Le « Pavillon France » a belle allure malgré la tempête !

Le « Pavillon France » a vraiment fière allure dans la tempête qui s’est déchainée au moment de sa mise à l’eau, le vendredi 14 septembre 2012.

En juin, Le Télégramme de Brest nous avait annoncé que France Filière Pêche allait lancer son Pavillon France : Pêche. Pavillon France hissé en septembre. Le poisson capturé par les bateaux français allait arborer la marque « Pavillon France » et se démarquer ainsi de tous les poissons importés.

Sans tambour ni trompette !


C’est dans la tempête annoncée sur la pointe du Finistère que le Pavillon France a pris la mer le 14 septembre 2012 : Oui, on peut repeupler nos mers en 5 ans (seulement)

Le Pavillon France a appareillé en toute discrétion. Sans tambour ni trompette... Pas de bouteille de champagne lors du baptême de l'eau !

Au moment où l’équipage se préparait à larguer les amarres pour le premier arrivage de poisson frais de nos côtes... C’est de l’autre côté du quai que le champagne coulait à flot dans Le Monde « Des vedettes pour mobiliser contre les dérives de la pêche industrielle »

Des vedettes qui se mobilisent contre la pêche industrielle, mais qui vont manger des poissons certifiés MSC, issus pour la plupart de pêcheries industrielles des quatre coins de la planète... (Lire : Pêche durable : Du poisson vert ? non, merci !)

Du poisson en dégustation, une pincée de célébrités et une foule de journalistes rassemblés pour un événement médiatique sur les dérives de la surpêche, jeudi 13 septembre, au marché de Saint-Germain-des-Près, dans le 6e arrondissement de Paris. En invitée de marque, l'actrice et réalisatrice Mélanie Laurent, qui a prêté sa voix au documentaire sans concession contre les industriels du secteur, The End of the Line - L'Océan en voie d'épuisement.

Toutes ces personnalités se retrouvaient à l'initiative de Fishfight, une association anglaise qui connaît un important succès outre-Manche grâce à sa démarche consistant à mobiliser des vedettes. Face à la multiplicité des questions liées à la surpêche, et pour avoir plus de poids, l'association a décidé de centrer son combat sur l'interdiction des rejets de poissons.

Pavillon France tient bon le cap de la pêche durable...


Des organisations d'outre-manche soufflent actuellement un vent mauvais sur l'hexagone. Rejets, Grands fonds, Subventions, Privatisation... Mais, savent-elles lire une carte ?

En juillet 2012, leurs mentors, Daniel Pauly et ses collègues de l’Université de Colombie-Britannique (Sea around us project), pointaient sur la carte du monde en surpêche, les bonnes performances des pêcheries françaises (1)...

Pourquoi faudrait-il changer de cap comme le martèlent toutes les organisations rassemblées autour de Fishfight, Ocean 2012, Bloom ?...

L’eurodéputé Alain Cadec a bien raison de crier depuis son fief de Saint-Brieuc : «Notre modèle de pêche doit être préservé » . En effet, la pêche française tient le bon cap de la pêche durable !

Philippe Favrelière

Autres articles :

(1) Benefits of rebuilding global marine fisheries outweigh costs (Les avantages de la reconstruction de la pêche maritime mondiale l’emportent sur les coûts)
Authors : Rashid Sumaila, William Cheung, Andrew Dyck, Kamal Gueye, Ling Huang, Vicky Lam, Daniel Pauly, U.T. Srinivasan, Wilf Swartz, Reg Watson, Dirk Zeller
PLoS ONE, 2012 / Cliquer Ici pour télécharger l'étude

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McDo défend un autre concept de la pêche durable !!!

Pas de poisson frais "Pavillon France", mais du poisson congelé MSC issu des 5 océans

En France, les 1.200 établissements de la chaîne McDonald's ont vendu environ 3.000 tonnes de cabillaud, églefin, hoki (de Nouvelle-Zélande) et colin d'Alaska.

McDo et Quick s'engagent pour une pêche durable
La filiale européenne de McDonald's, leader mondial du hamburger, et le français Quick, N°3 européen, ont annoncé s'être engagés en faveur d'une pêche durable, en assurant que le poisson servi dans leurs restaurants respectait les normes de préservation des ressources. Le poisson servi par McDonald's et Quick est certifié MSC, un label qui vise à promouvoir les pratiques de pêche durables et à faire évoluer le marché mondial des produits de la mer.

Dans un communiqué publié lundi, Quick, qui sert 888 tonnes de poissons chaque année, assure qu'avec cette certification "l'ensemble de la chaîne est engagé dans la préservation des ressources naturelles, depuis les pêcheries jusqu'aux restaurants."

En juin, McDonald's avait signé un engagement similaire concernant ses approvisionnements en poisson blanc pour l'ensemble de l'Europe. En France, les 1.200 établissements de la chaîne ont vendu environ 3.000 tonnes de cabillaud, églefin, hoki et colin d'Alaska.

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The 2012 Annual Economic Report on the EU Fishing Fleet (STECF-12-10)

Le rapport économique annuel 2012 de la flotte de pêche communautaire

Scientific, Technical and Economic

Committee for Fisheries (STECF)

Edited by
John Anderson
Natacha Carvalho
Franca Contini
Jarno Virtanen

This report was reviewed by the STECF during its’ 40th plenary meeting held from 9 to 13 July 2012 in Copenhagen, Denmark
EUR 25425 EN -  2012

Le rapport économique annuel 2012 (AER) sur la flotte de pêche de l'Union européenne (UE) donne un aperçu complet des dernières informations disponibles sur la structure et la performance économique des flottes de pêche des États membres de l'UE.

Les performances économiques de la pêche se sont améliorées...

En 2010, les résultats économiques indiquent que la flotte de pêche de l'UE est passée d'une situation déficitaire à une situation bénéficiaire. Globalement, la flotte communautaire a montré des améliorations dans les indicateurs de performance économique analysés : La valeur ajoutée (GVA) a été estimée à 3,4 milliards d’euros, soit une hausse de 5,7% par rapport à 2009, le bénéfice brut s’élevait à 1,2 milliards d’euros, soit une augmentation de 39,5% par rapport à 2009 et le résultat net était de 288 millions d’euros, soit une augmentation de 300 millions € par rapport à 2009 (non inclus les subventions).

Les données prévisionnelles suggèrent également une amélioration des performances économiques en 2011 pour près des trois quarts des flottes nationales analysées. Toutefois, l'avenir de nombreuses flottes de l'UE reste incertain étant donné le contexte économique actuel...

Pour télécharger le document, cliquer STECF

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Le 25 septembre 2012

Attention au faux "Pavillon France"


Consoglobe veut faire passer un chalutier à perche armé en Belgique ou au Pays-Bas, pour un bateau français ! Cliquer Consoglobe, le site de la nouvelle consommation

Le chalutier à perche est un type particulier de bateau de pêche. Un filet est fixé à une perche déployée sur le côté, pour capturer des poissons de fond.

Chalutier à perche, chalutier à tangons ou chalutier à gréement double. Pour ces types de chalutiers, le train de pêche double est remorqué au moyen de deux tangons ou perches. Les touées passent par des poulies fixées aux extrémités des tangons. Sur ces navires, on pêche soit des crevettes, soit des poissons plats. (Source : Wikipedia)

Ce type de chalutier à perche est souvent mal venue sur les côtes françaises....

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Commentaires

Hippolyte a dit…
En ce qui concerne la publication dont est extraite la carte de rentabilité de la pêche, il est évidemment délicat de commenter un travail signé par des gens aussi renommés.

Mais moi, qui n'y connais pas grand-chose en économie, je voudrais savoir comment il est possible que des pêcheries puissent exister avec des coûts d'exploitation supérieurs à la somme des ventes et des subventions. D'où vient l'argent qui comble la différence ?

Prenons l'exemple de l'Islande (table S3).

Valeur débarquée : 876,8 millions de dollars
Coût de la pêche : 2213,24 millions de dollars
Subventions : 144,76 millions de dollars

D'où viennent les 1191,68 millions de dollars qui comblent le déficit d'exploitation ? Pas des subventions, puisqu'elles sont déjà prises en compte ! Un tel bilan me paraît invraisemblable…

J'avoue que j'ai personnellement des doutes quant à l'exactitude de certaines données retenues dans cette étude (notamment sur celles qui ont permis de dresser la carte présentée ici). Mais, encore une fois, je n'ai aucune compétence particulière dans le domaine de l'économie halieutique et j'aimerais simplement qu'on m'éclaire.

Cordialement
Hippolyte a dit…
Voici, ci-dessous, un document qui indique que l'industrie de la pêche islandaise engrange des profits considérables. Pouvait-on logiquement imaginer qu'il en soit autrement ?

Alors, c'est quoi cette carte des rentabilités qui met ce pays dans le rouge ? Et on en arrive à se demander si la couleur attribuée à la France est bien justifiée…

http://www.fisheries.is/economy/fisheries-impacts/financial-performance/nr/223
Tout à fait d'accord avec vous...

Cette étude ne tient pas debout mais ce sont des "sommités" de la pêche qui l'ont publié... Elle est reprise pour argent comptant dans les médias... Bien que celle de la NEF ne semble pas avoir eu beaucoup d'échos en Europe...

Mais pourquoi avoir lancé cette campagne sur la "non rentabilité" de la pêche à partir de l'UBC en juillet 2012 et reprise la semaine dernière en Europe par la NEF...

Dans le même ordre...

Les rumeurs sur le cabillaud de la mer du Nord...

Goodplanet de Yan-Arthus Bertrand nous dit :

Il ne resterait que 100 morues de plus de 13 ans dans toute la Mer du Nord !

http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/Il-ne-resterait-que-100-morues-de-plus-de-13-ans-dans-toute-la-Mer-du-Nord-!/%28theme%29/265

"C’est totalement faux !" répond Defra, l'administration britannique

http://www.defra.gov.uk/news/2012/09/18/sunday-times-cod-claim/

Cordialement


Hippolyte a dit…
Je viens d'étudier ce qu'il en est pour la rentabilité de la pêche française. Et bien, comme je m'y attendais, elle ne survit que grâce à des subventions de toutes sortes. Et pas qu'un peu ! Les chiffres donnés dans l'article de PLOS-One sont donc faux.

Voici un article qui décrit la situation française avec lucidité. Il est en anglais mais mériterait d'être traduit en français (j'ignore si cela a été fait). Les Français aussi ont le droit de savoir ce qui se passe dans leur pays. Il ne sert à rien de leur cacher la vérité. Car le constat est sévère…

http://archimer.ifremer.fr/doc/2008/publication-4538.pdf
Aquablog a dit…
En ce qui concerne les données sur la rentabilité des armements à la pêche français, la meilleure source (à ma connaissance) est le service économique de l’Université de Nantes qui travaille sur du concret, les chiffres des centres de gestions qui suivent les comptes des armements...

Les derniers chiffres de l’Observatoire des pêches et des cultures marines ne sont pas catastrophiques... Le salaire des marins-pêcheurs est nettement supérieurs à la moyenne... Ils le méritent !!!

Pour accéder au document, il faut aller sur le site de l’Aglia
http://www.aglia.org/

Suivi socio-économique des filières pêche et aquaculture dans les régions Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine (2000-2010)
L'observatoire des pêches et des cultures marines du Golfe de Gascogne a rassemblé l'ensemble des données socio-économiques des filières pêche et aquaculture sur 10 ans.


D’ailleurs, quand on va dans les ports de pêche côtière comme La Cotinière (qui a un projet d’extension) ou en Bretagne Nord et Normandie, ce ne sont pas des friches industrielles... Je ne dirais pas la même chose de La Rochelle où l’effondrement de la pêche industrielle et hauturière a entrainé le port au fond du trou... Toutefois, il reste encore les armements côtiers, les petits métiers des pertuis charentais...

Cordialement
Hippolyte a dit…
Le document de l'AGLIA dont vous recommandez la lecture n'envisage à aucun moment la rentabilité de la pêche. De mon point de vue, il est à mettre dans la catégorie des rapports que dénonce l'auteur de la publication que j'indique dans mon précédent message. C'est en effet un document qui décrit une activité, en négligeant totalement le problème des équilibres financiers qui lui permettent d'exister.

La rentabilité dont on parle c'est la rentabilité financière de l'activité de pêche. De ce point de vue, à quelques exceptions près, la pêche française, si elle était soumise aux règles générales qui s'appliquent aux autres entreprises, ne serait pas rentable. Elle n'a été jusqu'ici rentable que grâce aux subventions européennes et nationales, et surtout grâce aux mesures d'exceptions qui sont prises en sa faveur par l'Etat français (exemptions de taxes, réductions exceptionnelles de charges sociales etc…).

Cela ne me choque pas vraiment que cette activité soit en partie à la charge du contribuable (car c'est bien de cela qu'il s'agit). Les impôts sont faits pour entretenir des services publics indispensables à la nation mais aussi pour aider des activités dont dépendent des filières entières. Et de ce point de vue, la pêche fait vivre toute une filière qui traite et écoule ses produits, sans faire appel aux deniers publics.

Les pêcheurs ont trop tendance à oublier ces réalités. Il y en a qui ne l'ont pas oublié : ce sont ceux qui considèrent que la suppression des aides apportées à la pêche serait un bon moyen de lutter contre la surexploitation halieutique.

Cordialement
Aquablog a dit…
Bonjour,

Vous semblez mettre en doute les études de l'Observatoire des pêches et des cultures marines de l'AGLIA...

Je persiste et signe... Les études de l'équipe d'Yves Perraudeau à l'Université de Nantes ont pour moi plus de valeur que l'étude de Benoit Mesnil sur les subventions à la pêche qui mélange tout et n'importe quoi...

Un exemple : Le résumé qui présente l'étude "trompe" !!! Il est indiqué : "Dans l'ensemble, les aides massives accordées au secteur (comparables à la valeur brute des débarquements, par an) n'ont pas atteint les objectifs fixés et, paradoxalement, ont été un facteur clé dans le déclenchement de crises ultérieures..."

Les aides accordées au secteur comparables à la valeur brute des débarquements, par an ????

Il s'agit des aides accordées au secteur de la pêche (y compris les cultures marines)
Il s'agit des ventes de la pêche (non compris les Cultures Marines)

Je pourrais continuer sur les aides qui sont une compilation aussi différente que construction de bateaux (dont bateaux mytilicoles) de destruction de bateau, de recherche,de gasoil, d'administration, d'aides à la commercialisation (dont la pub pour les huitres de Marennes-Oléron... Etc...

Je vous laisse seul juge...

Cordialement

Hippolyte a dit…
Dans le cadre de l'AGLIA, il y a plusieurs études concernant l'économie de la pêche qui portent des intitulés assez voisins. Vous aviez indiqué celle qui est intitulée "Suivi socio-économique des filières pêches maritimes et aquaculture dans les régions Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine (2000-2010)". C'est donc celle que j'avais consultée. Je l'avais trouvée assez pauvre de renseignements sur les questions financières se rapportant à la pêche.

Je viens de tomber sur une autre étude de l'Aglia, intitulée "Suivi des résultats économiques et analyse financière des entreprises de pêche dans les régions de l'Aglia (1987-2010)" et je pense que c'est de cette étude dont vous vouliez parler. Alors là, la question des subventions mises à part, je suis d'accord sur le fait que c'est une excellente étude sur les problèmes de rentabilité.

Aquablog a dit…
Bonsoir,

Le site de l'AGLIA est difficile d'utilisation...

Mais quand on cherche on trouve le bon document !!!

Je lis régulièrement les études de l'Observatoire. C'est un bon baromètre de la pêche ou plutôt des différentes pêcheries (qui dégagent des résultats très différents selon la période notamment en fonction des prix du gasoil...


Sinon je reviens sur les subventions au secteur de la pêche dont vous faites une obsession...

Notre journal local "Le Littoral" se faisait l'écho, il y a quelques semaines, des préoccupations du directeur du port de La Cotinière quant à son agrandissement devenu nécessaire (6e port de pêche de l'hexagone en valeur débarquée)...

Ce port est géré par la commune de Saint-Pierre d'Oléron... Le Département mettra-t-il des billes dans ce projet (on parle d'une gestion rétrocédée au privé !!!)

Le directeur du port se pose cette question...

Le département continue de financer les routes pour un meilleur accès des touristes sur les deux mois de l'Eté...

Pourquoi arrêterait-il de financer la pêche cotinarde qui maintient près de 500 emplois directs en zone rurale pendant toute l'année...

Les subventions interviennent aussi dans l'aménagement du territoire !!! Choisir entre le tout tourisme (pendant deux mois) ou / et une activité vivante toute l'année !!!

Cordialement