mardi 19 juin 2012

Un océan de méduses, l’apocalypse selon Philippe Cury !


Philippe Cury, chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) estime que les mers bientôt vidées de leurs poissons, seront des océans de méduses... Dans le NouvelObs du 19 juin 2012 : Rio+20. Y aura-t-il encore du poisson en 2030 ?

Philippe Cury est un disciple de l'école de Daniel Pauly, responsable du programme "Sea Around Us" de l'Université de Colombie-Britannique (Canada Pacifique). Ces deux scientifiques expliquent que la pêche contemporaine nous entraine tout droit vers des océans sans poisson, des océans peuplés uniquement de méduses... (comme tente de montrer la carte ci-dessous)


Les méduses, le cauchemar des professionnels du tourisme…

La parade à l’invasion de méduses : Jellywatchfr (des bulletins d'alerte pour les plages de la Côte d'Azur)
Prédire l'arrivée des méduses sur les plages comme on établit un bulletin d'alerte météo, les chercheurs de l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) s'y emploient. Nom de code ? "Jelly Watch".

Anticiper les allers et venues de la méduse star de Méditerranée, Pelagia noctiluca - un cnidaire urticant - s'avère très compliqué. "C'est un carnivore supérieur. Pour appréhender son comportement, il faut appréhender toute la chaîne alimentaire", explique Lars Stemman, maître de conférences à l'université Paris-VI, qui étudie le zooplancton de la baie de Villefranche-sur-Mer. Un travail titanesque : l'Observatoire océanologique détient des collections d'échantillons prélevés deux fois par jour depuis 1966.

Le biologiste se garde toutefois d'affirmer qu'il y a de plus en plus de méduses en Méditerranée. Il rappelle les travaux de Jacqueline Goy, grande spécialiste des cnidaires au Musée national d'histoire naturelle, qui ont montré que ces animaux évoluent sur des cycles de douze ans environ. M. Stemman confirme que ces dernières décennies ont vu le nombre de méduses croître et décroître à peu près sur ce rythme.

Sauf que depuis les années 2000, Pelagia noctiluca ne quitte plus les côtes de Méditerranée occidentale. Le biologiste ne croit pas à une invasion massive : la Méditerranée serait, selon lui, une mer trop pauvre en zooplancton pour un développement massif des cnidaires. Sauf dans les lagunes ou les étangs côtiers.

«La pollution attire davantage les méduses»

La principale cause de l'arrivée des méduses est l'orientation des courants marins qui les rabattent, ou non, vers les côtes. La température de l'eau a également un impact important : une eau chaude favorise le développement des méduses Pelagia Noctiluca. Plus l'eau est chaude, plus les méduses arrivent rapidement à maturité sexuelle et, par conséquent, se reproduisent vite. Au lieu d'attendre 1 an, certaines le font au bout de 6 ou 8 mois.

Autre facteur pointé du doigt par les spécialistes, la pollution de l'eau : «la pollution attire effectivement davantage les méduses mais de manière indirecte, explique Floriane Delpy, doctorante spécialisée en écologie des méduses à l'Institut Méditerranéen d'Océanologie (qui travaille sur cette étude dont l'objectif est d'arriver, à terme, à prévoir l'apparition de ces gélatineux mal-aimés). «Actuellement rien ne permet de prévoir avec certitude l'arrivée des méduses, explique la scientifique. Néanmoins, plusieurs facteurs apportent déjà quelques pistes de réponse».

Les méduses se nourrissent principalement de petits crustacés, qui eux, s'alimentent avec les algues générées par les substances polluantes comme les engrais agricoles». La pollution procure donc plus de nourriture aux méduses et elles sont donc présentes en plus grand nombre dans les eaux les plus sales.

Gênantes mais pas néfastes: comme tout organisme vivant dans un milieu biologique riche, les méduses ont un rôle à jouer dans l'écosystème. La pêche industrielle fait en effet disparaître une grande partie des stocks de petits poissons, comme les sardines. Les scientifiques ont récemment compris que les méduses se nourrissaient de la même chose que ces petits poissons et que leur présence permet donc de réguler le nombre de certains autres organismes. Sans elles, ces petits crustacés prolifèreraient de manière importante et le déséquilibre biologique serait encore plus important.


Autres articles :

Pour aller plus loin...

Méduses : les villes les plus touchées de l’été 2012 (Figaro Nautisme)

Antibes, Hyères et La Rochelle font parties des villes préférées des méduses de cet été 2012 selon l’enquête de La Chaîne Météo.
Comme chaque été depuis 2009, La Chaîne Météo informe les baigneurs de la présence, ou non, de méduses sur les plages métropolitaines. Tout au long des vacances scolaires, du 1er juillet au 31 août 2012, les plages de 75 villes côtières ont été observées par un réseau de correspondants à l’affut du moindre tentacule sur les trois bassins : Manche, Atlantique et Méditerranée.

Le trophée de la ville côtière la plus «médusée» de France revient cette année à Antibes, avec un total de onze jours de méduses observés par les correspondants au cours du mois de juillet. La ville reste en haut du classement pour le mois d’août, même si les méduses ont affiché un léger retrait avec sept jours de présence. La Méditerranée, et plus particulièrement la côte d’azur, reste le terrain de nage de prédilection de ces gélatineux mal-aimés : sept jours de méduses ont été dénombrés à Nice, Hyères et Saint-Raphaël en juillet. Les aoûtiens auront repéré plus de méduses à Saint-Jean-Cap-Ferrat, La Ciotat, Cannes et Argelès-sur-Mer que les juilletistes (quatre jours pour ces villes). Si une multitude de facteurs déclenchent l’arrivée des méduses, deux d’entre eux semblent avoir une importance particulière: «l’orientation des vents et des courants marins joue un grand rôle en les rabattant, ou non, vers les côtes, affirme Floriane Delpy, doctorante spécialisée en écologie des méduses à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie». La température de l’eau a également un impact certain, à l’instar de ce qui s’est passé l’été dernier en Méditerranée : une eau chaude favorise le développement des méduses Pelagia Noctiluca que l’on trouve en Méditerranée.

Rappelons que la Méditerranée a affiché cette année une véritable «surchauffe» de l’eau, avec des valeurs comprises entre 25 et 28°C, lesquelles ont alterné avec des coups de froid liés au mistral et à la tramontane. Autre facteur pointé du doigt par les écologistes, la pollution de l’eau : «la pollution attire effectivement davantage les méduses mais de manière indirecte, explique Floriane Delpy. Les méduses se nourrissent principalement de petits crustacés, qui eux, s’alimentent avec les algues générées par les substances polluantes comme les engrais agricoles».

Les physalies, quasiment absentes de l’été 2012

Moins concerné, l’arc atlantique affiche des chiffres plus réduits : cinq jours de méduses observés à La Rochelle en juillet contre deux en août, quatre jours de présence constatée à Saint-Nazaire et Biarritz en juillet, et cinq jours pour Le Pornichet en août (contre deux en juillet). Cette saison estivale 2012 aura été marquée par l’absence quasiment totale d’un envahisseur très redouté sur les plages de l’océan atlantique, et ce, malgré des conditions météo propices à plusieurs reprises : la physalie. De coloration fluorescente, avec des tentacules pouvant atteindre plusieurs mètres de long, la physalie est une espèce proche des méduses. Elle loge le plus souvent dans les mers tropicales, au large du Portugal entre autres, et remonte parfois sur les côtes françaises lors d’épisodes de vent d’Ouest fort. Ses brûlures sont particulièrement douloureuses et peuvent entraîner de graves malaises allant jusqu’à la mort. Quelques rares individus isolés ont été repérés tardivement, en fin de semaine dernière à Concarneau et Glénan dans le Finistère, sans avoir occasionné de brûlures. En juillet 2011, les plages de Lacanau avaient dû être fermées au public une semaine pour cause de physalies.

Le littoral de la Manche n’aura visiblement pas attiré les méduses cette année, pour le plus grand bonheur des touristes. Arzon, dans le Morbihan, est l’une des rares communes à avoir été occupée par de grosses méduses inoffensives trois jours en juillet comme en août.


Depuis quelques jours, l'association « Mer et littoral» a enregistré plusieurs signalements d'une variété de méduses particulièrement urticantes : la physalia physalise, à Concarneau (29) et au niveau de l'archipel des Glénans (29). Comme le rapportent nos confrères du Télégramme, cette espèce tropicale est reconnaissable à sa forme, un flotteur à l'extrémité pointue prolongé par de longues tentacules et à sa couleur, dans les tons bleu-mauve. Une des bénévoles de l'association évoque des risques de brûlures voire d'arrêt cardiaque. Depuis trois ans, «Mer et littoral » dirige un programme de signalement de méduses via son site internet. A consulter en cas de nécessité.

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Une mer sans méduses grâce à une bouée high-tech

Source : Tom’s Guide

Se faire piquer par une méduse est le risque encouru lors d’une baignade à la mer. Certaines espèces peuvent s’avérer mortelles pour l’homme, ce qui a emmené un groupe de designers à concevoir un dispositif spécial comme Ocean Guard.

Ocean Guard est un dispositif flottant qui permet d’éloigner les méduses du lieu de baignade. C’est un moyen de protection fiable afin d’éviter les mauvaises surprises comme une piqûre. Il se présente en une tige verticale entourée d’une bouée de sauvetage. Cela lui permet de flotter tout en restant visible depuis la plage, pour faciliter le travail des sauveteurs. Produit innovant et d’une grande utilité, il suffit de les placer autour de la zone concernée. Ocean Guard émet des ondes sonores à basse fréquence, tenant ainsi les méduses à l’écart.

Le concept a remporté un prix IDSA. On le doit aux designers Bao Haimo, Dong Kang-Woo, Jung-Hoon Yang Kyung-Chan Han, Kyung-Rok Kang, Kyung-Hong Kim et  Jeon Minji.

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Le 17 janvier 2013

Menu de surpêche : « Mange tes méduses ! »

Avant la livraison « Mange tes méduses ! » en mars 2013, Philippe Cury nous met l'eau à la bouche et dévoile sa recette de méduses : Soupe gélatineuse d’insipides méduses peu appétissantes !

Si cette recette à la surpêche ne vous convient pas, vous pouvez toujours prendre la formule de Cathy Lucas beaucoup moins gélatineuse : Jellyfish Experts Show Increased Blooms Are a Consequence of Periodic Global Fluctuations. Selon Cathy Lucas de l’Université de Southampton, il n’y a pas plus de méduses qu’avant. Aucun lien avec la surpêche, plutôt avec des facteurs environnementaux. Pas de preuve tangible que les méduses aient augmenté au cours des deux dernières décennies.

Surexploitation des océans : bientôt des méduses dans nos assiettes ?


Selon le spécialiste mondial basé à Sète Philippe Cury, si l’homme continue à surexploiter les océans, ils deviendront une soupe gélatineuse peu appétissante.

L’océan, garde-manger du futur. Cette immense soupe salée où vit la dernière ressource sauvage, peut générer de quoi nourrir l’humanité en produisant 100 millions de tonnes de poissons. A condition qu’on la renfloue : la pêche industrielle a vidé les mers de la moitié de sa biomasse en un siècle.

Claire Nouvian se bat avec un inébranlable optimisme. Désignée en décembre "Femme en Or de l’environnement pour 2013", directrice de l’ONG Bloom, elle est l’auteur, en 2011, d’une étude affolante : 90 % des cantines françaises proposent du poisson de fond, au bord de la disparition. Or on peut se passer de l’informe hoki de Nouvelle-Zélande ou des “saumonettes” (qui regroupent plusieurs espèces, dont le... requin en voie d’extinction). Pire, la plupart des espèces se sont nanifiées, faute d’avoir eu le temps de grandir.

"S’habituer à manger des trucs dégueulasses" Philippe Cury, directeur de recherche à l’IRD

La solution ? Manger davantage que la dizaine d’espèces exploitées dans le monde par l’industrie agroalimentaire et limiter la viande dont le coût environnemental est intenable, notamment en eau. Déjà utilisés en Afrique pour lutter contre la malnutrition, les produits de la mer, comme les algues, sont, eux, une vraie alternative.

Directeur de recherche à l’IRD (institut recherche et développement) à Sète (Hérault), Philippe Cury n’a de cesse de militer contre l’expansionnisme de l’homme. Il prône la gestion raisonnée des stocks comme en Alaska, en Afrique du Sud ou en Nouvelle-Zélande.

Une pêche artisanale qui doit reprendre toute sa place

Et défend la primauté d’une pêche artisanale qui doit reprendre toute sa place. Sinon, il faudra "s’habituer à manger des trucs dégueulasses, maugrée le scientifique. Ingurgiter du merlu à la place de la lotte et surtout des... méduses", espèce qui a survécu à toutes les avanies écologiques. La morue ? Du luxe ! Sans parler de l’esturgeon ou du requin dont trois espèces sur cinq ont vu leur population chuter de 99 % en Méditerranée !

A défaut de poissons, des méduses dans l'assiette...

Des océans de plus en plus gélatineux, c’est la thèse de l’iconoclaste Philippe Cury qui publiera en mars 2013 un essai provocateur, justement intitulé Mange tes méduses ! Même s’il ne croit pas vraiment qu’au pays de la gastronomie, on se contente d’un mets translucide, sans saveurs et rempli de "flotte", la perte de biodiversité peut aller très vite.

Et nous jeter en quelques années ces bestioles en nombre dans l’assiette. Philippe Cury précise : "92 % des espèces sont surexploitées en Méditerranée et 30 au niveau mondial."

Outre les méduses, calamars géants, poulpes, carpes chinoises et certains bivalves pourraient être aussi régulièrement au menu. Pour déjouer ce scénario-catastrophe, il faut faire des choix. Vite.

Peut-être se contenter d’espèces moins nobles : sardine, anchois, maquereau. Problème, cette biomasse est, elle aussi, surexploitée - avec 37 % des captures mondiales, c’est le moteur des écosystèmes marins - mais pas pour nourrir l’homme. En majorité, ces poissons sont transformés en farine pour l’alimentation animale, cochons et poulets, en tête.

Les méduses à la place des sardines

Il faut aller voir plus loin pour comprendre l’abîme. Mer de Bohai, en Chine, mer du Japon ou en Namibie, où 12 millions de tonnes de méduses ont pris la place des 10 millions de tonnes de sardines : à chaque fois, même scénario : "L’écosystème fonctionne bien avant qu’on ne surexploite d’abord les grandes espèces, puis, après leur amenuisement, les petites...", précise Philippe Cury.

S’ajoutent à ce cocktail , le chalutage qui stérilise les fonds raclés et le changement climatique qui favorise une seule espèce, la méduse. Elle participe elle-même de la surexploitation, engloutissant des tonnes de larves de poissons menacés... Philippe Cury est le premier à avoir publié, en 2012, dans la célèbre revue Science une loi universelle liant surpêche, disparition d’oiseaux marins et celle des écosystèmes.

Et pourquoi pas aussi des quiches aux vers...

Il ne croit pas à une société qui se résoudrait à ingurgiter insectes, criquets et vers bourrés de protéines pour satisfaire ses neuf milliards de Terriens d’ici cinquante ans. Même si, déjà, en France, des agriculteurs expérimentent une production de grillons pour farcir des barres énergétiques. Et qu’aux Pays-Bas, des chefs concoctent quiches aux vers, et mousses au chocolat aux sauterelles…

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Le 19 avril 2013

La pêche intensive menace les océans

Philippe Cury publie Mange tes méduses !

Source : France Info le Mercredi 17 Avril 2013 à 12:00

Au fur et à mesure des évolutions, l'homme a engagé une course au progrès plutôt que de s'adapter à la nature. Si la pêche intensive continue et que les pratiques ne sont pas modifiées, les poissons disparaîtront et les méduses envahiront les océans.

Tout comme au 19e siècle, les gens continuent de croire que la mer est remplie de poissons et que l'on peut pêcher sans problème, explique Philippe Cury, directeur de recherche à l'IRD, directeur de l'UMR EME. "Une vision qui existe toujours : quand on arrêtera d'exploiter des ressources surexploitées elles reviendront automatiquement parce que finalement elles produisent beaucoup d'œufs. C'est ce que l'on entend souvent."

Depuis que l'homme existe il n'a cessé de progresser et de s'étendre géographiquement. "Il y a d'abord les mégafaunes qui ont disparu et puis aujourd'hui dans la pêche une exploitation toujours plus lointaine, toujours plus profonde."

Philippe Cury publie Mange tes méduses !, chez Odile Jacob

"Cela illustre la transformation de la nature telle qu'on la ressent. La flèche du temps qui s'impose à l'océan. En Namibie, l'une des zones les plus riches en poisson, les millions de tonnes de sardines et d'anchois ont été surexploitées. Cette espèce est le fioul des océans et cet effondrement est la fin d'un écosystème."

La disparition des sardines et des anchois de Namibie a fait disparaître les oiseaux marins. "La nature ayant horreur du vide, il y a entre 10 et 20 millions de tonnes de méduses qui colmatent l'écosystème. Avec la surexploitation des espèces elles sont omniprésentes. C'est ce que l'on appelle le changement de régime."

Si on ne change pas notre façon de pêcher, d'exploiter et de consommer on finira par manger des méduses, prédit Philippe Cury.

Présentation de l'éditeur : "Ce livre raconte une histoire simple dont le dernier acte se joue peut-être sous nos yeux : celle de la transformation de la nature.

Pour les animaux et les plantes, la vie sur Terre et dans les océans est une question de reproduction suivant des cycles annuels qui ont émergé il y a des millions d'années. Or, depuis que l'homme moderne a émergé, nous sommes en expansion permanente, et nous exploitons, de manière effrénée, les ressources naturelles de la planète.

Cette incompatibilité pourrait conduire à la destruction de la nature si nous ne mettons pas en place des modes d'action respectant les cycles naturels et rompant avec notre expansion aveugle.

Si nous le faisons, nous aurons inventé la durabilité. Si nous ne le faisons pas, il nous faudra nous contenter de manger des méduses !"

Boom des méduses : la surpêche en cause

Cliquer Ici pour accéder à la fiche d'actualité scientifique IRD : Boom des méduses : la surpêche en cause

Mars 2013

Serons-nous bientôt contraints de manger des méduses ? Depuis le début des années 2000, ces organismes gélatineux envahissent plusieurs mers du globe comme la mer du Japon, la mer Noire, la Méditerranée, etc. Phénomène cyclique, dû à une modification des courants ou encore au réchauffement climatique… jusqu’à présent, les causes restaient incertaines. Une nouvelle étude de chercheurs de l’IRD et de ses partenaires, publiée dans Bulletin of marine science , dénonce la surpêche comme facteur principal.

Les méduses ont le champ libre

Les prédateurs des méduses, tels que les thons ou les tortues, disparaissent du fait de la pêche. Mais celles-ci profitent avant tout de la surpêche des petits poissons pélagiques. Sardines, hareng, anchois… se nourrissent comme ces cnidaires de zooplancton. Ils constituent alors leurs principaux compétiteurs pour l’alimentation. Dans les zones où ils sont prélevés en trop grand nombre, ils libèrent une niche écologique . Les méduses ont désormais le champ libre et peuvent prospérer. De plus, les petits poissons mangent les œufs et les larves des méduses. En temps normal, ils en régulent donc la population . En leur absence, plus rien ne freine la multiplication des animaux gélatineux.

La preuve par comparaison

Pour mettre en évidence ce rôle majeur de la surpêche, les chercheurs ont comparé deux écosystèmes appartenant au même courant océanique, le Benguela, qui borde le sud de l’Afrique. Le premier est situé au large de la Namibie. Les mesures de gestion des réserves de poissons y sont peu contraignantes. A peine les stocks rétablis, la pêche redémarre de plus belle. Les méduses y colonisent aujourd'hui les eaux littorales. Le second se trouve 1 000 km plus bas, au large de l’Afrique du Sud. La pêche y est à l’inverse très contrôlée depuis 60 ans. La population de méduses n’a pas augmenté.

La pêche en pâtit en retour

Dans les zones touchées, un cercle vicieux s’instaure. Sous l’eau, les maillons de la chaîne alimentaire sont beaucoup plus modulables que sur terre : une proie peut se nourrir de son prédateur . Les méduses dévorent ainsi les poissons à l’état larvaire. Leur prolifération empêche le renouvellement des ressources halieutiques . Cette espèce invasive menace de fait en retour la pêche. En Namibie, les quelque 10 millions de tonnes de sardines dans les années 1960 ont laissé place à 12 millions de tonnes de méduses.

Les méduses sont la bête noire des touristes . La piqûre de leurs filaments venimeux, si elle est rarement mortelle, est très urticante. Elles mettent donc en péril les activités économiques dans de nombreuses régions du monde. En particulier dans les pays qui dépendent de ces ressources, comme de nombreux pays en développement.

Ces travaux de recherche soulignent la nécessité d’une approche écosystémique de l’exploitation des mers. Autrement dit, la mise en place de mesures de gestion tenant compte de tous les niveaux du réseau trophique. Seul moyen d’après les scientifiques de ne pas avoir bientôt plus que des méduses dans nos assiettes.

Partenaires

Ministère des pêches et des ressources marines de Namibie, Département de l’agriculture, de la forêt et de la pêche et université de Cape Town en Afrique du Sud.

Références

Roux J-P, van der Lingen C., Gibbons M., Moroff N., Shannon L., Smith A., Cury Philippe . Jellyfication of marine ecosystems as a likely consequence of overfishing small pelagic fishes: lessons from the Benguela, Bulletin of marine science , 2013, 89(1):249–284. dx.doi.org/10.5343/bms.2011.1145

Cury Philippe et Pauly Daniel.. Mange tes méduses ! Réconcilier les cycles de la vie et la flèche du temps . Paris : Odile Jacob, 2013, 224p.

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Le 25 avril 2013

On ne peut qu'être médusé....

Insolite : naissance de moutons transgéniques phosphorescents

Des chercheurs ont introduit dans l'ADN de moutons le gène d'une méduse... Le but de ces expériences : fabriquer des médicaments à partir du lait de ces moutons génétiquement modifiés.


Un groupe de scientifiques uruguayens, en partenariat avec l'Institut Pasteur de Montevideo, a annoncé mercredi la naissance de moutons génétiquement modifiés phosphorescents, premiers du genre en Amérique latine.

Les précédents dans la région sont une vache transgénique produisant des protéines humaines dans son lait, créée en Argentine en 2011, et des chèvres génétiquement modifiées au Brésil, qui produisent également des protéines à usage humain.

Les moutons uruguayens sont nés en octobre 2012 à l'IRAUy, où ils se sont développés normalement, sans présenter de différences avec leurs homologues non-transgéniques, a indiqué Alejo Menchaca, président de l'Institut.

Leur seule spécificité visible est d'être phosphorescents lorsqu'ils sont placés sous une lumière ultra-violette, en raison de l'introduction dans leur ADN du gène d'une méduse.

L'opération n'a pas de but en soi, si ce n'est de vérifier l'efficacité de la méthode d'introduction d'un gène étranger dans l'ADN de ces animaux.

"C'est une technique très efficace, car tous ceux qui sont nés sont positifs. Maintenant, nous pouvons travailler avec un autre gène, qui sera d'un plus grand intérêt, pour produire une protéine spécifique", a poursuivi M. Menchaca.

Les recherches étudient par exemple la possibilité de prendre un gène responsable de la production d'une protéine manquante dans certaines pathologies humaines (comme l'insuline dans le cas des diabétiques), de l'incorporer dans le génome d'une brebis, qui à sa naissance le produira dans son lait. Il serait ensuite possible d'isoler cette protéine pour fabriquer des médicaments plus facilement qu'avec les méthodes actuelles, d'après les chercheurs.

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Le 30 mai 2013

La prolifération des méduses met en danger les stocks halieutiques
           
Avec la surpêche s’instaure un cercle vicieux

Source : Fao

Cliquer Ici pour télécharger le rapport de Ferdinando Boero "Review of jellyfish blooms in the Mediterranean and Black Sea"

La forte augmentation des populations de méduses pourrait bien être l'une des causes de la contraction des stocks halieutiques constatée en mer Méditerranée et en mer Noire, d'après un nouveau rapport publié par la FAO.

La surpêche, qui fait disparaître les grands prédateurs marins, est l'un des facteurs expliquant cette prolifération de méduses. Un cercle vicieux peut s'ensuivre, puisque les méduses se nourrissent de larves de poissons et de juvéniles, ce qui «réduit encore la résilience des populations halieutiques déjà frappées par la surpêche», indique le rapport, qui émane de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée de la FAO.

Ainsi, la méduse «pourrait être la goutte d'eau qui fait déborder le vase», commente cette étude sur la prolifération des méduses en mer Méditerranée et en mer Noire.

Normalement, seule l'incidence de la pêche pratiquée par l'homme est prise en compte pour fixer les seuils de référence pour une pêche durable, explique le rapport. Mais les méduses peuvent avoir des répercussions considérables sur les œufs et les larves de poisson, soit directement, soit parce qu'elles entrent en concurrence avec d'autres espèces pour leur nourriture. Il faut donc les prendre en compte dans toute approche écosystémique de la gestion des pêches.

Un effet dévastateur

Les conséquences graves que peuvent avoir les méduses sur les stocks halieutiques ont été mises en évidence au début des années 80, lorsque Mnemiopsis leidyi, espèce vivant habituellement dans l'océan Atlantique, fut introduite accidentellement en mer Noire, où elle eut un effet si dévastateur sur les populations halieutiques que les pêcheries furent littéralement «mises à genoux».

Le problème ne s'est résolu qu'avec l'arrivée en mer Noire d'une autre espèce envahissante, Beroe ovata, qui se nourrit de méduses Mnemiopsis.

En mer Adriatique, un recul des populations halieutiques avait également été constaté il y a 20-30 ans à la suite de plusieurs épisodes de prolifération de méduses urticantes mauves Pelagia noctiluca. Les effets combinés de cette méduse pélagique et de la surpêche ont beaucoup contribué à réduire les populations de poissons adultes «à un niveau rendant moins efficace la reconstitution des stocks».

«Dans le passé, l'écosystème était parvenu à faire face aux épisodes de prolifération des méduses, mais lors des envahissements du début des années 80, il a pris une autre direction et n'est toujours pas revenu à la normale d'avant Pelagia», indique le rapport.

Un océan de méduses

Les méduses sont de plus en plus présentes dans les océans du monde entier, ce qui conduit certains experts à parler d'un «changement global de régime, d'un océan de poissons à un océan de méduses», dans lequel les méduses supplanteraient les poissons.

Bien que les raisons expliquant ce phénomène ne soient pas parfaitement comprises, elles incluent sans doute, outre la surpêche:

• le réchauffement climatique, qui favorise les espèces tropicales;
• l'eutrophisation, qui s'accompagne d'une augmentation de la richesse de l'eau en nutriments;
• le recours massif aux digues pour prévenir l'érosion des côtes et le grand nombre de ports touristiques, habitat idéal pour les méduses qui au début de leur vie sont des polypes.

Parmi les mesures préconisées pour prévenir la prolifération des méduses ou y faire face, on peut citer:

• l'intégration de la recherche sur les méduses aux recherches halieutiques;
• le développement de produits à base de méduses pour l'alimentation - certaines espèces sont consommées dans plusieurs pays - ou la médecine;
• autre possibilité: l'utilisation de la «méduse immortelle» (Turritopsis nutricula), capable d'inverser le processus du vieillissement et riche de promesses, pour l'élaboration de produits régénérants pour les êtres humains;
• l'adoption de systèmes d'alerte précoce signalant le pullulement des méduses, associés à des barrières de protection dans les élevages aquacoles.

Lutter contre la surpêche, les émissions de gaz à effet de serre et les causes de l'eutrophisation «améliorerait sans aucun doute la qualité de l'environnement en général et pourrait ainsi réduire le nombre de méduses», ajoute le rapport.

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Les plages de Palavas massivement souillées quelques jours avant les vacances !

Palavas-les-Flots - 22 juin 2013. 

Alors qu’un nettoyage mécanique des grèves était programmé hier matin par le Pays de l’Or afin de collecter les matières suspectes, deux gendarmes de la brigade de Palavas-les-Flots avaient, jeudi, effectué des prélèvements, réitérés hier. "Nous les avons adressés à nos collègues de la brigade maritime de Sète, expliquait l’adjudant Stéphane Martinez, de la brigade de Palavas. Ils nous ont expliqué avoir été confrontés à un phénomène similaire, il y a quelques jours, du côté de Sète, et ils avaient établi qu’il s’agissait de cet invertébré", cousin des méduses et nommé vélelle.

Des méduses plutôt que du fioul lourd

Des membres de la famille des méduses plutôt que du fioul lourd. C’est la conclusion avancée, hier après-midi, par la gendarmerie, concernant les petites galettes noires qui ont maculé, ces derniers jours, les pieds de baigneurs et de promeneurs sur les plages de la station balnéaire. Des traces noires très collantes et assez difficiles à effacer, semblables à du goudron.

En s’échouant sur le sable, elles se dessèchent. Nous avons pu les collecter entières, côté avenue Saint-Maurice, mais, en se décomposant, ça devient comme une plaquette noire, similaire à du goudron. La confusion est totalement possible",reprend l’adjudant Martinez, ajoutant qu’elles ne présentent pas de danger pour la santé.

Ces vélelles flottent en masse, au gré des vents

Selon les constatations de la gendarmerie, un ban de ces animaux étranges, composés d’un cartilage de couleur bleuté, sombre, d’une voile transparente et de polypes, se sera échoué à Palavas. Probablement à la faveur des vents marins qui ont soufflé en début de semaine. Ces vélelles flottent en masse, au gré des vents et des courants, se nourrissant de plancton. Début mai, le CrossMed avait commandé un survol de la Méditerranée au large de Bastia. Une nappe d’hydrocarbure était suspectée, qui s’avéra un ban de vélelles arrivé dans les jours suivants sur les plages, au nord de la ville.

D’après les gendarmes, aucun autre ban n’aurait été aperçu en mer, près de la côte languedocienne, ces derniers jours. 

Photographies Wikipedia de Velella velella


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Le 2 octobre 2013

Médusator – Des bataillons de robots pour stopper la prolifération des méduses

Les méduses sont parfaitement intégrées à de nombreux écosystèmes océaniques, mais lorsqu'elles deviennent trop nombreuses, ces prédateurs gélatineux contribuent à dépeupler les eaux des poissons, dont elles gobent les œufs, avalant aussi au passage plus que leur part de plancton.



Source : Le Monde

Or, la population des méduses a explosé ces dix dernières années. La surpêche a en effet fragilisé des écosystèmes, leur ouvrant de nouveaux territoires de chasse, selon un rapport de Yale Environment 360 publié en 2011 et cité par Popular Science.

Elles posent particulièrement problème en Asie du Nord-Est – Chine, Taïwan, Japon, les deux Corées. Ainsi, en Corée du Sud, elles coûteraient chaque année au secteur de la pêche plus de 200 milliards d'euros (Ndlr 300 millions de US$ selon Spectrum), selon l'Institut supérieur coréen des sciences et technologies (plus connu sous son acronyme anglais KAIST). Pour remédier à ces invasions, une équipe de chercheurs de cette grande université sud-coréenne travaille depuis 2010 à la mise au point de robots aquatiques tueurs de méduses.

Les machines, appelées Jellyfish Elimination Robotic Swarm, ou Jeros, sont désormais opérationnelles et peuvent même travailler par équipes de trois. Elles ont été conçues pour parcourir une zone en broyant toutes les méduses sur leur passage. Elles réduisent les invertébrés en bouillie en les absorbant au rythme de 400 kilos par heure.

Jeros est programmable, fonctionne avec deux moteurs, peut avancer, reculer et faire un tour complet sur lui-même tout en flottant à la surface de l'eau. Il est également équipé d'une caméra pour repérer les nuées de méduses et agir en fonction.

Le robot, qui devrait être commercialisé à partir d'avril, pourrait ouvrir la voie à d'autres applications, comme la surveillance de certains sites, mais aussi la prévention de marées noires ou encore le nettoyage de l'eau dans les zones ou les déchets se concentrent.

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Le 7 Octobre 2014

"La pullulation des méduses: la surpêche en cause"

Maison des Océans à Paris

Philippe Cury

Conférence 8

Mercredi 8 octobre 2014

195 rue Saint-Jacques - 75005 Paris
 
L’état des pêches marines mondiales se dégrade progressivement et la surexploitation gagne de plus en plus de stocks exploités.

Dans un contexte de changements globaux, changement climatique et surexploitation, les écosystèmes se transforment à une vitesse encore jamais observée. Que va devenir notre activité de prélèvement de la dernière ressource sauvage exploitée à une échelle industrielle ?

Cette surpêche pourrait être l’une des causes des pullulations de méduses. Cette conférence présentera l’état des pêcheries mondiales, les dernières découvertes scientifiques en matière de fonctionnement des écosystèmes et présentera des pistes pour faire évoluer l’exploitation des ressources marines vers la viabilité.

Source : Institut Océanographique

«Les méduses sont un signe de mauvaise santé de l’écosystème»

Pour éviter de voir les méduses proliférer dans les mers du globe, Philippe Cury, chercheur à l’IRD, appelle à réduire la pression de la pêche...

La surpêche de petits poissons alimente la prolifération des méduses, a démontré une équipe de chercheurs ayant observé deux zones traversées par un même courant océanique, l'une au large de l'Afrique du Sud et l'autre dans les eaux de la Namibie.

Source : 20 minutes Propos recueillis par Audrey Chauvet

Si vous avez été privé de baignade cet été à cause des méduses, c’est peut-être parce que vous avez trop mangé de sardines. Les scientifiques du monde entier se penchent sur le problème des pullulations de méduses, observé dans plusieurs mers du globe. En cause notamment, la surpêche qui vide les océans des prédateurs et des compétiteurs des méduses. Philippe Cury, directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), expliquera ce mercredi, lors d’une conférence à l’Institut océanographique, pourquoi il est urgent de rétablir l’équilibre des écosystèmes marins.

Par quel mécanisme la surpêche entraîne-t-elle une pullulation de méduses?

Les recherches que nous avons menées en Namibie et en Afrique du sud montrent que la surexploitation des poissons fourrages, ceux qui nourrissent tous les autres dans l’écosystème et sont des compétiteurs des méduses, a favorisé leur apparition. Elles étaient absentes de ces écosystèmes avant les années 1970-1980 et sont ensuite devenues abondantes. On peut parler d’un changement de régime: au lieu de produire des poissons, l’écosystème produit des méduses. Elles représentent aujourd’hui trois fois plus de biomasse que les poissons, ce qui pose un problème aux pêcheurs mais aussi aux oiseaux et aux mammifères marins qui n’arrivent pas à se nourrir. Que ce soit en mer de Bohai, en Chine, en mer Noire ou en Méditerranée, tous les écosystèmes dont on a modifié la biodiversité peuvent être infestés. Les méduses sont un signe de mauvaise santé de l’écosystème.

Quelles espèces de poissons ne sont plus présentes en quantité suffisante pour assurer l’équilibre des écosystèmes?

Toutes les espèces sont importantes, soit parce qu’elles entrent en compétition pour l’alimentation avec les méduses, soit parce qu’elles en sont prédatrices. Les sardines, par exemple, mangent les larves de méduses et elles sont aussi en compétition avec les méduses adultes pour la nourriture. Quand on retire les prédateurs des méduses, comme les tortues par exemple, on retire également une pression naturelle sur l’espèce. 

Comment y remédier?

La surpêche n’est pas inéluctable, dans beaucoup d’endroits du monde le problème a été pris à bras-le-corps, et quand on réduit l’effort de pêche, qu’on adapte les prélèvements à l’abondance du poisson, on arrive à équilibrer les écosystèmes. Il s’agit d’une approche écosystémique des pêches: on ne gère pas seulement la ressource qu’on prélève mais on la considère par rapport à ses interactions avec les autres espèces.

Pour sauver les poissons, l’ONU recommande de manger des méduses

Une méduse Aurelia aurita de l'Atlantique. Elle a un gros corps mais des tentacules assez courts et est donc peu urticante. Une méduse Aurelia aurita de l'Atlantique. Elle a un gros corps mais des tentacules assez courts et est donc peu urticante.

Source : 20 Minutes par B.D. avec AFP (Créé le 30.05.2013 / Mis à jour le 13.09.2014)

«Si vous n'arrivez pas à les combattre les méduses... mangez les!» C’est ce que préconisent des experts de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un rapport publié ce jeudi (mai 2013 ndlr) à Rome. La FAO recommande en effet le développement de produits alimentaires à base de méduses, afin de contrecarrer la prolifération de cet animal gélatineux qui menace les stocks de poissons.

Les méduses sont de plus en plus présentes dans les océans du monde entier, relève l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui cite des experts évoquant un «océan de méduses» en voie de supplanter un «océan de poissons». Les experts recommandent donc de développer les produits à base de méduses pour l'alimentation. Une autre possibilité serait l'exploitation de la «méduse immortelle» (Turritopsis nutricula). Capable d'inverser le processus du vieillissement, elle est riche de promesses pour l'élaboration de produits régénérants pour les êtres humains, suggère aussi l'agence.

Cercle vicieux

Pour la FAO, la forte augmentation des populations de méduses pourrait bien être l'une des causes de la contraction des stocks halieutiques constatée en Méditerranée et en mer Noire. «La surpêche, qui fait disparaître les grands prédateurs marins, est l'un des facteurs expliquant cette prolifération de méduses. Un cercle vicieux peut s'ensuivre, puisque les méduses se nourrissent de larves de poissons et de juvéniles», précise l'organisation.

Normalement, «seule l'incidence de la pêche pratiquée par l'homme est prise en compte pour fixer les seuils de référence pour une pêche durable», selon ce rapport. Mais «les méduses peuvent avoir des répercussions considérables sur les oeufs et les larves de poisson, soit directement, soit parce qu'elles entrent en concurrence avec d'autres espèces pour leur nourriture. Il faut donc les prendre en compte dans toute approche écosystémique de la gestion des pêches».

Les dégâts causés par les méduses sur les stocks halieutiques sont apparues au début des années 80, lorsque la méduse Mnemiopsis leidyi, espèce vivant habituellement dans l'océan Atlantique, a été introduite accidentellement en mer Noire, où elle a eu un effet dévastateur sur les populations halieutiques, mettant à genoux les pêcheries locales, selon la FAO. Le problème ne s'est résolu qu'avec l'arrivée en mer Noire d'une autre espèce envahissante, Beroe ovata, qui se nourrit de méduses Mnemiopsis. Bien que les raisons expliquant ce phénomène ne soient pas parfaitement comprises, elles incluent sans doute, outre la surpêche, le réchauffement climatique et une augmentation de la richesse de l'eau en nutriments

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