mardi 21 février 2012

Le faux thon d'Abidjan. Du thonier-senneur au garbadrome

Ou comment les équipages de thonier-senneur contribuent à la sécurité alimentaire des populations ivoiriennes.... Les pêcheurs de thon valorisent les rejets dans le circuit informel du poisson....

Le faux thon alimente un commerce informel très prospère à Abidjan, capitale économique de Côte d'Ivoire. Quant au "Thon c'est bon", il continue d'approvisionner les trois grandes conserveries abidjanaises pour le marché européen....

Dans le premier port thonier d’Afrique de l’Ouest, le garba est devenu l’un des plats les plus appréciés des abidjanais. Le garba est composé de semoule de manioc (attiéké) accompagnée de thon frit. Ce plat est apparu au début des années 90 en Côte d’ivoire et les garbadromes ont essaimé à Abidjan et dans tout le pays. De nos jours avec la crise économique, le garba est consommé par plus de 80% d’Ivoiriens.

Coïncidence ou pas…

L’apparition du garba correspond au début d’une « pratique » de pêche durable.

« Depuis les années 80, les marins dépendant de l'organisation (française ndlr) des producteurs de thon congelé (Orthongel) ne sont pas rémunérés pour les captures de listao et d'albacore pesant moins de 1,5 kg. Un cas unique, là où la paye est généralement basée sur le tonnage global. Un premier exemple, aussi, de pratiques tendant vers une pêche durable que les armateurs concarnois (Saupiquet, Compagnie française au thon océanique) et réunionnais (Sapmer) affirment aujourd'hui vouloir renforcer...» Source : Thon tropical : Des mesures pour une pêche durable (Le Télégramme)

Le faux thon, une « godaille » de 20.000 tonnes !

Derrière la version officielle des armateurs se cache une autre réalité... Toute l’économie souterraine à bord et autour d'un thonier travaillant sur les côtes africaines. Selon une étude de l’Institut de recherche pour le développement (Ird) (1), cette filière cachée du secteur thonier regroupée sous la dénomination de "faux thon" représenterait chaque année entre 10.000 et 20.000 tonnes de « godaille » pour les équipages contre 100.000 tonnes de thon pour les conserveries !

Ce "faux thon" alimente tout un circuit de distribution depuis le pêcheur jusqu'au vendeur du garbadrome, en passant par le douanier, le policier, le gendarme, le transporteur, le grossiste, la marchande (2) et tout autre « trafiquant » de poissons (3)... Economie souterraine, puisque à peine mentionnée dans les statistiques ivoiriennes, mais filière vitale, en raison des apports conséquents pour la sécurité alimentaire des populations les plus démunies...

Le faux thon, une filière informelle très prospère...

Selon Marius Nouza, journaliste abidjanais, le garba « a fait du thon un produit alimentaire de grande consommation en Côte d’Ivoire. En tant que tel, sa commercialisation est une bonne niche qui devrait intéresser tout opérateur économique soucieux de faire des gains intéressants. »

« Disponible uniquement en mer, Il se décline en plusieurs catégories ou espèces. Ce sont le germon, le listao, l’albacore, le ravil ou le bonite, le thon blanc, la banane, le patudo et le thon rouge. Le thon que l’on utilise dans la vente du garba et autres plats comme le tchep, le riz gras et autres, est issue des espèces Ravil, thon blanc et banane. Ils forment ce que l’on appelle communément le faux thon. Appelés ainsi à cause de leur incompatibilité à la conserverie contrairement aux autres espèces. Par ailleurs, ces autres espèces, lorsqu’elles sont écorchées ou blessées (ou trop petites ndlr), sont automatiquement considérées aussi comme faux thon. » Source : Commerce de poissons : Tout le circuit pour s’enrichir avec le thon

Philippe Favrelière (modifié le 13 octobre 2012 avec l'intégration du graphique de l'Iccat concernant les débarquements de "faux poissons" au port d'Abidjan)
 
(1) IRD : Le “ faux-poisson ” d’Abidjan et la pêche sous DCP dérivants dans l’Atlantique tropical Est : circuit de commercialisation et rôle socio-économique


Autres articles :
Pour aller plus loin....

Le “ faux-poisson ” d’Abidjan et la pêche sous DCP dérivants dans l’Atlantique tropical Est : circuit de commercialisation et rôle socio-économique

Romagny B., Ménard F., Dewals P., Gaertner D., N'Goran N.

Résumé : Abidjan est le port de pêche le plus important en terme de débarquements de thons tropicaux du Golfe de Guinée (environ 100.000 t par an). Trois conserveries traitent principalement trois espèces de thons : l’albacore (Thunnus albacares), le listao (Katsuwonus pelamis) et le patudo (Thunnus obesus). Les thons de trop petites tailles, abîmés ou mal conservés, les thonidés mineurs comme les auxis (Auxis spp.) et les thonines (Euthynnus alletteratus) ainsi que les captures accessoires conservées à bord (poissons bananes, balistes, marlins, voiliers, thazards) sont refusés par les conserveries. Ils constituent le “ faux-poisson ” qui est la seule fraction des captures de la pêche thonière industrielle vendue directement sur le marché local. Depuis 1990, le développement intensif de la pêche sous les DCP dérivants a favorisé les prises de petits thonidés, de thonidés mineurs et d’autres espèces associées. Les quantités de “ faux-poisson ” débarquées ont connu parallèlement une croissance spectaculaire : de 8.500 tonnes par an estimées entre 1987 et 1990, on passe à 21.000 tonnes entre 1991 et 1993. Depuis 1994, les armements français tentent de contrôler ces débarquements en fixant des quotas. Un système d’enquête mis en place depuis 1998 permet d’analyser finement les débarquements de “ faux-poisson ”. A partir d'une approche pluridisciplinaire, on étudie le rôle socio-économique du “ faux-poisson ”, notamment en terme de relations contractuelles entre les différents acteurs de ce marché, et on analyse son impact sur les stratégies de pêche en identifiant les circuits de commercialisation (acteurs, prix, marges) et en estimant les chiffres d'affaire liés à ce secteur. Pour télécharger l'étude, cliquer Archimer


Deux reportages sur le port de pêche pour comprendre l’activité des marchandes et tous les « trafiquant » de poissons


Nombreuses sont des femmes, revendeuses de poissons, qui se battent jour et nuit pour ravitailler le marché abidjanais en poissons ainsi que les villes environnantes. Contre vents et marées, bravent toutes sortes de difficultés pour s’approvisionner au port de pêche d’Abidjan. Pour en savoir davantage sur les conditions de travail de ces battantes, nous les avons suivies. Nous avons passé ensemble une nuit, en attente de l’arrivée des navires….


Entre insalubrité et commerce •A qui profite l’insalubrité au Port de pêche ?

Il est 8 heures 45 minutes, ce mercredi du mois de juin, lorsqu’un véhicule nous dépose au port de pêche de Vridi. Les regards inquisiteurs des opérateurs de ce lieu en disent long. Ces coups d’oeils indiscrets nous ramènent à une évidence. A savoir que nous sommes des visiteurs indésirables en ces lieux. Mais cela n’enlève rien à notre détermination à découvrir et vivre le quotidien de cette autre catégorie d’opérateurs économiques. Notre présence assidue en ces lieux durant toute une semaine, a obligé ces derniers à nous accepter.

Ce qui nous a permis de percer tous les mystères du port de pêche de Vridi. Le port de pêche d’Abidjan, c’est en effet deux entités. Une partie où l’entrée est libre et une autre où, pour y accéder, il faut payer des droits. Malgré notre carte de presse, nous avons dû débourser, comme tout visiteur, la somme de 710 FCFA, qui donne droit à un ticket d’une heure de temps dans l’enceinte du port.

Les gendarmes postés à l’entrée du port nous ont balancé à la figure qu’il n’y avait pas de différence entre un journaliste qui y effectue une visite et un visiteur ordinaire. Mais ce qu’ils ne disent pas, ce sont les nombreux arrangements qu’ils font avec les personnes qui viennent se débrouiller chaque jour au port. Un « trafiquant » de poissons, c’est la dénomination qu’on donne à toute personne qui achète le poisson au détail sur les bateaux pour le revendre ensuite au marché, qui a sa stratégie pour passer les mailles de la gendarmerie et de la police.
 
« Nous payons 200 FCFA à la gendarmerie et 100 FCFA à la police. Soit 300 FCFA pour la journée. Mais, en cas de contrôle, lorsque vous êtes appréhendés, il faut encore payer 500 FCFA ou 1000 FCFA », a indiqué ce « trafiquant ». Cela ne permet pas pour autant à ces acteurs de s’en sortir. Pour arrondir donc les fins de mois, ils préfèrent négocier des tickets au coût de 1000 FCFA ou 1200 FCFA, pour une journée de travail qui dure de 7 heures à 18 heures. En réalité, ces tickets ne coûtent rien. Selon notre interlocuteur, ça varie de 1500 FCFA à 3500 FIFA, voire 12500 FCFA pour un mois, deux mois et un an. Mais, les conditions pour son obtention relèvent d’un véritable parcours du combattant. Une fois dans l’enceinte du port, comment répartir de là-bas avec un peu de sous ? Pour cela, on n’hésite pas à sauter sur toutes les occasions qui se présentent à soi. Quitte à remplacer un docker absent ou malade, à acheter des poissons dans les bateaux pour les revendre ou à louer des chariots (500 FCFA par jour) pour transporter les poissons du quai jusqu’au marché….
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Le 15 novembre 2012

Thon tropical. Les stratégies régionales de pêche de l’UE 

Une entrevue avec Michel Goujon, directeur d'Orthongel

En France, Orthongel est la plus grande organisation de pêche lointaine (en dehors des eaux communautaires). C'est l'organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé (association de la loi 1901). Orthongel représente les intérêts d’une flotte de 22 thoniers senneurs, actifs en Océan indien et Océan atlantique pour une production de plus de 100 000 tonnes de thon tropical chaque année.

Orthongel est membre d’Eurothonet a contribué à mettre sur pied l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). Ses missions sont d'améliorer les conditions de vente de la production de ses adhérents, d'encourager les méthodes de pêche qui favorisent une pêche durable et responsable, de contribuer à la gestion de la pêcherie et de représenter, défendre et promouvoir les intérêts généraux des armateurs de thoniers congélateurs et surgélateurs tropicaux.

Orthongel est, aussi, membre d'Eurothon, du CNPMEM, du Cluster maritime et du CCR Pêches Lointaines.

Les armements adhérents d'Orthongel sont :
  • la Compagnie Française du Thon Océanique (créée en janvier 2011 par la fusion des armements France-Thon, Cobrecaf et Cobrepêche)  
  • Saupiquet  
  • Sapmer S.A.

Pour en savoir plus, cliquer Orthongel

Les stratégies régionales de pêche de l’UE devraient se centrer sur l’appui à l’harmonisation et à la spécialisation


Dr Michel Goujon, ingénieur-docteur en halieutique, est directeur d’Orthongel, l’organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé...

Q : Il y a deux ans, vous avez participé à la création de l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). A quoi correspond cette démarche ?

C’est une initiative des conserveries de la région océan indien et des armateurs de pêche à la senne qui y opèrent. On retrouve aujourd’hui dans l’association toutes les conserveries des pays de la COI – Maurice, Seychelles, Madagascar, Comores – ainsi que tous les armements thoniers européens.

La création de l’AOTOI correspond à une période où certains groupes environnementalistes donnaient aux consommateurs, surtout en Grande Bretagne, une image négative de la filière de la pêche du thon à la senne, incitant à ne consommer que du thon pêché à la ligne. La pression des consommateurs, relayée par les importateurs, s’exerçait directement sur les conserveurs, pour que ceux-ci ne s’approvisionnent qu’en thons provenant de ce type de pêche.

Pour nos partenaires de l’Océan indien et aussi pour nous, il était important de recréer la confiance et de démontrer, sur base d’éléments objectifs, que la pêche à la senne peut se faire de façon tout à fait durable.

En effet, au niveau environnemental, la sélectivité de la senne est bonne – comme cela a été documenté pour l’Océan Indien par les scientifiques de la CTOI. Celle-ci résulte notamment du comportement des thons qui se déplacent en bancs. Le repérage du poisson à vue et au sondeur permet aussi aux pêcheurs qui le veulent d'éviter la capture de poissons trop petits. Par ailleurs, le poisson est embarqué vivant, il est alors possible de remettre à l'eau, avec d'excellentes chances de survie, d'éventuelles captures accidentelles comme les requins ou les tortues. Dans le Pacifique est, où les thons sont souvent associés aux dauphins, une méthode est utilisée avec succès pour permettre aux dauphins de s’échapper de la senne.Par ailleurs, opérant en surface et loin des côtes, la senne n'a pas d'impact sur les fonds marins.

Bien sûr, des améliorations des pratiques peuvent toujours se faire, et c’est aussi à cela que nous travaillons au sein de l’AOTOI.

Nous avons d’ailleurs fait tout un travail de préfiguration d’une labellisation, même si ce n’est pas l’objectif premier de l’association.

Q : S’agirait-il là d’un écolabel de plus ?

Nous avons défini un cahier des charges qui est axé sur des aspects tant environnementaux que sociaux, de qualité du produit ou encore de transparence. Au niveau environnemental, par exemple, nous nous engageons à ne pas produire de rejets, exceptés pour les animaux relâchés vivants. Au niveau social, nous nous engageons à respecter les droits des travailleurs, le salaire minimum, la couverture sociale, etc. Pour les bateaux européens pêchant sous accord de partenariat de pêche, cela correspond par exemple à la mise en oeuvre de la clause sociale. Pour les conserveries, il y a aussi des engagements concernant la chaîne du froid, l’évacuation correcte des déchets, etc.

Mais l’AOTOI est aussi une plateforme pour réfléchir et promouvoir des améliorations techniques, comme par exemple le développement et la généralisation de l’utilisation de dispositifs de concentration de poissons (DCP) écologiques afin de minimiser l’impact environnemental de cette technique. En France, nous avons mené un programme pour le développement de ce genre de DCP qui, à terme,seront standardisés et assemblés à terre, ce qui permettra aussi un meilleur contrôle du nombre de DCP mis en mer.

Q : C’est un enjeu central, pour vous, de minimiser l’impact environnemental des DCP, notamment les prises accidentelles de requins et tortues et les captures de juvéniles ?

Oui, c’est vraiment une conviction du secteur. Nous sommes bien conscients que, même si les prises accidentelles sont déjà faibles pour la pêche à la senne, améliorer la sélectivité des engins, c’est tout bénéfice : un écosystème en bonne santé est plus productif, une meilleure sélectivité réduit la charge de travail, etc, sans compter l’amélioration de notre image. Avec les améliorations que nous proposons, nous voulons démontrer que la pêche sur DCP écologiques, bien contrôlée, est une pêche responsable.

Dans ce débat un peu manichéen entre une pêche sur DCP (qui serait mauvaise), et une pêche sans DCP (qui serait bonne), il faut prendre en compte des enjeux techniques et économiques. Il n’est pas possible pour une flotte entière d’être rentable en pêchant uniquement sans DCP. Ce que l’on capture sous DCP, c’est essentiellement du thon listao, qui contribue pour au moins 50% de la matière première des conserves de thon. Ces captures sous DCP sont donc un élément essentiel de la rentabilité, et donc les senneurs qui s’engagent dans la pêche sans DCP ne feront qu’une partie de leurs captures de cette manière. Il faudra donc prévoir des cuves séparées pour stocker le thon pris avec et sans DCP, et organiser une traçabilité sans failles.

De notre point de vue, en plus des améliorations techniques visant à une meilleure sélectivité, d’autres approches sont efficaces pour éviter de pêcher des juvéniles de thon, notamment dans la façon de rémunérer les équipages. Nous payons les équipages au prorata de la valeur du thon capturé, pas au volume de captures. De plus, tout thon capturé de moins de 1,5kg n’est pas payé. Avec ce système, il est évident que les pêcheurs vont cibler les plus gros thons, et pas les juvéniles.

Q : Les DCP sont également un paramètre important qui augmente la capacité de pêche…

Effectivement, c’est un aspect important qui doit être pris en compte lorsqu’on développe des systèmes de gestion de la capacité de pêche thonière au niveau des Organisations régionales de pêche (ORGP).

Dans le cadre du Conseil consultatif régional pour la pêche lointaine (CCRPL) de l’Union européenne, nous avons réfléchi sur les enjeux liés à l’utilisation des DCP, avec l’ensemble de l’industrie et les ONG. La principale recommandation qui en est sortie, c’est qu’il faut adopter un plan international de gestion des DCP, qui devra être appliqué au niveau de toutes les ORGP thonières, afin de gérer l’ensemble de leurs impacts, y compris sur la capacité de pêche.

Cela exigera le recueil continu de données sur l’utilisation des DCP qui viendra s’ajouter au recueil déjà réglementaire de la composition des captures par taille et par espèce et des captures accessoires.

Nous avons demandé à l’UE de porter cette recommandation et de promouvoir cette approche au sein des ORGP thonières.

Q : L’UE est en train de reformer sa politique de pêche et, concernant la pêche lointaine, elle propose de définir des stratégies régionales. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est essentiel de développer ces stratégies régionales pour la pêche thonière. Et il faut que ces stratégies aient pour objectif d’appuyer les pays d’une région donnée à harmoniser leurs politiques, notamment en ce qui concerne les conditions d’accès pour les flottes de pêche lointaine, la coopération scientifique et la lutte contre la pêche illégale.

Un autre aspect qui devrait être considéré par les pays partenaires de l’UE, en particulier ceux qui ont des accords de partenariat thoniers avec l’UE, c’est l’intérêt qu’il peut y avoir à développer des spécialisations au sein d’une même région. En effet, il n’est de l’intérêt de personne de construire des usines de transformation semblables partout, si, au bout du compte, les pays ne peuvent les faire fonctionner à plein rendement.

Une concertation entre les états riverains pour déterminer comment répartir de manière juste les divers bénéfices de l’exploitation thonière par les flottes de pêche lointaine serait sans doute salutaire. Si la question de l’installation des usines de transformation est un élément clé à discuter dans ce cadre, le paiement de coûts d’accès harmonisés, représentant une part raisonnable de la valeur des captures réalisées, est un autre élément important à discuter au niveau régional.

D’autres propositions pourraient aussi être faites, pour que certains pays se spécialisent pour devenir, par exemple, des centres régionaux pour la formation d’observateurs, la formation de marins, le Suivi, Contrôle et Surveillance, etc. Ce qui me semble évident, c’est que le développement de stratégies régionales pour la future politique européenne de la pêche doit prendre aussi bien en compte les besoins et les priorités des pays tiers que les contraintes d’exploitation durable des senneurs.
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Le 8 décembre 2012

La Poissonnière d'Abidjan 

Source : Rejoprao

Présent à Abidjan du 18 au 21 novembre 2012 à l'occasion de l'atelier sur le thème « Améliorer la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire : le rôle des femmes », et de la célébration de la journée mondiale de la pêche, le Réseau des journalistes pour une pêche responsable et durable (REJOPRAO) a réalisé un bulletin d'information baptisé "La Poissonnière d'Abidjan". En deux numéros de 4 pages chacun, ces bulletins très dense font le point des deux évèvenements.

Pour découvrir les bulletins, cliquez sur les liens ci-dessous.

Très bonne lecture à toutes et à tous! N'hésitez surtout pas à nous faire parvenir vos commentaires et observations pour améliorer nos productions futures. Merci d'avance

Poissonnière d'Abidjan n°1, cliquer Ici

Poissonnière d'Abidjan n°2, cliquer Ici

Edito 1. Quatre femmes pour un pêcheur


Impossible d’imaginer les activités de la pêche en Afrique sans les femmes !

Pour chaque pêcheur, quatre femmes interviennent dans différents maillons.

Celles-ci sont particulièrement importantes dans les activités de post-capture et assurent la transformation et la commercialisation des produits de pêche. Elles approvisionnent les marchés locaux et régionaux en produits riches en protéines. Ce sont elles qui permettent aux pêcheurs artisanaux de garder la tête hors de l’eau en valorisant leurs produits et parfois en préfinançant leurs activités. L’importance du rôle des femmes dans la contribution de la pêche à la sécurité alimentaire ne souffre donc d’aucun doute.

Mais ces femmes font face dans leur vie quotidienne à de nombreux problèmes qui freinent leur autonomie professionnelle. On peut citer entre autre la faiblesse du commerce intra africain, le manque d’infrastructures adéquates, le difficile accès au crédit, le manque de formation, les problèmes liés à l’énergie… bref un chapelet interminable. Les crises alimentaires successives en Afrique nous rappelle que plus que jamais, il est impérieux d’optimiser la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire. Cela passe par des mesures courageuses en faveur de l’amélioration des conditions de travail des femmes du secteur.

C’est en cela que pour nous la rencontre d’Abidjan sur le thème « Améliorer la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire: le rôle des femmes », constitue une source d’espoir, une source de vie !

Edito 2. Enrichir le panier de la ménagère !


Malgré ses richesses naturelles parmi lesquelles les ressources halieutiques, l’Afrique fait souvent face à des urgences alimentaires cycliques.

La surexploitation de ses ressources halieutiques à travers des conventions signées par les Etats et la faible intégration entre les pays, déjà exposés aux aléas climatiques conjugués à la marginalisation du rôle des femmes du secteur de la pêche concourent à la résurgence de telles crises.

Cette situation perverse de crises alimentaires affecte d’abord les pêcheurs artisans, mais aussi les femmes, représentant plus de 50% de la population sur le Continent.

Le panier de la ménagère est, en effet, fortement impacté par des politiques nationales qui restent extraverties du fait des recettes engendrées par des exportations exponentielles (captures, rejets, farine de poissons) et de la pêche INN. Dans ce cadre ''les femmes sont plus vulnérables à la mauvaise qualité des services et à la baisse des prises de poisson'', atteste la représentante de la FAO en Côte d’Ivoire.

Pire, les communautés d’acteurs de pêche africains ne sont pas toujours entendues ou consultées dans la prise de décisions qui affectent leur avenir.

Nonobstant cette réalité, ayant pour corollaire, le recul croissant d’approvisionnement pour la consommation humaine, les organisations de la société civile africaine, investies dans le secteur, continuent de caresser les espoirs nés de la tenue de la 30ème session du Comité des pêches, à Rome en juillet dernier, pour participer « activement à la concertation technique » sur les futures directives de la Fao en la matière.

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Le 19 Juin 2014

African Tuna Conference : Conférence Africaine sur le Thon


Abidjan - Côte d'Ivoire

25-26 Septembre 2014

La toute première édition de la Conférence Africaine et d’Exposition sur le Thon regroupera les principaux acteurs de l’industrie thonière et les parties prenantes qui viendront de divers horizons d’Afrique et du monde et elle offrira un cadre évènementiel pour apprendre et débattre des questions pertinentes relatives à la pêche thonière, à la transformation, au commerce, aux nouveaux débouchés et aux actions politiques en vigueur. C’est un évènement essentiel qui vous donne le privilège d’étendre votre réseau au niveau de l’Afrique.

La conférence sur les thons en Afrique 2014 est un événement de deux jours qui se tiendra les 25 et 26 septembre 2014, de 09H00 à 18H00 à l’Hôtel Abidjan Sofitel Ivoire, à Abidjan.

Pour en savoir + : Atuna

Les Principaux Thématiques  

La première édition de la Conférence sur les thons en Afrique est sans doute, le plus grand  évènement qui réunira les principaux acteurs et les parties prenantes de l’industrie thonière en Afrique, où diverses questions liées à la transformation du thon, à la pêche, au commerce et à des décisions politiques seront sujet à discussion.

Au cours de cet évènement sur le commerce du thon, des décideurs politiques peuvent apporter de nouvelles visions, partager leurs points de vue avec les autres, établir de nouveaux contacts, promouvoir leurs produits et services.

La conférence sur les thons en Afrique en 2014, portera sur des thématiques et discutera de sujets d’actualité sur l’industrie thonière, notamment :
  • Point de vue de 360 degrés sur le thon en Afrique ;
  • Couverture des nations et des îles d’Afrique - du Nord au Sud ;
  • Tendance des captures de thonidés de l’Atlantique et de l’Océan Indien ;
  • Quelles sont les principales flottes actives dans la région ?
  • Quelles sont les zones de pêche de thon les plus productives en Afrique ? : où se situent-elles ?
  • Les difficultés rencontrées par les États côtiers dans la gestion de leurs pêcheries thonières ;
  • La  pêche INN au thon - les domaines problématiques et les solutions envisagées ;
  • Comment les États côtiers peuvent tirer plus de bénéfice de leur ZEE dans l’exploitation des ressources thonières ?
  • Les principaux blocs dans l’industrie thonière en Afrique ;
  • Les marchés du monde arabe - leurs croissances et leurs importances ;
  • Opportunités d’expansion du marché pour les transformateurs africains ;
  • Quels sont les facteurs qui régissent les prix des thons d’Afrique en matière première ?
  • Quelles sont les possibilités pour la certification MSC pour une pêcherie  durable du thon de l’Atlantique ?
  • Les principaux marchés d’importation de thon en conserve en pleine  croissance au niveau de l’Afrique ;
  • Les principaux exportateurs africains de thon vers l’UE et vers d’autres marchés ;
  • L’élasticité-prix ? Que font les producteurs et les fournisseurs africains pour  s’accorder face à des prix très bas du moment ?

De même, des sujets d’actualité et importants pour l’industrie, tels que :
  • L’évolution des facteurs critiques de coûts pour l’industrie africaine du thon en conserve ;
  • Quels seront les nouveaux entrants dans l’industrie de transformation de thon en pleine émergence en Afrique ?
  • La responsabilité sociale - la situation actuelle en Afrique ?
  • Quelles sont les activités des diverses ONG sur le thon en Afrique ?
  • La nationalisation de la pêche au thon et de l’industrie thonière – les défis et les opportunités ;
  • Quelles sont les possibilités de produire des produits de thon à valeur ajoutée ?

Les participants seront constitués des chefs d’entreprise et des décideurs politiques, des officiels, des armateurs des thoniers, des transformateurs, des commerçants, des scientifiques, des autorités portuaires, des prestataires de services, des détaillants, des ONG impliquées dans l’industrie thonière à l’échelle internationale, etc.,

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