jeudi 30 août 2012

Quatre banques mettent le grappin sur les crevettes grises !

Quatre banques européennes prennent le contrôle du commerce des crevettes grises !

Quand vous grignoterez des crevettes grises au moment de l’apéritif, vous pourrez avoir une pensée pour trois néerlandaises et une islandaise : Rabobank, ABN Amro, Friesland Banq et Landsbanki.

La Commission européenne vient d’autoriser ces quatre banques à mettre le grappin sur le plus grand fournisseur de crevette grise en Europe. A savoir le groupe néerlandais Heiploeg (300 millions d’euros de CA).

La filière de la crevette grise « Crangon crangon » représente un chiffre d’affaires de plus de 500 millions d’euros dans l’Union Européenne pour une production comprise entre 30000 et 40000 tonnes chaque année. La pêcherie est concentrée au Sud de la Mer du Nord dans les eaux côtières peu profondes de la mer des Wadden (qui s'étend sur 450 kilomètres le long du littoral depuis les Pays-Bas jusqu'au Danemark en passant par la côte allemande). (1)

Une flottille de 500 navires pour 35.000 tonnes de crevettes grises

Le stock de crevette grise reste en bon état, comme le reconnaissent les ONG, qui dirigent principalement leurs critiques contre les captures accessoires et les techniques de pêche «qui touchent le fond». Le niveau de capture des dernières années ne met pas en danger le stock. Près de 35 000 tonnes de crevettes grises pour une flottille de 500 bateaux de pêche.

Trois pays représentent 95 % de la production européenne totale. Les Pays-Bas sont le premier producteur (47 % de la production totale de l’Union européenne), suivis par l’Allemagne (38 %) et le Danemark (9 %).

Les Pays-Bas disposent des navires les plus puissants qui, en outre, pêchent la plupart du temps de façon continue, atteignant le taux le plus élevé de débarquements par bateau (105 tonnes en 2010). Le Danemark jouit d’une flotte très efficace grâce à des navires à la pointe de la modernité et des systèmes de pêche dynamiques. La flotte allemande compte un grand nombre de navires de petite taille et anciens, associés à un type de pêche fortement saisonnier et à une pêche hivernale très réduite.

La crevette grise compte parmi les cinq espèces favorites (en ce qui concerne la valeur) des flottes néerlandaise et allemande. Les chaluts à perche des Pays-Bas et de l’Allemagne, de la catégorie des 12 à 24 mètres de longueur, dépendent presque entièrement des revenus tirés de la crevette grise, tandis que les chaluts à perche danois, s’ils ciblent aussi la crevette grise en premier lieu, pêchent également en partie des poissons plats et ont la possibilité d’opter pour le lançon.

Un marché de plus de 500 millions d'euros contrôlé par deux sociétés hollandaises

Le marché européen est contrôlé à plus de 80 % par deux sociétés néerlandaises, Heiploeg et Klaas Puul, qui achètent environ 30 000 tonnes de crevettes grises par an. La crevette semble constituer une activité profitable pour les transformateurs.

La crevette grise effectue un voyage de deux semaines vers le Maroc, où elle est décortiquée. L’utilisation massive de conservateurs (acide benzoïque, acide sorbique) garantit une plus longue durée de vie du produit.

La Belgique constitue le principal marché de consommation (plus de la moitié du marché européen total pour la crevette grise), suivie des Pays-Bas et de l’Allemagne. Plus de 90 % du marché est formé de crevettes décortiquées. Le premier marché de crevettes non décortiquées est la France, suivie de la Belgique.

Avant l'arrivée des 4 banques, les pêcheurs de crevettes grises de la Mer du Nord s'inquiétaient pour leur avenir. Les deux transformateurs majeurs, Heiploeg et Klaas Puul, se trouvaient en position délicat. "Certains pêcheurs sont inquiets de la durabilité des activités de transformation néerlandaises car les deux leaders n’offrent aucune garantie indiscutable de continuité : HEIPLOEG n’a pas d’actionnaires (elle appartient à un investisseur privé) et KLAAS PUUL est une entreprise familiale mais n’a pas d’héritier dans les affaires."

Sont-ils plus rassurés depuis l'arrivée de ce pool bancaire (qui contrôle dorénavant la principale charnière de la filière) ?

Philippe Favrelière (actualisé le 31 août 2012) avec le concours de l'étude du Parlement européen : La pêche à la crevette grise de la Mer du Nord (2011)

(1) La mer des Wadden s'étend sur 450 kilomètres le long du littoral de la mer du Nord du Helder aux Pays-Bas jusqu'à Esbjerg au Danemark en passant les zones d'estuaires de la côte allemande, couvrant une zone d'environ 10 000 km²).

Autres articles :


Pour aller plus loin...

En France, la crevette grise fait partie de l'histoire !

Sur l’île d’Oléron, La Cotinière a été, dans les années 1970, le premier port crevettier de France. Depuis, la pêche s’est diversifiée afin que le port charentais ne soit plus dépendant d’une seule espèce. Il ne reste donc aujourd’hui plus que six caseyeurs qui pêchent la crevette rose et une petite dizaine de chalutiers seulement à traquer l’été la crevette grise. (Source : Littoral sur France 3)

En effet selon une étude de l’Institut des Pêches Maritimes (l’ancêtre de l’Ifremer) « La pêche des crevettes au chalut et les problèmes de sélectivité » publiée en 1965 :

En Atlantique comme en Manche, les régions riches en crevettes se situent au voisinage des Estuaires : au large de la Gironde, en Loire atlantique et en baie de Seine. Dans chacun de ces secteurs, la production de crevettes grises est de l'ordre du tiers du total des mises à terre qui varient annuellement entre 1 400 et 1 800 tonnes.

Le port de La Cotinière, dans l'île d'Oléron, vient en tête avec des captures dépassant généralement 400 tonnes. Viennent ensuite Saint-Nazaire et Le Croisic, Honfleur, Trouville et Le Havre, puis la région voisine de la baie de Somme avec Le Crotoy, et enfin Dieppe et Boulogne. La pêche des crevettes est également pratiquée, avec des rendements moindres au long des côtes vendéennes, en baie du Mont Saint-Michel et sur la côte est du Cotentin.

Les lieux de pêche de la crevette rose ou « bouquet » sont sensiblement les mêmes. Mais la production annuelle ne dépasse guère 500 tonnes dont près de 70 % proviennent des captures faites au moyen de casiers par les artisans de Saint-Nazaire, du Croisic, de La Turballe et pour de faibles quantités, sur toutes les côtes rocheuses de Bretagne. Le reste (30 %) est pris au chalut dans la région de La Cotinière et de Royan où l'on pêche parfois au casier sur les fonds rocheux littoraux.

Une nouvelle page s'ouvre avec la crevette impériale...

La crevette impériale selon la tradition

Bernard et Sophie Montauzier élèvent des crevettes impériales dans l'Île d'Oléron, ils sont membres de l'Acrima (Association crevette impériale des marais charentais).

«C'est le top de la crevette ! », plaisante, à demi-mot, Bernard quand on lui demande ce qui fait la particularité de la crevette impériale. Bernard et sa femme ont repris l'exploitation familiale depuis 1996 et sont ostréiculteurs à la base. « Mais avec la mortalité qui s'est intensifiée, on a dû se diversifier, on fait maintenant des palourdes, des huîtres et des crevettes impériales. » Avec une production qui atteint 200 kilogrammes par an, la crevette impériale reste une activité de complément pour le couple. Surtout que l'élevage de l'animal grisâtre - qui atteint une vingtaine de grammes - demande un protocole bien particulier, si on veut faire les choses dans les traditions comme Bernard et Sophie.

Protocole

« L'important est de bien travailler la claire afin d'éviter les parasites et les crabes », explique Bernard. L'impériale est un carnivore qui chasse pour se nourrir : « Nous, on ne veut pas les nourrir, alors on utilise un fertilisant biologique qui produit la proie des crevettes qui grandissent en faible densité, une crevette et demi au mètre carré en moyenne. »

La crevette impériale a, en plus, la particularité de très bien s'accorder avec les huîtres dans les claires puisqu'elle limite le développement des algues. Après trois mois, quand la mi-juillet arrive, vient alors le temps de la pêche qui se déroule la nuit. « Je mets le réveil tous les jours à minuit et demi ou 1 heure et je pose des filets dans les claires afin de faire les prélèvements en fonction des demandes. »

Le couple tient absolument à vendre le produit vivant sur les marchés et dans leurs points de vente grâce à des viviers, ce qui a d'ailleurs un côté ludique : « Quand les gens repartent, les crevettes bougent dans leur sac et parfois les clients nous racontent des anecdotes assez marrantes des crevettes qui sautent encore un peu partout dans la cuisine au moment de la cuisson », raconte Sophie.

Suite dans Sud Ouest


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Choisir les crevettes "bouquet" de nos côtes et les crevettes impériales de nos aquaculteurs...

Pêche à la crevette. La campagne est lancée (Le Télégramme)


Début juillet, en rivière de Pénerf, six bateaux mettent leurs casiers à l'eau pour capturer «le bouquet», la grosse crevette rose. Patrick Rival, à bord du Tamouré, aidé par son fils Jérôme, va débuter la campagne en utilisant plusieurs centaines de casiers avec un maillage adéquat pour épargner les jeunes crevettes.

Où posez-vous les casiers ? Nous allons jusqu'à la pointe Saint-Jacques et le Roaliguen.

Où vendez-vous votre pêche ? Nous préférons Lorient, mais plusieurs vont à la Turballe (44).

Votre pêche est-elle suffisante pour faire le déplacement ? Nous avons des viviers proches de nos domiciles où nous stockons nos produits pendant trois jours en attendant une quantité suffisante, et parfois, nous comptons aussi sur la hausse des cours.

Quel est le meilleur mois pour les pêcheurs ? Le mois d'août est le plus intéressant en raison de la demande de la part des estivants. Nous sommes tributaires de la météo et il est bien difficile de dire quelle est la période la plus abondante. Il faut partir avec l'espoir de ramener des casiers garnis.

Que mettez-vous comme appât ? Nous utilisons les tacauds en priorité, avant la sardine.

Vos casiers résistent-ils au mauvais temps ? Ils sont reliés entre eux par des cordes et tenus par une ancre, ce qui leur permet d'être ballotés par les courants.

Crevette bouquet

La crevette bouquet Palaemon serratus est une crevette d'eau de mer, parfois également appelée crevette rose, est une crevette marine de la famille des Palémonidés à la vaste répartition géographique (en France : de la Manche à la Méditerranée). Elle vit de 0 à 60 m de profondeur sur des fonds rocheux, sablo\-vaseux ou dans les herbiers, suivant les saisons et son âge; son régime alimentaire est de nature omnivore.

Les crevettes femelles sont plus grosses que les mâles (15 g contre 7 g). Evidemment, son nom le présuppose, on peut réaliser avec un bouquet de crevettes. Source : Aquaportail

Photographies : crevette bouquet Palaemon serratus (wikipedia)

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Connaissez-vous les gambas de Charente-Maritime ? (France 3 Poitou-Charentes)

Par Elodie Gérard

C'est l'autre star des bassins de Marennes-Oléron : la crevette impériale japonaise... made in Charente-Maritime.

Dans le bassin de Marennes-Oléron, ne poussent pas que des huitres. Des gambas y sont également élevées : il s'agit en fait de crevettes impériales japonaises.

Sur le littoral, les éleveurs ont ouvert leurs portes la semaine dernière afin de faire découvrir aux consommateurs ce produit trop méconnu.

L'impériale, qui se vend sur les étals aux alentours de 38 euros le kilo, se consomme plutôt poêlée, flambée au cognac ou à la plancha.

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La crevette impériale selon la tradition (Sud Ouest)

Bernard et Sophie Montauzier sont les seuls producteurs de crevettes impériales, membres de l'Acrima (Association crevette impériale des marais charentais), dans l'île d'Oléron.

«C'est le top de la crevette ! », plaisante, à demi-mot, Bernard quand on lui demande ce qui fait la particularité de la crevette impériale. Bernard et sa femme ont repris l'exploitation familiale depuis 1996 et sont ostréiculteurs à la base. « Mais avec la mortalité qui s'est intensifiée, on a dû se diversifier, on fait maintenant des palourdes, des huîtres et des crevettes impériales. » Avec une production qui atteint 200 kilogrammes par an, la crevette impériale reste une activité de complément pour le couple. Surtout que l'élevage de l'animal grisâtre - qui atteint une vingtaine de grammes - demande un protocole bien particulier, si on veut faire les choses dans les traditions comme Bernard et Sophie.

Protocole

« L'important est de bien travailler la claire afin d'éviter les parasites et les crabes », explique Bernard. L'impériale est un carnivore qui chasse pour se nourrir : « Nous, on ne veut pas les nourrir, alors on utilise un fertilisant biologique qui produit la proie des crevettes qui grandissent en faible densité, une crevette et demi au mètre carré en moyenne. »

La crevette impériale a, en plus, la particularité de très bien s'accorder avec les huîtres dans les claires puisqu'elle limite le développement des algues. Après trois mois, quand la mi-juillet arrive, vient alors le temps de la pêche qui se déroule la nuit. « Je mets le réveil tous les jours à minuit et demi ou 1 heure et je pose des filets dans les claires afin de faire les prélèvements en fonction des demandes. »

Le couple tient absolument à vendre le produit vivant sur les marchés et dans leurs points de vente grâce à des viviers, ce qui a d'ailleurs un côté ludique : « Quand les gens repartent, les crevettes bougent dans leur sac et parfois les clients nous racontent des anecdotes assez marrantes des crevettes qui sautent encore un peu partout dans la cuisine au moment de la cuisson », raconte Sophie.

Suite dans Sud Ouest
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