lundi 8 octobre 2012

Empreinte carbone. La pêche est énergivore... Vraiment ?

Empreinte carbone. La pêche est énergivore... Vraiment ?

Oui, la pêche consomme de l’énergie... Quand le prix du carburant flambe, les comptes des chalutiers sont les premiers à être plombés... Pourtant, la pêche n’est pas plus énergivore que les autres activités impliquées dans la production d'aliments d'origine animale, comme la pisciculture ou les élevages terrestres... 

Toutes les études montrent que l’empreinte carbone de la pêche est inférieure à celle des salmonicultures et des élevages de bovins. L'empreinte du poisson "sauvage" est comparable à celle du porc et  des volailles... (Voir des exemples en annexe)

Les pêcheurs ne doivent pas se sentir coupables. Leur activité de capture en mer est plus économe en gaz à effet de serre que n’importe quelles activités salmonicoles ou de production de viande...

Lors du colloque international « LCA Food 2012 » organisé début octobre par l’INRA à Saint Malo, les résultats des experts suisses en analyse du cycle de vie dans le secteur agro-alimentaire (LCA) confirment l’avantage de la pêche même chalutière dans l’émission des gaz à effet de serre : Fish or Meat? Is this a relevant question from an environmental point of view?

Selon les poissons, les émissions de gaz à effet de serre sont comprises entre 4,2 et 6,4 kg de CO2-éq (fig. 1). Les viandes d'agneau, de bœuf et de veau ont un impact significativement plus élevé sur le changement climatique par rapport aux poissons en raison de leurs émissions de méthane. Cependant, les émissions de gaz à effet de serre des poissons ne sont pas inférieures à ceux de la volaille et du porc.

De même, l’impact environnemental du poisson est inférieur à celui de la viande (fig. 2). On remarque l’impact environnemental important des filets de maquereau en conserve en raison de l'huile d'olive vierge dans laquelle le poisson est conservé....

La conclusion stupéfiante des experts suisses !

L’étude montre de toute évidence que le poisson a un impact moindre sur le changement climatique que les viandes et le saumon d’élevage....

Cependant, les experts suisses en tirent une conclusion stupéfiante : « Le poisson ne peut pas être considéré comme un aliment plus respectueux de l'environnement que la viande, parce que les impacts environnementaux des produits de la pêche sont plus élevés que ceux de la viande. En outre, certains impacts environnementaux de la pêche tels que les perturbations sur les habitats naturels et sur les fonds marins ainsi que la surexploitation des stocks naturels, ne sont pas encore pris en compte par les méthodes actuelles d’analyse de cycle de vie....

Les impacts environnementaux de la consommation alimentaire peuvent être considérablement réduits en remplaçant le poisson et la viande par des plats végétariens... »

Les experts suisses nous invitent à devenir végétariens !!!

Selon eux, une bonne "Polenta au maïs irrigué" aurait moins d'impact environnemental que des moules marinières (sans les frites) !!!

Fin de l'article plus tard....

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Etude étatsunienne

Etude espagnole


Etude norvégienne


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L'empreinte écologique

L'impact de nos consommations sur le capital naturel
Interview de William REES

Benoit Théau - Igapura
Emmanuel Prinet - One Earth

Le Docteur William REES, économiste spécialiste de l’environnement, est Professeur à l’Ecole de Planification Communautaire et Régionale, à l’Université de Colombie-Britannique, Vancouver, Canada. Son enseignement et sa recherche mettent l’accent sur les implications des tendances environnementales mondiales sur les politiques publiques et la planification, ainsi que sur les conditions écologiques nécessaires pour un développement socio-économique durable.

Une grande partie de ses travaux touche au domaine de l’économie écologique et de l’écologie humaine. Il est surtout connu pour avoir inventé le concept de « l’empreinte écologique ».

William REES explique l’intérêt de l’empreinte écologique, cet instrument de mesure du changement écologique global. De façon claire, il présente les composantes de cet indicateur et l’intérêt de ce calcul, à plusieurs échelles. L’empreinte écologique de la France (superficie terrestre nécessaire pour la satisfaction de sa consommation) est comprise entre 5 et 6 ha par habitant… alors que la terre ne peut supporter une empreinte que de 1,8 ha par individu. « Nous avons donc à faire un choix de nature politique, depuis celui des communautés jusqu’à celui des villes, de la nation, de la planète, pour changer la structure de l’économie mondiale ainsi que nos comportements ».

William REES nous invite à une réflexion sur les stratégies à mettre en œuvre pour convaincre les citoyens et responsables politiques de réduire leur empreinte écologique. Il nous faut dépasser le stade de l’information et user de stimulants. A chacun de contribuer à la construction d’un « programme de durabilité », nécessaire à la préservation de la planète et à l’accroissement des perspectives pour les civilisations à venir.

Pour plus d'informations, cliquer Le Développement Durable TV

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Le 9 novembre 2012

Quel avenir pour la filière pêche française ?

Les Rendez-vous de la Mer

8e édition

Quel avenir pour la filière pêche française ?

Synthèse des interventions

Juin 2012

Pour télécharger le document, cliquer Pwc

Pourquoi ce thème ?

La pêche est un secteur en pleine mutation avec un certain nombre d’interrogations que nous essayerons de lever aujourd’hui au travers des débats et des tables rondes autour de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP).

Extrait du document

Présentation de la pêche en France
Présentation de Laurent Baranger (RICEP)

L’objectif de cette présentation est de vous exposer les enjeux socio-économiques de la filière pêche et de retracer les grandes tendances de ces 10 à 20 dernières années.

D’un point de vue économique, quatre composantes essentielles sont aujourd’hui une réalité pour les acteurs du secteur. D’un côté les volumes qui dépendent de la disponibilité des ressources et des captures que l’on peut en retirer. De l’autre côté, les marchés vers lesquels ces produits sont destinés. Cette rencontre de l’offre et de la demande conduit à la création de richesse. Cette richesse à un coût qui dépend des services mis en oeuvre par l’ensemble des opérateurs de la filière pour alimenter cette chaine de valeur ajoutée et les emplois qui en découlent.

La durabilité de la filière des produits de la mer, consiste donc à veiller à ce qu’il y ait, sur chacune de ces composantes, une visibilité suffisante pour pouvoir s’engager sur des objectifs de durabilité. D’un point de vue des investissements, il faut pouvoir renouveler les outils et s’adapter à la mutation de la filière. Et du point de vue de l’exploitation, il faut être en mesure de répondre aux enjeux d’une entreprise classique et en particulier pour le secteur de la pêche, ceux liés au contexte énergétique.

Pour le prix, le principe de valorisation optimale de la production est un enjeu majeur. Nous montrerons que le prix du poisson est fixé aujourd’hui non plus à une échelle nationale mais le plus souvent européenne, voire internationale. Même enjeu pour l’emploi, et en particulier l’attractivité de la main d’oeuvre....

(....)

L’autre constat important en amont de la filière : la modification du contexte énergétique de ces 20 dernières années (courbe de l’évolution du prix en euro du baril de pétrole).

Sur l’ensemble de la période jusqu’à la fin des années 90, on remarque un certain nombre de chocs. A la fin 2012, le cours du pétrole atteint un seuil encore jamais connu.
Comment les entreprises de pêche se sont-elles finalement adaptées à cette situation ?
Cette hausse du cours du gasoil s’est faite par palier.
A chaque marche, la rentabilité des entreprises est affectée malgré le rôle « d’amortisseur » du système de rémunération à la part.
En observant la structure d’exploitation des entreprises de pêche, on note que dans les années 90, le niveau de carburant représentait 10 à 12% du chiffre d’affaires. A la fin des années 90, la structure d’exploitation subit une première modification avec une part beaucoup plus importante des carburants amortie en partie par les salaires.
En 2010, la situation s’aggrave du point de vue de la dépendance énergétique. Au niveau de la masse salariale, on constate une réduction encore importante de la part réservée à celle-ci, et petit à petit une rentabilité de plus en plus affectée.
D’après nos dernières analyses, certaines entreprises, qui dans quelques régions peuvent représenter une part importante des activités, passent en dessous du seuil de rentabilité si le prix dépasse 0.75€ du litre et jusqu’à 1.39€ pour les moins dépendantes du carburant.
Finalement, compte tenu du contexte énergétique et du contexte économique général, nous avons des entreprises qui rencontrent actuellement de réelles difficultés pour atteindre le point mort. Une situation critique pour elles, car elles perdent désormais de l’argent à chaque sortie en mer.
Le secteur commence donc à connaitre ses limites face à l’évolution inquiétante du cours du pétrole. Les efforts entrepris par les armateurs pour compenser la hausse du prix du carburant, comme par exemple la diminution de la consommation énergétique, sont de plus en plus restreints. Faute de solutions pour enrayer cette dépendance énergétique et compte tenu des perspectives de hausse importante du cours du pétrole, la nécessité d’une rupture technologique pour la pêche devient un enjeu majeur.
Si on regarde maintenant la répartition de la masse salariale en neutralisant l’inflation sur ces
25 dernières années, on remarque que l’ensemble des marins ont un pouvoir d’achat qui s’est maintenu. Il s’est maintenu par un mécanisme de réduction de parts allouées pour cette masse salariale : le nombre moyen de marins embarqués a diminué. Le salaire brut moyen pêche est d’environ 38K€ en 2010. Si on le compare aux autres secteurs d’activité, il est malgré tout légèrement au dessus de la moyenne (contre 33K€ pour les autres secteurs d’activité en 2010)....

(...)

Historique de la construction d’une politique commune des pêches
Présentation d’Yves Perraudeau (LEMNA, Université de Nantes)

L’économie cherche à satisfaire les besoins humains qu’ils soient privés ou sociaux c’est-à-dire individuels ou collectifs. Pour répondre à ces besoins, il faut des activités de production qui font appel à des ressources. Elles peuvent être naturelles ou anthropiques (prélèvement ou élevage), matérielles ou immatérielles, renouvelables ou non, marchandes ou non marchandes …
Ici nous sommes face à des ressources renouvelables, et il est important de savoir comment prélever les poissons tout en maintenant le renouvellement du stock. Ceci nous amène à nous poser la question fondamentale de la rareté de la ressource, notion qui différencie un bien économique (existe en quantité limité) et non économique (en abondance). Cette rareté va imposer des choix dans le prélèvement des ressources et dans le processus de transformation.
Concernant ces ressources marines, il faut également faire référence aux ressources communes qui ont deux caractéristiques : soustractive ou indivise. On parle de ressource soustractive quand, ce qui est prélevé par les uns ne peut pas l’être par les autres (les poissons), et, de ressource indivise quand on ne peut pas répartir la ressource (capacité trophique d’un bassin conchylicole)....

Chronologie de la politique Commune des Pêches (1957-2012)

La question est de savoir comment réguler l’accès à la ressource

(...)

Tables rondes
La gestion des droits de pêche
Les rejets et mesures techniques
Vers une nouvelle structuration de la filière
La pêche des grands fonds
Les outils : financements, formation

Synthèse des cinq tables rondes
Yves Perraudeau, LEMNA, Université de Nantes

La première table ronde concernait les QIT. Il en ressort une idée forte qui est d’accepter la diversité des réponses nationales pour permettre à chaque Etat membre de pouvoir gérer ces quotas. Derrière ce problème des QIT, il y a un véritable débat théorique, entre d’un côté une approche purement classique libérale, et de l’autre une approche plutôt interventionniste (keynésienne) pour apporter de la régulation à l’économie. C’est un débat théorique que l’on connait au sein de la science économique depuis de nombreuses années.

Quel système veut-on réellement ? L’idéal serait d’avoir une flexibilité microéconomique pour laisser l’initiative des entrepreneurs associée à une stabilité macroéconomique. Malheureusement ce n’est pas ce que montre l’histoire : si on laisse de la liberté aux agents économiques (qui favorise l’innovation et la productivité, mais aussi des abus et imperfections) on arrive à une instabilité macroéconomique. Si l’on encadre les activités (financières par exemple !) on gêne l’initiative individuelle (rigidité microéconomique) mais on assure la stabilité macroéconomique. Les réponses apportées par cette table ronde suggèrent de laisser de la souplesse aux pays dans leur régulation, et le choix des outils qui existent et qui seraient les plus adéquates pour répondre à la diversité des pêcheries (J. Pichon, E. Mariat Roy).

La deuxième table ronde a abordé le problème très actuel des rejets, exemple parfait du nécessaire pragmatisme espéré. L’idée du rejet n’est pas complètement nouvelle, elle rejoint en partie celle du « sous-taille ». Les pêcheurs ont posé la question il y a 25 ans à la Commission européenne en montrant qu’il avait des débarquements de poissons de sous-taille dans certains ports européens.

L’interdiction des rejets peut s’imaginer pour certaines pêcheries, mais pas pour d’autres, pluri-espèces. Au-delà de cet aspect pragmatique, lorsqu’on discute avec les techniciens de la Commission il apparaît qu’un certain nombre d’entre - eux ne partagent pas le point de vue du
Commissaire, témoignant d’une réelle ambigüité.

La troisième table ronde faisait référence à l’organisation commune des marchés et notamment aux notions de la valorisation de la marque et de la mise en place de l’interprofession (E. Sauvion). En tant qu’économiste, ce qui nous intéresse c’est la valeur du poisson débarqué. La valeur étant la quantité par les prix, cet aspect de valorisation ne peut faire que l’unanimité. Mais la démarche au quotidien n’est pas simple, comme l’ont montré Y. Foezon et L. Baranger, avec les nombreuses considérations d’offre et de demande à intégrer. L’approche « marché » est peu présente dans les approches bioéconomiques ce qui empêche d’approfondir la réflexion sur la filière. L’interprofession, renforçant la qualité de la filière, ne peut être qu’un élément positif pour la cohésion des acteurs et une meilleure transparence.

Les problèmes des espèces de grands fonds illustrent une gestion de la ressource influencée par la médiatisation. Lors de la 4ème table ronde, comme l’a si bien souligné T. Douard, nous sommes face à une « pression écologiste ». Il s’agit d’une pêcherie importante pour la France et les pêcheurs français sont un peu à la pointe de cette activité. Il y a de nombreuses années lorsque ces espèces n’étaient pas sous quotas, les français ne déclaraient pas forcément toutes leurs activités contrairement aux anglais qui, juste avant la mise en place des quotas, déclaraient des surpêches afin de bénéficier d’une part de quotas plus importante. Si l’on ne peut nier les caractéristiques de grands fonds qui rendent la gestion de stocks plus difficile, la surenchère de certaines ONG écologistes est aussi évidente...

Enfin, sur la cinquième table ronde, qui concernait la formation et le financement, en tant qu’enseignant je ne peux qu’être satisfait de retrouver les notions de travail et de capital qui sont la base de la fonction de production en économie. Il faut encourager les jeunes à entrer dans la profession mais, sans les encourager à sortir, il faut leur proposer des filières « ouvertes » avec des passerelles éventuelles vers d’autres métiers.

Quant au financement, c’est aussi une question majeure quels que soient les systèmes intermédiés ou désintermédiés qui dominent. On s’aperçoit que, même dans les économies désintermédiées, nous ne sommes pas avec un autofinancement total. Il y a un besoin de financement, assuré par un agent extérieur à l’armement de pêche. Pour cela, l’image du futur est essentielle, avec deux considérations importantes : le retour sur investissement et l’incertitude (prime de risque). Les changements de règles, imposés parfois par la Commission, compliquent le financement pour les investisseurs.

Mais n’oublions pas le principe basique et fondamental de l’économie : tous les revenus sont issus de la production. Si l’on ne produit pas, il n’y a pas de revenus. Si nous n’arrivons pas, que ce soit en France ou en Europe à produire et vendre, nos revenus vont être affectés à la baisse. Nous avons donc tout intérêt à trouver (ou retrouver) un outil productif pour pouvoir produire demain, sinon certaines zones géographiques vont produire à notre place. Et les activités tertiaires sont souvent des dérivées des activités primaires et industrielles, comme le mettent souvent en évidence les crises économiques…

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Énergie en mer : la pêche aux tep (tonnes d’équivalent pétrole)


Énergie en mer : la pêche aux tep (tonnes d’équivalent pétrole)

Lettre mensuelle AAER n°61

Date de publication : novembre 2011

Sommaire : Énergie en mer : la pêche aux tep / OIE : programme d’appui pour la législation vétérinaire / 
Rapport d’activité du comité de déontologie / Abattoirs : études et données économiques / Contrôle de la bien-traitance en abattoir / Formations vétérinaires en Europe : étude comparée.

Energie en mer : La pêche aux tep (tonne d’équivalent pétrole)

Philippe Ferlin

Le milieu marin non seulement joue un rôle essentiel dans le cycle du carbone mais peut aussi devenir une source d’énergie dans les prochaines décennies.

Trois pistes de production énergétique sont actuellement explorées : l’utilisation de l’hydrodynamisme (marées, courants, vagues), le thermodynamisme (utilisation des différences de température entre couches profondes et eaux de surface) et la production bio-énergétique (algues).

Mais les mers et les océans, sources potentielles d’énergie, sont aussi des lieux de dépenses énergétiques du fait de l’activité de pêche.
  • L’énergie tirée de l’océan
  • Les relations entre pêche et énergie
  • Aquaculture et énergie
Pour télécharger le bulletin cliquer Ici

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Le 2 septembre 2013

Impact carbone et qualité nutritionnelle de l’alimentation en France : les objectifs environnementaux vont-ils nécessairement de pair avec les objectifs nutritionnels ?

Une étude pour estimer les relations entre impact carbone et qualité nutritionnelle de l’alimentation en France

Nicole Darmon et Florent Vieux, UMR Nutrition, Obésité et Risque Thrombotique, Marseille en collaboration avec Louis-Georges Soler, UR INRA 1303 ALISS, Ivry sur Seine

Cliquer Ici pour télécharger le document

L’impact environnemental du secteur alimentaire représente environ 15-30% des émissions totales de gaz à effet de serre (ou impact carbone) dans les pays développés. La modification des consommations alimentaires est considérée comme un moyen de réduire l’impact carbone associé à l’alimentation. Notamment une réduction de la consommation de viande a été proposée pour protéger l’environnement tout en améliorant simultanément la santé des populations concernées.

Toutefois, les produits animaux sont des sources uniques de nutriments spécifiques et essentiels, et la réduction de leur consommation soulève un certain nombre de défis nutritionnels.

Impact carbone des groupes d’aliments et contributions respectives de leurs consommations à l’impact carbone total de l’alimentation

Quelle que soit la base de calcul (pour 100 g ou 100 kcal d’aliment consommé) l’impact carbone le plus élevé était observé pour le groupe VPOV (viande, poisson, œufs et volaille), et le plus faible pour les féculents (Figure 1). Après les féculents, le groupe qui avait le plus faible impact carbone était celui des fruits et légumes lorsque l’impact carbone était exprimé pour 100g, mais celui des produits sucrés et snacks salés lorsque l’impact carbone était exprimé pour 100 kcal. En moyenne, 100 kcal de produits laitiers avaient un impact carbone comparable à 100 kcal de fruits et légumes....

Une alimentation de bonne qualité nutritionnelle n’est pas nécessairement bonne pour la planète...

Nos résultats montrent que, pour un même niveau d’apport énergétique, l’impact carbone alimentaire journalier a tendance à être d’autant plus élevé que la qualité nutritionnelle de l’alimentation est élevée.

Ainsi :
• une alimentation plus riche en nutriments (MAR élevé) avait un fort impact carbone alors qu’une alimentation de forte densité énergétique (DE élevée) avait un faible impact carbone;
• la consommation de produits sucrés et de snacks salés était négativement corrélée à l’impact carbone total de l’alimentation, alors que la consommation de fruits et légumes y était positivement associée ;
• une alimentation de bonne qualité nutritionnelle globale avait tendance à avoir un plus fort impact carbone, alors qu’elle contenait plus de produits végétaux qu’une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle.

Notre étude est originale car nous avons analysé les consommations alimentaires spontanées des individus (et donc nous avons pu observer une variété étendue et naturelle de choix alimentaires réalistes). De plus, nous avons tenu compte de la qualité nutritionnelle dans nos analyses et cette qualité a été définie sur des indicateurs uniquement nutritionnels, pas sur des régimes purement théoriques et des idées préconçues sur la composition en aliments d’une alimentation équilibrée, comme c’est généralement le cas dans les études précédentes.

Au total, nos résultats semblent contredire l’opinion généralement acceptée qu’une alimentation bonne pour la santé est nécessairement bonne pour la planète. Cette idée a émergé progressivement, s’appuyant sur le plus faible impact carbone, pour 100g, des produits végétaux par rapport aux produits animaux, et sur la conviction qu’une alimentation végétarienne est nécessairement saine.

Toutefois, les présents résultats ont montré que les produits végétaux peuvent avoir un impact carbone similaire à celui des produits d’origine animale lorsque cet impact est exprimé pour 100kcal (par exemple pour les fruits et légumes et les produits laitiers dans la présente étude (Figure 1))

La mesure de l’impact carbone n’est sans doute pas suffisante

Dans cette étude, une alimentation saine, que celle-ci soit définie par un apport élevé en fruits et légumes, une faible consommation de produits sucrés et de snacks salés, une forte densité en nutriments, une faible densité énergétique, ou qu’elle soit basée sur une définition plus globale de la qualité nutritionnelle (appartenance à la classe1), s’est révélée associée à un impact carbone légèrement mais significativement plus élevé qu’une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle. Cela suggère que les objectifs environnementaux ne vont pas nécessairement de pair avec les objectifs nutritionnels, et que la compatibilité de ces deux dimensions de la durabilité doit être examinée plus avant, en utilisant des indicateurs plus complets et plus détaillés de l’impact environnemental de la consommation alimentaire.

La modélisation de rations par programmation linéaire est un outil parfaitement adapté pour tester la compatibilité d’un ensemble de contraintes nutritionnelles entre elles, ou avec d’autres types de contraintes, économiques notamment. Elle a récemment été appliquée pour tester si une alimentation répondant à un ensemble de contraintes nutritionnelles et d’habitudes alimentaires pouvait atteindre un impact carbone sensiblement inférieur à l’impact carbone alimentaire moyen au Royaume Uni. Les résultats montrent qu’il est possible de concevoir un modèle alimentaire théorique adéquat sur le plan nutritionnel, en réduisant d’un tiers l’impact carbone par rapport à celui observé actuellement : il faut pour cela augmenter la part des produits végétaux et diminuer celle de la viande, sans modifier celle des produits laitiers.

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Le 12 Décembre 2013

Peut-on sauver la pêche artisanale en France ?

Présentation du projet « Fish2Eco-Energy » le 4 décembre 2013

Augmentations récurrentes du coût des carburants, marché du poisson très concurrentiel, quotas contraignants, compétition mondialisée, sécurité alimentaire… la pêche française s’affiche comme un secteur économique en repli, devant faire face à de multiples difficultés. La Commission européenne vient de proposer l’interdiction du chalutage profond, une méthode de pêche décrite par les chercheurs comme « la plus destructrice de l’histoire ». C’est dans ce contexte tendu que nous avons interviewé Monsieur J. Bigot (Président de France Pêche Durable & Responsable) au sujet du  projet Fish2Eco-Energy. Ce chalut test pourrait bien changer l’image de la pêche en France tout en redonnant une bouffée d’air aux pêcheurs. Après une première phase de tests, une deuxième étape vient d’être franchie ! Explication, interview…

Source : Acteur Durable

Les enjeux du projet « Fish2Eco-Energy »

Fish2Eco-Energy est un chalut test, équipé d’un  moteur hybride qui a pour vocation d’impulser les évolutions technologiques indispensables pour préserver un métier artisanal, tout en développant une pêche rentable & économe en énergie, limitant ses rejets atmosphériques et maîtrisant son empreinte sur le milieu naturel (fonds marins et ressources halieutiques).

La mission de notre association est, non seulement d’insuffler un nouveau souffle à la pêche française, mais aussi de se démarquer d’une attitude « victimaire » dont souffre souvent les marins explique Jacques BIGOT– Président de France Pêche Durable & Responsable.

La problématique des coûts en essence des bateaux de pêche

En France la flotte des navires de pêche (environ 7000 bateaux seulement) est vieillissante et a atteint ses limites, tant écologiques qu’économiques car elle est toujours à ce jour constituée de navires propulsés par de gros moteurs diesel.

Avec un moteur traditionnel, un chalutier consomme en moyenne 11 tonnes de gas-oil par semaine, ce qui représente 7 000 à 9 000 euros, soit 40 à 45% du chiffre d’affaires des marins. Pour pouvoir survivre, la charge au niveau du carburant ne devrait pas dépasser à 20 – 25% du CA.

Par conséquent, les armateurs ne peuvent pas dégager leur capacité d’autofinancement nécessaire au renouvellement des chalutiers et ne peuvent s’en remettre qu’à des innovations de portée restreinte : bateaux allégés, formes des chaluts optimisés, logiciels embarqués, conduite maîtrisée, …

Il faut que l’activité de pêche artisanale redevienne rentable. Les coûts de fonctionnement en essence sont trop élevés précise Jacques BIGOT.

Objectifs, réduire les coûts d’exploitation, mais pas que…

Pour baisser les charges d’exploitation des bateaux de pêche liées à la motorisation c’est l’hybridation de la propulsion qui est testée. L’installation de moteurs électriques avec production énergétique par un mélange gaz naturel-hydrogène. Il s’agit d’une expérimentation pragmatique de combustibles alternatifs au pétrole, par paliers successifs d’hybridation, du diesel au gaz naturel, vers l’hydrogène.

Les économies réalisées sont de l’ordre de 35 à 40% sur le coût du carburant et 80% sur les émissions de CO2.

En réduisant nos rejets en CO2 de 80% on pourrait bien réussir à changer l’image des pêcheurs, nous indique Jacques BIGOT. Encore faudrait-il que les français ne mélangent pas pêche artisanal et chalutage industriel en eau profonde !

Les différentes phases de test

Phase 1 transformation de la propulsion du navire (septembre 2012 – avril 2013).

Cette étape a conduit à installer un système de propulsion dite « hybride » : un moteur électrique qui remplace le moteur diesel pour propulser le navire. L’électricité nécessaire au fonctionnement du moteur électrique est produite par un groupe électrogène, fonctionnant, lui, au gasoil.

L’expérimentation en mer, qui a commencé en avril 2012, s’effectue en condition réelle d’exploitation en Manche et en Mer du Nord via le chalutier démonstrateur « La Frégate ». Premier chalutier de France à être équipé d’une motorisation hybride, il jette les bases de l’optimisation énergétique des bateaux de demain en imputant une baisse des charges d’exploitation pour les pêcheurs liées à la motorisation.

Au départ de ce projet de rupture, la communauté des pêcheurs se montrait sceptique, notamment par rapport au remplacement du moteur thermique par un moteur électrique, puis hybride. Cependant, nous avons vite compris l’intérêt vital de pérenniser, ensemble, la pêche artisanale qui subit de plus en plus de pressions économiques, commente Thierry Leprêtre – Patron du bateau démonstrateur “La Frégate3” support du projet de Fish2Eco-Energy.

Phase 2 : Lancement des essais d’alimentation en gaz naturel : une première en France

Deuxième étape franchie pour ce projet soutenu par l’Europe pour une pêche économe et durable, avec l’installation programmée d’une station de compression de gaz naturel sur les quais du port de Boulogne sur mer début 2014, en partenariat avec GRDF.

A partir de janvier 2014 : les travaux consisteront à installer dix bonbonnes de gaz à bord de la Frégate, afin de stocker le gaz naturel (pression de 200 bars). Ces dernières pourront contenir environ 580 m3 de gaz naturel, soit un équivalent de 500 litres de gasoil. En alimentation bi-fuel (50% gaz – 50% gazole), l’économie horaire supplémentaire est estimée à 10€, soit plus de 1 000€ pour 5 jours de mer.

Le gaz naturel sera ensuite décompressé, puis injecté dans le groupe électrogène à hauteur de 50%, en complément du gasoil, ce qui représentera pour le navire une autonomie en gaz naturel d’environ 12h.

Ce projet démonstratif, réalisé sur un navire existant, permettra dès le début 2015, d’étendre l’utilisation de ce type de carburant sur d’autres navires. Il sera ainsi possible d’évaluer précisément la fiabilité de la technologie, les espérances de rentabilité du système de carburation au gaz naturel, mais aussi pourra permettre à faire évoluer la réglementation liée à ce type de navires.

Les soutiens au projet Fish2Eco-Energy

Comités Régionaux des Pêches Maritimes de Bretagne, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, la Région Nord-pas de Calais, le Conseil général du Pas-de-Calais, le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), l’Ifremer… Il y en a beaucoup d’autres, saluons donc l’initiative de France Pêche Durable & Responsable via son président Monsieur Bigot que nous remercions pour son interview.

Merci à :
Jacques BIGOT, président de France Pêche Durable & Responsable

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Le 30 Janvier 2015

La flotte de pêche européenne plus rentable et moins énergivore


En moyenne, les profits s’améliorent pour les pêcheurs européens, qui consomment de moins en moins de carburant. C’est que constate le CSTEP (Comité scientifique, technique et économique de la pêche) dans son rapport annuel économique sur la flotte de pêche européenne, publié ce lundi 19 janvier. Pour en savoir plus : Le Marin

Communiqué de la Commission européenne : EU fishing fleet increasingly profitable and fuel efficient

La flotte de pêche européenne est de plus en plus rentable et économe en carburant


Le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) de la Commission européenne a publié son rapport économique annuel 2014 sur la flotte de pêche de l'UE.

Le rapport montre des progrès dans la performance économique. La flotte de pêche de l'UE a été généralement rentables en 2012, générant € 6,9 milliards de revenus. Environ la moitié du chiffre d'affaires total a été transformée en salaires et bénéfices pour les communautés de pêche. La plupart des flottes nationales montrent une tendance positive sur la période 2002-2012. Cependant, malgré des signes de reprise, l'impact de la crise du carburant qui a culminé en 2003 et 2008 démontre la vulnérabilité de la flotte de l'UE aux chocs extérieurs.

Un autre constat concerne d'importants progrès dans l'efficacité énergétique. La consommation de carburant et l'intensité de la consommation de carburant a diminué de 10% entre 2008 et 2012. Cette amélioration est le résultat d'engins soutenu par l'UE en carburant pêche, réduction de la flotte, les changements de comportement de la pêche et de la flotte dynamique. l'emploi sur les navires de pêche carte de l'UE était de 151 383 en 2012, la baisse de 2% en moyenne par an de 2008 à 2012. En revanche, le salaire moyen par salarié a augmenté sur la même période.

À propos du rapport
Le rapport économique annuel (ARE) des flottes de l'UE est la source la plus complète de l'analyse économique et des données sur la flotte de pêche de l'UE. Il se concentre sur les facteurs et tendances, et comprend des sections spécifiques sur les longues flottes de pêche lointaine de l'UE, les flottes côtières artisanales et principales régions de pêche. Depuis 2007, l'ARE a fourni un aperçu complet des dernières informations disponibles sur la structure et la performance économique des flottes de pêche dans les pays de l'UE. L'ARE est de plus en plus utilisé par les gestionnaires de la pêche ainsi que des organisations internationales telles l'OCDE et de la FAO. Cet exercice est coordonné par la Commission européenne et produit par le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) et le Centre commun de recherche. Les données pertinentes sont collectées par pays de l'UE en vertu du Cadre de collecte de données.


Infographies : Ici

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1 commentaire:

pêcheur a dit…

La pêche a sans doute un petit côté énergivore car en effet elle consomme de l'énérgie mais plus les années passent et plus la surpêche est présente. Alors il ne faut pas s'étonner que tout augmente !