samedi 6 août 2011

Au Japon, les pêcheuses Amas préservent la tradition malgré les catastrophes


Au Japon, les pêcheuses Amas préservent la tradition malgré les catastrophes

Sur la côte nord de la préfecture dévastée d’Iwate, dans le petit port de Kuji, les pêcheuses de coquillages perpétuent la tradition « Ama », ces femmes de la mer qui plongent en apnée à la recherche des huîtres perlières.

Célèbres pour la pêche des perles, les Amas plongeaient et plongent encore surtout en quête de fruits de mer (pour la consommation ou la vente) tels que les algues, les homards, les oursins, les ormeaux et les huîtres.

Durant la période estivale, les Amas organisent des spectacles... Mais, les touristes sont moins nombreux dans le nord-est du Japon depuis le tsunami du 11 mars. Moins de spectateurs et pas d'oursins en dégustation à la fin de chaque représentation pour préserver la ressource ravagée !

La volonté de continuer

Malgré les dégâts, le groupe de 20 plongeuses spécialisées dans le spectacle de pêche traditionnelle d'oursins de mer, est bien déterminé à préserver son activité.

Lors d'une réunion regroupant les amas de la région, courant juin, leur volonté de reprendre les spectacles était plus forte que la crainte de voir déferler une nouvelle vague meurtrière.

« Nos prédécesseurs se sont battus pour que la tradition ama ne soit pas perdue, explique Hiroko Omukai, la présidente de l'Association des plongeuses ama, au Yomiuri. Nous ne pouvons laisser notre art se perdre. Et puis quand les visiteurs apprécient nos spectacles, cela nous encourage vraiment. »

Les pêcheuses se sont adaptées à la situation. L'Office de Tourisme de la ville a mis à leur disposition un local de fortune et les nageuses ont troqué leurs tenues traditionnelles pour de banales combinaisons des plongées.

Mais d'autres difficultés sont venues troubler le cycle de leurs représentions: les dispositifs censés briser les vagues ont été endommagés. Elles ne peuvent désormais partir en mer qu'une fois par jour.

De plus, les oursins qu'elles pêchent, qui étaient auparavant cuisinés pour les visiteurs, doivent être relâchés. Depuis la catastrophe du 11 mars, le quota de pêche de cette espèce a été réduit.

Cela fait 40 ans que Sachiko Kakehata est plongeuse ama. Elle a connu de bien meilleures conditions dans la pratique de son activité.

Cependant, les difficultés actuelles ne lui font pas baisser les bras: « Nos trois mois de représentations en mer rendent la ville vivante et attrayante. Sans cela, les habitants déprimeraient, c'est important que nous continuions. »

Comme elle, malgré ces complications, les autres amas gardent le sourire et la même vitalité qu'auparavant.

Malheureusement, elles ne sont pas autant sollicitées que les années précédentes. Durant l'été 2010, des spectacles étaient organisés chaque jour, à la demande des touristes. Elles plongeaient parfois plus de cinq fois par jour. Mais cette année, depuis le début de la saison, une seule réservation a été effectuée.

Extrait de l’article d’Aujourd’hui le Japon : L'art des pêcheuses amas en péril

Pour plus d’informations sur les pêcheuses Amas :
Photographie Wikipedia : Pêcheuse Ama

Pour aller plus loin....


Vidéo INA Caméra en Asie - 11/01/1961 - 13mn 51s
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Série documentaire consacrée aux rites en Asie. Aujourd'hui, Michaëla et Armand Denis sont en bord de mer sur la côte japonaise. Ils observent des jeunes femmes, en bas de maillot et munie d'un masque de plongée, venues pêcher des algues à l'aide d'une sorte de filet. Ils découvrent ensuite la première industrie du Japon qui est celle des huitres perlières pour récolter les perles japonaises appelées "larmes de lune". La technique consiste à introduire un fragment de corps étranger et d'extrait de manteau d'huitre à l'intérieur de chaque huitre afin que la réaction de celle-ci soit de le recouvrir de nacre couche par couche. Dans les ateliers, les perles sont ensuite perforées, puis triées par tailles et teintes et vérifiées de nombreuses fois afin de satisfaire aux exigences ancestrales de Mikimoto. Enfin, ils assistent à la fête traditionnelle de Gion à Kyoto avec son défilé de palanquins rappelant l'épidémie de peste vaincue en 869.
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Japon : Huître perlière et Perle .
11 janv. 1961
13min 51s
Série documentaire consacrée aux rites en Asie.
Aujourd'hui, Michaëla et Armand DENIS sont en bord de mer sur la côte japonaise. Ils observent des jeunes femmes, en bas de maillot et munie d'un masque de plongée, venues pêcher des algues (et des ormeaux ndlr) à l'aide d'une sorte de filet. Ils découvrent ensuite la première industrie du Japon qui est celle des huitres perlières pour récolter les perles japonaises appelées "larmes de lune". La technique consiste à introduire un fragment de corps étranger et d'extrait de manteau d'huitre à l'intérieur de chaque huitre afin que la réaction de celle-ci soit de le recouvrir de nacre couche par couche. Dans les ateliers, les perles sont ensuite perforées, puis triées par tailles et teintes et vérifiées de nombreuses fois afin de satisfaire aux exigences ancestrales de Mikimoto. Enfin, ils assistent à la fête traditionnelle de Gion à Kyoto avec son défilé de palanquins rappelant l'épidémie de peste vaincue en 869.
Production
Office national de radiodiffusion télévision française
Générique
Réalisateur : Calvin, Antonia
Producteur : Denis, Armand ; Denis, Michaela
Commentateur : Thomas, Claude
Illustrateur sonore : Auriol, Hubert d'
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Le 28 septembre 2013
Au Japon, la disparition des "femmes de la mer"
Ça et là sur la mer étale, des bouées surmontées d'un petit drapeau orange indiquent l'endroit où elles ont plongé. Elles émergent les unes après les autres, la tête enveloppée d'un linge blanc, un masque de plongée sur le visage. Dans l'une de leurs mains gantées, elles tiennent un ormeau ou un oursin qu'elles placent dans un filet accroché à la bouée. Dans l'autre, un couteau. Elles reprennent leur respiration et replongent. Une paire de palmes noires surgit vers le ciel. Elles réapparaissent cinquante secondes plus tard.
Source : Le Monde  par Philippe Pons La magnifique côte orientale de la péninsule de Kii (au sud d'Honshu), dentelée et couronnée de pins, se situe à environ un kilomètre. Ces plongeuses sont des ama ("femmes de la mer"), capables de descendre en apnée jusqu'à une dizaine de mètres de profondeur.
Rien n'a vraiment changé dans cette pêche aux coquillages déjà mentionnée dans l'anthologie poétique Manyoshu (VIIIe siècle). Autrefois, les ama plongeaient à moitié nues. Puis, elles se sont vêtues de tenues en coton blanc ; depuis les années 1960, elles portent des combinaisons en caoutchouc avec au-dessus, une sorte de vareuse bleu ciel. "Quand j'étais jeune, je plongeais jusqu'à 80 fois de suite", confie Matsumi Koiso, forte femme de 76 ans, au visage buriné par les éléments. Elle a commencé à 18 ans. "En mer, mes jambes marchent bien et tant que j'aurai les poumons assez solides, je continuerai", assure-t-elle, en se relevant péniblement des tatamis.
Inscription au patrimoine mondial de l'Unesco ?
Les ama vieillissent et leur tradition risque de disparaître : elles étaient 70 000 à la fin des années 1950 ; elles ne sont plus que 2 100 à travers tout le Japon, dont près de la moitié dans les deux localités de Toba et de Shima, sur la péninsule de Kii. La région était célèbre autrefois pour ses plongeuses qui travaillaient pour le "roi de la perle" Kokichi Mikimoto. Les pêcheuses de perles ne représentent plus qu'une attraction touristique, mais celles des ormeaux et autres coquillages continuent leur pratique ancestrale.
Depuis 2007, un mouvement s'est constitué, à l'initiative du directeur du Musée de la mer de Toba, Yoshihata Ishihara, pour inscrire conjointement au Patrimoine mondial de l'Unesco la tradition des ama du Japon et des plongeuses de l'île de Jeju, au sud de la péninsule coréenne. Ces dernières, appelées haenyo, pratiquent la même méthode de pêche, très liée dans leur cas aux rites chamanistes. Elles aussi sont menacées.
"Il y a de moins en moins d'ormeaux naturels. Protéger les ama, c'est maintenir une pêche respectueuse des équilibres marins : parce qu'elles plongent en apnée, elles ne peuvent pas prendre beaucoup d'ormeaux ou d'oursins à la fois. Avec leur expérience, elles connaissent l'âge des coquillages. Une pêche indiscriminée serait catastrophique pour l'écosystème marin déjà fortement endommagé", estime M. Ishihara, qui préside le conseil de préservation de la culture des ama.
Une pratique parfois dangereuse
Bien qu'on compte des plongeurs masculins, le monde des ama est un univers de femmes. Elles ont leurs amulettes et leurs cultes dans de petits sanctuaires shinto, comme celui d'Ishigami-san dans la commune d'Osatsu, caché sous sa frondaison de pins. Dans une crique rocheuse, une effigie de Bouddha en pierre travaillée par les vagues qui la submergent à marée haute constitue un autre lieu de prière. Indépendantes, les ama forment de petites communautés respectées dans leurs villages.
Sur le pas de la porte des maisons des villages du littoral, une grosse pierre percée indique qu'une ama y habite. Cette pierre est l'un de leurs symboles. Envoyée dans les fonds et reliée par une corde à la bouée, elle guide les pêcheuses dans leurs plongées.
Autrefois, beaucoup d'ama pêchaient en binôme avec un proche, mari, père ou frère, qui restait sur un petit bateau maintenu sur place à la godille. La plongeuse avait une corde nouée autour de la taille. Par une secousse, elle indiquait quand la remonter. On croise encore en mer quelques embarcations de pêche à deux (funado). Mais la plupart des ama pratiquent une pêche individuelle (kachido).
Elles embarquent à une douzaine sur un bateau, le capitaine touchant 15 % de leurs recettes. Lestée de plomb et ceinte d'une corde, chacune est reliée à sa bouée. "Quand la corde se dénoue ou qu'elle s'accroche à un rocher, c'est dangereux. Le courant est parfois très fort et on peut perdre le sens de l'orientation", explique Sanae Nakamura, 47 ans. Sanae appartient à une famille d'ama : sa belle-mère et sa fille plongent également. "En automne et en hiver, c'est particulièrement dur, car ici, la mer est très froide", ajoute-t-elle.
"Transmetrre ce qu'on a appris"
Les jeunes ama sont rares désormais. L'âge moyen atteint 60 ans. Dans la petite pièce enfumée d'un bâtiment du port de Wagu où les ama se retrouvent après la pêche pour bavarder en faisant griller des ormeaux et des sortes de gros bigorneaux sur un feu de bois, Masumi Shikahara, 37 ans et mère de trois enfants, raconte qu'elle a commencé à plonger il y a cinq ans parce qu'une amie et sa grand-mère étaient elles-mêmes ama.
Enfant, elle a été bercée par les légendes sur les merveilles des fonds marins. Les cheveux encore mouillés, rayonnante, elle raconte les joies qu'elle éprouve au milieu de "la forêt de la mer" (les algues). Avec ses cinquante-quatre ans de plongée, Matsumi Koiso, ne s'est jamais lassée. "On découvre toujours quelque chose. Quand j'étais jeune et que je revenais sur terre, il y avait des responsabilités : la famille, les enfants à élever... Au fond, en mer, j'étais libre."
Autrefois, on disait qu'un homme qui épousait une ama pouvait dormir toute la journée. Aux alentours de l'an 1000, l'écrivaine Sei Shonagon s'insurgeait, dans Notes de chevet, contre le sort de ces femmes que le mari attendait "en composant des vers". Aujourd'hui, les ama ne peuvent plus vivre de leur pêche. "La vie que j'ai menée est finie, soupire Matsumi Koiso, mais il faut transmettre ce qu'on a appris pour protéger la mer." A l'aube, les plus expérimentées décideront ou non d'aller en mer.
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Le 14 mars 2014
Contre vents et marées, une autre histoire du tsunami, Aji-shima . .
Chaîne Voyage
Publiée le 12 mars 2014
Extrait de l'émission : CONTRE VENTS ET MARRES. L'île d'Aji-shima est habitée par un groupe de femmes plongeuses. Elles avaient l'habitude de descendre dans les fonds marins dans le but de récolter des coquillages. Mais le tsunami et l'affaissement des littoraux ont mis en péril cette tradition. CONTRE VENTS ET MAREES est un documentaire diffusé sur la chaîne Voyage. Plus de photos et de vidéos sur www.voyage.fr
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Le 5 octobre 2014 Mettre l’accent sur la "culture" dans l’agriculture
En plus d’accroître leurs revenus, les agriculteurs qui entretiennent les SIPAM peuvent utiliser cette reconnaissance accrue pour préserver leur mode de vie.
Vidéo SIPAM 2013 (Français)
Les Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondiale (SIPAM) de la FAO est une initiative mondiale qui a pour but d'identifier, revitaliser et promouvoir la reconnaissance des systèmes agricoles traditionnels uniques à travers le monde ainsi que leur biodiversité agricole et culturelle, leurs systèmes de connaissance, et leur contribution à la sécurité alimentaire, nutrition et moyens d'existence de petits agriculteurs et des communautés autochtones. La conservation dynamique des SIPAM est une stratégie innovatrice qui renforce les petites agricultures et les communautés locales tout en améliorant les avantages locaux et globaux de ces systèmes pour le bénéfice de l'humanité. Le programme SIPAM a l'intention d'inclure plus de systèmes et de sites afin d'aider davantage de communautés agricoles et augmenter l'utilisation des méthodes innovatrices pour adapter l'agriculture aux changements climatiques. Ceci créera des bénéfices économiques tout en conservant la biodiversité agricole.
Cette vidéo fournit une introduction au SIPAM et vous plonge dans voyage à travers les sites SIPAM partout le monde.
Points clés
Imaginez un panier rempli de céréales provenant d’un oasis saharien, de pommes de terres cultivées à 4 000 mètres d’altitude dans les Andes péruviennes ou dans un lointain archipel chilien et du riz cultivé en terrasses sur des collines escarpées en Chine ou dans les Philippines. Tous ces aliments sont produits grâce à des Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM), des systèmes alimentaires qui ont évolué au cours des millénaires dans des régions rudes et isolées – et dans des conditions climatiques extrêmes – grâce aux connaissances des populations autochtones. La FAO a identifié environ 200 de ces systèmes dans le monde, saluant leur utilité à travers les millénaires et apportant un soutien en vue de garantir la transmission de ces connaissances aux générations futures. Ces systèmes alimentaires spéciaux contribuent à la sécurité alimentaire locale, à la gestion des ressources naturelles et à la préservation de la diversité génétique. Mais malheureusement, leur survie est mise en péril par la modernisation. En leur octroyant le statut de SIPAM, la FAO accroît leur visibilité, renforce le respect qu’ils inspirent et contribue à leur survie.
Cela fait 12 000 ans que l’homme n’est plus un chasseur-cueilleur. Ayant compris qu’il pouvait conserver et planter des graines d’une saison à l’autre, il put rester au même endroit au lieu de constamment chercher sa nourriture. Il put se concentrer sur la construction de sa communauté,tout en développant des systèmes agricoles adaptés au climat local qui lui permirent de survivre, et même de prospérer, là où il s’établit.Chaque génération améliorant les techniques de la précédente, ces systèmes ingénieux portaient en eux la connaissance indigène des siècles.
Aujourd’hui, on trouve sur tous les continents des systèmes agricoles ingénieux, vestiges des siècles passés. Loin d’être prisonniers du passé, cependant, ces Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM) peuvent être utiles au monde agricole moderne. Les SIPAM sont similaires aux sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, mais ils en diffèrent dans la mesure où ces derniers sont des sites devant être préservés alors que les SIPAM sont des systèmes vivants qui continueront d’évoluer pour répondre aux besoins et aux exigences de ceux qui les entretiennent – les petits agriculteurs, les exploitants familiaux et les populations autochtones, qui comptent souvent parmi les plus pauvres des pauvres.
GIAHS Noto's Satoyama and Satoumi
Noto's peninsula is characterized by a mosaic of socio-ecological production managed systems referred to as satoyama, terrestrial-aquatic landscape ecosystems comprising secondary woodlands, plantations, grasslands, farmlands, pasture, irrigation ponds and canals, and satoumi, marine-coastal ecosystems comprising seashore, rocky shore, tidal flats and seaweed/eelgrass beds.
The communities of Noto are working together to sustainably maintain the satoyama and satoumi landscapes and the traditions that have sustained generations for centuries, aiming at building resilience to climate change impacts and to secure biodiversity on the peninsula for future generations.
Un héritage pour les générations futures
La FAO estime qu’environ 500 millions d’hectares de terres dans le monde sont consacrées à des systèmes du patrimoine agricole qui maintiennent leurs traditions uniques combinant des services sociaux, culturels, écologiques et économiques bénéficiant à l’humanité. Les agriculteurs philippins ont développé des réseaux d’irrigation à flanc de coteau qui leur permettent de faire passer l’eau d’un champ à l’autre. Dans les Andes, les cultivateurs de pomme de terre péruviens ont appris à creuser des tranchées autour de leurs champs, à les remplir d’eau, qui est chauffée par le soleil la journée et qui dégage ensuite de la vapeur, la nuit, protégeant les cultures du gel. En Algérie, en Égypte, en Iran, au Maroc et en Tunisie, les agriculteurs des oasis ont développé des systèmes d’irrigation sophistiqués et des jardins en plusieurs couches qui leur permettent d’exploiter l’ombrage des dattiers pour cultiver des fruits, des légumes et des céréales qui nourrissent les populations.
Ces systèmes traditionnels, que l’on retrouve tant dans les pays développés que dans les pays en développement, sont à la fois efficaces et ingénieux. S’ils ne l’étaient pas, ils n’auraient pas traversé les siècles et aidé autant de générations équipées seulement des outils les plus rudimentaires. Et pourtant, aujourd’hui, ils ne sont bien souvent pas reconnus à leur juste valeur. Comme de nombreux systèmes agricoles, ils se heurtent à un développement rapide, à la mondialisation, à l’urbanisation, aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique. Et à tout cela s’ajoute l’idée selon laquelle tradition et production agricole efficace moderne seraient inconciliables.
Depuis le lancement du partenariat, en 2004, la FAO a reconnu 19 sites SIPAM dans 14 pays. Les demandes d’obtention de ce statut, qui doivent émaner des pays, sont évaluées par un comité scientifique et approuvées par un comité directeur international établi par la FAO.
Les SIPAM permettent une conservation dynamique et offrent des moyens d’existence durables
L’octroi du statut de SIPAM va plus loin que la désignation de systèmes agricoles intéressants pour en faire de jolis souvenirs. Ce statut est également une célébration de l’héritage, et une source de fierté pour les populations locales, qui ont hérité les systèmes de leurs ancêtres et qui continuent de les entretenir.
En Chine, l’octroi du statut SIPAM au système d’association riz-poisson a permis aux agriculteurs de tirer un revenu plus élevé de la commercialisation de leurs produits et a favorisé le tourisme, le nombre de visiteurs étant passé de 2 000 en 2004 à 25 000 en 2010. Les autorités locales sont tellement fières de ce statut qu’elles ont érigé un monument en marbre représentant un poisson à l’entrée d’un village. En Algérie, les possibilités d’emploi créées par le projet ont conduit les jeunes agriculteurs à retourner vers les systèmes oasiens. Le travail et l’investissement des jeunes dans les oasis sont passés de deux à 23 pour cent.
China: Rice-fish culture, generating ecological, economic and social benefits
Ms Lizhen Wu, 52 yrs old, a farmer living in Quingtian county in Longxian village, Zhejiang province, China, talks about conservation of agricultural heritage and its impact in their livelihoods and ecosystem sustainability.
En plus d’accroître leurs revenus, les agriculteurs qui entretiennent les SIPAM peuvent utiliser cette reconnaissance accrue pour préserver leur mode de vie, leurs paysages, la biodiversité agricole et leurs systèmes de connaissances. La FAO apporte un soutien supplémentaire au niveau des pouvoirs publics en promouvant des politiques et des incitants qui appuient la conservation.
L’approche adoptée pour les SIPAM est qualifiée de «conservation dynamique»: les sites ne sont pas préservés comme des musées en l’honneur du passé, mais continuent d’évoluer et de changer, dans le cadre d’une vision globale d’«agri culture». Les communautés et institutions locales peuvent tirer parti des traditions ancestrales et du caractère unique des SIPAM en promouvant, en commercialisant et en valorisant leurs produits et services. Mais en parallèle, les personnes qui ont hérité ces systèmes peuvent continuer de les entretenir, de les améliorer et de les transmettre aux générations futures. Source : FAO
Pour aller plus loin...
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