle des femmes dans la contribution de la pêche à la sécurité alimentaire ne souffre donc d’aucun doute.

Mais ces femmes font face dans leur vie quotidienne à de nombreux problèmes qui freinent leur autonomie professionnelle. On peut citer entre autre la faiblesse du commerce intra africain, le manque d’infrastructures adéquates, le difficile accès au crédit, le manque de formation, les problèmes liés à l’énergie… bref un chapelet interminable. Les crises alimentaires successives en Afrique nous rappelle que plus que jamais, il est impérieux d’optimiser la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire. Cela passe par des mesures courageuses en faveur de l’amélioration des conditions de travail des femmes du secteur.

C’est en cela que pour nous la rencontre d’Abidjan sur le thème « Améliorer la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire: le rôle des femmes », constitue une source d’espoir, une source de vie !

Edito 2. Enrichir le panier de la ménagère !


Malgré ses richesses naturelles parmi lesquelles les ressources halieutiques, l’Afrique fait souvent face à des urgences alimentaires cycliques.

La surexploitation de ses ressources halieutiques à travers des conventions signées par les Etats et la faible intégration entre les pays, déjà exposés aux aléas climatiques conjugués à la marginalisation du rôle des femmes du secteur de la pêche concourent à la résurgence de telles crises.

Cette situation perverse de crises alimentaires affecte d’abord les pêcheurs artisans, mais aussi les femmes, représentant plus de 50% de la population sur le Continent.

Le panier de la ménagère est, en effet, fortement impacté par des politiques nationales qui restent extraverties du fait des recettes engendrées par des exportations exponentielles (captures, rejets, farine de poissons) et de la pêche INN. Dans ce cadre ''les femmes sont plus vulnérables à la mauvaise qualité des services et à la baisse des prises de poisson'', atteste la représentante de la FAO en Côte d’Ivoire.

Pire, les communautés d’acteurs de pêche africains ne sont pas toujours entendues ou consultées dans la prise de décisions qui affectent leur avenir.

Nonobstant cette réalité, ayant pour corollaire, le recul croissant d’approvisionnement pour la consommation humaine, les organisations de la société civile africaine, investies dans le secteur, continuent de caresser les espoirs nés de la tenue de la 30ème session du Comité des pêches, à Rome en juillet dernier, pour participer « activement à la concertation technique » sur les futures directives de la Fao en la matière.

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Le 6 décembre 2012

Les plages de Sydney virent au rouge sang

Source : Wikistrike

Non, il n'y a pas eu de massacre dans la baie de Sydney, ni le long de ses célèbres plages. Mais l'eau a bel et bien pris une couleur rouge sang, parfois un peu plus orangée, à cause de la prolifération d'algues rares.

Bondi, la plus célèbre plage de la ville, a été désertée par les touristes et les Australiens, face à un phénomène naturel rare qui a coloré l'eau en rouge. Cependant, malgré les avertissements, certains baigneurs intrépides se sont aventurés dans l'eau et ont nagé à travers ces eaux étranges.

Ce phénomène naturel se produit lorsque les algues Noctiluca scintillans se rassemblent en masse, avec des résultats spectaculaires. Si elles n'ont pas d'effets toxiques, il est tout de même conseillé d'éviter de nager dans les zones où l'eau est colorée parce que ces algues, qui peuvent être riches en ammoniaque, peuvent provoquer des irritations de la peau.

Les touristes et les Australiens espèrent désormais que les algues seront dissipées avant le week-end, car les prévisions météorologiques annoncent des températures proches des 40°C. De quoi avoir envie de se baigner.

Bondi Beach Turns 'the Colour of Blood' in Australia 



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Le 5 décembre 2012

Les Philippines balayées par le puissant typhon Bopha


Le typhon Bopha, le plus puissant de l'année aux Philippines, a fait au moins quarante morts, mardi 4 décembre, dans l'extrême sud de l'archipel balayé par des vents violents et noyé sous des trombes d'eau, avant de se diriger vers les régions centrales. Sur l'île de Mindanao, la chaîne de télévision ABS-CBN faisait état de quarante-trois personnes tuées, près d'un secteur minier de l'île. Un bilan établi un peu plus tôt par l'armée faisait état d'une vingtaine de disparus. On comptait également des dizaines de blessés, victimes de la brusque montée des eaux ou touchés par des débris arrachés par la violence du vent ou des chutes d'arbre.
Bopha a touché terre à l'aube par l'est de l'île méridionale de Mindanao, avec des vents atteignant 210 km/h et de fortes pluies, selon l'agence météorologique qui avait mis en garde contre les risques élevés d'inondation.

Villes et villages étaient plongés dans le noir, les autorités ayant coupé le courant afin de prévenir les incendies et les électrocutions sur cette île à forte population musulmane d'ordinaire épargnée par les typhons. "Le courant a été coupé avant le lever du jour en prévision de vents forts, de vagues hautes et d'un avis de tempête avec une situation à risque pour les régions côtières", a déclaré Liza Mazo, qui fait partie de la sécurité civile de Mindanao. "Nous espérons et prions pour qu'il n'y ait pas de victime."....

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Le 4 décembre 2012

Maroc : Marche de protestation des marins pêcheurs de Boujdour

Après 19 jours au cours desquels les marins pêcheurs s'activant dans le secteur de la pêche artisanale avaient décrété l'arrêt de leurs activités et après quatre sit-in devant la délégation provinciale des pêches de Boujdour, les différentes centrales représentées à Boujdour ont décidé de passer à un autre stade de protestation en organisant cette marche pour amener les pouvoirs publics à tenir compte de leur doléance relative à l'augmentation du quota individuel accordé aux barques de pêche artisanale.

Ce quota qui est de 600 kg par barque doit être aligné sur celui accordé à leurs collègues de Dakhla qui est arrêté à 3 tonnes ou ceux de Tarfaya pour lesquels un forfait de 80 kg par jour a été accordé. Le poulpe étant parmi les produits de la pêche les mieux cotés au niveau international.

A noter que les marins pêcheurs jouissent du soutien de plusieurs élus et acteurs associatifs et politiques de la province pour faire aboutir leurs revendications. Ils ont fustigé le silence du gouverneur de la province qu'ils jugent responsable de tous leurs malheurs et dont ils dénoncent la passivité et l'absence de réaction.

Source : Libération

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Le 30 novembre 2012

La Cour Internationale de Justice a tranché dans le vif...

Injustice flagrante à l’égard des artisans pêcheurs de langoustes de San Andrès !

La Cour international de justice de la Haye vient de rendre son verdict dans le conflit territorial entre le Nicaragua et la Colombie. 

Le Nicaragua gagne 90.000 km2 sur le plateau continental au dépend de son voisin colombien. En contrepartie, la Colombie garde toute souveraineté sur les îles, ilots et récifs à l’intérieur de la zone contestée.

Résultat du redécoupage des eaux territoriales  : le mitage du territoire de pêche des langoustiers artisans de l’archipel de San Andrés. Avec un grand risque de "piraterie" lors du passage dans les eaux sous contrôle du Nicaragua...


Colombie : inquiétude des pêcheurs de San Andrés

Source : Figaro/AFP

Les pêcheurs de l'archipel colombien de San Andrés, dans les Caraïbes, ont interrompu leurs activités, inquiets de la réaction du Nicaragua après une décision de la Cour internationale de justice (CIJ) accordant à ce pays un vaste territoire maritime autour de ces îles.

Dans un jugement rendu le 19 novembre à La Haye, la CIJ a fixé de nouvelles limites maritimes entre le Nicaragua et la Colombie, attribuant à Managua une zone de plus de 90.000 km2 auparavant sous le contrôle de Bogota qui conserve en revanche la souveraineté sur ces îles qui comptent plus de 70.000 habitants.

Depuis, la plupart des pêcheurs de San Andrés, notamment les pêcheurs artisanaux qui font vivre leur famille de la production locale, ont préféré s'abstenir de prendre la mer, de crainte d'être arraisonnés par la marine nicaraguayenne. "Nous avons peur de sortir, on ne pêche plus", a affirmé une semaine après le jugement, Manuel Cubillos, président de la coopérative des pêcheurs artisanaux de San Andrés, redoutant une action des autorités du Nicaragua. "Avant le jugement, il y avait déjà des problèmes mais maintenant ils peuvent nous intercepter en chemin", a précisé cet artisan de 50 ans, dont 35 consacrés à la pêche quotidienne.

La situation des pêcheurs de l'île voisine de Providencia est identique, explique la gérante de la coopérative locale, Rossana Torres, qui demande au président colombien Juan Manuel Santos d'intervenir. "Les pêcheurs ont peur et ils n'osent pas" sortir car "si un bateau nicaraguayen les arrête, on va leur dire qu'ils frayaient dans leurs eaux territoriales", insiste-t-elle.

La production annuelle devait atteindre l'an prochain dans l'archipel notamment 495 tonnes de poissons et 150 tonnes de langouste, un chiffre désormais exclu, a indiqué Marcela Sjogreen, responsable de la pêche au sein de l'exécutif régional.

"Nous rejetons ce jugement absurde. S'il est respecté, c'est au détriment des habitants" de l'archipel, souligne-t-elle, en rappelant que les pêcheurs de San Andrés "sont ceux qui alimentent une grande partie de la population".

Le gouvernement colombien refuse le jugement de la CIJ, faisant valoir que ces îles se retrouvent enclavées dans les eaux territoriales du Nicaragua. Il a pour sa part annoncé qu'un groupe d'experts étudiait les actions juridiques possibles et a exposé ses griefs notamment aux Nations unies et à l'Organisation des Etats américains (OEA). De son côté, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a annoncé que son pays avait commencé lundi à "exercer sa souveraineté" sur sa nouvelle zone maritime, réclamant le retrait de tous les navires des forces armées colombiennes patrouillant dans ces eaux.

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Le 22 novembre 2012

Maroc/UE : Les professionnels de la pêche menacent

Le Soir : Mohamed Mounjid

La Confédération nationale de la pêche côtière invite le gouvernement à faire associer les professionnels dans tout processus de négociation sur la reconduction de l’accord de pêche Maroc-UE.

Pour le CNPCM, «Toute décision prise ou toute négociation relative audit secteur, hors de ce cadre, sera destinée au rejet».

Alors que les négociations sur la reconduction de l’accord de pêche Maroc-UE vont bon train, la Confédération nationale de la pêche côtière(CNPCM) monte au créneau. «Toute décision relative à l’exploitation de nos eaux marocaines, ne doit être prise qu’après la consultation des parties concernées. Toute décision prise ou toute négociation relative audit secteur, hors de ce cadre, sera destinée au rejet», rapporte un communiqué de la profession.

Le message est on ne peut plus clair et l’organisme représentatif de la pêche côtière est en train d’affûter ses armes. Toutefois la question du timing choisi pique du nez. Pourquoi, justement, attendre tout ce temps là ? Du fait que le premier round de négociations entre le Maroc et la Commission européenne (CE) pour renouveler le protocole de pêche a eu lieu les 8 et 9 novembre courant en attendant les résultats du second prévu les 11 et 12 décembre prochain à Bruxelles. Est-ce que cela veut dire aussi que la CNPCM a senti l’odeur d’un éventuel renouvellement ? Contacté par le Soir échos, Mohamed Allalou, secrétaire général de la CNPCM est resté injoignable. Omar Akoury, président de la Fédération marocaine de la pêche maritime et de l’aquaculture (FMPA) précise que la reconduction dudit accord relève du réalisme économique et politique. À son avis, toute décision dans ce sens plaidera pour l’établissement de relations bien équilibrées avec notre partenaire européen.Le gouvernement Benkirane est donc invité à faire associer les professionnels dans le nouveau round du protocole de pêche. «Notre littoral est marocain, et c’est aux professionnels marocains, que revient la charge de la gestion, de l’exploitation de leur mer, et surtout la préservation de leur richesse(…)Nous confirmons par ce communiqué qu’assurer l’avenir de la gestion durable de nos ressources halieutiques, est une affaire proprement marocaine», note la CNPCM.

Survie économique

Voilà un moyen de pression sur le gouvernement marocain pour ne pas céder aux contraintes européennes. Surtout que les intérêts et la survie économique de ce segment de la pêche sont sérieusement menacés. C’est ce qui explique en partie le resserrement des négociations entamées les 8 et 9 novembre 2012, après une année de blocage. Ces négociations passées dans la discrétion totale butent généralement sur le côté technique : nombre de licences autorisées, pêcherie, et le total de la contrepartie financière (36,1 millions d’euros auparavant). La question politique, en l’occurrence, les eaux de la zone sud (Sahara) refait également surface, selon la presse espagnole. Bien que Akoury assure que ce dossier -réglé d’avance- n’est plus à l’ordre du jour.

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Le 16 novembre 2012

La France dans la gouvernance des pêches de l'Océan Indien

Participation à l'Organisation Régionale de Gestion de la Pêche au Sud de l'Océan Indien :  South Indian Ocean Fisheries Agreement (SIOFA)


Pour plus d'information sur SIOFA, cliquer FAO

Projet de loi autorisant la ratification de l'accord relatif aux pêches dans le sud de l'océan indien

Accord relatif aux pêches dans le sud de l'océan Indien

Présentation des pêcheries dans l'Océan Indien et place de la France

Assemblée nationale. Rapport fait au nom de la commission des affaires étrangères sur le projet de loi n° 7, autorisant la ratification de l’accord relatif aux pêches dans le sud de l’Océan Indien,

Par Serge Janquin

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 24 juillet 2012.

Pour télécharger le rapport qui présente les pêcheries françaises de l'Océan Indien, cliquer Assemblée nationale 

Sénat - 24 octobre 2012

Examen du rapport et du texte de la commission des Affaires étrangères

La commission examine le rapport de M. André Trillard et le texte proposé par la commission pour le projet de loi n° 714 (2011-2012) autorisant la ratification de l'accord relatif aux pêches dans le sud de l'océan Indien.

M. André Trillard, rapporteur. - Monsieur le Président, mes chers collègues, vous savez que les ressources de la mer ont cessé d'apparaître inépuisables, du fait de l'augmentation des besoins d'une population en progression, qui a engendré des campagnes de pêche de plus en plus lointaines avec des équipements de plus en plus sophistiqués.

La gestion inadaptée des ressources marines vivantes et les perspectives de surexploitation, voire de disparition des stocks ont été perçues depuis longtemps pour certaines espèces, comme la baleine dans les années 30. Mais c'est surtout après 1945 que les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) se sont développées comme un moyen privilégié pour sauvegarder des ressources menacées par la pression démographique et l'industrialisation du secteur de la pêche.

Ces ORGP sont des organisations internationales qui se consacrent à la gestion durable des ressources halieutiques dans les eaux internationales. Les règles et le mode de fonctionnement de chaque ORGP sont adaptés à sa situation géographique et à ses priorités. Il en existe deux types : certaines sont responsables des grands migrateurs comme le thon ou l'espadon, d'autres, des espèces pélagiques, c'est-à-dire vivant en pleine mer, et démersales, c'est-à-dire vivant au contact du fond dans la zone marine littorale.

Vous savez que les compétences en matière de pêche ont été entièrement transférées à l'Union européenne, avec une exception pour les pays et territoires d'outre-mer non inclus dans le territoire de l'Union. L'Union européenne est déjà partie au présent accord. Dans le sud de l'océan Indien, l'Union européenne a, comme la France, le statut d'« État côtier », au titre de l'île de la Réunion, et celui d'État pêcheur car plusieurs navires battant pavillon de pays de l'Union y pratiquent la pêche. La France a la qualité pour devenir partie à l'accord, en son nom propre, aux côtés de l'Union, car les territoires d'Amsterdam et de Crozet sont des pays et territoires d'outre-mer.

Notre pays participe activement au renforcement de la gouvernance des pêches : elle est ainsi membre actif de la plupart des ORGP mondiales thonières et non thonières.

S'agissant de l'océan Indien, la France a un intérêt particulier à ratifier cet accord puisque l'insularité qui caractérise les territoires français de l'océan Indien lui confère une zone économique exclusive de 2,7 millions de km2, soit environ un quart du domaine maritime français.

L'océan Indien représente un quart des captures de la flotte de pêche française, tous poissons confondus, et de 62 % des prises de thonidés (cette proportion est de 3,5 % pour l'Atlantique, et de 1,9 % pour le Pacifique). La frontière entre sa zone économique exclusive (ZEE) et la haute mer est une des plus longues, dans la zone de compétence de l'accord : elle est donc un État côtier majeur qui doit veiller à ce que la pêche réalisée dans sa ZEE ne soit pas altérée par une surpêche qui aurait lieu en face de sa ZEE. Cet accord lui permettra de défendre ses ressources naturelles, en particulier les stocks pélagiques dits « chevauchants » (c'est-à-dire circulant entre sa ZEE et la haute mer), qui se situent majoritairement dans les eaux internationales jouxtant sa ZEE. Il lui donne également les moyens de combattre la surpêche pratiquée, en face de sa ZEE, par des États cherchant à optimiser leurs droits de pêche tant que l'accord n'est pas entré en vigueur.

Deux organismes existent déjà dans cette zone : la Commission du thon de l'océan Indien, compétente pour le thon et les espèces apparentées et couvrant les ZEE et la haute mer, et la Commission des pêches de l'océan Indien du Sud-Ouest, dont la France est membre. Mais, jusqu'à présent, aucune ORGP ne couvrait les espèces non thonières en haute mer. Le présent accord vise précisément à protéger ces espèces.

Conclu en juillet 2006 à Rome, sous l'égide de la FAO, il a pour objectif d'assurer la conservation à long terme et l'utilisation durable des ressources halieutiques dans l'océan Indien du sud-ouest par la coopération entre les Etats, et d'y promouvoir le développement durable des pêches. Cet objectif passe par le suivi de l'état des ressources halieutiques et de leur niveau d'exploitation, l'évaluation de l'impact de la pêche sur ces ressources halieutiques et le milieu marin, la coordination avec les États côtiers pour la conservation et la gestion des stocks chevauchants qui circulent entre les eaux sous juridiction de ces États et la haute mer, et l'élaboration d'un ensemble normatif visant, notamment, à éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, dite « pêche INN ».

Le budget de la future organisation, en cours de création, sera comparable à celui de l'ORGP du Pacifique Sud, soit 600 000 euros par an, dont 30 000 à la charge le la France.

Sur les onze Etats signataires (Australie, Comores, Union européenne, France, Iles Cook, Kenya, Madagascar, Maurice, Mozambique, Nouvelle-Zélande et Seychelles), quatre ratifications seulement sont intervenues à ce jour : celles des Seychelles, en 2006, de l'Union européenne en 2008, de Maurice, en 2010, et de l'Australie, en mars 2012.

La France doit ratifier cet accord qui tarde à entrer en vigueur. Je vous engage donc à l'adopter, comme l'a déjà fait l'Assemblée nationale, et à prévoir son examen en séance publique sous forme simplifiée, conformément à la décision prise par la conférence des présidents du 17 octobre dernier.

La commission adopte le projet de loi et propose son examen sous forme simplifiée en séance publique.
Source : Sénat

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Le 14 novembre 2012

Thon tropical. Les stratégies régionales de pêche de l’UE 

Une entrevue avec Michel Goujon, directeur d'Orthongel

En France, Orthongel est la plus grande organisation de pêche lointaine (en dehors des eaux communautaires). C'est l'organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé (association de la loi 1901). Orthongel représente les intérêts d’une flotte de 22 thoniers senneurs, actifs en Océan indien et Océan atlantique pour une production de plus de 100 000 tonnes de thon tropical chaque année.

Orthongel est membre d’Eurothonet a contribué à mettre sur pied l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). Ses missions sont d'améliorer les conditions de vente de la production de ses adhérents, d'encourager les méthodes de pêche qui favorisent une pêche durable et responsable, de contribuer à la gestion de la pêcherie et de représenter, défendre et promouvoir les intérêts généraux des armateurs de thoniers congélateurs et surgélateurs tropicaux.

Orthongel est, aussi, membre d'Eurothon, du CNPMEM, du Cluster maritime et du CCR Pêches Lointaines.

Les armements adhérents d'Orthongel sont :
  • la Compagnie Française du Thon Océanique (créée en janvier 2011 par la fusion des armements France-Thon, Cobrecaf et Cobrepêche)  
  • Saupiquet  
  • Sapmer S.A.
Pour en savoir plus, cliquer Orthongel

Les stratégies régionales de pêche de l’UE devraient se centrer sur l’appui à l’harmonisation et à la spécialisation


Dr Michel Goujon, ingénieur-docteur en halieutique, est directeur d’Orthongel, l’organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé...

Q : Il y a deux ans, vous avez participé à la création de l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). A quoi correspond cette démarche ?

C’est une initiative des conserveries de la région océan indien et des armateurs de pêche à la senne qui y opèrent. On retrouve aujourd’hui dans l’association toutes les conserveries des pays de la COI – Maurice, Seychelles, Madagascar, Comores – ainsi que tous les armements thoniers européens.

La création de l’AOTOI correspond à une période où certains groupes environnementalistes donnaient aux consommateurs, surtout en Grande Bretagne, une image négative de la filière de la pêche du thon à la senne, incitant à ne consommer que du thon pêché à la ligne. La pression des consommateurs, relayée par les importateurs, s’exerçait directement sur les conserveurs, pour que ceux-ci ne s’approvisionnent qu’en thons provenant de ce type de pêche.

Pour nos partenaires de l’Océan indien et aussi pour nous, il était important de recréer la confiance et de démontrer, sur base d’éléments objectifs, que la pêche à la senne peut se faire de façon tout à fait durable.

En effet, au niveau environnemental, la sélectivité de la senne est bonne – comme cela a été documenté pour l’Océan Indien par les scientifiques de la CTOI. Celle-ci résulte notamment du comportement des thons qui se déplacent en bancs. Le repérage du poisson à vue et au sondeur permet aussi aux pêcheurs qui le veulent d'éviter la capture de poissons trop petits. Par ailleurs, le poisson est embarqué vivant, il est alors possible de remettre à l'eau, avec d'excellentes chances de survie, d'éventuelles captures accidentelles comme les requins ou les tortues. Dans le Pacifique est, où les thons sont souvent associés aux dauphins, une méthode est utilisée avec succès pour permettre aux dauphins de s’échapper de la senne.Par ailleurs, opérant en surface et loin des côtes, la senne n'a pas d'impact sur les fonds marins.

Bien sûr, des améliorations des pratiques peuvent toujours se faire, et c’est aussi à cela que nous travaillons au sein de l’AOTOI.

Nous avons d’ailleurs fait tout un travail de préfiguration d’une labellisation, même si ce n’est pas l’objectif premier de l’association.

Q : S’agirait-il là d’un écolabel de plus ?

Nous avons défini un cahier des charges qui est axé sur des aspects tant environnementaux que sociaux, de qualité du produit ou encore de transparence. Au niveau environnemental, par exemple, nous nous engageons à ne pas produire de rejets, exceptés pour les animaux relâchés vivants. Au niveau social, nous nous engageons à respecter les droits des travailleurs, le salaire minimum, la couverture sociale, etc. Pour les bateaux européens pêchant sous accord de partenariat de pêche, cela correspond par exemple à la mise en oeuvre de la clause sociale. Pour les conserveries, il y a aussi des engagements concernant la chaîne du froid, l’évacuation correcte des déchets, etc.

Mais l’AOTOI est aussi une plateforme pour réfléchir et promouvoir des améliorations techniques, comme par exemple le développement et la généralisation de l’utilisation de dispositifs de concentration de poissons (DCP) écologiques afin de minimiser l’impact environnemental de cette technique. En France, nous avons mené un programme pour le développement de ce genre de DCP qui, à terme,seront standardisés et assemblés à terre, ce qui permettra aussi un meilleur contrôle du nombre de DCP mis en mer.

Q : C’est un enjeu central, pour vous, de minimiser l’impact environnemental des DCP, notamment les prises accidentelles de requins et tortues et les captures de juvéniles ?



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Le 13 novembre 2012

Des Eurodéputés contre les CPT dans les Organisations Régionales de gestion des Pêches (ORGP)

La commission du développement du PE vote contre les concessions de pêche transférables CPT au sein des ORGP, et salue la transparence dans les APP


La commission du développement du Parlement européen s’est prononcée sur un rapport sur la « cohérence des politiques pour le développement », qui inclut certains aspects afférents aux pêcheries, en ce qui concerne l’accès au marché, les concessions de pêche transférables (CPT) et la transparence dans les APP.

S’agissant de l’accès au marché, la commission du développement considère que l’UE devrait veiller à ce que les activités de pêche des flottes de l’UE répondent aux mêmes normes de durabilité écologique et sociale et de transparence, qu'elles aient lieu dans ses eaux ou hors de celles-ci, et que cette cohérence exigera une coordination au sein de la CE, ainsi qu’entre la CE et les États membres.

S’agissant des CPT, la commission considère que l’UE devrait s’opposer à l’introduction de CPT au sein des ORGP, car elles mettraient « en péril les moyens de subsistance et le bien-être des communautés des pays en développement qui en dépendent ».

Dans le rapport, la commission se félicite également de « l’exemple de transparence que l'Union a donné dans le monde en publiant les conditions de ses APP », et exhorte la CE à veiller à ce que les évaluations de ces accords soient également rendues publiques, « dans le respect des principes de la convention d'Aarhus, à l'intention des parlements locaux, de la société civile et d'autres parties prenantes afin qu'ils puissent véritablement examiner dans les détails l'application et l'impact de ces accords ».

La commission a également souligné dans le rapport que l’UE doit veiller à ce que la réforme actuelle de la politique commune de la pêche accorde une place importante à l'engagement qu'elle a pris à l'égard des pays en développement de favoriser la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et le droit fondamental de toute personne à l'alimentation, proclamé par la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Sources
Commission du développement du PE, « Rapport sur la cohérence des politiques pour le développement », 22 juin 2012
Commission du développement du PE, « Amendements: rapport de l’Union 2011 sur la cohérence des politiques pour le développement », 28 août 2012

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Le 5 novembre 2012

Au Canada, le juge Bruce Cohen rend son verdict sur le déclin du saumon rouge

3 ans d'enquête, 138 jours d’audiences ayant permis d’entendre 179 témoins et de recueillir 2 145 pièces (+ 892 observations du public) ont abouti sur le rapport "Un avenir incertain pour le saumon rouge du Fraser".

Les canadiens du Colombie Britannique tiennent beaucoup à leurs saumons sauvages et tout particulièrement à leur saumon rouge (sockeye)... De nombreuses communautés indiennes (Peuples Premiers) vivent depuis des générations de cette pêcherie.

En 2009, les pêcheurs du fleuve Fraser tablaient sur plus de 10 millions de saumons rouges... Mais, cette année-là, ils attendirent en vain leur saumon favori... Lire : Avis de recherche : Fraser attend près de 9 millions de Sockeye

D'où, la commission d'enquête présidée par le juge Bruce Cohen...

Parmi les 75 recommandations, la commission Cohen pointe du doigt les élevages de saumon atlantique très nombreux dans cette région du Canada...

Voir Ici tous les rapports de l'enquête (en français)...

Les 3 volumes sont une "mine" d'informations pour connaitre le secteur halieutique canadien et en particulier :
  • la pêcherie de saumon sauvage de Colombie Britannique
  • La situation en détail de l'élevage de saumon en Colombie Britannique (contrôler par trois sociétés norvégiennes : 80.000 tonnes/an). Pour télécharger cette partie de la salmoniculture, cliquer Ici

Commission Cohen : Vidéo d’introduction (longueur de la vidéo : 9 minutes et 52 secondes)

Peut-on mener des enquêtes de cette ampleur en France ? Pour le déclin de l'anguille ou la mortalité des huîtres...

Feuille d'information : l’enquête de la commission Cohen en chiffres

Documents communiqués à la Commission : 573 381
Ces documents provenaient à 98 % du gouvernement du Canada
Nombre de pages dans les documents communiqués à la Commission : plus de trois millions
Nombre de collectivités où la Commission a tenu des audiences publiques : 10
Personnes présentes aux audiences publiques : plus de 600
Intervenants aux audiences publiques : 109
Lieux importants pour le saumon rouge du Fraser en Colombie-Britannique visités par le Commissaire : 14
Observations du public présentées à la Commission : 892
Membres du public ayant présenté des observations à la Commission : 810
Participants ou groupes de participants ayant reçu qualité pour agir dans le cadre de l’enquête : 21
Particuliers, groupes et organismes représentés par les participants ayant reçu qualité pour agir : 53
Entretiens menés par les avocats de la Commission : 380
Jours alloués à l’audition de témoins : 133
Témoins entendus : 179
Avocats ou autres représentants qui ont pris part à l’audition de témoins : 95
Pièces présentées pendant l’audition de témoins : 2 147
Nombre de pages dans les transcriptions originales en anglais des audiences consacrées à l’audition de témoins : 14 166
Nombre de pages dans la traduction en français des transcriptions des audiences consacrées à l’audition de témoins : 16 376
Décisions rendues par le Commissaire : 44
Capacité mémoire occupée par les documents de la Commission : 4 007 Go
Pages dans la version anglaise du rapport de fin d’enquête du Commissaire : 1 191
Pages dans la version française du rapport de fin d’enquête du Commissaire : 1 378
Personne-ressource pour les médias
Carla S. Shore
Directrice des Communications, Commission d’enquête Cohen

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3 novembre 2012

USA. Une officine de Catch shares ?


Les américains ont toujours un train d'avance sur nous...

Il est fort probable que derrière ces très belles images se cache une "officine" de vente de quotas de poisson issus de pêcheries artisanales....

Investisseurs ! Affaire à suivre...

Pour plus d'informations, cliquer Ici

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Le 2 septembre 2012


Lors de la dernière réunion de la Convention pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique, la Russie, l’Ukraine et la Chine ont empêché la création de réserves naturelles.

C’est une grosse déception pour les négociateurs et les environnementalistes. Réunis, depuis le 8 octobre à Hobart, 200 scientifiques et négociateurs, de 25 pays, en charge de la protection de l’Antarctique sont repartis bredouilles de Tasmanie.

Tout avait pourtant bien commencé au démarrage du 31e sommet de la Convention pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR, selon l’acronyme anglais).

Les diplomates américains, français, européens, australiens et néo-zélandais étaient porteurs de huit projets de réserves marines : trois s’étendant sur 600.000 kilomètres carrés en mer de Ross et cinq autres sur 700.000 km2 à l’est de l’Antarctique. Le classement en zone protégée aurait permis d’interdire les activités de pêche et de fournir des points de référence aux climatologues. Un formidable réseau qui aurait complété le périmètre protégé récemment instauré autour de l’archipel des Orcades du sud.

Hélas, malgré deux semaines de négociation, le consensus n’a pu être trouvé, jeudi 1er novembre. De l’avis des organisations environnementales, l’échec des tractations est largement imputable à une coalition formée par la Russie, l’Ukraine et la Chine. Trois pays dont les flottes de pêche écument les eaux antarctiques depuis quelques années.

«L'échec» de ces négociations «à créer des zones protégées ou des réserves marines est profondément décevant», écrit l'Alliance de l'océan Antarctique (AOA, un consortium de 30 ONG, dont Pew Environment, WWF, Greenpeace, Blue marine foundation, Humane society international...) dans un communiqué.....

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Le 30 octobre 2012

Pacifical : La marque du thon MSC pêché dans 8 pays insulaires du Pacifique


Pour plus d'informations : PACIFICAL

Pacifical veut se faire une place parmi les grands....

En décembre 2011, les 8 pays signataires de l'Accord de Nauru (PNA) ont obtenu le label MSC pour leur thon listao. Cet écolabel MSC certifie que le thon a été pêché de manière durable dans les eaux de la Papouasie Nouvelle-Guinée, des Etats Fédérés de Micronésie, de Kiribati, des Iles Marshall, de Nauru, Palau, des Iles Salomon et de Tuvalu.

Trois poids lourds de l'industrie du thon se sont opposés à la certification MSC du thon listao de ces 8 pays du Pacifique : l'organisation des producteurs espagnols, l'OPAGAC, la Fondation internationale pour la durabilité des produits de la pêche, une ONG regroupant des industriels, des scientifiques, WWF, et Eurothon, le Comité Européen Interprofessionnel du Thon Tropical.

Les explications de Giff Johnson, rédacteur en chef du Marshall Islands Journal :

«Cette opposition, c'est en partie parce que les pays de l'Accord de Nauru (PNA) sont les derniers venus sur le marché et ils essaient de se faire une place au soleil parmi les gros producteurs asiatiques, américains et européens. Ces gros producteurs voient d'un mauvais œil l'arrivée de ce consortium de 8 petites îles qui vient leur dire: "on va changer de méthodes". Et elles le font déjà depuis quelques années. Donc les gros producteurs ont fait de l'obstruction, mettant en doute la capacité des pays de l'Accord de Nauru à conduire un tel programme de pêche durable. La juge de Londres estime que c'est bon, même si ces pays devront travailler dur pour conserver leur label.»

Le point central de ce nouveau programme de pêche des pays de l'Accord de Nauru, c'est la lutte contre les dispositif de concentration du poisson - les DCP.

Giff Johnson, au micro de Geraldine Coutts sur Radio Australie :

«Le thon pêché sans DCP et labellisé MSC se vend plus cher sur les marchés européen et américain. Il y a une motivation financière à abandonner les DCP. Aujourd'hui, selon des industriels du thon auxquels j'ai parlé, environ 60% des prises de thon listao se font à l'aide de DCP. C'est bien pour ça que les pays de l'Accord de Nauru veulent occuper le marché naissant du thon pêché sans DCP. Ils ont déjà interdit les DCP trois mois par an, en juillet, août et septembre pour laisser les thons se reproduire.»

D'après un article de Radio Australie

Spar Autriche est intéressé par le Thon MSC Pacifical

Spar Autriche, chaine de distribution qui compte 2800 magasins en Europe, montre un grand intérêt pour le thon écolabellisé dans ces 8 pays du Pacifique.

Près d’un an après la certification de la pêcherie, les conserves de thon ne sont toujours pas disponibles sur le marché....

Pacifical semble lancer un cri d’alarme dans ce communiqué de presse (que comprendront les experts en thon tropical)

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Le 29 octobre 2012

La stratégie maritime de l’Afrique prend-elle l’eau ?


Source : Green et Vert

L’Union africaine s’est fixé 2050 comme date limite pour sécuriser les eaux territoriales du continent. Une date qui risque de se révéler utopique.

Des 54 pays qui composent l’Afrique, 38 ont des littoraux ou sont des îles. Avec ses 42 000 km de littoraux, c’est la dernière grande région sans protection maritime. Sans une stratégie exhaustive pour faire respecter les lois, surveiller et promouvoir l’économie maritime et ses ressources, l’Afrique perd des milliards de dollars chaque année et est la proie de nombreux criminels.

“L’Afrique reste encore le continent le plus touché par la pêche illégale, les actes de pirateries, le trafic de drogue, d’armes, d’humains, sans parler des mauvais bateaux et des vieux ports” déclare Annette Leijenaar, Directrice du département de gestion de conflits et d’installation de la paix à l’Institute for Security Studies (ISS), à Pretoria.

42 000 km de littoraux sans défense ou presque

Sur le milliard d’habitants que compte l’Afrique, environ 70 % dépendent du poisson pour avoir des protéines. Johan Potgieter, un des cadres d’ISS, envoie un message aux politiques :   “ Ne pensez pas à combien coûte une flotte. Pensez plutôt à combien cela va vous coûter de nourrir une population quand il n’y aura plus de poissons ?». 

Les pertes globales causées par la pêche illégale coûtent entre 10 et 23.5 milliards de dollars par an. Les prises illégales sont en train de devenir la norme. Les super-chalutiers étrangers n’hésitent pas à piller des centaines de tonnes de poisson par jour pour les exporter en Europe, tandis que les prises des pêcheurs locaux sont limitées en général à ce qu’ils peuvent ramener sur des pirogues de 8 m.
Par ailleurs, les opérations anti- pirates au large de la Somalie en 2011 ont couté environ 6,9 milliards de dollars. Pour Potgieter, les opérations anti-pirates d’Afrique de l’Est les ont repoussé vers la côte est de Madagascar, qui est relativement déserte. Les pirates y sont tranquilles pour établir de nouvelles bases. Cela ne règle pas le problème.

Des flottes à coûts exorbitants

Un bâtiment coûte des millions de dollars et il en faut 3 pour former une unité opérationnelle. Par exemple, trois bâtiments de patrouille de 80 m de la British Royal Navy coûtent 32 millions de dollars par an. Mais en dépit de ces sommes astronomiques et du manque d’expérience des officiers en commande, plusieurs nations ont commencé à acquérir des bateaux. Le Nigéria a prévu 49 bâtiments et 42 hélicoptères sur les 10 ans à venir. Le pays a aussi construit son propre bâtiment de patrouille de 31 m, le NNS Andoni.

Le Ghana a acquis deux anciens bâtiments d’attaque allemands et a commandé quatre nouveaux bateaux patrouilleurs à la Chine.  La Namibie a acheté un bâtiment chinois de 100 m et a renforcé les patrouilles autour des ports.

Potgieter explique ”Pour faire des arrestations, il faut un avion ou un drone et un bateau. C’est là que réside le problème. Ce n’est pas bon marché. Et si nous détectons un problème de l’autre côté de Madasgascar, il faut collaborer avec d’autres ! Peut-être les Français sont-ils les mieux placés pour agir. Mais il faudrait qu’on leur parle pour ca ! ”.

Une législation qui diffère de pays en pays

Il est nécessaire d’harmoniser les règles et les lois de chaque ministère de tous les pays de l’UA. Une tâche qui prendra environ 10 ans. Selon l’ISS, il faut une bonne gouvernance, une infrastructure solide, une compétence technologique, des mécanismes efficaces de partage d’informations, et une volonté politique forte. Très peu de pays africains possèdent ces éléments.

“La plupart des pays ne vont même pas vous autoriser à traverser leurs eaux si vous n’avez pas eu leur permission à l’avance. Nous avons besoin d’assumer la responsabilité pour le domaine maritime africain collectivement,” explique Potgieter.


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Le 26 octobre 2012

Du poisson local sur les marchés locaux : Frode Stroenen

Si ses ancêtres étaient agriculteurs et pêcheurs, Frode Stroenen nous raconte qu'il pêchait déjà avant de savoir marcher. Il grandit sur une petite île, proche de la ville de Bergen dans le sud de la Norvège et participe à sa première pêche aux sprats à la senne (pêche au hareng) à l'âge de 14 ans ; il s'agit d'un rite de passage traditionnel, que de nombreux jeunes de la région effectuent encore. Stroenen fait de la pêche sa profession, mais il s'en éloigne quelques années pour contribuer à l'établissement d'élections démocratiques dans des pays en reconstruction, comme le Cambodge, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo. C'est au cours de cette période de sa vie qu'il prend conscience de nouveaux problèmes environnementaux et se dirige vers l'activisme.

Il s'implique particulièrement dans les débats sur l'élevage du saumon et est aujourd'hui un expert reconnu en matière de rejets alimentaires issus de ces fermes. L'appel de la pêche est cependant plus fort pour Stroenen. Il regagne la Norvège et retrouve les pêcheurs à la senne, le hareng dans les îles Lofoten et le maquereau pêché à la traine en mer du Nord, ainsi que son sjark (un petit bateau de pêche traditionnel). La quasi-totalité de ses prises est alors destinée à un détaillant local. 

Vous pouvez rencontrer M. Stroenen au Salone del Gusto e Terra Madre à Turin. Il sera présent au stand de la campagne Slow Fish, où il animera pleins de rencontres et moments de discussion sur le futur de la pêche avec nombreux pêcheurs, chefs, journalistes et personnalités du monde scientifique.


Aujourd'hui, Frode passe la moitié de son temps à pêcher dans le Hardangerfjord - un magnifique fjord allongé accueillant 8 % de la production de saumon d'élevage en Norvège - et l'autre moitié à militer au sein du parti vert national. C'est un farouche partisan d'une utilisation améliorée des ressources halieutiques locales et de la restauration d'un marché local pour le poisson local. « Les délices de la mer nagent quasiment sous nos fenêtres, mais nous sommes incapables d'utiliser ce bienfait au profit de notre économie locale, comme le fait la communauté agricole » déclare-t-il. Lorsque le marché local a commencé à tourner le dos aux produits de la mer locaux, et que des problèmes d'approvisionnement sont apparus, l'intérêt que portait Stroenen à l'écologie, à la pêche, à la politique et à la justice sociale l'a conduit à créer une coopérative : Fiskfråfjorden (Les poissons du fjord). Cette dernière a réuni les derniers pêcheurs de poissons sauvages du fjord et d'autres membres de la communauté pour œuvrer ensemble à l'accroissement de la valeur des ressources locales.

« Les gens méritent de manger du poisson frais issu des zones de pêche voisines », déclare Stroenen, inspiré par la manière dont les gens se fournissent de plus en plus auprès des fermes locales. « La culture locale et l'empreinte carbone ont jusqu'à maintenant été absents du débat sur les ressources halieutiques, menant à la disparition graduelle des petites pêcheries mais aussi à la dégradation des écosystèmes, spécialement dans les fjords (à cause de la pollution et des rejets de nourriture, par exemple). En promouvant la consommation locale et la gestion des ressources, l'impact sur les communautés pourrait être considérable. »

Un bon point de départ

En s'associant à différents représentants de plusieurs municipalités voisines du Hardangerfjord, Stroenen a demandé à la Société royale norvégienne pour le Développement (Norges Vel) d'évaluer la faisabilité d'ouverture d'un café-poissonnerie où vendre la pêche locale. « Nous avons étudié toute la chaine de valeur et examiné la fourniture des matériaux bruts, la logistique et le potentiel économique de l'opération » a déclaré Marie Melhagen, chef de projet et conseillère supérieure du Norges Vel. Suite...

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Le 25 octobre 2012

Poissons de Fukushima radioactifs... Pour longtemps....

Depuis la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, Regard sur la pêche et l'aquaculture (RPA) a suivi l'évolution de la contamination radioactive des poissons sur la côte nord-est du Japon. Le 20 juillet 2012, nous faisions le point sur la pollution au césium des produits aquatiques à un moment où les autorités japonaises commençaient à banaliser la radioactivité dans la vie quotidienne : Peut-on rire des radionucléides, après Nagasaki, Hiroshima et Fukushima ?

En effet, les analyses de la radioactivité mises en ligne depuis 19 mois par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche (FFA) montraient que la situation ne revenait pas à la normale... Au contraire...

Une étude étatsunienne de l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachussetts) publiée le 26 octobre 2012 dans science le confirme....


Le niveau de contamination radioactive demeure élevé chez les poissons au large de Fukushima, au Japon, plus d'un an et demi après l'accident de la centrale nucléaire, d'après un article publié dans la revue Science datée du 26 octobre.


Plus de 80% de la radioactivité émise par la centrale accidentée de Fukushima s'est retrouvée dans l'océan Pacifique, soit directement par écoulement des eaux contaminées soit indirectement en retombant au large, rappelle Ken Buesseler, chimiste à l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachussetts). Une contamination inédite d'autant plus dramatique que le Japon est le plus gros consommateur de produits de la mer par habitant.

Pour la majorité des poissons pêchés près des côtes nord-est du Japon, la contamination est en-dessous des seuils acceptables pour la consommation humaine, même après abaissement de ces seuils par les autorités de 500 à 100 Becquerels par kilogramme (Bq/kg). Cependant, au large de la préfecture de Fukushima, où la pêche est encore interdite, près de la moitié des poissons dépassent les 100 Bq/kg.

Dans cette zone, les niveaux de contamination par le césium-134 et le césium-137 ne diminuent pas, relève Ken Buesseler. Les poissons des profondeurs sont les plus touchés. Les sédiments marins pourraient être une source de contamination continue, suggère le chercheur américain. Il a analysé les données du ministère japonais de la Pêche, qui a collecté depuis mars 2011 près de 9.000 échantillons de poissons, de crustacés et d'algues.

"Une meilleure connaissance des sources et des puits de césium est nécessaire pour prévoir les tendances à long terme de la contamination des produits de la mer" estime le chercheur.

L'accident de la centrale de Fukushima a été déclenché par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, dont le bilan s'élève à environ 20.000 morts et disparus.


Les niveaux de radioactivité des poissons pêchés sur la côte est du Japon restent élevés surtout au large de Fukushima, 17 mois après la catastrophe de la centrale nucléaire de Daiichi, selon une étude effectuée par un expert américain et publiée jeudi dans la revue Science.

Ken Buesseler, chimiste à l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachusetts, nord-est des Etats-Unis), a analysé des mesures du gouvernement japonais et conclu qu'il pourrait y avoir une source persistante de radioactivité dans l'océan Pacifique venant soit d'une faible fuite du réacteur de la centrale accidentée, soit de sédiments marins contaminés.

Il a aussi estimé, sur la base de ces données, qu'environ 40% des poissons pêchés dans les environs de Fukushima ne sont pas consommables selon les normes établies par les autorités nippones.

Le scientifique souligne en outre, dans le numéro de Science daté de vendredi, que les niveaux de contamination dans presque toutes les espèces de poissons et crustacés ne diminuent pas. Mais ces niveaux varient selon les espèces, ce qui complique la réglementation par les pouvoirs publics.

Pour Ken Buesseler, qui avait conduit en 2011 une mission internationale de recherche sur un navire afin d'étudier la dispersion des radionucléides provenant de Fukushima, il faudra faire plus qu'étudier les poissons pour prédire comment évolueront ces différents niveaux de contamination.

Nous avons surtout besoin de mieux comprendre les sources de césium et d'autres radionucléides qui continuent à maintenir ces niveaux de radioactivité dans l'océan au large de Fukushima, insiste-t-il.

Pour aider à atteindre cet objectif, le scientifique et son collègue Mitsuo Uematsu, de l'Université de Tokyo, organisent un symposium dans la capitale nippone les 12 et 13 novembre. Le but est de présenter les dernières estimations disponibles sur les émissions de radioactivité de la centrale Daiichi, ainsi que leur impact sur l'océan, la vie marine, les poissons et fruits de mer.

Le scientifique précise qu'au large de la côte nord-est du Japon, la vaste majorité des poissons pêchés restent en-dessous des limites autorisées pour la consommation, même si les autorités japonaises les ont resserrées en avril 2012.

Pour accéder à l'étude :  Fishing for Answers off Fukushima
Japan fisheries data provides a look at how the ocean is faring 18 months after the worst accidental release of radiation to the ocean in history

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Le 24 octobre 2012

La pêche au menu du 8e Forum pour le développement de l’Afrique (FDA) 

Les travaux du 8è Forum pour le développement de l'Afrique (ADF) se sont déroulés du 22 au 25 octobre 2012 à Addis-Abeba...

Initiée par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission de l'Union africaine, cette manifestation constitue un cadre multipartite de débat visant à lancer des stratégies concrètes en faveur du développement de l'Afrique.

A travers ce forum, tenu sous le thème "Gestion et mobilisation des ressources naturelles au service du développement de l'Afrique", les organisateurs ont présenté les résultats des recherches réalisées sur les grandes questions de développement en vue de fixer les objectifs et les priorités, élaborer des programmes et définir un cadre permettant de les mettre en œuvre....

Le secteur de la pêche a occupé une place centrale dans les débats, eu égard à l'importance qu'il revêt pour les pays africains.

Les ressources de la pêche ouvrent de réelles perspectives de développement, néanmoins les pratiques non viables ont porté atteinte à la sécurité écologique, d'où la nécessité d'engager les discussions sur le renforcement économique du secteur pour une plus grande contribution au développement.

Les ressources tirées de la pêche, en eau douce et en mer, représentent un énorme potentiel et ouvrent aussi de réelles perspectives de développement. Elles contribuent à la nutrition et à la sécurité alimentaire, créent des emplois et du revenu et génèrent des recettes d’exportation. Cependant, les pratiques – courantes – de pêche non viables et la pêche illégale et prédatrice ont appauvri les stocks sur lesquels la pêche de capture pouvait compter et porté ainsi atteinte à la sécurité alimentaire, au bien-être économique et à la sécurité écologique. Il est grand temps de débattre, sur la base des connaissances actuelles de la gestion des ressources, des dispositifs institutionnels et administratifs et du renforcement économique du secteur en vue d’une plus grande contribution au développement, et de convoquer d’urgence pour ce faire un forum de discussion qui soit transparent.

L’Afrique exporte des produits de la mer pour plus de 4 milliards de dollars par an

"Depuis 1985, l'Afrique aurait exporté annuellement des produits de la mer d'une valeur de 4,4 milliards de dollars américains, alors que celle de ses importations de poissons n’est que de 680 millions de dollars par an". Les exportations de produits de la mer de l'Afrique représentent presque 20% des exportations agricoles totales du continent.

La demande de produits de la mer ne cesse d'augmenter à l'échelle mondiale, le commerce international de ces produits ayant dépassé celui de nombreux produits agricoles (à titre d'exemple, celui-ci a été de 5% pour le riz contre 30% pour les produits de la mer).

La pêche et l’aquaculture jouent un rôle très important pour ce qui est d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle en fournissant annuellement à la population mondiale près de 150 millions de tonnes de protéines de poisson.

Par ailleurs, le secteur de la pêche et de l'aquaculture garantit à des dizaines de millions de travailleurs dans la filière de la pêche des revenus qui leur permettent de bénéficier de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Bien que la consommation de poissons par habitant en Afrique ne représente qu’environ la moitié de la moyenne mondiale de plus de 16 kg par personne, le niveau de consommation est particulièrement élevé dans des pays comme le Ghana, la Gambie, la Sierra Leone, le Nigeria et certaines régions d'Afrique du Sud. D'après un article d'Africanmanager

Pour plus de détails sur le secteur halieutique en Afrique, télécharger le document de travail : Exploitation des ressources de la pêche : Remonter lecourant au service du développement de l’Afrique

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Le 23 octobre 2012

Le Sénat recommande d'abattre des phoques pour sauver la morue

La Presse Canadienne

Le gouvernement fédéral devrait payer des chasseurs pour qu'ils tuent 70 000...

Le gouvernement fédéral devrait payer des chasseurs pour qu'ils tuent 70 000 phoques gris au large de la côte Est du Canada afin de permettre aux bancs de morue de la région de se renouveler, et ce, même s'il existe peu de données scientifiques prouvant la pertinence d'un tel abattage, a annoncé mardi un comité sénatorial.

Le comité a passé près d'un an à étudier la proposition d'Ottawa d'abattre jusqu'à 70 pour cent de la population de phoques gris vivant dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Un projet qui, selon ses détracteurs, serait motivé non pas par des raisons scientifiques mais politiques.

«Tout en reconnaissant les risques écologiques évoqués par certains témoins, le comité est d'accord avec la logique derrière la réduction proposée du nombre de phoques gris dans cette zone à titre expérimental», peut-on lire dans un rapport publié mardi.

En conférence de presse sur la colline parlementaire mardi, le président du comité, le sénateur terre-neuvien Fabian Manning, a admis que l'idée de l'abattage n'était pas basée sur la recherche scientifique et que bien des questions demeuraient sans réponse, qu'on soit en faveur ou contre cette solution.

M. Manning a précisé que les études qui seraient effectuées durant la période d'abattage de quatre ans recommandée fourniraient toutefois au gouvernement fédéral tous les renseignements nécessaires pour calmer les inquiétudes des résidants des provinces de l'Atlantique et du Québec.

Jeff Hutchings, un professeur de biologie de l'université Dalhousie à Halifax en Nouvelle-Écosse, a déclaré que le comité sénatorial avait eu tort de qualifier l'abattage proposé d'expérience.

«Ce ne sera pas une expérience», a tranché M. Hutchings. «On ne peut pas faire ça dans l'océan. Tout ce qu'on peut faire dans ce cas-là, c'est avoir une incidence sur le nombre de phoques gris. On ne pourra pas contrôler quoi que ce soit d'autre. D'un point de vue scientifique, cela enfreint toutes les règles qui caractérisent une expérience conçue de manière appropriée.»

En d'autres termes, a-t-il ajouté, il n'y aura aucun moyen de déterminer de manière précise l'impact d'un tel abattage.

Le comité a recommandé que le processus s'amorce l'an prochain et qu'un système de primes soit mis en place pour inciter les gens à tuer des phoques gris puisqu'il n'existe aucun marché pour les peaux ou la chair de ces mammifères marins.

Gail Shea, qui remplace temporairement Keith Ashfield au ministère des Pêches et des Océans, fait l'objet de pression de la part de l'industrie de la pêche en raison du retard accusé par le renouvellement des stocks de morue dans le golfe du Saint-Laurent.

La morue est en voie de disparition dans cette région même si la pêche commerciale à grande échelle y a été bannie dans les années 1990. Il n'existe cependant aucune preuve scientifique directe permettant d'établir que les phoques gris affamés ont quelque chose à voir dans cette situation.

D'après le ministère des Pêches et des Océans, environ 350 000 phoques gris vivent au large de la côte atlantique du Canada, soit 30 fois plus que dans les années 1960. Sur ce nombre, quelque 100 000 s'aventurent dans le sud du golfe du Saint-Laurent, dont un tiers en provenance de l'île de Sable.


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Le 22 octobre 212

La  Convention sur la diversité biologique (CDB) face aux enjeux de la gouvernance de la biodiversité en haute mer

Les enjeux de gouvernance de la biodiversité située au-delà des zones sous juridiction nationale sont débattus depuis maintenant une dizaine d’années au sein de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU). Dans cette enceinte, les États tentent péniblement de trouver un consensus à la question de savoir si, dans le cadre de la mise en oeuvre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), les instruments juridiques en vigueur sont suffisants pour assurer la conservation de cet espace et l’utilisation durable de ses ressources, ou si l’adoption d’un nouvel instrument juridique est nécessaire. Alors que les négociations semblent souvent s’y enliser, c’est au sein de la CDB – pourtant longtemps considérée comme une enceinte de négociation mineure sur le sujet – que des progrès sur les aspects scientifiques et techniques de la conservation de la biodiversité en haute mer ont été réalisés ces dernières années. L’absence de décision à Rio+20 sur un éventuel accord de mise en œuvre de la CNUDM ne fait d’ailleurs que renforcer, a contrario, la légitimité de la CDB à s’emparer de ces questions dans les limites de son mandat (Druel, Billé, Treyer, 2011).

La première et la plus importante avancée a été le lancement d’un processus d’identification des « aires marines d’importance écologique ou biologique devant être protégées (EBSA) dans la haute mer et les habitats des grands fonds marins ». L’objectif est d’établir une base scientifique commune permettant aux États et organisations internationales de déterminer quelles parties de la haute mer et des habitats des grands fonds marins pourraient faire l’objet de mesures de protection renforcées. À cette fin, la CdP a adopté, en 2008, 7 critères scientifiques permettant cette identification, et a précisé, en 2010, que le processus devrait être mené via des ateliers régionaux impliquant notamment les organisations internationales compétentes telles que les organisations régionales de pêche ou les conventions de mers régionales. Les résultats de deux de ces ateliers régionaux, tenus respectivement pour le Pacifique Sud-Ouest et pour la Caraïbe et l’Atlantique Central-Occidental, seront présentés pour approbation lors de la CdP organisée à Hyderabad, puis transmis ensuite à l’AGNU, tandis que les processus d’identification se poursuivent dans d’autres régions du monde. Ce que l’AGNU va décider de faire des résultats de ces ateliers régionaux et les suites éventuelles qu’elle pourrait donner au processus sont l’une des grandes inconnues actuelles.

Le deuxième effort important a concerné la mise à jour des « Lignes directrices facultatives pour la prise en compte de la diversité biologique dans les études d’impact sur l’environnement et les évaluations environnementales stratégiques des zones marines et côtières » adoptées en 2006, afin d’y prendre en compte les spécificités de la haute mer. Engagés depuis 2009, les travaux de révision ont conduit à l’introduction de nombreuses sections concernant la haute mer, qui doivent être présentées pour approbation à Hyderabad et qui pourront servir de base à l’établissement d’un cadre juridique plus contraignant qui fait actuellement défaut pour la conduite des études d’impact environnementales (EIE) en haute mer.

Limitant ainsi leurs initiatives aux aspects scientifiques et techniques, les États parties à la CDB considèrent que l’adoption de mesures de protection renforcées pour les aires marines d’importance écologique ou biologique situées en haute mer ou l’élaboration d’un instrument juridiquement contraignant sur les études d’impact environnementales dans cette zone n’est pas envisageable dans cette enceinte, l’AGNU constituant le cadre historique de négociation du droit de la mer. Leur prudence s’explique par la réticence des gouvernements négociant à l’AGNU à prendre en compte les avancées obtenues dans le cadre d’autres accords que la CNUDM, fussent-ils globaux ou régionaux. Néanmoins, les décisions adoptées lors de la prochaine CdP (approbation des résultats des ateliers régionaux, adoption des lignes directrices sur les EIE) auront certainement une influence considérable sur les discussions purement onusiennes, pouvant contribuer à donner un nouveau souffle à des négociations enlisées depuis des années. 


Raphaël Billé; Claudio Chiarolla; Elisabeth Druel; Romain Pirard; Julien Rochette          

Un article consacré aux enjeux de la 11e Conférence des Parties (CdP 11) à la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui se tient à Hyderabad (Inde) du 8 au 19 octobre 2012. La CdP 11 sera l’occasion de faire le point sur « l’héritage de Nagoya », et plus spécifiquement sur trois dossiers principaux : le protocole sur l’accès et le partage des avantages, le Plan stratégique 2011-2020 et la stratégie de mobilisation des ressources. La gouvernance de la biodiversité en haute mer sera également au programme.

Accords : Zones sensibles marines à protéger


Sur la protection des milieux marins, et notamment en haute mer où ne s'appliquent pas les législations nationales, un consensus a été trouvé pour permettre l'adoption de rapports scientifiques identifiant des zones sensibles à protéger dans le Pacifique ouest, les Caraïbes et la Méditerranée.

Ces zones, qui préfigurent des garde-fous pour les espèces marines face au développement de la pêche et de la prospection pétrolière en haute mer, sont "très importantes" pour la protection des océans, a souligné Patricio Bernal, coordinateur de l'Initiative internationale sur la biodiversité océanique à l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

"Les décisions prises à Hyderabad peuvent avoir un impact significatif sur les négociations qui auront lieu à New York", aux Nations unies, pour mettre en oeuvre concrètement à l'avenir des aires protégées en haute mer, a ajouté cet expert. "Comme toujours, ce ne sera pas un accord parfait mais on aura un accord très important à Hyderabad", a relevé pour sa part le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner, au regard de l'avancée globale des discussions. D'après Le Monde : Ultimes tractations à la conférence sur la biodiversité de Hyderabad

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Le 19 octobre 2012

Gardes privés embarqués : la France dans la vague

Pour accéder à l'intégralité de l'article de ce numéro Le Marin du 19 octobre 2011, cliquer Kiosk

Autres sujets :
  • Baie de Seine : Forts invendus de coquille. Faute de moratoire, la pêche s’est poursuivie au-delà des besoins du marché saturé par les captures britanniques. 
  • Civelle : Batho bloque le début de campagne. Faute d’accord avec la ministre chargée de l’Écologie, les premières pêches, qui interviennent en novembre, ne peuvent avoir lieu. 
  • Document : L’Economie maritime poursuit sa mutation. Tour d’horizon de l’ensemble des activités maritimes françaises au travers des statistiques de l’Ifremer.
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Taïwan : Les pêcheurs en haute mer bientôt autorisés à recruter des gardes armés

Taîwan.info du Jeudi 18 octobre 2012

A la demande des professionnels de la pêche, le gouvernement travaille à un amendement à la Loi sur les activités de pêche afin d’autoriser les pêcheurs à recruter des gardes armés pour assurer leur protection face aux actes de piraterie dont ils sont souvent victimes sur certaines mers du globe, a-t-on appris hier auprès de l’Agence de la pêche.

La révision de la législation permettra d’établir un mécanisme de protection maritime dans le cadre duquel les pêcheurs seront autorisés à recruter du personnel de sécurité armé lors de leurs opérations dans certaines zones et seulement à certaines saisons, a expliqué Tsai Jih-yao, directeur-adjoint de l’Agence de la pêche, qui a souligné que ses services étaient conscients que cette pratique est déjà plus ou moins répandue chez les pêcheurs taiwanais.

Par exemple, Lin Han-chou, directeur de l’Association des pêcheurs de Donggang dans le district de Pingtung, a déclaré hier que l’Association taiwanaise du thon avait signé un accord avec la Marine du Sri Lanka pour permettre la présence à bord des chalutiers de trois militaires autorisés à ouvrir le feu en cas d’attaques de pirates. Selon Lin Han-chou, seule l’Association taiwanaise du thon bénéficie d’un tel accord, très apprécié de la profession, avec le gouvernement du Sri Lanka.

D’autres capitaines de pêche sont toutefois sceptiques vis-à-vis des avantages d’une telle pratique, dont Tsai Tien-yu, chef de la commune de Liuqiu dans le district de Pingtung et propriétaire d’une flotte de 10 chalutiers pour la pêche hauturière. Ce dernier estime qu’une présence armée à bord provoquera forcément des échanges de tirs avec les pirates. « Si les deux parties échangent des coups de feu, il y aura des blessés et beaucoup d’autres problèmes seront créés par ces batailles », a-t-il déclaré hier. Pour Tsai Tien-yu, il s’agit simplement de faire preuve de prudence et d’éviter les zones où les pirates sévissent en général.

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Le 18 octobre 2012

Google tente une AMAP Poisson


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Le chef de la région Boeny affirme que la société Unima devrait payer 2,3 milliards d’ariary de ristourne à sa circonscription. Il se base sur une loi en date de 2004.

Jean Christophe Rasoloniaina, chef de la région Boeny, veut donner un coup de massue à la société Unima. Il réclame 2,3 milliards ariary à cette entreprise franche qui travaille dans la pêche et l’aquaculture de crevettes depuis le début des années 90. Des arriérés à titre de ristourne entre 2009 et 2011, selon lui et que la société devrait payer, profitant de l’inauguration du pensionnat du lycée les Mousque­taires du Boeny, mercredi, le chef de région affirme avoir déjà notifié per­son­nellement les responsables d’Unima sur son intention d’aller jusqu’au bout pour obtenir le paiement de cette somme.

« La loi de 2004 sur les régions prévoit les ristournes issues des produits de commerce et d’exportation sont parmi les sources de revenus des régions. Il est donc normal qu’Unima doive payer », soutien avec hargne Jean Christophe Rasoloniaina.

Aucune réaction pour l’instant, du côté de la société qui affirme simplement que le débat reste ouvert sur la légalité ou pas d’une telle démarche. Plusieurs points plaident cependant en leur faveur concernant la requête de la région. D’abord et surtout le principe la non rétroactivité de la loi qui devrait justifier la nullité de cette démarche. En effet, Unima déjà travaille sous le statut d’entreprise franche depuis 1994 alors que la loi sur les régions date de 2004. La société est donc régie par des conditions spécifiques prévues par la loi sur les zones franches.

« Il est impossible qu’au bout de presque 20 ans d’activités, la société soit obligée de payer une nouvelle taxe dont le montant en plus a été fixée unilatéralement par la région. Une telle démarche de la part de l’administration met en péril les investissements », analyse un économiste.


Difficultés

L’aquaculture soulève également des débats techniques vu que ce n’est pas un produit de pêche normal. Les crevettes produites à la ferme de Mahajamba sont des produits d’élevage au même titre que les autres animaux d’élevage. Ils ont, par ailleurs, nécessité un investissement lourd et très risqué, notamment à l’heure ou les virus comme le White spot constituent des menaces permanentes pouvant faire effondrer toute la filière et les milliers d’emplois qu’elle crée.

En tout cas, difficile, pour l’instant, de se prononcer sur l’issue de ce dossier. Le débat reste ouvert, non seulement pour le cas d’Unima, mais sur les responsabilités sociales des entreprises franches en général. Un dossier qui est certainement à suivre.

Mahefa Rakotomalala

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Le 12 octobre 2012

Le retour du thon rouge inquiète Le Monde des ONGE

A en perdre la raison !!!

Les populations de thon rouge semblent amorcer un redressement. Telle est – assortie de moult mises en garde sur les incertitudes quant à l'état réel de cette espèce emblématique – la conclusion du comité scientifique qui conseille la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta). Une bonne nouvelle... qui inquiète les organisations écologistes, hostiles à un éventuel relèvement des quotas de pêche.....

Plusieurs indices indiquent des "tendances à la hausse", écrivent les scientifiques, mais ils sont démunis pour en évaluer la vitesse et l'ampleur. Trop de questions demeurent : trop d'imprécisions dans les statistiques fournies par les Etats sur la quantité et la taille des prises – en Méditerranée en particulier –, trop de déclarations manifestement sous-évaluées.

Trop d'incertitudes aussi sur l'animal lui-même : de récentes études ont montré que des thons nés en Méditerranée parcourent de longues distances vers l'ouest pour se nourrir. Ils se confondent avec leurs cousins américains, ce qui fausse à la hausse les estimations.

Les défenseurs des océans déplorent, eux, l'absence de prise en compte de la pêche illégale par les experts de la Cicta. Selon l'ONG Pew, ce problème reste omniprésent. Après deux décennies d'expansion incontrôlée des flottes de senneurs industriels, le commerce du thon rouge continue d'être florissant grâce au marché japonais qui attire 80 % des captures.

En recoupant les tonnages de pêche déclarés avec les données du commerce international, trois chercheurs de l'université autonome de Barcelone et de l'université de Colombie-Britannique viennent de calculer qu'entre 2008 et 2011, les limites autorisées avaient été dépassées de 62 % à 77 %, soit 112 000 tonnes en sept ans. Pew demande que l'on ne se contente plus de recueillir les déclarations sur papier, mais qu'on trace les captures jusqu'à leur commercialisation grâce à un dispositif électronique apposé sur les poissons. D'après Le Monde : Les scientifiques notent un rétablissement inattendu despopulations de thon rouge


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Le 11 octobre 2012

Sénégal. Main basse sur la Sardinelle

En 5 mois, 29 chalutiers industriels de l'Europe de l'Est ont pêché "illégalement" au moins 125.000 tonnes de petits pélagiques dans les eaux sénégalaises, l’équivalent de la moitié des captures annuelles de l’ensemble de la pêche du Sénégal sur cette pêcherie essentielle, déjà sévèrement surexploitée....
 
Le scandale des autorisations de pêche au Sénégal : un drame en cinq actes

Enquête sur le pillage organisé des ressources pélagiques du Sénégal entre mars 2010 et avril 2012

Greenpeace / Octobre 2012

Pour télécharger le document, cliquer Greenpeace

Greenpeace dénonce les accords de pêche "illégaux" de petits pélagiques (sardinelles, ethmaloses, maquereaux, chinchards et anchois) avec la Russie et plusieurs pays de l’Europe de l’Est (Lituanie, Estonie, Ukraine,...)...

En définitive, 29 chalutiers sur les 44 ayant bénéficié d’un Protocole d’autorisation (signé entre octobre et novembre 2011) ont effectivement exercé une activité de pêche dans la ZEE sénégalaise entre décembre 2011 et avril 2012, et voient leur licence révoquée.

Ces 29 navires ont déclaré un volume de capture total de plus de 125 000 tonnes (plus les captures nécessaires pour la production de 3500 tonnes de farine de poisson), soit l’équivalent de la moitié des captures annuelles de l’ensemble de la pêche sénégalaise sur cette pêcherie essentielle, déjà sévèrement surexploitée.

Le problème n’est cependant pas encore entièrement résolu. Plusieurs chalutiers ont été repérés péchant illégalement dans la ZEE sénégalaise, dont le Oleg Naydenov, récidiviste notoire, une nouvelle fois surpris en flagrant délit par des agents de la Direction des Pêches du ministère le 4 Mai 2012.

Les petits pélagiques, une ressource alimentaire et économique essentielle pour le Sénégal

Les espèces de petits pélagiques les plus couramment pêchées au Sénégal sont, par ordre d’importance :

  • les sardinelles,  Sardinella aurita et S. maderensis, qui représentent 80-90% des captures totales de petits pélagiques ;
  • l’ethmalose, Ethmalosa fimbriata ;
  • le maquereau espagnol, Scomber japonicus ;
  • les chinchards, Decapterus rhonchus, Trachurus trecae ;
  • l’anchois, Anchoa guineensis.
Les Sénégalais sont de grands consommateurs de poissons, environ 28 kg par personne et par an, soit davantage que la moyenne de l’Union européenne et deux fois la moyenne des pays de la sous-région.

La pêche des petits pélagiques constitue, de loin, la principale activité de la pêche artisanale sénégalaise, puisqu’elle contribue à hauteur d’environ 70% au tonnage total des captures débarquées par les pirogues au Sénégal (environ 350 000 tonnes en 2010).

De ce fait, les sardinelles (Yaboye en wolof) sont les poissons les plus couramment commercialisés, mais aussi les plus accessibles pour les revenus modestes. Elles constituent également la principale ressource pour les activités de transformation traditionnelle (séchage ou fumage) et jouent un rôle essentiel dans le régime alimentaire de la population sénégalaise.

Par ailleurs, le secteur de la pêche artisanale fournit environ 60 000 emplois directs et contribue, directement et indirectement, à assurer un revenu à environ 600 000 personnes, soit un Sénégalais actif sur six.

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Le 10 octobre 2012

Les Chinois sont déjà dans nos murs !

En juillet 2012, le Parlement Européen a assisté à la présentation de l’étude sur « Le rôle de la Chine dans les pêches mondiales »... 

Eclairer les eurodéputés sur la réalité des chiffres du secteur des pêches chinois... Le nombre de bateaux, les prises hypothétiques aux quatre coins de la planète, la pêche illégale au large des côtes africaines, les chiffres des importations et des exportations de produits de la mer... 

Cette étude bibliographique a coûté la bagatelle de 100.000 euros !

Au moment où l’Europe s’interroge sur le rôle de la Chine dans les pêcheries mondiales, les flottilles de l’Empire du milieu et les produits de la mer chinois sont déjà dans les murs de l’Europe Bleue comme ne le montre pas la carte mondiale  présentée dans l’étude (ci-dessous)... 


Actuellement, le groupe chinois Pacific Andes se taille la part du lion dans le stock de maquereau de l’Atlantique Nord...  Au début de l’année 2012, cette multinationale a repris deux grandes unités de transformation de poisson sur le vieux continent dont Gelmer à Boulogne ! 

Pour télécharger, l'étude, cliquer Parlement européen

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Le 9 octobre 2012

"Effet Récif artificiel" : Les cages d’élevage attirent les poissons sauvages  !

En Norvège, il y a une abondance de lieu noir et de cabillaud autour des fermes de poissons, mais il n'est pas permis de pêcher à moins de 100 m des cages d'élevage....

Les scientifiques norvégiens de Nofima et de l'Institut de recherche marine étudient comment les pêcheurs pourraient tirer profit de l’« effet récif artificiel » des cages d’élevage de saumon...

Des nasses de grandes dimensions seraient une solution....

Pour plus d’informations sur Nofima : Better utilization of wild fish around fish farms

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Le 5 octobre 2012

Présidentielles : Les pêcheurs artisans soutiennent Hugo Chavez

Caravane de pêcheurs appuyant la candidature de Hugo Chavez, Venezuela, août 2012.

« C’était pas dans le catalogue ! ». Surprise de touristes occidentaux qui espéraient oublier le boulot sans rien voir de la révolution au Venezuela, jouissant du soleil, des palmiers et d’autres plaisirs apolitiques, lorsque surgit entre les planches de surf une caravane de pêcheurs artisanaux. Cette image parle bien de cette campagne présidentielle et, surtout, de ceux qui s’apprêtent à voter.

Le Venezuela fut en effet le premier pays à interdire, en 2009, la pêche industrielle (notamment le chalutage dans la bande côtière) et à octroyer aux pêcheurs artisanaux des crédits pour monter des coopératives, ainsi que le droit à la sécurité sociale. Des milliers de travailleurs jusqu’ici exploités sur des bateaux-usines, jouissent à présent d’une retraite, même s’ils n’ont pas cotisé et même si leur patron les employait illégalement. Cette loi a permis le repeuplement des fonds marins par une flore et une faune en voie d’extinction. Ici l’écologie n’est pas un hobby de plus ou une correction du libre marché mais une base structurante du socialisme du 21ème siècle....

La loi de la pêche n’est qu’un exemple d’une révolution générale qui motive les appels à voter pour Chavez depuis le Venezuela et depuis l’Amérique Latine. Ils sont signés par la coordination des mouvements sociaux de l’ALBA, les mouvements écologistes, des collectifs féministes, gay et de la diversité sexuelle, des travailleurs de la culture, des groupes de populaires de rap, de hip-hop ou de rock, des coordinations indigènes (comme en Bolivie) et afrodescendantes, les mouvements de paysans sans terre (p. ex. du Brésil), d’éducation populaire (comme le Frente Dario Santillan ou Pañuleos en Rebeldia d’Argentine), les collectifs défenseurs de l’usage du software libre, des mouvements étudiants (Chili, etc..), ou encore des syndicats nationaux comme la puissante CUT brésilienne.

D’après un article de Thierry Deronne dans Bellaciao : Le dimanche au Venezuela, les pêcheurs votent aussi (videos et photos)

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Le 4 octobre 2012

La bible des marchands de surpêche


Looting the Seas

This award-winning investigation examines the forces that are rapidly depleting the oceans of fish

2012

ICIJ / The International Consortium of Investigative Journalists

The center for public integrity

Pour télécharger le document, cliquer Thon rouge





 
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Le 2 octobre 2012

Les politiques en matière de changements climatiques devraient être soumises à un « test des droits de l’homme ».


La communauté internationale reconnaît que les changements climatiques constituent l’un des plus grands défis auxquels l’humanité fait face. Si son impact est souvent présenté en termes purement économiques, les grandes questions éthiques que posent ces changements sont souvent négligées.

Quels devraient être les objectifs des politiques climatiques et qui doit supporter les conséquences des changements climatiques ? Qui devrait être associé à la prise de décision sur les stratégies d’atténuation et d’adaptation?

Le cadre des droits de l’homme est un excellent moyen de relever ces défis avec des applications pratiques évidentes pour la science, la technologie et l’innovation.

Une cible dangereuse

Un cadre des droits de l’homme fournit des orientations en remplissant un triple rôle. Il contribue tout d’abord à préciser les objectifs des politiques climatiques. L’article 2 de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques parle de « perturbation anthropique dangereuse », mais qu’est-ce qui est « dangereux » au juste ?

Beaucoup résument l’objectif des politiques climatiques à l’évitement d’une hausse de plus de deux degrés Celsius des températures moyennes mondiales en comparaison à l’époque préindustrielle. Mais on n’explique pas pourquoi, d’un point de vue scientifique et éthique, cette cible est la bonne, et le processus par lequel elle a été a fixée est remis en question.

Une approche fondée sur les droits humains est utile en ce qu’elle définit les changements climatiques « dangereux » comme des changements qui réduisent la capacité des êtres humains à exercer leurs droits à la vie, à l’alimentation, à l’eau, et à la santé. Par conséquent, une cible fixée à deux degrés risque d’être trop élevée pour protéger ces droits.

Une approche basée sur les droits de l’homme peut également contribuer à orienter l’adaptation en affirmant clairement que l’objectif des politiques d’adaptation est de défendre ces droits sans en compromettre d’autres....

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Action collective, Impact collectif

Les changements climatiques sont l’œuvre de multiples acteurs (des milliards de personnes et d’entreprises, les gouvernements et les institutions internationales) qui agissent sans réfléchir à leur impact collectif sur l’environnement. Y faire face de manière efficace nécessite donc que l’on s’attaque à la fois à un problème d’action collective et à la marginalisation des questions environnementales.

Il faut pour cela aller au-delà de simples déclarations politiques. Les institutions qui conçoivent les politiques énergétiques, y compris les parlements nationaux, les organismes comme l’Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale ou les institutions de financement de la recherche sur les nouvelles technologies devraient inclure un test des droits de l’homme dans leurs processus décisionnel.

Ensuite, ces institutions doivent instaurer la coordination et la coopération entre elles pour s’assurer que les politiques sociales et économiques mises en œuvre n’ont pas d’effets néfastes sur l’environnement. La question des changements climatiques ne saurait être laissée aux seules agences de protection de l’environnement.


Troisièmement, un cadre des droits de l’homme requiert des institutions politiques transparentes permettant aux personnes affectées de revendiquer et de défendre leurs droits.

Il faut surtout que les décideurs (principalement ceux des pays riches) prennent des mesures d’incitation au développement de nouvelles sources d’énergie et de technologies propres, et à leur transfert vers ceux qui en ont besoin pour s’adapter aux changements climatiques et se développer.

Simon Caney est professeur de théorie politique au Département des sciences politiques et des relations internationales, et maître de conférences et directeur des études au Magdalena College à l’Université d’Oxford. Il est l’auteur de l’ouvrage ‘Climate Change, Human Rights and Moral Thresholds’ (‘Changement climatique, droits de l’homme et seuils moraux’), et co-auteur du ‘Rapport sur les questions éthiques liées aux biocarburants’ du Conseil Nuffiled sur la bioéthique. Vous pouvez lui écrire à l’adresse : simon.caney@magd.ox.ac.uk



Cet article fait partie d’un dossier spécial sur les relations entre les droits de l’homme, la science et le développement.


Les droits de l’homme peuvent guider les efforts visant à garantir que chacun puisse profiter des bienfaits des progrès scientifiques. Notre dossier spécial explore l’interaction de ces principes avec la science, la politique et la pratique, et examine les obstacles empêchant la poursuite d’une approche de la science et de la technologie pour le développement fondée sur les droits humains.

Extrait d'articles


David Dickson

La promotion d’une approche des droits de l’homme fondée sur les progrès en S&T renforcera l’évolution vers un développement inclusif. Mais des obstacles à la mise en œuvre demeurent.


S. Romi Mukherjee

Le professeur de théorie politique S. Romi Mukherjee présente les approches de la science, de la technologie et du développement basées sur les droits de l’homme et leurs conséquences sur l’élaboration des politiques et sur la pratique.....
 

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Suite de la revue de presse, cliquer 3e trimestre 2012

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