lundi 15 octobre 2012

La pêche illégale en Afrique de l'Ouest alimente toujours le marché européen malgré les résolutions

Ancien titre : La pêche illégale en Sierra Leone alimente le marché européen

La pêche illégale, un phénomène très répandu en Afrique de l'ouest, a fait l'objet d'un long travail de surveillance en Sierra Leone par l'ONGE Environnemental Justice Foundation (EJF) qui affirme que la plupart des captures clandestines atterrissent sur des marchés européens.

Toutes les décisions prises contre la pêche pirate au niveau communautaire (commission, conseil et parlement) volent en éclat après lecture du dernier rapport de l'EJT qui décortique le cas de la Sierra Leone... (lire aussi : Lutte contre la pêche illégale : De la théorie à la pratique...)

Selon l’ONG, les côtes ouest-africaines sont les plus touchées au monde par la pêche illégale, qui représenterait 37% des prises totales de la région. Les pays côtiers disposent de peu de moyens pour contrôler leurs eaux et l’on estime qu’ils perdent jusqu’à $ 1,5 milliard de revenus annuels pour les navires opérant dans les zones protégées ou sans licences appropriées. Les conséquences sont dévastatrices sur la sécurité alimentaire, les sources de revenus des communautés, la qualité des prises et l’environnement marin. Au niveau mondial, les pertes dues à la pêche illégale représentent entre 10 et 23,5 milliards de dollars par an (entre 7,7 et 18,1 Md€).

Un nouveau rapport réalisé par Environmental Justice Foundation (EJF), « Pirate Fishing Exposed: The Fight Against Illegal Fishing in West Africa and the EU », indique au terme d’une enquête de terrain de près de deux ans que 9 embarcations sur 10 impliquées dans les 250 cas répertoriés de pêche illégale au large du littoral de la Sierra Leone exportent leurs produits sur les marchés de l’Union européenne. Selon l’EJF, 90% des navires-pirates bénéficient d’accréditations frauduleuses pour exporter leurs stocks dans l’UE. La plupart d’entre eux disposent d’un pavillon sud-coréen.

L’ONG interpelle l’UE, principal importateur de la pêche pirate

« Nous sommes optimistes quant au succès de la surveillance communautaire en Sierra Leone mais nous sommes très préoccupés par la faiblesse des contrôles européens. Les autorités d’inspection des ports européens ont très peu d’informations fiables sur les captures. Il est donc urgent d’améliorer la communication entre l’UE et les Etats côtiers si nous voulons sérieusement mettre fin à la pêche illégale et protéger les communautés côtières, qui sont les plus vulnérables de la planète », alerte Steve Trent, directeur général d’EJF.

Ainsi l’ONG interpelle l’UE estimant qu’en tant que principal importateur de poissons, elle a une responsabilité cruciale dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN). Des réglementations ont pourtant été mises en place par l’UE pour empêcher les navires impliqués d'accéder aux marchés européens.

Oliver Drewes, porte-parole de la commissaire européenne chargée de la pêche et des affaires maritimes, Maria Damanaki, a déclaré que l'UE était « très, très préoccupée » par la possibilité que des produits de la mer pêchés illégalement pourrait se trouver dans les assiettes des consommateurs européens. « Nous reconnaissons et acceptons que l'UE soit un marché potentiel pour ces produit » a-t-elle indiqué à Reuters, ajoutant que, si les abus sont confirmés, les navires en infraction ne pourront plus exporter vers l'UE et l’accès aux ports européens leur sera interdit. « Dans la pratique, il s'agit d'une liste noire. Une fois que vous êtes sur cette liste, vous devez cesser vos activités », a-t-elle dit.


L'immatriculation des bateaux est fluctuante

Entre le 1er janvier 2010 et le 31 juillet 2012, en coopération avec des équipes locales de volontaires, les membres d'EJF ont pu approcher au plus près dix des navires impliqués, cherchant à remonter le fil de leurs différentes immatriculations. Il leur a fallu parfois comparer des photos prises dans d'autres ports avec leurs propres clichés afin de démasquer ceux qui cachent leur nom à l'aide de filets drapés sur la coque à l'approche des côtes. 90 % de ces navires "pirates" sont titulaires de licences leur ouvrant le marché de l'Union européenne.

Les militants se sont aussi intéressés à trois reefers, énormes bateaux-cargos réfrigérés – dont un de 133 mètres de long –, battant notamment pavillon du Panama, où sont transbordées en pleine mer les cargaisons illégales de poissons.

Sur les dix navires repérés en 2011 et 2012, huit naviguaient sous pavillon sud-coréen, un sous celui du Honduras, un autre n'a pas pu être identifié. Leur immatriculation est fluctuante, en effet, et plusieurs d'entre eux en ont déjà changé afin d'échapper aux lourdes amendes encourues. Le chalutier Seta-70 et le cargo réfrigéré Seta-73 par exemple, tous deux sud-coréens, ont navigué auparavant sous les couleurs de Belize, de l'Angola et du Japon.

Autre exemple, le Kumyeong-2, autrefois appelé Bellesol-2, a été vu récemment ancré dans le port de Conakry (Guinée) sous le nom de Consu. Il avait préféré quitter Freetown, en Sierra Leone, qui voulait enquêter à son sujet.

Des piroguiers africains "enrôlés" par ces bateaux pirates

A la recherche de thon, de crevette, de sole et de mérou prioritairement, les pilleurs agissent le plus souvent sur de gros chalutiers, qui peuvent atteindre jusqu'à 58 m et raclent lourdement les fonds sans égard pour les habitats marins. Ils "aspirent" tout ce qui se présente : tortues et requins notamment, dont les matelots ne gardent que les ailerons, et quantité d'autres espèces qu'ils rejettent à la mer.

L'enquête d'EJF décrit également une autre technique de pêche illégale qui déclenche régulièrement des heurts avec les petits pêcheurs locaux. Les navires embarquent des pirogues puis les déploient dans les eaux territoriales africaines.

L'ONG évoque le cas du Marcia-707, un navire sous pavillon sud-coréen qui a recruté pour mener ce type d'opération des équipages sénégalais. Les plus jeunes étaient âgés de 14 ans. Ils ont raconté avoir passé trois mois en mer, pêchant chaque jour sur leurs pirogues, déchargeant leurs prises à la nuit tombée sur le navire principal, où ils étaient logés dans des conditions sordides.

Corruption des autorités locales....

Ces bâtiments pirates – et c'est l'un des points surprenants du document publié par EJF – bénéficient d'une quasi-impunité, alors qu'ils travaillent sans permis. Il leur suffit de corrompre les autorités locales, moyennant quelques pots-de-vin versés soit en dollars soit en caisses de poisson. Lorsque des observateurs – payés par les compagnies de pêche – sont à bord, soit ils ferment les yeux moyennant finances, soit ils subissent de fortes intimidations et préfèrent se taire. A terre, les rares procès s'enlisent.

Les navires opèrent en outre sans VMS (Vessel Monitoring System), dispositif qui permet de les localiser par satellite et donc de déterminer quand ils pénètrent les zones protégées ou interdites. Cet équipement est obligatoire pour les flottes de l'Union européenne. Cela n'empêche pas les cargos réfrigérés de débarquer leurs cargaisons illicites dans le port espagnol de Las Palmas, aux Canaries. De là, le poisson atteint les marchés européens sans problème. Sauf quand les plaintes d'EJF auprès de Freetown, de Madrid et de Bruxelles aboutissent et permettent de saisir les livraisons. C'est rare, mais cela arrive.

.... Complicité des réseaux d'importation européens et concurrence déloyale de ces produits de la pêche pirate vis-à-vis des pêcheurs européens (non abordée dans l'étude de l'EJT)

Philippe Favrelière (à partir des articles de l’Agence Ecofin, du Journal de l’Environnement et Le Monde)

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Sierra Leone : Pêche illégale. Un fléau qui menace la survie des petits Pêcheurs


Ajouté par Sophie Hua le 25 octobre 2012.

Albert Johnson aide à décharger un filet rempli de harengs aux reflets argentés de son bateau de Pêche, un canoë en bois de 25 pieds peint en un rouge éclatant, flottant sur l’eau en face de la plage rocheuse. Il démêle les petits poissons du filet, tandis que des vendeurs se pressent sur la côte pour acheter les poissons qu’ils revendront ensuite au marché. « Cela fait maintenant quelques années que je travaille comme Pêcheur. C’est notre seul moyen de subsistance », dit Albert Johnson, qui vit dans la communauté de Pêcheurs de Goderich, une banlieue de Freetown, la capitale.

Le travail est dur, dit-il, mais vivre de la Pêche est devenu encore plus difficile ces dernières années, depuis que des chalutiers étrangers terrorisent les communautés de Pêcheurs en braconnant dans la Zone d’exclusion côtière ( IEZ ), réservée aux Pêcheurs artisanaux ayant de petites embarcations comme Albert Johnson.

Equipement de Pêche détruit

Les Pêcheurs illégaux coupent les filets, heurtent à l’occasion des embarcations et nuisent fréquemment à l’environnement marin. « Quand nous allons Pêcher en mer, il nous arrive parfois de voir des Pêcheurs illégaux détruire des équipements de peche et s’enfuir. Leurs bateaux sont plus grands et plus rapides ( que les nôtres – ndlr )« , poursuit Johnson.

Bien qu’un rapport publié récemment par Environmental Justice Foundation, une ONG basée au Royaume Uni, affirme que le braconnage étranger dans la Zone d’exclusion côtière est tombé à zéro, l’Afrique de l’Ouest continue d’être la région la plus affectée par la Pêche illegale, plus du tiers de la totalité de sa peche tombant dans les filets des Pêcheurs illégaux,

Dans un pays où le chômage parmi les jeunes atteint près de 70%, la Pêche le long du littoral atlantique est l’une des rares options qui s’offrent aux jeunes sierra-léonais. La Sierra Leone connaît une croissance démographique, qui va de pair avec un besoin croissant de produits alimentaires, en particulier de poissons riches en protéine.

La Pêche représente 64% de la totalité des protéines animales consommées dans le pays, et quelque 230.000 personnes sont employées directement dans le secteur de la Pêche. Le long littoral, cependant, rend difficile de patrouiller et de contrôler les activités des Pêcheurs. La marine sierra-léonaise compte quatre petits bateaux de patrouille, mais aucun d’entre eux n’est opérationnel actuellement.

Vol

Le gouvernement affirme avoir des difficultés à fournir les ressources nécessaires pour surveiller efficacement les eaux de Pêche. Début octobre, l’Ile de Man, au Royaume Uni, a fait don d’un bateau de patrouille pour surveiller les bateaux de Pêche. Mais il s’est avéré lors du lancement que l’équipement du bateau, dont des jauges, des écrans plats et des gilets de sauvetage, avait été volé.

Cela signifie en fait que c’est en grande partie aux communautés de Pêcheurs mêmes de sécuriser les moyens de subsistance de la jeune génération. Al Haaji Sesay, qui dirige l’union des petits Pêcheurs en Sierra Leone, estime que les Pêcheurs doivent être autorisés à le faire, étant donné que le gouvernement ne fait pas assez pour les protéger.

Pêche industrielle

Cependant, Saidu Tacuru, un Pêcheur, pense que cela n’arrivera pas. « [Le gouvernement] ne va jamais nous donner l’autorisation de surveiller [...] nos eaux territoriales, dit-il. Ils ne disent jamais rien quand des dommages nous ont été causés. C’est notre destin de garder le silence et de continuer à Pêcher. » Tout comme Saidu Tacuru, d’autres dans la communauté de Pêcheurs de Goderich ont également le sentiment que le gouvernement ne s’intéresse plus au bien-être des petits Pêcheurs et qu’il se soucie maintenant uniquement des activités de Pêche industrielle plus lucratives.

Source : [24/10/2012]  Damon van der Linde, RNW
 
======================

La stratégie maritime de l’Afrique prend-elle l’eau ?

Traduction : Green et Vert
29 octobre 2012


L’Union africaine s’est fixé 2050 comme date limite pour sécuriser les eaux territoriales du continent. Une date qui risque de se révéler utopique.

Des 54 pays qui composent l’Afrique, 38 ont des littoraux ou sont des îles. Avec ses 42 000 km de littoraux, c’est la dernière grande région sans protection maritime. Sans une stratégie exhaustive pour faire respecter les lois, surveiller et promouvoir l’économie maritime et ses ressources, l’Afrique perd des milliards de dollars chaque année et est la proie de nombreux criminels.

“L’Afrique reste encore le continent le plus touché par la pêche illégale, les actes de pirateries, le trafic de drogue, d’armes, d’humains, sans parler des mauvais bateaux et des vieux ports” déclare Annette Leijenaar, Directrice du département de gestion de conflits et d’installation de la paix à l’Institute for Security Studies (ISS), à Pretoria.

42 000 km de littoraux sans défense ou presque

Sur le milliard d’habitants que compte l’Afrique, environ 70 % dépendent du poisson pour avoir des protéines. Johan Potgieter, un des cadres d’ISS, envoie un message aux politiques :   “ Ne pensez pas à combien coûte une flotte. Pensez plutôt à combien cela va vous coûter de nourrir une population quand il n’y aura plus de poissons ?». 

Les pertes globales causées par la pêche illégale coûtent entre 10 et 23.5 milliards de dollars par an. Les prises illégales sont en train de devenir la norme. Les super-chalutiers étrangers n’hésitent pas à piller des centaines de tonnes de poisson par jour pour les exporter en Europe, tandis que les prises des pêcheurs locaux sont limitées en général à ce qu’ils peuvent ramener sur des pirogues de 8 m.
Par ailleurs, les opérations anti- pirates au large de la Somalie en 2011 ont couté environ 6,9 milliards de dollars. Pour Potgieter, les opérations anti-pirates d’Afrique de l’Est les ont repoussé vers la côte est de Madagascar, qui est relativement déserte. Les pirates y sont tranquilles pour établir de nouvelles bases. Cela ne règle pas le problème.

Des flottes à coûts exorbitants

Un bâtiment coûte des millions de dollars et il en faut 3 pour former une unité opérationnelle. Par exemple, trois bâtiments de patrouille de 80 m de la British Royal Navy coûtent 32 millions de dollars par an. Mais en dépit de ces sommes astronomiques et du manque d’expérience des officiers en commande, plusieurs nations ont commencé à acquérir des bateaux. Le Nigéria a prévu 49 bâtiments et 42 hélicoptères sur les 10 ans à venir. Le pays a aussi construit son propre bâtiment de patrouille de 31 m, le NNS Andoni.

Le Ghana a acquis deux anciens bâtiments d’attaque allemands et a commandé quatre nouveaux bateaux patrouilleurs à la Chine.  La Namibie a acheté un bâtiment chinois de 100 m et a renforcé les patrouilles autour des ports.

Potgieter explique ”Pour faire des arrestations, il faut un avion ou un drone et un bateau. C’est là que réside le problème. Ce n’est pas bon marché. Et si nous détectons un problème de l’autre côté de Madasgascar, il faut collaborer avec d’autres ! Peut-être les Français sont-ils les mieux placés pour agir. Mais il faudrait qu’on leur parle pour ca ! ”.

Une législation qui diffère de pays en pays

Il est nécessaire d’harmoniser les règles et les lois de chaque ministère de tous les pays de l’UA. Une tâche qui prendra environ 10 ans. Selon l’ISS, il faut une bonne gouvernance, une infrastructure solide, une compétence technologique, des mécanismes efficaces de partage d’informations, et une volonté politique forte. Très peu de pays africains possèdent ces éléments.

“La plupart des pays ne vont même pas vous autoriser à traverser leurs eaux si vous n’avez pas eu leur permission à l’avance. Nous avons besoin d’assumer la responsabilité pour le domaine maritime africain collectivement,” explique Potgieter.


====================

 Le 23 décembre 2012

Lutte contre la pêche illicite en Afrique: Sept Etats de la sous-région adoptent une stratégie


Source : Le Maghreb

A l'issu des travaux de la 19e session ordinaire de la conférence des ministres de la commission sous-régionale de la pêche (CSRP), une stratégie commune de lutte contre la pratique courante de la pêche illicite non déclarée a été adoptée , avant-hier, à Conakry par sept Etats de la sous-région.

Cette stratégie permettra aux Etats membres de la CSRP d'unir leurs efforts pour développer un plan global de lutte contre la pratique de pêche illicite, qui est devenue "monnaie courante" dans les eaux des pays côtiers, riches en ressources halieutiques, notamment en poissons et autres produits de mer. Crée il y a 27 ans, la commission est composée de six pays membres, dont la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone, qui partagent en commun une superficie estimée à 1,5 millions de km2, pour environ 30 millions d'habitants vivant essentiellement sur les côtes maritimes et pratiquant la pêche et autres activités connexes. La session ordinaire a planché sur la gestion des ressources transfrontalières pour éviter le pillage des ressources halieutiques dans la sous-région, la mise en œuvre effective de la convention de 1993 portant sur l'exercice du droit de poursuite, pour mieux contrecarrer la pêche illicite non déclarée.

Pour concrétiser les volontés politiques des Etats membres dotés chacun d'une politique sectorielle de lutte contre la pêche illicite, la 19e session de la conférence des ministres a décidé d'appliquer le droit de poursuite maritime aux navires de pêche en infraction dans l'espace maritime de la CSRP, l'arraisonnement et le retour du navire délinquant dans l'Etat membre où l'infraction a été commise conformément au droit international et la mise en commun des efforts des Etats membres pour renforcer la lutte contre la pêche illicite. Dans son plan d'action à long terme, la commission se donne pour mission de renforcer la coopération halieutique entre les Etats membres par une harmonisation à long terme des politiques et législation de pêches pour une exploitation durable des ressources halieutiques et des écosystèmes marins au bénéfice des populations de la Sous-région.

Les projets misent en œuvre par la CSRP sont essentiellement axés sur un objectif global qui contribue à la gestion durable des ressources halieutiques et au maintien du fonctionnement des écosystèmes marins, principalement la conservation et la gestion des populations de requins. Avec une distance de 350 km de littoral, la Guinée dispose d'un potentiel considérable en produits de mers. En eaux continentales les données disponibles certifient que le potentiel annuel exploitable est de l'ordre de 12 000 tonnes. Il ya lieu de rappeler que la pratique courante de la pêche illicite et la piraterie en mer causent une perte annuelle de plus de 100 millions de dollars américains à la Guinée.
Saïd I.

  
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 31 janvier 2014

La fraude fiscale dans le secteur de la pêche

Un nouveau rapport de l’OCDE intitulé « Evading the net: Tax crime in the fisheries sector » (Entre les mailles du filet : la fraude fiscale dans le secteur de la pêche) a été publié en novembre dernier. Il confirme que l’analyse des délits commis dans le secteur de la pêche commence traditionnellement avec le problème de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Cependant, « l’on déplore une activité criminelle plus générale due aux mêmes vulnérabilités qui permettent à la pêche INN de se produire – une gouvernance et une application des règlements déficientes dans certains pays où les navires de pêche sont enregistrés ; la difficulté à identifier les véritables propriétaires des entreprises de pêche et des navires, et des problèmes logistiques pour surveiller les activités des navires en mer ».

Source : Agritrade

Le rapport se penche sur l’impact que la fraude fiscale peut avoir sur la capacité des pays à percevoir des recettes publiques grâce au secteur de la pêche. Le rapport insiste sur le fait qu’il conviendrait d’enquêter sur l’ensemble de la filière de la pêche pour détecter et combattre les délits fiscaux, puisque « bon nombre des documents que les régulateurs et les autorités d’application de la loi exigent des participants dans la filière horizontale peuvent également être importants pour l’administration fiscale. Cependant, dans de nombreux cas, les contrôleurs fiscaux ne sont pas conscients de l’existence de ces informations précieuses ».

Le rapport examine les différents types de délits fiscaux que les pays ont identifiés comme étant liés au secteur de la pêche, notamment la fraude douanière, les fausses déclarations concernant l’origine, le volume ou la catégorisation des captures. Le rapport souligne que « l’effet de cette perte fiscale sur les pays en développement peut être particulièrement important, en ayant un impact sur les efforts visant à promouvoir la sécurité alimentaire, réduire la pauvreté et financer le développement à long terme ».

Le rapport passe également en revue des aspects du secteur de la pêche qui le rendent vulnérable, non seulement à la fraude fiscale mais aussi à la pêche INN. En particulier le manque de transparence et la difficulté à obtenir des informations sur les véritables propriétaires constituent un problème, et résultent de la prévalence des entreprises offshore et de la pratique consistant à enregistrer les navires sous des pavillons de convenance dans des pays autres que ceux de leurs propriétaires.

Enfin, il aborde les stratégies qui sont à la disposition des administrations pour prévenir, détecter et combattre la fraude fiscale ; en particulier comment les autorités et agences traitant avec les entreprises de pêche et autres participants dans la chaine de valeur horizontale coopèrent et partagent les informations.

L’annexe au rapport inclut un aperçu de la documentation de base qui est produite à chaque étape de la filière et qui peut être utilisée par les fonctionnaires gouvernementaux dans le cadre de leur travail.
Sources

Cliquer Ici pour télécharger le rapport "OCDE, Rapport « Evading the net: Tax crime in the fisheries sector », novembre 2013"

Lire le commentaire éditorial d'Agritrade

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 7 Juillet 2014

Comprendre le crime organisé en Afrique

En Afrique, le crime organisé touche aussi les produits issus de la pêche

Les points clés
De nouveaux outils sont nécessaires pour analyser le crime organisé
Des structures gouvernementales financées par le crime
Porte ouverte au crime dans les États les plus faibles
Besoin de solutions axées sur le développement

Source : IRIN - New York - 7 juillet 2014 

Les préoccupations croissantes concernant le rôle du crime organisé dans l’instabilité et la pauvreté sur le continent africain ont motivé une quête d’outils analytiques et un appel à de plus amples recherches pour comprendre les forces contextuelles en jeu et savoir comment s’y attaquer au mieux.

Si à l’origine les débats sur le crime organisé se concentraient principalement sur le monde développé, puis sur l’Amérique latine et l’Asie centrale, l’attention s’est maintenant tournée vers l’Afrique. « Alors que les analystes mettaient en doute l’existence d’un problème de crime organisé en Afrique, ce sujet est désormais considéré comme une préoccupation typiquement africaine », peut-on lire dans le rapport Unholy Alliances: Organized Crime in Southern Africa (Alliances infâmes : le crime organisé en Afrique méridionale), publié par la Global Initiative against Transnational Organized Crime (Initiative mondiale contre le crime organisé transnational) et Rosa Luxemburg Stiftung et qui se fonde sur les discussions d’un comité d’experts qui se sont réunis plus tôt cette année. Le rapport remarque que sur le nombre croissant de mentions et de résolutions faites par le Conseil de sécurité des Nations Unies ces huit dernières années, 80 pour cent concernaient l’Afrique.

Les experts du comité ont suggéré de ne pas « montrer du doigt » le continent ni les États qui le composent, car « les États les plus développés du monde trouvent leur origine dans la corruption et le crime organisé ». En outre, à l’heure où l’on cherche des solutions, « le rôle des pays occidentaux et de leurs entreprises en Afrique doit être au premier plan en tant qu’exploitants et consommateurs ».

L’attention portée à l’Afrique coïncide avec la prise de conscience, au cours des dix dernières années, non seulement que le crime organisé menace le développement, mais que des solutions axées sur le développement sont nécessaire pour le combattre.

Le crime organisé sur le continent fait partie de « l’histoire de son indépendance », est-il écrit dans le rapport. La fin de la guerre froide et les coupures dans l’aide au développement ont ouvert la voie au financement criminel des structures gouvernementales. En outre, « la démocratie multipartite et la nécessité de financer les processus électoraux ont constitué un point particulièrement vulnérable qui a permis aux réseaux de gagner en influence et en légitimité ».

La demande croissante en Asie et au Moyen-Orient de biens tant licites qu’illicites a alimenté le trafic en Afrique. « Le marché florissant des drogues à usage récréatif et des produits de la flore et de la faune sauvages ont entraîné la croissance, la professionnalisation et la militarisation des réseaux criminels en Afrique. Parallèlement, la demande de drogues à usage récréatif dans les pays du Golfe et l’instabilité en Afrique du Nord ont attiré le trafic vers l’est », précise le rapport. Avec la hausse de la consommation d’amphétamines sur les marchés émergents du Golfe et d’Asie, la production de drogue n’est plus réduite à des zones géographiques spécifiques. En Afrique méridionale, les itinéraires de contrebande d’armes des guerres d’indépendance sont maintenant empruntés par les trafiquants d’espèces sauvages et autres biens illicites.

Selon Mark Shaw, directeur de la Global Initiative against Transnational Organized Crime, outre quelques exemples tels que les gangs du Cap-Occidental en Afrique du Sud ou les caractéristiques du crime organisé au Nigeria, les définitions classiques du crime organisé ne s’appliquent pas à l’Afrique. « Ce n’est pas quelque chose que l’on peut mettre dans une boîte et qui se produit indépendamment de l’État et des institutions commerciales. Sur le continent, le crime organisé et bien plus manifestement lié à ces institutions. »


Une « économie de la protection »

M. Shaw invoque la notion d’« économie de la protection » pour illustrer comment les différents acteurs interagissent dans les pays dont le gouvernement dispose de faibles capacités. Il identifie trois éléments clés intrinsèques à l’économie de la protection : premièrement, le recours à la violence ou à des « personnes armées » pour assurer la sécurité du transport de marchandises de contrebande, qui peuvent aller de soldats des forces de sécurité elles-mêmes à des milices, en passant par les gangs et les sociétés de sécurité privées ; deuxièmement, la corruption, dont les pots-de-vin versés à certains fonctionnaires ; et troisièmement, l’investissement des groupes criminels dans les communautés pour assurer leur légitimité et faciliter les opérations : paiements à des partis politiques ou financement d’équipements locaux, par exemple.

« Cela permet de mieux comprendre le crime organisé dans le contexte particulier d’un État faible ou incapable d’assurer la sécurité. Vous pouvez alors observer le large éventail d’acteurs gouvernementaux, d’entreprises, de réseaux criminels ou de communautés et comprendre leurs interactions », a ajouté M. Shaw, qui croit que chaque réseau criminel majeur opérant sur le continent comporte ces trois éléments à divers degrés. Là où l’État est particulièrement faible, « l’économie de la protection est plus prononcée », a-t-il précisé.

Si le phénomène d’économie de protection n’est pas réservé à l’Afrique, il est manifestement présent dans de nombreux pays du continent. L’implication de l’État varie selon les pays. En Guinée-Bissau, l’État participe complètement à l’économie de la protection, tandis qu’au Mali, certains acteurs locaux du crime organisé ont des liens avec l’État. En Libye, où de larges portions du territoire échappent au gouvernement, « la protection est offerte par des prestataires privés, souvent liés à certaines milices ».

Lorsque le crime, l’État et la politique sont imbriqués de cette manière, les réponses classiques fondées sur la loi et l’ordre – telles que la saisie des produits de contrebande et l’arrestation des coupables (souvent ceux qui se trouvent au bas de l’échelle hiérarchique) – ne sont pas une solution, a remarqué Stephen Ellis, chercheur au Centre d’études africaines de Leiden, aux Pays-Bas.

Des frontières qui s’estompent entre les sociétés légitimes et illégitimes

M. Ellis cite comme exemple les efforts vains pour combattre le trafic de drogue en Afrique de l’Ouest. Selon lui, les contingents chargés de défendre la loi et l’ordre ont généralement le sentiment de ne pas pouvoir lutter de manière adéquate contre le crime organisé, parce qu’ils « n’ont pas les bons outils. La nature du problème a changé, mais de manière difficile à comprendre », a-t-il ajouté, remarquant que les frontières entre les sociétés légitimes et illégitimes se brouillent, notamment dans les États dits défaillants ou faillis. « La notion d’État “failli” est un terme que je n’aime pas, a ajouté M. Ellis, car cela ne correspond pas nécessairement à ce qui se passe sur le terrain. » Il s’agit cependant d’un outil utile pour identifier les pays dont le gouvernement n’a pas le monopole de la violence, a-t-il convenu. D’après le classement de Foreign Policy, sur 50 États en déliquescence, 32 se trouvent en Afrique.

« De nombreuses personnes impliquées dans des activités illégales peuvent bénéficier d’une grande légitimité au niveau local », a dit M. Ellis. « Ces personnes peuvent avoir joué un rôle politique officiel, notamment à l’époque des États à parti unique. »

Selon un récent rapport de la Commission Ouest-Africaine sur les Drogues, les activités des trafiquants dans la région sont facilitées « par un large éventail de personnes, parmi lesquelles des hommes d’affaires, des hommes politiques, des membres des forces de sécurité et de l’appareil judiciaire, des hommes d’église, des chefs traditionnels et des jeunes ». Comme les élections dépendent de financements privés dans la plupart des pays de la région, l’argent de la drogue y contribue souvent.

« [les activités des trafiquants sont facilitées] par un large éventail de personnes, parmi lesquelles des hommes d’affaires, des hommes politiques, des membres des forces de sécurité et de l’appareil judiciaire, des hommes d’église, des chefs traditionnels et des jeunes »

Les exemples d’implication de l’État et d’hommes politiques dans le crime organisé sur le continent sont légion – du braconnage d’éléphants et commerce de l’ivoire qui impliquent de nombreux pays, dont le Zimbabwe, le Soudan, la République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Mozambique, à l’exploitation des mines de diamant au Zimbabwe en passant par le trafic d’armes en Afrique du Sud, le commerce de corne de rhinocéros (Afrique du Sud et Mozambique), la contrebande et le trafic d’armes et de drogue en Libye et au Sahel, le trafic de drogue et l’exploitation forestière illégale en Guinée-Bissau, le trafic d’ivoire, d’or et de diamant en République centrafricaine, etc. La liste est interminable.

M. Shaw pense que l’outil d’analyse de l’économie de la protection permet de « déterminer les coûts de [ces] économies [...] et de mesurer les progrès réalisés à leur égard ». Selon le rapport de Global Initiative, « la prise en compte des économies de la protection et de leur fonctionnement est un outil analytique qui incite à s’intéresser à un éventail plus large de problèmes et d’acteurs et l’on peut donc considérer qu’il accroit la probabilité d’une amélioration des interventions ». Selon M. Shaw, on peut faire augmenter les coûts de protection qu’impliquent la participation au crime organisé en renforçant le risque d’exposition par des enquêtes persistantes de la part des médias, par exemple, ou en aidant les communautés à devenir plus résilientes à l’introduction de groupes criminels en menant des projets de développement efficaces.

Un terrain dangereux pour les journalistes

Enquêter sur le crime organisé est plus facile à dire qu’à faire. Une étude du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) montre que 35 pour cent des journalistes tués depuis 1992 couvraient des affaires de crime organisé et de corruption, ce qui est souvent plus dangereux pour les journalistes que de couvrir des conflits. « Les lignes entre les groupes politiques et criminels sont floues dans beaucoup de pays, ce qui accroît le risque pour les reporters », précise le Comité.

« Les groupes criminels opèrent de plus en plus comme des forces politiques armées, et les groupes politiques armés opèrent de plus en plus comme des bandes criminelles à but lucratif. Des journalistes ont été attaqués alors qu’ils effectuaient des reportages sur une complicité entre de grandes figures criminelles et des fonctionnaires de gouvernement, et ils ont été ciblés tandis qu’ils faisaient des investigations sur des histoires de crime ou de corruption aussi bien en temps de paix que de guerre », a expliqué le CPJ.

Les acteurs du développement se voient de plus en plus souvent obligés de lutter contre le crime organisé, à mesure qu’ils reconnaissent à quel point ce phénomène est présent à tous les niveaux de la société et se nourrit de la pauvreté, sabotant les programmes de développement. Au Sahel, par exemple, les communautés dépendent des gains du crime organisé de la même manière qu’en Somalie elles dépendent des gains de la piraterie ou que les villageois du Mozambique dépendent du braconnage de cornes de rhinocéros. En l’absence de solutions alternatives, les communautés pauvres demeureront à la solde du crime organisé.

Selon un récent rapport de Safer World intitulé Identifying approaches and measuring impacts of programs focused on Transnational Organized Crime (Identifier les approches et mesurer les impacts des programmes axés sur le crime organisé transnational), le crime organisé transnational devient rapidement un problème clé dans le domaine du développement et les approches basées sur le développement pour lutter contre ces crimes sont de plus en plus nombreuses. « Le principal moteur du [crime organisé transnational] est la demande de produits illicites dans les pays riches et développés. Pourtant, les impacts sont ressentis bien plus profondément par les communautés des pays plus pauvres dont les institutions sont faibles. » Selon le rapport, « l’existence de liens entre les différents niveaux du système dans lequel opère le crime organisé transnational permet également de penser que des stratégies globales faisant appel à différentes approches ont des chances d’avoir un plus grand impact. »


^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 16 Juillet 2014

« Je souhaite m’assurer que les générations futures auront du poisson dans leur assiette »

Entretien exclusif. 

Maria Damanaki, Commissaire européen aux Affaires maritimes et à la Pêche, confirme son souhait de rester à la Commission pour un second mandat de cinq ans. Elle se montre toujours aussi ferme sur les filets dérivants et la fin du chalutage en eau profonde.

Source : Ouest France par Lionel Changeur

Quel bilan dressez-vous de ces cinq années ?

 Nous avons une nouvelle politique commune de la pêche (fin des rejets en mer et de la surpêche entre 2015 et 2020). Avec des stocks en bonne santé, les pêcheurs européens pourront capturer par an plus de 2 millions de tonnes de plus de poissons. Lorsque je suis arrivée à la Commission, en 2009, 5 stocks de poissons étaient pêchés à des niveaux durables en Atlantique. Nous en avons maintenant 27, et peut-être 30 l’an prochain.

Souhaitez-vous rester au sein de la Commission ?

Oui, je souhaite exercer un second mandat de commissaire (à la pêche ou ailleurs), mais c’est au gouvernement grec d’en décider. Il n’a pas encore désigné son futur commissaire.

En France, les professionnels vous reprochent d’être proches de certaines ONG. Que répondez-vous ?

Mon rôle est de trouver un équilibre entre les différents intérêts. Je souhaite m’assurer que les générations futures auront du poisson dans leur assiette. Je n’ai pas un intérêt particulier à interdire telle pêcherie ou tel engin. Un exemple : entre 2005 et 2009, la pêche à l’anchois a été fermée dans le golfe de Gascogne car il n’y avait plus de poisson. La ressource est revenue et nous proposons pour 2014/2015 une hausse de 18% des quotas ! Mais je comprends les difficultés que connaissent nos pêcheurs. C’est pourquoi nous voulons les aider.

Les Etats membres auront-ils suffisamment de fonds européens pour moderniser les bateaux de pêche ?

L’interdiction des rejets pose des problèmes aux pêcheurs. Comment les aider à s’adapter ?

Des quotas plus élevés ?

Vous avez proposé en avril d'interdire en 2015 les filets maillants dérivants. Accepteriez-vous une dérogation pour la petite pêche ?

L’interdiction des chaluts en eau profonde est toujours sur la table. Comment voyez-vous l’évolution du dossier ?

La France demande une mise sous quota du bar ? Des données scientifiques montrent que le stock ne va pas bien. Que préconisez-vous ?

Allez-vous proposer de modifier le plan anguille, depuis le retour des civelles dans les estuaires en France ?

L’Espagne a été sanctionnée pour avoir dépassé son quota de maquereaux. La Commission enquête-t-elle sur d’autres cas similaires ?

Toutes les réponses de Maria Damanaki aux questions de Lionel Changeur dans : Ouest France

Remarque : Une question que Lionel Changeur aurait pu poser à Maria Damanaki qui a dit un jour que la pêche illégale était un crime... Pourquoi la Commission européenne s'attaque-t-elle à une multitude de petits pays : Belize, Fidji, Togo, Panama, Vanuatu, Sri Lanka, Cambodge, Guinée, Philippines, Papouasie,... Et laisse agir en toute impunité tous ces gros trafiquants internationaux qui "déversent" des produits défiant toute concurrence sur le premier marché des produits de la mer dans le monde qu'est l'UE (des importations qui tirent vers le bas le prix des poissons issus des pêcheries françaises et européennes) ?..

Une analyse de l'expert Francisco Blaha : Is the EU IUU Regulation working?

A partir de cette étude de Gilles Hosch and Shelley Clarke (2013) sur le trafic de Saumon et de Colin d’Alaska entre la Russie et la Chine avant exportation sur le marché européen : “Traceability, legal provenance & the EU IUU Regulation” et de l'étude du Parlement européen (2013) : Compliance of imports of fishery and aquaculture products with EU legislation

Le marché du Colin d'Alaska serait tellement "pourri" que dans son dossier "Pêches françaises 2014", Le Marin passe sous silence cette espèce du Pacifique Nord, alors que le Colin d'Alaska (ou Lieu d'Alaska) fait partie du Top 5 des espèces les plus consommées en France. C'est le poisson phare de l'industrie halio-alimentaire, espèce consommée essentiellement sous forme de panés, plats cuisinés, surimi et autres préparations...



Sinon, cliquer Ici pour accéder au dossier du Marin "Pêches Françaises 2014" 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Aucun commentaire: