vendredi 22 juin 2012

Pêche destructrice ou durable : Les mousquetaires n’ont pas choisi le bon cheval !

Les mousquetaires n’ont pas choisi le bon cheval !

Entre pêche destructrice et pêche durable, il n'y a que l'organisation britannique Marine Stewardship Council (MSC) pour faire la différence... pour trancher entre les différents filets de poisson...

La Scapêche qui gère la flottille du groupe Les Mousquetaires / Intermarché, ne pourra plus se prévaloir de la pêche responsable pour les poissons capturés dans les grands fonds de l'Atlantique nord-est après les escarmouches de l'association Bloom

Par contre, les magasins Intermarché pourront toujours vendre des espèces en eaux profondes labellisées "Pêche durable" comme le Hoki de Nouvelle-Zélande :
  • Ce poisson exotique chaluté aux antipodes de la France a même la préférence des cantines de Quimper, en Cornouaille, au coeur de la plus grande région de pêche fraîche de l'hexagone !!!

Chaque année, la France importe sans problème plus de 5.000 tonnes de filet de Hoki du Pacifique Sud, une quantité supérieure aux quotas de pêche attribués à l'armement du groupement Les Mousquetaires, pour sa pêcherie de grands fonds en Atlantique nord-est.

Sans problème... Bien que le Hoki de Nouvelle-Zélande « ressemble » à toutes les espèces de grands fonds capturées par la flottille Scapêche : Sabre noir, grenadier, empereur, siki,...

En faisant cavalier seul avec leur propre logo "Pêche responsable" (certification Bureau Véritas), les mousquetaires se sont attirés les foudres de Bloom. Depuis quelques mois, cette association se sent pousser des ailes. Elle a reçu un appui financier conséquent de la richissime fondation étatsunienne The Pew charitable trusts

En conclusion : Quel est le plus menteur entre Intermarché avec sa "Pêche responsable" et Marine Stewardship Council avec sa "Pêche durable" ?


Le groupement Les Mousquetaires a été épinglé par l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). L'instance lui demande d'interdire sa publicité pouvant laissant penser qu'il jouait un rôle "déterminant" dans la préservation des ressources marines.

Le Jury de déontologie publicitaire a jugé que la publicité en question pouvait induire le public en erreur sur la réalité des actions de l'annonceur. Par ailleurs, il estime que "l'auto-label" du distributeur appelé "Pêche responsable" présente "une forte ressemblance avec le label MSC et comporte un risque de confusion quant à la signification de ce logo".

Bloom, un lobby de poids

L'ARPP avait été saisie par l'association Bloom, qui a pour objectif de sensibiliser à la protection des écosystèmes marins. Déclarée recevable en mars, cette plainte a été examinée par le jury de déontologie publicitaire, qui demande à la direction de l'ARPP de "faire cesser cette publicité" et s'assurer qu'elle "ne soit pas renouvelée".

L'association plaignante, soutenue par 26 chercheurs internationaux, avait fait valoir que les pratiques de pêche au chalut de la flotte Scapêche du groupement des Mousquetaires sont unanimement dénoncées "comme étant parmi les plus destructrices au monde" pour la faune et la flore sous-marine. Pour Bloom, cette décision "met un terme à la tentative d'Intermarché de faire croire qu'il existerait une exception française en matière de pêche profonde".

La campagne de publicité avait été menée par Intermarché fin 2011.

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Le 26 Août 2014

La connaissance des engins de pêche permet de minimiser les impacts sur les fonds marins

Le contexte prime : les meilleures pratiques croisent le type d'engin de pêche, l'habitat et la gestion de la pêcherie

Dans le volume 2 des Séries Scientifiques du Marine Stewardship Council (MSC), une étude montre que la bonne gestion et la conservation des pêcheries et des zones de pêche exigent une compréhension globale des méthodes et engins de pêche.

Source : Marine Stewarship Council

Les engins de pêche utilisés pour capturer les espèces benthiques et démersales ont un impact variable sur les fonds marins. Comprendre les impacts directs et indirects des pratiques de pêche sur les habitats benthiques est important  afin d’assurer la viabilité des océans de la planète.

Dans le volume 2, Chris Grieve et al. explore les meilleures pratiques de mesure, de gestion et d'atténuation des impacts benthiques de la pêche. L'examen porte sur un grand nombre d'engins de pêche les plus largement utilisés. Les auteurs y donnent une description de chaque engin et de son interaction avec l'environnement.

Historiquement, l'amélioration des engins de pêche visait à maximiser les captures. Aujourd’hui, pour répondre aux préoccupations de l'industrie et des ONG, la recherche se concentre davantage sur des modifications d’engins visant à minimiser les impacts sur les fonds marins et les prises accessoires.

Dans l’article, Analyse des impacts sur les habitats des engins de pêche mobiles et statiques qui interagissent avec les fonds marins, les auteurs écrivent : «Les travaux de recherche sur les habitats benthiques sont en plein essor  et deviennent disponibles pour les décideurs et les gestionnaires de ressources. La prise de conscience de la nécessité de gérer activement les composants complexes des écosystèmes marins et de comprendre les impacts directs et indirects de la pêche augmente".

La classification des types d’engin de l’Organisation Mondiale de l’Alimentation et de l’Agriculture (FAO) est en cours d’actualisation pour intégrer les récents développements dans ce domaine et sera prochainement publiée. Parmi les améliorations récentes, nous pouvons citer les avancées en technologie de la fibre, la mécanisation de la manutention des engins, l'amélioration des performances des navires et la motorisation, le traitement informatique pour la conception des engins, les aides à la navigation et la détection de poissons.


Cette analyse, ainsi que trois documents publiés dans le volume 2 des Séries Scientifiques, guident le MSC dans son développement stratégique sur les meilleures pratiques mondiales.

D'autres documents publiés sur la réduction des prises accessoires et les recommandations pour la gestion des stocks de saumon ont également joué un rôle important dans l'orientation de la Révision du Référentiel Pêcherie, un processus qui permet au Référentiel MSC de répondre aux meilleures pratiques scientifiques actuelles.

Dr David Agnew, directeur de l’équipe Référentiel du MSC déclare : «Pour vraiment apprécier les impacts mondiaux de la pêche, il est nécessaire d’augmenter la connaissance scientifique. Au MSC, nous révisons régulièrement nos Référentiels pour assurer leur rigueur et pertinence. Grâce à nos Séries Scientifiques, nous continuons de partager de nouvelles connaissances et contribuons à l'effort mondial de recherche sur la pêche durable ".

Le portail de recherche halieutique a été lancé en Novembre 2013 pour partager les connaissances scientifiques qui alimentent le Référentiel MSC. Le résultat de la révision du Référentiel sera publié le 1er Août 2014, intégré aux Exigences de certification des pêcheries MSC 2.0

Cliquer Ici pour télécharger le document "Review of habitat dependent impacts of mobile and static fishing gears that interact with the sea bed"

Pour plus d’informations : MSC

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Revue de presse

Cette réclame d'Intermarché fait beaucoup de vagues !!!



Mars 2012. Plainte de l'association Bloom auprès du Jury de Déontologie Publicitaire (JDP)

Le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) a été saisi le 21 mars 2012 d’une plainte émanant de l’Association Bloom, afin qu’il se prononce sur la conformité aux règles déontologiques en vigueur, d’une publicité diffusée en Presse, en faveur du groupement « Les Mousquetaires » par la société ITM Marketing Alimentaire à propos de la flotte de navires de pêche exploitée par la société Scapêche et de son engagement en faveur d’une « pêche responsable ».

Cette publicité se présente sous la forme d’un texte expliquant le choix et les engagements de l’annonceur pour une pêche responsable. Cette annonce est précédée de l’accroche « Quand les Mousquetaires s’engagent pour une pêche responsable, ce n’est pas un coup d’épée dans l’eau ».

Au bas de la publicité figure l’image d’un bateau de pêche en mer ainsi que 2 logos : celui de l’annonceur « Les Mousquetaires », l’autre, de forme ronde, divisée en deux par une ligne sinusoïdale, la première moitié représente une demi-planète de couleur verte, la seconde, un poisson stylisé dans un fond bleu, sous lequel figure la mention « pêche responsable ». source : JDL

Juin 2012. Le Jury de Déontologie Publicitaire délibère

La plainte est partiellement fondée ;
  • La publicité relative à l’activité de pêche du groupement Les Mousquetaires ne respecte pas la recommandation de l’ARPP sur le développement durable, d’une part, en ce qu’elle peut par son libellé, conduire à penser que celui-ci joue un rôle « déterminant » dans le maintien durable de pêche en France, la préservation et le renouvellement des ressources marines (points 1.1 et 2.2 de la recommandation), d’autre part, en ce que la partie de son auto-label « Pêche responsable » présente une forte ressemblance avec le label du MSC et comporte un risque de confusion quant à la signification de ce logo (point 5.1 de la recommandation) ;
  • Il est demandé au directeur général de l’ARPP de prendre toute mesure pour faire cesser cette publicité et qu’elle ne soit pas renouvelée ;
  • La présente décision sera communiquée à l’association plaignante, aux sociétés ITM Marketing alimentaire, Groupe Express Roularta, le Point Sebdo et Courrier International ;
  • Elle sera diffusée sur le site Internet du JDP. (à partir du 21 juin 2012)

Délibéré le 1er juin 2012, par Mme Michel-Amsellem, Vice-présidente, en remplacement de la présidente empêchée, Mmes Drecq et Moggio et MM Benhaïm, Carlo, Leers et Lacan.

21 juin 2012. Bloom crie sa victoire dans tous les médias

Bien que la plainte de Bloom soit partiellement fondée, l'association crie sa victoire dans tous les médias...
Communiqué dans Notre Planète, un site "écolo" parmi les plus visités sur le Web :


Le Jury de Déontologie Publicitaire vient de rendre publique sa décision à propos de la plainte déposée par l'Association BLOOM contre Intermarché pour publicité mensongère : la publicité est interdite au motif que son libellé peut "conduire à penser" que le groupement Les Mousquetaires joue un rôle "déterminant" "dans la préservation et le renouvellement des ressources marines . Quant à "l'auto-label", tel que le Jury désigne le logo "pêche responsable" d'Intermarché, il s'est fait épingler pour sa "forte ressemblance avec le label du MSC[1]", mondialement connu et qui certifie, lui, une "pêche durable" et non une pêche "responsable".

Le jury demande de "faire cesser cette publicité et qu'elle ne soit pas renouvelée"

Cette décision, jugée « rassurante » par l'association BLOOM, met un terme à la tentative d'Intermarché de faire croire qu'il existerait une exception française en matière de pêche profonde.

« Alors qu'une littérature scientifique très abondante prouve le caractère non durable des pêches profondes industrielles, les deux ou trois acteurs français de ces pêches destructrices, Intermarché en tête, ont réussi le tour de force depuis le Grenelle de la Mer de verrouiller la possibilité d'un débat objectif sur ces pêches impactant l'environnement autant que les finances publiques[2] » commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

Etanche à l'accablant cumul d'études scientifiques tirant l'alarme à propos des pêches chalutières en eaux profondes, la flotte d'Intermarché, la Scapêche, fait un lobbying actif au niveau européen pour défendre ses intérêts, clamant haut et fort l'exemplarité de ses pratiques. « Le stratagème d'Intermarché consiste à prendre le contre-pied systématique des griefs qui lui sont attribués en utilisant des ficelles énormes, comme l'affirmation que ses chaluts déployés jusqu'à 1500 mètres de profondeur "exercent une pression sur le fond inférieure à celle d'un marcheur sur une plage"[3]. Un tel commentaire serait risible s'il ne semait pas le doute dans l'esprit des fonctionnaires et des élus, or ce genre de propos extravagants, qui révèlent un mépris absolu de la vérité, permettent de noyer le débat dans un imbroglio technique et de faire croire qu'il existe une controverse scientifique là où il n'y en a guère, explique Claire Nouvian. Tout cela a pour objectif de retarder les prises de décision vis-à-vis du chalutage profond ».

Le résumé des avis scientifiques par le Conseil européen est pourtant sans ambiguïté : "les données scientifiques sont insuffisantes pour prouver la durabilité des pêches [profondes]"[4]. En effet, l'ensemble des captures européennes profondes sont évaluées par les chercheurs du Conseil International pour l'Exploration de la Mer comme se trouvant à 100% "en dehors des limites de sureté biologique".

« Gardons à l'esprit que ces constats alarmants ne tiennent pourtant pas compte des dégâts collatéraux causés par les pêches profondes alors que les immenses filets lestés agissent comme des bulldozers géants qui broient le relief et les organismes marins » explique Claire Nouvian. Les nombreux chercheurs internationaux qui ont appuyé la plainte de BLOOM disent du chalutage en eaux profondes qu'il est « largement reconnu comme la méthode de pêche la plus destructrice de l'histoire. » Des coraux et éponges pluri-centenaires sont quotidiennement décimés par les chaluts profonds et certains poissons à longévité extrême et fécondité réduite comme les requins profonds, systématiquement capturés par les filets non sélectifs d'Intermarché, sont déjà menacés d'extinction.... Suite....

Un article d'Ouest France relativise....


Le jury de déontologie publicitaire a rendu son avis. Bloom estime avoir gagné, la Scapêche ne considère pas avoir perdu.

Le jury de déontologie publicitaire a conclu le 21 juin que la plainte de l'association écologiste Bloom pour publicité mensongère de la part des Mousquetaires est « partiellement fondée ». Notamment le logo « pêche responsable » jugé « incontestablement » proche de celui du label international MSC. Le risque de confusion pour le consommateur est retenu. « Intermarché se fait épingler », se félicite Bloom. « MSC se serait manifesté depuis longtemps si notre logo lui avait porté préjudice », rétorque-t-on à la Scapêche.

Quant à l'engagement des Mousquetaires pour « une pêche responsable » et « une pêche durable », le jury est plus nuancé. D'un côté, il estime « excessive » la façon de présenter le groupe comme jouant « un rôle déterminant dans le maintien durable de la pêche en France par la préservation et le renouvellement des ressources marines ». De l'autre, le jury estime que le groupement des Mousquetaires « ne se prévaut pas de manière injustifiée ou abusive des termes pêche durable et pêche responsable ». Deux qualifications attribuées à l'armement par le Bureau Veritas.

Au final, Bloom juge « rassurante » la décision du jury qui « met un terme à la tentative d'Intermarché de faire croire qu'il existerait une exception française en matière de pêche profonde ». La Scapêche, aussi, juge la décision rassurante. « Au-delà du logo - un épiphénomène -, le jury note le sérieux de notre démarche. La pêche responsable, ce n'est pas du pipeau ! »

Et de rappeler que les scientifiques du Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem) proposent à l'Union européenne des augmentations de près de « 200 % » des quotas de sabre et de lingue bleue. Charles JOSSE.

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Le 7 juillet 2012


Le site internet de l'Union européenne a publié in extenso le communiqué de Bloom, une association écologiste. Le marin, paru ce vendredi (6 juillet 2012), s'en fait l'écho. Le directeur de la Scapêche, Tristan Douard, vient d'adresser un courrier de trois pages à la commissaire européenne chargée de la pêche, Maria Damanaki. La raison de son ire ? La commission a publié in extenso, sur son site internet, le communiqué de l'association écologiste Bloom estimant avoir eu gain de cause après sa plainte contre les Mousquetaires auprès du jury de déontologie publicitaire pour publicité mensongère.

« Abusif »

Tristan Douard dénonce « avec la plus grande vigueur la communication abusive et manipulatrice » de Bloom, relate le marin. Le directeur de la Scapêche joint à son courrier les résultats de la décision du jury de déontologie pour monter à la commissaire qu'ils « sont à l'exacte opposée de ce que vous laissez entendre » et « reconnaissent le bien-fondé de notre démarche « pêche responsable », y compris pour les espèces d'eau profonde ». Tristan Douard estimait, dans nos colonnes, le 29 juin, que le jury notait « le sérieux » de la démarche de la Scapêche.

L'armement à la pêche demande à la commissaire européenne de « rectifier l'information tronquée, diffusée aux citoyens européens ». Mercredi, signale le marin, la rectification n'avait pas été apportée.

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Ce vendredi 13 (juillet 2012) n'est pas un jour de chance pour Maria Damanaki


Source : Le Marin / n°3390 du 13 juillet 2012 en kiosque ou en ligne dans le Kiosk

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Chalutage en eaux profondes. Un projet européen d'interdiction bloqué in extremis

C'est à la dernière minute, ce jeudi que Michel Barnier a bloqué un projet de la Commission européenne de suppression progressive du chalutage en eaux profondes. Une pratique commune dans certains ports bretons. Selon les scientifiques et les défenseurs de l'environnement, les eaux profondes sont une des zones les plus riches de la Terre en termes de biodiversité.

Un projet de la Commission européenne de suppression progressive du chalutage en eaux profondes a été bloqué jeudi à la dernière minute sur pression du commissaire français chargé du Marché intérieur, Michel Barnier.

La proposition préparée par la commissaire à la Pêche, la Grecque Maria Damanaki, devait être présentée ce vendredi. Elle prévoyait une suppression progressive, en deux ans, du chalutage profond dans le cadre d'un projet de réglementation de la gestion de la pêche profonde dans l'Atlantique Nord-Est.

Il s'agissait d'interdire les engins peu sélectifs comme les chaluts et les filets maillants de fond, qui engendrent quelque 20 à 40% de prises accessoires....

Emplois en France

Si les raisons de l'opposition de Michel Barnier ne sont pas connues précisèment, l'AFP relève néanmoins qu'une dizaine de bateaux et environ 500 emplois directs seraient concernés en France, principalement à Lorient (Morbihan), ainsi qu'à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Concarneau (Finistère) et Le Guilvinec (Finistère).

Selon l'ONG Bloom, "la France s'est opposée (…) à une proposition de règlement réformant la gestion des pêches profondes en Europe", et cela pour "[protéger] une dizaine de navires industriels contre l'intérêt général".

"La majorité des captures profondes françaises est réalisée par la flotte du groupe Intermarché, basée à Lorient", rapporte l'ONG spécialisée dans la conservation marine, précisant qu'"Il s'agit pour la France d'une activité résiduelle dont l'impact écologique est disproportionné par rapport à son importance socio-économique".

Les pêches profondes réalisées à l'aide de chaluts entrant en contact avec le fond sont très consommatrices de gasoil, déficitaires et subventionnées par les contribuables, indique Bloom ajoutant qu'il s'agit d'"une aberration écologique, économique et sociale qui impactent lourdement les écosystèmes marins ainsi que les finances publiques".... (Sources : AFP / Le Télégramme / Actu-Environnement)

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Le 19 juillet 2012

Ces Espèces de Grands Fonds dans le collimateur de la Commission européenne



Pour télécharger le poster complet avec le nom commun des poissons, cliquer Europa
Lien 

La Commission européenne a proposé de nouvelles mesures visant à réglementer la pêche des espèces d’eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est. Les écosystèmes démersaux et les espèces qui y vivent sont particulièrement vulnérables aux activités humaines. Le nouveau règlement vise à garantir une exploitation durable des espèces d'eau profonde, une diminution des prises accessoires indésirées, une baisse des répercussions sur les habitats vulnérables situés en eau profonde et une augmentation des données disponibles sur la biologie de ces espèces.

À cette fin, la Commission propose de durcir le système des autorisations et de supprimer progressivement les engins de pêche qui ciblent spécifiquement les espèces d’eau profonde d’une manière moins durable, à savoir les chaluts de fond et les filets maillants de fond. La Commission prévoit également d’instaurer des exigences spécifiques pour la collecte des données sur les activités de pêche en eau profonde. Les ajustements nécessaires à la mise en œuvre de ces mesures pourraient bénéficier d’un soutien financier au titre des fonds de l'UE.


Les stocks d’eau profonde peuvent être capturés en tant que prises accessoires dans de nombreuses pêcheries. Cependant, il existe également des bateaux de pêche qui ciblent spécifiquement ces espèces. Ce sont ces derniers qui dépendent le plus de ces ressources et ils n’auront un avenir que si leur activité est gérée de manière à être durable. Cela suppose, tout d'abord, de mettre en place une transition progressive vers des techniques de pêche plus sélectives, dont les répercussions sur les habitats situés en eau profonde sont moindres.

La Commission propose de retirer progressivement les autorisations de pêcher les espèces d’eau profonde au moyen de chaluts de fond et de filets maillants de fond, car ces méthodes sont plus nocives que d'autres pour les écosystèmes démersaux vulnérables et entraînent des niveaux élevés de prises accessoires indésirées (20 à 40 % en poids, voire davantage). Les autres pêcheries commerciales utilisant les chaluts de fond ne seront pas touchées, les mesures proposées ne concernant que les pêcheries qui ciblent les poissons d’eau profonde.

Les pêcheurs coopèrent déjà avec les scientifiques pour accroître les connaissances sur les écosystèmes d’eau profonde, largement méconnus. Afin de trouver des moyens de tester des engins de pêche moins nocifs et de réorienter le secteur vers des techniques et des stratégies de pêche qui ont moins de répercussions sur ces écosystèmes fragiles, la Commission a décidé de financer une étude sur cette question, en collaboration avec des sociétés pratiquant la pêche en eau profonde.

Contexte

Les espèces d’eau profonde sont capturées dans les eaux de l'Atlantique au-delà des principaux lieux de pêche du plateau continental, à des profondeurs pouvant atteindre 4 000 mètres. Leurs habitats et écosystèmes sont largement méconnus, mais nous savons qu'elles abritent des récifs coralliens vieux de plus de 8 500 ans et des espèces anciennes qui sont encore peu étudiées. Il s’agit d’un environnement fragile qui, une fois abîmé, a peu de chances de se reconstituer. Extrêmement vulnérables à la pêche, les stocks de poissons d’eau profonde s’effondrent rapidement et sont lents à se rétablir du fait de leurs faibles taux de reproduction.

Le sabre noir et la dorade rose sont des espèces d'eau profonde à haute valeur commerciale, tandis que d’autres telles que la lingue bleue et les grenadiers présentent pour les pêcheurs une valeur moyenne. Certains stocks d’eau profonde sont gravement menacés, notamment l’hoplostète rouge et les requins d’eau profonde. D’autres peuvent être exploités (lingue bleue, grenadier de roche), mais impérativement dans des conditions respectueuses de l'environnement (en évitant les prises accessoires inutiles, par exemple).

Les pêcheries en eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est exercent leur activité dans les eaux de l’Union européenne, notamment les régions ultrapériphériques de l'Espagne et du Portugal, ainsi que dans les eaux internationales régies par des mesures de conservation adoptées au sein de la Commission des pêches de l'Atlantique du Nord-Est (CPANE), où les États membres de l'UE pêchent, au même titre que les autres pays, dans cette zone.

Les pêcheries en eau profonde représentent environ 1 % du poisson débarqué de l'Atlantique du Nord-Est, mais certaines communautés locales de pêcheurs sont tributaires, dans une certaine mesure, de ce type de pêcherie. Sous l’effet de l’épuisement des stocks, les captures – et les emplois qui y sont liés – diminuent depuis des années.

Dans le passé, ce type de pêcherie a perduré dans un contexte en grande partie non réglementé, ce qui de toute évidence a eu des répercussions négatives sur les stocks concernés. En 2003, l’Union européenne a commencé à fixer des limites à la quantité de poissons pouvant être capturée, au nombre de navires autorisés et au nombre de jours pouvant être passés en mer (l’effort de pêche) pour pêcher ces espèces.

Le graphique ci-dessus montre dans quelle proportion l'effort de pêche a diminué ces dernières années. Diminution de l'effort de pêche depuis 2000, selon les informations communiquées par les États membres de l'UE concernés

Pour de plus amples informations : DG MARE

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Questions et réponses

1. Quelles sont les pêcheries visées par les mesures proposées et celles qui ne le sont pas ? Quels sont les régions et secteurs de la pêche concernés ?

Les navires directement concernés sont essentiellement français, espagnols et portugais. Ces navires actifs dans les pêcheries d’eau profonde ne sont pas uniquement les grands chalutiers opérant au large de la côte ouest des îles britanniques (zones de «Hatton bank» et de «Rockall bank»), mais également ceux qui, dans certaines régions ultrapériphériques de l'Union (Açores, Madère, Canaries, par exemple), se livrent à la pêche artisanale à la palangre, sans utiliser de chalut de fond. Les gros chalutiers sont principalement basés en Bretagne et Normandie (France), ainsi qu’en Galice, dans les Asturies et au Pays basque (Espagne).

De l'avis de la Commission, l'importance économique des captures d’espèces d’eau profonde est globalement faible: les 34 334 tonnes d’espèces d’eau profonde débarquées de l'Atlantique du NordEst (2008) ne représentent qu'environ 1 % du total des débarquements (3 563 711 tonnes) de cette zone (données sur les captures de pêche en eau profonde fournies par le Centre commun de recherche). Dans un contexte régional, la situation peut être différente, mais les répercussions d’une suppression progressive des chaluts de fond et des filets maillants de fond restent limitées. Par exemple, en ce qui concerne la France, le gouvernement et le secteur concerné ont examiné, il y a deux ans, la situation de cette activité et ont estimé que 180 emplois environ étaient liés aux navires de pêche en eau profonde, des chalutiers pour la plupart, même si ces derniers opèrent également dans d'autres pêcheries. Quelque 200 poissonneries sont spécialisées dans les poissons d’eau profonde. Les quatre ports dont les activités sont le plus tributaires des pêcheries d’eau profonde sont BoulognesurMer, Lorient, Concarneau et Le Guilvinec. La proposition de la Commission aurait une incidence très limitée au niveau national, mais plus sensible au niveau local (Bretagne).

2. Cette initiative estelle le prélude à une interdiction totale de la pêche au chalut de fond dans les eaux de l’Union européenne ?

Telle n’est absolument pas l'intention de la Commission. Les pêcheries d’eau profonde, tant celles qui ciblent ces espèces que celles qui les capturent en tant que prises accessoires, seront définies sur la base du poids total journalier des captures d'un mélange d'espèces répertoriées avec précision. Le seul segment qui sera progressivement supprimé est celui des pêcheries ciblées. Les autres pêcheries commerciales ne seront pas touchées. Il s’agit en réalité d’espèces qui sont principalement pêchées au chalut, notamment la langoustine, à forte valeur économique.

3. Quels sont les efforts déjà entrepris en matière de recherche et de gestion dans le secteur des pêcheries en eau profonde ?

L’UE finance actuellement un projet (Deepfishman) dans le cadre de son programmecadre de recherche, qui vise à fournir une évaluation fiable des principales espèces d'eau profonde. Les efforts accomplis par l’industrie pour recueillir des données plus détaillées portent déjà leurs fruits; ainsi les avis scientifiques du Conseil international pour l’exploration de la mer devraientils être de meilleure qualité cette année.

En outre, la Commission poursuit ses recherches et ses essais pour améliorer les techniques de pêche, avec pour objectif final la durabilité. Au titre du cadre de l’UE pour la collecte de données, une étude a été commandée en vue de soutenir la recherche sur les améliorations des engins qui seraient de nature à contribuer à une exploitation plus durable des stocks d’eau profonde tout en réduisant les effets négatifs sur l'écosystème. L'étude est mise en œuvre en coopération avec l'industrie de la pêche et prévoit l’embarquement d’observateurs à bord des navires de pêche commerciaux.

Parallèlement, la Commission recueille des données très détaillées fournies par des localisateurs de navires par satellite et les croise avec des données sur les captures afin d’établir plus précisément quelle est l’empreinte des activités de ces flottes. Cela permettra d’avoir une idée claire des zones où cette pêche s’effectue pour les différentes flottes concernées et aidera aussi les scientifiques à comprendre avec une précision toujours plus grande où et comment les stocks de poissons évoluent.

4. Pourquoi les chaluts posentils des problèmes dans les pêcheries d'eau profonde et comment peuvent-ils être remplacés par des techniques de pêche plus respectueuses de l'environnement? Qu’en estil des filets maillants de fond ?

Par rapport à d’autres méthodes de pêche, la pêche au chalut de fond peut s’avérer plus nocive pour les espèces d’eau profonde et habitats vulnérables. D’autres voix se sont élevées pour dénoncer le fait que la pêche au chalut de fond a de graves incidences sur la faune benthique des grands fonds, en particulier les coraux formateurs de récifs1. Ce type de pêche peut expliquer, entre autres, la diminution des taxons d’eau froide et autres taxons constituant des habitats2. Étant donné que cet engin de pêche est remorqué sur le fond de la mer, ses effets sur certains habitats et écosystèmes sont plus importants. Par ailleurs, la pêche au chalut de fond entraîne des niveaux élevés de captures indésirées: les «prises accessoires». Les taux estimés de captures indésirées dans les pêcheries au chalut ainsi observées se situent en moyenne entre 20 et 30 % en poids (CIEM) 2010. La diversité des espèces rejetées par les chalutiers dépend principalement du lieu de pêche et de la saison. Par exemple, sur le versant occidental de «Hatton Bank», dans le cas de la pêche expérimentale au chalut ciblant les grenadiers de roche et des alépocéphalidés, les rejets sont principalement les grenadiers et les requins d'eau profonde3.

Les filets maillants de fond sont des filets «plantés» de manière fixe au fond de la mer ou de l’océan et dans lesquels les captures s'enchevêtrent. Les navires reviennent après un certain temps pour les remonter et récupérer les captures. L’incidence de ces filets sur l'environnement est estimée en termes de captures indésirées et, dans les cas où ceuxci sont perdus ou abandonnés, la pêche fantôme continue pendant très longtemps. Ces filets sont déjà frappés d'une interdiction générale à des profondeurs de plus de 600 mètres. La proposition présentée ici consolide pour l’essentiel les règles qui leur sont applicables.

La Commission est prête à collaborer avec l’industrie et les États membres afin de faciliter une transition vers des méthodes plus sélectives ou pour remplacer les engins de pêche ciblant les espèces d’eau profonde et/ou redéployer les navires concernés vers d'autres pêcheries susceptibles de les accueillir. Conjointement avec les autorités nationales, qui sont en premier lieu responsables, la Commission est disposée à étudier les possibilités de recourir aux fonds de l’UE pour atténuer les effets de l’arrêt définitif des activités de pêche en eau profonde et des pertes d'emplois potentielles (par exemple, en réaffectant les emplois à d’autres pêcheries).

5. Puisque les pêcheurs se sont montrés responsables en contribuant à améliorer la qualité des données, que, partant, la science progresse, et que, de fait, il y a des chances de pouvoir même pêcher davantage que par le passé, estil raisonnable de proposer la suppression progressive de la pêche au chalut en eau profonde ?

Il est généralement admis au sein de la communauté scientifique que de nombreux stocks de poissons d’eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est ont diminué et sont désormais en dehors des limites biologiques de sécurité4. Toutefois, les informations sur l'état de la plupart des stocks de poissons d’eau profonde restent limitées ou de mauvaise qualité, en dépit des initiatives prises récemment pour développer le prélèvement d’échantillons et les analyses de données. Ces efforts doivent être poursuivis et, dans certains cas, amplifiés. Un engagement à long terme sera nécessaire pour améliorer, en définitive, les évaluations des pêcheries d’eau profonde.

La réponse à la question posée est oui. En 2012, le CIEM a pour la première fois mis en œuvre une approche qui permet de donner des avis quantitatifs dans les cas où les données sont de mauvaise qualité, en se fondant sur le principe de précaution et, dans la mesure du possible, en tenant compte également du RMD. Si certains stocks très peu nombreux – devaient, sous l'effet d'une amélioration des résultats scientifiques, évoluer dans un sens positif, les pêcheurs pourront bien entendu voir leurs efforts récompensés.
Toutefois, cet argument n’enlève rien au principe de bon sens selon lequel il convient d’encourager le secteur de la pêche à exploiter ces espèces d’une manière plus durable et, pour ce faire, il convient de se pencher non seulement sur les niveaux des captures, mais aussi sur les traces laissées par les engins de pêche. Si, en ce qui concerne certains de ces stocks encore une fois, très peu nombreux– le poisson est plus abondant, on le doit également aux limites qui ont été imposées aux captures ces dernières années. Nous devons à présent aider l’industrie à se réorienter ellemême vers des moyens de pêche plus respectueux de l’environnement. La possibilité d'accroître, en toute sécurité, les captures pour certains stocks, pour autant que la science affirme que cela est possible, constitue pour les flottes de chalutiers une chance à saisir pour augmenter leur rentabilité économique à court terme. Autrement dit, elles doivent saisir cette chance unique de se restructurer en s’équipant à plus long terme d’engins dont les effets sur l’environnement sont moindres.
Pour l’avenir, une solution consistant à associer des stocks en meilleure condition et des méthodes de pêche plus propres, qui permettent de diminuer sensiblement les captures d’espèces indésirées et dont les effets sur les habitats en eau profonde sont bien moindres a toutes les chances de donner de bons résultats.

Pour en savoir plus : DG Mare
1 : Fosså et al., 2002.
2 : Gage et al., 2005.
3 : Duran Muñoz et al., 2012.
4 : Campbell et al., 2011.

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Le 27 juillet 2012




Le Marin du 27 juillet 2012 consacre un dossier sur la pêche dans les grands fonds... Pour lire ce numéro de l'hebdomadaire de l'économie maritime : aller dans un kiosque ou en ligne sur le Kiosk


Pendant ce temps, Bloom mesure les retombées de sa campagne médiatique contre la pêche en eaux profondes....




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Le 31 août 2012




Le Marin du 31 août 2012 consacre un dossier sur les grands fonds, cliquer Ici

Détail de l’argumentation du port de pêche de Lorient en cliquant Ici


«On ne met pas un boulet à un coureur de 100 m pour qu'il avance plus vite». Avec d'autres élus de l'agglomération lorientaise, des représentants de la filière de la pêche et de la communauté scientifique, Norbert Métairie, le maire de Lorient, a filé la métaphore olympique, hier, en marge du Festival interceltique, pour rappeler sa franche opposition à la proposition de la commissaire européenne Maria Damanaki d'interdire la pêche de grands fonds dans un délai de deux ans.

«On ne peut pas à ce point dénigrer une activité sans en mesurer les conséquences économiques et sociales». Le temps presse. Et «l'inquiétude est réelle», reconnaît le maire de Lorient.
600 emplois dans la balance à Lorient

Avec près de 600 emplois concernés et un marché lorientais tourné vers la pêche au large (1 kg sur 2 de poisson vendu sous halles à marée provient de la pêche au large), une telle réforme reviendrait à mettre le port morbihannais à genou. Premier touché, l'armement Scapêche qui représente un tiers des poissons de grands fonds vendu sous halle à marée. «C'est plus de 200 emplois directement impactés», selon un représentant de l'armement mousquetaire. Une première saignée suivie d'une inévitable coupe claire dans les effectifs à terre. «Un emploi de pêche des grands fonds génère plus de trois emplois à terre», observe Bernard Kervarec, chargé de réaliser une étude d'impact par Lorient Agglomération.

«Les stocks de poissons sont reconstitués»

Surtout que les scientifiques y voient beaucoup plus clair que par le passé dans cet univers froid et sans lumière où évoluent empereur, grenadier, sabre, lingue bleue... «On entend beaucoup de fausses informations», relève pour sa part Alain Biseau, expert auprès du CIEM. L'appauvrissement de la ressource halieutique, argument massue des détracteurs de la filière, ne tient pas. «Cette pêche est désormais très encadrée en Europe et la reconstitution des stocks est très largement en cours. Conséquence, «l'interdiction défendue par la commissaire européenne n'est pas nécessaire, ni souhaitable». L'examen de la réforme sera à l'ordre du jour des parlementaires européens dès l'automne prochain. Les Lorientais ont déjà des arguments à faire valoir.

Des arguments balayés en un instant par les images chocs de Greenpeace et Océan 2012

Les dégâts de la pêche de grand fond par Greenpeace. Commentaire de OCEAN2012 sur sa page facebook : "Depuis que Mme Damanaki a décidé de faire cesser la pêche profonde le lobbying des pros français et d’intermarché est en marche. De grands et beaux esprits nient les dégâts sur les fonds marins et sur les échos systèmes, voici la vérité, faites circuler".


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Le 10 septembre 2012

Futura Sciences, fossoyeur des grands fonds !


Futura Sciences veut enterrer définitivement le chalutage dans les grands fonds, le chalutage tout court...

Comment Futura Sciences, site internet dont l’audience est comparable celle d’Ouest France sur le Web, peut se prétendre de la science. Futura Sciences interprète sans nuance les travaux de Pere Puig, géologue marin à l’Institut des Sciences Marines de Barcelone, sur l’impact du chalutage au large des côtes catalanes, travaux publiés dans la revue Nature...

Futura Sciences va dans le sens du mouvement « anti-chalutage », alors que Pere Puig et ses collègues sont beaucoup plus nuancés :
  • « L'interdiction devrait être évaluée au cas par cas plutôt que comme une approche globale, car une pêche durable peut apparaître dans certains zones où les dommages géologiques et de l'écosystème sont constatés... »
  • « Le chalutage de fond a été comparé à la coupe à blanc des forêts. D’après nos résultats, il vaudrait mieux comparer le chalutage à une activité agricole intensive. Le chalutage répété sur le même terrain, par le déplacement et la redistribution des sédiments, favorise en fait la mise à niveau de la surface et il produit des effets morphologiques similaires à ceux d'un champ labouré par l'agriculteur. »
  • « Les conséquences écologiques et les effets sur la biodiversité marine de cette pêcherie sont évidentes dans certaines parties du monde, comme sur les fonds avec des coraux d'eau froide qui sont détruits lors du chalutage. Toutefois, sur les fonds meubles, certaines espèces commerciales, du moins dans nos eaux, ne semblent pas être affectés de manière critique, puisque ces zones sont exploitées depuis des décennies... »

Comparer l’article de Futura Sciences avec ceux de la revue Nature et de l’Université de Barcelone

Futura Sciences : Les chalutages profonds ravagent les fonds marins

Sans surprise, les chaluts de fond causeraient de gros dégâts environnementaux en eaux profondes. La mise en mouvement des sédiments provoquée par les filets modifierait profondément la physionomie des grands fonds, notamment dans les canyons sous-marins méditerranéens.

Des chaluts de fond sont utilisés depuis près d'un siècle en Méditerranée. Aux débuts de cette pêche, les navires opéraient à proximité du littoral, en eaux peu profondes. Mais, à partir des années 1960, les flottes de chalutiers se sont progressivement éloignées vers le large et les grandes profondeurs, allant jusqu'à ratisser les canyons sous-marins.

Durant leur utilisation, les chaluts sont littéralement tirés sur les fonds marins. Les dégâts environnementaux occasionnés à proximité des côtes (arrachage de la flore, mise en suspension des sédiments, etc.) ont fait l’objet d’études et de vives polémiques. En revanche, peu d’informations sont disponibles sur les effets du chalutage en eaux profondes, notamment dans la partie supérieure du talus continental (à plus de 200 m sous la surface).

Une étude publiée dans la revue Nature par Pere Puig de l’Institute of Marine Sciences de Barcelone vient de confirmer ce que de nombreuses personnes pensaient. La pêche au chalut perturbe également les fonds marins profonds. Elle y réalise un véritable travail de terrassement, détruisant directement ou indirectement, par le dépôt de sédiments, les reliefs complexes sources d’abris pour la vie.... Suite...


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Le 18 février 2013

Espèces d’eau profonde : Vers une pêche durable

Audition publique

Hearing on Deep Sea species: Toward a sustainable fishery

Parlement Européen - Commission de la Pêche

Mardi 19 février 2013

Espèces d’eau profonde : Vers une pêche durable

Présentation du développement des pêcheries en eaux profondes et leurs impacts

Discussion à partir des projets Deepfishman et Nereida

Etudes de cas en France (avec Claire Nouvion de l’Onge Bloom association) et au Portugal

Télécharger le programme de l’audition : Hearing on Deep Sea species: Toward a sustainable fishery


Programme de travail de la commission PECH : 18 et 19 février 2013

Retransmission TV du travail de la commission PECH : 18 et 19 février 2013


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Pêche profonde : Bloom dégaine avant les auditions au Parlement

Source : Le Marin

Une semaine avant les auditions au Parlement européen sur la pêche en eaux profondes, l’association Bloom attaque l’armement Scapêche sur ses comptes. Le mardi 19 février, la commission pêche du Parlement auditionnera des chercheurs et des associations, dont Bloom, sur la pêche en eau profonde, afin de voter – en avril en commission pêche et en juin en séance plénière – sur une proposition de la Commission européenne pour encadrer cette pêche.

Claire Nouvian, fondatrice de Bloom, a dégainé dès le mercredi 13 février sur les comptes de la Scapêche, premier armement concerné en France (mais pas le seul). Estimant cette pêche non viable, elle pointe les subventions reçues par l'armement entre 2004 et 2011 : 9,34 millions d’euros entre la construction de trois chalutiers, deux sorties de flotte et les contrats bleus. On peut certes s’interroger sur la distribution des aides publiques (1), mais toute la pêche française (et européenne) a bénéficié des mêmes dispositifs, eau profonde ou non.

Le groupement des Mousquetaires a réagi par un communiqué, contestant les affirmations de Bloom.

(1) Les aides à la construction ont d'ailleurs été arrêtées et celles aux sorties de flotte sont remises en cause.

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Le 26 Août 2014

La connaissance des engins de pêche permet de minimiser les impacts sur les fonds marins

Le contexte prime : les meilleures pratiques croisent le type d'engin de pêche, l'habitat et la gestion de la pêcherie

Dans le volume 2 des Séries Scientifiques du Marine Stewardship Council (MSC), une étude montre que la bonne gestion et la conservation des pêcheries et des zones de pêche exigent une compréhension globale des méthodes et engins de pêche.

Source : Marine Stewarship Council

Les engins de pêche utilisés pour capturer les espèces benthiques et démersales ont un impact variable sur les fonds marins. Comprendre les impacts directs et indirects des pratiques de pêche sur les habitats benthiques est important  afin d’assurer la viabilité des océans de la planète.

Dans le volume 2, Chris Grieve et al. explore les meilleures pratiques de mesure, de gestion et d'atténuation des impacts benthiques de la pêche. L'examen porte sur un grand nombre d'engins de pêche les plus largement utilisés. Les auteurs y donnent une description de chaque engin et de son interaction avec l'environnement.

Historiquement, l'amélioration des engins de pêche visait à maximiser les captures. Aujourd’hui, pour répondre aux préoccupations de l'industrie et des ONG, la recherche se concentre davantage sur des modifications d’engins visant à minimiser les impacts sur les fonds marins et les prises accessoires.

Dans l’article, Analyse des impacts sur les habitats des engins de pêche mobiles et statiques qui interagissent avec les fonds marins, les auteurs écrivent : «Les travaux de recherche sur les habitats benthiques sont en plein essor  et deviennent disponibles pour les décideurs et les gestionnaires de ressources. La prise de conscience de la nécessité de gérer activement les composants complexes des écosystèmes marins et de comprendre les impacts directs et indirects de la pêche augmente".

La classification des types d’engin de l’Organisation Mondiale de l’Alimentation et de l’Agriculture (FAO) est en cours d’actualisation pour intégrer les récents développements dans ce domaine et sera prochainement publiée. Parmi les améliorations récentes, nous pouvons citer les avancées en technologie de la fibre, la mécanisation de la manutention des engins, l'amélioration des performances des navires et la motorisation, le traitement informatique pour la conception des engins, les aides à la navigation et la détection de poissons.


Cette analyse, ainsi que trois documents publiés dans le volume 2 des Séries Scientifiques, guident le MSC dans son développement stratégique sur les meilleures pratiques mondiales.

D'autres documents publiés sur la réduction des prises accessoires et les recommandations pour la gestion des stocks de saumon ont également joué un rôle important dans l'orientation de la Révision du Référentiel Pêcherie, un processus qui permet au Référentiel MSC de répondre aux meilleures pratiques scientifiques actuelles.

Dr David Agnew, directeur de l’équipe Référentiel du MSC déclare : «Pour vraiment apprécier les impacts mondiaux de la pêche, il est nécessaire d’augmenter la connaissance scientifique. Au MSC, nous révisons régulièrement nos Référentiels pour assurer leur rigueur et pertinence. Grâce à nos Séries Scientifiques, nous continuons de partager de nouvelles connaissances et contribuons à l'effort mondial de recherche sur la pêche durable ".

Le portail de recherche halieutique a été lancé en Novembre 2013 pour partager les connaissances scientifiques qui alimentent le Référentiel MSC. Le résultat de la révision du Référentiel sera publié le 1er Août 2014, intégré aux Exigences de certification des pêcheries MSC 2.0

Cliquer Ici pour télécharger le document "Review of habitat dependent impacts of mobile and static fishing gears that interact with the sea bed"

Pour plus d’informations : MSC

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1 commentaire:

Le Sann Alain a dit…

Des artisans brésiliens viennent de faire appel au bureau veritas, pour certifier leur pêcherie de langouste très maîtrisée. Le Msc ne pouvait leur convenir, comme c'est souvent le cas dans les pays du Sud; A suivre...
Bloom trouvera-t-elle plusieurs dizaines de scientifiques spécialisés dans cette pêcherie pour contester le choix des Brésiliens?