mardi 26 juin 2012

Du développement durable à l’économie verte, Rio+20 n’est qu’une grande mascarade !

Du développement durable à l’économie verte...

« La conférence de Rio+20 n’est qu’une grande mascarade », c’est l’avis d’Alexandre Anderson, pêcheur dans la baie de Guanabara et responsable de l’association « Les hommes de la mer » dans l'Etat de Rio-de-Janeiro. Pain de sucre en ligne de mire et aux premières loges du centre de conférence onusien qui a réuni tous les puissants de ce monde, ce pêcheur sait de quoi il parle, lui qui, au péril de sa vie, se bat contre l’avancée inexorable de l’industrie pétrolière...

En 1992, le premier sommet de la terre de Rio était placé sous le signe du développement durable...

En 2012, Rio+20 a signé le départ de l’économie verte…


Reportage paru dans Novethic le 18 juin 2012, au moment où Nicole Bricq perdait sa place de ministre de l'écologie dans le gouvernement Ayrault II, suite à l'affaire du pétrole au large de la Guyane... 


Jadis paradis de la pêche, la baie de Guanabara n'est plus qu'une immense poubelle, dont l'horizon est strié d'infrastructures industrielles et pétrolières. La ville qui accueille Rio+20 ouvre grand ses portes aux investissements peu durables.

Depuis deux ans, Alexandre Anderson ne met plus les pieds dans sa barque. Trop compliqué et surtout trop dangereux. Chez lui, à Magé, petite bourgade au nord de la baie de Guanabara, loin du touristique Pain de sucre et de la plage de Copacabana, ce pêcheur vit sous la protection de deux policiers armés, 24 H sur 24.

Une "faveur" que l'Etat brésilien accorde à quelques courageux militants qui se battent pour la défense des droits de l'homme dans le pays, au péril de leur vie.

Depuis qu'il mène une lutte sans merci contre les installations des grandes compagnies pétrolières qui polluent la baie, ce militant, président de l’association « Les Hommes de la mer », a déjà été victime de six tentatives d'assassinat de la part d'hommes de main à la solde d'entrepreneurs peu scrupuleux. Aucune enquête n'a été ouverte. La municipalité préfère fermer les yeux. Privé de son gagne pain, Alexandre consacre désormais tout son temps à militer pour la survie de la pêche artisanale, dans des conférences ou sur internet.

« Peut-être que je vais mourir sans connaitre 5% de mes ennemis. Les ennemis invisibles, c'est cette entreprise qui veut faire ce chantier ici et gagner beaucoup d'argent, c'est cette entreprise qui exécute un service pour cette autre entreprise et qui a perdu de l'argent à cause de nos manifestations, c'est Petrobras qui voudrait faire de toute la baie une raffinerie », raconte le pêcheur.

Pour les pêcheurs de la baie, la situation a quelque chose d’ironique : Rio qui accueille le sommet sur le futur de la planète est cette même ville qui ouvre grand ses portes à toute une série de mégaprojets dans la ligne opposée au discours officiel sur « l’économie verte ». Rien d’étonnant donc à ce que Rio +20 résonne pour eux comme une grande mascarade.

« L'économie verte pour qui ? Cela favorise seulement le grand capital. Ici il y a des raffineries, des canaux mais où est le développement ? L’hôpital, l’école sont précaires, les routes ne sont pas goudronnées, et personne ne travaille dans le pétrole. On a seulement les répercussions négatives. Quand ils gagnent de l’argent, on gagne la pollution, quand ils construisent une nouvelle raffinerie, on doit déménager pour plus petit....

Néolibéralisme vert

Ou comment multinationales et marchés financiers comptent s’accaparer la nature

Un nouveau sommet des Nations unies sur le développement durable s’ouvre à Rio le 20 juin (Rio+20). Au programme : la mise en place d’une « économie verte », présentée comme une solution à l’épuisement des ressources naturelles et au réchauffement climatique. Ou comment les tenants d’un néolibéralisme vert, les grands groupes privés et les marchés financiers cherchent à s’approprier les biens communs : eau, forêts, biodiversité ou cycle du carbone… Une entreprise prométhéenne pour transformer la nature en bulle spéculative.

Vingt ans après le sommet de Rio de 1992, qui avait jeté les bases du développement durable, la conférence qui s’ouvre au Brésil le 20 juin sera placée sous le signe de « l’économie verte ». Si les attentes sont faibles en termes de résultats concrets, cette conférence dite « Rio+20 » sera le théâtre d’une bataille idéologique cruciale. « Le concept de développement durable exprimait un compromis entre les exigences écologiques de durabilité et celles du développement, rappelle l’économiste Geneviève Azam, coauteure de l’ouvrage La nature n’a pas de prix. Même si ce compromis s’est avéré insoutenable, il devait toutefois engager les sphères économiques, sociales et politiques. » Le discours dominant sur l’économie verte soumet au contraire les choix sociaux, écologiques et politiques aux logiques économiques. « Il exprime un renoncement final à placer la justice sociale et la durabilité au-dessus des logiques économiques de rentabilité. »

Du capitalisme vert au néolibéralisme vert ?

Qu’entend-on exactement par « économie verte » ? Il existe autant de définitions que d’institutions… Dans son rapport de février 2011, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) la définit comme « une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ». Cette économie serait donc « LA » solution à la crise globale que nous traversons. Suite de l'article de Sophie Chapelle dans Bastamag

Photographie tirée de la page de garde du rapport d’ETC Group, "Qui contrôlera l’économie verte". Rapport à télécharger Ici

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Rio+20. Biodiversité, Changement climatique, Economie verte,... Et....

La Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio2012) a réaffirmé le droit universel à l’alimentation, et le besoin de soutenir la petite agriculture et de promouvoir des méthodes de production qui ne nuisent pas à l'environnement, a informé Martin Khor, directeur exécutif de South Centre, dans son dernier article pour Agenda Global.

Il faut « que les pays riches suppriment leurs subventions agricoles, aider les pays en développement avec des programmes qui appuient leurs petits agriculteurs à travers l'accès à la terre, le crédit et la commercialisation, des subventions et des tarifs appropriés, freiner la spéculation avec les matières premières, changer les conditions des accords de libre-échange et promouvoir l'agriculture écologique », écrivait Khor, l'un des 10 panélistes dans le débat sur la sécurité alimentaire et de la nutrition qui s'est tenue dans le cadre de la Conférence de Rio de Janeiro.

Voici l’article de Khor :

L’alimentation dans le feu des projecteurs
Martin Khor*

La sécurité alimentaire et l'agriculture durable ont été l'un des sujets les plus importants lors du récent Sommet de Rio2012. Alors que les négociateurs ont travaillé dur dans une petite pièce pour parvenir à rédiger un texte assez satisfaisant sur ce sujet, dans la salle du plénière une autre discussion plus intéressante sur la sécurité alimentaire et de la nutrition avait lieu, qui a fait partie des Dialogues sur le développement durable organisés par le gouvernement brésilien pour le programme officiel du sommet (les autres ont été la crise financière mondiale, le chômage, l'énergie, les océans, les villes, les forêts et les modes de production et de consommation).

J'ai été l'un des dix panélistes dans ce débat, avec la Première ministre du Mozambique, Luisa Dias Diogo, l'ex-Commissaire des Nations Unies pour les droits humains, Mary Robinson, l'écologiste indienne Vandana Shiva, le fondateur de Slow Food, Carlo Petrini, la vice-présidente de Forum économique mondial, Josette Sheeran, l’académicien brésilien Renato Maluf et divers représentants d'organisations d’agriculteurs.

Avant le dialogue il y a eu des mois de discussion interactive sur Internet, ouverte à tout le monde, et les milliers de personnes qui y ont participé ont proposé des solutions au problème de l’alimentation. Le groupe devait définir quelles étaient les propositions les plus importantes et les envoyer à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement qui aurait lieu quelques jours plus tard.

Les panélistes ont convenu que les petits agriculteurs des pays en développement, et en particulier les femmes, sont essentiels à la fois pour le présent et l'avenir de l'agriculture, donc il est essentiel de leur donner les moyens d'accès à la terre, aux crédits, aux subventions, aux installations de stockage et au transport.

L'expansion des budgets nationaux et l'attribution de l'aide à la petite agriculture ont été définis, par conséquent, comme des priorités, ainsi que le renforcement des organisations d’agriculteurs.

Plusieurs panélistes ont souligné la nécessité d’appliquer des méthodes d'agriculture écologique.

La forte pression de l'agriculture à base de chimie et qui fait un usage intensif de l'eau a été une erreur à cause de l’impact qu'elle a eu sur l'environnement. Elle est même l'une des causes du changement climatique et de la dépendance des petits agriculteurs à acheter des engrais, des pesticides et des semences.

L’endettement des ménages qui en résulte a conduit à plus de 200 000 suicides d’agriculteurs en Inde, a rappelé Vandana Shiva.

Le génie génétique n'est pas non-plus une solution à cause des bouleversements environnementaux qu'il entraîne, des risques qu’il suppose pour la sécurité alimentaire et parce qu’il enlève aux agriculteurs le contrôle des semences. Donc l'approche agro-écologique devrait avoir les possibilités qu’elle n’a pas eu jusqu’à présent et recevoir du financement pour la recherche et la vulgarisation, et un soutien important des organisations internationales afin de démontrer que l'agriculture durable n'est pas seulement bonne pour l'environnement mais qu’elle sert à alimenter le monde.

Robinson et plusieurs autres participants ont souligné que la sécurité alimentaire et de la nutrition sont des droits humains. Par conséquent, les gouvernements devraient assurer à leurs citoyens l'accès à la nourriture. Suite...
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Qui contrôlera l’économie verte ?



ETC Group

Alors que les gouvernements s’apprêtent à consacrer l’Économie verte lors du Sommet Rio+20, ETC Group présente une réévaluation du pouvoir des entreprises et émet un avertissement selon lequel la course pour le contrôle de la biomasse perpétuera plutôt une économie motivée par la cupidité.

Pour télécharger le document, cliquer ETC Group

Problématique

Au cours de la période précédant le Sommet de la Terre (Rio+20) qui se tiendra en juin 2012, la perspective d’une grande transformation technologique débouchant sur une économie verte a été largement diffusée à titre de clé de la survie de notre planète. L’idée maîtresse consiste à substituer l’exploitation de la biomasse (cultures alimentaires et textiles, herbacées, résidus forestiers, huiles végétales, algues, etc.) à l’extraction du pétrole. Les tenants de cette notion entrevoient un avenir sans pétrole où la production industrielle (de plastiques, de produits chimiques, de carburants, de médicaments, d’énergie, etc.) ne dépendra plus des carburants fossiles, mais plutôt de matières premières végétales transformées à l’aide de plateformes de bioingénierie de haute technologie. Plusieurs des principales entreprises et des gouvernements les plus puissants du monde vantent les mérites de l’utilisation de nouvelles technologies – dont la génomique, la nanotechnologie et la biologie synthétique – pour transformer la biomasse en produits à forte valeur ajoutée.

Impact

Les plus importantes réserves de biomasse terrestre et aquatique sont disséminées à travers les pays du Sud, et sont surtout préservées par les paysans, les éleveurs de bétail, les pêcheurs et les habitants de la forêt, dont les modes de subsistance dépendent de ces réserves. ETC Group émet un avertissement selon lequel l'économie basée sur la biomasse occasionnera un accroissement de la convergence du pouvoir des entreprises et déclenchera la plus importante mainmise sur les ressources naturelles jamais observée depuis 500 ans. Les Maîtres du vivant issus du monde entrepreneurial sont sur le point de transformer la nature en biens de consommation selon une ampleur jamais égalée, de détruire la biodiversité et de délocaliser les populations marginalisées.

Acteurs
La course à l’appropriation de la biomasse (ainsi que les plateformes technologiques capables de la transformer) stimule les alliances commerciales et engendre la création de nouvelles constellations du pouvoir des entreprises. Les principaux acteurs comprennent : des géants de divers secteurs industriels – énergie (Exxon, BP, Chevron, Shell, Total), pharmaceutique (Roche, Merck), alimentation et agroalimentaire (Unilever, Cargill, DuPont, Monsanto, Bunge, Procter & Gamble), produits chimiques (Dow, DuPont, BASF) – ainsi que la plus grande puissance militaire au monde, soit l’Armée des États-Unis.

Politique
Devant les changements climatiques, les crises financière et écologique ainsi que la famine omniprésente, les gouvernements prenant le chemin de Rio+20 s’empresseront d’adopter des transformations technologiques (quelles qu’en soient les formes) en espérant que celles-ci permettent d’accoucher d’un plan B politiquement opportun pour la planète. Toutefois, s’il est nécessaire de revoir les façons de faire, il en va de même pour la gouvernance. De nouveaux modèles économiques plus durables sur les plans social et économique sont nécessaires afin de préserver l’intégrité des écosystèmes pour les générations présentes et futures. Des mesures antitrust novatrices et faisant autorité doivent être mises sur pied afin de contenir le pouvoir des entreprises. Les décideurs politiques internationaux doivent combler le fossé actuel entre la sécurité alimentaire, l’agriculture et les politiques climatiques – particulièrement en appuyant la souveraineté alimentaire à titre de cadre global permettant de s’attaquer à ces problèmes. Toutes les négociations doivent être nourries par la participation forte de mouvements sociaux et de la société civile. En l’absence d’une action audacieuse de la part des gouvernements et de l’établissement de nouvelles structures de gouvernance, l’Économie verte risque de se transformer en une économie motivée par la cupidité.

Le contrôle des terres et des mers

La demande en aliments, fourrages et autres formes de biomasse végétale – ainsi que pour les ressources stratégiques telles que les minerais et le bois – stimule la mainmise internationale sur les terres. Le contrôle des ressources aquatiques constitue une autre importante motivation. Les organisations de la société civile ont éloquemment documenté les dangers inhérents à Qui contrôlera l’Économie verte? l’accaparement massif (d’ailleurs en cours) des terres et des eaux à travers le monde (respectivement documentés par l’organisation internationale GRAIN et l’Institut Polaris basé au Canada, par exemple). Bien que les études ne prétendent pas à l’exhaustivité, il est estimé que de 50 à 80 millions d’hectares de terres dans les pays du Sud ont été convoités par des investisseurs internationaux, et que les deux tiers des transactions foncières ont lieu en Afrique subsaharienne.

En 2006, 14 millions d’hectares (soit 1 % du total des terres arables) étaient utilisés à des fins de production de biocarburants. Une étude estime que d’ici 2030, entre 35 et 54 millions d’hectares (soit entre 2,5 et 3,8 % des terres arables) seront dédiés à la production de biocarburants.

L’économie bleue : La biomasse aquatique

Les écosystèmes aquatiques et la bioéconomie

L’ensemble des océans et des autres écosystèmes aquatiques couvre 71 % de la superficie de la planète. C’est pourquoi les aspirants Maîtres du vivant lorgnent de leur côté, en quête de nouveaux sucres et de nouvelles huiles pour alimenter l’économie de la biomasse. D’ailleurs, les États maritimes prônent déjà l’économie bleue, soit l’homologue aquatique de l’Économie verte, où les produits océaniques sont exploités de manière durable afin de soutenir la croissance économique. Les petits États insulaires ne possèdent peut-être pas de grandes superficies de terres, mais certains voient dans leurs littoraux étendus et leurs vastes zones économiques exclusives autant de sites potentiels pour y produire de la biomasse. Comme l’a récemment souligné un représentant des Fidji aux délégués présents lors d’une rencontre préparatoire pour Rio+20, « nous ne sommes pas de petits États insulaires, mais de vastes États océaniques. »

L’économie bleue

La biomasse aquatique (qui se trouve dans les océans, les lacs, les rivières et les estuaires) utilisable à des fins industrielles peut être autant d’origine animale que d’origine végétale. Les poissons, les cétacés (ces derniers étant des mammifères adaptés à la vie océanique, et dont les prises mondiales se chiffrent aux environs de 0,8 à 2 milliards de tonnes par année) de même que les crustacés tels que les crevettes et le krill composent la majeure partie de la biomasse animale aquatique. La partie végétale de la biomasse aquatique est en grande partie composée d’algues macroscopiques et d’algues microscopiques qui sont invisibles à l’œil nu telles que les cyanobactéries. Les plantes halophiles – c.-à-d. tolérantes au sel telles les mangroves ou les salicornes, qui jouissent d’ailleurs d’un intérêt croissant de la part de l’industrie – constituent une autre source de biomasse végétale associée aux eaux salines ou saumâtres. Actuellement, l’industrie de la biomasse aquatique n’est pas unifiée. Trois secteurs industriels sont cependant bien positionnés pour y faire leur entrée : 1) l’algoculture (principalement d’algues macroscopiques); 2) l’aquaculture; et 3) les pêcheries commerciales.

Le secteur des algues macroscopiques et microscopiques

Les entreprises pratiquant la culture des algues macroscopiques et microscopiques constituent les plus importants producteurs de biomasse aquatique. La production commerciale mondiale d’algues est dominée par les algues macroscopiques (99,6 % en termes de masse) et a presque atteint 16 millions de tonnes en 2008, pour une valeur de 7,4 milliards de dollars. Par ailleurs, ce marché croît de 8 % par année. La récolte des algues macroscopiques est répandue, celles-ci étant essentiellement destinées à la production d’aliments (ex. nori et wakamé) ou d’extraits industriels connus sous le nom d’hydrocolloïdes (agents épaississants comme la carragénine, la gomme xanthane et l’alginate). Par contre, le marché des algues microscopiques est encore minuscule, fournissant surtout des ingrédients alimentaires et de la nourriture pour les animaux.

Pour plusieurs raisons, les algues constituent une intéressante source de biomasse industrielle :
• Les algues croissent extrêmement rapidement. Certains varechs peuvent gagner jusqu’à 60 cm par jour; les algues microscopiques peuvent doubler leur masse en une journée.
• Les algues sont une source de glucides (sucres), mais sont exemptes de substances difficiles à dégrader comme la lignine.
• Les algues possèdent un rendement élevé et dense. Des peuplements sauvages d’algues brunes peuvent produire annuellement entre 16 et 65 kg de biomasse par mètre carré. En comparaison, les cultures terrestres les plus productives comme la canne à sucre produisent seulement 6 à 18 kg de biomasse par mètre carré par année
• Les algues microscopiques produisent des huiles de grande valeur qui constituent environ le tiers de leur masse.

Près de 90 % des algues macroscopiques sont cultivées plutôt que d’être récoltées à partir de peuplements sauvages. En 2008, six pays du sud-est de l’Asie assuraient 97 % de toute la production d’algues macroscopiques. La Chine est le plus grand producteur d’algues macroscopiques cultivées (63 % de la production mondiale), où une seule ferme d’algues gigantesque – d’ailleurs visible de l’espace –, située dans la baie de Kiautschou près de la ville de Qingdao, affirme fournir presque la moitié de la production mondiale. Derrière la Chine, l’Indonésie (14 %) et les Philippines (10 %) se disputent la deuxième place. Les autres principaux producteurs incluent la Corée du Sud, le Japon et la Corée du Nord. En dehors de l’Asie, le Chili est le plus important producteur d’algues macroscopiques, suivi de la Tanzanie, du Mozambique et de Madagascar.

Traditionnellement, les producteurs d’algues macroscopiques s’installent près des côtes, ensemencent de longs câbles submersibles avec les espèces désirées, récoltent ensuite les frondes pour enfin les sécher et les traiter sur la terre ferme. Depuis les années 1970, l’US Marine Biomass Program propose de récolter sur de vastes étendues les sargasses flottant en haute mer afin de produire des biocarburants. Dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’investissement, il est également proposé de créer des algocultures en haute mer en utilisant des filets ancrés, des enclos ou des cages. Les défenseurs de l’économie bleue actuelle proposent en outre de jumeler l’algoculture à des fermes éoliennes en haute mer – utilisant les structures des éoliennes pour ancrer les tapis d’algues flottantes

Des biocarburants à base d’algues macroscopiques

Le projet visant à convertir les algues macroscopiques en biocarburants date de longtemps, sans toutefois n’avoir jamais vraiment remporté de succès commercial. Plus récemment, de nombreuses entreprises en démarrage et initiatives cherchent à récolter les algues macroscopiques océaniques dans le but d’en faire du carburant. 

Par exemple :
• En 2007, Mitsubishi Heavy Industries ont proposé un projet de vaste envergure (10 000 kilomètres carrés) au large du Japon consistant à récolter les sargasses à l’aide de filets pour en faire de l’éthanol. Il semblerait que cette initiative soit appuyée par d’autres entreprises dont NEC Toshiba Space Systems, Mitsubishi Electric, IHI, Sumitomo Electric Industries, Shimizu Corporation, Toa Corporation et Kanto Natural Gas Development Company Ltd
• L’entreprise étasunienne de biologie synthétique Bio Architecture Lab (BAL) installe des fermes d’algues macroscopiques au Chili dans le but d’en faire de l’éthanol, un projet auquel collabore l’entreprise pétrolière chilienne ENAP. BAL est également en train de conclure des ententes avec le géant pétrolier norvégien Statoil afin de mettre sur pied une seconde ferme de la sorte en Norvège.
• BAL est également partenaire avec le géant de la chimie DuPont pour transformer les algues macroscopiques en isobutanol (un carburant plus énergétique que l’éthanol).
• Butamax, une coentreprise formée par DuPont et BP, vise à commercialiser des algocarburants.
• En mars 2011, Stolt Nielsen, une importante entreprise de transport maritime, a acquis un nombre non divulgué d'actions dans l’entreprise norvégienne Seaweed Energy Solutions.

Principales entreprises produisant des algues macroscopiques et des hydrocolloïdes

FMC Biopolymer (une filiale de FMC Corporation; États-Unis)
Shemberg Corporation (Philippines)
CP Kelco (une filiale de J.M. Huber Corporation; États-Unis)
Cargill (États-Unis)
Danisco (propriété de DuPont; États-Unis)
Qingdao Gather Great Ocean Seaweed Industry (Chine)
Qingdao Bright Moon Seaweed Industry (Chine)
Compañía Española de Algas Marinas (Espagne)
Kimica Corporation (Japon)
Source : ETC Group

Entreprises investissant dans la conversion des algues macroscopiques en biocarburants

Mitsubishi Heavy Industries (Japon)
DuPont (États-Unis)
BP (Royaume-Uni)
Bio Architecture Lab (États-Unis)
ENAP (Chili)
Statoil (Norvège)
Oil Fox (Argentine)
Seaweed Energy Solutions (Norvège)
Stolt Nielsen (Norvège)
Source : ETC Group

Les algues microscopiques et les biocarburants

Contrairement à l’industrie des algues macroscopiques et des hydrocolloïdes qui est relativement bien développée, l’industrie des algues microscopiques est pour l’instant… disons… microscopique. Les deux principaux débouchés pour les algues microscopiques sont les suppléments pour l’alimentation humaine et animale. Cependant, l’industrie des algues microscopiques est actuellement en pleine expansion en raison de la possibilité de produire des biocarburants à partir de certaines espèces. Les grandes entreprises pétrolières et chimiques telles qu’ExxonMobil, BP, Chevron et Dow Chemical établissent des partenariats avec des entreprises en démarrage produisant des algues microscopiques afin de récolter l’huile naturelle hydrocarbonée de certaines espèces. De nouvelles venues dans le secteur de la biologie synthétique telles que Solazyme, Synthetic Genomics Inc. et Joule Unlimited fondent la totalité de leur plan d’affaire sur les algues microscopiques, car ces dernières croissent rapidement et sont relativement faciles à synthétiser. Même les entreprises du secteur de la biotechnologie agricole prennent part à cette explosion d’intérêt pour les algues microscopiques.

En mars 2011, Monsanto a acquis une participation en capital d’une valeur non divulguée dans l'entreprise Sapphire Energy, chef de file dans le domaine des algocarburants. Dow Chemical, qui collabore déjà avec le producteur d’algues microscopiques Algenol, a signé une entente importante avec Solazyme concernant la livraison de 227 millions de litres d’huile algale qui servira d’isolant électrique pour les transformateurs. Solazyme a déjà conclu des ententes avec Chevron et Unilever pour leur fournir des carburants et des ingrédients alimentaires, de même qu’avec l’US Navy pour lui fournir des biocarburants. Synthetic Genomics Inc. a décroché un contrat très médiatisé de 600 millions de dollars avec ExxonMobil afin de mettre au point des carburants dérivés d’algues microscopiques. Et il s'agit là d'un signe des temps, la seule entreprise d’importance dédiée principalement à la production de souches naturelles d’algues microscopiques, Cellana – issue d’un partenariat entre HR Biopetroleum et le géant pétrolier néerlandais Shell –, a récemment été démantelée par Shell. Cela signifie que la majeure partie des activités dans le domaine des algocarburants dépend de la biologie synthétique et de ses approches. Les entreprises des domaines du traitement des eaux et de l’élevage industriel s’intéressent également à la production d’algues microscopiques, considérant ces organismes comme un moyen de décontaminer leurs effluents tout en générant une valeur ajoutée sous la forme de biocarburants.

Le secteur des pêcheries et de l’aquaculture

Les industries des pêcheries et de l’aquaculture sont de loin celles qui génèrent la plus grande part de biomasse aquatique, dont la majeure partie est destinée à la consommation humaine. En 2009, 145 millions de tonnes de poissons et d’autres animaux marins ont été péchés ou élevés; plus de 80 % de cette biomasse (soit 117,8 millions de tonnes) étaient destinés à la consommation humaine. Le poisson sauvage représente encore la plus grande partie de cette biomasse (90 millions de tonnes), mais l’industrie aquacole a vécu un essor important au cours des 40 dernières années (notamment en ce qui concerne la production de crevette, saumon, poisson-chat et tilapia), affichant un taux de croissance moyenne mondiale de 8,3 % par année (ce taux a récemment chuté à 5,3 %). Les tenants de l’économie bleue envisagent que la prochaine étape consistera à délocaliser l’aquaculture des côtes et des eaux intérieures pour l’implanter en haute mer. À cette fin, plusieurs entreprises sont actuellement en train de mettre au point et de tester de grandes cages à poissons destinées pour le large. Ces cages sont ancrées aux fonds marins ou transportées par les courants pendant que les poissons passent de l’état juvénile à l’âge adulte.

D’autres proposent encore de jumeler l’élevage de poissons en haute mer à d’autres usages; l’établissement de maricultures autour des plateformes éoliennes en mer, où les poissons en cage et les algues peuvent être récoltés en même temps que l’énergie du vent constitue un exemple de cette stratégie. Des investisseurs à l’esprit libertarien voient ces cités flottantes situées en dehors des zones économiques exclusives comme les sites d’établissement de nouvelles sociétés capitalistes qui exerceront différentes activités extraterritoriales : services bancaires, stockage de données ou tourisme médical.

Entreprises productrices de biocarburants à base d’algues microscopiques
Voir la liste page 34

Les produits de la mer comme source de biomasse

La récolte de biomasse terrestre pour produire des biocarburants ou de la bioénergie concurrence les besoins alimentaires humains. Or, et il en va de même avec l’exploitation de la biomasse marine qui vise la production de carburants ou d’énergie. Bien que l’intérêt pour la biomasse aquatique dans la perspective d’en faire des carburants et des produits chimiques se concentre sur les végétaux, il existe des précédents historiques montrant qu’il est possible d’utiliser des poissons ou d’autres animaux marins comme sources de biomasse industrielle. Avant l’avènement du pétrole et du kérosène, l’huile extraite des baleines et des poissons était la principale source de carburant liquide pour les besoins en éclairage et en chauffage. Plus récemment, la farine de poisson a été vendue pour divers usages, dont l’alimentation animale et la production de fertilisants (l’huile étant un sous-produit de la farine de poisson, elle est utilisée en guise de carburant pour faire sécher la farine au cours du procédé). Selon un spécialiste de la biomasse aquatique, chaque kilo de résidus de poisson peut être converti en un litre de biodiésel. Plusieurs entreprises de produits de la mer cherchent actuellement à transformer les déchets de poisson en carburant. En 2006, le producteur vietnamien de poissons-chats Agfish a fait part de son intention de construire une usine capable de convertir 10 000 tonnes de poissons-chats en11 millions de litres de biodiésel par année. De son côté, LiveFuels Inc., une entreprise en démarrage basée à Silicon Valley, veut capturer les poissons retrouvés dans les zones mortes océaniques comme celle retrouvée dans le Golfe du Mexique. Son objectif consiste à bâtir des cages dans les zones du Golfe affectées par les efflorescences algales (engendrées par le ruissellement des fertilisants et d’autres sources de pollution), et à remplir celles-ci avec des carpes, des tilapias ou des sardines. Les poissons en cage se nourriront des algues en excès et cette méthode produira théoriquement 28 000 kg de poissons par hectare qui pourront être transformés en farine de poisson et en biocarburant (une stratégie ingénieuse quoique discutable de capitaliser sur la pollution chimique).
Pour télécharger le document, cliquer ETC Group


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Le 10 août 2012

 
Cet article tente de découvrir ce qui se cache derrière les propositions de l’« économie verte ». Il constitue le chapitre d’introduction du Compendium de l’économie verte qui a été rédigé sur la base d’une position commune pour RIO+20 et a fait l’objet d’une publication collective en espagnol par GRAIN, Alianza Biodiversidad, World Rainforest Movement (WRM) et les Amis de la Terre Amérique latine et Caraïbes (ATALC).

Nous vivons des temps difficiles. L’humanité de même que la planète sont submergées dans une trame de crises diverses qui semblent s’aggraver ou s’enraciner de plus en plus. La crise climatique se greffe à une crise environnementale plus générale, et conséquemment à la crise économique toutes deux s’aggravent. En même temps, ceux qui détiennent le pouvoir de déterminer de possibles cours d’action nationale et internationale se montrent incapables d’identifier des solutions réelles. Les négociations internationales tournent autour de fausses promesses de solutions, enclavées dans une atmosphère complaisante et auto trompeuse nous rappelant l’habit de l’empereur : nous avons devant nous la preuve nue que les crises sont graves lorsqu’elles sont menées à l’extrême. Cependant, les applaudissements ne se font entendre que pour un manteau de solutions qui ne sont pas réelles.

Contrairement à ce qui se passait il y a 10 ans, plus personne ne peut déclarer une absence de preuves ou de connaissances au sujet de la crise climatique et de la crise environnementale. Des milliers d’organisations, d’activistes et de scientifiques se sont dévoués et ont investi des efforts de tout genre pour créer une conscience auprès de la société et des autorités. L’évidence scientifique et pratique est si accablante que toute tentative de les ignorer se bat en retraite. Par moments, il est difficile de se rappeler qu’il n’y a pas très longtemps nous formions un monde où tous les gouvernements et entrepreneurs refusaient de reconnaître la crise climatique ou, en termes plus généraux, la crise environnementale. Pendant que le réchauffement et la détérioration avançaient de façon fulminante, les gouvernements agissaient peu ou pas et les entreprises souhaitaient qu’on agisse encore moins. Néanmoins, une conscience au sujet du problème a tranquillement pris naissance. Aujourd’hui, les appels lancés pour que l’on prenne soin de notre planète se font entendre partout, de l’ampoule à économie d’énergie dans chaque foyer jusqu’aux immeubles corporatifs non polluants. Nous sommes entourés d’exemples sur la façon de nous responsabiliser pour la crise et d’aider à la résoudre….

(...)

Ce n’est pas une conspiration. C’est le sens de l’occasion…

L’économie de la destruction

Quels sont les paris que font aujourd’hui les grandes corporations avec l’appui de la majorité des gouvernements devant ce futur incertain, mais prometteur ?

Accaparer ce qui reste

La destruction a, bien sûr, des limites. Quelque part, à un certain niveau ou condition, que nous méconnaissons toujours, il y aura une limite où le mal fonctionnement du climat ou de l’ensemble des écosystèmes cessera d’être une bonne affaire et deviendra un problème incontournable, même pour les grands propriétaires du grand capital et pour le fonctionnement des affaires. C’est pour cela qu’il est nécessaire de compter avec des stratégies complémentaires….

Mains libres pour les uns, boulets pour le reste

La logique de la pénurie et de la destruction favorise les possibilités d’affaires, mais elle n’apporte pas de clarté aux calculs à long terme. Au contraire, elle les rend encore plus incertains. Que peut-on détruire et combien sans causer une débâcle qui puisse aussi affecter les affaires? Jusqu’où peut-on s’assurer que les souffrances qu’amènera sans doute la crise climatique ne mènent pas à des mécontentements sociaux qui altèrent tout? Qu’arriverait-il si les processus d’expulsion et d’exclusion provoquaient des explosions sociales? L’incertitude économique, l’incertitude physique, l’incertitude biologique et l’incertitude sociale s’additionnent et s’exacerbent les unes aux autres….

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Le 15 mai 2013
 
Un commerce vert est un impératif au développement durable

Le rapport du PNUE démontre que la promotion de l'économie verte dans six secteurs clés permet de créer de nouvelles opportunités commerciales

Cliquer Ici ou pour accéder au dossier "Green Economy" du Pnue

Source : PNUE /UNEP

Rendre le commerce international plus écologique représente une étape essentielle afin d'atteindre le développement durable, et les pays en développement (PED) sont bien placés pour aider à promouvoir cette transition, selon un nouveau rapport diffusé aujourd'hui par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE).

« Aujourd'hui, dans un monde de plus en plus interconnecté où des milliards de dollars en biens et services sont échangés chaque année, rendre le commerce international plus écologique présente toujours des défis, mais offre également des opportunités considérables », a déclaré Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE. « Si nous voulons inverser le déclin de la biodiversité à l'échelle planétaire, réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), mettre un terme à la dégradation des terres et protéger nos océans, il est impératif que le commerce international devienne plus durable et contribue à la protection du capital naturel des économies du monde en développement ».

Au cours des deux dernières décennies, le commerce n'a cessé de s'élargir, favorisant ainsi la croissance économique et le progrès et permettant d'éradiquer la pauvreté dans les PED. Dans le même temps, toutefois, l'augmentation du volume des échanges a exercé une pression supplémentaire sur les ressources naturelles, entraîné l'accroissement des émissions de GES et contribué aux inégalités sociales.

La structure du commerce international montre que les PED, et en particulier les pays les moins avancés (PMA), dépendent toujours largement des produits basés sur les ressources naturelles et des matières premières pour leurs exportations. Toutefois, afin d'atteindre un développement économique durable à long terme, les PED doivent saisir les opportunités tangibles et réelles qui leur permettront de diversifier leur économie et de se positionner de manière à tirer parti de la demande globale croissante pour des produits et services plus écologiques.

Bien qu'il ne représente encore qu'une faible part du marché international, le commerce de produits certifiés et de biens et services environnementaux est en hausse en termes absolus. Par exemple, le marché mondial des technologies à basse émission de carbone et à haut rendement énergétique, qui comprend les produits innovants dans le domaine de la fourniture d'énergie renouvelable, devrait presque tripler pour atteindre 2,2 milliards de dollars US d'ici à 2020.

Le rapport intitulé « L'économie verte et le commerce ? tendances, défis et opportunités », constate que les PED disposant d'abondantes ressources renouvelables sont bien placés pour exploiter les opportunités leur permettant d'augmenter leurs parts de marché dans le commerce international des biens et services durables.

Le rapport fait l'analyse de six secteurs économiques (agriculture, pêche, forêts, manufacture, énergies renouvelables et tourisme) dans lesquels les débouchés commerciaux existent, et identifie les mesures, telles que les réformes politiques et la certification, pouvant aider les PED à tirer parti de ces marchés.

Cliquer Ici pour télécharger le rapport "Green Economy and Trade : Trends, Challenges and Opportunities", le Rapport du PNUE sur L’économie verte et le commerce – tendances, défis et opportunités
Green Economy and Trade / Chapter 3 Fishery and Aquaculture

Cliquer Ici pour télécharger le chapitre consacré à la pêche et l'aquaculture

Extrait....

3.2.2 Trade and fisheries

Fish and fish products are the most extensively traded commodities in the food sector. As shown in Figure 3, approximately 40 per cent of fish output is traded internationally (FAO 2012a). Furthermore, fishery exports are increasing significantly. The share of total fishery production exported in the form of various food and feed items rose from 25 per cent in 1976 to about 38 per cent or 57 million tonnes in 2010. In the same period, world trade in fish and fish products grew significantly also in value terms, rising almost thirteenfold from US$ 8 billion to US$ 102 billion. In 2011, despite the economic instability experienced in many economies, increasing prices and strong demand in developing countries pushed trade volumes and values to the highest levels ever reported. Despite some softening in the second half of the year, preliminary estimates indicate that in 2011 exports exceeded US$ 125 billion (FAO 2012a).

Due to the high perishability of fish products, 90 per cent of trade in terms of quantity (live weight equivalent) comprises processed products such as frozen food and prepared and preserved fish (FAO 2012a).

Even if not comparable with volumes of fish traded for consumption, there is also considerable trade in aquarium or ornamental fish and supplies. An estimated one billion ornamental fish are exported annually (Dykman 2012). The world export value in 2010 was over US$ 350 million. The main exporting countries include Singapore, Malaysia and Thailand. Brazil and Columbia are also significant exporters. The main importing countries include Germany, Japan, Singapore, the US and the UK. The figures for Singapore also include re-export, from imports from all surrounding countries (Ploeg 2013).


Trade in fish products can play a key role in the growth strategies of many developing countries. In particular, fish trade represents a significant source of foreign currency earnings. Developing countries’ net exports of fish products have been increasing rapidly in recent years. There was a seven-fold increase from 1980 to 2010 – from US$ 3.7 to 27.7 billion. Fish exports of US$ 27.7 billion represented twice the value of exports of other key commodities such as coffee from the same group of countries. In 2010, 48 per cent of fish consumed in developed countries was imported from developing countries. This share has increased by 10 per cent between 2000 and 2010, and is expected to further rise in the near future due to the steady demand in developed countries coupled with a declining domestic fish production (FAO 2012a).

Remarque personnelle....

Commerce vert = Plus on commerce et plus on éco-labellise...

La pêche d'espèces sauvages déjà certifiée ou en cours d'évaluation complète enregistre des captures annuelles de près de 18 millions de tonnes métriques de fruits de mer. Cela représente environ 17% de la capture annuelle mondiale dans le secteur de la pêche d'espèces sauvages, et la demande dépasse largement l'offre. De plus, la valeur totale de fruits de mer d'élevage conformément aux normes de durabilité certifiées devrait atteindre 1,25 milliard de dollars US d'ici à 2015, comparé à 300 millions de dollars US en 2008.
 
Certaines des tendances relevées dans ce rapport illustrent ci-dessous ce potentiel dans les secteurs étudiés :

Agriculture : le marché mondial des aliments et boissons biologiques devrait s'accroître et atteindre 105 milliards de dollars US d'ici à 2015, par rapport à une valeur totale de 62,9 milliards de dollars US en 2011. Ainsi, la production de thé respectant les normes en matière de durabilité a augmenté de 2 000% entre 2005 et 2009.

Pêche et aquaculture : la pêche d'espèces sauvages déjà certifiée ou en cours d'évaluation complète enregistre des captures annuelles de près de 18 millions de tonnes métriques de fruits de mer. Cela représente environ 17% de la capture annuelle mondiale dans le secteur de la pêche d'espèces sauvages, et la demande dépasse largement l'offre. De plus, la valeur totale de fruits de mer d'élevage conformément aux normes de durabilité certifiées devrait atteindre 1,25 milliard de dollars US d'ici à 2015, comparé à 300 millions de dollars US en 2008.

Forêts : au début 2013, la surface totale de forêts certifiées à travers le monde s'établit à près de 400 millions d'hectares, ce qui représente environ 10% des ressources forestières mondiales. Les ventes de produits ligneux certifiés totalisent plus de 20 milliards de dollars US par an.

Industrière manufacturière : de nombreux fournisseurs rendent leurs pratiques plus écologiques dans le but de sécuriser leur positionnement au sein des chaînes d'approvisionnement internationales. Cette démarche est illustrée, par exemple, par une hausse de 1 500% du nombre de certifications ISO 14001 à l'échelle mondiale dans la gestion de l'environnement entre 1999 et 2009.

Énergies renouvelables : depuis 1990, la croissance mondiale annuelle des capacités d'approvisionnement en panneaux photovoltaïques, énergie éolienne et biocarburants représente en moyenne respectivement 42, 25 et 15%. En 2010, les investissements dans la fourniture d'énergies renouvelables ont atteint 211 milliards de dollars US, soit cinq fois plus qu'en 2004, et plus de la moitié de ces investissements ont été réalisés dans les PED. Les PED ont considérablement augmenté leurs exportations d'équipements destinés à l'exploitation des sources d'énergie renouvelables tels que les panneaux photovoltaïques, les éoliennes et les chauffe-eau solaires, tout en élargissant leur potentiel afin d'exporter l'électricité issue de sources renouvelables.

Tourisme : en 2012, le nombre de touristes internationaux a pour la première fois atteint un milliard par an. Dans les PED, la part de marché dans cette industrie est passée de 30% en 1980 à 47% en 2011 et devrait atteindre 57% d'ici à 2030. Le sous-secteur connaissant la croissance la plus rapide dans le domaine du tourisme durable est l'écotourisme, qui est centré sur les activités liées à la nature. De nombreux PED disposent d'un avantage comparatif dans le secteur de l'écotourisme du fait de leurs environnements naturels, leur patrimoine culturel et les possibilités de circuits d'aventure.

« Le passage à une économie verte peut ouvrir la voie à de nouveaux débouchés commerciaux, qui à leur tour permettront de rendre le commerce international plus durable », a déclaré M. Steiner. « Dans le même temps, le commerce de biens et de services environnementaux est manifestement un domaine dans lequel de nombreux PED possèdent un avantage concurrentiel. Grâce à la mise en place de politiques et régimes tarifaires adaptés, les PED sont bien placés pour encourager la transition mondiale vers une économie plus durable ».

Le rapport identifie plusieurs domaines dans lesquels des mesures publiques et privées peuvent contribuer à soutenir les efforts des PED afin d'accéder à des marchés plus écologiques sur le plan international, à savoir :

Investissements publics dans les infrastructures économiques majeures, l'assistance technique, les programmes d'éducation et de formation ciblés, et l'accès à des ressources durables, telles que l'électricité issue de sources d'énergie renouvelable.

Instruments basés sur les marchés, notamment l'élimination de subventions qui encouragent la production, la consommation et le commerce non durables, et des politiques tarifaires qui prennent en compte les coûts réels de production et de consommation, tant aux plans environnemental que social.

Cadres réglementaires qui soutiennent les industries vertes et intègrent les enjeux du développement durable dans les plans de développement nationaux et les stratégies de promotion des exportations.

Méthodes de production à faible consommation d'énergie et de ressources afin d'assurer la compétitivité à long terme sur les marchés internationaux.

Instances régionales et multilatérales pouvant permettre la libéralisation du commerce de biens et services environnementaux, la suppression de subventions néfastes pour l'environnement, et offrir des possibilités d'action collective en vue de relever les défis environnementaux et sociaux à l'échelle mondiale.

Créer des opportunités commerciales durables peut impliquer que les fournisseurs doivent se conformer à un nombre croissant d'exigences environnementales et sociales. Lors des préparatifs de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), plusieurs pays ont fait part de leurs inquiétudes à l'égard des difficultés d'accès aux marchés d'exportation en raison de la complexité des régimes de réglementation. En outre, le respect des exigences peut se révéler onéreux, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.

C'est pour ces raisons que le soutien de l'État et du secteur privé est nécessaire afin d'aider les entreprises à rendre leurs production et chaînes d'approvisionnement plus écologiques. De plus, la coopération en matière de réglementation, l'assistance technique et financière et le renforcement des capacités seront déterminants si les PED souhaitent exploiter les nouvelles opportunités offertes par le commerce vert.

Le PNUE, dans le cadre du Projet sur l'économie verte et les opportunités commerciales commerciaux (GE-TOP en anglais), vise à identifier les politiques et mesures qui permettraient aux PED de relever les défis et répondre à la demande d'exportation de biens et services durables.

Suite à ce rapport, qui représente la première grande réalisation dans le cadre du GE-TOP, le PNUE passe à la deuxième phase de mise en ?uvre du projet. En réponse aux appels lancés à Rio+20 pour davantage d'actions de la part de la communauté internationale, le PNUE fournira aux PED une assistance spécifique au secteur par le biais d'un processus inclusif de consultation des parties prenantes pour qu'ils saisissent les opportunités offertes par la transition vers une économie verte.

Note aux rédacteurs :

Ce rapport a été rédigé grâce au soutien inextinguible de la Commission Européenne, laquelle contribue à la réalisation du programme de travail du PNUE tel qu'à travers ce projet par le biais d'un accord de coopération stratégique avec la DG Environnement sous le programme thématique pour l'environnement et la gestion durable des ressources naturelles, dont l'énergie (ENRTP). 

Pour télécharger une copie du rapport ou pour obtenir plus d'informations sur le Projet sur l'économie verte et les débouchés commerciaux du PNUE, consulter le site suivant : www.unep.org/greeneconomy

Pour plus d'informations, contacter :

Nick Nuttall, Directeur des communications et porte-parole du PNUE

Tél. : +41 795 965 737 ou +254 733 632 755, e-mail : nick.nuttall@unep.org

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